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TIDM Reglement

Le document présente le règlement du Tribunal international du droit de la mer, adopté le 28 octobre 1997 et amendé plusieurs fois, y compris en mars 2021. Il détaille l'organisation, la composition, et les procédures du Tribunal, ainsi que les rôles des membres, juges ad hoc, et experts. Le règlement est structuré en plusieurs parties, abordant des termes, l'organisation interne, et les procédures judiciaires.

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Le document présente le règlement du Tribunal international du droit de la mer, adopté le 28 octobre 1997 et amendé plusieurs fois, y compris en mars 2021. Il détaille l'organisation, la composition, et les procédures du Tribunal, ainsi que les rôles des membres, juges ad hoc, et experts. Le règlement est structuré en plusieurs parties, abordant des termes, l'organisation interne, et les procédures judiciaires.

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I TLOS/8

Le 25 mars 2021

TRI BUNAL I NTERNATI ONAL


DU DROI T DE LA M ER

RÈGLEM ENT DU TRI BUNAL


ii

TABLE DES MATIÈRES

Articles Pages

PRÉAMBULE 1

PARTIE I. EMPLOI DES TERMES 1 2

PARTIE II. ORGANISATION

Section A. Le Tribunal

Sous-section 1. Membres 2-7 3-4

Sous-section 2. Juges ad hoc 8-9 4-5

Sous-section 3. Président et Vice-Président 10 - 14 5-6

Sous-section 4. Experts désignés conformément 15 6-7


à l’article 289 de la Convention

Sous-section 5. Composition du Tribunal dans 16 - 22 7-9


des affaires déterminées

Section B. Chambre pour le règlement des différends


relatifs aux fonds marins

Sous-section 1. Membres et juges ad hoc 23 - 25 10

Sous-section 2. Présidence 26 10

Sous-section 3. Chambres ad hoc de la Chambre pour 27 11


le règlement des différends relatifs
aux fonds marins

Section C. Chambres spéciales 28 - 31 11 - 13

Section D. Le Greffe 32 - 39 13 - 16

Section E. Fonctionnement interne du Tribunal 40 - 42 17 - 18

Section F. Langues officielles 43 18


iii

Articles Pages

PARTIE III. PROCÉDURE

Section A. Dispositions générales 44 - 53 19 - 21

Section B. Procédure devant le Tribunal

Sous-section 1. Introduction de l’instance 54 - 58 21 - 22

Sous-section 2. Procédure écrite 59 - 67 23 - 25

Sous-section 3. Délibération initiale 68 26

Sous-section 4. Procédure orale 69 - 88 26 - 32

Section C. Procédures incidentes

Sous-section 1. Mesures conservatoires 89 - 95 32 - 34

Sous-section 2. Procédures préliminaires 96 34 - 35

Sous-section 3. Exceptions préliminaires 97 35 - 36

Sous-section 4. Demandes reconventionnelles 98 36

Sous-section 5. Intervention 99 - 104 36 - 39

Sous-section 6. Désistement 105 - 106 39

Section D. Procédure devant les chambres spéciales 107 - 109 40

Section E. Prompte mainlevée de l’immobilisation du navire 110 -114 41 - 43


ou prompte libération de son équipage

Section F. Procédure en matière contentieuse devant la 115 - 123 43 - 46


Chambre pour le règlement des différends
relatifs aux fonds marins

Section G. Arrêts, interprétation et révision

Sous-section 1. Arrêts 124 - 125 47 - 48

Sous-section 2. Demandes en interprétation ou 126 - 129 48 - 49


en révision

Section H. Procédure consultative 130 - 138 49 - 52


RÈGLEMENT DU TRIBUNAL

Adopté le 28 octobre 1997


(amendé le 15 mars et le 21 septembre 2001,
le 17 mars 2009, le 25 septembre 2018, le 25 septembre 2020
et le 25 mars 2021)

PREAMBULE

Le Tribunal,

Agissant en vertu de l'article 16 du Statut du Tribunal international du droit de la mer,


qui fait l’objet de l’annexe VI à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer,

Adopte le Règlement du Tribunal ci-après.


2

PARTIE I

EMPLOI DES TERMES

Article premier

Aux fins du présent Règlement :

a) on entend par « Convention » la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
du 10 décembre 1982 conjointement à l'Accord du 28 juillet 1994 relatif à l'application de la
partie XI de la Convention;

b) on entend par « Statut » le Statut du Tribunal international du droit de la mer qui fait
l’objet de l'annexe VI à la Convention;

c) l’expression « Etats Parties » a le sens défini à l'article premier, paragraphe 2, de la


Convention, et inclut, aux fins de la partie XI de la Convention, les Etats et entités qui sont
membres de l'Autorité à titre provisoire conformément à la section 1, paragraphe 12, de
l'annexe à l'Accord relatif à l'application de la partie XI;

d) l'expression « organisation internationale » a le sens défini à l'article premier de


l'annexe IX à la Convention, sauf indication contraire;

e) on entend par « Membre » tout juge élu;

f) on entend par « juge » tout Membre ainsi que tout juge ad hoc;

g) on entend par « juge ad hoc » toute personne choisie conformément à l’article 17 du


Statut aux fins d’une affaire déterminée;

h) on entend par « Autorité » l’Autorité internationale des fonds marins;

i) on entend par « copie certifiée conforme » une copie d’un document dont la personne
à laquelle la garde de l’original est confiée ou la partie qui soumet ce document atteste ou fait
attester en son nom qu’elle est authentique et fidèle à l’original.
3

PARTIE II

ORGANISATION

Section A. Le Tribunal

Sous-section 1. Membres

Article 2

1. La période de fonctions des Membres élus à une élection triennale commence à courir
le premier octobre qui suit le jour de leur élection.

2. La période de fonctions d’un Membre élu en remplacement d’un Membre n’ayant pas
achevé son mandat commence à courir le jour de l’élection pour le reste du mandat.

Article 3

Dans l’exercice de leurs fonctions, les Membres sont égaux indépendamment de l’âge,
de la date d’élection ou de l’ancienneté dans les fonctions.

Article 4

1. Sous réserve des dispositions des paragraphes 3 et 4, les Membres prennent rang selon
la date à laquelle ils sont entrés en fonctions.

2. Les Membres entrés en fonctions à la même date prennent rang entre eux selon
l’ancienneté d’âge.

3. Tout Membre réélu pour une nouvelle période de fonctions suivant immédiatement la
précédente conserve son rang.

4. Pendant la durée de leurs mandats, le Président et le Vice-Président du Tribunal


prennent rang avant tous les autres Membres.

5. Le Membre qui, conformément aux paragraphes précédents, prend rang


immédiatement après le Président et le Vice-Président du Tribunal est dénommé « Membre
doyen » aux fins du présent Règlement. Si ce Membre est empêché, le membre qui prend rang
immédiatement après et qui n’est pas empêché est considéré comme le Membre doyen.
4

Article 5

1. Tout Membre doit, conformément à l’article 11 du Statut, faire la déclaration


solennelle suivante:

« Je déclare solennellement que je remplirai mes devoirs et exercerai mes attributions


de juge en tout honneur et dévouement, en pleine et parfaite impartialité et en toute
conscience ».

2. Cette déclaration est faite à la première audience publique à laquelle le Membre


assiste. L’audience a lieu le plus tôt possible après le début de sa période de fonctions et il est
tenu au besoin une audience spéciale à cet effet.

3. Un Membre réélu ne renouvelle sa déclaration que si sa nouvelle période de fonctions


ne suit pas immédiatement la précédente.

Article 6

1. Si un Membre démissionne, sa lettre de démission est adressée au Président du


Tribunal. Le siège devient vacant à la date de la réception de la lettre de démission.

2. Si le Président du Tribunal démissionne, sa lettre de démission est adressée au Vice-


Président du Tribunal ou, à défaut, au Membre doyen. Le siège devient vacant à la date de la
réception de la lettre de démission.

Article 7

Si l'application de l'article 9 du Statut est envisagée, le Membre intéressé en est


informé par le Président du Tribunal ou, le cas échéant, par le Vice-Président du Tribunal
dans une communication écrite qui expose les raisons et indique tous les éléments de preuve
s'y rapportant. La possibilité lui est ensuite offerte, à une séance privée du Tribunal,
spécialement convoquée à cet effet, de faire une déclaration, de fournir d’éventuels
renseignements ou explications et de répondre oralement ou par écrit aux questions qui lui
sont posées. Le Membre intéressé peut être assisté ou représenté par un conseil ou par toute
autre personne de son choix. A une séance privée ultérieure, tenue hors la présence du
Membre intéressé, la question est discutée; chaque Membre donne son avis et, si demande en
est faite, il est procédé à un vote.

Sous-section 2. Juges ad hoc

Article 8

1. Les juges ad hoc participent aux affaires dans lesquelles ils siègent dans des
conditions de complète égalité avec les autres juges.
5

2. Les juges ad hoc prennent rang après les Membres et selon l’ancienneté d’âge.

3. Si un juge ad hoc démissionne, sa lettre de démission est adressée au Président du


Tribunal. Le siège devient vacant à la date de la réception de la lettre de démission.

Article 9

1. La déclaration solennelle que doivent faire les juges ad hoc conformément aux
articles 11 et 17, paragraphe 6, du Statut est la même que la déclaration prévue à l'article 5,
paragraphe 1, du présent Règlement.

2. Cette déclaration est faite en audience publique dans l'affaire à laquelle le juge ad hoc
participe.

3. Les juges ad hoc prononcent une déclaration à l'occasion de toute affaire à laquelle ils
participent.

Sous-section 3. Président et Vice-Président

Article 10

1. Le mandat du Président et celui du Vice-Président du Tribunal prennent effet à la date


à laquelle commence à courir la période de fonctions des Membres élus à une élection
triennale.

2. Les élections du Président et du Vice-Président du Tribunal ont lieu à cette date ou


peu après. Le Président sortant qui reste Membre continue à exercer les fonctions de Président
du Tribunal jusqu'à ce que l'élection à ce poste ait eu lieu.

Article 11

1. Si, à la date de l'élection à la présidence, le Président sortant reste Membre, l'élection


se déroule sous sa direction. Si le Président sortant a cessé d'être Membre ou est empêché,
l'élection se déroule sous la direction du Membre exerçant la présidence.

2. Le vote a lieu au scrutin secret, après que le Membre exerçant la présidence a indiqué
le nombre de voix requis pour être élu; il n'est pas fait de présentation de candidature. Le
Membre qui obtient les voix de la majorité des Membres composant le Tribunal au moment
de l'élection est déclaré élu et entre immédiatement en fonctions.

3. L'élection du Vice-Président du Tribunal se déroule sous la direction du nouveau


Président du Tribunal soit à la même séance soit à la séance qui suit. Les dispositions du
paragraphe 2 s'appliquent à cette élection.
6

Article 12

1. Le Président du Tribunal préside toutes les séances du Tribunal. Le Président du


Tribunal dirige les travaux et contrôle les services du Tribunal.

2. Le Président du Tribunal représente le Tribunal à l'égard des tiers.

Article 13

1. Lorsque la présidence est vacante ou que le Président du Tribunal est empêché de


l'exercer, elle est assurée par le Vice-Président du Tribunal ou, à défaut, par le Membre
doyen.

2. Lorsque le Président du Tribunal est empêché soit de siéger soit de présider dans une
affaire en vertu d’une disposition du Statut ou du présent Règlement, le Président du Tribunal
continue à exercer la présidence à tous égards sauf pour cette affaire.

3. Le Président du Tribunal prend les mesures nécessaires pour que la présidence reste
toujours assurée au siège du Tribunal. En cas d’absence, le Président du Tribunal peut, dans
la mesure où cela est compatible avec le Statut et avec le présent Règlement, prendre des
dispositions pour que la présidence soit exercée par le Vice-Président du Tribunal ou, à
défaut, par le Membre doyen.

4. Si le Président du Tribunal décide de démissionner de la présidence, sa décision doit


être communiquée par écrit au Tribunal par l’intermédiaire du Vice-Président du Tribunal ou,
à défaut, du Membre doyen. Si le Vice-Président du Tribunal décide de démissionner de la
vice-présidence, sa décision doit être communiquée par écrit au Président du Tribunal.

Article 14

Au cas où une vacance de la présidence ou de la vice-présidence du Tribunal se


produit avant la date à laquelle le mandat en cours doit expirer, le Tribunal décide s'il doit être
pourvu à cette vacance pour la période restant à courir.

Sous-section 4. Experts désignés conformément


à l'article 289 de la Convention

Article 15

1. La demande d’une partie visant à la désignation d’experts scientifiques ou techniques


conformément à l’article 289 de la Convention est présentée, en principe, avant la clôture de
la procédure écrite. Le Tribunal peut prendre en considération une demande présentée au-delà
de ce délai mais avant la clôture de la procédure orale si les circonstances de l'espèce le
justifient.
7

2. Lorsque le Tribunal décide de choisir des experts à la demande d’une partie ou


d’office, il les choisit sur proposition du Président du Tribunal. Le Président du Tribunal
consulte les parties avant de formuler une telle proposition.

3. Les experts sont indépendants et jouissent de la plus haute réputation d’impartialité,


de compétence et d’intégrité. Lorsqu’il s’agit d’un des domaines mentionnés à l’article 2 de
l’annexe VIII à la Convention, l’expert sera de préférence choisi sur la liste appropriée établie
conformément à ladite annexe.

4. Les dispositions du présent article s’appliquent mutatis mutandis à toute chambre et à


son Président.

