0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
165 vues956 pages

Dynamo-Électriques: Machines

Le document est un traité théorique et pratique sur les machines dynamo-électriques, écrit par Silvanus P. Thompson et traduit par E. Boistelle. Il aborde les concepts fondamentaux des dynamos, leur fonctionnement, ainsi que les interactions entre l'électricité et la mécanique. La préface souligne l'importance d'une approche intégrée entre électriciens et mécaniciens pour résoudre les défis modernes de l'industrie électrique.

Transféré par

gracengoy953
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
165 vues956 pages

Dynamo-Électriques: Machines

Le document est un traité théorique et pratique sur les machines dynamo-électriques, écrit par Silvanus P. Thompson et traduit par E. Boistelle. Il aborde les concepts fondamentaux des dynamos, leur fonctionnement, ainsi que les interactions entre l'électricité et la mécanique. La préface souligne l'importance d'une approche intégrée entre électriciens et mécaniciens pour résoudre les défis modernes de l'industrie électrique.

Transféré par

gracengoy953
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

T R A I T É T H É O R I Q U E ET PRATIQUE

DES

MACHINES

DYNAMO-ÉLECTRIQUES

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


IRIS - LILLIAD - Université Lille 1
TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE

DES

MACHINES

DYN AM 0 -ÉLECTRIQUES
PAS

SILVANUS P. THOMPSON

Directeur <lu Collège technique de Finsbury, à Londres

TRADUIT ET ADAPTÉ DE L'ANGLAIS SUR L A QUATRIÈME ÉDITION

P AH

E. 1 Î O I S T E L
Electricien
E x p e r t près le Tribunal de la Seine

DEUXIÈME ÉDITION FHANÇAISK

PARIS
IE
LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE, BA.UDRY ET C , ÉDITEURS

15, R T E D E S S A I N T S - P È R E S , il)

M Ê M E M A I S O N A L I È G E , RUE DES D O M I N I C A I N S , 7

1894
Tous droits réservés.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


IRIS - LILLIAD - Université Lille 1
PRÉFACE

La première édition française^ de cet ouvrage est depuis


longtemps épuisée. Si nous avons néanmoins retardé la publi-
cation de celle-ci jusqu'à l'apparition de la quatrième édition
anglaise, c'est que, malgré une coordination très soignée des
éléments successivement ajoutés, les éditions intermédiaires
n'étaient qu'un acheminement vers un remaniement général
qui s'imposait à bref délai. Nous en étions avisé, et, pour
l'excellence même du livre, nous ne voulions le présenter que
parfaitement homogène.

L'œuvre primitive est en effet profondément modifiée.

« La conception du circuit magnétique qui, dans ces der-


« nières années, a révolutionné l'étude et la construction des
« machines dynamo-électriques devient la base de tout l'édi-
« fice » ; son introduction dans la théorie est la grande ligne
de démarcation entre celte édition et la précédente.
Le développement pris depuis quelque temps par les courants
alternatifs, l'intérêt qu'ils présentent et l'avenir qui leur est
réservé grâce aux transformateurs et aux moteurs à courants

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


vr PRÉFACE

polyphasés exigeaient d'autre part une notable extension de


cette partie du sujet. Il y est largement pourvu.
Il est eniin un point de vue spécial auquel s'est placé l'Au-
teur et qui caractérise cette nouvelle édition; c'est le côté
mécanique de la question. On le retrouve à chaque pas, si
bien que nous avons longtemps hésité entre le respect du titre
primitif et une traduction plus littérale du titre anglais « Dynamo-
Electric Machinery » , Machinerie ou Mécanique dynamo-
électrique.
Un des objectifs de l'ouvrage est en effet de combler une
lacune depuis longtemps sentie, sinon nettement formulée, par
les observateurs attentifs du mouvement électrique : — à de
rares exceptions près, les électriciens ne sont pas assez méca-
niciens, et les mécaniciens ne sont pas suffisamment électri-
ciens pour pouvoir, non seulement résoudre indépendamment
les uns des autres et d'une façon complètement satisfaisante
les multiples problèmes que soulèvent les applications élec-
triques, mais même collaborer aussi utilement que possible à
leur solution.
L'étroite connexité qui relie ces deux branches parallèles de
l'industrie moderne s'impose d'autant plus aujourd'hui, que
l'électricité a quitté le domaine des applications isolées et rela-
tivement restreintes pour prendre rang dans la grande indus-
trie, sous forme de stations centrales ou de distribution de
l'énergie, mettant en œuvre toulcs les ressources de l'art de
l'ingénieur. Une dynamo n'est plus un simple outil supplémen-
taire ajouté à une installation déjà existante - elle devient, par
sa destination et ses dimensions, l'objet immédiat d'une instal-
lation mécanique et sollicite directement l'expérience des mé-
caniciens. Aussi assistons-nous à une évolution très* accentuée
au moins en France, où la construction des machines dynamos
passe insensiblement des mains de constructeurs spéciaux dans

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRÉFACE vu

celles des grands établissements de mécanique générale qui y


trouvent, dans un ensemble de travaux dignes d'eux, l'utilisa-
tion de leur puissant outillage.
Dans ces conditions, mécaniciens et électriciens sont plus
que jamais obligés de confondre leurs études. •*— Ils puiseront,
les uns et les autres, dans cet ouvrage le complément néces-
saire de leur instruction, et de cette communauté de vues sor-
tira probablement, l'expérience aidant, un choix judicieux, sui-
vant les circonstances, entre les trois systèmes d'exploitation
de stations centrales qui paraissent s'être jusqu'ici respective^
ment localisés en Angleterre, en Allemagne et en Amérique.
« Les ingénieurs anglais se sont en effet appliqués à déve-
« lopper des types spéciaux de moteurs mécaniques à grande
c vitesse, directement accouplés avec les dynamos. En Aile-
« magne, l'industrie a suivi une marche inverse en construi-
« sant des dynamos à très faible vitesse angulaire directement
<( attelées sur des types existants de machines à vapeur à allure
« lente, tandis que l'Amérique, malgré son esprit d'innovation
« et son entreprenante hardiesse, en est restée jusqu'à ces der-
« niers temps aux moteurs à basse vitesse angulaire, action-
« nant, par l'entremise de renvois et de poulies, des dynamos
« à grande vitesse. »
Si, de ces données générales, on passe aux remaniements et
additions de détail, on verra que les méthodes algébrique et
graphique, applicables au traitement des divers problèmes con-
cernant les dynamos et précédemment séparées, ont été con-
fondues dans cette nouvelle édition. — Un grand développe-
ment a été donné à l'étude des puissantes machines employées
dans les stations centrales. — Des renseignements relatifs à
l'électro-métallurgie ont été ajoutés. — La description des
machines à courants alternatifs a été complètement distraite
de celle des machines à courant continu, et une large place a

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


vin PRÉFACE

été attribuée aux transformateurs de toute nature, ainsi qu'aux


moteurs à courants alternatifs et au transport de l'énergie.
— L'ouvrage s'est complété par des Notes historiques très
consciencieusement étayées sur de nombreuses références
bibliographiques ; — des indications sur la conduite des dyna-
mos et les accidents susceptibles de se produire y ont été
incorporées ; — et un court appendice a été consacré à la défi-
nition des principales unités. — Enfin rien n'a été négligé
en ce qui concerne les données de construction des induits,
arbres, carcasses, collecteurs, les bobinages et autres détails *
exigeant des connaissances tant mécaniques qu'électriques.
Dans un ordre scientifique plus élevé, ce qui se dégage de plus
saillant de la lecture de cet ouvrage, c'est le principe de la con-
servation de l'énergie, qui domine l'étude de toutes les sciences
physiques, mais semble en quelque sorte s'idéaliser sous la
forme immatérielle des phénomènes électro-magnétiques.
« Il est en effet difficile, dit l'Auteur, de trouver un sujet
« scientifique qui illustre plus complètement le principe de
« l'action et de la réaction que la machine dynamo-électrique.
« Quelle que soit la question considérée, le point essentiel à
« comprendre est l'existence d'une réaction d'un ordre quel-
« conque :
« Dans l'induit mobile de la dynamo, la production même
« du courant développe un effort opposé, et le travail de géné-
« ration du courant est effectué par l'entraînement de la ma-
te chine contre cette réaction mécanique.
« Dans le moteur, la production même du mouvement déve-
« loppe une force contre-électromotrice qui tend à empêcher
«- l'alimentation de ce moteur.
« Dans le transformateur, le courant développé par les
« variations magnétiques dans le noyau tend à s'opposer à
« ces variations.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRÉFACE ix

« Dans la bobine de, self-induction, les changements d'ai-


« mantation résultant des ondes de courant développées ten-
« dent à détruire ces ondes.
« Dans le moteur à courants alternatifs, la partie mobile
« tend à se mouvoir de manière à annuler les changements
« de polarité magnétique qui la sollicitent.
« L a loi classique formulée par Lenz sur les phénomènes
«; magnéto-électriques établit qu'un courant induit est toujours
« tel que, en vertu de son action électro-magnétique, il tend à
<( arrêter le mouvement qui lui donne naissance. A cette loi
« l'Auteur en a ajouté une autre (p. 0T6), inverse et aussi
« générale, qui s'applique au moteur électrique et peut s'é-
« noncer en ces termes : — le mouvement produit est tou-
« jours tel que, en raison même des inductions électro-magné-
« tiques qu'il développe, il tend à arrêter le courant. Ce ne
« sont là d'ailleurs que deux formes d'une loi encore plus
« générale, applicable à tout système électro-magnétique et
« qui peut se formuler ainsi : — A toute action sur un système
« électro-magnétique, qui, en produisant un changement dans
« sa configuration ou son état, implique une transformation
« d'énergie, s'opposent des réactions tendant à maintenir sans
« changement la configuration ou l'état de ce système. »
Tel est l'enseignement fécond au point de vue de la dyna-
mique générale qu'il faut retenir de cette étude.

En donnant tous nos soins à la traduction, et en l'adaptant,


aussi bien comme conceptions que comme notations, sym-
boles, unités et terminologie, à un besoin de précision scien-
tifique plus grand chez nous que chez nos voisins, nous
n'avons pas voulu cependant pousser trop loin le rigorisme
et en faire une œuvre française. Aussi avons-nous laissé sub-
sister en maint endroit un peu de ce jargon scientifique si

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


x PRÉFACE

familier aux Anglais et qui, en cherchant la brièveté, a le


défaut d'être trop concret. L'élégance et la clarté n'y gagnent
rien, et la netteté scientifique y perd; mais les puristes nous
pardonneront ce sacrifice à la couleur locale, et la valeur
intrinsèque de l'œuvre originale fera passer par-dessus ces
incorrections.

E. B .

V septembre 18P3.

NOTA. — Nous renvoyons immédiatement le lecteur aux Errata


( p a g e XXTII) où il t r o u v e r a deux rectifications i m p o r t a n t e s de traduction
qui nous ont é c h a p p é en q u e l q u e s endroits dans la c o r r e c t i o n : — l'une
p o r t e sur le m o t a n g l a i s « effective » qu'une n o u v e l l e a t t r i b u t i o n d o n n é e
au m o t français » efficace » o b l i g e à t r a d u i r e d i f f é r e m m e n t ; l'autre
sur le m o t » allernatian » par l e q u e l les A n g l a i s e n t e n d e n t la i période »
e n t i è r e et non l ' a l t e r n a t i v i t é .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


T A B L E DES MATIÈRES

Pages.
Pbëface V
T a b l e dés matikbes xi
Errata xxx

CHAPITRE PREMIER

Introduction ' I

CHAPITRE II

ÎS'OTES HISTORIQUES ' 6

CHAPITRE III

Théorie physique des machines dynamo-klectriqiies 21


Organes des Machines dynamo-électriques 30
Éléments essentiels d'une dynamo 33
Machines à courant continu 34
Induits ou Armatures 3i
Noyaux des induits 43
Points fondamentaux dans un projet d'étude de machine. . . . 43
Inducteurs : Modes d'excitation du champ magnétique 46
Dynamo Magnéto-électrique ou Magnéto-dynamo 46
Dynamo à Excitation indépendante 47
Dynamo en Série ou Series-dynamo 49
Dynamo en Dérivation ou Shunt-dynamo o0
Dynamo Auto-excitatrice à circuit séparé SI
Modes de Combinaisons o3
Combinaisons pour Différence de potentiel constante b5
Excitation en Série et par Circuit indépendant 53
Excitation en Série avec adjonction de Machine magnéto-
électrique 56

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


XII TABLE DES MATIÈRES

Pages.

Excitation en Série et en Dérivation 56


Excitation en Série et en Longne d é r i v a t i o n . . . ^ . . . j. 57
Excitation en Série et par Bobine séparée. . . . . . . . T 5$

CHAPITRE IV

Actions e t réactions électriques dans l'induit 60


Induction dans un champ magnétique horizontal uniforme. . . i 63
Mesure de la Force électromotrice J 66
Méthodes de S. P . Thompson i 66
Méthode de Mordey . . . . . .
J . 67
Méthode de Swinburne 70
Méthode de Joubcrt .· . 70
Méthode statique de Mordey . . i J 71
Réactions dues au Gourant dans l'induit 71
Tendance du courant d'induit à l'Aimantation transversale . . 72
Points neutres . . j . 79
Causes d'Etincelles . . . . . . . . . .
s . 80
Action démagnétisante de l'induit , . 85
Résistance apparente . . . 90
Courants parasites 91
Division des masses métalliques . . 91
Courants parasites dans les Pièces polaires 93
Effets d'Induction mutuelle 96
Retard dû à la Self-induction 97
Moyen de remédier aux Troubles par induction 97

CHAPITRE V

Actions e t Réactions mécaniques dans l'induit 90


Couple mécanique et Vitesse 102
Puissance des dynamos et des moteurs 104
Relation entre le Couple mécanique et le Courant, 103
Effort sur les conducteurs de l'induit 106
Nécessité d'Entrainement mécanique de l'induit 108
Courbes du Couple mécanique 109
Puissance dissipée 111
Rendement des dynamos et des moteurs 112
Relation entre les Dimensions d'une machine, sa Puissance et
son Rendement 112

CHAPITRE VI

Principes magnétiques e t Propriétés magnétiques du f e r 116


Définitions et Propriétés générales 117
Unité de Magnétisme 117

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


J A B L E DES MATIERES xu»

• Tapes.
Intensité de Champ magnétique 117
Lignes magnétiques 118
Flux de force 118
Polarité 119
Règles électromagnétiques 120
Force magnélomotrice . 120
Intensité de la Force magnétique en un point quelconque dans
une longue bobine magnétisante f21
Intensité de la Force magnétique au centre d'un annean simple. 122
Force exercée sur un conducteur dans un champ magnétique . . 123
Travail effectué par un conducteur en mouvement dans un champ
magnétique 124
Induction magnétique 124
Perméabilité magnétique 125
Intensité d'aimantation et Susceptibilité magnétique 127
Courbes magnétiques 128
Mesure de la Perméabilité 129
Méthodes Magnétométriques 130
Méthodes de Balance 130
Méthodes d'Induction 130
Méthode de l'Anneau . . . 130
Méthode du Barreau 131
Méthode du Barreau divisé 132
Méthodes d'Arrachement 133
Méthode de l'Anneau divisé 133
Méthode de la Baguette divisée 134
Méthode de la Balance de traction 135
Résultats d'expériences sur Divers échantillons de fer 136
Limites de l'Aimantation et de la Perméabilité 143
Effets des Actions externes sur l'Aimantation 146
Effet des Espaces d'air dans un circuit magnétique 146
Effet des Joints 148
Effet des Actions mécaniques 152
Effet des Vibrations , 152
Effet de la Chaleur 152
Magnétisme résiduel ou rémanent 154
Hystérésis 135
Cycles d'aimantation , . . . . 156
Aimantation progressive. . 160
Expression de la Loi de l'électro-aimant . .. , 160
Formule de Frdlich 161
Théorie moléculaire du Magnétisme, d'Ewing 163
Rèluctivité magnétique 163

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE VII

Pages.

LE CIRCUIT MAGNÉTIQUE 163


Dérivations magnétiques 176
Calcul des Dérivations ' 180
Exemple de calculs de dérivations magnétiques 182
Conductibilité au Flux utile 183
Conductibilité au Flux perdu 185
Calcul final du Coefficient de dérivation 188

CHAPITRE VIII .

FORMES D ' I N D U C T E U R S · 190

CHAPITRE IX

THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A D Y N A M O 201


Machines Magnétos et à Excitation indépendante. — Machines en
Série. — Machines en Dérivation 201
Symboles et Notations 202
Equation fondamentale de la dynamo 203
Ondulations de la Force électromotrice dans un induit à une
seule spire 207
Ondulations dans un induit à circuit fermé divisé en sections. 208
Calcul des Ondulations de la Force électromotrice dans les
induits à circuit fermé 211
Mesure de l'Ondulation . 213
Effet d'un Défaut-de simultanéité dans la Commutation . . . 215
Mesure de <I> 215
Machine Magnéto et machine à Excitation indépendante 217
Relation entre la Vitesse et la Force électromotrice. — Tours
morts 218
Potentiel aux bornes d'une dynamo. — Volts perdus 219
Relation entre la Force électromotrice totale et la Différence
de potentiel aux bornes 220
Dynamo à Excitation indépendante 222
Caractéristique de la machine Magnéto et de la dynamo à Exci-
tation indépendante 223
Rendement et Coefficient économique des machines dynamos. 224
Variation du Coefficient économique avec le Courant. . . . 227
Dynamo en Série - 228
Coefficient économique de la dynamo en Série 228
Dynamo en Dérivation 229
Coefficient économique de la dynamo en dérivation 231
Règles pratiques pour un projet économique 234

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MATIÈRES XT

CHAPITRE X

Pages.
COL'RBES CARACTÉRISTIQUES " 236

Caractéristiques de Puissance en chevaux-vapeur 240


Caractéristiques externes ou courbes de Potentiel aux bornes. 242
Caractéristiques de la dynamo en Série 244
Relation entre la Caractéristique et la Vitesse 247 '
De la Résistance dans la caractéristique 248
Relation entre la Caractéristique et l'Enroulement des induc-
teurs et de l'induit 249
Courant critique d'une dynamo en Série 251
Caractéristique d'une dynamo en Dérivation 2S2
Courbe du Courant total dans l'induit 2a.'i
Caractéristique totale de la dynamo en Dérivation 2n6
Caractéristique d'une dynamo en Dérivation avec Aimantation
permanente 2îi G
Contraste entre la machine en Série et la machine en Dériva-
tion 260
Applications diverses des Caractéristiques 262
Détermination de la Vitesse la plus faible possible pour une
Dynamo alimentant un foyer à arc 262
Emploi de la Caractéristique pour expliquer l'Instabilité de
la Lumière à arc 263
Relation entre la Caractéristique et les Dimensions d'une
machine 264
Application des Caractéristiques aux Dynamos employées à
la Charge des accumulateurs 265

CHAPITRE XI

DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 267


Conditions de fonctionnement 267
Régulateur d'Edison 269
Dynamos auto-régulatrices 270
Théorie de l'Auto-Régulation . 271
Cas I . Bobines régulatrices en série et Aimants permanents. 272
Cas I I . Dynamo en série et Bobines d'excitation indépendante. 275
Démonstration géométrique des cas I et II 276
Cas I I I . Dynamo en série et Force électromotrice indépen-
dante agissant dans le circuit principal 277
Cas I V . Bobines régulatrices eu série et Bobines excitatrices
en dérivation : Enroulement Compound 278
Montage des Bobines destinées au compoundage 283
Réalisation pratique du Compoundage . , 284
Projet de machine à Potentiel constant . 285
6

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ÏVI. T A B L E DES MATIÈRES

Pages.

Délai nécessaire au Compoundage 283


Caractéristique de la dynamo Compound 285
Caractéristiques Externes des dynamos auto-régulatrices . . . 288
Observations d'Esson 289

CHAPITRE XII

ENROULEMENT DES I N D U I T S . — THÉORIE DES C O N N E X I O N S 291


Diagrammes d'Enroulements développés 297
Formules de Bobinage pour induits à. circuit fermé 303
Groupement en parallèle 304
Bobiuage hélicoïdal ou imbriqué 304
Bobinage ondulé 304
Groupement en série 305
Groupements mixtes 305
Enroulements en tambour 306
Tambours bipolaires . 306
Tambours multipolaires 312
Enroulements en Anneaux multipolaires 320
Enroulements en Disques 324

CHAPITRE XIII

CONSTRUCTION PRATIQUE DES I N D U I T S 328

Noyaux 328
Noyaux dentés et lisses 331
Noyaux repercés 332
Bras et Manchons d'entraînement 333
Isolation des Noyaux de fer 338
Ventilation des Induits 339
Equilibre des Induits 341
Conducteurs 341
Coins d'entraînement 341
Frottes 342
Bobinage des Induits 343
Bobinage des Anneaux 345
Bobinage des Tambours 348
Tambour Siemens 348
Tambour Edison 331
Tambour Edison-Hopkinson 353
Tambours Crompton et Swinburne 354
Tambour Kapp 337
Tambour Eickemeyer 357
Tambour Alioth 338

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE D E S MATIÈRES XVII

C H A P I T R E X I V

Pages.

COLLECTEURS, BALAIS ET P O R T E - B A L A I S 359

Machines à courant continu 360


Collecteurs , J . . . . t 360
Touches 360
Isolation 360
Construction 361
Balais 365
Porte-Balais et Colliers « 368
Alternateurs : Collecteurs et Balais .· 373

CHAPITRE X V

ÉLÉMENTS MÉCANIQUES D ' U N PROJET DE D Y N A M O E T D E SA C O N S T R U C T I O N . . 374


Pression sur les coussinets 374
Action gyrostatique de l'Induit 375
Collets, Portées, Tourillons 376
Arbres 378
Coussinets et Paliers 379
Coussinets cannelés 380
Coussinets convexes 380
Graisseurs 381
Clavettes, Rainures et Méplats 383
Poulies et Courroies 383
Plaques de fondation 383
Accouplement 384
Montage des induits 384

CHAPITRE X V I

ÉLÉMENTS PHYSIQUES D ' U N PROJET DE D Y N A M O . — C A L C U L DU B O B I N A G E . . 383


Calculs électriques 391
Calcul des Volts perdus dans l'induit 391
Calcul du Courant passant par une dérivation 391
Calcul du Courant total circulant dans l'InduiL 391
Calcul du Diamètre de fil nécessaire pour l'Induit 391
Calcul de la Force élextromotrice totale engendrée dans l'in-
duit d'une dynamo 391
Calcul du nombre de Conducteurs de l'Induit 392
Calcul de la Force électromotrice dans l'Induit . 392
Calculs de Rendement 392
Calcul de la Puissance dissipée dans une dynamo 392
Watts dissipés dans la bobine d'induit 392
Watts dissipés dans une bobine en sèri:: 392

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


XVIII TABLE DES MATIÈRES

Tages.

Watts dissipés dans une bobine en dérivation 392


Watts dissipés par courants parasites 392
Watts dissipés par hystérésis magnétique 392
Calcul du Rendement électrique 392
Calcul du Rendement commercial 393
Calculs magnétiques 393
Calcul du Flux magnétique à travers l'Induit 393
Calcul de l'Induction magnétique spécifique dans un noyau de
fer 393
Calcul de la Section droite de fer nécessaire pour laisser pas-
ser un flux de force donné 393
Marge pour les Dérivations magnétiques 394
'Calcul de la Perméabilité du fer à un degré quelconque d'ai-
mantation 394
Calculs relatifs an Circuit magnétique 395
Loi fondamentale du Circuit magnétique 395
Calcul de la Force électromotrice nécessaire pour faire passer
un flux de force donné à travers une résistance magnétique
déterminée 395
Calcul de la Résistance magnétique d'un noyau de fer . . . . 395
Calcul de la Résistance magnétique totale du circuit magné-
tique d'une dynamo 395
Calcul des Ampères-tours de force magnétisante nécessaires
pour faire passer le flux magnétique voulu a travers la rési-
stance du circuit magnétique 396
Estimation des Ampères-tours additionnels nécessaires pour
compenser l'action démagnétisante du courant d'induit
quand les balais sont décalés en avant 397
Exemples de Calculs appliqués à des Machines à courant continu. . 397
Dynamo Edison-Hopkinson 398
Induit 399
Inducteurs 399
Données pour le Calcul des résistances dans le circuit magné-
tique 401
Noyau d'induit 401
Entrefer 401
Branches d'inducteurs 401
Culasse 401
Pièces polaires 401
Calculs relatifs à cette machine 401
Dynamo c Phénix > (type supérieur) 403
Induit 403
Inducteurs 403
Données pour le Calcul des résistances du circuit magnétique 404
Noyau d'induit 404
Entrefer 404
Branches d'Inducteurs 404'

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MAT I EUE S ' six

Pages.

Culasse 404
Pièces polaires 405
Calculs relatifs à cette machine » 405
Dynamo à bobine inductrice unique 407
Induit 407
Inducteur 407
Points importants dans l'Etude d'un projet 407
Vitesses périphériques 407
Disques de Noyaux d'induits 408
Limite d'Aimantation 408
Diamètre du Fil pour bobinage d'Induits , . 408
Echauffement des bobines d'Inducteurs 410
Echauffement admissible et Surface de refroidissement. . . . 413
Résistance à chaud 414
Courant maximum admissible . . . ^ . . . . ' 414
Longueur et Diamètre des Induits 416
Section des Inducteurs 417
Symétrie des Inducteurs 417
Résultat de l'Elargissement de l'entrefer 419
Interférence du Champ d'induit 420
Limite de charge et Point sans étincelles 421
Procédés employés pour éviter les Etincelles 426
Projets de Machines multipolaires 427
Meilleure Epaisseur de l'entrefer 430

CHAPITRE XVII

l'NAMOSA H A U T POTENTIEL P O U R COURANT C O N S T A N T 432


Machines à induit ouvert 434
Machine Brush 438
Machine Thomson-Houston 448
Dispositif de Régulation 456
Avantages des Dynamos à induit ouvert t . . . 458
Ondulations du Courant dans les Induits ouverts 458
Autres Machines à haut Potentiel 459
Machine Sperry 459
Machine Wood 460
Machine Bail 400
Machine municipale d'Edison 461
Machine à Arcs « Phénix » 462
Machine Statter 402
Machine Schuyler 463
Autres Machines à induit ouvert 463
Caractéristiques plongeantes • 463
Régulateurs de Courant constant 465

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


x s TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE XVIII

Pages.

DYNAMOS COURANTES 466


Machines Gramme 466
Machines Crompton 470
Machines Kapp 472
Machine bipolaire . . . 472
Machine multipolaire à tambour 473
Machines Brown 475
Dynamo pour Éclairage par incandescence 473
Dynamo pour Transport d'énergie 477
Dynamo pour Électrométallurgie 478
Maciiines Paterson et Cooper, ou t Phénix * 478
Machine « Manchester > 482
Machine « Victoria » (Compagnie Brush) 484
Machine de la Compagnie Giilcher 488
Machine Rankin Kennedy 492
Machines Siemens 492
Machines Edison 499
Machines Schuckerl 508
Machines Goolden 510
Machine Holmes 511
Machine Laurence, Paris et Scott, 513
Machine » Tyne » 514
Machine Lahmeyer Si 4
Machine « Leeds »> 515
Machines Elwell-Parker 517
M a c h i n e « Tannton > 517
Machines de la « General Electric Traction Company t. . . 518
11
Machines diverses multipolaires 519
Machines de 1't Allgemeine Gesellschaft » . . 519
Machines Thomson-Houston 520
lB
Machines Latimer Clark, Muirhead et C . ' 520
ie
Machines Alioth et C 520
Machines de la * Westinghouse Company » . . . 320
Machine Thury 520
Machine Wenstriim 520

CHAPITRE XIX

DYNAMOS DIVERSES 321


Machines à grand débit et faible voltage pour Galvanoplastie et Elec-
trometallurgy « . . . . t. 521
Machine Elwell-Parker 523
Machine Paterson et Cooper 523

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MATIÈRES xn

Tages.

Machine Hopkinson , r f r 523


Machine Stafford et Eaves . . . 523
Machine Sayers 524
Machines Crompton 524
Machines Brown , . . . . „ . . . . 524
Renseignements numériques relatifs à l'EIectrométalIurgie . . . 523
Tension aux bornes nécessaire pour différents genres de bains . 526
Densité de courant pour dépôts convenables 527
Machines Unipolaires 527
Machines à Disque 530
Machines Fritsche , 531
Machine Polechko 532

CHAPITRE XX

MOTEURS ÉLECTRIQUES A COURANT CONTINU. 533

Considérations générales et historiques. . , , 533


Traction déterminant le mouvement 539
Force contre-électromotrice , . < 539
Théorie élémentaire delà Puissance fournie par un moteur électrique. 542
Théorie des Moteurs 545
Représentation graphique des Lois des moteurs 5S2
Loi de Puissance maximum 554
Loi du Rendement maximum 555
Vitesse et Couple mécanique des moteurs 559
Expressions générales du Couple mécanique et de la Vitesse . 561
Moteur Magnéto-électrique et moteur à Excitation indépendante. . 503
Détermination pratique du Potentiel convenable pour un mo-
teur donné. . . 564
Moteur en série 565
Emploi de deux moteurs en série dans une Transmission.... 568
Moteur en Dérivation i 569
Réaction entre l'Induit et les Inducteurs dans un moteur 572
Renversement de marche des moteurs 577
Moyens de gouverner les moteurs 580
Régulateur interrupteur 580
Régulateurs à force centrifuge 580
Régulateurs spasmodiques 580
Régulateurs périodiques 581
Régulateurs dynamométriques. . . i 581
Régulateurs électriques 582
Théorie des Moteurs auto-régulateurs 553
Moteur magnéto-électrique avec bobine régulatrice en Série. 584
Moteur en Dérivation avec hobine régulatrice en Série j . . 586
Détermination pratique des Bobinages en dérivation et en
série 589

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


XXII TABLE DES MATIÈRES

Pages.

Caractéristiques mécaniques des Moteurs à enroulement différen-


tiel compound S89
Autres modes de Régulation des moteurs. . 391

CHAPITRE XXI

TYPES RÉCENTS DE MOTEURS A COURANT CONTINU 593


Moteurs Ayrton et Perry 394
Moteurs Reckenzaun 594
Moteur Immisch .- 593
Moteur * A g i r > 397
Moteurs Brown 599
Moteurs Laurence, Paris et Scott 599
Moteurs Sprague 399
Moteur Goohlen à l'usage des Mines 600
Moteurs pour Locomotives électriques 601
Moteurs à Courant constant pour Circuits d'éclairage par arcs. 601
Moteurs de faible puissance 602
Moteurs oscillants 602
Moteurs à Courants alternatifs 602

CHAPITRE XXII

PRINCIPES DES C O U R A N T S ALTERNATIFS , . . 603


Etude analytique 607
Etude géométrique 013
Force élecfromotrice « virtuelle > ou · efficace » 616
Puissance moyenne 6f7
Relation entre les Courants alternatifs et la Capacité 621
Courant inactif 622
Courants alternatifs de haute fréquence . . . 023
Couple mécanique des Alternateurs 623
Mesure de la Puissance dans les Cricuits à courants alternatifs. 624

CHAPITRE XXIII

ALTERNATEURS 625

Classification et Généralités 625


Induits 626
Induits en Anneau 626
Induits en Tambour. . 629
Induits Polaires ' 630
Induits en Disque , . . . . 631
Bagues collectrices 034
Couplage des Bobines induites 634

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MATIÈRES xxm

Pages.
Largeur des Faces polaires et Extension des Bobines induites. . 635
Inducteurs et Modes d'Excitation 637
Types d'Alternateurs 640
Alternateur Kapp 640
Alternateur Westinghouse (Stanley) 643
Alternateur Elihu-Thomson 645
Alternateur Blakey-Emrnott 647
Alternateur « Phénix » 648
Alternateur Hopkinson 640
Alternateurs Ganz-Zipernowsky 630
Alternateurs Siemens 651
Alternateur Gordon 633
Alternateur Elwell-Parker 634
Alternateurs Ferranti 633
Alternateur Parsons ' 665
Alternateur Mordey 663
Alternateurs a Résistance magnétique variable ou à f e r tournant . 671
Alternateurs Mordey 672
Alternateur Kingdon 673
Alternateur Elihu-Thomson 673
Alternateurs Kennedy 675
Alternateurs à courant constant 673
Alternateurs polyphasés 676
Alternateur triphasé do Brown 677
Couplage des Alternateurs 680

CHAPITRE XXIV

IOTEURS A C O U R A N T S ALTERNATIFS 691

Classe I . — Moteurs synchrones 691


Classe I I . — Moteurs à inducteurs lamelles 693
Classe I I I . — Moteurs polyphasés à Champ tournant 694
Théorie du Champ tournant 693
Illustration d'une Transmission à Champ tournant 696
Courants tétraphasés . 697
Courants triphasés 699
Moteur triphasé de Brown 703
Autres moteurs polyphasés 703
Classe I V . — Moteurs à Champ tournant à Courants diphasés . . . 703

CHAPITRE XXV

IANSFORMATEURS 708
Généralités et Classification 708
Notes Historiques 710
Transformateurs à courants alternatifs 712
Systèmes de Distribulion 712

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


XXIV TABLE DES MATIÈRES

Pages.
Principes généraux 713
Construction '24
Théorie 131
Progrès dans la construction des Transformateurs à courants
alternatifs 736
Transformateurs pour Courant constant 737 '
Emploi des transformateurs au Réglage des alternateurs. . . 737
Moteurs-Dynamos 741
Transformateurs à courant continu 741
Théorie des Transformateurs à courant continu 743
Transformateurs de Courants alternatifs en Courants continus,
et réciproquement , 744

CHAPITRE XXVI
TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L'ENERGIE 746

Principe 746
Rendement d'un Transport d'énergie i . . . 731
Application des Méthodes graphiques aux Problèmes relatifs aux
Moteurs 753
Représentation graphique d'un Transport d'énergie 756
Economie d'un Transport d'énergie 757
Exemples de Transports d'énergie 758
Schaffouse 758
Laulfen-Francfort 759·

CHAPITRE XXVII
RÉGULATEURS POUR DYNAMOS 762
Régulateurs à main 763
Régulateurs automatiques 764
Régulateurs de Tension constante ou de Courant constant . . . 764
Régulateur Gooldén 764
Régulateur Maquaire 766
Régulateur Brush 767
Régulateur Thomson-Houston . 768
Régulateur Statter 768
Régulateur Waterhouse 768
Régulateur Wood 769
Régulateur Henrion 770
Régulateur Ravenshaw et Trotter 771
Régulateur Sperry - 772
Régulateurs électriques pour Machines à vapeur 772
Régulateur Richardson 772
Régulateur Willans 774
Régulateur Jamieson 775
Réglage dynamométrique 776
Réglage par Pression de vapeur 777

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MATIÈRES xxv

CHAPITRE XXVIII

Pages.
EPBEUVES DES MACHINES G É N É R A T R I C E S ET R É C E P T R I C E S 779
Epreuves de Construction 779
Résistance électrique . . . 779·
Résistance magnétique 780
Résistance d'Isolement 780·
Epreuves de Fonctionnement et de Rendement 781
Mesure de la Puissance mécanique 781
Méthode graphique 782
Méthode du Frein » 782·
Méthode dynamométrique 783
Méthode d'Equilibre 785
Méthodes électriques · 786-
Analyse des différentes pertes 788.

CHAPITRE XXIX

1
CONDUITE DES D Y N A M O S 792
Couplage de deux ou de plusieurs dynamos en un m ê m e circuit. . 792
Couplage en Série 792
Couplage en Dérivation 793-
Couplage des machines compound en Circuit parallèle. . . . 79i
Instructions générales pour l'emploi des D y n a m o s 798
Emplacement 798·
Fondations "98-
Glissières 799
Avant la Mise en marche 799
Mise en marche 800·
Surveillance journalière 800
Accidents des Dynamos 801
Combustion des Induits 801
Rupture des Connecteurs 803
Disjonctions dans l'Induit 803-
Faux-rond du Collecteur 804
Fautes dans les Bobines inductrices , 805-
Accidents des Alternateurs 805
Causes obscures d'accidents ~ 806
Trépidation et Bruit ; . . . . 806

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


XXVI TABLE DES MATIÈRES

APPENDICES
Pages.
APPENDICE A 808
Unités électriques et magnétiques 808
APPENDICE B 816
Fils 816

SUPPLÉMENT

T Y P E S RÉCENTS DE D Y N A M O S C O N T I N E N T A L E S 822
Courant continu 822
Dynamos à haut potentiel 822
Machine de la Compagnie de « L'Industrie électrique > (de Genève) 822
Dynamos courantes 823
Machines Brown-Heilmann, multipolaires 823
— Cail-IIelmer, bipolaires 825
— — multipolaires - 827
—· -Reignier et Parrot 829
— Desroziers, à disque 829
— — — Types divers 835
— — — Type m a r i n e . 833
— — — — Épreuves 836
— Gramme, multipolaires pour stations centrales . . . 837
— de la Compagnie de « L'Industrie électrique», à basses
vitesses 839
— d'Oerlikon 840
— Rechniewski, bipolaires et multipolaires 841
— — Épreuves 843
•— de la Société Alsacienne de Belfort, avec et sans col-
lecteur 845
Dynamos diverses 848
Machines de la Compagnie de «L'Industrie électrique » , multi-
polaires, pour Ëlectrolyse 818
— de la Compagnie de L'Industrie électrique, unipo-
laires, pour Électrométallurgie 849
— d'Oerlikon, multipolaires, pour Électrométallurgie . 831
-Courants alternatifs 851
Alternateurs Cail-IIelmer à flux renversé 851
— — Alternateur-Volant 853
— — à flux ondulé ou à résistance m a g n é -
tique variable 856
— — de haute fréquence 857
Transformateurs Cail-IIelmer, à résistance magnétique variable. 857
Alternateurs Labour (Siemens) et Transformateurs 860
— à Ilux ondulé de la Compagnie de « L'Industrie élec-
trique » 862

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


TABLE DES MATIÈRES XXVII

Pages.

Alternateurs et Transformateurs d'Oerlikon 863


— •— — à courants triphasés. 86b
Moteurs à courants triphasés d'Oerlikon 866
— — alternatifs simples d'Oerlikon 86N
Alternateurs Patin 869
Moteurs Patin-Levavasseur à courants alternatifs 871
Alternateurs Zipernowsky-Creusot 871
Moteurs à courants alternatifs Zipernowsky-Creusot 872
ÉTUDE sua L E S QUALITÉS MAGNÉTIQUES DE L ' A C I E R DOUX 873

BIBLIOGRAPHIE 875

INDEX ALPHABÉTIQUE ' 881

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


IRIS - LILLIAD - Université Lille 1
ERRATA

Au lieu de , Lire :

experience experiences
efficace actif

active
actif

2<
n
90° 90"
1
-r n c

La figure 173 (ioi'i être tournée de 90° (OR horizontale).


9 millimètres 0,9 millimètre
dynamos à arcs dynamos à haute tension
électro-métallurgie .galvanoplastie
champ magnétique unique inducteur unique
efficaces actifs
à bagues mobiles à cannelures
gramme grammes

superierus supérieurs
au cinquième au dixième
normale OF normale à OF
efficace utile
alternativstes périodes

alternatività période

Moteur triphasé de Brown


alternativités périodes
compact compacte
L m

¿1

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


XXX ERRATA

LIGNES
DU
Au lieu de : Lire :
HAUT BAS

"29 6 ventilations ont ventilation sont


784 10 poulie poulie,
790 4 autre l'autre
815 21 Supprimer comme unité
8M 12 compact compacte
7 suffit suffisent

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


LES MACHINES

DYNAMO-ÉLECTRIQUES

CHAPITRE P R E M I E R

I INTRODUCTION

Une machine dynamoélectrique est une machine destinée à conver-


tir l'énergie sous forme de mouvement mécanique en énergie sous
forme de courants électriques, ou v i c e v e r s a , par suite de la rotation de
conducteurs ( o r d i n a i r e m e n t des b o b i n e s de fil de cuivre) dans un
champ magnétique. Ainsi f o r m u l é e , cette d é f i n i t i o n embrasse toutes
les m a c h i n e s d o n t l ' a c t i o n r e p o s e sur le p r i n c i p e magnéto-électrique
découvert par F a r a d a y en 1831.
T o u t e m a c h i n e d y n a m o - é l e c t r i q u e peut c e p e n d a n t r e m p l i r deux f o n c -
tions distinctes, i n v e r s e s l'une de l ' a u t r e . Quand o n l ' a c t i o n n e mécani-
q u e m e n t p a r un e n g i n e x t é r i e u r tel qu'une machine à vapeur, elle
fournit des c o u r a n t s é l e c t r i q u e s . S i , au c o n t r a i r e , o n y l a n c e des c o u -
rants é l e c t r i q u e s issus d'une source e x t é r i e u r e , telle qu'une pile v o l -
t a ï q u e , e l l e d é v e l o p p e du t r a v a i l m é c a n i q u e . Dans le p r e m i e r cas, la
d y n a m o f o n c t i o n n e c o m m e génératrice ; dans l e s e c o n d , c o m m e moteur
ou réceptrice. T o u t e s les d y n a m o s sont c o m p r i s e s d'ailleurs dans l'une
des d e u x g r a n d e s c a t é g o r i e s suivantes q u i diffèrent entre e l l e * p a r la
nature des c o u r a n t s q u ' e l l e s sont a p p e l é e s à fournir, courant continu
(c'est-à-dire a y a n t toujours l e m ê m e sens) ou courants alternatifs (c'est-
à-dire c h a n g e a n t f r é q u e m m e n t et r a p i d e m e n t de sens). N o u s aurons en
c o n s é q u e n c e à c o n s i d é r e r q u a t r e classes de m a c h i n e s : — (a) d y n a m o s ou
g é n é r a t r i c e s à c o u r a n t continu ; (b) d y n a m o s ou g é n é r a t r i c e s à courants

nVNAHO-ÉLECTRIQUES. i

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


2 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

alternatifs, o u , 'plus b r i è v e m e n t , a l t e r n a t e u r s ; (c) moteurs à courant


continu ; (d) m o t e u r s à courants alternatifs

E n g é n é r a l , toute d y n a m o , q u ' e l l e soit a p p e l é e à f o n c t i o n n e r c o m m e


g é n é r a t r i c e ou c o m m e m o t e u r , c o m p o r t e deux parties essentielles, un
système inducteur, h a b i t u e l l e m e n t f o r m é d'une carcasse en fer, m a s s i v e
et f i x e , r e c o u v e r t e de spires de fil d e c u i v r e i s o l é , et un système induit,
ou, plus s i m p l e m e n t , un induit ou armature, d i s p o s i t i o n s p é c i a l e de
conducteurs en c u i v r e o r d i n a i r e m e n t r o u l é s autour d'un a n n e a u , d'un
t a m b o u r ou d'un disque, i i x é l u i - m ê m e sur un a x e qui p e r m e t de lui
i m p r i m e r m é c a n i q u e m e n t un m o u v e m e n t d e r o t a t i o n . Elle comprend
é g a l e m e n t des o r g a n e s p a r t i c u l i e r s destinés à r e c u e i l l i r les courants
é l e c t r i q u e s issus de l'induit et à les e n v o y e r dans le c i r c u i t é l e c t r i q u e ,
ou vice versa; ce sont les collecteurs ou commutateurs, solidaires de
l'induit et p a r t i c i p a n t à sa r o t a t i o n , et les balais de prise de cou-
rant q u i pressent sur la surface du c o l l e c t e u r ou du commutateur en
mouvement et constituent une connexion permanente, à frottement,
avec l e circuit extérieur^

L ' o b j e t du système inducteur est de c r é e r u n champ magnétique suffi-


s a m m e n t étendu et de g r a n d e intensité, c'est-à-dire de d é v e l o p p e r un
n o m b r e de l i g n e s de f o r c e m a g n é t i q u e ou un flux magnétique considé-
r a b l e dans l'espace où d o i v e n t se m o u v o i r les fils constitutifs de l'induit.
—• I l d o i t , en c o n s é q u e n c e , ê t r e f o r m é d'un fort aimant ou é l e c t r o -
a i m a n t bien étudié, et p a r suite puissant, d o n t les p ô l e s s o i e n t c o n f o r m é s
de m a n i è r e à p e r m e t t r e dans l ' e s p a c e où se meut l'induit une b o n n e
utilisation du flux magnétique auquel ils d o n n e n t naissance. Nous
étudierons dans le C h a p i t r e "VI les p r o p r i é t é s m a g n é t i q u e s du fer, et,
dans les Chapitres V i l , V I I I et X V I , les p r i n c i p e s f o n d a m e n t a u x du c i r -
cuit m a g n é t i q u e , y c o m p r i s les f o r m e s des i n d u c t e u r s .
Quant au r ô l e de l'induit, il consiste à t o u r n e r dans le c h a m p m a g n é -
tique ainsi p r o d u i t , tandis que ses spires de c u i v r e , ou c o n d u c t e u r s , sont
parcourues p a r des courants é l e c t r i q u e s .

Il ne faut pas o u b l i e r q u ' i l existe une d o u b l e a c t i o n e n t r e un fil con-


ducteur (faisant p a r t i e d'un circuit) et un c h a m p m a g n é t i q u e . En pre-
mier lieu, si l ' o n f o r c e le fil c o n d u c t e u r à se m o u v o i r dans l e c h a m p

1
Dans le langage courant, le nom de • dynamo · proprement dite est générale-
ment réservé à la machine fonctionnant comme génératrice. La machine actionnée
par un courant est désignée sous le nom de « moteur » ou « réceptrice » .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INTRODUCTION 3

magnétique (de manière à c o u p e r les l i g n e s ou le flux de f o r c e ) , des


courants é l e c t r i q u e s sont engendrés dans l e c o n d u c t e u r , et un effort
m é c a n i q u e est nécessaire p o u r faire m o u v o i r ce c o n d u c t e u r . Cette a c t i o n ,
d é c o u v e r t e p a r F a r a d a y , est c o n n u e sous le n o m d ' « i n d u c t i o n m a g n é t o -
é l e c t r i q u e » . D a n s tous les cas, l ' i n d u c t i o n ou p r o d u c t i o n de courants
e x i g e une a p p l i c a t i o n de puissance mécanique et une d é p e n s e d'éner-
g i e . C'est là le p r i n c i p e de la d y n a m o e m p l o y é e c o m m e g é n é r a t r i c e .
D'autre-part, si le fil c o n d u c t e u r , tandis q u ' i l est situé dans l e c h a m p
magnétique, conduit à ce m o m e n t m ô m e un c o u r a n t é l e c t r i q u e (issu
d'une source q u e l c o n q u e ) , il subit l'action d'un c o u p l e latéral qui
tend à l'entraîner p a r a l l è l e m e n t à l u i - m ê m e en c o u p a n t les l i g n e s ou
le flux de f o r c e , et qui l e r e n d apte à d é v e l o p p e r de la puissance et
à p r o d u i r e du t r a v a i l mécanique. Cette a c t i o n , i n v e r s e de la précé-
dente, est le p r i n c i p e de la d y n a m o utilisée c o m m e m o t e u r . Dans l e
p r e m i e r cas, il faut d é v e l o p p e r du t r a v a i l m é c a n i q u e p o u r e n t r a î n e r l'in-
duit ; dans l e second, l'induit, en t o u r n a n t , d e v i e n t une source de t r a v a i l
m é c a n i q u e . Si l ' o n a le c h a m p m a g n é t i q u e et q u ' o n fournisse du t r a v a i l
m é c a n i q u e p o u r faire t o u r n e r l'induit, on obtient des courants élec-
triques ; si l ' o n a le c h a m p m a g n é t i q u e et q u ' o n fournisse à l'induit des
courants é l e c t r i q u e s , il p r e n d un m o u v e m e n t de r o t a t i o n et d é v e l o p p e du
t r a v a i l m é c a n i q u e . — Que la m a c h i n e f o n c t i o n n e c o m m e g é n é r a t r i c e o u
c o m m e m o t e u r , la p r é s e n c e du c h a m p m a g n é t i q u e est nécessaire : il en
résulte que l e p o i n t t h é o r i q u e l e plus i m p o r t a n t est la t h é o r i e du c h a m p
m a g n é t i q u e . — T o u t e m a c h i n e d y n a m o p o u v a n t (au m o i n s t h é o r i q u e -
m e n t ) f o n c t i o n n e r à v o l o n t é soit c o m m e g é n é r a t e u r , soit c o m m e m o t e u r ,
il d e v r a i t être p o s s i b l e d ' é t a b l i r une t h é o r i e g é n é r a l e a p p l i c a b l e à une
m a c h i n e q u e l c o n q u e remplissant ces deux r ô l e s i n v e r s e s . P o u r plus de
simplicité c e p e n d a n t , nous t r a i t e r o n s dans cet o u v r a g e ces d e u x fonc-
tions séparément.

L a t h é o r i e m a t h é m a t i q u e de l a d y n a m o est en réalité c o m p l e x e , et son


expression affecte des f o r m e s différentes suivant les diverses classes de
machines a c t u e l l e m e n t c o m p r i s e s sous le n o m g é n é r i q u e de « d y n a m o s » .
Les p r o g r è s r é c e m m e n t introduits dans la solution des p r o b l è m e s m a g n é -
tiques o n t c e p e n d a n t simplifié la q u e s t i o n au p o i n t qu'il est possible
aujourd'hui de p r é v o i r la puissance é l e c t r i q u e d'une m a c h i n e , dans des
c o n d i t i o n s d o n n é e s de vitesse et de c h a r g e , d'après sa construction et
ses d i m e n s i o n s . L a t h é o r i e des m a c h i n e s à courants alternatifs diffère
en outre, en b i e n des points, de celle des machines destinées à p r o d u i r e
des c o u r a n t s continus.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


4 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

L a t h é o r i e d e la d y n a m o q u e nous d é v e l o p p e r o n s ici n e sera d o n c pas


une t h é o r i e m a t h é m a t i q u e g é n é r a l e . N o u s nous a t t a c h e r o n s p l u t ô t aux
idées p h y s i q u e s et e x p é r i m e n t a l e s q u ' a u x c o n c e p t i o n s mathématiques,
bien q u e nous n e puissions nous dispenser d ' e m p l o y e r , c o m m e dans
tout o u v r a g e scientifique, des s y m b o l e s m a t h é m a t i q u e s . U n e théorie
physique de la d y n a m o n'est pas d'ailleurs chose n o u v e l l e , b i e n qu'il
1
n'en a i t pas e n c o r e été d o n n é d e b i e n c o m p l è t e avant les c o n f é r e n c e s
d e l ' A u t e u r à l a Society of Arts, en 1 8 8 2 .

Il y a en r é a l i t é t r o i s m a n i è r e s distinctes de t r a i t e r les p r i n c i p e s d e
l a d y n a m o : 1° u n e m é t h o d e p h y s i q u e a y a n t p o u r p o i n t de d é p a r t les
l i g n e s d e f o r c e ou l e flux m a g n é t i q u e et les courants, e t dans l a q u e l l e
ces é l é m e n t s , i n d é p e n d a m m e n t du p o u r q u o i et d u c o m m e n t , servent d e
base d ' e x p o s i t i o n ; 2° u n e m é t h o d e a l g é b r i q u e basée sur les l o i s m a t h é -
matiques de l'induction électrique et d e la m é c a n i q u e rationnelle ;
3" u n e m é t h o d e g r a p h i q u e f o n d é e sur l a possibilité d e r e p r é s e n t e r l'action
d'une d y n a m o p a r u n e c o u r b e dite « c a r a c t é r i s t i q u e »-, i m a g i n é e p a r l e
r r
D Hopkinson, et e m p l o y é e ensuite par le D F r o l i c h , M . D e p r e z , et
autres.
Ces trois m é t h o d e s sont p a r l e fait t r o i s aspects différents de la m ê m e
t h é o r i e . L e flux de force m a g n é t i q u e d o n t nous nous o c c u p o n s dans les
Chapitres V I et V I I p e u t être r e p r é s e n t é g é o m é t r i q u e m e n t p a r une c e r -
taine l o n g u e u r de l i g n e o u a l g é b r i q u e m e n t p a r le s y m b o l e <& ou b i e n
e n c o r e g r a p h i q u e m e n t par une s i m p l e l i g u r e . Ce q u e les uns r e p r é s e n t e n t
p a r <t>, d'autres l ' i n d i q u e n t p a r une c e r t a i n e l o n g u e u r dans une c e r t a i n e
d i r e c t i o n . En s o m m e , d i v e r s p r o c é d é s , a l g è b r e , g é o m é t r i e et d i a g r a m m e s
m a g n é t i q u e s , conduisent v e r s la possession d e la v é r i t é , et chacun de
ces p r o c é d é s a sa v a l e u r .

Notre objectif est d e développer tout d'abord une théorie phy-


sique g é n é r a l e a p p l i c a b l e a tous les t y p e s d e m a c h i n e s d y n a m o - é l e c -
triques.
N o u s a t t a q u e r o n s ensuite i m m é d i a t e m e n t les parties v i t a l e s les plus
essentielles du sujet : p r i n c i p e du circuit m a g n é t i q u e ; p r o p r i é t é s m a g n é -
tiques du f e r ; calcul d e s é l é m e n t s m a g n é t i q u e s des d y n a m o s ; et a u t r e s
p r i n c i p e s a n a l o g u e s . P u i s v i e n d r o n t l a t h é o r i e du b o b i n a g e d e l'induit
et ses m o d e s d e c o n s t r u c t i o n p r a t i q u e s . Cet e x p o s é sera suivi d'une des-

1
Voir I . M. Gaugain, Annales de Chimie et de Physique, 1873; Antoine Breguet,
Annales de Chimie et de Physique, 1879 ; du Moncel, Exposé des Applications de
l'Electricité, t. I I ; Niaudet, Machines électriques; Dredge, Electric Illumination;
Schellen, Die Magnéto und Dynamo-eleklrischen Maschinen (3" édition, 1883).

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INTRODUCTION 5

c r i p t i o n g é n é r a l e des divers types de m a c h i n e s , a c c o m p a g n é e de certaines


questions t h é o r i q u e s intéressantes. L e m o t e u r à courant continu sera étu-
dié après l e g é n é r a t e u r à c o u r a n t c o n t i n u . L e s principes de la m a c h i n e
à courants alternatifs, du t r a n s f o r m a t e u r à courants alternatifs, et du
m o t e u r à courants alternatifs, seront enfin plus c o m p l è t e m e n t traités
que dans aucune des éditions a n g l a i s e s de cet o u v r a g e a n t é r i e u r e s à
celle-ci.

Cependant, avant d'aborder la t h é o r i e - g é n é r a l e de l a d y n a m o , il est


b o n d e p r é l u d e r p a r q u e l q u e s notes h i s t o r i q u e s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE II

NOTES HISTORIQUES

La découverte, par Faraday, de l'induction magnéto-électrique des courants


remonte à l'automne de 1831. Elle fut communiquée le 24 novembre de la
m ê m e année à. la Société Royale de Londres par une note insérée dans les
Philosophical Transactions et réimprimée au commencement du premier volume
des Expérimental Rtsearches in Electricity de l'illustre physicien. Ses premières
expériences sont relatives à la production de courants induits dans une bobine
à l'aide de courants développés ou interrompus dans une bobine voisine. Il
passa de là aux courants engendrés dans une bobine mise en mouvement en
face des pôles d'un puissant aimant en acier. Ayant ainsi obtenu de l'électri-
«ité au moyen d'aimants, il essaya de construire * une nouvelle machine élec-
trique » . Un disque de cuivre, de 30 centimètres de diamètre environ, et de
5 millimètres d'épaisseur, fixé sur un axe en
bronze (fig. 1) et monté sur un bâti, pouvait
"J tourner sur cet axe. Un segment de ce disque
était en même temps engagé entre les pôles
magnétiques d'un grand aimant permanent
à plusieurs lames, distants l'un de l'autre de
12 millimètres à peu près *. Le disque était
Fig. 1. — Dynamo à disque de soigneusement amalgamé sur champ, de ma-
laraday. nière à assurer un bon contact mobile; il
en était de même de l'axe sur une certaine longueur. Des lames conduc-
trices de cuivre et de plomb destinées à capter le courant électrique étaient
disposées de façon à être mises en contact avec le champ du disque de
euivre ; l'une de ces lames, maintenue avec la main, touchait le bord du
disque entre les pôles de l'aimant. Des fils allant à un galvanomètre étaient
reliés, l'un à la lame collectrice, l'autre à l'axe de bronze. Quand on faisait
tourner le disque, on constatait au galvanomètre une déviation qui changeait
de sens quand on renversait le sens de rotation. » Ainsi se trouvait, en consé-
quence, démontrée la production d'un courant permanent d'électricité à l'aide

1
Expérimental Researches, I . p. 25, art. 85. Cet appareil existe encore à la
Royal Institution. L'Auteur de cet ouvrage l'a fait fonctionnner lors d'une commu-
nication fajte par lui devant cette assemblée, le 11 avril 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES 7

d'aimants ordinaires. » Les mêmes résultats furent aussi obtenus avec des
pôles d'électro-aimants et des solénoïdes de cuivre sans noyau de fer. Faraday
essaya plusieurs autres formes de machines magnéto-électriques.
Dans l'une un anneau plat, de 30 centimètres de diamètre extérieur sur
2,3 cm de largeur, fut découpé dans une épaisse plaque de cuivre et monté
de manière à tourner entra les pôles de l'aimant : deux conducteurs étaient
appliqués de manière à frotter contre les bords intérieur et extérieur de
l'anneau aux points engagés entre les pôles
2
magnétiques. — Dans une a u t r e , un dis-
que de c u i v r e , de a millimètres d'épaisseur
et de 3,7 cm seulement de diamètre (fig. 2 ) ,
était amalgamé sur son bord extérieur et
monté sur un axe en cuivre. Dans une feuille
métallique carrée, on avait découpé un trou
circulaire dans lequel le disque entrait à
frottement doux ; un peu de mercure c o m -
plétait la communication entre le disque et . 2. — Appareil « Teetotum »
de Faradav.
la partie annulaire qui l'entourait. Cette der-
nière était reliée par un fil à un galvanomètre, dont l'autre borne était en
connexion avec l'extrémité de l'axe. En faisant tourner le disque dans un
plan horizontal on obtenait des courants, bien que la terre fût le seul
aimant en jeu.
3
Faraday proposa également une machine multiple formée de plusieurs
disques reliés métalliquement par des contacts mer-
curiels allant alternativement du bord de l'un au centre
de l'autre et qui devaient dès lors tourner en des sens
différents de l'un à l'autre.— Dans un autre appareil*,
un cylindre de cuivre (fig. 3), fermé à l'une de ses
extrémités, revêtait un aimant, dont il recouvrait la
moitié c o m m e un chapeau, et auquel il était fixé sans
qu'il y eût cependant connexion métallique entre eux.
On faisait flotter cet équipage verticalement dans une
cuve à mercure étroite, de telle sorte que le bord infé-
rieur du cuivre touchât le liquide. En faisant tourner
l'aimant et le chapeau qui lui était fixé, on donnait
naissance à un courant allant, par des fils, du mercure
Fig. 3. — Cylindre de
au sommet du chapeau de cuivre. — Dans un sixième cuivre tournant de
5
appareil , conservé à l'Institut Royal, on faisait tourner Faraday.
un barreau cylindrique aimanté plongeant à demi dans du mercure ; il en
résultait un courant, auquel le métal même de l'aimant servait de conduc-
8
teur. — Dans une autre f o r m e , l'aimant cylindrique tournait horizontalement

1
Experimental Researches, I . art. 135.
'Ibid., art. 155.
3
Ibid., art. 158.
'Ibid., art. 219.
' Ibid., art. 220.
• Ibid., art. 222.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


8 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

autour de son axe de figure et engendrait des courants allant du milieu aux
extrémités, ou inversement, suivant le sens de rotation. —Dans une machine
encore différente (fig. 4) construite par Faraday un peu plus tard un simple
rectangle de fil de cuivre monté sur un bâti était mis en rotation autour
d'un axe horizontal orienté est-ouest, et développait des courants alternatifs
qu'on pouvait recueillir à l'aide d'un simple commutateur.
3
Dans l'espace de peu de mois, Dal Negro * et P i x i i imaginèrent des
machines basées sur le principe de l'induction magnétique. Dans l'appareil de
ce dernier, un aimant d'acier en fer à cheval, avec ses pôles en haut, était mis
en rotation autour d'un axe vertical et induisait des courants alternatifs dans
une paire de bobines disposées en regard, au-dessus de l'aimant, et reliées par

c,

Fig. 4. — Rectangle tournant de Faraday.

une âme de fer doux en fer à cheval. — Plus tard, en 1832, Pixii construisit, à
l'instigation d'Ampère *, une seconde machine munie de commutateurs pour
redresser les courants alternatifs. — D'autres perfectionnements furent apportés
5 8 7
par Ritchie et W a t k i n s . — En 1833 apparut la machine de Saxton , et, deux
8
ans après, celle de C l a r k e ; elles avaient toutes deux c o m m e partie fixe un
aimant d'acier en fer à cheval, et pour armature mobile un électro-aimant formé
d'une paire de bobines enroulées sur un simple barreau de Ter recourbé en U.
La machine de Clarke se distinguait par plusieurs détails originaux, dont une
forme spéciale de commutateur donnant des courants violents, instantanés,
destinés à produire des effets physiologiques. Dans cette machine, l'induit
tournait, non pas en regard des extrémités de l'aimant, mais dans le voisinage
immédiat de ses branches plates. Dans la machine Saxton, qui a été exhibée
à Cambridge devant l'Association Britannique en 1833, l'armature tournait en
regard des extrémités polaires et se composait de quatre bobines. — Von Ettings-

1
Experimental Researches, I. art. 3192.
* Phil. Mag., I . 45, juillet 1832 (Appareil oscillant).
' Ann. de Chim. et de Phys., L. 322, 1832.
1
Ibid., L I . 76, 1832.
» Phil. Mag., [3]. VIII. 455; [3]. X. 280, 1837 ; et Phil. Trans., I I . 318, 1833.
• Phil. Mag., [3]. V I I . 107, 1835.
' Ibid., [3]. IX. 360, 1836.
8
Ibid., [3J. IX. 262, 1836 ; X. 365, 455, 1837; et Annals of Electricity de Sturgeon,
I. 145.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES 9

h a u s e n e n 1837, construisit une machine à courants alternatifs tout à fait


semblable, avec une disposition spéciale qui permettait de couper les courants
alternatifs. — Poggendorff en 1838, imagina un commutateur spécial à
mercure pour la machine Saxton, en vue de rendre les courants moins dis-
continus.
3
D'autres améliorations de détail furent apportées par Petrina , qui perfec-
tionna le commutateur; par Jacobi *, qui fit ressortir l'importance de l'emploi
6
de noyaux courts pour les armatures; par Sturgeon , qui plaça une bobine en
forme de navette longitudinalement entre les branches d'un aimant en fer à
cheval, et inventa également le commutateur simple en deux parties ou
8
« déchargeur dans un m ê m e sens » , selon son expression ; par Stohrer , qui
indiqua le mode de construction d'une machine à six pôles avec induit à six
7
bobines; par Ritchie , qui employa des noyauxtubulaires et un double enrou-
8
lement ; et p a r P u l v e r m a c h e r , qui, en 1849, proposa l'emploi de feuilles de tôle
pour la confection des noyaux. — Woolrich en 1841, imagina pour la galvano-
plastie une machine multipolaire dans laquelle le nombre des bobines rotatives
1 0
était double de celui des pôles magnétiques. — Wheatstone commença ses
perfectionnements en 1841 avec une machine dans laquelle, pour la première
fois, les bobines de l'induit étaient groupées de manière à donner un courant
réellement continu (fig. 5). A cet effet, cinq armatures formées chacune d'une
paire de courtes bobines cylindriques, parallèles, à noyaux de fer et munies
chacune d'un commutateur simple à tube fendu, étaient montées en étoile sur
un même arbre. Entre ces cinq j e u x de bobines et aux deux extrémités étaient
intercalés six aimants d'acier à plusieurs lames. Les cinq armatures étaient
disposées de manière à venir successivement dans la position de plus grande
activité, la commutation pour deux quelconques d'entre elles ne se faisant pas
au même instant. Elles étaient connectées en série l'une sur l'autre à l'aide de
fils qui reliaient le balai positif de l'une, formé d'un ressort de laiton, au
1 1
balai négatif de sa voisine. — En 1845, Wheatstone et Cooke brevetèrent
l'emploi d'électro-aimants au lieu d'aimants permanents en acier dans les
1 2
machines de ce genre. — Eq 1848, Jacob Brett suggéra un important progrès
qui consistait à faire passer le courant développé dans l'induit par le magné-
tisme permanent des électro-aimants à travers une bobine de fil enroulée sur
ces derniers, de manière à en augmenter l'action. Cette idée, qui parait être

1
Gehler, Physikalisches WOrterbuch, IX. 122, 1838.
* Pogg. Ann., XLV. 385, 1838.
3
Ibid., LXIV. 58, 1845.
' Ibid., LXIX. 194, 1846.
» Armais of Electricity, II. 1, 1838. Voir aussi les Scienlific Researches de Sturgeon,
p . 252 ; ainsi que Phil. May., VII. 231, 1835.
" Pogg. Ann., LXI. 417, 1844 ; LXXV1I. 467, 1849.
-• Brevet anglais, 14899 de 1849.
» Loc. cit.
" Brevet anglais, 9431 de 1842.
10
Brevet anglais, 9022 de 1841.
" Brevet anglais, 10655 de 1845.
" Brevet anglais, 120D4 de 1848.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


10 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

la première conception du principe de la dynamo auto-excitatrice, a été sug-


1
gérée tout à fait indépendamment en 1851 par Sinsteden qui semble avoir
eu pleine connaissance du fait constaté par Miiller, que l'acier est suscep-
tible de prendre momentanément une aimantation peu inférieure à celle du
1er forgé et en tout cas bien supérieure à celle qu'il peut conserver d'une
façon permanente. Ce savant a fait de nombreuses recherches sur la meil-
leure largeur de surface polaire à employer, sur l'action des pièces polaires
et sur la division du fer dans les induits ; pour ce dernier objet il employa

Fig. 5. — Machine de Wheatstone à courant continu.

en 1849 des paquets de fils de fer. — Un type de machine complètement


différent fut imaginé, indépendamment les uns des autres, par Ritchie *,
11
Page et Dujardin » . Dans ces machines les électro-aimants, aussi bien que
l'induit, étaient immobiles. Les bobines dans lesquelles le courant devait être
induit étaient enroulées sur des extensions polaires des électro-aimants, et

' Pogg. Ann., LXXXIV. 186, 1851. Pour les autres recherches de Sinsteden, voir
Pogg. Ann., LXXVI. 29, 195 et 524, 1849; LXXXIV. 181, 1852; XCII. 1 et 220, 1854 ;
XCVI. 353, 1855 ; CXXXVII. 290 et 483, 1869.
• Phil. Mag., [3]. X. 280, 1837.
' Annals of Eleclricily, 489, 1839.
* Comptes rendus, XVIII. 837, 1844 ; XXI. 528, 892, 1881.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES il

l'on produisait l'induction en faisant tourner en face de ces dernières des


pièces de fer doux qui développaient de rapides variations périodiques dans le
champ magnétique. — Holmes, Henley, Wheatstone, Wilde, Sawyer, l'Auteur
de cet ouvrage, et Kingdon imaginèrent postérieurement des machines basées
sur le m ê m e principe.
Nollel *, en 1849, inventa une machine à courants alternatifs, à la construc-
tion de laquelle collabora Van Malderen, et qui, après la mort de Nollet, devint,
en se développant avec le concours de Holmes d'abord, puis de Masson et de
du Moneel, la machine de « l'Alliance » Cette machine, à partir de 1863,
rendit de grands services en France pour l'éclairage des phares. — Holmes
3
continua à perfectionner son œuvre et produisit une belle m a c h i n e qui en 1857
fut honorée du haut patronage de Faraday. La grande machine de Holmes
qui figura à l'Exposition Internationale de 1862 était une machine à courant
continu, à grand commutateur et à galets roulants en guise de balais; les
bobines, au nombre de 160, étaient.montées à la périphérie de deux volants
de 2,75 m environ de diamètre. Soixante aimants en fer à cheval étaient
disposés en trois cercles qui présentaient chacun radialement quarante pôles.
En 1867, Holmes remania sa machine en donnant relativement plus de puis-
sance à ses électro-aimants, et en abandonnant la commutation des courants
induits ; et, en 1869, il y introduisit le principe consistant à distraire, à. l'aide
d'un commutateur, le courant provenant de quelques-unes des bobines induites
pour exciter les électro-aimants. — Cette époque est marquée par une grande
activité de production. — En 1855, Hjorth* breveta une remarquable machine,
qui présentait comme système inducteur une disposition compound compre-
nant un aimant permanent destiné à développer des courants initiaux et de
puissants électro-aimants excités par les courants issus de la machine elle-
même.
6
C. W . Siemens fit breveter par provision, en 1836, la fameuse armature en
r
navette et à enroulement longitudinal, inventée par son frère le D Werner
Siemens. En 1859 il émit le principe que le noyau seul avait besoin de tour-
ner, les bohines de l'induit pouvant être fixées dans des rainures pratiquées
7
dans les pièces polaires des inducteurs. — Wilde , de Manchester, entreprit
une remarquable série de recherches de 1861 à 1867. Après avoir commencé
par de petits appareils télégraphiques, il fut amené en 1863 à combiner un
système composé d'une armature Siemens en navette placée entre les pôles
d'un puissant électro-aimant dont les bobines étaient parcourues par des cou-

1
Brevet anglais, 13302 de 1850. Voir aussi Douglass dans les Proc. Inst. Civil
Engin., LVII. 1878-9.
* Voir du Moncel, Exposé des Applications de VEleclricitë-, I . 361. Voir aussi Le
Roux, Bulletin de la Société d'Encouragement, 1868.
s
Voir Douglass, loc. cit. Voir aussi Brevets anglais 573 de 1856; 2000 de 1868; et
1774 de 1869.
' Brevets anglais, 12295 de 1848 ; 2198 et 2199 de 1854 ; 806, 807 et 808 de 1855.
5
Brevet anglais, 2017 de 1856. Voir VV. Siemens, Pogg. Ann., CI. 271, 1857.
• Brevet anglais, 512 de 1859.
' Brevets anglais, 299, 858, 1994 et 2997 de 1861 ; 516 et 3006 de 1863 ; 1412 et
2753 de 1865 ; 3209 de 1866 ; et 824 de 1867.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


12 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

rants issus d'une petite machine auxiliaire, —à armature en navette et aimants


permanents — , montée au-dessus de la première. — En 1866 et 1867, Wilde
imagina des machines à courants alternatifs, dont la dernière était formée d'un
certain nombre de bobines montées à la périphérie d'un disque tournant entre
deux couronnes opposées d'électro-aimants de polarités alternativement diffé-
rentes. Ce type a survécu jusqu'à ce jour. Primitivement excitées par des
courants provenant d'une petite machine magnéto indépendante, ces machines
furent rendues auto-excitatrices en 1873 au moyen des courants empruntés,
à l'aide d'un commutateur, a u n e ou plusieurs des bobines de l'induit.
Le principe consistant à employer tout ou partie des courants de la machine
elle-même à la production du magnétisme nécessaire aux électro-aimants
entra dans la pratique vers cette époque. Ainsi que nous l'avons dit précé-
demment, Brett, Sinsteden, et Hjorth l'avaient tous appliqué antérieurement.
En 1858, Johnson ' , agent de brevets pour un inventeur étranger, dit : « On
se propose d'employer l'électro-aimant pour obtenir de l'électricité induite,
qui fournit complètement ou partiellement l'électricité nécessaire à la pola-
risation des électro-aimants, sans qu'on soit obligé de l'emprunter à des
2
piles ou autres sources connues. » En juillet 1866, Murray indique qu'il a
relié en série avec l'armature quelques-unes des bobines roulées sur les élec-
tro-aimants de sa machine magnéto et préconise l'adoption de cette disposi-
3
tion. En octobre 1866, Moïse G . Farmer écrivait à W'ilde, à Manchester, pour
lui faire part du succès qu'il avait obtenu en enroulant des spires du circuit
principal sur les électro- aimants de sa machine, de manière à lui faire exci-
ter ses propres électro-aimants. En novembre 1866, Baker* dit que les cou-
rants secondaires provenant des aimants mobiles pourraient être affeetés à
l'aimantation des aimants fixes. En décembre de la m ê m e année, C. et S. A .
6
Varley introduisirent à titre de provision une spécification relative à une
machine uniquement composée d'électro-aimants, cet appareil exigeant cepen-
dant, avant d'entrer en action, la présence d'une petite quantité de magné-
tisme permanent, et, suivant les inventeurs, « les bobines s'aimantant légè-
rement en passant entre les pôles des aimants permanents >. Cette petite
quantité de magnétisme était fournie, on doit le supposer, par le passage
d'un courant électrique à travers les bobines des électro-aimants, conception
qui réapparaît dans une autre machine brevetée par les mêmes inventeurs en
juin 1867, et encore une fois dans un autre brevet pris en 1869 par 0 . et F.-H.
Varley. Les électro-aimants de la machine de 1867 étaient roulés de deux
circuits distincts, alternativement alimentés par des courants venant de deux
commutateurs qui les recevaient de deux paires différentes de bobines.
M. S.-A. Varley continua, en 1868et 1871, à breveter des générateurs magnéto-
électriques. En 1876, il revint à la méthode d'auto-excitation en employant une

• Brevet anglais, 2670 de 1858.


* Voir Engineer, 20 juillet 1866, p. 42.
' Proc. Lit. and Phil. Soc. of Manchester, VI. 107.
' Brevet anglais, 3039 de 1866.
" Brevet anglais, 3394 de 1866. Autres brevets de Varley : 1755 de 1867 ; 315 de
1868 ; 131 et 1150 de 1871 ; 4905 de 1876 ; 270 et 4435 de 1877 ; 4100 de 1878.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES 13

armature multiple dans laquelle était appliqué le principe consistant à mettre


successivement hors circuit chaque bobina pendant la rotation. Cette machine
comportait également des électro-aimants à deux enroulements, l'un de
résistance supérieure à celle de l'autre ; ces deux circuits allaient à la lampe
que la machine devait alimenter; mais celui de haute résistance restait tou-
jours fermé. Il n'apparaissait pas clairement, cependant, que ce mode de
double enroulement fût ce que l'on entend aujourd'hui par « enroulement
1
compound » , jusqu'à ce qu'il en eût été décidé ainsi, quinze ans plus tard,
par un j u g e écossais, avec l'autorité que lui confère la l o i . — Revenant au
r
principe de l'auto-excitation, nous trouvons que, le 17 janvier 1867,1e D W e r -
1
ner Siemens décrivit devant l'Académie de Berlin une machine destinée à la
production de courants électriques par application du travail mécanique, les
courants étant induits dans les bobines d'une armature mobile sous l'action
d'électro-aimants excités eux-mêmes par les courants ainsi engendrés. Dans
cette machine il fallait également fournir un magnétisme permanent initial en
envoyant dans les bobines un courant préalable fourni par une pile. Pour
r
marquer l'importance de ce premier pas dans cette voie, le D Siemens bap-
tisa cette nouveauté du nom de machine dynamo-électrique, qui, sous la forme
abrégée de dynamo, est devenu l'appellation courante de toutes ces machines
électriques actionnées mécaniquement, qu'elles soient ou non auto-excitatrices.
Le jour même où cette découverte fut annoncée à la Société Royale de Londres,
le 14 février 1867, Sir C. Wheatstone * faisait une communication dans laquelle
il développait une idée presque identique ; mais avec cette différence que, au lieu
de placer les inducteurs dans le circuit principal, comme l'indiquait Siemens,
Wheatstone proposait de les relier en dérivation sur le circuit principal. Une
machine auto-excitatrice sans aimants permanents a, par le fait, été con-
struite pour Wheatstone par M. Stroh dans le courant de l'été de 1866. — En
4
1867, Ladd exposa une machine auto-excitatrice comportant deux induits
en navette, dont l'un, petit, excitait le champ magnétique commun, tandis
que l'autre, de grandes dimensions, fournissait des courants pour éclairage
électrique.
Dans l'intervalle, on avait cherché à produire des courants continus présen-
tant moins de fluctuation dans leur intensité, et cette question avait reçu de
5
Pacinotti une solution qui, si oubliée qu'elle ait été pendant un temps, est
aujourd'hui reconnue comme une œuvre de la plus haute valeur. Il imagina
une machine, décrite pour la première fois en 1864, ayant comme armature
un électro-aimant en forme d'anneau et dont le noyau consistait en une sorte
de poulie dentée, entre les dents de laquelle des bobines élémentaires étaient
roulées en seize sections séparées. 11 donna à cette disposition le nom d' « élec-
tro-aimant transversal >.. Les bobines élémentaires étant reliées les unes aux
autres en un circuit fermé, si en un point quelconque on y faisait pénétrer un

' Voir Phil. Mag., [4]. XLV. 439, 1873.


* Berliner Berichte, janvier 1867 ; Proc. Roy. Soc, 14 février 1867 ; Brevet anglais,
261 de 1867 ; et Pogg. Ann., CXXX. 332, 1867.
3
Proc. Roy. Soc, 14 février 1867.
* Phil. Mag., [4]. XXXIII. 544, 1867.
" Nuomo Cimento, XIX. 378, 1865.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


14 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

courant, celui-ci trouvait à travers les bobines deux voies par lesquelles il se
rendait à un autre point quelconque où il était repris par un fil de retour. Des
connexions partant de seize points différents autour de l'anneau et aboutissant
à seize touches métalliques isolées, disposées en commutateur, permettaient
de faire apparaître des pôles magnétiques en tels points de l'anneau qu'on
désirait. — Le principe de l'enroulement d'une bobine continue en sections
séparées symétriques autour d'un anneau, ou de toute autre surface de révo-
lution, a été de nouveau et tout à fait originalement retrouvé, en 1870, par

Fig. 6. — Machine de Pacinotti, à armature en anneau.

1
Gramme ; son anneau dépourvu de dents était entièrement recouvert de fil. En
roulant ainsi sur une armature un certain nombre de bobines symétriquement
groupées et en les faisant passer successivement dans un champ magnétique,
on obtient des courants dont l'allure est, pratiquement, rectiligne. L'appari-
tion de l'armature Gramme a été immédiatement reconnue comme un pro-
grès considérable et elle a été le point de départ d'une impulsion nouvelle
dans l'application des machines dynamos. — En 1873, von Hefner-Alteneck *
modifia l'armature longitudinale de Siemens en la recouvrant de bobines élé-
mentaires symétriquement espacées suivant certains angles, de manière à assu-
rer le môme avantage de continuité, et Lontin *, en 1874, chercha à réaliser une
transformation analogue sur une armature à pôles rayonnants. — Gramme
et Siemens ont imaginé un grand nombre déformes particulières de machines,

• Comptes rendus, L X X I I I . 175, 1871, et LXXV. 1497, 1872; et Brevet anglais, 1668
de 1870.
* Brevet anglais, 2006 de 1873. —Une idée semblable avait été émise l'année pré-
cédente par Worms de Romilly.
* Brevets anglais, 473 de 1875; 386 et 3264 de 1876.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES 15
1
les unes à courants alternatifs , les autres à courants continus.— Bertin
2
en 1873, Brush en 1879 et S i e m e n s en 1880 ont remis en vigueur le mode de
montage des inducteurs en dérivation.
3
En 1878, P a c i n o t t i produisit un genre d'armature qui affectait la forme
1
d'un disque aplati ou d'un volant. — B r u s h inventa également sa fameuse
dynamo reposant sur le principe du fonctionnement d'un induit à circuit
ouvert. Il introduisit aussi l'emploi simultané d'un enroulement en dérivation
et d'un enroulement en série dans le but de faire, à volonté, fournir par l a m a -

Fig. 7. — Machine Gramme, modèle de laboratoire.

chine une plus ou moins grande puissance. — U n e autre machine avec induit à
B
circuit ouvert fut mise au jour en 1880 par Elihu Thomson et E. J. Houston , de
6
Philadelphie. — Vers la même époque, Weston imagina plusieurs formes de
dynamos et développa particulièrement les machines en dérivation. — Un grand
nombre d'autres inventeurs américains produisirent des dynamos, entre au-
7
tres Edison qui débuta en 1878 avec une machine dans laquelle le mouvement,

1
Brevets anglais, Gramme, 933 de 1878 ; Siemens, 3134 de 1878.
* Phil. Trans., mars 1880.
a
Nuovo Cimento, [3]. I . 1881.
* Brevet anglais, 2003 de 1878.
5
Brevet anglais, 313 de 1880.
" Brevets anglais, 4280 de 1876; 1614 et 2194 de 1882.
' Brevets anglais, 4226 de 1878; 2402 de 1879; 1210 et 2954 de 1881 ; et 2052 de 1882.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


16 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

au Heu d'être rotatif, était oscillatoire. Cette innovation avait déjà été tentée,
1
puis abandonnée, par Dujardin ' en 1856, S i e m e n s en 1859 et W i l d e ' e n l 8 6 1 ,
Edison y renonça lui-même en 1879 pour adopter un type de machines dont
l'induit était une modification de celui de von Hefner-Alteneck et dont les
inducteurs, montés en dérivation, présentaient une forme allongée. En 1881,
il produisit une machine à disque analogue, comme lignes générales, au disque
de Pacinotti. — La même année amena une renaissance des machines à cou-
rants alternatifs sous la forme conçue par Sir W . T h o m s o n * (et simultanément
5
par Ferranti) et par Gordon .

Fig. 8. — Machine Siemens à induit en tambour de von Hefner-Alteneck.

Eu m ê m e temps les machines multipolaires commencèrent à entrer en


6
faveur, avec l'induit multipolaire èn tambour imaginé par Lord Elphinstone et
M. Vincent, et l'anneau multipolaire construit par Schuckert, Gramme, Gùl-
7
cher et Mordey , indépendamment les uns des autres. L o r d Elphinstone en par-
ticulier appela l'attention sur l'importance que présentait le perfectionnement
du circuit magnétique ; cependant, pour des raisons d'ordre purement méca-
8
nique, sa machine fut promptement démodée. — Hopkinson montra com-
bien on pouvait améliorer les qualités d'une dynamo par une meilleure étude

' Voir du Moncel, Exposa des Applications, I . 372.


' Brevet anglais, 512 de 1859.
3
Brevet anglais, 92i de 1861.
' Brevet anglais, 5668 de 1881.
» Brevets anglais, 5536 de 1881 ; et 2871 de 1882.
« Brevets anglais, 332 de 1879; et 2893 de 1880. .
' Brevet anglais, 400 de 1883.
• Brevet anglais, 973 de 1Ï83.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES 17

et une plus grande homogénéité de son circuit magnétique. — Dans l'inter-


d
valle Crompton , par un certain nombre de modifications de détail, faisait
ressortir l'avantage qu'il y a à augmenter la section transversale du fer dans le
noyau de l'induit. — D'autre part, des considérations théoriques avaient con-
2
duit Marcel Deprez , en 1881, à cette conclusion qu'une dynamo marchant à
une certaine vitesse critique devait être susceptible de distribuer des courants
sous potentiel constant si ses inducteurs étaient munis d'un second enroule-
ment destiné à fournir une excitation auxiliaire indépendante et constante,
provenant d'une pile ou de toute autre source. — Cetle conception fut presque
immédiatement suivie de l'adoption générale de l'enroulement dit « com-
pound » , en vue d'obtenir d'une dynamo l'auto-régulation. La priorité de
cette idée est revendiquée par un certain nombre de concurrents. — Depuis
1883, les principaux progrès ont consisté dans des détails d'exécution et de
construction mécanique. — De grandes machines multipolaires à courant con-
tinu ont été créées par Siemens et Halske, par G. E. L . Rrown, et autres, et
fonctionnent actuellement avec un plein succès. — Des dynamos à disque ont
également été produites par Desroiiiers et par Frilsche. — De grandes ma-
chines à courants alternatifs ont été construites parGanz, Ferranti et Mordey.
Cette dernière comporte une notable amélioration due à l'emploi d'un circuit
magnétique unique et compact comme élément inducteur. — La création la
plus récente est la machine à courants alternatifs polyphasés établie par
Brown, et dont le spécimen le plus important est le type construit p a r l e s ate-
liers d'Oerlikon pour le transport électrique, à l'aide de courants triphasés,
entre Lauffen et Francfort en 1891.

La seconde partie du sujet qui nous occupe, celle qui a trait au moteur
électrique, remonte à la découverte de la rotation électro-magnétique faite par
3
Faraday en 1831, et m ê m e à l'invention de la roue de Barlov * en 1823. Les
premiers électtomoteurs dans lesquels ait été appliqué le principe de l'attrac-
6 6
tion par un électro-aimant ont été ceux de Henry en 1831, et de dal Negro
1 8
en 1832, suivis des moteurs de Ritchie et de Jacobi en 1833 et 1834, puis par
9
celui de Davenport en 1837. Un grand nombre d'autres inventeurs imaginèrent
1 0
des machines de ce genre, dont les plus connues sont celle de Page aux
11 1 2
Etats-Unis, de Davidson en Ecosse, de Wheatstone en Angleterre, de F r o m e n t

' Brevets anglais, 2618 et 4810 du 1882, et 4302 de 1884.


1
La Lumière électrique, 3 décembre 1881 et 5 janvier 1884.
s
Journal of Royal Institution, septembre 1831.
* Barlow, On Magne tic Attraction (1823), p. 279; et Encyclopœdia Metropolitana,
(1824), I V , art. E tectromagnetism, p. 36.
* Silliman's Journal, XX. 340, 1831.—Voir aussi Henry, Scientific Writings, I. 54,1886.
° Annali délie Scienze Lombardo-Veneto, mars 1834.
' Phil. Trans., 318, 1833.
'L'Institut, L X X X I I . décembre 1834.
* Ànnals of Etectricily, I I . 1838. — Encyclopœdia Britannica (éd. V I I ) , art. Vollaïc
Electricity, p. 687.
Silliman's Journal, X X X I I I . 1838 ; et [2], X . 344 et 473, 1850.
, " Brevet anglais, 9022 de 1841.
" Cosmos, X. 495, 1857. — La Lumière électrique, I X . 193, juin 1883.
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 2

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


18 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
1
en France, et de Pacinotti en I t a l i e . — L a d é c o u v e r t e d u f a i t q u e l ' a c t i o n
d ' u n e d y n a m o est s i m p l e m e n t l ' i n v e r s e d e c e l l e d u m o t e u r , et q u e la même
2
m a c h i n e p e u t r e m p l i r les d e u x r ô l e s , p a r a i t d u e à J a c o b i e n 1850, b i e n q u ' e l l e
ne soit r é e l l e m e n t e n t r é e q u ' u n p e u p l u s t a r d d a n s l e d o m a i n e d e s f a i t s a c q u i s .
Elle était certainement c o n n u e e n 1852, c a r , dans la quatrième é d i t i o n du
« Magnetism » de Davis, publiée à Boston, un a p p a r e i l , d é c r i t sous le n o m
« d'clcctro-aimant tournant » , (légère m o d i f i c a t i o n du moteur Ritchie), est
indiqué, à la p a g e 212, c o m m e m o t e u r , et ,1e m ê m e a p p a r e i l f i g u r e d e nou-
v e a u , p a g e 2 6 8 , c o m m e g é n é r a t e u r , a v e c c e t t e r e m a r q u e q u e « un instrument
é l e c t r o - m a g n é t i q u e q u e l c o n q u e dans lequel il y a production de m o u v e m e n t
par l ' a c t i o n m u t u e l l e d'un c o u r a n t g a l v a n i q u e e t d'un aimant en acier peut
ê t r e a m e n é à f o u r n i r un c o u r a n t m a g n é t o - é l e c t r i q u e si o n l e m e t m é c a n i q u e -
3
m e n t en m o u v e m e n t » . W a l e n n é t a b l i t e x p l i c i t e m e n t l e m ê m e p o i n t e n 1860,
ainsi q u e P a c i n o t t i en 1864. — L e p r i n c i p e de la transmission de l ' é n e r g i e d'une
dynamo employée c o m m e génératrice à une autre servant de moteur est
r e v e n d i q u é en f a v e u r d e F o n t a i n e e t G r a m m e , c o m m e d é c o u v e r t e n 1873, un
m o n t a g e d e ce g e n r e , fait p a r e u x , figurant à l'Exposition de V i e n n e . L a p r i o -
r i t é en a é t é r é c l a m é e b r u y a m m e n t , m a i s sans l ' o m b r e d e r a i s o n , au p r o f i t d e
Marcel Deprez * , qui ne l'a toujours pas trouvé avant 1 8 8 1 . — En 1882,
Ayrton et P e r r y firent l'importante découverte de la régulation automa-
tique des moteurs en vue d'une vitesse de rotation constante, par des pro-
c é d é s a n a l o g u e s , b i e n q u ' i l s eu s o i e n t l ' i n v e r s e , à c e u x e m p l o y é s p o u r r e n d r e l e s
d y n a m o s auto-régulatrices. — Depuis l o r s , les p e r f e c t i o n n e m e n t s a p p o r t é s a u x
m o t e u r s à c o u r a n t c o n t i n u , si g r a n d s q u ' i l s s o i e n t , o n t é t é des a m é l i o r a t i o n s
m é c a n i q u e s d e c o n s t r u c t i o n et d e d é t a i l . — L a d y n a m o à c o u r a n t s alternatifs
n e s a u r a i t f a i r e un m o t e u r c o n v e n a b l e à c o u r a n t s a l t e r n a t i f s , si e l l e n e d é m a r r e
p a s s e u l e . U n e fois en m a r c h e , c e p e n d a n t , e l l e t o u r n e e n s y n c h r o n i s m e a b s o l u
a v e c le g é n é r a t e u r . F e r r a r i s , e n 1888, e u t l a r e m a r q u a b l e i d é e d ' a c t i o n n e r un
m o t e u r à l ' a i d e de d e u x c o u r a n t s a l t e r n a t i f s i n d é p e n d a n t s , de m ê m e p é r i o d e ,
m a i s de phases différentes, p r o d u i s a n t ainsi un c h a m p m a g n é t i q u e t o u r n a n t .
T o u t à fait i n d é p e n d a m m e n t des t r a v a u x de F e r r a r i s , Nikola T e s l a r é a l i s a la
m ê m e c o n c e p t i o n et d o n n a l e p r e m i e r à ces m o t e u r s une f o r m e p r a t i q u e . 11 a é t é
i m a g i n é d e p u i s un g r a n d n o m b r e d e v a r i é t é s d e m o t e u r s « à c h a m p t o u r n a n t » ;
l'un d e s plus r e m a r q u a b l e s e n t r e t o u s est c e l u i d e D o l i v o D o b r o w o l s k y , appelé
par les A l l e m a n d s m o t e u r « à courant tournant » ( d r e h - s t r o m ) et employé
dans la d é m o n s t r a t i o n de Lauffen-Francfort.

