Une migration humaine est un déplacement du lieu de vie d’individus.
Les statistiques officielles
évaluent entre 185 et 192 millions le nombre de migrants internationaux pour les années 2000[1],
pour les personnes ayant quitté leur pays pour vivre et se fixer dans un autre pays pour au moins un
an. Ce nombre augmente de 2 % par an [réf. nécessaire]. Il mesure un stock et comprend la migration
volontaire et la migration forcée. Les migrations internes aux pays sont également en augmentation,
mais on parle alors plutôt de déplacements de populations (qui sont également volontaires ou
forcés).
Les statistiques montrent que les très grandes vagues migratoires ont récemment diminué, au profit
d'une tendance à l'immigration choisie favorable à l'exode des cerveaux et compétences des pays
pauvres, au détriment de ces derniers. Les caractéristiques du phénomène migratoire actuel sont la
diversification des pays de provenance et de destination, ainsi que les formes prises par la migration.
On estime que l'argent injecté dans les pays d'origine en provenance des pays d'accueil est au moins
égal si ce n'est très supérieur à la quantité d'aides financières apportées par les pays dits « riches »
aux pays plus pauvres[réf. nécessaire]. Les démographes considèrent que les migrations seront une
importante variable d'ajustement d'ici 2050, échéance à laquelle 2 ou 3 milliards d'individus
supplémentaires sont attendus sur la planète, alors que les effets des modifications climatiques se
feront probablement déjà sentir et que certaines zones ne pourront plus nourrir une population
supplémentaire.
Sur le plan économique, l'effet des migrations est globalement bénéfique[2],[3] : en 2015, alors que
les migrants représentaient 3,3 % de la population mondiale, ils ont créé 9,4 % du PIB mondial[4]. Les
migrants ont un effet positif sur les finances publiques des pays d'accueil dans la mesure où ils payent
plus d'impôts, de taxes et de cotisations qu'ils ne reçoivent d'aides sociales[5]. Ils soutiennent la
croissance économique, augmentent la productivité, contribuent au progrès technique et
rajeunissent la population active des pays d'accueil[5],[6]. À long terme, les migrants permettent une
hausse du niveau de vie et une hausse des revenus dans les pays qui les reçoivent[7],[8],[6]. Grâce
aux remises, les migrants contribuent aussi à réduire la pauvreté et les inégalités dans leur pays
d'origine[9]. D'après Michael Clemens (docteur en économie d'Harvard) et le Centre for Global
Development, une ouverture totale des frontières permettrait d'ajouter 78 000 milliards de dollars
(USD) au PIB mondial[10],[11].
L'impact social des migrations est en revanche plus contrasté : l'association entre immigration et
niveau de criminalité dans les pays d'accueil est ainsi sujette à débat. Des études montrent en effet
que la corrélation de ces deux phénomènes est presque nulle à l'échelle globale, mais que cela cache
de grandes disparités selon les régions[12],[13] : en France par exemple, il y a deux fois plus
d'étrangers parmi les personnes mises en cause dans une affaire de police (18 %) que dans la
population globale (7 %) ; certains avancent des explications sociales ou discriminatoires à cette
surreprésentation, par ailleurs en constante augmentation au cours du temps[14].