5. Avant d'entrer en fonctions, les experts font en audience publique la déclaration


solennelle suivante :

« Je déclare solennellement que je remplirai mes devoirs d'expert en tout honneur, en


pleine et parfaite impartialité et en toute conscience et que j'observerai fidèlement
toutes les prescriptions du Statut et du Règlement du Tribunal ».

Sous-section 5. Composition du Tribunal dans des affaires déterminées

Article 16

1. Aucun Membre qui est ressortissant d’une partie à une affaire, ressortissant d’un Etat
membre d’une organisation internationale qui est partie à une affaire, ou a la nationalité de
l’Etat qui patronne une entité autre qu’un Etat qui est partie à une affaire, n’exerce la
présidence pour cette affaire.

2. Le Membre qui préside dans une affaire à la date à laquelle le Tribunal se réunit
conformément à l’article 68 continue à présider dans cette affaire jusqu’à l’achèvement de la
phase dont il s’agit, même si un nouveau Président ou un nouveau Vice-Président du Tribunal
est élu entre-temps. Si le Membre concerné n'est plus en mesure de siéger, la présidence en
l’affaire est déterminée conformément à l'article 13 et d’après la composition du Tribunal à la
date à laquelle celui-ci s’est réuni conformément à l’article 68.

Article 17

Les Membres qui ont été remplacés à la suite de l’expiration de leur période de
fonctions continuent à siéger dans une affaire jusqu’à l’achèvement de toute phase au titre de
laquelle le Tribunal s’est réuni conformément à l’article 68.
8

Article 18

1. En cas de doute sur tout point de l'article 8 du Statut, le Président du Tribunal informe
les autres Membres. La possibilité est offerte au Membre concerné de fournir tous
renseignements ou explications.

2. Une partie qui désire appeler l'attention du Tribunal sur des faits qu'elle considère
comme pouvant concerner l'application de l'article 8 du Statut, mais dont elle pense que le
Tribunal n'aurait pas eu connaissance, avise confidentiellement le Président du Tribunal de
ces faits par écrit.

Article 19

1. Si une partie désigne un juge ad hoc dans une affaire, elle notifie son intention
auTribunal le plus tôt possible. Elle fait connaître au Tribunal le nom et la nationalité de la
personne désignée en fournissant une brève notice biographique, de préférence en même
temps, mais en tout état de cause deux mois au plus tard avant l’expiration du délai fixé pour
le dépôt du contre-mémoire. Le juge ad hoc peut être d’une nationalité autre que celle de la
partie qui le désigne.

2. Si une partie est disposée à s'abstenir de désigner un juge ad hoc à condition que la
partie adverse fasse de même, elle le notifie au Tribunal, qui en informe la partie adverse. Si
celle-ci notifie son intention de désigner un juge ad hoc ou le désigne, le délai applicable à la
partie qui s'est auparavant abstenue de procéder à une désignation peut être prolongé de
30 jours au maximum par le Président du Tribunal.

3. Copie de toute notification concernant la désignation d'un juge ad hoc est


communiquée par le Greffier à la partie adverse, qui est invitée à présenter dans un délai fixé
par le Président du Tribunal, mais ne pouvant excéder 30 jours, les observations qu'elle
voudrait faire. Si dans ce délai aucune objection n'est soulevée par la partie adverse et si le
Tribunal lui-même n'en voit aucune, les parties en sont informées. En cas de contestation ou
de doute, le Tribunal décide, après avoir entendu les parties s'il y a lieu.

4. Un juge ad hoc qui n'est plus en mesure de siéger peut être remplacé.

5. Si le Tribunal constate que les raisons qui justifient la participation d'un juge ad hoc
n'existent plus, ce juge cesse de siéger.

Article 20

1. Si le Tribunal constate que deux ou plusieurs parties font cause commune et doivent
donc ne compter que pour une seule et qu'il n'y a sur le siège aucun Membre de la nationalité
de l'une de ces parties, le Tribunal leur fixe un délai pour désigner d'un commun accord un
juge ad hoc.
9

2. Si l'une des parties dont le Tribunal a constaté qu'elles faisaient cause commune
invoque l'existence d'un intérêt propre ou soulève toute autre objection, le Tribunal décide,
après avoir entendu les parties s'il y a lieu.

Article 21

1. Si un Membre ayant la nationalité de l'une des parties n'est pas ou n'est plus en mesure
de siéger dans une phase d'une affaire, cette partie est autorisée à désigner un juge ad hoc
dans un délai fixé par le Tribunal ou, s'il ne siège pas, par le Président du Tribunal.

2. Les parties faisant cause commune ne sont pas considérées comme comptant sur le
siège un Membre de la nationalité de l'une d'elles si tout Membre ayant la nationalité de l'une
d'elles n’est pas ou n’est plus en mesure de siéger dans une phase d'une affaire.

3. Si un Membre ayant la nationalité de l’une des parties est de nouveau en mesure de


siéger avant la clôture de la procédure écrite dans cette phase de l’affaire, ce Membre reprend
sa place sur le siège.

Article 22

1. Une entité autre qu’un Etat ne peut désigner un juge ad hoc que si:

a) l’une des parties adverses est un Etat Partie et que le Tribunal compte sur le
siège un juge de la nationalité de cet Etat ou, lorsque cette partie est une organisation
internationale, si le Tribunal compte sur le siège un juge de la nationalité de l’un de ses Etats
membres ou si l’Etat Partie a lui-même désigné un juge ad hoc; ou

b) le Tribunal compte sur le siège un juge de la nationalité de l’Etat qui patronne


l’une des parties adverses.

2. Toutefois, une organisation internationale ou une personne physique ou morale ou une


entreprise d’Etat ne peut désigner un juge ad hoc si le Tribunal compte sur le siège un juge de
la nationalité de l’un des Etats membres de cette organisation internationale ou un juge de la
nationalité de l’Etat qui patronne cette personne physique ou morale ou entreprise d’Etat.

3. Si une organisation internationale est partie à une affaire et que le Tribunal compte sur
le siège un juge de la nationalité d’un Etat membre de cette organisation, la partie adverse
peut désigner un juge ad hoc.

4. Si le Tribunal compte sur le siège deux ou plusieurs juges de la nationalité des Etats
membres de l’organisation internationale concernée ou des Etats qui patronnent une partie, le
Président peut, après avoir consulté les parties, demander à un ou plusieurs de ces juges de se
retirer.
10

Section B. Chambre pour le règlement des différends


relatifs aux fonds marins

Sous-section 1. Membres et juges ad hoc

Article 23

Les membres de la Chambre pour le règlement des différends relatifs aux fonds
marins sont choisis après chaque élection triennale du Tribunal le plus tôt possible après le
commencement du mandat des Membres élus lors de cette élection. La période de fonctions
des membres de la Chambre commence à courir à partir de la date à laquelle ils ont été
choisis. La période de fonctions des membres désignés lors de la première sélection expire le
30 septembre 1999; la période de fonctions des membres désignés lors des sélections
triennales ultérieures expire le 30 septembre, trois ans après chaque sélection. Les membres
de la Chambre qui continuent à siéger au Tribunal après l’expiration de leur période de
fonctions continuent à siéger à la Chambre jusqu’à ce que les membres suivants soient
choisis.

Article 24

Le Président de la Chambre prend rang avant les autres membres de la Chambre


pendant la durée de son mandat de Président. Les autres membres prennent rang suivant le
rang qui est le leur au sein du Tribunal lorsque le Président et le Vice-Président du Tribunal
n’exercent pas leur mandat.

Article 25

Les articles 8 et 9 s’appliquent mutatis mutandis aux juges ad hoc de la Chambre.

Sous-section 2. Présidence

Article 26

1. La Chambre élit son Président au scrutin secret et à la majorité de ses membres.

2. Le Président préside toutes les séances de la Chambre.

3. Lorsque la présidence est vacante ou que le Président de la Chambre est empêché de


l’exercer, elle est assurée par le membre de la Chambre qui prend rang le premier et qui n’est
pas empêché.

4. A tous autres égards, les articles 10 à 14 s’appliquent mutatis mutandis.


11

Sous-section 3. Chambres ad hoc de la Chambre pour le règlement


des différends relatifs aux fonds marins

Article 27

1. Toute demande visant à la constitution d’une chambre ad hoc de la Chambre pour


le règlement des différends relatifs aux fonds marins, conformément à l’article 188,
paragraphe 1, lettre b), de la Convention, est formulée dans un délai de trois mois suivant
la date de l’introduction de l’instance.

2. Si les parties ne s’entendent pas sur la composition de la chambre dans les délais fixés
par le Président de la Chambre pour le règlement des différends relatifs aux fonds marins, le
Président fixe les délais dans lesquels les parties doivent procéder aux nominations
nécessaires.

Section C. Chambres spéciales

Article 28

1. La Chambre de procédure sommaire est composée du Président et du Vice-Président


du Tribunal, membres de droit, et de trois autres Membres. En outre, deux Membres sont
choisis comme suppléants.

2. Les membres et suppléants de la chambre sont choisis par le Tribunal sur la


proposition du Président du Tribunal.

3. Le choix des membres et suppléants de la chambre a lieu chaque année le plus tôt
possible après le premier octobre. Les membres de la chambre et les suppléants entrent en
fonctions dès qu’ils ont été désignés et restent en fonctions jusqu'au 30 septembre de l’année
suivante. Les membres de la chambre et les suppléants qui continuent à siéger au Tribunal
après cette date restent en fonctions jusqu’à ce que les membres et les suppléants suivants
soient choisis.

4. Si un membre de la chambre est empêché, pour quelque motif que ce soit, de siéger
dans une affaire donnée, ce membre est remplacé aux fins de cette affaire par le suppléant qui
prend rang le premier.

5. Si un membre de la chambre démissionne ou cesse de faire partie de cette chambre


pour tout autre motif, sa place est occupée par le suppléant qui prend rang le premier et qui
devient alors membre titulaire de la chambre; un nouveau suppléant est choisi pour le
remplacer.

6. Le quorum pour les réunions de la chambre est de trois membres.


12

Article 29

1. Lorsque le Tribunal décide de constituer une chambre spéciale permanente prévue à


l'article 15, paragraphe 1, du Statut, il détermine la catégorie d'affaires en vue de laquelle la
chambre est constituée, le nombre de ses membres, la durée de leurs pouvoirs, la date de leur
entrée en fonctions et le quorum requis pour les réunions.

2. Les membres de cette chambre sont choisis par le Tribunal sur la proposition du
Président du Tribunal parmi les Membres, compte tenu des connaissances particulières, des
aptitudes techniques ou de l'expérience que chacun a pu acquérir en ce qui concerne la
catégorie de différends dont la chambre doit connaître.

3. Le Tribunal peut décider la dissolution d'une chambre spéciale permanente. Celle-ci


devra terminer les affaires en instance devant elle.

Article 30

1. La demande tendant à constituer une chambre spéciale pour connaître d'un différend
déterminé ainsi qu'il est prévu à l'article 15, paragraphe 2, du Statut est formulée dans un délai
de deux mois suivant la date de l’introduction de l’instance. Dès réception de la demande
émanant de l'une des parties, le Président du Tribunal s'informe de l'assentiment de la partie
adverse.

2. Une fois acquis l'accord des parties, le Président du Tribunal s'informe de leurs vues
au sujet de la composition de la chambre et rend compte au Tribunal.

3. Le Tribunal choisit, avec l'assentiment des parties, les Membres qui siégeront à la
chambre. Les vacances éventuelles sont pourvues suivant la même procédure. Le Tribunal
détermine également le quorum pour les réunions de la chambre.

4. Les membres d'une chambre constituée en application du présent article qui ont été
remplacés conformément à l'article 5 du Statut à la suite de l'expiration de leur période de
fonctions continuent à siéger dans toutes les phases de l'affaire, quelqu’en soit le stade lors de
ce remplacement.

Article 31

1. Si, au moment de sa constitution, une chambre compte parmi ses membres le


Président du Tribunal, elle est présidée par le Président. Si elle compte parmi ses membres le
Vice-Président mais non le Président, elle est présidée par le Vice-Président. Sinon, la
chambre élit son Président au scrutin secret et à la majorité de ses membres. Le membre qui,
conformément au présent paragraphe, préside la chambre au moment de sa constitution
continue à en assurer la présidence tant qu'il en reste membre.

2. Sous réserve du paragraphe 3, le Président d'une chambre exerce, à l'égard des affaires
portées devant cette chambre et à partir du moment où elle commence à examiner l’affaire,
les fonctions du Président du Tribunal à l'égard des affaires soumises à celui-ci.
13

3. Le Président du Tribunal prend les mesures nécessaires pour appliquer aux chambres
les dispositions de l'article 17, paragraphe 4, du Statut.

4. Si le Président d’une chambre est empêché de siéger ou de présider, la présidence est


assurée par le membre de la chambre qui prend rang le premier et qui n'est pas empêché.

Section D. Le Greffe

Article 32

1. Le Tribunal élit son Greffier au scrutin secret parmi les candidats proposés par les
Membres. Le Greffier est élu pour une période de cinq ans et est rééligible.

2. En cas de vacance effective ou imminente, le Président du Tribunal avise les Membres


soit dès l'ouverture de cette vacance soit, si la vacance doit résulter de l'expiration du mandat
du Greffier, trois mois au moins avant l'expiration de ce mandat. Le Président du Tribunal
fixe une date pour la clôture de la liste des candidats de telle façon que les propositions et
renseignements les concernant puissent être reçus en temps utile.

3. Les propositions doivent s'accompagner de tous renseignements utiles sur les


candidats et indiquer notamment leur âge, leur nationalité, leur profession, leurs titres
universitaires, leurs connaissances linguistiques et leur expérience du droit et en particulier
du droit de la mer, de la diplomatie ou des affaires des organisations internationales.

