LES MACLES
A l’aide d’une technique spéciale, parfois assez compliquée on peut obtenir des
cristaux presque parfaits. En bain de fusion ou à partir des solutions on obtient
absolument des cristaux associés. Dans les conditions naturelles les cristaux
uniques apparaissent très rarement et généralement et généralement ce sont les
formes associées qu’on rencontre.
On appelle macle une association régulière de cristaux identiques. Dans ces
associations cristallines l’une des faces du cristal qui est une face privilégiée joue le
rôle de plan d’accolement avec la face correspondante d’un autre cristal de la même
espèce en position parallèle mais inverse. Les mailles des réseaux des deux faces
doivent coïncider.
Les parallélogrammes des deux réseaux ainsi que les deux cristaux de la macle
peuvent être amenés en coïncidence par trois opérations de symétrie :
1) Rotation de 180° autour d’un axe perpendiculaire au réseau,
2) Réflexion sur le réseau constituant un miroir,
3) Inversion.
A) Macles par accolement dues à la juxtaposition apparente de deux
cristaux suivant un plan
Soit un cristal sectionné par un plan. Les deux parties sectionnées peuvent paraître
ressoudées non plus suivant la même position, mais après une rotation apparente de
180°.
Cette rotation n’est pas obligatoire mais elle est très fréquente (hémitropie).
Principales macles par accolement
a) Système cubique : Les spinelles MgAl2O4 qui sont une variété de rubis,
la fluorine CaF2 ;
b) Système quadratique : On peut retenir les macles de la cassitérite, l’angle est
appelé bec de l’étain ou visière.
Dans la rutile on observe des macles de pyramides. Ces macles
comprennent parfois 8 cristaux et ont alors une forme annulaire très
caractéristique.
c) Système rhomboédrique : La calcite se présente quelque fois sous la forme
d’une macle issue du scalénoèdre.
Les macles du quartz qui sont de trois sortes sont particulièrement intéressantes :
1) Deux cristaux s’accolent de façon que leurs axes ternaires soient parallèles,
l’un d’entre eux ayant subi une rotation de 180° par rapport à l’autre autour de
l’axe d’ordre 3, c’est la macle de Dauphiné, suisse ;
2) Deux cristaux s’accolent de façon que leurs axes ternaires soient parallèles et
que le plan de la macle soit la face (1120) : c’est la macle du Brésil.
3) Deux cristaux s’accolent suivant la face (1122) en donnant des formes à
genou : c’est la macle du japon.
d) Système orthorombique : l’exemple est donné par la macle de l’aragonite,
e) Système monoclinique : Le gypse peut se présenter sous la forme de queue
d’aronde ou fer de lance.
Fer de lance
Les macles de l’orthose donnent trois sortes d’associations :
1) Le plan d’accolement est la face (010) et l’axe d’hémitropie est parallèle aux
arêtes de la zone verticale, c’est la macle de Karlbad,
2) Le plan d’accolement est la face (001) qui est habituellement très développé
dans cette association, la rotation d’un élément de la macle par rapport à
l’autre autour de la normale au plan d’accolement donne la macle de
Manebach,
3) Le plan d’accolement est la face (021) et une rotation de 180° autour de la
normale au plan d’accolement donne la macle de Baben.
f) Système triclinique : L’albite présente une série de macles dues à
l’accolement de cristaux minces et allongés
La plupart de ces macles ont pour effet d’augmenter le nombre d’éléments de
symétrie du cristal primitif.
B) Macles obtenues par l’interpénétration apparentes de deux cristaux
Ce sont des macles dites par pénétration, la surface qui sépare les deux macles
n’est pas un plan.
Exemples : La pyrite se présente sous forme de deux dodécaèdres pentagonaux
entrecroisés. La staurotide Fe(OH)2 2Al2O[SiO4] monoclinique, silicate du
métamorphisme, est une macle cruciforme dans le massif armoricain (massif ancien
de l’Ouest de la France) : c’est la croisette de Bretagne.
C) Formation des macles
Les macles par accolement tendent à augmenter le nombre d’éléments de symétrie
du nouveau cristal obtenu, c’est le même cas chez les macles de pénétration.
Mécanisme de formation des macles : Il fait appel à la notion de structure réticulaire
des cristaux. Soient deux plans réticulaires P et P’, sur lesquels se trouvent les
nœuds a, b, c, d et a’, b’, c’, d’.
Ces deux plans normalement en équilibre coexistent grâce à une force d’attraction
mutuelle qui entraîne la cohésion du cristal. Si au cours du mécanisme de la
cristallisation, le plan P’ se déplace seul l’équilibre est rompu. P’ se déplace et
n’arrive à être fixe que lorsqu’un nouvel équilibre sera établi. Cet équilibre n’est
possible que si les points déterminant le plan a’, b’, c’, d’ seront symétriques à a, b, c,
d par rapport à un plan théorique Pi médian de P et P’. Cette position privilégiée est
dite position d’équilibre de la macle.