BADS-C - Manuel Français
BADS-C - Manuel Français
Behavioural Assessment
of thé Dy«executive Syndrome
Dessiné par
Andrew Boag
Typographie problem solving
Imprimé par
Herald Graphics
19BoultonRoad
Reading RG2 ONH
England
Version Française
Philippe Allain, Michel Forgeau & Didier Le Gall
Unité de Neuropsychologie, Département de Neurologie,
Centre Hospitalier Universitaire d'Angers
49033 Angers Cedex 01
France
ISBN 1874261954
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
8 4 Procédures pour l'administration des tests Nous souhaitons remercier Dennis Chiapello
8 4.1 Test d'Alternance de Règles (Phoenix), Susie Chase (Pittsburgh), Hazel Dusoir
8 4.2 Test du Programme d'Actions et Paul Richardson (Belfast) pour avoir testé
9 4.3 Test des Clés certains des patients de cette étude, et Sheila
9 4.4 Test de Jugement Temporel McCree, organisatrice du Workshop 6 à Sheffield,
9 4.5 Test du Zoo pour nous avoir donné accès à un nombre important
10 4.6 Test Modifié des Six Eléments de sujets contrôles normaux et nous avoir facilité le
11 4.7 Le DEX Questionnaire testing. Nous tenons également à remercier John
Hodges (Cambridge) pour son aide dans le
développement de la batterie, et en particulier pour
H 5 Cotation des tests du BADS nous avoir adressé ses patients pour l'étude de
12 5.1 Test d'Alternance de Règles validation. Nous sommes reconnaissants envers Jim
12 5.2 Test du Programme d'Actions Mack, Jill Weingardner (Cleverland), Arna Ronen
12 5.3 Test des Clés et Jenny Yiend (Cambridge), pour leur contribution
12 5.4 Test de Jugement Temporel lors du développement du test de recherche d'une
12 5.5 Test du Zoo clé, et envers Danuta Klosowska pour nous avoir
12 5.6 Test Modifié des Six Eléments autorisé à adapter son test du programme d'actions.
13 5.7 Le Questionnaire Dysexécutif Des remerciements particuliers vont à Julia Darling
13 5.8 Obtention du score de profil de la BADS pour toute son aide lors de la préparation du
matériel. Nous souhaitons remercier l'Hôpital St
13 6 Fidélité Andrews de Northampton, pour avoir financé les
13 6.1 Fidélité inter-juges recherches de Nick Alderman.
13 6.2 Fidélité test-retest
Le développement de cette batterie de tests a été en
partie financé par une subvention de l'East Anglian
Régional Health Authority (Locally Organised
Reasearch Scheme).
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
1 Introduction
La Behavioural Assessment of thé Dysexecutive Syndrome (BADS) est une batterie de tests destinée à prédire les
difficultés de la vie quotidienne consécutives au Syndrome Dysexécutif (SDys). La notion SDys recouvre ce qu'il
était coutume d'appeler le "syndrome frontal", une appellation qui est "utilisée pour se référer à un groupe assez
vague et très varié de déficits résultant de diverses étiologies, de différentes localisations et de troubles d'étendue très
variable" (Stuss et Benson, 1984, p.3). Baddeley et Wilson (1988) estiment que la description d'un syndrome en
terme de localisation est plutôt malheureuse et potentiellement trompeuse. Nous ne classons pas les déficits
mnésiques, langagiers, de lecture ou perceptifs de cette manière, car cela serait inadéquat et limiterait notre
compréhension des phénomènes cognitifs observés. De la même façon, une définition fonctionnelle paraît plus
appropriée pour décrire les déficits résultant d'une atteinte du lobe frontal.
Bien qu'il existe une grande variabilité dans l'étendue et l'intensité des troubles observés chez les patients
porteurs d'une lésion du lobe frontal, certaines anomalies sont très caractéristiques. Pour Rylander (1939), il s'agit en
particulier "des troubles de l'attention, de la distractibilité accrue, des difficultés à intégrer dans une globalité tous les
éléments d'une problématique complexe, de l'aptitude à travailler de façon routinière mais avec une incapacité à
apprendre la maîtrise de nouveaux types de tâches" (p.22).
Shallice (1982) considère que cet ensemble de perturbations peut être décrit en terme d'altération du contrôle
attentionnel. Il l'explique au travers d'un modèle attentionnel, dans lequel un système superviseur exercerait une
fonction de décision. Baddeley (1986) estime que le "Système de Supervision" proposé par Shallice est assimilable à
la composante administrateur central de la mémoire de travail (Baddeley & Hitch, 1974) et suggère les termes de
Syndrome Dysexécutif pour caractériser, sur le plan fonctionnel, des patients présentant un tel tableau clinique.
Les patients porteurs d'un SDys sont le plus souvent impulsifs et distractibles. Ils ont des difficultés à utiliser les
feed-back et à se comporter de manière appropriée dans certaines situations sociales (Alderman & Ward, 1991). Ces
patients ne sont pas toujours les plus faciles à évaluer dans la mesure où certaines habiletés, voire certaines des
composantes, permettant un fonctionnement exécutif correct, peuvent être intactes. Ce qui est perturbé, c'est la
"capacité d'initiative, de contrôle des performances et d'utilisation de cette information pour ajuster le
comportement" (Burgess & Alderman, 1990, p. 183). Actuellement, la plupart des tests disponibles se contentent
d'explorer les habiletés sous-tendant le fonctionnement exécutif.
Shallice et Burgess (1991) soulignent le fait que dans la majorité des épreuves neuropsychologiques "les
patients ont à traiter un problème explicite, singulier, sur une période de travail très courte..., que l'initiation de la
tâche est fortement impulsée par l'examinateur et que le but à atteindre est souvent trop évident" (pp. 727-728).
Il est rarement demandé aux patients d'organiser ou de planifier eux-mêmes leur comportement sur de longues
périodes de temps ou de fixer des priorités face à deux ou plusieurs tâches concurrentes. Pourtant, ce sont
précisément ces aptitudes executives qui sont impliquées dans la majorité des activités de la vie quotidienne.
Certains des tests très largement utilisés pour évaluer le fonctionnement exécutif, comme le Wisconsin Card
Sorting Test (Berg, 1948), le Stroop Test (Stroop, 1935) et le Reitan Trail Making Test (Reitan, 1958) peuvent être
effectués normalement par des patients présentant des troubles manifestes des fonctions executives (Eslinger &
Damasio, 1985). Shallice et Burgess (1991) ont décrit de manière détaillée trois patients de ce type. Ces derniers
obtenaient des résultats satisfaisants aux épreuves considérées comme sensibles aux lésions frontales alors qu'ils
étaient incapables de la moindre initiative efficace. Shallice et Burgess ont développé deux tâches qui, pensent-ils,
requièrent un fonctionnement adéquat du Système de Supervision ou de l'Administrateur Central dans la
terminologie de Baddeley et Hitch. Ces tests étaient (i) le Six Eléments Test, qui exige du sujet une organisation de
son activité, avec comme objectif de réaliser six tâches en un temps limité et sans négliger certaines règles et, (ii) le
Multiple Errands Test, effectué dans un centre commercial et qui consiste à demander au sujet d'acheter certains
objets, de rechercher certaines informations et de se rendre à un rendez-vous fixé tout en respectant certaines
consignes. Shallice et Burgess ont démontré que ces tests étaient sensibles aux problèmes dysexécutifs rencontrés par
ces trois patients dans leur vie quotidienne,.
Dans le Multiple Errands Test, par exemple, les patients avec un SDys commettaient plus d'erreurs que les
sujets contrôles et manifestaient des comportements qualitativement différents (comme sortir d'un magasin sans
payer).
Le Multiple Errands Test possède une forte validité écologique et mobilise les capacités permettant
d'appréhender la nouveauté, la résolution de problème, la planification et l'organisation, l'initiative, capacités
nécessaires dans le fonctionnement quotidien. Cependant, il exige aussi, de la part de l'examinateur, beaucoup de
temps, de planification et d'organisation et, en conséquence, il n'est pas toujours applicable aux situations cliniques
usuelles, il est également virtuellement impossible à standardiser.
Le Six Eléments Test se prête mieux à une standardisation en situation clinique. Shallice et Burgess ont adapté
les niveaux de difficulté des six tâches du test en tenant compte du niveau d'éducation élevé de leurs patients. Nous
avons par conséquent décidé de modifier le test afin de le rendre plus accessible à la plupart des sujets examinés par
les neuropsychologues, sujets souvent plus sévèrement atteints et de plus faible niveau intellectuel. Nous avons aussi
conçu plusieurs autres situations ou épreuves, semblables à des activités de la vie quotidienne, qui sont susceptibles
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
de poser certaines difficultés à la plupart des patients présentant un SDys. L'ensemble de ces épreuves constitue la
BADS.
2.1 Test d'Alternance de règles (Wilson, Alderman, Burgess, Emslie & Evans)
Pour ce test, on utilise un carnet à spirale comprenant 21 cartes à jouer non figuratives. Le test explore la capacité du
sujet à répondre en se conformant à une règle et à passer d'une règle à l'autre. Dans la première partie du test, le sujet
est invité à répondre "Oui" si la carte est de couleur rouge et "Non" si elle est de couleur noire. Cette règle,
imprimée sur une feuille cartonnée, est laissée à portée de vue du sujet afin de réduire la charge mnésique. Les cartes
à jouer sont présentées une à une. Le temps de réalisation total et le nombre d'erreurs commises sont enregistrés. La
plupart des sujets trouvent très facile cette première partie du test et rares sont les patients qui commettent des
erreurs. Elle est cependant très importante pour deux raisons. Premièrement, elle permet de mettre en confiance des
sujets susceptibles, par la suite, d'être mis en situation d'échec dans les autres tests de la batterie. Deuxièmement, et
c'est là la raison principale, elle permet d'établir un pattern comportemental qui multiplie les chances de voir
apparaître des erreurs persévératives dans la seconde partie du test, lorsque la règle change. Dans cette deuxième
partie, on demande en effet aux sujets de répondre "Oui" si la carte qui vient d'être retournée est de la même couleur
que la précédente et "Non" si elle est de couleur différente. Ainsi, alors que dans la première partie du test, les sujets
doivent toujours répondre "Oui" à une carte de couleur rouge, dans la seconde partie, ils ne doivent répondre "Oui"
que si la carte précédente était également rouge. Si la carte précédente était de couleur noire, ils doivent dire "Non".
Dès lors, les cartes de couleur rouge peuvent donc induire deux types de réponses ("Oui" ou "Non"), celles-ci valant
également pour les cartes noires. L'un des objectifs de cette seconde partie consiste, par conséquent, à contraindre
les sujets à "oublier" la première règle et à se concentrer sur l'application de la nouvelle règle. Cette nouvelle règle
est également imprimée et laissée à portée de vue du sujet. Le test d'alternance de règles permet donc de mesurer
simplement la capacité du sujet à passer d'une règle à une autre, de garder en mémoire la couleur de la carte
précédente et la règle en cours. Les paramètres mesurés sont le temps total de réalisation et le nombre d'erreurs
commises.
