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Document de Projet 1

Le projet vise à étendre le service public de l'eau potable et à améliorer l'accès à l'assainissement dans la commune de Mbour, au Sénégal, en réponse à une demande croissante due à une forte croissance démographique. Malgré son potentiel économique, Mbour souffre d'un approvisionnement insuffisant en eau et d'une situation d'assainissement précaire. Le projet est soutenu par plusieurs acteurs, dont la Ville de Concarneau, Experts-Solidaires, UrbaSEN et la Fédération Sénégalaise des Habitants.

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Le projet vise à étendre le service public de l'eau potable et à améliorer l'accès à l'assainissement dans la commune de Mbour, au Sénégal, en réponse à une demande croissante due à une forte croissance démographique. Malgré son potentiel économique, Mbour souffre d'un approvisionnement insuffisant en eau et d'une situation d'assainissement précaire. Le projet est soutenu par plusieurs acteurs, dont la Ville de Concarneau, Experts-Solidaires, UrbaSEN et la Fédération Sénégalaise des Habitants.

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Extension du service public de l'eau potable et amélioration de

l'accès à l'assainissement dans la commune de Mbour,


Région Thiès, Sénégal

Figure 1 : Borne fontaine dans le quartier de Falokh, commune de Mbour

Une coopération décentralisée de la Ville de Concarneau


Juin 2022

i
Résumé du projet
Mbour est une ville de l'Ouest du Sénégal, située en bordure de mer
sur la Petite-Côte, à environ 80 km au sud de Dakar, et limitrophe
de la station balnéaire de Saly. La commune mixte de Mbour a été
créée le 4 décembre 1926 et est le chef-lieu du département de
Mbour, une subdivision de la région de Thiès.
Sa position confère à la commune de Mbour de nombreux atouts
de développement : des activités touristiques tout au long de la
côte et de fortes potentialités dans les activités de pêche, pour la
transformation et la commercialisation des produits halieutiques.
Mbour est l'un des premiers ports de pêche du Sénégal.
La ville joue également un rôle de centre d'échange et de
commerce très important dont le rayonnement va au-delà de sa
région administrative. En conséquence, la population de Mbour
connaît un taux d'accroissement très élevé de 6,3% par an, contre
2,3% pour le reste du pays.
Carte 1 : Localisation de Mbour
Pourtant, malgré ce contexte socio-économique dynamique et ce
rayonnement, Mbour souffre d’une insuffisance
d’approvisionnement en eau. En effet, le réseau d’adduction d’eau potable (AEP) de la ville n’alimente pas
tous les quartiers, notamment les quartiers périphériques récemment lotis. L’évolution démographique et
l’agrandissement de la ville ne permet plus à ce réseau de répondre à la demande croissante des usagers.

Dans ce contexte, une extension du réseau d’AEP de la Commune de Mbour est nécessaire. Le projet prévoit
également d’inclure une amélioration de l’assainissement dans cette commune où beaucoup pratiquent
encore la défécation à l’air libre.

Les données socio-économiques et techniques de ce document s’appuient sur les enquêtes et études
menées par l’association sénégalaise UrbaSEN en 2021.

Figure 2 : Attente à la borne fontaine

ii
Table des matières

1 DESCRIPTION DES ACTEURS EN PRESENCE .................................................................................................. 1


1.1 Porteur international du projet : Concarneau Cornouaille Agglomération ......................................... 1
1.2 Assistant à la maitrise d’ouvrage : Experts-Solidaires.......................................................................... 1
1.3 Maitre d’ouvrage national : la Commune de Mbour ........................................................................... 2
1.4 Coordinateur local pour une partie des activités : UrbaSEN ............................................................... 2
1.5 Partenaire local : Fédération Sénégalaise des Habitants (FSH) ........................................................... 3
1.6 Exploitant du réseau AEP : SEN’EAU .................................................................................................... 4
1.7 Résumé des rôles des acteurs.............................................................................................................. 4
2 CONTEXTE .................................................................................................................................................... 7
2.1 Description du contexte institutionnel de l’eau et assainissement au Sénégal .................................. 7
2.2 Zone d’intervention ............................................................................................................................. 8
2.2.1 Localisation .................................................................................................................................. 8
2.2.2 Démographie ............................................................................................................................... 9
2.2.3 L’évolution du tissu urbain ......................................................................................................... 10
2.2.4 L’organisation des quartiers ....................................................................................................... 11
2.3 Description du milieu physique ......................................................................................................... 12
2.3.1 Climat ......................................................................................................................................... 12
2.3.2 Sol et sous-sol ............................................................................................................................ 12
2.3.3 Ressources en eau ..................................................................................................................... 13
2.4 Aspects socio-économiques .............................................................................................................. 13
2.4.1 Les principales activités économiques à Mbour........................................................................ 13
2.4.2 La vulnérabilité spécifique des quartiers périphériques ........................................................... 13
2.4.3 Les infrastructures socio-économiques de base ....................................................................... 17
2.5 Associations ou organismes intervenant dans la commune ............................................................. 18
2.6 Situation de l’accès à l’eau ................................................................................................................. 19
2.6.1 Etat des lieux de l’accès à l’eau .................................................................................................. 19
2.6.2 Le réseau AEP de la SEN’EAU ..................................................................................................... 21
2.6.3 Les différents usages de l’eau .................................................................................................... 22
2.6.4 Les différentes sources d'approvisionnement en eau ............................................................... 22
2.6.5 La qualité de l'eau ...................................................................................................................... 24
2.6.6 Disponibilité de l'eau ................................................................................................................. 25
2.6.7 La collecte et le transport de l'eau ............................................................................................ 26
2.7 Situation de l’assainissement ............................................................................................................ 26
2.7.1 Système d’assainissement de la commune de Mbour .............................................................. 26
2.7.2 Etat des lieux de l’assainissement.............................................................................................. 27
2.8 Demandes de la population............................................................................................................... 29

iii
2.8.1 Evaluation de la demande en eau ............................................................................................. 29
2.8.2 Intérêt, capacités et type de branchements souhaités pour l’eau ............................................ 30
2.8.3 Evaluation de la demande en assainissement ........................................................................... 30
2.9 Stratégie municipale en termes d’accès à l’eau et l’assainissement.................................................. 31
2.9.1 Projet d’extension du réseau AEP porté par la Mairie............................................................... 31
2.9.2 Cohérence du projet avec la stratégie de la Commune ............................................................. 32
3 MISE EN ŒUVRE DU PROJET ..................................................................................................................... 33
3.1 Objectifs............................................................................................................................................. 33
3.2 Résultats attendus ............................................................................................................................. 33
3.3 Activités principales ........................................................................................................................... 34
3.3.1 Infrastructures à réaliser............................................................................................................ 34
3.3.2 Mesures d’accompagnement .................................................................................................... 35
4 VIABILITE .................................................................................................................................................... 37
4.1 Viabilité technique ............................................................................................................................. 37
4.2 Viabilité institutionnelle .................................................................................................................... 37
4.3 Viabilité financière, principe tarifaire ................................................................................................ 37
4.4 Viabilité environnementale ............................................................................................................... 38
4.5 Viabilité socio culturelle .................................................................................................................... 39
5 PLANNING PREVISIONNEL ......................................................................................................................... 40
6 SUIVI- EVALUATION.................................................................................................................................... 41
Erreur ! Signet non défini.
8 ANNEXES .................................................................................................................................................... 43

iv
1 DESCRIPTION DES ACTEURS EN PRESENCE
1.1 Porteur international du projet : Concarneau Cornouaille Agglomération
• Nom : Concarneau Cornouaille Agglomération
• Adresse : 1 Rue Victor Schoelcher, 29900 Concarneau
• Pays : France
• Téléphone : 02 98 97 71 50
• Personne à contacter : Cyril DELEGLISE
• Mail : [Link]@[Link]
• Statut : Directeur Eau et Assainissement
Les villes de Concarneau et de Mbour affichent plus de 45 ans de jumelage. Les projets de développement
concernent les secteurs suivants1 :
• L'éducation : création d'une école communautaire du quartier d'Oncad en 2005. En 2010, pose de
la plaque José Jeannès, du nom d’un bénévole concarnois ayant beaucoup œuvré pour les relations
Concarneau-Mbour.
• La santé : des équipements pour la maternité qui enregistre plus de 300 naissances par mois
(couveuses, tables d'examen, lits, mais aussi fauteuils roulants, paires de lunettes, etc.).
• La pêche : envoi de caisses de criée, containers, filets, brassières de sécurité, matériel
informatique, etc.
• La gestion des ordures ménagères : benne offerte en 2013 par Concarneau Cornouaille
Agglomération avec le soutien financier de la ville de Concarneau et de Mbour.
• La culture : préparation du 40ème anniversaire du jumelage en 2015.
• Le sport : envoi de ballons, chaussures, différentes tenues pour les footballeurs (dons de l'USC).

1.2 Assistant à la maitrise d’ouvrage : Experts-Solidaires


• Nom : Experts-Solidaires
• Adresse : 2196 boulevard de la Lironde, Parc Scientifique Agropolis II, 34980 Montferrier-sur-Lez
• Pays : France
• Téléphone : 06 43 56 39 94
• Personne à contacter : Jean-Pierre MAHE, Directeur
• Mail : jpmahe@[Link]
• Représentants dans le Finistère : Pierre LE SIGNOR, Délégation d’Experts-Solidaires Finistère
• Domaine de compétences : eau, assainissement, énergie, habitat, sécurité alimentaire et
environnement.
• Expériences dans le domaine de la coopération dans l’eau et assainissement : L’association Experts-
Solidaires appuie actuellement plusieurs projets d’aménagement d’eau potable, notamment au
Sénégal, à Némataba, mais aussi à Madagascar, au Togo, au Maroc, au Cameroun, et au Burkina Faso.

1
[Link]

1
Experts-Solidaires est un réseau associatif d'experts engagés dans des actions de solidarité internationale,
au service des besoins techniques des projets accompagnés dans les domaines suivants : eau,
assainissement, énergie, habitat, sécurité alimentaire et environnement.
L’association est née du constat que l'expertise était un paramètre incontournable pour le développement
des pays les moins avancés. Or, dans l'état actuel de l'aide au développement, cette expertise n'est souvent
pas disponible dans le cadre des projets de solidarité. Pour pallier cela, les membres de l'association
s‘engagent à mettre à disposition leurs compétences professionnelles et leur expertise au profit
d’initiatives de solidarité internationale. Une équipe assure le management du projet et fait le lien entre
les partenaires techniques et financiers, et les partenaires et bénéficiaires locaux. Dans ce projet, Experts-
Solidaires intervient en tant qu’assistant à la maitrise d’ouvrage. Elle aura en charge le management
international du projet ainsi qu’un appui sur les aspects techniques et opérationnels.

