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Chapitre 4 Dynamique Des Groupes Cours

La dynamique des groupes restreints, développée par des psychologues comme Elton Mayo, Kurt Lewin et Jacob Moreno, étudie les phénomènes psychiques et sociologiques qui émergent dans des groupes de 4 à 20 individus. Les caractéristiques fondamentales des groupes primaires incluent des interactions, des normes émergentes, des buts communs et une structure informelle, influencées par des facteurs tels que la communication et le leadership. Des techniques comme le team building et le jeu de rôle sont utilisées pour renforcer la cohésion et améliorer les interactions au sein des groupes.

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Chapitre 4 Dynamique Des Groupes Cours

La dynamique des groupes restreints, développée par des psychologues comme Elton Mayo, Kurt Lewin et Jacob Moreno, étudie les phénomènes psychiques et sociologiques qui émergent dans des groupes de 4 à 20 individus. Les caractéristiques fondamentales des groupes primaires incluent des interactions, des normes émergentes, des buts communs et une structure informelle, influencées par des facteurs tels que la communication et le leadership. Des techniques comme le team building et le jeu de rôle sont utilisées pour renforcer la cohésion et améliorer les interactions au sein des groupes.

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La dynamique des groupes restreints

Au cours des années 1930 et 1940, des psychologues américains ont montré qu'un groupe présente
une dynamique propre, au-delà des particularités de ses membres. Un nouveau champ d'études était né, la
dynamique des groupes, qui allait connaître un considérable développement après la Seconde
Guerre mondiale.
L'expression dynamique de groupe désigne l'ensemble des phénomènes, mécanismes et
processus psychiques et sociologiques qui émergent et se développent dans les petits groupes
sociaux appelés aussi « groupes restreints », composés de 4 à environ 20 individus, durant leur
activité en commun.

I. Les trois pères fondateurs


L'étude de la dynamique de groupe a ainsi vu le jour aux Etats-Unis, dans les années 30 et 40,
essentiellement sous l'impulsion de trois psychologues : Elton Mayo, Kurt Lewin et Jacob
Moreno.

Elton Mayo

 Entre 1927 et 1932, le psychologue Elton Mayo (1880-1949) et son équipe enquêtent dans
une grande entreprise industrielle, située à Hawthorne, près de Chicago, afin d'évaluer
l'impact des conditions de travail sur la productivité. Ils constatent tout d'abord sans surprise
que l'amélioration de ces conditions (en particulier l'augmentation de l'intensité de la lumière)
améliore le rendement d'un groupe d'ouvrières. Mais la suite de l'étude conduit à un constat
plus étonnant. Les chercheurs notent que tout changement dans les conditions de travail
(même une détérioration telle que la diminution de l'intensité lumineuse) entraîne une
augmentation de la productivité. Elton Mayo interprète cet effet comme étant le résultat d'un
processus de groupe. En devenant sujets d'une expérience, les ouvrières ont acquis un statut
particulier au sein de l'entreprise. Cible de l'intérêt de la direction et des chercheurs,
régulièrement consultées sur les changements envisagés, elles sont devenues un groupe
spécifique avec ses propres normes et son identité collective. On parlera désormais d'« effet
Hawthorne » pour désigner ce processus.
L’effet Hawthorne

 Pour bien saisir le caractère très novateur de ce constat, il est nécessaire de tenir compte de
l'influence qu'exerçait alors l'« Organisation scientifique du travail » de Frederick Taylor
(1856-1915) sur la conception que l'on se faisait de l'entreprise.

Selon Taylor, l'ouvrier est naturellement porté à la paresse et n'accomplit sa tâche que par
motivation économique. F. Taylor propose en 1911, dans Les Principes du management
scientifique, que les directions mettent en place un système de production qui leur permette de
maîtriser le temps nécessaire à l'exécution de chaque tâche. Il prône notamment d'éliminer les
sources de fatigue inutile afin d'améliorer le rendement des ouvriers.

