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Universite Aix Marseille Master 2 de Mat

Ce document présente un cours sur les équations aux dérivées partielles (EDP) dans le cadre d'un Master 2 en mathématiques à l'Université Aix Marseille. Il couvre divers sujets, notamment les espaces de Sobolev, les problèmes elliptiques, paraboliques et hyperboliques, ainsi que des méthodes d'analyse et des exercices pratiques. L'objectif est de fournir des outils pour étudier l'existence et l'unicité des solutions des EDP.

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Université Aix Marseille

Master 2 de mathématiques

Equations aux dérivées partielles

Thierry Gallouët, Raphaèle Herbin

30 octobre 2013
Table des matières

1 Espaces de Sobolev 4
1.1 Dérivées faibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Définition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Rappels d’analyse fonctionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Théorèmes de densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Théorèmes de trace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6 Théorèmes de compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.7 Injections de Sobolev . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.9 Corrigés d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

2 Problèmes elliptiques linéaires 28


2.1 Formulation faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2 Analyse spectrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.2.1 Quelques rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.2.2 Le Laplacien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.3 Régularité des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.4 Positivité de la solution faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.5 Condition de Dirichlet non homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.7 Corrigés d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

3 Problèmes elliptiques non linéaires 81


3.1 Méthodes de compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.1.1 Degré topologique et théorème de Schauder . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.1.2 Existence avec le théorème de Schauder . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.1.3 Existence avec le degré topologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.2 Méthodes de monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
3.2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
3.2.2 Opérateur de Leray-Lions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3.4 Corrigés d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

1
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES

4 Problèmes paraboliques 125


4.1 Aperçu des méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
4.2 Intégration à valeur vectorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
4.3 Existence Par Faedo-Galerkin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
4.4 problèmes paraboliques non linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
4.5 Compacité en temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
4.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
4.7 Corrigés d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173

5 Problèmes hyperboliques 189


5.1 Le cas unidimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
5.2 Cas multidimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
5.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
5.4 Corrigés d’exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Bibliography

EDP, Télé-enseignement, M2 2
Introduction

Ce cours décrit quelques outils pour l’étude des équations aux dérivées partielles (EDP). Ces outils sont utili-
sés pour obtenir des résultats d’existence (et souvent d’unicité) pour quelques exemples de problèmes d’EDP de
natures diverses (elliptique, parabolique ou hyperbolique) linéaires ou non linéaires.

3
Chapitre 1

Espaces de Sobolev

Les espaces de Sobolev 1 sont des espaces fonctionnels, c’est-à-dire des espaces dont les élements sont des fonc-
tions, et ces fonctions sont telles que leurs puissances et les puissances de leurs dérivées (au sens de la transposi-
tion, ou au sens faible, que nous allons préciser) sont intégrables au sense de Lebesque. Tout comme les espaces
de Lebesgue, ces espaces sont des espaces de Banach 2 . Le fait que les espaces de Sobolev sont complets est très
important pour démontrer l’existence de solutions aux équations aux dérivées partielles.

1.1 Dérivées faibles


La notion de dérivée faible apparaît déjà dans un article célebre de Jean Leray 3 paru en 1934, sur les équations
de Navier-Stokes ; dans cette article, elle apparaît sous le nom de “quasi-dérivée” ([7] page 205). Cette notion est
fondamentale pour l’étude de l’existence des solutions des équations aux dérivées partielles elliptiques.
Dans toute la suite, Ω désigne un ouvert de IR N , N ≥ 1, et on note Cc∞ (Ω) l’ensemble des fonctions de classe
C ∞ et à support compact sur Ω c’est-à-dire

Cc∞ (Ω) = {u ∈ C ∞ (Ω); ∃K ⊂ Ω, K compact ; u = 0 sur K c }.

De plus, l’ouvert Ω sera toujours muni de la tribu de Borel (ou tribu borélienne), notée B(Ω), et de la mesure de
Lebesgue, notée λ si N = 1 et λN si N > 1. Les intégrales seront toujours par rapport à cette mesure de Lebesgue,
sauf indication contraire.
1
R de confondre f ∈ Lloc (Ω) avec l’application linéaire
Le lemme suivant est absolument fondamental, car il permet
Tf : Cc∞ (Ω) → IR définie par ϕ ∈ Cc∞ (Ω) 7→ Tf (ϕ) = Ω f (x)ϕ(x) dx.
On rappelle que f ∈ L1loc (Ω) si, pour tout sous–ensemble compact K de Ω, la restriction f |K de f à K est un
élément de L1 (K).

Lemme 1.1 (Egalité presque partout dans L1 ) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1, et soient f et g ∈ L1loc (Ω).
Alors :  Z Z 

∀ϕ ∈ Cc (Ω), f (x)ϕ(x) dx = g(x)ϕ(x) dx ⇐⇒ [f = g p.p..] .
Ω Ω

1. Sergueï Lvovitch Sobolev, (1908-1989) est un mathématicien et physicien russe.


2. Un espace de Banach est un espace vectoriel normé complet.
3. Jean Leray, 1906 -1998, est un mathématicien français ; il a travaillé sur les équations aux dérivées partielles et sur la topologie algébrique.

4
1.1. DÉRIVÉES FAIBLES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Démonstration : La démonstration de ce lemme utilise la régularisation d’une fonction intégrable par la convo-
lution avec une suite de noyaux régularisants : voir [3, Exercice 8.7 page 480]. 

On note D(Ω) l’espace Cc∞ (Ω) et D? (Ω) l’ensemble des formes linéaires sur D(Ω) : on dit que D? (Ω) est le
dual algébrique de D(Ω) (pour le distinguer du dual continu, qui est l’ensemble des formes linéaires continues sur
D(Ω), après avoir muni D(Ω) d’une topologie, ce qui sera inutile pour ce cours). Si T ∈ D? (Ω) et ϕ ∈ D(Ω), le
réel T (ϕ) s’appelle l’“action de T sur ϕ” et sera noté hT, ϕiD? (Ω),Cc∞ (Ω) ou hT, ϕiD? (Ω),D(Ω) .
Le lemme 1.1 nous permet de définir la dérivée par transposition d’une fonction L1loc de la manière suivante :
Définition 1.2 (Dérivée par transposition) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1.
• Soit f ∈ L1loc (Ω), on appelle dérivée par transposition de f par rapport à sa i-ème variable la forme linéaire
Di f sur Cc∞ (Ω) définie par :
Z
hDi f, ϕiD? (Ω),Cc∞ (Ω) = − f ∂i ϕ dx

où ∂i ϕ désigne la dérivée partielle classique de ϕ par rapport à sa i-ème variable. Donc Di f est un
élément de D? (Ω) Noter que si f ∈ C 1 (Ω), alors Di f n’est autre que ∂i f car on confond ∂i f et T∂i f (qui
est l’élément de D? (Ω) induit par ∂i f ). Il s’agit donc bien d’une généralisation de la notion de dérivée.
Si la forme linéaire Di f peut étre confondue avec une fonction localement intégrable au sens du lemme 1.1,
on dit que f admet une dérivée faible.
• Soit T ∈ D? (Ω) ; on définit la dérivée par transposition Di T de T par :
hDi T, ϕiD? (Ω),Cc∞ (Ω) = −hT, ∂i ϕiD? (Ω),Cc∞ (Ω) , ∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω).
La notion de dérivée au sens des distributions est un peu plus délicate à définir car elle demande la définition d’une
topologie sur Cc∞ (Ω). Nous n’en aurons pas besoin dans le cadre de ce cours.
Voici un exemple de dérivée par transposition. La fonction de Heaviside 4 , définie par
(
1 if x ≥ 0,
H(x) = (1.1)
0 if x < 0,
est localement intégrable. Elle admet donc une dérivée par transposition. Pour calculer cette dérivée, notée DH,
on remarque, pour ϕ ∈ Cc∞ (IR), on a :
Z Z +∞
− H(x)ϕ0 (x) dx = − ϕ0 (x) dx = ϕ(0),
IR 0
et donc DH est la forme linéaire qui à ϕ associe sa valeur en 0, qu’on appelle aussi “mesure de Dirac en 0” :
DH = δ0 . Par contre, cette dérivée n’est pas une dérivée faible, car δ0 ne peut R pas étre assimilée à une fonction de
L1loc , au sens où il n’existe pas de fonction g ∈ L1loc (IR) telle que δ0 (ϕ) = IR gϕ dx pour tout ϕ ∈ Cc∞ (IR) (voir
exercice 1.1).
La définition 1.2 permet de définir des dérivées par transposition d’une fonction L1loc (ou d’un élément de D? (Ω))
à tous les ordres. Par l’identification d’une fonction L1loc avec l’élément de D? (Ω) qu’elle représente, on peut
aussi définir la notion de dérivée faible à tous les ordres. Plus précisément, pour α = (α1 , . . . αN ) ∈ INN , et
αN
u ∈ L1loc (IR N ), on définit la dérivée faible D1α1 . . . DN u ∈ L1loc (IR N ), si elle existe, par
Z Z
αN
D1α1 . . . DN u(x) ϕ(x) dx = (−1)|α| u(x) ∂1α1 . . . ∂NαN
ϕ(x) dx, ∀ϕ ∈ Cc∞ (IR N ),
IR N IR N

où |α| = α1 + . . . + αN et ∂iαi ϕ désigne la dérivée partielle (classique) d’ordre αi par rapport à la i-ème variable.
4. Oliver Heaviside (1850 - 1925) physicien britannique autodidacte.

EDP, Télé-enseignement, M2 5
1.2. DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Remarque 1.3 (Convergence dans D? ) Soit Ω un ouvert de IR N (N ≥ 1), (Tn )n∈IN une suite déléments de
D? (Ω) et T ∈ D? (Ω). On dit que Tn → T dans D? (Ω), quand n → +∞, si

hTn , φiD? (Ω),Cc∞ (Ω) → hT, φiD? (Ω),Cc∞ (Ω) pour tout φ ∈ Cc∞ (Ω). (1.2)

Il s’agit donc de la convergence simple dans l’ensemble des applications de Cc∞ (Ω) dans IR.
Lorsque l’on s’intéresse aux distributions, on ajoute une structure topologique à l’espace Cc∞ (Ω) (non décrite dans
ce polycopié) et, au lieu de travailler avec D? (Ω), on travaille avec l’espace strictement plus petit des applications
linéaires continues de Cc∞ (Ω) dans IR. Cet espace est noté D0 (Ω). Toutefois, même lorsque l’on travaille avec
l’espace D0 (Ω), la notions de convergence est toujours donnée par (1.2).

1.2 Définition et propriétés


Définition 1.4 (Espaces de Sobolev ) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1.
1. L’espace H 1 (Ω) is defined by :

H 1 (Ω) = {u ∈ L2 (Ω) t.q. Di u ∈ L2 (Ω), ∀i = 1, . . . , N }.

Dans cette définition, lorsqu’on écrit Di u ∈ L2 (Ω), on sous-entend


Z
∃g ∈ L2 (Ω); hDi f, ϕiD? (Ω),Cc∞ (Ω) = − gϕ dx, ∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω).

2. L’espace H m (Ω) : For m ∈ IN, we define :

H m (Ω) = {u ∈ L2 (Ω); Dα u ∈ L2 (Ω) ∀α ∈ INN ; |α| ≤ m}.

3. L’espace W m,p (Ω) est défini pour 1 6 p 6 ∞ et m ∈ IN, par

W m,p (Ω) = {u ∈ Lp (Ω); Dα u ∈ Lp (Ω), ∀α ∈ INN ; |α| ≤ m.}

4. Noter que pour m = 0, l’espace W m,p (Ω) est l’espace de Lebesgue Lp (Ω).

On note (· | ·)L2 le produit scalaire dans L2 (Ω), i.e.


Z
(u | v)L2 = uv dx,

et k.kLp la norme dans Lp (Ω)., i.e. Z


1
kukLp = (( |u|p dx) p .

Proposition 1.5 (Structure d’espace vectoriel) Les espaces H m (Ω) sont des espaces de Hilbert lorqu’on les
munit du produit scalaire X
(u | v)H m = (Dα u | Dα v)L2 .
|α|≤m

m,2 m
Noter que W (Ω) = H (Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 6
1.2. DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Une norme naturelle sur W m,p (Ω) est définie par :


 !1|p

 P α p



 kD ukLp , si 1 6 p < +∞;
06|α|6m
kukW m,p = (1.3)



 max kDα ukL∞ , si p = +∞.


06|α|6m

Muni de cette norme W m,p (Ω) est un espace de Banach. On peut montrer que la norme :
 P

 kDα ukLp , 1 6 p < +∞;
06|α|6m
kukm,p = (1.4)
kDα ukL∞ , p = +∞.
P


06|α|6m

est une norme équivalente à la norme définie par (1.3) : ceci est une conséquence de l’ équivalence entre les normes
dans IR q où q = card({α ∈ INN |α| ≤ m}). Les deux normes sont notées indifféremment k.km,p ou k.kW m,p .
L’intérêt principal de la norme (1.3) est que dans le cas p = 2 elle confère à H m une structure hilbertienne, ce
qui n’est pas le cas avec la norme définie par (1.4)

Remarque 1.6 (Espaces de Sobolev et continuité) En une dimension d’espace (N = 1), avec a, b ∈ IR, a < b,
1 ≤ p ≤ +∞, tout élément de W 1,p (]a, b[) (qui est donc une classe de fonctions) peut étre assimilé à une fonction
continue, au sens où il existe un représentant de la classe qui est continu (ce représentant continu est unique, voir
à ce propos l’exercice 1.3). Ceci tient au fait qu’en dimension 1, toute (classe de) fonction(s) de W 1,p (]a, b[) peut
s’écrire comme l’intégrale de sa dérivée.
 Z x 
u ∈ W 1,p (]a, b[) ⇐⇒ ∃ũ ∈ C([a, b]) et v ∈ Lp (]a, b[); u = ũ p.p. et ũ(x) = ũ(a) + v(s) ds .
a

En dimension strictement supérieure à 1, ceci est faux. En particulier H 1 (Ω) 6⊂ C(Ω), comme le prouve l’exemple
suivant : soit Ω = {x = (x1 , x2 )t ∈ IR 2 , |xi | < 12 , i = 1, 2}, et u la fonction définie sur Ω par u(x) =
(− ln(|x|))γ , avec γ ∈]0, 1/2[. Alors u ∈ H 1 (Ω) mais u 6∈ L∞ (Ω) (voir exercice 1.5), et donc en particulier,
u 6∈ C(Ω).

Proposition 1.7 (Séparabilité) Soit Ω un ouvert de IR N (N ≥ 1), m ∈ IN et 1 ≤ p < +∞ ; l’espace W m,p (Ω)
is espace séparable ( c’est-à-dire un espace vectoriel normé qui contient une partie dénombrable dense).

La preuve de cette proposition fait l’objet de l’exercice 1.9, où l’on montre aussi par un contre-exemple que le
résultat de séparabilité n’est pas vrai pour p = +∞.
La notion de séparabilité est importante, car elle permet d’approcher aussi près que l’on veut n’importe quel
élément de l’espace par un élément d’une famille dénombrable : dans le cadre d’un espace de Hilbert, on peut
montrer que cette propriété est équivalente à l’existence d’une base hilbertienne (voir par exemple[3, Proposition
6.62]).
Nous rappelons maintenant la notion importante d’espace réflexif.
Définition 1.8 (Espace réflexif) Soit E un espace vectoriel normé réel. On note E 0 son dual topologique, c’est-
à-dire l’ensemble des formes linéaires continues de E dans IR muni de sa norme naturelle (E 0 est un espace de
Banach). Pour tout x ∈ E, on définit l’application Jx de E 0 dans IR par Jx (T ) = T (x) pour tout T ∈ E 0 . On a

|Jx (T )| = |T (x)| ≤ kT kE 0 kxkE

EDP, Télé-enseignement, M2 7
1.3. RAPPELS D’ANALYSE CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

et donc Jx est une forme linéaire continue sur E 0 , ce qu’on note Jx ∈ E 00 où E 00 est le bidual de E, c’est-à-dire le
dual topologique de E 0 . On peut montrer par le théorème de Hahn-Banach qu’on rappelle dans le paragraphe
suivant, que kJx kE 00 = kxkE .
L’application J, définie de E dans E 00 par J(x) = Jx pour tout x ∈ E, est donc une isométrie linéaire de E sur
son image, notée Im(J), et on a évidemment Im(J) ⊂ E 00 .
On dit que E est un espace réflexif si Im(J) = E 00 , ce qui revient à dire que J est surjective.
Notons que tout espace réflexif E est forcément complet puisque le dual d’un espace vectoriel normé quelconque
est toujours complet.

Proposition 1.9 (Réflexivité) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1, et m ∈ N . Pour tout p ∈]1, +∞[, l’espace
W m,p (Ω) est un espace réflexif.

La preuve de ce résultat fait l’objet de l’exercice 1.10.

1.3 Rappels d’analyse fonctionnelle


Commençons par un théorème fondamental :
Théorème 1.10 (Hahn Banach) Soit E un espace vectoriel sur IR et p une fonction convexe définie de E dans
IR. Soit F un sous-espace vectoriel de E, et T une forme linéaire sur F qui vérifie T (x) ≤ p(x) pour tout x ∈ F .
Il existe alors un une forme linéaire de E dans IR, égale à T sur F , qui prolonge T sur l’espace E tout entier, et
qui vérifie encore la condition : T (x) ≤ p(x) pour tout x ∈ E.
Le corollaire suivant est essentiel :
Corollaire 1.11 Soit E un espace normé, F un sous-espace de E et T une forme linéaire continue sur F . On peut
alors prolonger T en une application continue définie sur E, de même norme que T .
Un résultat bien connu sur les espaces de dimension finie est donné dans le théorème suivant :
Théorème 1.12 (CNS sur la dimension) Un espace de Banach E est de dimension finie si et seulement si sa
boule unité fermée est compacte.
Les notions de convergence faible et faible-? seront fondamentales pour la suite.
Définition 1.13 (Convergence faible et faible-?) Soit E un espace de Banach
1. Convergence faible Soient (un )n∈IN ⊂ E et u ∈ E. On dit que un → u faiblement dans E lorsque n → ∞
si T (un ) → T (u) pour tout T ∈ E 0 .
2. Convergence faible-? Soient (Tn )n∈IN ⊂ E 0 et u ∈ E 0 . On dit que Tn → T dans E 0 faible-? si Tn (x) →
T (x) pour tout x ∈ E.

Théorème 1.14 (Compacité faible-? des bornés du dual d’un espace séparable) Soit E un espace de Banach
séparable, et soit (Tn )n∈IN une suite bornée de E 0 ( c’est-à-dire telle qu’il existe C ∈ IR + tel que (kTn kE 0 ≤ C
pour tout n ∈ IN). Alors il existe une sous-suite, encore notée (Tn )n∈IN , et T ∈ E 0 telle que Tn → T dans E 0
faible-?.

Une application importante de ce théorème est la suivante : si Ω est un ouvert de IR N et (un )n∈INR est une suite
bornée de L∞ (Ω), alors il existe une sous-suite encore notée (un )n∈IN et u ∈ L∞ (Ω) tels que Ω un ϕ dx →
pour tout ϕ ∈ L1 (Ω). Ceci découle du fait qu’il existe une isométrie naturelle entre L∞ (Ω) et le dual de
R

uϕ dx
L1 (Ω) et que L1 (Ω) est séparable.

EDP, Télé-enseignement, M2 8
1.4. THÉORÈMES DE DENSITÉ CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Théorème 1.15 (Compacité faible des bornés d’un espace réflexif) Soit E un espace de Banach réflexif, et soit
(un )n∈IN une suite bornée de E ( c’est-à-dire telle qu’il existe C ∈ IR + t.q. (kun kE ≤ C pour tout n ∈ IN). Alors
il existe une sous-suite, encore notée (un )n∈IN , et u ∈ E telle que un → u dans E faiblement.

Noter qu’un espace de Hilbert est toujours un espace de Banach réflexif.

1.4 Théorèmes de densité


Définition 1.16 (Frontière lipschitzienne) Un ouvert borné Ω de IR N est dit à frontière lipschitzienne s’il existe
des ouverts (Ω0 , Ω1 , ..., Ωn ) de IR N et des applications (φ0 , φ1 , . . . , φn ) telles que :
Sn
1. Ω ⊂ i=0 Ωi et Ω0 ⊂ Ω.
2. φ0 : Ω0 → B1,N = {x ∈ IR N t.q. ||x|| < 1} est bijective et φ0 et φ−1
0 sont lipschitziennes,
3. Pour tout i ≥ 1 ,φi : Ωi → B1,N est bijective et φi et φ−1 N
i sont lipschitziennes, et φi (Ωi ∩ Ω) = B1,N ∩ IR +
N −1
et φi (Ωi ∩ ∂Ω) = B1,N ∩ {(0, y), y ∈ IR N− 1 }. (Avec IR N N
+ = {(x, y) ∈ IR ; x ∈ IR, x > 0 et y ∈ IR }.)

Théorème 1.17 Soit Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne et 1 ≤ p ≤ +∞ alors :


1. Si p < +∞, l’ensemble C ∞ (Ω) des restrictions à Ω des fonctions Cc∞ (IR N ) est dense dans W 1,p (Ω).
2. Il existe une application linéaire continue P : W 1,p (Ω) → W 1,p (IR N ) telle que

∀u ∈ W 1,p (Ω), P (u) = u p.p. dans Ω.

Des résultats analogues sont vrais avec W m,p (Ω) (m > 1) au lieu de W 1,p (Ω) mais demandent plus de régularité
sur Ω (voir [1]). La démonstration se fait par troncature et régularisation. Un cas particulier fait l’objet de l’exercice
1.16.
On peut montrer aussi que Cc∞ (IR N ) est dense dans W m,p (IR N ) si N ≥ 1, m ∈ N et 1 ≤ p < +∞. Mais, ceci
est faux si on remplace IR N par Ω avec Ω ouvert borné et m > 0. Par exemple, si Ω est un ouvert borné, l’espace
Cc∞ (Ω) n’est pas dense dans H 1 (Ω). Son adhérence est un sous espace strict de H 1 (Ω), qu’on note H01 (Ω).

Définition 1.18 (Espace H01 (Ω)) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1.


H 1 (Ω)
1. On appelle H01 (Ω) l’adhérence de Cc∞ (Ω) dans H 1 (Ω), ce qu’on note aussi : H01 (Ω) = Cc∞ (Ω) .
2. Pour m > 0 et 1 ≤ p < +∞, on définit le sous espace W0m,p (Ω) de W m,p
(Ω) comme l’adhérence de
Cc∞ (Ω) dans W m,p (Ω) :
W m,p (Ω)
W0m,p (Ω) = Cc∞ (Ω) .

Comme cela a été dit précédemment, si Ω = IR N on a H01 (Ω) = H 1 (Ω) alors que l’inclusion est stricte si Ω est
un ouvert borné.

1.5 Théorèmes de trace


N −1
Théorème 1.19 (Trace) Soit Ω = IR N N
+ = {(x, y) ∈ IR ; x ∈ IR, x > 0 et y ∈ IR }. Pour tout p tel
que 1 ≤ p < +∞, il existe une unique application linéaire continue γ de W (Ω) dans Lp (IR N −1 ) telle que
1,p

γu = u(0, ·) p.p sur IR N −1 (au sens de la mesure de Lebesgue N − 1 dimensionnelle) si u ∈ Cc∞ (IR N
+ ).

Remarque 1.20 (Lien avec la trace classique.) On suppose que Ω = IR N


+ . Alors :

EDP, Télé-enseignement, M2 9
1.6. THÉORÈMES DE COMPACITÉ CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

1. Si u ∈ H 1 (Ω) ∩ C(Ω), on a alors γu = u p.p sur ∂Ω (au sens de la mesure de Lebesgue N − 1 dimension-
nelle).
2. Ker γ = W01,p (IR N
+ ).

Voir à ce propos l’exercice 1.15.

Théorème 1.21 Soit Ω un ouvert borné à frontière lipschitzienne et 1 ≤ p < +∞. Alors, il existe une unique
application γ (linéaire continue) définie de W 1,p (Ω) dans Lp (∂Ω) et tel que

γu = u p.p. sur ∂Ω si u ∈ W 1,p (Ω) ∩ C(Ω).

Ici encore, p.p. est à prendre au sens de la mesure de Lebesgue N − 1 dimensionnelle sur ∂Ω.
De plus Ker γ = W01,p (Ω).

Remarquons que si p > N , on peut montrer (voir théorème 1.26) que W 1,p (Ω) ⊂ C(Ω) et γu est alors la valeur
de u au bord au sens classique.

Le théorème suivant généralise la propriété d’intégration par parties des fonctions régulières.

Théorème 1.22 (Intégration par parties)


• Si Ω = IR N t N
+ (= {x = (x1 , . . . , xN ) ∈ IR ; x1 > 0}), alors
 Z Z
Si 2 ≤ i ≤ N,
 u Di v dx = − Di u v dx, ∀(u, v) ∈ (H 1 (Ω))2 ,
Z Ω Z Ω Z
Si i = 1,
 u D1 v dx = − D1 u v dx + γu(y) γv(y) dγ(y), ∀(u, v) ∈ (H 1 (Ω))2 ,
Ω Ω ∂Ω

• si Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne, alors, pour tout i = 1, . . . , N ,


Z Z Z
u Di v dx = − Di u v dx + γu(y) γv(y)ni (y) dγ(y), ∀(u, v) ∈ (H 1 (Ω))2 ,
Ω Ω ∂Ω

où γu désigne la trace de u sur la frontière ∂Ω et dγ(y) désigne l’intégration par rapport à la mesure adéquate
sur ∂Ω ( c’est-à-dire la mesure de Hausdorff sur ∂Ω qu’on peut voir comme une mesure de Lebesque (N − 1)
dimensionnelle), et n = (n1 , . . . , nN )t est la normale à ∂Ω extérieure à Ω.

1.6 Théorèmes de compacité


Les théorèmes suivants sont une conséquence du théorème de Kolmogorov (voir [4, Théorème 8.5]).
Théorème 1.23 (Rellich) Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et 1 ≤ p < +∞. Toute partie bornée de
W01,p (Ω) est relativement compacte dans Lp (Ω). Ceci revient à dire que de toute suite bornée de W01,p (Ω), on
peut extraire une sous-suite qui converge dans Lp (Ω).
Le théorème précédent reste vrai avec W 1,p (Ω) à condition de supposer la frontière lipschitzienne.

Théorème 1.24 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), à frontière lipschitzienne, et 1 ≤ p < +∞. Toute
partie bornée de W 1,p (Ω) est relativement compacte dans Lp (Ω). Ceci revient à dire que de toute suite bornée de
W 1,p (Ω), on peut extraire une sous-suite qui converge dans Lp (Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 10
1.7. INJECTIONS DE SOBOLEV CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Nous aurons aussi besoin d’une version du théorème 1.23 dans les espaces duaux de Lp et W01,p . Comme, pour
p < +∞, le dual de Lp est identifié à l’espace Lq avec q = p/(p − 1), et que le dual de W01,p est noté W −1,q , on
obtient le théorème 1.25.
Théorème 1.25 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et 1 < q < +∞. Toute partie bornée de Lq (Ω) est
relativement compacte dans W −1,q (Ω).
En particulier, pour q = 2, L’espace W −1,2 (Ω) est aussi noté H −1 (Ω). Toute partie bornée de L2 (Ω) est donc
relativement compacte dans H −1 (Ω).

1.7 Injections de Sobolev


Le théorème suivant donne les injections de Sobolev ; ces injections établissent le fait qu’une fonction dont une cer-
taine puissance d’elle-même et de sa dérivée est intégrable ( c’est-à-dire u ∈ W 1,p ) est en fait dans un “meilleur”
espace (en terme d’intégration ou de régularité). On distingue trois cas différents, selon que la puissance est infé-
rieure strictement, égale, ou supérieure strictement à la dimension de l’espace N .
Théorème 1.26 (Injections de Sobolev) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1 qui est soit borné à frontière lipschit-
zienne, soit égal à IR N .
?
1. Si 1 ≤ p < N , alors W 1,p (Ω) ⊂ Lp (Ω), avec p? = NN−p p
, et l’injection est continue, c’est-à-dire qu’il
existe C ∈ IR + (ne dépendant que de p, N et Ω) tel que
?
∀u ∈ W 1,p (Ω), kukLp? ≤ CkukW 1,p , ce qu’on note W 1,p (Ω) ,→ Lp (Ω);

on a en particulier
N
W 1,1 (Ω) ,→ L N −1 (Ω).
Pour N = 1, le cas p = N est autorisé. On a donc aussi

[W 1,1 (Ω) ,→ L∞ (Ω) si N = 1.

2. Si p > N , alors
N
W 1,p (Ω) ⊂ C 0,1− p (Ω)
où , pour α > 0, C 0,α (Ω) est l’ensemble des fonctions höldériennes d’exposant α défini par

C 0,α (Ω) = {u ∈ C(Ω, IR) | ∃k ∈ IR; |u(x) − u(y)| ≤ kkx − ykα , ∀(x, y) ∈ Ω2 }. (1.5)

La démonstration de ce résultat fait l’objet de l’exercice 1.13.


3. Dans le cas où Ω est borné à frontière lipschitzienne, W 1,N (Ω) ,→ Lq (Ω) pour tout q tel que 1 ≤ q < +∞
(et le cas q = ∞ est autorisé si N = 1). Ce résultat est faux dans le cas où Ω = IR N , voir un contre exemple
à l’exercice 1.5.
Si Ω est un ouvert borné sans hypothèse de régularité sur la frontière, les trois assertions précédentes restent vraies
si l’on remplace l’espace W 1,p (Ω) par l’espace W01,p (Ω).

Remarque 1.27 Soit Ω un ouvert borné de IR N . Une conséquence simple du théorème d’injection de Sobolev
(théorème 1.26) et du théorème de compacité de Rellich (théorème 1.23) est que l’application u 7→ est compacte
de W01,p (Ω) dans Lq (Ω) si 1 ≤ p ≤ N et q < p? = (NpN−p .
Si p > N , une conséquence simple de théorème d’injection de Sobolev (théorème 1.26) et du théorème (classique)
d’Ascoli est que l’application u 7→ est compacte de W01,p (Ω) dans C(Ω̄).

EDP, Télé-enseignement, M2 11
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Bibliographie
1. Mesure, intégration, probabilités, T. Gallouët et R Herbin, Ellipses, 2013
http://www.cmi.univ-mrs.fr/~herbin/PUBLI/integ.pdf
2. Analyse fonctionnelle et résultats principaux sur les Sobolev : [2] H. Brezis, Analyse Fonctionnelle, Masson,
1983
3. Exposé complet sur les espaces de Sobolev : [1] R. A. Adams, Sobolev spaces, 1975

1.8 Exercices
Exercice 1.1 (Exemple de dérivée) Corrigé 1.1
Soient N ≥ 1, Ω = {x = (x1 , . . . , xN )t ∈ IR N , |xi | < 1, i = 1, . . . , N } et u : IR N → IR définie par u(x) = 1
si x ∈ Ω et u(x) = 0 si x 6∈ Ω.
∂ϕ
1. Pour i = {1, . . . , N } et ϕ ∈ Cc∞ (IR N ), montrer que IR N u(x) ∂x
R
i
(x)dx ne dépend que des valeurs prises par
ϕ sur le bord de Ω.
Indication – On pourra commencer par le cas N = 1 et utiliser une intégration par parties.

2. Montrer que u 6∈ W 1,1 (IR N ).


Indication – Pour N = 1, la question revient à montrer que la mesure de Dirac ne peut pas étre associée à une
fonction L1 . Pour montrer cela, on peut utiliser le résultat d’intégration suivant : si 1
R g ∈ L (IR), et si (An )n∈IN est une
suite d’ensemble mesurables dont la mesure tend vers 0 lorsque n → +∞, alors An g(x)dx → 0 lorsque n → +∞.

Exercice 1.2 ( Une fonction de dérivée nulle est constante) Corrigé 1.2
Soit u ∈ L1loc (]0, 1[) telle que Du = 0. Montrer que

∃a ∈ IR; u = a p.p..

Indication – On pourra considérer d’abord le cas u ∈ L1 (]0, 1[) et procéder, par exemple, par densité. La fonction
u peut étre approchée par convolution par des noyaux régularisants ρn qu’on prend à support dans ] − n1 , n1 [. En
prolongeant u par 0 en dehors de [0, 1], on pose un = u ? ρn . On a alors u0n = u ? ρ0n . Montrer alors que u0n (x) = − <
Du, ρn (x − ·) > pour tout x ∈] n1 , 1 − n1 [, et en conclure que u0n (x) = 0 pour tout x ∈] n1 , 1 − n1 [.
Terminer le raisonnement en utilisant le fait que un 1] 1 ,1− 1 [ tend vers u dans L1 .
n n
Dans le cas u ∈ L1loc (]0, 1[) considérer uε = u1[ε,1−ε] et refaire le raisonnement précédent de manière habile. . .

Le raisonnement donné ici se généralise au cas multidimensionnel (voir l’exercice 1.4 et son corrigé). Une autre méthode,
plus spécifiquement liée au cas unidimensionnel, est donnée dans le corrigé 1.2.

Exercice 1.3 (Espace de Sobolev en 1d) Corrigé 1.3


Soit 1 ≤ p ≤ ∞ et u ∈ W 1,p (]0, 1[).
1. Soit u ∈ W 1,p (]0, 1[).
Rx
(a) Montrer qu’il existe C ∈ IR t.q. u(x) = C + 0 Du(t)dt, pour presque tout x ∈]0, 1[. En déduire que
u ∈ C([0, 1], IR) (au sens qu’il existe v ∈ C([0, 1], IR) t.q. u = v p.p. sur ]0, 1[, en identifiant u et v, on peut
donc dire que W 1,p (]0, 1[) ⊂ C([0, 1], IR).

EDP, Télé-enseignement, M2 12
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Rx
Indication – Introduire la fonction F (x) = 0 Du(t) dt (qui est dans Lp ), calculer sa dérivée faible et montrer
qu’elle est égale à Du. Pour cela, appliquer Fubini en introduisant la fonction caratéristique 1[0,x] et en notant que
pour x, t ∈ [0, 1], 1[0,x] (t) = 1[t,1] (x).
Montrer alors que F est continue et conclure grâce à l’exercice 1.2.

(b) Montrer que kuk∞ ≤ kukW 1,p (]0,1[) .


Rx
Indication – Ecrire u(x) = u(s) + s
Du(t) dt, et intégrer par rapport à s.

(c) Si p > 1, Montrer que u est une fonction höldérienne d’exposant 1 − (1/p).
Indication – Majorer u(x) − u(y) par l’inégalité de Hölder.

Rx
2. Soit u ∈ C([0, 1], IR). On suppose qu’il existe w ∈ Lp (]0, 1[) t.q. u(x) = u(0) + 0
w(t)dt, pour tout x ∈]0, 1[.
Montrer que u ∈ W 1,p (]0, 1[) et Du = w.
Indication – Encore Fubini. . .

Exercice 1.4 (Généralisation de l’exercice 1.2) Corrigé 1.4


Soient N ≥ 1, B = {x ∈ IR N , |x| < 1} et u ∈ L1loc (B).
1. On suppose que Di u = 0 pour tout i ∈ {1, . . . , N }. Montrer qu’il existe a ∈ IR t.q. u = a p.p.. (u est donc la
fonction constante égale à a.) [On pourra, par exemple, raisonner ainsi :
Soit ε ∈]0, 1/2[ et (ρn )n∈IN? une suite de noyaux régularisants, c’est-à-dire :
Z
ρ ∈ Cc∞ (IR N , IR), ρdx = 1, ρ ≥ 0, ρ(x) = 0 si |x| ≥ 1,
IR N (1.6)
? N
et, pour n ∈ IN , x ∈ IR , ρn (x) = nN ρ(nx).

On pose uε (x) = u si |x| ≤ 1 − ε et uε = 0 sinon. Puis, on pose uε,n = uε ? ρn .


Montrer que uε,n ∈ Cc∞ (IR N , IR) et que, si 1/n < ε, uε,n est constante sur la boule de centre 0 et de rayon
1 − 2ε. Puis, conclure. . . .]
2. On suppose que Di u est une fonction continue, pour tout i ∈ {1, . . . , N }. Montrer que u ∈ C 1 (B, IR) (au sens
“il existe v ∈ C 1 (B, IR) t.q. u = v p.p.”). [On pourra, par exemple, reprendre l’indication de la 1ère question et
raisonner ainsi : Montrer que pour tout x, y ∈ IR N on a
Z 1
uε,n (y) − uε,n (x) = ∇uε,n (ty + (1 − t)x) · (y − x)dt,
0

et que pour z dans la boule de centre 0 et rayon 1 − 2ε et i ∈ {1, . . . , N } on a


Z
(∂uε,n /∂xi )(z) = Di u(z)ρn (z − z)dz.
B

En déduire que pour presque tout x, y ∈ B, on a, avec Du = {D1 u, . . . , DN u}t ,


Z 1
u(y) − u(x) = Du(ty + (1 − t)x) · (y − x)dt.
0

Montrer alors que u est continue et que la formule précédente est vraie pour tout x, y ∈ B. Conclure enfin que
u ∈ C 1 (B, IR).]

EDP, Télé-enseignement, M2 13
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

3. On reprend ici la 1ère question en remplaçant B par un ouvert quelconque de IR N . Montrer que u est constante
sur chaque composante connexe de B. (Comme d’habitude, u constante signifie qu’il existe a ∈ IR t.q. u = a
p.p..)

Exercice 1.5 (Non généralisation de l’exercice 1.3) Corrigé 1.5


Soit Ω = {x = (x1 , x2 )t ∈ IR 2 , |xi | < 12 , i = 1, 2}, γ ∈]0, 1/2[ et u : Ω → IR définie par u(x) = (− ln(|x|))γ .
Montrer que u ∈ H 1 (Ω). En déduire que H 1 (Ω) 6⊂ C(Ω).
Indication – Montrer que la dérivée par transposition de u est une dérivée faible et que cette dérivée faible est égale
(presque partout) à sa dérivée classique .

Exercice 1.6 (Laplacien d’un élément de H01 (Ω)) Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et u ∈ H01 (Ω).
1. Montrer que, pour tout ϕ ∈ Cc∞ (Ω), on a
Z Z
h∆u, ϕiD? (Ω),Cc∞ (Ω) = u(x)∆ϕ(x)dx = − ∇u(x) · ∇ϕ(x)dx.

2. On rappelle que H01 (Ω) est un s.e.v. fermé de H 1 (Ω). Muni de la norme de H 1 (Ω), l’espace H01 (Ω) est donc
un espace de Hilbert. On note H −1 (Ω) le dual (topologique) de H01 (Ω). Déduire de la question précédente que
∆u ∈ H −1 (Ω) ( c’est-à-dire que l’élément de D? (Ω), noté ∆u, se prolonge de manière unique en un élément
de H −1 (Ω), encore notée ∆u) et que

k∆ukH −1 (Ω) ≤ k |∇u| kL2 (Ω) .

NB. En fait, on montrera au chapitre 2 que sur H01 (Ω) la norme H 1 (Ω) est équivalente à la norme notée k · kH01 (Ω)
définie par kukH01 (Ω) = k |∇u| kL2 (Ω) . Avec ce choix de norme sur H01 (Ω) on obtient k∆ukH −1 (Ω) = kukH01 (Ω) .

Exercice 1.7 (Petits pièges...) Pour x ∈ IR 2 \ {0}, on pose G(x) = ln(|x|).


1. Montrer que G ∈ C ∞ (IR 2 \ {0}) et ∆G = 0 (au sens classique) dans IR 2 \ {0}. En déduire que ∆G = 0 dans
D? (IR 2 ) \ {0}. Que vaut ∆G dans D? (IR 2 ) ?
2. Montrer que G ∈ Lploc (IR 2 ) pour tout p < +∞ et ∇G ∈ Lploc (IR 2 ) pour p < 2.
3. On prend dans cette question Ω =]0, 1[2 . Montrer que

u ∈ L2 (Ω), ∆u ∈ H −1 (Ω) 6⇒ u ∈ H 1 (Ω).

Montrer que

v ∈ (H −1 (Ω))2 , div(v) = 0 dans D? (Ω) et rot(v) = 0 dans D? (Ω) 6⇒ v ∈ (L2 (Ω))2 .

4. (Singularité éliminable) Soit Ω un ouvert de IR 2 contenant 0. On suppose ici que u ∈ H 1 (Ω) et que ∆u = 0
dans D? (Ω \ {0}). Montrer que ∆u = 0 dans D? (Ω). [On pourra utiliser astucieusement la fonction G. . . ].

Exercice 1.8 (Trois applications de Hahn-Banach) Soit E un espace de Banach réel.


1. Soit x ∈ E, x 6= 0. Montrer qu’il existe T ∈ E 0 t.q. T (x) = kxkE et kT kE 0 = 1.
Indication – Définir T sur la droite engendrée par x et prolonger T par Hahn Banach.

EDP, Télé-enseignement, M2 14
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

2. Soient F un s.e.v de E et x ∈ E. Montrer que x 6∈ F̄ si et seulement si il existe T ∈ E 0 t.q. T (x) 6= 0 et


T (y) = 0 pour tout y ∈ F .
Indication – Sens ⇒ : Sens facile.
Sens ⇐ : construire l’application linéaire T sur IRx ⊕ F par T (x) = 1 et T (y) = 0 pour tout y ∈ F ; montrer que
T est continue et conclure par Hahn Banach. La continuité de T est le point le plus technique : on peut par exemple
remarquer que si x 6∈ F , alors il existe ε > 0 tel que B(0, ε) ∩ F = ∅, et montrer ensuite que T (z) ≤ 1ε kzk pour tout
z ∈ G = IRx ⊕ F , ce qui montre la continuité d T sur G.

3. Pour x ∈ E, on définit Jx de E 0 dans IR par Jx (T ) = T (x) pour tout T ∈ E 0 . Montrer que Jx ∈ E” pour tout
x ∈ E et que l’application J : x 7→ Jx est une isométrie de E sur J(E) ⊂ E”. (Définition : On dit que E est
réflexif si J(E) = E”.)
Indication – La linéarité et la continuité de J sont faciles. Il reste à montrer le caractére isométrique. Soit x ∈ E. Il
est facile de voir que |J(x)| ≤ kxkE . Pour montrer l’égalité, considérer l’application T de la première question.

Exercice 1.9 (Séparabilité de Lp ) On désigne par Lp l’espace LpIR (IR, B(IR), λ).
1. Soit 1 ≤ p < ∞. Montrer que Lp est séparable.
Indication – On pourra onstruire une famille dénombrable dense de Cc (IR) en considérant pour n ∈ IN, l’ensemble
An des fonctions qui sont nulles sur [−n, n]c et qui sont constantes par morceaux et à valeur rationnelles sur tous les
intervalles de la forme [ ni , i+1
n
[, i ∈ ZZ .. Vérifier que les ensembles An sont dénombrables, et montrer ensuite que
A = ∪n∈IN An est dense dans Lp .

2. Montrer que L∞ (IR) n’est pas séparable.


Indication – Soit B l’ensemble des fonctions constantes sur les intervalles [i, i + 1[, i ∈ ZZ et qui ne prenent que les
valeurs 0 ou 1. Vérifier que B est une partie non dénombrable de L∞ et que si A est une partie dense de L∞ (IR) il
existe une injection de A dans B.

Exercice 1.10 (Réflexivité de Lp si 1 < p < ∞)


Soient (X, T, m) un espace mesuré σ-fini et 1 < p < ∞, montrer que Lp (X, T, m) est un espace de Banach
réflexif.

Exercice 1.11 (Séparabilité et réflexivité d’un s.e.v. fermé)


Soient E un espace de Banach (réel) et F un s.e.v. fermé de E. Montrer que :
1. E séparable ⇒ F séparable.
2. E réflexif ⇒ F réflexif.

Exercice 1.12 (Fonctions lipschitziennes)


Soient Ω un ouvert de IR N et u : Ω → IR une fonction lipschitzienne. Montrer que Di u ∈ L∞ (Ω) pour tout
i ∈ {1, . . . , N }.
N.B. : Réciproquement, si u ∈ L1loc (Ω) et Di u ∈ L∞ (Ω) pour tout i ∈ {1, . . . , N }, alors u est lipschitzienne (au
sens : il existe v : Ω → IR lipschitzienne t.q. u = v p.p.).

Exercice 1.13 (Inégalités de Sobolev pour p > N )

EDP, Télé-enseignement, M2 15
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

L’objet de cet exercice est de démontrer l’injection de Sobolev pour p > N .


Si x ∈ IR N (N ≥ 1), on note x = (x1 , x̄), avec x1 ∈ IR et x̄ ∈ IR N −1 . On note H = {(t, (1 − |t|)a), t ∈] − 1, 1[,
a ∈ BN −1 }, où BN −1 = {x ∈ IR N −1 , |x| < 1}. (On rappelle que | · | désigne toujours la norme euclidienne.)
Soit N < p < ∞.
1. Soit u ∈ C 1 (IR N , IR). Montrer qu’il existe C1 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.

|u(1, 0) − u(−1, 0)| ≤ C1 k(|∇u|)kLp (H) . (1.7)


[On pourra commencer par écrire u(1, 0)−u(0, a) comme une intégrale utilisant convenablement ∇u(t, (1−t)a)
pour t ∈]0, 1[, et intégrer pour a ∈ BN −1 pour comparer u(1,0) et sa moyenne sur BN −1 . On pourra se limiter
au cas N = 2, pour éviter des complications inutiles.]
2. Soit u ∈ Cc1 (IR N , IR). Montrer qu’il existe C2 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.
N
|u(x) − u(y)| ≤ C2 k(|∇u|)kLp (IR N ) |x − y|1− p . (1.8)
[Après, éventuellement, une rotation et une translation, on peut supposer que x = (b, 0) et y = (−b, 0). Se
ramener alors à (1.7).]

Pour α ∈]0, 1] et K sous ensemble fermé de IR N , on note

|u(x) − u(y)|
C 0,α (K) = {u ∈ C(K, IR), kukL∞ (K) < ∞ et sup < ∞},
x,y∈K, x6=y |x − y|α

et, si u ∈ C 0,α (K),

|u(x) − u(y)|
kuk0,α = kukL∞ (K) + sup .
x,y∈K, x6=y |x − y|α

Noter que C 0,α (K), muni de cette norme, est un espace de Banach.
3. Soit u ∈ Cc1 (IR N , IR). Montrer qu’il existe C3 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.

kukL∞ (IR N ) ≤ C3 kukW 1,p (IR N ) . (1.9)

[Cette question est plus délicate. . . Il faut utiliser (1.8) et le fait que u ∈ Lp (IR N ).]
4. (Injection de Sobolev dans IR N .) Montrer que W 1,p (IR N ) ⊂ C 0,α (IR N ), avec α = 1 − N
p, et qu’il existe
C4 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.

kukC 0,α (IR N ) ≤ C4 kukW 1,p (IR N ) . (1.10)

5. (Injection de Sobolev dans Ω.) Soient Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), à frontière lipschitzienne.
Montrer que W 1,p (Ω) ⊂ C 0,α (Ω̄), avec α = 1 − Np , et qu’il existe C5 ∈ IR, ne dépendant que de Ω, N et p, t.q.

kukC 0,α (Ω̄) ≤ C5 kukW 1,p (Ω) . (1.11)

Exercice 1.14 (Inégalités de Sobolev pour p ≤ N ) Corrigé 1.6


L’objet de cet exercice est de démontrer l’injection de Sobolev pour 1 ≤ p ≤ N .

EDP, Télé-enseignement, M2 16
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

1. Soit u ∈ Cc1 (IR N ).


(a) On suppose ici N = 1. Montrer que kuk∞ ≤ ku0 k1 .
∂u 1/N ∂u 1/N
(b) Par récurrence sur N , montrer que kukN/(N −1) ≤ k ∂x k
1 1
. . . k ∂x k
N 1
.
(c) Montrer que kukN/(N −1) ≤ k |∇u| k1 .
(d) Soit 1 ≤ p < N . Montrer qu’il existe CN,p ne dépendant que N et p t.q. kukp? ≤ CN,p k |∇u| kp , avec
p? = (N p)/(N − p).
2. Soit 1 ≤ p < N . Montrer que kukp? ≤ CN,p k |∇u| kp , pour tout u ∈ W 1,p (IR N ) (CN,p et p? sont donnés à la
question précédente). En déduire que l’injection de W 1,p (IR N ) dans Lq (IR N ) est continue pour tout q ∈ [p, p? ].
3. Soit p = N . Montrer que l’injection de W 1,N (IR N ) dans Lq (IR N ) est continue pour tout q ∈ [N, ∞[ (Pour
N = 1, le cas q = ∞ est autorisé).
4. On suppose maintenant que Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne. Pour 1 ≤ p < N , Montrer que
l’injection de W 1,p (Ω) dans Lq (Ω) est continue pour tout q ∈ [p, p? ] (p? = (N p)/(N − p)). Montrer que
l’injection de W 1,N (Ω) dans Lq (Ω) est continue pour tout q ∈ [N, ∞[ (Pour N = 1, le cas q = ∞ est autorisé).

Exercice 1.15 (Noyau de l’opérateur “trace”)


Soient Ω = IR N
+ , 1 ≤ p < ∞ et γ : W
1,p
(Ω) → Lp (∂Ω) l’opérateur “trace” (vu en cours).
1. Montrer que Kerγ = W01,p (Ω).
2. Soit u ∈ W 1,p (Ω) ∩ C(Ω). Montrer que γu = u p.p. (pour la mesure de lebesgue N − 1-dimensionnelle sur
∂Ω).

Exercice 1.16 (Prolongement H 2 )


Soient N ≥ 1, Ω = IR N
+ et p ∈ [1, ∞[.

1. Montrer que C ∞ (Ω) est dense dans W 2,p (Ω) [On pourra s’inspirer de la démonstration de la densité de C ∞ (Ω)
dans W 1,p (Ω)].
2. Montrer qu’il existe un opérateur P linéaire continu de W 2,p (Ω) dans W 2,p (IR N ) tel que P u = u p.p. dans Ω,
pour tout u ∈ W 2,p (Ω) [On pourra chercher P sous la forme P u(x1 , y) = αu(−x1 , y) + βu(−2x1 , y), pour
x1 ∈ IR − et y ∈ IR N −1 ].
3. On prend maintenant p = ∞. A-t-on C ∞ (Ω) est dense dans W 2,∞ (Ω) ? Existe-t-il un opérateur P linéaire
continu de W 2,∞ (Ω) dans W 2,∞ (IR N ) tel que P u = u p.p. dans Ω, pour tout u ∈ W 2,p (Ω) ? (justifier vos
réponses. . . ).

Exercice 1.17 (Convergence faible et opérateur continu) Soit E et F deux espaces de Banach et T une applica-
tion linéaire continue de E dans F . Soit (un )n∈IN une suite d’éléments de E et u dans E. On suppose que un → u
faiblement dans E quand n → +∞. Montrer que T (un ) → T (u) faiblement dans F . On donne maintenant deux
applications de ce résultat.
1. Soit E et F deux espaces de Banach. On suppose que E s’injecte continûment dans F , c’est-à-dire que E ⊂ F
et que l’application u 7→ u est continue de E dans F . Soit (un )n∈IN une suite d’éléments de E et u dans E. On
suppose que un → u faiblement dans E quand n → +∞. Montrer que un → u faiblement dans F .
2. Soit Ω est un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, (un )n∈IN une suite d’éléments de H01 (Ω) et u dans H01 (Ω). On
suppose que un → u faiblement dans H01 (Ω) quand n → +∞. Montrer que Di un → Di u faiblement dans
L2 (Ω) quand n → +∞.

EDP, Télé-enseignement, M2 17
1.8. EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Exercice 1.18 (Fonction non continue appartenant à H 1 (IR 2 ) ∩ L∞ (IR 2 )) Dans cet exercice, on construit v
t.q. v ∈ H 1 (IR 2 ) ∩ L∞ (IR 2 ) et v 6∈ C(IR 2 , IR) ( c’est-à-dire qu’il n’existe pas w ∈ C(IR 2 , IR) t.q. v = w
p.p.).
Pour cela, on reprend la fonction de l’exercice 1.5.
Soit γ ∈]0, 1/2[ et u définie par u(x) = (− ln(|x|))γ si |x| < 1 et u(x) = 0 si |x| ≥ 1.
Pour chaque n ∈ IN? , on définit un en posant un (x) = u(x) − n si n ≤ u(x) < n + 1 et un (x) = 0 sinon.
1. Montrer que un ∈ H 1 (IR 2 ) pour tout n ∈ IN? et que

X
k |∇un | k2L2 (IR 2 ) < +∞.
n=1

[Utiliser l’exercice 1.5.]


2. Montrer que un prend ses valeurs entre 0 et 1 et que le support de un est une boule dont le diamètre tend vers 0
quand n → +∞.
Pour n ∈ IN? , on pose xn = (1/n, 0) ∈ IR 2 et on choisit mn t.q. le support de un soit une boule de diamètre
plus petit que (1/2)(1/n − 1/(n + 1)) et t.q. la suite (mn )n∈IN? soit strictement croissante. Puis on pose, pour
x ∈ IR 2 , vn (x) = umn (x − xn ).
3. Montrer que toutes les fonctions vn ont des supports disjoints.
4. On pose v = n∈IN? vn . Montrer que la fonction v appartient à H 1 (IR 2 )∩L∞ (IR 2 ). Montrer que v est continue
P

sur IR 2 \ {0} mais n’est pas continue en 0.


?
Exercice 1.19 (Sur l’injection de W 1,1 dans L1 ) Soit Ω un ouvert borné connexe de IR N (N ≥ 1) à fron-
tière lipschitzienne. Soit ω une partie borélienne de Ω de mesure de Lebesgue strictement positive, c’est-à-
dire λN (ω) > 0 en désignant par λN la mesure de Lebesgue sur les boréliens de IR N .
On définit l’ensemble Wω par

Wω = {u ∈ W 1,1 (Ω) tel que u = 0 p.p. dans ω}.

le but de cet exercice est de montrer, par deux méthodes différentes, qu’il existe C, dépendant seulement de Ω et
ω, tel que
N
kukLp (Ω) ≤ Ck |∇u| kL1 (Ω) pour tout u ∈ Wω et pour tout 1 ≤ p ≤ . (1.12)
N −1
I- Première méthode (méthode directe)
1. On suppose qu’il existe une suite (un )n∈IN? d’éléments de Wω t.q. kun kL1 (Ω) = 1 pour tout n ∈ IN? et

kun kL1 (Ω) ≥ nk |∇un | kL1 (Ω) pour tout n ∈ IN? .

En utilisant un théorème de compacité du cours (chapitre 1), montrer qu’on peut supposer, après extraction d’une
sous suite, que un → u dans L1 (Ω) quand n → +∞. Montrer alors que u = 0 p.p. et que kukL1 (Ω) = 1 (ce qui
est impossible. . . ).
2. Déduire de la question précédente qu’il existe C1 , dépendant seulement de Ω et ω, tel que

kukL1 (Ω) ≤ C1 k |∇u| kL1 (Ω) pour tout u ∈ Wω . (1.13)

3. On rappelle (théorème 1.26) qu’il existe C2 , dépendant seulement de Ω, tel que, en posant 1? = N/(N − 1),
kukL1? (Ω) ≤ C2 kukW 1,1 (Ω) pour tout u ∈ W 1,1 (Ω). Avec la question précédente, en déduire qu’il existe C,
dépendant seulement de Ω et ω, vérifiant (1.12).

EDP, Télé-enseignement, M2 18
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

II- Deuxième méthode (en passant par la moyenne de u)


1. Soit H = {u ∈ W 1,1 (Ω) t.q. Ω u(x)dx = 0}. Montrer qu’il existe C3 ne dépendant que de Ω t.q. kukL1 (Ω) ≤
R

C3 k |∇u| kL1 (Ω) pour tout u ∈ H.


En utilisant le rappel de la question 3 de la première partie, en déduire qu’il existe C4 ne dépendant que de Ω
t.q.
ku − mkL1? (Ω) ≤ C4 k |∇u| kL1 (Ω) pour tout u ∈ W 1,1 (Ω),
R
avec mλN (Ω) = Ω u(x)dx. [On pourra remarquer que u − m ∈ H.]
R
2. Soit u ∈ Wω et m tel que mλN (Ω) = Ω u(x)dx. Montrer que

C4
|m| ≤ k |∇u| kL1 (Ω)
λN (ω)1/1?
et en déduire que
  λ (Ω) 1/1? 
N
kukL1? (Ω) ≤ C4 1 + k |∇u| kL1 (Ω) .
λN (ω)

1.9 Corrigés d’exercices


Corrigé 1.1 (Exemple de dérivée)
Soient N ≥ 1, Ω = {x = (x1 , . . . , xN )t ∈ IR N , |xi | < 1, i = 1, . . . , N } et u : IR N → IR définie par u(x) = 1
si x ∈ Ω et u(x) = 0 si x 6∈ Ω.
∂ϕ
1. Pour i = {1, . . . , N } et ϕ ∈ Cc∞ (IR N ), montrer que IR N u(x) ∂x
R
i
(x)dx ne dépend que des valeurs prises par
ϕ sur le bord de Ω.
Corrigé – On prend, par exemple, i = 1 (les autres valeurs de i se traitent de manière similaire). Pour tout ϕ ∈
Cc∞ (IR N ) on a
Z
∂ϕ
Z
∂ϕ
Z  Z 1 ∂ϕ 
u(x) (x)dx = (x)dx = (x1 , y)dx1 dy
IR N ∂x1 ]−1,1[N ∂x1 ]−1,1[N −1 −1 ∂x1
et donc Z Z Z
∂ϕ
u(x) (x)dx = ϕ(1, y)dy − ϕ(−1, y)dy.
IR N ∂x1 ]−1,1[N −1 ]−1,1[N −1
∂ϕ
R
Ceci montre bien que IR N
u(x) ∂x1
(x)dx ne dépend que des valeurs prises par ϕ sur le bord de Ω.

2. Montrer que u 6∈ W 1,1 (IR N ).


Corrigé – On raisonne par l’absurde. On suppose que u ∈ W 1,1 (IR N ). Il existe alors (en particulier) g ∈ L1 (IR N )
t.q. Z Z
∂ϕ
u(x) (x)dx = g(x)ϕ(x)dx pour tout ϕ ∈ Cc∞ (IR N ).
IR N ∂x1 IR N

Pour n ∈ IN? , on pose An =]1 − 1


n
, 1 + n1 [×] − 1, 1[N −1 .

On choisit une fonction ϕ ∈ Cc (IR N ) t.q. ϕ(x) ≥ 0 pour tout x ∈ IR N , ϕ(x) = 0 si x 6∈ A1 et ϕ(x) = 1 si
x = (1, y) avec y ∈] − 12 , 12 [N −1 (une telle fonction ϕ existe). Pour n ∈ IN? , on définit alors ϕn par ϕn (1 + x1 , y)) =
ϕ(1 + nx1 , y) pour tout x1 ∈ IR et y ∈ IR N −1 (de sorte que ϕn = 0 hors de An ).
Pour n ∈ IN? , on a bien ϕn ∈ Cc∞ (IR N ) et le choix de ϕn donne
Z Z Z
∂ϕn
u(x) (x)dx = ϕn (1, y)dy − ϕn (−1, y)dy ≥ 1
IR N ∂x1 ]−1,1[N −1 ]−1,1[N −1

EDP, Télé-enseignement, M2 19
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

et Z Z
| g(x)ϕn (x)dx| ≤ |g(x)|dx.
IR N An

On a donc An |g(x)|dx ≥ 1 pour tout n ∈ IN? , ce qui est impossible car la mesure de Lebesgue (N -dimensionnelle)
R

de An tend vers 0 quand n → +∞.

Corrigé 1.2 (Une fonction de dérivée nulle est constante)


Soit u ∈ L1loc (]0, 1[) t.q. Du = 0. Montrer qu’il existe a ∈ IR t.q. u = a p.p.. (u est donc la fonction constante
égale à a.)
R1
Corrigé – On se donne ϕ0 ∈ Cc∞ (]0, 1[) t.q. 0
ϕ0 (x)dx = 1.
Pour ψ ∈ Cc∞ (]0, 1[), on définit la fonction ϕ par
Z x Z 1 Z x
ϕ(x) = ψ(t)dt − ψ(t)dt ϕ0 (t)dt. pour x ∈]0, 1[.
0 0 0

Avec ce choix de ϕ on a ϕ ∈ Cc∞ (]0, 1[) et donc, comme Du = 0,


Z 1
0 = hDu, ϕiD? ,Cc∞ = − u(x)ϕ0 (x)dx.
0
R1
Comme ϕ0 = ψ − ( 0 ψ(t)dt)ϕ0 , on a donc
Z 1 Z 1  Z 1 
u(x)ψ(x)dx − ψ(t)dt u(x)ϕ0 (x)dx = 0.
0 0 0
R1
On pose a = 0 u(x)ϕ0 (x)dx, on a ainsi
Z 1 Z 1
u(x)ψ(x)dx = aψ(x)dx pour tout ψ ∈ Cc∞ (]0, 1[).
0 0
Le lemme 1.1 donne alors u = a p.p..

Corrigé 1.3 (Espace de Sobolev en 1d)


Soit 1 ≤ p ≤ ∞ et u ∈ W 1,p (]0, 1[).
1. Soit u ∈ W 1,p (]0, 1[).
Rx
(a) Montrer qu’il existe C ∈ IR t.q. u(x) = C + 0 Du(t)dt, pour presque tout x ∈]0, 1[. En déduire que
u ∈ C([0, 1], IR) (au sens qu’il existe v ∈ C([0, 1], IR) t.q. u = v p.p. sur ]0, 1[, en identifiant u et v, on peut
donc dire que W 1,p (]0, 1[) ⊂ C([0, 1], IR).
Rx
Corrigé – Pour x ∈ [0, 1], on pose F (x) = 0 Du(t)dt. Comme Du ∈ L1 (]0, 1[), on a F ∈ C([0, 1], IR). On
peut aussi montrer que F est dérivable p.p. et que F 0 = Du p.p. mais cela est inutile ici. On s’intéresse plutôt à la
dérivée par transposition de F , c’est-à-dire à DF et on va montrer que DF = Du.
Soit ϕ ∈ Cc∞ (]0, 1[). On a
Z 1 Z 1 Z 1 
hDF, ϕiD? ,Cc∞ = − F (x)ϕ0 (x)dx = − 1]0,x[ (t)Du(t)dt ϕ0 (x)dx.
0 0 0
En remarquant que 1]0,x[ (t) = 1]t,1[ (x) pour tout t, x ∈]0, 1[ et en utilisant le théorème de Fubini, on a donc
Z 1 Z 1  Z 1
hDF, ϕiD? ,Cc∞ = − 1]t,1[ (x)ϕ0 (t)dx Du(t)dt = ϕ(t)Du(t)dt,
0 0 0
ce qui prouve que DF = Du.
On a donc D(u − F ) = 0 et l’exercice 1.2 donne alors l’existence de C ∈ IR t.q. u − F = C p.p. c’est-à-dire
Z x
u(x) = C + Du(t)dt pour presque tout x ∈]0, 1[.
0

EDP, Télé-enseignement, M2 20
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

(b) Montrer que kuk∞ ≤ kukW 1,p (]0,1[) .


Corrigé – On choisit maintenant pour u (qui est une classe de fonctions) son représentant continu. On a alors
pour tout x ∈ [0, 1] Z x
u(x) = u(0) + Du(t)dt.
0
Rx
On a alors aussi pour tout x, y ∈ [0, 1], u(x) = u(y) + y Du(t)dt, on en déduit
Z 1
|u(x)| ≤ |u(y)| + |Du(t)|dt.
0
En intégrant cette inégalité sur [0, 1] (par rapport à y), on obtient pour tout x ∈ [0, 1]
|u(x)| ≤ kukL1 + kDukL1 = kukW 1,1 ,
et donc, en prenant le max sur x et en utilisant l’inégalité de Hölder,
kukL∞ ≤ kukL1 + kDukL1 ≤ kukLp + kDukLp = kukW 1,p .

(c) Si p > 1, Montrer que u est une fonction höldérienne d’exposant 1 − (1/p).
Corrigé – On choisit toujours pour u son représentant continu. Soit x, y ∈ [0, 1], y > x, on a
Z y
u(y) − u(x) = Du(t)dt
x
et donc, en utilisant l’inégalité de Hölder,
Z y 1
p 1− 1 1− 1
|u(y) − u(x)| ≤ |Du(t)|p dt |y − x| p ≤ kukW 1,p |y − x| p .
x

Rx
2. Soit u ∈ C([0, 1], IR). On suppose qu’il existe w ∈ Lp (]0, 1[) t.q. u(x) = u(0) + 0
w(t)dt, pour tout x ∈]0, 1[.
Montrer que u ∈ W 1,p (]0, 1[) et Du = w.
Corrigé – Il est clair que u ∈ LRp (]0, 1[). Pour montrer que u ∈ W 1,p (]0, 1[) il suffit de montrer que Du = w
1
c’est-à-dire que hDu, ϕiD? ,Cc∞ = 0 w(t)ϕ(t)dt pour tout ϕ ∈ Cc∞ (]0, 1[).
Soit ϕ ∈ Cc∞ (]0, 1[). On a
Z 1 Z 1 Z t  Z 1 Z 1 
hDu, ϕiD? ,Cc∞ = − u(t)ϕ0 (t)dt = − w(x)dx ϕ0 (t)dt = − 1]0,t[ (x)w(x)dx ϕ0 (t)dt.
0 0 0 0 0
On utilise une nouvelle fois le thézorème de Fubini et le fait que 1]0,t[ (x) = 1]x,1[ (t) (pour tout x, t ∈]0, 1[). On
obtient
Z 1 Z 1  Z 1 Z 1  Z 1
hDu, ϕiD? ,Cc∞ = − 1]x,1[ (t)ϕ0 (t)dt w(x)dx = − ϕ0 (t)dt w(x)dx = ϕ(x)w(x)dx.
0 0 0 x 0
Ce qui donne bien Du = w.

Corrigé 1.4 (Généralisation de l’exercice 1.2)


Soient N ≥ 1, B = {x ∈ IR N , |x| < 1} et u ∈ L1loc (B).
1. On suppose que Di u = 0 pour tout i ∈ {1, . . . , N }. Montrer qu’il existe a ∈ IR t.q. u = a p.p.. (u est donc la
fonction constante égale à a.) [On pourra, par exemple, raisonner ainsi :
Soit ε ∈]0, 1/2[ et (ρn )n∈IN? une suite de noyaux régularisants, c’est-à-dire :
Z
∞ N
ρ ∈ Cc (IR , IR), ρdx = 1, ρ ≥ 0 in IR N , ρ(x) = 0 si |x| ≥ 1,
IR N (1.14)
et, pour n ∈ IN? , x ∈ IR N , ρn (x) = nN ρ(nx).

EDP, Télé-enseignement, M2 21
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

On pose uε (x) = u si |x| ≤ 1 − ε et uε = 0 sinon. Puis, on pose uε,n = uε ? ρn .


