Suds
Géographies critiques, perspectives des Suds
287 | 2023
Circulations marchandes et mondialisation des
pauvres : transformations sociales et spatiales vues
des Suds
Circulations marchandes et mondialisation des
pauvres : transformations sociales et spatiales vues
des Suds
Anne Bouhali, Adrien Doron et Sylvain Racaud
Édition électronique
URL : [Link]
DOI : 10.4000/suds.299
ISSN : 3001-591X
Éditeur
Presses universitaires de Bordeaux
Édition imprimée
Date de publication : 1 janvier 2023
Pagination : 5-20
ISBN : 979-10-300-1035-0
ISSN : 3001-2139
Référence électronique
Anne Bouhali, Adrien Doron et Sylvain Racaud, « Circulations marchandes et mondialisation des
pauvres : transformations sociales et spatiales vues des Suds », Suds [En ligne], 287 | 2023, mis en
ligne le 01 octobre 2023, consulté le 08 janvier 2025. URL : [Link] ;
DOI : [Link]
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers
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Suds, 2023, n° 287
Circulations marchandes et mondialisation
des pauvres : transformations sociales
et spatiales vues des Suds
Anne Bouhali1, Adrien Doron2 et Sylvain Racaud3
Résumé
À partir de lieux marchands marqués par l’informalité, lieux d’ancrage de la
mondialisation des pauvres (Choplin et Pliez 2018) et/ou de lieux marchands à forte
intensité capitalistique, ce numéro porte sur les transformations sociales et spatiales
impulsées par les circulations de marchandises, d’acteurs et de capitaux, le long
des itinéraires empruntés. Le dossier vise à documenter les effets des circulations
marchandes sur la production de l’espace et sur le quotidien des acteurs, que ce soit en
tant qu’opportunité économique ou de consommation.
Mots-clés : circulation, marché, objet, mondialisation/globalisation, commerce.
Abstract
Based on market places characterized by informality, anchoring places of the globalization
of the poor (Choplin and Pliez 2018) and/or capital-intensive market places, this issue
focuses on the social and spatial transformations driven by the circulations of goods,
actors, and capital along the routes they take. The issue aims to document the effects
of commodity circulations on the production of space and on the daily lives of actors,
whether as an economic or consumption opportunity.
Keywords : Circulation, market, things, globalization, trade.
1. Maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules Verne – UR Habiter le monde. Courriel : anne.
bouhali@[Link].
2. Maître de conférences, Université Paris Cité – UMR Géographie-cités. Courriel : [Link]@[Link].
3. Maître de conférences, Université Bordeaux-Montaigne – UMR Les Afriques dans le monde, sylvain.
racaud@[Link].
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Suds, 2023, n° 287
Fig. 1. Congo Street, Kariakoo, Dar es-Salaam.
Ce quartier est la centralité commerciale tanzanienne principale, y cohabitent différentes
formes de commerce : de gros, de détail en boutique, de rue, formelles, « informelles »,
sédentaires, ambulantes, pérennes, éphémères, etc. différents types de clientèles, etc.
Racaud, 2015.
La présence de marchés populaires dits informels est un marqueur
paysager incontournable dans les villes des Suds, des mégapoles aux plus
modestes bourgades rurales. Insérés dans des réseaux de circulations humaines,
matérielles et financières, ces lieux constituent un objet de recherche bien
étudié, des enjeux socio-politiques qui s’y nouent à l’échelle locale (Morange
2015, Paulais et Wilhelm 2000, Spire et Choplin 2018) aux mécanismes
d’intégration aux échanges transnationaux et mondialisés à l’échelle globale
(Bouhali 2015, 2020, Doron 2017, Racaud 2018). La gamme urbaine des
points de vente comprend également des dispositifs éprouvés : le supermarché,
la boutique et la vente de rue (fig. 1). Elle est depuis quelques années enrichie
par les shopping malls, centres commerciaux modernes où les nombreuses
boutiques sont interconnectées par des allées marchandes (Harroud 2009,
2015). Dans les espaces ruraux, le marché périodique (fig. 2) reste un lieu et
un moment structurant de la vie et des échanges (Chaléard 1996). C’est aussi
un carrefour de plusieurs routes marchandes, une interface entre plusieurs
échelles, une vitrine de l’arrière-pays et une porte d’entrée pour les produits
importés notamment de Chine (Racaud 2023).
