Histoire
Histoire
Capacités Contenus
Décrire les étapes de la création de l’ONU - Définition de l’ONU ;
- Etapes de la création de l’ONU.
Expliquer les principaux objectifs, les • Principaux objectifs et les grands
grands principes et le fonctionnement de principes de l’ONU ;
l’ONU • Fonctionnement du système des
Nations Unies.
Présenter l’organigramme de l’ONU • Organigramme de l’ONU.
Apprécier le bilan de l’ONU • Succès de l’ONU ;
• Limites de l’ONU.
Promouvoir à travers les comportements • Promotion des valeurs de la
paix, de
quotidiens les valeurs de paix, de non- la non-violence et de la culture
de la
violence et de culture de la paix (EPEV) paix.
Examiner les perspectives de l’ONU • Perspectives de l’ONU.
Situation d’apprentissage
Ton frère étudiant est en train de concevoir un projet de recherche pour son
cours de politique
internationale, centré sur le rôle et l’efficacité de l’Organisation des Nations
Unies (ONU) dans
la gestion des crises mondiales. Pour son projet, il doit comprendre comment
l’ONU a été créée,
comment elle fonctionne et comment elle aborde les crises actuelles telles que
les conflits
armés, les crises humanitaires et les défis environnementaux.
Il cherche à obtenir une compréhension complète des divers aspects de l’ONU
pour mieux
analyser ses contributions et ses défis. A partir de tes connaissances et des
documents ci-joint,
aide-le à :
6
1- Décrire les étapes historiques clés qui ont conduit à la création de l’ONU en
1945
2- Expliquer les différents objectifs de l’ONU et les grands principes qui guident
ses
actions
3- Expliquer le fonctionnement de l’ONU
4- Etablir un organigramme détaillé du système des Nations Unies
5- Evaluer les actions de l’ONU en analysant ses réussites et ses limites
6- Proposer des actions pour promouvoir les valeurs de paix, non-violence et
culture de la
paix
7- Examiner les perspectives d’avenir pour l’ONU face aux défis émergents.
TRACE ECRITE : (Essentiel à retenir)
Introduction
Dans le contexte mondial troublé qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, la
nécessité d’une nouvelle organisation internationale capable de préserver
durablement la paix s’est imposée. L’Organisation des Nations Unies (ONU),
fondée en 1945, se substitua à la Société des Nations (SDN), dont l’incapacité à
prévenir les conflits majeurs fut manifeste. Dotée de mécanismes sophistiqués
et d’institutions diversifiées, l’ONU incarne un idéal de sécurité collective et de
coopération internationale. Toutefois, l’analyse de sa trajectoire invite à une
réflexion profonde.Mais à priori, quels sont les origines, les principes directeurs,
le mode de fonctionnement et les organes de ladite organisation ? Quel bilan,
global peut-on en tirer et quelles perspectives d’avenir face aux défis
contemporains ?
1- Les étapes de la création de l’ONU
Par étapes successives, plusieurs rencontres internationales tenues en marge de
la guerre ontpréparé la naissance de cette nouvelle organisation internationale
qui devra se substituer à la
SDN. Ce sont :
1.1- La Charte de l'Atlantique (14 août 1941) : Churchill (Premier ministre du
Royaume- Uni) et Roosevelt (Président des USA) à bord d’un croiseur signent la
Charte de l’Atlantique qui prévoit l’instauration d’un nouveau système de
sécurité collective.
1.2- La conférence de Washington (1er janvier 1942) : à cette conférence,
les 26 nations en guerre contre les puissances de l’Axe, adhèrent au projet
d’élaboration d’un système de paix après la victoire. Le communiqué final
appelé « Déclaration des Nations unies » avait laissé son nom à la future
organisation.
1.3- La Conférence de Moscou (octobre 1943) : Elle a réuni à Moscou (capitale
de l’URSS), l’URSS, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la Chine. Ces pays
soulignent la nécessité d’établir une organisation internationale fondée sur le
principede l’égalité des Etats pour maintenir la sécurité.
1.4- La conférence de Téhéran (Novembre-Décembre 1943) : à cette rencontre,
Staline
(l’URSS), Roosevelt (USA) et Churchill (GB) réaffirment leur engagement pris à
Moscou et mettant sur pied un comité d’étude de la future organisation
internationale.
1.5- La conférence de Dumbarton Oaks (septembre-octobre 1944) : les USA, la
Grande Bretagne, l’URRSS et la Chine définissent les structures d’une
Organisation des Nations Unies qui seront approuvées à la conférence de Yalta.
1.6- La conférence de Yalta (février 1945) : Elle regroupe les trois dirigeants
précités (Roosevelt, Churchill et Staline) et précise les fonctions de l'ONU et le
droit de véto au conseil de sécurité.
1.7-La conférence de San-Francisco (Avril-Juin 1945) : Elle réunit les pays qui
mettent au point la Charte des Nations Unies. Le 26 juin 1945 la Charte des
Nations Unies est signée par 51 pays dont 4 africains : Ethiopie, Libéria, Afrique
du Sud et Egypte. Son siège serait à New-York. L'ONU a été officiellement créée
le 24 octobre 1945 lorsque la majorité des signataires ont ratifié sa charte.
2- Objectifs et principes de l’ONU
2.1-Les objectifs de l’ONU
Quels sont les buts de l'ONU ?
Il s’agit principalement de :
- Sauvegarder la paix et la sécurité internationales ;
- Développer des relations amicales entre les nations ;
- Développer entre les nations, les relations amicales fondées sur le principe
d’égalité des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ;
- Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes
internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire ;
- Promouvoir les droits fondamentaux de l’homme ;
- Assurer les meilleures conditions de vie, de liberté par la justice sociale
2.2- Les principes de l’ONU
Quels sont les principes de l'ONU ?
A sa création l’ONU s’est engagée à agir conformément aux principes suivants :
- L’égalité souveraine de tous les Etats membres qui s’exprime par l’égalité de
vote à l’Assemblée Générale : « Une nation, une voix » ;
- Le règlement pacifique des différends ou conflits internationaux, sans mettre
en danger la paix et la sécurité internationale ainsi que la justice ;
- Remplir de bonne foi les obligations que les Etats membres ont assumées aux
termes de la charte ;
- Assister l’organisation dans toute action entreprise par elle conformément aux
dispositions de la charte et s’abstenir de prêter assistance à un Etat contre
lequel l’organisation entreprend une action préventive ou coercitive ;
- La non intervention dans les affaires intérieures d’un Etat membre ;
- Le respect des droits fondamentaux de l’homme et des libertés pour tous sans
distinction de race, de sexe, de langue ou de religion
3- Le fonctionnement de l’ONU
C’est un système complexe qui fonctionne grâce à ses six organes principaux,
des organes subsidiaires et des institutions spécialisées.
3.1- Les organes principaux
Quels sont les principaux organes de l'ONU ? Quelles sont leurs attributions ?
3.1.1- L’Assemblée Générale (AG)
Composée des délégués des 193 Etats membres disposant chacun d’une seule
voix, l’AG ou « Parlement des Nations » est le principal organe de délibération
de l’ONU. Elle se réunit en session ordinaire une fois par an (en septembre) pour
débattre des sujets importants.
❖ Ses attributions sont : l'organe qui s'occupe de l'admission des nouveaux
Etats, de la nomination du secrétaire Général, du vote du budget de
l'organisation.
3.1.2- Le conseil de sécurité
C’est l’organe exécutif de l’ONU. Il est composé de 15 membres dont cinq
permanents (USA, Grande-Bretagne, Russie, France, Chine) et dix non
permanents élus par l’AG pour un mandat de deux ans renouvelables par moitié
chaque année (système rotatif). En fait, le pouvoir estconcentré entre les mains
des grandes puissances victorieuses de la 2ème Guerre mondiale qui
disposent chacune d’un « droit de véto » leur permettant de s’opposer à
l’adoption de toute
résolution ou vote de sanction contre elles ou leurs intérêts.
Toutes les décisions importantes doivent recevoir l’adhésion d’au moins 9
membres et obligatoirement celle des cinq membres permanents : c’est la règle
de : « l’unanimité des grandes puissances ». Le Conseil de Sécurité est le seul à
pouvoir prendre et rendre exécutoires les décisions à tous les membres.
❖ Ses attributions sont : maintenir la paix et la sécurité internationale,
proposer à l'AG des candidatures au poste de Secrétariat Général.
A travers le Conseil de Sécurité, l’ONU assume le maintien de la paix par :
- Conciliation (arrangement, entente),
- Médiation ou arbitrage,
- L’envoi des casques bleus,
- Des sanctions économiques (embargo),
- Des mesures d’ordre humanitaire (aide aux réfugiés), etc.
3.1.3- Le secrétariat général C’est l’organe administratif et technique
permanent de l’ONU.
A sa tête se trouve le secrétaire général élu pour un mandat de 5 ans
renouvelable par l’AG sur recommandation du conseil de Sécurité.
❖ Son attribution : l'organe qui assure l'administration de l'ONU.
L’actuel Secrétaire Général est le portugais Antonio Guterres élu octobre en
2016 et a pris fonction en janvier 2017.
Les secrétaires généraux de l’ONU depuis sa création :
1er Le Norvégien TRYGVE LIE (1946-1952) ;
2ème le Suédois DAG HAMMRSKJOLD (1953-1961) ;
le 3ème le BirmaneU THANT (1961-1972) ;
le 4ème l’Autrichien KURT ALDHEIM (1972-1982) ;
le 5ème le Péruvien JAVIER PEREZ DE CUELLAR (1982-1991) ;
Le 6ème , l’Egyptien BOUTROS BOUTROS -GALI (1991—1996) ;
le 7 ème Ghanéen KOFI ATTA ANNAN (1997-2005) ;
le 8ème le Sud-Coréen BAN KI-MOON ;
le 9ème le Portugais ANTONIO GUTERRES
depuis le 1er janvier 2017 . Il assume son second mandat.
3.1.4- Le conseil économique et social
Composé de 54 membres élus pour 3 ans par l’AG. Il se réunit une fois par an
(en Juillet) alternativement à New York et à Genève en session ordinaire. Les
décisions sont prises à la majorité simple.
