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Textes Bac22

Le document présente une sélection de textes littéraires, principalement de Charles Baudelaire et de Marivaux, illustrant des thèmes variés de la poésie et du théâtre du XIXe siècle au XXIe siècle. Les extraits incluent des réflexions sur la beauté, la mort et l'amour, ainsi que des dialogues sur les relations humaines et les stratagèmes amoureux. Ces œuvres sont destinées à être analysées dans le cadre d'explications linéaires pour le baccalauréat technologique.

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Textes Bac22

Le document présente une sélection de textes littéraires, principalement de Charles Baudelaire et de Marivaux, illustrant des thèmes variés de la poésie et du théâtre du XIXe siècle au XXIe siècle. Les extraits incluent des réflexions sur la beauté, la mort et l'amour, ainsi que des dialogues sur les relations humaines et les stratagèmes amoureux. Ces œuvres sont destinées à être analysées dans le cadre d'explications linéaires pour le baccalauréat technologique.

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Académie de Poitiers – Baccalauréat technologique – session 2022

RECUEIL DES TEXTES SUSCEPTIBLES DE DONNER LIEU À UNE EXPLICATION LINÉAIRE

La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle.

TEXTE 2 : BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal ( 1857), Spleen et idéal (XVII), « La Beauté ».

La Beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,​


Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,​
Est fait pour inspirer au poète un amour​
Eternel et muet ainsi que la matière.​

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;​
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;​
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,​
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.​

Les poètes, devant mes grandes attitudes,​
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,​
Consumeront leurs jours en d'austères études ;​

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,​
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :​
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !​

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal.
Académie de Poitiers – Baccalauréat technologique – session 2022
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La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle.

TEXTE 1 : BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal ( 1857), Spleen et idéal (XXVII) , « Une
Charogne ».

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,​


Ce beau matin d'été si doux :​
Au détour d'un sentier une charogne infâme​
Sur un lit semé de cailloux,​

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,​
Brûlante et suant les poisons,​
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique​
Son ventre plein d'exhalaisons.​

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,​
Comme afin de la cuire à point,​
Et de rendre au centuple à la grande Nature​
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;​

Et le ciel regardait la carcasse superbe​
Comme une fleur s'épanouir.​
La puanteur était si forte, que sur l'herbe​
Vous crûtes vous évanouir.​

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,​
D'où sortaient de noirs bataillons​
De larves, qui coulaient comme un épais liquide​
Le long de ces vivants haillons.​

Tout cela descendait, montait comme une vague​
Ou s'élançait en pétillant​
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,​
Vivait en se multipliant.​

Et ce monde rendait une étrange musique,​
Comme l'eau courante et le vent,​
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique​
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,​
Une ébauche lente à venir​
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève​
Seulement par le souvenir.​

Derrière les rochers une chienne inquiète​
Nous regardait d'un oeil fâché, ​
Epiant le moment de reprendre au squelette​
Le morceau qu'elle avait lâché.​

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,​
A cette horrible infection, ​
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,​
Vous, mon ange et ma passion !​

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,​
Apres les derniers sacrements,​
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,​
Moisir parmi les ossements.​

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine​
Qui vous mangera de baisers,​
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine​
De mes amours décomposés !​

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire.
Académie de Poitiers – Baccalauréat technologique – session 2022
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La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle.

Texte 3 : « Les Chats ».

Les chats
Les amoureux fervents et les savants austères​
Aiment également, dans leur mûre saison,​
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,​
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.​

Amis de la science et de la volupté​
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;​
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,​
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.​

Ils prennent en songeant les nobles attitudes​
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,​
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;​

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,​
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,​
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Les Fleurs du Mal, « Spleen et idéal », Charles Baudelaire.


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Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle.

TEXTE 1 : Marivaux, Les Fausses Confidences, Acte I, scène 2 (extrait).

