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ISSN 1813-548X, http://www.afriquescience.net
Parasitisme des Loranthaceae sur Hevea brasiliensis (Künth) Mull. Arg.
(Euphorbiaceae) des plantations périurbaines de Daloa,
au Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire
Anoh Denis-Esdras AMON 1 *, Hamed El Amine SAKO 1, Kouadio Claude KOUASSI 1,
Kouadio Henri KOUASSI 1, Kafana SORO 2 et Dodiomon SORO 3
1
Université Jean Lorougnon Guédé, UFR Agroforesterie, Laboratoire d’Amélioration de la Production
Agricole, BP 150 Daloa, Côte d’Ivoire
2
Université Nangui Abrogoua (CRE/UNA), Centre de Recherche d’Ecologie, 08 BP 109 Abidjan 08, Côte d’Ivoire
3
Université Félix Houphouët-Boigny, UFR Biosciences, Laboratoire de Botanique,
22 BP 582 Abidjan 22, Côte d’Ivoire
(Reçu le 24 Mars 2021 ; Accepté le 06 Juillet 2021)
_________________
* Correspondance, courriel : [email protected]
Résumé
Les Loranthaceae appelées communément « gui africain » sont des végétaux vasculaires hémiparasites qu’on
rencontre sur la ou les rameaux d’autres plantes ligneuses et qui nuisent l’hôte. En Côte d’ivoire, le
dessèchement des branches de nombreux pieds d’hévéas dus aux attaques des Loranthaceae est actuellement
observé. Pour maîtriser la propagation de ces parasites, une meilleure connaissance de ces végétaux
parasites s’impose. Le présent travail vise à évaluer le degré d’infestation des espèces de Loranthaceae sur
les hévéas, au Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire. Les inventaires basés sur les méthodes de relevés de surface
utilisant des placettes de 2500 m2 et des observations directes ont été utilisés dans 4 plantations. Les pieds
parasités et ceux non parasités, le nombre de touffes, la hauteur des pieds d’hévéas et de leur diamètre ont
été sont notés. Deux espèces de Loranthaceae repartis en deux genres ont été identifiés: Phragmanthera
capitata var. capitata et Tapinanthus bangwensis. P. capitata (65,40 % des touffes) est l’espèce prépondérante
et la plus dommageable. Le taux d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas dans son ensemble est de
30,14 ± 12,48 % et l’intensité d’infestation est de 2,33 ± 0,19 touffes/pied. Ces résultats pourraient servir de
référence pour l’élaboration de programme national de lutte ciblée contre ces végétaux vasculaires parasites.
Mots-clés : hévéa, Loranthaceae, taux, intensité d’infestation, Côte d’Ivoire, Afrique de l’Ouest.
Abstract
Loranthaceae parasitism on Hevea brasiliensis (Künth) Mull. Arg. (Euphorbiaceae) in of
Daloa periurban plantations, Central-West of Côte d'Ivoire
Loranthaceae, commonly called "African mistletoe", are hemiparasitic vascular plants that are found on the
branches of other woody plants and that harm the host. In Côte d'Ivoire, the drying up of branches of many
rubber trees due to attacks by Loranthaceae is currently observed. In order to control the spread of these
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parasites, a better knowledge of these parasitic plants is necessary. The present work aims at evaluating the
degree of infestation of Loranthaceae species on rubber trees in the Central-West of Côte d'Ivoire. Inventories
based on area survey methods using 2500 m2 plots and direct observations were used in 4 plantations.
Parasitized and non-parasitized trees, the number of clumps, the height of the rubber trees and their diameter
were recorded. Two species of Loranthaceae divided into two genera were identified: Phragmanthera capitata
var. capitata and Tapinanthus bangwensis. P. capitata (65.40 % of the clumps) is the most prevalent and
damaging species. The infestation rate of Loranthaceae on rubber trees as a whole was 30.14 ± 12.48 % and
the infestation intensity was 2.33 ± 0.19 clumps /plant. These results could be used as a reference for the
development of a national program of targeted control of these parasitic vascular plants.
Keywords : rubber tree, Loranthaceae, rate, intensity of infestation, Côte d'Ivoire, West Africa.
