La réforme de la comptabilité générale
de l’Etat
Un dispositif de transparence et une
locomotive de performance
La réforme de la comptabilité générale de l’Etat : Un
dispositif de transparence et une locomotive de
performance
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Introduction :
Il y’en a deux principaux constats qui ont conduit à la naissance d’une comptabilité
internationale, ils se présentent comme suit : premièrement, le constat d’une diversité
de référentiels et de pratiques comptables, puis le deuxième constat, c’est celui de la
nécessité d’une réduction de cette diversité.
La réalité diversifiée de la comptabilité a toujours existé, mais ce qui est récent c’est
l’analyse de cette réalité, de comprendre ses causes, et de supprimer les distorsions
pour atteindre l’objectif d’unifier le « corpus ».
Il est connu que les entreprises sont toujours exposées à cette réalité changeante, ce
qui est nouveau c’est l’élargissement au-delà des espaces nationaux , des points de
vues à la fois de l’analyse et de l’action en matière de référentiels et de pratiques
comptables .
Dans ce contexte les années 1970 ont été marqué par la naissance de ce qui n’a pas été
appelé tout de suite « comptabilité internationale », construite de façon exclusive à
partir des normes IAS ( international accounting standards) appelées « normes
comptables interntaionales », devenues en suite IFRS ( international financial
reporting standards) appelées « normes internationales d’information financières » .
Premier axe / Présentation de l’information financière :
doctrine comptable et cadre conceptuel
Le champ de l’information financière et la question de sa normalisation ont connu de
nombreux bouleversements , de l’International Accounting Standards
Committee( IASC), à ce qu’on appelle l’International Accounting Standards Board
(IASB) .
L’Union européenne espère que l’IASB puisse l’aider à construire un marché financier
unique et d’autres voient que c’est le dernier espoir de restaurer la crédibilité de
l’information financière .
2
L’IASB est assez différent de l’IASC, tant par son poids vis-à-vis des gouvernements
et des entreprises, que par son processus de normalisation, il reste à savoir s’il pourra
produire des normes fiables et si les commissions de surveillance pourra exiger le
respect total de ces normes .
Dans ce premier axe nous allons détailler deux points primordiaux , premièrement la
doctrine comptable qui peut être divisée en deux types ( doctrine Francophone et une
autre Anglo-saxonne) et par la suite le cadre conceptuel comptable , en commençant
par celui du FASB ( Financial Accounting Standards Board ) vers celui de l’IASC
( International Accounting Standards Committee) .
1. La doctrine Anglo-saxonne :
1.2La normalisation et la réglementation comptable aux Etats-Unis :
Les organisations professionnelles américaines qui existent depuis 1887, se regroupent
en 1916 dans l’American Institute of Accountants (AIA). A la demande du Federal
Reserve Board, cette organisation professionnelle publie en 1917, à l’usage des
banquiers, « Uniform Accounting », et en 1918, « Approved Methods for the
Preparation of Balance Sheet Statements » ; ce dernier ouvrage a été révisé en 1929 et
1936. Depuis le début du XXe siècle, les organisations professionnelles américaines
publiaient à l’intention de leurs adhérents, des guides et des manuels de coûts (Durand,
1991).
cadre conceptuel (Colasse, 2001).1
La doctrine Anglo-
saxonne
La creation de L’American Institute of
Création des organisations professionnelles Accountants (AIA) 1916
américaines qui existent depuis 1887
Méthode inductive:
Des méthodes de gestion simples mais adaptées aux besoins
des utilisateurs.