2.2 Test du Programme d'Actions (Adapté d'un test initialement décrit par Klosowska, 1976)
Proposé à l'origine par Klosowska en 1976, ce test confronte le sujet à une tâche inédite et pratique qui requière la
mise en place d'un plan d'actions afin de résoudre un problème. En comparant un groupe de patients porteurs de
lésions frontales à un groupe de patients porteurs de lésions postérieures, Klosowska a démontré que les patients
frontaux nécessitaient une aide plus fréquente que les patients postérieurs. Une grande proportion des patients
frontaux rapportaient des problèmes de programmation similaires lors de la réalisation de tâches professionnelles ou
domestiques.
Ces observations nous ont semblé particulièrement intéressantes puisque la tâche proposée ici introduit bien
une situation nouvelle de résolution de problème. Par ailleurs, plus qu'une solution "papier crayon", la situation
implique la manipulation concrète d'un matériel varié, comme de l'eau, une tige métallique et un bouchon de liège.
Le Test du Programme d'Actions, qui a été assez peu modifié pour la BADS, nécessite cinq étapes successives
pour être résolu. Chacune de ces cinq étapes implique la mise en oeuvre d'aptitudes simples qui appartiennent au
répertoire comportemental de tout un chacun mais, comme dans la plupart des tests de ce type (voir Dunker, 1945),
le sujet doit oeuvrer de manière rétroactive, c'est-à-dire qu'à partir de la connaissance de l'objectif final, il doit
reconstruire les étapes qui lui permettront de l'atteindre. Dans le Test du Programme d'Actions, le sujet est mis face à
un socle rectangulaire sur un côté duquel est posé un grand récipient transparent surmonté d'un couvercle amovible
percé en son centre. Le récipient est rempli au deux tiers d'eau. De l'autre côté du socle, est fixé un tube à essai
transparent dans le fond duquel se trouve un petit bouchon de liège. A gauche du socle sont posés une tige de métal
(ayant grossièrement la forme d'un L) qui n'est pas assez longue pour atteindre le bouchon de liège ainsi qu'un petit
flacon (fileté à l'une de ses extrémités) dont le bouchon à visser est placé à côté. On demande au sujet de faire sortir
le bouchon de liège du tube à essai en utilisant à sa guise tous les objets placés devant lui mais sans soulever le
socle, le tube à essai ou le récipient et sans toucher le couvercle de la main. Pour résoudre le problème, le sujet doit
comprendre que la clé du problème implique nécessairement l'utilisation de l'eau afin de faire remonter et flotter le
bouchon de liège au sommet du tube a essai. Il doit donc découvrir comment atteindre l'eau du récipient et trouver le
moyen de la transvaser dans le tube à essai. Pour ce faire, il est nécessaire d'enlever le couvercle du récipient avec le
crochet métallique, de visser le bouchon du petit flacon, de remplir d'eau ce flacon, de verser cette eau dans le tube,
et de répéter l'opération jusqu'à ce que le bouchon flotte au sommet du tube à essai.
Il n'y a pas de limite de temps pour cette tâche, mais si le sujet est incapable de franchir l'une des étapes de la
tâche, celle-ci lui est expliquée, par exemple enlever le couvercle avec le crochet métallique, visser le bouchon du
petit flacon, remplir d'eau le petit flacon, transvaser l'eau dans le tube à essai et refaire un second transvasement. La
décision d'aider ou non le sujet dépend en grande partie du jugement de l'examinateur. Habituellement cependant, si
au bout de 2 minutes, le sujet n'a fait aucune tentative lui permettant de passer à l'étape suivante ou s'il persévère
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
deux minutes sur une action inappropriée (comme par exemple introduire la tige métallique dans le tube dans l'espoir
de récupérer le bouchon de liège en le transperçant), alors l'aide peut lui être apportée.
2.3 Test des Clés (Inspiré du test original décrit par Terman & Merril, 1937)
Le développement de ce test a été influencé par l'une des tâches de l'Echelle d'Intelligence Stanford-Binet. Dans
l'épreuve originale, il était demandé au sujet de rechercher un porte-monnaie dans un espace en forme de losange. La
performance était appréciée en terme de succès ou d'échec. La méthode de cotation était cependant loin d'être claire,
et bien que des exemples de dessins soient fournis dans le manuel, la tâche nous a semblé difficile à coter. Nous
avons donc développé une épreuve et un système de cotation alternatif.
Dans le Test de Recherche des clés, on présente au sujet une feuille de papier de format A4 au milieu de
laquelle est représenté un carré de 100mm de côté et un point noir 50mm plus bas. On lui propose d'imaginer que le
carré représente un grand champ dans lequel il a perdu ses clés. Il lui est demandé de tracer une ligne continue, en
partant du point noir, pour indiquer quel chemin il pourrait emprunter pour être absolument certain de retrouver ses
clés.
Cette tâche nous semble assez proche d'une activité de la vie réelle puisque le fait d'égarer quelque chose est
assez fréquent chez beaucoup d'entre nous et très habituel chez les sujets cérébrolésés. La seconde raison du choix de
cette tâche est qu'elle permet d'examiner la capacité du sujet à planifier une série d'actions effectives et efficaces. Par
exemple, se précipiter vers le centre du champ a pour conséquence immédiate de réduire le nombre de plans
possibles de recherche. Troisièmement, cette épreuve permet d'observer la capacité du sujet à contrôler sa propre
performance puisque, par exemple, les lignes tracées sur le papier lui permettent de voir si toutes les parties du
champ ont bien été explorées. Et, quatrièmement, elle permet d'apprécier la capacité du sujet à tenir compte de
facteurs non explicites (par exemple, comment peut-on garder des traces des endroits où l'on est déjà passé ?). Le
sujet trouvera probablement les clés en marchant suffisamment longtemps, en changeant de direction au hasard, mais
ce moyen n'est pas le plus sûr. La seule manière d'être certain de retrouver ses clés dans un tel espace consiste à
utiliser les limites du champs comme des points de référence. La meilleure stratégie de recherche implique de suivre
des lignes parallèles, aux limites du terrain et entre elles, c'est à dire marcher parallèlement au côté gauche, d'un bout
à l'autre du champ, faire ensuite quelques pas vers la droite puis retourner vers le bord opposé, et ainsi de suite
jusqu'à ce que le bord droit soit atteint, la recherche la plus efficace se terminant alors à la base du carré.
Le système de cotation que nous avons développé reprend ces étapes. Ainsi (i) entrer et quitter le champ par un
coin est plus efficace et rapporte plus de points qu'entrer ou quitter le champ par le milieu de sa base, (ii) les patterns
utilisant des lignes parallèles horizontales ou verticales obtiennent plus de points que ceux utilisant des lignes
concentriques, (iii) les démarches planifiées à l'avance rapportent davantage de points que celles qui sont construites
en cours de route, et (iv) des points sont accordés pour un tracé continu qui tente de couvrir tout l'espace ainsi que
pour la probabilité de réussite du trajet indépendamment de la stratégie adoptée.
2.4 Test de Jugement Temporel (Alderman, Evans, Emslie, Wilson & Burgess)
Ce test comprend quatre courtes questions relatives à des situations courantes dont la durée s'étend de quelques
secondes (combien de temps faut-il pour gonfler un ballon ?) à plusieurs années (combien de temps peut vivre un
chien ?). Le sujet est prévenu que l'on n'attend pas de lui une réponse exacte à ces quatre questions, mais une
estimation qui soit la plus raisonnable possible. Deux des questions se réfèrent à des situations dont la durée est
habituellement évaluée en minutes, une en années et la dernière en secondes.
Dans ce test, il est demandé au sujet d'indiquer, sur le plan d'un zoo, le parcours qu'il emprunterait pour visiter une
série de lieux déterminés. Toutefois, la planification du parcours implique le respect de certaines règles. Ces règles
incluent notamment le fait de commencer la visite par l'entrée et finir par l'aire de pique-nique, de n'utiliser certaines
des allées du zoo qu'une seule fois. Le plan et les consignes ont été construits de telle sorte qu'il n'y ait que quatre
parcours qui puissent être suivis sans enfreindre les règles du test. Le test comprend deux conditions. Bien que
l'objectif soit le même pour chacune des conditions, les instructions données au départ varient d'une condition à
l'autre. A chaque fois, le sujet est invité à visiter 6 des 12 lieux possibles (par exemple, le café, les ours, les
éléphants). La première condition est la plus exigeante et la plus difficile. Elle teste spécifiquement les capacités de
planification du patient. Pour minimiser les erreurs, le sujet doit anticiper l'ordre dans lequel il va se rendre aux
différents endroits désignés. En effet, s'il se déplace d'un lieu à l'autre en suivant l'ordre proposé dans les consignes,
il commettra inévitablement beaucoup d'erreurs. Dans la seconde condition, moins exigeante, le sujet doit
simplement suivre les instructions pour réaliser une performance sans erreur. En suivant directement les instructions
données dans la version la plus exigeante, le score total d'erreurs sera maximisé.
Dans les deux conditions du test, à chaque fois qu'une règle est transgressée, l'examinateur évalue la capacité
du sujet à corriger ses erreurs, en modifiant la procédure utilisée (en fonction des informations reçues en retour).
La comparaison des performances dans les deux conditions permet une évaluation quantitative des capacités de
planification spontanée du sujet lorsque l'assistance cognitive est minimale. Elle autorise également une évaluation
quantitative de sa capacité à suivre une stratégie concrète, imposée de l'extérieur, lorsque l'aide cognitive est
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
maximale. La performance à ce test permet aussi au clinicien d'apprécier ce que peut apporter à un patient présentant
des difficultés de fonctionnement exécutif une assistance sous forme de "check-list".
2.6 Test Modifié des Six Eléments (Burgess, Alderman, Evans, Wilson, Emslie & Shalllce)
Ce test est une version simplifiée de l'épreuve originale de Shallice et Burgess (1991) qui invite le sujet à effectuer
trois types de tâches, une fois que des instructions précises lui ont été données (une dictée, du calcul arithmétique et
de la dénomination d'images), chacune de ces trois tâches étant divisée en deux parties A et B. Il y a ainsi deux séries
d'additions, deux dictées à faire et deux séries d'images à dénommer, soit au total six sous-tâches à réaliser. Le sujet
doit au moins débuter chacune des six sous-tâches au cours d'une période de dix minutes. De plus, il est averti qu'il
existe une règle à ne pas transgresser : il n'est pas admis d'effectuer les deux parties d'une même tâche l'une à la suite
de l'autre. Ainsi, par exemple, s'il vient de dénommer une série d'images, il ne peut pas passer immédiatement à la
dénomination de la seconde série d'images. Il doit par contre faire l'une ou l'autre des deux sous-tâches
d'arithmétique ou de dictée pour ensuite revenir sur la dénomination de la seconde série d'images.
