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Evaluation Du Risque de Crédit Des PME Au Maroc: (Cas de Finéa-Groupe CDG)

Le document est un projet de fin d'études sur l'évaluation du risque de crédit des PME au Maroc, en se concentrant sur le cas de Finéa - Groupe CDG. Il aborde l'importance des PME dans l'économie marocaine, les défis qu'elles rencontrent en matière de financement, et les méthodes d'évaluation du risque de crédit. L'étude vise à proposer des outils pour mieux évaluer et anticiper les défaillances potentielles des PME.

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Evaluation Du Risque de Crédit Des PME Au Maroc: (Cas de Finéa-Groupe CDG)

Le document est un projet de fin d'études sur l'évaluation du risque de crédit des PME au Maroc, en se concentrant sur le cas de Finéa - Groupe CDG. Il aborde l'importance des PME dans l'économie marocaine, les défis qu'elles rencontrent en matière de financement, et les méthodes d'évaluation du risque de crédit. L'étude vise à proposer des outils pour mieux évaluer et anticiper les défaillances potentielles des PME.

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Projet de fin d’études

Pour l’obtention du diplôme universitaire de Technologie de l’EST Meknès

Evaluation du risque de crédit des


PME au Maroc
(Cas de Finéa- Groupe CDG)

AMINE ROUGUI

ILYASS TALEB

MOUAD LAOUAM

Filière: Techniques de Management

Encadrante pédagogique : Pr. JIHANE JAOUAD

Année Universitaire : 2023 / 2024

1
REMERCIEMENTS

Avant d’entamer la rédaction du ça présent rapport dans le cadre de nous projet de fin
d’études, il parait indispensable du commencer tout d’abord par des rеmеrciеmеnts, à toutes
les personnes qui nous ont soutenu durant cette période, ainsi qu’à tous ceux qui ont
contribué dû près ou dû loin à la rédaction du cе rapport.

Nous tenons, en premier lieu, à rеmеrciеr sincèrement Madame JIHANE JAOUAD, notre
professeur encadrante pédagogique à L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE TECHNOLOGIE de
Meknès pour son aide, sa supervision et son еncadrеmеnt et ses remarques durant la période
de la nôtre rédaction de ce projet de fin d’études.

Nous réservons une gratitude particulière et une reconnaissance à Monsieur le directeur de


L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE TECHNOLOGIE de Meknès pour son soutien moral et son
encouragement, ainsi qu'à l'ensemble des professeurs qui, grâce à leurs compétences, leurs
précieux conseils et leur organisation de l'enseignement, nous ont permis d'atteindre ce
niveau.

Еt bien sûr, tous nous rеmеrciеmеnts pour les corps professoral et le staff administratif dе
L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE TECHNOLOGIE de Meknès qui nous ont accompagné
durant tout nous cursus formation.

2
SOMMAIRE :

Introduction ____________________________________________________________________________________ 6

Partie I : PME marocaine et le risque de crédit_______________________________________________________ 8


Chapitre 1 : La PME marocaine__________________________________________________________________ 8
Section 1 : Histoire et Définitions de PME_________________________________________________________ 8
Section 2 : Difficultés à l’évolution de la PME______________________________________________________12

Section 3 : Financement des PME au Maroc________________________________________________________14

Chapitre 2 : Le risque du crédit des PME____________________________________________________________16

Section 1 : Le concept du risque de crédit__________________________________________________________16

Section 2 : Les facteurs macro-économique a l'origine________________________________________________ 19

Section 3 : Les facteurs manageriels, organisationnels et stratégiques explicatifs du risque de crédit____________22

Chapitre 3 : La gestion du risque de crédit chez les PME_______________________________________________ 24

Section 1 : La gestion du risque de crédit__________________________________________________________ 24

Section 2 : Evaluation du risque de crédit_________________________________________________________ 24


Section 3 : Evaluation du risque de crédit des PME_________________________________________________ 27
Partie II : Financement des PME et l’évaluation de leur risque de crédit (étude de cas: Finéa- Groupe CDG) ___ 29

Chapitre 1 : Processus de financement des PME et Facteurs de rejet______________________________________ 29


Section 1 : Méthodologie de Travail_____________________________________________________________ 29

Section 2 : Présentation de FINEA_______________________________________________________________ 31

Section 3 : Processus de financement_____________________________________________________________ 35

Section 4 : Rejet de la Demande de Financement____________________________________________________ 41

Chapitre 2 : Procédure d’analyse du risque de crédit (Etude de cas) _______________________________________43

Section 1 : Dispositif d’analyse du risque de crédit__________________________________________________ 43

Section 2 : Analyse du risque de crédit : Diagnostic Financier et Notation interne__________________________ 50

Section 3 : Méthodologie d’analyse du risque de Finea: Apports et limites________________________________ 68

Conclusion générale______________________________________________________________________________72

3
Liste des Abréviations :

PME : Petites et Moyennes Entreprises

ANPME : Agence Nationale pour la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises

BFR : Besoin en fonds de roulement

CAF : Capacité d’autofinancement

CDVM : Conseil déontologique des valeurs mobilières

CGEM : Confédération Générale Des Entreprises Du Maroc

OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques

PAS : Plan d’ajustement structurel

OMPIC: Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale

NIST : National Institute of Standards and Technology

ISO : Organisation internationale de normalisation

OMC : Organisation mondiale du commerce

4
Liste des Tableaux :
Tableau 1 : Evolution de la définition de la PME au Maroc ……………………………………….. 10
Tableau 2 : Liste des cautions administratives …………………….……………………………….. 34
Tableau 3 : Prise de connaissance de l’affaire ……………………..……………………………….. 36
Tableau 4 : Les indicateurs fondamentaux à la note du profil financier ..………………………….. 47
Tableau 5 : Tableau des alertes ……………………………………………………….…………….. 49
Tableau 6 : Prise de connaissance entreprise A …………………………………………………….. 50
Tableau 7 : CPC de l’entreprise A ………………………………………………………………….. 52
Tableau 8 : Bilan Entreprise A …………………………………………………..………………….. 55
Tableau 9 : Indicateurs de la situation Financière Entreprise A …………………………………….. 57
Tableau 10 : Prise de connaissance de l’entreprise B ……………………………………………….. 58
Tableau 11 : CPC entreprise B ……………………………………………………………..……….. 60
Tableau 12 : Bilan de l’entreprise B …………………………………………..…………………….. 64
Tableau 13 : Indicateurs de la situation Financière de l’entreprise B ……………………………….. 66

Liste des Figures :


Figure 1 : typologie des entreprises …………………………………………………………………. 10
Figure 2 : Contribution des PME à la Valeur Ajoutée ………………………………………...…….. 11
Figure 4 : Schéma fonctionnel du modèle de politique monétaire ………………………………….. 21
Figure 5 : Les soldes intermédiaires de gestion …………………….……………………………….. 38
Figure 6 : Contribution de SIGMAE à la performance de la société ……………………………….. 44
Figure 7 : Score Conan et Holder et le niveau du risque ……………………………..…………….. 45
Figure 8 : Processus de la note profil financier …………………………………………………….. 48
Figure 9 : Extrait de la décision de crédit précédente ……………………………..……………….. 51
Figure 10 : Indicateurs de l’activité entreprise A ………………………………………………….. 53
Figure 11 : Indicateurs d’exploitation Entreprise A ……………………………………………….. 54
Figure 12 : Extrait de la décision de crédit précédente ……………………………...…………….. 60
Figure 13 : Indicateurs de l’activité de l’entreprise B …………………………………………….. 62
Figure 14 : Indicateurs d’exploitation Entreprise B ………………………………………..…….. 63

Liste des Graphiques :


Graphique 1 : Répartition des PME par secteur d’activité économique ………………………….. 12
Graphique 2 : Inflation et inflation sous-jacente ……………………………………………….….. 19
Graphique 3 : Causes internes de la faillite ……………………………………………………….. 22
Graphique 4 : Répartition des prêts par côte de crédit ……………………...…………………….. 49
Graphique 5 : Evolution du BFR, FDR et TN …………………………………………………….. 58
Graphique 6 : Evolution BFR , FDR et TN ……………………………………………………….. 67
5
Introduction Générale
La PME s’est positionnée comme une locomotive du développement et de l'emploi, elle
joue un rôle de plus en plus important dans le processus de développement. Au Maroc, les PME
représentent 99 % du tissu économique national, 31 % des exportations, 51 % des
investissements privés et plus de 60 % des salariés du secteur privé sont employés par ces
entreprises.

Si les PME sont l'avenir du Maroc, force est de reconnaître qu'elles vivent dans un
environnement économique particulièrement hostile. Cela est vrai dans bien des domaines, mais
particulièrement dans le domaine de financement. Malgré leur importance dans le tissu
économique marocain, beaucoup d'obstacles freinent l’évolution de ces entreprises qui
constituent le noyau de notre économie.

Pour accéder au financement, les PME font recours au financement externe, l’endettement
reste la source de financement la plus privilégiée par ces entreprises petites ou moyennes de
taille. Par contre les institutions financières sont très prudentes en matière d’octroi de crédit à
cette catégorie d’entreprises, qui présentent un risque de crédit spécifique et élevé.

Les PME défaillantes ou en difficulté ne cesse d’accroître ce qui décourage les


établissements financiers à accepter toute demande de financement.

Une telle situation incite à s’interroger sur les causes possibles de défaillance et sur les outils et
techniques permettant de l’évaluer.

D’après les règles du comité de Bâle, toute institution financière est dans l’obligation de
développer son système d’évaluation du risque de crédit, afin de mieux prévoir la probabilité
de perte.

Le diagnostic financier, la notation, sont toutes des méthodes qui permettent de prédire la
vulnérabilité éventuelle d’une entreprise sur la base des données financières et des méthodes
statistiques. Mis à part la prédiction, l’étude du risque de crédit s’inscrit aussi dans une approche
préventive, celle-ci consiste à prévoir le risque avant son apparition en comprenant les causes
de son apparition liées bien à l’entreprise qu’à son environnement.

 Problématique
Il arrive parfois qu’il y ait une confusion entre la notion de la défaillance et celle de défaut
en raison de la diversité des études menées dans ce sens, et pour la façon dont chacun des auteurs
et des chercheurs l’ont définies.

6
En fait l’évaluation du risque de crédit ou de défaut de paiement consiste à détecter à
l’avance l’incapacité possible d’une entreprise à respecter ses engagements financiers c’est-à-
dire ses dettes, et la défaillance désigne l’ensemble des difficultés financières auxquelles
l’entreprise doit faire face qui sont signalées par son défaut de paiement ;

De ce fait, nous comprenons que l’évaluation du processus de détection du risque de défaut


vient bien avant la défaillance de l’ensemble.

Quant à notre étude, elle va traiter principalement le risque de défaut chez les PME d’une manière
particulière, sans pour autant négliger la notion de défaillance. L’évaluation de ce risque passe par tout
un processus de prise de connaissance de l’entreprise concernée et allant jusqu’à l’évaluation de sa santé
financière. L’ensemble des ratios calculés pour cette fin et leurs interprétations donne une idée générale
stipulant que l’entreprise peut être notée comme en difficulté de paiement essentiellement pour ses
résultats négatifs ou son BFR important.

Nous nous posons donc des questions telles que : Une entreprise est-elle défaillante pour
ce dont témoignent ses états financiers ? l’évaluation du risque est-elle basée
principalement sur les facteurs financiers ou bien elle traite aussi les facteurs qualitatifs

? En fait l’évaluation du risque de défaut sera biaisée si sa base est l’analyse de la situation
financière, car l’analyse s’articulera autour des chiffres d’une année qui peut être
exceptionnelle. Donc il s’avère nécessaire d’inclure tous les éléments y compris ceux qualitatifs,
dans la procédure d’évaluation du risque de crédit. Une autre question se pose sur les techniques
et outils permettant cette évaluation.

Ainsi, la problématique de notre travail de recherche à laquelle nous espérons répondre se


compose comme suit, Comment peut-on évaluer le risque de crédit des PME ? et quelles
sont les outils permettant son évaluation ?

Enfin, les objectifs de cette étude sont :


- L’évaluation du risque de crédit des PME par le biais des outils.
- Prévoir une défaillance possible d’une PME sur la base des facteurs qualitatifs et quantitatifs.

- Renforcer le système de notation interne de la société à travers des recommandations Visant


l’améliorer.

Ceci permet au département des risques de mieux faire face au risque de défaut en renforçant
ses dispositifs de management des risques et aux PME de bien régler leurs défaillances à
l’avance et établir leurs orientations stratégiques afin d’éviter la situation difficile de ne pas
pouvoir rembourser leurs engagements.

7
Partie I : PME marocaine : Financement des marchés publics et le risque
de crédit

Les PME représentent la majorité écrasante du tissu économique marocain leur souci principal
est celui de survie et de pérennité ; Pour y remédier les PME recourent au financement qu’il soit
interne ou externe. Le point d’accès au financement est une difficulté majeure pour ces
entreprises, afin de les aider les établissements financiers leur propose des solutions en leur
accordant du financement. Ces entreprises présentent souvent un risque de défaut élevé par
rapport aux autres types d’entreprises (notamment les grandes), ceci est du à plusieurs facteurs.
Cette distinction entre les entreprises défaillantes et celles saines est faite à travers différentes
méthodes et techniques d’évaluation du risque de crédit

Chapitre 1 : La PME marocaine


Section 1 : Histoire et définitions de PME

A. Evolution historique de la notion de la PME dans les pays développés :

Tous les pays ont progressivement pris conscience de l’importance que jouent les PME dans le
développement, à travers leur contribution à la croissance économique, à la cohésion sociale, à
l’emploi et au développement local. Parmi les grands pays, les Etats-Unis ont été les premiers à
concevoir une politique globale de promotion des PME avec le « Small Business Act » de 1953
et la création de la « Small Business Administration », première agence indépendante du
gouvernement fédéral, dont la mission consiste à aider, conseiller, assister et veiller sur les
intérêts des PME. A leur suite, de nombreux pays, notamment en Europe, ont eux aussi adopté
des politiques particulières de soutien aux PME, comprenant des mesures d’assistance et la mise
en place d’institutions dédiées à cette catégorie d’entreprises. Pour leur part, les institutions
financières internationales ont reconnu l’importance de la contribution des PME à la croissance
économique et ont accordé, depuis plusieurs décennies, des prêts ou d’autres concours
financiers pour favoriser le développement de ce type entreprises. Ces financements ont été
notamment consentis sous forme de lignes de crédit à des banques ou à des établissements
spécialisés. A l’instar de ce qui s’est passé dans les pays développés, le concept de PME a
beaucoup évolué dans les pays en voie de développement, étend l’occurrence, au Maroc

8
Les définitions de la PME au Maroc :

En raison de leur taille réduite et de leur fragilité, plusieurs textes ont cherché à encourager les
PME, en effet cette dernière a vu sa définition évoluer en fonction des dispositions contenues
dans ces textes, parmi lesquels nous citons la procédure simplifiée accélérée de 1972, le code
des investissements de 1983 -avant lequel il n’y avait aucune définition légale de la PME- et le
FOGAM (fonds de garantie pour la mise à niveau pour les PME).

