Exposé EMC
La défiance vis-à-vis de l’information et de la science
Les phénomènes et mécanisme de contre vérité
Introduction
Depuis quelques années, de plus en plus de personnes montrent une méfiance
grandissante envers l’information et la science. Autrefois, les journalistes, les scientifiques et
les experts étaient considérés comme des références sûres, mais aujourd’hui, beaucoup
d’entre eux sont critiqués, voire remis en question.
Parallèlement, la diffusion de fausses informations et la multiplication des “vérités
alternatives” contribuent à déstabiliser la confiance du public. Selon le baromètre de la
confiance Edelman 2024, seulement 44 % des Français déclarent avoir confiance dans les
médias traditionnels, un chiffre bien plus bas qu’en 2019 (54 %).
Nous allons donc essayer de comprendre d’où vient cette méfiance, quelles en sont les
conséquences, et enfin comment on peut tenter de la résoudre. Pour ce faire, nous allons
d’abord explorer les causes de cette défiance, puis ses conséquences sur la société, avant
de proposer quelques solutions.
Pour commencer, nous allons vous demander votre participation active pour répondre aux
questions avec un Kahoot.
Les causes de la défiance : critique des journalistes et
des experts, montée des fausses informations
La défiance envers l’information a plusieurs causes.
Tout d’abord, il y a une perception du manque de transparence chez les journalistes et les
experts. Parfois, leurs avis changent rapidement, ce qui peut déstabiliser le public. Par
exemple, pendant la pandémie de Covid-19, les autorités ont d’abord dit qu’il ne servait à
rien de porter un masque, puis ont recommandé son utilisation. Ce genre d’incohérence a
fait naître des doutes dans l’esprit des gens.
Un autre exemple est celui de l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986. Les autorités
françaises ont affirmé que le nuage radioactif s’était arrêté aux frontières, ce qui s’est révélé
être faux. Ce genre de mensonge a largement contribué à l’érosion de la confiance envers
les médias et les gouvernements.
Ces phénomènes de défiance sont notamment causés par la désinformation
l’infobésité,survenue depuis l’arrivée d’internet. En effet, les trois dernières décennies ont en
effet vu naître les premières chaînes d’information en continu au tournant des années 1990,
mais c’est surtout l’avènement du Web qui a accéléré cette tendance, suivi dans la foulée de
l’explosion des réseaux sociaux. La conséquence : une propagation toujours plus rapide de
l’information, accentuée par un besoin de se démarquer pour ces nouveaux médias, tout en
traitant quasiment dans l’instantané.
Par exemple, avec l’arrivée des réseaux sociaux, l’information circule beaucoup plus vite,
mais elle n’est pas toujours vérifiée. Aujourd’hui, plus de 60 % des jeunes s’informent
principalement via des plateformes comme YouTube, Instagram ou TikTok (source : Reuters
Institute, 2024). Le problème, c’est que ces informations peuvent être partagées sans
contrôle, et souvent, elles ne sont même pas vérifiées.
Une étude du MIT a montré que les fake news se propagent 70 % plus rapidement que les
informations vérifiées. Il est donc devenu beaucoup plus difficile de séparer le vrai du faux
sur Internet.
En plus de cela, certains acteurs diffusent volontairement de la désinformation pour
manipuler l’opinion publique. Par exemple, pendant la pandémie, de nombreuses rumeurs
concernant les vaccins ont circulé. Selon l’OMS, ces fausses informations ont été vues plus
de 2 milliards de fois en 2021, principalement sur les réseaux sociaux.
Les conséquences : désinformation, divisions sociales,
et impact sur la démocratie
La défiance envers l’information et la science a des conséquences importantes et parfois
très inquiétantes, aussi bien sur le plan individuel que collectif. Elle affecte notre manière de
comprendre le monde, nos décisions, mais aussi notre rapport aux autres et à la société.
D’abord, cette défiance encourage la désinformation et la croyance dans des théories du
complot. Quand les sources fiables comme les journalistes ou les scientifiques sont remises
en cause, certaines personnes se tournent vers des sources non vérifiées, voire
dangereuses. Par exemple, en 2023, un sondage réalisé par Ipsos a révélé que 34 % des
Français pensent que certaines théories complotistes méritent d’être prises au sérieux. Cela
peut concerner des idées comme la manipulation du climat par les gouvernements, ou la
croyance que la Terre est plate. Ces théories, bien qu’absurdes du point de vue scientifique,
continuent de circuler et d’attirer l’attention de milliers de personnes.
