Cours Techniques Radar
Cours Techniques Radar
Le radar (radio detection and ranging ; détection et estimation de la distance par ondes radio) est un
système qui utilise les ondes électromagnétiques pour détecter la présence et déterminer la position ainsi
que la vitesse d'objets tels que les avions, les bateaux…etc. Les ondes envoyées par l'émetteur sont
réfléchies par la cible, et les signaux de retour (appelés écho radar) sont captés et analysés par le
récepteur, souvent situé au même endroit que l'émetteur. La distance est obtenue grâce au temps
aller/retour du signal, la direction grâce à la position angulaire de l'antenne où le signal de retour a été
capté et la vitesse avec le décalage de fréquence du signal de retour généré selon l'effet Doppler.
Le radar est utilisé dans de nombreux contextes : en météorologie pour détecter les orages, pour le
contrôle du trafic aérien, pour la surveillance du trafic routier, par les militaires pour détecter les objets
volants mais aussi les navires, en astronautique, etc.
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1 Description générale
Un radar émet de puissantes ondes, produites par un oscillateur radio et transmises par une antenne.
La portion de l'énergie du faisceau qui est réfléchie et renvoyée au récepteur lorsque le faisceau rencontre
un obstacle dans l'atmosphère est appelée l’écho radar (ou écho-radar). Bien que la puissance des ondes
émises soit grande, l’amplitude de l'écho est le plus souvent très petite mais ces signaux radio sont
facilement détectables électroniquement et peuvent être amplifiés de nombreuses fois.
Il existe différentes façons d'émettre ces ondes. Les plus utilisées sont :
• Le radar à émission continue, où l'on émet continuellement à partir d'une antenne et on reçoit à
l'aide d'une seconde.
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2 Technologie
2.1 Composantes d'un système radar
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Un radar est formé de différentes composantes :
Pour comprendre son rôle, imaginez le guide d'ondes comme un tuyau spécialisé qui dirige
les ondes radioélectriques d'un point à un autre. Dans le contexte des radars, le guide
d'ondes transporte efficacement les ondes depuis l'oscillateur radio (où elles sont générées)
vers l'antenne (où elles sont émises dans l'atmosphère).
Les hyperfréquences, en raison de leur haute fréquence, ont des longueurs d'onde plus
courtes. Ces courtes longueurs d'onde peuvent être plus difficiles à gérer avec des câbles
électriques traditionnels, car elles sont susceptibles de subir des pertes importantes ou des
réflexions. Le guide d'ondes est donc spécialement conçu pour transporter ces ondes à haute
fréquence avec un minimum de perte.
a. Commutateur électronique, dirige l'onde vers l'antenne lors de l'émission puis le signal de
retour depuis l'antenne vers le récepteur lors de la réception quand on utilise un radar
monostatique. Il permet donc d'utiliser la même antenne pour les deux fonctions. Il est
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primordial qu'il soit bien synchronisé, puisque la puissance du signal émis est de l'ordre du
mega-watt ce qui est trop important pour le récepteur qui, lui, traite des signaux d'une
puissance de l'ordre de quelques nano-watts. Au cas où l'impulsion émise serait dirigée vers
le récepteur, celui-ci serait instantanément détruit ;
b. L’antenne dont le rôle est de diffuser l'onde électromagnétique vers la cible avec le
minimum de perte. Sa vitesse de déplacement, rotation et/ou balancement, ainsi que sa
position, sont généralement asservies mécaniquement, mais parfois aussi électroniquement.
L'antenne est sollicitée tant en émission qu'en réception. Ces deux fonctions peuvent être
cependant séparées entre deux antennes dans le cas de radars multistatiques ;
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(a) (b)
Figure 6. Commande d’antenne radar ( (a) commande mecanique, (b) commande electrique )
Les radars peuvent être classés en fonction de la configuration de leurs antennes émettrices et
réceptrices. Sur cette base, nous avons les types suivants : monostatique, bistatique et multistatique.
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• Utilisation : C'est le type de radar le plus courant. Les systèmes de radar monostatiques
sont souvent utilisés dans les applications de défense, de météorologie et de contrôle de la
circulation aérienne.
• Avantage : En raison de leur configuration simple, ils sont généralement moins chers et
plus faciles à entretenir.
• Inconvénient : Ils peuvent être plus facilement détectés par les cibles ennemies car
l'émetteur et le récepteur sont au même endroit.
• Configuration : L'antenne émettrice et l'antenne réceptrice sont séparées par une distance
qui est généralement beaucoup plus grande que la taille de l'antenne elle-même.
• Utilisation : Ils sont souvent utilisés dans les applications de défense pour rendre la
détection plus difficile.
• Avantage : Étant donné que l'émetteur et le récepteur sont séparés, il est plus difficile pour
une cible ennemie de détecter le radar.
• Inconvénient : Ils peuvent être plus complexes et coûteux à mettre en œuvre en raison de la
nécessité de coordonner l'émetteur et le récepteur.
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3.3 Radar Multistatique :
• Utilisation : Ce sont souvent des systèmes de radar avancés utilisés pour obtenir une
meilleure couverture et une meilleure détection.
• Avantage : Ils offrent une meilleure détection des cibles et une meilleure résilience aux
contre-mesures. La capacité à avoir de multiples points de vue sur une cible peut améliorer
la précision et la fiabilité de la détection.
• Inconvénient : Leur mise en œuvre est complexe et coûteuse en raison de la nécessité de
coordonner plusieurs émetteurs et récepteurs.
Chaque type de radar a ses propres avantages et inconvénients, et le choix du type de
radar dépendra de l'application spécifique et des besoins de l'utilisateur.
4 Génération de l'onde
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service, la génération d'impulsions courtes et très énergétiques demande une technologie qui
est différente de celle d'un émetteur radio utilisé en télécommunications. Ainsi, la génération
de l'onde se fait de la manière suivante :
• L’oscillateur permanent basé sur la technologie des tubes à cavité résonnante, il peut être un
klystron qui a une fréquence très stable, un magnétron dont la fréquence varie dans le temps,
ou d'autres types d'oscillateurs à état solide ;
• Les générateurs d'impulsion, ou modulateurs, sont des pièces électroniques qui produisent
l'impulsion radar à partir de l'onde continue produite par l'oscillateur. En quelque sorte, ils
laissent passer l'onde vers l'amplificateur durant un très court laps de temps (de l'ordre de la
µ seconde). Ceci permet de concentrer l'énergie de l'onde dans cette impulsion (puissance de
l'ordre du M Watt). Il existe différentes sortes de commutateurs dont le plus connu est le
thyratron. Le klystron peut lui-même remplir les rôles d'oscillateur, de générateur
d'impulsion et d'amplificateur ;
• Une fois que l'onde est produite, le guide d'ondes est chargé de l'amener vers l'antenne avec
une perte du signal la plus faible possible.
