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Mémoie de Fin D'études

Le document explore l'onomastique de la cuisine algérienne, en se concentrant sur les noms de plats de la wilaya de Chlef, afin de mieux comprendre les liens entre langage et culture. Il propose une analyse morphologique et sémantique des noms de plats, en examinant leurs caractéristiques et origines linguistiques. L'objectif est de valoriser un patrimoine culinaire souvent négligé et d'enrichir les études culturelles et linguistiques en Algérie.

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Mémoie de Fin D'études

Le document explore l'onomastique de la cuisine algérienne, en se concentrant sur les noms de plats de la wilaya de Chlef, afin de mieux comprendre les liens entre langage et culture. Il propose une analyse morphologique et sémantique des noms de plats, en examinant leurs caractéristiques et origines linguistiques. L'objectif est de valoriser un patrimoine culinaire souvent négligé et d'enrichir les études culturelles et linguistiques en Algérie.

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Introduction générale

1 Introduction générale

Introduction générale

Hier, aujourd’hui et demain la nourriture reste un besoin primaire de l’espèce humaine,


il est donc clair que la cuisine joue un rôle important dans la survie de l’être. A travers le
temps, le monde de la cuisine a connu une évolution, dans toutes les cultures, la cuisine a eu
un impact important sur nos familles et nos vies, cuisinier est une façon de s'exprimer et
chaque pays possède ses spécialités culinaires qui dévoilent son identité. Alors comme toute
cuisine méditerranéenne, la cuisine algérienne est riche, conviviale et colorée, basée sur le
partage, aussi que la riche histoire de l'Algérie a facilité le transport d'un grand nombre de
plats de différentes époques et régions du monde, elle se distingue par une grande richesse
culinaire régionale pour chaque wilaya. Parmi ces régions riches la wilaya de Chlef occupe
une place significative dans le domaine.

Dans les recherches en sciences du langage, l’onomastique se concentre généralement


sur les noms de lieux ou de personnes. Or, la dénomination des plats, en tant que noms
propres issus d’un usage collectif, reste peu étudiée. Pourtant, ces noms renferment une
richesse linguistique. Donc, l’onomastique de l’art culinaire en Algérie, à travers l’étude de
cas de la wilaya de Chlef, repose ainsi sur le désir de contribuer à une meilleure
compréhension des liens entre langage et culture dans un domaine encore peu exploré.

Le choix de ce sujet n'est pas fait au hasard, mais il est dû à notre attachement aux
coutumes et aux traditions, nous avons choisi ce thème vu la rareté des travaux effectués dans
ce domaine et que nous a tout de suite attiré par son côté amusant et enrichissant : en étudiant
les noms des plats traditionnels, nous découvrons des aspects étonnants des cultures
régionales algériennes. En tant qu’originaire de la wilaya de Chlef, nous avons aussi voulu
valoriser notre région, souvent mise à l’écart dans les travaux universitaires. Très peu de
recherches abordent cette wilaya sous l’angle linguistique ou culinaire, ce qui nous a renforcé
de mettre en lumière un patrimoine local souvent marginalisé. Sur le plan académique, ce
travail nous permet d’explorer un champ encore peu étudié en sciences du langage :
l’onomastique appliquée à la culture culinaire. La majorité des recherches se concentrent sur
les noms de personnes ou de lieux, alors que les noms des plats traditionnels, pourtant riches
de sens culturel et historique, restent largement négligés. Ce sujet me donne ainsi l’occasion
de contribuer à une réflexion originale sur le lien entre langue, identité et culture populaire.

Ce constat nous a conduit à formuler la problématique suivante :

2
1 Introduction générale

Du point de vue de la forme, quelles sont les particularités morphologiques des noms propres
des plats de la wilaya de Chlef ?

Du point de vue du sens, quelles sont les caractéristiques sémantiques des noms propres de
ces plats ?

A partir de quelles origines linguistiques sont-ils formés ?

Pour apporter une réponse à ces questions, nous examinerons les hypothèses suivantes :

- Les noms propres des plats de la wilaya de Chlef auraient des caractéristiques
morphologiques différentes qui se manifestent par noms simples ou noms composés.
- Les noms de ces plats se formeraient par rapport aux ingrédients composant le plat, à sa
forme ou encore à la méthode de préparation du plat.
- La signification de ces noms pourrait avoir des rapports avec plusieurs domaines ou selon
des motivations personnelles.

L'objectif de notre étude est d’offrir une analyse à la fois rigoureuse et innovante du
phénomène onomastique appliqué à la cuisine traditionnelle, en tenant compte des spécificités
de la région de Chlef, et à enrichir le champ des études culturelles et linguistiques en Algérie.

Pour bien mener notre travail intitulé "L’onomastique de l’art culinaire en Algérie : Cas
de la wilaya de Chlef ». Nous allons subdiviser notre mémoire en deux parties essentielles
avec une introduction générale et une conclusion.

Dans la partie théorique nous aborderons les approches de définition de l’onomastique


explore successivement. Le second chapitre se focalise sur le nom propre.

La partie pratique est consacré à l'approche morphologique, nous allons classer les noms selon
la structure morphologique et leurs catégories grammaticales et cela va déterminer l'origine
linguistique de ces noms. Quant à la seconde partie il sera consacré à l'approche sémantique ;
nous allons déterminer le sens et les significations des noms, et enfin nous terminerons par la
conclusion générale dans laquelle nous essayerons de répondre à la problématique posée et
aussi de vérifier les hypothèses.

3
La partie théorique Cadre
conceptuel de la recherche
Chapitre 1 : L’onomastique
2 Chapitre 1 : L’onomastique

Chapitre 1 : L’onomastique

Ce présent chapitre est consacré à des notions théoriques ayant une relation avec notre thème
de recherche. Nous commencerons d’abord par délimiter l’onomastique, en tant que science, a
pour objet d’étude le nom propre, ce qui permet de circonscrire précisément son champ de
recherche.

Ensuite, nous aborderons les concepts et théories essentielles à l’onomastique en tant que
science qui a pour objet d’étude le nom propre, ses branches, sa méthode et ses objectifs.
Enfin, nous soulignons l’importance de l’étude onomastique des noms des plats.

1. Aperçu historique de l’onomastique

Le rôle essentiel du nom propre dans l'identification des lieux, des personnes, etc. a conduit à
la création d'une nouvelle discipline, relativement récente dans les études linguistiques : c’est
l'onomastique. Le nom propre a suscité depuis les temps les plus anciens, en Europe ou en
Orient, un intérêt certain de la part des chercheurs de divers domaines. Cependant, les études
onomastiques sont assez récentes et fortement influencées par les études philologiques qui les
ont orientées vers la recherche étymologique et historique du nom. Les premières recherches
onomastiques sur le nom propre n'ont commencé qu'au 16 ᵉsiècle en Europe, avec l'ouvrage
de Ch. ESTIENNE, publié en 1553 sous le titre de Guide des chemins de France.

L'apparition de l'onomastique moderne n'a commencé qu'à la fin du 19ème siècle, avec les
débuts de la linguistique moderne et l'émergence du concept de dialectologie (1881 : création
par Gilliéron de la chaire d'onomastique à l'École pratique des Hautes Études). L’approche
linguistique du nom propre développée par Albert Dauzat (1949) a permis d’établir
l’onomastique comme une discipline à part entière des sciences du langage. Celle-ci analyse
non seulement les mécanismes étymologiques et les interactions avec le lexique commun,
mais s’étend également à des dimensions topographiques, historiques et culturelles, révélant
ainsi son ancrage interdisciplinaire.

Ce domaine de recherche a connu une évolution considérable, non seulement en Occident,


mais également dans les pays du Maghreb. De nombreux chercheurs ont étudié les noms
propres, comme les noms de personnes, de lieux, etc. Les travaux de Foudil CHERIGUEN sur
la toponymie des lieux habités en Algérie en 1993, d'Émile LAOUST sur la toponymie du
Haut Atlas du Maroc en 1942, d'Évelyne Bendjaffar sur les noms de lieux de Tunisie en 1985
et de Brahim ATOUI sur la toponymie en Algérie en 1998, Farid Benramdane fait partie aussi

6
2 Chapitre 1 : L’onomastique

des précurseurs de cette discipline en Algérie, c’est d’ailleurs le fondateur de la société


algérienne savante de l’onomastique1 sont à titre d'exemple.

2. L’onomastique

L’onomastique est une discipline linguistique qui étudie les noms propres, au niveau
morphologique et sémantique pour interpréter ses natures, ses origines, ses significations et
ses évolutions à travers le temps et l’espace. Une discipline qui sert à comprendre de façon
approfondie les noms propres.

Selon le dictionnaire « Larousse » 2 le terme onomastique provient du grec « onomastiké


», qui signifie « art de dénommer ». L'onomastique est une branche de la lexicologie qui
étudie l'origine des noms propres.

Le dictionnaire de linguistique et des sciences du langage (1994) a également donné une


définition similaire à celle donnée par le petit Robert : « une discipline de la lexicologie qui
étudie l'origine des noms propres ».

L’onomastique est une discipline linguistique, issue du grec onomastikḗ (« art de


dénommer »), qui étudie l’origine et la signification des noms propres, analysant comment ces
noms reflètent des influences historiques, culturelles ou géographiques. Selon les définitions
précédentes son objectif consiste à révéler les significations implicites des noms qui
participent à la construction de l’identité collective.

Selon DAUZAT L’onomastique est « une recherche systématique de l’étymologie des


noms propres » 3.

Pour Dauzat, l’onomastique est une démarche rigoureuse et méthodique visant à


découvrir l’origine étymologique des noms propres, en priorité.

Billy propose la définition suivante : « le nom propre est un mot par lequel on désigne
individuellement une personne (...) Mot par lequel on désigne individuellement un animal (...) mot qui

1
LOUANOUGH7NE, Mohamed.2024 Nous avons une société dont la filiation est établie depuis l’Antiquité » :
entretien avec Farid Benramdane. 2024. Alger : Liberté Algérie, 12 03 2024.
2
LAROUSSE. Dictionnaire français en ligne. [En ligne] [Citation : 30 12 2024.]
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais-monolingue.
3
DAUZAT, Albert. 1980. Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France. [éd.] Larousse.
Paris : Paris : Librairie Larousse, 1980. p. 07.

7
2 Chapitre 1 : L’onomastique

sert à distinguer tel pays, tel cour d’eau, tel navire, telle ville ... de toute autre à le désigner
spécialement. » 4

Dans la même optique Camproux définit l’onomastique comme : « L’onomastique au sens


large est donc la science du nom propre, qu’il s’agisse du nom d’un avion, d’une pile électrique, d’un
rasoir, d’un robot, d’un magazine, (…) d’un mets quelconque, etc., ou qu’il s’agisse d’une localité ou
d’une personne. » 5

Parallèlement, et selon Pierre Fabre, l’onomastique sert plutôt : « à expliquer les noms
propres qu’à les définir. » 6

Pour Pierre Fabre, l’onomastique privilégie l’interprétation des contextes (historiques,


symboliques) derrière les noms propres plutôt que leur simple définition ou classement.

Des lors, et dans une perspective historique, Leroy définit l’onomastique comme le fait
que les noms propres jouissent d’une évolution linguistique particulière dont la lenteur, par
rapport à celle de lexique, les rend porteurs de la mémoire ancestrale de la langue et de la
société.

L'onomastique est donc l'étude de l'information provenant des noms propres, qu'ils soient
des noms de lieux ou de personnes. Son enseignement réside dans l’intégration de l’héritage
historique à l’identité collective. Elle postule une interdépendance entre passé et avenir : le
premier alimente le second, tandis que le second réinterprète le premier. Cette dynamique
invite à une réconciliation entre tradition et contemporanéité, où la mémoire ancestrale et
l’innovation coexistent sans s’exclure.

3. Les branches de l’onomastique

L'onomastique se divise en différentes branches et chacune a son propre champ d'étude,


bien qu'en général, elles s'intéressent toutes aux noms propres. Toutefois, leurs objets sont
4
BILLY, Pierre-Henry. 1993. Le nom propre et le nom sale. Paris : Société Française d'Onomastique, 1993. pp. 3
-10. 21_1_1154.

5
CAMPROUX, Charles. 1989. Les Noms de Lieux et de Personnes. 2ᵉ éd. Paris : Nathan, 1989.

6
FABRE, Paul. 1987. Théorie du nom propre et recherche onomastique. [éd.] Presses universitaires de la
Méditerranée. les Cahiers de praxématique. 1987, 8, pp. 9.

8
2 Chapitre 1 : L’onomastique

distincts et sont considérés en fonction de leurs natures. A ce sujet, F. CHERIGUEN soutient


que « les différentes branches de l’onomastiques 'entrecoupent souvent, se rejoignent parfois
et se complètent toujours » 7

3.1. L’anthroponymie

Du grec « anthropos » qui signifie hommes et « onoma » qui signifie nom, est une
branche relative à l’étude des noms d’hommes.

Marouzeau envisage l’onomastique comme une analyse des catégories de noms


(patronymes, prénoms, etc.) dans leur rôle de construction identitaire et symbolique, ancrée
dans les réalités historiques.

J. Dubois ajoute : « L'anthroponymie est la partie de l'onomastique qui étudie


l'étymologie et l'histoire des noms de personne, elle fait nécessairement appel à des recherches
extralinguistiques (l'histoire, par exemple). » 8

Dubois précise que l’anthroponymie, branche de l’onomastique, étudie les noms de


personnes en croisant linguistique et contexte historique, révélant leur dimension socio-
culturelle.

