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Recherche D'indicateurs Des Effluents D'élevage Des Crevettes Dans Le Lagon de La Nouvelle Calédonie

Ce document présente une recherche sur les indicateurs des effluents d'élevage de crevettes dans le lagon de Nouvelle-Calédonie, soulignant les impacts environnementaux de la crevetticulture. Il aborde les caractéristiques des effluents, les méthodes d'échantillonnage et les résultats des analyses, tout en discutant des effets sur l'environnement littoral. L'étude vise à établir des indicateurs écologiques pour évaluer la santé des écosystèmes affectés par cette activité aquacole.

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Recherche D'indicateurs Des Effluents D'élevage Des Crevettes Dans Le Lagon de La Nouvelle Calédonie

Ce document présente une recherche sur les indicateurs des effluents d'élevage de crevettes dans le lagon de Nouvelle-Calédonie, soulignant les impacts environnementaux de la crevetticulture. Il aborde les caractéristiques des effluents, les méthodes d'échantillonnage et les résultats des analyses, tout en discutant des effets sur l'environnement littoral. L'étude vise à établir des indicateurs écologiques pour évaluer la santé des écosystèmes affectés par cette activité aquacole.

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Master 2 Recherche : Exploitation Durable des Ecosystèmes Littoraux

Université de La Rochelle
Pôle sciences et technologies
Av. Michel Crépeau
1700 La Rochelle

Recherche d’indicateurs des effluents d’élevage des crevettes


dans le lagon de la Nouvelle Calédonie

Yasmin EL HELWE

Sous la direction de
Dr. HERBLAND Alain
et Mr. LEMONNIER Hugues

2006
Remerciements

Je tiens à remercier Mr. Gérarld Blanchard pour m’avoir accueilli au sein du


CRELA.
Mes remerciements vont aussi à Denis Fichet, Pierre Richard et tous les
enseignants du master EDEL qui m’ont offert la chance de venir effectuer ce master.
Merci à Alain Herbland, Hugues Lemonnier et Yoann Thomas pour leur
encadrement. Hugues merci beaucoup pour tes conseils, ton soutien et ta patience.
Je tiens à adresser mes plus sincères remerciements à Jean Louis Martin qui a
toujours été là pour m’aider, pour me faire découvrir le monde « de la matière
organique » et pour me communiquer sa passion de la vie et du travail.
Je remercie tous ceux qui ont participé à l’analyse des échantillons : Mme Anne-
Laure Marteau, Mme Lucette Joassard pour le CHN et Mr. Claude Courties pour les
résultats de la cytométrie en flux.
Françoise merci pour la splendide sortie en mer. C’était très agréable d’être avec
toi en mer après des centaines d’heures devant l’ordinateur.
Merci à Mr ; Philippe Jaques Hatt pour la lecture de mon rapport.
Merci Julie pour ton soutien et tes encouragements pendant toutes l’année ; tu étais
toujours ma meilleure amie de « la France » !
Je veux aussi remercier mes parents pour m’avoir toujours encouragé pour
dépasser toutes les difficultés liées à l’éloignement.
Merci Wadih.. Pour…tout.

2
SOMMAIRE

Etat de l’art

Introduction______________________________________________________________________ 6
1. La crevetticulture en Nouvelle-Calédonie____________________________________________ 7
2. Les effluents d’élevage de crevettes :________________________________________________ 8
2. 1. Caractéristiques générales _____________________________________________________________ 8
2.2. Caractéristiques des effluents d’élevage de crevettes en Nouvelle-Calédonie ______________________ 8
3. Qu’est-ce qu’un indicateur écologique ?____________________________________________ 10
4. Recherche des indicateurs des effluents d’élevage des crevettes dans l’environnement _____ 10

I. INTRODUCTION ______________________________ 13

II. MATERIELS ET METHODES ___________________ 15


1. Sites d’étude et pratiques culturales _______________________________________________ 15
1.1. Baie de Chambeyron et Pénéide de Ouano________________________________________________ 16
1.2. Baie de Téremba et La Sodacal ________________________________________________________ 17
2. Paramètres mesurés ____________________________________________________________ 17
3. Stratégie d’échantillonnage ______________________________________________________ 18
3.1. Choix des stations___________________________________________________________________ 18
3.2. La stratégie ________________________________________________________________________ 18
3.3. Les sondes ________________________________________________________________________ 19
4. Traitement et analyse au laboratoire ______________________________________________ 19
4.1. Fraction particulaire _________________________________________________________________ 19
4.2. Fraction dissoute____________________________________________________________________ 20
5. Analyse statistique ___________________________________________________________ 21

III. RESULTATS _________________________________ 22


1. Influence du climat sur la physico-chimie des eaux côtières _________________________ 22
2. Paramètres zootechniques _______________________________________________________ 23
2.1. La Sodacal ________________________________________________________________________ 23
2.2. La Pénéide de Ouano ________________________________________________________________ 24
2.3. Bilans azotés_______________________________________________________________________ 25
2. Paramètres hydrologiques _______________________________________________________ 25
2.1. Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des effluents_____________________________ 25
2.2. Evolution spatiale et temporelle des principaux paramètres hydrologiques et biologiques, indicateurs
potentiels de la matière organique issue des fermes d’élevage dans l’environnement littoral. ____________ 28
2.3. Evolution des paramètres étudiés dans l’environnement en fonction de l’intensité de la production____ 37

3
IV. DISCUSSION _________________________________ 40
1. Caractérisation des effluents _____________________________________________________ 40
2. Effets observés sur l’environnement littoral_________________________________________ 41
2.1. Effet temporel______________________________________________________________________ 41
2.2. Effet spatial________________________________________________________________________ 42
3. Les indicateurs dans l’environnement littoral _______________________________________ 43
3.1. Spécificité de l’indicateur _____________________________________________________________ 43
3.2. Intensité de la réponse en fonction de l’intensité des rejets ___________________________________ 44
3.3. Intensité de la réponse en fonction de la distance au rejet ____________________________________ 44

V. CONCLUSION_________________________________ 45

4
Etat de l’art

5
Introduction

L’élevage des crevettes subit une pression croissante pour diminuer ses impacts
environnementaux (Naylor et al., 1998). En effet, cette activité aquacole a la capacité de
transformer les environnements côtiers d’une façon dramatique (Funge-Smith &Briggs, 1998).

Les principaux impacts de la crevetticulture sur l’environnement sont :

- la destruction des mangroves et des marais (Landesman, 1994, Samocha et Lawrence, 1997 ;
Graaf et Xuan, 1998 ; Páez-Osuna, 2001 ; Wolanski et al., 2000 ; Boyd, 2003),

- l’eutrophisation des eaux côtières (Landesman, 1994, Samocha et Lawrence, 1997 ; Wolanski
et al., 2000 ;), et leur pollution par les produits chimiques et les fertilisants ajoutés aux bassins
d’élevages (Samocha et Lawrence, 1997), la salinisation et l’acidification des sédiments (Boyd,
1995),

- les prélèvements des crevettes dans le milieu naturel (Samocha et Lawrence, 1997 ; Graaf et
Xuan, 1998),

- l’introduction d’espèces allochtones (élevage d’espèces exotiques et introduction de


pathogènes) (Landesman, 1994 ; Samocha et Lawrence, 1997 ; Boyd, 2003 ;),

- l’altération des communautés benthiques par la surcharge des sédiments en matériel organique
(Samocha et Lawrence, 1997).

L’un des soucis majeurs de cette activité est le rejet des nutriments et de la matière
organique issus des fermes dans l’environnement côtier (Smith et al., 2002).

Les rejets de quantités excessives de matières organiques sont sûrement la forme de


pollution de l’eau, la plus ancienne et la plus répandue. De nombreuses études de
l’enrichissement organique lié à diverses activités anthropiques (eaux usées, industrie,
agriculture, aquaculture…) révèlent deux caractéristiques générales : la réponse écologique est
complexe, mettant en jeu un couplage pélagique - benthique, la colonne d’eau et les sédiments;
et les effets incluent toutes les diverses sources de matières organiques, tant naturelles
qu’anthropiques (Wildish et al., 2004).

L'aquaculture dépend si étroitement d'un environnement sain qu'elle ne peut réussir sur des
sites dégradés ou impropres. En revanche, elle peut garantir la qualité de l'environnement si les
bonnes mesures sont prises pour corriger les pratiques fautives qui peuvent en découler (Fuchs et
al., 1999).

L’aquaculture des crevettes a connu un essor important depuis 1980 (Fuchs et al., 1999).
En raison du climat favorable et de la disponibilité d’espace, cette production s’est développée
principalement dans les zones côtières tropicales et subtropicales. (Páez-Osuna, 2001). En dépit
du progrès qu’a présenté l’étude des impacts de cette activité sur son environnement, il demeure
insuffisant pour la gestion de cette industrie dans le contexte d’une protection des écosystèmes
naturels. (Páez-Osuna, 2001). Dans ce contexte, l’une des actions nécessaire à la durabilité de la
crevetticulture est la définition d’indicateurs potentiels descripteurs de la santé du milieu
receveur des déchets qui découlent de cette activité. Ces indicateurs permettront de déterminer
l’impact de l’élevage sur l’environnement littoral (Fuchs et al., 1999).

6
1. La crevetticulture en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle Calédonie, l’élevage des crevettes est en pleine évolution. En plus du climat
sub-tropical favorable, une température de l’eau permettant des élevages sur toute l’année, et de
la multiplicité des espaces, l’aquaculture bénéficie d’un large support technique et financier de la
part des autorités locales et de la recherche (Anonyme,1999 ; Farman et Baillon, 2004).

Située au deuxième rang des exportations de la Nouvelle-Calédonie après le nickel


(Farman et Baillon, 2004 ; Frontfreyde et al., 2004), la crevette d’élevage est aujourd’hui le
premier produit agroalimentaire. Il s’agit de la crevette Litopenaeus stylirostris, originaire de la
côte pacifique de l’Amérique latine (Mexique - Pérou). Elle a été importée pour la première fois
en 1980 pour être domestiquée. En raison du « syndrome 93 », une pathologie saisonnière qui
touche les crevettes et qui apparaît pendant la saison froide, les élevages sont surtout effectués
pendant la saison chaude (Lemonnier et Faninoz, 2006).

Actuellement, selon les données du mois de juillet 2005 (GFA, 2005), 18 fermes de
grossissement sont installées sur la côte ouest de la Grande Terre en arrière des mangroves sur
des terrains sur-salés, sans végétation et de texture argilo-limoneuse. Les bassins occupent 658
hectares. En 2005, la production était de 2200 tonnes mais cette activité devrait se renforcer
puisqu’il est prévu que la production annuelle atteigne les 5000 tonnes sur une surface de 1000
hectares environ. La perspective de développement est donc de doubler la quantité de crevettes
produite par an en multipliant par deux les surfaces exploitées.
Comparativement aux autres pays producteurs, les coûts de production sont largement supérieurs
en Nouvelle Calédonie. Le produit est donc plus cher en sortie des ateliers de conditionnement.
Ainsi, la production doit se distinguer par la qualité du produit mais aussi par une image de
marque respectueuse de l’environnement (Frotfreyde et al., 2004).

En Nouvelle Calédonie, la production des crevettes se réalise suivant un cahier de charges


avec, comme objectif, une production de qualité en respect de l’environnement (Lemonnier et
Herlin, 1999). Ce cahier des charges exige que :
- le fond des bassins soit naturel,
- les géniteurs ne soient pas prélevés dans l’environnement,
- la charge dans les bassins ne dépasse pas 400g de crevettes par m2,
- l’élevage se fait sans addition d’antibiotiques sans engrais chimiques et sans pesticides,
- les eaux d’élevage s’écoulent dans la mangrove.

Deux systèmes de production sont utilisés sur les fermes aquacoles calédoniennes. Le
premier non aéré, exploite des densités d’animaux à l’ensemencement comprises entre 18 et 22
animaux au m². C’est le système semi-intensif classique. Pour le second, les densités
s’échelonnent de 25 à 35 animaux au m². Les charges biologiques étant plus importantes, les
élevages nécessitent d’être aérés (Anonyme, 1999). Ce sont des élevages intensifs.

Quel que soit le système de production, les renouvellements sont fonctions de la charge en
élevage qui augmentent avec la durée de l’élevage. En général, le renouvellement en eau des
bassins varie de 5% du volume de bassin en début d’élevage à 30 % en fin d’élevage. Il génère
une interaction réciproque entre les bassins d’élevages et le milieu receveur qui est en même
temps le milieu où l’eau est puisée pour alimenter les bassins. Les effluents d’élevages sont
déversés dans le lagon calédonien dont la géomorphologie est celle d’un récif barrière et dont la
profondeur ne dépasse guère les 40 m ; il est soumis à des cycles semi-diurnes de marée dont le
marnage maximale est de 1.80m (Anonyme, 1981).

7
2. Les effluents d’élevage de crevettes :

2. 1. Caractéristiques générales

D’une manière générale, les élevages intensifs et semi-intensifs des crevettes impliquent le
rejet d’une grande quantité d’eau des bassins dans le milieu receveur. Parmi les principaux effets
polluants de ces rejets on cite : le rejet de nutriments dissous, de matières en suspension et de
matières organiques particulaires (Tovar et al., 2000).
Etant donnée la faible profondeur des bassins, l’évaporation y est plus importante que dans le
milieu environnant (Landesman, 1994). Les effluents ressortissant de ces bassins sont ainsi plus
salés que les eaux réceptrices.

