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18th Century

Le 18ème siècle français est marqué par la transition d'une monarchie absolue à un régime démocratique avec la Révolution de 1789, qui met fin à la royauté. Ce siècle est également caractérisé par la diffusion des idées nouvelles à travers les salons et l'Encyclopédie, qui promeut le rationalisme et la critique des institutions établies. Les écrivains, appelés philosophes, tels que Montesquieu, Voltaire et Rousseau, jouent un rôle clé dans cette période de changement intellectuel et social.

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18th Century

Le 18ème siècle français est marqué par la transition d'une monarchie absolue à un régime démocratique avec la Révolution de 1789, qui met fin à la royauté. Ce siècle est également caractérisé par la diffusion des idées nouvelles à travers les salons et l'Encyclopédie, qui promeut le rationalisme et la critique des institutions établies. Les écrivains, appelés philosophes, tels que Montesquieu, Voltaire et Rousseau, jouent un rôle clé dans cette période de changement intellectuel et social.

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DIX-HUITIÈME SIECLE 1700-1800

VUE GENERALE SUR LE 18ème SIECLE

I. ÉVÉNEMENTS POLITIQUES
Chronologiquement, le 18ème siècle français commence
sous un régime de Monarchie absolue (Louis XIV) et se
termine sur l‘avènement d‘un autre régime absolu, l‘Empire
(Napoléon Ier). Mais entre-temps la Révolution de 1789 a
mis fin à la royauté et a introduit en France le régime
démocratique.
En fait, le 18ème siècle français se termine pratiquement à
la révolution, qui marque une profonde coupure dans la
civilization française. Désormais, on appelle Ancien Régime,
toute la période qui va de la Renaissance à la Révolution, et
Temps Modernes, la période qui va de la Révolution à nos
jours (ou du moins jusqu‘à la 2ème guerre mondiale).
Quelques dates :
1715 – Mort de Louis XIV. La monarchie absolue continue
avec ses successeurs : Louis XV et Louis XVI. Le règne de
Louis XV, encore brilliant, est assombri par des guerres
malheureuses et des défaites pour la France. Les écrivains
attaquent la Monarchie qui est corrompue.
1750 Ŕ Début de publication de l’“Encyclopédie”, énorme
dictionnaire philosophique et scientifique qui répand à
travers la France et l‘Europe les idées nouvelles.
1789 Ŕ REVOLUTION FRANÇAISE. C‘est la fin de la
royauté et du pouvoir absolu qui durait en France depuis
trios siècles (Louis XVI est guillotiné devant le peuple, à
Paris, en 1793). C‘est le triomphe du peuple et du slogan
―Liberté, Égalité, Fraternité‖.
II. LES IDÉES NOUVELLES
Elles apparaissent déjà vers la fin du règne de Louis XIV

