COURS DE MIGRATION VV
COURS DE MIGRATION VV
BP : 5005 Dakar-Fann
1. Identité 2. 22479405204722
1.1. Titre du cours LES MIGRATIONS
1.2. Sigle
1.5. Code
mboupbara313@[Link]
[Link]@[Link]
1
OBJECTIFS DU COURS
PLAN DU COURS
2
INTRODUCTION
4
décrire et rechercher les lois générales qui expliquent et font
comprendre les migrations.
[Link]
5
- le critère de résidence : le migrant séjourne dans un lieu autre que celui où
il a l’habitude de vivre ;
Ces critères qui définissent les migrations permettent de les distinguer des
réfugiés et des personnes déplacées qui pratiquent des déplacements forcés
et par conséquents involontaires notamment en raison de catastrophes
naturelles ou de projets de développement, et dans certains cas de victimes
de traite.
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Il y a également les demandeurs d’asile qui selon le HCR sont « les personnes
ayant sollicité une protection internationale et dont la demande de statut de
réfugié, n’a pas encore fait l’objet d’une décision définitive ».
Les personnes victimes de traite sont celles qui en promesse d’un contrat de
travail avec rémunération régulière et très intéressante, se retrouvent dans
des situations où elles perdent tous les droits dus aux employés par leur
employeurs. Elles sont mal traitées et perdent souvent leur liberté de
déplacement.
7
II. TYPOLOGIE ET AMPLEUR DES MIGRATIONS
[Link]
- Migration rurale-urbaine
De plus en plus les migrations rurales urbaines se dirigent vers les petites et
moyennes villes. La toponymie des quartiers que créent ces migrations
rurales-urbaines, révèle les effets qu’elles impriment à l’habitat urbain et la
physionomie des villes. Dans le Bassin arachidier au Sénégal, ces quartiers se
nomment souvent : faq-dëk (arracher, extirper et s’établir ou loger) ou cité
niakh (en paille ; un quartier similaire à Dakar, c’était celui de Fass paillotte
dans la capitale sénégalaise) synonymes de taudis ou habitat spontané
occupant souvent des zones non aedificandi (impropre à l’habitat).
Mais un phénomène nouveau est apparu, ces villes et ces quartiers ne sont
que des lieux transitoires, car la tranche jeune de ces migrants ruraux
poursuit souvent leur périple migratoire vers l’Europe, et par les revenus de
8
transferts, modifient leur habitat ou rejoignent d’autres quartiers plus
réguliers pour y bâtir une maison de luxe contribuant ainsi à l’urbanisation
et à la modernisation de la ville d’accueil.
- Migrations interurbaines
Elles désignent les flux migratoires entre des villes. Les flux désigent une
quantité, un effectif ou un ensemble de personnes ayant migré au cours d’une
période donnée.
La différence entre les effectifs de départ (sorties) et d’arrivée (entrées)
donne un solde migratoire qui peut être positif (entrées supérieures aux
sorties) ou négatif (entrées inférieures aux sorties). Ces caractères définissent
un pays d’immigration ou d’émigration.
Dans certains Etats, on note les migrations des petites villes vers les grandes,
notamment dans les pays en développement ; alors que dans les pays
développés, on observe une migration des grandes villes vers les villes
moyennes ou petites villes.
Migrations rurales et migrations interurbaines peuvent se passer dans un
espace intrarégional ou interrégional.
Migrations interrégionales
9
spécialisé dans la production horticole en saison sèche. Ces migrations
saisonnières se dirigent également vers les régions nouvellement mises en
valeur comme la Vallée (zone humide opposée à zone sèche) ; il s’agit par
exemple des migrations récentes allant du centre du Bassin arachidier vers
la Vallée comme celles des grands exploitants maraboutiques et de la main-
d’œuvre venant respectivement du Bassin arachidier ou du Sud du pays. Les
flux issus de ces migrations ont donné les soldes migratoires suivants (cf.
annexes : sur les soldes migratoires pour les migrations interrégionale).