Le cadre comptable se fondait sur un classement des
1 comptes par soldes
Barbu E. (2002), « Les entreprises françaises et roumaines face à l’application des normes comptables internationales
Le système comptable était moniste le cadre comptable
au début du IIIème millénaire », Laboratoire Orléanais de Gestion, Document de recherche, n°2002-02, 38 p.
comprenait à la fois la 3comptabilité financière et la
comptabilité des coûts
Les Insuffisances du système comptable
Onglo- saxonne
La crise de 1929 met en évidence les insuffisances de l’information
financière des sociétés cotées et conduit le législateur américain à créer
enen
La création 1933 la Securities
1973 and Exchange
d’un nouvel organismeCommission (SEC) le Financial Accounting
de normalisation,
Standards Board (FASB)
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La réforme de la comptabilité générale de l'État au Maroc
avait plusieurs objectifs :
Objectifs juridiques :
En effet, l'objectif principal de l’article est de discuter et débattre
cette réflexion sur la pertinence et l'utilité de la norme comptable
internationale dans le contexte de l'administration publique
marocaine. Ainsi, que la comparaison de l’expérience marocaine
avec celles des autres pays qui ont déjà adopté les normes IPSAS.
Par ailleurs, le deuxième objectif de l’article est de jeter un
regard critique sur le processus d'évolution des normes l'IPSAS,
de prévoir sa structure théorique et sa mise en pratique, selon le
système d'information comptable.
Les d'orientations et les résultats qui seront obtenus par cette
analyse seront très important pour les raisons ci-après :
5
Du point de vue d'un juriste, la réforme de la comptabilité générale
de l'État au Maroc peut avoir les objectifs suivants :
- Conformité Juridique : Veiller à ce que les pratiques
comptables de l'État soient en accord avec les lois et
réglementations en vigueur, garantissant ainsi la légalité et la
conformité des opérations financières publiques.
- Renforcement du Cadre Légal : Mettre en place un cadre
comptable solide et conforme à la législation existante, offrant
des directives claires pour la gestion des finances publiques et
réduisant les risques de litiges ou de controverses juridiques.
- Transparence et Reddition des Comptes : Garantir la
transparence dans la gestion des fonds publics, ce qui permet
une meilleure reddition des comptes des responsables publics
envers les citoyens et les institutions juridiques.
- Sécurisation Juridique : Assurer la sécurité juridique des
opérations comptables de l'État pour prévenir les risques de
contentieux et de conflits d'intérêts.
- Adaptation aux Normes Internationales : S'aligner sur les
normes internationales en matière comptable pour faciliter la
compréhension et la comparabilité des données financières à
l'échelle mondiale, ce qui peut être nécessaire dans le cadre de
transactions internationales ou de partenariats avec des entités
étrangères.
- Protection des Droits et Intérêts : Garantir la protection
des droits et des intérêts des parties prenantes, notamment
des contribuables et des acteurs économiques, en assurant une
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gestion financière publique conforme aux principes légaux
établis.
- Renforcement de la Gestion Financière : Améliorer la
gouvernance financière et renforcer le contrôle budgétaire en
adoptant des pratiques comptables modernes pour une
meilleure gestion des ressources publiques.
- Transparence et Fiabilité : Assurer la fiabilité des
informations comptables pour permettre une meilleure prise de
décision et offrir une plus grande transparence aux citoyens,
aux contribuables et aux partenaires économiques.
- Harmonisation avec les Normes Internationales : Aligner
la comptabilité publique marocaine sur les normes
internationales (notamment les normes IPSAS - International
Public Sector Accounting Standards) pour faciliter les
comparaisons internationales et renforcer la crédibilité du
Maroc sur la scène mondiale.
- Meilleure Gestion des Ressources : Optimiser l'utilisation
des ressources publiques en permettant une évaluation précise
des coûts et des avantages des programmes et des politiques
gouvernementales.
- Facilitation de l'Analyse Financière : Permettre aux parties
prenantes de mieux comprendre les états financiers de l'État,
favorisant ainsi une analyse approfondie de la situation
économique et financière du pays.
Pour un juriste, l'accent serait mis sur la conformité légale, la
sécurité juridique et la protection des droits des parties prenantes
dans le cadre de la réforme de la comptabilité générale de l'État au
7
Maroc.
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Introduction
La comptabilité générale de l’Etat souffrait auparavant d’un
ensemble d’insuffisances qui ne donnait pas une image fidèle de la
gestion du patrimoine de l’Etat, c’était essentiellement une
comptabilité de caisse, qui ne prenait en compte que les recettes
et dépenses, ou plus précisément les entrées et sorties de
liquidités, il ne traitait pas la comptabilité d’engagement et ne
permettait pas de suivre l’évolution de la valeur patrimoniale.