6
Introduction
Fig. 2. Marché périodique de Batcham, Cameroun.
Les marchés périodiques sont une porte d’entrée importante de marchandises importées
dans les espaces ruraux, ils sont également des points de collecte de produits agricoles de
l’arrière-pays. Ces lieux d’échange sont des carrefours de plusieurs routes marchandes et des
ramifications discrètes de routes transnationales.
Racaud, 2014.
Les données macroéconomiques rendent compte, dans une certaine mesure,
des circulations marchandes globales pour lesquelles la Chine joue un rôle majeur.
Cette dernière est devenue le principal partenaire commercial de l’Afrique
depuis 2009 (Gabas et Chaponnière 2012), les importations en provenance de
ses régions industrielles étant passées de 50 milliards de dollars en 2008 à plus
de 110 milliards en 20194. À partir de 2008, début de la croissance spectaculaire
des échanges de marchandises, elle est aussi devenue le second fournisseur de
l’Amérique latine (Kellner et Wintgens 2018). Ces dynamiques illustrent un
changement de la géographie du commerce mondial : les Suds en tant que marché
final participent à la reconfiguration des flux du commerce global polycentrique
(Horner et Nadvi 2017, Pieterse 2012). Des marchés des Suds, en particulier
les marchés indien et africain, sont devenus attractifs économiquement, compte
tenu de la croissance démographique, de l’urbanisation, de la disponibilité d’une
population active jeune, d’un marché de consommateurs en plein essor – les
fameuses « classes moyennes » (Darbon et Toulabor 2014) – et de forts taux de
croissance annuels des PIB nationaux. Les discours positifs sur leur fort potentiel
économique – dont celui du bas de la pyramide « bottom of the pyramid », les
4. Source : UN Comtrade, [Link] (consulté le 15 mai 2023).
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Suds, 2023, n° 287
nombreux pauvres présentés comme un marché à conquérir pour vendre certes
à bas prix, mais en de très grandes quantités (Prahalad 2004), accompagnent
des flux mondiaux qui se matérialisent in fine dans les marchés et autres lieux
commerçants.
Fig. 3. Un café de la medina de Tunis transformé
partiellement pour la vente de baskets importées.
La médina de Tunis a connu une forte expansion du commerce d’importation dans la décen-
nie 2000. D’abord cantonnées à des espaces de vente temporaires sur des étals, ces march-
andises ont investi des rues entières à l’image du souk Boumendil. Au-delà de ces lieux, les
approvisionnements mondialisés sont un agent puissant de la transformation urbaine qui se
diffuse dans la ville, en modifie le paysage et les usages.
Doron, 2012.
