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AAC RAC N°7-2025

La Revue Africaine de Communication appelle à contributions pour un numéro sur 'Communication politique et crises contemporaines', explorant comment les crises actuelles affectent la communication politique et les relations entre gouvernants, médias et citoyens. Les contributions doivent aborder divers axes, tels que la désinformation, la polarisation médiatique, la démocratie participative, et les stratégies de communication en temps de crise. Ce numéro vise à analyser les défis et les transformations induits par ces crises sur la communication politique et la confiance des citoyens envers les institutions.

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AAC RAC N°7-2025

La Revue Africaine de Communication appelle à contributions pour un numéro sur 'Communication politique et crises contemporaines', explorant comment les crises actuelles affectent la communication politique et les relations entre gouvernants, médias et citoyens. Les contributions doivent aborder divers axes, tels que la désinformation, la polarisation médiatique, la démocratie participative, et les stratégies de communication en temps de crise. Ce numéro vise à analyser les défis et les transformations induits par ces crises sur la communication politique et la confiance des citoyens envers les institutions.

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APPEL À CONTRIBUTIONS

***
REVUE AFRICAINE DE COMMUNICATION

ISSN 0850-895X
RAC, Nouvelle série, Numéro 7, 2025

La Revue Africaine de Communication lance un appel à contributions pour un


numéro consacré à la thématique suivante :

« Communication politique et crises contemporaines ».

A. ARGUMENTAIRE
Les crises contemporaines qu’elles soient climatiques, sanitaires, économiques,
sociales ou politiques, par leur caractère disruptif, se révèlent comme des catalyseurs
mettant à l’épreuve la solidité de nos systèmes politiques. Elles imposent une
réévaluation profonde des discours et des pratiques de communication politique.
Dans un contexte mondial marqué par une défiance croissante à l’égard des
institutions, une polarisation à outrance de l’opinion publique et une circulation
ultra-rapide de l’information via les médias sociaux, la communication politique se
trouve confrontée à un double défi. D’une part, elle est déstabilisée par la perte de
maitrise des flux informationnels et des narratifs ; d’autre part, elle se voit renouvelée
par l’émergence de nouveaux outils et de nouvelles formes d’engagement citoyen.
Comme l’a souligné Wolton (1989), la communication politique ne saurait se réduire
à une simple transmission d’informations. Elle constitue un champ de tensions
permanentes où s’affrontent des enjeux de légitimité et de pouvoir. Les crises
récentes et actuelles exacerbent ces tensions sous-jacentes, opposant transparence,
intégrité et contrôle de l’information, urgence et réflexivité, élitisme et populisme,
réalisme politique et démagogie, sans oublier les tensions entre dynamiques
géopolitiques mondiales et replis nationalistes. La manière dont ces crises sont
gérées met en lumière les stratégies par lesquelles les acteurs politiques, les médias
et les mouvements citoyens s’approprient, remettent en question ou réajustent leurs
discours et leurs dispositifs communicationnels pour faire face à des défis sans
précédent (Cardon, 2019).
Ce numéro thématique sollicite des contributions originales, aussi bien théoriques
qu’empiriques, fondamentales ou appliquées permettant de mieux cerner la manière
dont les crises contemporaines multiformes modifient profondément les relations
dynamiques entre les gouvernants, les acteurs des médias et les [Link].s. Les
propositions pourront s’articuler, sans exclusive, autour des sept (7) axes développés
ci-dessous.
B. AXES DE RÉFLEXION

Étant donné le caractère interdisciplinaire des sciences de l’information et de


communication, les propositions s’inscrivant dans les sciences humaines et sociales
et les sciences de gestion sont encouragées, pour autant qu'elles abordent, sous un
angle ou un autre la problématique des changements induits par les crises dans
leurs différentes dimensions.

