A-Cours Commun Pathologies Du Système Nerveux Central
A-Cours Commun Pathologies Du Système Nerveux Central
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A la fin du cours, l’étudiant devra être capable de :
1) Enumérer les lésions élémentaires des affections du SNC.
2) Citer les principaux sièges des hémorragies intracrâniennes et intrarachidiennes.
3) Citer les principales malformations vasculaires intracrâniennes, en énumérer les localisations
et les conséquences.
4) Citer les sièges principaux et les conséquences d’une hémorragie intracérébrale.
5) Définir l’infarctus cérébral, en énumérer les facteurs étiologiques principaux.
6) Décrire les aspects macroscopiques et évolutifs d’un infarctus cérébral
7) Citer les affections dégénératives les plus fréquentes du SNC
8) Définir le terme de maladie démyélinisante et en donner un exemple
9) Aspects morphologiques de la maladie d’Alzheimer
10) Montrer l’intérêt du LCR dans le diagnostic des affections du SNC
11) Citer les principales complications anatomiques des méningites
12) Donner les aspects morphologiques d’une encéphalite virale
13) Citer 5 germes opportunistes
14) Citer les caractères originaux des tumeurs primitives intracrâniennes
15) Enumérer les principales tumeurs primitives du SNC
16) Dire que le méningiome est une tumeur bénigne, mais qu’il peut avoir une évolution
défavorable en raison de sa localisation
17) Enumérer les principaux cancers primitifs responsables de métastases intraparenchymateuses
du SNC
Plan
I- Introduction
II- Lésions élémentaires des affections du système nerveux
III- Méthodes d’étude des affections du système nerveux
IV- Les malformations congénitales du système nerveux central
V- Pathologies vasculaires et hémodynamiques
VI- Les maladies démyélinisantes
VII- Pathologies neurodégénératives
VIII- Les inflammations du SNC
IX- Les phacomatoses
X- Les tumeurs du SNC
XI- Pathologie du SNP
XII- CONCLUSION
I- INTRODUCTION
La prise en charge des affections du système nerveux central est, comme les autres
pathologies, multidisciplinaire.
Les maladies du système nerveux central s’étudient par la clinique, au laboratoire, à
l’imagerie médicale et au laboratoire d’anatomie pathologique.
1. Clinique.
Une symptomatologie parfois spécifique et des signes particuliers vont permettre
d’évoquer une affection du SNC :
Des céphalées persistantes, ne répondant pas aux antalgiques et autres analgésiques
habituels ;
Une fièvre particulièrement élevée et rebelle au traitement
Des signes d’hypertension intracrânienne : vomissements en jet
Des troubles de la conscience avec parfois un coma
Des troubles déficitaires avec parfois des paralysies partielles ou totales
2. Biologie.
L’analyse du LCR permet d’évoquer certaines lésions du SNC : une LCR trouble et
purulent évoquera une atteinte méningée bactérienne aiguë ; un LCR hémorragique va
évoquer une hémorragie dans le SNC.
L’aspect biochimique sera également d’une importance capitale dans le diagnostic.
3. Imagerie médicale
Les radiographies standards peuvent poser le diagnostic de fractures, d’hémorragie
cérébrale, des affections malformatives et autres
Le scanner avec ou sans produit de contraste, l’IRM et autres techniques peuvent
permettre de diagnostiquer des signes d’œdème cérébral, d’infarctus, d’hémorragie,
etc…
4. L’anatomie pathologie.
Outre la morphologie du LCR (aspect, couleur, cellularité), le diagnostic
anatomopathologique va se faire sur des biopsies (sous trépanation), des pièces opératoires et
des pièces de nécropsie. Des techniques standards, des colorations spécifiques et des
techniques spéciales seront utiles au diagnostic de certitude
Elles regroupent l’ensemble des anomalies du système nerveux central. Elles sont
primaires ou secondaires.
Les malformations primaires sont des anomalies pouvant se produire à n’importe quel
stade du développement intra–utérin (embryonnaire et fœtale).
Les malformations secondaires résultent d’un facteur extrinsèque perturbant les processus
normaux du développement. Il peut s’agir d’une perturbation de la formation normale d’une
structure (déformation) ou d’une lésion secondaire d’un organe ou d’une structure déjà formes
(disruption)
héréditaire ou génétique ;
la nutrition ;
la prise des médicaments ;
les infections maternelles ;
l’exposition à des radiations.