Les eaux des bassins sont particulièrement riches en matière organique, dans ces deux
formes : dissoute et particulaire (Boyd & Tucker, 1992 ; Paquotte et al., 1998 ; Páez-Osuna,
2001). Samocha et Lawrence (1997) notent que, dans la plupart des cas, la matière organique
particulaire s’accumule dans les sédiments, sur les fonds des bassins alors que la matière
organique dissoute est évacuée avec les effluents. Selon eux, l’enrichissement de l’écosystème
benthique en matières organiques peut entraîner une augmentation de la consommation de
l’oxygène par les communautés benthiques et le développement des conditions anoxiques dans le
milieu receveur. On assiste alors à une diminution de la concentration de l’eau en oxygène
dissout. Samocha et Lawrence (1997) expliquent cette réduction par une demande importante en
oxygène biochimique par le matériel organique produit dans les bassins et par les animaux en
élevage pour leur respiration. Les bassins sont donc des milieux pauvres en oxygène pendant la
nuit et le matin (Paquotte et al., 1998 ). Dans les conditions extrêmes, on peut assister à une
production de gaz carbonique, de méthane et de sulfure d'hydrogène. (Samocha et Lawrence,
1997). En plus des nutriments, les effluents emportent des sédiments du fond des bassins vers le
milieu receveur (Boyd, 1992). Ces sédiments pourraient augmenter la turbidité dans ce dernier
(Landesman, 1994). Tout cela pourrait amener à une modification de la qualité du milieu
receveur.

2.2. Caractéristiques des effluents d’élevage de crevettes en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, l’aquaculture des crevettes a potentiellement un impact sur


l’environnement par les effluents produits dans les bassins et relargués dans le lagon calédonien
à travers la mangrove (Lemonnier et Herlin, 1999). Différentes études ont été menées en
Nouvelle-Calédonie pour qualifier et quantifier ces effluents et suivre leur évolution en fonction
des diverses pratiques culturales.

Ces effluents ont été surtout décrits par une charge importante en matières organiques
particulaires. D’après une étude réalisée par Martin et al. (1998) la concentration moyenne de
l’azote particulaire dans les effluents d’élevage semi-intensif, sans aération mais avec des
renouvellements en eau de 10% par jour, a atteint 0,39 ± 0,24 mg/l pour une densité
d’ensemencement égale à 22 individus/m² et 0,42 ± 0,28 mg/l pour 30 individus/m². La moyenne
de concentration en chlorophylle-a était de 15,3 ± 14,7 µg/l pour un ensemencement de 30
individus/m² et de 15,0 ± 15,5 µg/l pour 22 individus/m². La contribution de la chlorophylle a à
la totalité du seston était en moyenne de 0,45 ± 0,21 et 0,42 ± 0,19 g/Kg pour des
ensemencements respectivement de 22 et 30 individus/m². Pour des densités d’ensemencement
de 20 individus/m², Lemonnier et al. (2003) ont trouvés que la concentration moyenne des
effluents en chlorophylle a était de 14,4 ± 6,5 et de 13,6 ± 9,2 µg/l pour des taux de

8
renouvellement en eau respectivement de 10% et de 23% dans un système non aéré. La
concentration moyenne en azote particulaire était de 290 ± 89 et 272 ± 147 µg/l (c.à.d. 0.29 ±
0,089 et 0,272 ± 0.147 mg/l) pour 10 et 23% de renouvellement en eaux. Martin et al. (1998)
notent que les grands écart-types observés sont dus à des variations temporelles importantes des
paramètres dans les bassins au cours du cycle d’élevage. On observe une augmentation des
concentrations en allant du début vers la fin du cycle d’élevage.

En ce qui concerne les éléments dissous, les effluents montrent généralement une plus
faible concentration en formes inorganiques et une plus forte concentration en éléments
organiques que les eaux d’alimentation des bassins d’élevage. En effet, l’étude de Lemonnier et
al. (2003) décrit une concentration en formes ammoniacales (NH4+ et NH3) qui varie entre 8,2 ±
9 µg/l et 10,6 ± 12.4 µg/l pour des taux de renouvellement en eau respectivement de 10 % et de
23%. Les résultats de Martin et al. (1998) révèlent des concentrations en ammonium de l’ordre
de 10 µg/l et des concentrations en nitrites et nitrates (NO2- +NO3-) de 2,4 ± 6,0 et de 1,4 ± 2,8
µg/l pour des ensemencements de 22 et 33 individus/m². Par contre, l’azote organique dissout
(NOD) était présent à des concentrations moyennes de 133,9 ± 38,6 µg/l dans les bassins
ensemencés à une densité de 22 individus/m² et de 147,7 ± 49,3 µg/l dans les bassins
ensemencés à une densité de 30 individus/m² (Martin et al., 1998). Cette très forte concentration
en éléments dissous organique entraîne des concentrations élevées de l’azote dissout totale dans
les bassins. De plus, la concentration des effluents en matières organiques (dissoutes et
particulaires) est croissante avec la diminution du taux de renouvellement en eau (Lemonnier et
al., 2003) et avec les densités croissantes des crevettes à l’ensemencement (Martin et al., 1998).

Des concentrations moyennes en oxygène dissout ont été décrites de l’ordre de 4 mg/l le
matin et 8 mg/l l’après midi par Martin et al. (1998). Les valeurs d’oxygène de l’après midi
croissent avec l’augmentation des densités de stockage (Martin et al., 1998) et les taux de
renouvellement en eau des bassins (Lemonnier et al., 2003). Le pH est homogène pour
différentes densités de stockage mais diminue avec les taux de renouvellement croissants. Les
valeurs moyennes du pH variaient de 8,1 (Martin et al., 1998) à 8,2 (Lemonnier et al., 2003).
Quant à la température moyenne des effluents, elle était de 23°C le matin et de 25,3°C l’après
midi (Lemonnier et al., 2003). La salinité moyenne oscillait entre 30 et 38‰ (Martin et al.,
1998).

Notons que ces deux études décrites ont été réalisées pendant la saison froide locale sur des
élevages semi-intensifs (sans aération)

Une autre étude réalisée au laboratoire IFREMER Nouvelle Calédonie par Lemonnier et
Faninoz (2006) a permis de décrire les effluents d’élevage semi-intensif de crevettes rejetés
pendant la saison chaude, saison au cours de laquelle s’effectue la quasi-totalité des élevages
calédoniens. Cette étude a montré les mêmes caractéristiques des effluents que celles résultantes
dans les études précédentes : augmentation de la charge en matières organique sous ses
différentes formes et diminution de la matière minérale par rapport aux eaux d’entrée aux
bassins. Le pH était plus élevé. La salinité était comprise entre 32,5 et 33,0‰. Les valeurs de la
concentration moyenne en azote totale variaient entre 0,52 ± 0,21 et 0,95 ± 0,40 mg/l. Cet azote
était représenté à 58-63% par de l’azote particulaire. L’azote dissout minéral était présent à une
concentration moyenne inférieure à 1.13 µg/l pour les nitrites et les nitrates et inférieure à 20.7
µg/l pour les formes ammoniacales. Dans leur étude, Lemonnier et Faninoz (2006) ont pu établir
une relation directe entre la concentration de la chlorophylle a (chl-a) et celle de l’azote
particulaire (NP) : chl-a (µg/l) = 9,8*NP (µg/l) + 224,8.
Etant donné les différences qualitatives et quantitatives que présentent les effluents par
rapport au milieu environnant, ils devraient pouvoir être suivis dans le milieu grâce à certaines

9
de leurs caractéristiques. Cela nous amène à la notion d’« indicateurs écologiques » nécessaires
pour le suivi d’impact de ces effluents dans le milieu receveur.

3. Qu’est-ce qu’un indicateur écologique ?

La définition de l’indicateur écologique amène à prédéfinir ce qu’est un indicateur. Selon la


définition de la FIDA (Fonds international de développement agricole), un indicateur est une
variable simple ou complexe, quantitative ou qualitative, dont le suivi et/ou la comparaison dans
le temps ou dans l’espace permet d’apprécier ou de mesurer des changements intervenus ou des
différences (Terminologie du suivi-évaluation, Pour une gestion orientée vers l’impact, Guide
pratique de S&E des projets, FIDA).

Ainsi, un indicateur écologique est une mesure ou un modèle qui caractérise un


écosystème ou l’un de ses constituants caractéristiques. Il peut traduire des propriétés physiques,
chimiques ou biologiques de cet écosystème. Un indicateur écologique est généralement utilisé
comme outil pour la caractérisation de l’état actuel de l’écosystème et la prédiction des
changements significatifs qui peuvent y avoir lieu. En outre, avec le développement des
recherches fondées sur le diagnostic, cet indicateur peut permettre l’identification des stress
écologiques majeurs subis par l’écosystème (Jackson et al., 2000).

Wildish et al. (2004) notent que pour évaluer l’enrichissement organique en mer,
plusieurs variables peuvent être utilisées, y compris des espèces phytoplanctoniques et les
matrices de leur abondance, les teneurs en oxygène dissous et les concentrations totales en
substances nutritives. Comme aucune de ces variables n’est reconnue comme l’unique indicateur
de l’état trophique de la mer, des classifications à paramètres multiples ont été utilisées. Par
exemple, la classification de l’OCDE repose sur la teneur en chlorophylle a, les concentrations
d’éléments nutritifs et les profondeurs d'après le disque de Secchi (Vollenweider & Kerekes,
1982). Celle de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), discrimine
les différentes variables selon la fréquence de leur utilisation comme indicateur des rejets
aquacoles, le coût de leur mesure, et leur valeur explicative en tant qu’indicateur de changement
écologique dû à l’activité aquacole (GESAMP, 1996). Cette classification repose sur la chimie
de l’eau et des sédiments, les communautés benthiques et la biomasse phytoplanctonique.

D’après Fuchs et al. (1999), un indicateur écologique de la production des fermes


d’élevage des crevettes peut être les matières en suspension, la nature de la matière organique
particulaire (détritus ou phytoplancton) ou bien la diversité du phytoplancton et des bactéries.

4. Recherche des indicateurs des effluents d’élevage des crevettes dans


l’environnement

La recherche d’indicateurs des effluents d’élevages des crevettes s’est surtout effectuée en
Australie. Dans ce qui suit, on abordera 3 approches australiennes ayant le même objectif, celui
de déterminer les meilleurs indicateurs permettant de suivre les effluents de la crevetticulture et
leur impact sur le milieu receveur. Ces études impliquaient des fermes d’élevage intensives
installées sur la côte Est de l’Australie. Ces fermes pompaient leur eau de renouvellement dans
une rivière et rejetaient leurs effluents dans une autre rivière. Les rivières traversaient la

10
mangrove pour se déverser sur la côte est, et sont fortement dominées par l’influence de la
marée.

Trott & Alongi (2000) ont étudiés les paramètres physico-chimiques et la biomasse
phytoplanctonique dans l’eau de la rivière recevant les rejets aquacoles sur deux stations : une
station soumise à l’effet direct des rejets de la ferme étudiée, une autre station au niveau de
l’embouchure de la rivière. Ils ont comparé les concentrations qu’ils ont obtenu à celles mesurées
dans deux rivières ne recevant pas d’effluents et donc considérées comme contrôle. Leurs
résultats ont montré qu’au niveau de la station subissant l’effet direct des effluents l’eau était
plus chargée en oxygène dissout, en matières en suspension et en chlorophylle-a en comparaison
avec les rivières « contrôles ». Pour les variables étudiées Trott & Alongi disposaient de séries
temporelles de la rivière réceptrice avant l’impact par les rejets aquacoles. Le milieu receveur
n’était soumis à aucune autre activité anthropique. La comparaison des séries de données pré- et
post-impact a permis de démontrer que l’impact était limité à 1 km du site de rejet des effluents
par la ferme aquacole et que la qualité normale de la rivière est rétablie 1 à 2 mois après la
vidange totale des bassins de la ferme.

La qualité de l’eau des milieux récepteurs des effluents d’élevage des crevettes a aussi été
étudiée par Costanzo et al. (2004). Ne disposant pas de données pré-impact, ils ont mené leur
étude par un suivi sur trois périodes : dans la première les bassins d’élevage étaient vides, dans la
seconde les bassins étaient en pleine production, la troisième était la période de pêche des
bassins. L’échantillonnage a eu lieu dans la rivière où est pompée l’eau de renouvellement, dans
la rivière qui reçoit les effluents, et dans les eaux côtières ou se rejettent les deux rivières. Ces
auteurs ont réalisé des échantillonnages sur un plus grand nombre de stations. Leur analyse
portait sur les paramètres physico-chimiques, sur la réponse du phytoplancton dans les
échantillons à des ajouts de différents nutriments, et sur les signatures isotopiques de l’azote dans
les feuilles de mangrove et des macroalgues rouges introduites dans le milieu receveur. Le milieu
receveur n’était soumis à aucune autre activité anthropique. Leurs résultats ont montré de plus
fortes concentrations en ammonium et en chlorophylle-a dans la rivière recevant les effluents.
Costanzo et al (2004) ont montré que les paramètres physico-chimiques dans l’embouchure de la
rivière réceptrice avaient des valeurs très proches du contrôle. Par contre l’analyse des feuilles de
mangroves et des macroalgues a montré une signature isotopique du 15N de plus en plus élevée
en allant de l’embouchure de la rivière réceptrice vers le point de rejet en amont. Les indicateurs
biologiques (phytoplancton, feuilles des mangroves et macroalgues) ont montré ainsi que
l’impact n’est pas limité à la rivière réceptrice comme l’ont indiqué les paramètres physico-
chimiques, mais il est aussi observé dans l’environnement littoral, au niveau de l’embouchure de
la rivière où était pompée l’eau d’alimentation de la ferme.

