INRS - Règles Ventilation
INRS - Règles Ventilation
TJ 5 AIDE-MÉMOIRE JURIDIQUE
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
© INRS, 2007.
Rectificatif TJ 5 Aération et assainissement des lieux de travail
P. 32 Annexe 5
Arrêté du 9 février 2006 modifiant l'arrêté du 30 juin 2004 établissant la liste des
valeurs limites d'exposition professionnelle indicatives en application de l'article R. 232-
5-5 du code du travail
(J.O n° 35 du 10 février 2006)
Dans le tableau annexé à l'arrêté du 30 juin 2004 susvisé, les lignes concernant les substances
suivantes sont supprimées :
Acide chlorhydrique.
Ammoniac anhydre.
Azide de sodium.
Chloroforme.
Cyclohexanone.
N,N-diméthylacétamide.
Diméthylamine.
Heptane-3-one.
4-méthylpentane-2-one.
1,1,1-trichloroéthane.
Juridique
Aide-mémoire juridique n° 5
(mise à jour juillet 2007)
Aération et assainissement
des lieux de travail
Synthèse établie par Anne Le Roy, Assistance juridique, INRS, Paris
Cet aide-mémoire met à la disposition du lecteur les principales données légales et réglementaires
d'hygiène et de sécurité en matière d’aération et de ventilation des lieux de travail.
Les établissements assujettis au Code du travail doivent les parties impliquées dans la réalisation et la conduite de
respecter des règles en matière d’aération. l’installation.
La réglementation concerne les locaux fermés où le per-
sonnel est appelé à séjourner. Elle s’applique aussi à tous les Le maître d’ouvrage doit mettre à disposition de l’occu-
lieux où le personnel doit intervenir et où il existe un risque pant des locaux des moyens de ventilation adaptés aux acti-
lié à la qualité de l’air. vités prévues. Il doit informer le futur occupant au moyen
L’article R. 232-5 du Code du travail pose deux objec- d’une notice d'instructions décrivant l’ensemble de l’installa-
tifs : tion afin que ce dernier puisse l’utiliser et l’entretenir dans les
– maintenir un état de pureté de l’atmosphère propre à meilleures conditions (partie 2).
préserver la santé des travailleurs ;
– éviter les élévations exagérées de température, les Le chef d’établissement, pour sa part, doit vérifier que les
odeurs désagréables et les condensations. caractéristiques de l’installation de ventilation sont adaptées
à l’activité prévue et qu’elles permettent d’assurer la salubrité
La réglementation distingue deux grandes catégories de de l’air de sorte que les concentrations en polluants restent
locaux et de pollution : inférieures aux valeurs limites fixées et qu’elles ne sont pas
– les locaux dits à pollution non spécifique quand la pollu- dangereuses pour la santé.
tion est liée à la seule présence humaine à l’exception des Il est responsable de la maintenance et de l’entretien de
locaux sanitaires ; l’installation et doit en assurer régulièrement le contrôle (par-
– les locaux dits à pollution spécifique, si des polluants y tie 3).
sont émis (gaz, vapeurs, brouillards, fumées, poussières…)
(partie 1). Par ailleurs, il existe des règles de ventilation particu-
Les objectifs de ventilation prévus par la réglementation lières pour certains travaux ou activités. Elles s’ajoutent
doivent être pris en compte dès la conception de l’installa- aux dispositions prévues pour les locaux à pollution spéci-
tion. Les textes imposent un échange d’informations entre fique (partie 4).
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TJ n°5
SOMMAIRE
2
TJ n°5
3
TJ n°5
Les débits minimaux s’appliquent à de l’air neuf Valeurs limites de concentration admissibles
pris directement sur l’extérieur sans transiter dans Code du travail, art. R. 232-5-5
d’autres locaux et qui peut être mélangé à de l’air Poussière : est considérée comme « poussière » toute par-
recyclé sans que cela puisse réduire les débits d’air ticule solide dont le diamètre aérodynamique est au plus
neuf prescrits. égal à 100 micromètres ou dont la vitesse limite de chute,
La ventilation mécanique peut évidemment être dans les conditions normales de température, est au plus
arrêtée en cas d’inoccupation des locaux. Toutefois, égale à 0,25 mètre par seconde. Les poussières ainsi définies
les installations doivent toujours être mises en marche sont appelées « poussières totales ». Toute poussière sus-
avant occupation des locaux. ceptible d’atteindre les alvéoles pulmonaires est considérée
L’air recyclé n’est pas pris en compte pour le calcul comme « poussière alvéolaire ».
du débit minimal d’air neuf prévu dans le tableau. Le « diamètre aérodynamique » d’une poussière est le
diamètre d’une sphère de densité égale à l’unité ayant la
Recyclage de l’air même vitesse de chute dans les mêmes conditions de tem-
Air recyclé : air pris et réintroduit dans un local ou pérature et d’humidité relative.
groupe de locaux. Toutefois, l’air pris hors des points • Dans les locaux à pollution spécifique, les
de captage de polluants et réintroduit dans le même concentrations moyennes en poussières totales et
local après conditionnement thermique n’est pas alvéolaires de l’atmosphère inhalée par une personne,
considéré comme de l’air recyclé. évaluées sur une période de huit heures, ne doivent
En application de l’article R. 232-5-4 du Code du pas dépasser respectivement 10 et 5 milligrammes
travail, l’air envoyé après recyclage dans les locaux à par m3 d’air.
pollution non spécifique doit être filtré. Ces valeurs concernent les poussières sans effet
En cas de panne du système d’épuration ou de fil- spécifique, c’est-à-dire les poussières qui ne sont pas
tration, le recyclage doit être arrêté. en mesure de provoquer seules sur les poumons ou
L’air d’un local à pollution spécifique ne doit pas sur tout autre organe ou système du corps humain
être envoyé après recyclage dans un local à pollution d’autre effet qu’un effet de surcharge.
non spécifique. • D’autres poussières et plus généralement
La filtration de l’air recyclé provenant d’un local à d’autres substances telles que certains gaz, aérosols
pollution non spécifique sera considérée comme satis- liquides ou vapeurs font ou feront l’objet de valeurs
faisante si les installations de filtration ont un rende- limites à ne pas dépasser.
ment d’au moins 50 % au test opacimétrique défini On peut en particulier se reporter à l’article R. 231-
par la norme française X 44-012 relative aux 58 du Code du travail pour ce qui concerne le ben-
méthodes d’essais des filtres à air utilisés en ventila- zène, les poussières de bois, le chlorure de vinyle
tion générale. monomère, le plomb métallique et ses composés.
• Enfin des arrêtés ministériels peuvent fixer des
valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives
Locaux à pollution spécifique constituant des objectifs de prévention (voir l’arrêté
du 30 juin 2004 en annexe 5).
Ce sont les locaux dans lesquels des substances
dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de Débits minimaux d’air neuf
gaz, vapeurs, aérosols solides ou liquides autres que Code du travail, art. R. 232-5-6
celles qui sont liées à la seule présence humaine, Pour chaque local à pollution spécifique, la venti-
locaux pouvant contenir des sources de micro-orga- lation doit être réalisée et son débit déterminé en
nismes potentiellement pathogènes ou locaux sani- fonction de la nature et de la quantité des polluants
taires. Dès lors qu’un polluant est émis dans le local, ainsi que, le cas échéant, de la quantité de chaleur à
celui-ci devient un local à pollution spécifique. évacuer, sans que le débit minimal d’air neuf puisse
L’installation doit permettre d’atteindre deux être inférieur aux valeurs fixées pour les locaux à pol-
objectifs : lution non spécifique (voir tableau ci-dessus).
1) apporter de l’air neuf dans les mêmes conditions Lorsque l’air provient de locaux à pollution non
que celles prévues pour la ventilation mécanique des spécifique, il doit être tenu compte du nombre total
locaux à pollution non spécifique ; d’occupants des locaux desservis pour déterminer le
2) respecter les valeurs limites admissibles de débit minimal d’entrée d’air neuf (l’air neuf est « pris
concentration de poussières, gaz, aérosols, liquides ou à l’air libre hors des sources de pollution » Code du
vapeurs pour préserver la santé et la sécurité des tra- travail, art. R. 232-5-1).
vailleurs.
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TJ n°5
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TJ n°5
Le contrôle en permanence de la qualité de l’air affectés à un usage collectif, (…), sauf dans les empla-
recyclé dans les locaux doit être retenu chaque fois cements expressément réservés aux fumeurs ».
que c’est possible. Le décret no 2006-1386 du 15 novembre 2006 pré-
cise l’étendue du principe et vise tous les lieux, à usage
Équipements de protection individuelle collectif, fermés et couverts, qui accueillent du public
S’il est impossible d’éliminer les polluants par le ou qui constituent des lieux de travail.
système de ventilation, des équipements de protec- Le décret détermine, aux articles R. 3511-2 à
tion individuelle doivent être fournis aux salariés. R. 3511-4 du code de la santé publique, les condi-
Ces équipements doivent être choisis et adaptés tions auxquelles doivent répondre les locaux réservés
en fonction de la nature des travaux à effectuer et aux fumeurs ; l’objectif est d’empêcher l’exposition,
doivent présenter les caractéristiques d’efficacité même de manière involontaire, des salariés non
compatibles avec la nature du risque auquel les tra- fumeurs au tabac. C’est pourquoi il ne peut être
vailleurs sont exposés. Ils ne doivent pas les gêner dérogé au principe d’interdiction que dans les empla-
dans leur travail ni, autant qu’il est possible, réduire cements réservés.
leur champ visuel. Ces emplacements doivent respecter les normes de
Le chef d’établissement doit prendre les mesures ventilation prévues à l’article R. 3511-3 :
nécessaires pour que ces équipements soient effecti- – ils doivent être équipés d’un dispositif d’extrac-
vement utilisés, pour qu’ils soient maintenus en bon tion d’air par ventilation mécanique permettant un
état de fonctionnement et désinfectés avant d’être renouvellement d’air minimal de dix fois le volume de
attribués à un nouveau titulaire. l’emplacement par heure ;
Code du travail, art. R. 232-5-13
– ce dispositif est entièrement indépendant du sys-
tème de ventilation ou de climatisation d’air du bâti-
ment. Le local est maintenu en dépression continue
Locaux sanitaires d’au moins cinq pascals par rapport aux pièces com-
municantes.
