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Bloc9 Cours

La méthodologie audio-orale (MAO) a émergé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale pour former des militaires aux langues étrangères, devenant ensuite la méthode officielle d'enseignement des langues. Elle repose sur des fondements théoriques issus du behaviorisme et du structuralisme linguistique, mettant l'accent sur le comportement observable et le conditionnement. Des figures clés comme Pavlov, Watson, Thorndike et Skinner ont influencé cette approche, en démontrant comment les comportements peuvent être conditionnés et modifiés par des stimuli et des renforcements.

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Bloc9 Cours

La méthodologie audio-orale (MAO) a émergé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale pour former des militaires aux langues étrangères, devenant ensuite la méthode officielle d'enseignement des langues. Elle repose sur des fondements théoriques issus du behaviorisme et du structuralisme linguistique, mettant l'accent sur le comportement observable et le conditionnement. Des figures clés comme Pavlov, Watson, Thorndike et Skinner ont influencé cette approche, en démontrant comment les comportements peuvent être conditionnés et modifiés par des stimuli et des renforcements.

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HIST METHODO BLOC 9

La méthodologie audio-orale
(MAO)
Contexte historique de
l’apparition de la MAO
aux États-unis
1 - entrée des États-unis
dans la Seconde Guerre
mondiale après Pearl
Harbor (7 décembre
1941) : nécessité de
former rapidement des
militaires capables de
maîtriser les langues
étrangères, notamment
celles parlées par les
ennemis (le japonais par
exemple).
Lancement par l’armée
américaine d’un vaste
programme – The Army
Specialized Training Program
(ASTP) – destiné à former
rapidement un nombre
suffisant de militaires ayant
une connaissance pratique
des langues parlées sur les
futurs théâtres d’opérations. Lake Forest College

Cet enseignement
commence en avril
Princeton 1943 dans plus
d’une cinquantaine
d’universités.
Ripon College – Avril 1944
Phases de déroulement de ce qui sera par
la suite appelé la « méthode de l’armée »
1

3
4

7
2 – lancement le 4 octobre
1957 par les Russes de
Spoutnik 1, le premier
satellite artificiel de
l’histoire
Pour faire face à ce que les
Américains vivent comme un
véritable traumatisme, un défi
lancé à leur pays, le Sénat vote
en 1959 le National Defense
Education Act (NDEA) (Loi de
Défense Nationale sur
l’Enseignement) qui élève les
sciences et les LVE au rang de
disciplines d’intérêt national.

La MAO expérimentée par l’armée pendant la guerre devient


la méthode officielle d’enseignement/apprentissage des
langues.
Fondements théoriques de la MAO

Cette méthodologie est née de la rencontre de la


psychologie béhavioriste avec le structuralisme
linguistique (distributionnalisme).
LE BEHAVIORISME
Le courant behavioriste apparaît aux États-unis dans les
années 1920 et va dominer toute la psychologie nord-
américaine pendant près de 50 ans.