À partir de lieux marchands marqués par l’informalité, lieux d’ancrage de
la mondialisation des pauvres (Choplin et Pliez 2018) et/ou de lieux marchands
à forte intensité capitalistique, ce numéro de Suds porte sur les transformations
sociales et spatiales impulsées par les circulations de marchandises,
d’acteurs et de capitaux, le long des itinéraires empruntés. Prendre pour
objet des circulations marchandes transnationales dont se saisit une grande
diversité d’acteurs, des businessmen de quartiers cossus métropolitains à des
commerçants itinérants ruraux, à d’importatrices familières de Dubaï, à des
vendeuses de rue, revient à réfléchir aux jeux d’échelles entre le local et le
global, ainsi qu’aux niveaux intermédiaires, tous travaillés par des dynamiques
8
Introduction
réticulaires qui en modifient les contours (Id., p.107). Pour appréhender la
dynamique socio-spatiale du quotidien de gens ordinaires, engagés dans le
commerce de produits importés, souvent d’envergure modeste, il est nécessaire
de décentrer le regard « il faut glisser des centres vers les marges, s’installer
en ces lieux flous que sont les confins de pays, les périphéries de territoires
urbains, le long des routes qui conduisent à des bourgs commerçants dressés
au milieu de nulle part […] Ici comme ailleurs, se joue la mondialisation,
autrement plus discrète. » (Id., p. 25-26). Le dossier vise ainsi à documenter
les effets des circulations marchandes sur la production de l’espace et sur le
quotidien des acteurs (fig. 3), que ce soit en tant qu’opportunité économique
ou de consommation. En dépassant un clivage urbain-rural, ce volume
vise à répondre à deux questions. Premièrement, comment les circulations
marchandes transforment-elles et (re)signifient-elles les espaces ruraux et les
espaces urbains, y compris les plus modestes (Robinson 2006 et 2008), qui
jalonnent les routes empruntées ? Deuxièmement, comment les circulations
marchandes ouvrent-elles des opportunités économiques et des espaces de
consommation pour les habitants des Suds ? Nous postulons que la production
d’espaces, d’opportunités économiques et de consommations spécifiques
sont en étroites interrelations. Les circulations d’objets marchands impulsent
des rapports sociaux, économiques et politiques singuliers dans les lieux
d’ancrage qu’elles traversent : marchés urbains et ruraux, espaces publics,
quartiers commerçants, supermarchés, shopping malls, lieux de rupture de
charge, etc. Cette expansion spatiale de la société de consommation est le
produit mais également le moteur d’un procès de circulation plus global,
autrement dit du capital, dont Harvey (2018) a montré que les espaces investis
plus récemment, les « nouvelles frontières du capital », sont complémentaires
aux espaces anciennement arrimés aux logiques d’accumulation. À la
complémentarité des espaces, s’ajoute celle des acteurs. Les grands opérateurs
ou intérêts économiques ont besoin de la masse des pauvres, pour produire,
faire circuler, vendre et pour consommer. « Pauvre », ce terme renvoie à une
catégorie statistique, en particulier celle de la Banque mondiale qui établit un
seuil à 1.90 $ par jour, limite du passage vers la global middle class (entre
2 et 10 ou 13 $ selon les études), catégorie dont la délimitation est délicate,
hétérogène, mais s’apparentant bien à des classes de consommation ou de
consommateurs (Berrou et al. 2019). Ces ensembles concernent donc des
personnes aux revenus faibles ou modestes, autrement dit des conditions
matérielles spécifiques mais également des relations sociales inégales et « une
expérience de la mondialisation dans les espaces en marge des grands centres
d’accumulation du capital ou dans les interstices de ceux-ci » (Choplin et
Pliez 2018, p.11). Les consommateurs, fussent-ils « pauvres », « joue[ent] un
rôle similaire à celui que jouait l’ouvrier dans le capitalisme productif. Sans
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Suds, 2023, n° 287
lui, pas de plus-value ni d’accumulation. Or, la plus-value passe en effet dans
la fabrication en amont du désir de consommer et de s’identifier à telle ou
telle marchandise » (Weber 2016, p. 6-7). Les circulations marchandes, les
connexions multiples à un ou des « ailleurs » via notamment les applications
et réseaux sociaux, produisent une culture matérielle cohérente avec la logique
de conversion d’espaces au capitalisme.
Ce numéro propose de tisser des liens entre d’une part des approches sur
la production contemporaine de l’espace urbain et d’autre part des travaux sur
l’entrée de sociétés des Suds dans la consommation globalisée. En s’appuyant
sur l’analyse de réseaux de production globaux (Global Production Networks)
et en intégrant les apports de la géographie culturelle (Lemarchand 2011), les
premières approches questionnent la production de l’espace urbain par les
flux de marchandises et les réseaux de production transnationaux (Beyer et al.
