PARTIE 4 : Corps humain et santé
Chapitre 2 : La maîtrise de la procréation
Il existe des mécanismes permettant de contrôler le fonctionnement des gonades et de régler la
concentration plasmatique des hormones gonadiques, indispensables à la réussite de la
reproduction. Ces mécanismes mettent en jeu des contrôles hormonaux complexes, faisant
intervenir un système de commande hiérarchisé qui présente trois niveaux d’intervention :
hypothalamus, hypophyse et gonades.
A. Le contrôle de la sécrétion des hormones sexuelles et des gamètes
Doc. 1. Représentation schématique du complexe hypothalamo-hypophysaire.
a. Intervention de l’hypothalamus
L’hypothalamus est une structure nerveuse située à la base de l’encéphale. Certains neurones
hypothalamiques sécrètent une neurohormone, la GnRH. Cette dernière est déversée dans le sang
au niveau d’un réseau sanguin situé entre l’hypothalamus et une petite glande appelée hypophyse.
Le GnRH agit sur les cellules de l’antéhypophyse où elle stimule la sécrétion d’hormones appelées
gonadostimulines.
b. Intervention de l’hypophyse
L’hypophyse antérieure ou antéhypophyse est une glande endocrine qui sécrète deux hormones, la
LH et la FSH qui agissent sur les gonades.
Chez l’homme, la FSH permet d’activer la formation de spermatozoïdes tandis que La LH stimule la
production de testostérone par les cellules du tissu interstitiel.
Chez la femme, la FSH stimule le développement des follicules et commande la sécrétion des
œstrogènes alors que la LH provoque l’ovulation, elle entraîne également la transformation des
cellules des follicules en cellules lutéales (corps jaune) et stimule la sécrétion de progestérone par
ces cellules.
B. Le contrôle des hormones sexuelles sur le complexe hypothalamo-hypophysaire
1. Chez l’homme
La testostérone exerce un contrôle sur l’axe hypothalamo-hypophysaire. Toute hausse de la
concentration de testostérone freine la sécrétion des gonadostimulines. Toute baisse de la
concentration de testostérone lève ce frein.
2. Chez la femme
Les hormones ovariennes exercent un contrôle sur l’axe hypothalamo-hypophysaire : une faible
dose d’œstrogènes et progestérone freine la sécrétion de gonadostimulines alors qu’une forte
dose d’œstrogènes augmente la sécrétion de gonadostimulines. C’est cette forte dose qui induit le
pic de LH lui-même responsable de l’ovulation.
La chute des taux d’œstrogènes et de progestérone en fin de cycle lève le frein sur le complexe
hypothalamo-hypophysaire, entraînant ainsi la production accrue de FSH et le redémarrage du
cycle.
Les hormones ovariennes agissent en stimulant le développement de la muqueuse utérine. La
chute des hormones ovariennes en fin de cycle déclenche le démantèlement de la muqueuse
utérine : les menstruations.
C. La maîtrise de la procréation
a. La contraception
On regroupe sous le terme de contraception l’ensemble des méthodes visant à empêcher la
conception, c'est-à-dire la fécondation ou la nidation. Une bonne méthode contraceptive soit être
efficace, réversible, acceptable et sans effet nocif sur la santé.
Contraception hormonale
Elle consiste à utiliser des hormones de synthèse, dans le but de modifier l’équilibre hormonal
contrôlant les cycles sexuels féminins.
Che la femme, la contraception hormonale associe œstrogènes et progestérone en freinant la
sécrétion des gonadostimulines au niveau de l’hypophyse, ce qui bloque l’ovulation.
L’utilisation de progestérone seule ne bloque pas l’ovulation, mais agit au niveau utérin en
empêchant le développement de la muqueuse utérine qui devient impropre à la nidation.
La contraception hormonale peut être actuellement utilisée sous plusieurs formes : comprimés,
implants cutanés ou patchs.
Chez l’homme, diverses pistes de contraception masculine sont actuellement en cours d’étude.
Cette contraception associe des hormones de synthèse proches de la testostérone et de la
progestérone : l’effet conjugué de cette contraception vise à diminuer la production de
spermatozoïdes en exerçant un frein sur le fonctionnement du complexe hypothalamo-
hypophysaire.
Contraception non hormonale
Le préservatif masculin : efficace s’il est utilisé correctement, il possède également l’avantage de
préserver des IST (infections sexuellement transmissibles) dont le sida, l’hépatite et le
papillomavirus…
Le stérilet (DIU dispositif intra-utérin): petit objet en forme de T associé à un fil en cuivre ou à des
hormones de synthèse, placé dans la cavité utérine par le médecin. Il rend la fécondation difficile
et s’oppose à la nidation avec une très bonne efficacité.
b. Des réponses à des situations exceptionnelles
L’IVG (interruption volontaire de grossesse) : consiste en l’élimination de l’embryon. Une
femme peut y avoir recours quand toutes les méthodes contraceptives ont échoué.
La pilule du lendemain : Permet d’éviter le début d’une grossesse en cas de rapport sexuel
non protégé. Cette pilule doit être prise le plus tôt possible après la relation sexuelle (dans
les 3 jours au plus tard). Cette pilule agit à plusieurs niveaux : perturbation de l’ovulation,
action sur l’utérus empêchant la nidation. Elle ne doit, cependant, être utilisée
qu’exceptionnellement.
La prise de comprimés de RU486 en début de grossesse : provoquant le démantèlement de
l’endomètre et expulsion de l’embryon. Il s’agit d’une pilule contragestive empêchant donc le
déroulement de la gestation ; il ne s’agit donc pas d’une méthode contraceptive au sens
propre du terme.
D. L’assistance médicale à la procréation (AMP)
Les causes d’infertilité sont variées :
Chez l’homme elle peut être causée par l’obstruction des canaux déférents, sperme anormal….
Chez la femme elle peut être causée suite à des troubles de l’ovulation, obstruction des trompes…
Parmi les techniques AMP on citera :
L’insémination artificielle avec le sperme du conjoint (IAC) ou avec le sperme d’un donneur
anonyme (IAD) : permettant de résoudre certains problèmes d’infertilité. Elle est réalisée au
miment de l’ovulation repéré par le pic de LH.
La stimulation hormonale de l’ovaire : permettant d’activer la croissance folliculaire et
favorise ainsi l’ovulation. Cette technique utilise des molécules qui stimulent l’hypophyse ou
directement les ovaires.
La fécondation in vitro et transfert d’embryon (FIVETE) : c’est une technique complexe
nécessitant plusieurs étapes :
o Chez la femme : prise de contrôle du cycle sexuel féminin en bloquant le cycle sexuel
par des molécules analogues structurales de la GnRH.
o Stimulation ovarienne pour obtenir plusieurs follicules mûrs par injection de FSH.
o Ponction des ovocytes après déclenchement de l’ovulation grâce à des molécules
déclenchant ou mimant le pic de LH.
o Chez l’homme : recueil du sperme, traitement des spermatozoïdes pour les rendre
fécondants.
o In vitro : mise en présence des gamètes, fécondation et culture des embryons durant
48h.
o Réimplantation des embryons dans l’utérus de la femme après un traitement avec un
progestatif (progestérone) de synthèse permettant le développement de
l’endomètre.
Une technique annexe est utilisée : l’ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection). Elle permet de
choisir un spermatozoïde et de l’injecter dans le cytoplasme de l’ovocyte.
Doc. Déroulement de la FIVETE