Manuel: Échocardiographie Clinique
Manuel: Échocardiographie Clinique
com
Sous la direction de
Ariel Cohen et Pascal Guéret
Avec la collaboration de
Éric Abergel, Éric Brochet,
Geneviève Derumeaux,
Raymond Roudaut
Manuel
d’échocardiographie
clinique
VG
40
e
OG
0
TMF
DTI anneau
CD : artère descendante postérieure
CD : branche marginale aiguë Vp
OG OD
IVA
FVP
OG
I E I E I E
VSH A
Rotation
D apicale
S
Rotation
basale
FTT E A Torsion
ventriculaire
gauche
DT
Médecine Sciences
Publications
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Manuel
d’échocardiographie
clinique
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Médecine cardiovasculaire du sujet âgé, par P. Assayag, J. Belmin, J.-M. Davy, J.-N. Fiessinger, P. Friocourt, G. Jondeau, J. Puel et Ch. Tivalle
Traité de thérapeutique cardiovasculaire, par P. Ambrosi
Traité des maladies et syndromes systémiques, par L. Guillevin, O. Meyer et J. Sibilia
Traité de médecine et de chirurgie de l’obésité, par A. Basdevant, J.-L. Bouillot, K. Clément, J.-M. Oppert et P. Tounian
Traité de nutrition clinique de l’adulte, par A. Basdevant, M. Laville et É. Lerebours
Traité de diabétologie, par A. Grimaldi
Traité d’endocrinologie, par Ph. Chanson et J. Young
Traité de prévention, par F. Bourdillon
Traité de santé publique, par F. Bourdillon, G. Brücker et D. Tabuteau
Traité de pneumologie, par M. Aubier
Traité d’ORL, par D. Brasnu, D. Ayache, S. Hans, D.M. Hartl et J.-F. Papon
Traité de médecine hospitalière, par J.-P. Grünfeld
Maladies métaboliques osseuses de l’adulte, par M.-C. de Vernejoul et P. Marie
Traité de thérapeutique rhumatologique, par Th. Bardin et Ph. Orcel
Traité de proctologie, par Ph. Godeberge
Traité de pancréatologie clinique, par Ph. Lévy, Ph. Ruszniewski et A. Sauvanet
Traité de gastro-entérologie, par J.-C. Rambaud
Hépatologie clinique, par J.-P. Benhamou, J. Bircher, N. McIntyre, M. Rizetto et J. Rodes
Traité d’addictologie, par M. Reynaud
Traité de psychiatrie, par M. Gelder, R. Mayou et P. Cowen
Traité d’allergologie, par D. Vervloet et A. Magnan
Traité d’immunologie, par J.-F. Bach
Traité de gynécologie, par H. Fernandez, C. Chapron et J.-L. Pouly
Traité d’obstétrique, par D. Cabrol, J.-C. Pons et F. Goffinet
Traité de gynécologie-obstétrique psychosomatique, par S. Mimoun
Médecine de la reproduction : gynécologie endocrinienne, par P. Mauvais-Jarvis, G. Schaison et Ph. Touraine
Médecine de la reproduction masculine, par B. Bouchard, F. Labrie, J. Mahoudeau et G. Schaison
Thérapeutique dermatologique, par L. Dubertret
Chronobiologie médicale, chronothérapeutique, par A.E. Reinberg
Anesthésie-réanimation chirurgicale, par K. Samii
Réanimation médicale, par J.-F. Dhainaut et C. Perret
Traité d’imagerie médicale, par H. Nahum
L’hématologie de Bernard Dreyfuss, par J. Breton-Gorius, F. Reyes, H. Rochant et J.-P. Vernant
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Ariel Cohen et Pascal Guéret
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Manuel
d’échocardiographie
clinique
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ISBN : 978-2-257-20498-1
© 2012, Lavoisier S.A.S.
11, rue Lavoisier
75008 Paris
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GUÉRET Pascal, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Henri-Mondor, Créteil.
HABIB Gilbert, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital de La Timone, Marseille.
HADDOUR Nabila, Assistante, service de Cardiologie, hôpital Saint-Antoine, Paris.
HAGÈGE Albert A., Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital européen Georges-Pompidou, Paris.
HAMMOUDI Nadjib, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris.
ISNARD Richard, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris.
JANOWER Sandra, Ancien Chef de clinique-Assistant, Praticien attaché, service de Cardiologie, hôpital Saint-Antoine, Paris ; service de
Cardiologie, laboratoire d’Échographie cardiaque, clinique Ambroise-Paré, Neuilly-sur-Seine.
JIMENEZ Maria, Cardiologue, service de Cardiologie, clinique Saint-Augustin, Bordeaux.
JONDEAU Guillaume, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, centre de référence « syndrome de Marfan et
syndromes apparentés », hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris.
KOWNATOR Serge, Thionville.
LAFITTE Stéphane, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service d’Échocardiographie et de Cardiologie, hôpital cardiologique Haut-
Lévêque, Bordeaux.
LAMBLIN Nicolas, Praticien hospitalier, clinique de Cardiologie, CHRU, Lille.
LE DOLLEY Yvan, Chef de clinique-Assistant, service de Cardiologie, hôpital de La Timone, Marseille.
LE TOURNEAU Thierry, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service d’Explorations fonctionnelles, CHU, Nantes.
LEPRINCE Pascal, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Chirurgie cardiaque, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris.
LIM Pascal, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Henri-Mondor, Créteil.
LOGEART Damien, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Lariboisière, Paris.
MALAQUIN Dorothée, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, CHU, Amiens.
MALERGUE Marie-Christine, Ancien Chef de clinique-Assistant, laboratoire d’Échocardiographie, hôpital Jacques-Cartier, Massy.
MARÉCHAUX Sylvestre, Maître de conférences des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie et Soins intensifs, groupement hos-
pitalier de l’Institut catholique de Lille, faculté libre de Médecine, université catholique de Lille.
MANSENCAL Nicolas, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie et Maladies vasculaires, hôpital Ambroise-Paré,
Boulogne-Billancourt.
MASSABUAU Pierre, Praticien hospitalier, service de Cardiologie A, hôpital Rangueil, Toulouse.
MESSAS Emmanuel, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Médecine vasculaire, hôpital européen Georges-Pompidou,
Paris.
MESSIKA-ZEITOUN David, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris.
MEULEMAN Catherine, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Saint-Antoine, Paris.
MICHEL-CHERQUI Mireille, Assistante, service d’Anesthésie, hôpital Foch, Suresnes.
MONIN Jean-Luc, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, hôpital Henri-Mondor, Créteil.
PASQUET Agnès, service de Pathologie cardiovasculaire, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles.
PIÉRARD Luc, Professeur, service de Cardiologie, CHU Sart-Tilman, Liège (Belgique).
RAFFOUL Hanna, hôpital de Savigny-sur-Orge.
RÉANT Patricia, Maître de conférences des Universités, Praticien hospitalier, service d’Échocardiographie et de Cardiologie, hôpital cardiolo-
gique Haut-Lévêque, Bordeaux.
REZGUI Hatem, Assistant, service de Cardiologie, hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre.
ROUDAUT Raymond, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service d’Échocardiographie et de Cardiologie, hôpital cardiologique
Haut-Lévêque, Bordeaux.
SCHERRER-CROSBIE Marielle, Associate Professor of Medicine, Cardiac Ultrasound Laboratory, Division of Cardiology, Massachusetts General
Hospital, Boston (États-Unis).
SELTON-SUTY Christine, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, Institut lorrain du cœur et des vaisseaux, CHU Nancy-Brabois, Vandœuvre-
les-Nancy.
SZYMANSKI Catherine, service de Cardiologie, CHU Sart-Tilman, Liège (Belgique).
TOUCHE Thierry, service d’Échocardiographie, centre cardiologique du Nord, Saint-Denis.
TRIBOUILLOY Christophe, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, CHU, Amiens.
TROCHU Jean-Noël, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Cardiologie, CHU, Nantes.
VANCRAEYNEST David, Cardiologue, service de Pathologie cardiovasculaire, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles.
VANOVERSCHELDE Jean-Louis, Chef du service de Pathologie cardiovasculaire, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles.
VARNOUS Shaida, Praticien hospitalier, service de Chirurgie cardiaque et thoracique, hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris.
VERMES Emmanuelle, Praticien hospitalier, service de Chirurgie cardiaque, CHRU, Tours.
VIEILLARD-BARON Antoine, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Réanimation médico-chirurgicale, hôpital Ambroise-
Paré, Boulogne-Billancourt.
VIGNON Philippe, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, service de Réanimation polyvalente, hôpital Dupuytren, Limoges.
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Sommaire
Dimensions du cœur droit ........................................... 148 Évaluation des résistances artérielles pulmonaires ..... 166
Mesures de l’oreillette droite ................................... 148 Évaluation des pressions pulmonaires à l’effort .......... 166
Mesures du ventricule droit ..................................... 148 Recommandations à propos du diagnostic
Septum interventriculaire et indice d’excentricité d’hypertension pulmonaire ...................................... 166
du ventricule gauche ............................................... 150
Chapitre 12 Hypertension pulmonaire et embolie
Exploration de la fonction systolique du ventricule
pulmonaire aiguë (N. LAMBLIN) .................................... 169
droit ......................................................................... 151
Rappels physiopathologiques .................................... 169
Évaluation des volumes et de la fraction
Rappel sur l’exploration échographique du cœur
d’éjection du ventricule droit ............................... 151
droit ......................................................................... 170
Autres méthodes d’analyse de la fonction
Évaluation morphologique des cavités cardiaques
systolique ventriculaire droite ............................... 151
droites ................................................................... 170
Analyse de la fonction systolique segmentaire ........ 154
Évaluation de la fonction systolique ventriculaire
Indice de performance myocardique ou indice
droite .................................................................... 172
de Tei ....................................................................... 155
Évaluation des pressions artérielles pulmonaires .... 172
Exploration de la fonction diastolique du ventricule
Échocardiographie des hypertensions pulmonaires .... 174
droit ......................................................................... 156
Dépistage et diagnostic des hypertensions
Flux tricuspide ......................................................... 156
pulmonaires .......................................................... 175
Pression et surface de l’oreillette droite .................. 156
Stratification pronostique de l’hypertension
Doppler tissulaire à l’anneau tricuspide ................... 156
pulmonaire ............................................................ 175
Temps de relaxation isovolumique ventriculaire
Échocardiographie de l’embolie pulmonaire aiguë...... 176
droit ...................................................................... 156
Diagnostic de l’embolie pulmonaire ........................ 176
Applications cliniques .............................................. 156
Diagnostic de gravité dans l’embolie pulmonaire .... 177
Proposition de classifications de la dysfonction
diastolique ventriculaire droite .............................. 157
Exploration hémodynamique du cœur droit ................ 157
Chapitre 11 Calcul des pressions pulmonaires VALVULOPATHIES ACQUISES
(Ch. SELTON-SUTY et B. GALLET) ...................................... 160
Rappels d’hémodynamique ......................................... 160 Chapitre 13 Évaluation et prise en charge
Recommandations pour l’acquisition des flux utiles d’une sténose aortique : rôle de l’écho-Doppler
à l’estimation des pressions pulmonaires ............... 160 cardiaque (J.-L. MONIN, J. GAROT et P. GUÉRET)............. 181
Flux d’insuffisance tricuspide .................................. 161 Évaluation morphologique ........................................... 181
Flux pulmonaire ....................................................... 161 Obstacles paravalvulaires aortiques ........................ 181
Estimation de la pression artérielle pulmonaire Rétrécissement calcifié du sujet âgé ....................... 181
systolique ................................................................ 161 Bicuspidie aortique .................................................. 181
À partir du flux d’insuffisance tricuspide ................. 161 Rétrécissement aortique rhumatismal ..................... 182
À partir du temps de relaxation isovolumique Aorte ascendante .................................................... 183
en Doppler tissulaire ............................................. 162 Calcification valvulaire ............................................. 183
À partir du flux d’insuffisance pulmonaire ............... 162 Écho-Doppler transthoracique : technique d’examen ... 184
Estimation de la pression artérielle pulmonaire Voie parasternale gauche ........................................ 184
moyenne .................................................................. 162 Voie apicale.............................................................. 187
À partir du flux d’insuffisance tricuspide ................. 162 Technique d’enregistrement du flux sous-aortique
À partir du flux d’insuffisance pulmonaire ............... 162 (technique pas à pas)............................................ 187
À partir du flux d’insuffisance tricuspide Voie parasternale droite ........................................... 189
et du flux d’insuffisance pulmonaire ..................... 162 Autres voies d’enregistrement en Doppler continu ... 189
Estimation de la pression artérielle pulmonaire Causes d’erreur dans le recueil des paramètres
diastolique ............................................................... 163 hémodynamiques .................................................... 189
À partir du flux d’insuffisance pulmonaire ............... 163 Phénomène de restitution de pression ........................ 190
À partir du flux d’insuffisance tricuspide ................. 164 Sévérité hémodynamique/évolution et pronostic ........ 191
Estimation de la pression de l’oreillette droite ............. 164 Évolutivité et pronostic : impact des différents
Analyse de la veine cave inférieure .......................... 164 paramètres hémodynamiques .............................. 191
Analyse du flux des veines sus-hépatiques ............. 164 Index de perméabilité .............................................. 191
Calcul du rapport E/e’ en Doppler tissulaire ............ 165 Obstacle hémodynamique versus tolérance
Autres signes évocateurs d’une élévation ventriculaire gauche.............................................. 191
de la pression auriculaire droite ............................ 165 Rétrécissement aortique avec faibles gradients
Recommandations................................................... 165 transvalvulaires ........................................................ 192
Autres méthodes d’évaluation des pressions Comment définir un RAC avec faibles gradients ? .. 192
pulmonaires ............................................................. 165 Éliminer une erreur de mesure ................................. 192
Analyse d’un flux sous-pulmonaire .......................... 165 Faibles gradients avec fraction d’éjection basse ..... 193
Analyse d'un flux de shunt ...................................... 165 Bas débit paradoxal : le concept québecquois ....... 193
Autres signes évocateurs d’une hypertension Faibles gradients et fonction ventriculaire gauche
pulmonaire ............................................................ 166 conservée : l’étude SEAS ..................................... 193
X
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Étalonnage imparfait des valeurs seuils ................... 193 Évaluation de la sévérité du rétrécissement mitral ...... 224
RAC avec faibles gradients : conclusion ................. 194 Planimétrie de l’orifice mitral ................................... 225
Échographie d’effort et échographie Temps de demi-pression (PHT) ............................... 226
transœsophagienne................................................. 194 Équation de continuité ............................................. 228
Planimétrie de l’orifice aortique ............................... 194 PISA ......................................................................... 228
RAC asymptomatique : intérêt de l’échographie Gradient transmitral ................................................. 229
d’effort .................................................................. 194 Importance du retentissement ................................. 229
Perspective : apport de l’IRM Échographie d’effort ................................................ 229
et de la tomodensitométrie cardiaque .................... 194 Accessibilité à une commissurotomie mitrale
IRM cardiaque ......................................................... 194 percutanée .............................................................. 229
Tomodensitométrie cardiaque ................................. 195 Anatomie valvulaire mitrale ...................................... 229
Contre-indications à la commissurotomie
Chapitre 14 Bicuspidie valvulaire aortique (P. DEHANT
mitrale percutanée ................................................ 231
et É. ABERGEL)................................................................ 197
Évaluation immédiate et à distance
Associations................................................................. 197
de la commissurotomie ........................................... 231
Génétique .................................................................... 198
Diagnostic .................................................................... 198 Chapitre 17 Insuffisance mitrale (P. DEHANT) .................. 233
Échographie-Doppler cardiaque.................................. 198 Rappel de l’anatomie mitrale ....................................... 233
Histoire naturelle .......................................................... 201 Anneau mitral .......................................................... 234
Sténose aortique ..................................................... 201 Valves mitrales antérieure et postérieure ................. 234
Régurgitation aortique ............................................. 201 Cordages tendineux, muscles papillaires ................ 234
Dilatation aortique.................................................... 201 Segmentation valvulaire ........................................... 234
Dissection aortique .................................................. 202 Analyse du mécanisme et des lésions ......................... 235
Endocardite ............................................................. 202 Classification des mécanismes ................................ 235
Survie ....................................................................... 202 Rappel de terminologie ........................................... 235
Conduite à tenir ........................................................... 202 Coupes échographiques standardisées .................. 236
Surveillance ............................................................. 202 Étiologie ....................................................................... 241
Chirurgie valvulaire................................................... 202 Insuffisance mitrale dystrophique
Chirurgie aortique .................................................... 203 et dégénérative ..................................................... 241
