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Histoire

Le document traite de la création, du fonctionnement, du bilan et des perspectives de l'ONU depuis 1945. Il décrit les étapes historiques clés de sa fondation, ses objectifs et principes, ainsi que son organigramme et ses actions dans divers domaines. Enfin, il évalue les réussites et les limites de l'ONU tout en examinant ses perspectives face aux défis contemporains.

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Histoire

Le document traite de la création, du fonctionnement, du bilan et des perspectives de l'ONU depuis 1945. Il décrit les étapes historiques clés de sa fondation, ses objectifs et principes, ainsi que son organigramme et ses actions dans divers domaines. Enfin, il évalue les réussites et les limites de l'ONU tout en examinant ses perspectives face aux défis contemporains.

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LEÇON 1 : L’ONU : NAISSANCE,

FONCTIONNEMENT, BILAN ET PERSPECTIVES

Thème 1 : LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1945 A NOS JOURS


LEÇON 1 : L’ONU : naissance, fonctionnement, bilan et perspectives

Capacités Contenus
Décrire les étapes de la création de l’ONU - Définition de l’ONU ;
- Etapes de la création de l’ONU.
Expliquer les principaux objectifs, les • Principaux objectifs et les grands
grands principes et le fonctionnement de principes de l’ONU ;
l’ONU • Fonctionnement du système des
Nations Unies.
Présenter l’organigramme de l’ONU • Organigramme de l’ONU.
Apprécier le bilan de l’ONU • Succès de l’ONU ;
• Limites de l’ONU.
Promouvoir à travers les comportements • Promotion des valeurs de la
paix, de
quotidiens les valeurs de paix, de non- la non-violence et de la culture
de la
violence et de culture de la paix (EPEV) paix.
Examiner les perspectives de l’ONU • Perspectives de l’ONU.
Situation d’apprentissage
Ton frère étudiant est en train de concevoir un projet de recherche pour son
cours de politique
internationale, centré sur le rôle et l’efficacité de l’Organisation des Nations
Unies (ONU) dans
la gestion des crises mondiales. Pour son projet, il doit comprendre comment
l’ONU a été créée,
comment elle fonctionne et comment elle aborde les crises actuelles telles que
les conflits
armés, les crises humanitaires et les défis environnementaux.
Il cherche à obtenir une compréhension complète des divers aspects de l’ONU
pour mieux
analyser ses contributions et ses défis. A partir de tes connaissances et des
documents ci-joint,
aide-le à :

6
1- Décrire les étapes historiques clés qui ont conduit à la création de l’ONU en
1945
2- Expliquer les différents objectifs de l’ONU et les grands principes qui guident
ses
actions
3- Expliquer le fonctionnement de l’ONU
4- Etablir un organigramme détaillé du système des Nations Unies
5- Evaluer les actions de l’ONU en analysant ses réussites et ses limites
6- Proposer des actions pour promouvoir les valeurs de paix, non-violence et
culture de la
paix
7- Examiner les perspectives d’avenir pour l’ONU face aux défis émergents.
TRACE ECRITE : (Essentiel à retenir)
Introduction
Dans le contexte mondial troublé qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, la
nécessité d’une nouvelle organisation internationale capable de préserver
durablement la paix s’est imposée. L’Organisation des Nations Unies (ONU),
fondée en 1945, se substitua à la Société des Nations (SDN), dont l’incapacité à
prévenir les conflits majeurs fut manifeste. Dotée de mécanismes sophistiqués
et d’institutions diversifiées, l’ONU incarne un idéal de sécurité collective et de
coopération internationale. Toutefois, l’analyse de sa trajectoire invite à une
réflexion profonde.Mais à priori, quels sont les origines, les principes directeurs,
le mode de fonctionnement et les organes de ladite organisation ? Quel bilan,
global peut-on en tirer et quelles perspectives d’avenir face aux défis
contemporains ?
1- Les étapes de la création de l’ONU
Par étapes successives, plusieurs rencontres internationales tenues en marge de
la guerre ontpréparé la naissance de cette nouvelle organisation internationale
qui devra se substituer à la
SDN. Ce sont :
1.1- La Charte de l'Atlantique (14 août 1941) : Churchill (Premier ministre du
Royaume- Uni) et Roosevelt (Président des USA) à bord d’un croiseur signent la
Charte de l’Atlantique qui prévoit l’instauration d’un nouveau système de
sécurité collective.
1.2- La conférence de Washington (1er janvier 1942) : à cette conférence,
les 26 nations en guerre contre les puissances de l’Axe, adhèrent au projet
d’élaboration d’un système de paix après la victoire. Le communiqué final
appelé « Déclaration des Nations unies » avait laissé son nom à la future
organisation.
1.3- La Conférence de Moscou (octobre 1943) : Elle a réuni à Moscou (capitale
de l’URSS), l’URSS, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Chine. Ces pays
soulignent la nécessité d’établir une organisation internationale fondée sur le
principede l’égalité des Etats pour maintenir la sécurité.
1.4- La conférence de Téhéran (Novembre-Décembre 1943) : à cette rencontre,
Staline
(l’URSS), Roosevelt (USA) et Churchill (GB) réaffirment leur engagement pris à
Moscou et mettant sur pied un comité d’étude de la future organisation
internationale.
1.5- La conférence de Dumbarton Oaks (septembre-octobre 1944) : les USA, la
Grande Bretagne, l’URRSS et la Chine définissent les structures d’une
Organisation des Nations Unies qui seront approuvées à la conférence de Yalta.
1.6- La conférence de Yalta (février 1945) : Elle regroupe les trois dirigeants
précités (Roosevelt, Churchill et Staline) et précise les fonctions de l'ONU et le
droit de véto au conseil de sécurité.
1.7-La conférence de San-Francisco (Avril-Juin 1945) : Elle réunit les pays qui
mettent au point la Charte des Nations Unies. Le 26 juin 1945 la Charte des
Nations Unies est signée par 51 pays dont 4 africains : Ethiopie, Libéria, Afrique
du Sud et Egypte. Son siège serait à New-York. L'ONU a été officiellement créée
le 24 octobre 1945 lorsque la majorité des signataires ont ratifié sa charte.
2- Objectifs et principes de l’ONU
2.1-Les objectifs de l’ONU
Quels sont les buts de l'ONU ?
Il s’agit principalement de :
- Sauvegarder la paix et la sécurité internationales ;
- Développer des relations amicales entre les nations ;
- Développer entre les nations, les relations amicales fondées sur le principe
d’égalité des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ;
- Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes
internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire ;
- Promouvoir les droits fondamentaux de l’homme ;
- Assurer les meilleures conditions de vie, de liberté par la justice sociale
2.2- Les principes de l’ONU
Quels sont les principes de l'ONU ?
A sa création l’ONU s’est engagée à agir conformément aux principes suivants :
- L’égalité souveraine de tous les Etats membres qui s’exprime par l’égalité de
vote à l’Assemblée Générale : « Une nation, une voix » ;
- Le règlement pacifique des différends ou conflits internationaux, sans mettre
en danger la paix et la sécurité internationale ainsi que la justice ;
- Remplir de bonne foi les obligations que les Etats membres ont assumées aux
termes de la charte ;
- Assister l’organisation dans toute action entreprise par elle conformément aux
dispositions de la charte et s’abstenir de prêter assistance à un Etat contre
lequel l’organisation entreprend une action préventive ou coercitive ;
- La non intervention dans les affaires intérieures d’un Etat membre ;
- Le respect des droits fondamentaux de l’homme et des libertés pour tous sans
distinction de race, de sexe, de langue ou de religion
3- Le fonctionnement de l’ONU
C’est un système complexe qui fonctionne grâce à ses six organes principaux,
des organes subsidiaires et des institutions spécialisées.
3.1- Les organes principaux
Quels sont les principaux organes de l'ONU ? Quelles sont leurs attributions ?
3.1.1- L’Assemblée Générale (AG)
Composée des délégués des 193 Etats membres disposant chacun d’une seule
voix, l’AG ou « Parlement des Nations » est le principal organe de délibération
de l’ONU. Elle se réunit en session ordinaire une fois par an (en septembre) pour
débattre des sujets importants.
❖ Ses attributions sont : l'organe qui s'occupe de l'admission des nouveaux
Etats, de la nomination du secrétaire Général, du vote du budget de
l'organisation.
3.1.2- Le conseil de sécurité
C’est l’organe exécutif de l’ONU. Il est composé de 15 membres dont cinq
permanents (USA, Grande-Bretagne, Russie, France, Chine) et dix non
permanents élus par l’AG pour un mandat de deux ans renouvelables par moitié
chaque année (système rotatif). En fait, le pouvoir estconcentré entre les mains
des grandes puissances victorieuses de la 2ème Guerre mondiale qui
disposent chacune d’un « droit de véto » leur permettant de s’opposer à
l’adoption de toute
résolution ou vote de sanction contre elles ou leurs intérêts.
Toutes les décisions importantes doivent recevoir l’adhésion d’au moins 9
membres et obligatoirement celle des cinq membres permanents : c’est la règle
de : « l’unanimité des grandes puissances ». Le Conseil de Sécurité est le seul à
pouvoir prendre et rendre exécutoires les décisions à tous les membres.
❖ Ses attributions sont : maintenir la paix et la sécurité internationale,
proposer à l'AG des candidatures au poste de Secrétariat Général.
A travers le Conseil de Sécurité, l’ONU assume le maintien de la paix par :
- Conciliation (arrangement, entente),
- Médiation ou arbitrage,
- L’envoi des casques bleus,
- Des sanctions économiques (embargo),
- Des mesures d’ordre humanitaire (aide aux réfugiés), etc.
3.1.3- Le secrétariat général C’est l’organe administratif et technique
permanent de l’ONU.
A sa tête se trouve le secrétaire général élu pour un mandat de 5 ans
renouvelable par l’AG sur recommandation du conseil de Sécurité.
❖ Son attribution : l'organe qui assure l'administration de l'ONU.
L’actuel Secrétaire Général est le portugais Antonio Guterres élu octobre en
2016 et a pris fonction en janvier 2017.
Les secrétaires généraux de l’ONU depuis sa création :
1er Le Norvégien TRYGVE LIE (1946-1952) ;
2ème le Suédois DAG HAMMRSKJOLD (1953-1961) ;
le 3ème le BirmaneU THANT (1961-1972) ;
le 4ème l’Autrichien KURT ALDHEIM (1972-1982) ;
le 5ème le Péruvien JAVIER PEREZ DE CUELLAR (1982-1991) ;
Le 6ème , l’Egyptien BOUTROS BOUTROS -GALI (1991—1996) ;
le 7 ème Ghanéen KOFI ATTA ANNAN (1997-2005) ;
le 8ème le Sud-Coréen BAN KI-MOON ;
le 9ème le Portugais ANTONIO GUTERRES
depuis le 1er janvier 2017 . Il assume son second mandat.
3.1.4- Le conseil économique et social
Composé de 54 membres élus pour 3 ans par l’AG. Il se réunit une fois par an
(en Juillet) alternativement à New York et à Genève en session ordinaire. Les
décisions sont prises à la majorité simple.
❖ Ses attributions sont : l'organe qui s'occupe de l'action humanitaire de
l'ONU, l'organe de coordination des activités économiques.
3.1.5- Le conseil de tutelle
Cet organe est aujourd'hui obsolète parce qu'il n'a plus de rôle à jouer dans
cette organisation.Tous les pays placés sous la tutelle de l'ONU ont accédé à
l'indépendance. Le dernier territoire sous tutelle indépendant en 1994 est le
Palaos. Le conseil de tutelle a d'ailleurs officiellement suspendu ses activités
depuis le 1er novembre 1994.
3.1.6- La cour internationale de justice
Elle est l’organe judiciaire de l’ONU dont le siège est à la Haye au Pays-Bas. Elle
est composée de 15 juges élus conjointement par l’AG et le Conseil de Sécurité
pour 9 ans renouvelables.
❖ Son attribution : l'organe qui s'occupe du règlement des différends entre les
Etats membres de l'organisation.
3.2- Les organes subsidiaires
Les organes subsidiaires de l'Assemblée générale sont divisés en plusieurs
catégories : commissions, comités, conseils, groupes de travail, et groupes
d'experts.
3.2.1. Les commissions
Commission de consolidation de la paix
Commission du désarmement
Commission de la fonction publique internationale
Commission du droit international
Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI)
Commission de conciliation des Nations Unies pour la Palestine
Commission consultative
Commissions spéciales
3.2.2. Les Comités
Comité des placements
Comité des contributions
Comité des conférences
Comité de l'information
Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien
Etc.
3.2.3. Les Conseils
Conseil des droits de l'homme
Conseil de l'Université des Nations Unies
Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour les
établissements humains
3.2.4. Les Groupes de travail
Groupe de travail spécial sur la revitalisation de l'Assemblée générale
Groupe de travail sur les causes des conflits et la promotion d'une paix et d'un
développement durables en Afrique
Groupe de travail à composition non limitée sur le vieillissement
Etc.
3.2.5. Les Groupes d'experts
Comité des commissaires aux comptes
Conseil du commerce et du développement
Conseil consultatif pour les questions de désarmement
Conseil d'administration de l'UNICEF
Etc.
3.3. Les institutions spécialisées
Les institutions spécialisées sont des structures verticales créée pour s’occuper
d’un domaines spécifique donné, tel que la santé, l’alimentation, la pauvreté,
etc. Il s’agit entre autres de :
Organisation internationale du Travail (OIT)
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
(UNESCO)
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Banque mondiale (BM)
Fonds monétaire international (FMI)
Union internationale des télécommunications (UIT)
Organisation météorologique mondiale (OMM)
Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)
Fonds international de développement agricole (FIDA)
Organisation mondiale du tourisme (OMT)
Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
Organisation internationale pour les migrations (OIM)
Etc.

TRACE ECRITE : (Essentiel à retenir)


5- Les actions de l’ONU
Depuis sa création, l’Organisation des Nations Unies a eu à mener plusieurs
actions qui
font son bilan.
5.1- Le bilan positif des actions de l’ONU
❖ Sur le plan politique et militaire :
- L'ONU a œuvré inlassablement à la promotion de la paix mondiale ;
- Elle a empêché certaines crises dans le monde (Guerre de Corée en1953,
crise de Cuba en 1962, guerre Iran/Irak en 1988, guerre civile en Côte d’Ivoire
en 2003, etc...)
- Elle a travaillé pour la promotion des droits de l'homme et au
renforcement de la démocratie dans le monde ;
- Elle a soutenu le processus de décolonisation des peuples colonisés ;
❖ Sur le plan économique, financier et technique :
- L'ONU a œuvré beaucoup à l'amélioration de l'environnement
macroéconomique mondial ;
- Elle a apporté des assistances multiformes aux pays pauvres (assistance
économique, technique et financière).
❖ Sur le plan environnemental :
- L'ONU lutte contre le réchauffement climatique, la déforestation, la
pollution environnementale.
❖ Sur le plan socioculturel et humanitaire :
- L'ONU lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales dans le monde ;
- Elle a assisté les réfugiés, les pays victimes de sinistre et de la faim ;
- Elle a lutté contre l'analphabétisme et les épidémies dans le monde ;
- Elle protège le patrimoine culturel et historique.
- Elle s’est engagée contre le racisme en particulier en luttant contre
l’apartheid en Afrique du Sud
- Elle a lutté en faveur de l’émancipation de la femme…
5.2- Les limites ou insuffisances des actions de l’ONU
Les insuffisances de l'ONU se révèlent à plusieurs niveaux.
❖ Sur le plan politico-militaire :
- A sa création en 1945, l'ONU a eu à faire face à la dure épreuve de la
guerre froide (1945-1953) qu'elle n'a pas su empêcher ;
- Elle s’est montrée incapable à mettre fin à certains conflits dans le monde :
le conflit Israélo Palestinien.
- Elle n’a pas pu empêcher le Génocide Rwandais
- Elle est incapable d’assurer le désarmement,
❖ Elle est incapable de mettre fin au terrorisme et à la circulation illicite des
armes, de garantir les droits de l’Homme dans beaucoup de pays. Sur le plan
socio-culturel et humanitaire :
- On note la persistance de la faim, de la pauvreté, de l'analphabétisme
surtout dans les PSD ;
- La persistance du racisme, de la discrimination ;
- Elle n'arrive pas à faire respecter les droits des peuples...
❖ Sur le plan environnemental :
- On note la dégradation continue de l'environnement : déforestation,
production massive des gaz à effet de serre par les grands pays industrialisés
(Chine et États-Unis surtout) entrainant le réchauffement climatique.
6- Promotion des valeurs de la paix, de la non-violence et de la culture de la
paix
Pour construire un monde plus harmonieux et solidaire, il est essentiel que nous
adoptions et vivions les valeurs de paix, de non-violence et de culture de la paix.
En suivant les valeurs recommandées par l’ONU, nous pouvons jouer un rôle
actif dans la promotion d’une société où chacun est respecté et les conflits sont
résolus de manière constructive.
Découvrons ci-dessous comment ces principes se traduisent en actions
concrètes à travers les exemples suivants :
➢ Respect des autres : Traiter chacun avec dignité et considération ;
➢ Résolution pacifique des conflits : Utiliser le dialogue et la médiation pour
résoudre les désaccords ;
➢ Tolérance des différences : Accepter et apprécier les diverses cultures,
opinions et modes de vie ;
➢ Rejet de la violence : Refuser toute forme de violence physique et verbale ;
➢ Promotion du dialogue : Encourager les discussions ouvertes et
respectueuses pour mieux comprendre les autres ;
➢ Encouragement de l’entraide : Soutenir les initiatives communautaires et
offrir de l’aide à ceux dans le besoin.
7- Les perspectives de l’ONU :
Pour remédier aux insuffisances de l’ONU, il faut une refonte totale de
l’ensemble du système onusien qui prenne en compte :
- La suppression ou tout au moins l’extension du droit de veto ;
- L’élargissement de la composition du Conseil de Sécurité à d’autres, en
particulier les pays africains surtout ;
- La révision du taux des cotisations à la baisse pour permettre aux pays
pauvres d’être à jour ;
- Des mesures coercitives visant à amener les Etats membres à une prise de
conscience de leur engagement vis-à-vis de l’organisation ;
- L’accord de plus de pouvoirs à l’Assemblée Générale au détriment du Conseil
de Sécurité ;
- Le respect des droits et des devoirs au niveau de chaque individu, etc.