Ensuite, la défiance envers la science a des effets concrets sur la santé publique. Pendant
la crise sanitaire du Covid-19, la méfiance envers les vaccins a ralenti les campagnes de
vaccination. Des rumeurs infondées sur la dangerosité des vaccins ont poussé certaines
personnes à refuser de se faire vacciner. Selon l’OMS, les fausses informations sur les
vaccins ont été vues plus de 2 milliards de fois dans le monde en 2021. En France, cela a
eu un impact réel : la couverture vaccinale contre la rougeole, par exemple, est passée de
96 % en 2019 à seulement 90 % en 2022, ce qui est en dessous du seuil recommandé pour
garantir l’immunité collective. Cela montre que les conséquences de la désinformation ne
sont pas seulement idéologiques : elles peuvent mettre des vies en danger.
La défiance vis-à-vis de l’information crée aussi des fractures sociales. Aujourd’hui, chacun
peut choisir les informations qu’il consomme en fonction de ses opinions. On parle alors de
bulle de filtre : les algorithmes des réseaux sociaux nous montrent surtout des contenus
avec lesquels on est déjà d’accord. Résultat : les gens ne sont plus exposés à des opinions
différentes, ce qui renforce les divisions dans la société.
Aux États-Unis, par exemple, une étude du Pew Research Center en 2023 a montré que 60
% des électeurs républicains pensent que les scientifiques exagèrent les dangers du
changement climatique, contre seulement 15 % des électeurs démocrates. Cela montre à
quel point l’idéologie peut influencer la perception des faits, même quand il s’agit de science.
Enfin, cette situation affaiblit la démocratie. Une société dans laquelle les citoyens ne savent
plus à quelles informations se fier est une société qui devient vulnérable aux manipulations.
Si les faits ne font plus consensus, comment débattre ? Comment voter de manière éclairée
? Comment prendre des décisions collectives pour l’avenir ? Cette perte de repères affaiblit
la capacité d’une société à agir de manière unie face aux grands défis, comme le
changement climatique, les pandémies ou les crises économiques.
En résumé, la défiance envers l’information et la science ne se limite pas à un simple
malaise passager. Elle a des effets profonds : elle alimente la désinformation, met en danger
la santé publique, divise la société, et affaiblit nos institutions démocratiques. C’est pourquoi
il est essentiel d’agir face à ce phénomène.
3. Comment rétablir la confiance dans l’information et
la science ?
La défiance croissante envers l'information, exacerbée par la prolifération des fake news et
des théories du complot, nécessite des solutions variées et complémentaires pour rétablir la
confiance des citoyens dans les médias et les experts. Tout d’abord, l’éducation aux médias
se révèle être un levier fondamental. Selon l’UNESCO, des programmes éducatifs
permettant d'apprendre aux citoyens à vérifier les sources, repérer les biais et analyser les
informations peuvent réduire de manière significative, jusqu'à 40 %, la crédulité face aux
fausses nouvelles. Il est donc essentiel d'intégrer cette éducation dès le plus jeune âge afin
de former des individus critiques et responsables, capables de naviguer dans un
environnement médiatique complexe. Parallèlement, la transparence des journalistes et des
experts doit être renforcée pour regagner la confiance du public. Des initiatives comme celle
de l'Agence France Presse (AFP), qui a créé une cellule de vérification des informations,
permettent de corriger rapidement et publiquement les erreurs, ce qui renforce la crédibilité
des médias traditionnels et montre un engagement concret envers la vérité. La vulgarisation
scientifique, quant à elle, joue un rôle clé en rendant des connaissances souvent complexes
et spécialisées accessibles à un large public. Des plateformes comme la chaîne YouTube
"La Tronche en Biais" expliquent de manière claire des concepts scientifiques difficiles à
appréhender, notamment en matière de santé, de climat ou de technologies, et permettent
ainsi de réduire la place laissée à la désinformation dans ces domaines. Enfin, les grandes
plateformes numériques, aujourd’hui responsables de la propagation massive des fake
news, doivent assumer une responsabilité accrue dans la régulation des contenus qu’elles
diffusent. Le Digital Services Act, mis en place par l'Union Européenne, oblige les géants du
numérique à retirer rapidement les contenus trompeurs et nuisibles, mais la mise en œuvre
de cette législation reste un défi majeur, notamment en ce qui concerne le respect de la
liberté d'expression et la lutte contre la censure. Il est donc primordial d’adopter une
approche collective et transversale où l'éducation aux médias, la transparence des
professionnels de l'information, la vulgarisation scientifique et la régulation des plateformes
numériques s'entrelacent pour construire une société plus informée, plus critique et mieux
protégée contre les dangers de la désinformation. En combinant ces différentes initiatives, il
est possible de restaurer une relation de confiance entre les citoyens et l'information,
essentielle pour le bon fonctionnement d'une démocratie saine.
