Politique et société
Introduction
Les auteurs français du 19ème siècle jouent un rôle important dans la littérature en donnant
une vue générale sur le développement politique et social en France. Souvent, il s’agit d’une
critique de la société qui aborde tous les aspects de la condition humaine. Zola est l’un des
auteurs du XIX siècle qui maitrise l’exploration exhaustive de la réalité sociale qu’il est en train
de vivre.
Violeta et moi, nous essayerons d’analyser comment ce contexte socio-culturel franchit les
pages de Germinal.
Titre
Avant tout, le titre même nous donne une piste sur ce qu’on va trouver dans Germinal. Zola
choisit ce titre comme définitif pour évoquer le septième mois du calendrier révolutionnaire,
c’est-à-dire, le mois de la germination, allant du 22 mars au 19 avril. Pendant ce mois, plus
précisément le 1er avril 1795, il a eu lieu une émeute des faubourgs parisiens qui se
révoltaient contre la misère et demandait du pain et de la liberté, juste ce que les personnages
de Germinal exigent. Également, le mot « germinal » contient presque toutes les lettres de «
minéral », « galérien », « galerie », et « mine », axes principaux de l’œuvre.
Dans le sens positif, le titre fait aussi allusion à la naissance d’un nouveau monde, avec la
valeur de « la semence du futur qui germe dans les actions présentes », laissant entrevoir une
sortie à la misère du siècle, comme on remarque explicitement à la fin du roman. Au début du
livre, le paysage est décrit de façon monotone, froide et noir, ce qui dirige notre imagination
vers des connotations négatives. Néanmoins, à la fin, il laisse place au printemps et aux paroles
d’espoir, surtout avec le personnage de la Maheude. La mère de famille, pendant qu’elle prend
congé d’Étienne, prononce les suivants mots : « À bientôt, et cette fois, ce serait le grand
coup ». En fait, la phrase qui achève l’œuvre est aussi en rapport avec cette idée de futur,
parce que même si cette histoire a une fin plutôt malheureuse, une nouvelle étape de
révolution s’ouvre pour les ouvriers. Zola écrit comme phrase finale : « Des hommes
poussaient, une armée noire […] qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les
récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre »
Une fois analysé le titre qui nous donne pas mal de pistes, on va analyser le côté éthique,
sociale et politique de Germinal, en rapport avec tout ce qu’on vient de dire.
1. Société : le prolétariat, personnage comme collectivité.
Moi, je vais analyser les personnages comme une collectivité sociale et en fonction de leurs
idées politiques.
1.1. Le prolétariat (personnage collectif)
Pour commencer, la société française du XIXe siècle, comme toute autre société capitaliste, est
une société de classes, où la bourgeoisie est par-dessus du prolétariat, tel qu’on le voit en
Germinal. L’une des marques textuelles qui prouve cette hiérarchisation se voit dans le
système onomastique : seule la classe dominante, la bourgeoisie, a le droit d’avoir les titres de
« monsieur », « madame » et « mademoiselle » (Monsieur Gréggoire, madame Grégoire,
Mademoiselle Cécile Grégoire). En ce qui concerne les prolétaires, il suffit d’appeler les
hommes par leur nom de famille et de donner la forme féminine précédée de l’article défini à
leur femme, même dans quelques cas, la forme diminutive à leurs enfants (Moque, le peur.
Moquet, le fils. La Mouquette –la fille). De cette façon, le prolétariat, protagoniste du roman et
classe à laquelle appartiennent presque tous les personnages, est comparé à un esclave
assujetti aux ordres de la bourgeoisie.
1.2. Opposition riches-pauvres
L’antithèse entre ces deux classes sociales permet au lecteur de prendre conscience de la lutte
entre le capital et le travail. Les contrastes sociaux s’imposent surtout à travers la
multiplication des points de vue et les différents odeurs : il y a l’espace où l’on a froid et celui
où l’on a chaud ; l’espace réduit et misérable et l’espace protégé et luxueux ; en d’autres
termes, l’espace où règne une odeur de brioche et du chocolat chaud, et l’espace où règnent
une odeur d’oignon, ceux qui sont trop bien alimentés et ceux qui ont faim comme la famille
Maheu et ses sept enfants.
