4GH51TEWB0223U07 CoursHistoireGeographie-U07
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Croissance démographique et
production agricole
Les séances de cette unité vont te permettre de travailler les domaines 1, 2, 3 et 5 du socle commun de connais-
sances, de compétences et de culture : se repérer dans l’espace et dans le temps, extraire des informations perti-
nentes pour répondre à une question portant sur un document ou plusieurs documents, les classer, les hiérarchi-
ser…
ACCUEIL
Le pouvoir des rois de France s’affirme progressivement au cours du Moyen Âge. Tu vas commencer par étudier le
pouvoir des premiers rois de France de la dynastie des Capétiens, aux XIe et XIIe siècles puis étudier la mise en place
de la féodalité* avant de voir l’affirmation du pouvoir royal au XIIIe siècle.
JE M’EXERCE
Exercice 1
« Le comte demanda au futur vassal s’il voulait devenir son homme sans réserve. Celui-ci répondit : “Je le
veux”. Ses mains étant jointes dans celles du comte, ils s’allièrent par un baiser. Puis le vassal dit : “Je promets
en ma foi d’être fidèle à partir de cet instant au comte Guillaume et de lui garder contre tous et entièrement
mon hommage, de bonne foi et sans tromperie”. Il jura cela sur la relique des saints. Ensuite, le comte lui
donna l’investiture1. »
— D’après Galbert de Bruges, Histoire du meurtre de Charles le Bon, comte de Flandre (1127-1128), cité par Henri Pirenne, 1891.
1. Investiture : acte par lequel le seigneur remet à son vassal, un objet symbolique (épée ou bâton), qui représente le fief*.
9. Dans la phrase soulignée, surligne en vert les deux mots qui désignent les deux acteurs de la cérémonie d’hom-
mage vassalique.
10. Surligne en jaune le mot qui désigne ce que reçoit le vassal en échange de son obéissance au seigneur.
2
B. La féodalité face à l’affirmation
de l’État monarchique 1
Dans ton cahier, recopie le titre du B.
Exercice 2
Les seigneurs sont les vassaux du roi : ils lui obéissent et lui doivent
fidélité. Leur seigneurie est un fief qui leur a été donné par le roi, en
échange de leur loyauté.
Or, en 1066, le duc de Normandie, Guillaume le conquérant réussit à
conquérir l’Angleterre, il en devient le roi. Mais il reste duc de Nor-
mandie : il doit donc rendre hommage au roi de France. De même,
tous les seigneurs et chevaliers qui ont prêté hommage au duc de
Normandie doivent aussi fidélité au roi de France.
Que se passe-t-il alors s’il y a une guerre entre la France et l’Angle-
terre ?
« Guillaume le Maréchal est un chevalier au service du roi d’Angleterre. Il possède des terres en Angleterre :
pour ces fiefs, Guillaume a fait hommage au roi d’Angleterre. Mais il possède des terres en Normandie, donc
en France : pour ces autres fiefs, il a fait hommage au duc de Normandie, vassal du roi de France.
Maintenant, le roi de France exige de Guillaume qu’il lui rende aussi directement hommage pour ses fiefs
situés en Normandie, dans le royaume de France. En effet, la France et l’Angleterre sont en guerre : le roi de
France a quelques raisons de douter de la loyauté du duc de Normandie.
Le roi de France dit que les seigneurs de Normandie qui lui feraient [directement] hommage tiendraient leur
seigneurie de lui. Par la suite, bien des larmes furent versées par les seigneurs de Normandie qui ne s’étaient
pas décidés à temps à jurer fidélité directement au roi de France. Le roi de France prenait tous leurs châteaux.
Guillaume le Maréchal dit alors au roi d’Angleterre : “Sire, si je ne fais pas hommage au roi de France, je vais
perdre ma seigneurie en Normandie. Que faire ?”
Le roi d’Angleterre répondit : “Je vous sais si loyal que vous ne pourriez éloigner votre cœur de moi. Je veux
bien que vous fassiez hommage au roi de France, car je sais bien que plus vous aurez de terre, mieux vous me
servirez.”
Guillaume le Maréchal fait alors hommage directement au roi de France. »
— D’après L’histoire de Guillaume le Maréchal, poème en ancien français, XIII e
siècle,traduit par Paul Meyer, 1901.
7. À qui Guillaume doit-il rendre hommage, sous peine de confiscation de sa seigneurie située en Normandie ?
Au roi de France, car il possède une seigneurie en Normandie, donc en France
Au roi d’Angleterre, car il avait oublié de le faire
Au duc de Normandie, qui est aussi roi de France
Document 9 : Guillaume le Maréchal fait hommage au roi de France
« La guerre continue entre la France et l’Angleterre. Guillaume est désormais suspecté de trahison par le roi
d’Angleterre : Le roi d’Angleterre fit venir Guillaume le Maréchal devant lui et il lui demanda pourquoi il avait
fait alliance contre lui avec le roi de France. Guillaume dit : “Sire, j’ai agi avec votre permission.”
Le roi d’Angleterre répondit : “Vous viendrez avec moi en France pour reconquérir mon héritage contre le roi de
France, à qui vous avez fait hommage.”
Guillaume s’écria “Ah, Sire ! Pardon à Dieu ! Ce serait mal, puisque j’ai juré fidélité au roi de France ! […] Sire, je
ne fus jamais malhonnête. Et je veux bien me battre en duel contre le plus vaillant de vos chevaliers, s’il voulait
prouver que j’ai mal agi envers vous.”