La performance du sujet aux différentes sous-tâches importe peu, ce qui est assez inhabituel dans un test. Ainsi
par exemple, il n'est pas du tout essentiel de savoir combien d'additions ont été effectuées ou combien de
dénominations d'images sont correctes. Ce qui importe davantage, c'est de savoir comment le sujet a organisé son
travail. Le test permet de recueillir trois mesures : (i) le nombre de sous-tâches débutées (max=6), (ii) le respect ou
non de la règle d'alternance pour chaque type de tâche, c'est-à-dire si l'une des sous-tâches a été ou non suivie
immédiatement par l'autre sous-tâche du même type (max=3), et (iii) le temps maximum passé sur l'une ou l'autre des
sous-tâches (max=10).
Des travaux récents de Burgess et Taylor, décrits dans Burgess (sous-presse) ont confirmé que le Test des Six
Eléments mobilise les capacités de planification, d'organisation et de contrôle comportemental. Il fait également
beaucoup intervenir "la mémoire prospective" à savoir la capacité à se souvenir de mettre en oeuvre telle ou telle
intention à un moment précis dans le futur. Objectivement, le sujet peut échouer le test pour d'autres raisons que des
déficits au niveau des processus singuliers qui sous-tendent les fonctions que nous venons de décrire. Par exemple,
un sujet présentant de sévères problèmes de compréhension auditivo-verbale peut échouer le test parce qu'il ne
parvient pas à comprendre les instructions. Il convient par conséquent, en évaluateur expérimenté, de s'assurer que le
sujet ne présente pas de telles difficultés avant de lui administrer le test.
2.7 Le "Questionnaire de fonctionnement exécutif (DEX) (Burgess, Alderman, Wilson, Evans & Emslie)
II s'agit d'un questionnaire constitué de 20 items destinés à couvrir l'éventail des problèmes comportementaux
habituellement associés au syndrome dysexécutif. Dans la perspective des travaux de Stuss et Benson (1984, 1986),
les questions abordent les quatre grands registres dans lesquels des modifications sont susceptibles d'être relevées :
des modifications émotionnelles et de personnalité, des modifications de la motivation, des modifications
comportementales et des modifications cognitives. Les items incluent des affirmations du type : "j'agis sans réfléchir,
en faisant la première chose qui me vient à l'esprit", "j'ai des difficultés à prévoir à l'avance ce qui peut se passer et à
m'organiser" ou encore "je trouve difficile de fixer mon attention sur quelque chose et je suis facilement distrait".
Chaque item est apprécié sur une échelle de Likert en cinq points (0-4), allant de "Jamais" à "Très souvent". Les
différentes caractéristiques du syndrome dysexécutif que les items visent à explorer sont détaillées dans le Tableau 1.
Le questionnaire DEX existe en deux versions, l'une est destinée à être complétée par le patient lui-même et l'autre,
par un proche ou une personne soignante qui a de préférence des contacts quotidiens avec le patient.
Tableau 1
Caractéristiques du Syndrome Dysexécutif mesurées par le Questionnaire DEX
(dans l'ordre d'apparition des items)
Nous avons testé un échantillon de 216 sujets se répartissant en trois groupes différents d'aptitudes : "inférieur à la
moyenne", "moyen", "au-dessus de la moyenne" incluant approximativement un nombre égal de sujets (ces groupes
d'aptitude ont été déterminés en utilisant les scores de QI obtenus au National Adulte Reading Test (NART) ; QI
respectivement équivalents à 89 et moins, 90-109 et 110 et plus). L'échantillon a aussi été équilibré de manière à
inclure un nombre équivalent de femmes et d'hommes dans chaque groupe d'aptitude et dans chacun des quatre
groupes d'âge suivants : 16-31, 32-47, 48-63 et 64 ans et plus. Comme dans toutes les études visant à recueillir des
données normatives (Baddeley, Emslie & Nimmo-Smith, 1992, 1994), nous avons veillé à inclure un nombre égal
de sujets dans chaque catégorie, de manière à ce qu'aucun des groupes d'âge ou de niveau, ne soit sous-représenté.
Comme cela a déjà été souligné ailleurs (Baddeley, Emslie & Nimmo-Smith, 1992, 1994), constituer un échantillon
bien équilibré n'est pas chose facile, en particulier en raison du peu d'enthousiasme généralement manifesté par les
sujets appartenant aux groupes socio-économiques les plus faibles pour participer à des tests impliquant le langage
ou la résolution de problèmes. Il y a toujours, dans de telles circonstances, un risque que les sujets qui se portent
volontaires pour être testés soient en fait atypiques. Nous nous sommes donnés beaucoup de mal pour éviter tout
biais de volontariat en adoptant la stratégie de recrutement suivante. Premièrement, nous avons recontacté des sujets
ayant participé à des études antérieures de recueil de normes (Baddeley et al., 1993, 1994) ; sujets dont nous
connaissions déjà l'âge, le niveau d'éducation, la profession et le score à la NART. Nous avons ainsi pu reprendre
contact avec 130 d'entre-eux. Ceci étant, beaucoup des sujets les plus jeunes, et en particulier ceux qui sont restés
sans emploi depuis le dernier testing, n'ont pas pu être localisés. Nous avons ensuite équilibré chacun des 12 groupes
testés en recrutant tout simplement des sujets supplémentaires, sur la base de leur âge, de leur sexe et de leur
profession. Les quelques sujets manquants se situant dans la tranche "au-dessus de la moyenne" nécessaires ont été
recrutés parmi le personnel de l'Hôpital St-Andrew de Northampton. Les sujets manquants se situant dans la tranche
"en dessous de la moyenne" ont été plus difficiles à recruter. Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur une
institution d'une grande ville du Nord qui propose des stages en entreprise ou un ré-entraînement professionnel, à des
adultes restés sans emploi plus de 6 mois ou à des jeunes gens dont l'histoire personnelle révèle des problèmes
d'apprentissage ou sociaux (problèmes toutefois insuffisants pour nécessiter une éducation en milieu spécialisé).
Nous avons ainsi pu recruter autant de sujets se situant "au-dessus" et "au-dessous" de la moyenne que nécessaire
pour équilibrer chacun de nos groupes.
La batterie complète a ainsi pu être administrée à 216 sujets contrôles neurologiquement sains, âgés de 16 à 87
ans (âge moyen = 46,6; SD = 19,8). Le QI global moyen obtenu au NART était de 102,2 (SD=16,2; étendue 69-129)
3.2 Patients
Quatre-vingt douze patients, présentant des désordres neurologiques variés, ont été évalués avec la batterie ainsi
qu'avec un certain nombre d'autres tests neuropsychologiques, incluant la WAIS-R (Wechsler, 1981), le Test des
Estimations Cognitives (Shallice et Evans, 1978) et une version raccourcie du Wisconsin Gard Sorting Test (Nelson,
1976). L'échantillon était principalement constitué d'individus victimes d'un traumatisme crânien fermé (59 %).
Parmi les patients restants, beaucoup étaient porteurs d'une lésion cérébrale acquise résultant d'une encéphalite
(6,5%), d'une démence (13%), d'un accident vasculaire cérébral (8,5%). Pour douze patients (13%), la lésion acquise
résultait d'une autre cause (par exemple blessure par balle [1], anoxie [4], syndrome de Korsakoff [1]).
Sur les 92 patients examinés, seulement 78 ont réalisé la totalité des six tests de la BADS. En conséquence,
seuls ces sujets ont été sélectionnés pour analyse dans l'étude de validation. Ils étaient âgés de 19 à 76 ans
(moyenne=38,8, SD=15,7), leur QI global moyen au NART était de 103,2 (SD=13,2, étendue 73-136). A la WAIS-
R, le QI total moyen de ces patients était de 92,8 (SD=15,7, étendue 53-136). Les patients ont été recrutés dans
plusieurs Centres : MCR Applied Psychology Unit et Addenbrooke's Hospital de Cambridge, Kemsley Division
(service de réhabilitation pour traumatisés crâniens) du St Andrew's Hospital de Northampton, University Collège de
Londres, Royal Victoria Hospital de Belfast, Adult Day Hospital for Neurological Rehabilitation et St Joseph's
Hospital de Phoenix et Behavioral Neuropschology Associates de Pittsburgh.
Il n'a pas été relevé de différence significative entre les performances des sujets contrôles et des patients au
NART (t=-0,28, p=0,782). Par contre, l'âge moyen du groupe de contrôles normaux (46,6) était plus élevé que celui
des patients (38,8) (t=3,46,p=0,001).
Vous aurez besoin du carnet à spirale contenant les cartes à jouer, des planches indiquant les règles à respecter et
d'un chronomètre.
Posez le carnet de cartes à jouer, fermé, entre le sujet et vous, et tenez prête la planche précisant la règle numéro 1.
Ceci est un carnet de cartes à jouer. Je vais retourner ces cartes une à une et après chacune d'elles, vous devrez
me dire "OUI" ou "NON" en respectant la règle que vous aurez devant vous. Vous devez essayer de répondre
aussi vite que possible et le plus exactement possible. Voici la première règle.
Placez la planche précisant la règle 1, "Dites OUI pour rouge, NON pour noir" devant le sujet, légèrement sur le
côté et lisez la règle à haute voix.
Notez que pour la règle 1, la notation débute avec la seconde carte, c'est-à-dire le 2 de carreau.
Dites ensuite :
Je vais maintenant retourner la même série de cartes et vous devrez encore me dire "OUI" ou "NON" à chacune
d'elle, toujours aussi vite et aussi correctement que vous le pouvez, mais cette fois-ci, la règle à respecter est
différente.
Retournez la planche 2 pour montrer la règle 2, et dites Cette fois... et lisez la règle 2 au sujet. Ensuite dites Je vais
vous montrer une carte que vous avez déjà vue et montrer la première carte, c'est-à-dire le 4 de coeur. Administrez
la seconde partie, en notant les réponses du sujet et le temps mis.
Vous aurez besoin du matériel présenté sur le schéma ci-dessous, d'un peu d'eau, de papier essuie-tout et d'un
chronomètre. Remplissez, hors de portée de vue du sujet, le grand récipient aux deux tiers d'eau et positionnez son
couvercle. Disposez l'ensemble du matériel en face du sujet comme suit :
SCHEMA
Dites ensuite :
Si vous regardez bien au fond de ce tube à essai, vous y verrez un petit bouchon de liège. Votre tâche va
consister à faire sortir ce bouchon du tube. Pour y parvenir, vous devez utiliser ces différents objets (montrer le
matériel). Mais attention, vous ne devez pas soulever ceci (monter le socle rectangulaire), ni ceci (montrer le
récipient d'eau), ni ceci (montrer le grand tube) et vous ne devez pas toucher ceci (montrer le couvercle) avec vos
doigts. Maintenant allez y et essayez défaire sortir le bouchon de liège du tube.
Si, après 2 minutes, le sujet paraît à l'évidence incapable de progresser, aidez-le de la manière suivante : Je vais vous
aider un peu, puis enlevez le couvercle avec le crochet métallique, et dites ensuite: Maintenant, essayez de continuer
la tâche.