Axe 1. Communication politique et désinformation


La communication politique en période de crise constitue un terrain conflictuel sur
le plan informationnel, où la recherche de la confiance publique se confronte à une
propagation exponentielle de la désinformation. Ce phénomène est généralement
défini comme « une manipulation délibérée de l’information, des [faits] dans le but
d’induire en erreur le récepteur et [d’altérer] ainsi son jugement, sa décision et son
action » (Kouakou, 2023, p. 2). En d’autres termes, les faits, souvent complexes et
incertains, sont sujets à des distorsions accentuées et présentés sous les vocables
fake news, deepfakes, théories du complot et infox. Ces distorsions sont amplifiées
par la viralité des réseaux sociaux, participant de l’ère de « post-vérité » (Bronner,
2013), où l’émotion et la croyance prévalent souvent sur les faits. La crise du Covid-
19 a illustré de manière frappante comment des messages contradictoires et des fake
news ont pu éroder la confiance envers les institutions et entraver les efforts de santé
publique (Kouakou, 2021). Ainsi, la désinformation, particulièrement en contexte de
crise, peut compromettre la crédibilité des institutions, exacerber les divisions
sociales et rendre inefficaces les politiques publiques.
Cet axe s’intéresse aux dynamiques complexes entre communication politique,
gestion de crise et désinformation. Les contributions attendues pourront adresser les
questions ci-dessous :
● Comment, en situation de crise, les acteurs politiques peuvent-ils construire
ou restaurer la confiance publique tout en luttant contre la désinformation ?
● De quelle manière les fake news, les théories du complot et les infox
influencent-elles la perception des crises, la communication politique et la
prise de décision politique ?
● Quels dispositifs et stratégies de vérification (fact-checking) sont déployés par
les médias, les institutions et les citoyens pour contrer la désinformation en
période de crise ?
● Comment les citoyens parviennent-ils à naviguer dans cet océan
d’informations contradictoires ? Comment développent-ils une autodéfense
intellectuelle ou renforcent-ils leur littératie médiatique dans un contexte de
crise ?
● Quels sont les enjeux éthiques et démocratiques liés à la régulation de
l’information en ligne ?
Axe 2. Polarisation politico-médiatique et fragmentation de l’espace public
La polarisation politico-médiatique constitue un phénomène croissant dans les
démocraties contemporaines, où les discours politiques se radicalisent à travers les
médias traditionnels et les plateformes numériques. Cette dynamique exacerbe les
clivages idéologiques et simplifie excessivement les débats publics les cantonnant à
une vision binaire. Il pose ainsi des défis majeurs pour la démocratie, notamment en
termes de désinformation, d’érosion de la confiance dans les institutions et de
fragmentation de l’espace public (Bail et al., 2018).
Cette problématique s’inscrit dans un champ de recherche déjà riche, qui a
longtemps étudié l’influence des médias, notamment télévisuels, sur les actions
politiques (Bourdieu, 1996 ; Le Bohec, 2013). L’avènement des émissions politiques
(Neveu, 2001 ; Delporte, 2012) et des nouveaux médias numériques a toutefois
transformé les modalités de couverture de l’actualité politique. Certains travaux
mettent en lumière leur influence sur l’opinion publique (Derville, 2017 ; Neveu,
2017), tandis que d’autres explorent leur impact sur la reconfiguration du champ
politique (Desrumaux et Nollet, 2021 ; Lalancette et Bastien, 2024).
L’objectif de cette réflexion est d’examiner les conséquences de cette polarisation sur
la structuration de l’espace public et les comportements citoyens. Il s’agit d’analyser
comment elle influence la manière dont les citoyens s’informent et participent au
débat démocratique, tout en identifiant des pistes pour favoriser des échanges plus
nuancés et constructifs. Les contributions dans cet axe pourraient se structurer
autour de différents aspects comme :
• le rôle des médias et des dispositifs numériques en période crise où l’évolution
des lignes éditoriales et l’essor des nouvelles plateformes modifient en
profondeur le traitement de l’actualité politique.
• les stratégies de communication des partis politiques, qui exploitent souvent
des discours polarisants pour segmenter leur audience et mobiliser leurs
bases.
• les effets de cette polarisation sur la démocratie elle-même, qu’il s’agisse de
l’appauvrissement du débat public, de l’affaiblissement de la cohésion sociale
ou de la fragmentation accrue de l’espace médiatique (Pariser, 2011).
Dans ce cadre, une attention particulière sera portée au rôle des journalistes
traditionnels et des nouveaux acteurs médiatiques dans la participation politique, y
compris dans ses formes protestataires (Jost et al., 2018). L’enjeu est de mieux
comprendre comment ces dynamiques façonnent aujourd’hui les conditions du
débat démocratique.