DUBOIS –
Point de bien ! votre bonne mine est un Pérou. Tournez-vous un peu, que je vous considère
encore ; allons, Monsieur, vous vous moquez, il n'y a point de plus grand seigneur que vous à
Paris : voilà une taille qui vaut toutes les dignités possibles, et notre affaire est infaillible,
absolument infaillible ; il me semble que je vous vois déjà en déshabillé dans l'appartement
de Madame.

DORANTE – Quelle chimère !

DUBOIS - Oui, je le soutiens. Vous êtes actuellement dans votre salle et vos équipages sont
sous la remise.

DORANTE - Elle a plus de cinquante mille livres de rente Dubois.

DUBOIS - Ah ! vous en avez bien soixante pour le moins.

DORANTE - Et tu me dis qu'elle est extrêmement raisonnable ?

DUBOIS - Tant mieux pour vous, et tant pis pour elle. Si vous lui plaisez, elle en sera si
honteuse, elle se débattra tant, elle deviendra si faible, qu'elle ne pourra se soutenir qu'en
épousant ; vous m'en direz des nouvelles. Vous l'avez vue et vous l'aimez ?

DORANTE - Je J'aime avec passion. et c'est ce qui fait que je tremble !

DUBOIS - Oh ! vous m'impatientez avec vos terreurs : Oh que diantre ! un peu de confiance ;
vous réussirez, vous dis-je. Je m'en charge, je le veux, je l'ai mis là ; nous sommes convenus
de toutes nos actions ; toutes nos mesures sont prises ; je connais l'humeur de ma maîtresse,
je sais votre mérite, je sais mes talents, je vous conduis, et on vous aimera, toute raisonnable
qu'on est ; on vous épousera, toute fière qu'on est, et on vous enrichira, tout ruiné que vous
êtes, entendez-vous ? Fierté, raison et richesse, il faudra que tout se rende. Quand l'amour
parle, il est le maître, et il parlera : adieu ; je vous quitte ; j'entends quelqu'un, c'est peut-être
Monsieur Remy ; nous voilà embarqués, poursuivons. (Il fait quelques pas, et revient.) A
propos, tâchez que Marton prenne un peu de goût pour vous. L'amour et moi, nous ferons le
reste.

Les Fausses Confidences, Marivaux (1737)


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Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle.

Extrait n°2 : Acte II, scène 10 (extrait).

Dubois.
C’est par pure colère que j’ai fait cette menace, madame, et voici la cause de
la dispute. En arrangeant l’appartement de M. Dorante, j’y ai vu par hasard un
tableau où madame est peinte, et j’ai cru qu’il fallait l’ôter, qu’il n’avait que faire là,
qu’il n’était point décent qu’il y restât ; de sorte que j’ai été pour le détacher ; ce butor
est venu pour m’en empêcher, et peu s’en est fallu que nous ne nous soyons battus.

Arlequin.
Sans doute ; de quoi t’avises-tu d’ôter ce tableau qui est tout à fait gracieux,
que mon maître considérait il n’y avait qu’un moment avec toute la satisfaction
possible ? Car je l’avais vu qui l’avait contemplé de tout son cœur ; et il prend
fantaisie à ce brutal de le priver d’une peinture qui réjouit cet honnête homme. Voyez
la malice ! Ôte-lui quelque autre meuble, s’il en a trop ; mais laisse-lui cette pièce,
animal.

Dubois.
Et moi je te dis qu’on ne la laissera point, que je la détacherai moi-même, que
tu en auras le démenti, et que madame le voudra ainsi.

Araminte.
Eh ! que m’importe ? Il était bien nécessaire de faire ce bruit-là pour un vieux
tableau qu’on a mis là par hasard, et qui y est resté. Laissez-nous. Cela vaut-il la
peine qu’on en parle ?

Madame Argante, d’un ton aigre.


Vous m’excuserez, ma fille ; ce n’est point là sa place et il n’y a qu’à l’ôter.
Votre intendant se passera bien de ses contemplations.

Araminte, souriant d’un air railleur.


Oh ! Vous avez raison je ne pense pas qu’il les regrette. (À Arlequin et à
Dubois.) Retirez-vous tous deux.