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5 Principe de mesure
La distance est calculée à partir du temps de transit (aller et retour) d’une brève, impulsion
radioélectrique“ émise et de sa vitesse de propagation 𝐶0 . La distance de l’écho (calculée par le radar) est
la distance en ligne droite entre l’antenne du radar et la cible. La ‘’distance-sol“ est la distance
’’horizontale” entre l’antenne du radar et la cible : elle ne peut être déterminée que si l’on calculée
l’altitude de la cible, ou son angle de site. Le temps mesuré par le radar est le temps nécessaire à
l’impulsion pour aller de l’antenne à la cible, puis de la cible vers l’antenne après réflexion. Chaque
impulsion revenant au radar a parcouru deux fois la distance radar-cible. La formule permettant de
calculer cette distance est donc la suivante :
𝐶0 ×𝑡
𝑅= (1)
2
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5.1.1 Distance maximum sans ambiguïté
Un radar fonctionne en émettant des ondes qui, lorsqu'elles rencontrent un objet, sont réfléchies
vers le radar sous forme d'écho. En mesurant le temps qu'il faut à cet écho pour revenir, le radar peut
déterminer la distance de l'objet.
Cependant, voici le problème : le radar n'envoie pas juste une onde et attend qu'elle revienne. Il
envoie constamment des ondes à intervalles réguliers. L'intervalle entre ces ondes est appelé la "Période
de répétition des impulsions" ou PRI.
Imaginons une situation où une onde est émise, mais avant que l'écho de cette onde ne revienne au
radar, le radar a déjà émis une autre onde. Si l'écho de la première onde revient juste après la deuxième
onde a été émise, le radar peut être confus et penser que cet écho vient de la deuxième onde. C'est là que
se produit l'"Ambiguïté distance" : le radar se trompe sur la distance de l'objet.
Pour éviter cela, les radars ont une "distance maximum sans ambiguïté". C'est la plus grande
distance à laquelle un objet peut être détecté sans risque de confusion d'écho.
𝐶0 ×(𝑇−𝜏)
𝑅𝑚𝑎𝑥 = (2)
2
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• T = période de répétition des impulsions (PRI) [s]
Pour traiter ce problème d'ambiguïté, certains radars utilisent une technique où ils changent
constamment l'intervalle entre les ondes (PRI décalée ou "staggered"). Ainsi, même si un écho ambigu
revient, il ne ressemblera pas à un point net sur l'écran mais plutôt à un amas de points. Le radar, avec
l'aide de logiciels, peut alors identifier cette ambiguïté et corriger l'erreur.
Figure 11. Un écho de deuxième balayage n’a plus de position stable sur l’écran lorsque la PRI est
multiple (staggered en anglais).
En résumé, même si les radars sont conçus pour mesurer la distance des objets, ils peuvent parfois
se tromper en raison de la manière dont ils émettent des ondes. Des techniques et des technologies plus
récentes ont été développées pour minimiser ou éliminer ces erreurs.
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5.1.2 Distance aveugle
Imaginons un radar comme une personne dans une pièce sombre avec une lampe de poche.
Lorsque cette personne allume brièvement sa lampe de poche, elle éclaire la pièce et peut voir ce
qui s'y trouve. Mais juste après avoir allumé la lampe, elle met quelques instants à remettre ses lunettes
pour mieux voir.
Dans le monde du radar, cette "lampe de poche" est l'impulsion émise par le radar, et le temps qu'il
faut à la personne pour mettre ses lunettes est le temps que le radar met pour passer de l'émission à la
réception.
Pendant ces quelques instants, la personne (ou le radar) ne peut pas bien voir ce qui est tout près
d'elle. C'est ce qu'on appelle la "distance aveugle" - c'est la distance minimum à laquelle une cible doit se
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trouver pour être détectée. Si quelque chose est trop proche pendant ce temps d'aveuglement, le radar ne
le verra pas.
La durée pendant laquelle le radar "allume sa lampe de poche" influence cette distance aveugle. Si
la lampe est allumée très brièvement (par exemple, pour une microseconde), la distance aveugle est courte
(environ 150 mètres). Mais si la lampe est allumée plus longtemps, la distance aveugle est plus grande.
En résumé, la distance aveugle est la distance minimum à laquelle un radar peut détecter quelque
chose. Si un objet est trop proche pendant la phase d'émission du radar, il ne sera pas vu.
• La différence de position divisée par le temps qui s'est écoulé donne la vitesse de la cible.
Imaginons le bruit d'une sirène d'ambulance. Lorsqu'elle s'approche de vous, le son semble
plus aigu. Lorsqu'elle s'éloigne, le son semble plus grave. C'est parce que la vitesse de
l'ambulance fait varier la fréquence du son.
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Figure 13. Effet Doppler d'une source sonore en mouvement
De la même manière, un radar envoie des ondes radio à une fréquence fixe. Si l'objet (la
cible) se rapproche ou s'éloigne du radar, la fréquence des ondes qui rebondissent sur cet
objet et reviennent au radar change.
∆𝑓
𝑣 = ( )𝑐
𝑓
Pour mesurer la vitesse d'un objet avec un radar, le radar envoie une onde de fréquence
fem, et celle-ci est renvoyée par l'objet en mouvement. La fréquence de cette onde
réfléchie est frec. La différence entre ces deux fréquences, Δf, est utilisée pour calculer la
vitesse v de l'objet en mouvement. Plus la différence de fréquence est grande, plus la
vitesse de l'objet est élevée.
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Mais il y a une limite à cette méthode : elle ne permet de détecter que la vitesse de
l'objet qui se déplace vers ou loin du radar (c'est ce qu'on appelle la vitesse radiale). Elle ne
peut pas détecter un objet qui se déplace latéralement par rapport au radar car la fréquence
ne change pas dans ce cas.
o Suivi de la cible : Le radar peut suivre une cible au fil du temps, notant les
changements de position. Avec suffisamment de mesures, même si l'objet se
déplace principalement latéralement, le radar peut calculer une estimation de
sa vitesse.
o Radar multi-antennes / MIMO (Multiple Input, Multiple Output) :
Certains systèmes radar avancés utilisent plusieurs antennes pour obtenir des
mesures à partir de différents angles. En combinant ces mesures, ils peuvent
estimer le mouvement latéral de la cible.
o Radar à balayage : Les radars qui balayent ou pivotent peuvent mesurer la
vitesse d'un objet en mouvement latéral lorsqu'il entre et sort de la ligne de
visée du radar. Pendant cette transition, il y a une composante du mouvement
qui est radiale.
Combinaison avec d'autres capteurs : Parfois, des radars sont utilisés en combinaison avec
d'autres types de capteurs (comme des caméras) pour obtenir une image complète du
mouvement d'un objet.