Axe 3. Communication politique, démocratie participative et crise de la


représentation

La communication politique se trouve aujourd’hui au cœur d’une crise de la


représentation qui fragilise les démocraties contemporaines. Cette crise, caractérisée
par une défiance croissante des citoyens envers leurs représentants et les
institutions, trouve ses racines dans un sentiment de déconnexion entre les attentes
populaires et les réponses politiques. Les mouvements sociaux, comme les Gilets
jaunes en France (2018), le Balai Citoyen au Burkina Faso (2013), le Printemps arabe
en Afrique du Nord (2011) ou Y’en a marre au Sénégal (2011) illustrent parfaitement
comment la communication politique peut être réappropriée par les citoyens pour
contester l’ordre établi et proposer des alternatives. Ces mouvements, souvent nés
des contextes de marginalisation politique, économique et sociale, ont su créer une
synergie entre l’art, la politique et la communication en ayant recours à des symboles
forts, à des récits mobilisateurs et à des outils de communication moderne pour
amplifier leurs revendications et contourner les structures traditionnelles du pouvoir
(Frère, 2015). Pierre Rosanvallon, dans La contre-démocratie (2006), souligne que
cette défiance n’est pas un phénomène passager, mais une caractéristique
structurelle des démocraties modernes, où les citoyens réclament davantage de
transparence, de participation et de légitimité.
Dans ce contexte, la communication politique joue un rôle ambivalent. D’un côté,
elle est souvent perçue comme un outil de manipulation ou de propagande,
renforçant la méfiance des citoyens. De l’autre, elle possède le potentiel de renouer
le lien entre les institutions et les citoyens, à condition de se transformer en un
véritable espace de dialogue participatif. Cette dualité invite à une réflexion
approfondie sur les dynamiques actuelles de la représentation politique, le rôle des
médias dans la construction de l’opinion publique, et les nouvelles formes de
participation citoyenne.
Ainsi, sans prétendre à l’exhaustivité, les contributions dans cet axe pourraient
aborder les questions suivantes :
● Quelle est la perception des citoyens à l’égard des discours politiques en
période de crise ?
● Comment les mouvements sociaux utilisent-ils la communication politique
pour contester l'ordre établi et renforcer la participation citoyenne ?
● Comment les crises redéfinissent-elles les rapports entre gouvernants et
gouvernés, ainsi que les contours de la représentation ?
● Quel rôle la communication politique peut-elle jouer pour (re)construire la
confiance envers les institutions démocratiques en temps de crise ?
● Quels sont les enjeux éthiques et pratiques d'une communication politique
inclusive et transparente dans un contexte de défiance accrue ?

Axe 4. Rhétorique politique et stratégies de communication en temps de crise


Les crises, par définition, constituent des moments de rupture qui, en générant de
l’incertitude, déstabilisent l’ordre établi au sein des sociétés. Dans ces contextes où
les repères sont brouillés et la confiance envers les institutions mise à l’épreuve, la
communication devient un levier stratégique pour expliquer, rassurer et influencer
l’opinion publique. Elle offre une grille de lecture de la crise pour orienter le cadre
interprétatif (framing), façonner les représentations sociales (Entman, 1993, Correa
2022) et conditionner les comportements collectifs.
La récente crise sanitaire de la Covid-19 a montré le rôle déterminant de la
communication dans la stratégie de riposte pour lutter contre la pandémie. Dans un
contexte marqué par la gestion de l’incertitude, où les gouvernants ont été contraints
de prendre des décisions impopulaires ou coercitives, le recours à la rhétorique
politique a constitué un outil de gouvernance pour créer une « ingénierie du
consentement » (Bernays, 1928) et favoriser l’adoption de comportements « sains ». Il
fait appel au nécessaire « travail politique de construction cognitive, normative et
institutionnelle de la crise » (Bouzon, 2004; Crespin et Clavier 2022). Dans cette
perspective, les propositions de cet axe pourraient :
• Interroger les stratégies discursives et rhétoriques mobilisées par les acteurs
politiques pour légitimer des mesures exceptionnelles et faire accepter des
décisions impopulaires (Vauchez, 2022).
• Explorer, à travers l’analyse de discours, les champs de la rhétorique
mobilisés pour créer des consensus forts et « faire société » à travers les mises
en récit articulées autour de l’unité nationale.
• Étudier la production et la circulation des contre-discours sur les réseaux
sociaux en période de crise, notamment leur dimension complotiste et leur
contestation des récits institutionnels.
• Analyser le rôle du langage comme outil de pouvoir dans la gestion des crises,
en particulier lorsque les structures traditionnelles d’autorité sont fragilisées
par l’influence des médias de masse (De Rosnay, 2006).

