ÉCONOMIE, SOCIOLOGIE ET HISTOIRE DU MONDE CONTEMPORAIN
(EPREUVE N° 268)
ANNEE 2018
ÉPREUVE CONÇUE PAR HEC PARIS
VOIE ECONOMIQUE ET COMMERCIALE
1 – Le sujet
En vous plaçant dans une perspective historique (depuis le XIXE), vous répondrez à la
question suivante : peut-on affirmer comme Paul PAUL MICHAEL ROMER en 1986 que « les
taux de croissance semblent être croissants non seulement en fonction du temps mais aussi
en fonction du degré de développement » ?
Le sujet s’inscrit dans le programme de première année, dans le module 2 « Croissance et
développement du XIXe siècle à nos jours ».
Si la citation elle-même n’était pas forcément connue des candidats, la référence à Romer
devait nécessairement les orienter vers une réflexion autour des théories de la croissance
endogène.
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2 –Attentes du jury
L’une des difficultés de ce sujet était d’englober ses différentes dimensions : ce n’est
pas un sujet sur le développement mais il faut nécessairement aborder les questions
de développement ; ce n’est pas un sujet sur la stagnation séculaire mais
l’actualisation de la citation de Paul Romer conduit nécessairement à l’aborder ; ce
n’est pas un sujet sur la croissance et le développement mais on sera nécessairement
conduit à les distinguer pour expliciter la citation, etc…
Cette double dimension rend particulièrement problématique l’élaboration d’un plan.
Il n’y a jamais de plan type attendu par le jury, qui peut se satisfaire aussi bien d’un
plan thématique que d’un plan historique pourvu qu’il soit cohérent et équilibré. Se
placer dans une perspective historique (depuis le XIXe siècle) n’implique pas
forcément un plan historique, et ce surtout si l’on ne peut mettre en évidence ni
ruptures claires ni périodes homogènes de convergence ou de divergence au cours du
temps, ce qui semble être le cas ici.
Principaux éléments pouvant être mobilisés pour traiter le sujet :
- les théories de l’état stationnaire ;
- les modèles à rendements décroissants ;
- les théories de la croissance endogène ;
- le rôle des institutions en lien avec le développement ;
- les analyses sur la stagnation séculaire ;
- les limites de la croissance (soutenabilité notamment) ;
- concernant les faits et la perspective historique : références au XIXème siècle
pour le décollage, au rattrapage et aux trente glorieuses, à l’après-trente glorieuses
sans oublier de faire des références à certains PED et pays émergents.
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3 – Remarques de correction
L'épreuve a été globalement bien réussie comme en témoigne la moyenne générale
de 11,20. Certains candidats sont excellents et il n'a pas été difficile d'attribuer
quelques 19 et 20. La plupart des candidats ont un niveau tout à fait correct et sont
très bien préparés à l'épreuve.
Le sujet s'est révélé discriminant car il a permis de distinguer nettement les candidats
qui maîtrisent le thème de ceux qui restent dans le flou et l'imprécis ; l'écart type est
assez élevé : 3,49.
Il faut toutefois noter certaines insuffisances, surtout au niveau analytique. Certaines
copies n’ont pas développé les analyses de la croissance endogène ; d’autres ne les
ont pas même citées. Le jury aurait souhaité que les mécanismes aient été davantage
explicités. Concernant les références théoriques, comme les autres années, le jury
regrette que dans certaines copies, elles soient vraiment trop nombreuses, et souvent
peu pertinentes, plaçant au même niveau que Romer ou Keynes, des auteurs peu
connus. Il est par ailleurs souhaitable, dans la mesure du possible, de respecter la
logique chronologique des analyses : il est ainsi peu opportun d’évoquer les travaux
de Solow après avoir développé ceux portant sur la croissance endogène.
Le sentiment global sur les prestations des candidats demeure cependant très positif.