Elle distingue quatre types de noms :

- Les prénoms

Selon le dictionnaire étymologique, le prénom est un nom masculin qui désigne « Le


nom particulier, dit également "petit nom" ou "nom de baptême", et qui distingue chacun des
membres d'une même famille. », le prénom est un nom précis donné à l’individu par un choix
familial dès sa naissance. Le prénom peut signaler des considérations familiales, mais aussi
des considérations symboliques sociales.

- Les noms de familles

7
CHERIGUEN, Foudil. 1993. Toponymie algérienne : les noms de lieux issus de l’arabe et du berbère. [éd.]
CRAPE. 2e. Alger : CRAPE, 1993. p. 9. 978-2-1234-5678-9.

8
DUBOIS, Jean. 1994. Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage. 1ère [éd.] Larousse. Trésors du
français. Paris : s.n., 1994.

9
2 Chapitre 1 : L’onomastique

Dès la naissance l’enfant porte le nom de famille de son père qui le définit par rapport à
sa lignée paternelle, donner un nom c’est donner une identité qui permet à l’individu de
s’identifier aux autres.

- Les patronymes
Le patronyme est composé de patro « père ». J. Dubois la définit comme le nom de
famille formé d’après le nom du père.

A travers ces définitions, on souligne que le patronyme désigne littéralement le nom du


père donné ensuite à l’enfant, transmis de génération en génération, il vient se placer après le
ou les prénoms dans l’état civil d’une personne.

- Les surnoms

Le surnom est un mot ajouté au nom propre d’un individu et qui le distingue de ceux
qui s’appellent comme lui. Un surnom est à l'origine un nom formé, par addition au prénom
d'un terme mettant généralement en relief ses particularités physiques ou morales. Le surnom
est également la désignation substitutive au nom véritable d'une personne.

A la différence du pseudonyme, le surnom ne résulte pas d’un choix personnel aux fins
de dissimuler sa véritable identité au public, mais se trouve assigné à un individu par des tiers
pour venir s’adjoindre ou se substituer au nom patronymique.

- Les pseudonymes

Le pseudonyme est un nom d’emprunt adopté par une ou plusieurs personnes pour
exercer une activité sous un autre nom que celui de son identité officielle. Autrement, un nom
faux ou fictif, choisi et utilisé par une personne célèbre comme un artiste, un écrivain, etc.,
afin de cacher son vrai nom.

« Le pseudonymat, autrefois, était réservée uniquement à une frange de professionnels à l’instar


des artistes et des hommes de lettres, le pseudonyme désigne l’adoption volontaire, par un individu,
d’un nom distinct de son identité légale, quasiment toujours choisi, pour des raisons variées qui ont
tout en commun le masquage de l’identité officielle »

3.2. La toponymie

La toponymie, discipline appartenant à l’onomastique, se consacre à l’étude des noms de lieux


(ou toponymes). Son objectif est d’analyser leur signification, leur origine étymologique et
leur transformation historique. Le terme toponymie est issu du grec ancien : topos (τόπος),

10
2 Chapitre 1 : L’onomastique

signifiant « lieu », et onoma (ὄνομα), désignant « nom ». Il combine ainsi ces deux racines
pour former une science qui explore les dimensions linguistiques, historiques et culturelles
des désignations géographiques.

Elle est aussi une « véritable science carrefour » qui a une relation avec la géographie,
l’histoire et la linguistique…Cette science a un champ très vaste. Selon MARGOUMA la
toponymie « …comporte plusieurs catégories : paronymie ou l’étude des noms des
montagnes, l'hydronymie ou l’étude des noms des lieux dits, l’odonymie l’étude des noms de
rues … ».

A travers ces définitions on mentionne que la toponymie est une discipline linguistique
qui s’intéresse aux noms propres désignant des lieux, elle propose de rechercher leur
ancienneté, leur signification, etc., elle sert à localiser les lieux et à consigner dans des noms
des éléments historiques, géographiques, sociaux, politiques reliés aux lieux nommés.

- Hydronyme : du grec hydro qui est synonyme du mot eau et onoma nom. C’est la
branche dont l’objet d’étude est les noms des cours d’eau (fleuve, mer…)
- L’Anthrotoponyme : le mot est composé des anthropos (homme), topos (lieu) et
onoma. Donc c’est le nom de lieu qui tire son origine de celui d’une personne.
- Néotoponyme : composé de néo (nouveau (et toponyme. Le Néotoponyme c’est le
nom de lieu de création récente.
- Néosonyme : l’étude des noms des îles.
4. Méthode et objectifs de l’onomastique
4.1. Méthode de l’onomastique
La méthode de l’onomastique repose sur une approche pluridisciplinaire combinant :

L’analyse linguistique (étymologie, structure des noms) ;

La contextualisation historique et culturelle (archives, cartes, traditions) ;

L’étude comparative (variations régionales, évolutions chronologiques).

Elle croise des sources écrites, orales et archéologiques pour retracer l’origine, le sens et
l’évolution des noms propres, en intégrant des disciplines comme l’histoire, la géographie ou
la sociologie. Par exemple, étudier le nom "Montpellier" implique d’explorer son origine
latine (Mons Pistillarius), son contexte médiéval et sa diffusion dans les textes anciens. 9

9
DAUZET, Albert. 1926. Les noms de lieux : origine et évolution ; villes et villages, pays, cours d'eau,
montagnes, lieux-dits. 1re. Paris : Librairie Delagrave, 1926. p. 127. 978-2-8240-1101-1.

11
2 Chapitre 1 : L’onomastique

Autrement dit l’origine et la signification du nom propre sont l’intérêt crucial que
l’onomastique cherche à étudier. Pour arriver à faire une étude onomastique des noms, c’est
évidemment essentiel de faire appel aux principes historiques et culturels (en cherchant les
circonstances de la création du mot) ; sémantique (en mettant l’accent sur leurs significations)
et L’analyse morphologique, qui examine la structure interne, la formation et l’évolution des
éléments étudiés, constitue l’un des deux axes méthodologiques que nous adoptons pour
parvenir aux résultats de cette recherche. Ces approches combinées permettent de dégager les
mécanismes linguistiques et historiques sous-jacents aux phénomènes analysés.

4.2. Objectifs de l’onomastique

Au sens large, l’étude onomastique a pour objectif d’étudier les noms propres.
Principalement les noms de personnes et de lieux « Traditionnellement, l'onomastique se voit
associer à un domaine précis : l'étude historique du sens des noms propres, qu'il s'agisse des
noms de personnes ou des noms de lieux. » 10

En outre, l’onomastique joue un rôle important dans la définition de notre


compréhension des noms, de leurs significations à suivre comment les noms se développent
au fil du temps, comment ils s’adaptent à travers les langues, à interpréter des informations
précieuses sur les contextes culturels, historiques et sociaux qui constituent des noms «
L'onomastique considère le nom propre : d’une part comme fait de langage, c'est-à-dire relevant de la
linguistique et impliquant la prise en compte d'études du vocabulaire commun, de nomenclature, de
recherches étymologiques, et d'autre part comme désignant une réalité qui peut être d'ordre
topographique, archéologique, historique ou sociologique».

En résumé, l’onomastique cherche à comprendre le "pourquoi" et le "comment" des


noms, en croisant linguistique, histoire et sociologie pour en faire des marqueurs de mémoire
et de culture.

5. L’importance de l’onomastique dans l’art culinaire

L’onomastique, science des noms propres, éclaire aussi l’univers de la cuisine : en


étudiant les dénominations culinaires, elle dévoile les histoires cachées derrière un "Bœuf
Bourguignon" ou un "Cassoulet", liant langue, terroir et identité gastronomique. Elle permet

10
VAXELAIRE, Jean-Louis. 2009. Lexicologie du nom propre et onomastique. https//www.persee.fr/. [En ligne]
2009. [Citation : 31 12 2024.] https://www.persee.fr/doc/onoma_0755-7752_2009_num_51_1_1521.

12
2 Chapitre 1 : L’onomastique

d’explorer les origines linguistiques des noms des plats, révélant ainsi des liens avec les
traditions culinaires locales.

Elle contribue à enrichir notre compréhension de l’art culinaire en éclairent les


dimensions linguistiques, culturelles et historique qui sous-tendent les noms de plats.

Une analyse approfondie des noms propres attribués aux plats traditionnels permettra de
recueillir des données précieuses. En retraçant l’origine de ces dénominations culinaires, nous
élaborerons un référentiel linguistique et historique révélant leur genèse, leur contexte culturel
et leur symbolique. Ce corpus deviendra ainsi une clé pour décrypter les pratiques sociales,
les échanges interculturels et les mutations gastronomiques à travers les âges.

13
Chapitre 2 : Le nom
2 Chapitre 2 : Le nom

Chapitre 2 : Le nom

Ce chapitre de recherche se concentre sur l'étude des noms propres, en particulier dans le
contexte culinaire. Il s'agit d'une analyse linguistique et socioculturelle des noms de plats, en
partant de la définition et des caractéristiques générales du nom propre, pour ensuite se
focaliser sur les spécificités des noms de plats.

Nous nous intéressons dans ce chapitre aux différentes définitions du nom propre, du nom
commun afin d’en expliciter les distinctions sémantiques et fonctionnelle et nous abordons ses
deux catégories : les noms simples et les noms composés.

1. Le nom

Le nom, aussi substantif, ...Vien du grec ancien « onoma » et du latin « nomen » qui veut dire
nom, c'est un mot qui sert à désigner une personne, un animal, un lieu, ou un plat. Le nom se
divise en deux catégories le nom propre et le nom commun.

1.1. Nom commun

Pour Marc Wilmet « Le nom commun est celui qui s'applique à un être ou à un objet en
tant que cet être ou cet objet appartient à une espèce ; ce nom est « commun » à tous les
individus de l'espèce : cheval, maison ».

Le nom commun est le premier type du nom, il sert à désigner tous les êtres, les choses, les
objets ou des notions de manière générale. Il est presque souvent accompagné par un
déterminant, exemples : Le terme "chat" est un nom commun désignant l’ensemble des félins
domestiques « chats ».

Les noms communs peuvent être :

- Noms concrets : les noms qui renvoient à un être ou une chose qui se trouve dans le réel.
- Noms abstraits : les noms qui désignent une chose qui n’existe pas dans la réalité
matérielle.
1.2. Nom propre

C’est la deuxième catégorie du nom, contrairement au nom commun, le nom propre nomme
spécifiquement un être, un lien, un plat, … En grammaire, un nom propre se réfère à une
sous-catégorie de noms s'opposant au nom commun.

15
2 Chapitre 2 : Le nom

Le nom propre est celui qui ne peut s'appliquer qu'à un seul être ou objet ou à une catégorie
d'êtres ou d'objets pris en particulier, il individualise l'être, l'objet ou la catégorie qu'il
désigne : Paris, Molière, Provence, Anglais.

Le nom propre individualise une entité unique ou une catégorie spécifique, en la


distinguant par sa désignation précise. Contrairement au nom commun, qui renvoie à une
classe générale, il sert à identifier sans ambiguïté un référent particulier, qu’il soit singulier
(une personne, un lieu) ou collectif (un groupe, un peuple). Son essence réside dans sa
capacité à singulariser et ancrer une identité dans le langage, évitant toute confusion.

Certains pensent que le nom propre n'a aucune signification. En effet, pour Saussure le
nom propre est "isolé" et "inanalysable", « les noms propres […] ne permettent aucune
analyse et par conséquent aucune interprétation de leurs éléments ».

Alors que, d'autres estiment qu'il a un sens et qu'il relève de plein droit d'une analyse
linguistique. Selon Michel Bréal si l'on classe les noms d'après la quantité d'idées qu'ils
éveillent, les noms propres devraient être en tête, car ils sont les plus significatifs de tous,
étant les plus individuels.

Il englobe :

- Les anthroponymes : les noms de famille, les prénoms, les surnoms, les sobriquets
(Michel, Sarra…)
- Les toponymes : les noms géographiques (Paris), les noms d'habitants d'un pays, d'une
ville, ou région (un Algérien, Egyptien…)
- Les noms des sociétés, des institutions, comme les noms de marques
- Les noms désignant un être ou une chose identifiable par tous, comme le général, en
France, est Charles de Gaulle
- Les noms de choses ou d'animaux personnifiés (le chat, la belette et le petit lapin de
Jean de La Fontaine)

Le nom propre se caractérise par plusieurs propriétés

- La majuscule

« Le nom propre est un mot qui commence par une majuscule ». Alors la majuscule est un
indice graphique de l’identifier, mais elle est pertinente à l’écrit, bien qu’elle soit moins
opérante.

16
2 Chapitre 2 : Le nom

- Absence de déterminant

En générale, les noms propres ne sont pas accompagnés d’un déterminant, le déterminant peut
apparaitre comme dans le cas des noms géographiques.

- La traductibilité

Généralement la traduction du nom propre est impossible.

- Le référent

Le critère important de détermination du nom propre se trouve sur le plan de la référence.

Le nom propre se réfère à une chose pour la désigner sans donner aucune information sur elle,
par exemple, le nom Algérie, il ne renvoie qu'au pays lui-même, le nom de personne Feraoun
ne renvoie qu'à la personne elle-même.

La frontière entre le nom propre et le nom commun n'est pas claire, car les noms propres
peuvent devenir des noms communs, et les noms communs peuvent devenir peu à peu des
noms propres.

Les noms propres se divisent généralement en deux catégories : les noms simples et les
noms composés.

1.2.1. Les noms simples

Le nom simple est une unité formée d’un seul élément lexical, il se compose généralement
d’un seul lexème (unité lexicale de base) et d’un morphème unique (élément grammatical
minimal), et il appartient à une catégorie grammaticale spécifique avec des marqueurs de
genre et de nombre.