Traitement médical .................................................. 203 Étiologie rhumatismale ............................................ 241
Pratique des activités physiques ............................. 203 Endocardite infectieuse ........................................... 243
Enquête familiale ..................................................... 204 Insuffisance mitrale ischémique............................... 245
Autres causes .......................................................... 247
Chapitre 15 Insuffisance aortique (Ch. TRIBOUILLOY
Quantification ............................................................... 252
et D. MALAQUIN) ............................................................. 206
Physiopathologie de la fuite..................................... 252
Diagnostic positif ......................................................... 207
Méthodes de quantification ..................................... 253
Échocardiographie................................................... 207
Évaluation du retentissement de l’insuffisance
Doppler .................................................................... 207
mitrale ......................................................................... 258
Diagnostic différentiel .................................................. 208
Indications chirurgicales des insuffisances
Mécanisme et étiologie ................................................ 208
mitrales .................................................................... 259
Mécanisme .............................................................. 208
Indications chirurgicales des insuffisances
Étiologie ................................................................... 209
mitrales organiques ............................................. 259
Apport de l’échocardiographie transœsophagienne... 212
Indications chirurgicales des insuffisances
Apport de l’échographie 3D .................................... 212
mitrales ischémiques ............................................ 259
Quantification .............................................................. 212
Apport du Doppler couleur ...................................... 213 Chapitre 18 Échocardiographie de stress
Apport du Doppler pulsé ........................................ 215 et valvulopathies (Ch. CHAUVEL et P.-V. ENNEZAT) ............ 263
Apport du Doppler continu ...................................... 218 Valvulopathies aortiques .............................................. 263
Apport de l’échocardiographie Rétrécissement aortique ......................................... 263
transœsophagienne .............................................. 218 Insuffisance aortique................................................ 266
Apport de l’échographie 3D .................................... 219 Valvulopathies mitrales ................................................ 266
Retentissement sur le ventricule gauche Échographie de stress et sténose mitrale ............... 266
et pressions pulmonaires ........................................ 219 Échographie-Doppler de stress et insuffisance
Indications opératoires et échocardiographie ............. 219 mitrale ................................................................... 267
Insuffisance aortique aiguë .......................................... 220
Chapitre 19 Échocardiographie des valvulopathies
Valvulopathies multiples .............................................. 220
droites acquises de l’adulte (A. AOUAD, G. DUFAITRE
Insuffisance aortique et rétrécissement aortique ..... 220
et A. COHEN) .................................................................. 271
Insuffisance aortique et insuffisance mitrale ............ 221
Insuffisance tricuspide ................................................. 271
Insuffisance aortique et rétrécissement mitral ......... 221
Valve tricuspide : généralités ................................... 271
Chapitre 16 Rétrécissement mitral Diagnostic positif d’une insuffisance
(D. MESSIKA-ZEITOUN et É. BROCHET) ................................ 224 tricuspide .............................................................. 272
Lésions anatomiques et étiologie ................................ 224 Diagnostic étiologique ............................................. 273
SOMMAIRE
Retrouver ce titre sur Numilog.com XI
FIBRILLATION ATRIALE ET
SOURCES CARDIAQUES D’EMBOLIE MÉDECINE INTERNE
Chapitre 43 Thrombose des oreillettes (A. COHEN, Chapitre 47 Échocardiographie du sujet âgé
S. EDERHY et F. DOUNA) ................................................... 603 (P. ASSAYAG, A. BOUCHACHI, L. DRISSI et H. REZGUI) ........... 651
Thrombose dans l’oreillette et l’auricule gauches ....... 603 Modifications cardiovasculaires au cours
Facteurs prédisposants ........................................... 603 du vieillissement ...................................................... 652
Cardiopathies avec dysfonction systolique Morphologie et fonction ventriculaire gauche ............. 652
ventriculaire gauche.............................................. 605 Masse ventriculaire gauche ..................................... 652
Identification des thrombi de l’oreillette Dimensions ventriculaires gauches/remodelage
et de l’auricule gauches ........................................ 605 du ventricule gauche ............................................ 652
Pronostic et implications cliniques .......................... 606 Fonction systolique du ventricule gauche ............... 652
Diagnostics différentiels ........................................... 607 Fonction diastolique et pressions de remplissage
Approches alternatives ............................................ 607 du ventricule gauche ............................................ 653
Thromboses des cavités droites .................................. 607 Ventricule droit ............................................................. 654
Facteurs prédisposants ........................................... 608 Insuffisance cardiaque chez le sujet âgé .................... 656
Identification des thrombi des cavités droites ......... 609 HTA et cardiomyopathies hypertrophiques ............ 656
Pronostic et implications cliniques .......................... 609 Cardiopathie hypertensive ....................................... 656
Diagnostics différentiels ........................................... 610 Cardiomyopathies hypertrophiques......................... 656
Thombus « à cheval » sur la cloison interauriculaire.... 610 Amylose sénile ......................................................... 657
Facteurs prédisposants et identification .................. 610 Maladie coronaire et échocardiographie de stress ...... 657
Pronostic et implications cliniques .......................... 610 Valves cardiaques ........................................................ 658
Conclusion : implications thérapeutiques.................... 612 Calcifications mitrales et aortiques .......................... 658
Rétrécissement aortique du sujet âgé ..................... 659
Chapitre 44 Tumeurs cardiaques (E. BERTHELOT, Insuffisance mitrale du sujet âgé ............................. 659
F. DOUNA et A. COHEN) .................................................... 615 Endocardite du sujet âgé ......................................... 659
Considérations techniques et approches alternatives ... 615 Oreillette gauche, pression pulmonaire et aorte .......... 660
Tumeurs d’origine cardiaque ....................................... 617 Oreillette gauche ..................................................... 660
Tumeurs cardiaques primitives bénignes................. 618 Pression artérielle pulmonaire.................................. 660
Tumeurs cardiaques secondaires ............................ 622 Modifications et pathologies de l’aorte .................. 660
Chapitre 45 Échocardiographie et sources cardiaques Échographie transœsophagienne chez le sujet âgé .... 660
d’embolie (N. BENYOUNES et A. COHEN) ........................... 626 Chapitre 48 Échocardiographie lors de la grossesse
Quand suspecter une source cardiaque d’embolie (A.-M. DUVAL) ................................................................ 664
devant un accident ischémique cérébral ? ............. 626 Hémodynamique, grossesse et aspects
Classification des sources cardiaques d’embolie ....... 626 échographiques....................................................... 664
Identification des sources cardiaques d’embolie ........ 626 Modifications hémodynamiques
Analyse des sources cardiaques potentielles d’embolie ... 627 au cours d’une grossesse normale ....................... 664
Sources cardiaques majeures d’embolie Échocardiographie transthoracique
prédisposant à la thrombose ................................ 627 lors d’une grossesse normale ............................... 665
Masses intracardiaques et aortiques ....................... 629 Complications cardiologiques liées à la grossesse
Pathologie du septum interauriculaire ..................... 631 en l’absence de cardiopathie préexistante ............. 666
Autres sources cardiaques mineures d’embolie ..... 634 Pré-éclampsie et éclampsie .................................... 666
Chapitre 46 Échocardiographie dans la fibrillation Cardiomyopathie du post-partum ........................... 666
atriale (S. EDERHY et A. COHEN) ..................................... 637 Syndrome coronaire aigu dans la période
Échocardiographie transthoracique............................. 637 du péripartum ....................................................... 667
XVI
Retrouver ce titre sur Numilog.com SOMMAIRE
Avant-propos
Le Manuel d’échocardiographie clinique est destiné à tous ceux qui pratiquent l’échographie comme outil diagnostique et de prise en charge
des patients atteints d’affections cardiovasculaires ou, plus généralement, d’affections ayant un retentissement cardiovasculaire. Il concerne
donc un large public, cardiologues, urgentistes, réanimateurs, anesthésistes…
Est-il besoin de rappeler la place essentielle qu’occupe l’échographie cardiovasculaire, technique d’imagerie développée il y a près de 60 ans,
examen de première intention, offrant des modalités multiples, qui ont évolué rapidement, depuis l’échographie en mode M, jusqu’à l’échogra-
phie 3D-4D. Au large spectre des affections cardiovasculaires correspond aujourd’hui en effet une multitude de possibilités techniques, écho-
graphie transthoracique ou transœsophagienne, épicardique, intracavitaire, apportant des informations issues du Doppler tissulaire, imagerie
de déformation de l’échographie de contraste, de l’échographie tridimensionnelle, avec la possibilité d’examiner le patient dans différentes
situations physiologiques (repos, effort) ou physiopathologiques (perfusion de médicaments) ou encore après une intervention thérapeutique,
qu’il s’agisse d’une intervention médicamenteuse, en salle de cathétérisme ou – et de façon croissante – au bloc opératoire.
La miniaturisation des sondes d’appareils d’échographie a favorisé la diffusion très rapide de la technique puisqu’il est aujourd’hui possible
d’effectuer un examen échographique « de débrouillage » au lit du patient, à l’aide d’un « stéthoscope ultrasonore », d’un échographe mobile
ou portable ou encore d’un échographe sophistiqué car complet, déplacé au lit du patient, offrant alors toutes les possibilités de l’examen
échocardiographique. Enfin, la diffusion de la technique a également bénéficié de façon substantielle des progrès de l’informatique, avec la
numérisation, la compression d’images, le stockage et l’archivage, le transfert d’examens complets de plus en plus lourds, la possibilité, à
l’aide de logiciels dédiés, d’effectuer une analyse a posteriori… Toutes approches qui ont permis de rendre cette technique plus accessible,
mais surtout, au travers de la présentation simplifiée des résultats, de comparer des examens, de transmettre l’information en temps réel. Les
images ainsi archivées permettent de constituer des banques et des bases de données, exploitées dans les différents centres hospitaliers et, de
plus en plus, dans les cabinets de praticiens.
Le moment était donc venu de faire le point sur ces différentes avancées, avec une accélération brutale et stimulante de la connaissance que
nous avons connue au cours des dernières années.
Bien sûr, chaque ouvrage connaît les limites inhérentes au concept même du livre, figer à un moment donné une information, et ce, compte
tenu des avancées quasi quotidiennes, tant dans les modalités que dans les applications des techniques ultrasonores. Cependant, l’ambition du
Manuel d’échocardiographie clinique est de permettre aux praticiens, dans un temps raisonnable, de mettre à jour leurs connaissances pour tout
ce qui concerne les applications ultrasonores et l’exploration des principales cardiopathies, traitées dans 59 chapitres, répartis en 11 sections,
qui ont été coordonnées par les signataires de cet avant-propos.
Un effort particulier a été fait pour que la démarche soit didactique, tournée vers les notions pratiques, d’utilisation quotidienne, en s’ap-
puyant sur les avancées physiopathologiques ou techniques, mais sans essayer de viser l’exhaustivité qui nuit souvent à la clarté et qui décou-
rage les meilleures volontés. L’effort a porté non seulement sur la synthèse nécessaire de l’état des connaissances, mais également sur le choix
d’illustrer tant les concepts que les applications au travers de très nombreuses figures au trait, d’images d’échographie de qualité, ce que permet
aujourd’hui l’édition en quadrichromie, qui restitue à la perfection la qualité de l’imagerie de l’échographie cardiaque et vasculaire dans ses
moindres détails. Enfin, et c’est l’une des très nombreuses innovations introduites dans cet ouvrage, plus de 550 vidéos, incluses dans un DVD
joint, illustrent les principaux chapitres de l’ouvrage, permettant au lecteur de coupler la lecture ou plutôt de compléter celle-ci en visualisant
les boucles qui ont été sélectionnées. Ils pourront ainsi disposer d’une banque d’images dynamiques, facilement accessible et complétant idéa-
lement le texte ainsi que les figures. L’échographie est en effet une technique d’imagerie dynamique et il aurait paru incongru que cet ouvrage
n’appuie pas son ambition sur la mise à disposition de tout ce qui fait la pratique quotidienne de l’échographie.
Nous espérons que le Manuel d’échocardiographie clinique répondra à vos attentes.
Remerciements
Les coordonnateurs du Manuel d’échocardiographie clinique souhaitent remercier, très sincèrement, Emmanuel Leclerc, des Éditions
Lavoisier, qui n’a pas hésité, un instant, à nous faire confiance, malgré l’immensité de la tâche, et ainsi permettre l’édition de ce manuel en
langue française, unique, consacré à l’échocardiographie clinique.
Nous remercions également amicalement et chaleureusement l’ensemble des auteurs de l’ouvrage, qui ont répondu à la sollicitation en adres-
sant leurs textes dans des délais extrêmement courts.
Nous remercions Béatrice Brottier, qui a beaucoup contribué à faire de ce manuel un ouvrage de qualité grâce à la méticulosité de sa relec-
ture, à sa vigilance et à sa disponibilité.
Nous remercions Guillaume Blanchet, illustrateur talentueux, qui, au travers de nombreuses séances de travail, a acquis et intégré l’imagerie
cardiovasculaire dans l’espace et a ainsi permis de restituer dans ses figures et schémas ce qui est observé par le cardiologue.
Nous remercions enfin Clarisse Barillé, qui a assuré le secrétariat et la coordination du Manuel d’échocardiographie clinique. Son travail
indispensable, discret mais toujours efficace, incessant, la sérénité dégagée, la confiance et le dévouement ont rendu finalement la tâche rela-
tivement facile pour tous.
Principes physiques
et bases théoriques
Chapitre
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Chapitre 1
POINTS CLEFS
䉴 Dans un tube droit en écoulement continu, dans des limites définies 䉴 Équation de Bernoulli simplifiée : lorsque l’on mesure les gradients de
par les dimensions, la vitesse, la viscosité (nombre de Reynolds), le pression en mmHg et que l’on mesure les vitesses en m/s, l’intégration
profil de vitesse reste parabolique, les filets liquidiens coulent de du coefficient de contraction débouche sur un facteur 4 : P2 – P1 =
façon très régulière les uns sur les autres, dans chaque élément 4 × V22 (compensation des composantes d’accélération et de
de volume la distribution des vitesses en valeur absolue et en décélération temporelles, faibles pertes par friction visqueuse).
orientation est très stable, les écarts types des vitesses et des angles 䉴 La section de l’origine du jet est appelée vena contracta. Malgré
sont petits : l’écoulement est dit laminaire. la pulsatilité, elle est stable de l’accélération à la décélération
䉴 Dans un tube droit en écoulement continu, quand la vitesse du jet. Cette stabilité, son caractère laminaire et ses contours
augmente et que l’on est à distance de l’entrée, le nombre de particulièrement francs la valident lorsqu’il s’agit de quantifier les
Reynolds critique est dépassé, les filets liquidiens n’arrivent plus à régurgitations.
s’organiser de façon paisible, l’écoulement se désorganise, il existe 䉴 Structure d’un jet régurgitant : le cône central laminaire pénètre
une grande variabilité des valeurs de vitesse et de leurs orientations, dans un volume sanguin initialement quasi immobile, ce qui crée
les écarts types des vitesses et des angles augmentent beaucoup, de fortes frictions à sa périphérie. Ces frictions entraînent la création
l’écoulement est dit turbulent avec beaucoup de perte d’énergie. de tourbillons qui se disloquent progressivement en turbulence.
䉴 Définition d’un jet : sous l’effet de la pulsatilité, le fait d’entrer dans 䉴 Jet libre et jet confiné : la structure tourbillonnaire s’évase
un orifice supprime les couches limites, régularise l’écoulement régulièrement, selon un profil normalisé (jet libre). En pathologie, les
et crée un profil laminaire d’entrée, même pour des nombres de jets ne sont pas toujours libres et leur forme et leur direction varient
Reynolds élevés. lorsque les orifices ne sont pas circulaires ou lorsque les jets longent
䉴 Quand on peut disposer de deux mesures du même débit en deux des parois. Les jets au contact d’une paroi sont attirés et adhérents
endroits où le profil des vitesses est plat, on peut mettre en pratique par effet Coanda.
l’équation de continuité qui veut que le débit mesuré au point (1) 䉴 Il existe un gradient entre la pression homogène qui est dans
est égal au débit mesuré au point (2) : Q1 = Q2 et A1 × V1 = A2 × V2. l’oreillette gauche et la pression qui existe à la base du ventricule
䉴 La zone de convergence peut être considérée comme hémisphérique gauche et un deuxième gradient qui se développe entre la base
et traversée perpendiculairement par des filets liquidiens qui ont du ventricule gauche et la pointe du ventricule gauche. Ce
tous la même valeur de vitesse, d’où le nom de surface proximale gradient intraventriculaire gauche est proportionnel à la vitesse
d’isovitesse (PISA, proximal isovelocity area). Le profil des vitesses est de propagation de l’onde de remplissage. Au-delà de la pression
plat et le débit peut être mesuré en utilisant l’équation qui donne la minimale diastolique, dans les cas normaux, les courbes sont
surface d’une hémisphère : Q1 = 2 × π × r2 × V1. superposées. En cas de trouble de la compliance par restriction
䉴 Équation de Bernoulli simplifiée : après simplifications, elle indique sévère ou par constriction, il existe une inversion du gradient entre
que la différence de pression entre le point (1) et le point (2) est la base et la pointe.
proportionnelle au carré de la vitesse du jet mesurée au point (2).