La description de la scène du lever de Cécile témoigne justement cette différence des classes :
tandis que Cécile est, en mots textuels, « trop saine, trop bien portante (…) avec une chair
superbe, une fraîcheur de lait » et qu’elle peut se bénéficier d’un sommeil paresseux ;
Catherine Maheu est mal nourrie, elle a « les pieds bleuis comme tatoués de charbon, et des
bras délicats, dont la blancheur de lait tranchait sur le teint blême du visage ». En plus, elle ne
peut pas profiter du plaisir de dormir car elle se lève en pleine nuit pour travailler à la mine.
1.3. Vie des mineurs (tableau mineur)
On peut considérer Germinal comme un tableau de la vie des mineurs, non seulement au
travail mais aussi après le travail. Ce milieu doit supporter des conditions désolantes, avec un
travail exténuant à cause de la chaleur des galeries et un salaire lamentable. Les prolétaires
dépendent absolument de la Compagnie pour gagner leurs vies mais la Compagnie décide
souvent de diminuer le salaire des ouvriers. Il n’existe aucune protection pour les mineurs,
donc la Compagnie peut faire tout ce qu’elle veut avec eux. La mine est même comparée aux
enfers comme une fournaise située dans les profondeurs de la terre, un milieu nocif où règne
une température élevée qui « monte jusqu’à trente-cinq degrés », où « l’air ne circule pas » et
où « l’étouffement à la longue devient mortel ».
La misère des ouvriers est largement commentée tout au long de l’œuvre. À travers le portrait
des mineurs, le lecteur a également accès aux problèmes de santé causés par leur travail. Chez
Zola, le personnage Bonnemort symbolise les effets néfastes de la mine, comme l’une des
maladies typiques des mineurs : la silicose pulmonaire, qui s’aggrave à cause de toute une vie
dans la mine et qui se résume essentiellement dans cette citation : « Le vieux, cette fois, ne put
répondre. Un violent accès de toux l’étranglait. Enfin, il cracha, et son crachat, sur le sol
empourpré, laissa une tache noire ». On peut aussi constater cette misère à travers les
conditions de logements des mineurs, de petites maisons, qu’on appelait Le Coron, très petites
pour le nombre de personnes composant la famille. Par exemple chez les Maheu, on ne
profitait que de deux pièces pour 10 personnes et ils étaient obligés de ne se nourrir que de la
soupe.
1.4. Animalisation (mine et personnages)
Le travail à la mine métamorphose les hommes en animaux chez Zola. Maheu est comparé à
« un puceron pris entre deux feuillets d’un livre sous la menace d’un aplatissement complet »;
Lydie pousse sa berline, « raidissant ses bras et jambes d’insecte, pareille à une maigre fourmi
noire en lutte contre un fardeau trop lourd ». Les mineurs sont souvent bestialisés étant
comparés aux fourmis par le symbole du travail mais aussi par l'analogie physique, parce que
les fourmis vivent dans et de la terre et, comme la fourmi, le mineur se caractérise par la
couleur noire du charbon.
En ce qui concerne la mine, elle aussi est souvent assimilée à un monstre. La mine de « la fosse
du Voreux » est comparée à une « bête goulue », d’une respiration forte qui dévore les
hommes qui y plongent. C'est comme si la mine était le labyrinthe d'un monstre, une sorte de
Minotaure, pour lequel les mineurs ne sont qu'un sacrifice humain.
2. Politique (le socialisme)
À l’égard de la politique, en rapport avec ce que je viens de dire, Zola choisit l’espace de la
mine, l’un des endroits les plus rudes où l’homme puisse travailler, pour pouvoir dénoncer
l’injustice et l’oppression. Il décide de créer, à travers le personnage d’Étienne, une section de
l’Internationale à Montsou et une caisse de prévoyance pour faire face à un possible grève. En
résumé, le roman évoque le mouvement ouvrier avec la constitution des syndicats, les grèves
et la naissance de la conscience des classes.
Avec la formation de l’Association Internationale du Travail, étape décisive dans l’essor du
socialisme, les prolétaires commencent à lutter d’une façon organisée contre le pouvoir absolu
que les bourgeois ont jeté sur les moyens de production. C’est l’une de ces luttes que Zola
reprend dans Germinal.