A l'inverse, l'observation d'Elton Mayo montrait que, pour un employé, la motivation sociale
est aussi importante que la motivation économique. Celui-ci attend en effet de son travail qu'il
lui fournisse de la considération et des relations interpersonnelles. Cette étude a été à l'origine du
vaste courant toujours très vivant des « Relations Humaines » au sein de l'entreprise, c'est-à-dire
d'une vision sociale de l'être humain au travail. Il n'est plus une mécanique dont on favorise les
conditions optimales de fonctionnement, mais un sujet inséré dans un groupe auquel il se sent
appartenir.

A la même époque, Jacob Moreno (1889-1974), psychiatre américain d'origine autrichienne,


met au point la sociométrie, méthode d'analyse des relations au sein d'un groupe. Pour mettre ces
liens en évidence, on demande à chaque membre du groupe d'exprimer les affinités et antipathies
ressenties à l'égard des autres membres. Un tableau, appelé sociogramme, permet ensuite de
visualiser ces relations. La sociométrie a largement diffusé l'idée que l'organisation d'un groupe
ne dépend pas seulement de facteurs rationnels, mais aussi de données affectives.

Jacob Moreno
Mais plus encore qu'à E. Mayo ou J. Moreno, c'est généralement au psychologue Kurt Lewin
(1890-1947) qu'est attribuée la genèse de l'étude de la dynamique de groupe. C'est d'ailleurs ce
chercheur, souvent considéré comme le fondateur de la psychologie sociale, qui a utilisé cette
expression pour la première fois. S'inspirant de la physique einsteinienne, Kurt Lewin considère
que la dynamique de groupe est régie par un « champ de forces » qui exercent parallèlement leur
influence : rôles, moyens de communication, type de leadership, normes et valeurs collectives,
buts que le groupe se donne et actions qu'il mène, etc.

II. La notion de groupe

Qu’est-ce qu'un groupe ? Les définitions, bien que variables selon les auteurs, reprennent
généralement les mêmes éléments :

Il s'agit d'un ensemble de personnes qui ont un but commun et qui interagissent en s'influençant
mutuellement. Cette définition exclut certains rassemblements anonymes d'individus, comme une file
d'attente au cinéma, ou de vastes ensembles (foule, classe sociale) dont les membres ne peuvent tous
interagir.

Selon le psychanalyste français Didier Anzieu, il y a cinq catégories de groupes humains :

1. La foule (individus réunis en grand nombre, plusieurs centaines) : les individus qui la
composent n’ont pas cherché explicitement à se réunir, ils ont la solitude en commun.
2. La bande : individus réunis volontairement, à la recherche du semblable. Elle a la similitude
en commun. Elle apporte à ses membres sécurité et soutien affectifs, substituts de l’amour. Le
but de la bande est d’être ensemble parce que l’on est semblable.
3. Le groupe primaire ou « groupe restreint » : il comporte un nombre restreint d’individus
permettant les échanges interindividuels (de 4 à 20 individus environ), C’est un groupe ou
chacun connaît tous les autres et peut établir avec tous les autres une relation personnelle. Il y a
poursuite en commun et de façon active des mêmes buts, relations affectives, interdépendance
et sentiment de solidarité, différenciation des rôles entre les membres, langage et code propre
au groupe. Ce type de groupe apporte à l’individu son expérience la plus primitive et la plus
complète de l’unité sociale.
4. Le groupe large ou groupe « primaire momentané » : réunion de 25 à 50 personnes invitées
à parler librement autour d’un thème ou d’un problème commun. Groupe de discussion
ou réunion d’un comité (par exemple), caractérisés par leur limitation dans le temps et donc par
leur faible empreinte sur l’existence globale de leurs membres.
5. Le groupe secondaire ou « organisation » : système social qui fonctionne selon des
institutions (juridiques, économiques, politiques etc.…) association ou société. Entre les
individus, les rapports sont plus formels, plus froids, plus impersonnels. Les relations sont
indirectes et la conscience de l’existence des autres est globale ou vague. Les groupes
secondaires sont appelés aujourd’hui des « organisations ».