4. Le candidat qui obtient les voix de la majorité des Membres composant le Tribunal au
moment de l'élection est déclaré élu.

Article 33

Le Tribunal élit un Greffier adjoint; il peut également élire un Greffier assistant.


L’article 32 s’applique à leur élection et à la durée de leur mandat.

Article 34

Avant leur entrée en fonctions, le Greffier, le Greffier adjoint et le Greffier assistant


font devant le Tribunal la déclaration solennelle suivante:

« Je déclare solennellement que je remplirai en toute loyauté, discrétion et conscience


les devoirs qui m'incombent en ma qualité de Greffier (Greffier adjoint ou Greffier
assistant selon le cas) du Tribunal international du droit de la mer et que j'observerai
fidèlement toutes les prescriptions du Statut et du Règlement du Tribunal ».
14

Article 35

1. Les fonctionnaires du Greffe autres que le Greffier, le Greffier adjoint et le Greffier


assistant sont nommés par le Tribunal, sur la proposition du Greffier. Toutefois, le Tribunal
peut décider que, pour les postes qu'il déterminera, les nominations seront faites par le
Greffier avec l'approbation du Président du Tribunal.

2. La considération dominante dans le recrutement, l’emploi et la fixation des conditions


d'emploi du personnel doit être la nécessité d'assurer au Tribunal les services de personnes
possédant les plus hautes qualités de travail, de compétence et d'intégrité. Sera dûment prise
en considération l'importance d'un recrutement effectué sur une base géographique aussi large
que possible.

3. Avant son entrée en fonctions, tout fonctionnaire fait la déclaration solennelle


suivante devant le Président du Tribunal et en présence du Greffier:

« Je déclare solennellement que je remplirai en toute loyauté, discrétion et conscience


les devoirs qui m'incombent en ma qualité de fonctionnaire du Greffe du Tribunal
international du droit de la mer et que j'observerai fidèlement toutes les prescriptions
du Statut et du Règlement du Tribunal ».

Article 36

1. Dans l'exercice de ses fonctions, le Greffier:

a) sert d'intermédiaire pour les communications émanant du Tribunal ou adressées à


celui-ci et en particulier assure toutes communications, notifications et transmissions de
documents prévues par la Convention, le Statut, le présent Règlement ou par tout autre accord
international pertinent, en veillant à ce que la date de leur expédition et de leur réception
puisse être facilement contrôlée;

b) tient, sous le contrôle du Président du Tribunal et dans la forme prescrite par le


Tribunal, un rôle des affaires, qui sont inscrites et numérotées dans l'ordre selon lequel les
actes introductifs d'instance ou les demandes d'avis consultatif parviennent au Greffe;

c) conserve des copies des déclarations et des notifications de révocation ou de


retrait de telles déclarations déposées auprès du Secrétaire général de l'Organisation des
Nations Unies conformément aux articles 287 et 298 de la Convention ou à l’article 7 de
l’annexe IX à la Convention;

d) conserve des copies des accords conférant compétence au Tribunal;

e) conserve les notifications reçues conformément à l'article 110, paragraphe 2;

f) transmet aux parties des copies certifiées conformes de toutes les pièces de
procédure et des documents annexés, dès leur réception au Greffe;
15

g) communique au gouvernement de l'Etat où siège ou doit siéger le Tribunal ou une


chambre et à tous autres gouvernements intéressés les renseignements nécessaires au sujet des
personnes appelées à bénéficier de privilèges, immunités ou facilités en vertu du Statut et des
accords pertinents;

h) assiste en personne ou charge le Greffier adjoint, le Greffier assistant ou en leur


absence un fonctionnaire de rang élevé du Greffe, désigné par lui, d’assister aux séances du
Tribunal ou des chambres et fait établir sous sa responsabilité les comptes rendus de ces
séances;

i) prend les dispositions nécessaires pour que soient faites ou vérifiées les
traductions et interprétations dont le Tribunal peut avoir besoin dans les langues officielles du
Tribunal;

j) signe les arrêts, avis consultatifs et ordonnances du Tribunal ainsi que les
comptes rendus visés à la lettre h) ci-dessus;

k) fait reproduire, imprimer et publier sous sa responsabilité les arrêts, avis


consultatifs et ordonnances du Tribunal, les pièces de procédure, les exposés écrits et les
procès-verbaux des audiences publiques dans chaque affaire, ainsi que tout autre document
dont le Tribunal ordonne la publication;

l) assume la responsabilité de tous les travaux administratifs et en particulier de la


comptabilité et de la gestion financière conformément aux méthodes appliquées par le
Tribunal en matière financière;

m) donne la suite qu'appellent les demandes de renseignements concernant le


Tribunal et son activité;

n) contribue à assurer le maintien des relations entre le Tribunal et l'Autorité,


la Cour internationale de Justice et les autres organes de l’Organisation des Nations Unies et
les organismes apparentés, les tribunaux arbitraux et arbitraux spéciaux mentionnés à
l'article 287 de la Convention et les conférences et organismes internationaux s'occupant de la
codification et du développement progressif du droit international, et en particulier du droit de
la mer;

o) fait en sorte que des renseignements sur le Tribunal et son activité soient mis à la
disposition des gouvernements, des cours et tribunaux nationaux les plus élevés, des
associations professionnelles, sociétés savantes, facultés et écoles de droit ainsi que des
moyens d'information;

p) assure la garde des sceaux et cachets ainsi que des archives du Tribunal et de
toutes autres archives confiées à celui-ci.

2. Le Tribunal peut à tout moment confier d'autres fonctions au Greffier.

3. Dans l'exercice de ses fonctions, le Greffier est responsable devant le Tribunal.


16

Article 37

1. Le Greffier adjoint assiste le Greffier et le remplace pendant son absence ou, en cas de
vacance du poste, jusqu'à ce que celui-ci soit pourvu.

2. Si le Greffier, le Greffier adjoint et le Greffier assistant sont empêchés de s'acquitter


des fonctions de Greffier, le Président du Tribunal désigne un fonctionnaire du Greffe pour
remplir ces fonctions pendant le temps nécessaire. Si les trois postes sont simultanément
vacants, le Président désigne, après avoir consulté les membres, un fonctionnaire du Greffe
pour remplir les fonctions de Greffier jusqu'à l'élection d'un nouveau Greffier.

Article 38

1. Le Greffe se compose du Greffier, du Greffier adjoint, du Greffier assistant et de tous


autres fonctionnaires dont il a besoin pour s’acquitter efficacement de ses fonctions.

2. Le Tribunal arrête l'organisation du Greffe et, à cet effet, invite le Greffier à lui
soumettre des propositions.

3. Des instructions pour le Greffe sont établies par le Greffier et approuvées par le
Tribunal.

4. Le personnel du Greffe est assujetti à un statut du personnel établi par le Greffier et


approuvé par le Tribunal.

Article 39

1. Le Greffier peut donner sa démission en adressant par écrit un préavis de deux mois
au Président du Tribunal. Le Greffier adjoint et le Greffier assistant peuvent donner leur
démission en adressant par écrit un préavis d'un mois au Président du Tribunal par
l'intermédiaire du Greffier.

2. Le Greffier ne peut être relevé de ses fonctions que si, de l’avis des deux tiers des
Membres, le titulaire a manqué gravement aux obligations qui lui incombent ou n’est plus en
mesure d’exercer ses fonctions. Avant qu’une décision soit prise en application du présent
paragraphe, le Greffier est informé par le Président du Tribunal de la mesure envisagée dans
une communication écrite qui en expose les raisons et indique tous les éléments de preuve s'y
rapportant. Lorsque la mesure est envisagée du fait que le Greffier n’est plus en mesure
d’exercer ses fonctions, les informations pertinentes de nature médicale sont jointes à cette
communication. La possibilité lui est ensuite offerte, à une séance privée du Tribunal, de faire
une déclaration, de fournir d’éventuels renseignements ou explications et de répondre
oralement ou par écrit aux questions qui lui sont posées. Le Greffier peut se faire assister ou
représenter à cette séance par un conseil ou par toute autre personne de son choix.

3. Le Greffier adjoint et le Greffier assistant ne peuvent être relevés de leurs fonctions


que pour les mêmes raisons et selon la même procédure que celles spécifiées au paragraphe 2.
17

Section E. Fonctionnement interne du Tribunal

Article 40

La pratique interne du Tribunal en matière judiciaire est régie, sous réserve des
dispositions de la Convention, du Statut et du présent Règlement, par toute résolution adoptée
en la matière par le Tribunal.

Article 41

1. Le quorum prescrit à l’article 13, paragraphe 1, du Statut s’applique à toutes les


séances du Tribunal. Le quorum prescrit à l’article 35, paragraphe 7, du Statut s’applique à
toutes les séances de la Chambre pour le règlement des différends relatifs aux fonds marins.
Le quorum prescrit pour une chambre spéciale s’applique à toutes les réunions de cette
chambre.

2. Les Membres doivent être disponibles à tout moment pour exercer leurs fonctions et
assistent à toutes les séances du Tribunal, à moins d'en être empêchés pour cause de congé
conformément aux dispositions du paragraphe 4, de maladie ou autre motif grave dûment
justifié auprès du Président du Tribunal, qui en rend compte au Tribunal.

3. Les juges ad hoc sont de même tenus d'être à la disposition du Tribunal et d'assister à
toutes les séances concernant les affaires auxquelles ils participent, à moins d’en être
empêchés pour cause de maladie ou autre motif grave dûment justifié auprès du Président du
Tribunal, qui en rend compte au Tribunal. Ils ne sont pas comptés pour le calcul du quorum.

4. Le Tribunal fixe les périodes et la durée des vacances judiciaires ainsi que les périodes
et les conditions des congés à accorder aux Membres, en tenant compte dans l'un et l'autre cas
de l'état du rôle des affaires et des travaux en cours.

5. Sous réserve des mêmes considérations, le Tribunal observe les jours fériés en usage
au lieu où il siège.

6. En cas d'urgence, le Président du Tribunal peut convoquer le Tribunal à tout moment.

7. Après avoir consulté les Membres du Tribunal, le Président peut décider, à titre
exceptionnel, lorsque des raisons de santé publique, des motifs de sécurité ou d’autres motifs
impérieux l’exigent, de tenir tout ou partie des séances par liaison vidéo.

Article 42

1. Les délibérations du Tribunal sont et restent secrètes. Toutefois, le Tribunal peut à


tout moment décider de publier tout ou partie de ses délibérations sur des questions autres que
judiciaires ou d'autoriser cette publication.
18

2. Seuls les juges et les experts désignés conformément à l’article 289 de la Convention
prennent part aux délibérations en matière judiciaire. Le Greffier ou le Greffier adjoint et tous
autres fonctionnaires du Greffe dont la présence peut être requise y assistent. Aucune autre
personne ne peut être présente si ce n’est avec l’autorisation du Tribunal.

3. Les comptes rendus des délibérations du Tribunal en matière judiciaire se bornent à


indiquer le titre ou la nature des questions ou sujets débattus et le résultat des votes. Ils ne
mentionnent pas le détail des discussions ou les opinions émises; toutefois tout juge a le droit
de demander qu’une de ses déclarations soit inscrite au compte rendu.

Section F. Langues officielles

Article 43

Les langues officielles du Tribunal sont le français et l’anglais.


19

PARTIE III

PROCEDURE

Section A. Dispositions générales

Article 44

1. La procédure a deux phases: l’une écrite, l’autre orale.

2. La procédure écrite comprend la communication au Tribunal et aux parties de


mémoires, contre-mémoires et, si le Tribunal en autorise la présentation, des répliques et
dupliques ainsi que de tous documents à l’appui.

3. La procédure orale consiste en l’audition par le Tribunal des agents, conseils, avocats,
témoins et experts.

Article 45

Dans chaque affaire dont le Tribunal est saisi, le Président se renseigne auprès des
parties au sujet des questions de procédure. A cette fin, le Président peut convoquer les agents
des parties aussitôt après leur nomination et chaque fois que cela est nécessaire par la suite,
ou utiliser tous autres moyens de communication appropriés.

Article 46

Les délais pour l’accomplissement d’actes de procédure peuvent être fixés par
l’indication d’une période déterminée, étant entendu qu’une date précise doit toujours y être
spécifiée. Ils doivent être aussi brefs que la nature de l’affaire le permet.

Article 47

Le Tribunal peut à tout moment ordonner que les instances dans deux ou plusieurs
affaires soient jointes. Il peut ordonner aussi que les procédures écrites ou orales, y compris la
présentation de témoins, aient un caractère commun; ou il peut, sans opérer de jonction
formelle, ordonner une action commune au regard d’un ou plusieurs éléments de ces
procédures.

Article 48

Les parties peuvent proposer d'un commun accord d'apporter aux articles contenus
dans la présente partie des modifications ou additions particulières que le Tribunal ou une
chambre peut adopter s'il ou elle les estime appropriées aux circonstances de l'espèce.
20

Article 49

La procédure devant le Tribunal est conduite sans retard ni dépenses inutiles.

Article 50

Le Tribunal peut établir des lignes directrices conformes au présent Règlement


concernant tout aspect de sa procédure, y compris la longueur, le format et la présentation des
pièces de procédure écrite et orale ainsi que l’utilisation de moyens de communication
électronique.

Article 51

Toute communication destinée au Tribunal conformément au présent règlement est


adressée au Greffier sauf indication contraire. Toute demande formulée par une partie est de
même adressée au Greffier, à moins qu’elle ne soit présentée lors d’une audience du Tribunal
pendant la procédure orale.