Conclusion
L’Organisation des Nations Unies joue un rôle crucial dans le maintien de la paix
et la coopération internationale. Bien qu’elle ait réussi à accomplir de
nombreux objectifs, elle fait face à des défis importants qui nécessitent des
réformes et des adaptations. Comprendre son fonctionnement et ses enjeux
nous permet de mieux apprécier ses contributions et ses limites dans un monde
en constante évolution
. Réinvestissement / Travaux dirigés
Q1- Quelles sont les circonstances et la date définitive de la création de l’ONU ?
Q2- Quels sont les principaux organes de l’ONU ?
Q3- Quel bilan peut-on faire des actions de l’ONU à ce jour ?
Q4- Comment peut-on résoudre un conflit de manière pacifique ? Donne des
exemples de techniques de résolution non violente
LEÇON : 2 : LE MONDE BIPOLAIRE :
AFFRONTEMENT ENTRE L’EST ET L’OUEST DE 1947
Thème I : les relations internationales de 1945 à nos jours
Leçon : 2 : le monde bipolaire : affrontement entre l’Est et
l’Ouest de 1947 à 1991

Capacités
Présenter les causes la bipolarisation du monde
Identifier les blocs antagonistes et leur organisation
- Bloc de l’Ouest (y compris son organisation politique,militaire et
économique)
- Bloc de l’Est (y compris son organisation politique,militaire et économique)

TRACE ECRITE DE LA LEÇON (ESSENTIEL A


RETENIR)

Introduction
A peine sorti d’un conflit armé dévastateur qui aura fait plus de 50 millions de
morts, le monde plonge dans une période de tensions vives divisant les Alliés de
circonstance d’hier. Ces tensions conduisent à la bipolarisation du monde et à
un affrontement entre les deux blocs nouvellement créés par pays interposés.
Quelles sont les causes de cette bipolarisation et les blocs nés au lendemain de
la SGM ? Comment ces deux blocs sont-ils organisés ? La période allant de 1947
à 1953 est marquée par des crises aigues, voire des conflits armés localisés.
Quelles sont ces crises majeures qui ont émaillé particulièrement la période de
1947-1953 ? A partir de 1953 jusqu’en 1962, le monde retrouve un calme relatif
marqué par la reconnaissance mutuelle des blocs antagonistes. Qu’est ce qui
explique la détente observée au cours de cette période ? Quelles sont ses limites
? A partir des années 1980, un bloc entame son processus de désintégration qui
conduit à son effondrement en 1991. Quel a été le processus de cet
effondrement et quelles en ont été les conséquences ?
1. Causes de la bipolarisation (guerre du monde)
1.1 Définition des concepts
- Bipolarisation : la bipolarisation fait référence à la division du monde en
deux blocs opposés, dominés par les deux superpuissances aux idéologies et
systèmes politiques différents.
- Guerre froide : la guerre froide est une période de tensions géopolitiques,
idéologiques et économiques qui a opposé les USA et l’URSS, ainsi que leurs
alliés respectifs entre 1947 et 1991. C’est aussi une période de tensions entre
l’URSS et les pays occidentaux utilisant tous les moyens de guerre, mais évitant
un affrontement armé direct et généralisé.
1.2 Causes de la guerre froide
Les causes de la guerre froide sont multiples :
- L’antagonisme (ou différence) idéologique : capitalisme contre
communisme.Les USA défendaient un système capitaliste et démocratique
tandis que l’URSS promouvait un système communiste et autoritaire. Ces
divergences ont conduit à des tensions quant à l’organisation politique et
économique du monde.
- L’expansion du communisme en Europe de l’Est : au cours de la Seconde
Guerre mondiale, la plupart des pays de l’Europe orientale avaient été libérés
par l’armée rouge et Staline considérait cette région comme la zone d’influence
soviétique où les Anglo-américains n’ont pas à intervenir. Les Soviétiques
soutenaient également les partis communistes en France et en Italie. Ce qui a
amené Winston Churchill, le 5 mars 1946, à qualifier la zone de démarcation de
« rideau de fer », c’est-à-dire cette barrière établie le long de la frontière entre
l’Est et l’Ouest rendant impossible le passage.
- Le partage du monde après la Seconde Guerre mondiale (le problème
allemand): Après la défaite de l’Allemagne nazie et de ses alliés, les USA et
l’URSS sont devenus les deux principales puissances mondiales. Les accords de
Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet 1945) ont dessiné une division de
l’Europe en deux blocs. L’Europe de l’Ouest sous influence américaine et celle de
l’Est sous l’influence soviétique.
- La doctrine Truman et la politique de containment ou d’endiguement : En
1947, le président américain Harry Truman déclare qu’il était nécessaire
d’empêcher l’expansion du communisme dans le monde en aidant
économiquement et militairement les pays menacés par celui-ci. Cela a conduit
à des interventions américaines dans différents pays pour freiner l’influence
soviétique.
- Le plan Marshall : Ce plan, lancé en 1948 par les USA, visait à aider
financièrement les pays de l’Europe occidentale mais aussi ceux de l’Est à se
reconstruire après la guerre. L’objectif était également d’empêcher la
progression du communisme en renforçant les économies européennes. L’URSS
va percevoir ce plan comme une tentative d’hégémonie américaine.
- La doctrine Jdanov et le Kominform : En riposte aux initiatives américaines,
les Soviétiques mettent en place la doctrine Jdanov le 22 septembre 1947 et
créent le Kominform (Bureau d’information des partis communistes) le 5
octobre 1947 dont le but est d’harmoniser les politiques des partis communistes
des Etats d’Europe. Le Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM) fut
également créé le 25 janvier 1949. Ce qui marqua la rupture totale des
relations entre les USA et l’URSS.
- La course aux armements et la dissuasion nucléaire : Après la Seconde
Guerre
mondiale, une course aux armements s’est engagée, chaque superpuissance
cherchait à développer des armes plus puissantes, notamment des armes
nucléaires.
Cette compétition a renforcé la méfiance mutuelle.
- La création des blocs militaires : En 1949, les USA et leurs alliés créent
l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une alliance militaire pour
protéger l’Europe occidentale contre une éventuelle attaque soviétique. En
réponse, l’URSS forme avec les pays du bloc de l’Est, le Pacte de Varsovie en
1955, une réplique de l’OTAN.
2. Les blocs antagonistes et leur organisation
2.1 Définition du concept de bloc
Le concept de « bloc » en géopolitique désigne un ensemble de pays alliés,
regroupés
autour d’intérêts communs, partageant des objectifs politiques, économiques,
militaires et
idéologiques similaires. Un bloc est souvent structuré par un Etat dominant ou
une
coalition d’Etats influents qui en assurent la direction ou la cohésion. Un bloc
est souvent
caractérisé par des alliances politiques et militaires, une seule idéologie, une
solidarité
économique et une opposition à un autre bloc. Dans le contexte de la guerre
froide, les
blocs consistent également en la séparation entre les partisans des USA et les
partisans de
l’URSS.
2.2 Les blocs de l’Ouest et de l’Est et leur organisation ou fonctionnement
Bloc de l’Ouest Bloc de l’Est
Organisation politique
Principal dirigeant : USA Principal dirigeant : l’URSS
Principaux pays membres : USA, Principaux pays membres :
Royaume –Uni, France, Belgique… Pologne, Tchécoslovaquie,
Albanie, Hongrie, Roumanie…
Système politique : démocratie Système politique : Régimes
libérale communistes dominés par un parti
unique (le parti communiste,
démocratie populaire)
Doctrine Truman Doctrine JDANOV
Organisation militaire
OTAN (4 avril 1949), pacte du Pacte de Varsovie (14 mai 1955)
Pacifique (01sept 1951) ou Service de renseignement KGB
ANZUS ; OTASE (8 sept 1954),
Pacte de Bagdad (24 févr 1955),
Pacte de Bruxelles,
Service de renseignement CIA…
Idéologie
Capitalisme : système économique Communisme : doctrine prônant la
prônant la propriété privée des propriété collective des moyens de
moyens de production, la libre production, la disparition des
entreprise et marché ouvert. classes sociales et une économie
Libéralisme : idéologie promouvant planifiée
les droits de l’homme, la démocratie,
25
l’Etat de droit et la liberté Marxisme-Léninisme : une
d’expression. version adaptée du marxisme mise
en place par Lénine et poursuivie
par Staline, visant à diriger un Etat
fort contrôlé par le parti
communiste
Organisation économique
- Plan marshall - Economie planifiée
- OECE (16 avril 1948) : - COMECON ou CAEM
Organisation européenne de (conseil d’assistance
coopération économique ; économique mutuelle) le 25
- CECA (18 avril 1958) : janvier 1949
Communauté européenne du
charbon et de l’acier
- CEE (remplace CECA) :
Communauté économique
européenne
- Economie de marché

30
TRACE ECRITE (ESSENTIEL A RETENIR)

3. Les crises majeures de la guerre froide et l’étude de la guerre de Corée


3.1 Les crises majeures de la guerre froide
La guerre froide a été émaillée de plusieurs crises dont les plus importantes
sont :
- La première crise de Berlin ou le blocus de Berlin (23 juin 1948 – 12 mai 1949) :
c’est l’un des 1ers affrontements majeurs entre l’Ouest et l’Est. Elle est liée à la
division
de l’Allemagne et de sa capitale en 4 zones d’occupation. Suite à la fusion des
zones
d’occupation du bloc de l’Ouest, l’URSS décide d’ériger un blocus sur Berlin
Ouest,
c’est-à-dire, de couper toutes les voies terrestres reliant Berlin-ouest à
l’Allemagne de
l’ouest afin d’isoler Berlin-Ouest et forcer les Alliés à abandonner la ville.
- La poussée communiste en Chine : Au lendemain de la victoire des Alliés sur
les
Japonais, les partisans de Mao Zedong, communistes, et les nationalistes de
tendance
capitaliste de Tchang Kaï Tchek s’affrontent pour le contrôle du pays. Les
communistes
l’emportent et le 1er octobre 1949, la République Populaire de Chine est
proclamée et
passe dans la sphère soviétique :
- La guerre d’Indochine : le conflit indochinois oppose les nationalistes
communistes
du Viêt-minh dirigé par Ho Chi Minh qui réclament l’indépendance du Vietnam
(Tonkin, Annam et Cochinchine) aux Français revenus après la guerre pour
continuer
l’œuvre de colonisation à partir de décembre 1946. Les deux camps reçoivent
les
soutiens des deux blocs antagonistes. La Chine avec le soutien de l’URSS
apporte son
appui aux communistes du Viêt-minh et les USA soutiennent la France
coloniale. Le
conflit prend fin avec la débâcle de l’armée française à Dien Bien Phu en mai
1954.
- La guerre de Corée : elle conduit à la partition du pays en deux Corées.

3.2 Etude de la guerre de Corée


Les Causes de la guerre de Corée
Ce sont : la division de la Corée en deux Etats idéologiquement rivaux ;
l’incapacité des USA
et de l’URSS de s’entendre sur le sort de la Corée ; la volonté de l’URSS d’unifier
les deux
Corées ; la victoire des communistes en Chine ; la militarisation de la Corée du
nord par
l’URSS ; l’agression nord-coréenne contre la Corée du Sud,
Les principaux épisodes de la guerre de Corée
Ancienne possession nippone, la Corée a été à la fin de la 2è Guerre mondiale,
occupée au nord
du 38è parallèle par les Soviétiques et au sud par les Américains. Les deux
puissances avaient
établi chacune dans sa zone un gouvernement selon son idéologie : Kim II Sung
au nord et
Syngman Rhee au sud. Chaque partie voulait la réunification de la péninsule à
son profit. Le 25
juin 1950, les Nord-coréens attaquent la Corée du Sud en franchissant le 38è
parallèle. Elle sera
marquée par plusieurs étapes :
- L’agression nord-coréenne (juin-août 1950) : elle met en déroute l’armée sud-
coréenne et
presque tout le territoire (la capitale Séoul y compris) est occupé ;

31
- La réaction américaine : profitant du boycott de l’ONU par l’URSS, les USA font
voter le 27
juin 1950, une résolution par le Conseil de Sécurité condamnant l’agression et
autorisant une
intervention armée internationale contre l’agresseur sous leur direction ;
- La contre-offensive américaine (septembre-octobre 1950) : sous la direction
du Général Mac
Arthur, les troupes onusiennes refoulent l’armée nord-coréenne jusqu’au fleuve
Yalou ou Yalu,
la frontière naturelle de la Corée du Nord avec la Chine ;
- L’intervention chinoise (16 octobre) : la Chine envoie aux côtés des Nord-
coréens, des
millions de “volontaires” qui repoussent les forces onusiennes jusqu’au sud du
38è parallèle en
janvier 1951, occupant de nouveau Séoul ;
- La stabilisation du front (1951-1953) : Mac Arthur parvient finalement à
arrêter l’avancée
sino-nord-coréenne et à reprendre position sur le 38è parallèle ;
- L’armistice de Pan Mun Jom : après de longues négociations et la mort de
Staline, un armistice
est signé le 27 juillet 1953, fixant la nouvelle frontière sur une ligne serpentant
le 38è parallèle.
Les conséquences de la guerre de Corée
✓ Perte en vies humaines : la guerre a fait plus de 2,4 millions de morts et des
blessés
✓ Maintien de la frontière au 38eme parallèle
✓ Profondes vagues d’anti-communistes aux USA avec le Maccarthysme
(Chasse aux
sorcières)
✓ La montée d’anti-américanisme chez les communistes
✓ Le renforcement militaire des deux blocs avec la Signature des alliances
militaires : du
côté capitaliste, les Américains remilitarisent le Japon et signent avec lui, le
Traité de
Paix de San Francisco le 20 juillet 1951.
Ce renforcement a commencé un peu plus tôt avec la signature du Traité de Rio
en 1947 entre
les USA et 20 pays sud-américains, devenu en 1948, l’Organisation des Etats
Américains
(OEA). En novembre 1953, le Général Dwight David Eisenhower devient
président (1953-
1961) et met en place une nouvelle politique : le “Roll-Back”, c’est-à-dire le
refoulement. Une
série de pactes militaires sont mis en place pour encercler les pays communistes
surtout d’Asie
: l’ANZUS (Alliance Australie-Nouvelle-Zélande-USA) créée en 1951 qui devient
OTASE en
1954 pour la défense du Pacifique Sud ; le Pacte de Bagdad née en 1955 qui
devient CENTO
(Central Treaty Organization) en 1959 pour la défense du Moyen-Orient
✓ Hausse des coûts mondiaux des matières premières. La guerre de Corée est
une
illustration de la guerre froide parce qu’à l’image de la guerre froide qui oppose
idéologiquement l’Est et l’Ouest, la guerre de Corée est une guerre entre deux
pays