1
grâce à Fénelon et à La Bruyère. Mais leurs critiques de la
société, quoique significatives, sont encore timides et
isolées.
Puis, jusque vers 1750 ces idées nouvelles se répandent de
plus en plus dans la société cultivée grâce aux ―Salons‖.
Enfin, à partir de 1750, ces idées apparaîtront au grand jour
dans les oeuvres des philosophes de l‘Encyclopédie, de
Montesquieu, Voltaire et Rousseau.
Quelles sont ces idées nouvelles?
Elles sont nombreuses et diverses, et traduisent ―l‘esprit du
18ème siècle‖ qui est :
Amour de la science. En effet, les sciences (mathématiques,
physique, astronomie, sciences naturelles) se développent
et passionnent les gens cultivés du 18ème siècle, comme la
poésie et la psychologie avaient passionné ceux du 17ème
siècle. D‘où un esprit de rationalisme (on ne croit qu‘à la
raison et à la science) et d‘incrédulité (lutte contre la
religion).
Amour de la philosophie, c‘est-à-dire : discussions sur la
politique, les lois, l‘organisation de la société. D‘où la critique
des institutions présentes (Monarchie, Aristocratie, Église).
Amour des voyages et des pays étrangers. Tous les
écrivains français vont en Angleterre dont ils admirent le
régime parlementaire et les institutions. Ils voyagent aussi en
Hollande et en Prusse, tel Voltaire. Ainsi l‘influence des
idées étrangères, surtout anglaises, est très forte sur le
18ème siècle français. D‘où un esprit cosmopolite.
D‘ailleurs toute l‘Europe nourrit les mêmes idées au 18ème
siècle.
Le 18ème siècle français est avant tout un siècle de
Rationalisme scientifique, et de lutte contre les pouvoirs
établis (royauté, Église, aristocratie).
Les écrivains du 18ème siècle s‘appelaient eux-mêmes des
―philosophes‖.
Qu’est-ce qu’un philosophe au 18ème siècle?
2
Ce n‘est pas un homme qui cherche la solution de
problèmes métaphysiques (existence de Dieu-origine du
monde etc…) comme, par exemple, Platon, Socrate, St.
Thomas ou même Descartes.
Au contraire, le philosophe du 18ème siècle est un homme
qui participe très activement à la vie sociale qui l‘entoure : il
veut être utile à ses concitoyens; il veut les rendre meilleurs
et plus heureux, sur cette terre, grâce à une réorganization
plus satisfaisante de la société.
Et, comme toute société est fondée sur des principes
politiques, le philosophe du 18ème siècle sera
essentiellement un ―écrivain politique‖, qui critique ce qui
lui semble mauvais et propose des réformes qui lui
paraissent bonnes.
Les écrivains français du 18ème siècle n‘étaient pas des
Révolutionnaires. En général, ils étaient aristocrats et
menaient une vie aisée. Mais leurs idées provoqueront la
Révolution.
IV. LES SALONS
On a vu le rôle important joué par les ―salons littéraires‖
dans la première moitié du 17ème siècle (ef. la Préciosité).
Écrivains et gens de la haute société y discutaient de
poésie, de psychologie, de ―problèmes littéraires‖. Puis,
sous le règne de Louis XIV, c‘est la Cour du Roi qui devint le
centre artistique et intellectuel de la vie française. Le roi
Louis XIV dirigeait aussi bien la littérature que la politique : il
fallait plaire au roi.
Mais, au 17ème siècle, les écrivains ne se préoccupaient
pas de politique.
Au cours du 18ème siècle, les ―Salons‖ jouent à nouveau
un rôle très important. On y rencontre, comme toujours, des
gens de la haute société, des artistes, mais aussi des
voyageurs et écrivains étrangers et surtout des
―philosophes‖ qui exposent leurs idées politiques et
sociales avec esprit ou avec audace.
3
Dans ces salons, on ne parle pas, ou peu, de poésie ou de
littérature; on discute de science, de philosophie et de
politique.
Ces salons sont tenus par des femmes riches et, souvent,
intelligentes. Il faut connaître au moins les Salons célèbres
de :
Madame de Lambert (1647-1733)
Madame de Geoffrin
Madame du Deffand (1748-1789)
Mademoiselle de Lespinasse
Outre les Salons, il y a aussi les ―cafés‖ qui sont un lieu de
rencontre entre les écrivains et le public. On y lit des
journaux que la censure royale poursuit en vain.
C‘est dans les Salons et les Cafés que se forment les idées
nouvelles qui dirigent l‘opinion publique.
V. CARACTERES GENERAUX DE LA LITTERATURE
DU 18EME SIECLE
La littérature française du 18ème siècle se distingue par
quatre traits principaux : c‘est une littérature cosmopolite,
philosophique, d‘esprit scientifique, et généralement en
prose.
Littérature cosmopolite Ŕ Il y a échange d‘idées, et
influence réciproque, entre ―philosophes‖ français et
écrivains étrangers, surtout anglais.
Ainsi l‘horizon littéraire s‘élargit au lieu d‘être centré, comme
au 17ème siècle, sur la Cour royale.
Littérature philosophique et politique Ŕ La préoccupation
essentielle est ―le bonheur du genre humain‖. Les écrivain
du 18ème siècle sont optimistes; ils croient fermement que
l‘humanité entière va bientôt connaître un âge d‘or, un
―Eldorado‖ (cf. Voltaire); mais auparavant il faut
réorganiser la société. Tous les genres littéraires, poésie et
même théâtre, deviennent une ―plate-forme de
propaganda‖ pour ces idées.
Littérature d’esprit scientifique Ŕ Les philosophes ne
4
croient qu‘à la méthode scientifique (vérification des causes
par l‘expériences (experiment) et rejettent tous les principes
et tous les dogmes, qu‘ils soient politiques ou religieux.
D‘où, une littérature le plus souvent irreligieuse
(anticatholique, et parfois matérialiste.
Cependant, la plupart des ―philosophes‖ croient en l‘Être
Suprême. Voltaire a dit : ―Si Dieu n‘existait pas, il faudrait
l‘inventer‖.
Littérature en “prose” Ŕ Pour exposer des idées claires sur
des sujets scientifiques et pour répandre ces idées à travers
le peuple, la prose est l‘instrument idéal.
Au siècle classique, la prose était considérée comme une
chose vulgaire, indigne d‘un grand esprit, convenable
seulement aux hommes ordinaries (cf. Mr. Jourdain, dans le
Bourgeois Gentilhomme). On aimait seulement la langue
noble de la poésie.
Au 18ème siècle, au contraire, on délaisse la poésie;
(certes, on trouve encore beaucoup d‘écrivains secondaires
qui écrivent en vers, mais il n‘y a pas un seul bon poète,
excepté André Chénier). Pourquoi? Parce que l‘écrivain veut
être ―utile‖ et, pour cela, il doit s‘exprimer avec précision,
dans une langue claire, comprise par tout le monde.
VI. QUERELLE DES ANCIENS ET DES MODERNES
(1687-1716)
À la fin du 17ème siècle, une bagarre (scuffle) littéraire
éclata entre les partisans de l‘imitation des ―Anciens‖
(Boileau) et les partisans des ―Modernes‖ (Perrault), c‘est-
à-dire des écrivains qui rejettent le principe de l‘imitation des
auteurs grecs et latins, et qui réclament l‘indépendance de la
pensée et du style.
Les Modernes triomphèrent. Ce fut la fin de l‘idéal classique.
LES ECRIVAINS FRANÇAIS
DU 18EME SIECLE
Trois grandes figures dominent le 18ème siècle :
Montesquieu, Voltaire et Rousseau. Bien que différents les
5
uns des autres, ils sont les meilleurs représentants de ceux
qu‘on a appelés ―les philosophes‖ et qui ont donné le ton à
la littérature de cette époque.
Mais à côté des philosophes existent nombre d‘écrivains
moins importants qui continuent la tradition du siècle
classique. Certains d‘entre eux étaient même influents et
célèbres en leur temps, mais de nos jours, on ne lit plus que
les écrivains de génie ou de grand talent.
Le tableau schématique ci-dessous donne une vue
d‘ensemble sur les principaux auteurs de ce siècle :
I. PREMIERE PERIODE (1700-1740) : LES
PRECURSEURS
Époque des premiers savants philosophes, c‘est aussi une
période d‘intense activité dans les salons où l‘on discute les
idées scientifiques et politiques. Quelques personnages sont
illustres : Pierre Bayle, philosophe et esprit critique qui met
en doute toutes les vérités dont la pensée sera développée
par Voltaire. Fontenelle (1657-1757), écrivain élégant qui
propâge les idées scientifiques et essaie de les faire
comprendre du public. L‘Abbé de Saint-Pierre (1658-1743),
auteur d‘un célèbre projet de paix perpétuelle entre les
nations.
II. SECONDE PERIODE (1740-1780) : LE TRIOMPHE DES PHILOSOPH

-
-
-
Tous meurent avant la Théâtr -
Révolution française. e
Écrivains secondaires
- Beaumarchais
Roman - Le Sage
- Bernardin de St. Pierre
Moralistes - Vauvenargues