Article 52

1. Toutes les communications destinées aux parties sont envoyées à leurs agents.

2. Les communications destinées à une partie avant la désignation par celle-ci d’un agent
et à une entité autre qu’une partie sont envoyées selon les modalités suivantes:

a) dans le cas d’un Etat, le Tribunal adresse toutes les communications au


gouvernement de cet Etat;

b) dans le cas de l’Autorité internationale des fonds marins ou de l’Entreprise, de


toute organisation internationale et de toute autre organisation intergouvernementale, le
Tribunal adresse toutes les communications à l’organe compétent ou au chef de secrétariat de
ladite organisation au siège de cette dernière;

c) dans le cas des entreprises d’Etat ou des personnes physiques ou morales visées à
l’article 153, paragraphe 2, lettre b), de la Convention, le Tribunal transmet toutes les
communications par l’intermédiaire du gouvernement de l’Etat qui les patronne ou de l’Etat
certificateur, selon le cas;

d) dans le cas d’un groupe d’Etats, d’entreprises d’Etat ou de personnes physiques


ou morales visés à l’article 153, paragraphe 2, lettre b), de la Convention, le Tribunal adresse
toutes les communications à chaque membre du groupe conformément aux lettres a) et c) ci-
dessus;

e) dans le cas d’autres personnes physiques ou morales, le Tribunal transmet toutes


les communications par l’intermédiaire du gouvernement de l’Etat sur le territoire duquel la
communication doit être reçue.
21

3. Il en est de même s’il s’agit de faire procéder sur place à l’établissement de tous
moyens de preuve.

Article 53

1. Les parties sont représentées par des agents.

2. Les parties peuvent se faire assister devant le Tribunal par des conseils ou des avocats.

Section B. Procédure devant le Tribunal

Sous-section 1. Introduction de l'instance

Article 54

1. Lorsqu'une instance est introduite devant le Tribunal par une requête, celle-ci indique
la partie requérante, la partie contre laquelle la demande est formée et l'objet du différend.

2. La requête indique, autant que possible, les moyens de droit sur lesquels le demandeur
entend fonder la compétence du Tribunal; elle indique en outre la nature précise de la
demande et contient un exposé succinct des faits et moyens sur lesquels cette demande
repose.

3. L'original de la requête est signé soit par l'agent de la partie qui l'introduit, soit par le
représentant diplomatique de cette partie dans le pays où le Tribunal a son siège, soit par une
autre personne dûment autorisée. Si la requête porte la signature d'une personne autre que le
représentant diplomatique, cette signature doit être légalisée par ce dernier ou par l'autorité
gouvernementale compétente.

4. Le Greffier transmet immédiatement au défendeur une copie certifiée conforme de la


requête.

5. Lorsque le demandeur entend fonder la compétence du Tribunal sur un consentement


non encore donné ou manifesté par la partie contre laquelle la requête est formée, la requête
est transmise à cette dernière. Toutefois, elle n'est pas inscrite au rôle des affaires du Tribunal
et aucun acte de procédure n'est effectué tant que la partie contre laquelle la requête est
formée n'a pas accepté la compétence du Tribunal aux fins de l'affaire.
22

Article 55

1. Lorsqu'une instance est introduite devant le Tribunal par la notification d'un


compromis, cette notification peut être effectuée conjointement par les parties ou par une ou
plusieurs d'entre elles. Si la notification n'est pas faite conjointement, une copie certifiée
conforme en est immédiatement transmise par le Greffier à toute autre partie.

2. La notification est toujours accompagnée de l'original ou d'une copie certifiée


conforme du compromis. La notification indique en outre l'objet précis du différend ainsi que
les parties, pour autant que cela ne résulte pas déjà clairement du compromis.

Article 56

1. Sauf dans les circonstances envisagées à l'article 54, paragraphe 5, tous les actes
accomplis au nom des parties après l'introduction d'une instance le sont par des agents. Les
agents doivent avoir au siège du Tribunal, ou dans la capitale du pays où le siège est situé, un
domicile élu auquel sont adressées toutes les communications relatives à l'affaire.

2. Lorsqu'une instance est introduite par une requête, le nom de l'agent du demandeur est
indiqué. Dès la réception de la copie certifiée conforme de la requête ou le plus tôt possible
après, le défendeur fait connaître au Tribunal le nom de son agent.

3. Lorsqu'une instance est introduite par la notification d'un compromis, le nom de


l’agent ou des agents, selon le cas, est indiqué par la ou les parties procédant à la notification.
Si cela n’a pas déjà été fait, toute autre partie au compromis fait connaître au Tribunal le nom
de son agent dès qu'elle reçoit du Greffier une copie certifiée conforme de la notification ou le
plus tôt possible après.

Article 57

1. Lorsque l’instance est introduite sur la base d’un accord autre que la Convention, la
requête ou la notification doit être accompagnée d’une copie certifiée conforme dudit accord.

2. Dans le cas d'un différend auquel est partie une organisation internationale, le
Tribunal peut, à la demande de toute autre partie ou d’office, demander à l'organisation
internationale concernée d’indiquer, dans un délai raisonnable, qui de l’organisation ou de ses
Etats membres a compétence pour une question précise qui s’est posée. Si le Tribunal le juge
nécessaire, il peut suspendre l'instance jusqu'à ce qu'il reçoive lesdits renseignements.

Article 58

En cas de contestation sur le point de savoir si le Tribunal est compétent, le Tribunal


décide.
23

Sous-section 2. Procédure écrite

Article 59

1. A la lumière des vues des parties recueillies par le Président du Tribunal, le Tribunal
rend les ordonnances nécessaires pour fixer notamment le nombre et l'ordre des pièces de
procédure ainsi que les délais pour leur présentation. Les délais pour chaque pièce de
procédure n’excèdent pas six mois.

2. Le Tribunal peut, à la demande d’une partie, proroger un délai ou décider de


considérer comme valable un acte de procédure fait après l'expiration du délai fixé; il ne peut
toutefois le faire que s'il estime la demande suffisamment justifiée. Dans l'un et l'autre cas, la
possibilité est offerte à la partie adverse de faire connaître ses vues dans un délai fixé par le
Tribunal.

3. Si le Tribunal ne siège pas et sous réserve de toute décision ultérieure qu'il pourrait
prendre, les pouvoirs que lui confère le présent article peuvent être exercés par le Président du
Tribunal.

Article 60

1. Dans une affaire introduite par une requête, les pièces de procédure comprennent,
dans l'ordre, un mémoire du demandeur et un contre-mémoire du défendeur.

2. Le Tribunal peut autoriser ou prescrire la présentation d'une réplique du demandeur et


d'une duplique du défendeur si les parties sont d'accord à cet égard ou si le Tribunal décide, à
la demande d'une partie ou d’office, que ces pièces sont nécessaires. Si le Tribunal ne siège
pas et sous réserve de toute décision ultérieure qu’il pourrait prendre, les pouvoirs que lui
confère le présent article peuvent être exercés par le Président du Tribunal.

Article 61

1. Dans une affaire introduite par la notification d'un compromis, le nombre et l'ordre de
présentation des pièces de procédure sont ceux que fixe le compromis lui-même, à moins que
le Tribunal, après s'être renseigné auprès des parties, n'en décide autrement.

2. Si le compromis ne contient aucune disposition à cet égard et si, par la suite, les
parties ne se mettent pas d'accord sur le nombre et l'ordre de présentation des pièces de
procédure, chacune des parties dépose un mémoire et un contre-mémoire dans les mêmes
délais.

3. Le Tribunal n'autorise la présentation de répliques et de dupliques que s'il l'estime


nécessaire. Si le Tribunal ne siège pas et sous réserve de toute décision ultérieure qu’il
pourrait prendre, les pouvoirs que lui confère le présent article peuvent être exercés par le
Président du Tribunal.
24

Article 62

1. Le mémoire contient: un exposé des faits sur lesquels la demande est fondée, un
exposé de droit et les conclusions.

2. Le contre-mémoire contient: la reconnaissance ou la contestation des faits mentionnés


dans le mémoire; le cas échéant, un exposé additionnel des faits; des observations relatives à
l'exposé de droit contenu dans le mémoire; un exposé de droit en réponse; et les conclusions.

3. La réplique et la duplique ne répètent pas simplement les thèses des parties mais
s'attachent à faire ressortir les points qui les divisent encore.

4. Toute pièce de procédure énonce les conclusions de la partie qui la dépose, au stade
de la procédure dont il s'agit, en les distinguant de l'argumentation, ou confirme les
conclusions déjà présentées.

Article 63

1. Sont jointes à l'original de toute pièce de procédure des copies certifiées conformes de
tous documents pertinents produits à l'appui des thèses formulées dans cette pièce. Les parties
peuvent s’abstenir de joindre des documents ou des copies certifiées conformes de documents
qui ont été publiés sous une forme qui les rend facilement accessibles au Tribunal et à la
partie adverse.

2. Si un de ces documents n'est pertinent qu'en partie, il suffit de joindre en annexe les
extraits nécessaires aux fins de la pièce dont il s'agit ou de l'identification du document. Copie
du document complet est déposée au Greffe, à moins qu'il n'ait été publié sous une forme qui
le rende facilement accessible au Tribunal et à la partie adverse.

3. Au moment du dépôt d'une pièce de procédure, il est fourni un bordereau de tous les
documents annexés à cette pièce.

Article 64

1. Les parties présentent les pièces de procédure en tout ou en partie dans l’une ou
l’autre des langues officielles ou les deux.

2. Une partie peut, pour les pièces de procédure qu’elle présente, employer une langue
autre qu’une des langues officielles. Dans ce cas, une traduction dans une des langues
officielles, certifiée exacte par elle, doit être jointe à l’original de chaque pièce.

3. Si un document annexé à une pièce de procédure n'est pas rédigé dans une des langues
officielles, une traduction dans une de ces langues, certifiée exacte par la partie qui la fournit,
doit l'accompagner. La traduction peut être limitée à une partie ou à des extraits d'une annexe
mais, en ce cas, elle est accompagnée d'une note explicative indiquant les passages traduits.
25

Le Tribunal peut toutefois demander la traduction d'autres passages ou une traduction


intégrale.
4. Lorsque les parties choisissent une langue autre qu'une des langues officielles et que
cette langue est une des langues officielles de l’Organisation des Nations Unies, la décision
du Tribunal sera traduite, à la demande d'une partie, en cette langue officielle de
l’Organisation des Nations Unies sans frais pour les parties.

Article 65

1. L'original de toute pièce de procédure est signé par l'agent et déposé au Greffe. Il est
accompagné d'une copie certifiée conforme de la pièce, de tout document annexé et de toute
traduction, pour communication à la partie adverse. Il est également accompagné du nombre
d'exemplaires additionnels requis par le Greffe; il pourra toutefois être demandé
ultérieurement d'autres exemplaires si le besoin s'en fait sentir.

2. Toute pièce de procédure est datée. Quand une pièce doit être déposée à une date
déterminée, c'est la date de sa réception au Greffe qui est retenue par le Tribunal.

3. Si, à la demande d'une partie, le Greffier fait reproduire une pièce de procédure, le
texte doit en être remis assez tôt pour permettre le dépôt de la pièce au Greffe avant
l'expiration du délai fixé. La reproduction est faite sous la responsabilité de la partie
intéressée.

4. La correction d'une erreur matérielle dans un document déposé est loisible à tout
moment avec l'assentiment de la partie adverse ou avec l'autorisation du Président du
Tribunal. Toute correction ainsi faite est notifiée à la partie adverse de la même manière que
la pièce de procédure à laquelle elle se rapporte.

Article 66

Copie certifiée conforme de toute pièce produite par une partie et de tout document
annexé est transmise par le Greffier, dès leur réception, à la partie adverse.

Article 67

1. Aussitôt que possible après leur dépôt, des copies des pièces de procédure et des
documents annexés seront communiquées par le Tribunal, à leur demande, aux Etats ou
autres entités admis à ester devant lui. Toutefois, si la partie présentant le mémoire le
demande, le Tribunal met le mémoire à disposition en même temps que le contre-mémoire.

2. Des copies des pièces de procédure et des documents annexés sont rendues
accessibles au public à l’ouverture de la procédure orale ou antérieurement si le Tribunal ou,
s’il ne siège pas, le Président en décide ainsi après s’être renseigné auprès des parties.

3. Cependant, à la demande d’une partie et après s’être renseigné auprès de la partie


adverse, le Tribunal ou, s’il ne siège pas, le Président peut en décider autrement.
26

Sous-section 3. Délibération initiale

Article 68

Après la clôture de la procédure écrite et avant l’ouverture de la procédure orale, le


Tribunal se réunit en chambre du conseil afin que les juges puissent procéder à un échange de
vues sur les pièces de procédure écrite et sur la conduite de l’affaire.

Sous-section 4. Procédure orale

Article 69

1. La procédure écrite une fois close, la date d'ouverture de la procédure orale est fixée
par le Tribunal. Cette date est fixée au cours de la période de six mois suivant la clôture de la
procédure écrite, sauf si le Tribunal estime qu’il y a lieu d’en décider autrement. Le Tribunal
peut aussi prononcer, le cas échéant, le renvoi de l'ouverture ou de la suite de la procédure
orale.

2. Lorsqu'il fixe la date d'ouverture ou de la suite de la procédure orale ou en prononce le


renvoi, le Tribunal prend en considération:

a) la nécessité de tenir ses audiences sans retard indu;

b) la priorité prescrite par les articles 90 et 112;

c) toutes circonstances particulières, y compris l’urgence de l’affaire ou des autres


affaires figurant sur le rôle des affaires;

d) les vues exprimées par les parties.

