Zola et le rapport avec les impressionistes
Voir, toujours mieux voir, dans tous les
langages, füt-ce sous les quolibets et les
injures, prouver que l'on voit mieux
Zola à Henri Hertz.
Le rapport du langage à la peinture est un
rapport infini... On a beau dire ce qu'on voit,
ce qu'on voit ne loge jamais dans ce qu'on dit,
et on a beau faire voir, par des images, des
métaphores, des comparaisons, ce qu'on est
en train de dire, le lieu où elles resplendissent
n'est pas celui que déploient les yeux, mais
celui que définissent les successions de la
syntaxe.
M. Foucault, Les mots et les choses
Aujourd'hui personne ne conteste le fait : au
cours de leur carrière artistique, les peintres
impressionnistes ont été à l'origine d'un
changement radical concernant la
conception du Beau, les fondements de la
technique picturale, et la perception du
monde extérieur. Certains théoriciens on
montre que les artistes étaient partis, pour
peindre le monde extérieur, des nouvelles
découvertes dans le domaine de la
physiologie, de la psychologie et de la
science chromatique; mais jamais il n' été En effet l’impressionnisme a influencé plusieurs
possible d'indiquer les sources scientifiques champs artistiques. Dans le domaine littéraire, Zola
qui auraient pu inspirer leur forme constitue un exemple évident. Dans le champ musical
d'expression si novatrice. Cet article analyse
, le Clair de Lune de Debussy inaugure la saison
les rapports étroits qui lient science et art
dans les années
impressionniste musicale. Pour ce qui concerne le
1870-1880, ainsi que la transposition, dans cinéma, Louis Delluc est considéré le fondateur de
le domaine de la littérature et de l'art, d'un l’impressionnisme cinématographique français.
nouveau système conceptuel, fondé sur la
science naturelle.
Les rapports entre Zola et les peintres
Zola et Cézanne : histoire d’une amitié
Le peintre Paul Cézanne et le romancier Emile Zola fréquentent le collège
Bourbon à Aix-en-Provence. En effet, les deux, même si séparés d’une
année d‘ âge, se montrent tous les deux des passions similaires et font
bientôt établir une amicitié qui va durer plusieurs années. Les deux
futures artistes partagent une grande passion et pour la littérature et pour
la poésie. Né à Paris, Zola vit une situation de difficultés économiques à la
suite de la mort du père, tandis que Cézanne est fils d’un riche banquier.
La séparation, même si temporaire, se passe en 1858, quand Zola est
obligé à rejoindre sa mère à Paris. Toutefois, quelques années plus tard,
Cézanne part également vers la Capitale. Zola dédie à l’ami peintre une
oeuvre appelée Mon Salon (1866).
Après le succès de l’Assommoir, Zola achète une maison à Médan.
Cézanne y est parfois invité. Toutefois, le caractère plutôt solitaire lui
empêche de s’adapter ah contexte mondaine qui entoure l’ami écrivain.
Une véritable crise avec Zola éclate lors de la publication du romans
L’Oeuvre. Depuis longtemps, Zola avait eu l’idée d’écrire un roman sur les
milieux de la peinture et son intervention, en 1866, en faveur de la
peinture de Manet a permis de créer le personnage de Claude Lantier, un
peintre maudit. Cézanne se reflète dans le protagoniste Lantier, peintre
doué mais incapables de se réaliser, qui se suicide dans le final. Cézanne
comprend la déception éprouvée par Zola envers ses ouvrages. Il en
trouve les épreuves dans l’absence de son nom dans les articles critiques
écrits par l’ami et dans la réticence constante à le louer. Un matin de
septembre, en 1902, Cézanne découvre de son jardinier la mort de
l’écrivain, asphyxié de la fumée d’une cheminée.
Zola et Manet
Zola s’intéresse surtout des artistes
que la critique officielle désapprouve.
En 1866, il écrit un article à faveur de
Manet publié sur la Revue du XXe
siècle et le défend à nouveau l’année
suivante en occasion d’une exposition
personnelle organisée dans la période
de l’Exposition Universelle.
Notamment, Zola défend le tableau
qui avait suscité un véritable scandal,
Le Déjeuner sur herbe. Zola considère
l’artiste, critiqué par les souteneurs
de la tradition, en tant qu’un de
futures maître du Louvre.