6
- Chamfort
- Rivard
LES PHILOSOPHES
La philosophie étant à la mode au 18ème siècle on pourrait
dire que tous les écrivains de ce siècle sont plus ou moins
des philosophes. Cette appelation est toutefois réservée aux
collaborateurs de l‘Encyclopédie qui sont tous férus de
rationalisme et désireux de reformer la société. Quelques-
uns d‘entre eux éclipsent leurs compagnons par la vigueur et
la richesse de leur esprit.
L’ENCYCLOPEDIE
Qu‘est-ce que l‘Encyclopédie? C‘est un énorme dictionnaire
qui donne, par ordre alphabétique, la définition et
l‘explication de toutes les sciences, tous les arts et tous les
métiers connus au 18ème siècle. Les sous-titre de
l‘Encyclopédie porte en effet ―Dictionnaire raisonné des
sciences, des arts et des métiers‖.
Quel est le but de l‘Encyclopédie? Répandre la
connaissance des théories scientifiques et surtout, répandre
dans le public les idées philosophiques et politiques de ceux
qu‘on appelle ―philosophes‖. Dans cette vaste compilation
on trouve des définitions et des idées justes, mais aussi des
théories erronées et des erreurs graves.
Qui a composé l‘Encyclopédie? Tous les grands écrivains du
siècle ont apporté leur contribution à ce dictionnaire; ainsi
Condillac, d‘Alembert, Helvétius, Diderot, Buffon, Voltaire,
Rousseau.
Mais les deux directeurs et responsables de cette
publication furent d‘Alembert, un philosophe et
mathématicien rationnaliste et sceptique, et Diderot, ardent
propagateur des idées philosophiques.
Diderot (1713-1784) est le parfait exemple du ―philosophe‖
et de l‘écrivain ―type‖ du 18ème siècle : penseur,
7
dramaturge, romancier, critique d‘art et poète, il touché à
tous les genres. Il croit au Bonheur de l‘humanité, au
progrès; il propose des réformes; sa philosophie rationnaliste
et matérialiste le pousse à rechercher dans la vie le plaisir; il
y a aussi chez lui beaucoup de sentimentalisme et aussi de
la naïveté. Esprit toujours gonflé d‘idées Diderot
s‘exprime dans une langue abondante et mouvementée,
souvent complexe. Outre ses ouvrages au contenu
essentiellement philosophique, il a laissé quelques romans,
tels ―Le Neveu de Rameau‖ et ―Jacques le Fataliste‖.
Parmi les collaborateurs de l‘Encyclopédie, il faut mentionner
un savant qui consacra sa vie à étudier les animaux. C‘est
Buffon, auteur d‘une ―Histoire Naturelle‖; il apparaît comme
un précurseur des theories de Darwin. Son style, un peu
froid, est élégant et précis.
En quelle année a été publiée l‘Encyclopédie? Ce
dictionnaire est le fruit d‘un travail long et troublé. Il parut en
l‘espace de 30 ans : au début (1745-1757) le roi autorise la
publication, puis il la retire lorsqu‘il s‘aperçoit que cet
ouvrage attaque le régime politique et social ainsi que la
religion; alors, pendant 20 ans, la publication se fait en
cachette. L‘ouvrage est terminé quelque 10 ans avant
qu‘éclate la Révolution.
Quelle est l‘importance de l‘Encyclopédie? C‘est l‘ouvrage
qui a eu le plus d‘influence sur la société française et même
européenne de cette époque : il est lu partout, et il lance des
idées qui conduiront à la Révolution. Les doctrines exposées
dans ce dictionnaire universel ont été combattues, mais
sans succès, par quelques écrivains.
Aujourd‘hui on ne lit guère cet ouvrage chaotique et confus;
mais il faut s‘y reporter si l‘on veut avoir une idée exacte de
l‘univers intellectuel du 18ème siècle. L‘Encyclopédie
contient en somme toute la philosophie de la Révolution
française.
MONTESQUIEU (1689-1755)
8
Riche, aristocrate, équilibré, Montesquieu n‘est pas un
révolutionnaire. Il aime la lecture, les voyages, et il
s‘intéresse en observateur à la politique.
Mais Montesquieu est un homme du 18ème siècle : C‘est un
philosophe, qui a du goût pour les sciences, en particulier
pour les sciences sociales et historiques.
C‘est un écrivain qui a beaucoup d‘esprit et qui le montre. Il
est vrai qu‘au 18ème siècle, tout le monde a de l‘esprit (avoir
de l‘esprit – to be witty).
OEuvres de Montesquieu
Ses deux ouvrages importants sont : les ―Lettres
Persanes‖ et ―l‘Esprit de Lois‖
LES LETTRES PERSANES (1721)
Montesquieu imagine que Rica et Usbeck, deux Persans
(l‘Orient est très à la mode au 18ème siècle), visitent
l‘Europe. Installés à Paris, ils écrivent à leurs amis de Perse
et leur racontent ce qu‘ils voient.
Quell est le but de ces lettres?
Montesquieu veut faire une satire de la société européenne
du 18ème siècle. Il critique les moeurs (i.e. la mode) les
hommes (i.e. les magistrats, les financiers), les institutions
(i.e. l‘Eglise, la Monarchie, le Parlement).
C‘est une satire audacieuse, faite sur un ton léger et
amusant. Montesquieu n‘est pas un pessimiste. C‘est un
observateur intelligent, sense et qui relève avec malice tout
ce qui est exagéré, mauvais ou ridicule).
Le style des lettres persanes est vif. C‘est le style des
écrivains du 18ème siècle, qui aiment plaire et amuser par
des remarques spirituelles, des jeux de mots ou des
calembours (puns).
L’ESPRIT DES LOIS (1748)
C‘est un ouvrage très différent, sérieux, d‘allure scientifique.
Dans ce livre, Montesquieu cherche ce qu‘est la nature de la
loi. Et il constate que les principes de Droit, de Justice sont
absolue, mais que les lois sont nécessairement différentes
9
selon les pays, les climats, les religions, les gouvernements
etc.
Il distingue trios sortes de gouvernements : la tyrannie (dont
le principe est la crainte), la monarchie (dont le principe est
l‘honneur), et la démocratie (dont le principe est la vertu).
Montesquieu avait étudié et admiré le système parlementaire
anglais. C‘est lui qui l‘a fait connaître en France; on
l‘appliquera à la Révolution.
L‘Esprit des Lois est un livre important.
On y trouve beaucoup de réflexions et de remarques
excellentes, intéressantes pour le juriste et pour l‘étudiant
qui eu y expose des idées politiques très libérales qui
attaquaient directement le régime d‘autorité absolue imposé
par la royauté.
VOLTAIRE (1694-1778)
De son vrai nom, Voltaire s‘appelle François Arouet. À partir
de son premier succès littéraire (en 1718), il prend le nom de
Voltaire.
SA VIE
Elle a été très agitée. Voltaire, né à Paris, fait des études
classiques sérieuses, puis, pendant quelque temps, il étudie
le Droit (Law). Mais dès son jeune âge, il s‘intéresse à la
poésie : il écrit des satires et le gouvernement l‘enferme à la
Bastille. À sa sortie de prison, il se dispute avec un
personnage de la Cour, et il est enfermé une seconde fois à
la Bastille.
Désormais Voltaire se consacre à la littérature. Il vivra le
plus souvent loin de Paris, en exil, parce que ses écrits
contre le gouvernement et l‘Église attirent sur lui la colère de
la Cour. Ses principaux lieux de séjour sont :
L’Angleterre (1726-1728) Ŕ
Voltaire y passé trios années. Il s‘enthousiasme pour ce
pays dont il admire les institutions politiques, le moeurs, le
théâtre de Shakespeare et surtout l‘esprit de liberté.
Cirey (en Lorraine) (1734-1749) Ŕ
10
À son retour d‘Angleterre, Voltaire revient à Paris; mais
bientôt il est obligé de quitter cette ville pour avoir publié les
―Lettres Anglaises‖ où il critique fortement les institutions
françaises. Il s‘installe en Lorraine chez une Dame de la
haute société (Mme du Châtelet) qui le protège et
l‘encourage à écrire. Il y reste 15 ans.
Berlin (en Prusse) (1749-1759) Ŕ
Revenu de Lorraine, Voltaire vit pendant 5 ans à Paris, puis
part à la Cour du roi de Prusse qui l‘a invité. Il y restera 10
ans; il admire beaucoup ce roi, mais finalement il se querelle
avec lui, et revient en France.
Ferney Ŕ
Voltaire s‘installe dans un petit village près de la frontière
Suisse. Il y passera les 20 dernières années de sa vie,
développant l‘agriculture et l‘industrie dans cette region et
écrivant un grand nombre de livres et de pamphlets
politiques et religieux. Il est le ―centre intellectuel‖ de
l‘Europe.
En 1778, il revient à Paris assister au triomphe de sa
tragédie ―Irène‖. Toute l‘Europe l‘admire. Il meurt à Paris,
en pleine gloire, à l‘âge de 84 ans.
SON CARACTERE
Voltaire est un homme très complexe.
Bon et sensible par nature (il combat l‘esclavage – et défend
des innocents dans des process célèbres), il méprise le
peuple : ―Le peuple, dit-il, c‘est un animal auquel il faut
donner du foin‖.
Déïste (il croit en Dieu), il combattra sans cesse l‘Église et la
religion catholique; il faut, répète-t-il, ―écraser l‘infâme‖.
Extrêmement intelligent, il manque de sens moral : la
recherche du plaisir, le mensonge, la flatterie et aussi la
vulgarité composent sa philosophie morale.
La personnalité même de Voltaire est peu recommendable;
mais Voltaire écrivain est un génie.
OEUVRES DE VOLTAIRE
11
Voltaire a écrit dans tous les genres littéraires, et sur des
sujets très variés. Au total, il a composé plus de cent
volumes.
Poésie Ŕ
Voltaire a composé un grand nombre de poésies satiriques,
philosophiques ou didactiques. Il s‘est aussi essayé à la
poésie épique (―La Henriade‖).
Mais Voltaire n‘est pas un grand poète : il a peu
d‘imagination et peu de sensibilité. Son domaine c‘est la
fantasie, la plaisanterie, les jeux de l‘esprit. Voltaire, poète,
est un bel esprit (wit).
Théâtre Ŕ
Admirateur de Shakespeare, Voltaire veut renouveler le
théâtre classique; il y introduit des éléments nouveaux
(décor – mélodrame) afin de sortir des règles strictes de la
tragédie du 17ème siècle.
Malgré leur grand succès à l‘époque, les tragédies de
Voltaire sont peu intéressantes : elles manquent de
vraisemblance et d‘émotion vraie. Sa meilleure pièce est
―Zaïre‖.
Histoire –
Là encore, Voltaire veut réformer la conception de l’Histoire;
en particulier il declare qu‘un historien doit :
- puiser aux sources exactes : il faut raconteur les
événements dans toute leur vérité.
- faire un récit complet : non seulement le récit des
événements militaires (comme on le faisait jusqu‘ici), mais
encore la description de l‘environnement social,
économique, politique.
- rechercher les causes vraies : jusqu‘au 18ème siècle, les
historiens expliquaient principalement l‘histoire par
l‘intervention de la Providence Divine.
- écrire avec art : c‘est-à-dire mettre en relief, par le style ou
12
par les anecdotes, la psychologie des caractères.