La directivité est la capacité de l'antenne à focaliser son émission dans une certaine direction.
Imaginez cela comme un projecteur orienté vers un endroit précis dans une salle obscure.
Plus une antenne est directive, plus elle peut déterminer précisément la direction de la cible.
o Importance de la fréquence :
Les radars utilisent des fréquences très élevées parce qu'elles se propagent en ligne droite,
permettent de détecter de petits objets et nécessitent des antennes moins encombrantes.
L'azimut vrai est l'angle entre le nord et la cible. Imaginez-vous avec une boussole : si la cible
est à l'est, l'azimut serait de 90°.
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L'antenne envoie l'énergie sous forme de faisceau appelé "lobe".
Quand la cible est directement dans ce faisceau, le radar reçoit le signal le plus fort.
Certains radars ajustent la direction de ce faisceau pour que le signal de la cible soit le plus fort
possible, comme un projecteur qui suivrait un acteur sur une scène.
Figure 15: L’amplitude du signal d’écho est la plus grande au centre du diagramme d’antenne.
• Pour savoir exactement où se trouve la cible, le radar doit connaître la direction du nord.
Les anciens radars avaient besoin d'une boussole ou de calculs pour cela. Les radars
modernes utilisent des technologies comme le GPS pour obtenir une précision maximale.
Une antenne peut être considérée comme un transducteur, c'est-à-dire un dispositif qui convertit un
type d'énergie en un autre. Dans le cas des antennes radio ou radar, elles accomplissent deux fonctions
principales :
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2. Réception : L'antenne capte les ondes électromagnétiques venant de l'espace et les convertit en
énergie électrique qui peut ensuite être amplifiée et utilisée comme signal reçu.
Cependant, ce processus de conversion n'est pas parfait et est sujet à des pertes. La performance
d'une antenne dans ce rôle est souvent mesurée par son rendement, qui est un coefficient entre 0 et 1, où 1
représente une conversion d'énergie sans aucune perte.
Lors de la conception d'un radar, l'antenne doit être capable de recevoir des signaux principalement
dans une direction privilégiée pour localiser une cible efficacement. Cette "focalisation" augmente
également la portée de l'antenne dans cette direction, tant pour l'émission que pour la réception. Cette
capacité est décrite par deux propriétés principales :
• Gain : le gain d'une antenne est une mesure de son efficacité à concentrer l'énergie dans une
direction spécifique par rapport à une antenne qui émettrait de manière isotrope (également dans
toutes les directions).
Les radars du début de la Seconde Guerre mondiale opéraient à de basses fréquences en raison des
difficultés techniques avec le magnétron, rendant appropriée l'utilisation d'antennes filaires, semblables à
celles des postes de radio et de télévision classiques. Ces antennes sont encore utilisées aujourd'hui pour
les radars fonctionnant à
des fréquences similaires,
généralement en dessous de
quelques centaines de
mégahertz.
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Figure 16 . Antennes filaires
Les antennes à ouverture sont un type classique d'antenne utilisé principalement dans les radars
fonctionnant à des fréquences très élevées. Leur fonctionnement implique plusieurs étapes :
Une onde électromagnétique produite par un magnétron est guidée à travers un guide d'ondes.
Le guide d'ondes aboutit à un cornet qui dirige (ou éclaire) l'onde vers une grande surface
réfléchissante (plaque ou grillage), agissant comme un réflecteur.
Le champ électrique formé sur cette surface crée à son tour une onde électromagnétique qui se
propage dans l'espace. Ce champ est variable en amplitude et en direction.
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5.4.3 Antennes patch
Les antennes à plaque ou planaire sont constituées d'un circuit imprimé double face métallisé. Elles
ont l'avantage d'être très peu onéreuses, légères et très flexibles à l'utilisation. Pour cela, elles trouvent
souvent un usage pour les applications d'imagerie à antenne synthétique où elles peuvent être montées de
manière conforme sur la coque d'un avion, d'un drone, ou embarquées sur un satellite
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Figure 19. Radar tridimensionnel à balayage électronique géant en Alaska.
Une autre méthode utilisée pour diffuser le faisceau radar est celui des antennes réseau à commande
de phase. Dans ce système, on divise le guide d'ondes venant de l'émetteur en un très grand nombre de
sous-guides d'ondes. Ces derniers se terminent chacun par une fente sur une plaque faisant face à une
direction. En contrôlant la phase de l'onde passant dans chacune de ces fentes, on peut créer une figure
d'interférences qui donne une émission dans une direction particulière. On peut changer la direction vers
laquelle l'antenne émet sans avoir à bouger celle-ci : il n'y a qu'à changer l'arrangement des phases des
fentes.
Les radars d'altitude émettent un faisceau très fin verticalement. Ce faisceau est déplacé, soit
mécaniquement soit par des moyens électroniques, pour couvrir la zone qu'il doit surveiller et localiser les
cibles. Si ces radars veulent aussi identifier la direction horizontale des cibles, ils doivent émettre un
faisceau fin aussi bien verticalement qu'horizontalement.
L'angle de site est l'angle formé entre le radar et la cible, par rapport à l'horizontale. On utilise le
symbole ε pour représenter cet angle. Si cet angle est vers le haut par rapport à l'horizon, il est positif. S'il
est vers le bas, il est négatif.
En bref, l'angle de site nous dit à quel point le radar doit "lever" ou "baisser" son faisceau pour
pointer directement vers une cible dans le ciel ou le sol.
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Figure 20 : Angle de site ε
La résolution d'un radar est sa capacité à identifier deux objets ou cibles très proches.
Imaginez regarder deux voitures garées à côté l'une de l'autre avec des jumelles. Si les jumelles
sont de mauvaise qualité, vous pourriez voir les deux voitures comme une seule grande voiture.
C'est similaire à la façon dont un radar "voit" les choses.
C'est la capacité du radar à dire que deux objets situés à des distances différentes mais dans la
même direction sont bien deux objets distincts. Pensez à deux voitures, l'une derrière l'autre sur
une route. Si votre radar est bon, il dira : "Il y a une voiture ici, et une autre juste derrière !" Si ce
n'est pas le cas, il pourrait dire : "Il y a une grande voiture (ou un long camion) ici".
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Figure 2 : Deux cibles pas assez espacées
C'est la capacité du radar à identifier deux objets qui sont côte à côte. C'est comme distinguer deux
voitures garées côte à côte.
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Figure 22: La résolution d’un radar
Pour la résolution en distance, la chose la plus importante est la largeur de l'impulsion émise par le
radar. Sans entrer trop dans les détails techniques, plus cette impulsion est courte, meilleure est la
résolution en distance. Un bon radar peut généralement identifier des objets séparés par une distance
égale à la moitié de cette largeur d'impulsion.