Compétences mobilisées par Experts Solidaires


• Le Directeur, Jean-Pierre Mahé
• Un chargé de projet, Gaëtan Delgado
• Un.e Volontaire Service Civique
• Un expert référent, Eric de Lestapis

Expériences antérieures sur la thématique et la zone d’intervention


• 2021-2022 : Etude pour l’extension du réseau d’eau et d’assainissement de la commune de Mbour,
Sénégal.
• 2021-2023 : Rétablissement et élargissement du service public d’eau potable et d’assainissement de
la commune de Némataba, Sénégal.

1.3 Maitre d’ouvrage national : la Commune de Mbour


• Maire de la Commune : Cheikh Issa Sall
• Email : csall8124@[Link]
• Téléphone : +221 78 637 14 94
• Directeur de cabinet : Amar Moussé Diop
• Téléphone : +221 77 518 04 56
• Technicien eau : Pape Walil (agent voyer)
• Téléphone : +221 77 702 21 94
La commune de Mbour, en tant que collectivité territoriale décentralisée, est porteuse de la Coopération
Décentralisée au Sénégal et assure le rôle de Maitre d’Ouvrage.

1.4 Coordinateur local pour une partie des activités : UrbaSEN


• Nom : UrbaSEN
• Adresse : Villa 261, Cité Immobilière du Golf, Guédiawaye - Dakar
• Pays : Sénégal
• Téléphone : +221 77 505 19 93
• Personne à contacter : Magatte DIOUF
• Mail : magatte@[Link] / contact@[Link]

2
• Statut : Chargée des programmes
UrbaSEN est une ONG sénégalaise fondée en 2009, composée de professionnels de l’urbain, qui appuie les
groupes d’habitants des quartiers précaires du Sénégal afin de les intégrer au processus de gestion de leur
habitat, de leur quartier et de leur cadre de vie. Depuis 2007, UrbaSEN met en œuvre plusieurs projets
dans la banlieue de Dakar et a étendu ses interventions aux régions de Thiès et de Louga depuis 2016. Ces
projets sont axés sur la restructuration urbaine, la régularisation foncière, la gestion des inondations, la
reconstruction de l’habitat en milieu défavorisé, ainsi que l’organisation et la capacitation de groupes
citoyens pour une participation accrue à la gestion des affaires publiques. A cette fin, UrbaSEN accompagne
la structuration des organisations communautaires de base (OCB, des groupes d’épargne) au sein de la
Fédération Sénégalaise des Habitants (FSH).
UrbaSEN assurera la coordination locale d’une partie des activités du projet (formation, suivi opérationnel,
appui à la FSH, etc.).

1.5 Partenaire local : Fédération Sénégalaise des Habitants (FSH)


• Nom : Fédération sénégalaise des habitants (FSH)
• Adresse : Plle N°261, Cité Alioune SOW GOLF, Guédiawaye
• Pays : Sénégal
• Téléphone : +221 77 421 09 73
• Personne à contacter : Aissata Mamadou TALLA
• Mail : aissata926@[Link]
• Statut : Présidente
La FSH est une fédération de groupes d’épargne qui regroupe à ce jour 576 organisations communautaires
de base (OCB) réparties entre les régions de Dakar, Thiès et Louga. Fondée en 2014 grâce à l’appui
d’UrbaSEN, la FSH compte actuellement plus de 10 000 membres, dont 95% sont des femmes actives dans
le secteur informel. La fédération se charge en priorité des aspects communautaires, tels que le partage
d’informations, l’admission des nouveaux groupes et le choix des bénéficiaires, dans le cadre des projets
liés à l’amélioration du cadre de vie des habitants des zones urbaines précarisées où vivent des familles
vulnérables.
Dans le département de Mbour, la FSH compte 135 OCB, réparties entre les communes de Mbour,
Malicounda et Saly Portudal. Ces groupes, très dynamiques, ont déjà mis en place des projets tels qu’une
boutique communautaire ou, à l’échelle des ménages, des rénovations de l’habitat et la construction de
toilettes. Ces projets sont financés par le fonds rotatif de la FSH, un mécanisme de financement solidaire
où les membres peuvent emprunter sur acceptation de leurs groupes, de la fédération et de l’équipe
technique d’UrbaSEN.
Dans ce projet, la FSH mobilisera la contrepartie financière des bénéficiaires membres à travers la mise à
contribution d’un fonds rotatif.

3
Figure 3 : Groupement de femmes de la FSH

1.6 Exploitant du réseau AEP : SEN’EAU


• Nom : SEN’EAU
• Adresse : Mbour
• Pays : Sénégal
• Téléphone : +221 33 839 37 54
• Personne à contacter : Alpha SALL
• Mail : [Link]@[Link]
• Statut : Directeur territorial SEN’EAU Petite-Côte

Depuis le 1er janvier 2020, SEN’EAU est l’entreprise en charge de l’exploitation et de la distribution de l’eau
potable en zone urbaine et péri-urbaine du Sénégal. C’est une société de droit sénégalais avec un opérateur
international, des partenaires sénégalais et ses salariés associés dans sa gouvernance.

Le rôle de la SEN’EAU dans ce projet sera de garantir l’accès et la continuité du service de l’eau potable, 24
heures sur 24, 7 jours sur 7, aux bénéficiaires du projet dans le respect du développement durable du
Sénégal. Ceci implique la modernisation et l’optimisation des installations hydrauliques et la mise en place
d’une plateforme de supervision à 360° depuis les points de production jusqu’aux compteurs des clients.
La SEN’EAU dispose d’un plan de lutte contre les fuites et d’un programme de renouvellement annuel du
réseau, des branchements et des compteurs. Concernant la qualité de l’eau distribuée, la société garantira
le maintien et l’amélioration des niveaux de conformité pour les bactéries, les produits chimiques et les
matières en suspension.

1.7 Résumé des rôles des acteurs


Tableau du rôle des acteurs :

4
Acteur Responsabilités
Dans le Finistère
• Collectivité porteuse du projet
Ville de Concarneau
• Demande de financement auprès de l’Agence de l’eau « Loire-
Bretagne »
Experts en mission

• Appui spécifique en expertise sur les aspects techniques


Appui du bureau en France
• Assistance à Maitrise d’Ouvrage (AMO) pour les deux collectivités de
Experts-Solidaires Mbour et Concarneau

• Missions de suivi
• Expertise, gestion financière et opérationnelle du projet
• Relation avec les autorités en France et au Sénégal
• Rendu technique et financier, relations avec les bailleurs de fonds

• Maîtrise d’ouvrage

• Appui aux démarches administratives


Commune de Mbour
• Apport du terrain pour les ouvrages d’assainissement semi-collectif
• Suivi du projet

• Activités de sensibilisation (visites à domicile de sensibilisation et


de suivi des ouvrages, causeries sur l’entretien des ouvrages
communautaires)
Fédération sénégalaise • Mobilisation de la contrepartie financière des bénéficiaires
des habitants (FSH) membres à travers la mise à contribution du fonds rotatif
• Structuration et accompagnement des organisations
communautaires de base (OCB)
• Mobilisation sociale, informations

• Ateliers de formation à la maîtrise d’ouvrage pour les groupes de la


FSH
• Ateliers d’échange pour les artisans
UrbaSEN • Appui aux démarches administratives

• Suivi technique de la réalisation des ouvrages assainissement


• Accompagnement et formation des artisans dans la mise en œuvre
des ouvrages.
SEN’EAU • Exploitation du réseau d’AEP
• Validation des études

5
• Réalisation des travaux par une entreprise partenaire, sous-
traitants agréés, à tarif préférentiel
• Supervision des travaux

6
2 CONTEXTE
2.1 Description du contexte institutionnel de l’eau et assainissement au Sénégal
La politique de l’eau du Sénégal a été fixée par la loi n°81-13 du 4 mars 1981 portant Code de l’Eau, en
cours d’actualisation, et ses décrets d’application. Par ailleurs, la loi SPEPA, promulguée en 2008, fixe le
cadre juridique du service public de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement, y compris dans le
milieu rural, et précise la politique de l’État pour développer ledit service. La loi SPEPA a été complétée par
la loi n°2009-24 du 08 juillet 2009 portant Code de l'Assainissement, qui instaure légalement le droit
d’accès aux services d’assainissement de base pour tous.
Le Gouvernement a par ailleurs initié l’actualisation du Plan d’Action de Gestion Intégrée des Ressources
en Eau (PAGIRE), pour prendre en compte les nouveaux enjeux et défis notamment liés à la mise en œuvre
des orientations de la Lettre de Politique Sectorielle de Développement (LPSD) 2016-2025, aux exigences
relatives à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD), à la gouvernance participative
de l’eau, au genre et aux changements climatiques.
Le ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA) est le point d’ancrage du cadre institutionnel en charge
de la gestion de l’assainissement et des décisions politiques concernant le secteur. Son rôle et ses
responsabilités pour le domaine de l’assainissement ont été définis par décret en 2019.
La gestion des ouvrages d’eau potable, jadis confiée aux associations d’usagers de forages (ASUFORs), est
sous la responsabilité directe de l’Office des Forages Ruraux (OFOR), qui a été mis en place en
remplacement de de la Direction de l’Exploitation et de la Maintenance (DEM). Même si certaines ASUFORs
sur le territoire national ont été performantes, les nombreuses contraintes liées à la gestion des forages
par les bénéficiaires, notamment le déficit technique et financier, ont poussé l’Etat à la réforme de la
gestion des forages ruraux par la création de l’OFOR.
La Commune joue dans ce dispositif un rôle important. Le Code des Collectivités Locales donne
compétence au Conseil communal pour définir le régime et les modalités d’accès et d’utilisation des points
d’eau (article 81, loi n°2013-10), et le Plan Sénégal Emergent leur confie une mission de développement
de « territoires attractifs, viables et durables ». Le Guide des projets d’eau potable, réalisé par le ministère
de l’hydraulique (ancien nom du MEA) en 2016 confirme d’ailleurs que « la création de l’OFOR, dont le
champ d’action est national, n’est pas incompatible avec le développement au niveau local d’un cadre fort
d’orientation, de promotion et de suivi du service public de l’eau ». Les communes constituent donc des
acteurs pivots de la programmation sur les questions d’eau et d’assainissement, notamment à travers
l’élaboration et le suivi de la mise en œuvre des plans locaux de développement (PLD) auxquels s’ajoutent
les plans locaux d’hydraulique et d’assainissement (PLHA)2.
Le service de l’eau en zone urbaine et péri-urbaine du Sénégal repose sur deux acteurs principaux :
• La SONES (Société Nationale des Eaux du Sénégal) qui est chargée de la gestion du patrimoine, de
la maîtrise d’ouvrage des travaux de renouvellement et d’extension de l’infrastructure, et de

2
[Link]
ent_2014.pdf

7
contrôle de la qualité de l’exploitation ;
• La SEN’EAU qui est, depuis le 1er janvier 2020, la société de droit sénégalais en charge de
l’exploitation et de la distribution de l’eau potable.