2020). Elles identifient de nouveaux champs, comme la prise en compte des
infrastructures urbaines comme facteur de production spatiale, l’identification
de moteurs discrets de la globalisation et soulignent la nécessité de dépasser les
analyses circonscrites aux seuls espaces métropolitains. Ce dossier cherche à
montrer des interrelations entre différentes formes marchandes, avec par exemple
un dépassement de la dichotomie urbain/rural, mais aussi formel/informel ou
sédentaire/nomade. Les recherches qui s’intéressent aux effets des diffusions
croissantes de produits globalisés, en particulier ceux importés de Chine,
questionnent le développement de la société de consommation dans les Suds.
Certains travaux (Khan-Mohammad et Kernen 2023, Marfaing 2018) examinent
comment les produits chinois, largement disponibles sur les marchés des Suds et
parce qu’ils sont bon marché, contribuent non seulement à la démocratisation de
la consommation de produits importés mais aussi à l’essor d’un entreprenariat
à faible capital dont une partie parvient à l’accumulation (Rabossi 2012).
Nous proposons également de réfléchir au rôle des objets dans les processus
de transformation des espaces et des rapports sociaux (Cook 2004, Knowles
2014, Marcus 1995) au prisme des circulations commerciales. En s’inscrivant
dans « le retour du matériel en géographie » (Weber 2016), ce dossier présente
ainsi des contributions de disciplines variées partageant l’idée selon laquelle
l’objet matériel et les lieux sont révélateurs de phénomènes sociaux. Ils « sont
des incorporations de rapports sociaux et de rapports de domination, de conflits
et de subordinations » (Id., p. 4) qu’on peut lire à travers la culture matérielle des
pauvres, elle-même en relation étroite avec l’espace et les réseaux.
10
Introduction
I – Contenu du dossier thématique
Ce numéro de Suds est l’occasion de faire dialoguer des recherches croisant
l’étude des circulations commerciales avec l’observation des transformations
spatiales et sociales qu’elles impulsent. L’objectif est de tisser des liens entre
des terrains variés, situés essentiellement en Afrique ainsi qu’en Amérique
Latine et de dépasser les particularités des objets d’étude pour se concentrer
sur l’appréhension des transformations paysagères, sociales, culturelles et
politiques induites par ces circulations dans et aux abords des marchés des
Suds. Le dossier compte huit articles, les auteurs, juniors et seniors, s’inscrivent
en majorité en géographie mais d’autres disciplines telles l’anthropologie,
l’histoire et la science politique complètent la réflexion sur l’espace. En effet,
toutes les contributions informent sur les interrelations entre les circulations
et les transformations sociales et spatiales dans les Suds. Le propos fait la
part belle aux enquêtes de terrain, la démarche ethnographique guide souvent
la production du matériau empirique. Le dossier couvre des études de cas
en Afrique sub-saharienne (5), au Maghreb (2) et au Brésil (1), il souligne
que ces aires géographiques sont connectées entre elles, par exemple via les
échanges entre le continent africain et l’Asie ou encore avec le Brésil. En dépit
des appels diffusés dans les réseaux de recherche francophone situés dans les
Suds, nous n’avons pas reçu de contributions portant sur des études de cas en
Asie. Serait-ce un angle mort des travaux francophones sur les circulations
marchandes hors des radars des études macroéconomiques ou des migrations ?