 Seul le groupe primaire (ou groupe restreint) constitue un groupe au sens fort, objet de la
dynamique des groupes. Celle-ci considère qu’il faut au moins trois individus pour faire un
groupe (3 relations possibles) mais les phénomènes de groupe ne se manifestent pleinement
qu’à partir de quatre (6 relations possibles).

 On parle donc de groupe si les critères suivants sont réunis :

1. la présence de relations interpersonnelles : les individus communiquent


personnellement avec les autres membres.
2. la poursuite d’un but commun : l’intérêt de chacun se confond avec l’intérêt du
groupe.
3. l’influence réciproque : il y a interdépendance entre les membres du groupe.
4. la mise en place d’une organisation : chaque membre a son rôle ou son statut, les
valeurs et les normes de groupe se créent.

III. Caractéristiques fondamentales des groupes primaires

a. Caractéristiques :
La dynamique des groupes relève 7 caractéristiques considérées comme typiques des groupes
primaires et représentant des critères permettant de les définir :
1. Interactions : chaque membre du groupe agit et réagit par rapport à tel membre ou au groupe
tout entier, de façon directe, sans intermédiaire. Les conduites, les interventions, les opinions
émises ne sont pas des expressions personnelles « en soi » mais sont déterminées, au moins
partiellement, par ce que font ou ce que disent les autres, par une inter-influence et par une
perception confuse de la situation dans laquelle le groupe se trouve.
2. Emergence de normes : des normes ou « règles de conduite » naissent à la longue dans un groupe
primaire, c’est ce qui est considéré comme bien, le code des valeurs de groupe.
3. Existence de buts collectifs communs : la communauté de buts est le ciment du groupe.

4. Existence d’émotions et de sentiments collectifs correspondant aux situations dans lesquelles se


trouve le groupe et engageant à des actions et réactions collectives.
5. Emergence d’une structure informelle : d’ordre affectif, répartition de la sympathie / antipathie,
les voies par lesquelles circulent l’influence, la position des membres « populaires » et des «
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rejetés », la naissance de « cliques » ou de sous-groupes. Informelle parce que non officielle et
souvent non-consciente, cette structure peut entrer en opposition avec une structure officielle
imposée de l’extérieur.
6. Existence d’un inconscient collectif : l’histoire commune vécue par le groupe, son existence
collective, son passé, sont sources de problèmes latents qui, sans être présents à la mémoire
actuelle, font partie de la vie du groupe et de ses réactions. Le groupe n’a pas conscience des
phénomènes psychologiques déterminant les conduites de ses membres, et ceux-ci n’ont pas
conscience des phénomènes psychologiques déterminant leurs conduites en groupe.
7. Etablissement d’un équilibre interne et d’un système de relations stables avec l’environnement
: à travers les vicissitudes de son existence, le groupe engendre un double système d’équilibre :
interne et externe. Quand l’équilibre est remis en question par des évènements, si le groupe survit,
il tend à reconstituer un nouvel équilibre.

b. Les principaux générateurs de la dynamique de groupe

Ce sont les facteurs internes ou externes qui provoquent, alimentent ou transforment les
interactions sociales, les rapports de pouvoir, les sentiments d’appartenance ou les
comportements collectifs au sein d’un groupe restreint. Autrement dit, ce sont les éléments qui
mettent en mouvement un groupe humain et qui modèlent sa cohésion, sa structure et son
efficacité.