2.2 Zone d’intervention

2.2.1 Localisation
La ville de Mbour, chef-lieu du département de Mbour, est située sur la Petite-Côte, dans la région maritime
de Thiès, à l’Ouest du Sénégal. Située à environ 80 km au sud de Dakar, la capitale, sa situation
géographique offre de bonnes perspectives de développement, ce qui explique un fort taux de croissance
démographique. Avec une population estimée à environ 274 006 habitants en 20193, elle ne cesse de
croître et d'attirer des personnes de l'extérieur pour s'y installer.
Située en bordure de mer, son port lui assure de nombreux échanges commerciaux et lui confère un statut
de ville touristique. De plus, la ville est particulièrement bien desservie par les voies routières, ce qui en
fait un carrefour avec les autres parties du pays, mais aussi par les voies aériennes, avec l’Aéroport
International Blaise Diagne de Diass situé à moins de 50km. On distingue donc plusieurs activités motrices
du développement de la ville, notamment la pêche et le tourisme, mais également des industries situées
à proximité.

Carte 2 : Localisation de la commune de Mbour

Source : PDC Mbour

3
[Link]

8
2.2.2 Démographie

[Link] Composition et évolution de la population


La population de la commune de Mbour est estimée à 274 006 habitants en 20194, dont 135 582 femmes
(49,48%), traduisant une légère supériorité numérique des hommes. Cette situation s’explique en partie
par le fait que les deux principaux secteurs pourvoyeurs d’emplois, que sont la pêche et le tourisme,
attirent davantage d’hommes que de femmes. La population est composée de Wolofs, Sérères, Pulaar,
Mandingues, etc.
La croissance démographique de la ville a été très rapide et régulière, ce qui s’explique par un taux moyen
d’accroissement naturel élevé, mais aussi par des vagues de migration liées au dynamisme économique de
l’agglomération mbouroise. Ainsi, la population a doublé entre 1988 et 1998, passant de 37 000 à 76 751
habitants, avec un taux d’accroissement moyen de 6,9% par an. Entre 2013 et 2016, la population a été
multipliée par 1,08 pour arriver à 252 645. Si les mêmes tendances se maintenaient, elle atteindrait
320 702 habitants en 2025.

320 702

252 645
232 777

129 968

76 751
37 000
18 600
1 700 5 200 8 900 9 500

1926 1936 1946 1956 1966 1976 1988 1998 2013 2016 2025

Figure 4 : Evolution décennale de la population de Mbour de 1926 à 2025

Source : SRSD de Thiès

Cette croissance démographique se poursuit avec les mouvements migratoires liés aux activités
halieutiques et touristiques et risque de se maintenir, voire de s’accélérer avec la mise en service de
l’Aéroport International Blaise Diagne. Dès lors, la commune aura un besoin énorme en parcelles
d’habitations que l’assiette foncière ne pourrait satisfaire. La hausse de la demande en infrastructures et
en équipements socio-économiques accompagnera cette évolution démographique.

[Link] Répartition de la population


La population de la commune de Mbour est caractérisée par sa jeunesse, comme le montre la base élargie
de la pyramide ci-dessous : 75,97% de la population a moins de 35 ans. La répartition par âge de la

4
[Link]

9
population s’établit comme suit :
• Enfants âgés de moins de 15 ans : 39,44%
• Jeunes âgés de moins de 20 ans : 50,14%
• Personnes âgées de moins de 35 ans : 75,97%
• Populations âgées de 60 ans et plus : 4,90%
La population active (15-64 ans) représente 57,49 % de la population. Cela peut s’expliquer par la jeunesse
de la population et la vague de migrations dont bénéficie la commune de Mbour du fait de son potentiel
réel ou supposé d’emplois.

PYRAMIDE DES AGES POPULATIONS COMMUNE DE MBOUR


EN 2013

110-114 ans
100-104 ans
90-94 ans
80-84 ans
70-74 ans
60-64 ans
50-54 ans
40-44 ans
30-34 ans
20-24 ans
10-14 ans
0-4 ans
-20000 -15000 -10000 -5000 0 5000 10000 15000 20000

Féminin Masculin

Figure 5 : Pyramide des âges des populations de la commune de Mbour 2013

Source : SRSD

2.2.3 L’évolution du tissu urbain


De sa création à nos jours, la commune de Mbour a connu une profonde évolution spatiale. Depuis les
premières occupations, le domaine communal n’a cessé de s’élargir au rythme de l’arrivée des populations.
Cela se traduit par un fort étalement urbain, occupant peu à peu les espaces autours des villes, souvent
anciennement réservés aux agriculteurs, et créant des quartiers d’extension qui sont peu ou pas connectés
aux réseaux primaires tels que l’eau, l’électricité et l’assainissement.
L'évolution de la commune est passée par plusieurs étapes de croissance spatiale, souvent matérialisées
par des lotissements successifs : la superficie communale est ainsi passée de 522,9 ha en 1978, à 845,5 ha

10
en 1989, et à 1 725 ha en 19995. Les dernières créations de quartiers entamées en 2000, desquelles sont
nés les quartiers de Falokh (également appelé Saly Doutée) et de Terrou Mballing, vont conduire à la
configuration actuelle de la commune, aux limites mal définies, qui s’étend sur 2 788 ha. Ces dernières
années, le processus d’extension de la ville a été accompagné par des occupations anarchiques et
irrégulières de parcelles (habitat spontané).
Lors des opérations de régularisation, ces parcelles font l'objet de multiples transactions, conduisant les
anciens attributaires à se réinstaller en périphérie, dans l'attente de nouvelles opérations de régularisation.
Une spirale vicieuse est ainsi créée et risque de perdurer longtemps. Par ailleurs, ces opérations ont été en
grande partie réalisées sur les terres de la collectivité de Malicounda, voire sur les limites entre la commune
de Mbour et celle de Malicounda, ravivant les tensions issues de litiges fonciers existant entre les deux
collectivités territoriales. Malgré cela, la superficie de la commune de Mbour est encore trop exiguë pour
son développement du fait de l’attraction exercée sur les populations des autres villes.

2.2.4 L’organisation des quartiers


La commune de Mbour compte aujourd’hui 27 quartiers. Les plus anciens sont Escale, Téfés, Mbour
Toucouleur, 11 novembre, Thiocé-Est et Thiocé-Ouest, Santéssou, Mbour Sérér. Ils constituent les 2
premières phases de constitution de la commune. Au cours de la troisième phase, couvrant la période
1946-1976, les quartiers Darou Salam et Mbour Maure sont créés. A partir de 1997, sont créés les quartiers
plus récents de Diamagène I, Diamaguène II, Château d’eau Nord et Château d’eau Sud, élargissant encore
le tissu urbain.
A partir de 2000, les occupations faites en partie sur les terres de Malicounda, vont donner naissance aux
nouveaux quartiers de Médine, Médine Extension, Grand-Mbour, Liberté I, Liberté II, Gouy Mouride, Terrou
Mballing, Baye Deuk et Falokh.
Les quartiers les plus peuplés sont les quartiers Tefess, Escale, Santessou et Mbour Toucouleur. Les
quartiers Thiocé Est et Ouest, Onze novembre, Darou Salam et Mbour Maure le sont moins.

5
Audit urbain de la commune de Mbour, 2014.

11
Carte 3 : Quartiers de la commune de Mbour

Source : ONG UrbaSEN

2.3 Description du milieu physique

2.3.1 Climat
La ville de Mbour jouit d’un climat de type tropical humide. Le climat de la région est caractérisé par
l’alternance entre une saison sèche de 9 mois environ et une saison des pluies de juin à septembre. Un
vent chaud et sec de Nord-Est souffle pendant la saison sèche, tandis que l’alizé maritime rafraîchit les
températures. Son ouverture à la mer et ses températures clémentes lui ont conféré une vocation
touristique.

2.3.2 Sol et sous-sol


La région possède d’importantes nappes souterraines (nappe du continental terminal, nappe du
Paléocène, nappe de l’éocène, le maestrichtien, la nappe des sables du littoral) et des eaux superficielles
(le lac Tanma, la lagune de la Somone et deux bassins de rétention). L’eau des puits est relativement de
bonne qualité (salinité inférieure à 0,3 g/ l) mais contient à certains endroits un excès de fer et de fluor
(zone de Fissel, Ndiaganiao)

12
Les sols sont toutefois dégradés par la pratique d’une longue monoculture arachidière6.

2.3.3 Ressources en eau


Les ressources en eau sont souterraines. Elles sont contenues dans les nappes phréatiques du Continental
Terminal ou de l’Eocène, avec la sédimentaire du bassin constitué par les formations géologiques du
Secondaire et du Tertiaire. Ainsi, d’importantes réserves d’eau se sont constituées dans les zones du massif
de Ndiass, grâce à la constitution par les calcaires du Paléocène d’un aquifère dans la zone. Cela a conduit
à la formation d’importantes réserves d’eau potable qui pourraient être utilisées pour renforcer
l’approvisionnement à l’échelle de la commune.

2.4 Aspects socio-économiques

2.4.1 Les principales activités économiques à Mbour


La pêche et le tourisme constituent les deux principaux secteurs pourvoyeurs d’emplois à Mbour. Les
habitants travaillent pour la plupart dans le secteur informel, avec une forte proportion des actifs travaillant
dans le secteur de la pêche (mareyeurs, vendeurs de poisson, pêcheurs…) et du commerce. Par ailleurs, la
Petite-Côte est la zone touristique la plus fréquentée au Sénégal et la commune de Mbour est visitée
chaque année par des touristes venant du monde entier pour profiter des hôtels qui bordent les plages7.
Cependant, les quartiers périphériques ne bénéficient pas du même dynamisme socio-économique et
souffrent de l’absence de services de base ainsi que de difficultés d’accès à l’eau potable ou à des services
d’assainissement adéquats.