Si, après 2 nouvelles minutes le sujet paraît toujours incapable de passer à l'étape suivante, une incitation
supplémentaire, utilisant la démonstration, lui est proposée en vissant le bouchon sur le flacon. Si cela s'avère
nécessaire, continuez à lui apporter de l'aide jusqu'à ce que le bouchon de liège ait été récupéré.
Vous aurez besoin d'une photocopie de la feuille de réponse, d'un stylo à bille et du chronomètre.
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Placez la feuille de réponse en face du sujet de telle sorte que l'emplacement réservé à l'écriture de son nom se
situe en haut à droite. Prenez un stylo à bille (pour éviter que le sujet efface), et dites :
Je voudrais que vous imaginiez que ce carré (montrez les angles de carré avec le stylo) est un grand champ.
Quelque part dans ce champ vous avez perdu vos clés. Vous ne savez pas exactement où vous les avez perdues,
car en fait vous êtes allé un peu partout dans ce champ. La seule chose dont vous êtes certain, c'est qu'elles sont
quelque part dans ce champ.
Faites une pause et assurez-vous que le sujet a bien compris la situation, puis désignez le point situé en dessous du
carré avec le stylo et dites :
En partant de ce point, je voudrais que vous traciez une ligne continue, sans lever la pointe du stylo, pour me
montrer où vous allez passer pour fouiller le champ de manière à être absolument certain de retrouver vos clés,
où qu'elles soient.
Si le sujet semble ne pas comprendre que la ligne qu'il doit tracer avec le stylo vise à représenter le chemin qu'il
envisage de suivre, prenez une autre feuille de papier et - à distance du carré - tracez un cercle, et dites :
Si vous tracez ceci, cela signifie que vous avez commencé ici, que vous avez marché en rond pour finir votre
parcours à l'endroit où vous l'avez commencé. Si vous tracez une ligne comme celle-ci (tracer une ligne en L )
cela signifie que vous êtes descendu, que vous avez tourné à gauche et que vous avez poursuivi le long de cette
ligne.
Je vais vous chronométrer mais il n'y a pas de limite de temps. Prenez tout le temps dont vous avez besoin pour
fouiller le champ mais assurez-vous bien que vous le fouillez de manière suffisamment rigoureuse pour être
certain de retrouver vos clés où qu 'elles soient. Prenez le stylo, et en commençant à partir de ce point (le
désigner), tracez une ligne pour me montrer où vous allez passer pour fouiller le champ.
Enclenchez le chronomètre dès que ces instructions ont été données et notez le temps total nécessaire au sujet pour
effectuer la tâche. Si le sujet lève la pointe du stylo, et donc si la ligne n'est plus continue, dites-lui à chaque fois :
Souvenez-vous qu 'il faut que vous gardiez la pointe du stylo sur la feuille de papier afin que je puisse voir où
vous êtes passé dans le champ.
Si nécessaire, ces instructions peuvent être répétées ou reformulées afin d'aider le sujet à bien les comprendre, mais
une fois que le sujet semble les avoir comprises, ou si vous estimez qu'il est incapable de les comprendre, ne les
répétez plus.
Pour les sujets qui déplacent le stylo dans l'espace plutôt que sur le papier, l'instruction de garder la pointe du stylo
sur le papier doit être répétée autant de fois que nécessaire.
Pendant que le sujet dessine, prenez des notes afin de pouvoir ensuite, si cela s'avère nécessaire, reconstruire l'ordre
dans lequel les lignes ont été tracées.
Si les sujets posent des questions, répondez selon les indications ci-dessus, en prenant garde de ne pas donner des
informations qui pourraient être utilisées par le sujet pour guider sa recherche dans une direction particulière.
Les instructions suivantes doivent être données si le sujet arrête sa recherche prématurément (comme en a - c - ci-
dessous), mais elles ne doivent être données qu'une seule fois.
(b) Si le sujet déclare qu'il va seulement fouiller la partie du champ dans laquelle il s'est déjà rendu, dites :
Vous ne savez pas dans quelle partie du champ sont vos clés puisque vous êtes allés partout dans le champ, vous
savez seulement qu'elles sont quelque part, donc continuez de fouiller jusqu'à ce que vous soyez sûr de les trouver
où qu'elles soient."
(c) Si l'examinateur n'est pas sûr que le sujet a fini sa recherche, dites : Avez-vous fini votre recherche ? Si la
réponse est OUI ou si le sujet dit qu'il a retrouvé les clés, arrêtez le test. Si le sujet dit NON dites : Rappelez-vous de
bien fouiller le champ en entier.
Chronométrage
Arrêtez le chronomètre lorsque le sujet stoppe sa recherche. Le chronomètre ne doit pas être arrêté pour les
interruptions comme dans les points a à c ci-dessus. Le chronométrage ne peut être arrêté puis redémarré qu'à une
seule occasion, à savoir lorsque vous devez expliquer au sujet que la pointe du stylo doit être maintenue sur la feuille
10
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
et si cette explication intervient avant que le sujet ait réellement commencé à fouiller le champ. Toutes les autres
explications seront incluses dans le temps total.
Je vais vous demander d'estimer combien de temps il faut pour effectuer quatre choses différentes. Je dis bien
estimer parce que j'exclus la possibilité que quelqu'un connaisse les réponses exactes à ces questions. Je ne vous
demande pas si vous connaissez la réponse, je vous demande de l'estimer, c'est-à-dire de la deviner en essayant
d'être le plus précis possible.
Posez chaque question et au besoin, incitez le patient à faire une estimation qui soit la plus précise possible s'il dit ne
pas savoir répondre.
Vous aurez besoin de photocopies des feuilles de réponses des versions 1 et 2, du chronomètre et de crayons de
couleurs.
Version 1
Placez en face du sujet une copie du plan du zoo et les consignes écrites de la version 1 et dites :
Voici le plan d'un zoo. Votre travail consiste à organiser un parcours à l'intérieur du zoo afin de vous rendre à
tous les lieux indiqués sur cette feuille d'instructions (les montrer sur la feuille d'instructions). Vous devrez
tracer une ligne pour me montrer comment vous vous organisez pour aller d'un lieu à un autre. Je vous donnerai
un crayon de couleur différente après chaque lieu visité. Cela ne fait pas partie du test, mais cela m'aidera à me
rappeler l'ordre dans lequel vous avez visité les différents lieux quand je regarderai le plan plus tard.
Maintenant lisez les instructions à haute voix.
Incitez alors le sujet à lire les consignes. S'il a des difficultés de lecture, lisez-les vous-même ou bien avec lui. Une
fois les consignes lues (par le sujet ou l'examinateur), clarifiez les différentes règles en les relisant à nouveau et en
montrant les lieux de visites imposés, comme suit :
Bien, vous devez commencer votre visite par l'entrée (pointer l'entrée) et la finir par l'aire de pique-nique
(pointer l'aire de pique-nique).
Vous pouvez utiliser les allées pointillées comme celles-ci (pointer les allées hachurées à l'entrée, au niveau des
ours, des singes, du refuge des oiseaux) autant défais que vous le voulez, mais les allées non pointillées (pointer
les allées conduisant aux éléphants, allant des reptiles à l'aire de pique-nique) une seule fois seulement.
Vous ne pouvez faire qu'une seule fois la "promenade à dos de chameau". Cela veut dire que si vous utilisez une
partie de la promenade à dos de chameau (indiquer la section de promenade à dos de chameau, qui inclut le
prolongement des lignes des deux côtés) plus tard, vous ne pourrez pas utiliser la partie restante.
Certains sujets demandent s'il leur est permis de cocher, sur la liste des consignes, les différents lieux au fur et à
mesure qu'ils les visitent ou alors de cocher, sur le plan, les endroits qu'ils ont l'intention de visiter. Les deux sont
autorisés, mais ne doivent pas être suggérés au sujet à l'avance.
Après avoir clarifié toutes les questions que pose au sujet la tâche, dites :
Bien que j'utilise le chronomètre pour voir combien de temps il vous faut pour effectuer la tâche, le temps n'est
pas réellement important. Ce qui est le plus important, c'est de bien visiter tous les lieux indiqués dans les
consignes, sans enfreindre les règles. Maintenant, commencez quand vous êtes prêt.
Commencez à chronométrer et enregistrez 1) le temps de planification (c'est à dire le temps qui s'écoule entre le
moment où le chronomètre est enclenché et le moment où le sujet commence à tracer l'itinéraire avec les crayons de
couleurs) et 2) le temps total (c'est à dire le temps de planification additionné au temps mis par le sujet pour dessiner
l'itinéraire). Rappelez-vous qu'il faut changer la couleur du crayon utilisé par le sujet dès la fin de la visite d'un lieu
et enregistrez l'ordre d'apparition des couleurs sur la feuille de cotation. Il est également très utile de noter sur la
feuille de cotation l'ordre des lieux visités par le sujet au fur et à mesure du test. Cela facilite la cotation. Si le sujet
réalise qu'il a commis une erreur sur l'une des instructions et qu'il ne peut plus alors se rendre à tous les lieux
indiqués sans passer sur une allée non pointillée une seconde fois, encouragez le sujet à poursuivre en disant :
Si vous devez utiliser des allées non pointillées que vous avez déjà utilisées pour visiter les lieux restants, alors
faites, s'il vous plaît, ce qui est le plus important c'est à dire rendez-vous à tous les lieux indiqués sur la liste.
Version 2
Enlever le plan et les règles de la version 1. Remplacez les par une copie du plan du zoo et les instructions de la
version 2. Dites :
Le lendemain vous retournez au zoo pour une autre visite, mais cette fois les instructions ont changé. Pouvez-
vous lire à haute voix cette seconde série de consignes s'il vous plaît ?
11
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Clarifier les instructions et enregistrer les temps nécessaires au sujet comme dans la version 1.
Vous aurez besoin d'un magnétophone, d'un minuteur, d'un crayon papier, d'une gomme, de feuilles de papier et du
matériel de test illustré ci-dessous. Placez devant le sujet, comme ci-dessous, le matériel de test (le magnétophone,
les deux carnets de problèmes arithmétiques, les deux carnets d'images, la minuterie et la feuille de consignes), plus
quelques feuilles de papier, le crayon papier et la gomme :
SCHEMA
Ensuite dites :
Vous disposez de 10 minutes pour effectuer cette épreuve dans laquelle vous allez devoir effectuer trois types de
tâches différentes (montrer le matériel). La première tâche consiste à décrire des événements (pointez les en
numéro 1 sur la feuille des consignes). La seconde (pointez le chiffre 2 sur la feuille des consignes) consiste à
écrire, sur la feuille de papier que je vais vous donner, les noms des objets que vous allez voir sur ces cartes. La
troisième (pointer le chiffre 3 sur la feuille des consignes) consiste à résoudre les problèmes arithmétiques
simples, proposés sur ces cartes, en notant vos réponses sur une feuille.