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Les performances de ces quelques systèmes de radars sont indiquées à titre d’exemple:
Enfin, il est important de se rappeler que la précision et la résolution ne sont pas la même chose. La
précision concerne la justesse des mesures, tandis que la résolution concerne la capacité à distinguer des
objets proches l'un de l'autre.
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5.7 Réflexion
Imaginez que le radar soit comme un jeu où vous lancez une balle contre le mur pour voir si elle
rebondit. Si elle rebondit et revient vers vous, vous savez qu'il y a quelque chose là-bas. C'est un peu
comme ça que fonctionne un radar, mais au lieu de balles, il utilise des ondes radio.
Figure 23. La luminosité sur un affichage radar est proportionnelle à la réflectivité des cibles,
comme le montre cette image radar météo de 1960. La fréquence de l’onde, la forme de l'impulsion et le
type d’antenne déterminent ce que le radar peut observer.
• Quand ces ondes radio frappent quelque chose de gros et de solide, comme un avion ou un
bateau, elles rebondissent et reviennent vers le radar. C'est ce rebond ou "réflexion" que le
radar détecte. Plus l'objet est grand et réfléchissant (comme les métaux), plus il apparaît
lumineux sur l'écran du radar.
• La taille de l'onde radio par rapport à la taille de l'objet est importante. Si l'onde est très
petite et que l'objet est gros, l'onde rebondit nettement, un peu comme une balle rebondit
clairement sur un grand mur. Si l'onde est grande et l'objet petit, l'onde le secoue un peu et se
disperse dans différentes directions.
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• Si la taille de l'onde et celle de l'objet sont semblables, cela devient compliqué. Les ondes
peuvent faire vibrer les choses d'une certaine manière qui change la façon dont elles
rebondissent.
• Les vieux radars étaient un peu comme lancer de très grosses balles qui ne pouvaient pas
bien dire où les petits objets se trouvaient. Les radars modernes utilisent des ondes plus
petites, comme de petites balles, qui peuvent détecter même des choses comme la pluie ou
des insectes.
• Pour être bien détecté par des ondes radio plus petites, un objet doit avoir des angles et des
courbes qui reflètent bien les ondes, un peu comme un miroir courbé renvoie la lumière dans
une direction précise.
• Certains bateaux ont des formes spéciales qui renvoient les ondes radio directement vers le
radar pour être facilement détectés en cas d'urgence.
• Par contre, des avions militaires veulent être difficiles à détecter. Ils sont donc conçus avec
des formes qui ne renvoient pas bien les ondes radio vers le radar, comme une balle qui
rebondirait n'importe où sauf vers vous.
• Même avec des formes spéciales, il est difficile d'éviter complètement d'être détecté à cause
d'un phénomène appelé "diffraction", où les ondes peuvent contourner les obstacles et quand
même donner des indices sur l'objet.
• Une autre façon de se cacher des radars est d'utiliser des peintures ou des matériaux qui
absorbent les ondes radio au lieu de les renvoyer, un peu comme une tenue noire dans
l'obscurité qui ne se voit pas bien.
L'équation du radar nous dit comment calculer la puissance du signal retourné au radar après avoir
frappé une cible. L'équation est la suivante :
𝑷𝒕 × 𝝈
𝑷𝒓 =
𝑳𝟒
où :
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• σ (sigma) est la surface équivalente radar, qui représente la capacité de la cible à réfléchir le signal
vers le radar.
Cette formule nous montre que la puissance retournée que le radar capte est directement
proportionnelle à la puissance qu'il envoie et à la surface équivalente radar de la cible, mais elle est
inversement proportionnelle au carré de la distance parcourue par le signal, le tout au carré (d'où le terme
L4).
En ce qui concerne la réflectivité, elle est définie par le rapport de la puissance retournée sur la
puissance émise, donc :
𝑷𝒓
𝒓𝒆𝒇𝒍𝒆𝒙𝒊𝒗𝒊𝒕é =
𝑷𝒕
Cela signifie que la réflectivité est influencée par la distance et la "visibilité" de l'objet. Plus la
distance est grande, plus la puissance du signal retourné sera faible, même si la cible a une grande surface
équivalente radar. De même, deux objets de même surface équivalente radar mais situés à des distances
différentes renverront des signaux de puissance très différente au radar, avec le signal de l'objet le plus
éloigné étant nettement plus faible.
5.8 Polarisation
La polarisation dans le contexte des ondes radar fait référence à l'orientation du champ électrique de
l'onde électromagnétique par rapport à la direction de propagation de cette onde. Voici une explication
simplifiée des différents types de polarisation et de leur utilisation :
Figure 24. Illumination de la cible avec polarisation horizontale et verticale. On peut noter la forme
de la cible qui donnera un retour plus intense avec l'onde horizontale.
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5.8.1 Polarisation horizontale et verticale :
• Si tu as une corde et que tu la secoues de haut en bas, les ondes qui se déplacent le long de la
corde ont une "polarisation verticale" parce que le mouvement est vertical par rapport au sol.
• Si tu secoues la corde de gauche à droite, les ondes auront une "polarisation horizontale".
De la même manière, les radars peuvent émettre des ondes avec le champ électrique oscillant soit
horizontalement soit verticalement. Ces différentes polarisations interagissent différemment avec les
objets qu'elles rencontrent :
• Les cibles ayant des formes allongées horizontalement, comme des feuilles ou des flocons de
neige, vont réfléchir plus fortement une onde à polarisation horizontale.
• À l'inverse, des objets verticaux, comme des branches d'arbres ou des bâtiments, répondent mieux
à une polarisation verticale.
• Imagine maintenant que tu as un ressort et que tu le fais tourner en le tenant par un bout. Le
mouvement du ressort crée une spirale qui se déplace le long de son axe ; c'est l'équivalent d'une
onde à polarisation circulaire.
• Les radars qui utilisent ce type de polarisation sont souvent employés pour réduire les
interférences provenant des précipitations comme la pluie.
• Elle est souvent utilisée pour détecter des surfaces métalliques lisses, car ces surfaces reflètent
bien les ondes ayant une polarisation spécifique, comme un miroir réfléchissant la lumière.
• Les radars météorologiques peuvent distinguer la pluie des autres cibles en utilisant une
polarisation linéaire.
• Pense à la lumière se reflétant sur une mer agitée : le mouvement aléatoire des vagues crée des
reflets dans toutes les directions. Une "polarisation aléatoire" signifie que l'orientation du champ
électrique change de façon imprévisible.
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• Ce type de polarisation est utile pour les radars de navigation qui cherchent à détecter des surfaces
non uniformes comme les terrains rocheux ou accidentés.
En somme, la polarisation est un outil précieux dans la technologie radar, car elle permet de mieux
comprendre le type de cible détectée et d'optimiser la détection en fonction des caractéristiques de cette
cible.