Les principaux générateurs de la dynamique de groupe :

- Communication : Base de toute interaction, elle peut être verbale ou non-verbale, explicite
ou implicite. La qualité de la communication influe sur la cohésion, la confiance et la gestion
des conflits. ( une mauvaise circulation de l'information dans une équipe peut créer des
tensions ou des malentendus).
- Les rôles sociaux : Chaque membre adopte un ou plusieurs rôles (formels ou informels) :
leader, médiateur, contestataire, organisateur, suiveur, etc. Ces rôles évoluent selon la
situation, les attentes du groupe et la personnalité des membres (dans un groupe d’étudiants
en projet, une personne devient naturellement le coordinateur, une autre prend le rôle
d’animateur, etc.)
- Les normes et règles implicites : Ce sont les codes sociaux, souvent tacites, qui régulent les
comportements : ce qu’on peut dire, faire, ou pas. Elles permettent de maintenir un équilibre,
mais peuvent aussi figer ou exclure (dans un groupe, il peut être mal vu de contredire le leader,
même quand il a tort).
- Les objectifs communs : Un but commun renforce la cohésion : réussir un projet, atteindre
une performance, vivre une expérience partagée. Si les objectifs sont flous ou contradictoires,
cela nuit à la motivation ( Un groupe soudé autour d’un défi collectif comme un tournoi sportif
ou un projet solidaire développe une dynamique positive).
- Les émotions partagées : Joie, frustration, peur, excitation, etc. Les émotions vécues en
groupe influencent les comportements individuels. Elles peuvent être contagieuses
(l’enthousiasme d’un membre peut rapidement devenir moteur pour tout le groupe).
5
- Les interactions et la réciprocité : Les échanges réguliers et équilibrés (écoute, aide,
feedbacks) favorisent un climat de confiance et d’entraide. L’inverse (dominance, isolement,
monopoles) crée des tensions ou des frustrations (dans un groupe de travail, si certains ne
participent jamais ou n’écoutent pas les autres, la dynamique se dégrade).
- L’identité collective : Le sentiment d’être « un groupe », avec une histoire, une culture, des
références communes. C’est un facteur puissant d’engagement, de loyauté et de sens ( une
promo d’étudiants qui crée un logo, une chanson ou un cri de ralliement renforce sa cohésion.
- Le leadership : Le style de conduite du groupe a une grande influence : autoritaire,
démocratique, laisser-faire. Un bon leadership stimule, régule et protège la dynamique ( un
enseignant ou animateur qui favorise l’écoute et la co-construction développe un groupe plus
engagé).

IV-Quelques techniques de la dynamique de groupe :


Le team building :
Depuis quelques années, le team building est une solution de cohésion d’équipe très sollicitée
par le monde de l’entreprise. Ces ateliers de « construction d’équipes » sont mises en place afin
de créer ou favoriser des compétences groupales.
Par le biais d’ateliers interactifs : artistiques, sportifs ou culturels, les collaborateurs se regroupent
et développent leurs capacités à travailler ensemble. Le recours au Team building peut être
systématique chaque année et représenter une valeur forte de l’entreprise. En effet, les
équipes sortent du cadre professionnel pour participer à des activités ludiques et formatrices qui
visent à mieux connaitre ses collègues, à renforcer les liens au sein du groupe, à apaiser les
conflits et à renforcer la motivation. Il y a un réel partage d’émotion particulièrement bon pour
la cohésion. Le Team Building participe, au même titre que d’autres actions, au développement
des qualités qui servent le collectif, comme par exemple l’échange, la complicité, l’entraide, la
contribution au succès, la solidarité face à la défaite, le comportement devant le challenge et la
nouveauté. Ce type d’atelier est convoité dans notre société où les échanges entre les collaborateurs
sont de plus en plus virtuels. Il permet alors de palier ce phénomène de déshumanisation du travail
en favorisant le contact humain. Grâce au team building, les employés se sentent considérés. Au-
delà de motiver son équipe, un atelier de cohésion d’équipe est un facteur d’adhésion et de
fidélisation. Des team-building, Il en existe pour tous les goûts, tous les objectifs, toutes les
personnalités et même tous les budgets. En voici quelques exemples et les enjeux auxquels ils
répondent :
 Yoga ou atelier de prise de parole en public : Gestion du stress…
 Théâtre d’entreprise ou match d’improvisation : Gestion des conflits, améliorer l’écoute
active et la réactivité émotionnelle…
 Création d’une chanson thématique : Adhésion à la culture d’entreprise…
 Atelier de compétition intellectuelle : Renforcer la solidarité, le partage de savoirs et la
complémentarité des intelligences…