Chacune de ces trois tâches est divisée en deux parties, une Partie A et une Partie B. Il y a deux séries de
problèmes arithmétiques (montrer la partie appropriée sur la feuille des consignes), deux séries d'images
(montrer) et deux récits à dicter (montrer).
Reprendre chaque tâche avec le sujet en se référant aux consignes écrites, sans oublier de bien rappeler aux sujets
qu'ils ne sont pas obligés de faire les calculs mentalement et qu'ils peuvent utiliser une feuille de papier pour les
faire.
Durant les 10 prochaines minutes, je voudrais que vous essayiez de réaliser au moins un peu de chacune des six
sous-parties. Il n'est pas possible que vous fassiez tout en 10 minutes seulement. Le plus important est de ne pas
essayer de terminer une des tâches dans sa totalité, mais bien défaire au moins une partie de chacune des six
tâches du test.
Mais attention, il y a une règle à laquelle vous devez impérativement obéir : vous ne pouvez pas faire la seconde
partie d'une tâche immédiatement après avoir travaillé sur la première partie de cette même tâche, et bien sûr
de la même manière, vous ne pouvez pas faire la première partie d'une tâche immédiatement après avoir
travaillé sur la seconde partie de cette même tâche. A la place, vous devez choisir de faire l'une des autres
tâches à effectuer. Par exemple, si vous faites la première partie de la tâche d'arithmétique, vous ne pouvez pas
faire la seconde partie immédiatement après. Vous devez à la place choisir une partie de la tâche de
dénomination des images ou une partie de la tâche des récits.
En résumé, vous avez 10 minutes pour faire le test. Vous devez organiser votre travail de manière à pouvoir
faire au moins quelque chose dans chacune des six parties et vous ne devez pas travailler sur une partie d'une
tâche donnée immédiatement après avoir travaillé sur l'autre partie de la même tâche. Vous pouvez utiliser ce
minuteur (vérifier que le minuteur est bien à zéro) pour vous aider à organiser votre temps. Une alarme se
déclenchera lorsque les dix minutes seront écoulées.
Le sujet doit alors résumer les consignes du test. S'il y a des erreurs dans ce qu'il/qu'elle dit, corrigez-les. Répétez les
détails de procédure qui ont été oubliés. Si nécessaire, aidez le sujet à résumer à nouveau les consignes du test.
Corrigez le comme indiqué précédemment. Commencez le test à ce moment précis, sans donner d'autres explications
sur la procédure ou demandez au sujet de résumer une nouvelle fois les consignes du test. Enclenchez le minuteur
dès que le test commence.
Enregistrer le temps à chaque fois que le sujet s'engage réellement dans une partie de chaque sous-tâche -
qu'elle implique la dictée ou la notation - et à chaque fois qu'il/elle s'arrête manifestement de travailler dans cette
12
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
partie. Plus tard, vous aurez besoin de calculer le temps total consacré à chaque sous-tâche (les sujets reviennent
souvent plusieurs fois sur une tâche, il peut donc y avoir plusieurs périodes de travail à additionner pour une même
sous-tâche) et noter le nombre de tâches pour lesquelles les règles n'ont pas été respectées.
Le questionnaire DEX existe en deux versions, l'une est destinée au patient et l'autre à quelqu'un qui le connaît très
bien. Les questions des deux exemplaires sont identiques, sauf pour quelques changements mineurs dans la
formulation des énoncés. Il est important de s'assurer que le patient et l'évaluateur indépendant reçoivent bien le bon
exemplaire du questionnaire.
La qualité de l'information recueillie par le questionnaire DEX va dépendre du degré de compréhension que le
proche ou le soignant a de l'état actuel du patient. Pour cette raison, il paraît plus important d'interroger quelqu'un qui
connaît bien les habitudes de fonctionnement du sujet plutôt que quelqu'un qui le connaît bien, mais qui ne le voit
maintenant que sur de courtes périodes. De la même façon, il est indéniable que certaines personnes sont plus
habituées ou plus aptes à apprécier et juger le comportement d'une personne que d'autres, et c'est cette habitude ou
aptitude qui peut précisément être utile à un examinateur. Par ailleurs, l'aptitude à porter un jugement relativement
objectif sur une personne que l'on connaît bien est souvent variable d'une personne à l'autre. Tout ceci doit inciter à
la prudence sur le choix de l'évaluateur indépendant, et peut parfois signifier que la personne la plus apte à répondre
n'est pas nécessairement celle qui a le plus de contacts avec le patient.
Avec les patients ou les évaluateurs indépendants qui ont des difficultés de lecture, le questionnaire DEX peut
être lu à haute voix, simultanément par le sujet et l'examinateur. En fait, avec les patients qui présentent un syndrome
dysexécutif important, une telle méthode doit être considérée comme le meilleur moyen de s'assurer de la bonne
qualité des réponses. Souvent, les gens ont besoin d'un peu de temps pour réfléchir au sens de chaque question - ce
qui semble être une question claire à un clinicien expérimenté peut parfois apparaître un peu confus pour un
profane -. Bien sûr, il faut s'assurer que le niveau de compréhension verbale du patient est suffisant pour comprendre
les questions.
De manière générale, donnez autant d'explications que vous l'estimez nécessaire. Il ne faut en aucun cas guider
l'évaluateur en donnant des exemples de comportement de malades qui illustrent la question ! Par exemple, si
l'évaluateur demande "Qu'est-ce que cela signifie ? " : Elle agit sans réfléchir, en faisant la première chose qui lui
vient à l'esprit", il ne faut en aucun cas répondre quelque chose du genre "Et bien, vous vous souvenez, la semaine
dernière, lorsque Suzanne (la patiente) faisait ses courses..." en continuant à donner un exemple du comportement
impulsif de Suzanne. Au lieu de cela, reformulez la question ou utilisez un exemple fictif.
Il est important de signaler ici que certains évaluateurs oublient quelquefois de répondre à certaines questions,
ou omettent les items pour lesquels ils ne sont pas sûrs. Vous aurez besoin de tous les scores, il est donc prudent de
vérifier, au moment du recueil du questionnaire rempli par l'évaluateur indépendant, que toutes les questions ont bien
été traitées.
La méthode de cotation de chaque sous-test s'est basée sur l'analyse des performances des sujets contrôles à chacun
de ces sous-tests. La méthode de cotation a été conçue de telle sorte qu'un score de profil, allant de 0 à 4, puisse être
calculé pour chaque test. Cette méthode est basée sur celle utilisée dans la version étendue du "Rivermead
Behavioural Memory Test" (de Wall, Wilson & Baddeley, 1994). Toutefois, certains sous-tests prennent en compte
des mesures de temps qui interviennent dans le calcul du score de profil. En effet, dans ces tests, l'étude des
performances des sujets contrôles suggère que le temps de planification ou de réalisation d'un item permet
d'appréhender une composante importante des aspects du fonctionnement exécutif que l'on cherche à explorer. La
feuille de cotation invite le clinicien à enregistrer différents aspects de la performance des sujets dans chacun des six
sous-tests. Même s'ils ne contribuent pas tous directement au calcul des scores de profil, ces éléments peuvent aider
l'examinateur à brosser un tableau clinique du patient. Ils pourront être également intégrés dans des procédures
révisées de cotation qui pourraient émerger de recherches futures utilisant la BADS. Nous allons maintenant décrire
la méthode qui permet d'obtenir un score de profil dans chaque sous-test.
Le score de profil est calculé à partir de la performance obtenue à la seconde partie de ce test, en utilisant le nombre
d'erreurs produites et le temps de réalisation. Des points sont déduits du score de profil maximum en fonction du
nombre d'erreurs commises (voir tableau ci-dessous). Un point supplémentaire est déduit si le temps de réalisation
est supérieur à 67 secondes. Un score de profil inférieur à zéro est ramené à zéro.
0 4
1 à3 3
4à6 2
7à9 1
10 et plus 0
Soustraire 1 point du score de profil si le temps de réalisation est supérieur à 67 secondes.
Le score de profil est obtenu comme suit, selon le nombre d'étapes réalisées sans aucune aide.
Le score brut (obtenu en utilisant la méthode décrite dans l'appendice 1) est converti en un score de profil comme
indiqué dans le tableau ci-dessous. Un point supplémentaire est soustrait du score de profil si le sujet met plus de 95
secondes pour réaliser la tâche. Un score de profil inférieur à zéro est ramené à zéro.
Chacune des quatre questions est cotée 0 ou 1. Le score de profil est obtenu en additionnant le score obtenu à chaque
question.
Ql Contrôle dentaire
Score 1 pour un temps compris entre 5 et 15 minutes, sinon score 0
Q2 Nettoyage des vitres
Score 1 pour un temps compris entre 15 et 25 minutes, sinon score 0
Q3 Espérance de vie d'un chien
Score 1 pour une durée comprise entre 9 et 15 ans, sinon score 0
Q4 Gonflage d'un ballon
Score 1 pour un temps compris entre 50 et 70 secondes, sinon score 0
Le score de profil est basé sur le nombre de tâches effectuées moins le nombre de tâches où l'une des règles n'a pas
été respectée. Ceci permet d'obtenir le score de profil de départ. Ce n'est pas le nombre de fois où la règle n'a pas été
respectée qui est pris en compte, mais le nombre de tâches, de récits, de dénominations d'images ou de problèmes
arithmétiques, au cours desquelles une ou plusieurs violations des règles ont été observées. Par exemple, si un sujet a
fait quatre sous-tâches selon l'ordre, Récit Dicté A, Images A, Images B, Arithmétique A, le score de profil serait de
4 (sous-tâches) moins 1 (règle non respectée pour les images), c'est à dire 3. Si un sujet a alterné les tâches, par
exemple, Récit Dicté A, Images A, Images B, Image A, Image B, Arithmétique A, Arithmétique B, cela fait 5 sous-
tâches effectuées moins 2 sous-tâches (Images et Arithmétique) dans lesquelles la règle n'a pas été respectée, ce qui
fait 3 points. On déduit 1 point supplémentaire si le temps de réalisation dépasse 271 secondes pour au moins une
des tâches.
Le DEX ne fait pas à proprement parler partie de la BADS en ce sens où il n'est pas utilisé dans le calcul du score de
profil (voir section 5.8). Les scores des items individuels peuvent être additionnés de manière à effectuer une
comparaison globale des évaluations des patients et des proches. L'utilisation clinique du DEX est abordée à la
section 7.1.
Un score de profil global, pour l'ensemble de la batterie, est obtenu en additionnant les scores de profils de chaque
sous-test. Tout sujet ayant effectué l'ensemble des épreuves de la BADS obtiendra un score de profil compris entre 0
et 24.
6 Fidélité
Vingt-cinq sujets appartenant au groupe des contrôles normaux ont été testés en présence d'un second évaluateur.
Les deux évaluateurs ont enregistré les mesures de temps et les réponses appropriées dans chacune des 6 sous-tâches.