Axe 5. Crise économique et communication politique


L’émergence de nouvelles formes d’expression sociale et de pratiques culturelles à
partir de mai 68 est le point de départ d’une redéfinition constamment renouvelée
des rapports sociaux et des phénomènes de contrôle du pouvoir politique,
économique et culturel. Avec l’explosion des techniques, des théories et des
technologies de l’information et de la communication dans les années 70, ce
phénomène dépasse les frontières des États (Miège, 2004). On assiste alors à la
naissance du mythe de la société de l’information (Gerstlé, 2007), qui pose les jalons
d’un espace social post-industriel globalisé, où domine, non plus seulement
l’économie et la politique, mais aussi, et de façon plus probante et incontrôlée une
forme d’impérialisme culturel qui fonde l’hégémonie sur le triptyque intérêt,
technologie et communication.
Ce nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (NOMIC), sur lequel
se penche l’Unesco de 1977 à 1980 (Miège, 2004), découle d’une informatisation à
outrance de la vie sociale ouvrant la voie à des formes nouvelles de communication
politique et stratégique (marketing politique, communication digitale), d’exercice de
la liberté d’expression (E-liberté) et de la démocratie (E-démocratie) dans lesquelles
les enjeux économiques sont dilués dans une réorganisation de l’économie capitaliste
ayant la technique et la culture comme bras armés du capitalisme. Ainsi, l’abolition
des distances géographiques accentue les conflits culturels, politiques et
commerciaux entre les nations (Wolton, 2001).
Cette nouvelle donne s’accompagne d’une montée du populisme et du nationalisme
dans les démocraties occidentales (États-Unis, Italie, Autriche, Allemagne, France…).
On assiste alors à une révolution de la communication politique qui, en devenant
directe, soutenue et incisive, s’adresse à l’imaginaire des peuples (Naves, 2017). La
frénésie des déclarations chocs sur les réseaux sociaux numériques noue et défait
les relations internationales et les traités commerciaux. En toile de fond, des lobbies
et des multinationales, véritables groupes de pression et d’influence au service de
l’impérialisme économique et culturel, s’activent pour imposer leur domination
(Braud, 2006) à travers des réseaux sociaux numériques et des circuits commerciaux
et financiers qu’ils contrôlent entièrement.
• Quel est l’impact de la révolution technologique sur les relations sociales et
les enjeux politiques ?
• Quelles crises idéologiques, quels enjeux économiques sous-tend la montée
en puissance des technologies de la communication ? Quels sont les enjeux
et la place de la communication politique dans les crises socio-économiques ?
• Est-il possible de rétablir les rôles classiques dévolus aux journalistes, aux
hommes politiques et aux opinions publiques face à la tyrannie de
l’expression créée par la révolution technologie ?
• Quel est l’impact de la communication politique directe et agressive sur les
relations internationales et commerciales ?
• Quelles relations la diplomatie économique entretient-elle avec la
communication politique ?

