Filière : Sciences Economiques et Gestion
Licence d’excellence : Métiers de la finance
Semestre : 6
Entrepreneuriat
Professeur :
Mme Abir JOUAD
Année universitaire : 2024-2025
Ce support de cours, adressé aux étudiants du quatrième semestre, a pour ambition de les initier à
l’acte d’entreprendre, il s’agit de les :
Objectif général :
Encourager l’auto-emploi chez les étudiants comme perspective d’avenir professionnel, en
établissant des services d’appui à la création des entreprises tout en la promouvant dans les cursus
académiques des universités.
Objectifs spécifiques :
1. Sensibiliser les étudiants à l'existence de l'auto-emploi comme une alternative d’emploi le
long de tout le cursus académique ;
2. Renforcer les capacités entrepreneuriales des étudiants de la dernière année du cursus
académique par le biais d'activités de formations spécifiques ;
3. Apporter les compétences nécessaires aux étudiants entrepreneurs pour qu’ils puissent
entreprendre à travers des outils de conseils et d’accompagnement,
4. Etablir dans les universités des mécanismes de prospection qui permettent d’évaluer le degré
de réussite des mesures de promotion, de formation et de conseil mises en place, ainsi que de
l'état de l'entrepreneuriat dans leur pays,
5. Créer des réseaux qui permettent aux universités participantes d’internationaliser leurs
activités en partageant les connaissances, en promouvant de nouvelles initiatives et études, et
en renforçant leurs efforts individuels.
Pour répondre à cet objectif, nous avons structuré ce cours en quatre chapitres avec neuf exposés présentées
par les étudiants :
CHAPITRE I : 3 E : Entreprise, Entrepreneur et Entrepreneuriat
CHAPITRE II : Idéation et faisabilité
CHAPITRE III : Planification et financement de l’entreprise
CHAPITRE IV : Compétences entrepreneuriales
CHAPITRE V : Gestion de projet
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Plan détaillé
CHAPITRE I : 3 E : Entreprise, Entrepreneur et Entrepreneuriat
Section1 : Entreprise
Section2 : Entrepreneur
Section3 : Entrepreneuriat
CHAPITRE II : Idéation et faisabilité
Section 1 : Idée d’affaire
Section 2 : Faisabilité de l’entreprise
Section 3 : Opportunité d’affaire
CHAPITRE III : Planification et financement de l’entreprise
Section1 : Plan d’affaire
Section 2 : Etapes de la création d’entreprise
Section 3 : Financement de l’entreprise
CHAPITRE IV : Compétences entrepreneuriales
Section 1 : Créativité, innovation et résolution de problèmes
Section 2 : Communication, réseautage et leadership
Section 3 : Gestion du temps, du stress et des priorités
CHAPITRE V : Gestion de projet
Section 1 : Introduction à la gestion de projet
Section 2 : Méthodes de gestion de projet
Section 3 : Techniques de gestion de projet
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CHAPITRE I : 3 E : Entreprise, Entrepreneur et Entrepreneuriat
Parler de la sensibilisation à l’entrepreneuriat nous mène à expliquer les termes en « E », ces derniers
viennent du verbe entreprendre, et si on se réfère au dictionnaire Larousse, entreprendre signifie :
• Se mettre à faire une chose ;
• Commencer la réalisation ou l’exécution (de quelque chose);
L’entrepreneuriat joue un rôle fondamental dans le développement économique et social, en favorisant
l’innovation, la création de richesse et la génération d’emplois. Il repose sur trois éléments indissociables :
l’entreprise, l’entrepreneur et l’entrepreneuriat. L’entreprise constitue l’unité de base de l’activité
économique, produisant des biens ou services pour répondre aux besoins du marché. L’entrepreneur, quant
à lui, est l’individu qui prend l’initiative de créer et de diriger une entreprise en assumant des risques et en
mobilisant les ressources nécessaires. Enfin, l’entrepreneuriat désigne l’ensemble du processus qui mène à
la création, au développement et à la pérennisation d’une entreprise.
Section 1 : Entreprise
Une entreprise est un groupement humain hiérarchisé qui met en œuvre des moyens intellectuels, physiques
et financiers pour produire, former, distribuer les richesses conformément à des buts définis pour réaliser un
profit.
I. Définition et types
1. Définition traditionnelle
Dans l'approche traditionnelle, une entreprise est considérée comme une unité économique et juridique dont
la principale fonction est de produire des biens et des services destinés à être vendus sur un marché. L'activité
d'une entreprise est généralement divisée en deux phases distinctes : la production de biens ou de services et
la distribution des richesses en échange de ces biens ou services.
a. L’entreprise en tant qu’unité de production
Cela implique la création de biens ou de services. L'entreprise transforme des entrées (intrants ou inputs) en
sorties (extrants ou outputs).
Les intrants peuvent être classés en trois catégories :
Le travail fourni par le personnel de l'entreprise,
Le capital technique (comme les bâtiments et le matériel),
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Les consommations intermédiaires, telles que les matières premières, les produits semi-finis,
l'énergie, ou les services incorporés au processus de production.