Les locaux sanitaires (douches, cabinets d’ai-
Le caractère impératif de ce dispositif vise à
sances, etc.) doivent bénéficier d’un débit d’air au
s’assurer que les non fumeurs, qu’ils soient salariés,
moins égal à celui fixé dans le tableau ci-dessous, dès
prestataires de service, agents d’entretien ou de
lors qu’ils ont été mis en construction ou aménagés à
maintenance, ne puissent être exposés à la fumée du
partir du 1er janvier 1985.
tabac dans le cadre de leur emploi. C’est pourquoi,
Code du travail, art. R. 235-2-7
conformément à l’article R. 3511-4, il est demandé
Débit minimal d’air introduit que l’efficacité du dispositif de renouvellement d’air
Désignation des locaux (en m3 par heure et par local) du local fumeur soit attestée par l’installateur ou la
personne assurant la maintenance du dispositif de
Cabinet d’aisances isolé** 30 ventilation mécanique.
Salle de bains ou de 45 Le responsable de l’établissement est tenu de pro-
douches isolée** duire cette attestation à l’occasion de tout contrôle et
de faire procéder à l’entretien régulier du dispositif.
Salle de bains ou de 60 Enfin aucune tâche d’entretien et de maintenance
douches** commune avec
un cabinet d’aisances
ne peut être exécutée dans ces emplacements sans
que l’air ait été renouvelé, en l’absence de tout occu-
Bains, douches et cabinets 30 + 15 N* pant, pendant au moins une heure.
d’aisances groupés
Lavabos groupés 10 + 5 N*
Installations de
Installations de captage Installations de recyclage
ventilation mécanique
Fonctionnement Débit d’air neuf assuré pour Efficacité du captage ou, à Efficacité de l’épuration et
chaque local. défaut, débit de l’air extrait. méthode de contrôle de cette
efficacité.
En cas de panne Mesures permettant la Mesures permettant l’arrêt Mesures permettant l’arrêt du
remise en marche ou permet- de la production des pol- recyclage.
tant d’établir une ventilation luants.
naturelle permanente. Mesures permettant l’arrêt de la
production des polluants s’ils ne
peuvent être rejetés dans l’atmo-
sphère.
Pour toutes les installations, la consigne doit indiquer les informations permettant leur conduite et leur entretien et un dossier
de maintenance où sont mentionnés notamment les dates et résultats des contrôles périodiques, les aménagements et les
réglages qui ont été apportés aux installations.
Les résultats des contrôles périodiques et des dif- Pour les locaux à pollution spécifique :
férentes opérations d’entretien et de nettoyage sont – la mesure du débit d’air des installations, et
consignés dans le dossier de maintenance (voir : notamment du débit d’air neuf ;
« Consigne d’utilisation »). – la situation des prises d’air neuf ;
On trouvera ci-dessous un résumé de la fréquence – la mesure de l’efficacité de captage ;
et de la nature des contrôles périodiques. – lorsque l’air est recyclé : la mesure de l’efficacité
A. 8.10.1987 d’épuration et, s’il y a lieu, dans le cas de poussières,
l’efficacité par tranches granulométriques ; le contrôle
des filtres ou des dépoussiéreurs, des épurateurs et
Locaux à pollution Locaux à pollution
non spécifique spécifique des systèmes de surveillance ;
– la mesure de concentration en poussières totales
Tous les ans : Tous les ans : et alvéolaires.
– débit global minimal d’air – débit global d’air extrait, Mesures complémentaires :
neuf, – pressions statiques et – la mesure des pressions statiques ou des
– examen de l’état des élé- vitesses de l’air,
ments de l’installation, – examen de l’état de tous
vitesses d’air en des points caractéristiques des ins-
– conformité des filtres de les éléments de l’installa- tallations, associées aux débits d’air et aux efficaci-
rechange à la fourniture tion ; tés de captage pour établir ou contrôler les valeurs
initiale, de référence destinées au contrôle périodique des
– dimensions, perte de Tous les 6 mois (s’il y a un installations prescrits par l’arrêté du 8 octobre
charge des filtres, système de recyclage) :
– examen de l’état des sys- – concentrations en pous-
1987 ;
tèmes de traitement de sières dans les gaines de – la mesure de concentration des polluants faisant
l’air (humidificateurs- recyclage ou à leur sortie l’objet de valeurs limites réglementaires.
échangeurs), dans un écoulement L’arrêté du 9 octobre 1987 et son annexe précisent
– pressions statiques et canalisé, le type de mesures à effectuer et les méthodes et les
vitesses de l’air. – contrôle de tous les sys-
tèmes de surveillance.
techniques de contrôle (voir annexe 3).
• Ces mesures et contrôles sont effectués par une
personne ou un organisme agréé choisi par le chef
d’établissement.
Le chef d’établissement justifie qu’il a saisi l’orga-
Au-delà de l’autocontrôle du chef d’établissement nisme agréé dans les quinze jours suivants la date de
qui va lui permettre de tenir à jour le dossier d’instal- demande de vérification et transmet à l’inspecteur du
lation, l’inspecteur du travail peut exiger des contrôles travail les résultats qui lui sont communiqués dans les
effectués par des organismes agréés. dix jours qui suivent cette communication.
Code du travail, art. R. 232-5-10 • Les résultats des mesures et contrôles sont consi-
gnés dans un document transmis par le chef d’établis-
Mesures et contrôles prescrits par l’inspecteur du travail sement à l’inspecteur du travail.
• L’inspecteur du travail peut demander au chef La présentation et la conservation des résultats
d’établissement d’effectuer des mesures et des doivent être compatibles avec la préservation du
contrôles au titre de l’autocontrôle auquel il est tenu. secret industriel quant aux produits et aux procédés
Il peut également lui demander de faire procéder à mis en œuvre et, notamment, sur demande du chef
des mesures et contrôles autres que les contrôles d’établissement, les schémas d’installation, l’activité
périodiques permettant de vérifier le respect des dis- des postes de travail, le nom du personnel peuvent
positions du Code du travail et notamment l’efficacité être fournis sous la forme codée habituelle connue par
des installations, le maintien des performances de l’inspecteur du travail.
l’installation.
L’inspecteur précise les locaux, les installations, les Organismes de contrôle agréés
postes de travail et, le cas échéant, les phases de pro- Le chef d’établissement choisit la personne ou l’or-
duction auxquelles sa demande s’applique. ganisme agréé sur une liste dressée par le ministre
• Les mesures et contrôles sont les suivants. chargé du Travail et par le ministre chargé de
Pour les locaux à pollution non spécifique aérés par l’Agriculture.
ventilation mécanique ou naturelle permanente : L’arrêté du 9 octobre 1987 précise les conditions et
– la mesure du débit d’air des installations de ven- les modalités d’agrément des personnes et des orga-
tilation dans les locaux, et notamment la mesure du nismes agréés. Ceux-ci sont agréés pour différentes
débit d’air neuf ; missions correspondant à différents types de locaux et
– le contrôle des filtres ; selon le type de contrôle ou de mesure prescrit par
– la situation des prises d’air neuf. l’inspecteur du travail.
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TJ n°5
CATÉGORIE A B C D
Nota – La catégorie A comprend les mesures aérauliques dans les locaux sanitaires dépendant des locaux à pollution non
spécifique. (A. 24.12.1993)
Mesures de protection individuelle L’air doit être prélevé loin de toute source de vicia-
• Il faut rappeler également que les salariés appe- tion.
lés à travailler dans les puits, les cuves ou les réservoirs Dans les galeries où il est fait usage d’explosifs, la venti-
ou appareils quelconques pouvant contenir des gaz lation doit être réalisée dans les conditions suivantes :
délétères doivent être attachés par une ceinture ou 1) il doit être introduit au front de taille, au moyen
protégés par un autre dispositif de sûreté. d’une installation de ventilation artificielle, 200 litres
D’une manière générale, dès qu’il y a présence de au moins d’air par seconde et par mètre carré de la
substances dangereuses dans de tels lieux, outre les plus grande section de galerie ventilée ; l’air introduit
précautions déjà précisées concernant le contrôle, doit être prélevé loin de toute source de viciation ;
l’assainissement préalable et la ventilation, les travaux 2) après chaque tir une aspiration doit être effec-
ne doivent être effectués qu’en présence d’une per- tuée le plus près possible du front de taille, afin d’éli-
sonne restant à l’extérieur et équipée des dispositifs miner au maximum les poussières en suspension ;
lui permettant de surveiller et de porter secours sans 3) éventuellement une ventilation auxiliaire doit
s’exposer elle-même. permettre d’accélérer l’absorption du bouchon de tir.
Quand il est fait usage de moteurs à combustion interne
ou qu’il existe des émanations nocives, les quantités mini-
Émanations malsaines males d’air à introduire doivent être augmentées de
façon telle que la qualité de l’atmosphère demeure
L’article R. 232-5-14 du Code du travail prévoit compatible avec l’hygiène et la sécurité des tra-
que : vailleurs
– l’atmosphère des locaux affectés au travail et
leurs dépendances doit être tenue constamment à
l’abri de toute émanation provenant d’égouts, fosses, Travaux de décapage, dépolissage,
puisards, fosses d’aisances ou toute autre source d’in- dessablage au jet
fection ;
– dans les établissements qui déversent les eaux Installations appropriées à ces opérations
résiduaires ou de lavage dans un égout public ou Sauf impossibilité technique, les opérations de
privé, toute communication entre l’égout et l’établis- décapage ou de dessablage au jet doivent être effec-
sement doit être munie d’un intercepteur hydrau- tuées soit en appareil clos dont l’étanchéité doit être
lique, qui doit être fréquemment nettoyé et dont la maintenue, soit en cabine.
garde d’eau doit être assurée en permanence. Toutefois les opérations de dessablage au jet d’eau
projeté sous très forte pression ne peuvent être effec-
tuées que dans des installations hermétiquement
Travaux souterrains closes.
Percement de galeries et de puits Les poussières dégagées au cours des opérations
doivent être captées de telle manière qu’elles ne puis-
Pour les travaux du bâtiment, les travaux publics et sent polluer l’environnement. À cet effet, les appareils
tous autres travaux concernant les immeubles, il y et cabines doivent être maintenus en légère dépres-
aura lieu de tenir compte également des prescriptions sion.
du décret 65-48 du 8 janvier 1965 relatives à la venti- Lorsque les opérations de décapage ou de dessa-
lation, notamment pour les travaux dans les galeries blage au jet s’effectuent en cabine ou pour des raisons
souterraines en cours de percement et les puits en d’ordre technique à l’air libre, le chef d’établissement
cours de fonçage (articles 83 à 89 du décret). doit fournir à chaque travailleur exposé une cagoule,
Le décret pose comme principe que la qualité de ou des vêtements de travail ainsi que des gants ou des
l’atmosphère des galeries souterraines en cours de per- chaussures.
cement et les puits en cours de fonçage doit être com- Pendant l’exécution des travaux, la cagoule doit
patible avec l’hygiène et la sécurité des travailleurs. être alimentée en air pur et tempéré à raison de
Il prescrit aussi des débits minimaux de ventilation 165 litres au minimum par minute.
dans les cas suivants.