Comme le définit Dubois dans son dictionnaire de linguistique et des sciences du langage
« on appelle mot simple un morphème racine par opposition au mot dérivé ou composé. »

1.2.2. Les noms composés

Le nom composé est une juxtaposition de de plusieurs noms en général deux lexèmes qui
agissent indépendamment en langue.

C’est-à-dire, les noms composés sont formés soit de deux ou plusieurs termes, ou par
l’ajout des affixes aux unités.

2. Nom propre du plat

17
2 Chapitre 2 : Le nom

Nom propre de plat ou appellation culinaire est un terme qui désigne un nom spécifique et
unique attribué à un plat culinaire.

Le nom du plat souvent associé à une culture, une recette, une région, à un mot spécifique, les
noms propres des plats sont commencés par une majuscule, soulignant leur caractère unique.

18
La partie pratique
Analyse morphosémantique des noms
propres des plats de la wilaya de Chlef
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Dans ce présent chapitre, nous nous consacrons à l’analyse morphologique des quatre-vingt-
neuf (99) noms propres des plats traditionnels de la wilaya de Chlef.

D’abord, nous allons transcrire phonétiquement le corpus pour connaître la structure


morphologique de ce dernier. Après cette étape, nous classerons les noms des plats dans des
tableaux selon la forme, le genre, la catégorie grammaticale et l’origine linguistique. Il s’agit
aussi d’établir à la fin de chapitre une approche statistique de notre corpus. Dans toute étude
onomastique, l’analyse sémantique constitue une étape indispensable pour expliquer les
méthodes de dénomination et de définir les types de désignation donc nous passerons ensuite
à mener une analyse sémantique pour l’ensemble de noms propres de notre corpus.

1. Présentation du corpus

Nous travaillerons sur un corpus écrit qui contient quatre-vingt-dix-neuf (99) noms propres
emblématiques de la wilaya de Chlef, offrant un panorama complet de sa richesse
gastronomique. Organisé alphabétiquement, il couvre une diversité de préparations allant des
entrées aux desserts, en passant par les soupes, les plats principaux et les accompagnements.
Chaque entrée présente le nom original en arabe algérien (transcrit en alphabet latin) suivi de
sa traduction française, permettant une analyse linguistique et culturelle approfondie.

1.1. Recueil du corpus

Pour réunir notre corpus de travail, nous avons donc systématiquement pensé à la manière la
plus rapide et la plus sûr d’avoir accès à un nombre remarquable des noms est de déplaçant
dans différentes régions de la wilaya afin de recueillir les appellations authentiques auprès des
habitants, des cuisiniers traditionnels et des spécialistes locaux. Parallèlement, nous
consultons un ancien ouvrage de recettes qui aide à garder l’héritage algérien et le transmettre
aux futures générations, c’est l’ouvrage de BOUAYED Fatima Zohra intitulé « La cuisine
algérienne » publié en 1981dans les éditions Alger SNED ce qui prendre beaucoup du temps
pour le trouver. Pour compléter cette collecte, nous avons également exploité des ressources
numériques, en consultant des groupes Facebook dédiés à la gastronomie locale et des chaînes
YouTube spécialisées dans les recettes traditionnelles notamment ceux dédiés à la wilaya de
Chlef. Nous avons aussi mené une étude comparative entre les différentes zones de la wilaya
vu la différente culture retrouvée dans la wilaya, également entre d’autres régions de l’Algérie
afin de mieux cerner la désignation des plats. Cette méthodologie plurielle, alliant enquête
orale, recherche documentaire et exploration numérique, a assuré la représentativité et la

20
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

fiabilité des 99 noms de plats recensés, reflétant ainsi la richesse linguistique et culinaire de la
région.

1.2. Difficultés rencontrées

La collecte du corpus n’a pas été fait sans difficultés. L’une des premières contraintes
rencontrées fut l’absence de documentation écrite spécifique à la wilaya de Chlef, ce qui nous
a obligé à nous appuyer principalement sur des sources orales et des témoignages, parfois
imprécis ou contradictoires. De plus, la diversité linguistique locale, marquée par des dialectes
et des expressions propres à chaque région de la wilaya, a rendu la tâche complexe lorsqu’il
s’agissait d’identifier si deux noms différents désignaient le même plat ou non. Certaines
appellations variaient même d’un village à l’autre. Obtenir le livre de BOUAYED Fatima
Zohra également été un défi en soi, car il n’était pas disponible en librairie ou en bibliothèque,
ce qui a nécessité des déplacements et des recherches prolongées. En consultant des groupes
Facebook et des chaînes YouTube, nous nous aussi heurté à la difficulté de vérifier
l’authenticité ou l’origine régionale exacte des recettes partagées, car les utilisateurs ne
précisent pas toujours la provenance exacte de leurs plats. Enfin, le travail de comparaison
avec d’autres wilayas a exigé une attention particulière pour éviter les confusions entre les
influences partagées et les spécificités propres à Chlef.

2. L’analyse morphologique

L’analyse morphologique consiste à l’étude des diverses formes qu’un mot peut prendre,
en fonction de son genre, de son nombre, de sa personne ou même de sa fonction.

Autrement dit, la morphologie examine la part variable d’un mot celui qui porte des
données grammaticales qui est formée de morphèmes.

L’analyse morphologique aide à comprendre la manière dont les mots sont construits et la
manière dont leur forme change en fonction de l’usage dans une phrase donnée.

Elle permet de comprendre les processus de dérivation et de composition qui sont utilisées
pour la création de nouveaux mots.

L’analyse morphologique sert à étudier l’évolution linguistique au fil du temps.

21
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Cheriguen affirme que « Dans toute étude onomastique la morphologie est déterminante.
Elle est même, avec l'étymologie l'unique moyen qui permet d'identifier l'évolution d'un nom.
»11

3. La transcription phonétique des noms des plats

La transcription phonétique est une science qui décrit des sons par l’utilisation des symboles
(alphabets phonétiques international) pour représenter la prononciation réelle des phones.

Cette méthode nous aide à classer les quatre-vingt-neuf (99) noms de plats traditionnels selon
la structure morphologique.

Nom de plat Transcription phonétique


Adess bel bssel / adɛs / / bəlbsɛl /
Aïch / aɪʃ /
Aïch bel hlib / aɪʃ / / bəlhlib /
Babouche b’tomatich / bǝabuʃ / / bətɔmatiʃ /
Batendjel bel homes / bɛtndʒɛl / / bəl hɔmɛs/
Barraniya / baranija /
Batata bel fliou / bæṭaṭa / / bəlfliu /
Batata marqa / bæṭaṭa / / marqa /
Bayd mammer b’-sardine / bajd / / mɁamɛr / / bəsaʁdin /
Berkoukes bel djedj w qwiret tmer / bɛʁkukɛs / / bəldʒɛdʒ / / wǝkwiʁɛt tmɛʁ /
Bessara / bɛsara /
Bouftata / buftætæ /
Bourebouz / buʁəbuz /
Bouzellouf bel mermez / buzɛluf / / bəlmɛʁmɛz /
Bouzellouf marqa / buzɛluf / / marqa /
Bourak bel batata / buʁak / / bəlbatata /
Cherchem / ʃɛʁʃɛm /
Chakchouka bsel b’tomatich / ʃakʃuka / / bsɛl / / bətɔmatiʃ /
Chakchouka salq / ʃakʃuka / / salq /
Chakchoukat l’gernina / ʃakʃukat / / lɡɛʁnina /
Chorba b’l-foul / ʃɔʁba / bəlful /

11
CHERIGUEN, Foudil. 1993. Toponymie algérienne : les noms de lieux issus de l’arabe et du berbère. [Éd.]
CRAPE. 2e. Alger : CRAPE, 1993. p.94. 978-2-1234-5678-9.

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Chorba frik / ʃɔʁba / / fʁik /


Chorba lsen tir / ʃɔʁba / / lsɛn tiʁ /
Couscous bel djedj mahchi b’smid / kuskus / / bəldʒɛdʒ / / maħʃi / / bəsmid /
Couscous bel fleiou / kuskus / / bəlflɛju /
Couscous bel hlib / kuskus / / bəlhlib /
Couscous bel hout / kuskus / / bəlhut /
Couscous bel khodra / kuskus / / bəlxodra /
Couscous b’zaater / kuskus / / bəzatɛʁ /
Djedj b’zitoun / dʒɛdʒ / / b'ziun /
Djalbana bel quarnoun / dʒalbana / / bəlkarnun /
Dolma / dolma /
Dolma calamar / dolma / / kalamar /
Dolma krombet b’r-roz / dolma / / kʁombɛt / / bərroz /
Dolma qar’a / dolma / / kaʁa /
Dolma sardine / dolma / / saʁdin /
Dowwara / duwɑʁa /
El berouil / elbɛʁuil /
El-medlouq / elmɛdluk /
Felfel b’tomatich / fɛlfɛl / / bətɔmatiʃ /
Foul megatae / ful / / mɛɡatɛ /
Foul mfawwer / ful / / mfawɛʁ /
Frik bel kermouss mjeffef / fʁik / / bəlkɛʁmus / / mʒɛfɛf /
Hamdha / hamða /
Hmiss / hmis /
Hout fel koucha / hut / / fəlkuʃa /
Hrira / hrira /
Kabab / kabab /
Krombet Kwirat / kʁɔ̃bɛt / / kwi.ʁat /
Khbizet l’batata l’mebchoura / xbizɛt / / lbatata / / lmɛbʃuʁa /
Khobbiz / xɔbiz /
Khodra mfawera / xɔdʁa / / mfawɛʁa /
Khorchef bel kefta / kɔʁʃɛf / / bəlkɛfta /
Lham Lahlou / lhɑm / / lɑhlu /
Lham b’s-sferdjel / lhɑm / / bɛs sferdʒɛl /

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Loubiya machtou / lubija / / maʃtu /


Marqua bel kaboiya / maʁka / / bəl kɑbɔɪ.ja /
Ma’qouda / maʕquda /
Matloue / matlu /
Matloue maqli / matlu / / maqli /
Mbesses b’zaater / mˈbɛsses / / bɛˈzatɛʁ /
Mchahema / mʃaˈhɛ.ma /
Mchawwet / mʃaˈw.wɛt /
Mdechcha / mˈdɛʃ.ʃa /
Melgouta / mɛlˈɡu.tɑ /
Merdoum l’hout / mɛʁˈduːm / / lhuːt /
Mesfouf bel foul w ljelbana / mɛsˈfuːf / / bəl fuːl / / w lʒelˈbana /
Mesfouf b’zbib / mɛsˈfuːf / / bɛzˈbib /
Mghayez / mɡaˈjɛz /
Mhadjeb / mħaˈdʒɛb /
Msemen / mseˈmen /
Mtawwem / mtaˈwɛm /
Osbane / osˈban /
Qamrone chtetha / qamʁon // ʃtɛθa /
Qors l’bayd / qɔʁs/ / lɛˈbajd /
Ragout qarnoun / ʁaˈɡu / / kaʁˈnun /
R’fiss / ʁˈfiss /
R’fiss bel bsel / ʁˈfiss / / bəl bˈsɛl /
Roz b’crevettes / ʁoz / / bə kʁəˈvɛt /
Roz bel khodra / ʁoz / / bəl kʊˈdʁa /
Roz taam / ʁoz / / tɑm /
Rouina / ʁuˈina /
Sardine b’derssa / saʁˈdin / / bədɛʁˈsa /
Sardine maqli / saʁˈdin / / maˈqli /
Scabedj sardine / skaˈbɛdʒ / / saʁˈdin /
Slata arbiya / slaˈta / / aʁˈbi.ja /
Taam bel gernina / tɑːm / / bəl ɡɛʁˈninɑ /
Taam bel khlie / tɑːm / / bəl klie /

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Taam l’halhel / tɑːm / / lhaˈlhel /


Tajine elleba / taˈʒin / / elˈlɛba /
Tajine khorchef bel kefta / taʒin / / xɔʁʃɛf / / bəl kɛfta /
Tajine l’djben / taʒin / / lədʒbɛn]
Tajine l’gnin / taʒin / / ləɡnin /
Tajine l’khokh / taʒin / / ləxox /
Tajine mchimcha bel berqoq / taʒin / / mʃimʃa / / bəl bɛʁqɔq /
Tbiykha / tbikha /
Tchicha b’zaater / tʃitʃa / / bɛzzatɛʁ /
Viande hachée bel bayd / vjɑ̃d aʃˈe / / bəl bɛjd /
Zroudiya bel kemmoun / zrudija / / bəl kɛmmun /
Table 1 La transcription phonétiques des noms
4. Classement des noms

Après avoir dégager la transcription phonétique des noms des plats de la wilaya de Chlef,
nous aurons aussi classé ces derniers selon leurs formes pour les séparer en deux catégories :
le nom simple et le nom composé

4.1. Les noms simples

Nous avons classé les noms selon leurs critères de similitudes et en prenant l’analyse qui
portera sur les morphèmes constitutifs, la catégorie grammaticale (nom, adjectif, verbe…),
ainsi que les propriétés flexionnelles. Nous sommes parvenues aux résultats suivants :

Catégories de noms Les noms Explication Nature


grammaticales
Les noms se - Barraniya Le « a » final Ces noms sont des
terminant par - Bessara considère comme un substantifs féminins
« a ». - Bouftata morphème du singuliers.
- Dolma féminin singulier en A l’exception de
- Dowwara arabe. « Mdechcha »,
- Hamdha « Mchahma » qui
- Ma’quouda sont des adjectifs
- Mchahma féminins singuliers.
- Mdechcha

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

- Melgouta
- Rouina
- Tbiykha
- Hrira
Les noms - Mchawwet Le « m » initial en Les quatre premiers
Commençant par « - Mghayez arabe sert à former noms sont des
m» - Msemen des adjectifs. adjectifs masculins
- Mtawwem singuliers, quant aux
- Mhadjeb deux derniers sont
- Matloue des adjectifs
masculins pluriels.
Les noms - El berouil Le « el » initial Ces deux noms sont
Commençant par « - El medlouq considéré comme un des substantifs
el » déterminant en masculins singuliers.
arabe.
Nom - Bouftata Bou « En fait, dans Ftata et rebouz sont
Commençant par « - Bourerbouz ce morphème, il y a des substantifs
Bou » deux monèmes masculins singuliers.
différents, le bou
arabe qui vient de
abou « père »,

Les noms - Mchahema Le « m » initial en Ces noms sont des


Commençant par « - Mdechcha arabe sert à former adjectifs féminins
m » et terminant par des adjectifs. Et le singuliers.
«a» « a » final marque de
féminin singulier.
Autres - Aich Ces noms Substantif masculin
n’appartiennent à singulier
- Hmiss aucune des Substantif masculin
catégories de noms singulier
- Kabab précédents. Substantif masculin
pluriel.
- Khobbiz Substantif masculin

26
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

singulier
- Osbane Substantif masculin
singulier
- R’fiss Substantif masculin
pluriel
- Cherchem Substantif masculin
singulier
Table 2 Les noms simples
Ce tableau rassemble les noms simples de notre corpus, un nombre de trente (30). L’étude de
la structure morphologique de ces dénominations révèle les observations suivantes :

Les noms se terminent par « a » se trouvent en position initiale avec un nombre de treize
(13) noms, suivi des noms commençant par « m » avec un nombre de six (06) noms.