Montrer que uε,n ∈ Cc∞ (IR N , IR) et que, si 1/n < ε, uε,n est constante sur la boule de centre 0 et de rayon
1 − 2ε. Puis, conclure. . . .]
Corrigé – On a uε ∈ L1 (IR N ). Pour tout n ∈ IN? , la fonction uε,n est donc bien définie sur tout IR N . Le fait que
uε,n soit de classe C ∞ est classique et les dérivées de uε,n sont égales à la convolution de uε avec les dérivées de
ρn . Il est facile aussi de voir que uε,n est une fonction à support compact car uε et ρn sont des fonctions à support
compact.
∂uε,n
On note Br la boule de centre 0 et de rayon r. On montre maintenant que pour tout i la fonction ∂xi
est nulle sur
B1−2ε si 1/n < ε..
Soit i ∈ {1, . . . , N } et x ∈ IR N , on a
Z
∂uε,n  ∂ρn  ∂ρn
(x) = uε ? (x) = uε (y) (x − y)dy.
∂xi ∂xi IR N ∂xi

Si 1/n < ε et x ∈ B1−2ε , la fonction ρn (x − ·) appartient à Cc (B) et est nulle hors de B1−ε . On remarque aussi
que
∂ρn (x − ·) ∂ρn
=− (x − ·).
∂xi ∂xi
(La notation ∂/∂xi désigne la dérivée par rapport à la i-ème variable, à ne pas confondre avec la i-ème composante
de x dans la formule précédente. . . .) On obtient ainsi
Z
∂uε,n ∂ρn
(x) = u(y) (x − y)dy = hDi u, ρn (x − ·)iD? (B),Cc∞ (B) = 0.
∂xi B ∂xi
∂u
On a ainsi montré que pour 1/n < ε, la fonction ∂xε,n i
est, pour tout i, nulle sur B1−2ε . On en déduit que la fonction
uε,n est constante sur B1−2ε . En effet, il suffit de remarquer que pour tout x ∈ B1−2ε on a
Z 1
uε,n (x) − uε,n (0) = ∇uε,n (tx) · x dt = 0.
0
Comme uε ∈ L1 (IR N ), la suite (uε,n )n∈IN converge dans L1 (IR N ) vers uε . En considérant les restrictions de ces
fonctions à la boule B1−2ε (sur la laquelle uε = u), la suite (uε,n )n∈IN converge dans L1 (B1−2ε ) vers u. Comme
uε,n est une fonction constante sur B1−2ε (pour 1/n < ε) sa limite (dans L1 ) est donc aussi une fonction constante.
Ceci montre que la fonction u est constante sur B1−2ε , c’est-à-dire qu’il existe aε ∈ IR t.q. u = aε p.p. sur B1−2ε .
Comme ε > 0 est arbitraire, on en déduit que aε ne dépend pas de ε et que u est constante sur B.

2. On suppose que Di u est une fonction continue, pour tout i ∈ {1, . . . , N }. Montrer que u ∈ C 1 (B, IR) (au sens
“il existe v ∈ C 1 (B, IR) t.q. u = v p.p.”). [On pourra, par exemple, reprendre l’indication de la 1ère question et
raisonner ainsi : Montrer que pour tout x, y ∈ IR N on a
Z 1
uε,n (y) − uε,n (x) = ∇uε,n (ty + (1 − t)x) · (y − x)dt,
0

et que pour z dans la boule de centre 0 et rayon 1 − 2ε et i ∈ {1, . . . , N } on a


Z
(∂uε,n /∂xi )(z) = Di u(z)ρn (z − z)dz.
B

En déduire que pour presque tout x, y ∈ B, on a, avec Du = {D1 u, . . . , DN u}t ,


Z 1
u(y) − u(x) = Du(ty + (1 − t)x) · (y − x)dt.
0

Montrer alors que u est continue et que la formule précédente est vraie pour tout x, y ∈ B. Conclure enfin que
u ∈ C 1 (B, IR).]

EDP, Télé-enseignement, M2 22
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Corrigé – Soit ε > 0. La fonction uε,n est de classe C ∞ . On a donc bien, pour tout x, y ∈ IR N ,
Z 1
uε,n (y) − uε,n (x) = ∇uε,n (ty + (1 − t)x) · (y − x)dt. (1.15)
0
Dans cette formule ∇uε,n désigne la fonction vectorielle définie par les dérivées classiques de uε,n .
Pour z ∈ IR N et i ∈ {1, . . . , N } on a
Z
∂uε,n ∂ρn
(z) = uε (z) (z − z)dz.
∂xi IR N ∂xi
Si z ∈ B1−2ε et 1/n < ε, la fonction ρn (z − ·) appartient à Cc∞ (B) et est nulle hors de B1−ε (et sur B1−ε on a
uε = u). On en déduit
Z
∂uε,n
(z) = hDi u, ρn (z − ·)iD? (B),Cc∞ (B) = Di u(z̄)ρn (z − z̄)dz̄.
∂xi B
Comme Di (u) est uniformément continue sur B1−ε , on déduit de la formule précédente que ∂uε,n /∂xi converge vers
Di u uniformément sur B1−2ε . On a donc, pour tout x, y ∈ B1−2ε
Z 1 Z 1
lim ∇uε,n (ty + (1 − t)x) · (y − x)dt. = Du(ty + (1 − t)x) · (y − x)dt.
n→+∞ 0 0
La suite (uε,n )n∈IN? converge dans L1 (IR N ) vers uε . Après extraction éventuelle d’une sous suite, on peut donc
supposer que cette suite converge p.p. vers uε et donc p.p. vers u sur la boule B1−ε . En passant à la limite quand
n → +∞ dans l’égalité (1.15), on obtient pour presque tout x, y dans B1−2ε
Z 1
u(y) − u(x) = Du(ty + (1 − t)x) · (y − x)dt. (1.16)
0
Comme ε > 0 est arbitraire, la formule (1.16) est valable pour presque tout x, y ∈ B.
Pour conclure, on fixe un point x ∈ B pour lequel (1.16) est vraie pour presque tout y ∈ B et on pose
Z 1
v(y) = u(x) + Du(ty + (1 − t)x) · (y − x)dt pour tout y ∈ B.
0
La fonction v est de classe C 1 (car Du est une fonction continue et donc v est dérivable sur tout B et ∇v = Du).
Comme u = v p.p., ceci termine la question.

3. On reprend ici la 1ère question en remplaçant B par un ouvert quelconque de IR N . Montrer que u est constante
sur chaque composante connexe de B. (Comme d’habitude, u constante signifie qu’il existe a ∈ IR t.q. u = a
p.p..)
Corrigé – On note Ω l’ouvert remplaçant B. Le raisonnement précédent montre que sur toute boule incluse dans Ω,
u est p.p. égale à une constante. Pour que l’égalité soit vraie sur toute la boule (et non seulement p.p.), il suffit de
définir v sur Ω par Z
1
v(x) = lim u(y)dy pour tout x ∈ Ω,
h→0, h>0 λd (Bx,h ) B(x,h)

où B(x, h) désigne la boule de centre x et de rayon h et λd (B(x, h)) la mesure de Lebesgue d-dimensionelle de cette
boule. On a alors u = v p.p. (v est donc un représentant de la classe u) et sur toute boule incluse dans Ω, v est égale
à une constante.
La fonction v est donc localement constante. On en déduit que v est constante sur chaque composante connexe de Ω.
En effet, soit x ∈ Ω et U la composante connexe de Ω contenant x. On pose a = v(x). L’ensemble {y ∈ U ; v(y) = a}
est un ouvert non vide de U et l’ensemble {y ∈ U ; v(y) 6= a} est aussi un ouvert de U disjoint du précédent. Par
connexité de U ce dernier ensemble est donc vide, ce qui prouve que v = a sur tout U .

Corrigé 1.5 (Non généralisation de l’exercice 1.3)


Soit Ω = {x = (x1 , x2 )t ∈ IR 2 , |xi | < 21 , i = 1, 2}, γ ∈]0, 1/2[ et u : Ω → IR définie par u(x) = (− ln(|x|))γ .
Montrer que u ∈ H 1 (Ω). En déduire que H 1 (Ω) 6⊂ C(Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 23
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV


Corrigé – La fonction u est de classe C ∞ sur Ω̄ \ {0} (en remarquant que |x| ≤ 2/2 < 1 pour tout x ∈ Ω̄). Les
dérivées classiques de u sont pour x = (x1 , x2 )t 6= 0
∂u xi
(x) = −γ(− ln(|x|))γ−1 2 , i = 1, 2.
∂xi |x|
Il est facile de voir que u ∈ L2 (Ω) (et même u ∈ Lp (Ω) pour tout 1 ≤ p < +∞). Comme γ < 1/2, on peut aussi
montrer que les dérivées classiques de u sont dans L2 (Ω). Il suffit pour cela de remarquer que, pour a > 0,
Z a
1
2(1−γ)
dr < +∞.
0 r| ln(r)|
Pour montrer que u ∈ H 1 (Ω), il suffit donc de montrer que les dérivées par transposition de u sont représentées par les
dérivées classiques, c’est-à-dire que pour tout ϕ ∈ Cc∞ (Ω) et pour i = 1, 2, on a
Z Z
∂ϕ ∂u
u(x) (x)dx = − (x)ϕ(x)dx. (1.17)
Ω ∂xi Ω ∂xi
On montre maintenant (1.17) pour i = 1 (bien sûr, i = 2 se traite de manière semblable). Soit ϕ ∈ Cc∞ (Ω) et 0 < ε <
1/2. On pose Lε = [−ε, ε] × [−1/2, 1/2]. En intégrant par parties, on a
Z Z Z 1/2
∂ϕ ∂u
u(x) (x)dx = − (x)ϕ(x)dx − u(ε, x2 )(ϕ(ε, x2 ) − ϕ(−ε, x2 ))dx2 . (1.18)
Ω\Lε ∂x1 Ω\Lε ∂x1 −1/2

(On a utilisé ici le fait que u(ε, x2 ) = u(−ε, x2 ).)


Par convergence dominée, on a
Z Z Z Z
∂ϕ ∂ϕ ∂u ∂u
lim u(x) (x)dx = u(x) (x)dx et lim (x)ϕ(x)dx = (x)ϕ(x)dx
ε→0 Ω\L
ε
∂x 1 Ω ∂x 1 ε→0 Ω\L ∂x1
ε Ω ∂x 1

Il reste à montrer que le deuxième terme du membre de droite de (1.18) tend vers 0. Ceci se fait en remarquant que la
fonction ϕ est régulière, il existe donc C ne dépendant que de ϕ t.q.
Z 1/2
| u(ε, x2 )(ϕ(ε, x2 ) − ϕ(−ε, x2 ))dx2 | ≤ | ln(ε)|γ Cε.
−1/2
On en déduit bien que
Z 1/2
lim u(ε, x2 )(ϕ(ε, x2 ) − ϕ(−ε, x2 ))dx2 = 0,
ε→0 −1/2

ce qui termine la démonstration de (1.17) pour i = 1. Finalement, on a bien ainsi montré que les dérivées par transposi-
tion de u sont représentées par les dérivées classiques et que u ∈ H 1 (Ω).

Corrigé 1.6 (Inégalités de Sobolev pour p ≤ N )


L’objet de cet exercice est de démontrer l’injection de Sobolev pour 1 ≤ p ≤ N .
La démonstration proposée ici est due à L. Nirenberg. Elle consiste à faire d’abord le cas p = 1, puis à en déduire
le cas 1 < p < N . Historiquement, la cas 1 < p < N à été démontré avant le cas p = 1 (et le cas p = 1 est
longtemps resté un problème ouvert).
1. Soit u ∈ Cc1 (IR N ).
(a) On suppose ici N = 1. Montrer que kuk∞ ≤ ku0 k1 .
Rx
Corrigé – Comme u ∈ Cc1 (IR) on a, pour x ∈ IR, u(x) = −∞ u0 (t)dt et donc
Z x
|u(x)| ≤ |u0 (t)|dt ≤ ku0 k1 .
−∞
On en déduit bien kuk∞ ≤ ku0 k1 .

∂u 1/N ∂u 1/N
(b) Par récurrence sur N , montrer que kukN/(N −1) ≤ k ∂x k
1 1
. . . k ∂x k
N 1
.

EDP, Télé-enseignement, M2 24
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Corrigé – la question précédente permet d’initialiser la récurrence, on a pour tout toute fonction u appartenant à
Cc1 (IR), kuk∞ ≤ ku0 k1 .
Soit maintenant N ≥ 1. On suppose que pour toute fonction u appartenant à Cc1 (IR N ), on a
∂u 1/N ∂u 1/N
kukN/(N −1) ≤ k k ...k k .
∂x1 1 ∂xN 1
Soit u ∈ Cc1 (IR N +1 ). Pour x ∈ IR N +1 on note x = (x1 , y)t avec x1 ∈ IR et y ∈ IR N . Pour x1 ∈ IR, l’inégalité
de Hölder donne Z Z
N +1 1
|u(x1 , y)| N dy = |u(x1 , y)||u(x1 , y)| N dy
IR NZ IR N
 N
 N −1  Z 1 (1.19)
N N
≤ |u(x1 , y)| N −1 dy |u(x1 , y)|dy .
IR N IR N

On applique l’hypothèse de récurrence à la fonction y 7→ u(x1 , y) (qui est bien dans Cc1 (IR N )), on obtient
∂u 1/N ∂u 1/N
ku(x1 , ·)k N ≤k (x1 , ·)kL1 (IR N ) . . . k (x1 , ·)kL1 (IR N ) .
L N −1 (IR N ) ∂x2 ∂xN +1
D’autre part, en appliquant le cas N = 1 (démontré à la question (a)) à la fonction z 7→ u( z, y) (qui est bien dans
Cc1 (IR)), on a pour tout y ∈ IR N
∂u
|u(x1 , y)| ≤ k (·, y)kL1 (IR) .
∂x1
et donc, en intégrant par rapport à y,
Z
∂u
|u(x1 , y)|dy ≤ k kL1 (IR N +1 ) .
IR N ∂x 1
En reportant ces majorations dans (1.19) on obtient pour tout x1 ∈ IR
Z
N +1 ∂u 1/N ∂u 1/N ∂u 1
|u(x1 , y)| N dy ≤ k (x1 , ·)kL1 (IR N ) . . . k (x1 , ·)kL1 (IR N ) k (x1 , ·)kLN1 (IR N +1 ) .
IR N ∂x 2 ∂x N +1 ∂x 1
En intégrant cette inégalité par rapport à x1 et en utilisant une nouvelle fois l’inégalité de Hölder (avec le produit
deN fonctions dans LN , on obtient bien l’inégalité désirée, c’est-à-dire
N
∂u 1/N ∂u 1/N
kuk N +1
N +1 ≤ k k1 . . . k k1 ,
N ∂x 1 ∂x N +1
ou encore
∂u N1+1 ∂u 1
kuk N +1 ≤ k k ...k k N +1 .
N ∂x1 1 ∂xN +1 1
Ce qui termine la récurrence.

(c) Montrer que kukN/(N −1) ≤ k |∇u| k1 .


Corrigé – La moyenne géométrique de N nombres positifs est plus petite que la moyenne arithmétique de ces
mêmes nombres. (Ceci peut se démontrer en utilisant, par exemple, la convexité de la fonction exponentielle.)
On en déduit que
N
∂u 1/N ∂u 1/N 1 X ∂u
kukN/(N −1) ≤ k k1 . . . k k1 ≤ k k1 .
∂x1 ∂xN N i=1 ∂xi
∂u
Comme k ∂xi
k1 ≤ k |∇u| k1 pour tout i, on a bien
kukN/(N −1) ≤ k |∇u| k1 .

(d) Soit 1 ≤ p < N . Montrer qu’il existe CN,p ne dépendant que N et p t.q. kukp? ≤ CN,p k |∇u| kp , avec
p? = (N p)/(N − p).

EDP, Télé-enseignement, M2 25
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

Corrigé – Pour p = 1, on a vu que CN,p = 1 convient. On suppose maintenant 1 < p < N .


p(N − 1)
On pose α = (de sorte que α NN−1 = p? ) et v = |u|α−1 u.
N −p
Comme α > 1 et u ∈ Cc1 (IR N ), on a aussi v ∈ Cc1 (IR N ). On peut donc appliquer le résultat de la question (c) à
la fonction v. On obtient
Z ?
 N −1 Z N
 N −1
N N
|u(x)|p = |u(x)|α N −1 ≤ k |∇v| k1 .
IR N IR N
α−1
Comme |∇v| = α|u| |∇u|, l’inégalité de Hölder (avec p et q = p/(p − 1)) donne
k |∇v| k1 = αk|u|α−1 |∇u| k1 ≤ αk|u|α−1 kq k |∇u| kp .
Comme (α − 1)q = (α − 1)p/(p − 1) = p? , on a donc
p? (N −1) Z  N −1 p? (p−1)
? N
kukp? N = |u(x)|p ≤ αkukp? p k |∇u| kp .
IR N
p(N − 1)
Ce qui donne, avec CN,p = α = ,
N −p
kukp? ≤ CN,p k |∇u| kp .

2. Soit 1 ≤ p < N . Montrer que kukp? ≤ CN,p k |∇u| kp , pour tout u ∈ W 1,p (IR N ) (CN,p et p? sont donnés à la
question précédente). En déduire que l’injection de W 1,p (IR N ) dans Lq (IR N ) est continue pour tout q ∈ [p, p? ].
Corrigé – Soit u ∈ W 1,p (IR N ), il existe une suite (un )n∈IN de fonctions appartenant à Cc1 (IR N ) t.q. un → u
?
dans W 1,p (IR N ) quand n → +∞. Par la question précédente, cette suite est de Cauchy dans Lp . Par unicité de la
1 N
limite (par exemple dans Lloc (IR )) cette limite est nécessairement égale à u. On peut alors passer à la limite quand
n → +∞ dans l’inégalité kun kp? ≤ CN,p k |∇un | kp et on obtient ainsi
kukp? ≤ CN,p k |∇u| kp pour tout u ∈ W 1,p (IR N ).
?
Ceci donne l’injection continue de W 1,p (IR N ) dans Lp (IR N ).
L’injection continue de W 1,p (IR N ) dans Lp (IR N ) est immédiate car kukp ≤ kukW 1,p pour tout u ∈ W 1,p (IR N ).
Soit maintenant q ∈]p, p? [. Pour montrer que W 1,p (IR N ) s’injecte continûment dans Lq (IR N ) il suffit d’utiliser
l’inégalité classique suivante (qui se démontre avec l’inégalité de Hölder) avec p < q < r = p? .
kukq ≤ kukθp kuk1−θ
r , (1.20)
p(r−q)
avec θ = q(r−p)
∈]0, 1[.

3. Soit p = N . Montrer que l’injection de W 1,N (IR N ) dans Lq (IR N ) est continue pour tout q ∈ [N, ∞[ (Pour
N = 1, le cas q = ∞ est autorisé).
Corrigé – Le cas N = 1 est facile. La question 2 donne l’injection continue de W 1,1 (IR) dans L∞ (IR). Comme
W 1,1 (IR) s’injecte aussi continûment dans L1 (IR), on obtient aussi une injection continu de W 1,1 (IR) dans Lq (IR)
pour tout q ∈]1, +∞[ (en utilisant (1.20) avec r = +∞, p = 1 et θ = 1/q).

On suppose maintenant N > 1. On a bien une injection continue de W 1,N (IR) dans LN (IR). Le seul cas à considérer
est donc N < q < +∞. Plusieurs démonstration sont possibles. Une première démonstration consiste à utiliser pour
|u|α , avec u ∈ Cc1 (IR N ), l’inégalité démontrée à la question 1 (c), puis à utiliser l’inégalité de Hölder (pour faire
apparître |∇u|N ) et l’inégalité (1.20). Enfin, on conclut avec la densité de Cc1 (IR N ) dans W 1,N (IR N ). On donne ci
dessous une démonstration probablement plus longue mais qui utilise de manière intéressante le caractère homogène
de la norme. de la norme.
Soit N < q < +∞. Il existe alors p ∈]1, N [ t.q. p? = N p/(N − p) = q. On va utiliser la question 1 avec cette valeur
de p.

EDP, Télé-enseignement, M2 26
1.9. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV

On définit ϕ de IR dans IR, de classe C 1 , par :


ϕ(s) = 0 si |s| ≤ 1,
ϕ(s) = 12 (|s| − 1)2 si 1 < |s| ≤ 2,
ϕ(s) = |s| − 32 si 2 < |s|.
On a |ϕ(u)| ≤ 1 et |ϕ0 (s)| ≤ 1 pour tout s ∈ IR.
Soit u ∈ Cc1 (IR N ) t.q kukW 1,N = 1. On a ϕ(u) ∈ Cc1 (IR N ). Par question 1 (et la définition ϕ) on obtient
Z Z p p
N
kϕ(u)kpq ≤ CN,p k |∇ϕ(u) |kp ≤ CN,p |∇u(x)|p dx ≤ CN,p |∇u(x)|N dx λd ({|u| ≥ 1}1− N .
{|u|≥1} IR N
N N
R R
On a λd ({|u| ≥ 1} ≤ IR N
|u(x)| dx ≤ 1 et IR N
|∇u(x)| dx ≤ 1. On en déduit
kϕ(u)kpq ≤ CN,p .
Comme |u|q ≤ 2q ϕ(u)q + 2q , on a donc
|u(x)|q dx = {|u|≤1} |u(x)|q dx + {|u|>1} |u(x)|q dx
R R R
IR N
q
≤ IR N |u(x)|N dx + 2q IR N |ϕ(u(x))|q dx + 2q λd ({|u| > 1}) ≤ 1 + 2q CN,p + 2q .
R R p

Il existe donc DN,q ne dépendant que N et q t.q kukq ≤ DN,q si u ∈ Cc1 (IR N ) et kukW 1,N = 1 Grâce au caractère
homogène de la norme, on a en déduit que kukq ≤ DN,q kukW 1,N (IR N ) pour tout u ∈ Cc1 (IR N ). Enfin, par densité
de Cc1 (IR N ) dans W 1,N (IR N ) on obtient que W 1,N (IR N ) ⊂ Lq (IR N ) et
kukq ≤ DN,q kukW 1,N (IR N ) pour tout u ∈ W 1,N (IR N ).
Ce qui montre bien qu’il y a une injection continue de W 1,N (IR N ) dans Lq (IR N ).

4. On suppose maintenant que Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne. Pour 1 ≤ p < N , Montrer que
l’injection de W 1,p (Ω) dans Lq (Ω) est continue pour tout q ∈ [p, p? ] (p? = (N p)/(N − p)). Montrer que
l’injection de W 1,N (Ω) dans Lq (Ω) est continue pour tout q ∈ [N, ∞[ (Pour N = 1, le cas q = ∞ est autorisé).
Corrigé – Cette question consiste seulement à utiliser l’existence d’un opérateur P linéaire continu de W 1,p (Ω) dans
W 1,p (IR N ) t.q. P u = u p.p. dans Ω (opérateur dit de “prolongement” dont l’existence est donnée par le théorème
1.17). En effet, grâce à cette opérateur, la question 4 est une conséquence des questions précédentes (et de l’inégalité
(1.20)).

EDP, Télé-enseignement, M2 27
Chapitre 2

Problèmes elliptiques linéaires

2.1 Formulation faible


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) de frontière ∂Ω = Ω \ Ω. Soient ai,j ∈ L∞ (Ω), pour i, j = 1, . . . , N . On
suppose que les fonctions ai,j vérifient l’hypothèse d’ellipticité uniforme, c’est-à-dire :
N
X
∃α > 0; ∀ξ = (ξ1 , . . . , ξN ) ∈ IR N , ai,j ξi ξj ≥ α|ξ|2 p.p. dans Ω. (2.1)
i,j=1

On se donne f ∈ L2 (Ω) et g : ∂Ω → IR, et on cherche une solution au problème :


N X
X N
− ∂i (ai,j (x)∂j u)(x) = f (x), x ∈ Ω, (2.2a)
i=1 j=1

u(x) = g(x), x ∈ ∂Ω, (2.2b)


où ∂i u désigne la dérivée partielle de u par rapport à sa i-ème variable.
Exemple 2.1 (Le Laplacien) Si on prend ai,j = δi,j ( c’est-à-dire 1 si i = j, 0 si i 6= j), alors le problème (2.2)
devient
−∆u = f sur Ω,
u = g sur ∂Ω.
Définition 2.2 (Solution classique) On suppose que ai,j ∈ C 1 (Ω̄) pour tout i, j = 1, . . . , N . On suppose que
f ∈ C(Ω̄) et g ∈ C(∂Ω). On appelle alors solution classique de (2.2) une fonction u ∈ C 2 (Ω̄) vérifiant (2.2).
On rappelle que pour tout k ∈ IN∪{+∞}, C k (Ω̄) désigne l’ensemble des restrictions à Ω des fonctions appartenant
à C k (IR N ).
Il n’existe pas forcément de solution classique à (2.2). Mais il existe des solutions en un sens plus faible que l’on va
définir ci-après. Pour comprendre leur nature, considérons d’abord le cas g = 0, avec ai,j ∈ C 1 (Ω̄) et f ∈ C(Ω̄),
et supposons qu’il existe une solution classique u ∈ C 2 (Ω̄). Par définition, celle ci vérifie :
N X
X N
− ∂i (ai,j (x)∂j u)(x) = f (x), ∀x ∈ Ω.
i=1 j=1

28
2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Soit ϕ ∈ Cc∞ (Ω) ; multiplions l’équation précédente par ϕ(x) et intégrons sur Ω :
 
Z XN X N Z
−  ∂i (ai,j (x)∂j u)(x) ϕ(x) dx =
 f (x)ϕ(x) dx, ∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω).
Ω i=1 j=1 Ω

Une intégration par parties donne alors :


 
Z XN X N Z
 ai,j (x)∂j u(x)∂i ϕ(x) dx = f (x)ϕ(x) dx, ∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω). (2.3)
Ω i=1 j=1 Ω

Comme u ∈ C 2 (Ω̄), on a ∂j u ∈ C 1 (Ω) ⊂ C(Ω) ⊂ L2 (Ω), et Dj u = ∂j u p.p (come cela a été vu au Chapitre 1).
De plus u ∈ C(Ω) ⊂ L2 (Ω) et donc u ∈ H 1 (Ω). Enfin, comme u = 0 sur ∂Ω, on a finalement u ∈ H01 (Ω) (voir
l’exercice 1.15).
Soit v ∈ H01 (Ω), par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω), il existe une suite (ϕn )n∈IN ⊂ Cc∞ (Ω) telle que ϕn → v
dans H 1 (Ω), c’est-à-dire ϕn → v dans L2 (Ω) et ∂i ϕn → Di v dans L2 (Ω) pour i = 1, . . . , N . En écrivant (2.3)
avec ϕ = ϕn , on obtient :
 
Z N X
X N Z
 ai,j (x)∂j u(x)∂i ϕn (x) dx =
 f (x)ϕn (x) dx,
Ω i=1 j=1 Ω

et en passant à la limite, on obtient que u satisfait le problème suivant, qu’on appelle formulation faible du problème
(2.2) (on rappelle que l’on considère ici le cas g = 0)

u ∈H01 (Ω), 
Z N X N Z
X (2.4)
 ai,j (x)Dj u(x)Di v(x) dx = f (x)v(x) dx, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω i=1 j=1 Ω

On vient ainsi de montrer que toute solution classique du problème (2.2) (lorsque g = 0) est solution faible,
c’est-à-dire vérifie (2.4).

Remarque 2.3 (Cas symétrique, formulation variationnelle) Dans le cas où ai,j = aj,i p.p. pour i 6= j, u est
solution de (2.4) si et seulement si u est solution du problème suivant, qu’on appelle formulation variationnelle :

u ∈ H01 (Ω),
J(u) ≤ J(v), ∀v ∈ H01 (Ω), (2.5)
 
Z N X N Z
1 X
où la fonctionnelle J est définie par : J(v) =  ai,j Di vDj v dx −
 f (x)v(x) dx.
2 Ω i=1 j=1 Ω

La démonstration de l’existence et de l’unicité des solutions des problèmes (2.4) et (2.5) utilise le lemme de Lax-
Milgram, que nous rappelons ici :
Lemme 2.4 (Lax-Milgram) Soient H un espace de Hilbert réel muni du produit scalaire noté (·/·), de norme
associée notée k · k, et a(·, ·) une application bilinéaire de H × H dans IR qui est
– continue, ce qui équivalent à dire qu’il existe c > 0 t.q., pour tout (u, v) ∈ H 2 , on a |a(u, v)| ≤ ckukkvk,

EDP, Télé-enseignement, M2 29
2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

– coercive sur H (certains auteurs disent plutôt H-elliptique), c’est-à-dire qu’il existe α > 0, t.q., pour tout
u ∈ H, a(u, u) ≥ αkuk2 ,
et soit T une forme linéaire continue sur H.
Alors il existe un unique u de H tel que l’équation a(u, v) = T (v) soit vérifiée pour tout v de H :

∃! u ∈ H, ∀v ∈ H, a(u, v) = T (v).

Si de plus la forme bilinéaire a est symétrique, alors u est l’unique élément de H qui minimise la fonctionnelle
J : H → IR définie par J(v) = 12 a(v, v) − T (v) pour tout v de H, c’est-à-dire :

J(u) = min J(v) et J(u) < J(v) si u 6= v.


v∈H

Notons que dans le cas où la forme bilinéaire a est symétrique, elle définit un produit scalaire sur H équivalent
au produit scalaire initial. Dans ce cas, le lemme de Lax-Milgram est une conséquence directe du théorème de
représentation de Riesz dans un espace de Hilbert.
Pour appliquer le théorème de Lax-Milgram au problème (2.4), nous aurons besoin de l’inégalité de Poincaré :

Lemme 2.5 (Inégalité de Poincaré) Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1 (ou qui est au moins borné dans une
direction), alors il existe CΩ ne dépendant que de Ω tel que

kukL2 (Ω) ≤ CΩ k |∇u| kL2 (Ω) , ∀u ∈ H01 (Ω). (2.6)

N.B. On désigne toujours par | · | la norme euclidienne dans IR N . On a donc


Z N Z
X
k |∇u| k2L2 (Ω) = |∇u(x)|2 dx = Di u(x)2 dx.
Ω i=1 Ω

Démonstration Par hypothèse sur Ω, il existe a > 0 tel que Ω ⊂] − a, a[×IR N −1 . Soit u ∈ Cc∞ (Ω), on prolonge
u par 0 en dehors de Ω, on a donc :
u ∈ Cc∞ (IR N ), u = 0 sur Ωc .
Soit x = (x1 , . . . , xN )t = (x1 , y)t ∈ Ω, avec x1 ∈] − a, a[ et y = (x2 , . . . , xN ) ∈ IR N −1 . On a :
Z x1
u(x1 , y) = ∂1 u(t, y) dt,
−a

et donc, par l’inégalité de Cauchy–Schwarz,


Z a 2 Z a
|u(x1 , y)|2 ≤ |∂1 u(t, y)| dt ≤ 2a (∂1 u(t, y))2 dt.
−a −a

En intégrant entre −a et a, on obtient :


Z a Z a
|u(x1 , y)|2 dx1 ≤ 4a2 (∂1 u(t, y))2 dt,
−a −a

et donc, en intégrant par rapport à y,


Z Z
|u(x)|2 dx ≤ 4a2 (∂1 u(x))2 dx, ∀u ∈ Cc∞ (Ω) (2.7)
Ω Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 30
2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

On procéde ensuite par densité ; pour u ∈ H01 (Ω), il existe une suite (un )n∈IN ⊂ Cc∞ (Ω) telle que un → u dans
H01 (Ω). On a donc un → u dans L2 (Ω) et ∂i u → Di u dans L2 (Ω). On écrit alors (2.7) pour un et en passant à la
limite lorsque n → +∞, on obtient :
N
X
kuk2L2 (Ω) ≤ 4a2 kD1 uk2L2 (Ω) ≤ 4a2 kDi uk2L2 (Ω) = 4a2 k |∇u| k2L2 (Ω) .
i=1

Théorème 2.6 (Existence et unicité de la solution de (2.4)) Soit Ω un ouvert borné de IR N , f ∈ L2 (Ω), et soient
(ai,j )i,j=1,...,N ⊂ L∞ (Ω) et α > 0 tels que (2.1) soit vérifiée. Alors il existe une unique solution de (2.4).
Démonstration Pour appliquer le lemme de Lax-Milgram on écrit le problème (2.4) sous la forme : u ∈ H ;
a(u, v) = T (v) pour tout v ∈ H, avec H = H01 (Ω) (qui est bien un espace de Hilbert, muni de la norme définie
1
par kukH 1 (Ω) = (kuk2L2 (Ω) + k |∇u| k2L2 (Ω) ) 2 ), et avec a et T définies par
 
Z X N XN Z
a(u, v) =  ai,j (x)Dj u(x)Di v(x) dx et T (v) =
 f (x)v(x) dx.
Ω i=1 j=1 Ω

On remarque tout d’abord que la forme linéaire T est bien continue. En effet,
|T (v)| ≤ kvkL2 (Ω) kf kL2 (Ω) ≤ kvkH 1 (Ω) kf kL2 (Ω) .
Quant à la forme a, elle est évidemment bilinéaire, et elle vérifie :
N
X
|a(u, v)| ≤ kai,j kL∞ (Ω) kDi ukL2 (Ω) kDj vkL2 (Ω) ≤ CkukH 1 (Ω) kvkH 1 (Ω) ,
i,j=1
PN
avec C = i,j=1 kai,j kL∞ (Ω) . Elle est donc continue.
Voyons si a est coercive : il faut montrer qu’il existe β ∈ IR + tel que a(u, u) ≥ βkuk2H 1 (Ω) , pour tout u ∈ H01 (Ω).
Par hypothèse sur a, on a :
  !
Z XN X N Z XN Z
2
a(u, u) =  ai,j (x)Dj u(x)Di u(x) dx ≥ α
 |Di u(x)| dx = α |∇u(x)|2 dx.
Ω i=1 j=1 Ω i=1 Ω

On applique alors l’inégalité de Poincaré (2.6) :


N
X N
X
kuk2H 1 (Ω) = kuk2L2 (Ω) + kDi uk2L2 (Ω) ≤ (CΩ2 + 1) kDi uk2L2 (Ω) ,
i=1 i=1

d’où on obtient que :


N
X 1
kDi uk2L2 (Ω) ≥ kuk2H 1 (Ω) ,
i=1
CΩ2 +1
et donc
N
X α
a(u, u) ≥ α kDi uk2L2 (Ω) ≥ kuk2H 1 (Ω) ,
i=1
CΩ2 + 1
ce qui démontre la coercivité de a. Par le lemme de Lax-Milgram, on a donc bien existence et unicité de la solution
du problème (2.4).

EDP, Télé-enseignement, M2 31
2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Remarque 2.7 Le lemme 2.5 est encore vrai avec 1 ≤ p ≤ +∞ au lieu de p = 2. Si Ω est un ouvert borné de
IR N , N ≥ 1, et 1 ≤ p ≤ +∞, il existe Cp,Ω ne dépendant que de p et Ω tel que

kukLp (Ω) ≤ CΩ k |∇u| kLp (Ω) , ∀u ∈ W01,p (Ω).

Ceci permet de définir une norme sur W01,p (Ω) équivalente à la norme W 1,p (Ω), voir la définition 2.8. (Pour p = 2,
cette équivalence de norme est en fait démontrée dans la démonstration du théorème 2.6.)

Définition 2.8 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et 1 ≤ p ≤ +∞. Pou u ∈ W01,p , on pose


Z
1
kukW 1,p (Ω) = |∇u(x)|p dx p .
0

Selon la remarque 2.7, c’est donc, sur W01,p (Ω), une norme équivalente à la norme de W 1,p (Ω).
Pour p = 2, l’espace W01,2 (Ω) est aussi noté H01 (Ω) et la norme k · kW 1,2 (Ω) est la norme k · kH01 (Ω) .
0

Par le lemme de Lax-Milgram, on démontre de manière similaire l’existence et l’unicité dans le cas où le second
membre de (2.4) est donné par un élément de H −1 (Ω) (dual de H01 (Ω), c’est-à-dire l’ensemble des formes
linéaires continues sur H01 (Ω)).
Théorème 2.9 (Existence et unicité, T ∈ H −1 ) Soient Ω un ouvert borné de IR N , (ai,j )i,j=1,...,N ⊂ L∞ (Ω) et
α > 0 tels que (2.1) soit vérifiée. Soit T ∈ H −1 (Ω), il existe alors une unique solution u de :

u ∈ H01 (Ω),
 
Z XN X N
 ai,j (x)Dj u(x)Di v(x) dx = T (v), ∀v ∈ H01 (Ω). (2.8)
Ω i=1 j=1

Soit Ω un ouvert borné de IR N et f ∈ L1 (Ω). Il est intéressant de savoir si l’application ϕ 7→ Ω f (x)ϕ(x)dx


R

(définie, par exemple, pour ϕ ∈ Cc∞ (Ω)) se prolonge en un élément de H −1 (Ω) (et dans ce cas, le prolongement
sera unique par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω)). En dimension N = 1, l’hypothèse f ∈ L1 (Ω) est suffisante. En
dimension N ≥ 3, l’hypothèse f ∈ Lq (Ω), avec q = 2N/(N +2) est suffisante. En dimension N = 2, l’hypothèse
f ∈ Lq (Ω), avec q > 1 est suffisante. Un résultat plus précis (pour N = 2) est donné dans l’exercice 2.9.
Nous n’avons traité ici que le cas de la condition aux limites de Dirichlet homogène ( c’est-à-dire g = 0 dans le
problème 2.2). Le cas de la condition aux limites de Dirichlet non homogène est traité dans la section 2.5.
L’existence et l’unicité de solutions faibles est possible avec d’autres conditions aux limites. L’exercice 2.5 traite le
cas des conditions de Neuman et l’exercice 2.7 les conditions dites de Fourier (ou de Robin, selon les auteurs). La
résolution du probème de Neuman permet d’ailleurs de montrer une décomposition utile d’un élément de L2 (Ω)N ,
appelée décomposition de Hodge, exercice 2.10. L’exercice 2.6 s’intéresse à des conditions aux limites apparaissant
en mécanique du solide. Il est possible aussi de coupler un problème elliptique sur un ouvert Ω de IR 2 avec un
problème elliptique unidimensionel sur le frontière de Ω, ceci est l’objet de l’exercice 2.12.
Les exercices 2.11, 2.13 et 2.8 montrent l’existence (et l’unicité ou une “unicité partielle”) pour des systèmes
elliptiques (problème des Stokes et équation de Schrödinger).
Enfin, il est possible de traiter des problèmes elliptiques avec des coefficients ai,j non bornés. On introduit alors
des espaces de Sobolev dit “à poids”, exercice 2.3.

EDP, Télé-enseignement, M2 32
2.2. ANALYSE SPECTRALE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

2.2 Analyse spectrale


2.2.1 Quelques rappels
Soit E un espace de Banach réel, et T une application linéaire continue de E dans E. On note :
• σ(T ) = {λ ∈ IR; T − λI est non bijective} l’ensemble des valeurs singulières de T,
• ρ(T ) = {λ ∈ IR; T − λI est bijective} = IR \ σ(T ) l’ensemble des valeurs régulières de T,
• VP(T ) = {λ ∈ IR; T − λI est non injective} l’ensemble des valeurs propres de T,
Lorsque dim E < +∞, on a VP(T ) = σ(T ). On a un résultat similaire en dimension infinie, à condition que
l’opérateur T soit linéaire continu et compact. Plus précisément, dans ce cas on a : VP(T ) \ {0} = σ(T ) \ {0}.
Le théorème suivant donne ce résultat dans les espaces de Hilbert séparables et pour un opérateur autoadjoint.

Proposition 2.10 (Opérateur linéaire continu compact autoajoint) Soit E un espace de Hilbert séparable muni
du produit scalaire (·, ·)E , et soit T un opérateur linéaire continu compact autoadjoint dont le noyau N (T ) = {u ∈
E ; T (u) = 0} est réduit à {0}. Alors il existe une base hilbertienne de E formée de vecteurs propres de T , c’est-
à-direPd’éléments de E, notés en , n ∈ IN, vérifiant (en , em )E = δn,m et tels que si u ∈ E, alors u peut s’écrire
u = n∈N (u, en )E en (cette série étant convergente dans E), et les valeurs propres λn ∈ IR associées, i.e. telles
que T en = λn en , sont telles que λn → 0 lorsque n → +∞.

2.2.2 Le Laplacien
On va considérer dans
PN cette section, pour simplifier, le cas du Laplacien. Soit Ω un ouvert borné de IR N . On
2
rappelle que ∆u = i=1 ∂i u si u est une fonction régulière. Pour étendre cette définition aux fonctions seulement
PN
localement intégrables, on pose, si u ∈ L1loc (Ω), ∆u = i=1 Di2 u. On définit maintenant un opérateur A d’une
partie de L2 (Ω) dans L2 (Ω) en définissant d’abord son domaine D(A) :

D(A) = {u ∈ H01 (Ω) ; ∆u ∈ L2 (Ω)},

Puis on pose Au = −∆u si u ∈ D(A). On a ainsi définit un opérateur linéaire A : D(A) ⊂ L2 (Ω) → L2 (Ω).

On a vu dans les paragraphes précédents que si f ∈ L2 (Ω), il existe une unique solution au problème (2.4) qui
s’écrit, pour le Laplacien, c’est-à-dire avec les valeurs ai,j = δi,j , i, j = 1, . . . , N :

u ∈ H01 (Ω),
Z Z
∇u(x)∇v(x) dx = f (x)v(x) dx, ∀v ∈ H01 (Ω). (2.9)
Ω Ω

Grâce à la densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω), la fonction u est solution de (2.9) si et seulement si u ∈ D(A) et
−∆u = f p.p. ( c’est-à-dire −∆u = f dans L2 (Ω)). L’opérateur A est donc inversible. Son inverse, l’opérateur
A−1 , est défini de L2 (Ω) dans L2 (Ω) par A−1 f = u où u est solution de (2.9). Cet opérateur est injectif mais non
surjectif. Les deux opérateurs sont linéaires.
Pour montrer qu’il existe une base hilbertienne formée des vecteurs propres de A−1 , on va démontrer le théorème
suivant :

Théorème 2.11 Soit Ω un ouvert borné de IR N . Pour f ∈ L2 (Ω), on note T f l’unique solution de (2.9). L’opéra-
teur T est linéaire continu compact et autoadjoint de L2 (Ω) dans L2 (Ω). De plus N (T ) = {f ∈ L2 (Ω), T f = 0
p.p.} = {0}.

EDP, Télé-enseignement, M2 33
2.2. ANALYSE SPECTRALE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Démonstration Il est immédiat de voir que T est linéaire. On remarque tout d’abord que N (T ) = {f ∈ E,
T f = 0 p.p.} = {0}. En effet, soit f ∈ L2 (Ω) t.q. T f = 0 p.p.. On a donc, d’après (2.9),
Z
f vdx = 0 pour tout v ∈ H01 (Ω).

Comme H01 (Ω) est dense dans L2 (Ω) (on a même Cc∞ (Ω) dense dans L2 (Ω)), on en déduit f = 0 p.p..
On montre maintenant la continuité de T . Soit f ∈ L2 (Ω) et u = T f . En prenant v = u dans (2.9), on obtient
Z Z
kuk2H 1 (Ω) = ∇u · ∇u dx = f u dx ≤ kf kL2 (Ω) kukL2 (Ω) .
0
Ω Ω

Par l’inégalité de Poincaré, il existe CΩ ∈ IR + ne dépendant que de Ω tel que kuk2L2 (Ω) ≤ CΩ kuk2H 1 (Ω) , et donc :
0

N
X
kuk2H 1 (Ω) = kDi uk2L2 (Ω) ≤ kf kL2 (Ω) kukL2 (Ω) ≤ CΩ kf kL2 (Ω) kukH01 (Ω) .
0
i=1

On en déduit que kukH01 (Ω) ≤ CΩ kf kL2 (Ω) et donc :

kT f k2L2 (Ω) = kuk2L2 (Ω) ≤ CΩ kuk2H 1 (Ω) ≤ CΩ2 kf k2L2 (Ω) ,


0

ce qui démontre la continuité de T .


Montrons maintenant que l’opérateur T est compact, c’est-à-dire que l’image T (B) d’un ensemble B borné de
L2 (Ω) est relativement compact dans L2 (Ω). On peut écrire T sous la forme T = I ◦ T0 où I est l’injection
canonique de H01 (Ω) dans L2 (Ω) et T0 est l’application qui à f ∈ L2 (Ω) associe u = T f ∈ H01 (Ω). L’application
T0 est continue de L2 (Ω) dans H01 (Ω) (car kT f kH01 (Ω) ≤ CΩ kf kL2 (Ω) ) et l’injection I est compacte par le
théorème de Rellich (théorème 1.23 page 10), et donc l’opérateur T est compact.
Montrons maintenant que l’opérateur T est auto-adjoint, c’est-à-dire que

(T f, g)L2 (Ω) = (f, T g)L2 (Ω) , ∀f, g ∈ L2 (Ω). (2.10)

Soient donc f et g ∈ L2 (Ω), u l’unique solution de (2.9), et v l’unique solution de (2.9) où on a remplacé f par g
dans le second membre. On a, comme v est solution de (2.9) où on a remplacé f par g :
Z Z Z
(T f, g)L2 (Ω) = T f g dx = u g dx = ∇u · ∇v dx.
Ω Ω Ω
R
On montre de même que (f, T g)L2 (Ω) = Ω
∇u · ∇v dx, ce qui démontre (2.10).

D’après le théorème 2.11 et la proposition 2.10, il existe donc une base hilbertienne (en )n∈IN? de L2 (Ω) formées
de fonctions propres de T . Les valeurs propres associées sont toutes strictement positives. En effet, si f ∈ L2 (Ω)
et f 6= 0, alors u = T f 6= 0 et
Z
(T f, f )L2 (Ω) = (u, f )L2 (Ω) = ∇u · ∇u dx = kuk2H 1 (Ω) > 0,
0

et donc si λn ∈ VP(T ), est associée au vecteur propre en 6= 0, on a T en = λn en , et donc, comme en 6= 0,

λn (en , en )L2 (Ω) = (λn en , en )L2 (Ω) = (T en , en )L2 (Ω) > 0.

EDP, Télé-enseignement, M2 34
2.3. RÉGULARITÉ DES SOLUTIONS CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

La suite (λn )n∈IN est donc formée de nombres strictement positifs. Quitte à changer l’ordre des λn , on peut
supposer que cette suite est décroissance. Enfin, la proposition 2.10 donne que limn→+∞ λn = 0.
Remarquons que les valeurs propres de A sont donc les valeurs µn = λ1n , n ∈ IN? , avec µn > 0, ∀n ∈ IN et
µn → +∞ lorsque n → +∞.
On peut alors caractériser le domaine de l’opérateur Laplacien D(A) de la façon suivante :
" #
X
Soit u ∈ L2 (Ω), [u ∈ D(A)] ⇐⇒ µ2n (u, en )2L2 (Ω) < +∞.
n∈IN

P+∞
De plus si u ∈ D(A), alors Au = n=1 µn (u, en )L2 (Ω) en . On peut ainsi définir les puissances de l’opérateur A :

Définition 2.12 (Puissance de l’opérateur) Soit Ω un ouvert borné de IR N , Au = −∆u avec D(A) = {u ∈
H01 (Ω); ∆u ∈ L2 (Ω)}. On note (en )n∈IN? une base hilbertienne de L2 (Ω) formée de vecteurs propres de A,
associés aux valeurs propres (µn )n∈IN? . Soit s ≥ 0. On définit
+∞
X
D(As ) = {u ∈ L2 (Ω) : µ2s 2
n (u, en )L2 (Ω) < +∞}.
n=1

Et pour u ∈ D(As ), on peut alors définir As u par :


+∞
X
As u = µsn (u, en )L2 (Ω) en .
n=1

Cette série étant convergente dans L2 (Ω).

Pour s = 0, on a D(A0 ) = L2 (Ω) et A0 u = u : A0 est l’opérateur identité.


Pour s = 1, on retrouve l’opérateur A. P
1 +∞ 1
Pour s = 21 , on a D(A 2 ) = {u ∈ L2 (Ω); n=1 µn (u, en )2L2 (Ω) < +∞}. On peut montrer que D(A 2 ) = H01 (Ω),
1 P+∞ √
et on a A 2 u = n=1 µn (u, en )L2 (Ω) en .
Pour le cas N = 1, Ω =]0, 1[, Le théorème de décomposition spectrale est détaillé dans l’exercice 2.2.

2.3 Régularité des solutions faibles


Soit Ω un ouvert borné de IR N et f ∈ L2 (Ω). Sous les hypothèses (2.1), on sait par les résultats précédents qu’il
existe une unique solution au problème (2.4), et on se demande quelle est la régularité de cette solution en fonction
des données du problème. Le problème est assez simple en dimension N = 1, voir l’exercice 2.1, mais beaucoup
plus difficile en dimension N > 1. La réponse dépend de la régularité des coefficients de l’opérateur et de la
régularité de la frontière de l’ouvert (on dit que la frontière de Ω est de classe C k si elle est localement le graphe
d’une fonction de classe C k ).

Théorème 2.13 (Régularité de la solution du problème de Dirichlet)


Soit Ω un ouvert borné de IR N et f ∈ L2 (Ω). Sous les hypothèses (2.1), soit u ∈ H01 (Ω) la solution de (2.4).
1. Si ai,j ∈ C 1 (Ω) pour i, j = 1, . . . , N et Ω est à frontière C 2 , alors, pour tout f ∈ L2 (Ω), on a u ∈ H 2 (Ω).
2. Si ai,j ∈ C ∞ (Ω) pour i, j = 1, . . . , N , si Ω est à frontière C ∞ , et si f ∈ H m (Ω) avec m ≥ 0, alors
u ∈ H m+2 (Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 35
2.3. RÉGULARITÉ DES SOLUTIONS CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

En conséquence, si f ∈ C ∞ (Ω), alors u ∈ C ∞ (Ω) et donc u est solution classique. De même, si f ∈ H m (Ω)
avec m > N2 , alors u ∈ C 2 (Ω) et donc u est encore solution classique.
Remarque 2.14 (Optimalité des hypothèses) Notons que la partie 1. du théorème précédent est fausse sans les
hypothèses ai,j ∈ C 1 (Ω) et Ω est à frontière C 2 .
Par contre dans le cas du Laplacien, c’est-à-dire ai,j = δi,j , si Ω est convexe, alors u ∈ H 2 (Ω) dés que f ∈ L2 (Ω).

Idée de démonstration du théorème 2.13, première partie


N −1
On se ramène par la technique dite des “cartes locales” au cas Ω = IR N
+ = {(x1 , y), y ∈ IR , x1 > 0}, et au
problème suivant :
u ∈ H01 (Ω),
Z Z
∇u · ∇v dx = f v dx, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

et on applique ensuite le théorème 2.17. Ce théorème montre que la solution de ce problème appartient à H 2 (IR N
+ ).

La démonstration du théorème 2.17, due à L. Nirenberg 1 que nous énonçons un peu plus loin nécessite les lemmes
techniques suivants, que nous enonçons pour N = 2, pour simplifier :
Lemme 2.15 Soit Ω = IR 2+ = {(x1 , y), x1 > 0, y ∈ IR}. Soit g ∈ L2 (Ω) et, pour h > 0, Ψh g défini par :Ψh g =
1 1
h (gh − g), où gh ∈ H0 (Ω) est définie par gh (x) = g(x1 , x2 + h). Alors kΨh gkH (Ω) ≤ kgkL (Ω) .
−1 2

Démonstration Soit g ∈ L2 (Ω), par définition,


Z
kΨh gkH −1 (Ω) = sup{ Ψh g v dx, v ∈ H01 (Ω), kvkH 1 (Ω) ≤ 1},

et donc, par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω),


Z
kΨh gkH −1 (Ω) = sup{ Ψh g v dx, v ∈ Cc∞ (Ω), kvkH 1 (Ω) ≤ 1}.

Soit v ∈ Cc∞ (Ω)


tel que kvkH 1 (Ω) ≤ 1.
Z Z Z
1
Ψh g v dx = (g(x1 , x2 + h) − g(x1 , x2 )) v(x1 , x2 ) dx1 dx2
Ω h IR + IR
Z Z Z Z
1
= g(x1 , x̃2 )v(x1 , x̃2 − h) dx1 dx̃2 − g(x1 , x2 )v(x1 , x2 ) dx1 dx2
h IR + IR IR + IR
v(x1 , x2 − h) − v(x1 , x2 )
Z Z
=− g(x1 , x2 ) dx1 dx2 .
IR + IR −h
Donc, par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
v(·, · − h) − v(·, ·)
Z
| Ψh g v dx| ≤ kgkL2 (Ω) k kL2 (Ω) ≤ kgkL2 (Ω) kvkH 1 (Ω) ≤ kgkL2 (Ω) .
Ω −h
On en déduit que kΨh gkH −1 (Ω) ≤ kgkL2 (Ω) .

1. Louis Nirenberg (né en 1925) est un mathématicien Canadien qui a beaucoup contribué à la théorie des équations aux dérivées partielles
linéaires et non linéaires.

EDP, Télé-enseignement, M2 36
2.3. RÉGULARITÉ DES SOLUTIONS CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Lemme 2.16 Sous les hypothèses du lemme 2.15, soit u ∈ L1loc (Ω), alors Ψh u → D2 u dans D? lorsque h → 0.

Démonstration On pose D = Cc∞ (Ω). Soit ϕ ∈ D ; on veut montrer que


Z Z
Ψh u ϕ dx → − u∂2 ϕ dx = hD2 u, ϕiD? ,D lorsque h → 0.
Ω Ω

Or
u(x1 , x2 + h) − u(x1 , x2 )
Z Z Z
Ψh uϕ dx = ϕ(x1 , x2 ) dx1 dx2
Ω IR + IR h
ϕ(x1 , x2 − h) − ϕ(x1 , x2 )
Z Z
=− u(x1 , x2 ) dx1 dx2 .
IR + IR −h

Mais ϕ(x1 ,x2 −h)−ϕ(x


−h
1 ,x2 )
→ ∂2 ϕ uniformément lorsque h → 0, et le support de cette fonction est inclus dans un
R R
compact K de Ω, indépendant de h si |h| < 1. Donc limh→0 Ω Ψh u ϕ dx = − Ω u∂2 ϕ dx.

N −1
Théorème 2.17 (Nirenberg) Soit Ω = IR N
+ = {(x1 , y), y ∈ IR , x1 > 0} et f ∈ L2 (Ω), et soit u ∈ H01 (Ω)
solution du problème suivant :

u ∈ H01 (Ω),
Z Z
∇u · ∇v dx = f v dx, ∀v ∈ H01 (Ω). (2.11)
Ω Ω

Alors u ∈ H 2 (IR N
+ ).

Démonstration On va effectuer la démonstration dans le cas N = 2. Soit u ∈ H01 (Ω) solution de (2.11), u vérifie
donc : Z Z Z
∇u · ∇v dx + u v dx = gv dx, ∀v ∈ H01 (Ω), où g = u + f ∈ L2 (Ω).
Ω Ω Ω
On a donc Z
(u, v)H01 (Ω) = g v dx ≤ kgkH −1 (Ω) kvkH 1 (Ω) , (2.12)
IR 2+

puisque, par définition, kgkH −1 (Ω) = sup{ IR 2 g v dx, v ∈ H01 (Ω), kvkH 1 (Ω) ≤ 1}, où, comme d’habitude, on
R
+
confond l’application Tg qui à v ∈ H01 (Ω) associe gv dx, qui est donc un élement de H −1 (Ω), avec la (classe
R

de) fonction(s) g ∈ L2 (Ω). On prend v = u dans (2.12). On obtient kukH 1 (Ω) ≤ kgkH −1 (Ω) .
1 1
R Ψh u = h (uh −R u) où uh ∈ H0 (Ω) est définie par
Pour montrer la régularité sur D2 u, on introduit la fonction
uh (x) = u(x1 , x2 +h). Comme u vérifie (2.11), uh vérifie Ω ∇uh ·∇v dx = Ω fh v dx où fh (x) = f (x1 , x2 +h),
et donc Ψh u = h1 (uh − u) appartient à H01 (Ω) et vérifie
Z Z
∇Ψh u · ∇v dx = Ψh f v dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω
R
On en déduit que (Ψh u, v)H 1 (Ω) = Ω
Ψh gv dx, et donc que kΨh ukH 1 (Ω) ≤ kΨh gkH −1 (Ω) . Par le lemme 2.15,
comme g ∈ L2 (Ω), on a donc
kΨh ukH 1 (Ω) ≤ kgkL2 (Ω) .

EDP, Télé-enseignement, M2 37
2.4. POSITIVITÉ DE LA SOLUTION FAIBLE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Prenons maintenant h = n1 et faisons n → +∞. Par ce qui précéde, la suite (Ψ n1 u)n∈IN est bornée dans H01 (Ω),
il existe donc une sous-suite encore notée (Ψ n1 u)n∈IN , et w ∈ H01 (Ω) telle que Ψ n1 u → w dans H01 (Ω) faible
( c’est-à-dire S(Ψ n1 u) → S(w) pour tout S ∈ H −1 (Ω)). Donc Ψ n1 u → w dans D? . Mais par le lemme 2.16,
Ψ n1 u → D2 u dans D? . Donc D2 u = w ∈ H01 (Ω), et par conséquent, D1 D2 u ∈ L2 (Ω) et D2 D2 u ∈ L2 (Ω).
Pour conclure, il ne reste plus qu’à montrer que D1 D1 u ∈ L2 (Ω). Pour cela, on utilise l’équation satisfaite par u.
En effet, comme u est solution faible de (2.4), on a −∆u = f dans D? , et donc D1 D1 u = −f − D2 D2 u ce qui
prouve que D1 D1 u ∈ L2 (Ω). Ceci termine la preuve.

Remarque 2.18 (Plus de régularité. . . )


1. Supposons que ai,j ∈ C 1 (Ω) et que Ω est à frontière C 2 . On a déjé vu que si f ∈ L2 (Ω) alors u ∈ H 2 (Ω).
On peut montrer que si f ∈ Lp (Ω) alors u ∈ W 2,p (Ω) (2 ≤ p < +∞).
2. Supposons maintenant qu’on ait seulement ai,j ∈ L∞ (Ω). On peut montrer (c’est un résultat de Meyers)
qu’il existe p? > 2 tel que si f ∈ Lp (Ω) avec 2 ≤ p ≤ p? , alors u ∈ W 2,p (Ω).
3. Toujours dans le cas ai,j ∈ L∞ (Ω), on peut montrer (ce résultat est dû à Stampacchia 2 ) que si f ∈ Lp (Ω),
avec p > N2 , alors u ∈ L∞ (Ω).
4. Il est possible aussi de démontrer des résultat de régularité pour d’autres conditions aux limites. L’exer-
cice 2.5 donne un exemple avec les conditions de Neuman, l’exercice 2.7 un exemple avec conditions de
Fourier et l’exercice 2.8 traite l’exemple du système elliptique induit par l’équation de Schrödinger (qui est
généralement présenté comme une équation dont l’inconnue prend ses valeurs dans C).

2.4 Positivité de la solution faible


Question. (Positivité de la solution faible.) Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, ai,j ∈ L∞ (Ω), pour i, j =
1, . . . , N . On suppose que les fonctions ai,j vérifient (2.1). Soit f ∈ L2 (Ω) et u la solution de (2.4). On suppose
que f ≥ 0 p.p.. A-t-on u ≥ 0 p.p. ?
Remarque 2.19 Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1. On suppose que u ∈ C 2 (Ω̄), −∆u = f dans Ω et u = 0
sur le bord de Ω (la fonction u est donc une solution classique avec ai,j = 0 si i 6= j et ai,j = 1 si i = j). On
suppose aussi que f > 0 dans Ω. On va montrer que u ≥ 0 dans Ω. Pour cela, on raisonne par l’absurde. On
suppose qu’il existe a ∈ Ω t.q. u(a) < 0. On choisit alors x ∈ Ω t.q. u(x) = min{u(y), y ∈ Ω} (un tel x existe
car Ω est compact, u continue et u = 0 sur le bord de Ω). On a alors
∂i u(x) = 0 et ∂i2 u(x) ≥ 0 pour tout i ∈ {1, . . . , N }.
Ceci donne ∆u(x) ≥ 0 en contradiction avec ∆u(x) = −f (x) < 0. On obtient donc finalement que u(x) ≥ 0
pour tout x ∈ Ω. Un argument supplémentaire permet de remplacer l’hypothèse f > 0 par f ≥ 0. En effet,
supposons seulement f ≥ 0. Pour ε > 0, on pose uε (x) = u(x) − εx21 de sorte que −∆uε = f + 2ε > 0 dans
Ω. Soit x ∈ Ω̄ t.q. u(x) = min{uε (y), y ∈ Ω}. Si x ∈ Ω, le raisonnement précédent montre que ∆uε (x) ≥ 0 en
contraction avec −∆uε (x) = f (x) + 2ε > 0. On a donc x ∈ ∂Ω. On en déduit que
uε (y) ≥ uε (x) ≥ −ε max x21 pour tout y ∈ Ω̄.
x∈∂Ω

En faisant ε → 0, on obtient le résultat désiré, c’est-à-dire u ≥ 0 dans Ω̄.


La question posée au début de ce paragraphe consiste donc à étendre cette propriété de positivité aux solutions
faibles.
2. Mathématicien italien né à Naples en 1922, mort en 1978, spécialiste de calcul des variations et des équations aux dérivées partielles,
entre autres.

EDP, Télé-enseignement, M2 38
2.4. POSITIVITÉ DE LA SOLUTION FAIBLE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Nous donnons maintenant deux petits lemmes, dûs à G. Stampacchia.

Lemme 2.20 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et ϕ ∈ C 1 (IR, IR). On suppose que ϕ0 est bornée et
ϕ(0) = 0. Soit u ∈ H01 (Ω), alors ϕ(u) ∈ H01 (Ω) et Di ϕ(u) = ϕ0 (u)Di u p.p. (pour tout i ∈ {1, . . . , N }). (La
notation ϕ(u) désigne la fonction ϕ ◦ u.)

Démonstration Il existe une suite (un )n∈IN de fonctions appartenant à Cc∞ (Ω) t.q. un → u dans H01 (Ω) (quand
n → +∞), c’est-à-dire
un → u dans L2 (Ω),
Di un → Di u dans L2 (Ω), pour tout i ∈ {1, . . . , N }.

Après extraction éventuelle d’une sous suite, on peut même supposer qu’il existe F ∈ L2 (Ω) et, pour tout i ∈
{1, . . . , N }, Fi ∈ L2 (Ω) t.q.

un → u p.p. et |un | ≤ F p.p. et pour tout n ∈ IN,


Di un → Di u p.p. et |Di un | ≤ Fi p.p. et pour tout n ∈ IN, i ∈ {1, . . . , N }.

On a alors ϕ(un ) ∈ Cc1 (Ω) et pour tout n ∈ IN et tout i ∈ {1, . . . , N },

Di ϕ(un ) = ∂i ϕ(un ) = ϕ0 (un )∂i un .

On pose M = sup{|ϕ0 (s)|, s ∈ IR}, de sorte que |ϕ(s)| ≤ M |s|, pour tout s ∈ IR. On a donc

ϕ(un ) → ϕ(u) p.p. et |ϕ(un )| ≤ M F p.p. et pour tout n ∈ IN.

Comme M F ∈ L2 (Ω), le théorème de convergence dominée (dans L2 (Ω)) donne ϕ(un ) → ϕ(u) dans L2 (Ω). On
a donc aussi Di ϕ(un ) → Di ϕ(u) dans D? (Ω). On rappelle maintenant que Di ϕ(un ) = ϕ0 (un )∂i un . Comme

ϕ0 (un ) → ϕ0 (u) p.p.,


∂i un → Di u p.p.,
|ϕ0 (un )∂i un | ≤ M Fi p.p. et pour tout n ∈ IN.

Le théorème de convergence dominée donne ϕ0 (un )∂i un → ϕ0 (u)Di u dans L2 (Ω) et donc aussi dans D? (Ω). Par
unicité de la limite dans D? (Ω) on a donc Di ϕ(u) = ϕ0 (u)Di u p.p. (et pour tout i). Finalement, on obtient donc
que ϕ(u) ∈ H01 (Ω) (comme limite, pour la norme de H 1 (Ω), de fonctions de H01 (Ω)) et Di ϕ(u) = ϕ0 (u)Di u
p.p., pour tout i.

Lemme 2.21 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1). Soit u ∈ H01 (Ω). On définit u+ par u+ (x) = max{u(x), 0}
Pour x ∈ Ω. Alors, u+ ∈ H01 (Ω) et Di u+ = 1u≥0 Di u = 1u>0 Di u p.p. (pour tout i ∈ {1, . . . , N }). En particulier
on a Di u = 0 p.p. (pour tout i) sur l’ensemble {u = 0}.

Démonstration Pour n ∈ IN? , on définit ϕn ∈ C 1 (IR, IR) par

ϕn (s) = 0 si s ≤ 0,
ϕn (s) = n2 s2 si 0 < s < n1 ,
1
ϕn (s) = s − 2n si n1 ≤ s.

On a donc ϕn (s) → s+ pour tout s ∈ IR (quand n → +∞) et |ϕ0n (s)| ≤ 1 pour tout s et pour tout n ∈ IN? . Le
lemme 2.20 donne ϕn (u) ∈ H01 (Ω) et Di (ϕn (u)) = ϕ0n (u)Di u p.p. (et pour tout i ∈ {1, . . . , N }). D’autre part,
on a
ϕn (u) → u+ p.p., |ϕn (u)| ≤ |u| p.p. et pour tout n ∈ IN.

EDP, Télé-enseignement, M2 39
2.5. CONDITION DE DIRICHLET NON HOMOGÈNE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Le théorème de convergence dominée donne donc ϕn (u) → u+ dans L2 (Ω) (et donc que Di ϕn (u) → Di u+ dans
D? (Ω)). Puis, on remarque que ϕ0n (u) → 1{u>0} p.p. et donc

ϕ0n (u)Di u → 1{u>0} Di u p.p., |ϕ0n (u)Di u| ≤ |Di u| p.p. et pour tout n ∈ IN,

ce qui (toujours par le théorème de convergence dominée) donne ϕ0n (u)Di u → 1{u>0} Di u dans L2 (Ω) (et donc
dans D? (Ω)). Comme Di (ϕn (u)) = ϕ0n (u)Di u on en déduit (par unicité de la limite dans D? (Ω)) que Di u+ =
1{u>0} Di u p.p.. La suite (ϕn (u))n∈IN est donc une suite de H01 (Ω), elle converge dans H 1 (Ω) vers u+ . On a bien
montré, finalement, que u+ ∈ H01 (Ω) et Di u+ = 1{u>0} Di u p.p. (et pour tout i).
En considérant la suite (ψn (u))n∈IN avec ψn définie par ψn (s) = ϕ(s + 1/n) − 1/(2n), un raisonnement analogue
montre que Di u+ = 1{u≥0} Di u (la différence essentielle entre ϕn et ψn est que ϕ0n (0) = 0 alors que ψn0 (0) = 1).

Remarque 2.22 Le lemme 2.21 peut se généraliser à toute fonction lipschitzienne s’annulant en 0, on obtient
ainsi le résultat suivant : Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et ϕ une fonction lipschitzienne de IR dans
IR, s’annulant en 0. Soit u ∈ H01 (Ω). On a alors ϕ(u) ∈ H01 (Ω) et Di ϕ(u) = ϕ0 (u)Di u p.p. (pour tout i ∈
{1, . . . , N }). Un exemple important consiste à prendre ϕ(s) = (s − k)+ pour tout s ∈ IR, avec k donné dans IR + .
On obtient ainsi, pour u ∈ H01 (Ω), (u − k)+ ∈ H01 (Ω) et Di ϕ(u) = 1{u>k} Di u = 1{u≥k} Di u p.p..