- Migrations internationales
Elles comprennent les migrations sous-régionales et intercontinentales
Les migrations connaissent plusieurs directions : les migrations de
proximité partageant la même latitude : latitude nord et latitude sud. Ces
migrations s’expliquent en partie donc par les effets de la mondialisation
en divisant l’espace en deux compartiments spécialisés : le centre et la
périphérie pour les rapports sont décrits sous le vocable de la Division
Internationale du Travail (DIT). Les conséquences de cette spécialisation
de l’espace sur l’environnement et les ressources entretiennent des
disparités ou déséquilibre dans la mise en valeur des territoires. Ces
disparités sont les déterminants majeurs des migrations.
CARTE 1 : MIGRATION DES CHEFS RELIGIEUX DU VIEUX BASSIN ARACHIDIER VERS LES
ZONES HUMIDES DE LA VALLEE
10
Selon le projet migratoire, on peut distinguer la migration circulaire de la
migration définitive. La migration définitive est un départ sans projet de
retour sur le territoire de départ. La migration circulaire est un type de
migration avec comme projet pour le migrant de retourner à la case départ.
Ce dernier type caractérise le plus souvent les migrations sénégalaises aussi
bien à l’échelle interne qu’internationale.
Un autre critère de classification distingue les migrations régulières des
migrations irrégulières (ou clandestines).
11
et Sud à l’échelle du Globe ; le Nord étant les pays industrialisés, et le Sud :
les pays exportateurs de matières premières. Les disparités peuvent être
accentuées par des catastrophes naturelles ou environnementales comme
c’est le cas des régions centrales en déclin comme c’est le cas du Vieux Bassin
arachidier (région de Louga) : hier, région d’immigration devenue par la
suite région d’émigration, à l’image du Sénégal actuel en Afrique de l’Ouest
(échelle sous-régionale).
12
par le transit des migrants, certains pays l’étant pour les deux, voire les trois
à la fois (Wihtol 2010).
13
En effet, d’importants flux migratoires vont des pays tropicaux vers les
latitudes riches, constituant ainsi une sorte de symétrie à la colonisation
(proximité linguistique, zone d’influence). Les routes principales partent de
l’Amérique latines vers les Etats-Unis ou l’Espagne, des pays d’Afrique
subsaharienne vers l’Europe, du Sud-Est asiatique vers les Etats-Unis ou
l’Australie. Des routes moins connues existent aussi, comme celles qui
conduisent des ressortissants de l’Inde, du Sri Lanka ou du Myanmar
jusqu’à la côte ouest de l’Afrique, d’où ils embarquent pour les Canaries ou
la Côte d’Espagne ou jusqu’à l’Indonésie. Ces routes migratoires ont évolué :
de voyage régulier par des vols aériens, en bateaux, on a évolué à des
migrations irrégulières par des itinéraires à risques par des embarcations de
fortunes ou routes terrestres dont le bilan en termes de pertes humaines a été
très lourd.
Zones de départ ou émettrices : L’immigration peut aussi se dérouler entre
deux pays de latitudes comparables : il suffit que les disparités économiques
soient flagrantes. On sait à quel point il est fréquent que des Kurdes ou des
Afghans cherchent à gagner l’Angleterre en passant par le Pas de Calais ou
Cherbourg ; on sait que les Palestiniens se ravitaillent en Egypte ; les
ressortissants du Maghreb sont attirés par l’Espagne (et vice versa : des
espagnols chassés par la crise économique viennent trouver du travail au
Maroc) ; les orpailleurs brésiliens le sont par la Guyane française, ou les
habitants de l’île d’Anjouan par l’île de Mayotte, (les salaires mensuels
moyens étant de 30 euros (un euro = 655F) contre 800 à Mayotte.
1. LE FACTEUR DEMOGRAPHIQUE
C’est le processus par lequel une population passe, sous l’effet des progrès de
la médecine et des changements du mode de vie, d’une démographie
15
biologique et naturelle, à forte natalité et forte mortalité, à une démographie
moderne, à faible natalité et faible mortalité.