Quand l’aération naturelle est insuffisante, l’assainis- Port d’équipements de protection individuelle
sement de l’atmosphère est obtenu au moyen d’une Pour l’exécution des opérations, le chef d’établis-
installation de ventilation artificielle. Cette instal- sement est tenu de fournir à chaque travailleur exposé
lation doit assurer au front de taille un débit minimal des équipements de protection individuelle tels que
d’air de 25 litres par seconde et par homme. tablier, gants, lunettes.
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TJ n°5
Quand l’activité peut conduire à exposer les travail- Le décret no 2006-761 du 30 juin 2006 modifie le
leurs à des agents biologiques, des règles particulières code du travail et crée une section V bis concernant
de prévention et de protection doivent être prises. les mesures particulières de protection contre les
On entend par « agents biologiques » les micro- risques liés à l’amiante (art. R. 231-59 et suivants).
organismes, y compris les micro-organismes généti- Ces dispositions s’intègrent aux mesures générales de
quement modifiés, les cultures cellulaires et les prévention du risque chimique ainsi qu’aux règles par-
endoparasites humains susceptibles de provoquer une ticulières de prévention à prendre contre les risques
infection, une allergie ou une intoxication. d’exposition aux agents cancérogènes, mutagènes ou
Code du travail, art. R. 231-61 toxiques pour la reproduction.
Ces agents biologiques sont classés en quatre En fonction des postes de travail, la réglementation
groupes en fonction du risque d’infection qu’ils pré- précise les règles applicables aux activités de confine-
sentent : risques pathogènes chez l’homme, dangers ment et de retrait de l’amiante ainsi que les disposi-
pour les travailleurs, risques de propagation dans la tions spécifiques aux activités et interventions sur des
collectivité, existence d’une prophylaxie et/ou d’un matériaux ou appareils susceptibles d’émettre des
traitement efficace. fibres d’amiante.
La liste des agents biologiques pathogènes est fixée Pour toutes les activités, le chef d’établissement
par l’arrêté du 18 juillet 1994 modifié. doit prendre les mesures propres à réduire les niveaux
• Le chef d’établissement doit évaluer la nature, la d’exposition, la durée d’exposition et le nombre de
durée et les conditions d’exposition aux agents biolo- salariés exposés aux poussières d’amiante. Il doit pro-
giques dans l’entreprise. céder à l’évaluation des risques, informer les tra-
Si les résultats de cette évaluation révèlent l’exis- vailleurs, les former à la sécurité.
tence d’un risque pour la sécurité ou la santé des tra-
vailleurs, toute exposition doit être évitée. Mesures des niveaux d’empoussièrement
Quand elle ne peut pas être évitée, elle doit être et respect de la valeur limite
réduite en prenant notamment des mesures de confi- En fonction des résultats de l’évaluation des
nement. risques, et afin de garantir le respect de la valeur limite
• L’arrêté du 13 août 1996 (Journal officiel du 7 sep- d’exposition de 0,1 fibre par centimètre cube sur une
tembre 1996) précise les dispositions relatives aux heure de travail, le chef d’établissement devra procé-
mesures et aux niveaux de confinement selon la nature der à des contrôles des niveaux d’empoussièrement.
de l’agent biologique et de l’activité considérée, labo- Ces contrôles seront réalisés sur des postes de travail
ratoire de recherche, de développement et d’enseigne- en situation significative de l’exposition personnelle à
ment, établissements industriels et agricoles. l’inhalation des poussières d’amiante. Les échantillons
Parmi les mesures de confinement à mettre en prélevés seront analysés par un laboratoire accrédité à
œuvre sont notamment prévues l’existence d’un sys- cet effet.
tème de ventilation de secours et la filtration de l’air
entrant dans les lieux de travail.
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TJ n°5
ANNEXES
Annexe n° 1
Aération et assainissement des lieux de travail : extraits du code du travail (articles R. 232-5 à R. 232-5-14
et R. 235-2-4 à R. 235-2-8) et circulaire du 9 mai 1985 relative au commentaire technique des décrets 84-
1093 et 84-1094 du 7 décembre 1984.
Annexe n° 2
Arrêté du 8 octobre 1987. Contrôle périodique des installations d’aération et d’assainissement des locaux
de travail.
Annexe n° 3
Arrêté du 9 octobre 1987 modifié. Contrôle de l’aération et de l’assainissement des locaux de travail
pouvant être prescrit par l’inspecteur du travail.
Annexe n° 4
Note technique de 5 novembre 1990. Aération et assainissement des ambiances de travail.
Annexe n° 5
Arrêté du 30 juin 2004 établissant la liste des valeurs limites d’exposition professionnelle indicatives en
application de l’article R. 232-5-5 du Code du travail.
Annexe n° 6
Éléments bibliographiques.
Annexe n° 1 Air neuf : air pris à l'air libre hors des sources de pollution.
Aération et assainissement des lieux de travail Air recyclé : air pris et réintroduit dans un local ou un groupe
de locaux. Toutefois, l'air pris hors des points de captage de
Code du travail polluants et réintroduit dans le même local après conditionne-
ment thermique n'est pas considéré comme de l'air recyclé.
Section II - Ambiances des lieux de travail Locaux à pollution non spécifique : locaux dans lesquels la
pollution est liée à la seule présence humaine, à l'exception
Sous-section 1 - Aération, assainissement des locaux sanitaires.
(Décret n° 84-1093 du 7 décembre 1984 modifié par décret Locaux à pollution spécifique : locaux dans lesquels des
n° 87-809 du 1er octobre 1987, par décret n° 2003-1254 du substances dangereuses ou gênantes sont émises sous forme
23 décembre 2003) de gaz, vapeurs, aérosols solides ou liquides autres que celles
Art. R. 232-5 - Dans les locaux fermés où le personnel est qui sont liées à la seule présence humaine, locaux pouvant
appelé à séjourner, l'air doit être renouvelé de façon à : contenir des sources de micro-organismes potentiellement
1° Maintenir un état de pureté de l'atmosphère propre à pathogènes et locaux sanitaires.
préserver la santé des travailleurs ; Ventilation mécanique : ventilation assurée par une instal-
2° Éviter les élévations exagérées de température, les lation mécanique.
odeurs désagréables et les condensations. Ventilation naturelle permanente : ventilation assurée natu-
Les règles applicables à l'aération, à la ventilation et à l'as- rellement par le vent ou par l'écart de température entre l'ex-
sainissement des locaux mentionnés au premier alinéa ci- térieur et l'intérieur.
dessus sont fixées, suivant la nature et les caractères de ces Poussières : est considérée comme « poussière » toute par-
locaux, aux articles R. 232-5-1 à R. 232-5-11. ticule solide dont le diamètre aérodynamique est au plus égal
à 100 micromètres ou dont la vitesse limite de chute, dans
Art. R. 232-5-1 - Pour l'application de la présente sous- les conditions normales de température, est au plus égale à
section, les termes mentionnés ci-dessous ont les significa- 0,25 mètre par seconde. Les poussières ainsi définies sont
tions suivantes : appelées « poussières totales ».
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TJ n°5
Toute poussière susceptible d'atteindre les alvéoles pul- luées sur une période de huit heures, ne doivent pas dépasser
monaires est considérée comme « poussière alvéolaire ». respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d'air.
Le « diamètre aérodynamique » d'une poussière est le II. - Des prescriptions particulières prises en application
diamètre d'une sphère de densité égale à l'unité ayant la du 2° de l'article L. 231-2 déterminent le cas échéant :
même vitesse de chute dans les mêmes conditions de tem- 1° D'autres limites à ne pas dépasser que celles qui sont
pérature et d'humidité relative. fixées au premier alinéa ci-dessus pour certaines variétés de
poussières ;
Art. R. 232-5-2 - Dans les locaux à pollution non spéci- 2° Des valeurs limites à ne pas dépasser pour des sub-
fique, l'aération doit avoir lieu soit par ventilation méca- stances telles que certains gaz, aérosols liquides ou vapeurs
nique, soit par ventilation naturelle permanente. Dans ce et pour des paramètres climatiques.
dernier cas, les locaux doivent comporter des ouvrants don- III. - Des valeurs limites d’exposition professionnelle indi-
nant directement sur l'extérieur et dont les dispositifs de catives, constituant des objectifs de prévention, peuvent être
commande sont accessibles aux occupants. L'aération exclu- fixées par arrêté des ministres chargés du travail et de l’agri-
sive par ouverture de fenêtres ou autres ouvrants donnant culture.
directement sur l'extérieur est autorisée lorsque le volume
par occupant est égal ou supérieur à : Art. R. 232-5-6 - Pour chaque local à pollution spécifique,
a) 15 mètres cubes pour les bureaux ainsi que pour les la ventilation doit être réalisée et son débit déterminé en
locaux où est effectué un travail physique léger ; fonction de la nature et de la quantité des polluants ainsi
b) 24 mètres cubes pour les autres locaux. Les locaux que, le cas échéant, de la quantité de chaleur à évacuer, sans
réservés à la circulation et les locaux qui ne sont occupés que que le débit minimal d'air neuf puisse être inférieur aux
de manière épisodique peuvent être ventilés par l'intermé- valeurs fixées à l'article R. 232-5-3.
diaire des locaux adjacents à pollution non spécifique sur les- Lorsque l'air provient de locaux à pollution non spéci-
quels ils ouvrent. fique, il doit être tenu compte du nombre total d'occupants
des locaux desservis pour déterminer le débit minimal d'en-
Art. R. 232-5-3 - Dans les locaux à pollution non spéci- trée d'air neuf.
fique, lorsque l'aération est assurée par des dispositifs de
ventilation, le débit minimal d'air neuf à introduire par occu- Art. R. 232-5-7 - Les émissions sous forme de gaz,
pant est fixé dans le tableau ci-après : vapeurs, aérosols de particules solides ou liquides, de sub-
stances insalubres, gênantes ou dangereuses pour la santé
DÉBIT MINIMAL des travailleurs doivent être supprimées y compris, par la
DÉSIGNATION DES LOCAUX d'air neuf par occupant mise en œuvre de procédés d’humidification en cas de risque
(en m3/heure) de suspension de particules, lorsque les techniques de pro-
duction le permettent.