2.4.2 La vulnérabilité spécifique des quartiers périphériques


Les enquêtes effectuées auprès des groupements membres de la FSH montrent que, pour l’essentiel des
quartiers, un réseau d’AEP existe mais ne couvre pas l’ensemble des populations, en particulier pour les
quartiers périphériques. Par ailleurs, la disponibilité du service, comme la qualité de l’eau, sont
insatisfaisantes.
Les habitants de ces quartiers travaillent pour la plupart dans le secteur informel (petits commerçants,
transformateurs et vendeurs de produits halieutiques, ouvriers du bâtiment, couturiers, gargotiers, etc.).
Leurs revenus sont irréguliers et insuffisants pour couvrir leurs besoins quotidiens, ce qui les empêche de
payer les sommes nécessaires au raccordement de leur domicile au réseau d’AEP, lorsqu’il existe. Après
enquête auprès des concessions lors de la phase d’identification, il apparait que près de la moitié des
ménages dépensent l’essentiel de leurs revenus à l’achat de nourriture, ce qui explique la nécessité pour
les ménages d’avoir des activités annexes afin de couvrir la totalité de leurs besoins.
Le déficit d’accès aux services sociaux de base comme l’AEP accentue leur vulnérabilité, puisque ces
ménages sont obligés de dépenser une grande partie de leur maigre revenu pour se procurer de l’eau
payée plus cher, et doivent parfois s’approvisionner directement à des sources d’eau de qualité douteuse

6
[Link]
7
[Link]

13
(puits ouverts).
Les quartiers Terrou Mballing et Falokh ont ainsi été identifiés comme des zones particulièrement
vulnérables, et ayant de forts besoins en termes d’accès à l’eau et d’assainissement. Dans ces nouveaux
quartiers d’extension, le réseau n’existe pas, ou est trop éloigné pour permettre un branchement privé à
un coût accessible aux ménages.

[Link] Le quartier de Terrou Mballing


D’après les habitants, le site originel du quartier de Terrou Mballing était autrefois occupé par des champs
appartenant aux Sérères. Jusqu’en 2005-2006, le noyau villageois était occupé par un habitat spontané qui
a par la suite été restructuré et loti en 2007, compte tenu de son extension.
Le quartier de Terrou Mballing avait été ciblé par le projet dans un premier temps en raison de sa situation
périphérique, de l’absence de services de base et de la difficulté d’accéder à l’eau potable ou à un réseau
d’assainissement, et plus spécifiquement d’une demande importante de raccordement au réseau d’eau de
la part des ménages résidents. Ces éléments ont pu être confirmés par une première étude menée par
l’association sénégalaise UrbaSEN, ciblant spécifiquement le quartier de Terrou Mballing.
Cependant, la demande d'espaces de logement et le développement du secteur immobilier dus à
l'attraction de Mbour sur les travailleurs saisonniers dans les secteurs du tourisme et de la pêche, ont
achevé de faire de Terrou Mballing un lieu privilégié pour l'investissement immobilier. Par conséquent, les
spéculations foncières de toutes sortes sont devenues le lot des investisseurs et des premiers bénéficiaires
des parcelles d'habitation à Terrou Mballing : des personnes riches achètent des parcelles aux vulnérables,
construisent et se livrent à des activités immobilières très lucratives. Les plus pauvres sont repoussés hors
de Terrou Mballing et la zone est de plus en plus occupée par des investisseurs venus d'ailleurs. Les
populations vulnérables qui ont bénéficié des parcelles et celles qui s'y sont installées vendent à ces
nouveaux riches et s'installent dans de nouveaux quartiers qui naissent spontanément, étendant la
commune et le nombre de quartiers informels avec une population condamnée à vivre dans des conditions
de plus en plus précaires.
Ainsi, bien que plusieurs familles vulnérables vivent encore à Terrou Mballing, ce quartier présente des
caractéristiques plus à risque en termes de pertinence du fait de l’occupation par des spéculateurs fonciers
qui construisent et louent à des tiers.

[Link] Le quartier de Falokh


Le quartier de Falokh était, avant son lotissement en 2009, composé de champs appartenant aux familles
fondatrices du village de Falokh qui se trouve de l’autre côté de la route nationale, si bien que plusieurs
habitants considèrent le quartier de Falokh comme une extension de ce dernier. En raison de
l’agrandissement des familles, certains ménages se sentant à l’étroit dans les concessions familiales ont
quitté le noyau villageois pour s’installer dans l’actuel site en 2006.
Falokh est donc un quartier d’occupation récente qui a commencé à se densifier avec l’arrivée en 2009 des
familles déplacées d’un autre quartier de la commune de Mbour, Baye Deuk, à la suite d’une opération de
restructuration initiée à l’époque par le Président Wade.
Falokh a été sommairement loti sans installation préalable d’infrastructures et d’équipements sociaux de
base. Il ne s’agissait que de travaux de terrassement et de morcellement afin d’attribuer des numéros de

14
parcelles aux populations déguerpies de Baye Deuk. Une étude complémentaire a été réalisée par l’un des
partenaires locaux, UrbaSEN, au cours de laquelle les habitants ont beaucoup insisté sur les conditions
difficiles de leur installation sur le site, avec le déménagement de leurs bagages empilés dans des camion-
bennes et déversés comme de « vulgaires déchets ». Cette étude a plus largement permis de mettre en
lumière la vulnérabilité du quartier de Falokh, confirmant ainsi le ciblage du présent projet.
La population de Falokh est composée principalement de nomades qui ne peuvent pas s'offrir de terres
dans cette zone balnéaire. L’ethnie sérère est la plus représentative dans le quartier. Néanmoins, on y
retrouve des Peulhs, des Bambaras, des Wolofs, des Manjaks, etc. Falokh compte environ 450 unités
d’habitations avec une moyenne de 10 habitants par maison (contre 8 au niveau national), soit une
population estimée à 4 500 personnes. Plus de la moitié de ces occupants sont encore des familles
relogées, auxquelles se sont ajoutées de nouvelles strates un peu plus aisées qui ont acheté les parcelles
restantes à la collectivité.

Typologie de l’habitat à Falokh


Les caractéristiques des logements reflètent en partie les niveaux de vie des populations. Le quartier de
Falokh est en pleine construction avec plusieurs chantiers en cours et d’autres déjà achevés, mais encore
inoccupés. Sur l’ensemble des unités d’habitations, il est noté que le bâti est en dur. Rares sont les baraques
de bois et de paille.
Le bâti est, dans son ensemble, relativement récent et présente un aspect jugé bon dans la plupart des
concessions. A Falokh, les maisons sont généralement sommaires, en maçonnerie béton avec une ou deux
chambres et des toits en tôle. On y remarque aussi des clôtures en paille, mais également quelques
maisons au bâti plus élaboré.

15
Figure 6 : L'habitat à Falokh

Revenus des ménages de Falokh


Comme mentionné précédemment, dans la zone de Falokh, peu de ménages disposent de revenus
suffisamment réguliers pour subvenir à leurs besoins. Il existe très peu de fonctionnaires et, selon les
résultats du focus groupe réalisé par UrbaSEN en 2021, 95% des chefs de ménages sont des travailleurs de
l’informel. Les femmes, quant à elles, sont pour l’essentiel des vendeuses de légumes, des gargotières ou
des lingères. Néanmoins, elles sont organisées depuis 2018 en groupes d’épargne et contribuent grâce à
leurs tontines aux dépenses quotidiennes de la maison. Périodiquement, une soixantaine d’entre elles sont
recrutées comme saisonnières à l’usine de haricots de Kirène, située à 35 km du quartier.
Ainsi, avec des sources diverses, mais généralement irrégulières, la plupart des ménages disposent de
revenus estimés entre 30 000 et 50 000 FCFA. Toutefois, cette estimation masque des disparités. Par
ailleurs, le fait culturel constitue un biais important, les populations n’aimant généralement pas partager
certains détails de leur vie, d’autant que les acteurs du monde informel ne disposent d’aucun outil
permettant une estimation correcte de leurs revenus, le tout se faisant au jour le jour. Mais l’observation
et les échanges avec les habitants montrent qu’ils vivent nettement en-dessous du seuil de pauvreté
international modérée estimé à 1 856 FCFA par jour, soit 55 680 FCFA mensuel. Cependant, il existe dans
la zone des ménages ayant des revenus mensuels nettement supérieurs à 50 000.

Dépenses des ménages de Falokh


L'étude menée par UrbaSEN a mis en évidence que les dépenses familiales liées à la nourriture et l’eau,
l’éducation et la santé sont celles qui grèvent les revenus des ménages.
Dès lors, les ménages disposent généralement de peu de moyens pour couvrir les autres dépenses.
Certains, n’ayant pas les moyens de payer les frais d'éducation de leurs enfants, optent pour la non-
scolarisation ou l’arrêt après l’école élémentaire. En effet, les frais de scolarisation pèsent d’autant plus
sur les dépenses des ménages du fait de l’inexistence dans le quartier de structures éducatives pour le
moyen et le secondaire (CEM ou lycée). Les parents sont alors obligés d’inscrire leurs enfants dans des
structures privées, éloignées du quartier. Ceci accroît les dépenses ayant trait à l’éducation, compte tenu
des sommes importantes à prévoir pour le transport des enfants.
De même, la majeure partie des revenus étant absorbée par les dépenses pour l’achat de nourriture et
l’éducation, seuls 6% des enquêtés déclarent consacrer des sommes importantes (entre 25 000 et 100 000

16
FCFA par mois) en paiement de médicaments et de prestations médicales.
Au regard des éléments socioéconomiques précités, le quartier Falokh est prioritairement ciblé par le
projet.

2.4.3 Les infrastructures socio-économiques de base


La Commune de Mbour est dotée de :
INFRASTRUCTURES
DOMAINES
Commune de Mbour Quartier de Falokh
132 mosquées 5 mosquées
5 églises
Administration
1 chapelle
4 cimetières
44 écoles élémentaires publiques 1 école élémentaire
24 écoles élémentaires privées 1 école maternelle publique
Education 20 collèges publics 1 garderie
5 collèges privés 1 école coranique
6 lycées
17 pharmacies 1 case de santé
2 établissements publics de santé
12 postes de santé
Santé
2 cases de santé
4 cliniques privées
1 cabinet médical d’analyses
1 système de collecte des ordures
1 station d’épuration des eaux usées
Eau,
3 stations de pompage
Assainissement,
124 édicules publics d’assainissement
Hygiène
1 réseau d’évacuation des eaux pluviales
pour 6 quartiers
1 marché central
Commercial 1 marché de friperie
6 marchés de quartier
2 stades municipaux 1 terrain de sport non-aménagé
12 terrains de sport de quartier
1 CDEPS
Sport et loisirs
1 Foyer de la femme
1 centre ado
1 musée d’art
1 gare routière 1 station taxi-clando
Transport
4 stations taxi-clandos 1 arrêt de bus

Le quartier de Falokh dispose de quelques équipements de base qui ont été identifiés sur son territoire.