1
Ces données sont tirés de ESAM II
16
communautés étant d’importantes actrices de la migration (Mboup,
Bara,1995 : mémoire de maitrise ; Thèse de doctorat 2006)
Mais de prime abord les politiques migratoires sont basées sur des
motivations économiques. Elles sont ensuite rattrapées par la dimension
démographique qui pose le problème de cohésion sociale face à la diversité
ethnique qui s’accumule en raison de la diversité des lieux de départ et
17
l’évolution progressive de la migration de travail en regroupement familial
et la dynamique des réseaux ethniques. Cette dimension démographique va
donner aux migrations une dimension politique. Cette politisation de la
migration accentue les débats sur les questions relatives à l’intégration des
étrangers dans certains pays de peuplement ancien comme en France et pose
le problème de l’ouverture de l’opportunité de l’ouverture de leurs pays à
une nouvelle vague d’immigrants en mettant l’accent sur la question
sécuritaire.
18
Les Etats-Unis sont ainsi devenus le premier pôle d’attraction d’un ensemble
de flux qui s’organisent de partout à l’échelle planétaire. Leur attractivité
n’épargne ni les pays industrialisés, ni les pays en développement, ni les pays
émergents grâce à la délocalisation d’une partie de leur puissance
économique américaine. C’est le cas des NPI d’Asie et des BRICS. Les Etats-
Unis enregistrent alors le solde migratoire positif le plus élevé, mais en
ressources humaines qualifiées en raison d’un système de production high
tech, et de fortes mesures de compétitivité accompagnées de conditions
d’accueil et de valorisation des migrants.
19
Cependant force est de souligner que cette forte concentration de
qualification et de conditions favorables à l’innovation et à la compétitivité
inspire à certains Etats moins développés de faire de ces pays high tech,
(haute technologie) un laboratoire de formation de leurs ressources
humaines sous la forme de politiques migratoires. C’est d’abord le cas de
pays européens très industrialisés et de l’Union européenne, et ensuite des
pays asiatiques comme la Chine et l’Inde. Aux politiques d’immigration
irrésistibles fondées sur l’attractivité et la compétitivité et la mise en valeur
des migrants, répondent des politiques migratoires fondées sur
l’apprentissage et le perfectionnement des ressources humaines ou de
transferts financiers.
20
Cependant les champions de cette politique du transfert managérial restent
les NPI asiatiques, notamment à travers la formule du « brain drain et drain
gain ».
(Michelis, 1990) souligne le fait que plusieurs études s’appuyant sur le succès
des NPI d’Asie dans leur politique de rapatriement des compétences, ont
abouti à une approche en termes de « brain gain ». Il épouse la pensée de
(Meyer et Charum, 1995), selon laquelle le brain gain exprime l’idée que
l’émigration des cerveaux est aussi un processus qui peut les transformer en
talents et compétences profitables au pays d’origine si celui-ci sait les
récupérer de l’extérieur. Les pays du SE asiatique sont ainsi plébiscités sans
surprise par ces auteurs comme les champions du brain gain dans le cadre
de « l’option retour », car ils sont en mesure d’investir de manière
significative dans l’infrastructure matérielle et humaine en sciences et
technologies.