Le liquide sanguin et les éléments figurés suivent des lignes de comme le ventricule gauche ou le ventricule droit en systole. De
courant en fonction des régimes de pression : pour que le sang se façon symétrique et moins intuitive, une cavité placée en aval peut
déplace, il faut un gradient de pression local. Ce gradient local est exercer une dépression et aspirer le sang vers une cavité, l’exemple
déterminé par beaucoup de contraintes physiques qui interagissent. le plus courant est le ventricule gauche en protodiastole : il exerce
La contrainte la plus évidente est exercée par une cavité muscu- un effet de succion sur le sang qui est dans l’oreillette gauche, ce
laire placée en amont et qui génère une pression et une éjection, qui assure un remplissage protodiastolique. De la même manière,
4
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
MESURES DE DÉBIT
des vitesses est plat, une vitesse mesurée en un point est représenta-
tive de l’ensemble des vitesses. Cette condition de profil plat associée
à un écoulement laminaire est particulièrement importante pour les
mesures Doppler par ultrason ; pour que la mesure soit précise, il faut
une distribution des vitesses étroite (un spectre bien dessiné) dans le
volume de mesure relativement grand (3 × 7 mm, par exemple), défini
par les caractéristiques du capteur. Quand ces conditions sont réunies
(Figure 1-3), le débit instantané qui est le produit de la section par la
vitesse répond à une équation simple :
Q(t) = V(t) × π × d2/4
Si la section est constante, l’intégrale du débit est égale à la sec-
tion multipliée par l’intégrale de la vitesse. Q1(t) = ∫V1(a,t) × da, Q1= ∫∫V1(a,t) × da × dt
Q = π × d /4 × ∫ V(t) × dt
2
Figure 1-4 Mesure d’un débit. Cas général.
Cette équation simple s’applique à l’orifice aortique pour la
mesure du débit cardiaque, à condition de mesurer le diamètre et
la vitesse au même endroit, bien que, pour ce faire, il soit néces-
saire d’utiliser deux incidences ultrasonores différentes [3]. Sur une D’autres sites sont possibles, notamment l’orifice pulmonaire qui,
valve aortique normale, le diamètre et la vitesse doivent être mesurés quand il est normal, permet de calculer un débit Qp/Qs [6].
directement au niveau de l’orifice. Sur une valve aortique sténosée, D’autres mesures de débit sont possibles, en particulier grâce aux
avec une chambre de chasse bien dessinée, le diamètre et la vitesse mesures des volumes ventriculaires : la différence entre le volume
sont mesurés au niveau de cette chambre de chasse. télédiastolique et le volume télésystolique permet de calculer le
Si le diamètre varie, il faut une double intégration : volume d’éjection systolique. Le produit de ce volume éjecté par la
fréquence cardiaque est égal au débit cardiaque.
Q = π/4 × ∫∫ V(t) × d2 × dv × dt
Quand le profil des vitesses n’est plus plat, qu’il soit parabolique
ou incliné par la présence d’une courbe, la mesure du débit suppose ÉQUATIONS DE CONTINUITÉ
de revenir au cas général (Figure 1-4) avec une intégration des pro-
duits locaux « vitesse × élément de surface », soit V(a,t) × da. On CONTINUITÉ ET STÉNOSES VALVULAIRES (Figure 1-5)
arrive à une plus grande complexité :
Q = ∫∫ V(a,t) × da × dt Quand on peut disposer de deux mesures du même débit en deux
endroits où le profil des vitesses est plat, on peut mettre en pratique
Cette approche théoriquement possible suppose une grande précision l’équation de continuité qui veut que le débit mesuré au point (1) est
dans la mesure locale des vitesses. La résolution spatiale des appareils égal au débit mesuré au point (2).
Doppler couleur actuellement disponibles n’est, le plus souvent, pas
adaptée. Contrairement à nos collègues qui font de l’imagerie par IRM, Q1 = Q2
nous n’avons pas réellement la possibilité de réaliser ces intégrations A1 × V1 = A2 × V2
complexes à partir des Doppler couleur, les tentatives menées dans ce π d12/4 × V1 = A2 × V2
sens ne sont pas restées disponibles sur le marché, faute de fiabilité. A2 = π (d12/4) × (V1/V2)
Cette complexité existe, de fait, au niveau de l’orifice mitral. Cela Ainsi, avec une mesure de diamètre et deux mesures de vitesse,
explique que les différentes méthodes simplifiant l’approche ont eu peut-on estimer la surface d’un orifice, notamment un orifice aor-
du mal à s’imposer en routine clinique, faute de robustesse [5]. tique sténosé [4]. Les conditions hydrauliques de mise en œuvre sont
assez strictes puisque cette formule simple ne s’applique que si :
– le profil de vitesse au point (1) est plat ;
– la section au point (1) est circulaire ;
– le profil au point (2) est plat.
Une augmentation de vitesse du point (1) au point (2) sera est
avec un écoulement laminaire s’il existe une réduction de surface
qui régularise l’écoulement.
En revanche, il n’y a pas d’hypothèse de forme sur l’orifice au
niveau du point (2) et cette condition est particulièrement sympa-
thique quant il s’agit d’explorer une sténose aortique en triangle
(comme dans la maladie de Monckeberg) ou en fente (comme dans
les bicuspidies).
Il est important de noter que, dans la configuration de la sténose
aortique, les profils de vitesses entre le point (1) et le point (2) ne
restent pas plats ; il existe, de fait une convergence avec une accé-
Q1(t) = V1(t) × π × d12/4 lération progressive (Figure 1-6) qui fait qu’une mesure ponctuelle
Q1= π × d12/4 × ∫V1(t) × dt réalisée trop près de l’orifice n’est plus représentative et qu’elle ne
permet plus une mesure fiable du débit. Cet élément d’accélération
Figure 1-3 Mesure d’un débit. Section circulaire et profil de vitesse plat. locale à d’emblée était détaillé dans l’article princeps [4].
6
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
grande cavité vers petit trou (cavité ventriculaire gauche vers ori-
fice régurgitant dans le cas d’une insuffisance mitrale, par exemple).
Dans cette configuration, la zone de convergence, à condition de
l’analyser à une distance adaptée de l’orifice, peut être considérée
comme hémisphérique et traversée perpendiculairement par des
filets liquidiens qui ont tous la même valeur de vitesse, d’où le nom
de surface proximale d’isovitesse (PISA, proximal isovelocity sur-
face area) [7]. Ces filets liquidiens n’ont pas la même orientation
puisqu’ils convergent vers l’orifice, mais leurs vecteurs vitesse ont
le même module. Dans ces conditions, le profil des vitesses est plat
et le débit peut être mesuré en utilisant l’équation qui donne la sur-
face d’un hémisphère (Figure 1-7) :
Q1 = (π × d12/4) × V1 Q2 = A2 × V2
Q1 = 2 × p × r2 × V1
Q1 = Q2 A2 = (π × d1 2/4) × V
1/V2 Alors que :
Figure 1-5 Équation de continuité et sténose. Q 1 = Q2
A2 × V2
A2 = 2 × p × r2 × V1/V2
CONTINUITÉ ET SHUNTS
CONTINUITÉ ET RÉGURGITATIONS :
ZONE PROXIMALE ET PISA
Q1 = 2 × π × r12 × V1 Q2 = A2 × V2
Le phénomène de convergence qui nous gêne lorsque l’on est
dans une configuration grand tube vers un petit tube (chambre de Q1 = Q2 A2 = 2 × π × r12 × V1/V2
chasse ventriculaire gauche vers l’orifice aortique) devient à nou-
veau exploitable lorsque l’on se trouve dans une configuration Figure 1-7 PISA : autre illustration de l’équation de continuité.
DYNAMIQUE DES FLUIDES
Retrouver ce titre sur Numilog.com 7
• ERO = π × d2/4.
350
ventriculaire gauche, du fait de la présence de la sténose, est aug-
VTD mentée ; on peut retenir, pour l’exemple, une pression systolique à
300
180 mmHg. Au fur et à mesure que les filets sanguins se rapprochent
250 de l’orifice, le même débit est progressivement canalisé pour passer
Volumes
4 180
116
1 2 1 2
Figure 1-12 Équation de Bernoulli. Exemple de la sténose valvulaire aortique.
DYNAMIQUE DES FLUIDES
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4 180
116
de 0,6 cm2, la longueur de ce cône central est proche de 4 cm et le Figure 1-14) qui, eux-mêmes, se disloquent progressivement en tur-
volume de 2,4 cm3. bulence [25-27]. Ces tourbillons ont des fréquences de vibrations et
Ce volume qui correspond à une sorte de ligne de crête dans la ces vibrations sont à l’origine des souffles perçus à l’auscultation.
distribution des vitesses a un impact important sur les mesures en La structure tourbillonnaire s’évase régulièrement, selon un profil
Doppler continu car il contribue à bien dessiner l’enveloppe du jet normalisé [20], pour autant que le jet se développe dans une cavité
dès que celui-ci est dans le faisceau ultrasonore. suffisamment grande. On parle alors de jet libre et il a été possible
La section de l’origine du jet est appelée vena contracta. Malgré de valider les équations décrivant la carte des vitesses à l’intérieur de
la pulsatilité, elle est stable de l’accélération à la décélération du jet ces jets. Il ressort des équations validées que la surface d’isovitesse
[20]. Cette stabilité, son caractère laminaire et ses contours particu- fournie par le Doppler pulsé (du fait de l’aliasing) dépend de l’ori-
lièrement francs en font naturellement un objet d’analyse lorsqu’il fice, mais aussi du carré des vitesses :
s’agit de quantifier les régurgitations valvulaires aortique [21] ou
mitrale [22, 23]. Cependant, il convient de noter que cette section V (x, y, tpic) = V(0, 0, tpic) × 4 × (d/x) × 10–45(y/x)2
dépend de la forme de l’orifice, qu’elle devient ovalaire quand l’ori- S = K × ΔP × d2/Visovitesse
fice a une forme de fente [24]. Dans ces cas, certaines dimensions de
l’origine du jet peuvent devenir petites par rapport à la résolution des Les jets rencontrés en pathologie ne sont pas toujours libres,
appareils d’échocardiographie avec un effet de volume partiel et une deux singularités méritent une description particulière. Il s’agit des
sensibilité aux réglages du gain. Ces causes d’artefacts viennent alors orifices non circulaires et des jets qui longent des parois [24]. Les
s’ajouter aux réglages de priorité entre les parois et le jet couleur. orifices en fente ont une divergence du jet qui est modifiée, elle est
moindre dans le plan du grand axe et, au contraire, majorée dans
le plan du petit axe. En ce qui concerne les jets adhérents, on en
CARTOGRAPHIE DES VITESSES : rencontre fréquemment dans les insuffisances aortiques quand le
JET TURBULENT jet vient adhérer à la grande valve mitrale (Figure 1-15) et, de ce
fait, créer un fluttering par l’intermédiaire des tourbillons ou dans
L’avènement du Doppler couleur dans les années 1980 a induit un les insuffisances mitrales par rupture de cordage. Ces jets excen-
intérêt très vif pour la cartographie des jets, en particulier la cartogra- trés de fuite mitrale viennent adhérer à la grande valve, en cas de
phie des jets régurgitants. L’analyse de ces jets était, à l’époque, domi- rupture de cordage sur la petite valve ou, au contraire, à la petite
née par les angiographies sélectives utilisant des injections de produits valve en cas de rupture de cordage sur la grande valve. Ces jets
de contraste. Une première approche intuitive avait donné l’impres- au contact d’une paroi sont attirés et adhérents à cause de l’effet
sion que le Doppler couleur pouvait être un équivalent non invasif. Coanda. La cartographie des vitesses en est profondément modifiée.
En fait, le Doppler couleur est une variante du Doppler pulsé, il est Lorsque l’on regarde le jet perpendiculairement à la paroi adhérente
incapable de mesurer les hautes vitesses, il est très gêné pour estimer (Figure 1-16), le jet est attiré, son diamètre et sa surface apparais-
les vitesses moyennes quand les écoulements sont turbulents, et il est sent très nettement diminués. Si on l’analyse selon l’autre direction
donc indispensable de connaître la structure des jets pour interpréter (Figure 1-17), le jet s’étale sur la paroi adhérente et ses dimensions
les images obtenues en Doppler couleur. Cette structure a été décrite apparentes sont augmentées. Cette réalité de mécanique des fluides
essentiellement in vitro et elle a été comparée aux connaissances dis- a une conséquence directe sur l’utilisation du Doppler couleur : un
ponibles dans d’autres domaines, notamment en aérodynamique. jet adhérent analysé perpendiculairement à une paroi donne des
Le cône central laminaire, décrit plus haut, pénètre dans un volume images qui exposent à une forte sous-estimation de la sévérité de la
sanguin initialement quasi immobile. Cela crée de fortes frictions à fuite et, à l’opposé, une imagerie dans le plan de la paroi adhérente
sa périphérie. Ces frictions entraînent la création de tourbillons (voir peut induire une surestimation.
IM RM
RA
IA
Ao
OG
Base du VG
Apex du VG
OG
VG
Figure 1-19 Courbes de pression. Gradient intraventriculaire Figure 1-20 Courbes de pression et identification de la chrono-
gauche. OG : oreillette gauche ; VG : ventricule gauche. logie des flux dans les principales valvulopathies. IA : insuffi-
sance aortique, IM : insuffisance mitrale ; RA : rétrécissement aortique ;
RM : rétrécissement mitral ; OG : oreillette gauche.
Une bonne compréhension de la mécanique du remplissage dia- née très solide pour l’identification exacte des flux qui sont enre-
stolique du ventricule gauche impose d’entrer dans plus de détails gistrés (Figure 1-20). Il ressort immédiatement qu’une insuffisance
(Figure 1-19). Au moment où la valve mitrale s’ouvre, la baisse de mitrale fait directement suite au remplissage mitral et se prolonge
pression dans le ventricule gauche est active et beaucoup plus rapide jusqu’au remplissage suivant alors qu’une sténose aortique est
que la chute passive de la pression auriculaire gauche. Cette diffé- beaucoup plus brève ; elle est séparée du remplissage précédent
rence crée un gradient qui déplace le sang de l’oreillette gauche vers par la contraction isovolumique et du remplissage suivant par la
le ventricule gauche. Ce gradient détermine les premières compo- relaxation isovolumique. Ces critères de durée sont extrêmement
santes du remplissage transmitral protodiastolique. Il est sensible fiables pour distinguer une insuffisance mitrale et une sténose
au niveau de pression moyenne dans l’oreillette gauche, à l’ampli- aortique, si besoin. Le même raisonnement s’applique aux insuf-
tude de l’onde V et à la volémie du patient. Ce gradient, bien que fisances aortiques qui intègrent les périodes isovolumiques alors
faible, se prolonge jusqu’au-delà de la valeur minimale de pression que les sténoses mitrales ne les intègrent pas. Cette utilisation de
ventriculaire gauche en protodiastole. Durant toute cette phase, il est la chronologie peut aller plus loin. L’identification de la période
possible de considérer que la pression est homogène à l’intérieur de d’éjection du ventricule gauche permet de qualifier les différents
l’oreillette gauche mais, en revanche, la pression n’est pas homogène accidents qui sont enregistrés lorsque l’on mesure les vitesses
à l’intérieur du ventricule gauche. Une onde de relaxation se propage myocardiques à l’anneau et de bien préciser si tel accident est pré-
à l’intérieur du ventricule et aspire le sang jusqu’à la pointe du ven- éjectionnel ou éjectionnel. Dans d’autres circonstances, l’analyse
tricule. On peut ainsi décrire un gradient entre la pression homogène de la chronologie et la prise en compte des courbes de pressions
qui est dans l’oreillette gauche et la pression qui existe à la base du permettent de différencier de véritables signaux d’écoulement et
ventricule gauche (en gris sur le graphique) et un deuxième gradient des artefacts, notamment en Doppler couleur. À titre d’exemple, en
qui se développe entre la base du ventricule gauche et la pointe du dehors des hypertensions artérielles pulmonaires suprasystémiques,
ventricule gauche. Ce gradient intraventriculaire gauche est propor- rares, des pressions dans l’artère pulmonaire sont inférieures aux
tionnel à la vitesse de propagation de l’onde de remplissage. Au-delà pressions aortiques et, donc, un signal de canal artériel sera systo-
de la pression minimale diastolique, dans les cas normaux, les lodiastolique depuis l’aorte vers l’artère pulmonaire. A fortiori, une
courbes sont superposées. En cas de trouble de la compliance par res- éventuelle fistule entre l’aorte et l’oreillette droite donne un signal
triction sévère ou par constriction, il existe une inversion du gradient systolodiastolique à très haute vitesse. On pourrait aisément multi-
entre la base et la pointe. La pression ventriculaire devient plus éle- plier les exemples dans lesquels la prise en compte des pressions et
vée à la pointe qu’à la base, et ce gradient inversé vient brutalement de la chronologie permet d’identifier des images artefactuelles en
freiner le remplissage du ventricule gauche ; il raccourcit la durée du Doppler couleur.
remplissage protodiastolique et crée un remplissage dit restrictif. En
fin de diastole, chez les patients en rythme sinusal, la contraction de
ANOMALIES VALVULAIRES, PRESSIONS,
l’oreillette gauche vient créer un nouveau gradient entre l’oreillette DÉBITS ET VOLUMES
et le ventricule qui complète le remplissage ventriculaire gauche. Ce
gradient et ce remplissage sont d’autant plus importants que le rem- Une sténose aortique serrée se traduit essentiellement par une perte
plissage protodiastolique était faible, notamment quant un trouble de charge et un gradient de pression au niveau de l’orifice aortique lié
de la relaxation vient diminuer le gradient protodiastolique entre à la réduction de la surface valvulaire. Comme la pression artérielle
l’oreillette gauche et le ventricule gauche. est régulée, cette perte de charge est compensée par une augmen-
tation de la pression dans le ventricule gauche qui débouche elle-
LÉSIONS VALVULAIRES ET CYCLE CARDIAQUE même sur une hypertrophie. Du fait de l’équation de continuité, au
niveau de l’orifice valvulaire, les vitesses sont augmentées de façon
Les temps d’ouverture et de fermeture des valves sont des élé- à maintenir le débit cardiaque qui est, lui aussi, une grandeur régulée
ments cruciaux et la prise en compte de la chronologie est une don- aussi longtemps que la sténose aortique est compensée. Durant toute
DYNAMIQUE DES FLUIDES
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cette période de bonne tolérance, la lésion n’a pas d’impact sur les BIBLIOGRAPHIE
volumes ventriculaires.
