Chapitre II : Propriétés générales des rayons X
1- Nature des rayons X
Les rayons X sont une forme de rayonnement électromagnétique (une forme
de transfert d’énergie) de haute fréquence. Ces rayons sont constitués
de photons dont la longueur d’onde varie entre 0.1 Å et 100 Å.
Rappel :
Aspect ondulatoire :
onde caractérisée par une longueur d’onde λ et une fréquence .
Aspect corpusculaire :
photon de masse m et de vitesse c transportant un quantum d’énergie E.
𝑐
Les 2 aspects sont reliés par les relations : E = m c 2
et E=h= h𝜆
Ce rayonnement a été découvert en 1895 par le physicien Wilhelm Röntgen
qui le nomma « X » en raison de sa nature inconnue, à l’époque. Il fut récompensé
de cette découverte, en 1914, par l’attribution du 1er prix Nobel de Physique.
On distingue 2 types de rayons X :
- Les rayons X durs, de plus haute énergie (0.1 Å < λ < 1 Å) ; ils sont plus
pénétrants et trouvent des applications dans l’imagerie médicale,
- Les rayons X mous (0.5 Å < λ < 2.5 Å) qui pénètrent la matière solide
sur quelques millimètres d’épaisseur ; ils sont utilisés pour l’étude des cristaux
(radiocristallographie).
2- Production des rayons X
Le principe de la production des rayons X consiste à
bombarder par des électrons accélérés une cible métallique.
Le dispositif classique utilisé pour la production des RX comprend donc,
un générateur de haute tension et un tube de rayons X (tube de Coolidge).
Un tube de rayons X est un tube scellé, sous vide poussé (P 0.1 mPa), comportant :
- une cathode : un filament de tungstène chauffé,
- une anticathode (anode) : une plaquette métallique très pure,
- et des fenêtres de béryllium.
Le filament de tungstène est chauffé par un courant électrique de façon
à libérer des électrons par effet thermique. Les électrons émis sont focalisés
à l’aide d’une coupelle et accélérés en appliquant une haute tension entre
la cathode et l’anticathode du tube. En atteignant la cible métallique
(l’anticathode), le faisceau d’électrons ainsi obtenu provoque l’émission
de photons X. Parallèlement, une grande partie de l’énergie cinétique
des électrons incidents est dissipée sous forme de chaleur au sein de l’anticathode
(agitation thermique des atomes). Aussi, l’anticathode est munie d’un système
de refroidissement.
Les rayons X produits quittent le tube de rayons X en traversant les fenêtres
de béryllium, le matériau étant transparent à ce rayonnement.
Les propriétés de ce rayonnement dépendent de la nature de l’anticathode.
Toute impureté peut perturber ces propriétés et doit donc être éliminée.
Aussi, il est essentiel d’avoir une anticathode de très grande pureté.
Le rendement énergétique de la production des rayons X est très faible.
Ce rendement correspond au rapport de l’énergie des photons X (émis par
l’anticathode) sur l’énergie des électrons incidents (provenant de la cathode).
Il est donné par la formule empirique : = 1.1 10- 9 Z V
avec, Z : numéro atomique de l’anticathode
et V : tension appliquée.
3- Spectre des rayons X
C’est l’ensemble des longueurs d’onde des rayons X émis par une anticathode
donnée.
Le rayonnement X est produit par 2 processus distincts :
- le rayonnement de freinage Spectre RX continu,
- la fluorescence Spectre RX discontinu Spectre de raies.
Exemple de spectre de raies superposé au spectre continu
a- Le spectre continu
Sous une tension V donnée, une anticathode émet une suite continue
de longueurs d’onde X menant à l’enregistrement d’un spectre continu.
Les électrons arrivent sur l’anticathode avec une très grande vitesse
et sont violemment freinés par le nuage électronique des atomes
de l’anticathode.
Une partie de l’énergie des électrons freinés est transmise aux atomes
de l’anticathode sous forme de chaleur Q (agitation thermique),
L’autre partie se transforme en photons X d’énergie h ( : fréquence
du rayonnement X issu de l’anticathode).
L’équation de conservation de l’énergie s’écrit alors :
eV = Q + h
Énergie cinétique Chaleur Énergie du photon X
de l’électron accéléré transmise émis
hc
D’où : e V = Q +
λ
hc
Les photons X émis auront pour longueur d’onde : λ = .
eV−Q
Selon le freinage, la chaleur transmise peut prendre toutes les valeurs
possibles entre 0 et eV. Les photons X émis peuvent donc avoir
une énergie comprise entre eV et 0.
Aussi, λ peut prendre toutes les valeurs possibles depuis la valeur
hc
minimale (λmin= ) correspondant à Q = 0. C’est ce qui explique
eV
la continuité du spectre.
En remplaçant e, h et c par leurs valeurs :
hc 6.62 10− 34 J s x 3 108 m s−1
λmin = =
eV 1.6 10− 19 C x Vappliqué
1.24 10− 6
λmin (m) =
Vappliqué
12400
D’où, λmin (Å) =
Vappliqué
Le spectre continu a la même allure pour toutes les anticathodes ; il n’est pas
caractéristique d’une anticathode c’est-à-dire d’un métal donné.