Cependant, l’Inde et la Chine restent les exemples les plus édifiants qui ont
construit des réseaux d’immigrants entrepreneurs entre la Silicon Valley et
l’Asie. A ce propos, Annalee Saxenian (2000) met en évidence l’importance
des immigrants qualifiés qui représentent un tiers de la force de travail dans
nombre d’entreprises technologiques et émergent comme entrepreneurs
dans les années 1980-90. Il souligne l’importance de la contribution des
Chinois et Indiens à l’économie de la Silicon Valley, selon une stratégie qui
s’inscrit dans une certaine continuité. D’abord, la première génération de
migrants s’est évertuée à construire un réseau ethnique qui a permis de
réussir à nouer des liens avec le pays d’origine pour développer des affaires
en Asie. Ensuite, a été construit et offert à la communauté asiatique le modèle
de l’immigrant entrepreneur qui au lieu de chercher à être employé devient
lui-même investisseur et employeur. Le résultat obtenu est qu’entre 1980 et
1998, 24% des firmes de haute technologie créées dans la Silicon Valley
21
étaient dirigées par des Chinois et des Indiens. Taiwan qui s’est spécialisé
dans la fabrication et l’accès aux marchés de la Chine et de l’Asie du Sud-
Est, a également fait ses armes dans la Silicon Valley aux Etats-Unis.
Les « vistos dourados » sont des passeports créés pour les migrants capables
d’investir et de contribuer à infléchir la courbe ascendante du chômage qui
sévit dans le pays. Ce sont des visas dorés vendus aux étrangers comme
« permis de résidence donnant l’accès à tout l’espace Schengen en échange
d’un investissement de plus d’un million d’euro, d’un achat immobilier de
plus de 500 000 euros, ou contre la création de dix emplois, au moins » 2
2 Les « visas dorés » pour riches étrangers indignent les portugais » par Claire
Gatinois le 26 mars 2014 à 15h43 ; Mis à jour le 26 mars 2014 et consulté le 17 juillet
2015 in Le [Link] du 17 Juillet 2015
22
importants. Notre source3 souligne comment le Programme d’immigration
commerciale du Canada est devenu une initiative de l’Etat en faveur de
l’accumulation de capitaux par le biais de l’immigration depuis les années 70
et une partie intégrante de la politique canadienne d’immigration.
Cependant force est de reconnaitre que les flux migratoires échappent à une
simple logique de marché de travail. Frédérique Cornuau et Xavier Dunezat,
(2010) trouvent que les facteurs de l'immigration sont multiples :
économiques, politiques, sociologiques, démographiques, géographiques,
historiques, etc. ». Au plan démographique, l’Europe dans le passé, en proie
à une période de forte démographie et de calamités naturelles a vécu, comme
l’Afrique présentement, une pression migratoire. Elle a trouvé des débouchés
en Amérique du Sud et plus tard en Australie. De telles zones géographiques
aspirantes ont partiellement disparu (Halley, 2010). Car, les pays de la
Communauté sont relativement peuplés et la question démographique ne se
pose pas comme « peuplement » mais pour une autre raison : le « coefficient
de charge » (rapport entre adultes et personnes de plus de 65 ans) en passant
en dessous de 3ou 2,8, considéré comme minimal, serait l’indice certain de la
crise de paiement des systèmes de sécurité sociale et du tassement du volume
de la population active. Toutefois, les pays en développement et notamment
africains ne sont pas seulement confrontés à la transition démographique
mais ils font face à des calamités d’origines diverses. Il s’agit, entre autres,
des guerres, du changement climatiques, des cycles de sécheresse, et des
rapports défavorables de la crise économique liée à l’instabilité des
économies de rente qui caractérisent les pays en développement.
23
✓ La politique migratoire, un enjeu de politique intérieure, ou
jeu d’acteurs ?