Le roi d’Angleterre essaie de trouver un homme pour défier Guillaume en duel, mais personne n’ose s’y ris-
quer. Quand le roi d’Angleterre vit qu’il ne pouvait faire de mal à Guillaume, il recommença à lui faire bonne
mine, comme s’il n’avait plus de rancune. Mais il voulut avoir le fils de Guillaume en otage. Guillaume, qui
n’avait pas l’intention de trahir, accepta.
L’année suivante, le roi d’Angleterre s’occupa de réunir une grande armée et partit en France faire la guerre.
Il laissa l’Angleterre en garde à ses meilleurs chevaliers, parmi lesquels était Guillaume le Maréchal, sur la
loyauté de qui il pouvait compter. »
— D’après L’histoire de Guillaume le Maréchal, poème en ancien français, XIII
e
siècle, traduit par Paul Meyer, 1901.
Exercice 3
Document 10 : Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste en 1180 et 1223
JE RETIENS
Au XIe siècle, le roi de France ne contrôle directement qu’une toute petite partie du royaume, c’est le domaine
royal. L’essentiel du royaume est aux mains de grands seigneurs, les ducs et les comtes, qui détiennent de
vastes territoires.
Pour défendre et agrandir leurs territoires, les seigneurs s’attachent les services de chevaliers par la cérémonie
de l’hommage. C’est un contrat par lequel un vassal se place sous la protection d’un suzerain*, seigneur plus
puissant en échange de la promesse de le servir fidèlement. Pour permettre au vassal d’entretenir son équi-
pement militaire et de bien le servir, le suzerain lui remet un fief. La société est organisée suivant ces rapports
d’hommes à hommes, c’est la féodalité.
À partir du milieu du XIIe siècle, les rois de France de la dynastie des Capétiens affirment leur autorité face
aux grands seigneurs du royaume. Ceux qui refusent sont condamnés à la confiscation de leurs fiefs. Le roi doit
toutefois souvent faire la guerre pour reprendre les fiefs confisqués. C’est de cette façon, qu’au début du XIIIe
siècle, le roi Philippe Auguste agrandit le domaine royal et récupère une partie des fiefs détenus en France par
le roi d’Angleterre.
ACCUEIL
Louis IX ou Saint Louis a introduit au cours de son règne (1226-1270) un
certain nombre de nouveautés, il a modernisé l’État, ce a qui contribué à
l’affirmation progressive du pouvoir monarchique.
Pour les rois venus après lui et certains Français du Moyen Âge, il a
constitué un modèle. En ce sens, le règne de Saint Louis est une étape, à
replacer dans une évolution longue qui dure plusieurs siècles, marquée
par une continuité remarquable, celle d’une famille qui dirige un pays
pendant plusieurs siècles.
Au cours de cette séance, tu vas étudier le personnage du roi de France
Louis IX puis tu verras la façon dont il a modernisé le pays par des
réformes de la justice et de l’administration. Enfin, tu verras comment il a
pu être présenté comme un modèle de roi.
Dans cette première partie, tu vas étudier deux modernisations importantes voulues par le roi Louis IX, celle de la
justice puis celle de l’administration.
JE M’EXERCE
Exercice 1
Document 1 : Louis IX et le seigneur de Coucy
« Après que messire de Coucy fait pendre trois jeunes gens parce qu’ils ont été trouvés dans ses bois avec arcs
et flèches. L’abbé de Saint-Benoît et certaines femmes qui étaient cousines des pendus portent plainte devant
le roi.
Celui-ci fait arrêter le seigneur de Coucy par ses chevaliers, mener au Louvre et mettre en prison […] Le Sei-
gneur de Coucy ne veut pas se soumettre à une enquête mais il accepte un duel judiciaire1. […]
Et à la fin2, le roi condamne le seigneur de Coucy à 12 000 livres d’amende et le condamne à perdre le bois où
les jeunes gens avaient été pendus. Et il lui retire encore toute haute justice3, de sorte qu’il ne lui soit plus pos-
sible de mettre en prison ou de condamner à mort, qui que ce soit, pour quelque motif que ce soit.
À un seigneur trouvant que le roi a été trop sévère à l’égard du seigneur de Coucy, le roi répond :
“Vous dites que je fais pendre mes barons4 ? Certainement pas, je ne les ferai pas pendre mais je les punirai
s’ils font mal”. »
— D’après Guillaume de Saint-Pathus, Vie de saint Louis, Delaborde, Picard, Paris, 1899.
1. Duel judiciaire : le seigneur de Coucy avait au départ refusé l’enquête du roi. Il souhaitait une « bataille », c’est-à-dire un duel
judiciaire : si le seigneur accusé sort vainqueur de ce combat, il est innocenté car sa victoire montre que Dieu lui a donné raison. Le
roi refuse et organise un véritable jugement.
2. À la fin : scandalisé par sa brutalité, le roi aurait eu, au départ, l’intention de faire pendre ce seigneur.
3. Haute justice : le sire de Coucy avait, comme d’autres seigneurs, droit de rendre justice dans les terres qui lui appartenaient. Le
droit de haute justice lui donnait le droit de condamner à mort.
4. Baron : seigneur important.
1 2
1. Surligne en jaune dans le texte le
passage qui correspond à la partie de
l’image n° 1 et en vert celle qui corres-
pond à la partie de l’image n° 2.
