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TP Cours 1 Incertitudes en Sciences Pysiques

Le document traite des mesures en sciences physiques, en mettant l'accent sur les erreurs de mesure, qui se divisent en erreurs aléatoires et systématiques. Il aborde également l'estimation de l'incertitude des mesures, en expliquant les méthodes d'évaluation de type A et B, ainsi que la prise en compte des incertitudes composées. Enfin, des exemples pratiques illustrent les concepts discutés, notamment l'évaluation des incertitudes liées à des instruments de mesure.

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TP Cours 1 Incertitudes en Sciences Pysiques

Le document traite des mesures en sciences physiques, en mettant l'accent sur les erreurs de mesure, qui se divisent en erreurs aléatoires et systématiques. Il aborde également l'estimation de l'incertitude des mesures, en expliquant les méthodes d'évaluation de type A et B, ainsi que la prise en compte des incertitudes composées. Enfin, des exemples pratiques illustrent les concepts discutés, notamment l'évaluation des incertitudes liées à des instruments de mesure.

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CPGE Mohamed V - Casablanca

1 La mesure en sciences physiques

En sciences expérimentales, il n’existe pas de mesures exactes. Celles-ci ne peuvent être qu’entachées d’erreurs
plus ou moins importantes selon le protocole choisi, la qualité des instruments de mesure ou le rôle de
l’opérateur.

1 La problématique du « mesurage »
1.1 Définitions
En sciences expérimentales, la grandeur que l’on souhaite déterminer s’appelle la mesurande (valeur vraie X)
qui est obtenue grâce à différentes mesures ou mesurages (valeur mesurée x). La mesure correspond à
l’action de mesurer la variable aléatoire x dans l’espoir d’estimer la valeur vraie X qui est par essence inconnue
puisqu’on la cherche !
Exemple : Quand on mesure la valeur du pH d’une solution, la mesurande est X = pH et la mesure est lue grâce
au pH-mètre.
La différence entre la valeur mesurée x et la valeur vraie X est l’erreur de mesure E = x − X . On distingue deux
types d’erreur, les erreurs aléatoires et les erreurs systématiques.
1.2 Erreur aléatoire
Lorsque les conditions de répétabilité sont remplies, c-à-d lorsque les différentes mesures expérimentales sont

statistique de valeur moyenne x , l’erreur aléatoire est par définition E é = x − x .


réalisées rigoureusement dans les mêmes conditions opératoires, l’ensemble des mesures suit une distribution

L’E é est généralement due aux conditions extérieures, variations de la température, de la pression, de
l’humidité, …
On introduit la notion de grandeur d’influence : il s’agit de toute grandeur, autre que celle qu’on veut mesurer,
qui a un effet sur le résultat du mesurage.
L’E é est également liée à la fidélité de l’instrument de mesure. Ce dernier est dit fidèle si l’E é qu’il
engendre est faible (résultats peu dispersés).
Remarque : L’E é affecte la précision des mesures, c-à-d la proximité des résultats qui ont été obtenus
exactement de la même manière.

1.3 Erreur systématique


Par définition l’erreur systématique est la différence E = x − X où x est la valeur moyenne des
différentes mesures.
L’E perturbe de la même façon toute une série de mesures. Celle-ci peut être due à un problème de
calibration de l’appareil de mesure ou à un biais de méthode.
Un instrument de mesure est dit juste si l’E qu’il engendre est faible.

1/7
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Remarque : L’E affecte l’exactitude des mesures, c-à-d la proximité ente un résultat et sa valeur réelle ou
supposée réelle.

1.4 Erreur de mesure


D’après les définitions précédentes, l’erreur de mesure est la somme des deux précédentes :
E = x−x + x −X = x−X = E é +E

On peut illustrer ces notions d’erreurs systématique et aléatoire par le tir dans une cible :

z
zz
z z
z z zz
z

z
z

juste, mais pas fidèle fidèle, mais pas juste


(valeurs centrées mais dispersées) (valeurs décentrées mais resserrées)
erreurs aléatoires erreurs systématiques
z

z z
z z
z z
z z zz
z

ni juste, ni fidèle fidèle et juste


erreurs aléatoires et systématiques erreurs faibles

2 Estimation de l’incertitude
2.1 Incertitudes
L’incertitude ∆x estime l’importance de l’erreur commise. Elle définit un intervalle autour de la mesure qui
inclut la valeur vraie avec une probabilité plus ou moins grande. L’évaluation de l’incertitude de la mesure due
aux erreurs expérimentales est un domaine appelé métrologie.
La détermination de l’incertitude se fait selon deux méthodes : type A (méthode statistique) ou de type B
(évaluation par données du constructeur ou connaissance du matériel).
La mesurande se présente alors sous la forme X = x ± ∆x [unité ]

∆x est aussi appelée l’incertitude absolue et |



|
l’incertitude relative.