Pour Voltaire, l‘histoire est à la fois une science et un art.


Par là, il est l‘un des créateurs de ce genre littéraire qui
consiste à faire revivre tout le passé d‘un homme ou d‘une
nation.
Parmi les nombreux ouvrages historiques de Voltaire il faut
citer :
―L‘Histoire de Charles XII‖ (1731) et surtout, ―Le Siècle de
Louis XIV‖ (1768), oeuvre sérieuse et riche.
Romans, Contes, Pamphlets Ŕ
Il y en a un très grand nombre. C‘est par ce moyen
essentiellement que Voltaire enseigne ―sa philosophie‖.
Pour lui, l‘homme n‘est ni bon ni mauvais; et sur cette terre,
l‘homme peut éviter le Malheur (la souffrance) s‘il consent à
rester à sa place et à ne pas vouloir trop de bonheur :
―Il faut cultiver son jardin‖.
Ce monde où nous sommes est ―le meilleur des mondes
possibles‖; c‘est donc à nous, hommes, de faire notre
bonheur en nous en accommodant. Pour cela, il faut être
bienfaisant et tolérant.
Les meilleurs contes de Voltaire sont : ―Zadig‖ (1748), et
―Candide‖ (1759).
Les personnages de ces contes sont imaginaires; ils
voyagent à travers le monde entier, voient beaucoup de
spectacles, les uns bons, les autres mauvais, et ils en tirent
la conclusion morale.
Correspondance Ŕ
Nous avons plus de douze mille lettres de Voltaire,
adressées à des correspondants très divers, rois et
inconnus. Dans ces lettres, Voltaire dévoile en toute
sincérité son caractère, ses qualités et ses défauts. D‘autre
part, ces lettres nous renseignent sur les idées et sur les
événements dont il a été témoin Durant sa vie longue et
mouvementée.
13
IMPORTANCE DE VOLTAIRE
Au 18ème siècle, Voltaire était considéré en Europe comme
une sorte de dieu. Il osait attaquer les hommes et les
institutions, il osait même critiquer la France et complimenter
la Prusse de l‘avoir battue. Aussi son audace, sa versalité et
son génie littéraire lui donnèrent – ils vite la première place
parmi les écrivains européens.
Quelles sont les idées de Voltaire?
En somme elles sont assez simples. En toutes choses,
Voltaire combat l’intolérance :
l’intolérance religieuse; d‘où ses écrits violents contre
l‘Église catholique, qui, à cette époque, est très influente
politiquement, socialement et spirituellement. Selon lui,
toutes les religions se valent.
l'intolérance politique; il admire le régime politique anglais et
désire pour la France un ―despote éclairé‖, qui assure la
protection des philosophes et un certain bien-être au peuple.
Mais Voltaire, qui combat l‘esclavâge, n‘est pas un
démocrate. Pour lui, la masse du peuple est bête et elle doit
travailler.
l'intolérance morale; Pour Voltaire, il n‘y a qu‘une seule
morale, c‘est d‘être bienfaisant et tolérant; il faut éviter la
cruauté et se contenter de sa condition. Mais Voltaire n‘est
pas partisan de l‘égalité. C‘est un aristocrate intelligent qui
entend conserver ses privilèges; et aussi, comme tous les
―philosophes‖ du 18ème siècle, un optimiste qui croit au
progrès et au Bonheur du genre humain.
Par sa lutte continue contre les tyrannies de toutes sortes,
par son soin à encourager le développement des sciences,
de l‘agriculture et de l‘industrie, Voltaire a exercé une
influence prépondérante sur la société du 18ème siècle.
Mais ses bassesses, ses mensonges, son immoralisme, et
l‘évolution des idées, ont beaucoup amoindri la portée de
son oeuvre.
Aujourd‘hui Voltaire demeure l‘un des très grands écrivains
14
français parce que :
son rôle et son influence sociale et littéraire au 18ème siècle
ont été extrêmement importants.
Ses qualités d’écrivain sont immenses.
Le style de Voltaire est la perfection même : clair, précis,
concis, rapide, spirituel.
Chaque phrase exprime exactement l’idée de l’auteur;
chaque mot est choisi avec soin et le rythme de la phrase
correspond toujours aux sentiments qui l‘animent.
Le style de Voltaire, c‘est véritablement la clarté et l‘esprit
français.
JEAN JACQUES ROUSSEAU (1712-1778)
Lorsqu‘on parle du 18ème siècle français, on a l‘habitude
d‘associer Voltaire et Rousseau comme si leurs oeuvres se
ressemblaient. En fait, Voltaire et Rousseau n’ont aucun
point de resemblance, ils sont même étrangers l‘un à l‘autre.
Si Voltaire et les ―philosophes‖ représentent le 18ème
siècle français, Rousseau n‘appartient pas à ce siècle-là.
C‘est un très grand écrivain, mais c‘est une figure solitaire,
en avance sur son temps.
Pour bien comprendre Rousseau, il faut connaître son
caractère et sa vie.
QUI EST JEAN-JACQUES ROUSSEAU?
Enfance :
Il est né à Genève, de parents protestants et romanesques.
Il est de caractère très sensible, presque maladif. Ses
études sont interrompues très souvent; il lit beaucoup, mais
des livres qu‘un enfant de son âge ne peut pas comprendre.
Son éducation est très libre : il passé une grande partie de
son temps dans les rues ou à la campagne. Il essaie
d‘apprendre un métier manuel.
Vie errante :
À 16 ans, il s‘enfuit de Genève et quitte sa famille pour
toujours. Il est recueilli par un prêtre et confié à Mme de
Warens, une dame riche et dévouée qu‘il aimera comme sa
15
mère. Elle le convertit au catholicisme. Puis il la quitte, part
en Italie, fait de nombreux métiers pour vivre, et revient chez
sa mère adoptive, à la campagne (en Savoie), où il restera
une dizaine d‘années.
Mais il veut faire fortune à Paris, grâce à ses connaissances
musicales. Il fréquente les salons, les philosophes. Mais il
est trop indépendant et trop sensible pour supporter cette
société raffinée, superficielle, intelligente et immorale. À
Paris il fait encore tous les métiers possibles pour ne pas
mourir de faim, et il prend en haine la société.