2. Quelle a été la proposition du Sire de
Coucy ?
Payer 12 000 livres d’amende
Faire un duel judiciaire
Laisser le roi réaliser un véritable
jugement
3. Surligne en bleu la décision du roi.
« Nous1 supprimons les batailles2 et au lieu des batailles, nous mettons les preuves par témoins et nous ne
supprimons pas les autres bonnes preuves loyales qui ont été utilisées en tribunal laïque3 jusqu’aujourd’hui.
Nous commandons que si quelqu’un veut en accuser un autre de meurtre, qu’il soit entendu. […]
Si quelqu’un veut accuser son seigneur de faux jugement, il conviendra que le faux jugement soit prouvé par
témoins et non par bataille. Et si le faux jugement n’est pas prouvé, celui qui accusera le seigneur sera puni. Et
si le faux jugement est prouvé, le seigneur paiera l’amende. »
— Ordonnances des rois de France de la troisième race, t.1, Paris, imprimerie royale, 1723.
1. Nous : le roi, c’est un pluriel de « majesté ».
2. Bataille : le duel judiciaire.
3. Tribunal laïque : qui ne dépend pas de l’Église.
4. Explique en quelques phrases comment le roi Louis IX veut moderniser la justice. Tu peux utiliser comme
exemple sa façon de juger le seigneur de Coucy.
Document 4 : Le rapport d’un enquêteur du roi sur le bailli* Matthieu de Beaune, 1261
« Pierre, maire Chauny, requis de dire comment s’était conduit dans son bailliage le sire1 Matthieu de Beaune,
chevalier, dit sous la foi du serment qu’il s’est bien conduit à l’égard des habitants de Chauny. Interrogé sur la
manière dont il a maintenu les droits et biens du seigneur roi ainsi que du royaume, il dit qu’il les a bien main-
tenus. Requis de dire2 comment il se conduisit pour expédier3 les affaires et procès, il dit qu’il se conduisit bien
et qu’il n’a jamais entendu quelqu’un se plaindre de sire Matthieu. Requis de dire si Sire Matthieu demanda ou
reçut des cadeaux, il dit qu’il n’en savait rien, mais que lorsqu’il venait à Chauny, la ville offrait à Sire Matthieu
deux ou trois pots-de-vin. Quand la ville de Chauny voulut offrir au sire Matthieu 40 livres tournois4, il ne voulut
pas les accepter. »
— D’après le Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. 24, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 1904.
1. Sire : comprendre ici « Monsieur ».
2. Requis de dire : interrogé sur.
3. Expédier : conduire, diriger.
4. 40 livres tournois : une grosse somme d’argent.
Exercice 2
Document 5 : La vie de Saint Louis
1 2
Complète le tableau ci-dessous avec les numé-
ros des vignettes :
N° Élément représenté
Un religieux apprend à lire au roi.
Exercice 3
Document 6 : Le pouvoir sacré des rois de France
« Comme saint Rémy baptisait Clovis1 avec son peuple, un ange apparut sous la forme d’une colombe descen-
dant du ciel et apportant une fiole2 pleine de la liqueur du saint Chrême3. C’est de ce chrême que Nous, les rois
de France, au jour de la consécration4 et du couronnement, avons reçu l’onction5. Par cette onction, une telle
grâce est répandue dans les rois de France, que par le seul contact de leurs mains, ils soignent les malades
des écrouelles. »
— D’après la Charte de du Charles V en faveur des religieux de la cathédrale de Reims, 1380,
cité et traduit dans Jean de Pange, Le roi très chrétien, Paris, Marlot, 1949.
1. Clovis : chef franc réputé être le premier roi de France, baptisé à Reims vers l’an 500.
2. Fiole : petit récipient en verre, on parle parfois d’une « ampoule ».
3. Chrême : liquide ou crème, baume, onguent, c’est un produit destiné à être étalé sur la peau.
4. Consécration : sacre.
5. Onction : fait d’être enduit d’une huile ou d’une crème.
« Mais que faut-il penser au fond du “miracle” de la guérison de la maladie des écrouelles1 ? M. Bloch se pose
la question à la fin de son livre. […] La vérité est qu’il n’y eut aucune guérison du tout. Déjà au temps des rois,
on était bien obligé de reconnaître que sur un grand nombre de malades touchés, quelques-uns seulement
guérissaient.
La guérison se produisait souvent plusieurs années après la cérémonie, elle était incomplète ou momentanée.
Or, il arrive que certaines manifestations de la maladie des écrouelles disparaissent, pour reparaître plus tard
sous une autre forme ; des malades ont pu se croire guéris. Ils ont attribué cette guérison au roi. “Le roi te
touche, Dieu te guérit”, disait avec modestie le roi de France. Il restait au malade qui ne retrouvait point la santé
à s’en prendre à plus puissant que le roi. »
— D’après Pfister Christian, “Compte-rendu de l’ouvrage de Marc Bloch. Les rois thaumaturges”, Journal des savants, mai juin 1925.
1. Maladie des écrouelles : la maladie des écrouelles était une maladie de la famille de la tuberculose, elle causait des blessures
répugnantes pleines de pus, les scrofules.
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-après.
Glossaire
Bailli : officier du roi chargé de l’administration et de la justice dans le domaine royal.
Canonisation : r econnaissance officielle par l’Église catholique de la sainteté d’une personne, proposée alors
comme modèle.