On peut maintenant répondre à la question posée au début de ce paragraphe.

Théorème 2.23 (Positivité de la solution faible) Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, ai,j ∈ L∞ (Ω), pour
i, j = 1, . . . , N . On suppose que les ai,j vérifient (2.1). Soit f ∈ L2 (Ω) et u la solution de (2.4). On suppose que
f ≥ 0 p.p.. On a alors u ≥ 0 p.p..

Démonstration On suppose que f ≤ 0 p.p. et on va montrer que u ≤ 0 p.p. (en changeant f en −f et u et −u on


obtient le résultat désiré). Comme u est solution de (2.4), on a
Z X n Z
ai,j (x)Dj u(x)Di v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω i,j=1 Ω

On choisit, dans cette égalité, v = u+ et on obtient


Z Z n
X Z
2 +
α |∇u(x)| 1{u≥0} (x)dx ≤ ai,j (x)Dj u(x)Di u (x)dx = f (x)u+ (x)dx ≤ 0.
Ω Ω i,j=1 Ω

On en déduit que αku+ k2H 1 (Ω) = α |∇u+ (x)|2 dx ≤ f (x)u+ (x)dx ≤ 0, et donc u+ = 0 p.p., c’est-à-
R R
0 Ω Ω
dire u ≤ 0 p.p..

2.5 Condition de Dirichlet non homogène


Nous n’avons considéré jusqu’ici que les problèmes elliptiques (linéaires) avec condition aux limites homogène
( c’est-à-dire solution nulle au bord du domaine). On souhaite maintenant remplacer la condition “u = 0” sur le
bord de Ω par “u = g” sur le bord de Ω. Ceci va être possible en se ramenant au problème de Dirichlet avec une
condition aux limites homogène ( c’est-à-dire en se ramenant aux théorèmes 2.6 et 2.9) à condition que Ω est assez
régulier pour que l’opérateur “trace”, noté γ et introduit au chapitre 1, soit bien défini et que g soit dans l’image de
γ ( c’est-à-dire g = γ(G) avec G ∈ H 1 (Ω)).

EDP, Télé-enseignement, M2 40
2.5. CONDITION DE DIRICHLET NON HOMOGÈNE CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Plus précisèment, soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) à frontière lipschitzienne. On note ∂Ω cette frontière.
Soient ai,j ∈ L∞ (Ω), pour i, j = 1, . . . , N , vérifiant l’hypothèse d’ellipticité uniforme (2.1). Soit f une fonction
de Ω dans IR et g une fonction de ∂Ω dans IR. On cherche une solution au problème (2.2). Le théorème 2.6 permet
de démontrer le théorème suivant, où (2.13) est la formulation faible du problème (2.2).

Théorème 2.24 (Condition de Dirichlet non homogène (1)) Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) à frontière
lipschitzienne, f ∈ L2 (Ω), g ∈ Im(γ) (où γ désigne l’opérateur trace de H 1 (Ω) dans L2 (Ω) vu au théorème
1.21). Soient (ai,j )i,j=1,...,N ⊂ L∞ (Ω) et α > 0 tels que (2.1) soit vérifiée. Alors il existe une unique solution de
(2.13).
u ∈H 1 (Ω), γ(u) = g, 
Z N X N Z
X (2.13)
 ai,j (x)Dj u(x)Di v(x) dx = f (x)v(x) dx, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω i=1 j=1 Ω

La démonstration fait partie de l’exercice 2.19. Elle consiste à chercher u−G comme solution faible d’un problème
elliptique posé dans H01 (Ω) avec un second membre dans L2 (Ω) et G ∈ H 1 (Ω) t.q. γ(G) = g. Il est possible aussi
de remplacer le second membre de (2.13) par T (v) où T ∈ H −1 (Ω). On obtient alors le théorème 2.25 qui se
démontre aussi en cherchant u − G comme solution faible d’un problème elliptique posé dans H01 (Ω) avec un
second membre dans H −1 (Ω) (voir l’exercice 2.19).

Théorème 2.25 (Condition de Dirichlet non homogène (2)) Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) à frontière
lipschitzienne, T ∈ H −1 (Ω), g ∈ Im(γ) (où γ désigne l’opérateur trace de H 1 (Ω) dans L2 (Ω) vu au théorème
1.21). Soient (ai,j )i,j=1,...,N ⊂ L∞ (Ω) et α > 0 tels que (2.1) soit vérifiée. Alors il existe une unique solution de
(2.14).
u ∈H 1 (Ω), γ(u) = g, 
Z N XN
X (2.14)
 ai,j (x)Dj u(x)Di v(x) dx = T (v), ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω i=1 j=1

Remarque 2.26 Sous les hypothèses du théorème 2.24, on peut aussi montrer, par une méthode voisine de celle
donnée dans le théorème 2.23, que, si f = 0 et A ≤ g ≤ B p.p., avec A, B ∈ IR (p.p. est à prendre ici au sens de
la mesure de Lebesgue N − 1 dimensionnelle sur ∂Ω), on a alors A ≤ u ≤ B p.p.,o ù u est la solution de (2.13).
C’est ce résultat que l’on appelle “principe du maximum”.

La suite de cette section donne quelques compléments sur l’image de l’opérateur trace (noté γ) défini sur H 1 (Ω)
lorque Ω est un ouvert borné de IR N à frontière lipschitzienne.

Définition 2.27 (Espace H 1/2 (∂Ω)) Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) à frontière lipschitzienne. On note
H 1/2 (∂Ω) l’ensemble des traces des fonctions H 1 (Ω), c’est-à-dire H 1/2 (∂Ω) = Imγ où γ est l’opérateur trace
de H 1 (Ω) dans L2 (∂Ω) vu au théorème 1.21. On définit sur H 1/2 (∂Ω) une norme en posant

kukH 1/2 (∂Ω) = inf{kukH 1 (Ω) , γ(u) = u}.

La proposition 2.29 montre que H 1/2 (∂Ω) est alors un espace de Hilbert et que l’application u 7→ u est conti-
nue de H 1/2 (∂Ω) dans L2 (∂Ω). (On dit alors que H 1/2 (∂Ω) s’injecte continûment dans L2 (∂Ω).) On note
H −1/2 (∂Ω) l’espace dual de H 1/2 (∂Ω) (c’est donc aussi un espace de Hilbert).

Remarque 2.28 Dans le cadre de la définition 2.27, on peut montrer (mais ceci n’est pas fait dans ce cours) la
compacité de l’application u 7→ u de H 1/2 (∂Ω) dans L2 (∂Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 41
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

Proposition 2.29 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) à frontière lipschitzienne. On note γ l’opérateur trace
défini sur H 1 (Ω).
1. Soit u ∈ H 1/2 (∂Ω). Alors kukH 1/2 (∂Ω) = kukH 1 (Ω) où ū est l’unique solution faible de −∆ū = 0 dans Ω avec
γ(u) = u, c’est-à-dire l’unique solution de

ū ∈ H 1 (Ω), γ(ū) = u,
Z
∇ū(x)∇v(x) dx = 0, ∀v ∈ H01 (Ω).

2. L’espace H 1/2 (∂Ω) est un esapce de Hilbert.


3. L’espace H 1/2 (∂Ω) s’injecte continûment dans L2 (∂Ω).

La démonstration de cette proposition fait l’object de l’exercice 2.20.


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) à frontière lipschitzienne. Avec la définition 2.27 (et la proposition 2.29),
on voit que L’opérateur trace défini sur H 1 (Ω) est un opérateur linéaire continu de H 1 (Ω) dans H 1/2 (∂Ω) (et sa
norme est égale à 1). Si maintenant u ∈ H 1 (Ω)N , on peut définir la trace de u encore notée γ(u) en prenant la
trace de chacune des composantes de u. On a donc γ(u) ∈ H 1/2 (∂Ω)N ⊂ L2 (∂Ω)N . On note n(x) le vecteur
normal à ∂Ω, extérieur à Ω. Comme Ω est à frontière lipschizienne, le vecteur n(x) est défini p.p. en x ∈ ∂Ω (p.p.
signifie ici, comme d’habitude, p.p. pour la mesure de Lebesgue (N − 1)-dimensionnelle sur ∂Ω) et la fonction
x 7→ n(x) définit un élément de L∞ (∂Ω). On obtient ainsi γ(u)·n ∈ L2 (∂Ω). Cette (classe de) fonction(s) γ(u)·n
est appelée “trace normale de u sur ∂Ω".
N
L’exercice 2.21 montre qu’on peut définir γ(u) · n comme un élément de H −1/2 (Ω) sous l’hypothèse u ∈ L2 (Ω)
avec div(u) ∈ L2 (Ω) (cette hypothèse est donc plus faible que u ∈ H 1 (Ω)N ). Il est toutefois intéressant de noter
que, sous cette hypothèse, γ(u) · n n’est pas toujours représenté par une fonction sur ∂Ω et ceci induit une difficulté
lorsque l’on souhaite considérer la restriction de γ(u) · n à une partie du bord de Ω, voir à ce propos l’exercice
2.22.

2.6 Exercices
Exercice 2.1 (Régularité en dimension 1) Corrigé 2.1
f ∈ L2 (]0, 1[). On rappelle (cf. cours) qu’il existe un et un seul u solution de

u ∈ H 1 (]0, 1[),
Z 1 0 Z 1
(2.15)
Du(t)Dv(t)dt = f (t)v(t)dt, ∀v ∈ H01 (]0, 1[).
0 0
Rx
On suppose maintenant que f ∈ C([0, 1], IR)(⊂ L2 (]0, 1[). On pose F (x) = 0
f (t)dt, pour tout x ∈ [0, 1]. Soit
u la solution de (2.15). Montrer que, pour tout ϕ ∈ C([0, 1], IR), on a
Z 1 Z 1
(Du(t) + F (t))ϕ(t)dt = cϕ(t)dt
0 0
avec un certain c ∈ IR convenablement choisi (et indépendant de ϕ).
En déduire que Du = −F + c p.p., puis que u est deux fois continûment dérivable sur ]0, 1[ et −u00 (x) = f (x)
pour tout x ∈]0, 1[ (et que u(0) = u(1) = 0).

Exercice 2.2 (Décomposition spectrale en dimension 1) Corrigé 2.2

EDP, Télé-enseignement, M2 42
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

On reprend l’exercice précédent. On pose E = L2 (]0, 1[) (muni de la norme k · k2 ). Pour f ∈ E, on rappelle qu’il
existe un et un seul u solution de (2.15).
On note T l’application de E dans E qui à f associe u (solution de (2.15), noter que H01 (]0, 1[) ⊂ E). On rappelle
que T est un opérateur linéaire compact autoadjoint de E dans E.
1. Soit λ ∈ VP(T ). Montrer qu’il existe u ∈ C([0, 1], IR) ∩ C 2 (]0, 1[, IR), u 6= 0, tel que −λu00 = u, sur ]0, 1[
et u(0) = u(1) = 0.
2. Montrer que VP(T ) = { k21π2 , k ∈ IN? } et σ(T ) = VP(T ) ∪ {0}.
R1
3. Soit f ∈ E. Pour n ∈ IN? , on pose cn = 2 0 f (t) sin(nπt)dt. Montrer que :
n
X
kf − cp sin(pπ·)k2 → 0, quand n → ∞.
p=1

(Comparer avec les séries de Fourier. . . , )


4. Soit µ ∈ IR ? . En utilisant l’alternative de Fredholm, donner une C.N.S. sur f ∈ E pour que le problème
suivant ait une solution :

u ∈ H 1 (]0, 1[),
Z 1 0 Z 1 Z 1
Du(t)Dv(t)dt + µ u(t)v(t)dt = f (t)v(t)dt, ∀v ∈ H01 (]0, 1[).
0 0 0

Exercice 2.3 (Problème elliptique à coefficients non bornés)


Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, et p : Ω → IR une fonction mesurable t.q. inf{p(x), x ∈ Ω} = a > 0. On
pose H 1 (p, Ω) = {u ∈ L2 (Ω) t.q. Di u ∈ L1loc (Ω) et p Di u ∈ L2 (Ω) pour tout i ∈ {1, . . . , N }}.
On rappelle que Di u désigne la dérivée, au sens des dérivées par transposition, de u dans la direction xi , la variable
de IR N étant notée x = (x1 , . . . , xN )t .
N
X
Pour u ∈ H 1 (p, Ω), on définit kuk par kuk2 = kuk22 + kp Di uk22 , avec k · k2 = k · kL2 (Ω) .
i=1
1. (Etude de l’espace fonctionnel.)
(a) Montrer que H 1 (p, Ω) ⊂ H 1 (Ω).
(b) Montrer que H 1 (p, Ω), muni de la norme k · k, est un espace de Hilbert. [On pourra remarquer qu’une suite
de Cauchy dans H 1 (p, Ω) est aussi de Cauchy dans H 1 (Ω).]

On pose H01 (p, Ω) = H 1 (p, Ω) ∩ H01 (Ω).


2. (Espace fonctionnel, suite.) Montrer que H01 (p, Ω) est un s.e.v. fermé de H 1 (p, Ω).
3. (solution faible.) Soit h ∈ L2 (Ω), montrer qu’il existe un et un seul u t.q.

u ∈ H01 (p, Ω), (2.16)

Z Z
2
p (x)∇u(x) · ∇v(x)dx = h(x)v(x)dx, ∀v ∈ H01 (p, Ω). (2.17)
Ω Ω

4. (Précisions. . . )
(a) On suppose ici que p2 ∈ L1loc (Ω). Montrer que Cc∞ (Ω) ⊂ H01 (p, Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 43
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

(b) On prend maintenant N = 1 et Ω =]0, 1[. Donner un exemple de fonction p (avec p : Ω → IR mesurable et
t.q. inf{p(x), x ∈ Ω} > 0) pour lequel Cc∞ (Ω) ∩ H01 (p, Ω) = {0} (cette question est plus difficile).
Exercice 2.4 (Deux problèmes elliptiques emboités)
Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, et M et N deux matrices de taille N × N à coefficients dans L∞ (Ω). On
suppose qu’il existe α > 0 t.q. pour presque tout x ∈ Ω et pour tout ξ ∈ IR N , on a
M (x)ξ · ξ ≥ α|ξ|2 et N (x)ξ · ξ ≥ α|ξ|2 .
1. Soit f ∈ L2 (Ω). Montrer qu’il existe un unique u t.q.

1
 uZ ∈ H0 (Ω), Z
(2.18)
 N (x)∇u(x) · ∇v(x)dx = (M (x) + N (x))∇w(x) · ∇v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω),
Ω Ω

avec w solution de

1
Z ∈ H0 (Ω),
 w Z
(2.19)
 M (x)∇w(x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

pour la question suivante, on note T (f ) cette unique solution de (2.18) avec w solution de (2.19).
2. Montrer que T est une application linéaire compacte de L2 (Ω) dans L2 (Ω) ( c’est-à-dire que T est linéaire,
continue et transforme les parties bornées de L2 (Ω) en parties relativement compactes de L2 (Ω)).
3. On suppose dans cette question (et seulement dans cette question) qu’il existe λ ∈ IR t.q. M = λN . Montrer
qu’il existe une matrice A, ne dépendant que de M et λ, t.q.
Z Z
A(x)∇u(x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

Donner l’expresson de A en fonction de M et λ.


4. On suppose dans cette question que N = 2 et 1 < p ≤ +∞. Montrer que pour tout f ∈ Lp (Ω) il existe un
unique u solution de (2.18) avec w solution de (2.19).
Montrer que l’application qui à f associe u (solution de (2.18) avec w solution de (2.19)) est compacte de Lp (Ω)
dans Lq (Ω) pour 1 ≤ q < +∞
5. On suppose dans cette question que N = 3 et p = 6/5. Montrer que pour tout f ∈ Lp (Ω) il existe un unique u
solution de (2.18) avec w solution de (2.19).
Montrer que l’application qui à f associe u (solution de (2.18) avec w solution de (2.19)) est continue de Lp (Ω)
dans L6 (Ω) et compacte de Lp (Ω) dans Lq (Ω) pour 1 ≤ q < 6.
Exercice 2.5 (Problème de Neumann) Corrigé 2.3
Soient Ω un ouvert borné connexe de IR N (N ≥ 1), à frontière lipschitzienne. On pose H = {u ∈ H 1 (Ω),
u(x)dx = 0}. On rappelle que sur un tel ouvert, une fonction L1loc dont les dérivées (au sens des dérivées par
R

transposition) sont nulles est nécessairement constante ( c’est-à-dire qu’il existe C ∈ IR t.q. cette fonction soit
égale à C p.p.).
1. (Inégalité de “Poincaré moyenne”.) Montrer que H est un s.e.v. fermé de H 1 (Ω) et que, sur H, la norme H 1 est
équivalente à la norme k · km définie par kukm = k(|∇u|)kL2 (Ω) .
[On pourra montrer, en raisonnant par l’absurde, qu’il existe C, ne dépendant que Ω, t.q. kukL2 (Ω) ≤ Ckukm ,
pour tout u ∈ H.]

EDP, Télé-enseignement, M2 44
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

2. (Caractérisation de (H 1 (Ω))0 .) Soit T ∈ (H 1 (Ω))0 , Montrer qu’il existe a ∈ IR et F ∈ (L2 (Ω))N t.q.
Z Z
hT, ui(H 1 (Ω))0 ,H 1 (Ω) = a u(x)dx + F (x) · ∇u(x)dx, ∀u ∈ H 1 (Ω). (2.20)
Ω Ω

[On pourra considérer T|H et utiliser une injection convenable de H dans L2 (Ω)N .]

Pour tout x ∈ Ω, on se donne une matrice, notée A(x), dont les coefficients sont notés ai,j (x), i, j = 1, . . . , N .
On suppose que ai,j ∈ L∞ (Ω) pour tout i, j = 1, . . . , N et qu’il existe α > 0 t.q A(x)ξ · ξ ≥ α|ξ|2 , pour tout
ξ ∈ IR N et p.p. en x ∈ Ω. Soient a ∈ IR et F ∈ (L2 (Ω))N . On cherche u solution de
1
Z ∈ H (Ω),
u Z Z
(2.21)
A(x)∇u(x) · ∇v(x)dx = a v(x)dx + F (x) · ∇v(x)dx, ∀v ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω Ω

3. (Existence et unicité.)
(a) Si a 6= 0, montrer que (2.21) n’a pas de solution.
(b) Si a = 0, montrer que (2.21) a une solution et que cette solution est unique si l’on demande qu’elle appartienne
à H.
(c) Dans cette question, on suppose que a = 0, ai,j ∈ C ∞ (Ω̄, IR) pour tout i, j = 1, . . . , N , F ∈ C ∞ (Ω̄, IR N ),
Ω est de classe C ∞ et que la solution (appartenant à H) de (2.21) est aussi dans C ∞ (Ω̄, IR), montrer que
−div(A∇u) = −divF , dans Ω, et que A∇u · n = F · n sur ∂Ω, où n est la normale à ∂Ω, extérieure à Ω.
4. (Dépendance par rapport aux paramètres.) On suppose a = 0 et on note u la solution (appartenant à H) de
(2.21). On suppose que, pour tout n ∈ IN, un ∈ H est la solution de (2.21) avec An au lieu de A et Fn au lieu
de F (et a = 0). On suppose que
(n)
– An = (ai,j )i,j=1,...,N vérifie, pour tout n, les mêmes hypothèses que A avec un α indépendant de n,
(n)
– (ai,j )n∈IN est bornée dans L∞ (Ω), pour tout i, j = 1, . . . , N ,
(n)
– ai,j → ai,j p.p., quand n → ∞, pour tout i, j = 1, . . . , N ,
– Fn → F dans L2 (Ω)N , quand n → ∞.
Montrer que (un )n∈IN est bornée dans H, puis que un → u faiblement dans H 1 (Ω) (quand n → ∞) et enfin
que un → u dans H 1 (Ω).
5. (Régularité H 2 par la technique des réflexions, cette question est Rindépendante de la précédente.). On suppose
que a = 0 et qu’il existe f ∈ L2 (Ω) t.q. Ω F (x) · ∇v(x)dx = Ω f (x) · v(x)dx, pour tout v ∈ H 1 (Ω). On
R

note u la solution (appartenant à H) de (2.21). On suppose que N = 2 et que Ω =]0, 1[×]0, 1[. On pose Ωs =
] − 1, 1[×]0, 1[. On définit A, f et u sur Ωs en posant ai,j (x1 , x2 ) = ai,j (−x1 , x2 ) si (x1 , x2 ) ∈] − 1, 0[×]0, 1[
et i = j, ai,j (x1 , x2 ) = −ai,j (−x1 , x2 ) si (x1 , x2 ) ∈] − 1, 0[×]0, 1[ et i 6= j, f (x1 , x2 ) = f (−x1 , x2 ) si
(x1 , x2 ) ∈] − 1, 0[×]0, 1[ et u(x1 , x2 ) = u(−x1 , x2 ) si (x1 , x2 ) ∈] − 1, 0[×]0, 1[. Montrer que u est solution de
(2.21), avec Ωs au lieu de Ω.
En utilisant ainsi plusieurs réflexions, montrer (en se ramenant au théorème de régularité locale vu en cours) que
u ∈ H 2 (Ω) dans le cas A(x) = Id pour tout x ∈ Ω.

Exercice 2.6 (Modélisation d’un problème de contact)

EDP, Télé-enseignement, M2 45
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

On pose B = {x ∈ IR 2 , |x| < 2}, I =] − 1, 1[ (⊂ IR), et Ω = B \ [−1, 1] × {0} (Ω est donc un ouvert de IR 2 ).
On note ∂B = B − B. On rappelle que |x| désigne la norme euclidienne de x ∈ IR 2 et x · y le produit scalaire
correspondant de x et y (∈ IR 2 ).
Soient f ∈ L2 (Ω) et g ∈ L∞ (I) t.q. g ≥ 0 p.p. (sur I). On s’intéresse au problème suivant.

−∆u(x) = f (x), x ∈ Ω, (2.22)


u(x) = 0, x ∈ ∂B, (2.23)
∂u ∂u
(x, 0+ ) = (x, 0− ), x ∈ I, (2.24)
∂y ∂y
∂u
(x, 0+ ) = g(x)(u(x, 0+ ) − u(x, 0− )), x ∈ I. (2.25)
∂y
1. (Recherche d’une formulation faible)
On suppose, dans cette question, que f est une fonction continue sur Ω et g une fonction continue sur I. On
note Ω+ = Ω ∩ {(x, y), y > 0} et Ω− = Ω ∩ {(x, y), y < 0}. Soit u ∈ C 2 (Ω, IR) t.q. u|Ω+ ∈ C 2 (Ω+ )
et u|Ω− ∈ C 2 (Ω− ). Noter alors que toutes les expressions dans (2.22)-(2.25) ont bien un sens. On a, par
exemple, u(x, 0+ ) = limy→0, y>0 u(x, y).
Montrer que u est solution “classique” de (2.22)-(2.25) (c’est-à-dire vérifie (2.22) pour tout x ∈ Ω, (2.23)
pour tout x ∈ ∂B et (2.24),(2.25) pour tout x ∈ I) si et seulement si u vérifie :

u(x) = 0, ∀x ∈ ∂B,
Z
∇u(x) · ∇v(x)dx+
ZΩ Z (2.26)
g(x)(u(x, 0+ ) − u(x, 0− ))(v(x, 0+ ) − v(x, 0− ))dx = f (x)v(x)dx,
I Ω

pour tout v ∈ C 2 (Ω, IR) t.q. v|Ω+ ∈ C 2 (Ω+ ), v|Ω− ∈ C 2 (Ω− ) et v(x) = 0 pour tout x ∈ ∂B. Noter que dx
désigne l’intégration par rapport à la mesure de Lebesgue (1 ou 2 dimensionnelle).
2. (Construction de l’espace fonctionnel) On se donne une fonction ρ ∈ Cc∞ (IR 2 , IR + ) t.q. ρ(x) = 0, si
|x| ≥ 1, et d’intégrale 1 (sur IR 2 ). Pour n ∈ IN, on définit ρn par ρn (x) = n2 ρ(nx), pour tout x ∈ IR 2 .
(a) (Trace sur ∂B, sans “cartes locales”) Soit u ∈ H 1 (Ω). Pour n > 5, on pose un (x) = Ω u(y)ρn (x(1 −
R
1 3 ∞
n ) − y)dy, pour x ∈ D, avec D = {x ∈ B, 2 < |x| < 2}. Montrer que un ∈ C (D), et que
1
un → u|D , dans H (D), quand n → ∞.
En déduire qu’il existe un opérateur linéaire continu γ de H 1 (Ω) dans L2 (]0, 2π[) t.q. γ(u)(θ) =
u(2 cos θ, 2 sin θ) p.p. en θ ∈]0, 2π[ si u ∈ H 1 (Ω) et u est continue sur B \ [−1, 1] × {0}.
(b) Montrer qu’il existe γ+ [resp. γ− ] linéaire continu de H 1 (Ω) dans L2 (I) t.q. γ+ (u)(x) = u(x, 0+)
[resp. γ− (u)(x) = u(x, 0−)] p.p. en x ∈ I si u ∈ H 1 (Ω) et u|Ω+ est continue sur Ω+ [resp. u|Ω− est
continue sur Ω− ].
3. (Coerci(ti)vité)
On pose H = Kerγ (où γ est défini à la question précédente).
Montrer qu’il existe C t.q. kukL2 (Ω) ≤ Ck|∇u|kL2 (Ω) pour tout u ∈ H. [On pourra, par exemple, remarquer
que u|Ω+ ∈ H 1 (Ω+ ) et u|Ω− ∈ H 1 (Ω− )]
4. (Existence et unicité de solutions faibles)
On rappelle que H = Kerγ. Montrer qu’il existe un et un seul u solution de (2.27).

EDP, Télé-enseignement, M2 46
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

u ∈ H,


 Z Z

∇u(x) · ∇v(x)dx + g(x)(γ+ u(x) − γ− u(x))(γ+ v(x) − γ− v(x))dx

ΩZ I
(2.27)


 =
 f (x)v(x)dx, ∀v ∈ H.

5. Pour n ∈ IN, on note un la solution de (2.27) avec g t.q. g(y) = n, pour tout y ∈ I. Montrer que un → u
(en un sens à préciser), quand n → ∞, où u est la (unique) solution (faible) de −∆u = f dans B, u = 0 sur
∂B.

Exercice 2.7 (De Fourier à Dirichlet. . . )


N −1
Soient σ ≥ 0, f ∈ L2 (IR N 2
+ ) et g ∈ L (IR ). On s’intéresse au problème suivant :

−∆u(x) + u(x) = f (x), x ∈ IR N +,


(2.28)
−∂1 u(0, y) + σu(0, y) = g(y), y ∈ IR N −1 .
1. Donner une définition de solution “classique” de (2.28) et de solution “faible” de (2.28).
2. Montrer l’existence et l’unicité de la solution faible de (2.28).
3. Montrer que si g = 0 presque partout, la solution faible de (2.28) (trouvée à la question précédente) appar-
tient à H 2 (R+
N
).
4. Toujours lorsque g = 0 presque partout, on note un la solution forte associée à σ = n. Montrer que un
converge dans H 1 (IR N
+ ) vers u solution faible de :

−∆u(x) + u(x) = f (x), x ∈ IR N


+,
(2.29)
u(0, y) = 0, y ∈ IR N −1 .

Exercice 2.8 (Equation de Schrödinger)


Soit N ≥ 1. On note Ω la boule unité de IR N (en fait, les résultats de cet exercice restent vrais si Ω un ouvert borné
“assez régulier” de IR N ).

Pour f1 , f2 ∈ L2 (Ω), on s’intéresse au système :

−∆u1 + u2 = f1 dans Ω,
(2.30)
−∆u2 − u1 = f2 dans Ω,
avec diverses conditions aux limites.
1. On considère dans cette première question la condition aux limites :

u1 = 0, u2 = 0 sur ∂Ω. (2.31)


Soit f1 , f2 ∈ L2 (Ω), on dit que (u1 , u2 ) est solution faible du problème (2.30)-(2.31) si

u1 ∈ H01 (Ω), u2 ∈ H01 (Ω),


Z Z Z
∇u1 (x) · ∇ϕ(x)dx + u2 (x)ϕ(x)dx = f1 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H01 (Ω),
ZΩ ZΩ ZΩ (2.32)
∇u2 (x) · ∇ϕ(x)dx − u1 (x)ϕ(x)dx = f2 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 47
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

(a) Montrer que le problème (2.32) admet une et une seule solution. [Utiliser l’espace V = H01 (Ω) ×
H01 (Ω).]
(b) Montrer que le problème (2.30)-(2.31) admet une et une seule solution au sens suivant : u1 ∈ H 2 (Ω) ∩
H01 (Ω), u2 ∈ H 2 (Ω)∩H01 (Ω) et les équations (2.30) sont satisfaites p.p. sur Ω. [Utiliser, en particulier,
la question précédente et un théorème de régularité vu en cours. Ne pas oublier de montrer aussi
l’unicité.]
On suppose maintenant que f1 , f2 ∈ C ∞ (Ω̄). Montrer que u1 , u2 ∈ C ∞ (Ω̄). [Utiliser aussi des
théorèmes de régularité vu en cours.]
(c) Pour f = (f1 , f2 ) ∈ L2 (Ω) × L2 (Ω), soit u = (u1 , u2 ) la solution de (2.32), on note u = T (f ).
Montrer que l’opérateur T : f 7→ u est un opérateur linéaire continu et compact de L2 (Ω) × L2 (Ω)
dans lui-même.
2. On considère dans cette deuxième question la condition aux limites :

∂u1 ∂u2
= 0, = 0 sur ∂Ω, (2.33)
∂n ∂n
où n désigne le vecteur normal à ∂Ω, extérieure à Ω.
Pour résoudre le problème (2.30)-(2.33), on va introduire un paramètre, n ∈ IN? , destiné à tendre vers
l’infini.
Soit f1 , f2 ∈ L2 (Ω). Pour n ∈ IN? , on s’intéresse au système :

1
−∆u1 + u2 + u1 = f1 dans Ω,
n (2.34)
1
−∆u2 − u1 + u2 = f2 dans Ω,
n
avec la condition aux limites (2.33).
On dit que (u1 , u2 ) est solution faible du problème (2.34)-(2.33) si

u1 ∈ H 1 (Ω), u2 ∈ H 1 (Ω),
Z Z Z
1
∇u1 (x) · ∇ϕ(x)dx + (u2 (x) + u1 (x))ϕ(x)dx = f1 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H 1 (Ω),
ZΩ ZΩ n ZΩ (2.35)
1
∇u2 (x) · ∇ϕ(x)dx + ( u2 (x) − u1 (x))ϕ(x)dx = f2 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω n Ω

Noter aussi que (u1 , u2 ) est solution faible du problème (2.30)-(2.33) si (u1 , u2 ) est solution de (2.35) en
remplaçant n1 par 0.

Soit f1 , f2 ∈ L2 (Ω).
(a) Soit n ∈ IN? .
(n) (n)
Montrer que le problème (2.35) admet une et une seule solution, que l’on note (u1 , u2 ) dans la
suite.
(b) Montrer que :
(n) (n)
ku1 k2L2 (Ω) + ku2 k2L2 (Ω) ≤ kf1 k2L2 (Ω) + kf2 k2L2 (Ω) .
(n) (n)
En déduire que les suites (u1 )n∈IN? , et (u2 )n∈IN? sont bornées dans H 1 (Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 48
2.6. EXERCICES CHAPITRE 2. ELLIPTIQUE LINÉAIRE

(c) Montrer qu’il existe une et une seule solution au problème (2.35) obtenu en remplaçant 1/n par 0,
c’est à dire une et une solution faible au problème (2.30)-(2.33). [Pour l’existence, utiliser les suites
(n) (n)
(u1 )n∈IN? , et (u2 )n∈IN? de la question précédente et faire tendre n vers +∞. Montrer ensuite
l’unicité.]
(d) Montrer que le problème (2.30)-(2.33) admet une et une seule solution au sens suivant : u1 ∈ H 2 (Ω),
u2 ∈ H 2 (Ω), les équations (2.30) sont satisfaites p.p. sur Ω et les équations (2.33) sont satisfaites
p.p. (pour la mesure de lebesgue N − 1-dimensionnelle) sur ∂Ω en utilisant l’opérateur “trace” (vu en
cours) de H 1 (Ω) dans L2 (∂Ω) pour donner un sens à ∂u ∂u2
∂n et ∂n .
1

On suppose maintenant que f1 , f2 ∈ C ∞ (Ω̄). Montrer que u1 , u2 ∈ C ∞ (Ω̄). [Utiliser aussi des
théorèmes de régularité vu en cours.]
(e) Pour f = (f1 , f2 ) ∈ L2 (Ω) × L2 (Ω), soit u = (u1 , u2 ) la solution faible de (2.30)-(2.33), on note
u = T (f ). Montrer que l’opérateur T : f 7→ u est un opérateur linéaire continu et compact de
L2 (Ω) × L2 (Ω) dans lui-même.
3. De manière similaire, résoudre le problème (2.30) avec la condition aux limites :

∂u2
u1 = 0, = 0 sur ∂Ω.
∂n
Exercice 2.9 (A la limite de H −1 )
Partie I, décomposition dans H01 (Ω)

Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1.
1. Soit ϕ ∈ C 1 (IR, IR) t.q. ϕ0 ∈ L∞ (IR) et ϕ(0) = 0. Soit u ∈ H01 (Ω). On note ϕ(u) la fonction (de Ω dans
IR) x 7→ ϕ(u(x)). Montrer que ϕ(u) ∈ H01 (Ω) et que Di ϕ(u) = ϕ0 (u)Di u p.p. pour tout i ∈ {1, . . . , N } (où
ϕ0 (u) désigne la fonction x 7→ ϕ0 (u(x))). [Reprendre la méthode vue en cours.]

On définit maintenant ϕ de IR dans IR par

ϕ(s) = s, pour 0 ≤ s ≤ 1,
2
ϕ(s) = − s2 + 2s − 21 , pour 1 < s ≤ 2,
3
ϕ(s) = 2 , pour 2 < s,
ϕ(s) = −ϕ(−s), pour s < 0.
Pour k ∈ IN? , On définit ϕk de IR dans IR par ϕk (s) = kϕ( ks ) pour s ∈ IR.
2. Montrer que, pour tout s ∈ IR, ϕk (s) → s et ϕ0k (s) → 1 quand k → ∞ et que |ϕk (s)| ≤ |s|, ϕ0k (s) ≤ 1.
3. Soit u ∈ H01 (Ω). Montrer que ϕk (u) ∈ H01 (Ω), pour tout k ∈ N ? , et que ϕk (u) → u dans H01 (Ω), quand
k → ∞.
4. En déduire que, pour tout u ∈ H01 (Ω) et pour tout ε > 0, il existe u1 ∈ L∞ (Ω) et u2 ∈ H01 (Ω) t.q. u = u1 + u2
et ku2 kH01 ≤ ε.
Partie II, Inégalité de Trudinger-Möser

Soit Ω un ouvert borné de IR 2 . On admet qu’il existe C > 0, ne dépendant que de Ω, t.q.

kukLq (Ω) ≤ C qkukH01 (Ω) , ∀u ∈ H01 (Ω), ∀q ∈ [1, ∞[.

(Noter que cette inégalité a été démontrée en T.D. avec q au lieu de q.)

EDP, Télé-enseignement, M2 49
3.3. EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

(b) On choisit une suite (αn )n∈IN? vérifiant les conditions données à la question précédente. Montrer qu’il existe
α > 0 t.q.
+∞
X α
2
= 1.
n=1
|αn |n

α
(c) Soit (an )n∈IN? une suite définie par : a1 = 1 et an+1 = an − (où αn et α sont définies dans les 2
|αn |n2
P+∞
questions précédentes). On pose u = n=1 αn 1[an+1 ,an [ . Montrer que u ∈ L1 et G(u) 6∈ L1 .

Exercice 3.2 (Existence par Schauder) Corrigé 3.2


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), g ∈ L2 (Ω), a une fonction continue de IR dans IR et h une fonction
continue de IR × IR N dans IR. On suppose que
– 0 < α = inf s∈IR a(s) ≤ sups∈IR a(s) = β < +∞,
– il existe δ ∈ [0, 1[ et C1 ∈ IR t.q. |h(s, ξ)| ≤ C1 (1 + |s|δ + |ξ|δ ) pour tout (s, ξ) ∈ IR × IR N .
1. Soit u ∈ H01 (Ω). Montrer que h(u, ∇u) ∈ L2 (Ω) et qu’il existe un unique u solution de

1
 u Z ∈ H0 (Ω), Z Z
(3.25)
 a(u(x))∇u(x) · ∇v(x)dx + h(u(x), ∇u(x))v(x)dx = g(x)v(x)dx, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

Dans la suite, on note T l’application qui à u associe u, unique solution de (3.25). L’application T est donc de
H01 (Ω) dans H01 (Ω).
2. (Estimation sur u) Soit u ∈ H01 (Ω) et u = T (u). Montrer qu’il existe C2 ne dépendant que Ω, α, g et C1 t.q.

kukH01 (Ω) ≤ C2 (1 + kukδH 1 (Ω) ).


0

[On pourra prendre v = u dans (3.25).]


En déduire qu’il existe R ∈ IR ?+ t.q.

kukH01 (Ω) ≤ R ⇒ kukH01 (Ω) ≤ R.

3. (Continuité de T ) Soit (un )n∈IN une suite de H01 (Ω) et u ∈ H01 (Ω). On suppose que un → u dans H01 (Ω)
(quand n → +∞). On pose fn = h(un , ∇un ), f = h(u, ∇u), un = T (un ) et u = T (u).
(a) Montrer que fn → f dans L2 (Ω).
(b) Montrer que un → u faiblement dans H01 (Ω).
Z Z
(c) Montrer que a(ūn (x))∇un (x) · ∇un (x)dx → a(ū(x))∇u(x) · ∇u(x)dx.
Ω Ω
En déduire que un → u dans H01 (Ω). [On pourra s’inspirer de l’exercice 2.14.]
4. (Compacité de T ) Soit (un )n∈IN une suite bornée de H01 (Ω). On pose fn = h(un , ∇un ) et un = T (un ).
Montrer qu’il existe une sous suite de la suite (un )n∈IN , encore notée (un )n∈IN , et il existe f ∈ L2 (Ω) et
b ∈ L∞ (Ω) t.q.
fn → f faiblement dans L2 (Ω),
a(un ) → b p.p..
Montrer que la suite (un )n∈IN est convergente dans H01 (Ω). [On pourra raisonner comme dans l’exercice 2.14.]

EDP, Télé-enseignement, M2 105


3.3. EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

5. Montrer qu’il existe u ∈ H01 (Ω) t.q. u = T (u) (et donc u solution de (3.25) avec u = u).

Exercice 3.3 (Existence par Schauder, généralisation de l’exercice 3.2)


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), a une fonction de Ω × IR dans IR et f une fonction de Ω × IR × IR N
dans IR vérifiant :
– a est mesurable par rapport à x ∈ Ω, pour tout s ∈ IR, et continue par rapport à s ∈ IR, p.p. en x ∈ Ω.
– Il existe α, β ∈ IR ?+ t.q. α ≤ a(x, s) ≤ β pour tout s ∈ IR et p.p. en x ∈ Ω.
– f est mesurable par rapport à x ∈ Ω, pour tout s, p ∈ IR × IR N , et continue par rapport à (s, p) ∈ IR × IR N ,
p.p. en x ∈ Ω.
– Il existe d ∈ L2 (Ω), C ∈ IR et δ ∈ [0, 1[ t.q. |f (·, s, p)| ≤ C(d + |s|δ + |p|δ ) p.p., pour tout s, p ∈ IR × IR N .
Montrer qu’il existe un et un seul u solution du problème suivant :

1
 uZ ∈ H0 (Ω), Z
(3.26)
 a(x, u(x))∇u(x) · ∇v(x)dx = f (x, u(x), ∇u(x))v(x)dx, pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

[On pourra construire une application de H01 (Ω) dans H01 (Ω) et utiliser le théorème de Schauder.]

Exercice 3.4 (Degré d’une application affine) Corrigé 3.3


Soit E un espace de Banach (réel). Pour R > 0, on pose BR = {v ∈ E t.q. kvkE < R}.
1. Soit f une application constante de E dans E. Il existe donc a ∈ E t.q. f (v) = a pour tout v ∈ E. Soit
R > 0 t.q. kakE 6= R. Montrer que d(I − f, BR , 0) est bien défini et que d(I − f, BR , a) = 1 si R > kakE et
d(I − f, BR , a) = 0 si R < kakE .
2. Soit L une application linéaire compact de E dans E. On suppose que 1 n’est pas valeur propre de L. Soit
a ∈ E. On définit f de E dans E en posant f (v) = Lv + a pour tout v ∈ E.
(a) Montrer que l’équation u − f (u) = 0 a au plus une solution.
(b) Montrer que l’équation u − f (u) = 0 a une unique solution. On note b cette solution. Montrer que d(I −
f, BR , 0) 6= 0 si R > kbkE et d(I − f, BR , 0) = 0 si R < kbkE .

Exercice 3.5 (Convection-diffusion, Dirichlet, existence) Corrigé 3.4


Soit Ω un ouvert borné de IR N , N = 2 ou 3, p > N , W ∈ Lp (Ω)N , ϕ une fonction lipschitzienne de IR dans IR
t.q. ϕ(0) = 0 et f ∈ L2 (Ω).
On s’intéresse ici au problème suivant

−∆u + div(W ϕ(u)) = f dans Ω,
(3.27)
u = 0 sur ∂Ω.

Le but de cet exercice est de montrer l’existence de solution faible au problème (3.27). L’unicité (et la positivité si
f ≥ 0 p.p.) de la solution faible est montré dans l’exercice 3.6.
1. Soit u ∈ H01 (Ω), montrer que W ϕ(u) ∈ L2 (Ω)N . [Utiliser le théorème d’injection de Sobolev, théorème 1.26.]

Cette première question permet de définir la formulation faible du problème (3.27). Elle consiste à chercher u
solution de (3.28).

EDP, Télé-enseignement, M2 106


3.3. EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.28)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(u(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

Pour montrer l’existence d’une solution à (3.28) on va utiliser la méthode du degré topologique en construisant
une application h de [0, 1] × Lq (Ω) dans Lq (Ω) avec q = 2p/(p − 2) (de sorte que 1/p + 1/q = 1/2). On
pose donc pour la suite q = 2p/(p − 2). Si N = 3, on pose 2? = 6 et si N = 2, on choisit pour 2? un
?
nombre strictement supérieur à q (de sorte que, pour N = 2 ou 3, H01 (Ω) s’injecte continûment dans L2 (Ω) et
compactement dans Lq (Ω)).
2. (Construction des opérateurs B et h) Soit ũ ∈ Lq . Montrer qu’il existe un unique u solution de


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.29)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(ũ(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

On note B l’opérateur qui à ũ dans Lq (Ω) associe u solution de (3.29). Puis, pour t ∈ [0, 1] et ũ ∈ Lq (Ω), on
pose h(t, ũ) = B(tũ).
3. Montrer que h est continu et compact de [0, 1] × Lq (Ω) dans Lq (Ω).
4. (Estimations a priori) Soit u ∈ Lq (Ω) t.q. u = h(t, u). On a donc


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.30)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(t u(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω
Rs 1
Pour s ∈ IR, on pose ψ(s) = 0 (1+|ξ|)2
dξ.

(a) Montrer que ψ(u) ∈ H01 (Ω). En prenant v = ψ(u) dans (3.30), montrer qu’il existe Cl ne dépendant que Ω,
W , ϕ et f t.q.
k ln(1 + |u|)kH01 (Ω) ≤ Cl .
?
(b) Pour v ∈ L2 (Ω), montrer que pour tout A ≥ 0 on a
Z Z ?
 2q? q
|v(x)|q dx ≤ |v(x)|2 dx λN ({|v| ≥ A})1− 2? + Aq λN (Ω).
Ω Ω

On rappelle que λN est la mesure de Lebesgue sur les boréliens de IR N .


(c) En utilisant (a) et (b), montrer qu’il existe C > 0, ne dépendant que de Ω, W , ϕ et f t.q. kukH01 (Ω) < C.
5. (Degré topologique) Montrer l’existence d’une solution à (3.28).
6. On retire dans cette question l’hypothèse
R ϕ(0) = 0 et on se donne un élément T de H −1 (Ω). Montrer qu’il
existe u solution de (3.28) avec Ω f (x)v(x)dx remplacé par hT, viH −1 (Ω),H01 (Ω) .

Exercice 3.6 (Convection-diffusion, Dirichlet, unicité) Corrigé 3.5

EDP, Télé-enseignement, M2 107


3.3. EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

On reprend ici les mêmes hypothèses que dans l’exercice 3.5, c’est-à-dire :
Soit Ω un ouvert borné de IR N , N = 2 ou 3, p > N , W ∈ Lp (Ω)N , ϕ une fonction lipschitzienne de IR dans IR
t.q. ϕ(0) = 0 et f ∈ L2 (Ω).
L’exercice 3.5 a montré qu’il existait u solution faible de (3.27), c’est-à-dire u solution de


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.31)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(u(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

L’objectif de cet exercice est de montrer l’unicité de la solution de (3.31) et de montrer que u ≥ 0 p.p. si f ≥ 0
p.p..
1. Montrer l’unicité de la solution de (3.31).
2. On retire dans cette question (et seulement dans cette question) l’hypothèse ϕ(0) = 0 et on se donne un élément
T de H −1 (Ω). Montrer que le problème (3.28) avec Ω f (x)v(x)dx remplacé par hT, viH −1 (Ω),H01 (Ω) a une
R

unique solution (l’existence a été montrée dans l’exercice 3.5).


3. On suppose f ≤ 0 p.p.. Soit u la solution de (3.31). Montrer que u ≤ 0 p.p.. [Pour n ∈ IN? , on pourra prendre
v = Sn (u) dans (3.31) avec Sn ∈ C(IR, IR) définie par Sn (s) = max(0, min(s, 1/n)) et faire tendre n vers
+∞.]

Exercice 3.7 (Existence par minimisation)


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), a une fonction de Ω dans IR et f une fonction de Ω×IR dans IR vérifiant :
– a ∈ L∞ (Ω).
– Il existe α ∈ IR ?+ t.q. α ≤ a p.p..
– f est mesurable par rapport à x ∈ Ω, pour tout s ∈ IR, et continue par rapport à s ∈ IR, p.p. en x ∈ Ω.
– Il existe d ∈ L2 (Ω), C ∈ IR et δ ∈ [0, 1[ t.q. |f (·, s)| ≤ C|s|δ + d p.p., pour tout s ∈ IR.
Rs
Pour tout s ∈ IR et p.p. en x ∈ Ω, on pose F (x, s) = 0 f (x, t)dt.
1. Soit u ∈ H01 (Ω). Montrer que F (·, u) ∈ L1 (Ω).
Pour u ∈ H01 (Ω), on pose E(u) = 21 Ω a(x)∇u(x) · ∇u(x)dx − Ω F (x, u(x))dx.
R R

2. Montrer que E(u) → +∞ quand kukH01 (Ω) → +∞.


3. Montrer qu’il existe u ∈ H01 (Ω) t.q. E(u) ≤ E(v) pour tout v ∈ H01 (Ω).
4. Montrer qu’il existe u solution du problème suivant :

1
 u Z ∈ H0 (Ω), Z
(3.32)
 a(x)∇u(x) · ∇v(x)dx = f (x, u(x))v(x)dx, pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

Exercice 3.8 (Minimisation avec contrainte)


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 2) et p ∈]1, N
N +2
−2 [. On cherche une solution non nulle au problème suivant :

−∆u = |u|p−1 u dans Ω,



(3.33)
u = 0 sur ∂Ω.

EDP, Télé-enseignement, M2 108


3.3. EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

1. Pour v ∈ H01 (Ω), on pose E(v) = 21 Ω |∇v(x)|2 dx et F (v) = Ω |v|p+1 dx. On pose aussi A = {v ∈ H01 (Ω),
R R

F (v) = 1}. Montrer qu’il existe u ∈ A t.q. u ≥ 0 p.p. et E(u) ≤ E(v) pour tout v ∈ A.
2. Montrer qu’il existe u non nulle, u ≥ 0 p.p., solution faible de (3.33).

Exercice 3.9 (Convergence faible et non linéarité) Corrigé 3.6


Remarque liminaire : Soit ϕ ∈ C(IR, IR). Lorsque qu’une suite (un )n∈IN tend faiblement vers u dans un espace
Lp et que la suite ϕ(un )R tend faiblement vers f dans q
R un espace L , il est en général faux que f = ϕ(u) p.p.. On
ajoute l’hypothèse que un ϕ(un ) converge vers uf . Si ϕ est croissante, l’“astuce de Minty” permet alors de
montrer que f = ϕ(u) p.p.. Si ϕ est strictement croissante, on obtient même une convergence forte de un vers u
(c’est l’“astuce de Leray-Lions”). Cet exercice détaille ces idées dans le cadre p = q = 2 avec une mesure finie.
Soit (X, T, m) un espace mesuré fini ( c’est-à-dire m(X) < +∞). On note L2 l’espace L2IR (X, T, m). Soit
(un )n∈IN et (vn )n∈IN deux suites bornées de L2 et u, v ∈ L2 . On suppose que les suites (un )n∈IN et (vn )n∈IN
convergent faiblement dans L2 vers u et v. On rappelle que ceci signifie que
Z Z Z Z
lim un w dm = uw dm et lim vn w dm = vw dm pour tout w ∈ L2 .
n→+∞ n→+∞

R n ∈ IN (et donc u = v p.p.). Montrer


1. On suppose, dans cette question seulement, que vn = un Rp.p., pour tout
que un → u dans L2 (quand n → +∞) si et seulement si u2n dm → u2 dm (quand n → +∞).
R R
On suppose pour toute la suite de l’exercice que un vn dm → uv dm (quand n → +∞) et qu’il existe une
fonction ϕ de IR dans IR t.q.
– ϕ continue et il existe C ∈ IR t.q. |ϕ(s) ≤ C + C|s| pour tout s ∈ IR.
– vn = ϕ(un ) p.p., pour tout n ∈ IN.
2. Soit w ∈ L2 , montrer que, quand n → +∞,
Z Z
(ϕ(un ) − ϕ(w))(un − w) dm → (v − ϕ(w))(u − w) dm. (3.34)

3. On suppose que ϕ est croissante.


(a) Soit w̄ ∈ L2 et t ∈ IR. Montrer que
Z
(v − ϕ(u + tw̄))tw̄ dm ≤ 0.
R
[Utiliser (3.34).] En déduire que (v − ϕ(u))w̄ dm = 0.
(b) Montrer que v = ϕ(u) p.p..
4. On suppose que ϕ strictement croissante. Pour n ∈ IN, on pose Gn = (ϕ(un ) − ϕ(u))(un − u).
(a) Montrer que Gn → 0 dans L1 quand n → +∞ (utiliser (3.34)).
(b) Montrer qu’il existe une sous suite de la suite (Gn )n∈IN , notée (Gψ(n) )n∈IN (avec ψ strictement croissante de
IN dans IN) t.q. Gψ(n) → 0 p.p.. En déduire que uψ(n) → u p.p. (utiliser la croissance stricte de ϕ).
(c) Montrer que un → u dans Lp pour tout p ∈ [1, 2[.

Exercice 3.10 (Opérateur de Leray-Lions)


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), a une fonction de Ω × IR × IR N dans IR N et p ∈]1, +∞[ vérifiant (avec
p0 = p/(p − 1)) :

EDP, Télé-enseignement, M2 109


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

– a est mesurable par rapport à x ∈ Ω, pour tout s, ξ ∈ IR × IR N , et continue par rapport à (s, ξ) ∈ IR × IR N ,
p.p. en x ∈ Ω.
– (Coercivité) Il existe α ∈ IR ?+ t.q. α(x, s, ξ) · ξ ≥ α|ξ|p pour tout (s, ξ) ∈ IR × IR N et p.p. en x ∈ Ω.
0
– (Croissance) Il existe d ∈ Lp (Ω) et C ∈ IR t.q. |a(·, s, ξ)| ≤ C(d + |s|p−1 + |ξ|p−1 ) p.p., pour tout
s, ξ ∈ IR × IR N .
– (Monotonie) (a(x, s, ξ) − a(x, s, η) · (ξ − η) > 0 pour tout (s, ξ, η) ∈ IR × IR N × IR N , ξ 6= η, et p.p. en
x ∈ Ω.
0
Soit f ∈ W −1,p (Ω). Montrer qu’il existe u solution du problème suivant :
 1,p
 uZ ∈ W0 (Ω),
(3.35)
 a(x, u(x), ∇u(x)) · ∇v(x)dx = hf, viW −1,p0 (Ω),W 1,p (Ω) , pour tout v ∈ W01,p (Ω).
0

[Reprendre la démonstration du cours.]

3.4 Corrigés d’exercices


Corrigé 3.1 (Continuité d’une application de Lp dans Lq )
Soit (E, T, m) un espace mesuré fini, p, q ∈ [1, ∞[ et g une application continue de IR dans IR t.q. :
p
∃ C ∈ IR ?+ ; |g(s)| ≤ C|s| q + C, ∀s ∈ IR. (3.36)

1. Soit u ∈ LpIR (E, T, m). Montrer que g ◦ u ∈ LqIR (E, T, m).

Corrigé – La fonction u est mesurable de E (muni de la tribu T ) dans IR (muni de la tribu B(IR)) et g est borélienne
( c’est-à-dire mesurable de IR dans IR, muni de la tribu B(IR)). On en déduit, par composition, que g ◦u est mesurable
(de E dans IR).
p
Pour s ∈ [−1, 1], on a |g(s)| ≤ 2C et donc |g(s)|q ≤ 2q C q . Pour s ∈ IR \ [−1, 1], on a |g(s)| ≤ 2C|s| q et donc
|g(s)|q ≤ 2q C q |s|p . On a donc, pour tout s ∈ IR, |g(s)|q ≤ 2q C q + 2q C q |s|p . On en déduit que, pour tout x ∈ E,
|g ◦ u(x)|q = |g(u(x))|q ≤ 2q C q + 2q C q |u(x)|p , et donc :
Z
|g ◦ u|q dm ≤ 2q C q kukpp + 2q C q m(E),

ce qui donne g ◦ u ∈ LqIR (E, T, m).

On pose Lr = LrIR (E, T, m), pour r = p et r = q. Pour u ∈ Lp , on pose G(u) = {h ∈ LqIR (E, T, m); h = g ◦ v
p.p.}, avec v ∈ u (de sorte que G(u) ∈ Lq ).
2. Montrer que la définition précédente a bien un sens, c’est à dire que G(u) ne dépend pas du choix de v dans u.
Corrigé – Soient v, w ∈ u. Il existe A ∈ T t.q. m(A) = 0 et v = w sur Ac . On a donc aussi g ◦ v = g ◦ w sur Ac
et donc g ◦ v = g ◦ w p.p.. On en déduit que {h ∈ LqIR (E, T, m); h = g ◦ v p.p.} = {h ∈ LqIR (E, T, m); h = g ◦ w
p.p.}.
G(u) ne dépend donc pas du choix de v dans u.

3. Soit (un )n∈IN ⊂ Lp . On suppose que un → u p.p., quand n → +∞, et qu’il existe F ∈ Lp t.q. |un | ≤ F p.p.,
pour tout n ∈ IN. Montrer que G(un ) → G(u) dans Lq .

EDP, Télé-enseignement, M2 110


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Corrigé – Pour tout n ∈ IN, on choisit un représentant de un , encore notée un . On choisit aussi des représentants
de u et F , notés toujours u et F . Comme un → u p.p. quand n → +∞ et que g est continu, il est facile de voir que
g ◦ un → g ◦ u p.p.. On a donc G(un ) → G(u) p.p..
p p p
On remarque aussi que |g ◦ un | ≤ C|un | q + C ≤ C|F | q + C p.p. et donc |G(un )| ≤ C|F | q + C p.p., pour tout
n ∈ IN.
p
Comme F ∈ Lp , on a |F | q ∈ Lq . Les fonctions constantes sont aussi dans Lq (car m(E) < ∞). On a donc
p
C|F | q +C ∈ Lq . On peut alors appliquer le théorème de convergence dominée dans Lq , il donne que G(un ) → G(u)
dans Lq quand n → +∞.

4. Montrer que G est continue de Lp dans Lq .

Corrigé – On raisonne par l’absurde. On suppose que G n’est pas continue de Lp dans Lq . Il existe donc u ∈ Lp et
(un )n∈IN ⊂ Lp t.q. un → u dans Lp et G(un ) 6→ G(u) dans Lq quand n → +∞.

Comme G(un ) 6→ G(u), il existe ε > 0 et ϕ : IN → IN t.q. ϕ(n) → ∞ quand n → ∞ et :


kG(uϕ(n) ) − G(u)kq ≥ ε pour tout n ∈ IN. (3.37)
(La suite (G(uϕ(n) ))n∈IN est une sous suite de la suite (G(un ))n∈IN .)
Comme uϕ(n) → u dans Lp , on peut appliquer la “réciproque partielle de la convergence dominée dans Lp ”. On
obtient l’existence de ψ : IN → IN et de F ∈ Lp t.q. ψ(n) → ∞ quand n → ∞, uϕ◦ψ(n) → u p.p. et |uϕ◦ψ(n) | ≤ F
p.p., pour tout n ∈ IN. (La suite (uϕ◦ψ(n) )n∈IN est une sous suite de la suite (uϕ(n) )n∈IN ).
On peut maintenant appliquer la question 2 à la suite (uϕ◦ψ(n) )n∈IN . Elle donne que G(uϕ◦ψ(n) ) → G(u) dans Lq
quand n → +∞. Ce qui est en contradiction avec (3.37).

5. On considère ici (E, T, m) = ([0, 1], B(IR), λ) et on prend p = q = 1. On suppose que g ne vérifie pas (3.36).
On va construire u ∈ L1 t.q. G(u) 6∈ L1 .
(a) Soit n ∈ IN? , montrer qu’il existe αn ∈ IR tel que : |g(αn )| ≥ n|αn | et |αn | ≥ n.

Corrigé – On raisonne par l’absurde. On suppose que |g(s)| < n|s| pour tout s t.q. |s| ≥ n. On pose M =
max{|g(s)|, s ∈ [−n, n]}. On a M < ∞ car g est continue sur le compact [−n, n] (noter que n est fixé). en posant
C = max{n, M }, on a donc :
|g(s)| ≤ C|s| + C, pour tout s ∈ IR,
en contradiction avec l’hypothèse que g ne vérifie pas (3.36).

Il existe donc s, t.q. |s| ≥ n et |g(s)| ≥ n|s|. Ceci prouve l’existence de αn .

(b) On choisit une suite (αn )n∈IN? vérifiant les conditions données à la question précédente. Montrer qu’il existe
α > 0 t.q.
+∞
X α
= 1.
n=1
|αn |n2

1 1
Corrigé – Comme αn ≥ n, on a |αn |n2
≤ et donc :
n3
X 1
0<β= < ∞.
n∈IN ?
|αn |n2
1
On choisit alors α = β
.

EDP, Télé-enseignement, M2 111


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

α
(c) Soit (an )n∈IN? une suite définie par : a1 = 1 et an+1 = an − (où αn et α sont définies dans les 2
|αn |n2
P+∞
questions précédentes). On pose u = n=1 αn 1[an+1 ,an [ . Montrer que u ∈ L1 et G(u) 6∈ L1 .

α
Pn−1
Corrigé – Pour n ≥ 2, on a an = 1 − .
p=1
|αp |p2
Grâce au choix de α, on a donc an > 0 pour tout n ∈ IN? , et an ↓ 0, quand n → +∞.
La fonction u est bien mesurable et, par le théorème de convergence monotone, on obtient :
Z X X α
|u|dλ = |αn |(an − an+1 ) = < ∞.
n∈IN ? n∈IN ?
n2
Donc, u ∈ L1 et aussi u ∈ L1 en confondant, comme d’habitude, u avec sa classe.
on remarque ensuite que g ◦ u = +∞
P
n=1 g(αn )1[an+1 ,an [ . On a donc :
Z X X α
|g ◦ u|dλ = |g(αn )|(an − an+1 ) ≥ = ∞.
n∈IN ? n∈IN ?
n
ceci montre que g ◦ u 6∈ L1 et donc G(u) 6∈ L1 .

Corrigé 3.2 (Existence par Schauder)


Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), g ∈ L2 (Ω), a une fonction continue de IR dans IR et h une fonction
continue de IR × IR N dans IR. On suppose que
– 0 < α = inf s∈IR a(s) ≤ sups∈IR a(s) = β < +∞,
– il existe δ ∈ [0, 1[ et C1 ∈ IR t.q. |h(s, ξ)| ≤ C1 (1 + |s|δ + |ξ|δ ) pour tout (s, ξ) ∈ IR × IR N .
1. Soit u ∈ H01 (Ω). Montrer que h(u, ∇u) ∈ L2 (Ω) et qu’il existe un unique u solution de

1
 u Z ∈ H0 (Ω), Z Z
(3.38)
 a(u(x))∇u(x) · ∇v(x)dx + h(u(x), ∇u(x))v(x)dx = g(x)v(x)dx, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

2
Corrigé – On remarque que |h(ū, ∇ū)| ≤ C1 (1 + |ū|δ + |∇ū|δ ) ∈ L δ (Ω) ⊂ L2 (Ω) car δ ≤ 1.
Pour u, v ∈ H01 (Ω), on pose Z
A(u, v) = a(ū)∇u · ∇v dx.

Comme 0 < α ≤ a(ū) ≤ β, il est facile de montrer de A est bilinéaire continue et coercive sur (H01 (Ω))2 .
On conclut alors qu’il existe bien une unique solution à (3.38).

Dans la suite, on note T l’application qui à u associe u, unique solution de (3.38). L’application T est donc de
H01 (Ω) dans H01 (Ω).
2. (Estimation sur u) Soit u ∈ H01 (Ω) et u = T (u). Montrer qu’il existe C2 ne dépendant que Ω, α, g et C1 t.q.

kukH01 (Ω) ≤ C2 (1 + kukδH 1 (Ω) ).


0

[On pourra prendre v = u dans (3.38).]


En déduire qu’il existe R ∈ IR ?+ t.q.

kukH01 (Ω) ≤ R ⇒ kukH01 (Ω) ≤ R.

EDP, Télé-enseignement, M2 112


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Corrigé – En prenant v = u dans (3.38), on obtient


 
αkuk2H 1 (Ω) ≤ kgkL2 (Ω) kukL2 (Ω) + C1 |Ω|1/2 kukL2 (Ω) + C1 k|ū|δ kL2 (Ω) + C1 k|∇ū|δ kL2 (Ω) kukL2 (Ω) .
0

Avec CΩ donnée par l’inégalité de Poincaré, on en déduit


α  
kukH 1 (Ω) ≤ kgkL2 (Ω) + C1 |Ω|1/2 + k|ū|δ kL2 (Ω) + k|∇ū|δ kL2 (Ω) . (3.39)
CΩ 0

Mais, en utilisant l’inégalité de Hölder (ou l’inégalité de Jensen pour la fonction (concave) de IR + dans IR + définie
par s 7→ sδ ) on obtient Z Z

k|ū|δ k2L2 (Ω) = |ū|2δ dx ≤ ū2 |Ω|1−δ .
Ω Ω
et Z Z

k|∇ū|δ k2L2 (Ω) = |∇ū|2δ dx ≤ |∇ū|2 |Ω|1−δ .
Ω Ω

(Si δ ∈ [1/2, 1[, ces deux inégalités correspondent à l’injection classique de L2 (Ω) dans L2δ (Ω).)
De ces deux majorations (et avec l’inégalité de Poincaré), on déduit l’existence de C̄ ne dépendant que de Ω et δ t.q.
k|ū|δ kL2 (Ω) ≤ C̄kūkδH 1 (Ω) et k|∇ū|δ kL2 (Ω) ≤ C̄kūkδH 1 (Ω) .
0 0
En revenant à (3.39), on obtient l’existence de C2 ne dépend que α, g, Ω et C1 t.q.
 
kukH 1 (Ω) ≤ C2 1 + kūkδH 1 (Ω) .
0 0

Pour conclure, on remarque qu’il existe R ∈ IR ?+ t.q. R > C2 (1 + Rδ ). En effet, on a


C2
R − C2 − C2 Rδ = R(1 − − C2 Rδ−1 ).
R
1
il suffit donc de prendre R > 2C2 et R > (2C2 ) 1−δ . (c’est ici que l’hypothèse δ < 1 est utilisée.)
On a alors
kūkH 1 (Ω) ≤ R = kukH 1 (Ω) ≤ C2 (1 + Rδ ) ≤ R.
0 0

3. (Continuité de T ) Soit (un )n∈IN une suite de H01 (Ω) et u ∈ H01 (Ω). On suppose que un → u dans H01 (Ω)
(quand n → +∞). On pose fn = h(un , ∇un ), f = h(u, ∇u), un = T (un ) et u = T (u).
(a) Montrer que fn → f dans L2 (Ω).
Corrigé – Si fn 6→ f dans L2 (Ω), il existe ε > 0 et une sous suite, encore notée (fn )n∈IN t.q.
kfn − f kL2 (Ω) ≥ ε pour tout n ∈ IN. (3.40)
Après extraction éventuelle d’une sous suite, on peut supposer que
ūn → ū p.p., avec un domination par une fonction G appartenant à L2 (Ω).
et
∇ūn → ∇ū p.p., avec un domination par une fonction H appartenant à L2 (Ω).
On a alors fn → f p.p. et |fn | ≤ C1 (1 + |G|δ + |H|δ ) p.p. (et pour tout n ∈ IN). Comme 0 ≤ δ ≤ 1, on a
|G|δ + |H|δ ∈ L2 (Ω). Le théorème de convergence dominée (dans L2 (Ω)) donne alors fn → f dans L2 (Ω), en
contradiction avec (3.40).

(b) Montrer que un → u faiblement dans H01 (Ω).