La fréquence de répétition des impulsions (FRI) et la période de répétition des impulsions (PRI)
sont deux concepts fondamentaux dans le fonctionnement des radars à impulsions.
Au lieu d'émettre un signal continu, un radar à impulsions émet des signaux sous forme de courtes
impulsions d'énergie. Entre ces impulsions, le radar cesse d'émettre et passe en mode réception
pour écouter les échos (retours) des objets (cibles) que les impulsions ont rencontrés.
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6.1.2 Fréquence de Répétition des Impulsions (FRI) :
• Définition : La FRI est le nombre d'impulsions que le radar émet en une seconde. Elle est
mesurée en Hertz (Hz), où 1 Hz équivaut à une impulsion par seconde.
• Définition : La PRI est le temps écoulé entre le début d'une impulsion et le début de
l'impulsion suivante. Elle est généralement mesurée en millisecondes (ms).
• Relation avec la FRI : La PRI est l'inverse de la FRI. Si la FRI est de 1 000 Hz (ce qui
signifie 1 000 impulsions par seconde), la PRI sera de 1 milliseconde (1/1 000 de
seconde).
• Exemple : Si un radar a une FRI de 2 000 Hz, cela signifie qu'il émet 2 000 impulsions par
seconde. La PRI, dans ce cas, serait de 0.5 millisecondes (1/2 000 de seconde).
• Distance Maximale : La PRI affecte la distance maximale que le radar peut mesurer. Si la
PRI est trop courte, le radar peut recevoir un écho d'une impulsion précédente (connu sous
le nom d'"ambiguïté de portée").
En conclusion, dans un radar à impulsions, la FRI et la PRI sont des paramètres cruciaux
qui déterminent sa capacité à détecter et mesurer la distance et la vitesse des cibles. La FRI
indique combien d'impulsions sont émises par seconde, tandis que la PRI est le temps entre
ces impulsions. Ces deux mesures sont inversement liées l'une à l'autre.
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Le concept de portée maximale non ambigüe d'un radar est directement lié à la façon dont
le radar utilise la fréquence de répétition des impulsions (FRI) et la période de répétition
des impulsions (PRI) :
• Un radar détecte la position d'une cible en mesurant le temps que met une impulsion émise
pour atteindre la cible et revenir sous forme d'écho.
• L'ambiguïté de portée se produit lorsque le radar émet une nouvelle impulsion avant que
l'écho de la précédente impulsion ne soit revenu. Dans ce cas, le radar ne peut pas
distinguer si l'écho reçu provient de la première ou de la seconde impulsion.
• Cette ambiguïté limite la capacité du radar à déterminer avec précision la position d'une
cible éloignée.
• La portée maximale non ambigüe est la plus grande distance à laquelle un radar peut
détecter une cible sans ambiguïté.
𝒄𝟎 ×𝑷𝑹𝑰
𝑹𝒎𝒂𝒙 = 𝟐
où
1
• Alternativement, puisque ; 𝑃𝑅𝐼 =
𝐹𝑅𝐼
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6.3 Période de réception
La période de réception est le temps d’écoute disponible entre deux impulsions émises
successivement. Elle est toujours inférieure au PRI car il faut lui enlever le temps pris durant l’émission
de l’impulsion et le temps mort durant lequel le récepteur est mis hors-circuit juste avant la production de
l’impulsion suivante.
Dans certains radars, entre l’émission d’une impulsion et la période de réception, il faut aussi
soustraire un court temps de récupération du duplexeur. Ce délai est dû au temps de réponse de l’appareil
lorsqu’il passe de la connexion transmetteur-antenne à celle antenne-récepteur, tout en isolant le récepteur
très sensible du transmetteur très puissant. Ce temps de récupération peut être éliminé dans le cas d’un
transmetteur à très faible puissance alors que la réception peut même se faire durant l’émission.
Si la période de réception se termine avant la prochaine émission d’impulsion, cela donne un temps
mort. Durant celui-ci, des tests internes au système sont effectués dans les radars modernes. Puisque le
récepteur est par défaut hors-circuit et ne peut recevoir d’échos, les tests portent sur les circuits et
modules de réception. Une vérification de l’état de fonctionnement de certains circuits électroniques est
faite en laissant passer des signaux calibrés dans ces circuits, tout en les isolant de la section traitement du
signal normal vers l’opérateur radar. Les résultats sont analysés par des modules spéciaux mis en
parallèle. Ceux-ci peuvent effectuer les ajustements nécessaires et remplir un journal des problèmes
rencontrés.
34
6.5 Mode en rafale
• Principe de Base : Dans le mode en rafale, le transmetteur radar émet plusieurs impulsions
successivement en un court laps de temps, avec des périodes de réception très courtes entre
chaque impulsion, avant d'entrer dans un temps mort plus long.
• Objectif : Cette approche est utilisée pour obtenir rapidement des informations sur une
cible, notamment pour les mesures de vitesse via l'effet Doppler et pour la détection de
cibles mobiles.
35
6.5.3 Effet Doppler dans les Radars :
L'effet Doppler se produit quand la fréquence d'une onde (comme une onde radar) change
en raison du mouvement relatif entre la source de l'onde (le radar) et la cible (comme un
avion en mouvement).
Dans un radar, cet effet se manifeste par un changement de la fréquence du signal écho par
rapport à la fréquence du signal original émis. Si la cible se rapproche du radar, la
fréquence de l'écho est plus élevée ; si elle s'éloigne, la fréquence est plus basse.
L'ambiguïté Doppler survient lorsque la mesure de la vitesse d'une cible par l'effet Doppler
n'est pas claire ou est incorrecte, souvent parce que la FRI du radar n'est pas adaptée à la
vitesse élevée de la cible.
Si la FRI est trop basse par rapport à la vitesse de la cible, le radar peut ne pas être capable
de distinguer correctement si le changement de fréquence est dû à une cible se rapprochant
rapidement ou s'éloignant lentement, ou vice-versa.
En augmentant la FRI, c'est-à-dire en émettant des impulsions à une fréquence plus élevée,
le radar peut mieux suivre les changements rapides de la fréquence due à l'effet Doppler.
Une FRI plus élevée signifie que le radar émet des impulsions plus fréquemment, ce qui
lui permet de "voir" les changements de vitesse de la cible plus précisément et de réduire
l'ambiguïté.
Dilemme Doppler :
Une FRI élevée améliore la résolution de la vitesse (réduisant l'ambiguïté Doppler), mais
peut limiter la portée maximale non ambigüe du radar. Inversement, une FRI basse
augmente la portée maximale non ambigüe mais peut augmenter l'ambiguïté de la vitesse.