32
idéologiquement opposés (URSS et USA) par pays interposés (Corée du nord
soutenues
par la Chine et l’URSS contre Corée du Sud soutenue par les USA sous le couvert
des
casques bleus).
4. Le dégel (la coexistence pacifique) et ses limites (1953-1962)
Le dégel est une période (courte) de détente entre les Etats-Unis et l’Union
soviétique, marquée
par une réduction des tensions qui caractérisaient la guerre froide. C’est aussi
une période
marquée par une politique d’apaisement de la part des deux superpuissances
(USA et URSS).
A partir de 1953, les relations internationales se décrispent suite à une série
d’évènements et de
situations nouvelles.
4.1 Les causes du dégel
- La mort de Staline et l’arrivée au pouvoir de Nikita KHROUCHTCHEV : suite au
décès de Staline survenu le 5 mars 1953, Nikita KHROUCHTCHEV arrive au
pouvoir
et cherche à assouplir la politique internationale. Sous son magistère, l’Union
soviétique
entreprit une politique de coexistence pacifique avec l’Occident.
- L’arrivée au pouvoir du général Eisenhower, en remplacement de Harry
Truman.
Ce dernier a cherché à gérer la rivalité avec l’Union soviétique par le biais d’un
mélange
de dissuasion militaire et de coopération diplomatique. Il a par exemple œuvré
pour de
la fin de la guerre de Corée, joué un rôle clé dans la tenue de la conférence de
Genève
en 1955, été l’artisan du programme « Atoms for peace » (1953) qui visait à
promouvoir
l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire…
- L’équilibre de la terreur nucléaire : avec le développement des armes
nucléaires et
des engins de longue portée (missiles pouvant atteindre 10000km) par les deux
superpuissances, il devenait de plus en plus évident que toute confrontation
directe
provoquerait une destruction mutuelle assurée. Cela a poussé les deux camps à
chercher
des moyens d’éviter les conflits directs, tout en maintenant une rivalité
stratégique.
- Les mouvements pacifistes et les opinions publiques : en Occident comme en
union
soviétique, les opinions publiques faisaient de plus en plus pression pour la
détente et la
fin de la course aux armements
- Les besoins économiques : la course aux armements était coûteuse pour les
deux blocs.
L’Union soviétique commençait par ressentir les effets de la stagnation
économique
tandis que les USA voulaient réduire les dépenses militaires pour se concentrer
les
questions intérieures…
4.2 Les manifestations du dégel
La période du dégel est marquée par un apaisement des tensions avec des
manifestations
visibles dans les domaines diplomatique, militaire, culturel et interne en URSS. Il
s’agit de :
- les réformes internes en Union soviétique (déstalinisation) : en février 1956,
lors du 20e
congrès du parti communiste soviétique, KHROUCHTCHEV prononce un discours
dans
lequel, il dénonce les excès de Joseph Staline , notamment les purges et la
terreur de l’époque
stalinienne. Cela ouvre la voie à la reforme de déstalinisation en URSS. De
nombreux
prisonniers politiques, notamment les détenus du goulag furent libérés et
plusieurs amnisties
accordées.
- la conférence de Genève de 1955 : elle a été l’une des 1eres grandes
manifestations
diplomatiques du dégel. Elle a réuni autour d’une même table les dirigeants des
principales
puissances de la guerre froide, notamment Eisenhower des USA,
KHROUCHTCHEV de
33
l’URSS, Anthony Eden du R-U et Edgar FAURE de France. Même si aucun accord
n’en est
sorti, elle a eu le mérite d’établir un dialogue direct et ouvert sur des questions
telles que la
sécurité européenne, le désarmement et la réunification de l’Allemagne.
- la visite de Khrouchtchev aux USA : en 1959, le dirigeant soviétique Nikita
Khrouchtchev
effectue une visite historique aux USA, devenant ainsi, le premier leader
soviétique à se rendre
dans ce pays. Cette visite symbolisait l’ouverture d’un dialogue direct entre les
deux
superpuissances et marquait une volonté d’apaiser les tensions
- les accords sur l’Autriche en 1955 : en 1955, les USA, l’URSS, le R-U et la
France signent
un accord sur l’indépendance de l’Autriche mettant fin à l’occupation militaire
qui durait depuis
la fin de la Seconde Guerre mondiale. Par cet accord, l’Union soviétique
démontrait à la face
du monde qu’elle pouvait négocier sur des questions géopolitiques importantes.
- le relâchement des tensions militaires : le dégel a vu une réduction temporaire
des hostilités
militaires directes entre les deux blocs et la diminution des essais nucléaires.
- les premières initiatives de désarmement nucléaire : les premières discussions
sur la
limitation des armements nucléaires ont débuté pendant la période de dégel.
- la diplomatie culturelle et échanges scientifiques : durant le dégel, il y a eu une
augmentation des échanges culturels et scientifiques entre l’Est et l’Ouest. Par
exemple, des
expositions artistiques, des concerts et des événements sportifs ont permis
d’intensifier les
contacts entre les peuples des deux blocs.
- L’URSS adhère à l’UNESCO,
- la signature de l’accord de Pan Mun Jon mettant fin à la Guerre de Corée
4.3 Limites du dégel
Le dégel a connu quelques crises dont les plus importantes sont :
- la crise de Suez (1956) : elle nait de la volonté de Nasser de prendre contrôle
du canal de Suez
alors sous gestion franco-britannique. Elle débouche sur un affrontement entre
Israël et Egypte
auquel s’en mêlent d’abord la France et le R-U, puis l’URSS et les USA ;
- la deuxième crise de Berlin (août 1961) : elle est marquée la construction du
mur de Berlin
encore appelé mur de la honte séparant Berlin-Ouest et Berlin-Est et
symbolisant le rideau de
fer. Elle tire ses origines de l’hémorragie humaine (déplacements des
populations de Berlin Est
vers l’ouest) constatée entre la RDA et la RFA.
- la crise de Cuba (octobre 1962) : elle est marquée par la tentative
d’installation d’un arsenal
nucléaire sur l’île de Cuba. En janvier 1959, Fidel Maximo CASTRO s’empare du
pouvoir par
coup de force. Il nationalise les firmes sucrières américaines et installe un
régime socialiste sur
l’île. Les Américains réagissent en décrétant un embargo économique contre ce
dernier. Menacé
d’asphyxie, Castro se rapproche de Moscou. En avril 1961, la CIA organise le
débarquement
de la « baie des Cochons » des Cubains anticastristes sous couvert de “réfugiés
cubains”
entraînés au Guatemala qui se solda par un échec. L’URSS réagit en accordant
un permis
militaire nucléaire à Cuba qui adhère au CAEM en 1962. En octobre 1962, les
Russes installent
des rampes de lancement des fusées à moyenne portée au Cuba et chargent 24
cargos avec des
missiles à tête nucléaire en direction de l’ile. Devant cette menace, le président
américain John
Fitzgerald KENNEDY décide le blocus naval de l’île le 22 octobre. Suite à la
médiation
onusienne, Khrouchtchev, renonce au projet de nucléarisation de l’ile de Cuba
et demande aux
bateaux de faire un demi-tour. Une troisième guerre mondiale venait d’être
évitée.

37
Trace écrite :

Moment didactique et durée : présentation de la situation


d’apprentissage /Durée : 15 min
Activité du professeur Activité des élèves Support de
travail,
matériel
-Le professeur fait lire un élève Les élèves recopient, Enoncé de
la
-Il s’assure que tous les élèves écoutent lisent et écoutent, situation
- Il indique ce que les élèves peuvent utiliser comme réfléchissent, posent
d’apprentissage
supports et instruments des questions

TRACE ECRITE : ESSENTIEL A RETENIR

5. La détente et ses limites (1962-1985)


La détente désigne une période relative d’amélioration des relations
internationales marquée
par la réduction des tensions politiques et militaires et des accords bilatéraux
importants entre
les deux superpuissances.
5.1 Facteurs de la détente
Plusieurs facteurs ont conduit à la détente :
- les risques de guerre nucléaire : la montée des tensions nucléaires et le risque
de guerre
totale ont incité les USA et l’URSS à chercher des moyens de limiter les
armements et de réduire
les risques de conflit.

39
- les changements dans les leaderships : l’arrivée au pouvoir de dirigeants plus
favorables à
une approche diplomatique comme Richard Nixon aux USA et Léonid Brejnev en
URSS a
facilité la détente entre les deux blocs .
- les problèmes économiques : les coûts élevés associés à la course aux
armements et aux
engagements militaires ont créé une pression économique, obligeant les deux
super puissances
à réduire les dépenses militaires et à négocier des accords.
- les mouvements pacifistes : les mouvements pour la paix et les protestations
contre la guerre
ont poussé les gouvernements à adopter des politiques plus conciliantes et à
rechercher des
solutions diplomatiques
- besoin de coopération internationale : l’interdépendance économique
croissante et les défis
globaux comme les crises économiques et environnementales, ont encouragé
les
superpuissances à coopérer plutôt qu’à se confronter.
5.2 Diverses facettes de la détente
Sur le plan politique, la détente se manifeste de plusieurs manières :
- Dialogue direct entre les dirigeants, comme les sommets Nixon-Brejnev
- Echanges et visites diplomatiques : c’est l’exemple de la visite de Leonid
Brejnev aux
USA en juin 1973, de Richard Nixon en mai 1972 et de Gerald Ford en novembre
1974
en URSS.
Sur le plan militaire la détente a conduit :
- aux accords de contrôle des armements comme les accords SALT I et II, le
traité sur les
forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), le TNT (traité de non-
prolifération des armes
nucléaires.
- à l’établissement du téléphone rouge entre le Kremlin et la maison blanche
- la réduction des exercices militaires
- Au contrôle des essais nucléaires
- Signature du traité de non-prolifération des armes nucléaires
- Accord de dénucléarisation de l’Amérique latine signée en 1967
Sur le plan économique, on assiste à :
- l’augmentation des échanges commerciaux entre l’URSS et les USA, avec la
signature
d’accords commerciaux bilatéraux comme l’accord commercial américano-
soviétique de
1972 sur les produits industriels, agricoles et technologiques.
- la coopération énergétique notamment dans le domaine des hydrocarbures.
- l’accord de crédits et prêts par les USA à l’URSS pour stimuler l’économie
soviétique et
permettre aux entreprises américaines d’exporter vers l’URSS.
5.2 Limites de la détente
La détente qui était une période de réduction des tensions entre l’Est et l’Ouest
a connu des
limites qui ont entravé une paix durable. Parmi ces limites on peut citer la
guerre de Vietnam
et la guerre d’Afghanistan.
La guerre de Vietnam (1955-1975) : la guerre du Vietnam oppose le Vietnam du
Nord
(République démocratique du Vietnam dirigée Ho Chi Minh) au Vietnam du Sud
(république du Vietnam) dirigé par Ngô Dinh Diêm. Le premier, communiste,
cherche à
réunifier le pays sous un gouvernement communiste alors que le second, libéral,
lutte contre
la progression communiste. Ho Chi Minh reçoit le soutien de l’Est notamment
celui de la
Chine et de l’URSS tandis que Ngô Dinh Diêm et ses successeurs ont l’appui des
Américains avec un engagement direct matérialisé au début des années 1960
par l’envoi des
conseillers militaires sous l’administration Kennedy et des troupes massives
sous le

40
Président Johnson à partir de 1965. Le conflit débuté en 1955, prend fin en avril
1975 avec
la chute de Saїgon et une réunification du Vietnam sous un gouvernement
communiste.
La guerre d’Afghanistan (1979-1989) : c’est un conflit ayant opposé l’Union
soviétique
et ses alliés aux forces de résistance afghanes connues sous le nom de
moudjahidines.
6. La fin du monde bipolaire et l’émergence du monde unipolaire (1980-1991)
6.1 Mutations du bloc de l’Est
Les mutations du bloc de l’Est dans les années 1980 ont été caractérisées par
des réformes
politiques et économiques, une stagnation économique croissante qui a
entrainé des pénuries
de biens de consommation, un retard technologique, une incapacité à rivaliser
avec les
économies de marché, une montée de l’opposition populaire et la fin de
l’ingérence soviétique.
Ces transformations ont conduit à la chute des régimes communistes en Europe
de l’Est et à
l’effondrement de l’URSS marquant ainsi la fin d’une ère géopolitique et la
transition vers la
démocratie pour de nombreux pays de la région.
6.2 Réformes de M. Gorbatchev : la perestroïka et la Glasnost
Mikhail Gorbatchev initie à partir de 1985 une série de réformes économiques
et politiques
profondes notamment la perestroïka et la Glasnost :
La perestroïka (restructuration) : c’est un ensemble de réformes économiques
et politiques
mises en place sous Gorbatchev pour revitaliser l’économie soviétique et
moderniser le système
politique du pays.
Sur le plan économique, elle a consisté à introduire des mécanismes de
l’économie du marché
dans l’économie socialiste. Cela signifiait de permettre à certaines entreprises
de fonctionner
de manière plus autonome, d’être responsables de leur rentabilité et de
s’orienter vers la
demande plutôt de suivre des plans économiques rigides. Cela signifiait
également une
ouverture aux investissements étrangers. L’Union soviétique devenait ainsi
favorable à la
formation de coentreprises avec des entreprises étrangères pour stimuler les
investissements et
moderniser l’économie locale.
Sur le plan politique, la perestroïka visait à introduire certains éléments
démocratiques dans
le système politique soviétique, comme les élections multipartites limitées de
1989, la réduction
du rôle du parti communiste dans la vie politique du pays et autres…
La perestroïka s’est accompagnée de la Glasnost (transparence) sur le plan
politique. Elle visait
à encourager une plus grande liberté d’expression et de transparence dans les
affaires politiques.
Cela a permis des débats critiques sur l’histoire du régime soviétique
notamment les crimes
staliniens.
En réalité, ces réformes ont ébranlé l’ordre établi et donné un nouvel élan aux
mouvements
dissidents dans les pays satellites.
6.3 Effondrement du bloc communiste
L’effondrement du bloc de l’Est qui s’est principalement déroulé entre 1989 et
1991 est un
processus complexe qui a été déclenché par une série de facteurs économiques,
politiques et
sociaux. Il a abouti à la chute des régimes communistes en Europe de l’Est et à
la dissolution
de l’URSS. On note :
- En Pologne, le mouvement Solidarnosc gagne en influence à la suite des
grèves
massives et des accords de Gdansk en 1980. Les élections semi-libres de 1989,
aboutissent à la victoire de Solidarnosc qui marque la fin du régime
communiste.
- En Hongrie, le parti communiste introduit à partir de 1988 des réformes
politiques et
accepte, un an plus tard, une transition vers un système multipartite.

41
- En Tchécoslovaquie, c’est la révolution de velours de novembre 1989 qui
mène à la
chute du régime communiste.
- En Roumanie, le régime communiste de Nicolas Ceausescu est renversé en
décembre
1989 par des manifestations.
- En RDA, on assiste à la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. La chute
du mur
de Berlin entraine la réunification de l’Allemagne et accélère la fin des régimes
communistes en Europe de l’Est.
- La dissolution de l’URSS (1991) : en aout 1991, un coup d’Etat manqué contre
Gorbatchev secoue la vie politique de l’URSS. C’est après cet échec, que les
Républiques soviétiques commencèrent à déclarer leur indépendance
conduisant à
l’éclatement de l’URSS. En décembre 1991, les dirigeants de la Russie, de
l’Ukraine et
de la Biélorussie signent les accords de Minsk mettant officiellement fin à
l’Union
soviétique et créant la CEI.
6.4 Naissance du monde unipolaire
L’effondrement du bloc de l’Est a laissé les USA comme seule superpuissance
militaire,
économique et politique mondiale. Le monde sous domination américaine va
être
caractérisé par :
- Une hégémonie américaine : sous l’impulsion des USA, un nouvel ordre
mondial basé
sur les principes du capitalisme et de la démocratie voit le jour.
- Expansion de l’OTAN et de l’Union européenne : l’alliance militaire dirigée par
les
USA s’élargit pour inclure plusieurs anciens membres du bloc de l’Est. De même
l’Union européenne étend son influence en acceptant plusieurs anciens pays de
l’Est.
- Domination des organisations internationales : dans le nouvel ordre mondial,
les
USA exercent une influence prépondérante sur les institutions multilatérales
comme
l’ONU, le FMI, l’OMC…
- Globalisation économique : la mondialisation économique s’intensifie sous
l’influence
des USA, marquée par l’expansion des entreprises multinationales et
l’intégration des
marchés mondiaux. Le néolibéralisme, avec ses principes de libre-échange et de
dérégulation est devenu la norme dominante.
Conclusion :
De 1947 à 1991, le monde connait l’affirmation de deux superpuissances qui
entendent imposer
leur vision du monde au reste de la planète. Cette rivalité conduit à la division
du monde en deux
blocs qui s’affrontent désormais par le biais de crises et guerre par procuration.
Toutefois, la
période est marquée par des moments de détente et d’accalmie. Enfin,
l’effondrement du bloc de
l’Est et la dissolution de l’URSS ouvre la voie à l’émergence d’un monde
unipolaire sous
influence américaine.
Moment didactique et durée : remédiation éventuelle en séance
Durée : 15 min
Activité du Activité des élèves Support de travail, matériel
professeur
Propose des exercices de -Résolvent les Enoncé des exercices de
remédiation
remédiation selon les exercices, 1-Définis : détente
résultats du -Posent des 2-Enumère les facteurs de la détente
réinvestissement, questions 3-Relève 2 facettes de la détente
travaux dirigés -Notent
4-Cite quelques réformes introduites par M.
Gorbatchev

42
Moment didactique et durée : évaluation
formative Durée : 15
Activité du professeur Activité des élèves Support de travail, matériel
Propose des exercices Cherchent et résolvent Enoncé des exercices
d’évaluation :
d’évaluation les exercices 1-Définis : détente
d’évaluation 2-Enumère les facteurs de la détente

Moment didactique et durée : réinvestissement, travaux


dirigés Durée : 15 mn
Activité du professeur Activité des élèves Support de travail, matériel
Propose des exercices -Résolvent les Enoncé des exercices de
remédiation
de remédiation selon exercices, 1-Définis : détente
les résultats obtenus au -Posent des questions 2-Enumère les facteurs de la
détente
cours de l’évaluation -Notent 3-Relève 2 facettes de la détente
4-Cite quelques réformes introduites par M.
Gorbatchev
5- Décris le processus d’effondrement du bloc de l’Est
43
LECON 3 : LE MONDE DE 1991 A NOS JOURS

Capacités
Hégémonie des Etats-Unis au lendemain de la dislocation au bloc Est :
• Sur le plan économique : imposition du libéralisme
• Sur le plan politico-militaire : USA devenus le « gendarme du monde »
Conséquences de la conférence de la Baule et le vent de la démocratisation :
Ressortir les conséquences de la
• Discours de la Baule de F. Mitterrand : conférence de la Baule et le vent de la
conditionnée de la démocratisation
• Ere des conférences nationales en Afrique ;
• Limites de la démocratie en Afrique ;
Persistance des tensions dans le monde
Relever la persistance des conflits dans
• Tension dans le Golfe Persique
• Conflit israélo-palestinien
• Problème Kurde
Analyser les contestations de l’hégémonie américaine
• Emergence de la Chine, savoir-faire chinois qui
vient contester la toute-puissance des USA
(Population chinoise au service du développement)
• Investissement chinois dans le monde
• Réaffirmation militaire russe
• Naissance d’un monde multipolaire
Expliquer le Printemps arabe et ses conséquences : le terrorisme en Afrique
• Printemps arabe et ses conséquences et dans le monde
Déterminer les facteurs du phénomène
• Facteurs du phénomène de l’extrême violent de l’extrémisme violent (EPEV

TRACE ECRITE : L’essentiel à retenir

Introduction

La dissolution de l’Union Soviétique et la dislocation du bloc Est mettent fin à la


guerre froide et à la bipolarisation du monde. Mais l’espoir de voir un « nouvel
ordre international » dans les relations internationales s’évanouit rapidement
avec la volonté d’expansion hégémonique des États-Unis qui s’affirment comme
les gendarmes du monde. Cette suprématie américaine sera toutefois
contrariée une décennie plus tard par un contexte géopolitique international
marqué par l’émergence de nouveaux pôles d’influence et la montée de
l’extrémisme violent.