Hydrocéphalie
Lissencéphalie
Hypoplasie cérébelleuse
Kystes arachnoïdiens
Spina bifida
Myélopathies dégénératives
Anomalies fonctionnelles
Syndrome de narcolepsie-cataplexie
La glioblastome
Médulloblastome
b. Aspects morphologiques.
Le signe le plus constant de l’hydrocéphalie est une macrocéphalie qui va s’associer aux
signes traduisant une hypertension intracrânienne : une tension excessive de la fontanelle du
nourrisson qui est normalement plate ; une disjonction des sutures peut être visible ou mise en
évidence à la palpation ; la peau du crâne est fine luisante et parcourue par des veines
apparentes.
Figure 1 : hydrocéphalie.
Lissencéphalie
C’est une anomalie de la gyration par déficit de migration de neuroblastes dans le cerveau
en développement ; maladie caractérisée par la disparition de l’aspect habituel du cortex
cérébral en sillons et le cerveau apparait lisse. En plus de l’aspect macroscopique de la
maladie, il s’y ajoute une désorganisation microscopique des couches de neurones du cortex.
a. Le spina bifida
Il est caractérisé par une absence de fermeture des arcs vertébraux postérieurs et des
apophyses épineuses. On retrouve deux types :
‐ Le spina bifida avec aire médullaire à nu ou aperta ou ouverte dans lequel la hernie des
méninges prend l’aspect d’une tumeur arrondie, déprimée en son centre où elle est rouge et
suintante. Elle se continue avec la peau qui est rouge foncée. Il existe deux types de spina
bifida ouvertes:
La cause de spina bifida est inconnue mais il existe une prédisposition familiale et des
facteurs de risque supposés tels que : une carence en acide folique en début de grossesse ; la
prise de certains médicaments comme le valproate de sodium ou Dépakine® qui est un anti
épileptique et dont on a prouvé des effets tératogènes dans les cas de spina bifida occulta chez
des enfants issus de mères ayant pris ce médicament pendant la grossesse.
Figure 2 : encéphalocèle
L’encéphalocèle : saillie sous-cutanée d’une partie du cerveau à travers un orifice
osseux de la voute du crâne.
Syndrome de Dandy-Walker
Agénésies et dysgénésies :
o Microcéphalie : cerveau< 900g chez l’adulte
o Mégalencéphalie : cerveau>1800g, prolifération gliale diffuse.
o Cyclocéphalie : rare, ventricule unique communiquant.
o Prosencéphalie : cavitation cérébrale par agénésie localisée du manteau
cortical.
o Hydranencéphalie : vaste cavitation intracérébrale a bordure gliale.
o Agénésie et malformations commissurales
o Agénésies cérébrales et cérébelleuses
Autres anomalies
o Kystes arachnoïdiens : intracrâniens, intra-parenchymateux limités sur toute
leur surface par un tissu arachnoïdien.
o Hydrocéphalie : non communicante sur sténose de l’aqueduc de Sylvius ;
-communicante avec dilatation globale de tout le système ventriculaire.
Syringomyélie et hydromyélie.
Elles se situent dans la partie la plus centrale de la moelle épinière, et sont caractérisées
par une expansion plurisegmentaire, discontinue ou confluente du canal central, bordée par un
revêtement épendymaire (hydromyélie) ou par une formation d’une cavité en forme de fente
remplie de liquide (syringomyélie).
Ces lésions sont associées à une destruction de l’axe gris et de la substance blanche
adjacents. Elles sont entourées par un dense feutrage de gliose réactionnelle. La moelle
épinière cervicale est souvent touchée et la fente peut s’étendre du tronc cérébral
(syringobulbie). Des anomalies associées à la colonne vertébrale sont fréquents (fusions
vertébrale, scoliose, platybasie).
Les facteurs physiques en cause produisent trois types de lésion : l’atteinte vasculaire,
l’atteinte parenchymateuse et les fractures du crâne la combinaison des trois étant plutôt
fréquente.
1. Les lésions vasculaires traumatiques
Résulte d’un traumatisme direct avec rupture vasculaire entrainant une hémorragie dans
chacun des compartiments : extradural, sous dural, arachnoïdien et intra parenchymateux
Il en résulte :
- Une hémorragie extra durale (HED) :c’est la rupture d’une artère méningée moyenne avec
localisation de l’hématome dans l’espace décollable de Gérard Marchand (virtuel en temps
normal) le plus souvent par fracture de l’os temporal.