❖ Ses attributions sont : l'organe qui s'occupe de l'action humanitaire de
l'ONU, l'organe de coordination des activités économiques.
3.1.5- Le conseil de tutelle
Cet organe est aujourd'hui obsolète parce qu'il n'a plus de rôle à jouer dans
cette organisation.Tous les pays placés sous la tutelle de l'ONU ont accédé à
l'indépendance. Le dernier territoire sous tutelle indépendant en 1994 est le
Palaos. Le conseil de tutelle a d'ailleurs officiellement suspendu ses activités
depuis le 1er novembre 1994.
3.1.6- La cour internationale de justice
Elle est l’organe judiciaire de l’ONU dont le siège est à la Haye au Pays-Bas. Elle
est composée de 15 juges élus conjointement par l’AG et le Conseil de Sécurité
pour 9 ans renouvelables.
❖ Son attribution : l'organe qui s'occupe du règlement des différends entre les
Etats membres de l'organisation.
3.2- Les organes subsidiaires
Les organes subsidiaires de l'Assemblée générale sont divisés en plusieurs
catégories : commissions, comités, conseils, groupes de travail, et groupes
d'experts.
3.2.1. Les commissions
Commission de consolidation de la paix
Commission du désarmement
Commission de la fonction publique internationale
Commission du droit international
Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI)
Commission de conciliation des Nations Unies pour la Palestine
Commission consultative
Commissions spéciales
3.2.2. Les Comités
Comité des placements
Comité des contributions
Comité des conférences
Comité de l'information
Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien
Etc.
3.2.3. Les Conseils
Conseil des droits de l'homme
Conseil de l'Université des Nations Unies
Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour les
établissements humains
3.2.4. Les Groupes de travail
Groupe de travail spécial sur la revitalisation de l'Assemblée générale
Groupe de travail sur les causes des conflits et la promotion d'une paix et d'un
développement durables en Afrique
Groupe de travail à composition non limitée sur le vieillissement
Etc.
3.2.5. Les Groupes d'experts
Comité des commissaires aux comptes
Conseil du commerce et du développement
Conseil consultatif pour les questions de désarmement
Conseil d'administration de l'UNICEF
Etc.
3.3. Les institutions spécialisées
Les institutions spécialisées sont des structures verticales créée pour s’occuper
d’un domaines spécifique donné, tel que la santé, l’alimentation, la pauvreté,
etc. Il s’agit entre autres de :
Organisation internationale du Travail (OIT)
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
(UNESCO)
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Banque mondiale (BM)
Fonds monétaire international (FMI)
Union internationale des télécommunications (UIT)
Organisation météorologique mondiale (OMM)
Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)
Fonds international de développement agricole (FIDA)
Organisation mondiale du tourisme (OMT)
Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)
Organisation internationale pour les migrations (OIM)
Etc.
Conclusion
L’Organisation des Nations Unies joue un rôle crucial dans le maintien de la paix
et la coopération internationale. Bien qu’elle ait réussi à accomplir de
nombreux objectifs, elle fait face à des défis importants qui nécessitent des
réformes et des adaptations. Comprendre son fonctionnement et ses enjeux
nous permet de mieux apprécier ses contributions et ses limites dans un monde
en constante évolution
. Réinvestissement / Travaux dirigés
Q1- Quelles sont les circonstances et la date définitive de la création de l’ONU ?
Q2- Quels sont les principaux organes de l’ONU ?
Q3- Quel bilan peut-on faire des actions de l’ONU à ce jour ?
Q4- Comment peut-on résoudre un conflit de manière pacifique ? Donne des
exemples de techniques de résolution non violente
LEÇON : 2 : LE MONDE BIPOLAIRE :
AFFRONTEMENT ENTRE L’EST ET L’OUEST DE 1947
Thème I : les relations internationales de 1945 à nos jours
Leçon : 2 : le monde bipolaire : affrontement entre l’Est et
l’Ouest de 1947 à 1991
Capacités
Présenter les causes la bipolarisation du monde
Identifier les blocs antagonistes et leur organisation
- Bloc de l’Ouest (y compris son organisation politique,militaire et
économique)
- Bloc de l’Est (y compris son organisation politique,militaire et économique)
Introduction
A peine sorti d’un conflit armé dévastateur qui aura fait plus de 50 millions de
morts, le monde plonge dans une période de tensions vives divisant les Alliés de
circonstance d’hier. Ces tensions conduisent à la bipolarisation du monde et à
un affrontement entre les deux blocs nouvellement créés par pays interposés.
Quelles sont les causes de cette bipolarisation et les blocs nés au lendemain de
la SGM ? Comment ces deux blocs sont-ils organisés ? La période allant de 1947
à 1953 est marquée par des crises aigues, voire des conflits armés localisés.
Quelles sont ces crises majeures qui ont émaillé particulièrement la période de
1947-1953 ? A partir de 1953 jusqu’en 1962, le monde retrouve un calme relatif
marqué par la reconnaissance mutuelle des blocs antagonistes. Qu’est ce qui
explique la détente observée au cours de cette période ? Quelles sont ses limites
? A partir des années 1980, un bloc entame son processus de désintégration qui
conduit à son effondrement en 1991. Quel a été le processus de cet
effondrement et quelles en ont été les conséquences ?
1. Causes de la bipolarisation (guerre du monde)
1.1 Définition des concepts
- Bipolarisation : la bipolarisation fait référence à la division du monde en
deux blocs opposés, dominés par les deux superpuissances aux idéologies et
systèmes politiques différents.
- Guerre froide : la guerre froide est une période de tensions géopolitiques,
idéologiques et économiques qui a opposé les USA et l’URSS, ainsi que leurs
alliés respectifs entre 1947 et 1991. C’est aussi une période de tensions entre
l’URSS et les pays occidentaux utilisant tous les moyens de guerre, mais évitant
un affrontement armé direct et généralisé.
1.2 Causes de la guerre froide
Les causes de la guerre froide sont multiples :
- L’antagonisme (ou différence) idéologique : capitalisme contre
communisme.Les USA défendaient un système capitaliste et démocratique
tandis que l’URSS promouvait un système communiste et autoritaire. Ces
divergences ont conduit à des tensions quant à l’organisation politique et
économique du monde.
- L’expansion du communisme en Europe de l’Est : au cours de la Seconde
Guerre mondiale, la plupart des pays de l’Europe orientale avaient été libérés
par l’armée rouge et Staline considérait cette région comme la zone d’influence
soviétique où les Anglo-américains n’ont pas à intervenir. Les Soviétiques
soutenaient également les partis communistes en France et en Italie. Ce qui a
amené Winston Churchill, le 5 mars 1946, à qualifier la zone de démarcation de
« rideau de fer », c’est-à-dire cette barrière établie le long de la frontière entre
l’Est et l’Ouest rendant impossible le passage.
- Le partage du monde après la Seconde Guerre mondiale (le problème
allemand): Après la défaite de l’Allemagne nazie et de ses alliés, les USA et
l’URSS sont devenus les deux principales puissances mondiales. Les accords de
Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet 1945) ont dessiné une division de
l’Europe en deux blocs. L’Europe de l’Ouest sous influence américaine et celle de
l’Est sous l’influence soviétique.
- La doctrine Truman et la politique de containment ou d’endiguement : En
1947, le président américain Harry Truman déclare qu’il était nécessaire
d’empêcher l’expansion du communisme dans le monde en aidant
économiquement et militairement les pays menacés par celui-ci. Cela a conduit
à des interventions américaines dans différents pays pour freiner l’influence
soviétique.
- Le plan Marshall : Ce plan, lancé en 1948 par les USA, visait à aider
financièrement les pays de l’Europe occidentale mais aussi ceux de l’Est à se
reconstruire après la guerre. L’objectif était également d’empêcher la
progression du communisme en renforçant les économies européennes. L’URSS
va percevoir ce plan comme une tentative d’hégémonie américaine.
- La doctrine Jdanov et le Kominform : En riposte aux initiatives américaines,
les Soviétiques mettent en place la doctrine Jdanov le 22 septembre 1947 et
créent le Kominform (Bureau d’information des partis communistes) le 5
octobre 1947 dont le but est d’harmoniser les politiques des partis communistes
des Etats d’Europe. Le Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM) fut
également créé le 25 janvier 1949. Ce qui marqua la rupture totale des
relations entre les USA et l’URSS.
- La course aux armements et la dissuasion nucléaire : Après la Seconde
Guerre
mondiale, une course aux armements s’est engagée, chaque superpuissance
cherchait à développer des armes plus puissantes, notamment des armes
nucléaires.
Cette compétition a renforcé la méfiance mutuelle.
- La création des blocs militaires : En 1949, les USA et leurs alliés créent
l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), une alliance militaire pour
protéger l’Europe occidentale contre une éventuelle attaque soviétique. En
réponse, l’URSS forme avec les pays du bloc de l’Est, le Pacte de Varsovie en
1955, une réplique de l’OTAN.
2. Les blocs antagonistes et leur organisation
2.1 Définition du concept de bloc
Le concept de « bloc » en géopolitique désigne un ensemble de pays alliés,
regroupés
autour d’intérêts communs, partageant des objectifs politiques, économiques,
militaires et
idéologiques similaires. Un bloc est souvent structuré par un Etat dominant ou
une
coalition d’Etats influents qui en assurent la direction ou la cohésion. Un bloc
est souvent
caractérisé par des alliances politiques et militaires, une seule idéologie, une
solidarité
économique et une opposition à un autre bloc. Dans le contexte de la guerre
froide, les
blocs consistent également en la séparation entre les partisans des USA et les
partisans de
l’URSS.