1. L’hyperpuissance américaine après la Guerre froide


Après la disparition de l’URSS en 1991, les Etats-Unis renforcent leur statut de
superpuissance dans tous les domaines à l’échelle planétaire. Hubert Vedrine,
ancien ministre français des affaires étrangères qualifie cette suprématie
hégémonique américaine ‘’d’hyperpuissance’’. Cette hyperpuissance des Etats
Unis s’exprime sur divers plans :

1.1. Au plan économique


A partir de 1991, l’économie américaine est devenue la plus puissante du
monde et produit 25 % du PIB mondial. L’idéologie économique américaine, le
capitalisme (le libéralisme), caractérisé par le libre-échange et la libre-
entreprise, domine alors la géopolitique mondiale. Cette puissance économique
est perceptible à travers plusieurs indicateurs :
▪ Au niveau agricole, les États-Unis sont les premiers producteurs et
exportateurs mondiaux de produits agricoles et agroalimentaires. Cette
agriculture est intégrée à l’industrie agro-business contrôlée par de puissantes
firmes multinationales (Coca-Cola, McDonald’s, Gargill, PepsiCo). Les excédents
agricoles des USA sont exportés à bas prix ou sont convoyés vers les PSD sous
forme de dons. Cette politique permet aux USA de contrôler la politique de ces
pays (arme verte ou food power).
▪ Dans le secteur industriel, les États-Unis ont la première industrie du monde et
assurent 30% de la production mondiale. Ils occupent le premier rang dans de
nombreux secteursnotamment le secteur automobile (avec General Motors et
Ford) et excellent dans le domaine high-tech (informatique avec Appel, et
Microsoft et aéronautique avec Boeing et la NASA)
▪ Sur le plan commercial : Les Etats-Unis sont les premiers importateurs de
biens de la planète (matières premières, énergies, voitures et informatique) et
aussi les premiers exportateurs (produits agricoles, automobiles, high-tech).
d’ailleurs, c’est à la bourse de Chicago que sont fixés les prix des matières
premières, notamment ceux des produits agricoles.
▪ Dans le domaine financier : puissance financière, les USA possèdent la 1ère
bourse du monde (Wall street). Leur monnaie le dollar ($) domine l’économie
mondiale et est la monnaie de référence des échanges internationaux. Les
Etats-Unis abritent les sièges des grandes institutions financières mondiales
(FMI, Banque mondiale, OMC…). ainsi sont-ils les premiers investisseurs à
l’étranger (fonds de pensions). Enfin, ils constituent le 1er pôle majeur de la
mondialisation et des échanges internationaux.

1.2 Une puissance politique et militaire qui confère aux USA le rôle de «
gendarme
Au niveau politique, les Etats-Unis sont un membre permanent du Conseil de
Sécurité de l’ONU. Ils exercent un véritable contrôle sur la direction de l'ONU
dont le siège est d'ailleurs situé sur leur territoire (New York). Ils ont la
suprématie dans la diplomatie internationale à travers leurs influences dans les
organisations internationales et leurs alliances politiques. Dans le domaine
militaire, les États-Unis sont de loin la nation la plus puissante au monde.
Ils contrôlent 50% des ventes d’armes mondiales. Avec 768 milliards de dollars
de budget consacré à la défense, les États-Unis représentent 40% du budget
militaire mondial. L’armée américaine est composée de 540 000 hommes ; ils
disposent de l’arme nucléaire, d’une force de projection et d’un matériel
inégalé, en qualité et en quantité. Ils sont présents sur tous les continents
grâce à leur flotte et à de bases militaires. Aussi ont-ils développé à travers le
monde de nombreux accords militaires comme OTAN ou AUKUS (Alliance
militaire entre l’Australie, la GB et les USA). Forts de cette puissance militaire et
politique, les USA interviennent militairement dans les affaires du monde (la
guerre du Golfe en 1991 avec l’accord de l’ONU, l’intervention en Somalie en
1992 et au Kosovo en 1999 ; en Irak en 2003 pour renverser le régime de
Saddam Hussein). Ils jouent un rôle décisif dans le conflit yougoslave conclu par
les accords de Dayton en 1995. Ils jouent également un rôle diplomatique de
premier ordre dans le conflit israélo- palestinien et de l’ex-Yougoslavie). Ils ont
aussi souvent recours aux sanctions (économiques ,diplomatiques…). Qu’il
s’agisse de punir les violations des droits de l’homme, les agressions militaires,
le soutien au terrorisme, la répression politique, la prolifération nucléaire,… les
USA sont présents. C’est pourquoi on dit des USA qu’ils sontles « gendarmes »
du monde.
SEANCE 2 :
Trace écrite : L’essentiel à retenir
2. Le vent de la démocratisation en Afrique
Les revendications démocratiques aboutissent, au début des années 1990, à
l’organisation des assises nationales dans de nombreux pays francophones. La
conférence de la Baule a marqué un tournant dans le processus démocratique
en Afrique.

2.1. La conférence de la Baule et l’ère des conférences nationales en Afrique


Lors de la 16e conférence des chefs d'État de France et d'Afrique qui se déroule
à La Baule (en France) du 19 au 21 juin 1990, le président français François
Mitterrand prononce un discours sur la démocratisation de l’Afrique. Dans son
discours, il invite les présidents africains à adopter la démocratie dans leur
pays. Pour obliger les dirigeants africains à se conformer à la nouvelle donne
internationale, il affirme que l’aide publique de développement de la France aux
Etats africains sera conditionnée aux efforts démocratiques. Autrement dit, la
France n’offrira plus d’aide économique à un pays africain sans des reformes
allant dans le sens de la démocratie. Cette vision politique du Président F.
Mitterrand a incité des mouvements populaires ayant remis en cause les
régimes à parti unique au pouvoir en Afrique francophone. Ces mouvements
populaires ont abouti à l’organisation des conférences nationales en Afrique
francophone. La toute première Conférence nationale s’est déroulée au Bénin
du 19 au 28 février 1990. Après le Benin, le Gabon (1er mars-19 avril 1990), le
Congo (25 février-10 juin 1991), le Mali (août 1991), le Togo (8 juillet-28 août
1991), le Niger (29 juillet- novembre 1991), le Zaïre (7 août 1991-17 mars 1993)
et le Tchad (15 janvier-mars 1993) organisèrent leurs conférences nationales à
la suite des demandes des forces pro-démocratiques. Les décisions prises lors de
ces conférences ont entrainé des conséquences.

2.2. Les conséquences des conférences nationales


elles sont les suivantes :
▪ Dénonciation des abus des partis uniques au pouvoir ;
▪ Changement de régime dans certains pays ;
▪ Mise en place des gouvernements de transitions démocratiques
▪ Changement de régime dans certains pays ;
▪ Adoption de nouvelles constitutions avec l’affirmation des principes de
séparation des pouvoirs, la garantie des libertés fondamentales et le respect
des droits de l’homme ;
▪ Adoption du multipartisme ;
▪ Proclamation des droits économiques et sociaux
▪ Organisation des élections pluralistes
Malgré ces avancées démocratiques favorisées par la tenue des conférences
nationales, le processus démocratique connait quelques limites.
2.3. Les limites de la démocratisation en Afrique
▪ Les transitions démocratiques sont soldées pour la plupart par un chaos à
cause du désir de vengeance des opposants aux anciens régimes en place ;
▪ Les régimes militaires et civils qui, pour se protéger, ont décidé de conserver le
pouvoir en se légitimant par des élections frauduleuses et des institutions
taillées à leur mesure (déficit démocratique) ;

▪ Remise en cause des libertés publiques et confiscation des libertés


fondamentales et publiques. ;
▪ Les violations des droits humains sont signalées par des organisations à cause
des répressions politiques et des guerres civiles ;
▪ Persistance des guerres civiles et des conflits armés (la RDC, le Soudan, la
Somalie) ;
▪ Persistance des coups d’Etat: de 1990 à nos jours, 35 dirigeants ont été
renversés par un coup d’Etat et les plus récents ont eu lieu au Mali, au Niger, en
Guinée, au Burkina Faso, et au Soudan ;
▪ Enfin, Persistance de la corruption, de la mal gouvernance, du népotisme.

3.La persistance des tensions dans le monde

Le monde de l’après-guerre Froide est un monde instable où les guerres civiles,


les conflits frontaliers, les soulèvements populaires et les tensions
interétatiques persistent :
▪ Dans le golfe Persique :
Le Golfe persique est un golfe (une partie de la mer avancée dans les terres) de
l'océan Indien qui s'étend sur 251 000 km2. Il sépare l'Iran de la péninsule
arabique. C’est une zone où plusieurs États côtiers (Iran, Irak, Koweït, Arabie
saoudite, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis et Oman) se partagent le plus
grand réservoir de pétrole (60 % des réserves mondiales). Cette proximité et ces
richesses entraînent un grand nombre de tensions ayant secoué la zone dans le
passé (la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 et l'invasion du Koweït en août 1990).
De nos jours, les tensions dans cette région tournent autour du programme
nucléaire de l'Iran (Iran cherche avoir la bombe atomique), les rivalités
religieuses (Arabie saoudite et Iran), la Guerre civile au
Yémen, les menaces de fermeture du passage du détroit d'Ormuz (par l’Iran) où
transite le pétrole. Ces tensions entrainent le renforcement de la présence
militaire des États-Unis, du
Royaume-Uni dans cette région.

▪ La persistance du conflit Israélo-palestinien :

Le conflit israélo-palestinien est l’un des conflits les plus anciens affectant notre
planète.
La naissance de l’Etat d’Israël en 1948 entraîna l’exode de milliers de
palestiniens dans les
Etats alentours (Liban notamment) et des guerres avec les Etats arabes voisins
(guerre de 1948-
1949, guerre des 6 jours en 1967, guerre du Kippour en 1973). Aujourd’hui
encore, le confli tporte sur la définition géographique de deux Etats
indépendants (israélien et palestinien), le contrôle des lieux saints, la question
de Jérusalem considérée comme capitale, les colonies

53
juives installées en territoire palestinien (Cisjordanie) et encore sur la question
du partage de
l’eau dans la région. Le 7 octobre 2023, le Hamas (un groupe armé et autorité
politique qui
administre la bande de Gaza) attaque l’Etat d’Israël faisant près de 1000 morts
entrainant une
réponse sanglante des forces israéliennes faisant environs près de 100 000 mort
(Guerre en
cours).

▪ La question Kurde et ses conséquences

Les Kurdes (quarante millions) vivant majoritairement sur le territoire de quatre


pays
(Turquie, Iran, Irak, Syrie), sont la plus grande nation sans État dans le monde.
Ils sont
majoritairement musulmans sunnites. Après la fin de la Première Guerre
mondiale, , le Traité
de Sèvres (1920) prévoit la constitution d'un Etat kurde indépendant. Mais trois
ans plus tard,
les puissances alliées accordent l'annexion de la majeure partie du Kurdistan au
nouvel Etat
turc, le reste étant réparti entre l'Iran, l'Irak et la Syrie. Du coup, le peuple Kurde
se retrouve
sans Etat et fait l’objet depuis des années de nombreuses discriminations dans
les pays où il se
retrouve. Par exemple, en 1924, la Turquie promulgue une loi qui interdit toutes
les écoles,
associations et publications kurdes. L'existence du peuple kurde est niée et sa
langue interdite.
Des centaines de milliers de Kurdes sont déportés et massacrés. De nos jours, le
peuple kurde
est perpétuellement confronté à l'exode, la destruction des villages, la torture,
les assassinats.

Au total, le début des années 1990 est marqué par un retour à la démocratie en
Afrique à
la suite du discours de la Baule. Ces années sont marquées aussi par la
persistance de certains
conflits dans le monde.

SEANCE 3 :

Trace écrite : L’essentiel à retenir


4. Contestation de l’hégémonie américaine
4. 1. Les raisons de l’affaiblissement du leadership américain
A partir de 2001, on assiste au déclin de la domination américaine dans le
monde. Les
raisons de ce déclin sont nombreuses. Le 11 septembre 2001, les États-Unis
subissent des
attaques de l’organisation islamique Al-Qaïda. En représailles à ces attaques
qui firent environ
3000 morts, les États-Unis s’engagent dans la lutte contre le terrorisme
international en menant
une intervention militaire massive en 2001 contre le régime des Talibans en
Afghanistan. Aussi
mêment-ils également une « croisade » contre les États soupçonnés de soutenir
le terrorisme
international (Iran, Syrie et surtout l’Irak en 2003).

56
Ces conflits des années 2000 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ont
dégradé
l’image des États-Unis. De plus, l’usage de la torture à Guantanamo (base
américaine située à
Cuba), l’enlisement des guerres d’Afghanistan et d’Irak, l’espionnage des Etats
alliés (France,
Allemagne) rendu public grâce aux révélations de Julian Assange et d’Edourd
snowden, le
contrôle accru des libertés civiles et les actions de déstabilisation de la CIA ont
imposé l’image
des États-Unis comme l’un des principaux opposants à la paix mondiale,
remettant en cause
leur suprématie dans le monde. On assiste dès lors à l’émergence de nouveaux
pôles d’influence
dans le monde.

4.2. La multipolarité du monde et l’émergence de nouveaux pôles d’influence

L’affaiblissement du leadership des États-Unis entraine l’émergence de


nouveaux acteurs
sur la scène internationale, favorisant l’avènement d’un monde multipolaire. La
multipolarité
est un concept d'organisation mondiale, dans lequel les influences
prépondérantes sont
partagées par plusieurs pôles, communément nommées grandes puissances.
Les principaux
pôles d’influence sont :
▪ La Chine : la Chine est devenue, en 2010, la deuxième économie mondiale.
Peuplé de
1,37 milliard d’habitants, soit 19% de la population mondiale, la Chine est la
première
exportatrice de la planète et la principale détentrice des bons du Trésor
américains. Elle a
racheté des parts dans plusieurs entreprises européennes et américaines. Selon
un rapport de la
Banque mondiale en 2016, les investissements sortants de la Chine dans le
monde étaient plus
importants que les investissements que les Chinois recevaient du monde entier.
De 2009 à 2016,
les investissements chinois en Europe sont de 35 Milliards de Dollars, en
Afrique, les échanges
commerciaux avec la Chine se chiffrent à 143 Milliards de Dollars et entre 2005
et 2007, la
Chine a investi 137 Milliards de Dollars en Afrique. Aux USA, les investissements
directs
chinois se chiffrent en 2021 à 7,2 Milliards et les investissements directs entre
les deux Etats
(USA et Chine) se chiffrent à 15,9 Milliards de Dollars en 2020. En 2021, 248
groupes chinois
sont cotés sur un marché financier américain. En dehors de l’économie, la Chine
est en train de
concurrencer les USA dans les domaines militaire, spatiale, aéronautique et
technologique.
▪ La montée militaire de la Russie : Elle est l’héritière de la superpuissance que
fut
l’Union soviétique. Sa politique extérieure est dictée par deux priorités : la
défense de ses
intérêts économiques et le maintien dans son orbite des Etats issus de l'Union
soviétique (guerre
de Géorgie en 2008, conflit Ukrainien en 2014). Deuxième exportateur mondial
d’armement,
avec une part de marché globale de 23%, la Russie utilise ses exportations de
défense et
57
d’énergie pour développer et renforcer sa politique d’influence internationale.
Depuis l’arrivée
au pourvoir de Vladimir Poutine, la Russie a entrepris de moderniser ses forces
armées. En août
2008, un plan de modernisation a été élaboré par l’ancien ministre de la
Défense Anatoli
Serdioukov. Mieux équipées, professionnalisées et plus mobiles, les forces
russes se trouvent
aujourd’hui à un moment charnière de leur processus de modernisation. Si le
nombre d’unités
terrestres a été divisé par deux, l’accent est mis sur les troupes aéroportées, le
renforcement des
forces spéciales et de l’armée de l’air.
▪ L’Union Européenne (UE) : Elle s’affirme aujourd’hui comme un acteur
stratégique
dans les relations internationales sur les questions économiques,
environnementales, sur le
respect des droits de l’homme et des principes démocratiques.
▪ Les BRICS : Le Brésil, la Russie, la Chine et l’Inde (plus l’Afrique du sud) font
partie
des nouveaux pays émergents. Ils bousculent de nos jours l’ordre géopolitique
international de
par leur dynamisme politique et économique mais aussi par leurs prétentions
militaires
croissantes.
▪ La Corée du Nord : Avec sa capacité nucléaire, son armée d'un million
d'hommes
(4eme armée du monde en effectifs) et des dépenses militaires estimées à 20%
de son PIB, la
Corée du Nord dispose donc d'une des forces de frappe les plus puissantes de la
planète. Elle
dispose d'un armement non-conventionnel (elle a effectué six tests nucléaires
dont un qui serait
vraisemblablement une bombe H ainsi que des milliers de tonnes d'armes
chimiques), de 70
sous-marins, plus de 4000 chars, des missiles balistiques intercontinentaux ou
encore 545
avions de combats.
▪ Les puissances émergentes du Moyen-Orient : Israël, Iran, Turquie, sont les
principales forces émergentes au Proche et du Moyen-Orient qui aspirent à un
leadership
régional.

Au total, la perte de l’hégémonie américaine à partir de 2001 a fait apparaitre


dans le monde
de nouveaux pôles d’influence

60
Trace écrite : l’essentiel à retenir
5. Le printemps arabe et ses conséquences
Le « Printemps arabe » est un ensemble de contestations populaires, d'ampleur
et d'intensité
très variable, qui se sont produits dans de nombreux pays du monde arabe
contre la pauvreté,
le chômage,la tyrannie et la corruption de leurs gouvernements à partir de
décembre 2010. Ce
mouvement a commencé le 17 décembre 2010 après l’immolation par le feu
des jeunes tunisiens
Mohamed Bouazizi et Neji Hefiane dans la petite ville de Sidi Bouzid. Cet
évènement a
déclenché des manifestations violentes ayant provoqué la chute du président
tunisien Zine el-
Abidine Ben Ali. Très vite, des révoltes populaires se propagent dans d’autres
pays arabes
notamment en Egypte où Hosni Moubarak a été arrêté ; au Yemen Ali Abdallah
Saleh renonce
à la présidence au profit de son vice-président ; en Syrie, Bachar Al-Assad fait
face à des
manifestations ; au Bahreïn et en Libye.