- Une hémorragie sous durale (HSD): c’est la rupture des veines sous-arachnoïdiennes et
sous durales. Elle représente environ 5/100 des cas d’accident vasculaire cérébral ; survient
fréquemment par rupture d’un hématome intracérébral dans l’espace sous arachnoïdien ou par
rupture d’une malformation vasculaire :
- l’ischémie cérébrale diffuse est caractérisée à la macroscopie par un cerveau gonflé, des
circonvolutions élargies et des sillons rétrécis. A La coupe les limites entre le cortex et la SB
sont mal visibles.
A un stade précoce (12 à 24 h après l’agression) c’est une souffrance neuronale aigue,
astrocytaire et des oligodendrocytes
A un stade subaigu se produit la nécrose tissulaire (24h à 2semaines) un afflux de
macrophages, une prolifération vasculaire et une gliose réactionnelle.
La réparation se fait par élimination complète du tissu nécrosé, une gliose et une
désorganisation de la structure concernée du SNC
- Les infarctus cérébraux encore appelés ramollissements cérébraux sont divisés en deux
groupes : l’infarctus ou ramollissement rouge et l’infarctus ou ramollissement blanc.
Le ramollissement blanc.
10e jour – 21e jour : la zone lésée se liquéfie laissant parfois place à une cavité
remplie de liquide cernée par un liséré sombre, gris-foncé. Cet infarctus
« kystique » va continuer à s’agrandir au fur et à mesure que le tissu lésé est
éliminé.
Microscopie :
après les douze premières heures prédominent les signes de souffrance neuronale
ischémique associés à de l’œdème, à une perte des affinités tinctoriales habituelles
des SB et SG, un gonflement des cellules endothéliales et gliales et une
désintégration des fibres myéliniques.
Dès 48 heures, migration des polynucléaires neutrophiles, apparition de
macrophages, histiocytes et microglie constituant le type cellulaire prédominant
pendant 2 à 3 semaines et persistant dans le foyer pendant des mois ou des années.
Au fur et à mesure que la liquéfaction et la phagocytose se poursuivent, les
astrocytes situés autour de la lésion commencent progressivement à
s’hypertrophier et à se diviser en développant un riche réseau de prolongements
constituant ainsi une tentative précoce de réparation.
Le ramollissement rouge
a. Définition
b. Classification
L'accident vasculaire cérébral peut être transitoire (AIT) avec retour rapide à l'état normal,
sans séquelles, c'est-à-dire en moins d'une heure et sans preuve d'infarctus à l'imagerie.
Le déficit peut être au contraire permanent. Il est prend alors le terme d'accident
vasculaire cérébral constitué (AIC).
Les accidents ischémiques sont dus à l'occlusion d'une artère cérébrale ou à destination
cérébrale (carotides internes ou vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé
d'oxygène et de glucose.
Cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de
formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d'origine cardiaque); l'embolie
cérébrale représente environ 30% des cas.
Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d'un vaisseau sanguin, souvent
endommagé, ou en mauvais état à l'origine, et soumis à une pression sanguine excessive.
c. Topographie
- L'hémorragie méningée par rupture d'un anévrisme artériel au sein des espaces sous-
arachnoïdiens,
- L’hémorragie intra cérébrale (dit aussi intra-parenchymateux) qui peut être associée à
une inondation ventriculaire. L'hématome se forme rapidement, donnant des signes
neurologiques focaux d'apparition brutale, en rapport avec les structures détruites ou
comprimées par la lésion. Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l'hématome,
qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou
aggravant une hypertension intra-crânienne (HTIC). L'hématome peut se rompre dans
un ventricule cérébral.
- L’hématome sous-dural
- L’hématome extra-dural
d. Physiopathologie
L'accident vasculaire cérébral est causé par une diminution voire un arrêt brutal du débit
sanguin dans les branches du réseau vasculaire en liaison avec le vaisseau (en général une
artère) subissant une rupture de sa paroi (cas d'une hémorragie cérébrale) ou un blocage
partiel ou total par un caillot (cas d'un infarctus cérébral). Ainsi, les cellules nerveuses
irriguées par ces branches sont privées soudainement d'oxygène et de sucres, ce qui provoque
en quelques minutes leur détérioration ou leur mort avec destruction de deux millions de
neurones par minute.