1. Introduction
Hevea brasiliensis (Künth) Mull. Arg. (Euphorbiaceae) est un arbre cultivé dans le monde tropical pour son
latex. En Côte d’Ivoire, l’intérêt porté à l’hévéaculture repose essentiellement sur ses retombées
économiques et financières importantes pour les hévéaculteurs. L’hévéaculture ivoirienne, avec un
rendement moyen de 1700 kg/ha est l'une des plus performantes au monde avec un potentiel productif annuel
de caoutchouc de 602 000 tonnes en 2017 sur 88.000 ha de plantations dont 49 % des exploitations sont en
secteur villageois [1]. En 2017, l’exportation annuelle ivoirienne du caoutchouc naturel s’élevait à
256 000 tonnes, pour une valeur de 41,7 milliards de F CFA [2]. L'accroissement de sa production devrait
passer à 600 000 tonnes de caoutchouc pour une superficie de 300 000 hectares à l’horizon 2020 [3], faisant
de la Côte d’Ivoire, le premier producteur africain du caoutchouc naturel et le 7 ème au plan mondial. Malgré
son importance, la hévéaculture est malheureusement soumise au fil des années à plusieurs contraintes
parasitaires d’origine biologique qui menacent souvent la croissance optimale des plants et surtout la
durabilité des exploitations hévéicoles. Au nombre de ces contraintes parasitaires se trouvent les attaques
des plantes vasculaires hémiparasites de la famille des Loranthaceae qui causent des dommages
considérables aux espèces aux hévéas monde en général et, en particulier en Afrique subsaharienne [4, 5].
Ces hémiparasites qui envahissent en grand nombre les hévéas, sont perceptibles par la couleur et la forme
en buchette d’allumette de leurs fleurs. Elles attaquent et envahissent les pieds d’hévéas en Côte d’Ivoire [6].
Dans le monde, la famille des Loranthaceae comprend 950 espèces réparties dans 77 genres [4]. En Afrique,
la taxonomie révèle l’existence de 230 espèces réparties dans 21 genres [7]. En Côte d’Ivoire, on dénombre
24 espèces dont 11 espèces recensées dans la zone forestière [8]. Plusieurs travaux réalisés en Afrique sur
les Loranthaceae ont signalé une grave infestation et ravage des Loranthaceae dans les exploitations
hévéicoles [5] et, en particulier en Côte d’Ivoire [9]. Or, à l’état actuel des connaissances, l’ampleur de
attaques des Loranthaceae sur les hévéas reste peu d’étudiée dans cette grande zone de production de
caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire [10] et les informations sur le degré de leur infestation dans les
plantations d’hévéas dans le Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire sont rares. La présente étude se propose donc
d’inventorier les espèces de Loranthaceae et d’évaluer leur degré d’infestation sur les hévéas dans les
plantations périurbaines de la commune de Daloa.
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2. Matériel et méthodes
2-1. Matériel
2-1-1. Site d’étude
L’étude a été menée dans les plantations villageoises d’hévéas dans à Daloa, au Centre-Ouest de la Côte
d’Ivoire (Figure 1), de coordonnées géographiques 6°27′00'' de latitude Nord et 5°56'00'' de longitude
Ouest. Le département de Daloa est situé à 141 km de Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire.
La zone d’étude est située dans le domaine Guinéen caractérisé par un climat de type équatorial avec deux
saisons de pluies et deux saisons sèches [11]. Les précipitations annuelles varient entre 1300 mm et
1800 mm. Il appartient au secteur mésophile avec une végétation constituée autrefois de forêts denses
humides semi-décidues, de forêts défrichées et de savanes mésophiles [10]. Mais aujourd’hui, à cause de la
forte pression démographique, ces formations végétales connaissent une dégradation progressive au profit
des plantations agricoles telles que les cacaoyers, les caféiers, les hévéas [12], etc.
Figure 1 : Localisation de la zone d’étude
2-1-2. Matériel biologique
Le matériel biologique était composé d’espèces de Loranthaceae récoltées dans les plantations et des pieds d’hévéas.