Bureaux, locaux sans travail
Dans le cas contraire, elles doivent être captées au fur et
physique......................................... 25
à mesure de leur production, au plus près de leur source
Locaux de restauration, locaux de d'émission et aussi efficacement que possible, notamment
vente, locaux de réunion ............... 30 en tenant compte de la nature, des caractéristiques et du
débit des polluants ainsi que des mouvements de l'air.
Ateliers et locaux avec travail
Toutefois, s'il n'est techniquement pas possible de cap-
physique léger................................ 45
ter à leur source la totalité des polluants, les polluants rési-
Autres ateliers et locaux ................ 60 duels doivent être évacués par la ventilation générale du
local.
Les installations de captage et de ventilation doivent être
Art. R. 232-5-4 - L'air envoyé après recyclage dans les réalisées de telle sorte que les concentrations dans l'atmo-
locaux à pollution non spécifique doit être filtré. sphère ne soient dangereuses en aucun point pour la santé et
L'air recyclé n'est pas pris en compte pour le calcul du la sécurité des travailleurs et qu'elles restent inférieures aux
débit minimal d'air neuf prévu dans le tableau figurant à l'ar- valeurs limites fixées aux I et II de l'article R. 232-5-5.
ticle R. 232-5-3. Les dispositifs d'entrée d'air compensant les volumes
En cas de panne du système d'épuration ou de filtration, extraits doivent être conçus et disposés de façon à ne pas
le recyclage doit être arrêté. L'air pollué d'un local à pollution réduire l'efficacité des systèmes de captage.
spécifique ne doit pas être envoyé après recyclage dans un Un dispositif d'avertissement automatique doit signaler
local à pollution non spécifique. toute défaillance des installations de captage qui n'est pas
directement décelable par les occupants des locaux.
Art. R. 232-5-5 - I. - Dans les locaux à pollution spéci-
fique, les concentrations moyennes en poussières totales et Art. R. 232-5-8 - L'air provenant d'un local à pollution
alvéolaires de l'atmosphère inhalée par une personne, éva- spécifique ne peut être recyclé que s'il est efficacement
15
TJ n°5
épuré. Il ne peut être envoyé après recyclage dans d'autres a) Les conditions et modalités d'agrément des orga-
locaux que si la pollution de tous les locaux concernés est de nismes mentionnés à l'article R. 232-5-10 ;
même nature. En cas de recyclage, les concentrations de b) Les méthodes de mesure de concentration, de débit,
poussières et substances dans l'atmosphère du local doivent d'efficacité de captage, de filtration et d'épuration ;
demeurer inférieures aux limites définies aux I et II de l'ar- c) La nature et la fréquence du contrôle des installations
ticle R. 232-5-5. mentionnées au premier alinéa de l'article R. 232-5-9.
Les prescriptions particulières mentionnées à l'article
R. 232-5-5 interdisent ou limitent, le cas échéant, l'utilisation Art. R. 232-5-12 - Dans les puits, conduites de gaz, car-
du recyclage pour certaines catégories de substances ou neaux, conduits de fumée, cuves, réservoirs, citernes, fosses,
catégories de locaux. galeries et dans les lieux où il n'est pas possible d'assurer de
Les conditions du recyclage sont portées à la connais- manière permanente le respect des dispositions de la pré-
sance du médecin du travail, des membres du comité d'hy- sente sous-section, les travaux ne doivent être entrepris
giène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, qu'après vérification de l'absence de risque pour l'hygiène et
des délégués du personnel. la sécurité des travailleurs et, le cas échéant, après assainis-
Les personnes mentionnées à l'alinéa précédent sont, en sement de l'atmosphère et vidange du contenu.
outre, consultées sur toute nouvelle installation ou toute Pendant l'exécution des travaux la ventilation doit
modification des conditions de recyclage. être réalisée, selon le cas suivant les prescriptions définies à
Les installations de recyclage doivent comporter un sys- l'article R. 232-5-3 ou à l'article R. 232-5-6 , de manière à
tème de surveillance permettant de déceler les défauts des maintenir la salubrité de l'atmosphère et à en assurer un
dispositifs d'épuration. En cas de défaut, les mesures néces- balayage permanent, sans préjudice des dispositions du
saires sont prises par l'employeur pour maintenir le respect décret n° 65-48 du 8 janvier 1965.
des valeurs limites définies aux I et II de l'article R. 232-5-5,
le cas échéant, en arrêtant le recyclage. Art. R. 232-5-13 - Si l'exécution des mesures de protec-
tion collective prévues aux articles R. 232-5 à R. 232-5-12 est
Art. R. 232-5-9 - Le chef d'établissement doit maintenir reconnue impossible, des équipements de protection indivi-
l'ensemble des installations mentionnées dans la présente duelle doivent être mis à la disposition du personnel.
sous-section en bon état de fonctionnement et en assurer Ces équipements doivent être choisis et adaptés en fonc-
régulièrement le contrôle. tion de la nature des travaux à effectuer et doivent présenter
Le chef d'établissement indique dans une consigne d'uti- des caractéristiques d'efficacité compatibles avec la nature
lisation les dispositions prises pour la ventilation et fixe les du risque auquel les travailleurs sont exposés. Ils ne doivent
mesures à prendre en cas de panne des installations. pas les gêner dans leur travail ni, autant qu'il est possible,
Cette consigne, établie en tenant compte, s'il y a lieu, des réduire leur champ visuel.
indications de la notice d'instructions fournie par le maître Le chef d'établissement doit prendre les mesures néces-
d'ouvrage conformément à l'article R. 235-2-8, est soumise à saires pour que ces équipements soient effectivement
l'avis du médecin du travail, des membres du comité d'hy- utilisés, pour qu'ils soient maintenus en bon état de fonc-
giène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, tionnement et désinfectés avant d'être attribués à un nou-
des délégués du personnel. veau titulaire.
Art. R. 232-5-10 - L'inspecteur du travail peut prescrire Art. R. 232-5-14 - L'atmosphère des locaux affectés au
au chef d'établissement de faire procéder par une personne travail et de leurs dépendances doit être tenue constamment
ou un organisme agréé aux contrôles et aux mesures per- à l'abri de toute émanation provenant d'égouts, fosses, pui-
mettant de vérifier le respect des dispositions des articles sards, fosses d'aisances ou de toute autre source d'infection.
R. 232-5-3 à R. 232-5-9. Dans les établissements qui déversent les eaux résiduaires
Le chef d'établissement choisit la personne ou l'orga- ou de lavage dans un égout public ou privé, toute communi-
nisme agréé sur une liste dressée par le ministre chargé du cation entre l'égout et l'établissement doit être munie d'un
Travail et par le ministre chargé de l'Agriculture. intercepteur hydraulique. Cet intercepteur hydraulique doit
Le chef d'établissement justifie qu'il a saisi l'organisme être fréquemment nettoyé, et sa garde d'eau doit être assu-
agréé dans les quinze jours suivant la date de demande de rée en permanence.
vérification et transmet à l'inspecteur du travail les résultats
qui lui sont communiqués dans les dix jours qui suivent cette
communication. Section II - Règles d'hygiène
Art. R. 232-5-11 - Des arrêtés conjoints du ministre
chargé du Travail et du ministre chargé de l'Agriculture, pris Sous-section 2 - Aération, assainissement
après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques (Décret n° 84-1094 du 7 décembre 1984)
professionnels et de la Commission nationale d'hygiène et de Art. R. 235-2-4 - Le maître d'ouvrage doit, dans la limite
sécurité du travail en agriculture, fixent : de sa responsabilité, concevoir et réaliser les bâtiments et
16
TJ n°5
leurs aménagements de façon que les locaux fermés où le ment, les dispositions prises pour la ventilation et l'assai-
personnel est appelé à séjourner satisfassent aux dispositions nissement des locaux, et les informations permettant au
des articles R. 232-1 à R. 232-1-8. chef d'établissement d'entretenir les installations, d'en
contrôler l'efficacité et d'établir la consigne d'utilisation
Art. R. 235-2-5 - Les installations de ventilation doivent prescrite aux deuxième et troisième alinéas de l'article
assurer le renouvellement de l'air en tous points des locaux. R. 232-1-9.
Ces installations ne doivent pas provoquer, dans les zones de
travail, de gêne résultant notamment de la vitesse, de la tem-
pérature et de l'humidité de l'air, des bruits et des vibrations Circulaire du 9 mai 1985
; en particulier ces installations ne doivent pas entraîner
d'augmentation significative des niveaux sonores résultant relative au commentaire technique des décrets
des activités envisagées dans les locaux. 84-1093 et 84-1094 du 7 décembre 1984 concernant
Toutes dispositions doivent être prises lors de l'instal- l'aération et l'assainissement des lieux de travail
lation des équipements de ventilation, de captage ou de recy- (non parue au Journal officiel)
clage pour permettre leur entretien régulier et les contrôles
ultérieurs d'efficacité. Le décret n° 84-1093, en vertu de son article 8, est appli-
Les parois internes des circuits d'arrivée d'air ne doivent cable à compter du 1er décembre 1986 et le décret n° 84-
pas comporter de matériaux qui peuvent se désagréger ou se 1094, en vertu de son article 2, à compter du 1er décembre
décomposer en émettant des poussières ou des substances 1985. La présente circulaire a notamment pour but d'appor-
dangereuses pour la santé des travailleurs. ter les précisions techniques nécessaires pour que les adap-
tations aux prescriptions nouvelles puissent se faire en temps
Art. R. 235-2-6 - Dans les locaux à pollution non spéci- utile.
fique définis à l'article R. 232-1-1, le maître d'ouvrage doit :
1° Prévoir un système de filtration de l'air neuf lorsqu'il A - Décret n° 84-1093 du 7 décembre 1984
existe un risque de pollution de cet air par des particules (obligations des chefs d'établissement)
solides et que son introduction est mécanique ; Le décret n° 84-1093 du 7 décembre 1984 est pris en
2° Prendre les mesures nécessaires pour que ne pénètre application de l'article L. 231-2, 1° du code du travail.
pas l'air pollué en provenance des locaux à pollution spéci- Son article 1er abroge la sous-section 7 de la section pre-
fique définis à l'article R. 232-1-1 précité. mière (Locaux affectés au travail) du chapitre II (Hygiène)
du titre III (Hygiène et sécurité) du livre II (deuxième par-
Art. R. 235-2-7 - Le maître d'ouvrage doit prévoir dans les tie) du code du travail, intitulée « Assainissement ».
locaux sanitaires un débit d'air au moins égal à celui fixé dans Son article 2 substitue à la sous-section 1 (Aération) de
le tableau ci-dessous. la même section une nouvelle sous-section 1 intitulée
« Aération, assainissement ».