Jones et al. (2001) ont étudiés les rapports isotopiques, la fraction azotée et la composition
en acides aminés dans les feuilles des mangroves, les herbiers et les macroalgues pour effectuer
un suivi de l’impact des rejets des fermes sur le milieu côtier. Leur plan d’échantillonnage était
similaire à celui de Costanzo et al (2004). Ils ont pu montrer que les bio-indicateurs (feuilles de
mangrove, herbiers, macroalgues) sont capables d’indiquer une plus large étendue de l’impact
des fermes aquacoles comparativement aux variables physico-chimiques. L’avantage des bio-
indicateurs réside dans leur capacité d’intégrer la variabilité de la disponibilité des nutriments au
cours du temps et dans l’espace (Jones et al., 2001).

11
Rapport de stage

12
I. INTRODUCTION
L’apport de matière organique dans l’environnement marin littoral influe
considérablement la balance biogéochimique de l’eau. Le rejet d’eaux chargées en azote et en
matières particulaires peut endommager les écosystèmes littoraux en stimulant les blooms
phytoplanctoniques, les rendant parfois toxiques, en augmentant la turbidité et en créant des
conditions anoxiques (Burford et al, 2002). Du fait de ses rejets riches en matières organiques, la
crevetticulture subit des pressions croissantes de la part des environnementalistes pour limiter ses
impacts sur le milieu côtier (Naylor et al, 1998).

Les bassins aquacoles calédoniens restent des milieux eutrophes en comparaison du lagon
environnant dont le caractère oligotrophe doit être préservé. D’importantes quantités de matières
organiques, résidus des aliments distribués et générés par l’activité métabolique des crevettes
sont donc évacués dans les effluents. A la sortie des bassins, l’eau est généralement plus riche en
matière organique particulaire et en chlorophylle-a. Elle présente aussi une plus haute
concentration en azote dissout total. Les formes d’azote inorganique (nitrites, nitrates et formes
ammoniacales) sont moins abondantes dans les effluents que dans l’eau d’entrée qui alimente les
bassins d’élevage (Martin et al., 1998 ; Lemonnier et al., 2003 ; Lemonnier et Faninoz, 2006).
Cette composition est d’autant plus marquée que la densité à l’ensemencement des crevettes est
élevées (Martin et al., 1998) et que le taux de renouvellement de l’eau des bassins est plus faible
(Lemonnier et al., 2003 ; Lemonnier et Faninoz, 2006).

La multiplication des fermes, l’augmentation de la production et le risque


d’intensification des systèmes d’élevage dans les années à venir sont susceptibles d’augmenter la
pression sur les écosystèmes aquatiques adjacents. Ce développement peut se traduire à terme
par une dégradation qui peut être irréversible de l’environnement littoral (la mangrove et le
lagon). Il est nécessaire de garder l’image « respectueuse de l’environnement » de la filière
crevette pour protéger cette activité fortement dépendante de la qualité de son milieu environnant
et de son image commerciale.

Dans ce cadre, des opérations de recherche ont été établies en 2004 (Fig. 1). L’objectif à
terme est de mieux quantifier l’impact réel des fermes d’élevages de crevettes sur
l’environnement. L’opération a été divisée en trois volets principaux :
- Volet 1 : La recherche de « traceurs » d’impact sur l’environnement lagonnaire
- Volet 2 : La quantification et la modélisation des effluents
- Volet 3 : l’étude de la capacité d’assimilation par le milieu et en particulier par la
mangrove.

Ces actions font appel à des collaborations entre l’IRD, l’IFREMER, le CNRS de Banyuls,
des opérateurs privés et l’Université de la Nouvelle Calédonie.

Le travail réalisé dans le cadre de ce stage de Master II a pour objectif d’analyser les
données acquises dans le cadre du volet 1 « recherche de traceurs d’impact sur l’environnement
lagonnaire » en essayant de répondre aux questions suivantes :

1. Quelles sont, parmi les variables environnementales, celles qui peuvent être
utilisées comme des indicateurs pour un suivi simple et fiable de ces rejets dans le lagon ?
2. Quelle est l’étendue de la zone concernée par les rejets ?
3. Quelle est la variabilité temporelle de cette étendue en fonction de l’activité de la
ferme et de l’intensité de ses rejets ?

13
L’objectif final de ce travail est alors d’apporter des outils analytiques et
méthodologiques simples pour pouvoir suivre les effluents des fermes dans le lagon et de
construire un « tableau de bord » pour les futurs suivis.

La réponse à ces questions s’effectuera à travers un suivi spatial et temporel des


paramètres hydrologiques dans les bassins d’élevages et les baies recevant les eaux de rejets de 2
fermes aquacoles. Cette étude a été découpée en deux parties :
1. Etude de la variabilité spatiale (en particulier sur un gradient « côte-large ») en
deux situations : rejet de la ferme important et en absence de rejet.
2. Etude de la variabilité temporelle sur un an avec un suivi à une fréquence
bimensuelle

Stage de
DEA

Figure 1 : Schéma général du projet pour l’étude de l’impact de l’aquaculture sur


l’environnement littoral, intégration du stage de DEA.

14
II. MATERIELS ET METHODES

1. Sites d’étude et pratiques culturales

Les indicateurs sont recherchés dans la colonne d’eau de 2 baies situées sur la côte sud-
ouest de la Grande terre (Fig. 2). Chaque baie reçoit les effluents d’une ferme d’élevage de
crevettes : la baie de Chambeyron recueille les effluents de la ferme « Pénéide de Ouano » alors
que la baie de Téremba reçoit ceux de la ferme « La Sodacal ». Ces deux baies ne subissent
aucun forçage d’origine anthropique autre que celui des effluents issus des fermes d’élevage des
crevettes.

B. Chambeyron

I. Ras

B. Téremba

Figure 2 : Localisation des sites d’études sur la côte de la Grande terre (B. Téremba :
baie de Téremba ; B. Chambeyron : Baie de Chambeyron ; [Link] : Ilôt Ras).

15
1.1. Baie de Chambeyron et Pénéide de Ouano

1.1.1. Baie de Chambeyron

Il s’agit d’une baie relativement large (3x1 km) fermée par un îlot. Sur sa bordure Nord -
Ouest débouche un cours d’eau généralement à sec pouvant rejeter des eaux douces dans la baie
en période de forte pluie.

1.1.2. La Pénéide de Ouano :

La Pénéide de Ouano est l’une des deux fermes intensives encore en activité de Nouvelle
Calédonie (Fig. 3). C’est une ferme fortement productive avec des rendements annuels
supérieurs à 5 tonnes par hectare. L’ensemencement des bassins se fait à une densité d’environ
35 crevettes /m². La phase de grossissement dure 6 à 7 mois durant lesquels s’effectuent les
pêches partielles d’une façon régulière. La première pêche partielle se produit au plus tôt le
120ième jour d’élevage. L’élevage s’achève par une pêche finale des bassins. Ces bassins sont
généralement ensemencés entre août et décembre et sont pêchés de janvier à juin. Une aération
artificielle est utilisée. Les animaux sont nourris avec un aliment fournis par les deux provendiers
locaux. Les effluents sont rejetés dans la mangrove de manière diffuse. La ferme puise l’eau qui
va alimenter les bassins d’élevage du côté sud-est du fond de la baie de Chambeyron. La ferme
produit 150 à 180 tonnes de crevettes par an (Anonyme, 2003).

Bass.

M.

Figure 3 : Photo aérienne de la


Pénéide de Ouano et de la baie de la baie de
Chambeyron au 1/20000éme (Flèche
B. Ouano bleue pleine: eau d’entrée de la ferme, flèches
vertes eaux de sortie des bassins (Bass.),
flèches vertes courbées : schéma de
circulation des effluents à travers la mangrove
(M.), flèche bleue en tirets : cours d’eau à
sec).

16
1.2. Baie de Téremba et La Sodacal

1.2.1. Baie de Téremba

La baie de Téremba est une baie ouverte sur le lagon et de très faible profondeur (Fig. 4).

1.2.2. La Sodacal

La ferme la SODACAL est la première et la plus grande ferme de grossissement de


crevettes de Nouvelle Calédonie (Fig. 4). C’est une ferme semi-intensive. Quatorze bassins
occupent une surface totale de 133 hectares (GFA, 2004). La densité en animaux à
l’ensemencement est d’environ 20 crevettes/m². La production est centrée sur l’été austral mais
plusieurs élevages sont généralement réalisés pendant la période hivernale. Les animaux sont
nourris avec un aliment fournis par les deux provendiers locaux. Les bassins sont renouvelés en
eau directement pompée dans un arroyo situé à l’est de la ferme. Aucune aération artificielle
n’est utilisée. La production annuelle de la ferme atteint les 400-500 tonnes, soit une production
d’environ 3,4 tonnes/ha/an (données de production 2003-2004 ; source : GFA, 2004).

Bass.
Figure 4 : Photo aérienne de la Sodacal au
1/35000éme située sur les presqu’îles de
Tanghi et de Grandjo (commune de
Moindou) entre la baie de Téremba (Baie
M. d’Ouarai) et la baie de Moindou
(Flèche bleue : eau d’entrée de la
ferme, flèches vertes eaux de sortie des
bassins (Bass.), flèche verte courbées :
circulation des effluents à travers la
mangrove (M.), flèches jaunes : circulation
des effluents dans la baie de Téremba
B.Téremba
(B. Téremba).

2. Paramètres mesurés

Les variables hydrologiques mesurées peuvent être divisées en 3 catégories :

2.1. Les paramètres physiques : température, salinité, conductivité, turbidité, fluorescence in


vivo et matières en suspension (MES).

2.2. Les paramètres chimiques : sels nutritifs (NO2- et NO3- ; NH3,4+), azote organique dissout
(NOD), azote dissout total (Ndiss.), matière organique dissoute (MOD), matière organique
particulaire (MOP), matière minérale (MM), carbone organique particulaire (COP) et azote
organique particulaire (Npart.).

2.3. Les paramètres biologiques : chlorophylle-a et phéopigments, bactéries et phytoplancton.

17
3. Stratégie d’échantillonnage
3.1. Choix des stations

Dans chaque ferme, deux bassins ont été échantillonnés pour caractériser les effluents.
Pour assurer la couverture spatiale et temporelle du milieu littoral des sites sélectionnés,
l’échantillonnage a été réalisé de la manière suivante : pour chacun des deux sites,
l’échantillonnage est effectué selon une radiale s’étendant dans la baie réceptrice le long d’un
gradient côte-large et composée de 5 stations, depuis une zone la plus proche des rejets (station
n°5) jusqu’à une station assez lointaine au large (station n°1) (Fig. 5). Les stations de la radiale
établie en baie de Téremba sont désignées par SO, SO4, SO3, SO2, SO1. Celles de la radiale de
la baie de Chambeyron par OA5, OA4, OA3, OA2, OA1.

L’échantillonnage de ces 14 stations pendant toute une année permet une qualification et
une quantification des effluents de chaque ferme, une comparaison des rejets des deux fermes et
enfin un suivi spatial et temporel des différentes variables mesurées dans chacune des deux baies
réceptrices.

Les stations OA4, OA3, OA2, OA1 présentent des profondeurs respectives de 4.2, 6, 6.8 et
5.1 m. toutes les autres stations (OA5 et SO5…SO1) avaient 1-2 m de profondeur.

4 2
3
3 1 4
5
2
1

Figure 5 : Positionnement des stations formant les radiales dans les deux baies étudiées (à
gauche : baie de Téremba ; à droite : baie de Chambeyron ; les flèches en bleu foncés indique le
lieu de pompage pour chaque ferme.

3.2. La stratégie

La fréquence des sorties était bimensuelle pour chaque ferme et ce pendant un an. Les
opérations de terrain ont débuté le 2 novembre 2004. Les campagnes de prélèvements ont été
réalisées à l’étale de marée haute, les baies n’étant pas accessibles à marée basse.

A chaque campagne et sur chaque station repérée par GPS, des mesures directes en surface
du pH et de l’oxygène dissous ont été réalisées à l’aide d’appareils de terrain (Oxymètre WTW
340i – Bioblock et pHmètre WTW325 – Bioblock). Un échantillon d’eau de surface (2 litres) a

18
été prélevé en vue d’analyses au laboratoire à toutes les stations. Des relevés de la température,
de la salinité, de la conductivité, de la turbidité et de la fluorescence ont été réalisés sur chaque
station grâce à une sonde CTD SeaBird SBE 19plus.

Dans une station dite de « référence », la station n°3 dans la baie de Chambeyron, une
bouée instrumentée d’une sonde multiparamétrique (sonde YSI 66000) a été implantée à -3m
pour mesurer en permanence (fréquence de mesure de 15 minutes) la température, la salinité, la
conductivité, le pH, le potentiel redox, l’oxygène dissout, la turbidité, la fluorescence de la
chlorophylle-a in vivo et l’énergie.

