Distribution générale UNESCO/ED/177
PARIS, le 17 novembre 1960
Original français
ORGANISATION DES NATIONS UNIES
POUR L'EDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE
CONFERENCE MONDIALE SUR L'EDUCATION DES ADULTES
Montréal (Canada) - 21-31 août 1960
RAPPORT FINAL
RESOLUTIONS
A. Rôle et contenu de l'éducation des adultes
Humanisme et technique dans l'éducation des adultes
L'éducation des adultes, si elle doit fournir une contribution essentielle au perfectionne-
ment professionnel de chaque individu, doit aussi faire une place à la réflexion sur les valeurs
qui s'attachent à la condition humaine et dont le progrès social doit assurer, à chaque époque,
la défense et le triomphe final.
En conséquence, la Conférence recommande qu'il soit fait une place, dans cette forme d'édu-
cation, à de libres discussions s'instituant entre participants de formation ou de milieux
sociaux ou professionnels différents, sur le rôle de la science et de la technique dans l'évolu-
tion de notre société, et sur les conceptions que les hommes doivent se faire de ce rôle pour
assurer le progrès incessant de l’humanité.
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Esprit de l'éducation des adultes
Notre époque exige que l'éducation ait un contenu réaliste et scientifique lié à la vie,
qui contribue à la formation de l'homme moderne, à la connaissance et à l'estime réciproque des
peuples et de leurs valeurs culturelles, au renforcement de la paix dans le monde: le langage
de l'art joue un rôle analogue.
L'accès à l'éducation et à la culture doit se réaliser en dehors de toute discrimination de
race, de sexe, de nationalité et de religion, et contribuer de la sorte à la parfaite égalité
en droits des femmes et des hommes dans tous les secteurs de la vie sociale;
Les organismes compétents, par des programmes et des manuels doivent donc assurer à l'en-
seignement un contenu réaliste et scientifique, une éducation animée d'un humanisme intégral,
qui développe les capacités intellectuelles des citoyens, leur jugement et leur réflexion, leur
sens esthétique et parachève ainsi leur formation morale en tenant compte de toutes les compo-
santes destinées à élever l'individu en tant qu'homme et citoyen qui estime les autres hommes et
leur travail;
Des mesures devraient être prises pour supprimer le déséquilibre existant entre l'éducation
rurale et urbaine;
L'éducation devrait comprendre les grands idéaux de l'humanité et réaliser le respect réci-
proque des peuples, l’estime mutuelle de leurs valeurs culturelles, supprimer la haine de race
et créer le climat favorable à la fraternité des peuples; militer pour la paix dans le monde.
Participation des savants et des artistes
L'Unesco et les Commissions nationales devraient prendre l'initiative dans un délai bref
d'une série de stages d'études, colloques ou tables rondes sur les problèmes de la vulgarisation
de la science et de l'art, avec la collaboration et sous l'inspiration directe des savants émi-
nents et des artistes qui ont une responsabilité particulière dans cette action;
L'Unesco devrait s’adresser à tous les intellectuels et artistes du monde pour leur rappe-
ler les responsabilités qu'ils ont pour l'éducation des adultes.
Aide aux activités de création
Afin de mettre en valeur la capacité de création des adultes, la Conférence demande que
soient stimulées, appuyées et favorisées leurs activités de création dans le domaine de l'art et
de la culture, de la science et de la technique.
Formes traditionnelles d'art populaire
La Conférence,
Reconnaissant l’intérêt que présentent pour l'éducation des adultes les divertissements
traditionnels tels que théâtre, marionnettes, ballet, récitation de ballades, etc., se félicite
des quelques tentatives faites dans certains pays pour utiliser divers genres d'arts dramatiques
pour l'éducation des adultes.
Cependant, la Conférence s’inquiète de la rapidité avec laquelle ces traditions tendent à
se perdre, même dans des sociétés qui étaient naguère encore fières de ce patrimoine culturel.
Elle demande, en conséquence à l'Unesco de procéder sans retard à une enquête spéciale sur ce
qui subsiste notamment dans les pays d'Asie et d'Afrique, des arts dramatiques traditionnels et
des divertissements populaires qui s'y apparentent, afin de déterminer quelles sont, parmi ces
formes d'art, celles qui pourraient répondre aux besoins éducatifs actuels des adultes, et afin
de trouver des moyens pratiques de les incorporer aux programmes d'éducation des adultes et de
développement culturel des pays en question.
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B. Formes et méthodes
Application des sciences sociales au progrès de l'éducation des adultes
Exposé des motifs
C'est un fait que l'adaptation de l'éducation des adultes aux transformations rapides et
complexes de la civilisation est de plus en plus difficile. Il s'ensuit des problèmes nouveaux.