Corrigé – La question 2 donne que la suite (un )n∈IN est bornée dans H01 (Ω). Si un 6→ u faiblement dans H01 (Ω),
il existe ε > 0, ψ ∈ H −1 (Ω) et une sous suite, encore noté (un )n∈IN , t.q.
|hψ, un − uiH −1 (Ω),H 1 (Ω) | ≥ ε pour tout n ∈ IN. (3.41)
0

EDP, Télé-enseignement, M2 113


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Puis, après extraction éventuelle d’une sous suite, on peut supposer


un → w faiblement dans H01 (Ω),
ūn → ū p.p..
Soit v ∈ H01 (Ω). Comme un = T (ūn ), on a
Z Z Z
a(ūn )∇un · ∇v dx + fn vdx = gv dx.
Ω Ω Ω
En passant à la limite quand n → +∞ dans cette égalité, on obtient
Z Z Z
a(ū)∇w · ∇v dx + f vdx = gv dx.
Ω Ω Ω
Ce qui prouve que w = u, en contradiction avec (3.41). On a bien ainsi montré que un → u faiblement dans
H01 (Ω) quand n → +∞.
Z Z
(c) Montrer que a(ūn (x))∇un (x) · ∇un (x)dx → a(ū(x))∇u(x) · ∇u(x)dx.
Ω Ω
En déduire que un → u dans H01 (Ω). [On pourra s’inspirer de l’exercice 2.14.]
Corrigé – Pour tout n ∈ IN on a
Z Z Z
a(ūn )∇un · ∇un dx = gun dx − fn un dx.
Ω Ω Ω
2 2
Comme un → u dans L (Ω) et que fn → f dans L (Ω), on en déduit
Z Z Z
lim a(ūn )∇un · ∇un dx = gu dx − f u dx.
n→+∞ Ω Ω Ω
et donc, comme u = T (ū),
Z Z
lim a(ūn )∇un · ∇un dx = a(ū)∇u · ∇u dx.
n→+∞ Ω Ω
On remarque maintenant que
Z
αkun − uk2H 1 (Ω) ≤ a(ūn )(∇un − ∇u) · (∇un − ∇u) dx.
0

Pour montrer que un → u dans H01 (Ω), il suffit donc de montrer que
Z
lim a(ūn )(∇un − ∇u) · (∇un − ∇u) dx = 0. (3.42)
n→+∞ Ω
Pour montrer (3.42), on utilise le fait (facile à montrer en raisonnant par l’absurde) que
N
a(ūn )∇u → a(ū)∇u dans L2 (Ω) , quand n → +∞.
On en déduit que (en utilisant le fait que ∇un → ∇u faiblement dans L2 (Ω))
Z Z
lim a(ūn )∇u · ∇un dx = lim a(ū)∇u · ∇u dx
n→+∞ ΩZ n→+∞ ZΩ

et lim a(ūn )∇u · ∇u dx = lim a(ū)∇u · ∇u dx.


n→+∞ Ω n→+∞ Ω
Ceci permet de montrer (3.42) et donc de conclure que un → u dans H01 (Ω). Ce qui prouve la continuité de
l’opérateur T de H01 (Ω) dans H01 (Ω).

4. (Compacité de T ) Soit (un )n∈IN une suite bornée de H01 (Ω). On pose fn = h(un , ∇un ) et un = T (un ).
Montrer qu’il existe une sous suite de la suite (un )n∈IN , encore notée (un )n∈IN , et il existe f ∈ L2 (Ω) et
b ∈ L∞ (Ω) t.q.
fn → f faiblement dans L2 (Ω),
a(un ) → b p.p..

EDP, Télé-enseignement, M2 114


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Montrer que la suite (un )n∈IN est convergente dans H01 (Ω). [On pourra raisonner comme dans l’exercice 2.14.]
Corrigé – La suite (fn )n∈IN est bornée dans L2 (Ω) et la suite (ūn )n∈IN est bornée dans H01 (Ω) et donc relativement
compacte dans L2 (Ω). On peut donc supposer, après extraction d’une sous suite, qu’il existe f ∈ L2 (Ω) et ζ ∈ L2 (Ω)
t.q.
fn → f faiblement dans L2 (Ω),
(3.43)
ūn → ζ p.p. .
En posant b = a(ζ), on a donc b ∈ L∞ (Ω) et a(ūn ) → b p.p..
(On peut montrer que ζ ∈ H01 (Ω) mais il est faux de dire que f = h(ζ, ∇ζ) p.p..)

Comme α ≤ b ≤ β p.p., il existe un et un seul u solution de


 1
 u Z ∈ H0 (Ω), Z
(3.44)
 b∇u · ∇v dx = (g − f )v dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

On va montrer que la suite (un )n∈IN converge dans H01 (Ω) vers u, solution de (3.44) (on travaille ici avec la suite
extraite qui vérifie (3.43)).
On sait déjà que la suite (un )n∈IN est bornée dans H01 (Ω). En raisonnant par l’absurde, il est alors assez facile de
montrer que un → u faiblement dans H01 (Ω). En effet, supposons que (après extraction de sous suite) un → w
faiblement dans H01 (Ω). On a alors, pour tout n ∈ IN et tout v ∈ H01 (Ω),
Z Z
a(ūn )∇un · ∇v dx = (g − fn )v dx.
Ω Ω
En passant à la limite quand n → +∞ dans cette équation, grâce aux convergences données dans (3.43), on obtient
Z Z
b∇w · ∇v dx = (g − f )v dx.
Ω Ω
Ceci prouve que w = u. On en déduit bien que un → u faiblement dans H01 (Ω) quand n → +∞. On a donc aussi
un → u (fortement) dans L2 (Ω).
Il reste à montrer la convergence (forte) de un vers u dans H01 (Ω). Pour cela on remarque tout d’abord que
Z Z Z
a(ūn )∇un · ∇un dx = (g − fn )un dx → (g − f )u dx quand n → +∞.
Ω Ω Ω
Comme u est solution de (3.44) on a donc
Z Z
lim a(ūn )∇un · ∇un dx = b∇u · ∇u dx.
n→+∞ Ω Ω
En utilisant cette convergence et (3.43) on montre alors que
Z
lim a(ūn )∇(un − u) · ∇(un − u) dx = 0.
n→+∞ Ω

Comme αkun − uk2H 1 (Ω) ≤ Ω a(ūn )∇(un − u) · ∇(un − u) dx on conclut bien que un → u dans H01 (Ω).
R
0

5. Montrer qu’il existe u ∈ H01 (Ω) t.q. u = T (u) (et donc u solution de (3.38) avec u = u).
Corrigé – Il suffit ici d’appliquer le théorème de Schauder. L’opérateur T est continu et compact de H01 (Ω) dans
H01 (Ω). Il existe R > 0 t.q. T envoie la boule de centre 0 et de rayon R (de H01 (Ω)) dans elle-même. Le théorème de
Schauder permet alors de dire qu’il existe u dans cette boule (et donc dans H01 (Ω)) t.q. u = T (u). La fonction u ainsi
trouvée est solution de (3.38) avec ū = u.

Corrigé 3.3 (Degré d’une application affine)


Soit E un espace de Banach (réel). Pour R > 0, on pose BR = {v ∈ E t.q. kvkE < R}.

EDP, Télé-enseignement, M2 115


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

1. Soit f une application constante de E dans E. Il existe donc a ∈ E t.q. f (v) = a pour tout v ∈ E. Soit
R > 0 t.q. kakE 6= R. Montrer que d(I − f, BR , a) est bien défini et que d(I − f, BR , a) = 1 si R < kakE et
d(I − f, BR , a) = 0 si R > kakE .
Corrigé – Il est clair que f est continue et compacte et que u − f (u) = 0 si et seulement si u = a. Si kakE 6= R,
d(I − f, BR , a) est donc bien défini.
Si R < kakE , l’équation u − f (u) = 0 n’a pas de solution dans BR et donc d(I − f, BR , 0) = 0.
Si R > kakE , on pose h(t, v) = tf (v). La fonction h est continue et compacte de [0, 1] × E dans E et l’équation
u = tf (u) n’a pas de solution sur ∂BR pour t ∈ [0, 1] (car l’unique solution de u = tf (u) est ta). On a donc
d(I − f, BR , 0) = d(I − h(1, ·), BR , 0) = d(I − h(0, ·), BR , 0) = d(I, BR , 0) = 1.

2. Soit L une application linéaire compact de E dans E. On suppose que 1 n’est pas valeur propre de L. Soit
a ∈ E. On définit f de E dans E en posant f (v) = Lv + a pour tout v ∈ E.
(a) Montrer que l’équation u − f (u) = 0 a au plus une solution.
Corrigé – Soit u1 , u2 ∈ E t.q. u1 − f (u1 ) = 0 et u2 − f (u2 ) = 0. En posant u = u1 − u2 on a donc u − Lu = 0.
Comme 1 n’est pas valeur propre de L, on a donc u = 0. Ce qui prouve bien que u − f (u) = 0 a au plus une
solution.

(b) Montrer que l’équation u − f (u) = 0 a une unique solution. On note b cette solution. Montrer que d(I −
f, BR , 0) 6= 0 si R > kbkE et d(I − f, BR , 0) = 0 si R < kbkE .
Corrigé – On pose h(t, u) = Lu + ta. La fonction h est continue et compacte de [0, 1] × E dans E. Soit R > 0.
L’équation u = h(0, u) n’a pas de solution sur ∂BR (car 1 n’est pas valeur propre de L).
Si l’équation u = h(t, u) n’a pas de solution pour t ∈]0, 1] sur ∂BR , on a
d(I − f, BR , 0) = d(I − h(1, 0), BR , 0) = d(I − L, BR , 0) 6= 0,
d’après le théorème 3.8. Il existe donc u ∈ BR t.q. u − f (u) = 0.
D’autre part, si l’équation u = h(t, u) a une solution sur ∂BR pour un t dans ]0, 1]. On note c cette solution et on
remarque (c/t) − f (c/t) = 0.
Dans tous les cas, on a donc montré qu’il existe u ∈ E t.q. u − f (u) = 0.
Enfin, il est facile de voir que d(I − f, BR , 0) = d(I − L, BR , 0) 6= 0 si R > kbkE et d(I − f, BR , 0) = 0 si
R < kbkE .

Corrigé 3.4 (Convection-diffusion, Dirichlet, existence)


Soit Ω un ouvert borné de IR N , N = 2 ou 3, p > N , W ∈ Lp (Ω)N , ϕ une fonction lipschitzienne de IR dans IR
t.q. ϕ(0) = 0 et f ∈ L2 (Ω).
On s’intéresse ici au problème suivant

−∆u + div(W ϕ(u)) = f dans Ω,
(3.45)
u = 0 sur ∂Ω.

Le but de cet exercice est de montrer l’existence de solution faible au problème (3.45). L’unicité (et la positivité si
f ≥ 0 p.p.) de la solution faible est montré dans l’exercice 3.6.
1. Soit u ∈ H01 (Ω), montrer que W ϕ(u) ∈ L2 (Ω)N . [Utiliser le théorème d’injection de Sobolev, théorème 1.26.]

EDP, Télé-enseignement, M2 116


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Corrigé – Le théorème 1.26 donne que u ∈ L6 (Ω) si N = 3 et que u ∈ Lr (Ω) pour tout r ∈ [1, +∞[ si N = 2.
Comme ϕ est lipschitzienne et ϕ(0) = 0, il existe C1 t.q. |ϕ(s)| ≤ C1 |s| pour tout s ∈ IR. On a donc aussi
ϕ(u) ∈ L6 (Ω) si N = 3 et ϕ(u) ∈ Lr (Ω) pour tout r ∈ [1, +∞[ si N = 2.
Pour N = 3, on a W ∈ L3 (Ω)3 et ϕ(u) ∈ L6 (Ω), ce qui donne W ϕ(u) ∈ L2 (Ω)3 car 1/6 + 1/3 = 1/2.
Pour N = 2, on a W ∈ Lp (Ω)2 et ϕ(u) ∈ L2p/(p−2) (Ω), ce qui donne W ϕ(u) ∈ L2 (Ω)2 car 1/p + (p − 2)/2p =
1/2.

Cette première question permet de définir la formulation faible du problème (3.45). Elle consiste à chercher u
solution de (3.46).


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.46)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(u(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

Pour montrer l’existence d’une solution à (3.46) on va utiliser la méthode du degré topologique en construisant
une application h de [0, 1] × Lq (Ω) dans Lq (Ω) avec q = 2p/(p − 2) (de sorte que 1/p + 1/q = 1/2). On
pose donc pour la suite q = 2p/(p − 2). Si N = 3, on pose 2? = 6 et si N = 2, on choisit pour 2? un
?
nombre strictement supérieur à q (de sorte que, pour N = 2 ou 3, H01 (Ω) s’injecte continûment dans L2 (Ω) et
compactement dans Lq (Ω)).
2. (Construction des opérateurs B et h) Soit ũ ∈ Lq . Montrer qu’il existe un unique u solution de


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.47)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(ũ(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

Corrigé – L’application v 7→ Ω ϕ(ũ(x))W (x) · ∇v(x)dx + Ω f (x)v(x)dx est linéaire continue de H01 (Ω) dans
R R

IR. L’existence et l’unicité de u solution de (3.47) est donc une conséquence du théorème 2.9.

On note B l’opérateur qui à ũ dans Lq (Ω) associe u solution de (3.47). Puis, pour t ∈ [0, 1] et ũ ∈ Lq (Ω), on
pose h(t, ũ) = B(tũ).
3. Montrer que h est continu et compact de [0, 1] × Lq (Ω) dans Lq (Ω).
Corrigé – On montre tout d’abord la continuité de h. Soit (tn , ũn )n∈IN une suite de [0, 1] × Lq (Ω) t.q. tn → t et
ũn → ũ dans Lq (Ω) quand n → +∞. On pose un = h(tn , ũn ) et u = h(t, ũ). On veut montrer que un → u dans
Lq (Ω). On raisonne par l’absurde. Si un 6→ u dans Lq (Ω), il existe ε > 0 et une sous suite, encore notée (un )n∈IN ,
t.q.
kun − ukLq (Ω) ≥ ε pour tout n ∈ IN. (3.48)
Après une éventuelle extraction de sous suite (ce qui ne change pas (3.48)), on peut aussi supposer que
ũn → ũ p.p. et |ũn | ≤ H p.p. pour tout n ∈ IN,
avec H ∈ L (Ω). On en déduit (par convergence dominée dans Lq (Ω) car ϕ est continue et |ϕ(s)| ≤ C1 |s|) que
q

ϕ(tn ũn ) → ϕ(tũ) dans Lq (Ω) et donc ϕ(tn ũn )W → ϕ(tũ)W dans L2 (Ω)N (en remarquant que |HW | ∈ L2 (Ω),
car |W | ∈ Lp (Ω) et 1/p + 1/q = 1/2).
Comme la suite (ϕ(tn ũn )W )n∈IN est bornée dans L2 (Ω)N et que un est solution de (3.47) avec tn ũn au lieu de ũ, on
montre (en prenant v = un dans 3.47) que la suite (un )n∈IN est bornée dans H01 (Ω). On peut donc supposer (toujours
après extraction de sous suite) qu’il existe ū t.q. un → ū faiblement dans H01 (Ω). On a donc aussi (par compacité de

EDP, Télé-enseignement, M2 117


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

l’injection de H01 (Ω) dans Lq (Ω)) un → ū dans Lq (Ω). On montre alors que ū est solution de (3.47) avec tũ au lieu
de ũ (et donc que ū = u). Il suffit pour cela de passer à limite, pour tout v ∈ H01 (Ω), dans l’équation suivante
Z Z Z
∇un (x) · ∇v(x)dx − ϕ(tn ũn (x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx.
Ω Ω Ω
Ce passage à limite découle facilement du fait que ∇un → ∇ū faiblement dans L2 (Ω)N et ϕ(tn ũn )W → ϕ(tũ)W
dans L2 (Ω)N .
On obtient ainsi que ū = B(tũ) = u, en contradiction avec (3.48) (car un → ū dans Lq (Ω)). On a ainsi montré que
un → u dans Lq (Ω). En fait, un raisonnement semblable par contradiction montrerait même que un → u faiblement
dans H01 (Ω) mais ceci est inutile pour la suite.

On montre maintenant la compacité de h (ce qui est un peu plus facile). On suppose que t est quelconque dans [0, 1]
et que ũ reste dans un borné de Lq (Ω). On pose u = h(t, ũ). La fonction u est donc solution de (3.47) avec tũ au lieu
de ũ. Grâce |ϕ(s)| ≤ C1 |s|, la fonction ϕ(ũ) reste dans un borné de Lq (Ω) et donc ϕ(ũ)W reste dans un borné de
L2 (Ω)N . En prenant maintenant v = u dans (3.47) (avec tũ au lieu de ũ), on en déduit que u reste dans un borné de
H01 (Ω). Comme H01 (Ω) s’injecte compactement dans Lq (Ω), on en déduit que u reste dans un compact de Lq (Ω). Ce
qui prouve bien la compacité de h.

Remarque : un moyen probablement un peu plus rapide pour montrer la continuité et la compacité de h est de remar-
quer que h est la composée de B, qui est un opérateur continu et compact et Lq (Ω) dans Lq (Ω), avec l’application
(t, u) 7→ tu qui est continue de [0, 1] × Lq (Ω) dans Lq (Ω).

4. (Estimations a priori) Soit u ∈ Lq (Ω) t.q. u = h(t, u). On a donc


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.49)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(t u(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω
Rs 1
Pour s ∈ IR, on pose ψ(s) = 0 (1+|ξ|)2
dξ.

(a) Montrer que ψ(u) ∈ H01 (Ω). En prenant v = ψ(u) dans (3.49), montrer qu’il existe Cl ne dépendant que Ω,
W , ϕ et f t.q.
k ln(1 + |u|)kH01 (Ω) ≤ Cl .

Corrigé – La fonction ψ (de IR dans IR) est de classe C 1 sur IR et est lipschitzienne (car |ψ 0 (s)| ≤ 1 pour tout
s ∈ IR). Lemme 2.20 donne alors que ψ(u) ∈ H01 (Ω) et ∇ψ(u) = (∇u)/(1+|u|)2 . On remarque aussi |ψ(s)| ≤ 1
pour tout s.
En prenant v = ψ(u) dans (3.49) et en utilisant |ϕ(s)| ≤ C1 |s| et |ψ(s)| ≤ 1, on obtient
|∇u(x)|2
Z Z
|tu(x)|
dx ≤ C 1 |W (x)||∇u(x)|dx + kf kL1 (Ω)
Ω (1 + |u(x)|)
2
Ω (1 + |u(x)|)
2
Z
|∇u(x)|
≤ C1 |W (x)| dx + kf kL1 (Ω) .
Ω 1 + |u(x)|
a2
En utilisant ab ≤ 2C1
+ 2C1 b2 pour a, b ∈ IR, on obtient
|∇u(x)|2
Z
1
dx ≤ 2C12 k|W |k2L2 (Ω) + kf kL1 (Ω) .
2 Ω (1 + |u(x)|)2
On remarque maintenant que (toujours par le lemme 2.20) ln(1 + |u|) ∈ H01 (Ω) et l’inégalité précédente donne
k ln(1 + |u|)k2H 1 (Ω) ≤ 2(2C12 k|W |k2L2 (Ω) + kf kL1 (Ω) ).
0

Ce qui donne la majoration désirée avec Cl2 = 2(2C12 k|W |k2L2 (Ω) + kf kL1 (Ω) ).

EDP, Télé-enseignement, M2 118


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

?
(b) Pour v ∈ L2 (Ω), montrer que pour tout A ≥ 0 on a
Z Z ?
 2q? q
|v(x)|q dx ≤ |v(x)|2 dx λN ({|v| ≥ A})1− 2? + Aq λN (Ω).
Ω Ω

On rappelle que λN est la mesure de Lebesgue sur les boréliens de IR N .


Corrigé – On a
Z Z Z Z
|v(x)|q dx = |v(x)|q dx + |v(x)|q dx ≤ |v(x)|q dx + Aq λN (Ω).
Ω {|v|≥A} {|v|<A} {|v|≥A}
?
Puis, l’inégalité de Hölder (avec 2 /q et son conjugué) donne
Z Z Z ?
 q? q
2
|v(x)|q dx = |v(x)|q 1{|v|≥A} dx ≤ |v(x)|2 dx λN ({|v| ≥ A})1− 2? .
{|v|≥A} Ω Ω
Ce qui donne bien l’inégalité désirée.

(c) En utilisant (a) et (b), montrer qu’il existe C > 0, ne dépendant que de Ω, W , ϕ et f t.q. kukH01 (Ω) < C.
Corrigé – On prend v = u dans (3.49), on obtient, avec l’inégalité de Hölder,
kuk2H 1 (Ω) ≤ C1 kukLq (Ω) k|W |kLp (Ω) kukH 1 (Ω) + kf kL2 CΩ kukH 1 (Ω) , (3.50)
0 0 0
où CΩ ne dépend que Ω et est donné par l’inégalité de Poincaré.
On commence par utiliser l’inégalité donnée dans 4(b) (élevée à la puissance 1/q). Pour tout A > 0 on a
1− 1 1
kukLq (Ω) ≤ 2kukL2? λN ({|u| ≥ A}) q 2? + 2AλN (Ω) q .
?
Comme l’injection de H01 (Ω) dans L2 (Ω) est continue, il existe C̄Ω ne dépendant que de Ω t.q. kukL2? (Ω) ≤
C̄Ω kukH 1 (Ω) . On a donc
0
1− 1 1
kukLq (Ω) ≤ 2C̄Ω kukH 1 (Ω) λN ({|u| ≥ A}) q 2? + 2AλN (Ω) q .
0

On utilise maintenant 4(a). Pour tout A ≥ 0 on a


1
ln(1 + A)λN ({|u| ≥ A}) 2 ≤ k ln(1 + |u|)kL2 (Ω) ≤ Cl .
Il existe donc A ne dépendant (comme Cl , noter aussi que p et q sont donnés par W ) que de Ω, W , ϕ et f t.q.
1− 1 1
λN ({|u| ≥ A}) q 2? ≤ .
4C̄Ω C1 k|W |kLp (Ω)
Avec ce choix de A, (3.50) donne
1 1
kuk2H 1 (Ω) ≤ kuk2H 1 (Ω) + (2AC1 k|W |kLp (Ω) λN (Ω) q + kf kL2 (Ω) CΩ )kukH 1 (Ω) .
0 2 0 0

On en déduit 1
kukH 1 (Ω) ≤ 2(2AC1 k|W |kLp (Ω) λN (Ω) q + kf kL2 (Ω) CΩ ).
0

Ce qui est une estimation sur kukH 1 (Ω) ne dépendant que Ω, W , ϕ et f .


0

5. (Degré topologique) Montrer l’existence d’une solution à (3.46).


Corrigé – Comme H01 (Ω) s’injecte continument dans Lq (Ω), la question 4(c) R > 0 t.q.
t ∈ [0, 1], u ∈ Lq (Ω), u = h(t, u) ⇒ kukLq (Ω) < R.
La question 3 donne la continuité et la compacité de h de [0, 1] × Lq (Ω) dans Lq (Ω). On peut donc appliquer
l’invariance par homotopie du degré topologique sur la boule (ouverte) de Lp (Ω) de centre 0 et de rayon R avec
comme point cible 0. On obtient
d(I − h(1, ·), BR , 0) = d(I − h(0, ·), BR , 0).

EDP, Télé-enseignement, M2 119


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

L’application ũ 7→ h(0, ũ) est constante (h(0, ũ) est, pour tout ũ, la solution faible de −∆u = f dans Ω avec u = 0
sur ∂Ω). La solution de v = h(0, v) est unique et appartient à BR . Ceci suffit pour dire que d(I − h(0, ·), BR , 0) 6= 0
(on peut ramener la constante à 0 par homotopie en remarquant, par exemple, que d(I − th(0, ·), BR , 0) ne dépend
pas de t ∈ [0, 1], voir l’exercice 3.4).

6. On retire dans cette question l’hypothèse


R ϕ(0) = 0 et on se donne un élément T de H −1 (Ω). Montrer qu’il
existe u solution de (3.46) avec Ω f (x)v(x)dx remplacé par hT, viH −1 (Ω),H01 (Ω) .
R
Corrigé – On commence par remplacer Ω f (x)v(x)dx par hT, viH −1 (Ω),H 1 (Ω) dans (3.46). La démonstration est
0
alors très semblable à la précédente. Les seuls
R points demandant une petite modification sont dans les questions 4(a)
et 4(c). Dans la question 4(a), On a majoré Ω |f ψ(u)|dx par kf kL1 (Ω) . Il faut maintenant majorer
|hT, ψ(v)iH −1 (Ω),H 1 (Ω) |.
0
Cette majoration se fait en remarquant que
|∇u|
|hT, ψ(v)iH −1 (Ω),H 1 (Ω) | ≤ kT kH −1 (Ω) kψ(u)kH 1 (Ω) ≤ kT kH −1 (Ω) k
k 2 ≤
0 0 (1 + |u|)2 L (Ω)
|∇u| 1 |∇u| 2
≤ kT kH −1 (Ω) k k 2 ≤ 4kT k2H −1 (Ω) + k k 2 .
1 + |u| L (Ω) 4 1 + |u| L (Ω)
R
Dans la question 4(c), on a majoré Ω |f u|dx par CΩ kf kL2 (Ω) kukH 1 (Ω) . Il faut maintenant majorer
0

|hT, uiH −1 (Ω),H 1 (Ω) |.


0
Ce qui est facile car
|hT, uiH −1 (Ω),H 1 (Ω) | ≤ kT kH −1 (Ω) kukH 1 (Ω) .
0 0

Il reste maintenant à retirer l’hypothèse ϕ(0) = 0. Ceci est assez facile car
R il suffit de se ramener au cas précédent en
remplaçant ϕ par ϕ − ϕ(0) et en ajoutant au second membre de (3.46) − Ω ϕ(0)W (x) · ∇v(x)dx. On se ramène bien
au cas précédent car l’application v 7→ Ω ϕ(0)W (x)·∇v(x)dx est bien un élément de H −1 (Ω) (car W ∈ L2 (Ω)N ).
R

Corrigé 3.5 (Convection-diffusion, Dirichlet, unicité)


On reprend ici les mêmes hypothèses que dans l’exercice 3.5, c’est-à-dire :
Soit Ω un ouvert borné de IR N , N = 2 ou 3, p > N , W ∈ Lp (Ω)N , ϕ une fonction lipschitzienne de IR dans IR
t.q. ϕ(0) = 0 et f ∈ L2 (Ω).
L’exercice 3.5 a montré qu’il existait u solution faible de (3.27), c’est-à-dire u solution de


1
Z ∈ H0 (Ω),
 u Z Z
(3.51)
 ∇u(x) · ∇v(x)dx − ϕ(u(x))W (x) · ∇v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

L’objectif de cet exercice est de montrer l’unicité de la solution de (3.51) et de montrer que u ≥ 0 p.p. si f ≥ 0
p.p..
1. Montrer l’unicité de la solution de (3.51).
Corrigé – La démonstration d’unicité faite pour le théorème 3.15 n’a pas utilisée complètement les hypothèses sur
N
G (qui étaient G ∈ C 1 (Ω̄, IR N ) et div G = 0). Elle a utilisé seulement le fait que G ∈ L2 (Ω) . Ici nous avons
N
W ∈ Lp (Ω)N . Comme p > N , ceci donne bien W ∈ L2 (Ω) et la démonstration faite pour le théorème 3.15 est
donc aussi valable ici. Nous la rappelons rapidement.
Soient u1 et u2 deux solutions de (3.51). On a donc :
Z Z Z
∇u1 · ∇v dx − ϕ(u1 )W · ∇v dx = f v dx, (3.52)
Ω Ω Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 120


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

et Z Z Z
∇u2 · ∇v dx − ϕ(u2 )W · ∇v dx = f v dx. (3.53)
Ω Ω Ω

Pour n ∈ IN? on définit Tn ∈ C(IR, IR) par Tn (s) = max(−1/n, min(s, 1/n)). Le lemme 2.21 (ou plutôt sa
généralisation, voir la remarque 2.22) donne Tn (u1 − u2 ) ∈ H01 (Ω) et ∇Tn (u1 − u2 ) = ∇(u1 − u2 )1An avec
An = {0 < |u1 − u2 | < 1/n}.
On prend v = Tn (u1 − u2 ) dans (3.52) et (3.53), on obtient
Z Z
∇(u1 − u2 ) · ∇Tn (u1 − u2 ) dx = (ϕ(u1 ) − ϕ(u2 ))W · ∇(Tn (u1 − u2 )) dx.
Ω Ω
Avec C1 t.q. |ϕ(s1 ) − ϕ(s2 )| ≤ C1 |s1 − s2 | pour tout s1 , s2 ∈ IR, ceci donne
Z Z
|∇(u1 − u2 )|2 dx ≤ C1 |u1 − u2 | |W | |∇(u1 − u2 )| dx.
An An
On a |u1 − u2 | ≤ 1/n p.p. dans An . En appliquant l’inégalité de Cauchy Schwarz dans la dernière intégrale, on
obtient donc :
Z Z 1/2 Z 1/2
C1
|∇(u1 − u2 )|2 dx ≤ |W |2 dx |∇(u1 − u2 )|2 dx .
An n An An

On a donc
Z 1/2 Z 1/2
2 C1 2
k |∇Tn (u1 − u2 )| kL2 (Ω) = |∇(u1 − u2 )| ≤ an , avec an = |W | dx .
An n An

On utilise maintenant l’inégalité de Sobolev et Hölder pour obtenir, avec 1? = N


N −1
et en désignant par m la mesure
de Lebesgue sur IR N ,
C1 m(Ω)1/2
kTn (u1 − u2 )kL1? ≤ k |∇Tn (u1 − u2 )| kL1 (Ω) ≤ m(Ω)1/2 k |∇Tn (u1 − u2 )| kL2 (Ω) ≤ an .
n
On pose Bn = {|u1 − u2 | ≥ 1/n}, de sorte que
Z  1?
1 N −1 ? 1
(m(Bn )) N ≤ |Tn (u1 − u2 )|1 dx ≤ kTn (u1 − u2 )kL1? .
n Bn
On a donc N −1
(m(Bn )) N ≤ C1 m(Ω)1/2 an . (3.54)
?
Pour n ∈ IN , on a An+1 ⊂ An . Comme ∩n∈IN? An = ∅, la continuité décroissante de m donne que limn→+∞
N
m(An ) = 0. Comme W ∈ L2 (Ω) on en déduit que limn→+∞ an = 0 et donc, grâce à (3.54), que limn→+∞
m(Bn ) = 0.
On remarque enfin que Bn+1 ⊃ Bn , pour tout n ∈ IN? , et ∪n∈IN Bn = {|u1 − u2 | > 0}. Donc limn→+∞ m(Bn ) =
m{|u1 − u2 | > 0} (par continuité croissante d’une mesure). On obtient donc m{|u1 − u2 | > 0} = 0 et donc u1 = u2
p.p..

2. On retire dans cette question (et seulement dans cette question) l’hypothèse ϕ(0) = 0 et on se donne un élément
T de H −1 (Ω). Montrer que le problème (3.28) avec Ω f (x)v(x)dx remplacé par hT, viH −1 (Ω),H01 (Ω) a une
R

unique solution (l’existence a été montrée dans l’exercice 3.5).


R
Corrigé – La démonstration est identique à la précédente. Il suffit de remplacer, dans (3.52) et (3.53), Ω
f (x)v(x)dx
par hT, viH −1 (Ω),H 1 (Ω) .
0

3. On suppose f ≤ 0 p.p.. Soit u la solution de (3.51). Montrer que u ≤ 0 p.p.. [Pour n ∈ IN? , on pourra prendre
v = Sn (u) dans (3.51) avec Sn ∈ C(IR, IR) définie par Sn (s) = max(0, min(s, 1/n)) et faire tendre n vers
+∞.]

EDP, Télé-enseignement, M2 121


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Corrigé – La démonstration est voisine de celle de la première question. Pour n ∈ IN? , on prend v = Sn (u) dans
(3.51) avec Sn ∈ C(IR, IR) définie par Sn (s) = max(0, min(s, 1/n)). Ceci est possible car Sn (u) ∈ H01 (Ω). On
sait aussi que ∇Sn (u) = 1En ∇u avec En = {0 < u < 1/n} (voir la remarque 2.22). Comme Sn (u) ≥ 0 p.p. et
f ≤ 0 p.p., on obtient
Z Z
∇u · ∇Sn (u) dx − ϕ(u)W · ∇Sn (u) dx ≤ 0. (3.55)
Ω Ω
On a donc Z Z Z
|∇Sn (u)|2 dx = ∇u · ∇Sn (u) dx ≤ ϕ(u)W · ∇Sn (u) dx.
Ω Ω Ω
Il existe C1 > 0 t.q. |ϕ(s1 ) − ϕ(s2 )| ≤ C1 |s1 − s2 | pour tout s1 , s2 ∈ IR, ceci donne, avec l’inégalité de Cauchy
Schwarz dans la dernière intégrale
C1 
Z 1
2
k |∇Sn (u)| kL2 (Ω) ≤ |W (x)|2 dx .
n En
R 1
2
On pose γn = En
|W (x)|2 dx .
On utilise maintenant l’inégalité de Sobolev et Hölder pour obtenir, avec 1? = N
N −1
et en désignant par m la mesure
de Lebesgue sur IR N ,
C1 m(Ω)1/2
kSn (u)kL1? ≤ k |∇Sn (u)| kL1 (Ω) ≤ m(Ω)1/2 k |∇Sn (u)| kL2 (Ω) ≤ γn .
n
On pose Dn = {u ≥ 1/n}, de sorte que
Z  1?
1 N −1
1?
1
(m(Dn )) N ≤ |Sn (u)| dx ≤ kSn (u)kL1? .
n Dn
On a donc N −1
(m(Dn )) N ≤ C1 m(Ω)1/2 γn . (3.56)
?
On conclut comme à la première question. Pour n ∈ IN , on a En+1 ⊂ En . Comme ∩n∈IN? En = ∅, la continuité
N
décroissante de m donne que limn→+∞ m(En ) = 0. Comme W ∈ L2 (Ω) on en déduit que limn→+∞ γn = 0 et
donc, grâce à (3.56), que limn→+∞ m(Dn ) = 0.
On remarque enfin que Dn+1 ⊃ Dn , pour tout n ∈ IN? , et ∪n∈IN Dn = {u > 0}. Donc limn→+∞ m(Dn ) =
m{u > 0} (par continuité croissante d’une mesure). On obtient donc m{u > 0} = 0 et donc u ≤ 0 p.p..

Corrigé 3.6 (Convergence faible et non linéarité)


Remarque liminaire : Soit ϕ ∈ C(IR, IR). Lorsque qu’une suite (un )n∈IN tend faiblement vers u dans un espace
Lp et que la suite ϕ(un )R tend faiblement vers f dans q
R un espace L , il est en général faux que f = ϕ(u) p.p.. On
ajoute l’hypothèse que un ϕ(un ) converge vers uf . Si ϕ est croissante, l’“astuce de Minty” permet alors de
montrer que f = ϕ(u) p.p.. Si ϕ est strictement croissante, on obtient même une convergence forte de un vers u
(c’est l’“astuce de Leray-Lions”). Cet exercice détaille ces idées dans le cadre p = q = 2 avec une mesure finie.
Soit (X, T, m) un espace mesuré fini ( c’est-à-dire m(X) < +∞). On note L2 l’espace L2IR (X, T, m). Soit
(un )n∈IN et (vn )n∈IN deux suites bornées de L2 et u, v ∈ L2 . On suppose que les suites (un )n∈IN et (vn )n∈IN
convergent faiblement dans L2 vers u et v. On rappelle que ceci signifie que
Z Z Z Z
lim un w dm = uw dm et lim vn w dm = vw dm pour tout w ∈ L2 .
n→+∞ n→+∞

R n ∈ IN (et donc u = v p.p.). Montrer


1. On suppose, dans cette question seulement, que vn = un Rp.p., pour tout
que un → u dans L2 (quand n → +∞) si et seulement si u2n dm → u2 dm (quand n → +∞).

EDP, Télé-enseignement, M2 122


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

Corrigé – On remarque que


Z Z Z
kun − uk22 =
u2n dm + u2 dm − 2 un udm. (3.57)

Comme un → u faiblement dans L2 , on a limRn→+∞ unRudm = u2 dm. On déduit alors facilement de (3.57) que
R R

un → u dans L2 si et seulement si limn→+∞ u2n dm = u2 dm.

R R
On suppose pour toute la suite de l’exercice que un vn dm → uv dm (quand n → +∞) et qu’il existe une
fonction ϕ de IR dans IR t.q.
– ϕ continue et il existe C ∈ IR t.q. |ϕ(s)| ≤ C + C|s| pour tout s ∈ IR.
– vn = ϕ(un ) p.p., pour tout n ∈ IN.
2. Soit w ∈ L2 , montrer que, quand n → +∞,
Z Z
(ϕ(un ) − ϕ(w))(un − w) dm → (v − ϕ(w))(u − w) dm. (3.58)

Corrigé – On commence par remarquer que ϕ(w) ∈ L2 (grâce aux hypothèses sur ϕ et m(X) < +∞). On a alors
Z Z
(ϕ(un ) − ϕ(w))(un − w) = (vn un − vn w − ϕ(w)un + ϕ(w)w)dm.
Les convergences faibles de un et vn vers u et v donnent
Z Z Z Z
lim un ϕ(w)dm = uϕ(w)dm et lim vn wdm = vwdm.
n→+∞ n→+∞
R R
Enfin on a, par hypothèse, limn→+∞ un vn dm = uvdm. On en déduit que bien que
Z
lim (ϕ(un ) − ϕ(w))(un − w)dm = (v − ϕ(w))(u − w)dm.
n→+∞

3. On suppose que ϕ est croissante.


(a) Soit w̄ ∈ L2 et t ∈ IR. Montrer que
Z
(v − ϕ(u + tw̄))tw̄ dm ≤ 0.
R
[Utiliser (3.58).] En déduire que (v − ϕ(u))w̄ dm = 0.
Corrigé – On utilise ici (3.58) avec w = u + tw̄. On obtient, quand n → +∞,
Z Z
(ϕ(un ) − ϕ(u + tw̄))(un − u − tw̄) dm → − (v − ϕ(u + tw̄))tw̄ dm.
R
Comme ϕ est croissante, on a (ϕ(un ) − ϕ(u + tw̄))(u
R n − u − tw̄) ≥ 0 p.p. et donc (ϕ(un ) − ϕ(u + tw̄))(un −
u − tw̄)dm ≥ 0. On en déduit, quand n → +∞, (v − ϕ(u + tw̄))tw̄ dm ≤ 0.
1
(m ∈ IN? ), on a donc (v − ϕ(u + m w̄
R
En prenant t = m ))w̄ ≤ 0. En appliquant le théorème de convergence
dominée (remarquer que |(v − ϕ(u + m ))w̄| ≤ F p.p. avec F = (|v| + C + C|u| + C|w̄|)|w̄| ∈ L1 ), on obtient,

quand m → ∞, Z
(v − ϕ(u))w̄dm ≤ 0.
1
R R
De même, en prenant t = − m , on montre (v − ϕ(u))w̄dm ≥ 0. On a donc (v − ϕ(u))w̄dm = 0.

(b) Montrer que v = ϕ(u) p.p..

EDP, Télé-enseignement, M2 123


3.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 3. ELLIPTIQUE NON LINÉAIRE

R
Corrigé – On choisit w̄ = 1A − 1Ac , avec A = {v − ϕ(u) ≥ 0}. La question précédente donne alors |v −
ϕ(u)|dm = 0 et donc v = ϕ(u) p.p..

4. On suppose que ϕ strictement croissante. Pour n ∈ IN, on pose Gn = (ϕ(un ) − ϕ(u))(un − u).
(a) Montrer que Gn → 0 dans L1 quand n → +∞ (utiliser (3.58)).
R
Corrigé – En prenant w = u dans (3.58), on obtient limn→+∞ Gn dm = 0. Comme ϕ est croissante, on a
Gn ≥ 0 p.p., pour tout n ∈ IN et donc kGn k1 = Gn dm. On en déduit bien que Gn → 0 dans L1 .
R

(b) Montrer qu’il existe une sous suite de la suite (Gn )n∈IN , notée (Gψ(n) )n∈IN (avec ψ strictement croissante de
IN dans IN) t.q. Gψ(n) → 0 p.p.. En déduire que uψ(n) → u p.p. (utiliser la croissance stricte de ϕ).
Corrigé – Comme Gn → 0 dans L1 , il existe une sous suite de la suite (Gn )n∈IN , notée (Gψ(n) )n∈IN (avec ψ
strictement croissante de IN dans IN) t.q. Gψ(n) → 0 p.p. (c’est la réciproque partielle du théorème de convergence
dominée). Il existe donc A ∈ T t.q. m(A) = 0 et Gψ(n) (x) → 0 (quand n → +∞) si x ∈ Ac .
Soit x ∈ Ac . On pose a = u(s). Pour s ∈ IR, on pose f (s) = (ϕ(s) − ϕ(a))|s − a|. Comme ϕ est strictement
croissante continue, la fonction f est aussi strictement croissante continue. Elle admet donc une fonction réciproque,
notée g, qui est continue. Comme |f (uψ(n) (x)| = Gψ(n) (x) → 0, on a f (uψ(n) (x)) → 0 et donc uψ(n) (x) =
g(f (uψ(n) (x))) → g(0) = a. On a donc limn→+∞ uψ(n) (x) = u(x) pour tout x ∈ Ac . Ce qui prouve bien que
uψ(n) → u p.p..

(c) Montrer que un → u dans Lp pour tout p ∈ [1, 2[.


Corrigé – On montre que un → u dans Lp pour tout p ∈ [1, 2[ en raisonnant pas l’absurde. On suppose qu’il
existe p ∈ [1, 2[ t.q. (un )n∈IN ne converge par vers u dans Lp . Il existe alors ε > 0 et une sous suite de la suite
(un )n∈IN qui reste en dehors de la boule (de Lp ) de centre u et de rayon ε. Par le raisonnement de la question
précédente, de cette sous suite, un peut extraire une sous suite, notée (un )ψ(n) qui converge p.p. vers u. Comme la
suite (un )n∈IN est bornée dans L2 , on peut alors montrer que cette sous suite converge dans Lp vers u (c’est une
conséquence du théorème de Vitali). En contradiction avec le fait que cette sous suite reste en dehors de la boule
(de Lp ) de centre u et de rayon ε. On a ainsi montré que un → u dans Lp pour tout p ∈ [1, 2[.

EDP, Télé-enseignement, M2 124


Chapitre 4

Problèmes paraboliques

4.1 Aperçu des méthodes


Equation de la chaleur dans IR N , solutions classiques
Soit N ≥ 1 et u0 ∈ C(IR N , IR). On s’intéresse ici à chercher des solutions classiques au problème suivant

ut (x, t) − ∆u(x, t) = 0, x ∈ IR N , t ∈ IR ?+ ,
(4.1)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ IR N .

Par “solution classique”, on entend une fonction u ∈ C 2 (IR N × IR ?+ , IR) ∩ C(IR N × IR + , IR) solution de (4.1)
au sens classique de la dérivation et de la condition initiale. La notation ut désigne la dérivée partielle de u par
rapport au temps ∂u/∂t et ∆u désigne la somme des dérivées secondes par rapport aux composantes de x.
On commence par un petit calcul formel (le terme “formel” signifiant souvent en mathématiques “non nécessai-
rement justifié”). On suppose qu’on peut utiliser pour la condition initiale et pour la solution la transformée de
Fourier (en espace). On retient comme formule pour la transformée de Fourier d’une fonction intégrable sur IR N
la formule suivante : Z
ˆ 1
f (ξ) = N e−ix·ξ f (x)dx.
(2π) 2
Si u est solution de (4.1), on obtient ainsi (si on est autorisé à utiliser la transformée de Fourier)

ût (ξ, t) + |ξ|2 û(ξ, t) = 0, pour ξ ∈ IR N et t > 0, et û(ξ, 0) = û0 (ξ), pour ξ ∈ IR N ,

ce qui donne
2
û(ξ, t) = e−|ξ| t û0 (ξ), pour ξ ∈ IR N et t ≥ 0.
2
En choisissant g(t) ∈ L1 (IR N ) t.q. g(t)(ξ)
d = e−|ξ| t , on a donc û(·, t) = g(t)û
d 0 pour tout t ≥ 0 et donc (en
utilisant le fait que la transformée de Fourier transforme la convolution en produit),
N
û(·, t) = (2π)− 2 g(t)
\ ? u0 pour t ≥ 0.

ou encore
N
u(·, t) = (2π)− 2 g(t) ? u0 pour t ≥ 0.

125
4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

d ∈ L1 (IR N ) pour t > 0, le théorème d’inversion de Fourier nous donne


Il reste à calculer g(t). Comme g(t)
g(t) = g(t)(−·),
d
d c’est-à-dire
Z
1 2
g(t)(x) = N eix·ξ e−|ξ| t dξ pour x ∈ IR N et t > 0.
(2π) 2


Le changement de variable ξ = η/ 2t donne alors
Z
1 1 ix· √η2t − |η|
2
g(t)(x) = N N e e 2 dη pour x ∈ IR N et t > 0.
(2π) 2 (2t) 2
Finalement, on obtient
1 −| √x2t |2 12 1 |x|2
g(t)(x) = N e = N e− 4t pour x ∈ IR N et t > 0,
(2t) 2 (2t) 2

Ce qui donne Z
1 |x−y|2
u(x, t) = N e− 4t u0 (y)dy pour x ∈ IR N et t > 0.
(4.2)
(4πt) 2

Il est maintenant possible de donner des conditions sur u0 pour lesquelles (4.2) donne une solution classique de
(4.1). Voici deux exemples de conditions suffisantes pour lesquelles la fonction u donnée par (4.2) est une solution
classique de (4.1) :
Exemple 1 :
u0 ∈ (L1 (IR N ) + L∞ (IR N )) ∩ C(IR N , IR).
Exemple 2 :
u0 ∈ C(IR N , IR) et il existe ∃C ∈ IR et p ∈ IN t.q. |u0 (x)| ≤ C(1 + |x|p ) pour tout x ∈ IR N . (4.3)

On a ainsi obtenu des résultats d’existence d’une solution classique pour (4.1). A-t-on alors unicité de la solution ?
On n’a pas de résultat d’unicité si on ne met des hypothèses que sur u0 . Plus précisément, on peut construire une
solution classique non nulle de (4.1) avec u0 = 0. Il n’y a donc jamais unicité de la solution classique de (4.1). Par
contre, si on rajoute une hypothèse convenable de croissance sur la solution, on a un résultat d’unicité.
Théorème 4.1 Sous l’hypothèse (4.3), il existe une et une seule fonction u vérifiant :
1. u est solution classique de (4.1).
2. ∀T > 0, ∃CT ∈ IR, PT ∈ IN t.q. |u(x, t)| ≤ CT (1 + |x|PT ), ∀x ∈ IR N , ∀t ∈ [0, T ].

Comme nous l’avons déjà dit, sans la deuxième condition sur u donnée dans le théorème 4.1, il n’y a pas unicité
de la solution puisque l’on peut trouver u ∈ C ∞ (IR N × [0, +∞[), u 6= 0 et t.q.
ut − ∆u = 0 dans IR N × IR + ,


u(x, 0) = 0 ∀x ∈ IR N .
Un exemple est donné dans le livre de Smoller 1 . La démonstration de l’unicité dans le théorème 4.1 peut se
faire en utilisant la transformée Fourier dans l’espace S 0 (où S 0 est le dual de l’ensemble S des fonctions C ∞ à
décroissance rapide ainsi que toutes leurs dérivées, muni de sa topologie naturelle). Pour cela, on remarque que,
sous l’hypothèse de croissance donnée dans le théorème 4.1, on a u ∈ S 0 . Notons que ce raisonnement par analyse
de Fourier est limité à IR N et essentiellement au cas du laplacien.
1. J. Smoller, Shock waves and reaction-diffusion equations. Second edition. Grundlehren der Mathematischen Wissenschaften [Funda-
mental Principles of Mathematical Sciences], 258. Springer-Verlag, New York, 1994. xxiv+632 pp. ISBN : 0-387-94259-9

EDP, Télé-enseignement, M2 126


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Solutions presque classiques, équation de diffusion, Ω ouvert borné


Soit Ω un ouvert borné de IR N . Pour u0 donné, on s’intéresse maintenant au problème

 ut − ∆u = 0 dans Ω × IR ?+ ,

u(x, t) = 0 pour x ∈ ∂Ω et t > 0, (4.4)


u(x, 0) = u0 (x) pour x ∈ Ω.

Pour cela on définit un opérateur A d’une partie de L2 (Ω), notée D(A), dans L2 (Ω) en posant

D(A) = {u ∈ H01 (Ω); ∆u ∈ L2 (Ω)}

et, pour u ∈ D(A), Au = −∆u. Dans la définition de D(A), ∆u est une dérivée R faible de u. Le Rfait que
u ∈ D(A) signifie donc simplement que u ∈ H01 (Ω) et qu’il existe f ∈ L2 (Ω) t.q. Ω ∇u · ∇vdx = Ω f vdx
pour tout v ∈ Cc∞ (Ω) (ou, de manière équivalente, pour tout v ∈ H01 (Ω)).
On suppose maintenant que u0 ∈ L2 (Ω) et va chercher une solution de (4.4) au sens suivant :

 u ∈ C 1 (]0, +∞[, L2 (Ω)) ∩ C([0, +∞[, L2 (Ω)),


u(t) ∈ D(A) et u0 (t) + Au(t) = 0 p.p., pour tout t > 0, (4.5)


u(0) = u0 p.p..

On rappelle (voir le chapitre 2) qu’il existe une base hilbertienne de L2 (Ω) (c’est à dire une famille orthonormale
dense dans L2 (Ω)), notée (en )n∈IN? , formée de fonctions propres de l’opérateur A. Pour tout n ∈ IN? , la fonction
en est une solution faible de 
−∆en = λn en dans Ω,
en = 0 sur ∂Ω.
avec λn > 0 et λn ↑ +∞ lorsque n → +∞. Pour tout n ∈ IN? , on a donc en ∈ D(A) et Aen = λn en .
Soit u0 ∈ L2 (Ω). En notant (u|v)2 le produit scalaire de u et v dans L2 (Ω), on a
+∞
X
u0 = (u0 |en )2 en
n=1

(cette série étant convergente dans L2 (Ω)).


+∞
X
On a aussi (u0 |en )22 = ku0 k22 < +∞.
n=1
On pose, pour t ≥ 0,
+∞
X
u(t) = e−λn t (u0 |en )2 en ,
n=1

qui est une série convergente dans L (Ω). On a donc ainsi u(t) ∈ L2 (IR N ) pour tout t ≥ 0 et on a même (comme
2

la suite (λn )n∈IN? est bornée inférieurement par λ1 avec λ1 > 0) u ∈ C([0, +∞[, L2 (Ω)) et u(0) = u0 p.p..
D’autre part, comme λn ↑ +∞ quand n → +∞, il est facile de montrer que la fonction u est dérivable de ]0, +∞[
dans L2 (Ω) et que la dérivée de u est obtenue est dérivant la série terme à terme (ceci est une conséquence du
fait que la série dérivée terme à terme est, sur ]0, +∞[, localement uniformément convergente dans L2 (Ω)). On a
donc, pour tout t > 0,
+∞
0 du X
u (t) = = (−λn )e−λn t (u0 |en )2 en .
dt n=1

EDP, Télé-enseignement, M2 127


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

(La série écrite dans le terme de droite est convergente dans L2 (Ω)).
+∞
X
On rappelle que (selon le chapitre 2) u(t) ∈ D(A) pour tout t > 0 car la série λn e−λn t (u0 |en )2 en est
n=1
convergente dans L2 (Ω). Le chapitre 2 donne aussi, pour tout t > 0,
+∞
X
Au(t) = λn e−λn t (u0 |en )2 en .
n=1

On a donc u ∈ C 1 (]0, +∞[, L2 (Ω)) et u0 (t) + A(u(t)) = 0 p.p. pour tout t ∈]0, +∞[. On a ainsi trouvé une
solution au problème (4.5).
On veut montrer maintenant que cette solution est unique. Pour cela, nous allons montrer que si u est solution du
problème avec donnée initiale nulle, c’est-à-dire

 u ∈ C 1 (]0, +∞[, L2 (Ω)) ∩ C([0, +∞[, L2 (Ω)),


u(t) ∈ D(A) et u0 (t) + Au(t) = 0 p.p., pour tout t > 0,


u(0) = 0 p.p.,

alors u reste nulle pour tout temps, c’est-à-dire u(t) = 0 p.p. pour tout t ≥ 0.
Soit t > 0. Comme u0 (t) + Au(t) = 0 p.p., en prenant leR produit scalaire avec u(t) ∈ L2 (Ω), on obtient
(u0 (t)|u(t))2 + (Au(t)|u(t))2 = 0. Comme (Au(t)|u(t))2 = Ω |∇u(t)|2 dx, on a donc
Z
(u0 (t)|u(t))2 = − |∇u(t)|2 dx ≤ 0.

Soit ψ l’application définie par t 7→ ψ(t) = ku(t)k2L2 (Ω) . L’application ψ est continue sur IR + , dérivable sur
IR ?+ et ψ 0 (t) = 2(u0 (t)|u(t))2 pour tout t > 0. On a donc ψ 0 (t) ≤ 0 pour tout t > 0. L’application ψ est donc
décroissante sur IR + et, comme ψ(0) = 0, on en déduit que ψ(t) ≤ 0 pour tout t ≥ 0. Donc ψ(t) = 0 pour tout
t ≥ 0. On a bien finalement u(t) = 0 p.p. pour tout t ≥ 0.
Nous avons ainsi montré l’existence et l’unicité de la solution de (4.5). Cette solution est dite “presque classique”
car la dérivation en temps est prise au sens classique (puisque u est de classe C 1 à valeurs dans L2 (Ω)), la condition
intiale est prise au sens classique dans L2 (Ω). Par contre le laplacien de u(t) est pris au sens des dérivées faibles. Il
faut un travail supplémentaire (sur la régularité des fonctions en ) pour montrer que l’équation ut − ∆u est vérifiée
au sens classique sur IR N × IR ?+ . Ceci est fait pour N = 1 dans l’exercice 4.1.

Remarque 4.2 (Généralisation) On peut aussi montrer l’existence et l’unicité (pour u0 ∈ L2 (Ω)) de la solution
PN
de (4.5) en remplaçant, dans la définition de A, ∆u par i,j=1 Dj (aij Di u), avec aij ∈ L∞ (Ω), sous une hypo-
thèse de coercivité, c’est-à-dire si il existe α > 0 t.q. α|ξ|2 ≤ aij ξi ξj p.p. dans Ω et pour tout ξ ∈ IR N . On
P
peut aussi remplacer u0 (t) + Au(t) = 0 par u0 (t) + Au(t) = f (t) si f ∈ C([0, ∞[, L2 (Ω)).

Solutions presque classiques par semi-groupes


Soit E un espace de Banach réel et A : D(A) ⊂ E → E un opérateur linéaire. L’ensemble D(A) est donc le s.e.v.
de E sur lequel A est défini. On dit que A est m-accrétif si A vérifie :
(i) D(A) est dense dans E,
(ii) ∀λ > 0, (I + λA) est inversible, d’inverse continue et k(I + λA)−1 kL(E,E) ≤ 1.

EDP, Télé-enseignement, M2 128


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

On rappelle que L(E, E) désigne l’ensemble des opérateurs linéaires continus de E dans E et que, pour T ∈
L(E, E), kT kL(E,E) = supu∈E,u6=0 kT (u)kE /kukE .
Remarque 4.3 (Opérateur maximal monotone) Soit E est un espace de Hilbert réel et A : D(A) ⊂ E → E un
opérateur linéaire. L’opérateur A est m-accrétif si et seulement si il vérifie :
(
(Au|u)E ≥ 0 ∀u ∈ D(A),
(Id + A) surjectif.
Dans ce cas, on dit que A est maximal monotone.
Exemple : Le laplacien Soit Ω est un ouvert borné de IR N , E = L2 (Ω) et A défini par D(A) = {u ∈
H01 (Ω); ∆u ∈ L2 (Ω)} et Au = −∆u si u ∈ D(A). L’opérateur A est alors un opérateur m-accrétif (ou maximal
monotone puisqu’on est dans le cas d’un Hilbert).
Remarque 4.4 (Graphe d’un opérateur m-accrétif) Le graphe d’un opérateur m-accrétif est fermé. En ce sens,
il est maximal, d’où le “m” dans m-accrétif.
On admettra le théorème suivant :
Théorème 4.5 (Hille-Yosida) Soit E un espace de Banach, A : D(A) ⊂ E → E un opérateur linéaire m-accrétif
et u0 ∈ D(A). Alors il existe un unique u : IR + → E tel que
u ∈ C 1 ([0, +∞[, E), (4.6a)
u(t) ∈ D(A), ∀t ≥ 0, (4.6b)
u0 (t) + A(u(t)) = 0 sur IR ?+ , (4.6c)
u(0) = u0 . (4.6d)

La démonstration de ce théorème peut s’effectuer par une discrétisation en temps : on considére le problème
−1
elliptique un+1δt−un + Aun+1 = 0, qui s’écrit encore un+1 = (I + δtA ) un , où δt > 0 est le pas de la
discrétisation. On effectue ensuite un passage à la limite δt → 0.
Définition 4.6 (Semi-groupe) Soit E un espace de Banach, A : D(A) ⊂ E → E un opérateur linéaire m-
accrétif. Pour u0 ∈ D(A) et t ≥ 0, on pose S(t)u0 = u(t), où u est l’unique fonction vérifiant (4.6). Alors
l’opérateur S(t) est un opérateur linéaire continu de D(A) ⊂ E dans E qui vérifie

 S(t + s) = S(t) ◦ S(s) pour t, s ≥ 0;
S(0) = Id
kS(t)u0 kE ≤ ku0 kE ,

On dit que {S(t), t ≥ 0} est un semi-groupe de contraction.


Soit t ≥ 0. Comme D(A) = E, l’opérateur S(t) se prolonge de manière unique à tout E en un opérateur S(t) et
S(t) ∈ L(E, E).
Définition 4.7 (Solution “mild”) Soit E un espace de Banach, A : D(A) ⊂ E → E un opérateur linéaire m-
accrétif. Soit u0 ∈ E, la fonction u(t) = S(t)u0 , définie de manière unique, s’appelle solution mild du problème

ut + Au = 0,
u(0) = u0 .

EDP, Télé-enseignement, M2 129


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Dans le cas du laplacien, on peut se demander en quel sens la solution mild satisfait (4.4). On peut montrer que
la solution mild est solution en un sens faible que nous verrons dans la section 4.3. De plus, cette solution mild
est, dans ce cas particulier, l’unique solution faible. Cependant, cette situation n’est pas complètement générale.
La solution mild, obtenue par densité, est toujours unique (dès que u0 ∈ E, quelque soit l’espace de Banach E et
l’opérateur m-accrétif A). Pour les problèmes issus d’équations aux dérivées partielles cette solution mild est, en
général, une solution faible du problème que l’on veut résoudre mais le problème de l’unicité de la solution faible
est beaucoup plus difficile. On peut avoir non unicité de la solution faible quand on prend “solution faible” dans un
sens qui semble pourtant raisonnable. il n’y a pas alors d’équivalence entre la notion de solution mild et de solution
faible, car la solution mild est unique et, malheureusement, il n’y a pas unicité de la solution faible.
Pour essayer d’éclairer cette difficulté, nous nous intéressons, dans le paragraphe qui suit, à un problème un peu
plus simple. Nous nous intéressons à un problème elliptique pour lequel nous montrons que la solution obtenue
par densité, à la manière de la solution mild introduite ci-dessus, est unique alors qu’on n’a pas unicité des so-
lutions faibles en prenant une définition “naturelle” de solution faible. Ceci montre en particulier que dans le cas
parabolique, il n’y a pas non plus d’équivalence entre solution mild et solution faible (par exemple en considérant
les solutions stationnaires).

Le Laplacien avec donnée L1 On considère un ouvert borné Ω de IR N , N ≥ 2, des fonctions aij , pour i, j =
1, . . . , N , appartenant à L∞ (Ω) et satisfaisant l’hypothèse de coercivité habituelle :
X
∃ α > 0; αij ξi ξj ≥ α|ξ|2 p.p. dans Ω, ∀ξ ∈ IR N .
i,j

On note A la fonction à valeurs matricielle donnée par les fonctions aij , i, j = 1, . . . , N. On sait (par le lemme de
Lax-Milgram) que pour tout f ∈ L2 (Ω), il existe un unique u solution de

1
 u Z ∈ H0 (Ω), Z
(4.7)
 A∇u.∇v dx = f v, ∀v ∈ H01 (Ω).

On considère le même problème avec une donnée moins régulière f ∈ L1 (Ω).


Etape 1 - Estimation, cas régulier. Pour tout 1 ≤ q < NN−1 , on montre qu’il existe Cq ∈ IR tel que si u est
(l’unique) solution de (4.7) avec f ∈ L2 (Ω) alors kukW 1,q (Ω) ≤ Cq kf kL1 (Ω) . On pose alors Tq (f ) = u.
0

Etape 2 - Solution mild Pour tout 1 ≤ q < NN−1 , l’application Tq de L2 (Ω) dans W01,q (Ω) est continue de L2 (Ω)
muni de la norme de L1 (Ω) dans W01,q (Ω) (muni de sa norme naturelle). On peut donc prolonger Tq de manière
unique par densité sur tout L1 (Ω) (car L2 (Ω) est dense dans L1 (Ω)). On appelle T q ce prolongement. On remarque
alors que Tq1 f = Tq2 f pour tout q1 , q2 t.q. 1 ≤ q1 < q2 < NN−1 . On peut ainsi définir un opérateur (linéaire) T de
L1 dans 1≤q< N W01,q (Ω) par T (f ) = Tq (f ) pour tout 1 ≤ q < NN−1 .
T
N −1

Définition 4.8 (Solution mild pour un problème elliptique à donnée L1 ) Sous les hypothèses précédentes sur
Ω et A, soit f ∈ L1 (Ω). La fonction T f est la solution mild de

−div(A∇u) = f dans Ω,
(4.8)
u = 0 sur ∂Ω.

Etape 3 - Quel sens donner à la solution mild ? Il est naturel de se demander quel rapport il y a entre la solution
mild u = T f et une solution faible du problème de Dirichlet homogène. Il est assez facile de montrer que u est

EDP, Télé-enseignement, M2 130


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

solution faible dans le sens (naturel) suivant :


 \


 u∈ W01,q (Ω),
1≤q< NN

 −1
Z Z [ (4.9)
W01,r (Ω).




 A∇u.∇vdx = f vdx ∀v ∈
Ω Ω r>N

Remarque : un résultat analogue d’existence de solution mild et donc d’existence de solution faible est encore
vrai si f est une mesure sur Ω (dans (4.9), on remplace alors f vdx par vdf ). Pour montrer ce résultat, on utilise la
densité de L2 (Ω) dans l’ensemble des mesures sur Ω au sens de la convergence faible-? dans C(Ω̄)0 (car l’ensemble
des mesures sur Ω peut être vu comme une partie du dual de C(Ω)). Il faut aussi utiliser le fait que les éléments de
W01,r (Ω) sont des fonctions continues pour r > N .
Etape 4 - Unicité mild, non unicité faible La solution mild est unique. La solution de (4.9) est-elle unique ? pas
toujours. . . . Montrons d’abord que si N = 2, la solution faible est unique. Ceci se montre par régularité sur le
problème dual, qui entraîne l’unicité sur le problème primal. Soit u solution de
\
W01,q (Ω),


 u∈

Z 1≤q<2 [ 1,r (4.10)


 A∇u · ∇v dx = 0 ∀v ∈ W 0 (Ω).
r>2

On veut montrer que u = 0. On ne peut pas prendre comme fonction test v = u dans (4.9) ou (4.10) , en raison du
manque de régularité de u. Pour contourner ce problème, on va raisonner en utilisant la régularité des solutions du
problème dual. On remarque d’abord que u est solution de (4.10) et que (4.10) peut se re-écrire ainsi :
\
W01,q ,


 u∈

Z 1≤q<2 [ 1,r (4.11)
t


 A ∇v · ∇u dx = 0, ∀v ∈ W 0 (Ω).
r>2
2
Or on sait (par le lemme de Lax-Milgram) que si g ∈ L (Ω) il existe un unique v solution de

 vZ ∈ H01 (Ω), Z
t (4.12)
 A ∇v · ∇w dx = gw dx, ∀w ∈ H01 (Ω).

((4.12) est le problème dual de (4.7).) R


On aimerait pouvoir prendre w = u dans (4.12), car on aurait alors, grâce à (4.11), Ω gu dx = 0 pour tout
g ∈ L2 (Ω), ce qui permettrait de conclure que u = 0. Mais pour l’instant, on ne peut pas car u et v ne sont pas
dans les bons espaces. L’astuce consiste à considérer un second membre g plus régulier dans (4.12) et d’utiliser le
résultat de régularité dû à Meyers suivant.
Théorème 4.9 (Meyers) Il existe p? > 2, ne dépendant que de A et Ω, t.q. si g ∈ L∞ (Ω) et v solution de (4.12)
?
alors v ∈ W01,p (Ω).
?
Soit donc g ∈ L∞ (Ω) et v solution de (4.12). On a alors v ∈ W01,p (Ω) grâce au théorème de Meyers. On note
? 1,(p? )0
(p? )0 l’exposant conjugué de p? , de sorte que (p? )0 = p?p−1 < 2. Par densité de Cc∞ (Ω) dans W0 (Ω), on
déduit de (4.12) que Z Z
1,(p? )0
At ∇v · ∇w dx = gw dx, ∀w ∈ W0 (Ω). (4.13)

EDP, Télé-enseignement, M2 131


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

p? 1,(p? )0
Or, comme (p? )0 = p? −1 < 2, toute solution u solution de (4.11) appartient à W0
(Ω). On peut donc prendre
?
W01,p (Ω)
avec p? > 2, on a également, par (4.11), Ω At ∇v · ∇u dx = 0.
R
w = u dansR (4.13). Mais comme v ∈

On a donc Ω gu dx = 0, pour tout g ∈ L (Ω). On en déduit que u = 0 en prenant successivement g = 1{u>0}
puis g = 1{u<0} .
Pour N = 3, le théorème de régularité de Meyers est encore vrai, la démonstration d’unicité est donc encore juste
si A est telle que p? > N = 3 (afin de pouvoir prendre v comme fonction test dans (4.9)). Mais il existe des
fonctions matricielle A = (aij )i,j=1,N (à coefficients dans L∞ (Ω) et coercive) pour lesquelles p? < 3. L’unicité
n’est plus assuré et on peut effectivement construire des cas pour lesquels la solution de (4.9) n’est pas unique (voir
l’article de Prignet sus-mentionné).
Etape 5 Que peut-on rajouter à solution faible pour avoir l’unicité ? Pour f ∈ L1 (Ω), on montre qu’il existe
une et une solution à une nouvelle formulation, due à Ph. Bénilan 2 . Cette nouvelle formulation (aussi appelée
formulation entropique), est la suivante :
 1,q N
 u ∈ W0 (Ω), pour tout 1 ≤ q < N −1 ,
 Tk (u) ∈ H01 (Ω), ∀k > 0,


Z Z (4.14)


A∇u · ∇Tk (u − ϕ) dx = f Tk (u − ϕ) dx ∀ϕ ∈ Cc (Ω), ∀k ≥ 0.




où Tk est la fonction troncature, définie par : Tk (s) = max(min(k, s), −k). L’article de Bénilan et al. démontre
qu’il existe une unique solution au problème (4.14) (qui est donc la solution mild de (4.8)). Ph. Bénilan conjecturait
que le fait d’ajouter la condition Tk (u) ∈ H01 (Ω) (pour tout k > 0) à la formulation (4.9) devait suffire à assurer
l’unicité. De fait, dans le contre exemple de Serrin-Prignet 3 , le contre exemple consiste à constuire une solution
non nulle de (4.9) avec f = 0. Mais, cette solution ne vérifie pas Tk (u) ∈ H01 (Ω) pour k > 0. Toutefois, la
conjecture de Bénilan reste une conjecture. . .
Une autre question ouverte consite à trouver une formulation semblable à (4.14) donnant l’unicité lorsque f est
une mesure sur Ω.
Remarque 4.10 (Limitation de la méthode semi-groupe) Une difficulté importante de cette méthode par semi-
groupe est sa généralisation au cas où A dépend de t.