Remarque : Dans le cas d’une évaluation de type B, s’il n’y a qu’une mesure elle est égale à la moyenne.

2.2 Présentation du résultat


Il est indispensable de veiller à la cohérence des chiffres significatifs affichés sachant que l’incertitude ne devra
compter que 1 ou 2 chiffres significatifs. Pour cela :
— on arrondira toujours le résultat déterminé pour l’incertitude ∆x par excès.
— on conserve alors le même nombre de chiffres derrière la virgule pour x .
2/7
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Exemple : Mesure d’une intensité de courant électrique I


Les chiffres affichés à la sortie du calcul par l’ordinateur ou la calculatrice étaient i = 1, 532678 et ∆i = 0, 1134.

I = 1,53 ± 0,12 A
On affichera alors le résultat :

valeur moyenne x et l’incertitude ∆x.


Remarque : Dans l’écriture de X, la notation scientifique est privilégiée, avec la même puissance de dix pour la

significatifs : c’est, pour un nombre décimal, le nombre total de chiffres − chiffres zéro compris − comptés à
Chiffres significatifs : lorsqu’on écrit un résultat numérique, il faut utiliser un nombre correct de chiffres

partir du premier chiffre non nul.


Nombre 3300 033 0,030 3,00.1009 0,03.100:
Nb de chiffres significatifs 4 2 2 3 1

Il est à noter qu’une puissance de dix n’a pas d’influence sur le nombre de chiffres significatifs.

2.3 Évaluation de type A de l’incertitude


L’évaluation de type A de l’incertitude est réalisée par l’analyse statistique de n mesures x* indépendantes. La
moyenne arithmétique est le meilleur estimateur de la mesurande :
,
1
x = + x*
n
*-.

Il faut également étudier la dispersion de la distribution des résultats, on utilise alors l’écart-type. La meilleure
estimation de l’écart-type est le nombre :

σ=/ ∑, x* − x
. 2
,0. *-.

La variable x est elle-même une variable aléatoire qui dépend du nombre de mesures et qui possède une
certaine distribution centrée sur la valeur de la mesurande. La meilleure estimation de l'écart-type de la
moyenne est le nombre :

σ =
√n
σ

L’estimation de l’incertitude est alors donnée par la formule :

∆x = t
√n
σ

de 68 %, on a 68 chances sur 100 de trouver la grandeur X entre x − t σ⁄√n et x + t σ⁄√n , le coefficient de


où t est le coefficient de Student qui dépend de la confiance accordée à l’expérience et de n. Pour une confiance

Student prend les valeurs suivantes :

n
t 56%
2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 40 ∞
1,84 1,34 1,20 1,14 1,11 1,09 1,08 1,07 1,06 1,03 1,01 1

En pratique t 56% = 1 (avec plus de 7 mesures), les résultats se présentent alors sous la forme :

X=x ±
√n
σ

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Rq : pour une confiance de 95 %, le coefficient de Student prend les valeurs suivantes :

n
t ;:%
2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 40 ∞
12,7 4,30 3,18 2,78 2,57 2,45 2,37 2,31 2,26 2,09 2,02 1,96

Pour simplifier l’approche des calculs d’incertitudes, au-delà d’une dizaine de mesures, on prend t ;:% = 2.
Exemple : On effectue le titrage par colorimétrie d’un volume V= = 10 mL d’une solution d’acide chlorhydrique
de concentration inconnue C= par une soude de concentration C = 2,0.1002 mol. L0..

Sept élèves ont trouvé les valeurs suivantes pour C= :

C= mol. L 3,42. 10 3,40. 10 3,48. 10 3,38. 10 3,50. 10 3,34. 10 3,52. 1002


Élève n° 1 2 3 4 5 6 7
0. 02 02 02 02 02 02

σ
On obtient (en gardant volontairement beaucoup de décimales) :

C= = 3,43429. 1002 mol. L0. et = 0,02534. 1002 mol. L0.