6
Le jeu de rôle :
C'est une technique ludique, utilisée essentiellement dans le domaine du «savoir être». Elle
constitue un puissant moyen de prise de conscience et de changement. Il est économique et
efficace. Le bon déroulement du jeu nécessite :
- un climat de confiance au sein du groupe ;
- un animateur habitué au travail sur la relation
Les jeux de rôles permettent de reproduire des situations problématiques existantes ou à venir avec
un groupe d’acteurs, et d’en explorer la résolution. Les participants sont placés dans une situation
virtuelle de prise de décision, dans un environnement contrôlé et sans risque. Ils peuvent alors
explorer des scénarios d’évolution, tester des solutions ou encore expérimenter de nouveaux modes
d’interactions. Une phase de réflexion est menée à la fin du processus, permettant aux participants
d’expliciter et analyser leurs choix afin d’en tirer les conclusions adéquates.
Le jeu de rôle est une technique pédagogique d'apprentissage et d’animation des groupes qui
consiste à faire jouer quelques participants de groupe devant les autres des rôles inhabituels dans
le but de prendre conscience des motivations et modes de pensée différents, afin de tirer des
résolutions aux situations problématiques posées.

V. La notion du Leadership :

Le leadership est un terme emprunté à l'anglais qui signifie l'influence d'un individu sur un
groupe et sa capacité de fédérer ce groupe pour atteindre un objectif spécifique dans une situation
donnée. On dira alors qu'un leader est quelqu'un qui est capable de guider, d’orienter et d'influencer
et d’inspirer. Il peut être le chef ou le porte-parole. Il existe trois types de leader selon Kurt Lewin:
- Le leader autoritaire prend toutes les décisions d'ordre général concernant les activités et
l'organisation du groupe et tous les membres du groupe sont soumis aux décisions qu’il
prend. Il ne participe pas aux activités. Le leadership autoritaire peut être avantageux, s’il
est un expert dans le domaine où il travaille. Il peut être aussi avantageux lorsque la
situation requière une prise de décision rapide. Et parmi les inconvénients de leader
autoritaire, c’est qu’il ne favorise pas l’innovation, car il ne permet pas aux subordonnés
de s’exprimer et de valoriser toute leur potentialité.
- Le leader démocratique fait des propositions. Au lieu de prendre la décision de façon
unilatérale, il tend à impliquer les subordonnés dans la prise de décision et il insiste sur la
consultation. Donc, la communication dans cette forme se fait dans deux sens. Les
7
avantages de ce type de leader, c’est que la participation est encouragée et les subordonnés
sont coachés. Parmi les inconvénients de ce type de leader, c’est qu’il engendre un excès
de compétitivité entre les subordonnés et une perte de temps dans les réunions de prise des
propositions.
- Le leader laissez- faire est un type de leadership dans lequel celui qui dirige laisse les
membres de son groupe prendre eux-mêmes les décisions. C’est l’opposé du leadership
autoritaire. Des recherches ont montré que le Leadership Laisser-Faire est le type de
leadership qui entraîne la plus faible productivité. Toutefois, dans certaines situations, le
leadership Laisser-Faire peut être efficace et profitable. Il s’agit par exemple des cas où les
membres du groupe ont de grandes compétences et sont motivés et capables de travailler
eux-mêmes.
L’expérience de Lewin et Lippitt
 Dans les années 30, Ronald Lipitt, élève-assistant en psychologie expérimentale, réfléchit à
la variabilité d'impact que des styles différents de leadership doivent exercer sur un groupe
d'enfants. Apprenant que Kurt Lewin s'intéresse à la structure des groupes, R Lipitt le
contacte, et lui soumet son projet. L'étude est engagée et les chercheurs demandent à plusieurs
enfants de onze ans de mener ensemble une activité sous la supervision d'un adulte. Certains
groupes fonctionnent avec un leader adulte « démocratique », d'autres avec un leader «
autoritaire », d'autres enfin avec un leader « laissez-faire ».
Les réactions des groupes ont confirmé les attentes des chercheurs. C'est avec un leader
démocratique que les enfants ont manifesté le plus de satisfaction et une performance élevée.
D'ailleurs, lorsque l'adulte s'absentait, le groupe était en pleine activité, de façon efficace. A
l'inverse, les groupes placés auprès d'un leader autoritaire ont réclamé plus souvent l'attention de
celui-ci et montré plus de dépendance à son égard que les autres. Ces groupes se caractérisaient
soit par l'apathie et l'abandon des responsabilités au leader autoritaire, soit par une forte frustration
et de la rébellion à l'égard de l'adulte. Lorsque le leader s'absentait, aucune initiative collective
n'émergeait. Enfin, c'est dans les groupes accompagnés par un leader de type laissez-faire que la
performance était la plus mauvaise. Les enfants étaient actifs, mais improductifs.
En ce qui concerne les relations entre enfants, les chercheurs ont relevé davantage de suggestions
mutuelles et de demandes réciproques d'attention pour les groupes en climat démocratique ou
laissez-faire que pour ceux au leadership autoritaire. Enfin, dernière observation intéressante : les
membres du groupe sous leadership autoritaire, après avoir été transférés dans un leadership
démocratique ou laissez-faire, se sont lancés, le premier jour, dans des jeux désordonnés. Ce besoin
de défoulement disparaissait après quelques réunions en climat plus libéral.