Une sténose mitrale est une réduction de la surface valvulaire 1. FARTHING S, PÉRONNEAU P. Flow in the thoracic aorta. Cardiovasc
Res, 1979, 13 : 607-620.
mitrale avec une perte de charge et un gradient de pression entre
2. GORLIN R, GORLIN G. Hydraulic formula for calculation of area of
l’oreillette gauche et le ventricule gauche. Pour compenser cette
stenostic mitral valve, other cardiac valves and central circulatory
perte de charge, la pression moyenne dans l’oreillette gauche aug- shunts. Am Heart J, 1951, 41 : 1-29.
mente. Pour maintenir le débit cardiaque et compenser la réduction 3. IHLEN H, AMLIE JP, DALE J et al. Dtermination of cardiac outputby
de surface valvulaire, la vitesse au niveau de l’orifice mitral aug- Doppler echocardiography, Br Heart J, 1984, 51 : 54-60.
mente en vertu du principe de continuité. L’augmentation de pres- 4. SKJAERPE T, HEGRENAES L, HATLE L. Non invasive estimation of
sion dans l’oreillette gauche sollicite sa compliance : elle se dilate valve area in patients with aortic stenosis by Doppler ultrasound
d’autant plus que la maladie rhumatismale fragilise directement sa and two-dimensional echocardiography. Circulation, 1985, 72 :
paroi. En revanche, la lésion n’a pas d’impact sur les volumes ven- 810-818.
5. ZHANG Y, NITTER-HAUGE S, IHLEN H, MYHRE E. Doppler echo-
triculaires. cardiographic measurement of cardiac output using the mitral valve
Dans une insuffisance aortique pure bien compensée, l’anomalie orifice method. Br Heart J, 1985, 53 : 130-136.
est un manque d’étanchéité de la valve aortique en diastole avec un 6. VALDES-CRUZ LM, HOROWITZ S, MESEL E et al. A pulsed Doppler
reflux. Dans les insuffisances aortiques importantes, le débit de ce echocardiographic method for calculating pulmonary and systemic
reflux peut être égal, voire supérieur au débit systémique. Comme ce blood flow in atrial level shunts : validation study in animals and
dernier est régulé, le débit ventriculaire gauche augmente de façon initial human experience. Circulation, 1984, 69 : 80-86.
à devenir égal à la somme du débit systémique et du débit régurgité. 7. RECUSANI F, BARGIGGIA GS, YOGANATHAN AP et al. A new method
for quantification of regurgitant flow rate using color Doppler flow
Selon les cas, le débit ventriculaire gauche peut être égal à deux,
imaging of the flow convergence region proximal to a discrete
voire trois fois la valeur normale. Ce débit systolique augmenté a un orifice : an in vitro study. Circulation, 1991, 83 : 594-640.
impact sur la pression systolique qui augmente un peu, en fonction 8. DENG YB, SHIOTA T, SHANDAS R et al. Determination of the
de la compliance aortique. En diastole, l’absence d’étanchéité de la most appropriate velocity threshold applying hemispheric flow
valve fait que la pression aortique chute plus rapidement que chez convergence equations to calculate flow rate : selected according
un sujet normal et que la pression télédiastolique dans l’aorte est to the orifice pressure gradient. Circulation, 1993, 88 : 1699-
1708.
abaissée. En ce qui concerne la pression diastolique dans le ventri-
9. SCHWAMMENTHAL E, CHEN C, GIESLER M et al. New method for
cule gauche, le remplissage est double : le flux diastolique mitral
accurate calculation of regurgitant flow rate based on analysis of
procure un remplissage égal au débit systémique, et il s’y ajoute le Doppler color flow maps of the proximal flow field. J Am Coll
reflux provenant de l’aorte. En fonction de la compliance du ventri- Cardiol, 1996, 27 : 161-173.
cule gauche, la pression télédiastolique s’élève. Au total, si en début 10. DELOUCHE A, AUGUSSEAU MP, DUMÉE Ph et al. In vitro validation
de diastole le gradient entre l’aorte et le ventricule gauche peut être of a new approach for quantitating regurgitations using proximal
normal, en fin de diastole ce gradient sera d’autant plus faible que isovelocity surface area. Echocardiography, 2000, 17 : 613-624.
l’insuffisance aortique est importante et/ou mal tolérée par le ven- 11. HATLE L, ANGELSEN BA, TRONSDAL A. Non invasive assessment
tricule gauche. En termes de volume ventriculaire, les insuffisances of aortic stenosis by Doppler ultrasound. Br Heart J, 1980, 43 :
284-292.
aortiques chroniques sévères bien tolérées ont une fraction d’éjec-
12. HATLE L, BRUBAKK A, TROMSDAL A, ANGELSEN B. Noninvasive
tion longtemps normale et une dilatation compensatrice déjà évo-
assessment of pressure drop in mitral stenosis by Doppler ultrasound.
quée (voir Figure 1-12). Br Heart J, 1978, 40 : 131-140.
Pour les insuffisances mitrales, le défaut survient en systole avec 13. TERSTEIN PS, YOCK PG, POPP RL. The accuracy of Doppler ultrasound
un manque d’étanchéité entre le ventricule gauche et l’oreillette measurement of pressure gradients across irregular, dual, and tunnel-
gauche. L’ordre de grandeur du débit régurgité est comparable à like obstructions to blood flow. Circulation, 1985, 72 : 577-584.
celui des insuffisances aortiques sévères, égal ou supérieur au débit 14. CLARK C. Turbulent velocity measurements in a model of aortic ste-
nosis. J Biomech, 1976, 9 : 667-687.
systémique. Ce jet systolique vient distendre l’oreillette gauche,
15. CLARK C. Energy losses in flow through stenosed valves. J Biomech,
ce qui augmente la pression télésystolique dans cette dernière. 1979, 12 : 737-746.
En termes de vitesse, la vitesse systolique du jet de régurgitation 16. NIEDERBERGER J, SCHIMA H, MAURER G, BAUMGARTNER H. Importance
mitrale est déterminée par le gradient entre le ventricule gauche et of pressure recovery for the assessment of aortic stenosis by Doppler
l’oreillette gauche et, globalement, ce gradient, sauf cas extrême, ne ultrasound : role of aortic size, aortic valve area, and direction of the
varie pas significativement avec la sévérité de la régurgitation. De stenotic jet in vitro Circulation, 1996, 94 : 1934-1940.
la même manière, la vitesse du jet ne dépend quasiment pas de la 18. DIEBOLD B, DELOUCHE A, DUMÉE Ph et al. In vitro analysis of a
model of intracardiac jets : analysis of the central core of axisyme-
sévérité de la régurgitation. En revanche, elle dépend directement
tric jets. J. Biomechanics, 1990, 23 : 35-44.
de la pression systolique dans le ventricule gauche et est augmentée 19. DIEBOLD B, DELOUCHE A, ABERGEL E et al. Influence of pulsatility
chez les patients hypertendus. À chaque diastole, l’orifice mitral on the development of intracardiac jets : an in vitro laser Doppler
doit transférer, de l’oreillette gauche vers le ventricule gauche, un study. Biorheology, 1991, 28 : 287-299.
débit multiplié par deux ou par trois dans les fuites importantes et 20. DIEBOLD B, DELOUCHE A, DELOUCHE Ph et al. In vitro flow mapping
égal à la somme du débit systémique et du débit régurgité. Ce débit of regurgitant jets : systematic description in the case of free
augmenté est obtenu, pour une part, par une dilatation de l’anneau jet using laser Doppler anemometry. In vitro flow mapping of
avec une augmentation de la surface diastolique de la valve et, pour regurgitant jets : systematic description in the case of free jet using
laser Doppler anemometry. Circulation, 1996, 94 : 158-169.
une autre part, par une augmentation des vitesses diastoliques. En 21. DIEBOLD B, TOUATI R, DELOUCHE A et al. Doppler imaging of
termes de volumes ventriculaires, la situation est proche de celle regurgitant jet in aortic insufficiency : experimental validation and
des fuites aortiques. En revanche, la post-charge du ventricule est preliminary clinical evaluation. Eur Heart J, 1987, 8 : 45-52.
moindre dans les fuites mitrales, d’où un impact différent sur la 22. TRIBOUILLOY C, SHEN WF, QUERE JP et al. Assessment of severity of
fraction d’éjection ventriculaire gauche. mitral regurgitation by measuring regurgitant jet width at its origin
14
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
with transesophageal Doppler color flow imaging. Circulation, 26. MOORE CJ. The role of shear-layer instability waves in jet exhaust
1992, 85 : 1248-1253. noise. J Fluid Mech, 1977, 80 : 321-367.
23. ROBERTS BJ, GRAYBURN PA. Color flow imaging of the vena 27. OLER JW, GOLDSCHMIDT VW. A vortex-street model of the flow in
contracta in mitral regurgitation : technical considerations. J Am the similarity region of a two-dimensional free turbulent jet. J Fluid
Soc Echocardiograph, 2003, 16 : 1002-1006. Mech, 1982, 123 : 523-535.
24. DIEBOLD B, DELOUCHE A, DECESARE A et al. Fluid mechanics 28. ACAR PH, DELOUCHE A, BERREBI A et al. High-frequency phenomena
of regurgitant jets and calculation of the effective regurgitant in regurgitant jets : influence of frame rate and line density on color
orifice in free or complex configurations. J Biomech, 2000, 33 : flow mapping. Echocardiography, 1995, 12 : 103-112.
677-684. 29. KOLIAS TJ, AARONSON KD, ARMSTRONG W. Doppler-derived dP/dt
25. BROWAND FK, WEIDMAN PD. Large scales in the developing mixing and -dP/dt predict survival in congestive heart failure. J Am Coll
layer. J Fluid Mech, 1976, 76 : 127-144. Cardiol, 2000, 36 : 1594-1599.
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Chapitre 2
POINTS CLEFS
䉴 Les ondes ultrasonores sont des ondes élastiques dont la fréquence 䉴 Les sondes matricielles, à la base de l’échographie tridimensionnelle
est comprise entre 20 kHz et plusieurs centaines de MHz. en temps réel, sont constituées d’une surface de céramiques
䉴 Le faisceau ultrasonore a une forme cylindrique, puis diverge et indépendantes (64 × 64 et plus). Il s’agit d’un volume pyramidal
prend une forme conique. La divergence du faisceau est liée à la de l’espace qui est insonifié, d’où une information volumique
longueur d’onde et au diamètre de la source. enregistrée.
䉴 L’absorption d’énergie est essentiellement liée à des mécanismes 䉴 Le mode TM (temps-mouvement) reste le mode de référence pour
de conduction thermique et de viscosité. La diminution de l’intensité la résolution spatiale et temporelle.
ultrasonore est fonction de la distance parcourue par l’onde, 䉴 La résolution spatiale comprend trois composantes : axiale
qui obéit à une loi exponentielle décroissante, et du coefficient (différenciation de deux points placés dans l’axe de propagation
d’absorption, qui définit le pouvoir de pénétration des ultrasons. des ultrasons), latérale (différenciation des détails physiques placés
䉴 Le transducteur est composé d’une céramique ou dérivée, perpendiculairement à l’axe de propagation des ultrasons) et
émettrice et réceptrice des ultrasons, entourée d’un amortisseur sur transversale (dimension de l’élévation, perpendiculairement au
une face et d’un adaptateur d’impédance sur l’autre, moulé dans plan de coupe).
une structure isolante et protectrice. 䉴 La résolution temporelle correspond au taux de renouvellement
䉴 Les sondes intègrent des cristaux de synthèse, agencés les uns à d’images dans le temps.
côté des autres, mais séparés par une substance acoustiquement 䉴 L’aliasing est défini ainsi comme une représentation ambiguë des
isolante. Le nombre d’éléments par sonde est très variable et vitesses qui ont dépassé la limite de Nyquist.
dépend de la largeur de la sonde.
Les progrès réalisés dans le domaine de l’ultrasonographie donnent tiques et ils n’en ont pas de spécifiques. Ce que leur comportement a
aux échographistes l’accès à de nombreuses fonctions et réglages pour parfois de particulier est relatif à leur interaction avec le milieu où ils
modifier l’acquisition et la visualisation des images. Du choix de la se propagent. Or, grâce à l’immense étendue spectrale des ultrasons
fréquence d’émission aux codages couleur en post-traitement, les dif- (15 octaves), cette condition se réalise aisément dans de nombreux
férents paramètres accessibles à l’échographiste permettent l’optimi- cas pratiques (c’est-à-dire les tissus biologiques). De plus, la peti-
sation des examens en fonction des sujets, des diagnostics évoqués tesse des longueurs d’onde ultrasonores assure une propagation quasi
et des difficultés rencontrées. Pour une parfaite intégration des diffé- optique avec peu de diffraction. Si l’on ajoute qu’il est relativement
rentes options de réglages, la connaissance des principes physiques facile de les produire avec de bons rendements et à des niveaux éner-
des ultrasons et du fonctionnement de l’échographe est indispensable. gétiques élevés, on comprend que les ultrasons soient devenus un
outil universel et irremplaçable pour étudier la matière [1].
l’espace [2, 3]. Ces perturbations modifient la pression dans le milieu, Phase
mais aussi le déplacement et la vitesse des particules du milieu. Les
La notion de phase est un élément souvent effacé de la théorie
ultrasons se propagent en effet en transmettant un état de compression
des ondes ultrasonores. Elle est pourtant fondamentale en technique
ou de raréfaction de proche en proche, sans qu’il y ait transport de
Doppler et de plus en plus courante avec les nouvelles techniques
matière à distance.
d’imagerie. Elle est définie par le décalage temporel existant entre
Sous la pression de l’onde, les particules constitutives de la
deux ondes de même fréquence et de même amplitude.
matière sont animées d’un mouvement de va et vient de type sinu-
soïdal dans l’axe de déplacement des ultrasons. Ce déplacement lon- Célérité et impédance
gitudinal est caractéristique de la propagation de l’onde ultrasonore
Les ultrasons ne se déplacent pas dans le vide, faute de structure
dans les tissus mous.
atomique excitable. Ils nécessitent un support matériel pour leur propa-
Paramètres de l’onde ultrasonore gation qui est due à une succession de variations de pressions. Dès lors,
on comprend aisément que la célérité, définie par la vitesse de propa-
Fréquence, longueur d’onde et amplitude gation de l’onde acoustique, dépend uniquement du milieu traversé. Il
La description ondulatoire des sons et ultrasons permet d’indivi- est nécessaire de caractériser le comportement du milieu, c’est-à-dire
dualiser un plan temporel et un plan spatial (Figure 2-1) : ses propriétés à transmettre plus ou moins rapidement les ultrasons.
