These Chah Tour
These Chah Tour
Cyrine CHAHTOUR
4
Résumé
Pour l’étude de l’instabilité thermique, nous avons résolu les équations non linéaires
complètes en utilisant deux codes de calcul numériques, l’un est basé sur la méthode des
différences finies et l’autre sur la méthode des volumes finis. Par ailleurs, une solution
analytique, basée sur l’approximation de l’écoulement parallèle, a été développée dans le cas
de cavités minces (A>>1) soumises à un flux de chaleur constant. La comparaison des
valeurs de l’intensité de l’écoulement et le taux de transfert trouvés analytiquement et
numériquement sont en bon accord.
Nous avons utilisé l'analyse de stabilité linéaire pour prédire l'apparition des
mouvements convectifs en déterminant le nombre de Rayleigh critique en fonction de l'indice
de loi en puissance, caractérisant l’aspect non-newtonien du fluide, et du nombre de Hartmann
qui définit l’intensité du champ magnétique.
5
Abstract
The work of the thesis is devoted to an analytical and numerical study of the thermal
instability in a horizontal shallow porous cavity saturated by a non-Newtonian power-law
liquid. An external, uniform and constant magnetic field is applied parallel to the gravity. The
walls parallel to the planes (𝑜𝑦′𝑧′) and (𝑜𝑥′𝑧′) are kept impermeable and adiabatic. In this
study, we considered two types of boundary conditions at the active walls of the cavity
(parallel to the plane (𝑜𝑥′𝑦 ′)), thermal boundary conditions of Neumann type (constant heat
flow) and Dirichlet type (constant temperature), a rheological model of the power law type
was used to model the non-Newtonian behavior of the fluid.
For the study of thermal instability, we have solved the complete nonlinear equations
using two numerical codes, one based on the finite difference method and the other on the
finite volume method. In addition, an analytical solution, based on the parallel flow
approximation, has been developed in the case of thin cavities (A>>1) subjected to a constant
heat flow. The comparison of the values of the flow intensity and the transfer rate found
analytically and numerically are in good agreement.
We used linear stability analysis to predict the onset of convective motion by
determining the critical Rayleigh number as a function of the power law index, characterizing
the non-Newtonian aspect of the fluid, and Hartmann number that defines the intensity of the
magnetic field.
The results obtained made it possible to highlight the influence of the number of
Hartmann and the index of law in power, on the intensity of the flow and on the transfer of
heat. They showed that the presence of the magnetic field modifies the results of previous
work concerning Newtonian and non-Newtonian fluids of the power law type. Moreover, we
also show that in the limit of very strong magnetic field, the dissipation of energy by Joule
effect dominates the dissipation of energy by shear stress and gives to the liquid an inviscid
character.
6
Nomenclature
Symbole latin
𝐴 Rapport de forme selon l’axe 𝑥 de la cavité, (= 𝐻 ′ ⁄𝐿′ )
𝐾 Perméabilité [𝑚1+𝑛 ]
𝑘 Nombre d’onde
𝑙 Entier positf
𝑁𝑢 Nombre de Nusselt
𝑃 Pression [𝑃𝑎]
7
𝒫 Péclet number (𝑢0′ 𝑑′ ⁄𝜅)
𝑛
𝑞′𝑑′ 𝐾 𝑑 ′
ℜ Nombre de Rayleigh (= 𝜌0 𝑔𝛽𝑇′ ( ) )
𝑘𝑚 𝜂 𝜅
𝑅𝑒 Nombre de Reynolds
s Variation temporelle des perturbations
𝑇′ Temperature [𝐾]
𝑉 Vitesse [𝑚. 𝑠 −1 ]
SYMBOLES GRECS
𝜖 paramètre (<<1)
𝛾̇ Taux de déformation [𝑠 −1 ]
𝜃 Distribution de température
8
𝜇′ Viscosité dynamique d’un fluide newtonien [𝑃𝑎. 𝑠]
𝛼 Angle d’inclinaison
𝜔 Fréquence de l’onde
SOUSCRIPTS
0 Etat de référence
a Réfère à un échelle macroscopique
𝐵 Etat de base
SUPERSCRIPT
′ Quantité dimensionnelle
𝑠𝑢𝑝 Supercritique
𝑠𝑢𝑏 Souscritique
̃ Petit écart
INDICES
𝑚𝑎𝑥 Maximum
VER Volume élémentaire représentatif
9
Sommaire
Résumé ............................................................................................................................ 5
Abstract ........................................................................................................................... 6
Nomenclature .................................................................................................................. 7
Introduction ................................................................................................................... 22
10
2.1 Description du problème considéré ................................................................ 46
Chapitre 3 Convection MHD dans une cavité poreuse soumise à une condition du
flux constant 63
11
3.5 Analyse des résultats non linéaires ................................................................. 80
3.5.1 Cas d’une couche poreuse saturée par un fluide newtonien ..................... 80
3.5.2 Cas d’une couche poreuse saturée par un fluide non-newtonien ............. 81
Chapitre 4 Convection MHD dans une cavité poreuse soumise à une condition de
température constante ............................................................................................................... 90
12
A.2 Méthode des volumes finis .............................................................................. 131
13
Listes des figures
Figure 0.1: Orientation des globules rouges sous l’effet d’un champ magnétique
appliqué parallèlement à l'écoulement du sang [9]. ................................................................. 21
Figure 0.2: Organigramme du rapport de la thèse……………………………………………23
Figure 1.1 : Cellules hexagonales observées dans des conditions similaires à celles de
Rayleigh Bénard obtenues par Koschmieder et Pallas [16]. .................................................... 26
Figure 1.4 : Cisaillement d’un fluide entre deux plaques parallèles espacées d’une
distance h ; la plaque supérieure se déplace à la vitesse 𝑢. ...................................................... 32
Figure 1.8 : Fluide antithixotrope : (a) au repos, (b) après une forte agitation [28]. .... 37
Figure 1.11 : Une comparaison des résultats expérimentaux, obtenue par Nakagawa
[35], et théoriques, obtenue par Chandrasekhar [32], représentant l’évolution du nombre de
Rayleigh critique en fonction du nombre d’Hartmann. ............................................................ 41
14
Figure 2.1 : Configuration géométrique dans le cas de condition du flux uniforme et
constant (a) et le cas de condition de température uniforme et constante (b) .......................... 47
Figure 2.3 : Expressions des conditions aux perturbations sur les frontières. .............. 59
Figure 3.5 : Gradient de température horizontal 𝐶ℜ, ℋ pour les fluides newtoniens
(𝑛 = 1) soumis à un champ magnétique vertical. ................................................................... 80
Figure 3.6 : Isothermes prédites par la solution numérique des équations complètes
pour ℜ = 70, 𝑛 = 1 et pour différentes valeurs du nombre de Hartmann ℋ. ........................ 81
15
Figure 4.2 : Naissance des structures convectives sous forme de rouleaux
longitudinaux 𝑅 ⊥ ou transversaux 𝑅 ∥ selon le type de fluide : (a) pseudoplastique 𝑛 = 0.5
et (b) dilatant 𝑛 = 1.5............................................................................................................... 93
Figure 4.10 : Isothermes pour ℜ = 200, 𝑛 = 1 (gauche) 𝑛 = 1.5 (droite) et pour trois
valeurs de ℋ = 0,2 et 2. ........................................................................................................ 107
Figure 4.13 : Evolution du nombre de Nusselt moyen dans le plan (X-Y) en fonction
du nombre de Hartmann ℋ et du nombre de Rayleigh ℜ et pour 𝑛 = 1 et 𝑛 = 1.5. ............ 110
………………...1156
17
Listes des tableaux
Tableau 3.2 : Comparaison des résultats numériques obtenus par la présente étude avec
ceux obtenus par Ben Khelifa et al. [61] en milieu poreux avec A=4 et ℜ=50. ...................... 79
Tableau 3.3 : Comparaison entre les résultats numériques et les résultats analytiques
dans le cas d’un fluide newtonien, pour ℜ =50, ℋ=1 et A=4. ................................................ 79
Tableau A.1 : Identification des termes sources et des coefficients pour les équations
de transport sous la forme adimensionnelle………………………………………………... 133
18
Contexte historique
Il existe certains fluides qui conduisent l'électricité : le mercure, le sodium liquide, etc.,
lorsqu’ils sont placés dans un champ magnétique, leurs mouvement induisent des champs
électriques ces champs induisent à leur tour des courants électriques, qui interagissent avec le
champ magnétique et produisent des forces, qui affectent le mouvement du fluide. Mais il faut
attendre le XXème siècle pour qu’une théorie complète apparaisse, la théorie de la
magnétohydrodynamique. Le physicien suédois Hannes Alfvén fut le premier à employer le
terme magnétohydrodynamique (MHD) en 1942. Il a reçu le prix Nobel de physique en 1970
pour ses travaux sur ce sujet. La MHD a pour objet l’étude du mouvement d’un fluide
électriquement conducteur (liquide ou gaz ionisé appelé plasma) et soumis à un champ
magnétique. Il existe un couplage entre le mouvement du fluide conducteur et les effets
électromagnétiques.
En réalité, tous les fluides sont soumis généralement dans un champ magnétique
naturel. On peut citer l’exemple de champ magnétique des planètes ou des champs
magnétiques induits. Le couplage de l’écoulement des fluides et en particuliers les fluides non
newtoniens et les champs magnétiques est très peu étudié.
19
La recherche scientifique dans ce domaine contribue d’une manière significative dans la
maîtrise et le contrôle actif de la viscosité. Les applications sont nombreuses, on peut citer par
exemple les embrayages [1], les visco-coupleurs, le confort de suspensions des véhicules de
luxe [2], le contrôle des vibrations sismiques, les prothèses, la précision de polissage [3], les
fluides de forage [4], etc. Dans quelques années le marché du transport, déjà orienté vers
l’énergie électrique, va certainement s’approprier ces technologies qui touchent les 7 × 109
humains. D’un autre côté, les fluides MR subissent des phénomènes de sédimentations dues à
la grande différence entre la densité des particules contenant les atomes de fer et la solution
newtonienne. La sédimentation dans les liquides magnéto-rhéologiques peut être totalement
inhibée en employant des fluides non-newtoniens [5,6] ou des gels thixotropes tels que des
nanoparticules de silice [7,8].
On peut citer un autre exemple d’écoulement de fluide non-newtonien tel que le sang humain
qui s’infiltre dans les tissus poreux soumis à un champ magnétique. Les globules rouges ont
une certaine élasticité permettant de faciliter l'écoulement du sang dans les veines et les
rétrécissements artériels qui minimisent le risque de thrombose. La viscosité du sang joue un
rôle majeur dans les maladies cardiaques. L’augmentation de la viscosité du sang, entraine
l’endommagement des vaisseaux sanguins, est responsable du risque d’AVC (Accident
vasculaire cérébral). Récemment, des travaux expérimentaux menés par Tao et Huang [9] ont
montré qu’en appliquant pendant une minute un champ magnétique parallèle à la direction de
l’écoulement sanguin et d’intensité de 1,3 tesla, on constate une diminution de la viscosité
sanguine diminue de 20 à 30 %. On remarque sur la figure 0.1, grâce à un champ magnétique
orienté parallèlement à l'écoulement du sang, la taille moyenne des particules en suspension
augmente et les globules s'agglomèrent en petites chaînes parallèles aux parois du vaisseau
(des chapelets de deux, trois, quatre, etc. globules), ce qui diminue la viscosité dans cette
direction. Au bout de deux ou trois heures, la viscosité remonte lentement et retrouve son état
initial.
20
Figure 0.1: Orientation des globules rouges sous l’effet d’un champ magnétique appliqué
parallèlement à l'écoulement du sang [9].
21
Introduction
Contenu de la thèse
Dans nos travaux, nous allons nous intéresser à une étude numérique et analytique de
l’apparition de la convection de type Darcy-Bénard d’un fluide non-newtonien saturant une
couche poreuse très mince et soumise à un champ magnétique extérieur, constant et uniforme.
Pour la résolution numérique du problème, nous avons utilisé la méthode des différences
finies et la méthode des volumes finis. Pour l’étude analytique, nous avons considéré
l’approximation de l’écoulement parallèle.
22
L’objectif consiste à étudier l’influence de l’intensité d’un champ magnétique
caractérisé par le nombre de Hartmann, sur la structure de l’écoulement et le transfert de
chaleur au sein d’un milieu poreux saturé par un fluide non newtonien. Les résultats obtenus
seront comparés à ceux trouvés dans les travaux antérieurs pour les fluides newtoniens.
Le présent travail est structuré en quatre chapitres, une conclusion générale et deux annexes.
Le premier chapitre est consacré d’une part à rappeler les notions fondamentales sur la
magnétohydrodynamique, la convection naturelle, forcée et mixte dans les milieux poreux et à
présenter les modèles rhéologiques de différents types de fluides non-newtoniens. D’autre
part, une étude bibliographique focalisée sur les effets magnétiques sur la convection naturelle
a été présentée. Une synthèse des études portant sur le transfert de chaleur en milieu poreux
pour les fluides newtoniens et non-newtoniens a été faite.
Le troisième chapitre est consacré à l’étude du cas d’une cavité poreuse soumise à une
condition thermique de type Neumann. Dans une première partie, nous examinons en détail la
stabilité linéaire dans le cas du problème de Darcy-Bénard (DB) pour déterminer le nombre
de Rayleigh critique marquant la naissance des mouvements convectifs. Dans une deuxième
partie, nous développons une étude analytique basée sur l’approche de l’écoulement parallèle
afin de trouver les solutions analytiques de la vitesse et de la température. Afin de valider ces
solutions, nous faisons une comparaison avec une solution numérique, basée sur la méthode
de différences finies, développée dans une troisième partie. Nous montrons aussi dans ce
chapitre, l’effet du champ magnétique, de l’indice de la loi en puissance et du nombre de
Rayleigh sur les écoulements et les transferts de chaleur résultants.
23
Le quatrième chapitre, il s’agit de la même démarche d’étude que le troisième chapitre
en considérant une cavité poreuse soumise aux conditions thermiques de type Dirichlet.
Dans la première partie, nous déterminons l’expression du nombre de Rayleigh critique qui
permet de prédire l’apparition de la convection au sein du fluide. En se basant sur les données
de la stabilité linéaire, une étude numérique tridimensionnelle, basée sur la méthode des
volumes finis, est présentée dans la deuxième partie. Une expérimentation numérique est
poussée afin de préciser l’influence de tous les paramètres de contrôle sur les écoulements et
les transferts de chaleur.
On termine par une conclusion générale mettant en évidence les résultats pertinents ainsi que
les perspectives de ce travail de recherche.
24
Chapitre 1 État de l’art
1.1 Généralités
Dans ce chapitre nous présentons brièvement les définitions des différents mots clefs
afin de les familiariser avec le langage qui sera utilisé dans ce travail.
On peut définir la MHD comme une discipline scientifique qui décrit le comportement d'un
fluide conducteur du courant électrique (liquide ou gaz ionisé appelé plasma) en présence
d’un champ électromagnétique. Les écarts de vitesse entre espèces chargées constituant le
plasma (électrons et ions) donnent lieu à des courants électriques. Ceux-ci vont donc
engendrer un champ électromagnétique qui aura à son tour une influence sur la dynamique du
plasma. On rencontre de tels plasmas dans les milieux naturels (magnétosphères planétaires,
étoiles, milieu interstellaire, pulsars, environnement de trous noirs) mais également dans
certaines réalisations expérimentales (propulseurs, lasers puissants, explosions de bombes,
machines à fusion).
La convection naturelle désigne l'ensemble des mouvements internes dans un fluide dus
aux variations locales de la masse volumique du fluide en fonction de la température et/ou de
la concentration d’un soluté. Cette différence de masse volumique implique une différence de
la poussée d'Archimède et donc crée un mouvement.
25
source externe et d’un gradient de température et/ou de concentration, donne lieu à une
convection mixte.
Décrite en 1916 par Rayleigh, la convection de Rayleigh Bénard (dite aussi: instabilité
de Rayleigh Bénard) est un phénomène physique qui a attiré l'intention de plusieurs
scientifiques dans le monde entier et qui a fait l’objet de nombreux travaux expérimentaux,
théoriques et notamment numériques.
la convection de Rayleigh Bénard apparait dans une couche mince de fluide maintenue entre
deux plaques horizontales portées à des températures différentes, la température de la plaque
inférieure étant plus élevée que celle de la plaque supérieure. Sous l'effet du chauffage de la
paroi inférieure, la masse volumique des particules fluides situées à proximité de la paroi
inférieure décroit et les particules remontent vers la paroi supérieure sous l'effet de la poussée
d'Archimède. Lorsque la différence de température entre les deux plaques dépasse une valeur
critique, l’énergie ne peut plus être évacuée par simple conduction par conséquence le
système devient instable et génère des rouleaux thermo-convectifs, appelés cellules de RB
(Figure 1.1).
Figure 1.1 : Cellules hexagonales observées dans des conditions similaires à celles de
Rayleigh Bénard obtenues par Koschmieder et Pallas [16].
L’équivalent du problème de RB en milieu poreux est celui de Darcy-Bénard (DB), également
connu sous le nom de problème de Horton-Rogers-Lapwood, étudié en premier par Horton et
Rodgers [11] et par la suite par Lapwood [12]. Ce problème a fait l'objet d'une grande quantité
d'œuvres durant les années soixante [13] et qui est encore étudié [14,15].
26
1.1.4 Milieu poreux
Les milieux poreux jouent un rôle important dans de nombreux secteurs d’activité
industrielles : géologie (exploitation pétrolière, structure des sols), mécanique et
biomécanique (structures alvéolaires), chimie (catalyse, séparation, milieux désordonnés),
anatomie (structure osseuse), agro-alimentaire (pates, pain), médecine, etc. Ce vaste domaine
d’applications pratiques a suscité l’intérêt de plusieurs chercheurs à étudier la convection dans
des espaces confinés.
Définition
On trouve de nombreux matériaux naturels dans cette catégorie : le sable de plage, la plupart
des roches, le calcaire, le bois et les poumons humains. Certains matériaux artificiels
requièrent d’être poreux soit dans le processus de fabrication soit dans leur finalité pour jouer
un rôle de filtre ou apporter des propriétés macroscopiques particulières (Figure 1.2).
D’une manière générale, les milieux poreux sont caractérisés principalement par deux
propriétés macroscopiques liées entre elles :
(1) Porosité : le matériau doit contenir de petits espaces vides, appelés pores, délimités par
une matrice solide ;
(2) Perméabilité : le matériau doit être perméable à un écoulement de fluide (gaz ou liquide).
27
Figure 1.2 : (a) Matériaux poreux granulaires utilisés dans l'industrie de la construction,
sphères de Liapor de diamètre 0,5 cm, (b) Calcaire broyé de diamètre 1 cm [17], (c) Sable de
Fontainebleau (phase solide en noir et espace des pores en blanc), (d) Mousse métallique
NiCrAl 𝜺 = 𝟎. 𝟗𝟒, (e) Matériaux fibreux utilisés pour les couches de diffusion d’une pile à
combustible à membrane d’échange de protons et (f) Matériau céramique utilisé dans des
filtres à particules des moteurs diesels [18].
28
Figure 1.3 : Le volume élémentaire représentatif (VER): la figure illustre la taille
intermédiaire par rapport aux dimensions du domaine d'écoulement et des pores [19].
Porosité
La porosité d’un milieu poreux notée 𝜀, est une valeur numérique définie comme la fraction
du volume moyen du milieu occupé par les espaces vides sur le volume total soit :
volume du vide
𝜀= (1.1)
volume total
Cette grandeur 𝜀 varie donc entre 0 (solide plein) et 1 (volume complètement vide). Puisqu’il
s’agit d’un rapport des mêmes propriétés, la porosité n’a pas d’unité et elle est souvent
exprimée en pourcentage.
On peut distinguer les pores par la taille (Tableau 1.1). Rouquerol et al. [20] proposent la
classification suivante pour les porosités :
- Microporosité : relative à des pores dont le diamètre n'excède pas les 2 nanomètres ;
- Mésoporosité : relative à des pores dont le diamètre est compris entre 2 et 50
nanomètres ;
- Macroporosité : relatif à des pores dont le diamètre est supérieur à 50 nanomètres.