Les noms commençant par « m » et finissant par « a » sont au nombre de deux (02)
noms.

La catégorie de noms commençant par « el », ainsi que ceux débutant par « bou » sont au
nombre de deux (02) noms uniquement.

Nous constatons que six (06) noms n’appartiennent à aucune des catégories prédéfinies dans
le tableau.

Les substantifs dominent nettement le corpus avec 21 occurrences, suivis par les adjectifs, qui
totalisent 12 occurrences.

Nous les classons de la manière suivante :

Quinez (15) sont des noms simples féminins, et onze (11) sont des noms masculins.

Onze (11) noms sont des substantifs féminins singuliers, dix (10) noms sont aux
masculins singuliers, et un seul (01) nom est au masculin pluriel.

Quatre (04) noms sont des adjectifs masculins singuliers, deux (02) noms sont des
adjectifs féminins singuliers, aussi deux (02) sont des adjectifs pluriels.

Ces noms (ex. Hrira, Dolma, Ma’quouda) se terminent généralement par un « a » final, qui
fonctionne en arabe comme un morphème marquant le féminin singulier. La majorité sont
des substantifs féminins singuliers (ex. Hrira désignant une soupe).
Cependant, Mdechcha et Mchahma font exception : bien que terminés par « a », ils sont

27
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

classés comme adjectifs féminins singuliers, illustrant une nuance grammaticale où la


terminaison ne suffit pas toujours à déterminer la nature du mot.

Les noms comme Mchawwet ou Msemen débutent par la lettre « m », un préfixe arabe utilisé
pour former des adjectifs. Parmi eux, Mchawwet, Mghayez, Msemen et Mtawwem sont
des adjectifs masculins singuliers, tandis que Mhadjeb et Matloue sont des adjectifs
masculins pluriels. Ce préfixe révèle une règle morphologique clé : le « m » initial signale
souvent une qualité ou un état, typique des adjectifs en arabe dialectal.

Les termes El berouil et El medlouq intègrent le préfixe « el », équivalent de l’article défini «


le/la » en arabe. Ces noms sont des substantifs masculins singuliers, où l’article est fusionné
au mot. Par exemple, El medlouq désigne un plat spécifique, montrant comment le
déterminant fait partie intégrante du nom dans certaines constructions dialectales.

Bouftata et Bourerbouz utilisent le préfixe « Bou », issu de l’arabe abou (« père »). Ce
morphème indique une relation de filiation ou de possession (ex. « père de Ftata »). Les
éléments suivants (Ftata, Rebouz) sont des substantifs masculins singuliers. Cette
construction reflète une pratique courante en arabe dialectal pour former des surnoms ou
désigner des caractéristiques distinctives.

Mchahma et Mdechcha combinent deux traits morphologiques : le « m » initial (marqueur


d’adjectif) et le « a » final (marqueur de féminin). Ces mots sont donc des adjectifs féminins
singuliers, comme Mdechcha (au féminin). Cette catégorie hybride montre comment les
règles de genre et de fonction grammaticale interagissent en arabe.

Des noms comme Aich, Hmiss ou Kabab n’entrent dans aucune des catégories précédentes.
La plupart sont des substantifs masculins singuliers (ex. Hmiss, une salade). Kabab est une
exception, classé comme masculin pluriel bien que souvent perçu comme singulier. Ces
termes illustrent la diversité lexicale et les irrégularités propres aux dialectes arabes.

Ce tableau décrypte les mécanismes de formation des noms et adjectifs dans un dialecte arabe

Ce classement met en lumière les mécanismes grammaticaux de l’arabe dialectal, notamment


l’usage de préfixes (« m », « el », « Bou ») et de suffixes (« a ») pour marquer le genre, le
nombre ou la nature des mots. Les exceptions, comme Kabab (pluriel)
ou Mdechcha (adjectif), rappellent que la langue évolue via des usages locaux et des
emprunts.

28
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Ventes

42%

58%

Noms simples féminins Noms simples masculins

Figure 1: Pourcentages des noms simples selon le genre


Les noms simples montrent une répartition 58% masculins / 42% féminins, révélant une
dominance masculine modérée. Le féminin se maintient grâce à des marqueurs grammaticaux
stables (-a), tandis que le masculin sert de forme neutre plus flexible.

Ventes
15%

85%

Noms simples pluriels Noms simples singuliers

Figure 2 : Pourcentages des noms simples selon le nombre


La forte prédominance des noms singuliers (85%) par rapport aux pluriels (15%) moins
fréquents révèle une préférence marquée pour les formes de base, plus économiques et
polyvalentes dans l'usage quotidien.

29
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

4.1.1. Origine linguistique des noms simples

Noms d’origine arabe Noms d’origine berbère Noms d’origine turque


Barraniya- Cherchem Bourebouz Kabab
Tbiykha-Osbane El medlouq Dolma
Bessara- Bouftata Melgouta
Dowwara-Hamdha-Hrira
Ma’quouda- Mdechcha
Mchahma- Mchawwet
Mghayez-Msemen
Mtawwem-Mhadjeb
Matloue- El berouil
Rouina- Aich
Hmiss- Khobbiz- R’fiss

Table 3 Origine linguistique des noms simples


Ce tableau met en lumière le mélange linguistique et culturel du Maghreb, marqué par une
prédominance de termes d’origine arabe avec un total de (26) termes
comme (Hrira, Msemen), structurés par des préfixes (« M », « Bou ») et des racines
sémitiques ce qui suggère une forte empreinte de la langue arabe dans la région.
Parallèlement, la présence de (03) noms d’origine berbère, comme (Bourebouz, El medlouq),
témoigne la présence d’un héritage autochtone dans la wilaya. Nous constatons une présence
faible de deux noms (02) turcs, (Dolma, Kabab).

4.2. Les noms composés

L’analyse de notre corpus met en évidence la prédominance des noms composés, qui
constituent la majorité des occurrences recensées, avec un total de 70 (soixante-dix).

Par ailleurs, cette analyse nous révèle aussi que la catégorie des noms peut se subdiviser, en
deux genres :

Les noms composés à deux composants.

Les noms composés à trois composants.

4.2.1. Noms composés à deux composants


4.2.1.1. Noms composés à deux composants liés avec la préposition « be »

30
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

La préposition arabe « be » signifie « avec » en français.

Premier composant+ préposition « be » + l’article el + deuxième composant.

L’article el est invariable, il signifie à la fois « le, la, les », cet article fait corps avec le nom.

Premiers composants Nature de premiers Deuxièmes composants Nature de deuxièmes


composants composants
Adess Substantif masculin Bel bssel Substantif masculin
singulier pluriel
Aich Substantif masculin Bel hlib Substantif masculin
singulier singulier quant à « be
» c’est une préposition
signifie « au » puisque
le substantif est
masculin singulier.
Babouche Substantif masculin B’tomatich Substantif masculin
singulier singulier
Batata Substantif féminin Bel fliou Substantif masculin
singulier singulier
Bouzellouf Substantif masculin Bel mermez Substantif masculin
singulier singulier
Bourak Substantif masculin Bel batata Substantif féminin
singulier singulier
Chorba Substantif féminin Bel foul Substantif masculin
singulier singulier
Couscous Substantif masculin Bel fleiou Les trois premiers sont
singulier Bel hlib des substantifs
B’zaater masculins singuliers,
Bel hout quant au « hout » est
Bel khodra un substantif masculin
pluriel, et « khodra »
est un substantif
féminin pluriel.

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Djedj Substantif masculin B’zitoun Substantif masculin


singulier singulier
Djalbana Substantif féminin Bel quarnoun Substantif masculin
singulier singulier
Felfel Substantif masculin B’tomatich Substantif masculin
singulier singulier
Frik Substantif masculin Bel kermouss Substantif masculin
singulier pluriel
Khorchef Substantif masculin Bel kefta Substantif féminin
singulier singulier
Lham Substantif masculin B’s-sferdjel Substantif masculin
singulier singulier
Marqua Substantif féminin Bel kaboiya Substantif féminin
singulier singulier
Mbesses Substantif masculin B’zaater Substantif masculin
singulier singulier
Mesfouf Substantif masculin B’zbib Substantif masculin
pluriel pluriel
R’fiss Substantif masculin Bel bssel Substantif masculin
pluriel pluriel
Roz Substantif masculin B’crevettes Substantif féminin
pluriel Bel khodra pluriel

Sardine Substantif masculin B’derssa Substantif féminin


pluriel singulier
Taam Substantif masculin Bel gernina Le premier est un
pluriel Bel khlie substantif féminin
singulier
Quant au deuxième
nom est un substantif
masculin.
Tchicha Substantif féminin B’zaater Substantif masculin
singulier singulier
Batendjel Substantif masculin Bel homes Substantif masculin

32
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

singulier pluriel
Zroudiya Substantif féminin Bel kemmoun Substantif masculin
singulier pluriel
Table 4 Les noms composés à deux composants liés avec la préposition "be"
4.2.1.2. Les noms composés à deux composants sans préposition

Les noms composés figurant dans le tableau ci-dessous ont subi le modèle de composition
suivant : nom + nom, nom + adjectif

Premier composant Nature de premier Deuxième Nature de deuxième


composant composant composant
Batata Substantif féminin Marqa Substantif féminin
singulier singulier
Bouzellouf Substantif masculin Marqa Substantif féminin
singulier singulier
Chakchouka Substantif féminin Salq Substantif masculin
singulier singulier
Chorba Substantif féminin Frik Les deux noms sont
singulier Lsen-tir des substantifs
masculins singuliers

Qamrone Substantif masculin Chtetha Substantif féminin


singulier singulier
Dolma Substantif féminin Calamar Les deux premiers
singulier Sardine noms sont des
Qar’a substantifs masculins
pluriels et le nom
« qar’a » est un
substantif féminin
singulier
Foul Substantif masculin Megatae Ces deux noms sont
singulier Mfawwer deux adjectifs
masculins singuliers
Krombet Substantif masculin Kwirat Substantif féminin
singulier pluriel

33
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Khodra Substantif féminin Mfawera Adjectif féminin


singulier singulier
Lham Substantif masculin Lhlou Adjectif masculin
singulier singulier
Loubiya Substantif féminin Machtou Substantif masculin
singulier singulier
Matloue Substantif masculin Maqli Adjectif masculin
singulier singulier
Qors Substantif masculin L’bayd Substantif masculin
singulier singulier
Ragout Substantif masculin Qarnoun Substantif masculin
singulier singulier
Roz Substantif masculin Taam Substantif masculin
singulier singulier
Sardine Substantif masculin Maqli Adjectif masculin
singulier singulier
Scabedj Substantif masculin Sardine Substantif masculin
singulier singulier
Slata Substantif féminin Arbiya Adjectif féminin
singulier singulier
Tajine Substantif masculin Elleba Ces noms sont des
singulier L’djben substantifs masculin
L’gnin singulier sauf
L’khokh « l’khokh » est
pluriel
Table 5 Les noms composés à deux composants sans préposition
L’analyse des composés à deux lexèmes révèle les tendances morphologiques suivantes :

Nous notons cinquante-six (56) noms composés à deux composants dans l’ensemble des
tableaux ci-dessous.

Nous signalons que trente (30) noms composés à deux termes sont liés à l’aide de la
préposition « be » qui signifie « avec » en français.

34
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Nous remarquons que ces noms sont composés comme suit premier composant+ préposition «
be » + l’article el + deuxième composant.

L’article el est invariable, il signifie à la fois « le, la, les », cet article fait corps avec le nom.

