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Le document explore l'histoire et les théories des jardins et paysages à travers les âges, en commençant par les jardins mythiques comme le jardin d'Éden et le jardin des Hespérides. Il aborde les jardins de l'Antiquité, notamment en Mésopotamie, en Égypte, en Grèce et à Rome, ainsi que l'influence des jardins perses et islamiques. Enfin, il décrit l'évolution des jardins médiévaux européens, symbolisant à la fois le jardin secret de l'Église et le jardin paradisiaque des plaisirs terrestres.

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Le document explore l'histoire et les théories des jardins et paysages à travers les âges, en commençant par les jardins mythiques comme le jardin d'Éden et le jardin des Hespérides. Il aborde les jardins de l'Antiquité, notamment en Mésopotamie, en Égypte, en Grèce et à Rome, ainsi que l'influence des jardins perses et islamiques. Enfin, il décrit l'évolution des jardins médiévaux européens, symbolisant à la fois le jardin secret de l'Église et le jardin paradisiaque des plaisirs terrestres.

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HISTOIRE ET THEORIES DU

PAYSAGE
Théories des jardins et de paysage à travers
l’histoire

Le Jardin paradisiaque
Origines : Paradis Paradeisos: mot grecque. Le terme vient de pairi ( autour) et daeza ( mur).

Dieu créa un jardin, Eden . Dans la tradition judéo-chrétienne, Adam et


Ève ont été chassés du jardin d’Éden, qui symbolisait le Paradis. Le jardin
perse, adopté plus tard par l’Islam, était une représentation du Paradis,
un état de bénédiction selon le Coran. Depuis les premiers royaumes
d’Assyrie, les hommes ont toujours tenté de recréer ce paradis
[Link] effet, Ils s’inspiraient des oasis du désert et de l’ancienne
Perse où le mot Paradis désigne simplement un endroit verdoyant et clos.
En fait, on utilisait le même terme pour désigner le “paradis”.

Adam et Eve entrain de cultiver leur jardin. Epoque antique mésoptamienne

Les jardins de l’Antiquité 3000 av JC- Vème siècle ap JC

Le palmier protège les plantes qui croissent à son ombre ,


ralentit l’assèchement , favorise la condensation nocturne et
permet de créer des jardins

Depuis l’aube des temps, l’arbre est un symbole sacré , aussi


bien que de plaisir.
La valeur spirituelle de l’arbre, objet de rite religieux

Un cylindre assyrien

Mésopotamie. Dès le début des 3000 av. J.-C.


Il est vraisemblable que les jardins de Mésopotamie -si l’on met à part les
vergers et les potagers strictement utilitaires – conservèrent longtemps un
caractère religieux. Les divinités de la fécondité possédaient auprès de leurs
sanctuaires un peu de terre où un bois, une plantation sacrée manifestaient leur
puissance . Il eut de tels « jardins « sur les terrasses des tours à étage où se
célébraient les rites , et leurs frondaisons étaient assez familières pour que les
artistes en aient suggéré la présence sur le décor de certains reliefs à sujet
anecdotique ou religieux. A mesure que s’élargit le monde babylonien , que l’axe
de sa puissance se déplace vers le nord , les jardins prennent une importance
accrue , sous des climats plus favorables à leurs développement . On peut parler
de vrais parcs d’acclimatation et des jardins botaniques.
Fresque du XIII av JC , représentation d’un verger royal du palais de Zimrilim , sur l’Euphrate
Vers la fin du VIII ème siècle av J.C , le grand conquérant assyrien Sargon II
conçut de planter dans sa capitale de Dur Sharroukin , près de Nivine , un
immense parc, où il disposa côte à côte « toutes les essences aromatiques
du pays de Hitties’’ le sud de l’anatolie et de la Syrie septentrionale ». Il
voulait sans doute acclimater pour sa gloire et son plaisir les merveilles
d’une terre étrangère, à laquelle sa capitale n’aurait plus rien à
[Link] être son désir répondait il à un obscur dessein de
« posséder »plus pleinement . Le parc était le symbole et l’image de la
conquê[Link] 2ème millénaire tous les rois de Mésopotamie donnent des
banquets et des cérémonies dans leurs jardins.
roi assyrien (721- 705 av JC ) crée à l’extérieur de sa ville un parc royal clos peuplé de lions et
gibiers. Ces réserves de chasse étaient plantées d’arbres et d’arbustes à fleurs indigènes ou
importés
Aménagés par le roi NabuchodonosorII ( 605-562av. J. -C) pour son
épouse perse Sémiramis ,édifiés sur des ziggourates ou pyramides à
degrés: Terrasses en escaliers, couvertes de végétaux, considérée
comme l’une des Merveilles du Monde.
Bien évidemment l’ existence des jardins suspendus de Babylone ne pouvait
s’imaginer sans la présence d’une eau abondante, il est notoirement connu le
contrôle des grands fleuves est intimement lié à l’émergence de toutes les
grandes civilisations; l’Egypte, la Chine ou l’Inde en sont les exemples les plus
é[Link] dépit de leur renommée, les jardins de Babylone ne semblent
pas avoir exercé une influence, au moins directe,, sur les jardins du
monde méditerranéens. Ils demeurent surtout , au regard des Grecs, et
après eux, des romains , une sorte de tour de force, admirés plus à cause
de la difficulté de leur beauté propre. Ils aient plus pris le caractère d’une
légende.
Babylone; les jardins suspendus 700 av JC , reconstitution d’une aquarelle au VIII ème. siècle
Egypte. Dès 2 600 av. J.-C.
L’Egypte , pays de civilisation agricole » présent du Nil »connut depuis
longtemps , la délectation des jardins et de l’eauEn Egypte comme en
Mésopotamie, les temples avaient leurs enclos sacrés, ainsi que les
tombes. Mais c’est seulement avec la XVIII dynastie, qu’il fut celui du
roi ou du haut fonctionnaire , eut pour complément obligé une
plantation d’arbres et de [Link] jardin Egyptien apparait comme
l’un des modèles directs du jardin occidental antique, au moins par
certains de ses thèmes, et en premier lieu, le développement des
canaux, la présence , presque la hantise , de l’eau. Jardin plat, ainsi
que l’imposait le terrain, jardin enclos de murs, asile de la vie privée,
avec ses pavillons disséminés, rapprochant le visiteur de la nature,
subordonnant le jardin à la [Link] de formes qui
réapparaîtront dans l’Italie romaine et y exerceront , pour des siècles,
leur influence.
La disposition de ces jardins était simple, un haut mur d'enceinte
assurant la protection des sables et des crues du Nil, un bassin
rectangulaire, des arbre disposés de manière rectiligne. Ce sera un
modèle pour les siècles à venir.

Les jardins Grecs


Les jardins mythiques
Jardin d’immortalité, réservé aux Dieux de la mythologie grecque, le Jardin des Hespérides
possède un arbre fabuleux aux pommes d’or, cadeau de mariage de Gaïa à Héra, épouse de
Zeus. Gardé par le dragon à cent têtes, Ladon, et les Hespérides, filles d’Atlas et d’Hespéris,
ce jardin est inaccessible aux mortels. Le Jardin des Hespérides est connu par la légende des
Douze Travaux d’Héraclès, puisque sa onzième épreuve était de ramener des pommes d’or
à Eurysthée. Pour y parvenir, Héraclès aurait convaincu le titan Atlas, père des Hespérides,
d’aller les chercher pendant qu’il soutenait la voûte céleste à sa place. De retour avec les
pommes d’or, Atlas voulut laisser la charge du ciel à Héraclès qui, par une ruse, réussit à
s’enfuir avec les précieux fruits. Détail vase grec à figures rouges – V-IVème siècle av. J.C. Le
Jardin des Hespérides Bas-relief Athéna, Héraclès et Atlas – Vème siècle av. J.C. – Olympie –
Temple de Zeus
Hercule et les pommes d'or des Hespérides ?Détail d'une mosaïque
romaine - IIIe s. [Link]

Hydrie en terre cuite (jarre à eau) début du 4ème siècle avant J.C
Pays rocailleux et montagneux , au climat sec et chaud pas vraiment favorable à
l'organisation de jardins , bien qu'existant 4ème siècle avant JC . Les Grecs inventent
la notion de bois sacrés naturels, lieux bénis et chéri des dieux. Ce sont des jardins
lyriques et religieux , non entretenus , toujours plaisants et fé[Link] jardin Grec
est l’antithèse d’une conception agricole d’exploitation de la nature. Des arbres
donnant de l'ombre- indispensable- étaient plantés sur les places publics, marchés,
gymnases et lieux de réunion.