2.2 Les blocs de l’Ouest et de l’Est et leur organisation ou fonctionnement
Bloc de l’Ouest Bloc de l’Est
Organisation politique
Principal dirigeant : USA Principal dirigeant : l’URSS
Principaux pays membres : USA, Principaux pays membres :
Royaume –Uni, France, Belgique… Pologne, Tchécoslovaquie,
Albanie, Hongrie, Roumanie…
Système politique : démocratie Système politique : Régimes
libérale communistes dominés par un parti
unique (le parti communiste,
démocratie populaire)
Doctrine Truman Doctrine JDANOV
Organisation militaire
OTAN (4 avril 1949), pacte du Pacte de Varsovie (14 mai 1955)
Pacifique (01sept 1951) ou Service de renseignement KGB
ANZUS ; OTASE (8 sept 1954),
Pacte de Bagdad (24 févr 1955),
Pacte de Bruxelles,
Service de renseignement CIA…
Idéologie
Capitalisme : système économique Communisme : doctrine prônant la
prônant la propriété privée des propriété collective des moyens de
moyens de production, la libre production, la disparition des
entreprise et marché ouvert. classes sociales et une économie
Libéralisme : idéologie promouvant planifiée
les droits de l’homme, la démocratie,
25
l’Etat de droit et la liberté Marxisme-Léninisme : une
d’expression. version adaptée du marxisme mise
en place par Lénine et poursuivie
par Staline, visant à diriger un Etat
fort contrôlé par le parti
communiste
Organisation économique
- Plan marshall - Economie planifiée
- OECE (16 avril 1948) : - COMECON ou CAEM
Organisation européenne de (conseil d’assistance
coopération économique ; économique mutuelle) le 25
- CECA (18 avril 1958) : janvier 1949
Communauté européenne du
charbon et de l’acier
- CEE (remplace CECA) :
Communauté économique
européenne
- Economie de marché
30
TRACE ECRITE (ESSENTIEL A RETENIR)
31
- La réaction américaine : profitant du boycott de l’ONU par l’URSS, les USA font
voter le 27
juin 1950, une résolution par le Conseil de Sécurité condamnant l’agression et
autorisant une
intervention armée internationale contre l’agresseur sous leur direction ;
- La contre-offensive américaine (septembre-octobre 1950) : sous la direction
du Général Mac
Arthur, les troupes onusiennes refoulent l’armée nord-coréenne jusqu’au fleuve
Yalou ou Yalu,
la frontière naturelle de la Corée du Nord avec la Chine ;
- L’intervention chinoise (16 octobre) : la Chine envoie aux côtés des Nord-
coréens, des
millions de “volontaires” qui repoussent les forces onusiennes jusqu’au sud du
38è parallèle en
janvier 1951, occupant de nouveau Séoul ;
- La stabilisation du front (1951-1953) : Mac Arthur parvient finalement à
arrêter l’avancée
sino-nord-coréenne et à reprendre position sur le 38è parallèle ;
- L’armistice de Pan Mun Jom : après de longues négociations et la mort de
Staline, un armistice
est signé le 27 juillet 1953, fixant la nouvelle frontière sur une ligne serpentant
le 38è parallèle.
Les conséquences de la guerre de Corée
✓ Perte en vies humaines : la guerre a fait plus de 2,4 millions de morts et des
blessés
✓ Maintien de la frontière au 38eme parallèle
✓ Profondes vagues d’anti-communistes aux USA avec le Maccarthysme
(Chasse aux
sorcières)
✓ La montée d’anti-américanisme chez les communistes
✓ Le renforcement militaire des deux blocs avec la Signature des alliances
militaires : du
côté capitaliste, les Américains remilitarisent le Japon et signent avec lui, le
Traité de
Paix de San Francisco le 20 juillet 1951.
Ce renforcement a commencé un peu plus tôt avec la signature du Traité de Rio
en 1947 entre
les USA et 20 pays sud-américains, devenu en 1948, l’Organisation des Etats
Américains
(OEA). En novembre 1953, le Général Dwight David Eisenhower devient
président (1953-
1961) et met en place une nouvelle politique : le “Roll-Back”, c’est-à-dire le
refoulement. Une
série de pactes militaires sont mis en place pour encercler les pays communistes
surtout d’Asie
: l’ANZUS (Alliance Australie-Nouvelle-Zélande-USA) créée en 1951 qui devient
OTASE en
1954 pour la défense du Pacifique Sud ; le Pacte de Bagdad née en 1955 qui
devient CENTO
(Central Treaty Organization) en 1959 pour la défense du Moyen-Orient
✓ Hausse des coûts mondiaux des matières premières. La guerre de Corée est
une
illustration de la guerre froide parce qu’à l’image de la guerre froide qui oppose
idéologiquement l’Est et l’Ouest, la guerre de Corée est une guerre entre deux
pays
32
idéologiquement opposés (URSS et USA) par pays interposés (Corée du nord
soutenues
par la Chine et l’URSS contre Corée du Sud soutenue par les USA sous le couvert
des
casques bleus).
4. Le dégel (la coexistence pacifique) et ses limites (1953-1962)
Le dégel est une période (courte) de détente entre les Etats-Unis et l’Union
soviétique, marquée
par une réduction des tensions qui caractérisaient la guerre froide. C’est aussi
une période
marquée par une politique d’apaisement de la part des deux superpuissances
(USA et URSS).
A partir de 1953, les relations internationales se décrispent suite à une série
d’évènements et de
situations nouvelles.
4.1 Les causes du dégel
- La mort de Staline et l’arrivée au pouvoir de Nikita KHROUCHTCHEV : suite au
décès de Staline survenu le 5 mars 1953, Nikita KHROUCHTCHEV arrive au
pouvoir
et cherche à assouplir la politique internationale. Sous son magistère, l’Union
soviétique
entreprit une politique de coexistence pacifique avec l’Occident.
- L’arrivée au pouvoir du général Eisenhower, en remplacement de Harry
Truman.
Ce dernier a cherché à gérer la rivalité avec l’Union soviétique par le biais d’un
mélange
de dissuasion militaire et de coopération diplomatique. Il a par exemple œuvré
pour de
la fin de la guerre de Corée, joué un rôle clé dans la tenue de la conférence de
Genève
en 1955, été l’artisan du programme « Atoms for peace » (1953) qui visait à
promouvoir
l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire…
- L’équilibre de la terreur nucléaire : avec le développement des armes
nucléaires et
des engins de longue portée (missiles pouvant atteindre 10000km) par les deux
superpuissances, il devenait de plus en plus évident que toute confrontation
directe
provoquerait une destruction mutuelle assurée. Cela a poussé les deux camps à
chercher
des moyens d’éviter les conflits directs, tout en maintenant une rivalité
stratégique.
- Les mouvements pacifistes et les opinions publiques : en Occident comme en
union
soviétique, les opinions publiques faisaient de plus en plus pression pour la
détente et la
fin de la course aux armements
- Les besoins économiques : la course aux armements était coûteuse pour les
deux blocs.
L’Union soviétique commençait par ressentir les effets de la stagnation
économique
tandis que les USA voulaient réduire les dépenses militaires pour se concentrer
les
questions intérieures…
4.2 Les manifestations du dégel
La période du dégel est marquée par un apaisement des tensions avec des
manifestations
visibles dans les domaines diplomatique, militaire, culturel et interne en URSS. Il
s’agit de :
- les réformes internes en Union soviétique (déstalinisation) : en février 1956,
lors du 20e
congrès du parti communiste soviétique, KHROUCHTCHEV prononce un discours
dans
lequel, il dénonce les excès de Joseph Staline , notamment les purges et la
terreur de l’époque
stalinienne. Cela ouvre la voie à la reforme de déstalinisation en URSS. De
nombreux
prisonniers politiques, notamment les détenus du goulag furent libérés et
plusieurs amnisties
accordées.
- la conférence de Genève de 1955 : elle a été l’une des 1eres grandes
manifestations
diplomatiques du dégel. Elle a réuni autour d’une même table les dirigeants des
principales
puissances de la guerre froide, notamment Eisenhower des USA,
KHROUCHTCHEV de
33
l’URSS, Anthony Eden du R-U et Edgar FAURE de France. Même si aucun accord
n’en est
sorti, elle a eu le mérite d’établir un dialogue direct et ouvert sur des questions
telles que la
sécurité européenne, le désarmement et la réunification de l’Allemagne.
- la visite de Khrouchtchev aux USA : en 1959, le dirigeant soviétique Nikita
Khrouchtchev
effectue une visite historique aux USA, devenant ainsi, le premier leader
soviétique à se rendre
dans ce pays. Cette visite symbolisait l’ouverture d’un dialogue direct entre les
deux
superpuissances et marquait une volonté d’apaiser les tensions
- les accords sur l’Autriche en 1955 : en 1955, les USA, l’URSS, le R-U et la
France signent
un accord sur l’indépendance de l’Autriche mettant fin à l’occupation militaire
qui durait depuis
la fin de la Seconde Guerre mondiale. Par cet accord, l’Union soviétique
démontrait à la face
du monde qu’elle pouvait négocier sur des questions géopolitiques importantes.
- le relâchement des tensions militaires : le dégel a vu une réduction temporaire
des hostilités
militaires directes entre les deux blocs et la diminution des essais nucléaires.
- les premières initiatives de désarmement nucléaire : les premières discussions
sur la
limitation des armements nucléaires ont débuté pendant la période de dégel.
- la diplomatie culturelle et échanges scientifiques : durant le dégel, il y a eu une
augmentation des échanges culturels et scientifiques entre l’Est et l’Ouest. Par
exemple, des
expositions artistiques, des concerts et des événements sportifs ont permis
d’intensifier les
contacts entre les peuples des deux blocs.
- L’URSS adhère à l’UNESCO,
- la signature de l’accord de Pan Mun Jon mettant fin à la Guerre de Corée
4.3 Limites du dégel
Le dégel a connu quelques crises dont les plus importantes sont :
- la crise de Suez (1956) : elle nait de la volonté de Nasser de prendre contrôle
du canal de Suez
alors sous gestion franco-britannique. Elle débouche sur un affrontement entre
Israël et Egypte
auquel s’en mêlent d’abord la France et le R-U, puis l’URSS et les USA ;
- la deuxième crise de Berlin (août 1961) : elle est marquée la construction du
mur de Berlin
encore appelé mur de la honte séparant Berlin-Ouest et Berlin-Est et
symbolisant le rideau de
fer. Elle tire ses origines de l’hémorragie humaine (déplacements des
populations de Berlin Est
vers l’ouest) constatée entre la RDA et la RFA.