L’implication des acteurs économiques et sociaux dans les politiques
migratoires montre aussi que celles-ci ne relèvent pas seulement de
l’initiative de l’Etat. La politique migratoire, même si elle relève de la « main
invisible du marché » est aussi un enjeu de politique intérieure en raison de
sa dimension démographique. Elle devient un champ de conflits où
s’affrontent différents acteurs. D’abord la question de la diversité ethnique
et religieuse qu’introduisent les migrations, semble s’opposer à
l’homogénéité qui découle de l’idée d’Etat-nation ( ) dans les pays du vieux
monde, comme la France. Ensuite arrive la question de la concurrence à
l’emploi des nationaux par les migrants. En France, note le [Link] (Avril,
2015), de plus en plus de voix s’élèvent pour remettre en cause l’une des
quatre « libertés fondamentales » du marché intérieur européen4 : il s’agit
de la liberté de circulation des travailleurs dans l’Union européenne, (les
autres étant celles des biens, des services et des capitaux). Pour ces
voix, « l’argument est simple : dans une France qui connaît un chômage
endémique depuis bientôt quatre décennies, n’est-il pas déraisonnable
d’accueillir des travailleurs supplémentaires ? »
Or, cet accueil, loin de répondre aux seuls besoins en main-d’œuvre qualifiée
des entreprises high Tech, doit aussi satisfaire ceux de main-d’œuvre non
qualifiée pour la survie des entreprises où le travail est non robotisable et que
la pénibilité rend très sélective, voire répulsive pour les autochtones. C’est le
4
Cette liberté concerne les travailleurs détachés. « Un travailleur est considéré comme « détaché »
s’il travaille dans un Etat membre de l’UE parce que son employeur l’envoie provisoirement poursuivre
ses fonctions dans cet Etat membre. Par exemple, un prestataire de services peut remporter un contrat
dans un autre pays et décider d’envoyer ses employés exécuter ce contrat sur place (…) Cette catégorie
ne comprend pas les travailleurs migrants qui se rendent dans un autre Etat pour y chercher un emploi
et qui y travaillent. » (Le [Link] Avril 2015)
24
cas du bâtiment et de l’hôtellerie. Il fallait tenir compte de ces besoins divers
exprimés par les acteurs économiques au risque de les obliger à fermer ou
délocaliser leurs entreprises. L’élaboration de mesures de refoulement des
clandestins en renforçant les pouvoirs de contrôle et d’expulsion, menace le
travail au noir qui assure la survie de certaines branches de l’économie. Les
secteurs les plus vulnérables sont les BTP, le tourisme et le textile. Ce
dernier, selon la discussion à l’Assemblée nationale française de la “loi
Pasqua”, employait 150 000 clandestins au début des années 1990. Et ceci,
loin d’être perçu comme une fraude abusive, est plutôt admis comme un
échafaud pour faire face à la crise. La construction et les travaux publics,
premier secteur d’embauche illégale, offrent un exemple caractéristique de
cette dépendance organique. Cette perspective est confirmée par le ministre
du Travail cité par Frédérique Cornuau et Xavier Dunezat (2008) : «
l’immigration clandestine elle-même n’est pas inutile, car si l’on s’en tenait à
l’application stricte des réglementations et accords internationaux, nous
manquerions peut-être de main-d’œuvre». Cependant, notent Lacroix, T et
Ma Mung, (1999), la France s’était positionnée en 2003, comme un partisan
d’une « immigration choisie ». Cette position exprimée par la voix du Pr.
Sarkozy dit qu’« Il s’agit d’attirer une main-d’œuvre qualifiée, susceptible
d’être utile à la France, comme en témoigne la création de la carte «
compétences et talents » en 2006, d’une durée de 3 ans. L’objectif clairement
exprimé est d’accroître significativement l’immigration économique au
détriment de l’immigration familiale.
5 Le [Link]/Avril 2015
25
est qu’elle « conduit souvent à la non prise en compte de l’économie
domestique dans le système d’admission de la main-d’œuvre. Ainsi, les
besoins en main-d’œuvre non qualifiée ne sont pas couverts et laissent la
porte ouverte à une migration clandestine » (Le [Link], 2015). Cette
situation rend difficile une politique cohérente et pertinente de la part de
l’Etat français, d’autant plus que ce dernier est soumis à une autre échelle de
décision avec la régionalisation des politiques au sein de l’Union Européenne.
C’est là une contrainte de plus pour des Etats confrontés à une opinion
publique défavorable à l’ouverture aux étrangers du marché du travail en
prenant comme prétexte la crise de l’emploi. Or de ce point, la question est
perçue autrement par certaines études.