DÉBIT MINIMAL Il a paru plus clair, en effet, de regrouper les dispositions
DÉSIGNATION DES LOCAUX d'air introduit des sous-sections 1 et 7, car les problèmes d'aération, de ven-
(en m3/heure/local) tilation et d'assainissement sont souvent très liés.
Les articles R. 232-1 à R. 232-1-11 et R. 232-2 à R. 232-
Cabinet d'aisances isolé** ............ 30
4, soit quinze articles, constituent désormais la sous-section
Salle de bains ou de douches précitée.
isolée** .......................................... 45 Les nouvelles dispositions actualisent et précisent les
prescriptions des anciennes sous-sections 1 et 7. En effet,
Salle de bains ou de douches** sont notamment fixées :
commune avec un cabinet
d'aisances ....................................... 60 – des valeurs minimales de renouvellement d'air, en har-
monie avec les valeurs du règlement sanitaire type ;
Bains, douches et cabinets – des valeurs maximales d'exposition aux poussières ;
d'aisances groupés ......................... 30 + 15 N* – des obligations concernant l'évacuation des polluants,
l'utilisation du recyclage et l'entretien des installations.
Lavabos groupés............................ 10 + 5 N*
En raison de l'intérêt qui s'attache à ce que ces mesures
N* : nombre d'équipements dans le local. puissent être appliquées dans les délais prévus avec toute
** : pour un cabinet d'aisances, une salle de bains ou de douches l'efficacité désirable, il paraît nécessaire d'appeler l'attention
avec ou sans cabinet d'aisances, le débit minimal d'air introduit peut
être limité à 15 mètres cubes par heure si ce local n'est pas à usage sur certains points particulièrement importants ou certaines
collectif. novations essentielles.
Art. R. 235-2-8 - Le maître d'ouvrage précise, dans une Art. R. 232-1-1 - Les termes ci-dessous appellent les
notice d'instructions qu'il transmet au chef d'établisse- remarques complémentaires suivantes.
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TJ n°5
À ce jour quatre substances : l'amiante, le benzène, le cité sont, quand elles existent, généralement beaucoup plus
bromure de méthyle et le chlorure de vinyle monomère font faibles) et à 10 % de cette limite si des personnes travaillent
l'objet de valeurs limites réglementaires et 106 produits font dans cette atmosphère.
l'objet de valeurs indicatives mentionnées dans les circu- Lorsque ces substances sont des poussières inflam-
laires du 19 juillet 1982, du 21 mars 1983, du 1er décembre mables, il faut éviter la formation de nuages de poussières et,
1983 et du 10 mai 1984 (cf. Bulletin officiel du ministère des notamment, supprimer par des nettoyages fréquents tout
Affaires sociales et de la Solidarité nationale). dépôt de poussières susceptibles de se soulever et utiliser des
conduits d'extraction aussi courts que possible.
Art. R. 232-1-6 - Dans un local à pollution spécifique le Les dispositifs d'entrée d'air compensant les volumes
captage et la ventilation générale doivent permettre l'éva- d'air extrait par les installations de captage sont souvent mal
cuation des polluants et en conséquence doivent être adap- étudiés, voire oubliés ; il en résulte une perte d'efficacité des
tés à la nature et à la quantité des polluants ; en outre, la installations, due notamment à des différences de pression
ventilation peut permettre l'évacuation de chaleur provenant trop fortes ou des entrées d'air mal disposées ou mal conçues
de sources internes (fours, machines, etc.). ainsi qu'une gêne pour le personnel due aux courants d'air
Le second alinéa concerne les installations où est réalisé parasites.
un balayage de l'air des locaux à pollution non spécifique En raison de leur fiabilité, les dispositifs d'avertissement
vers les locaux à pollution spécifique. La réglementation rela- et de surveillance fonctionnant suivant le principe de la sécu-
tive aux économies d'énergie prescrit ce balayage qui pré- rité positive doivent être préférés à tout autre système. Un
sente, en outre, l'avantage d'éviter, dans le cas de locaux dispositif est dit « de sécurité positive » lorsqu'un incident
contigus, la pénétration de l'air des locaux à pollution spéci- quelconque susceptible de l'empêcher ultérieurement de
fique dans les autres locaux. jouer correctement son rôle provoque automatiquement sa
Ainsi on pourra réaliser le schéma suivant : mise en position de protection.
entrée générale d'air neuf dans le local à pollution non
spécifique, puis balayage successif de ce local, de la circula- Art. R. 232-1-8 - Les systèmes d'épuration doivent être
tion et du local à pollution spécifique qui comporte la ou les choisis après identification et détermination des caractéris-
sorties d'air extrait. tiques de tous les polluants émis.
Sauf cas particulier des locaux à empoussièrement
Art. R. 232-1-7 - Cet article précise les objectifs à contrôlé (comme les « salles blanches » ou « salles propres »),
atteindre par ordre de priorité : les installations de recyclage des locaux à pollution spéci-
1° Suppression des émissions de substances insalubres fique ne devraient pas fonctionner hors des périodes de
gênantes ou dangereuses par l'utilisation de nouvelles tech- chauffage ou de climatisation.
niques de production ; L'efficacité des systèmes d'épuration doit être connue
2° Captage, au plus près possible des sources d'émission, pour tous les polluants émis. Notamment, lorsque les pol-
de la totalité des polluants ; luants sont des poussières, les courbes de rendement granu-
3° Dilution et évacuation des polluants résiduels par la lométrique doivent être fournies. Ces données font partie
ventilation générale. des informations à communiquer au médecin du travail et
La ventilation générale ne peut être admise comme tech- aux membres du comité d'hygiène, de sécurité et des condi-
nique principale d'assainissement que lorsque les polluants tions de travail.
sont peu toxiques, qu'ils sont émis avec un faible débit et à Le contrôle en permanence de la qualité de l'air recyclé
une distance suffisante des travailleurs. dans les locaux doit être retenu chaque fois que c'est pos-
Une attention particulière doit être portée aux émissions sible.
de substances susceptibles de former un mélange explosif.
Le premier objectif doit être également la suppression de Art. R. 232-1-9 - L'absence de notice d'instructions four-
telles émissions. L'extraction par le captage à la source doit nie par le maître d'ouvrage ne dispense pas l'employeur de
être réalisée avec un matériel adapté évitant notamment la l'application des règles qui le concernent.
formation d'étincelles. Dans toutes les zones où pourrait Dans le cas où l'employeur n'est pas responsable des ins-
apparaître une atmosphère explosive, le matériel doit être tallations de ventilation, il lui appartient d'obtenir les infor-
conçu pour une utilisation en atmosphère explosible, la for- mations concernant la ventilation des locaux qu'il occupe et
mation d'électricité statique doit être évitée, enfin, l'exis- de demander, le cas échéant, au service gestionnaire les
tence d'évents de décharge permet d'atténuer l'effet d'une modifications de l'installation et le respect des règles d'en-
explosion. tretien. C'est le cas notamment lorsque l'employeur n'oc-
Lorsque ces substances sont des gaz ou des vapeurs cupe qu'une partie des locaux d'un bâtiment collectif.
inflammables, leur concentration doit être maintenue à la La consigne d'utilisation mentionnée au deuxième alinéa
plus faible valeur possible et rester inférieure à 25 % de la doit notamment indiquer :
limite inférieure d'explosivité (LIE) dans l'ensemble de l'ins- a) Pour les installations de ventilation mécanique :
tallation (les valeurs limites d'exposition (VLE) pour la toxi- – le débit d'air neuf assuré pour chaque local ;
19
TJ n°5
20
TJ n°5
nécessaires à une vérification rapide de leur fonctionnement La notice d'instructions mentionnée à cet article permet
(prises de pression statique, indicateurs de débit...). à l'employeur qui occupera les locaux de connaître les possi-
bilités d'occupation.
Art. R. 235-8 - Cette notice doit indiquer notamment :
1° La filtration de l'air neuf doit être réalisée lorsque la – en cas de ventilation mécanique, le débit d'air neuf
concentration de l'atmosphère en fumée noire est impor- assuré pour chaque local,
tante ou lorsque l'on ne peut éviter la proximité d'une source – pour les installations de captage, les caractéristiques
de pollution importante. principales (débit, pression statique, efficacité minimale),
En principe, la filtration sera exigée lorsque la concentra- – pour les installations de recyclage, le rendement mini-
tion moyenne annuelle en fumée noire des trois dernières mal de l'épuration,
années dépassera 60 microgrammes par mètre cube dans la – enfin toutes informations permettant la conduite et
zone considérée ou lorsqu'il existe une source de pollution l'entretien de ces installations.
importante à proximité. Cette notice doit indiquer également les mesures concer-
Les renseignements concernant ces concentrations pour nant l'installation qu'il convient de prendre :
les principales agglomérations françaises peuvent être com- – en cas de panne des installations de ventilation méca-
muniqués par les directions régionales de l'industrie et de la nique, pour les remettre en marche ou établir une ventilation
recherche. naturelle,
La filtration de l'air neuf à des taux de fumée noire infé- – en cas de panne des installations d'épuration pour arrê-
rieurs à 60 microgrammes par mètre cube permet de main- ter le recyclage.
tenir la propreté des peintures et des revêtements. Pénalités.
La filtration de l'air neuf, lorsqu'elle est nécessaire, sera Il convient de rappeler que les pénalités applicables aux
considérée, en règle générale, comme satisfaisante si les ins- maîtres d'ouvrage en cas d'infraction aux dispositions du
tallations de filtration ont un rendement d'au moins 90 % au présent décret sont précisées à l'article L. 263-8 du code
test gravimétrique, défini par la norme française X 44-012 du travail et que, selon l'article L. 263-11 dudit code, les
précitée. infractions sont constatées :
En zone très polluée des dispositions seront prises, telles – par les officiers de police judiciaire,
que la mise en place des préfiltres, pour retarder le colma- – par les inspecteurs du travail et par les personnes pré-
tage des filtres. vues à l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, à savoir :
2° Pour que l'air d'un local à pollution spécifique puisse tous les fonctionnaires et agents de l'État et des collectivités
balayer d'autres locaux, il faut qu'il soit exempt en perma- publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le
nence de polluant. L'employeur doit pouvoir en fournir la ministre chargé de l'Urbanisme suivant l'autorité dont ils
preuve par des contrôles d'atmosphère. relèvent, et assermentés.
