1
Rapport de stage de la 3ème année licence en psychologie
Effectué au sein du service des maladies infectieuses
Au CHU Hedi Chaker
Elaboré par :
Wiem Bedbabis
Sous l’encadrement de :
Mme Sana Cherni
Année universitaire 2023/2024
2
Remerciements
Je tiens à remercier toute personne qui a contribué à la réalisation de mon stage de
ma 3ème année en psychologie, de m’offrir l’opportunité de vivre l’expérience de la vie
professionnelle et la possibilité de mettre en exerce les bases théoriques que j’ai
fondées grâce à ma formation académique.
J’offre dans un premier temps mes sincères et chaleureux remerciements à ma
professeure et mon encadrante à la faculté Madame Sana Cherni pour ses
précieuses conseils et son soutien tout au long du premier semestre, je suis très
reconnaissante pour sa disponibilité, sa guidance et son investissement dans notre
apprentissage.
Je tiens aussi à exprimer ma gratitude à Mme Mahbouba la psychologue, professeur
Mounir Benjemaa le chef service et le professeur Chakib Marrakchi pour leur accueil
chaleureux dans le service des maladies infectieuses au CHU Hedi Chaker, pour
m’offrir l’occasion d’être un membre de leur équipe, pour leur aide inestimable tout au
long de la période de stage et de m’avoir permise de participer à des projets concrets
et enrichissants.
Enfin j’adresse avec de l’émotion et beaucoup d’amour mes remerciements à ma
maman, mon idole et ma plus grande source d’inspiration pour ses encouragements
et sa croyance en moi, merci ma chère.
3
Programme :
i. Introduction………………………………………………………4
ii. Présentation de l’institution…………………………………….6
iii. Le rôle du psychologue…………………………………………8
iv. La place du stagiaire……………………………………………11
4
I. Introduction
En dépit du progrès en médecine surtout en ce qui concerne le domaine des vaccins
et des antibiotiques, les infections, avec toutes ses formes, continuent de faire partie
des actualités médicales.
D’après les récentes recherches, les maladies infectieuses sont classées comme
deuxième cause de mortalité dans le monde (environ 17 millions de décès par an).
En Tunisie, la lutte contre le VIH/SIDA est menée par plusieurs acteurs notamment
les associations non gouvernementales et des institutions de santé. Le service des
maladies infectieuses à Sfax, en collaboration avec l’association tunisienne de lutte
contre les maladies sexuellement transmissibles et le SIDA jouent un rôle majeur
dans la sensibilisation, la prévention et le soutien aux personnes atteintes du VIH.
Fondée à Sfax en 1990 elle est la première association active dans le pays contre le
VIH. Cette collaboration pour donner un coup de main à cette tranche de population
que je vois trop sensible face à ces pathologies qui frappent inégalement notre pays
m’a encouragé à choisir ce service comme établissement accueillant afin d’effectuer
mon stage de 3éme année, j’ai voulu découvrir ce monde qu’on n’en parlera pas
fréquemment à cause des clichés et comme il est dit comme sujet tabou. Je peux
dire que j’ai eu la chance d’être en contact avec une population des sujet assez
5
fragiles sur le plan physique autant qu’au psychologique, d’écouter leurs histoires et
de partager avec eux leurs douleurs.
Malgré que j’aie rencontré assez de difficultés afin de trouver un stage en parallèle
avec mes cours sur la grande Tunis faute de places pour accueillir des stagiaires
sauf que au petit bonheur de la chance j’ai été accepté au sein du CHU Hedi Chaker
que toute l’équipe là-bas était contente du fait que je faisais partie de leur famille.
C’était une expérience assez unique pour moi, la dynamique du travail, le partage et
l’insistance des professeurs et toutes l’équipe médicale sur l’accomplissement de
leur mission malgré le manque des ressources humaines et financières était pour
moi un exemple pour ne pas perdre de l’espoir et de ne pas laisser partir sa volonté
et sa motivation à cause des conditions.