Axe 6. Intégrité de l’information, conflits et (re)positionnement géopolitique


L’intégrité de l’information constitue un enjeu majeur dans les dynamiques des
conflits contemporains et le repositionnement géopolitique des États et des acteurs
internationaux (Arquilla et Ronfeldt, 1999). À l’ère du numérique et des guerres
hybrides, l’information est devenue un champ de bataille où s’affrontent intérêts
étatiques, économiques et idéologiques. Sa manipulation – qu’elle soit biaisée,
tronquée ou falsifiée – est devenue une arme stratégique influençant les rapports de
force mondiaux (Douzet, 2014 ; François et Lin, 2020). La lutte pour l’intégrité de
l’information représente ainsi un enjeu majeur pour la stabilité internationale et le
repositionnement des acteurs dans l’ordre mondial.
Cet axe vise à explorer les interactions entre la manipulation de l’information, les
conflits internationaux et le repositionnement des acteurs sur la scène géopolitique.
Il s’agit d’analyser comment la désinformation et la guerre cognitive redéfinissent les
équilibres internationaux, en s’appuyant sur des études de cas et des cadres
théoriques issus des sciences politiques, des relations internationales (Miskimmon,
O’Loughlin et Roselle, 2013) et des études en communication stratégique (Lasswell,
1927).
Dans un contexte où la lutte pour le contrôle des narratifs s’intensifie, il devient
crucial d’examiner les mécanismes de manipulation, les régulations possibles et la
capacité des sociétés à s’adapter à ces nouvelles formes de conflits informationnels.
L’avenir des relations internationales dépendra largement de la manière dont les
acteurs géopolitiques gèreront cet enjeu sans compromettre les principes
démocratiques fondamentaux.
Cet axe sollicite des contributions sur les thématiques suivantes :
• Définition et enjeux de l’intégrité de l’information en contexte géopolitique :
l’impact des crises sur l’intégrité de l’information, le rôle des médias
traditionnels et des plateformes numériques dans la construction des
narratifs de guerre et des tensions diplomatiques, et leur influence sur le
repositionnement géopolitique des États (Chomsky et Herman, 2008).
• La guerre de l’information comme instrument de soft power (Nye, 2005) :
l’utilisation de la désinformation et de la propagande (fake news, deepfakes,
influenceurs des réseaux sociaux) pour influencer l’opinion publique,
déstabiliser des gouvernements et légitimer des actions géopolitiques (Rid,
2020). Qui sont les acteurs impliqués dans ce conflit moderne, qui dépasse
les affrontements militaires classiques pour inclure une guerre cognitive ?
(Diagne, 2024) Comment les États et les acteurs non étatiques exploitent-ils
la désinformation pour repositionner leur influence sur l’échiquier mondial ?
Ce phénomène remet en question les narratifs dominants (soft power
américain, modèle démocratique occidental) et favorise la promotion
d’alternatives (récits multipolaires, souverainisme numérique) (Castells,
2009). Quel rôle jouent les médias et la technologie dans cette dynamique, et
quel impact cela a-t-il sur la perception publique et les décisions politiques
internationales ? (Camara, 2018).
• L’intégrité de l’information comme enjeu stratégique pour la stabilité mondiale :
vers une éthique et une régulation de l’information ? Face à ces défis, la
préservation de l’intégrité de l’information est une priorité pour les
démocraties (Camara, 2015). Des initiatives comme la vérification des faits
(fact-checking), les réglementations des plateformes numériques et
l’intelligence artificielle pour détecter les fausses informations émergent
comme des contre-mesures. Cependant, ces stratégies soulèvent des débats
sur la censure, la liberté d’expression et le contrôle de l’information. Quel rôle
les citoyens peuvent-ils jouer dans la résistance à la manipulation de
l’information ? Une gouvernance numérique mondiale pourrait-elle permettre
de préserver la souveraineté informationnelle ?