3.3. Les sondes


3.3.1. La sonde CTD SeaBird

La sonde CTD SeaBird SBE 19plus est une sonde multi-paramètres qui permet de réaliser
des mesures simultanées de la température, de la salinité et de la profondeur (pression). Elle a été
munie de 3 capteurs supplémentaires :
- Un fluorimètre pour la mesure in situ de la fluorescence,
- Un néphélomètre pour la mesure de la turbidité de l’eau.

Sur chaque station visitée, un enregistrement est effectué. La sonde est descendue à la
main, attachée à une corde. Pour les stations présentant une profondeur suffisante (OA1 à 4), des
profils verticaux, sont effectués à raison d’une moyenne de 4 enregistrements par seconde au
cours de la descente. Pour les stations peu profondes, les paramètres sont enregistrés à une
profondeur unique d’environ -1m.

3.3.2. La sonde YSI

La sonde YSI (type à spécifier) a permis une mesure simultanée et à haute fréquence de plusieurs
variables dans la station n°3 de la baie de Chambeyron à une profondeur de -4m
Les paramètres mesurés sont :
- température (°C)
- salinité (‰)
- conductivité (mS/cm)
- pH
- oxygène dissout (mg/l et en %)
- turbidité (Normalized Turbidity Unit ou NTU)
- fluorescence in vivo (µg/l)

A chaque campagne, les enregistrements de la sonde YSI ont été récupérés et transférés dans un
data-logger et la sonde a été recalibrée. Ces enregistrements correspondent à une durée de 15
jours à raison d’une mesure toutes les 15 minutes. Ils permettent donc un suivi temporel des
paramètres mesurés à une échelle de temps allant de l’heure à l’année.

4. Traitement et analyse au laboratoire

4.1. Fraction particulaire

4.1.1. Matières en suspension

19
Un échantillon d’eau de 100 à 500 ml est filtré sur un filtre Whatman GF/C 47 mm calciné
et pré-pesé. Le filtre est ensuite rincé à l’eau distillée pour éliminer des sels et séché à l’étuve
pendant 48h à 60°C. Une fois sec, le filtre est pesé afin de calculer la concentration en matières
en suspension (MES). Les fractions organiques et inorganiques sont ensuite distinguées après
passage du filtre au four à 450°C pendant 4 heures et pesée. La masse mesurée soustraite à la
masse initiale du filtre correspond alors à la matière minérale (MM). La masse de la matière
organique particulaire (MOP) est calculée par la différence entre celle des MES et celle de la
MM. Les concentration des MES, de la fraction minérale (MM) et organique (MOP) sont alors
déduites.

4.1.2. Carbone organique particulaire (COP) et azote organique particulaire (NOP)

Pour le dosage du COP et du NOP, 25 à 100 ml d'eau sont filtrés sur des filtres Whatman
GF/F préalablement calcinés au four (4h à 400°C) afin d'éliminer toute trace de matière
organique. Les filtres sont ensuite transférés dans un dessiccateur où ils ont été soumis à des
vapeurs d’acide chlorhydrique pour éliminer les carbonates (carbone minérale). Après 16-18h,
chaque filtre est inséré dans une capsule d’étain pour subir l’analyse dans un analyseur
élémentaire CHN Carlo-Erba 1500 (Hedges and Stern, 1984). Cette analyse a été effectuée par le
laboratoire du CRELA (Centre de Recherche sur les Ecosystèmes Littoraux Anthropisés)

4.1.3. Chlorophylle-a et phéopigments

Le dosage de la chlorophylle-a permet d’estimer la biomasse phytoplanctonique. La


détermination simultanée de la concentration en phéophytine a est nécessaire pour parvenir à des
résultats corrects puisque les teneurs en phéopigments se rapportent à la fraction dégradée des
chlorophylles. Ce dosage est effectué par la méthode fluorimétrique de Lorenzen (1966).
Vingt à cinquante ml de l’échantillon sont filtrés sur filtre Whatman GF/F 25 mm. Les
filtrations sont effectuées à basse pression pour éviter l’éclatement des cellules végétales. Les
filtres sont immédiatement congelés jusqu’à leur analyse. L’extraction des pigments est faite au
méthanol pur et la fluorescence est mesurée avant (mesure de la chlorophylle-a) et après une
acidification à l'aide d'un fluorimètre Turner Designs préalablement étalonné. Les concentrations
en chlorophylle-a et en phéopigments sont calculées à partir des équations de Lorenzen (1966).

4.1.4. Groupes cytométriques :

Après échantillonnage, 1,5 ml de l’eau échantillonnée est mélangée à 7,5 µl de


glutaraldéhyde dans un cryotube de 2 ml. Le mélange est ensuite laissé à l’obscurité pendant 15
minutes. Le cryotube est ensuite conservé dans de l’azote liquide jusqu’à l’analyse. L’analyse
(dénombrement et détermination) des communautés phytoplanctoniques a été réalisée par
cytométrie en flux à l’Observatoire Océanologique de Banyuls. Les groupes de cellules du
picophytoplancton sont identifiés par combinaison des différents signaux optiques (fluorescence
rouge et orange, diffusions aux petits angles et aux grands angles) (Legendre et al., 2001).

4.2. Fraction dissoute

Pour le dosage des éléments dissous, les échantillons d’eau sont préfiltrés sur filtre GF/F
préalablement calciné.

4.2.1. Les sels nutritifs

20
 Ammonium: N-(NH3 + NH4+) : Les concentrations en ammonium ont été mesurés
au laboratoire IFREMER Nouvelle Calédonie par la méthode de Koroleff (1976). Après
coloration, la densité optique des échantillons est mesurée à l’aide d’un spectrophotomètre dans
des cuves de 10 cm.

 Nitrites et nitrates : N-(NO2- +NO3-) : La concentration des nitrites et des nitrates


a été mesurée à l’IRD de Nouméa selon la méthode de Wood et al. (1967) à l’aide d’un Auto-
Analyseur TECHNICON II. Selon cette méthode, le nitrate est réduit en nitrite qui est à son tour
déterminé par colorimétrie. La réduction se fait par passage dans une colonne de cadmium.

4.2.2. Azote dissout total et l’azote organique dissout

La concentration en azote total dissout a été mesurée après minéralisation des échantillons
au persulfate selon la méthode de Raimbault et al. (1999). Le dosage a été réalisé à l’IRD de
Nouméa sur la chaîne nitrite de l’Auto-Analyseur TECHNICON II.

NB : L’azote organique dissous a été calculé par la formule :


NOD = N diss. – [N-(NH3 + NH4+) + N-(NO2- +NO3-)]

4.2.3. Matière organique dissoute (MOD) :

La matière organique dissoute est mesurée au laboratoire du DAC par spectrophotométrie


en mesurant l’absorbance de l’eau entre 200 et 350 nm dans des cuves en quartz de 10 cm (Pagès
et al., 1997).. Les concentrations en MOD sont déduites de la pente (a) de l’absorbance à 254 nm
(abs254) selon la formule :

[MOD] = (0,6667 x (abs254/10))/(0,0304-a)

5. Analyse statistique

La normalité des données a été testée selon le test de Shapiro-Wilk (Shapiro & Wilk,
1965).

Les statistiques descriptives de l’eau des bassins sont représentées par les moyennes, les
minimums, les maximums et les écarts types de tous les paramètres mesurés afin de caractériser
les effluents de chaque ferme.

Le test non paramétrique de Mann-Whitney (comparaison de la distribution de deux


échantillons indépendants) est utilisé pour révéler les différences significatives entre les valeurs
des paramètres qui caractérisent les effluents de chaque ferme étudiée. Ce test classe les éléments
des deux échantillons par ordre croissant sur une même échelle ordinale, pour voir s’ils occupent
des rangs équivalents et vérifier l’existence ou l’absence de similitude entre les deux
distributions (Scherrer, 1984). Les valeurs ont été considérées significatives à un seuil de
confiance de 5%.

21
Dans le milieu côtier receveur, une relation est recherchée entre les rangs des stations de
chaque radiale et les rangs des valeurs correspondantes prises par chaque paramètre étudié. Cette
relation est établie à l’aide du coefficient de corrélation de Spearman (Scherrer, 1984). Ce
coefficient de corrélation non paramétrique utilise les rangs des observations et non leur valeur
en tant que telle. Une corrélation positive significative signifie l’existence d’un gradient côte-
large croissant du paramètre, alors qu’une corrélation négative significative indique la présence
d’un gradient décroissant. L’absence de corrélation entre l’ordre des stations et le rang des
valeurs du paramètre indique l’absence de gradient ; dans ce cas le paramètre n’évolue pas
suivant un gradient déterminé dans le milieu littoral.
La corrélation de Spearman était aussi utilisée pour la mise en évidence des gradients
verticaux pour la salinité, la fluorescence et la turbidité.
Les corrélations entre les éléments sestoniques était aussi réalisés par le test de Spearman.
Les valeurs ont été considérées significatives à un seuil de confiance de 1%.

Pour la comparaison des concentrations de surface avec celle de fond dans la baie de
Téremba, le test des signes était appliqué. Il s’agit d’un test non paramétrique pour échantillons
appariés. Les valeurs ont été considérées significatives à un seuil de confiance de 1%.

III. RESULTATS
1. Influence du climat sur la physico-chimie des eaux côtières

A
33
31

29
Température °C

27

25
23

21
19
2/11 17/11 2/12 17/12 1/1 16/1 31/1 15/2 2/3 17/3 1/4 16/4 1/5 16/5 31/5 15/6 30/6 15/7 30/7
date

B
38
37
36
Salinité ‰

35
34

33
32

31
2/11 17/11 2/12 17/12 1/1 16/1 31/1 15/2 2/3 17/3 1/4 16/4 1/5 16/5 31/5 15/6 30/6 15/7 30/7
date

22
Figure 6 : Evolution de la température (a) et de la salinité (b) de l’eau à la station OA3 de la baie
de Chambeyron (enregistrement en continu par la sonde YSI 6600).

On distingue deux saisons marquées et deux saisons intermédiaires en Nouvelle-Calédonie


(Sautter et al., 1981).

A partir du mois de décembre, les basses pressions équatoriales atteignent la Nouvelle


Calédonie et amènent un temps instable chaud et humide. On note dans cette période une forte
diminution de la salinité de l’eau liée aux pluies à la mi-janvier. Pendant cette période, il pleuvait
en moyenne 3,5 mm par jour. Pendant la première moitié du mois de Janvier, la région a couru
une période de pluies exceptionnelles où la moyenne des pluies a été de 7,9 mm/jour
(Météorologie nationale, com. pers.). La saison chaude s’étend jusqu’en mars avec des
températures de l’eau supérieures à 25°C.

On distingue une saison intermédiaire en avril-mai marquée par un déclin rapide et de


fortes variations des températures. Puis, c’est la saison fraîche qui dure de juin à août avec des
températures de l’eau d’environ 20°C. Pendant cette période, de petites perturbations ont
provoqué des averses traduites par les fluctuations de la salinité dans la baie.

2. Paramètres zootechniques
2.1. La Sodacal

La quantité totale d’aliment distribué sur la saison 2004 à 2005 était de 1005 tonnes. La
distribution journalière augmente régulièrement pour atteindre un maximum en janvier – février
2005 (Fig. 7a). Du mois de juin au mois d’octobre, elle est faible. La biomasse en élevage suit la
même tendance et est élevée de janvier à mars. Par la suite, elle diminue avec les pêches. Les
renouvellements en eau varient aussi en fonction de la biomasse et de la quantité d’aliments
distribués. La quantité d’eau pompée dans le milieu environnant augmente très rapidement pour
atteindre 300 000 m3 par jour fin novembre (Fig. 7b). Cette quantité reste la même jusqu’en août
malgré la diminution de la biomasse dans les bassins.

23
Aliment distribué (kg) 6000
A 200
5000

Biomasse (tonnes)
150
4000
3000 100
2000
50
1000
0 0
j j a s o n d j f m a m j j a
Mois

350 B
300
Pompage journalier

250
(m3) x1000

200
150
100
50
0
j j a s o n d j f m a m j j a
Mois

Figure 7 : (A) Données zootechniques 2004-2005 de la ferme La Sodacal représentées par


la biomasse en crevettes (en pointillés rouges) et la quantité globale d’aliments distribuée par
jour (en pointillés bleus). Les courbes pleines correspondent aux courbes de tendance de type
polynomiale. (B) Quantité d’eau pompée par jour dans le milieu environnant (Source : La
Sodacal).

2.2. La Pénéide de Ouano

La figure 8 représente la courbe type de distribution journalière en aliment sur la ferme en


fonction du temps. Elle a été établie à partir de données historiques et non pas à partir des
données 2004 - 2005. L’allure générale de l’évolution est une courbe en cloche dont, les valeurs
les plus élevées sont atteintes en janvier - février. Les premiers bassins sont généralement
ensemencés fin août ou début septembre (Tab. 1). Les dernières pêches ont lieu au plus tard
début juillet. L’activité de la ferme est généralement faible à inexistante de juin à septembre. Ces
données corroborent les observations réalisées par l’équipe scientifique au cours de l’année. Sur
la saison 2004-2005, les premiers bassins ont été ensemencés en septembre - octobre 2004.