Les Grecs étaient maitres dans l’utilisation des potentiels d’un paysage,
développant ainsi le « genius loci », Un lieu consacré à un dieu ou à un héros,
et où la nature révèle son aspect sacré.L’emplacement des temples, théâtres
et agoras assurait une protection naturelle, mais offrait aussi ses perspectives
spectaculaires . Les arbres investis d’une personnalité mystique , divinisés et
faisant partie du projet. Les grecs cultivaient une simplicité métaphysique vis-
à-vis de la nature et des jardins. Les plantations étaient limitées aux lieux
publics urbains, tels l’agora, les abords des temples et les promenades, les
cimetières qui deviennent de véritables jardins funéraires.

Les jardins Romains


Les raffinements de l'époque hellénistique exercent une forte influence
sur l'art des jardins. Ils sont inspirés de l'orient de l’Egypte à la Perse en
concevant une esthétique synthétique et sophistiquée qui marquera
l'histoire des jardins européen. Les traités d’agriculture et d’horticulture
des auteurs latins du 1er siècle av.J.-C favorisent l’essor du jardin des
maisons de campagnes, les « Villas »Les jardins de villas font leur
apparition, ce sont eux qui conservent les connaissances botaniques de
l'antiquité. La combinaison du symbolique et du décoratif , fut surtout
développé e dans les villas romaines princières et particulières.
Les prétentions architecturales des propriétés de campagne devaient
obligatoirement comporter un peristilon (colonnade), un peripteros(
pergola) et un ornhitron (volière).A la fin du 1er siecle av. J -C. Plin le Jeune
vers (61- 112) établit une classification des paysages crées ou recrées
autour de grandes villas: « bois, bosquets, collines, bassins à poisson,
canaux, ruisseaux et rivages »Tivoli , cet ensemble de 80 ha de bâtiments et
de monuments implantés au pied de la colline de Tibur , était une
reconstitution des monuments et des sites célèbres admirés par l’Empereur
lors de ses pérégrinations d’un bout à l’autre de l’Empire)La villa d'Hadrien
(ap.J-C) a exploité les perspectives naturelles du paysage vallonné que l'on
découvre depuis les terrasses.
La villa d'Hadrien (ap.J-C) a exploité les entre (118 -138)
Les jardins Perses
Pour les Perses de l’Antiquité, une croix divisait le monde en quatre
parties, en son centre se trouvait une source. Les parcs de chasse de la
Mésoptamie étaient divisés en quatre quarts, un édifice se dressait au
centre. Telles sont l’origine du chahar bagh, le jardin divisé en quatre
parties.
Le parc de Cyrus à pasargades, vers 546 av .J.-C, n’était que l’un des
nombreux jardins clos de Perse, « les paradis ». Structures ouvertes à
quatre côtés établies sur plan géométrique, reliant le palais officiel et
la résidence privée. Ces jardins comportant des canaux en pierre
taillée et des petits carrés plantés d'arbres, d'arbustes et de plantes
aux senteurs raffinées. Des pavillons faisaient office de belvédères ,
permettant aux monarques de dominer une nature domestiquée, et
symboliquement de surveiller son royaume. Quelques années avant
la conquête arabe, vers la fin du VI siècle, la tradition veut de dessiner
et tisser une immense tapisserie qui en reproduisaient la même
forme et les couleurs à l’image des jardins. Il fut utile que le roi
conserve auprès de lui ce jardin qui est une image de l’univers, et le
symbole de sa puissance sur la nature.
Perse, le jardin [Link] en XVII s ap J.-C. .

Les jardins médiévaux arabes


Dans les jardins islamiques, comme en Perse, tout est allégorique, et
basé sur la promesse de la bonté d’Allah, dictée par le [Link]
tradition des jardins islamiques, est un héritage des jardins perses
développés en Asie, en Afrique et dans une partie de l’[Link]
expansion géographique accompagne les conquêtes des adeptes du
prophète Mohammed (570- 632apr J.-C)) remonte au VIII [Link]
conquéreurs arabes adoptèrent le luxe des jardins, qu’ils
rencontrèrent aussi bien dans le monde iranien que dans les
provinces de l’Empire Byzantin. Ils reprennent des thématiques
chères aux romains et byzantins , en particulier, les pavillons
circulaires, entourées de feuillage qui appartiennent à la tradition
des parcs de Rome et de [Link] géométrie symbolique était
toujours présente dans les jardins islamiques, une forme
rectangulaire, entourée de murs . Cette géométrie rigoureuse était
tempérée par les arbres et les plantations à faible hauteur
Le jardin est une partie essentielle dans la demeure musulmane, et cela dans toutes les
régions du monde islamique. Il est l’image de paradis
Les jardins médiévaux arabes
L’art des jardins arabes se formait donc à l’imitation de modèles
doubles: les palais iraniens et la tradition romano-byzantine.
L’esthétique iranienne du jardin donnait l’idée de vastes paradis aux
symétries rigides grâce à ses vergers, ses bassins et ses canaux. La
tradition romaine offrait les jardins péristyles, les fontaines aux jets
d’eau retombant, les margelles ouvragées, et surtout
l’omniprésence de l’architecture, des colonnades et des portiques
.Les arabes, étaient très sensibles à l’atmosphère exprimé par le
lieu, cela leur permit de donner une grande diversité aux jardins. Ils
ne se contentèrent pas d’aménager des jardins d’agréments, ils
importent leurs connaissances étendues en botaniques,
développés après la traduction du patrimoine scientifique de
l’Antiquité. Ce sont les Arabes qui ont préservé et classifié les
connaissances en botanique, collectionné et décrit les plantes.
L'influence arabe fut révolutionnaire, comme le montre la création
du jardin botanique de Montpellier dés le VIII ème siècle. Le jardin
est une partie essentielle dans la demeure musulmane, et cela
dans toutes les régions du monde islamique.
Au X ème siècle il y avait autour de Cordoue des milliers de jardins et un système d'irrigation efficace
. Remplis de fleurs odorantes d'oiseaux chantants , et l'on y entendait la rumeur des roues à eau.
L'influence mauresque se perpétura en Espagne , bien aprés la chute de Séville et de Cordoue au XVII
ème siècle. L'Espagne islamique se limite alors à Grenade, ou les jardins sont aménagés à flanc de
coteau.

Les jardins médiévaux européens


En occident, une longue éclipse après la fin du monde antique.. L’Eglise se
choisit pour symbole le jardin secret , à l ’opposé, les princes et poètes ont
préféré le jardin paradisiaque, source des plaisirs terrestres. Ces deux
métaphores sont l’essence du jardin médié[Link] jardin de Marie , l’ortus
conclusus où chaque fleur est symbolique. Et le jardin d’amour courtois, le
jardin littéraire du roman de la rose . Les deux sont imaginaires, mais reflètent
la réalité du jardin médiéval