- la crise de Cuba (octobre 1962) : elle est marquée par la tentative
d’installation d’un arsenal
nucléaire sur l’île de Cuba. En janvier 1959, Fidel Maximo CASTRO s’empare du
pouvoir par
coup de force. Il nationalise les firmes sucrières américaines et installe un
régime socialiste sur
l’île. Les Américains réagissent en décrétant un embargo économique contre ce
dernier. Menacé
d’asphyxie, Castro se rapproche de Moscou. En avril 1961, la CIA organise le
débarquement
de la « baie des Cochons » des Cubains anticastristes sous couvert de “réfugiés
cubains”
entraînés au Guatemala qui se solda par un échec. L’URSS réagit en accordant
un permis
militaire nucléaire à Cuba qui adhère au CAEM en 1962. En octobre 1962, les
Russes installent
des rampes de lancement des fusées à moyenne portée au Cuba et chargent 24
cargos avec des
missiles à tête nucléaire en direction de l’ile. Devant cette menace, le président
américain John
Fitzgerald KENNEDY décide le blocus naval de l’île le 22 octobre. Suite à la
médiation
onusienne, Khrouchtchev, renonce au projet de nucléarisation de l’ile de Cuba
et demande aux
bateaux de faire un demi-tour. Une troisième guerre mondiale venait d’être
évitée.
37
Trace écrite :
39
- les changements dans les leaderships : l’arrivée au pouvoir de dirigeants plus
favorables à
une approche diplomatique comme Richard Nixon aux USA et Léonid Brejnev en
URSS a
facilité la détente entre les deux blocs .
- les problèmes économiques : les coûts élevés associés à la course aux
armements et aux
engagements militaires ont créé une pression économique, obligeant les deux
super puissances
à réduire les dépenses militaires et à négocier des accords.
- les mouvements pacifistes : les mouvements pour la paix et les protestations
contre la guerre
ont poussé les gouvernements à adopter des politiques plus conciliantes et à
rechercher des
solutions diplomatiques
- besoin de coopération internationale : l’interdépendance économique
croissante et les défis
globaux comme les crises économiques et environnementales, ont encouragé
les
superpuissances à coopérer plutôt qu’à se confronter.
5.2 Diverses facettes de la détente
Sur le plan politique, la détente se manifeste de plusieurs manières :
- Dialogue direct entre les dirigeants, comme les sommets Nixon-Brejnev
- Echanges et visites diplomatiques : c’est l’exemple de la visite de Leonid
Brejnev aux
USA en juin 1973, de Richard Nixon en mai 1972 et de Gerald Ford en novembre
1974
en URSS.
Sur le plan militaire la détente a conduit :
- aux accords de contrôle des armements comme les accords SALT I et II, le
traité sur les
forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), le TNT (traité de non-
prolifération des armes
nucléaires.
- à l’établissement du téléphone rouge entre le Kremlin et la maison blanche
- la réduction des exercices militaires
- Au contrôle des essais nucléaires
- Signature du traité de non-prolifération des armes nucléaires
- Accord de dénucléarisation de l’Amérique latine signée en 1967
Sur le plan économique, on assiste à :
- l’augmentation des échanges commerciaux entre l’URSS et les USA, avec la
signature
d’accords commerciaux bilatéraux comme l’accord commercial américano-
soviétique de
1972 sur les produits industriels, agricoles et technologiques.
- la coopération énergétique notamment dans le domaine des hydrocarbures.
- l’accord de crédits et prêts par les USA à l’URSS pour stimuler l’économie
soviétique et
permettre aux entreprises américaines d’exporter vers l’URSS.
5.2 Limites de la détente
La détente qui était une période de réduction des tensions entre l’Est et l’Ouest
a connu des
limites qui ont entravé une paix durable. Parmi ces limites on peut citer la
guerre de Vietnam
et la guerre d’Afghanistan.
La guerre de Vietnam (1955-1975) : la guerre du Vietnam oppose le Vietnam du
Nord
(République démocratique du Vietnam dirigée Ho Chi Minh) au Vietnam du Sud
(république du Vietnam) dirigé par Ngô Dinh Diêm. Le premier, communiste,
cherche à
réunifier le pays sous un gouvernement communiste alors que le second, libéral,
lutte contre
la progression communiste. Ho Chi Minh reçoit le soutien de l’Est notamment
celui de la
Chine et de l’URSS tandis que Ngô Dinh Diêm et ses successeurs ont l’appui des
Américains avec un engagement direct matérialisé au début des années 1960
par l’envoi des
conseillers militaires sous l’administration Kennedy et des troupes massives
sous le
40
Président Johnson à partir de 1965. Le conflit débuté en 1955, prend fin en avril
1975 avec
la chute de Saїgon et une réunification du Vietnam sous un gouvernement
communiste.
La guerre d’Afghanistan (1979-1989) : c’est un conflit ayant opposé l’Union
soviétique
et ses alliés aux forces de résistance afghanes connues sous le nom de
moudjahidines.
6. La fin du monde bipolaire et l’émergence du monde unipolaire (1980-1991)
6.1 Mutations du bloc de l’Est
Les mutations du bloc de l’Est dans les années 1980 ont été caractérisées par
des réformes
politiques et économiques, une stagnation économique croissante qui a
entrainé des pénuries
de biens de consommation, un retard technologique, une incapacité à rivaliser
avec les
économies de marché, une montée de l’opposition populaire et la fin de
l’ingérence soviétique.
Ces transformations ont conduit à la chute des régimes communistes en Europe
de l’Est et à
l’effondrement de l’URSS marquant ainsi la fin d’une ère géopolitique et la
transition vers la
démocratie pour de nombreux pays de la région.
6.2 Réformes de M. Gorbatchev : la perestroïka et la Glasnost
Mikhail Gorbatchev initie à partir de 1985 une série de réformes économiques
et politiques
profondes notamment la perestroïka et la Glasnost :
La perestroïka (restructuration) : c’est un ensemble de réformes économiques
et politiques
mises en place sous Gorbatchev pour revitaliser l’économie soviétique et
moderniser le système
politique du pays.
Sur le plan économique, elle a consisté à introduire des mécanismes de
l’économie du marché
dans l’économie socialiste. Cela signifiait de permettre à certaines entreprises
de fonctionner
de manière plus autonome, d’être responsables de leur rentabilité et de
s’orienter vers la
demande plutôt de suivre des plans économiques rigides. Cela signifiait
également une
ouverture aux investissements étrangers. L’Union soviétique devenait ainsi
favorable à la
formation de coentreprises avec des entreprises étrangères pour stimuler les
investissements et
moderniser l’économie locale.
Sur le plan politique, la perestroïka visait à introduire certains éléments
démocratiques dans
le système politique soviétique, comme les élections multipartites limitées de
1989, la réduction
du rôle du parti communiste dans la vie politique du pays et autres…
La perestroïka s’est accompagnée de la Glasnost (transparence) sur le plan
politique. Elle visait
à encourager une plus grande liberté d’expression et de transparence dans les
affaires politiques.
Cela a permis des débats critiques sur l’histoire du régime soviétique
notamment les crimes
staliniens.
En réalité, ces réformes ont ébranlé l’ordre établi et donné un nouvel élan aux
mouvements
dissidents dans les pays satellites.
6.3 Effondrement du bloc communiste
L’effondrement du bloc de l’Est qui s’est principalement déroulé entre 1989 et
1991 est un
processus complexe qui a été déclenché par une série de facteurs économiques,
politiques et
sociaux. Il a abouti à la chute des régimes communistes en Europe de l’Est et à
la dissolution
de l’URSS. On note :
- En Pologne, le mouvement Solidarnosc gagne en influence à la suite des
grèves
massives et des accords de Gdansk en 1980. Les élections semi-libres de 1989,
aboutissent à la victoire de Solidarnosc qui marque la fin du régime
communiste.
- En Hongrie, le parti communiste introduit à partir de 1988 des réformes
politiques et
accepte, un an plus tard, une transition vers un système multipartite.
41
- En Tchécoslovaquie, c’est la révolution de velours de novembre 1989 qui
mène à la
chute du régime communiste.
- En Roumanie, le régime communiste de Nicolas Ceausescu est renversé en
décembre
1989 par des manifestations.
- En RDA, on assiste à la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. La chute
du mur
de Berlin entraine la réunification de l’Allemagne et accélère la fin des régimes
communistes en Europe de l’Est.
- La dissolution de l’URSS (1991) : en aout 1991, un coup d’Etat manqué contre
Gorbatchev secoue la vie politique de l’URSS. C’est après cet échec, que les
Républiques soviétiques commencèrent à déclarer leur indépendance
conduisant à
l’éclatement de l’URSS. En décembre 1991, les dirigeants de la Russie, de
l’Ukraine et
de la Biélorussie signent les accords de Minsk mettant officiellement fin à
l’Union
soviétique et créant la CEI.
6.4 Naissance du monde unipolaire
L’effondrement du bloc de l’Est a laissé les USA comme seule superpuissance
militaire,
économique et politique mondiale. Le monde sous domination américaine va
être
caractérisé par :
- Une hégémonie américaine : sous l’impulsion des USA, un nouvel ordre
mondial basé
sur les principes du capitalisme et de la démocratie voit le jour.
- Expansion de l’OTAN et de l’Union européenne : l’alliance militaire dirigée par
les
USA s’élargit pour inclure plusieurs anciens membres du bloc de l’Est. De même
l’Union européenne étend son influence en acceptant plusieurs anciens pays de
l’Est.
- Domination des organisations internationales : dans le nouvel ordre mondial,
les
USA exercent une influence prépondérante sur les institutions multilatérales
comme
l’ONU, le FMI, l’OMC…
- Globalisation économique : la mondialisation économique s’intensifie sous
l’influence
des USA, marquée par l’expansion des entreprises multinationales et
l’intégration des
marchés mondiaux. Le néolibéralisme, avec ses principes de libre-échange et de
dérégulation est devenu la norme dominante.
Conclusion :
De 1947 à 1991, le monde connait l’affirmation de deux superpuissances qui
entendent imposer
leur vision du monde au reste de la planète. Cette rivalité conduit à la division
du monde en deux
blocs qui s’affrontent désormais par le biais de crises et guerre par procuration.
Toutefois, la
période est marquée par des moments de détente et d’accalmie. Enfin,
l’effondrement du bloc de
l’Est et la dissolution de l’URSS ouvre la voie à l’émergence d’un monde
unipolaire sous
influence américaine.