Le dossier propose néanmoins une collection d’articles qui nous renseigne
sur les lieux marchands de la mondialisation des pauvres (Choplin et Pliez
2018). La contribution de Katharina Grüneisl « La fripisation de la Hafsia :
une contre-histoire d’un projet de rénovation urbaine à Tunis », décentre le
regard habituel sur les acteurs et processus de la production de la ville, mettant
l’accent sur les mécanismes de co-production de l’espace. Elle interroge plus
particulièrement le rôle des commerces considérés comme illégitimes ou
marginaux dans la fabrique de la ville. Cette dernière est également l’objet
de l’article de Tayeb Otmane, Hadj Mohammed Maachou et Badreddine
Yousfi, « Émergence des nouvelles centralités à Oran en Algérie entre
métropolisation et circulation marchande mondialisée ». En prenant l’exemple
d’Oran, les auteurs montrent que la dynamique commerciale, impulsée par
l’orientation du pays vers l’économie de marché, transforme les quartiers
résidentiels et impose une hiérarchie urbaine et commerciale inédite. Camila
de Conto Sena s’intéresse quant à elle, à partir d’une approche ethnographique,
aux dynamiques le long des parcours migratoires de commerçants sénégalais
installés au Brésil. Sa contribution « De Dakar a Marau : le Rio Grande do Sul
11
Suds, 2023, n° 287
sur la feuille de route des commerçants sénégalais. Regard sur les stratégies de
circulation et d’implantation » révèle que la récente immigration de vendeurs
ambulants sénégalais à Marau s’inscrit dans un processus de reconfiguration
des routes mais aussi dans un contexte d’investissement de l’espace urbain
par le commerce. Les routes sont aussi l’objet de la contribution suivante
« Circulations marchandes et mondialisation des relations urbain-rural
en Tanzanie ». Sylvain Racaud vise à éclairer des modalités renouvelées
d’intégration des relations urbain-rural et d’une métropole tanzanienne
périphérique à la mondialisation via la route marchande du made in China bon
marché. Il conclut en notant que la mondialisation originale des relations urbain-
rural, c’est-à-dire leur intégration à des logiques plus globales, est le produit de
logiques de réseaux, espaces d’opportunités appropriés par des acteurs discrets
de la mondialisation. La publication de Sylvie Ayimpam et Timothée Kazadi
Kimbu « Le “couloir” à la frontière entre la Zambie et le Congo (RDC) » a
pour objectif d’analyser les enjeux de pouvoir et les jeux d’acteurs autour du
projet de modernisation du poste-frontière de Kasumbalesa. Elle souligne que
le rapport de force, entre les services de l’État à la frontière et une organisation
sous-régionale qui tente d’imposer des normes internationales de gestion des
flux au « couloir », engendre une tension caractéristique de la mondialisation
« ancrée ». Issouf Binaté inscrit également son travail dans une perspective
transnationale. L’article « Les échanges entre la Turquie et la Côte d’Ivoire
à l’ère du numérique : Dynamiques, réseaux des étudiants entrepreneurs et
pratiques d’une mondialisation par le bas », s’intéresse aux circulations des
produits made in Turkey en Afrique, via notamment le rôle des étudiants
ivoiriens installés en Turquie. L’auteur révèle notamment que la mondialisation
des échanges par ces acteurs peu connus du circuit du commerce international
s’inscrit dans le prolongement de migrations africaines en Chine ou en Egypte.
Abdul-Aziz Dembélé interroge la manière dont des entreprises globales
s’implantent au marché Tecno (Abidjan) dans sa contribution « Les marchés de
la téléphonie mobile en Afrique de l’Ouest : dynamiques populaires et stratégies
des firmes globales ». Son travail met en lumière la convergence d’intérêts
entre acteurs globaux et acteurs populaires, qui jouent de l’imbrication entre
les formes formelles et populaires du commerce des produits électroniques
grand public. Enfin, Antoine Kernen et Idrissou Mounpe Chare portent leur
attention sur des produits spécifiques importés dans l’article « Les nouveaux
usages thérapeutiques des compléments alimentaires chinois au Cameroun ».
Ils mettent en évidence la diversification de la perception des produits made
in China par les consommateurs, produits qui s’enracinent dans un nouveau
contexte économique social et culturel qui les transforme.