De plus, les éléments nécessaires du Test des Clés, du Test des Six Eléments Modifiés, et du Test du Zoo ont été
cotés de manière indépendante par les deux évaluateurs, une fois le test terminé. Pour s'assurer de l'uniformité des
cotations des examinateurs au Test de la Clé, un thérapeute occupationnel du "Applied Psychology Unit Subject
Pannel" a également re-côté tous les tracés effectués par l'ensemble de la population de contrôles et de patients. Les
résultats sont présentés dans le tableau 2.
15
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Tableau 2
Fidélité inter-évaluateurs
Au travers des 6 tests, dix-huit items ont été côtés. Comme l'indique le tableau 2, la fidélité inter-évaluateurs
est élevée, variant de 0,88 à 1,00. Un accord de cotation parfait a été obtenu pour 8 des 18 items. La corrélation la
plus basse est obtenue lors de l'enregistrement du temps maximum nécessaire pour effectuer l'une des tâches du Test
Modifié des Six Eléments (0,88). En dépit de l'apparente complexité du système de cotation utilisé pour le Test des
Clés, il apparaît une impressionnante corrélation entre les cotations des évaluateurs au niveau de ce paramètre : 0,99.
Toutes les corrélations restantes se situent entre 0,90 et 0,99. Nous sommes par conséquent rassurés sur la facilité
d'utilisation et la fiabilité du système de cotation initial, qui fournit les informations indispensables à l'élaboration
des profils.
Compte tenu du fait que l'un des aspects les plus critiques des tests destinés à explorer le Syndrome Dysexécutif est
la nouveauté, on pouvait s'attendre à ce que la fidélité test/retest ne soit pas très bonne, dans la mesure où les tests ne
sont plus vraiment nouveaux lorsqu'ils sont administrés une seconde fois. Cependant, puisqu'il peut être souhaitable
dans certains cas - par exemple après l'administration d'une thérapie ou afin de confirmer la récupération spontanée -
de re-tester un patient, nous avons administré la BADS une seconde fois à 29 sujets du groupe contrôle dans des
délais se situant entre 6 et 12 mois après la première évaluation. Ces mêmes sujets ont également été soumis, à deux
reprises, à trois tests frontaux plus classiques de manière à ce que le phénomène test/re-test observé dans ces trois
épreuves puisse être comparé avec celui observé à la BADS. Les résultats sont présentés dans le tableau 3.
16
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Tableau 3
Première Deuxième
Passation Passation
Tests de la BADS Moyenne Moyenne p* Corrélation p % d'accord
(Ecart-type) (Ecart-type)
Programme d'Actions 3,79 3,81 0,083 0,67 <0,001 89,7
(0,41) (0,31)
Recherche des Clés* 2,77 2,79 0,206 0,71 <0,001 55,2
(1,23) (0,94)
Six Eléments Modifiés 3,41 3,62 0,264 0,33 0,078 55,2
(0,91) (0,78)
Alternance de Règles 3,72 3,97 0,070 -0,08 0,673 75,9
(0,65) (0,19)
Plan du Zoo 2,28 1,76 0,070 0,39 0,034 27,6
(1,36) (1,33)
Jugement temporel 2,34 2,52 0,169 0,64 <0,001 55,2
(0,81) (0,74)
Tests Frontaux
Estimations Cognitives 5,10 3,76
(2,96) (2,96) 0,026 0,46 0,012 13,8
MCST
catégories 5,17 5,62 0,125 0,23 0,232 69,0
(1,42) (0,99)
erreurs 9,97 6,03 0,045 0,45 0,015 3,4
(8,78) (10,24)
erreurs persévératives 2,79 0,62 0,005 0,53 0,003 41,4
(4,38) (1,21)
PAS 60' 43,72 51,45
(13,50) (13,50) 0,001 0,69 0,001 10,3
* différences, en moyennes, entre la première et la seconde passation des tests obtenues à partir du test du t de
Student pour échantillons appariés.
Le tableau 3 indique que la tendance générale, chez les sujets contrôles, va dans le sens d'une amélioration de la
performance aux tests de la BADS, lors de la seconde passation. Cependant, aucune différence n'est statistiquement
significative. Il existe une corrélation modérée entre les scores de profils obtenus aux tests à la première et à la
seconde évaluation. La meilleure corrélation a été obtenue dans le Test des Clés (0,71). De manière étonnante, le
Test d'Alternance de Règles fait exception, puisqu'aucune corrélation ne semble évidente (-0,08). Cependant,
l'examen des données individuelles suggère qu'il y a quelques témoins dont les performances, combinées à la petite
taille de l'échantillon, ont probablement eu un effet inverse sur le calcul de la corrélation.
Nous avons par conséquent utilisé une méthode alternative pour déterminer la fidélité test/re-test. Elle a
consisté à calculer un pourcentage de conformité qui est en fait le reflet d'un même score lors des deux passations du
test. En utilisant cette méthode, le Tableau 3 montre que la fidélité test re-test est plus robuste que la corrélation ne le
laisse penser à elle seule. Au Test d'Alternance de Règles, 75,9 % des sujets de l'échantillon obtiennent le même
score aux deux passations. Le meilleur accord est obtenu au Test du Programme d'Actions (89,7%), le moins bon au
Test du Zoo (27,6%). Le pourcentage d'accord pour les trois tests restants se situe aux alentours de 55 %.
Le tableau 3 montre également que le phénomène test/re-test observé à la BADS est semblable à celui relevé
aux autres tests frontaux. Comme avec la BADS, il y a une tendance à l'amélioration de la performance lors de la
seconde évaluation. Des corrélations faibles ou modérées sont observées entre les deux passations, bien que le
pourcentage de conformité soit généralement faible.
La compréhension des données test/re-test demeure un peu obscure. Il y a une tendance à l'amélioration des
scores de profil à cinq des six sous-tests de la BADS en cas de testing répété. Ceci peut être raisonnablement attribué
à la réduction du facteur "nouveauté". Cependant, le même phénomène est observé avec les tests frontaux classiques.
Ceci confirme l'idée déjà émise selon laquelle la fidélité test/re-test peut ne pas être très importante aux tests
17
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
mesurant le fonctionnement exécutif ; un peu comme s'ils n'étaient pas réellement nouveaux lorsqu'ils sont
administrés une seconde fois.
Cependant, dans le cas de patients présentant des problèmes attentionnels et de mémoire, la performance
pourrait peut-être être moins subir l'atténuation de l'effet de nouveauté dans la mesure où ces patients n'auront que
peu, voire aucun souvenir d'avoir déjà effectué le test. Si tel est le cas, les résultats aux tests "ré-administrés"
pourraient plus fidèlement refléter les automatismes de fonctionnement exécutif des patients. Cette hypothèse est
actuellement en cours d'étude.
Tableau 4
Tableau des pourcentages cumulatifs de la distribution des scores de profil à la BADS
Scores de Profil à
la BADS
Contrôles Patients
0 - -
1 - -
2 - 1,3
3 - 3,8
4 - 6,4
5 - 6,4
6 0,5 7,7
7 0,5 9,0
8 1,0 10,3
9 1,0 16,7
10 1,4 19,2
11 3,8 28,2
12 5,7 34,6
13 10,0 43,6
14 14,3 50,0
15 16,2 56,4
16 27,1 66,7
17 36,2 74,4
18 46,7 84,6
19 64,3 89,7
20 77,1 94,9
21 90,5 96,2
22 99,0 97,4
23 100,0 100,0
24 100,0 100,0
Notez que : Bien qu'il soit recommandé d'administrer les 6 tests pour obtenir le score de profil total de la BADS, il est
possible de l'extrapoler à partir de 5 tests.
Figure 1
Graphique du pourcentage cumulatif de la distribution des scores de profil de la BADS
Pourcentage Cumulatif
Patients Contrôles
Figure 2
Distribution en boîtes des scores de profil des patients et des contrôles
Scores de profil
Médiane
Médiane
Patients Contrôles
On doit, bien sûr, garder à l'esprit que le score de profil permet seulement une comparaison générale des
performances d'un individu examiné avec celle du groupe contrôle. Une performance moyenne peut être obtenue si
le sujet échoue un (ou deux) test(s), tout en réussissant les autres. Lorsque des dissociations comme celles-ci se
dégagent, la classification générale doit être interprétée avec prudence et faire l'objet d'une appréciation clinique
supplémentaire.
Comme cela a déjà été signalé au paragraphe 5.7, le DEX ne fait pas formellement partie de la BADS, dans la
mesure où il n'est pas utilisé pour le calcul des scores de profil. Nous considérons qu'il apporte malgré tout un
supplément d'informations, essentiellement au travers d'indications qualitatives. Il peut également constituer le
canevas d'une interview clinique portant sur les difficultés executives. Lorsqu'un proche du patient ou un soignant
est disponible, le questionnaire peut aussi leur permettre de structurer leur manière de recueillir des informations
pertinentes eu égard à ces problèmes exécutifs. De plus, la comparaison des évaluations faites par le patient et par un
tiers, pour chacun des items, permet au clinicien de cerner des domaines d'accord ou de désaccord et de poser les
bases des investigations à venir. L'analyse peut également être quantifiée en tenant compte des différences entre les
scores totaux d'évaluation fournis par les deux individus ayant rempli les questionnaires.
7.2 Comparaison des performances aux sous-tests de la BADS entre les groupes de contrôles et de patients
Le score de profil moyen (et l'écart type) obtenus par les deux groupes de sujets, à la batterie dans son ensemble et à
chacun des tests, sont réunis dans le Tableau 6.
La capacité de chacune de ces mesures à différencier fidèlement les contrôles des patients a été appréciée en
testant les différences entre moyennes à l'aide du test t de Student. Les résultats sont également présentés dans le
tableau 6.
Comme on peut le voir, le score général de profil à la BADS différencie nettement les performances de sujets
cérébrolésés de celles de sujets sans lésion cérébrale (score de profil moyen des contrôles sains = 18,5 ; score de
profil moyen des patients = 14,03).
De plus, le tableau 6 montre que la performance du groupe de patients cérébrolésés, comparé à celle des contrôles,
est significativement plus faible dans chacun des six tests de la BADS considérés individuellement. La différence la
plus importante entre les deux groupes a été observée au Test Modifié des Six Eléments (t = 10,6, [Link]), la plus
faible au Test des Clés (t = 2,1, p<0,05). La différence la plus faible, mais néanmoins significative, est entièrement
due à l'importante variabilité des stratégies utilisées par les sujets contrôles pour effectuer cette tâche.
19
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Afin de déterminer l'influence éventuelle de l'âge sur les performances à la BADS, les sujets contrôles ont été divisés
en trois groupes d'âge de la façon suivante : 40 ans ou moins (score de profil moyen = 18,6, écart type = 2,78), 41 à
65 ans exclus (score de profil moyen = 18,5, écart type = 2,97) et 65 à 87 ans (score de profil moyen = 16,2, écart
type = 3,03). L'analyse de variance dégage un effet significatif de l'âge (F = 11,58, p<0,0001). Les analyses à
posteriori montrent surtout que la performance à la BADS est en général significativement plus faible chez les sujets
âgés de plus de 65 ans.