3. Si le Tribunal ne siège pas, les pouvoirs que lui confère le présent article sont exercés
par le Président.

Article 70

S'il le juge souhaitable, le Tribunal peut décider, conformément à l'article premier,


paragraphe 3, du Statut, que la suite de la procédure dans une affaire se déroulera en tout ou
en partie ailleurs qu'au siège du Tribunal. Il se renseigne au préalable auprès des parties.
27

Article 71

1. Après la clôture de la procédure écrite et sous réserve du paragraphe 2, aucun


document nouveau ne peut être présenté au Tribunal, si ce n’est avec l’assentiment de la
partie adverse. L’assentiment de la partie adverse est réputé acquis si celle-ci ne s'oppose pas
à la production du document 15 jours au plus après qu'il lui a été transmis.

2. A défaut d’assentiment, le Tribunal peut, après avoir entendu les parties, autoriser la
production du document s’il l’estime nécessaire.

3. La partie désirant produire un nouveau document le dépose en original ou en copie


certifíée conforme, avec le nombre d’exemplaires requis par le Greffe, qui en assure la
communication à la partie adverse et informe le Tribunal.

4. Lorsqu'un nouveau document a été produit conformément au paragraphe 1 ou 2, la


possibilité est offerte à la partie adverse de présenter des observations à son sujet et de
soumettre des documents à l'appui de ses observations.

5. La teneur d'un document qui n'aurait pas été produit dans le cadre de la procédure
écrite ou conformément au présent article ne peut être mentionnée au cours de la procédure
orale, à moins que ce document ne fasse partie d'une publication facilement accessible au
Tribunal et à la partie adverse.

6. L'application du présent article ne saurait en soi constituer un motif destiné à retarder


l'ouverture ou la suite de la procédure orale.

Article 72

Sans préjudice des règles concernant la production de documents, chaque partie fait
connaître au Greffier, en temps utile avant l'ouverture de la procédure orale, les moyens de
preuve qu'elle entend invoquer ou dont elle a l'intention de demander au Tribunal d'obtenir la
production. Cette communication contient la liste des noms, prénoms, nationalités, qualités et
domiciles des témoins et experts que cette partie désire faire entendre, avec l'indication des
points sur lesquels doit porter la déposition. Copie certifiée conforme de cette communication
doit être également fournie pour transmission à la partie adverse.

Article 73

1. Le Tribunal détermine si les parties doivent plaider avant ou après la production des
moyens de preuve, la discussion de ces moyens étant toujours réservée.

2. Le Tribunal, après s’être renseigné auprès des parties, fixe l’ordre dans lequel les
parties sont entendues, la méthode applicable à la présentation des moyens de preuve et à
l’audition des témoins et experts ainsi que le nombre des conseils et avocats qui prennent la
parole au nom de chaque partie.
28

Article 74

1. L'audience, conformément à l'article 26, paragraphe 2, du Statut, est publique à moins


que le Tribunal n’en décide autrement ou que les parties ne demandent le huis-clos. Une
décision ou une demande en ce sens peut concerner les débats en tout ou en partie et
intervenir à tout moment.

2. Le Tribunal peut décider, à titre exceptionnel, lorsque des raisons de santé publique,
des motifs de sécurité ou d’autres motifs impérieux l’exigent, de tenir tout ou partie des
audiences par liaison vidéo.

Article 75

1. Les exposés oraux prononcés au nom de chaque partie sont aussi succincts que
possible eu égard à ce qui est nécessaire pour une bonne présentation des thèses à l'audience.
A cet effet, ils portent sur les points qui divisent encore les parties, ne reprennent pas tout ce
qui est traité dans les pièces de procédure, et ne répètent pas simplement les faits et arguments
qui y sont déjà invoqués.

2. A l'issue du dernier exposé présenté par une partie au cours de la procédure orale,
l'agent donne lecture des conclusions finales de cette partie sans récapituler l'argumentation.
Copie du texte écrit signé par l'agent est communiquée au Tribunal et transmise à la partie
adverse.

Article 76

1. Le Tribunal peut, à tout moment avant ou durant les débats, indiquer les points ou les
problèmes qu’il voudrait voir spécialement étudier par les parties ou ceux qu’il considère
comme suffisamment discutés.

2. Le Tribunal peut, durant les débats, poser des questions aux agents, conseils et avocats
ou leur demander des éclaircissements.

3. La même faculté appartient à chaque juge qui, pour l’exercer, fait connaître son
intention au Président du Tribunal.

4. Les agents, conseils et avocats peuvent répondre immédiatement ou dans un délai fixé
par le Président du Tribunal.

Article 77

1. Le Tribunal peut à tout moment inviter les parties à produire les moyens de preuve ou
à donner les explications qu’il juge nécessaires à l’éclaircissement de tout aspect des
problèmes considérés ou peut lui-même chercher à obtenir d’autres renseignements à cette
fin.
29

2. Le Tribunal peut, s’il y a lieu, faire déposer un témoin ou un expert pendant la


procédure.

Article 78

1. Les parties peuvent faire entendre tous les témoins et experts qui figurent sur la liste
communiquée au Tribunal conformément à l’article 72. Si, à un moment quelconque de la
procédure orale, l’une des parties veut faire entendre un témoin ou expert dont le nom ne
figure pas sur cette liste, elle présente la demande au Tribunal et en informe la partie adverse
en fournissant les renseignements prescrits par l’article 72. Le témoin ou expert peut être
entendu si la partie adverse ne s’y oppose pas ou, en cas d’objection, si le Tribunal l’autorise,
après avoir entendu la partie adverse.

2. Le Tribunal peut, à la demande d’une partie ou d’office, décider que l’audition d’un
témoin ou expert sera effectuée en dehors du Tribunal. Le Président du Tribunal prend les
mesures nécessaires afin de donner effet à une telle décision.

Article 79

Sauf au cas où, tenant compte de circonstances spéciales, le Tribunal choisirait une
formule différente,

a) tout témoin fait, avant de déposer, la déclaration solennelle suivante:

« Je déclare solennellement, en tout honneur et en toute conscience, que je dirai la


vérité, toute la vérité et rien que la vérité »;

b) tout expert fait, avant de présenter son exposé, la déclaration solennelle suivante:

« Je déclare solennellement, en tout honneur et en toute conscience, que je dirai la


vérité, toute la vérité et rien que la vérité et que mon exposé correspondra à ma
conviction sincère ».

Article 80

Les témoins et experts, sous l'autorité du Président du Tribunal, sont interrogés par les
agents, conseils et avocats des parties en commençant par la partie qui a demandé à entendre
le témoin ou l'expert. Des questions peuvent leur être posées par le Président du Tribunal et
les juges. Avant de déposer, les témoins et les experts autres que ceux désignés
conformément à l'article 289 de la Convention doivent demeurer hors de la salle d'audience.

Article 81

Le Tribunal peut à tout moment décider, à la demande d'une partie ou d'office,


d'exercer ses fonctions relatives à l'établissement des preuves sur les lieux auxquels l'affaire
30

se rapporte, dans des conditions qu'il détermine après s'être renseigné auprès des parties. Les
dispositions nécessaires sont prises conformément à l'article 52.

Article 82

1. Toute décision du Tribunal visant à faire procéder à une enquête ou à une expertise est
prise, les parties entendues, par une ordonnance, qui précise l'objet de l'enquête ou de
l'expertise, fixe le nombre et le mode de désignation des enquêteurs ou experts et indique les
formalités à observer. Le cas échéant, le Tribunal invite les enquêteurs ou experts à faire une
déclaration solennelle.

2. Tout rapport ou procès-verbal concernant l'enquête et tout rapport d'expert est


communiqué aux parties auxquelles la possibilité est offerte de présenter des observations.

Article 83

Les sommes à verser aux témoins et experts qui se présentent sur l'initiative du
Tribunal conformément à l'article 77, paragraphe 2, et aux enquêteurs et experts désignés
conformément à l'article 82, paragraphe 1, sont prélevées sur les fonds du Tribunal s’il y a
lieu.

Article 84

1. A tout moment avant la clôture de la procédure orale, le Tribunal peut, à la demande


d'une partie ou d’office, demander à une organisation intergouvernementale appropriée des
renseignements relatifs à une affaire portée devant lui. Le Tribunal décide, après avoir
consulté le plus haut fonctionnaire de l'organisation intéressée, si ces renseignements doivent
lui être présentés oralement ou par écrit et dans quels délais.

2. Lorsqu'une telle organisation intergouvernementale juge à propos de fournir de sa


propre initiative des renseignements relatifs à une affaire portée devant le Tribunal, elle doit
le faire par un mémoire déposé au Greffe avant la clôture de la procédure écrite. Le Tribunal a
la faculté de faire compléter ces renseignements oralement ou par écrit sur la base des
demandes qu'il jugerait à propos d'énoncer, ainsi que d'autoriser les parties à présenter des
observations orales ou écrites au sujet des renseignements ainsi fournis.

3. Lorsque l'interprétation de l'acte constitutif d'une telle organisation


intergouvernementale, ou d'une convention internationale adoptée en vertu de cet acte est
mise en cause dans une affaire soumise au Tribunal, le Greffier, sur les instructions du
Tribunal ou, si celui-ci ne siège pas, du Président, en avise cette organisation et lui
communique toute la procédure écrite. Le Tribunal ou, s'il ne siège pas, le Président peut
fixer, à compter du jour où le Greffier a communiqué la procédure écrite et après avoir
consulté le plus haut fonctionnaire de l'organisation intergouvernementale intéressée, un délai
dans lequel l'organisation pourra présenter au Tribunal des observations écrites. Ces
observations sont communiquées aux parties et peuvent être débattues par elles et par le
représentant de ladite organisation au cours de la procédure orale.
31

4. Dans les paragraphes précédents, l'expression « organisation intergouvernementale »


s’entend d’une organisation intergouvernementale autre qu’une organisation qui est partie ou
qui intervient dans l’affaire en cause.

Article 85

1. Sauf décision contraire du Tribunal, toutes les plaidoiries, déclarations ou dépositions


faites en audience dans une des langues officielles du Tribunal sont interprétées dans l'autre
langue officielle. Si elles sont faites dans une autre langue, elles sont interprétées dans les
deux langues officielles du Tribunal.

2. Lorsqu’une langue autre qu'une langue officielle est employée, il incombe à la partie
intéressée de prendre toutes dispositions pour assurer l'interprétation dans l'une des langues
officielles. Le Greffier prend les dispositions voulues pour contrôler l'interprétation assurée
par une partie, aux frais de celle-ci. Dans le cas de témoins ou d'experts qui se présentent sur
l'initiative du Tribunal, l'interprétation est assurée par les soins du Greffe.

3. Si une langue autre qu'une des langues officielles du Tribunal doit être utilisée pour
les plaidoiries, déclarations ou dépositions d'une partie, celle-ci en avise le Greffier à temps
pour lui permettre de prendre toutes dispositions nécessaires, y compris pour le contrôle.

4. Avant de prendre leurs fonctions dans une affaire, les interprètes fournis par une partie
font la déclaration solennelle suivante:

« Je déclare solennellement, en tout honneur et en toute conscience, que mon


interprétation sera fidèle et complète ».

Article 86

1. Un procès-verbal de chaque audience est établi. A cette fin, le Greffier établit un


compte rendu intégral de chaque audience dans la langue ou les langues officielles du
Tribunal utilisées durant l'audience. Si une autre langue est utilisée, le compte rendu est établi
dans l'une des langues officielles du Tribunal.

2. Pour établir ce compte rendu, la partie, au nom de laquelle des plaidoiries ou


déclarations sont faites dans une langue autre qu'une des langues officielles du Tribunal, en
fournit d'avance un texte au Greffe dans l'une des langues officielles.

3. Doivent précéder le texte du compte rendu les noms des juges présents et ceux des
agents, conseils et avocats des parties.

4. Copie du compte rendu ainsi établi est adressée aux juges siégeant en l'affaire ainsi
qu'aux parties. Celles-ci peuvent, sous le contrôle du Tribunal, corriger le compte rendu de
leurs plaidoiries ou déclarations, sans pouvoir toutefois en modifier le sens et la portée. Les
juges peuvent de même corriger le compte rendu de ce qu'ils ont dit.
32

5. Les témoins et experts reçoivent communication du compte rendu de leur déposition


ou exposé et peuvent le corriger de la même manière que les parties.

6. Une copie certifiée conforme du compte rendu corrigé, signée par le Président du
Tribunal et le Greffier, constitue le procès-verbal authentique de l'audience. Le procès-verbal
des audiences publiques est imprimé et publié par le Tribunal.

Article 87

Toute réponse écrite faite par une partie à une question posée conformément à
l'article 76 ou tous moyens de preuve ou explications fournis par une partie conformément à
l'article 77 et reçus par le Tribunal après la clôture de la procédure orale sont communiqués à
la partie adverse, à qui la possibilité est offerte de présenter des observations. S'il y a lieu, la
procédure orale peut être rouverte à cette fin.

Article 88

1. Quand les agents, conseils et avocats ont fait valoir, sous le contrôle du Tribunal, tous
les moyens qu’ils jugent utiles, le Président du Tribunal prononce la clôture de la procédure
orale. Les agents restent à la disposition du Tribunal.

2. Le Tribunal se retire en chambre du conseil pour délibérer.

Section C. Procédures incidentes

Sous-section 1. Mesures conservatoires

Article 89

1. Une partie peut présenter une demande en prescription de mesures conservatoires


conformément à l’article 290, paragraphe 1, de la Convention, à tout moment de la procédure
engagée relative au différend soumis au Tribunal.