Lorsqu’un mot précédé de l’article el commence par l’une des quatorze consonnes suivantes :

« T ‫ﺕ‬, th ‫ﺙ‬, d ‫ﺩ‬, d (‫ ﺫ‬,‫ ﻅ‬,‫)ﺽ‬, r ‫ﺭ‬, z ‫ﺯ‬, s (‫ ﺹ‬,‫)ﺱ‬, ch (‫)ﺵ‬, l (‫)ﻝ‬, n (‫» )ﻥ‬

Ces consonnes appelées solaires par opposition aux autres quatorze lettres de l’alphabet dites
lunaires, communiquent leur prononciation respective au « l » de l’article ; et cela en vertu des
lois générales de la contraction.

Notre corpus contient une proportion significative de noms propres ayant subi ce processus de
composition. Ex :

Couscous bel hout : La première lettre du deuxième composant (h), appartenant aux 14
consonnes lunaires, module la prononciation du l dans l’article, en influençant son articulation
phonétique.

Sardine b’derssa : La première lettre du deuxième composant(d) qui fait partie des 14
consonnes solaires ne communique pas la prononciation de(l) à l’article.

Tandis que vingt-six (26) noms composés à deux composant sont formés ainsi (Nom + Nom)
ou (Nom + adjectif).

Pour le modèle (nom + nom) nous soulignons (19) noms comme (Batata marqa, Chakchouka
salq). Pour le deuxième modèle (nom + adjectif) nous avons (07) noms (Foul mfawwer, Slata
arbiya).

Les premiers composants sont exclusivement des substantifs, dominés par le masculin
singulier (24) noms et le féminin singulier (14) noms, les pluriels restant marginaux (05)
masculins pluriels. Cette préférence pour le singulier, surtout masculin, suggère une norme
linguistique ou contextuelle, comme des termes techniques ou culinaires standardisés.

Quant aux deuxièmes composants, nous notons la présence des substantifs et des adjectifs
les substantifs dominent (49), avec une forte représentation du masculin singulier (25) noms
et féminin singulier (07) noms, les pluriels masculins sont (10) noms tandis que les pluriels
féminins sont quasi-absents (03) noms. Les adjectifs (07) adjectifs avec un nombre un peu bas
par rapport aux substantifs le nombre d’adjectifs féminins sont deux (02) adjectifs et (05)

35
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

adjectifs masculins reflétant une adaptation flexible au genre du premier composant. En


synthèse, le système privilégie le masculin singulier, limite les pluriels féminins, et intègre des
adjectifs, soulignant des structures grammaticales rigides malgré des influences externes.

Ventes
9%

91%

Noms composés féminins Noms composés masculins

Figure 3 : Pourcentages des noms composés selon le genre


La répartition genrée (91% masculins vs 9% féminins) révèle une domination écrasante des
formes masculines dans les noms composés par contre les féminins sont très minoritaires,
n'apparaissent que lorsque les deux composants sont féminins.

36
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Ventes
9%

91%

Noms composés pluriels Noms composés singuliers

Figure 4 : Pourcentages des noms composés selon le nombre


La répartition (91% singuliers vs 9% pluriels) confirme la prédominance écrasante du
singulier comme forme de base pour les noms composés et les pluriels sont marginaux et
contextuels.

4.2.1.3. Origine linguistique des noms composés à deux composants

Noms d’origine arabe Noms d’origine berbère Noms d’origine Noms d’origine
turque française
Adess bel bssel Mesfouf b’zbib Bourak bel batata Sardine b’derssa
Maqli
Aich bel hlib Chakchouka salq Chorba bel foul Ragout qarnoun
Frik
Lsen-tir
Babouche b’tomatich Dolma calamar
Sardine
Qar’a
Batata bel fliou
Bouzellouf bel
mermez
Bouzellouf marqa
Couscous bel fliou

37
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Bel hlib
B’zaater
Bel hout
Bel khodra
Djedj b’zitoun
Djalbana bel quarnoun
Felfel b’tomatich
Frik bel kermouss
Khorchef bel kefta
Lham b’s-sferdjel
Marqua bel kaboiya
R’fiss bel bssel
Roz b’crevettes
Bel khodra
Taam bel gernina
Bel khlie
Tchicha b’zaater
Batendjel bel homes
Zroudiya bel
kemmoun
Batata marqa
Qamrone chtetha
Foul megatae
Mfawwer
Krombet kwirat
Khodra mfawera
Lham lhlou
Loubiya machtou
Matloue maqli
Qors l’bayd
Roz taam
Scabedj sardine
Slata arbiya
Tajine elleba

38
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

L’djben
L’gnin
L’khokh
Table 6 Origine linguistique des noms composés à deux composants
Sur un total de (56) noms composés à deux composants, la répartition linguistique révèle
une dominance écrasante de l’arabe quarante-trois (43) noms, suivie du turc sept (07) noms,
du berbère deux (02) noms, du français deux (03) noms.

La répartition linguistique des noms composés révèle une nette domination de l’arabe (43
noms), suivie du turc (7 noms), du berbère (2 noms) et du français (3 noms). Cette
prédominance de l’arabe s’explique par son rôle central dans l’identité nationale, son lien
avec la religion et son ancrage historique dans les pratiques culturelles et linguistiques.
L’influence turque, bien que plus réduite, résulte de la présence ottomane, qui a laissé une
empreinte notable dans l’administration et le vocabulaire courant. Nous remarquons une
faible représentation du berbère s’explique par l’arabisation progressive et la concentration
géographique des locuteurs berbérophones. Quant au français, son impact reste limité. Donc,
ces noms étudiés se qualifient par une diversité de langues (arabe, berbère, française, turque).

4.2.2. Les noms composés à trois composants

Origine de Premiers Nature de Deuxièmes Nature de Troisièmes Nature de


noms composants premiers composants deuxièmes composants troisièmes
composants composants composants
Noms Chakchouka Substantif Bsel Substantif B’tomatich Substantif
d’origine féminin masculin masculin
berbère singulier pluriel pluriel
Noms Dolma Substantif Krombet Substantif B’roz Substantif
d’origine féminin masculin masculin
turque singulier singulier pluriel
Khbizet Substantif L’batata Substantif L’mebchour Adjectif
féminin féminin a féminin
Noms pluriel singulier singulier
d’origine Tajine Substantif Khorchef Le premier Bel kefta Le premier
arabe masculin Mchimcha nom est un Bel berqoq est un

39
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

singulier substantif substantif


masculin, féminin.
quant au Quant au
deuxième deuxième est
nom est un masculin
substantif pluriel
féminin
Noms Viande Substantif Hachée Adjectif Bel bayd Substantif
d’origine masculin féminin masculin
française singulier singulier pluriel
Table 7 Les noms composés à trois composants et leurs origines linguistiques
Le tableau ci-dessus évoque un nombre de six (06) noms composés à trois composants :

Premièrement, en ce qui concerne les premiers composants ce sont tous des substantifs, nous
comptons six (06) substantifs, le nombre des substantifs féminin et masculin est égal, nous
comptons trois (03) au féminin et (03) autres au masculin.

Deuxièmement, quant aux deuxièmes composants, nous remarquons la dominance des


substantifs toujours par apport aux adjectifs : cinq (05) substantifs, trois (03) au masculin et
deux (02) au féminin. Par contre, les adjectifs nous comptons un seul adjectif (01), dont il est
féminin singulier.

Troisièmement, l’étude des troisièmes composants révèle ce qui suit : Une grande portion de
noms qui sont des substantifs, nous notons cinq (05), quatre (04) sont au masculin et un seul
(01) est au féminin. Une petite minorité d’adjectifs qui se résume à un seul (01) adjectif
féminin singulier comme nous avons mentionnés au deuxième composant.

Les substantifs dominent largement seize (16) substantifs, ce qui montre une nette
prédominance des substantifs dans la construction des noms de plats dans la région, avec une
avec une prédilection pour les masculins et les formes plurielles en fin de mot. Les adjectifs
jouent un rôle mineur.

Les noms d’origine arabe montrent plus de diversité syntaxique, avec des combinaisons de
substantifs masculins et féminins. Le français introduit une structure plus descriptive avec un
adjectif (hachée), une influence typique de la langue française qui privilégie l’adjectif pour
qualifier les noms. L’influence turque et berbère repose sur des substantifs masculins pluriels.

40
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

4.2.3. Les noms composés à quatre composants

Origine de Premier Deuxième Troisième Quatrième Natures de ces quatre


noms composant Composant composant composant composants
Noms Berkoukes Bel djedj W qwiret Tmer Substantif masculin
d’origine pluriel
berbère Substantif masculin
pluriel
Substantif féminin
pluriel
Substantif masculin
pluriel
Noms Couscous Bel djedj Mahchi B’smid Substantif masculin
d’origine singulier
arabe Substantif masculin
pluriel
Adjectif masculin
Substantif masculin
pluriel
Table 8 Les noms composés à quatre composants et leurs origines linguistiques
Le tableau ci-dessus décrit la structure syntaxique les noms composés à quatre composants,
nous notons deux (02) noms formés à quatre composants, nous remarquons que les deux
premiers composants sont des substantifs masculins singuliers (Berkoukes, couscous).

Les deuxièmes composants, sont des substantifs masculins pluriels, concernant les troisièmes
composants le premier est un substantif féminin pluriel (Qwiret) quant au deuxième est
adjectif masculin (Mahchi). Pour les quatrièmes composants (Tmer, B’smid) sont des
substantifs masculin pluriels.

Nous remarquons que les substantifs sont majoritaires des composants, ce qui montre que les
noms des plats sont construits sur des éléments descriptifs basés sur les ingrédients et les
aliments, plutôt que sur des adjectifs qualificatifs.

Le nom d’origine berbère (Berkoukes Bel djedj W qwiret Tmer) montre une structure
majoritairement nominale, avec des substantifs en majorité masculins et une seule occurrence
d’un substantif féminin pluriel. Le nom d’origine arabe ("Couscous Bel djedj Mahchi

41
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

B’smid") suit une logique similaire, avec une prédominance des substantifs masculins, mais se
distingue par l’utilisation d’un adjectif ("Mahchi"), ce qui reflète une certaine flexibilité dans
la construction.

Nous avons réalisé ci-dessous des schémas représentatifs qui montrent les pourcentages des
noms étudiés selon, leur genre, nombre, forme et le nombre de composants qui composent les
noms composés.

40.3

59.7

Les noms masculins Les noms féminins

Figure 5 : Pourcentages des noms selon leurs genres

Nous constatons que l'analyse du genre des noms révèle une prédominance masculine dans
l'ensemble du corpus, bien que les noms simples montrent une répartition plus équilibrée.
Cette tendance suggère une influence culturelle ou linguistique qui privilégie le masculin dans
la formation et l'utilisation des noms.

42
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Ventes

13%

87%

Le nombre singulier Le nombre pluriel

Figure 6 : Pourcentages des noms selon leurs nombres

Dans l'ensemble du corpus, le singulier domine largement. Ces pourcentages mettent en


évidence une forte préférence pour le singulier dans notre corpus, avec une présence
relativement faible du pluriel.

Ventes

33%

67%

Les noms simples Les noms composÈs

Figure 7 : Pourcentages des noms selon leurs formes

43
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Nous remarquons que les noms composés représentent une part nettement plus importante du
corpus que les noms simples. Ces pourcentages mettent en évidence une forte tendance à
l'utilisation de noms composés dans le vocabulaire culinaire de la wilaya de Chlef.

Ventes
3%
9%

87%

Les noms composés à 2 composants Les noms composés à 3 composants


Les noms composés à 4 composants

Figure 8 : Pourcentages des noms selon le nombre de composants

Nous révélons une nette préférence pour les noms composés à deux éléments, constituant 87,5
% du corpus, ce qui suggère une structure binaire privilégiée dans la formation des noms. Les
structures plus complexes, à trois et quatre composants, sont nettement moins fréquentes (9,38
% et 3,13 %), indiquant une tendance à la simplicité et à la concision dans la formation des
noms composés.

44
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Ventes
1%
11%

7%

81%

Les noms d'origine arabe Les noms d'origine berbère


Les noms d'origine turque Les noms d'origine française

Figure 9 : Pourcentages des noms selon leurs origines linguistiques

L'analyse de ce corpus lexical culinaire maghrébin révèle une prédominance linguistique


arabe écrasante (environ 79.31%), témoignant d'une profonde empreinte historique et
culturelle. Bien que minoritaires, les traces de l'héritage berbère (environ 6.90%) persistent,
rappelant les racines autochtones de la région. Une influence turque notable (environ
10.34%), probablement héritée de la période ottomane, est également identifiable. Enfin,
l'impact linguistique français dans ce domaine spécifique apparaît limité (environ 3.45%)

En conclusion, l'étude morphologique et linguistique des appellations de plats traditionnels de


la wilaya de Chlef révèle une structure variée et une influence historique marquée. Le fait que
près de 80 % des noms soient d'origine arabe met en évidence l'assise profonde de cette
langue dans la culture gastronomique locale. Morphologiquement parlant, les noms simples et
composés adhèrent à des modèles précis, favorisant clairement le masculin singulier et
l'emploi de la préposition « be » dans le cas des noms composés. La structure des noms
illustre une organisation syntaxique spécifique à l'arabe dialectal, où les noms prédominent
nettement sur les adjectifs. La composition des appellations multi-composantes souligne aussi
les processus de création lexicale, où la description détaillée se structure essentiellement
autour des éléments et des méthodes de cuisine. Enfin, cette étude permet d’observer
comment la langue évolue sous l’influence des échanges culturels et historiques.

45
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

5. L’analyse sémantique

L’analyse sémantique est une méthode d’interprétation utilisée dans le domaine des
sciences du langage qui se base sur la signification profonde des mots. Elle prend en compte
le contexte dans lequel ces mots sont employés.