Emile Zola par Edouard Manet
Pour le remercier, Manet propose à l’auteur de lui faire un
portrait. Zola pose dans l’atelier de Manet, en rue Guyot. Le
scénario, réalisé pour l’occasion, contient les éléments qui met
en évidence la personnalité, les intéresses et la production
artistique de Zola. Sur le mur, on peut remarquer le tableau de
Manet Olympia, qui avait suscité un vif scandal ah Salon du
1865 mais que Zola estimait comme le chef-d’oeuvre de
l’artiste. Derrière à dette toile, on voit un dessin de la Fête de
Bacchus de Velásquez, qui inique la passion commune que les
deux artistes partage pour l’art espagnole. Une estampe
japonaise de Utagawa Kuniaki II, représentant un lutteur,
complète l’ensemble. L’Extrême Orient, qui a révolutionné le
concept de prospective et la perception de la couleur dans la
peinture occidentale, a un rôle déterminant pour ce qui
concerne la naissance du nouveau genre pictural. La potée de
cel événement est soulignée par un paravent japonais, situé à
gauche.
Zola est assis et tient à la main un livre, probablement
L’Histoire des peintres de Charles Blanc, souvent consulté par
Manet. Sur le bureau, un stylo et un encrier symbolise le travail
de l’écrivain.
Aujourd’hui, le tableau est situé au Musée d’Orsay.
Zola et la trosième exposition
impressioniste
En 1877, la troisième exposition impressionniste, avec 18
artistes et 241 œuvres inscrites au catalogue, témoigne de la
vitalité et de la créativité du mouvement. Zola lui consacre
un texte enthousiaste. Après avoir rappelé les circonstances
de la première exposition (1874), il se consacre au
tempérament individuel des plus grands d'entre eux :
Monet, "la personnalité la plus accentuée du groupe", avec
ses "intérieurs de gare superbes" ;
Cézanne, "le plus grand coloriste du groupe", "un très grand
peintre" dont les toiles font "sourire les bourgeois" ;
Renoir, dont le sens de la vie éclate dans le "Bal au Moulin
de la Galette" et les "charmants" portraits de femmes ;
Berthe Morisot, dont les belles dames à leur toilette sont
"de véritables perles" ;
Degas, avec ses "danseuses prodigieuses surprises dans leur
élan" et ses "cafés-concerts d'une vérité étonnante" ;
Pissarro et Sisley, "deux paysagistes du plus grand talent"
et enfin Caillebotte, "un jeune peintre du plus beau courage
qui n'hésite pas devant les sujets modernes grandeur
nature".
Zola prophétise enfin le triomphe de l'esthétique
impressionniste sur les "Salons officiels eux-mêmes".
Similarités dans les thèmes et le
style
“Je crois qu'il faut entendre par des peintres impressionnistes des
peintres qui peignent la réalité et qui se piquent de donner
l'impression même de la nature, qu'ils n'étudient pas dans
ses détails, ni dans son ensemble. “ Zola
"Je n'ai pas seulement soutenu les Impressionnistes, je les
ai traduits en littérature, par les touches, notes, colorations,
par la palette de beaucoup de mes descriptions.” Zola
Zola dans ses écrits formule plusieurs similitudes entre ses
descriptions et les images typique de la peinture
impressionniste.
En effet, Zola s’inspire à la peinture impressioniste aussi
pour ce qui concerne les thèmes de sa narration. Les
peintres du mouvement comme l’écrivain cherchaient de
décrire la société parisienne et francaise de leur temps,
dans la réalité plus vive possible. Les deux se concentrent
même sur la description des couches populaires les plus
défavorisées. Par exemple, dans le tableau de Degas
L’Absente, on peut reconnaitre les deux personnages
principales du roman de Zola L’Assomoir, c’est-à-dire
Gervaise et Troupeau.
Éléments impressionniste dans la Bête humaine
Dans le roman de la Bête humaine, Zola décrit la gare Saint-Lazare à des heures
différentes, avec une variation de la lumière. Monet, en 1877, avait peint cette gare
plusieurs fois. Zola, ah fil de la narration se concentre aussi sur la description du pont
d’Europe, représenté également par Caillebotte. En 1875, Monet avait aussi représenté un
train dans la neige. En effet, dans la Bête Humaine Zola imagine l’histoire d’une
locomotive luttant contre la neige.