En résumé, l'augmentation de la FRI dans un radar à impulsions est une méthode pour
réduire l'ambiguïté Doppler, permettant ainsi une mesure plus précise de la vitesse des
cibles. Cependant, cela doit être équilibré avec d'autres considérations de conception,
36
comme la portée maximale non ambigüe, en fonction des besoins spécifiques de
l'application radar.
• Long Temps Mort : Après la rafale d'impulsions, un long temps mort est nécessaire,
souvent pour transférer les données des échos vers un ordinateur via un port USB ou une
autre connexion à faible bande passante.
En résumé, le mode en rafale dans un radar permet d'envoyer rapidement une série d'impulsions
pour obtenir des informations détaillées sur les cibles, utile notamment pour la mesure de la vitesse
Doppler et dans les applications didactiques. Cependant, ce mode nécessite généralement un long temps
mort pour le traitement et le transfert des données, ce qui peut limiter son utilisation dans certains
contextes.
Le produit de largeur d’impulsion (τ) par la fréquence de répétition des impulsions (FRI) est appelé
le cycle d’utilisation d’un radar à impulsion. Ce n’est donc que la fraction du temps où le système est
« actif ». Le concept est utilisé pour connaître la portion de temps où les composantes du radar seront
sollicitées, la puissance de pointe et la puissance moyenne. Par exemple, si le transmetteur émet une
impulsion d’une microseconde et mis hors-circuit pour 99 microsecondes, en alternance, le transmetteur
ne fonctionne que 1/100 du temps et son cycle d’utilisation est donc 1/100.
6.6.1 Puissances
37
Dans les radars, la compréhension de la puissance émise est cruciale pour leur fonctionnement
efficace. Il existe deux types principaux de radars en termes de transmission de l'énergie : le radar à onde
continue et le radar à impulsion.
• Ce type de radar émet constamment de l'énergie, ce qui rend relativement simple le calcul
de cette énergie, car elle est invariable dans le temps.
• À l'inverse, un radar à impulsion transmet de l'énergie seulement pendant un très court laps
de temps sous forme d'impulsions.
• La puissance de ces impulsions est un élément clé dans le calcul de l'équation du radar et
de sa portée maximale.
• C'est la puissance transmise pendant la durée de l'impulsion. Elle est cruciale car l'énergie
contenue dans l'impulsion est le produit de cette puissance de pointe par la durée de
l'impulsion (τ).
• ̅) :
Puissance moyenne (𝑷
• Les instruments de mesure dans les systèmes radar ne peuvent prendre des lectures que sur
une période plus longue que la durée de l'impulsion.
• La puissance moyenne est alors calculée en divisant la puissance de pointe par le rapport
de la période de répétition des impulsions sur la durée de l'impulsion, soit ;
̅ = 𝑷𝒊 τ
𝑷 𝑻
Avec
• ̅ : Puissance moyenne
𝑷
• Pi : puissance de pointe
• τ : largeur d’impulsion
38
• Τ : période de répétition des impulsions
La raison pour laquelle on calcule la puissance moyenne dans un radar à impulsion est liée à
l'efficacité de l'utilisation de l'énergie et aux limitations des instruments de mesure.
• Les instruments rattachés au système radar ne sont pas capables de mesurer avec précision
la puissance de pointe (Pi) car elle est émise pendant une très courte durée (la largeur
d'impulsion τ).
• Ces instruments sont plus adaptés à mesurer des valeurs sur des périodes plus longues. Par
conséquent, ils sont conçus pour mesurer la puissance moyenne sur la période de répétition
des impulsions (T).
• En radar à impulsion, la haute puissance est nécessaire seulement pendant de très courts
moments (lors de l'émission des impulsions).
• Entre ces impulsions, le radar n'a pas besoin de cette haute puissance.
• Cela permet d'utiliser un bloc d'alimentation plus petit et plus économique, qui ne doit
fournir que légèrement plus que la puissance moyenne.
• Dans un radar à impulsion, l'énergie peut être stockée temporairement dans un modulateur.
• Ce stockage permet de libérer rapidement l'énergie nécessaire pour les impulsions de haute
puissance, tandis que le bloc d'alimentation n'a besoin de fournir que la puissance moyenne
nécessaire au fonctionnement global du système.
En résumé, la mesure de la puissance moyenne dans un radar à impulsion est une méthode pratique
et efficace qui correspond aux capacités des instruments de mesure et optimise l'utilisation de l'énergie
dans le système radar.
39
6.7 Temps d’éclairement et nombre de coups au but
• Définition : Le temps d’éclairement est la durée pendant laquelle le faisceau radar est dirigé sur
une cible. C'est le temps pendant lequel la cible est "éclairée" par le signal radar.
• Facteurs Déterminants :
• Largeur du Lobe d’Antenne (ΘAZ) : La largeur du faisceau de l'antenne radar. Plus le
faisceau est étroit, moins il y aura de temps pendant lequel une cible donnée est éclairée
par le faisceau lors d'un balayage.
• Vitesse de Rotation de l’Antenne (n) : Nombre de tours par minute de l'antenne radar.
Une vitesse de rotation plus rapide réduit le temps d'éclairement pour une cible donnée.
𝛩𝐴𝑍 × 60
𝑇𝐷 =
3600 × 𝑛
Avec ;
- ΘAZ ; Largeur du Lobe d’Antenne
- n ;Vitesse de Rotation de l’Antenne
40
6.7.2 Nombre de Coups au But
• Définition : Le nombre de coups au but représente le nombre d'impulsions radar reçues d'une
cible à chaque balayage de l'antenne. En d'autres termes, c'est le nombre de fois où le radar
"frappe" la cible avec une impulsion radar lors d'un tour complet de l'antenne.
• Importance : Cette mesure est cruciale pour l'évaluation précise des paramètres d'une cible,
comme sa distance, sa vitesse et sa direction.
6.7.3 Exemple
Imaginons un radar de surveillance avec une antenne tournant horizontalement. Lorsqu'une cible
entre dans le faisceau de l'antenne, le radar envoie des impulsions qui sont réfléchies par la cible. Le
nombre de ces impulsions réfléchies reçues pendant un tour complet de l'antenne est le nombre de coups
au but. Ce nombre aide le radar à déterminer les caractéristiques de la cible.
En résumé, le temps d’éclairement et le nombre de coups au but sont des concepts clés dans la détection
et le suivi des cibles par radar. Ils sont influencés par la conception de l'antenne et la vitesse de son
balayage, et sont essentiels pour la précision des mesures radar.
La formule suivante permet de calculer le nombre de coups au but:
𝑇𝐷 𝛩𝐴𝑍 × 60
𝑚= =
𝑃𝑅𝑇 3600 × 𝑛 × 𝑃𝑅𝑇
Avec :
- PRT (ou PRI) : est une mesure clé dans les systèmes radar qui détermine la fréquence à laquelle
les impulsions radar sont émises. Il est inversement proportionnel à la fréquence de répétition des
impulsions (PRF), c'est-à-dire PRT = 1 / PRF.