Justice royale : justice du roi, par opposition à la justice des seigneurs qui n’est valable que dans leur seigneurie.
Sacre : cérémonie religieuse par laquelle un roi de France affirme son pouvoir, le jour de son couronnement.
ACCUEIL
Cette séance porte sur les derniers siècles du Moyen Âge : l’époque des rois Capétiens de la branche des Valois,
en rose sur l’arbre généalogique que tu as observé au début de l’unité. C’est aussi en bonne partie l’époque de la
guerre de Cent Ans, un conflit qui opposa les familles royales de France et d’Angleterre pour la possession de la
couronne de France.
Pour sortir finalement victorieux de ce long conflit, les rois de France ont eu besoin de moderniser l’État et de trou-
ver de nouveaux financements, c’est ce que tu vas étudier au cours de cette troisième séance d’histoire.
JE M’EXERCE
Exercice 1
Document 1 : Des conseillers du roi lors de l’enterrement de Charles VI en 1422
« Sur des sièges des deux côtés d’une salle, sont assis presque tous les jours des hommes au service de l’État.
Les uns sont maîtres des requêtes1, les autres sont notaires2 du roi. Tous obéissent aux ordres de la royauté et
travaillent à faire prospérer la chose publique3. […]
Dans une grande salle, des affaires difficiles sont examinées, elles exigent la plus grande tranquillité. Là
siègent en leur tribunal des hommes d’une sagesse toujours éveillée, les maîtres du Parlement. Leur infail-
lible connaissance du Droit4 leur permet des sentences définitives. Toujours incorruptibles, ils sont sans cesse
occupés à rendre des jugements selon la justice, sans favoritisme. »
— D’après Jean de Jandun, Éloge de Paris, 1323, publié et traduit par Leroux de Lincy, Imprimerie impériale, 1856.
1. Maîtres des requêtes : conseillers, à la fois membre de la maison du roi et juges.
2. Notaire : il enregistre officiellement des décisions.
3. Chose publique : les affaires de l’État, dans l’intérêt du roi et de ses sujets.
4. Le Droit : l’ensemble des lois.
Exercice 2
Document 3 : Bertrand Du Guesclin devient connétable
« En 1370, le roi Charles V fait venir Bertrand Du Guesclin à Paris. Là, le roi lui dit comment on l’avait élu et
désigné pour être connétable1 de France. […] Il convenait qu’il soit connétable, car il en avait été ainsi décidé
par tout le conseil de France2.
Alors messire Bertrand s’excusa et dit: “Cher sire et noble roi, […] je suis un pauvre homme et de basse ori-
gine3. Et la charge4 de connétable est si grande et si noble qu’il convient, pour celui qui veut bien la remplir, de
commander énergiquement. Et voici Messeigneurs vos frères, vos neveux et vos cousins qui commanderont
dans les armées. Comment oserais-je commander sur eux ? Aussi, je vous prie bien fort de me délivrer de cette
charge de connétable.”
Alors le roi lui répondit :
“Messire Bertrand, ne vous excusez point, car je n’ai frère, cousin, ni neveu, ni comte, ni baron en mon royaume
qui ne vous obéisse. Et si quelqu’un voulait faire le contraire, il m’irriterait tellement qu’il s’en apercevrait. Aussi
acceptez la charge de [connétable] avec joie, je vous en prie”. Messire Bertrand finalement se rendit à la volonté
du roi. »
— D’après Jean Froissart, Chroniques, t. VII, Société de l’histoire de France, 1869-1899.
1. Connétable : commandant en chef des armées du royaume.
2. Le conseil de France : le roi et ses proches conseillers.
3. De basse origine : Du Guesclin n’est pas issu d’une famille de grands seigneurs.
4. La charge : l’office, la mission, le métier.
Document 4 : Le roi Charles V remet à Bertrand Du Guesclin son épée de connétable, XIVe siècle
1. Pourquoi Bertrand Du Guesclin n’accepte-t-il pas immédiatement de devenir commandant en chef des armées
du roi de France ?
Il veut être certain que les plus grands seigneurs du royaume lui obéiront, alors qu’il ne vient pas lui-même
d’une grande famille noble.
Il sait que tous les proches conseillers du roi ne sont pas d’accord.
C’est trop cher, Du Guesclin est trop pauvre pour payer autant d’argent.
Exercice 3
Document 5 : Armés de longues piques, Document 6 : Un canon d’artillerie du XVe siècle
des mercenaires du XVe siècle
Document 7 : Le Parlement* de Languedoc accepte la levée d’un nouvel impôt, la taille royale*
« Le Roi, notre seigneur, afin de s’opposer et résister aux entreprises que ses anciens ennemis les Anglais
et d’autres pourraient et voudraient y mener, afin de l’aider à supporter les autres charges importantes et
dépenses qu’il a décidé de réaliser depuis qu’il est récemment parvenu à la Couronne, a besoin d’obtenir aide
et secours de ses sujets et aussi ceux de son pays de Languedoc.
Afin de prouver à jamais la vraie obéissance et la bonne volonté qu’ils nourrissent envers le Roi notre seigneur,
ils lui ont librement octroyé, consenti et accordé une aide de 12 000 livres tournois. »
— D’après le vote des États du Languedoc, 1462, extrait de Dom Cl. Devic et J. Vaissette,
Histoire générale du Languedoc, Toulouse, 1889.
Exercice 4
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés, puis apprends le résumé ci-après.