Méthode de Faedo-Galerkin (discrétisation en espace)


Soit Ω un ouvert borné de IR N , T > 0, u0 une fonction de Ω dans IR et f une fonction de Ω×]0, T [ dans IR. On
considère le problème 
 ut − ∆u = f dans Ω×]0, T [,
u = 0 sur ∂Ω×]0, T [, (4.15)
u(., 0) = u0

Pour u0 ∈ L2 (Ω) et f dans un espace convenablement choisi, on va chercher u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) solution
faible de ce problème.
Comme H01 (Ω) est séparable, il existe une suite (En )n∈IN d’espaces inclus dans H01 (Ω), de dimension finie, par
exemple dim En = n, et tels que En ⊂ En+1 et
[
En = H01 (Ω).
n∈IN

2. Ph. Bénilan, Philippe, L. Boccardo, Th. Gallouët, R. Gariepy, M. Pierre, J.-L. Vazquez, An L1 -theory of existence and uniqueness of
solutions of nonlinear elliptic equations. Ann. Scuola Norm. Sup. Pisa Cl. Sci. (4) 22 (1995), no. 2, 241–273.
3. J. Serrin, Pathological solutions of elliptic differential equations. Ann. Scuola Norm. Sup. Pisa (3) 18 1964 385–387.
A. Prignet, Remarks on existence and uniqueness of solutions of elliptic problems with right-hand side measures. Rend. Mat. Appl. (7) 15
(1995), no. 3, 321–337.

EDP, Télé-enseignement, M2 132


4.1. APERÇU DES MÉTHODES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

n
X
Soit {e1 . . . en } une base de En . On cherche un (t) = αi (t)ei t .q.
i=1

n Z
X n Z
X Z
αi0 (t)ei ek dx + αi (t)∇ei .∇ek dx = f (t)ek dx, pour tout k = {1 . . . n} et t > 0,
i=1 Ω i=1 Ω Ω

Pn
et les αi (0) sont choisis pour que un (0) = i=1 αi (0)ei → u0 dans L2 (Ω) quand n → +∞. Ceci donne, pour
tout n ∈ IN? , un système de n équations différentielles avec condition initiale pour lequel on montre l’existence
d’une solution. On cherche alors des estimations sur la solution un qui permettent de passer à la limite quand
n → +∞. Cette technique, qu’on va développer plus loin, permet de montrer que pour f ∈ L2 (]0, T [, H −1 ) la
limite u des un satisfait :

∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), u ∈ C([0, T ], L2 (Ω)), u(0) = u0 p.p.,



 u Z T T
Z Z  Z T
(4.16)
 hut , viH −1 ,H01 dt + ∇u · ∇v dx dt = hf, viH −1 ,H01 dt, ∀v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)).
0 0 Ω 0

Discrétisation en espace et en temps


On discrétise le problème (4.15) par un schéma numérique, par exemple par éléments finis P 1 en espace et par un
schéma d’Euler implicite en temps. On obtient une solution approchée notée un . On obtient alors des estimations
sur un . On passe ensuite à la limite lorsque n → +∞.
Pour f ∈ L2 (0, T, L2 (Ω)), on obtient ainsi pour le problème de la chaleur (4.15) que la limite u du schéma
numérique satisfait :

u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),




T Z Z TZ
 Z
 Z

uϕt dx dt + ∇u · ∇ϕ dx dt − u0 (x)ϕ(x, 0) dx

0 Ω 0 Z ΩZ Ω
(4.17)

 T

f ϕ dx dt, ∀ϕ ∈ C0 ([0, T [×Ω)).


 =
0 Ω

On montrera plus loin que les problèmes (4.16) et (4.17) sont équivalents. Ceci est donné dans le lemme suivant.
Lemme 4.11 Soit Ω un ouvert borné de IR N , T > 0, u0 ∈ L2 (Ω) et f ∈ L2 (0, T, L2 (Ω)). Alors, la fonction u est
solution de (4.16) si et seulement si u est solution de (4.17).

Existence par degré topologique


Dans le cas de problèmes non linéaires, plutôt que d’approcher ou de discrétiser, on peut se ramener à un problème
linéaire et appliquer un argument de type degré topologique, en utilisant les résultats connus dans le cas linéaire.
C’est ce qu’on fera par exemple sur le problème (voir le problème (4.33))

 ut + div(v(t, x)f (u)) − ∆u = 0 dans Ω×]0, T [,
u = 0 sur ∂Ω×]0, T [,
u(·, 0) = u0 .

EDP, Télé-enseignement, M2 133


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

4.2 Intégration de fonctions à valeurs vectorielles


On a utilisé dans les formulations faible de la section 4.1 les espaces L2 (]0, T [, L2 (Ω)), L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et
L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). Ce sont des espaces pour lesquels on utilise l’intégration de fonctions à valeurs dans un
espace de Banach de dimension infinie (comme, par exemple, L2 (Ω)). Il nous faut donc préciser comment on
définit une telle intégrale. Rappelons d’abord comment on définit l’intégrale sur IR. On commence par définir la
notion de mesurabilité. On rappelle que si (X, T, m) est un espace mesuré, une fonction f : X → IR est mesurable
si f −1 (B) ∈ T pour tout B ∈ B(R). Une généralisation facile de cette notion de mesurabilité aux espaces de
Banach est donc la suivante : une fonction f de X dans E est mesurable si f −1 (B) ∈ T pour tout B ∈ B(E)
(où B(E) est la tribu engendrée par les ouverts de E). En fait cette notion n’a aucun intérêt du point de vue de
l’intégrale si E n’est pas séparable. Par ailleurs, une fonction réelle f : X → IR est mesurable si et seulement si f
est une limite simple de fonctions étagées, i.e. si et seulement si il existe une suite (fn )n∈IN de fonctions étagées t.q.
fn → f simplement (cette équivalence n’est plus vraie si f est à valeurs dans E où est E est un espace de Banach
non séparable). C’est cette dernière notion (limite simple de fonctions étagées) qui est intéressante pour définir
l’intégrale. Plus précisément, comme l’intégrale ne voit pas les changements d’une fonction sur un ensemble de
mesure nulle, nous allons définir la notion de “m-mesurabilité” de la manière suivante :

Définition 4.12 (Fonction m-mesurable) Soit (X, T, m) un espace mesuré. On dit qu’une fonction f , définie de
X à valeurs dans IR ou à valeurs dans un Banach E est m- mesurable si elle est limite presque partout de fonctions
étagées.

Proposition 4.13 (Mesurabilité et m-mesurabilité) Soit (X, T, m) un espace mesuré.


1. Une fonction f de X à valeurs dans IR est m-mesurable si et seulement si il existe g mesurable t.q. f = g p.p..
2. Soit E est un espace de Banah séparable et f une fonction de X dans E. Alors,
(a) f est mesurable au sens “f −1 (B) ∈ T pour tout B ∈ B(E)” si et seulement si f est limite simple de
fonctions étagées.
(b) Comme dans le cas réel, la fonction f de X dans E est m-mesurable si et seulement si il existe g mesurable
t.q. f = g p.p..

Soit (X, T, m) un ensemble mesuré, E un espace de Banach et f une fonction m-mesurableR de X dans E. Il est
facile de voir que la fonction x 7→ kf (x)kE est m-mesurable de X dans IR + . la quantité kf (x)kE dm(x) est
donc parfaitement définie dans IR + ∪ {+∞}. Ceci permet de définir l’espace L1E (X, T, m).

Définition 4.14 (L’espace L1E (X, T, m)) Soit (X, T, m) un ensemble mesuré, E un espace de Banach et f une
fonction m-mesurable de X dans E. La fonction f appartient à L1E (X, T, m) si
Z
kf (x)kE dm(x) < +∞.

On veut maintenant définir l’intégrale d’un élément de L1E (X, T, m) où (X, T, m) est un espace mesuré et E un
espace de Banach. Soit f ∈ L1E (X, T, m). On ne peut pas utiliser la même technique que pour E = IR ( c’est-à-
dire décomposer f en f + et f − et commencer par intégrer des fonctions mesurables positives). Par contre, comme
f est m-mesurable, on sait qu’il existe une suite (fn )n∈IN de fonctions étagées t.q. fn → f p.p.. Il existe donc
A ∈ T t.q. m(Ac ) = 0 et fn (x) → f (x) pour tout x ∈ A. On pose alors

An = {x ∈ A; kfn (x)kE ≤ 2kf (x)kE } et gn = fn 1An .

EDP, Télé-enseignement, M2 134


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

(le nombre 2 pourrait être remplacé ici par n’importe quel nombre > 1 et A pourrait être remplacé par un autre
ensemble vérifiant les mêmes propriétés. Cela ne changerait pas la définition de l’intégrale donnée dans la défini-
tion 4.15.) La suite (gn )n∈IN vérifie :

gn étagée pour tout n ∈ IN,


gZn → f p.p.,
kgn − f kE dm → 0 par convergence dominée.

La définition de l’intégrale d’une fonction étagée est immédiate. On pose


Z
In = gn dm.

On peut alors montrer que (In )n∈IN est une suite de Cauchy dans E. Cette suite converge donc dans E. On peut
aussi montrer que la limite de cette suite ne dépend que de f (et non du choix de fn et de A). Il est donc naturel de
définir l’intégrale de f comme la limite de cette suite. C’est ce qui est fait dans la définition 4.15.

Définition 4.15 (Intégrale à valeurs dans E) Soit f : X → E où (X, T, m) est un espace mesuré et E un espace
de Banach. Z
1. (Rappel) f ∈ L1E (X, T, m) si f est m-mesurable et kf kE dm < +∞.

2. (Intégrale) Soit f ∈ L1E (X, T, m). Soit (fn )n∈IN suite de fonctions étagées t.q. fn → f p.p.. Soit A ∈ T
t.q. m(Ac ) = 0 et fn (x) → f (x) pour tout x ∈ A. On pose An = {x ∈ A t.q. kfn (x)kE ≤ 2kf (x)k} et
gn = fn 1An . On définit l’intégrale de f par :
Z Z
f dm = lim gn dm ∈ E.
n→+∞

Avec la relation d’équivalence = p.p., on définit alors L1E (X, T, m). Il est alors facile aussi de deviner les dé-
finitions de LpE (X, T, m) et LpE (X, T, m) pour tout 1 ≤ p ≤ +∞. Un élément de LpE (X, T, m) est donc un
ensemble d’éléments de LpE (X, T, m) (et deux fonctions appartenant à cet ensemble sont égales p.p.). Comme
d’habitude en intégration, si F ∈ LpE (X, T, m), on confond F et f si f ∈ F (de sorte que l’on raisonne comme si
F ∈ LpE (X, T, m)).

Proposition 4.16 Soit 1 ≤ p ≤ +∞, (X, T, m) un espace mesuré σ-fini et E un espace de Banach. Alors
1. LpE (X, T, m) (avec sa norme naturelle) est complet. C’est donc un espace de Banach.
2. Si p < +∞ et E est séparable, LpE (X, T, m) est séparable.
3. Si p = 2 et E est un Hilbert, alors L2E (X, T, m) est aussi un espace de Hilbert, dont le produit scalaire est
défini par : Z
(u|v)L2E (X,T,m) = (u(x)|v(x))E dm(x).
X

Par conséquent, de toute suite bornée de L2E (X, T, m) on peut extraire une sous-suite faiblement convergente
dans L2E (X, T, m).
4. Si 1 < p < +∞ et si E est un espace de Banach réflexif séparable, l’espace LpE (X, T, m) est alors un espace
de Banach réflexif séparable.

EDP, Télé-enseignement, M2 135


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

0
5. (Dualité dans LpE (X, T, m)) 0 p
R Soit 1 ≤ p ≤ +∞, p = p/(p − 1) et v ∈ LE 0 (X, T, m). Pour u ∈ LpE (X, T, m),
p
l’application Tv : u 7→ hv, uiE 0 ,E dm est bien définie, linéaire et continue de LE (X, T, m) dans IR. (On a
donc Tv ∈ (LpE (X, T, m))0 ).
0
De plus, l’application T : v 7→ Tv est une isométrie de LpE 0 (X, T, m) sur son image (qui est donc une partie
de LpE (X, T, m)0 ).
Si E 0 est séparable et p < ∞, l’image de T est (LpE (X, T, m))0 en entier.
6. (Convergence dominée) Soit 1 ≤ p < +∞ et (un )n∈IN une suite de LpE (X, T, m). Si
(a) un → u p.p.,
(b) kun kE ≤ G p.p. pour tout n ∈ IN avec G ∈ LpIR (X, T, m),
alors un → u dans LpE (X, T, m).

Démonstration de la proposition 4.16


Les propriétés 1-4 ne sont démontrées pas ici. La propriété 5 est partiellement démontrée dans l’exercice 4.2. La
propriété 6 est plus facile. Il suffit de remarquer que

kun − ukE ≤ kun kE + kukE ≤ 2G.

On a donc kun − ukpE ≤ 2p |G|p R∈ L1IR (X, T, m). Par le théorème de convergence dominée pour les fonctions à
valeurs dans IR, on en déduit que kun − ukpE dm → 0 et donc que un → u dans LpE (X, T, m).

Remarque 4.17 Soit E une espace de Banach. On dit que E est uniformément convexe si
x+y
∀η > 0, ∃ε > 0 t.q. (kxkE = 1, kykE = 1, kx − yk ≥ η) ⇒ k k ≤ 1 − ε.
2

Les espaces Lp (Ω) avec 1 < p < + ∞ et Ω ouvert de IR N sont uniformément convexes. Une conséquence
importante du fait que E soit un Banach uniformément convexe est que si (xn )n∈IN est une suite de E t.q. xn → x
faiblement dans E et kxn kE → kxkE , alors xn → x dans E. Cette propriété permet éventuellement de simplifier
certaines démonstrations de la proposition 4.16 (mais n’est pas nécessaire).

Différentes notions de dérivée pour une fonction à valeurs vectorielles.


Plaçons nous maintenant dans le cadre qui va nous intéresser pour les équations paraboliques, c’est à dire :

(X, T, m) = (]0, T [, B(]0, T [), λ).


On va d’abord définir “proprement” la dérivée par rapport au temps, ut = du/dt, pour une fonction de ]0, T [ dans
E qui n’est pas dérivable au sens classique ( c’est-à-dire au sens de l’existence de la limite, dans E, du quotient
différentiel habituel).
On note maintenant LpE (]0, T [) l’espace LpE (]0, T [, B(]0, T [), λ) et L1E,loc (]0, T [) l’ensembles des (classes de)
fonctions à valeurs dans E localement intégrables sur ]0, T [ (avec la mesure de Lebesgue).
RT
Lemme 4.18 Soit u ∈ L1loc (]0, T [, E) on suppose que 0
u(t)ϕ(t)dt = 0 pour tout ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR). Alors
u = 0 p.p.

Démonstration : Semblable au cas E = IR.

On peut ainsi définir la dérivée par transposition de u.

EDP, Télé-enseignement, M2 136


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Définition 4.19 (Dérivée par transposition) Soit E un espace de Banach, 1 ≤ p ≤ +∞ et u ∈ LpE (]0, T [). On
note D l’espace Cc∞ (]0, T [, IR) et DE? ?
l’ensemble des applications linéaires de D dans E. On définit ut ∈ DE
par :
Z T
hut , ϕiDE? ,D = − u(t)ϕ0 (t)dt ∈ E.
0

Remarque 4.20 Si u ∈ C 1 (]0, T [, E) on a


Z T Z T
0
− u(t)ϕ (t) = u0 (t)ϕ(t) = hut , ϕiDE? ,D .
0 0

On confond alors u0 (dérivée classique) avec ut (dérivée par transposition), c’est à dire la fonction u0 qui appar-
tient à C([0, T ], E) avec l’application linéaire de D dans E notée ut . (Grâce au lemme 4.18, la fonction u0 est
entièrement déterminée par ut , ce qui justifie la confusion entre u0 et ut .)

Définition 4.21 (dérivée faible) Soit E et F deux espaces de Banach et 1 ≤ p, q ≤ +∞. On suppose qu’il existe
un espace vectoriel G t.q. E ⊂ G et F ⊂ G. Soit u ∈ LpE (]0, T [) (on a donc ut ∈ DE ?
). On dit que ut ∈ LqF (]0, T [)
q
si il existe v ∈ LF (]0, T [) t.q.
Z T Z T
hut , ϕiDE? ,D = − u(t)ϕ0 (t)dt = v(t)ϕ(t)dt .
0 0
| {z } | {z }
∈E ∈F

Cette égalité n’a de sens que si il existe un espace vectoriel G tel que E ⊂ G et F ⊂ G. Dans ce cas, on confond
ut ∈ DE ?
et v ∈ LqF (]0, T [). (Ici aussi le lemme 4.18 est utile pour faire cette confusion car, grâce au lemme 4.18,
si la fonction v existe elle est alors unique.)
En résumé, on a donc trois notions de dérivée d’une fonction u de ]0, T [ à valeurs dans E (espace de Banach).
(1) dérivée classique : u0 :]0, T [→ E (existe rarement. . . ).
(2) dérivée par transposition : ut ∈ DE ?
(existe dès que u ∈ LpE (]0, T [)).
q
(3) dérivée faible : ut ∈ LF (]0, T [) où F est un Banach tel que E ⊂ G et F ⊂ G avec G espace vectoriel.
Exemples Soit Ω un ouvert borné de IR N .
1. E = H01 (Ω), F = H −1 (Ω). On a alors E, F ⊂ G = D? (Ω).
2. 1 ≤ p < +∞, q = p/(p − 1), E = W01,p (Ω), F = W −1,q (Ω). On a aussi E, F ⊂ G = D? (Ω).
3. E = H 1 (Ω) F = (H 1 (Ω))0 . Pour cet exemple, on a F 6⊂ D? (Ω). En effet, on prend par exemple T définie,
pour v ∈ H 1 (Ω), par Z
T (v) = vdγ(x).
∂Ω

L’application T est bien une application linéaire continue sur H 1 (Ω), donc T ∈ H 1 (Ω)0 . Mais T = 0 sur
D(Ω) donc, comme T n’est pas l’application nulle, F ne s’injecte pas dans D? (Ω).
Dans cet exemple, pour injecter E et F dans le même espace G, on commence par identifier (L2 (Ω))0 (dual
topologique de L2 (Ω)) avec L2 (Ω). Ceci est possible car si T ∈ L2 (Ω)0 , par le théorème de représentation
de Riesz, il existe un et un seul u ∈ L2 (Ω) t.q. T (v) = (v/u)2 pour tout v ∈ L2 (Ω). On confond alors
u et T . Par cette identification, on a donc L2 (Ω)0 = L2 (Ω). On remarque maintenant que, si E, H sont
deux espaces de Banach avec E ⊂ H, injection continue de E dans H et densité de E dans H, on a alors
H 0 ⊂ E 0 . On prend ici E = H 1 (Ω) et H = L2 (Ω) et on a donc (grâce à l’identification entre L2 (Ω) et
L2 (Ω)0 ) H 0 = L2 (Ω) ⊂ H 1 (Ω)0 . Finalement, on a donc E, F ⊂ G en prenant G = (H 1 (Ω))0 . On a ainsi
mis E et F dans le même espace G = (H 1 (Ω))0 grâce à l’identification de L2 (Ω) avec (L2 (Ω))0 .

EDP, Télé-enseignement, M2 137


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

4. Dans l’exemple précédent, on a deux espaces de Banach E et H avec injection continue de E ⊂ H et densité
de E dans H. On a alors H 0 ⊂ E 0 . L’espace H est une espace de Hilbert. En identifiant H avec H 0 on a
donc E ⊂ E 0 . Mais, si l’objectif est seulement d’avoir E ⊂ E 0 , il n’est pas nécessaire d’avoir H 0 ⊂ E 0 et
on peut retirer l’hypothèse de densité de E dans H. Plus précisément, soit E un espace de Banach et H un
espace de Hilbert avec E ⊂ H et injection continue de E dans H. On identifie H avec H 0 . Soit maintenant
u ∈ E. Comme u ∈ H, on a donc identification entre u et Tu qui est l’application v 7→ (v|u)H de H dans
IR. On peut alors aussi identifier u (qui est dans E) avec la restriction de Tu à E (qui est un élément de E 0 ).
Cette identification est légitime car si u1 et u2 sont deux élements différents de E les restrictions de Tu1 et
Tu2 à E sont des applications différentes. On a ainsi E ⊂ E 0 . Dans cet exemple, il faut toutefois noter que
(en l’absence de densité de E dans H) des éléments différents de H 0 ont la même restriction à E (et peuvent
donc correspondre au même élément de E).
Un exemple intéressant de cette situation est obtenu en prenant H = L2 (Ω)N (avec Ω ouvert borné de IR N ,
N > 1) et E = {u ∈ H t.q. div(u) = 0}.

Remarque 4.22 Soit E un espace de Banach, u ∈ L1E (]0, T [), ψ ∈ E 0 et ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [). Alors,
Z T Z T
< ψ, u(t)ϕ(t)dt >E 0 ,E = < ψ, u(t) >E 0 ,E ϕ(t)dt.
0 0

La preuve est laissée en exercice.

Lemme 4.23 Soit E un espace de Banach, 1 ≤ p ≤ +∞ et u ∈ LpE (]0, T [). On suppose que ut ∈ LpE (]0, T [) (on
a alors u ∈ WE1,p (]0, T [). Alors, u ∈ C([0, T ], E), et même u ∈ C 0,1−1/p ([0, T ], E). Plus précisément, il existe
Rt
a ∈ E t.q. u(t) = a + 0 ut (s)ds pour presque tout t ∈]0, T [ et u est alors identifié à la fonction (continue sur
Rt
[0, T ]) t 7→ a + 0 ut (s)ds.

Démonstration La démonstration est semblable au cas E = IR. On pose ut = v ∈ LpE (]0, T [) et on définit w
Rt
par w(t) = 0 v(s)ds, de sorte que w ∈ C([0, T ], E). On montre assez facilement que wt = v = ut et donc
(w − u)t = 0. On a donc
Z T
(w − u)ϕt dt = 0 pour tout ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR). (4.18)
0
RT
On choisit maintenant une fonction ϕ0 ∈ Cc∞ (]0, T [, IR) t.q. 0 ϕ0 (s)ds = 1. Pour ψ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR) on définit
ϕ par
Z t Z t Z T
ϕ(t) = ψ(s)ds − ϕ0 (s)ds ψ(s)ds,
0 0 0

de sorte que ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR)


et on peut prendre ϕ dans (4.18). On en déduit (la preuve est laissée en exercice)
qu’il existe a ∈ E t.q. w − u = a p.p. Donc u ∈ C([0, T ], E). Avec l’inégalité de Hölder, on montre ensuite que
u ∈ C 0,1−1/p .
Nous allons maintenant montrer un lemme plus difficile donnant aussi la continuité de u. On suppose que E est
un espace de Banach et F un espace de Hilbert t.q. E ⊂ F , avec injection continue, et E dense dans F . On a
donc aussi F 0 ⊂ E 0 . Comme F est un espace de Hilbert, on peut identifier F avec son dual par le théorème de
représentation de Riesz, c’est-à-dire que l’on identifie v ∈ F avec l’appliaction Tv : u 7→ (v/u)F (qui est un
élément de F 0 ). L’application v 7→ Tv est une isométrie (bijective) de F dans F 0 . Avec cette identification, on a
donc E ⊂ F = F 0 ⊂ E 0 . Donc, tout élément de E est alors un élément de E 0 . Pour u, v ∈ E, on a

< v, u >E 0 ,E = (v|u)F ,

EDP, Télé-enseignement, M2 138


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

c’est-à-dire < Tv , u >E 0 ,E = (v|u)F . où Tv est l’élément de F 0 identifié à v ∈ F . Avec cette identification de F
avec F 0 , on va maintenant donner un résultat de continuité de u dans F si u ∈ L2 (]0, T [, E) et ut ∈ L2 (]0, T [, E 0 ).
Il faut faire très attention que cette dernière hypothèse n’a de sens que par l’identification de F avec F 0 (si on
change d’espace F , on change le sens de ut ∈ L2 (]0, T [, E 0 ), alors que E 0 n’est pas changé. . . ).

Lemme 4.24 Soit E un espace de Banach et F un espace de Hilbert t.q. E ⊂ F , avec injection continue, et E
dense dans F . On identifie F avec F 0 (de sorte que E ⊂ F = F 0 ⊂ E 0 ). Soit u ∈ L2E (]0, T [). On suppose que
ut ∈ L2E 0 (]0, T [). Alors u ∈ C([0, T ], F ) et, pour tout t1 , t2 ∈ [0, T ] on a
Z t1
ku(t1 )k2F − ku(t2 )k2F =2 < ut , u >E 0 ,E dt.
t2

Démonstration On va montrer R que u ∈ C([0, T [, F ).


Soit ρ ∈ Cc∞ (] − 2, −1[) t.q. IR ρdxZ= 1 et ρ ≥ 0. Pour n ∈ IN? , on pose ρn = nρ(n·) de sorte que le support de
2 1
ρn est inclus dans ] − , − [ et que ρn dx = 1. On définit un par convolution avec ρn , c’est-à-dire un = ũ ? ρn
n n
avec
ũ = u sur ]0, T [
u = 0 sur ]0, T [c .
On a donc un → u dans L2E (]0, T [), un ∈ Cc∞ (IR, E) et u0n = ũ ? ρ0n .
Soit t ∈ IR, on a Z T
u0n (t) = u(s)ρ0n (t − s)ds.
0
   
−2 −1 1 2
On remarque maintenant que ρn (t − s) = 0 si t − s 6∈ , c’est à dire s 6∈ t + , t + .
n n n n
Soit ε > 0 et t ∈ [0, T − ε[. Pour n ≥ n0 avec n0 t.q. n20 < ε on a t + n2 < T et donc

ρn (t − ·) ∈ Cc∞ (]0, T [).

On a alors
u0n (t) =< ut , ρn (t − ·) >DE? ,D
Z T
= ut (s)ρn (t − s)ds ∈ E 0 , car ut ∈ L2E 0 (]0, T [).
0

Donc, u0n = u˜t ? ρn sur [0, T − ε[, avec 


ut sur ]0, T [
ũt =
0 sur ]0, T [c .
Mais u˜t ? ρn(→ ũt dans L2 (IR, E 0 ). Donc u0n = u˜t ? ρn → ut dans L2E 0 (]0, T − ε[).
un → u dans L2E (]0, T [)
En résumé,
u0n → ut dans L2E 0 (]0, T − ε[) ∀ε > 0.
On va maintenant montrer que (un (t))n∈IN est une suite de Cauchy dans F pour tout t ∈ [0, T [, et même, pour
tout ε > 0, uniformément si t ∈ [0, T − ε].
Soit ε > 0 et ϕ ∈ C 1 ([0, T ], IR) définie par ϕ(t) = kun (t) − um (t)k2F . On a donc, pour t ∈]0, T [,

ϕ0 (t) = 2((u0n − u0m )(t) | (un − um )(t))F .


| {z } | {z }
∈E ∈E

EDP, Télé-enseignement, M2 139


4.2. INTÉGRATION CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Soient t1 , t2 ∈ [0, T − ε], on a


Z t2
ϕ(t2 ) − ϕ(t1 ) = 2(u0n (s) − u0n (s)|un (s) − um (s))F ds
tZ
1
t2
=2 < (un )t (s) − (um )t (s), un (s) − um (s) >E 0 ,E ds.
t1

Donc,
!1/2 !1/2
Z T −ε Z T
ϕ(t2 ) − ϕ(t1 ) ≤ 2 k(un )t − (um )t k2E 0 ds kun − um k2E ds
0 0

≤ 2k(un )t − (um )t kL2 0 kun − um kL2E .


E

Soit η > 0, comme un → u dans L2E (]0, T [) et que la suite ((un )t )n∈IN? est bornée dans L2E 0 (]0, T − ε[), il existe
n0 t.q.
ϕ(t2 ) − ϕ(t1 ) ≤ η pour m, n ≥ n0 .
On a donc
ϕ(t2 ) ≤ ϕ(t1 ) + η pour n, m ≥ n0 .
On intègre cette inégalité pour t1 ∈]0, T − ε[. On obtient
Z T −ε
(T − ε)ϕ(t2 ) ≤ kun − um k2F dt1 + T η
0
≤ kun − um k2L2 + T η
F

En utilisant une nouvelle fois que un → u dans L2E (]0, T [), il existe n1 t.q.

(T − ε)ϕ(t2 ) ≤ (T + 1)η pour n, m ≥ n1 .


(T +1)η
On a donc ϕ(t) ≤ T −ε pour n, m ≥ n1 et t ∈ [0, T − ε]. On a ainsi montré que, pour tout t ∈ [0, T − ε],

(T + 1)η
n, m ≥ n1 ⇒ kun (t) − um (t)k2F ≤ .
T −ε
Ceci montre bien que la suite (un (t))n∈IN est de Cauchy dans F uniformément par rapport à t, si t ∈ [0, T − ε].
Il existe donc une fonction w de [0, T [ dans F t.q. un (t) → w(t) dans F pour tout t ∈ [0, T [. Comme cette
convergence est uniforme sur [0, T − ε] pour tout ε > 0, la fonction w est continue sur [0, T − ε] pour tout ε > 0.
On a donc w ∈ C([0, T [, F ).
Comme un → u dans L2E (]0, T [) (et donc p.p. sur ]0, T [ après extraction éventuelle d’une sous suite), on a donc
u = w p.p., et donc u ∈ C([0, T [, F ) (car on identifie, comme d’habitude, la classe de fonctions u avec son
représentant continu qui est justement w).
De manière analogue, en décentrant les noyaux régularisants de l’autre côté, on montre que u ∈ C(]0, T ], F ). On
a donc u ∈ C([0, T ], F ).
Enfin, on a aussi pour t1 , t2 ∈ [0, T ],
Z t1
kun (t1 )k2F − kun (t2 )k2F = 2 (u0n (s)|un (s))F ds
t2
Z t1
=2 < (un )t (s), un (s) >E 0 ,E ds
t2

EDP, Télé-enseignement, M2 140


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

en passant à la limite sur n, on obtient


Z t1
ku(t1 )k2F − ku(t2 )k2F = 2 < ut (s), u(s) >E 0 ,E ds.
t2

4.3 Existence par la méthode de Faedo-Galerkin


Notation : Si E est un espace de Banach et T > 0, on notera souvent L2 (]0, T [, E) (au lieu de L2E (]0, T [)) l’espace
L2E (]0, T [, B(]0, T [, λ).
On s’intéresse dans ce paragraphe au problème suivant :
Soit Ω un ouvert borné de IR N , T ∈ IR ?+ , f une fonction de Ω×]0, T [ dans IR et u0 une fonction de Ω dans IR.
On cherche u tel que 
 ut − ∆u = f dans Ω×]0, T [,
u=0 sur ∂Ω×]0, T [,
u(·, 0) = u0 .

On va donner pour ce problème linéaire un résultat d’existence et d’unicité de solution faible.

Théorème 4.25 (Faedo-Galerkin) Soit Ω un ouvert borné de IR N , T > 0 et u0 ∈ L2 (Ω). On identifie L2 (Ω)
avec son dual et on suppose que f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). Alors, il existe un et un seul u tel que

u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),




 Z T Z T Z Z T

 
< ut (s), v(s) >H −1 ,H01 ds + ∇u(s).∇v(s)dx ds = < f (s), v(s) >H −1 ,H01 ds

0 0 Ω 0
(4.19)
 ∀v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),



u(0) = u0 p.p..

Démonstration du théorème 4.25


0
On rappelle que l’on a identifié L2 (Ω) avec L2 (Ω))0 , de sorte que H01 (Ω) ⊂ L2 (Ω) = L2 (Ω) ⊂ H −1 (Ω). Comme
on cherche u t.q. u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on a nécessairement u ∈ C([0, T ], L2 (Ω))
(d’après le lemme 4.24). La fonction u est donc définie en tout t ∈ [0, T ], ce qui permet de donner un sens à la
condition u(0) = u0 p.p..
L’idée, pour démontrer ce théorème, est de résoudre d’abord le problème dans des espaces de dimension fi-
nie ; on pourrait le faire par exemple avec des espaces d’éléments finis, mais c’est plus simple en utilisant une
base hilbertienne formée de fonctions propres du Laplacien ; c’est-à-dire une base hilbertienne de L2 (Ω) , notée
{en , n ∈ IN? } t.q. en est (pour tout n) une solution faible de

−∆en = λn en dans Ω,
en = 0 sur ∂Ω,

avec λn ∈ IR.

Etape 1, remarques liminaires. La famille (en )n∈IN? est une base hilbertienne de L2 (Ω) et vérifie

eRn ∈ H01 (Ω),




∇en · ∇vdx = λn Ω en vdx, pour tout v ∈ H01 (Ω),


R

avec λn > 0 pour tout n ∈ IN? et λn ↑ +∞ quand n → +∞.

EDP, Télé-enseignement, M2 141


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

L2 (Ω), on a, pour tout w ∈ L2 (Ω), w = n∈IN? (w|en )2 en au


P
Comme (en )n∈IN? est une base hilbertienne de P
n
sens de la convergence L2 (Ω) ( c’est-à-dire que i=1 (w|ei )ei → w dans L2 (Ω) quand n → +∞).
−1/2
On va montrer maintenant que la famille (λn en )n∈IN? est une base hilbertienne de H01 (Ω). On rappelle que
H01 (Ω) est un espace de Hilbert, la norme de u dans H01 (Ω) est définie par kukH01 (Ω) = k |∇u| kL2 (Ω) et donc le
produit scalaire de u et v dans H01 (Ω) est donné par (u|v)H01 (Ω) = Ω ∇u · ∇v dx.
R

On remarque tout d’abord que pour tout n, m ≥ 1, on a


Z Z
∇en · ∇em dx = λn en em dx = λn δn,m .
Ω Ω

On en déduit que (en |em )H01 (Ω) = 0 si n 6= m et

∇en · ∇en
Z
en
k √ k2H 1 (Ω) = dx = 1.
λn 0 Ω λn

Puis, on remarque que l’espace vectoriel engendré par la famille (en )n∈IN? , noté ev{en , n ∈ IN? }, est dense dans
H01 (Ω). En effet soit v ∈ H01 (Ω) t.q. (v|en )H01 (Ω) = 0 pour tout n ∈ IN? . On a donc, pour tout n ∈ IN? ,
Z Z
0 = (v|en )H01 (Ω) = ∇en · ∇vdx = λn en vdx.
Ω Ω

Comme (en )n∈IN? est une base hilbertienne de L2 (Ω) (et λn 6= 0 pour tout n ∈ IN? ), on en déduit que v = 0
p.p.. Ceci montre que l’orthogonal dans H01 (Ω) de ev{en , n ∈ IN? } est réduit à {0} et donc que ev{en , n ∈ IN? }
−1/2
est dense dans H01 (Ω). Finalement, on obtient ainsi que la famille (λn en )n∈IN? est une base hilbertienne de
1
H0 (Ω).

Etape 2, solution approchée.


?
Pn n ∈ IN . On pose En = ev{ep , p = 1, . . . n}. On cherche une solution approchée un sous la forme un (t) =
Soit
i=1 αi (t)ei avec αi ∈ C([0, T ], IR). En supposant que les αi sont dérivables pour tout t (ce qui n’est pas vrai,
en général), on a donc
n
X
u0n (t) = αi0 (t)ei ,
i=1

de sorte que, pour tout ϕ ∈ H01 (Ω) et tout t ∈]0, T [, on a (compte tenu de l’injection de L2 (Ω) dans H01 (Ω)),
n
X Z
hu0n (t), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) = αi0 (t) ei ϕdx.
i=1 Ω

D’autre part, pour tout t ∈ [0, T ] on a


n
X n
X
−∆un (t) = − αi (t)∆ei = λi αi (t)ei dans D? (Ω) et dans H −1 (Ω),
i=1 i=1

c’est-à-dire , pour tout ϕ ∈ H01 (Ω),


Z n
X Z
h−∆un (t), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) = ∇un (t) · ∇ϕdx = λi αi (t) ei ϕdx.
Ω i=1 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 142


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Enfin, comme f ∈ L2 (]0, T [, H −1 ), on a pour tout ϕ ∈ H01 (Ω), hf (·), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) ∈ L1IR (]0, T [). La quantité
hf (t), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) est donc définie pour presque tout t et on obtient finalement, pour presque tout t et pour
tout ϕ ∈ H01 (Ω),
n
X Z
hu0n (t) − ∆un (t) − f (t), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) = (αi0 (t) + λi αi (t)) ei ϕdx − hf (t), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) .
i=1 Ω

Pour obtenir un , une idée naturelle est de choisir les fonctions αi pour que
hu0n (t) − ∆un (t) − f (t), ϕiH −1 (Ω),H01 (Ω) = 0
pour tout ϕ ∈ En . En posant fi (t) = hf (t), ei iH −1 (Ω),H01 (Ω) , ceci est équivalent à demander pour tout i ∈
{1, . . . , n},
αi0 (t) + λi αi (t) = fi (t).
(0)
En tenant compte de la condition initiale et en posant αi = (u0 |ei )2 , ceci suggère donc de prendre
Z t
(0)
αi (t) = αi e−λi t + e−λi (t−s) fi (s)ds. (4.20)
0

αi ainsi définies appartiennent à C([0, T ], IR) et on a donc un ∈ C([0, T ], En ) ⊂ C([0, T ], H01 (Ω))
Les fonctions P
n
avec un (t) = i=1 αi (t)ei .

Etape 3, précision sur la dérivée en temps. Soit n ∈ IN? et un la solution approchée donnée par l’étape pré-
cédente. Les fonctions αi ne sont pas nécessairement dérivables. On va préciser ici ce que vaut la dérivée (par
transposition) de un . On va noter cette dérivée (un )t . Par définition de la dérivation par transposition, (un )t est un
élément de DE ?
avec E = H01 (Ω). Soit ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR) on a
Z T
h(un )t , ϕiDE ,D = −
? un (t)ϕ0 (t)dt ∈ En ⊂ H01 (Ω).
0
Pn
Comme un = i=1 αi ei , on a donc
n Z
X T n
X Z T
αi (t)ei ϕ0 (t)dt = − αi (t)ϕ0 (t)dt ei .

h(un )t , ϕiDE? ,D = −
i=1 0 i=1 0

On utilise maintenant (4.20),


Z T
αi (t)ϕ0 dt = Ti + Si ,
0
avec Z T Z T
(0) (0)
Ti = αi e−λi t ϕ0 (t)dt = αi λi e−λi t ϕ(t)dt.
0 0
Z T Z t
e−λi (t−s) fi (s)ds ϕ0 (t)dt.

Si =
0 0
Pour transformer Si on utilise le théorème de Fubini :
Z T Z T Z T Z T
1[0,t] (s)e−λi (t−s) fi (s)ds ϕ0 (t)dt = 1[s,T ] (t)e−λi (t−s) ϕ0 (t)dt fi (s)ds
 
Si =
Z T0Z T0 Z T Z T 0 0 Z T
−λi (t−s) 0 −λi (t−s)
 
= e ϕ (t)dt fi (s)ds = λi e ϕ(t)dt fi (s)ds − ϕ(s)fi (s)ds.
0 s 0
Z T sZ t Z0 T
λi e−λi (t−s) fi (s)ds ϕ(t)dt −

= fi (t)ϕ(t)dt.
0 0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 143


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

RT RT
On en déduit que Ti + Si = 0
λi αi (t)ϕ(t)dt − 0
fi (t)ϕ(t)dt, et donc
n Z
X T n Z
X T
h(un )t , ϕiD? ,D = − λi αi (t)ei ϕ(t)dt + fi (t)ei ϕ(t)dt.
i=1 0 i=1 0

Since this equality holds for all ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR), one has finally
n
X n
X
(un )t = − λi αi ei + fi ei ∈ L2 (]0, T [, En ).
i=1 i=1
Pn
Ce qui peut aussi s’écrire, avec f (n) = i=1 fi ei ,

(un )t = ∆un + f (n) ∈ L2 (]0, T [, En ) ⊂ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) ⊂ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).

Soit maintenant v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)). Comme (un )t ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on a h(un )t , viH −1 (Ω),H01 (Ω) ∈
L1 (]0, T [) et
Z T Z T Z n Z
X T Z
h(un )t (t), v(t)iH −1 (Ω),H01 (Ω) dt = − ∇un · ∇vdxdt + fi ei vdxdt.
0 0 Ω i=1 0 Ω

Ceci donne, en revenant à la définition de fi ,


Z T Z T Z n Z
X T Z

h(un )t (t), v(t)iH −1 (Ω),H01 (Ω) dt + ∇un · ∇vdxdt = hf (t), ei iH −1 (Ω),H01 (Ω) ei vdx dt
0 0 Ω i=1 0 Ω
Z T n
X
= hf (t), (v|ei )2 ei iH −1 (Ω),H01 (Ω) dt.
0 i=1

On note Pn l’opérateur de projection orthogonale dans L2 (Ω) sur le s.e.v. En . L’opérateur Pn peut donc être vu
comme un opérateur de L2 (Ω) dans H01 (Ω) (car En ⊂ H01 (Ω)). On note alors Pnt l’opérateur transposé qui est
donc un opérateur de H −1 (Ω) dans (L2 (Ω))0 qui est lui même identifié à L2 (Ω) et est aussi un s.e.v. de H −1 (Ω).
On obtient alors (pour tout v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)))
Z T Z T Z Z T Z T
h(un )t , viH −1 ,H01 dt + ∇un · ∇vdxdt = hf, Pn viH −1 ,H01 dt = hPnt f, viH −1 ,H01 dt. (4.21)
0 0 Ω 0 0

On a aussi un ∈ C([0, T ], H01 (Ω)) et un (0) = Pn u0 .

Etape 4, estimations sur la solution approchée.


Pour n ∈ IN? , on a un ∈ C([0, T ], H01 (Ω)) ⊂ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et (un )t = ∆un + f (n) ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
D’après la section 4.2, on a donc
Z T
1 1
kun (T )k22 − ku0 k22 = h(un )t , un iH −1 ,H01 dt.
2 2 0

En prenant v = un dans (4.21), on en déduit


Z T Z Z T
1 1
kun (T )k22 − ku0 k22 + |∇un |2 dxdt = hf, Pn un iH −1 ,H01 dt,
2 2 0 Ω 0

EDP, Télé-enseignement, M2 144


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

et donc Z T Z Z T
1
kun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) = |∇un |2 dxdt ≤ ku0 k22 + hf, Pn un iH −1 ,H01 dt.
0
0 Ω 2 0
On en déduit, en remarquant que Pn un = un ,
Z T
1
kun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) ≤ ku0 k22 + hf, un iH −1 ,H01 dt
0 2 0
1
ku0 k22 + kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) kun kL2 (]0,T [,H01 (Ω))

2
1 1 1
≤ ku0 k22 + kf k2L2 (]0,T [,H −1 (Ω)) + kun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) .
2 2 2 0

On a donc
kun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) ≤ ku0 k22 + kf k2L2 (]0,T [,H −1 (Ω)) .
0

Ce qui donne aussi


kun kL2 (]0,T [,H01 (Ω)) ≤ ku0 k2 + kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) .
Comme (un )t = ∆un + Pnt f (égalité (4.21)) et que kPn wkH01 (Ω) ≤ kwkH01 (Ω) pour tout w ∈ H01 (Ω), on obtient
aussi une borne sur (un )t :

k(un )t kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) ≤ kun kL2 (]0,T [,H01 (Ω)) + kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω))

et donc
k(un )t kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) ≤ ku0 k2 + 2kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) .
La suite (un )n∈IN? est donc bornée dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et la suite ((un )t )n∈IN? est bornée dans L2 (]0, T [,
H −1 (Ω)).

Etape 5, passage à la limite. Grâce aux estimations obtenues à l’étape précédente, on peut supposer, après extrac-
tion éventuelle d’une sous suite, que, quand n → +∞,

un → u faiblement dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)),

(un )t → w faiblement dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω))


et les estimations sur un et (un )t donnent aussi les estimations suivantes sur u et ut :

kukL2 (]0,T [,H01 (Ω)) ≤ ku0 k2 + kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω))

k(u)t kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) ≤ ku0 k2 + 2kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) .
Nous allons montrer tout d’abord que w = ut (puis nous montrerons que u est solution de ut = ∆u + f au sens
demandé par (4.19)).
Par définition de ut , on a, pour tout ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR),
Z T Z T
ut (t)ϕ(t)dt = − u(t)ϕ0 (t)dt.
0 0

Pour démontrer que ut = w, il suffit donc de montrer que l’on a, pour tout ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR),
Z T Z T
w(t)ϕ(t)dt = − u(t)ϕ0 (t)dt. (4.22)
0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 145


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

On rappelle que le terme de gauche de l’égalité (4.22) est dans H −1 (Ω) alors que le terme de droite est dans
H01 (Ω). Cette égalité utilise donc le fait que H01 (Ω) ⊂ H −1 (Ω), cette inclusion étant due au fait que nous avons
identifié L2 (Ω)0 avec L2 (Ω).
Soit donc ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR). Nous allons montrer (4.22). Pour ψ ∈ H01 (Ω), on considère l’application S de
L2 (]0, T [, H01 (Ω)) dans IR définie par
Z Z T
v(t)ϕ0 (t)dt ψ(x)dx pour v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)).

S(v) = −
Ω 0

L’application S est linéaire continue de L2 (]0, T [, H01 (Ω)) dans IR. Comme un → u faiblement L2 (]0, T [,
H01 (Ω)), on a donc S(un ) → S(u) quand n → +∞. Or, pour v = un et pour v = u, on a
Z T Z T
0
S(v) = −( v(t)ϕ (t)dt|ψ)2 = −h v(t)ϕ0 (t)dt, ψiH −1 ,H01 .
0 0

On a donc, quand n → +∞,


Z T Z T
−h un (t)ϕ0 (t)dt, ψiH −1 ,H01 → −h u(t)ϕ0 (t)dt, ψiH −1 ,H01 .
0 0
RT RT
On utilise maintenant le fait que − 0
un (t)ϕ0 (t)dt = 0
(un )t (t)ϕ(t)dt (par définition de (un )t ). On a donc
Z T Z T
h (un )t (t)ϕ(t)dt, ψiH −1 ,H01 → −h u(t)ϕ0 (t)dt, ψiH −1 ,H01 .
0 0

On considère maintenant l’application S̄ de L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) dans IR définie par


Z T
S̄(v) = h v(t)ϕ(t)dt, ψiH −1 ,H01 pour v ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
0

L’application S̄ est linéaire continue de L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) dans IR. Comme (un )t → w faiblement L2 (]0, T [,
H −1 (Ω)), on a donc S̄((un )t ) → S̄(w) quand n → +∞, c’est-à-dire
Z T Z T
h (un )t (t)ϕ(t)dt, ψiH −1 ,H01 → h w(t)ϕ(t)dt, ψiH −1 ,H01 .
0 0

On en déduit que pour tout ψ ∈ H01 (Ω), on a


Z T Z T
0
−h u(t)ϕ (t)dt, ψiH −1 ,H01 = h w(t)ϕ(t)dt, ψiH −1 ,H01 .
0 0
RT RT
On a donc bien montré que − 0
u(t)ϕ0 (t)dt = 0
w(t)ϕ(t)dt pour tout ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR), c’est-à-dire que
ut = w.

Nous savons donc que un → u faiblement dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que (un )t → ut faiblement dans L2 (]0, T [,
H −1 (Ω)). Pour montrer que u est solution de ut = ∆u + f au sens demandé par (4.19), il suffit maintenant de
passer à la limite dans (4.21). Soit v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), on a pour tout n ∈ IN? , selon (4.21),
Z T Z T Z T
h(un )t , viH −1 ,H01 dt + (un |v)H01 dt = hf, Pn viH −1 ,H01 dt.
0 0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 146


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Les deux termes de gauche de cette égalité passent à limite quand n → +∞ grâce aux convergences de un et
(un )t . Pour le terme de droite, on utilise l’étape liminaire. On remarque que Pn v(t) → v(t) dans H01 (Ω) pour
presque tout t et kPn v(t)kH01 (Ω) ≤ kv(t)kH01 (Ω) pour presque tout t. Cela permet de passer à la limite dans le
terme de droite, par le théorème de convergence dominée. On obtient ainsi
Z T Z T Z T
hut , viH −1 ,H01 dt + (u|v)H01 dt = hf, viH −1 ,H01 dt.
0 0 0

Ce qui est bien le sens souhaité dans la formulation (4.19).

Etape 6, condition initiale. Comme u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on sait que u ∈
C([0, T ], L2 (Ω)) (voir la section 4.2). Pour terminer la démonstration du fait que u est solution de (4.19), il reste
donc seulement à montrer que u(0) = u0 p.p. ( c’est-à-dire u(0) = u0 dans L2 (Ω)).
Pn (0)
On sait que u(t) → u(0) dans L2 (Ω) quand t → 0. On sait aussi que un (0) = i=1 αi ei → u0 dans
2
L (Ω) quand n → +∞. Pour en déduire que u(0) = u0 , il suffit de montrer que la suite (un )n∈IN? est re-
lativement compacte dans C([0, T ], H −1 (Ω)). En effet, si la suite (un )n∈IN? est relativement compacte dans
C([0, T ], H −1 (Ω)), il existe w ∈ C([0, T ], H −1 (Ω)) et une sous suite, encore notée (un )n∈IN , t.q. un (t) → w(t)
dans H −1 (Ω) uniformément par rapport à t ∈ [0, T ] (et donc aussi dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω))). En particulier, on
a donc w(0) = u0 . Mais, on sait déjà que un → u faiblement dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et donc aussi faiblement
dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). Par unicité de la limite, on a donc u = w p.p. sur ]0, T [ et donc u(t) = w(t) pour tout
t ∈ [0, T ] car u et w sont continues sur [0, T ]. On obtient ainsi, finalement, u(0) = w(0) = u0 .
Il reste à montrer que la suite (un )n∈IN? est relativement compacte dans C([0, T ], H −1 (Ω)). Par le théorème
d’Ascoli, il suffit de montrer que
1. Pour tout t ∈ [0, T ], (un (t))n∈IN? est relativement compacte dans H −1 (Ω).
2. kun (t) − un (s)kH −1 → 0, quand s → t, uniformément par rapport à n ∈ IN? (et pour tout t ∈ [0, T ]).
Par démontrer le deuxième item, on utilise la fait que (un )t ∈ L1 ([0, T ], H −1 (Ω)). La section 4.2 nous donne que
pour tout t1 , t2 ∈ [0, T ], t1 > t2 , et tout n ∈ IN? , on a (dans H −1 (Ω))
Z t1
un (t1 ) − un (t2 ) = (un )t (s)ds,
t2

et donc
Z t1 Z T 1 √
kun (t1 ) − un (t2 )kH −1 ≤ k(un )t (s)kH −1 ds ≤ k(un )t (s)k2H −1 ds 2 t1 − t2
t2 0 √
≤ k(un )t kL2 (]0,T [,H −1 ) t1 − t2 .

Comme la suite ((un )t )n∈IN? est bornée dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on en déduit bien que kun (t)−un (s)kH −1 → 0,
quand s → t, uniformément par rapport à n ∈ IN? (et pour tout t ∈ [0, T ]).

Pour démontrer de premier item, on utilise encore la section 4.2. Comme un ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et (un )t ∈
L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on a, pour tout t, s ∈ [0, T ],
Z t
kun (t)k22 = kun (s)k22 + 2 h(un )t (ξ), un (ξ)iH −1 ,H01 dξ,
s

et donc
Z t
kun (t)k22 ≤ kun (s)k22 +2 |h(un )t (ξ), un (ξ)iH −1 ,H01 |dξ ≤ kun (s)k22 +2k(un )t kL2 (]0,T [,H −1 ) kun kL2 (]0,T [,H01 ) .
s

EDP, Télé-enseignement, M2 147


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

En intégrant cette inégalité par rapport à s sur [0, T ], on en déduit

T kun (t)k22 ≤ kun k2L2 (]0,T [,L2 (Ω)) + 2T k(un )t kL2 (]0,T [,H −1 ) kun kL2 (]0,T [,H01 ) .

Ceci montre que la suite (un (t))n∈IN? est bornée dans L2 (Ω) pour tout t ∈ [0, T ] (et même uniformément par
rapport à t). On en déduit que la suite (un (t))n∈IN? est relativement compacte dans H −1 (Ω) pour tout t ∈ [0, T ].
On peut donc appliquer le théorème d’Ascoli et conclure, comme cela est indiqué au début de cette étape, que
u(0) = u0 p.p.. Ceci termine la démonstration du fait que u est solution de (4.19) et donc la démonstration de la
partie “existence” du théorème 4.25.

Etape 7, unicité. On montre maintenant la partie “unicité” du théorème 4.25. Soit u1 , u2 deux solutions de (4.19).
On pose u = u1 − u2 . En faisant la différence des équations satisfaites par u1 et u2 et en prenant, pour t ∈ [0, T ],
v = u1]0,t[ comme fonction test, on obtient
Z t Z tZ
hut (s), u(s)iH −1 ,H01 ds + ∇u(s) · ∇u(s)dxds = 0.
0 0 Ω

Comme u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on a, d’après la section 4.2,


Z t
1
(ku(t)k22 − (ku(0)k22 ) = hut (s), u(s)iH −1 ,H01 ds.
2 0

On en déduit, pour tout t ∈ [0, T ],


Z tZ
(ku(t)k22 − (ku(0)k22 ) + 2 ∇u(s) · ∇u(s)dxds = 0.
0 Ω

Enfin, comme u(0) = 0, on obtient bien, finalement, u(t) = 0 p.p. dans Ω, pour tout t ∈ [0, T ]. Ce qui montre la
partie “unicité” du théorème 4.25.
Nous allons maintenant donner quelques propriétés complémentaires sur la solution de (4.19)

Proposition 4.26 (Dépendance continue)


Soit Ω un ouvert borné de IR N et T > 0. Pour u0 ∈ L2 (Ω) et f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on note T (u0 , f ) la
solution de (4.19). L’opérateur T est linéaire continu de L2 (Ω) × L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et
dans C([0, T ], L2 (Ω)).

Démonstration On note u la solution de (4.19). Il suffit de remarquer que

kukL2 (]0,T [,H01 ) ≤ kf kL2 (]0,T [,H −1 ) + ku0 k2 ,

ku(t)k22 ≤ ku0 k22 + kut k2L2 (]0,T [,H −1 ) + kuk2L2 (]0,T [,H 1 ) pour tout t ∈ [0, T ],
0

et enfin que
kut kL2 (]0,T [,H −1 ) ≤ ku0 k2 + 2kf kL2 (]0,T [,H −1 ) .
On en déduit bien la continuité de T dans les espaces annoncés.

Proposition 4.27 (Positivité et principe du maximum)


Soit Ω un ouvert borné de IR N , T > 0 et u0 ∈ L2 (Ω). On note u la solution de (4.19) avec f = 0.
1. On suppose u0 ≥ 0 p.p.. On a alors u(t) ≥ 0 p.p. et pour tout t ∈ [0, T ].

EDP, Télé-enseignement, M2 148


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

2. On suppose que u0 ∈ L∞ (Ω). Soit A, B ∈ IR t.q. A ≤ 0 ≤ B et A ≤ u0 ≤ B p.p.. On a alors A ≤ u(t) ≤ B


p.p. et pour tout t ∈ [0, T ].

Démonstration Pour démontrer le premier item, on montre plutôt (ce qui est équivalent) que u0 ≤ 0 p.p. implique
u(t) ≤ 0 p.p. pour tout t ∈ [0, T ]. On suppose donc que u0 ≤ 0 p.p.. On utilise alors le lemme 4.28 avec
ϕ(s) = s+ . Il donne que u+ ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)). Pour t ∈ [0, T ], on peut donc prendre v = u+ 1]0,t[ dans
l’équation de (4.19) et on obtient
Z t Z tZ
+
hut (s), u (s)iH −1 ,H01 ds + ∇u(s) · ∇u+ (s)dxds = 0.
0 0 Ω

En utilisant encore le lemme 4.28, on a donc


Z t
1 + 1
ku (t)k22 − ku+ (0)k22 + ku+ (s)k2H 1 ds = 0.
2 2 0
0

Comme u+ (0) = u+ +
0 = 0 p.p., on en déduit bien que ku (t)k2 = 0 et donc u(t) ≤ 0 p.p..
La démonstration du deuxième item est semblable en utilisant le lemme 4.28 avec ϕ(s) = (s − B)+ et ϕ(s) =
(s − A)− .

Lemme 4.28 Soit Ω un ouvert borné de IR N et T > 0. Soit ϕ une fonction lipchitzienne de IR dans IR t.q.
ϕ(0) = 0. On définit Φ par
Z ξ
Φ(ξ) = ¯ ξ¯ pour ξ ∈ IR.
ϕ(ξ)d
0

Soit u ∈ L 2
t.q. ut ∈ L (]0, T [, H −1 (Ω)). On a alors ϕ(u) = L2 (]0, T [, H01 (Ω)), Φ(u) ∈
(]0, T [, H01 (Ω)) 2
1
C([0, T ], L (Ω)) et, pour tout t1 , t2 ∈ [0, T ],
Z Z Z t2
Φ(u(t2 ))dx − Φ(u(t1 ))dx = hut (s), ϕ(u(s)iH −1 ,H01 ds.
Ω Ω t1

On a aussi pour presque tout t ∈]0, T [, ϕ(u(t)) ∈ H01 (Ω) et ∇ϕ(u(t)) = ϕ0 (u(t))∇u p.p., c’est-à-dire , en étant
plus précis, ∇ϕ(u)(x, t) = ϕ0 (u(x, t))∇u(x, t) pour presque tout x ∈ Ω. Dans cette égalité, on peut prendre pour
ϕ0 (u(x, t)) n’importe quelle valeur si ϕ n’est pas dérivable au point u(x, t). En particulier ceci montre que, pour
tout a ∈ IR, ∇u = 0 p.p. sur l’ensemble {u = a}.

Démonstration Ce lemme est la version “parabolique” des lemmes 2.20 et 2.21 vus précédemment. La démons-
tration consiste à considérer d’abord (comme dans le lemme 2.20) que ϕ est de classe C 1 et à régulariser u. Puis à
approcher ϕ par des fonctions de classe C 1 (au moins lorsque ϕ est dérivable sauf en un nombre fini de points, le
cas général étant plus difficile). Cette preuve n’est pas détaillée ici.
On donne maintenant l’équivalence entre la formulation faible (4.19) et une autre formulation faible, la formulation
(4.23). Cette deuxième formulation est, en particulier, intéressante lorsque l’on cherche à prouver la convergence
des solutions approchées obtenues par une discrétisation en espace et en temps.

Proposition 4.29 (Equivalence entre deux formulations faibles)

EDP, Télé-enseignement, M2 149


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Soit Ω un ouvert borné de IR N , T > 0, u0 ∈ L2 (Ω) et f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) (on identifie, comme d’habitude
0
L2 (Ω) avec L2 (Ω) ). Alors, u est solution de (4.19) si et seulement si u est solution de (4.23).
u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),


 Z TZ Z Z TZ


− uϕt dxdt − u0 (x)ϕ(x, 0)dx + ∇u · ∇ϕdxdt

0 Ω Ω 0 Ω
(4.23)

 Z T
< f (s), ϕ(·, s) >H −1 ,H01 ds pour tout ϕ ∈ Cc∞ ([0, T [×Ω, IR).

 =

0

Démonstration On montre tout d’abord que “u solution de (4.19) ⇒ u est solution de (4.23)”. On suppose donc
que u est solution de (4.19). Soit ϕ ∈ Cc∞ (Ω × [0, T [, IR). Pour n ∈ IN? , on pose
n−1
X
ϕn (x, t) = 1]ti ,ti+1 [ (t)ϕ(x, ti ), (4.24)
i=0

où ti = (i/n)T . Comme ϕ est une fonction régulière, il est clair que ϕn ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que ϕn → ϕ dans
L2 (]0, T [, H01 (Ω)) quand n → +∞. Comme ϕn ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que u est solution de (4.19), on a
Z T Z TZ Z T
hut , ϕn iH −1 ,H01 dt + ∇u · ∇ϕn dxdt = hf, ϕn iH −1 ,H01 dt.
0 0 Ω 0
RT
On pose Tn = 0
hut , ϕn iH −1 ,H01 dt. Comme ϕn → ϕ dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) quand n → +∞, l’égalité précé-
dente donne
Z T Z T Z Z T
lim Tn = hut , ϕiH −1 ,H01 dt = − ∇u · ∇ϕdxdt + hf, ϕiH −1 ,H01 dt. (4.25)
n→+∞ 0 0 Ω 0

On va maintenant calculer limn→+∞ Tn en utilisant (4.24). On a


Z T n−1
X n−1
XZ ti+1
Tn = hut (t), 1]ti ,ti+1 [ (t)ϕ(·, ti )iH −1 ,H01 dt = hut (t), ϕ(·, ti )iH −1 ,H01 dt
0 i=0 i=0 ti
n−1
X Z ti+1
= h ut (t)dt, ϕ(·, ti )iH −1 ,H01 .
i=0 ti

Comme u, ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) (on rappelle que H01 (Ω) ⊂ H −1 (Ω) par l’identification de L2 (Ω) avec son
dual), on a (d’après la section 4.2) u ∈ C([0, T ], H −1 (Ω)) et
Z ti+1
ut (t)dt = u(ti+1 ) − u(ti ) ∈ H −1 (Ω).
ti

On a donc
n−1
X n−1
XZ
Tn = hu(ti+1 ) − u(ti ), ϕ(·, ti )iH −1 ,H01 = (u(x, ti+1 ) − u(x, ti ))ϕ(x, ti )dx.
i=0 i=0 Ω

La dernière égalité venant de la manière avec laquelle un élément de H01 (Ω) est considéré comme un élément de
H −1 (Ω). Une intégration par parties discrète donne alors (en remarquant que ϕ(·, tn ) = 0)
Z Xn Z
Tn = − u(x, 0)ϕ(x, 0)dx + (ϕ(x, ti−1 ) − ϕ(x, ti ))u(x, ti )dx.
Ω i=1 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 150


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Puis, comme ϕ est une fonction régulière,


Z n Z
X Z ti 
Tn = − u0 (x)ϕ(x, 0)dx − ϕt (x, t)dt u(x, ti )dx
Ω i=1 Ω ti−1
Z Z T Z n
X 
=− u0 (x)ϕ(x, 0)dx − ϕt (x, t) 1]ti−1 ,ti [ u(x, ti ) dxdt
Ω 0 Ω i=1
Z Z T Z
=− u0 (x)ϕ(x, 0)dx − ϕt (x, t)(u(x, t) + Rn (x, t))dxdt,
Ω 0 Ω
Pn
avec Rn (x, t) = i=1 1]ti−1 ,ti [ u(x, ti ) − u(x, t). Pour tout t ∈ [0, T ], on a
T
kRn (·, t)kL2 (Ω) ≤ max{ku(s1 ) − u(s2 )kL2 (Ω) , s1 , s2 ∈ [0, T ], |s1 − s2 | ≤ }.
n
Comme u ∈ C([0, T ], L2 (Ω)), on en déduit que limn→+∞ kRn (·, t)kL2 (Ω) = 0 uniformément par rapport à
t ∈ [0, T ] et donc que
Z TZ
lim ϕt (x, t)Rn (x, t)dxdt = 0.
n→+∞ 0 Ω
En résumé, on a donc
Z Z T Z
lim Tn = − u0 (x)ϕ(x, 0)dx − ϕt (x, t)u(x, t)dxdt.
n→+∞ Ω 0 Ω

Avec (4.25) on a donc, pour tout ϕ ∈ Cc∞ ([0, T [×Ω, IR),


Z TZ Z Z T Z Z T
− ϕt (x, t)u(x, t)dxdt − u0 (x)ϕ(x, 0)dx + ∇u · ∇ϕdxdt = hf, ϕiH −1 ,H01 dt.
0 Ω Ω 0 Ω 0

Ceci montre que u est bien solution de (4.23).

On montre maintenant que “u solution de (4.23) ⇒ u est solution de (4.19)”. On suppose donc que u est solution
de (4.23). On veut montrer que u est solution de (4.19). On va raisonner en deux étapes. On va d’abord montrer
que ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) et ut = ∆u + f (remarquer que ∆u, f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) puis que u(0) = u0 .
Etape 1 On montre ici que ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) et ut = ∆u + f . On utilise la définition de ut . On a ut ∈ DE
?
,
avec E = H01 (Ω), et pour tout φ ∈ C ∞ (]0, T [, IR)
Z T
hut , φiDE? ,D = − u(t)φ0 (t)dt ∈ H01 (Ω).
0
2 −1
Pour montrer que ut ∈ L (]0, T [, H (Ω)) et ut = ∆u + f , il s’agit donc de montrer que, pour tout φ ∈
Cc∞ (]0, T [, IR),
Z T Z T
0
− u(t)φ (t)dt = (∆u(t) + f (t))φ(t)dt.
0 0

Noter que le membre de gauche de cette égalité est dans H01 (Ω) et donc dans H −1 (Ω) (grâce à l’identification
entre L2 (Ω) et son dual) et que le membre de droite est dans H −1 (Ω). Pour montrer l’égalité de ces deux termes,
il suffit de montrer que
Z T Z T
h− u(t)φ0 (t)dt, ψiH −1 ,H01 = h (∆u(t) + f (t))φ(t)dt, ψiH −1 ,H01 pour tout ψ ∈ H01 (Ω),
0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 151


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

c’est-à-dire que
Z T Z T
− hu(t)φ0 (t), ψiH −1 ,H01 dt = h(∆u(t) + f (t))φ(t), ψiH −1 ,H01 dt pour tout ψ ∈ H01 (Ω).
0 0

Par densité de Cc∞ (Ω, IR) dans H01 (Ω), il suffit de considérer ψ ∈ Cc∞ (Ω, IR). En utilisant la manière donc H01 (Ω)
est inclus dans H −1 (Ω), on a
Z T Z TZ
− hu(t)φ0 (t), ψiH −1 ,H01 dt = − u(x, t)φ0 (t)ψ(x)dxdt.
0 0 Ω

D’autre part, on a
Z T Z T
h(∆u(t) + f (t))φ(t), ψiH −1 ,H01 dt = φ(t)h∆u(t) + f (t), ψiH −1 ,H01 dt
0 Z T Z 0 Z T
=− φ(t) ∇u(x, t) · ∇ψ(x)dxdt + φ(t)hf, ψiH −1 ,H01 dt.
0 Ω 0

En résumé, pour terminer l’étape 1, il suffit donc de montrer que


Z TZ Z T  Z 
− u(x, t)φ0 (t)ψ(x)dxdt = φ(t) − ∇u(x, t) · ∇ψ(x)dxdt + hf, ψiH −1 ,H01 dt
0 Ω 0 Ω
(4.26)
pour tout φ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR) et tout ψ ∈ Cc∞ (Ω, IR).

Comme cela a été déjà dit, ceci donnera ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) et ut = ∆u + f .