Moment didactique et durée : remédiation éventuelle en séance
Durée : 15 min
Activité du Activité des élèves Support de travail, matériel
professeur
Propose des exercices de -Résolvent les Enoncé des exercices de
remédiation
remédiation selon les exercices, 1-Définis : détente
résultats du -Posent des 2-Enumère les facteurs de la détente
réinvestissement, questions 3-Relève 2 facettes de la détente
travaux dirigés -Notent
4-Cite quelques réformes introduites par M.
Gorbatchev
42
Moment didactique et durée : évaluation
formative Durée : 15
Activité du professeur Activité des élèves Support de travail, matériel
Propose des exercices Cherchent et résolvent Enoncé des exercices
d’évaluation :
d’évaluation les exercices 1-Définis : détente
d’évaluation 2-Enumère les facteurs de la détente
Capacités
Hégémonie des Etats-Unis au lendemain de la dislocation au bloc Est :
• Sur le plan économique : imposition du libéralisme
• Sur le plan politico-militaire : USA devenus le « gendarme du monde »
Conséquences de la conférence de la Baule et le vent de la démocratisation :
Ressortir les conséquences de la
• Discours de la Baule de F. Mitterrand : conférence de la Baule et le vent de la
conditionnée de la démocratisation
• Ere des conférences nationales en Afrique ;
• Limites de la démocratie en Afrique ;
Persistance des tensions dans le monde
Relever la persistance des conflits dans
• Tension dans le Golfe Persique
• Conflit israélo-palestinien
• Problème Kurde
Analyser les contestations de l’hégémonie américaine
• Emergence de la Chine, savoir-faire chinois qui
vient contester la toute-puissance des USA
(Population chinoise au service du développement)
• Investissement chinois dans le monde
• Réaffirmation militaire russe
• Naissance d’un monde multipolaire
Expliquer le Printemps arabe et ses conséquences : le terrorisme en Afrique
• Printemps arabe et ses conséquences et dans le monde
Déterminer les facteurs du phénomène
• Facteurs du phénomène de l’extrême violent de l’extrémisme violent (EPEV
Introduction
1.2 Une puissance politique et militaire qui confère aux USA le rôle de «
gendarme
Au niveau politique, les Etats-Unis sont un membre permanent du Conseil de
Sécurité de l’ONU. Ils exercent un véritable contrôle sur la direction de l'ONU
dont le siège est d'ailleurs situé sur leur territoire (New York). Ils ont la
suprématie dans la diplomatie internationale à travers leurs influences dans les
organisations internationales et leurs alliances politiques. Dans le domaine
militaire, les États-Unis sont de loin la nation la plus puissante au monde.
Ils contrôlent 50% des ventes d’armes mondiales. Avec 768 milliards de dollars
de budget consacré à la défense, les États-Unis représentent 40% du budget
militaire mondial. L’armée américaine est composée de 540 000 hommes ; ils
disposent de l’arme nucléaire, d’une force de projection et d’un matériel
inégalé, en qualité et en quantité. Ils sont présents sur tous les continents
grâce à leur flotte et à de bases militaires. Aussi ont-ils développé à travers le
monde de nombreux accords militaires comme OTAN ou AUKUS (Alliance
militaire entre l’Australie, la GB et les USA). Forts de cette puissance militaire et
politique, les USA interviennent militairement dans les affaires du monde (la
guerre du Golfe en 1991 avec l’accord de l’ONU, l’intervention en Somalie en
1992 et au Kosovo en 1999 ; en Irak en 2003 pour renverser le régime de
Saddam Hussein). Ils jouent un rôle décisif dans le conflit yougoslave conclu par
les accords de Dayton en 1995. Ils jouent également un rôle diplomatique de
premier ordre dans le conflit israélo- palestinien et de l’ex-Yougoslavie). Ils ont
aussi souvent recours aux sanctions (économiques ,diplomatiques…). Qu’il
s’agisse de punir les violations des droits de l’homme, les agressions militaires,
le soutien au terrorisme, la répression politique, la prolifération nucléaire,… les
USA sont présents. C’est pourquoi on dit des USA qu’ils sontles « gendarmes »
du monde.
SEANCE 2 :
Trace écrite : L’essentiel à retenir
2. Le vent de la démocratisation en Afrique
Les revendications démocratiques aboutissent, au début des années 1990, à
l’organisation des assises nationales dans de nombreux pays francophones. La
conférence de la Baule a marqué un tournant dans le processus démocratique
en Afrique.
Le conflit israélo-palestinien est l’un des conflits les plus anciens affectant notre
planète.
La naissance de l’Etat d’Israël en 1948 entraîna l’exode de milliers de
palestiniens dans les
Etats alentours (Liban notamment) et des guerres avec les Etats arabes voisins
(guerre de 1948-
1949, guerre des 6 jours en 1967, guerre du Kippour en 1973). Aujourd’hui
encore, le confli tporte sur la définition géographique de deux Etats
indépendants (israélien et palestinien), le contrôle des lieux saints, la question
de Jérusalem considérée comme capitale, les colonies
53
juives installées en territoire palestinien (Cisjordanie) et encore sur la question
du partage de
l’eau dans la région. Le 7 octobre 2023, le Hamas (un groupe armé et autorité
politique qui
administre la bande de Gaza) attaque l’Etat d’Israël faisant près de 1000 morts
entrainant une
réponse sanglante des forces israéliennes faisant environs près de 100 000 mort
(Guerre en
cours).
Au total, le début des années 1990 est marqué par un retour à la démocratie en
Afrique à
la suite du discours de la Baule. Ces années sont marquées aussi par la
persistance de certains
conflits dans le monde.
SEANCE 3 :
56
Ces conflits des années 2000 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ont
dégradé
l’image des États-Unis. De plus, l’usage de la torture à Guantanamo (base
américaine située à
Cuba), l’enlisement des guerres d’Afghanistan et d’Irak, l’espionnage des Etats
alliés (France,
Allemagne) rendu public grâce aux révélations de Julian Assange et d’Edourd
snowden, le
contrôle accru des libertés civiles et les actions de déstabilisation de la CIA ont
imposé l’image
des États-Unis comme l’un des principaux opposants à la paix mondiale,
remettant en cause
leur suprématie dans le monde. On assiste dès lors à l’émergence de nouveaux
pôles d’influence
dans le monde.
60
Trace écrite : l’essentiel à retenir
5. Le printemps arabe et ses conséquences
Le « Printemps arabe » est un ensemble de contestations populaires, d'ampleur
et d'intensité
très variable, qui se sont produits dans de nombreux pays du monde arabe
contre la pauvreté,
le chômage,la tyrannie et la corruption de leurs gouvernements à partir de
décembre 2010. Ce
mouvement a commencé le 17 décembre 2010 après l’immolation par le feu
des jeunes tunisiens
Mohamed Bouazizi et Neji Hefiane dans la petite ville de Sidi Bouzid. Cet
évènement a
déclenché des manifestations violentes ayant provoqué la chute du président
tunisien Zine el-
Abidine Ben Ali. Très vite, des révoltes populaires se propagent dans d’autres
pays arabes
notamment en Egypte où Hosni Moubarak a été arrêté ; au Yemen Ali Abdallah
Saleh renonce
à la présidence au profit de son vice-président ; en Syrie, Bachar Al-Assad fait
face à des
manifestations ; au Bahreïn et en Libye.
61
6. Les facteurs du phénomène de l’extrémisme violent
6.1. L’extrémisme violent
L'extrémisme violent fait référence à la préconisation, à l'engagement, à la
préparation ou à tout
autre soutien de la violence motivée ou justifiée par l'idéologie pour atteindre
des objectifs
sociaux, économiques et politiques.
Conclusion générale
Après l’effondrement de L’URSS, les États-Unis s’affirment comme la puissance
dominante
de la scène internationale de 1991 à 2000. Cette unipolarisation du monde avec
la suprématie
hégémonique des États-Unis sera remise en cause à partir de 2001
principalement avec les
attentats du 11 septembre et l’émergence de nouveaux pôles d’influence. On
assiste à une
nouvelle configuration géopolitique du monde qui devient progressivement
multipolaire.
62
Réinvestissement
Séance 1 1.Comment expliques-tu la domination des USA dans le monde
après la Guerre froide ?
2.Pourquoi dit-on que les USA sont devenus les ‘’gendarme du monde’’ après la
guerre froide
?
Séance 2 3.Qu’est-ce que la conditionnalité de l’aide à la démocratie en
Afrique après le discours de la
Baule en 1990 ?
4.Quelles sont les limites de la démocratie en Afrique ?
Séance 5 et 6 5. Qu’est-ce que le printemps arabe ? Quelles en sont ses causes
et ses conséquences ?
6.Quels sont les facteurs de la montée de l’extrémisme violent dans le monde ?
Séance 3 et 4 Situation d’évaluation des compétences
Tu assistes à un débat télévisé sur New World portant sur les attentats des
tours jumelles du
« World Trade Center » perpétrés sur le sol étatsunien, le 11 septembre 2001.
L’un des
débatteurs affirme que « de 1991 à 2001, les Etats-Unis étaient la seule
hyperpuissance
mondiale. Avec ces attentats, les Etats-Unis voient leur hégémonie contestée et
concurrencée,
faisant du monde, un monde multipolaire après 2001 ».
Consignes
1. Identifie le problème posé dans cette situation.
2. Es-tu d’accord avec le débatteur qui affirme :« Avec ces attentats, les Etats-
Unis voient
leur hégémonie contestée et concurrencée, faisant du monde, un monde
multipolaire après
2001 ». Justifie ta réponse.
63
LEÇON 4 : LES FACTEURS DE LA DECOLONISATION
DE L’AFRIQUE
Classe : TERMINALE
Capacités Contenus
Expliquer les facteurs de Facteurs de la décolonisation en Afrique :
la décolonisation en • Notions de nationalisme et de décolonisation ;
Afrique • Facteurs (causes) de la décolonisation.
Identifier les principaux
mouvements • Principaux mouvements nationalistes en Afrique.
nationalistes
Analyser les rôles des Rôles des mouvements nationalistes et les
conséquences des
mouvements luttes d’émancipation :
nationalistes et les • Rôles des mouvements nationalistes ; (acteurs
institutionnels
conséquences des luttes et non institutionnels) ;
d’émancipation • Conséquences des luttes d’émancipation.