Selon l’article 3 du code des investissements, la définition qui a été donnée à la PME est la
suivante : « l’entreprise dont les investissements à la création ou à l’extension ne dépassent pas
5 000 000 DH et dont la valeur en biens d’équipement par emploi stable ne dépasse pas70 000
DH » cette définition insiste sur le coût par emploi et ne tient pas compte du nombre des emplois
créés lui-même. Par ailleurs, la définition donnée par la sous-commission PME- PMI répond à
une approche « multi-critères », et rattache la définition de ce type d’entreprise à la disposition
des caractéristiques suivantes :

 Moins de 200 employés permanents.


 Moins de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires.
 Total du bilan annuel inférieur à 40 millions de dirhams,
 Coût de l’investissement de l’ordre de 75 000 dirhams par emploi,
 Aucune participation d’un groupe dans le capital de la PME.

La PME qui stipule dans son premier article que les -entreprises nouvellement créées sont
amenées à engager un programme d’investissement initial global inférieur à 25 millions de
dirhams- l’ANPME vient avec une nouvelle définition qui se base essentiellement sur un critère
unique qui n’est que le chiffre d’affaires en négligeant ainsi l’effectif de l’entreprise. D’après
cette définition, la typologie des PME prend l’ordre suivant :

• La très petite entreprise : moins de 3 millions de dhs.


• La petite entreprise : entre 3 et 10 millions de dhs.
• La moyenne entreprise : entre 10 et 175 millions de dhs

Pour récapituler nous allons citer toutes les définitions qui ont marqué le développement des
PME au Maroc pour mieux cerner et assimiler l’évolution de la définition de la PME Marocaine.

9
Tableau 1 : Evolution de la définition de la PME au Maroc

SOURCE: Eclairage sur la situation des PME au Maroc TILFANI 2011

B. Importance de la PME dans l’économie

La création des PME contribue au renforcement du tissu économique selon les besoins du pays,
elles sont présentes dans tous les secteurs d’activité économique à savoir l'industrie, l'artisanat
et le BTP, les commerces et enfin les services qui englobent le tourisme, les communications,
le transport, les services financiers. Sur le plan économique, les petites et moyennes entreprises
contribuent à la création d’emploi et au développement des ressources nationales, d’une autre
part, sur le plan social elles contribuent à la diminution du taux de chômage en employant un
effectif très important de salariés. Sur la base des données recueillies de L’OMPIC, nous
pouvons esquisser l’image de la PME comme suit, en terme de de nombre d’entreprises, le poids
de la PME représente 99% du tissu productif national.

Figure 1 : Typologie des entreprises

SOURCE: Inforisk ([Link] )

10
La valeur ajoutée :

La PME participe dans la création de la valeur ajoutée à hauteur de 21% selon une étude du
ministère des finances basée sur les résultats de l’enquête de la direction de la statistique,
cependant cette étude revenant à l’année 2000 ne reflète pas la contribution réelle actuelle de ce
type d’entreprise dans la valeur ajoutée car nous estimons que le nombre de PME a augmenté
durant cette période. De ce fait nous constatons que la visibilité sur le comportement et les
performances des PME au Maroc est très limitée en raison de la faiblesse du dispositif statistique
actuel. De plus, la représentativité des données disponibles auprès de l’OMPIC restent faibles
et ne représentent que 40% de la réalité. Par ailleurs, Voici un graphique publié sur le site
internet « inforisk » spécialiste du renseignement légal, juridique et financier sur les sociétés
marocaines, algériennes et tunisiennes, et qui représente la valeur ajoutée créée par taille
d’entreprise :

Figure 2 : Contribution des PME à la Valeur Ajoutée

SOURCE: INFORISK

En ce qui concerne les industries manufacturières, les PME participent à la création de la Valeur
Ajoutée à hauteur de 41.68% versus 58.32% pour les Grandes entreprises. Pour le secteur de
BTP, les PME sont majoritaires avec un pourcentage qui dépasse les 60%. Pourtant, les PME
ne représentent que 22 % du secteur de transports et communications, les grandes entreprises
viennent donc en tête et couvrent jusqu’à 77.77% de la valeur ajoutée. Ensuite, pour
l’agriculture et l’immobilier nous remarquons que les PME sont en tête avec plus de 70%
dépassant ainsi les grandes entreprises.

11
Répartition par secteur :

Comme nous avons cité précédemment, les PME sont d’une forte présence dans l’économie
marocaine, en terme de nombre d’entreprises, les PME se répartissent en fonction du secteur
d’activité économique.

Graphique 1 : Répartition des PME par secteur d’activité économique

SOURCE: INFORISK

Représentant selon la Confédération de la PME-TPE, 99% du tissu économique et occupant


plus de 50% des salariés du secteur privé, la part des PME dans les exportations marocaines et
les investissements privés nationaux se situe respectivement autour de 31 % et 51 %. Alors
qu'elles constituent plus de 90 % du tissu industriel et contribuent à environ 40 % de la
production, les PME, qui ne participent, en revanche, qu'à hauteur de 10 % à la valeur ajoutée,
constituent un facteur déterminant de la croissance économique du Maroc au cours des années
à venir. Celles-ci sont, en outre, essentielles dans la problématique de l'emploi, et ce d'autant
plus que le taux de chômage au Royaume demeure élevé.

Section 2 : Difficultés à l’évolution de la PME

Pour faire face aux obstacles qui se dressent devant la croissance des PME au Maroc, le
gouvernement marocain ne cesse de déployer les efforts pour les encourager et les promouvoir
notamment les différents programmes et instances pour la mise à niveau de ce type
d’entreprises. Ces initiatives restent inefficaces pour de nombreuses raisons parmi lesquelles
nous citons que les instances de promotion existantes manquent de moyens voire même de
professionnalisme, le manque de communication par rapport aux actions menées, l’inexistence
d’une instance gouvernementale de coordination et de suivi de la PME ce qui fait comme
conséquence l’absence d’un schéma directeur regroupant toutes les mesures. Par ailleurs, nous
pouvons classer les facteurs qui entravent le développement des PME au Maroc en deux
catégories à savoir des facteurs internes et d’autres externes ;
12
A. Facteurs internes :

La fragilité de leurs structures : les PME demeurant surreprésentées dans les défaillances
d’entreprises, en fait les diverses études ont montré que les défaillances d’entreprises de petite
taille au Maroc s’expliquent par plusieurs facteurs notamment la dégradation de la situation
financière.

Manque de moyens techniques et financiers : la non disponibilité des moyens techniques et


financiers est une contrainte pour les PME et un élément de blocage de leur croissance, parmi
les besoins divers de ces entreprises nous distinguons les besoins en capitaux d’investissement
liés en premier lieu aux ressources à long et moyen terme, et ceux liés au financement du fonds
de roulement faisant référence aux ressources à court terme.

Manque d’encadrement de formation et de compétences : En fait, l’accompagnement RH


est devenu un besoin de première nécessité pour une PME notamment dans un environnement
d’innovation obligeant les entreprises à s’adapter à ce contexte. Cependant, les obstacles qui
empêchent les PME de grandir sont liés aux difficultés de recrutement et au développement
continu des compétences-clés au sein de l’entreprise. Parmi lesquels nous citons : l’absence
d’application des pratiques et procédures en GRH, manque d’expertise en GRH, le dirigeant
lui-même porte la casquette de Responsable RH, le manque d’engagement et d’implication des
salariés.

B. Facteurs externes :

Difficulté d’accès aux marchés publics : les PME sont généralement moins informées sur les
procédures d’appels d’offres faute du manque de supports de communication et de la complexité
de ces procédures elles-mêmes. Alors que les acheteurs publics souhaitent de leur côté mieux
intégrer les PME à la commande publique, ces entreprises se trouvent face à nombreux freins
qui les empêchent de mieux cerner les besoins des acheteurs publics et de bien maîtriser les
procédures d’appel d’offres qu’elles trouvent souvent trop compliquées.

Difficultés d’accéder aux financements : Selon la majorité des analystes, toutes les PME ont
fait face dans les premières années de leurs vies à un besoin de financement, elles se trouvent
devant la difficulté de trouver un financement adéquat et suffisant pour les accompagner dans le
processus de leur développement. en fait, la croissance faible des PME est dû principalement
aux difficultés de ces entreprises à obtenir un financement dans la phase de développement
(Pissarides, 1999 ; Becchetti et Trovato, 2002 ; Oliviera et Fortunato, 2006 ; Krasnique, 2007).

13
La problématique liée à l’accès au financement est très intéressante, elle rend l’évolution des
PME plus difficile. Les banques et les investisseurs sont souvent plus prudents dans un contexte
de manque de liquidité surtout qu’il s’agit de prendre un risque en finançant des PME soit en
phase de création ou d’expansion.

Section 3 : Financement des PME au Maroc

Les PME au Maroc souffrent d’un accès au financement limité qui contraint leur émergence
et leur développement. L’accès aux financements reste médiocre, en raison du risque de défaut
important associé aux PME et de l’insuffisance des instruments financiers existants. Les petits
entrepreneurs au Maroc sont rarement en mesure de satisfaire aux conditions fixées par les
institutions financières.

A. Accès au financement pour les PME :

La réussite d’une entreprise ne dépend pas uniquement de son capital humain, de la qualité et
du prix des produits et/ou services qu’elles offrent à la clientèle, mais aussi de la capacité de
l’entreprise à mobiliser des financements adéquats aux besoins d’exploitation et
d’investissement. L’accès au financement externe est l’un des principaux moyens de
développement et de croissance des PME qui leur permet d’alléger leurs trésoreries en
satisfaisant leurs besoins en fonds de roulement et qui complète les sources de financement
internes notamment les apports des associés. Durant son cycle de vie, les entreprises expriment
souvent des besoins en financement qui leur permettra de maintenir leur survie et de développer
leur activité, dans ce sens nous distinguons deux types de besoins de financement :

Besoins de financement liés au cycle d’investissement : D’abord, l’investissement constitue


un élément clé pour le développement d’une entreprise. C’est l’acquisition d’un nouveau moyen
de production, ou placement des capitaux dans une entreprise ou activité économique, en vue
d’accroître son rendement et d’assurer sa survie. Cet investissement nécessite des ressources
financières importantes et stables.

Besoins de financement liés au cycle d’exploitation : Le cycle d’exploitation est l’ensemble


des opérations qui s’enchaînent dans une entreprise. Cela commence généralement par
l’approvisionnement puis la fabrication et enfin la commercialisation. Les PME ont besoin de
financer leur exploitation courante. Le cycle d’exploitation varie d’une PME à une autre en
fonction de son secteur d’activité.

14
B. Moyens de financement :

1- Moyens de financement interne des PME :

Afin de financer ses besoins en fonds de roulement ou autres, toute entreprise peut faire appel
à ses propres capitaux notamment les apports des associés ou dirigeants. Plusieurs modes peuvent
être cités :

L’autofinancement : C’est la capacité de l’entreprise à financer son activité et ses


investissements et ceci à travers ses propres moyens financiers.

Cession d’immobilisations : Ce sont des éléments à caractère exceptionnels. En effet, dans le


but de se financer, les PME peuvent choisir de céder quelques immobilisations. Ces cessions
peuvent résulter d'un renouvellement d'immobilisations (investissements de renouvellement) ou
d’une stratégie de recentrage. Il s’agit du désengagement d’une activité considérée comme non
prioritaire, de manière à se recentrer sur son cœur d’activité.

Le recours aux associés : c’est le mode de financement le plus courant pour les entreprises, .
Il peut être présenté sous deux formes essentielles : L'augmentation du capital, La décision
d'augmenter le capital est prise par les associés réunis en assemblée générale extraordinaire
(AGE), ou les apports en comptes courants associés qui se présentent comme une alternative
des apports en numéraire versés directement dans le capital de la société.

2- Moyens de financement externe des PME :

a. Financement par endettement (crédit bancaire) :

Les crédits bancaires restent la source de financement externe principale des PME. Ces
financements pourraient prendre des formes variées allant des lignes de crédits aux prêts à long
terme. Les crédits bail sont utilisés pour faciliter les problèmes de financement et améliorer
l’autofinancement de la PME

b. Le financement par crédit-bail :

Un contrat de crédit-bail est un contrat de location où le bailleur par le biais d’une promesse de
vente, donne la possibilité au locataire en fin de contrat de devenir propriétaire du bien.

Tant que cette option d’achat n’est pas exercée, le bailleur reste propriétaire du bien. Les
contrats de crédit-bail peuvent financer des biens immobiliers ainsi que divers équipements.

15
Chapitre 2 : Le risque du crédit des PME
Section 1 : Le concept du risque de crédit

A. La notion de risque :

Il est nécessaire au préalable de préciser les différentes significations du risque au sein des
différents domaines. En effet, ce recensement des définitions cernera les domaines des sciences
économiques, de la gestion et en finance. Généralement le risque est défini comme la possibilité
qu’un événement négatif -difficile à anticiper- se produise en impliquant des effets néfastes
pour ceux qui le supportent. En économie, Les événements futurs ne peuvent être prévus à
l’avance car il est impossible, ou trop coûteux, de les anticiper. Les contrats ne pouvant prévoir
les conditions applicables à toutes les éventualités futures, un risque apparaît (Kharoubi et
Thomas, 2016) ;

D’après eux, le risque traduit une probabilité statistique qu’un événement ayant des
conséquences négatives se réalise. Ce risque lui-même n’a pas de nature, mais renvoie à
l’événement auquel il est associé. Selon Bernard et al. (2002).

Le risque en économie est un état pour lequel la probabilité qu’un résultat contraire à un objectif
souhaité dans une organisation donnée survient. Ce risque peut éventuellement être lié à
plusieurs facteurs liés au changement de l’environnement externe de l’entreprise. En finance, le
risque a été défini comme étant une relation entre une organisation (ou une personne physique)
et un actif (ou revenu) qui peut être détériorée ou perdue définitivement. Cette définition a été
modélisée par Vaughan (1997) Le risque : un modèle conceptuel d’intégration. CIRANO, 2002.
Et il faut noter aussi que le risque en finance est composé par trois éléments, le premier est le
revenu ou l’actif dont la dégradation (ou la perte totale/partielle) peut causer une perte
financière, le deuxième est l’organisation concernée (ou un individu), et le dernier est esquissé
en un changement à même de causer cette perte. Le changement ici est perçu comme associé à
une source financière. Si nous nous concentrons principalement sur le domaine bancaire, le
risque est considéré par le comité de Bâle d’après (Kharoubi et Thomas, 2016) comme étant la
combinaison de deux éléments principaux : une perte éventuelle et un aléa. Si cet aléa ne porte
que sur un ou des événements positifs, il n’est pas considéré comme un risque si c’est le
contraire la perte est certaine et puis il ne s’agira plus d’un risque.

16
B. La notion de risque de crédit :

Pour le comité de Bâle, le risque de crédit ou de contrepartie est défini comme étant le risque
de non remboursement associé à un prêt accordé par une banque. En général, à travers cette
approche, on fait référence à deux dimensions pour le risque de crédit (Bruyère, 2004 ; Roncalli)

 La dégradation de la qualité du crédit (downgrading risk) : si la perception de la qualité


de l’emprunteur se détériore (migration d’une classe de risque à une autre), la prime de
risque sur cet emprunteur s’accroit en conséquence et la valeur de marché de cette dette
diminue ;

 Le risque de défaut (default risk) est le risque de pertes consécutives au défaut d’un
emprunteur sur un engagement de remboursement de dettes contractées auprès d’un
établissement bancaire.

