Les deux documents proposés sont extraits de sources historiques du XIXᵉ
siècle.
Le premier est une lettre écrite par Louise Michel en mars 1871 à Georges
Clemenceau, maire de Montmartre, au nom du Comité de vigilance des citoyennes
du 18ᵉ arrondissement. Le second document est un extrait du procès de Louise
Michel publié dans La Gazette des Tribunaux en décembre 1871, rapportant ses
déclarations après l’acte d'accusation. Ces deux documents témoignent de
l'engagement total de Louise Michel dans les idéaux de la Commune de Paris,
mouvement révolutionnaire qui tente d'établir une République sociale et anticléricale
au printemps 1871. Comment Louise Michel incarne-t-elle, à travers son action et
ses paroles, les combats de la Commune pour une République sociale et
anticléricale ? Nous verrons d’abord comment Louise Michel se bat pour une
République sociale tournée vers les plus vulnérables, puis comment son
engagement anticlérical et révolutionnaire la conduit à assumer ses actes avec
détermination.
La Commune de Paris a voulu instaurer une République sociale, attentive
aux besoins des plus défavorisés ; Louise Michel incarne pleinement cet
engagement à travers ses actions et ses déclarations. Dans sa lettre de mars 1871 à
Georges Clemenceau (doc 1), elle exprime la volonté du Comité de vigilance des
citoyennes de « prendre part à la tâche patriotique » en menant une enquête sociale
pour recenser « vieillards, infirmes et enfants », soulignant ainsi l'importance de ne
pas trahir les principes d'égalité de la République : « afin que la République ne se
soit pas trompée » (doc 1). Elle propose aussi des mesures concrètes en faveur des
plus vulnérables, comme la réquisition des « maisons abandonnées » pour y loger
les « citoyens sans abri » et l’ouverture d’« asiles où les enfants seront nourris » (doc
1). Cette volonté de justice sociale est confirmée dans le second document : au
moment de son procès, Louise Michel refuse de se défendre et revendique son
appartenance à la « révolution sociale » (doc 2), prouvant qu'elle assume pleinement
le combat pour une République fondée sur la solidarité et l'amélioration du sort des
plus pauvres. Issue d'un milieu modeste, profondément marquée par son expérience
d’enseignante auprès des enfants pauvres, Louise Michel fait de l'émancipation
sociale une priorité, fidèle aux idéaux portés par la Commune pour fonder une
République réellement égalitaire.
La Commune de Paris fut aussi un combat politique radical contre l’ordre établi
et l’influence religieuse ; Louise Michel incarne cet engagement révolutionnaire et
anticlérical sans compromis. Lors de son procès en décembre 1871 (doc 2), elle
refuse toute défense, affirmant avec force : « Je ne veux pas me défendre, je ne
veux pas être défendue. J'appartiens tout entière à la révolution sociale » (doc 2).
Elle revendique sa participation aux incendies de Paris pour ériger une « barrière de
flammes » contre les troupes versaillaises, assumant ainsi pleinement l’usage de la
violence au nom de la cause révolutionnaire (doc 2). Elle va même jusqu’à dire
qu’elle aurait pu tirer sur les généraux, bien qu’elle condamne leur exécution une fois
prisonniers, la qualifiant de « lâcheté », preuve de son attachement à une morale
révolutionnaire (doc 2). L’antagonisme de Louise Michel envers l’Église, perçue
comme complice de l’ordre oppresseur, transparaît dès sa lettre à Clemenceau (doc
1), lorsqu’elle demande « l'abolition complète des ouvroirs religieux » et la « fonte
des cloches de Montmartre pour les canons » (doc 1), transformant ainsi les
symboles du pouvoir religieux en instruments de résistance. Toute sa vie, Louise
Michel, profondément marquée par son éducation libre et son rejet de l’autorité
ecclésiastique, poursuivra ce combat pour l’émancipation sociale et politique,
devenant une figure majeure du socialisme et de l’anarchisme en France
Louise Michel incarne, par son action et ses paroles, le combat pour une
République sociale, égalitaire et anticléricale. Malgré l'échec sanglant de la
Commune de Paris en mai 1871, elle devient un symbole vivant de la résistance
populaire face à l'injustice. Son engagement sans compromis marquera durablement
l'histoire de la gauche révolutionnaire.