Les besoins culturels des individus et de la société, les aspirations des différents publics de
la ville et de la campagne dans les pays développés ou sous-développés, les effets à court
terme et à long terme de notre action, échappent de plus en plus à l'analyse du praticien de
l'éducation des adultes.
Pour les connaître avec plus de certitude, celui-ci a besoin d’être aidé par la recherche
scientifique. Dans chaque pays l'élévation du niveau de vie a déjà fait l'objet de recherches
importantes qui ont abouti au remarquable progrès économique de ces dernières années.
L'élévation du niveau culturel des sociétés développées ou sous-développées n'est pas moins
importante. Elle pose des problèmes peut-être encore plus compliqués que l'élévation du niveau
de vie matérielle. Afin de les résoudre avec plus d'efficacité, il est souhaitable qu'un vigou-
reux développement de la recherche soit mis au service du progrès culturel de tous les milieux
sociaux.
En conséquence, la Conférence recommande:
1. Que les spécialistes de l'éducation des adultes aient à leur disposition un système
efficace d'information sur les premiers résultats des sciences économiques, sociolo-
giques, psychologiques, pédagogiques qui peuvent les aider à préciser les besoins, les
aspirations, les buts, les programmes, les méthodes, les moyens de leur action.
2. Que dans chaque pays ils suscitent les recherches spécifiques indispensables au progrès
de leur action et, de façon plus générale, nécessaires à une politique et une pédagogie
plus efficace de l'élévation de niveau culturel en fonction des besoins de la personne
et de la société. Qu'ils associent les chercheurs non seulement au contrôle de résul-
tat, mais au progrès complet de leur action.
3. Que dans chaque pays ils contribuent à la création ou au développement d'instituts de
recherche où des économistes, des sociologues, des psychologues et autres spécialistes
de sciences sociales collaborent avec des organisateurs et des praticiens de l'éduca-
tion des adultes dans une recherche pour, sur et par l'action culturelle.
4. Que l'Unesco favorise associations, rencontres ou groupes de travail internationaux
organisés pour le développement des sciences sociales de l'éducation des adultes. Ils
seraient constitués par des spécialistes de la recherche sociologique, économique, psy-
chologique, pédagogique et des spécialistes de l'éducation des adultes. Ils coordonne-
raient les recherches nationales. Ils entreprendraient périodiquement des recherches
comparées sur les problèmes les plus importants pour le développement de l’information
et de la formation des adultes (le loisir et la culture populaire, les processus du
développement de la personnalité du jeune adulte, la coordination de l'action positive
des moyens d'information des masses et des groupements culturels, les relations entre
l'élévation du niveau de vie et l'élévation du niveau culturel, etc. ).
Cinéma, radio, télévision
Etant donné l'influence considérable que les distractions populaires offertes par le ciné-
ma, la radio et la télévision exercent de façon constante sur les adultes du monde entier;
Reconnaissant que ces distractions fournissent un bon moyen de toucher le coeur des hommes,
d'atteindre leur esprit, et de préserver en l’enrichissant le patrimoine artistique et culturel
des communautés;
Considérant l'effet éducatif ou, au contraire, néfaste que les distractions offertes par
les moyens de grande information peuvent avoir sur les membres de sociétés qui accèdent à de
nouvelles conditions économiques et sociales et subissent des crises culturelles;
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La Conférence invite:
1. Les organisations et organismes qui groupent les responsables des moyens de distraction
populaire tels que le cinéma, la radio et la télévision, à examiner comment ils pour-
raient donner effectivement à certains programmes un esprit constructif, et inciter
ainsi le public à mener une vie meilleure, plus riche et plus éclairée;
2. L’Unesco, à prendre des mesures pour mettre les éducateurs et les cadres culturels en
contact amical avec les dirigeants des moyens de distraction populaire et pour facili-
ter l'échange des idées entre les uns et les autres, afin de préparer l'élaboration de
suggestions concrètes visant à la production d'un nouveau genre de programmes récréa-
tifs qui, tout en conservant leur attrait pour le public, enrichirait la pensée et le
mode de vie de l'homme moyen.
C. Organisation et structures
L'éducation des adultes pPartie intégrante de tout système d’éducation
Reconnaissant que l'extension progressive, depuis un siècle, des services d'éducation dont
les enfants et les adolescents bénéficient dans la plupart des pays s'est accompagnée, chez les
adultes, d'une demande croissante d'éducation,
La Conférence invite les gouvernements à considérer l'éducation des adultes non comme un
appendice, mais comme une partie intégrante de leurs systèmes nationaux d'éducation.
La Conférence pose en principe fondamental que l'éducation des adultes fait partie inté-
grante de tout système national d'éducation et lui est organiquement liée. Elle doit en consé-
quence bénéficier dans ce système de l'attention et des ressources économiques qui lui revien-
nent légitimement suivant les besoins du pays considéré.