29
Matériaux Porosité
Matériau mousseux 0,98
Fibre de verre 0,88 - 0,93
Fil à tisser 0,68 - 0,76
Grains de silice 0,65
Poudre d’ardoise noire 0,57 - 0,66
Cuir 0,56 - 0,59
Catalyseur 0,45
Granulé de pierres 0,44 - 0,45
Terre 0,43 - 0,54
Sable 0,37 - 0,50
Sphère bien empilée 0,36 - 0,43
Filtre de cigarettes 0,17 - 0,49
Briques 0,12 - 0,34
Poudre de cuivre 0,09 - 0,34
Pierre à chaud, Dolomite 0,04 - 0,10
Houille 0,02 - 0,07
𝐾
⃗ =−
𝑉 ⃗⃗⃗⃗⃗
∇𝑃 (1.2)
𝜇
Cette relation est connue sous forme de loi de Darcy, où 𝜇 désigne la viscosité dynamique du
fluide. Le coefficient de proportionnalité 𝐾 est appelé perméabilité c’est une grandeur qui
exprime l'aptitude du milieu poreux à laisser passer le fluide. Elle est indépendante de la
nature du fluide mais elle dépend de la géométrie du milieu.
L’unité de la perméabilité K est le Darcy (1 Darcy est la perméabilité d’un milieu poreux de 1
cm² de section, 1cm de longueur, soumis à une différence de pression de 1 bar et traversé par
un fluide dont la vitesse de filtration est de 1 cm/s) 1 Darcy = 9.87x10-9 m² . La valeur de la
perméabilité est généralement déterminée expérimentalement. Plusieurs modèles empiriques
ont été proposées :
30
- La relation de Kozeny-Carman [22] pour un milieu poreux consolidé constitué
d’éléments identiques de géométrie simple donne une estimation de la perméabilité K
qui s’écrit sous la forme suivante:
𝑑2 𝜀 3
𝐾= (1.3)
36𝐶0 (1 − 𝜀)²
où 𝑑 désigne une dimension caractéristique des éléments constituant la matrice
poreuse et 𝐶0 est une constante qui dépend des formes des grains (3.6 ≤ 𝐶0 ≤ 5).
- La relation d’Ergun [23], établit une expression semblable à l’équation de Kozeny-
Carman (en prenant 𝐶0 = 5) en considérant un écoulement unidirectionnel d’un fluide
incompressible, au sein d’une colonne poreuse constitué de particules sphériques de
diamètre 𝑑. La colonne est soumise à un gradient de pression. Cette relation s’écrit :
𝑑2 𝜀 3
𝐾= (1.4)
150(1 − 𝜀)²
Quand on modélise la matrice poreuse comme un faisceau de tubes capillaires
parallèles, l’expression de la perméabilité est :
𝑑2
𝐾=𝜀 2 (1.5)
32
Où 𝜀 = 𝑛𝜋𝑑²/4 et n le nombre de capillaires par unité de surface perpendiculaire au
sens d’écoulement et 𝑑 le diamètre des capillaires.
31
u
ez
𝐻′
ex
Figure 1.4 : Cisaillement d’un fluide entre deux plaques parallèles espacées d’une distance h ;
la plaque supérieure se déplace à la vitesse 𝑢.
Ainsi la contrainte de cisaillement τ est définie comme suit:
𝑈
𝜏=𝜇 = 𝜇𝛾̇ avec 𝜇 = constante (1.6)
𝐻′
La viscosité dynamique 𝜇 (en Pa.s) est indépendante du taux de déformation et dépend
uniquement de la température et de la pression considérée. Cela signifie que le fluide continu
de s’écouler indépendamment des forces extérieures qui agissent sur lui. Par exemple, l’eau
est un fluide newtonien parce que sa viscosité reste constante quelle que soit la vitesse à
laquelle elle est agitée. Les solutions aqueuses, les huiles à faibles viscosités, la plupart des
solvants, l’air et de nombreux gaz sont des exemples de fluides newtoniens. Le Tableau 1.2
regroupe les viscosités dynamiques pour quelques produits courants.
Fluide 𝝁 (Pa.s)
air 2.10-5
pétrole 0,65.10-3
eau 10-3
mercure 1,56.10-3
sang 4-25.10-3
huile d’olive 0.1
miel 1-10
sirop d’érable 100
bitume 108
32
proportionnelles au gradient de vitesse, ce qui implique que la viscosite est independante du
temps et les contraintes s’annulent immediatement lorsque l’écoulement s’arrête.
En revanche, tous les fluides ne vérifient pas cette règle ou bien la vérifient partiellement. La
viscosité d’un fluide peut dépendre de deux variables : du cisaillement et du temps. Dans ce
cas, il s’agit d’un comportement non-newtonien. La description de ce comportement et son
interprétation, en relation avec la structure microscopique du fluide, constitue la discipline
appelée rhéologie. La Figure 1.5 présente la classification de grandes familles de liquides de
comportement non-newtonien.
Chhabra et Richardson [25] proposent une classification selon trois grandes catégories
(Figure 1.10) ;
Ce sont des fluides dont les taux de déformation dépendent uniquement de la contrainte de
cisaillement appliquée. Ils sont généralement appelés fluides purement visqueux. Il existe
trois catégories de fluides :
33
Fluides pseudoplastiques ou rhéofluidifiants
Les fluides pseudoplastiques sont caractérisés par une viscosité apparente qui diminue au fur
et à mesure que la contrainte de cisaillement à laquelle est soumis le fluide augmente. On
parle alors de comportement rhéofluidifiant (shear-thinning en anglais). Ce comportement est
également observé dans les suspensions de particules solides : plus le cisaillement est rapide,
plus ces particules s’orientent dans le sens de l’écoulement et leurs interactions de frottement
diminuent. Ce phénomène est observé dans les suspensions de vésicules déformables comme
le sang. La Figure 1.6 ci-dessous, montre les rhéogrammes (relation contrainte - taux de
cisaillement) et l’évolution de la viscosité en fonction du taux de cisaillement pour trois
fluides rhéofluidifiants. On retrouve ce type de fluide dans les solutions et les suspensions
aqueuses concentrées (certains polymères, purée de fruit, moutarde, Ketchup, etc.).
34
Figure 1.6 : Rhéogrammes (a) et viscosités (b) en fonction du taux de cisaillement obtenus
pour trois exemples de liquides rhéofluidifiants : solution aqueuse de polyacrylamide, du sang
et d’une suspension de particules de polymère (latex) dans l’eau [27].
Fluides viscoplastiques
Ce sont des fluides caractérisés par une contrainte de cisaillement résiduelle 𝜏0 . Si la
contrainte appliquée au fluide est inférieure à 𝜏0 , aucune déformation ne se produit, aucun
mouvement n’apparaît au sein du fluide. On parle alors de fluide à seuil ou viscoplastique.
Comme il a été indiqué par Chhabra et Richardson [25] (Figure 1.7), ces fluides peuvent avoir
un comportement linéaire ou non linéaire. Les fluides viscoplastiques à comportement linéaire
35
sont appelés « fluides plastiques de Bingham ». Les fluides de Bingham sont des quasi-
solides. Exemples : les boues de forage de gisements pétroliers, la mayonnaise, le dentifrice
(qui commence à extruder qu’à partir d’une certaine contrainte appliquée sur le tube), etc.
La représentation la plus simple d’un fluide à seuil est le modèle de Bingham qui donne la
relation suivante entre la contrainte 𝜏 et le taux de cisaillement 𝛾̇ :
0 𝑠𝑖 𝜏 < 𝜏0𝐵
𝛾̇ = { (1.7)
𝜏 − 𝜏0𝐵 ⁄𝜇𝑝 𝑠𝑖 𝜏 ≥ 𝜏0𝐵
où 𝜏0𝐵 et la contrainte seuil et 𝜇𝑝 est appelé la viscosité plastique.
𝝉
Fluide viscoplastique
Fluide dilatant
Fluide newtonien
Contrainte de cisaillement [Pa]
Fluide
pseudoplastique
La viscosité de ces fluides varie en fonction du temps et dépend des traitements antérieurs.
Fluides thixotropes
36
Un fluide est dit thixotrope si sous contrainte constante, sa viscosité apparente diminue au
cours du temps. Comme la caractéristique du fluide dépend de son historique, les mesures
rhéologiques deviennent complexes dû aux effets d’hystérésis (effets de mémoire). Parmi les
fluides thixotropes, on peut citer le yaourt, les sables mouvants, certaines encres d'impression,
certaines boues de forage pétrolier, certains gels, etc.
Fluides antithixotropes
L’antithixotropie est le phénomène inverse de la thixotropie : le fluide durcit par agitation, par
exemple : les suspensions aqueuses de gypse (Figure 1.8).
Figure 1.8 : Fluide antithixotrope : (a) au repos, (b) après une forte agitation [28].
c. Fluides viscoélastiques
Les fluides viscoélastiques sont des fluides qui présentent des caractéristiques à la fois
visqueuses et élastiques lorsqu'ils subissent une déformation. Les liquides visqueux, comme le
miel, résistent à un écoulement en cisaillement et présentent une déformation qui augmente
linéairement avec le temps lorsqu'une contrainte est appliquée (Figure 1.9). La pâte de
silicone est un exemple de fluide viscoélastique, elle peut réagir de deux manières différentes.
Une boule de silicone rebondit sur le sol comme une balle élastique (aux temps courts)
pourtant, si on pose cette boule sur une surface horizontale et on attend quelques minutes, on
voit la pâte de silicone s’étaler comme un fluide visqueux.
37
𝜏 = 𝜏𝑒𝑙𝑎𝑠𝑡. + 𝜏𝑣𝑖𝑠𝑞. = 𝐸𝛾̇ + 𝜇𝛾̇ (1.8)
où E est un module d’élasticité et 𝛾̇ est le taux de déformation.
Figure 1.9 : Résistance du miel à l’écoulement en cisaillement (a) lorsqu'une contrainte est
appliquée (b) le miel présente une déformation qui augmente linéairement avec le temps (c)
[28].
Fluide non-newtonien
Fluides
Fluides thixotropes
pseudoplastiques
38
1.1.7 Modèles mathématiques
Plusieurs modèles mathématiques ont été proposés dans la littérature pour modéliser le
comportement des fluides non-newtoniens. Dans cette thèse, on s’intéresse en particulier aux
fluides à comportement indépendant du temps et plus particulièrement aux fluides dilatants et
pseudoplastiques. Pour ces types de fluides, le modèle empirique de la loi en puissance
proposé par Ostwald-de Waele [10] est le plus utilisé dans la littérature. Cette loi est donnée
par l’expression suivante :
𝜏 = 𝜂(𝛾̇ )𝑛 (1.9)
ou encore
(𝑛+1) (𝑛−1)
𝜀̂ = 2𝜇⁄(8 2 (𝐾𝜀) 2 (𝑛/(1 + 3𝑛)𝑛 ) (1.12)
39
1.2 Revue bibliographique
Dans cette section, nous proposons une revue bibliographique sur les écoulements
convectifs à travers les fluides newtoniens et non-newtoniens. Nous nous intéressons surtout à
la convection magnétohydrodynamique MHD dans les cavités poreuses.
ℜ𝑐 → 𝜋 2 ℋ 2
} ℋ2 → ∞
𝑘𝑐 → (𝜋²ℋ 2 ⁄2)1⁄6
Parmi les premières expériences sur l'apparition de l’instabilité thermique [33-35] dans des
couches de mercure chauffées par le bas et soumises à un champ magnétique, Nakagawa [35]
a réalisé des expériences en utilisant des couches de mercure de 3, 4, 5 et 6 cm de profondeur
et un champ magnétique uniforme variant de 250 et 8000 gauss. Il a été capable de réaliser
l’expérience pour des valeurs de ℋ 2 dans la gamme de 102 − 106 . Les résultats
expérimentaux ont montré une croissance exponentielle du nombre de Rayleigh citrique en
fonction du nombre de Hartmann conforme à la prédiction théorique (Figure 1.11).
40
Figure 1.11 : Une comparaison des résultats expérimentaux, obtenue par Nakagawa [35], et
théoriques, obtenue par Chandrasekhar [32], représentant l’évolution du nombre de Rayleigh
critique en fonction du nombre d’Hartmann.
Etant donné que l'application d'un champ magnétique peut aider à contrôler à la fois la
dynamique du fluide et le transfert de chaleur, le champ magnétique a été utilisé dans
l’industrie d’ingénierie telle que le confinement du plasma, la récupération de l'énergie
géothermique, l'extraction du pétrole, etc. En conséquence, une attention considérable a été
consacrée à l'étude de la magnétohydrodynamique (MHD) et transfert de chaleur dans les
milieux poreux au cours des dernières années.
La stabilité d’un écoulement newtonien en milieu poreux entre deux plaques horizontales
infinies, en présence d’un champ magnétique constant vertical, a été étudiée par Raptis et al.
[36]. Ils ont constaté que la vitesse diminue lorsque le nombre de Grashof augmente alors
qu’elle augmente avec la perméabilité.
Alchaar et al. [37] ont étudié la stabilité de l’écoulement sous l’effet d’un champ magnétique
de direction aléatoire en milieu poreux dans une cavité rectangulaire horizontale chauffée et
refroidie par des flux de chaleur constants, en utilisant le modèle de Brinkman. Il a été trouvé
qu’un champ magnétique vertical est le plus efficace pour retarder la convection.
41
L’étude numérique de la convection naturelle d’un fluide diamagnétique saturant une enceinte
rectangulaire poreuse et soumis à un champ magnétique de valeur élevée a été effectuée par
Zeng et al. [38]. Le modèle de Brinkman-Forchheimer a été utilisé pour modéliser le milieu
poreux. Les résultats montrent que la force du champ magnétique a un effet significatif sur le
champ d'écoulement et le transfert de chaleur.
Quelques études ont également traité le cas de cavités poreuses inclinées chauffées par les
côtés [39,40].
Robillard et al. [41] ont mené une recherche sur l’effet d’un champ électromagnétique
constant et vertical sur la convection naturelle dans une cavité rectangulaire verticale,
chauffée par un flux de chaleur uniforme imposé sur les parois verticales, remplie avec un
milieu poreux et saturée par un mélange binaire. Une solution analytique a été obtenue afin de
prédire l’impact du nombre de Hartmann sur l’écoulement.
Revnic et al. [42] ont étudié numériquement, en utilisant un schéma de différences finies
implicite, les effets d'un champ magnétique incliné et la génération de chaleur sur la
convection libre instable au sein d'une cavité carrée remplie d’un fluide saturant un milieu
poreux. Des températures constantes sont imposées sur les parois horizontales. Il a été
constaté qu'en augmentant le nombre de Hartmann le transfert de chaleur diffusif arrive à
prédominer, même pour les grandes valeurs du nombre de Rayleigh.
Alloui et al. [43] ont examiné analytiquement et numériquement l'effet d'un champ
magnétique vertical non constant sur la convection naturelle d'un fluide saturant une cavité
poreuse horizontale peu profonde. Le champ magnétique non constant est supposé être généré
par des courants électriques circulant parallèlement aux limites horizontales de la couche. Ils
ont démontré que l'effet retardateur de la force de Lorentz diminue la force du mouvement
convectif au sein de la couche et donc le transfert de chaleur par convection.
En outre, quelques résultats expérimentaux, traitant la MHD dans les milieux poreux, ont été
rapportés dans la littérature [44-46].
42
Parmi ces applications on peut citer : le refroidissement des réacteurs nucléaires par des
métaux liquides, la transformation des aliments et la propagation de contaminants dans
l'environnement.
La plupart des problèmes de MHD avec un fluide non-newtonien ont porté sur un fluide de
type spécial tel que micropolaire ou viscoélastique [47,48].
Depuis les travaux pionniers de Chen et Chen [50] beaucoup d'autres documents sur la
convection dans un milieu poreux saturé par un fluide en loi de puissance ont été publiés. Ils
sont concernés par une couche limite le long d'une plaque ou par des flux porteurs dans des
enceintes [51]-[53] ou convection forcée dans un canal [54-55].
D’un autre côté, Amari et al. [51] ont été parmi les premiers à étudier la convection naturelle
d’un fluide non-newtonien au sein d’une cavité poreuse horizontale. Des résultats à la fois
analytiques et numériques ont été rapportés pour le cas d’une couche horizontale chauffée par
le bas ou par les côtés par un flux de chaleur constant, sur la base du modèle de type loi en
puissance proposé par Pascal [29].
43
Une étude théorique et numérique de la convection naturelle induite par double diffusion dans
une cavité rectangulaire poreuse saturée par un fluide en loi de puissance et soumise à une
température constante a été menée par Getachew et al. [56].
Dans une étude récente, Nield [57] a montré que l'application de la théorie de la stabilité
linéaire au problème de Horton-Rogers-Lapwood HRL, pour un fluide de type loi en
puissance, conduit à un problème mathématique singulier sauf lorsque l'indice de la loi en
puissance est égal à l'unité, c'est à dire lorsque le fluide est newtonien. Afin de rendre le
problème non singulier, Nield [57] a suggéré que le terme de traînée dans la version non-
𝑛−1
⃗|
newtonienne de la loi de Darcy est proportionnel à |𝑉 ⃗ , où 𝑉
𝑉 ⃗ est la vitesse d'infiltration
𝑛
(m.s-1). Lorsque n>1 (fluide dilatant) et pour les grandes valeurs de |𝑉
⃗ |, le terme d'ordre |𝑉
⃗|
Barletta et Nield [58] ont été motivés pour étudier davantage la nature de cette singularité. Ils
ont considéré le problème Prats [59] avec l'extension du problème de HRL en introduisant,
comme un flux de base, un certain nombre de Péclet 𝒫 caractérisant l'écoulement plutôt qu’un
débit nul. Le problème de HRL est récupéré dans la limite de 𝒫 tendant vers zéro. Les
résultats ainsi obtenus indiquent que le nombre de Rayleigh supercritique est infini pour un
fluide pseudoplastique et nul pour un fluide dilatant.
D’autres travaux ont également abordé le problème HRL avec un fluide non-newtonien en
considérant un fluide de type spécial tel qu’un nanofluide ou un fluide viscoélastique [60].
Ben Khelifa et al. [61] ont travaillé numériquement et analytiquement avec l’approximation
de l’écoulement parallèle de la convection naturelle dans une cavité poreuse peu profonde,
remplie d'un fluide binaire non-newtonien, soumis à des flux de chaleur et de soluté constants.
Les résultats obtenus indiquent que le nombre de Rayleigh critique pour l'apparition de la
convection est infini pour un fluide pseudoplastique et nul pour un fluide dilatant.
Les études mentionnées ci-dessus montrent que l’influence du champ magnétique sur la
convection d’un fluide newtonien a été suffisamment étudiée. Cependant, le cas des
44
écoulements MHD d’un fluide non-newtonien de type loi en puissance dans une couche
poreuse, chauffée par le bas et soumise à un champ magnétique uniforme et vertical n'a pas
été étudié jusqu'à présent.
1.3 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté des généralités sur le phénomène physique étudié
et une synthèse bibliographique focalisée sur la convection naturelle des fluides newtoniens et
non-newtoniens en milieu poreux ainsi que les effets magnétiques sur la convection naturelle.
Nous avons montré que le cas des écoulements MHD d’un fluide non-newtonien de type loi
en puissance n'a pas été étudié jusqu'à présent. Dans ce travail, l’étude d’un écoulement
convectif dans un fluide non-newtonien de type loi de puissance saturant un milieu poreux de
Darcy et soumis à un champ magnétique uniforme et constant sera réalisée.
45
Chapitre 2 Formulation mathématique
et analyse de la stabilité linéaire
46
Figure 2.1 : Configuration géométrique dans le cas de condition du flux uniforme et constant
(a) et le cas de condition de température uniforme et constante (b)
47
2) Le fluide considéré est non-newtonien de type loi en puissance, homogène et
incompressible.
4) Les forces d’inertie et les forces visqueuses, connues sous les noms de termes de
Forchheimer et de Brinkmann, sont négligées.
1 𝜕𝜌
𝛽𝑇′ = − ( ) (2.2)
𝜌0 𝜕𝑇 ′ 𝑃′
∆𝜌
L’approximation de Boussinesq est valable si la condition ≤ 0.1 est vérifiée.