5
La théorie de la d y n a m o r e m o n t e aux r e c h e r c h e s de W e b e r et d e N e u -
8
mann r e l a t i v e s aux lois g é n é r a l e s d e l ' i n d u c t i o n m a g n é t o - é l e c t r i q u e , suivies
7
des calculs et des expérience de Jacobi sur les qualités d'un moteur

' Nuovo Cimenlo, X I X . 378, 1865.


* Mémoire sur la Théorie des machines électro-magnéliquss.
1
B r e v e t anglais, 2587 de 1860.
* Brevet anglais, 2830 de 1882. — Journ. Soc. Tel, Engineers, X I I . 301, 1883.
B
Eleklrodynamische Maasbestimmungen (1846).
" Berlinnr Berichte, 1, 1845; et, 1, 1847.
7
Pogg. Ann., L I . 370, 1840; L X I X . 181, 1846; et Kriinig's Journal, I I I . 377, 1851.
— V o i r é g a l e m e n t Ann. Chim. Phys. [ 3 ] . X X X I V . 451, 1852.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


NOTES HISTORIQUES 19

électrique, de l'étude théorique de la machine magnéto-électrique de Sax-


1 2 3 l 6
ton par P o g g e n d o r f f et Koosen , et des travaux de Lenz , J o u l e , Le Roux ,
6
et Sinsteden . — A ces investigations succédèrent, à long intervalle, celles de
7
F a v r e , après lesquelles un silence de vingt ans ne fut rompu que par un
petit travail très fécond, mais presque complètement oublié, dans lequel Clerk
8
Maxwell exposa une théorie des machines auto-excitatrices. — Lors d e l à
renaissance de l'éclairage électrique, la théorie de la dynamo redevint l'objet
de nombreuses études auxquelles contribuèrent puissamment Mascart Ha-
1 0 1 2 1 3
genbach , von W a l t e n h o f e n " , Hopkinson , Herwig , Meyer et Auerbach
iB
et J o u b e r t . Ce dernier savant est l'auteur de la théorie moderne des machines
1 6
à courants alternatifs. — Hopkinson imagina le mode de représentation
graphique de la relation existant entre le courant et la force électromotrice
de fonctionnement de la machine; ses courbes ont ultérieurement, sous le
nom de » caractéristiques » , servi de base aux recherches théoriques de
1 7 1 8
Marcel Deprez . — En 1880, Frölich commença une série d'études tant
expérimentales que théoriques qui le conduisirent à des relations d'une
remarquable simplicité, sinon d'une valeur autre que celle de simples approxi-
, 9
mations ; et en 1883, Clausius , prenant pour point de départ l'expression
fondamentale de Frölich pour la loi de l'électro-aimant, développa, au prix
d'un travail énorme, une théorie dans laquelle il a tenu compte de tous les
effets secondaires qui se produisent dans les génératrices. Cette théorie a été
plus tard étendue par lui au cas des moteurs. — En 1886, John et Edward

1
Pogg. Ann., XLV. 390, 1838.
' Pogg. Ann., L X X X V . 226; et L X X X V I L 386, 1852.
3
Pogg. Ann., XXXI. 483, 1834 ; XXXIV. 385, 1835; et XCII. 128, 1854.
1
Annais of Electricity, IV. V. 1839-40. — Phil. Mag., [ 3 ] . X X I I I . 263, 347 et 435,
1843.
s
Ann. Chim. Phys., [ 3 ] . L . 463, 1857.
» Pogg. Ann., LXXXIV. 181, 1851.
' Comptes rendus, X X X I V . 342, 1853 ; XXXIX. 1212, 1834; X L V I . 337, 638, 1858.
8
Proc. Roy. S o c , 14 mars 1867. — Phil. Mag., [ 4 ] . X X X I I I . 474, 1867.
» Journal de Physique, V I . 204, 297, 1877; et V I I . 89, 1878.
10
Archives des Sciences Physiques, LV. 255, mars 1876. — Pogg. Ann., C L V I I I .
599, 1876.
" Wiener Berichte, L X X X . 601, 1879.
" Proc. Inst. Mech. Engineers, 238, 1879; et 206, 1880.
13
Wied. Ann., V I L 193. 1879.
14
Wied. Ann., V I I I . 494, 1879.
"Ann. de l'Ecole Normale, X . 131, 1881. — Journal de Physique, [ 2 ] . I I . 293,
1883.
18
Proc. Inst. Mech. Engineers, 238, 1879.
" Comptes rendus, X C I I . 1152, 1881. — La Lumière électrique, XV. 1, 1885.
'" Berliner Berichte, 962, 1880. — Elektrotechnische Zeitschrift, I I . 134,170, 1881 ;
V I . 128, etc., 18S5; et I X . novembre 1888.
" Wied. Ann., X X . 353, 1883; X X I . 385,1884. — Phil. Mag., [b]. X V I I . 49 et 119,
1884.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


20 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Hopkinson 1, en s'appuyant sur des considérations théoriques relatives à l'in-


duction du magnétisme dans un circuit magnétique de forme et de substance
données, développèrent dans un remarquable travail une théorie de la dynamo,
dont la perfection ressort de ce fait que son application, aujourd'hui étendue
par divers électriciens, permet de prévoir les qualités d'une machine avec une
extraordinaire précision, d'après sa conception telle qu'elle résulte des dessins
d'exécution.— D'autres savants ont contribué à la théorie de la machine dynamo,
2
comme Sir YV. Thomson (enroulement donnant le meilleur rendement),
3 4
Kapp (prédéteriniiiatinn de la caractéristique), Rücker (limites de l'auto-
8
régulation), Esson (avant-projets de machines multipolaires), et autres.
a 7 8
Hering , Fntsche , et Arnold ont publié des études sur le mode d'enroule-
ment des induits ; et ce dernier a donné à cet égard une formule applicable à
tous les genres de machines à courant continu possédant des induits à
circuit fermé. Des méthodes d'analyse pour les différentes pertes d'énergie par
9
frottements, hystérésis et courants parasites, ont été publiées par Mordey , puis
i 0 1 1
par Kapp , et Housman indépendamment les uns des autres.

• Phil. Trans., I . 331, 1886.


" Journal de Physique, [2]. II. 210, 1887. — Comptes rendus, XCIII. 474, 1881.
• Journ. Soc. Telegr. Engineers, XV. 518, 1887.
' Ph.il. Mag., [5]. XIX. 462, juin 1885.
B
Journal. Inst. Electrical Engineers, XX. 1891.
" Hering, Principles of Dynamo-electric Machines, New-York, 1889.
' Fritsche, Die Gleichstrom-Dynamomaschine, Berlin, 1889.
" Arnold, Die Ankerwickelung der Gleichstrom-Dynamomaschinen, Berlin, 1891.
* Journal Inst. Electrical Engineers, XVIII. 620, 1889.
10
Electrician, XXVI. 700, 1891.
11
Ibid. — Voir aussi Journal Inst. Electrical Engineers, XX. 303,1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE I I I

T H É O R I E P H Y S I Q U E DES M A C H I N E S DYNAMO-ÉLECTRIQUES

T o u t e s les d y n a m o s r e p o s e n t sur l a d é c o u v e r t e faite p a r F a r a d a y en


1831 q u e des c o u r a n t s é l e c t r i q u e s p r e n n e n t naissance d a n s des c o n d u c -
teurs en m o u v e m e n t dans un c h a m p m a g n é t i q u e . L e p r i n c i p e de F a r a d a y
peut s'énoncer de la m a n i è r e s u i v a n t e : — Q u a n d un conducteur est m i s
en m o u v e m e n t , dans un c h a m p m a g n é t i q u e , d'une m a n i è r e q u e l c o n q u e ,
mais de f a ç o n à c o u p e r les l i g n e s de f o r c e ou à e m b r a s s e r dans son
circuit un flux de force v a r i a b l e , il se d é v e l o p p e dans ce conducteur une
force é l e c t r o m o t r i c e dans une d i r e c t i o n p e r p e n d i c u l a i r e au sens du m o u -
v e m e n t ainsi qu'à la d i r e c t i o n des l i g n e s de f o r c e , et v e r s la d r o i t e de ces
1
d e r n i è r e s v u e s du p o i n t d'où p a r t le m o u v e m e n t .
r
Le D F l e m i n g a d o n n é une r è g l e m n é m o n i q u e des plus utiles p o u r
fixer dans l'esprit cette r e l a t i o n e n t r e l e m o u v e m e n t , l e m a g n é t i s m e e t
le c o u r a n t induit : — o n place le p o u c e , l ' i n d e x et le m é d i u s de la m a i n
d r o i t e autant q u e possible à a n g l e s droits les uns par r a p p o r t aux autres,
c o m m e l ' i n d i q u e l a figure 9, de m a n i è r e à r e p r é s e n t e r trois axes r e c t a n -
g u l a i r e s dans l ' e s p a c e ; le p o u c e étant d i r i g é dans le sens du m o u v e m e n t
et l ' i n d e x suivant le sens des l i g n e s de f o r c e , le m é d i u s se t r o u v e r a d i r i g é
dans l e sens de l a f o r c e é l e c t r o m o l r i c e i n d u i t e .
Comme l'a m o n t r é Faraday, c e t t e f o r c e c l e c t r o m o t r i c e induite est
2
p r o p o r t i o n n e l l e au q u o t i e n t du n o m b r e des l i g n e s de force coupées p a r

1
L'adaptation s u i v a n t e de la règle b i e n c o n n u e d ' A m p è r e au cas q u i nous o c c u p e
fixe m i e u x dans la m é m o i r e le sens des courants induits : — S u p p o s o n s un n a g e u r
placé dans un c o n d u c t e u r et t o u r n é de m a n i è r e à r e g a r d e r dans la d i r e c t i o n posi-
t i v e d e s l i g n e s d e force ; — si le c o n d u c t e u r et lui se m e u v e n t v e r s sa d r o i t e , il
nagera dans le sens du c o u r a n t i n d u i t par ce m o u v e m e n t .
* Pour la signification n u m é r i q u e à attacher au t e r m e « nombre de lignes de
force » , e m p l o y é en A n g l e t e r r e , v o i r p . 118. — [Nous préférons, a v e c M. H o s p i t a l i e r ,
l'expression • flux de force · usitée en F r a n c e , parce q u e , o u t r e sa plus g r a n d e s i m -
plicité, elle i m p l i q u e une i d é e d e c o n t i n u i t é plus c o n f o r m e à la r é a l i t é . ] ( N . d. T . )

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


22 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

le t e m p s mis à les c o u p e r , ou à la v a r i a t i o n du flux à t r a v e r s l e circuit,


et, par suite, à l'intensité du « c h a m p « m a g n é t i q u e , ainsi q u ' à l a l o n -
g u e u r et à l a vitesse de d é p l a c e m e n t du conducteur en m o u v e m e n t .
P o u r des courants constants, l e c o u r a n t é l e c t r i q u e dans le c o n d u c t e u r

Main droite,
y
i

Mouvement.

Fig. 9. — Illustration de la règle de Fleming. Cas d'une génératrice.

est, d'après la loi b i e n connue d ' O h m , d i r e c t e m e n t p r o p o r t i o n n e l à cette


f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , et i n v e r s e m e n t p r o p o r t i o n n e l à la résistance du
c o n d u c t e u r . Ceci cesse d ' ê t r e v r a i p o u r des courants instantanés ou
p o u r des courants d o n t l'intensité v a r i e r a p i d e m e n t ; et c'est là un des
p o i n t s les plus i m p o r t a n t s , b i e n q u e t r o p s o u v e n t n é g l i g é , dans la c o n s -
t r u c t i o n des m a c h i n e s d y n a m o - é l e c t r i q u e s , q u e la * résistance » d'une
b o b i n e de fil ou d'un, circuit est l o i n d'être le seul o b s t a c l e qui s'oppose

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE PHYSIQUE 23

à la p r o d u c t i o n d'un c o u r a n t m o m e n t a n é dans cette b o b i n e ou ce circuit ;


la » self-induction » e x e r c é e p a r une p a r t i e d'une b o b i n e ou d'un circuit
sur une ou plusieurs autres parties de ce m ê m e c o n d u c t e u r j o u e au c o n -
traire, dans b i e n des cas, un r ô l e aussi i m p o r t a n t , et, s o u v e n t m ê m e , un
l'ûle plus c o n s i d é r a b l e q u e la résistsnce.
P o u r bien c o m p r e n d r e le p r i n c i p e de F a r a d a y , c'est-à-dire comment
l e fait de m o u v o i r un fil de m a n i è r e à lui faire c o u p e r des l i g n e s de
force m a g n é t i q u e ou à faire v a r i e r l e flux de force embrassé p a r son
circuit peut d o n n e r naissance à un c o u r a n t é l e c t r i q u e dans ce fil, il faut
v o i r tout d ' a b o r d ce qu'est un c o u r a n t é l e c t r i q u e .
U n fil parcouru p a r un courant é l e c t r i q u e ne diffère pas en a p p a r e n c e

Fig. 10. — Champ magnétique d'un barreau aimanté.

de tout autre f i l . P e r s o n n e n'a e n c o r e vu l ' é l e c t r i c i t é suivre un fil ou ne


sait e x a c t e m e n t ce qui se passe dans ce cas. A v r a i d i r e , c'est encore un
p o i n t c o n t r o v e r s é que de s a v o i r c o m m e n t s'écoule l ' é l e c t r i c i t é , ou s'il y
a ou n o n deux courants m a r c h a n t s i m u l t a n é m e n t en sens c o n t r a i r e s . U n
fait est certain, c'est que l ' é n e r g i e ne se t r a n s m e t n u l l e m e n t l e l o n g de
la substance m ê m e du f i l , mais bien t r a n s v e r s a l e m e n t , à travers le m i l i e u
a m b i a n t . T a n t q u ' o n ne saura pas, d'une f a ç o n a b s o l u m e n t certaine, ce
qu'est l ' é l e c t r i c i t é , o n ne p e u t e s p é r e r s a v o i r d'une m a n i è r e précise ce
qu'est un c o u r a n t é l e c t r i q u e . Mais il est un p o i n t capital qui ne fait
doute p o u r aucun é l e c t r i c i e n , c'est q u e , lorsqu'un soi-disant courant
é l e c t r i q u e s'écoule dans un fil, les forces m a g n é t i q u e s dont la manifes-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


24 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

t a t i o n a p p a r a î t dans l e fil pendant ce t e m p s , résident n o n pas dans l e


fil l u i - m ê m e , mais b i e n dans l'espace q u i l ' e n v i r o n n e . Chacun sait q u e
l'espace o u « c h a m p » e n v i r o n n a n t un a i m a n t et soumis à son action est
r e m p l i de « l i g n e s de force » m a g n é t i q u e s , et que ces l i g n e s s'y d i r i g e n t
1
sous f o r m e de h o u p p e s , du p ô l e N au p ô l e S de l ' a i m a n t , i n v i s i b l e s
tant q u ' o n ne les r é v è l e pas en s a u p o u d r a n t le c h a m p de l i m a i l l e de fer
qui accuse a l o r s l e u r présence, b i e n q u ' e n r é a l i t é elles y existent tou-
j o u r s ( f i g . 1 0 ) . V u de b o u t , l e c h a m p m a g n é t i q u e au pôle d'un b a r r e a u

Fisj. 11. — Champ magnétique autour d'un pôle vu de bout.

aimanté ne p r é s e n t e r a i t , naturellement, q u e des l i g n e s r a y o n n a n t e s ,


c o m m e d a n s la f i g u r e 1 1 .
M a i n t e n a n t , tout c o u r a n t é l e c t r i q u e ( p o u r e m p l o y e r le t e r m e a d o p t é )
est e n v i r o n n é d'un c h a m p m a g n é t i q u e , d o n t les l i g n e s de force p e u v e n t
être r é v é l é e s de la m ê m e m a n i è r e . P o u r les o b s e r v e r , il suffit de p e r c e r
dans une c a r t e ou dans un m o r c e a u de v e r r e un trou à t r a v e r s l e q u e l on
fait passer l e fil qui c o n d u i t le c o u r a n t . Si a l o r s o n s a u p o u d r e le c h a m p
de l i m a i l l e de fer, cette l i m a i l l e se dispose en c e r c l e s c o n c e n t r i q u e s
(fig. 12) qui p r o u v e n t que les lignes de force e n t o u r e n t c o m p l è t e m e n t l e
fil, au lieu de f o r m e r des h o u p p e s e x t é r i e u r e s . En r é a l i t é , tout fil c o n -
ducteur e n action est e n t o u r é d'une sorte de t o u r b i l l o n magnétique,

1
Ici, comme dans tout le cours de cet ouvrage, nous désignons par pôle N et
pôle S les pôles qui se dirigent respectivement vers le pôle N et le pôle S de la
terre.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE PHYSIQUE 25

a n a l o g u e à ce q u ' i n d i q u e la figure 13. U n e g r a n d e partie de l ' é n e r g i e de


ce que l'on est c o n v e n u d ' a p p e l e r courant é l e c t r i q u e dans le fil consiste
dans ces t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s e x t é r i e u r s . L e u r d é v e l o p p e m e n t e x i g e
une dépense d ' é n e r g i e et l e u r m a i n t i e n d e m a n d e é g a l e m e n t une dépense
constante d ' é n e r g i e . Ce sont ces t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s qui agissent sur
les aimants et t e n d e n t à les m e t t r e , c o m m e les a i g u i l l e s des g a l v a n o -
m è t r e s , à a n g l e s droits a v e c le fil c o n d u c t e u r .
Dès lors, le p r i n c i p e de Faradaj- r e v i e n t s i m p l e m e n t à ceci, que l e

Fig. 12. — Champ magnétique entourant un courant. Le fi), conducteur est vu de


bout.

m o u v e m e n t d'un fil dans le v o i s i n a g e d'un a i m a n t , à t r a v e r s un e s p a c e


r e m p l i de l i g n e s m a g n é t i q u e s , et à la c o n d i t i o n q u ' i l c o u p e transversa-
l e m e n t ces l i g n e s m a g n é t i q u e s ( a u t r e m e n t dit que l e flux de force
e m b r a s s é p a r son circuit v a r i e ) , d é v e l o p p e des t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s
a u t o u r du fil ainsi mis en m o u v e m e n t , ou, en d'autres t e r m e s , d o n n e
naissance à ce que l ' o n n o m m e un c o u r a n t é l e c t r i q u e dans ce fil. L ' i n t r o -
duction d'un pôle d'aimant dans une spire ou dans un circuit de fil
e n g e n d r e n é c e s s a i r e m e n t aussi un courant m o m e n t a n é dans cette s p i r e
d e fil, en raison de ce q u ' i l y d é v e l o p p e m o m e n t a n é m e n t des t o u r b i l l o n s
m a g n é t i q u e s . Dans le l a n g a g e de F a r a d a y , cette a c t i o n a u g m e n t e le
n o m b r e des l i g n e s ou le flux de force e m b r a s s é p a r le c i r c u i t .
Il est c e p e n d a n t de toute nécessité q u e l e conducteur m o b i l e c o u p e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


26 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

dans son m o u v e m e n t les l i g n e s de f o r c e , de m a n i è r e à ce q u ' i l y ait


modification dans l e n o m b r e de ces l i g n e s ou v a r i a t i o n du flux p é n é -
trant l e circuit d o n t fait partie l e c o n d u c t e u r m o b i l e . Si

Î l ' o n fait m o u v o i r u n
d'anneau
circuit
ou s i m p l e spire p a r
c o n d u c t e u r — fil e n
exemple — le l o n g
forme
d'un
c h a m p m a g n é t i q u e u n i f o r m e , c o m m e l ' i n d i q u e la f i g u r e 14,
de telle sorte q u ' i l soit toujours t r a v e r s é p a r les m ê m e s
l i g n e s de f o r c e ou qu'il embrasse l e m ê m e flux, aucun c o u -
r a n t n ' y p r e n d r a naissance. De m ê m e encore, comme le
m o n t r e la figure 15, si l a spire se d é p l a c e , par un m o u v e -
m e n t de t r a n s l a t i o n , v e r s une autre p a r t i e du e h a m p ma-
gnétique uniforme, e l l e laissera d e r r i è r e elle a u t a n t de
l i g n e s de f o r c e q u ' e l l e en g a g n e r a en a v a n ç a n t de sa p r e -
m i è r e à sa seconde p o s i t i o n ; le flux r e s t e r a constant et il
ne s'y d é v e l o p p e r a aucun c o u r a n t . Si celle-ci t o u r n e s i m -
p l e m e n t sur e l l e - m ê m e a u t o u r d'un a x e central, comme
l a j a n t e d'une p o u l i e , e l l e ne coupera pas une l i g n e d e
force de plus que précédemment; l e flux sera encore
| c o n s t a n t , e t ce m o u v e m e n t ne fera n a î t r e e n c o r e aucun

1 c o u r a u t . A u t r e m e n t dit, e l l e sera toujours, dans ces deux


Fi?-13. —Tour- cas, p é n é t r é e par l e m ê m e flux de f o r c e . Mais si, c o m m e
1 r
nillon magne-
tique autour dans la figure 16, la spire s'incline dans son m o u v e m e n t à
Pa
couru par ùn t r a v e r s le c h a m p u n i f o r m e , ou si e l l e t o u r n e a u t o u r d'un
courant. a x e q u e i c o n que situé dans son p r o p r e plan, alors le
n o m b r e des l i g n e s qui l a t r a v e r s e n t s e r a m o d i f i é , il y aura v a r i a t i o n du

f—\
\ i

u
J 1
— j

—*
Vie. 14. Circuit se mouvant sans couper les lignes de force d'un champ magnée-
tique uniforme.

flux à travers la s p i r e , et des courants s e r o n t e n g e n d r é s . Ces courants,


p a r c o u r r o n t l a b o b i n e a n n u l a i r e e n allant vers l a droite (étant admis que-
l ' o n r e g a r d e le c h a m p m a g n é t i q u e en l o n g dans la d i r e c t i o n des lignes,
de f o r c e ) , si l e m o u v e m e n t a p o u r effet de d i m i n u e r le n o m b r e de l i g n e s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THEORIE PHYSIQUE 27

de force coupées ou le flux i n t e r c e p t é p a r l e c i r c u i t ; ils c i r c u l e r o n t en


sens c o n t r a i r e , si le m o u v e m e n t a p o u r effet d ' a u g m e n t e r le n o m b r e des
l i g n e s ou l e flux de f o r c e i n t e r c e p t é .
Si le c h a m p m a g n é t i q u e n'est pas u n i f o r m e , le seul fait de d é p l a c e r
la b o b i n e , p a r un s i m p l e m o u v e m e n t de t r a n s l a t i o n , d'un e n d r o i t où les

F i g . 15. — Circuit se m o u v a n t en coupant toujours le m ê m e n o m b r e de l i g n e s de


force.

lignes de force sont resserrées à. un autre où elles sont m o i n s denses, ou


d'un e n d r o i t où l e flux de force est plus g r a n d que dans un autre,

-<—f

4 \

F i g . 16. — Circuit se m o u v a n t de m a n i è r e à c o u p e r un n o m b r e v a r i a b l e de lignes


de f o r c e .

c o m m e de la p r e m i è r e à la seconde p o s i t i o n dans la figure 17, d é t e r m i -


nera l a naissance de courants ; il en sera de m ê m e si le m o u v e m e n t a
lieu v e r s un e n d r o i t où les l i g n e s de f o r c e sont d i r i g é e s en sens con-
1
t r a i r e , et, dans ce cas, l ' a c t i o n sera e n c o r e plus é n e r g i q u e .

1
En fait, il serait i m p o s s i b l e d e réaliser un champ m a g n é t i q u e e x a c t e m e n t sem-
blable à celui de la f i g u r e 17. Dans la p o r t i o n i n t e r m é d i a i r e , entre les champs supé-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


28 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Les considérations qui p r é c è d e n t et q u e l q u e s - u n e s de leurs c o n s é q u e n c e s


i m m é d i a t e s p e u v e n t se g r o u p e r dans le r é s u m é suivant :
1° U n e partie au moins de l ' é n e r g i e d'un c o u r a n t é l e c t r i q u e se p r é -
sente sous f o r m e de t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s dans l'espace qui entoure
le c o n d u c t e u r ;
2° O n peut d o n n e r naissance à des courants dans des conducteurs e n
•déterminant a u t o u r d'eux des t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s ;
3° Ces t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s p e u v e n t p r e n d r e naissance soit sous
l ' i n f l u e n c e d'aimants m i s en m o u v e m e n t dans le v o i s i n a g e des c o n d u c -

-s

-e —

—^—
-V/ 777^
1
«s—
* f —
*w

W tj
lit
- = —

- - m —S-

Fig. 17. — M o u v e m e n t d ' u n c i r c u i t d a n s u n c h a m p m a g n é t i q u e n o n u n i f o r m e .

teurs, soit p a r suite du m o u v e m e n t de c o n d u c t e u r s dans l e v o i s i n a g e


d'aimants ;
4° L a p r o d u c t i o n de ces t o u r b i l l o n s m a g n é t i q u e s et l e u r m a i n t i e n à
l'aide d'un c o u r a n t é l e c t r i q u e c i r c u l a n t dans une b o b i n e e x i g e n t une
d é p e n s e continue d ' é n e r g i e , o u , en d'autres t e r m e s , a b s o r b e n t du tra-
vail ;
S" P o u r q u ' i l y ait i n d u c t i o n de c o u r a n t s dans un c o n d u c t e u r , il faut,
entre le c o n d u c t e u r et l ' a i m a n t , un m o u v e m e n t r e l a t i f de n a t u r e à
m o d i f i e r l e n o m b r e des l i g n e s o u l e flux de f o r c e i n t e r c e p t é p a r le cir-
cuit ;
6° U n e a u g m e n t a t i o n dans le n o m b r e des l i g n e s ou le flux de force
i n t e r c e p t é par l e circuit p r o d u i t un c o u r a n t de sens c o n t r a i r e à celui
q u e d é t e r m i n e une d i m i n u t o n dans le n o m b r e de ces m ê m e s l i g n e s ou
d a n s ce flux d e force ;

r i e u r et i n f é r i e u r , l e s l i g n e s d e f o r c e afTecteraient en effet la forme d'une courbe


complexe.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE PHYSIQUE 29

7° L e r a p p r o c h e m e n t induit une f o r c e é l e c t r o r n o t r i c e de sens c o n t r a i r e


à c e l l e qui résulte de l ' é l o i g n e m e n t ;
8" P l u s un p ô l e d ' a i m a n t ou un c h a m p m a g n é t i q u e est puissant, plus,
toutes choses é g a l e s d'ailleurs, la force é l e c t r o m o t r ï c e d é v e l o p p é e est
élevée ;
9° P l u s l e m o u v e m e n t est r a p i d e , plus l a force é l e c t r o m o t r i c e est
considérable ;
10° En réunissant en série un c e r t a i n nombre de ces conducteurs
m o b i l e s , o n ajoute les unes aux a u t r e s les forces é l e c t r o m o t r i c e s d é v e -
l o p p é e s dans chacun des é l é m e n t s de c e t e n s e m b l e , ce qui p e r m e t de
réaliser des forces é l e c t r o m o t r i c e s très é l e v é e s à l'aide de nombreuses
bohines convenablement connectées ;
11° Du m o m e n t que l'intensité du c o u r a n t , ou l e q u o t i e n t de l a quan-
tité d ' é l e c t r i c i t é qui t r a v e r s e des conducteurs en circuit par le t e m p s
q u ' e l l e m e t à les t r a v e r s e r , d é p e n d de la résistance de ces conducteurs,
aussi b i e n q u e de la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , o n d o i t é v i t e r toute résistance
inutile ;
12° L e r a p p r o c h e m e n t étant forcément limité, le fait du rappro-
chement et de l'éloignement relatifs d'une bobine et d'un pôle
d ' a i m a n t d o i t nécessairement e n g e n d r e r des courants de sens alterna-
tifs ;
13" L ' e m p l o i d'un c o m m u t a t e u r c o n v e n a b l e p e r m e t de d i r i g e r dans le
m ê m e sens tous les courants, directs ou inverses, produits p e n d a n t l e
r a p p r o c h e m e n t ou l ' é l o i g n e m e n t , dans l e fil qui doit porLer ces courants
aux circuits e x t é r i e u r s ; et, si les b o h i n e s m o b i l e s sont c o n v e n a b l e m e n t
g r o u p é e s , de t e l l e sorte que l'une d ' e n t r e elles entre en action a v a n t que
la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e d é v e l o p p é e dans l'autre ait disparu, on p o u r r a ,
à l'aide d'un c o m m u t a t e u r disposé à cet elfet, g r o u p e r en un seul cou-
rant p r a t i q u e m e n t u n i f o r m e les courants e n g e n d r é s dans chacune d'elles
séparément ;
14° Eu ce qui c o n c e r n e le c o n d u c t e u r dans l e q u e l se d é v e l o p p e la
force é l e c t r o m o t r i c e en raison de ce qu'il c o u p e des l i g n e s de force
m a g n é t i q u e s , l ' o r i g i n e de ces l i g n e s est indifférente : q u ' e l l e s é m a n e n t
d'un aimant permanent en acier ou d'un é l e c t r o - a i m a n t , peu i m p o r t e ,
p o u r v u que l e n o m b r e des l i g n e s m a g n é t i q u e s coupées ou l e flux ainsi
i n t e r c e p t é soit le m ô m e ;
15° P o u r le conducteur m o b i l e , l ' o r i g i n e du m o u v e m e n t est é g a l e m e n t
indifférente. Que le mouvement soit transmis p a r une machine à
vapeur, p a r un m o t e u r à g a z , ou à la m a i n , ou e n c o r e p a r l'action
d'un c o u r a n t é l e c t r i q u e dans le fil m ê m e ( c o m m e dans l e cas des m o t e u r s

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


30 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

é l e c t r i q u e s ) , peu i m p o r t e ; l e c o n d u c t e u r m o b i l e d e v i e n d r a le siège de la
même force é l e c l r o m o l r i c e , p o u r v u q u e sa vitesse et l e n o m b r e des
l i g n e s c o u p é e s ou le flux de force i n t e r c e p t é restent les m ê m e s .

P o u r d o n n e r plus de c l a r t é aux c o n s i d é r a t i o n s q u e nous aurons à


d é v e l o p p e r dans l'étude des d i v e r s t y p e s de d y n a m o s pris i n d i v i d u e l l e -
m e n t , nous c o m m e n c e r o n s par e x a m i n e r quelques points f o n d a m e n t a u x
du m é c a n i s m e g é n é r a l et des o r g a n e s des m a c h i n e s d y n a m o s . Il y a
en effet un g r a n d n o m b r e de conditions c o m p l é m e n t a i r e s à r é a l i s e r dans
la construction d'une b o n n e d y n a m o . N o u s a b o r d e r o n s dans un o r d r e
m é t h o d i q u e les divers p o i n t s , en c o m m e n ç a n t par les différents o r g a n e s
ou é l é m e n t s de la m a c h i n e . A p r è s les a v o i r étudiés, nous e x a m i n e r o n s
la nature des p h é n o m è n e s qui se p r o d u i s e n t q u a n d la m a c h i n e f o n c -
t i o n n e , l'action du c h a m p m a g n é t i q u e sur l'induit en m o u v e m e n t , les
r é a c t i o n s de cet induit sur le c h a m p m a g n é t i q u e dans l e q u e l il se m e u t .
N o u s e n t r e r o n s ensuite dans la p a r t i e m a g n é t i q u e du sujet et considé-
r e r o n s les p r o p r i é t é s m a g n é t i q u e s du fer en tant qu'il est nécessaire de
les c o n n a î t r e p o u r l ' é t a b l i s s e m e n t d'une d y n a m o . N o u s passerons enfin
à l'étude des inducteurs, ainsi q u ' à l'étude et au m o d e de c o n s t r u c t i o n
des induits.

ORGANES DES M A C H I N E S DYNAMO-ÉLECTRIQUE S

L a d y n a m o la plus é l é m e n t a i r e q u ' o n puisse c o n c e v o i r est r e p r é s e n t é e


p a r la figure 18. Elle consiste en une seule b o u c l e , ou spire r e c t a n g u l a i r e ,
de fil t o u r n a n t dans un c h a m p m a g n é t i q u e s i m p l e et u n i f o r m e , entre
les p ô l e s d'un a i m a n t de grandes d i m e n s i o n s . Si l ' o n c o m m e n c e p a r
p l a c e r la b o u c l e dans le p l a n v e r t i c a l , le flux de force qui la traverse
de droite à g a u c h e sera m a x i m u m ; puis il d i m i n u e r a p o u r t o m b e r à
z é r o au fur et à mesure q u e dans sa r o t a t i o n la spire a v a n c e r a v e r s l a
position h o r i z o n t a l e ; mais la c o n t i n u a t i o n du m o u v e m e n t laissera ensuite
le flux de force p é n é t r e r en sens i n v e r s e dans l ' i n t é r i e u r de la b o u c l e ,
ce qui d é t e r m i n e r a un m a x i m u m n é g a t i f q u a n d c e l l e - c i a u r a t o u r n é de
180 d e g r é s . P e n d a n t cette d e m i - r é v o l u t i o n des courants a u r o n t été ainsi
induits dans la b o u c l e ; ces courants seront d ' a r r i è r e en a v a n t dans la
partie de la b o u c l e qui s'élève sur la g a u c h e , et de sens c o n t r a i r e , c'est-
à-dire d ' a v a n t en a r r i è r e , dans l a p a r t i e q u i descend sur la d r o i t e . A u
m o m e n t où e l l e passera par la p o s i t i o n c o r r e s p o n d a n t à 180 d e g r é s de
son p o i n t de d é p a r t , il y aura c o m m e n c e m e n t d'induction en sens i n v e r s e ,
car alors le flux de force n é g a t i f d i m i n u e , ce qui é q u i v a u t à une a u g m e n -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ORGANES ' 31

tation p o s i t i v e du flux de f o r c e ; et cette a u g m e n t a t i o n c o n t i n u e r a j u s q u ' à


ce q u e la b o u c l e soit r e v e n u e à sa p o s i t i o n i n i t i a l e après a v o i r effectué
une r o t a t i o n c o m p l è t e .
Dans ces c o n d i t i o n s , si c h a c u n e des e x t r é m i t é s de la b o u c l e était r e l i é e
s é p a r é m e n t à une bague, m é t a l l i q u e f i x é e sur l ' a x e , t o u t en e n étant i s o l é e ,

F i g . 18. — D y n a m o é l é m e n t a i r e idéale.

et si chacune de ces b a g u e s était pressée p a r un ressort, des fils attachés


à ces ressorts p o r t e r a i e n t au circuit un courant alternatif. S i , au c o n -
traire, o n v e u t faire p r o d u i r e à l ' a p p a r e i l un c o u r a n t c o n t i n u , il est néces-
saire d ' y ajouter u n e d i s p o s i t i o n s p é c i a l e .
P o u r t r a n s f o r m e r ces courants a l t e r n a t i v e m e n t de sens c o n t r a i r e s en
un courant d e m ê m e sens dans le circuit e x t é r i e u r , il faut e m p l o y e r un
commutateur f o r m é d'un tube m é t a l l i q u e fendu l o n g i t u d i -
nalemenl en d e u x p a r t i e s et m o n t é sur un cylindre de
bois dur ou de t o u t e autre m a t i è r e isolante c o n v e n a b l e ,
chacune des m o i t i é s d e ce tube étant r e l i é e à l'une des
extrémités de la boucle, c o m m e l ' i n d i q u e l a figure 18.
Contre ce c o m m u t a t e u r v i e n n e n t presser deux ressorts
. . F i g - 19- - C o r a -
métalliques ou * b a l a i s » ( i i g . 19) qui r e c u e i l l e n t l e s . imitateur ou
3
courants pour les c o n d u i r e dans l e circuit e x t é r i e u r . I l deu^pariies .™
est é v i d e n t q u e , si les balais sont disposés de t e l l e s o r t e q u e
l'une des p a r t i e s du tube fendu é c h a p p e du b a l a i et q u e l ' a u t r e a r r i v e
en contact a v e c lui au m o m e n t où la b o u c l e o c c u p e 1RS positions c o r r e s -
p o n d a n t au r e n v e r s e m e n t d'induction, les courants alternatifs induits
dans la b o u c l e seront « c o m m u e s » en un courant d'un seul et m ê m e
sens dans l e circuit. O n d o i t s ' a t t e n d r e en c o n s é q u e n c e à ce q u e les
balais soient placés de m a n i è r e qu'il y ait c o m m u t a t i o n juste au m o m e n t
o ù la b o u c l e passe p a r la p o s i t i o n v e r t i c a l e . L a p r a t i q u e m o n t r e c e p e n -
d a n t q u e le calage des balais d o i t ê t r e l é g è r e m e n t a v a n c é dans le sens
d u m o u v e m e n t p o u r des raisons q u e nous e x a m i n e r o n s . L a figure 20
r e p r é s e n t e les balais BB d é p l a c é s de m a n i è r e à toucher le c o m m u t a t e u r

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


32 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

n o n pas e x a c t e m e n t aux points l e plus é l e v é et l e plus bas, mais en d e s


p o i n t s d é v i é s dans la d i r e c t i o n de la l i g n e D D q u ' o n n o m m e le i d i a m è t r e
de c o m m u t a t i o n » . L e r a i s o n n e m e n t ne c h a n g e pas si à la spire i d é a l e
unique o n substitue, c o m m e l'a p r o p o s é S t u r g e o n en 183S, la s i m p l e

Fig. 20. — S p i r e u n i q u e d a n s u n c h a m p Fig. 21. — B o b i n e rectangulaire


magnétique simple. simple.

b o b i n e r e c t a n g u l a i r e r e p r é s e n t é e p a r la figure 21 et f o r m é e d'un g r a n d
n o m b r e de tours de fil, dans chacun d e s q u e l s se p r o d u i t une action
i n d u c t i v e s i m u l t a n é e , qui a u g m e n t e p r o p o r t i o n n e l l e m e n t la force élec-
tromotrice totale induite.
C e l t e disposition, a v e c ad-
dition d'un n o y a u de f e r ,
n'est autre que la forme

F i g . 22. — S e c t i o n de l ' a n c i e n n e
a r m a t u r e en navette S i e m e n s .

primitive donnée en 18o6


aux a r m a t u r e s p a r S i e m e n s ,
dont la figure 22 r e p r é s e n t e
en section l'armature en
navclle. On v o i t dans la fi-
g u r e 23 une petite m a c h i n e Fig. 23. — Ancienne machine Siemens à arma-
ture e n n a v e t t e et à a i m a n t s p e r m a n e n t s .
m a g n é t o - é l e c t r i q u e du t y p e
primitif munie de cette a r m a t u r e . B i e n que cette forme soit aban-
d o n n é e depuis un c e r t a i n n o m b r e d'années, sauf p o u r de petits m o -
teurs et autres a p p a r e i l s du m ê m e g e n r e , e l l e a d o n n é un g r a n d é l a n
aux m a c h i n e s de son t e m p s ; mais dans toutes les machines puissantes
e l l e est aujourd'hui universellement, r e m p l a c é e p a r l e s a r m a t u r e s en
anneau ou e n t a m b o u r q u e nous allons m a i n t e n a n t d é c r i r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ORGANES 33

ÉLÉMENTS ESSENTIELS D'UNE DYNAMO

On a vu. que la d y n a m o , dans sa f o r m e l a plus s i m p l e , se c o m p o s e de


deux o r g a n e s p r i n c i p a u x : — 1° un induit q u i , en t o u r n a n t , d e v i e n t le
siège d'une force é l e c t r o m o t r i c e d é v e l o p p é e dans le c o n d u c t e u r d e c u i v r e
dont il est e n r o u l é ; — 2° un système inducteur, c'est-à-dire un a i m a n t
dont l ' o b j e t est de c r é e r un c h a m p m a g n é t i q u e d é t e r m i n a n t un flux de
force à t r a v e r s l e circuit des conducteurs de l'induit m i s e n m o u v e m e n t .
Dans toutes les d y n a m o s , aussi b i e n à c o u r a n t s alternatifs q u ' à courant
continu, ces deux parties sont faciles à r e c o n n a î t r e . Dans p r e s q u e toutes
les m a c h i n e s à c o u r a n t continu les inducteurs sont fixes et f o r m e s d ' u n
é l e c t r o - a i m a n t massif e t r e l a t i v e m e n t s i m p l e , tandis que l ' i n d u i t , d'une
structure plus c o m p l i q u é e , est l ' o r g a n e m o b i l e . Dans les m a c h i n e s à c o u -
rants alternatifs l'inducteur est o r d i n a i r e m e n t m u l t i p o l a i r e et fi,xe dans la
p l u p a r t des cas, tandis que l'induit est m o b i l e ; n é a n m o i n s , dans un c e r -
tain n o m b r e d ' a l t e r n a t e u r s d e t y p e s récents, c'est l'induit q u i est f i x e et
l'inducteur m o b i l e . L e critérium de l a p a r t i e qui d o i t , à p r o p r e m e n t p a r -
ler, être a p p e l é e « inducteur > ou « induit » n'est pas u n e q u e s t i o n d e
r o t a t i o n ou de f i x i t é . L e n o m d'inducteur est s p é c i a l e m e n t attribué à la
p a r t i e , stationnaire ou m o b i l e , dans l a q u e l l e l'aimantation est m a i n t e n u e
d'une f a ç o n p e r m a n e n t e ou i n v a r i a b l e p e n d a n t la r o t a t i o n , et celui
d'induit à c e l l e , m o b i l e ou fixe, dans l a q u e l l e l e m a g n é t i s m e v a r i e d ' u n e
façon r é g u l i è r e m e n t r é p é t é e q u a n d la m a c h i n e f o n c t i o n n e .

Les m a c h i n e s à c o u r a n t continu présentent une autre d i s p o s i t i o n d ' u n e


i m p o r t a n c e c a p i t a l e ; c'est l ' a p p a r e i l destiné à la c a p t a t i o n des c o u r a n t s
e n g e n d r é s dans l ' i n d u i t . Cet a p p a r e i l c t i m p r e n d d e u x p a r t i e s essen-
tielles : le commutateur ou collecteur, fixé à l'induit et t o u r n a n t a v e c
lui, et les balais. Ces d e r n i e r s , qui ne sont autres que des p i è c e s c o n -
ductrices m a i n t e n u e s p a r pression en contact a v e c la surface du c o l l e c -
teur m o b i l e , r e p o s e n t dans des porte-balais spéciaux m o n t é s sur un
support m o b i l e r é g l a b l e à v o l o n t é , ou collier.
D a n s les m a c h i n e s à courants alternatifs l e c o m m u t a t e u r est inu-
tile ; m a i s , e n g é n é r a l , ces m a c h i n e s d o i v e n t être p o u r v u e s d ' u n e d i s p o -
sition établissant une c o n n e x i o n à g l i s s e m e n t . En effet, dans les types
qui c o m p o r t e n t un induit m o b i l e , les b o b i n e s de c e t induit d o i v e n t être
en l i a i s o n m é t a l l i q u e p e r m a n e n t e a v e c les conducteurs du c i r c u i t p r i n c i -
pal, et dans c e u x d o n t l'induit est fixe et n ' e x i g e pas l u i - m ê m e ce d i s p o
sitif, il faut e n c o r e des contacts à g l i s s e m e n t p o u r m a i n t e n i r les b o b i n e s de

DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 3

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


34 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

l'inducteur m o b i l e e n c o n n e x i o n m é t a l l i q u e p e r m a n e n t e a v e c le circuit
a u x i l i a i r e d ' e x c i t a t i o n . Dans un cas c o m m e dans l ' a u t r e , o n a r r i v e à ce
résultat au m o y e n de deux anneaux collecteurs ou bagues collectrices
contre chacune d e s q u e l l e s presse un balai.
Outre les é l é m e n t s é l e c t r i q u e s et m a g n é t i q u e s que nous v e n o n s d'énu-
m é r e r , il y a e n c o r e à c o n s i d é r e r un c e r t a i n n o m b r e de détails d ' o r d r e
p u r e m e n t m é c a n i q u e . L a p a r t i e m o b i l e doit être m o n t é e sur un axe ou
arbre c o n v e n a b l e , d o n t l'étude a p p a r t i e n t à l ' i n g é n i e u r m é c a n i c i e n . L a
transmission du c o u p l e m o t e u r de l ' a r b r e aux conducteurs m o b i l e s qui
r e c o u v r e n t l'induit e x i g e un mode d'entraînement assurant l a solidarité
de ces d e u x o r g a n e s . L ' a r b r e l u i - m ê m e doit être Supporté p a r des coussi-
nets c o n v e n a b l e s munis de graisseurs p o u r p a r e r à tout échauffement.
Une poulie est i n d i s p e n s a b l e p o u r c o m m u n i q u e r à la d y n a m o le m o u v e -
m e n t fourni pur le m o t e u r , à m o i n s que celle-ci ne soit d i r e c t e m e n t attelée
par manchonnage sur l ' a r b r e d'un m o t e u r m o n t é sur le m ô m e bâti. Enfin
l a d y n a m o d o i t ê t r e fixée e l l e - m ê m e sur un socle c o n v e n a b l e , p l a c é dans
certains cas sur des rails, de m a n i è r e à p e r m e t t r e de t e m p s à autre de
r a t t r a p e r l ' a l l o n g e m e n t de l a c o u r r o i e au m o y e n de tendeurs à v i s .

Dans les considérations qui suivent nous c o n c e n t r e r o n s n o t r e attention


sur les m a c h i n e s destinées à f o u r n i r des courants continus et d o n t nous
étudierons s o i g n e u s e m e n t les d i v e r s o r g a n e s . L ' é t u d e des m a c h i n e s à
courants alternatifs fera l ' o b j e t d'un c h a p i t r e u l t é r i e u r .

MACHINES A COURANT CONTINU

INDUITS ou A R M A T U R E S

R e v e n a n t à la spire unique i d é a l e , o n v o i t un peu plus c l a i r e m e n t


dans la figure 2 i ses liaisons a v e c le c o m m u t a t e u r e n deux p a r t i e s . L e
m ô m e tube fendu ou c o m m u t a t e u r à deux c o q u i l l e s suffit si l ' o n substitue
à la spire u n i q u e une b o u c l e f o r m é e de deux ou plusieurs tours, telle
que l ' i n d i q u e la figure 2b.
M a i s on peut é g a l e m e n t r e m p l a c e r la spire u n i q u e p a r une petite
b o b i n e f o r m é e de plusieurs tours r o u l é s sur un a n n e a u de f e r . Cette
b o b i n e ( f i g . 2 6 ) , v é r i t a b l e section d'anneau P a c i n o t l i ou G r a m m e , sera
p é n é t r é e , c o m m e l a spire, p a r un flux de force induit. Dans lu p o s i t i o n
i n d i q u é e , e l l e o c c u p e le p o i n t le plus é l e v é de sa c o u r s e , auquel c o r r e s -
p o n d l ' i n d u c t i o n m a x i m u m du flux de force qui agit sur elle». A u fur et
à mesure q u ' e l l e t o u r n e , le flux de force qui la p é n è t r e d i m i n u e p o u r

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUITS 33

t o m b e r à z é r o q u a n d e l l e est à 90 d e g r é s de sa p o s i t i o n i n i t i a l e . Mais il
suffit de s'arrêter un instant sur l'acLion d o n t e l l e est l e s i è g e p o u r v o i r
que, si une a u t r e b o b i n e o c c u p e sur l e cûté o p p o s é de l'anneau une p o s i -

F i g . 24. — I n d u i t en F i g . 25. — I n d u i t en F i g . 2 0 . — I n d u i t annulaire


boucle à une seule s p i r e . boucle à deux s p i r e s . simple à bobine unique.

tion s y m é t r i q u e , elle sera soumise au m ê m e m o m e n t à une action induc-


tive e x a c t e m e n t s e m b l a b l e , et p o u r r a , p a r suite, être r e l i é e au m ê m e
commutateur. Si ces d e u x b o b i n e s sont réunies p a r a l l è l e m e n t (en arc
m u l t i p l e ) , c o m m e l ' i n d i q u e la f i g u r e 2 7 , l e u r force é l e c t r o m o t r i c e con-

F i g . 27. — I n d u i t annulaire simple F i g . 28. — I n d u i t en boucle s i m p l e


à deux b o b i n e s r e l i é e s p a r a l l è l e m e n t . à d e u x b o b i n e s reliées p a r a l l è l e m e n t .

j u g u é e sera i d e n t i q u e à celle due à l'une q u e l c o n q u e d ' e n t r e elles séparé-


m e n t ; m a i s la résistance q u ' e l l e s p r é s e n t e r o n t au c o u r a n t dans ces con-
ditions sera é g a l e à l a m o i t i é de celle offerte par chacune d'elles
i n d i v i d u e l l e m e n t . I l est é v i d e n t q u e l ' o n p e u t réunir de la m ê m e m a n i è r e
à un s i m p l e c o l l e c t e u r en deux p a r t i e s deux b o u c l e s du p r e m i e r t y p e
reliées p a r a l l è l e m e n t . Si les deux boucle's ont c h a c u n e un seul tour, on
aura la disposition s c h é m a t i q u e m e n t représentée p a r la figure 28 ; et
ce m o d e de c o n n e x i o n sera é g a l e m e n t a p p l i c a b l e à des b o u c l e s f o r m é e s
chacune de plusieurs s p i r e s .
Mais toutes ces dispositions qui c o m p o r t e n t l ' e m p l o i d'un commuta-
teur en d e u x parties, reliant, soit en un seul circuit, soit en d e u x circuits
p a r a l l è l e s , les b o b i n e s qui y aboutissent, présentent cet i n c o n v é n i e n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


36 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

que les courants, b i e n que r a m e n é s dans une m ô m e d i r e c t i o n , ne sont


pas a b s o l u m e n t continus. Dans une spire unique q u e l c o n q u e sans c o m -
m u t a t e u r , les r é v o l u t i o n s successives e n g e n d r e r a i e n t des courants d o n t
les v a r i a t i o n s p o u r r a i e n t , si e l l e était e x e m p t e de self-induction, être

F i g . 29. — C o u r b e s i m p l e d e Binus représentant un courant alternatif.

g r a p h i q u e m e n t représentées p a r une sinusoïde r é c u r r e n t e , c o m m e dans


la figure 29. Mais si, p a r l ' a d d i t i o n d'un s i m p l e c o m m u t a t e u r f o r m é d'un
tube fendu, o n redresse les m o i t i é s r e n v e r s é e s de ces courants, de
m a n i è r e à l e u r d o n n e r le m ê m e sens dans le reste du circuit, les c o u -
rants résultants, sans ê t r e continus, d e v i e n d r o n t de m ê m e s i g n e , c o m m e

J z s
F i g . 30. — C o u r b e d'un courant alternatif r e d r e s s é eu courant o n d u l a t o i r e .

l ' i n d i q u e la figure 30, d e u x courants étant e n g e n d r é s p o u r c h a q u e r é v o -


lution de la b o b i n e .
L e s courants sont ainsi c rectifiés » , ou » redressés » , c o m m e o n dit
sur le c o n t i n e n t , m a i s ne sont pas continus. P o u r o b t e n i r c e t t e conti-
nuité des c o u r a n t s , i l faut p r o c é d e r du s i m p l e c o m m u t a t e u r e n deux par-
ties à une f o r m e de c o m m u t a t e u r formé d'un
plus g r a n d n o m b r e de s e c l i o n s et e m p l o y e r en
m ê m e t e m p s un plus g r a n d n o m b r e de b o b i n e s
élémentaires. Les bobines doivent en outre
être disposées de telle sorte q u e l'une entre e n
activité quand l'autre d e v i e n t i n a c t i v e . D ' a p r è s
cela, si l ' o n m o n t e sur un anneau de fer deux
j e u x de b o b i n e s situés dans des plans p e r p e n -
F i g . 31. — Induit en an- , . „ . , - , , .
neau à quatre sections diculaires e n t r e eux, c o m m e 1 i n d i q u e la l i -
ft c i r c u i t f e r m é ) . g a f . e a l > d e t e l l e s o r t e q u e r u n a r r i v e à s a

position de m a x i m u m d'action quand l'autre est dans la position


d'action m i n i m u m ( l ' u n étant p a r a l l è l e aux l i g n e s de f o r c e , pendant
que l'autre l e u r est n o r m a l ) , et si leurs actions se superposent, o n ar-
r i v e r a au résultat i n d i q u é par la figure 32, qui r e p r é s e n t e un courant
continu, m a i s o n d u l a t o i r e , a v e c q u a t r e l é g è r e s o n d u l a t i o n s par tour.
A v e c un plus g r a n d n o m b r e de b o b i n e s é l é m e n t a i r e s , d o n t les a c t i o n s ,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUITS 37

se p r o d u i s a n t à i n t e r v a l l e s r é g u l i e r s , se superposent, o n o b t i e n d r a une
c o u r b e a n a l o g u e m a i s d o n t les s o m m e t s seront r e l a t i v e m e n t plus n o m -
b r e u x et m o i n s saillants. Si le n o m b r e des b o b i n e s e m p l o y é e s est très
c o n s i d é r a b l e et le c h e v a u c h e m e n t des c o u r b e s e n c o r e plus c o m p l e t , la
série des s o m m e t s f o r m e r a p r a t i q u e m e n t une l i g n e d r o i t e , c'est-à-dire
q u e , p r a t i q u e m e n t , l e c o u r a n t total sera constant.
M o n t é e s c o m m e dans la figure 3 1 , les q u a t r e b o b i n e s sont toutes réu-
nies en un circuit fermé, l a fin de l a p r e m i è r e étant r e l i é e au c o m m e n -

I Z .3

F i g . 32. — C o u r b e d e courant s e n s i b l e m e n t , mais non a b s o l u m e n t , c o n t i n u .

cernent de l a s e c o n d e , et ainsi de suite sur tout l e p o u r t o u r de l'anneau,


jusqu'à la d e r n i è r e s e c t i o n qui se f e r m e sur la p r e m i è r e .
P o u r d o n n e r un résultat p a r f a i t e m e n t u n i f o r m e , les spires de l'induit
d o i v e n t ê t r e divisées en un très g r a n d n o m b r e de sections ( v o i r les cal-
culs, p . 213 Ghap. I X ) , et ces sections
d o i v e n t être d i s p o s é e s de m a n i è r e à
v e n i r l'une après l'autre, à i n t e r v a l l e s
é g a u x et p a r une succession r é g u l i è r e ,
dans la p o s i t i o n d ' i n d u c t i o n m a x i m u m .
La figure 33 d o n n e le schéma d'une
a r m a t u r e en t a m b o u r f o r m é e de deux
p a i r e s de b o b i n e s é l é m e n t a i r e s à an-
g l e s droits l'une p a r r a p p o r t à l'autre
et r e l i é e s à un c o l l e c t e u r à q u a t r e sec-
tions. I l suffît de j e t e r les y e u x sur F i g . 33. — I n d u i t en t a m b o u r à q u a t r e
sections (à circuit fermé).
les figures 31 et 33 p o u r v o i r que cha-
cune des b o b i n e s é l é m e n t a i r e s est r e l i é e à sa v o i s i n e , d'où il résulte que
l ' e n s e m b l e des spires constitue une seule b o b i n e f e r m é e . A i n s i , la fin
d'une section et l e c o m m e n c e m e n t de sa v o i s i n e sont reliés tous deux à
une m ê m e l a m e du c o l l e c t e u r . Dans la p r a t i q u e , les s e g m e n t s du c o l -
lecteur ne sont pas de s i m p l e s tranches de tube m é t a l l i q u e o u « c o -
quilles » ; ils sont f o r m é s d'un certain n o m b r e de l a m e s ou c tou-
ches » p a r a l l è l e s e n c u i v r e , b r o n z e ou b r o n z e p h o s p h o r e u x , c o m m e o n
peut l e v o i r sur l a figure 36, p a g e 4 1 , c i r c u l a i r e m e n t disposées à la p é r i -
phérie et suivant les g é n é r a t r i c e s d'un c y l i n d r e en m a t i è r e isolante
quelconque. Il est à n o t e r é g a l e m e n t que, g r â c e à ce q u e l e circuit
est a b s o l u m e n t continu a u t o u r de l'induit, deux voies sont ouvertes

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


38 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

au passage du courant d'un balai à l'autre à travers les induits,


soit en t a m b o u r , soit e n a n n e a u , d o n t les figures 31 et 33 peuvent
d'ailleurs être c o n s i d é r é e s c o m m e des types simplifiés, L e r a i s o n n e m e n t
ici a p p l i q u é aux a r m a t u r e s à q u a t r e sections subsiste p o u r celles qui en
ont un plus g r a n d n o m b r e c o m m e celle représente'e p a r la figure 34.
N o u s y r e v i e n d r o n s plus l o n g u e m e n t dans les chapitres suivants.' I l suf-
fira de dire ici q u e , dans toutes les a r m a t u r e s à circuit f e r m é , soit en
« anneau » , soit en * t a m b o u r » , il y a o r d i n a i r e m e n t autant de s e g m e n t s
au collecteur q u ' i l y a de sections ou b o b i n e s é l é m e n t a i r e s dans l e cir-
cuit de l'induit.
Le cas spécial des induits à circuit ouvert est e x a m i n é au Cha-
pitre X V I I . Dans ces m a c h i n e s , les b o b i n e s é l é m e n t a i r e s ne sont pas

S N

F i g . 34. — I n d u i t s i m p l e en anneau, m o n t r a n t les c o n n e x i o n s d'un c i r c u i t f e r m é .

reliées en série, e t leur c o l l e c t e u r , au lieu d'être constitué par la j u x t a p o -


sition h a b i t u e l l e d'un g r a n d n o m b r e de l a m e s p a r a l l è l e s , a une f o r m e
particulière.
Ainsi que nous l ' a v o n s d é j à dit, les « balais » pressent c o n t r e l e c o m -
m u t a t e u r , maintenus g é n é r a l e m e n t dans la p o s i t i o n v o u l u e à l'aide d'un
ressort. Au fur et à m e s u r e q u e l e c o l l e c t e u r tourne, chacune de ses l a m e s
passe successivement sous l e b a l a i et entre en contact a v e c lui. D'un
coté, — c'est-à-dire d u c ô t é v e r s l e q u e l m a r c h e n t les d e u x courants dans
l ' a r m a t u r e , — l e courant passe de la l a m e du c o l l e c t e u r au b a l a i . D e
l'autre côté, l e c o u r a n t de r e t o u r s'écoule du balai n é g a t i f à l a l a m e du
collecteur en contact a v e c l u i , p o u r se p a r t a g e r de là en d e u x parties à
t r a v e r s les d e u x circuits de l'induit. C o m m e les balais a p p u i e n t c o n t r e les
l a m e s du collecteur, il a r r i v e q u e , l'une de ces l a m e s quittant le b a l a i , et
la suivante se présentant à lui, l e c o n t a c t se t r o u v e un instant établi entre
deux l a m e s v o i s i n e s ; l a b o b i n e é l é m e n t a i r e ou section d o n t l e « e x t r é m i -
tés sont reliées à ces d e u x l a m e s est ainsi m o m e n t a n é m e n t mise en c o u r t -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUITS 39

circuit. On v e r r a plus l o i n ce qui en résulte q u a n d o n étudiera les r é a c -


tions dans les a r m a t u r e s .

Nous n ' a v o n s c o n s i d é r é jusqu'ici q u e les d e u x t y p e s d ' a r m a t u r e s * en


t a m b o u r » et c en a n n e a u » ; ce ne sont c e p e n d a n t pas les seuls m o d e s d e
construction possibles. L ' o b j e t de toutes les c o m b i n a i s o n s de b o b i n e s est
d'obtenir la continuité et l ' é g a l i s a t i o n p r a t i q u e s du courant, d o n t il a été
p a r l é plus haut. P o u r a t t e i n d r e ce but, il est indispensable qu'une par-
tie des b o b i n e s é l é m e n t a i r e s a r r i v e à la p o s i t i o n d ' a c t i o n m a x i m u m p e n -
dant que d'autres passent au p o i n t n e u t r e et sont m o m e n t a n é m e n t inac-
t i v e s . Cette c o n d i t i o n e n t r a î n e une disposition s y m é t r i q u e des bobines
é l é m e n t a i r e s ou g r o u p e s de b o b i n e s autour d'un a x e ; et cette disposition
peut affecter l'une des q u a t r e f o r m e s t y p i q u e s qui suivent :
1). Induits en anneau, dans lesquels les b o b i n e s sont groupées sur
un a n n e a u d o n t l ' a x e p r i n c i p a l de s y m é t r i e est é g a l e m e n t l ' a x e de r o t a -
tion;
2). Induits cylindriques ou en tambour, dans l e s q u e l s les spires sont
roulées l o n g i t u d i n a l e m e n t sur l a surface d'un c y l i n d r e ou t a m b o u r ;
3). Induits polaires, dont les spires sont r o u l é e s sur des p ô l e s séparés
r a y o n n a n t à la p é r i p h é r i e d'un disque ou m o y e u central ;
4). Induits disques, dans lesquels les spires sont aplaties sur un
disque.

L e s induits enanneau figurent dans un g r a n d n o m b r e de m a c h i n e s ;


et l ' a t t e n t i o n des i n v e n t e u r s s'est s p é c i a l e m e n t p o r t é e sur les trois
points suivants : assurer p r a t i q u e m e n t l a continuité du courant ; p r é -
venir l e d é v e l o p p e m e n t de courants parasites dans les n o y a u x ; et
r é d u i r e , a u t a n t q u e possible, les résistances inutiles. Dans l a majeure
partie de ces m a c h i n e s , les induits sont f o r m é s de b o b i n e s é l é m e n t a i r e s
en circuit f e r m é , mais r i e n ne s'oppose à ce q u ' o n établisse des induits
en anneau à circuit o u v e r t ; c'est en effet le cas de la m a c h i n e Brush
b i e n c o n n u e , p o u r l u m i è r e à arc.
L a p l u p a r t des i n v e n t e u r s se sont c o n t e n t é s d'assurer a p p r o x i m a t i v e -
m e n t la continuité du courant e n m u l t i p l i a n t le n o m b r e des sections.
Dans la m a c h i n e o r i g i n a i r e de P a c i n o t t i , les spires étaient r o u l é e s entre
des dents e n saillie sur un a n n e a u de fer. G r a m m e a laissé de c ô t é c e l t e
denture, p r é f é r a n t l ' e n r o u l e m e n t d i r e c t sur toute la surface d'un n o y a u
lisse. P o u r e m p ê c h e r le d é v e l o p p e m e n t de courants parasites dans les
n o y a u x , G r a m m e a e m p l o y é , p o u r cette partie de l ' a r m a t u r e , un fais-
ceau annulaire f o r m é d'un g r a n d n o m b r e de tours de fil de fer vernissé.
P o u r les induits c y l i n d r i q u e s , on p r é f è r e presque g é n é r a l e m e n t au-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


40 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

j o u r d ' h u i des disques de t ô l e . Quant aux induits disques, le n o y a u est


c o m p o s é de c e r c l e s de f e u i l l a r d c o n c e n t r i q u e s , sur c h a m p .
Dans les induits a n n u l a i r e s , les p o r t i o n s d e s p i r e s qui passent à l'inté-
rieur de l'anneau sont r e l a t i v e m e n t i n a c t i v e s en ce q u ' e l l e s ne c o u p e n t
pas de l i g n e s de f o r c e , a m o i n s q u e des p i è c e s p o l a i r e s inductrices ne
v i e n n e n t s'y é p a n o u i r i n t é r i e u r e m e n t . Aussi, dans les types ordinaires de
d y n a m o s à inducteurs e x t é r i e u r s , les parties intérieures du fil de l'anneau
a g i s s e n t - e l l e s s i m p l e m e n t c o m m e conducteurs et n o n c o m m e parties
induites, e t offrent-elles ainsi une c e r t a i n e résistance i n u t i l e . M a i s , dans
les m a c h i n e s bien étudiées, cette résistance est insignifiante c o m p a r a t i -

F i g . 35. — I n d u i t en anneau d e G r a m m e ( m o d è l e F u l l e r ) .

v e m e n t à c e l l e du circuit e x t é r i e u r , et l ' i n f é r i o r i t é qui e n r é s u l t e r a i t est


réellement illusoire.
D i v e r s i n v e n t e u r s ont essayé de réduire ce prétendu i n c o n v é n i e n t , soit
e n munissant les pièces p o l a i r e s d ' a p p e n d i c e s rentrants, soit en e m -
ployant des é l e c t r o - a i m a n t s internes, ou bien e n c o r e en aplatissant
l'anneau e n f o r m e de d i s q u e , de m a n i è r e à d i m i n u e r , autant q u e p o s -
sible, les p o r t i o n s i n t e r n e s des spires de l ' a n n e a u . En r é a l i t é , les a r m a -
tures en f o r m e d ' a n n e a u p l a t p e u v e n t ê t r e r e g a r d é e s q u a n t à présent
c o m m e un t y p e distinct de c e l l e s dans lesquelles l ' a n n e a u tend v e r s la
forme cylindrique ' .
Dans q u e l q u e s g r a n d e s m a c h i n e s a l l e m a n d e s de r é c e n t e c r é a t i o n l'an-
n e a u est e x t é r i e u r aux é l e c t r o - a i m a n t s , de sorte que la p o r t i o n e x t e r n e
dus fils qui ne subit pas d'action inductrice est i n e r t e . L e s courants y
sont recueillis p a r des balais d i r e c t e m e n t a p p l i q u é s sur l a p é r i p h é r i e

1
Dans le cours de cet o u v r a g e l'Auteur e m p l o i e s o u v e n t l ' e x p r e s s i o n d' « anneau
C y l i n d r i q u e » par o p p o s i t i o n à « anneau plat • ou « d i s q u e » . 11 serait p e u t - ê t r e
plus correct d e d i r e « anneau long » et « anneau plat » . [ N . d . T . ]

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUITS 41

de l'anneau. L e s différents m o d e s de b o b i n a g e des induits et de c o n n e x i o n


de leurs conducteurs f o n t l ' o b j e t d'une étude s p é c i a l e au Chapitre X I I .
L a figure 35 r e p r é s e n t e un i n d u i t a n n u l a i r e t e r m i n é , m u n i de son c o l l e c -
teur et d e . s a p o u l i e d ' e n t r a î n e m e n t .
Dans les induits en tambour ou c y l i n d r i q u e s , tels que les a construits
tout d ' a b o r d S i e m e n s , les n o y a u x étaient constitués p a r du fil d e f e r
r o u l é sur une carcasse i n t é r i e u r e en m a t i è r e n o n m a g n é t i q u e . W e s t o n
y substitua des disques de t ô l e e s t a m p é s , m u n i s de d e n t s ; Edison, des
disques de t ô l e lisses. U n grand nombre d'inventeurs ont imaginé
des m o d e s spéciaux de b o b i n a g e et de c o n n e x i o n des conducteurs.
On v o i t dans la figure 36 un induit complet en tambour, a v e c les

F i g . 36. — I n d u i t en t a m b o u r ( m o d e l e de 1' « A l l g e m e i n e Gesellschaft » ) .

chevauchements des fils à l ' e x t r é m i t é du tambour, leur liaison au


c o l l e c t e u r et les frettes e x t é r i e u r e s qui e m p o c h e n t les b o b i n e s é l é m e n -
taires de quitter l e u r p o s i t i o n n o r m a l e sous l ' a c t i o n de la force c e n t r i -
fuge p e n d a n t l a r o t a t i o n .
L e s induits polaires, à b o b i n e s r o u l é e s sur des p ô l e s disposés en p r o -

F i g . 37. — I n d u i t p o l a i r e s i m p l e , m o n t r a n t les c o n n e x i o n s .

j e c t i o n s r a d i a l e s , ont été i m a g i n é s p a r A l l a n , L o n t i n et W e s t o n . L e
principe^de la m a c h i n e L o n t i n , d o n t les b o b i n e s sont reliées entre e l l e s
c o m m e les sections d'un a n n e a u P a c i n o t t i ou G r a m m e , est i n d i q u é dans

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


42 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

la figure 37. I c i l e d i a m è t r e de commutation, est p a r a l l è l e au diamètre


p o l a i r e ; dans ce cas, en effet, l e flux de f o r c e embrassé est m a x i m u m
pour les b o b i n e s qui o c c u p e n t les positions d r o i t e et g a u c h e . Cette a r m a -
ture est d'une construction difficile, parce qu'elle n'est pas assez
robuste au p o i n t de v u e m é c a n i q u e si les n o y a u x ne sont pas massifs ; et
des n o y a u x massifs sont une m a u v a i s e c o n d i t i o n au p o i n t de v u e é l e c -
trique, à cause de r é c h a u f f e m e n t qui s'y p r o d u i t . Cette f o r m e ne se

F i » . 38. — I n d u i t en disque de la m a c h i n e F r i t s c h e .

p r ê t e pas non plus à une grande multiplication des sections, et les


b o b i n e s , en raison de leurs positions r e l a t i v e s , se c o n t r a r i e n t mutuelle-
m e n t dans l e u r a c t i o n . Ce t y p e d ' a r m a t u r e est aujourd'hui abandonné.
L e s induits en disque se distinguent a c t u e l l e m e n t e n d e u x g e n r e s : —
1° ceux dans lesquels le fil est r é p a r t i sur un certain n o m b r e de petites
b o b i n e s séparées, j u x t a p o s é e s , disposition spéciale aux m a c h i n e s à cou-
rants alternatifs, c o m m e celles de W i l d e , S i e m e n s , F e r r a n t i et M o r d e y ;
— 2° ceux dans lesquels on fait c h e v a u c h e r les bobines é l é m e n t a i r e s sur
un arc c o n s i d é r a b l e de la p é r i p h é r i e , c o m m e dans les d y n a m o s à disque
d e P a c i n o t t i , R u p p et Jehl, D e s r o z i e r s , et F r i t s c h e , toutes construites p o u r
la p r o d u c t i o n de c o u r a n t s c o n t i n u s . C o m m u n é m e n t l'induit en disque
ne c o m p o r t e aucun n o y a u de fer ; son peu d'épaisseur p e r m e t de le

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUITS 43

l o g e r dans un i n t e r v a l l e r e l a t i v e m e n t étroit entre les surfaces p o l a i r e s


d « s inducteurs. L a figure 38 représente l'induit t e r m i n é d ' u n e m a c h i n e à
d i s q u e de Fritsche ; l e c o l l e c t e u r est à la p é r i p h é r i e e x t e r n e du disque.

NOYAUX DES INDUITS

T o u t e s les fois q u e l ' o n e m p l o i e du fer dans les induits, ce fer d o i t


ê t r e fendu ou divisé en feuilles m i n c e s de m a n i è r e à p r é v e n i r le d é v e -
l o p p e m e n t de courants parasites. Ces n o y a u x de fer d o i v e n t ê t r e , dans
leur structure, divisés en plans n o r m a u x aux circuits autour desquels est
induite l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , ou en plans p a r a l l è l e s aux l i g n e s de
force et à la d i r e c t i o n du m o u v e m e n t . Ainsi, les n o y a u x des a r m a t u r e s
e n t a m b o u r d o i v e n t être formés de disques e n t ô l e m i n c e . Dans les ar-
m a t u r e s eu a n n e a u x du t y p e c y l i n d r i q u e ou a l l o n g é , les n o y a u x d o i v e n t
ê t r e constitués d ' a n n e a u x de tôle estampés et serrés les uns contre les
a u t r e s ; m a i s ceux en f o r m e d'anneau p l a t d o i v e n t être f o r m é s de cer-
c e a u x c o n c e n t r i q u e s . Des n o y a u x en fil de fer vernissé o u c o m p o s é s de
disques de t ô l e m i n c e séparés p a r du v e r n i s , du c a r t o n d ' a m i a n t e , ou du
m i c a , satisfont en p a r t i e aux conditions r e q u i s e s . L a discontinuité ma-
g n é t i q u e des n o y a u x en fil offre c e p e n d a n t certains i n c o n v é n i e n t s ; il est
p r é f é r a b l e q u e le fer ne présente pas de solution de c o n t i n u i t é dans la
d i r e c t i o n o ù il doit s ' a i m a n t e r . I l d o i t d o n c ê t r e plutôt en l a m e s minces
q u ' e n f i l . O n n ' o b t i e n t pas de b o n s résultats des induits p o l a i r e s à m o i n s
d e ne d o n n e r que très peu de l o n g u e u r aux r a y o n s qui r e ç o i v e n t les
bobines.

Les n o y a u x en fer massif sont a b s o l u m e n t inadmissibles, en raison


d e s c o u r a n t s qui y p r e n n e n t naissance et les échauffent. Quant aux
n o y a u x massifs e n m é t a l autre que l e fer, tel que le b r o n z e ou le b r o n z e
p h o s p h o r e u x , ils n e d o i v e n t sous aucun p r é t e x t e ê t r e e m p l o y é s dans une
a r m a t u r e ; mais ces m a t é r i a u x c o n v i e n n e n t très b i e n p o u r les mon-
tures d ' e n t r a î n e m e n t qui d o i v e n t être robustes et solides.

POINTS FONDAMENTAUX DANS UN PROJET DÉTDDE DE

MACHINE

C o m m e o n l'a déjà v u , le r ô l e des inducteurs est de c r é e r un c h a m p


m a g n é t i q u e f o r m é d'un g r a n d n o m b r e de l i g n e s de f o r c e , tandis que

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


44 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

celui de l'induit est d ' e m b r a s s e r sous f o r m e de flux de f o r c e le plus p o s -


sible du c h a m p ainsi c r é é . L e n o y a u de f e r i n t é r i e u r à l'induit peut, en
c o n s é q u e n c e , être c o n s i d é r é c o m m e faisant p a r t i e du circuit m a g n é t i q u s
de l ' i n d u c t e u r , l'induit étant, à proprement parler, f o r m é des fils de
c u i v r e qui t o u r n e n t dans l e c h a m p m a g n é t i q u e . A u c u n e nécessité élec-
t r i q u e n ' i m p o s e la r o t a t i o n du n o y a u de f e r i n t é r i e u r de l ' a r m a t u r e ; il
a g i r a i t m ê m e m i e u x à certains é g a r d s s'il était i m m o b i l e . Mais des c o n -
sidérations d'ordre purement m é c a n i q u e nécessitent cette r o t a t i o n en
m ê m e t e m p s que c e l l e du fil, aussi b i e n p o u r les induits en anneau q u e
p o u r ceux en t a m b o u r .

Dans toutes les d y n a m o s la force ë l e c t r o m o t r i c e est à c h a q u e instant


en r a i s o n d i r e c t e de la v a r i a t i o n du flux de force à t r a v e r s l'induit, et
celui-ci est, à son tour, p r o p o r t i o n n e l à trois quantités, s a v o i r : — 1° le
c h a m p m a g n é t i q u e f o u r n i par l'inducteur ; — 2° l e n o m b r e des c o n -
ducteurs de c u i v r e reliés en s é r i e sur l ' i n d u i t ; — 3° l a vitesse à l a q u e l l e
t o u r n e n t ces c o n d u c t e u r s . Dans les m a c h i n e s à courants a l t e r n a t i f s la
v a r i a t i o n du flux à t r a v e r s l ' i n d u i t a lieu c o n t i n u e l l e m e n t a v e c une
p é r i o d i c i t é r é g u l i è r e ; dans les m a c h i n e s à c o u r a n t continu il est a u t o -
matiquement maintenu à une m o y e n n e et r e n d u constant par l e m o d e
de g r o u p e m e n t des fils autour de l'anneau ou du tambour en un
circuit f e r m é , et p a r l e u r liaison au c o l l e c t e u r . O n v e r r a plus l o i n ( p . 205)
q u e , p o u r les m a c h i n e s à c o u r a n t c o n t i n u du t y p e b i p o l a i r e c o u r a n t , l a
force é l e c t r o m o t r i c e e n g e n d r é e dans l'induit m o b i l e peut se c a l c u l e r
de la m a n i è r e suivante :

S o i e n t n le n o m b r e de tours de l'induit d a n s un t e m p s t, et, par


n
suite, — sa vitesse a n g u l a i r e ;
t
N l e n o m b r e de conducteurs de l'induit, reliés en série ;
* le flux de force passant d'un côté à l ' a u t r e , à t r a v e r s l e n o y a u de
l'induit ;
E la force é l e c t r o m o t r i c e , e x p r i m é e en volts, e n g e n d r é e par la rotation
de l'induit ; o n a :

E=^N*. 1 0 ^ volts.

Exemple. —Dans une machine Kapp employée par l'Auteur au Collège tech-
nique de Finsbury, N = 120; <t> = 7 170 000, à une vitesse de 780 tours par
minute, ou 13 tours par seconde ; on a en conséquence pour la force électro-
motrice totale engendrée : E — 111 volts.

Ou v o i t p a r l a f o r m u l e ci-dessus q u e la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e sous

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUITS 45

l a q u e l l e une d y n a m o q u e l c o n q u e f o u r n i r a son c o u r a n t est le p r o d u i t de


trois facteurs ; et q u ' o n peut l ' a u g m e n t e r e n faisant c r o î t r e l'un quel-
c o n q u e de ces trois facteurs, ou deux d ' e n t r e e u x , ou les trois e n s e m b l e .
Dans une m a c h i n e d o n n é e , N est constant, et le flux m a g n é t i q u e <ï> ne
peut dépasser la capacité du n o y a u de fer p o u r les l i g n e s d e f o r c e . Mais
si l ' o n étudie de toutes p i è c e s une m a c h i n e , o n peut n a t u r e l l e m e n t assi-
g n e r à l'un des trois facteurs t e l l e v a l e u r q u e l ' o n v e u t , à la c o n d i t i o n
que l e u r p r o d u i t total a t t e i g n e la v a l e u r f i x é e . C'est e n c o n s é q u e n c e une
question d e c o n v e n a n c e q u i , dans l ' é t u d e de la m a c h i n e , déterminera
l ' a u g m e n t a t i o n de l'un q u e l c o n q u e des facteurs plutôt q u e celle de l'un
des a u t r e s . L ' a c c r o i s s e m e n t de * c o m p o r t e une plus g r a n d e section
transversale de fer et une g r o s s e u r c o r r e s p o n d a n t e des inducteurs ; e l l e
i m p l i q u e p a r c o n s é q u e n t une plus f o r t e dépense de f e r . P o u r a u g m e n -
ter N, il faut uu p o i d s plus c o n s i d é r a b l e et p a r suite une plus g r a n d e
dépense de c u i v r e dans les c o n d u c t e u r s ; l e u r s e c t i o n d é p e n d en effet
du c o u r a n t q u ' i l s d o i v e n t s u p p o r t e r , tandis q u e la force é l e c t r o m o t r i c e
e n g e n d r é e est f o n c t i o n du n o m b r e de ces conducteurs reliés en série et
de la v a r i a t i o n du flux à t r a v e r s l'espace qu'ils c i r c o n s c r i v e n t . De plus,
l ' e x p é r i e n c e m o n t r e q u e cette a u g m e n t a t i o n de la q u a n t i t é de c u i v r e
sur un n o y a u d'induit de d i m e n s i o n s d o n n é e s e n t r a î n e , dès q u ' o n a
atteint une c e r t a i n e l i m i t e , le très sérieux i n c o n v é n i e n t que la m a c h i n e

ne peut f o n c t i o n n e r sans é t i n c e l l e s aux b a l a i s . L ' a u g m e n t a t i o n de la v i -


n
tesse — se traduit p a r des difficultés d ' o r d r e m é c a n i q u e au p o i n t de v u e
du g r a i s s a g e et de la t e n d a n c e à la rupture ; en fait, des considérations
m é c a n i q u e s l i m i t e n t c e t t e vitesse. D e p u i s l o n g t e m p s d é j à , le p r i n c i p e
moderne est de t e n i r cette vitesse peu é l e v é e e t de r é d u i r e le poids
r e l a t i f du c u i v r e , en a u g m e n t a n t p a r c o n t r e c e l u i du f e r . Dans ces con-
ditions e n effet, n o n s e u l e m e n t le coût t o t a l de la m a c h i n e est m o i n d r e
que si les p r o p o r t i o n s r e l a t i v e s de c u i v r e et de fer é t a i e n t r e n v e r s é e s ;
mais les dépenses et les soins d'entretien se t r o u v e n t b i e n d i m i n u é s . L e s
m a c h i n e s dans l e s q u e l l e s les inducteurs sont r e l a t i v e m e n t v o l u m i n e u x
et puissants d o n n e n t m o i n s d'étincelles, s o n t d'un r é g l a g e plus facile et
e x i g e n t un r e n o u v e l l e m e n t m o i n s f r é q u e n t des b a l a i s e t du c o l l e c t e u r
que celles d o n t l e système inducteur est c o m p a r a t i v e m e n t l é g e r . R é c e m -
m e n t c e p e n d a n t il s'est manifesté une t e n d a n c e en sens i n v e r s e en raison
de ce q u e , si, p a r une étude s p é c i a l e et sans r i e n sacrifier des a v a n t a g e s
résultant d'un c h a m p m a g n é t i q u e r e l a t i v e m e n t intense, on peut aug-
m e n t e r la vitesse et l e p o i d s du c u i v r e sur l'induit, la puissance de la
m a c h i n e b é n é f i c i e r a de cette l é g è r e a u g m e n t a t i o n du poids total et du
prix de r e v i e n t .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


46 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

P o u r les m a c h i n e s à c o u r a n t s alternatifs la f o r m u l e f o n d a m e n t a l e a
besoin d'être c o m p l é t é e p a r l ' i n t r o d u c t i o n de deux n o u v e a u x f a c t e u r s .
L e s m a c h i n e s de ce g e n r e sont o r d i n a i r e m e n t m u l t i p o l a i r e s , et si * r e p r é -
sente l e flux m a g n é t i q u e p o u r l'un q u e l c o n q u e des circuits m a g n é t i q u e s
individuels, l'action magnétique totale devra être multipliée par l e
nombre N P des p a i r e s de p ô l e s m a g n é t i q u e s qui e n t o u r e n t l ' i n d u i t . I l
faut en o u t r e i n t r o d u i r e une constante k d o n t l a v a l e u r ( v a r i a n t de 1,8
à 2,o dans les m a c h i n e s actuelles) d é p e n d de la l a r g e u r r e l a t i v e d e s
b o b i n e s et des pièces p o l a i r e s e m p l o y é e s . L a f o r m u l e g é n é r a l e e x p r i -
m a n t l e n o m b r e de v o l t s produits dans une m a c h i n e à c o u r a n t s alter-
natifs q u e l c o n q u e d e v i e n d r a a l o r s :

E = kN ~ p N * . 10-* v o l t s .

Exemple. — Dans un alternateur Kapp, k = 2,3 ; N = 6 ; N — 1190 ; * p =


1 230 000, alors que la vitesse est de 700 tours par minute ; de sorte que
- = 11,66, et l'on a £ = 2 395 volts.

I N D U C T E U R S : M O D E S D ' E X C I T A T I O N DU C H A M P M A G N É T I Q U E

11 existe cinq m o d e s simples d'excitation du m a g n é t i s m e qui d o i t ê t r e


utilisé dans le c h a m p m a g n é t i q u e . Ils p e u v e n t être g r o u p é s e n d e u x
c a t é g o r i e s , suivant q u e l'induit d é t e r m i n e l u i - m ê m e l ' a i m a n t a t i o n de l a
m a c h i n e d o n t il fait p a r t i e , ou que cette a i m a n t a t i o n p r o v i e n t d ' u n e
source é t r a n g è r e q u e l c o n q u e .

Dynamo magnéto-électrique ou m a g n é t o - d y n a m o . — Dans les


m a c h i n e s p r i m i t i v e s o n n'avait pas c h e r c h é à faire p r o d u i r e à l a m a c h i n e
son p r o p r e m a g n é t i s m e ; c e l u i - c i lui était d o n n é une fois p o u r toutes a u
m o y e n d'un a i m a n t p e r m a n e n t en acier. M a l h e u r e u s e m e n t le m a g n é t i s m e
soi-disant p e r m a n e n t des a i m a n t s d'acier d é c r o î t peu à p e u , et d i m i n u e
sous l'action des c h o c s ou des v i b r a t i o n s de toute nature a u x q u e l s l a
m a c h i n e est e x p o s é e .
La machine magnéto-électrique ou magnéto-dynamo, dont la figure
39 d o n n e un d i a g r a m m e , subsiste n é a n m o i n s e n c o r e dans un grand
n o m b r e de petits types de m a c h i n e s . E l l e a l e g r a n d d é s a v a n t a g e d ' ê t r e
à la fois plus l o u r d e et plus e n c o m b r a n t e , à puissance é g a l e , que d'autres

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION 47

d y n a m o s p a r c e que l ' a c i e r ne peut pas p r e n d r e une a i m a n t a t i o n p e r m a -

nente é g a l e à c e l l e q u ' o n peut d o n n e r t e m p o r a i r e m e n t au fer f o r g é , à l a


fonte, v o i r e à l ' a c i e r l u i - m ê m e .