L’analyse sémantique joue un rôle fondamental, crucial pour révéler et interpréter le sens,
elle permet non seulement à comprendre le langage humain et décrypter les nuances dans les
significations, mais aussi à faire comprendre les mécanismes propres à la construction du
sens.

Elle sert à étudier l’évolution des mots et leurs significations dans des différents contextes
historique, social, culturel. Cette analyse comme une méthode incontournable permet d’établir
les rapports et les liens entre le langage, la culture et la société.

5.1. Analyse sémantique des noms propres des plats traditionnels de la wilaya de Chlef
Quant à l’analyse sémantique de notre corpus, on a pu dégager plusieurs catégories de
sens étant en relation avec : la forme ou la texture du plat, aux ingrédients du plat, à la
méthode de préparation, aux outils de préparation.
5.1.1. Les noms relatifs à l’ingrédient principal du plat
5.1.1.1. Les bases relatives aux végétaux
a. La base Batata
Le premier composant Batata et qui est aussi la base trois noms de plats ci-dessus est un
mot arabe signifiant « pomme de terre »
 Batata bel fliou (Pomme de terre au pouliot)
Fliou : « Menthe pouliot ».
Pommes de terre cuites à la vapeur avec de la menthe sauvage.
 Batata Marqa (Ragoût de pomme de terre)
Marqa est la forme féminine du mot arabe masculin Maraq, ce dernier signifie selon
Reig Daniel « bouillon gras, sauce ».
b. La base Loubiya
Loubiya (haricot) n'est pas d’origine espagnol, il se trouve déjà dans les ouvrages d'al-
Djâhidh (‫ )الجاحظ‬mort en 869, qui appelle une espèce d’haricot ‫لوبياء‬. On pourrait
également consulter un dictionnaire étymologique de l’espagnol sur l’internet : le Real
Academia Española nous informe que le mot espagnol alubia vient de l'arabe hispanique

46
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

allúbya, qui provient de l'arabe classique lúbiyā', qui provient en son tour du persan
lubeyā.
Loubiya est la forme dialectale de « fassolia » et qui signifie « haricot ».
 Loubiya Machtou (Haricots verts en sauce)
Loubiya machtou ou « Khadra » Khadra est la forme dialectale « khadraa » signifiant «
verte ».

c. La base Batendjel
La base Batendjel est mot arabe qui désigne un légume, en français il s’agit d’aubergine.
 Batendjel bel homes (Aubergines aux pois chiches)
Homes signifie « pois chiche » en arabe.
 Barraniya (Aubergines en sauce blanche)
Barraniya qui est d’origine turque signifie « brâniya et brrâniya. Ragoût de viande garnie
d’une sauce, œufs et fromage et gratiné ; ragoût aux aubergines ».
d. La base Zroudiya

Zroudiya est la forme dialectale de « djazar » qui signifie « carotte ». Ce dernier est un
légume.

 Zroudiya bel kemmoun (Carottes au cumin)


Kemmoun dérive du mot français « cumin ».
Carottes cuites au cumin, servies en salade ou en accompagnement.
e. La base Felfel
La base Felfel de la forme dialectale « folfol » qui signifie « poivrons ». Qui est un
légume vert.
 Felfel b’tomatich (Poivrons à la tomate)
Tomatich est la forme dialectale de tamatim.
Tomate « tomatich, tematem ». 12
f. La base Khodra
Khodra signifie légumes en arabe dialectal. 13
 Khodra mfawwera (Légumes à la vapeur)

12
BEN SEDIRA, Belkassem. 1910. Dictionnaire français-arabe de la langue parlée en Algérie. 5e. Alger : A.
Jourdan, 1910. p. 689.

13
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 76.

47
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Mfawwera « Étouffée » ou « cuite à la vapeur ». Légumes cuits à l’étouffée avec des


épices.

g. La base Djalbana
Djelbana dérive du mot berbère « jelban » qui signifie « petits pois ».14
 Djalbana bel quarnoun (Ragoût aux petits pois et artichauts)
Qarnoun est la forme dialectale du mot arabe (khourchef) qui désigne « artichauts ».
h. La base Khourchef
La base « khourchef » est un terme arabe signifiant « artichauts ».15
 Khourchef bel kefta (Artichauts aux boulettes)
Kefta est d’origine turque « kefta. Boulettes de viande frite ; kouftè, même sens. Sorte
de pâte obtenue avec de la semoule cuite dans un jus de raisin réduit à moitié par
cuisson ; le plus souvent.
i. La base Foul
Foul est un mot arabe qui signifie « fèves »
 Foul megatae (Fèves en sauce)
Le terme « megatae » signifie « couper ou haché ».
Les fèves sont coupées en morceaux avec leurs épluchures et cuits en sauce.
 Foul Mfawwer (Fèves à la vapeur)
Mfawwer dérive de la racine arabe fwr qui signifie « produire de la vapeur, cuire à la
vapeur, faire bouillir ». 16
Ce plat s’agit de fèves cuites à la vapeur et saupoudrez avec du sel, du cumin et du
persil au moment de servir.
5.1.1.2. Les bases relatives à la viande
a. La base Djedj
La base Djedj est attestée une fois dans notre corpus.
Djedj vient de la forme dialectale dadjedj qui signifie « poulet ».17
 Djedj b’zitoun (Poulet aux olives)

14
DALLET, Jean-Marie. 1982. Dictionnaire kabyle-français : parler des At Mangellat, Algérie. 1re. Paris :
SELAF (Société d'Études Linguistiques et Anthropologiques de France), 1982. p. 367.

15
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 172.
16
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 513.
17
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 196.

48
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Zitoun est la forme dialectale de « zaytoun » et qui signifie « olive ». 18 L’olive est le
fruit de l’olivier, un arbre fruitier.
b. La base Lham
Lham est la forme dialectale de Lahm qui signifie « viande ».19
 Lham lhlou (Viande aux pruneaux)
Hlow est le masculin de holwa
Lahlou est la forme dialectale de Holw qui signifie « sucré, doux ».20
 Lham b’sferdjel (Viandes aux coings)
Sferdejel signife « coings ».21 Un fruit cognassier qui est un arbre fruitier originaire du
Moyen Orient.
 Viande hachée bel bayd (Boulettes de viande aux œufs)
 Mtawwem (Viande à l’ail)

Mtawwem dérive du mot arabe « toum ».

L’appellation du mot est à cause de l’utilisation du deux types des boulettes du viande hachée
avec des morceaux de viande ou poulet.

c. La base Babouche
Babouche ou « Djedhelelou » est la forme dialectale de « halazoune » qui signifie «
escargot ».22
 Babouche b’tomatich (Escargots à la sauce tomate)
Tomatich est la forme dialectale de tamatim.
Tomate « tomatich, tematem ».
d. La base Sardine
Sardine est un mot français qui signifie « poisson ». Ce dernier est poisson de mer du
genre alose, semblable au hareng, mais plus petit.
 Sardine b’derssa (Sardines farcies)
Derssa : « Farce ».23

Sardines farcies à la chermoula (persil, ail, cumin).


18
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 277.
19
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 784.
20
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 656.
21
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 295.
22
BEN SEDIRA, Belkassem. 1910. Dictionnaire français-arabe de la langue parlée en Algérie. 5e. Alger : A.
Jourdan, 1910. p. 195.

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

 Sardine maqli (sardine maqli)


Maqli est un mot arabe qui dérive de la racine ql signifiant « frire, faire frire, faire
sauter, faire sauter (dans la poêle ».24
Quant à Maqli, signifie selon Reig « Frit ».
 Hout fel koucha (Poissons en tranches au four)
Koucha est un terme d’origine turque, qui est selon Ouerdia Yermeche « cuisinière,
boulangerie ».
Hout est un mot arabe qui signifie « poisson, baleine, cétacé ».25
 Qamrone chtetha (Crevette en sauce)
Qamrone est la forme dialectale de « djambari » qui signifie « crevettes » en français
Chetetha Chtetha signifie « ragout ».26
Chetetha vient de la racine cth qui signifie « danser ».
Chetetha, c’est de la viande, du poulet ou bien du poisson mariné, ensuite cuit dans
une sauce rouge.

Autres

 Bayd maamer b’sardine (Œufs farcis aux sardines)


Bayd est le pluriel du « bayda » signifie Œufs
Maamer provient de la racine berbère Ʃmr qui signifie « remplir ».27
 Dowwara (Tripes aux légumes)
Tripes du mouton en sauce.
5.1.1.3. Les bases relatives aux céréales
a. La base Roz

23
BEN SEDIRA, Belkassem. 1910. Dictionnaire français-arabe de la langue parlée en Algérie. 5e. Alger : A.
Jourdan, 1910. p. 88.

24
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 554.
25
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 157.
26
BEN SEDIRA, Belkassem. 1910. Dictionnaire français-arabe de la langue parlée en Algérie. 5e. Alger : A.
Jourdan, 1910. p. 536.

27
Dallet, Jean-Marie. 1982. Dictionnaire kabyle-français : parler des At Mangellat, Algérie. 1ere. Paris : SELAF
(Société d'études linguistiques et anthropologiques de France), 1982. p. 991.

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3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Roz est la forme dialectale de « Aroz » qui signifie « riz ».28


Le riz est une céréale de la famille des poacées.
Il été relevé trois noms propres de plats débutant par la base roz
 Roz b’crevettes (Riz aux crevettes)
"Al-quraydis" est le mot arabe pour les crevettes.
 Roz bel khodra (Riz aux légumes)
Khodra est mot arabe qui signifie « verdure, légume ».29
 Roz taam (Riz vapeur aux petits pois)
b. La base Tchicha
Tchicha est un mot utilisé dans le parler algérien pour désigner le « bourghoul » qui est
d’origine turque qui signifie « blé bouilli, séché et mondé avec lequel on fait de la
soupe ».30
 Tchicha b’zaater (Soupe au thym sauvage)
Zaater signifie « thym, serpolet ».31
 Mdechcha (Soupe de semoule)
Mdechcha ou medeca est un nom qui dérive du tchicha.
Autres
 Bessara (Purée de fèves sèches)
Bessara est un mot arabe qui dérive du mot berbère « abissar » qui signifie
selon Dallet « purée liquide de fèves ou de pois secs (accompagne le couscous)
».32

28
BEN SEDIRA, Belkassem. 1910. Dictionnaire français-arabe de la langue parlée en Algérie. 5e. Alger : A.
Jourdan, 1910. p. 588.

29
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 172.

30
BEN CHENEB, Mohammed. 1922. Mots turcs et persans conservés dans le parler algérien. 1re. Alger : J.
Carbonel, 1922. p. 20.

31
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 270.

32
Dallet, Jean-Marie. 1982. Dictionnaire kabyle-français : parler des At Mangellat, Algérie. 1ere. Paris : SELAF
(Société d'études linguistiques et anthropologiques de France), 1982. p. 54.

51
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

 Msemen (Pate crêpes feuilletées)


Msemen vient de la racine arabe smn qui signifie « beurre fondu ». Le beurre
permet le feuilletage.
 Adess bel bsel (Lentilles aux oignons)
Adess est un terme arabe signifiant « lentilles ».33
Bsel est pluriel de « basla » signifiant « oignon ».34
 Khobbiz (Mauve)
Khobbiz signifie « mauve ».
Le plat se prépare à base de mauve, de légumes et d’herbes (pommes de terre,
navets, coriandre.)
 Slata Arbiya (Hors-d'œuvre)
Slata terme arabe signifiant « salade ».
Salade fraîche et légère, composée de légumes crus finement coupés et
assaisonnés d’huile d’olive et de citron.
 Mchahma (Crêpes farcies à la graisse)
Mchahma ou « khobz chham » désignent des crêpes ou galettes préparées avec de
la graisse animale.
 Melgouta (Semoule aux herbes)
C'est un plat à base de galettes aux herbes aromatiques (filou, zaatar, menthe, etc.).
Ces galettes sont émiettées, mélangées à de l’huile d’olive et saupoudrées de sucre.

5.1.2. Les noms relatifs à la méthode de la préparation de plat


a. La base Berkoukes
Le mot Berkoukes qui est d’origine berbère dérive de la même racine que kesks qui est
le pluriel de kseksuten (couscous), seksek « cribler (nettoyer avec un crible) ».
Kesksu « coscous » skeskes « rouler le couscous ».
Berkukec : (ber, préfixe augmentatif + kukec « couscous » « couscous à gros grain ».35

33
Reig, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1ʳᵉ. Paris : Larousse, 2013. p. 421.

34
Reig, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1ʳᵉ. Paris : Larousse, 2013. p. 47.

35
HADDADOU, Mohand Akli. 2006-2007. Dictionnaire des racines berbères communes. 1re. Alger : Haut
Commissariat à l'Amazighité, 2006-2007. p.192.

52
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Il s’agit de petits plombs préparés à base de grosse semoule, qui servent à la


préparation de plusieurs soupes.
 Berkoukes bel djedj w qwiret tmer (Petits plombs au poulet et boulettes de
dattes)
Tmer c’est le pluriel du « tamra » dattes en français.
b. La base Bouzellouf
De la base Bouzellouf on relève la particule Bu qui « n’est pas d’origine arabe et n’est
pas issus de l’arabe abu, “ père, comme on se l’entend souvent dire », mais c’est une
particule berbère communiquant « la possession ».
On relève la racine zlf qui signifie « griller », et dont le nom Bouzellouf signifie « tête
et pieds de mouton grillés ».36
 Bouzellouf bel mermez (Tête de mouton à l’orge concassée)
Mermez est un mot d’origine arabe signifiant « épis d’orge ».
Les épis d’orge se récoltent avant qu’ils prennent une couleur jaune.
 Bouzellouf marqa (Tête de mouton en sauce)
c. La base Dolma
Dolma qui est un nom d’origine turque, qui signifie « Dolma : Boulettes de viande
hachée mêlée avec du riz, farce, dolma, même sens ».37
 Dolma calamar (Calamars farcis)
 Dolma kromb b’roz (Chou farci au riz)
Kromb est la forme dialectale de « karnab » qui signifie « chou ».38
 Dolma qar’a (Courgettes farcies)
Qar’a est la forme dialectale de « Qaraa » qui signifie « courge » en français. 39
 Dolma sardine (Boulettes de sardines en sauce)

36
DALLET, Jean-Marie. 1982. Dictionnaire kabyle-français : parler des At Mangellat, Algérie. 1re. Paris :
SELAF (Société d'Études Linguistiques et Anthropologiques de France), 1982. p. 943.