Succès littéraires :
En 1750, il remporte un premier prix dans un concours
littéraire organisé par l‘Académie de Dijon. La question
posée était celle-ci : ―Est-ce que le
rétablissement des sciences et des arts (c‘est-à-dire la
Renaissance) a contribué à épurer les moeurs?‖ Rousseau,
que la vie parisienne et la société dégoûtent, répond que les
sciences et les arts corrompent la société.
Désormais il est célèbre. Il va écrire plusieurs livres pour
soutenir et défendre ses idées. Et, appliquant sa théorie, il
vit à la campagne, loin de la foule et de Paris où se trouvent
les philosophes.
Vieillesse malheureuse :
L‘un de ses livres sur l‘éducation, ―L‘Emile‖, est condamné
par la censure. Rousseau doit s‘enfuir. Il va en Suisse, puis
en Angleterre, revient en France. Sa situation matérielle est
miserable; d‘autre part, sa sensibilité maladive le rend
insupportable, même à ses meilleurs amis. En chaque
homme il voit un ennemi. Et les ―philosophes‖ qui le
haïssent, ne lui laissent aucun repos.
Dans les dernières années de sa vie, dégoûté des hommes
mais résigné, il revient à Paris pour écrire le récit de sa vie
malheureuse : “Les Confessions”.
En 1778, Voltaire meurt à Paris en pleine gloire, Rousseau
meurt aussi en 1778, mais seul, sans témoin, dans la
16
maison de campagne d‘un de ses amis.
LES IDEES DE J.J. ROUSSEAU
Trios influences principales expliquent la pensée de
Rousseau :
sa sensibilité très vive lui fait accorder la première place non
pas à la raison, mais au sentiment et à l’instinct.
sa vie vagabonde et ses séjours à la campagne lui donnent
un profond amour de la nature.
ses lectures et ses experiences, malheureuses dans la
société lui inspirent la haine de la société.
À la campagne, autour de lui, Rousseau voit des hommes
simples, travailleurs, et apparemment heureux. Il pense donc
qu‘à l‘origine, à l‘état sauvâge, les hommes étaient égaux,
libres et heureux. Il expose cette théorie dans son
―Discours sur l’origine de l’inégalité‖ (1755). Il affirme
aussi que le
progrès des sciences, le développement de l‘agriculture et
de l‘industrie ont obligé les hommes à se grouper, à vivre en
société : les uns sont devenus riches et les autres pauvres;
les uns sont devenus puissants et les autres esclaves; et
tous sont devenus méchants, parce que propriété signifie
inégalité, et inégalité signifie corruption (―Discours sur les
arts et les sciences‖). Pareillement, les arts et surtout le
théâtre corrompent les hommes parce que les tragédies et
les comédies veulent plaire au spectateur et, pour cela,
flattent les passions mauvaises. (Cf. ―Lettre à D‘Alembert
sur les spectacles‖).
Que faut-il donc faire pour éviter cette corruption de
l‘homme? Il faut, dit Rousseau, vivre selon la nature parce
que la nature seule est bonne. Rousseau expose son
système dans deux grands ouvrages qui sont :
le Contrat social (1762).
C‘est un ouvrage politique où Rousseau expose les bases
d‘un nouvel ordre social : tous les hommes seront égaux; et
le gouvernement sera exercé non par un seul homme, mais
17
par tous les citoyens. Rousseau est ainsi le fondateur de la
―démocratie directe‖, et cette idée sera appliquée à la
Révolution.
L’Emile (1762).
C‘est un ouvrage didactique où Rousseau expose ses idées
sur l‘éducation de l‘enfant. Il faut, dit-il, élever l‘enfant selon
la nature pour ne pas corrompre son caractère qui est bon.
L‘enfant doit tout découvrir par lui-même, il doit faire des
travaux manuels. Il ne doit pas apprendre dans les livres, il
doit apprendre dans le spectacle de la nature, en suivant son
instinct. Ainsi cet enfant deviendra un homme bon et
vertueux; et lorsque tous les hommes seront devenus bons
et vertueux, le Contrat Social pourra facilement être
appliqué, et alors la société future ne sera pas corrompue.
À la fin de sa vie, Rousseau, qui a exposé ses idées et sa
théorie, va faire le récit de sa proper vie : il est l‘exemple
vivant de sa théorie puisqu‘il a toujours obéi à ses
sentiments, a vécu dans la nature et fui la société. Dans ses
deux livres :
“Les Rêveries d’un Promeneur Solitaire”, et les
“Confessions” J.J. Rousseau nous découvre toute sa
personnalité complexe, ses souffrances, ses haines, et son
ardent amour de la nature. Ce sont ses deux livres les plus
intéressants, ou, du moins, les plus attachants.
INFLUENCE DE J.J. ROUSSEAU
Elle a été décisive dans plusieurs domaines : les pensées et
les théories de Rousseau ont eu d‘immenses répercussions.
En Politique
Ses idées sont utopiques. Mais elles ont contribué fortement
à la Révolution. Voltaire et les autres philosophes
critiquaient les institutions, détruisaient l‘ordre politique et
social, mais Rousseau était un veritable révolutionnaire : non
seulement il voulait détruire l‘ordre social et politique, mais il
en proposait un autre fondé sur l‘égalité de tous les citoyens
et sur un régime de démocratie directe.
18
En Philosophie
Voltaire et les philosophes étaient des ―rationalistes‖: ils
n‘avaient confiance qu‘en la raison.
Rousseau est un ―instinctiviste‖ : il n‘a confiance qu‘en son
instinct et en ses sentiments.
Les ―philosophes‖ étaient ―athées‖ (Diderot) ou
―déistes‖ (Voltaire) pensant que Dieu est nécessaire pour
expliquer le monde.
Rousseau est un mystique; il ne croit pas en Dieu avec son
intelligence, mais il ―sent‖ Dieu avec son coeur.
Aussi au 18ème siècle, alors que triomphe dans la société le
culte de la Raison, Rousseau introduit la sensibilité.
En Littérature
Rousseau est l‘ancêtre des ―Romantiques‖. En effet, il
introduit les thèmes littéraires des poètes et des écrivains
romantiques :