𝜌
a. Equation de continuité
𝜕𝑢′ 𝜕𝑣 ′ 𝜕𝑤 ′
⃗ . ⃗⃗⃗⃗
∇ 𝑉′ = + + =0 (2.3)
𝜕𝑥 ′ 𝜕𝑦 ′ 𝜕𝑧 ′
⃗ exprimées selon :
où 𝑢′ , 𝑣 ′ et 𝑤 ′ sont les composantes du vecteur vitesse 𝑉
48
′
𝜕Ψ ′ ′
𝜕Ψ ′ (2.4)
𝑢 = et 𝑤 = − ′
𝜕𝑧 ′ 𝜕𝑥
mouvement un courant électrique de densité ⃗⃗𝐽′ normal à ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗′ . La force de Lorentz (force
𝑉 ′ et 𝐵 0
électromagnétique) ⃗⃗⃗
𝑓′ exercée sur la charge est :
⃗ . ⃗⃗𝐽′ = 0
∇ (2.7)
⃗ 𝜗 ′ = ⃗⃗⃗⃗
où 𝛾 est la conductivité électrique, 𝜗 ′ est le potentiel électrique et −∇ 𝐸 ′ est le champ
électrique associé.
D’après Chandrasekhar [32] ; étant donné que la vitesse des charges électriques du fluide 𝑉 ′
est très faible par rapport à la célérité de la lumière (𝑉 ′ << c), nous ne serons pas préoccupés
par les effets qui sont liés d'aucune façon à la propagation des ondes électromagnétiques, le
⃗ ) et le courant de déplacement peut être
⃗⃗⃗⃗′ ≈ 0
courant électrique varie très lentement (𝐸
négligé, d’où nous obtenons,
⃗⃗⃗⃗′ × ⃗⃗⃗⃗
⃗⃗𝐽′ = 𝛾 (𝑉 𝐵0′ ) (2.8)
Pour modéliser les écoulements de fluide dans les milieux poreux, on a choisi le modèle de
Darcy, le plus couramment utilisé dans les travaux antérieurs [63]. Ce modèle est valable
quand les conditions suivantes sont satisfaites :
49
𝐾 𝑉̅ √𝐾
𝜀 ≤ 0.8 ; 𝐷𝑎 = ≤ 10−6 ; 𝑅𝑒 = <1 (2.9)
𝐻 ′2 𝜈
où 𝜀 est la porosité du milieu poreux, 𝐾 est la perméabilité, 𝐷𝑎 est le nombre de Darcy, 𝑅𝑒 est
le nombre de Reynolds, 𝑉̅ est la vitesse moyenne de filtration des particules fluides à travers
la matrice solide et 𝜈 est la viscosité cinématique du fluide.
𝜂 ′ 𝑛−1 ′
⃗⃗⃗⃗ | ⃗⃗⃗⃗
|𝑉 ⃗ 𝑃′ + 𝜌0 𝑔(1 − 𝛽𝑇′ (𝑇 ′ − 𝑇0′ )) + ⃗⃗⃗
𝑉 = −∇ 𝑓′ (2.10)
𝐾
où 𝜂 (en Pa.sn) est le facteur de consistance et 𝑛 est l’indice de la loi en puissance. Pour n=1,
on a un fluide newtonien et le facteur de consistance coïncide avec la viscosité dynamique et
⃗ 𝑃′ désigne le gradient de pression.
∇
Dans un milieu poreux saturé par un fluide, le transfert de chaleur est assuré à la fois par la
phase fluide et la phase solide. Or ces deux phases ne possèdent ni la même capacité
thermique (respectivement (𝜌𝑐)𝑓 et (𝜌𝑐)𝑠 ), ni la même conductivité thermique
(respectivement 𝑘𝑓 et 𝑘𝑠 ). Donc Combarnous et Bories [64] avaient proposé un modèle de
deux équations d’énergie, établies à partir du premier principe de la thermodynamique,
décrivant l’évolution de la température des deux phases.
50
où 𝑇𝑠′ et 𝑇𝑓′ représentent respectivement la température de la phase solide et fluide et les
scalaires k ∗𝑠 et k𝑓∗ représentent les coefficients de conductivité thermique équivalente et
dépendent des coefficients de conductivité thermique propre 𝑘𝑓 et 𝑘𝑠 et de la porosité 𝜀.
En supposant que l’équilibre thermique local est atteint (𝑇𝑠′ = 𝑇𝑓′ = 𝑇 ′ ) et après l’addition des
équations (2.11) et (2.12), nous déduisons le modèle de transfert de chaleur le plus
couramment utilisé pour les milieux poreux :
𝜕𝑇 ′
(𝜌𝑐)∗ ′
+ (𝜌𝑐)𝑓 ⃗⃗⃗⃗
𝑉 ′ . ⃗∇𝑇 ′ = ∇(𝑘 ∗ ∇𝑇 ′ ) (2.13)
𝜕𝑡
avec
1−𝜀 𝜀
𝑘∗ = + (2.16)
𝑘𝑠 𝑘𝑓
- si la conduction thermique dans les phases solide et fluide se produit en parallèle,
𝜕𝑇 ′
𝜎 + ⃗⃗⃗⃗
𝑉 ′ . ⃗∇𝑇 ′ = 𝜅∇2 𝑇 ′ (2.18)
𝜕𝑡 ′
avec 𝜅 = 𝑘𝑚 ⁄(𝜌𝑐)𝑓 est la diffusivité thermique et 𝜎 = (𝜌𝑐)∗ ⁄(𝜌𝑐)𝑓 .
51
e. Conditions aux frontières
′
𝐿′ 𝜕𝑇 ′
𝑥 =± =0
2 𝜕𝑥 ′
′
𝑑 𝜕𝑇 ′
𝑦′ = ± =0 (2.20)
2 𝜕𝑦 ′
′
𝐻 𝜕𝑇 ′ 𝑞′
𝑧′ = ± = −
{ 2 𝜕𝑦 ′ 𝑘𝑚
Conditions aux frontières thermiques de type Dirichlet :
′
𝐿′ 𝜕𝑇 ′
𝑥 =± =0
2 𝜕𝑥 ′
′
𝑑 𝜕𝑇 ′
𝑦′ = ± =0
2 𝜕𝑦 ′
(2.21)
𝐻′
𝑧′ = − ′
𝑇 = 𝑇0′ + ∆𝑇 ′
2
′
𝐻
′
{𝑧 = + 2 𝑇 ′ = 𝑇0′
Pour faire apparaître les paramètres de contrôle du problème étudié il est nécessaire
d'introduire les variables caractéristiques du problème. La dimension 𝐻 ′ , entre les deux parois
horizontales actives de la cavité, est considérée comme longueur de référence. La diffusivité
thermique 𝜅est utilisée pour adimensionner la vitesse et la fonction du courant. La
température est adimensionnée respectivement par rapport à la différence caractéristique de
température ∆𝑇 ′ dans le cas de condition de température imposée et par rapport à 𝑞 ′ 𝐻′⁄𝑘𝑚
dans le cas de condition du flux imposée.
52
𝑥′ 𝑦′ 𝑧′
Coordonnées spatiales (𝑥, 𝑦, 𝑧) = ( , , )
𝐻′ 𝐻′ 𝐻′
𝐻′
Vitesse (𝑢, 𝑣, 𝑤) = (𝑢′ ′
, 𝑣 , 𝑤′)
𝜅
′
𝑡𝜅
Temps 𝑡=
𝜎𝐻 ′ 2
(𝑇 ′ − 𝑇0′ )
𝑐ondition de température
∆𝑇 ′
Température 𝑇=
𝑘𝑚 (𝑇 ′ − 𝑇0′ )
condition du flux
{ 𝑞 ′ 𝐻′
En introduisant les variables sans dimensions dans les équations (2.3), (2.10) et (2.18) et en
prenant le rotationnel de l’équation de mouvement (2.10), nous obtenons le système
d’équation adimensionnel suivant :
⃗∇. ⃗V = 0 (2.22)
𝑛−1 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑣 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑣 (2.23)
⃗ × (|V
∇ ⃗| ⃗V) = ℜ ( 𝑒𝑥 −
⃗⃗⃗ 𝑒𝑦 ) + ℋ 2 ( ⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗ 𝑒𝑥 − 𝑒𝑦 + ( − ) ⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗ 𝑒 )
𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝑧
𝜕𝑇
⃗ .∇
+V ⃗ 𝑇 = ∇²𝑇 (2.24)
𝜕𝑡
Les nombres adimensionnels qui apparaissent dans les équations ci-dessus sont le nombre de
Rayleigh thermique ℜ et le nombre de Hartmann ℋ qui caractérisent respectivement les
effets convectifs et magnétiques au sein du fluide.
𝑛 𝑛−1
𝐾 𝐻′ 𝐾 𝐻′
ℜ= 𝜌0 𝑔𝛽𝑇′ ∆𝑇 ′ ( ) 2
ℋ = 𝛾𝐵 ( ) ′2
𝜂 𝜅 𝜂 𝜅 (2.25)
Sous leur forme adimensionnée, les conditions aux limites associées s'écrivent :
𝐴 𝜕𝑇
𝑥=± u=0 Ψ=0 ; =0
2 𝜕𝑥 (2.26)
𝑎 𝜕𝑇
𝑦=± 𝑣=0 Ψ=0 ; =0
2 𝜕𝑦
𝜕𝑇
1 = −1 𝐶𝑜𝑛𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑓𝑙𝑢𝑥
𝑧=± 𝑤 = 0 Ψ = 0 ; { 𝜕𝑧
2
{ 𝑇 = 1,0 𝐶𝑜𝑛𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑡𝑒𝑚𝑝é𝑟𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒
53
A est le rapport de forme de la cavité défini par : 𝐴 = 𝐿′ ⁄𝐻 ′ et 𝑎 est le rapport 𝑎 = 𝑑 ′ ⁄𝐻 ′
1 𝐴/2
̅̅̅̅ =
𝑁𝑢 ∫ 𝑁𝑢(𝑥). 𝑑𝑥 (2.28)
𝐴 −𝐴/2
𝐴/2 𝑎/2
𝜕𝑇
̅̅̅̅
𝑁𝑢 = ∫ ∫ | 𝑑𝑥𝑑𝑦 (2.30)
𝑥=−𝐴/2 𝑦=−𝑎/2 𝜕𝑧 𝑧=±1/2
54
2.3 Analyse de stabilité linéaire
Contrairement aux équations linéaires qui admettent des solutions bien déterminées,
l’équation de Navier-Stockes (2.10) est une équation non linéaire qui peut avoir plusieurs
solutions pour des paramètres d'écoulement (ℜ, ℋ,...) de valeurs identiques. La question est
donc de savoir quelle est la solution réelle ? La théorie qui traite ce genre de problème est la
théorie de la stabilité linéaire qui est basée sur l’introduction de notion de perturbations de très
faible amplitude dans les équations. Les équations deviennent linéaires pour les perturbations:
le produit de deux perturbations (ou plus) devient négligeable par rapport aux autres termes.
̃ (x, y, 𝑧)𝑒 𝑠𝑡
Φ(x, y, z) = Φ (2.31)
̃ représente la fonction des composantes spatiales selon les directions confinées et 𝑠
Φ
représente la variation temporelle des perturbations et constitue la valeur propre du problème
linéaire.
- étape 4: Détermination du mode critique (𝑘𝑐 , ℜ𝑐 ), au-delà duquel l’écoulement cesse d’être
stable.
55
2.3.1 Solution de base (Solution de conduction)
𝑢𝐵 𝒫𝑐𝑜𝑠𝛼
𝑢 𝑣
⃗ 𝐵 ( 𝐵 ) = (𝒫𝑐𝑜𝑠𝛼 ) (2.32)
𝑤𝐵 0
Où 𝒫 est le nombre de Péclet obtenu par la division la vitesse d'écoulement de base 𝑢𝐵 par la
vitesse de référence 𝜅⁄𝐻 ′ et 𝛼 désigne l'angle d'inclinaison de la vitesse de base par rapport à
l'axe des 𝑥 (Figure 2.2). L'indice "B" signifie « solution de base ».
Le choix de l'hypothèse d'un angle d'inclinaison arbitraire α par rapport à l'axe des 𝑥 permet
d'étudier la stabilité linéaire de la solution de base en considérant des perturbations linéaires
𝜋
se propageant le long de l'axe des 𝑥 et en variant 𝛼 dans l'intervalle [0, ].
2
56
𝜋
Ici, 𝒫 est positif. Avec 𝛼 ∈ [0, ], cela signifie que toutes les directions possibles de la vitesse
2
de base par rapport au vecteur d'onde de perturbation peuvent être autorisés [58]. Ainsi, le
profil de température correspondant à l'équation adimensionnelle (2.24) qui satisfait les
conditions aux limites (2.26) est,
𝑇𝐵 = 1 − 𝑧 (2.33)
̃;
𝑢 = 𝑢𝐵 + 𝜖𝑈 𝑇 = 𝑇𝐵 + 𝜖𝜃̃ (2.34)
̃ = (𝑈
Telle que 𝜖 ≪ 1 est un petit paramètre et 𝑈 ̃, 𝑉̃, 𝑊
̃ ).
En remplaçant les relations (2.34) dans le système d’équation (2.22)-(2.24), en négligeant les
termes non linéaires, d’ordre supérieur à 1, et en tenant compte des équations (2.32) on
obtient le système d’équations aux perturbations linéarisées suivant :
̃ 𝜕𝑉̃ 𝜕𝑊
𝜕𝑈 ̃
+ + =0 (2.35)
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
̃
𝜕𝑊 𝜕𝑉̃ ̃
𝜕𝑈 ℜ 𝜕𝜃̃ ℋ² 𝜕𝑉̃
− (𝑛𝑠𝑖𝑛²𝛼 + 𝑐𝑜𝑠²𝛼) − (𝑛 − 1) 𝑠𝑖𝑛𝛼 𝑐𝑜𝑠𝛼 = 𝑛−1 + 𝑛−1 (2.36)
𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝒫 𝜕𝑦 𝒫 𝜕𝑧
𝜕𝑈̃ 𝜕𝑊 ̃ 𝜕𝑉̃ ℜ 𝜕𝜃̃ ℋ² 𝜕𝑈̃
(𝑛𝑐𝑜𝑠²𝛼 + 𝑠𝑖𝑛²𝛼) − + (𝑛 − 1) 𝑠𝑖𝑛𝛼 𝑐𝑜𝑠𝛼 = − 𝑛−1 − 𝑛−1 (2.37)
𝜕𝑧 𝜕𝑥 𝜕𝑧 𝒫 𝜕𝑥 𝒫 𝜕𝑧
𝜕𝑉̃ 𝜕𝑈̃ ̃ 𝜕𝑉̃
𝜕𝑈
(𝑛𝑠𝑖𝑛²𝛼 + 𝑐𝑜𝑠²𝛼) − (𝑛𝑐𝑜𝑠²𝛼 + 𝑠𝑖𝑛²𝛼) + (𝑛 − 1) ( − ) 𝑠𝑖𝑛𝛼 𝑐𝑜𝑠𝛼
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦
(2.38)
ℋ² 𝜕𝑈 ̃ 𝜕𝑉̃
= 𝑛−1 ( − )
𝒫 𝜕𝑦 𝜕𝑥
57
𝜕𝜃̃ 𝜕𝜃̃ 𝜕𝜃̃
+ 𝒫 (𝑐𝑜𝑠𝛼 ̃ = ∇²𝜃̃
+ 𝑠𝑖𝑛𝛼 ) − 𝑊 (2.39)
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦
̃ , 𝜃̃ ) et les variables
̃, 𝑉̃, 𝑊
Il s’agit d’un système de 5 équations dont les inconnues sont (𝑈
(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡). L’écoulement de base est supposé connu et est noté (𝑢𝐵 , 𝑣𝐵 , 𝑤𝐵 , 𝑇𝐵 ). Pour
l’instant, aucune approximation n’a été faite concernant le champ moyen et les perturbations ;
le système conserve donc un caractère général, tridimensionnel et instationnaire. Néanmoins,
il est maintenant nécessaire de procéder à quelques hypothèses et simplifications pour pouvoir
mener à bien l’analyse.
D’après le théorème de squire [65], pour arriver à une perturbation tridimensionnelle il faut
passer par une perturbation bidimensionnelle; on peut alors se limiter à une perturbation
bidimensionnelle. Le système (2.35)-(2.39) peut donc être simplifié en 𝑦, en supprimant tous
les termes faisant intervenir toute dérivée par rapport à y. Donc cet écoulement peut s’écrire,
̃=𝑈
𝑈 ̃(𝑥, 𝑧, 𝑡), 𝑉̃ = 𝑉̃(𝑥, 𝑧, 𝑡), 𝑊 ̃ (𝑥, 𝑧, 𝑡), 𝜃̃ = 𝜃̃ (𝑥, 𝑧, 𝑡)
̃ =𝑊 (2.40)
Ainsi, nous obtenons
̃
𝜕2𝑊 ̃
𝜕2𝑊 ℜ 𝜕 2 𝜃̃
+ 𝑆² =
𝜕𝑥 2 𝜕𝑧 2 𝒫 𝑛−1 𝜕𝑥 2 (2.41)
𝜕𝜃̃ 𝜕𝜃̃ 𝜕 2 𝜃̃ 𝜕 2 𝜃̃
+ 𝒫𝑐𝑜𝑠𝛼 − ̃ =
𝑊 +
{ 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥 2 𝜕𝑧 2
Avec
ℋ²(𝑛𝑐𝑜𝑠²𝛼 + 𝑠𝑖𝑛²𝛼) + 𝑛𝒫 𝑛−1
𝑆² = + ℋ²𝒫1−𝑛 (2.42)
ℋ² + (𝑛𝑠𝑖𝑛²𝛼 + 𝑐𝑜𝑠²𝛼)𝒫 𝑛−1
et
(𝑛 − 1)𝑠𝑖𝑛𝛼 𝑐𝑜𝑠𝛼 (2.43)
𝑉̃ = − ̃
𝑈
ℋ²
𝑛𝑠𝑖𝑛²𝛼 + 𝑐𝑜𝑠²𝛼 + 𝑛−1
𝒫
̃ = 0 : Condition d’impérméabilité
1) 𝑊
58
̃ ⁄𝜕𝑧² = 0 : Condition de glissement
2) 𝜕²𝑊
3) 𝜕𝜃̃ ⁄𝜕𝑧 = 0 : Condition du flux constant
4) 𝜃̃ = 0 : Condition de température constante
̃ 𝜕𝜃̃
𝜕²𝑊 = 0 𝐹𝑙𝑢𝑥 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡
𝑧 = ±0.5 ∶ ̃ =
𝑊 =0 ; { 𝜕𝑧 (2.44)
𝜕𝑧²
𝜃̃ = 0 𝑇𝑒𝑚𝑝𝑒𝑟𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
̃
𝜕²𝑊 𝜕𝜃̃
̃ =
𝑊 =0 ; =0 𝑜𝑢 𝜃̃ = 0
𝜕𝑧² 𝜕𝑧
𝑧
𝑦
̃
𝜕²𝑊 𝜕𝜃̃
̃ =
𝑊 =0 ; =0 𝑜𝑢 𝜃̃ = 0
𝜕𝑧² 𝜕𝑧
Figure 2.3 : Expressions des conditions aux perturbations sur les frontières.
En effet, comme le système est considéré comme infini, homogène et isotrope dans la
direction 𝑥 avec des conditions aux limites qui sont indépendantes de 𝑥 et 𝑡. Dans ces
̃ et 𝜃̃ sous la forme de mode de Fourier, dits
conditions, on peut chercher les solutions de 𝑊
modes normaux, suivant 𝑥 et oscillant dans le temps à la fréquence ω. Ces solutions sont
développées sur une base de fonctions adaptées à la géométrie du système.
59
̃ (𝑥, 𝑧, 𝑡) = 𝑊
𝑊 ̃ (𝑧)𝑒 𝑖(𝑘𝑥+𝜔𝑡)
{ (2.45)
𝜃̃ (𝑥, 𝑧, 𝑡) = 𝜃̃ (𝑧)𝑒 𝑖(𝑘𝑥+𝜔𝑡)
𝑘𝑟 : le nombre d’onde
−𝑘𝑖 : le taux de croissance spatiale (à un temps fixé t, lorsque 𝑘𝑖 < 0 l’instabilité
s’amplifie dans l’espace pour 𝑥 > 0 sinon elle s’amortit).