Alors que le système comptable de l’Etat doit se doter d’une
comptabilité d’engagement pour l’élaboration des états financiers,
qui devraient enregistrer l’évolution de la valeur patrimoniale et
refléter la manière dont le budget de l’Etat est géré, à la fois en
recette et en dépense et refléter ainsi la situation financière
exacte de l’état à un moment donné. Pour servir comme source
d’information financière, les comptes de l’Etat devraient être
publiés et accessibles à toute personne intéressée, citoyens,
hommes politiques ainsi que les institutions financières
internationales etc.
De ce qui précède, il s’avérait primordial d’entamer une réforme
de la dite comptabilité, Cette réforme ne se limite pas à un
simple changement de référentiel comptable, mais elle procède
d'une logique de refonte et de reconstitution de la comptabilité de
l'Etat conforme aux standards internationaux, et notamment aux
normes comptables internationales pour le secteur public : les
IPSAS (International Public Sector Accounting Standards), qui
s'inspirent des pratiques des entreprises (Les normes IFRS) toute
en respectant les spécificités des finances publiques marocaines.
9
Elle vise le passage d’une comptabilité des flux à une comptabilité
d’exercice fondée sur les droits constatés qui englobe tous les
engagements de l’Etat et comportant une optique patrimoniale
par la prise en compte des éléments d'actif (immobilisations
corporelles, incorporelles, financières et stocks), et de passif,
intégrant la dette, les risques potentiels et les engagements hors
bilan, ce qui confère une vision fidèle et plus exhaustive de la
situation financière et patrimoniale de l'Etat, dans l’objectif de
constituer un levier incontournable pour asseoir une culture
d’évaluation des politiques publiques.
L'intérêt de cette réforme se situe alors à un double objectif, tant
au niveau de la transparence des finances publiques et de
l'amélioration de sa capacité à mieux piloter l'action publique,
qu'au niveau du renforcement de sa capacité en matière
d'évaluation des politiques publiques et d’appréciation des
marges de manœuvre dans la prise de décision.
En outre, les effets qu’il induit sur la simplification des circuits
comptables et l'allégement des procédures participeront, sans
aucun doute, à l'amélioration du traitement des opérations
comptables dans des conditions de sécurité, de fiabilité et de
traçabilité à même de garantir l'établissement des états de
synthèses budgétaires fiables et transparents.
Toutefois, la comptabilité d’engagement n’est pas la panacée pour
améliorer la performance, elle constitue uniquement un moyen
pour obtenir de meilleures informations, en particulier sur le coût
de revient des services fournis. Pour être efficaces, ces
informations devraient être utilisées dans le management et dans
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le processus de décision.
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LES OBJECTIFS GENERAUX
En effet, l'objectif principal de l’article est de discuter et débattre
cette réflexion sur la pertinence et l'utilité de la norme comptable
internationale dans le contexte de l'administration publique
marocaine. Ainsi, que la comparaison de l’expérience marocaine
avec celles des autres pays qui ont déjà adopté les normes IPSAS.
Par ailleurs, le deuxième objectif de l’article est de jeter un
regard critique sur le processus d'évolution des normes l'IPSAS,
de prévoir sa structure théorique et sa mise en pratique, selon le
système d'information comptable.
Les d'orientations et les résultats qui seront obtenus par cette
analyse seront très important pour les raisons ci-après :
Tout d'abord, la discussion et l’analyse qu’on a l’intention de
dresser sur les conséquences de l'application des normes
IPSAS, permettra de produire de nouvelles connaissances
capables d'éclairer la voie aux législateurs dans la
règlementation des finances publiques.
Aussi, en comparant ces expériences dans un cadre
théorique, il pourrait être possible d'extrapoler l’ensemble
des « pratiques exemplaires » susceptibles d’aider les
praticiens afin d'opérer efficacement dans la nouvelle
structure complexe des normes IPSAS.