- le ―moi‖ (cf. Confessions). Au 17ème siècle, seule


importait la psychologie à valeur générale : ―le moi est
haissable‖ disait Pascal. Rousseau, lui, réhabilite le ―moi‖.
- l'amour de la nature (cf. Rêveries). Pour Rousseau, comme
pour les poètes romantiques, la nature est une véritable
―mère‖ qui console de toutes les douleurs.
- au règne de la ―raison‖, Rousseau substitute le règne de
l‘―imagination‖ et de la ―sensibilité‖ (cf. V. Hugo –
Lamartine).

Par son style, Rousseau annonce le 19ème siècle.


Voltaire écrit en phrases courtes, rapides; Rousseau écrit en
―périodes‖ amples et harmonieuses, musicales et imagées.
Par là, il annonce Chateaubriand.
Le 18ème siècle français a glorifié Voltaire.
Mais l‘influence de Rousseau sur la vie et la littérature

19
françaises a été plus forte encore que celle de Voltaire. On a
dit que J.J. Rousseau a inauguré une nouvelle manière de
penser, de sentir et d‘écrire.

LE THEATRE AU 18ème SIECLE


Au 18ème siècle, on continue à écrire beaucoup pour le
théâtre; mais la littérature dramatique de cette époque est
loin d‘être aussi riche que celle du siècle classique.
I. TRAGEDIE
La tragédie subit une évolution au cours du 18ème siècle.
Pendant la première moitié du siècle, les auteurs imitent
Corneille et Racine, mais il leur manque le génie. Leurs
tragédies sont artificielles.
À partir de 1750, sous l‘influence des ―philosophes‖ la
tragédie devient un moyen d‘exposer les idées nouvelles et
les thèses philosophiques. Aussi la tragédie n‘est-elle plus
une ―crise psychologique‖ mettant en scène des héros ou
de nobles personnages de l‘Antiquité grecque ou latine; elle
devient un ―drame‖, c‘est-à-dire l‘histoire sérieuse et
émouvante de personnes ordinaires, qui se déroule dans le
cadre de la société contemporaine. Et elle se rapproche de
la comédie.
Quelques auteurs essayent d‘introduire des éléments
nouveaux.
Voltaire essaya de renouveler la tragédie classique, mais
sans succès, (par des sujets nouveaux, des costumes et un
décor plus vrais. (Ainsi, dans ―Zaïre‖)
Crébillon voulut émouvoir le spectateur par la ―terreur‖ en
présentant des scènes horribles.
Enfin, on traduit les drames de Shakespeare que l‘on imite.
Cependant aucune tragédie remarquable n‘a été créée au
18ème siècle.
II. COMEDIE
20
La comédie subit également une évolution au cours du
18ème siècle.
Molière demeure pour tous les auteurs le grand exemple. On
l‘imite beaucoup, mais sans l‘égaler; par exemple, Regnard,
à qui l‘on doit une bonne comédie. ―Le Légataire
Universel‖. À l‘analyse psychologique s‘ajooute toujours la
satire sociale. Dans ce genre deux auteurs connaissent le
succès :
Dancourt et Le Sage (1668-1747) qui, dans ―Turcaret‖, fait
une satire incisive des financiers véreux.
Puis, sous l‘influence des philosophes, la comédie perd sa
vivacité sérieuse et moralisante; le but n‘est plus de faire
rire, mais d‘inspirer de bons sentiments et d‘émouvoir. C‘est
ce qu‘on appelle la ―Comédie Larmoyante‖ où s‘illustrent
quelque temps Destouches et Nivelle de la Chaussée.
À ce stade, comédie et tragédie poursuivent le même but et
se confondent; les deux genres se fondent en un genre
nouveau dit ―Drame Bourgeois‖ dont le but est de donner
au spectateur une leçon morale émouvante en lui décrivant,
sur le mode pathérique, un destin malheureux. Les auteurs
qui cultivent ce drame sont nombreux; les plus connus sont
Sedaine et Diderot (i.e. ―Le Fils Naturel‖; ―Le père de
famille‖).
Heureusement la Comédie prend un tout différent et plus
intéressant avec les deux auteurs de théâtre les plus
importants du 18ème siècle, Marivaux et Beaumarchais.
MARIVAUX (1688-1763)
Il a écrit plus de trente comédies dont le sujet est toujours le
même : un jeune homme aime une jeune fille; tous deux sont
beaux, riches et libres de leurs actes. Cependant ils hésitent
à s‘épouser parce qu‘ils ne sont pas sûrs de leurs
sentiments et qu‘ils trouvent toujours un prétexte pour
reculer. Parmi les meilleures comédies, citons : ―Le Jeu de
l‘Amour et du Hasard.‖ ―Les Fausses Confidences‖ et
21
―Les Surprises de l‘Amour‖.
Marivaux ne veut pas faire rire le spectateur mais seulement
le faire sourire.
Ses comédies se déroulent dans un salon, sans bruit, entre
des personnages qui parlent un langage raffiné. C‘est une
analyse psychologique très subtile du sentiment d‘amour,
écrite dans un style très fin et un peu ―précieux‖.
Marivaux est unique dans la littérature française. On appelle
aujourd‘hui ―marivaudage‖ une discussion sur toutes les
nuances du sentiment d‘amour fait, à l‘exemple de Marivaux,
dans un langage raffiné. Aujourd‘hui encore, les comédies
de Marivaux sont jouées avec succès.
BEAUMARCHAIS (1732-1799)
C‘est l‘auteur comique le plus célèbre du 18ème siècle, et
l‘un des plus importants de la littérature française.
Fils d‘un horloger parisien, Beaumarchais est un aventurier,
qui, à force d‘intrigues politiques et amoureuses, de calculs
et de combinaisons financiers peu honnêtes, a obtenu une
place à la Cour de Louis XV et de Louis XVI. Mais les vrais
nobles ne lui pardonnaient pas son succès, et Beaumarchais
eut à se defender devant les tribunaux contre les ―grands‖;
il fut plusieurs fois victime des ―lettres de cachet‖ (warrant
of imprisonment).
Cependant dans ses malheurs, Beaumarchais conserva
toujours sa gaieté et son éternelle bonne humeur. Fils du
peuple, il aimait le peuple et mit son talent d‘écrivain à
exprimer les revendications des ―petits‖ contre les
―grands‖.
Après avoir écrit plusieurs drames bourgeois sans succès,
Beaumarchais composa deux chef-d‘oeuvres : Le Barbier de
Seville (1755), Le Mariage de Figaro (1778).
Ce sont deux comédies à la manière de Molière, avec des
intrigues amoureuses, des poursuites, des chansons, des
masques et de beaux costumes. Mais toute l‘action conduite
par un valet, Figaro, joyeux et sans scrupules, audacieux et
22
insolent, qui trompe tout le monde et attaque les hommes au
pouvoir avec beaucoup de verve et d‘irrespect.
―Le Mariage de Figaro‖ fut interdit par la censure royale
pendant six ans.
Parlant de cette comédie, Napoléon a dit : ―C‘est la
Révolution en action‖.
Le personnage de Figaro est devenu un ―type‖ immortel
dans la littérature française.
De tous les auteurs de théâters du 18ème siècle, Marivaux
et Beaumarchais sont les seuls qui soient encore joués
aujourd‘hui.