Les Fausses confidences- Marivaux- 1737.


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Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle.

TEXTE 1 : Marivaux, Les Fausses Confidences, Acte III, scène 12 (extrait).

ARAMINTE​
Vous donner mon portrait ! Songez-vous que ce serait avouer que je vous aime ?​

DORANTE​
Que vous m'aimez, Madame ! Quelle idée ! qui pourrait se l'imaginer ?​

ARAMINTE, d'un ton vif et naïf.​
Et voilà pourtant ce qui m'arrive.​

DORANTE, se jetant à ses genoux.​
Je me meurs !​

ARAMINTE​
Je ne sais plus où je suis. Modérez votre joie ; levez-vous, Dorante.​

DORANTE, se lève, et tendrement.​
Je ne la mérite pas ; cette joie me transporte ; je ne la mérite pas, Madame : vous allez me
l'ôter ; mais, n'importe, il faut que vous soyez instruite.​

ARAMINTE, étonnée.​
Comment ! que voulez-vous dire ?​

DORANTE​
Dans tout ce qui s'est passé chez vous, il n'y a rien de vrai que ma passion, qui est infinie, et
que le portrait que j'ai fait. Tous les incidents qui sont arrivés partent de l'industrie d'un
domestique qui savait mon amour, qui m'en plaint, qui par le charme de l'espérance du
plaisir de vous voir, m'a, pour ainsi dire, forcé de consentir à son stratagème : il voulait me
faire valoir auprès de vous. Voilà, Madame, ce que mon respect, mon amour et mon
caractère ne me permettent pas de vous cacher. J'aime encore mieux regretter votre
tendresse que de la devoir à l'artifice qui me l'a acquise ; j'aime mieux votre haine que le
remords d'avoir trompé ce que j'adore.​

ARAMINTE, le regardant quelque temps sans parler.​
Si j'apprenais cela d'un autre que de vous, je vous haïrais, sans doute ; mais l'aveu que vous
m'en faites vous-même, dans un moment comme celui-ci, change tout. Ce trait de sincérité
me charme, me paraît incroyable, et vous êtes le plus honnête homme du monde. Après
tout, puisque vous m'aimez véritablement, ce que vous avez fait pour gagner mon cœur
n'est point blâmable : il est permis à un amant de chercher les moyens de plaire, et on doit
lui pardonner, lorsqu'il a réussi.

Les Fausses confidences- Marivaux- 1737.

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Le roman du Moyen Age au XXI siècle.

TEXTE 1 : MADAME DE LA FAYETTE, La Princesse de Clèves, La scène du Bal.

​ Mme de Clèves avait ouï parler de ce prince à tout le monde, comme de ce qu'il y avait de
mieux fait et de plus agréable à la cour ; et surtout madame la dauphine le lui avait dépeint
d'une sorte, et lui en avait parlé tant de fois, qu'elle lui avait donné de la curiosité, et même
de l'impatience de le voir. Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se
trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu'elle arriva, l'on admira
sa beauté et sa parure; le bal commença et, comme elle dansait avec M. de Guise, il se fit un
assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu'un qui entrait et à qui on faisait
place. Mme de Clèves acheva de danser et, pendant qu'elle cherchait des yeux quelqu'un
qu'elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et
vit un homme qu'elle crut d'abord ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait
par-dessus quelques sièges pour arriver où l'on dansait. Ce prince était fait d'une sorte qu'il
était difficile de n'être pas surprise de le voir quand on ne l'avait jamais vu, surtout ce soir-là,
où le soin qu'il avait pris de se parer augmentait encore l'air brillant qui était dans sa
personne; mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir
un grand étonnement.​
​ M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu'il fut proche d'elle, et qu'elle
lui fit la révérence, il ne put s'empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils
commencèrent à danser, il s'éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines
se souvinrent qu'ils ne s'étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les
voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini sans leur
donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s'ils n'avaient pas bien envie de
savoir qui ils étaient, et s'ils ne s'en doutaient point.
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Le roman du Moyen Age au XXI siècle.