D y n a m o à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e . — L a substitution aux aimants


en a c i e r d ' é l e c t r o - a i m a n t s excités p a r des courants provenant d'une
source é t r a n g è r e q u e l c o n q u e , t e l l e qu'une p i l e é l e c t r i q u e , a é v i d e m m e n t
1
constitué un p r o g r è s . L a dynamo à excitation indépendante ( f i g . 40)
tient en c o n s é q u e n c e le s e c o n d r a n g dans l ' o r d r e de d é v e l o p p e m e n t suc-
r
cessif des m a c h i n e s d y n a m o s . B i e n qu'il ait été emplo3 é p a r Faraday,
ce m o d e d ' e x c i t a t i o n n'est pas e n t r é dans la p r a t i q u e j u s q u ' a u j o u r o ù T

en 1866, "Wilde fit usage d'une p e t i t e m a c h i n e m a g n é t o a u x i l i a i r e p o u r


p r o d u i r e l e c o u r a n t destiné à e x c i t e r les é l e c t r o - a i m a n t s d'une m a c h i n e
plus i m p o r t a n t e . L a d y n a m o à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e a cela de c o m m u n
a v e c la m a c h i n e m a g n é t o q u e , sauf en ce q u i c o n c e r n e les réactions d u e s

1
Nous e m p l o y o n s le t e r m e « e x c i t a t i o n imiépendante a pour d i s t i n g u e r cette e x c i -
tation, e m p r u n t é e à une source e x t é r i e u r e , d e l'excitation séparée fournie, dans c e r -
tains cas, par quelques é l é m e n t s séparés de la machine e l l e - m ê m e . [ N . d. T . ]

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


48 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

au c o u r a n t dans l'induit, l'intensité de son c h a m p m a g n é t i q u e et, p a r


suite, la force é l e c t r o m o t r i c e de l a m a c h i n e sont i n d é p e n d a n t e s des
changements d e résistance qui p e u v e n t survenir dans l e circuit de
travail.
On peut r é g l e r et g o u v e r n e r les d y n a m o s de chacun des g e n r e s p r é -
cédents en m o d i f i a n t soit l e u r v i t e s s e , soit le flux de force q u i p é n è t r e
dans l e u r induit. P e n d a n t l o n g t e m p s o n a eu r e c o u r s , p o u r a g i r sur la

F i g . 40. — D y n a m o à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e .

force é l e c t r o m o t r i c e des m a c h i n e s m a g n é t o s , à une p i è c e m o b i l e en f e r ,


susceptible d'être plus ou m o i n s é l o i g n é e ou r a p p r o c h é e des p ô l e s de
l'inducteur et s e r v a n t , c o m m e d é r i v a t i o n m a g n é t i q u e , à m o d i f i e r l'inten-
sité du c h a m p m a g n é t i q u e a u q u e l est soumis l ' i n d u i t . P o u r les m a c h i n e s
à excitation indépendante d e u x autres m o y e n s p e r m e t t e n t de diminuer
à v o l o n t é le m a g n é t i s m e efficace : c'est ou d'affaiblir l e c o u r a n t d ' e x c i -
tation, en introduisant, par e x e m p l e , une résistance plus ou moins
g r a n d e dans l e circuit e x c i t a t e u r , ou b i e n de faire v a r i e r l e n o m b r e de
tours du fil dans l e q u e l circule a u t o u r des é l e c t r o - a i m a n t s un courant
constant d ' e x c i t a t i o n .
T r o i s p r o c é d é s très simples p e r m e t t e n t de r e n d r e une m a c h i n e auto-
excitatrice. : — 1° o n peut faire passer tout le c o u r a n t issu de l'induit dans
les b o b i n e s de l'inducteur reliées en série avec le circuit p r i n c i p a l ; — ¡2° o n
peut e m p r u n t e r au circuit p r i n c i p a l une partie s e u l e m e n t du courant
fourni p a r l'induit e t l ' e n v o y e r aux b o b i n e s des inducteurs mises en d é r i -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION 49

vation, a u x q u e l l e s o n d o n n e une résistance un peu plus é l e v é e que c e l l e


du circuit p r i n c i p a l ; — 3 ° l e c o u r a n t nécessaire à l ' e x c i t a t i o n des induc-
teurs peut être d e m a n d é soit à un s e c o n d induit t o u r n a n t dans le m ê m e
champ m a g n é t i q u e , soit (si l'induit est f o r m é d e plusieurs b o b i n e s ) à
quelques-unes des b o b i n e s de l ' a r m a t u r e , distraites des autres à cet effet
et réunies entre e l l e s .

Dynamo en série ou s é r i e s - d y n a m o . — L a dynamo en série ou


d y n a m o o r d i n a i r e ( f i g . 41) ne c o m p o r t e q u ' u n seul circuit. E l l e a l ' i n c o n -
v é n i e n t de ne pas e n t r e r en f o n c t i o n n e m e n t t a n t q u ' e l l e n'a pas a t t e i n t

> MAIN I
^ _ c i r c u i t y

F i g . 41. — D y n a m o en s é r i e ( s e r i e s - d y n a m o ) .
Main circuit = Circuit p r i n c i p a l .

une c e r t a i n e vitesse ou t a n t q u e la résistance du circuit e x t é r i e u r n'est


pas i n f é r i e u r e à une c e r t a i n e l i m i t e , les inducteurs ne s'aimantant pas
quand il y a t r o p de résistance ou q u a n d l a vitesse est insuffisante. L a
m o i n d r e vitesse nécessaire à l ' a u t o - e x c i t a t i o n d o n n e une m e s u r e r e l a t i v e
de la qualité du circuit m a g n é t i q u e . L e s m a c h i n e s eu série s o n t égale--
m e n t sujettes à des r e n v e r s e m e n t s de p o l a r i t é , i n c o n v é n i e n t sérieux q u i
rend ce t y p e de m a c h i n e a b s o l u m e n t i m p r o p r e à l ' é l e c t r o l y s e et à l a
c h a r g e des a c c u m u l a t e u r s . T o u t e a u g m e n t a t i o n de résistance du c i r c u i t
de l a d y n a m o e n série réduit sa puissance p r o d u c t r i c e de c o u r a n t , p a r c e
qu'elle d i m i n u e l e c o u r a n t dans les b o b i n e s inductrices, et, p a r suite, la'
quantité de m a g n é t i s m e efficace. Quand des l a m p e s sont m o n t é e s en série
( c o m m e dans un circuit d ' é c l a i r a g e à a r c ) dans le c i r c u i t d ' u n e dynamo*

DYNAHO-ÉLECTRICjUES. 4

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


50 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

e n s é r i e , l ' i n t r o d u c t i o n d'une l a m p e de plus a p o u r d o u b l e re'sultat d'aug-


m e n t e r la résistance du circuit et de d i m i n u e r l a puissance de p r o d u c -
t i o n de c o u r a n t de la m a c h i n e . D ' a u t r e p a r t , q u a n d des l a m p e s sont
m o n t é e s e n d é r i v a t i o n e n t r e deux conducteurs a l i m e n t é s p a r une d y n a m o ,
si c e l l e - c i est m o n t é e en série, l ' i n t r o d u c t i o n de n o u v e l l e s l a m p e s n'a pas
s e u l e m e n t p o u r effet de d i m i n u e r la résistance du circuit ; e l l e a m è n e
en outre une plus forte e x c i t a t i o n d e s inducteurs due à l ' a u g m e n t a t i o n
du c o u r a n t , de sorte q u e , plus o n m e t de l a m p e s en s e r v i c e , plus o n
r i s q u e de l e u r e n v o y e r un c o u r a n t excessif.

D y n a m o en d é r i v a t i o n ou s h u n t - d y n a m o . — Dans la machine montée


en dérivation ( f i g . 4 2 ) , l ' i n d u c t e u r est r e c o u v e r t d'un g r a n d n o m b r e de
spires de fil fin, de m a n i è r e à ne r e c e v o i r q u ' u n e f a i b l e f r a c t i o n du c o u -

\^_*IAIN CIRCUIT

F i g . 42. — D y n a m o en d é r i v a t i o n ( s h u n t - d y n a m o ) .
Main circuit = Circuit p r i n c i p a l . — S h u n t circuit = Circuit d é r i v é ou d é r i v a t i o n ,

r a n t t o t a l e n g e n d r é dans l'induit. Ces b o b i n e s sont reliées aux b a l a i s de l a


machine et constituent un circuit annexé ou une dérivation. Les
m a c h i n e s e n d é r i v a t i o n sont m o i n s sujettes q u e les m a c h i n e s en série
aux r e n v e r s e m e n t s de p o l a r i t é . En raison du c o û t un p e u plus é l e v é du
fil fin des b o b i n e s en d é r i v a t i o n , l e u r p r i x de r e v i e n t est un p e u supé-
r i e u r à celui des m a c h i n e s en série d ' é g a l e p u i s s a n c e ; m a i s la d é p e n s e
d ' é n e r g i e é l e c t r i q u e nécessaire au m a i n t i e n du m a g n é t i s m e est prati-
q u e m e n t l a m ê m e dans les deux cas. 11 faut autant d ' é n e r g i e é l e c t r i q u e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION 51

p o u r p o r t e r au m ê m e d e g r é d ' a i m a n t a t i o n un é l e c t r o - a i m a n t , que seg


b o b i n e s c o m p o r t e n t un g r a n d n o m b r e de tours de fil fin ou un petit
n o m b r e de tours de g r o s fil, si le volume o c c u p é p a r les spires est le m ê m e
dans les deux cas, et si l'isolant a la m ê m e épaisseur r e l a t i v e . Quand une
machine en d é r i v a t i o n a l i m e n t e des l a m p e s en arc m u l t i p l e , toute addi-
tion de l a m p e s , en réduisant la résistance t o t a l e du circuit, a u g m e n t e le
courant, m a i s n o n pas p r o p o r t i o n n e l l e m e n t à cette r é d u c t i o n ; la d i m i -
nution de résistance du circuit de t r a v a i l réduit en effet un p e u l e c o u -
r a n t qui circule dans l a d é r i v a t i o n et affaiblit l é g è r e m e n t l ' a i m a n t a t i o n ;
une m a c h i n e de ce g e n r e se r è g l e n é a n m o i n s suffisamment b i e n e l l e - m ê m e
si la résistance i n t é r i e u r e de son induit est très f a i b l e . S'il s'agit de l a m p e s
en série, l e d é b i t d'une m a c h i n e e n d é r i v a t i o n a u g m e n t e a v e c les e x i -
gences du circuit e x t é r i e u r en ce que tout a c c r o i s s e m e n t de résistance
dans le circuit de t r a v a i l laisse passer plus d e c o u r a n t dans les b o b i n e s en
d é r i v a t i o n qui e x c i t e n t les inducteurs et r e n d ainsi le c h a m p m a g n é t i q u e
plus intense. D'un a u t r e c ô t é , la m a c h i n e est plus sensible a u x v a r i a -
tions de vitesse à cause de la self-induction c o n s i d é r a b l e que p r é s e n t e l a
d é r i v a t i o n ; p o u r des m a c h i n e s â haut v o l t a g e , le m o n t a g e e n d é r i v a t i o n
estd'ailleurs t r o p c o û t e u x . L a p o r t i o n du circuit mise en d é r i v a t i o n dans
le cas actuel est f o r m é e d'un g r a n d n o m b r e de tours de fil fin r o u l é sur
les n o y a u x de fer. E l l e a en c o n s é q u e n c e un coefficient de self-induction
beaucoup plus é l e v é que l e reste du c i r c u i t ; p a r suite, toute v a r i a t i o n
subite d a n s la vitesse a g i t nécessairement plus sur le courant p r i n c i p a l
que sur celui du shunt. Bref, si le m o n t a g e en d é r i v a t i o n assure le c o u -
rant contre des p e r t u r b a t i o n s dues à des c h a n g e m e n t s de résistance
dans le circuit, il ne l e g a r a n t i t pas c o n t r e les p e r t u r b a t i o n s résultant
de variations dans l a vitesse de r o t a t i o n . On peut a g i r sur la force
é l e c t r o m o t r i c e d'une m a c h i n e en d é r i v a t i o n e n introduisant dans l e shunt
une résistance v a r i a b l e .

Une v a r i é t é du m o d e d'excitation e n d é r i v a t i o n c o m p o r t e l ' e m p l o i


d'un troisième balai t o u c h a n t l e c o l l e c t e u r e n un p o i n t intermédiaire
entre les points au plus haut et au plus bas p o t e n t i e l . L e s e x t r é m i t é s des
bobines d ' e x c i t a t i o n sont reliées au t r o i s i è m e b a l a i et à l'un des balais
ordinaires, de sorte q u ' u n e partie s e u l e m e n t des v o l t s e n g e n d r é s dans
l'induit a g i t sur ces b o b i n e s .

D y n a m o a u t o - e x c i t a t r i c e à c i r c u i t s é p a r é . — Dans une troisième


espèce de m a c h i n e auto-excitatrice ( f i g . 4 3 ) , les b o b i n e s inductrices sont
m o n t é e s de m a n i è r e à faire p a r t i e d'un circuit a b s o l u m e n t distinct du
circuit p r i n c i p a l , tout e n é t a n t a l i m e n t é e s p a r des c o u r a n t s issus des

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


52 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

b o b i n e s en m o u v e m e n t dans le c h a m p m a g n é t i q u e . O n p e u t o b t e n i r c e
résultat de d e u x m a n i è r e s : -— i° en faisant t o u r n e r e n t r e les m ê m e s induc-
teurs un second induit destiné à fournir le c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n ; c h a q u e
1
induit est n a t u r e l l e m e n t m u n i d'un c o l l e c t e u r s p é c i a l . L a d d , et 0 . et
8
F.-H. Varley o n t é t a b l i des m a c h i n e s de ce g e n r e ; — 2° en r e l i a n t sépa-
r é m e n t quelques-unes des b o b i n e s é l é m e n t a i r e s de l ' i n d u i t à un c o l l e c t e u r
spécial p o u r fournir le c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n . Des systèmes de c e g e n r e o n t
été i m a g i n é s p a r W i l d e , H o l m e s et L o n t i n , v e r s les années 1868 ou 1869,
en v u e de r e n d r e a u t o - e x c i t a t r i c e s leurs m a c h i n e s à c o u r a n t s alternatifs.,
H o l m e s a décrit une m a c h i n e à v i n g t b o b i n e s é l é m e n t a i r e s d a n s l'induit,

F i g . 43. — D y n a m o a u t o - e x c i t a t r i c e , à c i r c u i t d ' e x c i t a t i o n s é p a r é .

sur, l e s q u e l l e s d i x e n v o y a i e n t a u x l a m p e s des c o u r a n t s a l t e r n a t i f s , tan-


dis q u e les a u t r e s , ou une partie d ' e n t r e elles, p o u v a i e n t , à l ' a i d e d'un,
c o m m u t a t e u r spécial, être r e l i é e s de m a n i è r e à f o u r n i r aux é l e c t r o -
aimants le c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n . R u h m k o r f f est a r r i v é au m ê m e résultat
en r o u l a n t un s e c o n d fil sur une a r m a t u r e en n a v e t t e d e S i e m e n s m u n i e ,
d a n s ce cas, d'un c o m m u t a t e u r à chacune de ses e x t r é m i t é s . L a m a c h i n e
3
Winkler s'excite elle-même intérieurement au m o y e n d'un second
enroulement distinct du principal. L'effet de ce mode d'excitation

1
Phil. Mag., X X X I I I . 544, 1867.
* B r e v e t a n g l a i s , 2525 d e 1869.
» Electrical World, X V I I . 455,-1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION ë3

par b o b i n e séparée est à p e u p r è s l e m ê m e q u e celui de l ' e x c i t a t i o n e n


d é r i v a t i o n , mais il p r é s e n t e cet a v a n t a g e q u e l e c o u r a n t ainsi e m p r u n t é
pour l ' a i m a n t a t i o n peut être c a p t é à bas v o l t a g e , ce q u i est p r é f é r a b l e
pour les inachines à haute t e n s i o n . En ce qui c o n c e r n e ces d e r n i è r e s
machines fonctionnant à 1 000 v o l t s et au-dessus, l e p r i x du fil fin à
m e t t r e en d é r i v a t i o n serait en effet a b s o l u m e n t p r o h i b i t i f .

L e s c i n q systèmes p r é c é d e n t s p e u v e n t s ' a p p l i q u e r aux m a c h i n e s à c o u -


rant c o n t i n u . P o u r les m a c h i n e s à courants a l t e r n a t i f s , l e m o n t a g e e n
série ni le m o n t a g e en d é r i v a t i o n ne sont a p p l i c a b l e s . M a i s , si chacun de
ces cinq m o d e s d ' e x c i t a t i o n a ses a v a n t a g e s , aucun d ' e u x n'est parfait. Ils
n'assurent en effet ni les uns ni les autres, p o u r une vitesse u n i f o r m e , la
constance de la tension é l e c t r i q u e aux b o r n e s ni c e l l e du c o u r a n t , q u e l -
que c h a n g e m e n t q u i se p r o d u i s e dans la résistance du circuit.
Si toutes les l a m p e s p l a c é e s dans l e circuit d'une d y n a m o é t a i e n t desti-
nées%. f o n c t i o n n e r e n m ê m e t e m p s , c'est-à-dire si elles d e v a i e n t ê t r e toutes
insérées ou r e t i r é e s s i m u l t a n é m e n t , — e n d'autres termes, si la puissance
fournie p a r la m a c h i n e d e v a i t ê t r e c o n s t a n t e , — p e u i m p o r t e r a i t le m o d e
d'excitation soit e n se'rie, soit en d é r i v u t i o n de l'inducteur, p o u r v u que l a
vitesse fût e l l e - m ê m e toujours i d e n t i q u e . M a i s dans la p r a t i q u e , où le
n o m b r e des l a m p e s en s e r v i c e est g é n é r a l e m e n t v a r i a b l e , aucun des
cinq m o d e s s i m p l e s d ' e x c i t a t i o n ci-dessus n'assurera la r é g u l a r i t é de la
tension dans l ' a l i m e n t a t i o n du circuit.
Mais si la t h é o r i e nous dit q u ' a u c u n de ces s y s t è m e s n'est parfait, e l l e
ne nous laisse c e p e n d a n t pas sans g u i d e . G r â c e à d i v e r s i n v e n t e u r s ,
on sait aujourd'hui c o m b i n e r ces m é t h o d e s de manière à obtenir
p r a t i q u e m e n t d'une m a c h i n e m a r c h a n t à une vitesse constante un c o u -
rant sous une différence de p o t e n t i e l c o n s t a n t e . Ces m é t h o d e s sont s o i -
g n e u s e m e n t d é v e l o p p é e s au C h a p i t r e X I . N o u s n ' e n d o n n o n s ici q u ' u n e
courte d e s c r i p t i o n p o u r c o m p l é t e r l ' é n u m é r a t i o n s o m m a i r e des m o d e s
d ' e x c i t a t i o n des inducteurs.

' ' MODES DE COMBINAISONS

L a d é c o u v e r t e du m o y e n à e m p l o y e r p o u r r e n d r e auto-régulatrice
une d y n a m o m a r c h a n t à une vitesse constante est due à M . M a r c e l D e p r e z ;
e l l e est le résultat d'études sur les d i a g r a m m e s des caractéristiques des
machines d y n a m o s D e u x cas distincts e x i g e n t cette a u t o - r é g u l a t i o n .

1
Voir La Lumière électrique, 3 d é c e m b r e 1881 et 5 j a n v i e r 1884.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


54 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

Comme, dans les a p p l i c a t i o n s industrielles, l e p r e m i e r r ô l e d'une


d y n a m o est d ' a l i m e n t e r suffisamment et r é g u l i è r e m e n t un système de
l a m p e s , et q u e , dans l a p r a t i q u e , ces l a m p e s sont o r d i n a i r e m e n t m o n t é e s
soit en d é r i v a t i o n , soit en s é r i e , il est é v i d e n t q u ' o n a b e s o i n , dans le
p r e m i e r cas, d'une pression électrique ou c différence de potentiel »
constante e n t r e les conducteurs, et, dans l e s e c o n d , d'un courant cons-
tant
" S u p p o s o n s une d y n a m o possédant un induit sans réactions d é m a g n é -
tisantes, de résistance intérieure n u l l e , e t d o n t les inducteurs soient
excités p a r une source i n d é p e n d a n t e q u e l c o n q u e . A vitesse constante
elle d o n n e r a i t une différence de p o t e n t i e l constante à ses b o r n e s , q u e l l e
que fût la résistance du circuit. Mais si cet induit a une résistance inté-
r i e u r e , la tension e x t é r i e u r e sera m o i n d r e q u e la force é l e c l r o m o t r i c e
totale d é v e l o p p é e , et la différence entre elles sera d'autant plus c o n s i d é -
rable q u e la résistance i n t é r i e u r e et l'intensité du c o u r a n t s e r o n t e l l e s -
m ê m e s plus g r a n d e s . T o u t e d y n a m o sans résistance, e x c i t é e s é p a r é m e n t
ou m o n t é e e n d é r i v a t i o n , serait ainsi a u t o - r é g u l a t r i c e .

Or il est i m p o s s i b l e , o n l e sait, d ' a v o i r une a r m a t u r e de résistance


nulle. Mais si, connaissant la résistance de l ' a r m a t u r e d'une d y n a m o , on
a r r i v e à t r o u v e r q u e l l e est l ' a i m a n t a t i o n a d d i t i o n n e l l e nécessaire à l ' a u g -
m e n t a t i o n de l a force é l e c t r o m o t r i c e de f o n c t i o n n e m e n t de la m a c h i n e ,
de t e l l e sorte q u e l a force é l e c t r o m o t r i c e nette ( d é d u c t i o n faite de la
p o r t i o n e m p l o y é e à v a i n c r e la résistance i n t é r i e u r e ) soit c o n s t a n t e , et
que, après l ' a v o i r t r o u v é e , o n p o u r v o i e à cette p o r t i o n v a r i a b l e d e l'ai-
m a n t a t i o n p a r l ' a d d i t i o n de b o b i n e s en série, la d y n a m o ainsi r e n f o r c é e
a g i r a c o m m e si e l l e n ' a v a i t pas de résistance i n t e r n e et d o n n e r a entre
certaines l i m i t e s une différence de potentiel constante à ses b o r n e s .
P o u r une distribution sous potentiel constant, o n d e v r a a v o i r , e n con-
séquence, des d y n a m o s c o m p o r t a n t une c o m b i n a i s o n de b o b i n e s i n d u c -
trices en série a v e c excitation auxiliaire indépendante constante.
D'autre part, si une m a c h i n e e n d é r i v a t i o n était construite a v e c u n e
armature d e résistance c o n s i d é r a b l e , la force électromotrice qu'elle
d é v e l o p p e r a i t à une vitesse constante serait très s e n s i b l e m e n t propor-

• On m o n t e a c c i d e n t e l l e m e n t des l a m p e s à i n c a n d e s c e n c e par d e u x , t r o i s , ou pins,


en s é r i e , un c e r t a i n n o m b r e d e ces séries é t a n t placé en d é r i v a t i o n sur l e s c o n -
ducteurs p r i n c i p a u x entre lesquels est m a i n t e n u e une tension constante. Il est plus
rare d e v o i r un p e t i t n o m b r e de ces l a m p e s toutes en d é r i v a t i o n l'une par rapport
à l'autre m o n t é e s d a n s le c i r c u i t d'une s é r i e de l a m p e s à arc t r a v e r s é e s par un
courant d ' i n t e n s i t é c o n s t a n t e . Ces e x c e p t i o n s r e n t r e n t dans l'un ou l'autre des d e u x
cas étudiés i c i .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION

t i o n n e l l e à la résistance e x t é r i e u r e , car, en d o u b l a n t cette résistance


e x t é r i e u r e , o n d o u b l e r a i t très a p p r o x i m a t i v e m e n t la p r o p o r t i o n du cou-
r a n t passant dans le shunt, et dès l o r s ( e n a d m e t t a n t toujours que les
n o y a u x de fer soient é l o i g n é s de l e u r p o i n t de s a t u r a t i o n ) le m a g n é t i s m e
des é l e c t r o - a i m a n t s serait d o u b l é ; en d'autres t e r m e s , o n o b t i e n d r a i t
une intensité de c o u r a n t a p p r o x i m a t i v e m e n t c o n s t a n t e .
Dans ce cas, une résistance é l e v é e de l'induit ne serait pas é c o n o m i q u e ,
et la puissance de la m a c h i n e s e r a i t très f a i b l e r e l a t i v e m e n t à son p o i d s ;
son état m a g n é t i q u e serait d ' a i l l e u r s très instable. Aussi n'a-t-on pu
encore r é a l i s e r j u s q u ' i c i un m o d e d ' e n r o u l e m e n t compound donnant
l'auto-régulation pour courant constant. On a recours à d'autres
m o y e n s de r é g u l a t i o n dans le cas des m a c h i n e s p o u r é c l a i r a g e à arc qui
e x i g e n t la constance du c o u r a n t . O n les t r o u v e r a aux C h a p i t r e s X V I I
et X X V I I .

Combinaisons pour différence de p o t e n t i e l constante.

1). Excitation en série et par circuit indépendant (Deprez). — Cette


c o m b i n a i s o n , r e p r é s e n t é e figure 44, peut ê t r e a p p l i q u é e à toute m a c h i n e

V _ y
Fiff. 4 4 . — C o m b i n a i s o n d ' e x c i t a t i o n en série et d ' e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e .

d y n a m o en série ; il suffit q u e les b o b i n e s des é l e c t r o - a i m a n t s soient


disposées d e telle sorte q u ' u n c o u r a n t distinct, p r o v e n a n t d'une source
i n d é p e n d a n t e , puisse e n t r a v e r s e r une p a r t i e , de m a n i è r e à p r o d u i r e u n
c h a m p m a g n é t i q u e initial i n d é p e n d a n t du c o u r a n t p r i n c i p a l de la d y n a m o .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


56 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

•Quand l a m a c h i n e f o n c t i o n n e , la force é l e c t r o m o t r i c e qui p r o d u i t l e cou-


r a n t d é p e n d à l a fois de cette excitation indépendante et de l'action
e x c i t a t r i c e de son p r o p r e c o u r a n t sur les é l e c t r o - a i m a n t s . Si l a m a c h i n e
t o u r n e à une vitesse t e l l e q u e le q u o t i e n t de la p o r t i o n de la f o r c e é l e c -
t r o m o t r i c e due à l'auto-excitation, divisée p a r l'intensité du c o u r a n t , soit
n u m é r i q u e m e n t é g a l à la résistance i n t é r i e u r e de l a m a c h i n e , la force
é l e c t r o m o t r i c e dans le circuit sera constante, quelles q u e s o i e n t les v a r i a -
t i o n s des résistances extérieures. M. Deprez a démontré d'ailleurs que
cette vitesse p e u t ê t r e déduite de l ' e x p é r i e n c e , et q u e , u n e fois la vitesse
c r i t i q u e d é t e r m i n é e , la m a c h i n e peut ê t r e r é g l é e de m a n i è r e à f o n c t i o n n e r
a v e c u n e force é l e c t r o m o t r i c e q u e l c o n q u e ; il suffit, à cet effet, d e faire
v a r i e r dans la p r o p o r t i o n v o u l u e l'intensité du courant d'excitation
indépendant.

2). Excitation en série avec adjonction de machine magnéto-élec-


trique (Perry). — L a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e i n i t i a l e dans le circuit, e x i g é e
p a r la t h é o r i e de M . D e p r e z , n'a pas nécessairement b e s o i n de p r o v e n i r
d'un champ m a g n é t i q u e initial d ' o r i g i n e i n d é p e n d a n t e . L ' a d d i t i o n d'un
a i m a n t p e r m a n e n t p o u r d o n n e r aux pièces p o l a i r e s des é l e c t r o - a i m a n t s
une a i m a n t a t i o n p a r t i e l l e i n i t i a l e résout é g a l e m e n t l e p r o b l è m e dans
une certaine m e s u r e ; mais l e professeur P e r r y a a d o p t é l a solution plus
g é n é r a l e qui consiste à i n t r o d u i r e dans l e circuit d'une d y n a m o en série
une m a c h i n e m a g n é t o séparée, t o u r n a n t e l l e - m ê m e à une vitesse u n i -
f o r m e t e l l e q u ' e l l e produise dans l e circuit u n e f o r c e é l e c t r o m o t r i c e
constante é g a l e à c e l l e q u ' o n v e u t o b t e n i r entre les c o n d u c t e u r s p r i n c i -
p a u x d ' a l l e r et de r e t o u r .
Cette disposition p e u t ê t r e m o d i f i é e par l ' e m p l o i d'une e x c i t a t r i c e
m o n t é e en d é r i v a t i o n , dont les é l e c t r o - a i m a n t s s e r a i e n t i n t e r c a l é s , c o m m e
p r é c é d e m m e n t , dans la p o r t i o n du circuit e x t é r i e u r e à la m a c h i n e . L a
c o m b i n a i s o n d'un a i m a n t p e r m a n e n t a v e c des é l e c t r o - a i m a n t s dans une
seule et m ê m e m a c h i n e est d'ailleurs b i e n a n t é r i e u r e aux idées émises
p a r D e p r e z ou P e r r y ; e l l e a été décrite par H j o r t h en 18S4.

3). Excitation en série et en dérivation. — L ' e x c i t a t i o n des é l e c t r o -


aimants d'une d y n a m o , en partie par le c o u r a n t p r i n c i p a l et en p a r t i e
p a r un c o u r a n t pris en d é r i v a t i o n sur les balais de la m a c h i n e , c o m m e
l ' i n d i q u e la figure 45, a été a p p l i q u é e il y a q u e l q u e s années. U n e disposi-
1
t i o n a d o p t é e p a r Brush dès 1878 rendait sa m a c h i n e très a p p r o x i m a t i -

1
L a d é r i v a t i o n d'une partie du circuit, o r i g i n a i r e m e n t a p p e l é e « taquin » , a été
tout d'abord a p p l i q u é e aux m a c h i n e s à g a l v a n o p l a s t i e , en vue d ' e m p ê c h e r l e ren-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION 57

vement auto-régulatrice, puisqu'elle donnait une v a r i a t i o n de m o i n s


d'un v o l t dans la différence de p o t e n t i e l entre des limites de c o u r a n t très
étendues. Si les spires en d é r i v a t i o n sont r e l a t i v e m e n t p e u nombreuses
et ont une résistance é l e v é e , de t e l l e sorte que leur force magnétisante
soit faible, la m a c h i n e d o n n e r a a p p r o x i m a t i v e m e n t une différence d e
potentiel u n i f o r m e , mais de q u e l q u e s v o l t s s e u l e m e n t ; tandis q u e , si l a
d é r i v a t i o n a une f o r c e m a g n é t i s a n t e relativement considérable, compa-

V_ S
F i g . 45. — D y n a m o en série et en d é r i v a t i o n :

r a t i v e m e n t aux spires peu n o m b r e u s e s du circuit p r i n c i p a l , la m a c h i n e


sera apte à p r o d u i r e une différence de p o t e n t i e l constante d'un grand
n o m b r e de v o l t s . Mais, c o m m e p r é c é d e m m e n t , à chaque cas c o r r e s p o n d r a
une certaine vitesse c r i t i q u e d é p e n d a n t de la construction de la m a c h i n e .
L e m o n t a g e a v e c b o b i n e s en série et en d é r i v a t i o n est généralement
connu sous l e n o m d ' « enroulement compound » .

4). Excitation en série et en Longue dérivation. — E n 1882, l ' A u t e u r


a p r o p o s é de d o n n e r ce n o m à une c o m b i n a i s o n tout à fait a n a l o g u e à la
p r é c é d e n t e , et qui n ' a v a i t pas e n c o r e , à sa connaissance, été p r a t i q u e -
ment essayée pour une application de ce genre, bien qu'elle eût
été, comme elle, décrite par Brush. S i , c o m m e dans l a figure 4 6 ,

v e r s e m e n t du courant par suite d'une i n v e r s i o n de l ' a i m a n t a t i o n des é l e c t r o -


aimants ; m a i s elje a é t é c o n s e r v é e dans un certain n o m b r e d'autres t y p e s d e
machines en v u e de d o n n e r plus de r é g u l a r i t é au courant.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


58 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

les é l e c t r o - a i m a n t s sont excités partiellement en série, mais partielle-


m e n t aussi p a r des spires de fil plus fin, prises en d é r i v a t i o n sur la tota-
lité du circuit extérieur, cette combinaison s'appliquera m i e u x q u e la
p r é c é d e n t e au m a i n t i e n d ' u n e différence de p o t e n t i e l c o n s t a n t e , c a r l e
courant dans la longue dérivation sera plus c o n s t a n t qu'un courant
d a n s une courte dérivation e n t r e les balais.

En 1882 l ' A u t e u r é m e t t a i t l ' o p i n i o n q u e , si ces d e u x d e r n i è r e s c o m b i -

F i g . 46. — D y n a m o en série e t en L o n g u e d é r i v a t i o n .

naisons n e r é s o l v a i e n t pas l e p r o b l è m e a v e c a u t a n t d e p e r f e c t i o n q u e
les p r é c é d e n t e s , elles se p r ê t a i e n t m i e u x à une a p p l i c a t i o n i m m é d i a t e
e n c e sens q u ' e l l e s p e u v e n t ê t r e adaptées sur une m a c h i n e ordinaire

* L a p r i o r i t é de l ' i n v e n t i o n du d o u b l e e n r o u l e m e n t , • en série e t en d é r i v a t i o n » ,
est r e v e n d i q u é e par plusieurs r i v a u x . Brush est sans c o n t r e d i t l e p r e m i e r qui ait
industriellement e m p l o y é ce s y s t è m e , m a i s i l est p e r m i s de d o u t e r q u ' i l en c o n -
nût les a v a n t a g e s . Elle a é t é é g a l e m e n t r é c l a m é e par M . S. A . Varley s'appuyant sur
n
la machine d é c r i t e dans son b r e v e t a n g l a i s n 4905 de 1876, dans laquelle figuraient
deux circuits de différente résistance passant tous deux sur les b o b i n e s des é l e c -
t r o - a i m a n t s e t allant tous deux à la l a m p e . II a obtenu u n e d é c i s i o n des tribunaux
écossais établissant q u e cette b i z a r r e d i s p o s i t i o n p r i m a i t celle d é c r i t e par Brush.
L ' e n r o u l e m e n t c o m p o u n d a é t é c e p e n d a n t décrit en 1871 p a r S i n s t e d e n (Pogg. Ann.,
Supplement-Band, V. 651). I l est m e n t i o n n é par S i r C . W . S i e m e n s dans les Philo-
sophical Transactions d e mars 1880 c o m m e présentant certains a v a n t a g e s . I l est
é g a l e m e n t r é c l a m é au profit d e L a u c k e r t ( v o i r la note d e M . Boistel, p . 100, de la
traduction de la p r e m i è r e é d i t i o n d e ce l i v r e ) ; par P a g e t H i g g s {Electrical Review,
X I . 280 ; et Electrician, 23 d é c e m b r e 1882); par J. W . S w a n , v o i r B o s a n q u e t (Ibid.,
9 d é c e m b r e 1882) ; par J. S w i n b u r n e (Ibid., 23 d é c e m b r e 1882); par S. Schuckert (Ibid.,
13 o c t o b r e 1883). Il est r e v e n d i q u é en A m é r i q u e par E d i s o n ; et a é t é b r e v e t é par

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


INDUCTEURS ET EXCITATION 59

q u e l c o n q u e et n ' e x i g e n t p a s , c o m m e les d e u x p r é c é d e n t e s , l ' e m p l o i


d ' e x c i t a t r i c e s séparées ou de m a c h i n e s m a g n é t o s i n d é p e n d a n t e s . Cette
o p i n i o n a été p l e i n e m e n t justifiée p a r les p r o g r è s c o n s i d é r a b l e s réalisés
depuis dans les m a c h i n e s « c o m p o u n d » a u t o - r é g u l a t r i c e s .

S). Excitation en série et par bobine séparée. — Ce p r o c é d é ne p a r a i t


pas a v o i r été essayé sur des m a c h i n e s à c o u r a n t continu. P o u r les
d y n a m o s à c o u r a n t s alternatifs, Z i p e r n o w s k y e n a tenté a v e c succès une
modification, l ' e x c i t a t i o n « e n série » ou prise sur le circuit p r i n c i p a l
é t a n t , dans c e cas, r e m p l a c é e p a r une e x c i t a t i o n d é r i v é e du circuit prin-
c i p a l à l ' a i d e d'un petit t r a n s f o r m a t e u r . Ce s y s t è m e est d é v e l o p p é au
Chapitre X X V .

M M . Crompton et Kapp (Ibid., 9 juin 1883). Voir é g a l e m e n t Hospitalier (L'Electri-


cien, n » 20, 1882). Les électriciens peuvent aussi consulter une série d'articles parus
dans The Electrician, t. X , c o m m e n ç a n t le 16 d é c e m b r e 1882 et dus à M . GisberL
Kapp. Enfln VElectrical World, X V I . 383, 1891, a donné sur c e sujet un travail du
h' Louis Bell.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE I V

ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT

Co c h a p i t r e s ' a p p l i q u e s u r t o u t aux m a c h i n e s à c o u r a n t continu, à


induits en anneau ou en t a m b o u r , et à c h a m p m a g n é t i q u e s i m p l e c o m m e
celui fourni p a r les inducteurs b i p o l a i r e s si c o m m u n s dans les m a c h i n e s
de ce g e n r e .
P o u r plus de clarté nous supposerons q u e l'induit ( v u du côté du c o l -
l e c t e u r ) tourne d e x t r o r s u m , c'est-à-dire dans l e sens des a i g u i l l e s d'une
m o n t r e . N o u s a d m e t t r o n s en o u t r e q u e le p ô l e n o r d de l ' é l e c t r o - a i m a n t
est p l a c é à d r o i t e de l ' o b s e r v a t e u r , c o m m e dans les figures 39 à 46, de
t e l l e sorte q u e l e flux de force va de d r o i t e à g a u c h e à t r a v e r s l e n o y a u
de l'induit. N o u s supposerons enfin q u e les spires r o u l é e s sur la carcasse
de l'induit sont d e x t r o r s u m . Ce p o i n t d e d é p a r t a d m i s c o m m e type
g é n é r a l , il sera ensuite très facile de v o i r c o m m e n t l'induction de force

F i g . 47. — I n d u i t vu d e bout, dans un i n d u c t e u r b i p o l a i r e .

é l e c t r o m o t r i c e se t r o u v e m o d i f i é e par un c h a n g e m e n t dans l'une q u e l -


c o n q u e de ces h y p o t h è s e s .
La figure 47 est l ' e x p r e s s i o n de ces c o n d i t i o n s p o u r un induit en
a n n e a u v u de b o u t . L e s l i g n e s de force p a r t a n t du p ô l e N traversent de

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 61
1
droite à g a u c h e Y entrefer v o i s i n et a r r i v e n t dans le n o y a u de fer de
l'induit ; a p r è s l ' a v o i r p é n é t r é ( c o m m e dans la f i g u r e 4 8 ) , elles v i e n n e n t
alors f r a n c h i r l ' e n t r e f e r de g a u c h e et r e j o i n d r e l e p ô l e S de l'induc-
leur, L e s fils ou conducteurs de c u i v r e de l ' a r m a t u r e , au fur et à m e s u r e
de leur a r r i v é e successive dans l'entrefer de g a u c h e , d é c o u p e n t et embras-
sent chacun un flux de f o r c e . C h a q u e c o n d u c t e u r é m e r g e ensuite à la
partie s u p é r i e u r e de l ' e n t r e f e r , passe, dans son m o u v e m e n t de r o t a t i o n ,
à la p a r t i e supérieure de l'induit, en a l l a n t de g a u c h e à d r o i t e , et

F i g . 48. — L i g n e s m a g n é t i q u e s d'une d y n a m o b i p o l a i r e (sans aucune p e r t u r b a t i o n


de c o u r a n t d ' i n d u i t ) .

découpe e t embrasse de n o u v e a u un flux de f o r c e en r e d e s c e n d a n t dans


l'entrefer d r o i t . Si l ' o n a p p l i q u e a l o r s l a r è g l e i n d i q u é e p a g e 21, on
trouve q u e l e sens des forces é l e c t r o m o t r i c e s induites dans ces c o n d u c -
teurs p e n d a n t le m o u v e m e n t est l e suivant : — d a n s tous les conducteurs
montant dans l ' e n t r e f e r g a u c h e , l e sens des l i g n e s de f o r c e se d i r i g e
vers l ' o b s e r v a t e u r , — tandis q u e d a n s tous ceux qui descendent dans
l'autre entrefer, celui de d r o i t e , le sens des forces é l e c t r o m o t r i c e s induites,
v a en s ' é l o i g n a n t de l ' o b s e r v a t e u r . Si l ' o n a d m e t q u e ces f o r c e s é l e c t r o -
2
m o t r i c e s e n g e n d r e n t e f i e c t i v e m e n t des c o u r a n t s , o n peut d i r e dès l o r s q u e

1
Espace e n t r e le fer du n o y a u d ' i n d u i t et le fer du noyau d'inducteur, ( s u r f a c e
polaire).
* Dans toutes les d y n a m o s e m p l o y é e s c o m m e génératrices, les courants étant
d é v e l o p p é s par les forces e l e c t r o m o t r i c e s sont n a t u r e l l e m e n t de même sens q u o les
forces é l e c t r o m o t r i c e s qui leur d o n n e n t n a i s s a n c e . Mais il ne faut pas o u b l i e r q u e ,
dans le cas des m a c h i n e s utilisées c o m m e moteurs, l e s courants p r o v i e n n e n t de'

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


62 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

les courants v o n t v e r s l ' o b s e r v a t e u r dans les c o n d u c t e u r s q u i s ' é l è v e n t


dans l ' e n t r e f e r g a u c h e , et q u ' i l s s'en é l o i g n e n t dans ceux q u i d e s c e n d e n t
d a n s l ' e n t r e f e r de d r o i t e . Si l'induit est e n f o r m e d ' a n n e a u , les courants
allant dans un sens dans l ' e n t r e f e r m a r c h e n t en sens c o n t r a i r e à l'inté-
r i e u r de l ' a n n e a u . Dans un i n d u i t en t a m b o u r , les courants passent sim-
p l e m e n t d'un côté à l ' a u t r e de la surface du t a m b o u r p a r l e s c o n n e x i o n s
r e l i a n t les conducteurs sur l a base o p p o s é e du n o y a u .

Examinons maintenant la m a n i è r e d o n t sont r e l i é e s e n t r e e l l e s les


b o b i n e s é l é m e n t a i r e s r o u l é e s sur l'induit. Q u ' o n ait affaire à un anneau
ou à un t a m b o u r , elles sont g r o u p é e s s y m é t r i q u e m e n t autour d'un
noyau s y m é t r i q u e et réunies les unes aux autres en un c i r c u i t f e r m é ;
en m ê m e t e m p s , des l a m e s de c o n n e x i o n , disposées à i n t e r v a l l e s r é g u -
liers dans la m ê m e d i r e c t i o n que ces b o b i n e s , v i e n n e n t a b o u t i r i s o l é m e n t
à chacune des touches du c o l l e c t e u r . L a figure 34, p . 38, r e p r é s e n t e un
e n r o u l e m e n t s i m p l e e n a n n e a u , f o r m é de 32 tours de fil g r o u p é s e n
huit » sections » o u « b o b i n e s é l é m e n t a i r e s » , d o n t chacune c o m p r e n d
q u a t r e spires. L a fin de c h a q u e section est r e l i é e au c o m m e n c e m e n t de
la suivante sur toute l a p é r i p h é r i e . L e c o l l e c t e u r est à huit t o u c h e s , et
l e s e x t r é m i t é s de chacune des sections de l ' e n r o u l e m e n t sont r e l i é e s à
d e u x touches voisines du c o l l e c t e u r . Dans la figure 3 4 , les b a l a i s sont
représentés e n c o n t a c t r e s p e c t i f a v e c la t o u c h e la plus h a u t e et a v e c
l a plus basse du c o l l e c t e u r . L ' e n r o u l e m e n t du lil sur l ' a n n e a u étant
d e x t r o r s u m , o n v e r r a a v e c un peu d'attention q u e , en c o n f o r m i t é de ce
qui p r é c è d e , les c o u r a n t s induits dans les spires m o n t a n t e s sur l a m o i t i é
g a u c h e de l ' a n n e a u i r o n t tous en s'élevant du p o i n t l e plus bas v e r 3 l e
p o i n t le plus é l e v é , et q u e , de m ê m e , tous ceux p a r c o u r a n t la m o i t i é de
d r o i t e c i r c u l e r o n t de bas e n h a u t . Ces deux courants se r é u n i r o n t à la
t o u c h e supérieure du c o l l e c t e u r , s ' é c o u l e r o n t e n s e m b l e p a r le b a l a i supé-
r i e u r ( q u i , p a r suite, sera c o n s i d é r é c o m m e positif), et de là a l i m e n t e -
ront le circuit e x t é r i e u r ; après q u o i , le courant r e v i e u d r a au b a l a i infé-
rieur ou négatif et r e n t r e r a dans l ' i n d u i t p a r la t o u c h e i n f é r i e u r e du
c o l l e c t e u r , où il se divisera a l o r s en deux parties p o u r repasser, c o m m e
p r é c é d e m m e n t , p a r les d e u x m o i t i é s de l ' e n r o u l e m e n t . Si les fils de l ' a r -
m a t u r e étaient r o u l é s (ou c o n n e c t é s ) sinistrórsum, le balai inférieur
serait le b a l a i positif, et le balai supérieur le négatif. T o u t ce qui p r é -
c è d e s'applique é g a l e m e n t à l'induit en t a m b o u r ; mais l e r e c o u v r e m e n t

forces e l e c t r o m o t r i c e s é t r a n g è r e s et s u p é r i e u r e s , et que les forces é l e c t r o m o t r i c e s


i n d u i t e s dans l'armature du m o t e u r sont toujours de sens contraire à celui du c o u -
rant qui lui a r r i v e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 83

m u l u e l des deux moitiés de l ' e n r o u l e m e n t ne p e r m e t pas de suivre aussi


f a c i l e m e n t la m a r c h e du c o u r a n t .
Il est à n o t e r q u e le c o u r a n t , a p r è s être entré dans les spires de l'in-
duit et s'être p a r t a g é suivant les d e u x v o i e s q u i lui sont offertes, passe
d'une section à l'autre sans a r r i v e r a l'une q u e l c o n q u e des t o u c h e s du
collecteur j u s q u ' à ce q u e les d e u x c o u r a n t s se réunissent de l ' a u t r e c ô t é
et affluent à l a touche du c o l l e c t e u r q u i , à l'instant c o n s i d é r é , passe
sous l e b a l a i . A u x m o m e n t s où l'une des touches du c o l l e c t e u r cesse
d'être en c o n t a c t a v e c un b a l a i et où une a u t r e a r r i v e en c o n t a c t a v e c
lui, le b a l a i p o r t e sur d e u x t o u c h e s consécutives et m e t un instant e n
court-circuit une des sections de l'induit. T a n t q u e dure ce d o u b l e c o n -
tact, les d e u x courants qui affluent des deux m o i t i é s de l ' e n r o u l e m e n t
s'écoulent r e s p e c t i v e m e n t aux d e u x touches du c o l l e c t e u r et se réunis-
sent ainsi p o u r passer p a r l e m ê m e b a l a i .

Il est é v i d e n t q u e , si l e s l i g n e s de force dans les entrefers sont plus


denses dans une p a r t i e q u e dans une autre, les forces é l e c t r o m o t r i c e s
induites dans chacune des sections prise i s o l é m e n t n ' a u r o n t pas la m ê m e
v a l e u r q u a n d ces sections d é c o u p e r o n t des flux différents dans l e c h a m p ;
la force é l e c t r o m o t r i c e l a plus é l e v é e sera e n g e n d r é e dans les conduc-
teurs qui t r a v e r s e n t la partie du c h a m p m a g n é t i q u e où les l i g n e s d e
force sont l e plus denses dans l ' e n t r e f e r . Mais, q u e l l e s q u e soient les
forces é l e c t r o m o t r i c e s dans les c o n d u c t e u r s i n d i v i d u e l s , du m o m e n t q u e
ceux-ci sont réunis b o u t à b o u t , il est é v i d e n t que la f o r c e é l e c t r o m o -
trice t o t a l e dans l'une ou l'autre des m o i t i é s de l ' e n r o u l e m e n t , de b a l a i
à b a l a i , sera la s o m m e des forces é l e c t r o m o t r i c e s e n g e n d r é e s s é p a r é -
m e n t dans chacune des b o b i n e s . Ce p o i n t a y a n t une g r a n d e i m p o r t a n c e
demande à être étudié a v e c un certain s o i n .

INDUCTION D A N S UN CHAMP M A G N É T I Q U E HORIZONTAL


UNIFORME

En étudiant la d y n a m o dans sa f ó r m e l a plus s i m p l e , en q u e l q u e sorte


i d é a l e , o n a vu que l ' i n d u c t i o n dans l a b o u c l e ou spire était nulle p o u r
la position c o r r e s p o n d a n t au d i a m è t r e de c o m m u t a t i o n et q u ' e l l e a l l a i t
en a u g m e n t a n t ( c o m m e le sinus de l ' a n g l e ) j u s q u ' a u m o m e n t ou e l l e
atteint son m a x i m u m , v e r s 90 d e g r é s ( v o i r f i g . 18, p . 3 1 ) .
Ceci est v r a i n a t u r e l l e m e n t dans le cas idéal de l i g n e s de f o r c e droites,
h o r i z o n t a l e m e n t tendues et p r é s e n t a n t une é g a l e densité dans toute
l'étendue du c h a m p . Mais dans la r é a l i t é i l n ' e n est pas ainsi de la distri-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


64 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

b u t i o n des l i g n e s de force dans l ' e n t r e f e r des d y n a m o s ; cette d i s t r i b u -


t i o n n ' e s t pas toujours s y m é t r i q u e , c o m m e o n le v e r r a .
R e v e n a n t au cas i d é a l , la f i g u r e 49, q u i n'est autre q u ' u n e c o u r b e de
sinus, p e u t s e r v i r à r e p r é s e n t e r , p a r la h a u t e u r de ses o r d o n n é e s , les v a r i a -
tions d e l ' i n d u c t i o n p r o d u i t e dans une a r m a t u r e , d e d i x en d i x d e g r é s de
sa p é r i p h é r i e . S'il y a, p a r e x e m p l e , trente-six sections dans une a r m a t u r e
e n a n n e a u , d e t e l l e sorte q u e ces sections o c c u p e n t c h a c u n e 10 d e g r é s , les
sections les m o i n s actives seront celles situées à 0 d e g r é et à 180 d e g r é s ,
tandis q u e les plus actives sont celles q u i c o r r e s p o n d e n t à 90 et 270
d e g r é s . Mais, dans toutes les a r m a t u r e s o r d i n a i r e s c à circuit f e r m é » , les
d i v e r s e s sections sont r e l i é e s e n t r e e l l e s d e telle s o r t e q u e t o u t e force
é l e c t r o m o t r i c e induite dans la p r e m i è r e s e c t i o n s'ajoute à c e l l e induite
dans la seconde ; c e l l e induite dans la t r o i s i è m e , aux deux p r e m i è r e s ; et

F i g . 49. — Courbe de force é l e c t r o m o t r i c e i n d u i t e .

ainsi de suite sur tout le p o u r t o u r j u s q u ' a u b a l a i situé du c ô t é o p p o s é


p a r r a p p o r t au p o i n t de d é p a r t . L e s f o r c e s é l e c t r o m o t r i c e s i n d i v i d u e l l e s
v i e n n e n t ainsi s'ajouter les unes a u x autres e x a c t e m e n t c o m m e les forces
é l e c t r o m o t r i c e s i n d i v i d u e l l e s des é l é m e n t s d'une p i l e m o n t é e e n s é r i e .
U n e c o u r o n n e d ' é l é m e n t s de pile m o n t é s e n s é r i e , d o n t une m o i t i é tend à
é m e t t r e son c o u r a n t en sens i n v e r s e d e l'autre dans la c o u r o n n e ainsi for-
m é e ( f i g . 5 0 ) , r e p r é s e n t e assez bien l'induction successive d a n s les sections
d'une a r m a t u r e en a n n e a u . S'il était possible d ' i n d i q u e r que les sections
situées à 90 d e g r é s des balais o n t un effet i n d u c t e u r b e a u c o u p plus puis-
sant q u e celles qui o c c u p e n t les positions voisines des b a l a i s , l ' a n a l o g i e
serait e n c o r e plus f r a p p a n t e

1
Dans la figure 50, les é l é m e n t s m é d i a n s d e c h a q u e d e m i - c o u r o n n e sont r e p r é -
sentés plus grands pour en d o n n e r une i d é e ; mais m a l h e u r e u s e m e n t des é l é m e n t s
de grande dimension, tout en ayant une résistance i n t é r i e u r e m o i n d r e , ne possèdent
pas une force è l e c t r o m o t r i c e supérieure à celle d ' é l é m e n t s plus petits.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 65

Sachant m a i n t e n a n t c o m m e n t l ' i n d u c t i o n dans les b o b i n e s é l é m e n -


taires ou sections i n d i v i d u e l l e s v a e n s ' é l e v a n t e t s'abaissant sur l e p o u r -
tour d e l ' a n n e a u , o n peut c h e r c h e r à q u o i o n a r r i v e r a e n s o m m a n t ces
diverses f o r c e s é l e c t r o m o t r i c e s , de m a n i è r e à t r o u v e r l e u r effet total. On
aura à ajouter les effets de toutes les sections successives, depuis l e
balai n é g a t i f à 0 d e g r é d'un c ô t é , j u s q u ' a u b a l a i positif à 180 d e g r é s de
l'autre c ô t é ; e t le résultat sera l e m ê m e p o u r c h a q u e m o i t i é de l ' a n n e a u
par raison de s y m é t r i e . S u p p o s o n s q u ' o n p r e n n e le c ô t é p a r t a n t de
0 d e g r é p o u r a l l e r à 180 d e g r é s en passant p a r 90 d e g r é s (à g a u c h e des

Fig. 50. — Couronne d'éléments de pile : les deux moitiés en parallèle.

fig. 20 et 4 7 ) . Si o n e x a m i n e l a c o u r b e p r é c é d e m m e n t d o n n é e ( f i g . 4 9 ) ,
o n v e r r a q u e , si les hauteurs des l i g n e s p o n c t u é e s r e p r é s e n t e n t l ' a c t i o n
inductrice, il suffira, p o u r o b t e n i r l'effet
total, d'ajouter les unes aux autres les
longueurs de toutes ces l i g n e s de 0 à 180
degrés ; et naturellement leur somme
sera é g a l e à c e l l e des l o n g u e u r s n é g a t i v e s
c o m p r i s e s entre 180 et 360 d e g r é s . Mais o n
peut p r o c é d e r d'une autre façon q u i , tout
e n fournissant le t o t a l final, m o n t r e r a en
m ê m e t e m p s c o m m e n t la s o m m e e n ques-
tion v a e n croissant à chaque addition
successive d'une l o n g u e u r . On t r o u v e r a
° û' 30' ISO'
que cette s o m m e c r o î t d ' a b o r d l e n t e m e n t , F i g M _ C o a r b e d e p o t e n .
puis rapidement, puis enfin lentement tiels intégrée,
encore en a p p r o c h a n t de sa plus haute
valeur. L a s o m m e de ces effets c r o î t en r é s u m é d'une façon a n a l o g u e
aux i n d i c a t i o n s fournies en r é d u c t i o n p a r l a c o u r b e de la figure 5 1 . Ce
m o d e d ' o p é r e r , q u i consiste à a j o u t e r les unes aux autres une série de
valeurs v a r i a n t d'une façon c o n t i n u e , est ce que les mathématiciens
désignent sous le n o m d'intégration. On o b t i e n t la c o u r b e de la figure
SI en i n t é g r a n t les v a l e u r s de l a c o u r b e de la f i g u r e 49 entre les l i m i t e s
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 5

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


66 MACHINES DYNAMO-ÉLECTHIQUES

de 0 et de 180 d e g r é s . Dans l a d y n a m o r é e l l e , cette i n t é g r a t i o n s'effec-


tue p a r l a n a t u r e m ê m e des c h o s e s ; c'est une c o n s é q u e n c e de ce fait q u e
c h a q u e section est réunie à c e l l e s qui la p r é c è d e n t et q u i l a suivent.

MESURE DE L A F O R C E ÉLECTROMOTRICE

1
Il est possible d ' é t u d i e r d i r e c t e m e n t p a r l ' e x p é r i e n c e ces deux effets :
l'induction dans les b o b i n e s i n d i v i d u e l l e s , et le p o t e n t i e l total ou i n t é g r é .
Diverses m é t h o d e s o n t été p r o p o s é e s p o u r l a m e s u r e des forces é l e c -
t r o m o t r i c e s , et, c o m m e elles offrent chacune des a v a n t a g e s , elles m é -
ritent d ' ê t r e étudiées s é p a r é m e n t .

Méthodes de S. P. Thompson. •— o
I L a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e induite d a n s
une section i n d i v i d u e l l e , au m o m e n t où e l l e a r r i v e à une p o s i t i o n déter-
m i n é e , peut être étudiée de la m a n i è r e sui-
v a n t e a. l ' a i d e d'un v o l t m è t r e ou g a l v a n o -
mètre de potentiel. Deux petites brosses
m é t a l l i q u e s sont séparées par un morceau
de bois de m a n i è r e à laisser e n t r e e l l e s un
espace l i b r e é g a l à la l a r g e u r d'une des t o u -
ches consécutives du c o l l e c t e u r . Ces brosses
s o n t r e l i é e s p a r des fils aux b o r n e s du v o l t -
F i g . 52. — Mode d'exploration
au collecteur d'une d y n a m o , m è t r e , de t e l l e sorte q u e toute d i f f é r e n c e d e
p o t e n t i e l e n t r e elles est i n d i q u é e sur le ca-
d r a n de l ' i n s t r u m e n t . L e s deux brosses sont mises en contact avec
le collecteur pendant qu'il t o u r n e , c o m m e l ' i n d i q u e la figure § 2 ;
et, c o m m e elles p e u v e n t être a p p l i q u é e s e n un p o i n t q u e l c o n q u e , e l l e s
d o n n e r o n t au v o l t m è t r e une i n d i c a t i o n m e s u r a n t la v a l e u r de la force
é l e c t r o m o t r i c e dans t e l l e section de l ' a r m a t u r e qui passe dans le c h a m p
m a g n é t i q u e par l a p o s i t i o n p a r t i c u l i è r e c o r r e s p o n d a n t à la situation dea
contacts. Dans le cas de la p e t i t e d y n a m o S i e m e n s q u ' i l étudiait, l ' A u t e u r
a t r o u v é q u e la différence do p o t e n t i e l i n d i q u é e était p r e s q u e nulle pour
les sections v o i s i n e s des v é r i t a b l e s balais de la m a c h i n e , et présentait
son m a x i m u m v e r s la m o i t i é de la distance qui les séparait. En r é a l i t é ,
la différence de p o t e n t i e l s'accentuait surtout à 90 d e g r é s des vrais b a l a i s ,

1
Pour les recherches faites dans cette v o i e par l'Auteur, le lecteur peut se repor-
ter aux Conférences faites par lui en 1883 devant la Society of Arts ; il les trouvera
é g a l e m e n t dans la p r e m i è r e é d i t i o n de cet o u v r a g e . Quant aux courbes d'induction
obtenues p a r Gaugain, v o i r les Annales de Chimie et de Physique, 1873 ; e t , pour
celles d'Isenbeck, YEleklrotechnische Zeitschrift d'août 1883.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 67

c'est-à-dire p r é c i s é m e n t dans la r é g i o n o ù , c o m m e o n le v o i t dans la


figure 49, l ' i n d u c t i o n est t h é o r i q u e m e n t à son p o i n t l é ' p l u s é l e v é , et o ù ,
c o m m e l ' i n d i q u e la figure 5 1 , l ' i n c l i n a i s o n de la c o u r b e de p o t e n t i e l est
la plus f o r t e .
2° A p r è s cette p r e m i è r e e x p é r i e n c e , l ' A u t e u r a e m p l o y é un autre p r o -
cédé d ' e x p é r i m e n t a t i o n sur sa m a c h i n e Siemens. Il a démonté cette
m a c h i n e et e x c i t é i n d é p e n d a m m e n t ses é l e c t r o - a i m a n t s . Deux touches
consécutives du c o l l e c t e u r ont été alors r e l i é e s à un g a l v a n o m è t r e à

F i g . 53. — Méthode d e M o r d e y p o u r l ' e x p l o r a t i o n des p o t e n t i e l s autour d'un


c o l l e c t e u r de d y n a m o .

m i r o i r muni d'une a i g u i l l e un peu l o u r d e et à oscillations lentes. U n e


petite m a n i v e l l e adaptée au c o l l e c t e u r p e r m e t t a i t de t o u r n e r l'induit à
la m a i n en lui faisant p a r c o u r i r successivement des a n g l e s de 10 d e g r é s ,
le collecteur étant divisé e n trente-six sections. L e s d é v i a t i o n s ainsi o b -
tenues m e s u r a i e n t naturellement l'intensité de l ' a c t i o n inductrice p o u r
chaque p o s i t i o n . L e s résultats fournis p a r ce n o u v e a u m o d e d ' o p é r e r ont
p l e i n e m e n t c o n f i r m é ceux donnés p a r la m é t h o d e p r é c é d e n t e .

Méthode de Mordey. — L ' a c c r o i s s e m e n t du p o t e n t i e l totalisé (c'est-à-


dire » i n t é g r é » ) autour de l ' a r m a t u r e p e u t se m e s u r e r expérimentale-
ment à l'aide d'une m é t h o d e due à M. W . - M . Mordey, et qui im-
p l i q u e aussi l ' e m p l o i d'un v o l t m è t r e .
L ' u n e des bornes d'un v o l t m è t r e est r e l i é e à l'un des balais A de la
m a c h i n e ( f i g . 5 3 ) , tandis que l'autre est fixée p a r un fil à un petit
b a l a i - p i l o t e p, qui peut presser contre le c o l l e c t e u r en mouvement
en un p o i n t q u e l c o n q u e de sa p é r i p h é r i e .
Dans une d y n a m o à c o u r a n t continu bien conçue, si l ' o n m e s u r e la
différence de potentiel entre le balai n é g a t i f et les touches successives

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


68 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

du c o l l e c t e u r , o u r e c o n n a î t q u e le p o t e n t i e l v a r é g u l i è r e m e n t e n a u g -
m e n t a n t tout autour de l'induit, dans les d e u x d i r e c t i o n s , p o u r a t t e i n d r e
un m a x i m u m du côté o p p o s é où se t r o u v e l e b a l a i positif.
M . M o r d e y a t r o u v é q u e c e l t e distribution était i r r é g u l i è r e dans des
m a c h i n e s m a l étudiées.
L ' A u t e u r s u g g é r a alors l ' i d é e q u ' o n p o u r r a i t a v a n t a g e u s e m e n t g r o u p e r
ces i n d i c a t i o n s a u t o u r d'un c e r c l e c o r r e s p o n d a n t à l a c i r c o n f é r e n c e du
c o l l e c t e u r . L e s figures 54 e t 55, extraites de ses Conférences, montrent
ainsi c o m m e n t , dans une b o n n e m a c h i n e G r a m m e , le p o t e n t i e l s'élève
g r a d u e l l e m e n t depuis son m i n i m u m j u s q u ' à son m a x i m u m .
On v o i t q u e , si l ' o n p r e n d l e balai n é g a t i f c o m m e p o i n t inférieur du
c e r c l e , l e p o t e n t i e l s'élève d'une façon p a r f a i t e m e n t r é g u l i è r e j u s q u ' à un

F i g . 54. — D i a g r a m m e de poten- F i g . 55. — D i a g r a m m e d é v e l o p p é d e


tiels autour du c o l l e c t e u r d'une p o t e n t i e l s au c o l l e c t e u r d'une m a -
machine Gramme. chine G r a m m e .

m a x i m u m au b a l a i positif. L e s v a l e u r s p o r t é e s r a d i a l e m e n t autour du
c e r c l e dans la f i g u r e 54 sont r e p r é s e n t é e s en ordonnées verticales par
r a p p o r t à u n e d r o i t e dans la figure 55, qui n'est autre que la figure 51
c o m p l é t é e p o u r les d e u x m o i t i é s du c o l l e c t e u r . L a figure 51 n'est c e p e n -
d a n t qu'un d i a g r a m m e t h é o r i q u e de ce q u e d o i t être la distribution des
p o t e n t i e l s , tandis q u e la figure 55 jest la r e p r é s e n t a t i o n d'observations
r e l e v é e s e f f e c t i v e m e n t sur une m a c h i n e G r a m m e « A » . Si le c h a m p m a g n é -
t i q u e dans l e q u e l se m e u t l ' a r m a t u r e était u n i f o r m e , c e t t e c o u r b e serait
une v é r i t a b l e sinusoïde, et la plus ou m o i n s g r a n d e inclinaison de la
c o u r b e en différents p o i n t s , p e r m e t t r a i t de j u g e r de l ' a c t i v i t é ou de l'inac-
tivité r e l a t i v e des b o b i n e s é l é m e n t a i r e s dans les diverses parties du
c h a m p . L e s points m a r q u é s - ) - et — s o n t voisins de c e u x qui d o n n e n t le
m o i n s d'étincelles, on points neutres. L a hausse de p o t e n t i e l n'est pas
égale entre c h a q u e p a i r e de l a m e s , a u t r e m e n t la courbe serait s i m p l e -
m e n t f o r m é e de d e u x droites o b l i q u e s é g a l e m e n t inclinées à d r o i t e et à
g a u c h e du p o i n t neutre. A u c o n t r a i r e , il existe une très faible différence
de p o t e n t i e l entre les touches du c o l l e c t e u r i m m é d i a t e m e n t voisines des
p o i n t s neutres. L a plus g r a n d e différence d e p o t e n t i e l se présente aux
points où la c o u r b e se redresse l e plus r a p i d e m e n t dans une p o s i t i o n v o i -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 69

sine de 90 d e g r é s p a r r a p p o r t a u x balais, c'est-à-dire par le fait v e r s la


partie de la c i r c o n f é r e n c e du c o l l e c t e u r e n c o n n e x i o n a v e c les b o b i n e s
é l é m e n t a i r e s qui t r a v e r s e n t la position d'action m a x i m u m . Si le c h a m p
m a g n é t i q u e était p a r f a i t e m e n t u n i f o r m e , l e flux de force t r a v e r s a n t une
spire d e v r a i t être p r o p o r t i o n n e l au sinus de l ' a n g l e que fait le p l a n de
cette spire a v e c la d i r e c t i o n de l a résultante des l i g n e s de force dans le
c h a m p , et l a v a r i a t i o n d e ce flux de force à t r a v e r s la spire d e v r a i t être
p r o p o r t i o n n e l l e au cosinus de cet a n g l e . O r l e cosinus est m a x i m u m
quand cet a n g l e = 0 d e g r é ; par suite, q u a n d la spire est p a r a l l è l e aux
lignes de f o r c e , c'est-à-dire à 90 d e g r é s par r a p p o r t aux balais, l e taux
d'accroissement du p o t e n t i e l d o i t p r e n d r e son m a x i m u m ; c'est ce que
réalise très a p p r o x i m a t i v e m e n t le d i a g r a m m e de la figure 55, qui est, à
très peu de chose p r è s , une v é r i t a b l e sinusoïde.
L e s c o u r b e s ainsi r e l e v é e s d'après les mesures de la distribution du
potentiel ail c o l l e c t e u r ne fournissent pas s e u l e m e n t une indication du
point où d o i v e n t ê t r e placés les balais p o u r d o n n e r l e m e i l l e u r résultat ;
elles p e r m e t t e n t e n c o r e de j u g e r de l'activité ou de l'inactivité des spi res
dans les différentes parties du c h a m p m a g n é t i q u e et de d é t e r m i n e r l'inten-
sité r é e l l e de ces d e r n i è r e s p e n d a n t la m a r c h e de la m a c h i n e . C o m m e o n l e
v e r r a , le c o u r a n t de l'induit r é a g i t sur le c h a m p m a g n é t i q u e et d é t e r m i n e
une t o r s i o n dans la distribution des l i g n e s de force à t r a v e r s l ' e n t r e f e r . Si
les balais sont m a l placés ou si les pièces p o l a i r e s ne sont pas c o n v e n a -
b l e m e n t c o n f o r m é e s , l e p o t e n t i e l c r o î t r a i r r é g u l i è r e m e n t et p r é s e n t e r a
des m a x i m u m et des m i n i m u m en d'autres p o i n t s . L a figure 56 d o n n e
un d i a g r a m m e r é e l r e l e v é sur une m a c h i n e d y n a m o qui présentait des
défauts de ce g e n r e , et la figure 57 en e s t l e d é v e l o p p e m e n t sur une l i g n e
h o r i z o n t a l e ; o n y constate, n o n s e u l e m e n t que l ' a c c r o i s s e m e n t du poten-
tiel était i r r é g u l i e r , mais e n c o r e q u ' u n e p a r t i e du c o l l e c t e u r était plus
positive q u e le b a l a i positif, tandis qu'une autre était m o i n s n é g a t i v e
que le b a l a i n é g a t i f . P a r suite, la différence de p o t e n t i e l entre les balais
n'était p a s n o r m a l e , et, dans une p a r t i e des b o b i n e s é l é m e n t a i r e s , les
courants se t r o u v a i e n t r é e l l e m e n t e n o p p o s i t i o n a v e c une force é l e c t r o -
motrice c o n t r a i r e .

Ce m o d e de r e p r é s e n t a t i o n de la distribution du p o t e n t i e l à la péri-
phérie du c o l l e c t e u r a r e n d u de v é r i t a b l e s services dans l a p r a t i q u e et
fourni l ' e x p l i c a t i o n de d i v e r s p h é n o m è n e s a n o r m a u x qui avaient souvent
embarrassé les observateurs impuissants à s'en r e n d r e c o m p t e .
On peut o b t e n i r des courbes a n a l o g u e s à c e l l e s ci-dessus sur les c o l l e c -
teurs de toutes les d y n a m o s à courant continu a v e c induit à circuit

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


70 " MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

f e r m é . L e s m a c h i n e s à circuit o u v e r t e m p l o y é e s p o u r les e'clairages à arc


présentent des c o u r b e s tout à fait différentes, p a r suite d e l a d i s p o s i t i o n
spéciale de leurs c o l l e c t e u r s . I l n'est n a t u r e l l e m e n t pas indispensable,
pour p r e n d r e ces d i a g r a m m e s , q u e les balais r é e l s de l a m a c h i n e soient
au contact o u qu'ils soient r e l i é s p a r un circuit q u e l c o n q u e ; m a i s , dans

Fig. 56. — D i a g r a m m e d e poten- F i g . 57. — D i a g r a m m e d é v e l o p p é de p o t e n -


tiels autour du collecteur d'une tiels au collecteur d'une d y n a m o défec-
d y n a m o défectueuse. tueuse.

ce cas, les é l e c t r o - a i m a n t s d o i v e n t ê t r e e x c i t é s e x t é r i e u r e m e n t . I l ne faut


pas o u b l i e r n o n plus q u e la p r é s e n c e de balais p r e n a n t le c o u r a n t en un
point q u e l c o n q u e du collecteur modifie la distribution du potentiel
autour de ce c o l l e c t e u r ; la n a t u r e et l ' i m p o r t a n c e de cette m o d i f i c a t i o n
d é p e n d e n t d e la p o s i t i o n des balais et d e la résistance du circuit qui les
relie.
Des c o u r b e s r e l a t i v e s aux t o r s i o n s r é e l l e s du c h a m p m a g n é t i q u e dues
1
à l a r é a c t i o n d e l'induit ont été d o n n é e s p a r v o n G a i s b e r g pour une
2
machine Schuckert, par Kohlrausch p o u r une m a c h i n e L a h m e y e r , et
3
par M . E. T h o m s o n p o u r une d y n a m o T h o m s o n - H o u s t o n , ainsi q u e par
Ryan (voir ci-après).

Méthode de Swinburne. — U n e é l é g a n t e m o d i f i c a t i o n de l a m é t h o d e
p r é c é d e n t e consiste à r e l i e r un fil de haute résistance entre les b o r n e s de
la m a c h i n e , et à t r o u v e r le l o n g de ce fil, à l'aide d'un galvanomètre
détecteur, les positions des points situés au m ê m e p o t e n t i e l q u e l e b a l a i -
p i l o t e a p p l i q u é au c o l l e c t e u r . Cette m é t h o d e de r é d u c t i o n à z é r o est p a r
cela m ê m e très e x a c t e et dispense d e r e c o u r i r au v o l t m è t r e q u i , pour
l ' e m p l o i de la m é t h o d e ci-dessus, a b e s o i n d'être précis sur une l o n g u e
étendue de sa graduation.

Méthode de Joubert. — 1
M . J o u b e r t a i m a g i n é un autre m o d e d ' i n v e s t i -
g a t i o n de la force é l e c t r o m o t r i c e induite en tous les points successifs p e n -

1
Elektrotechnische Zeitschrift, V I I . 67, février 1886.
• Centralblatt für Elektrotechnik, IX. 419, 1887.
" Electrical World, X V I I . 392, 18!H.
* Annales de l'Ecole Normale, X . 131, 1881.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 71

dant la r o t a t i o n . I l p l a c e sur l ' a r b r e de l a d y n a m o d e u x b a g u e s m é t a l -


liques i s o l é e s , r e l i é e s a u x e x t r é m i t é s du fil de l'induit, chacune de ces
bagues é t a n t m u n i e d'une p i è c e s a i l l a n t e q u i v i e n t , à c h a q u e t o u r , faire
contact un i n s t a n t a v e c un ressort. L e m o m e n t auquel a lieu ce c o n t a c t
d é p e n d de la p o s i t i o n des ressorts q u i p e u v e n t ê t r e ajustés en différents
points, ce q u i p e r m e t la m e s u r e des v a l e u r s instantanées de la force
électromotrice pour toutes les positions de l'induit. La méthode de
Joubert a été employée avec quelques modifications par Mordey et
!
R a w o r t h *, et p a r R y a n .

Méthode statique de Mordey. — Une autre méthode, applicable aux


machines au r e p o s et sans c o u r a n t d a n s l'induit, consiste à e x c i t e r e x t é -
r i e u r e m e n t l e s é l e c t r o - a i m a n t s tandis q u e les b o b i n e s de l ' i n d u i t ou l'une
q u e l c o n q u e d'entre e l l e s sont r e l i é e s à un g a l v a n o m è t r e b a l i s t i q u e c o n -
v e n a b l e , et à o b s e r v e r les i m p u l s i o n s d o n n é e s q u a n d o n o u v r e b r u s q u e -
ment le circuit d ' e x c i t a t i o n . En r é p é t a n t l ' o p é r a t i o n p o u r un certain
n o m b r e de positions successives de l ' a r m a t u r e par rapport à l'induc-
teur, o n o b t i e n t une m e s u r e de la g r a n d e u r du flux m a g n é t i q u e c o r r e s -
p o n d a n t à c h a q u e p o s i t i o n de l ' a r m a t u r e , et les résultats p e u v e n t en ê t r e
réunis en une c o u r b e m o n t r a n t la distribution du m a g n é t i s m e dans l e
c h a m p . T o u t e f o i s c e t t e d i s t r i b u t i o n est, ainsi q u ' o n le v e r r a , t r o u b l é e ,
quand la m a c h i n e f o n c t i o n n e , p a r l e courant q u i c i r c u l e dans les fils de
l'induit.

RÉACTIONS DUES A U C O U R A N T D A N S L'INDUIT

Quand une m a c h i n e f o n c t i o n n e , o n o b s e r v e u n e série de p h é n o m è n e s


e n t i è r e m e n t n o u v e a u x dus aux r é a c t i o n s m a g n é t i q u e s et é l e c t r i q u e s q u i
se p r o d u i s e n t e n t r e l ' i n d u i t et les inducteurs, et entre les sections indi-
v i d u e l l e s des spires d e l ' a r m a t u r e . L e c o u r a n t q u i c i r c u l e dans l e s fils de
l'induit p r o d u i t des effets m a g n é t i q u e s q u i se c o m b i n e n t a v e c ceux r é s u l -
tant du courant d ' e x c i t a t i o n des inducteurs. I l peut e n outre se d é v e l o p -
p e r dans les masses m é t a l l i q u e s d e s courants parasites q u i t r o u b l e n t le
c h a m p m a g n é t i q u e . L e s réactions dues au m o u v e m e n t de l ' a r m a t u r e se
manifestent de plusieurs m a n i è r e s , dont les plus i m p o r t a n t e s sont : ( a ) une
tendance à l ' a i m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e d e l ' i n d u i t ; ( 6 ) une t e n d a n c e à la

* Journ. Jnst. Electrical Engineers, X V I I I . 670, 1889.


' Tram. Amer. Instit. Electrical Engineers, V I I . 3, 1890

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


72 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

p r o d u c t i o n d ' é t i n c e l l e s aux balais-, ( c ) d'où la nécessité de d é p l a c e r les


balais d'un certain a n g l e , j u s q u ' à ce que les é t i n c e l l e s disparaissent ;
(d) c o m m e c o n s é q u e n c e , une t e n d a n c e à l a d é s a i m a n t a t i o n p a r le fait du
courant d ' i n d u i t ; ( e ) des v a r i a t i o n s dans la p r o d u c t i o n des é t i n c e l l e s , et,
p a r suite, dans la position des points neutres, suivant le courant
demandé à la m a c h i n e ; (/") un échauffement du n o y a u et des fils de
l'induit ; (g) un échauffement des 'pièces p o l a i r e s des é l e c t r o - a i m a n t s ;
(h) et par suite un écart entre la puissance m é c a n i q u e f o u r n i e à l ' a r b r e et
la puissance é l e c t r i q u e d é v e l o p p é e dans l e circuit e x t é r i e u r . L a n a t u r e de
ces réactions d e m a n d e une a t t e n t i o n s p é c i a l e .

Tendance du courant d'induit à l'aimantation transversale. —


On a vu ( p . 64 et f i g . 50) qu'un induit q u e l c o n q u e à circuit f e r m é peut
ê t r e assimilé dans son f o n c t i o n n e m e n t à une p i l e v o l t a ï q u e d o u b l e , l e s
d e u x séries de b o b i n e s é l é m e n t a i r e s en circuit agissant c o m m e d e u x ran-

F i g . 58. — P ô l e s d'un demi-anneau.

g é e s d ' é l é m e n t s réunies en « quantité > . I l s'agit m a i n t e n a n t de m o n t r e r


q u ' u n induit en anneau p e u t être é g a l e m e n t c o n s i d é r é c o m m e un a i m a n t
d o u b l e . — I m a g i n o n s un demi-anneau en fer, enroulé, c o m m e l'in-
d i q u e l a figure 58, d'une spire p a r c o u r u e p a r un c o u r a n t ; il s ' a i m a n t e r a ,
c o m m e chacun sait, et présentera un p ô l e N à l ' u n e de ses e x t r é m i t é s ,
et un p ô l e S à l ' a u t r e . Si l ' o n e n v e l o p p e de l a m ê m e m a n i è r e un anneau
complet, m a i s cette fois a v e c un e n r o u l e m e n t sans fin, et q u ' o n fasse
alors pénétrer e n un p o i n t de ces spires des courants é l e c t r i q u e s issus
d'une p i l e ou d'une autre s o u r c e , ces courants p a r c o u r a n t les d e u x m o i -
tiés de l ' a n n e a u p o u r é m e r g e r p a r un conducteur c o n v e n a b l e en un
p o i n t situé du côté o p p o s é , c h a c u n e des m o i t i é s d e l ' a n n e a u s ' a i m a n t e r a .
Il se p r o d u i r a , si les courants c i r c u l e n t c o m m e l ' i n d i q u e n t les flèches
dans la f i g u r e 59, un d o u b l e p ô l e S au p o i n t p a r l e q u e l p é n è t r e n t les
courants, et un d o u b l e p ô l e N au p o i n t où ils quittent l a spire ( c o m p a r e r
a v e c ce qui est dit p . 1 1 9 ) . L e s courants c i r c u l a n t dans un anneau
Gramme tendront par c o n s é q u e n t à a i m a n t e r l ' a n n e a u de cette f a ç o n .
V o y o n s m a i n t e n a n t c o m m e n t se distribue cette a i m a n t a t i o n dans l ' i n t é -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 73

rieur m ô m e du f e r . L a figure 60 m o n t r e la d i r e c t i o n g é n é r a l e des l i g n e s


de force dans le fer ; leurs p o i n t s d ' é m e r g e n c e dans l'air sont les p ô l e s
effectifs de l'anneau considéré c o m m e un aimant. Cette f i g u r e 60
d e m a n d e à être a t t e n t i v e m e n t c o m p a r é e à la figure 59. On y v o i t q u e , si
la m a j o r i t é des l i g n e s de force s'échappe e x t é r i e u r e m e n t dans l'air à. l a
circonférence e x t é r i e u r e , un p e t i t n o m b r e d ' e n t r e elles se f r a y e un che-

F i g . 59. — Circulation du c o u r a n t au F i g . 60. — Champ m a g n é t i q u e dû


tour d'un induit en anneau. au c o u r a n t d ' i n d u i t .

m i n à t r a v e r s l'espace l i b r e i n t é r i e u r à l'anneau, du p ô l e N au p ô l e S.
Cette p a r t i e du c h a m p m a g n é t i q u e serait nuisible dans u n e d y n a m o
réelle si l e n o m b r e de ces l i g n e s de f o r c e n ' é t a i t pas en fait très m i n i m e .
L a p r é s e n c e des masses e x t é r i e u r e s de fer aux parties p o l a i r e s des
inducteurs tend à f a i r e d é v i e r ces l i g n e s de force v e r s l ' e x t é r i e u r .
Il est é v i d e n t q u e cet effet d ' a i m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e p r o d u i r a une
torsion du c h a m p m a g n é t i q u e dans les pièces p o l a i r e s et d a n s l ' e n t r e -
f e r ; et il a u r a i t p o u r unique résultat de d i m i n u e r l é g è r e m e n t la f o r c e
é l e c t r o m o t r i c e de l a m a c h i n e si les balais d e v a i e n t rester aux e x t r é m i t é s
d'un d i a m è t r e e x a c t e m e n t s y m é t r i q u e e n t r e les deux pôles des induc-
teurs. Mais il ne peut en être ainsi p o u r des raisons que nous a l l o n s
m a i n t e n a n t e x a m i n e r . •— P o u r o b v i e r à la p r o d u c t i o n d ' é t i n c e l l e s , il faut
m o d i f i e r la p o s i t i o n a n g u l a i r e des balais, l e d i a m è t r e de c o m m u t a t i o n
étant o b l i q u e q u a n d les balais sont ainsi aux points neutres; et, p a r suite
de ce d é p l a c e m e n t , le c o u r a n t d'induit p r o d u i t , c o m m e o n le v e r r a , n o n
seulement un effet d ' a i m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e , m a i s aussi un effet de
d é s a i m a n t a t i o n , ce qui affaiblit la force é l e c t r o m o t r i c e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


74 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

1
L a figure 6 1 r e p r é s e n t e l e flux m a g n é t i q u e à t r a v e r s un induit au
repos, q u a n d les inducteurs sont e x c i t é s s é p a r é m e n t . L a l a r g e u r de
l ' e n t r e f e r est e x a g é r é e , et les fils conducteurs, tant de l ' a r m a t u r e que
des inducteurs, sont r e p r é s e n t é s e n section c o m m e s'ils é t a i e n t consti-
tués p a r une couche unique de g r o s fils. L e s fils dans lesquels l e c o u r a n t
circule e n allant vers l ' o b s e r v a t e u r sont m a r q u é s p a r un p o i n t c e n t r a l ;
c e u x dans l e s q u e l s le courant s ' é l o i g n e de l ' o b s e r v a t e u r sont distingués
p a r une c r o i x . L e lecteur p e u t c o n s i d é r e r le p o i n t c o m m e r e p r é s e n t a n t
l a p o i n t e d'une flèche m a r c h a n t v e r s lui, et les c r o i x c o m m e la p l u m e

F i g . 6 1 . — F l u x m a g n é t i q u e à t r a v e r s un i n d u i t qui n'est le s i è g e d'aucun courant.

de la flèche q u i s ' é l o i g n e d e l u i . L e s fils 'qui ne p o r t e n t aucun courant


sont laissés en b l a n c . On r e m a r q u e r a q u e les l i g n e s d e force s o n t tout
à fait u n i f o r m é m e n t distribuées t a n t dans les entrefers q u e d a n s les
p a r t i e s p o l a i r e s des é l e c t r o - a i m a n t s . L ' i n d u i t est en t a m b o u r et n'a de
fils q u ' à l ' e x t é r i e u r ; l'effet d ' a i m a n t a t i o n p r o d u i t sur lui p a r un c o u r a n t
sera du m ê m e g e n r e , tout en étant m o i n d r e , q u e celui p r é c é d e m m e n t
i n d i q u é dans le cas d'un induit en a n n e a u . Supposons q u ' o n s u p p r i m e
l e c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n des inducteurs, et q u ' o n n ' e n v o i e de c o u r a n t q u e
dans les b o b i n e s d e l'induit, d e m a n i è r e à i m i t e r l'effet du courant
e n g e n d r é p a r l a m a c h i n e en m a r c h e .
S'il en est ainsi, et si les c o n n e x i o n s de l'induit sont d e x t r o r s u m , l a
m a c h i n e t o u r n a n t d'ailleurs dans le sens des a i g u i l l e s d'une m o n t r e , les
c o u r a n t s dans les d e u x parties d e l ' e n r o u l e m e n t t e n d r o n t à m o n t e r v e r s
l e haut, l e b a l a i supérieur é t a n t le b a l a i positif, et l e d o u b l e p ô l e ainsi
c r é é sera un p ô l e n o r d . S u p p o s o n s q u e les b a l a i s p a r l e s q u e l s entre et
s o r t l e c o u r a n t soient r e s p e c t i v e m e n t aux p o i n t s le plus é l e v é et le plus

1
L e s figures 61, 62, 63 et 69 sont e m p r u n t é e s , a v e c q u e l q u e s m o d i f i c a t i o n s , h un
t r a v a i l d'Jisson publié dans le Journ. Jnsl. Electrical Engineers, X I X . 135, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 75

bas, c o m m e dans la figure 6 2 ; les l i g n e s p o n c t u é e s p e u v e n t a l o r s être


considérées c o m m e r e p r é s e n t a n t le flux m a g n é t i q u e à travers l e s y s t è m e .
Ce flux de f o r c e d é p e n d a n t de l a q u a l i t é m a g n é t i q u e d e la v o i e q u i lui

F i g . 62. — A i m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e due au courant d ' i n d u i t .

est offerte, il est c l a i r q u e l e c h a m p transversal p r o d u i t p a r un c o u r a n t


d o n n é , c i r c u l a n t dans un e n s e m b l e d o n n é d e c o n d u c t e u r s , sera d'autant
plus puissant q u e l ' e n t r e f e r sera plus é t r o i t , et q u e , d ' a u t r e p a r t , l ' a r c
1
sous-tendu des d e u x côtés p a r l e s masses p o l a i r e s de f e r sera plus
grand.
Mais dans une m a c h i n e r é e l l e , q u a n d e l l e p r o d u i t un c o u r a n t , ces d e u x

S.