 De manière proche, l’agence Moody’s retient la définition suivante du risque de défaut:


« tout manquement ou tout retard sur le paiement du principal et/ou des intérêts ». Le
défaut est constaté selon l’un des trois critères suivants (Desmich, 2007) :

 L’existence de doutes sur la capacité de l’emprunteur à rembourser ses engagements ;

 La constitution de provisions spécifiques, abandons de créances,


restructurations ;

 L’existence d’impayés constatés.

Ce risque de défaut correspond à l’incertitude associée à la capacité d’un emprunteur à honorer


ses dettes et à satisfaire ses obligations contractuelles. Compte tenu de la difficulté de distinguer
les entreprises qui feront défaut de celles qui ne le feront pas, il est seulement possible de
calculer des probabilités de défaut. Sur ce plan, le défaut est un événement rare dont la
probabilité d’occurrence est sensée être évaluée par la classe de rating (note financière) à
laquelle l’emprunteur appartient (Gatfaoui, 2008). La perte supportée par un prêteur ou encore
par une contrepartie en cas de défaut est généralement définie par les termes particuliers du
contrat, c’est-à dire par la nature des classes d’obligations contractuelles qui y figurent,
notamment le remboursement du capital emprunté et le paiement des intérêts de la dette.

Si l'on fait abstraction des problèmes de dette de marché, dans l’accord de Bâle II (article 414
d’avril 2003), un défaut de la part d’un débiteur surgit lorsque l’un ou les deux événements
suivants se réalisent :

17
1. « La banque estime improbable que le débiteur rembourse en totalité son crédit au
groupe bancaire sans qu’elle ait besoin de prendre des mesures appropriées telles que la
réalisation d’une garantie (si elle existe).

2. L’arriéré du débiteur sur un crédit important dû au groupe bancaire dépasse 90 jours.


Les découverts sont considérés comme des créances échues dès que le client a dépassé
une limite autorisée ou qu’il a été averti qu’il disposait d’une limite inférieure à
l’encours actuel »

Une autre manière d’aborder le sujet est de considérer que le risque de crédit est constitué de
plusieurs éléments (cf. parties suivantes) qui peuvent se décomposer en deux groupes
principaux : le risque indépendant et le risque de portefeuille.

Le risque indépendant est constitué des éléments suivants :

- La probabilité de défaut (c'est-à-dire la probabilité que l’emprunteur se trouve dans


l’impossibilité d’honorer ses engagements contractuels et de rembourser ses créances) ;

- La perte subie ou taux de recouvrement étant donné le défaut (c'est- à-dire la perte
résultante en cas de défaut de l’emprunteur, ou encore le coût du défaut par rapport au
montant exposé) ;

- Le risque de migration ou de dégradation (c'est-à-dire la probabilité d’occurrence


d’événements de défaut et l’impact de la variation de cette dernière suite au changement
de la situation financière de l’emprunteur et le passage d’une classe de risque à une
autre).

Au-delà de ces risques individuels, le risque de portefeuille se compose de deux éléments qui
sont :

- Les corrélations entre les défauts (soit le degré de dépendance/indépendance des risques
de défaut des emprunteurs au sein du même portefeuille)

- L’exposition au risque de défaut (c'est-à-dire la taille du portefeuille exposé au risque


de défaut des emprunteurs). Ce dernier point peut être considéré comme un risque de
marché, non diversifiable.

18
C. Les enjeux de risque de crédit :

Les petites et moyennes entreprises (PME) peuvent faire face à divers enjeux en matière de
risque de crédit, qui sont des préoccupations liées à la capacité d'une entreprise à rembourser
ses dettes. Les principaux enjeux de risque de crédit :

⦁ Manque d'historique de crédit : Les nouvelles entreprises ou celles qui n'ont pas un
historique de crédit bien établi peuvent avoir du mal à obtenir un financement. Les prêteurs
évaluent souvent la capacité de remboursement en se basant sur les antécédents de crédit, et
l'absence de ce dernier peut être perçue comme un risque plus élevé.

⦁ Sensibilité économique : Les PME sont souvent plus sensibles aux fluctuations économiques.
Des conditions économiques défavorables peuvent entraîner une baisse des revenus et une
capacité réduite à rembourser les prêts, augmentant ainsi le risque de défaut de paiement.

⦁ Dépendance à des clients spécifiques : Si une PME dépend fortement d'un petit nombre de
clients, la perte d'un client clé peut avoir un impact significatif sur ses revenus et sa capacité à
rembourser les dettes.

⦁ Gestion financière inefficace : Une mauvaise gestion financière, telle qu'une gestion
inadéquate de la trésorerie, peut entraîner des difficultés à honorer les échéances de
remboursement. Les prêteurs peuvent considérer cela comme un signe de risque accru.

⦁ Taux d'intérêt élevés : Les PME, en particulier celles considérées comme plus risquées,
peuvent se voir offrir des taux d'intérêt plus élevés. Cela peut augmenter le coût global du crédit
et rendre les remboursements plus difficiles.

⦁ Garanties personnelles : Les prêteurs peuvent exiger des garanties personnelles des
propriétaires d'entreprise, ce qui signifie que leurs biens personnels pourraient être utilisés pour
rembourser les dettes de l'entreprise en cas de défaut.

⦁ Incapacité à anticiper les besoins de financement : Les PME peuvent être confrontées à
des difficultés si elles ne parviennent pas à anticiper correctement leurs besoins de financement.
Cela peut conduire à un endettement excessif ou à des retards dans le remboursement.

Pour atténuer ces enjeux, les PME doivent mettre en place une gestion financière efficace,
diversifier leur clientèle, maintenir de bonnes relations avec les prêteurs et être proactives dans
la gestion de leur crédit. Il est également essentiel de comprendre les termes et conditions des
prêts avant de les accepter.

19
Section 2 : Les facteurs macro-économique a l'origine

A. Les facteurs macro-économiques :

Les principaux facteurs macro-économiques qui peuvent contribuer au risque de crédit des PME
au Maroc sont les suivants :

⦁ La croissance économique : une croissance économique faible ou négative peut entraîner une
baisse de la demande des produits et services des PME, ce qui peut augmenter leur risque de
défaillance.

⦁ L'inflation : une inflation élevée peut réduire la rentabilité des PME, ce qui peut également
augmenter leur risque de défaillance.

Graphique 2 : Inflation et inflation sous-jacente

SOURCE: HCP

⦁ Les taux d'intérêt : des taux d'intérêt élevés peuvent rendre plus coûteux pour les PME de
rembourser leurs emprunts, ce qui peut augmenter leur risque de défaillance.

⦁ La politique monétaire : est un outil utilisé par les banques centrales pour influencer
l'économie. Les banques centrales utilisent généralement deux instruments principaux pour
mener leur politique monétaire : les taux d'intérêt et la quantité de monnaie en circulation

Figure 3 : Le Mécanisme D'une Politique Monétaire restrictive

SOURCE: [Link] (Bank Al-Maghrib)

20
Par exemple, une récession économique peut entraîner une baisse de la demande des produits
et services des PME, ce qui peut les obliger à réduire leurs coûts ou à licencier des employés.
Cela peut réduire la rentabilité des PME et augmenter leur risque de défaillance.

De même, une inflation élevée peut réduire la rentabilité des PME, car elle peut augmenter les
coûts des intrants, tels que les matières premières ou la main-d'œuvre. Cela peut également
réduire la capacité des PME à rembourser leurs emprunts.

Un taux de chômage élevé peut également affecter le risque de crédit des PME, car il peut
réduire la demande de main-d'œuvre. Cela peut entraîner une baisse des revenus des PME, ce
qui peut augmenter leur risque de défaillance.

Enfin, des taux d'intérêt élevés peuvent rendre plus coûteux pour les PME de rembourser leurs
emprunts. Cela peut augmenter le risque de défaillance des PME qui ont des difficultés
financières.

Les banques marocaines prennent en compte les facteurs macro-économiques lors de


l'évaluation du risque de crédit des PME.

Elles peuvent également utiliser des garanties de crédit pour réduire leur exposition au risque de
crédit.

Figure 4 : Schéma fonctionnel du modèle de politique monétaire

SOURCE: [Link] (Bank Al-Maghrib)

21
Section 3 : Les facteurs managériaux organisationnelle stratégique explicatif
de risque de crédit :

Difficulté managériale d’une entreprise sont principalement liée à des facteurs comme suite :

A. L’incompétence du dirigeant :

Selon une étude réalisée par Perry et Pendelton en 1983, environ 90% des faillites des PME
enregistrées sont dues à un manque de connaissances générales et/ou de compétences du
propriétaire-dirigeant ou de l’équipe dirigeante.

Un dirigeant expérimenté, doté d'une vision claire et de compétences managériales solides, peut
minimiser les risques et maximiser les chances de succès.

B. Les erreurs de gestion et le management inefficace :

Les problèmes de gestion sont souvent chroniques et reflètent généralement un manque de


connaissances, de flexibilité et une incapacité d’adaptation (St-Pierre, 2004). D’autres facteurs
en relation avec la gestion sont également cités : l’absence d’un système d’information
structuré, la maitrise des coûts, des délais et de la qualité (Louart, 1996),La mise en place d'un
système de contrôle interne efficace permet de surveiller les activités de l'entreprise et
d'identifier les risques potentiels, Des contrôles internes défaillants peuvent exposer l'entreprise
à des fraudes, des erreurs et des gaspillages

Graphique 3 : Causes internes de la faillite

SOURCE: [Link]

71% de ces entreprises ont fait faillite à cause d’une mauvaise planification financière.

A cet égard, elles sont aux prises avec trois problèmes principaux : le déséquilibrer de la
structure de capital, l’incapacité de gérer le fonds de roulement et la sous-capitalisation
22
C. Les facteurs liés à la stratégie de l’entreprise :

L’entreprise choisit la stratégie qui lui permet de réaliser ses objectifs. Cette stratégie concerne
les aspects financiers et humains, la politique de produit, etc. En revanche, les choix de
l’entreprise peuvent mettre en péril sa pérennité s’ils ne sont pas compatibles avec l’évolution
de son environnement.

1- La faiblesse des débouchés et les erreurs d’anticipation de la demande :

La faiblesse des débouchés et les erreurs d'anticipation de la demande constituent des facteurs
importants de risque de crédit pour les PME. Des mesures d'atténuation du risque peuvent être
mises en place par les entreprises et les institutions financières pour limiter les impacts négatifs.

Il est important de noter que l'impact de ces facteurs peut varier d'une PME à l'autre en fonction
de son secteur d'activité, de sa taille et de sa maturité.

2- L’environnement concurrentiel :

La première cause de défaillance est relative à la concurrence au sein du secteur. Les facteurs
régulièrement mentionnés sont : la puissance de la lutte entre concurrents, la modification du
paysage concurrentiel (mondialisation par exemple), la concentration géographique
L’intégration verticale ou horizontale de certains concurrents (Boulet, 2003), les défaillances
en cascade (Jaminon, 1986; Blazy et Combier, 1995 ; Blazy, 2000), en particulier dans les
secteurs fortement intégrés au sein desquels les relations avec les autres composantes de la
chaînes de valeur industrielles sont trop étroites.

La deuxième cause est liée à l’entrée sur le marché de nouveaux compétiteurs (St-Pierre, 2004)
détenant une technologie concurrente innovante, une main d’oeuvre moins chère, offrant des
produits de meilleure qualité, etc.

La troisième cause de défaillance fait référence au pouvoir de négociation des fournisseurs.

La quatrième cause, relative au pouvoir de négociation des clients, les auteurs retiennent : une
baisse générale de la demande (Malécot, 1981, Blazy et Combier 1997), la défaillance en chaîne
des clients (Jaminon, 1986; Blazy et Combier, 1995 ; Blazy, 2000)

La cinquième et dernière cause de défaillance est relative aux difficultés de l’entreprise à


s’adapter à l’apparition des produits de substitution.

23
Chapitre 3 : La gestion du risque de crédit chez les PME
Section 1 : La gestion du risque de crédit

A. Définition de la gestion du risque :

Les stratégies de gestion des risques sont les tactiques mises en œuvre pour appréhender ces
risques et comprendre leurs conséquences potentielles. Elles doivent faire partie de votre plan
de gestion des risques, qui est un processus documenté décrivant les méthodes qu'utilise votre
entreprise ou votre équipe pour identifier les risques émergents et y remédier, la gestion des
risques dans l'entreprise est un volet important de votre stratégie métier et de vos relations avec
les parties prenantes. Elle vous aide en effet à éviter les situations qui peuvent entraver la
réalisation des objectifs de votre entreprise.

Dans de nombreux secteurs, les activités de l'entreprise sont soumises à des exigences de
conformité. Plusieurs organismes ont donc défini des normes de gestion des risques, notamment
le NIST et l'ISO.

B. La gestion du risque de crédit :

Le risque est inhérent à toute activité humaine, notamment lorsqu'on fait des affaires. Dans les
métiers de la banque, le risque est un élément que l'on vit au quotidien. En effet l'activité
principale de la banque étant de distribuer du crédit, le risque de non remboursement est
omniprésent.

Le crédit est une opération récurrente surtout dans notre environnement ou la liquidité est
presque chose inexistante chez les clients (entreprise, particulier). En effet, ceux-ci ont toujours
des besoins à satisfaire comme le financement de leur exploitation ; de leur consommation le
paiement des salaires et impôts…

Par conséquent la relation banque client s'exprime mieux dans les facilités c'est pourquoi la
banque doit fixer des limites pour contrecarrer les excès et le défaut pouvant survenir durant la
relation. En général, le principal défaut supporté par la banque est le risque de crédit qu'il doit
circonscrire par une bonne définition et une bonne analyse à fin d'en avoir une mesure assez
correcte lorsqu'elle prête aux PME.

Section 2 : Evaluation du risque de crédit

D’abord, il est évident qu’une entreprise évalue le risque de ne pas pouvoir honorer ses
engagements financiers. Maintenant il reste à savoir comment procéder à l’évaluation de ce
risque de défaut est-ce qualitativement ou bien quantitativement ?
24
En effet, il est primordial de mesurer la probabilité que la détresse financière d’une entreprise
peut générer un accident de crédit (Kharoubi et Thomas 2016).

En se référant aux études menées et à la littérature bancaire, nous nous trouvons devant deux
catégories de méthodologies, des méthodes qualitatives qui reposent essentiellement sur les
jugements des professionnels et experts à l’aide des informations diffusées par les institutions
financières relatives à la nature de l’activité de l’entreprise et à son risque financier.

Les notations fournies par les agences de notation et les notations internes elles-mêmes sont des
méthodes qualitatives. De l’autre part, il y a les méthodes quantitatives celles-ci reposent sur
l’exploitation des données financières et non financières et le recensement des critères sui
différencient les entreprises saines de celles défaillantes. Généralement, les méthodes
qualitatives sont consacrées aux entreprises de grande taille tandis que le suivi des PME est
consolidé par les méthodes quantitatives.

Cette distinction est due au fait que les PME ne sont pas cotées sur les marchés financiers donc
elles ne sont pas au cœur de l’intérêt des agences spéciales de notation. Les études sur la
thématique d’évaluation du risque de crédit des entreprises de nos jours constituent un champ
large (Altman 1968 ; Leshno et Spector 1996) cependant celles dédiées au risque de crédit chez
les PME sont 48 vraiment d’un nombre très limité voire inexistantes (faute de publication).