2-2. Méthode
2-2-1. Collecte de données
Pour l’étude, la méthode des relevés qui consiste à recenser les pieds des hévéas rencontrés sur des
superficies carrées [13] associée à des observations directes en vue de noter la présence ou l’absence du
parasite ont été adoptées dans 4 plantations d’hévéas. L’inventaire des hévéas et des Loranthaceae a consisté
à dénombrer les pieds non parasités et ceux parasités, le ou les espèces parasites rencontrées et leur nombre
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de touffes sur chaque pied d’hévéa parasité dans une placette carré de 50 m de longueur et de 50 m de largeur
(2500 m2) de superficie délimitée dans 4 plantations. La hauteur totale des pieds d’hévéas ainsi que leur
diamètre à hauteur de poitrine (DBH à 1,30 m du sol) ont été aussi relevés. Au cours des inventaires, le ou
espèces de Loranthaceae rencontrées sur les pieds d’hévéas ont fait l’objet d’une observation directe. Elle a
consisté à observer de près la présence ou l’absence des parasites sur les hévéas et dénombrer les touffes
du ou des espèces parasites rencontrées. Les données recueillies ont permis de determiner le degré
d’infestation des Loranthaceae dans les exploitations hévéicoles selon la procédure décrite par [14] selon les
formules suivantes Equations (1) et (2) :
𝑁𝑖𝑝
𝑇𝑥𝑖 = 𝑁𝑡𝑖𝑖 𝑥 100 (1)
𝑁𝑡
𝐼𝑖 = 𝑁𝑡𝑖𝑖 (2)
où, Txi le taux d’infestation exprimé en %, Nip le nombre d’individus parasités, Nti le nombre total d’individus
recensés, Ii l’intensité d’infestation, Nt le nombre total de touffes de Loranthaceae
2-2-2. Analyses de données
Les données générées ont été soumises à l’analyse de variance (ANOVA) à une voie pour comparer les valeurs
moyennes des taux et d’intensité d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas. L’analyse statistique a été
faite à l’aide du logiciel STATISTICA version 7.1. Ce programme prévoit, en cas de différences significatives,
une comparaison des moyennes par le test de Duncan au seuil de 5 % (α < 0,05).
3. Résultats
3-1. Inventaire des espèces de Loranthaceae
Deux espèces de Loranthaceae ont été identifiées et se répartissent en 2 genres. Il s’agit de :
Phragmanthera capitata var. capitata (Spreng.) Ballé qui présente une corolle jaune orangé ou jaune
d’or. Son l’extrémité est rouge, souvent striée ou tachetée de brun ou de rouge, parsemée
extérieurement de poils étoilés rapidement caducs (Figure 2). Elle est la plus prépondérante et la
plus dommageable des deux espèces inventoriées (65.40 % du total des touffes);
Tapinanthus bangwensis (Engl.et K. Krause) Danser dont le limbe est largement ovale-elliptique,
ovale-oblong ou ovale-lancéolé, à base obtuse, présente une inflorescence en ombelle de 6 à 8 fleurs.
La corolle est de couleur rouge plus foncée au sommet (Figure 3).
Figure 2 : Rameau florifère de P. capitata var. capitata
Anoh Denis-Esdras AMON et al.
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Figure 3 : T. bangwensis parasite sur une branche de H. brasiliensis
3-2. Degré d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas
Les taux d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas des plantations périurbaines de Daloa calculés varient de
17,15 ± 2,68 % à 44,58 ± 0,76 % (Tableau 1). Les plantations d’hévéas Plh1 et Plh4 sont les plus parasitées
avec des taux d’infestation moyens respectifs de l’ordre de 38,40 ± 1,81 % et 44,58 ± 0,76 %. Viennent ensuite
celui de la plantation Plh2 (20,43 ± 0,60 %). Les pieds d’hévéas de Plh3 sont les moins attaqués (17,15 ± 2,68 %).
L’analyse de variance réalisée montre une différence significative avec trois groupes statistique a, b et c selon le
test de Duncan (F = 125,71 ; p = 0,0002) pour l’expression du taux de l’infestation (Tableau 1). Le taux
d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas, toutes plantations étudiées confondues est de l’ordre de
30,14 ± 12,48 %. En ce qui concerne les valeurs des intensités d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas,
elles oscillent entre 1,07 ± 0,05 et 3,97 ± 0,38 touffes/pieds (Tableau 1). Les hévéas de la plantation Plh4 sont
plus infestés, avec une intensité d’infestation de 3,97 ± 0,38 touffes/pieds, suivie de Plh1 avec une intensité de
2,63 ± 0,06 touffes/pieds. Les hévéas de la plantation Plh3 sont moins infestés (1,07 ± 0,05 touffes/pieds).