Les trois formes du jardin médiéval: Le jardin de plaisance fermé, le potager


utilitaire et l’espace exploité par les ordres monastiques , ou par les femmes
près de leurs maisons, pour cultiver des plantes mé[Link] premier au
XV présentait un herbarium clos, rectangulaire ou carré, soit une pelouse à
clôtures treillissées, sillonnée d’allée et ornée d’une fontaine et de parterres
de fleurs surélevées, ou bien encore un verger ornemental. Le tout fait pour
être admiré depuis la maison. Les jardins étaient fermés par des murs en
pierres, des haies denses, des arbres taillés. Le viridarium, verger sophistiqué
et décoratif , n’avait qu’une fonction somptuaire. On admirait les arbres et
l’on se promenait sous leur ombrage. Tous les jardins étaient défendus
contre l’insécurité qui y régnait .
Les jardins de la Renaissance en Italie
En Grèce et Rome, le jardin jouait un grand rôle pour les philosophes et les
poètes, les nobles cultivés et les hommes d’Etat. Les hommes de la
Renaissance, en Italie s’en feront un exemple.S’inspirant des traités fondés
sur l’enseignement des anciens, notamment sur la certitude que la beauté
résulte de l’Harmonie.L’ouvrage d’Alberti (1404-1472)décrit la villa de la
campagne idéale, où l’on doit pleinement profiter de tous les plaisirs offerts
par la Nature, un lieu parfaitement adapté à la contemplation. Son modèle
est le jardin romain, planté de buis, peuplé de formes topiaires, et aménagé
sur un terrain en pente d’où l’on peut jouir d’une vue magnifique. Le jardin
doit être toujours entouré d’un mur, mais grâce à la position à flanc de
petites collines, la vue sur les lointains l’emporte sur les seuls abords de la
maison. L’idéal est d’harmoniser la villa, la jardin et la nature

Les jardins ne sont pas conçus en fonction des plantations ou de la couleur des
fleurs. Ils étaient composés d’architecture de végétaux persistants, buis et
arbres à feuilles persistantes, et de formes permanentes de pierre ou de
marbre.L’intérêt des hommes de la Renaissance pour la botanique a suscité les
jardins consacrés principalement aux plantes médicinales . Le jardin de
Padoue en 1550, était conçu avec le même sens d’élégance et de l’harmonie
qui avait prévalu dans les jardins de plaisance.

La villa Lante
Vignole était non seulement un architecte , mais également un théoricien
et un praticien de la perspective « théâtrale », qu’il transposa et adapta à
l’univers des [Link] la première fois , les jardins priment sur la
demeure. La relation entre les terrasses de plan régulier et les bois
avoisinants est totalement nouvelle, et fera ici école. Les forces
mystérieuses de la nature entrent pour la première fois au répertoire des
jardins d’Europe, ce jardin est un jardin de pierre et d’eau.

Jardin de spectacle
L’ordonnance géométrique des jardins, et surtout l’emploi des terrasses, ont
eu pour effet de créer des perspectives commandées par les symétries
propres de l’édifice auquel est subordonnée la composition . La principale
perspective est évidemment celle qui se développe dans l’axe longitudinal,
mais il s’en crée un certain nombre d’autres, chaque fois que l’architecte
désire souligner soit une intention secondaire de la façade, soit l’un des axes
transversaux. Le jardin de vient en quelque sorte le développement de la
façade, sur plusieurs plans. Il en résulté que tous les points du jardin ne sont
pas équivalents, celles qui revêtent une importance particulière , l’architecte
dispose soit un pavillon, soit une loggia, véritable balcon où l’on découvre le
spectacle, en tout ou en partie. Le jardin n’est plus une annexe destinée à la
promenade , mais un élément du spectacle que présente la villa.

Villa Este, Tivoli par Pirro Ligorio (1550-1583)


Labyrinthes et jeux d’eaux
Les labyrinthes prennent leurs source dans l’Antiquité, dans la
légende de dédale. Les labyrinthes de verdure sont une création
de la Renaissance. Le labyrinthe du XVI est encore faible de
hauteur, celle du genou, au XVII s, il montera très haut, comme
en Angleterre ou comme le plus célèbre dessiné par Charles
Perrault pour Versailles en 1667
Dédale est un personnage de la mythologie grecque,. connu pour être un inventeur, un sculpteur et
un grand architecte, alliant génie esthétique et ingéniosité technique , a conçu le labyrinthe pour
enfermer le Minotaure, un monstre fabuleux possédant le corps d'un homme et la tête d'un taureau

Les jeux d’eaux, délices des voyageurs en Italie aux VII et XVIII siècles,
plaisanteries à thèmes triviaux mais aussi classiques, étaient actionnés
par les mécanismes hydrauliques sophistiqués. Le promeneur était
surpris par leur déclenchement et copieusement arrosé. Ces farces
existaient déjà au Moyen Age, héritées des Arabes qui avaient adapté
et perfectionné les inventions d’Héron d’Alexanderie (1er s apr.J.-C).

L’allée des cents fontaines. Villa d’Este.

Le baroque
A la fin du XVIème siècle, Galilée, Newton et kepler transforment la vision du monde et
ébranlent les croyances religieuses. La vision de l’univers fini et bouleversée, et
l’homme se retrouve devant l’infini: la vision baroque du mouvement dans l ’espace va
marquer de manière décisive l’architecture et son corollaire : L’art des jardins.L’art
baroque né à Rome, est un art de spectacle plutôt que de la contemplation , de
l’illusion plutôt que de la réalité. Ce VII ème est celui de la prodigalité.L’urbanisme
romain et l’architecture des grandes églises firent naitre des espaces spectaculaires, un
monde d’illusion optique dans lequel le jardin prit une place secondaire.L’art du
paysage baroque se trouvait plus au sud de Rome, à Frascati.

Le théâtre d’eau de la villa Aldobrandini , partie centrale de ce jardin baroque.


Un grand mur semi circulaire , coupé dans la colline derrière la villa, abrite cinq
niches ornées de statues, formant un amphithéâtre pour les jeux d’eau.

villa Aldobrandini

Les jardins de la Renaissance en France


Versailles est le témoin de la splendeur rigoureuse et triomphale imposée par
louis XIV au paysage de l’ile de France , interprété par le génie de le Nôtre
,Versailles est le reflet de la France du XVIIème s , orienté par le pouvoir
absolu de la monarchie pour exprimer sa domination, il s’établit sur ce site
inhospitalier ,sur son domaine, sur la cour , et par extension sur le Royaume

Le Nôtre a orienté les axes principaux sur les quatre points cardinaux : la
grande perspective à « perte de vue »fait face aux fenêtre de la grande galerie, vers l’Ouest, vers le
Sud, vers le soleil d’été, est axée sur la terrasse d’orangeraie
Les jardins et le bâtiment central sont reliés par un axe central
dominant, qui par la cour de devant semble traverser le centre du
palais, puis divise les jardins en deux sur toute leur longueur. Autour
de cet axe principal, des allées et des sentiers rectilignes forment un
réseau d’axe à l’intérieur duquel toutes les parties du jardin et les
éléments décoratifs se combinent pour former un tout. Les plus
grands bassins ornementaux, , les plus belles fontaines et les statuts
remarquables sont situés à l’intersection des axes transversaux. Des
fois, des axes peuvent se prolonger dans le paysage extérieur par
des avenues, bien au delà du véritable jardin , et montrent
comment grâce à des belvédères et à des perspectives, la campagne
environnante s’intègre dans l’ensemble.

Vue aérienne des jardins de Versailles , France

Les jardins de Versailles en France


Louis XIV était passionné par tout ce qui avait trait aux jardins et
Versailles aurait été incomplet sans une évocation du paradis, un éden
qui soit un écho de la prodigalité de la nature. En 1670, il charge de la
conception du « potager du roi »,Les travaux durent plus de cinq ans.
Le monarque exigeait la même perfection dans la culture des légumes
et les fruits de son jardin .

Jardin potager du Roi Louis XIV à Versailles

L’influence des jardins de Versailles


Au XVII e et au début XVIII l’époque baroque, l’architecture des jardins dans
toute l’Europe subissait l’influence des jardins dits à la française. L’Europe
entière est [Link] Russie comme en Allemagne et en Autriche, les
allées rayonnantes de le Nôtre inspiraient jusqu‘à l’Amérique. Les multiples
interprétations sont des adaptations, souvent à une autre échelle, fondée
sur l’émulation plutôt que la copie , de plus elles tiennent compte de la
nature des terrains , de l’esprit du pays et du commanditaire.