Dans le cas hémorragique, la diminution est surtout due aussi à une compression des
cellules nerveuses par l'hématome résultant du saignement. Il en résulte que des axones de
neurones peuvent être sectionnés par déplacement en masse du tissu nerveux. Les natures
ischémique ou hémorragique étant différentes, il en découle que les causes sous-jacentes sont
différentes ainsi que les traitements.
e. Facteurs de risque
Les facteurs de risque sont classés en trois catégories : majeurs, moyens et faibles:
1. Risques majeurs :
o l'hypertension artérielle) ;
o Fibrillation auriculaire ;
o Arythmie cardiaque ;
o Alcoolisme chronique sévère ;
o Âge (augmentation de la rigidité vasculaire).
2. Risques moyens :
o Diabète ;
o Tabac ;
o Œstroprogestatifs ;
o Infections ;
o Antécédents familiaux ;
3. Risques faibles ou discutés :
o Hypercholestérolémie ;
o Migraine;
o Obésité.
Un état dépressif semble être corrélé avec un risque plus important de survenue d'un accident
vasculaire cérébral.
Sont le plus souvent causé par des lésions vasculaires hypertensives ; l’hypertension
prolongée est responsable de l’artériosclérose, et du développement des micro-anévrismes qui
favorisent des ruptures vasculaires, sources d’hématomes.
Macro : volumineux caillot de sang comprimant et détruisant les tissus cérébraux voisins.
On peut avoir des hématomes profonds : noyaux gris profonds, thalamique ; ou des
hématomes sous-tentoriels : hématome du cervelet, hématome de la protubérance.
La lacune vasculaire
C’est l’évolution cavitaire des petits infarctus (diamètre < 15 mn), due à une obstruction
d’une artériole performante (diamètre de 200 à 400µ) de localisation, le plus souvent dans les
noyaux lenticulaires, la capsule interne, le tronc cérébral, le cervelet.
Lacunes vasculaires
Figure 5 : lacule vasculaire
6. L’œdème cérébral
Conséquence des lésions vasculaires, le cerveau œdémateux parait plus mou que
normalement et semble souvent déborder de la voûte crânienne. Les circonvolutions sont
aplaties, les sillons étroits et les cavités ventriculaires collabées. L’expansion cérébrale qui en
résulte peut entrainer des hernies ou des engagements (hernie sous-falciforme ou cingulaire,
des engagements de la cinquième circonvolution temporale ou des engagements des
amygdales cérébelleux).
C’est un état pathologique acquis caractérisé par une atteinte prédominante de la myéline avec
relative conservation des axones. Cette démyélinisation est observée dans certaines maladies
qui sont :
1- La Sclérose en plaques :
a- Définition :
Microscopie : la perte de myéline est associée à des infiltrats lymphocytaires autour des petits
vaisseaux. Les macrophages pénètrent dans les zones lésées phagocytent la myéline altérée,
stockant des lipides et prennent l’aspect de cellule spumeuses. Les astrocytes situés autour des
plaques augmentent de volume.
b- Epidémiologie :
Diverses théories ont été avancées pour expliquer la maladie, mais l’étiologie reste mal
connue
Une origine virale est suggérée mais n’a jamais été démontrée. Des mécanismes
immunitaires interviennent dans la pathogénie. La maladie résulterait d’un trouble génétique
caractérisé par une réponse immunitaire inappropriée aux infections virales. Au niveau des
plaques de sclérose, les cellules de la microglie montrent une expression accrue des Ag de
classe2, suggérant une activation immunitaire. Cette activation immunitaire est confirmée par
la présence de LT, LB, macrophages dans les lésions. Des essais cliniques utilisant des
cytokines pour moduler la réponse immunitaire sont en cours.
d- Signes Cliniques :
Les premiers signes cliniques sont une faiblesse musculaire des membres, des troubles de
la vision et de la coordination et des troubles sensitifs. L’évolution de la maladie est variable,
certains présentent une forme bénigne de la maladie avec déficits moteurs discrets, et de rares
poussées de démyélinisation ; d’autres au contraire évoluent vers des déficits graves et
permanente tels que la cécité, la paraplégie, des troubles sphinctériens dus à la perte de la
substance blanche des hémisphères cérébraux et de la moelle épinière.
1- La maladie d’Alzheimer :
Décrite en 1906 par un médecin allemand Alois Alzheimer, c’est la forme la plus
fréquente de démence chez l’être humain. Elle touche environ 26 millions de personne as dans
le monde (équivalent à 1pers/85)
2- La maladie de Parkinson
Sur le plan clinique, on aura la triade symptomatique c’est à dire bradykinésie (lenteur
des mouvements volontaires), une rigidité musculaire et des tremblements de repos.