Il peut en être ainsi pour certaines salles dont l'atmo- Ces pénalités sont celles prévues aux articles L. 480-4 et
sphère doit être maintenue à l'abri des poussières dites L. 480-5 du code de l'urbanisme, à savoir : une amende com-
« salles blanches » ou « salles propres ». prise entre 2 000 F et un montant qui ne peut excéder :
– soit dans le cas de construction d'une surface de plan-
Art. R. 235-9 - Les valeurs sont les mêmes que celles du cher, une somme égale à 10 000 F par mètre carré de la
règlement sanitaire type (circulaire du 9 novembre 1978 construction ou de la partie de la construction réalisée en
modifiée par la circulaire du 20 janvier 1983). infraction ;
– soit dans le cas contraire, un montant de 500 000 F.
Art. R. 235-10 - Un maître d'ouvrage qui réalise une ins- En cas de récidive, outre la peine d'amende ainsi définie,
tallation de ventilation, sans connaître l'utilisation qui sera un emprisonnement de un mois pourra être prononcé.
faite des locaux, définit néanmoins les possibilités d'occupa- Enfin, le tribunal peut statuer :
tion ultérieure ; en effet : – soit sur la mise en conformité des lieux ou celles des
– les débits choisis pour l'air neuf déterminent les effec- ouvrages avec les règlements,
tifs maximum ; – soit sur la réaffectation du sol en vue du rétablissement
– la disposition des recyclages ou des balayages peut des lieux dans leur état antérieur.
interdire la mise en place de sources de pollution dans cer-
tains locaux.
21
TJ n°5
– concentration en poussières sans effet spécifique ou en – contrôle de la concentration en poussières sans effet
autres polluants en différents points caractéristiques de la spécifique ou en autres polluants dans les gaines de recyclage
pollution dans l'atelier et dans les gaines de recyclage ou à ou à leur sortie dans un écoulement canalisé ;
leur sortie dans un écoulement canalisé ; – contrôle de tous les systèmes de surveillance mis en œuvre.
– systèmes de surveillance mis en œuvre et moyens de
contrôle de ces systèmes. Art. 5 - Les méthodes de mesure utilisées pour les
2. Les opérations périodiques suivantes doivent être contrôles précités doivent être précisées dans le dossier visé
effectuées et leurs résultats portés sur le dossier de mainte- à l'article 2. Ce sont, soit les méthodes décrites en annexe de
nance mentionné à l'article 2 (b) : l'arrêté du 9 octobre 1987 relatif au contrôle de l'aération et
a) Au minimum tous les ans. de l'assainissement des locaux de travail prescrit par l'inspec-
– contrôle du débit global d'air extrait par l'instal- teur du travail, soit des méthodes donnant des résultats com-
lation ; parables.
– contrôle des pressions statiques ou des vitesses aux Les contrôles périodiques prescrits au présent arrêté ne
points caractéristiques de l'installation, notamment au dispensent pas le chef d'établissement de l'entretien et du
niveau des systèmes de captage ; nettoyage de l'installation ainsi que du remplacement des
– examen de l'état de tous les éléments de l'installation éléments défectueux chaque fois qu'ils sont nécessaires.
(système de captage, gaines, dépoussiéreurs, épurateurs, sys-
tèmes d'apport d'air de compensation...). Art. 6 - Les dispositions du présent arrêté sont applicables
b) Au minimum tous les six mois lorsqu'il existe un sys- à compter du premier jour du sixième mois suivant celui de sa
tème de recyclage : publication au Journal officiel de la République française.
23
TJ n°5
Le contrôle de la situation des prises d'air neuf consiste à – la géométrie de l'émetteur du traceur ;
vérifier que leur position est suffisamment éloignée de toute – la localisation des points d'émission et de prélèvement ;
source de pollution, telle que : sortie d'air extrait, débouché – la vitesse et la direction des courants d'air éventuels ;
de conduit de fumée, en prenant en compte la direction des – le temps de mesure ;
vents dominants. – les réglages de l'installation au moment de la mesure ;
Le contrôle des systèmes de surveillance consiste à véri- – la valeur moyenne et la valeur minimale (définie comme
fier leurs caractéristiques, leur état, l'étalonnage des réglages la valeur telle que l'efficacité soit supérieure à cette valeur
des détecteurs, et à vérifier par des tests leur fonction- pendant 95 p. 100 du temps).
nement. 3° Pour les mesures d'efficacité de filtration ou de
dépoussiérage et d'épuration :
Art. 4 - Résultats des mesures et des contrôles. – la nature des installations contrôlées ;
Les résultats des mesures et des contrôles sont consignés – la nature des poussières filtrées et des polluants épurés ;
dans un document transmis, en application de l'article – les différents polluants mesures ;
R. 232-5-10 (alinéa 3) du code du travail, par le chef d'éta- – le nombre de machines ou postes de travail en service
blissement à l'inspecteur du travail. lors de ces mesures ainsi que le niveau d'activité de chaque
Ce document doit indiquer ou comporter : poste de travail au moment de la mesure.
A - Le nom et l'adresse de la personne ou de l'organisme 4° Pour les mesures de concentration de poussières :
agréé qui a été chargé des contrôles, le nom de la personne qui – la position des capteurs de mesure :
a effectué les mesures ainsi que la date de son intervention. – les caractéristiques des postes de travail concernés et, le
B - Un schéma général précisant l'emplacement des diffé- cas échéant, le nom du ou des porteurs de ces capteurs ;
rents locaux, appareils, filtres, systèmes de captage, épura- – la durée des mesures ;
teur ayant fait l'objet des contrôles. – les débits de prélèvement ;
C - Pour chaque type de mesure : – la valeur de concentration en poussières totales ;
– les caractéristiques des appareils de mesure utilisés et la – la valeur de concentration en poussières alvéolaires.
date de leur dernier étalonnage ; E - Pour les contrôles :
– la technique de mesure utilisée ; 1° Des filtres :
– les résultats de mesure : valeur moyenne et écart type ; – les caractéristiques des filtres données par le fabricant
– l'erreur limite aléatoire et une estimation des erreurs (référence, classe d'efficacité), l'efficacité de la filtration qui
limites systématiques et combinées, telles qu'elles sont défi- en résulte ;
nies dans la norme NF X 10106 ; – leur perte de charge, leur état, leur entretien lors du
D - De plus pour chaque mesure spécifique suivante : contrôle.
1° Pour les mesures de débit d'air : 2° Des dépoussiéreurs et des épurateurs :
a) Pour l'ensemble des mesures : – leurs caractéristiques, leur état, leur entretien et leur
– les conditions de mesure (température, humidité, pres- perte de charge lors du contrôle.
sion) ; 3° Des systèmes de surveillance :
– la valeur moyenne de chaque débit volumique aux – leurs caractéristiques, le résultat de la vérification de
conditions de mesure ; l'étalonnage du réglage des détecteurs et des tests de fonc-
– le nombre de points de mesure et leurs emplacements. tionnement.
b) Lorsqu'il s'agit de débit d'air neuf : F - Lorsque sont prescrites les mesures prévues à l'article
– les locaux concernés par les mesures ; 1er, alinéa C1 :
– les effectifs occupant ces locaux, les débits qui en résul- – pressions statiques ou vitesses d'air en des points carac-
tent par occupant. téristiques des installations, associées aux débits d'air ou aux
c) Pour les mesures par exploration du champ de vitesse efficacités de captage.
ou par appareil déprimogène dans les conduits : Enfin, le document met en évidence, s'il y a lieu, les
– les longueurs droites et les singularités du conduit en emplacements, locaux ou installations pour lesquels les
amont et en aval de la section de mesure ; limites et dispositions fixées par les articles R. 232-5-3 à
– les caractéristiques de l'écoulement du flux d'air. R. 232-5-9 du code du travail ne sont pas respectées et fait
d) Pour les mesures par traçage : apparaître la comparaison des mesures et contrôles réalisés
– la nature, le débit et la vitesse d'éjection du traceur ; avec les données du dossier de valeurs de référence prescrit
– la géométrie de l’émetteur du traceur ; par l'arrêté du 8 octobre 1987 relatif au contrôle périodique
– le temps de mesure ; des installations.
– les caractéristiques du conduit entre le point de généra-
tion du traceur et la section de mesure. Art. 5 - La présentation et la conservation des résultats
2° Pour les mesures d'efficacité de captage : doivent être compatibles avec la préservation du secret
– la nature, le débit, la direction et la vitesse d'éjection du industriel quant aux produits et procédés mis en œuvre et,
traceur ; notamment, sur demande du chef d'établissement, les sché-
25
TJ n°5
mas d'installation, l'activité des postes de travail, le nom du 3° Le nom, la qualification de chaque personne chargée
personnel peuvent être fournis sous la forme codée habi- des mesures et des contrôles ;
tuelle connue de l'inspecteur du travail. 4° L'expérience acquise par ces personnes dans le
domaine des mesures relatives à l'aération et l'assainissement
des lieux de travail.
Section II Au dossier sont annexés :
1° Le tarif des honoraires qui seront perçus pour les rele-
Conditions et modalités d'agrément vés prescrits par les inspecteurs du travail, les frais de dépla-
des personnes et des organismes cement et de séjour étant remboursables sur justifications ;
2° Un dossier de contrôles d'installations, établi au
Art. 6 - Une personne ou un organisme spécialisé qui sol- cours de la période de douze mois précédant la date de
licite l'agrément prévu à l'article R. 232-5-10 du code du tra- demande d'agrément, concernant un ou plusieurs établis-
vail doit adresser au ministre chargé du Travail ou au sements visés par le code du travail et comportant toutes
ministre chargé de l'Agriculture un dossier de demande indi- les mesures et les contrôles pour lesquels l’agrément est
quant : demandé ;
a) S'il s'agit d'une personne physique : 3° Lors des demandes de renouvellement d'agrément, la
– son nom et son adresse, sa compétence théorique et liste des rapports, avec la nature des mesures et des contrôles
pratique, les références relatives à son activité antérieure. réalisés, effectués depuis le dernier agrément, dans laquelle
b) S'il s'agit d'un organisme : sera choisi un ou plusieurs dossiers ;
– sa raison sociale, sa nature juridique et son adresse ; 4° Les méthodes de mesure que l'organisme utilise et la
– les noms, adresse et qualité de chacun des administra- description, la validation détaillée et la précision de celles-ci ;
teurs et des membres de sa direction ; 5° Un engagement du demandeur :
c) Dans l'un ou l'autre cas : – de se conformer en cas d'agrément aux dispositions du
1° La catégorie de l'agrément demandé parmi celles défi- présent arrêté ;
nies dans le tableau ci-après, et pour l'agrément D, la liste – de ne pas modifier le tarif des honoraires ou la compo-
des polluants dont les concentrations peuvent être mesu- sition du personnel de contrôle sans en informer les
rées. ministres chargés du Travail et de l'Agriculture ;
2° Les dispositions prises pour assurer la qualité de la – de transmettre annuellement au ministre chargé du
mesure, la désignation du matériel dont dispose la personne Travail ou au ministre chargé de l'Agriculture une synthèse
ou l'organisme pour les mesures, auxquelles seront jointes des résultats des contrôles et des mesures effectués dans le
des pièces justificatives telles que certificat d'étalonnage, fré- cadre de l'agrément, conformément aux indications qui
quence de l'entretien, essais interlaboratoires ; seront fournies par ces ministères ;
CATÉGORIE A B C D
Nota - La catégorie A comprend les mesures aérauliques dans les locaux sanitaires dépendant des locaux à pollution non spé-
cifique.