Le terme « béhaviorisme » est tiré du mot anglais


behavior, qui signifie « comportement ». Le béhaviorisme
représente la psychologie du comportement. Cette notion
renvoie à des manifestations visibles, observables et en
principe mesurables d’un organisme vivant par rapport à
des manifestations invisibles (l’esprit, l’âme, la
conscience) ou à des mécanismes cachés (la rétention, la
compréhension, etc.)
Le behaviorisme veut faire de la psychologie une science
naturelle, au même titre que la biologie, la physique ou la
chimie.
Le fondateur du behaviorisme, John Watson, estime que
les psychologues introspectionnistes ont perdu trop de
temps à étudier l’esprit humain plutôt que le comportement
humain et animal.
Le behaviorisme se propose comme but théorique la
prédiction et le contrôle des comportements humains.
Le behaviorisme trouve ses origines dans la philosophie empiriste,
laquelle repose sur les trois postulats suivants :
- Postulat épistémologique d’unité de la science selon lequel il
n’existe pas de frontière entre les humains et les animaux. Ce
sont les mêmes principes fondamentaux qui jouent chez les uns et
les autres : on trouve chez eux le même type de système nerveux.
Pour appréhender le comportement humain, les behavioristes
emploient les mêmes stratégies et dispositifs que pour comprendre
les animaux ;
- Postulat méthodologique : tout ce qui n’est pas observable soit
être éliminé de l’investigation scientifique : la mémoire, la
motivation, etc. Il y a une centration sur l’observation des
comportements extériorisés : tout doit s’expliquer à l’aide de
mécanismes, de causes et d’effets observables ;
- Postulat anthropologique : la nature humaine est passive et
plastique : elle se moule peu à peu aux contraintes que le milieu
extérieur exerce sur elle. Elle est conditionnée par l’expérience, la
répétition et l’habitude.
Le béhaviorisme ambitionne de faire de l’enseignant un
spécialiste de la modification du comportement en
contexte scolaire. L’enseignement devient une sorte de
science appliquée issue de la psychologie fondamentale
et la pédagogie, une technique dérivée de la science
expérimentale.
Les principales figures du behaviorisme
Yvan Petrovich Pavlov
Physiologiste et médecin russe
(1849-1936)
Physiologiste et médecin russe,
il étudie le système digestif
En 1904, le prix Nobel de physiologie et de médecine lui est
attribué pour ses travaux sur les glandes digestives.
Il étudie les réactions des glandes salivaires à différents aliments. Il
recueille et mesure la salive des chiens à l’aide d’un entonnoir.
En cours de recherche,
Pavlov constate que
plusieurs de ses chiens
commencent à saliver dès
qu’il entre dans le
laboratoire ou dès qu’ils
voient les gens qui ont
l’habitude de les nourrir.
Il décide d’entreprendre
une recherche
systématique pour
découvrir les causes de
cette réaction.
Il conçoit une expérience qui lui permet de mesurer la quantité de
salive produite lorsqu’il associe un stimulus neutre (SN) (son d’une
cloche) avec de la nourriture.
1
AVANT
le conditionnement

Nourriture Salivation

Son de cloche Pas de salivation

Stimulus Réponse Stimulus Pas de


inconditionnel inconditionnelle neutre réponse
(SI) (RI) (SN) conditionnelle
2
PENDANT
le conditionnement

Son de cloche + Nourriture Salivation

Stimulus Stimulus Réponse


conditionnel
(SC) + inconditionnel
(SI)
inconditionnelle
(RI)
3
APRÈS
le conditionnement

Son de cloche Salivation

Stimulus Réponse
conditionnel conditionnelle
(SC) (RC)
• Stimulus neutre (SN) : stimulus externe qui, d’ordinaire, ne
provoque pas de réponse réflexe ou émotionnelle qui
pourrait être conditionnée.

• Stimulus inconditionnel (SI) : stimulus qui provoque un


réflexe ou une réponse émotionnelle sans qu’il y ait eu
d’apprentissage ou de conditionnement.

• Réponse inconditionnelle (RI) : réponse réflexe provoquée


par un stimulus sans qu’il y ait eu d’apprentissage.

• Stimulus conditionné (SC) : stimulus neutre à l’origine qui, à


la suite du pairage répété avec un stimulus inconditionnel,
provoque une réponse conditionnée.

• Réponse conditionnée (RC) : réponse apprise déclenchée


par un stimulus conditionné.
Pavlov a la conviction que les résultats obtenus avec
les animaux peuvent se généraliser à l’être humain.
Les principes du conditionnement répondant sont
utilisés par les publicitaires. (Ils associent des produits
(SN) à des célébrités ou des beautés (SI). Ces individus
déclenchent des réponses favorables (RI) que les
consommateurs associent aux produits annoncés (RC))
John Broadus
Watson
(1878-1958)

Professeur à l’université
Johns Hopkins de 1908 à
1920, il a été le principal
théoricien du behaviorisme.
John Watson accorde une grande importance au travaux de
Pavlov et mène lui-même, avec sa femme Rayner, quelques
travaux sur les conditionnements émotionnels, dont le plus
célèbre a été mené auprès d’Albert, un bébé de 11 mois.
Le petit Albert était un enfant plutôt calme, qui pleurait
rarement. Lorsque Watson et Rayner lui ont donné comme
jouet un rat blanc, il n’a manifesté aucune crainte ; en fait il
semblait ravi.
Watson et Rayner ont décidé de
le conditionner pour lui faire
craindre les rats. Ils lui ont de
nouveau présenté un rat mais,
au moment où l’enfant allait le
prendre, l’un des chercheurs a
donné un violent coup de
marteau sur une barre d’acier,
ce qui a produit un bruit très fort.
Surpris, Albert est tombé à la
renverse sur le matelas sur
lequel il était assis. Les
chercheurs ont répété le même
procédé plusieurs fois. Albert a
alors commencé à pleurer et à
trembler à la vue du rat.
Les expérimentateurs lui
ont finalement tendu un rat
sans émettre de bruit.
Albert est tombé, s’est mis
à pleurer, puis il s’est enfui
à quatre pattes aussi vite
qu’il le pouvait : le rat, qui
avait été un stimulus
neutre puisqu’il ne suscitait
pas de réaction de peur,
était devenu un stimulus
conditionnel déclenchant la
peur.
Des expériences ultérieures ont montré que la peur
qu’éprouvait Albert pour le rat s’était généralisée à d’autres
objets poilus ou velus, y compris les lapins blancs, la ouate,
un masque de père Noël et même les cheveux de John
Watson.
Beaucoup de phobies (peurs excessives et irrationnelles
de certains objets ou de certaines situations) s’assimilent
à des réponses émotionnelles conditionnées.