Pour montrer (4.26), on utilise (4.23). Soit φ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR) et ψ ∈ Cc∞ (Ω, IR). On choisit dans (4.23),
ϕ(x, t) = φ(t)ψ(x) (ce qui est possible car on a bien ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [×Ω, IR). On obtient
Z TZ Z TZ Z T
− u(x, t)φ0 (t)ψ(x)dxdt + (∇u(x, t) · ∇ψ(x))φ(t)dxdt = hf (t), φ(t)ψiH −1 ,H01 dt.
0 Ω 0 Ω 0

2 −1
Ceci donne (4.26) et termine donc l’étape 1, c’est-à-dire ut ∈ L (]0, T [, H (Ω)) et ut = ∆u + f (ce qui
l’équation demandée dans (4.19)).

Etape 2 Comme u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on a (d’après la section 4.2), u ∈ C([0, T ],
L2 (Ω)). On montre dans cette deuxième étape que u(0) = u0 . Pour n ∈ IN? , on choisit une fonction rn de
Cc∞ ([0, T [, IR) décroissante et t.q. |rn0 (t)| ≤ 2n pour tout t, rn (0) = 1 et rn (t) = 0 si t ≥ 1/n.
Soit ψ ∈ Cc∞ (Ω) et n ∈ IN? t.q. 1/n < T . On prend ϕ(x, t) = rn (t)ψ(x) dans (4.23). On obtient
Z 1 Z Z Z 1 Z
n n
− u(x, t)rn0 (t)ψ(x)dxdt − u0 (x)ψ(x)dx + ∇u(x, t) · ∇ψ(x)rn (t)dxdt
0 Ω Ω 0 ΩZ 1
n
= hf (t), ψiH −1 ,H01 rn (t)dt,
0

c’est-à-dire Z
Tn = u0 (x)ψ(x)dx − Rn + Sn , (4.27)

avec Z 1 Z
n
Tn = − u(x, t)rn0 (t)ψ(x)dxdt,
0 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 152


4.3. EXISTENCE PAR FAEDO-GALERKIN CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Z 1 Z Z 1
n n
Rn = ∇u(x, t) · ∇ψ(x)rn (t)dxdt et Sn = hf (t), ψiH −1 ,H01 rn (t)dt.
0 Ω 0
On montre tout d’abord que Rn et Sn tendent vers 0. En effet, on a
Z n1 Z
|Rn | ≤ |∇u(x, t)||∇ψ(x)|dxdt
0
1 Z

 nZ  12  Z n1 Z  12
≤ |∇u(x, t)|2 dxdt |∇ψ(x)|2 dxdt (4.28)
0 Ω 0 Ω
1
≤ kukL2 (]0,T [,H01 ) √ kψkH01 .
n
On a donc limn→+∞ Rn = 0. On a aussi limn→+∞ Sn = 0 car
1
|Sn | ≤ kf kL2 (]0,T [,H −1 ) √ kψkH01 .
n
On remarque maintenant que
Z 1 Z Z n1 Z
n
Tn = − u(x, 0)rn0 (t)ψ(x)dxdt − (u(x, t) − u(x, 0))rn0 (t)ψ(x)dxdt
0 Ω Z 0
Z n1 ZΩ

= u(x, 0)ψ(x)dx − (u(x, t) − u(x, 0))rn0 (t)ψ(x)dxdt


Ω 0 Ω

(On a utilisé ici rn (0) = 1 et rn (1/n) = 0.) On majore de dernier terme de cette égalité :
Z 1 Z
n 1
| (u(x, t) − u(x, 0))rn0 (t)ψ(x)dxdt| ≤ 2nkψkL2 (Ω) max1 ku(·, t) − u(·, 0)kL2 (Ω) .
0 Ω n t∈[0, n ]

Comme u ∈ C([0, T ], L2 (Ω)) ce denier terme tend vers 0 quand n → +∞ et on a donc, finalement,
Z
lim Tn = u(x, 0)ψ(x)dx.
n→+∞ Ω

Avec (4.27), comme limn→+∞ Rn = limn→+∞ Sn = 0, on en déduit


Z Z
u(x, 0)ψ(x)dx = u0 (x)ψ(x)dx pour tout ψ ∈ Cc∞ (Ω).
Ω Ω

Ceci permet de conclure que u(0) = u0 et termine la démonstration de la proposition 4.29.


Nous donnons maintenant un théorème de compacité qui sera très utile pour la résolution de problèmes non li-
néaires comme ceux de la section 4.4. C’est l’équivalent parabolique des théorèmes de compacité vus pour les
problèmes elliptiques. Soit Ω est un ouvert borné de IR N . Pour f ∈ H −1 (Ω), on note T (f ) la solution faible de
l’équation −∆u = f avec u ∈ H01 (Ω). On a déjà montré que l’opérateur T était compact de H −1 (Ω) dans L2 (Ω).
La proposition 4.30 donne l’équivalent parabolique de ce résultat.

Proposition 4.30 (Compacité)


0
Soit Ω un ouvert borné de IR N , T > 0 et u0 ∈ L2 (Ω). On identifie L2 (Ω) avec L2 (Ω) .
Pour f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on note S(f ) la solution de (4.19).
L’opérateur S est compact de L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).

EDP, Télé-enseignement, M2 153


4.4. NON LINÉAIRE CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Démonstration La proposition 4.26 donne déjà la continuité de S. Il reste donc à montrer que S transforme les
parties bornées de L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) en parties relativement compactes de L2 (]0, T [, L2 (Ω)). Soit donc A une
partie bornée de L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). On pose B = {S(f ), f ∈ A}. Les estimations vues dans le théorème
4.25 montrent que B est une partie bornée de L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que {ut , u ∈ B} est une partie bornée de
L2 (]0, T [, H −1 (Ω)) (en effet, si u ∈ B, il existe f ∈ A t.q. u = S(f ), on a donc ut = ∆u + f au sens donné par
(4.19), ce qui donne l’estimation voulue sur u). Le lemme de compacité donné ci après (lemme 4.31), dû à J. L.
Lions, donne alors la relative compacité de A dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).

Lemme 4.31 Soit Ω un ouvert borné de IR N et (un )n∈IN une suite de L2 (]0, T [, L2 (Ω)). On identifie L2 (Ω) avec
0
L2 (Ω) . On suppose que la suite (un )n∈IN est bornée dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que la suite ((un )t )n∈IN est
bornée dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). Alors, la suite (un )n∈IN est relativement compacte dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).

Démonstration Ce lemme sera démontré plus loin dans un cadre plus général.

Remarque 4.32 (Opérateurs elliptiques généraux) Les résultats de ce paragraphe, c’est-à-dire le théorème 4.25
et les propositions 4.26, 4.27, 4.29 et 4.30, sont encore vrais en remplaçant l’opérateur ∆u par div(A∇u) si la
matrice A est à coefficients dans L∞ (Ω) et qu’il existe α > 0 t.q. Aξ · ξ ≥ α|ξ|2 p.p. et pour tout ξ ∈ IR N
(exercice 4.3). Il est aussi possible de considérer le cas où les coefficients de la matrice A dépendent aussi de t.
Une possibilité est alors de faire une discrétisation en temps et de remplacer sur chaque intervalle de temps la
matrice A par sa moyenne sur l’intervalle considéré. On résout alors le problème sur chacun de ces intervalles
temporels. Il suffit ensuite d’obtenir des estimations sur la solution approchée et de passer à la limite sur le pas de
discrétisation.

4.4 Existence et unicité pour des problèmes paraboliques non linéaires


Comme dans le cas elliptique, l’existence de la solution d’un problème parabolique non linéaire peut se prouver
par point fixe de Schauder ou par degré topologique.
Considérons le premier exemple suivant : soit Ω un ouvert borné de IR N et A : IR → MN (IR) (où MN (IR)
désigne l’ensemble des matrices N × N à coefficiens réels) t.q.

∀s ∈ IR, A(s) = (ai,j (s))i,j=1,...,N où ai,j ∈ L∞ (IR) ∩ C(IR, IR), (4.29)


2 N
∃α > 0; A(s)ξ · ξ ≥ α|ξ| , ∀ξ ∈ IR , ∀s ∈ IR, (4.30)
2 −1 2
f ∈ L (]0, T [, H (Ω)) et u0 ∈ L (Ω). (4.31)

Alors on peut montrer par le théorème de Schauder qu’il existe u solution de (toujours avec L2 (Ω) identifié à
0
L2 (Ω) ) :

∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω))( et donc u ∈ C([0, T ], L2 (Ω))),



 u

 Z T Z TZ

hut , viH −1 ,H 1 dt + A(u)∇u · ∇v dx dt



0
0 0 Ω Z (4.32)
T
2 1
hf, viH −1 ,H 1 dt, ∀v ∈ L (]0, T [, H0 (Ω)),



 =
0
0


u(·, 0) = u0 .

EDP, Télé-enseignement, M2 154


4.4. NON LINÉAIRE CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Pour utiliser le théorème de Schauder, on utilise la résolution de problèmes linéaires : soit ū ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)),
on définit l’opérateur T de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)) par T (ū) = u où u est la solution du pro-
blème (4.32) où on a remplacé A(u) par A(ū), c’est-à-dire :

u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),




T Z TZ
 Z


hut , viH −1 ,H 1 dt + A(ū)∇u · ∇v dx dt



0
0 Z T 0 Ω

hf, viH −1 ,H 1 dt, ∀v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),





 =
0
0


u(·, 0) = u0 .

On montre ensuite qu’il existe R > 0 t.q. l’image de T est incluse dans BR où BR est la boule (de L2 (]0, T [,
L2 (Ω))) de rayon R et de centre 0. On montre que T est continu et que T est compact (par le lemme 4.31). On
conclut avec le théorème de Schauder. Ceci est laissé à titre d’exercice (exercice 4.4).
Notons qu’on peut aussi montrer l’unicité si A est lipschitzienne.
Considérons maintenant l’équation de convection-diffusion suivante (avec une convection éventuellement non li-
néaire) : ut + div(bf (u)) − ∆u = 0, avec b ∈ L2 (]0, T [, (L2 (Ω)N ), u0 ∈ L2 (Ω) et divb = 0. On suppose de plus
0
que f est lipschitzienne et bornée. Une formulation faible du problème s’écrit (avec L2 (Ω) identifié à L2 (Ω) ) :

u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω))( et donc u ∈ C([0, T ], L2 (Ω))),




T Z TZ
 Z


hut , viH −1 ,H 1 dt − bf (u) · ∇v dx dt



0
0 0 Z ΩZ (4.33)
T
2 1
∇u · ∇v dx dt = 0, ∀v ∈ L (]0, T [, H0 (Ω)),



 +
0 Ω


u(·, 0) = u0 .

Montrons l’existence d’une solution au problème (4.33) par degré topologique. Pour cela on va montrer que le
problème (4.33) peut s’écrire sous la forme u − h(1, u) = 0, où l’application h, définie de [0, 1] × E dans E, avec
E = L2 (]0, T [, L2 (Ω)), vérifie :
1. h est compacte,
2. il existe R ∈ IR + t.q.
u − h(s, u) = 0, s ∈ [0, 1], u ∈ E ⇒ u 6∈ ∂BR ,
3. l’application définie de E dans E par u 7→ u − h(0, u) est linéaire.
(Ceci est suffisant pour obtenir l’existence d’une solution au problème (4.33) .)
Soit s ∈ [0, 1] et u ∈ E. On note h(s, u) la solution du problème suivant :

w ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), wt ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),




T Z TZ
 Z


hwt , viH −1 ,H 1 dt − s bf (u) · ∇v dx dt



0
0Z 0 Ω (4.34)
T Z
∇w · ∇v dx dt = 0, ∀v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),



 +
0 Ω


w(·, 0) = su0 .

Notons que h(s, u) = w est bien définie car bf (u) ∈ L2 ((0, T ), (L2 (Ω)N ).
De plus, il est facile de voir que le point 3. ci-dessus est vérifié, car h(0, u) = 0 et donc u − h(0, u) = u. Il
reste à montrer les points 1 et 2, c’est-à-dire que h est continue, que {h(s, u), s ∈ [0, 1], u ∈ B} est une partie

EDP, Télé-enseignement, M2 155


4.4. NON LINÉAIRE CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

relativement compacte de E, si B est une partie bornée de E, et qu’il existe R > 0 t.q. u − h(s, u) = 0 n’a pas de
solution avec s ∈ [0, 1] et u ∈ ∂BR .
Montrons d’abord que h est continue. Soit (sn )n∈IN une suite de [0, 1] et (un )n∈IN une suite de E t.q. sn → s dans
IR et un → u dans E lorsque n → +∞. On pose wn = h(sn , un ), w = h(s, u) et on veut montrer que wn → w
dans E. Les fonctions wn vérifient :

wn ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), (wn )t ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),




T Z TZ

 Z

h(wn )t , viH −1 ,H 1 dt − sn bf ((un ) · ∇v dx dt



0
0 Z 0 Ω (4.35)
T Z
2 1
∇w · ∇v ∀v ∈



 + n dx dt = 0, L (]0, T [, H0 (Ω)),
0 Ω


wn (·, 0) = sn u0 .

En prenant v = wn dans (4.35), on montre que la suite (wn )n∈IN est bornée dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que la
suite ((wn )t )n∈IN est bornée dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). On en déduit par le lemme 4.31 que wn → w̃ dans E,
après extraction éventuelle d’une sous suite. Mais les bornes sur wn et (wn )t donnent aussi wn → w̃ faiblement
dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et (wn )t → w̃t faiblement dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). Enfin, on peut supposer, toujours
après extraction éventuelle d’une sous suite que un → u p.p.. En passant à la limite dans léquation satisfaite par
wn et en passant à la limite sur la condition initiale, on montre alors que w̃ = w (comme cela a été fait dans la
démonstration du théorème 4.25). Ceci permet de conclure (sans extraction de sous suite) que wn → w dans E et
donne donc la continuité de h.
On pose maintenant A = {h(s, u), u ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)), s ∈ [0, 1]}. Il est facile de voir que A est borné dans
L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et que {wt , w ∈ A} est borné dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω))}. Le lemme 4.31 donne alors la relative
compacité de A dans E. Enfin l’existence de R > 0 t.q. u − h(s, u) = 0 n’ait pas de solution avec s ∈ [0, 1] et
u ∈ ∂BR vient du fait que A est borné dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et donc aussi dans E.
En conclusion, on peut utiliser l’invariance par homotopie du degré. On obtient d(Id − h(1, ·), BR , 0) = d(Id −
h(0, ·), BR , 0) = d(Id, BR , 0) = 1. Donc, il existe u ∈ BR t.q. u − h(1, u) = 0, c’est-à-dire u solution de (4.33).

On montre maintenant l’unicité de la solution de (4.33). On va montrer cette unicité dans un cadre un peu plus
général (pour lequel on aurait aussi pu montrer l’existence) en remplaçant ∆u par div(a(u)∇u), c’est-à-dire en
considérant l’équation
ut + div(bf (u)) − div(a(u)∇u) = 0,
avec un fonction a lipschitzienne de IR dans IR et vérifant α ≤ a(s) ≤ β pour tout s ∈ IR et deux nombres
strictement positifs α, β.
Soit u1 , u2 deux solutions de (4.33) (avec div(a(u)∇u) au lieu de ∆u). On pose u = u1 − u2 et on va montrer
que u = 0 p.p..
Pour ε > 0 on définit la fonction Tε de IR dans IR par Tε (s) = max{−ε, min{s, ε}}. On note aussi φε la primitive
de Tε s’annulant en 0. En prenant v = Tε (u) dans les formulations faibles satisfaites par u1 et u2 , on obtient
Z T Z T Z Z TZ
hut , Tε (u)iH −1 ,H01 dt − b(f (u1 ) − f (u2 )) · ∇Tε (u)dxdt + a(u1 )∇u · ∇Tε (u)dxdt
0 0 Ω Z TZ 0 Ω

= (a(u2 ) − a(u1 ))∇u2 · ∇Tε (u)dxdt.


0 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 156


4.4. NON LINÉAIRE CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Comme ∇Tε (u) = ∇u10<|u|<ε p.p., on en déduit que


Z Z Z T Z
φε (u(x, T ))dx − φε (u(x, 0))dx + α ∇u · ∇u10<|u|<ε dxdt
ΩZ Ω 0 ΩZ (4.36)
T Z T Z
≤ |b||f (u1 ) − f (u2 )||∇u|10<|u|<ε dxdt + |a(u1 ) − a(u2 )||∇u2 ||∇u|10<|u|<ε dxdt.
0 Ω 0 Ω

Comme a et f sont des fonctions lipschitziennes, il existe L t.q.

|f (s1 ) − f (s2 )| ≤ L|s1 − s2 |, |a(s1 ) − a(s2 )| ≤ L|s1 − s2 |, pour tout s1 , s2 ∈ IR.

On utilise alors le fait que u0 = 0 p.p. et φε ≥ 0 pour déduire de (4.36), avec Aε = {0 < |u| < ε} et y = (x, t),
Z T Z Z  12  Z T Z  12
α |∇Tε (u)|2 dxdt ≤ Lε |b|2 dy |∇Tε (u)|2 dxdt
0 Ω Aε 0 Ω
Z  21  Z T Z  12
+Lε |∇u2 |2 dy |∇Tε (u)|2 dxdt .
Aε 0 Ω

On a donc αk| ∇Tε (u) |kL2 (Q) ≤ aε ε, avec Q =]0, T [×Ω et


Z  12 Z  12
aε = L |b|2 dy +L |∇u2 |2 dy .
Aε Aε

Comme ∩ε>0 Aε = ∅ la continuité décroissante d’une mesure donne que la mesure de Lebesgue (N + 1 dimen-
sionnelle) de Aε tend vers 0 quand ε → 0 et on a donc, comme b, ∇u2 ∈ L2 (Q)N , (noter que L2 (Q) peut être
identifié à L2 (]0, T [, L2 (Ω))) Z Z
lim |b|2 dy = lim |∇u2 |2 dy = 0,
ε→0 Aε ε→0 Aε
?
ce qui donne limε→0 aε = 0. Il nous reste maintenant à utiliser, par exemple, l’injection de W01,1 (Ω) dans L1 (Ω).
elle donne pour t ∈]0, T [,
kTε (u(t))kL1? (Ω) ≤ k|∇Tε (u(t))|kL1 (Ω) . (4.37)

On désigne par “mes” le mesure de le Lebesgue dans IR N . On remarque maintenant que pour t ∈]0, T [
Z
1 ? 1
εmes{|u(t)| ≥ ε} ≤ ( |Tε (u)|1 dx) 1? .
1 ?

On a donc, avec (4.37),


Z
1
εmes{|u(t)| ≥ ε} 1? ≤ k| ∇Tε (u(t)) |kL1 (Ω) = |∇Tε (u(x, t))|dx,

et, en intégrant par rapport à t, sachant que 1/1? = (N − 1)/N et utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
Z T Z T Z
N −1 1
ε mes{|u(t)| ≥ ε} N dt ≤ |∇Tε (u(x, t))|dxdt ≤ k |∇Tε (u)| kL2 (Q) (T mes(Ω)) 2
0 0 Ω 1
(T mes(Ω)) 2
≤ aε ε.
α

EDP, Télé-enseignement, M2 157


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

On a donc 1
Z T
N −1 (T mes(Ω)) 2
mes{|u(t)| ≥ ε} N dt ≤ aε .
0 α
quand ε → 0, par convergence dominée, on en déduit (comme limε→0 aε = 0)
Z T
N −1
mes{|u(t)| > 0} N dt ≤ 0.
0

Ce qui donne mes{|u(t)| > 0} = 0 p.p. en t ∈]0, T [ et donc u = 0 p.p., ce qui termine cette preuve d’unicité.

Remarque 4.33 Voici un complément et quelques généralisations possibles (laissés en exercice) du résultat d’exis-
tence et unicité de solution que nous venons de donner dans cette section.
1. Soit u0 ∈ L∞ (Ω). Il existe donc A ≤ 0 et B ≥ 0 t.q. A ≤ u0 ≤ B p.p.. Soit u la solution de (4.33). On a alors
A ≤ u ≤ B p.p.. Pour démontrer ce résultat, il suffit de prendre v = (u − B)+ (pour montrer u ≤ B p.p.) et
v = (A − u)+ (pour montrer u ≥ A p.p.) dans (4.33).
2. On a supposé f lipschitzienne et bornée. En fait si u0 ∈ L∞ (Ω), et donc A ≤ u0 ≤ B p.p.. avec A ≤ 0 ≤ B, on
peut remplacer cette hypothèse sur f par “f localement lipschitzienne” (exemple : f (s) = s2 ). La démonstration
consiste à remplacer dans (4.33) f par f¯ où f¯ est définie par f¯(s) = max{A, min{s, B}}. La solution obtenue,
u, vérifie alors A ≤ u ≤ B p.p. (d’après l’item précédent) et est donc solution de (4.33) (avec f ).
3. Pour montrer l’existence et l’unicité de solution à (4.33), on a supposé divb = 0. Cette hypothèse peut être
remplaçée par divb ∈ L∞ (Ω) (mais en conservant l’hypothèse f lipschitzienne et bornée). On peut toujours
montrer un résultat d’existence et d’unicité de solution à (4.33).
4. Enfin si divb ∈ L∞ (Ω), kdivbk∞ = C, f lipschitzienne de constante de Lipschitz L (mais f non nécessai-
rement bornée) et u0 ∈ L∞ (Ω), ku0 k∞ = M , on peut aussi montrer un résultat d’existence et d’unicité de
solution à (4.33). La solution u vérifie alors ku(t)k∞ ≤ M exp(CLt) pour tout t ∈ [0, T ].

4.5 Compacité en temps


Dans cette section, on démontre le lemme de compacité 4.31 comme conséquence d’un théorème plus général, le
théorème 4.37, utile pour la résolution de nombreux problèmes paraboliques.
Plus précisément, la version abstraite du lemme 4.31 s’écrit dans un cadre hilbertien. On donne tout d’abord cette
version abstraite. On suppose que X et H sont des espaces de Hilbert, X s’injecte compactement dans H et Xest
dense dans H (dans le lemme 4.31 on a X = H01 (Ω) et H = L2 (Ω). On identifie H avec H 0 (par le théorème
de représentation de Riesz). On suppose maintenant que (un )n∈IN est une suite bornée de L2 (]0, T [, X) (T > 0
est donné) et que ((un )t )n∈IN est une suite bornée de L2 (]0, T [, X 0 ). Alors, la suite (un )n∈IN est relativement
compacte dans L2 (]0, T [, H).
Ce résultat de compacité dans le cadre hilbertien (probablement dû à J.L. Lions) a ensuite été généralisé par Julius
Gustave Amadeus Aubin dans un cadre d’espaces de Banach. Soit X, B, Y 3 espaces de Banach et 1 < p < +∞.
On suppose que X s’injecte compactement dans B et que B s’injecte continûment dans Y . On suppose maintenant
que (un )n∈IN est une suite bornée de Lp (]0, T [, X) (T > 0 est donné) et que ((un )t )n∈IN est une suite bornée
de Lp (]0, T [, Y ). Alors, la suite (un )n∈IN est relativement compacte dans Lp (]0, T [, B). Enfin, ce dernier résultat
a ensuite été généralisé par J. Simon (en 1985) pour avoir aussi le cas p = 1. C’est ce dernier résultat que nous
donnons dans ce paragraphe ainsi qu’une généralisation.
Nous donnons d’abord le théorème de Kolmogorov (sous deux formes légèment différentes) dont nous déduisons
ensuite les théorèmes 4.37 et 4.46. En anglais, parce que vous le valez bien.

EDP, Télé-enseignement, M2 158


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Théorème 4.34 (Kolmogorov (1)) Let B be a Banach space, 1 ≤ p < +∞, T > 0 and A ⊂ Lp ((0, T ), B). The
subset A is relatively compact in Lp ((0, T ), B) if A verifies the following conditions :
1. For all f ∈ A, there exists P f ∈ Lp (IR, B) such that P f = f a.e. in (0, T ) and kP f kLp (IR,B) ≤ C, where C
depends only on A.
2. For all ϕ ∈ Cc∞ (IR, IR), the family { IR (P f )ϕdt, f ∈ A} is relatively compact in B.
R

3. kP f (· + h) − P f kLp (IR,B) → 0, as h → 0, uniformly with respect to f ∈ A.


(Indeed, the conditions 1, 2 and 3 are also necessary in order to have relative compactness of A but this is not the
interesting part of this theorem.)

Proof of Theorem 4.34


Let (ρn )n∈IN? be a sequence of mollifiers, that is :
Z

ρ ∈ Cc (IR, IR), ρdx = 1, ρ ≥ 0, ρ(−·) = ρ
IR (4.38)
and, for n ∈ IN? , x ∈ IR, ρn (x) = nρ(nx).

We set K = [0, T ] and, for n ∈ IN? , An = {(P f ? ρn )|K , f ∈ A}. The proof is divided in two steps. In Step 1
we prove, using Ascoli’s theorem and Assumption 2 of Theorem 4.34, that, for n ∈ IN? , the set An is relatively
compact in C(K, B) endowed with its usual topology. Then, we deduce that An is also relatively compact in
Lp ((0, T ), B). In Step 2, we show that the first and third hypotheses of Theorem 4.34 give that P f ? ρn → P f in
Lp (IR, B), as n → +∞, uniformly with respect to f ∈ A. This allows to conclude that the family A is relatively
compact in Lp ((0, T ), B).
Step 1. Let n ∈ IN? . In order to prove that An is relatively compact in C(K, B), we use Ascoli’s theorem ; hence
we need to prove the following properties :
1. for all t ∈ K, the set {P f ? ρn (t), f ∈ A} is relatively compact in B,
2. the sequence {P f ? ρn , f ∈ A} is equicontinuous from K to B (that is to say that the continuity is uniform with
respect to f ∈ A).
We first prove Property 1. Let t ∈ K.
Z Z
P f ? ρn (t) = P f (s)ρn (t − s)ds = P f (s)ϕ(s)ds.
IR IR

Then, the second hypothesis of Theorem 4.34 gives Property 1, that is {P f ? ρn (t), f ∈ A} is relatively compact
in B.
We now prove Property 2. Let t1 , t2 ∈ K and let q = p/(p − 1) by Hölder’s inequality, we have
Z
kP f ? ρn (t2 ) − P f ? ρn (t1 )kB ≤ kP f (s)kB |ρn (t2 − s) − ρn (t1 − s)| ds
IR
≤ kP f kLp (IR,B) kρn (t2 − ·) − ρn (t1 − ·)kLq (IR,IR) .

Since ρn is uniformly continuous with compact support, we easily deduce from this inequality (and with Hypothe-
sis 1 of Theorem 4.34) and that the family An is uniformly equicontinuous from K to B. This gives the Property 2
and concludes the proof that An is relatively compact in C(K, B). This relative compactness is equivalent to say
that for all ε > 0, there exists a finite number of ball of radius ε (for the natural norm of C(K, B)) covering the
whole set An . Then, since k · kLp ((0,T ),B) ≤ T 1/p k · kC(K,B) , we also obtain the relative compactness of An in
Lp ((0, T ), B).

EDP, Télé-enseignement, M2 159


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Step 2.
R
Let t ∈ IR, we have, using IR ρn (s)ds = 1 and s = ns,
Z Z 1
s
P f ? ρn (t) − P f (t) = (P f (t − s) − P f (t))ρn (s)ds = (P f (t − ) − P f (t))ρ(s)ds.
IR −1 n

Then, by Hölder’s inequality and with q = p/(p − 1),


Z 1 
s
kP f ? ρn (t) − P f (t)kpB ≤ kP f (t − ) − P f (t))kpB ds kρkpLq .
−1 n

Integrating with respect to t ∈ IR and using the Fubini-Tonelli theorem leads to

kP f ? ρn − P f kpLp ((0,T ),B) ≤ 2 sup{kP f (· + h) − P f kpLp (IR,B) , |h| ≤ 1}kρkpLq .

Finally, the third hypothesis of Theorem 4.34 gives the fact that kP f ? ρn − P f kLp ((0,T ),B) → 0, as n → +∞,
uniformly with respect to f ∈ A. As a consequence, the relative compactness of An in Lp ((0, T ), B) for all n ∈ IN
(proven in Step 1) gives the relative compactness of A in Lp ((0, T ), B). This concludes the proof of Theorem 4.34.

We now give a second form of the previous theorem which does not require the prolongment of f outside [0, T ].

Théorème 4.35 (Kolmogorov (2)) Let B be a Banach space, 1 ≤ p < +∞, T > 0 and A ⊂ Lp ((0, T ), B). The
subset A is relatively compact in Lp ((0, T ), B) if A verifies the following conditions :
1. The subset A is bounded in Lp ((0, T ), B).
RT
2. For all ϕ ∈ Cc∞ (IR, IR), the family { 0 f ϕdt, f ∈ A} is relatively compact in B.
3. There exists a nondecreasing function from (0, T ) to IR + such that limh→0+ η(h) = 0 and, for all h ∈ (0, T )
and f ∈ A,
Z T −h
kf (t + h) − f (t)kpB dt ≤ η(h).
0

Proof of Theorem 4.35


The proof uses Theorem 4.34 with P f = 0 on [0, T ]c . The first and second item of the hypotheses of Theorem
4.34 are clearly satisfied. The only difficulty is to prove the third item. We prove this third item in two steps.

Step 1. In this step, we prove that limδ→0 0 kf (t)kpB dt → 0 as δ → 0+ , uniformly with respect to f ∈ A.
Let δ, h ∈ (0, T ) such that δ + h ≤ T . For all t ∈ (0, δ) one has kf (t)kB ≤ kf (t + h)kB + kf (t + h) − f (t)kB
and then
kf (t)kpB ≤ 2p kf (t + h)kpB + 2p kf (t + h) − f (t)kpB
Integrating this inequality for t ∈ (0, δ) gives
Z δ Z δ Z δ
kf (t)kpB dt ≤ 2p kf (t + h)kpB dt + 2p kf (t + h) − f (t)kpB dt. (4.39)
0 0 0

Now let h0 ∈ (0, T ) et δ ∈ (0, T − h0 ). For all h ∈ (0, h0 ), Inequality (4.39) gives, using η(h) ≤ η(h0 ),
Z δ Z δ
kf (t)kpB dt ≤ 2p kf (t + h)kpB dt + 2p η(h0 ).
0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 160


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Integrating this inequality for h ∈ (0, h0 ) leads to


Z δ Z h0 Z δ
kf (t)kpB dt p
kf (t + h)kpB dt dh + 2p h0 η(h0 ).

h0 ≤2
0 0 0

Then, using the Fubini-Tonelli Theorem, we obtain


Z h0 Z δ Z δ Z h0
kf (t + h)kpB dt dh = kf (t + h)kpB dh dt
 
0 0 0 0
Z δ Z T
kf (s)kpB ds ≤ δkf kpLp ((0,T ),B) ,


0 0

from which one deduces Z δ


h0 kf (t)kpB dt ≤ δ2p kf kpLp ((0,T ),B) + 2p h0 η(h0 ). (4.40)
0

In order to conclude this step, let ε > 0. First, we choose h0 ∈ (0, T ) such that 2p η(h0 ) ≤ ε. Then, with
C = supf ∈A kf kpLp ((0,T ),B) , we take δ = min{T − h0 , εh0 /(2p C)}. We obtain, for all f ∈ A,
Z δ
0≤δ≤δ⇒ kf (t)kpB ≤ 2ε.
0

This gives that kf (t)kpB dt → 0 as δ → 0+ , uniformly with respect to f ∈ A, and concludes Step 1.
0
RT
A similar proof gives T −δ kf (t)kpB dt → 0 as δ → 0+ , uniformly with respect to f ∈ A (this can be proven using
g instead of f with g(t) = f (T − t)).

Step 2. We now prove that the third item of the hypotheses of Theorem 4.34 is satisfied (and this conludes the
proof of Theorem 4.35).
Recall that P f (t) = 0 if t ∈ [0, T ]c so that, for all h ∈ (0, T ) et f ∈ A,
Z Z 0 Z T −h Z T
kP f (t + h) − P f (t)kpB dt ≤ kf (t + h)kpB dt + kf (t + h) − f (t)kpB dt + kf (t)kpB dt
IR −h 0 T −h
Z h Z T −h Z T
≤ kf (t)kpB dt + kf (t + h) − f (t)kpB dt + kf (t)kpB dt.
0 0 T −h

Let ε > 0. There exists h1 > 0 such η(h1 ) ≤ ε. With Step 1, there exists h2 > 0 such that, for all f ∈ A,
Z h Z T
0 ≤ h ≤ h2 ⇒ kf (t)kpB dt ≤ ε and kf (t)kpB dt ≤ ε.
0 T −h

with h3 = min{h1 , h2 }, one has, for all f ∈ A,


Z
0 ≤ h ≤ h3 ⇒ kP f (t + h) − P f (t)kpB dt ≤ 3ε.
IR

This concludes Step 2 and the proof of Theorem 4.35.


We now deduce from Theorem 4.35 a corollary which will be useful for Theorem 4.37.

EDP, Télé-enseignement, M2 161


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Corollaire 4.36 (Time compactness) Let B be a Banach space, 1 ≤ p < +∞, T > 0 and A ⊂ Lp ((0, T ), B).
Let X be a Banach space compactly embedded in B. One assumes that A verifies the following conditions :
1. The subset A is bounded in Lp ((0, T ), B).
2. The subset A is bounded in L1 ((0, T ), X).
Note these two assumtions are true if A is bounded in Lp ((0, T ), X).
3. There exists a nondecreasing function from (0, T ) to IR + such that limh→0+ η(h) = 0 and, for all h ∈ (0, T )
and f ∈ A,
Z T −h
kf (t + h) − f (t)kpB dt ≤ η(h).
0

Then, the subset A is relatively compact in Lp ((0, T ), B).


RT
Proof In order to apply Theorem 4.35, we only have to prove that, for all ϕ ∈ Cc∞ (IR, IR), the family { 0
f ϕdt,
f ∈ A} is relatively compact in B.
Let ϕ ∈ Cc∞ (IR, IR). For f ∈ A, one has, with kϕku = maxt∈IR |ϕ(t)|,
Z T
k f ϕdtkX ≤ kϕku kf kL1 ((0,T ),X) .
0
RT
Then, since A is bounded in L1 ((0, T ), X), the family { 0 f ϕdt, f ∈ A} is bounded in X and therefore relatively
compact in B.
We now give a Theorem, essentially due to J. P. Aubin (for p > 1) and J. Simon (for p = 1), which we used in a
previous section to prove the existence of a solution for some parabolic equations.

Théorème 4.37 (Aubin-Simon) Let 1 ≤ p < +∞, X, B, Y be three Banach spaces such that
(i) X ⊂ B with compact embedding,
(ii) X ⊂ Y and if (fn )n∈IN is a sequence in X such that (kfn kX )n∈IN is bounded, fn → f in B and fn → 0
in Y (as n → +∞), then f = 0 (in B).
Let T > 0 and (un )n∈IN be a sequence of Lp ((0, T ), X) such that
1. (un )n∈IN is bounded in Lp ((0, T ), X),
2. ( du p
dt )n∈IN is bounded in L ((0, T ), Y ).
n

Then there exists u ∈ Lp ((0, T ), B) such that, up to a subsequence, un → u in Lp ((0, T ), B).

Remarque 4.38 Note that the hypothesis (ii) of Theorem 4.37 is weaker than the hypothesis of the original works
of Aubin and Simon, which reads :
(ii)’ B ⊂ Y with continuous embedding.
Let X ⊂ B. It is also interesting to notice that the hypothesis (i) may also be written :
(i)’ If (kwn kX )n∈IN is bounded, then, up to a subsequence, there exists w ∈ B such that wn → w in B.
This reformulation leads to an easy generalization which is used to prove the convergence of numerical approxi-
mations of the solution of parabolic equations : in this generalization, X is replaced by a sequence (Xn )n∈IN , see
Theorem 4.46 below.

EDP, Télé-enseignement, M2 162


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Proof of Theorem 4.37 The proof uses Corollary 4.36 with A = {un , n ∈ IN}. The subset A is bounded in
Lp ((0, T ), B) (since X is continuously embedded in B) and then in L1 ((0, T ), X), so that we only have to prove
the third item of the hypotheses of Corollary 4.36, which is equivalent to say
Z T −h
kun (· + h) − un kpB dt → 0 as h → 0, uniformly w.r.t. n ∈ IN. (4.41)
0

Let 0 < h < T and ε > 0. For t ∈ (0, T − h), one has, using the Lions lemma given below (lemma 4.39),

kun (t + h) − un (t)kB ≤ εkun (t + h) − un (t)kX + Cε kun (t + h) − un (t)kY


≤ εkun (t + h)kX + εkun (t)kX + Cε kun (t + h) − un (t)kY ,

and then

kun (t + h) − un (t)kpB ≤ (3ε)p kun (t + h)kpX + (3ε)p kun (t)kpX + (3Cε )p kun (t + h) − un (t)kpY .

Integrating this inequality with respect to t (between 0 and T − h) leads to


Z T −h Z T −h
p p
p
kun (t + h) − un (t)kB dt ≤ 2(3ε) kun kLp ((0,T ),X) + (3Cε ) p
kun (t + h) − un (t)kpY dt. (4.42)
0 0

We now use the second item of Remark 4.41 (also given in Section 4.2). It gives that un ∈ C([0, T ], Y ) and
Rt
un (t1 ) − un (t2 ) = t12 du
dt (s)ds for all t1 , t2 ∈ [0, T ]. This allows us to bound the second term of the RHS of
n

(4.42) :
!p
Z T −h Z T −h Z t+h
dun
kun (t + h) − un (t)kpY dt ≤ k (s)kY ds dt
0 0 t dt
Z T −h !
Z T
1
1− p dun p
≤ h 1[t,t+h] (s)k (s)kY ds dt.
0 0 dt

Then, using 1[t,t+h] (s) = 1[s−h,s] (t) and the Fubini-Tonelli Theorem, we obtain
Z T −h
1 dun p
kun (t + h) − un (t)kpY dt ≤ h2− p k k p . (4.43)
0 dt L ((0,T ),Y )
Then, with (4.43), (4.42) gives
Z T −h
1 dun p
kun (t + h) − un (t)kpB dt ≤ 2(3ε)p kun kpLp ((0,T ),X) + (3Cε )p h2− p k k p . (4.44)
0 dt L ((0,T ),Y )
We can now conclude. Let η > 0. we choose ε > 0 in order to bound by η this first term of (4.44) (independently
of n ∈ IN). Now, since Cε is given, there exists h0 ∈ (0, T ) such that the second term of the RHS of (4.44) is
bounded by η (independently of n ∈ IN) if 0 < h < h0 . Finally, we obtain
Z T −h
0 < h < h0 ⇒ kun (t + h) − un (t)kpB dt ≤ 2η.
0

This concludes the proof of Theorem 4.37.

EDP, Télé-enseignement, M2 163


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Lemme 4.39 Let X, B, Y be three Banach spaces such that


(i) X ⊂ B with compact embedding,
(ii) X ⊂ Y and if (un )n∈IN is a sequence in X such that the sequence (kun kX )n∈IN is bounded, un → u in B
and un → 0 in Y (as n → +∞), then u = 0 (in B).
Then, for any ε > 0, there exists Cε such that, for w ∈ X,

kwkB ≤ εkwkX + Cε kwkY .

Remarque 4.40 In Lemma 4.39, as for Theorem 4.37, the hypothesis (ii) can be replaced by the stronger hypo-
thesis
(ii)’ B ⊂ Y with continuous embedding.

Proof of Lemma 4.39 We perform the proof by contradiction. We assume that there exists ε > 0 and a sequence
(un )n∈IN such that un ∈ X and 1 = kun kB > εkun kX + nkun kY , for all n ∈ IN.
Then, (un )n∈IN is bounded in X and therefore relatively compact in B. Thus, we can assume (up to a subsequence)
that un → u in B and kukB = 1. Furthermore un → 0 in Y (since kun kY ≤ 1/n). Then the second hypothesis of
Lemma 4.39 gives u = 0. In contradiction with kukB = 1.

Remarque 4.41 (On the weak derivative on u) We recall here (items 1 and 2) some results essentially given in
Section 4.2 (with a different proof for the second item). Let X, Y be two Banach spaces and Z be a vectorial space
such that X, Y ⊂ Z (of course, a simple case is Z = Y ). Let p, q ∈ [1, ∞].
1. Assuming that u ∈ Lp ((0, T ), X), the weak derivative of u, denoted as du/dt, is defined by its action on
test functions, that is its action on ϕ for all ϕ ∈ Cc∞ ((0, T )) (note that ϕ takes its values in IR). Actually, if
ϕ ∈ Cc∞ ((0, T )) (and ϕ0 is the classical derivative of ϕ), the function ϕ0 u belongs to Lp ((0, T ), X) and therefore
to L1 ((0, T ), X) and the action of du/dt on ϕ is defined as
Z T
du
h , ϕi = − ϕ0 (t)u(t)dt.
dt 0

Note that h du
dt , ϕi ∈ X.
Then du/dt ∈ Lq ((0, T ), Y ) means that there exists v ∈ Lq ((0, T ), Y ) (and then v is unique) such that
Z T Z T
− ϕ0 (t)u(t)dt = ϕ(t)v(t)dt for all ϕ ∈ Cc∞ ((0, T )). (4.45)
0 0
RT RT
Note that 0 ϕ0 (t)u(t)dt ∈ X ⊂ Z and 0 ϕ(t)v(t)dt ∈ Y ⊂ Z, so the equality in (4.45) holds in Z. Finally
we identify the weak derivative of u (which is a linear form on Cc∞ ((0, T ))) with the function v (which belongs
to Lq ((0, T ), Y )).
2. If u ∈ Lp ((0, T ), X) and du/dt ∈ Lq ((0, T ), Y ), it is quite easy to prove that u ∈ C([0, T ], Y ) and that
Z t
du
u(t) = u(0) + (s)ds, for all t ∈ [0, T ].
0 dt

Indeed, let v = du/dt and define w ∈ C([0, T ], Y ) by


Z t
w(t) = v(s)ds for all t ∈ [0, T ].
0

EDP, Télé-enseignement, M2 164


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

For n ∈ IN? , let un = u ? ρn with ρn defined by (4.38) and setting u = 0 outside [0, T ]. Since u ∈ Lp (IR, X),
one has un → u in Lp (IR, X) and then, up to a subsequence, un (t) → u(t) in X (as n → +∞) for a.e.
t ∈ (0, T ).
Let t1 , t2 ∈ (0, T ) such that 0 < t1 < t2 < T and un (ti ) → u(ti ) in X (as n → +∞) for i = 1, 2. For n ∈ IN?
such that 1/n < t1 and 1/n < T − t2 , one defines ϕn by
Z t Z t
ϕn (t) = ρn (t2 − s)ds − ρn (t1 − s)ds.
t2 t1

One has ϕn ∈ Cc∞ ((0, T ), IR) and ϕ0n (t)


= ρn (t2 − t) − ρn (t1 − t) for t ∈ (0, T ). Then, we have
Z T Z T
un (t2 ) − un (t1 ) = u(s)ϕ0n (s)ds = − v(s)ϕn (s)ds.
0 0

We now remark that (using ρ(−·) = ρ and changing variables)


Z t Z t Z t2
ϕn (t) = ρn (s − t2 ))ds − ρn (s − t1 )ds = − ρn (t − s)ds = −1(t1 ,t2 ) ? ρn (t).
t2 t1 t1

Then, ϕn → −1(t1 ,t2 ) a.e. and since |ϕn | ≤ 1 a.e. (for all n), the Dominated Convergence Theorem gives
Z T Z t2
− v(s)ϕn (s)ds → v(s)ds in Y.
0 t1

We then obtain, as n → +∞,


Z t2
u(t2 ) − u(t1 ) = v(s)ds = w(t2 ) − w(t1 ).
t1

This proves that there exists c ∈ IR such that u = w + c a.e. on (0, T ) and then that u ∈ C((0, T ), Y ) (since, as
usual, we identify u with the continuous function w + c).
3. In Theorem 4.37, thanks to the previous item of the present remark, one has un ∈ C([0, T ], Y ) for all n ∈ IN.
However the limit u is not necessarily continuous. A simple counter example is obtain with p = 1, X = B = Y
and, for instance, T = 2. Then, it is quite easy to construct a sequence (un )n bounded in W 1,1 ((0, T )) whose
the limit is the characteristic function of [1, 2].

Remarque 4.42 There is a classical case where Lemma 4.39 is simpler. Let B be a Hilbert space and X be a
Banach space X ⊂ B. We define on X the dual norm of k · kX , with the scalar product of B, namely

kukY = sup{(u|v)B , v ∈ X, kvkX ≤ 1}.

Then, for any ε > 0 and u ∈ X,


1
kukB ≤ εkukX + kukY .
ε
The proof is simple since
1 1 1
kukB = (u|u)B2 ≤ (kukY kukX ) 2 ≤ εkukX + kukY .
ε
Note that the compactness of X in B is not needed here (but, even in this simple case of Lemma 4.39, the com-
pactness of X in B is needed for Theorem 4.37.)

EDP, Télé-enseignement, M2 165


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

We now give an improvement of Corollary 4.36 and Theorem 4.37, using a sequence of subspaces of B instead of
X and Y .
Définition 4.43 Let B be a Banach space and (Xn )n∈IN be a sequence of Banach spaces included in B. We say
that the sequence (Xn )n∈IN is compactly embedded in B if all sequence (un )n∈IN such that un ∈ Xn (for all
n ∈ IN) and (kun kXn )n∈IN bounded is relatively compact in B.

Proposition 4.44 (Time compactness with a sequence of subspaces) 1 ≤ p < +∞, T > 0. Let B be a Banach
space and (Xn )n∈IN be a sequence of Banach spaces compactly embedded in B (see Definition 4.43). Let (fn )n∈IN
be a sequence of Lp ((0, T ), B) satifying the following conditions
1. The sequence (fn )n∈IN is bounded in Lp ((0, T ), B).
2. The sequence (kfn kL1 (]0,T [,Xn ) )n∈IN is bounded.
3. There exists a nondecreasing function from (0, T ) to IR + such that limh→0+ η(h) = 0 and, for all h ∈ (0, T )
and n ∈ IN, Z T −h
kfn (t + h) − fn (t)kpB dt ≤ η(h).
0

Then, the sequence (fn )n∈IN is relatively compact in Lp ((0, T ), B).

Proof of Proposition 4.44 As in Corollary 4.36, in order to apply Theorem 4.35, we only have to prove that, for
RT
all ϕ ∈ Cc∞ (IR, IR), the sequence { 0 fn ϕdt, n ∈ IN} is relatively compact in B.
Let ϕ ∈ Cc∞ (IR, IR). For n ∈ IN, one has, with kϕku = maxt∈IR |ϕ(t)|,
Z T
k fn ϕdtkXn ≤ kϕku kfn kL1 ((0,T ),Xn ) .
0
RT
Then, since the sequence (kfn kL1 (]0,T [,Xn ) )n∈IN is bounded, the sequence {k 0 fn ϕdtkXn , n ∈ IN} is also boun-
RT
ded. Therefore the sequence { 0 fn ϕdt, n ∈ IN} in relatively compact in B.
We now give a generalization of Theorem 4.37 using a sequence of subspaces of B.

Définition 4.45 Let B be a Banach space, (Xn )n∈IN be a sequence of Banach spaces included in B and (Yn )n∈IN
be a sequence of Banach spaces. We say that the sequence (Xn , Yn )n∈IN is compact-continuous in B if the follo-
wing conditions are satified
1. The sequence (Xn )n∈IN is compactly embedded in B (see Definition 4.43).
2. Xn ⊂ Yn (for all n ∈ IN) and if the sequence (un )n∈IN is such that un ∈ Xn (for all n ∈ IN), (kun kXn )n∈IN
bounded and kun kYn → 0 (as n → +∞), then any subsequence converging in B converge (in B) to 0.

Théorème 4.46 (Aubin-Simon with a sequence of subspaces) Let 1 ≤ p < +∞. Let B be a Banach space,
(Xn )n∈IN be a sequence of Banach spaces included in B and (Yn )n∈IN be a sequence of Banach spaces. We
assume that the sequence (Xn , Yn )n∈IN is compact-continuous in B (see Definition 4.45).
Let T > 0 and (fn )n∈IN be a sequence of Lp ((0, T ), B) satifying the following conditions
1. The sequence (fn )n∈IN is bounded in Lp ((0, T ), B).
2. fn ∈ L1 (]0, T [, Xn ) (for all n ∈ IN) and the sequence (kfn kL1 (]0,T [,Xn ) )n∈IN is bounded.
dfn
3. dt ∈ Lp (]0, T [, Yn ) (for all n ∈ IN) and the sequence (k dfdtn kLp (]0,T [,Yn ) )n∈IN is bounded.
Then there exists f ∈ Lp ((0, T ), B) such that, up to a subsequence, fn → f in Lp ((0, T ), B).

EDP, Télé-enseignement, M2 166


4.5. COMPACITÉ EN TEMPS CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Proof of Theorem 4.46 The proof uses Proposition 4.44. We only have to prove the third item of the hypotheses
on (fn )n∈IN of Proposition 4.44, which is equivalent to say
Z T −h
kfn (· + h) − fn kpB dt → 0 as h → 0, uniformly w.r.t. n ∈ IN.
0
R T −h
Indeed, for all n ∈ IN, since fn ∈ Lp ((0, T ), B), one has 0 kfn (· + h) − fn kpB dt → 0 as h → 0. The only
difficulty is to prove the uniformity of this convergence with respect to n ∈ IN. So, we only have to prove that for
all η > 0 there exist n0 ∈ IN and 0 < h0 < T such that
Z T −h
n ≥ n0 , 0 < h ≤ h0 ⇒ kfn (· + h) − fn kpB dt ≤ η. (4.46)
0

Let ε > 0. Lemma 4.47 gives the existence of n0 ∈ IN and Cε ∈ IR such that

n ≥ n0 , u ∈ Xn ⇒ kukB ≤ εkukXn + Cε kukYn .

Then, for n ≥ n0 , 0 < h < T and t ∈ (0, T − h), one has

kfn (t + h) − fn (t)kB ≤ εkfn (t + h) − fn (t)kXn + Cε kfn (t + h) − fn (t)kYn


≤ εkfn (t + h)kXn + εkfn (t)kXn + Cε kfn (t + h) − fn (t)kYn ,

and then

kfn (t + h) − fn (t)kpB ≤ (3ε)p kfn (t + h)kpXn + (3ε)p kfn (t)kpXn + (3Cε )p kfn (t + h) − fn (t)kpYn .

Integrating this inequality with respect to t leads to

Z T −h Z T −h
kfn (t + h) − fn (t)kpB dt ≤ 2(3ε) p
kfn kpLp ((0,T ),Xn ) + (3Cε ) p
kuf (t + h) − fn (t)kpYn dt. (4.47)
0 0
R t2 dfn
We now recall (see Remark 4.41) that that fn ∈ C([0, T ], Yn ) and fn (t1 ) − fn (t2 ) = t1 dt (s)ds for all t1 , t2 ∈
[0, T ]. This allows us to bound the second term of the RHS of (4.47) :
!p
Z T −h Z T −h Z t+h
dfn
kfn (t + h) − fn (t)kpYn dt ≤ k (s)kYn ds dt
0 0 t dt
Z T −h !
Z T
1 dfn p
≤ h1− p 1[t,t+h] (s)k (s)kYn ds dt.
0 0 dt

Then, using 1[t,t+h] (s) = 1[s−h,s] (t) and the Fubini-Tonelli Theorem, we obtain
Z T −h
1 dfn p
kfn (t + h) − fn (t)kpYn dt ≤ h2− p k k p . (4.48)
0 dt L ((0,T ),Yn )
Then, with (4.48), (4.47) gives
Z T −h
1 dfn p
kfn (t + h) − fn (t)kpB dt ≤ 2(3ε)p kfn kpLp ((0,T ),Xn ) + (3Cε )p h2− p k k p . (4.49)
0 dt L ((0,T ),Yn )

EDP, Télé-enseignement, M2 167


4.6. EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

We can now conclude. Let η > 0. we choose ε > 0 in order to bound by η this first term of (4.49) (independently
of n ∈ IN). This choice of ε gives also n0 and Cε . Since Cε is given, there exists h0 ∈ (0, T ) such that the second
term of the RHS of (4.49) is bounded by η (independently of n ∈ IN) if 0 < h < h0 . Finally, we obtain
Z T −h
n ≥ n0 , 0 < h < h 0 ⇒ kfn (t + h) − fn (t)kpB dt ≤ 2η.
0

This concludes the proof of Theorem 4.46.

Lemme 4.47 Let B be a Banach space, (Xn )n∈IN be a sequence of Banach spaces included in B and (Yn )n∈IN
be a sequence of Banach spaces. We assume that the sequence (Xn , Yn )n∈IN is compact-continuous in B (see
Definition 4.45).
Then, for any ε > 0, there exists n0 ∈ IN and Cε such that, for n ≥ n0 and w ∈ Xn , one has

kwkB ≤ εkwkXn + Cε kwkYn .

Proof of Lemma 4.47 We perform the proof by contradiction. The contradiction gives that there exists ε > 0, an
increasing fonction ϕ from IN to IN and, for all n ∈ IN, uϕ(n) ∈ Xϕ(n) such that

1 = kuϕ(n) kB > εkuϕ(n) kXn + nkuϕ(n) kYn .

In order to define un for all n, we can set un = 0 for n 6∈ Im(ϕ). The sequence (un )n∈IN is such that un ∈ Xn (for
all n ∈ IN), (kun kXn )n∈IN bounded and kun kYn → 0 (as n → +∞), then the second assumption of Definition
4.45 gives that any subsequence (of the sequence (un )n∈IN ) converging in B converge (in B) to 0. But, since
(kun kXn )n∈IN is bounded, the first assumption of Definition 4.45 gives that the subsequence (uϕ(n) )n∈IN admits
a subsequence converging in B. Then, the limit of this subsequence must be 0 and its norm in B must be equal to
1, which is impossible. This concludes the proof of Lemma 4.47.

4.6 Exercices
Exercice 4.1 (Solution classique en dimension 1) Corrigé 4.1
Soit u0 ∈ L2 (]0, 1[). On s’intéresse ici au problème suivant :

 ut (x, t) − uxx (x, t) = 0, x ∈]0, 1[, t ∈]0, +∞[,
u(0, t) = u(1, t) = 0, t ∈]0, +∞[, (4.50)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ [0, 1].

La notation ut désigne la dérivée de u par rapport à t et uxx désigne la dérivée seconde de u par rapport à x. On
dit que u est une solution classique de (4.50) si u vérifie les trois conditions suivantes
(c1) u est de classe C 2 sur ]0, 1[×]0, +∞[ et vérifie au sens classique ut − uxx = 0 en tout point de ]0, 1[×]0, +∞[,
(c2) pour tout t > 0, les fonctions u, ux et uxx sont continues sur [0, 1] × [t, +∞[ et u(0, t) = u(1, t) = 0,
(c3) u(·, t) → u0 dans L2 (]0, 1[) quand t → 0 (t > 0).
1. Montrer que le problème (4.50) admet au plus une solution classique. [On pourra reprendre la méthode déve-
loppée à la section 4.1.]
2. Montrer que le problème (4.50) admet une solution classique. [On pourra reprendre la méthode développée à la
section 4.1 en explicitant une base hilbertienne convenable de L2 (]0, 1[), voir l’exercice 2.2.]

EDP, Télé-enseignement, M2 168


4.6. EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Exercice 4.2 (Dual de LpE ) Corrigé 4.2


Soit (X, T, m) un espace mesuré, E un espace de Banach et 1 < p < +∞. On pose p0 = p/(p − 1).
0
1. Soit v ∈ LpE 0 (X, T, m) et u ∈ LpE (X, T, m). Montrer que l’application x 7→ hv(x), u(x)iE 0 ,E est m-mesurable
de X dans IR puis que hv, uiE 0 ,E ∈ L1IR (X, T, m) et
Z
|hv, uiE 0 ,E |dm ≤ kvkLp0 kukLpE .
E0

0
2. Soit v ∈ LpE 0 (X, T, m).
(a) Montrer que l’application u 7→ hv, uiE 0 ,E dm est bien définie, linéaire et continue de LpE (X, T, m) dans IR.
R

On note Tv cette application (on a donc Tv ∈ LpE (X, T, m)0 .)


(b) Montrer que kTv kLpE (X,T,m)0 ≤ kvkLp0 (X,T,m) .
E0

(c) (Question plus difficile) Montrer que kTv kLpE (X,T,m)0 = kvkLp0 (X,T,m) .
E0

Exercice 4.3 (Diffusion non homogène et non isotrope) Corrigé 4.3


On reprend les hypothèses du théorème 4.25. Soit donc Ω un ouvert borné de IR N , T > 0 et u0 ∈ L2 (Ω). On
identifie L2 (Ω) avec son dual et on suppose que f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
On se donne aussi une application, notée A, de Ω dans MN (IR) (ensemble des matrices carrés à N lignes et
N colonnes, à coefficients dans IR). On suppose que les coefficients de A appartiennent à L∞ (Ω) et qu’il existe
α > 0 t.q.
Aξ · ξ ≥ α|ξ|2 p.p., pour tout ξ ∈ IR N .
En suivant la démonstration donnée dans ce chapitre, montrer qu’il existe un et un seul u tel que
u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),


 Z T Z T Z

 
< ut (s), v(s) >H −1 ,H01 ds + A∇u(s).∇v(s)dx ds =

0 R 0 Ω (4.51)
T 2 1
< f (s), v(s) > −1 ,H 1 ds pour tout v ∈ L (]0, T [, H0 (Ω)),




 0 H 0
u(0) = u0 p.p..
Exercice 4.4 (Existence par le théorème de Schauder) Corrigé 4.4
Soit Ω un ouvert borné de IR N et A : IR → MN (IR) (où MN (IR) désigne les matrices N × N à coefficients réels)
t.q.
∀s ∈ IR, A(s) = (ai,j (s))i,j=1,...,N où ai,j ∈ L∞ (IR) ∩ C(IR, IR), (4.52)
2 N
∃α > 0; A(s)ξ · ξ ≥ α|ξ| , ∀ξ ∈ IR , ∀s ∈ IR, (4.53)
2 −1 2
f ∈ L (]0, T [, H (Ω)) et u0 ∈ L (Ω). (4.54)
0
On identifie L2 (Ω) à L2 (Ω) , comme d’habitude. On veut, dans cet exercice, montrer l’existence d’une solution au
problème (4.32).
Soit ū ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)), on définit l’opérateur T de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)) par T (ū) = u
où u est la solution (donnée par l’exercice 4.3) du problème
u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),


T Z TZ

 Z

hut , viH −1 ,H 1 dt + A(ū)∇u · ∇v dx dt



0
0 Z T 0 Ω

hf, viH −1 ,H 1 dt, ∀v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),





 =
0
0


u(·, 0) = u0 .

EDP, Télé-enseignement, M2 169


4.6. EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

1. Montrer que T est continu de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).


2. Montrer que T est compact de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).
3. Montrer qu’il existe R > 0 t.q. kT (ū)kL2 (]0,T [,L2 (Ω)) ≤ R pour tout u ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)).
4. Montrer qu’il existe u solution de (4.32).
5. On suppose maintenant de plus que ai,j est, pour tout i, j, une fonction lipschitzienne. Montrer que (4.32) admet
une unique solution.

Exercice 4.5 (Existence par schéma numérique) Corrigé 4.5


On se propose, dans cet exercice, de montrer l’existence d’une solution faible au problème (4.55)-(4.57) en passant
à la limite sur un solution approchée donnée par un schéma numérique.

∂u ∂ 2 ϕ(u)
(x, t) − (x, t) = v(x, t), x ∈]0, 1[, t ∈]0, T [, (4.55)
∂t ∂x2
∂ϕ(u) ∂ϕ(u)
(0, t) = (1, t) = 0, t ∈]0, T [, (4.56)
∂x ∂x
u(x, 0) = u0 (x), x ∈]0, 1[, (4.57)
où ϕ, v, T , u0 sont donnés et sont t.q.
1. T > 0, v ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [),
2. ϕ croissante, lipschitzienne de IR dans IR,
3. u0 ∈ L∞ (]0, 1[) et ϕ(u0 ) lipschitzienne de [0, 1] dans IR.
Un exemple important est donné par ϕ(s) = α1 s si s ≤ 0, ϕ(s) = 0 si 0 ≤ s ≤ L et ϕ(s) = α2 (s − L) si s ≥ L,
avec α1 , α2 et L donnés dans IR ?+ . Noter pour cet exemple que ϕ0 = 0 sur ]0, L[.
Les ensembles ]0, 1[ et ]0, 1[×]0, T [ sont munis de leur tribu borélienne et de la mesure de Lebesgue sur cette tribu.
On appelle “solution faible” de (4.55), (4.56), (4.57) une solution de

u ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [), (4.58)

T 1
∂2ψ
Z Z
∂ψ
(u(x, t) (x, t) + ϕ(u(x, t)) 2 (x, t) + v(x, t)ψ(x, t))dxdt
0 0 ∂t ∂x (4.59)
Z 1
+ u0 (x)ψ(x, 0)dx = 0, ∀ψ ∈ CT2,1 (IR 2 ),
0

où CT2,1 (IR 2 ) 2
= {ψ : IR → IR, 2 fois continûment dérivable par rapport à x et une fois continûment dérivable
∂ψ ∂ψ
par rapport à t, t.q. (0, t) = (1, t) = 0 pour tout t ∈ [0, T ] et ψ(x, T ) = 0 pour tout x ∈ [0, 1]}.
∂x ∂x
1. (Question indépendante des questions suivantes.) On suppose, dans cette question seulement, que ϕ est de classe
C 2 , v est continue sur [0, 1] × [0, T ] et u0 est continue sur [0, 1]. Soit w ∈ C 2 (IR 2 , IR) et u la restriction de w
à ]0, 1[×]0, T [. Montrer que u est solution de (4.58),(4.59) si et seulement si u vérifie (4.55), (4.56) et (4.57) au
sens classique ( c’est-à-dire pour tout (x, t) ∈ [0, 1] × [0, T ]).
2. (Un résulat de compacité.) Soit A ⊂ C([0, T ], L2 (]0, 1[)). On munit C([0, T ], L2 (]0, 1[)) de la norme usuelle,
c’est-à-dire
kuk = sup{ku(t)kL2 (]0,1[) , t ∈ [0, T ]}.
On suppose que A vérifie les 2 hypothèses suivantes

EDP, Télé-enseignement, M2 170


4.6. EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

(a) Pour tout t ∈ [0, T ], {u(t), u ∈ A} est un borné de L∞ (]0, 1[) et il existe C t.q.
Z
|u(t)(x + η) − u(t)(x)|2 dx ≤ Cη,
IR

pour tout η ∈ IR ?+ et tout u ∈ A, avec u(t) prolongée par 0 hors de [0, 1].
(b) Il existe C ∈ IR t.q. ku(t) − u(s)kL2 (]0,1[) ≤ C|t − s|, pour tout t, s ∈ [0, T ] et tout u ∈ A.
Montrer que A est relativement compacte dans C([0, T ], L2 (]0, 1[)).
3. (Passage à la limite sur une non linéarité, cette question est indépendante de la question précédente.)
Soit (un )n∈IN une suite bornée de L∞ (]0, 1[×]0, T [). Soient u ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [) et f ∈ L1 (]0, 1[×]0, T [).
On suppose que, quand n → ∞,
(a) un → u ?-faiblement dans L∞ (]0, 1[×]0, T [),
(b) ϕ(un ) → f dans L1 (]0, 1[×]0, T [) et p.p..
Montrer que ϕ(u) = f p.p. sur ]0, 1[×]0, T [.
[Indication : Utiliser l’astuce de Minty. . . ]

On cherche maintenant une solution approchée de (4.55),(4.56),(4.57).


1 T
Soient N, M ∈ IN? . On pose h = et k = . On va construire une solution approchée de (4.55),(4.56),(4.57)
N M
à partir de la famille {uni , i = 1, . . . , N, n = 0, . . . , M } vérifiant les équations suivantes
Z ih
1
u0i = u0 (x)dx, i = 1, . . . , N, (4.60)
h (i−1)h

un+1 − uni ϕ(un+1


i−1 ) − 2ϕ(ui
n+1
) + ϕ(un+1
i+1 )
i
− 2
= vin , i = 1, . . . , N, n = 0, . . . , M − 1, (4.61)
k h
Z (n+1)k Z ih
1
avec un+1
0 = u n+1
1 , un+1
N +1 = u n+1
N , pour tout n = 0, . . . , M − 1 et v n
i = v(x, t)dxdt, pour
kh nk (i−1)h
tout i = 1, . . . , N , pour tout n = 0, . . . , M .
4. (Existence et unicité de la solution approchée.)
Soit n ∈ {0, . . . , M − 1}. On suppose connu {uni , i = 1, . . . , N }.
(a) On suppose que ϕ est bijective de IR dans IR. Soit {un+1 i , i = 1, . . . , N . On pose ri = ϕ(un+1
i ) pour tout
n+1
i = 1, . . . , N }. Montrer que {ui , i = 1, . . . , N } est solution de (4.61) si et seulement si (ri )i=1,...,N
est un point fixe de l’application (bien définie. . . ) qui à w = (wi )i=1,...,N associe r = (ri )i=1,...,N défini
(avec w0 = w1 et wN +1 = wN ) par

2k k
ϕ−1 (ri ) + ri = 2 (wi−1 + wi+1 ) + uni + kvin , i = 1, . . . , N.
h2 h

Montrer que cette application est strictement contractante (de IR N dans IR N ) pour la norme dite “du sup”.
En déduire qu’il existe une unique famille {un+1
i , i = 1, . . . , N } solution de (4.61).
(b) (plus difficile) On ne suppose plus que ϕ est bijective de IR dans IR. Montrer qu’il existe une unique
famille {un+1
i , i = 1, . . . , N } solution de (4.61).

EDP, Télé-enseignement, M2 171


4.6. EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Les trois questions suivantes donnent des estimations sur la solution approchée dont on vient de montrer l’exis-
tence et l’unicité.
5. (Estimation L∞ (]0, 1[×]0, T [) sur la solution approchée.)
On pose A = ku0 kL∞ (]0,1[) et B = kvkL∞ (]0,1[×]0,T [) .
Montrer, par récurrence sur n, que uni ∈ [−A − nkB, A + nkB] pour tout i = 1, . . . , N et tout n = 0, . . . , M .
[On pourra, par exemple, considérer (4.61) avec i t.q. un+1
i = min{un+1
j , j = 1, . . . , N }.]
6. (Estimation de la dérivée p.r. à x de ϕ(u).) Montrer qu’il existe C1 (ne dépendant que de T , ϕ, v et u0 ) t.q., pour
tout n = 0, . . . , M − 1,

N −1
X h
(ϕ(un+1 n+1 2
i+1 ) − ϕ(ui )) ≤ C1 .
i=1
k

[indication : multiplier (4.61) par un+1


i et sommer sur i.]
7. (Estimation de la dérivée p.r. à t de ϕ(u).) Montrer qu’il existe C2 (ne dépendant que de T , ϕ, v et u0 ) t.q.