Morphologie ; Elle affecte une petite structure située à la base du crane appelée substance
noire (Locus niger) qui est composée de neurones dopaminergiques qui disparaissent
progressivement ; la perte des cellules dopaminergiques provoquent une dépigmentation du
locus niger, les cellules du locus niger contiennent des inclusions sphériques : les corps de
LEWY (cellule au centre hyalin entouré d’un halo pale).
3- La maladie de Huntington
Le prion étant une protéine qui existe normalement dans le corps humain, sous forme
pathologique, elle est caractérisée par une importante dégénérescence spongieuse des
neurones.
Touche les adultes de 50 à 75 ans. Elle entraine des troubles psychiatriques évoluant vers la
démence.
5- L’épilepsie
a- Etiologies :
facteurs génétiques ;
causes symptomatiques : atteintes cérébrales pouvant entrainer une lésion
organique tel le traumatisme crânien, l’AVC, une tumeur cérébrale ;
causes inconnues : 50%
intoxications : alcool, plomb.
Les maladies neurodégénérative sont l’un des plus grande cause non traumatique d’handicape
dans le monde et mis à part celle cite ci-dessus on peut encore cite d’autre tel que :
-maladie de Pick
-atrophie corticale postérieur ou syndrome de Benson…..etc
VIII- LES INFLAMMATIONS DU SNC
1- Introduction
La prise en charge des affections du système nerveux central est, comme les autres
pathologies, multidisciplinaire.
Les maladies du système nerveux central s’étudient par la clinique, au laboratoire, à
l’imagerie médicale et au laboratoire d’anatomie pathologique.
a- Clinique.
Une symptomatologie parfois spécifique et des signes particuliers vont permettre
d’évoquer une affection du SNC :
Des céphalées persistantes, ne répondant pas aux antalgiques et autres analgésiques
habituels ;
Une fièvre particulièrement élevée et rebelle au traitement
Des signes d’hypertension intracrânienne : vomissements en jet
Des troubles de la conscience avec parfois un coma
Des troubles déficitaires avec parfois des paralysies partielles ou totales
b- Biologie.
L’analyse du LCR permet d’évoquer certaines lésions du SNC : une LCR trouble et
purulent évoquera une atteinte méningée bactérienne aiguë ; un LCR hémorragique va
évoquer une hémorragie dans le SNC.
L’aspect biochimique sera également d’une importance capitale dans le diagnostic.
c- Imagerie médicale
Les radiographies standards peuvent poser le diagnostic de fractures, d’hémorragie
cérébrale, des affections malformatives et autres
Le scanner avec ou sans produit de contraste, l’IRM et autres techniques peuvent
permettre de diagnostiquer des signes d’œdème cérébral, d’infarctus, d’hémorragie,
etc…
d- L’anatomie pathologie.
Outre la morphologie du LCR (aspect, couleur, cellularité), le diagnostic
anatomopathologique va se faire sur des biopsies (sous trépanation), des pièces opératoires et
des pièces de nécropsie. Des techniques standards, des colorations spécifiques et des
techniques spéciales seront utiles au diagnostic de certitude
b- Propagation par contiguïté : c’est le 2ème mode de contamination du SNC par ordre
de fréquence. L’infection cérébrale se fait à partir d’une infection du massif facial
(sinusite) ou des os du rocher (otite) qui va entrainer une infection trans-osseuse, pour
provoquer soit un abcès intracérébral, soit une collection péri-cérébrale (empyème
extra ou sous dural)
c- Par atteinte directe : à partir d’une brèche cérébrale lors d’un traumatisme direct sur le
cerveau.
d- Par contamination iatrogène : au cours des interventions sur le système nerveux central.
4- Aspects du liquide céphalo-rachidien
Le LCR est un liquide produit par les plexus choroïdes dans les ventricules latéraux. Il
circule dans l’espace sous-arachnoïdien et draine ainsi tout le système nerveux central. Il est
généralement recueilli entre L4-L5 et en dehors de toute situation d’HTA (risque
d’engagement).
Lorsqu’il est recueilli, sa conservation se fait en milieu ambiant. Le froid altère le LCR.
a- Classification étiologique
Causes infectieuses.
Bactériennes.
A germes banaux : méningocoque ; pneumocoque ; entérobactéries ;
Haemophilus influenzae ; Listeria monocytogenes ; streptocoques du groupe
B ; staphylocoques
A germes spécifiques : bacille de Koch ; tréponème pâle
Virales : VIH, CMV, herpès zoster, poliovirus ; rhabdovirus
Parasitaires : Toxoplasma gondii, amibes.