S
F i g . 63. — A i m a n t a t i o n résultante due aux courants dans l ' i n d u c t e u r et dans
l'induit (sans d é c a l a g e ) .

actions m a g n é t i s a n t e s se p r o d u i s e n t s i m u l t a n é m e n t . Si l ' o n superpose

1
Du m o m e n t q u e ces masses polaires constituent le passage par l e q u e l les lignes
de force du c h a m p transversal r e v i e n n e n t sur e l l e s - m ê m e s , il est é v i d e n t qu'on
pourra en p a r t i e c o n t r e - b a l a n c e r l'aimantation t r a n s v e r s a l e en d i v i s a n t les masses
polaires par des rainures h o r i z o n t a l e s . V o i r le Journ. Inst. Electrical Engineers, XX.
290, 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


76 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

les figures 62 et 6 1 , o n o b t i e n d r a une r e p r é s e n t a t i o n a p p r o c h é e de ce


q u i se passe, c o m m e dans la figure 63. — Nous a v o n s supposé les balais
placés de m a n i è r e à t o u c h e r les d e u x points situés sur l e d i a m è t r e v e r -
t i c a l . L e s inducteurs t e n d e n t à a i m a n t e r l'anneau en d é v e l o p p a n t un
p ô l e N au p o i n t situé à l ' e x t r é m i t é g a u c h e de son d i a m è t r e h o r i z o n t a l ,
e t l e s courants d'induit tendent à l ' a i m a n t e r de telle façon q u e son point le
plus haut, où se t r o u v e le b a l a i , soit aussi un p ô l e N . Dès l o r s il se p r o d u i r a
une a i m a n t a t i o n résultante dans une d i r e c t i o n o b l i q u e . R e p r é s e n t o n s p a r
une l i g n e O F ( f i g . 64) la force m a g n é t i s a n t e due aux inducteurs, et par une
l i g n e p e r p e n d i c u l a i r e OC la force m a g n é t i s a n t e due au c o u r a n t passant
dans l'induit ; la d i a g o n a l e O R du p a r a l l é l o g r a m m e construit sur ces deux

F i g . 64. F i g . 63.

lignes représentera alors la direction de l'aimantation résultante. En


d é c r i v a n t du p o i n t 0 c o m m e centre un c e r c l e de r a y o n O C , son point N
d ' i n t e r s e c t i o n a v e c la d i a g o n a l e O R d o n n e r a l a distance de d é p l a c e m e n t
du p ô l e résultant induit, p a r r a p p o r t à l a l i g n e h o r i z o n t a l e . L e m a g n é -
t i s m e est ainsi t o r d u dans l e sens du m o u v e m e n t ( p o u r des m o t e u r s , c e
serait l ' i n v e r s e ) , c o m m e si l a r o t a t i o n de l'induit a v a i t e f f e c t i v e m e n t u n
p e u e n t r a î n é a v e c e l l e l ' a i m a n t a t i o n d a n s son m o u v e m e n t c i r c u l a i r e .
L a p o s i t i o n de p o t e n t i e l m a x i m u m sera ainsi l é g è r e m e n t d é p l a c é e d a n s
le sens du m o u v e m e n t . Mais, p o u r des raisons q u i seront b i e n t ô t e x a -
m i n é e s , o n t r o u v e , q u a n d l ' a i m a n t a t i o n est ainsi t o r d u e , q u e les points-
neutres ( c ' e s t - à - d i r e les p o i n t s o ù les balais d o n n e r o n t l e m o i n s d ' é t i n -
c e l l e s ) se sont é g a l e m e n t d é p l a c é s e n a v a n t o u décalés. Si l ' o n a d m e t
quant à présent q u e les b a l a i s d o i v e n t ê t r e a v a n c é s d'un a n g l e é g a l à
celui d o n t a v a r i é l ' a i m a n t a t i o n r é s u l t a n t e , a l o r s OC d o i t ê t r e d é p l a c é e
j u s q u ' à d e v e n i r p e r p e n d i c u l a i r e à O N . Mais le d é p l a c e m e n t de OC m o d i -
fiera é g a l e m e n t un peu la p o s i t i o n de N . 11 est aisé de d é t e r m i n e r c e t t e
n o u v e l l e p o s i t i o n . Sur O F c o m m e d i a m è t r e ( f i g . 63) d é c r i v o n s u n e d e m i -
c i r c o n f é r e n c e et m e n o n s la c o r d e F R , é g a l e à l a l o n g u e u r q u e d o i t a v o i r
OC. T r a ç o n s OC p a r a l l è l e et é g a l e à F R , ainsi q u e la d i a g o n a l e O R
c o m m e p r é c é d e m m e n t . L ' a n g l e C O N est d r o i t , et N est t r è s v o i s i n de la
p o s i t i o n q u ' i l occupait a v a n t . Soit O V une l i g n e v e r t i c a l e ; dès l o r s l ' a n g l e
V O C = a n g l e F O R est l ' a n g l e de c a l a g e , et, si O F r e p r é s e n t e la force

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS E T RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 77

m a g n é t i s a n t e des é l e c t r o - a i m a n t s , " e t OC c e l l e du c o u r a n t de l'induit, o n


aura :
OC
^ = s i n CRO — sin F O R ;

c'est-à-dire q u e le sinus de Y angle de calage est p r o p o r t i o n n e l au r a p p o r t


des d e u x forces m a g n é t i s a n t e s .
T o u t e cette o p é r a t i o n de r e c t i f i c a t i o n du c a l a g e est censée faite dans
la figure 66 qui se r é f è r e à une d y n a m o à a n n e a u .
Mais un coup d'oeil j e t é sur les figures 63 et 66 m o n t r e é g a l e m e n t que
le m a g n é t i s m e d e l'anneau r é a g i t sur celui des pièces p o l a i r e s . L e s

F i g . 66. — R é a c t i o n s m a g n é t i q u e s e n t r e l'inducteur e t l'induit dans u n e g é n é r a t r i c e .

l i g n e s de force dans l e f e r de la p i è c e p o l a i r e de g a u c h e sont plus m a s -


sées v e r s l ' a n g l e supérieur, et v e r s l ' a n g l e i n f é r i e u r dans la p i è c e p o l a i r e
de d r o i t e , c o m m e si la p o l a r i t é a v a i t été attirée d'un côté v e r s le haut e t
de l'autre v e r s le b a s . L a distribution du c h a m p n'est plus n u l l e m e n t ce
q u ' e l l e était dans la Qgure 6 1 . L e s l i g u e s d e f o r c e du côté gauche supé-
rieur sont serrées les unes c o n t r e les autres et tordues t r a n s v e r s a l e m e n t .
L e p ô l e N résultant de l ' a n n e a u , — m a r q u é n, n, n, où les l i g n e s d e
force é m e r g e n t d e l'anneau — , attire le p ô l e S, — m a r q u é s, s, s, où les
lignes p é n è t r e n t dans le c h a m p m a g n é t i q u e — , et l e m o t e u r qui entraîne
la d y n a m o a une puissance c o n s i d é r a b l e à d é v e l o p p e r p o u r arracher
l ' a r m a t u r e à ces a t t r a c t i o n s . P l u s le c o u r a n t dans l'induit est c o n s i d é -
r a b l e , plus les p ô l e s sont intenses dans l ' a n n e a u , et plus est é n e r g i q u e
dans les inducteurs l ' a t t r a c t i o n de n, n, n, vers s, s, s; de sorte q u e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


78 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

la machine à vapeur a e n c o r e plus de puissance à d é v e l o p p e r pour


m a i n t e n i r la v i t e s s e . I l est à r e m a r q u e r é g a l e m e n t dans c e l t e figure qui
se r é f è r e à une m a c h i n e à a n n e a u qu'un petit nombre des l i g n e s de force
dues au passage du c o u r a n t dans l ' a r m a t u r e — elles sont représentées
en p o i n t i l l é au n o m b r e de deux sur la figure — passe transversalement
à l ' i n t é r i e u r de l ' a n n e a u et ne contribue e n r i e n au c h a m p e x t é r i e u r . L a
d i r e c t i o n o b l i q u e de ce c h a m p i n t e r n e m a r q u e l ' a n g l e de c a l a g e des
b a l a i s . O n r e m a r q u e r a e n o u t r e q u e les couches les plus i n t e r n e s du fer
de l ' a n n e a u sont a i m a n t é e s d i f f é r e m m e n t des couches e x t e r n e s , car le
p ô l e n des couches e x t e r n e s du fer occupe une r é g i o n située o b l i q u e m e n t

F i g . 67. — Champ m a g n é t i q u e d'une d y n a m o b i p o l a i r e .

sur la g a u c h e , tandis que l e p ô l e n des couches internes se t r o u v e à droite


du p o i n t le plus haut. T o u s ces p h é n o m è n e s , — l a torsion du c h a m p , — sa
c o n c e n t r a t i o n sous l ' a n g l e « de sortie » des pièces p o l a i r e s , — son affai-
b l i s s e m e n t sous l ' a n g l e « d ' e n t r é e » , — l e f a i b l e c h a m p i n t é r i e u r , —
l ' é c a r t entre les positions des p ô l e s induits sur les côtés i n t e r n e et e x t e r n e
de l ' a n n e a u — , p e u v e n t ê t r e r é e l l e m e m e n t o b s e r v é s dans une d y n a m o .
L a figure 67 m o n t r e l'effet p r o d u i t e x p é r i m e n t a l e m e n t sur d e l a l i m a i l l e
de 1er q u a n d o n m e t un a n n e a u a i m a n t é entre les p ô l e s S e t N d'un
c h a m p m a g n é t i q u e , qui tend à induire en lui des p ô l e s n' s', et q u a n d o n
d o n n e à ses p r o p r e s pôles n s le c a l a g e c o n v e n a b l e . O n l a c o m p a r e r a
a v e c i n t é r ê t aux figures 63»et 66. P e u t - ê t r e o b j e c t e r a - t - o n q u e dans la
figure 66 les p ô l e s internes, tels qu'ils sont m a r q u é s , n e sont pas e x a c t e -
m e n t à a n g l e s d r o i t s a v e c les p ô l e s e x t e r n e s d e j ' a n n e a u . I l n ' e n est pas
n o n plus ainsi dans la r é a l i t é . L a p o s i t i o n des p ô l e s internes est d é t e r -
m i n é e par l e c a l a g e des b a l a i s , et les balais sont placés de telle façon
que la machine ne donne pas d'étincelles.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 79

Dans l e cas des a r m a t u r e s en t a m b o u r , les p h é n o m è n e s , q u o i q u e du


m ê m e g e n r e , sont un p e u m o i n s faciles à e x p o s e r . En raison de ce que
l ' e n r o u l e m e n t e n v e l o p p e c o m p l è t e m e n t la surface e x t é r i e u r e de l'induit,
les courants dans q u e l q u e s - u n e s des spires sont en p a r t i e neutralisés,
dans l e u r a c t i o n m a g n é t i s a n t e sur le n o y a u , p a r les c o u r a n t s dans les
spires transversales ; il en résulte que l a p o l a r i t é due au c o u r a n t n'est
pas aussi m a r q u é e q u e dans les a r m a t u r e s en a n n e a u . I l ne peut d ' a i l -
leurs s'y constituer un c h a m p m a g n é t i q u e i n t e r n e c o n s i d é r a b l e . E n fait,
les a r m a t u r e s en t a m b o u r sont m o i n s sujettes q u e les a r m a t u r e s e n an-
neau à des t r o u b l e s d'induction de tous g e n r e s . Mais, à ces e x c e p t i o n s
près, les c o n s i d é r a t i o n s ci-dessus d é v e l o p p é e s s'y a p p l i q u e n t é g a l e m e n t .

Points neutres. — Du j o u r où l ' o n a c o m m e n c é à e m p l o y e r les


d y n a m o s , les i n g é n i e u r s ont constaté q u e , p o u r r é d u i r e au m i n i m u m les
étincelles au c o l l e c t e u r , il f a l l a i t p l a c e r les balais en des p o i n t s déter-
minés, à t r o u v e r p a r l ' e x p é r i e n c e , et appelés points neutres* Dans les
machines b i p o l a i r e s o r d i n a i r e s les d e u x p o i n t s neutres sont situés aux
deux e x t r é m i t é s o p p o s é e s d'un m ê m e d i a m è t r e dit p o u r cette raison
ligne neutre. L ' e x p r e s s i o n de diamètre de commutation doit être
r é s e r v é e p o u r i n d i q u e r l a p o s i t i o n r é e l l e m e n t o c c u p é e p a r les balais, ou
par les b o b i n e s é l é m e n t a i r e s passant sous les b a l a i s , q u ' e l l e soit ou n o n
au p o i n t n e u t r e . L ' e x p é r i e n c e m o n t r e q u e , dans p r e s q u e tous les cas,
la l i g n e n e u t r e n'est pas e x a c t e m e n t à a n g l e s droits a v e c la l i g n e qui
j o i n t les m i l i e u x des d e u x pièces p o l a i r e s , mais q u ' e l l e o c c u p e une p o s i -
tion o b l i q u e c o r r e s p o n d a n t (dans un g é n é r a t e u r ) à un déplacement
angulaire de q u e l q u e s d e g r é s dans le sens du m o u v e m e n t . On r e c o n n u t
de b o n n e h e u r e q u e , dans un g r a n d n o m b r e de m a c h i n e s , la p o s i t i o n
exacte du p o i n t neutre était différente suivant la puissance q u ' o n d e m a n -
dait à la m a c h i n e . Quand les b a l a i s étaient placés de m a n i è r e à ne p a s
d o n n e r d'étincelles a v e c un c e r t a i n n o m b r e de l a m p e s e n s e r v i c e , la
m a c h i n e e n d o n n a i t si l ' o n v e n a i t à m o d i f i e r sa c h a r g e , à m o i n s que les
balais ne fussent réajustés aux p o i n t s neutres c o r r e s p o n d a n t s . C'est ce
qui d é t e r m i n a dans la p r a t i q u e l e m o n t a g e des balais sur des colliers
mobiles ( v o i r p . 3b*) p e r m e t t a n t d ' a v a n c e r ou de r e c u l e r à v o l o n t é l e u r
l i g n e de c o n t a c t p a r r a p p o r t au p o i n t n e u t r e . L e s constructeurs se sont
n a t u r e l l e m e n t attachés a v e c beaucoup de sollicitude à la s o l u t i o n pra-
tique du p r o b l è m e consistant à a n n u l e r ces v a r i a t i o n s de l ' a n g l e de
c a l a g e . On a vu à la p a g e 68 q u e les p o i n t s neutres sont très v o i s i n s des
points de p o t e n t i e l m a x i m u m positif et de m a x i m u m n é g a t i f au c o l l e c -
teur ; m a i s ils ne c o ï n c i d e n t pas e x a c t e m e n t a v e c ces p o i n t s . A u p o i n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


80 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

de p o t e n t i e l m a x i m u m il y a g é n é r a l e m e n t des é t i n c e l l e s . Ce p o i n t est,
c o m m e o n v a le v o i r , d é p l a c é e n a v a n t , dans le sens du m o u v e m e n t ;
mais l e p o i n t où il se p r o d u i t l e m o i n s d ' é t i n c e l l e s , le v r a i p o i n t neutre,
est situé e n c o r e un peu plus en a v a n t q u e l e p r é c é d e n t , et cette a u g m e n -
tation d e d é p l a c e m e n t est due à une a u t r e des r é a c t i o n s é t u d i é e s en ce
moment.

Causes d ' é t i n c e l l e s . — T o u t e s les fois q u ' o n ouvre subitement un


circuit dans l e q u e l circule un c o u r a n t , o n o b s e r v e une é t i n c e l l e , n o t a m -
ment si ce circuit r e n f e r m e un é l e c t r o - a i m a n t ou des b o b i n e s quel-
c o n q u e s de fil e n t o u r a n t un n o y a u de fer. L ' é t i n c e l l e à la r u p t u r e d'un
circuit s ' e x p l i q u e de l a m a n i è r e suivante : —
On sait que tout c o u r a n t é l e c t r i q u e p o s s è d e une p r o p r i é t é appelée
tantôt c inertie électrique » , tantôt « self-induction » , en v e r t u de
l a q u e l l e il tend à p o u r s u i v r e sa m a r c h e e n a v a n t . De m ê m e q u ' u n v o l a n t
une fois m i s en r o u t e tend à c o n t i n u e r s o n m o u v e m e n t q u a n d l a cause
q u i l'a d é t e r m i n é cesse d ' a g i r , d e m ê m e un c o u r a n t c i r c u l a n t autour
d'une b o b i n e tend à c o n t i n u e r sa m a r c h e m ê m e après la r u p t u r e de
toute c o n n e x i o n a v e c l a source dont il é m a n e . Ce p h é n o m è n e n e dure
g é n é r a l e m e n t , il est v r a i , q u ' u n e faible f r a c t i o n de s e c o n d e ; m a i s le c o u -
rant tend à p o u r s u i v r e son c h e m i n . O n sait é g a l e m e n t q u e cette quasi-
i n e r t i e .est i n t i m e m e n t l i é e à ses p r o p r i é t é s m a g n é t i q u e s , et q u e C'est
dans s o n p r o p r e c h a m p m a g n é t i q u e q u e réside p r i n c i p a l e m e n t cette
i n e r t i e de self-induction.

Un courant circulant autour d'un n o y a u de fer possède u n e inertie


é l e c t r i q u e ( o u s e l f - i n d u c t i o n ) b e a u c o u p plus g r a n d e , p a r c e q u ' i l c r é e un
champ m a g n é t i q u e plus intense q u ' u n c o u r a n t d a n s u n e b o b i n e sans
n o y a u . C'est e n raison de cette p r o p r i é t é q u ' i l faut d é p e n s e r de l ' é n e r g i e
p o u r l a n c e r un c o u r a n t , et cette é n e r g i e peut ê t r e c o n s i d é r a b l e . L e cou-
rant électrique circulant dans une b o b i n e possède une c e r t a i n e q u a n -
tité d ' é n e r g i e , et, si o n l ' a r r ê t e en o u v r a n t le circuit, cette é n e r g i e se m a -
nifeste p a r une é t i n c e l l e dite ( m a i s à t o r t ) d' « e x t r a - c o u r a n t » . Si l ' o n
f e r m e l a b o b i n e sur e l l e - m ê m e , son c o u r a n t (à m o i n s q u ' i l n'existe une
f o r c e é l e c t r o m o t r i c e p o u r l e m a i n t e n i r ) se t r o u v e aussi arrêté p e n d a n t
une f r a c t i o n de s e c o n d e par l a q u a s i - f r i c t i o n i n t é r i e u r e communément
a p p e l é e la « résistance » du fil.
Or, dans un induit en f o n c t i o n n e m e n t , la m o i t i é du c o u r a n t c i r c u l e ,
dans l e cas que nous a v o n s choisi c o m m e t y p e p o u r cette étude, en
remontant les spires dans la m o i t i é g a u c h e de l ' a n n e a u ; et l'autre
m o i t i é , é g a l e m e n t en r e m o n t a n t les spires dans la m o i t i é de d r o i t e . Si le

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 81

balai positif est en h a u t ou dans l e v o i s i n a g e , c o m m e d a n s la figure 6 8 ,


le courant v a de g a u c h e à d r o i t e à t r a v e r s les sections X et W à g a u c h e
de ce b a l a i , et de d r o i t e à g a u c h e à t r a v e r s les sections T et U à d r o i t e
du b a l a i . Mais, au f u r e t à m e s u r e q u e l'induit t o u r n e , les l a m e s du c o l -
lecteur v i e n n e n t successivement en contact a v e c l e b a l a i . Dans la figure 68
les touches c et d o n t déjà passé sous le b a l a i , e v a le q u i t t e r , et f c o m -
m e n c e à se p r é s e n t e r à l u i . P e n d a n t un i n s t a n t l e b a l a i p o r t e sur deux

F i g . 68. — C o m m u t a t i o n dans une section d ' i n d u i t d e g é n é r a t r i c e .


Pôle Pièce = P i è c e p o l a i r e . — Positive Brut h = Balai positif.

touches adjacentes e et f, et m e t ainsi en court-circuit p o u r un m o m e n t


la section V . L a d u r é e d e ce d o u b l e c o n t a c t d é p e n d r a n a t u r e l l e m e n t d e
la vitesse d e r o t a t i o n , de la l a r g e u r d e l'espace isolant e n t r e les touches
du c o l l e c t e u r , et d e l'épaisseur de la surface de c o n t a c t du b a l a i . O r la
section V , un instant a u p a r a v a n t , appartenait à la moitié gauche de
l'anneau, et, q u a n d e l l e a passé sous l e b a l a i , c'est-à-dire q u a n d e cesse
de t o u c h e r ce b a l a i , e l l e a p p a r t i e n t à l a m o i t i é d e d r o i t e . I l est é v i d e n t
dès lors q u e , p a r le fait de son passage sous l e b a l a i , le c o u r a n t q u i cir-
culait dans la section V sera arrêté e t r e p r e n d r a ensuite son cours en
sens inverse à t r a v e r s les b o b i n e s . Chacune des sections d e l'induit, en
passant ainsi sous l e b a l a i , sera de m ê m e t r a n s f é r é e d'une m o i t i é à
l'autre de l'anneau, et l e c o u r a n t q u i la p a r c o u r t sera r e n v e r s é . C'est là
DYNAMO-ÉLECTRIQUE». C

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


82 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

e n r é a l i t é le fait de la c o m m u t a t i o n . — Supposons m a i n t e n a n t q u e , p a r
suite des dispositions prises, l a c o m m u t a t i o n s'effectue e x a c t e m e n t au
p o i n t où les spires de la section n ' e m b r a s s e n t aucun flux de f o r c e , de
t e l l e sorte que la b o b i n e é l é m e n t a i r e , l o r s q u ' e l l e est mise en c o u r t - c i r -
cuit, ne soit le s i è g e d'aucune force é l e c t r o m o t r i c e induite ; a l o r s l e c o u -
r a n t qui l a p a r c o u r a i t cessera, et, q u a n d e l l e q u i t t e r a le b a l a i , e l l e arri-
vera subitement, comme bobine absolument inerte, dans la moitié
d r o i t e de l ' a n n e a u , où le c o u r a n t circule v e r s le b a l a i . Immédiatement
a v a n t q u e e ne quitte l e b a l a i , l e c o u r a n t m o n t a n t p a r T et U s'écoule
p a r e au b a l a i ; m a i s , q u a n d e s ' é l o i g n e , ce c o u r a n t a t o u t d'un c o u p à
passer é g a l e m e n t p a r les spires de V . I l ne p e u t c e p e n d a n t pas atteindre
i n s t a n t a n é m e n t toute son intensité dans la b o b i n e i n e r t e V ; aussi, a v a n t
q u e V a r r i v e à t r a v a i l l e r r é e l l e m e n t , le c o u r a n t p r o d u i t - i l une é t i n c e l l e
entre e et le b a l a i . — N o u s a v o n s supposé ici q u e V é t a i t une b o b i n e
p a r f a i t e m e n t i n e r t e ; supposons m a i n t e n a n t q u ' i l n'en soit p a s ainsi, m a i s
q u e cette section embrasse e n c o r e r é e l l e m e n t un flux de f o r c e , ce qui
serait le cas si l e b a l a i , au lieu d'être d é p l a c é e n a v a n t de la l i g n e n e u t r e
nn', eût été plus l o i n v e r s la g a u c h e ; il est c l a i r dès l o r s q u e , p e n d a n t
l'instant de mise en c o u r t - c i r c u i t , la b o b i n e à son passage au b a l a i s e r a
soumise a u n e force é l e c t r o m o t r i c e . Cette f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , si m i n i m e
q u ' e l l e soit, p e u t m o m e n t a n é m e n t d é t e r m i n e r un fort c o u r a n t , p a r c e q u e
la résistance mise en c o u r t - c i r c u i t est très f a i b l e . Aussi l ' é t i n c e l l e sera-
t - e l l e plus nuisible q u e si l a b o b i n e était a b s o l u m e n t inerte.

Supposons maintenant que, inversement, le balai soit tellement


a v a n c é , dans le sens du m o u v e m e n t ' , q u e , en passant sous ce b a l a i , la
bnbine c o m m e n c e à s ' e n g a g e r sous le b o r d de l ' é l e c t r o - a i m a n t de d r o i t e .
Dans ce cas e l l e c o m m e n c e r a à d é c o u p e r un flux de f o r c e t e n d a n t à
d é v e l o p p e r en e l l e - m ê m e un c o u r a n t de sens c o n t r a i r e . — On a r r i v e à
l'ajustement i d é a l en d é p l a ç a n t les balais j u s t e assez au d e l à du p o i n t de
force é l e c t r o m o t r i c e m a x i m u m p o u r q u e les sections é l é m e n t a i r e s , q u a n d
elles passent sous le b a l a i et sont mises e n c o u r t - c i r c u i t , soient à ce
m o m e n t soumises à une f a i b l e force é l e c t r o m o t r i c e i n v e r s e ; et cette
action doit d u r e r j u s t e assez l o n g t e m p s dans c h a q u e section successive
p o u r a r r ê t e r la c i r c u l a t i o n du c o u r a n t existant, d é t e r m i n e r un c o u r a n t
d e sens i n v e r s e e t l e laisser a c q u é r i r une intensité e x a c t e m e n t é g a l e à
c e l l e du c o u r a n t qui c i r c u l e dans l'autre m o i t i é de l'induit, a u q u e l il
p e u t a l o r s se r é u n i r . Si l ' o n p o u v a i t r é a l i s e r c e t e n s e m b l e de c o n d i t i o n s ,

* Dans le cas d'un m o t e u r , s p é c i a l e m e n t étudié au Chap. XX, les balais d o i v e n t


ê t r e décalés en sens contraire, c'est-à-dire en a r r i è r e par r a p p o r t au sens du m o u -
v e m e n t . On dit a l o r s que le décalage est négatif.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET REACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L ' I N D U I T 83

iln'y auraitpas d'étincelles.— Un champ magnétique ayant exactement


l'intensité v o u l u e p o u r d é t e r m i n e r l e r e n v e r s e m e n t dans l a section de
l'induit où a lieu la c o m m u t a t i o n p e u t o r d i n a i r e m e n t se t r o u v e r juste à
l ' e x t r é m i t é de l a p i è c e p o l a i r e , p a r c e q u e e n ce p o i n t l e s l i g n e s de force
ont une densité qui a u g m e n t e très r a p i d e m e n t . Du m o m e n t q u ' i l faut un
c h a m p m a g n é t i q u e p l u s puissant p o u r r e n v e r s e r des c o u r a n t s intenses
qu'il n'en faut p o u r de faibles c o u r a n t s , il s'ensuit que l e d é c a l a g e a d o n n e r
aux balais est plus g r a n d p o u r des c o u r a n t s intenses que p o u r de faibles
intensités.

Si l e c o l l i e r m o b i l e n e p e r m e t pas d ' a v a n c e r les b a l a i s s u f f i s a m m e n t


pour l e u r faire t o u c h e r les points neutres, les é t i n c e l l e s se produisent
en toute l i b e r t é . Si o n les d é p l a c e au d e l à des points n e u t r e s , il y a g é n é -
r a l e m e n t m o i n s d ' é t i n c e l l e s . En d'autres t e r m e s , il y a o r d i n a i r e m e n t
beaucoup d'étincelles q u a n d le d é c a l a g e est t r o p f a i b l e ; i l y e n a peu
quand il est t r o p g r a n d ; et il n ' y en a pas q u a n d il est b o n . Si l e d é c a -
l a g e dépasse l a l i m i t e v o u l u e , il y a d é p e n s e i n u t i l e d ' é n e r g i e due au
d é v e l o p p e m e n t , dans l a b o b i n e mise en court-circuit, d'un courant
inverse plus g r a n d q u ' i l n'est nécessaire. D e plus, q u a n d l e c a l a g e est
fait au d e l à du p o i n t n e u t r e , toutes les b o b i n e s situées d a n s la r é g i o n
entre ce point neutre et l e d i a m è t r e de c o m m u t a t i o n d e v i e n n e n t le siège
de forces é l e c t r o m o t r i c e s i n v e r s e s , et l e p o t e n t i e l aux b a l a i s t o m b e au-
dessous de s o n m a x i m u m .

Si, dans u n e d y n a m o m a l é t u d i é e , l e c o u r a n t dans u n e s e c t i o n q u e l -


c o n q u e de l'induit est très intense, le c h a m p m a g n é t i q u e é t a n t de son
côté très f a i b l e , il peut a r r i v e r q u ' o n ne t r o u v e aucune p o s i t i o n des
1
balais p o u r l a q u e l l e l'intensité du c h a m p soit suffisante à r e n v e r s e r le
courant dans l a s e c t i o n . D a n s ces c o n d i t i o n s , il sera i m p o s s i b l e d ' e m p ê -
cher les étincelles de se p r o d u i r e . I l est é v i d e n t q u ' o n d i m i n u e r a c e t t e
o
production d'étincelles : I en sectionnant l'induit, de t e l l e s o r t e q u e les
renversements de courants puissent s'effectuer d'une m a n i è r e f r a c t i o n n é e ;
2° en r e n d a n t l e c h a m p m a g n é t i q u e aussi puissant que p o s s i b l e ; 3° e n
c o n f o r m a n t les surfaces p o l a i r e s de t e l l e s o r t e q u ' u n é p a n o u i s s e m e n t
c o n v e n a b l e du c h a m p m a g n é t i q u e lui d o n n e une intensité p r o g r e s s i v e ;
4° e n choisissant des balais d'épaisseur a p p r o p r i é e et m a i n t e n a n t bien
ajustées l e u r s surfaces de c o n t a c t . ( V o i r é g a l e m e n t le C h a p i t r e X V I . )

1
L'Auteur a eu l'occasion de v o i r une d y n a m o dans l a q u e l l e la puissance d e l'in-
duit dépassait celle d e l ' i n d u c t e u r . Quand les balais étaient peu d é p l a c é s , on o b t e -
nait une b o n n e force é l e c t r o m o t r i c e , m a i s il y a v a i t une é n o r m e p r o d u c t i o n d ' é t i n -
celles. A v e c un g r a n d d é c a l a g e , v o i s i n d e 90", les é t i n c e l l e s d i s p a r a i s s a i e n t , m a i s
la force é l e c t r o m o t r i c e se r é d u i s a i t en m ê m e temps à r i e n . . - -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


84 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

I n d é p e n d a m m e n t de la cause o r d i n a i r e d ' é t i n c e l l e s ci-dessus i n d i q u é e


il en existe d'autres raisons de n a t u r e e x c e p t i o n n e l l e . Dans les d y n a m o s
(généralement employées pour les é c l a i r a g e s à a r c ) construites p o u r
f o n c t i o n n e r à haut p o t e n t i e l , c ' e s t - à - d i r e sous 1 000 v o l t s et au delà, on
voit q u e l q u e f o i s se p r o d u i r e un p h é n o m è n e connu sous le n o m de
« c e r c l e de feu » . U n e l o n g u e é t i n c e l l e b l e u e est e n t r a î n é e de balai à
b a l a i a u t o u r de la c i r c o n f é r e n c e du c o l l e c t e u r l o r s q u e l a résistance du cir-
cuit v i e n t à c h a n g e r b r u s q u e m e n t . Cette é t i n c e l l e , qui se r a p p r o c h e p l u -
t ô t d'un a r c , est peu nuisible q u a n d o n a affaire à des d y n a m o s d o n t le
c o l l e c t e u r est f o r m é d'un petit n o m b r e de touches s é p a r é e s p a r des inter-
v a l l e s d'air ; mais e l l e est désastreuse a v e c des d y n a m o s d o n t les collec-
teurs comportent, c o m m e d'ordinaire, des touches isolées par une
m i n é e feuille de m i c a . L e s touches sont e n effet a i s é m e n t m i s e s en court-
circuit p a r ce c e r c l e de feu.

U n e autre cause d ' é t i n c e l l e s est le défaut de s y m é t r i e dans l e b o b i n a g e


de l'induit; quelques-uns des premiers types de l'induit Siemens
p é c h a i e n t sous ce r a p p o r t . Si les spires sur une des m o i t i é s de l'induit
sont ou plus n o m b r e u s e s , o u , en m o y e n n e , plus rapprochées du noyau de
fer que celles qui c o m p o s e n t l ' a u t r e m o i t i é , les forces é l e c t r o m o t r i c e s
induites dans ces deux m o i t i é s sont i n é g a l e s , et, p a r suite, à chaque
t o u r de l'induit, les points neutres se d é p l a c e n t successivement en a v a n t
et e n arrière, déterminant ainsi des é t i n c e l l e s . L e s soubresauts de
balais q u a n d le c o l l e c t e u r ne tourne pas r o n d , ou q u a n d les p o r t e - b a l a i s
sont d é f e c t u e u x , sont une autre source f é c o n d e d ' é t i n c e l l e s .

A u t r e f o i s la nécessité de d é c a l e r les balais était attribuée à une lenteur


d a n s l a d é s a i m a n t a t i o n du fer de l'induit, et, m ê m e e n c o r e de nos j o u r s ,
certaines autorités v e u l e n t v o i r une cause p a r t i e l l e du d é p l a c e m e n t du
m a g n é t i s m e dans l'induit dans la l e n t e u r de d é s a i m a n t a t i o n du fer. Ou
n'a pu c e p e n d a n t p r o u v e r e n c o r e e x p é r i m e n t a l e m e n t q u e ce d é p l a c e m e n t
fût dû à un v é r i t a b l e retard m a g n é t i q u e . E w i n g a m o n t r é ( v o i r p . 160)
que l'influence des forces m a g n é t i s a n t e s p r o l o n g é e s se t r a d u i t par une
certaine l e n t e u r dans l ' a c c r o i s s e m e n t de l ' a i m a n t a t i o n ; m a i s cette « hys-
térésis visqueuse » n'est p o u r r i e n dans la nécessité du d é c a l a g e des
balais. L a lenteur apparente de p r o p a g a t i o n des p h é n o m è n e s m a g n é -
tiques dans les g r a n d e s masses de fer est due, c o m m e o n p e u t l e d é m o n -
t r e r , à des courants induits internes, et c'est p r é c i s é m e n t p o u r cette r a i -
son que p e r s o n n e n ' e m p l o i e du fer massif c o m m e n o y a u d'induit. I l n'a
pas été d é m o n t r é d a v a n t a g e que des feuilles de t ô l e ou des fils de f e r ,
tels que ceux qui constituent les n o y a u x d'induit, fussent plus l o n g s à se

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 83

désaimanter qu'à s ' a i m a n t e r . A v r a i d i r e , c'est m ê m e p r o b a b l e m e n t l'in-


v e r s e qui a lieu ; et, j u s q u ' à ce q u e l ' e x p é r i e n c e ait mis le c o n t r a i r e en
é v i d e n c e , nous a d m e t t r o n s que les effets du p r é t e n d u retard m a g n é t i q u e
sont n é g l i g e a b l e s . L e d é v e l o p p e m e n t de courants parasites dans une par-
tie q u e l c o n q u e de l'induit en m o u v e m e n t sera nécessairement a c c o m -
p a g n é d'une action d é m a g n é t i s a n t e et i n f l u e r a é g a l e m e n t sur l e déca-
l a g e des b a l a i s .

Action d é m a g n é t i s a n t e de l ' i n d u i t . — Si dans une d y n a m o on avance


les bulais dans le but de faire disparaître les é t i n c e l l e s , il en résulte
i m m é d i a t e m e n t une a u t r e r é a c t i o n , c'est l a p r o d u c t i o n d'une force r é e l -
l e m e n t d é m a g n é t i s a n t e ou « i n d u c t i o n i n v e r s e » . 11 est facile de d é m o n -
trer cet effet du c o u r a n t d'induit en se r e p o r t a n t à la figure 69. L e s
inducteurs et l'induit sont r e p r é s e n t é s ici c o m m e p r é c é d e m m e n t ; mais o n
a d o n n é aux b a l a i s un c a l a g e en a v a n t ou positif, i n d i q u é p a r la l i g n e

>
F i g . 69. — A c t i o n d é m a g n é t i s a n t e du courant d'induit d une g é n é r a t r i c e .

o b l i q u e nn\ L e s courants circulent en a l l a n t v e r s l ' o b s e r v a t e u r dans les


conducteurs situés à g a u c h e de la l i g n e n e u t r e , et v o n t en s ' é l o i g n a n t de
l ' o b s e r v a t e u r dans ceux qui se t r o u v e n t à d r o i t e de cette l i g n e . T r a ç o n s
maintenant à t r a v e r s l ' a r m a t u r e , les d e u x n o r m a l e s ad et bc m e n é e s p a r
les p o i n t s de c o m m u t a t i o n c o r r e s p o n d a n t aux deux b a l a i s . Ces l i g n e s
coupent en q u a t r e points l ' e x t é r i e u r de l'induit. L e d i a g r a m m e c o m p o r t e
trente-deux conducteurs distribués autour du n o y a u de l'induit, et,
c o m m e celui-ci est b o b i n é en t a m b o u r , les c o n n e x i o n s t e r m i n a l e s de
ces conducteurs présentent p r o b a b l e m e n t q u e l q u e chose d ' a n a l o g u e à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


86 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

celles q u ' i n d i q u e la figure 70, où chaque c o n d u c t e u r est r e l i é t r a n s v e r s a -


l e m e n t , p a r une l a m e de c o n n e x i o n à d e u x c o u r b u r e s , au c o n d u c t e u r
1
v o i s i n de celui qui lui est d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é . Du reste, en ce qui
c o n c e r n e les actions m a g n é t i s a n t e s , peu i m p o r t e n t les c o n n e x i o n s t e r m i -
n a l e s , p o u r v u q u ' e l l e s soient c o m p a t i b l e s a v e c l a c i r c u l a t i o n du c o u r a n t
p r é c é d e m m e n t i n d i q u é e dans la figure 69, c'est-à-dire v e r s l ' a v a n t de l a
figure dans les conducteurs à g a u c h e de nn'el v e r s l ' a r r i è r e dans les c o n -
ducteurs à d r o i t e de nn'. Il résulte de là q u e l ' o n peut, m o m e n t a n é m e n t ,
les c o n s i d é r e r c o m m e g r o u p é s d'une f a ç o n q u e l c o n q u e qui a i d e à c o m -

F i g . 71. — G r o u p e m e n t des conduc-


F i g . 70. — Connexions t e r m i n a l e s teurs en bandes d ' a i m a n t a t i o n
réelles d'un b o b i n a g e en t a m b o u r . t r a n s v e r s a l e et d e d é s a i m a n t a t i o n .

p r e n d r e l e u r a c t i o n . S u p p o s o n s d o n c q u e les q u a t r e conducteurs de 29 à
2
32 soient r e l i é s , t r a n s v e r s a l e m e n t aux bases du c y l i n d r e , a u x q u a t r e fils
de 13 à 16 ; et que les d o u z e conducteurs de 1 à 12 soient de m ê m e r e l i é s
aux d o u z e de 17 à 28. L e s fils d'induit se t r o u v e n t m a i n t e n a n t r é p a r t i s en
d e u x b a n d e s , l ' u n e h o r i z o n t a l e , d e d o u z e fils, q u i t e n d u n i q u e m e n t à
aimante?' transversalement, l ' a u t r e v e r t i c a l e , d e quatre fils, t e n d a n t uni-
q u e m e n t à désaimanter; o n v o i t en effet q u e l e sens du c o u r a n t a u t o u r de
la. b a n d e v e r t i c a l e est i n v e r s e de celui q u i c i r c u l e dans les fils m a g n é t i -
sants. L a l a r g e u r de la b a n d e de fils d é m a g n é t i s a n t s est naturellement
p r o p o r t i o n n e l l e à l ' a n g l e de c a l a g e , p u i s q u ' e l l e sous-tend le d o u b l e de
set a n g l e . — Si l'induit considéré p o r t e 100 a m p è r e s , c o m m e l e c i r c u i t
de l'induit offre au courant d e u x passages é g a u x ' p . 6 2 ) , c h a q u e c o n d u c -
t e u r d o i t p o r t e r 50 a m p è r e s . P a r suite le n o m b r e d ' a m p è r e s - t o u r s de
f o r c e m a g n é t i s a n t e t r a n s v e r s a l e est de 50 x 12 = 600 ; et l e n o m b r e
d ' a m p è r e s - t o u r s de f o r c e d é m a g n é t i s a n t e est de 50 x 4 = 200.

1
Pour les m o d e s de c o n n e x i o n des e n r o u l e m e n t s en t a m b o u r , v o i r le Cha-
pitre X I I I .
* Voir S w i n b u r n e dans le Journ. Soc. Teleg. Engineers, X V . 542, 1886.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET REACTIONS ELECTRIQUES DANS L'INDUIT 87

Mais l ' a c t i o n d ' a i m a n t a t i o n transversale q u i , ainsi q u ' o n l'a v u , t o r d


le c h a m p m a g n é t i q u e , d i m i n u e l é g è r e m e n t p a r e l l e - m ê m e le flux d e
force qui passe t r a n s v e r s a l e m e n t d'un côté à l'autre du n o y a u de l'induit,
p a r c e q u e , dans le sens résultant o b l i q u e d e l ' a i m a n t a t i o n , l e flux a u g -
m e n t é tend à p r o d u i r e une plus g r a n d e saturation.— P o u r une étude plus
a p p r o f o n d i e des effets d ' a i m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e a m e n a n t une d i m i n u -
tion dans l ' a i m a n t a t i o n du n o y a u , o n se r e p o r t e r a u t i l e m e n t à d e s articles
de S i e m e n s 1
et d e Schiiltze * dans les Annales de Wiedemann. Schiiltze,
au cours de v i n g t - q u a t r e e x p é r i e n c e s , a t r o u v é q u e l ' a i m a n t a t i o n trans-
v e r s a l e d'un n o y a u d e fer d i m i n u a i t toujours l ' a i m a n t a t i o n l o n g i t u d i n a l e .
3
Les e x p é r i e n c e s les plus r é c e n t e s à cet é g a r d sont c e l l e s de K e n n e l l y .
F r ö l i c h , dans des e x p é r i e n c e s sur un ancien t y p e S i e m e n s , a t r o u v é
que la r é a c t i o n du c o u r a n t d'induit d i m i n u a i t de 25 p . 100 e n v i r o n le
m a g n é t i s m e efficace des é l e c t r o - a i m a n t s . — Dans des r e c h e r c h e s plus
récentes, S t r ö m b e r g * a mesuré sur une m a c h i n e S c h u c k e r t l'effet d é m a -
g n é t i s a n t du courant d'induit et l'a e x p r i m é c o m m e é q u i v a l e n t à un cer-
tain n o m b r e d'ampères-tours n é g a t i f s . Quand la puissance e x c i t a t r i c e du
c o u r a n t dans les inducteurs é t a i t m a i n t e n u e à 6 250 a m p è r e s - t o u r s , il a
t r o u v é p o u r l'effet d é m a g n é t i s a n t du c o u r a n t d'induit les chiffres sui-
vants :

„ ,,. , . Ampères-tours négatifs


Courant d .ndu.t équivalents

7,4 650
12,0 8,ï0
25,4 1 450
44,0 . 2 450
60,4 3 650

P o u r une plus f o r t e e x c i t a t i o n constante des inducteurs, l'effet d é m a


gnétisant des c o u r a n t s d'induit était plus g r a n d . A v e c 13 400 a m p è r e s -
tours, l'effet démagnétisant de s o i x a n t e a m p è r e s dans l'induit était
é q u i v a l e n t à 4 400 a m p è r e s - t o u r s ; a v e c 25 000 ampères-tours, l'effet
démagnétisant d e 30,5 ampères seulement était équivalent à 3100
a m p è r e s - t o u r s . Ce résultat inattendu était p r o b a b l e m e n t dû à ce q u e l e
fer des inducteurs a r r i v a i t plus t ô t q u e le n o y a u de l'induit à un d e g r é

1
W e r n e r S i e m e n s , Wiedemann's Annalen, XIV. 634, 1882.
* Schtilze, Wied. Ann., X X I V . 663, 1885.— V o i r é g a l e m e n t Oberbeck, Ilabiliations-
Schrift, 1878.
s
Electrician, XXV. 111, 1890.
* Centrablalt fur Elektrotechnik, 283, 1887.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


88 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

plus é l e v é de saturation. I l p o u v a i t é g a l e m e n t d é p e n d r e de la position


des b a l a i s , d o n t ne p a r l e pas S t r ô m b e r g . — U n e d y n a m o M a n c h e s t e r
1
e s s a y é e p a r l e professeur A y r t o n e x i g e a i t 5 846 a m p è r e s - t o u r s de force
m a g n é t i s a n t e q u a n d elle n ' a l i m e n t a i t aucune l a m p e , et 10000 q u a n d elle
fournissait son p l e i n c o u r a n t ; sur les 4 184 a m p è r e s - t o u r s supplémen-
t a i r e s , 1 7o4 étaient nécessaires p o u r c o m p e n s e r les v o l t s perdus (en
r a i s o n de la résistance i n t é r i e u r e et de la d i m i n u t i o n de p e r m é a b i l i t é ) et
2 400 p o u r c o m p e n s e r l'effet d é m a g n é t i s a n t du c o u r a n t d'induit, étant
d o n n é e l ' a u g m e n t a t i o n de d é c a l a g e i n d i s p e n s a b l e p o u r é v i t e r les étin-
c e l l e s . P l u s est g r a n d le d é c a l a g e d e s balais dans une d y n a m o f o n c t i o n -
n a n t c o m m e g é n é r a t r i c e , plus l'effet de d é s a i m a n t a t i o n du c o u r a n t d ' i n -
duit est c o n s i d é r a b l e .

Dans les m o t e u r s , un m o u v e m e n t de r o t a t i o n dans l e sens des


aiguilles d'une m o n t r e , dans un c h a m p m a g n é t i q u e d e x t r o r s u m , c o r r e s -
p o n d a n t à un c o u r a n t d'induit de sens i n v e r s e de c e l u i de la d y n a m o , il
faut d o n n e r aux b a l a i s , p o u r é v i t e r les é t i n c e l l e s , un d é c a l a g e n é g a t i f ou
e n a r r i è r e , et ce d é c a l a g e e n a r r i è r e se traduit é g a l e m e n t p a r une ten-
dance à la désaimantation.

Si l ' o n d o n n e aux balais d'une g é n é r a t r i c e un d é c a l a g e n é g a t i f ( c ' e s t -


à-dire un d é p l a c e m e n t , p a r r a p p o r t à l a l i g n e neutre, en sens i n v e r s e du
sens de r o t a t i o n ) , l ' a c t i o n m a g n é t i s a n t e des courants d'induit tendra à
1
f a v o r i s e r l ' a i m a n t a t i o n du n o y a u . L e s docteurs J. et E . H o p k i n s o n ont
m ô m e m o n t r é q u e , a v e c un d é c a l a g e en a r r i è r e , une d y n a m o pouvait
s ' e x c i t e r e l l e - m ê m e sous l a seule action des courants d'induit ; m a i s dans
ces c o n d i t i o n s le d é c a l a g e n é g a t i f d o n n e lieu à u n e g r a n d e et désas-
treuse p r o d u c t i o n d ' é t i n c e l l e s . L'effet d é m a g n é t i s a n t est n a t u r e l l e m e n t
p r o p o r t i o n n e l au n o m b r e d'ampères-tours effectifs du circuit d ' i n d u i t qui
e n t o u r e le circuit m a g n é t i q u e , e t , p a r suite, au n o m b r e r é e l d ' a m p è r e s -
t o u r s c o m p r i s , c o m m e o n l'a v u , dans une b a n d e d'une l a r g e u r a n g u -
l a i r e d o u b l e de l ' a n g l e de c a l a g e — On a p r o p o s é plusieurs e x p é d i e n t s
pour compenser la tendance des courants d'induit à produire cette
a i m a n t a t i o n - transversale, et o b v i e r ainsi aux variations de décalage.
Dans un p r o c é d é dû à M a t h e r * , un p e t i t é l e c t r o - a i m a n t droit, excité

1
Journal Inst. Electrical Engineers, XIX. 175, 1890.
s Phil. Trans., partie I . 347, 1886.
* S u i v a n t P e u k e r t , qui c e p e n d a n t ne spécifie pas l'angle d e c a l a g e , l'effet d é m a -
g n é t i s a n t du courant d ' i n d u i t est p r o p o r t i o n n e l à 1,3 fois la puissance du courant
d ' a r m a t u r e . V o i r Centralblatt fur Elektrolechnik, I X . 484, 1887.
* Voir La Lumière électrique, X I X . 404,1885.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 89

par le c o u r a n t d'induit, est p l a c é p e r p e n d i c u l a i r e m e n t e n t r e les p i è c e s


1
polaires. Swinburne a discuté les a v a n t a g e s d e diverses d i s p o s i t i o n s
analogues ayant le m ê m e objet. L e professeur E. T h o m s o n p r o p o s e de
placer une b o b i n e en série sur un bâti m o b i l e au-dessus d e l'armature
et de l ' i n c l i n e r j u s q u ' à ce q u ' e l l e r a m è n e l e p o i n t n e u t r e en a r r i è r e .

A p r o p o s de l ' i n f l u e n c e de l'induit sur l ' a i m a n l a t i o n des é l e c t r o - a i -


m a n t s , o n peut faire r e m a r q u e r q u e les » caractéristiques » des m a c h i n e s
d y n a m o s ( v o i r C h a p i t r e X ) , e m p l o y é e s p o u r m o n t r e r les v a r i a t i o n s d e la
f o r c e é l e c t r o m o t r i c e de la m a c h i n e en f o n c t i o n d e l'intensité c o r r e s p o n -
dante du c o u r a n t , sont q u e l q u e f o i s prises c o m m e r e p r é s e n t a t i o n des v a -
r i a t i o n s de l ' a i m a n t a t i o n des é l e c t r o - a i m a n t s . Ce n'est pas absolument
e x a c t ; elles r e p r é s e n t e n t p l u t ô t l ' a i m a n t a t i o n dans l'induit. Mais, si un
é l e c t r o - a i m a n t p e u t a t t e i n d r e une saturation p r a t i q u e d ' a i m a n t a t i o n , il
n'y a pas, a v e c un c o u r a n t e n c o r e plus intense, d e d i m i n u t i o n d ' a i m a n -
tation. C e p e n d a n t , les c a r a c t é r i s t i q u e s d e p r e s q u e toutes les d y n a m o s e n
série p r é s e n t e n t , au m o i n s p o u r de g r a n d e s vitesses, une t e n d a n c e m a r -
q u é e à s'abaisser a p r è s a v o i r atteint un m a x i m u m ; et dans certaines
machines, telles q u e l ' a n c i e n t y p e d e Brush à anneau d e fonte ( v o i r
fig. 1 5 6 ) , cette r é a c t i o n est très a c c e n t u é e . L a force é l e c t r o m o t r i c e d i m i -
r
n u e , m a i s l e m a g n é t i s m e des inducteurs n e c h a n g e p a s . L e D Hopkin-
son a s u g g é r é une e x p l i c a t i o n de cet a b a i s s e m e n t de la c a r a c t é r i s t i q u e
dans sa c o n f é r e n c e sur « l ' E c l a i r a g e é l e c t r i q u e » d e v a n t Y Institution
of Civil Engineers, en a v r i l 1883 ; il l'attribue à l a r é a c t i o n d e self-
i n d u c t i o n et d e m u t u e l l e i n d u c t i o n e n t r e les s e c t i o n s de l'induit. C'est
là, sans aucun d o u t e , une des causes du p h é n o m è n e , puisque toutes
les r é a c t i o n s de ce g e n r e d i m i n u e n t l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e e f f i c a c e ;
m a i s cet effet est dû en p a r t i e à la t o r s i o n du m a g n é t i s m e , e t s u r t o u t
à l ' a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e résultant de l ' a u g m e n t a t i o n de d é c a l a g e des
balais. Il est au moins très significatif que, dans l'ancien t y p e de
m a c h i n e B r u s h , où la r é d u c t i o n d e force é l e c t r o m o t r i c e est très c o n s i -
d é r a b l e , l ' i n d u i t c o m p o r t e é g a l e m e n t une g r a n d e masse d e fer, et les
balais un d é c a l a g e très v a r i a b l e . Ces m a c h i n e s à c a r a c t é r i s t i q u e p l o n -
geante sont p r é f é r é e s p o u r les é c l a i r a g e s à a r c .

L a q u e s t i o n du d é c a l a g e des b a l a i s , des é t i n c e l l e s et du c h a m p n é c e s -
saire p o u r renverser le c o u r a n t dans une section est traitée plus loin
(Ghap. X V I ) au p o i n t d e v u e de l'étude des d y n a m o s et de la c h a r g e ( o u
des ampères-tours) q u e peut s u p p o r t e r un i n d u i t .

1
Journal Inst. Electrical Engineers, XIX. 105, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


90 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

R é s i s t a n c e a p p a r e n t e . — L a self-induction dans les spires de l'induit


se m a n i f e s t e e n c o r e a u t r e m e n t . Dans c h a q u e section le c o u r a n t tend à
p o u r s u i v r e son c h e m i n et, p a r le fait, s'écoule r é e l l e m e n t p e n d a n t un
instant après son a r r i v é e au b a l a i . L ' é n e r g i e du c o u r a n t dans cette sec-
tion est alors c o n s o m m é e en échauffement du fil p e n d a n t l'instant où
e l l e est mise en court-circuit ; et, au m o m e n t de ce p a s s a g e , il faut de
n o u v e a u d é p e n s e r de l ' é n e r g i e p o u r y l a n c e r un c o u r a n t e n sens c o n -
t r a i r e . T o u t e s ces r é a c t i o n s se p r o d u i s e n t n a t u r e l l e m e n t au d é t r i m e n t
de la puissance e x t é r i e u r e de la m a c h i n e ; l a p e r t e p a r m i s e en court-
1
circuit est p a r t i c u l i è r e m e n t p r é j u d i c i a b l e . M . J o u b e r t a montré que la
p e r t e d e puissance due aux r e n v e r s e m e n t s d e c o u r a n t dans les sections

d'une a r m a t u r e en anneau est é g a l e à > "J étant le n o m b r e d e tours


p a r s e c o n d e , L l e coefficient d e self-induction p o u r l ' a n n e a u e n t i e r , et î „
8
l'intensité du c o u r a n t dans l ' i n d u i t . L e s professeurs A y r t o n et P e r r y ont
fait r e m a r q u e r très j u d i c i e u s e m e n t q u e ce m ê m e p h é n o m è n e était sus-
c e p t i b l e d'une autre e x p r e s s i o n p a r f a i t e m e n t r a t i o n n e l l e . L a puissance
a b s o r b é e p a r un c i r c u i t d e résistance r p o r t a n t un c o u r a n t i étant é g a l e
2
à r i , il est é v i d e n t q u e la p e r t e d e puissance due à la s e l f - i n d u c t i o n
est la m ê m e q u e si l ' o n introduisait dans l ' a r m a t u r e une résistance addi-
n L
3
tionnelle de la v a l e u r r = -jr-j- . I l y a, p a r suite, d a n s un induit en
m o u v e m e n t , un a c c r o i s s e m e n t apparent de résistance proportionnel
à sa vitesse, et l ' o n ne p e u t v a i n c r e cet a c c r o i s s e m e n t a p p a r e n t , dû à la
self-induotion, p a r une a u g m e n t a t i o n du n o m b r e des sections d e l ' a r m a -
ture. On l'atténue s e u l e m e n t j u s q u ' à un c e r t a i n p o i n t en m e t t a n t plus de
fer-dans l ' i n d u i t et en r é d u i s a n t le n o m b r e des spires de c u i v r e , o u , en
d'autres t e r m e s , en d i m i n u a n t le m o m e n t m a g n é t i q u e de l'induit au

1
Comptes rendus, 23 juin 1880, 9 j a n v i e r 1882, 5 m a r s 1883; et l'Electricien, avril
1883. — I l est facile de d é m o n t r e r l'exactitude d e l'expression ci-dessus. L a puissance
électrique (en w a t t s ) est le p r o d u i t d e s v o l t s par les a m p è r e s . Si un flux * est
découpé - y - fois par s e c o n d e , la v a r i a t i o n m o y e n n e de ce flux est—— Si d e son
c ô t é le circuit d'un anneau a un coefficient de self-induction L, le c o u r a n t -z ia

1
r
en pénétrant dans c e circuit créera un flux é g a l à - g - L ' « unités. L e c o u r a n t
1 n
— ia est en c o n s é q u e n c e v i r t u e l l e m e n t a m e n é a d é c o u p e r - y - fois par s e c o n d e un
flux—g- Lia, e t la puissance n é c e s s a i r e pour a r r ê t e r le c o u r a n t d e la m o i t i é de
l'induit dans toutes les sections l ' u n e après l'autre est ~ ~ Lia'.
1
' Journal Soc. Telegr. Eng. and Electr., X I I . n° 49, 1883.
3
L a valeur ici d o n n é e repose sur l ' h y p o t h è s e q u e , p e n d a n t la m i s e en c o u r t -
c i r c u i t , l e courant dans la section c o n s i d é r é e cesse s i m p l e m e n t ; mais s'il y a r é e l -
l e m e n t a r r ê t et r e n v e r s e m e n t p a r l ' i n t r o d u c t i o n d'une force c o n t r e - é l e c t r o m o t r i c e ,
ce qui doit ê t r e , cette v a l e u r sera m o i n d r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS E T RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 91

profit du c h a m p m a g n é t i q u e q u i se t r o u v e relativement augmenté.


L'existence d'une résistance a p p a r e n t e v a r i a n t a v e c la vitesse a été
l
s i g n a l é e p o u r la p r e m i è r e fois p a r C a b a n e l l a s .

G o u r a n t s p a r a s i t e s . — Deux autres r é a c t i o n s i n d u c t r i c e s sont e n c o r e


à c o n s i d é r e r dans l'induit. Si le bâti de la m a c h i n e ou l e s supports m é t a l -
l i q u e s sur l e s q u e l s r e p o s e l ' a r m a t u r e constituent des circuits f e r m é s sus-
c e p t i b l e s d ' i n t e r c e p t e r un flux de f o r c e , ils d e v i e n d r o n t e n p u r e p e r t e le
s i è g e d e courants parasites q u i s'y d é v e l o p p e r o n t , en les échauffant e t
a b s o r b a n t du t r a v a i l . Dans le fer du n o y a u d'induit, s'il n'est pas c o n v e -
n a b l e m e n t d i v i s é , il p e u t se d é v e l o p p e r des courants parasites i n t é r i e u r s
{dits » courants de F o u c a u l t » ) , a b s o r b a n t d e l ' é n e r g i e et d é t e r m i n a n t un
é c h a u f f e m e n t n u i s i b l e . Des courants du m ê m e g e n r e se p r o d u i r o n t é g a -
l e m e n t à l'intérieur des c o n d u c t e u r s q u i constituent l ' e n r o u l e m e n t d e
l ' a r m a t u r e si ces c o n d u c t e u r s sont massifs c o m m e dans les « induits à
3
h a r r e s » e m p l o y é s p o u r les m a c h i n e s à g r a n d d é b i t . F r o l i c h a , en 1 8 8 0 ,
s i g n a l é les effets de la p r é s e n c e d e ces c o u r a n t s et l e u r a a t t r i b u é , n o n
s e u l e m e n t le déficit, a u t r e m e n t i n e x p l i q u é , dans la transmission élec-
t r i q u e du t r a v a i l d'un g é n é r a t e u r à un m o t e u r , m a i s aussi la d i m i n u t i o n
•dans le m a g n é t i s m e efficace (ci-dessus p r é s e n t é e c o m m e l e résultat d'une
aimantation transversale et t r o u v é e p a r Frfllich égale à 25 p . 100
•du m a g n é t i s m e t o t a l ) o b s e r v é e a v e c des courants intenses et d e g r a n d e s
vitesses ; il a é g a l e m e n t attribué à la m ê m e cause l ' a u g m e n t a t i o n appa-
3
r e n t e du n o m b r e d e « tours m o r t s » à des vitesses é l e v é e s . Ces courants
•existent sans aucun d o u t e et l ' é n e r g i e q u ' i l s a b s o r b e n t est s e n s i b l e m e n t
p r o p o r t i o n n e l l e au c a r r é d e la v i t e s s e * ; m a i s o n p e u t les d i m i n u e r
indéfiniment p a r une d i v i s i o n , un i s o l e m e n t et une disposition c o n v e -
n a b l e s des é l é m e n t s de la carcasse de l'induit.

Division des masses métalliques. — L e s r è g l e s à a p p l i q u e r p o u r cette


division dans l a constitution de l'induit v a r i e n t s u i v a n t les é l é m e n t s
•considérés. Dans l e n o y a u , en effet, o n doit c h e r c h e r à s u p p r i m e r toute

* Comptes rendus, 9 j a n v i e r 1882 et 24 n o v e m b r e 1884 ; v o i r aussi Picou, Manuel


-cTElectromëtric, p. 123; et L o d g e , dans Electrician, 31 juillet 1885.
* A c a d é m i e de Berlin, Berichte, 18 n o v e m b r e 1880; et Elektrotechnische Zeils-
•chrift, I I . m a i 1881, et I X . n o v e m b r e et d é c e m b r e 1888.
3
II appelle ainsi l e n o m b r e d e tours dont la vitesse réelle dépasse le n o m b r e de
tours qui serait nécessaire, en l'absence de toutes réactions, pour produire la force
•èlectromotrice.
* Clausius a introduit dans ses é q u a t i o n s (tVied. Ann., XX. 354, 1883 ; e t Phil.
Mag., série 5, X V I I . 46 et 119, 1883) des t e r m e s c o m p r e n a n t les effets d e s courants
parasites. Cette question a également é t é traitée t h é o r i q u e m e n t par 11. L o r b e r g
•IWied. Ann., XX. 389, 1887).

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


92 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

c i r c u l a t i o n de c o u r a n t qui p o u r r a i t ê t r e induit p a r a l l è l e m e n t aux con-


ducteurs qui le r e c o u v r e n t , et, dans ces c o n d u c t e u r s , l ' o b j e c t i f est de ne
laisser passer aucun courant d'un côté ou d'un b o r d de c o n d u c t e u r à
l'autre. L e s plans de d i v i s i o n d o i v e n t n a t u r e l l e m e n t être disposés de
m a n i è r e à c o u p e r n o r m a l e m e n t la d i r e c t i o n dans l a q u e l l e les courants
parasites p o u r r a i e n t se d é v e l o p p e r sans cette p r é c a u t i o n . Mais c o m m e ,
ainsi q u ' o n l'a v u p a g e 2 1 , la d i r e c t i o n de la force électromotrice
induite, c e l l e du m o u v e m e n t et c e l l e des l i g n e s de force sont toutes
trois à a n g l e s droits l'une par r a p p o r t à l ' a u t r e , il suffit dans chaque
cas, p o u r d é t e r m i n e r le p l a n de d i v i s i o n , de fixer celle de ces trois direc-
tions à l a q u e l l e il d o i t être n o r m a l . Ce p l a n c o n t i e n d r a a l o r s les deux
autres directions ou l e u r sera p a r a l l è l e .

D1HKCTI0N DKS PLANS DE DIVISION

SENS
Conducteurs
Noyaux d'induits Massei polaires
des induits

Parallèle. Normale. Parallèle.

Parallèle. Parallèle. Parallèle.

de la Force électromotrice
Normale. Parallèle. Normale.

On r e m a r q u e r a q u e la d i r e c t i o n de la d i v i s i o n des masses p o l a i r e s est


la m ê m e q u e celle des n o y a u x d'induits ; de sorte q u e ces masses p o l a i r e s
p e u v e n t être c o n s i d é r é e s , ainsi qu'il a d é j à été dit p a g e 44, c o m m e é l a n t
v i r t u e l l e m e n t la c o n t i n u a t i o n des disques constitutifs des induits.
On p e u t se r e n d r e c o m p t e g r a p h i q u e m e n t de la nécessité d e diviser
e n feuilles circulaires les n o y a u x des induits en t a m b o u r ou en anneau
( l o n g , mais n o n en f o r m e de d i s q u e ) : — En effet, dans tout c o n d u c t e u r
s'élevant dans l'entrefer de g a u c h e , il y aura d é v e l o p p e m e n t d'une force
é l e c t r o m o t r i c e d i r i g é e d ' a r r i è r e en a v a n t . Si d o n c le n o y a u était en f e r
massif, un c o u r a n t s'écoulerait d ' a r r i è r e en a v a n t le l o n g de la p a r o i
g a u c h e du n o y a u , et d ' a v a n t en a r r i è r e le l o n g de la p a r o i de d r o i t e . L a
d i v i s i o n du n o y a u e n disques p a r a l l è l e s centrés sur l ' a r b r e r é d u i r a natu-
r e l l e m e n t ces courants au m i n i m u m . E l l e ne les é l i m i n e r a c e p e n d a n t pas
c o m p l è t e m e n t ; car, ainsi q u ' o n le v o i t dans la c o u p e e n t r a v e r s des dis-
ques de n o y a u sur la figure 72, des courants parasites p e u v e n t se d é v e -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 93

l o p p e r dans la substance m ê m e de ces disques. En fait o n r e c o n n a î t q u e ,


si ces disques sont t r o p é p a i s , ou s'ils ne sont pas c o n v e n a b l e m e n t isolés
les uns des a u t r e s , ils s'échauffent, et cet é c h a u f f e m e n t se manifeste sur-
tout à l a surface e x t é r i e u r e où les courants parasites sont le plus intenses.
C o m m e r è g l e g é n é r a l e on peut d i r e q u e l'épaisseur des t ô l e s de n o y a u x
ne d o i t pas dépasser 2 m i l l i m è t r e s . Cette épaisseur c o n v i e n t aussi p o u r

F i g . 72. — Gourants parasites dans les d i s q u e s de n o y a u x .

le feuillard qui sert à f a i r e le n o y a u des a n n e a u x plats. On a r e c o n n u


que le n o u v e l induit feuilleté de la m a c h i n e Brush p o u r l u m i è r e à arc
(fig. 3 0 9 ) , e m p l o y é au lieu de l ' a n c i e n n e a r m a t u r e massive (fig. 308),
d i m i n u a i t c o n s i d é r a b l e m e n t le n o m b r e des « tours m o r t s » , indépen-
d a m m e n t d'une g r a n d e é c o n o m i e réalisée dans l ' é n e r g i e a n t é r i e u r e m e n t
c o n s o m m é e p a r échauffement.
Dans les m a c h i n e s à a n n e a u où se t r o u v e c r é é un c h a m p intérieur
( v o i r p . 73) il se d é v e l o p p e r a , dans l ' a r b r e d ' e n t r a î n e m e n t et dans les
bras m é t a l l i q u e s q u i s u p p o r t e n t les disques de l'induit, des courants
parasites a n a l o g u e s qui les échaufferont et d é t e r m i n e r o n t une d é p e n s e
inutile d ' é n e r g i e .
Si les disques t e r m i n a u x du n o y a u sont soumis à l ' a c t i o n d'un c h a m p
m a g n é t i q u e d é r i v é , allant des b o r d s des masses p o l a i r e s à l e u r surface,
des courants parasites y p r e n d r o n t é g a l e m e n t naissance. On peut p a r e r
à cet i n c o n v é n i e n t e n d o n n a n t au n o y a u de l'induit une l o n g u e u r a x i a l e
totale un peu supérieure à la p r o f o n d e u r des masses p o l a i r e s m e s u r é e
parallèlement à l'axe.
Courants parasites dans les pièces polaires. — Si les masses de f e r
dans l ' a r m a t u r e sont disposées de telle s o r t e q u e , p e n d a n t sa r o t a t i o n ,
la distribution des l i g n e s de f o r c e se modifie continuellement dans

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


94 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

l ' é t r o i t espace q u i sépare l'induit des p i è c e s p o l a i r e s , il a r r i v e r a , m a l g r é


la constance du m a g n é t i s m e total de l'inducteur, q u e des courants para-
sites se d é v e l o p p e r o n t dans les p i è c e s p o l a i r e s et les é c h a u f f e r o n t . Ce fait
est mis e n é v i d e n c e p a r les figures 73 à 78 qui r e p r é s e n t e n t l'effet d'une
dent en saillie, c o m m e dans l'anneau d e P a c i n o t t i , et le c h a n g e m e n t qui
en résulte dans l a distribution du m a g n é t i s m e dans la p i è c e p o l a i r e . L e s

F i g . 73. F i g . 74. F i g . 75.


Modifications du c h a m p m a g n é t i q u e dues au m o u v e m e n t d'une m a s s e d e fer dans
l'induit.

figures 76 et 77 ( c o r r e s p o n d a n t r e s p e c t i v e m e n t aux figures 73 et 74)


m o n t r e n t les courants parasites g r o u p é s p a r p a i r e s de t o u r b i l l o n s . L e

F i g . 76. F i g . 77. F i g . 78.


Courants parasites i n d u i t s dans les pièces p o l a i r e s par le m o u v e m e n t d'une masse
de f e r .

courant l e plus intense s'écoule entre les t o u r b i l l o n s e t se t r o u v e j u s t e


au-dessous de la d e n t en saillie, où le m a g n é t i s m e est le plus i n t e n s e ; il
suit la d e n t dans son m o u v e m e n t . L a figure 78 m o n t r e ce qui a r r i v e au
m o m e n t où la dent quitte finalement la p i è c e p o l a i r e . Ces courants p a r a -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 95

1
sites p é n è t r e n t à l ' i n t é r i e u r du fer, à une faible p r o f o n d e u r cependant .
Il est é v i d e n t q u e la plus g r a n d e quantité de ces courants parasites se
d é v e l o p p e r a i la p a r t i e des pièces p o l a i r e s où les p e r t u r b a t i o n s m a g n é -
tiques sont le plus accentuées et le plus b r u s q u e s . U n c o u p d'œil jeté
sur les figures 66, 67, 77 et 78 suffît à faire v o i r q u e ce sera à 1' c a n g l e »
ou i b e c » de s o r t i e d e l ' e x c a v a t i o n p o l a i r e dans une m a c h i n e généra-
t r i c e . C'est en r é a l i t é ce q u ' o n constate q u a n d une d y n a m o d o n t l e s
pièces p o l a i r e s se t e r m i n e n t p a r un b e c ou a n g l e v i f ( c o m m e d a n s l a
m a c h i n e G r a m m e ) , a f o n c t i o n n é un c e r t a i n t e m p s c o m m e g é n é r a t r i c e .
L e s becs » d e s o r t i e » o et c de la figure 79 sont chauds, tandis q u e les

F i g . 79.

becs « d ' e n t r é e » b et d restent r e l a t i v e m e n t f r o i d s . Quand la m a c h i n e


f o n c t i o n n e c o m m e m o t e u r , c'est l ' i n v e r s e q u i a lieu : les becs « de s o r t i e »
a et c sont f r o i d s , a l o r s q u e les becs « d ' e n t r é e » b et d sont c h a u d s .
On t r o u v e r a l ' e x p l i c a t i o n de ce d e r n i e r p h é n o m è n e dans l ' é t u d e du
c h a m p m a g n é t i q u e d'un m o t e u r au C h a p i t r e X X .

U n autre effet, s i g n a l é p o u r la p r e m i è r e fois à l ' A u t e u r p a r C a b a n e l l a s ,


se r e l i e é t r o i t e m e n t au p r é c é d e n t . On constate qu'une m a c h i n e G r a m m e
à aimants permanents servant c o m m e m o t e u r p e r d d e sa puissance ;
l'intensité de son c h a m p m a g n é t i q u e d i m i n u e . Si o n la fait ensuite f o n c -
t i o n n e r c o m m e g é n é r a t r i c e , le c h a m p m a g n é t i q u e r e p r e n d sa v a l e u r .
2
Ce p h é n o m è n e s ' e x p l i q u e si l ' o n t i e n t c o m p t e de l ' a c t i o n m a g n é t i s a n t e
des courants parasites.

1
C'est pour o b v i e r au d é v e l o p p e m e n t d e ces courants parasites q u e R e c h n i e w s k i
a constitué les inducteurs, c o m m e l'induit, d e sa m a c h i n e d e feuilles d e tùle
mince juxtaposées et i s o l é e s les unes des autres. [ N . d. T . ]
* L'Auteur en a d o n n é l'explication s u i v a n t e à la Conférence I n t e r n a t i o n a l e d e s
Electriciens d e P h i l a d e l p h i e , en 1884 ( v o i r c o m p t e rendu dans YElectrical Review
du 13 d é c e m b r e 1884). Ï P o u r e x p l i q u e r ces faits et leur c o r r é l a t i o n , j e d o i s m e n -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


06 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

Effets d ' i n d u c t i o n m u t u e l l e . — C e r t a i n e s f o r m e s d'induits p r é s e n t e n t


ce défaut particulier que, leur m o d e de construction permettant une
g r a n d e i n d u c t i o n e n t r e d e s s e c t i o n s ou p a r t i e s de l ' e n r o u l e m e n t v o i s i n e s
l'une de l'autre, l ' a u g m e n t a t i o n du c o u r a n t d a n s une s e c t i o n e x e r c e un
effet d'induction i n v e r s e sur la section voisine, et, p a r suite, tout en
n ' e n t r a î n a n t pas n é c e s s a i r e m e n t de p e r t e d ' é n e r g i e , c o n d u i t à ce r é s u l t a t
que la m a c h i n e f o n c t i o n n e c o m m e si e l l e é t a i t d e moindre puissance.
L ' a r m a t u r e B i i r g i n , dans l a q u e l l e f i g u r a i e n t six ou huit a n n e a u x j u x t a p o -
sés sur un m ê m e a r b r e , se ressentait de l'induction q u i se produisait
e n t r e c h a q u e s e c t i o n et c e l l e s a p p a r t e n a n t aux a n n e a u x v o i s i n s de d r o i t e
et de g a u c h e ; o n n e p o u v a i t a r r i v e r à a t t é n u e r ce d é f a u t q u ' e n alternant

t i o n n e r une autre o b s e r v a t i o n q u e j ' a i faite e t q u i r e l i e l e s d e u x p h é n o m è n e s . . .


Supposons q u ' o n prenne un a i m a n t en fer à c h e v a l a v e c s o n a r m a t u r e o r d i n a i r e
en f e r . Si l'on achète un a i m a n t d e ce g e n r e chez un o p t i c i e n q u e l c o n q u e , il r e c o m -
m a n d e r a p r o b a b l e m e n t de ne j a m a i s arracher b r u s q u e m e n t l ' a r m a t u r e pour ne pas
nuire à l ' a i m a n t a t i o n . I l n'est pas possible d e d o n n e r u n e plus fausse i n s t r u c t i o n .
P r e n o n s en eliet un a i m a n t de ce g e n r e e t v o y o n s ce q u i se passe r é e l l e m e n t .
F i x o n s - l e sur u n e table avec d e s boulons d e b r o n z e , plaçons dans s o n v o i s i n a g e un
m a g n é t o m è t r e ( u n e boussole o r d i n a i r e suffira) et o b s e r v o n s la d é v i a t i o n q u e p r o -
duit l'aimant sur son a i g u i l l e . A p p l i q u o n s alors l'armature en la plaçant à la c o u r -
bure d e l ' a i m a n t ; amenons-la e n s u i t e l e n t e m e n t à sa p o s i t i o n h a b i t u e l l e , e t arra-
clions-la b r u s q u e m e n t . On t r o u v e r a qu'a la suite d e c e t a r r a c h e m e n t l'aimant est
d e v e n u plus puissant. R e c o m m e n ç o n s ainsi u n e v i n g t a i n e d e fois et nous le r e n d r o n s
b e a u c o u p plus f o r t . J'ai a u g m e n t é ainsi d e 1,2 p . 100 la puissance d'un a i m a n t
en y a p p l i q u a u t d o u c e m e n t l ' a r m a t u r e et l'arrachant ensuite b r u s q u e m e n t . En fai-
sant l ' o p é r a t i o n i n v e r s e , c'est-à-dire en laissant l ' a r m a t u r e frapper v i v e m e n t c o n t r e
les pôles et la d é t a c h a n t ensuite d o u c e m e n t , o n v o i t l ' a i m a n t a t i o n d i m i n u e r . J'ai
fait p e r d r e d e la s o r t e 1,3 à 2,1 p . 100 d'aimantation à d e s a i m a n t s . — (juelle e n est
ia cause? G o m m e n t e x p l i q u e r ces deux p h é n o m è n e s ? — Si l ' o n a r r a c h e b r u s q u e m e n t
un m o r c e a u de fer d'un aimant, on effectue un c e r t a i n t r a v a i l pour v a i n c r e l'attrac-
tion m a g n é t i q u e , et les courants ainsi induits dans le fer ou l ' a c i e r d e l'aimant
sont toujours ( c o m m e l ' e n s e i g n e la loi d e L e n z ) d e sens tel qu'ils s'opposent au
m o u v e m e n t , c'est-à-dire d e sens t e l qu'ils d o n n e r o n t à l ' a i m a n t u n e puissance
d'attraction plus g r a n d e q u e p r é c é d e m m e n t . En détachant b r u s q u e m e n t l'armature,
on a u g m e n t e le m a g n é t i s m e d e l ' a i m a n t , en raison d e s courants qui se t r o u v e n t
a i n s i d é v e l o p p é s dans sa p r o p r e masse e t dans celle d e l ' a r m a t u r e . Dans l'action
i n v e r s e , lorsqu'on laisse l'armature frapper l'aimant q u i l'attire, il y a d é v e l o p p e -
m e n t d e c o u r a n t s induits dans un sens q u i tend à s ' o p p o s e r à l'attraction d e l'ai-
m a n t ; d'où, p a r c o n s é q u e n t , d i m i n u t i o n d e son aimantation.— A p p l i q u o n s les m ê m e s
p r i n c i p e s au cas d'une d y n a m o e t d'un muteur. On p r o d u i t u n e a i m a n t a t i o n plus i n -
tense e n arrachant l ' i n d u i t . C'est p r é c i s é m e n t ce q u i se passe dans le c h a m p q u a n d
la m a c h i n e f o n c t i o n n e c o m m e g é n é r a t r i c e . On soustrait r a p i d e m e n t l'induit à l'action
du b e c actif a d e la p i è c e p o l a i r e , c e qui a puur effet d ' e n g e n d r e r en ce p o i n t des
c o u r a n t s i n d u i t s . Il s'y d é v e l o p p e en c o n s é q u e n c e d e la chaleur. 11 en est e x a c t e m e n t
d e m ê m e pour l'autre bec d e sortie c e t pour la m ê m e r a i s o n . Dans le cas d'un m o t e u r ,
c e sont les becs b et d q u i sont actifs ; l'induit est c o n s t a m m e n t e n t r a î n é v e r s e u x ,
puis arraché, et ils s'échauffent sous l'action d e courants induits i n t e r n e s . C'est
pour c e m o t i f q u e , dans mes conférences, j ' a i toujours r e c o m m a n d é la d i v i s i o n des
pièces p o l a i r e s . L a p r é s e n c e d e ces courants induits e x p l i q u e l ' é c h a u l l e m e n t , en m ê m e
t e m p s q u ' e l l e m o n t r e c o m m e n t , dans u n e m a c h i n e m a g n é t o e m p l o y é e c o m m e
m o t e u r , les aimanLs s'affaiblissent, tandis q u ' i l s se r e n f o r c e n t q u a n d la m a c h i n e
fonctionne c o m m e g é n é r a t r i c e · .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS E T RÉACTIONS ÉLECTRIQUES DANS L'INDUIT 97

a v e c g r a n d soin l e u r s positions r e s p e c t i v e s . Dans les a r m a t u r e s e n disque


de N i a u d e t et de W a l l a c e - F a r m e r , chacune des b o b i n e s p a r a l l è l e s a g i s -
sait p a r i n d u c t i o n sur sa v o i s i n e . Sans aucun d o u t e , le t y p e d ' a r m a t u r e
p o u r l e q u e l ce défaut existe l e m o i n s est l'induit en t a m b o u r . Clausius
1
a montré q u e , l o r s q u ' u n e section v i e n t d ' ê t r e mise en c o u r t - c i r c u i t p a r
son passage sous un b a l a i , e l l e e x e r c e une i n d u c t i o n nuisible sur la
b o b i n e qui ta p r é c è d e dans le sens du m o u v e m e n t et q u e cette a c t i o n est
p r o p o r t i o n n e l l e au n o m b r e de spires de l a section. On peut e n c o n s é -
q u e n c e la d i m i n u e r en a u g m e n t a n t le n o m b r e des sections, ce qui r é d u i t
le n o m b r e des spires de fil dans chacune des sections de l'induit.
L ' i n d u c t i o n m u t u e l l e e n t r e p a r t i e s a d j a c e n t e s j o u e un r ô l e capital dans
les m a c h i n e s à courants alternatifs et p a r le fait dans toutes les d y n a m o s
d'une m a n i è r e g é n é r a l e .

R e t a r d dû à l a S e l f - i n d u c t i o n . — L ' i n e r t i e é l e c t r i q u e du c o u r a n t q u i
c i r c u l e dans les b o b i n e s é l é m e n t a i r e s affecte l é g è r e m e n t l e d é c a l a g e a d o n -
n e r aux balais et r é a g i t é g a l e m e n t sur les b o b i n e s v o i s i n e s . Si une b o b i n e
est mise t r o p tôt e n court-circuit a v a n t d ' a t t e i n d r e le p o i n t n e u t r e , l'irrup-
tion s o u d a i n e de son p r o p r e c o u r a n t e n e l l e - m ê m e tend, p a r i n d u c t i o n
m u t u e l l e , à a r r ê t e r l e c o u r a n t dans la b o b i n e q u i la suit, et à a c c é l é r e r
le c o u r a n t i n v e r s e dans c e l l e qui l a p r é c è d e . On réduit ces actions en a u g -
m e n t a n t le n o m b r e des sections et d i m i n u a n t ainsi les sections indivi-
d u e l l e s . L a self-induction s'étend m ê m e au f e r des n o y a u x . Dans c h a q u e
m o l é c u l e du fer, au m o m e n t où e l l e a r r i v e à la p o s i t i o n p o u r l a q u e l l e son
magnétisme doit s'inverser, il se d é v e l o p p e un c o u r a n t interne qui
retarde ce r e n v e r s e m e n t de m a g n é t i s m e et d o n n e lieu à un r e t a r d appa-
rent dans son a i m a n t a t i o n ; e n m ê m e t e m p s , e l l e s'échauffe. Cet effet
peut é g a l e m e n t ê t r e a t t é n u é p a r une d i v i s i o n c o n v e n a b l e du n o y a u et
p a r une d i s p o s i t i o n t e l l e que son a i m a n t a t i o n se r e n v e r s e g r a d u e l l e m e n t
et n o n pas tout d'un c o u p .

M o y e n de r e m é d i e r a u x T r o u b l e s p a r i n d u c t i o n . — L e m o y e n si capi-
tal de d i m i n u e r ces r é a c t i o n s nuisibles est h e u r e u s e m e n t très s i m p l e . Il
est é v i d e n t q u e l ' a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e est due au d é c a l a g e des b a l a i s ,
nécessité l u i - m ê m e p a r l ' a i m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e . C'est eu conséquence
cette d e r n i è r e q u ' i l faut c o m p e n s e r ou r é d u i r e à un m i n i m u m p a r un
p r o c é d é q u e l c o n q u e . On a v u q u e la force é l e c t r o m o t r i c e d'une d y n a m o

'Annales de Wiedmann, n o v e m b r e et d é c e m b r e 1883 ; e t Phil. Mag., j a n v i e r et


l é v r i e r 1881.

DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 7

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


98 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

est p r o p o r t i o n n e l l e à t r o i s facteurs, le n o m b r e — de t o u r s p a r s e c o n d e ,
le flux de f o r c e t o t a l 4> à t r a v e r s l'induit ou l e c h a m p efficace, et le
nombre N de conducteurs a u t o u r de l'induit. Or , p o u r u n induit de
dimensions données, les réactions inductrices sont p r o p o r t i o n n e l l e s
à iV. Si l ' o n peut d i m i n u e r ce facteur en a u g m e n t a n t en m ê m e t e m p s l'un
des autres, on a r r i v e r a ainsi à r é d u i r e les r é a c t i o n s nuisibles sans m o d i -
fier la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e . Mais il n'est p a s p r a t i q u e d ' a u g m e n t e r la
vitesse, et d'ailleurs q u e l q u e s - u n e s des r é a c t i o n s nuisibles, m é c a n i q u e s
( c o m m e les f r o t t e m e n t s ) aussi b i e n q u ' é l e c t r i q u e s , a u g m e n t e n t en m ê m e
t e m p s q u e cette vitesse. Le seul r e m è d e est d o n c d ' a u g m e n t e r le flux de
force * ou l e c h a m p m a g n é t i q u e e f f i c a c e . O n r é a l i s e r a cette a m é l i o r a -
t i o n au m o y e n d'inducteurs e x t r ê m e m e n t puissants q u i maîtriseront
c o m p l è t e m e n t l ' i n d u i t . Si les é l e c t r o - a i m a n t s sont v o l u m i n e u x et g a r n i s
de n o y a u x en f e r f o r g é , si, d'autre p a r t , il y a a b o n d a n c e de fer dans
l'induit, alors o n p o u r r a , sans a u g m e n t a t i o n de v i t e s s e , o b t e n i r la m ê m e
f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , t o u t en m e t t a n t m o i n s de spires sur l'induit. L a
m a c h i n e i d é a l e de l ' a v e n i r p o u r fonctionnement sous potentiel con-
stant n ' a u r a qu'un seul t o u r d e fil p a r section. E l l e n e c o m p o r t e r a ni
d é p l a c e m e n t des b a l a i s , ni é t i n c e l l e s , et sa résistance intérieure sera
pratiquement nulle.
Il est é g a l e m e n t i m p o r t a n t de f a i r e r e m a r q u e r q u e la t o r s i o n du c h a m p
m a g n é t i q u e et q u e l q u e s - u n e s des p e r t u r b a t i o n s qui e n résultent p e u v e n t
être p a r t i e l l e m e n t évitées p a r une c o n f o r m a t i o n des surfaces polaires
telle q u ' e l l e s se r a p p r o c h e n t de l ' a r m a t u r e dans la r é g i o n n o r m a l e au
diamètre de c o m m u t a t i o n . Les bords extérieurs des pièces p o l a i r e s
peuvent, à cet effet, être a d o u c i s de m a n i è r e à laisser un p e u plus
d'entrefer en ces points. Une conformation convenable des pièces
p o l a i r e s p e r m e t , n a t u r e l l e m e n t , de c o n c e n t r e r un flux de force plus c o n -
1
s i d é r a b l e dans une r é g i o n d é t e r m i n é e du c h a m p m a g n é t i q u e . R y a n a
étudié d'une m a n i è r e s p é c i a l e l a r e l a t i o n entre la f o r m e des pièces
p o l a i r e s , l a l a r g e u r de l ' e n t r e f e r et la c o u r b e résultante de force élec-
tromotrice induite.

1
Amer. Inst. Electrical Engineers, 22 s e p t e m b r e 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE V

ACTIONS ET RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT

T o u t e s l e s fois q u ' u n c o n d u c t e u r p a r c o u r u . p a r un c o u r a n t é l e c t r i q u e
est situé dans un c h a m p m a g n é t i q u e t r a n s v e r s a l e m e n t aux l i g n e s de c e
c h a m p , il subit l ' a c t i o n d'une force m é c a n i q u e . Cette force t e n d t o u j o u r s
à e n t r a î n e r le c o n d u c t e u r l a t é r a l e m e n t en d e h o r s du c h a m p m a g n é t i q u e
et a g i t dans une d i r e c t i o n n o r m a l e aux l i g n e s d ç force et au c o n d u c t e u r
l u i - m ê m e . D i v e r s auteurs ont d o n n é des règles pour f i x e r dans la
m é m o i r e la r e l a t i o n entre le sens des l i g n e s de f o r c e , celui du c o u r a n t e t
celui de la force résultante. L a p l u s p r a t i q u e est c e l l e de F l e m i n g dans
laquelle ces trois d i r e c t i o n s sont r e s p e c t i v e m e n t représentées p a r l ' i n d e x ,
1
le médius et le p o u c e de la m a i n gauche . Dans un m o t e u r c'est cet
effort sur les conducteurs q u i e n t r a î n e m é c a n i q u e m e n t l ' i n d u i t . Dans une
d y n a m o l'effort a g i t en sens c o n t r a i r e de l a puissance de la m a c h i n e q u i
sollicite l ' a r m a t u r e et il s'oppose à la r o t a t i o n . Quand u n ingénieur-
mécanicien se t r o u v e p o u r la p r e m i è r e fois en p r é s e n c e d'une d y n a m o ,
il se rend difficilement c o m p t e t o u t d ' a b o r d de l a puissance d'entraîne-
m e n t qui lui est nécessaire. I l v o i t l ' a r m a t u r e t o u r n e r a v e c un j e u très
l a r g e e n t r e les faces p o l a i r e s des i n d u c t e u r s . L e s f r o t t e m e n t s sur les
coussinets n ' a b s o r b e n t q u ' u n e m i n i m e fraction de la puissance f o u r n i e
par le m o t e u r m é c a n i q u e . IL v o i t l e s balais p r e s s e r sur le c o l l e c t e u r e n

1
II existe ici un contraste avec ce q u i est d i t p a g e 21, où, p o u r le c o u r a n t
engendré par une dynamo, on se sert de la main droite. Il ne faut pas o u b l i e r en
effet q u e , dans une d y n a m o , le sens du courant c o n c o r d e a v e c celui d e la force
électromotrice i n d u i t e , tandis q u e , dans un m o t e u r , le courant s'écoule e n sens
contraire de la force é l e c t r o m o t r i c e i n d u i t e . En o u t r e , dans une d y n a m o , l'effort
mécanique a g i t à contresens du m o u v e m e n t , tandis q u e , dans un m o t e u r , l'effort
produit le m o u v e m e n t dans l e sens où il a g i t l u i - m ê m e . De là l ' e m p l o i de la m a i n
droite dans le cas d'une d y n a m o , et l ' e m p l o i de la m a i n gauche dans celui d'un
moteur, pour d o n n e r la relation e n t r e les sens respectifs du m a g n é t i s m e , du c o u -
rant et du m o u v e m e n t .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


100 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

c u i v r e , mais il sait que l e u r f r o t t e m e n t est, lui aussi, une quantité négli-


g e a b l e ; o n l u i a p p r e n d d'ailleurs b i e n t ô t q u e l e f r o t t e m e n t n'intervient
e n r i e n d a n s le f o n c t i o n n e m e n t d e l à m a c h i n e . — Où passe d o n c l a puis-
sance a b s o r b é e ? Q u ' y a-t-il qui e x i g e l ' a p p l i c a t i o n continue d'une telle
puissance p o u r e n t r e t e n i r l e m o u v e m e n t ? — L a r é p o n s e est s i m p l e : les
l i g n e s de force invisibles e x e r c e n t un effort continuel sur les conducteurs
q u i l i v r e n t p a s s a g e au courant, et le courant prend p r é c i s é m e n t naissance
sous l'action de cet effort e x e r c é p a r l e c h a m p m a g n é t i q u e sur les conduc-
te urs. Q u e l l e q u e soit la f o r m e d'un a p p a r e i l e n g e n d r a n t des courants par
i n d u c t i o n m a g n é t i q u e , les courants produits d é t e r m i n e n t une r é a c t i o n
m é c a n i q u e q u i t e n d à a r r ê t e r l e m o u v e m e n t m ê m e qui les d é v e l o p p e .
L'effort e x e r c é p a r un c h a m p m a g n é t i q u e sur un conducteur portant
un c o u r a n t peut être c o n s i d é r é au point de v u e m a g n é t i q u e . G o m m e on
l ' a v u p r é c é d e m m e n t ( p . 2 o ) , un conducteur dans ces conditions est
e n v e l o p p é p a r un t o u r b i l l o n de l i g n e s de f o r c e . A u t o u r d'un l o n g c o n -
d u c t e u r d r o i t , n o n situé dans un c h a m p m a g n é t i q u e , ces l i g n e s d e force
f o r m e n t dans c h a q u e p l a n n o r m a l au fil un s y s t è m e de c e r c l e s concen-
t r i q u e s ( v o i r f î g . 13, p . 26) très r a p p r o c h é s dans l e v o i s i n a g e du fil, et

F i g . 80. — Champ m a g n é t i q u e d'un c o n d u c t e u r d r o i t parcouru p a r un courant


UP = V e r s le haut.

pl us espacés à u n e certaine distance, a n a l o g u e s , c o m m e disposition g é n é -


r a l e , à ce q u ' i n d i q u e la figure 8 0 .
Si l e courant se d i r i g e v e r s l ' o b s e r v a t e u r , ou vers le haut, dans l a
f i g u r e qui d o n n e une section t r a n s v e r s a l e du c o n d u c t e u r , l e sens dit
c positif » de la d i r e c t i o n des l i g n e s de f o r c e sera sinistrórsum ou en sens
i n v e r s e du m o u v e m e n t des a i g u i l l e s d'une m o n t r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT 101

Mais si un c o n d u c t e u r de ce g e n r e est p l a c é dans un c h a m p m a g n é t i q u e


u n i f o r m e t e l , p a r e x e m p l e , que celui c r é é p a r un f o r t p ô l e m a g n é t i q u e
n o r d à d r o i t e et un p ô l e sud à g a u c h e , il en résultera un c h a m p c o m p o s é
dû à la c o m b i n a i s o n des l i g n e s de f o r c e du conducteur a v e c celles du
c h a m p . En c o n s i d é r a n t ce c h a m p m a g n é t i q u e d é f o r m é il faut se r a p p e l e r
que les actions m é c a n i q u e s résultantes p e u v e n t toujours être connues à
l'aide de cette h y p o t h è s e q u e les l i g n e s d e f o r c e agissent c o m m e des
a r e f a i t t e n s n
cordes élastiques t e n d a n t à se r a c c o u r c i r . I l y a P ^ l ° dans

F i g . 81. — L i g n e s m a g n é t i q u e s dues à un c o n d u c t e u r p a r c o u r u par un courant et


situé dans un c h a m p m a g n é t i q u e .
UP = Vers le h a u t .

la d i r e c t i o n des l i g n e s de force et pression à a n g l e s droits a v e c e l l e s , ees


deux actions étant, en chaque p o i n t , p r o p o r t i o n n e l l e s au c a r r é de leur
densité. A la s i m p l e inspection des l i g n e s de la f i g u r e 8 1 , o n v e r r a q u e ,
dans ces c o n d i t i o n s , il s'exercera sur l e conducteur un effort résultant
dans le sens i n d i q u é p a r l a flèche p o n c t u é e .
L a f i g u r e 82 m o n t r e le c h a m p m a g n é t i q u e r é e l l e m e n t p r o d u i t a u t o u r
d'un fil e n c h a r g e , ou p a r c o u r u p a r un c o u r a n t , dans un i n t e r v a l l e
m a g n é t i q u e entre d e u x p ô l e s , tel que le r é v è l e l a l i m a i l l e de f e r .
On peut c o n s i d é r e r la f i g u r e 82 c o m m e r e p r é s e n t a n t a p p r o x i m a t i -
v e m e n t ce qui se passe, p o u r une d y n a m o ou un m o t e u r , dans c h a c u n ,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


102 " ' MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES '

des entrefers f o r m é s p a r le n o y a u de l'induit et la face p o l a i r e o p p o s é e .