La méthodologie adoptée consistera donc à étudier l'impact de
l'adoption des normes IPSAS sur les pratiques comptables et
l'information financière tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des
administrations publiques, et dans leurs relations avec les
institutions financières internationales.
1
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Pour aborder cette problématique, on va scinder notre travail en
deux axes principaux : Premièrement, on va traiter la question de
la transparence à la lumière de la réforme comptable selon les
normes IPSAS, pour ensuite se focaliser sur les objectifs de cette
réforme voir l’amélioration de la performance et du reporting.
I. LA REFORME COMPTABLE DE L’ETAT AU SERVICE DE LA
TRANSPARENCE ET DE LA BONNE GOUVERNANCE DES
FINANCES PUBLIQUES
1. Une réforme comptable à la lumière des normes IPSAS1
Auparavant, les administrations et les autres organismes du
secteur public utilisaient des méthodes comptables qui différaient
d’un pays à autre, une référence générale pour les normes
comptables n'existait pas (ou, existait d’une façon limitée), avec le
temps, le thème sur la transparence des finances publiques est
devenu plus pertinent au niveau international, d’où la tentative
d'harmoniser et homogénéiser les méthodes comptables
différentes, en fonction des changements qui ont récemment
caractérisés l'environnement institutionnel dans les différents
pays. En effet, la nécessité de développer la recherche empirique
des besoins des utilisateurs dans le but de tester la robustesse des
problèmes conceptuels prescrits devient une priorité.
La réforme comptable de l'État au Maroc, d'un point de vue
juridique, implique plusieurs aspects essentiels pour garantir la
transparence et la bonne gouvernance des finances publiques :
1- Cadre juridique et réglementaire :
1
3
La réforme repose sur la mise en place de nouvelles lois,
règlements et directives spécifiques en matière de comptabilité
publique. Ces textes établissent les principes, normes et
procédures à suivre pour la gestion financière publique, en
alignant souvent les pratiques avec les normes internationales.
1.1 Adoption des normes comptables internationales :
Sur le plan juridique, l'État marocain met en œuvre des réformes
pour intégrer les normes comptables internationales (telles que les
IPSAS) dans le cadre légal national. Cela implique souvent des
modifications législatives pour s'aligner sur ces normes et assurer
leur application dans les institutions publiques.
1.2 Responsabilités et obligations :
- La réforme définit clairement les responsabilités des différentes
entités et acteurs impliqués dans la gestion des finances
publiques. Elle établit les obligations des fonctionnaires et des
organes de contrôle pour garantir la conformité aux règles
comptables, renforçant ainsi la responsabilité et la reddition des
comptes.
1.3 Renforcement des mécanismes de contrôle et d'audit :
Sur le plan juridique, la réforme renforce les mécanismes de
contrôle et d'audit en définissant les modalités et les normes
d'audit à suivre. Cela comprend souvent des dispositions pour des
audits externes indépendants visant à garantir la vérification et la
transparence des informations financières publiques.
1
4
2. Sanctions et conséquences en cas de non-conformité :
La réforme comprend généralement des dispositions juridiques
concernant les sanctions ou les conséquences en cas de non-
respect des règles comptables établies. Cela peut inclure des
pénalités financières ou des mesures disciplinaires à l'égard des
responsables qui ne respectent pas les normes établies.
3. Accès à l'information :
L'aspect juridique de la réforme vise souvent à garantir un
meilleur accès du public à l'information financière. Cela peut être
réalisé en établissant des lois sur la transparence et l'accès à
l'information, permettant aux citoyens de comprendre et d'évaluer
l'utilisation des fonds publics.
En résumé, d'un point de vue juridique, la réforme comptable de
l'État au Maroc consiste à établir un cadre légal solide, aligné sur
les normes internationales, définissant les responsabilités, les
contrôles, les sanctions en cas de non-conformité et favorisant
l'accès à l'information pour assurer une meilleure transparence et
une gouvernance financière plus efficace.