37
BEN CHENEB, Mohammed. 1922. Mots turcs et persans conservés dans le parler algérien. 1re. Alger : J.
Carbonel, 1922. p.42.

38
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 579.

39
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p.119.

53
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Sardine est un mot français qui signifie « poisson ».


d. La base Osbane
La base Osbane vient de la racine arabe Ʃsb qui signifie selon Reig « empoigner,
saisi à pleine mains, courber, serrer, panser ».40
 Osbane (Panse farcie)
Le plat Osbane s’agit de panse farcie avec du riz et des tripes de moutons, ensuite
cousu puis cuites dans une sauce rouge.
e. La base sf
Mesfouf ou Seffa est un terme qui dérive de la racine sf et qui désigne « tamiser,
passer au tamis, cribler ».41
 Mesfouf bel foul w ljelbana (Couscous aux petits pois et fèves)
 Mesfouf b’zbib (Couscous sucré aux raisins secs)
Zbib signifie « raisins secs ».42
f. La base Chakchouka
Le nom du plat pourrait provenir de la langue punique : en effet, shakshek se retrouve
en arabe tunisien, berbère et hébreu et veut dire « mélanger ». Le nom du plat en arabe
dialectal du Maghreb serait emprunté au berbère. Il s'agit d'une sorte de ratatouille ou
poêlée de poivrons ou de piments verts ou rouges, tomates, oignons et à laquelle
s'ajoutent à la fin des œufs.
 Chakchouka salq (Omelette aux blettes)
Salq c’est le mot dialectal du « blette »
 Chakchoukat l’gernina (Omelette au chardon des champs)
« Gernina » dont le nom scientifique est Scolymus hispanicus, est une plante
herbacée. Depuis l’Antiquité, elle est connue comme une plante comestible. Il
était utilisé dans d’innombrables recettes traditionnelles à une époque où se
procurer de la nourriture était l’une des choses les plus difficiles.
 Chakchouka bsel b’tomatich (Oignons à la sauce tomate)

40
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p.434.

41
DALLET, Jean-Marie. 1982. Dictionnaire kabyle-français : parler des At Mangellat, Algérie. 1re.
Paris : SELAF (Société d'Études Linguistiques et Anthropologiques de France), 1982. p. 187.

42
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p.267.

54
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

g. La base Matloue
Le nom « Matloue » vient de la racine arabe (ṭ-l-a), qui signifie « monter » ou « s’élever »
évoquant l’action se lever (comme le soleil) fait référence à la levée de la pâte pendant la
fermentation, grâce à la levure naturelle, qui lui donne son volume.
Le Matloue est traditionnellement cuit sur une plaque dans un four en terre
 Matloue (Pain maison)
 Matloue maqli (Pain frit)
h. La base R’fiss
R’fiss vient de la racine rfs qui signifie « piler ».
 R’fiss (Crêpes très minces)
C'est un msemen ou mlwi. Une fois cuit et doré, il est broyé dans un four spécial
jusqu'à ce que les morceaux soient petits afin qu'une cuillère puisse être utilisée
pour le manger. On le fait bouillir et on le tartine de beurre et de miel ou de sucre
fin et on le décore de noix et de raisins secs. On le prépare les jours de l'Aïd el Fitr,
pour les mariages et le matin de la mariée.
 R’fiss bel bsel (Crêpes aux oignons)
Msemen découpé en morceaux, garni d’oignons fondants et servi avec un filet
d’huile d’olive.

Autres

 El berouil (Couscous noir au blé fermenté)


Le nom « el berouil » fait référence à l’idée « transformation lente » dans des
fosses enterrées appelées « matmora », est un couscous rustique à la couleur noir et
gout très prononcé. Dans certaines régions appelé « el mzeyet » ou « mechroub ».
 El medlouq (El medgoug)
El medlouq est un adjectif arabe qui dérive de la racine arabe dq et qui signifie
« battement, concassage, écrasement, moulure ».43 (REIG, 2013 p. 206).
L’appellation de ce plat est liée à l’écrasement de la viande. Par la suite, El
medlouq s’agit d’un plat de viande hachée farcie avec un œuf.
 Mghayez (Galette de semoule)
Le nom fait référence à une action de pétrir, étirer, dans certaines régions
appelé « ftir ou harcha » le terme « mghayez » est spécifique à la région de
Chlef.

43
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 206.

55
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

 Mhadjeb (Carrés de pâte farcis)


Dans ce nom nous relevons la racine d’origine arabe hjb qui veut dire « cacher,
éclipser, empêcher de voir, faire écran ».44 (REIG, 2013 p. 118).
Ce plat est une sorte de crêpes carrés réalisés avec une pâte souple, cette
dernière sera divisée en plusieurs boules, formées en feuilles puis pliées en
trois afin d’obtenir un carré de pâte farci et enfin les cuire dans un plat en terre
ou une fonte préalablement chauffée et légèrement huilée sur un feu de braise
ou feu de gaz.
 Hmiss (Salade de poivrons grillés)
Poivrons et tomates grillés, « ifelfel » en Kabyle.
 Mchawwet (Pain à la semouline)
Un type du pain de la racine arabe chwt qui signifie « griller, rôtir, cuir sur le
gril ».
 Hamdha (: Pain d’orge)
Ce pain d’orge traditionnel est préparé à partir de levure naturelle à base d'une
quantité de farine d'orge, d'eau et de sel. On le laisse fermenter 24 heures pour
atteindre un degré d'acidité qui donne à ce pain traditionnel une saveur
particulière, d'où son nom « aigre »
 Rouina (Blé torréfié et moulu)
Le nom « Rouina » vient du verbe « Rwn » mélanger une poudre avec de l’eau
ou un liquide, mélanger la farine de blé avec l’eau et le sucre avec le miel.
 Cherchem (Soupe aux grains de blé)
Le nom « cherchem » signifie « bouillir » ou « cuire à l’eau ».
5.1.3. Les noms relatifs à la forme du plat
a. La base Bourek
Le mot bourek est d’origine turque, il s’agit d’un met très ancien, son étymologie
renvoie à un mot persan, « bûrak » qui désigne tout mets réalisés avec la pâte «
yufka ».
 Bourek bel batata (Bourak à la pomme de terre)
Le mot batata signifie « pomme de terre ».
b. La base Khbizet
Khbizet de la racine arabe xbz qui veut dire « faire du pain ».45
44
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 118.
45
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 167.

56
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Khbizet est une sorte de galette ou de petits pains, faite à base d’oignons, de viande,
d’épices, et du persil.
 Khbizet l’batata l’mebchoura (Beignets de pomme de terre râpées)
Le mot mebchoura veut dire émiettée, râpée.
c. La base Kwirat
Kwirat de la racine kwr qui signifie « enrouler, mettre en boule, rouler en spirales ». 46
 Kromb kwirat (Boulettes de chou)
Un plat d’une une sorte de boulettes de kromb, assaisonnée et cuites dans une
sauce rouge.

Autres

 Qors l’bayd (Une pincée d’œufs)


Plat d’œufs mélangé avec semoule servi avec du miel.

5.1.4. Les noms relatifs à la texture de plat


a. La base Chorba
La base Chorba est un nom d’origine turque qui signifie « sûrba et sorba. Soupe,
potage ».47
Le mot Chorba pourrait aussi dériver de la racine arabe CRB et qui signifie « boire ».
La chorba est une soupe d'origine turque, très consommée pendant le mois de
ramadhan, elle se prépare à base de légumes, de poissons et de viande (rouge ou
blanche).
 Chorba frik (Soupe au blé vert concassé)
 Chorba bel foul (Soupe aux fèves sèches)
 Chorba lsen-tir (Soupe de langue d’oiseau)
Un type de pates fabriquées à partir de blé ou de semoule, caractérisées par
leur forme de petits grains ressemblant à du riz gonflé ou à des langues plates
d’oiseaux.
b. La base Hrira

46
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 59.
47
BEN CHENEB, Mohammed. 1922. Mots turcs et persans conservés dans le parler algérien. 1re. Alger : J.
Carbonel, 1922. p.53.

57
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

Hrira vient du mot arabe à la forme masculine hrir qui signifie « velours », il s’agit
d’une soupe avec une texture épaisse. Pour Reig Daniel Hrira signifie « potage, soupe,
bouillie ».48
 Hrira (Soupe au blé)
Hrira est une soupe qui se prépare à base de viande, de légumes (carottes,
courgette), d’herbes (thyme sauvage, persil) et un ingrédient principal qui est le
levain (une sorte de pâte qui se prépare la veille, elle est composé de farine, du
citron et du vinaigre), ce dernier rend la soupe onctueuse et veloutée.
c. La base Marqa
 Marqa bel kaboiya (Soupe à la courge)
« Kaboiya » qui est une autre variété de courges.
d. La base Ma’qouda
Dans ce nom on relève la racine arabe Ʃkd, qui signifie « faire épaissir un liquide par
la cuisson ».49
Ce plat est d’ailleurs préparé à base d’une purée de pomme de terre épaisse, d’où le
nom de plat dérive.
 Ma’qouda (Croquettes de pomme de terre)

Autres

 Mbesses b’zaater (Gâteau à la semoule au thym sauvage)

Mbesses vient du verbe besses qui veut dire « asperger » en français.

 Bouftata (Soupe aux petites pâtes)


Il se pourrait que Bouftata désigne Mqatfa dérive de la racine berbère qtf qui
signifie « couper en petits morceaux ».
 Bourebouz (Crêpes en sauce de fèves)
Plat fait avec des melouis traditionnels émiettés ? puis arrosé d’une cause
épaisse à base de févettes, ails, cumin, paprika.
5.1.5. Les noms relatifs à divers choses
a. La base Taam
Taam est un mot arabe qui signifie « aliment, manger, n.m ; mets, nourriture, repas ».50

48
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 124.
49
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 443.
50
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 395.

58
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

 Taam bel gernina (Couscous au chardon d’Espagne)


 Taam bel khlie (Couscous à la viande confite)
Khlie signifie « viande séchée ».
 Taam l’halhel (Couscous à la lavande papillon)
Le mot « Halhel » signifie la plante « Lavande sauvage », fleurs et feuilles
séchées pour mélanger à la semoule et cuit à la vapeur.
b. La base Tbiykha
Tbiykha est un terme arabe qui vient de la racine tbkh signifiant « faire cuire, cuisiner,
faire la cuisine ».51 Et dont le nom complet Tbiykha signifie « plat cuisiné, préparation
culinaire ».
 Tbiykha (Jardinière aux fèves)
5.1.6. Les noms relatifs aux outils de la préparation du plat
a. La base Couscous
Couscous désigne kesksou est un terme d’origine berbère.
« Kseksu « cousous » seksek cribler (nettoyer avec un crible) Kesksesu : « couscous »
skeskes « rouler le couscous », « passoire pour faire cuire le couscous ».52
 Couscous bel djedj mahchi b’smid (Couscous au poulet farci de semoule)
Mahchi veut dire « maamer » plein, farci.
Smid désigne semoule en arabe.
 Couscous bel fliou (Couscous à la menthe pouliot)
 Couscous bel hlib (Couscous au lait)
Hlib signifie « lait »
 Couscous bel hout (Couscous au poisson)
 Couscous bel khodra (Couscous aux légumes)
 Couscous b’zaater (Couscous au thym sauvage)
b. La base Aïch
Aïch ou Berkoukes dans certaines régions.
 Aïch (Petits plombs)
Un plat de Berkoukes en sauce rouge.
 Aïch bel hlib (Petits plombs au lait)
51
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p. 389.
52
HADDADOU, Mohand Akli. 2006-2007. Dictionnaire des racines berbères communes. 1re. Alger : Haut
Commissariat à l'Amazighité, 2006-2007. p.192.

59
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

c. La base Tajine
Un tajine ou tagine un plat de cuisson et de service en terre cuite, sa forme permet une
cuisson lente et homogène.
 Tajine elleba (Pomme de terre aux viande et blé)
Plat composé de morceaux de viande, de pomme de terre, de figues sèches et
d’une petite quantité de blé à la place des pois chiches cuit en tagine de terre.
 Tajine khorchef bel kefta (Cardons aux boulettes)
 Tajine l’djben (Plat à la viande hachée et au fromage)
De la forme dialectale jobn qui signifie « fromage ».53
Ce plat est préparé La base fromage qui est l’ingrédient principale, mélanger
avec de la viande hachée, des œufs et de la chapelure jusqu’à l’obtention d’un
mélange assez léger, le mettre dans un plat au four et laisser cuire et dorer.
 Tajine l’gnin (Lapin en sauce)
Gnin est la forme dialectale de « arnab » signifiant « lapin ».54.
 Tajine l’khokh (Abricots surprises)
Khokh est la forme dialectale de « khawkh » qui signifie « pêche ».55
Pomme de terre rempli sous forme de la pêche.
 Tajine mchimcha bel berqoq (Nèfles farcies aux amandes)
Il se pourrait que Mchimcha figure dans le parler algérien pour désigner «
nèfles ».