Chacun des conducteurs recouvrant l'armature sera d e m ê m e soumis

F i g . 82. — Champ m a g n é t i q u e r é e l autour d'un fil c o n d u c t e u r dans un espace


magnétique (entrefer).

à un effort p r o p o r t i o n n e l à l'intensité du c h a m p m a g n é t i q u e et à c e l l e
du courant.

C o u p l e m é c a n i q u e e t V i t e s s e . — L e s i n g é n i e u r s s a v e n t q u e la puis-
sance, c'est-à-dire l e taux de dépense d ' é n e r g i e ou de p r o d u c t i o n de
t r a v a i l , a u t r e m e n t dit l e q u o t i e n t du t r a v a i l d é p e n s é ou p r o d u i t divisé
p a r le t e m p s c o r r e s p o n d a n t , peut toujours s ' e x p r i m e r p a r le p r o d u i t de
d e u x facteurs. Dans l e cas d'un m o u v e m e n t r e c t i l i g n e , la puissance a
p o u r e x p r e s s i o n le p r o d u i t de l a f o r c e p a r l a vitesse. S i , p a r exemple,
1
la force e x e r c é e sur u n e c o u r r o i e dans l e sens de sa l o n g u e u r est
é g a l e au poids de 30 k i l o g r a m m e s , e t si la vitesse de c e t t e c o u r r o i e est
de 600 m p a r m i n u t e , ou 10 m p a r s e c o n d e , la puissance q u ' e l l e fournit
est de 3J30 k g m par s e c o n d e , ou de 4 c h e v a u x - v a p e u r .
Mais cette puissance peut aussi b i e n s ' e x p r i m e r e n f o n c t i o n d'une
f o r c e a n g u l a i r e , c o u p l e m é c a n i q u e (ou torque), et d'une vitesse a n g u -
l a i r e ; ces g r a n d e u r s s'appliquent m ê m e m i e u x au cas de l a puissance
t r a n s m i s e l e l o n g d'un a x e de r o t a t i o n .

• L'expression' très heureuse de torque, aujourd'hui acceptée d'une façon


générale par les ingénieurs anglais, a été pour la première fois suggérée par

1
Ou, plus e x a c t e m e n t , la différence de tension entre le brin c o n d u c t e u r ou brin
tendu et l e b r i n conduit ou brin m o u .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS LTNDUIT 103

le professeur James Thomson, qui occupait alors la chaire de mécanique appli-


quée à l'Université de Glasgow. Elle a la m ê m e signification que les autres
expressions anglaises « moment de rotation >, « moment de couple » , « couple
axial » , « force a n g u l a i r e » , c force axiale » ; que l'expression allemande
« Zugkraft » ; et que les expressions françaises « effort statique » et « couple
mécanique « . Le mot torque, est, à bien des égards, préférable à l'un quelconque
des autres termes. Exactement c o m m e la définition Newtonienne de force est
la cause qui produit ou tend à produire un mouvement (suivant une ligne), de
même le (orgue peut être défini la cause qui produit ou tend à produire la
torsion (autour d'un a x e ) . 11 vaut mieux employer une expression qui traite
cette action comme une simple entité définie que des expressions telles que
« couple » et c moment » qui impliquent des idées plus complexes. La simple
notion d'une torsion appliquée à faire tourner un arbre est préférable à la
notion plus compliquée de l'application d'un e force linéaire (ou d'un système de
deux forces) à l'extrémité d'un certain bras de levier.
[Malgré les excellentes raisons données par l'Auteur, nous ne chercherons pas
à surcharger le langage scientifique d'un nouveau terme. Nous en laissons le
soin, si le besoin s'en fait sentir, à d'autres innovateurs plus autorisés. Dési-
rant avant tout être compris de tous et unifier les termes électriques français,
nous conformerons nos expressions, notations et symboles à ceux de notre
ami Hospitalier qui a si vaillamment combattu le bon combat en vue de la
précision et de l'unification du langage scientifique en général et électrique en
particulier.] ( N . d. T . )

P o u r l e m o m e n t d'un c o u p l e ( h o m o g è n e à un t r a v a i l ) , nous e m p l o i e -
rons le m ê m e s y m b o l e I f . — Si une f o r c e / ' a g i t a v e c un bras de l e v i e r
( c ' e s t - à - d i r e sur un r a y o n ) r, son m o m e n t , h o m o g è n e à u n t r a v a i l , est
é g a l â t X r , o u , plus g é n é r a l e m e n t , a. F X L, L d é s i g n a n t une l o n g u e u r ,
et l e m o m e n t d'une f o r c e p a r r a p p o r t à un axe é t a n t e x a c t e m e n t défini
c o m m e le p r o d u i t de la p r o j e c t i o n de cette f o r c e sur un p l a n perpendi-
culaire à l ' a x e p a r l a distance de l ' a x e à c e t t e p r o j e c t i o n . — Si l a f o r c e
est e x p r i m é e en k i l o g r a m m e s et la l o n g u e u r e n m è t r e s , son moment
sera e x p r i m é en k i l o g r a m m è t r e s : c ' e s t - à - d i r e e n f o n c t i o n du n o m b r e de
k i l o g r a m m e s q u i , agissant sur un b r a s de l e v i e r d'un mètre, donnerait
à l ' a x e la m ê m e t e n d a n c e à la r o t a t i o n . Si l a f o r c e est d o n n é e e n d y n e s
et la distance en c e n t i m è t r e s , son m o m e n t s e r a e x p r i m é en dynes-centi-
m è t r e s ou unités C. G. S. ( V o i r l ' A p p e n d i c e A sur les U n i t é s ) .

G o m m e t a b l e de r é d u c t i o n , o n se r a p p e l l e r a que :

1 gramme-centimètre = 1 centimètre-dyne X 9 8 1 , ou 981 e r g s ;


1 grammètre = 1 c e n t i m è t r e - d y n e X 98 1 0 0 , o u 9 8 100 e r g s ;
• 1 kilogrammètre = 1 c e n t i m è t r e - d y n e X 981 X 10", ou 98,1
még-ergs.

La vitesse a n g u l a i r e est o r d i n a i r e m e n t e x p r i m é e par les i n g é n i e u r s

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


104 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

en n o m b r e de t o u r s p a r m i n u t e , ou q u e l q u e f o i s e n n o m b r e d e tours p a r
seconde. L'habitude scientifique est de l'exprimer en radians par
seconde. ( L e r a d i a n est l'arc de l o n g u e u r é g a l e au r a y o n ; de sorte q u e
2 ic r a d i a n s sont é g a u x à un tour ou à 360°, et le radian = 360 :
2 i t = ; 57" 17' 44".) L e s y m b o l e de la vitesse a n g u l a i r e est <o, de sorte
n
que, si n r e p r é s e n t e l e n o m b r e de tours en t s e c o n d e s , u — 2 it —
radians p a r s e c o n d e .
G o m m e t a b l e de r é d u c t i o n ,
1 tour par seconde = 60 tours p a r m i n u t e ?
1 r a d i a n p a r seconde — 0,159 tour par seconde ;
1 tour par minute = 0,10472 r a d i a n p a r s e c o n d e ;
1 tour par seconde = 6,28 radians p a r s e c o n d e ;
1 r a d i a n p a r seconde = 9,55 tours p a r m i n u t e .

On a par c o n s é q u e n t les r e l a t i o n s suivantes entre une f o r c e F, la


vitesse l i n é a i r e v, l e c o u p l e m é c a n i q u e W, la vitesse a n g u l a i r e u , la
n
distance L, le n o m b r e de tours p a r s e c o n d e —ç et la puissance P :

P = vF=J-FL=m W= 2* y W.

L a puissance P sera e x p r i m é e en ergs par seconde si v est d o n n é en


centimètres p a r s e c o n d e et F e n d y n e s , ou si W est d o n n é e n c e n t i m è t r e s -
dynes.

G o m m e t a b l e de r é d u c t i o n ,
7
1 watt = 10 e r g s p a r seconde ;
7
1 k g m par seconde = 9,81 X 10 e r g s p a r seconde = 9,81 w a t t s ;
1 cheval-vapeur = 736 w a t t s ;
1 poncelet = 981 w a t t s ;
1 kilowatt = 1000 w a t t s .

Puissance des d y n a m o s et des m o t e u r s . — U n e b o n n e dynamo


doit t r a n s f o r m e r en puissance é l e c t r i q u e plus de 90 p . 100 de la puis-
sance m é c a n i q u e qui lui est a p p l i q u é e . De m ê m e un b o n m o t e u r é l e c -
t r i q u e d o n n e r a en puissance m é c a n i q u e plus de 90 p . 100 de l a p u i s -
sance é l e c t r i q u e qui lui sera f o u r n i e . Ces d e u x puissances, m é c a n i q u e et
é l e c t r i q u e , p e u v e n t être e x p r i m é e s en f o n c t i o n des m ê m e s unités, c'est-
à-dire en chevaux-vapeur, en poncelets, en watts ou en kilowatts.
II est facile de calculer a p p r o x i m a t i v e m e n t l e n o m b r e de c h e v a u x
nécessaire à a c t i o n n e r une d y n a m o d e v a n t fournir une puissance déter-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS E T RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT 105

m i n é e . En m u l t i p l i a n t l e n o m b r e d ' a m p è r e s i q u e d o i t d o n n e r la m a c h i n e
par l e n o m b r e de v o l t s e sous l e q u e l le c o u r a n t d o i t être f o u r n i , o n
o b t i e n d r a sa puissance en watts. En d i v i s a n t c e n o m b r e p a r 736, o n
aura l e n o m b r e de c h e v a u x é l e c t r i q u e s c o r r e s p o n d a n t qui sera é g a l à
e n v i r o n 90 p . 100 du n o m b r e de c h e v a u x m é c a n i q u e s à f o u r n i r à l ' a r b r e
de la m a c h i n e .

Exemple. — Une dynamo doit fournir 300 ampères (pour alimenter 600
lampes à incandescence) sous une tension de 105 volts. Sa puissance devra
être de 300 x 105 = 31500 watts = 42,8 chevaux (électriques). Il faudra en
conséquence lui fournir 47,6, soit 50 chevaux (mécaniques) environ.

I n v e r s e m e n t o n peut c a l c u l e r la puissance é l e c t r i q u e à f o u r n i r à u n
moteur.

Exemple. — On demande à un moteur une puissance mécanique effective de


5 chevaux. En multipliant 5 par 736, on trouve qu'il doit développer 3 680 watts
de puissance mécanique représentant environ 90 p . 100 de la puissance élec-
trique à lui fournir. Celle-ci sera en conséquence de 4090 watts. Si l'alimen-
tation se fait sous une différence de potentiel de 200 volts entre les conduc-
teurs principaux, le courant nécessaire sera, par suite, d'un peu plus de
20 ampères.

R e l a t i o n e n t r e le C o u p l e m é c a n i q u e et le C o u r a n t . — P u i s q u e l a
puissance é l e c t r i q u e ( e n w a t t s ) f o u r n i e p a r l'induit d'une d y n a m o est l e
p r o d u i t de d e u x facteurs, — l e n o m b r e de v o l t s p a r l e n o m b r e d ' a m -
pères — , et q u e l a puissance m é c a n i q u e q u i lui est transmise p a r l a
r o t a t i o n de son a r b r e est é g a l e m e n t l e p r o d u i t de deux f a c t e u r s , — · la
vitesse p a r l e c o u p l e m é c a n i q u e — , il d e v i e n t intéressant de v o i r s'il
existe u n e r e l a t i o n d i r e c t e q u e l c o n q u e e n t r e ces facteurs eux-mêmes.
Soient E l e n o m b r e des v o l t s d é v e l o p p é s dans l'induit, et i a le n o m b r e
des a m p è r e s q u ' i l d é b i t e . O n peut é g a l e r les d e u x expressions du n o m b r e
de w a t t s q u e r e ç o i t et q u e r e n d cet induit, ce qui d o n n e r a la r e l a t i o n

watts = Ei K = 2* ~ W X 9,81,

71
dans laquelle W est e x p r i m é e n k i l o g r a m m è t r e s , — représentant le
n o m b r e de t o u r s p a r s e c o n d e , E l e n o m b r e total des v o l t s e n g e n d r é s p a r
l'induit, et i a l e n o m b r e t o t a l des a m p è r e s qui circulent dans ses fils.
Mais E est p r o p o r t i o n e l à la vitesse si le m a g n é t i s m e est constant, et
son e x p r e s s i o n f o n d a m e n t a l e e n v o l t s est ( v o i r p . 44 et 2 0 5 ) , p o u r une
machine bipolaire ordinaire :
-
E (volts) = — N * . ÎO *,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


106 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

N étant le n o m b r e de conducteurs autour de l ' a r m a t u r e , et * l e flux


m a g n é t i q u e à t r a v e r s son n o y a u . En transportant cette v a l e u r de E dans
71
l'expression p r é c é d e n t e et faisant disparaître — des deux m e m b r e s , o n
trouve :

d'où
mi . a 10-' = '2- WX 9,81 = 61,6 W;

W (en k i l o g r a m m è t r e s ) = fi fi ^ ^ -

Il résulte de cette expression que, si dans une m a c h i n e d o n n é e le


m a g n é t i s m e est constant, l e c o u p l e m é c a n i q u e est a b s o l u m e n t i n d é p e n -
dant de la vitesse, et qu'il est uniquement fonction du c o u r a n t qui circule
dans l'induit, ainsi que du m a g n é t i s m e .
Ces expressions s'appliquent aussi bien aux m o t e u r s qu'aux d y n a m o s .
Elles m o n t r e n t q u e , si l ' o n v e u t construire des m a c h i n e s à f a i b l e v i t e s s e ,
il faut p r é v o i r un flux m a g n é t i q u e très c o n s i d é r a b l e . C'est en effet
seulement p o u r une haute v a l e u r de 4) q u e la d y n a m o p e u t , à faible
vitesse, fournir les v o l t s nécessaires, ou que l e m o t e u r est capable d ' e x e r -
cer le couple mécanique voulu.

Effort sur les conducteurs de l'induit. — On est m a i n t e n a n t à


m ê m e de c o m p r e n d r e que l'effort s'exerce r é e l l e m e n t sur l e s c o n d u c -
teurs de l'induit. Dans la d y n a m o ce sont eux qu'il faut e n t r a î n e r ; dans
le m o t e u r , ce sont e u x qui d o i v e n t e n t r a î n e r l'induit. On peut i m m é d i a -
t e m e n t calculer la v a l e u r de cet effort. T r o i s p r o c é d é s p e r m e t t e n t de
l ' o b t e n i r : deux m é t h o d e s électriques, et la t r o i s i è m e p u r e m e n t méca-
nique.

Première Méthode. — L a d e r n i è r e f o r m u l e ci-dessus d o n n e le c o u p l e


m é c a n i q u e ; on peut en déduire l'effort e x e r c é sur la p é r i p h é r i e totale
en divisant cette v a l e u r p a r l e r a y o n connu de l ' i n d u i t . P o u r passer de
là à l'effort s u p p o r t é par c h a q u e conducteur, il suffira de diviser le
n o m b r e p r é c é d e n t par le n o m b r e de conducteurs actifs.

Exemple. — Dans la dynamo Edison-Hopkinson prise comme type au cours de


cet ouvrage, i„ — 326, N — 80; <ï> — 10 826 000; le rayon extérieur .de l'in-
duit = 13,4 cm ; d'où W = 45,8 k g m , et la force périphérique totale = 341,79 kg.
Ce chiffre donnerait comme force moyenne environ 4,3 kg par conducteur, si
ceux-ci étaient tous actifs ; mais il ne s'en trouve guère que 58 simultanément
dans le champ magnétique, d'où il résulte que la force moyenne exercée sur
chaque conducteur est à peu près de 5,891 kg. Si le champ magnétique n'est
pas uniforme dans les entrefers, les conducteurs correspondant aux points

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS E T REACTIONS MECANIQUES DANS L'INDUIT 107

où les lignes de force sont plus nombreuses [ou le flux plus intense} suppor-
tent un effort plus considérable.

Deuxième Méthode. — L ' e f f o r t e x e r c é sur un c o n d u c t e u r de l o n g u e u r


l, dans un c h a m p m a g n é t i q u e d ' i n t e n s i t é 3C, p o r t a n t u n c o u r a n t de i
a m p è r e s , est

f (dynes) =

ou

f {kilogrammes) = 9 8 1 - 1 0 a

Cette f o r m u l e n'est a p p l i c a b l e q u e si l a densité % du c h a m p dans l ' e n -


trefer est c o n n u e .

Exemple. — Sur les mêmes données que ci-dessus, le courant dans un con-
ducteur quelconque sera ù = 1 6 3 ampères, la longueur l du fil = 53,1 cm,
et 3t = environ 6750 unités C . G. S., la surface de l'entrefer étant d'environ
1600 centimètres carrés. — D'où l'effort sur chaque conducteur = 5,9 k g .

Troisième Méthode. — O n r e l è v e la puissance r é e l l e en c h e v a u x -


v a p e u r d é v e l o p p é e sur l'induit ; o n l a m u l t i p l i e p a r 4 500 p o u r la r é d u i r e
en k i l o g r a m m è t r e s p a r m i n u t e et o n d i v i s e p a r la vitesse p é r i p h é r i q u e
(en m è t r e s p a r m i n u t e ) . [ L a puissance m é c a n i q u e e n c h e v a u x p e u t être
déduite d e l a p u i s s a n c e é l e c t r i q u e , c o m m e il est dit p . 1 0 5 . ] Enfin o n
divise p a r l e n o m b r e d e c o n d u c t e u r s a c t i f s .

On a ainsi

„ . . , . , , C h x X 4500
f effort m o y e n p a r c o n d u c t e u r , en ke) = :—:—„, _.•·
1
j r 0/ m p a r m l r l u t e x ]\f

Exemple. — Sur les mêmes données que précédemment, du moment que


i = 320 et E — 108,5 volts, chx — 326 X 108,5 : 736 = : 48. De môme, la
a

périphérie = 2 ÏÏ x le rayon = 0,84 mètre, ce qui, à raison de 750 tours


par minute, donne 630 mètres par minute comme vitesse périphérique.
En supposant qu'il y ait, comme précédemment, 58 conducteurs actifs,
on a :

effort moyen exercé sur chaque conducteur = *? ^


4
J
^ 630 x*|?^
08
= 5,9 k e .

On p e u t d o n n e r c o m m e a p p r o x i m a t i o n suffisante la r è g l e suivante :
— Si l ' o n a d m e t , c o m m e m o y e n n e g r o s s i è r e du c h a m p dans l ' e n t r e f e r
d'une d y n a m o ou d'un moteur, la v a l e u r de 6 200 unités C. G. S.,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


108 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

l'effort sera, par centimètre de conducteur, de 0,000 631 kilogramme


pour chaque ampère de courant qui y circule. — Dans les m a c h i n e s à
courants alternatifs, l'intensité du champ m a g n é t i q u e est rarement
supérieure à la m o i t i é du chiffre a d m i s d ' a u t r e p a r t .
T e l est l'effort e x e r c é p a r les inducteurs sur les conducteurs de l ' i n -
d u i t ; et e n c o r e ne faut-il pas o u b l i e r q u e cet effort de t r a c t i o n n'est pas
a b s o l u m e n t f i x e . Quand un c o n d u c t e u r é m e r g e de l ' e n t r e f e r , la t r a c t i o n
m a g n é t i q u e cesse, b i e n q u e ce c o n d u c t e u r soit e n c o r e l e siège d'un cou-
r a n t . En c o n s é q u e n c e , d e u x fois p a r t o u r cette t r a c t i o n cesse s u b i t e m e n t
p o u r r e v e n i r b r u s q u e m e n t s ' e x e r c e r , ce qui a u g m e n t e les actions sup-
p o r t é e s p a r l e f i l . Dans l e cas des m a c h i n e s à courants a l t e r n a t i f s , où la
r e l a t i o n de phase entre les courants et les actions des c h a m p s c o m p l i q u e
l e p h é n o m è n e , l'effort ne cesse pas s i m p l e m e n t p o u r r e p r e n d r e ensuite
d e u x fois p a r p é r i o d e c o m p l è t e ; il se r e n v e r s e r é e l l e m e n t ; les c o n d u c -
teurs de l ' a r m a t u r e , entraînés m a l g r é une traction qui s ' e x e r c e sur eux
en sens i n v e r s e , ont d o n c à s u p p o r t e r u n effort de t r a c t i o n dans l e sens
de la m a r c h e et tendent à e n t r a î n e r l ' i n d u i t ; ils sont ensuite tirés e n c o r e
une fois, et t e n d e n t de n o u v e a u à t i r e r e u x - m ê m e s q u a n d le courant se
r e n v e r s e . Dans les m a c h i n e s à c o u r a n t s alternatifs f o n c t i o n n a n t c o m m e
g é n é r a t r i c e s , les t r a c t i o n s i n t e r m é d i a i r e s en a v a n t sont faibles et de
c o u r t e d u r é e ; q u a n d les m a c h i n e s f o n c t i o n n e n t c o m m e m o t e u r s , ce s o n t
les t r a c t i o n s en a r r i è r e qui durent p e u .

I l n e faut pas en outre p e r d r e de v u e q u ' e n m a r c h e les conducteurs


de l ' a r m a t u r e sont é g a l e m e n t soumis à l ' a c t i o n d e la force c e n t r i f u g e ,
e t q u ' i l est nécessaire de les m a i n t e n i r s o l i d e m e n t à l ' a i d e de frettes
e x t é r i e u r e s p o u r les e m p ê c h e r de se d é p l a c e r .

Nécessité d'Entrainement mécanique de l'induit. —- On c o n ç o i t aisé-


m e n t q u e , dans les c o n d i t i o n s m é c a n i q u e s ci-dessus i n d i q u é e s , il s o i t
nécessaire de r é a l i s e r un m o d e d ' e n t r a î n e m e n t aussi sûr que possible
p o u r t r a n s m e t t r e , de l ' a r b r e aux conducteurs qui r e c o u v r e n t l'induit, l a
puissance v o u l u e . Dans une d y n a m o , ce sont ces fils, et n o n pas les
disques du n o y a u , qui d o i v e n t être e n t r a î n é s . Dans un m o t e u r , ce sont
eux q u i e n t r a î n e n t l ' a r b r e , fie p o i n t est de l a plus h a u t e i m p o r t a n c e
dans l'étude et la c o n s t r u c t i o n des m a c h i n e s . L a q u e s t i o n de c o n s t r u c t i o n
se c o m p l i q u e en o u t r e de cette c o n s i d é r a t i o n q u e , si les c o n d u c t e u r s
d o i v e n t ê t r e r e n d u s m é c a n i q u e m e n t s o l i d a i r e s de l ' a r b r e d e l a f a ç o n la
plus sûre, ils ne p e u v e n t pas lui ê t r e r e l i é s m é t a l l i q u e m e n t , m a i s d o i -
v e n t , au c o n t r a i r e , en être i s o l é s . Ce d e s i d e r a t u m est réalisé de diffé-
rentes m a n i è r e s p a r les d i v e r s constructeurs. L e s uns c l a v e t t e n t sur

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT 109

l ' a r b r e un robuste m o y e u g a r n i d e rais qui dépassent la surface du


n o y a u et qui, p r o t é g é s p a r une i s o l a t i o n c o n v e n a b l e , e n t r a î n e n t ainsi
les conducteurs de c u i v r e . D'autres fixent m é c a n i q u e m e n t sur l ' a r b r e les
disques du n o y a u e t p l a c e n t a la p é r i p h é r i e , de distance en distance, des
c o i n s de b o i s ou de fibre d u r e e n t r e les p r o j e c t i o n s r a d i a l e s desquels le
fil est l o g é et e n t r a î n é p a r e u x . Quand l'induit est d e n t é , o n n'a b e s o i n
de r e c o u r i r à aucun artifice de ce g e n r e ; les conducteurs d e c u i v r e sont
b o b i n é s e n t r e les dents e l l e s - m ê m e s . — Ceux q u ' i n t é r e s s e n t ces détails
de c o n s t r u c t i o n d e v r o n t étudier a v e c soin les m o d e s p r a t i q u e s de liaison
e m p l o y é s par les constructeurs m o d e r n e s et décrits au C h a p i t r e X I I I .

C o u r b e s du C o u p l e m é c a n i q u e . — On a v u p r é c é d e m m e n t q u e , si le
flux m a g n é t i q u e est constant, W était p r o p o r t i o n n e l à i. M a i s , dans tous
les cas, l e c o u r a n t m ê m e de l ' a r m a t u r e t o r d l e c h a m p m a g n é t i q u e et,

1
S".

»0

*b

30

tu

M
f//
c
10 20 30 00 ir
F i g . 83. — Courbes de couple m é c a n i q u e .
Generator = G é n é r a t r i c e .
Motor = M o t e u r ou R é c e p t r i c e .

quand les balais sont calés en u n point où il n ' y a pas d ' é t i n c e l l e s , il


e x e r c e une a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e . En fait, le m a g n é t i s m e de la m a c h i n e
d é p e n d de l a m a n i è r e d o n t e l l e est m o n t é e , à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e ,
en s é r i e o u en d é r i v a t i o n . Ces é l é m e n t s c o m p l i q u e n t les r e l a t i o n s e n t r e
W et i, e t p o u r les suivre il d e v i e n t nécessaire de r e c o u r i r à l ' e m p l o i de
courbes.

1
L e docteur Frôlich a d o n n é des courbes r e p r é s e n t a n t ces r e l a t i o n s ;

Eleklrotechnische Zeitscttrift, I V . 61, février 1883.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


H0 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

il a é g a l e m e n t c o n c l u de la l o i de s a t u r a t i o n m a g n é t i q u e q u e ces l i g n e s
d e v a i e n t , p o u r de petites vitesses, être l é g è r e m e n t c o u r b e s et d e v e n i r
sensiblement d r o i t e s p o u r de g r a n d e s vitesses. 11 a m o n t r é en outre
que, p o u r une r é c e p t r i c e , l e c o u p l e m é c a n i q u e est m o i n s a p p r o x i m a -
t i v e m e n t p r o p o r t i o n n e l au c o u r a n t que p o u r une g é n é r a t r i c e . L e s deux
tableaux suivants résument les résultats de ses e x p é r i e n c e s sur une
m a c h i n e S i e m e n s m o n t é e e n série et e m p l o y é e dans les d e u x c o n d i -
tions : —

Condition de génératrice :

Courant 2,83 9,36 14,3 19,8 24,3 30,6 ampères;


Couple mécanique. . 3,1 10,61 14,8 21,3 29,6 44,0 kg à la circonférence.

Condition de réceptrice :

Courant. . . . . . . . 13,3 21,0 28,1 36,8 ampères;


Couple mécanique . . . 10 20 30 40 kg à la circonférence.

Ces résultats sont g r o u p é s p o u r l e s deux cas d a n s l a figure 8 3 .


1
Des courbes a n a l o g u e s o n t été d o n n é e s par M . D e p r e z pour une
3
m a c h i n e G r a m m e , et p a r A y r t o n et P e r r y p o u r une r é c e p t r i c e de M é r i -
tens. On peut d é m o n t r e r q u e le c o u p l e m é c a n i q u e est p r o p o r t i o n n e l à
l a racine c a r r é e de la c h a l e u r p e r d u e dans l a g é n é r a t r i c e ou la r é c e p -
t r i c e . C o m m e d'ailleurs le courant ne peut être m a i n t e n u dans un m o t e u r
sans une dépense continue de puissance é g a l e à i~r w a t t s , il en résulte
que l e m a i n t i e n du c o u p l e m é c a n i q u e dans une r é c e p t r i c e coûte une
certaine d é p e n s e , qui n o n s e u l e m e n t v a r i e a v e c la c h a r g e r é e l l e de la
r é c e p t r i c e , m a i s e n c o r e est différente suivant les t y p e s de machines.
Dans un m o t e u r m a l c o n ç u , à faible c h a m p m a g n é t i q u e , un courant
intense p a r c o u r a n t une résistance i n t é r i e u r e c o n s i d é r a b l e (et p a r suite
d o n n a n t lieu à une g r a n d e d é p e n s e d ' é n e r g i e sous f o r m e de chaleur)
ne produira q u ' u n faible c o u p l e m é c a n i q u e . A u p o i n t de v u e é c o n o -
m i q u e , il est en c o n s é q u e n c e i m p o r t a n t de s a v o i r au p r i x de q u e l l e
d é p e n s e en c h a l e u r W le c o u p l e m é c a n i q u e W est o b t e n u . Cette r e l a -
t i o n peut s ' e x p r i m e r a l g é b r i q u e m e n t de l a m a n i è r e s u i v a n t e :

W (couple mécanique) EU _
2
W (chaleur développée) 1-ni rt

1
La Lumière électrique, X I . 42, 5 j a n v i e r 1884.
* Journ. Soc. Teleg. Eng. and Electricians, X I I . n° 49, m a i 1883. — Voir aussi
Humilie!, Elektrolechnische Zeitschri/t, V I I I . 427, 1887.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET HÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT lit

r étant l a résistance i n t é r i e u r e , E l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e de la

d y n a m o , et — le n o m b r e de r é v o l u t i o n s p a r s e c o n d e . Il est t o u t e f o i s
t
préférable de mesurer W par un procédé dynamomùtrique direct.
M . M a r c e l D e p r e z , qui a d o n n é à cette i m p o r t a n t e r e l a t i o n l e n o m assez
s i n g u l i e r ( a w k w a r d ) de « p r i x de l'effort statique » , a é g a l e m e n t r e p r é -
senté p a r des courbes les v a r i a t i o n s de ce r a p p o r t a v e c l ' a l l u r e de l a
machine. L e s professeurs A y r t o n et P e r r y o n t d é m o n t r é , dans l e u r
Mémoire sur les Moteurs électriques, q u e toute a u g m e n t a t i o n de vitesse
nécessite dans l e m o t e u r un c o u r a n t de plus e n plus intense p o u r l a
p r o d u c t i o n d'un c o u p l e m é c a n i q u e d o n n é , p r o b a b l e m e n t e n raison de
l'action d é m a g n é t i s a n t e des courants parasites.
On t r o u v e r a au Chapitre X X sur les m o t e u r s un c e r t a i n n o m b r e de
caractéristiques mécaniques d o n n a n t les r e l a t i o n s entre l a vitesse et l e
c o u p l e m é c a n i q u e dans q u e l q u e s cas d i f f é r e n t s .

P u i s s a n c e d i s s i p é e . — Dans tout ce qui p r é c è d e , o n a supposé que la


puissance m é c a n i q u e transmise à l'arbre p o u r l ' e n t r a î n e m e n t de l ' i n d u i t
correspondait intégralement à la puissance électrique effectivement
d é v e l o p p é e dans cet induit. L a puissance a p p l i q u é e à la p o u l i e est
cependant toujours supérieure à la puissance électrique réellement
fournie ; en effet, une fraction de c e t t e puissance est tout d ' a b o r d p e r d u e
en f r o t t e m e n t s sur les coussinets, e t c . , et n ' a r r i v e j a m a i s j u s q u ' à l'arma-
ture. Mais ce qui l u i p a r v i e n t r é e l l e m e n t n'est m ê m e pas effectivement
c o n v e r t i en puissance é l e c t r i q u e . Outre les f r o t t e m e n t s dans les coussi-
nets et a u x balais, il existe trois sources de p e r t e s , s a v o i r : — 1° les
f r o t t e m e n t s de l ' a i r ; 2° l ' h y s t é r é s i s ; 3° les courants parasites. L a p r e -
m i è r e de ces causes est insignifiante, sauf dans les cas où l ' o n a r e c o u r s
à des rais en ailettes dans le but de f a i r e a g i r l ' a r m a t u r e c o m m e v e n t i -
lateur, et e n c o r e cette r é a c t i o n est-elle peu i m p o r t a n t e . L a seconde est
loin d'être n é g l i g e a b l e , mais e l l e a b s o r b e r a r e m e n t plus de 1 ou 2 p . 100
de la puissance d'entraînement. La t r o i s i è m e est de b e a u c o u p la
plus c o n s i d é r a b l e , surtout dans les g r a n d e s m a c h i n e s . Dans toutes les
masses m é t a l l i q u e s en m o u v e m e n t , à. m o i n s q u ' e l l e s ne s o i e n t divisées
en l a m e s m i n c e s , il se d é v e l o p p e des courants parasites si ces p i è c e s
coupent les l i g n e s de f o r c e . Dans le m é t a l m ê m e de l ' a r b r e , i l peut y
a v o i r , de ce fait, perte de puissance si des l i g n e s de force s ' é g a r e n t dans
sa masse. L e m o d e de r e c h e r c h e de chacune de ces pertes est d é c r i t au
Chapitre X X V I I I r e l a t i f aux é p r e u v e s des d y n a m o s et m o t e u r s . Quelles
que soient ces pertes, il est é v i d e n t q u ' e l l e s se r é p e r c u t e n t toujours sur

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


112 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

l a puissance i n i t i a l e à f o u r n i r , car cette puissance d'alimentation est


n é c e s s a i r e m e n t é g a l e à la s o m m e de l a puissance r é e l l e m e n t c o n v e r t i e
d a n s l ' i n d u i t e n puissance é l e c t r i q u e et d e c e l l e d i s s i p é e p a r suite des trois
causes é n u m é r é e s ci-dessus. — D e l à l a c o n s i d é r a t i o n du r e n d e m e n t .

R e n d e m e n t des d y n a m o s et des m o t e u r s . — L e m o t « r e n d e m e n t >


s ' e m p l o i e dans plusieurs sens q u ' i l est u t i l e de b i e n d i s t i n g u e r :

1° L e Rendement de transformation ou Rendement brut est le rapport


de la puissance é l e c t r i q u e brute d é v e l o p p é e dans l'induit à l a puissance
m é c a n i q u e b r u t e f o u r n i e p a r la c o u r r o i e ou p a r le m a n c h o n d ' a c c o u p l e -
m e n t a v e c l ' a r b r e m o t e u r . Si, p a r e x e m p l e , 12 p . 100 de la puissance
m é c a n i q u e b r u t e sont perdus en f r o t t e m e n t s dans les coussinets, frotte-
ments aux b a l a i s , f r i c t i o n de l ' a i r , hystérésis et courants parasites, a l o r s
q u e l e reste, ou 88 p . 100, est r é e l l e m e n t t r a n s f o r m é dans l ' a r m a t u r e ,
o n p o u r r a d i r e q u e le coefficient de t r a n s f o r m a t i o n est de 88 p . 1 0 0 .

2° L e Rendement électrique ou Coefficient économique est l e r a p p o r t


d e l a puissance é l e c t r i q u e nette de l a d y n a m o à sa puissance é l e c t r i q u e
b r u t e ou à l a puissance r é e l l e m e n t t r a n s f o r m é e dans l ' a r m a t u r e . A i n s i ,
dans une d y n a m o e n d é r i v a t i o n , si 3 p . 100 de la puissance é l e c t r i q u e
b r u t e s o n t c o n s o m m é s en échauffement des fils de l'induit, et 3 autres
p . 100 dépensés p o u r m a i n t e n i r l e c o u r a n t d ' a i m a n t a t i o n dans les b o b i n e s
en d é r i v a t i o n , sa puissance é l e c t r i q u e nette sera s e u l e m e n t de 94 p . 100
de sa puissance électrique brute; autrement dit, s o n r e n d e m e n t é l e c -
t r i q u e sera de 94 p . 100. Ce r a p p o r t d é p e n d u n i q u e m e n t , c o m m e o n l e
v o i t , des résistances de l a m a c h i n e . Dans l e s t y p e s récents, il peut
a t t e i n d r e j u s q u ' à 97 p . 1 0 0 .

3° L e Rendement commercial ou Rendement net est le r a p p o r t de la


puissance é l e c t r i q u e nette à la puissance m é c a n i q u e brute transmise p a r
l a c o u r r o i e ou le m a n c h o n d ' a c c o u p l e m e n t . I l est en c o n s é q u e n c e é g a l
au p r o d u i t du coefficient d e t r a n s f o r m a t i o n p a r l e r e n d e m e n t é l e c t r i q u e ,
soit, dans l ' e x e m p l e c h o i s i , 94 p . 100 de 88 p . 100, ou 82,72 p . 100.

R e l a t i o n entre les D i m e n s i o n s d'une m a c h i n e , sa P u i s s a n c e et


son R e n d e m e n t . — Depuis de l o n g u e s années l ' A u t e u r p l a i d e la cause
des d y n a m o s de g r a n d e s d i m e n s i o n s . Ce n'est pas q u ' i l ait la m o i n d r e
a d m i r a t i o n p o u r les grosses m a c h i n e s en e l l e s - m ê m e s ; m a i s il e n est
des d y n a m o s c o m m e des m a c h i n e s à v a p e u r : les fortes m a c h i n e s sont
susceptibles d'un m e i l l e u r r e n d e m e n t q u e l e s p e t i t e s , r e l a t i v e m e n t à
l e u r p r i x de r e v i e n t . I l s'est é l e v é de n o m b r e u s e s c o n t r o v e r s e s en ce qui

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS ET RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT H3

c o n c e r n e l e r a p p o r t existant e n t r e les d i m e n s i o n s l i n é a i r e s d e m a c h i n e s
s e m b l a b l e s et l a p u i s s a n c e aussi b i e n q u e le r e n d e m e n t q u ' o n e n p e u t
obtenir. L a d i v e r g e n c e des v u e s sur ce point a surtout p o u r cause
une d i f f é r e n c e d ' o p i n i o n sur les hypothèses les plus c o n v e n a b l e s à
admettre comme point de départ. Dans l a . p r e m i è r e é d i t i o n de cet
o u v r a g e , l ' A u t e u r a é m i s c e t t e p r o p o s i t i o n q u e , si la v i t e s s e de r o t a t i o n
reste la m ê m e et q u e l ' i n t e n s i t é du c h a m p m a g n é t i q u e ( p a r c e n t i m è t r e
carré) demeure é g a l e m e n t constante, la puissance d'une m a c h i n e de
d i m e n s i o n s l i n é a i r e s n fois é g a l e s à c e l l e s d ' u n e autre m a c h i n e d o n n é e
l
augmentera dans l a p r o p o r t i o n de n , e t q u e l e coefficient de perte
3
sera dans la p r o p o r t i o n de n~ . Mais, s'il e n est b i e n r é e l l e m e n t ainsi
a priori au p o i n t d e v u e p u r e m e n t a b s t r a i t , les h y p o t h è s e s faites p o u r la
s i m p l i f i c a t i o n d e la d é m o n s t r a t i o n s o n t e n o p p o s i t i o n a v e c les c o n d i -
tions r é e l l e s de f o n c t i o n n e m e n t . I l n'est pas p r a t i q u e en effet de d o n n e r
à de g r a n d e s m a c h i n e s la m ê m e v i t e s s e q u ' à des p e t i t e s , et la p r o d u c -
t i o n d'une m ê m e a i m a n t a t i o n , a v e c de g r a n d s é l e c t r o - a i m a n t s , exige
p r o p o r t i o n n e l l e m e n t une d é p e n s e d ' é n e r g i e plus c o n s i d é r a b l e , e n r a i s o n
de l a difficulté r e l a t i v e m e n t plus g r a n d e de r é a g i r c o n t r e la d i s s i p a t i o n
en c h a l e u r dans les s p i r e s m a g n é t i s a n t e s . L ' é n e r g i e c o n s o m m é e pour
l ' a i m a n t a t i o n est, en effet, s e n s i b l e m e n t p r o p o r t i o n n e l l e au v o l u m e du
fer à a i m a n t e r , t a n d i s q u e le p o u v o i r de d i s p e r s i o n de la c h a l e u r n'est
p r o p o r t i o n n e l q u ' à l a surface de ce f e r .

P a r m i les s a v a n t s q u i o n t traité la s o l u t i o n de ce p r o b l è m e , nous cite-


rons H o p k i n s o n , F r ö l i c h , A y r t o n , Mascart et J o u b e r t , K a p p , Storch,
R e c h n i e w s k i , et P e s c e t t o . — D ' a p r è s H o p k i n s o n ' , la c a p a c i t é de m a c h i n e s
s e m b l a b l e s est e n r a i s o n du cube de leurs d i m e n s i o n s l i n é a i r e s ; l e tra-
vail dépensé pour l'aimantation des i n d u c t e u r s , p r o p o r t i o n n e l à ces
d i m e n s i o n s l i n é a i r e s ; et l a c h a l e u r d é p e n s é e e n é c h a u f f e m e n t des c o n -
ducteurs de l ' i n d u i t , p r o p o r t i o n n e l l e au c a r r é de ces m ê m e s d i m e n s i o n s
2
l i n é a i r e s . — Mascart et J o u b e r t abaissent la c a p a c i t é j u s q u ' a u carré des
d i m e n s i o n s l i n é a i r e s et e n t i r e n t cette c o n c l u s i o n q u e les p e t i t e s m a -
3
chines sont p r é f é r a b l e s aux g r a n d e s . — P e s c e t t o a r r i v e à des c o n c l u s i o n s
1 3
a n a l o g u e s . — R e c h n i e w s k i suit H o p k i n s o n en fixant le r a p p o r t à n.
5 1
— F r ö l i c h l u i a s s i g n e la v a l e u r n " et c r i t i q u e l a r è g l e de la c i n q u i è m e
puissance d o n n é e p a r l ' A u t e u r de cet o u v r a g e et p a r Deprez, c o m m e

Proc. Insl. Civil Engineers, avril 1883.


'Leçons surïElectricité (1880), I I . 813.
3
LElectricien, X I . 357, 1887.
1
La Lumière électrique, X X I I . 311.
' Die dynamo-elektrische Maschine (1880), p . 168 ; traduction française, p.186.

DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 8

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


114 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

s
c o m p o r t a n t une a u g m e n t a t i o n de n p o u r l e courant, alors q u e la sec-
s
t i o n d e s fils n ' a u g m e n t e q u e dans le r a p p o r t de n , ce q u i i m p l i q u e
n é c e s s a i r e m e n t une a u g m e n t a t i o n de d e n s i t é du c o u r a n t d a n s les fils
a v e c l ' a c c r o i s s e m e n t des d i m e n s i o n s de la m a c h i n e , résultat évidem-
1
ment impossible à atteindre pratiquement. — Storch e s t i m e q u e les
machines à courant constant appartiennent à une c a t é g o r i e différente
de c e l l e s à p o t e n t i e l constant. E n a d m e t t a n t une égale intensité de
c h a m p m a g n é t i q u e , une m ê m e v i t e s s e p é r i p h é r i q u e , et s u p p o s a n t q u ' o n
puisse se p e r m e t t r e la m ê m e d e n s i t é de courant, il t r o u v e q u e , dans
toutes les m a c h i n e s , les a m p è r e s - t o u r s n é c e s s a i r e s à l ' e x c i t a t i o n v a r i e n t
c o m m e les d i m e n s i o n s l i n é a i r e s . P o u r les m a c h i n e s à c o u r a n t c o n s t a n t ,
3
la capacité serait p r o p o r t i o n n e l l e à m , c'est-à-dire au poids de la
machine, ou au v o l u m e du c u i v r e de l ' i n d u i t . P o u r les m a c h i n e s à
p o t e n t i e l c o n s t a n t , il t r o u v e q u e la l o n g u e u r t o t a l e de fll sur l'induit
est i n d é p e n d a n t e des d i m e n s i o n s de ces m a c h i n e s ; q u e l e n o m b r e des
conducteurs extérieurs de l ' i n d u i t d o i t v a r i e r en r a i s o n i n v e r s e des
dimensions l i n é a i r e s ; t a n d i s que la c a p a c i t é des m a c h i n e s varierait
c o m m e m*, et m ô m e a v e c un é c h a u f f e m e n t a n o r m a l , à m o i n s q u ' o n n'aug-
m e n t â t é g a l e m e n t dans le r a p p o r t de n* le v o l u m e du c u i v r e sur l'arma-
ture. S t o r c h et R e c h n i e w s k i sont d ' a c c o r d a v e c H o p k i n s o n sur c e q u e
la p e r t e d ' é n e r g i e dans l e s é l e c t r o - a i m a n t s d i m i n u e r e l a t i v e m e n t à la
perte dans les a r m a t u r e s , q u a n d les d i m e n s i o n s l i n é a i r e s augmentent.
D'un autre c ô t é , toute a u g m e n t a t i o n dans les d i m e n s i o n s des masses
en m o u v e m e n t a u g m e n t e la t e n d a n c e aux p e r t e s de puissance p a r d é v e -
l o p p e m e n t de courants p a r a s i t e s .
3
K a p p * et le professeur A y r t o n o n t a p p o r t é r é c e m m e n t de n o u v e a u x
é l é m e n t s à l a discussion. K a p p p r o p o s e d ' a d m e t t r e q u e les v i t e s s e s de
r o t a t i o n v a r i e n t en r a i s o n i n v e r s e des d i m e n s i o n s l i n é a i r e s , de m a n i è r e
à p l a c e r toutes les m a c h i n e s d a n s les m ê m e s c o n d i t i o n s r e l a t i v e m e n t
aux effets de la force c e n t r i f u g e , et de c o n s i d é r e r toutes les m a c h i n e s
semblables comme pouvant fonctionner jusqu'à la même limite de
sécurité d'ôchauffement. Ceci i m p l i q u e q u e le t r a v a i l c o n s o m m é i n t é -
r i e u r e m e n t en c h a l e u r soit p r o p o r t i o n n e l à la surface ou dans le r a p p o r t
1
de L e s résistances, tant m a g n é t i q u e s qu'électriques, des é l e c t r o -

a i m a n t s seront a l o r s p r o p o r t i o n n e l l e s à n~' ; les p u i s s a n c e s d ' e x c i t a t i o n ,

• Ceniralblalt fur Elektrotechnik, V I I I . 544, 594 et 743, 1886.


' Proc. Inst. Civil Engineers, LXXXI1I. 36, 1886.
> Ibid., 116.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ACTIONS E T RÉACTIONS MÉCANIQUES DANS L'INDUIT 113

à n ' ; les intensités des c h a m p s m a g n é t i q u e s , à « " ; et les f o r c e s é l e c t r o -


2 1
m o t r i c e s , an . L e s d i a m è t r e s de fils c o n v e n a b l e s seront c o m m e n sur

les inducteurs et c o m m e n * sur les a r m a t u r e s ; les résistances des a r m a -


tures s e r o n t p r o p o r t i o n n e l l e s à et le c o u r a n t p o s s i b l e , à n*. Il en
résulte immédiatement que les puissances des m a c h i n e s varieront
1
1
comme n et l ' é n e r g i e d i s s i p é e , c o m m e n ; d'où, augmentation du
coefficient é c o n o m i q u e a v e c les d i m e n s i o n s de la m a c h i n e . K a p p in-
s.»
3
dique le p r i x de r e v i e n t des m a c h i n e s c o m m e p r o p o r t i o n n e l n , d'où
il résulte q u e le c o û t d ' u n e d y n a m o par unité de puissance (ou par
l a m p e ) v a r i e e n r a i s o n i n v e r s e de ses d i m e n s i o n s l i n é a i r e s . A l'appui
de cette t h é o r i e , i l d o n n e c o m m e e x e m p l e le tableau ci-dessous :
Diamètre de l'induit (en centimètres) 23,4 38
N o m b r e de tours par minute 1000 670
Nombre de lampes à incandescence 130 020
Poids (en kilogrammes) 508 1727
Prix (en francs) 2500 6900
Prix par lampe (en francs) 16,65 11,65
Rendement électrique (p. 100) 80 89

L e p r o f e s s e u r A y r t o n a d m e t q u e les vitesses de m a c h i n e s s e m b l a b l e s
peuvent e n toute sécurité suivre l ' i n v e r s e des racines c a r r é e s de leurs
1

d i m e n s i o n s l i n é a i r e s ou le r a p p o r t n > au l i e u de n~\ attendu q u ' o n


peut a i s é m e n t a u g m e n t e r dans les g r a n d e s m a c h i n e s le n o m b r e et la
force des f r e t t e s . D a n s ces m a c h i n e s , l ' e s p a c e , r e l a t i v e m e n t plus p e t i t ,
nécessaire à la l i b r e r o t a t i o n , p e r m e t d ' a d m e t t r e une a u g m e n t a t i o n de
8
courant dans l e r a p p o r t de n . Mais cet a c c r o i s s e m e n t de c o u r a n t p o r t e
à un d e g r é p r o p o r t i o n n e l l e m e n t plus é l e v é l ' a i m a n t a t i o n du fer, et la
3

force é l e c t r o m o t r i c e est s u p é r i e u r e à n* , p r o b a b l e m e n t plus v o i s i n e


J J
de n' , c e q u i c o n d u i t à n' pour la c a p a c i t é r e l a t i v e de la m a c h i n e .
Il p a r a î t r é s u l t e r de l ' o p i n i o n g é n é r a l e des c o n s t r u c t e u r s que, pour
des d y n a m o s s e m b l a b l e s , la c a p a c i t é est un peu s u p é r i e u r e a u x p o i d s
relatifs des m a c h i n e s .
1
Esson a discuté cette q u e s t i o n au p o i n t de v u e des m a c h i n e s m u l t i -
p o l a i r e s et est a r r i v é à cette c o n c l u s i o n q u e la d i m i n u t i o n ou l ' a u g m e n -
1
tation de r e n d e m e n t , quand on a u g m e n t e les d i m e n s i o n s des machines ,
n'est q u ' u n e affaire d'étude c o n v e n a b l e .

' Journal Inst. Engineers, X X . 265, 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE V I

PRINCIPES MAGNÉTIQUES ET PROPRIÉTÉS

MAGNÉTIQUES DU FER

T o u t e s les m a c h i n e s d y n a m o - é l e c t r i q u e s sont f o n d é e s sur les p r i n c i p e s


du m a g n é t i s m e ; il est e n c o n s é q u e n c e i n d i s p e n s a b l e de c o n n a î t r e ces
p r i n c i p e s à f o n d . L e c h a m p m a g n é t i q u e des d y n a m o s étant c r é é par des
é l e c t r o - a i m a n t s d o n t les n o y a u x de fer sont e x c i t é s p a r des courants
é l e c t r i q u e s c i r c u l a n t dans des b o b i n e s q u i les e n t o u r e n t , il est d ' i m -
portance p r i m o r d i a l e d ' é t u d i e r l a l o i qui r é g i t l'éleclro-aimant. La
r e l a t i o n q u i e x i s t e entre le c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n et l e m a g n é t i s m e auquel
il d o n n e naissance étant é t a b l i e , on p o u r r a alors appliquer à l'étude
d'un p r o j e t de d y n a m o les résultats a c q u i s ; l e u r connaissance per-
m e t t r a en effet de c a l c u l e r d ' a v a n c e les d i m e n s i o n s des inducteurs,
ainsi que l e n o m b r e des spires et l a s e c t i o n du fil nécessaires à l ' é t a b l i s -
sement d'une m a c h i n e destinée à fournir une puissance électrique
donnée.

Nous définirons d'abord les termes e m p l o y é s ; nous résumerons


ensuite les faits et nous é t u d i e r o n s les p r o p r i é t é s de fers de différents
g e n r e s ; i n c i d e m m e n t nous passerons e n r e v u e les d i v e r s e s f o r m u l e s
a l g é b r i q u e s p r o p o s é e s p o u r la r e p r é s e n t a t i o n a p p r o x i m a t i v e de la l o i de
l ' é l e c t r o - a i m a n t . L e C h a p i t r e V I I suivant c o n t i e n d r a des c o n s i d é r a t i o n s
de toute p r e m i è r e i m p o r t a n c e sur le c i r c u i t m a g n é t i q u e e t sa t h é o r i e ;
nous y j o i n d r o n s q u e l q u e s e x e m p l e s et r è g l e s u t i l e s , et f i n a l e m e n t nous
discuterons les dill'érentes f o r m e s d o n n é e s a u x é l e c t r o - a i m a n t s e n i n d i -
q u a n t les calculs y r e l a t i f s .

L a t h é o r i e p h y s i q u e de l a d y n a m o é t a n t ainsi é p u i s é e , n o u s pas-
serons à sa t h é o r i e a n a l y t i q u e é l é m e n t a i r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 117

1
D É F I N I T I O N S ET P R O P R I É T É S GÉNÉRALES

UNITÉ DE MAGNÉTISME. — L ' u n i t é i n t e r n a t i o n a l e u n i v e r s e l l e m e n t a d o p -


tée pour la quantité de m a g n é t i s m e en un pôle magnétique quel-
c o n q u e est définie, dans l e s y s t è m e G. G. S., c o m m e l ' i n t e n s i t é du p ô l e
qui r e p o u s s e , dans l ' a i r , un p ô l e s e m b l a b l e p l a c é à une d i s t a n c e de
1 c e n t i m è t r e a v e c u n e force é g a l e à 1 dyne.

INTENSITÉ DE CHAMP MAGNÉTIQUE. — On a V U au Chapitre III q u e tout


aimant est entouré d'un certain « champ » ( c ' e s t - à - d i r e « espace
soumis à son a c t i o n » ) dans l'étendue d u q u e l o n peut c o n s t a t e r une
force m a g n é t i q u e . O n peut d é t e r m i n e r c o m p l è t e m e n t les p r o p r i é t é s du
grandeur e t l a direction
c h a m p e n un p o i n t q u e l c o n q u e en m e s u r a n t la
de c e t t e f o r c e , c'est-à-dire en m e s u r a n t 1' « intensité du champ » et la
d i r e c t i o n des l i g n e s de f o r c e . L' « intensité du champ » en un point
quelconque est mesurée par la force avec laquelle il agit sur une unité
de pôle magnétique placée en ce point. P a r suite, l'unité d'intensité de
champ est celle d'un champ qui exerce une force de 1 dyne sur un
pôle de 1 unité d'intensité placé dans le champ. I l existe en c o n s é -
q u e n c e un c h a m p d'une u n i t é d'intensité en un p o i n t situé à un c e n t i -
m è t r e de d i s t a n c e d'un p ô l e d ' a i m a n t d'une unité d ' i n t e n s i t é . — S u p p o -
sons un p ô l e m a g n é t i q u e , d o n t l ' i n t e n s i t é est m, p l a c é dans un champ
en un p o i n t où l ' i n t e n s i t é est / / ; la force e x e r c é e sera dès l o r s m fois
aussi g r a n d e q u e si le p ô l e a v a i t une unité d ' i n t e n s i t é , et la g r a n d e u r de
cette force ( e n d y n e s ) p o u r r a se c a l c u l e r p a r la s i m p l e m u l t i p l i c a t i o n de
l'intensité de m a g n é t i s m e du p ô l e p a r l ' i n t e n s i t é du c h a m p ; o n aura
ainsi :
f — m X H,
d'où

m
' L e lecteur qui n'est pas familiarisé avec la mesure des quantités magnétiques
feru bien d e lire attentivement l'Appendice A sur les unités électriques e t m a g n é -
tiques. Nous lui r e c o m m a n d o n s aussi tout particulièrement de se bien r e m é m o r e r
la théorie élémentaire des phénomènes m a g n é t i q u e s . L e s Leçons élémentaires
;
d'Électricité et de Magnétisme de l'Auteur, publiées par MM. Macmitlan et C ", en
expliquent les termes et les faits fondamentaux. Son o u v r a g e tout récent sur
L'Électro-aimant, publié par MM. Spon, d o n n e une étude plus complète des p r o -
priétés m a g n é t i q u e s du fer, ainsi q u e d e la conception et de la construction des
électro-aimants.
[Nous r e n v o y o n s é g a l e m e n t le lecteur français au Traité élémentaire de l'Energie
électrique et au Formulaire de l'Electricien de M . H o s p i t a l i e r ] (N. d. T . )

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


118 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

c'est-à-dire q u e l ' i n t e n s i t é du c h a m p / / est le q u o t i e n t de la force f


q u ' e x e r c e ce c h a m p sur un p ô l e par l ' i n t e n s i t é m de ce p ô l e . — On en
déduit la définition ci dessus de l'unité C. G. S. d ' i n t e n s i t é de c h a m p .

LIGNES MAGNÉTIQUES. — Dans t o u t c h a m p m a g n é t i q u e il est p o s s i b l e


de faire passer p a r un p o i n t d o n n é q u e l c o n q u e une l i g n e dans une direc-
t i o n telle q u ' e l l e r e p r é s e n t e la d i r e c t i o n de la force m a g n é t i q u e en ce
point du c h a m p (fig. 10, p . 2 3 ) . L e s c o u r b e s f o r m é e s p a r la l i m a i l l e de fer
autour des aimants r é v è l e n t les f o r m e s de ces l i g n e s m a g n é t i q u e s q u i ,
a u t r e m e n t , r e s t e r a i e n t i n v i s i b l e s . M ê m e en l ' a b s e n c e de toute représen-
tation effective, ces l i g n e s p e u v e n t être supposées t r a c é e s , et l ' o n peut
ainsi c o n c e v o i r tout l'espace c o m p r i s dans l e c h a m p m a g n é t i q u e c o m m e
traversé p a r des l i g n e s de ce g e n r e . F a r a d a y a, le p r e m i e r , d o n n é une
s i g n i f i c a t i o n q u a n t i t a t i v e à la c o n c e p t i o n des l i g n e s m a g n é t i q u e s . On
peut s'en s e r v i r p o u r spécifier, n o n s e u l e m e n t la direction, m a i s aussi
la grandeur des forces m a g n é t i q u e s en a d o p t a n t l a c o n v e n t i o n sui-
vante : — A d m e t t o n s q u ' o n t r a c e a u t a n t de l i g n e s p a r c e n t i m è t r e carré
q u ' i l s'exerce de d y n e s de force ( p a r unité de p ô l e ) au p o i n t c o n s i d é r é .
Le s y m b o l e H r e p r é s e n t e r a a l o r s soit le n o m b r e de d y n e s a g i s s a n t sur
une unité de p ô l e , soit le n o m b r e de l i g n e s de force p a r c e n t i m è t r e carré,
selon l ' e x p r e s s i o n a n g l a i s e d é r i v é e de la c o n c e p t i o n de F a r a d a y .

Suivant ce p r i n c i p e [plus patriotique que scientifique], on prend


c o m m e m e s u r e de l ' i n t e n s i t é du c h a m p en un p o i n t q u e l c o n q u e le
n o m b r e des l i g n e s de force qui t r a v e r s e n t un c e n t i m è t r e carré de s u r -
Il s'ensuit que 4-rr lignes
face p l a c é n o r m a l e m e n t au c h a m p en ce p o i n t .
de force émaneront d'une unité de pôle magnétique, p u i s q u e cette
unité de p ô l e crée une unité de. c h a m p à une u n i t é de distance ou une
l i g n e de force p a r c e n t i m è t r e c a r r é , et que la surface d'une s p h è r e ,
a y a n t le p ô l e p o u r c e n t r e et un r a y o n é g a l à une u n i t é , est de 4TT c e n -
t i m è t r e s c a r r é s . L ' a c i e r d'un a i m a n t , d o n t l ' i n t e n s i t é de p ô l e est é g a l é
à m, est en c o n s é q u e n c e p é n é t r é par 4 it m l i g n e s de force q u i , en son
p ô l e , d i v e r g e n t dans l ' e s p a c e .
[ C o n f o r m é m e n t à ce q u e nous avons dit p r é c é d e m m e n t de la préfé-
rence à d o n n e r à l ' e x p r e s s i o n « flux d e force » au l i e u de celle de
i n o m b r e de l i g n e s d e force » , nous e n r a p p e l l e r o n s a v e c M . H o s p i t a l i e r
la n o t i o n e x a c t e ] . ( N . d. T . )

F L U X D E FOHCE. — Si l ' o n c o n s i d è r e un c h a m p m a g n é t i q u e u n i f o r m e
et un p l a n p e r p e n d i c u l a i r e à la d i r e c t i o n d e s l i g n e s de force qui le
constituent, et q u ' o n d é c o u p e dans ce p l a n une surface S, e l l e sera tra-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 119

versée par un c e r t a i n n o m b r e de l i g n e s de force o u flux de force


magnétique p r o p o r t i o n n e l à la surface S et à l ' i n t e n s i t é / / du c h a m p . —
On a p p e l l e flux de force magnétique, flux d'induction magnétique, o u ,
plus s i m p l e m e n t , flux de force, flux d'induction, d a n s une surface S,
le p r o d u i t IIS de c e t t e surface S p a r l'intensité / / d u c h a m p supposé
u n i f o r m e , chacun des é l é m e n t s de la surface étant p e r p e n d i c u l a i r e à la
direction des l i g n e s de force q u i le t r a v e r s e n t . N o u s le r e p r é s e n t o n s
par la l e t t r e <t>.
Dans ces c o n d i t i o n s , l'unité C. G . S. de flux de f o r c e est l e flux tra-
versant u n e surface de 1 centimètre carré, lorsque l'intensité du
c h a m p est de 1 unité C. G. S.
L o r s q u e le c h a m p n'est pas u n i f o r m e , le flux é l é m e n t a i r e dll est
égal à / / d s . P o u r une surface q u e l c o n q u e , son e x p r e s s i o n g é n é r a l e est
donc
S Bas,

e x p r e s s i o n dans l a q u e l l e H peut v a r i e r d'un p o i n t à u n autre.


Il en r é s u l t e que l e flux de force total dû à un pôle d'intensité m,
ou r a y o n n é p a r ce p ô l e , est é g a l à 4 u n . En effet, à u n e distance l du
pôle m, l e c h a m p p r o d u i t par ce pôle est, d'après l a l o i de C o u l o m b ,
m ,. , mds
-jf- , et, p o u r une suriace ds, le flux de force = lias = • ^ ; p o u r
la sphère e n t i è r e de r a y o n l, d o n t l a surface est é g a l e à U-zl*, l e flux
de force t o t a l est d o n c é g a l à

4 Tt m.

Dans un b a r r e a u a i m a n t é très l o n g , d o n t l ' i n t e n s i t é de p ô l e est m, l e


flux d ' i n d u c t i o n t o t a l e sera dès l o r s é g a l 4 - m à l ' i n t é r i e u r du b a r r e a u ,
et à i-rcm en d e h o r s du b a r r e a u , en v e r t u du p r i n c i p e de la conserva-
tion de l ' é n e r g i e , ici du flux, les l i g u e s de force c o n s t i t u a n t des c i r c u i t s
fermés.

P O L A R I T É . — On sait c o u r a m m e n t que la p o l a r i t é d ' u n é l e c t r o - a i m a n t


dépend d u sens du c o u r a n t dans les fils q u i l ' e n t o u r e n t . On a d o n n é
différents p r o c é d é s m n é m o n i q u e s p o u r r a p p e l e r c e t t e r e l a t i o n e n t r e le
flux é l e c t r i q u e et la f o r c e m a g n é t i q u e . P a r m i ces r è g l e s l'une des plus
pratiques est celle q u i consiste à se s o u v e n i r q u e , si l ' o n r e g a r d e l e p ô l e
n o r d d'un é l e c t r o - a i m a n t , le c o u r a n t c i r c u l e r a a u t o u r de ce p ô l e e n
sens i n v e r s e de la m a r c h e des a i g u i l l e s d'une m o n t r e . Ceci i m p l i q u e ,
p o u r les b o b i n e s d'un é l e c t r o - a i m a n t à deux b r a n c h e s p a r a l l è l e s , la c o n -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


120 MACHINES D Y N A M O É L E C T R I Q U E S

n e x i o n faite de t e l l e sorte q u e les c o u r a n t s y c i r c u l e n t de la manière


i n d i q u é e p a r la figure 84. L a figure 85 d o n n e l ' i l l u s t r a t i o n d ' u n e autre
r è g l e i m a g i n é e p a r M a x w e l l et q u i s ' é n o n c e ainsi : l e sens d e c i r c u l a t i o n

F i g . 84. — Circulation du c o u r a n t autour d'un é l e c t r o - a i m a n t en fer à c h e v a l .

du c o u r a n t ( d e x t r o r s u m ou s i n i s t r ó r s u m ) et l a d i r e c t i o n p o s i t i v e de la
force m a g n é t i q u e r é s u l t a n t e o n t e n t r e e u x la m ê m e r e l a t i o n q u e la r o -
tation et l a m a r c h e l o n g i t u d i n a l e d ' u n e v i s d e x t r o r s u m o u d'un tire-

F i g . 85. D i a g r a m m e i n d i q u a n t la r e l a t i o n entre l e sens d'un courant magnétisant


et celui de la force m a g n é t i q u e résultante.

bouchon. L a circulation dextrorsum d'un courant correspond à une


force m a g n é t i q u e t e n d a n t à p r o d u i r e une p o l a r i t é n o r d à l ' e x t r é m i t é
du n o y a u v e r s l a q u e l l e il m a r c h e .

RÈGLES ÉLECTROMAGNÉTIQUES

L ' i n d u c t e u r é t a n t , dans p r e s q u e toutes l e s d y n a m o s , un é l e c t r o - a i m a n t


e n fer d o n t l ' a i m a n t a t i o n est due au p a s s a g e d'un c o u r a n t dans un c o n -
d u c t e u r qui l ' e n t o u r e , il est nécessaire d ' é t a b l i r q u e l q u e s p r o p o s i t i o n s
é l é m e n t a i r e s d o n n a n t l a r e l a t i o n e n t r e l e s c o u r a n t s é l e c t r i q u e s et les
forces magnétiques.

1. — FORCE MAGNÉTOMOTRICE O U Force magnétisante totale d'un courant


é l e c t r i q u e c i r c u l a n t dans u n e b o b i n e . — Quand un courant suit un fil
de c u i v r e e n r o u l é en un c e r t a i n n o m b r e de spires a u t o u r d'un n o y a u et

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 121

c i r c u l e ainsi a u t o u r d'un c i r c u i t m a g n é t i q u e i n t é r i e u r , o n r e c o n n a î t q u e
l a force ou t e n d a n c e m a g n é t i s a n t e de cette c i r c u l a t i o n é l e c t r i q u e est
proportionnelle à l'intensité de ce c o u r a n t , en m ô m e t e m p s qu'au
n o m b r e des spires a i n s i réunies e n b o b i n e . T o u t e s choses é g a l e s d ' a i l -
l e u r s , l a force m a g n é t i s a n t e t o t a l e d é p e n d u n i q u e m e n t de ces d e u x
quantités ; elle est a b s o l u m e n t i n d é p e n d a n t e de la s e c t i o n ou de la
nature du f i l , aussi b i e n q u e d e sa f o r m e , et est la m ê m e , q u e les spires
se t o u c h e n t ou s o i e n t é c a r t é e s les u n e s d e s autres. Si l ' o n d é s i g n e p a r i V ,
le n o m b r e de spires d e la b o b i n e , et p a r i l'intensité en ampères du
c o u r a n t a u q u e l elles l i v r e n t p a s s a g e , TV, m u l t i p l i é p a r i sera l e n o m b r e
d'ampères-tours de c i r c u l a t i o n du c o u r a n t . On p r o u v e e x p é r i m e n t a l e -
m e n t q u e v i n g t a m p è r e s circulant dans cinq spires d é v e l o p p e n t u n e
force m a g n é t i s a n t e t o t a l e e x a c t e m e n t é g a l e à c e l l e d'un ampère par-
c o u r a n t cent s p i r e s , ou de c e n t a m p è r e s faisant une s e u l e fois l e t o u r
du n o y a u . Dans chacun de ces cas la c i r c u l a t i o n du c o u r a n t est d e cent
ampères-tours. En conséquence, pour c a l c u l e r la v a l e u r , en unités

absolues C. G. S., de l a force m a g n é t o m o t r i c e , il faut m u l t i p l i e r les


4
ampères-tours p a r -^j n, ou p a r 1,257. E n d'autres t e r m e s , on a :
4tt
1
F o r c e m a g n é t o m o t r i c e S = - j j y X N,i = 1,237 X N,i.

On p e u t é v i t e r l ' e m p l o i de ce facteur n u m é r i q u e , e n introduisant


dans les calculs les ampères-tours e u x - m ê m e s aux l i e u et p l a c e de la
force m a g n é t o m o t r i c e . On a p p l i q u e a l o r s un coefficient au calcul de l a
résistance m a g n é t i q u e du circuit ( v o i r C h a p . X V I ) .
Certains auteurs d é s i g n e n t la force m a g n é t o m o t r i c e sous l e n o m
d ' c i n t é g r a l e des forces m a g n é t i q u e s » .

2. — I n t e n s i t é d e l a f o r c e m a g n é t i q u e e n u n p o i n t q u e l c o n q u e d a n s u n e

longue bobine magnétisante. -— L ' e x p r e s s i o n p r é c é d e n t e de la force


m a g n é t i s a n t e t o t a l e d'une b o b i n e ne fournit aucune i n d i c a t i o n sur la
v a r i a t i o n de la force m a g n é t i q u e en ses d i v e r s p o i n t s . S i , sur l a fi-
g u r e 8G, o n trace une c o u r b e f e r m é e (la c o u r b e p o n c t u é e ) passant à tra-
vers toutes les s p i r e s , et q u ' o n d e m a n d e « Quelle est l ' i n t e n s i t é de la
force m a g n é t i q u e aux divers points de cette courbe ? » , on devra
r é p o n d r e q u e l ' i n t e n s i t é de cetLe force v a r i e c o n s i d é r a b l e m e n t d'un p o i n t
à un autre et q u ' e l l e a t t e i n t sou m a x i m u m au m i l i e u de l a p a r t i e de

1
L a force m a g n é t i s a n t e , force m a g n é t i q u e , ou intensité de c h a m p m a g n é t i q u e ,
est la force m a g n é t o m o t r i c e p r o d u i t e par le n o m b r e des spires Nt c o m p r i s e s dans
une unité d e l o n g u e u r :
31 = 1,257 X A r , t . ( N . d. T . )

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


i 22 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

•cette c o u r b e q u i se t r o u v e à l ' i n t é r i e u r des s p i r e s . Si une b o b i n e uni-


f o r m é m e n t e n r o u l é e a v a i t une très g r a n d e longueur ( s o i t au moins
cent fois son p r o p r e d i a m è t r e ) , l'intensité de l a force m a g n é t i q u e serait
très s e n s i b l e m e n t u n i f o r m e sur toute la l o n g u e u r de son a x e , j u s q u e
-dans le v o i s i n a g e des e x t r é m i t é s de la b o b i n e , où e l l e d i m i n u e r a p i d e -
m e n t . On t r o u v e l ' e x p r e s s i o n de la v a l e u r de H en un p o i n t q u e l c o n q u e
le l o n g de l ' a x e (sauf dans l e v o i s i n a g e des e x t r é m i t é s ) d'une l o n g u e
b o b i n e de ce g e n r e en c o n s i d é r a n t la force magnétomotrice comme
•uniformément distribuée s u i v a n t sa l o n g u e u r : ou s y m b o l i q u e m e n t , e n

F i g . 86. — B o b i n e m a g n é t i s a n t e r o u l é e autour d'un circuit magnétique.

•désignant p a r l la l o n g u e u r de l a b o b i n e , e n c e n t i m è t r e s , et p a r 3£ la
force m a g n é t i q u e ou force m a g n é t i s a n t e d ' i n d u c t i o n , e x p r e s s i o n s é q u i -
v a l e n t e s à i n t e n s i t é de c h a m p m a g n é t i q u e inducteur (alors que la nota-
t i o n / / est r é s e r v é e à un c h a m p m a g n é t i q u e e n g é n é r a l ) ,

4tï JY.ï
— -jQ —-j = 1,257 fois les a m p è r e s - t o u r s par c e n t i m è t r e de l o n g u e u r .

Dans l e cas où un fil est r o u l é en une h é l i c e a n n u l a i r e sur un a n n e a u


de fer, d e t e l l e sorte q u e la b o b i n e s o i t sans fin, 3Í est u n i f o r m e en
tous les p o i n t s de la courbe f e r m é e t r a c é e à l ' i n t é r i e u r de la b o b i n e , et
on e n c a l c u l e la v a l e u r c o m m e ci-dessus, en p r e n a n t p o u r l la l o n -
g u e u r m o y e n n e du c o r p s d e l ' a n n e a u . I l v a de soi q u e , q u a n d 3Í est
P i n i f o r m e , X X l d o n n e la force m a g n é t i s a n t e t o t a l e ou l a force m a g n é -
tomotrice.

3. — INTENSITÉ DE LA FORCE MAGNÉTIQUE AU CENTRE D ' U N A N N E A U SIMPLE.

— A u centre d'un s i m p l e anneau ou d'une spire c i r c u l a i r e de fil p o r t a n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNETIQUES ÌÌ3

un c o u r a n t de i a m p è r e s et d o n t le r a y o n est r c e n t i m è t r e s , l ' i n t e n s i t é
de l a force m a g n é t i q u e se calcule à l ' a i d e de la f o r m u l e

ie _ ^ n Ma* i n t e n s i t é en a m p è r e s
lor r a y o n en centimètres

T e l est l e cas d'un cadre c i r c u l a i r e de g a l v a n o m è t r e de tangentes,


d o n t les i n d i c a t i o n s s o n t à m u l t i p l e r par A", s'il y a jV, spires sur le
cadre.

4. — FORCE EXERCÉE SUR U N CONDUCTEUR ( p o r t a n t un c o u r a n t ) DANS U N

CHAMP MAGNÉTIQUE. — Supposons un c h a m p m a g n é t i q u e c r é é p a r un


aimant p e r m a n e n t ( f i g . 87) et un fil c o n d u c t e u r , p o r t a n t un c o u r a n t ,
a m e n é d a n s ce c h a m p m a g n é t i q u e ; o n o b s e r v e que ce fil est s o u m i s à
une force m é c a n i q u e d o n t la d i r e c t i o n est n o r m a l e à sa p r o p r e l o n g u e u r
et a u x l i g n e s m a g n é t i q u e s du c h a m p . Dans la figure, la d i r e c t i o n du
flux de force m a g n é t i q u e est h o r i z o n t a l e et v a de d r o i t e à g a u c h e entre
les b r a n c h e s de l ' a i m a n t ; la d i r e c t i o n du c o u r a n t est h o r i z o n t a l e et
son sens est d ' a v a n t en a r r i è r e ; et la force m é c a n i q u e r é s u l t a n t e s o l l i -
c i t e r a l e c o n d u c t e u r v e r t i c a l e m e n t de bas en haut, c o m m e l ' i n d i q u e l a
flèche. L e r e n v e r s e m e n t du c o u r a n t se t r a d u i r a i t n a t u r e l l e m e n t par
une force a g i s s a n t de h a u t en bas.

F i g . 87. — A c t i o n d'un c h a m p m a g n é t i q u e sur un conducteur portant un courant.

On p e u t c a l c u l e r la g r a n d e u r de cette f o r c e de la m a n i è r e s u i v a n t e :
— S u p p o s o n s l e c h a m p d'une intensité u n i f o r m e X, et s o i t l l a lon-
g u e u r ( e n c e n t i m è t r e s ) d'un c o n d u c t e u r p l a c é n o r m a l e m e n t â la direc-
t i o n du c h a m p . Si i est ( e n a m p è r e s ) l ' i n t e n s i t é du c o u r a n t , la force ( e n
d y n e s ) qui a g i t sur lui aura p o u r e x p r e s s i o n

mi
f = -jjj- dynes,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


124 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

et ( e n g r a m m e s - p o i d s ) :

r a m m e s o i
— 10 X 981 & -P ds.

S . — T H A V A I L EFFECTUÉ P A R U N CONDUCTEUR ( p o r t a n t u n c o u r a n t ) EN M O U -
V E M E N T U A N S U N CHAMP M A G N É T I Q U E . — Si l e c o n d u c t e u r se m e u t sur u n e
largeur b ( e n c e n t i m è t r e s ) du c h a m p m a g n é t i q u e , l e t r a v a i l ( e n e r g s )
aura p o u r e x p r e s s i o n :
„ bXH
w = fb = - , w

i étant e x p r i m é e n a m p è r e s e t l e n c e n t i m è t r e s .
Mais bl est l a surface S du c h a m p d é c o u p é e p a r l e c o n d u c t e u r , et
cette surface m u l t i p l i é e p a r l'intensité d u c h a m p ( K ) d o n n e l e flux de
f o r c e m a g n é t i q u e à t r a v e r s l a surface S ( < ! > = XS) ; il e n résulte q u e

w
= TO •
P r e u v e : — O n p e u t a r r i v e r h l a m ê m e conclusion p a r u n e a u t r e v o i e
tout à fait i n d é p e n d a n t e de l a p r é c é d e n t e : — P a r d é f i n i t i o n du p o t e n t i e l
é l e c t r i q u e , l e t r a v a i l effectué p a r l e m o u v e m e n t de Q unités d e q u a n -
tité d ' é l e c t r i c i t é sous une différence d e p o t e n t i e l Fi — F j est

w = Q (F, — F,).
Mais l e fait de d é c o u p e r dans u n c h a m p m a g n é t i q u e un flux 4> dans
un t e m p s é g a l à t secondes d o n n e l i e u au d é v e l o p p e m e n t d'une force

é l e c t r o m o t r i c e é g a l e à — qui constitue l a différence de p o t e n t i e l V —F


t 2

et p e u t l u i être substituée.
De plus, si l e c o u r a n t i est e x p r i m é e n a m p è r e s , l a q u a n t i t é Q d'élec-
tricité t r a n s p o r t é e en t s e c o n d e s dans l e circuit sera é g a l e e n v a l e u r

a b s o l u e G. G. S. à ^-q -
En r e m p l a ç a n t , dans l ' e x p r e s s i o n p r é c é d e n t e , Q p a r cette dernière
v a l e u r et V, — F p a r sa v a l e u r ci-dessus, o n a r r i v e i m m é d i a t e m e n t au
s

m ê m e résultat q u e p r é c é d e m m e n t :

INDUCTION MAGNÉTIQUE

Quand u n e p i è c e de m é t a l m a g n é t i q u e est p l a c é e dans u n c h a m p


m a g n é t i q u e , u n e p a r t i e d e s l i g n e s d e force de ce c h a m p la p é n è t r e et

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 125

lui d o n n e une c e r t a i n e a i m a n t a t i o n q u i d é p e n d de l ' i n t e n s i t é du c h a m p


d a n s l e q u e l l e m é t a l est p l a c é et du m é t a l l u i - m ê m e . Ce p h é n o m è n e
d'induction magnétique et l ' a i m a n t a t i o n ainsi d é v e l o p p é e
p o r t e le n o m
s'appelleaimantation induite. L e c h a m p m a g n é t i q u e est le champ
inducteur. Si l ' o n d é s i g n e p a r 3£ ou H l ' i n t e n s i t é du c h a m p m a g n é -
t i q u e inducteur dans l e q u e l est placé l e b a r r e a u m a g n é t i q u e , p a r a l l è l e -
m e n t à l a d i r e c t i o n des l i g n e s de f o r c e , et par S la section de ce b a r r e a u ,
il est traversé par un flux d'induction magnétique total propor-
t i o n n e l à sa s e c t i o n iS et à un facteur s y m b o l i s é p a r la l e t t r e S ou B

qu'on appelle induction magnétique ; c'est le q u o t i e n t du llux d'in-


d u c t i o n p a r l a s e c t i o n q u ' i l t r a v e r s e . On p e u t e n v i s a g e r ce p h é n o m è n e
sous d e u x aspects q u i o n t chacun leurs a v a n t a g e s . On p e u t r e g a r d e r le
m a g n é t i s m e du fer, ou a u t r e m é t a l , c o m m e un état spécial des sur-
faces p o l a i r e s , ' e x p r i m é , p a r suite, en unités de m a g n é t i s m e ; c'est
l ' a n c i e n n e m a n i è r e , a d o p t é e à une é p o q u e où l e m a g n é t i s m e était con-
sidéré c o m m e un f l u i d e . Ou b i e n o n peut e n v i s a g e r la c o n d i t i o n inté-
r i e u r e de la p i è c e de m é t a l et l e flux de force qui la p é n è t r e p o u r en
é m e r g e r ensuite dans l'espace e n v i r o n n a n t . Cet aspect de la q u e s t i o n
est c o n f o r m e aux idées m o d e r n e s .

L e fait q u ' u n b a r r e a u de fer doux placé dans un c h a m p magnétique


d e v i e n t l u i - m ê m e h a u t e m e n t m a g n é t i q u e p e u t en c o n s é q u e n c e s'ex-
p r i m e r des d e u x m a n i è r e s suivantes — (1) q u a n d o n p l a c e du fer dans
un c h a m p m a g n é t i q u e , les l i g n e s de force se r e s s e r r e n t et se p r e s s e n t
e n plus g r a n d n o m b r e dans l'espace occupé par le fer, p a r c e que le fer est
très perméable aux l i g n e s de force o u est p o u r elles un b o n c o n d u c -
t e u r ; ( 2 ) si un b a r r e a u de fer est placé dans un c h a m p m a g n é t i q u e , i l se
d é v e l o p p e des p ô l e s intenses à ses surfaces terminales qui possèdent
une susceptibilité é l e v é e p o u r la r é c e p t i o n du m a g n é t i s m e . — Chacune
d e ces i d é e s p e u t r e v ê t i r une f o r m e p r é c i s e p a r l ' i n t r o d u c t i o n des coeffi-
cients r e s p e c t i f s de perméabilité et de susceptibilité.

PERMÉABILITÉ MAGNÉTIQUE. - — L a n o t i o n de perméabilité (ou coefficient


d'induction magnétique) est basée sur l a c o n c e p t i o n de l a pénétration
des l i g n e s de f o r c e dans toute la masse du fer, t e l l e q u ' e l l e a été définie
ci-dessus.

1
Certaines a u t o r i t é s font une d i s t i n c t i o n entre les l i g n e s de force (ou c e l l e s qui
e x i s t e r a i e n t d a n s l'air) et les l i g n e s d ' i n d u c t i o n (ou celles qui existent dans une
substance en plus ou en m o i n s de celles qui e x i s t e r a i e n t dans l'air s e u l ) . Cette d i s -
tinction est a b s o l u m e n t i n u t i l e , toutes les lignes d e force ayant les m ê m e s p r o p r i é -
tés. Nous les appelons toutes s i m p l e m e n t « l i g n e s d e force • ou • l i g n e s m a g n é -
tiques » .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


125 MACHINES DYNAMO-ÉLECTHIQL'ES

L e r a p p o r t de l ' i n d u c t i o n m a g n é t i q u e cB à la force m a g n é t i s a n t e X q u i
la p r o d u i t s ' e x p r i m e par un coefficient n u m é r i q u e d'induction, ou de
perméabilité, \x. — On p e u t en c o n s é q u e n c e , écrire :

Si = u. X
ou
=
a'
Ce coefficient est toujours p o s i t i f : dans le v i d e o u dans l ' a i r il est
é g a l à 1 ; p o u r les substances m a g n é t i q u e s il est plus g r a n d que i ; et
pour les substances d i a i n a g n é t i q u e s il est i n f é r i e u r à 1. On peut s'en faire
une i d é e de la façon suivante : — S u p p o s o n s q u ' u n e force m a g n é t i s a n t e
d é t e r m i n é e agisse dans une c e r t a i n e d i r e c t i o n ; il r é s u l t e r a n a t u r e l l e m e n t
de s o n a c t i o n un c e r t a i n flux s u i v a n t les l i g n e s d ' i n d u c t i o n ( q u e nous
appelons lignes de f o r c e ) . Dans l ' a i r ce flux de f o r c e représentera
n u m é r i q u e m e n t l a force m a g n é t i s a n t e ; m a i s , si l ' e s p a c e c o n s i d é r é est
occupe p a r du fer, la m ê m e f o r c e m a g n é t i s a n t e i n d u i r a un flux b e a u c o u p
plus c o n s i d é r a b l e , l e fer j o u i s s a n t d'une espèce de p o u v o i r m u l t i p l i -
c a t e u r , d'une capacité i n d u c t i v e s p é c i f i q u e , o u e n c o r e d'une conduc-
t i b i l i t é p l u s g r a n d e p o u r les l i g n e s de f o r c e . P a r e x e m p l e , o n t r o u v e r a
qu'un c e r t a i n é c h a n t i l l o n de fer s o u m i s à une f o r c e m a g n é t i q u e c a p a b l e
de c r é e r , dans l ' a i r , un flux de force de 50 unités C. G . S. sera p é n é t r é
p a r un flux de force qui ne sera pas i n f é r i e u r à 16050 unités. En d i v i s a n t
ce d e r n i e r chiffre par le p r e m i e r , o n t r o u v e c o m m e v a l e u r de l a per-

1
Nous d o n n o n s ci-dessous les d i v e r s e s e x p r e s s i o n s sous l e s q u e l l e s figurent ces
t r o i s quantités dans les différents auteurs :
eB A i m a n t a t i o n i n t é r i e u r e .
Induction.
Induction m a g n é t i q u e .
Induction spécifique.
Intensité d'induction.
N o m b r e d e l i g n e s de force par c e n t i m è t r e c a r r é dans la s u b s t a n c e .
Perméation.