𝜔𝑟 : la pulsation ou la fréquence de l’onde
𝜔𝑖 : le taux de croissance temporelle (à une position fixée. Lorsque 𝜔𝑖 > 0 l’instabilité
s’amplifie sinon elle s’amortit).
L’introduction de cette forme modale (2.45) dans le système d’équations précédent (2.41)
̃ (𝑧), 𝜃̃ (𝑧)) :
permet d’obtenir un nouveau jeu d’équations pour les fonctions d’amplitude (𝑊
ℜ
(𝑆²𝐷² − 𝑘²)𝑊̃ (𝑧) + 𝑘² 𝜃̃ (𝑧) = 0
{ 𝒫 𝑛−1 (2.46)
−𝑊̃ (𝑧) + (𝑘 2 − 𝐷2 + 𝑖Ω)𝜃̃ (𝑧) = 0
Ω = ω + 𝒫kcosα (2.47)
En écriture matricielle le système aux perturbations (2.46) devient :
ℒ. 𝑌 = 0 (2.48)
Où 𝑌 est le vecteur des deux composantes de la perturbation et ℒ est un opérateur différentiel
linéaire qui dépend des paramètres de contrôle ℜ, 𝑆, 𝒫, k, Ω et n :
60
2 2 2
𝑘 2 ℜ𝒫1−𝑛 ] ̃
ℒ = [𝑆 𝐷 − 𝑘 ; 𝑌 = [𝑊 ] (2.49)
−1 𝑘 2 − 𝐷2 + 𝑖Ω 𝜃̃
Une solution non triviale n'existe que si le déterminant de ℒ conduit à une équation de
dispersion complexe écrite comme suit :
Deux approches de stabilité linéaire sont adoptées. Lorsque la perturbation est supposée être
étendue dans tout le système, une approche temporelle est suffisante. En revanche, la réponse
du système à une perturbation localisée nécessite une analyse spatio-temporelle.
Comme l'écoulement n'est pas tout le temps instable, on s'intéresse pour l'instant à la
naissance des premiers modes déstabilisant la solution de conduction. L'évolution temporelle
de la perturbation sera étudier en supposant :
𝑘 ∈ ℝ et 𝜔 ∈ ℂ
61
2.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté une modélisation mathématique du problème et
nous avons posé les équations dynamiques ainsi que l’équation de Darcy généralisée aux
fluides de type loi en puissance. Par ailleurs, les paramètres adimensionnées pertinents du
problème (ℜ, ℋ 2 ) ont été déterminés. Ce problème admet une solution dite solution de
conduction. A partir des équations développées, il est possible d’étudier la stabilité de l’état
de conduction en fonction des paramètres adimensionnés du problème. Pour cela nous avons
présenté la théorie de la stabilité linéaire de la convection dans le cas général. Nous avons
perturbé le système par un débit forcé et nous avons réduit le problème en un problème
caractéristique. Par la suite, nous allons étudier la stabilité linéaire de la convection naturelle
et mixte avec les conditions aux frontières thermiques de type Neumann au chapitre suivant
ensuite nous allons reprendre l’étude avec des conditions aux frontières thermiques de type
Dirichlet dans le quatrième chapitre.
62
Chapitre 3 Convection MHD dans une
cavité poreuse soumise à une
condition du flux constant
3.1 Introduction
Ce chapitre porte dans une première partie sur l’étude de la stabilité linéaire et dans une
deuxième partie sur l’application de l’approximation de l’écoulement parallèle au cas d’une
cavité à très grande extension, soumise à un flux de chaleur imposé sur les parois horizontales
tandis que les parois verticales sont adiabatiques. La configuration géométrique étudiée, les
conditions aux frontières et les axes de coordonnées sont montrés par la Figure 3.1. Afin de
valider ces solutions, nous avons fait une comparaison avec la solution numérique développée
dans une troisième partie.
63
3.2 Stabilité linéaire
̃ (𝑧) et 𝜃̃ (𝑧) qui
Dans le cas de condition du flux imposée, les fonctions d’amplitude 𝑊
vérifient les conditions aux limites (2.44) sont :
𝑁 𝑁
̃ (𝑧) = ∑ 𝑊𝑙 cos(𝑙𝜋𝑧)
𝑊 𝑒𝑡 𝜃̃ (𝑧) = ∑ 𝜃𝑙 cos(2(𝑙 − 1)𝜋𝑧) (3.1)
𝑙=1 𝑙=1
Pour déterminer le mode qui se déstabilise en premier, on doit calculer le nombre d’onde qui
minimise l’équation de dispersion (2.50). Comme ℜ est une fonction croissante de 𝑙, le
minimum est atteint pour 𝑙 = 1 et on obtient le mode critique (𝑘𝑐 ; ℜ𝑐 ), au-delà duquel
l’écoulement cesse d’être stable et fait place à la convection.
En appliquant le principe variationnel (Annexe B) au premier ordre (𝑙 = 1) et avec
Ω = ω + 𝒫kcosα, nous multiplions chaque variable par une fonction de test qui vérifie les
̃ est 𝑐𝑜𝑠(𝜋𝑧) et celle utilisée pour 𝜃̃ est
conditions aux limites. La fonction test utilisée pour 𝑊
1. Après intégration et en écriture matricielle le système (2.46) donne:
1 2
− (𝑆²𝜋² + 𝑘²) 𝑘²ℜ𝒫1−𝑛 𝑊 0
[ 2 𝜋 1
].[ ] = [ ] (3.2)
2 𝜃1 0
− 𝑘² + 𝑖Ω
𝜋
Le système (3.1) admet une solution non triviale (𝑘1 ≠ 0) si et seulement si 𝑑𝑒𝑡(𝑘, ω) = 0.
Donc l’équation de dispersion complexe (2.50) s’écrit sous la forme suivante :
1 4
𝑑𝑒𝑡(𝑘, ω) = − (𝑆 2 𝜋 2 + 𝑘 2 )(𝑘 2 + 𝑖Ω) + 𝑘²ℜ𝒫1−𝑛 = 0 (3.3)
2 𝜋²
Donc
𝜋² (𝑆 2 𝜋 2 + 𝑘 2 )(𝑘 2 + 𝑖Ω)
ℜ=𝒫 𝑛−1 (3.4)
8 𝑘²
On notera toutefois que le paramètre de contrôle ici est le nombre de Rayleigh
ℜ(ℋ, 𝒫, 𝑘, 𝜔, 𝑛) qui doit être réel (on impose 𝐼𝑚𝑔(ℜ) = 0), l’expression de ℜ s’écrit alors
sous la forme suivante :
64
𝜋² 2 2
ℜ = 𝒫 𝑛−1 (𝑆 𝜋 + 𝑘 2 ) (3.5)
8
La valeur du nombre d'onde critique 𝑘𝑐 est obtenue en imposant 𝜕ℜ⁄𝜕𝑘 = 0. Ce qui donne
𝑘𝑐 = 0 (3.6)
On obtient ainsi le nombre ℜ𝑐 qui marque la naissance de la convection stationnaire (dite
aussi supercritique) :
𝜋4
ℜ𝑐 = 𝒫 𝑛−1 𝑆² (3.7)
8
On peut conclure qu’à partir des résultats ci-dessus, le nombre d’onde critique pour
l’apparition de la convection correspond à 𝑘𝑐 = 0, c’est-à-dire à une longueur d’onde infinie.
Cette valeur critique montre clairement que la convection se produit pour donner lieu à un
écoulement monocellulaire. En outre, les perturbations linéaires se propageant parallèlement à
l'axe des 𝑥 donc les perturbations les plus instables sont des rouleaux transversaux et 𝛼 = 0.
L’expression de S² se simplifie alors et nous obtenons :
Dans cette partie, nous examinons en détail notre problème dans le cas simple du
problème de Darcy-Bénard (DB) également connu sous le nom du problème de Horton-
Rogers-Lapwood; il fût traité tout d’abord par Horton et Rogers en (1945) [11] et
indépendamment par Lapwood en (1948) [12]. Ce problème consiste en une couche
horizontale infinie d’un milieu poreux isotrope saturé d’un fluide newtonien et chauffée par le
bas. Ce problème a fait l'objet d'une grande quantité d'œuvres depuis les années soixante [13-
15].
Dans la limite du nombre de Péclet tendant vers zéro (𝒫 → 0), la solution de base est relative
à un fluide au repos, et d’une stabilité marginale (𝜔 = 0), notre problème coïncide avec le
problème de DB. Dans ces conditions et à partir des équations (3.6) et (3.7), nous obtenons les
65
expressions du nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐 et du nombre d’onde critique 𝑘𝑐 regroupés
dans le Tableau 3.1.
𝓟→ 𝟎 Flux constant
ℜ𝑐 𝑘𝑐
𝒏=𝟏 𝜋 4 ⁄8 (1 + ℋ²) 0
𝒏<𝟏 ∞ 0
𝒏>𝟏 ℋ²𝜋 4 ⁄8 0
Tableau 3.1 : Les expressions du nombre de Rayleigh critique 𝕽𝒄 et 𝒌𝒄 pour le problème de
DB en fonction de l’indice de loi en puissance 𝒏 et du nombre de Hartmann 𝓗 (Condition de
Flux constant).
Dans le problème de DB, les résultats présentés dans le Tableau 3.1 montrent que,
indépendamment de 𝑛, le nombre d’onde critique est égale à zéro (𝑘𝑐 = 0) ce qui donne lieu
à une longueur d’onde critique 𝜆𝑐 = 2𝜋⁄𝑘𝑐 → ∞ donc l’écoulement dans la cavité est
monocellulaire. En d’autre terme, pour une cavité peu profonde (A >> 1), l’écoulement est
essentiellement parallèle dans la direction horizontale. La solution numérique développée
dans la section suivante s'appuiera sur ces résultats.
[13] pour la convection naturelle d'un fluide newtonien saturant un milieu poreux. Alors que
𝜋4
pour ℋ ≠ 0, l'apparition de l'instabilité convective s’effectue pour ℜ𝑐 > , elle dépend du
8
Toutefois, pour le cas des fluides pseudoplastiques (𝑛 < 1), l’écoulement est
inconditionnellement stable. La valeur du nombre de Rayleigh critique pour l’apparition de la
convection, indépendamment de ℋ, se produit à ℜ𝑐 = ∞. Cependant, les résultats analytiques
et numériques des travaux de Amari et al. [51] montrent que la convection d’amplitude finie
est possible pour les fluides pseudoplastiques. Le critère ℜ𝑐 = ∞, prédit par la théorie de
stabilité linéaire n’est pas réaliste.
66
La simulation numérique ainsi que notre modèle basé sur la théorie non linéaire de
l’écoulement parallèle, vont être examinés dans les sections §3.3 et §3.4 pour voir s’il donne
un autre critère pour le début de la convection.
Un résultat similaire a été rapporté récemment par Barletta et Nield [58] en considérant la
même configuration mais avec des conditions aux limites thermiques de type Dirichlet et sans
champ magnétique. La variation de ℜ𝑐 semble très similaire entre les Figure 3.2-(a) et (c)
lorsque 𝒫 ≤ 1 et entre les Figure 3.2-(b) et (d) lorsque 𝒫 ≥ 1.
Lorsque 𝒫 ≤ 1, les Figure 3.2-(a) et (c) montrent clairement que l’évolution de Rayleigh
critique ℜ𝑐 en fonction de 𝑛, pour un 𝒫 donné, est non monotone. Le débit filtrant 𝒫 donne
une simple transformation galiléenne dans le cas de fluide newtonien. En effet, pour 𝑛 = 1,
ℜ𝑐 est égal au seuil de convection naturelle pour toute valeur de Péclet. Cependant, pour les
fluides de loi de puissance, le nombre de Péclet rompt la transformation galiléenne connue en
raison de la dépendance de ℜ𝑐 en 𝒫 𝑛−1 (Eq (3.7)).
67
La raison physique de ce comportement particulier s’explique par l’adoption du modèle de loi
en puissance utilisé, Eq. (1.10). Il prédit une viscosité effective du fluide donnée par 𝜂(𝛾̇ )𝑛−1
qui dépend à la fois de l'indice de loi de puissance n et de la vitesse. En fait pour des faibles
valeurs de Péclet 𝒫 < 1, le taux de déformation 𝜸̇ est très faible à l'échelle des pores ceci rend
le fluide moins visqueux pour 𝑛 > 1. En conséquence, l'apparition de l'instabilité convective
aura lieu faiblement, entraînant ainsi une disparition de ℜ𝑐 . Tandis qu’à un débit élevé 𝒫 ≫
1, le taux de déformation 𝛾̇ est très grand et donc le fluide devient plus visqueux, par
conséquent l'apparition de l'instabilité convective sera complètement inhibée, ceci entraine
une valeur infinie de ℜ𝑐 . Les mécanismes de dissipation varient avec l'intensité du débit
d’écoulement 𝒫, d'où nous observons la rupture de la transformation galiléenne. C'est un
aspect très important des fluides de type loi en puissance.
30
10000
(a) H 2= 0 (b) 1000 100
H 2= 0
P=0.01
20
5
c 0.1 1 P=1
10
0.2
0.4
0.6 1
0.4 5
0.6 0.2 100
1 0.1 1000
0 0.01 10000
10000
328 (c) H 2= 25 (d) 1000
H 2= 25
100
P=0.01
320 5
c
312 0.1 1 P=1
0.2 1
0.6
0.4 0.4
0.6 5
304 0.2 100
1 0.1 1000
0.01 10000
n n
Le comportement asymptotique
A partir des résultats de la stabilité linéaire, nous avons présenté l’influence du nombre
de Hartmann sur la variation du nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐 sur la Figure 3.3, pour
différents type de fluides. On peut constater à partir de la figure l’effet inhibiteur du champ
magnétique sur l’apparition de l’instabilité. L’évolution du nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐
pour les fluides dilatants, pseudoplastiques et newtoniens présentent les mêmes
caractéristiques générales. Ce comportement particulier est dû à la dépendance asymptotique
du nombre de Rayleigh critique en ℋ 2 , qui découle de l’équation (3.7) ;
𝑘𝑚 𝛾𝜅𝐵2
𝑞𝐶′ = 12 (3.12)
𝜌0 𝑔𝛽𝑇′ 𝑑′ 2
Nous notons que le flux de chaleur critique 𝑞𝐶′ devient indépendant de la viscosité, de la
perméabilité et de l’indice de loi de puissance. Il dépend plutôt de la conductivité électrique,
de l'intensité du champ magnétique, de la gravité, de la hauteur de la couche et des propriétés
thermiques du liquide. Par conséquence, la dissipation d'énergie par effet Joule doit
prédominer la dissipation d'énergie par contrainte de cisaillement. La présence d'un fort
champ magnétique confère au nouveau comportement liquide, et on ne peut plus le décrire
comme newtonien ou non-newtonien, puisque la viscosité n'a pas d'importance.
69
105
104
0.25
103
c 0.5
0.75
102
n=1
12 H 2
n>1
101
100 101 102
D’autre part, La Figure 3.3 montre que les courbes dilatantes adhèrent rapidement à la ligne
asymptotique en raison de l'effet d'épaississement par cisaillement, mais les fluides
pseudoplastiques nécessitent un champ magnétique plus puissant pour inhiber l'effet de la
viscosité et de la rhéologie non-newtonienne. Par exemple, dans le cas de 𝑛 = 0.75, un
nombre de Hartmann d'environ 10 est suffisant pour créer un mouvement non visqueux, mais
ℋ = 50 et ℋ = 80 sont respectivement nécessaires pour les cas 𝑛 = 0.5 et 𝑛 = 0.25.
Lorsque ℋ < 100, la dissipation par viscosité et effet Joule agissent ensemble.
70
(𝑘𝑐 = 0, 𝜆𝑐 = ∞). Ainsi dans cette partie, on présente le développement d’une solution
analytique basée sur le concept de l’écoulement parallèle, valide pour le cas limite d’une cavité
de grande extension (A>>1).
Nous avons établi dans le Chapitre 2 le système d’équations qui régit les phénomènes
d’écoulements et de transferts thermiques au sein d’un milieu poreux saturé par un fluide non-
newtonien et en présence d’un champ magnétique. Ce système est composé d’équations
différentielles aux dérivées partielles non linéaires, et la résolution d’un tel système de manière
analytique demeure extrêmement compliquée, sauf pour certaines hypothèses pour lesquelles
elles se simplifient considérablement. Dans le cas de cavités de grande extension (A >>1),
lorsque les parois actives sont exposées à un flux constant de chaleur, il est possible d’obtenir,
en utilisant le concept de l'écoulement parallèle, des solutions analytiques approximatives. Le
modèle résultant donne un aperçu général sur l’écoulement et le champ de température ainsi
qu’une prédiction de certains phénomènes physiques impliqués dans la convection naturelle.
L’approche de l’écoulement parallèle suppose, pour les cavités à grand rapport de forme
( 𝐴 >> 1) ou( 𝐴 << 1), que l'écoulement résultant est parallèle relativement aux longues
parois. Ceci permettra de négliger la composante de vitesse perpendiculaire à ces parois. Cette
approche a été utilisée dans le passé pour étudier la convection naturelle dans plusieurs
configurations en milieux fluides ou poreux confinés soumises à différentes conditions aux
frontières, en utilisant une méthode d’expansion asymptotique, par Cormak et al. [66] et, une
méthode de type intégrale, par Bejan et Tien [67]. D’autres approches similaires ont été
utilisées successivement par [68]-[74]. En utilisant le modèle de Darcy simplifié, pour une
couche poreuse verticale saturé par un fluide de type loi en puissance, le problème a été résolu
analytiquement par Bian et al. [75] dans la limite d'une couche mince. Dans une étude récente,
Ben Khelifa et al. [58] ont mené une investigation sur la convection naturelle dans une cavité
poreuse horizontale peu profonde saturée par un fluide binaire non-newtonien, sujette à des
flux constants de chaleur et de soluté. Des solutions dépendant de l’indice de loi en puissance
n ont été obtenues analytiquement. Un bon accord a été trouvé entre le modèle analytique et la
solution numérique des équations complètes régissant le problème.
Nous citons, de plus, des publications récentes effectuées par différents auteurs tels que Alloui
et al. [76] qui ont également utilisé cette méthode pour l’étude de la convection MHD dans un
fluide micropolaire. Ainsi que celle effectuée par Alloui et al. [43] sur la convection naturelle
71
dans une couche poreuse horizontale chauffée par le bas et soumise à un champ magnétique
non-constant. L’approximation de l’écoulement parallèle a été utilisée par ces auteurs pour
prédire analytiquement le nombre de Rayleigh critique pour le début de la convection.
Dans notre cas, la cavité présente un grand rapport de forme, 𝐿′ >> 𝐻′ , (voir Figure 3.1) les
lignes de courant au centre de la cavité deviennent parallèles à l’axe des 𝑥. Ceci permet de
négliger la composante de la vitesse perpendiculaire aux parois horizontales donc la vitesse
devient fonction de la coordonnée 𝑧 seulement, de telle sorte que :
0.5
𝐶=∫ 𝑢𝑇𝑑𝑧 (3.16)
−0.5
Dans cette partie, nous présentons les solutions en fonction 𝜓(𝑧). En remplaçant les
composantes des vitesses par leurs expressions en 𝜓 (Eq. (2.4)) et en substituant les équations
(3.13)-(3.15) respectivement dans les équations (2.23) et (2.24), nous obtenons le système
d’équations différentielles simplifiées suivant:
𝜕 𝜕𝜓 𝑛−1 𝜕𝜓 (3.17)
[(| | + ℋ 2 ) ] = −ℜ𝐶
𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑧
𝜕²𝜃 𝜕𝜓
=𝐶 (3.18)
𝜕𝑧² 𝜕𝑧
𝜕𝜃 (3.19)
{ 𝑧 = ±0.5 𝜓=
𝜕𝑧
+1=0
72
3.3.2 Nombre de Nusselt
Lorsque les parois actives de la cavité sont exposées à un flux de chaleur constant, le taux de
transfert de chaleur dans celle-ci s’exprime par le nombre de Nusselt 𝑁𝑢, tel que,
𝑞′ 1 1 (3.20)
𝑁𝑢(𝑥) = = =
𝑘∆𝑇′ ∆𝑇(𝑥) 𝑇(𝑥, − 1⁄2) − 𝑇(𝑥, 1⁄2)
𝐻′
3.3.3 Solutions de 𝝍, 𝑻 et 𝑵𝒖
La résolution analytique du système ci-dessus (3.17)-(3.18) avec les conditions aux frontières
(3.19) donne une solution générale, pour tout 𝑛, lorsque ℋ = 0. Toutefois, il n'y a pas de
solution analytique à l'exception de certains cas particuliers lorsque ℋ > 0.