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5
1
6
3. Une réforme comptable dans le respect des spécificités
nationales
En effet, les réformes du secteur public doivent être
particulièrement influencées par des spécificités nationales et des
choix politiques. En particulier, un nombre croissant d'études
portent sur le phénomène de l'homogénéité et de la convergence
des réformes (par exemple, Olsen 2006; Benito et al. 2007;
Gualmini, 2008)4 prouvent que les normes IPSAS sont un stimulant
important pour l'harmonisation des systèmes d'information
financière dans le secteur public.
Cet objectif est à noter, étant donné que le modèle comptable
actuellement poursuivi partout au monde est basé sur le
remplacement de la comptabilité de caisse par la comptabilité
d'exercice. Le changement de système comptable a fait l'objet de
beaucoup d'attention de la part de l'IPSASB, surtout ces dernières
années, quand, au niveau international, le débat a été de plus en
plus vive, plusieurs pays ont déjà remplacé les systèmes de la
comptabilité de caisse par un systèmes basé sur la comptabilité
d'exercice, donnant exemple de la France, la Grande-Bretagne,
l'Espagne et l'Allemagne, même si chaque pays interprète les
normes IPSAS de manière différente.
C’est dans cette optique que s'inscrit la réforme comptable de
l'Etat, déclenchée au Maroc en 2011 dans le cadre d'une
dynamique de réformes qui se fixe comme objectif le
renforcement de la bonne gouvernance et la consécration de la
transparence dans la gestion des deniers publics. Et c’est dans ce
processus de normalisation selon le référentiel « IPSAS » que la
1
7
Trésorerie Générale du Royaume a initié et a piloté cette reforme
par l’adoption de 13 normes IPSAS sur un total de 32, dans la
perspective de l’adoption des autres normes dans les prochaines
années lorsque le contexte juridique et logistique le permettra.
Le Conseil des normes IPSAS met en évidence différents avantages
découlant de la mise au point et la maintenance des normes IPSAS
comme : la mise en place de bonnes pratiques de reporting
financier, la cohérence dans l'application de ces pratiques et
l'harmonisation potentielle des rapports financiers entre les bases
comptables et économiques.
Certains chercheurs, ont démontré que l'adoption des normes
IPSAS permettra également une plus grande efficacité aussi bien
dans la vérification que dans l'analyse des rapports financiers
gouvernementaux, via l’adoption de règles communes partout
dans le monde pour harmoniser les transactions à échelle mondial
(Christiaens, 2006; Sanderson & Van Schaik, 2008) 5. Aussi faut-il
souligner le fait que les normes IPSAS sont relativement
nouvelles et inconnues. Par conséquent, il y a peu d’expérience
dans leur mise en œuvre. Il est clair que l'IPSASB devra continuer
ses efforts pour rendre les gouvernements centraux et locaux plus
familiers avec les IPSAS.
1
8
4 La convergence comptabilité publique / comptabilité privée : une évolution continue. Les
Cahiers du Club Secteur Public - Les enjeux de la comptabilité publique, Collection ECM,
(2011).
5 IPSAS Board, IFAC « Transition to the Accrual Basis of Accounting: Guidance for Public Sector
Entities», Third Edition, January 2011.
1
9
II. LA REFORME COMPTABLE DE L’ETAT AU SERVICE DE LA
PERFORMANCE
1. Une comptabilité de gestion axée sur les résultats
En parallèle avec cette réforme comptable selon les normes IPSAS,
l’Etat a également besoin d’un système de comptabilité de
gestion qui lui permettra de prendre des décisions correctes
concernant le management, et en particulier un système de
comptabilité analytique, qui permet de calculer le coût de
services ou activités spécifiques et devrait s’accompagner d’un
système de mesure de la performance, où il serait possible de
comparer les objectifs avec les résultats obtenus afin d’avoir une
idée sur l’efficacité et l’efficience de l’organisme. Une ventilation
par fonctions autoriserait une facturation plus précise des
transactions et introduirait dans la comptabilité publique les
concepts de coûts directs et indirects, de coûts fixes et coûts
variables. De la même manière, l’implication plus active des
personnes chargées des divers centres d’activités permettront de
déterminer des coûts par unité opérationnelle, par exemple :
Le coût du mètre carré de travaux de voirie ;
Le coût de subvention des produits de base (par produit et par
région) ;
Le coût moyen de formation d’un étudiant (par niveaux et
par branche d’étude) etc.