Glossaire
Impôt : somme d’argent consentie par ses sujets puis imposée par le roi, pour contribuer au financement des
dépenses royales.
Parlement (de Paris) : cour de justice suprême du roi.
Solde : salaire d’un soldat.
Taille royale : impôt annuel et permanent payé au roi, par ceux qui ne sont ni clercs ni nobles.
SÉANCE 4
Du blé pour nourrir la planète
Cette séance existe aussi sous forme numérique sur ton espace inscrit. Tu y trouveras des exercices interactifs
et des éléments supplémentaires pour t’aider.
ACCUEIL
Dans l’unité 1, tu as étudié la croissance démographique et ses effets dans un grand pays : l’Inde. Cette étude t’a
permis également de voir que la population de la planète augmente. Aujourd’hui, on estime la population mondiale
à un peu plus de 7 milliards d’habitants et les projections prévoient 9 milliards d’habitants pour les années 2050.
Dans l’unité 5, tu as pu observer comment les hommes gèrent les ressources renouvelables et non renouvelables à
travers les exemples du pétrole et de l’eau.
Il s’agit de voir, ici, comment les hommes, font face à un des défis majeurs de la planète : nourrir toujours plus
d’êtres humains à travers l’exemple du blé.
Cette céréale occupe une place toute particulière dans l’histoire de l’humanité. Le blé est, en effet, cultivé depuis
des millénaires : il est à l’origine de l’agriculture et de la naissance de grandes civilisations.
Dans un premier temps, tu observeras de quelle façon cette ressource et sa production sont concentrées entre les
mains de quelques pays. Dans un deuxième temps, tu étudieras le rôle clé du blé dans l’alimentation d’une partie
des populations de la planète. Enfin, tu termineras par les inquiétudes qui se manifestent concernant la production
de blé dans le monde à l’heure actuelle.
Le blé est aujourd’hui le produit agricole le plus échangé au monde. Consommé sous différentes formes (pain,
pâtes…), il joue un rôle clé pour l’alimentation de 3 milliards d’individus sur la planète, il est essentiel pour leur
vie. Sur un peu plus de 700 millions de tonnes de blé produites chaque année, 160 millions sont destinées à l’expor-
tation, soit plus d’une tonne sur cinq. C’est deux fois plus que pour les autres produits agricoles. La ressource en
blé est-elle suffisante pour tous dans le monde ?
Exercice 1
Exercice 2
Document 2 : L’évolution de la demande en blé
« Entre 1998 et 2013, la demande mondiale en blé a été souvent supérieure à la production. Il a donc fallu pui-
ser dans les stocks pour combler les écarts entre ce que la terre produit et ce que la planète consomme […].
La production de blé reste concentrée dans peu de nations1. Il faut donc faire appel aux échanges commerciaux
pour permettre à de nombreux pays de couvrir leurs besoins. Le blé est le produit agricole et alimentaire le plus
échangé du monde. Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient achètent un tiers des ventes de blé. L’Égypte,
qui pourrait dépasser les 100 millions d’habitants en 2030, est le premier importateur2 mondial, avec 10 à 11
millions de tonnes achetées en 2014-2015. L’Algérie (7 millions de tonnes), l’Iran (6 millions de tonnes) et l’Arabie
saoudite (3,5 millions de tonnes) suivent de près dans ce classement de la peur. »
— Sébastien Abis, “Le blé, une céréale au goût géopolitique”, Carto, n° 31, septembre-octobre 2015.
1. Nations : pays.
2. Importateur : pays acheteur.
1. Que peut-on dire de la production mondiale de blé par rapport à la demande mondiale entre 1998 et 2013 ?
Elle est supérieure à la demande.
Elle est juste suffisante par rapport à la demande.
Elle n’est souvent pas suffisante pour répondre à la demande.
2. Quelle solution les hommes ont-ils trouvée pour répondre à la demande face à une production insuffisante ?
Ils ont baissé leur consommation en blé.
Ils ont changé leur mode d’alimentation.
Ils ont puisé dans les stocks.
3. Surligne la phrase qui indique comment les pays demandeurs font pour couvrir leurs besoins en blé.
4. En relisant le texte, indique le pays importateur mondial de blé selon son rang mondial :
Le blé est une ressource alimentaire vitale pour la sécurité alimentaire. 3 milliards d’êtres humains en consom-
ment quotidiennement. La production mondiale de blé, après avoir fortement progressé depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale, semble connaître un pic de production. Qu’en est-il réellement ?
« Cette céréale fondatrice de l’agriculture est responsable de la survie de 35 % de la population mondiale. Or,
elle se trouve dans une situation alarmante : 37 % des surfaces cultivées affichent une stagnation des rende-
ments1. La France, troisième exportateur mondial, voit les performances de son blé plafonner depuis environ
1995, sans aucun signe de redémarrage. Un constat partagé par de nombreux pays européens (Allemagne,
Pays-Bas, Belgique, Danemark, Suède, Grande-Bretagne), et même l’Ukraine, ce fameux grenier à blé. En
Afrique du Nord, où le blé apporte près de 50 % des calories aux populations, les cultures ne progressent
plus. Malgré d’intenses apports en engrais, l’Inde déplore 70 % de ses surfaces en panne. Certaines régions
australiennes, comme le Queensland, voient même leurs rendements baisser. Les seuls acteurs majeurs en
progression sont la Chine et les États-Unis […].