ℋ = 0: Fluide de type loi en puissance sans champ magnétique
o pour tout 𝑛 > 0
ℋ > 0: Quelques cas avec champ magnétique
o 𝑛 = 1 Fluide newtonien
o 𝑛 = 2 fluide dilatant
o 𝑛 = 1/2 fluide pseudoplastique
a. Solutions pour 𝓗 = 𝟎 ; 𝒏 ≠ 𝟏
Dans cette section, nous considérons l'effet unique du flux thermique vertical sur le
mouvement convectif au sein de la couche poreuse saturée par un fluide de type loi en
puissance, les solutions sont données par :
1
(ℜ𝐶)𝑛 1 (3.21)
𝜓(𝑧) = − [|𝑧|𝑝 − 𝑝 ]
𝑝 2
1 𝐶𝑧 |𝑧|𝑝 1
𝜃(𝑧) = −(ℜ𝐶)𝑛 [ − 𝑝] − 𝑧 (3.22)
𝑝 𝑝+1 2
En substituant l’équation (3.22) dans l’équation (3.15), nous obtenons :
1 𝐶𝑧 |𝑧|𝑝 1
𝑇(𝑥, 𝑧) = 𝐶𝑥 − (ℜ𝐶)𝑛 [ − 𝑝] − 𝑧 (3.23)
𝑝 𝑝+1 2
où 𝑝 = (1 + 𝑛)⁄𝑛 et le coefficient 𝐶 est déterminé à partir de l’expression (3.16).
73
En remplaçant l’expression (3.23) dans l’équation (3.20), le nombre de Nusselt s’écrit sous la
forme suivante :
1 (3.24)
𝑁𝑢 = 1
1
1− 𝑝 ℜ𝑛 𝐶 𝑝
(𝑝 + 1)2
Ces solutions sont en accord avec les résultats rapportés par Ben Khelifa et al. [61] et qui a
étudié les cas particuliers 𝑛 = 1, 𝑛 = 1/3 et 𝑛 = 3.
Dans le cas d’un fluide newtonien pur 𝑛 = 1, on retrouve les résultats rapportés par Vasseur
et al. [77] en considérant les effets thermiques verticaux purs,
ℜ𝐶 2 1
𝜓(𝑧) = − [𝑧 − ] (3.25)
2 4
ℜ𝐶² 𝑧² 1
𝑇(𝑥, 𝑧) = 𝐶𝑥 − 𝑧[ − ] − 𝑧 (3.26)
2 3 4
1
𝐶=± √10(ℜ − 12) (3.27)
ℜ
1
𝑁𝑢 = (3.28)
1 10
+
6 ℜ
ℜ ici est le nombre de Rayleigh newtonien donné par
𝜌0 𝑔𝛽𝑇′ ∆𝑇 ′ 𝐾𝐻 ′
ℜ= (3.29)
𝜂𝜅
Dans la discussion qui suit, nous allons montrer que le critère de l’apparition de la convection
ℜ𝑐 peut-être prédit par l’approximation de l’écoulement parallèle tel que considérée dans la
présente étude. La Figure 3.4 représente un diagramme de bifurcation en termes de 𝜓𝑚𝑎𝑥 en
fonction du nombre de Rayleigh ℜ et de l'indice de loi de puissance 𝑛 pour ℋ = 0. Ces
résultats sont obtenus à partir de la solution analytique de 𝜓 (Eq. 3.21) pour différentes
valeurs de n. On constate qu’il existe différentes types de bifurcations selon la valeur de
l’indice de loi en puissance n. Les lignes en pointillées et continues dans ces graphiques sont
la prédiction de l'approximation de l’écoulement parallèle. Les symboles représentent les
solutions numériques des équations complètes et qui sont en bon accord avec les solutions
analytiques.
74
Les signes dans l’équation (3.27) explique l’apparition de deux branches à partir du point de
bifurcation. L’écoulement peut être dans le sens horaire ou antihoraire.
Pour un fluide dilatant (𝑛 = 2), nous constatons que la convection est possible pour toute
valeur de ℜ ≥ 0. Ainsi, la théorie de l'écoulement parallèle non linéaire confirme la
prédiction de la stabilité linéaire montrant que les fluides dilatants sont thermiquement
instables pour tout flux de chaleur. Alors que pour les fluides pseudoplastiques (𝑛 = 0.5), on
montre le mouvement convectif est possible au-dessus d'un nombre de Rayleigh sous-critique
𝑠𝑢𝑝
ℜ𝑐𝑠𝑢𝑏 donc le critère ℜ𝑐 = ∞, prédit par la théorie de stabilité linéaire n’est pas réaliste. Le
diagramme de bifurcation présente deux branches stables pour lesquelles le seuil se produit
avec une convection à amplitude finie, et deux branches instables esquissées en fines lignes
discontinues.
n=0.5
2 n=1
n=2
max 0
branches instables
-1
-2
0 5 10 15 20 25 30 35 40
75
b. Solutions pour 𝓗 > 𝟎 ; 𝒏 = 𝟏
Pour le cas newtonien (𝑛 = 1) et en présence du champ magnétique ℋ > 0, les solutions sont
données par :
1 ℜ (3.30)
𝜓(𝑧) = 𝜓𝑚𝑎𝑥 (1 − 4𝑧 2 ) avec 𝜓𝑚𝑎𝑥 = √10 ( − 12)
8 1 + ℋ2
1
𝑇(𝑥, 𝑧) = 𝐶𝑥 + 𝐶𝜓𝑚𝑎𝑥 (3𝑧 − 4𝑧3 ) − 𝑧 (3.31)
3
1
𝑁𝑢 =
2 (3.32)
1 − 𝐶𝜓𝑚𝑎𝑥
3
En remplaçant les expressions (3.30) et (3.31) dans l’équation (3.16) et en intégrant, nous
pouvons montrer que :
1 + ℋ2 ℜ
𝐶= √10 ( − 12) (3.33)
ℜ 1 + ℋ2
1 3 1 1 (3.34)
𝜓(𝑧) = [𝐴1 − (ℋ 4 − 4ℜ𝐶𝑧)2 ] − ℋ 2 (𝑧 + )
12ℜ𝐶 2 2
4
5
2
ℋ2 𝐶 2
10 (3.35)
𝑇(𝑥, 𝑧) = 𝐶𝑥 + 𝐴3 ((ℋ − 4ℜ𝐶𝑧) − ℋ ) − 𝑧 + ( 𝐴 2 − 1) 𝑧
4
1
𝑁𝑢 = (3.36)
1 − 𝐴7
76
d. Solutions pour 𝓗𝟐 > 𝟎 ; 𝒏 = 𝟏/𝟐 ; 𝒛 < 𝟎
3
1 2 2
(1 − 4ℋ 2 ℜ𝐶|𝑧|)2 (3.37)
𝜓(𝑧) = − (ℋ ℜ𝐶𝑧 + − 𝑧 − 𝐴4 )
2ℋ 4 6ℋ 2 ℜ𝐶
ℜ𝐶2 3
𝐶 2 2 2
5 (3.38)
𝑇(𝑥, 𝑧) = 𝐶𝑥− 2𝑧 +
( )
4 𝑧 − 𝐴 (1 − 4ℋ ℜ𝐶𝑧) + 𝐴6 − 1 𝑧 + 𝐴5
6ℋ 4ℋ 5
1
𝑁𝑢 = (3.39)
1 − 𝐴8
avec
−3ℜ𝐶ℋ 2 + (ℋ 4 + 2ℜ𝐶)3⁄2
𝐴1 = 2ℜ𝐶 + ℋ 4 𝐴2 =
12ℜ
1 1 (1 + 2ℋ 2 ℜ𝐶)3/2 ℋ 2 ℜ𝐶
𝐴3 = 𝐴4 = + +
120ℜ2 𝐶 2 6ℋ 2 ℜ𝐶 4
3
1 6ℜ𝐶ℋ 2 −2(1 + 2ℋ 2 ℜ𝐶)2 + 3ℋ 4 ℜ2 𝐶 2
𝐴5 = 𝐴6 =
120ℜ2 𝐶ℋ 8 24ℜℋ 6
Les solutions (3.34)-(3.39) sont trouvées avec la condition 𝑧 = −0.5, nous pouvons trouver
d'autres solutions lorsque 𝑧 > 0, (𝑧 = 0.5).
77
𝜕 𝜕𝜓 𝑛−1 𝜕𝜓 (3.40)
[(| | + ℋ 2 ) ] = −ℜ𝐶
𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑧
0.5 0.5
𝐶=∫ 𝜓 𝑑𝑧⁄(1 + ∫ 𝜓2 𝑑𝑧) (3.41)
−0.5 −0.5
𝜕𝜃 (3.42)
𝑧 = ±0.5 𝜓= +1=0
{ 𝜕𝑧
L’équation (3.41) est résolue à l'aide d'un schéma numérique explicite. Pour un ℜ donné, avec
une valeur de conjecture de 𝐶, on résout l'équation (3.40) en utilisant la méthode Müller pour
obtenir 𝜓, puis on intègre (3.41) en utilisant la méthode Simpson pour mettre à jour 𝐶. Les
itérations continuent jusqu'à la convergence du schéma explicite.
La méthode semblant la mieux appropriée à nos objectifs, parmi la variété des méthodes
existantes, est la méthode des différences finies.
Pour valider le code numérique élaboré, il est indispensable de comparer les résultats
obtenus à ceux existant dans la littérature. Cependant, en absence de travaux antérieurs
publiés traitant le cas Darcy-Bénard avec un fluide non-newtonien de type loi en puissance en
présence d’un champ magnétique appliqué. Nous proposons de le confronter dans des
situations traitant les effets séparés suivants:
78
- Fluide newtonien en milieu de Darcy pour le cas de la convection naturelle de Darcy-
Bénard (DB) en présence d’un champ magnétique et avec condition thermique de type
Neumann.
Nous présentons dans ce qui suit les différentes confrontations effectuées en termes du
nombre de Nusselt 𝑁𝑢 et de l’intensité d’écoulement maximale 𝜓𝑚𝑎𝑥 .
Tableau 3.2 : Comparaison des résultats numériques obtenus par la présente étude avec ceux
obtenus par Ben Khelifa et al. [61] en milieu poreux avec A=4 et ℜ=50.
79
Ces comparaisons montrent que notre code donne des résultats très satisfaisants. En effet,
l’écart relatif maximal est de 2.08% pour la fonction de courant maximal
𝜓𝑚𝑎𝑥 et de 0% pour le nombre de Nusselt 𝑁𝑢.
0.5
0.4
C 0.3
H 2= 0
0.2
H 2= 1
H 2= 2
0.1
0 40 80 120 160 200
Figure 3.5 : Gradient de température horizontal 𝐶(ℜ, ℋ) pour les fluides newtoniens (𝑛 = 1)
soumis à un champ magnétique vertical.
80
Comme l’indiquent les équations (3.25) et (3.26), la circulation du fluide dans la cavité poreuse
dépend du gradient longitudinal de la température C. Comme déjà discuté dans l’analyse de
stabilité linéaire (Tableau 3.1) le champ magnétique a un effet inhibiteur sur la convection et
l’apparition de la convection est retardé d'un facteur de (1 + ℋ²). La Figure 3.5 montre que
le gradient de température horizontal C existe pour les nombres de Rayleigh supérieurs à
12(1 + ℋ²) et augmente avec le nombre de Hartmann. Cela signifie que le champ
magnétique, malgré le retard du mouvement du fluide et la réduction de l'intensité du courant,
contribue à ce que les zones de fluide les plus chaudes soient concentrées dans l'extrémité du
canal, comme le montre la Figure 3.6. Ces résultats sont en accord avec ceux obtenus par
Alloui et al. [43].
Figure 3.6 : Isothermes prédites par la solution numérique des équations complètes pour
𝕽 = 𝟕𝟎, 𝒏 = 𝟏 et pour différentes valeurs du nombre de Hartmann 𝓗.
81
numériques sont représentées par des symboles et les solutions analytiques sont représentées
par des lignes continues. Nous observons que les solutions analytiques de l’intensité de
courant 𝜓(𝑧) et la température 𝑇(𝑥, 𝑧) dépendent du gradient de température horizontal 𝐶 (éq
(3.34)-(3.39)). Il n'est pas facile de trouver une expression explicite de 𝐶 même pour des
valeurs particulières de 𝑛, et 𝐶 est calculé alors en utilisant numériquement l'algorithme décrit
au §3.3.4.
0.5
0.4
0.3
C
0.2
n = 0.5
n=1
0.1 n=2
0.0
0 20 40 60 80 100 120
Figure 3.7 : Gradient de température horizontal 𝐶 en fonction du nombre de Rayleigh ℜ et
indice de loi de puissance 𝑛 pour ℋ = 0.
Il est constaté que pour 𝑛 = 1, la convection existe pour chaque nombre de Rayleigh
supérieur à 12. Pour 𝑛 > 1, la constante C est strictement positive comme présenté sur la
Figure 3.7, et par conséquent la convection existe pour chaque nombre de Rayleigh positif.
Pour 𝑛 < 1 et contrairement à l'analyse de stabilité linéaire qui prédit une surstabilité ℜ𝑐 = ∞
pour les fluides pseudoplastiques, les solutions numériques ainsi que notre modèle basé sur la
82
théorie de l’écoulement parallèle non linéaire donnent un autre critère pour le début de la
convection. Nous remarquons à partir de la Figure 3.7, que pour 𝑛 = 0.5 nous avons des
valeurs réelles de C à partir de ℜ𝑐 ≃ 9, donc il existe un mouvement convectif sous-critique
plus réaliste que la surstabilité.
D’autre part, l’effet de l’indice 𝑛 sur le gradient de température horizontal apparaît dans la
Figure 3.7. Il est observé que les fluides dilatants présentent un gradient de température
horizontal supérieur au cas newtonien pour des nombres de Rayleigh ℜ > 75 et que les
fluides pseudoplastiques présentent un gradient de température horizontal supérieur au cas
newtonien, pour des nombres de Rayleigh ℜ > 100. Dans un sens, cela signifie que les
fluides de type loi de puissance présentent des régions plus chaudes à la fin de la couche
lorsque ℜ est suffisamment élevé.
Les diagrammes de bifurcation correspondant aux fluides dilatants en termes de 𝜓𝑚𝑎𝑥 et Nu
en fonction de ℜ et n sont illustrés pas les Figure 3.8-(a) et (b). À titre de référence, le cas
d’un fluide newtonien ( 𝑛 = 1) est aussi représenté dans les graphiques. Ces résultats sont
obtenus grâce à l’approximation de l’écoulement parallèle et la simulation numérique qui
présentent un très bon accord. Ils indiquent que le transfert de chaleur et l’intensité de
l’écoulement dépendent considérablement du nombre de Rayleigh et de l'effet de l’indice 𝑛.
Pour ce type des fluides et comme a été vu précédemment, la convection est possible pour
toute valeur du nombre de Rayleigh supérieure à zéro quel que soit la valeur de n 1.
L'effet de l'indice de puissance 𝑛 sur le transfert de chaleur par convection est très différent.
Pour les fluides dilatants (𝑛 = 2 et 𝑛 = 3), l’intensité de l’écoulement (𝜓𝑚𝑎𝑥 ) et le taux de
transfert de chaleur (Nu), sont renforcés lorsque la valeur de n est de plus en plus élevée. Nos
résultats sont parfaitement en accord avec l’ensemble des travaux existants dans la littérature.
83
(a)
3.0
2.5
2.0
max 1.5
1.0
n=1
n=2
0.5 n=3
0.0
0 10 20 30 40 50 60
(b)
1.75
1.50
Nu
1.25 n=1
n=2
n=3
1.00
0 10 20 30 40 50 60
Figure 3.8 : Evolution du nombre de Nusselt 𝑁𝑢 et l’intensité de l’écoulement maximale
𝜓𝑚𝑎𝑥 en fonction du nombre de Rayleigh ℜ et de l'indice de loi de puissance 𝑛 pour ℋ = 0.
84
En présence d’un champ magnétique 𝓗 ≠ 𝟎
sup
c
= sup = 12 H 2
c
24
c
16
sub
c
8
sub
c
Dans le cas des fluides pseudoplastiques (n 1), la théorie de stabilité linéaire (Tableau 3.1)
indique que le nombre de Rayleigh supercritique marquant la naissance des mouvements
𝑠𝑢𝑝
convectifs est ℜ𝑐 = ∞,présenté en lignes en pointillés, qui est la même limite supercritique
en absence du champ magnétique. Cette valeur montre que le système est
inconditionnellement stable pour des perturbations infinitésimales. Cependant, comme la
montre la Figure 3.9, le présent modèle non linéaire prédit que l’apparition de la convection se
85
fait par une bifurcation souscritique présentée en cercles creux, ce sont les résultats de
simulations numériques directes. Les lignes pleines sont des interpolations reliant entre les
cercles. En augmentant n, le nombre de Rayleigh souscritique ℜ𝑐𝑠𝑢𝑏 continue à augmenter
jusqu’à une valeur maximale ℜ𝑐𝑠𝑢𝑏 = 24 à 𝑛 ≃ 1 puis la ligne souscritique présente une
discontinuité à 𝑛 = 1 et ℜ𝑐𝑠𝑢𝑏 fait un saut soudain vers 6 puis continue à décroitre en
augmentant n. Cette discontinuité est due à la discontinuité de la viscosité effective donnée
par 𝜂(𝛾̇ )𝑛−1 . Pour le fluide pseudoplastique, le taux de cisaillement 𝛾̇ sera très faible à
l'échelle du pore et par conséquent les fluides seront extrêmement visqueux, ce qui rend ℜ𝑐
tendant vers l'infini. Cependant, les fluides dilatants seront non visqueux, donc ℜ𝑐 tendra
vers zéro.
Le comportement asymptotique
Tel que discuté dans l’analyse strictement linéaire c’est à dire la partie de la stabilité
linéaire de la convection de Darcy-Bénard (DB), ℜ𝑐 a un comportement asymptotique pour
les grandes valeurs de ℋ 2 . Dans cette discussion, nous essayons de répondre à la question
suivante: le comportement asymptotique est-il toujours valide si nous considérons les termes
non linéaires?
𝜕 𝜕𝜓 𝑛−1 𝜕𝜓 (3.43)
(| | )
𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕²𝜓 ℜ
+ = − 2𝐶
ℋ2 𝜕𝑧² ℋ
Pour un ℋ 2 élevé et comme on peut le montrer à partir de l’équation (3.43), le système
puisse dépendre uniquement de ℜ⁄ℋ 2 si le terme de loi de puissance disparaît. Nous
effectuons également des investigations numériques afin d'approfondir la question. Les
résultats obtenus sont présentés sur la Figure 3.10 en termes de 𝜓𝑚𝑎𝑥 et 𝑁𝑢 en fonction de
ℜ⁄ℋ 2 , pour un champ magnétique faible (ℋ 2 = 2) sur la Figure 3.10-(a) et un fort champ
magnétique (ℋ 2 = 103 ) dans la Figure 3.10-(b). Les lignes continues représentent la solution
analytique tandis que les symboles sont les résultats numériques des équations complètes
régissant le problème.