– dans le domaine temporel, on définit la fréquence par le nombre Pour cela, on introduit la notion d’impédance acoustique Z,
de fois qu’un phénomène périodique se reproduit. En acoustique, constante caractéristique, qui témoigne de l’aptitude du milieu à
il s’agit du nombre de variations de pression par seconde. La fré- la pénétration des ultrasons. L’impédance acoustique dépend de la
quence s’exprime en hertz (1 Hz = 1 cycle/s) et permet de classer les masse volumique et de la compressibilité du milieu.
ultrasons (20 kHz à 3 GHz) selon leurs applications ; La célérité de l’onde acoustique est égale au rapport entre l’impé-
– dans le domaine spatial, on décrit l’onde acoustique par sa dance acoustique et la masse volumique. Plus l’impédance acoustique
longueur d’onde, distance séparant deux points du trajet de l’onde est élevée (milieux « durs »), plus la vitesse des ultrasons est grande, et
caractérisés par une pression identique à un instant donné. La lon- réciproquement. L’onde ultrasonore se déplace plus rapidement dans
gueur d’onde est égale au rapport de la célérité (ou vitesse de l’onde) l’os que dans les tissus mous et, inversement, est plus lente dans l’eau.
sur la fréquence. En pratique échographique, on considère les tissus mous comme
Dans ces deux domaines respectifs, l’ondulation est caractérisée ayant une valeur moyenne de célérité de 1 540 m/s.
dans le sens longitudinal ou axe des abscisses. À l’opposé, sur l’axe
Pression et intensité
des ordonnées, la déviation maximale à partir de la ligne de base
s’appelle l’amplitude de l’onde. L’amplitude est directement reliée En chaque point, la pression acoustique varie selon la fréquence
à l’intensité ultrasonore. de l’onde ultrasonore. L’énergie délivrée au tissu dépend de ces
variations de pression qui soumettent les particules du milieu à des
mouvements vibratoires. L’intensité ultrasonore est l’énergie qui
traverse l’unité de surface par unité de temps. L’unité communément
admise pour l’expression de l’intensité ultrasonore est le décibel,
Source qui est une compression logarithmique de l’échelle conventionnelle
pour une utilisation simplifiée. En moyenne, l’intensité acoustique
est multipliée par 100 tous les 20 dB.
L’intensité acoustique délivrée au tissu est un paramètre exprimé sous
le terme d’index mécanique dont l’échelle est comprise entre 0 et 2.
Amplitude
Faisceau ultrasonore
t Le faisceau ultrasonore n’est pas uniforme de sa source à l’in-
fini [4] (Figure 2-2). Après une forme cylindrique d’une certaine
longueur (zone de Fresnel ou champ proche), le faisceau diverge et
Période prend une forme conique (zone de Fraunhofer ou champ distal). La
Pression divergence du faisceau est liée à la longueur d’onde et au diamètre
de la source.
La forme du faisceau ultrasonore est un point majeur en écho-
cardiographie car elle détermine les zones cardiaques enregistrant
Zone de Fresnel
Distance
les échos, elle affecte l’intensité en chaque point du faisceau et elle En pratique, l’hyperréflexion au contact d’interface de niveau
gouverne la résolution latérale du système. important (air, os) se concrétise par une absence de visualisation
échographique des structures au-delà de l’interface. Cela explique
Interactions des ultrasons et de la matière l’importance de placer la sonde dans l’espace intercostal pour éviter
L’imagerie échographique prend réellement son origine avec les les structures osseuses de la cage thoracique, tout en limitant l’inter-
multiples interactions entre ultrasons et matière. Ces interactions position d’un lobe pulmonaire entre le faisceau et l’aire cardiaque.
permettent de visualiser les structures tissulaires, mais autorisent Réflexion et réfraction. Dans la majorité des situations, l’inter-
aussi leur identification et leur caractérisation. À l’opposé, les face et l’orientation du faisceau ne sont pas orthogonales. Il se produit
mêmes interactions entraînent les principales limites de ce type alors une réflexion selon un angle égal à l’angle de l’onde incidente.
d’imagerie : limitation en profondeur, artefacts, cônes d’ombre… La conséquence de ce phénomène est l’absence de retour de l’onde
réfléchie à la sonde quand l’angle de réflexion est trop important.
Absorption des ultrasons dans un milieu homogène L’onde transmise subit également une déviation d’un angle qui
La propagation de l’onde ultrasonore dans le milieu s’effectue par varie en fonction des milieux traversés. L’onde transmise est appelée
une succession d’excitations moléculaires. Une partie de l’énergie onde réfractée, le phénomène de déviation de l’onde ultrasonore est
ultrasonore est absorbée dans le milieu, ce qui provoque la diminu- nommé diffraction.
tion de l’intensité acoustique. L’absorption d’énergie est essentielle- La conséquence directe de ces notions est l’impossibilité d’analyser
ment liée à des mécanismes de conduction thermique et de viscosité. des tissus en cas de différence significative des célérités (et des impé-
La diminution de l’intensité ultrasonore est donc logiquement fonction dances) due à un angle de réfraction trop important. Cependant, les célé-
de la distance parcourue par l’onde et obéit à une loi exponentielle rités dans les tissus mous étant sensiblement constantes, le phénomène
décroissante. de réfraction est négligeable et le faisceau reste globalement linéaire.
Cependant, la profondeur n’est pas le seul facteur important inter-
venant dans le phénomène d’atténuation des ultrasons. En effet, le SONDES EN ÉCHOGRAPHIE
coefficient d’absorption, qui définit le pouvoir de pénétration des
ultrasons, intègre le paramètre de fréquence de l’onde ultrasonore. Maillons essentiels de la chaîne échographique, les sondes condi-
Ainsi, parce que les hautes fréquences provoquent de très nom- tionnent la qualité de l’image ultrasonore. D’une haute techno-
breuses vibrations, le transfert d’énergie vers les tissus est-il plus logie, elles transforment l’impulsion électrique en onde ultrasonore
important pour ces dernières que pour les basses fréquences. Le coef- et, réciproquement, convertissent les informations ultrasonores en
ficient d’absorption des tissus mous est en moyenne de 0,9 dB/cm. signaux électriques. Elles sont de ce fait à la fois émetteur et récep-
Une conséquence pratique du phénomène d’absorption est le teur. Cette capacité à transformer l’énergie sous différentes formes
choix de la fréquence, plus basse, de l’ordre de 2 à 3 MHz, pour définie les transducteurs [4].
atteindre le plancher des oreillettes. Depuis le début des années 1980, les sondes échographiques ont
Interaction des ultrasons et d’une interface bénéficié de nombreuses évolutions techniques qui ont permis la
majorité des progrès réalisés en échographie.
Interface acoustique. Les propriétés de transmission, de réflexion,
de réfraction et de diffusion n’existent que par la présence d’inter- Effet piézo-électrique
faces acoustiques. Une interface acoustique est définie par la fron-
tière entre deux milieux d’impédances acoustiques différentes. Cette La piézo-électricité se traduit par l’apparition d’une polarisation
frontière peut être virtuelle et ne correspond pas forcément à une électrique à la surface de certains cristaux soumis à une déformation
membrane ou paroi anatomique. Son importance est majeure dans le ou, inversement, par une déformation de certains cristaux soumis à
domaine des ultrasons car elle conditionne l’image échographique. une polarisation (Figure 2-3). Celle-ci s’accompagne d’un champ
Sans interface, il ne se produit pas de réflexion, donc pas d’image. électrique entre les deux faces polarisées, tandis que la déformation
Dans l’organisme, les interfaces sont généralisées aussi bien au est due à une force [5]. Les équations fondamentales de la piézo-
niveau macroscopique (cœur-poumon) qu’au niveau microscopique électricité peuvent donc relier, suivant l’usage que l’on en fait, l’une
(myocarde-endocarde) et se distinguent principalement par leur ou l’autre des grandeurs électriques (intensité, tension) à l’une ou
amplitude liée à la différence d’impédance entre les deux milieux. l’autre des grandeurs mécaniques.
Transmission et réflexion. Quand une onde ultrasonore parvient
orthogonalement au niveau d’une interface, une partie de l’énergie
acoustique est réfléchie vers le premier milieu alors qu’une autre
partie de l’énergie continue sa traversée dans le deuxième milieu. Ce
phénomène est dénommé réflexion spéculaire. L’onde ultrasonore
réfléchie est alors appelée écho ultrasonore.
L’intensité de l’écho ultrasonore réfléchie dépend, certes, de l’in-
Pression
tensité de l’onde incidente, mais aussi de la valeur de l’interface mécanique
définissant le coefficient de réflexion qui dépend des impédances
acoustiques des deux milieux. Plus le niveau de cette interface est
élevé, plus la réflexion est importante.
Pour exemple, seuls 6 p. 100 de l’énergie acoustique incidente sont
réfléchis sur l’interface foie-rein alors que 40 p. 100 repartent vers la
Polarisation
source au niveau de l’interface tissus mous-os. Plus marquée encore
est la réflexion qui se produit lorsque l’onde rencontre une interface Figure 2-3 Effet piézo-électrique. Phénomène de polarisation élec-
tissus mous-air : la quasi-totalité de l’énergie est alors réfléchie. À trique déclenchée par pression mécanique à la surface d’une lame de
l’opposé, si les impédances sont égales, il n’y a pas de réflexion. quartz.
18
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
Les variations des grandeurs électriques et mécaniques sont exac- fait de l’assemblage microscopique de haute précision des différents
tement proportionnelles et les constantes qui relient ces grandeurs cristaux, le transducteur est une pièce particulièrement fragile.
l’une à l’autre sont identiques [6].
Céramique
Production d’ultrasons L’effet piézo-électrique n’apparaît que sur certains types de cris-
La production d’ultrasons est effectuée par un générateur de taux ou de céramiques anisotropes, pouvant être considérés comme
courant qui délivre des impulsions électriques de haute fréquence. un ensemble de cristaux individuellement piézo-électriques et orien-
Ces dernières sont appliquées à la surface d’une céramique qui voit tés identiquement.
son épaisseur varier si la fréquence des impulsions est de l’ordre Pour des raisons de rendement, les sondes actuelles intègrent des
de grandeur de sa fréquence de résonance (effet piézo-électrique cristaux de synthèse, comme le titanate de baryum, le sulfate de
indirect). Ces vibrations mécaniques se transmettent de proche en lithium, le zirconate de plomb ou encore le phosphate d’ammonium
proche et il y a production d’ultrasons si la fréquence est comprise d’hydrogène. Les cristaux sont agencés les uns à côté des autres, mais
entre 2 et 10 MHz (en imagerie). séparés par une substance acoustiquement isolante. Le nombre d’élé-
Il est possible d’interférer directement sur l’intensité des ultrasons ments par sonde est très variable et dépend de la largeur de la sonde.
générés en modifiant l’intensité électrique stimulant la céramique. Les faces avant et arrière sont recouvertes d’une couche métallique.
Il s’agit du paramètre puissance à l’émission, exprimé en décibels Les sondes actuellement en développement intègrent des maté-
relatifs ou en pourcentage. Il conditionne directement la pénétration riaux souples comme la silicone, et certains constructeurs proposent
des ultrasons dans les tissus. directement le couplage des cristaux aux microprocesseurs.
L’excitation de la céramique avec ce courant de haute fréquence
s’effectue par courtes impulsions de 1 à 2 ms (trains d’onde ultra- Amortisseur
sonore), répétées à intervalles réguliers. La fréquence de répétition ou Placé en arrière des céramiques, l’amortisseur possède deux fonc-
de récurrence (PRF, pour pulse repetition frequency) est définie par tions essentielles :
le nombre d’impulsions produites par seconde et s’exprime en hertz. – amortir les vibrations de la céramique après l’impulsion élec-
trique (effet de sonnette) afin d’obtenir une durée d’impulsion courte
Recueil des ultrasons
(pulse ultrasonore) ;
Les contraintes mécaniques dues aux variations de pression des – absorber le rayonnement ultrasonore émis vers l’arrière qui
ondes réfléchies dans l’organisme font apparaître, à la surface de la entraînerait des échos parasites.
céramique, des différences de potentiel dont la fréquence correspond
à celle de l’onde réfléchie et dont l’intensité dépend de l’intensité de Adaptateur d’impédance
l’écho. Si la sonde est émettrice pendant 2 ms, elle est réceptrice le Réalisé en matériau non conducteur, il isole la peau du sujet de
reste du temps, soit 998 ms/s. l’électrode antérieure et protège la céramique. Il est chargé d’éviter
une trop grande réflexion du faisceau ultrasonore compte tenu de la
Conception de base forte différence d’impédance entre la céramique et la peau : il pos-
Le transducteur est composé d’une céramique ou dérivée, émet- sède une impédance dite intermédiaire.
trice et réceptrice des ultrasons, entourée d’un amortisseur sur une
face et d’un adaptateur d’impédance sur l’autre. L’ensemble est Différents types de sondes
moulé dans une structure isolante et protectrice (Figure 2-4). Du Le domaine de l’échocardiographie se distingue de l’échogra-
phie générale par l’utilisation de capteurs de taille relativement plus
petite, permettant le passage des ultrasons dans les espaces intercos-
taux [7]. Les sondes de type linéaire sont ainsi délaissées aux dépens
des sondes dites sectorielles qui permettent l’obtention d’un secteur
dynamique au niveau de l’aire cardiaque. Historiquement, il existait
Connecteur
une méthode par balayage mécanique détrônée par la technique de
balayage électronique [8, 9].
Les sondes à balayage électronique sont apparues au début des
années 1980, révolutionnant la technologie de l’échographe. La réa-
Filtre époxique
lisation de transducteurs multi-éléments capables d’être pilotés par
microprocesseur a permis le passage au « tout numérique ». Cette
technologie ultrasophistiquée qui gère simultanément 32 à 128 céra-
Électrodes miques isolées électriquement et acoustiquement utilise la méthode
du retard de phase pour orienter et focaliser le faisceau (sondes
phased array).
Amortisseur
isolant acoustique
Géométrie du faisceau
Selon la théorie de la sommation des ondes ultrasonores, quand
Céramique piézo- une série d’éléments piézo-électriques est stimulée simultanément,
électrique
il en résulte la création d’un faisceau ultrasonore issu de la som-
Adaptateur mation des multiples ondelettes. Ce nouveau faisceau possède les
d'impédance mêmes propriétés qu’un faisceau mono-élément avec une zone de
champ proche et une zone de champ distal (Figure 2-5). Le front
Figure 2-4 Structure basique du transducteur. d’onde résultant est parallèle à la surface émettrice.
PRINCIPES PHYSIQUES DES ULTRASONS
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Figure 2-5a
Impulsions Onde
électriques résultante
Piézo
Figure 2-5b
Élévation
Champ
proximal
Dimension
Champ latérale
distal
Figure 2-5 Formation du faisceau ultrasonore par sommation des ondes issues de céramiques jointives (a). La résultante est un faisceau
ayant les mêmes propriétés que le faisceau généré par un mono-élément (b). Il est donc caractérisé par une zone de champ proximal et une zone de
champ distal. Noter la notion d’élévation qui définit la troisième dimension du faisceau correspondant à sa hauteur.
À la différence du faisceau cylindrique décrit précédemment, une est obtenue au point focal mais, en dehors de cette zone, elle dimi-
troisième dimension est définie par l’épaisseur ou l’élévation du nue rapidement en raison de la divergence du faisceau.
faisceau. L’épaisseur du faisceau varie de 2 à 3 mm en zone proxi- Il faut donc retenir l’importance du réglage de la zone focale en
male à 0,5 à 1 mm au point focal. fonction des éléments anatomiques à analyser : la zone focale doit
pointer sur ces éléments car cela permet l’obtention de la meilleure
Balayage par retard de phase résolution latérale.
Par un décalage dans l’excitation des différentes céramiques, les
ondelettes issues de chaque élément sont décalées dans le temps Sondes matricielles
(décalage de phase), modifiant ainsi la direction du front d’onde Les sondes matricielles sont de conception plus récente, en partie
global. Ce dernier prend une direction dont l’angle est proportionnel due à la miniaturisation des céramiques. Elles sont constituées d’une
à la valeur du décalage temporel. Plus le décalage est important, plus surface de céramiques indépendantes (64 × 64 et plus). Il s’agit cette
l’angle est grand, et inversement. fois d’un volume pyramidal de l’espace qui est insonifié, d’où une
Si le délai du décalage varie rapidement de façon incrémentielle, information volumique enregistrée.
puis décrémentielle, le faisceau global décrit alors un secteur. On Ces sondes sont à la base de l’échographie tridimensionnelle en
obtient ainsi un balayage du faisceau par retard de phase, piloté élec- temps réel.
troniquement.