M
X −1 N
X +1
h (ϕ(un+1
i ) − ϕ(uni ))2 ≤ C2 k.
n=0 i=0

[indication : multiplier (4.61) par ϕ(un+1


i ) − ϕ(uni ) et sommer sur i et n]

L’objectif est maintenant de passer à la limite sur les paramètres


√ de discrétisation. Pour M ∈ IN? donné, on
prend N = M (et donc h et k sont donnés et k = T h), on définit, avec les uni trouvés dans les questions
2

précédentes, une fonction, uh , sur [0, 1] × [0, T ] en posant

t − nk (n+1) (n + 1)k − t (n)


uh (x, t) = uh (x) + uh (x), si t ∈ [nk, (n + 1)k]
k k
et

(n)
uh (x) = uni , si x ∈ [(i − 1)h, ih], i = 1, . . . , N , n = 0, . . . , M.
8. Soient A1 = {uh , M ∈ IN? } et A2 = {ϕ(uh ), M ∈ IN? }.
Montrer que A1 est relativement séquentiellement compacte dans L∞ (]0, 1[×]0, T [), pour la topologie faible-?,
et que A2 est relativement (séquentiellement) compacte dans C([0, T ], L2 (]0, 1[)).
En déduire que l’on √ peut trouver une suite (hn )n∈IN et u ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [) t.q., en posant un = uhn (on
rappelle que kn = T hn ), on ait, quand n → ∞,
(a) hn → 0 et kn → 0,
(b) un → u ?-faiblement dans L∞ (]0, 1[×]0, T [),
(c) ϕ(un ) → ϕ(u) dans Lp (]0, 1[×]0, T [), pour tout p ∈ [1, ∞[.
9. Montrer que la fonction u trouvée à la question précédente est solution de (4.58),(4.59).
Remarque. On peut aussi montrer l’unicité de la solution de (4.58),(4.59).

EDP, Télé-enseignement, M2 172


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Exercice 4.6 (Théorème de Kolmogorov, avec B = IR) Corrigé 4.6 Le but de cet exercice est de refaire la
démonstration du théorème 4.35 dans le cas (plus simple) B = IR et p = 1.
Soit T > 0. On note L1 l’espace L1 (]0, T [, IR). Soit (un )n∈IN une suite bornée de L1 (on a donc supn∈IN kun k1 <
+∞).
On suppose que pour tout h ∈]0, T [ et tout n ∈ IN on a
Z T −h
|un (t + h) − un (t)|dt ≤ η(h),
0

où η est une fonction croissante de ]0, T [ dans IR + t.q. limh→0+ η(h) = 0.


L’objectif de l’exercice est de démontrer que la suite (un )n∈IN est relativement compacte dans L1 .
1. Soit δ, h ∈]0, T [ t.q. δ + h ≤ T . Montrer que
Z δ Z δ Z δ
|un (t)|dt ≤ |un (t + h)|dt + |un (t + h) − un (t)|dt. (4.62)
0 0 0

2. Soit h0 ∈]0, T [ et δ ∈]0, T − h0 [, montrer que


Z δ
h0 |un (t)|dt ≤ δkun k1 + h0 η(h0 ). (4.63)
0


3. Montrer que 0
|un (t)|dt → 0 quand δ → 0+ , uniformément par rapport à n.
4. Montrer que la suite (un )n∈IN est relativement compacte dans L1 .
[Appliquer le théorème de Kolmogorov, théorème 4.34, en utilisant le prolongement de un par 0.]

4.7 Corrigés d’exercices


Corrigé 4.1 (Solution classique en dimension 1)
Soit u0 ∈ L2 (]0, 1[). On s’intéresse ici au problème suivant :

 ut (x, t) − uxx (x, t) = 0, x ∈]0, 1[, t ∈]0, +∞[,
u(0, t) = u(1, t) = 0, t ∈]0, +∞[, (4.64)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ [0, 1].

La notation ut désigne la dérivée de u par rapport à t et uxx désigne la dérivée seconde de u par rapport à x. On
dit que u est une solution classique de (4.64) si u vérifie les trois conditions suivantes
(c1) u est de classe C 2 sur ]0, 1[×]0, +∞[ et vérifie au sens classique ut − uxx = 0 en tout point de ]0, 1[×]0, +∞[,
(c2) pour tout t > 0, les fonctions u, ux et uxx sont continues sur [0, 1] × [t, +∞[ et u(0, t) = u(1, t) = 0,
(c3) u(·, t) → u0 dans L2 (]0, 1[) quand t → 0 (t > 0).
1. Montrer que le problème (4.64) admet au plus une solution classique. [On pourra reprendre la méthode déve-
loppée à la section 4.1.]
Corrigé – Si u et ū sont deux solutions classiques de (4.64). La fonction (u − ū) est alors une solution classique de
(4.64) avec u0 = 0 p.p. (sur ]0, 1[). Pour montrer que u = ū, il suffit donc de montrer que la fonction nulle est l’unique
solution de (4.64) lorsque u0 = 0 p.p..

EDP, Télé-enseignement, M2 173


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

On suppose donc que u est une solution classique de (4.64) avec u0 = 0 p.p.. On va montrer que u(x, t) = 0 pour
tout (x, t) ∈ [0, 1]×]0, +∞[.
Soit t > 0, les hypothèses (c1) et (c2) permettent de dire que
Z 1
1 1 2
Z Z 1
1 d
u2 (x, t)dx

ut (x, t)u(x, t)dx = (u )t (x, t)dx =
0 2 0 2 dt 0
et Z 1 Z 1
uxx (x, t)u(x, t)dx = − ux (x, t)2 dx.
0 0
Comme ut u − uxx u = 0 sur ]0, 1[×]0, +∞(, on en déduit que
Z 1 Z 1
1 d 2
ux (x, t)2 dx = 0.

u (x, t)dx +
2 dt 0 0
Soit 0 < ε < T < +∞. En intégrant l’équation précédente entre ε et T , on obtient
1 1 2
Z TZ 1
1 1
Z Z
u (x, T )dx + u2x (x, t)dxdt = u(x, ε)dx,
2 0 0 0 2 0
ce qui donne Z 1 Z 1
u2 (x, T )dx ≤ u2 (x, ε)dx.
0 0
R1
Quand ε → 0, le membre de droite de cette inégalité tend vers 0 (par (c3)), on a donc 0 u2 (x, T )dx = 0, ce qui
donne u(·, T ) = 0 p.p. et donc u(x, T ) = 0 pour tout x ∈ [0, 1] (car u(·, T ) est supposée être continue sur [0, 1]).
Comme T > 0 est arbitraire, on a bien montré que u(x, t) = 0 pour tout (x, t) ∈ [0, 1]×]0, +∞[.

2. Montrer que le problème (4.1) admet une solution classique. [On pourra reprendre la méthode développée à la
section 4.1 en explicitant une base hilbertienne convenable de L2 (]0, 1[), voir l’exercice 2.2.]
Corrigé –
R1
On utilise un résultat de l’exercice 2.2. Pour n ∈ IN? , on pose cn = 2 0 u0 (t) sin(nπt)dt. L’exercice 2.2. donne
que
Xn
ku0 − cp sin(pπ·)k2 → 0, quand n → ∞.
p=1

(On rappelle que k · k2 désigne k · kL2 (]0,1[) . Comme |cn | ≤ 2ku0 k2 pour tout n ∈ IN? , la suite (cn )n∈IN? est bornée.
On en déduit que la série
+∞
X 2 2
e−n π t cn sin nπx
n=1

est convergente (dans IR) pour tout x ∈ IR et t > 0. De plus, pour tout ε > 0, les séries
+∞ +∞
X 2 2 X 2 2
ne−n π ε |cn | et n2 e−n π ε |cn |
n=1 n=1
sont convergentes. Ceci montre que la fonction
+∞
2
π2 t
X
x, t 7→ e−n cn sin nπx
n=1

est, pour tout ε > 0, de classe C 2 sur IR×]ε, +∞[ (elle est même de classe C ∞ ) et que la série peut être dérivée
terme à terme, une fois en t et deux fois en x. On pose donc, pour x ∈]0, 1[ et t > 0
+∞
2
π2 t
X
u(x, t) = e−n cn sin nπx.
n=1
La fonction u ainsi définie vérifie bien les conditions (c1) et (c2).

EDP, Télé-enseignement, M2 174


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Il reste à montrer que u vérifie (c3). Soit ε > 0. Pour tout t > 0 et n0 > 0, on a
n0 n0
X 2 2 X
ku(·, t) − u0 k2 ≤ k cn (1 − e−n t ) sin(nπ·)k2 + 2ku0 − cn sin(nπ·)k2 .
n=1 n=1
On commence par choisir n0 pour que le deuxième terme du membre de droite de cette inégalité soit inférieur à ε.
Puis, comme n0 est maintenant fixé, on remarque qu’il existe t0 > 0 t.q. le premier terme du membre de droite de cette
inégalité est inférieur à ε dès que t ∈]0, t0 ]. On en déduit bien que u vérifie (c3).

Corrigé 4.2 (Dual de LpE )


Soit (X, T, m) un espace mesuré, E un espace de Banach et 1 < p < +∞. On pose p0 = p/(p − 1).
0
1. Soit v ∈ LpE 0 (X, T, m) et u ∈ LpE (X, T, m). Montrer que l’application x 7→ hv(x), u(x)iE 0 ,E est m-mesurable
de X dans IR puis que hv, uiE 0 ,E ∈ L1IR (X, T, m) et
Z
|hv, uiE 0 ,E |dm ≤ kvkLp0 kukLpE .
E0

0
Corrigé – On choisit pour u et v des représentants, de sorte que v ∈ LpE 0 (X, T, m) et u ∈ LpE (X, T, m). La m-
mesurabilité de l’application x 7→ hu(x), v(x)iE 0 ,E (notée hv, uiE 0 ,E ) est assez simple à montrer (et ne dépend pas
des représentants choisis pour u et v). Il suffit de remarquer qu’il existe deux suites de fonctions étagées (vn )n∈IN et
(un )n∈IN (vn est une fonction de X dans E 0 et un de X dans E) t.q. vn → v p.p. et un → u p.p. (quand n → +∞).
Pour tout n ∈ IN, la fonction hvn , un iE 0 ,E est alors une fonction étagée de X dans IR. Quand n → +∞, elle converge
p.p. vers la fonction hv, uiE 0 ,E qui est donc m-mesurable.
On remarque ensuite que |hv(x), u(x)iE 0 ,E | ≤ kv(x)kE 0 ku(x)kE pour tout x ∈ X. En intégrant par rapport à la
mesure m (on utilise ici la monotonie de l’intégrale pour les fonctions m-mesurables à valeurs dans IR et l’inégalité de
Hölder), on obtient que hv, uiE 0 ,E ∈ L1IR (X, T, m) (et donc hv, uiE 0 ,E ∈ L1IR (X, T, m) avec la confusion habituelle
entre L1 et L1 ) et Z Z
|hv, uiE 0 ,E |dm ≤ kvkE 0 kukE dm ≤ kvkLp0 kukLp .
E
E0

0
2. Soit v ∈ LpE 0 (X, T, m).
(a) Montrer que l’application u 7→ hv, uiE 0 ,E dm est bien définie, linéaire et continue de LpE (X, T, m) dans IR.
R

Corrigé – La question précédente donne bien que hv, uiE 0 ,E ∈ L1E (X, T, m) pour tout u ∈ LpE (X, T, m).
L’application u 7→ hv, uiE 0 ,E dm est donc bien définie de LpE (X, T, m) dans IR. Elle est trivialement linéaire. Sa
R

continuité est une conséquence du fait que


Z Z
| hv, uiE 0 ,E dm| ≤ |hv, uiE 0 ,E |dm ≤ kvkLp0 kukLp .
E
E0

On note Tv cette application (on a donc Tv ∈ LpE (X, T, m)0 .)


(b) Montrer que kTv kLpE (X,T,m)0 ≤ kvkLp0 (X,T,m) .
E0

Corrigé – Par définition de la norme dans le dual d’un espace de Banach, on a


kTv k(Lp )0 = sup{|Tv (u)|, u ∈ LpE t.q. kukLp = 1}.
E E

La question précédente donne que |Tv (u)| ≤ kvkLp0 si kukLp = 1, on a donc


E
E0

kTv kLp (X,T,m)0 ≤ kvkLp0 (X,T,m) .


E
E0

EDP, Télé-enseignement, M2 175


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

(c) (Question plus difficile) Montrer que kTv kLpE (X,T,m)0 = kvkLp0 (X,T,m) .
E0

0
Corrigé – On pose q = p . On raisonne ici en deux étapes. On commence par montrer l’égalité demandée si v est
une fonction étagée. Puis, on traite le cas général.
Etape 1
On suppose, dans cette étape, que v est une fonction étagée non nulle. Il existe donc n ∈ IN? , une famille A1 , . . . , An
d’éléments de la tribu T et une famille b1 , . . . , bn d’éléments de E 0 , non nuls, t.q.
n
X
v= bi 1Ai .
i=1

Soit ε > 0. De la définition de la norme dans E 0 , on déduit que, pour tout i ∈ {1, . . . , n}, il existe āi ∈ E t.q.
kāi kE = 1 et hbi , āi iE 0 ,E ≥ (1 − ε)kbi kE 0 .
On pose ai = kbi kq−1
E 0 āi pour tout i ∈ {1, . . . , n} et
n
X
u= ai 1Ai .
i=1
La fonction u est une fonction étagée (de X dans E) et on a
Z Xn
hv, uiE 0 ,E dm = m(Ai )hbi , ai iE 0 ,E ≥ (1 − ε)m(Ai )kbi kqE 0 = (1 − ε)kvkqLq .
E0
i=1
D’autre part, on a (comme p(q − 1) = q)
Xn n
X
p(q−1)
kukpLp = m(Ai )kbi kE 0 = m(Ai )kbi kqE 0 = kvkqLq .
E E0
i=1 i=1
On a donc
Z kvkqLq
1 E0
hv, ui E 0 ,E dm ≥ (1 − ε) q = (1 − ε)kvkLq 0 .
kukLp p E
E kvkLq
E0
u R
En posant ū = , on a donc kūkLp = 1 et hv, ūiE 0 ,E dm ≥ (1 − ε)kvkLq 0 . Ceci prouve que
kukLp E E
E

kTv k(Lp )0 ≥ (1 − ε)kvkLq 0 .


E E

Comme ε > 0 est arbitraire, on obtient donc, avec la question 2(b), kTv k(Lp )0 = kvkLq 0 .
E E
Etape 2
On traite maintenant le cas général. Soit v ∈ LqE 0 non nulle (si v = 0 p.p. l’égalité demandée est triviale). Il existe
une suite (vn )n∈IN de fonctions étagée (de X dans E 0 ) t.q. vn → v dans LqE 0 (cette suite peut se construire comme
cela a été pour la définition de L1 , c’est-à-dire en construisant vn t.q. kvn (x)kE 0 ≤ 2kv(x)kE 0 pour presque tout
x ∈ E 0 et pour tout n ∈ IN).
Soit ε > 0, il existe donc w fonction étagée t.q. kw − vkLp 0 ≤ ε. Par l’étape 1, il existe u ∈ LpE t.q. kukLp = 1 et
E E
Z
hw, uiE 0 ,E dm ≥ kwkLq 0 − ε.
E

On a donc (avec la question 1)


Z Z Z
hv, uiE 0 ,E dm = hw, uiE 0 ,E dm + hv − w, uiE 0 ,E dm ≥ kwkLq 0 − ε − kv − wkLq 0 .
E E

Comme kv − wkLq 0 ≤ ε et kwkLq 0 ≥ kvkLq 0 − ε, on a donc


E E E
Z
hv, uiE 0 ,E dm ≥ kvkLq 0 − 3ε.
E

Comme ε > 0 est arbitraire, ceci permet d’affirmer que kTv k(Lp )0 ≥ kvkLq 0 . Finalement, avec la question 2(b),
E E
on a bien kTv k(Lp )0 = kvkLq 0 .
E E

EDP, Télé-enseignement, M2 176


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Corrigé 4.3 (Diffusion non homogène et non isotrope)


On reprend les hypothèses du théorème 4.25. Soit donc Ω un ouvert borné de IR N , T > 0 et u0 ∈ L2 (Ω). On
identifie L2 (Ω) avec son dual et on suppose que f ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
On se donne aussi une application, notée A, de Ω dans MN (IR) (ensemble des matrices carrés à N lignes et
N colonnes, à coefficients dans IR). On suppose que les coefficients de A appartiennent à L∞ (Ω) et qu’il existe
α > 0 t.q.
Aξ · ξ ≥ α|ξ|2 p.p., pour tout ξ ∈ IR N .
En suivant la démonstration donnée dans ce chapitre, montrer qu’il existe un et un seul u tel que

u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),




 Z T Z T Z

 
< ut (s), v(s) >H −1 ,H01 ds + A∇u(s).∇v(s)dx ds =

0 R 0 Ω (4.65)
T
< f (s), v(s) >H −1 ,H01 ds pour tout v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),


0



u(0) = u0 p.p..

Corrigé – Si A est symétrique, le plus simple consiste à utiliser une base hilbertienne de L2 (Ω) formée de fonctions
propres de l’opérateur u 7→ −div(A∇u) (avec condition de Dirichlet, c’est-à-dire u = 0 sur ∂Ω). On prend donc une
famille {en , n ∈ IN? } t.q. en est (pour tout n) une solution faible de

−divA∇en = λn en dans Ω,
en = 0 sur ∂Ω,
avec λn ∈ IR. (On a vu dans la section 2.2 qu’une telle base existait.) La démontration de l’existence (et de l’unicité)
d’une solution de (4.65) est alors très voisine de celle donnée pour le cas où A est la matrice Identité.

Le cas où A est non symétrique est plus difficile car on n’a pas nécessairement une base hilbertienne de L2 (Ω) formée de
fonctions propres de l’opérateur u 7→ −div(A∇u). Il faut alors modifier légèrement la démonstration. On va faire cette
démonstration ici en prenant la base hilbertienne {en , n ∈ IN? } associée au Laplacien (avec condition de Dirichlet).
Pour n ∈ IN? , la fonction en est donc solution faible (non nulle) de
−∆en = λn en dans Ω,
en = 0 sur ∂Ω.

On rappelle que ken kL2 (Ω) = 1, λn > 0 et limn→+∞ λn = +∞. On a aussi ken kH 1 (Ω) = λn et la famille
√ 0
{en / λn , n ∈ IN? } est une base hilbertienne de H01 (Ω). C’était l’étape 1 de la démonstration du théorème 4.25).
0
Remarque 4.48 Compte tenu de la manière dont H01 (Ω) s’injecte dans H −1 (Ω) (par l’identification de L2 (Ω) avec
L2 (Ω)) et de la définition du produit scalaire dans H −1 (Ω) (à partir du produit scalaire dans H01 (Ω)) , on peut aussi
remarquer que
(en /em )H −1 = 0 si n 6= m,
(4.66)
(en /em )H −1 = λ1n si n = m.

La famille { λn en , n ∈ IN? } est donc une famille orthonormée de H −1 (Ω) (c’est même une base hilbertienne de
H −1 (Ω)). Pour montrer (4.66), on rappelle tout d’abord la définition du produit scalaire dans H −1 (Ω). Si u ∈ H01 (Ω),
on définit Tu dans H −1 (Ω) par Z
hTu , ϕiH −1 ,H 1 = (u/ϕ)H 1 = ∇u.∇ϕdx.
0 0

L’application T est bijective de H01 (Ω) dans H −1 (Ω). Pour u, v ∈ H01 (Ω), on définit alors le produit scalaire dans
H −1 (Ω) par Z
(Tu /Tv )H −1 (Ω) = (u/v)H 1 (Ω) = ∇u.∇vdx.
0

EDP, Télé-enseignement, M2 177


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

0
Soit n ∈ IN? , compte tenu de la manière dont H01 (Ω) s’injecte dans H −1 (Ω) (par l’identification de L2 (Ω) avec L2 (Ω)),
on a, pour tout ϕ ∈ H01 (Ω),
Z Z
λn hen , ϕiH −1 ,H 1 = λn en ϕdx = ∇en · ∇ϕdx,
0
Ω Ω
ce qui montre que Ten = λn en . On a donc, pour n, m ∈ IN? ,
Z
λn λm (en /em )H −1 (Ω) = (Ten /Tem )H −1 (Ω) = (en /em )H 1 (Ω) = ∇en · ∇em dx = λn δn,m .
0

On en déduit bien (4.66).

On construit maintenant une solution approchée (étape 2 du théorème 4.25).


?
Pn n ∈ IN . On pose En = ev{ep , p = 1, . . . n}. On cherche une solution approchée un sous la forme un (t) =
Soit
α
i=1 i (t)e i avec αi ∈ C([0, T ], IR). Le calcul formel fait dans la démonstration du théorème 4.25 donne ici (en
supposant que les αi sont dérivables pour tout t), pour tout ϕ ∈ H01 (Ω) et presque tout t ∈]0, T [,
hu0n (t) − div(A∇un (t)) − f (t), ϕiH −1 (Ω),H 1 (Ω)
0
X n  Z Z 
0
= αi (t) ei ϕdx + αi (t) A∇ei · ∇ϕdx + hf (t), ϕiH −1 (Ω),H 1 (Ω) .
0
i=1 Ω Ω

On souhaite alors choisir les fonctions αi pour que hu0n (t) − div(A∇un )(t) − f (t), ϕiH −1 (Ω),H 1 (Ω) = 0 pour tout
0
ϕ ∈ En .
On pose fi (t) = hf (t), ei iH −1 (Ω),H 1 (Ω) et on note F (t) le vecteur donc les composantes sont les fi (t), i = 1, . . . , n.
0 R
On définit aussi la matrice n × n (à coefficients réels) M en posant Mi,j = Ω A∇ej · ∇ei dx (Mi,j est le coefficient
de M en ligne i et colonne j). en notant α(t) le vecteur donc les composantes sont les αi (t), i = 1, . . . , n, on souhaite
donc avoir
α0 (t) + M α(t) = F (t).
(0)
En tenant compte de la condition initiale et en posant αi = (u0 /ei )2 et α(0) le vecteur donc les composantes sont les
(0)
αi , i = 1, . . . , n, ceci suggère donc de prendre
Z t
α(t) = e−M t α(0) + e−M (t−s) F (s)ds. (4.67)
0
1
Pn αi ainsi définies appartiennent à C([0, T ], IR) et on a donc un ∈ C([0, T ], En ) ⊂ C([0, T ], H0 (Ω)) avec
Les fonctions
un (t) = i=1 αi (t)ei .
Nous avons ici raisonné à n fixé. La matrice M et les fonctions F et α dépendent donc de n.

Nous adaptons maintenant l’étape 3 du théorème 4.25. Soit n ∈ IN? et un la solution approchée donnée par l’étape
précédente. On va préciser ici ce que vaut la dérivée (par transposition) de un . Cette dérivée est notée (un )t . Par
?
définition de la dérivation par transposition, (un )t est un élément de DE avec E = H01 (Ω). Soit ϕ ∈ Cc∞ (]0, T [, IR) on
a Z T
h(un )t , ϕiDE
? ,D = − un (t)ϕ0 (t)dt ∈ En ⊂ H01 (Ω).
0
Pn
Comme un = i=1 αi ei , on a donc
n Z
X T n
X Z T
αi (t)ei ϕ0 (t)dt = − αi (t)ϕ0 (t)dt ei .

h(un )t , ϕiDE
? ,D = −

i=1 0 i=1 0

On utilise maintenant (4.67), Z T


αi (t)ϕ0 dt = Ti + Si ,
0
avec Z T Z T
Ti = (e−M t α(0) )i ϕ0 (t)dt = (M e−M t α(0) )i ϕ(t)dt.
0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 178


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Z T Z t
e−M (t−s) F (s)ds i ϕ0 (t)dt.

Si =
0 0
Pour transformer Si on utilise le théorème de Fubini et on obtient
Z T Z t Z T
(M e−M (t−s) F (s))i ds ϕ(t)dt −

Si = fi (t)ϕ(t)dt.
0 0 0
RT RT
On en déduit que Ti + Si = (M α(t))i ϕ(t)dt − 0 fi (t)ϕ(t)dt, et donc
0
Xn Z T Xn Z T
h(un )t , ϕiD? ,D = − (M α(t))i ei ϕ(t)dt + fi (t)ei ϕ(t)dt.
i=1 0 i=1 0

Comme ϕ est arbitraire dans Cc∞ (]0, T [, IR), on a donc (p.p. en t)


X n X n
(un )t = − (M α)i ei + fi ei ∈ L2 (]0, T [, En ).
i=1 i=1
Le premier terme du membre de droite de cette égalité est même continu de [0, T ] à valeurs dans En . En reprenant la
définition de M , cette égalité donne (p.p. en t)
X n Z X n

(un )t = − A∇un · ∇ei dx ei + fi ei . (4.68)
i=1 Ω i=1
La situation est légérement différente de celle du théorème 4.25. Mais on a toujours
(un )t ∈ L2 (]0, T [, En ) ⊂ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) ⊂ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
0
Compte tenu de la manière dont H01 (Ω) s’injecte dans H −1 (Ω) (par l’identification de L2 (Ω) avec L2 (Ω)) on a pour
tout v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),
Z T n
Z TZ X Xn Z T Z
h(un )t (t), v(t)iH −1 (Ω),H 1 (Ω) dt = − (M α(t))i ei vdxdt + fi ei vdxdt.
0
0 0 Ω i=1 i=1 0 Ω
2
Ceci est intéressant surtout lorsque v ∈ L (]0, T [, En ) car en reprenant la définition de M on obtient
Z T Z TZ Xn Z T Z
h(un )t (t), v(t)iH −1 (Ω),H 1 (Ω) dt = − A∇un · ∇vdxdt + fi ei vdxdt.
0
0 0 Ω i=1 0 Ω
2
Ceci donne, en revenant à la définition de fi , toujours pour v ∈ L (]0, T [, En ),
Z T Z TZ
h(un )t (t), v(t)iH −1 (Ω),H 1 (Ω) dt + A∇un · ∇vdxdt
0
0 0 Ω
Xn Z T Z

Z T (4.69)
= hf (t), ei iH −1 (Ω),H 1 (Ω) ei vdx dt = hf (t), viH −1 (Ω),H 1 (Ω) dt.
0 0
i=1 0 Ω 0

On rapelle aussi que un ∈ C([0, T ], H01 (Ω)) et un (0) = Pn u0 où Pn est l’opérateur de projection orthogonale dans
L2 (Ω) sur le s.e.v. En .

On cherche maintenant (étape 4) des estimations sur la solution approchée.


Pour n ∈ IN? , on a
un ∈ C([0, T ], H01 (Ω)) ⊂ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et (un )t ∈ L2 (]0, T [, En ) ⊂ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
D’après la section 4.2, on a donc
Z T
1 1
kun (T )k22 − ku0 k22 = h(un )t , un iH −1 ,H 1 dt.
2 2 0
0

En prenant v = un dans (4.69), on en déduit


Z TZ Z T
1 1
kun (T )k22 − ku0 k22 + A∇un · ∇un dxdt = hf, un iH −1 ,H 1 dt,
2 2 0 Ω 0
0

et donc Z TZ Z T
1
αkun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) ≤ A∇un · ∇un dxdt ≤ ku0 k22 + hf, un iH −1 ,H 1 dt.
0
0 Ω 2 0
0

EDP, Télé-enseignement, M2 179


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

On en déduit Z T
1
αkun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) ≤ ku0 k22 + hf, un iH −1 ,H 1 dt
0 2 0
0
1
≤ ku0 k22 + kf kL2 (]0,T [,H −1 (Ω)) kun kL2 (]0,T [,H 1 (Ω))
2 0
1 1 α
≤ ku0 k22 + kf k2L2 (]0,T [,H −1 (Ω)) + kun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) .
2 2α 2 0

On a donc
1
αkun k2L2 (]0,T [,H 1 (Ω)) ≤ ku0 k22 + kf k2L2 (]0,T [,H −1 (Ω)) .
0 α
Ce qui donne une borne sur un dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)).

Pour obtenir la borne sur (un )t , on utilise (4.68). Pour presque tout t on a
Xn Z n
X

(un )t (t) = − A∇un (t) · ∇ei dx ei + fi (t)ei .
i=1 Ω i=1
1 P∞
Soit v ∈ H
Pn0 (Ω), on a v = i=1 (v/ei )L2 ei et cette série est convergente dans L2 (Ω) et dans H01 (Ω). En posant
Pn (v) = i=1 (v/ei )L2 ei on a kPn vkH01 (Ω) ≤ kvkH01 (Ω) . Comme
Z
h(un )t (t), Pn viH −1 ,H 1 = h(un )t (t), viH −1 ,H 1 = (un )t (t)vdx
0 0

Xn Z
 Xn (4.70)
=− A∇un (t) · ∇ei dx (v/ei )L2 + fi (t)(v/ei )L2 .
i=1 Ω i=1
on en déduit que
k(un )t (t)kH −1 (Ω) = sup{h(un )t (t), viH −1 ,H 1 , v ∈ En , kvkH 1 (Ω) ≤ 1}.
0 0

Or, pour v ∈ En , on obtient avec (4.70)


Z
h(un )t (t), viH −1 ,H 1 = A∇un (t) · ∇vdx + hf (t), viH −1 ,H 1 .
0 0

En utilisant le fait que les coefficients de A sont dans L∞ (Ω), on en déduit l’existence de β, ne dépendant que de A, t.q.
pour presque tout t,
k(un )t (t)kH −1 (Ω) ≤ βkun (t)kH 1 (Ω) + kf (t)kH −1 (Ω) .
0

La suite (un )n∈IN? est bornée dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)), la suite ((un )t )n∈IN? est donc bornée dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).

Il s’agit maintenant (étape 5) de passer à la limite quand n → +∞. Grâce aux estimations obtenues à l’étape précédente,
on peut supposer, après extraction éventuelle d’une sous suite, que, quand n → +∞,
un → u faiblement dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)),
(un )t → w faiblement dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
Comme nous l’avons dans la démonstration du théorème 4.25, on a w = ut .
Soit v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)). Soit n ∈ IN? . On pose vn (t) = Pn (v(t)), de sorte que, par convergence dominée, vn → v
dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)). On utilise alors (4.69) avec vn au lieu de v . On obtient
Z T Z TZ Z T
h(un )t , vn iH −1 ,H 1 dt + A∇un · ∇vn dxdxdt = hf, vn iH −1 ,H 1 dt.
0 0
0 0 Ω 0
Les trois termes de cette égalité passent à limite quand n → +∞ grâce aux convergences de un , vn et (un )t . On obtient
ainsi Z T Z Z T T
hut , viH −1 ,H 1 dt + A∇u · ∇vdxdt = hf, viH −1 ,H 1 dt.
0 0
0 0 0
Ce qui est bien ce qui était souhaité.

EDP, Télé-enseignement, M2 180


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Comme u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), on sait que u ∈ C([0, T ], L2 (Ω)). Pour terminer la
démonstration du fait que u est solution de (4.65), il reste donc seulement à montrer que u(0) = u0 p.p. ( c’est-à-
dire u(0) = u0 dans L2 (Ω)). La démonstration de ce point est identique à celle donnée dans la démonstration du
théorème 4.25. Cela termine la démonstration de l’existence d’une solution à (4.65).

On montre maintenant l’unicité de la solution de (4.65). La démonstration est très proche de celle donnée pour le théorème
4.25. Soit u1 , u2 deux solutions de (4.65). On pose u = u1 − u2 . En faisant la différence des équations satisfaites par u1
et u2 et en prenant, pour t ∈ [0, T ], v = u1]0,t[ comme fonction test, on obtient
Z t Z tZ
hut (s), u(s)iH −1 ,H 1 ds + A∇u(s) · ∇u(s)dxds = 0.
0
0 0 Ω
Comme u ∈ L 2
et ut ∈ L (]0, T [, H −1 (Ω)), on a, d’après la section 4.2,
(]0, T [, H01 (Ω)) 2
Z t
1
(ku(t)k22 − (ku(0)k22 ) = hut (s), u(s)iH −1 ,H 1 ds.
2 0
0

On en déduit, pour tout t ∈ [0, T ],


Z tZ
(ku(t)k22 − (ku(0)k22 ) + 2 A∇u(s) · ∇u(s)dxdt = 0.
0 Ω
Enfin, comme u(0) = 0 et A∇u · ∇u ≥ 0 p.p., on obtient bien, finalement, u(t) = 0 p.p. dans Ω, pour tout t ∈ [0, T ].
Ce qui termine la démonstration de l’unicité de la solution de (4.65).

Corrigé 4.4 (Existence par le théorème de Schauder)


Soit Ω un ouvert borné de IR N et A : IR → MN (IR) (où MN (IR) désigne les matrices N × N à coefficients réels)
t.q.

∀s ∈ IR, A(s) = (ai,j (s))i,j=1,...,N où ai,j ∈ L∞ (IR) ∩ C(IR, IR), (4.71)


2 N
∃α > 0; A(s)ξ · ξ ≥ α|ξ| , ∀ξ ∈ IR , ∀s ∈ IR, (4.72)
2 −1 2
f ∈ L (]0, T [, H (Ω)) et u0 ∈ L (Ω). (4.73)
0
On identifie L2 (Ω) à L2 (Ω) , comme d’habitude. On veut, dans cet exercice, montrer l’existence d’une solution au
problème (4.32).
Soit ū ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)), on définit l’opérateur T de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)) par T (ū) = u
où u est la solution (donnée par l’exercice 4.3) du problème

u ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)),




T Z TZ

 Z

hut , viH −1 ,H 1 dt + A(ū)∇u · ∇v dx dt



0
0 Z T 0 Ω (4.74)
2 1
hf, ∀v ∈



 = vi −1
H ,H0 1 dt, L (]0, T [, H0 (Ω)),
0


u(·, 0) = u0 .

1. Montrer que T est continu de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).


Corrigé – Soit (ūn )n∈IN une suite de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) et ū ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)) t.q. ūn → ū dans L2 (]0, T [,
L2 (Ω)) quand n → +∞. On pose un = T (ūn ) et u = T (ū). Pour montrer que un → u dans L2 (]0, T [, L2 (Ω))
quand n → +∞ , on raisonne par l’absurde. Si un 6→ u dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)), il existe ε > 0 et une sous suite,
encore notée (un )n∈IN , t.q.
kun − ukL2 (]0,T [,L2 (Ω)) ≥ ε pour tout n ∈ IN. (4.75)

EDP, Télé-enseignement, M2 181


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Pour n ∈ IN, un est la solution de (4.74) avec ūn au lieu de ū. En prenant v = un comme fonction test, on en déduit,
grâce à (4.72), que la suite (un )n∈IN est bornée dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)). Puis, comme
(un )t = div(A(ūn )∇un ) + f
−1
2
dans L (]0, T [, H (Ω)), on en déduit que la suite ((un )t )n∈IN est bornée dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).

Après extraction éventuelle de sous suite, on peut donc supposer qu’il existe w ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et ζ ∈ L2 (]0, T [,
H −1 (Ω)) t.q., quand n → +∞,
un → w faiblement dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)),
(un )t → ζ faiblement dans L2 (]0, T [, H −1 (Ω)).
Par le théorème 4.37, on a aussi un → u dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).
Comme cela a été montré dans la démonstration du théorème 4.25 on a nécessairement ζ = wt .
On peut également supposer, toujours après extraction de sous suite, que ūn → ū p.p. de sorte que A(ūn ) → A(ū)
p.p. (grâce à la continuité des ai,j ).
Soit v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), on peut alors passer à la limite quand n → +∞ dans (4.74) écrit avec ūn et un (au lieu
de ū et u). On obtient que w est la solution de (4.74), c’est-à-dire que w = u = T (ū). On a donc un → u dans
L2 (]0, T [, L2 (Ω)), en contradiction avec (4.75).
On a bien ainsi montré la continuité de T .

2. Montrer que T est compact de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).


Corrigé – Le début du raisonnement de la question précédente montre que Im(T ) est bornée dans L2 (]0, T [, H01 (Ω))
et que {ut , u ∈ Im(T )} est une partie bornée de L2 (]0, T [, H −1 (Ω)). Le lemme de compacité 4.31 donne alors que
Im(T ) est relativement compacte dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)), ce qui donne la compacité de T .

3. Montrer qu’il existe R > 0 t.q. kT (ū)kL2 (]0,T [,L2 (Ω)) ≤ R pour tout u ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω)).
Corrigé – Ici encore, ceci découle du raisonnement fait à la première question. En effet, on sait que Im(T ) est bornée
dans L2 (]0, T [, H01 (Ω)) et donc aussi dans L2 (]0, T [, L2 (Ω)).

4. Montrer qu’il existe u solution de (4.32).


Corrigé – On note BR la boule de L2 (]0, T [, L2 (Ω)) de centre 0 et de rayon R, avec R donné à la question pré-
cédente. L’opérateur T est continu et compact de BR dans BR . Le théorème de Schauder donne alors l’existence de
u ∈ BR (et donc u ∈ L2 (]0, T [, L2 (Ω))) t.q. u = T (u), c’est-à-dire u solution de (4.32).

5. On suppose maintenant de plus que ai,j est, pour tout i, j, une fonction lipschitzienne. Montrer que (4.32) admet
une unique solution.
Corrigé – La démonstration est ici très proche de celle faite pour montrer l’unicité de la solution de (4.33).
Soit u1 , u2 deux solutions de (4.32). On pose u = u1 − u2 et on va montrer que u = 0 p.p..
Pour ε > 0 on définit la fonction Tε de IR dans IR par Tε (s) = max{−ε, min{s, ε}}. On note aussi φε la primitive
de Tε s’annulant en 0. En prenant v = Tε (u) dans les formulations faibles satisfaites par u1 et u2 , on obtient
Z T Z TZ
hut , Tε (u)iH −1 ,H 1 dt + A(u1 )∇u · ∇Tε (u)dxdt
0
0 Z TZ 0 Ω

= (A(u2 ) − A(u1 ))∇u2 · ∇Tε (u)dxdt.


0 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 182


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Comme ∇Tε (u) = ∇u10<|u|<ε p.p., on en déduit que


Z Z Z TZ
φε (u(x, T ))dx − φε (u(x, 0))dx + α ∇u · ∇u10<|u|<ε dxdt
Ω ΩZ 0 Ω (4.76)
T Z
≤ |(A(u1 ) − A(u2 ))∇u2 ||∇u|10<|u|<ε dxdt.
0 Ω
Comme les ai,j sont des fonctions lipschitziennes, il existe L t.q., pour tout i, j ∈ {1, . . . , N } et s1 , s2 ∈ IR,
|ai,j (s1 ) − ai,j (s2 )| ≤ L|s1 − s2 |,
On utilise alors le fait que u0 = 0 p.p. et φε ≥ 0 pour déduire de (4.76), avec Aε = {0 < |u| < ε} et y = (x, t),
Z TZ Z 1 Z T Z 1
2 2
α |∇Tε (u)|2 dxdt ≤ N 2 Lε |∇u2 |2 dy |∇Tε (u)|2 dxdt .
0 Ω Aε 0 Ω
On a donc αk| ∇Tε (u) |kL2 (Q) ≤ aε ε, avec Q =]0, T [×Ω et
Z 1
2
aε = N 2 L |∇u2 |2 dy .

Comme ∩ε>0 Aε = ∅ la continuité décroissante d’une mesure donne que la mesure de Lebesgue (N +1 dimensionnelle)
de Aε tend vers 0 quand ε → 0 et on a donc, comme ∇u2 ∈ L2 (Q)N , (noter que L2 (Q) peut être identifié à
L2 (]0, T [, L2 (Ω))) Z
lim |∇u2 |2 dy = 0,
ε→0 Aε
?
ce qui donne limε→0 aε = 0. Il nous reste maintenant à utiliser, par exemple, l’injection de W01,1 (Ω) dans L1 (Ω).
elle donne pour t ∈]0, T [,
kTε (u(t))kL1? (Ω) ≤ k|∇Tε (u(t))|kL1 (Ω) . (4.77)
On désigne par “mes” le mesure de le Lebesgue dans IR N . On remarque maintenant que pour t ∈]0, T [
Z
1 ? 1
εmes{|u(t)| ≥ ε} 1? ≤ ( |Tε (u)|1 dx) 1? .

On a donc, avec (4.77),
Z
1
εmes{|u(t)| ≥ ε} 1? ≤ k| ∇Tε (u(t)) |kL1 (Ω) = |∇Tε (u(x, t))|dx,

et, en intégrant par rapport à t, sachant que 1/1? = (N − 1)/N et utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
Z T Z TZ
N −1 1
ε mes{|u(t)| ≥ ε} N dt ≤ |∇Tε (u(x, t))|dxdt ≤ k |∇Tε (u)| kL2 (Q) (T mes(Ω)) 2
0 0 Ω
1
(T mes(Ω)) 2
≤ aε ε.
α
On a donc 1
Z T
(T mes(Ω)) 2 N −1
mes{|u(t)| ≥ ε} aε . N dt ≤
0 α
quand ε → 0, par convergence dominée, on en déduit (comme limε→0 aε = 0)
Z T
N −1
mes{|u(t)| > 0} N dt ≤ 0.
0
Ce qui donne mes{|u(t)| > 0} = 0 p.p. en t ∈]0, T [ et donc u = 0 p.p., ce qui termine cette preuve d’unicité.

Corrigé 4.5 (Existence par schéma numérique)


On se propose, dans cet exercice, de montrer l’existence d’une solution faible au problème (4.78)-(4.80) en passant
à la limite sur un solution approchée donnée par un schéma numérique.

∂u ∂ 2 ϕ(u)
(x, t) − (x, t) = v(x, t), x ∈]0, 1[, t ∈]0, T [, (4.78)
∂t ∂x2

EDP, Télé-enseignement, M2 183


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

∂ϕ(u) ∂ϕ(u)
(0, t) = (1, t) = 0, t ∈]0, T [, (4.79)
∂x ∂x
u(x, 0) = u0 (x), x ∈]0, 1[, (4.80)
où ϕ, v, T , u0 sont donnés et sont t.q.
1. T > 0, v ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [),
2. ϕ croissante, lipschitzienne de IR dans IR,
3. u0 ∈ L∞ (]0, 1[) et ϕ(u0 ) lipschitzienne de [0, 1] dans IR.
Un exemple important est donné par ϕ(s) = α1 s si s ≤ 0, ϕ(s) = 0 si 0 ≤ s ≤ L et ϕ(s) = α2 (s − L) si s ≥ L,
avec α1 , α2 et L donnés dans IR ?+ . Noter pour cet exemple que ϕ0 = 0 sur ]0, L[.
Les ensembles ]0, 1[ et ]0, 1[×]0, T [ sont munis de leur tribu borélienne et de la mesure de Lebesgue sur cette tribu.
On appelle “solution faible” de (4.78), (4.79), (4.80) une solution de

u ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [), (4.81)

T 1
∂2ψ
Z Z
∂ψ
(u(x, t) (x, t) + ϕ(u(x, t)) 2 (x, t) + v(x, t)ψ(x, t))dxdt
0 0 ∂t ∂x (4.82)
Z 1
+ u0 (x)ψ(x, 0)dx = 0, ∀ψ ∈ CT2,1 (IR 2 ),
0

où CT2,1 (IR 2 ) 2
= {ψ : IR → IR, 2 fois continûment dérivable par rapport à x et une fois continûment dérivable
∂ψ ∂ψ
par rapport à t, t.q. (0, t) = (1, t) = 0 pour tout t ∈ [0, T ] et ψ(x, T ) = 0 pour tout x ∈ [0, 1]}.
∂x ∂x
1. (Question indépendante des questions suivantes.) On suppose, dans cette question seulement, que ϕ est de classe
C 2 , v est continue sur [0, 1] × [0, T ] et u0 est continue sur [0, 1]. Soit w ∈ C 2 (IR 2 , IR) et u la restriction de w
à ]0, 1[×]0, T [. Montrer que u est solution de (4.81),(4.82) si et seulement si u vérifie (4.78), (4.79) et (4.80) au
sens classique ( c’est-à-dire pour tout (x, t) ∈ [0, 1] × [0, T ]).
2. (Un résulat de compacité.) Soit A ⊂ C([0, T ], L2 (]0, 1[)). On munit C([0, T ], L2 (]0, 1[)) de la norme usuelle,
c’est-à-dire
kuk = sup{ku(t)kL2 (]0,1[) , t ∈ [0, T ]}.
On suppose que A vérifie les 2 hypothèses suivantes
(a) Pour tout t ∈ [0, T ], {u(t), u ∈ A} est un borné de L∞ (]0, 1[) et il existe C t.q.
Z
|u(t)(x + η) − u(t)(x)|2 dx ≤ Cη,
IR

pour tout η ∈ IR ?+ et tout u ∈ A, avec u(t) prolongée par 0 hors de [0, 1].
(b) Il existe C ∈ IR t.q. ku(t) − u(s)kL2 (]0,1[) ≤ C|t − s|, pour tout t, s ∈ [0, T ] et tout u ∈ A.
Montrer que A est relativement compacte dans C([0, T ], L2 (]0, 1[)).
3. (Passage à la limite sur une non linéarité, cette question est indépendante de la question précédente.)
Soit (un )n∈IN une suite bornée de L∞ (]0, 1[×]0, T [). Soient u ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [) et f ∈ L1 (]0, 1[×]0, T [).
On suppose que, quand n → ∞,
(a) un → u ?-faiblement dans L∞ (]0, 1[×]0, T [),

EDP, Télé-enseignement, M2 184


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

(b) ϕ(un ) → f dans L1 (]0, 1[×]0, T [) et p.p..


Montrer que ϕ(u) = f p.p. sur ]0, 1[×]0, T [.
[Indication : Utiliser l’astuce de Minty. . . ]

On cherche maintenant une solution approchée de (4.78),(4.79),(4.80).


1 T
Soient N, M ∈ IN? . On pose h = et k = . On va construire une solution approchée de (4.78),(4.79),(4.80)
n
N M
à partir de la famille {ui , i = 1, . . . , N, n = 0, . . . , M } vérifiant les équations suivantes
Z ih
1
u0i = u0 (x)dx, i = 1, . . . , N, (4.83)
h (i−1)h

un+1 − uni ϕ(un+1


i−1 ) − 2ϕ(ui
n+1
) + ϕ(un+1
i+1 )
i
− = vin , i = 1, . . . , N, n = 0, . . . , M − 1, (4.84)
k h2
Z (n+1)k Z ih
1
avec un+1
0 = u n+1
1 , un+1
N +1 = u n+1
N , pour tout n = 0, . . . , M − 1 et v n
i = v(x, t)dxdt, pour
kh nk (i−1)h
tout i = 1, . . . , N , pour tout n = 0, . . . , M .
4. (Existence et unicité de la solution approchée.)
Soit n ∈ {0, . . . , M − 1}. On suppose connu {uni , i = 1, . . . , N }.
(a) On suppose que ϕ est bijective de IR dans IR. Soit {un+1 i , i = 1, . . . , N . On pose ri = ϕ(un+1
i ) pour tout
n+1
i = 1, . . . , N }. Montrer que {ui , i = 1, . . . , N } est solution de (4.84) si et seulement si (ri )i=1,...,N
est un point fixe de l’application (bien définie. . . ) qui à w = (wi )i=1,...,N associe r = (ri )i=1,...,N défini
(avec w0 = w1 et wN +1 = wN ) par
2k k
ϕ−1 (ri ) + 2
ri = 2 (wi−1 + wi+1 ) + uni + kvin , i = 1, . . . , N.
h h
Montrer que cette application est strictement contractante (de IR N dans IR N ) pour la norme dite “du sup”.
En déduire qu’il existe une unique famille {un+1 i , i = 1, . . . , N } solution de (4.84).
(b) (plus difficile) On ne suppose plus que ϕ est bijective de IR dans IR. Montrer qu’il existe une unique
famille {un+1
i , i = 1, . . . , N } solution de (4.84).

Les trois questions suivantes donnent des estimations sur la solution approchée dont on vient de montrer l’exis-
tence et l’unicité.
5. (Estimation L∞ (]0, 1[×]0, T [) sur la solution approchée.)
On pose A = ku0 kL∞ (]0,1[) et B = kvkL∞ (]0,1[×]0,T [) .
Montrer, par récurrence sur n, que uni ∈ [−A − nkB, A + nkB] pour tout i = 1, . . . , N et tout n = 0, . . . , M .
[On pourra, par exemple, considérer (4.84) avec i t.q. un+1
i = min{un+1
j , j = 1, . . . , N }.]
6. (Estimation de la dérivée p.r. à x de ϕ(u).) Montrer qu’il existe C1 (ne dépendant que de T , ϕ, v et u0 ) t.q., pour
tout n = 0, . . . , M − 1,

N −1
X h
(ϕ(un+1 n+1 2
i+1 ) − ϕ(ui )) ≤ C1 .
i=1
k

[indication : multiplier (4.84) par un+1


i et sommer sur i.]

EDP, Télé-enseignement, M2 185


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

7. (Estimation de la dérivée p.r. à t de ϕ(u).) Montrer qu’il existe C2 (ne dépendant que de T , ϕ, v et u0 ) t.q.

M
X −1 N
X +1
h (ϕ(un+1
i ) − ϕ(uni ))2 ≤ C2 k.
n=0 i=0

[indication : multiplier (4.84) par ϕ(un+1


i ) − ϕ(uni ) et sommer sur i et n]

L’objectif est maintenant de passer à la limite sur les paramètres


√ de discrétisation. Pour M ∈ IN? donné, on
prend N = M 2 (et donc h et k sont donnés et k = T h), on définit, avec les uni trouvés dans les questions
précédentes, une fonction, uh , sur [0, 1] × [0, T ] en posant

t − nk (n+1) (n + 1)k − t (n)


uh (x, t) = uh (x) + uh (x), si t ∈ [nk, (n + 1)k]
k k
et

(n)
uh (x) = uni , si x ∈ [(i − 1)h, ih], i = 1, . . . , N , n = 0, . . . , M.
8. Soient A1 = {uh , M ∈ IN? } et A2 = {ϕ(uh ), M ∈ IN? }.
Montrer que A1 est relativement séquentiellement compacte dans L∞ (]0, 1[×]0, T [), pour la topologie faible-?,
et que A2 est relativement (séquentiellement) compacte dans C([0, T ], L2 (]0, 1[)).
En déduire que l’on √ peut trouver une suite (hn )n∈IN et u ∈ L∞ (]0, 1[×]0, T [) t.q., en posant un = uhn (on
rappelle que kn = T hn ), on ait, quand n → ∞,
(a) hn → 0 et kn → 0,
(b) un → u ?-faiblement dans L∞ (]0, 1[×]0, T [),
(c) ϕ(un ) → ϕ(u) dans Lp (]0, 1[×]0, T [), pour tout p ∈ [1, ∞[.
9. Montrer que la fonction u trouvée à la question précédente est solution de (4.81),(4.82).
Remarque. On peut aussi montrer l’unicité de la solution de (4.81),(4.82).

Corrigé 4.6 (Théorème de Kolmogorov, avec B = IR) Le but de cet exercice est de refaire la démonstration du
théorème 4.35 dans le cas (plus simple) B = IR et p = 1.
Soit T > 0. On note L1 l’espace L1IR (]0, T [, B(]0, T [), λ). Soit (un )n∈IN une suite bornée de L1 (on a donc
supn∈IN kun k1 < +∞).
On suppose que pour tout h ∈]0, T [ et tout n ∈ IN on a
Z T −h
|un (t + h) − un (t)|dt ≤ η(h),
0

où η est une fonction croissante de ]0, T [ dans IR + t.q. limh→0+ η(h) = 0.


L’objectif de l’exercice est de démontrer que la suite (un )n∈IN est relativement compact dans L1 .
1. Soit δ, h ∈]0, T [ t.q. δ + h ≤ T . Montrer que
Z δ Z δ Z δ
|un (t)|dt ≤ |un (t + h)|dt + |un (t + h) − un (t)|dt. (4.85)
0 0 0

EDP, Télé-enseignement, M2 186


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Corrigé – Pour tout t ∈]0, δ[ on a |un (t)| ≤ |un (t + h)| + |un (t + h) − un (t)|. En intégrant cette inégalité entre 0
et δ, on obtient bien (4.85).

2. Soit h0 ∈]0, T [ et δ ∈]0, T − h0 [, montrer que


Z δ
h0 |un (t)|dt ≤ δkun k1 + h0 η(h0 ). (4.86)
0

Corrigé – Comme d’habitude, on choisit pour un l’un de représentants, de sorte que un ∈ L1IR (]0, T [, B(]0, T [), λ)
(pour tout n ∈ IN).

L’inégalité (4.85) est vraie pour tout h ∈]0, h0 [. En intégrant (4.85) entre 0 et h0 et en remarquant que 0 |un (t +
h) − un (t)|dt ≤ η(h) ≤ η(h0 ) (car h ≤ h0 et δ ≤ T − h0 ≤ T − h) on obtient
Z δ Z h0 Z δ Z h0 Z δ
 
h0 |un (t)|dt ≤ |un (t + h)|dt dh + |un (t + h) − un (t)|dt dh
0 0 0 0 0
Z h0 Z δ 
≤ |un (t + h)|dt dh + h0 η(h0 ).
0 0
La mesure de Lebesgue est σ-finie et l’application (t, h) 7→ un (t + h) est borélienne de ]0, δ[×]0, h0 [ dans IR (car
c’est la composée de (t, h) 7→ t + h qui est continue donc borélienne et de s 7→ un (s) qui est borélienne). On peut
donc appliquer le théorème de Fubini-Tonelli pour obtenir que
Z h0 Z δ Z δ Z h0
 
|un (t + h)|dt dh = |un (t + h)|dh dt
0 0 0 0
Z δ Z T 
≤ |un (s)|ds ≤ δkun k1 .
0 0
On en déduit (4.86).


3. Montrer que 0
|un (t)|dt → 0 quand δ → 0+ , uniformément par rapport à n.
Corrigé – Soit ε > 0. On choisit d’abord h0 ∈]0, T [ t.q. η(h0 ) ≤ ε. Puis, avec C = supn∈IN kun k1 , on pose
δ = min{T − h0 , εh0 /C}. On obtient alors, pour tout n ∈ IN,
Z δ
0≤δ≤δ⇒ |un (t)|dt ≤ 2ε.
0

On a donc 0
|un (t)|dt → 0 quand δ → 0+ , uniformément par rapport à n.
RT
Une démonstration analogue donne aussi que T −δ |un (t)|dt → 0 quand δ → 0+ , uniformément par rapport à n (il
suffit de raisonner avec vn (t) = un (T − t)).

4. Montrer que la suite (un )n∈IN est relativement compacte dans L1 .


[Appliquer le théorème de Kolmogorov, théorème 4.35, qui utilise le prolongement de un par 0.]
Corrigé – On prolonge un par 0 hors de ]0, T [ (et on note toujours un la fonction prolongée). Pour appliquer le
théorème 4.35, il suffit de montrer que
Z
|un (t + h) − un (t)|dt → 0 quand h → 0+ , uniformément par rapport à n ∈ IN.
IR

EDP, Télé-enseignement, M2 187


4.7. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 4. PARABOLIQUE

Pour cela, on remarque que pour h > 0 et n ∈ IN,


Z
|un (t + h) − un (t)|dt
IR
Z 0 Z T −h Z T
≤ |un (t + h)|dt + |un (t + h) − un (t)|dt + |un (t)|dt
−h 0 T −h
Z h Z T −h Z T
= |un (t)|dt + |un (t + h) − un (t)|dt + |un (t)|dt.
0 0 T −h
Soit ε > 0. Il existe h1 > 0 t.q. η(h1 ) ≤ ε. Puis, avec la question précédente, il existe h2 > 0 t.q. (pour tout n ∈ IN)
Z h Z T
0 ≤ h ≤ h2 ⇒ |un (t)|dt ≤ ε et |un (t)|dt ≤ ε.
0 T −h
Avec h3 = min{h1 , h2 }, on a donc (pour tout n ∈ IN)
Z
0 ≤ h ≤ h3 ⇒ |un (t + h) − un (t)|dt ≤ 3ε.
IR
Ceci termine la question.

EDP, Télé-enseignement, M2 188


Chapitre 5

Problèmes hyperboliques

Dans ce chapitre, nous allons nous intéresser aux équations hyperboliques scalaires, et nous allons démontrer
le théorème d’existence et d’unicité de la solution entropique dû à Kruskov. Nous n’aborderons pas le cas des
systèmes, pour lesquels la théorie reste pour le moment très incomplète. Nous commençons par le cas unidimen-
sionnel.

5.1 Le cas unidimensionnel


Les équations de type hyperbolique interviennent principalement en mécanique des fluides (aéronautique, écoule-
ments diphasiques, modélisation de rupture de barrage et d’avalanches). Elles sont souvent obtenues en négligeant
les phénomènes de diffusion (parce qu’ils sont faibles à l’échelle considérée) dans les équations de conservation
de la mécanique. L’exemple le plus classique d’équation hyperbolique linéaire est l’équation de transport (ou d’ad-
vection).
ut − ux = 0, t ∈ IR + , x ∈ IR, (5.1)
avec condition initiale :
u(x, 0) = u0 (x). (5.2)
Dans le cas où la condition initiale u0 est suffisamment régulière, il est facile de voir que la fonction :

u(x, t) = u0 (x + t), (5.3)

est solution de (5.1)-(5.2). Si u0 est non régulière (par exemple discontinue), nous verrons qu’il y a encore moyen
de montrer que la fonction définie par (5.3) est solution en un sens que nous qualifierons de “faible”.
Si l’équation est non linéaire, i.e.
ut + (f (u))x = 0, t ∈ IR + , x ∈ IR, (5.4)
avec par exemple f (u) = u2 , et condition initiale (5.2), on peut encore définir des solutions faibles, mais leur
calcul est plus difficile.

Remarque 5.1 Sur le plan de la simulation numérique, les équations hyperboliques sont discrétisées de manière
usuelle par la méthode des volumes finis. Les discrétisations par éléments finis mènent souvent à des schémas
instables (en particulier, les solutions discrètes ne vérifient pas certaines propriétés physiques souvent souhaitées).

189
5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

On se donne f ∈ C 1 (IR, IR) et u0 ∈ C 1 (IR) et on considère maintenant l’équation hyperbolique non linéaire :

ut + (f (u))x = 0, (x, t) ∈ IR × IR + ,
(5.5)
u(x, 0) = u0 (x).

Commençons par donner la définition de solution classique de ce problème même si, comme nous le verrons après,
le problème (5.5) n’a pas, en général, de solution classique.
Notations. Soit Q une partie de IR p (p ≥ 1) et k ∈ IN. On dit que u ∈ C k (Q̄) si u est la restriction à Q d’une
fonction de classe C k sur IR p . (Ceci est équivalent à la définition usuelle si k = 0. Bien sûr, cette définition
s’applique aussi si Q est fermé et donc Q̄ = Q.) On utilisera aussi la notation u ∈ Cck (Q) qui signifie que
u ∈ C k (Q̄) et qu’il existe K ⊂ Q, K compact t.q. u = 0 sur K c . Cette notation sera utilisée par exemple pour
Q = IR × IR + ou Q = IR × [0, T [.

Définition 5.2 (Solution classique) On suppose que u0 ∈ C 1 (IR) et f ∈ C 1 (IR, IR). Alors u est solution clas-
sique de (5.5) si u ∈ C 1 (IR × IR + , IR) et u vérifie

(ut + (f (u))x )(x, t) = 0, ∀(x, t) ∈ IR × IR ?+ ,



u(x, 0) = u0 (x), ∀x ∈ IR.

Avant de donner un résultat de non existence d’une solution classique (proposition 5.5), nous rappelons le résultat
classique d’existence et d’unicité locale de solutions pour une équation différentielle non linéaire (théorème de
Cauchy-Lipschitz), avec une fonction a localement lipschitzienne de IR × IR + dans IR et x0 ∈ IR,

x (t) = a(x(t), t), t ∈ IR ?+ ,


 0
(5.6)
x(0) = x0 .

Pour tout T > 0, le problème (5.6) admet au plus une solution (classique) définie sur [0, T [. Il existe Tmax > 0
(éventuellement égal à +∞) et une fonction u continue sur [0, Tmax [, de classe C 1 sur ]0, Tmax [, solution (clas-
sique) de (5.6). De plus, si Tmax < +∞ alors |x(t)| → +∞ lorsque t → Tmax .
Soit u une solution classique de (5.5). On pose alors a(x, t) = f 0 (u(x, t)) (de sorte que a ∈ C(IR × IR + , IR)). Il
est clair que la fonction u est alors une solution classique du problème suivant :

ut (x, t) + a(x, t)ux (x, t) = 0, (x, t) ∈ IR × IR ?+ ,



(5.7)
u(x, 0) = u0 (x).
Nous donnons maintenant la définition des courbes caractéristiques pour l’équation (5.7), qui permet le lien entre
les équations hyperboliques linéaires et les équations différentielles ordinaires.
Définition 5.3 (Courbe caractéristique) a localement lipschitzienne de IR × IR + dans IR et x0 ∈ IR, On appelle
courbe caractéristique du problème (5.7) issue de x0 ∈ IR, la courbe définie par le problème de Cauchy suivant :
( 0
x (t) = a(x(t), t)
(5.8)
x(0) = x0

Proposition 5.4 (Solutions classiques et courbes caractéristiques) Soit f ∈ C 2 (IR, IR), u0 ∈ C 1 (IR) et u une
solution classique de (5.5). Alors, pour tout x0 ∈ IR et tout t ∈ IR + , on a u(x0 + f 0 (u0 (x0 ))t, t) = u0 (x0 ).
Autrement dit, pour tout x0 ∈ IR, la fonction u est constante sur la droite t 7→ x(t) = x0 + f 0 (u0 (x0 ))t. (Cette
droite est la courbe caractéristique du problème (5.7) issue de x0 ∈ IR avec a(x, t) = f 0 (u(x, t)).)

EDP, Télé-enseignement, M2 190


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Démonstration On pose a(x, t) = f 0 (u(x, t)). Comme f ∈ C 2 (IR, IR) et que u ∈ C 1 (IR × IR + , IR), La fonction
a est bien a localement lipschitzienne de IR × IR + dans IR. Le théorème de Cauchy-Lipschitz s’applique donc
pour le problème (5.7). Soit x0 ∈ IR, le problème (5.7) a alors une solution maximale x(t) définie sur [0, Tmax [,
et |x(t)| tend vers l’infini lorsque t tend vers Tmax si Tmax < +∞. Les trois étapes de la démonstration sont les
suivantes :
1. Comme u est solution classique, on a u(x(t), t) = u0 (x0 ), ∀t ∈ [0, Tmax [, et donc u (solution de (5.5)) est
constante sur la droite caractéristique issue de x0 . En effet, soit ϕ définie par ϕ(t) = u(x(t), t) ; en
dérivant ϕ, on obtient : ϕ0 (t) = ut (x(t), t) + ux (x(t), t)x0 (t). Comme x vérifie (5.8), ceci entraîne :
ϕ0 (t) = ut (x(t), t) + f 0 (u(x(t), t))ux (x(t), t), et donc

ϕ0 (t) = (ut + (f (u))x )(x(t), t) = 0.

La fonction ϕ est donc constante, et on a :

u(x(t), t) = ϕ(t) = ϕ(0) = u(x(0), 0) = u(x0 , 0) = u0 (x0 ), ∀t ∈ [0, Tmax [.

2. Les courbes caractéristiques sont des droites, car u(x(t), t) = u0 (x0 ), ∀t ∈ [0, Tmax [, et donc x0 (t) =
f 0 (u0 (x0 )). En intégrant, on obtient que le système (5.8) décrit la droite d’équation :

x(t) = f 0 (u0 (x0 ))t + x0 . (5.9)

3. Tmax = +∞ et donc u(x, t) = u0 (x0 ) ∀t ∈ [0, +∞[.


En effet, puisque x vérifie (5.9), on a donc, si Tmax < ∞,

lim |x(t)| < +∞. On en déduit que Tmax = +∞.


t→Tmax

Proposition 5.5 (Non existence d’une solution classique) Soit f ∈ C 2 (IR, IR), on suppose que f 0 n’est pas
constante, alors il existe u0 ∈ Cc∞ (IR) telle que (5.5) n’admette pas de solution classique.

Démonstration Comme f 0 est non constante, il existe v0 , v1 tel que f 0 (v0 ) > f 0 (v1 ), et on peut construire u0 ∈
Cc∞ (IR, IR) telle que u0 (x0 ) = v0 et u0 (x1 ) = v1 , où x0 et x1 sont donnés et x0 < x1 , voir figure 5.1. Supposons

t
x(t) = x0 + f 0 (v0 )t
u0 (x)
x(t) = x1 + f 0 (v1 )t

u1

u0

x x

x0 x1 x0 x1

F IGURE 5.1 – Droites caractéristiques, cas non linéaire

que u soit solution classique avec cette donnée initiale. Alors, par la proposition 5.4 :

u(x0 + f 0 (u0 (x0 ))t, t) = u0 (x0 ) = v0 et u(x1 + f 0 (u0 (x1 ))t, t) = u0 (x1 ) = v1 .

EDP, Télé-enseignement, M2 191


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Soit T tel que x0 + f 0 (v0 )T = x1 + f 0 (v1 )T = x̄, c’est à dire


x1 − x0
T = .
f 0 (v0 ) − f 0 (v1 )

On a alors :
u(x̄, T ) = u0 (x0 ) = v0 = u0 (x1 ) = v1 ,
ce qui est impossible. On en conclut que (5.5) n’admet pas de solution classique pour cette donnée initiale.

Définition 5.6 (Solution faible) Soit u0 ∈ L∞ (IR) et f ∈ C 1 (IR, IR), On appelle solution faible de (5.5) une
fonction u ∈ L∞ (IR × IR + ) telle que
Z Z Z
[u(x, t)ϕt (x, t) + f (u(x, t))ϕx (x, t)]dxdt + u0 (x)ϕ(x, 0)dx = 0, ∀ϕ ∈ Cc1 (IR × IR + , IR). (5.10)
IR×IR + IR

Donnons maintenant les liens entre solution classique et solution faible.


Proposition 5.7 Soient f ∈ C 1 (IR, IR) et u0 ∈ L∞ (IR).
1. Si u est solution classique de (5.5) (et donc u0 ∈ C 1 (IR, IR)) alors u est solution faible de (5.5).
2. Si u ∈ C 1 (IR × IR + ) est solution faible de (5.5) alors u0 ∈ C 1 (IR, IR) (au sens où la classe de fonctions
u0 admet un représentant de classe C 1 et est alors identifiée à ce représentant) et u est solution classique
de (5.5).
3. Soit σ ∈ IR, D1 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x < σt} et D2 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x > σt}.
(a) On suppose que u ∈ C(IR × IR ?+ ), que u|Di ∈ C 1 (D̄i , IR), i = 1, 2, que la première équation de (5.5)
est vérifiée pour tout (x, t) ∈ Di (i = 1, 2) et que la condition initiale (de (5.5)) est satisfaite p.p.. Alors
u est solution faible de (5.5).
(b) Plus généralement, on suppose que u|Di ∈ C 1 (D̄i , IR) (i = 1, 2), que la première équation de (5.5) est
vérifiée pour tout (x, t) ∈ Di (i = 1, 2) et que la condition initiale (de (5.5)) est satisfaite p.p.. Pour
t ∈ IR + , on pose
u+ (σt, t) = lim u(x, t) et u− (σt, t) = lim u(x, t),
x↓σt x↑σt

[u](σt, t) = u+ (σt, t) − u− (σt, t),


[f (u)](σt, t) = f (u+ (σt, t)) − f (u− (σt, t)).
Alors u est solution faible de (5.5) si et seulement si

σ[u](σt, t) = [f (u)](σt, t) pour tout t ∈ IR + . (5.11)

Cette relation s’appelle “relation de Rankine-Hugoniot”.