En outre, les informations sur les coûts devraient être comparées
avec les prévisions de coût ou des coûts standards et, sans
s’arrêter là, le système de gestion devrait permettre de savoir
également quels sont les résultats des projets établis, autrement
dit ce que l’on a obtenu en contrepartie de ces coûts, par
2
0
exemple combien de mètres de routes ont été construits, si le
niveau de l’enseignement publique a été amélioré ou encore si les
programmes ont donné les résultats escomptés. La gestion devrait
se focaliser sur les résultats et la performance, et non seulement
sur le budget et les moyens alloués à celui-ci.
Sans oublier la nécessité de procéder à une analyse financière
des comptes afin de donner aux pouvoirs publics des informations
sur divers aspects de la manière dont le budget de l’Etat est géré,
et se doter d’un système cohérent dans lequel chaque type de
comptabilité peut atteindre ses objectifs spécifiques et produire
ses propres documents comptables annuels tout en assurant, dans
le même temps, la liaison entre système budgétaire et le système
de comptabilité financière.
Un système comptable répondant à tous ces besoins sera bien
plus efficient, autrement dit il sera davantage à même de
donner une vision claire de l’état des finances publiques, et
d’autre part, il intégrera les aspects comptables liés à la valeur
patrimoniale et aux emprunts, ce qui fournira aux gestionnaires de
ressources de l’Etat des informations précises sur la valeur des
actifs de cette dernière et sur leurs évolutions.
Le management et le système budgétaire peuvent être réunis en
un système unique, étant donné que les informations de gestion
sont nécessaires pour élaborer un budget et l’exécution du budget
étant la clé de la gestion de l’administration publique, ces deux
systèmes devraient être liés. L’on note une tendance à utiliser
des techniques et des outils issus de la gestion des entreprises,
par exemple le tableau de bord prospectif, que
2
1
« certaines administration publique comme celle du Royaume-
Uni et de l’Espagne s’y sont déjà appliquées »6.
2. Un reporting périodique pour un meilleur processus
décisionnel :
L’administration publique a aussi besoin d’un système de
comptabilité financière où il serait bon d’adopter les principes
d’une comptabilité d’engagement, et des états financiers
fournissant des informations sur les actifs, les passifs, le ratio
actifs/capitaux propres, les recettes, les dépenses et les flux de
trésorerie de l’Etat.
Les principes comptables appliqués devraient viser à faire en
sorte que les états financiers donnent des informations
pertinentes pour les besoins des utilisateurs en matière de prise
de décision et fiables en ce qu’elles représentent de manière fidèle
la performance et la position financières de l’entité, reflétant la
substance économique des événements et des transactions et non
pas uniquement leur forme juridique ; Ces informations doivent
aussi être neutres, autrement dit non biaisées; prudentes et
complètes pour ce qui concerne tous les aspects matériels.
Le reporting financier général d’une administration publique
devrait avoir pour objectif de fournir des informations utiles à la
prise de décision, et de démontrer que l’entité a bien utilisé les
ressources qu’ils ont été confiées en fournissant des informations
utiles :
Sur l’origine, l’affectation et l’utilisation des ressources
financières ;
Sur la capacité de l’Etat à financer ses activités et à faire
2
2
face à ses obligations et engagements ;
Sur la situation financière de finances publiques et ses
variations ;
Et en donnant des informations agrégées utiles pour évaluer
la performance de l’Etat en matière d’efficacité et
d’efficience.
Les administrations publiques devraient présenter les actifs
actuels et à recevoir, ainsi que les passifs actuels et exigibles,
sous forme de catégories distinctes au regard de la position
financière. En outre, elles devraient rendre public le montant des
actifs qu’elles espèrent récupérer ou des obligations qui doivent
être réglées à plus de 12 mois.