24
Pénéide de Ouano

2500

Aliment distribué 2000


(kg/jour)
1500

1000

500

0
j j a s o n d j f m a m j j a
Mois

Figure 8 : Estimation de la quantité d’aliments distribuée par jour (en pointillés bleus) sur
la ferme Pénéide de Ouano. Cette estimation a été réalisée à partir de données historiques. La
courbe pleine correspond à la courbe de tendance de type polynomiale.

Tableau 1 : Données synthétiques des élevages réalisés sur la ferme Pénéide de Ouano de 1999
à 2004.
Données 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004
Date du premier ensemencement 06-sept 06-sept 22-août 29-août 27-août
Date de la dernière pêche 23-juin 27-juin 31-mai 11-juil 15-juil
Nombre d'élevages réalisés 8 8 7 8 9
Densité moyenne à l'ensemencement (anx/m²) 35 35 31 33 34
Biomasse pêchée (t) 183 180 138 151 166
Survie moyenne (%) 63 64 69 60 54
Aliment total distribué sur la saison (tonne) 403 413 288 372 435
Indice de conversion moyen 2,2 2,3 2,0 2,5 2,6
Durée moyenne des élevages 200 199 194 189 192

2.3. Bilans azotés

La Sodacal : la quantité totale d’aliments ajoutée pendant la saison d’élevage étant de


1005 tonnes, et la proportion d’azote dans l’aliment étant de 70 kg/tonnes (Martin et al, 1998), la
quantité d’azote ajouté dans la ferme de la Sodacal était de 1005 x 70 = 70 350 kg d’azote. On
estime à 35% la proportion d’azote évacué dans les rejets (Lemonnier et Faninoz, 2006). La
quantité total d’azote sortant de La Sodacal serait d’environ 25 tonnes.

Pénéide d’Ouano : A partir des données historique (Tab. 1) on évalue à 400 tonnes la
quantité totale d’aliment distribuée en 2004-2005 correspondant à environ 10 tonnes d’azote
rejeté par la ferme au cours de la saison d’élevage.

2. Paramètres hydrologiques

2.1. Caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des effluents

Le tableau 2 montre l’ensemble des moyennes et valeurs limites observées pour les
différents paramètres mesurés dans les bassins d’élevages des deux fermes étudiées

25
Les effluents de la ferme intensive sont plus salés, plus basiques et plus turbides que ceux
provenant de la ferme semi-intensive. Ils sont significativement plus chargés en seston sous
toutes ses formes, organiques et particulaires.

Les deux fermes ne diffèrent pas significativement par la concentration de leurs effluents
en éléments dissous azotés. La fraction dissoute de l’azote est dominée par l’azote organique
dissous qui représente plus de 95% de l’azote dissout total dans les effluents de la ferme de
Ouano, et plus de 90% du N total dissous dans les effluents de La Sodacal

Les résultats de la cytométrie en flux montrent une charge bactérienne de l’ordre de 10


millions de cellules/ml dans les effluents de la ferme semi-intensive et de 15 millions/ml dans les
effluents de la ferme intensive.

Sept groupes phytoplanctoniques ont été dénombrés par cytométrie. Les picoeucaryotes et
les cyanobactéries, dont les Prochlorococcus, forment la fraction picophytoplanctonique. La
cytométrie a permis de distinguer aussi un groupe picophytoplanctonique qui n’a jamais été
décrits par ailleurs. Il a été désigné par le terme UNK «cellules picophytoplanctoniques
inconnues». Les nanoeucaryotes avec les cryptophytes de types 1 et 2 constituent le
nanophytoplancton. Ce dernier représente en moyenne 30.2 ± 24.1% du phytoplancton de La
Sodacal et 46.7 ± 35.5% de Pénéide de Ouano. A l’inverse, le picophytoplancton représente
respectivement 69.8 ± 24.1% et de 53.3 ± 35.5% du phytoplancton dans les bassins de La
Sodacal et de Ouano. Le test de Mann-Whitney n’a pu en révéler aucune différence significative
entre les des effluents des deux fermes.

Si on observe l’évolution temporelle de la fraction particulaire des effluents (fig. 9), on


note une augmentation globale de ses constituants du début vers la fin du cycle d’élevage. Pour
les deux fermes, la turbidité dans les bassins prend des valeurs de l’ordre de 5 NTU au début du
cycle pour atteindre des valeurs supérieures à 20 NTU pendant la deuxième moitié du cycle
d’élevage. Cette évolution croissante de la turbidité s’accompagne d’une augmentation de la
fluorescence durant le cycle d’élevage.

26
Tableau 2 : Caractéristiques des effluents. (Les étoiles (*) indique une différence significatives entre les
valeurs des paramètres des deux fermes, Ouano et La Sodacal, pour p<0.01) ; les signes « § » indique que les
séries chronologiques s’arrêtent au 2 mars 2005)
Ferme Pénéide de Ouano (Intensive) La Sodacal (Semi-intensive)

Moy. ± e.-type Min - Max Moy. ± e.-type Min - Max


Physico-chimie
Température (°C) 26.5 ± 2.4 21,6 - 29.8 27.2 ± 2.6 21 - 30.5
pH* 8 ± 0.2 7.3 - 8.4 8.2 ± 0.2 7.7 - 8.6
Salinité (PSU)* 36.2 ± 3.6 24.3 - 39.9 32.4 ± 4.7 23.3 - 38.5
Oxygène dissous (mg/l) 7 ± 1.9 3.8 - 12.8 7.0 ± 1.6 3.2 - 10.1
Turbidité (NTU)* 16.8 ± 8.3 4.7 - 25.9 11.4 ± 6.5 2.9 - 25.9
Fluorescence (µg/l)* 17 ± 12.2 1.6 - 48.2 8.6 ± 5.0 1.4 - 23.6
Dissous
NDT (µmol/l) 25.29 ± 13.74 16.65 - 67.37 20.00 ± 5.81 11.58 - 32.92
NOD (µmol/l)§ 26.6 ± 16.67 16.43 - 83.4 20.21 ± 8.41 11.98 - 41.02
NH3,4 (µmol/l)§ 1.25 ± 3.9 0.1 - 17.7 0.82 ± 1.97 0.11 - 8.39
NO2,3 (µmol/l) 0.13 ± 0.36 0 - 1.64 0.58 ± 2.00 0.01 - 7.92
MOD (mg/l) 3.01 ± 0.99 1.63 - 6.54 3.07 ± 1.43 0.61 - 6.04
Particulaire
MES (mg/l)* 55.8 ± 28.3 15.2 - 109.3 31.1 ± 20.0 13.2 - 82.7
MOP (mg/l)* 13.0 ± 5.5 5.6 - 24.7 8.4 ± 2.9 3.2 - 16.0
%MOP (%) 26.8 ± 11.7 14.3 - 57.9 32.5 ± 14.0 11.7 - 66.7
MM (mg/l)* 42.8 ± 24.2 6.4 - 84.7 22.7 ± 18.6 6.0 - 72.0
COP (mg /l)* 4.47 ± 1.90 1.38 - 8.25 2.70 ± 1.08 0.97 - 4.64
Npart. (mg /l)* 0.80 ± 0.34 0.20 - 1.46 0.46 ± 0.19 0.19 - 0.90
C/N 5.59 ± 0.42 4.88 - 6.65 5.86 ± 1.25 4.05 - 10.66
Chl-a totale (µg/l)* 63.24 ± 48.69 5.46 - 180.34 25.77 ± 14.90 4.49 - 68.18
Chl-a/CP (g/kg) 16.4 ± 14.7 2.8 - 59.1 8.8 ± 4.1 1.7 - 20.0
Phéo totaux (µg/l)* 28.2 ± 36.1 4.8 - 153.3 10.8 ± 5.8 2.2 - 23.0
% Phéo totaux (%) 30.8 ± 13.9 8.7- 86.1 31.0 ± 10.5 13.0 - 52.8
Groupes cytométriques
Bactéries totales ([Link]-1) 15.6 ± 7.8 2.0 - 30.7 10.8 ± 6.8 2.3 - 28.3
Cyanobactéries (105ml-1) 3.03 ± 4.65 0.14 - 13.73 2.33 ± 3.26 0.03 - 12.80
Prochlorococcus (105ml-1) 0 0 0 0
Picoeucaryotes (105ml-1) 3.93 ± 7.86 0.02 - 23.15 0.78 ± 1.82 0.01 - 6.60
Groupe
picophytoplanctonique
indéterminé (105ml-1) 2.16 ± 5.16 0 - 20.16 2.07 ± 4.62 0 - 17.35
Total du picophytoplancton
(105ml-1) 9.1 ± 14.9 0.2 - 44.1 5.18 ± 8.62 0.19 - 32.51
% du picophytoplancton
(%) 53.3 ± 35.5 14.5 - 99.7 69.8 ± 24.1 21.0 - 99.5
Nanoeucaryotes (105ml-1) 1.70 ± 2.61 0.02 - 8.65 0.98 ± 1.01 0.09 - 5.16
Cryptophyte de type 1
(105ml-1) 0.02 ± 0.03 0 - 0.13 0.02 ± 0.02 0 - 0.10
Cryptophyte de type 2
(105ml-1) 0.01 ± 0.02 0 - 0.07 0.00 ± 0.01 0.00 - 0.02
Total du
nanophytoplancton (105ml-
1
) 1.7 ± 2.6 0.02 – 8.7 1.00 ± 1.02 0.10 - 5.20
% du nanophytoplancton
(%) 46.7 ± 35.5 0.3 – 85.5 30.2 ± 24.1 0.5 - 79.0

27
A Evolution temporelle de la chl-a dans les effluents B Evolution temporelle du Cp et du Np dans les
effluents
180
8 2

Np. (mg/l)
150

Cp. (mg/l)
120 6
µg/l

90 4 1
60
2
30
0 0 0
s o n d j f m a m j j a s o n d j f m a m j j a

chla_Ouano chla_La Sodacal COP_Ouano COP_La Sodacal


N part._Ouano N part._La Sodacal

Figure 9 : (A) Evolution temporelle de la chlorophylle-a (Chl-a), (B) du carbone et de


l’azote organique particulaire dans les bassins des fermes d’élevage.

La concentration moyenne des effluents en matières en suspension augmente de moins de


20 mg/l au tout début de l’élevage pour atteindre plus de 80 mg/l à La Sodacal et plus de 100
mg/l à Ouano avec la pêche finale des bassins. La matière minérale y était prépondérante en
contribuant en moyenne à plus de 65 % des MES dans les bassins de la ferme de La Sodacal et
plus de 70% des MES des effluents de Ouano. L’évolution de la concentration en chlorophylle-a
est présentée figure 9a. Dans les effluents de la ferme de intensive, la concentration évolue de
5.85 µg/l au moment de l’ensemencement des bassins à une concentration de 180 µg/l durant la
deuxième moitié du cycle d’élevage. L’évolution de la chl-a dans les bassins de La Sodacal était
similaire mais toujours avec des valeurs et des amplitudes inférieures.
Le COP et l’azote particulaire (fig. 9b) suivent la même évolution temporelle de la chl-a

La contribution du phytoplancton à la matière organique particulaire est calculé par le


rapport chlorophylle-a / carbone particulaire qui prend une valeur moyenne respectivement de
8,8 ± 4.1 et de 16.4 ± 14.7 g/kg dans les effluents des fermes semi-intensive et intensive. Ce
rapport est à son minimum au début de l’élevage et atteint un maximum vers la fin de celui-ci.

2.2. Evolution spatiale et temporelle des principaux paramètres hydrologiques et


biologiques, indicateurs potentiels de la matière organique issue des fermes
d’élevage dans l’environnement littoral.

2.2.1. Eléments dissous azotés

 L’azote total dissous (NTD)

La figure 10a montre que, la concentration moyenne en NTD était de 25.29 ± 13.74 µmol.l-
1
dans les bassins de la ferme de Ouano. Elle était de 12,4 ± 3,3 µmol.l-1 à la station 5 du fond de
baie. Il existe un gradient significatif côte large décroissant de la concentration en NTD
(R=0,42 ; p<0,01). Ce gradient est aussi significatif dans la baie de Téremba (R=0,42 ; p<0,01)
(figure 10b).

28
La concentration est en moyenne plus élevée quelle que soit la station dans la baie de
Téremba comparativement à la baie de Chambeyron.

A B
Evolution spatiale du NDT en baie de Chambeyron Evolution spatiale du NDT en baie de Téremba
40 40

30 30

µmol/l
µmol/l

20 20

10 10

0 0
OA bass OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO Bass SO5 SO4 SO3 SO2 SO1
Station Station

Figure 10 : Histogrammes montrant l’évolution spatiale de la moyenne de concentration


en azote total dissous sur toute la période d’étude dans les 2 milieux receveurs (OA5 à OA1 et
SO5 à SO1) en comparaison avec la moyenne observée dans les bassins (Bass) des fermes
correspondantes.

Sur le plan temporel, la figure 11 montre que la concentration en azote dissout total dans
les stations situées dans l’environnement littoral est très variable en fonction du temps et ceci
dans les deux baies. Les coefficients de variation s’étendent entre 27 et 45% en baie de
Chambeyron et entre 35 et 50% en baie de Téremba. L’évolution temporelle de la concentration
en azote dissout total dans les deux baies montre deux périodes distinctes pour les stations les
plus proches de la côte. La première s’étend de septembre à mars, pendant laquelle la
concentration est très variable avec des valeurs relativement élevées. La deuxième (mars-juillet)
se caractérise par une augmentation globale de la concentration jusqu’à un pic de concentration.
Pendant la période d’évolution croissante avec le temps, la concentration dépasse 10 µmol.l-1
dans la station OA5 en baie de Chambeyron et 20 µmol.l-1 dans les stations SO5 et SO4 en baie
de Téremba. Après avoir atteint son maximum, la concentration diminue à partir de juin.