Watson et Rayner n’ont malheureusement (!) pas eu


l’occasion d’inverser le conditionnement du petit Albert.
Cependant, Watson et Mary Cover y sont parvenus plus
tard auprès d’un enfant de trois ans qui avait la phobie
des lapins. Les deux chercheurs ont éliminé cette peur au
moyen de la technique dite du contre-conditionnement, en
associant un lapin à un stimulus déclenchant des
sensations agréables (un peu de lait et des biscuits)
incompatibles avec la réaction conditionnelle de peur.
Watson accordait un poids déterminant au
conditionnement au détriment de l’hérédité et des autres
facteurs biologiques et sociaux :

“Give me a dozen healthy infants, well-formed, and my


own specified world to bring them up and I’ll guarantee to
take any one at random and train him to become any type
of specialist I might select—doctor, lawyer, merchant-chief,
and yes, even beggar man and thief, regardless of his
talents, penchants, tendencies, abilities, vocations, and
race of his ancestors.” (1930 John B. Watson)
Edward
Lee
Thorndike
(1874-1949)

Il est le premier psychologue à étudier le conditionnement


opérant.
Il rédige une théorie systématique de l’apprentissage.
Son expérience la plus célèbre consistait à placer un chat
dans une « boîte-problème ».
Pour sortir de la
boite, le chat devait
tirer sur une corde
ou appuyer sur un
levier ; alors la
porte s’ouvrait, et le
chat pouvait sortir
et manger la
nourriture placée à
l’extérieur. Au début
le chat procède par
essais et erreurs.

Suite à plusieurs essais, il trouve le moyen d’ouvrir la porte. La


durée des tâtonnements diminue à chaque séance jusqu’à ce
que le chat ouvre la porte au premier coup.
Ces observations conduisent Thorndike à penser que les
réponses suivies de manière répétée par des récompenses
génèrent de la satisfaction, ce qui a pour conséquence de
les renforcer jusqu’au point où les récompenses ne sont
plus systématiquement nécessaires pour produire le
comportement attendu.
Cette idée de satisfaction est à la base de la loi de l’effet
formulée par le chercheur, selon laquelle l’apprentissage
progresse dans la mesure où une réponse donnée est
couronnée de succès, c’est-à-dire satisfaisante.
Deux formes d’effets :

- Renforcement : procédé qui augmente la probabilité de


répétition d’un comportement.
- Punition : procédé qui diminue la probabilité de répétition
d’un comportement.
Thorndike en vient à concevoir l’apprentissage comme le
produit d’une association entre un stimulus (par ex.
situation de captivité dans la boîte) et une réponse
apprise par un organisme animal ou humain (par ex. fait
d’actionner un mécanisme d’ouverture).
Les travaux de ce chercheur marquent l’avènement d’une
psychologie stimulus-réponse de l’apprentissage. Cette
psychologie étudie les stimuli qui suscitent des réponses
comportementales, les récompenses et punitions qui
contribuent à leur maintien, et les modifications du
comportement que l’on obtient en changeant la manière
de distribuer ces récompenses et ces punitions.
Burrhus Frederic

Skinner
(1904–1990)