L’Europe entière est conquise: Le Versailles de la Baltique « du Tsar Pierre le Grand. Russie, Peterhof

Le Nord de l’Europe, l’Angleterre en particulier , reste sous la domination


hollandaise, caractérisée par son avance considérable en matière d’horticulture
. Les jardins hollandais à la symbolique chrétienne venue remplacer l’impiété
paienne . Les parterres à pièces coupées de plantes exotiques qui convenaient
parfaitement à la passion des compatriotes pour l’importation de plantes
nouvelles, rares et [Link] jardin tourna alors vers les plantes ornementales
, plutôt que vers les plantes médicinales . Les cultures de bulbes, tubercules du
Moyen Orient , jacinthes, iris, lis surtout tulipe… ont métamorphosé le jardin en
Europe du Nord , qui forme alors un contraste fondamental avec celui de la
[Link] fleurs envahissent « les parterres en broderie »

Jardins et palais royal , Pays bas. 1686- 1695,Jardins de Versailles à la manière hollandaise
Les jardin Anglais
Le XVIII est marqué par le retour au paysage arcadien des Grecs, au paysage
romain et à la mythologie . Eclairé par la lumière de la philosophie et de la
peinture.D’un bout à l’autre, philosophes, aristocrates et politiciens sont pris
de passion pour les jardins. Mais, c’est en Angleterre que nait un style qui
redécouvre la nature au travers de la peinture: « Le jardin paysager ».
L’influence du jardin « Anglais » est aussi forte en Europe que celle du jardin
Français précédent

Jardin paysager crée en 1780 à Versailles


La révolution des goûts avec les premières années du XVIIIs fait apparaitre le jardin
pittoresque vers 1720 en Angleterre et ne présente aucune mesure commune avec le
jardin des époques antérieures , rompant d’une façon décisive avec le jardin à la Française.
A la symétrie, succède la dissymétrie systématique; aux compositions ordonnés, le
désordre; à la tyrannie des tailles sévères, la liberté; aux bassins et aux canaux de formes
géométriques , les rivières volontairement sinueuses; aux terrasses aux plans, des pentes
capricieuses, des collines et des rocailles, et non plus de laborieux nymphées à l’italienne.
On abandonne les calmes perspectives qui conduisaient doucement l’œil sur le tapis d’une
clairière . On les remplace par des vallons et des prairies où se dressent « des fabriques »

Jardins de Stowe, Angleterre

Les jardins pittoresques se formèrent , de façon inattendue, lorsque commença à exercer en


Europe l’art Chinois. Le grande développement des missions chrétiennes en Extrême Orient
donna lieu à une abondante littérature qui ouvrit, ou du moins entrouvrit au public un
domaine jusque là [Link] premiers jardins étaient directement et consciemment
inspirés par le mot Sharawaggi par lequel ils entendaient la dissymétrie gracieuses et
pittoresques du jardin chinois. On y déroulait des sentiers serpentins ainsi des clairières au
rond-point, où chaque fois quelque ornement marqua une étape de la promenade. C’était
une statut ou bien un pavillon. Ailleurs, on plaçait un arc triomphal, une alcôve en treillis
recouvérte de plantes grimpantes, des sièges rustiques. Ou encore on creusait des bassins
que reliait entre eux un ruisseau au cours capricieux? D’un point à l’autre , nulle perspective.
Des bosquets touffus limitaient la vue. On évitait avec le plus grand soin tout ce qui faisait
l’ordonnance et la beauté des jardins classiques.

La source principale du jardin paysager fut la peinture du paysage romain , incarnée


par Claude lorrain ( 1600- 1682); Poussin (1615-1675) ou par l’œuvre de Salvador
Rosa(1615-1673).Les Anglais , plus sensibles au charme des paysages, plus habitués
, aussi, à la vie rustique et moins à la vie de cours, s’avisèrent tout naturellement
d’appliquer le principe aux « arts de la nature ». De même qu’ils s’enthousiasment
de la peinture, ils découvrirent que la campagne vraie , avec ses champs de blé , ses
prairies ses thèmes étaient susceptibles d’entrer dans des compositions
paysagistes. Les premiers paysagistes Bridgman et Kent. Mais jusqu’à ce que
Wiliam Kent (1685-1748) commence à planter des tableaux, le Landscape fut
davantage apprécié comme un agréable panorama élargi que comme une idée
poétique reposant sur la mythologie antique et les idées philosophiques. Les
premiers jardins pittoresques précédèrent les textes littéraires écrit à leur gloire.
Claude lorrain ( 1600- 1682)
Lancelot » Capability » Brown (1716-1783) sera considéré le plus grand
paysagiste de son époque, A cause de l’essor de l’immobilier de cette époque, les
paysages artificiels doivent plus à lui. Son affirmation de la « capacité d’un site » à
se transformer en jardin illustre parfaitement l’esprit singulier , son aptitude à
voir, à décider où éclaircir, où planter, où mettre un accent…. La méthode de
Brown consistant à éliminer murs et haies , pour mieux lier le paysage immédiat
et les lointains, était en accord parfait avec le nouveau gout européen et quasi
religieux pour la [Link] Walpole joua également un rôle prédominent :
« la poésie, la peinture et l’art des jardins seront considérées comme trois
sœurs, ou comme les trois nouvelles Grâces qui habillent et ornementent la
nature. Walpole considérait que le « Ha!Ha! »était la touche maitresse , le pas
majeur vers ce qui suivrait, principe français du XVII , un large fossé sec sert à
reculer tout en dissimulant les limites du parc, était la clé de liberté nouvelle.

Repton fut le successeur spirituel de Brown , a donné outre ses Red Books, quatre
ouvrages. Il avait le don de comprendre parfaitement l’esprit d’un site : le genius
loci. Il fut le premier à tenir compte de la demeure, du terrain et des souhaits de
ses clients. La face rurale de l’Angleterre était entrain de changer.

William Shenstone(1714-1763) poète et théoricien de jardins fournit les trois


aspects du jardin pittoresque: le sublime, le beau, et le mélancolique ou le
méditatif. Son jardin admiré et représentatif est The leasowes en Angleterre.
Les aquarelles des red books de Repton permettant de comparer « l’avant » et
« l’après » des projets concernés.

« On peut admettre, avec modération, des jardins de fleurs réguliers et


artificiels ». Repton Répondant aux souhaits de ses clients, il adoucira son
style , se permettant de réintroduire la fontaine, symbole de tout ce qui a
été abhorré , parce que jugé artificiel, au cours de l’époque précédente. Il
compose terrasses, balustrades, jardins de fleurs repiquées.L’homme le plus
influent après sa mort Jhon Claudius Loudon (1783-1843); Son savoir était
encyclopédique, Auteur de la première Encyclopédie du jardinage (1822). Il
était partisan du style irrégulier pittoresque, après de longs voyages en
Europe pour étudier les jardins historiques, il se mit à aimer le jardin
régulier , le style antique , dont l’influence hâta le retour du jardin à la
française. Il défendit le style « gardenesque », dans son populaire magazine
Gardner’s Magazine, lancé en 1826. encourageait le plantage basé sur la
mise en valeur optimale de chaque plante de et la variété ordonnée.

La vue du cottage d’Humphrey Repton, en 1816, tiré d’un de ses célèbres red books

Le jardin de la révolution industrielle


Le XIX ème siècle: Place à la diversité des styles éclectiques, riches de plantes nouvelles et de progrès
technique. La démocratisation de la société met le plaisir de jardinage à la portée de tous en cette fin
de XXème siècle , concerné par l’écologie et par la sauvegarde du patrimoine [Link] gigantesque
serre , immense espace d’exposition en fer et verre , devenu un symbole de l’innovation technologique,
de la modernité et représentatif de l’amour des anglais à la nature. C’est un événement dans l’histoire
d’architecture qui va être reproduit à modèle réduit dans les capitales européennes.
le Crystal palace , par Paxton pour l’Exposition de Londres en 1851
Excès et exotisme ont également prospéré dans le repiquage des fleurs. Grace
aux sociétés de vente par correspondance, la richesse botanique a contribué en
même temps à la confusion des couleurs et des formes dans les jardins.