Le principal avantage de cette technique purement électronique est Fréquence de sonde
une grande cadence de balayage (jusqu’à 156 images par seconde), Les fréquences utilisées en médecine vont de 2 à 10 MHz. Ici
mais cela nécessite de puissants calculateurs. encore, les progrès technologiques en matière de conception des trans-
ducteurs ont fait évoluer de façon spectaculaire le problème du choix
Focalisation électronique de la fréquence ultrasonore. Comme nous l’avons précédemment vu,
De la même manière, en agissant sur le décalage de phase des pour obtenir une bonne résolution axiale, il faut choisir une fréquence
ondes ultrasonores, on peut créer un front d’onde incurvé permettant élevée. Mais les fréquences élevées n’autorisent pas une pénétration
la focalisation du faisceau dans le plan latéral. Le point de focali- suffisante pour visualiser tous les éléments de l’aire cardiaque. C’est
sation est le plus souvent unique, parfois double, et peut être posi- donc d’abord la profondeur qui guide le choix de la fréquence.
tionné par l’examinateur à une distance variable de la source, mais L’arrivée des sondes large bande a simplifié les manipulations
toujours dans la zone de champ proximal. La résolution maximale des fréquences en permettant le changement de fréquence d’émis-
20
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
sion sans changer physiquement de sonde. Ces sondes possèdent un ou encore par des phénomènes d’artefacts ultrasonores sont à éli-
spectre en fréquences très large, classiquement de 2 à 5 MHz, de 3 à miner (parasites). Ainsi le système de réjection permet-il d’éliminer
6 MHz ou de 4 à 8 MHz. Ainsi, pour un même patient, devient-il très les fréquences de basse amplitude liées au bruit. Cet élément est de
rare de changer de sonde en fonction des structures à analyser car le deux types : préréglé et non modifiable et/ou opérateur-dépendant à
changement de fréquence s’effectue directement sur la console de adapter en fonction de l’image.
l’échographe. Il définit en partie la gamme dynamique de l’échographe
La technologie large bande a également permis l’avènement de (Figure 2-6). Ce terme regroupe l’échelle des amplitudes des fré-
l’imagerie d’harmonique définie par une réception au double de la quences qui seront traitées par l’appareil. La limite supérieure de la
fréquence émise. Cette technique génère une amélioration specta- gamme dynamique est donnée par la qualité intrinsèque du capteur
culaire de la qualité des images échographiques et est devenue la piézo-électrique, la limite inférieure par le système de réjection. La
méthode de référence en échocardiographie de l’adulte. gamme dynamique en échographie est de l’ordre de 100 dB.
Notons que, sur de nombreux appareils, le paramètre gamme
FORMATION DE L’IMAGE
dynamique est directement accessible. Il correspond alors au réglage
indirect du niveau de réjection.
La formation de l’image est le rôle propre de l’échographe qui
transforme les signaux électriques en provenance du transducteur en Filtres
image vidéo après les opérations d’amplification, de numérisation et Un filtre élimine les fréquences en deçà ou au-delà d’une certaine
de traitement informatique. limite. Ils sont de type « passe haut » quand ils fixent la limite au-
dessus de laquelle les fréquences sont préservées, « passe bas » pour
Amplification la limite supérieure d’acceptation des fréquences et « passe bande »
Le signal brut en sortie de sonde est appelé signal de radio- quand les limites inférieure et supérieure sont définies. En écho-
fréquence (RF) et intègre les informations d’amplitude, de fré- graphie, ils sélectionnent les fréquences utiles à la visualisation des
quence et de phase. Le signal de radiofréquence bénéficie, dans tissus.
un premier temps, d’un renforcement de son intensité par l’ampli-
ficateur radiofréquence. À partir du signal de radiofréquence brut Numérisation
est extraite l’amplitude du signal pour l’élaboration du signal vidéo. Le signal électrique en provenance du capteur est de type analo-
En raison de l’atténuation hétérogène des ultrasons dans les tis- gique. Il s’agit d’une variation continue d’amplitude dans le temps
sus, il est nécessaire d’appliquer une amplification en fonction de pour laquelle on connaît le maximum, le minimum, la fréquence et
la profondeur des échos, impliquant l’intervention de l’utilisateur. la phase. Ce signal est analysé par des opérateurs électroniques et
Ce système est appelé gains en profondeur (TGC, pour time-gain non par système informatique, ce qui interdit les calculs complexes.
compensation) et est intégré sur tous les systèmes. Il est également Pour contourner ces limites, le signal est converti en signal numé-
associé à un réglage global de l’amplification appelé gain global. rique.
Le signal numérique correspond au découpage de l’information
Gamme dynamique
analogique en une succession d’informations sous forme de nombres
Une fois le signal amplifié, il doit être traité de façon à sélection- binaires, ce qui permet les calculs informatiques avec un stockage des
ner les amplitudes d’échos constructifs pour l’image. En effet, un informations inaltérable et définitif. Cette transformation est effectuée
certain nombre de signaux générés par l’électronique du système par un convertisseur analogique digital (CAD), dont la localisation
Niveau de saturation
du signal
Signaux ultrasons
Gamme
dynamique
Niveau de réjection
Niveau du bruit
Bruit
Niveau zéro Signal
Figure 2-6 Gamme dynamique. La gamme dynamique est définie par les amplitudes comprises entre le niveau de réjection et le niveau de saturation
du système.
PRINCIPES PHYSIQUES DES ULTRASONS
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dans la chaîne de traitement du signal acoustique est très variable en son de la relation linéaire entre l’intensité du signal et l’amplitude
fonction du degré de sophistication des appareils échographiques. de la déviation. Rapidement, le mode B (brillance) a supplanté le
Les appareils haut de gamme convertissent dès l’origine le signal mode A en transformant l’amplitude par la luminosité d’un point
analogique, et toute la chaîne de traitement du signal, dont l’ampli- fixe sur l’oscilloscope [10] (Figure 2-7a).
fication, est numérique. La perte d’informations est alors très faible. Le mode TM (temps-mouvement) est encore le mode de référence
en matière de résolution aussi bien spatiale que temporelle. Il est
Traitement et format de l’image issu de la juxtaposition de lignes B dans le temps.
Traitement de l’image Enfin, avec les capacités des sondes à interroger non plus une
seule direction linéaire, mais une surface de l’espace par balayage, le
Cette notion de traitement de l’image s’applique à toutes les opé- mode bidimensionnel est venu clôturer l’évolution de la technologie
rations réalisées en temps réel sur le signal ou, plus précisément, sur d’affichage [11] (Figure 2-7b). Le mode bidimensionnel représente
l’ensemble des informations recueillies à un instant donné qui rem- à l’écran la coupe ultrasonore de façon dynamique (Figure 2-7c).
plissent une matrice numérique. Cette matrice est l’envers de la future
image vidéo avec une localisation spatiale des données numériques.
Il est possible d’appliquer des calculs sur la matrice permettant le QUALITÉ DE L’IMAGE
réglage plus ou moins automatisé du gain, le comblement d’infor-
mations par interpolation et adjonction de la phase, la compression La qualité de l’image est le facteur fondamental dans l’appré-
logarithmique, un lissage d’image, un renforcement des contours, ciation finale des propriétés intrinsèques de l’échographe. Pour la
une colorisation ou encore des mesures de distances, de surfaces et caractériser, on définit trois types de résolution : spatiale, temporelle
enfin l’incrustation de texte. et contraste. Ces caractéristiques évoluent souvent en sens opposé.
Ainsi l’amélioration de la résolution spatiale par différents réglages
Format d’images peut-elle dégrader significativement la résolution temporelle et
Historiquement, la première visualisation du signal ultrasonore inversement. Il est donc important de connaître les différentes rela-
était une déviation de la ligne de base d’un oscilloscope pour chaque tions entre ces paramètres afin de répondre aux objectifs des étapes
écho réceptionné. Ce mode était appelé mode A (amplitude) en rai- de l’examen échographique.
Figure 2-7a
VD
SIV
Mitrale
PP
Figure 2-7b
P1 P10 P60
L1 L10 L60
30°
Figure 2-7 Imagerie échocardiographique. a) Différents modes échographiques, du mode A au mode TM. b) Mode bidimensionnel obtenu à partir
d’une succession de lignes B.
22
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
Émetteur Récepteur
10 Hz, λ 10 cm
1 seconde = 10 cycles
Récepteur fixe
1 seconde = 10 + 3 cycles
+ 3 c.
Récepteur mobile
Vitesse = 30 cm/s
Effets de la fréquence transmise leur. En Doppler cardiaque, la démarche est inverse : il faut s’aligner
au maximum sur les flux intracardiaques pour annuler l’effet d’angle.
Pour une onde de célérité constante, une variation de fréquence
transmise, et donc de la longueur d’onde, influence directement le Réflexions
déplacement de fréquence. Le décalage de fréquence varie en fonc-
Les systèmes Doppler cliniques sont fondés sur la réflexion des
tion de la fréquence émise.
ultrasons par les globules rouges se déplaçant dans les vaisseaux
Une fréquence d’émission basse engendre un décalage de fréquence
et les cavités cardiaques. Dans cette situation, le transducteur est
peu élevé et inversement. Or l’obtention de faible décalage de fréquence
fixe et émet des ultrasons qui subissent une réflexion sur les glo-
est intéressante car elle permet de détecter de plus hautes vélocités.
bules rouges en mouvement. Il se produit alors un premier décalage
Effets de la vitesse des ultrasons de fréquence. Dans un deuxième temps, les globules se comportent
comme des émetteurs mobiles avec un nouveau décalage de fré-
La célérité intervenant directement sur la longueur d’onde, on
quence, et la réception s’effectue sur le transducteur qui devient la
observe des variations de décalage de fréquence en fonction de la
cible fixe. La résultante est alors un doublement du décalage de fré-
vitesse des ultrasons. Plus la célérité augmente, plus la longueur
quence quand il y a réflexion.
d’onde diminue et le décalage de fréquence diminue.
La célérité des ultrasons est cependant considérée comme Au final, l’équation Doppler trouve son aboutissement sous la
constante dans les milieux biologiques, et ce terme est généralement forme :
sans influence dans l’équation Doppler. V = ΔF × C/(2 × Fé × cos θ)
Déplacements angulaires Avec ΔF le décalage de fréquence, V la vélocité de la cible, Fé
la fréquence émise, C la célérité et θ l’angle entre le faisceau et la
L’alignement des déplacements des cibles avec l’onde ultrasonore
direction du déplacement.
est rarement superposable. Dans le cas d’une angulation entre les
En négligeant la vitesse des ultrasons, et dans l’hypothèse d’un
deux directions, cette dernière entraîne une diminution de l’incré-
alignement du faisceau ultrasonore sur le déplacement des glo-
mentation du nombre de cycles comparativement à l’hypothèse de
bules rouges, il existe une relation linéaire directe entre le décalage
l’alignement parfait. L’incrément dans le nombre de cycles enregis-
de fréquence, la fréquence transmise et la vitesse de la cible. Ainsi
trés est directement fonction de cet angle. Plus l’angle est proche de
observe-t-on un décalage de 1,3 kHz par MHz de fréquence par m/s
0°, plus l’incrément est important, plus le décalage de fréquence est
de déplacement. Par exemple, avec un transducteur de 1 MHz, une
grand ; plus l’angle s’approche de 90°, plus le décalage est faible.
vitesse de flux de 1 m/s produit un décalage de fréquence de 1,3 kHz.
La traduction mathématique de cette relation amène la notion du
Une vitesse de 2 m/s, un décalage de 2,6 kHz. Avec une fréquence de
cosinus de l’angle dans la formule Doppler.
2 MHz, une vitesse de 2 m/s produit un décalage de 5,2 kHz.
En pratique, il faut bien distinguer le Doppler vasculaire du Doppler
cardiaque. En Doppler vasculaire, il est quasiment impossible de s’ali-
gner sur les directions des vaisseaux afin d’annuler l’effet d’angle. ANALYSE DU SIGNAL
L’angle est obligatoirement à prendre en compte et doit être mesuré
pour être intégré dans l’estimation des vélocités des flux. Cela est Le phénomène Doppler produit donc un décalage de fréquence
réalisé aisément grâce au couplage de l’imagerie bidimensionnelle cou- proportionnel à la vitesse de déplacement de la cible. L’objectif de
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
l’analyse du signal est donc l’extraction des informations Doppler à En raison de l’émission et de la réception continues, le transduc-
partir du signal réceptionné. Cette analyse doit permettre l’extrapo- teur possède une partie émettrice et une partie réceptrice. Les signaux
lation de la vitesse de la cible, mais aussi l’obtention de l’informa- réceptionnés en provenance des tissus sont amplifiés et transmis au
tion de direction du déplacement. Les conditions physiques d’émis- démodulateur qui extrait la fréquence Doppler des cibles en mouve-
sion des impulsions, les variations des spectres au cours des diverses ment. La fréquence du décalage étant du domaine des sons (kHz),
réflexions, les propriétés des ultrasons, etc. font de l’analyse du elle peut être directement transmise à un système d’amplification
signal Doppler une technique particulièrement complexe [18]. audio pour une analyse acoustique ou sur un oscilloscope pour la
visualisation du spectre Doppler. Avec une fréquence d’émission de
Détection et extraction du signal Doppler 2 MHz, une vitesse de 2 m/s produit un décalage de 5 200 Hz, fré-
Les échos en provenance des cibles mobiles possèdent une fré- quence appartenant au domaine audible.
quence égale à la fréquence de l’onde émise (porteuse) plus ou moins Avantages
la fréquence engendrée par effet Doppler. Ce phénomène par lequel
l’onde porteuse est modifiée par le décalage de fréquence est appelé Les principaux avantages du Doppler continu sont une durée d’im-
modulation. L’onde porteuse, réfléchie et modulée par la cible mobile, pulsion longue par comparaison aux autres systèmes Doppler, d’où
comporte de nombreuses fréquences parasites associées au décalage un spectre fréquentiel le plus étroit possible générant une excellente
de fréquence. Il s’agit alors de différencier le décalage de fréquence de résolution en fréquence et l’absence de limitation pour les mesures
ces autres fréquences inutiles. Ce processus est appelé démodulation des hautes vélocités.
et correspond à la détection et à l’extraction du signal Doppler. La discrimination signal sur bruit est plus optimale en raison de
Une comparaison entre les fréquences réceptionnées et émises la sommation des informations pertinentes contre l’annulation du
est ensuite faite. Cette opération de comparaison de deux ondes est bruit randomisé.
appelée corrélation et permet d’identifier les différences de phase Enfin, sur un plan physique, le transducteur Doppler continu est
entre ces deux ondes. de très petite taille (maximum 10 mm de diamètre), autorisant un
excellent abord intercostal pour l’exploration cardiaque.
Analyse du signal Doppler Limites
L’analyse du signal Doppler consiste à rendre accessible les infor- La principale limite du Doppler continu provient de l’absence
mations comprises en sortie du démodulateur. Pour cela, le signal est d’interrogation d’une zone localisée donnée. En effet, en raison de
échantillonné en un point correspondant à la profondeur et à la durée l’émission et de la réception continues, tous les éléments stimulés
de la porte pour reconstruire l’onde Doppler. Si la zone d’échan- sur la longueur du faisceau renvoient des informations multiples
tillonnage interroge une zone de flux, le signal varie graduellement (Figure 2-10).
en amplitude et la fréquence Doppler peut être retrouvée. Le Doppler continu devient alors exclusivement intéressant, mais
Le signal échantillonné est alors transmis à un processeur de trans- irremplaçable pour l’analyse des flux de haute vélocité.
formation de Fourier qui permet, en sortie, l’obtention du spectre de
fréquence et son affichage au cours du temps. Doppler pulsé
Technique
INSTRUMENTATION Le Doppler pulsé est fondé sur une émission de courte durée
(impulsion acoustique) et sur la réception de l’écho faisant suite à une
Doppler continu
interaction avec un élément mobile [19]. Le délai entre l’émission et
Technique la réception conditionne la distance entre le transducteur et la zone
Le plus simple des systèmes Doppler est le Doppler continu. explorée.
L’instrumentation du Doppler continu consiste en un oscillateur L’instrumentation est fondée sur un oscillateur électrique qui produit
électrique, un amplificateur à l’émission, un transducteur, un ampli- des ondes électriques de fréquence donnée. À intervalles réguliers, le
ficateur à la réception et un démodulateur (Figure 2-9). L’oscillateur
produit des ondes électriques sinusoïdales, comme celles utilisées en
imagerie, qui sont amplifiées dans l’amplificateur à l’émission pour
déclencher l’émission d’ondes acoustiques au niveau du transducteur.
Émetteur Oscillateur
Récepteur Démodulateur
Sortie Doppler
Figure 2-9 Représentation schématique de l’instrumentation Figure 2-10 Exemple de Doppler continu avec un flux à haute
Doppler continu. vitesse.
PRINCIPES PHYSIQUES DES ULTRASONS
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Doppler couleur
Le Doppler couleur représente la synthèse de la détection des
signal est transmis à l’amplificateur, puis au transducteur qui génère structures et de l’enregistrement Doppler pour créer une image
une impulsion acoustique. La fréquence de transmission de l’onde unique, bidimensionnelle et dynamique de l’anatomie et des flux
électrique vers le transducteur détermine le nombre d’impulsions [20]. Cet objectif nécessite un gigantesque travail de gestion des
acoustiques par unité de temps qui correspond à la PRF de l’appareil. informations ultrasonores, comme la détermination de l’amplitude
La réception du signal doit être fondée sur une nouvelle porte et de la phase en chaque point de l’image, ce qui fait de l’outil
qui contrôle le délai entre l’émission et la réception, équivalent à la Doppler couleur une technologie extrêmement complexe.
distance entre le transducteur et la zone d’échantillonnage.