17
Ainsi nous y avons répertorié :
• 1 école maternelle publique qui accueille une centaine d’enfants depuis octobre 2016, encadrés
par une équipe éducative : 1 directrice et 2 animatrices gérées par l’Etat, 2 aides maternelles et
un gardien pris en charge par Tche Kanam et les cotisations des parents d’élèves. Le prix de la
scolarité mensuelle est de 1,5 € par enfant. L’école de Falokh comprend 3 salles de classe, un
bureau de la direction, une salle pour les visites médicales (pour les mamans et les enfants), un
abri couvert pour les repas des enfants et les réunions, une cuisine pour préparer les
déjeuners, des toilettes et d’un puits.
• 1 terrain affecté pour l’érection d’un collège d’enseignement moyen (CEM)
• 1 garderie pour les enfants de moins de 5 ans ;
• 1 école coranique ;
• 1 centre de formation privé en cours de construction ;
• 1 espace dédié à la construction d’une chapelle ;
• 2 mosquées fonctionnelles et 3 en construction ;
• 1 case de santé.

2.5 Associations ou organismes intervenant dans la commune

Dans la commune de Mbour, les populations ont acquis le sens et l’habitude de s’organiser en associations.
Le tissu associatif est très diversifié avec les Groupements de Promotion Féminine (GPF), les Associations
de Producteurs, les organisations de jeunes, de pêcheurs, commerçants, les Associations Sportives et
Culturelles (ASC), les dahiras et les organisations faitières. Ces organisations sont dans tous les secteurs
d’activités et intéressent toutes les catégories sociales.

Leur champ d’intervention est large et varié : elles développent des activités économiques, sociales,
sportives, culturelles, religieuses et même politiques, et collaborent avec les services techniques
déconcentrés. Elles sont pour la plupart financées par des ONG et d’autres organismes d’appui
internationaux. Elles peuvent également bénéficier de l’appui de l’Etat et de la municipalité qui
subventionne certaines de leurs activités, surtout de vacances. Les autres formes d’appui vont de la
formation à l’encadrement technique, de l’octroi d’équipements et de matériels, à la dotation en logistique.

Ces organisations jouent un rôle important dans le développement économique et social de la commune
et participent à toutes les formes de manifestations. Leurs activités sont toutefois ralenties par des
difficultés d’ordre financier et technique et parfois organisationnel.

Dans le quartier de Falokh cependant, la vie associative est peu dynamique. Il n’existe qu’une seule
association sportive et culturelle (l’ASC Leona). Les associations de femmes sont plus présentes dans le
quartier où il est dénombré sept organisations communautaires de base, membres de la Fédération
sénégalaise des Habitants, avec une moyenne de 35 membres par OCB.

Sur le plan national, la commune a pu bénéficier de l’appui de plusieurs partenaires dont :

• L’Agence de Développement Municipal (ADM) qui a apporté son appui dans la réalisation
d’infrastructures routières, la formation des acteurs de la décentralisation, la dotation en

18
équipements informatiques ; elle a également appuyé techniquement et financièrement
l’élaboration du présent Plan Communal de Développement ;
• L’APE qui participé à la construction, à la réhabilitation de salles de classe et à la réparation des
tables bancs ;
• L’ONG AIDE ET ACTION, USAID, ANEF (Association Nantaquin pour les Enfants et les Femmes),
CHILD FUND/ FELIOH qui ont construit et réhabilité des salles de classes et des murs de clôture, et
qui ont mis en œuvre des activités sociales ;
• La PRAO, la JICA dans la construction la réfection de quai de pêche ;
• CPRS : Réhabilitation de poste de santé, maternité ;
• Association Vie en Marche : Centre d’accueil pour enfants handicapés.

Dans le cadre de la coopération décentralisée, la commune est en partenariat avec :

• Concarneau (Ecole maternelle, Construction Ecole, Poste de Santé, 2 bennes tasseuses + 1 car de
transport, des camions de ramassage d'ordure, Echanges culturels)
• Molenbeek Saint-Jean (Belgique) : Renforcement capacité, Logistique, Fonds Communal
• Limoges : Hôpital de jour (locaux + consultation), Projet acquis de bennes
• Bordeaux : dons d'ambulances
• Ville de Soler : Appui à l’agriculture sous serre (bio)

2.6 Situation de l’accès à l’eau

2.6.1 Etat des lieux de l’accès à l’eau


Au Sénégal, le taux d’accès à l’eau potable a fortement augmenté depuis le Programme Eau Potable et
Assainissement du Millénaire (PEPAM) lancé en 2005, passant de 54,3% au niveau régional en 2004, à
79,8% en 2021. Ce taux a toutefois évolué différemment d’un département à un autre : Thiès et, dans une
moindre mesure, Tivaouane se situent au-dessus de la moyenne régionale, contrairement au département
de Mbour dont la courbe d'évolution est inférieure sur toute la période 2004-2012. Les zones urbaines
situées dans le département de Mbour concentrent environ 40% du volume d’eau fournie par la SEN’EAU
(soit 8.031.823 m3 en 2012, contre 7.397.690 m3 en 2011).
Par ailleurs, le département de Mbour, qui vient en deuxième position derrière Thiès en termes de
population (35,6% de la population régionale), concentre 39% des abonnés de la région, avec une évolution
plus ou moins similaire à celle de Thiès entre 2009 (27 665 abonnés) et 2012 (32 319 abonnés), soit un
taux de croissance annuel moyen de 4% (supérieur à la moyenne régionale).
La commune de Mbour dispose quant à elle, en termes d’infrastructures hydrauliques, d’un forage localisé
au quartier Escale qui alimente en eau potable les 27 quartiers de la commune. Grâce aux branchements
sociaux réalisés au niveau des quartiers périphériques, le nombre d’abonnés a nettement augmenté,
relevant ainsi le taux d’accès avec l’apport des bornes fontaines.
Cependant, la production reste encore déficitaire et n’arrive pas à satisfaire toute la demande. Cette
situation se manifeste à travers des coupures d’eau et des baisses de pression dans la distribution,
obligeant certains ménages à faire le pied de grue la nuit, pour pouvoir s’approvisionner. Le défaut d’un
entretien régulier du réseau et de son manque de couverture, altèrent la qualité de l’eau dont la potabilité

19
est douteuse par endroit. Cela est notamment le cas dans certaines zones des quartiers périphériques
comme Gouye Mouride, Espagne, Zone Sonatel, Liberté, Terrou Mballing et Falokh qui, n’étant pas encore
raccordées au réseau, dépensent beaucoup d’efforts et d’argent pour se procurer de l’eau.

Carte 4 : Desserte en eau potable des quartiers de Mbour

Source : ONG URBASEN

En particulier, l’accès à l’eau dans le quartier de Falokh demeure une véritable préoccupation pour les
habitants qui ont usé de tous les moyens possibles (demande de connexion, pétition, négociation avec la
commune, etc.) afin de bénéficier de branchements au réseau d’eau potable de la SEN‘EAU. Pour pallier
cette situation, les habitants se ravitaillent en eau dans des conditions extrêmement pénibles : ils ont, pour
la majorité, recours aux puits et une minorité s’approvisionne en eau par achat au niveau des bornes
fontaines, avec pour ceux qui en ont les moyens, le paiement du transport.

20
Figure 7 : Bornes fontaines et puits à Falokh

2.6.2 Le réseau AEP de la SEN’EAU


Comme le montre la carte ci-dessous, le réseau AEP de la SEN’EAU sur la commune de Mbour n’est pas
assez étendu et couvre essentiellement le littoral et les quartiers centraux. De plus, la production est
insuffisante pour alimenter l’ensemble des habitants de la ville, et notamment les ménages vivant dans les
quartiers périphériques.
Cependant, compte tenu du statut touristique de la commune de Mbour, elle devrait être prioritaire pour
bénéficier d’une augmentation de la production. Des programmes de renforcement de la production sont
en cours ou sont prévus.

21
Carte 5 : Le réseau SEN'EAU à Mbour

2.6.3 Les différents usages de l’eau


L'eau est utilisée dans plusieurs domaines, dont le premier est la boisson/cuisson. Les autres besoins des
habitants sont entre autres le linge, la construction et l’abreuvage des animaux domestiques. Pour ces
besoins secondaires en eau, environ 100 litres d’eau sont utilisés hebdomadairement.
L'agriculture et le maraîchage ne sont pas des activités prioritaires pour les habitants de la zone, seulement
une petite quantité d'eau est utilisée pour le maraîchage périurbain. Néanmoins, certains ménages
disposent de quelques arbres fruitiers ou d’un petit potager familial pour lesquels ils utilisent moins de 50
litres d’eau par jour pour l’arrosage.

2.6.4 Les différentes sources d'approvisionnement en eau


La source d’approvisionnement en eau est dite améliorée dès lors qu’elle est protégée de la contamination
(des eaux de ruissellements et des fientes d’oiseaux notamment). Sont considérées comme sources
améliorées les points d’approvisionnement en eau suivants :
• Branchement domestique (robinet dans le logement ou la concession) ;
• Robinet public ;
• Puits à pompe ;
• Forage ;

22
• Puits protégé ;
• Source protégée ;
• Eau de pluie ;
• Camion-citerne.
Le niveau de vie distingue nettement les populations en termes d’accessibilité aux sources d’eau potable.
Plus le ménage est riche, plus il a facilement accès à l’eau avec la présence d’un point d’eau à domicile. A
l’inverse, plus le ménage est pauvre, plus il a tendance à chercher de l’eau hors de son domicile.
A Falokh, la principale source d’approvisionnement en eau reste le puits : on ne dénombre que six (06)
puits traditionnels de faible profondeur (une dizaine de mètres) dont les eaux sont souvent insalubres et
impropres à la consommation. Ces eaux sont puisées et vendues par des charretiers à raison de 50 FCFA
par bidon.
On dénombre également trois (03) bornes fontaines privées, alimentées par un puits ou forage. Toutefois,
la construction d’une borne fontaine coûte très cher selon les chefs de ménages, dissuadant les habitants
d’y investir. Ainsi, au cours de l’étude complémentaire réalisée par UrbaSEN, une gérante de borne fontaine
a indiqué s’être connectée au réseau de la SONES moyennant un investissement de 1,7 millions de FCFA.
Afin d’amortir le coût de son investissement, cette dernière vend aux revendeurs du quartier des fûts de
200 litres à raison de 200 FCFA, qu’ils revendent par la suite aux populations à 600 ou 700 FCFA. La
principale source d’approvisionnement reste alors l’achat chez les revendeurs.