Nous allons tout d’abord parler de la notion du scoring comme première méthode d’évaluation
quantitative, ensuite nous allons aussi voir les indicateurs financiers utilisés pour construire un
modèle de scoring.

A. Le Scoring

Les recherches qui avaient pour objectif de la prédiction de la défaillance des entreprises,
déterminent les variables qui permettent d’anticiper la faillite en produisant des scores. C’est
sur la base des indicateurs financiers que l’on distingue donc une entreprise défaillante d’une
entreprise qui ne l’est pas. Parmi les modèles de prédiction des défaillances, le plus ancien est
le test de classifications dichotomiques de (Beaver 1966). Altman (1968)26, a proposé cinq
catégories de ratios pour ce faire pour plus de clarification, la méthode statistique dont le but
est de savoir à l’avance si un emprunteur fera défaut à un horizon donné, est appelée « Credit
Scoring » et elle permet d’estimer le risque de crédit des prêts. En effet, c’est sur la base de
l’historique des prêts que l’on donne une note (score) permettant à classer les emprunteurs en
fonction du niveau de risque. Et par conséquent, un score élevé traduit un faible risque de défaut
et vice-versa. L’exemple de scoring le plus célébré a été développé par Altman 1968 ; en se

25
basant sur les états financiers (Bilans et CPC) il a calculé cinq ratios développant ainsi une
fonction Z.
Z= 1,12*X1 + 0,14*X2 + 0,33*X3 + 0,06*X4 + 0,999*X5
Avec
X1 : Fonds de roulement / Actif total
X2 : Bénéfices non répartis / Actif total
X3 : Bénéfices avant intérêts et impôts / Actif total
X4 : Valeur de marché des capitaux propres / Valeur comptable de la dette totale
X5 : Ventes / Actif total
B. Ratios Discriminants

Pour développer le modèle de score déjà entamé, il faut passer par des ratios issus des
informations comptables ; selon (Bardos 2001) ces ratios touchent les principales dimensions
de l’analyse financière. A savoir ceux liés à la structure productive, l’endettement financier (son
niveau, sa structure, son coût), l’équilibre du bilan, la rentabilité, la solvabilité, l’évolution de
l’activité.

L’endettement et la solvabilité : Ils appréhendent généralement les ratios relatifs à structure


bilancielle de l’entreprise et évaluent son niveau d’endettement et son autoonomie financière en
mettant en rapport, l’endettement total et l’actif total (Deakin, 1972 ; Altman et al., 1994) ;

L’endettement total : Les capitaux propres (Edmister, 1972, Mensah, 1984, Altman et Sabato,
2007). La hausse du taux d’endettement de l’entreprise augmente sa probabilité de défaillance,
et l’existence de ce risque peut pousser les créanciers, notamment les banques, à exiger des taux
d’intérêt plus élevés pour accepter d’octroyer ou de renouveler les lignes de crédits. Quand le
niveau de l’endettement est faible, l’entreprise peut être considérée comme financièrement
indépendante, ce qui implique des effets positifs (Vivet, 2011).

Liquidité : Ces ratios mesurent la capacité de l’entreprise à répondre à ses échéances à court
terme à partir des éléments de l’actif circulant. dans le cas des entreprises défaillantes, le niveau
de trésorerie est faible voire négative d’une manière continue (Blazy, 2000). Leurs problèmes
proviennent d'une structure de financement déséquilibrée, marquée par un faible niveau de
ressources de long terme. Rentabilité : ces ratios relatifs à la rentabilité mesurent la capacité de
l’entreprise à réaliser des profits, et à générer des bénéfices. Il s’agit de mettre en relation le
résultat avec l’actif total quand il s’agit de la rentabilité économique (Altman, 1968 ; Taffler,
1982 ; Liou et smith, 2007), et l’actif total avec les capitaux propres quand il s’agit de la
rentabilité financière (Refait-Alexandre, 2004). Le résultat à prendre en compte est le résultat
d’exploitation ou le résultat net.
26
Section 3 : Evaluation du risque de crédit des PME

A. Analyse financière

L’analyse financière de l’emprunteur n’est qu’une approche du problème global posé par la
relation de crédit entre l’entreprise et l’institution prêteuse. La préoccupation essentielle est le
bon déroulement dans le futur d’une relation contractuelle complexe fondée sur la fourniture
d’un ensemble de crédits et des prestations bancaires courantes (paiements, services…).

L’optique du prêteur vient orienter l’analyse financière et surtout le diagnostic global de


l’analyste de crédit bancaire. L’analyse financière au sens strict n’est qu’un outil dont l’objectif
est de conduire à un diagnostic global sur les politiques suivies par l’entreprise et leurs
résultats. L’analyse externe effectue donc au départ un travail d’explicitation et de
reconstitution du comportement économique et financier de l’entreprise. L’aspect analyse du
comportement et des politiques mises en œuvre rend nécessaire de donner une profondeur
temporelle à la demande.

L’aspect analyse des résultats rend nécessaire une comparaison relative avec d’autres
entreprises. L’analyse financière porte nécessairement sur plusieurs exercices. Elle a «pour
objet d’étudier le passé pour diagnostiquer le présent et prévoir l’avenir » Il est donc
indispensable de disposer des états financiers et comptables concernant au moins deux ou trois
exercices passés, ainsi que d’avoir accès aux documents prévisionnels de l’entreprise.

B. Analyse du risque en analyse financière

Le risque étudié en analyse financière classique, et dans le cas de l’appréciation du risque de


crédit, correspond au risque de l’entreprise au sens du risque qu’elle puisse rencontrer des
difficultés de trésorerie pouvant la conduire à la cessation des paiements.

Le risque de défaut ou de faillite peut être considéré comme la conséquence d’une crise
financière assimilable à un déséquilibre financier : l’entreprise a manqué de ressources
financières. Afin de détecter le risque, il est proposé de vérifier l’existence d’un équilibre
financier.
Selon cette logique, plus l’entreprise présente cet équilibre financier de manière importante,
moins elle est risquée.

Une entreprise doit donc présenter un excédent de ressources permanentes sur ses emplois
permanents et faire apparaître un Fonds de Roulement.

Ressources Permanentes (FP + PS + DFLT) - Emplois Permanents = Fonds de Roulement (FR)

27
Le Fonds de Roulement représente les ressources disponibles pour financer le BFR.

En conséquence :

Si Ratio de Fonds de Roulement > 1 : équilibre financier


Si Ratio de Fonds de Roulement < 1 : déséquilibre financier

Après l’équilibre financier, l’analyse du risque peut se faire également par l’analyse de la
solvabilité ; L’analyse financière bancaire du risque de crédit est à l’origine d’une évaluation de
la capacité d’une entreprise à faire face à ses engagements à terme : la solvabilité.

Il s’agit d’évaluer le poids de la dette dans le financement de la société, considérant que plus il
est fort, plus le risque de non-remboursement est élevé. Nous le faisons par le biais de plusieurs
ratios exprimant la structure financière. Indépendance Financière, Autonomie Financière et
Endettement Financier.

Conclusion de la première Partie :

Le financement des PME au Maroc a connu surement un développement notable en terme de


moyens et outils de financement ainsi qu’en terme d’établissements financiers. Ces institutions
aux côtés de l’Etat ont pris conscience de l’importance de ces entreprises et de l’impact qu’elle
aura leur situation difficile sur toute l’économie. Les efforts déployés donc par tous les acteurs
économiques concernés (initiatives d’accompagnement) ne sont installées que pour protéger
l’économie du pays et accroître la compétitivité du marché marocain. Sans oublier les
différentes réformes de la loi relative à la commande publique qui sont en faveur des PME
financées par les marchés publics.

28
Partie II : Financement des PME et l’évaluation de leur risque de crédit
(étude de cas : FINEA GROUPE CDG)

Afin d'aider les PME à faire face aux obstacles externes, Finéa- Groupe CDG a pour mission et
vocation de faciliter l’accès des PME, au financement bancaire et ce en finançant les fonds de
roulement de l'entreprise. Finéa- Groupe CDG joue un rôle important en faveur du
développement économique du Maroc. Néanmoins, le financement des PME demeure toujours
une activité risquée.

Parmi les différents risques que rencontrent les PME, le risque de crédit souvent appelé risque
de défaut de paiement, nous allons donc dans le deuxième chapitre de cette partie procéder à
l’analyse de ce risque par les outils et les dispositifs d’analyse communs (diagnostic stratégique)
et ceux propres à Finéa (Système de notation interne).

Chapitre 1 : Processus de financement des PME et Facteurs de rejet


Section 1 : Méthodologie de Travail

Avant de commencer la partie Pratique, et afin de mener à bien ce travail nous avons opté pour
une démarche structurée et bien définie. L’objectif de notre travail consiste en fait à évaluer le
risque de crédit des PME, sachant que les PME que nous ciblons sont toutes des PME qui traitent
des marchés publics et dont le client principal est l’administration publique.

Donc avant de procéder à l’analyse du processus d’analyse de leur risque de défaillance, il


s’avère primordial de bien cerner le secteur de la commande publique pour se familiariser avec
l’environnement de ces entreprises objet de notre travail. Donc la première chose que nous avons
faite en premier lieu est la recherche documentaire profonde sur l’environnement des PME en
rapport avec Finéa, et leur position vis-à-vis des marchés publics ceci dit qu’il fallait également
bien étudier l’évolution de la commande publique et l’accès des petites et moyenne entreprises
aux marchés publics. Cette démarche a nécessité d’une autre part une études approfondie et
détaillée sur la définition de la PME au Maroc, vue les diversités des définitions qu’elle a connues
et le caractère flou de cette définition, sa situation et les difficultés qui empêchent son
développement notamment l’accès au Financement.

Cette difficulté liée à l’accès au financement elle-même, s’explique par plusieurs facteurs parmi
lesquels l’incapacité de la majorité de ces entreprises d’honorer leurs engagements financiers à
temps ; d’où la nécessité de traiter leur exposition à la défaillance et au défaut de paiement par
la suite.
29
Nous avons établi notre problématique, et nous avons mis le point sur le concept de risque de
crédit et sa relation avec la défaillance des PME. Pour y répondre il nous fallait d’organiser la
recherche pour que la réponse à la problématique soit bien déterminée.

Alors, en vue de traiter la problématique du risque de défaut des PME chez Finéa :

A. Collecte des données :

Pour des raisons de confidentialité il a été difficile de se procurer de toutes les informations
nécessaires à l’analyse et tous les documents qui serviront de référence pour les calculs et le
diagnostic financier. Pourtant, nous avons collecté les données relatives à la prise de
connaissance générale des entreprises concernées par l’analyse financière, en plus des états de
synthèse (Bilans et CPC) de trois années pour calculer les ratios. Pour compléter ce qui est cité,
des entretiens avec les responsables du département d’analyse des risques et de la succursale
nous ont aidé à comprendre la procédure d’analyse et la démarche suivie pour évaluer le risque
de crédit.

B. Exploitation des données :

Pour réaliser le travail sur le terrain, nous avons procédé à l’analyse financière en calculant les
ratios fondamentaux et leur attribuer des interprétations.

Pour rendre la tâche facile, nous avons mis en place un tableau de bord
Ensuite, nous avons complété ceci par le résultat généré par le système de notation de Finéa,
ainsi nous pouvons savoir si les entreprises retenues présentent un risque de défaut ou pas.

C. Discussion des résultats

En se référant aux donnés collectés, aux entretiens, à l’observation et à l’analyse financière et


le système de notation, nous avons pu savoir la position des entreprises par rapport au risque.

30
Section 2 : Présentation de FINEA GROUPE CDG

A. FINEA-GROUPE CDG :

Agréée par Bank Al-Maghrib, Finéa, (Ex Caisse Marocaine des Marchés) est une filiale de la
Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) depuis 2004, est une société de financement animée par
une mission d’intérêt général au service du développement de l’entreprise marocaine et de
l’économie nationale. La filiale du Groupe CDG œuvre à faciliter l’accès des TPE et PME au
financement et à la commande publique.

Finéa se positionne aujourd’hui en tant qu’établissement de place, agissant en coopération avec


le secteur bancaire. Elle apporte aux entreprises, à la conquête de marchés publics, une large
gamme de produits souples et adaptés aux différentes phases de réalisation d’un marché. Ces
offres couvrent la quasi-totalité des besoins de financement liés au cycle d’exploitation de ces
entreprises. C’est ainsi que Finéa propose des solutions sur mesure et innovantes, à travers le
financement, le cofinancement, le refinancement et la garantie, conformément à son plan de
développement stratégique « CAP Finéa ». Toutes les interventions de Finéa au profit de la
TPME marocaine sont mises en œuvre dans le cadre d’une posture d'additionnalité par rapport
aux interventions du secteur bancaire, et en alignement avec les orientations stratégiques de son
actionnaire de référence, la Caisse de Dépôt et de Gestion « CDG ». En récapitulant, Finéa a
pour but d’accompagner le développement des entreprises marocaines de façon générale et des
PME de façon particulière, sa mission principale consiste à faciliter l’accès de ces entreprises
au financement bancaire, Elle intervient donc en octroyant une garantie aux banques pour
financer les PME sous forme d’avance sur marchés et cautions au profit des PME titulaires des
marchés publics et parapublics. Alors Finéa intervient auprès des banques partenaires (avec
lesquelles elle a conclu des conventions) pour débloquer soit des cautions administratives ou
des crédits (avances) sous forme de lignes de crédit, ce qui permet d’alléger la trésorerie de ces
entreprises engagées dans des projets commandés par l’Etat. La particularité de ces projets
d’investissement pour les entreprises réside dans la période qui sépare la réalisation du projet
par l’entreprise et la réception des montants facturés qui s’étale généralement sur plusieurs mois.

Ceci paralyse la situation de cette catégorie d’entreprises et leur constitue un blocage surtout
que leurs FR sont très limités.

Cet accès qu’elles ont au financement par Finéa leur permet de continuer normalement leur
activité et survivre sans se soucier du recouvrement des dettes

31
1- Historique :

Finéa, filiale du Groupe CDG, a pour vocation depuis 1950 d’accompagner la croissance de la
TPME et de lui faciliter l’accès au financement et à la commande publique. Agissant en
coopération et complémentarité avec le secteur bancaire, l’établissement couvre les besoins
de la TPME en fonds de roulement par le biais de délivrance d'Avances sur marchés nantis
(publics) et de Cautions administratives. Finéa est animée par trois valeurs clés essentielles,
partagées par l’ensemble des collaborateurs. Elles permettent d’aligner les actions de Finéa avec
ses responsabilités au service du développement de l’entreprise nationale, et favorisent
l’engagement individuel et collectif.