Le traitement des actifs n’est pas identique partout. En fait, il
s’agit là d’un des aspects les plus polémiques en matière de
comptabilité de l’Etat. La diversité des pratiques et des points de
vue montre bien la complexité du sujet et le fait qu’il s’avère
difficile de s’entendre sur ce point.
En effet, pour remédier à cette anomalie il convient de procéder
à une étude comparative pour analyser les écarts entres les
normes IPSAS et les normes comptables nationale (comptabilité de
caisse) en vue d’améliorer la situation de la gestion et du reporting
des finances publiques dans le but de :
Fournir au gouvernement et aux autres parties prenantes une
connaissance commune de la situation actuelle du pays vis-à-
vis des normes internationales de communication de
l’information financière du secteur public ;
« Évaluer les conséquences des écarts en vigueur ;
Assurer une base pour mesurer la conformité provisoire ;
2
3
Ouvrir la voie à la conformité des normes IPSAS selon la
méthode de comptabilité de caisse » 7 ;
6 IFAC & IPSASB, « HANDBOOK OF INTERNATIONAL PUBLIC SECTOR ACCOUNTING PRONOUNCEMENTS »,
EDITION 2013.
2
4
Fournir une feuille de route pour migrer vers les normes
IPSAS selon la méthode de la comptabilité d’exercice ;
Adopter un cadre comptable d’information et d’audit bien
établi et de valeur solide, dans l’objectif de garantir la
transparence et la fiabilité des informations financières.
Conclusion :
À l’heure actuelle, l’usage des normes IPSAS reste peu répandu
dans le monde, cela est dû essentiellement au fait de la
méconnaissance de ces normes par la grande majorité, mais aussi
du fait de la prédominance des règles de comptabilité
d'entreprise. Et même si les normes IPSAS sont fondées sur les
IFRS / IAS (règles de comptabilité d'entreprise), la puissance de
celles-ci dans les pays concernés ralentit le processus de
conformité aux normes IPSAS. Un autre facteur crucial qui
empêche l’application des normes IPSAS, c’est la crainte de
perdre l'autorité de normalisation du pays concerné.
En effet, l’adoption de la comptabilité d’exercice au niveau
étatique rencontre des difficultés lors de l’introduction de la
budgétisation d’exercice, du fait que cette option est difficile à
établir par les Etats membres suite à l’insuffisante réglementaire
de celle-ci. Mais aussi à cause des inconvénients et des critiques
souvent entendue sur les normes IPSAS, parmi ceux-ci, on peut
citer :
Le coût énorme de l'application des normes IPSAS ;
L’absence d’aide à l'orientation ou/et à la pratique par le
conseil des normes IPSAS ;
La rareté des ressources sur l'interprétation de ces normes
2
5
comptables.
On peut ajouter à ceci « qu'en 2007-2008, en pleine période de
crise financière, les normes IFRS ont été pointées du doigt. A
priori, Certains pays membre de l'IPSAS Board ont même tiré
profit de la problématique de la soutenabilité budgétaire à long
terme avec pour locomotive de répondre à la crise mondiale » 8. En
effet, cette crise a eu un impact accru sur la demande de
transparence et de la bonne gouvernance. Conduisant IPSAS Board
à produire de nouvelles normes sur le soutien financier et les
garanties financières. Ceci dit, un certain nombre de changements
devrait être apporté au règlement financier et aux règles de
gestion financière. Malgré ceux-ci, les normes IPSAS restent le
moyen le plus approprié d'harmonisation et de l'alignement de la
comptabilité du secteur public.
2
6
7 IPSAS Board, IFAC «Transition to the Accrual Basis of Accounting: Guidance for Public Sector
Entities», Third Edition, January 2011.
8 IFAC & IPSASB, « HANDBOOK OF INTERNATIONAL PUBLIC SECTOR ACCOUNTING
PRONOUNCEMENTS », EDITION 2013.
2
7
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IFAC & IPSASB, « HANDBOOK OF INTERNATIONAL PUBLIC
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IPSAS Board, IFAC «Transition to the Accrual Basis of
Accounting: Guidance for Public Sector Entities», Third Edition,
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du Royaume, Edition 2011.
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