86
2
(a) H = 2
3.0 3.0
2.5
n=0.5 max 2.5
n=1 Nu
2.0 n=2 2.0
0.5 0.5
0.0 0.0
10 20 30 40 50 60
/H 2
2 3
(b) H = 10
4.5 4.5
4.0 4.0
n=0.5 max
3.5 3.5
n=1 Nu
3.0 n=2 3.0
2.5 2.5
max Nu
2.0 2.0
1.5 1.5
1.0 1.0
0.5 0.5
0.0 0.0
0 20 40 60 80 100
/H 2
87
Lorsque la valeur du nombre de Hartmann ℋ 2 = 2, c’est à dire pour un faible champ
magnétique, la Figure 3.10-(a) montre une différence nette entre les fluides newtoniens,
pseudoplastiques et dilatants. Dans un sens, cela signifie que la dissipation par viscosité
prédomine à une telle plage du nombre de Hartmann. Cependant, la Figure 3.10-(b) montre
une dépendance parfaite de 𝜓𝑚𝑎𝑥 et 𝑁𝑢 sur ℜ⁄ℋ 2 aux nombres de Hartmann élevés ℋ 2 =
103 . De telle sorte que la résistance des effets visqueux devient faible en présence d'un fort
champ magnétique. En effet, nous voyons que les trois courbes (𝑛 = 0.5, 𝑛 = 1 𝑒𝑡 𝑛 = 2) se
trouvent sur la même ligne, les trois types de fluides s'écoulent exactement de la même
manière et on ne peut plus décrire le fluide comme newtonien ou non-newtonien, puisque la
viscosité n'a plus d'importance, elle a été inhibée par l'énergie magnétique. Les résultats
numériques confirment que les déductions de l'analyse de stabilité linéaire peuvent être
étendues au domaine non linéaire.
3.6 Conclusion
Dans ce chapitre, la convection au sein d’une une couche poreuse horizontale d’un
fluide non-newtonien dans le cas de condition thermique de type Neumann a été étudiée. Les
parois horizontales de la cavité sont soumises à un flux de chaleur uniforme et celles
verticales sont adiabatiques. Un champ magnétique constant est appliqué parallèlement à la
gravité 𝑔. Un modèle de de type loi en puissance a été utilisé pour caractériser le
comportement non-newtonien du fluide. L’effet de l’indice de la loi en puissance, du nombre
de Hartmann, du nombre de Rayleigh et du nombre de Péclet sur les écoulements et les
transferts de chaleur ont été présentés pour une large gamme des paramètres régissant le
problème.
L’objective principale était de déterminer des solutions explicites exactes basées sur
l’approximation de l’écoulement parallèle. Le problème semble être plus difficile que prévu,
et seules quelques solutions particulières ont été trouvées (𝑛 = 0.5, 𝑛 = 1 et 𝑛 = 2). En
conséquence, l'analyse de stabilité linéaire et la résolution numérique par différences finies
ont été utilisées en plus.
Les résultats montrent que le champ magnétique a un effet inhibiteur. En effet, pour les
fluides newtoniens, la présence du champ magnétique retarde l’apparition de la convection
d'un facteur de (1 + ℋ 2 ), ce qui est en accord avec les résultats donnés par Chandrasekhar
88
[32]. Pour les fluides dilatants, la présence du champ magnétique augmente la valeur
𝑠𝑢𝑝
classique du nombre de Rayleigh pour l’apparition de la convection de zéro à ℜ𝐶 = 12ℋ 2 .
Pour les fluides pseudoplastiques, selon la théorie de stabilité linéaire, le système est
inconditionnellement stable pour des perturbations infinitésimales. Cependant, la théorie non
linéaire a prédit que l’apparition de la convection se produit à un certain nombre de Rayleigh
𝑠𝑢𝑝
souscritique ℜ𝐶 , qui dépend des valeurs de 𝑛 et ℋ, ce qui est en accord avec les résultats
des travaux de Ben Khelifa et al. [61] et Nield [13].
En présence d'un fort champ magnétique, un résultat important a été trouvé concernant le
caractère non visqueux des fluides pseudoplastiques et dilatants, car la dissipation d'énergie
par effet Joule domine la dissipation de l'énergie par la contrainte de cisaillement.
89
Chapitre 4 Convection MHD dans une
cavité poreuse soumise à une
condition de température constante
4.1 Introduction
L’objectif de ce chapitre consiste à étudier la stabilité linéaire et la simulation
numérique de la convection au sein d’un fluide non-newtonien saturant une cavité poreuse
horizontale avec des conditions thermiques de type Dirichlet. Nous allons étudier le cas de
condition de température imposée sur les parois horizontales (parallèle au plan (𝑜𝑥’𝑦’)).
Expérimentalement, ce type d’écoulement est difficilement réalisable. Toutefois, il est
théoriquement intéressant puisqu’il permet de trouver une solution analytique. Pour cela, nous
présentons l’analyse de la stabilité linéaire à travers laquelle nous déduisons l’expression du
nombre de Rayleigh critique qui permettra de prédire l’apparition de la convection au sein du
fluide.
90
La configuration géométrique étudiée ainsi que les conditions aux frontières sont
montrées par la Figure 4.1. L’objectif principal de cette étude est de prédire l’influence du
champ magnétique et de l’indice de loi en puissance n sur l’apparition et l’intensité des
mouvements convectifs et le transfert de chaleur résultant.
𝑁 𝑁
̃ (𝑧) = ∑ 𝑊𝑙 cos(𝑙𝜋𝑧)
𝑊 𝑒𝑡 𝜃̃ (𝑧) = ∑ 𝜃𝑙 cos(𝑙𝜋𝑧) (4.1)
𝑙=1 𝑙=1
Comme discuté dans le chapitre précèdent, pour déterminer le mode critique (𝑘𝑐 , ℜ𝑐 )
marquant la naissance des mouvements convectifs, on doit calculer le nombre d’onde qui
minimise l’équation de dispersion (2.50) pour 𝑙 = 1.
En introduisant les développements (4.1) dans le système (2.46). A l’ordre 𝑙 = 1, le système
s’écrit sous forme matricielle comme suit :
−(𝑆 2 𝜋 2 + 𝑘 2 ) 𝑘²ℜ𝒫1−𝑛 𝑊1 0
[ ] . [ ] = [ ] (4.2)
−1 𝑘² + 𝑖Ω + 𝜋 2 𝜃1 0
Le système (4.2) admet une solution non triviale si et seulement si 𝑑𝑒𝑡(𝑘, ω) = 0. Donc
l’équation de dispersion complexe (2.50) s’écrit sous la forme suivante :
(𝑆 2 𝜋 2 + 𝑘 2 )(𝑘 2 + 𝑖Ω + 𝜋 2 )
ℜ = 𝒫 n−1 (4.4)
𝑘²
On notera toutefois que le nombre de Rayleigh ℜ(ℋ, 𝒫, 𝑘, 𝜔, 𝑛) est un paramètre de contrôle
qui doit être réel (on impose 𝐼𝑚𝑔(ℜ) = 0). La valeur du nombre d'onde critique 𝑘𝑐 est
obtenue en imposant 𝜕ℜ⁄𝜕𝑘 = 0. Ce qui donne
𝑘𝑐 = 𝜋√𝑆 (4.5)
91
On obtient ainsi le nombre ℜ𝑐 qui marque la naissance de la convection stationnaire (dite
aussi supercritique) :
(a) n=0.5
1.2 90°
0°
1.1
1.0
0.9
S
0.8
0.7
0.6
0.5
0 1 2 3 4 5 6
H
92
(b) n=1.5
1200
90°
1000 0°
800
600
S
400
200
0 1 2 3 4 5 6
H
Figure 4.2 : Naissance des structures convectives sous forme de rouleaux longitudinaux 𝑹⊥
ou transversaux 𝑹∥ selon le type de fluide : (a) pseudoplastique 𝒏 = 𝟎. 𝟓 et (b) dilatant
𝒏 = 𝟏. 𝟓.
Tel que discuté pour le cas de la condition de type Neumann, les critères (𝑘𝑐 , ℜ𝑐 ) pour
l’apparition des mouvements convectifs de Darcy-Bénard (DB) peuvent être prédits en
prenant 𝒫 → 0 et 𝜔 = 0 (stabilité marginale).
En conséquence des équations (4.5) et (4.6), nous obtenons les expressions du nombre de
Rayleigh critique ℜ𝑐 et du nombre d’onde critique 𝑘𝑐 pour le problème de DB regroupés dans
le Tableau 4.1.
Température constante
𝓟→ 𝟎
ℜ𝑐 𝑘𝑐
2
𝒏=𝟏 𝜋² (√1 + ℋ² + 1) 𝜋√1 + ℋ²
𝒏<𝟏 ∞ 𝜋𝑛1⁄4
𝒏>𝟏 ℋ². 𝜋² ∞
Tableau 4.1 : Les expressions du nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐 et du nombre d’onde
critique 𝑘𝑐 pour le problème de DB (Condition de Dirichlet).
93
Dans le problème de DB avec les conditions thermiques de type Dirichlet, les résultats
présentés dans le Tableau 4.1 montrent que pour le cas des fluides pseudoplastiques (𝑛 < 1),
la valeur du nombre de Rayleigh critique pour l’apparition de la convection, indépendamment
de ℋ, se produit à ℜ𝑐 = ∞. Ces résultats sont similaires avec les résultats rapportés dans le
Tableau 3.1 dans le cas des conditions thermiques de type Neumann. Comme il a été déjà
mentionné dans le chapitre 3, le critère ℜ𝑐 = ∞, prédit par la théorie de stabilité linéaire n’est
pas réaliste.
Dans la plus part des résultats, les fluides dilatants sont présentés pour n=1.6, les fluides
pseudoplastiques pour 𝑛 = 0.6 et évidement 𝑛 = 1 pour les fluides newtoniens. On note que
lorsque le nombre de Péclet est très faible 𝒫 → 0, nous obtenons une bonne approximation de
la convection naturelle.
94
Dans cette partie de l'étude, les effets dus à la modification des fluides de type loi en
puissance, à l'augmentation de la valeur du nombre de Hartmann et le nombre de Péclet sur
l’apparition de la convection sont représentés.
En vue d'apprécier le rôle joué par le nombre de Péclet 𝒫, nous avons tracé l’évolution de ℜ𝑐
en fonction de 𝑛 pour des grandes et des faibles valeurs de 𝒫 sur la Figure 4.3. Un bref aperçu
de cette figure montre que le comportement qualitatif des caractéristiques linéaires de la
stabilité pour des conditions aux limites thermiques de type Dirichlet est similaire à celui
observé pour des conditions aux limites thermiques de type Neumann largement discuté dans
le chapitre précédent. La variation de comportement de ℜ𝑐 semble très similaire entre les
Figure 4.3-(a) et (c) lorsque 𝒫 ≤ 1 et entre les Figure 4.3-(b) et (d) lorsque 𝒫 ≥ 1. On
remarque sur la Figure 4.3 qu'un débit filtrant très faible (𝒫 = 0.01) est suffisant pour voir un
équilibre instable. Un résultat similaire a été rapporté récemment par Barletta et Nield [58] en
considérant la même configuration avec les mêmes conditions aux limites thermiques de type
Dirichlet mais en absence d’un champ magnétique.
Le débit filtrant 𝒫 avec condition de glissement donne une simple transformation galiléenne
dans le cas fluide d’un newtonien. En effet, pour 𝑛 = 1, ℜ𝑐 est égal au seuil de convection
95
L’effet du nombre de Hartmann ℋ sur le nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐 pour l’apparition
des mouvements convectifs est également présenté sur la Figure 4.3. On observe un grand
décalage sur l’axe de ℜ𝑐 lorsque ℋ² = 25. Ce décalage est dû à l’application d’un champ
magnétique qui retarde le seuil de convection d'un facteur de 𝜋 2 ℋ 2 c’est la limite
asymptotique pour toute valeur de 𝑛 (Figure 4.5).
80
(a) 0.01 H 2= 0 (b) 10000 H 2= 0 80
0.1 100
0.2 10
60 60
2
0.4 P=1
c 40 P=1 40
0.6 0.6
P=1 0.4
20 0.2 P=1 20
0.1 2
0.01 10 100
0 10000 0
600
(c)
0.01
H 2= 25 (d) n
10000 H 2= 25
600
0.1 100
500 500
0.2 10
0.4 2
c 400 0.6 400
P=1 P=1 P=1
P=1 0.6
0.4 2
300 0.2 10 300
0.1 100
0.01 10000
200 200
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
n n
96
l’indice de comportement 𝑛 et du nombre de Hartmann ℋ. A partir de l’expression de 𝑘𝑐 , nous
pouvons déduire l’expression de la longueur d’onde critique 𝜆𝑐 donné par :
2𝜋 2 (4.8)
𝜆𝑐 = =
𝑘𝑐 √𝑆
La Figure 4.4 illustre ce comportement pour trois valeurs données de l’indice de la loi en
puissance 𝑛 et pour des valeurs de 𝒫allant de 0.01 à 10. Les mécanismes de dissipation
visqueuse varient avec l'intensité du débit filtrant, d'où nous observons la rupture de la
transformation galiléenne. En effet, pour 𝑛 = 1, 𝜆𝑐 et 𝑘𝑐 sont constants pour toute valeur de
Péclet. Cependant, pour les fluides de type loi en puissance, le nombre de Péclet rompt la
transformation galiléenne connue. L'équation (4.5) montre que le nombre d'onde critique
dépend de 𝒫 𝑛−1 . Un nombre de Péclet plus élevé rend le liquide moins visqueux pour 𝑛 < 1,
et plus visqueux pour 𝑛 > 1. C'est un aspect très important des fluides de puissance.
En outre, il apparaît sur la Figure 4.4-(b) que, pour 𝑛 < 1, la valeur critique de 𝜆𝑐 est une
fonction décroissante de 𝒫, cela signifie que le débit filtrant a un effet déstabilisateur. Pour
𝑛 > 1, la valeur critique de 𝜆𝑐 est une fonction croissante de 𝒫, de sorte que le débit filtrant a
un effet stabilisateur. Pour 𝑛 = 1, il n'y a pas d'effet sur les conditions critiques dues au débit
filtrant, en accord avec les résultats rapportés par Prats [59].
(a) (b)
2.00
2
5.0
H =2 H 2= 2
n=0.6 n=1.6
1.75
4.5
n=0.6
1.25
3.5 n=1.6
3.0 1.00
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
P P
Figure 4.4 : Evolution du nombre d’onde critique 𝒌𝒄 (a) et de la longueur d’onde critique 𝝀𝒄
(b) en fonction de 𝓟, pour différentes valeurs de 𝒏 et pour 𝓗𝟐 = 𝟐.
97
Comportement asymptotique
Nous avons représenté sur la Figure 4.5, l’évolution du nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐
en fonction du nombre de Hartmann ℋ, pour 𝒫 → 0 et pour différentes valeurs de 𝑛. On
observe que les résultats sont qualitativement identiques avec ceux du cas traité dans le
chapitre précèdent.
Cette figure montre que pour des petites valeurs de ℋ, l’évolution du nombre de Rayleigh
critique ℜ𝑐 dépend de ℋ et est fortement sensible à la valeur prise par l’indice de loi en
puissance 𝑛. La dépendance de la valeur critique du nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐 vis-à-vis
l’indice de loi en puissance 𝑛 est illustré sur cette figure. Il est à noter que ℜ𝑐 diminue lorsque
𝑛 augmente, signalant la nature déstabilisante des effets visqueux. Lorsque ℋ < 100, la
dissipation par viscosité et effet Joule agissent ensemble. En revanche pour des valeurs de ℋ
très élevées (ℋ > 100), l’évolution du nombre de Rayleigh critique à différentes valeurs de 𝑛
tendent vers une valeur asymptotique qui ne dépend que de ℋ. Dans ce cas, on observe une
prédominance de la dissipation d'énergie par effet Joule. Cette dépendance en ℋ, lorsque
ℋ → ∞, découle de l’équation (4.6) et obéit à la loi de proportionnalité ℜ𝐶 ⟶ 𝜋 2 ℋ 2 . Dans
cette limite, en remplaçant les équations (2.25) dans l’équation (4.6) on peut déduire que la
différence de température critique ∆𝑇𝐶′ pour le début de l'instabilité devient indépendante de la
viscosité, de la perméabilité et de l’indice de loi de puissance. Elle dépend plutôt de la
conductivité électrique, de l'intensité du champ magnétique, de la gravité, de la hauteur de la
couche et des propriétés thermiques du liquide :
4𝜋 2 𝐵′2 𝜅𝛾
∆𝑇𝑐′ = (4.9)
𝜌0 𝑔𝛽𝑇′ 𝐻 ′
On constate que l’effet inhibiteur du champ magnétique sur le début de l’instabilité apparait à
partir de ce résultat. La présence d'un fort champ magnétique confère à un nouveau
comportement du fluide, et on ne peut plus le décrire comme newtonien ou non-newtonien,
puisque la viscosité n'a plus d'importance. Si nous augmentons la valeur de ℋ → ∞, nous
renforçons encore les effets magnétiques en conséquence le seuil de convection diminue et le
gradient de température critique devient beaucoup plus faible. Dans cette limite, la dissipation
d'énergie par effet Joule doit prédominer la dissipation d'énergie par contrainte de
cisaillement.
98
100000
P 0
10000
c 1000
n=0.4
n=0.6
100
n=1
n=1.6
10
1 10 100
H
L’étude de stabilité linéaire consiste à analyser la réponse d’un système par rapport à
des faibles perturbations. Lorsque les perturbations s’amplifient et deviennent plus
importantes, le traitement linéaire des instabilités n’est plus valable. Pour traiter le
comportement de ces instabilités dans le fluide, on considère l’approche d’analyse faiblement
non-linéaire. Ce choix est justifié par le fait que les termes d’ordre supérieur dans les
équations de perturbations augmentent plus rapidement que les termes d’ordre inférieur.
99
D’autre part, l’analyse linéaire s’avère insuffisante pour la détermination de la forme de
l’écoulement, même lorsque l’écart au seuil est infinitésimal. La résolution de ce type de
problème est possible par la voie numérique.
Dans cette section, nous allons présenter quelques simulations numériques directes des
équations non-linéaires pour une couche de dimensions 𝐴 × 𝑎 × 1 = 6 × 2 × 1.
Les simulations numériques ont été effectuées avec un code 3D basé sur la méthode des
volumes finis. Vu le grand nombre de nœuds que présente une simulation tridimensionnelle et
afin d’accélérer le calcul, une technique de maillage multigrille a été utilisé (Annexe A).
D’après la fFigure 4.6, on remarque que pour n=1, le nombre de Nusselt commence à croitre à
partir de ℜ𝑐 ≈ 40, valeur critique de la naissance de l’instabilité thermique dans le cas de la
convection naturelle d'un fluide Newtonien saturant un milieu poreux et dans le cas des
conditions aux limites de type Dirichlet. Pour 𝑛 = 1.3, le nombre de Nusselt commence à
croitre à partir de ℜ𝑐 = 0. Au-dessous de ces valeurs du nombre de Rayleigh critique, le taux
de transfert de chaleur 𝑁𝑢 est égal à 1 et donc le transfert de chaleur s’effectue uniquement
par conduction. Ces résultats sont en accord avec les résultats rapporté récemment par
Barletta et Nield [58].
100
c c
2.2
n=1.3
2.0
n=1
1.8
1.6
Nu
1.4
1.2
1.0
0.8
0 20 40 60 80
En présence d’un champ magnétique, le code a été validé à l’aide des résultats de la stabilité
linaire (Tableau 4.1) pour ℋ = √2. D’après la Figure 4.7, on remarque que le nombre de
Nusselt croît avec le nombre de Rayleigh. Cette augmentation commence avec la valeur du
nombre de Rayleigh critique ℜ𝑐 ≈ 74 pour n=1 (fluide newtonien) et ℜ𝑐 ≈ 20 pour n=1.3
(fluide dilatant). Au-dessous de ces valeurs de Rayleigh critique, le nombre de Nusselt à
l’intérieur de la couche poreuse est égal à 1 et le fluide est au repos.
101
c c
1.8
n=1.3
n=1
1.6
1.4
Nu
1.2
1.0
0.8
0 20 40 60 80 100 120
Les résultats présentés dans cette étude couvrent la plage (0<ℜ<300), (0<ℋ< 104 ),
(0< 𝒫<10) et (0< 𝑛< 2). Les résultats numériques sont très proches des résultats de la stabilité
linéaire.
Structure de l'Ecoulement:
102
résultats sont présentés en termes de lignes de courant sur la Figure 4.8. On remarque que la
convection, produite par des conditions thermiques de type Dirichlet, donne lieu à un
écoulement multicellulaire. En absence d’un champ magnétique (ℋ = 0) et dans le cas d’un
fluide newtonien (𝑛 = 1), les perturbations les plus instables sont des rouleaux transversaux
𝑅∥ (𝛼 = 0). Par contre dans le cas d’un fluide dilatant (𝑛 = 1.6), les perturbations les plus
instables sont des rouleaux longitudinaux 𝑅⊥ . Ces résultats sont en accord avec ceux trouvés
par Barletta et Nield [58].