Mycosiques : aspergillus, cryptocoque, Candida albicans
b- Classification topographique
c- Formes anatomocliniques
Il existe 4 principaux groupes d'infection du SNC : les méningites; l’abcès cérébral ; les
encéphalites ; la méningo-encéphalite.
6- Les méningites
- La leptoméningite
- La pachyméningite
a- Leptoméningite
C'est une infection sévère presque toujours causée par une infection bactérienne, et les
patients présentent les signes d'infections sévère tels que : céphalées, raideur de la nuque,
photophobie.
En cas de méningite fulminante, les cellules inflammatoires infiltrent la paroi des veines
réalisant une vascularite qui peut entrainer une thrombose et un ramollissement hémorragique
caractéristique.
Complications :
o Hydrocéphalie
o Lésion des nerfs crâniens
o Artérite oblitérante qui entraine un infarctus cérébral
o En cas de méningite à méningocoque, possibilité de larges ecchymoses et
pétéchies
La méningite lymphocytaire
La méningite tuberculeuse
Elle a les caractéristiques d’une méningite chronique et présente de nombreux
granulomes dans les leptoméninges.
b- La pachyméningite
Elle est causée par la propagation d'une infection à partir d'un foyer crânien. Cette
inflammation est localisée dans la face externe de la dure-mère. Dans la majorité des cas il
s'agit d'une propagation directe d'un foyer d'infections voisin de la boîte crânienne par
exemple une plaie pénétrante avec fracture du crâne, une ostéomyélite des vertèbres du
crâne, une infection de l'oreille moyenne, de la mastoïde des sinus nasaux. Elle ne se
développe pas par voie hématogène
Etiologies :
Les étiologies sont nombreuses :
Tuberculose et mycobactérioses
Neurosyphilis
Mycoses (candida, cryptocoque, histoplasmose, aspergillus)
Parasitoses (plasmodium, toxoplasmose, trypanosomiase)
Virales (arbovirus, VIH, CMV, poliovirus, herpès virus,…)
Clinique :
Céphalées diffuses
Malaise
Syndrome confusionnel
Vomissements
LCR : augmentation modérée de la cellularité faite de cellules mononucléées ou
d’un mélange avec les polynucléaires neutrophiles, hyperprotéinorachie, hypo ou
normoglycorachie
Aspects morphologiques :
Macroscopie :
Microscopie :
d- L'abcès cérébral
Les abcès cérébraux sont peu fréquents. Par définition il s’agit de pus formé à l’intérieur
du cerveau. Pus qui s’est formé à la suite d’une infection survenue à proximité (sinusite,
stomatite, otite), d’une maladie cardiaque, d’une pneumopathie ou d’une infection à la suite
d’une intervention chirurgicale.
• abcès post traumatique : (le plus fréquent), complication d’une fracture concernant une
cavité septique de la face ou résultat de la persistance d’un corps étranger dans
l’organisme. Dans ce cas le développement peut être très différé.
• abcès en relation avec une infection ORL suppurée : propagation de l’abcès par
contiguïté
• abcès métastasiques
Macroscopie :
Un abcès cérébral est une néoformation constitué de différentes couches (du centre
vers la périphérie) :
Microscopie :
Les protozoaires Toxoplasma gondii et des champignons comme les aspergilles, sont
des causes fréquentes d’abcès cérébraux chez les personnes dont le système immunitaire est
affaibli.
7- L'encéphalite et la myélite
a- Définitions :
b- Etiologies :
c- l’encéphalite
Aspects cliniques
Dans l’encéphalite virale en particulier, le patient va présenter un syndrome
confusionnel, des céphalées, des convulsions, des crises épileptiques, l’asymétrie des réflexes,
une paralysie oculomotrice, un coma.
Aspects morphologiques.
d- La myélite
Les causes de la myélite sont dans la plupart des cas d’origine infectieuse (mycoplasme,
EBV, CMV…) et parfois auto-immune. Elle survient de façon brutale : les enfants n’arrivent
plus à marcher et à se déplacer. S’associent souvent des difficultés pour uriner et pour aller à
la selle (atteinte sphinctérienne) qui signent la gravité de la maladie. L’évolution est
monophasique mais dans certaines situations rares, elle peut être une première poussée de
SEP.
e- La rhombencéphalite
C’est l’inflammation du tronc cérébral qui peut se manifester par des troubles diverses :
vision double, des troubles de la déglutition, des troubles de la respiration, et qui peut
nécessiter une prise en charge en réanimation.