12
Introduction
Les articles scientifiques sont complétés par deux rubriques utiles au thème
du dossier. L’entretien de Suds « Circulation du Finnish Hardcore Punk »
mené avec Lasse Ullvén par Sylvain Racaud met en lumière des circulations
« underground » liées à une sous-culture : le punk hardcore. Fins connaisseurs
et acteurs de cette scène, leur discussion souligne que cette circulation est une
forme de résistance à la globalisation culturelle et qu’elle produit des formes
spatiales singulières. Enfin, la rubrique Suds en parle aborde le problème de la
« fast fashion », autrement dit de la mode éphémère qui génère des déchets et
des circulations de plastique dans des pays des Suds, donc de la pollution liée
à la surconsommation dans les Nords.
Les sections suivantes présentent successivement les axes de réflexion du
dossier.
II – Transformations des lieux marchands sous
l’effet des circulations commerciales
Fig. 4. Vue sur William Street (saturée de camions)
et Ben Kiwanuka Street, Kampala.
Le quartier marchand Nakivubo, au cœur de la capitale ougandaise, est une centralité com-
merciale sous-régionale à partir de laquelle les marchandises importées sont réexpédiées
dans une bonne partie de la sous-région. Ce quartier est emblématique de relations entre
flux de marchandises et urbanisation commerciale.
Racaud, 2023.
13
Suds, 2023, n° 287
La production contemporaine de l’espace urbain est de plus en plus
modelée par la circulation des individus, de l’information, de l’argent et des
marchandises (Beyer et al. 2020). Les lieux marchands, des plus évidents
telles les rues commerciales de métropoles, aux moins visibles sur le radar
de la mondialisation, tels des marchés périodiques ruraux, sont des terrains
privilégiés pour analyser les circulations de marchandises, d’acteurs et de
capitaux (fig. 2 et 4). Ces points d’échange contribuent, chacun à leur niveau,
à la construction de réseaux marchands souvent transnationaux, par exemple
ceux des produits fabriqués en Asie. Les flux croissants se concrétisent par
des dispositifs logistiques qui répondent aux spécificités des lieux dans
lesquels ils se déploient. Par exemple, l’essor de marchés dans des métropoles
africaines rend compte de formes marchandes globales qui recomposent la rue
selon un principe de spécialisation commerciale (Bertoncello et Bredeloup
2009). On retrouvera cet essor marchand dans chacune des propositions de ce
numéro. Les articles permettent une lecture des transformations urbaines au
cœur des métropoles, notamment l’article de Katharina Grüneisl qui retrace
le développement du marché de la fripe de la Hafsia au cœur de la capitale
tunisienne ou celui d’Issouf Binaté qui retrouve les étudiants ivoiriens dans
les quartiers marchands d’Istanbul. C’est aussi le cas du marché « Tecno »
de Treichville, spécialisé dans la téléphonie mobile au cœur d’Abidjan, dont
l’essor est analysé par Abdul-Aziz Dembélé au croisement des stratégies des
firmes globales et des capacités d’initiative des acteurs populaires. Toutefois,
ces transformations ne sont pas exclusives aux centres des métropoles. Ainsi
la proposition de Tayeb Otmane, Hadj Mohammed Maachou et Badreddine
Yousfi analyse l’émergence de centralités cette fois-ci dans les périphéries
d’Oran et en concurrence avec le centre-ville. Camilla De Conto suit les
migrants et commerçants sénégalais au Brésil, et si la métropole de São
Paulo est inévitablement sur leur route, c’est dans la petite ville de Marau
que se territorialise leur activité commerciale. Sur le terrain des boutiques de
compléments alimentaires chinois au Cameroun, Antoine Kernen et Idrissou
Mounpe Chare analysent les transformations en cours dans les métropoles de
Yaoundé et Douala comme dans la petite ville de Mbalmayo. La grande route,
celle du business inter ou transnational, peut laisser entrevoir des articulations
avec des espaces transfrontaliers plus modestes comme le long du corridor
de Kasumbalesa entre République démocratique du Congo et Zambie, où
nous emmènent Sylvie Ayimpam et Timothée Kazadi. Enfin, depuis Mbeya
au sud-ouest de la Tanzanie, Sylvain Racaud observe également la connexion
des marchés ruraux aux échanges locaux comme transnationaux, montrant
ainsi que les espaces ruraux jouent un rôle dans les circulations marchandes
mondialisées. Du cœur des métropoles des Suds jusqu’aux espaces ruraux, les
propositions s’attachent ainsi à saisir les effets des circulations marchandes
14
Introduction
sur l’accès au foncier, sur les transformations des paysages urbains et des
fonctions urbaines, sur les types d’appropriation de l’espace public ou privé
par les différents acteurs, sur la coexistence plus ou moins pacifique entre
diverses formes de commerce, du formel à l’informel, sur l’organisation de
réseaux marchands, sur les relations urbain-rural, ou encore sur l’intégration
de lieux marchands ruraux dans des réseaux d’échange mondiaux.