X F o r c e m a g n é t i s a n t e en un p o i n t .
F o r c e m a g n é t i q u e en un p o i n t .
Intensité d e c h a m p m a g n é t i q u e .
Intensité de la force m a g n é t i q u e .
N o m b r e d e l i g n e s qui e x i s t e r a i e n t dans l'air par c e n t i m è t r e c a r r é .

f* C o n d u c t i b i l i t é spécifique p o u r tes l i g n e s m a g n é t i q u e s .
Perméabilité.
Perméabilité magnétique.
P o u v o i r m a g n é t i q u e m u l t i p l i c a t e u r de la s u b s t a n c e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 127

m é a b i l i t é , à ce d e g r é d ' a i m a n t a t i o n , 321 ; c'est-à-dire q u e la p e r m é a b i l i t é


du f e r est é g a l e à 321 fois celle de l ' a i r . On a d m e t q u e la perméa-
b i l i t é des corps n o n m a g n é t i q u e s , tels q u e la s o i e , le c o t o n et a u t r e s
substances i s o l a n t e s , aussi b i e n q u e c e l l e du l a i t o n , du c u i v r e et de
tous l e s m é t a u x n o n m a g n é t i q u e s , est é g a l e à 1, c'est-à-dire prati-
q u e m e n t la m ê m e q u e c e l l e de l ' a i r . t

INTENSITÉ D'AIMANTATION et SUSCEPTIBILITÉ MAGNÉTIQUE. — On ne fait plus


g u è r e e n t r e r a u j o u r d ' h u i dans les c a l c u l s la susceptibilité ou coefficient
d'aimantation {superficielle).Supposons q u ' u n barreau a i m a n t é possède
à c h a c u n de ses p ô l e s m unités de m a g n é t i s m e et q u e l a l o n g u e u r e n t r e
ces deux p ô l e s s o i t l ; le p r o d u i t ml — moment
9T£ p r e n d le n o m d e
magnétique du b a r r e a u , et l ' o n d é s i g n e p a r intensité d'aimantation l e
q u o t i e n t du m o m e n t m a g n é t i q u e du b a r r e a u p a r son v o l u m e . T o u t e n
étant b a s é e sur l ' u n i t é s u p e r f i c i e l l e d ' i n t e n s i t é de p ô l e , cette e x p r e s s i o n
c o m p o r t e une i d é e d'état m a g n é t i q u e i n t é r i e u r . S u p p o s o n s maintenant
que l ' i n t e n s i t é d ' a i m a n t a t i o n , p o u r l a q u e l l e o n e m p l o i e le s y m b o l e 3 t

soit due à l ' i n t r o d u c t i o n d'un m o r c e a u de fer dans un c h a m p m a g n é t i q u e


d'intensité JC; le r a p p o r t e n t r e ces d e u x q u a n t i t é s , ou r a p p o r t de l ' i n -
tensité d ' a i m a n t a t i o n à l ' i n t e n s i t é du c h a m p q u i la p r o d u i t , est ce q u ' o n
a p p e l l e la susceptibilité; on la représente par le s y m b o l e x , ce qui
permet d'écrire

ou

3
y.
X'
Cette e x p r e s s i o n peut être interprétée c o m m e signifiant que, pour
c h a q u e unité dans le c h a m p m a g n é t i s a n t , il y aura x unités de m a g n é -
tisme sur la surface t e r m i n a l e du b a r r e a u de fer.

Il e x i s t e une r e l a t i o n e n t r e ces d e u x coefficients : — du m o m e n t q u e


c h a q u e unité de c h a m p p r o d u i t x unités de m a g n é t i s m e , et q u e chacune
de ces d e r n i è r e s d o n n e lieu à une é m e r g e n c e de 4 r. unités de flux à
l ' e x t é r i e u r , la p r é s e n c e du fer ajoutera 4 tc x unités de flux à chaque
unité e x i s t a n t dans l ' a i r seul ; d'où
3
u. — 1 -+- 4mc = 1 -+- 4 îr _ '
ou
cfj = 3£ -f- 4irêl.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


128 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Cette m a n i è r e d ' e x p r i m e r les faits se complique cependant de la


tendance, dans tous les échantillons de fer, vers une saturation
m a g n é t i q u e . Quel q u e s o i t l e fer e x p é r i m e n t é , la c a p a c i t é m a g n é t i q u e de
la m a t i è r e v a en d i m i n u a n t au fur et à m e s u r e q u ' o n pousse plus l o i n
l ' a i m a n t a t i o n effective. En d'autres t e r m e s , q u a n d un m o r c e a u de fer a
été a i m a n t é j u s q u ' à un c e r t a i n d e g r é , il d e v i e n t , à p a r t i r de ce p o i n t ,
m o i n s a c c e s s i b l e à une aimantation supérieure, et, bien qu'on ne
puisse j a m a i s r é a l i s e r une saturation absolue, il e x i s t e une l i m i t e
p r a t i q u e au d e l à de l a q u e l l e o n ne peut u t i l e m e n t p o u s s e r l ' a i m a n t a t i o n .
J o u l e a été un d e s p r e m i e r s à é t a b l i r c e t t e t e n d a n c e v e r s u n e s a t u r a t i o n
m a g n é t i q u e . Des r e c h e r c h e s r é c e n t e s o n t é t a b l i n u m é r i q u e m e n t cette
d é c r o i s s a n c e de p e r m é a b i l i t é au fur et à m e s u r e q u ' o n p o u s s e plus l o i n
l ' a i m a n t a t i o n . L a l i m i t e p r a t i q u e de l ' i n d u c t i o n 3} dans du fer f o r g é de
b o n n e q u a l i t é est d ' e n v i r o n 20000 unités C. G. S., et d e 12000 u n i t é s à
p e u p r è s dans la f o n t e .

Dans une étude d'électro-aimant, avant de p o u v o i r calculer les


d i m e n s i o n s d'un b a r r e a u de fer d e s t i n é à l a c o n s t r u c t i o n du n o y a u d'un
inducteur en v u e d'une a p p l i c a t i o n s p é c i a l e , il est i n d i s p e n s a b l e de
c o n n a î t r e les p r o p r i é t é s m a g n é t i q u e s de c e l t e p i è c e de fer. Il est c l a i r ,
en effet, q u e , si la p e r m é a b i l i t é m a g n é t i q u e de c e fer est i n f é r i e u r e , i l
en faudra une plus g r a n d e q u a n t i t é p o u r p r o d u i r e l'effet m a g n é t i q u e
qui p o u r r a i t être r é a l i s é avec un b a r r e a u de plus p e t i t e s dimensions
mais de p e r m é a b i l i t é plus élevée. Autrement dit, l'échantillon de
m o i n d r e p e r m é a b i l i t é e x i g e r a plus de c u i v r e d a n s la b o b i n e q u i l'en-
v e l o p p e r a ; car, p o u r a m e n e r son a i m a n t a t i o n au p o i n t v o u l u , il faudra
le s o u m e t t r e à des forces m a g n é t i s a n t e s plus é l e v é e s q u ' i l n ' e û t été
nécessaire si l ' o n a v a i t eu affaire à un é c h a n t i l l o n de p e r m é a b i l i t é plus
élevée.

COURBES M A G N É T I Q U E S

Une e x c e l l e n t e m a n i è r e d ' é t u d i e r les p h é n o m è n e s m a g n é t i q u e s rela-


tifs à un é c h a n t i l l o n spécial q u e l c o n q u e d e fer c o n s i s t e à c o n s t r u i r e la
c o u r b e d ' i n d u c t i o n , c'est-à-dire la c o u r b e p o u r l a q u e l l e l e s abscisses
r e p r é s e n t e n t Ja f o r c e m a g n é t i q u e X, et les o r d o n n é e s les v a l e u r s c o r r e s -
p o n d a n t e s de l ' i n d u c t i o n r é s u l t a n t e £B. L a figure 88, q u i est une m o d i -
1
fication de c e l l e f o u r n i e par les r e c h e r c h e s du p r o f e s s e u r E w i n g , d o n n e
cinq c o u r b e s r e l a t i v e s à du fer d o u x r e c u i t , du fer é c r o u i par é t i r a g e ,
de l ' a c i e r r e c u i t , de l ' a c i e r é t i r é dur et de l ' a c i e r t r e m p é . O n remar-
q u e r a q u e t o u t e s ces c o u r b e s o n t la m ê m e a l l u r e g é n é r a l e . A de faibles

1
PMI. Trans., 1885.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


P R I N C I P E S MAGNÉTIQUES 129

valeurs de X c o r r e s p o n d e n t de p e t i t e s v a l e u r s de Si, et cB c r o î t en
m ê m e t e m p s q u e X. E n o u t r e , la c o u r b e s'élève très r a p i d e m e n t , du m o i n s
p o u r tous les é c h a n t i l l o n s de fer d o u x ; elle s'infléchit ensuite et d e v i e n t
p r e s q u e h o r i z o n t a l e . Quand l ' i n d u c t i o n est d a n s la p l a g e i n f é r i e u r e au
coude d e l à c o u r b e , o n dit q u e le fer est l o i n de son p o i n t de s a t u r a t i o n .

F i g . 88. — Courbes d'induction dans divers échantillons de fer.


Soft annealed Iran ~ F e r doux recuit.
Iran hardenert by Strelching = F e r ècroui p a r étirage.
Steel Hard drawn = Acier étiré dur.
Steel Glass-IIardened •= Acier t r e m p é très dur.

Mais, q u a n d l'aimantation i n d u i t e a été p o u s s é e au d e l à du coude d e


la c o u r b e , le f e r est dit dans un é t a t v o i s i n de la s a t u r a t i o n , parce q u e ,
à ce p o i n t d ' a i m a n t a t i o n , il faut a u g m e n t e r b e a u c o u p la f o r c e m a g n é -
tisante pour obtenir le m o i n d r e a c c r o i s s e m e n t de m a g n é t i s m e . On
r e m a r q u e r a q u e , p o u r le f e r d o u x f o r g é , l e p o i n t v o i s i n de la satura-
t i o n c o r r e s p o n d à une v a l e u r de SS é g a l e à 16 000 unités G. G. S. e n v i r o n ,
ou à une v a l e u r de X s'élevant à 50 à peu p r è s . C o m m e o n l e v e r r a plus
l o i n , il n'est pas é c o n o m i q u e de p o u s s e r Si au d e l à de cette l i m i t e ;
en d'autres t e r m e s , l ' e m p l o i de forces m a g n é t i q u e s supérieures à c e l l e s
v o i s i n e s de X = 30 n'est pas c o m p e n s é p a r un g a i n suffisant.

M E S U R E DE LA P E R M É A B I L I T É

Il existe q u a t r e g e n r e s de m é t h o d e s e x p é r i m e n t a l e s pour la m e s u r e
de la p e r m é a b i l i t é , s a v o i r : —

DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 9

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


130 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

I. — Les Méthodes magnélométriques.


I I . — Les Méthodes de balance.
I I I . — Les Méthodes d'induction.
I V . — Les Méthodes d'arrachement.

I. Méthodes Magnétométriques. — Elles consistent a entourer


d'une bobine magnétisante le b a r r e a u de fer s o u m i s à l'essai et à
o b s e r v e r la d é v i a t i o n q u e p r o d u i t l ' a i m a n t a t i o n de ce fer sur unmagné-
tomètre.

II. M é t h o d e s de B a l a n c e . — Ces m é t h o d e s sont u n e v a r i é t é des


précédentes; o n e m p l o i e un aimant compensateur pour équilibrer
l ' a c t i o n du fer a i m a n t é sur l ' a i g u i l l e du m a g n é t o m è t r e . Cette m é t h o d e
a reçu une application m i e u x définie dans l ' e m p l o i de la balance
magnétique du professeur Hughes. Aucune de ces m é t h o d e s n'est,
toutefois, c o m p a r a b l e à c e l l e s q u i suivent.

I I I . Méthodes d'Induction. — Ces m é t h o d e s comportent plusieurs


v a r i é t é s ; m a i s elles s o n t toutes basées sur l e d é v e l o p p e m e n t d'un cou-
rant d ' i n d u c t i o n p a s s a g e r dans une b o b i n e d ' e x p l o r a t i o n q u i e n v e l o p p e
l ' é c h a n t i l l o n de fer e x p é r i m e n t é ; le c o u r a n t i n t é g r a l est p r o p o r t i o n n e l
au flux de force q u i p é n è t r e le circuit de la b o b i n e d ' e x p l o r a t i o n ou qui
s'en é c h a p p e . Ces différents m o d e s d ' o p é r e r m é r i t e n t chacun une m e n t i o n
particulière.

F i g . 89. — Méthode de l'anneau pour la m e s u r e d e la p e r m é a b i l i t é


( d i s p o s i t i o n de R o w l a n d ) .
Ring = Anneau.

[A). Méthode de l'Anneau. — Dans cette m é t h o d e due à Kirchhoff, le


f e r s o u m i s à l'essai est façonné en un a n n e a u r o u l é d'une b o b i n e p r i -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 131

m a i r e , ou e x c i t a t r i c e ; le s y s t è m e est c o m p l é t é par une b o b i n e secon-


d a i r e , ou d ' e x p l o r a t i o n . Des d é t e r m i n a t i o n s à l'aide de ce p r o c é d é ont
été faites p a r S t o l e t o w , R o w l a n d , B o s a n q u e t , et E w i n g , ainsi que par
H o p k i n s o n . L a figure 89 r e p r é s e n t e la d i s p o s i t i o n a d o p t é e par R o w l a n d ;
B est la p i l e qui f o u r n i t l e c o u r a n t ; S le c o m m u t a t e u r - i n v e r s e u r qui
p e r m e t d ' e n v o y e r ou de r e n v e r s e r le courant dans la b o b i n e d ' e x c i t a t i o n
r o u l é e sur l ' a n n e a u de f e r ; R une résistance v a r i a b l e ; A un ampère-
m è t r e ; et B G l e g a l v a n o m è t r e b a l i s t i q u e , d o n t la p r e m i è r e i m p u l s i o n
mesure l e c o u r a n t i n t é g r a l i n d u i t . R G est u n inducteur de t e r r e , ou
b o b i n e de r e n v e r s e m e n t , destiné à c a l i b r e r les lectures au g a l v a n o m è t r e ;
au-dessus, une b o b i n e et un a i m a n t sont disposés de m a n i è r e à m a i n -
tenir les d é v i a t i o n s de l ' a i g u i l l e dan3 les l i m i t e s des o b s e r v a t i o n s . L a
b o b i n e d ' e x c i t a t i o n et celle d ' e x p l o r a t i o n sont toutes d e u x roulées sur
l'anneau ; la p r e m i è r e se d i s t i n g u e p a r un trait plus g r o s . O n p r o c è d e
habituellement en commentant a v e c un faible c o u r a n t d'excitation
q u ' o n r e n v e r s e b r u s q u e m e n t et q u ' o n r a m è n e ensuite de n o u v e a u à son
sens i n i t i a l . L e c o u r a n t est ensuite a u g m e n t é , r e n v e r s é et r é i n v e r s é ; et
ainsi de suite j u s q u ' à ce q u ' o n ait atteint les p o i n t s les plus é l e v é s
p o s s i b l e s . On c a l c u l e l e s v a l e u r s de la f o r c e m a g n é t i s a n t e X d'après les
valeurs o b s e r v é e s du c o u r a n t , au m o y e n de la r è g l e suivante : —-Soient
i l'intensité du c o u r a n t d o n n é e p a r l ' a m p è r e m è t r e , N, le n o m b r e des
spires de la b o b i n e d ' e x c i t a t i o n , et l la l o n g u e u r de celle-ci e n c e n t i -
mètres (c'est-à-dire l a c i r c o n f é r e n c e m o y e n n e de l ' a n n e a u ) ; 3fJ est a l o r s
donné ( v o i r p . 122) p a r la f o r m u l e

_ 4* N.i _ . „ 9 7 N,i

B o s a n q u e t , en a p p l i q u a n t c e t t e m é t h o d e à un c e r t a i n n o m b r e d'an-
neaux de f e r , est a r r i v é à des résultats i m p o r t a n t s et a r é s o l u la q u e s -
t i o n c o n t r o v e r s é e de s a v o i r si les couches e x t é r i e u r e s d'un n o y a u de fer
protégeaient les couches intérieures contre l'influence des forces
m a g n é t i s a n t e s . Si tel était l e cas, des a n n e a u x m i n c e s d e v a i e n t f o u r n i r
pour cB des v a l e u r s plus élevées que des a n n e a u x plus épais ; m a i s
B o s a n q u e t n'a r i e n t r o u v é d ' a n a l o g u e .

(B). Méthode du Barreau. — Cette m é t h o d e c o n s i s t e à e m p l o y e r , au


lieu d'un a n n e a u , un l o n g b a r r e a u de fer. Il est r e c o u v e r t de b o u t en
bout par la bobine d'excitation ; mais la bobine d'exploration est
f o r m é e d'un p e t i t n o m b r e de tours de fil p l a c é s juste au-dessus de l a

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


132 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

p a r t i e m é d i a n e du b a r r e a u . R o w l a n d , B o s a n q u e t , et E w i n g o n t tous eu
r e c o u r s à cette m é t h o d e . E w i n g en p a r t i c u l i e r a e m p l o y é des b a r r e a u x
d o n t la l o n g u e u r é t a i t s u p é r i e u r e à cent fois l e u r d i a m è t r e , de m a n i è r e
à r e n d r e n é g l i g e a b l e s les erreurs p o u v a n t p r o v e n i r des effets de leurs
extrémités.

(C). Méthode du Barreau divisé. — Cette m é t h o d e , due au docteur


H o p k i n s o n i et r e p r é s e n t é e par la Figure 90, c o m p o r t e l ' e m p l o i d'un
bloc de fer f o r g é recuit, ayant e n v i r o n 46 c e n t i m è t r e s de l o n g , sur
16,5 de l a r g e et 5 d'épaisseur, d a n s l e m i l i e u d u q u e l est d é c o u p é un
. e s p a c e r e c t a n g u l a i r e d e s t i n é à r e c e v o i r les b o b i n e s m a g n é t i s a n t e s . L e s

F i g . 90. — M é t h o d e du barreau d i v i s é p o u r la m e s u r e d e la p e r m é a b i l i t é
(Hopkinson).

é c h a n t i l l o n s de fer s o u m i s à l ' é p r e u v e sont deux b a g u e t t e s de 12,65


m i l l i m è t r e s de d i a m è t r e , t o u r n é e s a v e c soin e t g l i s s a n t dans des trous
f o r é s aux e x t r é m i t é s du b l o c de f e r . Ces d e u x b a g u e t t e s se r e n c o n t r e n t
au milieu du bloc, leurs bouts bien dressés de manière à as-
surer un parfait contact entre e l l e s . L'une d ' e l l e s est solidement
m a i n t e n u e ; l ' a u t r e est m u n i e d'une p o i g n é e q u i p e r m e t de l a t i r e r . L e s
d e u x g r a n d e s b o b i n e s m a g n é t i s a n t e s n e se t o u c h e n t pas ; un espace est
réservé e n t r e e l l e s . Dans cet i n t e r v a l l e ou i n t r o d u i t la petite bobine
d ' e x p l o r a t i o n r o u l é e sur une carcasse d ' i v o i r e e t d a n s l ' œ i l de l a q u e l l e
passe l ' e x t r é m i t é de la b a g u e t t e m o b i l e . L a b o b i n e d ' e x p l o r a t i o n est
r e l i é e au g a l v a n o m è t r e b a l i s t i q u e B G et f i x é e à u n ressort de caout-
c h o u c ( q u ' o n n e v o i t pas sur la f i g u r e ) sous l ' a c t i o n d u q u e l e l l e sort

* PMI. Trans., 456, 1885.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 133

c o m p l è t e m e n t du c h a m p m a g n é t i q u e l o r s q u e la b a g u e t t e est brusque*
m e n t tirée en a r r i è r e . Cette b o b i n e est f o r m é e de 350 tours de fil fin ;
les deux b o b i n e s magnétisantes c o m p o r t e n t 2 008 tours effectifs. L e
courant m a g n é t i s a n t , fourni p a r une p i l e B de huit é l é m e n t s G r o v e , é t a i t
réglé au m o y e n d'une résistance l i q u i d e v a r i a b l e R et d'une r é s i s -
tance e n d é r i v a t i o n . Un c o m m u t a t e u r - i n v e r s e u r et un a m p è r e m è t r e A
é t a i e n t insérés dans le circuit m a g n é t i s a n t . L ' a p p a r e i l ainsi d i s p o s é p e r -
m e t t a i t de s o u m e t t r e à des forces m a g n é t i s a n t e s quelconques, petites
ou g r a n d e s , les b a g u e t t e s d ' é c h a n t i l l o n e x p é r i m e n t é e s , et l ' o n p o u v a i t
o b s e r v e r à un i n s t a n t q u e l c o n q u e l e u r c o n d i t i o n m a g n é t i q u e en r o m -
pant le c i r c u i t et r e t i r a n t en m ê m e t e m p s la b a g u e t t e m o b i l e . On p o u v a i t
en c o n s é q u e n c e procéder à l'observation individuelle d'une série
d ' a i m a n t a t i o n s croissantes ( o u d é c r o i s s a n t e s ) sans aucun r e n v e r s e m e n t
i n t e r m é d i a i r e du c o u r a n t e n t i e r .

L e s résultats o b t e n u s p a r H o p k i n s o n sont c o n s i g n é s p a g e s 136 k 1 4 2 «


P o u r f a c i l i t e r les o b s e r v a t i o n s sur d e n o u v e a u x é c h a n t i l l o n s de f e r ,
1
M. J. S w i n b u r n e a r é c e m m e n t i m a g i n é une m é t h o d e d ' e x p é r i m e n t a t i o n
qui d i s p e n s e de l ' e m p l o i d'un g a l v a n o m è t r e balistique. — L e lecteur
p o u r r a , p o u r plus a m p l e s d é t a i l s , se r e p o r t e r au t r a v a i l o r i g i n a l .

I V . M é t h o d e s d ' A r r a c h e m e n t . — U n a u t r e g r o u p e de m é t h o d e s de
mesure de la p e r m é a b i l i t é est b a s é sur la l o i de l ' a t t r a c t i o n m a g n é t i q u e .
Il existe plusieurs m a n i è r e s d e p r o c é d e r .

(D). Méthode de l'Anneau divisé. — M. Shelford Bidwell a bien voulu


prêter à l ' A u t e u r l ' a p p a r e i l à l ' a i d e d u q u e l il a a p p l i q u é cette m é t h o d e .
Il se c o m p o s e d'un anneau formé d ' u n e b a g u e t t e de fer au b o i s très
d o u x , de 6 , 4 m i l l i m è t r e s d'épaisseur, a y a n t l u i - m ê m e u n d i a m è t r e exté-
rieur de 8 c e n t i m è t r e s et scié e n deux d e m i - a n n e a u x ; chacune de ces
m o i t i é s est s o i g n e u s e m e n t r e c o u v e r t e d'une b o b i n e d ' e x c i t a t i o n en fil de
cuivre i s o l é , f o r m é e de 1 929 spires en tout. Ces d e u x m o i t i é s s ' a d a p t e n t
e x a c t e m e n t l'une sur l ' a u t r e , b o u t à b o u t , et dans cette p o s i t i o n c o n s -
tituent un a n n e a u p r a t i q u e m e n t c o n t i n u . Q u a n d o n l a n c e un courant
d ' e x c i t a t i o n dans les b o b i n e s , les d e u x d e m i - a n n e a u x s ' a i m a n t e n t e t
s'attirent m u t u e l l e m e n t ; o n m e s u r e a l o r s la force n é c e s s a i r e p o u r les
séparer p a r a r r a c h e m e n t . C o n f o r m é m e n t à l a l o i d ' a t t r a c t i o n d o n t n o u s
nous o c c u p e r o n s dans un c h a p i t r e suivant, la f o r c e d ' a t t r a c t i o n (sur une

1
V o i r The Elec.lrician, XXV. 648, 10 o c t o b r e 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


134 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

surface de contact d o n n é e ) est p r o p o r t i o n n e l l e au c a r r é du flux de


f o r c e qui passe de l ' u n e des surfaces de contact à l'autre à t r a v e r s le
j o i n t de c o n t a c t . On p e u t e n c o n s é q u e n c e se s e r v i r de la force d'attrac-
t i o n p o u r d é t e r m i n e r 35, et, en c a l c u l a n t % c o m m e p r é c é d e m m e n t , on
p o u r r a d é t e r m i n e r la p e r m é a b i l i t é . L e tableau I I I , p a g e 143, d o n n e le
r é s u m é des résultats o b t e n u s p a r M . B i d w c l l .

[E). Méthode de la Baguette divisée. — Dans cette m é t h o d e , égale-


m e n t e m p l o y é e par M . B i d w e l l , une b a g u e t t e de fer soutenue à ses deux
e x t r é m i t é s est d i v i s é e e n s o n ' m i l i e u et p l a c é e à l ' i n t é r i e u r d'une b o b i n e
magnétisante v e r t i c a l e qui l ' e n t o u r e . L ' a p p a r e i l est suspendu p a r un
c r o c h e t à un p o i n t d'attache situé au-dessus de lui ; l e c r o c h e t infé-
r i e u r est fixé à un plateau d e ba-
l a n c e . On l a n c e dans la b o b i n e m a -
g n é t i s a n t e des c o u r a n t s d'intensité
•Spring balance
progressivement croissante prove-
n a n t d'une p i l e , et l ' o n n o t e le p o i d s
m a x i m u m qui p e u t ê t r e , dans cha-
q u e cas, m i s d a n s le p l a t e a u de la
b a l a n c e sans s é p a r e r les e x t r é m i t é s
Screw clamp
des b a g u e t t e s .
Big blod
of Iron
(F). Méthode du Perméamètre.—
Wires that
bring the — Coll Cette m é t h o d e a été i m a g i n é e par
Electric current
l ' A u t e u r m ê m e de cet o u v r a g e dans
le but d ' é p r o u v e r des échantillons
de fer. Ce qui la d i s t i n g u e , c'est
q u ' e l l e constitue une m é t h o d e d ' a t e -
l i e r et n o n une m é t h o d e de l a b o r a -
Fig. 91. — P e r m é a m è t r e t o i r e . E l l e ne nécessite pas de g a l -
(S. P . T h o m p s o n ) .
vanomètre balistique et le fer
Spring balance ~ Balance à ressort.
soumis à l ' é p r e u v e n'a pas b e s o i n
Screw clamp — E m b o î t e m e n t à v i s .
Big block of Iron — Gros bloc de f e r . d'être f o r g é en a n n e a u , ni r e c o u v e r t
Coil = Robine. d'une b o b i n e . S o n a p p l i c a t i o n n ' e x i g e
Wires that bring the Electric current = qu'un instrument très s i m p l e q u e
F i l s d ' a r r i v é e du courant électrique.
l ' A u t e u r se h a s a r d e , c o m m e il le dit
lui-même, à appeler perméamètre. E x t é r i e u r e m e n t cet i n s t r u m e n t r a p -
p e l l e c o m m e a p p a r e n c e g é n é r a l e l ' a p p a r e i l du d o c t e u r H o p k i n s o n , et
c o n s i s t e , ainsi q u e l ' i n d i q u e la figure 9 1 , en un m o r c e a u rectangulaire
de fer doux f o r g é , é v i d é i n t é r i e u r e m e n t de m a n i è r e à r e c e v o i r une

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


P R I N C I P E S MAGNÉTIQUES 135

b o b i n e m a g n é t i s a n t e , s u i v a n t l ' a x e de l a q u e l l e passe un t u b e de l a i t o n .
L e b l o c a 30 c e n t i m è t r e s d e l o n g , sur 16,5 c e n t i m è t r e s d e l a r g e et 7,5
c e n t i m è t r e s d ' é p a i s s e u r . A l'une de ses e x t r é m i t é s il est foré p o u r r e c e -
v o i r l ' é c h a n t i l l o n d e f e r à é p r o u v e r . Ce d e r n i e r consiste simplement
en une m i n c e b a g u e t t e de 30 c e n t i m è t r e s de l o n g e n v i r o n , d o n t u n e des
extrémités doit être soigneusement dressée. Quand on la place à l'inté-
r i e u r d e l a b o b i n e m a g n é t i s a n t e et q u ' o n l a n c e le c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n ,
la b a g u e t t e v i e n t s ' a p p l i q u e r f o r t e m e n t p a r s o n e x t r é m i t é i n f é r i e u r e
c o n t r e l a surface du b l o c de f e r ; et la f o r c e n é c e s s a i r e p o u r l ' e n déta-
c h e r (ou p l u t ô t la r a c i n e c a r r é e de c e t t e f o r c e ) d o n n e la m e s u r e de l a
p é n é t r a t i o n des l i g n e s de f o r c e dans sa surface t e r m i n a l e . Dans le p r e -
m i e r p e r m é a m è t r e c o n s t r u i t p a r l ' A u t e u r , la b o b i n e m a g n é t i s a n t e a v a i t
13,64 c e n t i m è t r e s d e l o n g et c o n t e n a i t 371 spires de f i l . U n c o u r a n t d'exci-
tation d e 1 a m p è r e d é v e l o p p a i t en c o n s é q u e n c e une force magnéti-
sante X = 34. L e fil était assez g r o s p o u r p o r t e r 30 a m p è r e s , de sorte
q u ' i l était facile d ' o b t e n i r une f o r c e m a g n é t i s a n t e é g a l e à 1 000 u n i t é s .
Dans une de ses e x p é r i e n c e s l e c o u r a n t e n v o y é é t a i t de 25 a m p è r e s ; l e s
d e u x b a g u e t t e s é t a i e n t e n « 1er au b o i s » et en « fer de p r e m i è r e q u a l i t é » ;
elles a v a i e n t 40 m i l l i m è t r e s carrés d e s e c t i o n . L ' A u t e u r se s e r v a i t d'une
b a l a n c e à r e s s o r t , s o i g n e u s e m e n t g r a d u é e et m u n i e d'un arrêt auto-
m a t i q u e fixant s o n i n d e x au p o i n t d e l e c t u r e le plus é l e v é . L a f o r c e
d'attraction pour l e fer » au b o i s » a été t r o u v é e é g a l e à 5,670 k g
tandis q u e l e f e r d e * p r e m i è r e q u a l i t é » n'a d o n n é q u e 3,400 k g ,
de sorte q u e 35 é t a i t d e 19 000 unités C. G. S. e n v i r o n d a n s l e fer au
b o i s , et, X é t a n t é g a l à 850 unités, jji é t a i t à peu près d e 2 2 , 3 .

L a f o r m u l e g é n é r a l e q u i p e r m e t de c a l c u l e r 35 q u a n d un n o y a u est
ainsi a r r a c h é p a r un p o i d s de F k i l o g r a m m e s , l a surface de c o n t a c t
étant de S c e n t i m è t r e s c a r r é s , est :

On est e n effet a m e n é à i n t r o d u i r e X dans la f o r m u l e p a r c e q u e


dans cet a p p a r e i l la b o b i n e reste fixe, le n o y a u seul é t a n t m o b i l e . I l en
résulte q u e l ' a r r a c h e m e n t ne s'effectue q u e sur 35 — X u n i t é s .

(G). Méthode de la Balance de traction.—M. H . - G . Du B o i s 1


a récem-
m e n t d é c r i t une m é t h o d e dans l a q u e l l e l ' é c h a n t i l l o n d e fer est placé à
l ' i n t é r i e u r d'une b o b i n e e n t r e d e u x j o u e s en fer, faisant ainsi partie

1
The Electricien, X X V I I . 635, 9 octobre 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


136 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

d'un c i r c u i t m a g n é t i q u e d o n t une autre p a r t i e est c o n s t i t u é e par un


fléau de f e r d o n t o n m e s u r e l ' a t t r a c t i o n p o u r en d é d u i r e ensuite l e flux
par l e c a l c u l .

R é s u l t a t s d'expériences s u r D i v e r s é c h a n t i l l o n s de f e r .

H o p k i n s o n a essayé trente-cinq é c h a n t i l l o n s d e fers d i v e r s de c o m -

&9 IOÛ 150 £ÛO

F i g . 92. — F e r .
Magnetizing Force = F o r c e magnétisante.
Magnetic Induction = I n d u c t i o n m a g n é t i q u e .

p o s i t i o n c h i m i q u e c o n n u e , p a r m i l e s q u e l s l e s d e u x p l u s i m p o r t a n t s au
p o i n t de v u e q u i n o u s o c c u p e sont des s p é c i m e n s d e fer f o r g é r e c u i t et
de f o n t e g r i s e , tels q u e les e m p l o i e n t M M . M a t h e r et P l a t t dans la
c o n s t r u c t i o n de leurs m a c h i n e s d y n a m o s . H o p k i n s o n a r é u n i en c o u r b e s
les résultats q u ' i l a o b t e n u s , c e q u i p e r m e t de c o n s t r u i r e , à. titre de

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 137

référence, d e s t a b l e s n u m é r i q u e s d'une e x a c t i t u d e suffisante p o u r des


calculs u l t é r i e u r s .
L a f i g u r e 92 d o n n e des c o u r b e s d ' i n d u c t i o n p o u r du fer forgé recuit,
obtenues à l ' a i d e d e la s e c o n d e m é t h o d e e x p é r i m e n t a l e du docteur
1
H o p k i n s o n . L a l i g n e forte i n d i q u e la r e l a t i o n e n t r e la g r a n d e u r de la
force m a g n é t i s a n t e 3£ et d e l ' i n d u c t i o n spécifique S> c o r r e s p o n d a n t à une
a u g m e n t a t i o n p r o g r e s s i v e d e la force m a g n é t i s a n t e d e z é r o à 220 unités

u
t- KOB

o
^ If

MAGNETIZING FOSCE (H)

F i g . 93. — F o n t e .
Magnetizing Force = F'orce m a g n é t i s a n t e .
Magnetic Induction — I n d u c t i o n m a g n é t i q u e .

e n v i r o n ; e t l a l i g n e f a i b l e r e p r é s e n t e la m ê m e r e l a t i o n c o r r e s p o n d a n t à la
d i m i n u t i o n d e cette f o r c e m a g n é t i s a n t e s u c c e s s i v e m e n t r é d u i t e j u s q u ' à
z é r o , puis à s o n r e n v e r s e m e n t d e m a n i è r e à é c a r t e r t o u t e induction
magnétique r é s i d u e l l e . Dans l a f i g u r e 93 o n v o i t l e s c o u r b e s c o r r e s -
p o n d a n t e s p o u r un échantillon de fonte grise telle que l'emploient
M M . M a t h e r e t P l a t t p o u r l e s btltis de l e u r s m a c h i n e s .
Chaque échantillon de f e r p r é s e n t e r a , à l'essai, la m ê m e s é r i e de
p h é n o m è n e s susceptible d ' ê t r e r é u n i e e n u n e c o u r b e q u i c a r a c t é r i s e la
r e l a t i o n en q u e s t i o n ; majs les c o u r b e s - a f f é r e n t e s à la f o n t e et. à l ' a c i e r
se m a i n t i e n n e n t toujours au-dessous de c e l l e s q u ' o n t r o u v e p o u r l e f e r
forgé. O n r e m a r q u e r a d'ailleurs q u e , l o r s q u ' o n s o u m e t un nouveau
m o r c e a u de f e r ou d ' a c i e r à une force m a g n é t i s a n t e g r a d u e l l e m e n t

'Hopkinson, dans les PMI. Trans., pt. 11.455, 1885.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


138 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

c r o i s s a n t e , la p a r t i e i n f é r i e u r e de la c o u r b e p r é s e n t e dans l e v o i s i n a g e
de l ' o r i g i n e une l é g è r e c o n c a v i t é ( v o i r f i g . 9 3 ) , qui i n d i q u e q u e , p o u r
une c e r t a i n e p l a g e , sous l ' a c t i o n de f a i b l e s forces m a g n é t i s a n t e s , la
p e r m é a b i l i t é est plus g r a n d e q u ' a u p o i n t i n i t i a l . L a c o n c a v i t é est plus
p r o n o n c é e dans l e cas du fer é c r o u i , de la fonte et de l ' a c i e r q u e dans
celui du fer d o u x . Mais ces c o u r b e s diffèrent dans leurs d é t a i l s m ê m e
p o u r différents s p é c i m e n s de la m ê m e sorte de fer. Dans l ' é t u d e des
p r o j e t s de d y n a m o s , i l c o n v i e n t de s ' a p p u y e r c o m m e référence sur
u n e série de c o u r b e s a n a l o g u e s à celles des figures 92 et 93 r é s u l t a n t
d'essais s o i g n e u s e m e n t faits sur des é c h a n t i l l o n s de fer i d e n t i q u e à
celui q u i d o i t ê t r e e m p l o y é dans la c o n s t r u c t i o n .

L e s calculs r e l a t i f s au c i r c u i t m a g n é t i q u e d e v a n t faire r e v e n i r u l t é -
rieurement à ces courbes, i l est b o n d'en o b t e n i r des d o n n é e s aussi
c o m p l è t e s que p o s s i b l e . M a l h e u r e u s e m e n t un grand nombre d'ingé-
nieurs a n g l a i s , peu f a m i l i a r i s é s a v e c l e s y s t è m e C. G. S. i n t e r n a t i o n a l
ne s ' a c c o m m o d e r a i e n t p a r des e x p r e s s i o n s basées sur ce s y s t è m e a u q u e l
ils p r é f è r e n t par h a b i t u d e les unités a n g l a i s e s ( p o u c e s , p i e d s , l i v r e s , e t c . ) .
Cette r o u t i n e o b l i g e l ' A u t e u r à d o u b l e r , dans un g r a n d n o m b r e de cas,
ses s y m b o l e s , coefficients, e x p r e s s i o n s , t a b l e a u x , etc.

[ N o u s s e r i o n s , q u a n t à nous, h e u r e u x de le f é l i c i t e r d ' a v o i r , p a r cette


transition, o u v e r t la v o i e à l ' e x t e n s i o n d'un système universellement
a d o p t é et aussi s i m p l e q u e r a t i o n n e l , s'il n ' a v a i t cru d e v o i r , en m a i n t a u t r e
e n d r o i t de son l i v r e , sacrifier e x c l u s i v e m e n t aux habitudes nationales,
en d o n n a n t , sans é l é m e n t s de c o n v e r s i o n , dos chiffres et calculs en m e s u r e s
a n g l a i s e s à c ô t é de m e s u r e s C. G. S. Il en r é s u l t e un m é l a n g e f â c h e u x ,
véritable chaos, parfois i n e x t r i c a b l e , qui d é p a r e r a i t son œuvre si,
dans l'intérêt de tous, nous n'en avions rétabli l'homogénéité.]
( N . d. T . )

On r e m a r q u e r a q u e les c o u r b e s d ' H o p k i n s o n sont d o u b l e s : l'une c o r -


r e s p o n d aux i n d u c t i o n s ou a i m a n t a t i o n s croissantes, et l'autre, un peu
s u p é r i e u r e à la p r e m i è r e , a u x i n d u c t i o n s ou a i m a n t a t i o n s décroissantes.
Ce p o i n t a peu d ' i m p o r t a n c e dans une étude d ' é l e c t r o - a i m a n t s ; mais
le fer, et p a r t i c u l i è r e m e n t ses v a r i é t é s dures, la fonte et l ' a c i e r , après
a v o i r été s o u m i s à u n e f o r c e m a g n é t i s a n t e é l e v é e , puis à une force
magnétisante m o i n d r e , c o n s e r v e n t , c o m m e le m o n t r e l ' e x p é r i e n c e , un
d e g r é d ' a i m a n t a t i o n plus é l e v é que si o n les a v a i t s o u m i s s i m p l e m e n t à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 139
la force m a g n é t i s a n t e la p l u s b a s s e . P a r e x e m p l e , en se r e p o r t a n t à la fi-
g u r e 94 q u i r é s u m e les d e u x p r é c é d e n t e s , o n v o i t que le fer f o r g é , s o u m i s
à une force m a g n é t i s a n t e g r a d u e l l e m e n t c r o i s s a n t e de z é r o à X = 30,
présente u n e i n d u c t i o n d e 25 = 14 250 u n i t é s C. G. S. ; m a i s après
q u e X a été p o r t é j u s q u ' a u d e l à de 150, puis r é d u i t de n o u v e a u à 30, 35
ne r e t o m b e p l u s à 14 250, m a i s s e u l e m e n t à 14 700. T o u t é c h a n t i l l o n
de fer, dans l e q u e l c e t t e p r o p r i é t é se m a n i f e s t e à un d e g r é é l e v é ou
p o u r l e q u e l la c o u r b e des a i m a n t a t i o n s d e s c e n d a n t e s diffère n o t a b l e -
m e n t de la c o u r b e des a i m a n t a t i o n s a s c e n d a n t e s , est s u s c e p t i b l e , dans

0 30 60 90 120 150 1ËQ 210 2*0

Fig. 94. — Courbes d'induction du fer.

son e m p l o i à l a c o n s t r u c t i o n d'une d y n a m o , de faire p r o d u i r e à c e l l e - c i ,


a p r è s q u ' e l l e a été f o r t e m e n t a i m a n t é e , un v o l t a g e p l u s é l e v é q u ' a n t é -
r i e u r e m e n t . Ce p h é n o m è n e est plus s e n s i b l e p o u r la fonte q u e p o u r le
fer f o r g é , et b e a u c o u p p l u s e n c o r e p o u r l ' a c i e r dur q u e p o u r les d e u x
v a r i é t é s p r é c é d e n t e s . Dans les induits des d y n a m o s , il ne faut e m p l o y e r
q u e du f e r aussi d o u x q u e p o s s i b l e . P o u r les i n d u c t e u r s , la p l u p a r t
des c o n s t r u c t e u r s p r é f è r e n t l e fer f o r g é ; m a i s quelques-uns e m p l o i e n t
de la f o n t e d o u c e b i e n r e c u i t e . I l e x i s t e très peu de cas où il v a i l l e la
peine de faire des c a l c u l s s é p a r é s p o u r les c o u r b e s d'aimantation
ascendante et descendante, attendu que l'aimantation varie cons-
t a m m e n t s o i t e n plus, s o i t en m o i n s . E n c o n s é q u e n c e , p o u r les d o n n é e s
numériques destinées aux calculs, nous prendrons l a m o y e n n e des
deux c o u r b e s . Ces v a l e u r s m o y e n n e s s o n t g r o u p é e s dans l e tableau I
d'autre part ( p . 140).

L e s v a l e u r s m o y e n n e s e x t r a i t e s du t a b l e a u I s o n t r é u n i e s sous f o r m e
de c o u r b e s à une é c h e l l e u n peu plus g r a n d e dans les f i g u r e 95 et 96 ; l e s
v a l e u r s de 23 s o n t p o r t é e s en abscisses, e t c e l l e s de X en ordonnées;

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


140' MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

TABLEAU I. - (UNITÉS C. G. S . )

FER FORGÉ RECUIT FONTE GRISE

5000 3000 1,66 4000 800 5


9080 2250 4 5000 500 10
10000 2000 5 6000 279 21,5
11000 1692 6,5 7000 133 42
12000 1412 8,3 8000 100 80
13000 1083 12 9000 71 127
14000 823 17 10000 53 188
15000 526 28,5 11000 37 292
16000 320 50
17000 161 105
18000 90 200
10000 54 350
20000 30 666

T A B L E A U I I . — V A L E U R S DE ffi DANS CINQ A N N E A U X DE F E R - CROWN »

DÉSIGNATION G. E. F. H. K.

DIAMÈTRE MOYEN : 21,5 10.035 22,1 10,733 22,725


Épaisseur de la barre: 2,535 1,298 1,292 0,7137 0,7544
(en c m )
Force
magnétisante
K
0,2 126 73 62 82 85
0,5 377 270 224 208 214
1 1 449 1 293 840 675 885
2 4 564 3 952 3 533 2 777 2 417
5 9 900 9 147 8 293 8 479 8 884
10 13 023 13 357 12 540 H 376 11 388
20 14911 14 653 14710 14 066 13 273
50 16217 15 704 16 062 15 174 13 890
100 17 148 16 677 17 900 16 134 14 837

l ' é c h e l l e en est p l a c é e à d r o i t e . Ces m ê m e s figures d o n n e n t é g a l e m e n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 141

p o u r 35 et u, des c o u r b e s très utiles dans les c a l c u l s ; les é c h e l l e s de


u, sont p l a c é e s à g a u c h e .

ANNE A L E D W R 0 U C H T 1 R 0 N

!
!
a:'

QJ
i. A X

<)
A
1500
u.
°\ m/
u.

O O

tuf
O'
I
O

Ul
/
/ 11}
u

A wj Zi
-1

<
A >I <
> C
M*/ >
r
—i
f
r
/

—-—V 1i
\ 4
/
\

/
/

\
\
* >


VALU ES 0 F B

O O O O O O O O
o o o o o o o c

— — — — —

F i g . 95.
Annealed wrought Iron — F e r forgé recuit.
Values of jjt, B , H = Valeurs de fJt, cB, 3£.
1
Cun;e o/ B and \i = Courbe de &5 et de [ i .
C i t r r e of B < m i H = Courbe de 35 et d e X-

Bosanquet a trouvé pour c i n q é c h a n t i l l o n s de fer » C r o w n » les


d o n n é e s réunies d a n s le t a b l e a u I I , p . 140.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


142 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

B o s a n q u e t a r e n c o n t r é un anneau de fer de L o w m o o r d é p a s s a n t tous

G R E Y C A S T I R O N
1 •
1
1
f
/
1
/
/
i
1
f
/
/
800 í •
/
1
/

1
Q,
*V
V a
V
*/
*/
o \
/
/
/
o
o /
03
Ul
D
\° /
0)
•J
«/ / 3
-1
\ ^
A /
<

ti11f
<
> V >

9* /
O /
/
/

/

Va /
/
/
/

s-
>* ss
VALU ES O 1 B

Fig. 96.
Grey cast Iron = Fonte g r i s e .
Values of jji, B , H = Valeurs d e SB, X.
Curve of B and u. = Courbe d e SB et d e | i .
-
Cwrue o / B and H = Courbe d e SB et de X.

les é c h a n t i l l o n s de f e r * C r o w n * : p o u r X — 50, il a t r o u v é §5 s u p é r i e u r
à 17 0 0 0 ; et, p o u r X = 100, SB = 18 300 unités C. G. S.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 143

Bidvvell, qui a poussé plus loin l'aimantation, en e m p l o y a n t la


m é t h o d e d ' a r r a c h e m e n t , a obtenu les résultats suivants :

TABLEAU III. — (UNITÉS C. G. S.)

F KB DOUX AU DOIS

SB

7 390 1899,1 3,9


11 550 H2I,4 10,3
15 4(30 386,4 40
17 330 130,7 115
18 470 88,8 208
19 330 45.3 427
19 820 33,9 585

U n e autre m a n i è r e très u t i l e d ' é t u d i e r c o m p a r a t i v e m e n t les r é s u l t a t s


obtenus p a r l ' e x p é r i e n c e consiste à c o n s t r u i r e des c o u r b e s a n a l o g u e s à
celles de la figure 97, p a g e 144, dans l e s q u e l l e s les v a l e u r s de la p e r -
m é a b i l i t é sont p o r t é e s e n o r d o n n é e s p a r r a p p o r t aux v a l e u r s de 35
p o r t é e s en a b s c i s s e s , c o m m e dans les figures 95 et 96. On r e m a r q u e r a
que, dans l e cas de l ' é c h a n t i l l o n de fer doux recuit éprouvé par
H o p k i n s o n , entre les p o i n t s 35 = 7 000 et 35 = 16 000, les v a l e u r s
m o y e n n e s de u. c o r r e s p o n d e n t p r e s q u e à une l i g n e d r o i t e et p o u r r a i e n t
se calculer a p p r o x i m a t i v e m e n t à l ' a i d e de l ' é q u a t i o n

17000 — 35
*= ^ ·

L i m i t e s de l ' A i m a n t a t i o n et de la P e r m é a b i l i t é .

En c o n s i d é r a n t les résultats o b t e n u s , o n c o n s t a t e r a q u e les c o u r b e s


d'induction présentent toutes la m ê m e a l l u r e g é n é r a l e ; e l l e s t e n d e n t
vers un m a x i m u m p r a t i q u e q u i diffère c e p e n d a n t s u i v a n t les échan-
t i l l o n s . Joule é m e t t a i t qu'aucune intensité de courant ne
l'opinion
pouvait donner une attraction égale à 14,216 kilogrammes par cen-
timètre carré, le m a x i m u m a t t e i n t p a r lui n ' é t a n t que de 12,474 k i l o -
g r a m m e s par centimètre carré. R o w l a n d estimait que la limite était

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


Hi MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

d ' e n v i r o n 13,381 k i l o g r a m m e s p a r c e n t i m è t r e carré p o u r une bonne


q u a l i t é o r d i n a i r e de fer, m ê m e a v e c une puissance d ' e x c i t a t i o n infini-
ment g r a n d e . Ce chiffre correspondrait grosso modo à une valeur-
l i m i t e p o u r S& de 17 SÛO unités C. G. S. Cette v a l e u r a c e p e n d a n t été
s o u v e n t dépassée. B i d w e l l a obtenu 19 8:20, ou peut-être m ê m e un peu

3100
·--
3.000

2.600

2.400

2,200

2 0 OO

1000

1B00 X
1(100

1.200 X
n
1,000
Y
j-
eoD

600 \,
400

zoo

F i g . 97. — Courbes de P e r m é a b i l i t é en fonction de l'induction.


Annealed wrought Iron — F e r forgé r e c u i t .
Wrought Iron = F e r f o r g é .
Grey cast Iron ~ F o n t e g r i s e .

p l u s , la v a l e u r de î£ a y a n t été dans ses calculs i n u t i l e m e n t déduite.


H o p k i n s o n d o n n e 18 250 p o u r du fer f o r g é , et 19 840 p o u r de l ' a c i e r d o u x
de W h i t w o r t h . K a p p i n d i q u e 16 740 p o u r l e f e r f o r g é , 20 460 p o u r la
t ô l e d e fer au b o i s , et 2 3 2 5 0 p o u r le fer au b o i s e n fil. B o s a n q u e t a
t r o u v é q u e la valeur la plus é l e v é e , dans la r é g i o n m é d i a n e d'un
l o n g barreau, s ' é l e v a i t p o u r un é c h a n t i l l o n j u s q u ' à 21 428, p o u r un
autre à 29 388, e t p o u r un t r o i s i è m e à 27 688. E w i n g , en o p é r a n t a v e c
une force m a g n é t i q u e e x t r a o r d i n a i r e par la m é t h o d e de * l ' i s t h m e »

1
Voir Electrician. XXV. 307, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES U5

a poussé l a v a l e u r de 3$ dans du fer de L o w m o o r j u s q u ' à 31 560 ( q u a n d


[ i t o m b a i t à 3 ) , et ensuite à 45 350 u n i t é s . Ce d e r n i e r chifTre c o r r e s p o n d
à un effort d ' a r r a c h e m e n t d é p a s s a n t 70 k i l o g r a m m e s p a r c e n t i m è t r e c a r r é .
L e t a b l e a u suivant d o n n e q u e l q u e s chiffres d ' E w i n g relatifs aux élé-
m e n t s m a g n é t i q u e s du fer de S u è d e dans des c h a m p s très intenses :

TABLEAU I V . — F E R DE S U È D E . ( U N I T É S C . G . S.)

X r 1

1 490 22 660 15,20


3 600 24 650 6,85
6 070 27 130 4,47
8 600 30 270 3.52
18 310 38 960 2,13
19 450 40 820 2,10
19 880 41 140 2,07

L a fonte de fer d e s c e n d b i e n au-dessous de ces chiffres. H o p k i n s o n , en


employant une force m a g n é t i s a n t e de 240 unités C. G. S., a t r o u v é ,
c o m m e v a l e u r s de 33,10 783 p o u r la fonte g r i s e , 12 408 p o u r la f o n t e
m a l l é a b l e , et 10 546 unités p o u r l a fonte t r u i t é e . E w i n g , avec une f o r c e
m a g n é t i s a n t e à peu près c i n q u a n t e fois aussi g r a n d e , est a r r i v é à p o r t e r
à 31 760 la v a l e u r de 33 dans de l a f o n t e . L e m é t a l « m i t i s « , q u i est
une sorte de fer f o r g é f o n d u , p u i s q u e c'est un fer f o r g é rendu fusible
p a r l ' a d d i t i o n d ' u n e faible q u a n t i t é d ' a l u m i n i u m , est, d'après les e x p é -
r i e n c e s de l ' A u t e u r , plus m a g n é t i q u e q u e la f o n t e , et peu i n f é r i e u r , à
cet é g a r d , au fer f o r g é . I l d o i t c o n s t i t u e r une excellente matière pour
les n o y a u x d ' é l e c t r o - a i m a n t s .
On a, dans un t e m p s , attribué à 33 une v a l e u r - l i m i t e a u x environs
de 20 000, p a r e x e m p l e , p o u r le fer f o r g é . L e s chiffres obtenus par
E w i n g à l ' a i d e d ' é n o r m e s forces m a g n é t i s a n t e s d é t r u i s e n t cette h y p o -
t h è s e ; m a i s , d ' a u t r e part, ils m o n t r e n t q u e 33 — Xtend v e r s une l i m i t e .
En d'autres t e r m e s , l ' é l é m e n t de 33 d i r e c t e m e n t dû à la p r é s e n c e du fer
tend v e r s une l i m i t e r é e l l e de s a t u r a t i o n . Ce m a x i m u m p a r a î t être de
21 360 e n v i r o n p o u r l e fer f o r g é , et de 15 580 unités p o u r la f o n t e .
P o u r plus a m p l e s d o n n é e s m a g n é t i q u e s , le lecteur p o u r r a se r e p o r t e r
aux t r a v a u x d ' H o p k i n s o n , B o s a n q u e t , et E w i n g , et particulièrement
aux articles d ' E w i n g sur l e M a g n é t i s m e , dans The Electrician de
1890-91. On t r o u v e r a un résumé m é t h o d i q u e des r e c h e r c h e s de ces
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 10

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


H6 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

s a v a n t s , q u i font a u t o r i t é , dans l e traité d e l ' A u t e u r sur « V Electro-


aimant » .

EFFETS DES ACTIONS E X T E R N E S SUR L ' A I M A N T A T I O N

Effet des Espaces d'air dans un circuit magnétique. — Tous les


r é s u l t a t s q u i p r é c è d e n t se r é f è r e n t e x c l u s i v e m e n t à ce q u i se passe dans
le fer m ê m e : les c o u r b e s d ' i n d u c t i o n se r a p p o r t e n t uniquement aux
substances m a g n é t i q u e s . Elles i n d i q u e n t ( e n f o n c t i o n de X) l a force
m a g n é t i s a n t e n é c e s s a i r e p o u r faire passer 35 unités C. G. S. à t r a v e r s un
s i m p l e c e n t i m è t r e cube de s u b s t a n c e . Si l ' o n a affaire à un m o r c e a u r é e l
de fer de p l u s d'un c e n t i m è t r e c a r r é de s e c t i o n et de plus d'un c e n t i m è t r e
de l o n g u e u r , il suffit p o u r r e p r é s e n t e r l e s faits ( e n ce q u i c o n c e r n e le
t

m a g n é t i s m e p u r e m e n t i n t é r i e u r du fer) de m o d i f i e r l ' é c h e l l e des c o u r b e s .


S u p p o s o n s , p a r e x e m p l e , q u ' i l s'agisse d'un a n n e a u de fer f o r m é avec
u n f r a g m e n t de b a r r e c a r r é e de fer f o r g é r e c u i t (du m ê m e é c h a n t i l l o n q u e
celui e m p l o y é par H o p k i n s o n ) , cette b a r r e a y a n t 2 c e n t i m è t r e s de c ô t é et
u n e l o n g u e u r m o y e n n e de 80 c e n t i m è t r e s ; o n n'a q u ' à p r e n d r e comme
coordonnées (au l i e u de 35 et de X) l e flux t o t a l * dans l a s e c t i o n
du f e r , et Kl, l ' i n t é g r a l e de la force m a g n é t i s a n t e p o u r la l o n g u e u r du
c i r c u i t de f e r .
En prenant pour p o i n t de d é p a r t l a c o u r b e de 35 et de X dans l a
figure 9 5 , o n a u r a à m o d i f i e r les é c h e l l e s de la m a n i è r e s u i v a n t e : — L à
s e c t i o n étant da 4 c e n t i m è t r e s c a r r é s , p o u r un d e g r é q u e l c o n q u e
d ' a i m a n t a t i o n sera é g a l à q u a t r e fois la v a l e u r de 35 c o r r e s p o n d a n t
au m ê m e d e g r é d ' a i m a n t a t i o n . P a r suite, sur l ' é c h e l l e h o r i z o n t a l e , l e
point 35 — 16 000 deviendra a l o r s <I> = 64 000. Et, c o m m e la lon-
gueur l de l a barre est de 80 c e n t i m è t r e s , l e m ê m e point, qui re-
présente a c t u e l l e m e n t 3C — 50 sur l'échelle v e r t i c a l e (à d r o i t e ) et
d o n n e la v a l e u r c o r r e s p o n d a n t e de la f o r c e m a g n é t i s a n t e , d e v r a être
m a r q u é XI — 4 000. P a r l e fait de ces c h a n g e m e n t s d ' é c h e l l e s , la
courbe servira alors à représenter l'allure magnétique de l'anneau
e n t i e r ; e l l e i n d i q u e r a la force m a g n é t i s a n t e i n t é g r a l e q u ' i l faut d é v e -
l o p p e r ( à l ' a i d e d'un c o u r a n t dans une b o b i n e ) p o u r a m e n e r le flux de
force total * à un p o i n t v o u l u q u e l c o n q u e . XI étant c o n n u , o n c a l c u l e r a
a i s é m e n t le n o m b r e d'ampères-tours n é c e s s a i r e , p u i s q u e ( s u i v a n t ce q u i
a é t ë dit p . 121) l e n o m b r e d ' a m p è r e s - t o u r s m u l t i p l i é par 1,257 est é g a l
à l ' i n t é g r a l e de la force m a g n é t i s a n t e e x p r i m é e en unités C. G . ' S .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


P R I N C I P E S MAGNÉTIQUES 147

M a i s , s'il e x i s t e d a n s le c i r c u i t m a g n é t i q u e un i n t e r v a l l e d'air o u un
espace occupé par une m a t i è r e n o n m a g n é t i q u e , et si l ' o n a d m e t q u e
toutes c e s substances p o s s è d e n t u n e p e r m é a b i l i t é é g a l e à c e l l e de l ' a i r
(c'est-à-dire = 1 ) , i l est é v i d e n t q u e , p o u r f o r c e r l e m ê m e flux de f o r c e
à t r a v e r s une c o u c h e s e m b l a b l e , d e p e r m é a b i l i t é i n f é r i e u r e , il faudra
a u g m e n t e r l e m o n t a n t d e l a force m a g n é t i s a n t e n é c e s s a i r e .

F i g . 98. — Flux d'induction ( e n fonction d e l ' e x c i t a t i o n ) dans un circuit


m a g n é t i q u e avec e n t r e f e r .
Ampere- Turns of Excitation ~- Ampères-tours d'excitation.
Number of Magnetic Lines = F l u x d e force m a g n é t i q u e .
Iran Curve = Courbe du fer. — Air-Gap Line = L i g n e de l'entrefer.
Iron and Air Carve = Courbe du fer et d e l'entrefer.

Ce fait est m i s e n é v i d e n c e p a r la f i g u r e 98, dans l a q u e l l e l a c o u r b e


0 c C r e p r é s e n t e la r e l a t i o n e n t r e l e flux d ' i n d u c t i o n d a n s un barreau

— - — , ) nécessaire
1,257/
p o u r faire pénétrer dans l e fer ce flux de force. P a r e x e m p l e , pour
a t t e i n d r e la h a u t e u r c, l ' e x c i t a t i o n d o i t a v o i r l a v a l e u r r e p r é s e n t é e p a r
la l o n g u e u r Ox^. Sur l e m ê m e d i a g r a m m e , la l i g n e O b B r e p r é s e n t e la
r e l a t i o n e n t r e le flux de force à t r a v e r s l ' i n t e r v a l l e d ' a i r et l é n o m b r e
d ' a m p è r e s - t o u r s n é c e s s a i r e p o u r y faire p é n é t r e r ce flux. Si l ' i n t e r v a l l e
d ' a i r a v a i t 1 c e n t i m è t r e c a r r é d e s e c t i o n et 1 c e n t i m è t r e de l o n g u e u r ,
0,795 a m p è r e - t o u r d e c o u r a n t p r o d u i r a i t un c h a m p X — S S ^ = 1. Dans
l e cas actuel, l ' i n t e r v a l l e est s u p p o s é a v o i r une s e c t i o n s u p é r i e u r e à
1 centimètre carré et une longueur moindre que 1 c e n t i m è t r e , la

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


. 148 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

courbe prenant une p e n t e t e l l e q u e la l o n g u e u r Ox t représente les


a m p è r e s - t o u r s nécessaires p o u r p o r t e r i e flux m a g n é t i q u e j u s q u ' à b, q u i
est sur l ' é c h e l l e à l a m ê m e h a u t e u r q u e c. I l est en c o n s é q u e n c e facile
de r é u n i r les d e u x é l é m e n t s , car l ' e x c i t a t i o n totale n é c e s s a i r e p o u r faire
passer ce flux de f o r c e à travers l'air et l e f e r ( a b s t r a c t i o n faite des
d é r i v a t i o n s ) sera la s o m m e des d e u x e x c i t a t i o n s c o n s i d é r é e s s é p a r é m e n t .
Le point x 3 est c h o i s i de t e l l e sorte Ox 3 est é g a l à l a s o m m e de Ox l et
de OXi, ou q u e la d i s t a n c e du p o i n t r à l ' a x e v e r t i c a l est é g a l e à la
s o m m e des distances r e s p e c t i v e s de c et de b. En o p é r a n t de m ê m e
p o u r un g r a n d n o m b r e de p o i n t s c o r r e s p o n d a n t s , on p o u r r a c o n s t r u i r e la
c o u r b e r é s u l t a n t e 0 r R à l ' a i d e des deux c o u r b e s s é p a r é e s . O n c o n s t a -
t e r a a l o r s , en g é n é r a l , .que la p r é s e n c e d'un espace n o n - m a g n é t i q u e
dans un c i r c u i t m a g n é t i q u e a p o u r effet de faire i n c l i n e r l a courbe
magnétique, Vinclinaison initiale étant déterminée par l'espace d'air.
Nous e n g a g e o n s le l e c t e u r à étudier c o m p a r a t i v e m e n t un certain
nombre d ' e x p é r i e n c e s i n t é r e s s a n t e s faites p a r M . L e d u c *, d e Paris,
q u i c o m m e t c e p e n d a n t une e r r e u r en ce q u i c o n c e r n e les n o y a u x tubu-
laires.

Effet des Joints. — Etant maintenant en situation de c a l c u l e r la force


magnétique additionnelle nécessaire p o u r faire traverser un espace
d ' a i r à u n flux m a g n é t i q u e , o n est à m ê m e do discuter u n e question
n é g l i g é e j u s q u ' i c i , s a v o i r l'effet de la r é s i s t a n c e des j o i n t s dans le fer
d'un circuit m a g n é t i q u e . L e s é l e c t r o - a i m a n t s en fer à c h e v a l ne sont
pas t o u j o u r s , en eil'et, constitués p a r u n m ê m e b a r r e a u de fer r e c o u r b é ;
ils sont s o u v e n t f o r m é s de d e u x n o y a u x d r o i t s , é p a u l é s et v i s s é s ou r i v é s
sur une culasse.
L ' e x p é r i e n c e seule p e r m e t de d é t e r m i n e r dans q u e l l e m e s u r e un p l a n
de s e c t i o n t r a n s v e r s a l e d a n s le f e r s ' o p p o s e au p a s s a g e du flux m a g n é -
tique. Des a r m a t u r e s e n contact a v e c les n o y a u x ne sont j a m a i s en
c o n t a c t p a r f a i t ; a u t r e m e n t , elles a d h é r e r a i e n t sans l ' i n t e r v e n t i o n d'au-
cune f o r c e m a g n é t i s a n t e ; e l l e s n e s o n t q u ' e n c o n t a c t i m p a r f a i t , et l e
j o i n t p r é s e n t e une résistance m a g n é t i q u e c o n s i d é r a b l e . Cette q u e s t i o n
a été t r a i t é e en 1887 p a r l e professeur J. J. T h o m s o n et M . N c w a l l , dans
les «t Cambridge Philosophical Socicty's Proceedings * , et r é c e m m e n t ,
plus c o m p l è t e m e n t , p a r le professeur E w i n g d o n t les r e c h e r c h e s sont
p u b l i é e s dans l e Philosophical Magazine de s e p t e m b r e 1888. E w i n g ne
s'est pas b o r n é à e s s a y e r les résultats f o u r n i s p a r l e s e c t i o n n e m e n t et

La Lumière électrique, X X V I I I . 520, 1888.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 149

l'opposition, d e d e u x surfaces b i e n p l a n e s ; il a e n c o r e e m p l o y é dif-


férentes forces magnétisantes et appliqué aussi sur le joint des
pressions e x t é r i e u r e s v a r i a b l e s . I l est i n u t i l e p o u r l'instant de f a i r e
i n t e r v e n i r l a q u e s t i o n de p r e s s i o n s e x t é r i e u r e s ; il suffira d e r é s u m e r
dans le t a b l e a u V les résultats a u x q u e l s est a r r i v é E w i n g e n coupant
son b a r r e a u de f e r f o r g é , p a r des sections d r o i t e s planes, d'abord en
deux, puis e n q u a t r e , et enfin en huit m o r c e a u x . L a p e r m é a b i l i t é appa-
rente du b a r r e a u d i m i n u a i t , c o m m e o n le v o i t , à c h a q u e s e c t i o n n e m e n t .

TABLEAU V

KFFET DES JOINTS DANS U N BARREAU DE FER FORGÉ ( N O N COMPRIMÉ)

ÉPAISSEUR ÉPAISSEUR
moyenne de fer
Si de l'intervalle
d'air
de résistance
équivalente
équivalent par section.
par section.
X
Barreau coupé
Barreau
d'une seule
pièce. en deux. en quatre. en huit. Centimètres. Centimètres.

7,5 8 500 6 900 4 800 2 600 0,0036 4


15 13 400 H 550 8 900 5 350 0,0030 2,53
30 15 350 14 550 12 940 9 800 0,0020 1,10
50 16 400 15 950 15 000 13 300 0,0013 0,43
70 17 100 16 840 16 120 io 200 0,0009 0.22

Supposons qu'on travaille avec une induction poussée jusqu'à


16 000 unités G. G. S. e n v i r o n ( s o i t à peu près une a t t r a c t i o n de 10,5 k i l o -
g r a m m e s par c e n t i m è t r e c a r r é ) e x i g e a n t u n e force m a g n é t i s a n t e X — 50
e n v i r o n ; dès l o r s , e n se r e p o r t a n t au t a b l e a u V , o n v e r r a q u e c h a q u e
j o i n t t r a n s v e r s a l du fer p r é s e n t e r a une résistance é g a l e à c e l l e q u ' o f f r i -
rait un espace d'air de 0,0013 centimètre d'épaisseur, ou encore
qu'il augmentera la résistance a u t a n t q u e l e f e r a i t l ' a d d i t i o n d'une
couche s u p p l é m e n t a i r e de fer de 0,43 c e n t i m è t r e d'épaisseur. P o u r de
p e t i t e s foroes m a g n é t i s a n t e s , l'effet d'un s e c t i o n n e m e n t transversal du
fer a v e c une b o n n e surface de contact est à peu p r è s l e m ê m e q u e si
l'on a v a i t i n t r o d u i t une couche d'air de 0,0030 c e n t i m è t r e d'épaisseur
ou q u e si l ' o n a v a i t ajouté au c i r c u i t de fer 2,53 c e n t i m è t r e s e n v i r o n de
l o n g u e u r s u p p l é m e n t a i r e . Mais, p o u r de g r a n d e s f o r c e s m a g n é t i s a n t e s ,
cette a u g m e n t a t i o n de résistance d i s p a r a î t , p r o b a b l e m e n t en r a i s o n de
l ' a t t r a c t i o n des d e u x surfaces à t r a v e r s la sectioh. Cette a c t i o n dans le

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ISO MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

circuit m a g n é t i q u e , a v e c des forces m a g n é t i s a n t e s é l e v é e s , allant j u s -


qu'à 15 000 ou 20 000 u n i t é s C . G . S . , d é t e r m i n e p a r e l l e - m ê m e une p r e s -
s i o n de 9,140 à 17,577 k i l o g r a m m e s p a r c e n t i m è t r e c a r r é , ce q u i r é d u i t
c o n s i d é r a b l e m e n t ces résistances ; elles t o m b e n t p a r le fait à un v i n g -
t i è m e e n v i r o n de l e u r v a l e u r i n i t i a l e . En a p p l i q u a n t particulièrement
des forces de c o m p r e s s i o n s ' é l e v a n t j u s q u ' à 226 k i l o g r a m m e s p a r c e n -
timètre carré, qui, par elles-mêmes, auraient ordinairement diminué
la c a p a c i t é d ' i n d u c t i o n d'un b a r r e a u de f e r c o n t i n u , E w i n g a t r o u v é
q u e cette i n f é r i o r i t é du fer l u i - m ê m e dans ces c o n d i t i o n s était sensible-
m e n t c o m p e n s é e p a r la m e i l l e u r e c o n d u c t i b i l i t é de la surface S e c t i o n -
née. L ' a n c i e n n e surface, s e c t i o n n é e et c o m p r i m é e de cette f a ç o n , se
f e r m e , b i e n e n t e n d u , m a g n é t i q u e m e n t , m a i s n ' a g i t pas c o m m e s'il n'y
a v a i t eu aucun s e c t i o n n e m e n t ; on p e r d j u s t e autant q u e l ' o n g a g n e ,
p a r c e q u e le fer d e v i e n t m o i n s apte à s ' a i m a n t e r .

40
H
20

Fig. 99. — Courbes d'Ewing relatives à l'effet des joints.


Solid Bar = Barreau d'une seule pièce.

L e s résultats ci-dessus o b t e n u s p a r E w i n g s o n t d ' a i l l e u r s représentés


par les c o u r b e s m a g n é t i q u e s q u i f o n t l ' o b j e t de la f i g u r e 99. Q u a n d les
faces d'une s e c t i o n é t a i e n t s o i g n e u s e m e n t dressées s u i v a n t des plans
parfaits, l ' i n c o n v é n i e n t du s e c t i o n n e m e n t était c o n s i d é r a b l e m e n t r é d u i t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES loi

et d i s p a r a i s s a i t p r e s q u e c o m p l è t e m e n t sous l ' a c t i o n d'une forte p r e s -


sion e x t é r i e u r e .
. L ' i n f l u e n c e de la c o m p r e s s i o n était i m p o r t a n t e . Q u a n d o n a p p l i q u a i t
au b a r r e a u de fer u n e c o m p r e s s i o n de 226 k i l o g r a m m e s p a r c e n t i m è t r e
c a r r é , le j o i n t p r é s e n t a i t , sous l ' a c t i o n de forces m a g n é t i q u e s c r o i s -
santes, une r é s i s t a n c e q u i a l l a i t e n d i m i n u a n t au fur et â m e s u r e q u ' o n
augmentait cette force magnétique. L e tableau suivant donne les
v a l e u r s de % et de 35 dans le b a r r e a u e n u n e seule p i è c e , puis dans l e
barreau s e c t i o n n é , en m ê m e t e m p s q u e l'épaisseur m o y e n n e de l'espace
d'air é q u i v a l e n t :

TABLEAU VI.— EFFET DE L A C O M P R E S S I O N DES JOINTS

co Ç sous une compression de 226 kg


( par centimètre carré.
EPAISSEUR MOYENNE
de l'intervalla d'air
BARRKAU BAKREAU équivalent.
en uae seule pièce. coupé en huit.

(Millimètres.)
7,5 7500 3 600 0,020
10 10 000 4 900 0,019
20 13 900 8 300 0,018
30 15 200 10 700 0,017
50 16 500 13 750 0,011
70 17 200 15 700 0,007

Quand o n e s s a y a i t des c h a r g e s v a r i a b l e s , l ' a u g m e n t a t i o n d e c h a r g e ,


dans un c h a m p m a g n é t i q u e f a i b l e , a v a i t p o u r effet p r a t i q u e de resser-
rer les j o i n t s b i e n dressés, c o m m e l ' i n d i q u e le t a b l e a u s u i v a n t :

TABLEAU VII. — EFFET DE C H A R G E S V A R I A B L E S SUR LES JOINTS

a (pour Jt = 5)
ÉPAISSEUR
CHARGE de l'intervalle d'air
1
Kg par cm . équivalent.
Après sectionnement
Avant sectionnement.
el dressage.

(Millimètres.)
0 5 600 4 700 0,022
56,5 5 400 4 670 0,020
131 4 700 4 200 0,017
169,5 4 050 3 800 0,010
226 3 650 3 650 0,000

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


152 MACHINES DYNAMO ÉLECTRIQUES

Effet des Actions mécaniques. — L e changement d'état moléculaire


d'un m o r c e a u d e fer par a c t i o n s m é c a n i q u e s m o d i f i e ses propriétés
m a g n é t i q u e s . Si l ' o n e x e r c e une t r a c t i o n l o n g i t u d i n a l e sur du fer s o u -
m i s à l ' a i m a n t a t i o n , o n t r o u v e t o u t d ' a b o r d q u e sa p e r m é a b i l i t é aug-
m e n t e , t a n d i s q u ' u n e action l a t é r a l e tendant à le c o m p r i m e r d i m i n u e
sa p e r m é a b i l i t é . C'est ce q u ' i n d i q u e n t c l a i r e m e n t les chiffres d o n n é s
dans la seconde c o l o n n e du tableau p r é c é d e n t . On y v o i t en effet q u ' u n e
c o m p r e s s i o n de 226 k g par c e n t i m è t r e c a r r é faisait t o m b e r la v a l e u r
de Si dans un b a r r e a u de fer f o r g é de 5 600 à 3 650 u n i t é s , ou d i m i n u a i t
la p e r m é a b i l i t é de 1 120 à 730. L ' é t a t m o l é c u l a i r e influe é g a l e m e n t sur
la d o u c e u r du f e r . U n b o u t de fil de fer r e c u i t , é c r o u i ensuite p a r é t i r a g e ,
se c o m p o r t e p l u t ô t c o m m e de l ' a c i e r , ainsi q u e l ' i n d i q u e n t les c o u r b e s
d ' E w i n g , figure 88, p a g e 129. L e s efforts de t o r s i o n affectent aussi les
qualités m a g n é t i q u e s . On p e u t , à cet é g a r d , c o n s u l t e r les travaux
d ' E w i n g sur le m a g n é t i s m e .

N o n m o i n s i m p o r t a n t est l e fait que toutes les a c t i o n s t e l l e s q u e le


m a r t e l a g e , l ' e n r o u l e m e n t , la torsion, et autres a n a l o g u e s , a l t è r e n t les
q u a l i t é s m a g n é t i q u e s du fer d o u x recuit. Des p i è c e s d e fer f o r g é r e c u i t ,
v i e r g e s de tout c o n t a c t d ' o u t i l , à la c o n d i t i o n de ne pas c o n s t i t u e r de
circuits m a g n é t i q u e s r é e l l e m e n t f e r m é s , p r é s e n t e n t à p e i n e des t r a c e s
d'aimantation résiduelle, m ê m e après l ' a p p l i c a t i o n de forces m a g n é -
t i q u e s . Mais le c o n t a c t de la l i m e les d é f l o r e i m m é d i a t e m e n t . L e m a r -
t e l l e m e n t c o n t i n u e l d'une a r m a t u r e d'électro-aimant venant frapper
sur les p ô l e s peut, à la l o n g u e , p r o d u i r e un effet a n a l o g u e de durcisse-
m e n t du m é t a l .

Effet des Vibrations.— E n ce q u i c o n c e r n e l e m a g n é t i s m e , les v i b r a -


t i o n s o n t p o u r effet de d i m i n u e r toutes les a c t i o n s r é s i d u e l l e s et de
faire que l ' é c h a n t i l l o n qui y est s o u m i s a c q u i e r t p l u s r a p i d e m e n t l ' é t a t
m o y e n c o r r e s p o n d a n t à la force m a g n é t i q u e q u i a g i t sur l u i . Si l ' o n
étudie ce q u i se passe p o u r un é c h a n t i l l o n de fer d o u x s o u m i s à des
vibrations rapides, on reconnaît que les courbes d'induction mon-
t a n t e et d e s c e n d a n t e y r e l a t i v e s p r é s e n t e n t à p e i n e q u e l q u e s d i f f é r e n c e s .
U n l é g e r c o u p d o n n é sur un fil de fer d o u x d é t r u i t i m m é d i a t e m e n t en
lui tout m a g n é t i s m e r é s i d u e l .

Effet de la Chaleur. — Q u a n d o n chauffe du fer, ses p r o p r i é t é s m a -


g n é t i q u e s subissent des c h a n g e m e n t s s i n g u l i e r s . L ' é l é v a t i o n de la t e m -
p é r a t u r e p r o d u i t des effets d i v e r s suivant le d e g r é d ' a i m a n t a t i o n , et
ces effets diffèrent entre eux s e l o n les substances. Dans le fer d o u x ,
p o u r des c h a m p s m a g n é t i q u e s de f a i b l e i n t e n s i t é , l ' é l é v a t i o n d e la t e m -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNETIQUES 133

p é r a t u r e a p o u r effet d e p r o d u i r e une a u g m e n t a t i o n de p e r m é a b i l i t é ,
q u i v a en c r o i s s a n t j u s q u ' à c e q u e l ' é c h a n t i l l o n a r r i v e au r o u g e v i f ,
v e r s 760° C. E l l e a t t e i n t a l o r s l ' é n o r m e v a l e u r de 10 000. A u - d e s s u s
de ce p o i n t e l l e t o m b e b r u s q u e m e n t , et, q u a n d il a r r i v e à la t e m p é r a -
ture d e 780° e n v i r o n , le fer cesse d ' ê t r e un c o r p s m a g n é t i q u e ; sa p e r -
m é a b i l i t é à c e t t e t e m p é r a t u r e et p o u r les t e m p é r a t u r e s plus é l e v é e s ne
diffère pas s e n s i b l e m e n t de c e l l e de l ' a i r ou du v i d e . M a i s , si l ' é c h a n -
t i l l o n est p l a c é d a n s un c h a m p m a g n é t i q u e très i n t e n s e , l ' é l é v a t i o n d e
la t e m p é r a t u r e se t r a d u i t p a r une d i m i n u t i o n de p e r m é a b i l i t é , f a i b l e
d ' a b o r d , puis plus r a p i d e j u s q u ' à ce q u e c e t t e t e m p é r a t u r e atteigne
780° C. A p a r t i r d e l à t o u t m a g n é t i s m e d i s p a r a î t c o m m e p r é c é d e m m e n t .
—- E n c e q u i c o n c e r n e l ' a c i e r , l'effet diffère d ' u n e f a ç o n très c u r i e u s e .
P o u r l e s a c i e r s durs, c o m m e p o u r le fer d o u x , l ' é l é v a t i o n d e la t e m p é -
r a t u r e , dans un c h a m p m a g n é t i q u e t r è s f a i b l e , d ' e n v i r o n X = 0.2, a
p o u r r é s u l t a t d ' a u g m e n t e r l a p e r m é a b i l i t é , j u s q u ' à ce q u e l e c o r p s soit
échauffé à un p o i n t v o i s i n de 760° G., au-dessus d u q u e l cette p e r m é a -
bilité t o m b e b r u s q u e m e n t à l ' u n i t é . Dans un c h a m p p o u r l e q u e l 3C = 2
à peu p r è s , l ' a i m a n t a t i o n du m é t a l est plus g r a n d e aux températures
plus basses, et l ' a b a i s s e m e n t final se p r o d u i t à une température de
b e a u c o u p i n f é r i e u r e à 700°. Dans un c h a m p intense de 3£ = 4 0 , la
p e r m é a b i l i t é d é c r o î t d ' u n e façon c o n t i n u e au fur et à m e s u r e q u e la
t e m p é r a t u r e s ' é l è v e . P o u r de hautes t e m p é r a t u r e s , t o u s les effets rési-
duels sont é g a l e m e n t plus f a i b l e s .

Msgnerising Force40

10

<u LOOOI

700 7S5ÀOO'C

Température
F i g . 100. — Effet de la chaleur sur la p e r m é a b i l i t é du fer doux.

Permeability = P e r m é a b i l i t é .
Magnetising Force = F o r c e m a g n é t i s a n t e .

L a f i g u r e 100 m o n t r e c o m m e n t la t e m p é r a t u r e m o d i f i e la c o u r b e m a -
g n é t i q u e du fer d o u x sous l ' a c t i o n d ' u n e force m a g n é t i s a n t e X — 4 : en
m ê m e t e m p s q u e la t e m p é r a t u r e s ' é l è v e , la perméabilité augmente
p r o g r e s s i v e m e n t , d e p u i s 2 500 e n v i r o n j u s q u ' à p r è s de 3 000 c o r r e s p o n -
d an t à une t e m p é r a t u r e d e 630° ; a p r è s q u o i elle t o m b e à l ' u n i t é p o u r
une t e m p é r a t u r e de 785° C.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


454 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

MAGNÉTISME RESIDUEL OU RÉMANENT

II est p a r f a i t e m e n t connu que diverses 'substances magnétiques


— l a p i e r r e d ' a i m a n t , l ' a c i e r , p a r t i c u l i è r e m e n t l ' a c i e r dur, et les sortes
d e fer dures — c o n s e r v e n t du m a g n é t i s m e résiduel ou rémanent quand
elles o n t été s o u m i s e s à des f o r c e s m a g n é t i q u e s . On sait é g a l e m e n t q u e
des circuits f e r m é s de fer d o u x , — m ê m e du plus d o u x p o s s i b l e — , p r é -
sentent une q u a n t i t é c o n s i d é r a b l e de m a g n é t i s m e r é s i d u e l tant q u ' i l s n e
sont pas r o m p u s . On en t r o u v e une très s i m p l e d é m o n s t r a t i o n d a n s u n
électro-aimant quelconque dont le noyau et l ' a r m a t u r e bien ajustés
c o n s t i t u e n t un circuit m a g n é t i q u e c o m p a c t . Si on l ' e x c i t e en y l a n ç a n t
un c o u r a n t , et q u ' o n o u v r e ensuite d o u c e m e n t le circuit d ' e x c i t a t i o n ,
l ' a r m a t u r e ne l ' a b a n d o n n e g é n é r a l e m e n t pas et e x i g e m ê m e parfois
l ' a p p l i c a t i o n d ' u n e force c o n s i d é r a b l e p o u r se d é t a c h e r ; m a i s , une fois
d é t a c h é e , e l l e n e peut plus a d h é r e r aux n o y a u x , le m a g n é t i s m e rési-
duel n ' é t a n t pas permanent. D e m ê m e un aimant d ' a c i e r e n fer à
c h e v a l , p u i s s a m m e n t a i m a n t é q u a n d il est m u n i de son a r m a t u r e , peut
se * sursaturer » , c'est-à-dire prendre un degré d'aimantation supé-
r i e u r à celui q u ' i l peut c o n s e r v e r d'une m a n i è r e permanente, une
p o r t i o n de cette a i m a n t a t i o n r é s i d u e l l e d i s p a r a i s s a n t la p r e m i è r e fois
qu'on éloigne l'armature. T o u s ces p h é n o m è n e s r é s i d u e l s f o n t p a r t i e
d'un v a s t e e n s e m b l e d'effets m a g n é t i q u e s s u b s é q u e n t s . A u p o i n t d e v u e
des causes q u e n o u s e x a m i n o n s i c i , des forces m a g n é t i q u e s , si e l l e s
sont suffisamment p u i s s a n t e s , p r o d u i s e n t sur les m o l é c u l e s d'un c o r p s
m a g n é t i q u e des effets q u i s u b s i s t e n t a p r è s q u e la cause a cessé, e t
o n t p o u r résultat q u e , si les causes c h a n g e n t d'une f a ç o n c o n t i n u e , l e s
effets c h a n g e n t é g a l e m e n t d ' u n e façon c o n t i n u e , m a i s subissent un
retard de phase, l'effet r e t a r d a n t sur l a cause. Ce p h é n o m è n e ne d o i t
pas être c o n f o n d u a v e c u n p r é t e n d u r e t a r d de t e m p s dans l ' a c t i o n du
magnétisme, retard a u q u e l o n a a t t r i b u é b i e n des c o n s é q u e n c e s d ' u n e
t o u t autre o r i g i n e . L e s c o n s i d é r a t i o n s ici présentées s ' a p p l i q u e n t à des
r e t a r d s de phase p l u t ô t que de t e m p s , sans q u ' i l y ait à s ' i n q u i é t e r de l a
façon plus ou m o i n s r a p i d e d o n t sont c o n d u i t e s l e s o p é r a t i o n s e l l e s -
mêmes.

E n se r e p o r t a n t à l a f i g u r e 92 o n v o i t q u e , si l'on a u g m e n t e p r o g r e s -
s i v e m e n t la force m a g n é t i s a n t e K d e p u i s z é r o j u s q u ' à une v a l e u r é l e v é e ,
et q u ' o n la r a m è n e ensuite graduellement à zéro, l'induction inté-
r i e u r e r é s u l t a n t e £B c r o i t d ' a b o r d j u s q u ' à un m a x i m u m , p o u r d é c r o î t r e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 155

ensuite, mais sans r e v e n i r à z é r o . L a c o u r b e descendante depuis le


m a x i m u m ne c o ï n c i d e pas a v e c la c o u r b e a s c e n d a n t e . En r é a l i t é , q u a n d
la force m a g n é t i s a n t e a v a i t c o m p l è t e m e n t cessé d ' a g i r , il r e s t a i t ( d a n s
cet é c h a n t i l l o n ) un m a g n é t i s m e r é s i d u e l d e 7 300 unités e n v i r o n . O n
a p r o p o s é de d o n n e r l e n o m de rëmanence au n o m b r e d'unités G. G . S.
restant ainsi c o m m e v a l e u r r é s i d u e l l e de SB. P o u r f a i r e d i s p a r a î t r e cette-
rémanence, il est n é c e s s a i r e d ' a p p l i q u e r une force m a g n é t i s a n t e n é g a -
t i v e . S u p p o s o n s q u ' o n ait fait u s a g e d'une force m a g n é t i s a n t e suffisante,
la c o u r b e d e s c e n d r a et c o u p e r a l ' a x e h o r i z o n t a l en un p o i n t à g a u c h e
de l ' o r i g i n e ; et, avec des forces m a g n é t i s a n t e s n é g a t i v e s plus é l e v é e s ,
l ' é c h a n t i l l o n c o n s i d é r é c o m m e n c e r a à être a i m a n t é p a r un flux d'induc-
t i o n q u i le p é n é t r e r a e n sens c o n t r a i r e . L a v a l e u r p a r t i c u l i è r e de la f o r c e
m a g n é t i s a n t e n é g a t i v e n é c e s s a i r e p o u r r a m e n e r à z é r o le m a g n é t i s m e
rémanent'a reçu d ' H o p k i n s o n le n o m de force coercitive. Dans l'é-
c h a n t i l l o n de fer f o r g é en q u e s t i o n , la force c o e r c i t i v e ( e n unités G. G. S . )
est de 2 e n v i r o n . L a force ainsi n é c e s s a i r e p o u r d é p o u i l l e r un échan-
t i l l o n q u e l c o n q u e de son m a g n é t i s m e r é m a n e n t peut s e r v i r de m e s u r e à
la t e n d a n c e que p o s s è d e le fer de la q u a l i t é c o n s i d é r é e à r e t e n i r u n e
a i m a n t a t i o n p e r m a n e n t e . L e s f e r s e t a c i e r s durs p r é s e n t e n t toujours u n e
force c o e r c i t i v e p l u s g r a n d e q u e les fers d o u x . A i n s i , celle du fer d o u x
f o r g é é t a n t 2 , c e l l e de l ' a c i e r d u r p e u t s ' é l e v e r j u s q u ' à 5 0 .