2.1. Innovation capitaliste face aux réalités de la condition ouvrière- « Roman
prolétarien »
Le Socialisme dans Germinal est mis dans un contexte contradictoire : il y a d’un côté
l’innovation capitaliste et de l’autre les réalités de la condition ouvrière. Il s’agit d’un conflit
entre le discours capitaliste et le discours socialiste. Le roman est écrit dès la perspective de
cette dernière, c’est-à-dire, du point de vue des mineurs. C’est pourquoi Germinal est aussi
considéré comme un « roman prolétarien ».
Les tendances socialistes du XIXe siècle sont ici incarnées par le prolétariat mineur du roman.
Étienne devient le premier dirigeant du socialisme et, intégré dans la famille Maheu, le
principal représentant du prolétariat. Malheureusement, à la fin du livre, il se perd dans le
système socialiste, se laissant porter par l’envie de gloire. Malgré cet échec, il réussit à devenir
le leader des ouvriers à Paris, ce qui laisse voir un possible horizon face au futur des ouvriers.
Le parcours de ce roman est pour Étienne un procès d’apprentissage.
De l’autre côté, Deneulin, le petit patron, et les Grégoire sont même les seuls du roman qui
donnent semblant au capitalisme. Pour eux, tous les moyens sont bons pour réduire les
salaires et augmenter les profits. Même Zola ose dénoncer leur style de vie via cette phrase :
"à cette croyance religieuse se mêlait une profonde gratitude pour une valeur qui, depuis un
siècle nourrissait la famille à ne rien faire. C'était comme une divinité à eux, que leur égoïsme
entourait d'un culte, la bienfaitrice du foyer, les berçant dans leur grand lit de paresse, les
engraissant à leur table gourmande".
La violence des expressions choisies souligne bien l’horreur auquel sont soumis Maheu et les
autres mineurs. La description des conditions de travail des mineurs à la fin du XIXe siècle fait
de Germinal un précieux document. Zola se plonge vers l’étude du milieu des mineurs,
révélant leurs pulsions héréditaires. C’est ici où s’insère un autre thème : est-ce que cette
pénible situation a une solution ? On est tous condamnés par la sélection naturelle ou à travers
la lutte des classes on parviendra au succès ?
2.2. Lutte des classes ou sélection naturelle?
Zola substitue, comme auteur naturaliste qu’il est, la lutte des classes par la loi de la sélection
naturelle. D’ailleurs, à plusieurs reprises au long du roman on trouve des allusions à Darwin et
au mal qui se suit depuis des générations. Zola comprend qu’il existait des hommes qui
étaient, de leur naissance à leur mort, les victimes de l’injustice sociale. En fait, il décrit une
lutte pour renverser le pouvoir qui se termine en catastrophe. Toutefois, certains personnages
comme Étienne révèlent une volonté individuelle. Il décide, par exemple, de ne pas tuer Chaval
chez Rasseneur ; il réussit à dominer ses pulsions héréditaires et l’alcool qu’il mène dans le
sang.
Conclusion
En guise de conclusion, on a choisi quelques phrases pour faire une sorte de résumé de
l’essence ce cette œuvre : cri à la liberté, réflexion sur la condition humaine, exploitation de
l’homme par l’homme et intention sociale. Germinal est un clair exemple de reflet d’histoire
dans la littérature. Zola dénonce l’oppression des plus démunies de la société. Il choisit comme
protagoniste le peuple et ses luttes, séduisant ainsi le lecteur grâce à l’espoir d’un monde plus
humain et plus juste. Si le texte est un objet esthétique, il est aussi un objet sociologique, il
entretient des liens avec les conditions sociales dans lesquelles il a été produit, en ce cas,
l’exploitation des mineurs innocents qui n’ont qu’une préoccupation, la subsistance, et qui, à
cause des plus puissants, ont dû se sacrifier. Germinal se constitue comme littérature vive, un
voyage qui oriente le lecteur vers une réflexion de la condition humaine. Pour terminer, on a
pris la phrase de Germinal qui nous a plu le plus et c’est que “Rien n'est jamais fini, il suffit d'un
peu de bonheur pour que tout recommence ».
Bibliografía
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