5.1. Les causes du printemps arabe

▪ Le manque de libertés individuelles et publiques,


▪ La corruption des gouvernements arabes,
▪ Le chômage, la misère, l
▪ Le coût de la vie élevé ainsi qu’un besoin de démocratie.
5.2. Les conséquences

Les conséquences du Printemps arabe sont multiples :

▪ Politiques : Réforme constitutionnelle au Maroc et en Jordanie, l’arrivée au


pouvoir de
nouveaux régimes (Tunisie, Egypte, Libye..), Eclatement des guerres civiles en
( Syrie, Yémen et
Libye), la montée en puissance du groupe terroriste Etat Islamique au Moyen-
Orient et en Afrique de
l’ouest (AQMI, Etat-islamique, Boko-Haram, …), déstabilisation du Sahel, ,
désacralisation du
pouvoir, le retour des coups d‘Etat dans les pays de l’Afrique de l’ouest, …
▪ Sociales : réduction des prix des produits de première nécessité, mesures en
faveur des
fonctionnaires, des étudiants et des chômeurs en Arabie saoudite et en Algérie ;
Vagues de migrations
des populations vers les pays européens
▪ Économiques : l'Egypte et la Tunisie ont été fortement impactées par la baisse
des revenus
touristiques, chute des investissements étrangers ;

61
6. Les facteurs du phénomène de l’extrémisme violent
6.1. L’extrémisme violent
L'extrémisme violent fait référence à la préconisation, à l'engagement, à la
préparation ou à tout
autre soutien de la violence motivée ou justifiée par l'idéologie pour atteindre
des objectifs
sociaux, économiques et politiques.

6.2. Les facteurs de l’extrémisme violent

a- Les causes politiques


• Le non-respect de la loi,
• La mauvaise gouvernance,
• Le manque de transparence dans la gestion du pouvoir,
• L’abus du pouvoir,
• Le manque de démocratie,
• Le racisme, le tribalisme, l’ethnocentrisme…
b- Les causes économiques
• La mauvaise répartition des ressources naturelles et financières,
• La hausse du prix des produits
• La corruption et le chômage,
• La pauvreté,
• Les problèmes fonciers…
c- Les causes sociales
• Les inégalités sociales,
• La croissance démographique,
• La marginalisation et les exclusions,
• La non transparence de la justice…
En définitive, le printemps arabe est un mouvement de révolte populaire dans
les pays
arabes en 2010. Ce printemps arabe aura eu pour conséquences la montée de
l’extrémisme
violent.

Conclusion générale
Après l’effondrement de L’URSS, les États-Unis s’affirment comme la puissance
dominante
de la scène internationale de 1991 à 2000. Cette unipolarisation du monde avec
la suprématie
hégémonique des États-Unis sera remise en cause à partir de 2001
principalement avec les
attentats du 11 septembre et l’émergence de nouveaux pôles d’influence. On
assiste à une
nouvelle configuration géopolitique du monde qui devient progressivement
multipolaire.
62
Réinvestissement
Séance 1 1.Comment expliques-tu la domination des USA dans le monde
après la Guerre froide ?
2.Pourquoi dit-on que les USA sont devenus les ‘’gendarme du monde’’ après la
guerre froide
?
Séance 2 3.Qu’est-ce que la conditionnalité de l’aide à la démocratie en
Afrique après le discours de la
Baule en 1990 ?
4.Quelles sont les limites de la démocratie en Afrique ?
Séance 5 et 6 5. Qu’est-ce que le printemps arabe ? Quelles en sont ses causes
et ses conséquences ?
6.Quels sont les facteurs de la montée de l’extrémisme violent dans le monde ?
Séance 3 et 4 Situation d’évaluation des compétences
Tu assistes à un débat télévisé sur New World portant sur les attentats des
tours jumelles du
« World Trade Center » perpétrés sur le sol étatsunien, le 11 septembre 2001.
L’un des
débatteurs affirme que « de 1991 à 2001, les Etats-Unis étaient la seule
hyperpuissance
mondiale. Avec ces attentats, les Etats-Unis voient leur hégémonie contestée et
concurrencée,
faisant du monde, un monde multipolaire après 2001 ».
Consignes
1. Identifie le problème posé dans cette situation.
2. Es-tu d’accord avec le débatteur qui affirme :« Avec ces attentats, les Etats-
Unis voient
leur hégémonie contestée et concurrencée, faisant du monde, un monde
multipolaire après
2001 ». Justifie ta réponse.

63
LEÇON 4 : LES FACTEURS DE LA DECOLONISATION
DE L’AFRIQUE

Classe : TERMINALE
Capacités Contenus
Expliquer les facteurs de Facteurs de la décolonisation en Afrique :
la décolonisation en • Notions de nationalisme et de décolonisation ;
Afrique • Facteurs (causes) de la décolonisation.
Identifier les principaux
mouvements • Principaux mouvements nationalistes en Afrique.
nationalistes
Analyser les rôles des Rôles des mouvements nationalistes et les
conséquences des
mouvements luttes d’émancipation :
nationalistes et les • Rôles des mouvements nationalistes ; (acteurs
institutionnels
conséquences des luttes et non institutionnels) ;
d’émancipation • Conséquences des luttes d’émancipation.

TRACE ECRITE (Essentiel à retenir)


Introduction
La décolonisation, qui peut être pacifique ou parfois violente, a commencé à la
fin du XVIIIe siècle [avec l’indépendance des 13 colonies d’Amérique 04 Juillet
1776] et s’est poursuivie pendant le XIXe siècle [avec l’indépendance des
colonies portugaises et espagnoles du
Nouveau Monde]. Mais il faut attendre la fin des deux guerres mondiales pour
assister à la plus grande phase de ce mouvement de décolonisation. Ceci étant,
qu’est ce qui a conduit ces peuples, jadis sous domination étrangères, à
revendiquer leur souveraineté ? Quels sont les principaux mouvements
nationalistes en Afrique ? Quel rôle ont-ils joué dans le processus de
décolonisation de l’Afrique ? Quelles ont été les conséquences des luttes
d’émancipation ?
1. Quelques définitions
1.1. La décolonisation
La décolonisation est le mouvement de reprise en mains, par les peuples
colonisés, des responsabilités politiques, économiques, socio-culturelles
confisquées par le colonisateur. C’est aussi le mouvement (processus) de
conquête par les peuples (dominés), de leur indépendance nationale, de leur
reconnaissance internationale et de leur liberté.
1.2. Le nationalisme
Le nationalisme est une doctrine qui exalte le sentiment national. C’est aussi
l’amour pour sa nation. Le nationalisme s’est surtout développé au sein des
intellectuels et anciens combattants(au lendemain de la Deuxième Guerre
mondiale). Il se manifesta sous plusieurs formes :
✓ sur le plan politique on a parlé de Panafricanisme, Panarabisme ou
Panaméricanisme ; ✓ sur le plan religieux on parla de Panislamisme.
2. Les facteurs de la décolonisation en Afrique
2.1. Les causes (facteurs) internes
La colonisation, par son mode de fonctionnement portait, en elle, les germes de
sa propre destruction.
2.1.1. Les contradictions internes de la colonisation
Les Européens enseignaient des principes politiques et administratifs dans leurs
écoles coloniales qui vont entrainer la révolte contre la colonisation. En effet,
les Européens y prônaient l’égalité des peuples du monde entier, quelle que soit
leur race. Mais dans la réalité, ils faisaient subir l’injustice aux colonisés
(brimades, sévisses corporelles, exécutions sommaires, paiement d’impôts,
etc.). La prise de conscience de ces injustices par les colonisés suscita la révolte
de ces derniers.
2.1.2. Les facteurs économiques (la politique économique)
Avant la pénétration européenne, les colonies, , cultivaient des produits vivriers.
Mais les Européens, à leur arrivée, ont substitué à cette agriculture vivrière une
agriculture industrielle.refoulés sur des terres incultes suite à la confiscation de
leurs riches terres, les colonisés avaient du mal à nourrir leurs familles de plus
en plus nombreuses (avec les progrès de la médecine et la pratique de
l’hygiène). D’où la recrudescence de la famine. Pour les Africains, les Européens
sont responsables de cette situation ; C’est ainsi qu’ils ont exigé leur départ. Par
ailleurs, les systèmes économiques comme l’économie (le commerce) de traite,
le pacte colonial indignaient les colonisés. Ceci d’autant plus que ce sont les
métropoles qui fixaient les prix des produits des colonies .D’autre part, la
multiplicité des impôts, des corvées et autres taxes…surtout lors de la crise de
1929 et des deux guerres mondiales avait suscité beaucoup de
mécontentements parmi les colonisés.
2.1.3. Les facteurs socio-politiques
Avec l’introduction de la monnaie et du système capitaliste, la colonisation a
entrainé, l’individualisme, la cupidité…bref elle a provoqué l’éclatement des
structures traditionnelles et la réduction de l’autorité des chefs traditionnels et
coutumiers.Elle a entrainé la naissance d’une nouvelle couche sociale acquise
en partie aux mœurs européennes, et donc recherchant l’épanouissement,
l’individualisme, la liberté. La création des écoles dans les colonies a permis
l’apparition et le développement d’élites locales (commerçants, négociants,
bourgeois et intellectuels) qui restent exclues du pouvoir confisqué par les
colons. Ces élites vont demander le départ des colons, afin qu’ils puissent
diriger eux-mêmes leur Nation
2.2. Les causes / facteurs externes de la décolonisation
2.2.1. Les deux Guerres mondiales
Les deux guerres mondiales ont étalé les faiblesses (économiques, politiques et
idéologiques) des puissances colonisatrices : Elles ont perdu leur prestige, leur
mythe d’invincibilité. La défaite de la France, de la Belgique et de la Hollande en
1940 porte un coup au prestige de ces métropoles impérialistes. De même, la
Deuxième Guerre fut un puissant accélérateur de la poussée nationaliste dans
les pays colonisés ; elle vit d’abord le succès foudroyant d’un peuple de couleur,
le Japon. Grâce à ce pays, l’Indochine, la Malaisie et l’Indonésie échappèrent
aux Blancs. La participation de millions de combattants venus des colonies à la
libération de certaines métropoles et les sacrifices qui en ont résulté ont conduit
à une prise de conscience qui s’est manifestée par la naissance des
mouvements de libération nationale.
Ces métropoles ont surtout été affaiblies par les deux guerres mondiales. Les
colonisés profiteront de cet affaiblissement pour réclamer leur indépendance.
Aussi la Deuxième Guerre mondiale a-t-ellle entrainé la naissance de deux
super-grands : USA, URSS, des pays anticolonialistes
2.2.2. L’attitude des 2 superpuissances : USA, URSS
Les USA ont été une ancienne colonie anglaise (04 Juillet 1776), c’est pourquoi
ils sont hostiles à la colonisation. En 1919 déjà, le président Wilson Woodrow
l’avait clairement affiché, dans les 14 points (le 5e point concerne le sort des
colonies) qui ont créé la SDN. En 1941 le président Franklin Roosevelt réitère ce
choix anticolonialiste des Américains, dans la Charte de l’Atlantique. En effet,
lors de la signature de la charte de l’Atlantique le 14 août 1941, il proclame
(article 3) « le droit qu’ont tous les peuples de choisir la forme de gouvernance
sous laquelle ils veulent vivre » et affirme (article 2) la liberté des peuples à
disposer d’eux- mêmes ». Pour donner l’exemple, les USA quittent le Japon en
1951 après avoir imposé le régime parlementaire (Le traité de paix de San
Francisco du 18 au 11 septembre 1951), ils accordent l’indépendance aux îles
Philippines en 1956.L’URSS condamne la colonisation parce qu’elle est un
produit du capitalisme et abouti à l’exploitation de l’homme (colonisé/ des
masses indigènes) par l’homme (Colonisateur). Chaque Congrès de
l’Internationale Communiste a condamné l’impérialisme. Après la 2e Guerre
mondiale, pour des raisons idéologiques, mais aussi par désir d’affaiblir les
puissances du bloc occidental que sont la France, la Grande Bretagne, la
Belgique, les Pays-Bas, l’URSS a vivement encouragé les peuples colonisés à
revendiquer leur indépendance. C’est pourquoi elle s’est proposée d’être « le
chef de file des mouvements anti- impérialistes » selon la doctrine Jdanov et a
apporté un soutien massif aux mouvements de libération nationale.
2.2.3. Les différentes conférences (conférences de Bandung et d’Accra)
2.2.3.1. La conférence de Bandoeng (Bandung) 18 au 24 avril 1955
Elle s’est tenue sur île de Java en Indonésie : [Pourquoi ? Du fait que ce pays
était déjà indépendant et aussi à cause de la forte personnalité du Président
indonésien SUKARNO (Sukarno (1901-1970), homme d’État indonésien, premier
président de la république d’Indonésie (1945-1968)]. Les pays initiateurs de
cette conférence sont : Birmanie, Ceylan, Inde, Indonésie, Pakistan. Cette
conférence, en plus de ses initiateurs, a réuni 24 pays d’Afrique et d’Asie :
Arabie Saoudite, Cambodge, Chine, Irak, Iran, Japon, Jordanie, Laos, Népal,
Philippines, Siam, Turquie, République Démocratique du Vietnam (Nord=URSS),
l’Etat du Vietnam (sud= Américain), Yémen, Egypte, Ethiopie, Gold Coast, Liban,
Liberia, Libye, Soudan Cette conférence a réuni des pays de différentes
idéologies : Il y a ceux qui sont :
- Communistes : Exemples Chine, République Démocratique du Vietnam
(Nord),

72
- Capitalistes : Etat du Vietnam, Gambie, Japon, Iran, Irak…
- Neutres : Gold Coast, Liberia, Soudan
Mais tous ces pays de différentes idéologies, ont des points en commun : Ils
sont tous anticolonialistes et sont surtout des PSD. On a ainsi parlé de
l’internationale de pauvres.
La conférence de Bandoeng avait pour but de :
- Montrer la solidarité des pays de l’Afrique et d’Asie en lutte pour leur
indépendance
- Demander aux peuples déjà indépendants d’aider les autres à acquérir leur
indépendance
- Condamner le colonialisme (qui selon eux est le seul obstacle au progrès de
leur pays)
- Affirmer que l’indépendance est inséparable du principe de liberté
- Condamner la discrimination raciale, la course aux armements et la guerre
froide
Les principales décisions de cette conférence ont été :
- La solidarité entre les pays du Tiers monde
- La lutte contre la balkanisation
- La condamnation du colonialisme
- La condamnation de la course aux armements qui entretient la Guerre Froide
- Le soutien aux mouvements de lutte pour l’indépendance
- La neutralité face à la guerre froide, d’où la naissance d’une troisième force :
le
mouvement des non alignés
- Le développement économique et socioculturel des PSD, à travers l’institution
d’un
Nouvel Ordre Economique International : NOEI….
2.2.3.2. Les conférences d’Accra (Ghana)
La 1ère conférence : avril 1958 (conférence des Etats indépendants)
Elle a réuni les représentants de 08 pays indépendants d’Afrique : Ghana,
Egypte (République
Arabe Uni RAU), Ethiopie, Liberia, Libye, Maroc, Soudan Tunisie.
Cette conférence proclama le droit à l’indépendance de tous les pays africains
et du monde. Elle
a reconnu le Front de Libération Nation FLN, comme seul interlocuteur en
Algérie.

La 2e conférence : du 02 au 12 décembre 1958

Cette conférence qui voulait hâter l’accession à l’indépendance des pays, réunit
plus de 250
délégués de presque tous les pays africains.. Il y avait aussi des observateurs de
l’ONU, des
USA et de l’URSS. Les principales décisions de cette conférence sont :
- Condamner le colonialisme
73
- Encourager toutes les formes d’actions pouvant aboutir à l’indépendance :
Qu’elles
soient pacifiques ou violentes, mais en insistant sur la forme pacifique
- Lancer un appel à l’ONU, pour que celle-ci demande aux métropoles de se
retirer de
leurs colonies. (afin que soit respectés les droits de l’Homme contenus dans la
charte de
l’ONU).
- Créer un secrétariat permanent, chargé de travailler pour la libération de
l’Afrique, et
de développer le sentiment de solidarité panafricaine.
- réfléchir sur la possibilité de la création de l’Union Africaine (idée de Kwame
N’Kurmah)

2.2.4. L’action de la SDN et de l’ONU


Ces deux organisations étaient contre la colonisation et ont lutté pour
l’indépendance des
peuples colonisés. Ainsi, la SDN a placé les anciennes colonies allemandes et
Turques sous
trois types de mandat, afin de les préparer à l’indépendance.
Après l’échec de la SDN, l’ONU par le biais du Conseil de Tutelle, a aussi joué un
rôle
important dans l’accession à l’indépendance des territoires sous tutelle. Ainsi,
l’ONU réaffirme
« le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » (article 2 de la charte de
l’Atlantique le 14 août
1941) et devient une tribune pour l’anticolonialisme.
Ces deux organisations ont encouragé les métropoles à accorder
l’indépendance à leurs
colonies. C’est dans ce cadre que l’ONU a supervisé les élections de 1958 au
Togo. Celle-ci a
abouti à la victoire des nationalistes et l’accession du pays à l’indépendance.
2.2.5. Le christianisme (l’action des églises chrétiennes) et l’islam
Les religions ont joué un rôle important dans le processus de décolonisation à
travers la
formation des cadres indigènes.
Les missionnaires catholiques et protestants, ont mis à profit l’église pour
propager la bonne
nouvelle (l’Evangile), la foi chrétienne. Mais en diffusant l’évangile et en
prêchant la liberté,
l’égalité de tous les hommes, sans distinction de la couleur de la peau, ces
hommes d’église,
ont été involontairement les promoteurs de l’idée d’émancipation
(soulèvement, d’insurrection,
décolonisation).
De même, le christianisme a contribué à former les 1ers cadres africains,
l’intelligentsia
africaine. Ce sont d’ailleurs ces cadres qui vont se soulever contre le
colonialisme. [Les 1eres
écoles ont été construites par les églises, exemple au Togo la première école fut
construite en 1898].