Des pays agricoles plus marginaux2, comme l’Iran ou l’Irak, flambent. De biens maigres consolations à l’heure
où les experts anticipent une augmentation de 70 % de la demande en blé d’ici à 2050. »
— Vincent Nouyrigat, “Rendements agricoles, la grande panne”, Sciences & Vie, janvier 2015.
1. Rendements : (ici) quantités produites par rapport à la surface utilisée.
2. Marginaux : peu importants.
1. D’après l’auteur, quel pourcentage de la population mondiale dépend du blé pour sa survie ?
35 %
37 %
50 %
70 %
2. Globalement, quelle est l’inquiétude dont témoigne l’auteur concernant la production en blé dans le monde ?
Elle baisse.
Elle stagne.
Elle augmente beaucoup trop.
3. Indique pour chaque pays ou région, l’évolution de la production du blé :
Iran – Allemagne – Inde – France – Afrique du Nord – Queensland (Australie) – Chine
Prendre dans les stocks – Une répartition inégale de la production du blé – Faire appel
aux échanges commerciaux* – Une production en stagnation – Une demande de plus
en plus importante – Une production insuffisante pour répondre à la demande
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis apprends le résumé ci-après.
Glossaire
Agriculture intensive : agriculture qui recherche une production maximale en utilisant les techniques les plus
efficaces (machines, engrais, pesticides, sélection des semences).
Échanges commerciaux : ensemble des importations et des exportations qui se font entre les pays.
Ressources alimentaires : moyens dont dispose un pays, une région pour nourrir les habitants.
1. La production de blé dans le monde est : 5. Comment se situe la production mondiale de blé
répartie également face à la demande en blé de la population ?
inégalement répartie Elle est supérieure à la demande.
2. Quel continent produit le moins de blé dans le Elle est juste suffisante pour répondre à la
monde ? demande.
L’Amérique Elle n’est pas toujours suffisante pour répondre
L’Océanie à la demande.
L’Asie 6. Que font les hommes pour couvrir leurs besoins en
L’Europe blé ?
L’Afrique Ils puisent dans les stocks.
3. Quels sont, parmi les pays indiqués, les gros pro- Ils font du commerce.
ducteurs de blé dans le monde ? 7. Quelle est l’évolution actuelle de la production mon-
La Chine diale de blé ?
Le Brésil Elle baisse.
Les États-Unis d’Amérique Elle stagne.
Le Japon Elle augmente.
La Russie 8. Quelle est l’évolution actuelle de la demande en
Les pays de l’Union européenne blé ?
4. Comment désigne-t-on, en géographie, une agricul- Elle baisse.
ture dans l’objectif de produire beaucoup en utilisant Elle stagne.
des techniques “modernes” ? Elle augmente.
L’agriculture commerciale
L’agriculture extensive
L’agriculture vivrière
L’agriculture itinérante sur brûlis
L’agriculture intensive
ACCUEIL
Dans l’unité 1, tu as vu que la population mondiale augmente de manière inégale. L’Afrique est le continent qui
connaît la plus forte croissance démographique. Celle-ci entraîne de nouveaux besoins, notamment en nourriture.
Dans la séance précédente, tu as étudié une production agricole mondialisée, le blé. Mais l’Afrique est en grande
partie à l’écart des principaux flux mondiaux du commerce de produits agricoles.
Il s’agit donc de voir, ici, comment un pays pauvre d’Afrique, l’Éthiopie, fait face au défi de l’accroissement de la
demande alimentaire et essaye d’éviter les famines meurtrières que sa population a subies encore récemment.
Dans un premier temps, tu étudieras la situation alimentaire de l’Éthiopie puis, dans un deuxième temps, tu verras
les causes et les conséquences de cette situation alimentaire. Enfin, tu analyseras les solutions envisagées pour
améliorer cette situation.
L’Éthiopie est un État de l’est de l’Afrique, qui possède une large variété de reliefs et de climats. Sa superficie est
d’environ 1 million de km². 65 % de son territoire est aujourd’hui cultivable et l’Éthiopie est traversée par de nom-
breux cours d’eau. Pourtant dans ce pays pauvre de près de 100 millions d’habitants où plus de 80 % de la popula-
tion vit encore de l’agriculture, 10 % de la population est en situation de sous-alimentation* et la famine* menace
encore.
Comment expliquer cette situation et quelles solutions pourraient y remédier ?
Exercice 1
Document 2 : Population de l’Éthiopie
1. Quelle était la population de l’Éthiopie en 1960 ? 3. Comment évolue la population en Éthiopie depuis
22 millions d’habitants 1960 ?
52 millions d’habitants Elle baisse.
115 millions d’habitants Elle stagne.
2. Quelle était la population de l’Éthiopie en 2020 ? Elle augmente.
22 millions d’habitants 4. Quel problème peut poser cette évolution de la
52 millions d’habitants population ?
115 millions d’habitants Les besoins en nourriture baissent.
Les besoins en nourriture stagnent.
Les besoins en nourriture augmentent.
Exercice 2
« Une grande partie de la population rurale d’Éthiopie vit dans un état d’insécurité alimentaire1 chronique.
À part la croissance démographique galopante, des sécheresses à répétition et la dégradation des ressources
naturelles (la déforestation) sont parmi les principales causes de la baisse de la production vivrière par habi-
tant. Les apports caloriques journaliers moyens sont estimés inférieurs de 16 à 20 % au minimum admis,
tandis que les maladies dues aux carences en vitamine A, en fer et en iode sont très diffuses. Plusieurs fois au
cours des 30 dernières années, la sécurité alimentaire précaire de l’Éthiopie l’a fait sombrer dans une famine
généralisée. »
— “Sécurité alimentaire en Éthiopie”, FAO , Focus, février 2006.