72
- Capitalistes : Etat du Vietnam, Gambie, Japon, Iran, Irak…
- Neutres : Gold Coast, Liberia, Soudan
Mais tous ces pays de différentes idéologies, ont des points en commun : Ils
sont tous anticolonialistes et sont surtout des PSD. On a ainsi parlé de
l’internationale de pauvres.
La conférence de Bandoeng avait pour but de :
- Montrer la solidarité des pays de l’Afrique et d’Asie en lutte pour leur
indépendance
- Demander aux peuples déjà indépendants d’aider les autres à acquérir leur
indépendance
- Condamner le colonialisme (qui selon eux est le seul obstacle au progrès de
leur pays)
- Affirmer que l’indépendance est inséparable du principe de liberté
- Condamner la discrimination raciale, la course aux armements et la guerre
froide
Les principales décisions de cette conférence ont été :
- La solidarité entre les pays du Tiers monde
- La lutte contre la balkanisation
- La condamnation du colonialisme
- La condamnation de la course aux armements qui entretient la Guerre Froide
- Le soutien aux mouvements de lutte pour l’indépendance
- La neutralité face à la guerre froide, d’où la naissance d’une troisième force :
le
mouvement des non alignés
- Le développement économique et socioculturel des PSD, à travers l’institution
d’un
Nouvel Ordre Economique International : NOEI….
2.2.3.2. Les conférences d’Accra (Ghana)
La 1ère conférence : avril 1958 (conférence des Etats indépendants)
Elle a réuni les représentants de 08 pays indépendants d’Afrique : Ghana,
Egypte (République
Arabe Uni RAU), Ethiopie, Liberia, Libye, Maroc, Soudan Tunisie.
Cette conférence proclama le droit à l’indépendance de tous les pays africains
et du monde. Elle
a reconnu le Front de Libération Nation FLN, comme seul interlocuteur en
Algérie.
Cette conférence qui voulait hâter l’accession à l’indépendance des pays, réunit
plus de 250
délégués de presque tous les pays africains.. Il y avait aussi des observateurs de
l’ONU, des
USA et de l’URSS. Les principales décisions de cette conférence sont :
- Condamner le colonialisme
73
- Encourager toutes les formes d’actions pouvant aboutir à l’indépendance :
Qu’elles
soient pacifiques ou violentes, mais en insistant sur la forme pacifique
- Lancer un appel à l’ONU, pour que celle-ci demande aux métropoles de se
retirer de
leurs colonies. (afin que soit respectés les droits de l’Homme contenus dans la
charte de
l’ONU).
- Créer un secrétariat permanent, chargé de travailler pour la libération de
l’Afrique, et
de développer le sentiment de solidarité panafricaine.
- réfléchir sur la possibilité de la création de l’Union Africaine (idée de Kwame
N’Kurmah)
74
Il s’agit essentiellement de :
Le RDA Rassemblement Démocratique Africain. Il est créé en 1946 (19
septembre 1946) par
Houphouët Boigny, Sourou Mighan Apithy, Modibo Keita (qui dirige la section
malienne
du RDA : l’Union soudanaise)
La CPP Convention People’s Party fondée en 1949 par le docteur Kwame
N’Kurmah
Le NCNC National Convention Nigeria and Cameroun dirigé par Nimandi
AZIKIWE du
Nigeria
75
Ces intellectuels ont développé le panafricanisme [qui vise à revaloriser la
civilisation
africaine. Senghor et ses amis ont mené un combat culturel aux côtés de leurs
frères
politiciens.] Ils élaborent des écrits, qui seront publiés dans la Revue Présence
Africaine [créée
à Paris en 1947 par le Sénégalais Alioune Diop]. C’est ainsi qu’une quantité de
journaux
apparaît dans les métropoles et permet aux intellectuels de s’exprimer et de
dénoncer le système
colonial. Exemple : « Evening News » de Kwame Nkrumah, « Légitime défense »
de Césaire,
Senghor et Rabemanjara. En 1954 est publié « Nation nègre et culture » du
professeur Cheik
Anta DIOP, qui apparaît comme une bombe dans la citadelle coloniale. Ces
intellectuels
diffusent la philosophie de la négritude : ensemble des valeurs culturelles du
monde noir. Les
intellectuels africains matérialisent leurs idées par la création de partis
politiques et de syndicats
qui vont articuler leur combat à un vaste mouvement de rejet global de la
colonisation et la
diffusion des idées et la civilisation africaine dans les autres continents
[contrées].
4.2. Le rôle des acteurs non institutionnels (acteurs à la tête des associations)
Les syndicats qui ont pendant longtemps été interdits, furent autorisés dans les
années 40
(1944-1946). C’est alors qu’on voit apparaitre une pléthore de syndicats. Ceux-
ci réclamaient :
- L’égalité de salaire avec les fonctionnaires européens
- Une meilleure organisation de leur carrière (assurance retraite à titre
illustratif)
- L’autonomie politique, car selon les syndicalistes, "sans l’autonomie
politique, une
prétendue autonomie syndicale n’est que vaine".
76
La désintégration des empires coloniaux
L’émergence des pays du tiers monde
Le changement d’attitude des colons
Conclusion
La décolonisation de l’Afrique a été possible grâce à un certain nombre de
facteurs. Mais l’on
doit insister sur l’action des partis politiques et des intellectuels. Ceux-ci ont
fédéré, autant que
possible, les peuples afin de les amener à se soulever contre l’autorité coloniale.
De même, cette
marche vers l’indépendance a bénéficié des mouvements de solidarité en faveur
du 1/3 monde
(cause externe). On doit enfin remarquer que l’indépendance des colonies
anglaises s’est
généralement faite de manière pacifique, à la différence des colonies
françaises, où des guerres
ont été parfois nécessaires pour permettre l’accession de certaines colonies à
l’indépendance.
Ceci étant, dans quelles conditions s’est faite la décolonisation du Togo ?
Réinvestissement
Situation d’évaluation
Ta petite sœur Doga, élève en classe de cinquième a suivi à la TVT un
documentaire qui portait
sur la deuxième guerre mondiale et ses conséquences. On y évoque l’éveil du
nationalisme
comme l’une des conséquences de cette guerre. Surprise, elle vient à toi son
grand frère en
classe de terminale pour mieux comprendre.
A partir de ton cours et les documents mis à ta disposition, après avoir défini la
notion du
nationalisme explique-lui les causes externes de la décolonisation de l’Afrique.
77
LEÇON 5 : LA DECOLONISATION DU TOGO
Capacités
Acteurs et leurs rôles dans la lutte pour l’indépendance :
Présenter les acteurs et leurs
• Notion d’indépendance ;
rôles dans la lutte pour
• Les acteurs de la lutte d’indépendance ;
l’indépendance
• Rôles des acteurs de la lutte d’indépendance.
Principales étapes de la décolonisation du Togo :
• Rappel des caractéristiques des statuts ; internationaux
du Togo (territoire sous mandat de la SDN et sous
Décrire les principales étapes tutelle de l’ONU) ;
de la décolonisation du Togo • Résolutions de la conférence de Brazzaville
de 1944 ;
• Réformes entreprises par la France de 1946-1956 :
Union française, Loi cadre, autonomie de 1956 ;
• Election du 27 avril 1958 et indépendance 1960.
Introduction
Le Togo est un territoire dont la France a hérité des mains de la SND (Société
des Nations) à la fin de la PGM (Première Guerre mondiale). Cependant, ce
territoire finira par s’échapper de toute domination le 27 avril 1958 à la suite
des élections législatives de la même année. Toutefois, c’est deux ans plus tard
que l’indépendance sera officiellement proclamée le 27 avril 1960.
1. Présentation des acteurs et leurs rôles dans la lutte pour l’indépendance
1.1. Définition de la notion d’indépendance
L’indépendance pour un pays (Etat, nation) est une situation dans laquelle les
populations exercent une auto gouvernance et une souveraineté totale sur leur
territoire.
1.2. Les acteurs et leurs rôles dans la lutte d’indépendance
Les différents acteurs de la lutte pour l’indépendance du Togo sont nombreux. Il
s’agit principalement des leaders, des partis politiques, des associations des
femmes et d’étudiants, de l’ONU (Organisation des Nations-Unies), de la presse
et des syndicats. Ces différents acteurs ont joué divers rôles dans le processus
d’accession du Togo l’indépendance.
1.2.1. Les leaders
Il s’agit des leaders d’opinion (exemple des leaders des partis politiques) et les
leaders religieux (exemple des prêtres catholiques et protestants). Ils ont été
des porte-flambeaux de la lutte pour l’indépendance. Il s’agit de Sylvanus
Olympio du CUT, Anani Santos de la JUVENTO, etc.
1.2.2. Les partis politiques
La politique au Togo sous domination coloniale fut marquée par le clivage de la
population en deux obédiences politiques. Les partis nationalistes, adeptes de
l’indépendance immédiate, et les partis progressistes, adeptes de
l’indépendance dans le progrès.Il y avait deux partis nationalistes (CUT et
JUVENTO) et deux partis progressistes (PTP et UCPN). Plus tard, il y eut un parti
centriste ou charnière (MTP).
Le CUT : Comité de l’unité togolaise, créé le 26 avril 1946. Ses principaux
dirigeants étaient : Augustino Pa de Souza (Président), Sylvanus Olympio (1er
Vice-président), Jonathan Adzessi Savi de Tové (Secrétaire général). Son slogan
était « Ablodé gbadja ».
JUVENTO : Justice, Union, Vigilance, Egalité, Nationalisme, Ténacité,
Optimisme. Créée le 25 septembre 1951 à l’initiative de Mensah Aithson. Ses
leaders furent : Mensah Aithson, Me Anani Santos, Ben Apalo, Nicodème
Amegah, Firmin Abalo, etc. Ses mots d’ordre étaient : Mino nudzo ! Miawo
deka ! Miawo do ! Ablode ! (Vigilance, Union, Travail, Indépendance).
PTP : Parti togolais du progrès, créé le 9 avril 1946. Ses principaux leaders
furent : Pédro Olympio, Nicolas Grunitzky, Robert Adjavon, John Atayi, etc.