D’autre part, l’effet de l’indice de loi en puissance est également présenté dans la Figure 4.9.
Les résultats sont présentés en termes de vecteurs vitesses (gauche) et isothermes (droite) pour
ℜ = 200, ℋ = 0 (a) 𝑛 = 1, (b) 𝑛 = 1.3, (c) 𝑛 = 1.6.
103
En comparant les isothermes produites avec différents indices de loi de puissance 𝑛, il est
clair que tous les résultats ont donné la même règle d'évolution. Les isothermes présentent des
stratifications diagonales dans la cavité et des gradients extrêmes près de la partie inférieure
de la paroi chaude et de la partie supérieure de la paroi froide dans tous les cas. Puisque la
cavité est horizontale, les particules de fluide chauffées descendent, sous l’action de la force
de flottabilité, près de la paroi chaude. En conséquence, les isothermes sont plus proches l'une
de l'autre près de la paroi chaude, indiquant un flux thermique de surface légèrement courbé
vers la paroi froide.
Bien que les isothermes produites avec les différents indices de loi de puissance 𝑛
apparaissent des modèles d'évolution similaires, les résultats obtenus avec le plus faible indice
de puissance semblent plus forts que les simulations produites avec l'indice de puissance plus
grand. Ainsi, le mouvement convectif devient moins important pour des fluides dilatants et
plus important pour des fluides newtoniens (𝑛 = 1). Cette notion est étroitement liée à la
variation de la viscosité effective du fluide donnée par 𝜂(𝛾̇ )𝑛−1 . En effet les fluides dilatants
sont des fluides rhéoépaississants, leur viscosité augmente lorsque le taux de cisaillement
augmente.
104
Figure 4.9 : Vecteurs vitesses (gauche) et isothermes (droite) pour 𝕽 = 𝟐𝟎𝟎, 𝓗 = 𝟎 (a)
𝒏 = 𝟏, (b) 𝒏 = 𝟏. 𝟑, (c) 𝒏 = 𝟏. 𝟔.
105
Influence du nombre de Hartmann 𝓗
L’influence du nombre de Hartmann ℋ sur la structure de l’écoulement est illustré sur les
Figure 4.10 et Figure 4.11 pour les valeurs de ℋ = 0, √2 et 2. Ces figures montrent
l'importante réduction dans l’intensité globale de l’écoulement après l’application d’un champ
magnétique. Après l'augmentation de la valeur du nombre de Hartmann, une modification
remarquable de la structure des isothermes existe et de nouvelles recirculations apparaissent
entre la paroi froide et la paroi chaude.
Sur la Figure 4.10, on remarque que les isothermes sont stratifiées en diagonale pour ℋ = 0
et √2. tandis que pour ℋ = 2, les isothermes sont presque horizontalement stratifiées dans la
région centrale de la cavité. Une règle de changement similaire peut être observée pour les
lignes de courant de la Figure 4.10. De plus, comme nous pouvions nous y attendre, les
valeurs du seuil de convection sont beaucoup moins élevées en appliquant un champ
magnétique et dans le cas d’un fluide dilatant (𝑛 = 1.5). En effet, non seulement les effets
magnétiques tendent à stabiliser le système mais aussi les effets visqueux élevés; il faudra
donc fournir une beaucoup plus grande quantité d’énergie pour que les effets déstabilisants
l’emportent et que l’instabilité s’amplifie.
Le comportement dynamique de l'écoulement est illustré sur la Figure 4.11. On constate qu’en
augmentant le champ magnétique, les rouleaux tendent à s’installer dans la direction des
parois les plus allongés de la cavité. Par contre, si la valeur du nombre de Hartmann est nulle
ou très faible, aucune direction n’est privilégiée, dans ce cas les rouleaux s’installent en
diagonale et nous constatons un chevauchement des rouleaux longitudinaux et transversaux.
Pour une valeur de ℋ plus élevé ℋ = 2, nous constatons que le fluide choisit la forme des
rouleaux longitudinaux pour se déplacer, les rouleaux s’allongent sur le coté de rapport
d’aspect le plus grand. Ceci est traduit par un nombre minimum de rouleaux ce qui permet
d’économiser l’énergie et stabiliser l’écoulement. Ceci est dû à l'effet de la force
électromagnétique sur les vecteurs vitesses.
106
Figure 4.10 : Isothermes pour 𝕽 = 𝟐𝟎𝟎, 𝒏 = 𝟏 (gauche) 𝒏 = 𝟏. 𝟓 (droite) et pour trois
valeurs de 𝓗 = 𝟎, √𝟐 et 𝟐.
107
Figure 4.11 : Lignes de courant pour 𝕽 = 𝟐𝟎𝟎, 𝒏 = 𝟏 (gauche) 𝒏 = 𝟏. 𝟓 (droite) et pour
trois valeurs de 𝓗 = 𝟎, √𝟐 et 𝟐.
108
Figure 4.12 : Nusselt locale dans le plan (X-Y) pour 𝕽 = 𝟐𝟎𝟎, 𝓗 = 𝟎, 𝟐 et 3, 𝒏 = 𝟏
(gauche) et 𝒏 = 𝟏. 𝟓 (droite).
D’autre part, les effets combinés du nombre de Hartmann et de l’indice de loi en puissance sur
le taux du transfert de chaleur sont également présentés sur les Figure 4.12 et Figure 4.13.
L’évolution du nombre de Nusselt local dans le plan (X-Y), pour différentes valeurs de ℋ et
𝑛, est représenté sur la Figure 4.12. Cette figure montre l'importante réduction dans le taux de
transfert de chaleur après l’application d’un champ magnétique. On constate qu’en
augmentant le nombre de Hartmann, les mouvements convectifs sont presque horizontalement
stratifiés dans la région centrale de la cavité et tendent à s’installer dans la direction des parois
les plus allongées. Lorsque le nombre de Hartmann augmente, le champ magnétique réduit
considérablement le nombre de Nusselt en supprimant les courants de convection.
109
5.0
=250
4.5 =200
n=1.5
4.0
n=1
3.5
Numoy 3.0
2.5
2.0
1.5
1.0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0
H
Figure 4.13 : Evolution du nombre de Nusselt moyen dans le plan (X-Y) en fonction du
nombre de Hartmann ℋ et du nombre de Rayleigh ℜ et pour 𝑛 = 1 et 𝑛 = 1.5.
Pour plus de précision et pour bien mettre en évidence l’influence du nombre de Hartmann,
nous avons présenté l’évolution du nombre de Nusselt moyen 𝑁𝑢 en fonction du nombre de
Hartmann, pour différentes valeurs de Rayleigh ℜ et pour 𝑛 = 1 et 𝑛 = 1.5 sur la Figure 4.13.
Les résultats indiquent clairement que la valeur du nombre de Nusselt moyen 𝑁𝑢 diminue
lorsque ℋ augmente. En outre, lorsque le nombre de Rayleigh augmente le nombre moyen de
Nusselt augmente également mais, et comme discuté ci-dessus, le mouvement convectif
devient moins important pour des fluides dilatants (𝑛 = 1.5) et plus important pour des
fluides newtoniens (𝑛 = 1). Cette notion est étroitement liée à l’augmentation de la viscosité
du fluide qui freine l’écoulement.
110
Influence du nombre de Rayleigh
Dans cette partie, nous étudions l'influence du nombre de Rayleigh sur la température et la
vitesse. Pour donner une analyse quantitative, nous résumons les simulations montrées sur la
Figure 4.14 en calculant la vitesse U et la température T le long de l’axe des Z.
1.0
1.0
=150 =150
=200 =200
0.8
=250 0.8 =250
0.6 0.6
Z Z
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0
0.0
-3 -2 -1 0 1 2 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
U T
(a) n=1 (b)
1.0
1.0
=150 =150
=200 =200
0.8
=250 0.8 =250
0.6 0.6
Z Z
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0
0.0
-0.8 -0.6 -0.4 -0.2 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
U T
(c) n=1.6 (d)
Les valeurs du nombre de Nusselt moyen 𝑁𝑢 pour différentes valeurs du nombre de Rayleigh
de ℜ=200, 250 et 300 en présence du champ magnétique avec différentes valeurs de l’indice
de loi de puissance ont été analysées dans le Tableau 4.2. Comme il a été mentionné, les
valeurs de Nusselt moyen diminuent avec l'augmentation de l’indice de loi de puissance et du
nombre d’Hartmann ℋ, à toutes les valeurs du nombre de Rayleigh ℜ.
𝕽 𝒏 𝓗 𝑵𝒖 𝒏 𝓗 𝑵𝒖 𝒏 𝓗 𝑵𝒖
200 1 0 3.95 1.3 0 3.28 1.5 0 3.09
√2 2.76 √2 2.57 √2 2.51
2 2.15 2 2.13 2 2.1
250 1 0 4.55 1.3 0 3.64 1.5 0 3.36
√2 3.16 √2 2.91 √2 2.81
2 2.55 2 2.47 2 2.43
300 1 0 4.96 1.3 0 4.09 1.5 0 3.67
√2 3.46 √2 3.21 √2 3.02
2 2.88 2 2.76 2 2.68
Tableau 4.2 : Effet du nombre de Rayleigh, du nombre d’Hartmann 𝓗 et de l’indice de la loi
en puissance 𝒏 sur la valeur de Nusselt moyen.
Effet de Péclet
La Figure 4.15 montre l’influence de 𝒫 sur les mouvements convectifs au sein du fluide pour
ℜ = 200, ℋ = 1. Les résultats obtenus illustrent l’existence d’un deuxième paramètre de
contrôle sur la stabilité, qui est le nombre de Péclet 𝒫 = 𝑅𝑒 ∗ 𝑃𝑟. Le nombre de 𝒫 a une
action stabilisante sur l’écoulement et les mouvements convectifs sont de moins en moins
importants.
Nous notons également, comme vu dans la stabilité linéaire, pour 𝑛 > 1, un débit de plus en
plus élevé entraine l’augmentation de la valeur de longueur d’onde critique 𝜆𝑐 , de sorte que le
112
débit filtrant a un effet stabilisateur. Nous observons un tel effet stabilisant parce que les
rouleaux transversaux ont disparu ainsi la zone d’entrée thermique occupe des rouleaux
longitudinaux plus étendus. Ces conclusions confirment les résultats de la stabilité linéaire.
Le comportement asymptotique
113
La Figure 4.16-(a) montre clairement que pour une faible valeur de ℋ (ℋ 2 = 4), il existe une
différence nette entre l’évolution des fluides newtoniens et dilatants en fonction de ℜ⁄ℋ 2 .
Cependant, pour une valeur très élevée de ℋ (ℋ 2 = 104 ), la Figure 4.16-(b) montre une
dépendance parfaite de 𝑁𝑢 sur ℜ⁄ℋ 2 , indépendamment de 𝑛. En effet, nous voyons que les
deux courbes ( 𝑛 = 1 𝑒𝑡 𝑛 = 1.6) se trouvent sur la même ligne, les deux types de fluides
s'écoulent exactement de la même manière et on ne peut plus décrire le fluide comme
newtonien ou non-newtonien. A cette limite, la viscosité est inhibée par l'énergie magnétique,
cela signifie que, à une telle plage de nombre de Hartmann, la dissipation par effet Joule
prédomine.
On peut déduire à partir de ces résultats que le comportement asymptotique est toujours valide
même si nous considérons les termes non linéaires ce qui confirme les résultats de l'analyse de
stabilité. Un scénario similaire a été également révélé dans le Chapitre 3.
2
(a) H = 4
5 5
n=1.6 Nu
4 n=1 4
3 3
Nu
2 2
1 1
0 0
0 20 40 60 80
/H 2
114
2 4
(b) H = 10
3.5
n=1.6 Nu
3.0
n=1
2.5
2.0
Nu
1.5
1.0
0.5
0.0
12 14 16 18 20
/H 2
4.4 Conclusion
Dans ce chapitre, la convection au sein d’une une couche poreuse horizontale d’un
fluide non-newtonien dans le cas de condition thermique de type Dirichlet a été étudiée. Des
conditions de températures sont imposées sur les parois horizontales (parallèle au plan
(𝑜𝑥’y’) et les autres parois sont adiabatiques. Un champ magnétique constant est appliqué
parallèlement à la gravité 𝑔. Un modèle de de type loi en puissance a été utilisé pour
caractériser le comportement non-newtonien du fluide. L’effet de l’indice de la loi en
puissance, du nombre de Hartmann, du nombre de Rayleigh et du nombre de Péclet sur les
écoulements et les transferts de chaleur ont été présentés pour une large gamme des
paramètres régissants le problème.
L'analyse de stabilité linéaire a été utilisé pour déterminer le mode critique (𝑘𝑐 , ℜ𝑐 ), au-
delà duquel l’écoulement cesse d’être stable. Les résultats trouvés sont similaires à ceux
observés dans le chapitre précédent dans le cas des conditions aux limites thermiques de type
115
Neumann. En effet, pour les fluides newtoniens, l'apparition de l'instabilité convective
s’effectue pour ℜ𝑐 > 4𝜋², elle dépend du nombre de Hartmann ℋ. La présence du champ
magnétique retarde l’apparition de la convection. Pour les fluides dilatants, la présence du
champ magnétique augmente la valeur classiques du nombre de Rayleigh pour l’apparition de
𝑠𝑢𝑝
la convection de zéro à ℜ𝐶 = 𝜋 2 ℋ 2 . Pour les fluides pseudoplastiques, indépendamment de
ℋ, le système est inconditionnellement stable pour des perturbations infinitésimales.
En présence d'un fort champ magnétique, un résultat important a été trouvé concernant
le caractère non visqueux des fluides de type loi en puissance. Une solution numérique basée
sur la méthode des volumes finis est venue conforter les résultats analytiques.
116
CONCLUSION GENERALE ET
PERSPECTIVES
Dans cette thèse nous avons étudié l’effet d’un champ magnétique constant sur la
convection naturelle et mixte d’un fluide non-newtonien de type loi en puissance
électriquement conducteur saturant une couche poreuse très mince d’une configuration
géométrique rectangulaire. Deux conditions aux limites thermiques ont été étudiées, à savoir
le cas d’un écoulement thermo-convectif induit par un flux constant (Condition de type
Neumann) et celui induit par une température constante (Condition de type Dirichlet),
imposées sur les parois horizontales de la cavité.
Pour résoudre notre problème nous avons développé trois approches de calcul :
1) Etude de la stabilité linéaire 3D qui montre que les structures dynamiques sont
tridimensionnelles dans le cas des conditions de température, et bidimensionnelles de
type écoulement parallèle dans le cas des conditions de flux.
2) Une méthode numérique, basée sur la méthode des différences finies et la méthode des
volumes finis, sous différentes conditions aux limites (température et flux) des
régimes : sous critique et supercritique. Les codes de calcul (en Fortran) élaborés pour
résoudre les équations régissant le problème ont été validés avec des résultats
numériques et analytiques disponibles dans la littérature.
3) Une méthode analytique de type écoulement parallèle valable pour les cavités mince
(A>>1) soumises à un flux constant. Quelques solutions particulières ont été trouvées
(n=0.5, n=1 et n=2). Dans la plupart des cas la solution n’est possible que par des
voies numériques.
117
L’analyse de stabilité linéaire, l’approximation de l’écoulement parallèle ainsi que les
simulations numériques utilisées comme outils d’investigation, ont permis d’aboutir aux
conclusions suivantes :
Perspectives
Les perspectives envisagées sont nombreuses :
118
- Viser à étudier l’effet stabilisateur d’un champ magnétique sur la convection d’autres
modèles de fluides non-newtoniens, comme les fluides viscoélastiques.
- Prendre en compte l’effet d’inclinaison d’une cavité et l’effet Soret sur ces
écoulements.
- Considérer des configurations géométriques autres que la cavité rectangulaire. Par
exemple le cas de plaques, de cylindres, etc. Il serait aussi intéressant de considérer le
cas de la convection induite par un cylindre en rotation.
- Vérification des résultats obtenus par voie expérimentale.
119
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125
Annexe A
A.1 Méthode des différences finies
La méthode des différences finies a été décrite en détails par plusieurs auteurs [79],
[80]. Pour cette raison seulement les points saillants de ce code seront discutés ci-dessous.
Le choix de la méthode des différences finies est basé sur ses avantages dans sa grande
simplicité d’écriture et son faible coût de calcul, bien qu’elle présente l’inconvénient liée à sa
limitation à des géométries simples.
126
A.1.1 Algorithmes de résolution
L’équation de l'énergie est résolue par la méthode implicite aux directions alternées
(A.D.I) modifiée par Peaceman et Rachford en 1955. En utilisant un schéma centré de
deuxième ordre et la forme conservatrice pour les termes convectifs. La méthode ADI donne
lieu à un système matriciel tridiagonal à résoudre. La solution est obtenue en balayant le
domaine de calcul dans la direction des 𝑥 puis dans celle de 𝑧. La résolution de l’équation de
la fonction de courant est assurée par la méthode de surrelaxation successive SOR, proposée
par Frankel [81].
𝑚+1 𝑚
∑𝑖 ∑𝑗[𝜙𝑖,𝑗 − 𝜙𝑖,𝑗 ]
𝑚+1 ≤𝜀 (A.1)
∑𝑖 ∑𝑗 𝜙𝑖,𝑗
Où 𝜙 représente 𝜓 et T, m représente le nombre d’itérations et 𝜀 = 10−6 . La faible valeur de
𝜀 ne change rien dans le résultat final.
1. Génération du maillage
127
A.1.2 Discrétisation des équations
Dans le domaine discrétisé, les dérivées partielles du premier et deuxième ordre sont
approchées selon un schéma aux différences finies centrées, ils prennent les expressions
suivantes:
La méthode ADI donne lieu à des systèmes matriciels tridiagonaux dans les directions x et z.
Le système dans la direction de x est obtenu en faisant une discrétisation implicite par rapport
à x et explicite par rapport à z, tandis que le système dans la direction de z est obtenu en
faisant une discrétisation implicite par rapport à z et explicite selon x.