Nouveau style composite, la « mosaïculture ». Les motifs furent purement géométriques

Les nouvelles inventions: la caisse de Wardian, la serre qui permettait d’acclimater des
variétés exotiques, celle de la tondeuse à gazon en 1830, et la popularité des revues de
jardins, favorisèrent la prolifération des petits jardins . Le jardinage est devenu le passe
temps le plus populaire.

la caisse de Wardian

Le jardin paysager anglais fut importé en France en donnant une


codification rationnelle et pratique « à la française ». La France ne fit pas la
distinction entre carpet bedding ‘’ repiquage en tapis’’ et flower bedding,
d’où l’invention d’un nouveau style composite, la « mosaïculture ». Les
motifs furent purement géométriques , certains lancèrent leurs formes
emblématiques et zoomorphes . Les italiens créaient de leur côté des
scènes bibliques en mosaïculture, ajoutant l’extravagance à l’éclectisme.

la « mosaïculture ». Les motifs furent purement géométriques

La création du parc public


La principale innovation, en ce siècle de réinterprétations, fut l’apparition et la
généralisation de parcs municipaux mis à la disposition de tous, et non plus de
quelques privilégié[Link] promenades publiques avaient déjà existé en France à
d’autres époques, elles faisaient habituellement partie des projets d’urbanisme
du XVIII éme siècle. A Nancy, la confiscation par le gouvernement
révolutionnaire des biens du Clergé et de l’Aristocratie et de la Couronne,
certains de leurs jardins furent transformés en promenades [Link]
concept de Volksgarten c’est-à-dire l’alliance de la nature et d’une
glorification visuelle de la nation, était à Vienne en 1777, où l’Empereur ouvre
un jardin de plaisance pour tous les hommes , en 1819, le concept gagna
l’Allemagne avec l’inclusion d’une série de salles publiques , de statuts
patriotiques et de mémoriaux guerriers.

Un jardin de plaisir » pour tous les hommes à Vienne en 1777.

Les parcs urbains de Paris


Le plus important programme de parcs publics intégré à un plan d’urbanisme est
français. C’est la restructuration de Paris lancée par Napoléon III . Le baron Haussmann
(1809-1891), préfet de la Seine, est le créateur de nouvelles artères bordées d’arbres, du
réseau des égouts, de l ’aménagement des jardins publics et des promenades et enfin
d’une quarantaine de squares disséminés à travers la ville. Sous Haussemann, Charles
Christophe Alphand, ingénieur et architecte paysagiste, remania les 850 ha du bois,
conseillé dans les plantations et le tracé par Barillet Deschamps. Le jardin paysager et le
système de repiquage de variétés subtropicales mis au point dans les jardins privés en
1840 n’urent pourtant guère d’influence sur les jardins des époques ultérieurs.
Charles Christophe Alphand, aménageur du square du Temple, l'avenue de l'Observatoire, les jardins
des Champs Elysées, le parc Monceau, le boulevard Richard-Lenoir, le bois de Vincennes, le parc de
Montsouris, le bois de Boulogne et le parc des Buttes-Chaumont.

A la fin des années 1860, presque toutes les grandes villes de France et de
l’Angleterre possédaient leurs jardins publics. Le modèle fut imité sans
grandes variations dans le reste de l’Europe et dans les colonies.L’idée de
greffer des îlots de nature sur la turbulente cité comme Paris, dépassele
cadre du simple agrément: elle servait un intérêt politique, c’était l’illusion
d’une harmonie sociale, le thème édénique était au cœur de l’esthétique du
parc urbain moderne, et illustra brillamment l’espoir que la détente et le
divertissement pourraient servir d’alternative aux tensions de la vie urbaine
sinon même en faire disparaitre les effets nuisibles. « L’Haussmanisation »
de Paris fut donc un élément de stratégie contre-révolutionnaire. Les parcs
furent une tentative de contrôle des masses.

Square des Batignolles à Paris , Jean Charles Adolphe Alphand,Les promenades de Paris, 1867-1873.

Le jardin public anglais, un outil de réforme social


Loudon a été le premier, en Angleterre à plaider en faveur de l’ouverture des jardins
publics. Les jardins de plaisance du XVIII n’étaient ouverts qu’à ceux qui s’acquittaient
une [Link] aux parcs royaux, même s’ils étaient en principe ouverts, ils
n’offraient au promeneur ni siège ni abri. Sous son influence naquit une motivation
pour cet "instrument de réforme sociale » Les plus grands parcs furent l’œuvre de
Joseph Paxton (1803-1865), le concepteur de Crystal Palace. Homme d’origine
Joseph paxton .Cristal modeste, expérimente des dessins de serres révolutionnaires. Sa première
palace . Londre , commande de parc public fut à Liverpool, d’une conception nouvelle avec son
1851Grande système de circulation séparant soigneusement le trafic de la ville active du parcours
Exposition à Hyde d’agré[Link], énorme parc de loisirs crée par Paxton où l’extravagance et la
Park. UK démesure ont dicté la conception des jardins qui voulaient surpasser Versailles.
Le plus connu reste Birkenhead, commencé en 1844, le premier qui soit une
initiative publique et non plus privée.

Sydenham

Le parc public américain , outil de réforme social


Dans la seconde moitié du XIX siècle, le concept de jardins publics fut développé non
seulement en Europe mais aussi aux USA en raison du surpeuplement des grandes
villes après les guerres. le Premier parc fut Central Park à new York par Calvert Vaux (
1824-1895) Frederik Law Olmested (1822-1903) ensuite celui [Link] et Boston
deviennent des modèles donnant naissance à un urbanisme moderne. Le plan de
Chicago imaginé par l ’architecte Daniel Burnham animateur du mouvement nommé
City beautiful movement. Parmi les admirateurs de Boston , fut l’architecte paysagiste
Jean Claude Nicolas Forestier(1861-1930), qui a travaillé avec Alphand à Paris,
s’inspirant des boulevards de sa cité et des parkway américain, il publia son livre:
Grandes villes et systèmes de parcs en 1906, il a expérimenté ses propres idées au
Maroc en 1923, et à Buenos Aires à Cuba entre 1925 et 1930.

Central Parc à New York, 1856 par F. L. Olmsted et C. Vaux


Influencés par les expériences européennes, un groupe de
peintres paysagistes, connus par "River Hudson School" font
connaître pour la première fois à une population urbaine, les
beautés extraordinaires de l'étendue désertique au nord de
New York, le long de la vallée du Fleuve Hudson.L'image du
paysage vaste et sauvage présentée par le Hudson River School
est particulièrement approprié par la jeune nation .

Aux États-Unis , durant la période postguerre, la recherche de l’identité


nationale était spécifique. Ainsi le Central Park de New York de Frederick Law
Olmsted devient une référence de la culture moderne américaine, une
expression de paysage pittoresque traduisant les images d'une nature intacte
et du sublime.

La naissance du jardin naturel « William Robinson »


Art and Crafts
L’ère victorienne, avec ses excès et ses extravagances, ses repiquages en tapis au
tracé rigide, ses surcharges, a suscité une puissante réaction . L’irlandais William
Robinson ‘1838-1935), en sera le fer de lance. En ces années, 1860,la révolution
industrielle inondait le monde de ses productions massives et médiocres, Robinson
estimait la nature est menacée par le gout de l’é[Link] Robinson fut,
comme beaucoup d’autres influencé par le mouvement Art and Crafts, conduit par
John Ruskin et William Morris, dont l ’ambition était de réunir les arts, et de
redonner ses lettres de noblesse au savoir-faire artisanal, un retour à la vieille
tradition anglaise , en réaction directe à la mauvaise conception de la plupart des
objets fabriqués en sé[Link] les jardins, le mouvement amena au retour des fleurs
indigènes de préférences aux plantes [Link] nombreux universitaires,
artistes, politiciens et amateurs « éclairés » étaient les adeptes comblés des
maisons plus petites et plus simples, et de leurs jardins naturalistes .