La plupart du temps, cette maladie est post infectieuse avec porte d’entrée dans les voies
aériennes supérieures ou une gastro-entérite.
Les localisations neurologiques du VIH sont graves, le virus infecte directement le cerveau
et la moelle épinière et favorise l’apparition de complications dues au déficit immunitaire.
Le syndrome démentiel est caractérisé par une déficience mentale, des troubles du
comportement et des déficits moteurs. Diverses lésions anatomopathologiques caractérisent
ces lésions : la méningite lymphocytaire, l’encéphalite à VIH, la leucoencéphalite multifocale
à VIH, la poliomyélite.
b- Les vascularites
Seule une preuve histologique (infiltrats inflammatoires de la paroi des vaisseaux) permet de
poser de manière formelle un diagnostic de vascularite, aussi bien systémique que du système
nerveux central (SNC).
Cependant, la biopsie cérébrale reste un examen invasif, assez rarement réalisé en pratique. Le
diagnostic de vascularite du SNC est donc plus souvent suspecté et/ou présumé que formel,
devant la combinaison d’éléments cliniques, biologiques et/ou radiologiques, bien qu’il n’existe
pas de critères diagnostiques validés.
2- La neurofibromatose de type 2
Affection à transmission autosomique dominante, touchant 1 individu sur 100 000. Elle
est caractérisée par le développement de tumeurs bénignes bilatérales de la 8e paire de nerfs
crâniens (schwannomes ou neurinomes acoustiques).
Les symptômes cliniques sont: tintement de l'oreille, surdité, signes de compression des
nerfs crâniens et du bulbe rachidien. La mutation génétique est située sur le chromosome 22.
X- PATHOLOGIE TUMORALE
Les tumeurs du système nerveux central (SNC) sont des proliférations de cellules dans le
cerveau et dans la moelle épinière.
Des grades établis par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) permettent une
classification des tumeurs en fonction de leur malignité et de leurs caractéristiques.
Le grade d’une tumeur dépend du degré d’anormalité (anaplasie) des cellules cancéreuses et
du taux de croissance et d’expansion de la tumeur.
-grade I : tumeurs bénignes, tumeurs à croissance lente et circonscrites (limites bien définies).
-grade II : tumeurs bénignes, tumeurs à croissance lente, mais, contrairement aux tumeurs de
grade I, leurs limites sont imprécises.
-grade IV : tumeurs malignes. Les tumeurs de grade IV présentent une anaplasie très
prononcée, leur croissance est plus rapide que celle des tumeurs de bas grade.
L’OMS distingue environ 200 types de tumeurs cérébrales, classifiées en fonction des
cellules dont elles sont issues. Les tumeurs cérébrales les plus fréquentes sont:
Elles se développent à partir des astrocytes. Elles peuvent se développer dans toutes les
régions du cerveau ou de la moelle épinière.
Chez les adultes, on les rencontre le plus souvent dans les lobes cérébraux; chez les
enfants, elles se développent dans le tronc cérébral, les lobes cérébraux et le cervelet.
Les astrocytomes pilocytiques (grade I) : ils touchent surtout les enfants et les
adolescents. Une transformation maligne est extrêmement rare.
Les astrocytomes diffus (grade II) : Elles touchent surtout les jeunes adultes et ont
une forte propension à la transformation maligne.
Les astrocytomes anaplasiques (grade III) : Elles touchent surtout les personnes à
partir de 50 ans et ont une forte propension à la transformation maligne en
glioblastomes.
Les glioblastomes (astrocytomes de grade IV) Ces tumeurs malignes sont les plus
fréquentes chez l’adulte, principalement entre 45 et 70 ans. Il s’agit de tumeurs
astrocytaires de haut degré de malignité et à croissance rapide.
Morphologie :
o masses tissulaires nécrotiques et hémorragiques
o localisation hémisphérique
o mélange d’astrocytes et de cellules gliales
o mitoses et atypies cellulaires
o nécrose et hémorragie.
Ils sont ainsi nommés car ils se développent à partir des oligodendrocytes, les cellules
gliales à l’origine de la formation de la myéline dans le SNC, qui isole les fibres des nerfs.