III – Transformations des rapports sociaux, des
modes de production et de consommation
Au-delà de la seule transformation des espaces, ce dossier s’attache
aussi à documenter les effets des objets marchands en circulation sur les
rapports sociaux (Appadurai 1986, Weber 2016), les modes de production et
de consommation. Les marchandises importées bon marché, notamment de
Chine ou de Turquie, sont révélatrices de changements des représentations
et des pratiques quotidiennes. La consommation d’articles made in China
apparaît, dans le cas de population d’origine rurale, comme centrale pour la
construction d’identités urbaines (Chapatte 2014). La diffusion massive des
produits chinois contribue à faire entrer l’Afrique dans une ère de consommation
globalisée (Kernen et Khan Mohammad 2014). On retrouve particulièrement
ces dimensions dans les propositions, sur les marchés ruraux tanzaniens, dans
les périphéries d’Oran ou dans la diffusion des textiles turcs en Côte d’Ivoire.
Serait-ce le signe du passage d’une « économie de marché » à une « société
de marché », c’est-à-dire « un mode de vie tel que les valeurs marchandes
s’insinuent dans le moindre aspect des affaires humaines ; […] un lieu où
les relations sociales sont réaménagées à l’image du marché » (Sandel 2014,
p. 42) ? La puissance du marketing en réseau des compléments alimentaires
chinois au Cameroun décrit par Antoine Kernen et Idrissou Mounpe Chare
a transformé les usages comme les espaces de vente de ces marchandises en
dépit d’un prix peu concurrentiel. Cet axe met l’accent non seulement sur la
consommation mais aussi sur la production de circulations, ces deux volets du
système capitaliste étant des moteurs de rapports sociaux comme le soulignent
parfaitement les contributions d’Issouf Binaté à propos des étudiants ivoiriens
à Istanbul, d’Abdul-Aziz Dembélé sur la diversité des acteurs et leurs multiples
rôles dans la diffusion de la téléphonie. Les circulations d’objets marchands
sont opérées par une myriade d’acteurs du quotidien au capital inégal, des
vendeurs ambulants urbains ou ruraux (Rabossi 2012), aux commerçants
sédentaires, aux nombreux employés des arrière-boutiques, ou aux grands
hommes et femmes d’affaires. Cette économie des circulations organise un
espace ressource, c’est-à-dire un espace vecteur d’opportunités (Pliez 2007) à
15
Suds, 2023, n° 287
l’image des centralités de passage (Doron 2017) où se maximise la capacité
à tisser des relations sociales et d’affaires. C’est le rôle de la médina de Tunis
dans laquelle s’inscrit le développement du commerce de fripes, celui d’un
poste frontalier en plein développement entre Zambie et RDC ou encore celui
des quartiers cosmopolites et marchands d’Istanbul ou de São Paulo.