- Le PRT : l'intervalle de temps entre le début d'une impulsion radar et le début de l'impulsion
suivante,
- La PRF est le nombre d'impulsions radar émises par seconde. Elle est l'inverse du PRT.
Nombre Requis : Pour obtenir des informations précises, un radar peut nécessiter entre 1 et 20
"coups au but" par cible, en fonction de la méthode de fonctionnement du radar.
41
6.8 Interdépendances temporelles
Une grande partie des paramètres qui permettent d’opérer un radar sont reliés au temps et sont
interdépendants :
42
6.8.3 Exemple Pratique : Radar de Contrôle Aérien
• Rotation du Radar : Un radar de contrôle aérien doit couvrir 360 degrés en moins de
5 secondes, ce qui se traduit par environ 12 révolutions par minute.
• Temps d'Éclairement et Coups au But :
• En prenant une antenne avec un faisceau de 1,6 degré de largeur, cela crée 225 secteurs
d'éclairage (360° divisé par 1,6°).
• Chaque secteur est éclairé pendant 22,22 millisecondes (5 secondes divisées par 225
secteurs).
• Pour une détection fiable, un certain nombre de coups au but est nécessaire dans chaque
secteur, par exemple, 20 coups au but par rotation.
• Longueur d'Impulsion et Portée Maximale :
• La longueur d'impulsion doit être suffisamment courte pour permettre le nombre
nécessaire de coups au but. Par exemple, une impulsion d'une durée maximale de 1
milliseconde.
• Cela impose une limite à la portée maximale non ambigüe (par exemple, moins de 150
km).
• Tout changement dans les paramètres temporels, comme le nombre de coups au but ou la
longueur d'impulsion, peut avoir des conséquences significatives sur la performance du
radar, comme la portée et la détection des cibles.
6.8.5 Conclusion
Les radars doivent gérer plusieurs paramètres temporels interdépendants pour optimiser leur
performance. La vitesse de balayage, le temps d'éclairement, la fréquence des impulsions et la portée
maximale non ambigüe doivent tous être soigneusement équilibrés pour assurer une détection efficace et
précise des cibles.
7 L’Équation du radar
43
7.1 Affaiblissement en espace libre
L'affaiblissement en espace libre (Free Space Loss, FSL) est un concept important en
télécommunications, notamment en ce qui concerne la propagation des ondes radio. Voici une explication
simplifiée :
• Définition : L'affaiblissement en espace libre est la réduction de l'intensité d'un signal radio
lorsqu'il se propage dans un espace vide, sans obstacles ni réflexions.
• Contexte : Ce concept est souvent utilisé pour modéliser la perte de signal dans des scénarios
comme la communication satellite où les ondes traversent principalement le vide spatial.
• L'énergie émise par un émetteur radio se répartit de manière uniforme dans toutes les
directions, formant une sphère dont le rayon augmente avec la distance parcourue par le
signal.
• La densité de l'énergie (la quantité d'énergie par unité de surface) sur cette sphère diminue
à mesure que le rayon (R) de la sphère augmente.
𝜆2
𝑃𝑟 = 𝑆 ×
4𝜋
• En combinant ces deux effets, l'affaiblissement total peut être exprimé comme :
4𝜋𝑅𝑓 2
FSL=( ) ,
𝑐
Où :
- f : la fréquence du signal
- c :est la vitesse de la lumière dans le vide.
• L'affaiblissement en espace libre est un facteur clé à prendre en compte lors de la conception de
systèmes de communication sans fil, surtout sur de longues distances comme dans la
communication satellite.
• Il détermine la puissance nécessaire à l'émetteur et la sensibilité requise pour le récepteur pour
maintenir une communication efficace sur une distance donnée.
En résumé, l'affaiblissement en espace libre est une estimation de la perte de signal due à la
propagation sur une longue distance, sans considérer les effets de l'atmosphère ou d'autres obstacles. Il est
essentiel pour comprendre et planifier les systèmes de communication sans fil, notamment dans les
applications spatiales.
45
8 Argumentation/Explication
Dans cette partie de l'explication, nous nous concentrons sur la propagation des ondes électromagnétiques
dans des conditions idéales et sur la manière dont la densité de puissance diminue avec la distance.
• L'idée principale est illustrée par un graphique montrant deux sphères concentriques de
tailles différentes.
• La puissance émise par l'antenne est répartie sur la surface de ces sphères. Plus on
s'éloigne de l'antenne (c'est-à-dire, plus le rayon de la sphère est grand), plus la surface de
la sphère est grande.
• Puisque la même quantité de puissance est répartie sur une surface plus grande à mesure
que la distance augmente, la densité de puissance (puissance par unité de surface) diminue.
3. Densité de Puissance Isotrope :
• La densité de puissance isotrope est celle qui est émise uniformément dans toutes les
directions à partir d'une antenne isotrope.
• La formule pour calculer la densité de puissance Su pour une antenne isotrope est :
𝑃
Su=4𝜋𝑅𝑠 2
1
46
Avec :
- PS = puissance émise [W]
- Su = densité de puissance „omnidirectionnelle”
- R1 = distance antenne - cible [m]
- Ici, PS est la puissance émise par l'antenne, et 4πR2 représente la surface de la sphère à
un rayon R. Cette équation montre que la densité de puissance diminue à mesure que le
carré de la distance augmente, ce qui est une caractéristique clé de la propagation des
ondes électromagnétiques dans l'espace libre.
Cette partie de l'explication concerne le concept de gain d'antenne et son effet sur la densité de puissance.
Voici un résumé et une explication :
Figure 33 : Le gain d’antenne multiplié par la densité de puissance non dirigée donne la densité de
puissance dirigée
• Lorsqu'une antenne n'émet pas de manière isotrope (c'est-à-dire, uniformément dans toutes
les directions) mais se concentre sur une portion spécifique de l'espace, on parle de gain
d'antenne.
• Cette concentration de puissance signifie que, pour une puissance d'émission constante, la
densité de puissance est plus élevée dans la direction ciblée par l'antenne par rapport à une
émission isotrope.
47
8.1.2 Gain d'Antenne :
• Le gain d'antenne est une mesure de cette augmentation de la densité de puissance dans
une direction spécifique.
• Il représente l'efficacité avec laquelle une antenne dirige ou concentre l'énergie dans une
direction particulière par rapport à une antenne isotrope qui rayonne également dans toutes
les directions.
Cette équation montre que la densité de puissance dans la direction de l'émission est amplifiée par
le facteur de gain d'antenne.