Parmi les besoins des divers pays, les gouvernements et les Institutions des Nations Unies
doivent considérer en première priorité le développement économique, notamment dans les pays
sous-développés. La Conférence attire l'attention des gouvernements et des Institutions des
Nations Unies sur la nécessité impérieuse d'encourager sans retard les adultes de ces régions à
tirer profit, par leur participation active, des mesures prises pour stimuler le développement
économique. Elle demande instamment aux gouvernements et aux Institutions des Nations Unies de
considérer l’éducation des adultes comme faisant partie du développement général et notamment
économique ainsi que du programme élargi d'assistance technique des Nations Unies.
Planification et ressources de l'éducation des adultes
La Conférence estime que les progrès à réaliser dans ces pays en voie de développement,
notamment en matière d'enseignement, nécessitent la planification intégrale des objectifs et des
programmes, et exigent qu'un organisme représentant l'ensemble de la société oriente, coordonne
et dirige l'exécution de ces programmes. L'institution la plus indiquée pour cette tâche est
indubitablement l'Etat.
Bien que, dans le cas d'Etats démocratiques, il n'y ait lieu de faire à ce sujet aucune
réserve, la Conférence estime que ce problème touche aux traditions éducatives, aux coutumes et
aux habitudes culturelles des différents pays; elle estime toutefois indispensable au succès de
l'entreprise que toutes les ressources soient employées conformément à un plan, dans l’intérêt
général, notamment dans celui des éléments de la population dont le besoin est le plus grand.
Devoirs des gouvernements envers l'éducation des adultes
Tout en reconnaissant que le concours apporté par les gouvernements ‡ l'éducation des
adultes peut avoir un caractère différent selon le degré de développement et les traditions édu-
catives de chaque pays, la Conférence affirme néanmoins que le devoir des gouvernements est de
créer les conditions - financières et administratives - les plus favorables à la poursuite de
l'éducation des adultes.
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Niveau de vie et éducation des adultes
Comme une population ne peut tirer pleinement parti des possibilités d'éducation que si
elle a un niveau de vie convenable, et qu'il est à peu près vain d'élaborer des principes, des
normes et des techniques pédagogiques si l'on ne tient pas compte des conditions de vie fonda-
mentales qui seules permettent de profiter de services éducatifs, la Conférence estime indispen-
sable de compléter toutes les recommandations techniques par une recommandation fondamentale
rappelant que les Etats membres doivent se préoccuper d'assurer aux masses populaires un niveau
de vie minimum.
Soutien de l'action des organisations non gouvernementales
La participation active au travail d'une organisation privée constitue en elle-même une
expérience éducative propre à développer, chez l'individu et au sein de la société, le sens des
responsabilités et l'esprit d'initiative. En conséquence, la Conférence demande aux gouverne-
ments de favoriser le développement des organisations privées, étant donné que, sans la liberté
d'action, les ressources créatrices et l'esprit pragmatique qui devraient caractériser ces orga-
nisations, l'éducation des adultes serait privée d'un élément capital.
Facilités pour participer à l'éducation des adultes
Reconnaissant le droit de tout adulte - homme ou femme - à des possibilités suffisantes
d'éducation générale et professionnelles, la Conférence demande à tous les Etats de prendre des
mesures pour assurer aux adultes ces possibilités, par exemple, en payant les salaires, frais de
voyages et frais de subsistance des intéressés, afin que les membres adultes de n'importe quel
groupe professionnel puissent se libérer pendant une partie de leur temps, ou temporairement de
façon complète, de manière à profiter des services d'éducation professionnelle, civique, sociale
et culturelle offerte par les organismes publics ou privés.
Corps de travailleurs bénévoles
La Conférence recommande à l'Unesco d'envisager la création, sous les auspices des Nations
Unies, d'un Corps de travailleurs bénévoles qui donnerait à tous, sans distinction d’âge, de
nationalité ou de croyance, la possibilité de contribuer pendant un an, par leur travail, à la
lutte mondiale contre la misère, la maladie et l’analphabétisme; ce travail bénévole s'ajoute-
rait aux efforts déployés par certaines organisations non gouvernementales dans leurs chantiers
de volontaires, et fournirait, sous la forme d'une action concrète, un exemple frappant de com-
préhension et de coopération internationales.