L’islam a également participé à la décolonisation à travers la création de deux


courants anti-
impérialistes : le courant des réformateurs puritains qui cherchent un moyen de
lutter contre
l’envahisseur dans le retour aux sources coraniques, avec l’Université El Azhar
en Egypte et
celui des réformateurs laïcistes, comme Bourguiba en Tunisie, persuadés de la
nécessité d’une
certaine modernisation pour mener à bien le combat libérateur.
3. Principaux mouvements nationalistes en Afrique
3.1. Les partis politiques

74
Il s’agit essentiellement de :
Le RDA Rassemblement Démocratique Africain. Il est créé en 1946 (19
septembre 1946) par
Houphouët Boigny, Sourou Mighan Apithy, Modibo Keita (qui dirige la section
malienne
du RDA : l’Union soudanaise)
La CPP Convention People’s Party fondée en 1949 par le docteur Kwame
N’Kurmah
Le NCNC National Convention Nigeria and Cameroun dirigé par Nimandi
AZIKIWE du
Nigeria

Le KANU Kenyan African National Union de Jomo Kenyatta

Le F.L.N : Front de libération national en Algérie

Le mouvement radical de Ferhat ABBAS en Algérie

CUT Comité de l’Unité Togolaise de Sylvanus Olympio

TANU : Tanganyikan African National Union de Julius NIERERE

3.2. Les syndicats


Les principaux syndicats étaient :
CGTA : Confédération Générale des Travailleurs Africains, fondée en 1956 par
Sékou Touré
(Touré, Sékou (1922-1984), homme d’État guinéen, premier président de la
Guinée
indépendante (1958-1984)). Ce Syndicat devient un an plus tard l’UGTAN :
Union Général des
Travailleurs d’Afrique Noire.
U.G.T.A : Union Générale des Travailleurs Algériens
3.3. Les mouvements d’étudiants
FEANF : Fédération des Etudiants d’Afrique Noire Francophone (dont l’un des
Présidents fut
Mensan Adimado Aduayom du Togo)
WASU West African Student Union pour les anglophones
UGEAO : Union Générale des Etudiants de l’Afrique Occidentale
4. Le rôle des mouvements nationalistes dans la lutte pour l’indépendance
4.1. Le rôle des acteurs institutionnels (acteurs à la tête des institutions)
Les élites intellectuelles africaines ont joué un rôle important dans l’éveil des
peuples colonisés.
Ils ont développé la pensée occidentale dans les colonies. Conscients des
conditions d’existence
des peuples dominés, ils ont compris que la pauvreté n’est pas une fatalité et
que toute
supériorité fondée sur la couleur de la peau est une contre-vérité. Souvent
exclus des
responsabilités administratives et politiques, ils empruntèrent les idées de
liberté et de
démocratie pour les retourner contre le pouvoir colonial.

75
Ces intellectuels ont développé le panafricanisme [qui vise à revaloriser la
civilisation
africaine. Senghor et ses amis ont mené un combat culturel aux côtés de leurs
frères
politiciens.] Ils élaborent des écrits, qui seront publiés dans la Revue Présence
Africaine [créée
à Paris en 1947 par le Sénégalais Alioune Diop]. C’est ainsi qu’une quantité de
journaux
apparaît dans les métropoles et permet aux intellectuels de s’exprimer et de
dénoncer le système
colonial. Exemple : « Evening News » de Kwame Nkrumah, « Légitime défense »
de Césaire,
Senghor et Rabemanjara. En 1954 est publié « Nation nègre et culture » du
professeur Cheik
Anta DIOP, qui apparaît comme une bombe dans la citadelle coloniale. Ces
intellectuels
diffusent la philosophie de la négritude : ensemble des valeurs culturelles du
monde noir. Les
intellectuels africains matérialisent leurs idées par la création de partis
politiques et de syndicats
qui vont articuler leur combat à un vaste mouvement de rejet global de la
colonisation et la
diffusion des idées et la civilisation africaine dans les autres continents
[contrées].
4.2. Le rôle des acteurs non institutionnels (acteurs à la tête des associations)
Les syndicats qui ont pendant longtemps été interdits, furent autorisés dans les
années 40
(1944-1946). C’est alors qu’on voit apparaitre une pléthore de syndicats. Ceux-
ci réclamaient :
- L’égalité de salaire avec les fonctionnaires européens
- Une meilleure organisation de leur carrière (assurance retraite à titre
illustratif)
- L’autonomie politique, car selon les syndicalistes, "sans l’autonomie
politique, une
prétendue autonomie syndicale n’est que vaine".

De même, les mouvements populaires, religieux et des femmes ont beaucoup


contribué à
l’indépendance des colonies. En effet, les populations ont toujours répondu
massivement
présentes aux appels lancés par les élites et les partis politiques, pour chasser
les Européens
d’Afrique.

Par ailleurs, on a enregistré aussi au Sénégal une mutinerie des tirailleurs


Sénégalais en 1944.
Ces derniers lassés de réclamer leurs droits (soldes, pensions, décorations,
primes diverses que
les soldats Blancs recevaient) ont provoqué de nombreuses mutineries dont la
plus célèbre est
celle de Thiaroye le 24 novembre 1944.
Dans le domaine religieux, on a enregistré aussi des mouvements de révolte
contre les colons :
les religieux africains réclament plus de justice, le respect des Noirs, le droit des
Noirs à créer
leurs propres églises. C’est dans ce contexte que Simon Kibangu fonde sa propre
église (et
instaura le Kibanguisme) où les chefs religieux étaient des Noirs.
Les femmes ont aussi soutenu par leurs actions diverses, la lutte contre le
colonialisme. Elles
étaient actives dans les partis politiques, les syndicats, les marches de
protestations et
investissaient même des fortunes pour soutenir les partis politiques, les
Syndicats. On peut, à
titre illustratif, évoquer le cas des révoltes de Lomé…
5. Conséquences de lutte d’émancipation
La perte de prestige des Européens
L’indépendance des colonies

76
La désintégration des empires coloniaux
L’émergence des pays du tiers monde
Le changement d’attitude des colons
Conclusion
La décolonisation de l’Afrique a été possible grâce à un certain nombre de
facteurs. Mais l’on
doit insister sur l’action des partis politiques et des intellectuels. Ceux-ci ont
fédéré, autant que
possible, les peuples afin de les amener à se soulever contre l’autorité coloniale.
De même, cette
marche vers l’indépendance a bénéficié des mouvements de solidarité en faveur
du 1/3 monde
(cause externe). On doit enfin remarquer que l’indépendance des colonies
anglaises s’est
généralement faite de manière pacifique, à la différence des colonies
françaises, où des guerres
ont été parfois nécessaires pour permettre l’accession de certaines colonies à
l’indépendance.
Ceci étant, dans quelles conditions s’est faite la décolonisation du Togo ?
Réinvestissement
Situation d’évaluation
Ta petite sœur Doga, élève en classe de cinquième a suivi à la TVT un
documentaire qui portait
sur la deuxième guerre mondiale et ses conséquences. On y évoque l’éveil du
nationalisme
comme l’une des conséquences de cette guerre. Surprise, elle vient à toi son
grand frère en
classe de terminale pour mieux comprendre.
A partir de ton cours et les documents mis à ta disposition, après avoir défini la
notion du
nationalisme explique-lui les causes externes de la décolonisation de l’Afrique.

77
LEÇON 5 : LA DECOLONISATION DU TOGO

Capacités
Acteurs et leurs rôles dans la lutte pour l’indépendance :
Présenter les acteurs et leurs
• Notion d’indépendance ;
rôles dans la lutte pour
• Les acteurs de la lutte d’indépendance ;
l’indépendance
• Rôles des acteurs de la lutte d’indépendance.
Principales étapes de la décolonisation du Togo :
• Rappel des caractéristiques des statuts ; internationaux
du Togo (territoire sous mandat de la SDN et sous
Décrire les principales étapes tutelle de l’ONU) ;
de la décolonisation du Togo • Résolutions de la conférence de Brazzaville
de 1944 ;
• Réformes entreprises par la France de 1946-1956 :
Union française, Loi cadre, autonomie de 1956 ;
• Election du 27 avril 1958 et indépendance 1960.

Document 2 : La marche vers l’indépendance au Togo


La jeunesse estudiantine, mobilisée au sein de l'Association des Etudiants
Togolais en France (AETF), encore appelée "Jeune Togo" et de la FEANF, a été
particulièrement active : Au cœur de la métropole française, elle est devenue le
porte-parole du mouvement nationaliste. Le "Jeune Togo" et la FEANF se sont
opposés à la loi-cadre Defferre en proclamant que "l'Indépendance ne saurait
être une addition de réformettes". En 1958, un délégué du "Jeune Togo",
Christian Quacoe, est dépêché au Togo pour participer à la campagne
électorale. Les multiples brimades (suppression de bourses notamment) dont
les étudiants ont été victimes n'ont en rien entamé leur détermination à
s'engager aux côtés de leurs aînés. Enfin, exemplaires ont été la détermination
et le dévouement des femmes. Cet engagement aux côtés des formations
nationalistes s’opérait avec ou sans le consentement des époux qui, souvent
fonctionnaires, redoutaient les sanctions administratives. C'est surtout au
niveau de la propagande et du soutien financier que l'apport des femmes
togolaises paraît original. Mettant à profit l'extraordinaire mobilité due à leurs
activités commerciales, elles diffusaient les mots d'ordre des partis et le
matériel de propagande (tracts et journaux). Les places de marché devinrent
ainsi les plaques-tournantes de la vie politique. Un de leurs moyens de
propagande les plus efficaces furent les chansonnettes. Courte, simple et donc
facile à retenir, la chansonnette avait plusieurs fonctions : diffusion d'un mot
d'ordre, réponse à une attaque de l'adversaire, satire pour le ridiculiser,
animation des meetings populaires. Tout aussi importante fut leur contribution
financière. Le 26 octobre 1956 est organisé le référendum sur le nouveau statut
du Togo et sur la fin de la tutelle. Le CUT, la JUVENTO et le MPT ne prennent
pas part à cette élection. Les résultats sont favorables aux partis progressistes.
Les nationalistes envoient des pétitions à l’ONU et celle-ci décide d’envoyer au
Togo une mission d’observation dirigée par Charles King en 1957. A l’issue de
cette mission, l’ONU exige de nouvelles élections législatives pour le 27 avril
1958. Le 27 avril au soir, à l'issue du scrutin, et à la surprise générale, sur les 46
sièges disponibles, 29 sont enlevés par la coalition CUT-JUVENTO, avec 190 000
voix sur 317 000 votants (60 %), 3 sièges par le PTP (40 000 voix), 10 par l'UCPN
(56000 voix) et 4 sièges (22 000 voix) vont à des candidats indépendants (mais
ils rejoindront plus tard le camp des vainqueurs). La grande majorité des
Togolais a prononcé son verdict : elle rejette ainsi la politique française
d'intégration du Togo à l'Union française. Stratégies pédagogiques et choix
didactiques
- Ce qui est attendu des élèves : lire et reformuler la situation, répondre aux
questions posées et noter les réponses.
- L’intérêt de la situation : Expliquer le processus d’autodétermination du
Togo,identifier les acteurs de la lutte d’indépendance, décrire leurs différentes
actions.
- Méthodologie de travail : discussion dirigée, travail individuel et en groupe,
exposé et débat.

Trace écrite : L’essentiel à retenir

Introduction
Le Togo est un territoire dont la France a hérité des mains de la SND (Société
des Nations) à la fin de la PGM (Première Guerre mondiale). Cependant, ce
territoire finira par s’échapper de toute domination le 27 avril 1958 à la suite
des élections législatives de la même année. Toutefois, c’est deux ans plus tard
que l’indépendance sera officiellement proclamée le 27 avril 1960.
1. Présentation des acteurs et leurs rôles dans la lutte pour l’indépendance
1.1. Définition de la notion d’indépendance
L’indépendance pour un pays (Etat, nation) est une situation dans laquelle les
populations exercent une auto gouvernance et une souveraineté totale sur leur
territoire.
1.2. Les acteurs et leurs rôles dans la lutte d’indépendance
Les différents acteurs de la lutte pour l’indépendance du Togo sont nombreux. Il
s’agit principalement des leaders, des partis politiques, des associations des
femmes et d’étudiants, de l’ONU (Organisation des Nations-Unies), de la presse
et des syndicats. Ces différents acteurs ont joué divers rôles dans le processus
d’accession du Togo l’indépendance.
1.2.1. Les leaders
Il s’agit des leaders d’opinion (exemple des leaders des partis politiques) et les
leaders religieux (exemple des prêtres catholiques et protestants). Ils ont été
des porte-flambeaux de la lutte pour l’indépendance. Il s’agit de Sylvanus
Olympio du CUT, Anani Santos de la JUVENTO, etc.
1.2.2. Les partis politiques
La politique au Togo sous domination coloniale fut marquée par le clivage de la
population en deux obédiences politiques. Les partis nationalistes, adeptes de
l’indépendance immédiate, et les partis progressistes, adeptes de
l’indépendance dans le progrès.Il y avait deux partis nationalistes (CUT et
JUVENTO) et deux partis progressistes (PTP et UCPN). Plus tard, il y eut un parti
centriste ou charnière (MTP).
Le CUT : Comité de l’unité togolaise, créé le 26 avril 1946. Ses principaux
dirigeants étaient : Augustino Pa de Souza (Président), Sylvanus Olympio (1er
Vice-président), Jonathan Adzessi Savi de Tové (Secrétaire général). Son slogan
était « Ablodé gbadja ».
JUVENTO : Justice, Union, Vigilance, Egalité, Nationalisme, Ténacité,
Optimisme. Créée le 25 septembre 1951 à l’initiative de Mensah Aithson. Ses
leaders furent : Mensah Aithson, Me Anani Santos, Ben Apalo, Nicodème
Amegah, Firmin Abalo, etc. Ses mots d’ordre étaient : Mino nudzo ! Miawo
deka ! Miawo do ! Ablode ! (Vigilance, Union, Travail, Indépendance).
PTP : Parti togolais du progrès, créé le 9 avril 1946. Ses principaux leaders
furent : Pédro Olympio, Nicolas Grunitzky, Robert Adjavon, John Atayi, etc.
UCPN : Union des chefs et populations du Nord-Togo. Créé en 1951, les
principaux animateurs de ce parti étaient : Benoît Djobo Palanga, Gabriel Tallé,
Marcel Agba, Albert Kpatcha, Valentin Blakimé, Antoine Méatchi, Derman
Ayéva, Fousséni Mama, Baguilma Ywassa et le chef Matéyendou Sambiani.
MPT : Mouvement populaire togolais, créé le 16 août 1954. Ses principaux
leaders étaient :Pedro Olympio, John Atayi, Samuel Aquereburu, André Akakpo.
Rôles de ces partis politiques :
- Ils étaient des instruments de réclamation de l’indépendance. Les partis
nationalistes réclamaient l’indépendance immédiate ; tandis que les partis
progressistes ont opté pourl’indépendance progressive.
- Ils animaient la vie politique en participant aux différentes élections.
1.2.3. Les femmes
- Elles fournissaient des aides financières pour l’envoi des pétitions et le
voyage des pétitionnaires à l’ONU
- Elles étaient des militantes et animatrices des partis politiques,
- Elles furent les propagandistes des partis politiques : distribution des tracts à
travers les quartiers, dans les marchés et dans les lieux de regroupement ; des
chansons de circonstance comme moyen de sensibilisation politique.
- Elles galvanisaient (stimuler) les hommes dans les mouvements de lutte.
- Elles finançaient les partis politiques,
- Elles organisaient des marches de protestation, etc.
1.2.4. L’ONU
L’ONU a servi de tribune pour des actions de revendications des nationalistes.
Ses principales actions furent :
- Envoi des missions de supervision des élections le 27 avril 1958, ayant
conduit le Togo à l’indépendance (Exemple de mission de Max Dorsinville le 27
avril 1958).
- Envoi régulier de missions d’observation ou d’enquête (Exemple de la mission
Charles King en juin 1957).
- Réception des pétitions et pétitionnaires à l’ONU.
- Etude minutieuse des pétitions des nationalistes togolais.
- Réception des rapports annuels produits par la France sur la gestion du Togo.
- Obligations ou pressions sur la France à faire des réformes.
- Visites régulières des missions d’enquête (exemple de celle de Charles King en
juin 1957).

1.2.5. Les étudiants


La jeunesse estudiantine, mobilisée au sein de l'Association des étudiants
togolais en France (AETF), encore appelée "Jeune Togo" et de la FEANF
(Fédération des Etudiants d’Afrique noire en France), a été particulièrement
active.
✓ Au cœur de la métropole française, elle est devenue le porte-parole du
mouvement nationaliste. Ses représentants se sont opposés à la loi-cadre
(Defferre) en proclamant que "l'Indépendance ne saurait être une addition de
réformettes".
✓ En 1958, un délégué de "Jeune Togo", Christian Quacoe, est dépéché au Togo
pour participer à la campagne électorale.