TEXTE 2 : MADAME DE LA FAYETTE, La Princesse de Clèves, La scène du Pavillon.

Les palissades étaient fort hautes et il y en avait encore derrière pour empêcher qu’on ne pût
entrer ; en sorte qu’il était très difficile de se faire un passage. M. de Nemours en vint à bout
néanmoins ; sitôt qu’il fut dans le jardin il n’eut pas de peine à démêler où était Madame de
Clèves ; il vit beaucoup de lumières dans le cabinet, toutes les fenêtres en étaient ouvertes
et, en se glissant le long des palissades, il s’en approcha avec un trouble et une émotion qu’il
est aisé de se représenter. Il se rangea derrière une des fenêtres qui servait de porte, pour
voir ce que faisait madame de Clèves. Il vit qu’elle était seule, mais il la vit d’une si admirable
beauté qu’à peine fut-il maître du transport que lui donna cette vue. Il faisait chaud et elle
n’avait rien sur sa tête et sur sa gorge que ses cheveux confusément rattachés. Elle était sur
un lit de repos avec une table devant elle, où il y avait plusieurs corbeilles pleines de rubans ;
elle en choisit quelques uns et monsieur de Nemours remarqua que c’étaient des mêmes
couleurs qu’il avait portées au tournoi. Il vit qu’elle en faisait des nœuds à une canne des
Indes fort extraordinaire, qu’il avait portée quelque temps et qu’il avait donné à sa sœur à
qui madame de Clèves l’avait prise sans faire semblant de la reconnaître pour avoir été à
monsieur de Nemours. Après qu ‘elle eût achevé son ouvrage avec une grâce et une douceur
que répandaient sur son visage les sentiments qu’elle avait dans le coeur, elle prit un
flambeau et s’en alla proche d’une grande table, vis-à-vis du siège de Metz où était le portrait
de monsieur de Nemours. Elle s’assit et se mit à regarder ce portrait avec une attention et
une rêverie que la passion seule peut donner.

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Le roman du Moyen Age au XXI siècle.

TEXTE 3 : MADAME DE LA FAYETTE, La Princesse de Clèves, La scène de l’aveu.


- Eh bien, Monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un
aveu que l'on n'a jamais fait à son mari, mais l'innocence de ma conduite et de mes
intentions m'en donne la force. Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de la cour, et que
je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je n'ai jamais
donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d'en laisser paraître, si vous me
laissiez la liberté de me retirer de la cour, ou si j'avais encore madame de Chartres pour aider
à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour
me conserver digne d'être à vous. Je vous demande mille pardons, si j'ai des sentiments qui
vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire
ce que je fais, il faut avoir plus d'amitié et plus d'estime pour un mari que l'on en a jamais eu
; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez.​

Monsieur de Clèves était demeuré pendant tout ce discours, la tête appuyée sur ses mains,
hors de lui-même, et il n'avait pas songé à faire relever sa femme. Quand elle eut cessé de
parler, qu'il jeta les yeux sur elle qu'il la vit à ses genoux le visage couvert de larmes, et d'une
beauté si admirable, il pensa mourir de douleur, et l'embrassant en la relevant :​

- Ayez pitié de moi, vous-même, Madame, lui dit-il, j'en suis digne ; et pardonnez si dans les
premiers moments d'une affliction aussi violente qu'est la mienne, je ne réponds pas,
comme je dois, à un procédé comme le vôtre. Vous me paraissez plus digne d'estime et
d'admiration que tout ce qu'il y a jamais eu de femmes au monde ; mais aussi je me trouve le
plus malheureux homme qui ait jamais été. Vous m'avez donné de la passion dès le premier
moment que je vous ai vue, vos rigueurs et votre possession n'ont pu l'éteindre : elle dure
encore ; je n'ai jamais pu vous donner de l'amour, et je vois que vous craignez d'en avoir pour
un autre. (…)

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Le roman du Moyen Age au XXI siècle.
Parcours associé : « Individu, morale et société »

TEXTE 4 : STENDHAL, Le Rouge et le Noir, La rencontre (début du chapitre 6).

Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards
des hommes, Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin,
quand elle aperçut près de la porte d'entrée la figure d'un jeune paysan presque encore
enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait
sous le bras une veste fort propre de ratine violette.​
​ Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque
de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait
demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la
porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de
Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du
précepteur. Julien tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix
douce lui dit tout près de l'oreille : – Que voulez-vous ici, mon enfant ?​
​ Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de Mme de Rênal, il
oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu'il
venait faire. Mme de Rênal avait répété sa question.​
– Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu'il
essuyait de son mieux. ​
Mme de Rênal resta interdite; ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. Julien n'avait
jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler
d'un air doux. Mme de Rênal regardait les grosses larmes, qui s'étaient arrêtées sur les joues
si pâles d'abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt elle se mit à rire, avec
toute la gaieté folle d'une jeune fille ; elle se moquait d'elle-même et ne pouvait se figurer
tout son bonheur. Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et
mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants !​
– Quoi, monsieur, lui dit-elle enfin, vous savez le latin ?
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Le roman du Moyen Age au XXI siècle.


Parcours associé : « Individu, morale et société ».

TEXTE 5 : ABBE PREVOST, Manon Lescaut, La rencontre.

J'avais marqué le temps de mon départ d'Amiens. Hélas ! que ne le marquais-je un


jour plus tôt ! j'aurais porté chez mon père toute mon innocence. La veille même de celui
que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge,
nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures
descendent. Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité. Il en sortit quelques femmes,
qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour,
pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait
pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais
jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi,
dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout
d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à
déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse
de mon cœur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans
paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques
personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses
parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était
dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui
parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus
expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans
doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses
malheurs et les miens.
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La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

TEXTE 1 : Portrait de la Cour.

L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les jeunes gens au
contraire, durs, féroces, sans moeurs ni politesse : ils se trouvent affranchis de la passion des
femmes dans un âge où l'on commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des
viandes, et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne s'enivre que
de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu insipide ; ils cherchent à
réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-de-vie, et par toutes les liqueurs les plus violentes
; il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau-forte. Les femmes du pays précipitent
le déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre belles : leur
coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs sourcils et leurs épaules, qu'elles
étalent avec leur gorge, leurs bras et leurs oreilles, comme si elles craignaient de cacher
l'endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ces peuples d'ailleurs
ont leur Dieu et leur roi : les grands de la nation s'assemblent tous les jours, à une certaine
heure, dans un temple qu'ils nomment église ; il y a au fond de ce temple un autel consacré à
leur Dieu, où un prêtre célèbre des mystères qu'ils appellent saints, sacrés et redoutables ;
les grands forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos tourné
directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées vers leur roi, que l'on voit à
genoux sur une tribune, et à qui ils semblent avoir tout l'esprit et tout le coeur appliqués. On
ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît
adorer le prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment; il est à quelque
quarante-huit degrés d'élévation du pôle, et à plus d'onze cents lieues de mer des Iroquois et
des Hurons.

« De la cour », chapitre 7. La Bruyère, Les Caractères (1668).


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La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

TEXTE 2 : Portrait de Acis.