6
II. Présentation de l’institution
1. Présentation de l’établissement
Le centre hospitalier universitaire HEDI CHAKER à Sfax, en Tunisie, jouit
d'une renommée significative en tant qu'établissement de référence pour la
prise en charge des maladies infectieuses. Créé en vertu de la loi n°74-83 du
11 décembre 1974, le CHU Hedi Chaker est un établissement public
d'enseignement supérieur et de recherche sous la double tutelle du ministère
de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et du ministère
de la Santé Publique. Il assure une activité sanitaire 24h/24, 7j/7, avec des
services d'hospitalisation, d'hospitalisation de jour et de consultation externe.
Il se compose de 7 départements et plus que 20 entités parmi lesquelles le
service des maladies infectieuses dont le chef service est le professeur
« Mounir Ben Jemaa ».
2. Présentation du service
Le service des maladies infectieuses au CHU Hedi Chaker à Sfax assure une
activité sanitaire 24h/24, 7j/7 pour le secteur d'hospitalisation, ainsi que de
7h30 à 13h30 du lundi au samedi pour l'unité d'hospitalisation de jour et le
secteur de la consultation externe. En assurant la prise en charge des
pathologies infectieuses communautaires sévères et des infections
7
nosocomiales, l’équipe du service partage le travail entre eux. Cette première
se compose de 3 professeurs en infectiologie, 1 médecin agrégé, 7 assistants,
1 médecin de santé publique, 10 infirmières, une assistance sociale et une
psychologue. Tout au long de la période de stage j’ai été une des membres de
cette équipe, j’étais insérée dans l’équipe qui travaille surtout dans l’hôpital du
jour où travaillait la psychologue au 2ème étage.
Le service assure une activité de conseil en infectiologie ainsi que d’autres
multiples activités.
Les médecins infectiologues leur rôle est primordiale dans l’institution pour
répondre aux défis posés par les maladies infectieuses surtout que l’évolution
de ces infections est rapide et constance et nécessite une surveillance
permanente. Tenant compte de plusieurs critères et examens réalisés
l’infectiologue prévient, diagnostique et traite des infections transmissibles.
Dans la plupart des cas le médecin détecte une souffrance exprimée
implicitement par les patients ou encore ces derniers expriment un malaise
psychologique ou bien qu’ils manifestent des troubles psychiques suite au
plusieurs facteurs (surtout les patients atteints du SIDA) demandent de
rencontrer un psychologue ou être pris en charge par l’assistante sociale. Le
médecin transmet la demande à l’équipe de l’hôpital du jour et un RDV est
donc fixé pour lui.
Les infirmiers assurent la surveillance et la prise en charge des malades
hospitaliers. Leur rôle a pour but de suivre l’évolution des symptômes afin
d’intervenir au bon moment ainsi que le dépistage et la signalisation des
signes d’aggravation ou de gravité des maladies. Grace à leur contact direct
8
avec le médecin ou l’assistant, ils signalent rapidement les changements aux
médecins et au psychologue.
L’assistance social profite d’un rôle très important comme médiatrice entre les
équipes de soins, le patient, la famille du patient et toute personne qui fait
partie de l’entourage du patient et qui a un impact sur son projet de vie et sur
son avenir. Tout comme le psychologue, l’assistance sociale est en contact
direct et continue avec les patients : elle est présente lors du l’accueil,
l’orientation et la sortie les sujets. A l’aide de son entourage, l’assistance
collecte des informations qui contribuent à l’évolution et à la recherche des
changements sociaux nécessaires pour mettre à l’aise les patients hospitaliers
et aussi ceux qui sont positifs au VIH.
Même les femmes de ménage participent à la création d’une atmosphère
paisible pour les patients, elles assurent leur confort et font de leur mieux pour
garder l’endroit propre afin d’éliminer le risque de contamination.
III. Le rôle du psychologue :
La population que la psychologue travaille souvent avec est les patients
atteints du VIH. Son rôle auprès de ces derniers est crucial pour optimiser la
prise en charge globale.
Tout d’abord, c’est quoi la VIH ?
Le virus d’immunodéficience humaine (VIH) est une infection qui attaque le
système immunitaire de l’organisme en particulier les globules blancs
appelées cellules CD4+. Le VIH détruit ces cellules, affaiblissant ainsi
l’efficacité du système immunitaire du patient atteint contre les infections telles
que la tuberculose et certains cancers. Le SIDA est sexuellement transmis et
9
le dépistage est généralement gratuit et se fait en tout anonymat et sécurité
pour la protection du patient.