A B Evolution temporelle du NDT en baie de Téremba


Evolution temporelle du NDT en baie de
Chambeyron

30 30

OA1 SO1
µmol/l

µmol/l

20 20
OA2 SO2
OA3 SO3
10 OA4 10 SO4
OA5 SO5
0 0
s o n d j f m a m j j a s o n d j f m a m j j a

Figure 11 : Séries temporelles de la concentration en azote dissout total dans les 5 stations
de chaque radiale établie dans chaque baie réceptrice.

29
 L’azote nitreux : N-(NO2+NO3)

La baie de Chambeyron (figure 12a) ne montre pas de gradient côte-large significatif pour
la concentration en azote nitreux (R=0,26 pour p>0,01). Cette concentration présente une
moyenne plus élevée dans la baie que dans les bassins de Ouano. Initialement à une valeur
moyenne de 0,13 ± 1,6 µmol.l-1au niveau de la station OA5 en fond de baie, elle augmente avec
la distance à la côte pour atteindre 0,33 ± 2,99 µmol.l-1 dans la station OA3. Puis on observe une
diminution de la concentration jusqu’à une moyenne de 0,15 ± 1,43 µmol.l-1 au niveau de la
station OA1.

La figure 12b indique l’existence d’un gradient côte-large décroissant de la concentration


moyenne de l’azote nitreux dans la baie de Téremba (R=0,36 pour p<0,01). Cette figure montre
que les concentrations sont plus élevées dans toutes les stations de la baie que dans les bassins.

Sur le plan temporel (fig. 13), la concentration de l’azote nitreux dans la baie de Téremba
est relativement faible de septembre à janvier. Le mois de janvier se caractérise par un pic de
concentration limité à une seule date et observé sur toutes les stations. Les concentrations
initiales sont rétablies fin janvier. A partir de février, la concentration évolue en augmentant.
Cette augmentation s’étend jusqu’à fin mai dans les stations SO5 et SO4. Ensuite, les
concentrations diminuent pour reprendre les valeurs initiales basses.

A Evolution spatiale du N-(NO2+NO3) en baie de B Evolution spatiale du N-(NO2+NO3) en baie de


Chambeyron Téremba
10 10
log µmol/l
log µmol/l

1 1

0,1 0,1
OA Bass OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO Bass SO5 SO4 SO3 SO2 SO1
Station Station

Figure 12 : Histogrammes montrant l’évolution spatiale de la moyenne de l’azote nitreux


calculée sur toute la période d’étude dans les 2 milieux receveurs (OA5 à OA1 et SO5 à SO1) en
comparaison avec la moyenne observée dans les bassins (Bass) des fermes correspondantes.

Evolution temporelle de N-(NO2,NO3) en baie de


Téremba
Figure 13 : Séries temporelles de la
30 concentration en azote nitreux dans les 5
SO1
stations de la radiale de la baie de Téremba
SO2
20 recevant les effluents de la ferme de La
µmol/l

SO3
SO4 Sodacal
10 SO5

0
s o n d j f m a m j j a
date

30
2.2.2. Le seston

La matrice de corrélation entre les éléments sestoniques (Tab. 3) montre des corrélations
très significatives entre les différents éléments sestoniques.

Tableau 3 : matrice de corrélation entre les


différents éléments particulaire. Les données en bas à
gauche et en haut à droite représentent respectivement les
coefficients de corrélation et les probabilités.
R MES MOP COP Npart.
MES - <0,01 <0,01 <0,01
MOP 0.98 - <0,01 <0,01
COP 0.78 0.73 - <0,01
Npart. 0.78 0.73 0.97 -

 Le seston total (ou matières en suspension) : MES

La concentration du seston total suit un gradient décroissant significatif dans la baie de


Téremba (figure 14b) (R=0,42 pour p<0,01). Sa décroissance dans la baie de Chambeyron n’est
pas significative (figure 14a) (R=0,04 pour p>0,01).

A Evolution spatiale de la MES à OUANO


B Evolution spatiale de la MES en baie de Téremba

100 100
mg/l

mg/l

10 10

1 1
OA Bass OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO Bass SO5 SO4 SO3 SO2 SO1
Station Station

Figure 14 : Histogrammes montrant l’évolution spatiale de la moyenne des matières en


suspension calculée sur toute la période d’étude dans les 2 milieux receveurs (OA5 à OA1 et
SO5 à SO1) en comparaison avec la moyenne observée dans les bassins (Bass) des fermes
correspondantes.

Les séries temporelles des matières en suspension en baie de Téremba (Figure 15)
montrent des pics importants de concentration jusqu’à 100 mg.l-1 au niveau des stations SO4 et
SO5 fin janvier. Ces pics sont suivis par une deuxième augmentation de la concentration qui
débute en avril jusqu’en mai.

31
Evolution temporelle de la MES en baie de Téremba
Figure 15: Séries temporelles de la
100 concentration en matières en suspension dans
SO1
les 5 stations de la radiale de la baie de
80
SO2 Téremba recevant les effluents de la ferme de
60 SO3 La Sodacal
mg/l

SO4
40
SO5
20

0
s o n d j f m a m j j a

 Le carbone organique particulaire

La concentration en carbone organique particulaire se révèle significativement croissante


de la côte vers le large dans les deux baies : Chambeyron (R= 0,53 pour p<0,01) et Téremba (R=
0,72 pour p<0,01). Cette corrélation est plus élevée dans la baie de Téremba (Fig. 16b) que dans
la baie de Chambeyron (Fig. 16a)

La fig. 17a montre que, dans la baie de Chambeyron, seule la station 5 présente une
évolution notable de la concentration en carbone organique particulaire avec le temps. Cette
concentration est relativement basse jusqu’en février, mois à partir on observe plusieurs pics
successifs de l’ordre de 1 mg.l-1 suivi d’un pic de concentration très élevée d’une valeur
supérieure à 3,5 mg.l-1 au début du mois de mai. A partir de juin, les concentrations diminuent.

La concentration du carbone organique particulaire en baie de Téremba (Fig. 17b) est plus
variable avec le temps qu’en baie de Chambeyron. Les séries chronologiques commencent par
des valeurs de concentrations élevées au niveau des stations SO5 et SO4. Ces concentrations
diminuent ensuite mais reste variable autour de 1 mg.l-1. A partir de la fin de janvier, on observe
des concentrations élevées dans toutes les stations, SO5 et SO4 étant généralement à des niveaux
de concentrations pus élevés que les autres stations plus éloignées dans la baie.

A Evolution spatiale du Cp en baie de Chambeyron B Evolution spatiale du Cp en baie de Téremba

10 10
log mg/l

log mg/l

1 1

0,1 0,1
OA Bass OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO Bass OS5 SO4 SO3 SO2 SO1
Station Station

Figure 16 : Histogrammes montrant l’évolution spatiale du carbone organique particulaire


calculée sur toute la période d’étude dans les 2 milieux receveurs (OA5 à OA1 et SO5 à SO1) en
comparaison avec la moyenne observée dans les bassins (Bass) des fermes correspondantes.

32
Evolution temporelle du COP en baie de Chambeyron Evolution temporelle du COPen baie de Téremba
A B
4 4
OA1 SO1
OA2 SO2
3 OA3 3 SO3
OA4 SO4
OA5 SO5

mg/l
mg/l

2 2

1 1

0 0
s o n d j f m a m j j a s o n d j f m a m j j a

Figure 17 : Séries temporelles de la concentration en carbone organique particulaire dans


les 5 stations de chaque radiale établie dans chaque baie réceptrice

 La chlorophylle-a

La chlorophylle-a présente un gradient côte - large significatifs de concentrations


croissantes dans la baie de Chambeyron (R= 0,60 pour p<0,01) (fig. 18a) et dans la baie de
Téremba (R= 0,65 pour p<0,01) (fig. 18b)

L’étude de l’évolution temporelle de la concentration de chlorophylle-a au niveau des


stations de la baie de Chambeyron (figure 19a) montre une faible variabilité des concentrations
et des valeurs basses comparativement à la station 5. La station OA5 présente une concentration
en chlorophylle-a faible jusqu’en février et qui augmente progressivement par la suite. Un pic de
concentration de 60 µg.l-1 de chlorophylle-a est atteint fin mai, valeur qui peut être considérée
comme exceptionnelle pour une eau lagonaire.

Dans le cas de la baie de Téremba (figure 19b), la concentration en chlorophylle-a est


variable avec le temps aux stations SO4 et SO5. Les niveaux faibles de concentration durent 3
mois environ, puis on observe 3 pics mensuels (janvier, février, mars) de concentration dans les
stations SO5 et SO4, les autres stations étant maintenues à des niveaux faibles. Un pic de
concentration au niveau de la station 3 est observé en avril. Cette période de concentrations
élevées se termine vers juin.
A Evolution spatiale de la chl-a en baie de Chambeyron B Evolution spatiale de la chl-a en baie deTéremba
100
100

10
log µg/l

10
log µg/l

1
1

0,1 0,1
OA Bass OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO Bass SO5 SO4 SO3 SO2 SO1
Station
Station

Figure 18 : Histogrammes montrant l’évolution spatiale de la chlorophylle-a calculée sur


toute la période d’étude dans les 2 milieux receveurs (OA5 à OA1 et SO5 à SO1) en
comparaison avec la moyenne observée dans les bassins (Bass) des fermes correspondantes.

33
A Evolution temporelle de la chl-a en baie de chambeyron
B Evolution temporelle de la chl-a totale en baie de
Téremba
80 80
OA1 SO1
60 60
OA2 SO2
OA3

µg/l
SO3
µg/l

40
AO4 40
SO4
OA5 SO5
20 20

0 0
s o n d j f m a m j j a s o n d j f m a m j j a

Figure 19 : Séries temporelles de la concentration en chlorophylle-a dans les 5 stations de


chaque radiale établie dans chaque baie réceptrice.

 Les groupes cytométriques : bactéries et phytoplancton (diversité et


abondance)

Les bactéries :

Des gradients côte-large décroissants de concentrations de bactéries sont observés en baie


de Chambeyron (R=0,71 pour p<0,01) (Fig. 20a) comme en baie de Téremba (R=0,58 pour
p<0,01) (Fig. 20b). La concentration de l’eau en bactéries totales dans la baie de Chambeyron
diminue de 7 millions par ml en station OA5 à 1 million par millilitre au niveau de la station
OA1. Dans la baie de Téremba, cette concentration évolue en diminuant de la station SO5 (4.106
ml-1) à la station SO1 (1. 106 ml-1).

A Evolution temporelle des bactéries totales en baie de B Evolution temporelle des bactéries totales en baie de
Chambeyron Chambeyron
100 000 000 100 000 000

1 000 000 1 000 000


nb/ml

nb/ml

10 000 10 000

100 100

1 1
OA Bass OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO Bass SO5 SO4 SO3 SO2 SO1
Station Station

Figure 20 : Histogrammes montrant l’évolution spatiale de la concentration bactérienne


moyenne (nombre de cellules/ml) calculée sur toute la période d’étude dans les 2 milieux
receveurs (OA5 à OA1 et SO5 à SO1) en comparaison avec la moyenne observée dans les
bassins (Bass) des fermes correspondantes.

L’évolution temporelle de ces concentrations dans la baie de Chambeyron (fig. 21a)


présente une phase croissante de la concentration en bactéries de novembre jusqu’à mai, suivie
d’une phase décroissante de mai à août. Ceci s’observe dans toutes les stations de la baie.

34
Dans la baie de Téremba (fig. 21b), la phase d’augmentation de la concentration des
bactéries est limitée de novembre jusqu’à mars alors que les concentrations bactériennes
diminuent de mars à août.

A Bactéries totales en baie de Chambeyron


B Bactéries totales en baie de Téremba
15 000 000
OA1 15 000 000
OA2 SO1
OA3 SO2
10 000 000 OA4 10 000 000 SO3
OA5 SO4
nb/ml

nb/ml
SO5

5 000 000 5 000 000

0 0
s o n d j f m a m j j a s o n d j f m a m j j a

Figure 21: Séries temporelles de la concentration bactérienne dans les 5 stations de chaque
radiale établie dans chaque baie réceptrice.

Le phytoplancton :

Sept groupes phytoplanctoniques ont été identifiés et présentent chacun une évolution
différente dans les milieux receveurs. Ce qui est remarquable c’est l’évolution globale relative
des fractions pico- et nanophytoplanctoniques sur le nombre total de cellules dénombrés par
cytométrie en flux (figure 22).

A B
Ferme de Ouano et baie de Chambeyron Ferme de la Sodacal et baie de Téremba
100 100

80 80
%PICO
60 60
%

%NANO
40 40

20 20

0 0
OA OA5 OA4 OA3 OA2 OA1 SO SO5 SO4 SO3 SO2 SO1
Bass Bass
Station Station

Figure 22 : Evolution spatiale des pourcentages du nano- (NANO) et du


picophytoplancton (PICO) dans les basins des deux fermes étudiés et les milieux littoraux
correspondants.