L’analyse de variance effectuée indique effectivement 3 groupes statistiques a, b et c différents selon le test de
Duncan (F = 67,43 ; p = 0,0007) (Tableau 1). L’intensité d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas des
plantations périurbaines de Daloa prise ensemble est de 2,33 ± 1,19 touffes/pieds.
Tableau 1 : Niveau d’infestation des Loranthaceae sur les hévéas
Nb Nb pieds Nb
Pltn Tx inf Tx d’inf Intensité Intensité
pieds pstés touffes/pcle
hévéas (%)/pcle (%)/pltn inf/pcle inf/pltn
/ pcle / pcle Pc Tb
499 198 39,68 335 196 2,68
Plh1 38,40 ± 1,81b 2,63 ± 0,06b
501 186 37,12 277 205 2,59
503 115 20,86 156 47 1,77
Plh2 20,43 ± 0,60a 1,64 ± 0,18a
505 101 20 121 32 1,51
510 88 15,25 66 25 1,03
Plh3 17,15 ± 2,68a 1,07 ± 0,05a
509 97 19,05 68 40 1,11
497 219 44,04 519 292 3,70
Plh4 44,58 ± 0,76c 3,97 ± 0,38c
503 227 45,12 645 320 4,25
Total 3516 1231 30,14 ± 12,48 2187 1157 2,33 ± 0,19
NB : Pltn - Plantation, Plh- Plantation d’hévéas, Nb - Nombre, pcle - parcelle, Tx - Taux,
Pc - Phragmanthera capitata var. capitata, Tb - Tapinanthus bengwensis, inf - infestation
Les moyennes affectées de lettre a, b et c sont statistiquement différentes (test Duncan, P < 0,05).
Anoh Denis-Esdras AMON et al.
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3-3. Degré d’infestation en fonction des diamètres et des hauteurs des hévéas
Les valeurs des taux d’infestation des Loranthaceae en fonction des classes de diamètres des hévéas
parasités obtenues varient entre 17,84 ± 8,25 et 43,78 ± 7,42 %. Les résultats montrent que les individus
à diamètre moyen et gros sont les plus attaqués avec des taux d’infestation élevés. L’analyse de variance
réalisée indique une différence significative entre 4 groupes statistiques a, ab, bc et c selon le test de Duncan
(F = 7,36 ; p = 0,001) (Figure 4).
Figure 4 : Taux d’infestation fonction des classes de diamètres des hévéas
S’agissant de l’intensité d’infestation en fonction des classes de diamètres des hévéas, elles oscillent entre
1,27 ± 0,48 touffe/pieds et 3,30 ± 1,81 touffe/pieds. Les résultats montrent que les individus à diamètre
moyen et gros d’hévéas ont enregistré des valeurs d’intensité d’infestation élevées. Ces intensités
d’infestation se distinguent statistiquement à travers 3 groupes homogènes a, ab et c pour les différentes
classes de diamètre des hévéas (F = 2,43 ; p = 0,009), Figure 5.
Figure 5 : Intensité d’infestation fonction des classes de diamètres des hévéas
Anoh Denis-Esdras AMON et al.
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Les taux d’infestation des hévéas par les Loranthaceae déterminés sont numériquement élevés en fonction
des classes de hauteurs. Ils oscillent entre 12,29 ± 7,41 et 39,09 ± 17,29 %. L’analyse de la structure
verticale indique en effet, une différence significative entre 3 groupes statistiques différents a, ab et b
(p = 0,006), Figure 6. Aussi, les hévéas enregistrent-elles des valeurs d’intensité d’infestation élevées en
fonction des classes de hauteurs. L’analyse de variance effectuée montre effectivement une différence
significative entre a, ab et b (p = 0,009) entre les intensités d’infestation des hévéas parasités (Figure 7).
Figure 6 : Taux d’infestation fonction des classes de hauteurs des hévéas
Figure 7 : Intensité d’infestation fonction des classes de hauteurs des hévéas
Anoh Denis-Esdras AMON et al.