Carte 6 : Puits et bornes fontaines à Falokh

La quasi-totalité des ménages est donc dépendante de ces points d’eau et de la vente de d’eau par les
charretiers, et consacre une part très importante de ses revenus à l’achat d’eau.

23
Par ailleurs, malgré l’existence de divers points d’eau, les populations trouvent que ces derniers sont
difficilement accessibles et sont dégradés du fait de leur surutilisation.

2.6.5 La qualité de l'eau


La plupart des ménages interrogés au cours de l’enquête réalisée par UrbaSEN jugent que la qualité de
l’eau utilisée est moyennement bonne. Ils estiment, comme bon nombre de sénégalais, que l’eau servie
par la SEN’EAU et provenant de forages pourrait être mieux traitée, mais la trouve acceptable. N’ayant pas
toujours les moyens d’acheter de l’eau minérale ou provenant des bornes fontaines, ils s’approvisionnent
au niveau des puits ou des pompes manuelles. Or, ces sources non-protégées fournissent de l’eau souvent
rougeâtre et impropre à la consommation, qui nécessite une purification avant consommation.

Bonne
27%

Moyenne
57%
Mauvaise
16%

Figure 8 : Appréciation de la qualité de l’eau selon les habitants

Figure 9 : Puits avec eau saumâtre

24
2.6.6 Disponibilité de l'eau
Les ménages interrogés affirment que malgré la relative diversité des sources d’approvisionnement en eau
dans la zone, sa disponibilité n’est pas assurée.
Ainsi, à Falokh, si l’eau des puits est gratuite, elle n’est pas tout le temps disponible, ces derniers tarissant
après une demi-journée d’utilisation. La quantité d’eau puisée est estimée à 8 bassines de 20 litres par jour,
soit 16l/personne et par jour pour la boisson, le bain, la lessive, etc.

Suffisante
22% Acceptable
34%

Insuffisante
44%

Figure 10 : Disponibilité de l’eau

A Falokh, pour un petit ménage de 4 personnes, un baril d’eau collecté au niveau des bornes fontaines des
quartiers voisins est acheté tous les 2 jours, soit une consommation mensuelle de 15 barils par mois.
Toutefois, dans la plupart des ménages, qui comptent en moyenne 10 personnes, la consommation
journalière est de 2 barils par jour, soit 60 barils par mois, équivalant à une dépense moyenne en eau de
36 000 FCFA par mois.

Solutions alternatives d’accès à l’eau Prix au m3


pour les ménages non raccordés au
réseau

Bidon de 20L à 100 FCFA 5000 FCFA/ m3, soit 7,6€/m3

Charrette, 200L à 600 FCFA 3000 FCFA/m3, soit 4,6 €/m3

A titre de comparaison, le prix du m3 vendu au niveau du réseau


SEN’EAU est de : 210 FCFA/m3 pour la première tranche de
facturation. Pour les populations concernées, souvent les plus
vulnérables, l’accès à l’eau est ainsi beaucoup plus cher et
chronophage : ce temps ne peut être consacré aux activités
socioéconomiques, alimentant un cercle néfaste au développement
de ces ménages.

Figure 11 : Eau achetée à un charretier

25
2.6.7 La collecte et le transport de l'eau
Dans toutes les zones du pays, les femmes sont plus nombreuses pour la collecte de l’eau et Falokh ne fait
pas exception à la règle. Au niveau des ménages ne disposant pas d’un point d’eau domiciliaire, la collecte
de l’eau est assurée à 71% par les femmes parmi lesquelles 33% des corvées d’eau sont assurées par les
jeunes filles âgées de moins de 15 ans. Les corvées d’eau impactent beaucoup les résultats scolaires de ces
jeunes filles en raison des distances qu’elles doivent parcourir quotidiennement. Les ménages dans
lesquels les hommes s’occupent des corvées d’eau ne représentent que 29%.

Figure 12 : Femmes collectant de l'eau

2.7 Situation de l’assainissement

2.7.1 Système d’assainissement de la commune de Mbour


La commune de Mbour est dotée d’un système d’assainissement correspondant à son statut de ville
touristique et à son poids démographique. Le système d’assainissement des eaux usées du département
comprend deux (02) réseaux de collecte des eaux usées à Mbour et à Saly, trois (03) stations de pompage
à Mbour et cinq (05) stations de pompage à Saly.
Le réseau de la commune de Mbour est constitué d’une longueur de 28,902 kilomètres linéaires qui est
divisé en 2 bassins :
• Le bassin n°1 est constitué de collecteur en PVC d’eaux usées venant des quartiers Thiocé Ouest,
Onze Novembre et Escale avec des diamètres de 200 mm, 250 mm et 315 mm, pour une longueur
de 21,344 kilomètres linéaires.
• Le bassin n°2 concerne uniquement le quartier Tefess, situé dans un bas fond. Il est composé de 7
557 mètres linéaires de collecteurs en PVC d’eaux usées de diamètres respectifs de 200 mm, 250
mm et 315 mm8.

8
[Link]

26
Cependant, ces réseaux sont limités aux quartiers centraux.

2.7.2 Etat des lieux de l’assainissement


En plus du manque d’eau potable, les quartiers périphériques, et notamment Falokh, souffrent également
d'un manque d'accès à l'assainissement. Cela explique les importants rejets d'eaux usées dans les rues ou
dans les maisons et/ou terrains abandonnés. Ce manque d'assainissement expose les habitants à des
maladies diarrhéiques et autres dermatoses, notamment chez les enfants.

Figure 13 : Rejets d'eaux usées et de déchets

[Link] Eaux grises


La gestion des eaux grises constitue un problème dans tous les quartiers de la commune, en atteste le
nombre de demandes reçues régulièrement par la FSH. Falokh est confronté en général à d’importantes
difficultés quant à la gestion de l’assainissement des eaux pluviales et usées. Le quartier ne dispose d’aucun
réseau d’assainissement identifié à ce jour sur le périmètre du quartier et même des quartiers
environnants. Il n’existe également aucun ouvrage de gestion des eaux grises qui sont rejetées directement
à la rue, qui est à la fois le lieu de circulation des personnes et l’aire de jeu des enfants qui n’ont d’autre
endroit pour jouer. Cela a un impact direct sur la santé des populations et sur l’environnement.

Figure 14 : Eaux grises déversées dans la rue

27
[Link] Eaux noires
De même, la défécation à l’air libre existe encore dans la zone, bien que la plupart des ménages disposent
d’un système, même non amélioré.
Par ailleurs, si 70% des ménages de Falokh affirment avoir des toilettes familiales dans leurs concessions,
celles-ci sont souvent très précaires, avec des fosses non-étanches et qui sont pour la majorité des trous
creusés à même le sol.
Cependant, même pour les ménages disposant de fosses septiques et de latrines améliorées auto-ventilées
(LAA), le problème demeure celui de l’évacuation. En effet, la collectivité territoriale ne dispose pas de
suffisamment de ressources pour mettre à disposition des camions de vidange et réduire les coûts. La
vidange est donc assurée par des privés à des coûts variant entre 25 000 et 40 000 FCFA.

Figure 15 : Latrines et lieu pour la toilette

[Link] Ordures ménagères


En ce qui concerne les ordures ménagères, aucun camion de ramassage ne passe dans le quartier, ce qui
oblige les habitants à rejeter leurs ordures ménagères dans la rue ou dans les chantiers de construction,
favorisant ainsi la prolifération des dépôts sauvages d’ordure. Pour les ménages qui en ont les moyens, le
ramassage des ordures est assuré par des charrettes moyennant 2 000 FCFA/mois.
Faute de système de ramassage, certains habitants du quartier de Falokh ont pris l’initiative d’incinérer
leurs déchets. L’incinération de ces déchets, en plus de dégager une grande fumée, entraîne une pollution
atmosphérique conséquente.

28
Figure 16 : Déchets jonchant les rues

2.8 Demandes de la population

2.8.1 Evaluation de la demande en eau


L’évaluation contingente de la demande se traduit à la fois par :
• Les améliorations souhaitées par la population par rapport à l'accès ;
• La capacité des ménages à payer à cette amélioration.
Au cours de l’enquête menée par UrbaSEN, sur 492 ménages interrogés, 278 (plus de la moitié) ne sont
pas connectés au réseau d’AEP de la SEN’EAU. Pour 250 d’entre eux, cette situation est imputable à
l’inexistence même de réseau dans leur secteur d’habitation, contre 20 qui affirment ne pas avoir les
moyens pour payer les coûts de branchement et 8 qui trouvent ces derniers trop élevés.
Le tableau suivant illustre l’importance de la demande de branchements au réseau AEP dans la commune
de Mbour :
Ménages
Ménages
Quartiers non- Total
demandeurs
demandeurs
11NOVEMBRE 1 1
DIAMAGUEUNE 1 1 7 8
DIAMAGUEUNE 2 4 140 144
GRAND MBOUR 4 4 8
LIBERTE 1 1 1
LIBERTE 2 11 46 57
MBOUR TOUCOULEUR 5 8 13
FALOKH 100 100
SANTHIE 2 2
TABLEAU SERIGNE BABACAR 2 2
TEFESSE 2 2
TERROU MBALING 150 3 153

29
ZONE SONATEL 1 1
Total général 278 214 492

Tableau 1 : Situation de la demande de branchements au réseau AEP

Source : ONG UrbaSEN

Les données présentées dans le tableau montrent que les plus fortes demandes sont répertoriées dans les
nouveaux quartiers localisés dans la zone d’extension de Mbour, à l’image de Terrou Mballing (150) et
Falokh (100). Il est à noter que la desserte en eau dans les autres quartiers de Mbour est assez satisfaisante
en atteste le faible taux de demandeurs répertoriés sur ces sites. Toutefois, le projet ciblera seulement le
quartier de Falokh pour les raisons énoncées dans la section 2.4.2.
A l’échelle du projet, ce seront donc 100 ménages demandeurs dans le quartier de Falokh, membres les
plus vulnérables de la Fédération Sénégalaise des Habitants résidant dans ce quartier, qui seront
accompagnés par le projet pour un branchement privé.
Ce projet contribuera à une amélioration plus globale de l’accès à l’eau à l’échelle de la commune dans la
mesure où les habitants des quartiers limitrophes bénéficieront de la proximité des ouvrages réalisés, ce
qui facilitera une extension future.