UCPN : Union des chefs et populations du Nord-Togo. Créé en 1951, les
principaux animateurs de ce parti étaient : Benoît Djobo Palanga, Gabriel Tallé,
Marcel Agba, Albert Kpatcha, Valentin Blakimé, Antoine Méatchi, Derman
Ayéva, Fousséni Mama, Baguilma Ywassa et le chef Matéyendou Sambiani.
MPT : Mouvement populaire togolais, créé le 16 août 1954. Ses principaux
leaders étaient :Pedro Olympio, John Atayi, Samuel Aquereburu, André Akakpo.
Rôles de ces partis politiques :
- Ils étaient des instruments de réclamation de l’indépendance. Les partis
nationalistes réclamaient l’indépendance immédiate ; tandis que les partis
progressistes ont opté pourl’indépendance progressive.
- Ils animaient la vie politique en participant aux différentes élections.
1.2.3. Les femmes
- Elles fournissaient des aides financières pour l’envoi des pétitions et le
voyage des pétitionnaires à l’ONU
- Elles étaient des militantes et animatrices des partis politiques,
- Elles furent les propagandistes des partis politiques : distribution des tracts à
travers les quartiers, dans les marchés et dans les lieux de regroupement ; des
chansons de circonstance comme moyen de sensibilisation politique.
- Elles galvanisaient (stimuler) les hommes dans les mouvements de lutte.
- Elles finançaient les partis politiques,
- Elles organisaient des marches de protestation, etc.
1.2.4. L’ONU
L’ONU a servi de tribune pour des actions de revendications des nationalistes.
Ses principales actions furent :
- Envoi des missions de supervision des élections le 27 avril 1958, ayant
conduit le Togo à l’indépendance (Exemple de mission de Max Dorsinville le 27
avril 1958).
- Envoi régulier de missions d’observation ou d’enquête (Exemple de la mission
Charles King en juin 1957).
- Réception des pétitions et pétitionnaires à l’ONU.
- Etude minutieuse des pétitions des nationalistes togolais.
- Réception des rapports annuels produits par la France sur la gestion du Togo.
- Obligations ou pressions sur la France à faire des réformes.
- Visites régulières des missions d’enquête (exemple de celle de Charles King en
juin 1957).
1.2.6. La presse
Les actions menées par la presse sont entre autres :
- La sensibilisation
- La propagande à travers les journaux : Exemple de presse : ‘’ le national ; le
guide du Togo ; le petit togolais ; le libérateur du Togo’’…)
1.2.7. Les syndicats
84
Les syndicats ont joué un rôle déterminant dans le processus d’indépendance
du Togo.
- Ils ont sensibilisé les populations à la participation aux élections
- Ils ont mis la pression sur l’administration pendant les processus électoraux.
Exemple
de la menace de grève lancée en 1958 pour obliger l’administration coloniale à
gérer équitablement le recensement électoral.
2. Le processus de la décolonisation du Togo
Le processus d’autodétermination du Togo a suivi plusieurs étapes.
2.1. Rappel des caractéristiques des statuts internationaux du Togo
Le Togo a été un cas particulier pendant la colonisation. Il a été un pays placé
sous deux statuts internationaux. Le statut de pays sous mandat de la SDN et
celui de pays sous tutelle de l’ONU.
- Togo sous mandat de la SDN de 1922 à 1945 : Cette situation est intervenue
suite à la défaite de l’Allemagne pendant la Première Guerre mondiale et la
création de la SDN (Société des Nations) pour gérer l’après-guerre. Le Togo,
tout comme toutes les anciennes possessions allemandes, fut placé sous
mandat de la SDN.
- Le Togo sous tutelle de l’ONU de 1946 à 1960 : Elle fait suite à l’avènement de
la SGM et la dissolution de la SND. L’ONU prend le relais de la SND et le Togo
devient un pays sous tutelle de l’ONU.
2.2. Résolutions de la conférence de Brazzaville de 1944
- Création des assemblées locales
- Suppression du régime de l’indigénat et des travaux forcés
- maintien des institutions traditionnelles.
- accès des « indigènes » à tous les emplois avec une rémunération égale à
diplôme égal
- Création d’un système convenable d’assistance sociale
- Encouragement de l’industrialisation des colonies
- Etc.
La conférence de Brazzaville est à l’origine de la naissance du nationalisme
togolais. En effet, lors de cette conférence, la France a annoncé qu’elle
prévoyait donner la citoyenneté aux populations de ses territoires coloniaux
dans le cadre d’une politique d’assimilation. Le= représentant du Togo à cette
conférence, Jean Noutary, une fois de retour au Togo, décida de convoquer une
conférence les 11 et 12 mai 1945 pour soumettre cette réforme aux Togolais. A
cette conférence, les Togolais (essentiellement du sud) ont rejeté la politique
d’assimilation prônée par la France. C’est la naissance du nationalisme togolais.
2.3. Les principales étapes de la décolonisation du Togo
Les étapes de la décolonisation du Togo peuvent se résumer en quatre
principales.
✓ Année 1946 : Naissance de la vie politique au Togo
Elle s’est matérialisée par la création des premiers partis politiques et
l’organisation des premières élections en avril 1946.
✓ De 1946 à 1951 : la suprématie du CUT sur la scène politique
A l’issue des élections d’avril 1946, le CUT obtint la majorité des sièges à
l'Assemblée territoriale et son candidat le Dr. Martin AKU fut élu au parlement
français pour représenter le Togo en battant le candidat du PTP (Nicolas
Grunitzky)
- De 1951 à 1958 : La domination des partis progressistes La majorité des sièges
de l’Assemblée Territoriale (ATT) revient au PTP le 17 juin 1951, Nicolas
Grunitzky remplace Martin Aku à l’Assemblée nationale française. Il sera réélu
le 2 janvier 1956.
- 1956-1958 : La République Autonome du Togo (RAT) Le 26 octobre 1956, la
France organise le référendum sur le nouveau statut du Togo et sur la fin de la
tutelle. Le CUT, la JUVENTO et le MPT boycottent cette élection en accusant la
France d’apporter son soutien au partis progressistes. Les résultats sont
favorables aux partis progressistes et le Togo dévient un pays autonome.
- De 1958 à 1960 : période transitoire Après la victoire des nationalistes aux
élections du 27 avril 1958, plus rien ne s’opposait à la proclamation de
l’indépendance, mais les autorités ont décidé d’une transition de deux ans.
Cette période transitoire a permis de mettre sur pieds les institutions de l’Etat,
concevoir le drapeau, l’hymne, les armoiries, le sceau de l’Etat, le monument de
l’indépendance, la réalisation de certaines infrastructures et le vote le 23 avril
1960 de la loi portant organisation des institutions de la République Togolaise.
- 27 avril 1960 : proclamation de l’indépendance
2.4. Réformes entreprises par la France de 1946-1956
La France a engagé plusieurs réformes entre 1946 et 1956 dans le but de
retarder sa présence au Togo.
- Année 1946 : Union française. Les réformes qu’elle a apportées au Togo sont :
• Le Togo est placé sous tutelle de l’ONU
• Association du Togo à l’Union Française, le 27 octobre 1946,
• Création des partis politiques (CUT, PTP…),
• Dotation du Togo d’une AT (Assemblée territoriale) de 30 députés (dont 24
Togolais et 6 français),
• Organisation des élections législatives remportées par les nationalistes (CUT)
et la représentation du Togo à l’ANF (Assemblée Nationale française) par le
docteur Martin AKU.
- Année 1956 : La loi cadre ou la loi Gaston Defferre
• Choix du Togo par la France comme Etat-pilote pour expérimenter la loi-Cadre
• Proclamation de la République autonome du Togo (autonomie interne)
Dotation du Togo d’un conseil de gouvernement dirigé par le 1er ministre
Nicolas Grunitzky,
• Dotation du Togo d’un hymne national (la Togolaise) et d’un drapeau
• Organisation du référendum sur l’avenir du Togo britannique (rattachement
du Togo britannique à la Gold Coast)
- Année 1957 : Envoie d’une mission d’enquête par l’ONU au Togo dirigée par le
libérien, Charles King.
2.5. Les élections législatives anticipées du 27 avril 1958, porte ouverte à
l’indépendance
Avant la tenue du scrutin, la mission King visite tous les cercles du Togo, du sud
au nord. Elle y recueille les points de vue des uns et des autres. Elle constate
l’existence de deux courants opposés. Le premier (PTP, UCPN et Bloc
Républicain Togolais) défend la présence française. Celle-ci est source
d’évolution politique et de progrès économique et social. Le second courant
exprime la position des partis nationalistes. Ceux-ci réclament l’indépendance
immédiate. La mission juge nécessaire de créer les conditions d’élections justes
et équitables, afin que le courant majoritaire remporte les élections.
L’Assemblée générale de l’ONU propose la dissolution et le renouvellement de
l’ancienne assemblée législative. C’est pourquoi on parle d’élections anticipées.
Ces élections sont contrôlées et supervisées par une mission de l’ONU dirigée
par Max H. Dorsinville (un Haïtien). Quatre (4) partis politiques ont pris part au
rendez-vous électoral anticipé du 27 avril 1958.
✓ Coalition CUT-JUVENTO : 29 sièges (59,8 %)
✓ UCPN : 10 sièges (17,78 %)
✓ PTP : 03 sièges (12,77 %)
✓ Indépendants : 04 sièges (7,12 %).
Les indépendants rallient aussitôt la liste des nationalistes et forment la
majorité parlementaire. Aussitôt Sylvanus Olympio est nommé Premier ministre
pour former un nouveau gouvernement qui, juridiquement, marque le début de
la souveraineté internationale du Togo.
Conclusion :
Le Togo est passé successivement de protectorat allemand (1884-1914) à pays
sous mandat de
la SND (1922-1945) et pays sous tutelle de l’ONU (1946-1960) avant d’obtenir
son indépendance le 27 avril 1960 grâce à la lutte acharnée menée par
différents acteurs.
LEÇON 6 : L’ÉVOLUTION POLITIQUE DU TOGO DE
1960 À 2005
Capacités
Décrire l’évolution politique du Togo de 1960 à 2005
• Notion de nation et de peuple
Apprécier la construction de la nation togolaise
• Togo à la quête de son unité nationale ;la réconciliation nationale ;
• Accords inter-togolais (Colmar,
Ouagadougou, Lomé, …);
• Rôle de la communauté internationale.