2- Organigramme :

SOURCE: Document interne de la société

32
3- Analyse détaillée des Produits Finéa

La Finéa a vocation à accompagner l’ensemble des entreprises titulaires de marchés publics


dans le financement, quel que soit leur secteur d’activité, tout au long du cycle de vie de leurs
projets, en leurs proposant des produits adaptés à leurs besoins Les produits de Finéa sont
adaptés aux différentes phases de réalisation d’un marché et couvrent la quasi-totalité des
besoins de financement dun marché :

Avances Pré-facturation

Destiné à couvrir les dépenses engagées ou à engager par l’entreprise pour l’exécution des
marchés avant facturation, Ces dépenses sont variées et concernent notamment les travaux
d’installation de chantier, les approvisionnements et autres frais nécessaires à l’exécution des
marchés. C’est le financement accordé sur la base de l’estimation la facture, estimation formulée
par l’entreprise adjudicataire ou sur une base forfaitaire en fonction du volume des marchés à
financer (70% de la prévision de facturation)

Avances sur Facturation

Lié au financement des prestations ouvrant droit à paiement, dans l’attente de l’obtention des
attestations de droits constatés l’avance sur facturation est le financement accordé sur la base
de la facture émise par l’entreprise (80% de montant des factures)

Avances sur ADC (Attestation des Droits Constatés)

Lié au financement des prestations fournies ouvrant au titulaire du marché un droit à paiement
reconnu par une Attestation de Droits Constatés. Mis à part les avances, Finéa offre également
un cautionnement administratif, sous forme de garanties pécuniaires exigées des
soumissionnaires et attributaires de marchés publics. Nous fournissons une liste des cautions
Finéa (90% d’Attestation des Droits Constatés)

33
Tableau 2 : Liste des cautions administratives

SOURCE: Document interne de la société

FGCP (fonds de garantie dédié à la Commande publique)


Le fonds garantit les PME pour leur permettre l’obtention de financements en vue de l’exécution
de marchés publics et ce auprès de Finéa et de ses partenaires bancaires. les entreprises pouvant
en bénéficier doivent être adjudicataires de marchés publics, avoir deux années d’existence (ou
une classification publique), réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50millions de dirhams,
satisfaire aux exigences de sûretés (nantissement ou cession de créances) et avoir une structure
financière équilibrée et un endettement maîtrisé.

4- Réseaux de distribution :

En plus de sa présence sur Casablanca, Finéa assure, pour plus de proximité avec sa clientèle,
la couverture de plusieurs régions du Royaume et ce travers son réseau d’agences sur les villes
d’Agadir, Marrakech, Rabat et Fès. Le réseau est appelé à s’élargir par l’ouverture prochaine
de deux agences sur les villes de Tanger et Oujda

34
Section 3 : Processus de financement (cas de Finéa)

A. Processus Général de financement

Le financement des PME se fait souvent par l’octroi de crédit, celui-ci passe par une procédure
reposant généralement sur trois étapes, à savoir la demande de financement, l’analyse de la
demande, et la décision de mise en place du crédit. A l’instar des établissements financiers,
Finéa suit un processus d’approbation des dossiers de crédit. Ce processus inclut une analyse
financière complète avec une notation de crédit et prend fin avec une décision du comité de
crédits qui décident de mettre ou ne pas mettre en place le financement demandé. La particularité
de Finéa réside dans le fait qu’en plus de l’accord de financement un nantissement d’un marché
public ou plus est indispensable pour escompter les concours sollicités. Tout d’abord, le
processus de financement débute avec l’introduction d’une demande de financement rédigée
par le client et déposée à la succursale avec un certain nombre de documents pour passer en
premier lieu par l’analyse des chargés d’affaires qui, avant de transmettre le dossier de
financement au département des risques, procèdent à la vérification de l’existence de tous les
documents nécessaires ; Parmi les documents constituant le dossier de financement, nous
retrouvons bien entendu les documents comptables et financiers, les documents juridiques
officiels qui contiennent, entre autres, les statuts de l’entreprise. Cette analyse permet donc
d’avoir une idée sur l’historique de l’entreprise, sur ses différentes activités et la contribution
de chaque activité dans la réalisation du chiffre d’affaire.

La demande de financement doit également contenir un carnet de commandes sur les marchés
que l’entreprise souhaite nantir auprès de Finéa plus un détail des postes clients et fournisseurs,
regroupant les clients et les fournisseurs les plus importants avec qui l’entreprise mène la
majorité de ses activités.

35
Pour répondre à la demande de l’entreprise, Finéa est amenée à bien connaître l’entreprise :

1- Prise de connaissance de l’entreprise

Pour mieux connaître l’entreprise qui demande le financement, nous devons remplir la fiche
suivante.

Tableau 3 : Prise de connaissance de l’affaire

SOURCE: Document interne de la société

Après avoir rempli cette fiche, il faut procéder à une analyse technique qui précédé l’analyse
financière, et qui consiste à présenter l’affaire en complétant l’identification par fiche.

Nous revenons sur l’historique de l’entreprise afin de vérifier les résultats des dernières
opérations et en vue d’analyser ses relations avec les banques et les lignes de crédit ouvertes
auprès d’elles ainsi que le niveau d’utilisation de ces lignes.

Il est important aussi de cerner la répartition des moyens d’exploitation à savoir les moyens
matériels (les actifs et la situation patrimoniale) et les moyens humains (les effectifs et la masse
salariale). Sans oublier que la PME doit également préciser à l’avance l’objet du financement
sollicité, la nature du produit qu’elle souhaite en bénéficier (avances ou cautionnement) et bien
évidemment le montant du financement et enfin les garanties en cas de cessation de paiement,
celles-ci server ont de couverture en cas de l’insolvabilité du client.

Dans ce sens, nous distinguons les deux types de garanties que Finéa reçoit afin de se prémunir
contre un risque de défaut, des garanties personnelles et des garanties réelles.

36
 Garanties personnelles :

Cautionnement : Le dirigeant signataire s’engage à régler la banque et engage bien entendu


ses biens personnels. En cas d’insolvabilité, la banque a tout le droit de saisir les biens figurant
dans la caution. Chaque année, la banque est amenée à rappeler la caution, tout en mentionnant
le montant de l’engagement et le montant restant dû.

Aval : C’est un autre moyen de garantie. L’entreprise remet à l’établissement financier un effet
de commerce ou d’un chèque. Ce dernier, en cas de non remboursement est libre de l’utiliser.

 Garanties réelles :

Le gage sur véhicule immatriculé : Ce type de garanties engage un bien de l’entreprise.


En cas de non remboursement de la part de l’entreprise, l’établissement financier a le droit
d’ordonner la vente du bien. Dans le cas où la valeur du bien est supérieure à celle de la créance,
l’établissement financier est donc amené à verser la différence à l’entreprise.

Le nantissement de fonds propres : Pour les financements très risqués, l’établissement


financier demande comme garantie le fonds de commerce (après étude pointue) de l’entreprise
à savoir : l’entreprise, le nom commercial, les clients, le mobilier commercial, et le matériel
servant à l’exploitation. Cette garantie couvre le capital restant dû plus deux ans d’intérêt.

L’hypothèque : L’entreprise engage un bien immeuble construit ou en cours de construction.


L’établissement financier se réserve le droit de saisir le bien à défaut de remboursement.

2- Analyse Financière de l’entreprise

Ensuite, après avoir pris connaissance de l’entreprise sollicitant le financement, nous passons à
l’étape de l’analyse financière. Parmi les documents demandés au client de les collecter, les
documents qui permettent d’analyser sa situation financière, le dossier est donc transféré au
département des risques et suivi des engagements. En outre, L’établissement financier collecte
de son côté les informations concernant l’emprunteur qui lui permettront de faire un
rapprochement entre les informations communiquées par l’entreprise et celles collectées par les
analystes de crédit. Ceci nous permet donc de mesurer la crédibilité du client.

Quelques secteurs d’activité doivent faire l’objet d’une surveillance très pointue, comme c’est
le cas pour les entreprises de promotion immobilière, les cafés, les hôtels, restaurants. En effet,
ces derniers représentent un risque élevé.

37
En se basant sur les documents collectés et les différents états de synthèse de l’entreprise, nous
sommes amenés à analyser d’une manière approfondie la situation financière de l’entreprise et
d’évaluer ses performances par le biais des indicateurs conçus à cette fin, à savo irles ratios
relatifs à la rentabilité et l’activité (situation financière), à l’exploitation, à la solvabilité et
capacité de remboursement, et à la liquidité ; Les indicateurs les plus répétitifs en terme
d’analyse financière : le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement, la trésorerie nette
et le ratio de solvabilité.

Nous commençons donc le diagnostic par l’analyse du compte de résultat.

a. Le compte de résultat (CPC)

Le CPC est un document comptable présentant l'ensemble des produits et des charges d'une
entreprise durant un exercice comptable. Comme le bilan, il fait partie des états financiers des
entreprises. Le compte de résultat a pour vocation d'informer sur les performances réalisées par
une entreprise. En se focalisant sur ses variations de patrimoine (gains et pertes), il permet de
dégager son résultat net (bénéfice ou déficit). C’est à travers ce document que nous allons
étudier l’évolution de l’activité de l’entreprise et de sa rentabilité. Par la suite, nous sommes
amenés à identifier les causes principales qui ont conduit à l’évolution des soldes intermédiaires
de gestion à savoir la marge commerciale, excédent brut d’exploitation, résultat d’exploitation,
et le résultat net. Nous rappelons le calcul des soldes intermédiaires de gestion.

Figure 5 : Les soldes intermédiaires de gestion

SOURCE: [Link]

38
b. Le bilan

Un bilan comptable est un document comptable qui synthétise ce qui est possédé par une société
(l'actif), composé de l'actif immobilisé et de l'actif circulant. Et ce dont elle dispose comme
ressource, le passif composé du passif immobilisé et du passif circulant. Le bilan comptable fait
partie des états financiers d'une entreprise au même titre que le compte de résultat. Il est souvent
comparé à une photographie du patrimoine d'une entreprise à la clôture d'un exercice. Il est
essentiellement utilisé par les tiers (banques) afin de connaître la valeur de la société et de
s'assurer de sa solvabilité. Pour l’évaluer, nous entamons une étude sur la structure financière
de l’entreprise. Nous allons dans ce cas confronter le niveau d’endettement et les fonds propres
de l’entreprise ce qui nous permettra de juger si l’entreprise est encore capable de s’endetter.
Ajouté à ceci, nous sommes dans l’obligation d’étudier les principaux ratios du bilan, à savoir
le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement et la trésorerie nette. Pour ce faire, nous
devons étudier la structure financière par la vérification de l’équilibre fondamental. C’est-à- dire
vérifier si les ressources stables peuvent financer les immobilisations durables.

Ressources Permanentes (FP + PS + DFLT) – Emplois Permanents = Fonds de Roulement (FR)

Le Fonds de Roulement représente les ressources disponibles pour financer le BFR.

En conséquence :

Si Ratio de FR > 1 : équilibre financier

Si Ratio de FR < 1 : déséquilibre financier

Ensuite, étudier la capacité d’auto-financement (CAF)

SOURCE: [Link]

39
Le calcul de la capacité d’autofinancement est élément essentiel pour les établissements
financiers dans la mesure où elle détermine la capacité de remboursement des dettes de chaque
exercice.

3- Analyse des risques

Dès que les analystes financiers décortiquent la situation financière de l’entreprise qui souhaite
être financée, le dossier ainsi que toute l’étude sont transférés aux analystes de risques. Ces
derniers se chargent du calcul de différents ratios qui leurs permettront d’analyser le degré du
risque du projet à financer. En plus de l’analyse, ils doivent élaborer une note d’étude contenant
une conclusion et leur avis par rapport au financement ou pas de l’entreprise en question.

4- Décision du comité

Le comité de crédit est une assemblée dont la mission est de prendre une décision sur la base
de tout ce que nous venons de citer d’approuver ou non l’accord du financement. La décision
est basée notamment sur la note d’étude élaborée par les analystes financiers et les analystes de
risque et qui a été transférée au comité pour approbation.

Le comité de crédit est composé du directeur du département juridique, directeur de crédits,


responsable du département « analyse risque » et le directeur adjoint.

Comme nous avons pu le constater, Finéa met en place tous les moyens possibles afin de mieux
connaître l’entreprise qui souhaite se financer. Tous les gestionnaires de tous les départements
contribuent participent au processus de financement de l’introduction de la demande jusqu’à
l’accord sur une demande de financement. A savoir, les chargés d’affaires au front office, les
analystes financiers et les analystes de risque au back office et finalement le comité pour la
décision finale. La description de ce processus permet également de comprendre comment un
établissement financier lutte contre le risque de défaut de paiement d’un client et comment se
prémunir contre ce risque en cas d’insolvabilité de ce client.

40
Section 4 : Rejet de la demande de Financement

Vu le caractère flou du processus de financement et d’après les entretiens effectués avec les
gestionnaires chargés du montage des dossiers de financement, nous avons pu identifier les
principales raisons pour lesquelles les établissements financiers, (cas de Finéa) refusent de
financer quelques projets ou PME. Parmi lesquels nous citons :

Manque de confiance envers l’entrepreneur : Si l’établissement financier doute des capacités


de l’entrepreneur ou détecte que celui-ci est entrain de dissimuler des informations pouvant
affecter la décision d’octroi de crédit, alors la demande est immédiatement rejetée.

Le risque du projet à financer : Dans la phase de l’analyse du risque, si l’analyste détecte un


risque très élevé concernant le projet et que ce risque ne peut en aucun cas être couvert par
l’établissement financier, la demande est automatiquement rejetée. Le projet doit être bien défini

 Un besoin réel
 Une segmentation bien définie
 Un business plan bien élaboré
 Suffisamment rentable afin de garantir la survie de l’activité.
Tous ces points doivent être bien expliqués, argumentés et crédibles.

Fonds de roulement négatif : Si une entreprise dégage un fonds de roulement négatif, cela
veut dire qu’elle recherche constamment de liquidité pour rembourser ses dettes à court terme.
La demande de financement est donc rejetée.

Insuffisance des apports propres : Il est bien évident que l’entrepreneur doit financer lui aussi
une partie du projet afin de prendre part au risque. Si l’apport propre de l’entreprise est faible,
l’établissement financier se retrouve donc avec un risque très élevé. Celle-ci préfère alors ne
pas financer le projet.

Cumul de résultats déficitaires : Dans le cas où une entreprise cumul deux exercices
déficitaires, il est fort probable qu’elle ne s’en remette jamais ou il lui faudrait qu’elle redouble
d’effort pour améliorer sa situation. L’établissement financier n’est donc pas prêt à courir le
risque et de financer une entreprise qui a de forte chance à faire faillite.

Manque de garantie : Il est possible que l’entreprise ne donne pas assez de garantie à
l’établissement financier. En effet, en cas de défaut de remboursement l’établissement doit saisir
les biens qui ont fait l’objet de garantie. Ceci dit, la « valeur » de la garantie doit impérativement
être plus ou moins supérieur au montant de financement.

41
Conclusion Chapitre 1 :

Le processus de financement général de Finéa passe par plusieurs étapes. La prise de


connaissance en fait une partie très intéressante, cette partie qui laisse savoir tous les éléments
à caractère qualitatif et qui ne rentrent pas dans le diagnostic financier a un poids remarquable
dans la prise de la décision finale d’octroi de financement.

Généralement une demande de financement peut confronter deux sorts, si elle n’est pas validée
elle sera normalement rejetée, ce rejet peut être dû à de nombreuses raisons d’après notre étude
personnelle du processus de financement chez Finéa, nous avons constaté que les raisons les
plus fréquentes sont essentiellement liées à la situation financière de l’entreprise, au manque de
garanties et aux compétences de l’entreprise.