Que dites-vous ? Comment ? Je n’y suis pas ; vous plairait-il de recommencer ? J’y suis encore
moins. Je devine enfin : vous voulez, Acis, me dire qu’il fait froid : que ne disiez-vous : « Il fait
froid » ? Vous voulez m’apprendre qu’il pleut ou qu’il neige ; dites : « Il pleut, il neige ». Vous
me trouvez bon visage, et vous désirez de m’en féliciter ; dites : « Je vous trouve bon
visage. »​
— Mais répondez-vous cela est bien uni et bien clair ; et d’ailleurs, qui ne pourrait pas en dire
autant ? Qu’importe, Acis ? Est-ce un si grand mal d’être entendu quand on parle, et de
parler comme tout le monde ? Une chose vous manque, Acis, à vous et à vos semblables, les
diseurs de Phébus1 ; vous ne vous en défiez point, et je vais vous jeter dans l’étonnement :
une chose vous manque, c’est l’esprit. Ce n’est pas tout : il y a en vous une chose de trop, qui
est l’opinion d’en avoir plus que les autres ; voilà la source de votre pompeux galimatias2, de
vos phrases embrouillées, et de vos grands mots qui ne signifient rien. Vous abordez cet
homme, ou vous entrez dans cette chambre ; je vous tire par votre habit et vous dis à
l’oreille : « Ne songez point à avoir de l’esprit, n’en ayez point, c’est votre rôle ; ayez, si vous
pouvez, un langage simple, et tel que l’ont ceux en qui vous ne trouvez aucun esprit :
peut-être alors croira-t-on que vous en avez. »

1
diseurs de Phébus : périphrase désignant les Précieux puisque Phébus est l’autre nom
d'Apollon, dieu du soleil et de la poésie.
2
Galimatias : discours confus.

« De la société et de la conversation », Livre 7, Les Caractères (1688), La Bruyère.


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La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

TEXTE 3 : « Du Souverain ou de La République »

29
Quand vous voyez quelquefois un nombreux troupeau, qui répandu sur une colline vers le
déclin d'un beau jour, paît tranquillement le thym et le serpolet, ou qui broute dans une
prairie une herbe menue et tendre qui a échappé à la faux du moissonneur, le berger,
soigneux et attentif, est debout auprès de ses brebis ; il ne les perd pas de vue, il les suit, il
les conduit, il les change de pâturage ; si elles se dispersent, il les rassemble ; si un loup avide
paraît, il lâche son chien, qui le met en fuite ; il les nourrit, il les défend ; l'aurore le trouve
déjà en pleine campagne, d'où il ne se retire qu'avec le soleil : quels soins ! quelle vigilance !
quelle servitude ! Quelle condition vous paraît la plus délicieuse et la plus libre, ou du berger
ou des brebis ? le troupeau est-il fait pour le berger, ou le berger pour le troupeau ? Image
naïve des peuples et du prince qui les gouverne, s'il est bon prince.
Le faste et le luxe dans un souverain, c'est le berger habillé d'or et de pierreries, la houlette
d'or en ses mains ; son chien a un collier d'or, il est attaché avec une laisse d'or et de soie.
Que sert tant d'or à son troupeau ou contre les loups ?

« Du souverain ou de La République » (29), Livre X, Les Caractères (1688), La Bruyère.


Académie de Poitiers – Baccalauréat technologique – session 2022
RECUEIL DES TEXTES SUSCEPTIBLES DE DONNER LIEU À UNE EXPLICATION LINÉAIRE.

La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.


Parcours associé : « La comédie sociale ».

Texte 4 : Lettre persane 24.