Il est le premier psychologue qui étudie les effets


systématiques du renforcement. Bien qu’il ait surtout observé
des rats et des pigeons, ses résultats s’appliquent aussi aux
êtres humains.
Skinner représente le
béhaviorisme dans sa
forme la plus radicale. Il
refuse de faire quelque
inférence que ce soit à
propos des états internes
ou au sujet de toute base
non observable des
relations comportementales
qu’il démontre dans son
laboratoire.
Une de ses expérience classique, consiste à placer un rat dans
une boite où se trouve un levier relié à un distributeur de
nourriture (un appareil de son invention qui reçut le nom de
boîte de Skinner). Chaque fois que le rat appuyait sur le levier,
il recevait un morceau de nourriture. A l’aide de ce montage
rudimentaire, Skinner a démontré les principes du
conditionnement opérant.
Avec le conditionnement opérant, Skinner met en
évidence le fait qu’un agent quelconque
(chercheur, enseignant, entraîneur, parent, etc.)
peut organiser des contingences de
renforcement de manière à accroître la
probabilité d’apparition de réponses opérantes
devant un ou plusieurs stimuli.
Selon Skinner, les contingences impliquent au
moins trois termes : le stimulus, la réponse et le
renforcement.
LES INVENTIONS DE SKINNER
1. Sa « couveuse » pour enfants
En 1945, Skinner avait
choqué le public d’un
magazine féminin, le Ladies
Home Journal, en décrivant
comment sa femme et lui
avait élevé leur fille dans une
sorte de couveuse, appelée
« air crib » que le chercheur
cherchera ensuite à
commercialiser sous le nom
de « heir conditionner »
(littéralement, le « condi-
tionneur à héritiers » !)
Le principe de cette invention
était de permettre à l’enfant, au
cours des 2 premières années
de sa vie, de se mouvoir
librement, sans la gêne pouvant
être occasionnée par le port de
couches (remplacées par des
feuilles de type Sopalin que les
parents disposaient sous
l’enfant), dans un espace clos,
contrôlé thermiquement et
garanti sans microbes. Les
parents avaient la possibilité
d’abaisser un rideau lorsque le
bébé était prêt à dormir.
L’invention visait à simplifier la
surveillance parentale et à
garantir une meilleure sécurité
pour l’enfant.
Très critiquée à l’époque pour son aspect déshumanisant, cette
invention n’a pas rencontré le succès escompté par son inventeur.
De telles applications du behaviorisme sont à mettre en relation
avec un ouvrage comme Brave New World (1932) de Aldous
Huxley, présentant une société déshumanisée où les enfants sont
conditionnés, notamment pour occuper des positions sociales
subalternes.
Afin de les transformer en des travailleurs dociles
n’ayant aucun intérêt en dehors de leur travail, les
enfants reçoivent des décharges électriques en
présence d’objets interdits comme des livres ou des
bouquets de fleurs.
2. L’ENSEIGNEMENT PROGRAMMÉ
ET LES MACHINES A ENSEIGNER
Skinner estime qu’un seul enseignant responsable d’une
classe de 20 à 30 élèves n’est pas en mesure de
respecter, dans ses interactions avec ceux-ci, les principes
pédagogiques qu’il a déduit des lois béhavioristes de
l’apprentissage.
Le nombre de renforcements que chaque élève peut
attendre du maître est en effet relativement limité.
C’est pour remédier à cette impossibilité qu’il a l’idée d’un
enseignement davantage individualisé dans lequel chaque
élève a droit à des tâches d’apprentissage sur mesure
respectant ses capacités out en lui assurant des
rétroactions et des renforcements immédiats.
C’est ce qui va le conduire à mettre au point des machines
à enseigner et l’enseignement programmé.
La première machine à enseigner, la Drum Tutor, a été créée en
1924, par Sidney Pressey
Il s’agissait d’une machine à
enseigner qui offrait un
contrôle individuel sur des
enseignements, elle assurait
une participation active de
l’apprenant et proposait une
correction immédiate sur les
apprentissages.

Cela permettait aux étudiants de travailler à leur propre rythme et de


connaître leur progression de manière objective, et enfin d’accéder à
des connaissances sans l’intervention directe d’un enseignant. En
créant cette machine, Pressey visait l’auto-instruction comme moyen
d’apprentissage et de révision des acquis. Dans un article dans la
revue School and Society en 1932, Pressey prédit une véritable
révolution dans la manière d’apprendre grâce à ces machines.
Skinner, quant à lui, créée sa première machine à enseigner en
1953. ce premier prototype, appelé « machine arithmétique »
propose aux élèves des problèmes de mathématiques selon un
ordre aléatoire et procure une rétroaction immédiatement après la
résolution de chaque cas.

L'élève se voit présenter une


situation d'apprentissage
comportant un exercice qui
exige de l'apprenant une
réponse construite en
manipulant une série de
curseurs mis à sa disposition.