Axe 7. Le numérique et les nouvelles formes de communication politique


Inhérente à la gestion du pouvoir, la communication constitue une dimension
importante de l’agir politique. Elle a connu de profondes mutations à l’ère du
numérique avec l’avènement de nouveaux espaces de prise de parole et de
mobilisations citoyennes (Granjon, 2005). Partie intégrante des dispositifs de
communication contemporaine, les réseaux sociaux favorisent le renouvellement des
modalités et formats du dire politique et créent de nouvelles dynamiques dans les
stratégies de conquête ou de conservation du pouvoir qui méritent d’être
questionnées sous l’angle de la communication politique en contexte de crise.
L’usage des réseaux sociaux par les leaders politiques, la montée en puissance des
influenceurs sur Internet et la prolifération de la désinformation sont autant de
phénomènes qui interrogent les mécanismes actuels de persuasion, de légitimation
et de construction de sens dans l’espace public (Greffet 2016; Douyère et Rieffel,
2019; Badouard, 2021).
La communication numérique dans le champ politique, c’est aussi les nouvelles
formes de mobilisations citoyennes, déconnectées des appareils politiques
traditionnels et qui visent à replacer le citoyen au cœur du débat démocratique grâce
aux technologies numériques regroupées sous le terme de « civic tech » (Cardon,
2019). En contexte de crise, ces technologies civiques peuvent-elles contribuer à
restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés ? Peuvent-elles favoriser une
réappropriation du débat démocratique par les citoyens ?
Cet axe accueille des contributions visant à :
• explorer les leviers et ressorts de la communication d’influence, qu’elle soit
portée par des figures du web, qualifiées d’« influenceurs politiques », ou sous-
tendue par les logiques algorithmiques qui structurent l’écosystème du web
social.
• étudier le phénomène de réactualisation des narratifs des acteurs politiques,
de plus en plus soumis à une nouvelle forme de contrôle citoyen désigné sous
le terme de « VAR politique » qui met en débat leur parole, dans l’espace public
numérique.

C. MODALITÉS D’ENVOI DES PROPOSITIONS


Les propositions d’articles sous format Word, Book Antiqua 11, contiendront :
- Le nom et l’affiliation institutionnelle des (de l’) auteur(s) ;
- L’axe auquel, elle se rattache ;
- Un titre en français et en anglais ;
- Un résumé en français et en anglais, d’environ 500 mots ;
- Des mots-clés en français et en anglais (5 mots, au plus) ;
- L’article entièrement rédigé suivant la feuille de style de la revue, visible à :
[Link]
- Une bibliographie.
Les propositions d’articles seront envoyées, simultanément, au plus tard le 31 août
2025, aux adresses suivantes : [Link]@[Link] ;
[Link]@[Link] ; [Link]@[Link] ;
[Link]@[Link].

Nota Bene : La politique éditoriale de la Revue Africaine de Communication (RAC)


est téléchargeable sur le site : [Link]

D. DATES IMPORTANTES
- Lancement de l’appel à contributions : 15 avril 2025
- Date limite de réception des contributions : 31 août 2025
- Envoi des résultats des évaluations aux auteurs : 31 Octobre 2025
- Date limite de renvoi des articles corrigés : 30 novembre 2025
- Publication du Numéro 7, RAC, Nouvelle Série, 2025 : Décembre 2025
E. BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

- Arquilla, J., & Ronfeldt, D. (1999). The Emergence of Noopolitik: Toward an


American Information Strategy. Rand Corporation.
- Bail, Chris et al. (2018). « L’exposition à des points de vue opposés sur les réseaux
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- Bernays, E. (2008). Propaganda (Œuvre originale publiée en 1928). Zones.
- Bourdieu, Pierre (1996), Sur la télévision. Suivi de l’emprise du journalisme. Paris,
Raisons d’agir.
- Bouzon, A. (2004). La place de la communication dans la conception de systèmes
à risques. Paris: L’Harmattan.
- Braud, P. (2006). Sociologie politique, 8e édition. Paris : Librairie Générale de Droit
et de France
- Bronner, G. (2013). La démocratie des crédules. Paris : Presses universitaires de
France.
- Camara, M. (2018). « Dire, montrer l’extrême du terrorisme. L’iconographie des
attentats de Paris et de Bruxelles à la Une de la presse européenne ». Revue
Sciences et Techniques du Langage, n° 14, p. 72 – 96.
- Camara, M. (2015). « Crise structurelles des organes de régulation en Afrique de
l’Ouest : impacts médiatiques, déficits démocratiques. Le cas de la Côte d’Ivoire
et du Mali ». Revue africaine de la communication, n°1, p. 81 – 96.
- Cardon, D. (2019). Culture numérique. Presses de Sciences Po.
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Communication, Nouvelle Série, (5), 80–93.
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p.1-21. ISSN 2724-7430. [Link]
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Paris : Seuil.
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across Platforms: How Political Disagreement Develops Over Time on Facebook,
Twitter, and WhatsApp ». Social Media + Society,
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