2.8.2 Intérêt, capacités et type de branchements souhaités pour l’eau


L'intérêt, la volonté et les capacités de branchement au réseau d’adduction d’eau sont avérés. Eu égard aux
nombreuses difficultés rencontrées par les habitants pour l’accès à l’eau (localisation des points d’eau
parfois éloignés des habitations) et les coûts associés (achats, transport, purification…), les ménages sont
déterminés à avoir un branchement au réseau AEP de la SEN’EAU.
Les ménages intéressés par un branchement pour un meilleur accès à l’eau acceptent de payer entre 50
000 et 100 000 FCFA. Ils sont accompagnés par la FSH pour les frais à travers le système alternatif de
financement mis en place par la structure. Pour les ménages considérés comme très vulnérables, leurs
maigres revenus, qui suffisent à peine pour les dépenses de nourriture et de santé, ne leur permettent pas
d’affecter des ressources pour un branchement au réseau de la SEN’EAU, qui ne couvre pas à ce jour le
quartier.
La quasi-totalité des ménages interrogés sont prêts à contribuer à l’installation du réseau d’adduction d’eau
en payant le raccordement domiciliaire.

2.8.3 Evaluation de la demande en assainissement


Le financement du service d’assainissement collectif est au cœur des enjeux, en particulier en ce qui
concerne sa durabilité. L'équilibre économique est souvent difficile à atteindre, en particulier parce que la
volonté de payer pour l’assainissement est faible et que les coûts des ouvrages individuels (toilettes,
puisards) sont élevés. L’assainissement individuel est défini comme étant la gestion domiciliaire des eaux
usées domestiques, des excrétas et des boues de vidange par l’usager à l’intérieur de la concession (Code
de l’Assainissement, article R-4). La plupart des habitants interrogés disent ne pouvoir consacrer en
moyenne que 75 000 FCFA pour la réalisation d’ouvrages d’assainissement, pour des infrastructures
individuelles dont la réalisation coûte environ 10 fois plus cher.

30
Sur les 492 ménages enquêtés par UrbaSEN, 388 expriment un besoin en assainissement dont 381
opteraient pour la réalisation des puisards individuels, contre 6 qui préféreraient disposer d’un puisard
semi collectif. Le réseau d’assainissement existant au niveau des anciens quartiers et devenu obsolète et
insuffisant compte tenu de la densification des quartiers. Les quartiers de la zone d’extension quant à eux
ne disposent d’aucun réseau d’assainissement.
Les ménages enquêtés dans le quartier de Falokh, comme la majorité des ménages dans les autres
quartiers de Mbour, ont émis la demande de puisard individuel plutôt que semi-collectif, solution qui a été
récemment développée au niveau de Dakar, mais n’est pas encore connue à l’échelle de Mbour. Le projet
considérera priorise donc une approche par solution d’assainissement individuel (puisards), en proposant
quelques ouvrages semi collectifs, à titre pilote.

2.9 Stratégie municipale en termes d’accès à l’eau et l’assainissement

2.9.1 Projet d’extension du réseau AEP porté par la Mairie


Suite aux dernières élections municipales de janvier 2022, la commune de Mbour a pour maire M. Sall qui
est également le directeur de l'Agence de Développement Municipal (ADM). Ce dernier a fortement œuvré
pour l’extension du réseau d'adduction d'eau potable.
La Commune de Mbour a ainsi obtenu un financement de l’ADM pour l’extension de 7,6 km du réseau AEP
existant dans les quartiers périphériques. Le lancement de ces travaux devrait se concrétiser fin 2022. Les
cartes ci-dessous présentent le plan des conduites et les points de raccordement prévus par le projet ADM
à Mbour.

Carte 7 : Plan du projet ADM/Mairie, à l’échelle de Mbour

31
2.9.2 Cohérence du projet avec la stratégie de la Commune
Au regard de la priorisation des besoins identifiés lors des enquêtes, et de la stratégie de développement
de la commune, le projet se focalisera sur le quartier de Falokh, situé à l’est de la commune. Le ciblage du
quartier et les objectifs du projet visant l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement, ont ainsi été
validés collégialement, lors d’une réunion en mars 2022.

Figure 17 : Réunion en mars 2022 avec [Link] Issa Sall, le nouveau Maire de Mbour

32
3 MISE EN ŒUVRE DU PROJET
3.1 Objectifs
L’objectif général du projet est d’élargir le service public d’eau potable et d’améliorer l’accès à
l’assainissement de la commune de Mbour, dans la région de Thiès au Sénégal.

Les objectifs de ce projet, qui cibleront spécifiquement le quartier de Falokh d’après les éléments
d’identification précités et en cohérence avec la stratégie municipale, sont :

• OS 1 : Accompagner la Commune de Mbour à améliorer son service public d’accès à l’eau potable,
spécifiquement au niveau du quartier de Falokh
• OS 2 : Améliorer l’assainissement du quartier de Falokh et sensibiliser la population sur les bonnes
pratiques en matière d’hygiène
• OS 3 : Renforcer les capacités et les connaissances des groupements de femmes de la FSH en
matière de gestion, d’hygiène et d’assainissement
Ainsi, le projet entend contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'ONU,
en particulier de l'ODD n°6 « Eau propre et assainissement » et de l'ODD n°17 « Partenariats pour la
réalisation des objectifs ». En effet, le projet permettra aux personnes ciblées d'avoir accès à l'eau potable
et de bénéficier d'un système d'assainissement, le tout, en s'inscrivant dans une démarche multi-acteurs
associant autorités locales, acteurs institutionnels et de la société civile, mobilisés sur une stratégie
commune.

3.2 Résultats attendus


Les résultats attendus par le projet sont :
o Le réseau secondaire d’adduction en eau portable de la commune de Mbour, est étendu
de 4780ml à l’échelle du quartier de Falokh incluant 100 branchements particuliers.
▪ L’assainissement est amélioré via à la construction de 75 puisards individuels et la
création de 3 puisards collectifs à titre pilote, également appelés puisards à l’îlot,
pouvant recevoir les eaux usées de 8 ménages chacun
• La population du quartier est sensibilisée sur les thématiques d’Eau hygiène et d’assainissement
• Les groupements de femmes de la FSH, seront dynamisés et formés en termes de gestion ainsi
qu’aux bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement.
Le tableau suivant précise le nombre de bénéficiaires par résultat :
Résultat Nombre de bénéficiaires
R1 : Le réseau secondaire d’adduction en eau 100 ménages du quartier de Falokh composés
portable de la commune de Mbour, est étendu de 10 personnes en moyenne, soit 1000
de 4780ml à l’échelle du quartier de Falokh, personnes
incluant 100 branchements particuliers

R2 : L’assainissement est amélioré via à la 75 ménages composés de 10 personnes en


construction de 75 puisards individuels et la moyenne, soit 750 personnes

33
création de 3 puisards collectifs pouvant 24 ménages composés de 10 personnes en
recevoir les eaux usées de 8 ménages chacun moyenne, soit 240 personnes
Total : 990 personnes
R3 : La population est sensibilisée sur les Les 4500 habitants du quartier de Falokh
thématiques d’Eau hygiène et d’assainissement
60 membres de la FSH
R4 : Les groupements de femmes sont Les 135 OCB du département de Mbour
dynamisés et formés en termes de gestion ainsi comptant environ 35 membres chacune, soit
qu’aux bonnes pratiques d’hygiène et 4725 personnes qui bénéficieront du relai de la
d’assainissement formation par les 60 membres formés dans
cadre du projet

Tableau 2 : Nombre de bénéficiaires par résultats

3.3 Activités principales


Durée du projet : 24 mois

3.3.1 Infrastructures à réaliser

[Link] Eau
Réaliser 221 ml de diamètre 90 et 4562 ml de diamètre 63 en complément du projet de l’ADM :

• Concevoir avec la SEN’EAU l’Avant-Projet Détaillé (APD)


• Valider la sélection des ménages bénéficiaires des branchements privés
• Préparer un dossier d’appel d’offres et contractualiser une entreprise pour les travaux
• Superviser les travaux avec le support de la SEN’EAU

34
Carte 8 : Réseau d'adduction en eau potable du projet (Falokh)

[Link] Assainissement
• Construire Soixante-quinze (75) puisards individuels à la parcelle fortement sollicités par la population
pour une meilleure gestion des eaux grises.
• Construire Trois (03) puisards semi collectifs à l’ilot pouvant collecter les eaux usées d’une dizaine de
maisons, à titre pilote.

3.3.2 Mesures d’accompagnement


Les mesures d’accompagnement incluent :
• Améliorer les compétences en termes de gestion et connaissances relatives aux bonnes pratiques
d’hygiène et d’assainissement de 60 membres de la FSH ;
• Organiser la sensibilisation des habitants du quartier ;
• Conduire des activités de marketing social pour inciter les gens à se brancher ;
• Suivre la participation financière des ménages, via la FSH à travers son fonds rotatif ;
• Accompagner la gestion des ouvrages réalisés par le projet ;
• Responsabiliser les ménages utilisateurs des ouvrages ;
• Favoriser la réplicabilité de ces ouvrages au profit des autres habitants du quartier et des autres
quartiers à travers leur propre système d'épargne.

La campagne de sensibilisation a pour but de renforcer la connaissance des habitants en matière d’usage
de l’eau et d’assainissement.

35
En matière d’assainissement, la formation sera axée sur les effets de la transmission des maladies liées à
l’eau.

Sensibilisation des habitants


Les grandes lignes du contenu de la campagne sont :
• Maladies et hygiène relatives à l’eau ;
• Hygiène relative aux ouvrages d’assainissement ;
• Gestion des déchets et protection de l’environnement, en particulier autour des points d’eau ;
• Incitations à l’abandon du plastique et des emballages ;
• Utilisation de l’eau pour les besoins humains ;
• Notion sur le coût de l’eau et la tarification.

Appui à l’implication des bénéficiaires dans le projet


• Participation aux fouilles
• Participation au coût des branchements
Le renforcement de compétences auprès des membres de la FSH, et la mise en pratique des formations reçues
par leur application dans la mise en œuvre du projet développera la structuration des différents groupes, et
leurs capacités à accompagner de futurs investissements pour réaliser de nouveaux projets de développement
local.

36
4 VIABILITE
4.1 Viabilité technique
Les solutions retenues dans le cadre de ce projet sont éprouvées, elles ont été mises en place dans le cadre
de projets précédemment soutenus par notre association ou d’autres, et leur viabilité technique est
reconnue.
De plus, le volet eau du présent projet consiste en un raccordement au réseau préexistant de la SEN'EAU
qui assurera l’exploitation des conduites réalisées par le projet. Elle a donc été associée à l’identification
du projet et a donné son approbation technique sur les ouvrages à réaliser.
Les études et la supervision des travaux seront également suivies par la SEN’EAU qui bénéficie d’une large
expérience de gestion et connait très bien la zone d’intervention.
Par ailleurs, l’un des partenaires locaux, UrbaSEN, dispose d’une solide expérience dans ce type de projets,
ayant travaillé avec des concessionnaires et agences de l’Etat pour la mise en œuvre d’ouvrages de drainage
des eaux pluviales ou de puisards d’infiltration collectifs, assurant l’encadrement et l’accompagnement des
populations et collectivités territoriales dans la gestion d’ouvrages publics.
Enfin, Experts-Solidaires par son expérience d’accompagnement de projets de coopération décentralisée,
a grandement contribué à augmenter la ressource locale en matière d’expertise et de construction de
réseau.