√n
Dans cet exemple, 7 mesures ont été effectuées, donc t ;:% = 2,45.
L’incertitude sur C= s’écrit alors :
σ
∆C= = 2,45 = 0,06. 1002 mol. L0.
√n
Le résultat de la mesure s’exprime alors en précisant le niveau de confiance :

C= = 3,43 ± 0,06 . 1002 mol. L0. , niveau de conKiance 95%

2.4 Évaluation de type B de l’incertitude


Il s’agit d’évaluer l’incertitude par des méthodes autres que statistiques et principalement en utilisant les
données du constructeur de l’appareil de mesure.
1er cas : le constructeur fournit la classe de l’appareil ∆L . On
1
Densité de probabilité

correspond à une distribution rectangulaire de largeur 2∆L . 2∆L


considère que l’indication donnée par le constructeur

On montre alors que ∆x =


∆M
√9 x
(pour une confiance de 68 %)

Rq : Pour une confiance à 95 % on prend ∆x = 2 9M .



√ x − ∆L x x + ∆L
Justification :
On appelle distribution de probabilité d’une grandeur aléatoire x à valeurs continues la fonction f x telle que la
probabilité pour que x soit compris entre a et b s’écrive :
S
P a < x < b = R f x dx

f x est donc une densité de probabilité : f x dx est la probabilité que la variable aléatoire x prenne une valeur
comprise entre x et x + dx. On a alors : f x > 0 et 1 = U0∞ f x dx.
V∞

La valeur moyenne x est donnée par :


V∞
x =R x f x dx
0∞

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L’écart-type σ est defini par :


V∞
σ2 = R x−x 2
f x dx
0∞

C’est une mesure de la dispersion des valeurs de x autour de sa valeur moyenne. Plus les valeurs de x se
concentrent autour de la moyenne, plus σ est faible. σ2 est appelé variance de la distribution.
Pour une distribution rectangulaire de largeur 2∆L , on a nécessairement une hauteur 1⁄2∆L afin d’avoir une

1 1 x−x 9 ∆2L ∆L
V∆M
aire unitaire
V∞
σ2 = R x−x 2 dx = W X = puis σ = = ∆x
0∞ 2∆L 2∆L 3 0∆
3 √3
M

2ème cas : Pour un appareil de mesure analogique (appareil à cadran, lecture d’un réglet…), l’incertitude de
lecture est estimée à partir de la valeur d’une graduation (précision de l’appareil). On considère que la
graduation correspond à une distribution rectangulaire de largeur «graduation» (ou «division») alors :
graduation graduation
∆x = k =k
2√3 √12
k = 1 pour une confiance de 68 % et k = 2 pour une confiance de 95 %
Exemple 1 : une pipette indique 25 mL ± 0,05 mL, on est dans le 1er cas, l’incertitude sur la mesure du volume
est ∆V = 2 × 0,05⁄√3 ≈ 0,0577 mL (à 95 % de confiance) donc le volume prélevé vaut :
V = 25,00 ± 0,06 mL , niveau de conKiance 95 %

Exemple 2 : une balance numérique affiche 75,3 g avec une précision de 0,1 g qui correspond donc à une
«graduation» (2ème cas), ∆m = 0,1⁄√12 ≈ 0,0289 g (à 68 % de confiance) donc la masse pesée vaut :
m = 75,30 ± 0,03 g , niveau de conKiance 68 %

Exemple 3 : une résistance affiche R = 200 Ω ± 5%, alors ∆L = 200 × 5% = 10 Ω et l’incertitude vaut ∆R =
10⁄√3 ≈ 5,77 Ω (1er cas à 68 %). La résistance est donc :
R = 200 ± 6 Ω , niveau de conKiance 68 %

2.5 Prise en compte de plusieurs incertitudes - Incertitude composée


Lors d’une mesure, il est fréquent d’avoir plusieurs sources d’incertitudes à prendre en compte.
En mathématiques statistiques, ce sont les variances qui s’ajoutent. Ici, ce sont les incertitudes au carré qui
s’ajoutent. Pour une mesure donnée, l’incertitude globale sera évaluée en composant les différentes
incertitudes selon la formule suivantes :

∆x = a+ ∆x*2
*-.