2. En attendant la constitution d’un tribunal arbitral saisi d’un différend, une partie peut
présenter une demande en prescription de mesures conservatoires conformément à
l’article 290, paragraphe 5, de la Convention:

a) à tout moment si les parties en conviennent ainsi;

b) à tout moment après un délai de deux semaines à compter de la notification à la


partie adverse d’une demande en prescription de mesures conservatoires, si les parties ne
conviennent pas de soumettre la question à toute autre cour ou tout autre tribunal.
33

3. La demande est présentée par écrit et indique les mesures sollicitées, les motifs sur
lesquels elle se fonde et les conséquences éventuelles de son rejet en ce qui concerne la
préservation des droits respectifs des parties ou la prévention de dommages graves au milieu
marin.

4. La demande en prescription de mesures conservatoires présentée conformément à


l’article 290, paragraphe 5, de la Convention indique également les moyens de droit sur la
base desquels le tribunal arbitral devant être constitué aurait compétence, ainsi que l’urgence
de la situation. Une copie certifiée conforme de la notification ou de tout autre document
introduisant l’instance devant le tribunal arbitral est annexée à la demande.

5. Lorsqu’une demande en prescription de mesures conservatoires lui est présentée, le


Tribunal peut prescrire des mesures totalement ou partiellement différentes de celles qui sont
sollicitées, et indiquer les parties qui doivent prendre ou exécuter chaque mesure.

Article 90

1. Sans préjudice de l’article 112, paragraphe 1, la demande en prescription de mesures


conservatoires a priorité sur toutes autres procédures devant le Tribunal.

2. Le Tribunal ou, s’il ne siège pas, le Président fixe la date de la procédure orale au plus
tôt.

3. Le Tribunal prend en considération toutes observations qui peuvent lui être présentées
par une partie avant la clôture de cette procédure.

4. En attendant que le Tribunal se réunisse, le Président du Tribunal peut inviter les


parties à agir de manière que toute ordonnance du Tribunal sur la demande en prescription de
mesures conservatoires puisse avoir les effets voulus.

Article 91

1. Si le Président du Tribunal constate qu’à la date fixée pour la procédure orale visée à
l’article 90, paragraphe 2, un nombre suffisant de ses Membres ne sera pas disponible pour
constituer le quorum, la Chambre de procédure sommaire est convoquée afin de remplir les
fonctions du Tribunal pour la prescription de mesures conservatoires.

2. Le Tribunal réexamine ou révise les mesures conservatoires prescrites par la Chambre


de procédure sommaire à la demande d’une partie, faite par écrit dans un délai de 15 jours
après la prescription de ces mesures. Le Tribunal peut également à tout moment décider
d’office de réexaminer ou de réviser ces mesures.
34

Article 92

Le rejet d’une demande en prescription de mesures conservatoires n’empêche pas la


partie qui l’avait introduite de présenter en la même affaire une nouvelle demande fondée sur
des faits nouveaux.

Article 93

Une partie peut faire une requête tendant à ce qu’une décision concernant des mesures
conservatoires soit rapportée ou modifiée. La requête doit être présentée par écrit et doit
indiquer que les circonstances les justifiant ont changé ou ont cessé d’exister. Avant de
prendre une décision concernant cette requête, le Tribunal donne aux parties la possibilité de
présenter des observations à ce sujet.

Article 94

Toute mesure conservatoire prescrite par le Tribunal ou toute décision du Tribunal la


modifiant ou la rapportant est immédiatement notifiée aux parties et, selon le cas d’espèce et
si le Tribunal le juge approprié, à d’autres Etats Parties.

Article 95

1. Chaque partie informe le Tribunal au plus tôt des dispositions qu’elle a prises pour
mettre en oeuvre les mesures conservatoires prescrites par le Tribunal. En particulier, chaque
partie présente un rapport initial sur les dispositions qu’elle a prises ou qu’elle se propose de
prendre pour se conformer sans retard aux mesures prescrites.

2. Le Tribunal peut demander aux parties un complément d’information concernant


toutes questions relatives à la mise en oeuvre des mesures conservatoires prescrites par lui.

Sous-section 2. Procédures préliminaires

Article 96

1. Lorsqu’une requête est présentée au sujet d’un différend visé à l’article 297 de la
Convention, le Tribunal décide à la demande du défendeur, ou peut décider d’office,
conformément à l’article 294 de la Convention, si la prétention du requérant constitue un abus
des voies de droit ou s’il est établi prima facie qu’elle est fondée.

2. En transmettant une requête au défendeur conformément à l’article 54, paragraphe 4,


le Greffier informe le défendeur du délai, fixé par le Président du Tribunal, dans lequel il peut
demander une décision conformément à l’article 294 de la Convention.
35

3. Le Tribunal peut également décider, dans un délai de deux mois suivant la date de
présentation d’une requête, d’examiner d’office la question de l’applicabilité de l’article 294,
paragraphe 1, de la Convention.

4. La demande, par le défendeur, d’une décision conformément à l’article 294 de la


Convention est présentée par écrit et indique les motifs permettant au Tribunal d’établir que:

a) la requête concerne un différend visé à l’article 297 de la Convention;

b) la prétention du requérant constitue un abus des voies de droit ou est prima facie
denuée de fondement.

5. Dès réception d’une telle demande ou d’office, le Tribunal ou, s’il ne siège pas, le
Président fixe un délai ne dépassant pas 60 jours dans lequel les parties peuvent présenter
leurs observations et conclusions écrites. La procédure sur le fond est suspendue.

6. Sauf décision contraire du Tribunal, la suite de la procédure est orale.

7. Les observations et conclusions écrites mentionnées au paragraphe 5 et les exposés et


moyens de preuve présentés pendant les audiences envisagées au paragraphe 6 sont limités
aux points ayant trait à la question de savoir si l’objet de la requête constitue un abus des
voies de droit ou si elle est prima facie dénuée de fondement, et si la requête concerne un
différend visé à l’article 297 de la Convention. Toutefois le Tribunal peut inviter les parties à
débattre tous points de fait et de droit et à produire tous moyens de preuve qui ont trait à la
question.

8. Le Tribunal statue par voie d’arrêt.

Sous-section 3. Exceptions préliminaires

Article 97

1. Toute exception à la compétence du Tribunal ou à la recevabilité de la requête ou


toute autre exception sur laquelle une décision est demandée avant que la procédure sur le
fond se poursuive doit être présentée par écrit 90 jours au plus tard après l’introduction de
l’instance.

2. L'acte introductif de l'exception contient l'exposé de fait et de droit sur lequel


l'exception est fondée ainsi que les conclusions.

3. Dès réception par le Greffe de l'acte introductif de l'exception, la procédure sur le fond
est suspendue et le Tribunal ou, s'il ne siège pas, le Président fixe un délai ne dépassant pas
60 jours, dans lequel la partie adverse peut présenter ses observations et conclusions écrites.
Le Tribunal fixe un nouveau délai ne dépassant pas 60 jours à compter de la date de réception
de ces observations et conclusions, dans lequel la partie qui soulève l’exception peut
36

présenter ses observations et conclusions écrites en réponse. Les documents à l'appui sont
annexés à ces exposés sous forme de copies et les moyens éventuels de preuve sont indiqués.

4. Sauf décision contraire du Tribunal, la suite de la procédure est orale.

5. Les observations et conclusions écrites mentionnés au paragraphe 3 et les exposés et


moyens de preuve présentés pendant les audiences envisagées au paragraphe 4 sont limités
aux points ayant trait à l'exception. Toutefois, le Tribunal peut, le cas échéant, inviter les
parties à débattre tous points de fait et de droit et à produire tous moyens de preuve qui ont
trait à la question.

6. Le Tribunal statue dans un arrêt par lequel soit il retient l'exception, soit la rejette, soit
déclare que cette exception n'a pas dans les circonstances de l'espèce un caractère
exclusivement préliminaire. Si le Tribunal rejette l'exception ou déclare qu'elle n'a pas un
caractère exclusivement préliminaire, il fixe les délais pour la suite de la procédure.

7. Le Tribunal donne effet à tout accord intervenu entre les parties et tendant à ce qu'une
exception soulevée en vertu du paragraphe 1 soit tranchée lors de l'examen au fond.

Sous-section 4. Demandes reconventionnelles

Article 98

1. Une partie peut présenter une demande reconventionnelle pourvu qu'elle soit en
connexité directe avec l'objet de la demande de la partie adverse et qu'elle relève de la
compétence du Tribunal.

2. La demande reconventionnelle est présentée dans le contre-mémoire de la partie dont


elle émane et figure parmi ses conclusions.

3. Si le rapport de connexité entre la demande présentée comme demande


reconventionnelle et l'objet de la demande de la partie adverse n'est pas apparent, le Tribunal,
après avoir entendu les parties, décide s'il y a lieu ou non de joindre cette demande à l'instance
initiale.

Sous-section 5. Intervention

Article 99

1. Une requête à fin d’intervention fondée sur l’article 31 du Statut est déposée trente
jours au plus tard après la date à laquelle le contre-mémoire est mis à disposition
conformément à l’article 67, paragraphe 1, du présent Règlement. Toutefois, dans des
37

circonstances exceptionnelles, le Tribunal peut connaître d’une requête présentée


ultérieurement.

2. La requête doit être signée comme il est prévu à l’article 54, paragraphe 3, et indiquer
le nom et l’adresse de l’agent. Elle précise l’affaire qu’elle concerne et spécifie:

a) l’intérêt d’ordre juridique qui, selon l’Etat Partie demandant à intervenir, est pour
lui en cause;

b) l’objet précis de l’intervention.

3. Une requête à fin d’intervention fondée sur l’article 31 du Statut peut être admise
indépendamment du choix fait par le requérant en vertu de l’article 287 de la Convention.

4. La requête contient un bordereau des documents à l’appui, qui sont annexés sous
forme de copies.

Article 100

1. Un Etat Partie ou une entité autre qu’un Etat Partie visée à l’article 32, paragraphes 1
et 2, du Statut, qui désire se prévaloir du droit d’intervention que lui confère l’article 32,
paragraphe 3, du Statut dépose à cet effet une déclaration. Ladite déclaration est déposée
trente jours au plus tard après la date à laquelle le contre-mémoire est mis à disposition
conformément à l’article 67, paragraphe 1, du présent Règlement. Toutefois, dans des
circonstances exceptionnelles, le Tribunal peut connaître d’une déclaration présentée
ultérieurement.

2. La déclaration doit être signée comme il est indiqué à l’article 54, paragraphe 3, et
indiquer le nom et l’adresse de l’agent. Elle précise l’affaire qu’elle concerne et:

a) indique les dispositions de la Convention ou de l’accord international dont la


partie déclarante estime que l’interprétation ou l’application est en cause;

b) contient un exposé de l’interprétation qu’elle donne de ces dispositions ou de


l’application qu’elle en fait;

c) inclut un bordereau des documents à l’appui, qui sont annexés sous forme de
copies.

Article 101

1. Copie certifiée conforme de la requête à fin d'intervention fondée sur l'article 31 du


Statut ou de la déclaration d'intervention fondée sur l'article 32 du Statut est immédiatement
transmise aux parties, qui sont priées de présenter des observations écrites dans un délai fixé
par le Tribunal ou, s'il ne siège pas, par le Président.
38

2. Le Greffier transmet également copie de la requête ou de la déclaration : a) aux Etats


Parties; b) à toute autre partie à laquelle doit être adressée la notification prévue à l'article 32,
paragraphe 2, du Statut; c) au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies; d) au
Secrétaire général de l'Autorité lorsque l'affaire est devant la Chambre pour le règlement des
différends relatifs aux fonds marins.

Article 102

1. La décision du Tribunal sur l'admission d'une requête à fin d'intervention fondée sur
l'article 31 du Statut ou la recevabilité d'une intervention fondée sur l'article 32 du Statut est
prise par priorité à moins que, vu les circonstances de l'espèce, le Tribunal n'en décide
autrement.

2. Si, dans le délai fixé conformément à l'article 101, il est fait objection à une requête à
fin d'intervention ou à la recevabilité d'une déclaration d'intervention, le Tribunal entend,
avant de statuer, l'Etat Partie, ou l’entité autre qu'un Etat Partie, désireux d'intervenir ainsi que
les parties.

Article 103

1. Si une requête à fin d'intervention fondée sur l'article 31 du Statut est admise, l'Etat
Partie intervenant reçoit une copie des pièces de procédure et des documents annexés et a le
droit de présenter une déclaration écrite dans un délai fixé par le Tribunal. Il est fixé un autre
délai dans lequel les parties peuvent, si elles le désirent, présenter des observations écrites sur
cette déclaration avant la procédure orale. Si le Tribunal ne siège pas, les délais sont fixés par
le Président.

2. Les délais fixés conformément au paragraphe 1 coïncident autant que possible avec
ceux qui sont déjà fixés pour le dépôt des pièces de procédure en l'affaire.

3. L'Etat Partie intervenant a le droit de présenter au cours de la procédure orale des


observations sur l'objet de l'intervention.

4. L’Etat Partie intervenant n’est pas autorisé à désigner un juge ad hoc ou à s’opposer à
un accord aux fins du désistement de l’instance conformément à l’article 105, paragraphe 1.

Article 104

1. Si une intervention fondée sur l'article 32 du Statut est déclarée recevable,


l’intervenant reçoit une copie des pièces de procédure et des documents annexés et a le droit
de présenter, dans un délai fixé par le Tribunal ou, s'il ne siège pas, par le Président, des
observations écrites sur l'objet de l'intervention.