Pour plus de détails : [Link]

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VI. Les facteurs de cohésion d’un groupe

La cohésion du groupe :
Étymologiquement, « cohésion » vient du latin cohaesus qui signifie « rester ensemble ».
De nombreuses études se sont intéressées à ce processus sociocognitif, c’est même l’un des
concepts les plus étudiés et clairement identifiés comme facteur essentiel à la performance. Pour
qu’une équipe soit cohésive, elle doit être managée, dirigée, organisée. C’est le rôle des leaders
(manager, entraîneur, capitaine...). Cette caractéristique est primordiale car une équipe sans
leadership souffrira dans la réalisation de ses objectifs. Il y a ce qu’on appelle la cohésion «
opératoire », celle qui est centrée sur la tâche à accomplir, et la cohésion « sociale », celle qui
est centrée sur les aspects affectifs, l’entente des joueurs entre eux, la satisfaction de leurs
besoins personnels…

La cohésion collective est le lien qui unit les membres d’un groupe, leur permettant de
fonctionner ensemble efficacement et de manière harmonieuse.

Facteurs principaux :
• Objectifs communs : Sentiment de partager une mission ou un but.
• Valeurs partagées : Normes, croyances, culture commune.
• Relations interpersonnelles : Sympathie, respect, entraide.
• Sentiment d’appartenance : Identification au groupe, reconnaissance.
• Communication efficace : Transparente, respectueuse et régulière.
• Leadership inclusif : Un leader qui valorise tous les membres.
• Succès communs : Renforcent le sentiment d’unité et de fierté collective.

Exemple : La cohésion des groupes dans la société marocaine repose sur plusieurs facteurs :
 Les liens familiaux et communautaires : Au Maroc, la solidarité familiale est essentielle.
Les membres d'une même famille, ou d'un village, s’entraident souvent dans des moments
difficiles. Par exemple, lors d’une maladie, les proches sont souvent ceux qui apportent un
soutien moral et financier.
 Le partage des traditions et de la culture : Les pratiques culturelles comme la cuisine
renforcent la cohésion. Les repas partagés, comme le couscous du vendredi, renforcent les
liens au sein de la famille et de la communauté.
 Le rôle des associations communautaires : Beaucoup de petites villes ou villages au
Maroc ont des associations locales (culturelles, caritatives, sportives) qui renforcent les
liens sociaux. Ces groupes organisent des événements, comme des matchs de football ou
des festivals culturels, qui unissent les membres autour d'un but communauté.