Une fois la réponse construite, l'élève valide celle-ci en tournant une


manivelle qui permettra le passage à la situation suivante et
entraînera l'émission d'une sonnerie lorsque la réponse proposée est
correcte. Par contre, en cas de réponse erronée, la manivelle reste
bloquée et l'élève est invité à recomposer sa réponse pour pouvoir
progresser.
Par la suite, Skinner envisage
la mise au point d'une machine
plus simple dans laquelle
l'évaluation de la qualité de la
réponse est prise en charge
par l'élève lui-même. Ce
dispositif ne comporte pas de
clavier, l'élève écrit sa réponse
sur un rouleau de papier à
travers la fenêtre aménagée à
cet effet.
Une fois la réponse inscrite, la pression sur le levier entraîne le
rouleau de papier et fait glisser la réponse en dessous d'un
cache transparent. Parallèlement, dans la fenêtre ayant servi à
présenter la situation d'apprentissage, la réponse exacte
apparaît de sorte que l'élève puisse évaluer sa réponse en la
comparant à la réponse correcte qui lui est proposée.
Les machines à enseigner présentent pour Skinner un
certain nombre d’avantages. Citons en 4 :

- Elles permettent de respecter le rythme d’apprentissage


de chaque élève de la classe ;
- Elles fournissent des rétroactions (la sonnerie qui informe
l'élève que sa réponse est correcte) et des renforcements
immédiats à la suite des performance des élèves ;
- Elles permettent d’organiser hiérarchiquement et de
sérier les contenus d’apprentissage ;
- Elles représentent un attrait pour l’élève qui est rendu
acteur de son apprentissage.
Ces premières machines à enseigner peuvent être
considérées comme les ancêtres de nos ordinateurs
actuels.
Dans le domaine de la didactique des langues, les
laboratoires participent également de cette volonté
d’autonomiser l’apprentissage.
LA LINGUISTIQUE
DISTRIBUTIONNELLE
Leonard Bloomfield est à
l’origine d’un courant linguistique
appelé « distributionnalisme ».
Son approche mécanique de la
linguistique doit être située dans
l’Amérique du début du XXe
siècle où linguistes et
anthropologies décrivaient le
fonctionnement des langues
amérindiennes d’un point de vue
formel : seule la structure
(linguistique structurale) de la
langue est étudiée, pas le sens. Leonard Bloomfield
(1887-1949)
Le distributionnalisme tire son nom de la distribution des
unités que l’on étudie. La distribution des unités
correspond à l’ensemble des environnements dans
lesquels on rencontre l’unité considérée.
La méthode distributionnelle commence donc par
recueillir des données. L’ensemble de ces données
constitue le corpus. L’analyse des données de ce corpus
donne lieu à un listage de classes distributionnelles. La
grammaire est ainsi construite de manière empirique et
inductive : à partir des faits, des données du corpus, on
dresse des listes distributionnelles et on propose des
généralisations.
L’analyse distributionnelle considère la
langue dans ses deux axes :

Sur cet axe, la manipulation linguistique de base est la


substitution ou commutation.
Sur cet axe, la manipulation linguistique de base
consiste à passer d’une structure à une autre : c’est la
transformation.
Dans la MAO, les exercices structuraux portent sur les
structures introduites dans les deux manipulations de
base effectuées par les linguistes :
- Sur l’axe paradigmatique, la substitution : les élèves
doivent réemployer une structure en proposant de
nouvelles variations paridigmatiques. C’est le principe
des exercices à trous ou « pattern drills » ;
- Sur l’axe syntagmatique, la transformation : les élèves
doivent, à partir d’une structure, proposer de nouvelles
variations syntagmatiques. C’est le principe des
phrases à transformer (passer de la forme énonciative
aux formes interrogatives, négatives ; faire une seule
phrase avec deux phrases en introduisant une
subordination ou une coordination, etc.)
L’application
du behaviorisme et du distributionnalisme
à l’enseignement des langues :
les principes
de la méthode audio-orale
1. Le langage est un « comportement » ; un comportement
ne peut être acquis qu’en incitant l’élève à se comporter,
c’est-à-dire à pratiquer le langage ;

2. La forme orale est prédominante ;

3. La méthode doit conduire l’élève à produire des


comportements de langage qui soient les plus proches
possible de situations réelles, ou qui stimulent le plus
possible des situation réelles : d’où l’utilisation de dialogues ;

4. L’apprentissage d’une langue est un processus mécanique


de formation d’automatismes. Les exercices proposés à
l’élève doivent renforcer systématiquement les mécanismes
fondamentaux de la langue, et ceci de manière intensive : les
mécanismes à acquérir doivent faire l’objet d’un
« surapprentissage » (overlearning) ;
5. Au cœur de cette approche, les exercices structuraux sont
proposés essentiellement à l’oral sous la forme de répétitions
intensives de phrases-modèles aux fins de mémorisation
ainsi que de manipulations intensives de structures aux fins
d’automatisation ;