2. Ces observations sont communiquées aux parties et à tout autre Etat Partie, ou entité
autre qu'un Etat Partie, autorisé à intervenir. L’intervenant a le droit de présenter au cours de
la procédure orale des observations sur l'objet de l'intervention.
39

3. L’intervenant n’est pas autorisé à désigner un juge ad hoc ou à s’opposer à un accord


aux fins du désistement de l’instance conformément à l’article 105, paragraphe 1.

Sous-section 6. Désistement

Article 105

1. Si, à un moment quelconque avant l’arrêt définitif sur le fond, les parties,
conjointement ou séparément, notifient au Tribunal par écrit qu'elles sont convenues de se
désister de l'instance, le Tribunal rend une ordonnance prenant acte du désistement et
chargeant le Greffier de rayer l'affaire du rôle des affaires.

2. Si les parties sont convenues de se désister de l'instance parce qu'elles sont parvenues
à un arrangement amiable et si celles-ci le souhaitent, le Tribunal soit fait mention de ce fait
dans l'ordonnance prescrivant la radiation de l'affaire du rôle, soit indique les termes de
l'arrangement dans l'ordonnance ou dans une annexe à celle-ci.

3. Si le Tribunal ne siège pas, toute ordonnance rendue conformément au présent article


peut être prise par le Président.

Article 106

1. Si, au cours d'une instance introduite par requête, le demandeur fait connaître par écrit
au Tribunal qu'il renonce à poursuivre la procédure, et si, à la date de la réception par le
Greffe de ce désistement, le défendeur n'a pas encore fait acte de procédure, le Tribunal rend
une ordonnance prenant acte du désistement et chargeant le Greffier de rayer l’affaire du rôle
des affaires. Copie de ladite ordonnance est adressée par le Greffier au défendeur.

2. Si, à la date de la réception du désistement, le défendeur a déjà fait acte de procédure,


le Tribunal fixe un délai dans lequel le défendeur peut déclarer s'il s'oppose au désistement.
Si, dans le délai fixé, il n'est pas fait objection au désistement, celui-ci est réputé acquis et le
Tribunal rend une ordonnance en prenant acte et chargeant le Greffier de rayer l'affaire du rôle
des affaires. S'il est fait objection, l'instance se poursuit.

3. Si le Tribunal ne siège pas, les pouvoirs que lui confère le présent article peuvent être
exercés par le Président.
40

Section D. Procédure devant les chambres spéciales

Article 107

La procédure devant les chambres spéciales prévues à l'article 15 du Statut est, sous
réserve des dispositions de la Convention, du Statut et du présent Règlement les visant
expressément, réglée conformément aux dispositions du présent Règlement applicables en
matière contentieuse devant le Tribunal.

Article 108

1. Une demande tendant à ce qu'une affaire soit portée devant une chambre déjà
constituée conformément à l'article 15, paragraphe 1 ou 3, du Statut est formulée dans l'acte
introductif d'instance ou l'accompagne. Il est fait droit à cette demande s'il y a accord entre les
parties.

2. Dès réception de cette demande par le Greffe, le Président du Tribunal en donne


communication aux membres de la chambre intéressée.

3. Il est fait droit à une demande tendant à ce qu'une affaire soit portée devant une
chambre constituée conformément à l'article 15, paragraphe 2, du Statut, dès que la chambre
aura été constituée conformément à l'article 30 du présent Règlement.

4. La chambre est convoquée par le Président du Tribunal pour la date la plus rapprochée
suivant les exigences de la procédure.

Article 109

1. Dans une affaire portée devant une chambre, la procédure écrite consiste en la
présentation par chaque partie d'une seule pièce. Les délais concernant le dépôt des pièces de
la procédure écrite sont fixés par la chambre ou, si elle ne siège pas, par son Président.

2. La chambre peut autoriser ou prescrire la présentation d'autres pièces de procédure si


les parties sont d'accord à cet égard ou si elle décide, d'office ou à la demande d'une partie,
que ces pièces sont nécessaires.

3. Une procédure orale a lieu, à moins que les parties n'y renoncent d'un commun accord
avec le consentement de la chambre. Même en l'absence de procédure orale, la chambre a la
faculté de demander aux parties de lui fournir verbalement des renseignements ou des
explications.
41

Section E. Prompte mainlevée de l’immobilisation du navire


ou prompte libération de son équipage

Article 110

1. Une demande de mainlevée de l’immobilisation du navire ou de libération de son


équipage au titre de l’article 292 de la Convention peut être faite par l’Etat du pavillon ou en
son nom.

2. Un Etat Partie peut à tout moment notifier au Tribunal:

a) les autorités nationales compétentes pour autoriser des personnes à présenter une
demande en son nom au titre de l’article 292 de la Convention;

b) le nom et l’adresse de toute personne autorisée à présenter une demande en son


nom;

c) le bureau désigné pour recevoir la notification d’une demande de mainlevée de


l’immobilisation d’un navire ou de libération de son équipage et les moyens les plus rapides
pour faire parvenir des documents à ce bureau;
d) toute clarification, modification ou retrait d’une telle notification.

3. Une demande faite au nom de l’Etat du pavillon doit être accompagnée de


l’autorisation visée au paragraphe 2, si cette autorisation n’a pas été précédemment
communiquée au Tribunal, ainsi que des documents attestant que la personne qui présente la
demande est la personne désignée dans l’autorisation. Elle doit également comporter une
attestation certifiant que copie de la demande et de tous documents à l’appui a été fournie à
l’Etat du pavillon.

Article 111

1. La demande doit contenir un exposé succinct des faits et des moyens de droit sur
lesquels la demande repose.

2. L’exposé des faits doit:

a) préciser, s’ils sont connus, le moment et le lieu de l’immobilisation du navire et


l’endroit où se trouvent le navire et son équipage;

b) contenir des renseignements pertinents concernant le navire et l’équipage,


notamment, le cas échéant, le nom du navire, son pavillon, le port ou le lieu où il est
immatriculé et son tonnage, sa capacité de port, ainsi que les données pertinentes pour la
détermination de sa valeur; le nom et l’adresse du propriétaire du navire et/ou de l’exploitant
et des renseignements concernant son équipage;
42

c) préciser le montant, la nature et les conditions de la caution ou autre garantie


financière que l’Etat qui a immobilisé le navire a pu exiger ainsi que la mesure dans laquelle
ces exigences ont été respectées;

d) contenir tout autre renseignement que le demandeur considère comme pertinent


pour la détermination du montant d’une caution ou autre garantie financière raisonnable ou
pour toute autre question qui se pose en l’espèce.

3. Des documents à l'appui seront annexés à la demande.

4. Une copie certifiée conforme de la demande est immédiatement transmise par le


Greffier à l'Etat qui a procédé à l'immobilisation ou à l'arrestation, lequel peut, en réponse,
présenter un exposé avec documents à l'appui annexés, le plus tôt possible, mais au plus tard
96 heures avant l'audience visée à l’article 112, paragraphe 3.

5. Le Tribunal peut, à tout moment, demander que d'autres renseignements lui soient
fournis dans un exposé complémentaire.

6. La suite de la procédure concernant la demande est orale.

Article 112

1. Le Tribunal donne priorité aux demandes de mainlevée de l'immobilisation de navires


ou de libération de leur équipage sur toutes autres procédures devant le Tribunal. Toutefois,
lorsqu'il est saisi d'une demande de mainlevée de l'immobilisation d’un navire ou de
libération de son équipage et d'une demande en prescription de mesures conservatoires, le
Tribunal prend les dispositions voulues pour se prononcer promptement sur l'une et l'autre
demande.

2. Si le demandeur a formulé cette requête dans sa demande, celle-ci est soumise à la


Chambre de procédure sommaire à la condition que dans un délai de cinq jours à compter de
la signification de la demande, l’Etat qui a procédé à l’immobilisation notifie au Tribunal
qu’il consent à ladite requête.

3. Le Tribunal ou le Président, si le Tribunal ne siège pas, fixe le plus tôt possible dans
un délai de 15 jours à compter du premier jour ouvrable qui suit la date de la réception de la
demande, la date d'une audience à laquelle chaque partie a le droit, à moins que le Tribunal en
décide autrement, à un jour pour présenter ses preuves et arguments.

4. Le Tribunal statue par voie d’arrêt. L’arrêt est adopté le plus rapidement possible et
est lu en audience publique du Tribunal qui a lieu au plus tard 14 jours après la clôture des
débats. Notification est faite aux parties de la date de ladite audience.

5. Le Tribunal peut décider, à titre exceptionnel, lorsque des raisons de santé publique,
des motifs de sécurité ou d’autres motifs impérieux l’exigent, que l’arrêt sera lu lors d’une
audience accessible aux parties et au public par liaison vidéo.
43

Article 113

1. Dans son arrêt, le Tribunal détermine dans chaque affaire conformément à


l’article 292 de la Convention si l’allégation du demandeur selon laquelle l’Etat qui a
immobilisé le navire n’a pas respecté une des dispositions de la Convention concernant la
mainlevée de l’immobilisation du navire ou la libération de son équipage dès le dépôt d’une
caution raisonnable ou d’une autre garantie financière, est ou non bien fondée.

2. Si le Tribunal décide que l’allégation est bien fondée, il détermine le montant, la


nature et la forme de la caution ou autre garantie financière à déposer pour obtenir la
mainlevée de l’immobilisation du navire ou la libération de son équipage.

3. A moins que les parties n'en décident autrement, le Tribunal détermine si la caution ou
autre garantie financière doit être déposée auprès du Greffier ou auprès de l'Etat qui a procédé
à l’immobilisation du navire.

Article 114

1. Si la caution ou autre garantie financière a été déposée auprès du Greffier, l’Etat qui a
procédé à l’immobilisation du navire en est informé promptement.

2. Le Greffier endosse ou transmet la caution ou autre garantie financière à l’Etat qui a


immobilisé le navire, pour autant qu’elle est requise pour qu’il soit donné suite à l’arrêt,
sentence ou décision définitive de l’autorité compétente de l’Etat qui a procédé à
l’immobilisation.

3. La caution ou autre garantie financière, pour autant qu’elle n’est pas requise pour qu’il
soit donné suite à tout arrêt, sentence ou décision définitive, est endossée ou transmise à la
partie à la demande de laquelle il est émis une caution ou autre garantie financière.

Section F. Procédure en matière contentieuse devant la Chambre


pour le règlement des différends relatifs aux fonds marins

Article 115

En matière contentieuse, la procédure devant la Chambre pour le règlement des


différends relatifs aux fonds marins ou ses chambres ad hoc est, sous réserve des dispositions
de la Convention, du Statut et du présent Règlement visant expressément la Chambre pour le
règlement des différends relatifs aux fonds marins ou ses chambres ad hoc, réglée
conformément aux dispositions du présent Règlement applicables en matière contentieuse
devant le Tribunal.
44

Article 116

Les articles 117 à 121 sont applicables aux procédures relatives à tout différend
devant la Chambre, à l’exception des différends exclusivement entre Etats Parties et entre les
Etats Parties et l’Autorité.

Article 117

Lorsqu’une instance est introduite devant la Chambre par une requête, celle-ci indique:

a) le nom du requérant et, lorsqu’il s’agit d’une personne physique ou morale, son
domicile ou adresse ou l’adresse de son siège commercial;

b) le nom du défendeur et, lorsqu’il s’agit d’une personne physique ou morale, son
domicile ou adresse ou l’adresse de son siège commercial;

c) dans toute affaire où le requérant est une personne physique ou morale ou une
entreprise d'Etat, l'Etat qui patronne le requérant;

d) dans toute affaire où la partie contre laquelle la requête est formée est une
personne physique ou morale ou une entreprise d'Etat, l'Etat qui patronne le défendeur;

e) une adresse au siège du Tribunal pour toute notification;

f) l'objet du différend et les moyens de droit invoqués pour fonder la compétence; la


nature précise de la demande, ainsi qu'un exposé des faits et des moyens de droit sur lesquels
elle repose;

g) les conclusions du requérant;

h) les moyens de preuve.

Article 118

1. La requête est notifiée au défendeur. Elle est également notifiée à l'Etat qui patronne
dans toute affaire où le requérant ou le défendeur est une personne physique ou morale ou une
entreprise d'Etat.

2. Dans les deux mois qui suivent la notification de la requête, le défendeur présente un
mémoire en défense. Ce mémoire contient:

a) le nom du défendeur et, lorsqu’il s’agit d’une personne physique ou morale, son
domicile ou adresse ou l’adresse de son siège commercial;

b) une adresse au siège du Tribunal pour toute notification;


45

c) les questions en litige entre les parties et les faits et moyens de droit de la
défense;

d) les conclusions du défendeur;

e) les moyens de preuve.

3. A la demande du défendeur, le Président de la Chambre peut proroger le délai visé au


paragraphe 2 si la demande est suffisamment justifiée.

Article 119

1. Tout Etat contre lequel une requête est formée par une personne physique ou morale
patronnée par un autre Etat Partie pour un différend visé à l'article 187, lettre c), de la
Convention peut, dans les deux mois qui suivent la notification de la requête conformément à
l’article 118, paragraphe 1, former, conformément à l'article 190, paragraphe 2, de la
Convention, une requête tendant à ce que l'Etat qui patronne le requérant comparaisse au nom
de celui-ci.

2. Toute requête formée en vertu du paragraphe 1 est notifiée au demandeur et à l'Etat


ayant accordé son patronage. Si, dans le délai fixé par le Président de la Chambre, l’Etat qui
patronne n’indique pas qu’il comparaîtra au nom du demandeur, l'Etat défendeur peut charger
une personne morale possédant sa nationalité de le représenter.