Dans les deux baies, en allant de la station du large vers la station la plus côtière, on assiste
à une diminution de la concentration de l’eau en cellules picophytoplanctoniques qui s’oppose à
une l’augmentation de la concentration en nanophytoplancton. De la station OA5 à la station
OA1 (également de SO5 à SO1), il existe un gradient croissant significatif du pourcentage de
picophytoplancton compensé par un gradient décroissant significatif du pourcentage de cellules
nanophytoplanctoniques (Tab. 4).

35
Tableau 4 : Matrice de corrélation entre les pourcentages de pico et de
nanophytoplancton et l’ordre des stations dans les deux baies réceptrices.
Corrélation % %
de Spearman picophytoplancton nanophytoplancton
Baie R p R p
Chambeyron -0.42 <0.01 0.42 <0.01
Téremba -0.45 <0.01 0.45 <0.01

L’évolution temporelle de la fraction nanophytoplanctonique en baie de Chambeyron (Fig.


23a) montre que celle-ci ne dépasse guère les 5% du nombre total de cellules dans les stations
OA1, 2 et 3 dans la baie de Chambeyron. Par contre, dans la station OA4, on note un pic de 44%
début février alors que la station OA5 suit une évolution temporelle remarquable : des valeurs de
moins de 1% pendant les trois premiers mois d’étude, un pourcentage moyen de 9 ± 2% pendant
la période janvier-mars, puis des pics où le nanophytoplancton atteint plus de 60%.

Dans la baie de Téremba (Fig. 23b), le pourcentage de nanophytoplancton est plus variable
au cours du temps et ce dans toutes les stations. Les coefficients de variation dans les stations
sont supérieurs à 50%. Deux périodes se révèlent caractéristiques : début janvier où la fraction
nanophytoplanctonique augmente rapidement puis diminuent, et la période qui s’étend de mars à
août pendant laquelle on observe une augmentation globale du nanophytoplancton surtout dans
les stations SO5 et SO4.

A B
% Nanophytoplancton en baie de Chambeyron % Nanophytoplancton en baie de Téremba
100
100

OA1 80 SO1
80
OA2 SO2
OA3 60 SO3
60
%

OA4 SO4
%

OA5 40 SO5
40

20 20

0 0
s o n d j f m a m j j a s o n d j f m a m j j a

Figure 23 : Séries temporelles du nanophytoplancton dans les 5 stations de chaque radiale


établie dans chaque baie réceptrice.

36
2.3. Evolution des paramètres étudiés dans l’environnement en fonction de
l’intensité de la production
Baie de Chambeyron Baie de Téremba
30
30
* Hors production
*
NDT (µM l-1)

En production

NDT (µM l-1)


20 20

*
10 10

0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000

5 5

N-(NO2-NO3) (µM l-1)


N-(NO2-NO3) (µM l-1)

4 4
*
3 3 *
2 2
*
1 1
*
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000

25 25

20 * 20
Chl-a (µg l-1)
Chl-a (µg l-1)

15 15

10 10

5 *
5
*
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000

3,5 3,5
3 3
2,5
COP (mg l-1)

2,5
COP (mg l-1)

2 2
1,5 1,5
1 1
0,5 0,5
0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000

80 80
MES (mg l-1)

MES (mg l-1)

60 60

40 40
*
20 20

0 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000
Distance à la côte (m) Distance à la côte (m)

Figure 24 : Comparaison de différentes caractéristiques hydrologiques en période ou hors


période de production à chaque station des deux baies étudiées (Les moyennes ont été établies à
partir de 5 valeurs ; les barres correspondent aux écart-types ; les étoiles indiques des différences
significatives avec p<0,05).

37
Baie de Chambeyron Baie de Teremba

1,E+07
1,E+07
*
8,E+06 8,E+06

Bactéries (nb/ml)
Bactéries (nb/ml)

6,E+06 6,E+06
*
4,E+06 4,E+06 *
2,E+06 2,E+06

0,E+00 0,E+00
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000

8,E+04 8,E+04

Nanophytoplancton (nb/ml)
Nanophytoplancton (nb/ml)

6,E+04
* 6,E+04

4,E+04 4,E+04

2,E+04 2,E+04
* *
0,E+00 0,E+00
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 1000 2000 3000 4000 5000

Distance à la côte (m) Distance à la côte (m)

Figure 24 : suite.

La figure 24 compare les moyennes de différents paramètres en période de forts rejets


(mars à Mai) et hors période de rejet (septembre, novembre, juillet et août). Cinq paramètres ont
été choisis: NDT, N-(NO2+NO3), Chl-a, COP et MES.

Certains paramètres comme l’azote dissout total montrent des concentrations plus élevés
en période de rejets à la station OA5 (0m) en baie de Chambeyron et à toutes les stations de la
baie de La Sodacal. La différence est statistiquement significative à OA5 en baie de Chambeyron
et SO5 (0m) et SO4 en baie de Téremba. Ces dernières présentent une concentration moyenne
supérieures à 20 µmol.l-1.

L’azote nitreux présente des concentrations généralement plus élevées en période de rejets
dans la baie de Téremba. Ces différences sont significatives aux stations SO5, SO4 , SO3 et
SO2. Cette caractéristique était absente dans la baie de Chambeyron. En revanche, on observe un
gradient côte – large décroissant de la Station SO5 à la station SO1 en baie de Téremba alors que
la concentration du NDT augmente dans le sens côte-large dans la baie de Chambeyron.

. La différence de concentration de la chl-a entre les deux périodes est significativement


très élevée à la station OA5, la valeur mesurée en période de rejet étant très supérieure à celle
mesurée hors période. Aucune différence entre les valeurs n’a été montrée aux autres stations de
cette même baie. En baie de Téremba, les stations SO5, SO4 et SO3 montrent des concentrations
plus élevées en période de rejets. Cette différence s’est révélée significative à la station SO4 et
SO3.
Le carbone organique particulaire suit exactement les mêmes évolutions temporelles et
spatiales que la chl-a mais ne présente pas de différences significatives.

38
Pour les MES, les différences sont significatives uniquement à SO4.

Les bactéries et le nanophytoplancton montrent aussi une différence significative entre les
deux périodes dans les stations OA5, SO5 et SO4. Les périodes des rejets étant caractérisées par
les plus fortes concentrations.

2.4. Evolution verticale de certains paramètres dans la baie de Chambeyron

Différence entre les eaux profondes et de surface


Une éventuelle stratification
La salinité
O A2 de la colonne d’eau pourrait
4
O A3 s’observer dans la baie de
3 O A4 Chambeyron sous l’influence des
O A1 rejets.
2

1 La baie de Teremba n’est pas


0
suffisamment profonde pour se
stratifier et pour établir des profils
-1 avec la sonde Seabird.
s o n d j f m a m j j a

La figure 25 présente
différence entre les eaux profondes et de surface l’évolution de la valeur « Fond –
La fluorescence surface » pour trois paramètres : la
salinité, la fluorescence, la turbidité
0,9 dans la baie de Chambeyron.
0,6 OA4
OA3 Des gradients significatifs
0,3 OA2 surface-fond sont observés pout
µg/l

0 OA1 toutes les stations.

-0,3 Le test des signes montre une


-0,6 salinité, une fluorescence et une
s o n d j f m a m j j a turbidité significativement plus
élevées au fond qu’en surface aux 4
stations.
différence entre les eaux profondes et de
surface La turbidité Toutefois aucune évolution
OA4
12 temporelle en relation avec le niveau
OA3 de production des fermes n’a pu être
9
OA2 mise en évidence.
6
NTU

OA1
3 Les principales variations sont
0 à relier à des phénomènes
-3
climatiques.
s o n d j f m a m j j a

Figure 25 : Evolution temporelle de la valeur « fond-


surface » pour la salinité, la fluorescence et la turbidité en baie
de Chambeyron

39
IV. DISCUSSION
L’objectif de cette étude était de disposer d’indicateurs pour suivre l’impact de la matière
organique issue des effluents d’élevage des crevettes sur l’environnement littoral. Dans la
procédure de mesure d’impact, la détermination de la relation de cause à effet se révèle une
nécessité. Il faut déterminer les effets de l’enrichissement organique sur la dynamique des
écosystèmes en vue d’établir les relations de cause à effet (Wildish et al., 2004) ; la cause étant
les effluents, l’impact se traduisant par la qualité de l’eau dans le milieu receveur de ces
effluents.

1. Caractérisation des effluents

Pour la caractérisation de la cause, deux fermes d’élevage, d’intensités de production


différentes ont été choisies. Les eaux des bassins des deux fermes ont montrée une forte
concentration en matières organiques particulaire et dissoute (Npart, COP, MOP et NOD). La
biomasse phytoplanctonique représentée par la chlorophylle-a était aussi très élevée. Les
bactéries étaient très abondantes. Les sels nutritifs azotés y étaient présents à de faibles
concentrations. Ces mêmes résultats ont été décrits par Lemonnier et Faninoz (2006), Lemonnier
et al. (2003), Martin et al. (1998). Selon Allan et al (1995), les taux de décomposition de la
matière organique déposée sur les sédiments des bassins d’aquaculture intensive et semi-
intensive sont rapides. Les études de Burford & Glibert (1999) ont montré que dans les bassins
d’aquaculture des crevettes, l’ammonium est rapidement assimilé par le phytoplancton. Dans
leur suivi de l’aliment ajouté dans les bassins par le traçage avec le 15N, Burford & Williams
(2001) ont noté que le 15N est rapidement incorporé par le phytoplancton et les communautés
bactériennes, stimulant ainsi leur croissance. Ceci expliquerait la forte charge en matière
organique dans les bassins étudiés et leur faible charge en éléments dissous azotés.

L’infériorité statistiquement significative des composantes du seston dans les bassins de


La Sodacal par rapport à ceux d’Ouano sont à relier au degré d’intensification des systèmes de
production, Ouano étant intensive, La Sodacal semi-intensive. Martin et al. (1998) montrent que
l’augmentation de la densité des crevettes entraîne de plus grandes quantités de matières
organiques apportées par les granulés ajoutés dans les bassins et a pour conséquence un
enrichissement organique du milieu d’élevage et des effluents.

Différents auteurs ont montré qu’environ 80% de l’azote contenu dans la nourriture des
crevettes n’est pas retenu par ces dernières (Briggs and Funge-Smith, 1994 ; Martin et al, 1998 ;
Jackson et al., 2003 ; Lemonnier et al, 2003 ; Lemonnier et Faninoz, 2006) mais entrent dans
l’écosystème « bassins » et agissent comme fertilisants, en stimulant le développement du
phytoplancton et des bactéries (Burford & Glibert, 1999). L’activité des bactéries va conduire à
la production d’éléments nutritifs par minéralisation de la matière organique. Ces éléments
nutritifs serviront comme éléments de base de la productivité phytoplanctonique.

Notre étude a montrée une structure phytoplanctonique différente entre les eaux des
bassins d’élevage et celle du lagon au large (Station OA1). La fraction nanophytoplanctonique
était plus grande dans les bassins. Jacquet (2005) a montré que cette fraction augmente avec
l’enrichissement en azote minéral dissous dans le milieu.

L’évolution temporelle de la chlorophylle-a, du COP et du Npart met en évidence la


relation entre la quantité de nourriture ajoutée et la réponse phytoplanctonique et bactérienne ;

40
ces trois paramètres ont montrée une évolution parallèle avec l’ajout de nourriture, qui lui-même
est proportionnel à la biomasse des crevettes dans les bassins.

2. Effets observés sur l’environnement littoral

2.1. Effet temporel

Dans notre étude il était nécessaire de distinguer les effets climatiques de ceux des rejets
des fermes d’élevage.

2.1.1. Effet climatique

La période janvier-février a été caractérisée par des pics de concentration pour la majorité
des paramètres étudiés, surtout dans les stations de fonds de baie et particulièrement dans la baie
de Téremba. A cette même période, on note de très fortes précipitations dans la région comme le
montre l’évolution de la salinité dans la baie de Chambeyron et les données fournies par la
Météorologie Nationale.
Ces pluies pourraient avoir apporté des nutriments d’origine terrigènes dans le milieu
côtier. Ceci expliquerait les plus fortes concentrations en nutriments dissous au niveau des
stations de fond de baies, soumises à l’effet direct de ces apports. L’apport nutritif stimule la
production primaire du phytoplancton à laquelle est associé l’activité bactérienne. On note donc
un enrichissement organique et minéral du système avec des pics de chlorophylle-a, du COP, des
bactéries totales et des MES. Le ratio nanophytoplancton sur le nombre total de cellules
déterminées par cytométrie présente aussi le même pic à la fin janvier. Jacquet (2005) montre
que l’augmentation des apports nutritifs entraîne une augmentation de l’abondance et de la
biomasse en nanophytoplancton aux dépens du picophytoplancton.
Les effets climatiques sur la variation temporelle de l’écosystème côtier ne peuvent être
négligés dans le cadre de futures études d’impact. Ils peuvent avoir une très forte influence sur le
milieu côtier.

2.1.1. Effet des rejets aquacoles

Les variations temporelles dans les stations de fond de baie étaient similaires à celles
observées dans les bassins des fermes.