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TJ n°5
– de répondre aux enquêtes visant le recueil de données Le débit est alors déterminé en appliquant la formule sui-
utiles à l'amélioration de la prévention de la pollution et de vante :
participer aux réunions d'échange visant l'harmonisation et Q = k.V.S.
l'amélioration de la qualité des méthodes de mesure et de V : étant la vitesse moyenne mesurée dans l'ouverture ;
contrôle, ceci à l'initiative du ministère chargé du Travail et S : étant la surface de la section totale de l'ouverture ;
avec le concours de l'Institut national de recherche et de k : étant un coefficient de correction caractéristique ;
sécurité (INRS) ; – de l'ouverture ;
– d'indiquer de façon apparente dans tous les documents – de la méthode de mesure de la vitesse de l'air ;
contractuels ou publicitaires la ou les catégories de l'agré- – le cas échéant, des singularités situées à proximité de
ment obtenu. l'ouverture.
Le dossier d'agrément doit être déposé en double exem- On prendra 0,6 comme valeur maximale du coefficient k
plaire entre le 15 août et le 15 septembre de l'année en en l'absence d'information précise.
cours.
II - Mesure d'efficacité de captage
Art. 7 - Les personnes et organismes agréés doivent être L'efficacité de captage d'un système d'aspiration est le
indépendants : rapport du débit massique du polluant directement capté au
– des entreprises pour lesquelles ils effectuent des débit massique du polluant émis.
contrôles dans le cadre de l'agrément ; La mesure d'efficacité de captage est faite à l'aide d'un
– des fournisseurs, installateurs ou maîtres d'œuvre traceur simulant l'émission du polluant. Elle est réalisée en
d'équipements de ventilation ou d'assainissement. prenant pour base les indications de la norme NF X 43260.
Les personnes agréées et le personnel des organismes La nature du traceur, la position, les caractéristiques géo-
agréés sont tenus au secret professionnel. métriques et aérauliques de l'émetteur sont choisies de façon
à simuler la génération du polluant. La technique de mesure
Art. 8 - L'agrément est accordé pour une durée au plus est choisie de façon à déterminer le débit du traceur directe-
égale à trois ans par arrêté des ministres chargés du Travail ment capté par le système d'aspiration.
et de l'Agriculture. Cet arrêté est révocable et peut sou- Le principe de la mesure consiste à émettre le traceur
mettre l'agrément à certaines conditions, notamment le successivement :
limiter à certaines catégories prévues à l'article 5 précé- – dans le conduit d'aspiration ;
dent. – aux différents points caractéristiques d'émission du pol-
Les arrêtés d'agrément et de retrait d'agrément sont luant réel, notamment aux endroits les plus éloignés du dispo-
publiés au Journal officiel de la République française. sitif de captage, et à mesurer les différentes concentrations du
traceur dans une section du conduit.
Les prélèvements destinés aux mesures des concentra-
Annexe tions dans le conduit sont réalisés après homogénéisation
du traceur dans l'air. Lorsque les conduits sont rectilignes,
I - Mesure de débit d'air on prend comme base les indications de la norme NF
A - Mesure dans les conduits X 10141.
Chaque fois que cela est techniquement possible, les Lorsque le traceur est émis à débit constant et que le
mesures doivent être effectuées dans les conduits ayant des débit d'aspiration est conservé durant la mesure, l'efficacité
longueurs droites suffisantes conformément aux normes de captage est donnée par la relation simplifiée :
citées ci-après. C – C1
e= 3
La position des prises de mesure des nouvelles instal- C2 – C1
lations doit donc être prévue en conséquence : C1 étant la concentration ambiante en absence d'émission ;
1° Mesure par explorations du champ de vitesse : on C2 étant la concentration quand le traceur est émis dans
prendra pour base les indications données par les normes le conduit ;
NF X 10112, X 10113 et X 10114 ; C3 étant la concentration quand le traceur est émis aux
2° Mesure par traçage : on prendra pour base les indica- points caractéristiques d'émission du polluant.
tions données par la norme NF X 10141 ; Dans certains cas, la quantité de matière à capter peut
3° Mesure par appareil déprimogène : on prendra pour être évaluée par pesée des pièces avant et après usinage, par
base les indications données par la norme NF X 10102 et par bilan matière et par mesure de la concentration dans le
le fascicule de documentation Afnor X 10104. conduit, en aval du système de captage.
B - Mesure par exploration du champ de vitesse dans les
ouvertures III - Mesures d'efficacité de filtration
À défaut de possibilité de mesure dans les conduits, les ou de dépoussiérage
mesures sont réalisées par exploration du champ de vitesse Il s'agit de déterminer les caractéristiques de concentra-
dans les ouvertures. tion en poussières, en amont et en aval du dépoussiéreur
27
TJ n°5
(mécanique, hydraulique, électrique ou à couche poreuse), On prendra pour base les indications de la norme NF X
afin de mesurer son efficacité. 43261.
On prendra pour base les indications données par les
normes NF X 44051 et 44052. VI - Appareils de mesure
Les circuits des nouvelles installations doivent être 1° Mesure de pression :
conçus pour permettre les mesures dans les meilleures – manomètre, micromanomètre.
conditions (longueur droite amont et aval suffisante). 2° Mesure de vitesse d'air :
A - Mesures directes – anémomètre mécanique, anémomètre thermique, ané-
Les mesures de la concentration pondérale en poussières momètre à ultrasons ;
et du débit d'air sont effectuées en amont et en aval du – tube de Pitot normalisé (norme française X 10112),
dépoussiéreur, par exploration dans les conduits. anémoclinomètre, associés à un micromanomètre de préci-
Compte tenu de la forte concentration en amont et de la sion.
faible concentration en aval, les lignes de prélèvement doi- 3° Mesure de débit d'air :
vent être adaptées à ces concentrations, ceci pouvant – micromanomètre associé à diaphragme, venturi ou
conduire à des technologies différentes au niveau de l'élé- tuyère, préinstallés dans un conduit ;
ment de mesure. – générateur de gaz traceur et dispositif de prélèvement
B - Mesures indirectes et de mesure associé ;
Les mesures de la concentration pondérale en poussières – anémomètres.
et du débit d'air sont effectuées en aval du dépoussiéreur. 4° Mesure d'efficacité de captage par traceur :
La mesure de la quantité totale de poussières récupérées – générateur du traceur et dispositif de prélèvement et de
dans la trémie du dépoussiéreur fonctionnant en régime éta- mesure associé.
bli est effectuée sur une période définie. 5° Mesure d'efficacité de filtration :
Mesure de la granulométrie : – matériel de prélèvement permettant un prélèvement
Les mesures de la granulométrie sont effectuées en isocinétique. Appareils de mesure de vitesse, de température
amont et en aval du dépoussiéreur, dans la mesure du pos- et d'humidité dans l'air.
sible en temps réel, en utilisant une ligne de prélèvements 6° Mesure de poussières :
établie selon les spécifications de la norme NF X 44052. – capteur individuel (cyclone, appareil à coupelle rota-
tive...) ;
IV - Mesures d'efficacité d'épuration (gaz et vapeur) – capteur à poste fixe.
L'efficacité d'épuration est déterminée par comparaison Nota - Cette liste est indicative.
des caractéristiques de concentration, en amont et en aval de Les sondes de mesure devront être choisies pour avoir un
l'épurateur, des différents composés gazeux. encombrement limitant la perturbation de l'écoulement.
On ne mesurera que le ou les polluants représentatifs Certains appareils ne permettent pas la mesure en écou-
indiqués dans le dossier de références. lement chargé de poussières.
On suivra les méthodes adaptées à chaque polluant
mesuré et les indications des normes spécifiques pour la VII - Disposition finale
mesure de chaque polluant chaque fois que ces normes exis- Des méthodes de mesures autres que celles définies dans
tent. la présente annexe technique peuvent être utilisées par les
organismes agréés sous réserve :
V - Mesure de concentration en poussières – qu'elles soient présentées dans le dossier de demande
A - Mesure de concentration en poussières alvéolaires. d'agrément ;
On prendra pour base les courbes de sélection granulo- – qu'elles soient parfaitement décrites et justifiées ;
métrique du fascicule Afnor X 43100. – qu'elles soient aussi précises que celles préconisées dans
B - Mesure de concentration en poussières totales. la présente annexe.
28
TJ n°5
mentaires). La première démarche permet une analyse du ristiques de ces installations, lorsqu'elles sont connues, peu-
dysfonctionnement éventuel d'une installation et facilite l'adop- vent être utilisées comme base de nouvelles réalisations. Des
tion de mesures préventives ou correctives précises. normes sont en préparation visant à fournir des informations
Dans le cas des installations existantes, les procédures et détaillées pour quelques types courants de machines.
contrôles sont réduits compte tenu du coût qu'aurait D'une façon plus systématique, l'analyse détaillée du poste
entraîné la vérification détaillée de toutes les installations. de travail et de l'environnement permet de spécifier les
Les contrôles prescrits permettent de s'assurer qu'il n'y a pas caractéristiques requises des installations de captage. Les
de dérive dans les performances d'une installation. Il est efficacités de captage moyennes et minimales dépendent
cependant recommandé au chef d'établissement, chaque notamment de la nature, des caractéristiques et du débit des
fois que c'est possible, d'établir un dossier de valeurs de réfé- polluants ainsi que des mouvements de l'air. L'étude com-
rence et, notamment, d'étalonner les grandeurs aérauliques plète permet d'établir les efficacités requises dans chaque
par la vérification des concentrations en ambiance. Les situation.