3. Dans les deux mois qui suivent la notification de la requête à l’Etat qui patronne une
partie, conformément au paragraphe 1 de l’article 118, cet Etat peut manifester par écrit son
intention de présenter des observations écrites ou orales conformément à l'article 190,
paragraphe 1, de la Convention.

4. Dès réception de cette notification, le Président de la Chambre fixe le délai dans


lequel l’Etat qui patronne peut présenter ses observations écrites. L’Etat qui patronne est
informé dudit délai. Il est également informé de la date de l’audience. Les observations écrites
sont transmises aux parties et à tout autre Etat qui patronne une partie.

5. A la demande du défendeur ou de l’Etat qui patronne, le Président de la Chambre peut


proroger tout délai visé au présent article si la demande est suffisamment justifiée.

Article 120

1. Lorsque l’instance est introduite devant la Chambre par la notification d’un


compromis, la notification indique:

a) les parties à l’affaire et tout Etat Partie qui patronne les parties;

b) l’objet du différend et la nature précise des demandes des parties ainsi qu’un
exposé des faits et des moyens de droit sur lesquels elles reposent;
46

c) les conclusions des parties;

d) les moyens de preuve.

2. La notification fournit également des informations concernant la participation à la


procédure et la comparution des Etats Parties qui patronnent, conformément à l’article 190 de
la Convention.

Article 121

1. La Chambre peut autoriser ou prescrire la présentation d’autres pièces de procédure si


les parties sont d’accord à cet égard ou si elle décide, d’office ou à la demande d’une partie,
que ces pièces sont nécessaires.

2. Le Président de la Chambre fixe les délais dans lesquels ces pièces de procédure
doivent être présentées.

Article 122

Une instance introduite en vertu de l’article 185, paragraphe 2, de la Convention fait


l’objet d’une requête présentée par le Conseil au nom de l’Autorité, conformément à
l’article 162, paragraphe 2, lettre u), de la Convention. La requête est accompagnée d’une
copie certifiée conforme de la décision ou de la résolution du Conseil sur laquelle elle se
fonde ainsi que d’un compte rendu intégral de toutes les discussions qui ont eu lieu sur cette
question au sein de l’Autorité.

Article 123

1. Lorsque, en vertu de l’article 188, paragraphe 2, de la Convention, un tribunal arbitral


commercial renvoie à la Chambre une question d’interprétation de la partie XI de la
Convention et des annexes y relatives, à laquelle sa décision est subordonnée, le document
présentant la question à la Chambre contient un exposé précis de la question d’interprétation
et est accompagné de tous les éléments d’information et documents pertinents.

2. Dès réception du document, le Président de la Chambre fixe un délai n’excédant pas


trois mois dans lequel les parties à la procédure devant le tribunal arbitral et les Etats Parties
peuvent présenter des observations écrites sur la question posée. Les parties à la procédure et
les Etats Parties sont informés dudit délai. Les Etats Parties sont informés du contenu de la
soumission.

3. Le Président de la Chambre fixe une date pour l’audience si, dans un délai d’un mois
après l’expiration du délai pour présenter des observations écrites, une partie à la procédure
devant le tribunal arbitral ou un Etat Partie manifeste par écrit son intention de présenter des
observations orales.

4. La Chambre statue par voie d’arrêt.


47

Section G. Arrêts, interprétation et révision

Sous-section 1. Arrêts

Article 124

1. Lorsque le Tribunal a achevé son délibéré et adopté son arrêt, notification est faite aux
parties de la date à laquelle il en sera donné lecture.

2. L’arrêt est lu en audience publique du Tribunal; il est considéré comme ayant force
obligatoire pour les parties du jour de son prononcé.

3. Le Tribunal peut décider, à titre exceptionnel, lorsque des raisons de santé publique,
des motifs de sécurité ou d’autres motifs impérieux l’exigent, que l’arrêt sera lu lors d’une
audience accessible aux parties et au public par liaison vidéo.

Article 125

1. L’arrêt, dont le texte indique s'il est rendu par le Tribunal ou par une chambre,
comprend:

a) l'indication de la date à laquelle il en est donné lecture;

b) les noms des juges qui y ont pris part;

c) l'indication des parties;

d) les noms des agents, conseils et avocats des parties;

e) les noms des experts désignés conformément à l’article 289 de la Convention;

f) l'exposé sommaire de la procédure;

g) les conclusions des parties;

h) les circonstances de fait;

i) les motifs de droit sur lesquels il est fondé;

j) le dispositif;

k) la décision relative aux frais, s'il y a lieu;


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l) l'indication du nombre et des noms des juges ayant constitué la majorité et de


ceux ayant constitué la minorité sur chaque point du dispositif;

m) l'indication du texte faisant foi.

2. Tout juge peut joindre à l’arrêt l'exposé de son opinion individuelle ou dissidente; un
juge peut faire constater son accord ou son dissentiment sans en donner les motifs sous la
forme d'une déclaration. La même règle s'applique aux ordonnances.

3. Un exemplaire de l’arrêt, signé par le Président et le Greffier et revêtu du sceau du


Tribunal, est déposé aux archives du Tribunal, et un autre est remis à chaque partie. Des
copies sont adressées par le Greffier : a) aux Etats Parties; b) au Secrétaire général de
l'Organisation des Nations Unies; c) au Secrétaire général de l'Autorité; d) dans une affaire
soumise aux termes d'un accord autre que la Convention, aux parties à l'accord.

Sous-section 2. Demandes en interprétation ou en révision

Article 126

1. En cas de contestation sur le sens ou la portée d'un arrêt, toute partie peut présenter
une demande en interprétation.

2. Une demande en interprétation d'un arrêt peut être introduite soit par une requête, soit
par la notification d'un compromis conclu à cet effet entre les parties; elle indique avec
précision le point ou les points contestés quant au sens ou à la portée de l’arrêt.

3. Si la demande en interprétation est introduite par une requête, les thèses de la partie
qui la présente y sont énoncées et la partie adverse a le droit de présenter des observations
écrites dans un délai fixé par le Tribunal ou, s'il ne siège pas, par le Président.

4. Que la demande en interprétation ait été introduite par une requête ou par la
notification d'un compromis, le Tribunal peut, s'il y a lieu, donner aux parties la possibilité de
lui fournir par écrit ou oralement un supplément d'information.

Article 127

1. La révision d'un arrêt ne peut être demandée qu'en raison de la découverte d'un fait de
nature à exercer une influence décisive et qui, avant le prononcé de l’arrêt, était inconnu du
Tribunal et de la partie qui demande la révision, sans qu'il y ait, de sa part, faute à l'ignorer.
La demande doit être formée six mois au plus après la découverte du fait nouveau et avant
l'expiration d'un délai de dix ans à dater de l’arrêt.

2. La procédure de révision s'ouvre par une décision du Tribunal constatant


expressément, dans un arrêt, l'existence du fait nouveau, lui reconnaissant les caractères qui
donnent ouverture à la révision, et déclarant de ce chef la demande recevable.
49

Article 128

1. Une demande en révision d'un arrêt est introduite par requête contenant les éléments
nécessaires pour établir que les conditions prescrites au paragraphe 1 de l' article 127 sont
remplies. Tout document présenté à l'appui de la requête doit y être joint.

2. La partie adverse a le droit de présenter des observations écrites sur la recevabilité de


la requête dans un délai fixé par le Tribunal ou, s'il ne siège pas, par le Président. Ces
observations sont communiquées à la partie dont émane la requête.

3. Avant de rendre son arrêt sur la recevabilité de la demande, le Tribunal peut à


nouveau donner aux parties la possibilité de présenter leurs vues à ce sujet.

4. Si le Tribunal décide de subordonner l’ouverture de la procédure de révision à une


exécution préalable de l’arrêt, il rend une ordonnance à cet effet.

5. Si la requête est déclarée recevable, le Tribunal fixe, après s'être renseigné auprès des
parties, les délais pour toute procédure ultérieure qu'il estime nécessaire sur le fond de la
demande.

Article 129

1. Si l’arrêt à réviser ou à interpréter a été rendu par le Tribunal, celui-ci connaît de la


demande en interprétation ou en révision.

2. Si l’arrêt a été rendu par une chambre, celle-ci, si cela est possible, connaît de la
demande en interprétation ou en révision. Si cela n’est pas possible, une chambre, composée
conformément aux dispositions pertinentes du Statut et du présent Règlement, connaît de la
demande en interprétation ou en révision. Lorsque, conformément aux dispositions du Statut
et du présent Règlement, la composition de la chambre exige l'assentiment des parties et que
celui-ci ne peut être obtenu dans les délais fixés par le Tribunal, le Tribunal connaît de la
demande.

3. La décision sur la demande en interprétation ou en révision d'un arrêt prend la forme


d'un arrêt.

Section H. Procédure consultative

Article 130

1. Dans l’exercice de ses attributions consultatives, la Chambre pour le règlement des


différends relatifs aux fonds marins applique les dispositions de la présente section et
50

s’inspire, dans la mesure où elle les reconnaît applicables, des dispositions du Statut et du
présent Règlement qui s’appliquent en matière contentieuse.

2. La Chambre recherche si la demande d’avis consultatif a trait à une question juridique


pendante entre deux ou plusieurs parties. Si la Chambre en décide ainsi, l’article 17 du Statut
s’applique ainsi que les dispositions du présent Règlement qui pourvoient à l’application de
cet article.

Article 131

1. Une demande d’avis consultatif sur les questions juridiques qui se posent dans le cadre
de l’activité de l’Assemblée ou du Conseil de l’Autorité contient l’énoncé précis de la
question. Il y est joint tous documents pouvant servir à élucider la question.

2. Ces documents sont transmis à la Chambre en même temps que la demande ou le plus
tôt possible après celle-ci, dans le nombre d’exemplaires requis par le Greffe.

Article 132

Si la demande d’avis consultatif indique que la question requiert une réponse urgente,
la Chambre prend toutes mesures utiles pour accélerer la procédure.

Article 133

1. Le Greffier notifie immédiatement la demande d’avis consultatif à tous les Etats


Parties.

2. La Chambre ou, si elle ne siège pas, son Président, identifie les organisations
intergouvernementales susceptibles de fournir des informations sur la question. Le Greffier
notifie cette demande à ces organisations.

3. Les Etats Parties et les organisations visées au paragraphe 2 sont invitées à présenter
des exposés écrits sur la question dans les délais fixés par la Chambre ou, si elle ne siège pas,
par son Président. Ces exposés sont communiqués aux Etats Parties et aux organisations ayant
présenté des exposés écrits. La Chambre ou, si elle ne siège pas, son Président peut fixer de
nouveaux délais dans lesquels ces Etats Parties et organisations peuvent présenter des exposés
écrits sur les exposés présentés.

4. La Chambre ou, si elle ne siège pas, son Président, décide si une procédure orale aura
lieu et en fixe, le cas échéant, la date d’ouverture. Les Etats Parties et les organisations visées
au paragraphe 2 sont invitées à présenter des exposés oraux au cours de ladite procédure.
51

Article 134

Les exposés écrits et les documents annexés sont rendus accessibles au public le plus
rapidement possible après avoir été présentés à la Chambre.

Article 135

1. Lorsque la Chambre a achevé son délibéré et adopté son avis consultatif, celui-ci est
lu en audience publique de la Chambre.

1 bis. La Chambre peut décider, à titre exceptionnel, lorsque des raisons de santé publique,
des motifs de sécurité ou d’autres motifs impérieux l’exigent, que l’avis consultatif sera lu
lors d’une audience accessible aux parties et au public par liaison vidéo.

2. L'avis consultatif comprend:

a) l'indication de la date à laquelle il est prononcé;

b) les noms des juges qui y ont pris part;

c) la question ou les questions sur lesquelles l'avis consultatif de la Chambre a été


demandé;

d) l'exposé sommaire de la procédure;

e) les circonstances de fait;

f) les motifs de droit sur lesquels il est fondé;

g) la réponse à la question ou aux questions posées à la Chambre;

h) l'indication du nombre et des noms des juges ayant constitué la majorité et de


ceux ayant constitué la minorité sur chaque question posée à la Chambre;

i) l'indication du texte faisant foi.

3. Tout juge peut joindre à l'avis consultatif de la Chambre l'exposé de son opinion
individuelle ou dissidente; un juge peut faire constater son accord ou son dissentiment sans en
donner les motifs sous la forme d'une déclaration.

Article 136

Le Greffier avertit le Secrétaire général de l’Autorité des date et heure fixées pour
l'audience publique à laquelle il sera donné lecture de l’avis consultatif. Le Greffier avertit
également les Etats Parties et les organisations intergouvernementales directement
intéressées.
52

Article 137

Un exemplaire de l'avis consultatif, signé par le Président et le Greffier et revêtu du


sceau du Tribunal, est déposé aux archives du Tribunal, un autre est remis au Secrétaire
général de l'Autorité et au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. Des copies
sont adressées aux Etats Parties ainsi qu'aux organisations intergouvernementales directement
intéressées.

Article 138

1. Le Tribunal peut donner un avis consultatif sur une question juridique dans la mesure
où un accord international se rapportant aux buts de la Convention prévoit expressément
qu’une demande d’un tel avis est soumise au Tribunal.

2. La demande d’avis consultatif est transmise au Tribunal par tout organe qui aura été
autorisé à cet effet par cet accord ou en vertu de celui-ci.

3. Le Tribunal applique mutatis mutandis les articles 130 à 137.

(Signé)
Le Président,
THOMAS A. MENSAH

(Signé)
Le Greffier,
GRITAKUMAR E. CHITTY

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