2
1. Insécurité alimentaire : situation dans laquelle se trouve une personne ou la population d’un pays qui ne peut pas manger en quan-
tité et en qualité suffisante pour être en bonne santé.
2. FAO : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
1. Selon la FAO, quel est le déficit calorique quotidien de la population rurale d’Éthiopie ?
10 %
20 %
30 %
50 %
2. Surligne les 3 principales causes de l’insécurité alimentaire en Éthiopie.
3. Quelle est la principale conséquence du manque de nourriture pour les Éthiopiens ?
Exercice 3
Document 6 : L’irrigation dans la région du Tigré au nord de l’Éthiopie
« Tekie Hagos, 73 ans, était là pendant la famine de 1984-1985 qui a fait, selon les bilans, entre 400 000 et un
million de morts. “La municipalité ramassait les corps et les empilait dans des voitures pour aller les enterrer”,
raconte-t-il. Les hyènes se chargeaient ensuite des dépouilles oubliées.
C’est pour oublier cette image qu’Aba Hawi, le maire du village d’Abraha Atsbeha, à 60 km au nord de Mekele, a
mobilisé ses administrés pour la construction d’un impressionnant système d’irrigation : une cinquantaine de
réservoirs retiennent les eaux de la saison des pluies, de plus en plus tardive et irrégulière. L’eau accumulée
permet ainsi d’irriguer les terres du village pendant la saison sèche.
“Grâce à ces constructions, nous assurons notre sécurité alimentaire. Ceux qui ne mangeaient qu’une fois
par jour font maintenant trois repas quotidiens !” se réjouit le maire, alors qu’une douzaine d’hommes et de
femmes s’affairent à coups de pelles et de pioches à la construction d’une nouvelle digue le long de la rivière
asséchée. Le marché de la ville où il tient aujourd’hui une échoppe de céréales abonde de marchandises, fruits,
légumes et bétail. Le résultat est spectaculaire. Grâce à l’irrigation, la production agricole du village a été mul-
tipliée par quatre. Les agriculteurs réalisent non plus une mais trois récoltes par an. La végétation a repris ses
droits sur le paysage de sable et de pierres.
“Nous n’avions même pas d’eau pour boire et maintenant on fait pousser des fruits ! Le changement vient des
individus. Ça ne suffit pas d’avoir des terres. Vous devez changer vos méthodes”, martèle Aba Hawi à ses visi-
teurs. La région du Tigré se veut aujourd’hui à la pointe de la transformation agricole en Éthiopie. »
— Source : AFP
JE RETIENS
La population en Éthiopie est passée de 22 millions d’habitants en 1960 à 115 millions aujourd’hui, augmentant
les besoins en nourriture. L’insécurité alimentaire est en particulier importante dans le nord et l’est du pays.
On peut expliquer cette insécurité par des facteurs naturels comme la sécheresse. Mais les facteurs humains
les aggravent souvent : la déforestation permet de cultiver de nouvelles terres mais renforce l’érosion des sols,
les techniques agricoles sont encore peu efficaces.
Des solutions sont expérimentées, comme l’utilisation massive de l’irrigation. La sécurité alimentaire progresse
donc dans de nombreuses régions. Mais les risques de famine ne sont pas encore complètement écartés.
Glossaire
Famine : s ituation dans laquelle la population d’une zone géographique donnée, ou seulement une partie de cette
population, manque de nourriture.
Irrigation : apport d’eau à des plantes cultivées.
Sécurité alimentaire : situation dans laquelle une personne a accès en permanence à une alimentation suffisante
et saine, qui peut satisfaire ses besoins essentiels.
Sous-alimentation :situation dans laquelle une personne ne parvient pas à se procurer assez de nourriture pour
satisfaire ses besoins énergétiques alimentaires quotidiens.
SÉANCE 6
Croissance démographique et production agricole
Cette séance existe aussi sous forme numérique sur ton espace inscrit. Tu y trouveras des exercices interactifs
et des éléments supplémentaires pour t’aider.
ACCUEIL
Dans les séances précédentes, tu as vu avec l’exemple du blé que le marché des produits agricoles est de plus en
plus mondialisé. Certains pays profitent de cette mondialisation et d’autres la subissent, comme l’Éthiopie.
Il s’agit donc d’expliquer pourquoi certains paysans n’arrivent pas à se nourrir et de voir comment ils peuvent amé-
liorer leur situation alimentaire dans le cadre d’un développement durable.
Dans cette sixième séance, tu vas étudier quelques causes et quelques solutions à l’insécurité alimentaire dans
certaines régions du monde. Dans un premier temps, tu verras les liens entre croissance de la population, types
d’agriculture et insécurité alimentaire. Dans un deuxième temps, tu étudieras le marché des terres agricoles dans
le monde et ses conséquences sur les populations locales. Enfin, tu essaieras de voir quelles solutions peuvent être
mises en place pour que la mondialisation de l’agriculture profite à tous.
JE M’EXERCE
Exercice 1
Document 1 :
Croissance de la
population et des
besoins alimentaires
4. Dans quels continents l’agriculture est-elle la plus 5. Dans quels continents l’agriculture vivrière* (desti-
moderne et la plus mécanisée ? née uniquement à nourrir la population) est-elle la
L’Afrique plus fréquente ?