Dans la baie de Chambeyron, la chlorophylle-a et le COP ont montré une forte


augmentation de leur concentration au moment des pêches finales des bassins à la fin mai.
L’augmentation des rejets à cette période liée (i) à une augmentation de la biomasse, (ii) à une
augmentation des taux de renouvellement et (iii) au début des pêches partielles pourrait expliquer
ce phénomène. En effet, Costanzo et al. (2004) ont montré une relation importante entre la
variabilité de l’effet de rejets des effluents et ce qu’ils appellent « le stade de maturité des
bassins » (en terme de biomasse de crevettes et de quantité d’aliment ajouté dans les bassins).
Ceci devrait être pris en compte dans le cadre d’un suivi d’impact pour assurer une meilleure
évaluation de la distribution et des effets des effluents sur l’environnement littoral (Costanzo et
al., 2004).

Dans la baie de Téremba, l’évolution temporelle des paramètres cités précédemment s’est
révélée plus variable surtout aux stations SO5 et SO4. La configuration du site, les
concentrations plus faibles dans les effluents, l’étalement de la production dans le temps peuvent
expliquer le niveau plus faible de réponse et sa variabilité.

41
En ce qui concerne les éléments dissous, la concentration de l’eau en azote dissout total a
montré de fortes valeurs avec la fin des cycles d’élevage à la station OA5 de la baie de
Chambeyron et dans les deux stations SO5 et SO4 dans la baie de Téremba. Ce sont aussi les
périodes de rejets maximales.

La concentration de l’azote nitreux dans cette dernière était stable à un niveau très bas au
début de l’étude et a montré une augmentation synchrone avec les quantités de nourriture
ajoutées et les rejets de La Sodacal en fond de baie. Ces concentrations relativement élevées
pourraient avoir pour cause à la minéralisation de la matière organique apportée par les effluents
de La Sodacal.

L’étude temporelle de ces différents paramètres met en valeur la relation entre la


zootechnie appliquée par la ferme (nourriture, décharge d’effluents) et la qualité du milieu
récepteur. Smith et al. (2002) notent que la quantité et la qualité de l’aliment affecte d’une façon
directe les déchets exportés vers le milieu récepteur.

2.2. Effet spatial

Les gradients côte large sur toute la durée de l’étude

Sur le plan spatial, les résultats ont montré pour la plupart des paramètres étudiés,
l’existence de gradients côte-large significatifs. Ces gradients indiquaient une diminution de la
concentration en chl-a, du COP, des MES, du NDT, des bactéries, de la fraction
nanophytoplanctonique et de l’azote nitreux en allant du fond de la baie de Téremba vers le
large. Ces gradients sont significatifs pour le NDT, le COP et la chl-a en baie de Chambeyron.
En revanche, les concentrations d’azote nitreux ont présentées une moyenne croissante du fond
vers le large de la baie de Chambeyron contrairement à la baie de Teremba. La présence
d’herbiers en fonds de baie de Chambeyron pourrait avoir une influence sur les concentrations en
sels nutritifs par leur assimilation (Lemonnier. com. pers.)

Discrimination entre période de forts rejets aquacoles et période hors rejets

Les gradients décroissants observés dans le milieu receveur des effluents indiquent une
diminution des concentrations des paramètres étudiés en s’éloignant de la côte. Ces gradients
pourraient être des effets côte-large observés naturellement dans les écosystèmes côtiers.
En revanche, la comparaison des valeurs moyennes prises par les concentrations entre la
période « hors rejets » et la période « forts rejets » a montré des gradients plus forts durant les
périodes des rejets des fermes. Des différences significatives entre les deux périodes ont été
décelées surtout dans les stations de fonds de baie (OA5, SO5 et SO4). En effet la station OA5
présentait des concentrations en NDT, en chlorophylle-a, en charge bactérienne et en
nanoplancton plus fortes pendant la période des rejets. SO5 a montré de plus fortes
concentrations en NDT, en azote nitreux, en charge bactérienne et en nanophytoplancton. A ces
paramètres s’ajoutent la chlorophylle-a et les MES au niveau de SO4. Ces différences de
concentration observées dans le milieu receveur entre les deux périodes « rejets intenses » et
« hors rejet » étaient aussi notées par Wolanski et al. (2000) dont les résultats montraient une
plus forte charge du milieu receveur (une rivière) en NDT, NOD, COD, MES, COP, et chl-a
durant les rejets des effluents. Wolanski et al. (200à) notent aussi la décroissance de ces
paramètres avec la distance au site décharge des effluents.

42
Les autres stations situées à plus de 1000m de la côte, n’ont pas montrée des différences
significatives. Ces résultats suggèrent que l’impact des effluents sur le milieu littoral est limité au
niveau de la station OA5 en baie de Chambeyron et au niveau des stations SO5 et SO4 en baie de
Téremba, c’est à dire à une distance de 1 km de la bordure côtière dans les deux milieux. Cette
même valeur de distance a été trouvée par Trott et Alongi (2000). L’étude réalisée par Jones et
al. (2001) indique que la qualité « normale » de l’eau dans le milieu receveur des effluents est
rétablie à 750 m. Costanzo et al. (2004) ont noté que, pendant la période des rejets, ces
paramètres montrent des valeurs normales au niveau de l’embouchure du fleuve qui emportait les
effluents de la fermes étudiée vers le milieu côtier et qui faisait 3 km de longueur.

L’impact réel de la ferme dont on a pu définir les limites ne peut être quantifié dans le
cadre de cette étude. Il aurait fallu réaliser des séries temporelles sur des radiales établies, soit
dans les mêmes baies avant l’établissement des fermes, soit dans des baies dont la configuration
et la capacité de renouvellement sont comparables à nos deux baies étudiées. Ceci pourrait
permettre déterminer l’effet saisons et l’effet gradients côte-large naturels (Jacquet, 2005).

Stratification du milieu ?

L’échantillonnage des eaux superficielles a permis de déterminer la limite de l’impact des


effluents aux stations de fond de baie, situées à une distance inférieure ou égale à 1km.
L’établissement des profils verticaux visait à déterminer un éventuel effet des effluents par
stratification, les effluents étant généralement plus salés et donc plus denses (Landesman, 1994).
En effet, Wildish et al. (2004) notent que, dans le contexte de l’aquaculture, la stratification peut
constituer un important facteur dans la dispersion des matières organiques provenant des fermes
aquacoles. En revanche, les profils verticaux de salinité, de turbidité et de fluorescence observés
sur la colonne d’eau de la baie de Téremba dans les stations OA4 à OA1 n’ont montré aucune
évolution temporelle pouvant avoir pour cause l’augmentation des rejets de la ferme. Les
variations observées répondent plutôt à des phénomènes climatiques. Ces résultats confirment la
limitation de l’impact dans une zone restreinte de la baie, de faible profondeur.

3. Les indicateurs dans l’environnement littoral

En général, le choix de l’indicateur approprié devrait être basé sur 3 critères


principaux qui sont : sa spécificité par rapport aux effluents d’élevage des crevettes et sa réponse
proportionnelle à l’intensité du rejet et à la distance à ce rejet (Martin, com. pers.).

3.1. Spécificité de l’indicateur

Les paramètres étudiés n’ont montré aucune spécificité de la matière organique issues des
fermes d’élevage des crevettes comparativement à d’autres apports organiques qu’ils soient
naturels ou non. En effet, en étudiant et comparant l’impact des effluents des fermes d’élevage
des crevettes avec celui des eaux usées, Jones et al. (2001) et Costanzo et al (2004) ont montré
que les paramètres physico-chimiques seuls sont incapables de déceler la différence entre les
rejets aquacoles et les rejets d’eau usée. Ils ont montré que l’utilisation des végétaux marins
comme les herbiers et les feuilles de mangrove en tant que bioindicateurs, en y réalisant des
traçages isotopique et des études sur leur composition en acide aminé, est l’outil le plus pertinent
pour distinguer les différentes sources de matière organique.

43
3.2. Intensité de la réponse en fonction de l’intensité des rejets

Il a été noté que les rejets de La Sodacal excèdent en quantité ceux de la Pénéide de
Ouano, la quantité d’azote rejetée étant 2.5 fois plus élevée (25 tonne de nourriture ajoutée/cycle
de production à La Sodacal contre 10 tonnes à Ouano). Cependant dans le cadre de notre étude,
on ne peut pas établir la relation entre l’intensité du rejet et l’intensité de la production dans la
mesure où seulement deux échantillons (2 fermes) sont étudiés. De plus, les milieux récepteurs
correspondant ne sont pas semblables rendant toute comparaison difficile. En effet, comme nous
l’avons déjà précisé, l’intensité de la réponse est influencée par le degré de confinement du
milieu récepteur, de son hydrodynamisme et de son taux de renouvellement. Ces trois paramètres
ont un effet sur la dilution des effluents et agissent donc sur la réponse des indicateurs. Enfin, la
taille et la structure des mangroves des deux sites dans lesquelles sont déversés les effluents sont
très différentes et pourraient aussi affecter considérablement la réponse des paramètres physico-
chimiques dans le milieu (Virly et al., 2004).

3.3. Intensité de la réponse en fonction de la distance au rejet

Pour les raisons précédentes, les deux écosystèmes, et donc la réponse de chacun d’eux
sont difficilement comparables. Cependant, il est noté pour certains paramètres, particulièrement,
le NDT, la chl-a, les bactéries et le nanophytoplancton, une réponse « logique », c.à.d. montrant
un gradient de concentration décroissant de la côte vers le large. En effet, pour ces paramètres,
les concentrations les plus élevées sont observées au niveau des stations OA5, SO5 et SO4.
L’étude statistique effectuée a montré que ces concentrations sont très probablement liées à
l’effet des rejets aquacoles.

44
V. CONCLUSION
Cette étude n’a pas permis de définir des indicateurs spécifiques de l’impact des effluents
d’élevage des crevettes sur l’écosystème littoral calédonien. On peut par contre considérer des
indicateurs « non spécifiques » tels que l’azote dissout total, la chlorophylle-a, les bactéries et les
fractions nano et picophytoplanctoniques.

Ces indicateurs « non spécifiques » ont montrés un impact de l’enrichissement organique


par les effluents de la crevetticulture limité dans l’espace à 1 km de la côte, et dans le temps dans
la période des rejets.

Cependant, la comparaison des impacts entre les deux sites étudiés à travers ces
indicateurs « non spécifiques » ne peut être réalisée car, dans la relation « cause-effet », il est
impossible de comparer l’intensité de la réponse dans la mesure où les caractéristiques de
l’écosystème récepteur (confinement, hydrodynamisme, capacité de renouvellement de l’eau) et
celle du milieu transporteur de la cause (la mangrove) ne sont pas bien connues.

La définition d’indicateurs « spécifiques » doit donc être recherchée dans d’autres


paramètres spécifiques de la composition de la matière organique exclusive des effluents
aquacoles, particulièrement des granulés ajoutés, tels que les rapports isotopiques et les acides
aminés qui pourront être étudiés dans le milieu récepteur. Ces types d’indicateurs peuvent
indiquer des impacts plus éloignés à la côte (Costanzo et al.,2004 ; Jones et al.2001).

45
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Poster que j’ai réalisé au cours de mon stage et qui était présenté au congrès international de la
World Aquaculture Society 2006 qui s’est tenu du 9 au 13 mai à Florence en Italie.
Abstract
In order to assess the impact of shrimp farm effluent on the Caledonian lagoon, we searched for
potential indicators of these effluents. Water quality and phytoplankton biomass and composition
were examined over one year in the ponds of two farms differing by there intensification degree
and in the coastal environment receiving the relative wastes. Chlorophyll a, total dissolved
nitrogen, bacteria and nanophytoplancton showed concentrations in the discharge periods
significantly higher than those noted out of discharge periods. These parameters showed that the
impact was limited in space (within 1 km of the coastal broad line) and in time (within the
discharge periods). These parameters showed their capacity to be valuable but non specific
indicators of the shrimp farm effluents. The limited impact suggests that the effluent were diluted
by the tides action and/or incorporated in the coastal food webs. It was impossible to compare
the impacts caused by the two different farms because of the difference and the poorly known
degree of confinement and hydrodynamics of the two coastal receiving media.

Résumé
Cette étude vise à définir des indicateurs pour suivre les effluents d’élevage dans le lagon de la
Nouvelle-Calédonie. A cette fin, les paramètres physico-chimiques, la charge bactérienne, la
biomasse et la composition phytoplanctonique ont été suivis pendant un an dans les bassins
aquacoles de deux fermes d’élevage d’intensités de production différentes et sur des radiales
« côte-large » établies dans le milieu côtier récepteur. On note des gradients côte – large
significatifs pour la majorité des paramètres suivis. L’azote dissout total, la chlorophylle-a, les
bactéries et le nanophytoplancton ont montré des concentrations significativement plus élevées
pendant la période de forts rejets d’effluents par les fermes aquacoles comparativement à la
période « hors rejets ». L’étude suggère que l’impact des rejets était limité, dans l’espace à 1 km
de la côte et, dans le temps à la période des rejets aquacoles. Les paramètres (i) azote dissout
total, (ii) chlorophylle-a, (iii) charge bactérienne et (iv) abondance du nanophytoplancton sont
potentiellement utilisables comme indicateurs. Toutefois, ils ne sont pas spécifiques de la
matière organique rejetée dans les effluents aquacoles. La comparaison des impacts dus aux deux
systèmes de production est difficile, les milieux récepteurs présentaient des degrés de
confinement et des caractéristiques hydrodynamiques très différentes et non connues.

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