Nous sommes à Paris depuis un mois, et nous avons toujours été dans un mouvement
continuel. Il faut bien des affaires avant qu'on soit logé, qu'on ait trouvé les gens à qui on est
adressé, et qu'on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent toutes à la fois. ​
Paris est aussi grand qu'Ispahan : les maisons y sont si hautes, qu'on jugerait qu'elles ne
sont habitées que par des astrologues. Tu juges bien qu'une ville bâtie en l'air, qui a six ou
sept maisons les unes sur les autres, est extrêmement peuplée; et que, quand tout le monde
est descendu dans la rue, il s'y fait un bel embarras. ​
Tu ne le croirais pas peut-être, depuis un mois que je suis ici, je n'y ai encore vu marcher
personne. Il n'y a pas de gens au monde qui tirent mieux partie de leur machine que les
Français; ils courent, ils volent : les voitures lentes d'Asie, le pas réglé de nos chameaux, les
feraient tomber en syncope. Pour moi, qui ne suis point fait à ce train, et qui vais souvent à
pied sans changer d'allure, j'enrage quelquefois comme un chrétien : car encore passe qu'on
m'éclabousse depuis les pieds jusqu'à la tête; mais je ne puis pardonner les coups de coude
que je reçois régulièrement et périodiquement. Un homme qui vient après moi et qui me
passe me fait faire un demi-tour; et un autre qui me croise de l'autre côté me remet soudain
où le premier m'avait pris; et je n'ai pas fait cent pas, que je suis plus brisé que si j'avais fait
dix lieues. ​
Ne crois pas que je puisse, quant à présent, te parler à fond des moeurs et des coutumes
européennes : je n'en ai moi-même qu'une légère idée, et je n'ai eu à peine que le temps de
m'étonner. ​
Le roi de France est le plus puissant prince de l'Europe. Il n'a point de mines d'or comme le
roi d'Espagne son voisin; mais il a plus de richesses que lui, parce qu'il les tire de la vanité de
ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes
guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur à vendre; et, par un prodige de
l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes
équipées.

Les Lettres persanes, Montesquieu, Lettre 24, (1721).

Académie de Poitiers – Baccalauréat technologique – session 2022


RECUEIL DES TEXTES SUSCEPTIBLES DE DONNER LIEU À UNE EXPLICATION LINÉAIRE.

La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.


Parcours associé : « La comédie sociale ».

Texte 5 : Lettre persane 37.

USBEK A IBBEN​
A Smyrne.


Le roi de France est vieux. Nous n'avons point d'exemple dans nos histoires d'un monarque
qui ait si longtemps régné. On dit qu'il possède à un très haut degré le talent de se faire
obéir : il gouverne avec le même génie sa famille, sa cour, son état. On lui a souvent entendu
dire que, de tous les gouvernements du monde, celui des Turcs, ou celui de notre auguste
sultan, lui plairait le mieux : tant il fait cas de la politique orientale. ​
J'ai étudié son caractère, et j'y ai trouvé des contradictions qu'il m'est impossible de
résoudre: par exemple, il a un ministre qui n'a que dix-huit ans, et une maîtresse qui en a
quatre-vingts ; il aime sa religion, et il ne peut souffrir ceux qui disent qu'il la faut observer à
la rigueur ; quoiqu'il fuie le tumulte des villes, et qu'il se communique peu, il n'est occupé
depuis le matin jusqu'au soir qu'à faire parler de lui ; il aime les trophées et les victoires, mais
il craint autant de voir un bon général à la tête de ses troupes qu'il aurait sujet de le craindre
à la tête d'une armée ennemie. Il n'est, je crois, jamais arrivé qu'à lui d'être en même temps
comblé de plus de richesses qu'un prince n'en saurait espérer, et accablé d'une pauvreté
qu'un particulier ne pourrait soutenir. ​
Il aime à gratifier ceux qui le servent ; mais il paie aussi libéralement les assiduités, ou
plutôt l'oisiveté de ses courtisans, que les campagnes laborieuses de ses capitaines : souvent
il préfère un homme qui le déshabille, ou qui lui donne la serviette lorsqu'il se met à table, à
un autre qui lui prend des villes ou lui gagne des batailles : il ne croit pas que la grandeur
souveraine doive être gênée dans la distribution des grâces ; et, sans examiner si celui qu'il
comble de biens est homme de mérite, il croit que son choix va le rendre tel ; aussi lui a-t-on
vu donner une petite pension à un homme qui avait fui des lieues, et un beau gouvernement
à un autre qui en avait fui quatre. ​
Il est magnifique, surtout dans ses bâtiments : il y a plus de statues dans les jardins de son
palais que de citoyens dans une grande ville. Sa garde est aussi forte que celle du prince
devant qui tous les trônes se renversent ; ses armées sont aussi nombreuses, ses ressources
aussi grandes, et ses finances aussi inépuisables. ​

A Paris, le 7 de la lune de Maharran, 1713.

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