1.2.6. La presse
Les actions menées par la presse sont entre autres :
- La sensibilisation
- La propagande à travers les journaux : Exemple de presse : ‘’ le national ; le
guide du Togo ; le petit togolais ; le libérateur du Togo’’…)
1.2.7. Les syndicats

84
Les syndicats ont joué un rôle déterminant dans le processus d’indépendance
du Togo.
- Ils ont sensibilisé les populations à la participation aux élections
- Ils ont mis la pression sur l’administration pendant les processus électoraux.
Exemple
de la menace de grève lancée en 1958 pour obliger l’administration coloniale à
gérer équitablement le recensement électoral.
2. Le processus de la décolonisation du Togo
Le processus d’autodétermination du Togo a suivi plusieurs étapes.
2.1. Rappel des caractéristiques des statuts internationaux du Togo
Le Togo a été un cas particulier pendant la colonisation. Il a été un pays placé
sous deux statuts internationaux. Le statut de pays sous mandat de la SDN et
celui de pays sous tutelle de l’ONU.
- Togo sous mandat de la SDN de 1922 à 1945 : Cette situation est intervenue
suite à la défaite de l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale et la
création de la SDN (Société des Nations) pour gérer l’après-guerre. Le Togo,
tout comme toutes les anciennes possessions allemandes, fut placé sous
mandat de la SDN.
- Le Togo sous tutelle de l’ONU de 1946 à 1960 : Elle fait suite à l’avènement de
la SGM et la dissolution de la SND. L’ONU prend le relais de la SND et le Togo
devient un pays sous tutelle de l’ONU.
2.2. Résolutions de la conférence de Brazzaville de 1944
- Création des assemblées locales
- Suppression du régime de l’indigénat et des travaux forcés
- maintien des institutions traditionnelles.
- accès des « indigènes » à tous les emplois avec une rémunération égale à
diplôme égal
- Création d’un système convenable d’assistance sociale
- Encouragement de l’industrialisation des colonies
- Etc.
La conférence de Brazzaville est à l’origine de la naissance du nationalisme
togolais. En effet, lors de cette conférence, la France a annoncé qu’elle
prévoyait donner la citoyenneté aux populations de ses territoires coloniaux
dans le cadre d’une politique d’assimilation. Le= représentant du Togo à cette
conférence, Jean Noutary, une fois de retour au Togo, décida de convoquer une
conférence les 11 et 12 mai 1945 pour soumettre cette réforme aux Togolais. A
cette conférence, les Togolais (essentiellement du sud) ont rejeté la politique
d’assimilation prônée par la France. C’est la naissance du nationalisme togolais.
2.3. Les principales étapes de la décolonisation du Togo
Les étapes de la décolonisation du Togo peuvent se résumer en quatre
principales.
✓ Année 1946 : Naissance de la vie politique au Togo
Elle s’est matérialisée par la création des premiers partis politiques et
l’organisation des premières élections en avril 1946.
✓ De 1946 à 1951 : la suprématie du CUT sur la scène politique
A l’issue des élections d’avril 1946, le CUT obtint la majorité des sièges à
l'Assemblée territoriale et son candidat le Dr. Martin AKU fut élu au parlement
français pour représenter le Togo en battant le candidat du PTP (Nicolas
Grunitzky)
- De 1951 à 1958 : La domination des partis progressistes La majorité des sièges
de l’Assemblée Territoriale (ATT) revient au PTP le 17 juin 1951, Nicolas
Grunitzky remplace Martin Aku à l’Assemblée nationale française. Il sera réélu
le 2 janvier 1956.
- 1956-1958 : La République Autonome du Togo (RAT) Le 26 octobre 1956, la
France organise le référendum sur le nouveau statut du Togo et sur la fin de la
tutelle. Le CUT, la JUVENTO et le MPT boycottent cette élection en accusant la
France d’apporter son soutien au partis progressistes. Les résultats sont
favorables aux partis progressistes et le Togo dévient un pays autonome.
- De 1958 à 1960 : période transitoire Après la victoire des nationalistes aux
élections du 27 avril 1958, plus rien ne s’opposait à la proclamation de
l’indépendance, mais les autorités ont décidé d’une transition de deux ans.
Cette période transitoire a permis de mettre sur pieds les institutions de l’Etat,
concevoir le drapeau, l’hymne, les armoiries, le sceau de l’Etat, le monument de
l’indépendance, la réalisation de certaines infrastructures et le vote le 23 avril
1960 de la loi portant organisation des institutions de la République Togolaise.
- 27 avril 1960 : proclamation de l’indépendance
2.4. Réformes entreprises par la France de 1946-1956
La France a engagé plusieurs réformes entre 1946 et 1956 dans le but de
retarder sa présence au Togo.
- Année 1946 : Union française. Les réformes qu’elle a apportées au Togo sont :
• Le Togo est placé sous tutelle de l’ONU
• Association du Togo à l’Union Française, le 27 octobre 1946,
• Création des partis politiques (CUT, PTP…),
• Dotation du Togo d’une AT (Assemblée territoriale) de 30 députés (dont 24
Togolais et 6 français),
• Organisation des élections législatives remportées par les nationalistes (CUT)
et la représentation du Togo à l’ANF (Assemblée Nationale française) par le
docteur Martin AKU.
- Année 1956 : La loi cadre ou la loi Gaston Defferre
• Choix du Togo par la France comme Etat-pilote pour expérimenter la loi-Cadre
• Proclamation de la République autonome du Togo (autonomie interne)
Dotation du Togo d’un conseil de gouvernement dirigé par le 1er ministre
Nicolas Grunitzky,
• Dotation du Togo d’un hymne national (la Togolaise) et d’un drapeau
• Organisation du référendum sur l’avenir du Togo britannique (rattachement
du Togo britannique à la Gold Coast)
- Année 1957 : Envoie d’une mission d’enquête par l’ONU au Togo dirigée par le
libérien, Charles King.
2.5. Les élections législatives anticipées du 27 avril 1958, porte ouverte à
l’indépendance
Avant la tenue du scrutin, la mission King visite tous les cercles du Togo, du sud
au nord. Elle y recueille les points de vue des uns et des autres. Elle constate
l’existence de deux courants opposés. Le premier (PTP, UCPN et Bloc
Républicain Togolais) défend la présence française. Celle-ci est source
d’évolution politique et de progrès économique et social. Le second courant
exprime la position des partis nationalistes. Ceux-ci réclament l’indépendance
immédiate. La mission juge nécessaire de créer les conditions d’élections justes
et équitables, afin que le courant majoritaire remporte les élections.
L’Assemblée générale de l’ONU propose la dissolution et le renouvellement de
l’ancienne assemblée législative. C’est pourquoi on parle d’élections anticipées.
Ces élections sont contrôlées et supervisées par une mission de l’ONU dirigée
par Max H. Dorsinville (un Haïtien). Quatre (4) partis politiques ont pris part au
rendez-vous électoral anticipé du 27 avril 1958.
✓ Coalition CUT-JUVENTO : 29 sièges (59,8 %)
✓ UCPN : 10 sièges (17,78 %)
✓ PTP : 03 sièges (12,77 %)
✓ Indépendants : 04 sièges (7,12 %).
Les indépendants rallient aussitôt la liste des nationalistes et forment la
majorité parlementaire. Aussitôt Sylvanus Olympio est nommé Premier ministre
pour former un nouveau gouvernement qui, juridiquement, marque le début de
la souveraineté internationale du Togo.

Conclusion :
Le Togo est passé successivement de protectorat allemand (1884-1914) à pays
sous mandat de
la SND (1922-1945) et pays sous tutelle de l’ONU (1946-1960) avant d’obtenir
son indépendance le 27 avril 1960 grâce à la lutte acharnée menée par
différents acteurs.
LEÇON 6 : L’ÉVOLUTION POLITIQUE DU TOGO DE
1960 À 2005

Capacités
Décrire l’évolution politique du Togo de 1960 à 2005
• Notion de nation et de peuple
Apprécier la construction de la nation togolaise
• Togo à la quête de son unité nationale ;la réconciliation nationale ;
• Accords inter-togolais (Colmar,
Ouagadougou, Lomé, …);
• Rôle de la communauté internationale.

SEANCES 1&2

Document 5 : Le Togo : de l’euphorie de l’indépendance aux incertitudes


politiques
L’indépendance de la plupart des pays africains a été possible grâce à la lutte
de certains leaders nationaux. Au Togo, l’un des artisans de cette lutte pour
l’indépendance est Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio . Il est le premier
Président de la République togolaise et de ce fait est surnommé le « père de
l’indépendance ». Sur le plan politique, il s’employa à faire rayonner le Togo sur
le plan international. Le 20 septembre 1960, le Togo fit son entrée aux Nations
Unies. Des relations diplomatiques furent établies indifféremment avec des
pays tant capitalistes que socialistes. Sylvanus Olympio s’efforça d’assainir la
situation économique et financière léguée par la colonisation française qui
faisait du Togo un Etat assisté. Il adopta une politique d’austérité financière
avec pour intention d’équilibrer le budget du Togo. Le 13 janvier 1963, le
gouvernement du Togo indépendant dirigé par Sylvanus Olympio fut renversé,
à la suite d’un coup d’État. … Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer
ce coup d’Etat… Sous la réprobation internationale et conseillés sans doute par
les services de Jacques Foccart (responsable de la politique africaine de Charles
de Gaulle, le président français), ces militaires firent appel aux acteurs
politiques civils, notamment les anciens dirigeants du PTP et de l’UCPN, pour
diriger un gouvernement provisoire. Il s’agit de Nicolas Grunitzky et
d’AntoineIdrissou Méatchi, nommés respectivement président et vice-président
de la république. Ce tandem s’efforça de remettre le pays sur les rails…Après
trois années de gestion du pouvoir par N. Grunitzky et A. Méatchi, un conflit
naquit entre les deux personnalités vers la fin de l’année 1966. La mésentente
survint à la suite des agitations de l’opposition et de l’égoïsme de certains
acteurs au sein de la mouvance au pouvoir. Ainsi, le 21 novembre 1966, il y eut
des agitations anti-gouvernementales. Une partie de la population de Lomé
était sortie dans les rues, munie de pancartes et proférait des propos anti-
Grunitzky…Il y eut aussi une contre-manifestation destinée à soutenir le
président Grunitzky qui ne démissionna pas grâce à ce soutien et surtout à celui
de l’armée qui réussit à calmer les manifestants. Mais le climat politique s’était
détérioré. Antoine Méatchi fut accusé d’avoir contribué à la dégradation de ce
climat politique.Dans ce contexte de crise, l’armée dut intervenir le 13 janvier
1967 pour mettre fin au régime de la deuxième République. Une période de
transition de 3 mois est décrétée. Kléber Dadjo, le plus ancien dans le grade le
plus élevé parmi les militaires, fut désigné pour diriger le pays durant cette
période transitoire La période de transition qui suivit la fin de la deuxième
République est marquée par une gestion spéciale des affaires de l’Etat. Le 13
janvier 1967, l’armée prit le pouvoir. Le chef d’Etat-major, le lieutenant-colonel
Etienne Eyadema, annonce la création d’un Comité de réconciliation nationale
pour préparer les institutions devant permettre des élections libres et
démocratiques,à l’issue desquelles l’armée s’engage à se retirer de la scène
politique.Le 25 janvier 1967, le CRN définit son programme qui se focalise sur la
réconciliation nationale. Mais le 14 avril, le CRN est dissout par le chef d’Etat-
major Etienne Eyadema qui, désormais, allait assumer les fonctions de
Président de la République. La période de transition
de Kleber Dadjo prit ainsi fin.Le régime Eyadema commence le 14 avril 1967.
Son long règne (37 ans de pouvoir) marqua profondément le pays.

Introduction
Quatre ans après le rattachement du Togo britannique à la Gold Coast,
devenue l'État indépendant du Ghana en 1957, la République autonome du
Togo proclame son indépendance le 27 avril 1960. Plusieurs événements se
rapportent à la situation intérieure ou aux enjeux internationaux qui ont eu un
impact direct sur la gouvernance du pays. Comment a été l’évolution politique
du Togo de 1960 à 2005 et quelle appréciation fait-on de la construction de la
nation togolaise ?

I. Évolution politique du Togo de 1960 à 2005


Depuis son indépendance en 1960 au décès du général Gnassingbé Eyadéma, le
Togo a connu une histoire politique ponctuée de soubresauts. Aux périodes de
calme relatif, succèdent des périodes de troubles. Les acteurs majeurs qui ont
animé cette vie politique ont été les présidents des différentes Républiques qui
se sont succédé, les partis politiques de la mouvance gouvernementale et de
l’opposition, etc.
1. Les présidents du Togo de 1960 à 2005
De 1960 à 2005, le Togo a connu quatre (4) Présidents de la Républiqueavec des
durées de mandat diverses. Il s’agit successivement de :
• Sylvanus Olympio (1960-1963)
• Nicolas Grunitzky (16 janvier 1963 – 13 janvier 1967)
• Kleber Dadjo (13 janvier 1963 – 14 avril 1967)
• Gnassingbé Eyadéma (14 avril 1967 – 5 février 2005)
• Abass Bonfoh (25 février 2005 – 4 Mai).
2. Les principaux moments de la vie des présidents de la République
2.1. Sylvanus Olympio (1960 – 1963)
Sylvanus Olympio est né le 6 septembre 1902 à Kpando dans le sud-ouest du
Togo allemand (dans l’actuel Volta Region au Ghana). Il est fils d’Epiphanio
Elpidio Olympio, d’origine brésilienne et de Fidelia Afè d’origine mamproussi de
la région de Dapaong. Il fit ses études successivement à l’école de la mission
catholique allemande, l’école secondaire anglaise, puis l’école française ; ce qui
fit de lui un polyglotte (il parle 6 langues). À 18 ans, il va poursuivre ses
étudesen Europe, de 1920 à 1927. En 1922, il obtint son certificat d’aptitude
pour les études supérieures à l’Université de Londres. En 1925, il obtint son
diplôme d’économie à la London School of Economics. En 1927, il étudia le droit
international à la Faculté de droit de Dijon et à l’Académie du droit
international à Vienne (Autriche).De Vienne, il retourna à Londres en 1927 où il
fut engagé comme employéà la Lever Brothers Company. De 1928 à 1930, il
travailla comme adjointde l’Agent général de la compagnie Unilever à Lagos au
Nigeria. En 1932, Sylvanus Olympio décida de revenir au pays où il fut recruté
comme Agent général de la United Africa Company (UAC) à Lomé. C’est de ce
poste qu’il fit ses premiers pas en politique aux côtés de son oncle, Francisco
Octaviano Olympio. En 1936, il fut élu Vice-président du Cercle des amitiés
françaises (CAF) qu’il transforma en parti politique (CUT) en 1946. En 1938,
Sylvanus Olympio fut nommé Conseiller technique auprès du Conseil des
notables à Lomé. Ses prises de positions anticolonialistes lui valurent un
internement pendant 13 mois à Djougou (1942-1943). En 1946, il devint le
premier Président de l’Assemblée représentative du Togo, créée le 25 octobre
1946. Après la victoire des nationalistes le 27 avril 1958, il fut chargé de former
le gouvernement qui a conduit la période transitoire. Il proclama
l’indépendance le 27 avril 1960 et devint le 1er président de la République. Il fut
assassiné le 13 janvier 1963.
2.2. Nicolas Grunitzky (16 janvier 1963 – 13 janvier 1967)

93
Nicolas Grunitzky est né le 5 avril 1913 à Atakpamé d’un père allemand
d’origine et d’une mère togolaise. Il fit ses études d’ingénieur de conducteur de
travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP) à Paris. Il intégra
l’administration coloniale avant de se lancer dans l’entrepreneuriat plus tard.
Dans la vie politique, il fut élu député en 1951 à l'Assemblée territoriale
togolaise, puis nommé Premier ministre de la République autonome du Togo du
10 septembre 1956 au 16 mai 1958. Beau-Frère du Président Sylvanus Olympio,
il lui succéda après le coup d’État du 13 janvier 1963. Il devint donc Président
de la République le 16 janvier 1963, après un bref intérim d’Emmanuel Bodjolé.
À la tête du pays, il échoua à unifier le pays malgré le bicéphalisme institué à la
tête du Togo. Sur le plan socio-économique, il institua les plans quinquennaux
qui continuèrent après son renversement par un second coup d’État le 13
janvier 1967.
2.3. Le colonel Kléber Dadjo (13 janvier 1963 – 14 avril 1967)
Le colonel Kléber Djadjo est né le 12 août 1914 à Atakpamé. Il entra dans
l’armée coloniale en 1933. En janvier 1938, il obtint le grade de sergent et en
1941, il s’engagea dans les Forces françaises libres (FFL) à Accra. Il fut
condamné par la Haute cour de Justice de Dakar sous obédience du
gouvernement de Vichy pour avoir intégré les FFL. Adjudant-chef en 1943,il fut
muté à Brazzaville, puis successivement à Dakar et à Cotonou. En 1948, il
rejoignit le 24e Régiment des Tirailleurs Sénégalais à Carcassone, embarqua à
Marseille le 9 décembre 1948 et débarqué à Haïphong (Nord du Vietnam) le 30
décembre 1948. Son unité fut évacuée de Hanoï en fin 1954, après la défaite
française devant les forces nationalistes vietnamiennes à Dien-Bien-Phu. De
retour au Togo en fin 1955, il fut affecté à la 2e compagnie du Bataillon
Autonome du Dahomey (BAD). Promu au grade de Capitaine le 1er avril 1957, il
prit le commandement de la Garde togolaise le 5 mai 1957. Commandant en
1960, Lieutenant-colonel en 1963, il fut élevéau grade de Colonel le 1er octobre
1965.
2.4. Le Général Gnassingbé Eyadema (14 avril 1967 – 5 mai 2005)
Né en 1935 à Pya, Etienne Eyadema fut engagé volontaire au Dahomey dans
l’armée française le 20 mai 1953 et fut envoyé en Indochine (entre 1954 et
1956), en Algérie (entre 1956 et 1957), puis au Dahomey (1957 et 1959). Il
servit quelque temps (1962) au Niger avant de revenir au Togo le 1er
septembre 1962 avec le grade de sergent-chef. Il fut promu respectivement
lieutenant le 1er février 1963, capitaine le 1er octobre 1963 et commandant le
1er octobre 1964. Il est devenu chef d’État- major des Forces armées togolaises
(FAT) le 1er octobre 1965 avec le grade de lieutenant-colonel. C’est sous ce
dernier grade qu’il devint Président de la République le 14 avril 1967. Il obtint
ses galons de colonel en 1968 et de général le 23 juin 1976. À sa prise du
pouvoir, Eyadema Gnassingbé (alors Etienne Eyadema) visait la paix et la
construction de l’unité nationale. Il prit donc des mesures pour apaiser le climat
politique et amorcer l’unité et la réconciliation nationales, en libérant, par
décision du 26 avril 1967, les détenus politiques et les internés administratifs
des régimes précédents. En mai 1967, il dissolut toutes les formations
politiques. Le 11 juillet 1967, il décréta une amnistie générale et le 4 décembre
1967, il instaura une journée de réconciliation nationale. Le 30 août 1969, il
lança un appel historique à Kpalimé pour l’unité. Cet appel accoucha la création
d’un parti-État, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Sorti affaibli de la
conférence nationale de 1991, il reprit du poil de la bête quelques mois plus
tard et domina la scène politique du pays avec le RPT jusqu’à sa mort en 2005.