William Morris

Dans son œuvre maitresse « the English Flower Garden » , dont la première édition
en 1883, son influence permettait l’épanouissement d’une expression individuelle à
l’intérieur de chaque jardin . Les interactions entre les plantes étaient soigneusement
utilisées. La juxtaposition de grand et du petit, de la forme, les couleurs des feuilles et
des fleurs, tout était pris en compte. Raffinements et considérations écologiques se
[Link] Blomfield fut le champion de la renaissance du Formal Style,
« à la française » et du même coup l’ennemi juré de Robinson. Pour lui, le but de
l’architecte paysagiste n’est pas de montrer les choses telles qu’elles sont , mais telles
qu’elles ne sont pas. Cette âpre controverse entre les tenants du formal et ceux du
natural influence encore, discrètement, la réflexion sur les jardins et leur création , en
cette fin du XXè siècle.
Cité- jardin / Wright
En réaction à l’industrialisation, Influencé par William Morris et John
Ruskin , La Grande-Bretagne a donné l’exemple au reste du monde avec les
théories d’Ebenezer Howard, de Patrick Abercrombie et d’autres sur le
développement des cités-jardins et, plus tard, des villes nouvelles. Le
paysage n’était plus le propre du jardin et s’est intégré à la vie quotidienne.
Cependant, il visait à recréer les qualités et les plaisirs qu’offre le jardin.
Howard a publié son livre: « Garden cities of tomorrow », concrétisant ses
nouvelles thé[Link] réaction à l’expansion incontrôlée de la ville moderne
et les difficultés à trouver des endroits de contact avec la nature, de
nouvelles théories vont apparaitre : les cinq points pour une architecture
nouvelle de Le Corbusier(1887- 1965) , la conception utopique de
Broadacre City (1934) due au génie de Frank Lloyd Wright (1867-1959), idée
de ville-nature dont le prototype est la Maison sur la cascade, 1939.

Cité- jardin / Le Corbusier


Le Corbusier a conçu trois plans de villes idéales : la "ville contemporaine
de trois millions d'habitants", la "ville radieuse" et, plus tard, une ville
linéaire. Son regard sur la ville de son époque est très critique : il la
trouve chaotique, propre à déclencher une révolution. C'est ainsi qu'il
cherche à définir une structure urbaine rationnelle, que le nouveau
monde industriel pourrait intégrer harmonieusement, La thèse est
connue : Surface bâtie: 12% du sol total. Surface disponible: 88% du sol
total. Corps de logis sur pilotis au rez-de-chaussée, dont l'effet est de
mettre le 100% du sol à la disposition des piétons. Séparation définitive
de l'automobile et du piéton. Sport au pied des maisons. Constitution des
nouvelles unités d'habitation,. Pour chaque unité, un service complet (le
circulation verticale mécanique. Institution des services communs).Dans
de telles zones d'habitation, la rue n'existe plus.

Le Courbusier, projet de la ville radieuse, 1935. La ville est devenue une ville verte. Les édifices de
l'enfance sont dans les parcs. Les adolescents et les adultes pratiquent le sport quotidien au pied
même de leur logis. Les automobiles passent ailleurs, là où elles sont utiles à quelque chose…

Cité- jardin/ Gaudi


Les années quatre-vingt dix voient développer le concept cité jardin. En Espagne la volonté
du mécène Guell était de réaliser un "jardin méditerranéen, intégrant le résidentiel
.Influencé par l’Art Nouveau (1890-1910)où toute référence aux ordres architecturaux fut
éliminée et la structure de l’édifice s’identifia à sa décoration » Antonio Gaudi interprète
le rapport entre des éléments figuratifs et naturels par la forme curviligne comme
référence stylistique privilégiée. Il traite le jardin, sa végétation, son organisation des
parcours en s’adaptant à la topographie irrégulière, en utilisant des formes structurantes ,
colonnades, terrasses, revêtues de mosaïques colorées apparentes telle une cristallisation
des éléments naturels , fleurs, animaux, sont inspirés de sa pure [Link] parc
témoigne de ce rapport passionnel avec la nature.

A. Gaudì, Parc Guell, Barcelone, 1900.


les expériences artistiques du dix neuvième siècle vont influencer début du
vingtième les auteurs des projets , certains vont appliquer les expériences et les
théories de la couleur de Michel Chevreul (1786-1889 ), qui avait mis au point le
cercle chromatique où s’opposent les couleurs complémentaires , formulés par la
loi des contrastes simultanés .En Angleterre, quelques tendances créatrices sont
développées , le jardin est essentiellement aménagé selon une approche
décorative basée sur l'alternance de couleurs, tissages et variétés botaniques.

Art and Crafts


Gertrude Jekyll ( 1843-1932) fut la conceptrice de jardins la plus influente
en Angleterre avant la seconde Guerre mondiale. Elle put utiliser son
génie à développer et formaliser les idées naturalistes de Robinson , mais
dans un cadre formel. Ce fut un événement capital dans l’histoire des
jardins. Grace à son étroite collaboration avec l’architecte Edwin Lutyens ,
elle continua d’ utiliser des arbres indigènes pour relier le paysage au
dessin du jardin. Elle plantait avec un naturel savant , mais dans le cadre
architectural stricte conçu pat Lutyens.C’est Gertrude Jekyll qui donna
des lettres de noblesse aux plates-bandes d’herbacées adossées à des
murs dans les grands jardins de la belle époque anglaise. Elle le traita en
grands mouvements colorés, très serrés. Influencée par les recherches
théoriques du Français Michel Chevreul (1786-1889). Elle développa les
bordures monochromes successives sur les gradations de couleur
complémentaires chaudes ou froides. Une maison de Lutyens avec son
jardin de Jekyll reste un symbole de cette époque.

La bataille entre le natural et le formal


Une structure rigide et géométrique organise le jardin: pavages, vasques,
grands escaliers et murs sont en contraste avec le parterre de fleurs colorées

G. Jekyll & E. Lutyens Deanery Garden, (UK), 1901.

Le jardin de Hidcote Manor est l’œuvre du Major Lawrence Johnston avec


Norah Lindsay. Le jardin , aménagé sur cinq hectares , est composé d’une série
de petits espaces fermés, à l’échelle du manoir de pierre, reliés et séparés par
de longues allées axiales en gazon et de vertes pelouses. Le contraste entre la
sévérité du contrôle architectural de l’espace et des niveaux et la générosité
des plantations évitaient la confusion. Johnston est représentatif du climat de
l’entre deux guerres, l’où on savait encore jouir du temps qui passe et se
consacrer des paradis de cette fin d’époque