H Y S T É R É S I S

L e p r o f e s s e u r E w i n g , qui a p a r t i c u l i è r e m e n t é t u d i é les effets r é s i d u e l s


présentés p a r d i v e r s e s q u a l i t é s de fer et d'acier, a donné le nom
d'hystérésis à cette t e n d a n c e des effets à r e t a r d e r , en p h a s e , sur les
causes qui les p r o d u i s e n t . L a m a n i è r e la plus c o n v e n a b l e d ' é t u d i e r
l'hystérésis consiste à soumettre l'échantillon examiné à un cycle c o m -
p l e t (ou à un c e r t a i n n o m b r e de cycles successifs) de forces m a g n é t i -
santes. On p e u t , p a r e x e m p l e , f a i r e p a r t i r la f o r c e m a g n é t i s a n t e de
zéro et l a f a i r e c r o î t r e j u s q u ' à une v a l e u r é l e v é e (soit j u s q u ' à X = 200),
puis la f a i r e d é c r o î t r e j u s q u ' à z é r o , la r e n v e r s e r ensuite p o u r la p o r t e r
à une h a u t e v a l e u r n é g a t i v e , e t enfin la faire de n o u v e a u passer par
z é r o . U n c y c l e de ce g e n r e est r e p r é s e n t é p a r la figure 101 r qui est
e m p r u n t é e aux r e c h e r c h e s d ' E w i n g et se r a p p o r t e à une série d ' e x p é -
riences faites sur un f r a g m e n t de c o r d e à p i a n o en a c i e r r e c u i t . L a
courbe c o m m e n c e au m i l i e u du d i a g r a m m e , et, au fur et à m e s u r e q u e
K augmente p o s i t i v e m e n t , elle s ' é l è v e en p r é s e n t a n t d'abord une

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


136 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

c o n v e x i t é v e r s la d r o i t e , puis elle se r e d r e s s e p o u r s'infléchir e n s u i t e , et,


quand X = 90, 35 s'est é l e v é un peu au-dessus de 14 000. Quand on
r a m è n e ensuite X à z é r o , la c o u r b e r e v i e n t e n a r r i è r e sur e l l e - m ê m e ,
m a i s ne s'abaisse pas aussi v i t e q u ' e l l e s'est é l e v é e t o u t d ' a b o r d . En
effet, q u a n d X est r é d u i t à 20, 35 n'est r e t o m b é q u ' à 12 000, et, q u a n d
3t — 0, l a r é m a n e n c e est d ' e n v i r o n 10 500. S i , à p a r t i r de ce p o i n t , o n
a v a i t de n o u v e a u fait c r o î t r e X j u s q u ' à 90, 35 s e r a i t r e m o n t é à 14 000,

F i g . 1 0 1 . — Cycle m a g n é t i q u e sur un fil d'acier recuit ( H y s t é r é s i s ) .

c o m m e l ' i n d i q u e l e trait fin. Si, c e p e n d a n t , la f o r c e m a g n é t i s a n t e est


r e n v e r s é e , la c o u r b e d e s c e n d sur la g a u c h e , et c o u p e l ' a x e h o r i z o n t a l à
— 24, q u i est dès l o r s la force c o e r c i t i v e . E n a u g m e n t a n t la f o r c e m a -
g n é t i s a n t e r e n v e r s é e j u s q u ' à 3C = — 90, l ' a i m a n t a t i o n i n v e r s e c r o î t jus"
q u ' à la v a l e u r 35 = — 14 000, ou un p e u p l u s . E n s u i t e , q u a n d ces forces
m a g n é t i s a n t e s i n v e r s e s sont r a m e n é e s à z é r o , la c o u r b e r e v i e n t v e r s la
d r o i t e , e n c r o i s a n t l ' a x e v e r t i c a l en 35 = — 1 0 500 ( r é m a n e n c e n é g a t i v e ) ;
et, si l ' o n r e n v e r s e de n o u v e a u la f o r c e m a g n é t i s a n t e , on trouve que,
p o u r X — -+- 24, l ' a i m a n t a t i o n repasse e n c o r e une fois p a r la valeur
z é r o . A p a r t i r de ce p o i n t , l ' a u g m e n t a t i o n de X fait r e m o n t e r très ra-
p i d e m e n t l ' i n d u c t i o n , q u i , sans s u i v r e e x a c t e m e n t son p r e m i e r t r a c é ,
a r r i v e c e p e n d a n t à la m ê m e h a u t e u r que p r é c é d e m m e n t , q u a n d X a
a t t e i n t le m ê m e m a x i m u m de 90 unités G. G. S.

Cycles d'aimantation. — Ces c y c l e s d ' a i m a n t a t i o n , tels que nous

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 137

v e n o n s d e l e s d é c r i r e c o m p o r t e n t t o u j o u r s , q u a n d o n les r a p p o r t e à u n
s p é c i m e n q u e l c o n q u e d e f e r ou d ' a c i e r , des courbes q u i e m b r a s s e n t ,
1 1
c o m m e dans l a f i g u r e 1 0 1 , une surface f e r m é e . W a r b u r g et E w i n g ont
m o n t r é q u e ce fait a u n e s i g n i f i c a t i o n s p é c i a l e ; la surface ferinée est
en effet une m e s u r e du t r a v a i l d é p e n s é p o u r faire p a r c o u r i r au fer u n
cycle complet d'aimantations. Comme la surface c i r c o n s c r i t e sur l a
carte à d i a g r a m m e d'une m a c h i n e à v a p e u r d o n n e une m e s u r e d e
la chaleur t r a n s f o r m é e en travail utile dans le cycle d'opérations
effectué par l a m a c h i n e , d e m ê m e , dans le c y c l e magnétique, la
surface e n v e l o p p é e p a r la c o u r b e est u n e m e s u r e du t r a v a i l t r a n s f o r m é
3
en c h a l e u r ( i n u t i l e ) .

Fer fo^k

F i g . 102. — H y s t é r é s i s dans le fer f o r g é et l'acier.

A t i t r e de c o m p a r a i s o n , la figure 102 r e p r o d u i t , c ô t e à c ô t e , d e u x
c o u r b e s , l'une p o u r le fer f o r g é , l'autre p o u r l'acier. D a n s tous les cas,
la surface f e r m é e r e p r é s e n t e le t r a v a i l c o n s o m m é o u dissipé dans l e
passage du f e r p a r l e s d i v e r s états c o r r e s p o n d a n t à ces forces m a g n é -
tisantes a l t e r n a t i v e s . P o u r du f e r très d o u x , q u i p r é s e n t e des c o u r b e s

1
Wied. Ann., X I I I . 141, 1881.
'Froc. Roy. Soc, X X X I . 22, 1881; X X X I V . 39, 1884 et XXXV. 1, 1885 ; et Phil.
Trans., pl. I I . 523, 1885.
3
On p e u t d é m o n t r e r m a t h é m a t i q u e m e n t c e fait. — Dans un c h a m p m a g n é t i q u e
d'intensité X il faut X unités de travail p o u r faire m o u v o i r une unité de m a g n é -
tisme sur une l o n g u e u r de 1 c e n t i m è t r e c o n t r e l e s f o r c e s m a g n é t i s a n t e s . P a r suite,
c o m m e un flux de 4 it unités c o r r e s p o n d à chaque unité d e m a g n é t i s m e , l e t r a v a i l
effectué dans un cycle c o m p l e t sur un seul c e n t i m è t r e cube du fer sera é g a l à
- j î — JXàS>. Si X et 3$ sont e x p r i m é s e n unités C. G. S., le t r a v a i l sera d o n n é
en e r g s par c e n t i m è t r e c u b e . E n m u l t i p l i a n t ce n o m b r e par le n o m b r e d e c y c l e s
7
par seconde et le d i v i s a n t par 10 , on o b t i e n d r a en watts la puissance d i s s i p é e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


158 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

ascendante et d e s c e n d a n t e t r è s v o i s i n e s l'une de l ' a u t r e , la surface


f e r m é e est p e t i t e ; et en fait, il est d i s s i p é très peu d ' é n e r g i e dans un
c y c l e d ' o p é r a t i o n s m a g n é t i q u e s . D'autre p a r t , p o u r du f e r c o m m u n , et
p a r t i c u l i è r e m e n t d e l ' a c i e r , i l e x i s t e un grand écart entre les d e u x
c o u r b e s et il y a une d é p e n s e c o n s i d é r a b l e d ' é n e r g i e . L ' h y s t é r é s i s p e u t
ê t r e r e g a r d é e c o m m e une sorte de friction magnétique interne ou
moléculaire, par suite de laquelle des aimantations alternatives
d é t e r m i n e n t r é c h a u f f e m e n t du f e r . De l à l ' i m p o r t a n c e de b i e n com-
p r e n d r e ce c u r i e u x effet, e n v u e de la c o n s t r u c t i o n des é l e c t r o - a i m a n t s
d e s t i n é s à être e m p l o y é s a v e c des c o u r a n t s a l t e r n a t i f s de g r a n d e fré-
q u e n c e . L e s chiffres du t a b l e a u Y I I I ci-dessous i n d i q u e n t l e n o m b r e de
1
w a t t s (1 w a t t = ^ - d e c h e v a l - v a p e u r ) c o n s o m m é s p a r h y s t é r é s i s dans
de la t ô l e de fer d o u x f o r g é s o u m i s e à une succession d e c y c l e s r a p i d e s
d'aimantation :

T A B L E A U V I I I . —. P U I S S A N C E DISSIPÉE PAU HYSTÉRÉSIS

WATTS DISSIPÉS P A R CENTIMÈTRE CUBE

a,
à 10 cycles par seconde. à 100 cycles par seconde.

4 000 0,0014 0,014


5 000 0,0020 0,020
6 000 0,0026 0,026
7 000 0,0032 0,032
8 000 0,0039 0,039
10 000 0,0055 0,055
12 000 0,0072 0,072
14 000 0,0092 0,092
16 000 0,0114 0,114
17 000 0,0139 0,139
18 000 0,0172 0,172

On r e m a r q u e r a q u e l a p e r t e de puissance a u g m e n t e d'une m a n i è r e
d i s p r o p o r t i o n n é e au fur et à m e s u r e q u ' o n pousse p l u s l o i n l ' a i m a n -
t a t i o n ; a i n s i , c e t t e p e r t e , p o u r ¿8 = 18 000, est é g a l e à six fois sa
v a l e u r p o u r £ 8 = 6 000. Dans le cas du f e r o r d i n a i r e ou de l ' a c i e r c e t t e
p e r t e e n é c h a u f f e m e n t s e r a i t b e a u c o u p plus é l e v é e . .
Hopkinson a consigné cette r e m a r q u e q u e l a surface J"2fd=B est
s e n s i b l e m e n t é g a l e à celle d'un r e c t a n g l e d o n t la l o n g u e u r r e p r é s e n t e r a i t
le d o u b l e de la r é m a n e n c e , et l a l a r g e u r le d o u b l e de la force c o e r -
citive.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 159

E w i n g d o n n e les v a l e u r s s u i v a n t e s p o u r l ' é n e r g i e d i s s i p é e par h y s t é -


résis d a n s un c y c l e m a g n é t i q u e d ' a i m a n t a t i o n puissante, relevées sur
d i v e r s é c h a n t i l l o n s de f e r et d ' a c i e r :

TABLEAU IX. — DISSIPATION D'ÉNERGIE PAR HYSTÉRÉSIS

3
Ergs par c m perdus
ÉCHANTILLONS SOUMIS A L'Él'REUVE dans un cycle complet
d'aimantation.
1

9 300 '
16 300
60 000
<' 70 500
76 000
Corde d'acier à piano (état ordinaire) 116 000
94 000
— — (trempée très dure) . 117 000

Ces chiffres s o n t i n f é r i e u r s à c e u x fournis p a r c e r t a i n s é c h a n t i l l o n s


étudiés p a r H o p k i n s o n q u i a t r o u v é , p o u r l ' a c i e r au t u n g s t è n e t r e m p é
à l ' h u i l e ( s o r t e p r é f é r é e p o u r la c o n s t r u c t i o n des a i m a n t s p e r m a n e n t s ,
en r a i s o n de sa force c o e r c i t i v c é l e v é e ) , une p e r t e a l l a n t j u s q u ' à 216 864
e r g s p a r c e n t i m è t r e cube e t p a r c y c l e .
Ewing a m o n t r é que les vibrations tendent à détruire les effets
r 1
résiduels. L e D Finzi a trouvé également que des n o y a u x de fer
s o u m i s à u n c o u r a n t é l e c t r i q u e a l t e r n a t i f ne p r é s e n t a i e n t pas d ' h y s t é r é s i s ,
les c o u r b e s d ' a i m a n t a t i o n a s c e n d a n t e et d e s c e n d a n t e c o ï n c i d a n t entre
e l l e s . O n c o n ç o i t e n effet q u ' u n e très r a p i d e f r é q u e n c e d o i v e donner
lieu à une m o i n d r e p e r t e de t r a v a i l p a r cycle que n'en a b s o r b e r a i t le
m ê m e c y c l e l e n t e m e n t effectué.
Q u a n d un n o y a u d ' i n d u i t t o u r n e d a n s u n c h a m p m a g n é t i q u e i n t e n s e ,
l'aimantation du f e r p a r c o u r t c o n t i n u e l l e m e n t un c y c l e , m a i s d'une
manière absolument d i f f é r e n t e d e ce qui se passe quand la force
m a g n é t i s a n t e est p é r i o d i q u e m e n t r e n v e r s é e , c o m m e d a n s le n o y a u d'un
2
transformateur. M o r d e y a t r o u v é q u e les pertes p a r h y s t é r é s i s s o n t un
peu plus f a i b l e s d a n s le p r e m i e r cas q u e d a n s le s e c o n d .

1
The Electrician, X X V I . 72, 3 avril 1891.
* V o i r é g a l e m e n t E w i n g , dans The Electrician, X X V I I . 602, 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


160 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

AIMANTATION PROGRESSIVE

E w i n g a d é c o u v e r t un a u t r e g e n r e d'effet subséquent auquel il a


donné le n o m d' « hystérésis visqueuse 11 a a i n s i désigné l'ac-
c r o i s s e m e n t p r o g r e s s i f d ' a i m a n t a t i o n q u i se p r o d u i t q u a n d o n a p p l i q u e
à un m o r c e a u de fer une force m a g n é t i s a n t e d ' u n e r é g u l a r i t é a b s o l u e .
Cet accroissement graduel peut durer une demi-heure et même
davantage, et a t t e i n d r e plusieurs c e n t i è m e s de l ' a i m a n t a t i o n totale.
I l y a l à un v é r i t a b l e , m a i s lent, r e t a r d m a g n é t i q u e q u ' i l faut b i e n se
g a r d e r de c o n f o n d r e soit a v e c le r e t a r d de p h a s e p r é c é d e m m e n t é t u d i é
sous l e n o m d ' h y s t é r é s i s , s o i t a v e c le r e t a r d a p p a r e n t dû à l ' a c t i o n de
la self-induction sur le c o u r a n t m a g n é t i s a n t , s o i t enfin avec l e r e t a r d
a p p a r e n t que l ' o n peut o b s e r v e r dans les n o y a u x d e fer m a s s i f s et q u i
est dû à des courants parasites se d é v e l o p p a n t dans la m a s s e m ê m e du
fer.

EXPRESSION DE LA L O I DE L'É L E CTR 0-A I M A N T

On a essayé bien des fois d'exprimer par une formule pratique la quantité
de magnétisme produite, dans un électro-aimant donné, par un courant
d'excitation d'une valeur déterminée quelconque. Ces expressions ont fait
l'objet d'une étude très minutieuse dans les précédentes éditions anglaises.
Comme elles ne reposent pas sur le principe du circuit magnétique, elles ont
le défaut de ne pas tenir compte des faits multiples qui se présentent. Etant
donné d'ailleurs qu'on n'en fait pas usage dans les projets d'étude de dynamos,
elles peuvent être très sommairement résumées. Elles ont toutes pour objet de
donner l'équation algébrique des courbes d'induction ou d'aimantation analo-
gues à celle représentée par la figure 92, page 1.16.
La première conception de Lenz et de Jacolii était une simple proportionnalité
entre le couran^ d'excitation (c'est-à-dire les ampères-tours) et le magnétisme
produit. Ceci revenait à dire que la courbe d'induction est une ligne droite
qui va en s'élevant à partir de l'origine. — Joule a montré que cette loi n'était
pas exacte, la saturation intervenant pour une force magnétisante suffisante.—
MiiUer (suivi par Von WaltenhoTen, Kapp, et autres) proposa une formule
d'arc-tangente, prétendant que, si le courant d'excitation est représenté par la
longueur d'une droite menée tangenLiellement à un cercle, l'arc correspon-
dant représentera la quantité de magnétisme engendré. Cette interprétation
fixe une saturation limite (quand, en effet, la tangente est infiniment longue,
l'arc atteint une valeur finie), mais elle ne représente pas les faits pour les
premières valeurs de l'aimantation. — Lamont, s'appuyant sur des considéra-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 181

tions théoriques, proposa une formule exponentielle, dont il déduisit une

expression approchée

Mkx
m =
ï+~to '

dans laquelle m est le magnétisme à un degré quelconque, il la valeur maxi-

mum qu'il peut atteindre, x l e courant d'excitation, et k une constante dépen-

dant des unités employées. L'interprétation de cette expression revient à dire

que le rapport de m à x (en d'autres termes, la perméabilité) est, à tous les

degrés d'aimantation, proportionnel à ce qui manque pour que la saturation

soit complète, soit à M — m.

Formule de. Frölich. — La formule de Lamont a été remise au jour par

Frölich ' , et largement employée sous diverses formes par différents écrivains,

parmi lesquels l'Auteur de cet ouvrage. Supposons que le flux magnétique *

ait, à complète saturation, une valeur maximum * , et que la capa-

cité d'aimantation de l'électro-aimant, soit, à tout degré d'aimantation,

proportionnelle à la place laissée pour un flux magnélique 1>—"J>. Désignons

maintenant par JV, le nombre de spires du circuit d'excitation et par i le

courant qui les parcourt ; N,i sera le nombre d'ampères-tours d'excitation, et


*

r~-. le rapport du magnétisme à la force magnétisante. On peut dès lors

écrire
<1' * —<I>
Wd~ ~ '

/tétant une constante spéciale à l'électro-aimant, et dont onvavoir la nature.

Par simple transformation cette équation devient

<t>=zt>
iV.i + h '

et il est évident que la valeur de h est le nombre particulier d'ampères-tours

qui réduira la capacité magnétique à la moitié de sa valeur initiale, ou portera

le magnétisme à demi-saturation.

L'Auteur a désigné ce nombre d'ampères-tours sous le nom de nombre dia-


critique et a appelé courant diacritique celui qui produit la demi-saturation.

Le docteur Froiich est, de son côté, arrivé à la même conception, et l'a appli-

quée à sa formule des dynamos. Le raisonnement lui appartient ; mais la

notation ici employée est celle de l'Auteur. Si l'on désigne par (Nsi)' le nombre

diacritique d'ampères-tours, on a (N i)'


s = h, d'où

tp - — - cp
lY.t + ( JV»!)' '

Mais, si 2V, est connu, on peut ne pas en tenir compte et écrire simplement

i + i' '

1
Elektrotechnische Zeitschrift, p. 90, 139, 170, 1881 ; et p. 73, 1882.
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 11

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


162 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

expression dans laquelle ï est le courant diacritique ou celui qui produit la


demi-saturation. Cette équation très simple est approximativement exacte
pour tout électro-aimant excité par un seul courant. Deux observations faites
sur un électro-aimant quelconque suffisent à déterminer les deux constantes *
et i'. D e plus, si r est la résistance de la bobine magnétisante, c o m m e ir = e
(potentiel nécessaire pour lancer le courant t dans la bobine), on peut naturel-
lement écrire l'équation ci-dessus sous la forme

e +e

e' est la différence de potentiel diacritique, c'est-à-dire la différence de poten-


tiel qui, appliquée à la bobine de N, spires et de résistance r, saturera le
noyau à demi. Cette dernière forme est la plus convenable pour les calculs à
effectuer sur les machines shunt, tandis que la précédente convient mieux pour
l'application aux dj'namos en série.
Aucune de ces expressions n e tient compte des phénomènes auxquels il est
fait allusion page 138, comme observés dans l'aimantation d'un grand nombre
de barreaux (et e n particulier dans des anneaux fermés) de fer et d'acier,
savoir, qu'il existe un accroissement apparent de perméabilité après q u ' o n a
atteint un premier degré déterminé d'aimantalion. Lenz est le premier à l'avoir
consigné e n 1854. Wiedemann, Dub, Stoletow, Rowland, Chwolson, Bosan-
quet, et Siemens ont tous approfondi cette question. Rowland, Rosanquet et
liwing ont notamment donné des déterminations numériques très soigneuse-
ment faites sur les variations d e l à perméabilité à divers degrés d'aimantation
ascendante. Les recherches de Chwolson et de Siemens semblent cependant
prouver que l'augmentation apparente de perméabilité est due à un défaut
d'homogénéité dans le fer, et à la présence d'une certaine proportion de molé-
cules douées des propriétés de l'acier dur et exigeant un certain minimum
de force magnétisante avant de s'aimanter sensiblement. Il en résulterait un
accroissement e n apparence plus rapide du magnétisme quand ce point est
atteint. Dans cette hypothèse, la perméabilité due au magnétisme temporaire
commencerait par être un m a x i m u m et diminuerait ensuite en même temps
que la force magnétisante augmenterait ; tandis que la perméabilité due au
magnétisme rémanent serait l'unité d'abord et jusqu'à un certain degré, à
partir duquel elle s'élèverait d'elle-m unie jusqu'à un maximum, pour redescendre
ensuite graduellement. Ce que Stoletow, Rowland et Bosanquet se sont appli-
qués à mesurer minutieusement, c'est la somme de ces deux effets. Siemens con-
signe cette remarque importante que, plus est duiTéchaiililIon de fer ou d'acier,
plus se trouve reculé le point où l ' o n observe ce m a x i m u m apparent de per-
méabilité magnétique.

La superposition de ces effets dans la machine dynamo a pour résultat que,


quand o n eu prend la « caractéristique » avec des intensités croissantes de cou-
rant, on peut observer, •— mais c e phénomène se marque uniquement dans les
dynamos dontle fer constitue un circuit très sensiblement fermé surlui-même—,
une concavité dans la première partie de la courbe, concavité qui, ainsi qu'on
l'a vu page 138, est souvent prise pour une droite oblique. Mais, si la caractéris-
tique est prise.avec des intensités décroissantes de courant, o n n'observe pas

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


PRINCIPES MAGNÉTIQUES 163

de c o n c a v i t é d e c e g e n r e , e t l e m a g n é t i s m e d e s i n d u c t e u r s , a u s s i b i e n q u e l a
force é l e c t r o m o t r i c e , o n t alors des valeurs n o t a b l e m e n t plus élevées, pour une
m ê m e v a l e u r d u c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n , q u e d a n s la c o u r b a a s c e n d a n t e . L a p r é -
s e n c e d e m a g n é t i s m e r é m a n e n t d a n s l e s n o y a u x est e n c o n s é q u e n c e n u i s i b l e
à l a fixité d u c h a m p . M ê m e a v e c l e f e r d e S u è d e l e p l u s d o u x , o n p e u t o b s e r -
ver d e s d i f f é r e n c e s d a n s l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , à la m ê m e v i t e s s e et p o u r l e
m ê m e c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n , avant et après q u e ce. c o u r a n t a été porté à une
h a u t e i n t e n s i t é . A u s s i , l a f o r m u l e a p p r o c h é e c o n n u e sous l e n o m d e f o r m u l e d e
Frölich est-elle suffisamment bonne c o m m e première approximation, bien
qu'elle ne tienne pas c o m p t e de la présence de l'augmentation apparente de
perméabilité ou du retard apparent de m a x i m u m dans des noyaux doués
d ' u n e p l u s g r a n d e f o r c e c o e r c i t i v c . — P o u r plus a m p l e s r e n s e i g n e m e n t s s u r l e s
différences existant entre les courbes de magnétisme ascendante et des-
cendante, nous renvoyons le lecteur aux recherches de Warhurg, Ewing,
et H o p k i n s o n , ou a u r é s u m é q u i e n est d o n n é d a n s l a p r e m i è r e p a r t i e d e c e
chapitre.

Théorie moléculaire du Magnétisme, d'Ewing. — L a récente théorie d'Ewing


sur l e m a g n é t i s m e i n d u i t t i e n t c o m p t e d e s effets o b s e r v é s , m a i s n e se p r ê t e p a s
à une expression s i m p l e . II a m o n t r é * q u e tous les p h é n o m è n e s d'hystérésis,
de r é m a n e n c e , d ' i n f l u e n c e d e s a c t i o n s m é c a n i q u e s , d e l a c h a l e u r , e t a u t r e s a n a -
l o g u e s , p o u v a i e n t s ' e x p l i q u e r p a r l ' h y p o t h è s e que les m o l é c u l e s i n d i v i d u e l l e s , se
c o m p o r t a n t c o m m e d e s a i m a n t s é l é m e n t a i r e s , sont s o u m i s e s à d e s a c t i o n s d i r e c -
t r i c e s m u t u e l l e s . I l s u p p o s e , a v e c W e b e r , q u e l e fait d e l ' a i m a n t a t i o n consiste
à o r i e n t e r c e s m o l é c u l e s s u i v a n t la d i r e c t i o n d e l a f o r c e m a g n é t i q u e , l a s a t u r a -
t i o n c o m p l è t e se t r o u v a n t a t t e i n t e q u a n d e l l e s o n t t o u t e s c o m p l è t e m e n t e f f e c t u é
cette r o t a t i o n sur e l l e s - m ê m e s . I l e x p l i q u e l ' a u g m e n t a t i o n a p p a r e n t e d e per-
méabilité q u a n d la force magnétisante a atteint u n e certaine v a l e u r en m o n -
t r a n t q u e , à un c e r t a i n d e g r é , i l y a i n s t a b i l i t é , l e p l u s p e t i t a c c r o i s s e m e n t d e
force m a g n é t i s a n t e déterminant un g r a n d n o m b r e d'aimants moléculaires à
évoluer brusquement pour prendre de nouvelles positions. Il a montré en
outre q u e , dans un appareil f o r m é d'un g r a n d n o m b r e d e petits aimants m o n -
tés s u r p i v o t s e t s ' i n f l u e n ç a n t mutuellement, les propriétés m a g n é t i q u e s pou-
vaient s'expliquer par l'examen des configurations résultant des positions
prises p a r l e s y s t è m e sous l'action r é u n i e des forces m a g n é t i q u e s e x t e r n e s et
internes. M . A . H o o p e s * a vérifié l a t h é o r i e d ' E w i n g en étudiant les p r o p r i é -
tés m a g n é t i q u e s d'un assemblage de petites aiguilles m o n t é e s sur pivots et
agissant c o m m e un tout ; il a t r o u v é q u e le s y s t è m e présentait des instabilités
e t d e s effets d ' h y s t é r é s i s s e m b l a b l e s à c e u x q u ' o n c o n s t a t e pour des masses
de f e r .

3
Jiéluctivité magnétique. — Kennelly a désigné sous le n o m d e « rélucti-
vité > l'inverse de la perméabilité m a g n é t i q u e . S i , sur îf comme abs-
cisses, o n g r o u p e e n u n e c o u r b e l e s v a l e u r s o b s e r v é e s p o u r c e l t e grandeur,

1
Proc. Roy. Soc, 19 j u i n 1890 ; et The Eleclrician, XXV. 514 et 541.
* Electrical World, X V I I . 358, 1891.
» Ibid., X V I I I . 350, 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


164 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

la courbe ainsi tracée est sensiblement une ligne droite, c'est-à-dire que cette
grandeur est une fonction linéaire de X, de la forme a -f- bit. Cette ligne
oblique est simplement la réciproque des courbes hyperboliques trouvées par
Stoletow et autres pour ji et 3C. Comme l'a fait remarquer Fleming » , et plus
récemment Kcnnelly, le fait que la réluctivité se rapproche autant d'une fonc­
tion linéaire de Jt est une justification de la formule empirique de Frolich
donnée ci-dessus, page 161.

1
Journ. Inst. Electrical Engmeers, X V . 570, 1886.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE V I I

LE CIRCUIT MAGNÉTIQUE

L e p r o g r è s le plus i m p o r t a n t r é a l i s é dans la s o l u t i o n p r a t i q u e des


p r o b l è m e s m a g n é t i q u e s a été la c o n c e p t i o n du c i r c u i t m a g n é t i q u e a v e c
ses c o n s é q u e n c e s . Ce p r i n c i p e peut b r i è v e m e n t s ' é n o n c e r ainsi : on
obtient un maximum de magnétisme efficace avec une dépense mini-
mum de force magnétisante quand l'élément-fer de la dynamo {noyaux
des inducteurs, bâti, pièces polaires, et noyau de l'induit) est disposé
de manière à constituer dans son ensemble un circuit magnétique pré-
sentant un minimum de résistance magnétique.
Ce n'est pas une i d é e n o u v e l l e q u e d e c o n s i d é r e r le m a g n é t i s m e d'un
a i m a n t c o m m e s u i v a n t une t r a j e c t o i r e fixe ou c i r c u l a n t a u t o u r d ' e l l e
plus l i b r e m e n t dans c e r t a i n e s s u b s t a n c e s , t e l l e s q u e le fer, q u e dans
d'autres m a t i è r e s r e l a t i v e m e n t n o n - m a g n é t i q u e s . On t r o u v e dans l'his-
t o r i q u e de la science de n o m b r e u s e s a n a l o g i e s r e l e v é e s e n t r e l e flux
d ' é l e c t r i c i t é dans un c i r c u i t é l e c t r i q u e m e n t c o n d u c t e u r et le p a s s a g e du
flux de force à t r a v e r s des circuits p o s s é d a n t une c o n d u c t i b i l i t é m a g n é -
1
tique. — Dès 1 8 2 1 , C u m m i i i g fit dos e x p é r i e n c e s sur la c o n d u c t i b i l i t é
m a g n é t i q u e . — L ' i d é e de c i r c u i t m a g n é t i q u e h a n t a plus ou m o i n s les
2 3 4 5 6
esprits de R i t c h i e , S t u r g e o n , D o v e , D u b , et de la R i v e , p a r m i l e s -
quels ce d e r n i e r e m p l o i e e x p l i c i t e m e n t l ' e x p r e s s i o n de « c i r c u i t m a g n é -
7
tique fermé » . — J o u l e t r o u v a que la p u i s s a n c e m a x i m u m d'un é l e c t r o -
aimant était proportionnelle à « la moindre section du circuit
magnétique e n t i e r » , et c o n s i d é r a la résistance à l ' i n d u c t i o n comme

' Camb. Phil. Trans., 2 avril 1821.


• Phil. Mag., série I I I . t. I I I . 122.
3
Ann. ofEleclr., X I I . 217.
• Pogg. Ann., X X I X . 462, 1833. Voir aussi Pogg. Ann., X L I I I . 517, 1838.
' Dub, Elektromagnetismus, p. 401 (éd. 1816) ; et Pogg. Ann., XC. 440, 1853.
• De la R i v e , Treatise on Electricily (traduction W a l k e r ) , I. 292.
7
Ann. ofEleclr., I V . 59, 1839 ; V. 195, 1841 ; et Scientific Papers, p . 8, 34, 35, 36.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


166 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

1
p r o p o r t i o n n e l l e à la l o n g u e u r du c i r c u i t m a g n é t i q u e . — F a r a d a y estima
avoir prouvé que chaque l i g n e de f o r c e m a g n é t i q u e constituait une
c o u r b e f e r m é e ; q u e l a t r a j e c t o i r e de ces c o u r b e s f e r m é e s d é p e n d a i t de
la c o n d u c t i b i l i t é m a g n é t i q u e des masses d i s p o s é e s dans le v o i s i n a g e ;
que ces l i g n e s de force m a g n é t i q u e étaient tout à fait a n a l o g u e s aux
l i g n e s de flux électrique dans un c i r c u i t électrique. Il parle d'un
aimant p l o n g é dans l'air c o m m e strictement comparable à une pile
v o l t a ï q u e i m m e r g é e dans l'eau ou dans tout a u t r e é l e c t r o l y t e . I l v i t
m ê m e l ' e x i s t e n c e d'une cause a n a l o g u e à l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e d a n s
les circuits é l e c t r i q u e s , b i e n q u e le n o m de force magnétomolricc soit
d'une o r i g i n e plus r é c e n t e . — L a m ê m e i d é e est plus ou m o i n s e x p l i c i t e -
m e n t a d m i s e d a n s la d e r n i è r e m o i t i é des t r a v a u x de sir " W i l l i a m T h o m -
son réunis en v o l u m e sous le titre de « Electrostatique et Magnétisme » .
— L a n o t i o n d e l à c o n d u c t i b i l i t é m a g n é t i q u e se t r o u v e aussi d a n s l e g r a n d
traité de M a x w e l l ( t . I I , p . 51) ; niais elle n'y est q u e sommairement
2
m e n t i o n n é e . — R o w l a n d , e n 1873, a d o p t a le r a i s o n n e m e n t e t l e l a n g a g e
de Faraday d a n s l ' e x p o s i t i o n de q u e l q u e s r é s u l t a t s n o u v e a u x sur la
p e r m é a b i l i t é m a g n é t i q u e , et fit r e s s o r t i r q u e le flux des l i g n e s m a g n é -
t i q u e s de force à t r a v e r s un b a r r e a u p o u v a i t être e x a c t e m e n t s o u m i s au
c a l c u l ; la l o i é l é m e n t a i r e est, d i t - i l , · s e m b l a b l e à la l o i d ' O h m » .
D é s i g n a n t p a r R la « résistance aux l i g n e s de f o r c e » , par M « la f o r c e
magnétisante d'uii s o l é n o ï d e » , e t p a r Q l e n o m b r e des t l i g n e s d e
f o r c e dans un b a r r e a u en un p o i n t q u e l c o n q u e » , il posa, p o u r u n cas
p a r t i c u l i e r (un a i m a n t e n a n n e a u , p r é s e n t a n t e n c o n s é q u e n c e u n c i r -
cuit m a g n é t i q u e f e r m é ) , l ' é q u a t i o n

Q — ,
R

e x p r e s s i o n q u e t o u t é l e c t r i c i e n r e c o n n a î t r a i m m é d i a t e m e n t c o m m e étant
p r é c i s é m e n t p o u r l e circuit m a g n é t i q u e c e l l e do la l o i d ' O h m p o u r le
c i r c u i t é l e c t r i q u e . I l a p p l i q u a le calcul à la d é t e r m i n a t i o n de la p e r m é a -
b i l i t é de c e r t a i n s é c h a n t i l l o n s de fer, d ' a c i e r et de n i c k e l . — E n 1882 ' ,
p u i s en 1883*, M . R . H . M . B o s a n q u e t d é v e l o p p a plus l o n g u e m e n t un

' Expérimental Researches, I I I . art. 3117,3228, 3230, 3260, 3271, 3276, 3291 et 3361.
' Phil. Mag., série I V . t . X L V I . août 1873, » De la p e r m é a b i l i t é m a g n é t i q u e et du
m a g n é t i s m e m a x i m u m du fer, de l'acier et du nickel » .
3
Proc. Roy. Soc, XXXIV. 445, d é c e m b r e 1882.
* Phil. Mag., s é r i e V . t. X V . 205, mars 1883, • De la force m a g n é t o m o t r i c e • ; Ibid.,
X I X . f é v r i e r 1885; e t Proc. Roy. Soc, n° 223, 1883. Voir é g a l e m e n t Electrician, X I V .
201, 14 f é v r i e r 1885.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 167

raisonnement analogue, en employant la très j u s t e expression de


« f o r c e m a g n é t o m o t r i c e » p o u r spécifier la f o r c e t e n d a n t à f a i r e pas-
ser les l i g n e s m a g n é t i q u e s d ' i n d u c t i o n à t r a v e r s la » résistance m a g n é -
t i q u e i ou « r é l u c t a n c e » du circuit. Dans ses t r a v a u x les calculs s o n t
s y s t é m a t i q u e m e n t déduits et ne t r a i t e n t pas s e u l e m e n t les p r o p r i é t é s
spécifiques du f e r , m a i s aussi des p r o b l è m e s r é s u l t a n t des f o r m e s du
fer. B o s a n q u e t i n d i q u e la m a n i è r e de c a l c u l e r les d i v e r s e s résistances de
chacune des p a r t i e s du c i r c u i t ; il les a d d i t i o n n e e n s u i t e p o u r a r r i v e r a
la r é s i s t a n c e t o t a l e du c i r c u i t m a g n é t i q u e .
A n t é r i e u r e m e n t , c e p e n d a n t , l o r d E l p h i n s l o n e et M . V i n c e n t é t a i e n t
p a r t i s du p r i n c i p e du c i r c u i t magnétique pour en f a i r e l ' a p p l i c a t i o n
à la c o n s t r u c t i o n de m a c h i n e s dynamo-électriques. En deux circons-
1
tances ils c o m m u n i q u è r e n t à la S o c i é t é R o y a l e de L o n d r e s les résul-
tats d ' e x p é r i e n c e s d e s t i n é e s à montrer qu'un m ê m e courant d'excita-
t i o n d é v e l o p p a i t une plus g r a n d e q u a n t i t é de m a g n é t i s m e dans une car-
casse de fer d o n n é e c o n s t i t u a n t un c i r c u i t m a g n é t i q u e f e r m é , q u e s'il en
2
était a u t r e m e n t . I l s r é a l i s è r e n t l e u r i d é e sous f o r m e d'une d y n a m o qui,
cependant, par suite de difficultés m é c a n i q u e s de construction, ne
s'est pas i m p l a n t é e c o m m e t y p e p e r m a n e n t de m a c h i n e . L e t r a v a i l de
l o r d E l p h i n s t o n e et de M . V i n c e n t ne fut pas n é a n m o i n s p e r d u ; l e p r i n -
c i p e ainsi i n t r o d u i t p a r eux d a n s la c o n s t r u c t i o n des d y n a m o s p r i t r a c i n e
et p o r t a des fruits. —• En j u i n 1884, l ' A u t e u r de cet o u v r a g e , d a n s la p r é -
face de sa p r e m i è r e é d i t i o n , é c r i v a i t , à p r o p o s de n o t r e c o n n a i s s a n c e i m -
Il nous faudrait
parfaite de la l o i q u i r é g i t l ' i n d u c t i o n m a g n é t i q u e : «
un savant qui fit pour le circuit magnétique ce que fil, il y a un demi-
siècle, le IY Ohm pour le circuit voltaïque. » — L ' a u t o m n e suivant, à l a
c o n f é r e n c e des é l e c t r i c i e n s r é u n i s à P h i l a d e l p h i e , le p r o f e s s e u r R o w l a n d
3
lut un t r a v a i l dans l e q u e l il p r o p o s a i t une f o r m u l e p o u r l e n o m b r e de
l i g n e s de f o r c e m a g n é t i q u e [flux de f o r c e ] dans un c h a m p m a g n é t i q u e .
E l l e était e x p r i m é e par une f r a c t i o n a y a n t p o u r n u m é r a t e u r le p r o d u i t
du c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n p a r le n o m b r e de s p i r e s p a r c o u r u e s ( c ' e s t - à - d i r e
les ampères-tours), et p o u r dénominateur une e x p r e s s i o n c o m p l e x e
r e p r é s e n t a n t l a résistance offerte p a r l ' a i r et l e fer au flux de l i g n e s
m a g n é t i q u e s [flux de f o r c e ] ; il laissait une m a r g e p o u r la tendance d'un

• P r o c . Roy. Soc, X X I X . 292, 1879 ; et XXX. 287, 1880. — Voir Electrical Review,
V I I I . 134, 1880.
* B r e v e t s a n g l a i s , 332 de 1879 et 2893 de 1880. V o i r é g a l e m e n t les p r é c é d e n t e s é d i -
tions a n g l a i s e s d e cet o u v r a g e .
" C o m p t e rendu d e l à Conférence é l e c t r i q u e de P h i l a d e l p h i e en 188i, p . 77. V o i r
é g a l e m e n t Electrical Revieib, X V . 368, 1884 ; et Eleclrician, X I I I . 536, 1884.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


168 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

c e r t a i n n o m b r e de ces l i g n e s à se d i s p e r s e r e x t é r i e u r e m e n t , c'est-à-dire
p o u r les « d é r i v a t i o n s » m a g n é t i q u e s .
M . G i s b e r t K a p p a d o n n é un g r a n d d é v e l o p p e m e n t aux i d é e s ci-dessus
dans une série de p u b l i c a t i o n s faites d a n s YElectrician 1
e n t r e les m o i s
de f é v r i e r 1885 et d ' a v r i l 1886. Il y a d i s c u t é la q u e s t i o n d'étude des
d y n a m o s en p a r t a n t de ce p o i n t de v u e et e n y a j o u t a n t un grand
n o m b r g de figures r e l a t i v e s aux f o r m e s des inducteurs, ainsi q u e des
calculs et f o r m u l e s du plus haut intérêt. A u cours de la p u b l i c a t i o n de
ces articles, l ' A u t e u r p r é p a r a i t la s e c o n d e é d i t i o n de cet o u v r a g e , et
d e s s i n a i t les d i a g r a m m e s des circuits m a g n é t i q u e s d'un g r a n d nombre
de types de machines dynamos, groupés méthodiquement dans la
figure 119. T r o i s mois plus tard M. Kapp donnait, dans un travail
2
important c o m m u n i q u é par lui le 24 n o v e m b r e 1885 à l ' I n s t i t u t des
I n g é n i e u r s c i v i l s , une p l a n c h e de figures tout à fait a n a l o g u e , qu'il
avait, de son c ô t é , p r é p a r é e . Dans ce t r a v a i l , K a p p a d o p t a i t pour l ' é v a -
l u a t i o n des l i g n e s de f o r c e une n o u v e l l e u n i t é é g a l e à 6 000 l i g n e s par
p o u c e c a r r é a n g l a i s ou à fi = 930 unités C. G. S. de flux de

force. K a p p en donnait la r a i s o n d'être en ce q u ' i l préférait avoir à


6 8
d i v i s e r p a r 1 0 au l i e u de 1 0 , et à c o n s i d é r e r dans un i n d u i t t o u r n a n t
l e n o m b r e de tours par minute plutôt que le n o m b r e de tours par
seconde. En désignant parole nombre de lignes magnétiques, en
u n i t é s K a p p (Z é q u i v a l a n t à 930 <T? unités de n o t r e n o t a t i o n C. G. S . )
71
et p a r — le n o m b r e de tours p a r m i n u t e , K a p p p o s e :

TIR
6
E (volts dans un induit) = Z.N,. y • 10~ ,

N, r e p r é s e n t a n t l e n o m b r e total de spires de fil a u t o u r de l'armature,


c o m p t é sur t o u t e la p é r i p h é r i e ( t e l q u e l ' i n d i q u e l e m ê m e s y m b o l e N s

e m p l o y é dans la suite de cet o u v r a g e ) . K a p p d o n n e alors p o u r le circuit


m a g n é t i q u e la f o r m u l e

P
Z ——
RA + & + R m

dans l a q u e l l e P est la puissance d ' e x c i t a t i o n en a m p è r e s - t o u r s , R A la


résistance m a g n é t i q u e de l'espace d'air ou e n t r e f e r , R a c e l l e du noyau

i Electricien, X I V . 159, 307, 347, 390, 431, 511 ; X V . 23, 190, 250 ; X V I . 7, 406.
* Proc. Inst. Civil Engineers, L X X X I I I . (1885-86), pt. 1, « M o d e m Continuous-
Gurrent D y n a m o - E l e c t r i c Machines and their E n g i n e s » .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 169

d'induit, et 72,,, c e l l e des n o y a u x des i n d u c t e u r s . Si m a i n t e n a n t o n r e p r é -


sente p a r 5 l a d i s t a n c e e n t r e le n o y a u d ' i n d u i t et la surface p o l a i r e ,
c'est-à-dire l'épaisseur de l ' e n t r e f e r , p a r b la p r o f o n d e u r de l'induit
m e s u r é e p a r a l l è l e m e n t à l ' a x e , p a r ~k la l o n g u e u r de l'arc e m b r a s s é par
la surface p o l a i r e , de sorte q u e \ b e x p r i m e la surface p o l a i r e d'où é m a -
nent les l i g n e s m a g n é t i q u e s , p a r a l ' é p a i s s e u r r a d i a l e du n o y a u d ' i n d u i t
de sorte q u e ab est sa s e c t i o n ( e n t e n a n t c o m p t e u n i q u e m e n t de l ' e s p a c e
r é e l l e m e n t o c c u p é p a r le f e r ) , p a r Ali l a s e c t i o n des n o y a u x des induc-
teurs, par l l a l o n g u e u r du circuit m a g n é t i q u e à l ' i n t é r i e u r de l ' i n d u i t ,
p a r L cette m ê m e l o n g u e u r dans les i n d u c t e u r s ; toutes ces d i m e n s i o n s
é t a n t m e s u r é e s r e s p e c t i v e m e n t en pouces el pouces carrés anglais ;
K a p p d o n n e , p o u r le cas d'un s i m p l e circuit m a g n é t i q u e o r d i n a i r e ,

28
Ri = 1440 ^ - ,

l_
R a
" ab'

L e coefficient '1440 p r o v i e n t des u n i t é s s p é c i a l e s a d o p t é e s , l e p o u c e


p o u r la l o n g u e u r , la m i n u t e p o u r l e t e m p s , et 930 u n i t é s C. G. S. c o m m e
unité de flux m a g n é t i q u e ; ce nombre peut être regardé, dans ce
système mixte d'unités, c o m m e la r é s i s t a n c e m a g n é t i q u e s p é c i f i q u e
d e l'air. L e c o e f f i c i e n t 2 se r a p p o r t e à la r é s i s t a n c e s p é c i f i q u e du fer f o r g é
ou du fer au b o i s ; il d e v r a i t être r e m p l a c é par le chiffre 3 d a n s le cas de
noyaux d'inducteurs en f o n t e *. E n o u t r e , e n r a i s o n des d é r i v a t i o n s
m a g n é t i q u e s , o n d o i t , dans l ' e x p r e s s i o n de Z, p r e n d r e 0,8 P au l i e u de P.
Dans la discussion qui s u i v i t cette c o m m u n i c a t i o n , le p r o f e s s e u r F o r b e s
a p r é s e n t é une m o d i f i c a t i o n de la f o r m u l e de K a p p . P l u s r é c e m m e n t e n -
2
core M . K a p p est r e v e n u sur la q u e s t i o n et a d o n n é une r è g l e e m p i -
r i q u e p o u r l e c a l c u l des v a r i a t i o n s q u e s u b i t l a r é s i s t a n c e magnétique
du fer aux différents d e g r é s de son a i m a n t a t i o n .
En m a i 1886, les d o c t e u r s J o h n et E d w a r d H o p k i n s o n c o m m u n i -

' Ces formules sont expliquées dans Elactrician, X V . 250, 14 août 1885. — [Leur
intérêt aujourd'hui purement h i s t o r i q u e nous dispense de les traduire en unités
C. G. S . ] ( N . d. T . )
2
Journal Soc. Telegraph. Engineers and Electricians, XV. 524-529, 11 n o v e m b r e
1886. • De la p r é d é t e r m i n a t i o n des caractéristiques des d y n a m o s travail d e
grande valeur a m o i n d r i p a r l ' e m p l o i d'unités mixtes.— Ceux qui désirent étudier ce
m o d e d e calcul sur des e x e m p l e s en trouveront quelques-uns dans un travail c o m -
m u n i q u é p a r le professeur Jamieson, en j a n v i e r 1889, à Y Institution of Engineers
and Shipbuilders in Scotland; v o i r Electrician, 1" mars 1889.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


170 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
1
q u è r e n t â la S o c i é t é R o y a l e de L o n d r e s une étude t r è s c o m p l è t e et très
é l é g a n t e du p r o b l è m e des c i r c u i t s m a g n é t i q u e s , dans le but d ' a r r i v e r à
une e x p r e s s i o n c o m m o d e et e x a c t e de la force é l e c t r o m o t r i c e des d y n a -
mos en f o n c t i o n du c o u r a n t m a g n é t i s a n t ; la p a r t i e la p l u s i m p o r t a n t e
de l e u r t r a v a i l tend à la c o n s t r u c t i o n de la c a r a c t é r i s t i q u e d'aimanta-
t i o n de la d y n a m o d ' a p r è s les lois o r d i n a i r e s du m a g n é t i s m e et les p r o -
p r i é t é s connues du fer. L e p r o c é d é r e s s e m b l e à p r e m i è r e v u e à c e l u i
a d o p t é par K a p p , m a i s il s'en d i s t i n g u e par un p o i n t i m p o r t a n t : ses
auteurs d é t e r m i n e n t en effet une c a r a c t é r i s t i q u e s é p a r é e p o u r la r e l a t i o n
entre la f o r c e m a g n é t i s a n t e et l ' i n d u c t i o n particulières à chaque por-
tion d i s t i n c t e du c i r c u i t m a g n é t i q u e .prise i s o l é m e n t ; ils somment
ensuite ces c o u r b e s i n d i v i d u e l l e s de m a n i è r e à o b t e n i r une caractéris-
tique résultante finale. Ils o p è r e n t ainsi d'abord dans l'hypothèse
qu'il n'y a aucune dérivation magnétique et en admettant encore
d'autres h y p o t h è s e s , d a n s un but de s i m p l i f i c a t i o n . A p r è s a v o i r obtenu
de la sorte une p r e m i è r e a p p r o x i m a t i o n , ils c o m p a r e n t l e résultat a v e c
les d o n n é e s r é e l l e s de l ' e x p é r i e n c e , ce q u i l e u r f o u r n i t le m o y e n d'esti-
m e r les c o r r e c t i o n s à i n t r o d u i r e , et, la v a l e u r des coefficients d e cor-
r e c t i o n é t a n t ainsi c o n n u e , la t h é o r i e se t r o u v e p o r t é e à un d e g r é plus
avancé d'approximation.

Dans l ' é t u d e des f o r m u l e s d ' H o p k i n s o n , nous n ' e m p l o i e r o n s pas l e u r


n o t a t i o n , m a i s b i e n c e l l e qui est u n i f o r m é m e n t a d o p t é e d a n s cet o u v r a g e
(voir p. 202).
Soit «f-le flux m a g n é t i q u e t o t a l à travers l'induit, c'est-à-dire le
nombre t o t a l de l i g n e s de f o r c e m a g n é t i q u e qui p é n è t r e n t l e noyau
d ' i n d u i t p a r u n côté et en s o r t e n t p a r l ' a u t r e . A d m e t t o n s , p o u r simpli-
fier, qu'il n'y ait ni d é r i v a t i o n ni d é p e r d i t i o n de l i g n e s m a g n é t i q u e s .
R a p p e l o n s ensuite q u e la force m a g n é t o m o t r i c e ( o u i n t é g r a l e des forces
a
magnétisantes a g i s s a n t le l o n g du c i r c u i t ) est é g a l e à—-^j— , N, é t a n t
le n o m b r e de s p i r e s de fil et i le n o m b r e d ' a m p è r e s ; et, en o u t r e , q u e la ré-
sistance m a g n é t i q u e d'un c o n d u c t e u r m a g n é t i q u e q u e l c o n q u e est p r o p o r -
t i o n n e l l e à sa l o n g u e u r et i n v e r s e m e n t p r o p o r t i o n n e l l e à sa s e c t i o n ainsi

1
Phil. Trans., pari. I . 331, 1886, . D y n a m o - E l e c t r i c Machinery •>. Cet important
travail est r e p r o d u i t in extenso, mais sans les planches, dans YElectrical Review,
X V I I I . 471, 12 n o v e m b r e 1886, et n u m é r o s suivants. V o i r aussi Electrician, X V I I I . 39,
63, 86 et 175, dans les n™ des 19 et 26 n o v e m b r e , 3 et 31 d é c e m b r e 1886, où les
figures des planches sont insérées dans le t e x t e .
* V o i r M a x w e l l , Electriciiy and Magnedsm., I I . art. 499 ; ou S. P. T h o m p s o n , Ele-
menlary Lessons on Electriciiy and Magnetism (édition d e 1887), p . 291-296. Voir
é g a l e m e n t p . 121 de cet o u v r a g e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNETIQUE 171

q u ' à s a p e r m é a b i l i t é . S u p p o s o n s a l o r s , c o m m e l ' i n d i q u e la l i g u r e 103, q u e


le c i r c u i t m a g n é t i q u e ne c o m p o r t e que trois p a r t i e s : un n o y a u d'induit
en fer, les d e u x e n t r e f e r s directs et le fer des i n d u c t e u r s . Des l o r s , l e
n o y ^ u d e f e r d e l ' i n d u i t , dans l e q u e l la trajectoire m o y e n n e d u f l u x d e f o r c e
a p o u r l o n g u e u r l,, et d o n t la section
m o y e n n e est S it et la p e r m é a b i l i t é u^,

aura p o u r résistance m a g n é t i q u e ——-.


•De m ê m e p o u r les d e u x e n t r e f e r s , si l ' o n
a p p e l l e l la l o n g u e u r de la t r a j e c t o i r e
3

dans chacun d'eux, de fer à fer, S* la sur-


face de l'une des faces p o l a i r e s , et [i la s

p e r m é a b i l i t é de la m a t i è r e qui r e m p l i t
les entrefers, la résistance magné-
tique q u ' i l s p r é s e n t e n t tous d e u x au

flux m a g n é t i q u e sera 2 — ; ou, si

l'on se r a p p e l l e q u e , p o u r l'air, l e cui-


v r e et toutes l e s substances n o n - m a g n é -
tiques ordinaires, ¡ 1 = 1 , plus s i m p l e - F i g . 103. — Circuit m a g n é t i q u e
k t h é o r i q u e d'une d y n a m o .

ment 2 . De m ê m e e n c o r e p o u r le
fer des i n d u c t e u r s , si l3 est l a l o n g u e u r de la t r a j e c t o i r e à t r a v e r s l e
fer, de p ô l e à pôle, £3 sa s e c t i o n transversale ( s u p p o s é e é g a l e dans
toute l e u r l o n g u e u r ) , et n sa p e r m é a b i l i t é , sa résistance m a g n é -
3

tique sera h E n a d d i t i o n n a n t ces t r o i s résistances, o n t r o u v e p o u r


¡13 S 3
v a l e u r de l a résistance t o t a l e du circuit m a g n é t i q u e

\H <S Si u.3 S3
On p e u t i m m é d i a t e m e n t déduire de là c o m m e f o r m u l e a p p r o c h é e ,

force m a g n é t o m o t r i c e S
flux de force m a g n é t i q u e
résistance m a g n é t i q u e '

10
-+- 2 U-3 S3

En fait, M M . H o p k i n s o n o n t d o n n é à l e u r f o r m u l e un c a r a c t è r e un peu
plus g é n é r a l . E n p r e m i e r l i e u , au l i e u d ' a d d i t i o n n e r les résistances
magnétiques i n d i v i d u e l l e s , ils o n t c a l c u l é les forces magnétisantes
nécessaires dans les différentes p a r t i e s du c i r c u i t et les o n t ensuite
additionnées. En s e c o n d lieu , au l i e u d'introduire ¡1 p o u r les diffé-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


172 MACHINES DYNAMO-ÉLECTMQUES

férentes parties, ils se sont c o n t e n t é s de d i r e que l ' i n d u c t i o n m a g n é t i q u e


dans c h a q u e p a r t i e d e v a i t être une f o n c t i o n de l a force m a g n é t i s a n t e
agissant dans cette partie. Mais si un flux de force 4> passe à
t r a v e r s une s e c t i o n de £ c e n t i m è t r e s c a r r é s , 1' « i n d u c t i o n s p é c i f i q u e » ,

95, sera é g a l e à — . En c o n s é q u e n c e , o n peut é c r i r e p o u r l a force m a -


g n é t o m o t r i c e S a g i s s a n t dans la p a r t i e - a r m a t u r e du c i r c u i t m a g n é t i q u e
f ^—^ X h- Cette « f o n c t i o n » p e u t être é t u d i é e et r e p r é s e n t é e par
une courbe. En r é a l i t é les courbes magnétiques, telles que celles
d o n n é e s p a g e 129, ne sont autre chose q u e des courbes e x p r i m a n t la
r e l a t i o n entre les forces m a g n é t i s a n t e s e t la q u a n t i t é d e m a g n é t i s m e
/<I> \

i n d u i t p a r e l l e s . On aura une e x p r e s s i o n a n a l o g u e f ( ) X l 3 p o u r la
force m a g n é t o m o t r i c e q u i a g i t dans la p a r t i e - i n d u c t e u r du c i r c u i t ,
tandis q u e p o u r les entrefers la force m a g n é t o m o t r i c e sera s i m p l e m e n t
<p
-ç- X 2 l , p u i s q u e la f o n c t i o n p o u r l'air —• 1. Dès l o r s , si l ' o n c o n n a î t
"t 2

les g r a n d e u r s des f o r c e s m a g n é t i s a n t e s n é c e s s a i r e s p o u r p r o d u i r e ces


i n d u c t i o n s m a g n é t i q u e s dans chacune des p a r t i e s d u circuit p r i s e i n d i -
v i d u e l l e m e n t , il est é v i d e n t q u ' o n o b t i e n d r a la force m a g n é t i s a n t e t o t a l e
ou i n t é g r a l e en q u e s t i o n en les a d d i t i o n n a n t , ce qui d o n n e

ht
{sJ-*-* >s,+l l t
> {sJ =--¡0-·
Ce m o d e de p r o c é d e r p r é s e n t e trois a v a n t a g e s : ( 1 ) l ' e m p l o i d'une
f o n c t i o n d o n t o n t r o u v e la v a l e u r à l ' a i d e d'une c o u r b e ou d'un tableau
d'observations (comme les d o n n é e s g r a p h i q u e s des figures 92, 93 et
95, ou numériques p. 1 4 0 ) , au lieu d'un simple s y m b o l e ¡1, r e n d
l ' e x p r e s s i o n plus g é n é r a l e ; ( 2 ) chacun des t e r m e s de l ' e x p r e s s i o n étant
différemment affecté par les d é r i v a t i o n s de l i g n e s m a g n é t i q u e s , il est
facile de f a i r e à l'un q u e l c o n q u e d'entre eux la c o r r e c t i o n v o u l u e ; ( 3 )
cette f o r m e ^ d ' e x p r e s s i o n est c o m m o d e , dans le cas d'une carcasse de
fer donnée, pour c a l c u l e r l e n o m b r e d'arnpères-tours nécessaires à
p r o d u i r e la q u a n t i t é v o u l u e d e m a g n é t i s m e . On a e n effet trois t e r m e s ,
d o n t l e p r e m i e r i n d i q u e c o m b i e n il faut d'ampères-tours d'excitation
p o u r f a i r e passer un flux de force <I> à t r a v e r s la r é s i s t a n c e du n o y a u
d ' i n d u i t ; le second, c o m b i e n il e n faut p o u r faire passer le m ê m e flux
•P à travers les e n t r e f e r s ; et le t r o i s i è m e , ce q u ' i l e n faut e n c o r e p o u r
faire traverser à ce m ê m e flux <I> les n o y a u x de fer des inducteurs.
Dans une d y n a m o b i e n é t u d i é e , le s e c o n d t e r m e est numériquement
le plus i m p o r t a n t des trois et il ne se c o m p l i q u e d ' a u c u n e q u e s t i o n de

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 173

s a t u r a t i o n , car dans l ' a i r l ' i n d u c t i o n m a g n é t i q u e est t o u j o u r s propor-


t i o n n e l l e à la f o r c e m a g n é t i q u e inductrice.
P o u r représenter g r a p h i q u e m e n t ce résultat (fig. 1 0 4 ) , on p r e n d pour
ordonnées les flux de f o r c e q u i passent dans l e c i r c u i t , et l ' o n porte
en abscisses les v a l e u r s c o r r e s p o n d a n t e s de la f o r c e m a g n é t o m o t r i c e
- u r
nécessaire —jjy~~~ P ° le s e c o n d t e r m e q u i s ' a p p l i q u e aux e n t r e f e r s ,
la r e l a t i o n sera simplement représentée p a r une d r o i t e i n c l i n é e t e l l e
q u e 0 B . P a r e x e m p l e , le flux m a g n é t i q u e <!· q u i d o i t f r a n c h i r l'entre-
fer q u i s é p a r e l ' i n d u i t et les i n d u c t e u r s étant r e p r é s e n t é à l ' é c h e l l e p a r
la l o n g u e u r O N , la v a l e u r c o r r e s p o n d a n t e de 2 h -s- . q u i est l a p a r t i e

F i g . 104.
Magnetomotive Force = F o r c e m a g n é t o m o t r i c e .
Magnetic Flux = Flux m a g n é t i q u e .

afférente de l a force m a g n é t o m o t r i c e , étant p o r t é e en Ox 1 sur l ' é c h e l l e


horizontale, donnera b pour un des points de la l i g n e . On pourra
o p é r e r de m ê m e p o u r r e p r é s e n t e r le p r e m i e r t e r m e p a r l a c o u r b e A ; si,
en effet, o n c o n n a î t , p a r des e x p é r i e n c e s faites sur un fer de m ê m e
nature q u e c e l u i e m p l o y é d a n s le n o y a u d'induit, les v a l e u r s de la f o n c -
t i o n f ( o u , ce q u i r e v i e n t au m ê m e , les d i v e r s e s v a l e u r s correspondantes

de [ij, o n p o u r r a c a l c u l e r la v a l e u r de la q u a n t i t é f et la por-

ter en Ox , t ce q u i d o n n e r a a c o m m e un des p o i n t s de c e t t e c o u r b e . On
c a l c u l e r a é g a l e m e n t a i n s i , p o i n t p a r p o i n t , la c o u r b e C p o u r le t r o i s i è m e
t e r m e , à l ' a i d e des r é s u l t a t s f o u r n i s p a r des e x p é r i e n c e s sur un fer
i d e n t i q u e à celui e m p l o y é dans les i n d u c t e u r s . On p o u r r a a l o r s , a v e c

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


174 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

ces t r o i s c o u r b e s A , B , et C q u i r e p r é s e n t e n t les d i v e r s e s v a l e u r s des


trois t e r m e s du p r e m i e r m e m b r e de l ' é q u a t i o n , o b t e n i r i m m é d i a t e m e n t
la c o u r b e r é s u l t a n t e q u i est c a r a c t é r i s t i q u e du c i r c u i t m a g n é t i q u e t o t a l
d e la d y n a m o . Eu effet, si l ' o n m è n e au p o i n t N une p a r a l l è l e à l ' a x e
des x, o n sait q u e les trois l o n g u e u r s c h e v a u c h a n t e s N a , N ô , N e (res-
p e c t i v e m e n t é g a l e s aux trois l o n g u e u r s 0x , t 0x ,
} 0x )
2 représentent les
trois p a r t i e s d i s t i n c t e s correspondantes de la force m a g n é t o m o t r i c e .
E n a d d i t i o n n a n t ces t r o i s l o n g u e u r s , o n o b t i e n t Ox ou Nr p o u r la force
m a g n é t o m o t r i c e t o t a l e ; le p o i n t r ainsi d o n n é a p p a r t i e n t à la courbe
r é s u l t a n t e . O n l a c o m p l é t e r a e n c h e r c h a n t d'autres p o i n t s de la m ê m e
m a n i è r e et faisant passer la c o u r b e 0 R p a r ces p o i n t s . — A p r è s a v o i r
ainsi c o n s t r u i t ' une c o u r b e c a r a c t é r i s t i q u e de l ' i n d u c t i o n , M M . H o p -
k i n s o n s'occupèrent de la c o r r i g e r en c o n s i d é r a n t l e s d é r i v a t i o n s . I l s
o n t t r o u v é q u e , dans la m a c h i n e e x p é r i m e n t é e p a r eux ( u n e d y n a m o
Edison-Hopkinsonj, il n e p é n é t r a i t g u è r e r é e l l e m e n t dans le noyau
d'induit q u e les t r o i s quarts du c h a m p c r é é o u du flux t r a v e r s a n t les
inducteurs ; le reste se d é r i v a i t l a t é r a l e m e n t soit entre les pièces
polaires, à travers l ' a i r ou le s o c l e , soit v e r s le s o m m e t e n r e v e n a n t
des p i è c e s p o l a i r e s à la culasse. L ' e x p é r i e n c e l e u r a d o n n é 1,32 c o m m e
rapport du flux m a g n é t i q u e e n un p o i n t situé à la d e m i - h a u t e u r des
n o y a u x de fer v e r t i c a u x au flux t r a v e r s a n t l ' a r m a t u r e . C'est-à-dire q u e ,
d a n s ce t y p e p a r t i c u l i e r de m a c h i n e , p o u r f a i r e passer un flux de
100 unités à travers le noyau d'induit, il fallait en p r o d u i r e un de
132 unités dans l e s n o y a u x i n d u c t e u r s , e t , p a r suite, d é v e l o p p e r u n e
f o r c e m a g n é t o m o t r i c e s u p é r i e u r e c o r r e s p o n d a n t e . D é s i g n o n s ce r a p p o r t
l
par l e s y m b o l e v . L a d y n a m o p a r t i c u l i è r e c o n s i d é r é e c o m p o r t a i t à la
p a r t i e s u p é r i e u r e une culasse à t r a v e r s l a q u e l l e l a l o n g u e u r ( c o u r b e ) de
trajectoire é t a i t lit et d o n t la section droite était S. t Elle possédait
é g a l e m e n t des p i è c e s p o l a i r e s m a s s i v e s p o u r l e s q u e l l e s l e s g r a n d e u r s
corrélatives de c e l l e s é t u d i é e s p r é c é d e m m e n t é t a i e n t l s e t S^. L'intro-
d u c t i o n de ces facteurs a d d i t i o n n e l s d a n s l ' é q u a t i o n d o n n e

< œ - '· < de) - * ' ©


" On a m a i n t e n a n t à c a l c u l e r c i n q t e r m e s q u i d o n n e r o n t c i n q c o u r b e s .
D ' a i l l e u r s , ia c o u r b e d ' a i m a n t a t i o n est, c o m m e o n sait, d i f f é r e n t e p o u r

1
Ce s y m b o l e est c o n n u sous le n o m de Coefficient « v » d ' H o p k i n s o n . I l peut ê t r e
d é t e r m i n é e x p é r i m e n t a l e m e n t , ou calculé c o m m e on le v e r r a ci-après.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNETIQUE 173

des forces m a g n é t i s a n t e s d e s c e n d a n t e s d e ce q u ' e l l e est p o u r des forces


m a g n é t i s a n t e s a s c e n d a n t e s . L a figure 105, r e l e v é e dans l e m é m o i r e d e
MM. H o p k i n s o n , i n d i q u e les cinq c o u r b e s q u ' i l s o n t o b t e n u e s pour des
a i m a n t a t i o n s croissantes et d é c r o i s s a n t e s . P a r m i e l l e s , A se r a p p o r t e à

Y ^
/ S
I 's
I */
I *'/
! 'i •
i '! ^ ^ ^ ^

•'/ S/
Il ' S

V
• s"
/ »

/
//
/y
/ /

5000 I
O 0
Q O 1
S C0
Q 20000

AMPERE-TURNS

F i g . 105.
Millions of Magnetic Lines = Millions d'unrtés d e f l u x m a g n é t i q u e .
Ampere- Turns — A m p è r e s - t o u r s .

l ' i n d u i t , R aux d e u x e n t r e f e r s , C aux n o y a u x d ' i n d u c t e u r s , G à la c u l a s s e ,


et H aux deux p i è c e s p o l a i r e s . L e s c o u r b e s r é s u l t a n t e s , a s c e n d a n t e et d e s -
c e n d a n t e , y sont é g a l e m e n t tracées. E l l e s c o ï n c i d e n t d'une m a n i è r e r e m a r -
quable avec l e s c r o i x et les p o i n t s r e l e v é s d'après l ' e x p é r i e n c e m ê m e .
L e s courbes p o n c t u é e s et les c r o i x e n t o u r é e s d'un c e r c l e se r é f è r e n t à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


176 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

l ' a i m a n t a t i o n d é c r o i s s a n t e . L e l e c t e u r fera b i e n d e c o n s u l t e r le m é m o i r e
o r i g i n a l q u i , m a l g r é sa b r i è v e t é , est r e m p l i de c o n s i d é r a t i o n s i m p o r -
t a n t e s et d o n n e des a p p l i c a t i o n s de c e t t e m é t h o d e à d e u x d y n a m o s d e
différents t y p e s .
Les courbes d'induction ( f i g . 95 et 96 , p . 141 et 1 4 2 ) é t a n t i d e n -
tiques à celles e m p l o y é e s par MM. H o p k i n s o n p o u r r o n t servir à cet
<I>
effet. L e s o r d o n n é e s r e p r é s e n t e n t les v a l e u r s d e — ; l e s abscisses
/* \
d o n n e n t en c o n s é q u e n c e les v a l e u r s c o r r e s p o n d a n t e s d e f ou
A
, 1 /<t>\ \ /

, Exemple. — Dans la machine particulière étudiée par M M . Hopkinson, la


dynamo Edison-Hopkinson décrite plus loin ( p . 398 à 402), les constantes
étaient : l = : 13 centimètres; l = 1,5 centimètre ; l — 91,4 centi-
t 2 3

m è t r e s ; ^ = 49 centimètres; i = 1 8 centimètres ; S, = 8 1 0 centimètres carrés;


s

S sur le noyau = 1 400, sur la face polaire = 1 500 centimètres carrés, ou,
2

en tenant compte de la dispersion, 1 600 centimètres carrés environ; S = 3

980 centimètres carrés; S - 1135 centimètres carrés; S. — 1240 centimètres


t

carrés; v = 1,32; quand la machine fonctionnait à pleine c h a r g e , =


10 826 000 unités ; N = 3260 ; U = 16,93.
d

DÉRIVATIONS MAGNÉTIQUES

Dans toutes les d y n a m o s il y a une c e r t a i n e d é r i v a t i o n m a g n é t i q u e ,


c'est-à-dire q u e , d a n s toutes les d y n a m o s , q u e l q u e s - u n e s d e s l i g n e s m a -
g n é t i q u e s c r é é e s dans le c h a m p n e p a s s e n t pas à t r a v e r s l ' i n d u i t et se
dérivent l a t é r a l e m e n t , en constituant un champ perdu. [En d'autres
t e r m e s , l e flux à t r a v e r s l ' i n d u i t est i n f é r i e u r à c e l u i q u i passe d a n s l e s
i n d u c t e u r s . ] Dans c e r t a i n s cas plus de la m o i t i é d e ces l i g n e s est ainsi
p e r d u e e n d é r i v a t i o n s i n u t i l e s . L e r a p p o r t du c h a m p t o t a l au champ
utile est c o n n u sous le n o m « d e c o e f f i c i e n t de d é r i v a t i o n · ou » coeffi-
1
cient d'Hopkinson » ; on le désigne p a r u . Esson en a donné pour plu-
sieurs m a c h i n e s les v a l e u r s i n d i q u é e s au t a b l e a u c i - c o n t r e .
On c o m p r e n d r a m i e u x l a n a t u r e de la d é r i v a t i o n en se rappelant
q u e l ' a i r est r é e l l e m e n t un conducteur magnétique, quoique moins
p e r m é a b l e q u e le f e r . On p e u t e x p l o r e r le c h a m p p e r d u a u t o u r d ' u n e
d y n a m o à l ' a i d e d ' u n e b o u s s o l e p r o m e n é e dans s o n v o i s i n a g e ; e t s o n
i n t e n s i t é en d i v e r s p o i n t s p e u t ê t r e é v a l u é e au m o y e n d ' u n e b o b i n e d'ex*

1
Journal Inst. Electrical Engineers, XIX. 122, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 177

COEFFICIENT V DANS DIFFÉRENTES DYNAMOS

NOM VALEUR
SYSTÈME INDUCTEUR INDUIT OBSERVATIONS
de la machine de v

Edison-Hop- Electro-aimant sim- Tambour. Pôles v o i s i n s du s o c l e . 1,32


kinson. ple, 2 p ô l e s .
Siemens. Id. Id. Culasse v o i s i n e du
socle. 1,30
« Phénix » . Id. Anneau long. Id. 1,32

« P h é n i x » . Electro-aimant dou- Id. Horizontale. 1,40


ble, 2 p ô l e s .
« Manchester » . Id. Id. Bâti et un des pôles v e -
nus e n s e m b l e de fonte. 1,49
« V i c t o r i a » . Electro-aimant dou- A n n e a u court. Type ordinaire. 1, 40
ble, 4 p ô l e s .
Ferranti. Electro-aimant dou- Disque sans T y p e o r d i n a i r e (à cou-
ble, m u l t i p o l a i r e . noyau. rants alternatifs). 2,00

p l o r a t i o n r e l i é e à un galvanomètre c o n v e n a b l e . L a figure 106 repré-


sente la d i r e c t i o n g é n é r a l e des l i g n e s m a g n é t i q u e s q u i se d é r i v e n t d'une
machine Edison-Hopkinson. On r e m a r q u e r a q u e la d é r i v a t i o n n'a pas

F i g . 106. — Champ perdu d'une d y n a m o E d i s o n - H o p k i n s o n .

lieu s e u l e m e n t de p ô l e à p ô l e . I l y a t e n d a n c e à d é r i v a t i o n e n t r e deux
points q u e l c o n q u e s du système m a g n é t i q u e entre lesquels existe une
différence de p o t e n t i e l m a g n é t i q u e . A i n s i , des l i g n e s de force t e n d r o n t
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 12

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


178 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

à dévier en remontant des p i è c e s p o l a i r e s à la culasse. L e s o c l e de


f o n t e é t a n t v o i s i n des d e u x p ô l e s (où la d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l m a g n é -
t i q u e est l e plus é l e v é e ) p r o v o q u e une d é r i v a t i o n à t r a v e r s sa p r o p r e
s u b s t a n c e , b i e n q u e la m a c h i n e p r o p r e m e n t d i t e en soit m a g n é t i q u e -
m e n t i s o l é e p a r une p l a q u e de z i n c .
1
Garl I l e r i n g a e x p é r i m e n t é un g r a n d n o m b r e de m a c h i n e s au p o i n t
de v u e de leur d é r i v a t i o n m a g n é t i q u e , dont il a é g a l e m e n t d o n n é des
reproductions graphiques. L e c h a m p perdu de la m a c h i n e à arc de
T h o m s o n - H o u s t o n ( f i g . 307) a présenté un cas e x t r a o r d i n a i r e . L e l e c -
t e u r p e u t aussi se r e p o r t e r à un certain nombre d'expériences faites
2 3
par C a r h a r t et à d'autres dues à. T r o t t e r .
Il est é v i d e n t q u e l e coefficient de d é r i v a t i o n ne s a u r a i t être c o n s -
tant dans une m a c h i n e d o n n é e ; son i m p o r t a n c e d é p e n d en effet de la
c o n d u c t i b i l i t é m a g n é t i q u e r e l a t i v e de la t r a j e c t o i r e à t r a v e r s le n o y a u
d ' i n d u i t et des trajectoires e x t é r i e u r e s de d é r i v a t i o n . De plus la p e r -
m é a b i l i t é d e l ' a i r est c o n s t a n t e , t a n d i s que c e l l e du fer d é c r o î t au fur
et à m e s u r e q u e le d e g r é de s a t u r a t i o n du m é t a l a u g m e n t e ; de sorte
que la d é r i v a t i o n a u g m e n t e avec l'excitation. De m ê m e , lorsqu'on
d e m a n d e à l ' i n d u i t un g r a n d d é b i t , la r é a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e du c o u -
r a n t d ' i n d u i t p r o v o q u e d i r e c t e m e n t des d é r i v a t i o n s , en ce q u ' e l l e déter-
m i n e une f o r c e m a g n é l o m o t r i c e c o n t r a i r e sur la t r a j e c t o i r e d i r e c t e des
l i g n e s de f o r c e . D ' a i l l e u r s , du m o m e n t que la d é r i v a t i o n n ' e s t pas con-
finée aux e x t r é m i t é s p o l a i r e s r é e l l e s , m a i s se m a n i f e s t e p l u s ou m o i n s
t o u t a u t o u r d'un a i m a n t , i l est c l a i r q u e ce q u ' o n d é s i g n e sous le n o m
de c o e f f i c i e n t de d é r i v a t i o n n'est g u è r e q u ' u n chiffre m o y e n .
On p e u t d é t e r m i n e r e x p é r i m e n t a l e m e n t l a v a l e u r r é e l l e du c o e f f i c i e n t
de d é r i v a t i o n dans les d i v e r s e s p a r t i e s d'une machine. Les docteurs
1
J. et E . H o p k i n s o n l ' o n t fait p o u r une d y n a m o « M a n c h e s t e r » , en e m -
p l o y a n t des b o b i n e s d ' e x p l o r a t i o n d i s p o s é e s a u t o u r des i n d u c t e u r s de
la d y n a m o en différents p o i n t s . On d é t e r m i n a i t le ilux de force ainsi e m -
brassé en r o m p a n t b r u s q u e m e n t le courant d'excitation et n o t a n t le
courant d'induction r é s u l t a n t sur un galvanomètre convenable. Lah-
5
meyer a poussé e n c o r e plus l o i n l ' i n v e s t i g a t i o n sur une d y n a m o « b l i n -
d é e > ou « cuirassée » ( f i g . '107). Il e m p l o y a à c e t effet six bobines
d'exploration distinctes, ayant chacune le m ê m e n o m b r e de spires.

1
Electrical Review, X X [ . 186 et 20;), 1887.
* Electrical Review, X X V . 286 ; et Electrician, X X I I I . 644, 1889.
* Journal Inst. Electrical Enyineers, XIX. 243, 1890.
* V o i r leur M é m o i r e dans l e s Ph.il. Truns., pt. I . p . 331, 1886; eL dans Electrician,
X V I I I . 39, 63, 86 et 175, n o v e m b r e et d é c e m b r e 1886.
" Eleklrolechnische Zeitschvift, I X . 283, 1887.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 179

Celle qui entourait l'induit, e n v e l o p p a n t ainsi l e c h a m p magnétique


u t i l e , est d é s i g n é e p a r la l e t t r e A ; les a u t r e s sont n u m é r o t é e s de 1 à S.
Les déviations obtenues sont i n d i q u é e s d a n s l a c o l o n n e I I du t a b l e a u
ci-dessous. L a b o b i n e 3 p r é s e n t a le flux m a x i m u m . Ce n o m b r e étant
r e p r é s e n t é par 100, les d é r i v a t i o n s sont i n d i q u é e s p a r r a p p o r t à 100

F i g . 107. — E x p l o r a t i o n des d é r i v a t i o n s m a g n é t i q u e s d'une d y n a m o .

dans la c o l o n n e I I I . L a c o l o n n e I V d o n n e la v a l e u r des différents flux^


celui qui passe p a r A étant p r i s c o m m e t e r m e de c o m p a r a i s o n é g a l à
100 ; et la c o l o n n e V , les v a l e u r s de v aux d i v e r s p o i n t s e x p l o r é s . O n v o i t

I II III IV V

A 780 10,9 100 1,00

1 788,5 9,9 101 1,01

2 861 1,7 110 1,10

3 876 0,0 112 1,12

4 850 2,9 109 1,09

5 749 14,5 96 0,96

clairement q u e les p a r t i e s formant culasse é t a i e n t d'une épaisseur


insuffisante.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


180 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Dans l e cas de l a machine Edison-IIopkinson étudiée par eux,


MM. Hopkinson donnent v = 1,32, ce r a p p o r t étant celui observé
entre l e s d é v i a t i o n s au g a l v a n o m è t r e q u a n d la b o b i n e d'exploration
était placée à demi-hauteur des b r a n c h e s des i n d u c t e u r s et a u t o u r de
l'induit. Ce n o m b r e est sans aucun d o u t e trop faible. Si l a bobine
d ' e x p l o r a t i o n a v a i t été p l a c é e plus h a u t , et si l ' i n d u i t a v a i t été e x c i t é
de manière à e x e r c e r une action démagnétisante, l e coefficient de
d é r i v a t i o n eût été t r o u v é au m o i n s é g a l à 1,4.

C A L C C L D E S D É R I V A T I O N S

I l est p o s s i b l e de d é t e r m i n e r d ' a v a n c e , d ' a p r è s l e s dessins d ' e x é c u -


t i o n d'une d y n a m o , a v a n t sa c o n s t r u c t i o n , l ' i m p o r t a n c e p r o b a b l e des
d é r i v a t i o n s de ce g e n r e . Ces calculs sont b a s é s sur ce p r i n c i p e q u e , si
un circuit offre au flux magnétique plusieurs p a s s a g e s , celui-ci se
p a r t a g e r a entre e u x d a n s l e r a p p o r t de la f a c i l i t é r e l a t i v e q u ' i l s p r é s e n -
t e r o n t à son é c o u l e m e n t , e x a c t e m e n t c o m m e un c o u r a n t é l e c t r i q u e se
p a r t a g e s u i v a n t la c o n d u c t i b i l i t é des v o i e s qui s ' o u v r e n t à l u i . En f a i t ,
on a reconnu que la l o i des circuits dérivés s'applique aux lignes
magnétiques. Le lecteur peut consulter les recherches d ' A y r t o n et
1
Ferry sur ce sujet. I l en résulte que, sur le p a r c o u r s d'un circuit
2
ramifié, la p e r m é a b i l i t é conjuguée (ou conductibilité magnétique
r é d u i t e ) sera la s o m m e des p e r m é a b i l i t é s des d i v e r s b r a n c h e m e n t s . En
c o n s é q u e n c e , si l ' o n c o n n a î t les p e r m é a b i l i t é s i n d i v i d u e l l e s de chacun
des p a s s a g e s offerts aux flux u t i l e et p e r d u d'une d y n a m o , o n pourra
c a l c u l e r le coefficient de d é r i v a t i o n u q u ' o n d o i t r é s e r v e r c o m m e m a r g e ,
ce c o e f f i c i e n t é t a n t le r a p p o r t du flux total au flux u t i l e . S o i e n t "f,, le
flux u t i l e , «tj, l e flux p e r d u , et e t <f les p conductibilités correspon-
dantes ; o n a
-4- <I>p tf„ - + - (fp
J
V = - = - .

Mais c h a c u n des t e r m e s ' cp et <p du second m e m b r e de c e t t e


u p expres-
s i o n est une q u a n t i t é c o m p l e x e , et l a f o r m u l e plus c o m p l è t e est

fn'-t- fa"-t- 9u"' -+- '• + ?'?-+- ?"p + f"'v ^

Çtt' -+- <fu" "+- Ça'" -I-

1
• Journal Soc. Telegraph Engineers and Electricians, 1886, p . 530.
* Afin de les d i s t i n g u e r des t e r m e s c o r r e s p o n d a n t s , relatifs au circuit é l e c t r i q u e ,
les A n g l a i s ont a d o p t é c e u x d e « reluctance » et de « c o n d u c t a n c e » ou « p e r m e a n c e »
p o u r d e s i g n e r la résistance et la c o n d u c t i b i l i t é m a g n é t i q u e s . — [Ces e x p r e s s i o n s n e
sont pas e n c o r e e n t r é e s dans n o t r e l a n g a g e s c i e n t i f i q u e . ]

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNETIQUE 181

P o u r d é t e r m i n e r l e s c o n d u c t i b i l i t é s ou p e r m é a b i l i t é s r e s p e c t i v e s des
différentes v o i e s offertes à la d é r i v a t i o n c o n s i d é r é e , il faut r e c o u r i r à
quelques r è g l e s ou l e m m e s utiles, o r i g i n a i r e m e n t dus au professeur
1
Forbes et q u i c o n s i s t e n t en certaines intégrations approchées, ci-
dessous f o r m u l é e s .

Règle I. — Conductibilité entre deux surfaces parallèles opposées.


— S u p p o s o n s ( f l g . 108) q u e les l i g n e s de force soient des droites
u n i f o r m é m e n t r é p a r t i e s d'une surface à l ' a u t r e ; on a

Conductibilité = surface m o y e n n e (en c e n t i m è t r e s c a r r é s ) : d i s t a n c e


entre elles (en centimètres);
1
S,
Conductibilité =
d
Règle II. — Conductibilité entre deux surfaces rectangulaires adja-
centes situées dans un même plan. — E n a d m e t t a n t ( f i g . 109) q u e

F i g . 108.

. les l i g n e s de d é r i v a t i o n sont des d e m i - c e r c l e s et q u e l ' o n d o n n e les


distances d t et d t e n t r e les b o r d s des surfaces les plus v o i s i n s et les
plus é l o i g n é s , ainsi que l a p r o f o n d e u r a entre les b o r d s p a r a l l è l e s con-
sidérés,

Conductibilité =—loe.-r.

Règle III. —Conductibilité entre deux surfaces égales, parallèles et


rectangulaires, situées dans un même plan à une certaine distance
l'une de l'autre. — S u p p o s o n s ( f i g . 110) q u e les l i g n e s de d é r i v a t i o n
soient des q u a d r a n t s r e l i é s par des l i g n e s d r o i t e s ,

1t (rfj —
Conductibilité = — log e 11 - \ - •
d,
1
Journal Soc. Telegr. Engineers, XV. 551, 1886.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


182 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Règle IV. — Conductibilité entre deux surfaces égales, à angles


ck'oits l'une par rapport à l'autre. —

Conductibilité = le d o u b l e des v a l e u r s r e s p e c t i v e s c a l c u l é e s d ' a p r è s


la r è g l e I I .

Fig. 110.

M . R a v e n s h a w s'est s e r v i de ces r è g l e s et les a d é v e l o p p é e s p o u r c a l -


c u l e r des d y n a m o s p o u r M M . W . T . G o o l d e n and C ° . En les a p p l i q u a n t
à l a p r é d é l e r m i n a t i o n des d é r i v a t i o n s par les p o u l i e s , les supports de
p a l i e r s et les a r b r e s , il est a r r i v é à p r é v o i r , à 2 p . 100 p r è s , les
q u a l i t é s d'une m a c h i n e d ' a p r è s les dessins d ' e x é c u t i o n .

1
E x e m p l e d e c a l c u l s d e d é r i v a t i o n m a g n é t i q u e

On v e u t d é t e r m i n e r à priori le coefficient de d é r i v a t i o n de la m a c h i n e
E d i s o n - H o p k i n s o n r e p r é s e n t é e par les figures 362 à 364 et d o n t les
constantes de c o n s t r u c t i o n et dimensions sont données aux Cha-
pitres X V I et XVIII. C'est la machine dont le champ perdu est
r e p r é s e n t é dans la f i g u r e J06, p a g e 177.
L a p r e m i è r e chose à faire est de d é t e r m i n e r les é l é m e n t s de la c o n -
d u c t i b i l i t é au flux utile ç , puis ceux q u i c o n s t i t u e n t l a c o n d u c t i b i l i t é
u

au flux p e r d u cp . A p r è s les a v o i r o b t e n u s , o n calculera v. M a i s , c o m m e


p

la c o n d u c t i b i l i t é au flux u t i l e d é p e n d de c e l l e du n o y a u de fer de l ' i n -


duit q u i v a r i e a v e c le d e g r é de saturation, il sera n é c e s s a i r e de calcu-
ler les v a l e u r s de tp„ c o r r e s p o n d a n t à d i v e r s états d ' a i m a n t a t i o n .
Or l e s é l é m e n t s de <p„ sont au nombre de c i n q ( f i g . 1 1 1 , où les
chiffres 1 à 5 c o r r e s p o n d e n t r e s p e c t i v e m e n t aux quantités ip„ à m* c i -

1
L ' e m p l o i d e s m e s u r e s anglaises dans l ' o u v r a g e o r i g i n a l , j o i n t aux regrettables
différences de cotes q u e p r é s e n t e n t tant c e t e x e m p l e m ê m e que l e s autres p a r t i e s
du l i v r e où elles S D n t d i s s é m i n é e s , le travail p r i m i t i f de F o r b e s e t l e s d i v e r s traités
où se t r o u v e n t i n d i q u é s ces c a l c u l s , les a r e n d u s très l a b o r i e u x . Sans n o u s en e x a -
gérer l ' i m p o r t a n c e c o m m e e x a c t i t u d e p r a t i q u e , nous avons c h e r c h é , en en r é t a b l i s -
sant l ' u n i t é , à les d o n n e r e x a c t e m e n t en m e s u r e s C . t ï . S. ( N . du T . )

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 183

après) et d o i v e n t être évalués séparément. On y procédera de la


manière suivante :

Fig. 111.

C o n d u c t i b i l i t é 'f„ au F l u x u t i l e .

!p'„ Conductibilité d'un entrefer direct.

A p p l i c a t i o n de la r è g l e I .
1
<p'. = -g— ( r a y o n du n o y a u de l'induit -+- r a y o n de la c a v i t é p o l a i r e )
., a a n g l e s o u s - t e n d a n t l a cavité p o l a i r e „ ,
X 2 x X = y- — X p r o f o n d e u r de l a

pièce p o l a i r e p a r a l l è l e m e n t à l ' a x e : distance du n o y a u d'induit à la


face p o l a i r e ( o u entrefer d i r e c t ) ; ou

«?.' = | (12,23 -+- 1 3 , 7 3 ) . 2*. | | ) . 48,3 : 1,5 ;

d'où
<?.' = 942.

tfu" Conductibilité de l'induit à l'inducteur


au-dessous des pôles (entrefer indirect inférieur) (fig. 112).
On suppose p l a n e l a surface i n f é r i e u r e du n o y a u et o n a p p l i q u e l a
r è g l e I I , en a d m e t t a n t q u e l ' a c t i o n s'exerce entre d e u x portions de
surfaces situées de p a r t et d'autre de l ' e x t r é m i t é du b e c p o l a i r e , sur
une l a r g e u r é g a l e à l a m o i t i é de l ' i n t e r v a l l e qui sépare les d e u x becs
p o l a i r e s , et à une distance l'une de l'autre é g a l e à 2,5 c e n t i m è t r e s .

48.3 , 12,7
^ „ = _ _ _ . l 0 g e _ ,

= 15,374 X 1 , 6 4 5 ;

d'où

25.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


184 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

9™ Conductibilité de l'induit aux branches de


u

l'inducteur au-dessus des pôles (entrefer indirect supérieur) (fig. 113).


O n la p r e n d c o m m e d e u x fois é g a l e à ç"„, l a t r a j e c t o i r e des l i g n e s
de force é t a n t l a m o i t i é de l a p r é c é d e n t e :

? "'„ = 2 " =
? u 50.

9" Conductibilité latérale entre les faces verticales


d'une pièce polaire et du noyau d'induit (fig. 114).

On a p p l i q u e l a r è g l e II e n a d m e t t a n t que ces deux faces ( f i g . 114)


agissent c o m m e d e u x r e c t a n g l e s de 25,4 c e n t i m è t r e s de l o n g et de
8,4 c e n t i m è t r e s de l a r g e , distants l'un de l'autre de 1,5 centimètre
(fig. 1 1 5 ) .
25,4 18,3
]Q
*"= -1T- z° I X '

8,085 X 2,50;

<pï = 20.