Exemple : Considérons une burette de 25 mL graduée au dixième de mL sur la quelle on peut lire une tolérance
±0,05 mL. Lorsqu’on cherche à verser un volume précis avec une burette graduée, l’incertitude sur ce volume
souffre de deux facteurs :
— La double lecture des graduations (volume de départ et volume d’arrivée) ;
— L’imprécision de la position des graduations liée à la fabrication de la burette et qui est fixée par le
constructeur par la tolérance.

5/7
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Détermination de l’incertitude sur le volume versé (à 95 % de confiance) :


Incertitude de double lecture :
1⁄2 graduation 1⁄2 graduation

2 2
∆V cdeS f = hi2 × j + i2 × j = √2 × ∆V
√3 √3
fL egf fL egf * b f

∆L
• Incertitude de tolérance :
∆V =2
√3
d é g ,Lf

∆V = k ∆V cdeS f + ∆V
• Incertitude totale :
2 2
fL egf d é g ,Lf

Pour un niveau de confiance de 95%, l’incertitude vaut :

2
0,05 0,05 2
∆V = al√2 × m2 × no + m2 × n = 0,1 mL
√3 √3

2.6 Propagation des incertitudes


L’incertitude ∆y d’une mesure y lorsqu’elle est obtenue à partir d’autres grandeurs x* indépendantes (ou non
corrélées) telle que y = f x. , x2 , … s’écrit :

,
∂f 2
∆y = a+ m ∆x* n
∂x*
*-.

Dans le cas où z = x + y ou z = x − y, il vient ∆z = k∆x 2 + ∆y 2 .


2 2
Dans le cas où z = x × y, il vient ∆z = ky 2 ∆x 2 + x 2 ∆y 2 ou = /u v + u v .
∆t ∆ ∆
t
2 2
Dans le cas où z = x/y, il vient ∆z = / + = /u v + u v .
∆ x ∆ x ∆t ∆ ∆
x x t
ou

2.7 Application : incertitude d’un dosage


On considère le dosage d’une solution de soude de concentration CS par une solution d’acide oxalique (H2 C2 Oz
diacide) de concentration C dont un volume V = 20 mL est placé dans le bécher. L’équivalence du dosage est
repérée par le virage de la phénophtaléine pour un volume Vf = 16,0 mL.
La solution d’acide a été préparée en pesant m = 500,2 mg d’acide oxalique déshydraté solide M =
126,07 g. mol0. à l’aide d’une balance de précision 0,1 mg. L’acide est dissous dans une fiole jaugée de volume
V= = 100 mL de classe A ±0,1 mL . On introduit ensuite les 20 mL à d’une pipette jaugée de 20 mL de classe A
±0,020 mL . La burette utilisée est graduée tous les 0,1 mL.

Déterminer la concentration de la soude et son incertitude à 68 % de confiance.

m⁄M
On détermine d’abord la concentration de l’acide :
C = = 0,0397 mol. L0.
V=
∆m = 0,1⁄√12 ≈ 0,0289 mg (type de graduation) donc m = 500,20 ± 0,03 mg.
∆V= = 0,10⁄√3 ≈ 0,0577 mL donc V= = 100,00 ± 0,06 mL.
2 2
= /u
∆|} ∆ ∆~
La formule de propagation donne
|}
v + u ~ • v = 6,03.100z .

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CPGE Mohamed V - Casablanca

Au virage Vf = 16,0 mL, les deux acidités ont été dosés alors :
V
n HO0 = 2n* H2 C2 Oz d€ où CS = 2C
Vf
Numériquement : CS = 0,09925 mol. L0. .
∆V = 0,02⁄√3 ≈ 0,0115 mL donc V = 20,00 ± 0,01 mL.
Le volume équivalent s’obtient grâce à la différence de deux lectures (le 0 de la burette et le 16,0) :
Vf = VK*, − Vtégd donc ∆Vf = k ∆VK*, 2 + ∆Vtégd 2 = √2∆V (l’incertitude est la même pour les deux lectures) :
∆V = 0,1⁄√12 = 0,0289 mL donc ∆Vf = 0,0408 mL.
Finalement Vf = 16,00 ± 0,04 mL
~}
Comme CS = 2C ~‚
, la formule de propagation donne :

∆CS ∆C 2 ∆Vf 2 ∆V 2
= hm n +m n +m n = 2,62.1002
CS C Vf V

d’où :
∆CS = 2,6.100z mol. L0.
En conclusion :
CS = 99,3 ± 0,3 mmol. L0. , niveau de conKiance 68 %

7/7

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