Macroscopie : lésion de couleur blanc-grisâtre qui infiltre le tissu cérébral environnant
c- Les épendymomes
Ils se développent dans les cavités cervicales, à partir des cellules gliales qui tapissent
les ventricules cérébraux ou épendymocytes. Leur malignité est variable. La croissance de la
tumeur peut provoquer une obstruction de la circulation du LCR génératrice d’hydrocéphalie
et peut nécessiter une dérivation. Ces tumeurs touchent surtout les enfants et les adolescents.
Microscopie
Les méningiomes se développent aux dépens des méninges, dans la boîte crânienne ou
le long de la colonne vertébrale. La plupart des méningiomes sont bénins, mais dans certains
cas isolés, on peut observer une évolution défavorable (bénin à malin).
On distingue 3 variétés :
méningiome bénin
méningiome atypique
méningiome malin
L’activité mitotique/MIB-1
La présence de nécrose
> Les tumeurs non fonctionnelles: les symptômes résultent d’une pression de la tumeur sur les
régions cérébrales avoisinantes. Etant donné la proximité du nerf optique, les premiers
symptômes peuvent être des troubles de la vision. Une diminution de la sécrétion d’hormones
de l’hypophyse est également couramment observée.
> Les tumeurs fonctionnelles constituées de cellules secrétant des hormones. Leur présence
peut se manifester par des problèmes hormonaux tels que des troubles menstruels ou des
troubles de la croissance.
b- Papillome
Bénin,
Enfant ++
c- Les neurinomes
Ces tumeurs bénignes (grade I dans la plupart des cas) se développent aux dépens des
gaines des nerfs périphériques, qui sont composées de cellules différentes de celles du cerveau
(cellules de Schwann). On ne trouve donc pas ces tumeurs dans le cerveau mais au niveau des
nerfs crâniens et des nerfs périphériques de tout le corps. Le nerf le plus fréquemment touché
est le nerf auditif (neurinome de l’acoustique); sa compression peut engendrer des problèmes
d’audition et d’équilibre.
d- Gangliocytome et gangliome
Enfant ++
bien limitées
Ventricules latéraux
Jeunes adultes
- Tumeur embryonnaire à croissance rapide présente des cordons et des plages de petites
cellules indifférenciées à noyaux ronds ou allongés en forme de bâtonnets. Elle peut former
des métastases extra-cérébrales.
-les médulloblastomes desmoplasiques qui, bien qu’observés à tout âge constituent la majorité
des médulloblastomes chez l’adulte ; ces médulloblastomes à modularité extensive sont
l’apanage des enfants de moins de 3ans
5- Les lymphomes
Un lymphome est une tumeur affectant le système lymphatique. Les lymphomes primitifs du
SNC sont des tumeurs malignes relativement rares. L’affaiblissement du système immunitaire
(par ex.prise de médicament après une greffe d’organe, SIDA) semble favoriser leur
développement. Les lymphomes secondaires du SNC se manifestent généralement sous la
forme d’un envahissement des enveloppes du cerveau chez des patients préalablement atteints
d’un lymphome ailleurs dans l’organisme.
6- Les métastases
Elles sont malignes et secondaires à une tumeur d’une autre région du corps (tumeurs du
poumon, du sein, du rein, de la peau).
Des cellules tumorales migrent vers le cerveau empruntant le plus souvent la voie sanguine;
des métastases entreprennent la moelle entrainant des signes de compression médullaire ; les
métastases sont donc constituées de cellules de l’organe atteint d’une tumeur primaire et non
pas de cellules du cerveau. Parfois, ces tumeurs secondaires sont les premiers signes d’une
maladie cancéreuse non encore diagnostiquée.
Le système nerveux périphérique est constitué par les nerfs et les ganglions (rachidiens et
végétatifs).
La pathologie tumorale est dominée par des tumeurs bénignes des gaines nerveuses:
Névrome (d’amputation)
Neurofibromes
Schwannomes
Sympathomes
Certaines peuvent cependant avoir une propension maligne désignées par le terme
commun de tumeur maligne des gaines des nerfs périphériques et regroupant deux entités
principales les neurofibrosarcomes et les schwannomes malins.
1- Les neurofibromes
2- Les schwannomes
Uniques ou multiples
XII- CONCLUSION
Les pathologies affectant le système nerveux sont plus ou moins graves du fait de sa
fonction primordial dans l’organisme d’où la précocité de les détecter et de les traiter.
La pathologie inflammatoire du SNC concerne les germes banaux et les germes spécifiques.
Elle peut être grave et conduire à la mort si la prise en charge n’est pas rapide et efficace. En
cas d’immunodépression les germes opportunistes sont les plus courants
Sources documentaires.