42
Chapitre 2 : Procédure d’analyse du risque de crédit (Etude de cas)
L’efficacité de la procédure d’analyse du risque de crédit chez les établissements financiers se
mesure en général par les outils sur lesquels elle s’appuie. Le système bancaire au Maroc se
réfère souvent aux indicateurs financiers et aux fondamentaux de la structure financière de toute
entreprise pour l’évaluer et pour vérifier sa solvabilité. Or, d’autres éléments non inclus dans le
calcul des ratios ayant aucun rapport avec la constitution du profil financier sont d’un intérêt
majeur. Pour une PME, il ne suffit pas de lui accorder un prêt ou un financement mais il faut
également s’assurer du remboursement de ce prêt vu les moyens et techniques modestes dont
disposent ces entreprises.

Section 1 : Dispositif d’analyse du risque de crédit (Cas de finéa)

Finéa cherche à renforcer de plus en plus sa gouvernance interne et sa gestion des risques à
travers la mise en place d’une charte de gestion globale des risques et le renforcement du
dispositif de gestion des risques crédit par l’installation du système de scoring interne.

La charte de gestion globale des risques mise en place par l’établissement sert de référence pour
l’exercice des activités de Risk Management reposant sur la gestion des risques.

Elle est complétée par des dispositifs spécifiques qui détaillent : les cartographies des risques,
et le système de notation interne, la politique de conformité, le manuel de communication
financière, le manuel de procédures comptables et la charte de déontologie.

A. Système d’information SIGMAE

Le système d’information est un élément très important pour améliorer la productivité de toute
type d’entreprise, il est devenu facteur critique indispensable au fonctionnement correct et
rapide de tous ses processus.

Les besoins d’accélérer le traitement des opérations, de remplacer les tâches récurrentes par
l’automatisation, et d’améliorer la relation client ont provoqué une montée en puissance de
l’informatisation.

Finéa n’en fait pas l’exception, elle aussi dispose de son système d’information mis en place en
2012 et baptisé SIGMAE (Système d’Information de Gestion des Marchés des Entreprises)
Intégré, cohérent et plus performant, ce système d’Information de Finéa s’est construit autour
du processus "métier" et ses interactions. Il permet ainsi une gestion plus fine et une visibilité
en temps réel globale et détaillée de son activité.

43
Figure 6 : Contribution de SIGMAE à la performance de la société

SOURCE: Document interne de la société

Sa particularité, réside dans le fait qu’il couvre plusieurs modules contrairement aux autres SI.
Son périmètre s’élargit et englobe le bureau d’ordre afin de traiter de manière fluide à la fois les
courriers entrants et sortants, le commercial, avec la mise en place d’une interface commerciale
conviviale, la production en industrialisant le back-office, le juridique qui couvre toute la partie
contractualisation avec le client et mise en place des garanties, les risques de crédit avec
l’implémentation d’un dispositif de gestion de risque de crédit, et la gestion d’engagements
permettant un suivi de tous les engagements.

Comme nous venons de citer le système d’information SIGMAE couvre également l’analyse
du risque de crédit ; en fait il est dans la capacité de fournir tous les indicateurs financiers
nécessaires à l’analyse financière juste en saisir les informations comptables indispensables à
cette fin. Il peut également fournir des tableaux de bord et des graphiques permettant de bien
suivre l’évolution de l’activité des entreprises clientes et d’identifier sa situation financière.

B. Système de Notation Interne

Finéa a mis en œuvre un « dispositif de gestion du risque de crédit » lui permettant d’identifier
le risque, de l’analyser et le quantifier, de le suivre dans le temps et de prévoir des solutions. La
notation interne est un outil d’aide à l’évaluation, à la décision ainsi qu’au suivi du risque. Elle
constitue l’un des instruments de détection de la dégradation ou de l’amélioration d’un risque
lors des revues périodiques du portefeuille.

Le système de notation interne de Finéa est une partie essentielle du dispositif de gestion du
risque de crédit, et a été développé en partenariat avec le cabinet de consultation MAZARS.

44
Il permet donc de calculer une cote de risque pour toutes les entreprises souhaitant bénéficier
d’un financement, en tenant compte de deux aspects pour chaque entreprise :

Le profil opérationnel de l’entreprise, et ce en analysant l’activité de l’entreprise, la nature de


ses actifs, leur qualité et leur diversité, et en appréhendant son positionnement concurrentiel
dans le secteur dans lequel elle opère, la qualité du management et l’expérience de ses dirigeants
dans le domaine.

Le profil financier de l’entreprise, il s’agit de mesurer sa rentabilité par rapport à sa taille, sa


structure financière et son équilibre financier, la situation de sa trésorerie et les ratios de rotation.
L’analyse du profil financier inclut également le score Connan et Holder qui est un Benchmark
utilisé dans le processus de notation par les entreprises ayant un système de notation interne et
qui permet de prévoir la défaillance des PME à 75%.

Comme la figure ci-après le reflète, plus le score Conan et Holder augmente plus le risque de
défaillance est faible.

Figure 7 : Score Conan et Holder et le niveau du risque

SOURCE: [Link]

La notation se fait par l’analyste en deux étapes, il doit d’abord décerner une note profil
opérationnel comme nous avons précédemment cité en se basant sur ses jugements et son
expertise. Ensuite, il fait appel aux états financiers pour le calcul des ratios pour arriver à une
note du profil financier. L’unification des deux notes conduit en fin de compte à une note finale
propre à chaque entreprise. La pondération donnée à chaque note dans la note finale est de 50%.

45
C. Méthodologie de Notation :

La méthodologie de notation repose essentiellement sur l’analyse du marché des PME et les
éléments statistiques relatifs à ces dernières. En raison de nos connaissances modestes en
matière de gestion du risque de crédit, notre expérience limitée dans le domaine de notation et
vu la confidentialité des documents relatifs à la procédure de notation que Finéa suit dans son
processus de notation sans pour autant rentrer dans les petits détails. Cependant nous allons
cerner les facteurs qui déterminent la note finale donnée par les analystes de risque.

La méthodologie fait appel à une grille d’évaluation du risque de crédit, (faute de confidentialité,
nous étions dans l’incapacité de la diffuser), servant de référence pour évaluer le profil de
l’entreprise objet de notation et les facteurs clés ayant un effet majeur sur la note finale attribuée.
Pourtant, la note retenue grâce à la grille, n’est pas forcément la note finale, ce processus intègre
d’autres éléments tels que la TN et le volume de garanties.

La grille de notation regroupe donc deux facteurs principaux : opérationnel et financier.

a. Profil opérationnel :

Le profil de l’entreprise comprend les caractéristiques de la société, influant sur sa rentabilité


et son pouvoir de générer des cash flows.

Les facteurs pris en compte par ce profil sont aussi bien externes que internes. Autrement dit,
la note opérationnelle repose également sur l’appartenance de la PME à un secteur d’activité
donné, il est donc intéressant de tenir compte des risques liés à ce secteur d’activité.

Généralement les PME souffrent des conditions de marché défavorables (notamment que les
PME objet de notation entretiennent avec le secteur public) et du problème de retard de
paiement par l’administration publique et ce en raison de leur taille et leur clientèle restreinte.
De ce fait, la conclusion tirée est qu’une bonne note ne dépend pas juste de la solidité financière
de l’entreprise mais également de son positionnement dans le secteur. La preuve son poids dans
la note finale est de 50% exactement comme pour le profil financier.

Le positionnement concurrentiel repose sur l’évaluation qualitative du placement de la PME au


sein de son secteur d’activité par rapport aux concurrents. c’est en fonction de ses parts de
marché que la PME est évaluée c’est-à-dire que son score est pondéré en fonction des marchés
dans lesquelles elle est présente.

46
Comme nous l’avons déjà abordé, la confidentialité des documents relatifs à la notation, nous
n’avons pas pu les fournir. Cependant nous avons pu nous procurer d’une grille de notation dont
le principe est presque le même que celui de Finéa pour plus de transparence

b. Le profil financier :

En comparant la rentabilité chez les grandes entreprises à la rentabilité des PME, nous
comprenons que la taille est une variable très représentative et déterminante dans la constitution
du profil de l’entreprise.

La rentabilité indique sa capacité de résister à la concurrence et sa capacité de soutenir ses


activités et améliorer sa croissance. Le profil calcule également les ratios d’endettement
informant sur la structure financière et la structure en capital afin de vérifier la structure de
l’entreprise et si elle fait recours à l’endettement par les CP ou bien elle fait appel à
l’endettement car si c’est le cas, cela fait gonfler ses charges financières (Intérêts) et diminue ses
chances de bénéficier d’autres financements.

Et pour aboutir à la note, il est également nécessaire de passer par le fonds de roulement pour
analyser la souplesse financière de l’entreprise ; Cet indicateur informe aussi sur la capacité de
la PME de répondre aux besoins d’exploitation.

Ce tableau récapitule les indicateurs fondamentaux pour le calcul de la note du profil financier:

Tableau 4 : Les indicateurs fondamentaux à la note du profil financier

Ratio Evaluation

Taille Indication : chiffre d’affaires

Rendement du capital investi

(RCI = Résultat avant impôt et intérêts (EBIT) / Dette


Rentabilité financière nette + capitaux propres)

Indication : capacité de l’entreprise de réaliser du profit sur la


base des capitaux investis dans son activité

Passif / Résultat avant impôt, intérêts et amortissements


(EBITDA)
Levier Financier
Indication : niveau d’endettement de la société.

47
Capitaux propres/Capitaux permanents

Indication : proportion des capitaux propres dans l’ensemble


Capitaux propres des fonds propres à l’entreprise y compris l’endettement.
(capitalisation)
Levier financier : Dettes financières/ (Dettes financières +
capitaux propres)

Capitaux propres – Immobilisations nettes

Fonds de roulement Indication : vérifier l’équilibre fondamental et si les ressources


stables financent les investissements durables

SOURCE: Document interne de la société

La figure qui suit montre un processus de calcul de la note du profil financier, similaire à celui
de Finéa, que nous étions avisés par rapport à son affichage pour les raisons que nous avons cité
dans les paragraphes précédents.

Figure 8 : Processus de la note profil financier

SOURCE: Euler Hermes Rating Gmb

48
Graphique 4 : Répartition des prêts par côte de crédit

SOURCE: Euler Hermes Rating Gmb

D’après ce graphique, nous constatons que les prêts et les montants dont les risques se situent
entre BBB- et A- traduits par « bon risque » à « très bon risque ».

Un autre mécanisme du système de notation est le tableau des alertes, qui permet le suivi des
engagements des clients. D’après l’équipe du département de risques, une entreprise est
considérée comme en étant dès qu’une alerte est rencontrée durant la durée de vie du prêt.

Le tableau d’alertes contient les éléments suivants qui représentent des risques :

Tableau 5 : Tableau des alertes

SOURCE: Document interne de la société

49
Section 2 : Analyse du risque de crédit : Diagnostic Financier et Notation interne
(Cas pratique des Entreprises A et B)

A. Entreprise A

Suite au processus de financement décrit dans des sections antérieures, nous allons procéder au
traitement des demandes de financement sollicités par l’entreprise A, tout en suivant les mêmes
étapes que nous avons déjà listées. La première étape est la prise de connaissance de l’entreprise,
nous remplissons donc la fiche présumée relative à la demande de financement.

Tableau 6 : Prise de connaissance entreprise A

Type de demande

Nom de l’Enterprise A N° client 790

Date de création 1999 Date du premier 2001


financement
Dirigeants *****

Actionnaires *****

Ville Meknès Chiffre d’affaires 1 264 267Dhs

Forme juridique SARL

Capital Social 3 500 000 Dhs Estimation du chiffre 1 270 000 dhs
d’affaires en cours

Activité Travaux de Bâtiment

SOURCE: Document interne de la société

50
Opération précédente :

En ce qui concerne les utilisations au titre de l’opération précédente sont moyennes avec une
pointe sur la ligne de cautionnement administratif de 1 Million de Dirhams et de 402 000 Dhs
sur la ligne Avances sur marchés nantis. Pour ce qui est de nantissement, deux marchés sont
nantis d’un total de 6,4 Millions de dirhams. L’encours en cautionnement englobe cinq cautions
définitives de 279 000 Dirhams provisionnées de 257 000 Dirhams.

Le fonctionnement lourd du compte de la relation auprès l’une de ses banques intervenantes.

Demande de crédit :

« L’entreprise A » sollicite le renouvellement à l’identique des lignes de crédit soit, les Avances
sur Marchés Nantis à hauteur de 3 000 000Dirhams dont 300 000 Dirhams en avance pré-
facturation, et Cautionnement de 1 500 000 Dirhams dont 400 000 Dirhams en caution
provisoire. La demande du client est justifiée par trois nouveaux marchés à nantir totalisant 1,8
Million de dirhams et 2 marchés à venir de 7 Millions de dirhams.

Figure 9 : Extrait de la décision de crédit précédente

SOURCE: Décision de crédit précédente

51
1- Analyse Financière

a. Analyse du compte de résultat (CPC)

Tableau 7 : CPC de l’entreprise A


Libellé 31/12/2015 31/12/2016 31/12/2017
Produits d’exploitation 6422319,00 4401100,00 1388767,00
Chiffre d’affaires 6392263,00 5035836,00 1264267,00
Variation de stock de produits 30056,00 -634736,00 124500,00
Immobilisation produite par l’entreprise elle-même 0,00 0,00 0,00
Autres produits d’exploitation 0,00 0,00 0,00
Reprises d’exploitation, reprises de charges 0,00 0,00 0,00
Charges d’exploitation 6154132,00 4084753,00 1198689,00
Achats revendus de marchandises 0,00 0,00 0,00
Achats consommés de matières et fournitures 5548009,00 3593389,00 812653,00
Autres charges externes 111025,00 119590,00 53355,00
Impôts et taxes 34856,00 2909,00 1333,00
Charges du personnel 310485,00 194032,00 156515,00
Autres charges d’exploitation 0,00 0,00 0,00
Dotations d’exploitation 149757,00 174833,00 174833,00
Résultat d’exploitation 268187,00 316347,00 190078,00
Produits financiers 0,00 0,00 7200,00
Produits des titres de participation et autres titres 0,00 0,00 0,00
Gains de change 0,00 0,00 0,00
Intérêts et produits financiers 0,00 0,00 7200,00
Reprises financières, transfert de charges 0,00 0,00 0,00
Charges financières 26365,00 54947,00 19554,00

52
Charges d’intérêt 26365,00 54947,00 19554,00
Pertes de change 0,00 0,00 0,00
Autres charges financières 0,00 0,00 0,00
Dotations financières 0,00 0,00 0,00
Résultat financier -26365,00 -54947,00 -12354,00
Résultat courant 241822,00 261400,00 177724,00
Produits non courants 0,00 0,00 0,00
Produits de cession d’immobilisation 0,00 0,00 0,00
Autres produits non courants 0,00 0,00 0,00
Charges non courantes 22936,00 3583,00 2738,00
Valeurs nettes d’amortissement des immob cèdes 0,00 0,00 0,00
Autres charges non courantes 22936,00 3583,00 2738,00
Résultat non courant -22936,00 -3583,00 -2738,00
Résultat avant impôts 218886,00 257817,00 174986,00
Impôt sur le résultat 31964,00 26140,00 17498,00
Résultat net 186922,00 231677,00 157488,00
Capacité d’autofinancement(CAF) 75000,00 688120,00 231674,00

SOURCE: Département analyse des risques


Nous choisissons les indicateurs comptables qui serviront à notre analyse financière à savoir le
chiffre d’affaires, la marge brute d’exploitation, les charges d’intérêt, les charges du personnel,
le résultat d’exploitation, le résultat non courant et le résultat net.