L. Johnston Hidcote Manor, Gloucestershire (UK), 1920

Sissinghurst, ruine romantique devenue le fleuron de la tradition britannique


moderne. Le jardin de Sissinghurst est le symbole d’ordre et de beauté. Les
Nicolson voulaient un jardin avec une structure classique , avec de longues
perspectives mais aussi un jardin secret et personnel, divisé en plusieurs petits jardins;
roseraie-jardin blanc-verger-cottage garden, bois de noisettiers,
Victoria Sackville-West, Sissinghurst chacun est planté
L’anglais Russul Page (1906-1985); unique par la variété de son
œuvre, mais aussi par sa maitrise de la tradition du jardin
européen , sa compréhension du jardin islamique, sa
connaissance des arbres et des plantes, du paysage et de la
culture qu’il ne cessait d’enrichir. Il s’est inscrit dans tous les
courants de son siècle : La reconstitution, l’adaptation, le
jardin de petite taille, le jardin public et le jardin industriel et
enfin le parc de sculptures. Il choisit à placer les sculptures comme on
plante les arbres La sculpture a toujours habité le jardin mais au XXème
siècle a vu la naissance d’un phénomène nouveau, né du besoin de
montrer la sculpture au public. Certains musées ont créé des jardins de
sculptures comme celui de Philip Jhonson au Musem of modern Art à
NewYork.
Russul Page est le plus grand architecte paysagiste de la seconde moitié du XX ème siècle.
Aux États-Unis projeteur le plus connu des jardins de cette période est
Beatrix Farrand (1872-1959). Passionné disciple des idées de William
Robinson et élève de Frederick Law Olmsted, en continuité avec les théories
du Jekyll, le Farrand combine les thématiques du jardin classique italien avec la
richesse luxuriante de la végétation libre et colorée du jardin anglais
Beatrix Farrand Jardin Dumbarton Oaks (1921) à Washington D.C
Dans les année vingt, soutenues de la révolution culturelle du mouvement
moderne et de l'hybridation entre architecture et nature, De nouveaux
théoriciens voient le projet du jardin comme naturelle interface entre
architecture et paysage. le jardin devient la naturelle étendue de la
l’architecture vers l'extérieur. La forme du jardin dans la troisième
dimension devient l‘outil d'une conception moderne qui se met en second
niveau les variétés florales devenues au service de la géométrie. Le jardin
géométrique s'exprime avec les mêmes principes de l'architecture , il
soumet la végétation aux mêmes règles d'organisation spatiales.
Mallet Steven Garden With Concrètes Trees, Paris, [Link] jardin est traité en jardin
sculptural où la relation entre les éléments minéraux (arbres en béton) et la végétation en
partie plane, affirme la rigidité entre l'architecture et l'espace autour.
Le jardin cubiste réalisé pendant l'Exposition des arts décoratifs de Paris en 1925,
marque le passage du jardin dans une nouvelle esthétique avec un détachement des
traditions spatiales et compositions classiques.
Gabriel Guevrekian Jardin d'eau et Lumière, Paris, 1925.
Le jardin est une palette triangulaire extravagante de couleurs et
plantes. La basse végétation de buis taillé , le sol tracé en formes
géométriques en variété de parterre minéral, cailloux et gravier
formant une géométrie complexe . Ce qui met l'observateur en face
d’une série d'images différentes, amplifiées par un long mur en miroir
pour permettre une confusion et dilatation de multiplies espaces.
André et Paul Vera Jardin de l'hôtel De Noailles, Paris, 1926
Une composition géométrique en tissages et couleurs. Les théories cubistes
sont révolutionnées, les débuts de la peinture, représentés à l'étage
bidimensionnel, ils sont traduits en trois dimension pour permettre une
succession de niveaux; avec des hauteurs différentes dans la plan vertical.
Le statique du jardin est détruit par une multiplication de niveaux colorés et
le parterre de végétation méditerranéen est en contraste avec le paysage
des oliviers gris, des tracés sinueux de la mer.
Gabriel Guevrekian Jardin Noailles, Hyères (FR), 1927
La recherche d'un langage autonome, influencé par les pratiques des écoles
Beaux-Arts, sillonne toutes les recherches menées par les paysagistes. A la fin
des années trente aux États-Unis, une nouvelle génération de paysagistes
recherche de nouveaux répertoires formels et culturels avec l'idée de trouver
un style national. Le climat politique lourd entre les deux guerres favorise
Piet Mondrian
l'émigration des grands maîtres de l‘architecture contemporaine vers
l‘Amérique du nord. De l'Europe Mies Van der Rhoe, Walter Gropius, Maun
Gabo et Piet Mondrian émigrent et avec eux l’apport culturel du mouvement
moderne et des arts figuratifs.
Jean Mirò

Vue du jardin , on retrouve les formes sinueuses tracées entre la maison et le


jardin en marquant la transition entre intérieur et extérieur
Alvar Aalto, Villa Mairea, Noormarkku, (FIN), 1937
Le jardin est une extension des espaces intérieurs de la maison , le plancher se
dilate vers l'extérieur. Une terrasse sur deux niveaux entoure le bâtiment et
organise l'espace jusqu'à la clôture en bois qui encadre le paysage au sud.
C. Tunnard, Bentley Wood, Sussex (UK), 1938.
Symbole du jardin moderne , le jardin de la famille Donnel
interprète les mouvements artistiques des années quatre vingt dix .
Le dessin de la piscine, ses formes sinueuses montrent l’ influence
T. Church, El d’Alvar Aalto par la peinture surréaliste de Jean Arp et Jean Mirò.
Thomas Chrch Donnel
Novillero, Garden, 1948
California
(USA), 1948
la maison Miller conçue par Eero Saarinen et kevin Roche, son jardin par Dan
Urban Kiley, est une icône à l’époque moderne. la géométrie du jardin est
étudiée en rapport proportionnel avec celle de la maison. La végétation
structure l’espace et se dilate jusqu‘aux limites extérieures. Sa composition
structure le jardin en zones et boulevards. L'allée est un tracé principal , créant
un boulevard privé alignés par un défilement d’arbres: acacias. La jonction se
fait dans deux lieux d'arrêt intime . la sculpture posée sur un plan de marbre ,
marque la centralité à nord et le bas-relief au sud.
Dan Urban Kiley Miller Garden, Columbus EN (USA), 1955
Barragan recompose et ordonne en une géométrie à la fois rigoureuse et
ferme les données naturelles des sites où il intervient en des volumes
dépouillés où interagissent lumière et couleurs. La fontaine est un long
volume d'eau et pierre de couleur foncée, au centre d'un espace
entouré par les eucalyptus, la ligne parfaite de l'eau impose en elle un
mouvement d'horizontalité par rapport à la verticale.
Luis Barragan, Fuente du bebedero au Las Arboledas .Ville du Mexique, 1968
Lawrance Halprin est particulièrement fasciné par les processus et les
forces de la nature qui lui semblent nécessairement liés aux activités
humaines, de façon « organique », dans les formes même de vie que les
uns et les autres s’organisent.
Sa philosophie est une éthique de vie qu'il s'efforce d'appliquer à ses
projets. Les années 1960, marquées par la quête de liberté et d'une vie
alternative tournée vers la communauté. Il s'intéresse aux liens et aux
échanges pacifiés au sein des communautés et réfléchit sur les libertés,
tant individuelles que collectives, que l'art peut engendrer.
L. Halprin, Ira C. Keller Fountain, Portland OR (USA), 1970.
Une promenade maritime caractérisée par le dessin du pavage , devenue une
séquence dynamique grâce aux couleurs blanc et noir grâce à des peintures
traduites en projets modernes La corniche devient un étendue où espaces
publics, rues et végétation se composent en équilibre, donnant une identité à la
promenade de Rio de janeiro .
R.B Marx, Promenade Copacabana Rio de Janeiro, 1970
Isamu Noguchi adopte l'eau comme métaphore d'un petit
jardin zen, en bas des gratte-ciel du Chase Manhattan
Bank, de grandes pierres émergent comme des îles
flottantes dans une place circulaire ondulée de granit clair,
immergé dans l'eau en mouvement continu. Le jardin est pensé
Isamu NoguchiChase Manhattan pour être regardé avec une vision double, chargé de tension vu
Bank, New York, 1961 du haut, plus intime et accueillant vu du niveau bas.
Le Paley Park est le premier et le plus célèbre des " Manhattan garden",
petite "oasis" de tranquillité dans une des villes les plus denses. Fermé sur
trois côtés par de hauts bâtiments, la place est minimaliste: trois marches
invitent à un autre niveau de la rue, un petit espace accueillant est planté
d’arbres entre deux longs murs couverts de plantes grimpantes jusqu‘au
fond , un mur-cascade émettant par sa vocation sensorielle un sentiment de
tranquillité et une apaisante ambiance au milieu urbain
Robert Zion et Harold Breen, Paley Park, New York, 1965
Le jardin est une interprétation d’une synthèse dramatique du milieu de la
Californie avec son eau, son désert, sa force et son histoire. Un catalogue
importé de paysages de la mémoire, traduit dans un shuk-kei moderne, la
miniaturisation.
Isamu Noguchi, Californie Décor, Côte Mesa California,1981
Dans les années soixante une multitude d'auteurs en Europe, adoptent une autonomie de
leurs langages. Leurs pratiques se concrétisent en Danemark, en Finlande, en Angleterre, en
France et en Italie. Le projet du paysage devient plus un style personnel, en dehors des
tendances et des écoles académiques.