IV – Enjeux politiques et de régulation
des circulations marchandes
Envisager les transformations sociales et spatiales impulsées par les
circulations marchandes de la mondialisation des pauvres ouvre aussi la
question des enjeux politiques et de régulation. En effet, le développement
d’une économie marchande relevant de circulations transnationales est
à même de bouleverser les espaces et les sociétés, urbains ou ruraux, dans
lesquels elle s’insère. Ici, un interstice urbain délaissé peut devenir un espace
de pression foncière et de concurrence pour l’accès aux locaux commerciaux
(Bennafla 2013). Un quartier résidentiel peut être requalifié en quartier-marché
(Bouhali 2015) entraînant d’inévitables conflits d’usages. Là, l’arrivée de
nouvelles activités portées, sinon captées, par de nouvelles populations peut
venir transformer les caractéristiques sociales, économiques et culturelles
d’un territoire et soulever des tensions, sinon des conflits. Ces derniers, en
particulier lorsque la problématique de l’« informalité » entre en jeu, révèlent
l’ambiguïté des cadres de gouvernance, ambiguïté qui peut d’ailleurs être
une ressource utilisée à dessein dans la gouvernance du commerce de rue
(Racaud et al. 2018). On comprend alors les effets de complémentarité entre
les catégories – produits politiques – de « formel » et « informel ». Cette
perspective via les complémentarités rend mieux compte des manières dont
les deux systèmes économiques constituent des formes interdépendantes
d’organisation économique (Meagher et Lindell 2013) dont la coexistence
ne fait néanmoins pas l’économie de conflits. L’émergence, voire l’irruption,
des circulations marchandes de la mondialisation des pauvres dans les
territoires est rarement planifiée et vient parfois s’opposer aux projets urbains
de mise en ordre et de mise aux normes des espaces urbains (Morange et
Spire 2017). Elle appelle souvent dans le même temps une régulation et des
aménagements publics, rendus nécessaires par exemple par la transformation
d’un espace résidentiel en espace marchand et logistique. Parfois la régulation
se réduit au seul projet d’éviction d’activités non désirées. Quels sont alors
les arrangements locaux de régulation des circulations ? Quelles sont les
normes ? Quels sont les discours de légitimation ou de délégitimations de
telles activités ? Comment coexistent ou s’affrontent politiques publiques et
16
Introduction
logiques privées ? Les articles du dossier s’emparent de cette thématique dans
la diversité des questions qui l’accompagnent. À Tunis, Katharina Grüneisl
restitue ainsi une contre histoire de la rénovation urbaine du quartier de la
Hafsia et montre comment un commerce de fripe considéré comme marginal
et illégitime a remanié et coproduit le quartier moderne aux côtés des acteurs
plus classiques de l’aménagement urbain et en dépit des réticences. Tayeb
Otmane, Hadj Mohammed Maachou et Badreddine Yousfi notent que les
périphéries oranaises offrent à la fois des options d’aménagement pour les
aménageurs tout en entraînant un processus de transformation « par le bas »
d’espaces résidentiels en espaces marchands, ce qu’observe aussi Sylvain
Racaud au marché de Mwanjelwa à Mbeya. Dans l'article de Sylvie Ayimpam
et Timothée Kazadi et dans celui d'Issouf Binaté, ce sont respectivement les
grandes orientations politiques internationales, portées par les organisations
régionales, les bailleurs de fonds internationaux et/ou les États qui dégagent
opportunités et interstices pour le développement des activités marchandes. Les
migrants et commerçants sénégalais étudiés au Brésil par Camilla De Conto
naviguent entre opportunités ouvertes par la politique migratoire brésilienne
et contraintes locales à l’installation d’activités pérennes. Les ressorts de la
légitimation sont aussi portés par cette économie elle-même, par formalisation
et association affichée aux grandes firmes globales de la téléphonie au marché
« Tecno » de Treichville ou par transformation et médicalisation des usages
des compléments alimentaires chinois au Cameroun.
En décentrant le regard vers les espaces discrets mais bien visibles de la
mondialisation (Choplin et Pliez 2018) et en suivant des objets variés dans
différents contextes sociaux, économiques et spatiaux, le dossier montre
des formes spatiales dynamiques qui soulignent d’une part l’importance des
ancrages et des disparités spatiales, et d’autre part les logiques d’inclusion et
d’exclusion sociale.
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