En vue d’une alliance thérapeutique, la psychologie essaye dans sa pratique
de créer un climat basé sur la confiance avec la personne soignée et son
entourage en prenant compte que cette population est tellement sensible
qu’elle refuse dans certains cas de dévoiler leur contamination à cause des
pressions sociales. En effet, les personnes vivantes avec le SIDA peuvent être
confrontés à la stigmatisation et à la discrimination dans la société en raison
de la méconnaissance de la maladie et des préjugés associés. Ceci va avoir
certainement un effet négatif sur leur bien-être psychologique et social. Face à
ces défis, la psychologue aide les patients à confronter ces difficultés
émotionnelles et sociales, à améliorer leur qualité de vie et à favoriser leur
état mental tout en essayant de restituer le patient qui souffre dans son
histoire pour que sa douleur ne soit plus brute et qu’elle peut trouver sa place
parmi tous les évènements de sa vie.
En collaboration avec toute l’équipe médicale, la psychologue du service
contribue à une approche holistique du traitement du SIDA en prenant compte
bien sur de son état psychique, émotionnel et social.
Comme principal outil de communication, la psychologue recourt à l’entretien
clinique qui ne dépasse pas les 45 minutes, les données collectées à partir de
ces entretiens sont des données qualitatives : des avis, des motivations, des
données personnelles et développementales relatives au sujet, à son statut
social, à son entourage ainsi que des données dans sa conscience
concernant des évènements marquants dans sa vie et d’autres qui sont en
rapport avec la manière dont il a été contaminé.
10
Avant la prise en charge, un entretien d’accueil est programmé par la
psychologue pour la prise de contact avec le patient et pour comprendre sa
plainte. Généralement les patients qui demandent de rencontrer la
psychologue sont des patients positifs au SIDA et que leur pathologie favorise
des maladies opportunistes comme la tuberculose et l’hépatite. Au cours de
cette 1ère rencontre le patient élabore sa demande exacte, exprime son affect,
clarifie ses problématiques et formule on projet de soins à moyen ou à long
terme.
La réaction diffère d’un patient à autre face à ces maladies infectieuses mais
leur point commun est que tout a confronté des situations traumatisantes et
dans la majorité des cas c’est leur douleur morale qui est le motif principal de
la consultation.
Après cette rencontre d’écoute qui est de nature directive, et selon les
données collectées concernant le patient, la psychologue programme des
séances qui prennent différentes formes d’entretiens qui s’inscrivent dans une
logique de prise en charge, ceci va permettre au patient d’apprendre l’utilité de
comprendre ses émotions et de les gérer afin de s’adapter à sa pathologie.
Dans le but de construire un discours pertinent, la psychologue recourt à des
diverses techniques d’intervention telles que les consignes afin d’introduire un
nouveau thème, recentrer le sujet et passer à une nouvelle consigne.
Pour elle, être toujours proches de ses malades et le reste de l’équipe
médicale est indispensable pour rendre facile et pratique la collecte des
informations utiles pour une prise en charge complète et efficace.
11
Le service travaille en collaboration avec la société l’association ATIOSTE
(Association Tunisienne d’Information et d’Orientation sur le SIDA et la
Toxicomanie) qui vise :
La Prévention du SIDA et de la toxicomanie dans le respect de l'éthique et des
droits de l’homme
La prévention des comportements à risque parmi les différentes catégories de
la population, particulièrement en ce qui concerne le VIH/SIDA et les
toxicomanies.
IV. La place du stagiaire :
Au cours de ma période de stage j’étais la seule stagiaire en psychologie au
service, bien que je fusse bien insérée dans l’équipe, ma référente sur terrain
a choisi que ce stage soit plus orienté vers l’observation que dans la
participation dans les entretiens, mon carnet et mon stylo et je note tout ce qui
a attiré mon attention soit en ce qui concerne la dynamique de toute l’équipe
ou bien comment ça se passe réellement un entretien clinique. Donc, puisque
ma mission principale est l’observation j’ai essayé chaque jour de prendre
note régulièrement dans les entretiens, concernant les lectures et la réflexion
sur celles-ci ainsi que ce j’ai éprouvé comme sentiments et impressions.