33 Afrique SCIENCE 19(1) (2021) 26 - 35
4. Discusion
L’hévéa constitue l’une des cultures de rente très importante de la région Centre-Ouest du pays. Ainsi,
procure-t-elle d’importantes devises aux producteurs, mais malheureusement, cette culture reste une cible
privilégiée des espèces des plantes vasculaires parasites de la famille des Loranthaceae. L’étude a permis
d’inventorier deux espèces parasites (Phragmanthera capitata var. capitata et Tapinanthus bangwensis) dans
les plantations périurbains de Daloa. De ces deux espèces rencontrées, P. capitata var capitata est
prépondérante sur les hévéas. Ce résultat corrobore ceux de plusieurs auteurs de références [4, 15]. Ces
auteurs avaient souligné la prédominance de cette espèce parasite dans la plupart des plantations d’hévéas
en Afrique, notamment au Gabon, au Cameroun, au Nigéria et en Côte d’Ivoire. En effet, dans les plantations
d’hévéas du site de l’université Jean Lorougnon Guédé de Daloa [16] et en zone forestière des sous-
préfectures de Gagnoa et d’Ouragahio, au Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire, l’espèce de Loranthaceae
majoritaire infestant les hévéas est P. capitata var capitata. Dans le Sud-Comoé, au Sud-Est de la Côte d’Ivoire
[17], identifie quatre espèces sur les hévéas dont P. capitata var capitata et T. bangwensis comme espèces
parasites prépondérantes. La présence de ces espèces aussi sur les hévéas dans le Centre-Ouest serait
tributaire de leur large distribution en Afrique et en particulier en Côte d’Ivoire [8, 19]. Pour l’ensemble des
plantations d’hévéas périurbaines de Daloa, le taux d’infestation de Loranthaceae sur les hévéas est de
30,14 ± 12,48 %. Ce taux obtenu est similaire au 30,48 ± 11,12 % enregistré sur les hévéas du site de
l’Université Jean Lorougnon Guédé [9]. Mais, il diffère de celui de 14,10 % enregistré sur les d’hévéas dans
les Départements de Oumé, de Gagnoa et de Soubré, à l’Ouest du pays [4]. Les différences obtenues
pourraient être liées à l’âge des exploitations hévéicoles étudiées. Les résultats concernant le degré
d’infestation des individus d’hévéas par les Loranthaceae, il nous a été constaté de voir une forte infestation
enregistrée sur les sujets à gros diamètre présentant une grande hauteur. En effet, les arbres aux troncs les plus
gros, présentant aussi une hauteur supérieure, sont des supports potentiels pour les oiseaux disséminateurs des
semences de Loranthaceae, ce qui pourrait expliquer une plus forte fréquentation et donc un niveau d’infestation
plus élevé. Des travaux effectués au Gabon et en Côte d’Ivoire sur l’hévéa [4, 18], aboutissent à une conclusion
semblable selon laquelle, le niveau de parasitisme des gros arbres est dû à une forte fréquentation par les
disséminateurs aviaires des baies des Loranthaceae en quête de sécurité face aux rapaces.
5. Conclusion
L’étude menée dans les plantations d’hévéas périurbaines de Daloa, au Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire a
révélé que deux espèces de Loranthaceae constituent une menace pour celles-ci. Il s’agit P. capitata var.
capitata et T. bamgwensis. Parmi ces espèces, P. capitata var. capitata est signalée comme majoritaire dans
toutes plantations d’hévéas. Le taux d’infestation des parasites sur les hévéas est de 30,14 ± 12,48 % et
l’intensité d’infestation est de 2,33 ± 0,19 touffes/pied. Elle a également été montrée que les individus à
gros diamètre présentant une grande hauteur sont plus parasités que ceux de petit diamètre. Les hévéas aux
troncs plus petits qui sont les moins parasités, pourrait suggérer une stratégie de lutte ciblée contre ces
végétaux parasites dans les exploitations hévéicoles afin de limiter la propagation de leur parasitisme.
Remerciements
Nous tenons à remercier l’Université Jean Lorougnon Guédé et la direction l’UFR Agroforesterie qui ont
soutenu moralement ce travail. Nos vifs remerciements aussi aux collègues qui ont pris part activement à la
réalisation de ce manuscrit.
Anoh Denis-Esdras AMON et al.
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[19] - K. SORO, Les Loranthaceae ou guis, plantes vasculaires parasites des arbres et arbustes cultivés ou
non, dans l’ouest de la Côte d’ivoire : cas des départements d’Oumé, de Gagnoa et de Soubré. Thèse
Unique d'Écologie Végétale, option Agroforesterie, Université de Cocody, Abidjan, (2010) 189
Anoh Denis-Esdras AMON et al.