26
entrepreneur, une percée technologique peut valoir des milliards de dollars,
en raison des protections réglementaires de la propriété intellectuelle et de la
mondialisation des marchés qui permettent au vainqueur de rafler la mise ».
On n’oublie pourtant que l’argent public joue un rôle important…. Le
[Link], le 25 mars 2015
7
La dimension sécuritaire des migrations prend une certaine ampleur et dépasse les frontières
de l’Europe qui l’a toujours entretenu. Aujourd’hui, certaines sources indiquent que
l’intégration des migrants clandestins ouest africains, dont des sénégalais, dans les armées
d’Alqaida et l’Etat Islamique en Libye inquiètent les Etats d’origine des migrants face à la
poussée du djihadisme en Afrique l’ouest.
27
(éducation, accès au patrimoine culturel commun, pouvoir de s'activer
librement dans le respect de la liberté des autres). Ce type de développement
diminue le bien-être de la population et par conséquent devient
contreproductif. L’alternative selon les altermondialistes est la promotion
d’un développement durable, celui qui permet de transmettre « aux
générations futures le patrimoine nécessaire à la poursuite d'un tel
développement, notamment sur le plan écologique. »
L'enjeu est donc que l'activité d'ordre économique s'accompagne d'un réel
développement de nature économique, et qu'elle se réalise dans des
conditions qu’elle ne sera pas à l'encontre du développement social et du
développement humain. « Et il faut que ce développement soit durable, en ce
sens que l'on transmette aux générations futures le patrimoine nécessaire à
la poursuite d'un tel développement, notamment sur le plan écologique. »
Cela renvoie à l'activité d'ordre économique, dont l'empreinte doit être très
nettement réduite du point de vue écologique.
En conclusion, on peut retenir que les Etats ne sont pas des acteurs isolés des
politiques migratoires. Celles-ci dépendent de plusieurs enjeux exprimés par
une pluralité d’acteurs. L’exemple le plus édifiant, vient de la plus grande
puissance économique mondiale, les Etats-Unis. Car comme le note Daviet,
les acteurs impliqués dans la politique d’immigration des Etats-
Unis comprennent des acteurs économiques intéressés et des acteurs
institutionnels. Il s’agit des Etats à travers leur politique migratoire, les
entreprises mondialisées à travers leur politique de recrutement et
d’expatriation des cadres, les acteurs individuels et les réseaux ethniques à
travers leurs stratégies individuelles et collectives de valorisation des
compétences. La dimension ethnique n’a pas la même importance ans les
pays neufs dont le peuplement s’est essentiellement constitué par
l’immigration que dans les pays de peuplement ancien. Dans ces derniers, la
28
question de la diversité ethnique et culturelle est soulevée comme une menace
de l’Etat-nation qui rend prudente la classe politique et la pousse à prendre
des mesures allant dans une perspective sécuritaire aux dépens de la liberté
de circulation. Par contre, les politiques migratoires dans les pays développés
tendent de plus en plus à devenir sélectives. Aux Etats-Unis par exemple,
l’immigration Act de 1965 a ouvert la porte aux migrations de personnes
ayant des qualifications rares, l’Immigration & Nationality Act de 1990 a
renforcé le processus (Saxenian, 2000). Et en 2000, le Congrès américain
décidait du quota annuel de visas de travail temporaires délivrés à des
professionnels hautement qualifiés.
29
retour des migrants indésirés. C’est plus ou moins l’objectif assigné au
FORIM pour limiter les flux au départ et renforcer les dispositifs de contrôle
au départ.
8
"Emigrés - immigrés dans le développement local", sous la direction de Mohamed CHAREF et
Patrick GONIN. - Agadir : Editions Sud-Contact, 2005. - 361 p.
30
incontestablement un enjeu de développement mal appréhendé par nos
gouvernements. La vision répressive et « courtermisme » qui a longtemps
prévalu dans la prise en charge de ces questions cohabite depuis peu avec
des éléments disparates d’une politique migratoire encore balbutiant… »
CONCLUSION
31
32