2.5. Abass Bonfoh (25 février 2005 – 4 Mai)


Né en 1948 à Kabou en pays Bassar fit ses études au Togo, en Côte d’Ivoire et
en France. Formé dans un institut d’éducation physique en Côte d’Ivoire, il servit
comme enseignant d’éducation physique et sportive avant de partir suivre une
formation en administration scolaire et universitaire à l’Institut nationale de
l’administration scolaire et universitaire. Après cette formation il sera affecté à
la planification de l’éducation pour y travailler de 1980 à 1985 en tant que
directeur régional de la planification à Kpalimé. Il retourna une nouvelle fois en
France pour un perfectionnement qui aura duré 9 mois. Il retrouve sa fonction
de directeur régional de la planification à son retour, mais cette fois il sera basé
à Karade 1986 à 1999.En 1999, il est élu député à l’Assemblée nationale. Dans
cette institution ilsera élu Président du parlement. Au décès du général
Eyadema, il assumera le rôle de président de transition. C’est sous sa
présidence que furent organisées les élections en avril 2005qui virent la victoire
de l’actuel président de la République.Il meurt dans la nuit du 29 au 30 juin
2021.
3. Les différents partis politiques du TogoParti politique Date de création
Acteurs majeurs
CUT 26 avril 1946 - Sylvanus Olympio- Augustino Pa de Souza
JUVENTO 1951 H. Messan Aïthson, Ben Apaloo, Me Anani,
Santos Nicodème Amegah Firmin Abalo, Me François
Amorin
PTP 9 avril 1946 Nicolas Grunitzky,
Robert Ajavon,
Pédro Olympio
Samuel
Aquerebourou
MPT 16 août 1954 Pedro Olympio
John Atayi
Samuel Aquereburu
Andre Akakpo
UCPN 1951 Antoine Méatchi,
Léonard Ywassa,
Mama Fousséni
RPT 30 août 1969 Général Gnassingbé
Eyadema
Edouard (Edem)
Kodjo
UFC 1er février 1992 Gilchrist Olympio
Emmanuel Bob
Akitani
Jean Pierre Fabre
CAR Avril 1991 Me Yawovi Madji
AGBOYIBO
Me Dodji APEVON
Gahoun Georges
Hégbor
UTD 1991 Edem Kodjo
CDPA 1980 (dans la Léopold Gnininvi
clandestinité) Brigitte Kafui
Adjamagbo-Johnson
4. Les différentes Républiques connues par le Togo

96
Causes de la
Date de
République Date d’adoption fin de ces
promulgation
républiques
1ère Coup d’Etat du
9 avril 1961 14 avril 1961
république 13 janvier 1963
Coup d’Etat du
2e République 5 mai 1963 11 mai A963
13 janvier 1967
La conference
e 30 décembre
3 République 8 janvier 1980 nationale
1979
souveraine
Avenement du
e 27 septembre
4 République 14 octobre 1992 régime
1992
parlementaire

5. La révolte populaire de 1990


Le 5 octobre 1990, date de la révolte populaire, marque une étape
importante dans la vie politique du Togo. Elle marque le début de la
contestation populaire du régime du président Eyadema. Des causes
internes et externes ont concouru à cet évènement.
5.1. Les causes
5.1.1. Les causes externes
a. Le vent de l’Est
La chute du mur de Berlin avec ses corollaires de réunification des deux
Allemagnes et l’indépendance des pays du bloc de l’Est donna un espoir
aux pays africains surtout francophones. Le vent de démocratisation souffla
ainsi sur le continent et atteignit le Togo.
b. Le discours de la Baule
Lorsque le président français, François Mitterrand conditionna l’aide de la
France à ses anciennes colonies à une démocratisation, ce fut pour les
populations un soutien de taille dans leur aspiration à la démocratie.
Lors de la 16e conférence des chefs d'État de France et d'Afrique qui se
déroule à La Baule (en France) du 19 au 21 juin 1990, le président français
François Mitterrand prononce un discours sur la démocratisation de
l’Afrique. Dans son discours, il invite les présidents africains à adopter la
démocratie dans leur pays à l’image de l’Europe de l’Est.
5.1. Les causes internes
a. Les divergences politiques internes
La longévité du président Eyadema au pouvoir a été une source de
frustration et de contestation des opposants. Ces derniers ont soulevé des
accusations corruption, de clientélisme et de violation des Droits humains
dont le régime serait coupable. Aussi, peut-on ajouter à ces facteurs, la
97
transformation de la grande partie des initiatives industrielles du pouvoir
en « éléphants blancs ».
La présence du parti-État qui a empêché la présence et l’affirmation de
véritable opposition politique a exacerbé la contestation du pouvoir du
général Eyadéma.
Aussi doit-on ajouter l’arrestation et le procès de deux étudiants (Hilaire
Dossouvi Logo et Tino Doglo Agbélenko), dans une affaire de distribution
de tracts.
b. La crise économique des années 1980
Le début des années 1980 est marqué par une crise économique dans la
plupart des pays africains, dont le Togo. Cette crise est la conséquence de
la baisse des prix des matières premières d’exportation qui est aggravée par
les problèmes de gouvernances internes. Tout ceci entraîne une montée de
la dette extérieure. La balance commerciale devint déficitaire. Ceci entraina
l’intervention du FMI et de la Banque mondiale par l’imposition des
Programmes d’Ajustement structurels (PAS). Ces programmes
entrainèrent des licenciements de travailleurs et la suspension du
recrutement dans la Fonction publique, la fermeture de certaines
entreprises et, par voie de conséquence, l’augmentation du nombre de
chômeurs et l’aggravation des problèmes sociaux : la déscolarisation, la
montée du banditisme dans les villes, de la prostitution, etc. Cette Situation
provoque des mécontentements au sein de la population.
5.2. Les conséquences de la révolte
✓ La promulgation, le 12 avril 1991, de la loi portant amnistie
générale pour les crimes et les délits politiques. Cette loi permit le
retour au Togo des opposants et exilés politiques ;
✓ Le retour au pays des opposants et exilés politiques ;
✓ L’adoption, le 12 avril 1991, de la charte des partis politiques qui
autorisa la création d’autres partis politiques concurrents du RPT :
c’est la naissance du multipartisme au Togo ;
✓ La création des syndicats indépendants ;
✓ L’autorisation de création de médias privés ;
✓ Le retour à l’hymne national de l’Indépendance, « Terre de nos
Aïeux » et à la devise nationale, « Travail-Liberté-Patrie » ;
✓ La restauration de la fête nationale de l’Indépendance du 27 avril,
supprimée en 1988 ;
✓ Le vote, le 18 juin 1991, d’une loi pour la réhabilitation officielle
de la mémoire de Sylvanus Olympio ;
✓ L’organisation et la tenue de la Conférence Nationale Souveraine
du 8 juillet au 26 août 1991.
Pour résoudre les mésententes politiques, l’ensemble de la classe politique
a été confié à la conférence nationale. L’accord du 12 juin entre le RPT et
98
COD/FOD relative à la tenue de la conférence nationale facilita la survenue
de celle-ci.
6. La conférence nationale
La Conférence nationale togolaise qui s’est tenue du 8 juillet au 26 août
1991 rassembla 962 délégués provenant de toutes les préfectures du pays,
de la diaspora, des différents corps de l’Etat (Assemblée nationale,
Gouvernement, Magistrature, Forces armées, Administration, etc.) ainsi
que des organisations privées de toutes catégories (partis politiques,
syndicats, associations, confessions religieuses, etc.).
6.1. Les raisons de la tenue de la conférence nationale
✓ Mettre fin au régime à partie unique
✓ Parvenir à un consensus sur les réformes pour instaurer une
démocratie pluraliste et garantir les droits et libertés
fondamentaux"
✓ Lancer le processus de transition démocratique au Togo au moyen
d’élection libre
✓ Proposer une nouvelle constitution
6.2. Les grandes décisions de la conférence nationale
• Élection par les délégués d’un premier ministre de transition (Me
Joseph KOFFIGOH) ;
• Mise sur pied du Haut Conseil de la République, le gouvernement
de transition et son premier Ministre ;
• Rétablissement de l’hymne « Terre de nos aïeux » ;
• Suspension de l’ancienne constitution du 09 janvier 1980 ;
• Proposition d’une nouvelle constitution adoptée par référendum en
septembre 1991, etc.
.
s.
Institutionnalisation II. Construction de la nation togolaise
(20mn)
L’histoire politique du Togo a longtemps été l’occasion de divisions et
de conflits ouverts entre divers acteurs politiques et civils. Pour calmer
les esprits et aller vers l’unité nationale, des initiatives ont été prises
par les gouvernants et les opposants avec l’aide de la communauté
internationale.
1. Définition des notions de nation et de peuple
Le peuple
Un peuple est un ensemble d’êtres humains vivant en société, habitant
un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de
coutumes, d’institutions et soumis aux mêmes lois.
La nation
Ensemble des êtres humains vivant sur un même territoire, ayant une
communauté d'origine, d'histoire, de culture, de traditions, parfois de
langue, et constituant une communauté politique (Larousse).
2. Les problèmes politiques rencontrés
• 1963 : Le 13 janvier 1963, le Président S. Olympio est
assassiné par des militaires démobilisés de l’armée coloniale
française. Nicolas Grunitzky, homme politique soutenu de
longue date par Paris, est élu Président, mais son pouvoir
s’affaiblit considérablement au fil des années.
• 1967 : L’armée renverse le Président Grunitzky sans effusion
de sang, Etienne Eyadema accède ainsi au pouvoir trois mois
plus tard et dissout les partis politiques, suspend la
Constitution.
• 1969 : Création du parti unique (Parti-État). Etienne Eyadéma
est élu à sa tête le 29 novembre.
• 1979 : Etienne Eyadéma se présente comme candidat unique à
l’élection présidentielle et est élu Président de la République
avec 99,97% des voix. Une nouvelle Constitution est adoptée
et les députés sont élus pour une Assemblée nationale qui n’a
qu’un rôle consultatif.
• 1990 : Le vent du changement démocratique venu de l’Est
traverse le Togo.
103
• 1991 : Après plusieurs mois d’agitations et de violences
politiques, s’ouvre la « Conférence Nationale », le 8 juillet, qui
va durer jusqu’au 28 août : un régime de transition d’une durée
de 1 an est institué et les pouvoirs du Président Etienne
Gnassingbé « Eyadéma » sont limités.
• 1992 : une paralysie institutionnelle s’installa, la transition
mise à mal, Gnassingbé Eyadéma récupère certaines
prérogatives majeures ;
• 1993 : le Président Gnassingbé Eyadéma annonce la fin de la
transition démocratique, provoquant une série de
manifestations soldées par des pertes en vies humaines ;
• 1998 : Le 21 juin eut lieu l’élection présidentielle dont les
résultats sont contestés. Gnassingbé Eyadema est proclamé élu
avec 52% des voix face à Gilchrist Olympio de l’UFC. La
mission d’observation de l’UE condamne la conduite du
processus électoral et est contrainte de quitter le pays. L’UE
confirma la suspension de sa coopération.
• 2005 : Le 5 février, le Président Etienne Gnassingbé «
Eyadéma » décède, à l’âge de 69 ans.
• Le 24 avril 2005, l’élection présidentielle est marquée par des
actes de violence. Le 26 avril, Faure Gnassingbé est déclaré
vainqueur avec 60% des voix. Le lendemain du scrutin, le
candidat de l’opposition, Emmanuel Bob-Akitani,
s’autoproclame Président élu.
3. Les différents cadres (institutions) mis sur pied pour la
réconciliation des togolais
Pour se réconcilier avec eux-mêmes et avec leur passé, les Togolais
ont mis sur pied des instruments de réconciliation nationale et ont signé
entre eux divers accords.
• La CVJR (Commission Vérité, Justice et Réconciliation) :
Dirigée par feu Monseigneur Yves Nicodème Anani
Barrigah-Benissan, cette commission a travaillé durant 3 ans
et a fait 68 recommandations en vue de l’apaisement du
climat politique et la réconciliation des Togolais.
• Le HCRRUN (Haut-Commissariat à la Réconciliation et au
Renforcement de l'Unité Nationale) : Il a été créé sur
proposition de la (CVJR). Il œuvre dès lors à la réparation des
torts causés aux victimes lors des périodes de trouble connues
par le Togo.
• La CRRHT (Commission de réflexion pour la réhabilitation
de l’Histoire du Togo) : elle a été créée le 18 octobre 2005
pour recenser les faits significatifs, les actes pertinents, les
évènements importants et les grands hommes qui en sont les

104
acteurs afin de constituer une mémoire collective, et proposer
des solutions objectives d’apaisement et de tolérance pour
rétablir la confiance dans le cœur des Togolais en vue de la
réconciliation pacifique du pays.
En dehors de ce cadre institutionnel, des accords ont été signés entre
Togolais dans le processus d’apaisement, de réconciliation nationale
et de recherche de l’unité nationale.
4. Appui et l’accompagnement de la communauté internationale
Le rôle de la Communauté internationale a été déterminant au Togo
tout au long de cette crise. Elle a joué le rôle d’interface entre les
protagonistes, en les poussant à préserver la paix sociale. Sa position a
souvent été critiquée par les uns et les autres qui l’accusent, suivant les
circonstances, de parti-pris.
On a pu dire de la France, surtout du Président Jacques Chirac, qu’il a
été un appui inconditionnel de Gnassingbé Eyadema ; les USA et
surtout Allemagne, furent souvent accusés de supporter les thèses de
l’Opposition. Néanmoins, le rôle de la communauté internationale a
été décisif dans les différents accords intervenus entre Togolais. Il
s’agit entre autres de :
• L’accord de Colmar : La rencontre de Colmar fait suite à
l’explosion de la violence politique des 25, 30 et 31 janvier
1993 à Lomé, et qui a entraîné un exode massif des Loméens
vers l’extérieur (le Bénin et le Ghana surtout). La France,
l’Allemagne et les États-Unis réunissent les délégations du
Pouvoir et de l’Opposition à Colmar, en France, le 8 février
1993. L’objectif était d’arriver à créer une atmosphère apaisée
au sein de la classe politique pour rassurer les Togolais afin
d’arrêter le phénomène migratoire. Mais cette rencontre aboutit
à un dialogue de sourds, à cause de l’intransigeance des uns et
des autres. Cet échec amena la France à rompre sa coopération
avec le Togo.
• Les accords de Ouagadougou : Face aux mésententes à
propos des élections prévues pour le 20 juin 1993, la
Communauté économique européenne (CEE) et la France
rompent leurs relations avec le Togo et refusent d’assister
matériellement à l’organisation des élections. Sous pression,
Pouvoir et opposition se retrouvent pour dialoguer à nouveau.
Les négociations, initiées par l’Allemagne, de la France et les
USA, ont démarré le 17 juin 1993 à Ouagadougou au Burkina
Faso. S’étant déroulées en trois phases (dénommées
respectivement Ouaga I, Ouaga II et Ouaga III), les
négociations débouchèrent sur la signature de l’accord appelé
accords de Ouagadougou, le 12 juillet 1993, avec la mise sur
pied d’un comité de suivi.

105
• L’accord-cadre de Lomé : Les élections de 1993 et 1994
n’ont pas mis fin aux dissensions au sein de la classe politique.
Les tensions vont une fois encore monter après la proclamation
de l’élection présidentielle de 1998. Des manifestants vont
dénoncer les résultats des élections qui ont vu la victoire du
général Eyadema sur Gilchrist Olympio. Pour trouver une issue
et aller vers la construction de l’unité nationale, le Président
Eyadema convia, le 20 novembre 1998, les diverses forces
politiques à une réunion en vue de définir les modalités d’un
dialogue national pour sortir le pays de la crise.
5. La situation sociopolitique du Togo
La situation socio-politique du Togo interpelle tous les citoyens en vue
de l’édification de la Nation. Certes les divergences politiques se font
jour surtout en période électorale entre parti au pouvoir et opposition,
mais il est important que chaque acteur soit motivé par la recherche de
la PAIX, la Réconciliation et l’Unité nationale.
La Nation au Togo est toujours en construction et fait appel à
l’engagement de tous les citoyens. Certes des divergences politiques
persistent mais il est impératif que chaque citoyen suive l’appel de
Monseigneur Barrigah-Benissan qui exhortait en disant : « Fais ta
part ».
6. Les défis de l’édification de la nation togolaise
• Renforcer l’unité nationale ;
• Faire des efforts pour avoir des élections consensuelles, car
c’est souvent elles qui occasionnent les violences ;
• La facilitation par le gouvernement, de la mise en place d’un
mécanisme de dialogue politique inclusif et de dialogue
alternatif inclusif sincères pour accélérer la réalisation des
engagements ;
• La facilitation d’une démarche de réconciliation nationale,
inclusive et populaire ;
• La formation des militants/adhérents par des partis politiques à
la citoyenneté responsable et à la non-violence ;
• La nécessité d’une répartition équitable des richesses ;
• La lutte efficace contre la corruption, le népotisme, le
favoritisme ;
• Lutte efficace contre le chômage et la pauvreté, etc.
Conclusion
La vie politique du Togo indépendant a connu deux périodes fortement
contrastées et d'inégale durée, la première marquée par les tentatives
infructueuses du pouvoir civil pour asseoir la jeune démocratie, la

106
seconde étant celle du pouvoir militaire incarné par Étienne
Gnassingbé Eyadéma.

Réinvestissement Propose des exercices Résolvent les Q1 : Qu’est-ce


(5mn) exercices que la CVJR et
Posent des quelle fut sa
questions notent mission dans la
réconciliation des
Togolais ?
Q2 : Définissez
peuple et nation.
Q3 : Quelle rôle
la communauté
internationale a
joué dans les
différentes crises
politiques qu’a
connu le Togo ?
Q4 : Énumérez
sans
commentaire les
différents
accords
intervenus entre
les Togolais à la
suite des crises
socio-politiques.

107

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