20
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Tableau 5
Sujets contrôles : Conversion des scores de profil de la BADS en scores standards et classification des
performances en fonction de l'âge.
Score
Score de standardisé
profil (moyenne 100, 40 41 65 Classification
à la BADS écart type 15) ou moins à 65 à 87 Globale
Altéré
Limite
Moyen
faible
Moyen
Moyen
supérieur
Supérieur
Très supérieur
Nous avons déjà signalé (chapitre 3.2) l'existence d'une différence significative de l'âge moyen entre des sujets
contrôles et des patients, ces derniers étant globalement plus jeunes. Nous avons également précisé (chapitre 7.1) que
les sujets contrôles et les patients obtenaient des performances significativement différentes aux tests constituant la
BADS. Cependant, comme nous venons de le voir, il existe aussi un effet significatif de l'âge sur la performance
chez certains contrôles et une différence d'âge significative entre les deux groupes de sujets. Il se pourrait que l'âge,
par opposition à des déficits spécifiques des fonctions executives, ait un rôle dans la diminution de la performance
aux tests considérés individuellement.
Afin d'écarter tout effet délétère de l'âge sur la performance, une analyse de covariance, utilisant la variable
âge comme covariant, a été utilisée pour réexplorer les possibles différences significatives de moyenne entre les deux
groupes. Les résultats sont réunis dans le Tableau 6. Comme on peut le voir, le fait d'écarter la variable âge,
n'entraîne aucune réduction du pouvoir discriminatif du score de profil global de la BADS ou de celui des six tests
considérés séparément. En fait, le niveau de significativité augmente à la fois au Test d'Alternance de Règles et au
Test du Zoo.
21
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Tableau 6
Différence de performance entre les contrôles et les patients avec ou sans l'utilisation de l'âge comme
covariant.
L'utilisation, par les cliniciens, de la table 5 permet une classification, en fonction de l'âge, des performances à
la BADS.
7.4 Cotation des difficultés de fonctionnement exécutif exprimées par les patients et les tiers au questionnaire
DEX
Les résultats des évaluations effectuées par les tiers (hétéro-évaluation) et les patients (auto-évaluation), en fonction
de la présence et de la sévérité des troubles des fonctions executives, sont présentés sur la figure 3 et dans le tableau
7.
Figure 3
Résultats des évaluations effectuées avec le questionnaire DEX par les tiers et les patients, en regard de la
présence/sévérité des problèmes exécutifs.
Hétéro-évaluation Auto-évaluation
II existe une différence significative entre la manière dont les patients s'auto-évaluent et la manière dont les
tiers les évaluent (t = 2,85, p = 0,006). Comme le montre clairement la figure 3, les patients, considérés en groupe, se
reconnaissent moins de problèmes exécutifs que n'en rapportent leurs proches. Ceci illustre ce que l'on sait dans la
littérature consacrée aux sujets cérébrolésés chez lesquels le problème de la diminution de la capacité
d'introspection, en particulier dans les suites de lésions cérébrales sévères, est particulièrement évident (par exemple
Sazborn & Groswasser, 1991; Wood, 1988). En conséquence, nous avons pris la décision d'utiliser les évaluations de
la présence/sévérité des problèmes exécutifs faites par les tiers comme principal moyen de validation de la BADS,
plutôt que les évaluations des patients par eux-mêmes.
22
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Tableau 7
Résumé des statistiques et répartition en centiles de l'hétéro- et de l'auto-évaluation au DEX en regard de la
présence/sévérité de problèmes exécutifs
Hétéro- Auto-
évaluation évaluation
Moyenne 32,85 27,21
Ecart type 15,98 14,48
Etendue 9-67 2-59
Centiles
5 11 7
10 12 10
25 17 15
50 33 25
75 43 38
90 55 50
95 61 52
Tableau 8
Corrélation entre les évaluations des problèmes exécutifs quotidiens et la BADS, l'âge, les quotients
intellectuels du NART et de la WAIS-R.
7.5 Validité de la batterie : relation entre les performances à la BADS et la cotation des problèmes exécutifs.
Même s'il apparaît que la BADS montre que des différences entre les performances de sujets contrôles et
cérébrolésés peuvent être observées, le principal objectif de la batterie reste de prédire la présence et la sévérité des
troubles exécutifs dans les actes de la vie quotidienne. Les corrélations, en utilisant la méthode de Pearson, entre les
scores de profil à la BADS, chacun des six sous-tests pris individuellement, l'âge, le QI NART et le QI global à la
WAIS-R, et les hétéro- et auto-évaluations au questionnaire DEX, pour le groupe des patients, sont réunis dans le
tableau 8. L'écart entre l'évaluation des tiers et l'auto-évaluation (mesure du degré d'introspection) y est également
mentionné.
Il existe des corrélations négatives modérées entre chacun des six tests et l'évaluation des problèmes exécutifs
faite par les tiers. Toutes ces corrélations sont statistiquement significatives au moins au niveau p<0,01. Les
corrélations négatives indiquent qu'une performance satisfaisante à chaque test de la BADS correspond à un score
faible d'estimation de la présence et de la sévérité des problèmes exécutifs quotidiens selon les tiers connaissant bien
les patients. De la même façon, des scores d'évaluation élevés au DEX, qui reflètent l'identification de perturbations
plus importantes aussi bien que de la sévérité de tels problèmes, sont associés à des scores de profil faibles. La
performance au Test du Zoo est fortement corrélée avec l'évaluation par les tiers des problèmes exécutifs (- 0,46,
p<0,001), alors que la corrélation la plus faible se situe au niveau du Test des Clés (- 0,31 , p <0,01). La corrélation
entre le score global de profil de la BADS et les évaluations par un tiers est élevée (-0,62, p<0,001). Alors que la
corrélation entre le QI et l'évaluation des tiers est modérée ( -0,4, p< 0,01), le QI au NART et l'âge n'ont aucune
relation significative avec cette mesure.
23
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Aucun des tests de la BADS, pas plus que le score de profil total, l'âge, le QI du NART ou de la WAIS-R ne
corrèlent avec l'évaluation, par les patients eux-mêmes, de leur perception ou de la présence de problèmes exécutifs
au quotidien.
L'interprétation permet de dire que le Test Modifié des Six Eléments, le Test d'Alternance de Règles, le Test du
Zoo sont modérément corrélés (p<0,01) avec l'écart entre l'hétéro- et l'auto-évaluation au DEX. De la même
manière, on note une corrélation modérée entre la performance à l'ensemble de la batterie et cette mesure de
l'introspection. Ni la performance au NART, et à la WAIS-R, ou l'âge ne sont associés avec la différence des
estimations au DEX.
En conséquence, la performance à la BADS est bien en relation avec les évaluations objectives des problèmes
exécutifs quotidiens chez les sujets cérébrolésés. Alors que le QI total de la WAIS-R est modérément corrélé avec
ces évaluations, le score de profil global de la BADS leur est plus fortement associé. La relation entre la BADS et les
problèmes exécutifs est théoriquement et concrètement plus forte, alors que celle entre la BADS et QI total de la
WAIS-R a moins de pertinence écologique. Ni la BADS, ni l'âge, ni le QI ne sont liés au degré de perception, par les
sujets eux-mêmes, de ces problèmes quotidiens. Ce résultat qui ne paraît pas surprenant, est cohérent avec la notion
de réduction de l'introspection, souvent décrite dans la littérature, et particulièrement fréquente dans les suites
d'atteintes cérébrales graves. La BADS est aussi le seul test à être modérément corrélé avec une mesure de
l'introspection, ici l'écart entre l'hétéro- et l'auto-évaluation.
Les relations entre la BADS et le Syndrome Dysexécutif ont été examinées plus avant au travers d'une analyse
factorielle exploratoire du DEX. Les évaluations du groupe de patients, réalisées par les tiers à l'aide du DEX, ont
fait l'objet d'une analyse factorielle. Comme le groupe de sujets disponibles pour cette procédure était réduit, notre
analyse ne peut être considérée que comme provisoire : une étude plus large est actuellement en cours. Les résultats
de cette étude préliminaire sont cependant intégrés ici puisqu'ils donnent des informations supplémentaires en regard
de la valeur prédictive de la batterie, ce qui peut être utile pour un travail clinique.
La solution factorielle la plus simple pour le DEX, rendant compte de plus de 50% de la variance, suggère que
le questionnaire mesure des changements dans trois domaines potentiellement dissociables, qui ensemble constituent
le DEX (pour une discussion en sous-divisions plus complexes voire Burgess, Alderman, Evans, Emslie et Wilson,
en préparation). Les items constituant chaque facteur sont présentés dans le tableau 9. L'examen du contenu de ces
items suggère que les trois facteurs représentent les aspects comportementaux, cognitifs et émotionnels du Syndrome
Dysexécutif.
Le Tableau 10 regroupe les corrélations entre la BADS, le NART, la WAIS-R et ces trois facteurs. On peut
voir que tous les sous-tests de la BADS sont négativement corrélés avec le facteur comportement. Le Test du
Programme d'Actions est plus fortement corrélé avec le facteur comportement (- 0,45, p<0,001). Trois des tests sont
significativement corrélés avec le facteur cognitif, le meilleur étant atteint par le Test du Zoo (- 0,57, p<0,001).
Tableau 9
Structure factorielle préliminaire du DEX
Facteur 1; Comportement
2 J'agis sans réfléchir, en faisant la première chose qui me vient à l'esprit.
7 J'ai des difficultés à réaliser l'étendue de mes problèmes et j'ai du mal à en mesurer les conséquences.
9 Je fais ou dis des choses embarrassantes quand je suis en présence d'autres personnes.
12 Je me mets en colère pour des choses qui n'en valent pas la peine.
13 Je ne me sens pas concerné par la manière dont je devrais me conduire dans certaines situations.
15 J'ai tendance à être très nerveux et à ne pas pouvoir rester en place.
16 J'ai du mal à m'arrêter de faire certaines choses même si je sais que je ne devrais pas les faire.
20 Je ne me rends pas compte où je ne me sens pas concerné par ce que les autres pensent de mon comportement.
Facteur 2: Cognition
3 Je parle parfois de détails ou d'événements qui ne se sont jamais passés, mais dont je crois qu'ils ont eu lieu.
6 Je confonds les événements les uns avec les autres et mélange leur ordre de déroulement dans le temps.
14 Je trouve difficile de m'arrêter de dire ou de faire quelque chose une fois que j'ai commencé.
18 Je trouve difficile de fixer mon attention sur quelque chose et je suis facilement distrait.
19 J'ai des difficultés à prendre des décisions ou à décider ce que je vais faire.
Facteur 3: Emotion
5 Je suis parfois surexcité par certaines choses et je peux être excessif dans ces moments là.
8 Je me sens mou et je n'ai pas vraiment envie de faire les choses.
11 J'ai du mal à exprimer mes émotions.
Toutes les corrélations vont dans la bonne direction, alors qu'aucun test de la BADS pris isolément n'est corrélé
avec le facteur émotionnel.