Contribution des organisations de jeunes et d’étudiants à l'éducation des adultes
Considérant que l’éducation des adultes n'intéresse pas seulement les organisations
d'adultes, mais concerne aussi les organisations d’étudiants et de jeunesse;
Considérant que de nombreuses organisations internationales de la jeunesse ont prouvé leur
sens des responsabilités et leurs capacités dans le domaine de l'éducation, ainsi que l’attes-
tent les nombreux stages d'études et autres travaux qu'elles ont organisés sur cette question;
Considérant que les organisations d'étudiants et de jeunesse sont en mesure de renforcer l’ac-
tion de l'Unesco dans le domaine de l’éducation des adultes, grâce notamment à la diversité dés
questions que leurs membres étudient, à la conscience qu'ils ont des besoins de leurs compatriotes,
au rôle qu'ils sont appelés à jouer ultérieurement à la tête de leurs pays respectifs, et au fait
qu'ils connaissent des étudiants et des jeunes gens aptes à contribuer à l'action de l'Unesco;
La Conférence recommande que dans l'application de son programme d'éducation des adultes,
l'Unesco fasse appel au concours des étudiants et de la jeunesse et que les organisations non
gouvernementales compétentes soient associées à cette action.
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Langues de travail des futures conférences mondiales
Etant donné le grand nombre et la diversité des Etats membres de l'Unesco représentés à la
Deuxième Conférence mondiale sur l'éducation des adultes, tenue à Montréal (Canada), et en rai-
son des obstacles que des moyens limités de traduction et d'interprétation opposent à la libre
circulation et à l'échange des idées entre les délégués,
La Conférence de Montréal recommande au Conseil exécutif et au Secrétariat de l'Unesco de
prévoir l'emploi aux futures conférences mondiales sur l'éducation des adultes, des quatre
langues de travail des sessions de la Conférence générale et du Conseil exécutif de l'Unesco, et
d'assurer, à toutes les séances de ces conférences à venir, des services d'interprétation suffi-
sants pour permettre la traduction simultanée des langues anglaise, espagnole, française et
russe.
Stages d'études régionaux sur l'éducation des adultes et l'alphabétisation
La Conférence estime indispensable qu'au cours des deux années à venir, l'Unesco organise
en Amérique latine, en Asie et en Afrique, des stages d'études régionaux à l'intention de pays
qui ont des problèmes communs en matière d'éducation des adultes en général et d'alphabétisation
en particulier, de manière à permettre l'étude et l'adoption de solutions pratiques propres à
relever le niveau culturel de ces régions.
Comité permanent de l'éducation des adultes
La Conférence a souligné unanimement l'importance considérablement accrue de l'éducation des
adultes dans un monde en rapide transformation, et l'obligation où se trouvent les gouvernements
de tirer les conséquences pratiques de cette situation. En conséquence, elle recommande à
l'Unesco d'augmenter les crédits consacrés par l'Organisation à l’éducation des adultes dans une
mesure suffisante pour assurer les ressources et le personnel nécessaires pour faire face effi-
cacement aux activités d'éducation des adultes dans lesquelles l'Organisation se trouve engagée.
1. I1 conviendrait de créer dans le cadre de l'Unesco un comité permanent, de composition
déterminée, qui serait chargé de poursuivre en la développant l'action exercée depuis
1949 par le Comité consultatif de l'éducation des adultes.
2. Dans la limite des possibilités fixées par l'Acte constitutif de l'Unesco, le Directeur
général devrait chercher à s'assurer d'abord le concours de personnes ayant notamment
l'expérience:
(a) des activités gouvernementales des Etats membres en matière d ' éducation des
adultes ;
(b) de l'activité des principales institutions d'éducation des adultes (centres d'édu-
cation ouvrière, écoles du soir publiques ou privées, cours péri-universitaires,
collèges populaires avec internat, centres et institutions chargés de produire le
matériel nécessaire au développement de l'éducation des adultes, etc. );
(c) de l'activité des organisations non gouvernementales, autres que celles dont il est
fait mention au paragraphe (b) ci-dessus, qui font preuve dans leurs programmes et
leurs initiatives d'un grand souci d'éducation et par l'entremise desquelles
l'Unesco peut entrer en contact avec les peuples du monde;
(d) de l'activité des organisations nationales ou régionales ayant pour objet d'encou-
rager la coordination des efforts déployés par différentes institutions d’éducation
des adultes.
3. Le Directeur général désirera peut-être inviter d'autres personnes à siéger à ce comité
lorsque que celui-ci devra s'occuper de certains problèmes ou programmes particuliers.
4. Outre le rôle consultatif qu'il jouera auprès de l'Unesco, ce comité devra s'attacher
tout particulièrement à favoriser le développement des communications et des échanges
d'expérience entre les Etats membres et parmi les personnes qui se consacrent profes-
sionnellement à l'éducation des adultes.
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Fonds spécial pour la lutte contre l’analphabétisme*
I1 conviendrait de prendre des mesures pour créer au sein des institutions compétentes des
Nations Unies, notamment de l'Unesco, un fonds spécial alimenté par des contributions addition-
nelles des Etats membres et destiné expressément à l'élimination de l'analphabétisme dans les
pays en voie de développement et nouvellement parvenus à l'indépendance.
* Réserve formulée par une délégation.