L’Asie L’Afrique
L’Amérique du Nord L’Asie
L’Amérique du Sud L’Amérique du Nord
L’Océanie L’Amérique du Sud
L’Europe L’Océanie
L’Europe
Vrai Faux
Dans les pays riches, l’agriculture moderne permet de nourrir une population dont les
besoins augmentent peu.
Dans les pays pauvres, l’agriculture moderne permet de nourrir une population dont les
besoins augmentent peu.
Dans les pays pauvres, l’agriculture vivrière n’arrive pas toujours à nourrir une population
dont les besoins augmentent beaucoup.
Dans les pays riches, l’agriculture vivrière n’arrive pas toujours à nourrir une population
dont les besoins augmentent beaucoup.
Exercice 2
« La plus grande partie des terres vendues l’est dans des pays touchés par la faim ou la malnutrition. Le plus
grand nombre d’investissements fonciers récents (depuis 2000) a été réalisé en Afrique de l’Est. Les inves-
tisseurs sont avant tout de grandes entreprises, des pays émergents comme la Chine et l’Inde, et des fonds
d’investissement occidentaux (d’Europe ou d’Amérique du Nord).
Comme le constate Oxfam International dans une étude publiée récemment, deux tiers des transactions me-
nées par des investisseurs fonciers ont lieu dans des pays où la faim est un grave problème. Or, paradoxa-
lement, une quantité infime des terres vendues servent à nourrir les habitants de ces pays ou parviennent
jusqu’aux marchés locaux. Au lieu de cela, soit ces terres restent inexploitées pendant que les spéculateurs
attendent que leur valeur augmente pour les vendre à profit, soit elles sont principalement consacrées à des
cultures destinées à l’exportation. Toujours selon le rapport d’Oxfam, environ deux tiers des investisseurs fon-
ciers étrangers dans les pays en développement tendent à exporter tout ce qu’ils produisent sur leurs terres.
“Les autorités des pays concernés par la vente de terres prétendent presque toujours que mettre les terres à
disposition des investisseurs étrangers sert au développement, en permettant la création d’emplois ou d’in-
frastructures”, explique Ester Wolf, responsable pour le droit à l’alimentation à l’association Pain pour le pro-
chain. “Lors des négociations pour l’achat des terres, les investisseurs font miroiter aux autorités une création
d’emplois. Les paysans devenus sans terre, du moins un petit nombre d’entre eux, sont parfois employés sur
ces grandes plantations, mais souvent pour un salaire de misère, sans compter le danger que représente pour
la santé l’épandage de produits chimiques. On observe des cas où les personnes étaient d’accord de vendre
leur terre. Mais après coup, elles se rendent compte qu’elles ont perdu leur moyen de subsistance et que
l’argent obtenu n’est pas suffisant pour assurer l’avenir de la famille”, constate Ester Wolf.
De telles transactions mettent en danger la sécurité alimentaire en réduisant la disponibilité de terres agri-
coles et l’accès à l’alimentation des populations rurales pauvres. L’accaparement des terres engendre en outre
fréquemment des phénomènes d’expulsions forcées. Les négociations sur les ventes de terres s’effectuent
normalement au plus haut niveau des gouvernements (dans les capitales). Dans de rares cas, les populations
locales sont consultées. »
— “Accaparement des terres : les effets de la course aux terres”, Amnesty, www.amnesty.ch, n° 71, décembre 2012.
7. Peut-on dire que l’achat / la vente de terres agricoles dans les pays pauvres permet un développement durable ?
Oui
Non
Exercice 3
producteur acheteur
fournit un salaire stable
aide à financer les projets de développement
peut investir
limite ses impacts sur l’environnement
vit correctement
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés, puis apprends le résumé ci-dessous.
JE RETIENS
La proportion des personnes sous-alimentées dans le monde est en baisse constante. Mais près d’un milliard
d’habitants souffre encore de la faim. La croissance de la population va encore augmenter les besoins en nour-
riture, notamment dans les pays pauvres où l’agriculture vivrière domine.
La vente de terres agricoles à des investisseurs étrangers est apparue comme une solution pour moderniser
l’agriculture. Mais elle met souvent en difficulté des paysans qui ne possèdent plus de terres et qui ne perçoivent
pas un revenu suffisant pour se nourrir.
Le commerce équitable est une autre solution permettant un développement plus durable. Les petits produc-
teurs peuvent vivre de leur métier et investir, tout en essayant de limiter l’impact sur l’environnement.
Glossaire
Agriculture commerciale : agriculture dont la production est destinée à la vente et alimente les marchés interna-
tionaux. Les cultures commerciales sont souvent destinées à l’exportation.
Agriculture vivrière : agriculture essentiellement tournée vers l’autoconsommation par les paysans eux-mêmes
et par la population locale.
Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures à répondre à leurs propres besoins.
1. Comment évoluent les besoins alimentaires dans le 2. Combien d’habitants souffrent encore aujourd’hui de
monde ? malnutrition dans le monde ?
Ils diminuent. 100 millions
Ils stagnent. 500 millions
Ils augmentent. 1 milliard
2 milliards
SÉANCES 7 ET 8
Il est nécessaire de travailler tes séances d’EMC pour réussir ton devoir car il comporte des
questions d’histoire, de géographie et d’EMC.