De plus, le Tableau 10 suggère que certains tests de la BADS peuvent être isolés en fonction des facteurs avec
lesquels ils sont associés. Par exemple, alors que le Test Modifié des six Eléments et le Test d'Alternance de Règles
sont également prédictifs du facteur comportemental et du facteur cognitif, le Test du Programme d'Actions et le
Test de Jugement Temporel sont associés avec le comportement, et le Test du Zoo avec la cognition. L'intelligence
générale, telle qu'elle est mesurée par la WAIS-R est modérément associée avec le facteur comportemental. La
24
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
performance au NART et l'âge ne sont significativement corrélés à aucun des trois facteurs, alors que la WAIS-R
n'est pas associée avec la cognition ou l'émotion. Par ailleurs, le score de profil global de la BADS est modérément
corrélé avec le comportement (-,05, p<0,001) et la cognition (-0,55, p<0,01). Aucun des tests de la BADS n'est
corrélé avec le facteur émotionnel, alors que le score de profil global l'est (-,032, p<0,01).
Finalement, la technique de régression multiple a été utilisée pour cibler le meilleur prédicteur des problèmes
exécutifs de vie quotidienne, tels qu'ils ont été appréhendés par l'hétéro-évaluation du DEX. Trois analyses séparées
utilisant la régression pas à pas ont servi à déterminer ce prédicteur des facteurs comportementaux, cognitifs et
émotionnels.
Tableau 10
Corrélation entre les évaluations des problèmes de fonctionnement exécutif quotidien à l'aide d'une matrice
factorielle du DEX et de la BADS, de l'âge, et des QI NART et WAIS-R.
8 Résumé
La BADS que nous venons de présenter ci-dessus est un nouvel outil d'évaluation des problèmes quotidiens liés au
Syndrome Dysexécutif. Le développement de cette batterie a été influencé par deux modèles théoriques. Le premier
est le modèle de mémoire de travail (Baddeley & Hitch, 1974) et en particulier l'hypothétique notion de "Central
Executive" (CE). Ce CE peut être conçu comme un contrôleur général, un organisateur, un planificateur et un
distributeur de ressources. Baddeley, Logie, Bressi, Délia Sala et Spinnler (1986) ainsi que Hartman, Wilson et
Pickering (1992) suggèrent l'existence de perturbations du CE chez les patients porteurs d'une maladie d'Alzheimer
ou d'un traumatisme crânien sévère. Le second modèle ayant influencé l'élaboration de la BADS est le Système de
Supervision Attentionnelle proposé par Shallice (1982). Ce modèle inclut deux composantes - un gestionnaire
d'habitudes, responsable des aspects les plus routiniers de l'attention et un superviseur attentionnel, responsable des
tâches de plus haut niveau nécessitant plus de ressources attentionnelles. Les tâches mobilisant le gestionnaire de
routines sont peu perturbées chez les patients présentant un Syndrome Dysexécutif. Par contre de façon
caractéristique, ces malades sont en difficultés dans les épreuves impliquant le Système de Supervision
Attentionnelle.
Notre travail a également été influencé par la mise à disposition d'outils d'évaluation écologique, validés et
calqués sur les comportements de vie réelle. Les "précurseurs" de la BADS sont le "Rivermead Behavioural Memory
25
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Test" (Wilson, Cockburn & Baddeley, 1985), le "Commutative Abilities in Daily Living" (Holland, 1980), le
"Behavioural Inattention Test" (Wilson, Cockburn & Halligan, 1980) et le "Test of Everyday Attention" (Robertson,
Ward, Ridgeway & Nimmo-Smith, 1994).
La BADS doit pouvoir prouver son utilité auprès des psychologues cliniciens, des neuropsychologues et des
autres thérapeutes impliqués dans l'évaluation des patients cérébrolésés. Elle pourra leur permettre de repérer si oui
ou non un patient présente des troubles des fonctions executives susceptibles d'interférer avec les activités de vie
quotidienne. Cela les aidera à déterminer si leurs patients présentent une altération globale du fonctionnement
exécutif ou, au contraire, des troubles exécutifs spécifiques. La BADS pourra également être contributive à
l'évaluation d'un dysfonctionnement exécutif dans la schizophrénie, puisqu'une petite étude (Evans, McKenne, Chua
& Wilson, soumis) suggère que les schizophrènes ont des performances proches de celles des cérébrolésés.
Finalement, la BADS peut s'avérer utile en réhabilitation neurologique et psychiatrique. Parce qu'elle fournit
des outils permettant l'évaluation de difficultés subtiles de planification et d'organisation, en particulier chez des
patients qui semblent bien préservés sur le plan cognitif et qui fonctionnent normalement dans les situations
fortement structurées, elle devrait se montrer particulièrement utile en évaluant et en préparant les patients à passer
d'une prise en charge hospitalière vers des situations de vie plus autonome. Nous attendons avec impatience des
recherches qui utiliseraient la BADS pour l'organisation et l'évaluation de la rééducation.
9 Annexes
2 Fin de la recherche
Les instructions ne précisent pas que le sujet doit quitter le champ. Finir à 10 mm de n'importe quel coin (comme en
4a, 4b, 4d et 4e ci-dessous) rapporte 3 points, finir en tout autre endroit le long de la base rapporte 2 points (comme
en 4c et 6i e) et finir n'importe où ailleurs (comme en 5a, 5c, 6ij et 6iii d) rapporte 1 point.
3 Ligne continue
Le point doit être accordé même si le sujet a levé la pointe du crayon, pourvu qu'il ait, soit repositionné la pointe du
crayon au même endroit, soit relié les lignes. C'est par exemple le cas lorsque qu'il a tracé des lignes parallèles de
gauche à droite dans le carré et qu'il a joint leurs extrémités par un trait vertical comme en 3a ci-dessous. Le point
n'est pas attribué si le sujet lève son crayon et le repositionne en un endroit différent (3b et 3c), mais il est donné si
les lignes atteignent les bords du champ. C'est le cas en 3d où le sujet possède manifestement la solution.
4 Parallèle
Si toutes les lignes ont la même orientation de base on donne un point sans se soucier de la manière dont la ligne se
termine. Ainsi, les 4 premiers dessins ci-dessous sont cotés 1 point, le cinquième 0. Le point doit également être
accordé si une ligne perpendiculaire au pattern de base est simplement utilisée comme un moyen d'atteindre le coin
le plus proche comme en 4c ou pour revenir au point d'entrée comme en 4a.
6i Patterns prédéfinis
Les patterns, que nous avons définis à l'avance, sont horizontaux comme en 6i a, verticaux comme en 6i b, en
diagonales comme en 6i c, concentriques de l'extérieur vers l'intérieur comme en 6i d, et concentriques de l'intérieur
vers l'extérieur comme en 6i e. Des patterns concentriques avec des différences mineures comme en 6i f sont
considérés comme prédéfinis. Les patterns 6i a et 6i b, sont les plus efficaces (voir texte) et sont cotés 5 points, les
patterns en diagonales ou concentriques sont notés 3 points.
Noter que les patients reprennent parfois le même pattern mais à angle droit sur le premier comme en 6i g ou
superposent deux patterns prédéterminés comme en 6i h et 6i i ou encore commencent/finissent en se déplaçant en
ligne droite le long des limites du champ comme en 6i j. On donne la note 5 à ces choix en référence aux patterns
prédéfinis (mais on ne donne pas la (les) note (s) si les déplacements sont tous parallèles et/ou
verticaux/horizontaux).
6ii
Si les sujets combinent deux patterns prédéterminés, comme en 6ii a, ou reproduisent un pattern de même
orientation, comme en 6ii b-6ii d, on considère que le sujet utilise plus d'un seul pattern prédéterminé et on attribue
seulement 2 points.
SCHEMA (7 a, etc...)
SCHEMA (8 a, etc...)
1 entrée
2 fin
3 continu
4 parallèle
5 vert/horiz
6 patterns
7 tout l'espace
8 clés trouvées
Total
1 entrée
2 fin
3 continu
4 parallèle
5 vert/horiz
6 patterns
7 tout l'espace
8 clés trouvées
27
Evaluation Comportementale du Syndrome Dysexécutif
Total
1 Placer le gabarit, plastifié et transparent, de correction sur le plan et contrôler chacune des 13 sections de chemin non
représentées par des pointillés, spécifiées par les lettres de A à M, afin de s'assurer qu'aucune d'entre elles n'a été
utilisée plus d'une fois. Un point d'erreur est attribué chaque fois que cela se révèle être le cas. Si, par exemple, un
chemin est utilisé trois fois, deux points d'erreur sont comptabilisés. Dans l'exemple ci-dessous, cinq points d'erreur
sont attribués, un pour la section h, un pour la section I, un pour la section K et deux pour la section C (NB : passer
d'Eléphants à Crocodiles se compte comme une promenade à dos de chameau).
2 Lorsque le parcours emprunté quitte les chemins tracés sur le plan, on donne un point d'erreur. Cela se produit une
fois dans l'exemple (passage vers les ours).
3 Un point d'erreur est attribué à chaque fois que la ligne continue est interrompue. Ce point n'est attribué que lorsque le
sujet "saute" d'un endroit à un autre. Dans l'exemple, le patient visite d'abord les Lamas mais il se rend ensuite
directement aux Eléphants. Cela mérite un point d'erreur. Il n'est pas pénalisé pour les ruptures de lignes allant, par
exemple, vers les Ours, les Tigres et le Sanctuaire des Oiseaux.
4 Sur la feuille de notation, mettre une croix sous chaque lieu visité par erreur. Il y en a trois dans l'exemple.
6 Pour obtenir le point de séquence, les endroits visités doivent l'être au bon moment dans la séquence. Par exemple, on
attribue un point pour l'espace des Ours s'il est visité en cinquième position et un point pour l'espace des Eléphants
s'il est visité en seconde, troisième ou quatrième position. Dans l'exemple, le score de séquence est 3. Bien que le
sujet finisse son parcours par le Sanctuaire des Oiseaux et l'Aire de Pique-nique, on n'attribue pas de point car ces
aires ne sont pas visitées en septième ou huitième position.
Séquence du sujet
Premier Entrée V
Second Lamas V
Troisième Eléphants V
Quatrième Crocodiles X
Cinquième Tigres X
Sixième Petits mammifères X
Septième Café
Huitième Ours
Lions
Sanctuaire des oiseaux
Aire de Pique-nique
Score de séquence
1 Noter également que si un sujet suit le parcours - Entrée, Ours, Lions, Café, Lamas, Eléphants, Sanctuaire des
Oiseaux, Pique-nique - en allant des Lions au Café via les chemins K et C et des Eléphants au Sanctuaire des
Oiseaux par les chemins B et C- on comptabilise cela comme deux promenades à dos de chameau, et même si les
lignes ne se superposent pas, on doit compter un point d'erreur.
Références bibliographiques