L’analyse des fréquences sur un système Doppler pulsé s’ap- Technique
puie sur la réception des spectres possédant les informations L’instrumentation Doppler couleur est fondée sur six modules
amplitude et phase. Les phases de spectres successifs, extraites différents qui permettent de construire l’image bidimension-
par démodulation permettent de retrouver la fréquence du déca- nelle et l’image Doppler couleur. En raison de l’antagonisme en
lage Doppler. matière de durée d’impulsion acoustique existant entre résolution
La représentation de l’information Doppler s’effectue en fonction spatiale (en imagerie bidimensionnelle) et résolution fréquen-
du temps, avec en ordonnée l’échelle de vitesse et un codage de den- tielle (en imagerie Doppler), il est nécessaire d’utiliser les deux
sité en niveau de gris correspondant au nombre de cibles se dépla- formes différentes d’impulsion. Cette approche pour collecter les
çant à une vitesse donnée (Figures 2-11 et 2-12). informations s’effectue soit par interrogation d’une même ligne
Limitation pour les vitesses élevées à deux reprises successives (mode bidimensionnel, puis mode
Doppler) avant d’interroger la ligne suivante, soit par acquisition
Durant le bref intervalle d’interaction entre l’impulsion et la d’une image en mode bidimensionnel suivie d’une image en mode
cible, la cible ne se déplace pas suffisamment vite pour incrémen- Doppler.
ter la longueur d’onde et, de ce fait, le décalage de fréquence ne L’information de vélocité est obtenue par une autocorrélation qui
peut s’observer à partir d’une seule impulsion. Il est donc nécessaire est la méthode la plus répandue pour détecter les variations de fré-
d’enregistrer plusieurs impulsions successives pour extraire le déca- quence ou de phase en Doppler couleur [21].
lage de fréquence.
La limite maximale de vélocité est donnée par la limite
d’échantillonnage de Nyquist qui est égale à la moitié de la fré-
Figure 2-14a
Résolutions
Aux résolutions spatiale et temporelle déjà discutées en mode
échographique bidimensionnel s’ajoute, en mode Doppler, la réso-
lution en vitesse correspondant à la résolution en fréquence.
Résolution spatiale. La résolution spatiale en mode Doppler
couleur est significativement plus basse que celle en mode écho-
graphique bidimensionnel en raison des impulsions acoustiques de
durée plus longue. En effet, en mode échographique, plus la durée
des impulsions est courte, meilleure est la résolution axiale, alors
qu’en mode Doppler, la priorité est à l’échantillonnage fréquentiel
qui nécessite des impulsions plus longues.
Figure 2-14 Exemple de Doppler couleur. a) Codage bleu pour un
À l’opposé, la résolution latérale est sensiblement la même dans
flux s’éloignant du capteur (vidange systolique du ventricule gauche vers
la chambre de chasse). b) Codage rouge pour un flux se rapprochant du les deux modes, le profil du faisceau étant identique en Doppler et
capteur (flux de remplissage ventriculaire gauche à partir de l’oreillette en échographie bidimensionnelle.
gauche en diastole). Au total, la résolution spatiale est de l’ordre de 1 à 2 mm en mode
Doppler, permettant la majeure partie des diagnostics cliniques.
Résolution temporelle. La résolution temporelle est définie par le
nombre d’images disponibles par unité de temps. La résolution tem-
Les opérations étant réalisées en continue, elles sont applicables porelle en mode Doppler couleur est de l’ordre de 10 à 30 Hz si bien
simultanément sur toute la ligne d’interrogation, permettant l’obten- que les images sont renouvelées toutes les 33 à 100 ms. Ce délai de
tion des informations Doppler en tout point de la ligne. renouvellement est relativement lent comparativement aux 10 ms du
Pour optimiser la précision des informations, à partir de l’ensemble Doppler pulsé, mais il s’explique par la méthode d’acquisition et de
des informations traitées, il est possible de calculer la variance de la traitement des informations en mode couleur.
fréquence Doppler moyenne pour chaque fenêtre d’échantillonnage Résolution en vitesse. De même, la résolution en vitesse est
sur la ligne interrogée. plus basse en mode couleur comparativement au mode pulsé. La
En pratique, cette variance donne des indications sur la morpho- première cause de cette diminution est l’association à l’imagerie
logie du flux. Un flux laminaire donne une variance minimale alors échographique bidimensionnelle qui donne un taux d’échantillon-
qu’un flux turbulent l’augmente significativement. Les variations de nage plus bas qu’en mode pulsé pour une PRF donnée. La limite de
variance se produisent également en cas d’accélération ou décéléra- Nyquist s’en trouve abaissée, produisant le phénomène d’aliasing
tion des flux. pour des vitesses plus faibles.
Les informations issues des différents calculateurs sont donc de La deuxième raison concerne le nombre d’échantillonnages
quatre types : amplitude (2D noir et blanc), vélocité (Doppler), d’une même zone par unité de temps, qui est logiquement plus bas
variance (Doppler) et puissance (Doppler). Le processeur couleur en mode couleur en raison de la nécessité de plusieurs lignes pour
gère alors leur affichage respectif en pondérant l’importance de construire l’image.
chaque information. Enfin, le système Doppler couleur affiche une couleur donnée
Le choix de la couleur est par convention dominé par les couleurs pour une plage de vélocités alors que le Doppler pulsé donne l’en-
primaires bleu et rouge pour indiquer l’éloignement ou le rapproche- semble des vélocités mesurées sans approximation.
ment du flux vers le capteur (Figures 2-14a et b).
Le phénomène d’aliasing se traduit par une rotation de 180° dans Le Doppler couleur offre une cartographie très utile des vélocités,
l’échelle de couleur avec le passage direct du bleu au rouge ou vice particulièrement en raison de l’association à l’imagerie bidimension-
versa, traduisant l’erreur d’estimation de la vitesse au-delà de la fré- nelle qui permet la visualisation des structures. Cet incomparable
quence de Nyquist (Figure 2-15). avantage en fait un outil de débrouillage de référence et indispen-
PRINCIPES PHYSIQUES DES ULTRASONS
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sable à la pratique clinique. Mais ses limites en matière de résolution 9. GRIFFITH JM, HENRY WL. A sector scanner for real time two-dimen-
spatiale, temporelle ou en vitesse ne lui permettent pas les précisions sional echocardiography. Circulation, 1974, 49 : 1147-1152.
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Chapitre 3
Doppler tissulaire
et imagerie de déformation
Geneviève DERUMEAUX
Les développements récents en échocardiographie permettent L’exploration de la fonction cardiaque repose habituellement
la quantification du mouvement, de la vitesse et de la déformation sur des paramètres de fonction ventriculaire globale tels que les
myocardique en routine clinique [1]. mesures de volume et de fraction d’éjection, dont l’intérêt réside
L’imagerie de déformation, initialement fondée sur l’acquisition dans leur grande accessibilité clinique, leur validation et leur valeur
des vitesses myocardiques (Doppler tissulaire) [2], puis plus récem- pronostique. Cependant, ces mesures ne rendent pas compte de la
ment sur le déplacement des échos denses intramyocardiques (spec- complexité des mécanismes mis en jeu lors de la contraction car-
kle tracking) [3], permet d’obtenir les paramètres suivants de façon diaque, ni des atteintes focalisées rencontrées au cours de certaines
relativement simple : pathologies. De plus, les paramètres de fonction ventriculaire glo-
– paramètres de mouvement (vélocité et déplacement myocar- bale n’explorent pas façon spécifique la contractilité intrinsèque du
diques) ; myocarde qui est, de fait, très difficile à appréhender par les mesures
– paramètres de déformation (vitesse de déformation et déforma- non invasives de fonction myocardique. La fonction myocardique
tion myocardiques relatives). régionale est caractérisée par un épaississement et un amincissement
Après que ces paramètres ont été validés par des études expéri- de la paroi myocardique au cours du cycle cardiaque. Elle résulte,
mentales animales utilisant la sonomicrométrie [4-7] et des études d’une part, de l’organisation des fibres myocardiques disposées en
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DOPPLER TISSULAIRE ET IMAGERIE DE DÉFORMATION 29
couches d’orientations différentes de l’endocarde vers l’épicarde, cardiques où l’activation électrique est tardive (segment basal de
d’autre part, de la perfusion régionale myocardique et, enfin, de la la paroi postéro-latérale). Il existe donc une inhomogénéité dans
force ou stress pariétal résultant en partie des conditions de charge. la survenue du raccourcissement longitudinal et circonférentiel,
tant au niveau transmural qu’entre la base et l’apex du ventricule
gauche [10]. Pendant l’éjection, les couches sous-endocardiques
ORIENTATION DES FIBRES MYOCARDIQUES
et sous-épicardiques se raccourcissent simultanément. Notons que
La connaissance de l’architecture des fibres myocardiques est l’amplitude de la déformation circonférentielle excède celle de
fondamentale pour la compréhension des déterminants de la défor- la déformation longitudinale. En phase post-éjectionnelle (relaxa-
mation myocardique. tion isovolumique), la survenue de la relaxation des fibres est
Les fibres myocardiques forment une structure hélicoïdale autour également marquée par un asynchronisme entre l’endocarde et
de la cavité ventriculaire gauche [9]. Les fibres myocardiques par- l’épicarde, qui rend compte de la survenue physiologique d’un
tent du plan des anneaux valvulaires : les fibres les plus internes raccourcissement post-systolique dans certains segments myo-
(endocarde) sont parallèles à l’axe longitudinal (apex-base), la cardiques chez les sujets normaux [11].
couche moyenne est radiale et la couche externe redevient lon-
gitudinale avec un angle de 60° par rapport à la couche interne. DÉFORMATION RADIALE
Les fibres myocardiques sont ainsi organisées de façon complexe
en spirale autour de la cavité ventriculaire gauche. Au sein d’une L’épaississement radial ne résulte pas seulement de la contrac-
même spirale, les fibres adjacentes sont parallèles les unes aux tion longitudinale et circonférentielle des fibres myocardiques,
autres, mais l’angle d’une spirale à une autre (d’une couche à mais est également lié à la survenue de forces de cisaillement qui
l’autre) change graduellement, l’organisation générale ressemblant permettent d’amplifier le raccourcissement des fibres, pour aboutir
à un éventail ouvert. Ainsi les fibres les plus internes et externes ainsi à une fraction d’éjection supérieure à 60 p. 100 chez le sujet
ont-elles une disposition longitudinale par rapport à la cavité ven- normal. La déformation radiale obéit à un gradient endocarde-
triculaire gauche tandis que les fibres à mi-paroi ont une disposition épicarde avec une contribution plus importante des couches sous-
circonférentielle. De plus, l’angle entre ces fibres et leur longueur endocardiques.
se modifient selon la géométrie globale du ventricule gauche et les
conditions de charge.
ROTATION ET TORSION
Cette répartition hélicoïdale des fibres myocardiques est à l’ori-
gine des composantes de la déformation du myocarde : raccour- L’architecture hélicoïdale myocardique est responsable d’une
cissement longitudinal et circonférentiel, épaississement radial et rotation antihoraire de l’apex et horaire de la base autour du grand
rotation. Le raccourcissement longitudinal assuré par la couche axe du ventricule gauche. Ces mouvements de rotation opposés du
sous-endocardique est probablement l’une des principales compo- ventricule gauche permettent, par la torsion qu’ils imposent aux
santes de la fonction pompe ventriculaire chez les grands mammi- fibres myocardiques, d’amplifier la contraction ventriculaire gauche
fères. L’épaississement radial est assuré par la couche médiane et et donc le volume d’éjection.
la rotation par les fibres externes. La disposition architecturale en Le phénomène inverse (untwist) se produit principalement en
couche hélicoïdale des fibres myocardiques et la distribution ana- phase de relaxation isovolumique, permettant alors d’améliorer le
tomique des fibres myocardiques sont responsables d’une aniso- remplissage ventriculaire gauche en favorisant la succion diasto-
tropie de conduction et de contraction myocardique. La contraction lique du ventricule gauche.
isovolumique débute de l’endocarde vers l’épicarde et, durant la
contraction isovolumique, l’endocarde se contracte alors que l’épi-
carde s’étire.
OUTILS D’ANALYSE DE LA FONCTION
Enfin, cette structure hélicoïdale des fibres myocardiques
MYOCARDIQUE RÉGIONALE
influence l’apparence du myocarde sur les images échographiques
avec un aspect plus intense des échos denses intramyocardiques
Actuellement, le mode Doppler tissulaire myocardique est
(speckles) quand les fibres sont perpendiculaires au faisceau ultra-
implémenté sur la plupart des plates-formes échographiques, grâce
sonore.
notamment à la modification des filtres passe-haut et l’ajustement de
l’échelle des vélocités (Figure 3-1). Alors que les logiciels permet-
DIRECTION DES MOUVEMENTS DU VENTRICULE GAUCHE tent le calcul de paramètres de déformation myocardique segmen-
taire à partir des profils de vélocité myocardique et des échos denses
Cette disposition des fibres myocardiques en éventail est respon- intramyocardiques, des progrès technologiques récents permettent
sable d’une cinétique complexe des parois myocardiques que l’on des acquisitions rapides en modes 3D et 4D.
peut décomposer en un mouvement de contraction radiale, un mou-
vement de contraction longitudinale et circonférentielle, tous deux
influencés par la rotation cyclique entre les portions basale et apicale DÉFINITION DES PARAMÈTRES DE FONCTION
MYOCARDIQUE RÉGIONALE
ventriculaires gauches.
On peut classer ces paramètres en deux grandes catégories :
DÉFORMATION LONGITUDINALE ET CIRCONFÉRENTIELLE – les paramètres de mouvement (vélocité et déplacement myo-
cardiques) ;
En phase pré-éjectionnelle (contraction isovolumique), le rac- – les paramètres de déformation (vitesse de déformation et défor-
courcissement des fibres sous-endocardiques est associé à un mation myocardiques relatives).
étirement des fibres sous-épicardiques. Par ailleurs, un étirement La vitesse (cm/s) reflète le déplacement des fibres myocardiques
des fibres sous-endocardiques est noté dans les segments myo- par unité de temps.
30
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
Myocarde Myocarde
Amplitude (dB)
Amplitude (dB)
Filtre passe-haut Filtre passe-haut
Gain
Flux sanguin Flux sanguin
Figure 3-1 Vélocimétrie Doppler conventionnelle et tissulaire myocardique. Les caractéristiques physiques distinctes des tissus myocardiques
et du sang en termes de vitesse de déplacement et de réflectivité ultrasonore sont mises à profit pour filtrer le signal d’intérêt. Le sang circule à des
vitesses relativement élevées dans les cavités cardiaques (20 à 100 cm/s), contrastant avec un déplacement myocardique plus lent (1 à 20 cm/s). De
plus, les variations d’impédance acoustique des interfaces myocardiques sont plus importantes avec un signal de radiofréquence réfléchi de plus haute
énergie que celui obtenu à partir du sang. Ainsi, en appliquant un filtre passe-haut en intensité, on diminue considérablement le signal Doppler en pro-
venance des parois et des tissus cardiaques. En revanche, en éliminant ce filtre et en diminuant le gain, on privilégie le signal myocardique
Le déplacement (cm) définit la distance parcourue par une struc- Le terme de torsion concerne le gradient base-apex de l’angle de
ture myocardique (segment ou speckle) entre deux images. rotation et s’exprime en degrés/cm.