L'objectif de l'entreprise dans cette approche est d'atteindre l'efficacité maximale en minimisant les coûts, ce
qui lui permet de réaliser des profits. Elle cherche la meilleure combinaison possible des facteurs de
production pour y parvenir.
b. L’entreprise en tant qu’unité de répartition
La vente des biens ou services produits par l'entreprise est la contrepartie de l'activité de production. En effet,
les revenus générés par ces ventes sont utilisés pour :
Rémunérer les facteurs de production (comme les employés et le capital),
Payer les charges sociales et fiscales,
Réaliser un bénéfice qui permet à l'entreprise de prospérer.
2. Définition systémique
Selon l'approche systémique, l'entreprise est vue comme un système organisé, un système ouvert et un
système finalisé.
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a. L’entreprise est système organisé
L'entreprise est structurée et organisée en entités hiérarchisées et spécialisées. Elle est composée de différents
organes (départements, équipes) qui ont des rôles spécifiques, et ces organes sont reliés par des liaisons.
b. L’entreprise est un système ouvert
L'entreprise interagit avec son environnement, comprenant des éléments économiques, technologiques,
fiscaux, et d'autres encore. Il y a des flux d'entrée et de sortie entre l'entreprise et son environnement, ce qui
signifie que l'entreprise est influencée par des facteurs externes et influence à son tour l'environnement.
c. L’entreprise est un système finalisé
L'entreprise a une double finalité :
Elle poursuit une finalité à caractère personnel, comme la quête de prestige, de pouvoir, et de profit
pour ses dirigeants.
Elle a également une finalité à caractère institutionnel, qui englobe des objectifs économiques,
sociaux (comme la satisfaction du personnel), et d'autres qui contribuent au développement de
l'entreprise.
3. Types d’entreprises
Les entreprises peuvent être classées selon plusieurs critères, on cite entre autres:
a. Selon leur taille
La classification des entreprises selon la taille se base sur le nombre de personnes employées par l'entreprise.
Cela permet d'évaluer l'importance du facteur de production qu'est le travail au sein de l'entreprise. En
d'autres termes, cette classification nous aide à comprendre la taille de la main-d'œuvre et le nombre
d'employés que l'entreprise emploie, ce qui a un impact significatif sur sa capacité de production et sa
contribution à l'emploi dans l'économie.
L’application du critère de la taille conduit à distinguer les :
– Très petite entreprise (TPE)
– Petite et moyenne entreprise (PME)
– Grande entreprise (GE)
Au Maroc
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– TPE : Moins de 10 salariés
– Petite entreprise : 10 à 50 salariés
– Moyenne entreprise : 50 à 200 salariés
– Grande entreprise : + de 200 salariés
b. Selon leur propriété
• Entreprises privées : Détenues par des particuliers ou des actionnaires.
• –Entreprises publiques : Appartiennent à l'État ou à des collectivités publiques.
• Entreprises à capitaux mixtes : Association entre capitaux publics et privés.
II. Secteurs d’activités
La classification de Colin Clark nous permet de regrouper les entreprises en fonction de leur contribution à
l'économie, en distinguant notamment les secteurs primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire.
Secteur primaire : Regroupant l’ensemble des entreprises productives de matières premières
(agriculture, mines, pêche, exploitation forestière,…).
Secteur secondaire : Regroupant l’ensemble des entreprises correspondant à la transformation des
matières premières en biens productifs ou en biens de consommation (construction automobile,
chimie,…).
Secteur tertiaire : Regroupant l’ensemble des entreprises produisant des services (commerce,
assurances, banques, transport,…).
Secteur quaternaire : Regroupant l’ensemble des entreprises intervenant dans les Nouvelles
Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).
III. Formes juridiques
La classification juridique des entreprises se divise principalement en trois catégories principales : les
sociétés de capitaux, les sociétés de personnes et les sociétés mixtes. Chacune de ces catégories à ses propres
règles, responsabilités et avantages, ce qui permet aux entrepreneurs et aux investisseurs de choisir la
structure juridique la mieux adaptée à leurs besoins.
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1. Les sociétés de capitaux
On distingue deux types :
a. La société anonyme
Le nombre de ses actionnaires ne doit pas être inférieur à 5 personnes.
Son capital ne peut être inférieur à 3.000.000 DH si elle fait appel public à l’épargne, et à 300.000 DH si elle
ne fait pas appel public à l’épargne.
Les actionnaires ne sont responsables des dettes de la Société que dans la limite de leurs actions.
b. La société en commandite par action
Cette société se tient entre deux types d’actionnaires:
Les actionnaires commandités qui seuls ont le droit de gérer la société sont solidairement responsables des
dettes de la société.
Les partenaires commanditaires qui n’ont pas le droit de gérer la société, ne sont associés que par des actions
et ne subissent des pertes que dans la limite de leurs actions leur nombre minimum est 3.
