Maîtrise des ambiances
Eclairage Urbain - partie 2
Nicolas REMY
1. Directions et modes d’eclairage
• Principes
• Exemples architecturaux et
urbains
2. Luminaires
• Fonctions non photométriques
• Fonctions photométriques :
maîtriser le flux lumineux
• Luminaires d’éclairage intérieur et
extérieur
Eirin Stoen, Oslo/N
Directions et modes d’éclairage
Source: Valentin F., Lumière pour le spectacle, librairie théâtrale.
Les directions de lumière sont liées à la position des sources. Elles définissent
les angles et les orientations sous lesquels une surface, un volume, un objet ou
un personnage sont éclairés.
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Directions et modes d’éclairage
Plongée / contre-plongée
- éclairage en plongée : la source est placée au dessus du sujet (direction solaire)
- éclairage en douche : la source est placée à l’aplomb du sujet (zénith)
- éclairage en contre-plongée : la source est placée en dessous du sujet (direction anti-solaire)
Eclairage frontal / latéral / contre-jour
- éclairage frontal : la source est placée face au sujet
- éclairage latéral : la source est placée sur un des côtés du sujet
- éclairage frontal : la source est placée sur le côté, dans un plan parallèle le plus proche du
sujet
- contre-jour : la source est placée à l’arrière du sujet
Plongée : exemples
Source : Valentin F., Lumière pour le théâtre.
Les ombres portées sont plus ou moins prononcées
L’effet « douche » tend à créer un effet de surexposition
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Effets anti-solaires
église ST Eustache, Paris, éclair : L. CLAIR Place des Terreaux, Lyon, L. FACHARD éclair.
Dans ces mises en lumière urbaines, les directions principales de lumière modifient
la perception courante -diurne- du bâtiment.
Éclairage face / latéral
Source : Valentin F., Lumière pour le théâtre.
Estompage ou accentuation des ombres
Eclairage neutralisant ou dramatisant
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contre-jour
Source : Valentin F., Lumière pour le théâtre.
Musée Guggenheim, New York
Effet élémentaire Effet lié à la configuration de l’espace
et à la position de l’observateur
Principes
Les modes d’éclairage décrivent la manière dont une lumière est émise.
Eclairage direct / indirect
éclairage direct : la lumière atteint directement le sujet à éclairer
éclairage indirect : la lumière atteint le sujet à éclairer après réflexions (les sources ne sont
pas directement visibles)
Eclairage diffus / filtré
éclairage diffus : la lumière est transmise à travers un matériau translucide
éclairage filtré : une partie des rayons atteint le sujet directement
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Eclairage direct / indirect
Métro, Paris
Gymnase Europole, Grenoble
Candélabre à éclairage
indirect, Berlin
Multiplexe, Echirolles
Gare Montparnasse, Paris
Luminaires - Définitions
Un luminaire est l’appareil qui contient la source. Il comprend :
- une partie électrique (alimentation et fonctionnement de la lampe
- des composants mécaniques (qui doivent résister aux chocs, à la corrosion…)
- une partie optique, qui sert à répartir le flux lumineux
Un luminaire a ainsi plusieurs fonctions :
- fonction photométrique (répartition du flux lumineux)
- fonctions non photométriques (protections électrique, mécanique, thermique…)
Chaque domaine d’application demande des types de luminaires particuliers et
plus ou moins élaborés.
Définition AFE : « un luminaire est un appareil servant à répartir, filtrer ou transformer la
lumière d’une ou de plusieurs lampes et comprenant, à l’exclusion des lampes elles-même,
toutes les pièces nécessaires pour fixer et protéger les lampes et, éventuellement, les circuits
auxiliaires ainsi que les dispositifs de connexion au circuit d’alimentation. »
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Luminaires - Fonctions non photométriques
Protection électrique
Il s’agit de protéger les personnes contre les risques d’électrocution.
Trois classes de protection normalisée ont été définies, en fonction du degré
d’isolation.
Luminaires - Fonctions non photométriques
Protection contre les influences extérieures
Degrˇ 1 er chiffre 2 ¸me c hiffre
introduction de introduction de
corps solides corps liquides
0 non protˇgˇ
1 plus de 50 mm eau verticale
2 plus de 12 mm verticale 15
3 plus de 2,5 mm eau en pluie
4 plus de 1 mm projections
5 poussi¸re jets d'eau
6 poussi¸re sous paquets de mer
pression
7 immersion
L’indice de protection (IP) est suivi de 2 chiffres.
Plus le chiffre est élevé, meilleure est la protection.
Exemple : luminaires encastrés dans sol : IP67
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Luminaires - Fonctions non photométriques
Protection contre les chocs
Cet indice désigne l’énergie de choc (en joules)
nécessaire pour briser le luminaire.
La valeur la plus basse (0,225J) correspond à un luminaire
qui se brise en tombant. La valeur courante la plus haute
(20J) à un luminaire anti-vandalisme.
Exemple : un luminaire IP20 Classe 1 850° 2J
- laisse pénétrer des solides de moins de 50 mm
- n’est pas protégé contre les liquides
- est moyennement isolé électriquement
- résiste au choc subi par la chute d’un petit objet
- 850° exprime son comportement au feu
Luminaires - Fonctions photométriques
Modes d’éclairage
APPELLATION COURANTE DES LUMINAIRES EN FONCTION DE LA RÉPARTITION DU FLUX INFÉRIEUR
Intensif Extensif Semi direct Mixte Diffus Semi indirect Indirect
100% 100% 90%> Fi > 60% 50% 40%> Fi > 10% 0%
La photométrie d’un luminaire définit la manière dont le flux lumineux (de la source qu’il
contient) est émis dans les différentes directions de l’espace.