4- Les phénomènes et mécanisme de contre vérités
Le thème de notre exposé porte plus spécialement sur le complotisme, le
révisionnisme et les fakes news. Nous allons vous faire participer aux définitions de
ces termes, afin de pouvoir rebondir sur vos connaissances acquises.
Questions Kahoot:
1- comment définiriez-vous le complotisme?
-contester ce qui a été démontré.
-contester ce qui n'a pas encore été démontré
-répandre une idée fausse
2- Pensez vous que le complotisme relève de la liberté d’expression?
-oui
-non
3- Quand apparaît le révisionnisme?
-durant le siecle des lumieres
-vers la fin du 19ème siècle
-au 20eme siècle
4- le complotisme et les fake news sont ils deux phénomènes différents?
- oui
-non
5- de quand date le complotisme?
-antiquité
-moyen âge
-révolution française
-révolution industrielle
-du 20ème siècle
6- Quel pourcentage de la population française croît à une théorie du complot?
-35%
-55%
-11%
7- Selon vous, combien de % de la population française croient "possible que la
Terre soit plate?
-2%
-15%
-9%
1- Comment définiriez-vous le complotisme?
Le complotisme est le fait de contester ce qui a été démontré. C’est la tendance à
attribuer abusivement l’origine d’un phénomène d’un événement historique ou d’un
fait social ou d’actualité a un complot inavouable. Le complotisme n’apporte jamais
la preuve de l'existence du complot qu’il dénonce, en cela, il se distingue de toute
démarche scientifique. Il considère que les choses ne sont pas telles qu’elles le
paraissent et que la vérité est ailleurs.
2- Pensez vous que le complotisme relève de la liberté d’expression?
En France, tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression. Chacun est libre
de croire ou de ne pas croire, ces droits fondamentaux sont garantis par notre
constitution. Afin de garantir la liberté de tous les citoyens, il est interdit de calomnier
ou d’injurier une personne, d’inciter a la haine raciale ou religieuse, de tenir des
propos antisémites, racistes ou homophobes, d'appeler à la violence physique
contre les individus, de faire l’apologie du terrorisme, de crime de guerre ou de
crimes contre l’humanité.
Donc oui le complotisme relève de la liberté d’expression, cependant il peut
alimenter des idéologies extrémistes, susceptibles de provoquer des conséquences
graves, tant en ligne que hors ligne, et être dangereuse, notamment en stigmatisant
un groupe. Pour éviter ces dangers, il existe des moyens de développer son esprit
critique pour interroger certaines thèses accusatoires, les confronter à d'autres, les
évaluer et comprendre leur possible conséquences.
3- Quand apparaît le révisionnisme?
Le révisionnisme apparaît vers la fin du 19ème siècle en Europe lorsque le
marxisme s'est imposé comme la devise officielle des principaux partis ouvriers.
Pour expliquer ce phénomène, nous allons regarder une petite vidéo explicative.
LE REVISIONNISME - Minutes Rouges ep 23
def le révisionnisme: est une attitude qui consiste à remettre en cause une norme
communément admise.
4- le complotisme et les fake news sont ils deux phénomènes différents?
Le complotisme est un phénomène politique et social
attention le complotisme est différent de la diffusion des fakes news!!!
Les fake news sont définis comme la circulation de fausses informations. Elles sont
parfois diffusées au service de théories du complot avec une intention, et parfois
elles sont diffusées de façon non intentionnelle. L’objectif de la fake news est de
désinformer volontairement ou nuire à quelqu’un.
5-de quand date le complotisme:
Selon les historiens du moyen âge, le complotisme serait apparu en 1319 en
allemagne et en france par la circulation d’une rumeur de complot: les juifs sont
régulièrement accusés de propager la lèpre ou la peste
1348/1351: la peste noire tuera près de tiers de la population européenne, là encore,
les juifs sont accusés d’empoisonner les puits. Ils sont donc massacrés en grand
nombre, notamment dans le sud de la France, en suisse et en Allemagne.