En résumé, cette section met en lumière comment le gain d'antenne permet de "concentrer"
l'énergie émise dans une direction spécifique, augmentant ainsi la densité de puissance dans cette
direction. Ce principe est crucial pour comprendre comment les antennes directionnelles améliorent leur
efficacité en focalisant l'énergie, ce qui est essentiel dans de nombreuses applications radar où la
directionnalisé et la concentration du signal sont primordiales.
48
❖ Cette section traite de la réalité des antennes de radar, de leur capacité à détecter des cibles, et
des facteurs qui influencent cette capacité. Voici un résumé et une explication :
• Les antennes de radar dans la pratique ne sont pas isotropes (rayonnant uniformément dans
toutes les directions) mais ont plutôt un lobe étroit avec un gain élevé (30 à 40 dB).
• Les exemples incluent les antennes paraboliques et les antennes à réseau de phases. Ces
antennes se concentrent sur une direction spécifique, augmentant ainsi la densité de
puissance dans cette direction.
• La détection d'une cible par radar ne dépend pas seulement de la densité de puissance à la
position de la cible, mais aussi de la quantité d'énergie réfléchie par la cible qui retourne
vers l'antenne radar.
• La surface équivalente radar (σ) de la cible est essentielle pour déterminer la puissance
réfléchie utile. Cette surface dépend de plusieurs facteurs tels que la taille, la forme, et les
matériaux de la cible.
49
9.3 Puissance Réfléchie Comme Émission de la Cible :
En résumé, cette section explique comment les antennes de radar réelles fonctionnent, en se
concentrant sur la détection des cibles, le calcul de la puissance réfléchie, et la manière dont la puissance
totale reçue par l'antenne est déterminée. La compréhension de ces concepts est essentielle pour évaluer la
capacité d'un système radar à détecter et à mesurer les cibles avec précision.
La notion de surface apparente de l’antenne découle de ce qu’aucune antenne ne fonctionne sans perte
(son efficacité n’est jamais de 100%). Dans la réalité, la surface „efficace” de l’antenne est donc
toujours inférieure à sa surface géométriquement mesurée, et ce dans un facteur de 0,6 à 0,7 (facteur
d’efficacité Ka).
50
Nous pouvons donc définir la surface apparente par:
AW = A · Ka
Avec :
Nous avons jusqu’à présent considéré séparément le trajet aller (R1 = antenne - cible) et le trajet retour
(R2 = cible - antenne) du signal. Nous allons maintenant étendre l’équation au trajet global de l’onde, et
comme nous pouvons écrire que R = R1 = R2 nous obtenons l’équation suivante:
Une formule supplémentaire (cependant elle ne sera pas expliquée ici) permet de déterminer le gain
d’antenne G en fonction de la longueur d’onde λ du signal émis.
51
Si l’on en extrait l’expression de A·Ka, et qu’on l’insère dans l’équation (9) ci-dessus, on obtient après
simplification:
Après mise en forme nous pouvons exprimer la distance R sous la forme suivante:
Tous les paramètres qui influencent la propagation de l’onde émise par le radar ont été pris en
compte dans cette équation théorique. Cependant, avant qu’elle soit réellement utilisable dans la
pratique, par exemple pour déterminer l’efficacité d’un radar, il convient d’y apporter d’autres
précisions.
Pour un radar donné, la plupart des grandeurs (Ps, G, λ) peuvent être considérées comme des constantes
puisqu’elles ne varient que dans des fourchettes très étroites. D’autre part, la surface équivalente radar
variant énormément dans le temps, pour des raisons pratiques nous la poserons égale à 1 m².
Soit PEmin la puissance minimum du signal autorisant sa détection par le radar. Tout signal de
puissance inférieure ne peut être exploité puisqu’il est noyé dans le bruit du récepteur. Ce signal de
puissance minimum PEmin est donc celui qui permet au radar d’atteindre sa portée maximum de
détection Rmax comme indiqué par l’équation (13) ci-dessus.
Cette équation permet notamment de visualiser rapidement l’influence des caractéristiques d’un système
radar sur sa portée de détection.
Lors de l’élaboration de notre équation du radar, nous avons considère des conditions de
propagations idéales, libres de toute perturbation. Cependant, dans la pratique, la propagation est
affectée par de nombreuses pertes qui peuvent considérablement réduire l’efficacité du radar.
Nous allons donc pondérer notre équation d’un facteur de pertes Lges.
52
Ce facteur regroupe les pertes suivantes:
Une forme plus complète (mais moins couramment utilisée) de l’équation du radar prend en compte des
paramètres supplémentaires, comme l’influence des réflexions sur le sol, mais néglige la sensibilité du
récepteur et les absorptions atmosphériques.
53
• T0 = température absolue, en °K
• δR = facteur d’atténuations atmosphériques
Le facteur représenté par une fonction trigonométrique traduit l’influence des réflexions sur la
surface de la terre. Le sol, aux alentour immédiats de l’antenne d’un radar, a un impact important sur le
diagramme de rayonnement vertical.
A cause des combinaisons entre les ondes directes et les ondes réfléchies, les diagrammes de
rayonnement de l’antenne changent à l’émission et à la réception. Ces effets sont notables dans la bande
de fréquences VHF, mais diminuent lorsque la fréquence augmente. Pour détecter des cibles à basses
altitudes, les réflexions sur le sol sont utiles. Ceci n’est possible que lorsque les ondulations de la
surface dans la première zone de Fresnel sont inférieures à 0,001 R (c’est à dire, par exemple, que dans
un rayon de 1000 m, aucun obstacle ne doit être de taille supérieure à 1 m!).
Les radars spécialisés émettant des ondes plus basses (bande VHF) utilisent les réflexions sur le sol et
les lobes d’interférence afin d’optimiser la couverture en basse altitude. A des fréquences plus hautes,
ces réflexions sont plus gênantes. Le schéma suivant montre le rayonnement en lobes généré par les
réflexions sur le sol. Cet effet est habituellement indésirable puisqu’il permet à des avions de passer
entre deux lobes sans être détectés. La technique a cependant été utilisée par des radars ATC terrestres
(Contrôle de Trafic Aérien) afin d’en accroître la portée, mais cela n’est réalisable qu’ à basse
fréquence, quand la largeur des lobes est suffisante pour assurer la couverture radar nécessaire aux sites
plus élevés.
54
Figure 36 : Réflexions des ondes sur un sol plat
Élever l’antenne augmente le nombre de lobes tout en les rendant plus fins. Dans une telle structure,
les trous de détection entre les lobes sont partiellement comblés du fait des irrégularités du sol. En fait, si
la surface du sol n’est pas très plate alors les effets de renforcement ou d’atténuation dus aux réflexions
diminuent. Éviter les effets de lobes est une des préoccupations principales lorsqu’il s’agit de définir
l’emplacement d’un radar et la hauteur de son antenne.
55