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Luminaires - Fonctions photométriques
Géométrie des luminaires
La conception des luminaires fait appel aux lois de l’optique , utilisant principalement la
réflexion et la réfraction. Ces lois se déclinent en fonction de la nature des matériaux
utilisés et de leur géométrie.
La parabole : tout rayon partant d’un foyer et réfléchi par
la courbure prend une direction parallèle à l’axe de la
parabole
L’ellipse : tout rayon partant d’un foyer et réfléchi par la
courbure passe par l’autre foyer
La parabole et l’ellipse sont les deux figures de base de la géométrie des luminaires.
Luminaires - Fonctions photométriques
Courbes photométriques
Exemples
large ouverture faible ouverture ailes chauve souris lèche mur
Certains luminaires sont décrits par deux courbes, une
courbe pour chacun des plans de symétrie. Par
convention :
- la courbe en trait plein représente la répartition des intensités
lumineuses dans le plan transversal (le plan qui coupe la source)
- la courbe en trait pointillé celle des intensités dans le plan
longitudinal (dans la longueur de la source)
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Luminaires - Fonctions photométriques
Courbes photométriques
Attention, les valeurs sont souvent données pour 1000 lm. Si la source
émet un flux réel de 4800 lm par exemple, il faut multiplier la valeur lue
sur la courbe par le facteur de proportionnalité correspondant (soit ici
x 4,8).
Sur cet exemple, on lit qu'à l'aplomb du luminaire
(incidence 0°) l'intensité vaut pratiquement 200
cd.
De même, à 30°, on lit que I =180 cd pour le plan
transversal et I =160 cd pour le plan longitudinal
Luminaires - Fonctions photométriques
Limiter l’éblouissement
En intérieur comme en extérieur, il est nécessaire de masquer la vision
directe de la source pour éviter l’éblouissement.
Ce schéma montre que les
luminaires les plus éloignés sont γ2
ceux qui risquent le plus de gêner la γ1
vision de l’usager.
Plan de l'oeil
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Luminaires - Fonctions photométriques
Limiter l’éblouissement
Plusieurs solutions plus ou moins élaborées sont utilisées :
- le défilement, qui crée une zone de protection
Lampe compacte Luminaire ouvert Luminaire à paralume
γ désigne l'angle de défilement
γd
γd
γd
- la transmission diffuse ou par réfraction
- une géométrie adaptée des faces internes du luminaire
Rendement d’un luminaire
Le rendement d’un luminaire (η) désigne le rapport du flux émis par le
luminaire (Flu) au flux émis par la (ou les) lampe(s) qui l’équipe(nt).
η = Flu / Fla
A noter que le rendement global d’un luminaire dépasse rarement 70 %.
En fermant le luminaire par une vasque (verre ou matériau plastique), on perd au moins
8% de flux lumineux.
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Luminaires d’éclairage extérieurs
Principales dénominations
Source : Thorn Europhane
Luminaires
• Luminaire d’éclairage public : luminaire destiné à l’éclairage au sol des
voiries, le plus souvent installés sur mât, candélabre ou console.
• Projecteur : luminaire dans lequel la lumière est concentrée, dans un
angle solide délimité, par un système optique mettant en œuvre les Luminaire d’éclairage de voirie
phénomènes de réflexion ou de réfraction afin d’obtenir une intensité
lumineuse élevée.
• Luminaire encastré : luminaire conçu pour être entièrement ou
partiellement encastré dans une surface d’appui. “lanterne de style”
sur candélabre
Supports ou mobilier
• Candélabre : support destiné à porter un ou plusieurs luminaires et
Source : Thorn Europhane
constitué d’une ou plusieurs parties : un fût et éventuellement une
rehausse ou une crosse.
• Console : support du luminaire appliqué sur une paroi verticale.
• Borne basse : support de faible hauteur, pour éclairage piétonnier ou
paysager.
Bornes basses, candélabre et console
à éclairage indirect
Luminaires d’éclairage extérieurs
Exemple d’une gamme de projecteurs
extérieurs avec accessoires
Source : Thorn Europhane
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Luminaires d’éclairage extérieurs
Exemple d’encastrés de sol
Source : R. Narboni, la lumière et le paysage, le Moniteur
Luminaires d’éclairage extérieurs
Exemple d’une gamme pour éclairage urbain
Platea - I Guzzini
Source : I Guzzini
Source : I Guzzini
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Luminaires d’éclairage extérieurs
Exemple d’une gamme pour éclairage urbain
Platea - I Guzzini
Source : I Guzzini
Luminaires d’éclairage extérieurs
Exemple d’une gamme pour éclairage urbain
Platea - I Guzzini
Source : I Guzzini
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Luminaires d’éclairage extérieurs
Exemple d’une gamme pour éclairage urbain
Platea - I Guzzini
Source : I Guzzini
Eléments bibliographiques et sources documentaires
Plummer H, Masters of light, tome 1 : twentieth-century pionners, revue A+U hors
série, nov. 2003.
Association Française d’Eclairage, Vocabulaire de l’éclairage, Paris, Lux.
Sites de fabricants accessibles via :
www.lightingacademy.org
www.feder-eclairage.fr (syndicat de l’éclairage)
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