Ces indicateurs sont indispensables pour mesurer l’évolution de l’activité de l’entreprise.


Figure 10 : Indicateurs de l’activité entreprise A

SOURCE: Calculs propres à l’étude

53
Toutes ces informations sont données par le CPC, quant à la marge brute d’exploitation, nous
l’avons obtenue comme suit :

(Chiffre d’affaires +Variation de stock) – l’ensemble des achats

Interprétation : l’activité de l’entreprise enregistre une baisse et arrive à 5 Mdhs en 2016 vs


6,3 Mdhs auparavant ; Une deuxième baisse de l’activité est enregistrée en 2017. Cette
régression est expliquée par la conjoncture difficile que connait le secteur et par la baisse des
marges pratiquées par la concurrence. Le chiffre d’affaires s’est donc replié de 21% suite à
priori à l’arrêt du marché n° AAA/2014 conclu avec l’université d’El Jadida pour un montant
de 2781000 Dhs.

L’exploitation progresse en 2016 avec une marge brute représentant 16% du chiffre d’affaires
et un résultat d’exploitation de 6% du chiffre d’affaires. L’entreprise réservent donc des
marges correctes et un bon niveau de rentabilité commerciale suite à une bonne gestion des
charges.

Le résultat net s’apprécie à 5% du chiffre d’affaires en 2016, cependant il connait une baisse
importante en 2017. Les charges du personnel ont connu une baisse 156515 dhs en 2017 vs
310485 dhs en 2015, ce qui peut être expliqué par le recul du niveau de recrutement ou/et la
proportion élevée du personnel occasionnel par rapport à l’effectif total.

Figure 11 : Indicateurs d’exploitation Entreprise A

SOURCE: Calculs propres à l’étude


La rentabilité d’exploitation se calcule en fonction du rapport entre le résultat d’exploitation et
le chiffre d’affaires. Elle s’est améliorée durant les trois années, et ceci traduit la bonne
utilisation des actifs de l’entreprise pour l’amélioration de l’activité.

La rentabilité des fonds propres est calculée sur la base du résultat net par rapport aux fonds
propres, informe sur les gains dégagés en s’appuyant sur les apports des actionnaires c’est-à-
dire leurs fonds propres.
54
Cet indicateur a donc connu une baisse légère en 2017 par rapport à 2016. Il faut noter que cet
indicateur sert souvent à comparer la profitabilité d’une entreprise à celles des autres intervenant
sur le même secteur d’activité.

Nous constatons également que les délais clients s’allongent en 2016 à 11 mois du chiffre
d’affaires et les délais fournisseurs à 4 mois d’achats. Les délais de recouvrement de créances
sont assez longs, ceci est provoqué par la lourdeur des créances clients dépassant largement le
chiffre d’affaires en 2016 (6679 Kdhs vs 6392 Kdhs).

b. Analyse du bilan :

Tableau 8 : Bilan de l’entreprise A

55
SOURCE: Département des risque (Interne)

56
Comme pour le CPC nous allons mis le point sur les indicateurs qui serviront notre analyse de
la structure financière. Nous commençons tout d’abord par la vérification de l’équilibre
fondamental à savoir le fonds de roulement ;

Ressources Permanentes (FP + PS + DFLT) – Emplois Permanents = Fonds de Roulement (FR)

Pour le cas de l’entreprise A, l’équilibre fondamental est assuré et la structure financière est
équilibrée du fait de la couverture du BFR en totalité par le FDR.

Tableau 9 : Indicateurs de la situation Financière Entreprise A

SOURCE: Calculs propres à l’étude

57
Le ratio de solvabilité (capitaux propres/ Total du bilan) est bon, étant de 50% en 2016 et de
52% en 2017. Ceci traduit une volonté de l’entreprise de se développer en augmentant ses
capitaux propres.

L’entreprise s’endette moins, nous constatons cela à partir du niveau des dettes de financement
qui a reculé durant les trois années (174166 dhs en 2015 vs 98166 dhs en 2017)et les charges
d’intérêt aussi ont diminué. Donc le niveau d’endettement (Dettes de financement/capitaux
propres) est maitrisable vu sa proportion dans l’ensemble des capitaux propres. Quant à la
trésorerie nette (FDR – BFR), elle ressort à 1 136132dhs en 2017 vs54701 dhs en 2016,
une évolution très favorable qui traduit la capacité de l’entreprise à couvrir l’intégralité de ses
besoins et sa disposition de liquidité pour honorer ses engagements à court terme sans avoir
recours aux concours bancaires ; dans ce cas les créances clients sont largement dans la capacité
de faire face aux dettes d’exploitation, comme le prouve également le ratio de liquidité
immédiate.

Elle peut par ailleurs être le résultat d’une cession d’une immobilisation. Le graphique suivant
décrit l’évolution des trois indicateurs phares de l’équilibre financier à savoir le FDR, le BFR
et la TN.

D’après sa lecture nous constatons que l’entreprise dispose de bons fondamentaux financiers.

Graphique 5 : Evolution du BFR, FDR et TN

FDR
BFR
TN

500000

2015 2016 2017

SOURCE: Analyse propre à l’étude

58
B. Entreprise B

A l’instar de l’entreprise A, nous allons suivre le même processus de financement et commencer


par la prise de connaissance de l’entreprise B. Nous remplissons la même fiche de financement.

Tableau 10 : Prise de connaissance de l’entreprise B

Type de demande

Nom de l’entreprise ***** N° client 810

Date de création 2007 Date du premier 2009


financement
Dirigeants *****

Actionnaires *****

Ville Casablanca Chiffre d’affaires 12 418 286 Dhs

Forme juridique SARL

Capital Social 2 000 000 Dhs Estimation du chiffre 12 500 000dhs


d’affaires en cours
Activité Travaux divers

SOURCE: Document interne de l’entreprise

Il faut également noter que la gestion de l’affaire est confiée à Monsieur XX qui est un ingénieur
d’Etat en génie civil de l’école Hassania des travaux publics ayant une expérience
professionnelle de plus de 15 ans dans le pilotage, la planification et le suivi des chantiers. Les
principaux donneurs d’ordre publics de la société sont l’ADM et RADEEC. La société dispose
à titre définitif de la Classe 4 auprès du ministère de l’équipement.

Pour les garanties, nous notons que Monsieur XX (étant l’associé unique) dispose d’une
situation patrimoniale estimée à 3 900 000Dhs libre de toute charge.

59
Opération précédente :

L’opération précédente a été caractérisée par des utilisations de 533 000Dhs en cautionnement.

2 Cautions définitives totalisant 153 000Dhs, les marchés sont en phase finale (exécutés
respectivement à hauteur de de 80% et 90%). A défaut de recevoir les mainlevées sur la
réception provisoire et celle définitive avant le 30/07/2018, une provision est à constituer.

Quant aux conditions suspensives relatives à l’opération précédente, elles sont toutes remplies.
Les mainlevées relatives aux deux cautions provisoires totalisant 53 000Dhs ont été remises par
le client.

Demande de crédit :
Le client nous sollicite pour le renouvellement des lignes de financement sur des cautions
administratives d’une valeur de 1000000 Dhs dont 500 000 Dhs est financées en caution
provisoire. La demande du client est justifiée par l’encours actuel de 533 000 Dhs ainsi que les
prévisions du client des marchés à venir totalisant 2 000 000 Dhs.

Figure 12 : Extrait de la décision de crédit précédente

SOURCE: Décision de crédit précédente

60
1- Analyse Financière

a. Analyse du compte de résultat (CPC)

Tableau 11 : CPC de l’entreprise B

Libellé 31/12/2015 31/12/2016 31/12/2017


Produits d’exploitation 6704928,06 7241270,87 12418286,14
Chiffre d’affaires 6704928,06 7241270,87 12418286,14
Variation de stock de produits 0,00 0,00 0,00
Immobilisation produite par l’entreprise elle-même 0,00 0,00 0,00
Autres produits d’exploitation 0,00 0,00 0,00
Reprises d’exploitation, reprises de charges 0,00 0,00 0,00
Charges d’exploitation 6444367,60 7333582,79 12057488,48
Achats revendus de marchandises 0,00 0,00 0,00
Achats consommés de matières et fournitures 5422324,57 6059850,29 10395927,62
Autres charges externes 129906,39 164001,09 356314,92
Impôts et taxes 1315,00 17647,00 51799,91
Charges du personnel 443436,89 594202,65 690100,70

61
Autres charges d’exploitation 0,00 0,00 4643,99
Dotations d’exploitation 447384,75 497881,76 558701,34
Résultat d’exploitation 260560,46 -92311,92 360797,66
Produits financiers 0,00 0,00 0,00
Produits des titres de participation et autres titres 0,00 0,00 0,00
Gains de change 0,00 0,00 0,00
Intérêts et produits financiers 0,00 0,00 0,00
Reprises financières, transfert de charges 0,00 0,00 0,00
Charges financières 0,00 0,00 0,00
Charges d’intérêt 0,00 0,00 0,00
Pertes de change 0,00 0,00 0,00
Autres charges financières 0,00 0,00 0,00
Dotations financières 0,00 0,00 0,00
Résultat financier 0,00 0,00 0,00
Résultat courant 260560,46 -92311,92 360797,66
Produits non courants 0,00 390000,00 0,00
Produits de cession d’immobilisation 0,00 300000,00 0,00
Autres produits non courants 0,00 90000,00 0,00
Charges non courantes 20,59 248,54 0,00
Valeurs nettes d’amortissement des immob cèdes 0,00 389751,46 0,00
Autres charges non courantes 29,59 297439,54 0,00
Résultat non courant -20,59 61792,00 0,00
Résultat avant impôts 260539,87 235647,54 360797,66
Impôt sur le résultat 33524,65 0,00 73092,00
Résultat net 227015,22 287705,66
Capacité d’autofinancement(CAF) 0,00 0,00

SOURCE: Département analyse des risques

62
De la même manière que nous avons procédé à l’analyse financière pour l’entreprise B, nous
allons donc nous baser sur les indicateurs financiers nécessaires à l’analyse de l’évolution de
l’activité calculés sur la base du CPC.

Figure 13 : Indicateurs de l’activité de l’entreprise B

SOURCE: Calculs propres à l’étude

D’après les informations générées par le CPC, nous constatons que l’activité a enregistré une
évolution de 8% en numéraire avec un chiffre d’affaires réalisé de 7 421 270Dhs contre 6 704
928 Dhs en 2015. Fin 2017, le client a atteint un chiffre d’affaires de 12 418 286Dhs, une
évolution remarquable représentant ainsi 1.7 fois l’activité de 2016.

La marge brute d’exploitation a perdu 3% du chiffre d’affaires en 2016, suite à l’accroissement


des achats (2.8% du chiffre d’affaires). Dans le même contexte , devant la hausse des charges
externes (0.33% du chiffre d’affaires), la valeur ajoutée a perdu 3% du chiffre d’affaires. La
masse salariale en fin 2017 s’élève à 1315 000Dhs pour 12 salariés déclarés. Côté rentabilité, le
résultat d’exploitation impacté par l’importance des charges d’exploitation qui ont augmenté de
5.12%, ressort négatif de -92 311Dhs contre 260 560Dhs en 2015 ; Ce dernier s’est redressé avec
la fin de 2017et se situe à 360 797Dhs suite essentiellement à l’évolution du courant de l’activité

; quant au résultat net, il s’établit en2016 à 235 647Dhs contre 227 015Dhs en 2015, notons que
cette évolution s’explique par l’enregistrement d’une cession d’immobilisation parmi les
produits non courants pour 300 000Dhs. En 2017 le résultat net continue à augmenter (22% par
rapport à 2016).

63
Figure 14 : Indicateurs d’exploitation Entreprise B

SOURCE: calculs relatifs à l’étude.

Les délais d’exploitation importants qui se caractérisent par un délai clients avec une
concentration sur les sociétés SAHIMI et SOMAPRIMO convertis en mois de 7.62 mois en
2016. Quant aus délais fournisseurs ils représentent 7mois d’activité avec une concentration
majoritaire sur les sociétés CECOSA à hauteur de 746 000Dhs et NOTBATI de 799 000Dhs.
Donc, ce décalage entre les entrées et les sorties d’argent pourrait avoir des retombées négatives
sur la trésorerie dans le futur.

La rentabilité d’exploitation demeure négative en 2016, et ce en raison de la chute du résultat


d’exploitation en cette année ; cependant elle a repris son caractère positif en 2017 et ressort à
3%. Quant à la rentabilité des fonds propres, elle enregistre une évolution favorable (0.1 en
2017 vs 0.09 en 2016) suite à l’accroissement du résultat net.

64
b. Analyse du bilan

Tableau 12 : Bilan de l’entreprise B

65
SOURCE: Département analyse des risques

Les indicateurs d’activité et de rentabilité de l’entreprise sont bons, pourtant nous devons encore
nous approfondir dans l’analyse en vérifiant son équilibre fondamental.

66
Tableau 13 : Indicateurs de la situation Financière de l’entreprise B

SOURCE: calculs relatifs à l’étude

Le volume des capitaux propres a connu une croissance remarquable durant les trois années ce
qui reflète une certaine indépendance financière de l’entreprise à l’égard de l’extérieur c’est ce
qui est présenté d’ailleurs par le ratio de solvabilité qui a passé de 18% en 2015 à 31% en 2016.

Les fonds propres sont de l’ordre de 2 880 821Dhs en hausse de 75% par rapport aux fonds
propres en 2015 suite à la réalisation d’une augmentation du capital de 1 000 000Dhs par
incorporation des comptes courants d’associés, combiné au report du résultat net en 2016.

Les comptes de l’entreprise B font ressortir une structure financière saine et équilibrée avec un
Fonds de roulement positif de l’ordre de 1286 868 Dhs en 2016 lui permettant de couvrir ses
emplois stables, vs un Fonds de roulement négatif en 2015.

Le besoin en fonds de roulement est couvert en 2016 à 100% par le fonds de roulement, mais il
s’est doublé en 2017 et a atteint 1 410 757Dhs. En raison de l’importance du fonds de roulement
en 2016, elle en découle une Trésorerie nette positive de 642 293Dhs.

Son niveau d’endettement qui ressort à 2.28% en 2016 et 2017 vs 4.58% en 2015, devant la
croissance des capitaux propres boostés par une injection de la liquidité par les associés.

67
Graphique 6 : Evolution BFR, FDR et TN

2000000

1500000

FDR
BFR
500000 TN

2015 2016 2017


-500000

SOURCE: Analyse propre à l’étude

Nous remarquons d’après le graphique que l’entreprise dispose d’une structure financière saine
et équilibrée entre un besoin en fonds roulement complétement couvert (2016) et une trésorerie
positive en évolution.

Section 3 : Méthodologie d’analyse du risque de Finéa : Apports et limites

A. Méthodologie d’analyse du risque de crédit de Finéa :

En analysant l’efficacité des outils de management du risque de crédit mis en place par les
établissements financiers, notamment Finéa étant un exemple d’établissement financier non
bancaire, nous avons pu mettre l’accent sur leurs apports et surtout pour le système de notation
interne qui est devenu un outil de base dans la gestion du risque de crédit, dont l’existence est
indispensable.