LE ROMAN AU 18ème SIECLE


Les écrivains classiques avaient négligé le roman, car seule
la poésie semblait digne du lecteur.
Au 18ème siècle, au contraire, le Roman revient à la mode,
car c‘est l‘instrument idéal pour faire circuler les idées. Mais
il subit une double influence : une influence étrangère,
espagnole et anglaise (dans la première moitié du siècle),
une influence philosophique (dans la seconde moitié).
INFLUENCE ESPAGNOLE : “LE ROMAN PICARESQUE”
En espagnol, ―picaro‖ veut dire fripin (rascal). Le roman
picaresque est le récit des aventures d‘un picaro. Ce genre
littéraire fut très en vogue dans l‘Espagne du 17ème siècle.
Cervantes en avait écrit le chef-d‘oeuvre : “Don Quichotte de
la Manche”.
Comme l‘Espagne est très à la mode au 18ème siècle, les
romanciers français imitent le roman picaresque espagnol :
Le Sage (auteur de Turcaret) publie de 1715 à 1735 un
roman célèbre : ―Gil Blas de Santillane‖.
Gil Blas, héros du roman, circule à travers l‘Espagne,
fréquente tous les milieux, a beaucoup d‘aventures et
rencontre un grand nombre de personnes. Mais c‘est la
23
société française du 18ème siècle que Le Sâge critique à
travers l‘Espagne. Le roman picaresque devient ainsi
satirique.
INFLUENCE ANGLAISE : “LE ROMAN SENTIMENTAL”
Les romans anglais de Richardson (ex. Pamela-Grandisson)
sont traduits en français et lus avec passion. Le public aime
beaucoup ces récits d‘aventures émouvantes d‘un héros
vertueux et pauvre qui, finalement, triomphe de ses
malheurs.
En France, ce sentimentalisme (sentimentality) donne
naissance à une masse de romans dont le plus célèbre est :
―Manon Lescaut‖ de l‘abbé Prévost (1731), histoire
d‘amour passionnée et mélodramatique.
Marivaux a également écrit deux romans de même sorte :
―La Vie de Marianne‖ et ―Le Paysan Parvenu‖.
INFLUENCE PHILOSOPHIQUE : LE ROMAN À THESE
À partir de 1750, tous les philosophes utilisent le roman pour
exprimer leurs idées et soutenir leurs théories. L‘histoire
qu‘ils racontent est moins importante que les pensées de
leurs personnages, qui sont en fait les pensées de l‘auteur.
Ceci est vrai de Diderot (―Le neveu de Rameau‖,
―Jacques le Fataliste‖), de Voltaire dont les contes
philosophiques sont lus et discutés (―Candide‖, ―Zadig‖,
―Jeannot et Colin‖), de Marmontel (―Contes moraux‖), de
J.J. Rousseau, auteur d‘un roman épistolaire intitulé ―La
Nouvelle Hélöise‖. Le roman épistolaire, c‘est-à-dire sous
forme de lettres, est très à la mode au 18ème siècle.
AUTRES ROMANS
L‘esprit libertia (dissolute) et athée du 18ème siècle a
engendré une floraison de romans licencieux, immoraux,
mais parfois écrits dans un style sobre et tendu. Les
représentants de ce genre Romanesque sont Restif de la
Bretonne, le Marquis de Sade, et Choderlos de Laclos, dont
le roman ―Les Liaisons Dangereuses‖ (1782) a une réelle
24
valeur littéraire.
Enfin un court roman exotique, tout plein de l‘amour de la
nature et de naïvetés, connut un succès prodigieux. C‘est
―Paul et Virginie‖ (1787), écrit par un disciple de Rousseau,
Bernardin de Saint-Pierre.
De cette masse de romans on ne lit aujourd‘hui que les plus
intéressants. Mais la diversité des romans publiés reflète
l‘effervescence intellectuelle de ce siècle dans lequel
certains prétendent voir le ―Grand Siècle‖ de la littérature
française.

LES MORALISTES AU 18ème SIECLE


Un ―moraliste‖ est un écrivain qui observe et juge le
comportement des hommes. Il ne raconte pas une histoire; il
transcrit seulement ses observations et ses réflexions, en
formules impersonnelles et brèves qui ont valeur de vérité
psychologique.
Mais chaque moraliste considère et juge les hommes selon
ses propres conceptions philosophiques et morales, et selon
son temperament. C‘est-à-dire que ses juges les hommes
sont toujours influencés par des facteurs personnels.
Au 17ème siècle, La Rochefoucauld et La Bruyère sont des
moralistes assez pessimistes. Au 18ème siècle, les
moralistes sont nombreux : ce genre littéraire convient en
effet parfaitement à des esprits épris de concision, qui
aiment aller droit à l‘essentiel.
Vaurtenargues, dans ses ―Réflexions et Maximes‖, révèle
une grande élévation morale, tandis que Chamfort apparaît
comme un pessimiste systématique (cf. ―Maximes et
Anecdores). Les ―Pensées‖ de Joubert (1754-1824) sont
toujours lues aujourd‘hui avec intérêt car l‘observation
psychologique est juste. Citons aussi Rivarol, journaliste
25
ironique et mordant, qui, sous la Révolution osa défendre la
monarchie; il est l‘ancêtre des journalists politiques,
frondeurs et critiques, qui, de la Révolution à nos jours, ont
fait de la presse l‘instrument idéal pour façonner l‘opinion
publique.