6. Le laboratoire de langues devient dans la MAO l’auxiliaire


privilégié de la répétition intensive : l’enregistrement permet
de reproduire exactement le schéma behavioriste stimulus-
réponse-renforcement : il donne l’amorce/le modèle
(stimulus) que l’élève transforme (réponse). L’enregistrement
lui donne aussitôt la réponse correcte (renforcement) qu’il
répète ;
7. Cette acquisition de mécanismes est plus efficace si
l’élève est conduit à produire des réponses exactes, par
imitation et par vérification immédiate de ses productions.
L’utilisation de « modèles » (imitation) ne vise pas à
communiquer des règles de langage, mais à faciliter la
production par l’élève de comportements linguistiques
corrects susceptibles d’être automatisés : le langage ne
s’acquiert pas en faisant des fautes ;

8. Apprendre une langue n’est pas une activité intellectuelle :


ce n’est pas « apprendre quelque chose » mais «
apprendre à faire quelque chose ». Une fois acquis, un
mécanisme peut être généralisé par des changements
minimaux dans la structure acquise : on peut alors amorcer
une généralisation grammaticale sans énoncer de règles,
mais en se contentant de décrire ce que l’élève fait à travers
les productions effectivement réalisées ;
Les critiques formulées contre la MAO
et ses fondements théoriques
1. Le behaviorisme réfuté par les cognitivistes

Les critiques contre le béhaviorisme seront portées par les


cognitivistes à partir du début des années 1950.
Les sciences cognitives (linguistique, psychologie cognitive,
philosophie, etc.) s’intéressent précisément au contenu de
cette « boîte noire » que les béhavioristes refusent de
prendre en compte. L’éclosion du cognitivisme marque la
réintroduction dans le champ d’investigation des
psychologues de concepts tels que les représentations, les
états et processus mentaux, les croyances, les intentions,
etc.
Les cognitivistes considèrent que l’être humain appréhende
le monde de manière active plutôt que passive en vue de s’y
adapter.
Skinner trouvera un contradicteur de taille en la personne de
Chomsky (1959). Cet affrontement est celui d’un
béhavioriste et empiriste contre un cognitiviste et innéiste.
Pour Chomsky, Skinner ne parvient pas à expliquer le
langage, car il ne peut rendre compte de sa flexibilité et de
sa créativité. Une fonction complexe comme le langage est
caractérisée par la plasticité, c’est-à-dire par le fait qu’il
puisse y avoir plusieurs manières de répondre à un même
stimulus. Pour Chomsky, il est faux de dire que le
comportement est déterminé par le stimulus.
Alors que dans le behaviorisme, la personne est écartée de
la gestion de ses propres conduites et n’apparaît pas pouvoir
d’elle-même produire des réponses nouvelles, inédites, avec
le cognitivisme, réapparaît l’idée d’autorégulation. On
reconnaît aux individus la capacité d’agir sur leurs propres
conduites et même de prévoir celles à venir.
Les critiques contre le behaviorisme proviennent également
de la psychologie génétique. Nombre d’études démontrent
que le conditionnement ne dépend pas seulement de
l’association de stimuli et de réponses, mais aussi, en partie,
de la manière dont un organisme est génétiquement
prédisposé. Ces prédispositions génétiques constituent des
contraintes biologiques pour l’apprentissage.
2. La MAO : une méthodologie peu stimulante
aux résultats contestés

- Méthode jugée répétitive, mécanique et ennuyeuse ;


- Absence d’initiatives laissées aux apprenants ;
- Absence de créativité, d’authenticité ;
- Difficulté à transférer hors de la classe ce qui a été
appris en classe.
Les bons résultats de la « Méthode de l’armée » sont
davantage à rechercher du côté des conditions
d’enseignement/apprentissage très favorables que dans la
méthodologie elle-même :
- Les militaires-étudiants avaient été présélectionnés
(niveau universitaire + test de QI + prédispositions pour les
langues) ;
- Ils étaient très motivés par la confiance qui leur était faite
et surtout par la certitude d’avoir très vite à utiliser
effectivement leurs connaissances ;
- Ils pouvaient se consacrer exclusivement à un
apprentissage intensif en groupes restreints (10 étudiants)
et homogènes.

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