En dépit du fait que mon stage était directif, j’ai pu garder une certaine
indépendance concernant mon travail, j’ai fait des recherches concernant les
maladies traitées dans le service, lire quelques extraits et bien sur je n’ai pas
réfléchir deux fois pour poser des questions aux médecins et à la psychologue
ce qui m’a aidé à compléter les vides et à enrichir mes connaissances par
rapport à tout ce que j’observe.
12
J’ai eu l’opportunité à assister à la majorité des entretiens après avoir bien
évidemment eu l’accord du sujet dans le but de respecter ses volontés et pour
ne pas s’imposer afin de garder toujours un climat de confiance et d’aisance.
A la fin de chaque entretien, j’assistais avec la psychologue, elle me demande
tout d’abord mon impression, mon avis et tout et ensuite on discute ensemble
l’histoire du sujet, l’histoire de sa maladie ainsi que l’intensité, la durée et la
fréquence des symptômes pour tirer de hypothèses soient efficaces après
pour le diagnostic et la prise en charge.
J’ai constaté que la majorité des patients souffrent d’une dépression résultante
d’une rejection par leur famille et leurs entourages s’ils sont en courant de son
état, sinon par la peur et la frustration que leur secret soit dévoilé et qu’ils ne
peuvent pas supporter les conséquences. Heureusement que dans ce service
la prise en charge des patients portant le SIDA se fait en toute sécurité, ils
prennent leurs traitements sans rien payer et toute anonymat.
Grâce à ma présence durant les entretiens j’ai pu développer un peu plus mon
sens d’observation et de l’analyse.
Heureusement j’ai pu réaliser un peu de mes plusieurs attentes que j’ai eu
avant d’entamer mes heures de stage.
En premier lieu, c’était un énorme plaisir pour moi de faire partie d’une équipe
médicale pluridisciplinaire et compétente. J’avais pour ambition de découvrir
comment la collaboration au sein d’un service médicale assez sensible peut
être réalisée malgré la pauvreté au niveau des ressources humaines et
financières pour offrir une prise en charge complète pour les patients sur le
plan médical, chimique, psychologique et social.
13
J’ai voulu également tester mes limites, tester si je suis capable de s’adapter t
de contenir mes émotions face aux histoires des patients, leur souffrance et
leur douleur. Je ne peux pas nier le fait que parfois je tombe en larmes après
avoir écouté une des histoires des victimes, en gardant bien sur l’objectivité
devant la victime, certaines histoires me brise le cœur sauf elles me donnent
une étincelle d’espoir via la persévérance que je voyais dans leurs yeux, le fait
de s’accrocher à la vie et de continuer leurs chemins épineux malgré le poids
lourd qu’elles portent sur leurs épaules d’obstacles sociales et de souffrance
psychique.
Ce stage m’a dévoilé beaucoup de réalité cachée auprès des stigmatisations
et des discriminations dans notre société tunisienne, m’a aidé à laisser les
préjugés de côté et de tenir compte essentiellement de la personne.
En deuxième lieu, certains de mes objectifs n’ont pas pu aboutir en raison de
différentes conditions, par exemple j’ai été pressée de temps pour terminer
mes heures de stage, également, concernant les outils d’évaluation, faute de
matériel clinique et des tests notamment le RORSCHACH ou autres sont très
peu nombreux voire jamais utilisés par la psychologue sauf qu’ils pourraient
avoir un intérêt dans le diagnostic et la prise en charge.
Malgré l’acceptation chaleureuse que j’ai eu au cours de mon stage, je n’ai
pas été autorisée à assister à des consultations externes ni les réunions faites
par tout l équipe du service ainsi dans certains cas il me fallu que je me battre
pour collecter des informations et être au courant.
Cette expérience, nonobstant les contraintes que j’ai du faire face, a été une
qui est exceptionnel sur le plan professionnel, et le service des maladies
14
infectieuses était une découverte pour moi, ce stage m’a confirmé pourquoi
j’ai choisi d’être psychologue et de pratiquer une telle honorable profession.
Je souhaite que dans les prochains stages j’aurai la chance à avoir l’accès à
d’autres domaines de la psychologie telle que la neuropsychologie et d’autres
lieux où le psychologue jour un rôle crucial.