Démonstration
1. Supposons que u est solution classique de (5.5), c’est-à-dire de :

ut + (f (u))x = 0, (x, t) ∈ IR × IR ?+ ,

u(x, 0) = u0 (x), x ∈ IR.

EDP, Télé-enseignement, M2 192


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Soit ϕ ∈ Cc1 (IR × IR + , IR). Multiplions (5.5) par ϕ et intégrons sur IR × IR + . On obtient :
Z Z Z Z
ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx + (f (u))x (x, t)ϕ(x, t)dtdx = 0.
IR IR + IR IR +

L’application du théorème de Fubini et une intégration par parties donnent alors :


Z Z Z Z Z
− u(x, 0)ϕ(x, 0)dx − u(x, t)ϕt (x, t)dtdx − f (u)(x, t)ϕx (x, t)dxdt = 0,
IR IR IR + IR + IR

(car le support de ϕ est un compact de IR ×IR + ). On obtient donc bien la relation (5.10), grâce à la condition
initiale u(x, 0) = u0 (x).
2. Soit u une solution faible de (5.5), qui vérifie de plus u ∈ C 1 (IR × [0, +∞[). On a donc suffisamment de
régularité pour intégrer par parties dans (5.10).
Commençons par prendre ϕ à support compact dans IR×]0, +∞[. On a donc ϕ(x, 0) = 0, et une intégration
par parties dans (5.10) donne :
Z Z Z Z
− ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx − (f (u))x (x, t)ϕ(x, t)dxdt = 0.
IR IR + IR + IR

On a donc :
Z Z
(ut (x, t) + (f (u))x (x, t)) ϕ(x, t)dtdx = 0, ∀ϕ ∈ Cc1 (IR×]0, +∞[).
IR IR +

Comme ut + (f (u))x est continue Rsur RIR × IR ?+ , on en déduit que ut + (f (u))x = 0. En effet, on rappelle
que si h ∈ L1loc (IR×]0, +∞[) et IR IR + h(x, t))ϕ(x, t)dtdx = 0 pour toute fonction ϕ appartenant à
Cc1 (IR×]0, +∞[), alors f = 0 p.p. ; si de plus h est continue sur IR×]0, +∞[, alors f = 0 partout sur
IR×]0, +∞[.
On prend alors ϕ ∈ Cc1 (IR × IR + ). Dans ce cas, une intégration par parties dans (5.10) donne
Z Z Z Z
u(x, 0)ϕ(x, 0)dx − (ut (x, t) + (f (u))x (x, t)) ϕ(x, t)dtdx − u0 (x)ϕ(x, 0)dx = 0.
IR IR IR + IR

Mais on vient de montrer que ut + (f (u))x = 0. On en déduit que


Z
(u0 (x) − u(x, 0))ϕ(x, 0)dx = 0, ∀ϕ ∈ Cc1 (IR × R+ ).
IR

Ceci donne u0 = u(·, 0) p.p.. Comme u est continue, on a donc u0 continue (au sens où on identifie u0 et
u(·, 0)) et u est solution classique de (5.5).
3. On montre directement l’item (b) (qui contient l’item (a)). On suppose que u|Di ∈ C 1 (D̄i , IR) (i = 1, 2),
que la première équation de (5.5) est vérifiée pour tout (x, t) ∈ Di (i = 1, 2) et que la condition initiale (de
(5.5)) est satisfaite p.p. sur IR. Nous allons montrer que u est solution faible de (5.5) si et seulement si (5.11)
est vérifiée. Pour cela, on pose
Z Z Z Z
X= u(x, t)ϕt (x, t)dtdx + f (u)(x, t)ϕx (x, t)dxdt.
IR IR + IR + IR

EDP, Télé-enseignement, M2 193


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

On a donc X = X1 + X2 , avec
Z Z Z Z
X1 = u(x, t)ϕt (x, t)dtdx et X2 = (f (u))(x, t)ϕx (x, t)dxdt.
IR IR + IR + IR

Calculons X1 . Comme u n’est de classe C 1 que sur chacun des domaines Di , on n’a pas le droit d’intégrer
par parties sur IR × IR + entier. On va donc décomposer l’intégrale sur D1 et D2 ; supposons par exemple
σ < 0, voir figure 5.2. (Le cas σ > 0 se traite de façon similaire et le cas σ = 0 est plutôt plus simple). On a
alors D1 = {(x, t); x ∈ IR − et 0 < t < σx } et D2 = IR + × IR + ∪ {(x, t); x ∈ IR − et σx < t < +∞}.

x = σt
x
t= σ

D1 D2

F IGURE 5.2 – Les domaines D1 et D2

On a donc :
Z Z x/σ Z Z +∞ Z Z
X1 = u(x, t)ϕt (x, t)dtdx + u(x, t)ϕt (x, t)dtdx + u(x, t)ϕt (x, t)dtdx.
x
IR − 0 IR − σ IR + IR +

Comme u est de classe C 1 sur chacun des domaines, on peut intégrer par parties, ce qui donne :
Z Z Z Z σx
x x
X1 = u− (x, )ϕ(x, )dx − u(x, 0)ϕ(x, 0)dx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx
IR − σ σ IR − IR − 0
Z Z Z +∞
x x
− u+ (x, )ϕ(x, )dx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx
IR − σ σ IR − σx
Z Z Z
− u(x, 0)ϕ(x, 0)dx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx. (5.12)
IR + IR + IR +

En regroupant, il vient :
Z Z Z Z Z
X1 = − u(x, 0)ϕ(x, 0)dx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx
IR D1 Z D2
x x
− [u](x, )ϕ(x, )dx.
IR − σ σ

EDP, Télé-enseignement, M2 194


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Dans la dernière intégrale, on effectue le changement de varaible t = x/σ. On obtient


Z Z Z Z Z
X1 = − u(x, 0)ϕ(x, 0)dx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx − ut (x, t)ϕ(x, t)dtdx
IR D1 Z D2
+σ [u](σt, t)ϕ(σt, t)dt.
IR +

On décompose de même X2 sur D1 ∪ D2 , en remarquant maintenant que D1 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x < σt}


et D2 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x > σt} :
Z Z σt Z Z +∞
X2 = f (u)(x, t)ϕx (x, t)dxdt + f (u)(x, t)ϕx (x, t)dxdt.
IR + −∞ IR + σt

La fonction u est de classe C 1 sur chacun des domaines, on peut là encore intégrer par parties. Comme ϕ
est à support compact sur IR × IR + , on obtient :
Z Z Z Z
X2 = − (f (u))x (x, t)ϕ(x, t)dxdt − (f (u))x (x, t)ϕ(x, t)dxdt
D1 ZD2
− [f (u)](σt, t)ϕ(σt, t)dt.
IR +

Comme ut + (f (u))x = 0 sur D1 et D2 , on a donc :


Z Z
X = X1 + X2 = − u(x, 0)ϕ(x, 0)dx + (σ[u](σt, t) − [f (u)](σt, t))ϕ(σt, t)dt.
IR IR +

On en déduit bien que u est solution faible de (5.5) si et seulement si (5.11) est vérifiée.

Notons qu’il existe souvent plusieurs solutions faibles. On a donc besoin d’une notion supplémentaire pour les
distinguer. C’est la notion de solution entropique, qui nous permettra d’obtenir l’unicité. Donnons tout d’abord un
exemple de non-unicité de la solution faible. Pour cela on va considérer une équation modèle, appelée équation de
Burgers, qui s’écrit
ut + (u2 )x = 0, (5.13)
et des données initiales particulières, sous la forme

ug si x < 0,
u0 (x) =
ud si x > 0,
avec ug , ud ∈ IR. Ces données initiales définissent un problème de Cauchy particulier, qu’on appelle problème de
Riemann.
Nous considérons maintenant l’exemple simple obtenu avec ug = −1 et ud = 1. Le problème considéré est donc
le problème suivant, avec f (u) = u2 , ug = −1, ud = 1 :

 ut + (f (u)) x = 0,
ug si x < 0, (5.14)
 u0 (x) =
ud si x > 0.
On cherche tout d’abord une solution faible de la forme :
(
ug si x < σt,
u(x, t) = (5.15)
ud si x > σt.

EDP, Télé-enseignement, M2 195


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Cette éventuelle solution est discontinue au travers de la droite d’équation x = σt dans le plan (x, t). On remplace
u(x, t) par ces valeurs dans (5.10). D’après la proposition 5.7 on sait que u est solution faible si la condition
suivante (condition de Rankine et Hugoniot) est vérifiée :

σ(ud − ug ) = (f (ud ) − f (ug )), (5.16)

ce qui avec la condition initiale particulière choisie ici, donne 2σ = 12 − (−1)2 = 0.


Mais on peut trouver d’autres solutions faibles. Si u est solution régulière, on sait que sur les courbes caracté-
ristiques, qui ont pour équation x(t) = x0 + f 0 (u0 (x0 ))t, la fonction u est constante. Comme f 0 (u) = 2u, les
courbes caractéristiques sont donc des droites de pente -2 si x0 < 0, et de pente 2 si x0 > 0. Construisons ces
caractéristiques sur la figure 5.3 : Dans la zone du milieu, où l’on a représenté un point d’interrogation, on cherche

t
x = x1 x = x0 x
2t =ξ
t
x
u(x, t) = ξ = 2t

u(x, t) = ug = −1 u(x, t) = ug = −1

?
x = 2t
x = −2t

x u(x, t) = ug = −1 u(x, t) = ug = −1x


x1 x0

F IGURE 5.3 – Problème de Riemann pour léquation de Burgers


x
et telle que u soit continue sur IR × IR ?+ . La fonction u suivante convient :

u sous la forme u(x, t) = ϕ t


 −1 si x < −2t,

 x
u(x, t) = si − 2t < x < 2t, (5.17)

 2t

1 si x > 2t.

Comment choisir la “bonne” solution faible, entre (5.15) et(5.17) ? Comme les problèmes hyperboliques sont
souvent obtenus en négligeant les termes de diffusion dans des équations paraboliques, une technique pour choisir
la solution est de chercher la limite du problème de diffusion associé qui s’écrit :

ut + (f (u))x − εuxx = 0, (5.18)

lorsque le terme de diffusion devient négligeable, c’est-à-dire lorsque ε tend vers 0. Soit uε la solution de (5.18)
avec la condition initiale uε (·, 0) = u0 (·) (on admet pour l’instant l’existence et l’unicité de uε ). On peut montrer
que uε tend vers u (en un sens convenable) lorsque ε tend vers 0, où u est la “solution faible entropique” de (5.18),
définie comme suit.
Définition 5.8 (Solution entropique) Soit u0 ∈ L∞ (IR) et f ∈ C 1 (IR). Soit u ∈ L∞ (IR × IR + ). On dit que u
est solution faible entropique de (5.5) si pour toute fonction η ∈ C 1 (IR) convexe, appelée “entropie”, et φ ∈ C 1
telle que φ0 = f 0 η 0 , appelé “flux d’entropie”, on a :
Z Z Z
(η(u)ϕt + φ(u)ϕx )dxdt + η(u0 (x))ϕ(x, 0)dx ≥ 0, ∀ϕ ∈ Cc1 (IR × IR + , IR + ). (5.19)
IR IR + IR

EDP, Télé-enseignement, M2 196


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Bien sûr, si u est solution faible entropique alors u est solution faible (proposition 5.11).
Remarque 5.9 (Condition initiale) Noter que dans la définition 5.8, on prend une fois de plus ϕ ∈ Cc1 (IR ×
IR + , IR + ) de manière à bien prendre en compte la condition initiale ; ceci n’est pas toujours fait de cette manière
dans les travaux plus anciens sur le sujet. Si la condition initiale est prise en compte seulement dans la définition
de solution faible (et n’est pas reprise dans la condition d’entropie), le choix de l’espace fonctionel dans lequel on
recherche la solution devient crucial pour ne pas perdre l’unicité de la solution entropique. Un exemple est donné
dans l’exercice 5.8. On peut toutefois préciser en quel sens la condition initiale est satisfaite. Si u est solution
entropique, alors u ∈ C([0, +∞[, L1loc (IR)) et u(t) → u0 dans L1loc quand t → 0.
Nous démontrerons plus loin le théorème 5.17 dans le cadre multidimensionnel (mais avec la variable spatiale dans
un domaine borné plutôt que dans tout l’espace). Ce théorème affirme que si u0 ∈ L∞ (IR) et f ∈ C 1 (IR) alors
il existe une unique solution entropique de (5.5) au sens de la définition 5.8. Voyons maintenant les liens entre
solution classique, solution faible et solution entropique.
Proposition 5.10 Soit f ∈ C 1 (IR, IR) et u0 ∈ L∞ (IR) ∩ C 1 (IR, IR). Si u est solution classique de (5.5), alors u
est solution (faible) entropique.
Démonstration Soit u une solution classique de (5.5). Soit η ∈ C 1 (IR) (la convexité de η est inutile ici) et φ tel
que φ0 = f 0 η 0 (φ est la fonction flux associée à η). Multiplions (5.5) par η 0 (u) :

η 0 (u)ut + f 0 (u)ux η 0 (u) = 0

Soit encore, puisque φ0 = f 0 η 0 ,


(η(u))t + φ0 (u)ux = 0
On a donc finalement :
(η(u))t + (φ(u))x = 0 (5.20)
De plus, comme u(x, 0) = u0 (x), on a aussi : η(u(x, 0)) = η(u0 (x)). Soit ϕ ∈ Cc1 (IR× IR + , IR), on multiplie
(5.20) par ϕ, on intègre sur IR × IR + et on obtient (5.19) (avec égalité) en intégrant par parties. Dans le cas d’une
solution classique, l’inégalité d’entropie est une égalité.
Une solution faible entropique est solution faible :
Proposition 5.11 Soit f ∈ C 1 (IR, IR) et u0 ∈ L∞ (IR). Si u est solution faible entropique de (5.5), alors u est
solution faible de (5.5).
Démonstration Il suffit de prendre η(u) = u et η(u) = −u dans (5.19) pour se convaincre du résultat.
On déduit de la proposition 5.10 et du théorème 5.17 de Kruskov que si on a plusieurs solutions faibles au pro-
blème (5.5) et que l’une d’entre elles est régulière, alors cette dernière est forcément la solution entropique. La
caractérisation suivante, que l’on admettra, est souvent utilisée en pratique :
Proposition 5.12 (Entropies de Kruskov) Soit u0 ∈ L∞ (IR) et f ∈ C 1 (IR). Soit u ∈ L∞ (IR × IR + ). La
fonction u est solution entropique de (5.5) (au sens de la définition 5.8) si et seulement si pour tout k ∈ IR (5.19)
est vérifiée avec η définie par η(s) = |s − k|, et φ, flux d’entropie associé, défini par :

φ(u) = f (max(u, k)) − f (min(u, k)).

Notons que la fonction η, dite “entropie de Kruskov”, n’est pas de classe C 1 .


Nous examinons maintenant le cas particulier des solutions ayant une ligne de discontinuité, comme dans la der-
nière partie de la proposition 5.7.

EDP, Télé-enseignement, M2 197


5.1. LE CAS UNIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Proposition 5.13 Soient f ∈ C 1 (IR, IR) et u0 ∈ L∞ (IR). Soit σ ∈ IR, D1 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x < σt} et
D2 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x > σt}. On suppose que u|Di ∈ C 1 (D̄i , IR) (i = 1, 2), que la première équation
de (5.5) est vérifiée pour tout (x, t) ∈ Di (i = 1, 2) et que la condition initiale (de (5.5)) est satisfaite p.p.. Pour
t ∈ IR + , on pose
u+ (σt, t) = lim u(x, t) et u− (σt, t) = lim u(x, t),
x↓σt x↑σt

[u](σt, t) = u+ (σt, t) − u− (σt, t),


[f (u)](σt, t) = f (u+ (σt, t)) − f (u− (σt, t)).
Alors u est solution faible entropique de (5.5) si et seulement si

σ[u](σt, t) = [f (u)](σt, t) pour tout t ∈ IR + (5.21)

et, pour toute fonction η ∈ C 1 (IR) convexe et φ ∈ C 1 telle que φ0 = f 0 η 0 ,

σ[η(u)](σt, t) ≥ [φ(u)](σt, t) pour tout t ∈ IR + . (5.22)

Démonstration La proposition 5.7 montre que u est solution faible si et seulement si (5.21) est satisfaite. En
reprenant la démonstration de la proposition 5.7, on montre que u est solution faible entropique si et seulement si
(5.21) et (5.22) sont satisfaites. Ceci fait l’objet de la première question de l’exercice 5.9.
Dans le cas où la fonction f est strictement convexe, la proposition 5.13 peut être précisée. Ceci est fait dans la
proposition 5.14, non démontrée ici.
Proposition 5.14 Sous les hypothèses de la proposition 5.13, on suppose que u est solution faible de (5.5). On
suppose de plus que f est strictement convexe, les trois conditions suivantes sont alors équivalentes :
1. u est solution faible entropique,
2. u− (σt, t) ≥ u+ (σt, t) pour tout t ∈ IR + ,
3. il existe η strictement convexe (de IR dans IR) t.q. (5.22) est vérifiée (avec φ telle que φ0 = f 0 η 0 ).
Remarquons que les solutions d’une équation hyperbolique non linéaire respectent les bornes de la solution initiale.
Plus précisément, on a le résultat suivant, qu’on admettra :

Proposition 5.15 Soit u0 ∈ L∞ (IR) et soit A et B ∈ IR tels que A ≤ u0 ≤ B p.p.. Soit f ∈ C 1 (IR), alors la
solution entropique u ∈ L∞ (IR × IR + ) de (5.5) vérifie : A ≤ u(x) ≤ B p.p. dans IR × IR + .
Cette propriété est essentielle dans les phénomènes de transport, et il est souhaitable qu’elle soit préservée pour la
solution approchée donnée par un schéma numérique.

Remarque 5.16 Que faire si le domaine spatial est différent de IR, par exemple si le problème (5.5) est posé pour
x ∈ I où I est un intervalle de IR. Si f 0 ne change pas de signe, il est assez facile de donner une bonne définition
de solution entropique et de montrer un théorème d’existence et d’unicité de la solution entropique. Dans le cas
où f 0 change de signe (et ce cas est très intéressant pour de nombreux problèmes), le problème est beaucoup plus
difficile. Le premier résultat sur la question est celui de Bardos-Leroux-Nedelec (1979). Dans la thése de Otto
(1996), il y a une très joli formulation pour les conditions aux limites. Un intérêt considérable de cette formulation
est qu’elle est très pratique pour montrer la convergence des schémas numériques. Dans le cas multidimensionnel
de la section suivante, on s’intéressera à un problème similaire à (5.5) posé dans un domaine borné de IR N (N > 1)
mais sans aborder vraiment ce délicat problème des conditions aux limites (car dans le théorème 5.17 on considère
un champ de vecteurs b nul sur le bord du domaine considéré).

EDP, Télé-enseignement, M2 198


5.2. CAS MULTIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

5.2 Cas multidimensionnel


Soit Ω ⊂ IR N , N = 2, 3, et soit b ∈ C 1 (Ω̄ × [0, T ])N . On étudie maintenant le problème suivant :

ut + div(bf (u)) = 0 sur Ω×]0, T [,


u(x, 0) = u0 (x), sur Ω. (5.23)

Plus précisément, nous allons démontrer, avec des hypothèses convenables sur les données, le théorème d’existence
et d’unicité des solutions entropiques de ce problème.
Théorème 5.17 (Kruskov,1955) Soit Ω un ouvert borné de IR N (N > 1) à frontière lipschitzienne. Soit T > 0 et
b ∈ C 1 (Ω̄ × [0, T ])N t.q. b = 0 sur ∂Ω × [0, T ] et divb = 0 dans Ω × [0, T ]. Soit u0 ∈ L∞ (Ω) et f ∈ C 1 (IR, IR).
Alors, il existe une unique solution entropique de (5.23), c’est-à-dire solution de

u ∈ L∞ (Ω×]0, T [),
Z TZ Z
(η(u)ϕt + Φ(u) b · ∇ϕ) dx dt + η(u0 (x))ϕ(x, 0) dx ≥ 0,
0 Ω Ω
∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω × [0, T [, IR + ), ∀η ∈ C 2 (IR, IR) convexe et Φ tel que Φ0 = η 0 f 0 . (5.24)

De plus, si A ≤ 0 et B ≥ 0 sont t.q. A ≤ u0 ≤ B p.p. sur Ω, on a alors A ≤ u ≤ B p.p. sur Ω×]0, T [.


Démonstration
Etape 1 Construction d’une solution approchée. Soit u(n) solution de

u(n) ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)),


Z TZ Z TZ Z Z
(n) (n) 1
− u ϕt dx dt − bf (u ) · ∇ϕ dx dt + ∇u(n) · ∇ϕ dx dt
0 Ω 0 Ω n
Z
− u0 (x)ϕ(x, 0) dx = 0, ∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω × [0, +∞[). (5.25)

(n)
On connait l’existence et l’unicite de u par le chapitre 4. On a vu aussi au chapitre 4 que cette formulation est
équivalente au problème suivant :
(n)
u(n) ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)), ut ∈ L2 (]0, T [, H −1 (Ω)), u(n) (0) = u0 ,
Z T Z TZ
1 T
Z Z
(n)
hut , viH −1,H01 dt − bf (u(n) ) · ∇v dx dt + ∇u(n) · ∇v dx dt = 0,
0 0 Ω n 0 Ω
∀v ∈ L2 (]0, T [, H01 (Ω)). (5.26)

On va se servir fortement de cette équivalence.


Etape 2 Estimations sur la solution approchée.
Soit u0 ∈ L∞ (Ω) il existe A et B ∈ IR, A ≤ 0 ≤ B, tels que A ≤ u0 ≤ B p.p. (A et B sont donc indépendants
de n). On en déduit par les résultats du chapitre 4 que pour tout t ∈ [0, T ], A ≤ u(n) ≤ B p.p.. La suite(u(n) )n∈IN
est donc bornée dans L∞ (Ω×]0, T [).
On prend maintenant v = u(n) dans (5.26). Par des calculs vu au chapitre 4, on a :
Z T Z
1  (n)  1
ku (T )k2L2 (Ω) − ku0 k2L2 (Ω) + |∇u(n) |2 dx dt = 0.
2 n 0 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 199


5.2. CAS MULTIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

On en déduit que
Z T Z
1 1
|∇u(n) |2 dx dt ≤ ku0 k2L2 (Ω) < +∞ (5.27)
n 0 Ω 2
ce qui donne une estimation L2 (Ω× ]0, T [)d sur ( √1n ∇u(n) )n∈IN . Cette estimation ne donne rien pour la compa-
cité, mais elle est utile pour passer à la limite (quand n → +∞).
Grâce à la première estimation (l’estimation de un dans L∞ (Ω×]0, T [)), après extraction d’une sous suite, on peut
supposer que u(n) → u ?-faiblement dans L∞ (Ω ×]0, T [).
Si f (u) = u, on montre assez facilement que u est solution faible de (5.23) ( c’est-à-dire solution de 5.24 avec
seulement η(s) = s mais avec tout ϕ dans Cc∞ (Ω × [0, T [, IR) et avec = au lieu de ≥). Puis on peut montrer
(un peu moins facilement) que u est solution de (5.24) et cela termine la partie “existence” du théorème 5.17. Si
la fonction f 0 est non constante, la situation est beaucoup plus difficile, même pour montrer seulement que u est
solution faible de (5.23), car la convergence de u(n) vers u n’est que faible et donc on ne sait pas si f (u(n) ) tend
vers f (u) (et, plus généralement, on ne sait pas si η(u(n) ) tend vers η(u) et φ(u(n) ) tend vers φ(u)). Pour résoudre
cette difficulté, deux méthodes ont été développées.
Une premiére méthode, due à Kruskov, suppose, dans un premier temps, que la donnée initiale u0 appartient à
l’espace BV (Ω). Par définition,
Z
|u0 |BV (Ω̄) = sup{ u0 divϕ dx, ϕ ∈ Cc∞ (IR N , IR N ), kϕkL∞ (Ω) ≤ 1}.

On démontre alors que la suite (u(n) )n∈IN est bornée dans BV (Ω × [0, T ]). L’idée, pour montrer cette borne sur
u(n) est de dériver la première équation de (5.23) par rapport à xi et de multiplier par sign(∂i u). Grâce à cette
estimation sur u(n) , on peut appliquer ensuite le théorème de Helly donné ci après.

Théorème 5.18 (Helly) Soit d ≥ 1 et (un )n∈IN une suite bornée dans L1 (Q) et bornée dans BV (Q) où Q est un
compact de IR d alors (un )n∈IN est relativement compact dans L1 (Q).

On applique donc le théorème de Helly avec Q = Ω̄ × [0, T ] (et d = N + 1). Puisque u(n) → u dans L1 (Q),
à une sous suite près, on a u(n) → u dans Lp (Q) pour tout p < +∞ et on peut aussi supposer (toujours après
extraction éventuelle d’une sous suite) que u(n) → u p.p.. On peut alors montrer que u est solution de (5.24) ( ce
qu’on fera a l’étape 3 plus loin), ce qui donne l’existence d’une solution à (5.24) si u0 ∈ BV (Ω̄). Si u0 n’est que
dans L∞ (Ω) (et c’est probablment ici l’apport majeur de Kruskov), on peut approcher u0 par une suite d’éléments
de L∞ (Ω) ∩ BV (Ω̄) et montrer que la suite des solutions entropiques associées converge (en un sens convenable,
après extraction d’une sous suite) vers une solution entropique associée à u0 . On peut également montrer l’unicité
de la solution de (5.24) (étape 4 ci après). L’inconvénient majeur de cette méthode est qu’elle ne semble pas
marcher pour montrer la convergence des schémas numériques car même si la condition initiale est supposée être
dans BV (Ω̄), la solution approchée obtenue par un schéma numérique n’est pas bornée dans BV (Ω̄ × [0, T ])
indépendamment des paramètres de discrétisation (sauf dans le cas des maillages cartésiens).
C’est pour cela qu’on peut lui préférer la deuxième méthode, qui ne passe pas par l’estimation BV . On prend
uniquement u0 dans L∞ (Ω), et on ne cherche pas à montrer directement une compacité forte de la suite u(n) dans
L1 (Ω×]0, T [). Grâce à l’estimation de u(n) dans L∞ (Ω×]0, T [), on montre que (après extraction d’une sous suite)
u(n) → ũ, en un sens convenable, où ũ dépend d’une variable supplémentaire. (Il s’agit donc d’un théorème de
compacité un peu inhabituel donnant une convergence que nous appelons “convergence non linéaire faible-?”).
Puis, on montre que ũ est une solution du problème en un sens plus général que (5.24), que nous appelons “sens
processus”. Cette preuve est très voisine de celle de l’étape 3 ci après. On démontre ensuite l’unicité de la solution
au sens processus et que la solution processus est solution entropique ( c’est-à-dire solution de (5.24)). Cette preuve

EDP, Télé-enseignement, M2 200


5.2. CAS MULTIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

d’unicité est très voisine de celle donnée dans l’étape 4 ci après. Ceci termine la démonstration de l’existence d’une
solution à (5.24) (directement avec u0 dans L∞ (Ω)). (L’unicité est toujours donnée par l’étape 4.) Un sous produit
de cette démonstration est la convergence (forte) de u(n) vers u dans tout les espaces Lp (Ω×]0, T [), p < +∞, y
compris si f est linéaire (ou est linéaire sur des intervalles de IR). L’idée essentielle a donc été de remplacer le
théorème de compacité (forte) de Helly par un théorème de compacité plus faible combiné avec un résulat d’unicité
de la solution “au sens processus” de (5.23).
Etape 3. On reprend ici la méthode 1, et on va effectuer le passage à la limite, quand n → +∞, en supposant que
u0 ∈ BV et donc que u(n) → u p.p. (pour une sous suite). On admet donc la partie “estimation BV de u(n) ”.
1. Montrons que u est solution faible. Soit ϕ ∈ Cc∞ (Ω × [0, +∞[), on a
Z TZ Z Z TZ
(n) (n) 1
(u ϕt + bf (u ) · ∇ϕ) dx dt + u0 (x)ϕ(x, 0) dx − ∇u(n) · ∇ϕ dx dt = 0
0 Ω Ω n 0 Ω

On remarque tout d’abord que le dernier terme du membre de gauche tend vers 0, grâce à l’estimation (5.27)
et à l’inégalité de Cauchy-Schwarz, en effet
Z TZ
1 1 1
| ∇u(n) · ∇ϕdxdt| ≤ √ k √ |∇u(n) | kL2 (Ω×]0,T [) k |∇ϕ| kL2 (Ω×]0,T [)
n
0 Ω n n

et k √1n |∇u(n) |kL2 (Ω×]0,T [) ≤ (1/ 2)ku0 kL2 (Ω) par (5.27) et donc n1 ∇u(n) · ∇ϕ → 0 lorsque n → 0.
RR

Les autres termes convergent par convergence dominée, et donc en passant à la limite, on obtient
Z TZ Z
(uϕt + bf (u) · ∇ϕ) dx dt + u0 (x)ϕ(x, 0) dx = 0. (5.28)
0 Ω Ω

2. Montrons que u est solution entropique. Comme u(n) est solution faible de

(n) 1
ut + div(bf (u(n) )) − ∆u(n) = 0, (5.29)
n
on peut montrer (on l’admettra) que u(n) ∈ C 2 (Ω×]0, T [) (c’est ce que l’on appelle l’effet régularisant pour
une équation parabolique). La fonction u(n) est donc solution classique de (5.29). On peut alors mutiplier
cette équation par η 0 (u(n) ) avec η ∈ C 2 (IR, IR) convexe. On obtient, sur Ω×]0, T [,
1 0 (n)
(η(u(n) ))t + bf 0 (u(n) )η 0 (u(n) ) · ∇un − η (u )∆u(n) = 0.
n
On en déduit :
1 1
(η(u(n) ))t + b · ∇(Φ(u(n) ) − div(η 0 (u(n) )∇u(n) ) + η 00 (u(n) )|∇u(n) |2 = 0.
n n
Mais n1 η 00 (u(n) )|∇u(n) |2 ≥ 0, on a donc

1
(η(u(n) ))t + b · ∇(Φ(u(n) ) − div(η 0 (u(n) )∇u(n) )) ≤ 0.
n
En multipliant cette équation par ϕ, avec ϕ ∈ Cc∞ (Ω × [0, T [, IR + ), on obtient, toujours sur Ω×]0, T [,
1
ϕ(η(u(n) ))t + ϕb · ∇(Φ(u(n) ) − ϕdiv(η 0 (u(n) )∇u(n) )) ≤ 0
n

EDP, Télé-enseignement, M2 201


5.2. CAS MULTIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

On intègre sur [ε, T [×Ω avec ε > 0 et, après intégration par parties, on obtient :

Z TZ Z Z TZ
1
(η(u(n) ))ϕt − η(u(n) (ε))ϕ(x, ) dx− bΦ(u(n) )·∇ϕ+ η 0 (u(n) )∇u(n) ·∇ϕ dx dt ≤ 0.


ε Ω Ω ε Ω n

Mais on a, quand ε → 0, u(n) (ε) → u(n) (0) = u0 dans L2 (Ω) et η(u(n) (ε)) → η(u0 ) dans L2 (Ω) et donc
Z TZ Z Z TZ
1
(η(u(n) ))ϕt − bΦ(u(n) ) · ∇ϕ + η 0 (u(n) )∇u(n) · ∇ϕ dx dt ≤ 0.

− η(u0 )ϕ(x, 0) dx −
0 Ω Ω 0 Ω n

Lorsque n → ∞, on a η(u(n) ) → η(u) et Φ(u(n) ) → Φ(u) dans L2 (Ω×]0, T [) et, avec Cη,A,B =
max{|η 0 (s)|, A ≤ s ≤ B},

Z TZ
1 1 1
| η 0 (u(n) )∇u(n) · ∇ϕ dxdt| ≤ Cη,A,B √ k √ |∇u(n) |kL2 (Ω×]0,T [) k|∇ϕ|kL2 (Ω×]0,T [) → 0
n 0 Ω n n
lorsque n → +∞.
On obtient ainsi, finalement,
Z TZ Z
(η(u))ϕt + b · Φ(u(n) )∇ϕ dx dt + η(u0 )ϕ(x, 0) dx ≥ 0
0 Ω Ω

pour tout ϕ ∈ Cc∞ (Ω × [0, T [, IR + ), ce qui termine la preuve de l’existence.


Etape 4. Unicité
Soit u une solution de (5.24). On montre tout d’abord que l’on peut prendre ϕ ∈ Cc∞ (IR N × [0, T [, IR + ) dans
(5.24). C’est ici que l’hypothèse b = 0 sur le bord de Ω est utile.
On constuit une suite (ϕn )n∈IN appartenant à Cc∞ (Ω) et telle que ϕn = 1 sur Kn = {x ∈ Ω; d(x, ∂Ω) ≥ n1 },
0 ≤ ϕn ≤ 1 et |∇ϕn | ≤ CΩ n, où CΩ ne dépend que Ω (la régularité lipschitzienne de Ω est importante ici). Soit
ϕ ∈ Cc∞ (IR N × [0, T [, IR + ), On prend alors ϕ(x, t)ϕn (x) comme fonction test dans (5.24), on obtient
Z TZ Z Z TZ

ϕn η(u)ϕt + ϕn Φ(u)b · ∇ϕ dx dt + η(u0 (x))ϕn (x)ϕ(x, 0) dx + bΦ(u)ϕ · ∇ϕn dx dt ≥ 0.
0 Ω Ω 0 Ω

Les premiers termes convergent par convergence dominée. Appelons Rn le dernier terme. On va montrer sa conver-
gence assez facilement grâce au fait qu’on a suppose b nul sur le bord.
Z TZ Z TZ
Rn = bΦ(u)ϕ · ∇ϕn dx dt = bΦ(u)ϕ · ∇ϕn ,
0 Ω 0 Cn

où Cn = Ω \ Kn . On a donc

|Rn | ≤ T kbkL∞ (Cn ) Cu,φ kϕk∞ CΩ n mes(Cn ),

où Cu,φ = max{|φ(s)|, s ∈ [−γ, γ]}, avec γ = kukL∞ (Ω×]0,T [) . Comme b = 0 sur ∂Ω × [0, T ] (et b continue),
on a kbkL∞ (Cn ) → 0 quand n → ∞. Enfin, la suite (n mes(Cn ))n∈IN est bornée. On a donc limn→+∞ Rn = 0 et
on obtient donc
Z TZ Z
η(u)ϕt + bΦ(u) · ∇ϕ dx dt + η(u0 )ϕ(x, 0) dx ≥ 0 ∀ϕ ∈ Cc∞ (IR N × [0, T [, IR + ),
0 Ω Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 202


5.2. CAS MULTIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

pour tout η ∈ C 2 (IR, IR), η convexe.


Par un procédé de régularisation, il est alors assez facile de montrer que l’hypothèse de régularité sur η ( c’est-à-
dire η de classe C 2 ) peut être remplacée par l’hypothèse plus faible “η localement lipschitzienne”, ce qui a l’intérêt
de pouvoir utiliser les entropies de Kruskov.
On peut maintenant montrer l’unicité de la solution de (5.24). Soient u et v deux solutions de (5.24). On va
utiliser (5.24) en prenant pour η une entropie de Kruskov et des fonctions ϕ ∈ Cc∞ (IR N × [0, T [, IR + ) (on vient
de montrer que cela est possible). On reprend ici une idée de Kruskov, dite de dédoublement de variables. Elle
consiste tout d’abord à choisir, dans (5.24), k = v(y, s) et à prendre ϕ(x, t) = ψ(t)ρn (x − y)ρn (t − s) avec
ψ ∈ Cc∞ ([0, T [, IR + ), ρn (x) = nN ρ(nx) et ρ̄n (t) = nρ̄(nt), où ρ et ρ̄ sont des noyaux régularisants, et à intégrer
par rapport à y et s. La fonction ρ est à valeurs positives, est de classe C ∞ sur IR N , a son support dans la boule de
rayon 1 et son intégrale sur IR N vaut 1. De même, la fonction ρ̄ est à valeurs positives, est de classe C ∞ sur IR, a
son support dans la boule de rayon 1 et son intégrale sur IR vaut 1. De plus, on choisit ρ̄ de manière à ce que son
support soit dans IR − . Avec ce choix de fonction test (et n assez grand pour que la fonction test soit admissible
dans (5.24)) écrit avec des éléments de ϕ ∈ Cc∞ (IR N × [0, T [, IR), on obtient :

A1,n + A2,n + A3,n + A4,n ≥ 0, (5.30)


avec Z T Z Z T Z
A1,n = |u(x, t) − v(y, s)|ψ 0 (t)ρn (x − y)ρ̄n (t − s)dxdtdyds,
0 Ω 0 Ω
Z T Z Z T Z
A2,n = |u(x, t) − v(y, s)|ψ(t)ρn (x − y)ρ̄0n (t − s)dxdtdyds,
0 Ω 0 Ω
Z T Z Z T Z
A3,n = (f (u(x, t)) − f (v(y, s))(sign(u(x, t) − v(y, s))ψ(t)b · ∇ρn (x − y)ρ̄n (t − s)dxdtdyds,
0 Ω 0 Ω
Z T Z Z
A4,n = |u0 (x) − v(y, s)|ψ(0)ρn (x − y)ρ̄n (−s)dxdyds.
0 Ω Ω
On passe maintenant à limite quand n → +∞ dans (5.30). Il n’est pas difficile de montrer que
Z T Z
lim A1,n = |u(x, t) − v(x, t))|ψ 0 (t)dxdt.
n→+∞ 0 Ω

On montre ensuite que A2,n + A3,n ≤ 0. Pour cela, on considère la formulation entropique pour v, écrite avec y et
s comme variables. On choisit l’entropie de Kruskov associée à k = u(x, t) et ϕ(y, s) = ψ(t)ρn (x − y)ρn (t − s).
Enfin, on intègre par rapport à x ∈ Ω et t ∈ IR + . On obtient
Z T Z Z T Z
− |v(y, s) − u(x, t)|ψ(t)ρn (x − y)ρ̄0n (t − s)dydsdxdt
0 Ω 0 Ω
Z T Z Z T Z
− (f (v(y, s)) − f (u(x, t))(sign(v(y, s) − u(x, t))ψ(t)b · ∇ρn (x − y)ρ̄n (t − s)dydsdxdt ≥ 0.
0 Ω 0 Ω

Ce qui donne A2,n + A3,n ≤ 0. On notera que le terme associé à la condition initiale est nul car ρ̄n (t) = 0 si t ≥ 0.
Il suffit maintenant de montrer que limn→+∞ A4,n = 0 pour conclure en passant à limite dans (5.30) que
Z T Z
|u(x, t) − v(x, t)|ψ 0 (t)dxdt ≥ 0. (5.31)
0 Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 203


5.2. CAS MULTIDIMENSIONNEL CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Pour montrer que limn→+∞ A4,n = 0, on reprend la formulation entropique pour v écriteRavec y et s comme

variables. On choisit l’entropie de Kruskov associée à k = u0 (x) et ϕ(y, s) = ψ(0)ρn (x − y) s ρn (−τ )dτ (avec
n assez grand pour cette fonction test ϕ soit admissible). Enfin, on intègre par rapport à x ∈ Ω. On obtient
Z TZ Z Z ∞
−A4,n − (f (v(y, s)) − f (u0 (x))(sign(v(y, s) − u0 (x))ψ(0)b · ∇ρn (x − y)( ρ̄n (−τ )dτ )dydsdx
0 Ω Ω s
Z Z
+ |u0 (y) − u0 (x)|ψ(0)ρn (x − y)dxdy ≥ 0.
Ω Ω

On a donc
0 ≤ A4,n ≤ A5,n + A6,n ,
avec
Z T Z Z Z ∞
A5,n = − (f (v(y, s)) − f (u0 (x))(sign(v(y, s) − u0 (x))ψ(0)b · ∇ρn (x − y)( ρ̄n (−τ )dτ )dydsdx,
0 Ω Ω s
Z Z
A6,n = |u0 (y) − u0 (x)|ψ(0)ρn (x − y)dxdy.
Ω Ω
Il n’est pas difficile de montrer que limn→+∞ A5,n = limn→+∞ A6,n = 0. On en déduit que limn→+∞ A4,n = 0
et, finalement, on obtient (5.31).
On peut maintenant conclure. Soit 0 < ε < T . On peut choisir ψ ∈ Cc∞ ([0, T [, IR + ) t.q. ψ 0 < 0 sur ]0, T − ε].
L’inégalité (5.31) donne alors u = v p.p. sur Ω×]0, T − ε[. Comme ε est arbitrairement petit, on en conclut que
u = v p.p. sur Ω×]0, T [, ce qui termine la preuve de l’unicité.

Remarque 5.19 (Pour le cas où Ω est non borné) Dans la partie “unicité” (Etape 4) de la démonstration précé-
dente, il aurait été possible de prendre un fonction ψ dépendant aussi de x. On aurait alors obtenu
Z TZ Z TZ
|u − v|ψt dx dt + b(f (u) − f (v)sign(u − v) · ∇ψdxdt ≥ 0 ∀ψ ∈ Cc∞ (IR N × [0, T [, IR + ). (5.32)
0 Ω 0 Ω

Ceci est intéressant pour montrer alors l’unicité dans le cas où l’ouvert Ω est non borné (par exemple, Ω = IR N )
en profitant de la propriété de “propagation à vitesse finie” pour les problèmes hyperboliques. Plus précisément,
on prend dans (5.32) ψ(x, t) = r(t)ϕa (|x| + ωt), avec ω = Lf kbk∞ , où Lf est un majorant de |f 0 | sur l’intervalle
[−γ, γ] avec γ = max{kuk∞ , kvk∞ }, r(t) = (1/T )(T − t)+ et ϕa ∈ Cc∞ ([0, ∞[, IR + ), ϕa = 1 sur [0, a] pour
a > 0 donné et ϕa décroissante (on peut remarquer qu’un argument simple de régularisation autorise de prendre
une telle fonction ψ dans (5.32)). On obtient alors

Z TZ Z T Z
1
− |u − v|ϕa (|x| + ωt) dx dt + |u − v|r(t)ϕ0a (|x| + ωt)ω dx dt
T 0 IR N 0 IR N
Z T Z
x
+ b(f (u) − f (v))sign(u − v)r(t)ϕ0a (|x| + ωt) dxdt ≥ 0.
0 IR N |x|
Mais,
Z TZ Z T Z
x
b(f (u) − f (v)sign(u − v)r(t)ϕ0a (|x| + ωt) ≤− kbkLf |u − v|r(t)ϕ0a (|x| + ωt)dxdt
0 IR N |x| 0 IR N
Z TZ
≤− |u − v|r(t)ϕ0a (|x| + ωt)ωdxdt,
0 IR N

EDP, Télé-enseignement, M2 204


5.3. EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

car ω = Lf kbk. On a donc


Z T Z
1
− |u − v|ϕa (|x| + ωt)dxdt ≥ 0.
T 0 IR N
RT R
On en déduit, avec Ba,t = {x t.q. |x| + ωt ≤ a} que 0 ( Ba,t |u − v|dx)dt = 0. On fait tendre maintenant a vers
RT R
+∞. On obtient, par convergence monotone, 0 Ω |u − v|dxdt = 0 et donc u = v p.p. sur Ω×]0, T [.

Remarque 5.20 (hypothèses sur b)


1. On a besoin d’une régularité C 1 de b pour obtenir l’estimation BV sur les solutions approchées. Si on n’uti-
lise pas l’estimation BV, on a de toutes façons besoin de la régularité C 1 de b pour l’unicité. Actuellement,
le problème b 6∈ C 1 est un problème ouvert.
2. On a supposé divb = 0. On pourrait remplacer cette hypothèse par divb ∈ L∞ à condition de supposer que
f soit lipschitzienne. On a aussi supposé que b = 0 sur ∂Ω (pour ne pas traiter le cas, difficile, des conditions
aux limites) mais on pourrait remplacer cette condition par b · n = 0 sans grande difficulté supplémentaire.
Le problème des conditions aux limites interviendrait si b · n 6= 0.

5.3 Exercices
Exercice 5.1 (Construction d’une solution faible) Corrigé 5.1 page 209
On considère dans cet exercice l’équation de Burgers avec une condition initiale :

ut + (u2 )x = 0 dans IR × IR ?+ ,

(5.33)
u(·, 0) = u0 dans IR.

Construire une solution faible de (5.33) pour u0 définie par :



 1 si x < 0,
u0 (x) = 1 − x si 0 < x < 1,
0 si x > 1.

Exercice 5.2 (Non unicité des solutions faibles)


On considère l’équation 
 ut + (u2 )x= 0
ug si x < 0 (5.34)
 u(0, x) =
ud si x > 0
avec ug < ud .

u(t, x) = ug si x < σt
1. Montrer qu’il existe σ ∈ IR tel que si alors u est solution faible de (5.34).
u(t, x) = ud si x > σt
Vérifier que u n’est pas solution entropique de (5.34).
2. Montrer que u définie par : 
 u(t, x) = ug si x < 2ug t
x
u(t, x) = 2t si 2ug t ≤ x ≤ 2ud t (5.35)
u(t, x) = ud si x > 2ud t

alors u est solution faible entropique de (5.34).

EDP, Télé-enseignement, M2 205


5.3. EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Exercice 5.3 (Construction d’une solution entropique)


On considère dans cet exercice l’équation de Burgers avec une condition initiale :

ut + (u2 )x = 0 dans IR × IR ?+ ,

(5.36)
u(·, 0) = u0 dans IR.

Construire une solution entropique de (5.36) pour u0 définie par :



 0 si x < 0,
u0 (x) = 1 − x si 0 < x < 1,
1 si x > 1.

Exercice 5.4 (Problème de Riemann (1))


Soit f la fonction de IR dans IR définie par f (s) = s4 . Soit ud et ug des réels. Calculer la solution entropique du
problème de Riemann (5.14) avec données ud et ug en fonction de ud et ug .

Exercice 5.5 (Problème de Riemann (2))

1. Déterminer la solution entropique de (5.14) dans le cas où f est strictement concave.


2. On se place dans le cas où f est convexe puis concave : plus précisément, on considère f ∈ C 2 (IR, IR) avec
(i) f (0) = 0, f 0 (0) = f 0 (1) = 0
(ii) ∃a ∈]0, 1[, tel que f est strictement convexe sur]0, a[, f est strictement concave sur ]a, 1[.
On supposera de plus ug = 1, ud = 0.
(a) Soit b l’unique élément b ∈]a, 1[ tel que f (b)
b = f 0 (b) ; montrer que u définie par :

 u(t, x) = 1 si x ≤ 0
u(t, x) = ξ si x = f 0 (ξ)t, b < ξ < 1
u(t, x) = 0 si x > f 0 (b)t

est la solution faible entropique de (5.14) (sous les hypothèses précédentes).


u2
(b) Construire la solution entropique du problème de Riemann dans le cas f (u) = (1−u)2
et ug , ud ∈
u2 + 4
[0, 1]. [Compliqué. On distinguera plusieurs cas. )

Exercice 5.6 (Solution entropique (1))


Construire la solution entropique du problème


 ut + (u2 )x = 0 
 0 si x < 0


 u(x, 0) = u 0 (x) = x si x ∈ [0, 1]
0 si > 1
 
R R
Vérifier que pour tout t > 0 on a bien IR u(x, t)dx = IR u0 (x)dx.

Exercice 5.7 (Solution entropique (2))

EDP, Télé-enseignement, M2 206


5.3. EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Construire la solution entropique du problème




 ut + (u2 )x = 0 
1 si x < −1,


 

0 si − 1 < x < 0,

u(x, 0) = u0 (x) =
 2 si 0 < x < 1,



 
0 si x > 1.
 

Exercice 5.8 (Solution non entropique)


On s’intéresse à l’équation de Burgers.

ut (t, x) + (u2 )x (t, x) = 0, t ∈ IR + , x ∈ IR, (5.37)


u(0, x) = 0, x ∈ IR. (5.38)

1. (Question de cours. . . ) Donner le sens de “u solution faible de (5.37)-(5.38)” et “u solution entropique de


(5.37)-(5.38)”.

On définit u de IR + × IR dans IR par :


u(t, x) = 0, t ∈ IR + , x ∈ IR, x < − t, (5.39)
x √ √
u(t, x) = , t ∈ IR ?+ , x ∈ IR, − t < x < t, (5.40)
2t √
u(t, x) = 0, t ∈ IR + , x ∈ IR, x > t. (5.41)

2. Montrer que u ∈ L1loc (IR + × IR) et u2 ∈ L1loc (IR + × IR). (On rappelle qu’une fonction v de IR + × IR dans
IR appartient à L1loc (IR + × IR) si v1K ∈ L1 (IR + × IR) pour tout K ⊂ IR + × IR = [0, ∞[×IR, K compact.)
3. (Solution faible ?) Montrer que u vérifie :
Z
(u(t, x)ϕt (t, x) + u2 (t, x)ϕx (t, x))dxdt = 0, ∀ϕ ∈ Cc1 (IR + × IR, IR). (5.42)
IR + ×IR

La fonction u est-elle solution faible de (5.37)-(5.38) ?


1
R s 0 ?)0 Soit η une fonction convexe de IR dans IR, de classe C . On définit φ de IR dans IR
4. (Solution entropique
par : φ(s) = 0 η (ξ)f (ξ)dξ, pour tout s ∈ IR. Montrer que u vérifie :
Z
(η(u)(t, x)ϕt (t, x) + φ(u)(t, x)ϕx (t, x))dxdt ≥ 0, ∀ϕ ∈ Cc1 (IR ?+ × IR, IR + ). (5.43)
IR + ×IR

[On pourra commencer par étudier, grâce à la convexité de η, le signe de φ(s) − sη(s).]
La fonction u est-elle solution entropique de (5.37)-(5.38) ?
N.B. : Dans tout l’exercice, bien distinguer IR ?+ et IR + (en particulier distinguer Cc1 (IR ? 1
R + × IR, IR) et Cc (IR + ×
IR, IR). Bien justifier dans les 3ème et 4ème questions que les quantités sous le signe sont intégrables. La 4ème
question montre que η(u)t + φ(u)x ≤ 0 au sens des dérivées par transposition dans IR ?+ × IR.

EDP, Télé-enseignement, M2 207


5.3. EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Exercice 5.9 (Flux strictement convexe et entropie) Soit f ∈ C 1 (IR, IR) et u0 ∈ L∞ (IR). On s’intéresse ici à
la solution entropique du problème suivant :

ut + (f (u))x = 0, (x, t) ∈ IR × IR + ,
(5.44)
u(x, 0) = u0 (x).

Soit σ ∈ IR, D1 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x < σt} et D2 = {(x, t) ∈ IR × IR ?+ ; x > σt}. On suppose que
u|Di ∈ C 1 (D̄i , IR) (i = 1, 2) et que u est solution faible de (5.44). En particulier, on a donc (voir la proposition
5.7)
σ[u](σt, t) = [f (u)](σt, t) pour tout t ∈ IR + . (5.45)
1. Montrer que u est solution entropique de (5.44) si et seulement si

σ[η(u)](σt, t) ≥ [φ(u)](σt, t) pour tout t ∈ IR + , (5.46)

pour toute fonction η ∈ C 1 (IR, IR) convexe et φ ∈ C 1 (IR, IR) telle que φ0 = f 0 η 0 .
2. Si f est strictement convexe et u est solution entropique de (5.44), montrer que u− (σt, t) ≥ u+ (σt, t) pour tout
t ∈ IR + . [On pourra choisir η = f dans (5.46).]
On rappelle que u+ (σt, t) = limx↓σt u(x, t), u− (σt, t) = limx↑σt u(x, t), [u](σt, t) = u+ (σt, t) − u− (σt, t) et
[g(u)](σt, t) = g(u+ (σt, t)) − g(u− (σt, t)) pour g = f, η ou φ.

Exercice 5.10 (Effet “Landau”) Corrigé 5.2 page 209


Soit f une fonction borélienne bornée et périodique de IR dans IR (pour simplifier, on peut supposer que f est
continue périodique de IR dans IR). On s’intéresse dans cet exercice à la limite quand t → +∞ de la solution
(faible) du problème suivant :

∂u ∂u
(x, y, t) + y (x, y, t) = 0, x, y ∈ IR, t ∈ IR ?+ ,
∂t ∂x (5.47)
u(x, y, 0) = f (x), x, y ∈ IR.

1. Donner explicitement en fonction de f l’unique solution faible de (5.47).


Dans la suite, on note u cette solution faible.
On remarquera que u est continue de IR + dans Lploc (IR 2 ) pour tout p < ∞.
On note aussi m la moyenne de f sur une période. Enfin, pour tout y ∈ IR et r > 0, on pose
Z y+r
1
F (y, r) = f (z)dz.
2r y−r

2. (Question liminaire) Montrer que limr→+∞ F (y, r) = m, uniformément par rapport à y ∈ IR.
3. Soit a, b ∈ IR et δ > 0. Montrer que
Z b+δ Z a+δ
lim u(x, y, t)dxdy = 4δ 2 m.
t→+∞ b−δ a−δ

R b+δ
[On pourra remarquer que b−δ
f (x − yt)dy = 2δF (x − bt, δt).]
4. Montrer que u(., ., t) → m ?-faiblement dans L∞ (IR 2 ), quand t → +∞.

EDP, Télé-enseignement, M2 208


5.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

∂u ∂u
5. Montrer que le résultat de la question 4 reste vrai si on remplace dans (5.47) y
par a(y) où a ∈ C 1 (IR, IR)
∂x ∂x
et a0 (y) 6= 0 pour tout y ∈ IR. (Plus généralement, ce résultat reste vrai sous l’hypothèse plus faible que
l’ensemble des points ou a0 s’annule est de mesure nulle.)

Exercice 5.11 (Principe du maximum et positivité)


Soit v une fonction lipschitzienne et de classe C 1 de IR dans IR. Soit u0 ∈ Cb (IR, IR). On s’intéresse aux deux
problèmes suivants :
∂u ∂u
(x, t) + v (x, t) = 0, x ∈ IR, t ∈ IR ?+ ,
∂t ∂x (5.48)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ IR.
∂u ∂vu
(x, t) + (x, t) = 0, x ∈ IR, t ∈ IR ?+ ,
∂t ∂x (5.49)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ IR.
1. Soit A, B ∈ IR t.q. A ≤ u0 (x) ≤ B pour tout x ∈ IR. Soit u la solution (continue) de (5.48), montrer que
A ≤ u(x, t) ≤ B pour tout x ∈ IR et t ∈ IR + . Montrer (en donnant un exemple) que cette propriété peut être
fausse si u est solution de (5.49).
2. On suppose que u0 (x) ≥ 0 pour tout x ∈ IR. Soit u la solution (continue) de (5.49), montrer que u(x, t) ≥ 0
pour tout x ∈ IR et t ∈ IR + .

5.4 Corrigés d’exercices


Corrigé 5.1 (Construction d’une solution faible)
On considère dans cet exercice l’équation de Burgers avec une condition initiale :

ut + (u2 )x = 0 dans IR × IR ?+ ,

(5.50)
u(·, 0) = u0 dans IR.

Construire une solution faible de (5.50) pour u0 définie par :



 1 si x < 0,
u0 (x) = 1 − x si 0 < x < 1,
0 si x > 1.

Corrigé – Pour 0 < t < 1/2, la solution est continue et on peut la trouver en construisant les courbes caractéristiques.
Puis, en t = 1/2, certaines courbes caractéristiques se rencontrent (au point x = 1), une disontinuité apparaîıt et se
propage à une vitesse conforme à la relation de Rankine Hugoniot. Ceci nous permet de construire la solution.
On pose :
D1 = {(x, t), 0 < t ≤ 12 , x < 2t} ∪ {(x, t), t > 21 , x < t + 12 },
D2 = {(x, t), 0 < t < 21 , 2t < x < 1},
D3 = {(x, t), 0 < t ≤ 21 , 1 < x} ∪ {(x, t), t > 21 , t + 12 < x},
1−x
on prend u(x, t) = 1 si (x, t) ∈ D1 , u(x, t) = 0 si (x, t) ∈ D3 et u(x, t) = 1−2t
si (x, t) ∈ D2 . La fonction u est bien
solution faible de (5.50).

Corrigé 5.2 (Effet “Landau”)

EDP, Télé-enseignement, M2 209


5.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Soit f une fonction borélienne bornée et périodique de IR dans IR (pour simplifier, on peut supposer que f est
continue périodique de IR dans IR). On s’intéresse dans cet exercice à la limite quand t → +∞ de la solution
(faible) du problème suivant :
∂u ∂u
(x, y, t) + y (x, y, t) = 0, x, y ∈ IR, t ∈ IR ?+ ,
∂t ∂x (5.51)
u(x, y, 0) = f (x), x, y ∈ IR.
1. Donner explicitement en fonction de f l’unique solution faible de (5.51).
∂u ∂yu
Corrigé – La première équation de (5.51) peut s’écrire (x, y, t) + (x, y, t) = 0. La notion de solution faible
∂t ∂x
pour cette équation est donc parfaitement définie.
Etape 1, construction d’une solution
Le problème (5.51) correspond à une équation de transport dans la direction x, la vitesse du transport dépendant de
la variable y (que l’on peut voir ici comme un paramètre). Le début du chapitre 5 nous suggère alors la forme de la
solution faible. Pour (x, y, t) ∈ IR × IR × IR + , on pose
u(x, y, t) = f (x − yt).
La fonction u ainsi définie appartient bien à L∞ (IR × IR × IR + ). On montre maintenant que u est solution faible de
(5.51).
Soit ϕ ∈ Cc1 (IR 2 × IR + , IR). On va montrer que
Z Z Z Z
u(x, y, t)(ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t)) dx dy dt = − f (x)ϕ(x, y, 0) dx dy. (5.52)
IR + IR IR IR
Ceci montrera bien que u est solution faible de (5.51). On considère de terme de gauche de (5.52) en remplaçant
u(x, y, t) par f (x − yt) et on utilise dans l’intégrale par rapport à x le changement de variable x − yt = z (pour y
et t fixés, on profite aussi ici du théorème de Fubini). On obtient
Z Z Z
f (x − yt)(ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t)) dx dy dt
IRZ+ IRZ IRZ

= f (z)(ϕt (z + yt, y, t) + yϕx (z + yt, y, t)) dz dy dt.


IR + IR IR
(Noter que ϕx désigne toujours la dérivée de ϕ par rapport à sa première variable et ϕt désigne toujours la dérivée
de ϕ par rapport à sa troisième variable.)
Pour z, y ∈ IR et t ∈ IR + , on pose ψ(z, y, t) = ϕ(z + yt, y, t), de sorte que ψt (z, y, t) = yϕx (z + yt, y, t) + ϕt (z +
yt, y, t). On obtient ainsi
Z Z Z Z Z Z
f (x − yt)(ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t)) dx dy dt = f (z)ψt (z, y, t) dz dy dt.
IR + IR IR IR + IR IR
On peut maintenant intégrer le terme de droite d’abord par rapport à t (grâce au théorème de Fubini), on obtient
Z Z Z Z Z
f (x − yt)(ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t)) dx dy dt = − f (z)ψ(z, y, 0) dz dy.
IR + IR IR IR IR
Ce qui donne
Z Z Z Z Z
f (x − yt)(ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t)) dx dy dt = − f (z)ϕ(z, y, 0) dz dy.
IR + IR IR IR IR
On a bien montré (5.52). La fonction u est donc bien une solution faible de (5.51).

Unicité de la solution faible de (5.51)


Grâce à la linéarité de la première équation de (5.51), il suffit de montrer que si u est solution de (5.52) (pour tout
ϕ ∈ Cc1 (IR 2 × IR + , IR)) avec f = 0 p.p., alors u = 0 p.p.. On suppose donc que u appartient à L∞ (IR 2 × IR + ) et
vérifie
Z Z Z
u(x, y, t)(ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t)) dx dy dt = 0 pour tout ϕ ∈ Cc1 (IR 2 × IR + , IR). (5.53)
IR + IR IR

EDP, Télé-enseignement, M2 210


5.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

On va montrer que u = 0 p.p..


Soit ψ ∈ Cc1 (IR 2 × IR + , IR). Pour x, y ∈ IR et t ∈ IR + , on pose
Z +∞
ϕ(x, y, t) = − ψ(x − y(t − s), y, s) ds.
t
On a aussi ϕ ∈ Cc1 (IR 2 × IR + , IR) et on remarque que pour tout x, y ∈ IR et tout t > 0 on a
Z +∞
ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t) = ψ(x, y, t) + y ψx (x − y(t − s), y, s) ds
Zt +∞
−y ψx (x − y(t − s), y, s) ds
t
et donc
ϕt (x, y, t) + yϕx (x, y, t) = ψ(x, y, t).
En prenant cette fonction ϕ dans (5.53) on obtient
Z Z Z
u(x, y, t)ψ(x, y, t) dx dy dt = 0 pour tout ψ ∈ Cc1 (IR 2 × IR + , IR).
IR + IR IR
On en déduit que u = 0 p.p..
N.B. La méthode que nous venons d’utiliser est une méthode classique pour obtenir l’unicité d’un problème par la
résolution du problème adjoint (qui est ici ϕt + yϕx = ψ avec ϕ = 0 comme donnée “finale”.)

Dans la suite, on note u cette solution faible.


On remarquera que u est continue de IR + dans Lploc (IR 2 ) pour tout p < ∞.
On note aussi m la moyenne de f sur une période. Enfin, pour tout y ∈ IR et r > 0, on pose
Z y+r
1
F (y, r) = f (z)dz.
2r y−r

2. (Question liminaire) Montrer que limr→+∞ F (y, r) = m, uniformément par rapport à y ∈ IR.
Corrigé – Soit T > 0 t.q. f (z + T ) = f (z) pour tout z ∈ IR (la fonction f est donc de période T ).
Soit y ∈ IR et r > T . Il existe p, q ∈ ZZ t.q. (p − 1)T < y − r ≤ pT < qT ≤ y + r < (q + 1)T . On a alors
Z pT Z qT Z y+r Z pT Z y+r
2rF (y, r) = f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz = f (z)dz + (q − p)mT + f (z)dz.
y−r pT qT y−r qT
Ceci donne Z pT Z y+r
(q − p)T  1 1
F (y, r) = m + −1 m+ f (z)dz + f (z)dz.
2r 2r y−r 2r qT
Comme 0 ≤ 2r − (q − p)T ≤ 2T et que, avec M = max{|f (z)|, z ∈ IR},
Z pT Z pT Z y+r Z y+r
f (z)dz ≤ |f (z)|dz ≤ M T, f (z)dz ≤ |f (z)|dz ≤ M T,
y−r y−r qT qT
on a donc
(|m| + M )T
|F (y, r) − m| ≤ .
r
ce qui prouve bien que limr→+∞ F (y, r) = m, uniformément par rapport à y ∈ IR.

3. Soit a, b ∈ IR et δ > 0. Montrer que


Z b+δ Z a+δ
lim u(x, y, t)dxdy = 4δ 2 m.
t→+∞ b−δ a−δ
R b+δ
[On pourra remarquer que b−δ
f (x − yt)dy = 2δF (x − bt, δt).]

EDP, Télé-enseignement, M2 211


5.4. CORRIGÉS D’EXERCICES CHAPITRE 5. HYPERBOLIQUE

Corrigé – Soit x ∈ IR et t > 0. En utilisant le changement de variable z = x − yt, c’est-à-dire y = (x − z)/t, on


obtient Z b+δ Z x−bt+δt
f (z)
f (x − yt)dy = dz = 2δF (x − bt, δt).
b−δ x−bt−δt t
Soit maintenant t > 0. On sait que u(x, y, t) = f (x − yt), on a donc
Z b+δ Z a+δ Z b+δ Z a+δ
u(x, y, t)dxdy = f (x − yt)dxdy.
b−δ a−δ b−δ a−δ
Avec le théorème de Fubini, on a donc
Z b+δ Z a+δ Z a+δ Z b+δ  Z a+δ
u(x, y, t)dxdy = f (x − yt)dy dx = 2δ F (x − bt, δt)dx.
b−δ a−δ a−δ b−δ a−δ
La deuxième question donne limt→∞ F (x − bt, δt) = m, uniformément par rapport à x, on a donc bien
Z b+δ Z a+δ
lim u(x, y, t)dxdy = 4δ 2 m.
t→+∞ b−δ a−δ

4. Montrer que u(., ., t) → m ?-faiblement dans L∞ (IR 2 ), quand t → +∞.


Corrigé – On remarque d’abord que (avec M = max{|f (z)|, z ∈ IR})
ku(·, ·, t)kL∞ (IR 2 ) ≤ M pour tout t > 0.
On pose
C = {1]a−δ,a+δ[×]b−δ,d+δ[ , a, b ∈ IR, δ > 0}.
La question précédente montre que pour tout ϕ ∈ C on a
Z Z Z Z
lim u(x, y, t)ϕ(x, y)dxdy = m ϕ(x, y)dxdy. (5.54)
t→∞ IR IR IR IR
On note maintenant E l’espace vectoriel engendré par C. Par linéarité de l’intégrale, on a alors (5.54) pour tout
ϕ ∈ E.
L’espace vectoriel E est dense dans L1 (IR 2 ) (pour la mesure de Lebesgue). Pour montrer ceci, il suffit, par exemple,
d’utiliser la densité de Cc (IR 2 , IR) dans L1 (IR 2 ) puis de remarquer que tout élément de Cc (IR 2 , IR) peut être appro-
ché d’aussi près que l’on veut pour la norme de L1 (IR 2 ) par un élément de E. On en déduit bien que E est dense dans
L1 (IR 2 ). Grâce à cette densité et à la borne L∞ (IR 2 ) sur u(·, ·, t), on conclut facilement que (5.54) est vrai pour tout
u ∈ L1 (IR 2 ). Ceci donne bien que u(., ., t) → m ?-faiblement dans L∞ (IR 2 ), quand t → +∞.

∂u ∂u
par a(y)
5. Montrer que le résultat de la question 4 reste vrai si on remplace dans (5.47) y où a ∈ C 1 (IR, IR)
∂x ∂x
et a0 (y) 6= 0 pour tout y ∈ IR. (Plus généralement, ce résultat reste vrai sous l’hypothèse plus faible que
l’ensemble des points ou a0 s’annule est de mesure nulle.)

EDP, Télé-enseignement, M2 212


Bibliographie

[1] A DAMS , R.A. (1975), Sobolev spaces (Academic Press, Boston). Version élevtornique http://www.
heroturko.org/index.php?do=search
[2] B REZIS , H. (1983), Analyse Fonctionnelle : Théorie et Applications (Masson, Paris).
[3] G ALLOUËT, T. and H ERBIN , R., Mesure, intégration, probabilités, Ellipses, 2013.
[4] G ALLOUËT, T. and H ERBIN , R., Théorie de l’intégration et de la mesure.
http://www.cmi.univ-mrs.fr/~herbin/PUBLI/mes-int-pro.pdf
[5] G ODLEWSKI E. and P. A. R AVIART (1991), Hyperbolic systems of conservation laws, Ellipses.
[6] H ERBIN , R., Analyse numérique des équations aux dérivées partielles. http ://www.cmi.univ-mrs.fr/ her-
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[7] L ERAY, J., Sur le mouvement d’un fluide visqueux emplissant l’espace, Acta. Math. 63 (1934), no. 1, 193-248.

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