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VII. Les fondements relationnels de la cohésion : Compréhension, justice,
écoute et confiance

Dans un groupe restreint, la capacité des individus à se comprendre mutuellement et à vivre


ensemble dans le respect des différences constitue un socle fondamental de la cohésion. Lorsque
chacun peut exprimer son identité, ses valeurs, ses émotions sans crainte d’être jugé ou exclu,
un climat de sécurité et d’acceptation s’installe progressivement. Ce climat facilite les échanges,
encourage la sincérité, réduit les malentendus et permet l’émergence d’un sentiment
d’appartenance.

Se comprendre ne signifie pas penser de la même façon, mais reconnaître la légitimité des
parcours, des ressentis, des références de chacun. C’est aussi accepter les désaccords sans qu’ils
soient perçus comme des menaces à l’équilibre du groupe. Apprendre à vivre ensemble, c’est
donc construire une culture de groupe où l’altérité est considérée comme une richesse. Cela
suppose un travail d’écoute mutuelle, de reconnaissance des apports de chacun, mais aussi une
vigilance constante contre les mécanismes d’exclusion, de moquerie ou de repli identitaire. Les
techniques d’animation comme les cercles de parole, les exercices d’expression personnelle ou
les outils visuels comme le blason permettent à chacun de prendre sa place et d’entrer dans une
dynamique de groupe fondée sur la réciprocité et la reconnaissance.

Mais cette cohésion ne peut exister durablement si le groupe ne développe pas en parallèle
une conscience aiguë des mécanismes d’injustice et des conflits potentiels qui peuvent le
traverser. Comprendre l’injustice, c’est être capable de repérer les déséquilibres, les rapports de
force ou les discriminations implicites qui peuvent affecter certains membres. Qu’ils soient liés
au genre, à l’origine, à la place dans la hiérarchie ou à des différences de statut, ces déséquilibres
nuisent au climat collectif et nourrissent des ressentiments silencieux.

Le conflit, quant à lui, fait partie intégrante de toute dynamique de groupe : il est souvent
porteur de transformation, à condition d’être exprimé, entendu et traité de façon constructive.
Un groupe mature n’est pas un groupe sans conflit, mais un groupe qui sait les gérer de manière
équitable. Cela passe par l’apprentissage de la communication non violente, par la capacité à
écouter les besoins des autres, à exprimer ses désaccords sans agressivité, à rechercher des
solutions gagnant-gagnant. Lorsque le conflit est évité ou refoulé, il réapparaît sous des formes
plus destructrices : tensions latentes, sabotage, exclusions, désengagement. Le rôle du groupe
est donc de se doter d’outils pour analyser ses tensions internes, en comprendre les causes
profondes et les traiter de manière collective, afin de renforcer la cohésion plutôt que de la
fragiliser.

Un des piliers les plus puissants de la cohésion est la qualité de l’écoute mutuelle et la
construction d’un climat de confiance. L’écoute véritable ne se limite pas au silence ou à
l’attention apparente, elle suppose une posture d’ouverture, d’accueil et de non-jugement. Elle
implique de suspendre ses certitudes pour laisser de la place à l’autre, de reformuler ce qui a
été compris pour s’assurer que le message a bien été reçu. C’est par cette écoute active et

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empathique que se tissent les liens interpersonnels profonds, que chacun se sent reconnu dans
ce qu’il est, et que la parole devient un espace de construction commune.

La confiance, quant à elle, ne se décrète pas : elle se construit au fil du temps, par des actes,
des attitudes, une constance dans le comportement et une authenticité dans les échanges.
Lorsqu’elle est présente, elle libère la parole, encourage la prise de risque, facilite l’entraide et
renforce la responsabilité collective. Lorsqu’elle est absente, le groupe devient un espace de
repli, de compétition ou de méfiance. Apprendre à écouter les autres, à prendre soin de leurs
émotions, à offrir un cadre rassurant, c’est créer les conditions d’un vivre-ensemble apaisé,
solidaire et dynamique. La confiance est le ciment invisible du groupe, elle se nourrit
d’attention, de reconnaissance mutuelle et d’une communication sincère.

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