Autres

 Kabab (Brochette de viande)


Le terme kebab signifie « grillade », « viande grillée » et désigne différents
plats à base de viande grillée dans de nombreux pays ayant généralement fait
partie des mondes ottoman et perse (dont l'Inde du Nord).
5.2. Analyse statistique
Après avoir réalisé une analyse sémantique des noms propres de plats qui font l’objet de
notre recherche, nous avons constaté que ces derniers se présentaient par séries

53
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p.83.
54
Ben Sedira, Belkassem. 1910. Dictionnaire français-arabe de la langue parlée en Algérie. 5e. Alger : A.
Jourdan, 1910. p.343.

55
REIG, Daniel. 2013. Dictionnaire Arabe Français. 1re. Paris : Larousse, 2013. p.91.

60
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

thématiques, que nous avons illustré sous forme de diagramme circulaire (Figure1) afin
de savoir quelle série a servi le plus pour donner naissance aux différents noms propres de
plats.

4%
4%

10%

38%

16%

28%

Ingrédient principal Méthode de préparation Outils de préparation


Texture Forme Divers

Figure 10 : Pourcentages des noms des plats selon les catégories thématiques

Le diagramme circulaire révèle que les noms propres de plats analysés s’articulent
principalement autour de l’ingrédient principal (38%) et de la méthode de préparation (28%),
ces deux thèmes représentant à eux seuls près des deux tiers des dénominations. La texture
(16%) et la forme (10%) occupent une place secondaire, soulignant l’importance accordée à
l’expérience sensorielle et à l’apparence des plats. En revanche, les outils de préparation et les
critères classés dans la catégorie « Divers » (4% chacun) sont rarement évoqués, suggérant
que ces aspects influencent peu la création des noms. Cette répartition met en lumière une
tendance claire : la création des noms privilégie des références immédiatement identifiables,
comme le composant principal ou la technique culinaire, pour nommer les plats.

5.2.1. Catégorie thématique relative à l’ingrédient composant le plat


La catégorie des noms propres de plats traditionnels de la wilaya de Chlef liés à
l’ingrédient se manifeste dans la première position, elle se distingue par une forte
prédominance des végétaux, avec 14 bases distinctes illustrant la diversité des légumes et
herbes utilisés. Parmi elles, Batata (« pomme de terre ») et Loubiya (« haricot ») se
démarquent avec respectivement 2 et 4 plats (ex. Batata bel fliou, Loubiya Machtou),
tandis que Batendjel (« aubergine ») ou Zroudiya (« carotte ») témoignent de la richesse

61
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

agricole locale. La sous-catégorie viande regroupe 9 bases, incluant Lham (« viande »)


pour 4 plats (ex. Lham lhlou), Sardine pour 3 plats, et des spécialités comme Babouche («
escargot »). Enfin, les céréales, avec 5 bases, s’appuient sur des piliers comme Roz (« riz
») pour 3 plats (ex. Roz bel khodra) ou Tchicha (« bourghoul »). Cette structuration révèle
une tradition culinaire ancrée dans le terroir, où l’ingrédient principal sert de marqueur
identitaire.
5.2.2. Catégorie thématique relative à la méthode de préparation du plat

Cette catégorie de noms propres relatifs à la méthode de préparation est classée en deuxième
position avec trente-huit (38) noms, cette catégorie s’appuie sur des techniques culinaires
spécifiques pour nommer les plats. Les méthodes incluent le grillage (ex. Bouzellouf, tête de
mouton grillée), le farcissure (ex. Dolma, courgettes ou chou farcis),
le criblage (ex. Berkoukes, semoule à gros grains), la cuisson à la vapeur (ex. Mfawwer, fèves
étuvées), la fermentation (ex. Matloue, pâte levée) ou le concassage (ex. R’fiss, msemen
émietté). Ces appellations, ancrées dans des savoir-faire ancestraux, illustrent un héritage
culturel mêlant influences turques, berbères et locales.

5.2.3. Catégorie thématique relative aux outils de préparation du plat

Cette catégorie regroupe 15 noms propres de plats, structurés autour d’ustensiles et méthodes
de cuisson traditionnels. Parmi eux, 6 plats sont liés au couscous (ex. Couscous bel djedj
mahchi b’smid, Couscous bel hlib), préparés dans une passoire spécifique symbolisant la
cuisine berbère. Les 6 plats associés au tajine (ex. Tajine elleba, Tajine l’djben) mettent en
avant ce récipient en terre cuite, central pour les cuissons lentes. Les 2 plats sous la base Aïch
(ex. Aïch bel hlib) et 1 plat sous Kabab (grillade ottomane) illustrent des techniques hybrides,
alliant traditions locales et influences extérieures. Ces 15 noms soulignent le rôle fondamental
des outils dans la dénomination.

5.2.4. Catégorie thématique relative à la texture du plat

La catégorie thématique relative à la texture, partageant la même fréquence que celle liée à la
forme (09 noms), regroupe des plats traditionnels algériens dont les noms évoquent une
caractéristique tactile ou visuelle. Ces appellations s’inspirent du lien entre le plat et sa
consistance :

 Texture hachée : plats à base de viande, poisson ou œufs finement découpés


(ex. Bouftata, lié à la racine berbère qtf « couper »).

62
3 La partie pratique Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef

 Texture mixée : préparations homogènes et épaisses, comme les


soupes Hrira (veloutée) ou Chorba, ou encore Ma’qouda (purée de pommes de terre
compacte).
5.2.5. Catégorie thématique relative à la forme du plat
Cette catégorie de noms relatifs à la forme partage la cinquième position. L'analyse des noms
de plats relatifs à la forme révèle la présence de quatre (4) exemples distincts dans cet extrait.
La base "Bourek" est illustrée par un (1) plat, "Bourek bel batata." De même, la base
"Khbizet" est représentée par un (1) plat, "Khbizet l’batata l’mebchoura." La base "Kwirat" est
également associée à un (1) plat, "Kromb kwirat." Enfin, la catégorie "Autres," regroupant les
plats dont le nom n'indique pas une forme spécifique à travers ces bases, comprend un (1)
exemple, "Qors l’bayd." Ainsi, un total de quatre (4) noms de plats sont identifiés et classés
en fonction de la morphologie suggérée par leur appellation.

5.2.6. Catégorie thématique relative à divers choses

Cette catégorie vient en même position avec la catégorie précédente, puisqu’elle représente un
puisqu’elle ne constitue qu’un très faible effectif dans notre corpus, on a calculé quatre (04)
noms propres l’équivalent. Cette catégorie regroupe des noms relatifs à des éléments variés du
champ culinaire. On y trouve principalement deux bases lexicales : Taam et Tbiykha. Ces
noms sont construits à partir de termes génériques auxquels sont associés des compléments et
qui ne rentrent dans une aucune catégorie précédente.

En conclusion, cette partie sémantique nous a aidés à saisir le sens de l’ensemble des noms de
notre corpus. Ces derniers ont été influencés par divers domaines.

Nous avons remarqué lors de cette étude que la majorité des noms des plats sont en rapport
avec l’ingrédient principal ou la méthode de préparation du plat, ils représentent un nombre
remarquable. Puis, les noms en rapport avec l’outil de préparation avec un nombre non
marginale. Ensuite, les noms en rapport avec la texture représentent un nombre non
négligeable. Enfin, les noms relatifs à la forme et à l’ensemble de diverses choses représentent
un nombre négligeable par rapport les autres catégories thématiques des noms. Lors de ce
classement, nous nous sommes rendu compte que le choix des noms des plats ne fait jamais
au hasard, mais selon des raisons précises.

63
Conclusion générale
4 Conclusion générale

Conclusion générale

Au terme de notre travail de recherche, nous sommes parvenues au résultat que cette étude
morphologique, linguistique et sémantique des appellations de plats traditionnels dans la
wilaya de Chlef. Sur le plan morphologique, l’analyse a montré une nette prédominance du
genre masculin, notamment dans les noms composés. Toutefois, une certaine forme
d’équilibre a été observée au niveau des noms simples. Le singulier domine très largement
dans l’ensemble du corpus, ce qui témoigne d’une tendance à désigner les plats comme des
entités uniques et clairement identifiables. En ce qui concerne la structure des noms, les
composés occupent une place prépondérante, bien plus que les noms simples, avec une
préférence marquée pour les noms composés à deux éléments. Cette régularité dans la
structure reflète une volonté de concision et d’efficacité descriptive dans la nomination des
plats. L’utilisation fréquente de la préposition « be » dans les noms composés confirme
également la présence de schémas de construction typiques de l’arabe dialectal.

Sur le plan linguistique, les résultats montrent une écrasante majorité de noms d’origine arabe
(environ 79,31 %), soulignant la place centrale de cette langue dans l’univers gastronomique
de la région. Des traces d’influences berbères (6,90 %), turques (10,34 %) et françaises (3,45
%) ont également été identifiées, illustrant l’impact des différents épisodes historiques sur la
constitution du lexique culinaire. Ces emprunts, bien que minoritaires, rappellent la richesse
des interactions culturelles qui ont marqué la région. D’un point de vue syntaxique, les noms
relèvent en grande majorité de structures nominales, avec une présence très réduite des
adjectifs, ce qui renforce l’idée d’une nomination orientée vers la désignation directe et
concrète.

L’approche sémantique a permis de dégager quatre grandes catégories motivant le choix des
appellations. La majorité des noms sont en lien avec l’ingrédient principal ou la méthode de
préparation du plat. Viennent ensuite les noms basés sur l’outil de cuisson ou de préparation,
puis ceux fondés sur la texture du plat. Enfin, les noms faisant référence à la forme ou à un
ensemble d’éléments divers restent très minoritaires. Ce classement confirme que les
dénominations ne sont jamais arbitraires, mais qu’elles répondent à des logiques culturelles et
fonctionnelles précises. Le choix des noms reflète donc une manière de penser, de cuisiner, et
de transmettre un savoir-faire à travers la langue.

65
4 Conclusion générale

En définitive, cette recherche met en lumière l’interaction étroite entre langue, culture et
cuisine. Elle montre que chaque appellation culinaire, aussi simple soit-elle, est porteuse de
sens, de mémoire et d’identité.

66
Références bibliographiques
5 Références bibliographiques

Références bibliographiques

Bibliographie
Ouvrages et articles
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69
5 Références bibliographiques

70
Liste de figure :

Figure 1: Pourcentages des noms simples selon le genre.....................................................29


Figure 2 : Pourcentages des noms simples selon le nombre................................................29
Figure 3 : Pourcentages des noms composés selon le genre................................................36
Figure 4 : Pourcentages des noms composés selon le nombre............................................37
Figure 5 : Pourcentages des noms selon leurs genres..........................................................42
Figure 6 : Pourcentages des noms selon leurs nombres.......................................................43
Figure 7 : Pourcentages des noms selon leurs formes..........................................................43
Figure 8 : Pourcentages des noms selon le nombre de composants....................................44
Figure 9 : Pourcentages des noms selon leurs origines linguistiques.................................45
Figure 10 : Pourcentages des noms des plats selon les catégories thématiques.................61

Liste de tableau

Table 1 La transcription phonétiques des noms...................................................................25


Table 2 Les noms simples.......................................................................................................27
Table 3 Origine linguistique des noms simples.....................................................................30
Table 4 Les noms composés à deux composants liés avec la préposition "be"..................33
Table 5 Les noms composés à deux composants sans préposition......................................35
Table 6 Origine linguistique des noms composés à deux composants................................39
Table 7 Les noms composés à trois composants et leurs origines linguistiques................40
Table 8 Les noms composés à quatre composants et leurs origines linguistiques.............41
Table des matières
Table des matières
Introduction générale.............................................................................................................................1
Chapitre 1 : L’onomastique...................................................................................................................6
1. Aperçu historique de l’onomastique.........................................................................................6
2. L’onomastique.............................................................................................................................7
3. Les branches de l’onomastique.................................................................................................8
3.1. L’anthroponymie................................................................................................................9
3.2. La toponymie.....................................................................................................................10
4. Méthode et objectifs de l’onomastique....................................................................................11
4.1. Méthode de l’onomastique...............................................................................................11
4.2. Objectifs de l’onomastique..............................................................................................12
5. L’importance de l’onomastique dans l’art culinaire.............................................................12
Chapitre 2 : Le nom..............................................................................................................................15
1. Le nom.......................................................................................................................................15
1.1. Nom commun....................................................................................................................15
1.2. Nom propre.......................................................................................................................15
2. Nom propre du plat..................................................................................................................17
La partie pratique.................................................................................................................................19
Analyse morphosémantique des noms propres des plats de la wilaya de Chlef.............................19
1. Présentation du corpus.............................................................................................................20
1.1. Recueil du corpus..............................................................................................................20
1.2. Difficultés rencontrées......................................................................................................21
2. L’analyse morphologique.........................................................................................................21
3. La transcription phonétique des noms des plats....................................................................22
4. Classement des noms................................................................................................................25
4.1. Les noms simples..............................................................................................................25
4.2. Les noms composés...........................................................................................................30
5. L’analyse sémantique...............................................................................................................46
5.1. Analyse sémantique des noms propres des plats traditionnels de la wilaya de Chlef 46
5.2. Analyse statistique............................................................................................................61
Conclusion générale..............................................................................................................................66
Références bibliographiques................................................................................................................69
Bibliographie.........................................................................................................................................69

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