Discrétisation de l’équation de l’énergie
L’équation d’énergie (2.16) se réécrit de la façon suivante :
𝜕𝑇 𝜕(𝑢𝑇) 𝜕(𝑤𝑇) 𝜕 2 𝑇 𝜕 2 𝑇
+ + = 2+ 2 (A.3)
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑧 𝜕𝑥 𝜕𝑧
𝑛+1/2 𝑛
𝜕𝑇 𝑇𝑖,𝑗 − 𝑇𝑖,𝑗
) =
𝜕𝑡 𝑖,𝑗 (∆𝑡⁄2)
𝑛 𝑛+1/2
𝑛 𝑛+1/2 𝑛 𝑛 𝑛 𝑛
𝜕(𝑢𝑇) 𝑢𝑖+1,𝑗 𝑇𝑖+1,𝑗 − 𝑢𝑖−1,𝑗 𝑇𝑖−1,𝑗 𝜕(𝑤𝑇) 𝑤𝑖,𝑗+1 𝑇𝑖,𝑗+1 − 𝑤𝑖,𝑗−1 𝑇𝑖,𝑗−1
) = ) = (A.4)
𝜕𝑥 𝑖,𝑗 2∆𝑥 𝜕𝑧 𝑖,𝑗 2∆𝑧
En substituant les expressions (A.4) dans l'équation (A.3), on obtient le système algébrique :
128
1 1 1
𝑛+ 𝑛+2 𝑛+
𝐴𝑖 𝑇𝑖−1,𝑗2 − 𝐵𝑖 𝑇𝑖,𝑗 + 𝐶𝑖 𝑇𝑖+1,𝑗2 = 𝐷𝑖 (A.5)
Avec
𝑛 𝑛
𝑢𝑖−1,𝑗 1 2 2 1 𝑢𝑖+1,𝑗
𝐴𝑖 = + 2 𝐵𝑖 = − − 2 𝐶𝑖 = 2 −
2∆𝑥 ∆𝑥 ∆𝑡 ∆𝑥 ∆𝑥 2∆𝑥
(A.6)
𝑛 𝑛
1 𝑤𝑖,𝑗−1 𝑛
2 2 𝑛
1 𝑛
𝑤𝑖,𝑗+1
𝐷𝑖 = ( − ) 𝑇𝑖,𝑗−1 + (− + ) 𝑇𝑖,𝑗 + (− + ) 𝑇𝑖,𝑗+1
∆𝑧 2 2∆𝑧 ∆𝑡 ∆𝑧 2 ∆𝑧 2 2∆𝑧
1
𝑛+1 𝑛+2
𝜕𝑇 𝑇𝑖,𝑗 − 𝑇𝑖,𝑗
) =
𝜕𝑡 𝑖,𝑗 (∆𝑡⁄2)
1 1 1 1
𝑛+ 𝑛+ 𝑛+ 𝑛+ 𝑛+1/2 𝑛+1/2 𝑛+1/2
𝜕(𝑢𝑇) 𝑢𝑖+1,𝑗 𝑇𝑖+1,𝑗2
2
− 𝑢𝑖−1,𝑗 𝑇𝑖−1,𝑗2
2
𝜕2𝑇 𝑇𝑖+1,𝑗 − 2𝑇𝑖,𝑗 + 𝑇𝑖−1,𝑗
) = ) =
𝜕𝑥 𝑖,𝑗 2∆𝑥 𝜕𝑥 2 𝑖,𝑗 ∆𝑥 2 (A.7)
𝑛+1/2
𝑛+1 𝑛+1 𝑛+1/2 𝑛 𝑛 𝑛
𝜕(𝑤𝑇) 𝑤𝑖,𝑗+1 𝑇𝑖,𝑗+1 − 𝑤𝑖,𝑗−1 𝑇𝑖,𝑗−1 𝜕2𝑇 𝑇𝑖,𝑗+1 − 2𝑇𝑖,𝑗 + 𝑇𝑖,𝑗−1
) = ) =
𝜕𝑧 𝑖,𝑗 2∆𝑧 𝜕𝑧 2 𝑖,𝑗 ∆𝑧 2
En substituant les expressions (A.7) dans l'équation (A.3), on obtient le système algébrique :
Avec
129
𝑛+1/2 𝑛+1/2
𝑤𝑖,𝑗−1 1 2 2 1 𝑤𝑖,𝑗+1
𝐴𝑗′ = + 2 𝐵𝑗′ =− − 2 𝐶𝑗′ = 2−
2∆𝑧 ∆𝑧 ∆𝑡 ∆𝑧 ∆𝑧 ∆𝑧
(A.9)
𝑛+1/2 𝑛+1/2
1 𝑢𝑖−1,𝑗 𝑛+1/2 2 2 𝑛+1/2 1 𝑛+1/2
𝑢𝑖+1,𝑗
𝐷𝑗′ = ( 2
− ) 𝑇𝑖−1,𝑗 + (− + 2 ) 𝑇𝑖,𝑗 + (− 2 + ) 𝑇𝑖+1,𝑗
∆𝑥 2∆𝑥 ∆𝑡 ∆𝑥 ∆𝑥 2∆𝑥
𝜕𝜇𝑎 𝜇𝑎 𝑛+1
𝑖+1,𝑗
− 𝜇𝑎 𝑛+1
𝑖−1,𝑗 𝜕𝜇𝑎 𝜇𝑎 𝑛+1
𝑖,𝑗+1
− 𝜇𝑎 𝑛+1
𝑖,𝑗−1
) = ) = (A.10)
𝜕𝑥 𝑖,𝑗 2∆𝑥 𝜕𝑧 𝑖,𝑗 2∆𝑧
𝑘 𝑘+1 𝑘 𝑘+1
𝜇𝑎 𝑖,𝑗 (𝑎1 (𝜓𝑖,𝑗+1 + 𝜓𝑖,𝑗−1 ) + 𝑎2 (𝜓𝑖+1,𝑗 + 𝜓𝑖−1,𝑗 ))
𝑘+1 𝑘 𝜔
𝜓𝑖,𝑗 = (1 − 𝜔)𝜓𝑖,𝑗 + +𝑎3 𝑢𝑖,𝑗 (𝜇𝑎 𝑖,𝑗+1 − 𝜇𝑎 𝑖,𝑗−1 ) + 𝑎4 𝑣𝑖,𝑗 (𝜇𝑎 𝑖+1,𝑗 (A.11)
𝜇𝑎 𝑖,𝑗
[ −𝜇𝑎 𝑖−1,𝑗 ) + 𝑎5 (𝑇𝑖+1,𝑗 − 𝑇𝑖−1,𝑗 ) ]
avec
130
𝑏∆𝑥² ∆𝑧² ∆𝑥²∆𝑧
𝑎1 = 𝑎2 = 𝑎3 =
2(𝑏∆𝑥² + ∆𝑧²) 2(𝑏∆𝑥² + ∆𝑧²) 4(𝑏∆𝑥² + ∆𝑧²)
(A.12)
∆𝑥∆𝑧² ℜ∆𝑥∆𝑧² ℋ²
𝑎4 = 𝑎5 = 𝑏 =1+
4(𝑏∆𝑥² + ∆𝑧²) 4(𝑏∆𝑥² + ∆𝑧²) 𝜇𝑎
(1 − √1 − 𝛿)
𝜔𝑜𝑝𝑡 = 2 (A.13)
𝛿
où
2
𝜋 ∆𝑥 2 𝜋
2𝑐𝑜𝑠 ( ) + 2 𝑐𝑜𝑠 ( )
𝑛𝑥 ∆𝑧 𝑛𝑧
𝛿=( ) (A.14)
∆𝑥 2
(1 + 2 )
∆𝑧
Les expressions des approximations approchées des composantes de la vitesse 𝑢𝑖,𝑗 , 𝑤𝑖,𝑗 et le
champs de la viscosité apparente 𝜇𝑎 𝑖,𝑗 sont respectivement:
𝑛+1 𝑛+1
𝜓𝑖,𝑗+1 − 𝜓𝑖,𝑗−1
𝑢𝑖,𝑗 = (A.15)
2∆𝑧
𝑛+1 𝑛+1
𝜓𝑖+1,𝑗 − 𝜓𝑖−1,𝑗
𝑤𝑖,𝑗 = (A.16)
2∆𝑥
𝑛−1
2
𝜇𝑎 𝑖,𝑗 = (𝑢𝑖,𝑗 2
+ 𝑤𝑖,𝑗 ) 2 (A.17)
On note que l’indice 𝑛 dans l’équation (A.17) est l’indice de la loi en puissance et pas un
indice de discrétisation.
131
d'intégrales. L’avantage est que les propriétés de conservation sont, par principe, beaucoup
mieux assurées avec une méthode de volumes finis. Les équations différentielles (2.22)-(2.24)
régissant la convection naturelle d’un fluide de type loi en puissance dans un milieu poreux
sont transformées en un système d'équations algébriques en utilisant l'approche du volume de
contrôle.
La technique numérique utilisée dans ce travail est caractérisée par ces points principaux:
Les équations sont discrétisées selon la méthode des volumes finis, se basant sur le
schéma d’interpolation QUICK du troisième ordre.
L’algorithme de résolution est basé sur le coupleur des équations de pression SIMPLE
[83-84].
La technique du maillage utilisée est la technique de multi-grille pour obtenir des
résultats plus précis. Cette technique offre l’avantage d’un gain considérable en temps
de calcul.
Les corrections différentielles sont effectuées pour les valeurs aux faces des volumes
de contrôle.
𝜕 𝜕 𝜕 𝜕
(𝜏𝜙 𝜙) + (𝑢𝐶𝜙 𝜙) + (𝑣𝐶𝜙 𝜙) + (𝑤𝐶𝜙 𝜙)
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
(A.18)
𝜕 𝜕𝜙 𝜕 𝜕𝜙 𝜕 𝜕𝜙
= (Γ𝜙 ) + (Γ𝜙 ) + (Γ𝜙 ) + 𝑆𝜙
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑧 𝜕𝑧
L’écriture des équations sous la forme (A.18) permet une grande flexibilité de
programmation, car elle conduit à la résolution d’une forme unique et généralisée d’équations.
132
Figure A.2 : Volume élémentaire de contrôle.
Le tableau A.1 définit les quantités correspondant aux différentes équations de conservation.
Ces équations non linéaires et fortement couplées seront résolues numériquement en utilisant
l’algorithme SIMPLE pour le couplage pression-vitesse. La méthode des volumes finis est
utilisée pour exprimer les intégrales sur les volumes finis [83]. Cette méthode s’appuie sur
une discrétisation du domaine de calcul en différents nœuds, chacun d’entre eux étant entouré
d’un volume élémentaire (Figure A.2) sur lequel on recherche la valeur moyenne de la
variable. Les dérivées partielles étant linéarisées en utilisant le théorème de TAYLOR-
YOUNG.
Equation : 𝜙 𝜏𝜙 𝐶𝜙 Γ𝜙 𝑆𝜙
Continuité 𝑉 0 1 0 0
𝜕𝑃
Suivant x 𝑢 0 1 0 − − 𝑢(|𝑉|𝑛−1 + ℋ²)
𝜕𝑥
Quantité de
mouvement
𝜕𝑃
Suivant y 𝑣 0 1 0 − − 𝑣(|𝑉|𝑛−1 + ℋ²)
𝜕𝑦
𝜕𝑃
Suivant z 𝑤 0 1 0 − − 𝑤|𝑉|𝑛−1 + ℜ𝑇
𝜕𝑧
Energie 𝑇 1 1 1 0
Tableau A.1 : Identification des termes sources et des coefficients pour les équations de
transport sous la forme adimensionnelle.
133
Nous pouvons réduire l’équation (A.18) sous la forme :
avec
𝜕𝜙 𝜕𝜙 𝜕𝜙
𝐽𝑥 = 𝑢𝜙 − Γ𝜙 ; 𝐽𝑦 = 𝑣𝜙 − Γ𝜙 ; 𝐽𝑧 = 𝑤𝜙 − Γ𝜙 ; 𝐽 = ∑ 𝐽𝑖 ; 𝑖 = 𝑥, 𝑦, 𝑧 (A.20)
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝑖
𝜕𝜙
∫ 𝑑Ω + ∫ ∇𝐽𝑑Ω = ∫ S𝑑Ω (A.21)
Ω 𝜕𝑡 Ω Ω
𝜙𝑝𝑛+1 + 𝜙𝑝𝑛
∆𝑉 + (𝐽𝑒 − 𝐽𝑤 )∆𝑧∆𝑦 + (𝐽𝑛 − 𝐽𝑠 )∆𝑧∆𝑥 + (𝐽𝑡 − 𝐽𝑏 )∆𝑥∆𝑦 = 𝑆𝜙 ∆𝑉 (A.22)
∆𝜏
Les quantités 𝐽𝑖 avec 𝑖 = 𝑒, 𝑤, 𝑛, 𝑠, 𝑡, 𝑏 représentent les flux totaux sur les faces des volumes
de contrôles et ∆𝑉 = ∆𝑥∆𝑦∆𝑧 est le volume de contrôle total. Lorsqu’on intègre l’équation de
conservation de la masse sur un volume de contrôle on aboutit à une égalité de la forme :
𝐹𝑒 − 𝐹𝑤 + 𝐹𝑛 − 𝐹𝑠 + 𝐹𝑡 − 𝐹𝑏 = 0 (A.23)
𝐹𝑒 𝐹𝑤 𝐹𝑛 𝐹𝑠 𝐹𝑡 𝐹𝑏
𝑢𝑒 ∆𝑦∆𝑧 𝑢𝑤 ∆𝑦∆𝑧 𝑣𝑛 ∆𝑥∆𝑧 𝑣𝑠 ∆𝑥∆𝑧 𝑤𝑡 ∆𝑥∆𝑦 𝑤𝑏 ∆𝑥∆𝑦
𝜙𝑝𝑛+1 + 𝜙𝑝𝑛
∆𝑉 + (𝐽𝑒 ∆𝑦∆𝑧 − 𝐹𝑒 𝜙𝑝 ) + (𝐽𝑤 ∆𝑦∆𝑧 − 𝐹𝑤 𝜙𝑝 ) + (𝐽𝑛 ∆𝑥∆𝑧 − 𝐹𝑛 𝜙𝑝 )
∆𝜏
(A.24)
+ (𝐽𝑠 ∆𝑥∆𝑧 − 𝐹𝑠 𝜙𝑝 ) + (𝐽𝑡 ∆𝑦∆𝑥 − 𝐹𝑡 𝜙𝑝 ) + (𝐽𝑏 ∆𝑦∆𝑥 − 𝐹𝑏 𝜙𝑝 )
= 𝑆𝜙 ∆𝑉
134
Patankar [83] propose d’écrire les quantités 𝐽𝑖 ∆𝑆 − 𝐹𝑖 𝜙𝑝 sous la forme :
avec 𝑖 = 𝑒, 𝑤, 𝑛, 𝑠, 𝑡, 𝑏 et 𝐼 = 𝐸, 𝑊, 𝑁, 𝑆, 𝑇, 𝐵.
En substituant la quantité (A.25) dans l’équation (A.24), nous obtenons une relation
algébrique entre les quantités de la variable au centre de la maille et aux nœuds adjacents aux
faces du volume de contrôle :
𝑎𝑝 𝜙𝑝 = 𝑎𝐸 𝜙𝐸 + 𝑎𝑊 𝜙𝑊 + 𝑎𝑁 𝜙𝑁 + 𝑎𝑆 𝜙𝑆 + 𝑎 𝑇 𝜙 𝑇 + 𝑎𝐵 𝜙𝐵 + 𝐵 (A.26)
avec
𝐴(|𝒫𝑖 |) est la fonction d’interpolation et 𝒫𝑖 est le nombre de Péclet de maille. Les paramètres
𝐷𝑖 sont les coefficients de diffusion, appelés également conductances, et sont donnés par les
expressions suivantes :
135
𝐷𝑒 𝐷𝑤 𝐷𝑛 𝐷𝑠 𝐷𝑡 𝐷𝑏
Γ𝑒 Δ𝑥Δ𝑧 Γ𝑤 Δ𝑥Δ𝑧 Γ𝑛 Δ𝑦Δ𝑧 Γ𝑠 Δ𝑦Δ𝑧 Γ𝑡 Δ𝑥Δy Γ𝑏 Δ𝑥Δy
𝛿𝑥)𝑒 𝛿𝑥)𝑤 𝛿𝑥)𝑛 𝛿𝑥)𝑠 𝛿𝑥)𝑡 𝛿𝑥)𝑏
𝐹𝑖 𝑐𝑜𝑛𝑣𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛
𝒫𝑖 = = , 𝑖 = 𝑒, 𝑤, 𝑛, 𝑠, 𝑡, 𝑏 (A.27)
𝐷𝑖 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛
𝒫𝑒 𝒫𝑤 𝒫𝑛 𝒫𝑠 𝒫𝑡 𝒫𝑏
u𝑒 𝛿𝑥)𝑒 u𝑤 𝛿𝑥)𝑤 u𝑛 𝛿𝑥)𝑛 u𝑠 𝛿𝑥)𝑠 u𝑡 𝛿𝑥)𝑡 u𝑏 𝛿𝑥)𝑏
Γ𝑒 Γ𝑤 Γ𝑛 Γ𝑠 Γ𝑡 Γ𝑏
Tableau A.3 : Nombre de Péclet aux différents nœuds.
Cette technique, due à Hackbusch [85,86], Horthmann [87] et Wesseling [88], consiste à
accélérer la convergence vers la solution en passant par interpolation d’une solution calculée
par un maillage grossier vers une autre calculée par un maillage plus fin.
136
Annexe B
B.1 Principe variationnel
L’application du principe variationnel pour le problème de stabilité thermique a été
prouvé par Pellew & Southwell [89] dans le cas des fluides délimités par deux plans parallèles
horizontaux infinis. Chandrasekhar [32] a appliqué le principe variationnel pour la même
géométrie lorsque le fluide est un conducteur électrique et en présence d'un champ
magnétique externe, uniforme, orienté arbitrairement et appliqué dans la direction verticale.
La discrétisation des équations du système (2.46) consiste à faire le changement des variables
selon un maillage M*N, avec M et N sont respectivement le nombre des lignes et le nombre
des colonnes de la matrice.
137
On définit les formes linaires par :
En substituant ces expressions ainsi que les solutions (B.1) et (B.2) dans le système (2.46),
nous obtenons,
𝐹𝑁 (𝑧) = 𝑠𝑖𝑛(𝑁𝜋𝑧)
{ 𝑐𝑜𝑠((𝑁 − 1)𝜋𝑧) 𝐹𝑙𝑢𝑥 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡 (B.5)
𝐺𝑁 (𝑧) = {
𝑠𝑖𝑛(𝑁𝜋𝑧) 𝑇𝑒𝑚𝑝é𝑟𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
On multiplie les équations du système (B.4) par 𝐹𝑁 (𝑧) quand la variable est 𝑤 et par 𝐺𝑁 (𝑧)
quand le variable est 𝜃
1 1
138
1 1
La matrice globale qui regroupe toutes les matrices élémentaires est construite de la manière
suivante,
[𝑊1 ]
[𝜃1 ]
(B.8)
[𝑊2 ] [𝜃2 ]
En isolant les blocs de la matrice globale, les matrices élémentaires apparaissent et elles sont
définies par,
139
𝐹𝐽 et 𝐺𝐽 doivent être orthogonales.
Exemple d’une matrice globale à l’ordre 4 pour le cas de condition du flux constant imposée :
𝑘² 𝜋² 2𝑘² 2𝑘²
− − 0 0 0 ℜ 0 ℜ 0 𝑊1 0
2 2 𝜋 3𝜋
2
𝑘 4𝑘² 4𝑘²
0 − − 2𝜋² 0 0 0 ℜ 0 ℜ 𝑊2 0
2 3𝜋 5𝜋
𝑘² 9𝜋² 2𝑘² 6𝑘²
0 0 − − 0 ℜ 0 ℜ 0 𝑊3 0
2 2 3𝜋 5𝜋
𝑘2 8𝑘² 8𝑘² 𝑊4 0
0 0 0 − − 8𝜋² 0 ℜ 0 ℜ
2 15𝜋 7𝜋
. = (B.10)
2 2
− 0 − 0 𝑘2 0 0 0 𝜃1 0
𝜋 3𝜋
4 8 𝑘² 𝜋²
0 − 0 − 0 + 0 0 𝜃2 0
3𝜋 15𝜋 2 2
2 6 𝑘² 𝜃3
0 − 0 0 0 + 2𝜋² 0 0
3𝜋 5𝜋 2
4 8 𝑘² 9𝜋² [ 𝜃4 ] [0]
[ 0 0 − 0 0 0 +
5𝜋 7𝜋 2 2 ]
Exemple d’une matrice globale à l’ordre 4 pour le cas de condition de température constante
imposée :
𝑘² 𝜋² 𝑘²
− − 0 0 0 ℜ 0 0 0 𝑊1 0
2 2 2
2
𝑘 𝑘²
0 − − 2𝜋² 0 0 0 ℜ 0 0 𝑊2 0
2 2
𝑘² 9𝜋² 𝑘²
0 0 − − 0 0 0 ℜ 0 𝑊3 0
2 2 2
𝑘2 𝑘² 𝑊4 0
0 0 0 − − 8𝜋² 0 0 0 ℜ
2 2
. = (B.11)
1 𝑘² 𝜋²
−
2
0 0 0
2
+
2
0 0 0 𝜃1 0
1 𝑘²
0 − 0 0 0 + 2𝜋² 0 0 𝜃2 0
2 2
1 𝑘² 9𝜋² 𝜃3 0
0 0 − 0 0 0 + 0
2 2 2
1 𝑘² [ 𝜃4 ] [0]
[ 0 0 0 − 0 0 0 + 8𝜋²]
2 2
140
B.1.3 Détermination du nombre Rayleigh critique
Pour déterminer le nombre de Rayleigh critique, une suite d’opérations est nécessaire pour
ramener notre système matriciel vers un problème de recherche de valeurs propres.
L’instabilité se produit à partir de la valeur minimale de ces nombres obtenus.
1 (B.17)
[[𝐸] − 𝐼 ] (𝑊) = (0)
ℜ 𝑑
Le problème est transformé par réduction d’un endomorphisme [𝐸].
1
Où ℜ𝑐 = est la plus petite valeur qui génère la perte de stabilité de l’écoulement et 𝜆𝑚𝑎𝑥
𝜆𝑚𝑎𝑥
141