Le projet est l’expression du caractère universel du génie


grec.L’aménagement des espaces libres des collines de l’Acropole constitue
l’œuvre la plus célèbre de Dimitris Pikionis A l’aménagement d’un réseau
d’allées et de voies piétonnes menant aux monuments de l’Acropole,
Pleinement conscient de la signification culturelle du site, Pikionis a su
exprimer avec une grande sensibilité la continuité historique et spirituelle du
lieu en utilisant des formes et des matériaux empruntés à la tradition antique,
byzantine et populaire du pays. La réalisation très soignée du pavage et des
bancs est le fruit d’une longue recherche, de même que les plantations
d’espèces et d’essences propres au paysage de l’Attique. une combinaison
harmonieuse entre architecture, paysage naturel et mémoire historique
Dimitris Pikionis, Acropole d'Athènes, 1956
« Placer correctement une œuvre d'art implique qu'on en comprend la nature,
le caractère, l'essence la plus spécifique. » Cette expérience formera la base
des idées de Scarpa, son discours sur la muséographie, le développa par la
suite en projets de jardins. Le jardin est la continuité de la cour interne au
bâtiment de la fondation. l'eau interprète le sujet de la continuité entre
l'espace extérieur et l'intérieur: un microcosme riche de détails dont le motif
central est un canal mince qui finit en deux petits labyrinthes en pierre.
Carlo Scarpa Jardins de la Fondation Stampalia, Venise, 1951
Le jardin labyrinthique de la villa roseraie est un travail formel de haies
taillées, des parterres en gazon et des pavages minéraux dans une ambiance
en cercles variantes
Pietro Porcinai, Villa La Roseraie, Florence, 1961.

Une série de terrasses aux différents niveaux trace la colline du site. Miroirs
d'eau, haies en buis, éléments sculpturaux et un grand escalier, caractérisant
ce jardin de goût néoclassique
R. Page, Villa Silvio Pellico, Turin, 1956.

Avec la fin du modernisme s’est révélée la nécessité de trouver de nouveaux


idéaux esthétiques aptes à renouveler les caractéristiques de l'art des
jardins. Le Land Art est une tendance de l’art contemporain utilisant le
cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, rocher, etc.).
Le plus souvent, les œuvres sont à l'extérieur, Grace au mouvement
américain des années '60 et '70, on doit le recours à la dimension concrète
du paysage. Les oeuvres de Richard Long, Michael Heizer, Robert Smithson et Walter De
Maria ont le pouvoir de mettre une œuvre d’art en grandeur monumentale dans la nature.
Leurs sculptures partagent avec l'architecture du paysage les mêmes ambitions
fondamentales: l'appropriation et transformation du territoire en oeuvre d'art.

Un jardin poétique dans lequel s’alternent éléments végétaux avec présences


sculpturales et architecturales
Dieter Kienast (Zurich) 1989
Le jardin raconte en forme littéraire les traces des
poète-jardiniers anglais des années soixante dix. la
végétation, ordonnée et sauvage en continuité avec
des éléments sculpturaux, pierres et gravures
disséminées comme étant des pierres de la mémoire
Ian Hamilton Finlay, Little Sparte (1972)

Vagues et plis 'remuent' le jardin, une métaphore de la cosmologie contemporaine


afin d’unir le parcours d'art et science.

Charles Jencks Cosmological Garden, Portrack (UK), 1990.


Une métaphore philosophique de la vie, dans la promenade surréaliste qui mène du
petit lac (la naissance), à la sculpture (la mort). Un rapport évident entre jardin
contemporain et l’art se manifestant dans la forme de bassins d’eau.

Geoffrey Jellicoe, Sutton Place, Surrey (UK), 1980

Le site des Corderie Réal au Rochefort est un théâtre de l'imaginaire,


un récit savant et ludique de son passé royal. Le mythe et la
métaphore sont les deux éléments qui permettent aux visiteurs de
vivre les places physiquement et mentalement dans le jardin dans
une rencontre entre objets et nature.

Bernard Lassus, Jardin des Corderie Réal Rochefort Sur Mer, 1989

Un parc public requalifie une zone d'archéologie industrielle, où les


matériaux sont recyclés. Deux idées écologiques sont à la base du
projet: la première est celle de recycler les matériaux de l'usine en
harmonie avec la végétation, la seconde c'est le recyclage de l'eau

Peter Latz, Latz, Parc du Duisburg nord (GER), 1994

Dans les dernières décennies des années quatre vingt dix, nous
assistons à une reproduction de nouveaux parcs publics. Paris est en
effet l’objet d’un grand renouvellement, marqué par la création des
espaces de grande dimension, caractérisés par des programmes plus
complexes , liés soit à une culture scientifique et botanique avancée,
soit aux comportements humains, pour qu'ils deviennent beaucoup
plus participatifs et interactifs. Il s’agit de quatre parcs Parisiens : le
Parc de la Villette; le parc Citroën ,le Parc de Bercy, le Parc de Sausset.
Dans le parc sont opposés les sujets du jardin traditionnel français et
ceux du paysage anglais pittoresque et se croisent dans l'assemblage
de fragments tirés de la littérature, de la cinématographie, de l'art
moderne et de l'architecture. Le parc est formé par le recouvrement de
trois systèmes autonomes: les objets piqués les mouvements, les
Bernard Tschumi, Parc de la lignes et les places (surfaces).
Villette, Paris,1982.
Face a «La cité des Sciences et de l’Industrie» à Paris, le parc de la
villette est construit par Bernard Tschumi. L’un des points forts du
parc est la trame régulière des «folies» disséminées, constituées de
tôle émaillée rouge vif (clin d’œil aux anciens abattoirs), recouvrant
des structures de béton toutes différentes les unes des autres,
malgré leur forme cubique .

«Le parc André Citroën», dernier grand parc public, est une Arcadie
moderne qui a remplacé les usines Citroën de Paris. Les «principes
d’interprétations» du parc furent formulés par le plus théoricien des
nouveaux architectes paysagistes Gilles Clément. Les quatre «grands
principes de mise en œuvre» sont la Nature et le Mouvement, ou la
Métamorphose, l’Architecture et l’Artifice. Un des objectifs est de
rassembler dans une pensée commune le travail des architectes et celui
des paysagistes. La lecture du parc se fait différemment si l’on se trouve
près de la rivière (de la nature) ou plus près de la ville (de l’artifice).
G. Clément, Parc Citroën, Paris, 1989
Un des phénomènes, de plus en plus diffus est celui de l’aménagement
de jardins par les institutions publiques et privées en tant que places
liant la ville à la nature. Des réalisations intéressantes ont succédé à
des caractères hétérogènes: l'Airport Center de Moine par Peter
Walker, les Jardins des Tuileries à Paris de Jacques Wirtz, l’intervention
du paysagiste hollandais Adriaan Geueze dans l'Interpolis Garden et
Petra Blaisse dans le jardin "Inside Outside’’ et autres .

AUJOUD’HUI
Les trois principaux discours sur le paysage :
Le discours qui traite le paysage comme une représentation (une pensée) , celui qui le
conçoit comme un objet ( milieu) et celui qui l’appréhende comme une expérience ( un
usage )
le paysage nous met au défi de repenser l'organisation des sciences relatives au paysage
et, au-delà, la configuration des champs du savoir héritée du XIXe siècle. Catherine
Chomarat-Ruiz
Actualité / Architecture du Paysage
Anticiper l’imprévu
Exemples des meilleures paysagistes praticiens militants :
▪ Kotchakorn voraakhom
▪ Kate Orff
▪ James Corner
▪ Kongjian Yu
▪ Gilles Clément
▪ George Descombes
▪ Catherine Gustafson
▪ ….
KOTCHAKORN VORAAKHOM UNIVERSITE THAMMASAT 2; BANGKOK
Rétention d’eau pluviale par des bassins
les jours de sécheresse

7000m2 de rizières : des cultures en


terrasses

Kate Orff: Living breakwaters,New York


KOTCHAKORN VORAAKHOM
‘’Nous devons écouter davantage LA TERRE , avoir des actes
responsables’’

« Les pratiques de planification du passé sont inadaptées aux défis


d’aujourd’hui », explique David Rouse, ASLA, architecte paysagiste et
planificateur, qui a co-écrit ce livre avec Rocky Piro, directeur exécutif du
Colorado Center for Sustainable Urbanism [récemment retraité] et ancien
directeur de la planification de Denver. Après avoir examiné des centaines de
plans complets, ils offrent un nouveau modèle de planification du 21e siècle
enraciné dans la durabilité, la résilience et l’équité.
David Rouse et Rocky Piro Un des meilleurs livres de l’année 2022

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