LA POESIE AU 18ème SIECLE


Le public lettré du 18ème siècle n‘apprécie pas la poésie
lyrique. Il lui préfère les romans et les contes, le théâtre et la
philosophie.
Cependant on rencontre à cette époque un grand nombre de
poètes ou plutôt de versificateurs, qui font des vers sur
n‘importe quel sujet. Toute matière est bonne : un
événement historique ou politique, un paysâge, une fleur, un
animal, un objet quelconque, un ustensile de cuisine, une
arme à feu, etc… Cette poésie se caractérise par l‘absence
de sensibilité et de sincérité, et par l‘abus des calembours et
des jeux de mots. D‘une façon générale, à quelques rares
exceptions près, les poètes sont intelligents et habiles, mais
ils ne sont pas émouvants car ils ne sont pas sincères. Ce
sont des rimailleurs (rhymester), de beaux esprits, mais pas
des poètes authentiques.
Beaucoup ont été célèbres au 18ème siècle, puis oubliés ou
presque; ainsi Delille, Voltaire, Jean-Baptiste Rousseau, Le
Franc de Pompignan, Lebrun, Gresset, Gilbert, Parny.
Quelques noms cependant ont passé à la postérité en raison
de poésies mieux réussies. Le fabuliste Florian, qui n‘a pas
le génie de La Fontaine est de ceux-là; et aussi Marie-
Joseph Chénier, qui a chanté la révolution, synonyme pour
lui de liberté; le nom de Rouget de l’Isle est demeuré
célèbre, car il est l‘auteur de ―La Marseillaise‖, l‘hymne
national français.
En fait, le seul vrai poète lyrique français du 18ème siècle
26
est André Chénier, qui est mort victime de la Révolution de
1789.

LA LITTERATURE DE LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE


À partir de 1789 les événements politiques prennent la
première place. On n‘a plus le temps ni le goût de s‘occuper
de littérature. Ainsi cette période est-elle pauvre au point de
vue littérature. Elle s‘enrichit cependant d‘un poète
authentique, André Chénier, et d‘orateurs politiques
éloquents. Enfin un retour se dessine vers l‘idéal classique.
Après de nombreux excès, on aspire à l‘ordre et à la
simplicité.
ANDRÉ CHENIER (1762-1794)
Il est mort à l‘âge de trente ans, guillotiné. Il n‘a donc pas eu
le temps de donner toute sa mesure.
Malgré sa mort prématurée, il a laissé un certain nombre de
poésies qui sont d‘un poète authentique :
- les ‗Bucoliques‖, poésies imitées des grecs, mais toujours
vivantes et sincères. Chénier connaissait très bien
l‘Antiquité.
- les ―Elégies‖, poèmes d‘amour.
- des poèmes inachevés (l’Hermes” et “l’Invention) où il
voulait mettre en vers les découvertes scientifiques et les
idées philosophiques du 18ème siècle.

André Chénier apportait de l‘originalité dans ses vers, et de


la sincérité dans son inspiration, toutes choses qui
manquaient totalement aux autres poètes de son siècle.
ORATEURS REVOLUTIONNAIRES
La nécessité d‘exciter et d‘enthousiasmer le peuple de Paris
pour la Révolution a fait naître de grands orateurs politiques.
Parmi eux trios particulièrement célèbres :
27
Mirabeau, le plus grand de tous.
Danton, passionné et violent (guilloiné sur l‘ordre de
Robespierre en 1794).
Robespierre, inflexible et froid (guillotiné à son tour en 1794).
LE NEO-CLASSICISME
Un caractère nouveau apparaît dans la littérature à la fin du
18ème siècle : le retour au classicisme. Pourquoi?
Parce que les découvertes archéologiques et l‘étudition
répadent une connaissance plus juste de l‘Antiquité (les
études grecques reviennent à la mode).
Ce retour au goût et à la simplicité classique annonce un
changement dans la littérature française : c‘est le 19ème
siècle.

IDEES GENERALES SUR LE 18EME SIECLE


I. PASSAGE DU 17EME AU 18EME SIECLE
Entre le 17ème et le 18ème siècle, il n‘y a pas de rupture ni
de révolution. Le passage se fait lentement, progrèsivement.
Quand Louis XIV meurt (1715), il y a déjà longtemps que les
salons répandent, discrètement, les idées nouvelles : le
philosophe Bayle publie son ―Dictionnaire Historique‖ en
1691, donc au 17ème siècle.
La Bruyère et Fénelon écrivains classiques, peuvent être
rattachés au 18ème siècle par leurs idées.
Il ne faut donc pas fixer de date précise entre ces deux
siècles mais, au contraire, concevoir l‘évolution sur l‘espace
d‘une génération.
II. CARACTERES DU 18EME SIECLE
C‘est un siècle essentiellement ―scientifique‖ et
―pratique‖.
Scientifique :
On fait de très nombreuse découvertes scientifiques en
mathématiques, astronomie, physique, chimie, sciences
28
naturelles.
Ces découvertes trouvent leur application pratique dans les
―manufactures‖.
En même temps, l‘esprit scientifique. “rationaliste”, se
répand dans la société. On ne juge que par des faits et des
preuves. Aussi rejette-t-on toute autorite absolue : Religion
et Monarchie.
Pratique :
L‘écrivain veut être utile à la société. C‘est un “philosophe”
qui, par ses idées, veut aider l‘humanité à trouver le Bonheur
et à marcher vers le Progrès.
D‘où l‘importance des romans ―philosophiques‖, du théâtre
à these aussi bien que des ouvrages scientifiques ou
d‘Économie Politique (cf. l‘Encyclopédie).
III. L’ART AU 18EME SIECLE
En littérature, le lecteur aime l‘ironie, la grâce, l‘intelligence.
À ce goût convient le style rapide, à la fois clair et précis, fait
de phrases courtes et allègres.
Cette légèreté, on la retrouve dans la décoration, dans l‘art
mobilier (les meubles de style Louis XV) l‘architecture plus
gracieuse que celle du 17ème siècle, et dans la peinture.
La peinture en particulier s‘acorde aux tendances littéraires.
Avec Watteau, Boucher et Fragonard, c‘est le triomphe de la
grâce, de la delicatesse; la composition et les couleurs
visent à plaire plus qu‘à émouvoir; les sujets, pastorals et
scenes mythologiques, sont superciels mais traités avec
soin. Un autre peintre de grand talent, Greuze, exprime le
sentimentalisme du siècle dans ses portraits et tableaux
―moraux‖. Enfin, dans la dernière partie du siècle, le peintre
David témoigne du retour au classicisme avec ses sujets
historiques et antiques. Il sera le peintre officiel de l‘Empire.
IV. L’INFLUENCE ETRANGERE
Le 18ème siècle est cosmopolite. L‘étranger, et surtout
l‘Angleterre, est la source d‘idées nouvelles. Idées
philosophiques avec Newton, Locke, David Hume, Adam
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Smith (Angleterre), Leibnitz et Kant (Allemagne) Vico (Italie);
modes litéraires avec les romanciers anglais Swift, Addison,
Pope, Richardson et du Foe.
Mais l‘art français à son tour influence l‘Europe : on admire
Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, et l‘on imite les écrivains
français du 17ème siècle, en particulier Goethe, Schiller et
Lessing en Allemagne. Enfin, la Révolution aura un
retentissement mondial.

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