Physiologie
de l’Appareil Digestif
Professeur Bruno BONAZ
Clinique Universitaire d’Hépato-
Gastroentérologie,
CHU de Grenoble
A partir d’un cours effectué en IFSI par R. RIGAL
Instituts de Formation en Soins Infirmiers Auvergne-Rhône-Alpes
L’estomac
Structure de l’estomac :
L’estomac est une poche en forme
de « J » constitué de 3 parties :
- Grosse tubérosité : (fundus), partie
supérieure qui correspond à la
poche d’air,
- Corps : partie moyenne, épaisse,
- Antre et région pylorique, fibres
musculaires lisses très développées.
Fonctions de l’estomac :
- Sécrétion d’HCl,
- Vidange gastrique.
L’estomac assure la distribution
régulière des aliments à l’intestin
grêle.
Cardia
• Cellules à mucus
FUNDUS/ • Cellules pariétales (HCl, FIC)
CORPS • Cellules principales (Pepsinogène)
• Cellules endocrines (5 HT, Somatostatine)
Pylore • Cellules à mucus
FUNDUS ANTRE • Cellules à Gastrine (cellules G)
• Cellules à Somatostatine (cellules D)
• Fibres peptidergiques
Cellules à
mucus ANTRE
Cellules à
mucus
Muqueuse
Cellules
principale
s
Cellules
Cellules
pariétale à gastrine
s
Muscularis
mucosae
Sous
Muqueuse
Circulaire interne Glandes
Musculaire
Longitundinale externe
Musularis
Séreuse
mucosae
Rôle de l’estomac
• Outre sa fonction de rétention des aliments ingérés,
l’estomac poursuit la dégradation des aliments. Il déverse
ensuite le chyme ainsi produit dans l’intestin grêle selon le
rythme approprié.
• La digestion des protéines est pratiquement le seul type de
digestion à se produire dans cet organe. La plus importante
enzyme élaborée par la muqueuse gastrique est la pepsine.
Chez l’enfant une enzyme supplémentaire est présente dans
l’estomac, le lab-ferment qui permet la coagulation du lait
par précipitation de la caséine digérée.
• L’estomac présente une fonction importante : c’est la
sécrétion du facteur intrinsèque de Castle (FIC) indispensable
pour l’absorption de la vitamine B12 au niveau de l’intestin
grêle terminal (iléon) : indispensable à la maturation des
globules rouges : anémie pernicieuse.
Musculature de l’estomac
• Elle comporte 3 couches de fibres musculaires lisses :
longitudinale externe, circulaire interne, et une couche
moyenne oblique qui limite la distension de l’estomac dans le
plan vertical.
• Au niveau du pylore, un épaississement des fibres constitue
un sphincter anatomique.
• Le malaxage (mélange et mise en contact du bol alimentaire
et des sucs digestifs). Le bol séjournera pendant environ 3
heures dans l'estomac avant de continuer sa route.
Innervation de l’estomac
• La musculeuse de l’estomac est innervée par un système
nerveux intrinsèque (effet pacemaker).
• Les branches du nerf pneumogastrique (X) constituent
l’innervation extrinsèque /parasympathique dont l’effet est
d’accroître la motricité et le tonus.
Physiologie de la digestion gastrique
• Quand l’estomac est vide, les ondes péristaltiques sont de
faible amplitude. Le pylore est ouvert. Les parois sont
appliquées l’une contre l’autre.
• Lors d’un repas, l’estomac se laisse distendre. Les aliments
traversent l’estomac jusqu’à l’antre et s’y déposent selon un
gradient de densité.
• Quand l’estomac est plein, des contractions superficielles les
« systoles » antrales poussent une partie du chyme
alimentaire à travers le pylore.
• Dès que l’onde passe sur le pylore, celui-ci se ferme et
empêche un retour du chyme vers l’estomac.
• L’évacuation est sélective et biphasique : les liquides et le
chyme sont évacués rapidement. Les fragments solides sont
retenus (1 mm) et broyés au niveau de l’antre. Les graisses
sont évacuées en dernier.
Physiologie de la sécrétion gastrique
• Contenu cellulaire de l’estomac :
- Cellules principales : contiennent le pepsinogène, forme
inactive de la pepsine, enzyme protéolytique.
- Cellules bordantes ou pariétales : sécrètent l’acide
chlorhydrique et le FIC.
- Cellules à mucus : sécrète du mucus, qui protège la paroi
gastrique et facilite le coulissement des aliments.
- Cellules sécrétant la gastrine (cellules G) qui stimule la
sécrétion d'HCl par les cellules pariétales situées dans le fundus.
- Cellules à somatostatine (cellule D).
- Cellules à sérotonine (le facteur entraînant une vasodilatation
des vaisseaux sanguins, neuromodulateur du système nerveux
central et présent dans le tube digestif).
Rôle de la sécrétion acide (HCl) gastrique
• Stérilise le contenu gastrique et décontamine l’intestin grêle.
• Transforme le pepsinogène (l’active) en pepsine.
• Transforme le fer ferreux en fer ferrique.
• Ionise le calcium (absorption facilitée).
Mécanisme de la sécrétion acide (HCL)
1. Les cellules pariétales génèrent un gradient de concentration en ions
H+ considérable entre le plasma et la lumière gastrique.
2. La concentration est constante. Le débit de sécrétion varie en
fonction de la présence sur les récepteurs situés à la partie basale de
la cellule pariétale de : l’acétylcholine, la gastrine et l’histamine qui
tous les 3 stimulent la sécrétion acide.
3. La pompe H+ K+ ATPase dépendante. Elle est située au pôle apicale
des cellules pariétales. C’est elle qui est inhibée par les inhibiteurs de
la pompe à protons (IPP), puissants anti-sécrétoires acides gastriques
utilisées dans le traitement de l’ulcère gastro-duodénal et de
l’œsophagite de reflux (RGO).
Commande de la sécrétion gastrique
Pendant le repas : 3 phases
1. Phase céphalique : réflexe vagal (X). La vue, l’odorat et la mastication
des aliments stimule la sécrétion acide et de pepsine. Mise en évidence :
repas fictif.
2. Phase gastrique : la distension du fundus et de l’antre stimule les
cellules pariétales et les cellules G. Les peptones, issus de la dégradation
des protéines par la pepsine, stimulent la sécrétion acide. Le nerf vague
stimule les cellules pariétales et les cellules G (synergie vago-
gastrinique). Il y a une phase stimulante première puis une phase
inhibitrice secondaire (l’augmentation d’acide inhibe les cellules
pariétales). Mise en évidence : gastrostomie.
3. Phase intestinale : stimulante initialement par la libération de gastrine
duodénale (il y a également des cellules G dans le duodénum) puis
ensuite essentiellement inhibitrice. La présence d’acide dans le
duodénum stimule la libération de sécrétine par le duodénum qui inhibe
la sécrétion acide gastrique.
Le vomissement
• La présence de toxines bactériennes, d’agents irritants :
alcool, épices, vont faire naître des influx sensitifs qui gagnent
le centre du vomissement dans le bulbe rachidien, via le nerf
vague, ce qui va induire des réactions motrices :
– contractions des abdominaux et du diaphragme,
– relâchement du sphincter œsophagien inférieur,
relèvement du palet mou pour boucher les fosses nasales,
– le contenu de l’estomac est repoussé vers le haut :
œsophage, pharynx, bouche.
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