SEANCES 1&2
Introduction
Quatre ans après le rattachement du Togo britannique à la Gold Coast,
devenue l'État indépendant du Ghana en 1957, la République autonome du
Togo proclame son indépendance le 27 avril 1960. Plusieurs événements se
rapportent à la situation intérieure ou aux enjeux internationaux qui ont eu un
impact direct sur la gouvernance du pays. Comment a été l’évolution politique
du Togo de 1960 à 2005 et quelle appréciation fait-on de la construction de la
nation togolaise ?
93
Nicolas Grunitzky est né le 5 avril 1913 à Atakpamé d’un père allemand
d’origine et d’une mère togolaise. Il fit ses études d’ingénieur de conducteur de
travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP) à Paris. Il intégra
l’administration coloniale avant de se lancer dans l’entrepreneuriat plus tard.
Dans la vie politique, il fut élu député en 1951 à l'Assemblée territoriale
togolaise, puis nommé Premier ministre de la République autonome du Togo du
10 septembre 1956 au 16 mai 1958. Beau-Frère du Président Sylvanus Olympio,
il lui succéda après le coup d’État du 13 janvier 1963. Il devint donc Président
de la République le 16 janvier 1963, après un bref intérim d’Emmanuel Bodjolé.
À la tête du pays, il échoua à unifier le pays malgré le bicéphalisme institué à la
tête du Togo. Sur le plan socio-économique, il institua les plans quinquennaux
qui continuèrent après son renversement par un second coup d’État le 13
janvier 1967.
2.3. Le colonel Kléber Dadjo (13 janvier 1963 – 14 avril 1967)
Le colonel Kléber Djadjo est né le 12 août 1914 à Atakpamé. Il entra dans
l’armée coloniale en 1933. En janvier 1938, il obtint le grade de sergent et en
1941, il s’engagea dans les Forces françaises libres (FFL) à Accra. Il fut
condamné par la Haute cour de Justice de Dakar sous obédience du
gouvernement de Vichy pour avoir intégré les FFL. Adjudant-chef en 1943,il fut
muté à Brazzaville, puis successivement à Dakar et à Cotonou. En 1948, il
rejoignit le 24e Régiment des Tirailleurs Sénégalais à Carcassone, embarqua à
Marseille le 9 décembre 1948 et débarqué à Haïphong (Nord du Vietnam) le 30
décembre 1948. Son unité fut évacuée de Hanoï en fin 1954, après la défaite
française devant les forces nationalistes vietnamiennes à Dien-Bien-Phu. De
retour au Togo en fin 1955, il fut affecté à la 2e compagnie du Bataillon
Autonome du Dahomey (BAD). Promu au grade de Capitaine le 1er avril 1957, il
prit le commandement de la Garde togolaise le 5 mai 1957. Commandant en
1960, Lieutenant-colonel en 1963, il fut élevéau grade de Colonel le 1er octobre
1965.
2.4. Le Général Gnassingbé Eyadema (14 avril 1967 – 5 mai 2005)
Né en 1935 à Pya, Etienne Eyadema fut engagé volontaire au Dahomey dans
l’armée française le 20 mai 1953 et fut envoyé en Indochine (entre 1954 et
1956), en Algérie (entre 1956 et 1957), puis au Dahomey (1957 et 1959). Il
servit quelque temps (1962) au Niger avant de revenir au Togo le 1er
septembre 1962 avec le grade de sergent-chef. Il fut promu respectivement
lieutenant le 1er février 1963, capitaine le 1er octobre 1963 et commandant le
1er octobre 1964. Il est devenu chef d’État- major des Forces armées togolaises
(FAT) le 1er octobre 1965 avec le grade de lieutenant-colonel. C’est sous ce
dernier grade qu’il devint Président de la République le 14 avril 1967. Il obtint
ses galons de colonel en 1968 et de général le 23 juin 1976. À sa prise du
pouvoir, Eyadema Gnassingbé (alors Etienne Eyadema) visait la paix et la
construction de l’unité nationale. Il prit donc des mesures pour apaiser le climat
politique et amorcer l’unité et la réconciliation nationales, en libérant, par
décision du 26 avril 1967, les détenus politiques et les internés administratifs
des régimes précédents. En mai 1967, il dissolut toutes les formations
politiques. Le 11 juillet 1967, il décréta une amnistie générale et le 4 décembre
1967, il instaura une journée de réconciliation nationale. Le 30 août 1969, il
lança un appel historique à Kpalimé pour l’unité. Cet appel accoucha la création
d’un parti-État, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Sorti affaibli de la
conférence nationale de 1991, il reprit du poil de la bête quelques mois plus
tard et domina la scène politique du pays avec le RPT jusqu’à sa mort en 2005.
96
Causes de la
Date de
République Date d’adoption fin de ces
promulgation
républiques
1ère Coup d’Etat du
9 avril 1961 14 avril 1961
république 13 janvier 1963
Coup d’Etat du
2e République 5 mai 1963 11 mai A963
13 janvier 1967
La conference
e 30 décembre
3 République 8 janvier 1980 nationale
1979
souveraine
Avenement du
e 27 septembre
4 République 14 octobre 1992 régime
1992
parlementaire
104
acteurs afin de constituer une mémoire collective, et proposer
des solutions objectives d’apaisement et de tolérance pour
rétablir la confiance dans le cœur des Togolais en vue de la
réconciliation pacifique du pays.
En dehors de ce cadre institutionnel, des accords ont été signés entre
Togolais dans le processus d’apaisement, de réconciliation nationale
et de recherche de l’unité nationale.
4. Appui et l’accompagnement de la communauté internationale
Le rôle de la Communauté internationale a été déterminant au Togo
tout au long de cette crise. Elle a joué le rôle d’interface entre les
protagonistes, en les poussant à préserver la paix sociale. Sa position a
souvent été critiquée par les uns et les autres qui l’accusent, suivant les
circonstances, de parti-pris.
On a pu dire de la France, surtout du Président Jacques Chirac, qu’il a
été un appui inconditionnel de Gnassingbé Eyadema ; les USA et
surtout Allemagne, furent souvent accusés de supporter les thèses de
l’Opposition. Néanmoins, le rôle de la communauté internationale a
été décisif dans les différents accords intervenus entre Togolais. Il
s’agit entre autres de :
• L’accord de Colmar : La rencontre de Colmar fait suite à
l’explosion de la violence politique des 25, 30 et 31 janvier
1993 à Lomé, et qui a entraîné un exode massif des Loméens
vers l’extérieur (le Bénin et le Ghana surtout). La France,
l’Allemagne et les États-Unis réunissent les délégations du
Pouvoir et de l’Opposition à Colmar, en France, le 8 février
1993. L’objectif était d’arriver à créer une atmosphère apaisée
au sein de la classe politique pour rassurer les Togolais afin
d’arrêter le phénomène migratoire. Mais cette rencontre aboutit
à un dialogue de sourds, à cause de l’intransigeance des uns et
des autres. Cet échec amena la France à rompre sa coopération
avec le Togo.
• Les accords de Ouagadougou : Face aux mésententes à
propos des élections prévues pour le 20 juin 1993, la
Communauté économique européenne (CEE) et la France
rompent leurs relations avec le Togo et refusent d’assister
matériellement à l’organisation des élections. Sous pression,
Pouvoir et opposition se retrouvent pour dialoguer à nouveau.
Les négociations, initiées par l’Allemagne, de la France et les
USA, ont démarré le 17 juin 1993 à Ouagadougou au Burkina
Faso. S’étant déroulées en trois phases (dénommées
respectivement Ouaga I, Ouaga II et Ouaga III), les
négociations débouchèrent sur la signature de l’accord appelé
accords de Ouagadougou, le 12 juillet 1993, avec la mise sur
pied d’un comité de suivi.
105
• L’accord-cadre de Lomé : Les élections de 1993 et 1994
n’ont pas mis fin aux dissensions au sein de la classe politique.
Les tensions vont une fois encore monter après la proclamation
de l’élection présidentielle de 1998. Des manifestants vont
dénoncer les résultats des élections qui ont vu la victoire du
général Eyadema sur Gilchrist Olympio. Pour trouver une issue
et aller vers la construction de l’unité nationale, le Président
Eyadema convia, le 20 novembre 1998, les diverses forces
politiques à une réunion en vue de définir les modalités d’un
dialogue national pour sortir le pays de la crise.
5. La situation sociopolitique du Togo
La situation socio-politique du Togo interpelle tous les citoyens en vue
de l’édification de la Nation. Certes les divergences politiques se font
jour surtout en période électorale entre parti au pouvoir et opposition,
mais il est important que chaque acteur soit motivé par la recherche de
la PAIX, la Réconciliation et l’Unité nationale.
La Nation au Togo est toujours en construction et fait appel à
l’engagement de tous les citoyens. Certes des divergences politiques
persistent mais il est impératif que chaque citoyen suive l’appel de
Monseigneur Barrigah-Benissan qui exhortait en disant : « Fais ta
part ».
6. Les défis de l’édification de la nation togolaise
• Renforcer l’unité nationale ;
• Faire des efforts pour avoir des élections consensuelles, car
c’est souvent elles qui occasionnent les violences ;
• La facilitation par le gouvernement, de la mise en place d’un
mécanisme de dialogue politique inclusif et de dialogue
alternatif inclusif sincères pour accélérer la réalisation des
engagements ;
• La facilitation d’une démarche de réconciliation nationale,
inclusive et populaire ;
• La formation des militants/adhérents par des partis politiques à
la citoyenneté responsable et à la non-violence ;
• La nécessité d’une répartition équitable des richesses ;
• La lutte efficace contre la corruption, le népotisme, le
favoritisme ;
• Lutte efficace contre le chômage et la pauvreté, etc.
Conclusion
La vie politique du Togo indépendant a connu deux périodes fortement
contrastées et d'inégale durée, la première marquée par les tentatives
infructueuses du pouvoir civil pour asseoir la jeune démocratie, la
106
seconde étant celle du pouvoir militaire incarné par Étienne
Gnassingbé Eyadéma.
107