Quant au diagnostic financier, il permet de cerner la santé financière des PME, d’assimiler leur
capacité exprimée en terme d’accès au crédit, et de s’assurer de leur aptitude à faire face à ses
engagements, son caractère strictement quantitatif touche plus ou moins à la crédibilité de l’analyse
de risque, sachant que les facteurs qualitatifs sont également d’une importance majeure vu leur
complémentarité avec le diagnostic financier. L’incompétence du dirigeant, l’organisation
stratégique de l’entreprise et autres sont des facteurs qualitatifs non pris en compte par ce diagnostic
mais qui sont considérés par les systèmes de notation.

En vue de combler de telles lacunes présentées par les autres méthodes, la notation interne est
venue afin d’assurer l’évaluation du risque de défaillance de l’entreprise par l’établissement
financier lui-même, en tenant compte des facteurs à la fois quantitatifs et qualitatifs. Le système
de notation Finéa permet de déterminer ainsi la probabilité de défaut de la PME.
68
B. Apports du système de notation Finéa :

- L’élargissement de l’échelle de notation, pour un traitement plus objectif.

- La précision du calcul de la note finale traduite par la séparation entre facteurs qualitatifs
et quantitatifs.

- L’élargissement du champ d’analyse financière en ouvrant l’espace à tout élément


quantitatif, informant sur la solvabilité de la PME.

- amplification du périmètre de l’analyse des critères qualitatifs en dépassant la gestion de


la PME et la personnalité de son dirigeant à l’analyse de son positionnement concurrentiel

- la multiplicité des critères qualitatifs dont le but est la bonne connaissance de l’entreprise
cliente et son traitement de manière équitable.

Quant aux limites de la méthodologie d’analyse du risque de crédit adoptée par Finéa, nous citons:

- Le caractère quantitatif du diagnostic financier, encourage souvent les PME à modifier leurs
états de synthèse avant de les présenter en exposant l’établissement à un risque d’asymétrie
d’information.

- Le diagnostic financier génère une interprétation subjective des informations collectées.

- La note du secteur est insérée dans la note du profil opérationnel.

- Moins d’intérêt est donné au dirigeant, son expérience et ses qualités personnelles.

- Les dossiers de crédit ne sont pas traités objectivement.

- La note finale ne décide pas définitivement de l’octroi de crédit, elle doit faire l’objet de
discussion du comité de crédit, problème de subjectivité.

- En l’absence de normalisation du système de notation interne chaque établissement


financier adopte son propre système de notation, avec les éléments adaptés à sa situation.

- Vu la particularité du portefeuille clients de Finéa, la durée du dossier de crédit ne peut


dépasser un an.

La note finale se donne donc sur la base d’une année qui pourrait être exceptionnelle.

- Risque d’un événement imprévu et son impact sur la solvabilité de l’entreprise et par la
suite sur sa note exemple de regroupement d’entreprises.

69
C. Recommendations

En vue d’améliorer le système de notation de Finéa pour plus de précision dans l’appréciation
du risque de défaut relatif à la PME, voici quelques recommandations que nous jugeons
important de les présenter notamment après les entretiens que nous avons effectués avec les
responsables du département qui ont listé les différents points faibles du système de notation.

- Ajouter au périmètre de la note du profil opérationnel le facteur « influence extérieure


» c’est-à-dire les relations entre les PME et les administrations publiques par exemple,
notamment quand il s’agit d’un soutien ou une aide.

- Elargir l’horizon temporel de la notation en intégrant l’expérience passée de l’entreprise


et les prévisions relatives au projet financé.

- Pour plus d’objectivité, il faut normaliser le système de notation pour tous les
établissements financiers afin d’éviter la diversité des versions de méthodologies de
notation.

- Ajouter une note de secteur pour l’impact du secteur d’activité sur la stabilité de
l’entreprise et donc sur sa notation, cette note reposera sur la volatilité du secteur et ses
perspectives.

- Renforcer la relation de confiance PME – Finéa en les intégrant dans le processus de


notation et leur demandant des informations complémentaires pouvant servir la
détection de risque.

- Mise en place d’un modèle de stress testing du risque de crédit pour le portefeuille
clients de Finéa, qui permettra une meilleure prévention du risque.

Conclusion chapitre 2 :

Vu le risque que les institutions financières encourent en distribuant des crédits aux PME, les
outils d’analyse approuvés doivent efficaces, c’est la raison pour laquelle le dispositif d’analyse
du risque de crédit de Finéa a été consolidé par un système de notation interne. En outre, les
PME ne font pas l’objet de notation et elles ne sont pas actives sur les marchés des capitaux.

Pour ce qui est de conclusion, cette technique de notation interne a pu combler les lacunes du
diagnostic par ratios dont l’objet est strictement financier en élargissant l’échelle de notation et
l’adaptant à la situation des PME, souffrant souvent d’un taux élevé de défaillance.

Mis à part ses apports, nous avons pu dévoiler les principales limites du système de notation
interne de Finéa, et essayé également d’apporter des recommandations.

70
Conclusion de la deuxième Partie :

Dans cette partie II intitulée « Financement des PME et l’évaluation de leur risque de crédit »
nous avons pu avoir une idée concernant les petites et les moyennes entreprises. Nous avons vu
à quoi ressemble un processus de financement et par quelles étapes il passe. Pour les
établissements financiers, le financement n’est accordé qu’après une étude et un diagnostic très
pointus de la santé financière de l’entreprise ainsi que de sa solvabilité. Le traitement de cette
partie a permis d’identifier les différentes raisons pour lesquelles une demande de financement
est rejetée par Finéa et de relever que la santé financière de l’entreprise est loin d’être la seule
raison de rejet. Parmi les éléments relevés, nous citons le manque de confiance de l’entreprise
et les garanties. Il est alors préférable pour la PME de bien étudier son dossier et régler ses
défauts à l’avance afin de faciliter la décision d’octroi de crédit pour minimiser davantage son
risque de défaut. D’une autre part, les techniques utilisées par Finéa pour évaluer le risque de
crédit chez les PME doivent être revues et non pas dans le but de les éliminer mais pour y
apporter des modifications et les améliorer dans ce sens nous avons proposé quelques
recommandations telles que l’étude de la volatilité du secteur d’activité des PME concernées et
ses perspectives pour l’impact de ceci sur la situation de l’entreprise.

71
Conclusion Générale :
Les PME sont des acteurs importants de l’économie, leur importance dans le tissu économique
est significative et elles jouent un rôle principal à la création d’emploi, cependant ces entreprises
subissent les mauvaises conséquences de la conjoncture économique.

Leur taille réduite et leur structure financière fragile sont les causes principales derrière le taux
de défaillance élevé des PME, ceci représente une véritable menace pour les établissements
financiers, notamment ceux dont l’activité principale est le financement des PME. En outre,
l’évaluation du risque de crédit par les institutions financières a fait l’objet de plusieurs travaux
de littérature, mais ceux consacrés à l’évaluation du risque de crédit de cette catégorie
d’entreprises, sont d’un nombre restreint.

L’objectif de notre travail était donc l’évaluation du risque de crédit des petites et moyennes
entreprises dans ses dimensions, ainsi nous avons cerné les facteurs explicatifs de la défaillance
de ces entreprises dans le cadre théorique en s’appuyant sur l’étude des différents travaux de
recherche menés par les chercheurs. Ensuite nous avons mis le point sur les méthodes et les
outils qui nous ont permis d’évaluer ce risque dans le cadre pratique.

Ainsi, nous avons conclu qu’il existe un lien fort entre les facteurs économiques et le risque de
crédit des PME, notamment la taille et puis plus l’entreprise est petite de taille plus la probabilité
qu’elle fasse défaillance est forte. Quant aux méthodes utilisées, elles ont montré un pouvoir
prédictif excellent.

Cette analyse nous a permis également d’apporter des recommandations en vue d’améliorer les
techniques d’évaluation de l’organisme d’accueil, ainsi nous avons proposé de renforcer le
système de notation interne en ajoutant une note de secteur pour bien appréhender la volatilité
du secteur d’activité, de normaliser les système de notation interne de toutes les institutions
financières pour plus d’objectivité et de mettre en place des tests de résistance (stress testing)
dont l’objectif est de permettre à ces institutions de faire face aux situations de crise et d’évaluer
les conséquences en terme de risque.

L’étude nous conduit donc à une piste de réflexion à mettre en place un premier modèle de tests
de résistance propre à Finéa afin de mieux faire face au risque de crédit.

72
Bibliographie

 TILFANI, Eclairage sur la situation des PME au Maroc, mai 2011, Inforisk

 Financement des PME au Maroc, mai 2011, CDVM

 EL AMRY ALI, Financement des PME au Maroc : contraintes et perspectives, Thèse


pour l'obtention de Master Spécialisé en Audit Comptable et Financier en
Environnement International. 2007-2008

 ST-PIERRE, JOSEE, La gestion du risque : Comment améliorer le financement des


PME et faciliter leur développement, Presses de l'Université du Québec, 2004

 Maurin P, Evaluer une PME : Guide pratique, AFNOR (2010)

 Edward I. Altman 1968, Financial Ratios, Discriminant Analysis and the Prediction of
Corporate Bankruptcy, The Journal of Finance, American Finance Association

 Ben Jabeur, Statut de la faillite en théorie financière : approches théoriques et validation


empirique dans le contexte français, Thèse pour l’obtention de grade de docteur en
sciences de gestion 2011

 Bescos PL, Défaillance et redressement des PMI, Recherche des indices et causes de
défaillance d’entreprise, université paris-dauphine 1987

 Thomas et Kharoubi, Analyse du risque de crédit, Banque et Marchés, Revue Banque


2016

 Hubert, Analyse Financière, Information financière évaluation et diagnostic, édition 5


Dunod 2014

 Servigny et Arnaud, le risque de crédit Face à la crise, Dunod 2010

 Dietsch et Petey, Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières,
RB édition 2003

 Cahier des clauses administratives générales Applicables aux Marchés de Travaux 2016

73
Table des matières
Sommaire
REMERCIEMENTS ............................................................................................................ 2
Liste des Abréviations ........................................................................................................... 4
Liste des Tableaux ................................................................................................................ 5
Liste des Figures ................................................................................................................... 5
Liste des Graphique .............................................................................................................. 5
Introduction générale ......................................................................................................... 6
Partie I : PME marocaine : Financement des marchés publics et le risque de crédit ......... 8
Introduction Partie 1...................................................................................................................... 8
Chapitre 1 : La PME marocaine......................................................................................... 8
Section 1 : Histoire et définitions de PME ..................................................................................... 8
A. Evolution historique de la notion de la PME dans les pays développés ............................................. 8
B. Importance de la PME dans l’économie .......................................................................................... 10

Section 2 : Difficultés à l’évolution de la PME .............................................................................. 12


a) Facteurs internes............................................................................................................................. 13
b) Facteurs internes............................................................................................................................. 13

Section 3 : Financement des PME au Maroc ................................................................................ 14


A. Accès au financement pour les PME ............................................................................................... 14
B. Moyens de financement .............................................................................................................. 15
1) Moyens de financement interne des PME ........................................................................................ 15
2) Moyens de financement externe des PME ....................................................................................... 15

Chapitre 2 : Le risque du crédit des PME ........................................................................... 16


Section 1 : Le concept du risque de crédit ..................................................................................... 16
A. La notion de risque ......................................................................................................................... 16
B. La notion de risque de crédit ........................................................................................................... 16
C. Les enjeux de risque de crédit ......................................................................................................... 18

Section 2 : Les facteurs macro-économique a l'origine ................................................................. 19


a) Les facteurs macro-économiques .................................................................................................... 19

Section 3 : Les facteurs managériaux organisationnelle stratégique explicatif de risque de crédit ............22
A. L’incompétence du dirigeant ........................................................................................................... 22
B. Les erreurs de gestion et le management inefficace .................................................................. 22
C. Les facteurs liés à la stratégie de l’entreprise ................................................................................... 23
a) La faiblesse des débouchés et les erreurs d’anticipation de la demande ............................................ 23
c) L’environnement concurrentiel ....................................................................................................... 23
Chapitre 3 : La gestion du risque de crédit chez les PME .................................................. 24
Section 1 : La gestion du risque de crédit ..................................................................................... 24
a) Définition de la gestion du risque ................................................................................................... 24
b) La gestion du risque de crédit ......................................................................................................... 24

Section 2 : Evaluation du risque de crédit .................................................................................... 24


a) Le Scoring ..................................................................................................................................... 25
b) Ratios Discriminants ................................................................................................................... 26

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Section 3 : Evaluation du risque de crédit des PME ..................................................................... 27
a) Analyse financière .......................................................................................................................... 27
b) Analyse du risque en analyse financière .......................................................................................... 27

Conclusion Partie 1 ........................................................................................................................ 28

Partie II : Financement des PME et l’évaluation de leur risque de crédit (étude de cas :
FINEA GROUPE CDG) ................................................................................................. 29
Introduction Partie II ..................................................................................................... 29
Chapitre 1 : Processus de financement des PME et Facteurs de rejet ............................... 29
Section 1 : Méthodologie de Travail....................................................................................... 29
A. Collecte des données ........................................................................................................................... 30
B. Exploitation des données ..................................................................................................................... 30
C. Discussion des résultats ....................................................................................................................... 30

Section 2 : Présentation de FINEA GROUPE CDG ............................................................... 31


A. Finéa en Bref ....................................................................................................................................... 31
a) Organigramme ..................................................................................................................................... 32
b) Analyse détaillée des Produits Finéa ................................................................................................... 33
c) Réseaux de distribution ………………….................................................................................................... 34

Section 3 : Processus de financement (cas de finéa) ............................................................... 35


Processus Général de financement ............................................................................................................... 35
I. Prise de connaissance de l’entreprise................................................................................................... 36
II. Analyse Financière de l’entreprise ...................................................................................................... 37
a) Le compte de résultat (CPC) ............................................................................................................... 38
b) Le bilan ............................................................................................................................................... 39
III. Analyse des risques ......................................................................................................................... 40
IV. Décision du comité .......................................................................................................................... 40

Section 4 : Rejet de la demande de Financement ................................................................... 41

Conclusion Chapitre 1 .................................................................................................... 42


Chapitre 2 : Procédure d’analyse du risque de crédit (Etude de cas) ................................ 43
Introduction chapitre 2 ................................................................................................... 43
Section 1 : Dispositif d’analyse du risque de crédit (Cas de finéa) ......................................... 43
A. Système d’information SIGMAE ........................................................................................................ 43
B. Système de Notation Interne ................................................................................................................ 44
C. Méthodologie de Notation ................................................................................................................... 46
a) Profil opérationnel ............................................................................................................................... 46
b) Le profil financier ............................................................................................................................... 47
Section 2 : Analyse du risque de crédit : Diagnostic Financier et Notation interne) ............. 50
A. Entreprise A ......................................................................................................................................... 50
B. Entreprise B ......................................................................................................................................... 59
Section 3 : Méthodologie d’analyse du risque de Finea: Apports et limites ..................... 68
A. Méthodologie d’analyse du risque de crédit de Finéa .......................................................................... 68
B. Apports du système de notation Finéa ................................................................................................. 69
C. Recommandations ............................................................................................................................... 70
Conclusion chapitre 2 ......................................................................................................... 70
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Conclusion Partie II ........................................................................................................... 71
Conclusion générale ........................................................................................................... 72
Bibliographie ...................................................................................................................... 73

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