Le strain, (ε, p. 100) décrit la déformation myocardique ou varia- Les valeurs normales de la rotation du ventricule gauche et de la
tion de dimension d’un segment myocardique. torsion varient selon la technique utilisée, la zone d’intérêt analysée,
Le strain rate (SR, 1/s ou s−1) reflète la vitesse de déformation l’âge et les conditions de charge [12, 13]. La valeur moyenne de
myocardique et présente l’intérêt d’être le paramètre mieux cor- l’angle de torsion est de 7,7 ± 3,5 chez les sujets normaux, mais
rélé aux indices de contractilité intrinsèque du myocarde tels que augmente avec l’âge (âge > 60 ans : 10,8 ± 4,9° versus âge < 40 ans :
l’élastance. 6,7 ± 2,9). L’altération de la relaxation est associée à une diminution
Ces différents paramètres permettent l’évaluation spécifique de de l’angle de détorsion du ventricule gauche.
chaque composante de la fonction myocardique (longitudinale,
radiale et circonférentielle), rendant ainsi possible la caractérisation CALCUL DES PARAMÈTRES DE FONCTION
fine de la mécanique cardiaque. MYOCARDIQUE RÉGIONALE
La rotation s’exprime en degrés et concerne la rotation autour du
grand axe du ventricule gauche. Normalement, la base et l’apex ont La vélocité myocardique peut être estimée à chaque instant t
une rotation de directions opposées. La différence absolue de rota- d’échantillonnage temporel et représente une distance parcou-
tion base-apex s’exprime par le twist. rue par unité de temps. L’intégrale temporelle des vélocités d’un
DOPPLER TISSULAIRE ET IMAGERIE DE DÉFORMATION
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D’où :
εN = ln (1 + ε) ou ε = exp(εN) – 1
A L B duB
t
A B
t + dt
duA L + dL
– protodiastole ou remplissage initial avec une onde négative (e’) ; fique : quantification des pics de vélocité, des intégrales des ondes
– diastasis avec des vélocités régionales proches de zéro ; de vélocité ainsi que des intervalles temporels régionaux, comme
– télédiastole ou remplissage terminal avec une onde négative la durée de la systole et des phases de relaxation et contraction iso-
(a’) correspondant à la systole atriale. volumique (Figure 3-3). Le Doppler pulsé peut mettre en évidence
À partir de ces profils de vélocité, la mesure des différents para- des spécificités de déplacement segmentaire comme le déplacement
mètres est réalisable sans le recours à des logiciels d’analyse spéci- post-systolique (Figure 3-4). Il existe une hétérogénéité importante
des vélocités myocardiques longitudinales entre la base et l’apex
avec une diminution des vélocités myocardiques systoliques et
diastoliques de la base vers l’apex, mais aussi entre les différentes
parois myocardiques [14, 15] (Figure 3-5). Noter que le profil de
vitesse de la paroi libre du ventricule droit se différencie de celui des
parois du ventricule gauche par l’absence de phase de relaxation iso-
volumique et des pics de vélocités plus élevés, tant en systole qu’en
5 5 4 4 5
4
6 7
7 6 7 6
Figure 3-5 Vitesses myocardiques. En haut : schématisation des valeurs normales de vitesses myocardiques systoliques dans les segments basal et
médian des différentes parois myocardiques analysées en mode apical 2, 4 et 3 cavités [14]. En bas : le profil de vitesse systolique est de morphologie
différente dans les parois postérieure et septale (aspect ogival avec pic de vitesse mésosystolique) et les parois latérale et antérieure (aspect de pic pro-
tosystolique suivi d’un plateau méso-télésystolique).
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DOPPLER TISSULAIRE ET IMAGERIE DE DÉFORMATION 33
protodiastole (Figure 3-6). Enfin, les vitesses myocardiques en importantes sur la fonction systolique longitudinale ventriculaire et
phase diastolique sont influencées par l’âge de la même façon que le participe à l’analyse des pressions de remplissage ventriculaire (voir
flux mitral, avec une diminution de la vitesse protodiastolique et une Chapitre 19).
élévation de la vitesse télédiastolique (systole atriale) (Figure 3-7). Cette modalité présente les limitations suivantes :
Le Doppler pulsé possède une excellente résolution temporelle – existence d’une limite maximale de vitesse détectable inverse-
(< 4 ms) avec une bonne résolution dans la détection des pics de ment proportionnelle à la profondeur du champ ultrasonore et à la
vélocité. Son usage est actuellement limité à l’analyse du déplace- fréquence centrale du transducteur. Au-delà de cette limite survient
ment de l’anneau mitral et tricuspide, ce qui fournit des informations le phénomène de repliement spectral (aliasing) ;
– absence d’information de la déformation myocardique régio-
nale, mais uniquement de la vitesse de déplacement de la région
d’intérêt ;
– nécessité d’aligner le mouvement myocardique étudié avec le
faisceau Doppler pour limiter l’angle à 15°.
Figure 3-8a
Figure 3-7b
Figure 3-8b
vélocités à un instant t en chaque point de la ligne d’acquisition. 10 ms) et au développement de logiciels d’analyse dédiés, cet outil
Grâce à cette cartographie, on peut calculer le gradient de vélocité est devenu très utile en pratique clinique courante.
myocardique entre deux points, qui représente une estimation de la La composante radiale de la déformation myocardique s’obtient
vitesse de déformation segmentaire normalisée. en incidence parasternale alors que la composante longitudinale
Le Doppler tissulaire en mode TM couleur possède une très bonne s’explore par voie apicale (Figure 3-9).
résolution temporelle (< 4 ms). La résolution spatiale axiale est éga- On peut ainsi, à partir d’une acquisition bidimensionnelle, recons-
lement bonne, de l’ordre du millimètre, et dépend surtout de la fré- truire simultanément en différents points du myocarde les profils de
quence d’émission, mais aussi de la durée des impulsions émises. vélocité (Figure 3-10) et de déplacement myocardique (Figure 3-11)
Les limitations de cette modalité sont comparables à celles du mode ainsi que des profils de vitesse de déformation (SR pour strain rate)
pulsé (vitesse maximale limite, aliasing). Toutefois, par opposition au (Figure 3-12) et de déformation myocardique (ε) normalisés (voir
mode pulsé, en estimant simultanément les vélocités myocardiques Figure 3-9) [18, 19].
en plusieurs points de la ligne de tir, cette modalité permet le calcul L’analyse des vélocités myocardiques radiales montre également
du gradient de vélocité myocardique comme indice de déformation. l’existence d’un gradient décroissant de vélocité entre l’endocarde
Le TM couleur a cependant perdu de son utilité pour la quantification et l’épicarde alors que l’analyse des vélocités myocardiques longi-
de la fonction myocardique régionale depuis le développement des tudinales montre un gradient décroissant de vélocité entre base et
logiciels de quantification qui permettent d’obtenir les paramètres de apex. D’une façon schématique, en phase systolique (allant de la
fonction à partir du mode bidimensionnel couleur. fermeture de la valve mitrale à la fermeture de la valve aortique), les
fibres myocardiques se contractent et se raccourcissent, entraînant
Doppler tissulaire myocardique un raccourcissement circonférentiel et longitudinal et un épaissis-
en mode bidimensionnel couleur
sement radial. Il en résulte des valeurs positives pour la vitesse de
Comme pour la modalité Doppler tissulaire myocardique en mode déformation (strain rate) et la déformation normalisée (ε) explorant
TM couleur, le mode bidimensionnel est fondé sur l’autocorrélation la fonction radiale et des valeurs négatives pour la fonction longi-
des signaux radiofréquence, mais cette fois le long de plusieurs tudinale et circonférentielle (voir Figure 3-9). Par opposition aux
lignes ultrasonores. Grâce à l’obtention des cadences d’images de vélocités, la distribution des valeurs de déformation longitudinale
100 et 200 images/s (soit une résolution temporelle inférieure à semble nettement plus homogène avec un raccourcissement systo-
Figure 3-9 Fonction radiale et longitudinale analysée par des courbes de strain.
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DOPPLER TISSULAIRE ET IMAGERIE DE DÉFORMATION 35
Tableau 3-I Valeurs normales du strain longitudinal publiées en utilisant des techniques différentes [8].
Figure 3-12 Vitesse de déformation myocardique (ou strain rate) visualisée en codage couleur d’une vue apicale 4 cavités (a), en mode
TM couleur analysant la paroi latérale de la base vers l’apex (b). En mode couleur, la couleur jaune code le raccourcissement, la couleur bleue
l’allongement et la couleur verte l’absence de déformation. Noter l’influence de la cadence d’image sur la qualité d’un profil de strain rate (c et d).
c) 90 images/s. d) 180 images/s.
tissulaire peut tout au plus quantifier consécutivement la déformation 2D STRAIN OU SPECKLE TRACKING IMAGING
radiale, puis longitudinale ou circonférentielle de certains segments
myocardiques. Ainsi la complexité de la déformation tridimensionnelle Le speckle tracking imaging (STI) est une technique plus récente
du myocarde avec ses composants « normaux » et de cisaillement ne permettant de mesurer les paramètres de déplacement et de déforma-
peut-elle être appréhendée, alors que la déformation en cisaillement tion myocardique régionale ainsi que la rotation [3, 21, 22]. Toutes
peut devenir importante en cours d’ischémie. les images échographiques sont dégradées par un artefact intrinsèque
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DOPPLER TISSULAIRE ET IMAGERIE DE DÉFORMATION 37
Figure 3-14 Modalités d’analyse de la fonction myocardique en mode 2D strain ou speckle tracking imaging.
38
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
à celle du STI. Il faut enfin noter que les valeurs de strain varient dépasser les limitations de l’usage du mode 2D (coupes tronquées
d’un constructeur à l’autre, ce qui pose un problème de définition pouvant affecter les mesures de déformation) et de pouvoir ana-
des valeurs normales (voir Tableau 1-I). lyser simultanément les différentes composantes spatiales du vec-
teur de déformation myocardique dans l’acquisition d’un volume
SPECKLE TRACKING IMAGING EN MODE 3D unique et complet de données (full volume). En effet, le mode 3D
peut suivre et donc mesurer le déplacement des speckles myocar-
La combinaison du mode 3D et de l’analyse de la déformation diques indépendamment de la direction de leur mouvement [26,
par STI ouvre des perspectives intéressantes, avec l’objectif de 27] (Figures 3-16 et 3-17 et Vidéos V3-1 et V3-2). Le mode 3D
Figure 3-16 Analyse de la déformation du ventricule droit en mode strain à partir d’un enregistrement 3D.
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DOPPLER TISSULAIRE ET IMAGERIE DE DÉFORMATION 39
Figure 3-17 Analyse de la déformation du ventricule droit en mode strain à partir d’un enregistrement 3D.
STI a notamment conduit à l’évaluation des volumes ventriculaires Les vélocités myocardiques sont plus élevées dans la paroi
qui était mieux corrélée aux données de l’IRM que les mesures 2D libre du ventricule droit (vélocité systolique de l’anneau tricus-
[26]. Par ailleurs, le mode 3D STI a aussi été validé par rapport à pide > 12 cm/s). Elles sont également plus élevées dans la paroi laté-
la sonomicrométrie dans une étude expérimentale animale [28]. Il rale que la paroi septale du ventricule gauche. Il existe un gradient
en résulte donc également une évaluation plus rapide, plus fiable base-apex avec les vélocités les plus élevées enregistrées à tous les
et plus complète de la fonction ventriculaire gauche globale et temps du cycle cardiaque au niveau de la base du ventricule gauche
régionale [29]. Cette potentielle supériorité est cependant à mettre (voir Figure 3-5).
en balance avec une résolution temporelle plus basse que celle du À la différence des vitesses, les valeurs de strain et de strain
mode 2D (20 à 30 images/s). Cela peut en limiter l’usage pour rate sont relativement homogènes entre les segments ventriculaires
l’évaluation de l’asynchronisme mécanique dans les cardiomyo- gauches (voir Tableau 3-I). En mode STI, on note cependant des
pathies dilatées où la résolution temporelle et la résolution spatiale valeurs de strain plus élevées dans les segments apicaux. Dans une
sont cruciales dans la pertinence des résultats [30]. Par ailleurs, la étude européenne, la limite inférieure de la normale est de 18,5 p. 100
qualité de l’image doit être optimale pour une définition fiable des pour le strain longitudinal, de 44,5 p. 100 pour le strain radial, de
contours endocardiques et épicardiques de la paroi. 1,00 s−1 pour le strain rate longitudinal et de 2,45 s−1 pour le strain
rate radial [31, 32].
Les vitesses et les déformations myocardiques sont également
INDICATIONS CLINIQUES DU DOPPLER affectées par l’âge, la fréquence cardiaque, les conditions de charge
TISSULAIRE MYOCARDIQUE ET DE L’IMAGERIE et l’échographe utilisé.
DE DÉFORMATION
ESTIMATION DES PRESSIONS DE REMPLISSAGE
La littérature est riche concernant les indications actuelles du DU VENTRICULE GAUCHE (voir Chapitre 19)
Doppler tissulaire myocardique et de l’imagerie de déformation. Le Doppler pulsé à partir du mode Doppler myocardique permet
Nous proposons dans ce chapitre un bref rappel des principales de mesurer les vitesses de déplacement de l’anneau mitral, en par-
indications. ticulier la vitesse protodiastolique (e’) qui est utilisée avec la vitesse
protodiastolique du flux mitral dans le rapport E/e’ pour apprécier les
VALEURS NORMALES vitesses de remplissage du ventricule gauche. Ce rapport E/e’ est bien
corrélé aux pressions de remplissage du ventricule gauche obtenues
Les valeurs normales variant selon la paroi myocardique et la par cathétérisme cardiaque. Ainsi un rapport E/e’ (latéral) ≥ 12 et un
composante de la déformation myocardique analysées. Pour un rapport E/e’ (septal) ≥ 15 sont-ils corrélés à une élévation des pres-
usage clinique, les données concernant la fonction longitudinale sions de remplissage du ventricule gauche alors qu’un rapport E/e’
sont plus reproductibles que celles concernant la fonction radiale et (latéral, septal) < 8 est corrélé à des pressions de remplissage du ven-
circonférentielle. Ce sont donc les plus utilisées et nous nous limite- tricule gauche normales. Des recommandations récentes ASE/EAE
rons aux valeurs de vitesse et de déformation explorant la fonction ont proposé cet indice pour l’évaluation des pressions de remplissage,
longitudinale. en particulier [33].
40
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
DÉPISTAGE DU DYSFONCTIONNEMENT MYOCARDIQUE On observe alors une diminution des vitesses et du strain myocar-
INFRACLINIQUE diques alors que les paramètres conventionnels de fonction sont
C’est une indication très prometteuse des indices de déformation préservés.
et de vitesses dans tous les cas où le myocarde subit une modifi- C’est également une indication des indices de déformation que de
cation pathologique, qu’elle soit liée au diabète, à l’hypertension différencier un cœur d’athlète et une cardiomyopathie hypertrophique
artérielle, à l’amylose, aux traitements cardiotoxiques, etc. [34-36]. débutante (voir Chapitre 50). En effet, dans le cœur d’athlète, tant
Figure 3-20 Analyse de la déformation longitudinale du ventricule gauche en mode 2D strain et affichage en « œil de bœuf ».
les vélocités que les paramètres de déformation sont normaux, voire toujours pas de proposer un indice fiable à utiliser en pratique
élevés, alors qu’ils sont altérés dans les hypertrophies ventriculaires courante.
gauches pathologiques. Ces observations cliniques ont été confirmées
par des études expérimentales [37-39].
PERSPECTIVES
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE CONSTRICTION Les données sont importantes et nombreuses dans la littérature
ET RESTRICTION MYOCARDIQUE pour asseoir dans la pratique clinique de routine l’imagerie de
déformation telle qu’elle est obtenue par Doppler ou STI. En
En l’absence de pathologie myocardique, les indices de défor- effet, elle amène des informations cliniques fiables et augmente
mation et de vitesse sont normaux (e’ > 8 cm/s) chez les patients ainsi la puissance et la précision diagnostique de l’échocardio-
avec constriction péricardique. À l’inverse, une pathologie graphie.
myocardique restrictive est responsable d’une altération des Les développements technologiques en cours autour du
paramètres de fonction systolique et diastolique [40, 41] (voir 3D/4D strain sont prometteurs et devraient permettre un accès plus
Chapitres 27 et 33). facile, rapide et fiable à ces paramètres de déformation.
Il persiste toutefois un écueil à leur usage en routine clinique
qui est l’absence de reproductibilité des informations d’un
CARDIOMYOPATHIES constructeur à l’autre. Ce travail d’harmonisation est fondamen-
tal afin que les cliniciens puissent standardiser les mesures et
Les indices de déformation jouent un rôle important dans l’évaluation réduire ainsi la variabilité parfois encore trop importante de ces
diagnostique et pronostique des cardiomyopathies (voir Chapitre 25). mesures.
En ce qui concerne les cardiopathies ischémiques, il peut de
plus préciser le type de substrat ischémique affectant le myo-
carde (sidération, nécrose transmurale ou non transmurale) et en
préciser le pronostic [42-46]. De plus, la quantification précise
VIDÉOS
des anomalies myocardiques lors d’un stress est prometteuse
[47]. La mesure de la moyenne des strain segmentaires, ou strain Vidéo V3-1 Analyse de la déformation du ventricule droit en
global, s’avère un nouvel outil apportant une aide supplémentaire mode strain à partir d’un enregistrement 3D.
à la stratification pronostique de ces patients (Figures 3-18 à 3-20 Vidéo V3-2 Analyse de la déformation du ventricule droit en
et Vidéos V3-3 et V3-4). mode strain à partir d’un enregistrement 3D.
Dans les cardiomyopathies, l’amplitude de la déformation est Vidéo V3-3 Analyse de la déformation longitudinale du ventri-
intéressante, mais son analyse temporelle a généré beaucoup cule gauche en mode 2D strain.
d’enthousiasme pour le diagnostic des asynchronismes méca- Vidéo V3-4 Analyse de la déformation radiale du ventricule
niques. Les données récentes de la littérature ne permettent gauche en mode 2D strain.
42
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PRINCIPES PHYSIQUES ET BASES THÉORIQUES
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