Le phénomène du complotisme se développe particulièrement durant la période de
la révolution française durant l’été 1789 avec la rumeur d’un complot d'aristocrates
qui provoque “les émeutes de la grande peur”. Georges Lefebvre, reconnaît
l’importance de cet extraordinaire mouvement de panique qui secoua la France à la
fin de juillet et au début d’août 1789 dans son ouvrage La Grande Peur, publiée en
1932.
6- Quel pourcentage de la population française croît à une théorie du complot?
Selon une étude Ifop publiée jeudi 13 avril et relayée par Ouest-France, 35 % des
Français déclarent croire aux théories du complot et près d'un Français sur dix (9 %)
affirment même y croire fermement.
Depuis des décennies, mais plus intensivement depuis 2008 environ, les
psychologues ont mené des centaines d'études afin de savoir qui sont les gens qui
croient plus ou moins aux théories du complot, et pourquoi nous sommes toutes et
tous passibles d'y croire dans une certaine mesure
Le premier résultat d'importance est qu'un des meilleurs prédicteurs de la croyance
à une théorie du complot est… la croyance à une autre théorie du complot. Dans les
centaines d'études qui mesurent l'adhésion à plusieurs théories du complot, on
trouve systématiquement des corrélations positives assez élevées : plus quelqu'un
croit à une théorie du complot, et plus cette personne aura tendance à croire à une
autre théorie du complot.
voici quelques exemple de théorie du complot dans l’histoire:
-En 1832, les autorités sont soupçonnées de jeter du poison dans les fontaines pour
détourner l'attention de la population de l’épidémie de choléra et des questions
politiques en cours.
-la remise en question de l’assassinat de JF Kenedy en 1963
-la remise en question du premier pas de l’homme sur la lune durant la mission
Apollo 11 en 1969
-l’attentat du 11 septembre 2001 marque le début du 20eme siècle qui sera marqué
par une forte apparition du phénomène de complotisme.
-la crise covid 19 de 2020
Les fakes news:
Une Fake news désigne une fausse information, bénéficiant le plus souvent d'une
large diffusion dans les médias, notamment sur Internet et les réseaux sociaux.
En France, 83% des utilisateurs des médias sociaux sont fortement exposés aux
rumeurs et 1/3 des personnes interrogées pensent que certaines fake news sont
vraies.
Comme exemple concret de Fakes news diffusée en france, nous pouvons prendre
la propagation de fake news au sujet du vaccin contre l’hépatite B qui serait
responsable du développement de la sclérose en plaques. Par conséquent,
seulement 69 % des Français font confiance aux vaccins pour lutter contre ces
fausses informations, une loi "anti-fake news" a été adoptée en
France. C’est L’article 27 de la loi sur la liberté de la presse punissant la propagation
de fausses nouvelles lorsqu'elles sont susceptibles de troubler “la paix publique".
D’autre part, le code pénal sanctionne d’une peine d’un an d’emprisonnement et de
45 000 euros d’amende le fait de porter volontairement atteinte à la vie privée de
quelqu’un. De plus, de nouveaux dispositifs permettent de vérifier les données et la
véracité de l’information telle que le « text mining » qui est une intelligence artificielle
spécialisée dans la fouille de données. Pareillement, le journal Le Monde a
développé Décodex qui est un outil permettant de vérifier la fiabilité des informations
circulant sur Internet.
Conclusion
Pour conclure, la défiance envers l’information et la science est le résultat d’un mélange de
facteurs, comme les erreurs passées des journalistes, l’impact des réseaux sociaux, et la
diffusion de fausses nouvelles.
On a pu constater que les fake news entraînent des conséquences sur la société actuelle,
comme la fragilisation de la démocratie, le ralentissement des politiques publiques sur des
sujets importants, et la division de la société.
En effet, nombreux sont ceux qui ont perdu confiance en les médias et par conséquent se
désintéressent de l’actualité. En outre, on retrouve cette même méfiance à l’égard de la
science et des chercheurs par la même occasion.
Mais des solutions existent, notamment l’éducation aux médias, la transparence des experts
et des journalistes, la vulgarisation scientifique, des lois mises en place et la régulation des
plateformes numériques.
Restaurer la confiance est essentiel, car une démocratie saine ne peut exister que si ses
citoyens sont bien informés.
Sources :
● Edelman Trust Barometer
● Reuters Institute, Digital News Report
● Pew Research Center, “Political Polarization in the American Public”
● Ipsos, “Perception des Théories du Complot”
● MIT Study, “The Spread of Fake News Online”
● World Health Organization (WHO), “Vaccine Misinformation”
● Digital Services Act, Union Européenne
● UNESCO, “L’éducation aux Médias et à l’Information”