Son capital ne peut être inférieur à 3.000.000 DH si elle fait appel public à l’épargne et à 300.000 DH si elle
ne fait pas appel public à l’épargne.
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2. Les sociétés de personnes
a. La société en nom collectif
La responsabilité est illimitée, ce qui signifie que les biens personnels des associés peuvent être utilisés pour
couvrir les dettes. La responsabilité est solidaire, ce qui signifie que chaque associé est responsable de la
totalité des dettes, même si une seule personne a causé la dette.
Une SNC peut être constituée de deux associés ou plus. Les associés ont généralement le droit de gérer
activement la société. Le nom de la société doit inclure les noms de tous les associés actifs.
b. La société en commandite simple
Une société qui implique la participation de deux types d'associés: les associés commandités et les associés
commanditaires:
Les associés commandités sont ceux qui ont le droit de gérer activement la société. Ils sont
responsables des dettes de la société de manière illimitée et solidaire.
Les associés commanditaires ne sont pas autorisés à gérer la société. Ils investissent dans l'entreprise
en apportant des fonds, mais leur responsabilité est limitée à la valeur de leur apport en capital.
Une SCS doit avoir au moins deux associés, c'est-à-dire un associé commandité et un associé commanditaire.
Il n'y a pas de nombre maximum d'associés imposé par la loi. Le nom de la société doit inclure le nom d'au
moins un associé commandité. Pas de capital minimum ou maximum exigé par la loi.
3. Les sociétés mixtes : La société à responsabilité limitée
Cette société rassemble les caractéristiques des sociétés de capitaux et des sociétés de personnes, et les
associés ne sont responsables des dettes de la société que dans la limite de leurs parts. Nombre maximum
des associés ne doit pas dépasser 50.
Capital : Aucun minimum n’est exigé.
4. Les entreprises individuelles
Il s'agit d'une forme d'entreprise constituée d'une seule personne physique (le fondateur).
Le patrimoine de la société n'est pas distinct de celui de son fondateur, qui reste responsable des éventuelles
dettes de manière illimitée.
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5. Les coopératives
Une coopérative est la combinaison d'un regroupement de personnes et d'une entreprise fondée sur la
participation économique des membres, en capital et en opérations. Son organisation et son fonctionnement
sont caractérisés par des principes et des valeurs qui confèrent à chaque coopérative un caractère universel,
quel que soit son objet ou son secteur d'activité. Une partie de ces principes et valeurs, comme la démocratie
à travers l'égalité de voix entre les membres, est traduite en norme juridique.
Les coopératives font partie de l’économie sociale et solidaire au même titre que les associations, les
mutuelles, les fondations et les entreprises sous statut commercial ayant la qualité d'« Entreprise de
l'Economie Sociale et Solidaire».
Section 2 : Entrepreneur
I. Définition
L’entrepreneur est un individu qui identifie une opportunité, mobilise des ressources et prend des risques
pour créer et développer une entreprise. Il se distingue par sa capacité à innover, à résoudre des problèmes
et à s’adapter aux changements économiques et technologiques.
L’entrepreneur joue un rôle clé dans la croissance économique en introduisant de nouveaux produits, services
et modèles d’affaires sur le marché.
On devient entrepreneur lorsqu’on crée ou lorsqu’on reprend ( acheter une entreprise déjà existante)
II. Les caractéristiques de l’entrepreneur
L'entrepreneur est un acteur clé du développement économique et de l'innovation. Au-delà de la simple
création d’une entreprise, il incarne un état d’esprit tourné vers la prise d’initiatives et la recherche
d’opportunités. Son succès repose sur un ensemble de qualités et de compétences qui lui permettent de
surmonter les défis et de concrétiser sa vision. Ces caractéristiques, à la fois personnelles et professionnelles,
sont essentielles pour naviguer dans un environnement incertain et compétitif. Parmi les traits les plus
déterminants, on retrouve :
Vision et ambition : Un entrepreneur se distingue par une vision claire de son projet et une ambition
forte, lui permettant de surmonter les obstacles et d’atteindre ses objectifs.
Esprit d’innovation : La créativité et l’innovation sont essentielles pour se démarquer et proposer des
solutions novatrices sur le marché.
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Prise de risques : L’entrepreneur est prêt à assumer des risques calculés, essentiels pour la croissance
et la réussite de son entreprise.
Leadership et gestion d’équipe : Il sait motiver, inspirer et diriger une équipe afin d’assurer le bon
développement de son projet.
Résilience et persévérance : Face aux défis et aux échecs, un entrepreneur doit faire preuve de ténacité
et savoir rebondir rapidement.
Compétences en gestion : Maîtriser les bases de la gestion financière, du marketing et de la stratégie
d’entreprise est indispensable pour assurer la viabilité du projet.
Capacité d’adaptation : Un entrepreneur doit savoir ajuster ses décisions face aux évolutions du
marché et aux imprévus.
Réseautage et communication : Développer et entretenir un réseau professionnel permet d’accéder à
des ressources, des financements et de nouvelles opportunités.
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