4.2 Viabilité institutionnelle


Ce projet s’inscrit dans le cadre du Code de l’Eau du Sénégal, sur les bases techniques, organisationnelles
et financières définies par le ministère de l’Eau et de l’Assainissement. Concernant les aspects de gestion
des réseaux, la SEN’EAU sera en charge, évitant ainsi les éventuels problèmes liés au recrutement d'un
nouveau gestionnaire.
Par ailleurs, le projet a été conçu et sera mis en œuvre en étroite collaboration avec la mairie de Mbour.
Ses objectifs sont parfaitement cohérents et alignés sur la stratégie municipale, notamment avec le projet
d’AEP de l’ADM, mais aussi avec les politiques définies par l’Etat en matière de gestion et de distribution
d’eau potable aux populations.

4.3 Viabilité financière, principe tarifaire


L’adhésion des bénéficiaires est la première étape permettant la viabilité du système. La population
actuelle se dit prête à payer ce nouveau service et sera accompagnée par la FSH à travers le système
alternatif de financement mis en place par la structure, permettant aux ménages les plus défavorisés
d’avoir accès à un prêt lui permettant d’améliorer son environnement de vie.
Le fonds rotatif mis en place est alimenté par la contribution mensuelle de chaque membre de la FSH qui
épargne au sein de son groupe et chaque groupe épargne au niveau de la FSH. Les sommes épargnées
constituent ainsi un fonds et peuvent être prêtées à d’autres groupes/membres qui demandent un prêt
pour réaliser leurs projets. Le schéma ci-dessous détaille le processus d’une demande de prêt pour des
travaux de réhabilitation déjà réalisés à Mbour :

37
Figure 18 : Fonctionnement du fonds rotatif via les groupements d’épargne FSH

Ce modèle de prêt sécurisé par le mécanisme de fonds rotatif, permettra aux ménages bénéficiaires,
d’emprunter la somme nécessaire à leur participation (estimée à 50%) du coût des ouvrages :
• Puisard individuel, puisard collectif (au prorata des ménages utilisateurs), pour l’assainissement ;
• Branchement privé, pour l’eau.
Ils rembourseront leur prêt sur une période de 20 mois, auprès de leur groupe d’épargne.
La FSH assurera également le choix des bénéficiaires sur la base de critères de vulnérabilité, mais
également la sensibilisation et la mobilisation des habitants. Une fois les ouvrages réalisés (réseau AEP,
puisards semi-collectifs, puisards individuels), les relais de la FSH assureront toutes les activités d’IEC (focus
groupe, visites à domicile (VAD)) auprès des ménages bénéficiaires afin de les sensibiliser sur les modalités
de gestion et d’entretien desdits ouvrages.
Des actions de sensibilisation responsabiliseront les ménages utilisateurs des ouvrages réalisés sur les
conditions de pérennisation voire de réplicabilité de ces ouvrages à travers leur propre système d'épargne.
Le réseau est exploité par la SEN’EAU qui dispose déjà de son système d’abonnement et de recouvrement.
De plus, le travail avec la FSH permettra de mobiliser le fonds rotatif en cas de nécessité, ce qui sécurisera
la participation des bénéficiaires. En effet, cette participation est totalement sécurisée par le fonds et le
recouvrement se fera par la FSH suivant un échéancier prédéfini avec le bénéficiaire qui est membre de la
Fédération.

4.4 Viabilité environnementale


Ce projet permettra d’améliorer sensiblement l’environnement du village par un meilleur assainissement
liquide ainsi que par la formation et la sensibilisation des habitants à l’hygiène.
De nombreuses activités sont envisagées autour de la gestion des déchets, en particulier à proximité des
lavoirs publics où les déchets plastiques prolifèrent souvent, et de leurs impacts possibles sur les sols et la
nappe. Ce travail de sensibilisation par la FSH permettra de faire comprendre que la bonne gestion des
ordures ménagères permet aussi de protéger la ressource en eau, et plus globalement permet

38
l’amélioration de l’environnement sanitaire.

4.5 Viabilité socio culturelle


Ce projet intègre dans sa conception et sa réalisation l’ensemble des composantes de la population, et
s’inscrit dans les pratiques socio-culturelles de la zone. En matière d’équilibre des genres, le projet
cherchera à valoriser une approche équilibrée en collaborant avec les groupements de femmes de la FSH.
Par ailleurs, le projet est élaboré et mis en œuvre avec des acteurs locaux qui se connaissent et travaillent
d’ores et déjà ensemble. Les groupes de la FSH partagent des valeurs et une vision commune, et travaillent
ensemble depuis longtemps avec comme moyen d’action des échanges réguliers entre pairs. Des
rencontres régulières sont organisées entre les membres à travers les réunions hebdomadaires des
groupes, les réunions mensuelles de la fédération et les assemblées générales

39
5 PLANNING PREVISIONNEL

N° Activités / Mois 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
1 Résultat 1 : 1000 personnes sont desservies sur un linéaire de conduite de 4 750 mètres, avec 100 branchements privés d’eau
1.1 Activité 1 : Etendre le réseau d'eau sur 4750 mètres

1.2 Activité 2 : Promouvoir et accompagner la participation ménages pour les branchements privés

1.3 Activité 3 : réalisation des branchements privés


2 Résultat 2 : L’assainissement est amélioré grâce à la construction de 75 puisards individuels, et la mise en place de 3 puisards collectifs
2.1 Activité 1 : animer la campagnes IEC auprès des populations

2.2 Activité 2 : Promouvoir et accompagner la participation ménages pour les ouvrages assainissement

Activité 2 : réaliser les ouvrages assainissement


2.3 Activité 3 : accompagner la bonne gestion des ouvrages
3 Activités du Résultat 3 et 4 : IEC auprès des populations, et accompagnement des groupements de femmes
Activité 1 : Améliorer les compétences en termes de gestion et connaissances relatives aux bonnes
3.1
pratiques d’hygiène et d’assainissement, de 60 membres de la FSH
3.2 Activité 2 : Sensibiliser la population

3.3 Activité 2 : Suivre la participation financière des ménages, via la FSH à travers son fonds rotatif

3.4 Activité 4 Accompagner la gestion des ouvrages réalisés par le projet

40
6 SUIVI- EVALUATION
Livrables
Action Date de livraison
principaux
Réalisation de l’Avant-projet détaillé (APD) APD 1.5 mois de travail
1 mois après la validation
Validation de l’APD DAO
de l’APD
Signature du contrat + ordre de service Construction 18 Mois après le début du
Réalisation des travaux du réseau projet

Formation à l’hygiène et sensibilisation à Personnes 2 Mois après le début du


l’environnement formées projet

Au-delà des livrables, il s’agira ici de suivre les résultats du projet auprès de la population. Ceci se fera par
le suivi d’indicateurs qui seront mis à jour dans le premier trimestre suivant la mise en service du réseau.
Résultats Indicateurs principaux
Accès à l’eau :

• 100 familles bénéficiaires accèdent à un branchement


particulier
Eau • 1000 personnes (10 personnes par ménage en moyenne) ont
accès à une eau courante dans la commune de Mbour
• Un réseau AEP de 4780 ml est réalisé à Falokh

Accès à l’assainissement :
• 75 familles disposent d’un puisard individuel dans leur maison
Assainissement et ne rejettent plus les eaux dans les rues
• 3 puisards semi-collectifs à l’ilot sont construits et
correctement gérés
Du point de vue technique :
• 60 membres de la FSH améliorent leurs compétences en
termes de gestion et leurs connaissances relatives aux bonnes
pratiques d’hygiène et d’assainissement
Formation Du point de vue gestion :
• 3 comités de gestion sont mis en place pour la gestion des
puisards semi-collectifs
• 75 ménages sont accompagnés par la FSH pour la gestion des
ouvrages réalisés

41
42
7 ANNEXES

PUISARD SEMI COLLECTIF


DESCRIPTION DE L’OUVRAGE
Ce modèle de puisards a déjà été testé dans les communes DISPONIBILITE FONCIERE
de Médina Gounass, Wakhinane Nimzatt et Djeddah Thiaroye
Ce modèle de puisard peut tenir sur
Kao depuis 2018.
un espace d’une superficie maximale
Il est constitué d’un déversoir (puits étanche) émergé en de 5m2. Le déversoir étant le seul
hauteur, au fond perméable, carrelé et protégé par une élément visible de l’ouvrage ne doit
bonde dans lequel les ménages qu’il polarise déversent pas être implanté sur une voie
uniquement les eaux usées ménagères type eau de vaisselle centrale.
et de lessive.
Le déversoir est connecté à un puits perdu rempli d’un massif
PARTENAIRES IMPLIQUES
filtrant composé de poudre de charbon sur une épaisseur de
15 à 20cm au fond et autour du puits. Sur cette couche de
charbon est ajoutée des moellons absorbants qui remplissent Collectivité locale, Projet, Porteurs de
le puits à ras bords. Cet ouvrage qui reçoit les eaux avant projet, Bénéficiaires, Service Hygiène
infiltration dans la nappe phréatique sera recouvert d’un
couvercle et enterré
SOURCES DE FINANCEMENT

Projet, FSH, Collectivités Locales,


personnes

MESURES D’ACCOMPAGNEMENT

✓ Suivi du respect de la périodicité


des vidanges et curage
✓ Mettre en place un comité de
AVANTAGES suivi et de gestion (ouverture à heure
• Réduit les rejets d’eaux usées à même le sol fixe, système de nettoyage autogéré
• Améliore le cadre de vie des quartiers
LIMITES
• Doit être utilisé par un nombre limité de ménages
• Besoin d’un entretien régulier
• Peut contribuer à la pollution de la nappe
COUTS ESTIMATIFS : 588 838 frs CFA

AVANTAGES
• Réduit les rejets d’eaux usées à même le sol
• Améliore le cadre de vie des quartiers 43
LIMITES
• Doit être utilisé par un nombre limité de ménages
Réalisation du puits d’infiltration :

COUPE

Vue en Plan

44
Photos complémentaires :

45

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