contrôles prescrits par l'inspecteur du travail peuvent égale- À titre indicatif, une efficacité moyenne supérieure à
(1) La valeur de l'efficacité ment s'inscrire dans cette optique et servir également à éta- 95 p. 100 et une efficacité minimale (1) supérieure à 85 p. 100
minimale appelée efficacité blir ou à compléter le dossier de référence de l'installation. devraient permettre de traiter de façon satisfaisante un assez
fractile est définie par l'article 4,
alinéa D. d.2 de l'arrêté du Lorsque l'installation et le type d'émission de polluants grand nombre de situations. Cependant, dès que les condi-
9 octobre 1987 comme correspondent à des situations type où des grandeurs aérau- tions d'émission sont plus sévères (polluants très toxiques,
la valeur telle que l'efficacité liques recommandées et reconnues ont été établies (notam- débit d'émission du polluant important), ces efficacités peu-
soit supérieure à cette valeur
pendant 95 p. 100 du temps. ment dans des normes ou des publications de l'INRS), ces vent se révéler insuffisantes. Il convient alors de réexaminer
En termes statistiques, c'est le grandeurs peuvent directement être utilisées comme valeurs la faisabilité technique d'un captage total de la source
fractile 95 p. 100 de la
distribution. de référence. d'émission conduisant à une efficacité de captage de
Ainsi, toute l'expérience et le savoir-faire accumulés 100 p. 100. Chaque fois que c'est techniquement possible,
grâce à des études ayant permis de valider des critères de l'encoffrement total doit d'ailleurs être privilégié en première
référence (par exemple débits d'aspiration minimaux) peu- analyse du problème à traiter. L'élimination des courants d'air
vent être utilisés dans les meilleures conditions de coût et permet également très souvent d'augmenter l'efficacité de
d'efficacité. captage d'un système de ventilation de façon très impor-
La conception d'une installation d'assainissement de l'air tante. A contrario, en cas de difficulté technique démontrée
requiert notamment pour les installations complexes une et pour des situations à faible risque, des efficacités plus
étude détaillée faisant appel à l'expérience et aux données dis- faibles peuvent être envisagées sous réserve de validation.
ponibles. Les caractéristiques des éléments d'une installation Cette validation devrait être systématiquement réalisée dans
(captage, épuration, système de recyclage/rejet, ventilation les nouvelles installations par mesure des polluants en des
générale complémentaire) sont déterminées sur la base de points caractéristiques de la pollution des ateliers.
cette étude. Ces caractéristiques sont interdépendantes. Dans Les dispositions réglementaires mettent l'accent sur l'effi-
ces conditions, il est difficile de proposer des recommanda- cacité de captage et favorisent ainsi le recours à ce moyen de
tions générales valables quelle que soit la situation rencon- prévention. Il y a lieu, à cet égard, de rappeler que la non-
trée. Cependant, de façon à faciliter ce type de démarche existence d'un système de captage ne saurait entraver l'ac-
analytique, on a indiqué, dans les deux paragraphes qui sui- tion de l'inspecteur du travail. Bien au contraire, il convient,
vent, quelques données susceptibles de permettre de traiter en conformité avec l'article R. 232-5-7, d'imposer la mise en
de façon satisfaisante des situations courantes rencontrées place d'un tel système puis faire procéder à son évaluation.
dans les locaux à pollution spécifique. La conception inadéquate du système de captage, lorsque
par exemple la tête du salarié se trouve sur la trajectoire des
Captage des polluants polluants, est également sanctionnable au titre du même
Les émissions sous forme de gaz, vapeurs, aérosols de par- article, sauf si les polluants ne sont absolument pas dange-
ticules solides ou liquides, de substances insalubres, gênantes reux ou peu gênants.
ou dangereuses pour la santé des travailleurs, doivent être cap-
tées au fur et à mesure de leur production et aussi efficacement Recyclage de l'air
que possible. Comme la ventilation générale n'intervient que Le rejet de l'air capté et épuré, en conformité avec les
lorsqu'il n'est pas techniquement possible de capter à leur normes relatives à l'environnement, doit être envisagé en
source la totalité des polluants, toutes dispositions doivent être première analyse. Le recyclage de l'air ne peut être retenu
prises pour que l'efficacité des systèmes de captage soit la plus éle- que s'il permet d'assurer à la fois un niveau équivalent en
vée possible. Ce principe découlant de l'article R. 232-5-7 du qualité de l'air ambiant et en fiabilité de l'installation à celui du
code du travail permet d'ailleurs non seulement une protection rejet.
efficace des travailleurs, mais également une moindre consom- L'air d'un local à pollution spécifique ne peut donc être recy-
mation en énergie. clé que s'il est efficacement épuré. Des dispositions sont prévues
Les performances des meilleures installations de captage pour s'assurer du bon choix des systèmes d'épuration et du
existantes constituent une référence technique ; les caracté- maintien de leurs performances dans le temps.
30
TJ n°5
Le choix des systèmes d'épuration proprement dits rées en ambiance jugées acceptables et les mesures des gran-
repose notamment sur : deurs aérauliques correspondantes des installations. Mais,
– la connaissance des caractéristiques de tous les pol- les valeurs de référence peuvent également prendre pour
luants émis ; base les performances des meilleures installations existantes
– la connaissance de l'efficacité des systèmes de dépous- dès lors que l'on se trouve dans une situation identique, et
siérage, filtration ou épuration ; que ces performances ont fait l'objet de recommandations
– l'existence de systèmes de contrôle de la qualité de l'air de critères aérauliques validés.
recyclé dans les locaux (par exemple : dispositif de contrôle Les organismes de contrôle ont par ailleurs été invités à
de la concentration en polluants dans les conduits de recy- faire état de suggestions d'amélioration élaborées sur la base
clage, dispositif de contrôle de bon fonctionnement des épu- des mesures et contrôles réalisés. Ces recommandations
rateurs et dépoussiérateurs). n'engagent pas l'inspecteur du travail qui peut, après examen
L'étude détaillée de l'installation permet de fixer les per- technique avec les partenaires concernés, mettre en demeure
formances de ces systèmes. l'entreprise de procéder aux améliorations qu'il considère
Le maintien de ces performances dans le temps est comme techniquement justifiées.
contrôlée grâce à la mesure des concentrations de polluants
dans l'air insufflé, lors de la mise en route, puis tous les six Procédure de mise en demeure
mois. Les concentrations de référence dans les conduits de selon l'arrêté du 9 octobre 1987
recyclage sont celles permettant de maintenir les concentra- Il appartient à l'inspecteur du travail de déterminer,
tions en polluant dans l'atelier en dessous des valeurs limites en fonction de la situation rencontrée, les conditions d'ap-
ou indicatives d'exposition. Dans le cas de nouvelles installa- plication de la mise en demeure prévue par les textes régle-
tions, ces différentes concentrations en polluants doivent mentaires. À titre indicatif, quelques éléments méthodo-
être mesurées lors de la mise en route de l'installation. Il est logiques résultant de l'expérience acquise sont présentés
également recommandé de réaliser ces mesures dans le cas ci-dessous.
des installations existantes. À titre indicatif, des concentrations Le principe de la mise en demeure ayant été décidé, il est
dans les conduits de recyclage inférieures au cinquième des valeurs recommandé de procéder à une concertation visant à préciser la
limites d'exposition ou des valeurs indicatives devraient per- portée et le contenu technique des mesures et contrôles à réaliser. À
mettre de traiter de façon satisfaisante un assez grand cet effet, il est conseillé de provoquer l'organisation d'une
nombre de situations lorsque, par ailleurs, les systèmes de réunion regroupant l'entreprise, l'organisme agréé suscep-
captage implantés sont efficaces. Mais, une étude technique tible d'intervenir et l'inspecteur du travail. Il est également
particulière et des mesures en ambiance sont toujours souhaitable d'associer le représentant du service prévention
recommandées car de nombreux paramètres interviennent de la Caisse régionale d'assurance maladie et le cas échéant
dans la fixation de cette valeur de concentration de référence la société chargée par l'entreprise de la maintenance et des
(polluants non captés, débit et efficacité de la ventilation transformations des installations afin que tous les éléments
générale). techniques soient réunis dans le cadre d'une analyse globale
Enfin, il faut rappeler que, sauf cas particulier des locaux du problème à résoudre. De cette réunion devrait ressortir
à empoussièrement contrôlé, l'arrêt du recyclage hors une stratégie pour résoudre ce problème et notamment une
période de chauffage ou de climatisation est impératif. liste des contrôles et mesures à réaliser. Il est rappelé que l'ins-
pecteur du travail doit préciser dans sa demande les locaux,
Rapports de contrôle d’installation les installations, les postes de travail concernés et, le cas
Le rapport de contrôle de l'installation doit faire appa- échéant, les phases de production.
raître les informations mentionnées à l'article 4 de l'arrêté du Il n'est pas souhaitable de demander le contrôle systéma-
9 octobre 1987. Les mesures et contrôles réalisés sont com- tique de toutes les grandeurs sans que cette disposition soit
parés avec les données du dossier de valeurs de référence. techniquement fondée. Il peut, au contraire, être plus appro-
Les valeurs de référence fixent les caractéristiques qualitatives prié de traiter le problème en plusieurs phases afin notamment
et quantitatives de l'installation qui garantissent le respect de d'éliminer les points les plus critiques puis de réaliser un dos-
l'application des spécifications réglementaires et permettent les sier de valeurs de références validé par des mesures de
contrôles ultérieurs par comparaison. Elles sont établies : concentrations acceptables. Il y a lieu de signaler à cet égard
– pour les installations nouvelles ou ayant subi des modi- qu'un rapport de contrôle clair, bien réalisé et reposant sur
fications notables, au plus tard un mois après la mise en des mesures judicieusement choisies, est souvent plus utile
route de l'installation ; qu'un rapport complexe surtout s'il repose sur des mesures
– pour les installations anciennes, soit lors de contrôles à de qualité moyenne.
l'initiative du chef d'établissement, soit lors de contrôles Dans le cas des installations nouvelles, une concertation
prescrits par l'inspecteur du travail. entre les différentes parties mentionnées ci-dessus devrait
Les valeurs de références résultent donc, en premier lieu, permettre d'établir un cahier des charges conforme aux dis-
des comparaisons entre les valeurs de concentrations mesu- positions des textes réglementaires.
31
TJ n°5
ANNEXE
VALEURS LIMITES D’EXPOSITION PROFESSIONNELLE INDICATIVES
mg/m3 (5)
ppm (6)
mg/m 3
ppm
mg/m3 (5)
ppm (6)
mg/m 3
ppm
Annexe n° 6
Éléments bibliographiques
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IMPRESSION, BROCHAGE
I M P R I M E R I E C H I R AT
42540 ST-JUST-LA-PENDUE
JUILLET 2007
DÉPÔT LÉGAL 2007 N° 5958
IMPRIMÉ EN FRANCE
Pour commander les films (en prêt), les brochures et les affiches de l’INRS,
adressez-vous au service prévention de votre CRAM ou CGSS.
Édition INRS TJ 5
4e édition • juillet 2007 • 5 000 ex. • ISBN 978-2-7389-1545-0