9"" Conductibilité à travers le noyau de l'induit.


S u p p o s o n s q u e l a l o n g u e u r de la t r a j e c t o i r e , d'un c ô t é à l ' a u t r e du
n o y a u d'induit, s o i t de 13 c e n t i m è t r e s , arc m o y e n entre la circonfé-
r e n c e e x t é r i e u r e du n o y a u et c e l l e du t r o u c e n t r a l . I I est n é c e s s a i r e d e
faire trois c a l c u l s , dans l'hypothèse de t r o i s d e g r é s différents d'ai-
mantation du n o y a u . L ' e x p r e s s i o n sera l ' i n v e r s e de c e l l e t r o u v é e au
C h a p i t r e X Y I p o u r la résistance m a g n é t i q u e .
[a] N o y a u n o n saturé : h y p o t h è s e u. — 3 000.

810 X 3000
= — ~ Ï 3 '
= 186923 ( n o y a u l o i n de la s a t u r a t i o n ) .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE 185

[b] N o y a u saturé j u s q u ' à * = 1 0 826 000 unités C . G . S . , ou 3 5 = 1 3 3 6 5 ;


d'où, d'après le tableau I , p a g e 140, u. = 930. Cette v a l e u r c o r r e s p o n d
au d e g r é d ' e x c i t a t i o n de l a m a c h i n e f o n c t i o n n a n t à p l e i n e c h a r g e ( v o i r
p. 176).
810 X 930
?u — 1 3 ;

<fa = 57946 (à p l e i n e c h a r g e ) .

[ c ] N o y a u s a t u r é , c o m m e dans des m a c h i n e s plus r é c e n t e s , j u s q u ' à


35 = 17 050, d'où, d ' a p r è s l e t a b l e a u I , p a g e 140, u. = 160.

v 810X160
— 13 '

(fi = 9970 ( d a n s l e v o i s i n a g e de la s a t u r a t i o n ) .

cp„ Conductibilité utile nette.

R e v e n a n t m a i n t e n a n t à la figure 1 1 1 , o n v o i t que l e s c o n d u c t i b i l i t é s
cs'„, (f"=, e t ç'^ sont toutes en p a r a l l è l e les unes avec les autres e t
p e u v e n t être a d d i t i o n n é e s ; m a i s q u e <fl est en série a v e c l e u r s o m m e , d e '
c h a q u e c ô t é . L a c o n d u c t i b i l i t é nette sera en c o n s é q u e n c e :

2
= r é c i p r o q u e de
<?"u H- <?"'» ~+~ <f'u il) '

avec

¥'u -+- -+- <p"' -+- ? « =


u
v
942 -h 25 -I- 50 + 20 = 1037.

On p r e n d r a a l o r s s u c c e s s i v e m e n t les trois v a l e u r s t r o u v é e s p o u r (f* e t


on c a l c u l e r a les trois v a l e u r s c o r r e s p o n d a n t e s de (f„, ce qui d o n n e :
[a] ( N o y a u l o i n du p o i n t de s a t u r a t i o n ) . cp„ = 517
[b] ( N o y a u à p l e i n e c h a r g e ) <?u = 513,9
[ c ] ( N o y a u f o r t e m e n t saturé) <f =u 492,8.

On c a l c u l e r a ensuite la

Conductibilité = au F l u x perdu.
p

(?'„ Conductibilité par le socle (fig. 106, p . 177).


L e s deux p i è c e s p o l a i r e s é t a n t en t e n s i o n a v e c le s o c l e , elle sera é g a l e
à la m o i t i é de la c o n d u c t i b i l i t é entre une p i è c e p o l a i r e et la m o i t i é d e
la surface supérieure du socle, c e t t e c o n d u c t i b i l i t é étant calculée d'après

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


186 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUE S

l a r è g l e I et sur la s e c t i o n m i n i m u m de la p i è c e p o l a i r e q u i é t r a n g l e le
flux. Ou aura ainsi :
1 1
ç ' — — X -~- ( s e c t i o n m i n i m u m d'une p i è c e p o l a i r e -f- a i r e de la d e m i •
p

là Jt
surface s u p é r i e u r e du socle : l a r g e u r de l ' i n t e r v a l l e d'air q u i les s é p a r e ) .

1 (22,86 X 48,30) j (73,14 X 48,3) J[ i m ^ m ( .


? p= =
' T Î277 T ï¥77 '
? ' p = H 3 .

<p" Conductibilité entre les branches d'inducteurs (fig. 116).


p

E l l e se c o m p o s e de d e u x p a r t i e s , l ' u n e i n t é r i e u r e , l ' a u t r e e x t é r i e u r e ;
•on c a l c u l e r a s é p a r é m e n t c h a c u n e d ' e l l e s et o n les a d d i t i o n n e r a .

F i g . 116.
Int — Intérieur.

Partie intérieure. —• On la c a l c u l e d ' a p r è s la r è g l e I , m a i s e n ajou-


tant à la p r o f o n d e u r , e n a v a n t et en a r r i è r e , une l o n g u e u r égale au
r a y o n du plus p e t i t arc, e n r a i s o n de la c o u r b u r e d ' é p a n o u i s s e m e n t des
l i g n e s de f o r c e :
. ,. . t 1 (44,43 h- 1 6 - h 44,43) X 45,7
? (int.) =
P -j • jg ;

= 150.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNETIQUE 187

Partie extérieure, — On fait le calcul p o u r un des c ô t é s , d'après la


r è g l e I I , et l ' o n d o u b l e :
7
. . \ *3,7 , 60,17
ç' (ext.) = —
p log„ - j g - X 2 ;

= 38,6.

En a d d i t i o n n a n t les deux chiffres obtenus p o u r l ' i n t é r i e u r et l ' e x t é -


rieur, o n a
<P" =
P 150 -+- 38,6 = 188,6.

Conductibilité par les faces verticales des pièces polaires.


On les traite ( c o n f o r m é m e n t à la figure 117) c o m m e des b l o c s d e

* - -M./ X

F i s . 117.

25 c e n t i m è t r e s de haut sur 2o c e n t i m è t r e s de l a r g e , s é p a r é s p a r une dis-


tance de 27,5 c e n t i m è t r e s . On a p p l i q u e la r è g l e I I
et l'on d o u b l e :

25, 77,5 ,

<fp V
Conductibilité entre les pièces polaires
et la culasse (fïg. 118). 5
te

C h a q u e p i è c e p o l a i r e a trois faces planes e x t é -


r i e u r e s . On les s u p p o s e d é v e l o p p é e s sur une l o n -
g u e u r totale de (25,4 -+- 48,3 -+- 2 3 , 4 ) c e n t i -
mètres ; on applique la r è g l e I I I et l'on prend
la m o i t i é du résultat, les d é r i v a t i o n s é t a n t , d'un
côté à l'autre, e n série l'une sur l'autre. ûa.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


188 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

9 Conductibilité nette au flux perdu.


P

On r e m a r q u e r a q u e les d é r i v a t i o n s suivant les trajectoires d o n t les


Tv
c o n d u c t i b i l i t é s sont r e s p e c t i v e m e n t if' , tp'" , <f , s e r o n t p r o p o r t i o n n e l l e s
p p p

à la différence de p o t e n t i e l m a g n é t i q u e aux pièces p o l a i r e s , tandis que


la d é r i v a t i o n ep" ( e n t r e les branches d ' é l e c t r o s ) ne sera p r o p o r t i o n n e l l e
p

q u ' à sa m o i t i é , e n r a i s o n de ce q u e l a d é r i v a t i o n à l ' e x t r é m i t é supérieure


\
est p r a t i q u e m e n t n u l l e . P a r suite, en les a d d i t i o n n a n t et p r e n a n t — cp" p

au l i e u d e <?"„ l u i - m ê m e , o n aura

<Pp = <?p' Y ?r" + t p ' " - + - ?'p

9 =
P 113 -+- 94,3 -+- 16,5 -t- 15,7 = 2 3 9 , 5 .

C a l c u l final du Coefficient de d é r i v a t i o n v.

Il y a e n c o r e ici t r o i s cas qui c o r r e s p o n d e n t aux trois v a l e u r s de Ç u

t r o u v é e s p r é c é d e m m e n t . On a p p l i q u e r a la f o r m u l e

à chacun de ces cas, ce qui d o n n e :

[ I . ] Q u a n d l e f e r est l o i n du p o i n t de s a t u r a t i o n :

517 -+- 239,5


V
= 5Ï7
v = 1,46.

[ I I ] Q u a n d le n o y a u t r a v a i l l e à p l e i n e c h a r g e :

_ 513,9 239,5
v
~~ 513,9
v = 1,46.

[ I I I . ] Quand l e n o y a u est f o r t e m e n t saturé :

492,8 -+- 239,5


V
~~ 492,8
« — 1,48.

Ces résultats c o n f i r m e n t l ' o p i n i o n q u e le n o m b r e ( 1 , 3 2 ) a d m i s par


M M . H o p k i n s o n p o u r cette m a c h i n e est t r o p f a i b l e .

O n p e u t r e m a r q u e r c o m m e conclusion q u e la c o n d u c t i b i l i t é nette au
l l u x p e r d u a u g m e n t e r a , p o u r un t y p e d o n n é de m a c h i n e , t a n t a v e c l a

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CIRCUIT MAGNÉTIQUE l g 9

l o n g u e u r q u ' a v e c le d i a m è t r e de l ' i n d u i t , p u i s q u e cette conductibilité


est s e n s i b l e m e n t p r o p o r t i o n n e l l e à la r a c i n e c a r r é e du p r o d u i t de ces
deux dimensions. Par suite, si deux m a c h i n e s , c o n s t r u i t e s a v e c des
d i s q u e s de n o y a u d e m ê m e s d i m e n s i o n s , o n t des induits d e longueurs
d i f f é r e n t e s , c e l l e d o n t l ' i n d u i t sera l e plus l o n g aura une plus g r a n d e
c o n d u c t i b i l i t é de d é r i v a t i o n .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE VIII

FORMES D'INDUCTEURS

Dans le C h a p i t r e I I I , r e l a t i f aux é l é m e n t s d'une d y n a m o , nous a v o n s


dit q u e l q u e s m o t s des i d é e s g é n é r a l e s qui d o i v e n t p r é s i d e r à l'étude
d'un p r o j e t d ' é l e c t r o - a i m a n t s i n d u c t e u r s . Avec le principe du circuit
magnétique pour guide, le lecteur appréciera aisément la valeur
relative des diverses formes qui peuvent leur être données. I l se
r a p p e l l e r a q u e , p o u r offrir la c o n d u c t i b i l i t é l a plus é l e v é e , le c i r c u i t
magnétique doit être compact, de la plus g r a n d e s e c t i o n possible,
constitué par du fer très d o u x , et p r é s e n t e r le m o i n s de j o i n t s p o s s i b l e .
R o w l a n d a d'ailleurs fait o b s e r v e r q u e , au p o i n t de v u e t h é o r i q u e , il
v a u t m i e u x n ' a v o i r qu'un seul circuit m a g n é t i q u e plutôt que deux:
l ' A u t e u r e s t i m e c e p e n d a n t q u e , p o u r des raisons de c o n s t r u c t i o n , le
d o u b l e c i r c u i t est p r é f é r a b l e dans b i e n des cas. L e double circuit,
a n a l o g u e au n u m é r o 3 ou au n u m é r o 8 de la f i g u r e 119 ci-après, présente
en g é n é r a l l ' a v a n t a g e d'assurer p l u s de stabilité à l'ensemble de la
machine et de r é a l i s e r communément un champ magnétique plus
s y m é t r i q u e q u e l e n u m é r o 2 . L ' e x a m e n des f o r m e s r e p r é s e n t é e s par les
figures ci j o i n t e s f i x e r a dans l'esprit les v a l e u r s r e l a t i v e s des différents
types connus.
T
Le IN ° 1 d o n n e la f o r m e a d o p t é e par "Wilde a v e c l ' e m p l o i de la
b o b i n e en n a v e t t e de S i e m e n s . D e u x p l a t e a u x de fer v e r t i c a u x sont
r é u n i s au s o m m e t p a r une cillasse et b o u l o n n é s à la p a r t i e inférieure
a v e c deux pièces p o l a i r e s m a s s i v e s . On y c o m p t e q u a t r e j o i n t s dans le
circuit m a g n é t i q u e , i n d é p e n d a m m e n t des entrefers de l ' i n d u i t , et la
s e c t i o n de la culasse est insuffisante.
Le N " 2 r e p r é s e n t e la forme adoptée dans les d e r n i è r e s dynamos
Edison (modèle américain). Les noyaux verticaux sont de lourds
c y l i n d r e s ; la culasse a une é p a i s s e u r c o n s i d é r a b l e ; les pièces p o l a i r e s
sont m a s s i v e s , m a i s leurs a n g l e s inférieurs sont abattus. Cet e n s e m b l e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


FORMES D'INDUCTEURS 191

présente a u t a n t de j o i n t s que la f o r m e de W i l d e ; m a i s il p o s s è d e u n e
conductibilité m a g n é t i q u e bien supérieure au précédent, g r â c e à sa
section b e a u c o u p plus g r a n d e . L a seule difficulté r é s u l t a n t d'un circuit

unique de ce g e n r e consiste dans s o n m e n t a g e sur un socle c o n v e n a b l e .


Si la p l a q u e de f o n d a t i o n est en fer, une fraction c o n s i d é r a b l e du
m a g n é t i s m e est m i s e e n c o u r t - c i r c u i t et é c h a p p e à l ' i n d u i t , c o m m e on
l'a vu dans le c h a p i t r e p r é c é d e n t . — Dans le t y p e p l u s g r a n d , N ° 10,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


192 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

un m o m e n t a d o p t é par E d i s o n , o n n'a r e m é d i é que partiellement à


c e t t e difficulté e n c o u c h a n t sur un c ô t é les é l e c t r o - a i m a n t s .
U n type d'inducteur très en f a v e u r , à d o u b l e circuit magnétique
a v e c p ô l e s c o n s é q u e n t s , est r e p r é s e n t é p a r le N'° 3 ; il a été i n t r o d u i t par
G r a m m e . On peut l e r e g a r d e r c o m m e la c o m b i n a i s o n de d e u x f o r m e s
a n a l o g u e s au N ° 1 a v e c p i è c e s p o l a i r e s c o m m u n e s .
3
L e s N " 3 et 9 p e u v e n t être c o n s i d é r é s c o m m e des m o d i f i c a t i o n s d'une
m ê m e idée fondamentale.
L e N° 4 reproduit ( e n p l a n ) la f o r m e e m p l o y é e dans l a machine
Brush, les deux circuits m a g n é t i q u e s étant séparés par l'armature
e n a n n e a u . Ce d i a g r a m m e s ' a p p l i q u e é g a l e m e n t à un g r a n d n o m b r e de
m a c h i n e s à a n n e a u plat ; m a i s dans l a g r a n d e m a j o r i t é de celles-ci les
p ô l e s disposés l a t é r a l e m e n t à l ' a n n e a u sont réunis d e u x à deux par
une pièce p o l a i r e c o m m u n e , creuse, q u i e m b r a s s e une p o r t i o n d e la
p é r i p h é r i e de l ' i n d u i t .
On v o i t d a n s l e N ° 5 un a n c i e n t y p e de S i e m e n s f o r m é d'une série
d e b a n d e s e n fer f o r g é j u x t a p o s é e s et r e c o u r b é e s e n a r c , a v e c p ô l e s
c o n s é q u e n t s . L e circuit a ici u n e s e c t i o n insuffisante.
L e N ° 6 est une forme adoptée par W e s t o n , et reproduite d'une
f a ç o n t o u t à f a i l a n a l o g u e p a r C r o m p t o u et par P a t e r s o n et C o o p e r . I c i
la section est m i e u x p r o p o r t i o n n é e .
0
L e IN 7, e m p l o y é p a r B ü r g i n et C r o m p t o n , diffère p e u du p r é c é d e n t .
Il offre c e p e n d a n t un a v a n t a g e en ce q u ' i l y a m o i n s de j o i n t s d a n s le
circuit.
L e N ° 8 est un m o d è l e e m p l o y é par C r o m p t o n , K a p p , et Paterson
et Cooper.
L e N° 9 est l e t y p e a d o p t é d a n s l e p e t i t m o t e u r G r i s c o m .
L e N ° 18 e n est une m o d i f i c a t i o n due à K a p p .
L e N ° 19, à pôles conséquents, c o m m e les p r é c é d e n t s , est l e t y p e
de Mac T i g h e , de Joel, d'Hopkinson ( d y n a m o « M a n c h e s t e r i), de
C l a r k , M u i r h e a d and C° ( d y n a m o « W e s t m i n s t e r » ) , de C. E. Brown
(à Oerlikon), de Blakey, Emmott and C", et de quelques moteurs
S p r a g u e ; il n'a subi q u e de l é g è r e s m o d i f i c a t i o n s de d é t a i l et de p r o -
portions entre les m a i n s de ces divers constructeurs. L a principale
différence entre l e N ° 19 et l e IN° 6 r é s i d e dans l ' e m p l a c e m e n t c h o i s i
u
pour le m o n t a g e des b o b i n e s ; le N ° 19 en c o m p o r t e deux ; le N 6,
quatre.
Le N ° 20, dû à Elwell et Parker, est une modification posté-
r i e u r e du N ° 3 et g a g n e r a i t à a v o i r une plus g r a n d e section t r a n s -
versale.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


FORMES D'INDUCTEURS 403

Dana l e N ° 3 ( G r a m m e ) , les p i è c e s p o l a i r e s et les m o n t a n t s verti-


caux sont o r d i n a i r e m e n t e n f o n t e , t a n d i s que les n o y a u x l o n g i t u d i -
naux Bont en fer f o r g é . L a surface p o l a i r e n é c e s s a i r e d o i t être r é a l i s é e
p a r un m o y e n q u e l c o n q u e , et, si les noyaux sont m i n c e s , les d e u x
v o i e s o u v e r t e s au flux m a g n é t i q u e o b l i g e n t s o i t à fixer sur eux des
0 8
pièces polaires massives (N 1, 3, 4, 6, 7 , 1 9 , 2 0 ) , soit plutôt a
r e c o u r b e r ces n o y a u x ( N ° 5) de m a n i è r e à faire s e r v i r c o m m e p ô l e s
leur face sur plat. Aujourd'hui, cependant, que l'on reconnaît
l ' a v a n t a g e de n o y a u x v o l u m i n e u x , o n peut o b t e n i r la surface p o l a i r e
v o u l u e sans a d d i t i o n d ' e x p a n s i o n s ou i p i è c e s » p o l a i r e s , e n donnant
s i m p l e m e n t aux n o y a u x l a f o r m e q u ' i l s c o m p o r t e n t ( N ° 8 ) . Ce p r o c é d é n e
doit pas être r e g a r d é c o m m e a b o u t i s s a n t au m ê m e r é s u l t a t q u ' u n a m i n -
c i s s e m e n t de l ' é l e c t r o - a i m a n t ; si, en effet, toute r é d u c t i o n de s e c t i o n
transversale en un p o i n t q u e l c o n q u e du c i r c u i t d i m i n u e l a c o n d u c t i b i l i t é
m a g n é t i q u e , l ' a m i n c i s s e m e n t e n v u e de m e t t r e l ' i n d u i t plus i n t i m e m e n t
dans le c i r c u i t a u q effet d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é . En r é a l i t é , les b a r r e s
horizontales au-dessus et au-dessous de l'induit pourraient être
réduites à r i e n e n l e u r m i l i e u ; des r a i s o n s .de c o n s t r u c t i o n s'y o p p o -
sent s e u l e s . D a n s tous les t y p e s de ce g e n r e à d o u b l e c i r c u i t m a g n é -
tique, c h a q u e m o i t i é du s y s t è m e i n d u c t e u r p e u t être r e g a r d é c o m m e
ayant à f o u r n i r un flux de f o r c e à la m o i t i é de l ' i n d u i t à l a q u e l l e e l l e
est o p p o s é e .

Les N o s
11 à 15 r e p r é s e n t e n t des f o r m e s d'inducteurs à p ô l e s saillants,
q u ' i l faut d i s t i n g u e r des p ô l e s conséquents.
u
Le N l l est l a d o u b l e m a c h i n e G r a m m e c o m b i n é e p a r D e p r e z .
s
Les N ° 12 e t 13 sont deux des n o m b r e u x types encore dus à
G r a m m e . Ces i n d u c t e u r s sont tous d e u x e n fonte ; et il est à n o t e r
que le N ° 13 ne c o m p o r t e pas de j o i n t s ; i l est fondu e n u n e seule
pièce.
L e N ° 14 est le m o d è l e e m p l o y é p a r H o c h h a u s e n ; il est pratique-
m e n t i d e n t i q u e au N " 2 1 , sauf en ce q u i c o n c e r n e l a p o s i t i o n d e l ' a x e
de r o t a t i o n . L e s flasques e n fer du N ° 14 t e n d e n t à déterminer un
certain court-circuit du m a g n é t i s m e p a r l e u r p r o x i m i t é des p ô l e s ;
leur section est d ' a i l l e u r s insuffisante.
L e N° 15 qui a p p a r t i e n t à V a n de P o ê l e est a n a l o g u e au p r é c é d e n t .
L e N ° lb' est la f o r m e e m p l o y é e par l'Auteur p o u r de petits mo-
teurs ; il est f o n d u d'une seule p i è c e . L a f o r m e s e m i - c i r c u l a i r e a d o p t é e
pour l e n o y a u a p o u r objet de r é d u i r e à un m i n i m u m de l o n g u e u r
le circuit m a g n é t i q u e .
L e N ° 17 r e p r o d u i t la f o r m e e m p l o y é e p a r J ü r g e n s e n , a v e c p ô l e s
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 13

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


194 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

saillants renforcés par d'autres é l e c t r o - a i m a n t s à l ' i n t é r i e u r de l'ar-


mature.
L e N ° 21 r e p r é s e n t e en s e c t i o n l e d o u b l e i n d u c t e u r t u b u l a i r e de la

m a c h i n e T h o m s o n - l l o u s t o n , d o n t l ' i n d u i t s p h é r i q u e est p l a c é , comme


dans les n u m é r o s 12, 14 e t 15, e n t r e d e u x p ô l e s s a i l l a n t s é v i d é s hômi-
s p h é r i q u e m e n t . — I l y a u n e curieuse a n a l o g i e e n t r e les n u m é r o s 19 et
21 ; m a i s i l s diffèrent c o m p l è t e m e n t p a r l a p o s i t i o n des b o b i n e s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


FORMES D'INDUCTEURS 19S

L e N ° 22 est dû à K a p p ; il p r é s e n t e d e u x p ô l e s c o n s é q u e n t s et, e n t r e
eux, deux pôles saillants de m ê m e p o l a r i t é ; une seule paire de
b o b i n e s suffit à a i m a n t e r l e q u a d r u p l e circuit tout e n t i e r .
Des f o r m e s p r e s q u e i d e n t i q u e s o n t é t é e m p l o y é e s p a r K e n n e d y ( d y -
n a m o · cuirassée » ou » b l i n d é e » ) . — L a h m e y e r , e t W e n s t r ô m e m p l o i e n t
des f o r m e s à. cuirasse r e s s e m b l a n t au n u m é r o 15. L e t y p e de W e n s t r o m
a c o m m e culasse un c y l i n d r e de fer e x t é r i e u r .
Le N ° 23 ( f i g . 1 2 0 ) est un type qui, employé il y a longtemps
par S a w y e r et p a r L o n t i n , est d e v e n u r é c e m m e n t très en v o g u e ; il a été
r e m i s au j o u r p r e s q u e s i m u l t a n é m e n t p a r G r a m m e ( « t y p e s u p é r i e u r » ) ,
par K a p p , p a r S i e m e n s ( t y p e « F > ) , p a r C a b e l l a ( « T e c h n o m a s i o » ) , et
par P a t e r s o n et C o o p e r .
L e N ° 24 est u n t y p e très r a m a s s é , de B r o w n .
L e N ° 25 est la d y n a m o « cuirassée » d e K e n n e d y ; les n o y a u x
de fer sont f o r g é s de f o r m e .
L e N ° 26 a été i m a g i n é p a r le professeur F o r b e s . L a carcasse de
fer est un deux p a r t i e s ; les bobines, complètement enveloppées par
e l l e , sont disposées de m a n i è r e à a i m a n t e r l ' i n d u i t d i r e c t e m e n t , l ' u n e
d'elles o c c u p a n t tout l ' e s p a c e d i s p o n i b l e e n t r e l e fer i n d u c t e u r et la
m o i t i é s u p é r i e u r e de l ' a r m a t u r e ; l'autre, l'espace c o r r e s p o n d a n t p o u r l a
moitié inférieure. — E i c k e m e y e r , de Y o n k e r s , fait u s a g e d'une f o r m e
tout à fait v o i s i n e .
L e N ° 27 est l e t y p e à q u a t r e p ô l e s a d o p t é p a r E l w e l l et Parker
dans q u e l q u e s - u n e s de leurs g r a n d e s m a c h i n e s .
L e N ° 28 est une f o r m e m u l t i p o l a i r e e m p l o y é e p a r W i l d e , G r a m m e ,
et a u t r e s ; les p ô l e s qui entourent l ' a n n e a u sont a l t e r n a t i v e m e n t de
signes c o n t r a i r e s . E l l e est aujourd'hui très usitée dans les m a c h i n e s à
courants alternatifs telles q u e celles de W e s t i n g h o u s e ( S t a n l e y ) , M a t h e r
et Platt ( I l o p k i n s o n ) , P a t e r s o n et C o o p e r ( E s s o n ) , E l i h u T h o m s o n , B l a -
k e y et E m m o t t , et a u t r e s .
Dans le N ° 29, m o d i f i c a t i o n du type p r é c é d e n t due à Thury en
vue de son e m p l o i a v e c u n i n d u i t e n t a m b o u r , les six p ô l e s d i r i g é s v e r s
l'intérieur sont e x c i t é s p a r des b o b i n e s r o u l é e s sur le bâti hexagonal
extérieur. Ce m o d e de construction est i n d i q u é en d é t a i l dans la
figure 124. L e s n o y a u x qui r e ç o i v e n t l ' e n r o u l e m e n t sont des p l a q u e s de
fer f o r g é , b o u l o n n é e s à des pièces p o l a i r e s i n t e r m é d i a i r e s en f o n t e .
L e i\° 30 d o n n e l e d i a g r a m m e d ' u n e f o r m e r é c e m m e n t a d o p t é e par
Siemens et H a l s k e , dans l a q u e l l e un a n n e a u e x t e r n e t o u r n e à l'exté-
rieur d'un é l e c t r o - a i m a n t à q u a t r e p ô l e s très c o m p a c t s et très v o l u -
m i n e u x . — Ganz, F e i n , et autres o n t c o n s t r u i t des m a c h i n e s a n a l o g u e s ;

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


19G MACHINES DYNAMO-ÉLECTMQUES

elles sont très e m p l o y é e s e n Allemagne p o u r les grandes stations


centrales.
L e N ° 31 r e p r é s e n t e une a u t r e f o r m e récente d'inducteur. Ce t y p e
e n s i m p l e fer à c h e v a l , g a r n i d'une seule b o b i n e , a été p r i m i t i v e m e n t
i m a g i n é p a r l ' A u t e u r de cet o u v r a g e en 1886; M M . G o o l d e n et T r o t -

Fifj. 121. F i g . 122. F i g . 123.


F o r m e s t y p i q u e s d'inducteurs.

ter en o n t , de l e u r c ô t é , é t a b l i une f o r m e a n a l o g u e v e r s la m ê m e é p o q u e .
Des m a c h i n e s à u n e seule b o b i n e o n t é g a l e m e n t été p r o d u i t e s dans ces
derniers temps par S c h o r c h , de D a r m s t a d t , par R . K e n n e d y , d e Glas-
g o w , par I m m i s c h , et p a r J.-G. Statter a n d C°.

F i g . 124. — D é t a i l de l'inducteur T h u r y .

Le N ° 32 r e p r é s e n t e également une machine du type cuirassé


n ' e x i g e a n t q u ' u n e seule b o b i n e . E l l e a été i m a g i n é e e n 1882 p a r Mac
T i g h e et r é c e m m e n t r e m i s e e n h o n n e u r p a r Stafford et E a v e s . — Un
n o u v e a u t y p e é t u d i é p a r M o r d e y p o u r l a C o m p a g n i e Brush r e s s e m b l e au
n u m é r o 3 2 , à c e l a p r è s q u e la b o b i n e est e n v e l o p p é e p a r un c y l i n d r e de
fer e x t é r i e u r .
L e N ° 33 r e p r é s e n t e l a d e r n i è r e m a c h i n e de F e i n , de S t u t t g a r d , à
pôles c o n v e r g e a n t vers l'intérieur.
L a f i g u r e 125 d o n n e une vue de la m a c h i n e L a h m e y e r , à p ô l e s é g a l e -
m e n t d i r i g é s v e r s l ' i n t é r i e u r . ( V o i r aussi f i g . 107, p . 1 7 9 . )

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


FORMES D'INDUCTEURS 197

L a d y n a m o d ' E i c k e m e y e r ( f l g . 126) réalise l ' i d é e de F o r b e s d e m e t t r e


les b o b i n e s m a g n é t i s a n t e s par-dessus l ' a r m a t u r e . L e s b o b i n e s , qui sont
roulées s é p a r é m e n t sur des f o r m e s s p é c i a l e s , sont l o g é e s entre les cu-

F i g . 12o. — Machine L a h m e y e r . F i g . 126. — Machine E i c k e m e y e r .


(Vue des b o b i n e s i n d u c t r i c e s . )

lasses supérieure et i n f é r i e u r e et les masses p o l a i r e s q u i se p r o j e t t e n t


i n t é r i e u r e m e n t . L a figure 127 en d o n n e u n e v u e r e p r é s e n t a n t l a d i s p o -

F i g . 127. — Machine E i c k e m e y e r , a v e c b o b i n e s m a g n é t i s a n t e s e n t o u r a n t l'induit.

s i t i o n i n t é r i e u r e , l'une des masses p o l a i r e s étant e n l e v é e . L e défaut de


cette d i s p o s i t i o n est la difficulté de v e n t i l e r l ' i n d u i t q u i est c o m p l è -
tement enveloppé.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


198 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

Une forme typique des m a c h i n e s à courants alternatifs est celle


i n t r o d u i t e p a r W i l d e et e m p l o y é e p a r S i e m e n s , p a r G o r d o n et par F e r -
ranti, avec deux couronnes de p ô l e s a l t e r n é s o p p o s é s l'un à l'autre
(flg. 128).

F i g . 128. — I n d u c t e u r t y p i q u e d e courants a l t e r n a t i f s .

L a f i g u r e 129 r e p r é s e n t e u n e f o r m e d'éleetro-aimant à quatre pôles


e m p l o y é e par la C o m p a g n i e B r u s h p o u r ses m a c h i n e s « V i c t o r i a » ( M o r -
d e y ) ; elle p o s s è d e un c i r c u i t m a g n é t i q u e d o u b l e et des p ô l e s c o n s é -
q u e n t s . L e s n o y a u x d e s t i n é s à r e c e v o i r l e s b o b i n e s sont en fer f o r g é ;
l e s m o n t a n t s du b â t i e t les p i è c e s p o l a i r e s
s o n t f o n d u s . Ce t y p e c o n t r a s t e avec l'élec-
tro-aimant à quatre pôles employé par
Brown, à O e r l i k o n , dans de g r a n d e s ma-
c h i n e s de 300 c h e v a u x d e s t i n é e s au t r a n s p o r t
de l ' é n e r g i e . Ces d e r n i è r e s s o n t e n t i è r e m e n t
venues d e f o n t e a v e c des pôles saillants.
L a d i r e c t i o n du flux d a n s ces m a c h i n e s est
i n d i q u é e par l e s l i g n e s p o n c t u é e s ( f i g . 1 3 0 ) .
F i g . 129. — I n d u c t e u r
à 4 pôles ( M o r d e y ) . L e s y s t è m e i n d u c t e u r q u i s'écarte le plus
des précédents depuis ces dernières an-
n é e s est c e l u i de M o r d e y , dont l'alternateur c o m p o r t e un inducteur
(voir fig. 45o) qui, tout en ne possédant qu'un seul circuit ma-
gnétique avec une seule bobine e x c i t a t r i c e , est néanmoins multi-
p o l a i r e . Ce r é s u l t a t est o b t e n u à l ' a i d e de p i è c e s p o l a i r e s m u l t i p l e s
qui subdivisent le flux magnétique en l u i f a i s a n t créer plusieurs
champs magnétiques distincts. L a machine « marine » de la C o m -
p a g n i e E d i s o n ( f i g . 131) à induit en anneau soumis à l'action de

'Electrical World, X I I I . 201, 1889 ; p o u r un projet a n a l o g u e de M a r i o t t i , v o i r


Electrician, XXV. 139, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


FORMES D'INDUCTEURS 199

q u a t r e p ô l e s i n t e r n e s et q u a t r e p ô l e s e x t e r n e s , offre un a u t r e e x e m p l e
r é c e n t d'une m a c h i n e m u l t i p o l a i r e ( à huit p ô l e s ) n ' a y a n t q u ' u n seul cir-
cuit m a g n é t i q u e . L a b o b i n e e x c i t a t r i c e est située d e r r i è r e l'armature

Fig. 130. — Inducteur à 4 pôles (Brown).

entre les d e u x j e u x de p ô l e s . — L ' i n d u c t e u r de l ' a l t e r n a t e u r t r i p h a s é


(fig. 4 6 3 ) , é t u d i é p a r B r o w n p o u r l e t r a n s p o r t d ' é n e r g i e de L a u f f e n à F r a n c -
fort, a p p a r t i e n t é g a l e m e n t à ce n o u v e a u t y p e à b o b i n e e x c i t a t r i c e u n i q u e .

A u m i l i e u d ' u n e t e l l e m u l t i p l i c i t é de c o n -
c e p t i o n s , o n se d e m a n d e à l a q u e l l e o n d o i t
d o n n e r l a p r é f é r e n c e . Mais l e t y p e q u i c o n -
v i e n t l e m i e u x à un c e r t a i n p o i n t de v u e
n'est pas l e m e i l l e u r à tous é g a r d s . Cer-
taines d i s p o s i t i o n s s o n t b o n n e s p o u r l ' e m p l o i
de la fonte ; d'autres p o u r l ' a p p l i c a t i o n du
fer f o r g é ; d'autres encore, comme celles
F i g . 131. — Machine
r e p r é s e n t é e s p a r l e s figures 121 et 1 2 9 , s o n t m a r i n e d e la O E d i s o n .
m a n i f e s t e m e n t i n d i q u é e s p o u r une construc-
tion m i x t e , c o m p o r t a n t des n o y a u x e n fer f o r g é p o u r l e s b o b i n e s et de
la fonte p o u r les m a s s e s p o l a i r e s . Dans les p e t i t e s m a c h i n e s , un c i r c u i t
unique est p r o b a b l e m e n t l e m e i l l e u r . P o u r les g r a n d e s , o n est c o n d u i t
à m u l t i p l i e r le n o m b r e des p ô l e s ; et, p o u r les a l t e r n a t e u r s , les f o r m e s
multipolaires deviennent indispensables p o u r f o u r n i r des alternances
de c o u r a n t s suffisamment fréquentes.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


200 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

L ' a v e n i r nous r é s e r v e p r o b a b l e m e n t une s i m p l i f i c a t i o n g é n é r a l e des


l o r m e s m u l t i p o l a i r e s p a r l ' a d o p t i o n de circuits m a g n é t i q u e s r a m i f i é s . ·
Dans l ' é t u d e des f o r m e s q u i c o m p o r t e n t des circuits magnétiques
d o u b l e s o u m u l t i p l e s , o n s i m p l i f i e g é n é r a l e m e n t la q u e s t i o n en consi-
dérant u n seul é l é m e n t de l ' e n s e m b l e a u q u e l on applique le calcul.
A i n s i , par e x e m p l e , dans l a figure 132, q u i r e p r é s e n t e la m o i t i é d'une

F i g . 132. — M o i t i é d'une m a c h i n e à c i r c u i t m a g n é t i q u e d o u b l e .

m a c h i n e t e l l e q u e le n u m é r o 8 de la figure 119, il suffit de c a l c u l e r les


résistances m a g n é t i q u e s de la m o i t i é de l a m a c h i n e d e m a n i è r e à déter-
m i n e r l e n o m b r e d ' a m p è r e s - t o u r s qui d o i t lui être fourni ; o n a p p l i q u e
le m ê m e n o m b r e à l'autre m o i t i é .
L e s t y p e s à d o u b l e c i r c u i t m a g n é t i q u e sont p r é f é r a b l e s à c e u x à un
seul c i r c u i t , c o m m e l e s n u m é r o s 2, 23 et 3 1 , dans tous les cas où l ' o n
p e u t p r é v o i r b e a u c o u p de r é a c t i o n d ' i n d u i t . Dans les f o r m e s t e l l e s que
l e n u m é r o 23, le c h a m p est e n effet plus faible sous les d e u x becs
supérieurs q u ' e n t r e les d e u x e x t r é m i t é s i n f é r i e u r e s des p i è c e s p o l a i r e s ;
l ' i n d u i t se t r o u v e en c o n s é q u e n c e s o u m i s à une p l u s f o r t e a t t r a c t i o n de
h a u t e n b a s . De plus, en r a i s o n de c e l t e i n é g a l i t é de c h a m p , l ' a c t i o n
m a g n é t i s a n t e t r a n s v e r s a l e de l ' i n d u i t p r o d u i t dans l e s f o r m e s à c i r c u i t
u n i q u e u n e t o r s i o n d i s s y m é t r i q u e . I l en résulte f o r c é m e n t des é t i n c e l l e s
aux b a l a i s . P o u r les i n d u i t s à g r a n d d é b i t , il est b o n , n o n s e u l e m e n t
d ' e m p l o y e r des é l e c t r o - a i m a n t s d o u b l e s , m a i s e n c o r e de s é p a r e r l'un
de l'autre l e s d e u x c i r c u i t s p a r des pièces de l a i t o n .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE I X

THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE LA DYNAMO

MACHINES MAGNÉTOS ET A EXCITATION INDÉPENDANTE


MACHINES E N SÉRIE. — MACHINES E N DÉRIVATION

L ' e x p é r i e n c e a d é m o n t r é q u e , p o u r la s o l u t i o n des p r i n c i p a u x pro-


b l è m e s à e n v i s a g e r dans l ' é t u d e d'un p r o j e t de d y n a m o , l e m i e u x était
de c o n s i d é r e r l e circuit magnétique de la machine comme un ensemble,
le n o y a u de fer i n t é r i e u r à l ' i n d u i t étant r e g a r d é c o m m e p a r t i e i n t é -
g r a n t e de ce c i r c u i t , et n o n pas c o m m e un é l é m e n t n ' a y a n t d'autre but
que d'augmenter l a surface efficace e m b r a s s é e p a r l e s spires de cet
induit. Dans tout ce q u i suit, l ' a r m a t u r e est c o n s i d é r é e simplement
c o m m e f o r m é e d'un c e r t a i n n o m b r e N de c o n d u c t e u r s , g r o u p é s d'une
façon s p é c i a l e autour d'un a x e de r o t a t i o n et d o n t l a fonction est
de découper transversalement et d'embrasser un certain flux d e
force r é e l fourni par l e circuit m a g n é t i q u e . Dans ces c o n d i t i o n s le s y m -
bole * représente le flux de force total traversant l'induit, c'est-à-
dire q u i le p é n è t r e d'un c ô t é p o u r le q u i t t e r de l ' a u t r e ; c'est ce que
certains auteurs d é s i g n e n t sous le n o m d ' « i n d u c t i o n t o t a l e » à t r a v e r s
l ' a r m a t u r e , et d'autres d e » flux m a g n é t i q u e u t i l e » .

L e n o m b r e de r é v o l u t i o n s par seconde effectuées p a r l ' i n d u i t e s t dési-


n
gné par l e s y m b o l e — , n r e p r é s e n t a n t l e n o m b r e de t o u r s effectués

en t s e c o n d e s .
On r e c o n n a î t que la force électromotrice moyenne développée par
l'induit est s i m p l e m e n t p o r p o r t i o n n e l l e à c h a c u n e de ces q u a n t i t é s , de
de sorte q u e , en f o n c t i o n des unités G. G. S., o n p e u t , ainsi q u ' o n l e
v e r r a t o u t à l'heure, é c r i r e c o m m e é q u a t i o n f o n d a m e n t a l e :
n
E (moyenne) = jN<&. [I.]

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


202 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

D a n s l a p r e m i è r e é d i t i o n de cet o u v r a g e , l e s y s t è m e i n d u c t e u r était
c o n s i d é r é , i n d é p e n d a m m e n t de l ' i n d u i t ou de son n o y a u , c o m m e a y a n t
p o u r f o n c t i o n de c r é e r un c h a m p m a g n é t i q u e ; et l ' i n d u i t était u n i q u e -
ment r e g a r d é c o m m e une b o b i n e c o m p l e x e p o s s é d a n t une certaine
« surface efficace » et t o u r n a n t dans c e c h a m p . L ' i n t e n s i t é m o y e n n e de ce
c h a m p était r e p r é s e n t é e p a r l e s y m b o l e H, et la surface efficace c o r r e s -
p o n d a n t e p a r A; l a force é l e c t r o m o t r i c e de la d y n a m o é t a n t p r o p o r t i o n -
n e l l e au p r o d u i t de ces d e u x facteurs et à la v i t e s s e — , o n a v a i t :
t
n
E (moyenne) = k—ÀH.
Cette m a n i è r e d ' e n v i s a g e r l a q u e s t i o n n ' a v a i t r i e n d ' i n c o r r e c t ; m a i s
a u c u n e des quantités A et H n ' é t a i t facile à d é t e r m i n e r p o u r les diffé-
r e n t s d e g r é s de f o n c t i o n n e m e n t de l a m a c h i n e . L e noyau de fer de
l ' i n d u i t est r e g a r d é , dans la m a n i è r e a c t u e l l e d e t r a i t e r l e sujet, c o m m e
n ' a y a n t r i e n de c o m m u n a v e c le facteur d ' i n d u i t N, m a i s c o m m e fai-
s a n t p a r t i e du circuit m a g n é t i q u e et c o n t r i b u a n t à l a d é t e r m i n a t i o n du
flux <t> q u i sera d é c o u p é p a r l ' i n d u i t d a n s son m o u v e m e n t . E n r é s u m é ,
a u l i e u de c h e r c h e r à t r o u v e r une intensité m o y e n n e , i l faut se figurer
l e c h a m p m a g n é t i q u e c o m m e un tout et se p r é o c c u p e r de sa v a l e u r .

Dans le présent chapitre nous donnerons t o u t d ' a b o r d une e x p r e s -


s i o n d e l a force é l e c t r o m o t r i c e m o y e n n e , q u i s e r v i r a d ' é q u a t i o n f o n d a -
m e n t a l e p o u r toutes les d y n a m o s . E n i n t r o d u i s a n t ensuite des f o r m u l e s
a p p r o p r i é e s a u x d i v e r s c i r c u i t s , nous e n d é d u i r o n s d e s é q u a t i o n s pour
l e s différents g e n r e s de m a c h i n e s m o n t é e s en s é r i e , en d é r i v a t i o n ou en
compound.

SYMBOLES ET NOTATIONS

Nous indiquons ici les notations et symboles dont nous ferons usage dans ce
chapitre et dans les suivants, avec leurs significations :
B ou S induction magnétique spécifique.
6 nombre de fils extérieurs dans une section de l'induit,
p largeur angulaire d'une section d'induit ou d'un segment de collecteur.
E force ëlectromotrice totale engendrée dans un
induit,
exprimées
S force électromotrice sous laquelle est fourni un cou-
en
rant extérieur,
volts.
e différence de potentiel de borne à borne,
• e. différence de potentiel de balai à balai,
Tr¡ coefficient économique (voir p. 226 et Chapitre X X V I I I ) .
F force (traction, poussée ou pression), exprimée en dynes, grammes ou
kilogrammes (poids).

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 203

H ou ÎC intensité de champ magnétique ou force magnétisante.


i courant dans un circuit extérieur, \
, , . , J exprimes
j , courant dans un induit, f
d i courant dans une bobine en dérivation, i
\ ampères.
r ' o u i.courant dans une bobine en série d electro-aimant, /
L coefficient de self-induction.
I ou X longueur moyenne d'un tour de fil ou spire dans une bobine ; —
angle de calage.
{jl coefficient de perméabilité magnétique du fer.
N nombre de conducteurs sur un induit, compté sur tout le pourtour de
la périphérie extérieure.
n nombre abstrait.
— nombre de tours ou de révolutions par seconde.
n nombre de segments d'un collecteur ou commutateur.
c

n nombre de tours de fil ou spires sur une bobine d'électro-aimant en


d

dérivation.
7z nombre de paires de pôles d'une dynamo multipolaire.
p

n„ ou n. nombre de tours de fil ou spires sur une bobine d'électro-aimant


en série avec un induit.
p )
^ j puissance exprimée en watts, en chevaux-vapeur, ou e n kilowatts.
R résistance d'un circuit extérieur,
r résistance intérieure d'une d y n a m o ; égale à r. + r m

ou à r. - f *·„, suivant les cas, exprimées


r. résistance des bobines d'induit, f
, • . j u - u _ , . • · • \ sur un ( e n

dr résistance de bobines en dérivation / ëlectro ' ohms.


-
r „ ou? , résistance de bobines en série (
; aimant,
p résistance par unité de longueur,
S surface exprimée en centimètres carrés.
T temps périodique, mesuré en secondes, d'un courant alternatif.
t temps exprimé en secondes.
v coefficient de dérivation magnétique.
W ou w travail, couple mécanique ou torque, exprimés e n ergs ou dynes-cen-
timètres, en grammètres ou en hilogrammètres, suivant les cas.
<i> Flux de force magnétique ou flux magnétique utile traversant un
noyau d'induit.
w vitesse angulaire exprimée en radians par seconde.

ÉQUATION FONDAMENTALE DE L A DYNAMO

P o u r t r o u v e r l a force é l e c t r o m o t r i c e m o y e n n e d é v e l o p p é e d a n s le
circuit d'un c o n d u c t e u r en m o u v e m e n t , il faut se r a p p e l e r q u e , par
définition, cette f o r c e é l e c t r o m o t r i c e est ( e n unités absolues C. G . S . )
n u m é r i q u e m e n t é g a l e à la v a r i a t i o n du flux de force q u i l e pénètre.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


204 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Comme l'unité pratique, le volt ( v o i r l ' A p p e n d i c e A ) est, p a r défini-


9
tion, é g a l e à 1 0 u n i t é s C. G. S. d e f o r c e é l e c t r o m o t r i c e , il faudra d i v i s e r
8
parlO le n o m b r e d ' u n i t é s C. G . S. p o u r le r é d u i r e e n v o l t s . En o u t r e ,
quand il y a, c o m m e dansle3 i n d u i t s de m a c h i n e s , un c e r t a i n n o m b r e
de conducteurs en série l'un sur l ' a u t r e , l a force é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e
d'une d y n a m o est é g a l e à la s o m m e des f o r c e s é l e c t r o m o t r i c e s d é v e l o p -
pées dans ces c o n d u c t e u r s e n série l'un p a r r a p p o r t à l ' a u t r e . L ' é q u a t i o n
f o n d a m e n t a l e p r e n d r a dès l o r s l a f o r m e :

E ( m o y e n n e ) [en volts] = -r A * * . 10 . - 1

[la.]
Nous c o n s i d é r e r o n s t o u t d ' a b o r d une m a c h i n e b i p o l a i r e o r d i n a i r e . L e
n o m b r e de t sections » ou « b o b i n e s é l é m e n t a i r e s » de son i n d u i t é t a n t
désigné p a r l e s y m b o l e w , le n o m b r e des t s e g m e n t s » ou touches du
c

c o m m u t a t e u r ou c o l l e c t e u r sera é g a l e m e n t n . c Supposons qu'il y ait


dans c h a q u e section b fils ou conducteurs e x t é r i e u r s , c o m p t é s à la
périphérie du n o y a u d ' i n d u i t . (Dans les a r m a t u r e s en a n n e a u il y aura
autant de fils e x t é r i e u r s q u e de spires ou b o u c l e s dans l a s e c t i o n ; dans
une a r m a t u r e en t a m b o u r , il y en a u r a d e u x fois a u t a n t q u e de spires
ou boucles dans c e t t e s e c t i o n . ) L e n o m b r e de c o n d u c t e u r s ou fils e x t é -
rieurs, c o m p t é s sur tout le p o u r t o u r de l ' i n d u i t , sera e n c o n s é q u e n c e Zm ; c

mais i l sera plus c o m m o d e d ' e m p l o y e r le s y m b o l e unique N pour


représenter ce n o m b r e ; et l e n o m b r e de conducteurs ou fils e x t é r i e u r s
montés é l e c t r i q u e m e n t e n série l'un sur l ' a u t r e , de b a l a i à b a l a i , sera
bn N
ou -77- . A d m e t t o n s m a i n t e n a n t que l'induit tourne à une v i t e s s e de
2 2 ^
— révolutions par seconde. ( L e s i n g é n i e u r s ont l ' h a b i t u d e de c o m p t e r

les tours p a r m i n u t e , ce q u i o b l i g e r a à d i v i s e r ce n o m b r e p a r 60 p o u r
Tir t
o b t e n i r • — • • ) P a r suite, un t o u r s'effectuera en .—- de s e c o n d e .
t n
On peut dès l o r s c a l c u l e r la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e .

Flux de force découpé en 1 tour par 1 fil extérieur = 2 <ï> ,


(puisque c h a q u e spire de fil est p é n é t r é e p a r l e flux d e u x fois p a r t o u r ,
une fois avant son e n t r é e dans l e c h a m p sur un c ô t é de l'induit, et
l'autre a. sa s o r t i e de l ' a u t r e c ô t é ) ;

Flux de force découpé dans un temps t par 1 fil ex-


2ri4>
térieur •• . - =
Flux de force découpé dans un temps t par ftls ex-
térieurs en série . ...............• · • =

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 205

ou

n
Force électromotrice m o y e n n e (en unités C . G . S . ) = — N<& ;

71
Force électromotrice m o y e n n e (en volts). . = — N <!·. 10~". [ l a . ]

a
On p o u r r a i t se d i s p e n s e r d ' é c r i r e dans c h a q u e cas le facteur 10— dans
la f o r m u l e . I l serait e n effet facile de se r a p p e l e r q u e , s'il est o m i s p a r
1
abréviation, on peut i m m é d i a t e m e n t déduire en v o l t s les nombres
obtenus en effectuant c e t t e o p é r a t i o n .
Dans b i e n des cas il est plus c o m m o d e d ' a v o i r c e t t e é q u a t i o n f o n d a -
m e n t a l e en f o n c t i o n de la vitesse angulaire. L e s y m b o l e de cette
vitesse a n g u l a i r e é t a n t w , o n a

en effet, l ' a n g l e d é c r i t p a r t o u r est 2 tc radians ou 3G0 degrés. On en


.• n m .
tire — — —— , d ou :
t
[volts] E (moyenne) = ^ N'P. 10""". [16.]

On r e m a r q u e r a que cette force é l e c t r o m o t r i c e est s i m p l e m e n t une


m o y e n n e , et q u e , s u i v a n t la c o n s t r u c t i o n de l ' i n d u i t , il y a plus ou m o i n s
d ' o n d u l a t i o n s de cette v a l e u r d a n s une r é v o l u t i o n .
Si, c o m m e dans l a f i g u r e 133, l ' i n d u i t n ' a v a i t q u e d e u x fils e x t é r i e u r s
f o r m a n t une seule s p i r e , la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e o s c i l l e r a i t e n t r e z é r o e t
un m a x i m u m . Si l ' o n a p p e l l e 0 d e g r é le p o i n t le plus bas de l a p o s i t i o n
v e r t i c a l e o c c u p é e p a r la b o u c l e m o b i l e , la p o s i t i o n g a u c h e de la l i g n e
p o n c t u é e c o r r e s p o n d r a à 90 d e g r é s , si l ' o n a d m e t q u e l a m a c h i n e t o u r n e
dans l e sens des a i g u i l l e s d'une m o n t r e . L e p o i n t le plus h a u t c o r r e s -
p o n d r a à 180 d e g r é s ; e t l e p o i n t e x t r ê m e sur la d r o i t e , à 270 d e g r é s . L a
force é l e c t r o m o t r i c e i n d u i t e sera en c o n s é q u e n c e nulle q u a n d l a b o b i n e
passera p a r l e s p o i n t s 0 e t 180 d e g r é s , car d a n s ces p o s i t i o n s les fils

i II y aurait un autre m o y e n d e s i m p l i f i e r la f o r m u l e ; ce serait d ' a d o p t e r c e n t


8
m i l l i o n s ou 10 u n i t é s C . G . S. c o m m e unité d e q u a n t i t é d e flux m a g n é t i q u e .
Dans ce cas, le s y m b o l e <ï> r e p r é s e n t e r a i t le n o m b r e de flux fractionnés de chacun
cent m i l l i o n s d ' u n i t é s C. G. S. Mais il a été construit très peu de d y n a m o s dans
lesquelles le flux m a g n é t i q u e a t t e i g n e un chiffre aussi é l e v é c o m m e faisceau d e ce
g e n r e . L ' i n c o n v é n i e n t d ' a v o i r toujours des n o m b r e s f r a c t i o n n a i r e s p o u r v a l e u r d e <P
irait d'ailleurs à r e n c o n t r e des a v a n t a g e s q u e p r é s e n t e une unité qui c o n c o r d e si
bien avec les autres unités p r a t i q u e s i n t e r n a t i o n a l e s . Il n'y a pas en s o m m e g r a n d
a
i n c o n v é n i e n t à o m e t t r e l e d i v i s e u r 1 0 dans les f o r m u l e s [qui s e r o n t ainsi e x p r i -
m é e s en unités C. G . S . ] .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


208 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

r a s e n t p l u t ô t q u ' i l s ne c o u p e n t les l i g n e s de f o r c e , et e l l e a t t e i n d r a s o n
m a x i m u m q u a n d l a spire passera à 90 et à 270 d e g r é s . L a « v a r i a t i o n
du flux » à l ' i n t é r i e u r de l a spire sera maximum q u a n d ce flux sera
minimum, et vice versa ( v o i r p . 30-31).
P o u r tout a n g l e i n t e r m é d i a i r e , si l e c h a m p est u n i f o r m e , le flux de
force effectif à t r a v e r s la spire est p r o p o r t i o n n e l au cosinus de l ' a n g l e
d o n t cette spire a t o u r n é d e p u i s sa p o s i t i o n z é r o , et la f o r c e é l e c t r o m o -

F i g . 133. — D y n a m o é l é m e n t a i r e i d é a l e .

t r i c e est p r o p o r t i o n n e l l e au sinus de cet a n g l e . S t r i c t e m e n t p a r l a n t , il


faut p r e n d r e l e sinus a v e c le s i g n e — , ou e n v a l e u r négative, p o u r re-
p r é s e n t e r cette force é l e c t r o m o t r i c e , parce q u e , suivant la définition
u s u e l l e , l a f o r c e é l e c l r o m o t r i c e i n d u i t e est p r o p o r t i o n n e l l e à l a v a r i a t i o n
décroissante du flux de f o r c e dans la s p i r e . I l n ' y a p a s , t o u t e f o i s , à
s ' i n q u i é t e r du s i g n e , a t t e n d u q u e , si le c o m m u t a t e u r est c o n v e n a b l e m e n t
d i s p o s é , t o u t e s l e s forces é l e c t r o m o t r i c e s i n d u i t e s s o n t , p a r son a c t i o n ,
d i r i g é e s dans le m ê m e sens à t r a v e r s l e c i r c u i t e x t é r i e u r .
On p e u t c a l c u l e r de la m a n i è r e suivante l ' e x p r e s s i o n e x a c t e de la force
é l e c t r o m o t r i c e dans la s p i r e p o u r un a n g l e d o n n é q u e l c o n q u e 8 : — L e
flux a t r a v e r s l a s p i r e , q u a n d c e t t e s p i r e a t o u r n é de l ' a n g l e 6, est
= 4> cos 8 ; d'où il résulte q u e l a v a r i a t i o n du flux sera u * sin 6, o u
n
2 tt — * sin 0. Or, c o m m e l a v a l e u r m o y e n n e de s i n 6, e n t r e les l i m i t e s
t

0 = 0 d e g r é et 0 = 90 d e g r é s , est — , o n a u r a l a force é l e c t r o m o t r i c e
n
moyenne par spire en substituant cette v a l e u r dans son é q u a t i o n , ce
qui donne [ v o l t s ] E ( m o y e n n e ) p a r spire = 4 — <t>. 10~*;

et, c o m m e l e n o m b r e de spires en s é r i e , de b a l a i à b a l a i , est i - , o n

aura f i n a l e m e n t

[volts] E (moyenne) = ~ N'l> . 10"*.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 207

Si les b o b i n e s é l é m e n t a i r e s é t a i e n t constituées p a r un g r a n d n o m b r e
de spires toutes r é u n i e s e n un seul faisceau, c o m m e dans l a b o b i n e e n
navette de S i e m e n s ( p . 32), les m ê m e s e x p r e s s i o n s subsisteraient natu-
r e l l e m e n t , à la c o n d i t i o n q u ' o n d o n n â t à N la v a l e u r c o n v e n a b l e .

O n d u l a t i o n s de l a F o r c e é l e c t r o m o t r i c e dans u n i n d u i t
à une seule spire.

A i n s i q u ' o n l'a v u ci-dessus, l a force é l e c t r o m o t r i c e r é e l l e i n d u i t e est


p r o p o r t i o n n e l l e au sinus d e l ' a n g l e d o n t la b o b i n e a t o u r n é , c'est-à-dire
q u e , en unités C. G. S.,
^ n • r. A'

E = 2TC y * sin 8 X j ,

ou

E = ^ - i V * sin 9 . [IL]
Quand Q a u g m e n t e dé 0 à 360 d e g r é s , l a v a l e u r du sinus passe de 0
à 1, puis de 1 à 0, e n s u i t e de 0 à — 1, et r e v i e n t f i n a l e m e n t de — 1 à 0.
L e s v a r i a t i o n s du sinus sont r e p r é s e n t é e s dans l a f i g u r e 134. L a m ê m e
c o u r b e p e u t d o n c s e r v i r à m o n t r e r c o m m e n t o s c i l l e r a i t l a force c l e c t r o -

F i g . 134.

m o t r i c e s'il n ' y avait pas de c o m m u t a t e u r . Mais l e c o m m u t a t e u r a p o u r


effet de t r a n s f o r m e r les i n d u c t i o n s n é g a t i v e s en i n d u c t i o n s p o s i t i v e s , les
balais étant disposés de m a n i è r e à passer d'une touche du c o m m u t a t e u r
à l'autre au m o m e n t où c o m m e n c e l ' i n d u c t i o n i n v e r s e . I l en résulte
pour l a c o u r b e la f o r m e i n d i q u é e p a r la f i g u r e 135, q u i , pa,r suite,
représente les p u l s a t i o n s du v o l t a g e dans le c i r c u i t d'une ancienne
a r m a t u r e en n a v e t t e de S i e m e n s . Mais si l ' o n p o u v a i t n i v e l e r ces sinuo-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


208 MACHINES DYNAMO -ÉLECTRIQUE S

sites et t r a n s f o r m e r l ' i n d u c t i o n o n d u l a t o i r e en une i n d u c t i o n r é g u l i è r e ,


o n o b t i e n d r a i t une seule l i g n e d r o i t e , i n d i q u é e en p o i n t i l l é dans la
figure 135, q u i c o m p r e n d r a i t , au-dessous d ' e l l e , u n e surface rectangu-
l a i r e é g a l e â l a s o m m e des surfaces e n v e l o p p é e s p a r les l i g n e s c o u r b e s

«' 30· 18Q' ZIO' JfiO'

Fig. 135.

et se t r o u v e r a i t , par suite, à une h a u t e u r q u i serait l a m o y e n n e des


h a u t e u r s des différents p o i n t s de ces c o u r b e s : p a r l e fait, chacune de
ces l i g n e s faisant partie d'une c o u r b e de sinus, l a h a u t e u r moyenne
2 7
serait — ou e n v i r o n j-j- de l e u r h a u t e u r m a x i m u m . P a r suite de la self-
TZ 11
1
i n d u c t i o n dans les spires, l e c o u r a n t est m o i n s o n d u l a t o i r e q u e le v o l -
t a g e ; les v i d e s sont en p a r t i e c o m b l é s .

O n d u l a t i o n s d a n s un i n d u i t en c i r c u i t f e r m é d i v i s é en sections.

C o m m e o n l'a v u dans la d e s c r i p t i o n d o n n é e p a g e s 37 et 38, ce sont


des r a i s o n s de c o n s t r u c t i o n q u i f o n t r o u l e r les b o b i n e s d ' a r m a t u r e en
d e u x g r o u p e s r e l i é s en p a r a l l è l e . L e s d e u x m o i t i é s de l ' a n n e a u Paci-
n o t t i , les d e u x m o i t i é s de l a b o b i n e en t a m b o u r d e S i e m e n s , se r é u n i s -
sent ainsi aux balais en arc m u l t i p l e ou e n p a r a l l è l e . Si chacune d ' e l l e s
est f o r m é e de 100 tours de fil, l e u r effet c o n j u g u é n ' e s t pas p l u s g r a n d ,
c o m m e i n d u c t i o n de force é l e c t r o m o t r i c e , q u e c e l u i de l'une d'entre
e l l e s a g i s s a n t s é p a r é m e n t , m a i s la résistance i n t é r i e u r e d e l'armature
est r é d u i t e à m o i t i é . P a r t a n t de là, nous a d m e t t r o n s , dans l e s d é v e l o p -
pements qui suivent, que les e n r o u l e m e n t s d'induit sont formés de
paires de bobines. Ainsi, au lieu d'une b o b i n e d e 200 t o u r s de f i l ,
c o m m e l ' i n d i q u e la figure 136, nous a d m e t t r o n s q u ' i l y a une p a i r e de
b o b i n e s de 100 tours c h a c u n e c o m m e dans l a l i g u r e 137.
S u p p o s o n s m a i n t e n a n t q u e , p o u r o b t e n i r une o n d u l a t i o n m o i n d r e , o n
divise chacune des p a i r e s p r i m i t i v e s de b o b i n e s e n d e u x p a r t i e s , et

1
Voir l e s remarques de Cromwell F . Varley dans le Phil. Mag., 1867, et de
Puluj dans les Sitzungsber. Wien. Akad., II a. m a i 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 209

q u ' o n les d i s p o s e à a n g l e s d r o i t s l'une p a r r a p p o r t à l'autre. Pour


prendre un e x e m p l e n u m é r i q u e , supposons q u ' i l y eût p r i m i t i v e m e n t
•100 tours de fil sur c h a q u e b o b i n e , et q u ' o n les p a r t a g e chacune en

F i g . 136. F i g . 137. F i g . 138.

deux b o b i n e s de SO s p i r e s , m a i s q u ' o n les m o n t e en c r o i x l'une par


r a p p o r t à l ' a u t r e , de t e l l e s o r t e q u e l ' u n e a r r i v e à la p o s i t i o n d'action
m a x i m u m dans l e c h a m p au m o m e n t où l ' a u t r e la q u i t t e . (Cette d i s p o -
sition est i n d i q u é e dans l a figure 138 q u e l ' o n p e u t c o m p a r e r avec l a

F i g . 139.

figure 137 r e p r é s e n t a n t l a b o b i n e n o n d i v i s é e . ) D a n s ce cas, o n aura


deux s y s t è m e s de c o u r b e s c h e v a u c h a n t l'une sur l ' a u t r e et chacune de
ces courbes ne d e v r a plus a v o i r q u e l a m o i t i é d e l a h a u t e u r p r é c é d e n t e
en r a i s o n de ce q u e le n o m b r e de spires de c h a q u e b o b i n e ne sera

F i g . 140.

plus q u e l a m o i t i é de ce q u ' i l était p o u r la b o b i n e e n t i è r e . Dès l o r s ,


s'il n ' y a v a i t pas d e c o m m u t a t e u r , la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e i n d u i t e dans
les deux g r o u p e s de b o b i n e s p r é s e n t e r a i t les o n d u l a t i o n s i n d i q u é e s p a r
les d e u x courbes de la figure 139. Mais si les e x t r é m i t é s des deux * sec-
tions » de la b o b i n e sont r e l i é e s à un c o m m u t a t e u r ou à un collecteur
c o n v e n a b l e , toutes les i n d u c t i o n s « i n v e r s e s » s e r o n t c h a n g é e s e n i n d u c -
tions i d i r e c t e s » p a r le p a s s a g e sous les b a l a i s au m o m e n t v o u l u , et les
deux courbes d e v i e n d r o n t telles q u ' e l l e s sont i n d i q u é e s dans la f i g u r e 140.
Il s'agit dès lors de v o i r q u e l sera le r é s u l t a t c o n j u g u é de ce c h e v a u c h e -

DYNAMO-ÉLECTHIQUES. 14

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


210 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

m e n t de forces é l e c t r o m o t r i c e s : il est é v i d e n t que de 0 d e g r é à 90 degrés


les deux actions i n d u c t r i c e s v i e n n e n t s'ajouter et qu'à 45 d e g r é s elles
s o n t é g a l e s . L e r é s u l t a t net est, p a r suite, ici d o u b l e de l'effet qu'elles
p r o d u i r a i e n t i n d i v i d u e l l e m e n t ; et, p a r le f a i t , la c o u r b e r e p r é s e n t a n t la

O- 30° 130' ÏIO' 360'

F i g . 141.

somme des d e u x c o u r b e s est c e l l e d o n n é e p a r la f i g u r e 1 4 1 . On v o i t de


suite que c e l t e c o u r b e est un a c h e m i n e m e n t vers la continuité ; ses
o n d u l a t i o n s sont b i e n m o i n d r e s que celles f o u r n i e s par une b o b i n e u n i q u e
( f i g . 1 3 3 ) . S i , c o m m e t o u t à l'heure, o n n i v e l l e les s o m m e t s o n d u l a t o i r e s
p a r une l i g n e p o n c t u é e , o n o b t i e n t e x a c t e m e n t la m ê m e h a u t e u r q u e
précédemment. L'induction totale p r o d u i t e est la même,
et la force é l e c t r o m o t r i c e moyenne est aussi la même.
Il n ' y a p a r conséquent aucun g a i n dans le travail
é l e c t r i q u e total résultant du n o u v e a u m o n t a g e des b o -
b i n e s d e l ' a r m a t u r e en d e u x g r o u p e s perpendiculaires
entre e u x ; m a i s il y a a m é l i o r a t i o n r é e l l e en ce q u e l e
c o u r a n t est plus continu et plus r é g u l i e r .
Si l ' o n d i v i s e e n c o r e les b o b i n e s , q u ' o n les m o n t e à 45 d e g r é s l'une
d e l ' a u t r e , c o m m e l ' i n d i q u e la f i g u r e 142, en q u a t r e g r o u p e s de p a i r e s ,
c h a q u e b o b i n e a y a n t v i n g t - c i n q s p i r e s , et q u ' o n les r e l i e e n s u i t e à un
c o m m u t a t e u r c o n v e n a b l e m e n t d i s p o s é , on o b t i e n d r a un effet q u ' o n peut

O' AO' 180- '¿10' 3GO-

F i g . 143.

très facilement représenter à l ' a i d e de d e u x courbes s e m b l a b l e s à la


p r é c é d e n t e , m a i s de hauteur m o i t i é m o i n d r e , et se c o m p e n s a n t c o m m e
l'indique la f i g u r e 143. L ' u n e d'elles présentera naturellement ses
s o m m e t s e n a v a n c e de 45 d e g r é s sur c e u x d e l'autre, et l e u r sommation
fournira une courbe r é s u l t a n t e t e l l e q u e c e l l e de la figure 144 q u i a
e x a c t e m e n t la m ê m e h a u t e u r moyenne q u e p r é c é d e m m e n t , m a i s avec
e n c o r e m o i n s d ' o n d u l a t i o n . On c o n ç o i t a i s é m e n t q u e ce m o d e de p r o -
c é d e r , consistant à d i v i s e r la b o b i n e d ' i n d u i t en sections et à d i s p o s e r

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 211

s y m é t r i q u e m e n t ces sections à distances a n g u l a i r e s é g a l e s , conduise à


un résultat aussi a p p r o c h é q u ' o n v o u d r a de la c o n t i n u i t é a b s o l u e . Si la
p a i r e p r i m i t i v e de b o b i n e s de 100 tours de fil chacune é t a i t d i v i s é e en

O' 30' 1tiO' 210' 360


Fig. l i i .

v i n g t g r o u p e s de p a i r e s de c i n q spires c h a c u n e , ou m ê m e en d i x g r o u p e s
de paires de d i x s p i r e s , o n a r r i v e r a i t aussi près q u e p o s s i b l e de la
continuité a b s o l u e . I l ne reste plus qu'à c a l c u l e r a l g é b r i q u e m e n t cette
a p p r o x i m a t i o n de c o n t i n u i t é , o p é r a t i o n plus fastidieuse q u e difficile.

Calcul des Ondulations de la Force électromotrice dans les ind


en circuit fermé.

On a vu au Chapitre I I I que, dans tout induit, une section de la bobine


reliée à deux touches quelconques du commutateur subit, à chaque instant,
un effet d'induction exactement semblable, mais de signe contraire, à celui
produit dans la section reliée aux deux touches diamétralement opposées de ce
commutateur. Nous avons assimilé les deux groupes de bobines, dans les deux
moitiés de l'induit, à deux groupes d'éléments galvaniques montés parallèle-
ment. Supposons que l'armature ait en tout trente-six sections; i f y en a, en
réalité, deux groupes de dix-huit, et la force électromotrice induite dans
chaque groupe est identique. Nous prendrons comme exemple le cas d'un
induit en anneau, qui est moins compliqué qu'un tambour. Représentons par
le symbole n le nombre total des sections de l'induit. 11 y aura, par
c

suite, ^ ° sections dans chaque moitié, de balai à balai. Supposons que chaque
section comporte b tours de fil. L'armature totale contiendra 6n„ spires. Si ces
rie sections sont disposées symétriquement autour de la bobine, l'angle com-
pris entre le plan de chaque section et celui de la suivante sera de degrés
2T. tc n
°
ou —" radians. Cette expression peut s'écrire - t ; et, pour abréger, nous
»c -j- n c

appellerons cet angle = ¡3. On calculera dès lors la force électromotrice totale
induite dans un des groupes de sections, c'est-à-dire dans l'un des
groupes des n sections de bobines, en parcourant la moitié de l'armature
c

de l'un des balais à l'autre. En se reportant à ce qui précède et se rappelant que


un flux égal à — seulement, au plus, pénètre une section quelconque à un
moment quelconque, on voit que, dans la première section, lorsqu'elle a
tourné d'un angle 0, la force électromotrice induite e est l

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


212 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

co représentant la vitesse angulaire. Dans la seconde section, la force électro-


motrice sera

f, = u y 4 sin (8 + p),

puisque cette section occupe une position différant d'un angle p de celle de la
première seetion. Dans la troisième section, on aura de même

e = 3 «J b sin (0 4- 2 p) ;

et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on arrive à la dernière section du groupe, pour


laquelle la force électromotrice sera

e n u h s i n 9 n
i_ " = * Í + (^T <> - ^Pi-

Mais la force électromotrice totale du groupe est la somme de toutes ces forces

électromotrices individuelles, ce qui donne :

ï = » y t x |sin 0 - f s i n ( 0 + p ) + s i n ( û + 2 p) + . . . . s i n [B + ^ - n - l j p] j. t

On ne peut néanmoins avoir aucune indication relative aux valeurs maximum


et minimum de cette force électromotrice ondulatoire tant que l'expression de
E conserve la forme d'une longue série de valeurs. 11 faut sommer cette série
entre accolades.
En insérant cette somme on a immédiatement

Le degré d'ondulation impliqué par cette formule dépend de la position


occupée p a r l e s balais. Ils passent, naturellement, d'une touche du commuta-
teur à l'autre, quand le commutateur tourne de l'angle p. Ainsi, si 6 = 0 au
début, quand la lame du commutateur commence juste à toucher le balai,
alors 8 r = p au moment précis où la lame cesse d'être en contact avec lui.
Et, quand le balai touche le milieu de la l a m e , 0 — Mais le cosinus est
m a x i m u m quand l'angle est minimum. Par suite E sera maximum pour ~- = G,
fi ^
c'est-à-dire pour .— 8 = o : et E sera minimum soit pour 6 — o, soit pour
9 — p. On a par conséquent les résultats suivants pour le passage de la touche
du commutateur sous le balai :

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 213

( 1 . ) Au début (6 = 6),

E (minimum) =u^-b
ijj 2
sin
=
<J>
uj — 6 cotang r^-
90°
ï·
(2.) Au milieu de la louche ^8 = | ^ ,

* , 1
E (maximum) =(11-5-0 ^
sin
* . .90°
: W -y 0 COSeC ; t

( 3 . ) A la fin 1
C 0 S
p
* 2
£ (de nouveau m i n i m u m ) = ai— 6
sin ^

=
*
a) -g 6 cotang
90° ·
0
^ â

La plus grande ondulation qui puisse se présenter correspondra donc à la


a
90 90°
différence entre coséc et cotang ; et, comme chaque touche en passant
n
I- ,-»«

sous les balais arrive juste à la position occupée par la touche qui la précède, il
y aura autant d'ondulations par tour qu'il y a de touches au collecteur ou de
sections dans l'induit, c'est-à-dire n . De plus, si l'on pouvait augmenter indéfi-
c

niment le nombre des sections, de telle sorte que ou JL fût pratiquement


â""c 2
90° 90* n
c
— 0°, alors c o s é c , — et cotang p — s e r a i e n t toutes deux égales à "
jn c - -n a c « '
90° TI
car , — et pour de faibles angles l'arc est sensiblement égal soit
t

au sinus, soit à la tangente. Nous calculerons cependant le véritable degré


d'ondulation pour certains cas.
. Un assez grand nombre de dynamos comportent des armatures à 36 sections
avec un collecteur à 36 touches. On désire connaître les ondulations dans ce
cas et dans d'autres avec plus ou moins de sections. L e tableau suivant fournit
le résultat des calculs ; le nombre des sections de l'induit et du collecteur étant
donné dans la première colonne, et leur largeur angulaire dans la seconde,
l'ondulation est la différence entre les colonnes 3 et 4 (voir le tableau p . 214).
Ces chiffres montrent clairement que les ondulations deviennent pratique-
ment insignifiantes quand on augmente le nombre des sections ; c'est ce
qu'indiquaient d'ailleurs les courbes des figures 135 à 144. Avec un

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


214 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

s ¡3
COSÉC ~Y COTANG 2 J ONDULATION
i 3
ONDULATION
p . 100
ne «ê

i 2 3 i 5 6

2 180° 0.5 0,0000 0,5 rfc 50,00


4 90 0,3479 0,2500 0,0979 14,04
10 36 0,3236 0,3077 0,0159 2,38

12 30 0,3220 0,3110 O.OUO 1,70


15 24 0,3206 0,3136 0,0070 1,10
20 18 0,3196 0,3137 0,0039 0,61

24 15 0,3192 0,3165 0,0027 0,42


30 12 0,3189 0,3171 0,0018 0,28
36 10 0,3187 0,3175 0,0012 0,19

40 9 0.3186 0,3177 0,0009 0,14


45 8 0,31857 0,31780 0,00077 0,12
60 6 0,31846 0,31802 0,00044 0,07

00 4 0,31838 0,31819 0,00019 0,03


360 1 0, 31832 0,31830 0,00002 0,003
5 400 0°4' 0,3183099 0,3183098 0,0000001 0,00001

collecteur à 20 touches, les ondulations de la force électromotrice dans l'ar-


mature sont inférieures à 1 p. 100 de la force électromotrice totale. Avec un
collecteur en 36 parties, elles sont inférieures à 2 p. 1 000. En ce qui con-
cerne uniquement les ondulations, c'est donc un raffinement pratiquement
inutile que d'employer des collecteurs à plus de trente-six touches. Mais, ainsi
qu'on le verra eu étudiant les phénomènes de self-induction dans les sections
individuelles, d'autres raisons militent en faveur d'un nombre de sections aussi
grand que possible.
En supposant maintenant qu'on donne à l'enroulement un grand nombre
de sections, de telle sorte que les ondulations puissent être négligeables, quelle

sera la force électromotrice totale? — On peut écrire, ainsi qu'on l'a vu,

au lieu de coséc ~ - ou cotang — , ce qui donne

Mais ai = 2?r ~ radians et bn =


c N, de sorte que la formule devient encore

comme précédemment.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO

y
Mesure de l'Ondulation.

Le degré relatif d'ondulation dans le courant fourni par une dynamo peut
être déduit de son effet inducteur sur un circuit voisin. Introduisons une
bobine dans le circuit et disposons une seconde bobine, tout à fait indépen-
dante de la première, dans le prolongement de celle-ci, c'est-à-dire suivant le
même axe, de telle sorte que le coefficient de mutuelle induction entre ces
deux bobines soit aussi grand que possible. Introduisons dans le circuit de la
seconde bobine le récepteur d'un téléphone Bell. Si le courant est constant
dans le circuit principal, on n'entendra aucun son. S'il est ondulatoire, chaque
ondulation induira un courant secondaire correspondant dans le circuit télé-
phonique, et l'intensité ainsi que la fréquence des ondulations pourront être
estimées d'après la hauteur ou la gravité du son dans le téléphone. Les ondu-
lations du courant d'une machine Brush, qui sont d'environ 1,2a p. 100, se
dénotent aisément de cette façon. Le professeur Ayrton a imaginé d'intro-
duire dans le circuit d'induction secondaire un electro-dynamomètre destiné
à servir de c mesureur de discontinuité » .

Effet d'un d é f a u t de s i m u l t a n é i t é d a n s l a C o m m u t a t i o n .

Si les balais sont montés de telle sorte que le passage au contact sous l'un
d'eux ne s'effectue pas au même instant que le passage sous l'autre, il est évi-
dent que les forces électromotrices dans les deux moitiés du circuit d'induit
seront légèrement inégales. Cette inégalité momentanée disparaîtra pour faire
place à une autre (de signe contraire) quand la commutation s'effectuera à
l'autre balai. Le résultat sera le même que si un petit courant alternatif variant

de —— périodes par seconde était amené à agir sur le circuit de l'induit. Ce


défaut dans les induits peut provenir de différentes causes : il se manifestera
si le nombre des sections de l'induit est impair, si le nombre des fils n'est pas
le même dans toutes les sections, ou si leurs connexions ne sont pas symé-
triques, ou finalement si le contact des balais ne se fait pas exactement sur
les extrémités opposées d'un même diamètre. Ces effets sont indépendants
d'un trouble, moins sensible cependant, résultant, dans toute armature, d'in-
ductions mutuelles entre les courants dans les spires où s'effectue la c o m m u -
tation et dans les spires adjacentes.

M e s u r e de

La manière de procéder pour mesurer le flux de force qui traverse réellement


l'induit constitue un problème de haute importance. L e mieux est, par le
fait, de le calculer d'après le fonctionnement même de la machine. La vitesse
étant contrôlée à l'aide d'un compteur de tours convenable, le nombre de fils
autour de l'induit étant connu, et la force électromotrice totale engendrée

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


210 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

dans la machine étant mesurée par les méthodes électriques employées à cet
effet, il ne reste plus qu'à appliquer la formule fondamentale, transformée
pour dégager * :

E.10»

Le moyen adopté pour mesurer E devra dépendre de la construction de la


machine. S'il s'agit d'une machine à courant continu, soit magnéto, soit à
excitation indépendante, il sufdra d'appliquer à circuit ouvert un simple v o l t -
mètre entre les bornes ou les balais) Si l'on a affaire à une machine en série
ou en dérivation, on pourra recourir à la même méthode, à la condition de
déconnecter les bobines inductrices et de les exciter séparément (à l'aide
d'accumulateurs, par exemple) exactement au même point que quand la
machine fonctionne. Dans ces différents cas cependant le résultat ne donnera
pas exactement les valeurs de fonctionnement, eu raison des réactions dues,
en marche normale, aux courants considérables dans les spires de l'induit.
Pour mesurer E quand la machine tourne, il faut ou la faire fonctionner sur
des résistances connues (de manière à pouvoir calculer E d'après la loi
d'Ohm), ou bien mesurer (voir p . 220) la différence de potentiel aux balais à
l'aide d'un voltmètre, et calculer, d'après la résistance de l'induit et le cou-
rant qui y circule, le nombre de volts perdus intérieurement. En les ajoutant
aux volts mesurés, on aura le montant total de E.
Un autre moyen, qui n'implique pas la marche de la machine et est par suite
moins satisfaisant, consiste à rouler autour de l'armature, dans son voisinage
immédiat et exactement suivant le diamètre de commutation, un seul tour de-
fd fin isolé, dont les extrémités sont reliées par deux fils isolés très rapprochés
l'un de l'autre, ou mieux encore tordus ensemble, à un galvanomètre balistique
à période lente et de sensibilité convenable. Ceci étant fait, on s'arrange alors
pour exciter séparément les inducteurs, au moyen d'un courant auxiliaire, au
degré correspondant à l'excitation de fonctionnement. En appliquant le courant
d'excitation, on donne naissance dans le circuit à un courant de courte durée,
proportionnel en valeur intégrale au flux de force ainsi introduit dans la spire
de fil, et qui donne une impulsion au galvanomètre. On peut régler cette i m -
pulsion en introduisant des résistances convenables. En rompant le circuit
d'excitation ou mettant en court-circuit les bobines d'excitation, on observe
une autre impulsion de sens contraire et d'égale valeur. P o u r déterminer
le flux de force absolu indiqué par cette impulsion, il est nécessaire de faire
une expérience comparative à l'aicLe d'un appareil quelconque permettant
d'introduire un flux connu dans le même circuit. On se servira avantageu-
sement à cet effet d'une bobine à main de grandes dimensions (analogue,
en grand, à la bobine d'un galvanomètre des tangentes), comportant un
nombre connu de spires de iil fin, dont la surface moyenne aura été soigneu-
sement mesurée. Une bobine de ce genre sera insérée dans le circuit du
galvanomètre ci-dessus mentionné, mais avec des fils de connexion suffi-
samment longs pour qu'il puisse être placé à une distance de la dynamo ou
de tout autre agent magnétique telle qu'il ne puisse y avoir place pour aucune

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 217

erreur résultant de ces causes de perturbation. Elle devra être bien vertica-
lement réglée en un point où la valeur de la composante verticale du champ
magnétique terrestre soit connue. (Elle est à Paris de 0,4222 unité C. G. S.)
En renversant brusquement cette bobine, on obtient une autre impulsion
sur le galvanomètre balistique. Le résultat se calcule de la manière suivante :
— Soient 8, l'impulsion due à l'introduction du flux * à travers la spire, et
S, celle fournie par le renversement de la bobine ; si N est le nombre de tours
de 111 sur la bobine, S la surface (moyenne) embrassée par chacun d'eux, et
H l'intensité de la composante verticale du champ terrestre, le flux embrassé
v

par le renversement de la bobine sera 2NSH , et <E> sera donné par la simple
V

règle de trois :
•E _ 8,
2NSII V — 8 S "

Dans une modification de cette méthode, brièvement décrite page 71,


M. Mordey mesure dans un alternateur le flux de force qui passe, pour chaque
position de l'induit, à travers ses spires.

MACHINE MAGNÉTO ET MACHINE A EXCITATION INDÉPENDANTE

Dans les é q u a t i o n s c o n s i d é r é e s j u s q u ' i c i , o n a supposé que l ' i n d u i t


tournait dans un c h a m p m a g n é t i q u e d o n t la v a l e u r était représentée
par l e s y m b o l e 4 ' . 11 n'a r i e n été spécifié c o m m e g e n r e d ' i n d u c t e u r ; l a
f o r m u l e g é n é r a l e p r é c é d e m m e n t d é d u i t e s ' a p p l i q u e donc naturellement
à tous les s y s t è m e s i n d u c t e u r s p o u r v u q u e l e u r f o r c e m a g n é t i q u e s o i t
c o n n u e . Dans l e s m a c h i n e s m a g n é t o - é l e c t r i q u e s , d o n t l e c h a m p i n d u c -
teur est constitué p a r des a i m a n t s p e r m a n e n t s en a c i e r , q> d é p e n d à
la fois de l ' a i m a n t a t i o n de l ' a c i e r , et du n o y a u de fer de l ' i n d u i t . L e flux
de force q u i t r a v e r s e c e t i n d u i t est c e p e n d a n t d i m i n u é p a r la r é a c t i o n
d'induit q u a n d o n d e m a n d e à la m a c h i n e un g r a n d d é b i t . Si l e m a g n é -
tisme du s y s t è m e inducteur était assez p r é p o n d é r a n t sur celui des
bobines d'induit pour q u e c e t t e r é a c t i o n fût tout à fait i n s i g n i f i a n t e ,
la f o r m u l e f o n d a m e n t a l e é t a n t

n
E = jN<S>,

E serait, p o u r une m a c h i n e m a g n é t o d o n n é e q u e l c o n q u e , d i r e c t e m e n t
71
p r o p o r t i o n n e l à la v i t e s s e de r o t a t i o n — . Mais o n sait q u ' e n p r a t i q u e il
i

n'en est pas a i n s i . S u p p o s o n s que l ' o n fasse m a r c h e r une m a c h i n e m a -

g n é t o à l a v i t e s s e de 600 tours p a r m i n u t e ^ 0 , p u i s q u ' e l l e fera

ainsi 10 r é v o l u t i o n s p a r s e c o n d e ) et q u ' e l l e d o n n e , p a r e x e m p l e , 17 v o l t s

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


218 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

de force é l e c t r o m o t r i c e ; d è s l o r s , s'il n ' y a v a i t a u c u n e r é a c t i o n du fait


de l'induit, à l ' a l l u r e de 1 200 t o u r s par minute elle devrait fournir
e x a c t e m e n t 34 v o l t s . On n ' y a r r i v e j a m a i s en r é a l i t é , b i e n que dans cer-
taines m a c h i n e s , telles que les m a c h i n e s m a g n é t o s G r a m m e , type de
laboratoire, c o n s t r u i t e s p a r B r e g u e t ( f i g . 7, p . 1 5 ) , la p r o p o r t i o n d i r e c t e
s o i t très a p p r o x i m a t i v e m e n t a t t e i n t e , m ê m e à de b e a u c o u p plus g r a n d e s
vitesses.

R e l a t i o n e n t r e l a V i t e s s e et l a F o r c e é l e c t r o m o t r i c e . — T o u r s m o r t s .

Si le courant dans l'induit est m a i n t e n u constant par l'addition,


d a n s le c i r c u i t , de résistances proportionnelles à l'augmentation de
v i t e s s e , l ' a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e de l ' i n d u i t peut être m a i n t e n u e cons-
tante, m a l g r é le déhit de la m a c h i n e . Dans un c e r t a i n n o m b r e d'ex-

2CS

c soo TOUS
F i g . 145. — C o u r b e i n d i q u a n t la r e l a t i o n e n t r e l a V i t e s s e et la F o r c e é l e c t r o m o t r i c e .

périences faites p a r lui sur des v i t e s s e s différentes, M . Joubert a


m e s u r é l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e à l ' a i d e d'un é l e c t r o m è t r e q u i ne d o n -
n a i t p a s s a g e à aucun c o u r a n t . L e s seules r é a c t i o n s p o s s i b l e s étaient
c e l l e s dues a u x c o u r a n t s p a r a s i t e s s u s c e p t i b l e s de se d é v e l o p p e r dans
l e n o y a u , e t la l o i t h é o r i q u e s'est v é r i f i é e p r e s q u e e x a c t e m e n t . N o u s d o n -
n o n s ci-dessous le r e l e v é des o b s e r v a t i o n s f a i t e s , et, d a n s la figure 145,
la c o u r b e q u i e n résulte ; on y v e r r a p a r sa t e n s i o n a v e c q u e l l e r e m a r -
1
q u a b l e e x a c t i t u d e la c o n d i t i o n t h é o r i q u e était r é a l i s é e .

Vitesse 500 720 1070 t o u r s p a r m i n u t e .


Force électromotrice. 103 145 208 v o l t s .

L ' é c a r t que l ' o n constate entre l'allure de l a c o u r b e et u n e ligne


d r o i t e , p o u r de g r a n d e s v i t e s s e s , est p r o b a b l e m e n t dû à l ' a c t i o n d é m a -
g n é t i s a n t e de c o u r a n t s p a r a s i t e s dans les m a s s e s en m o u v e m e n t .

i V o i r é g a l e m e n t les e x p é r i e n c e s d e M o r d e y , Journal I. E. E., X I X . 233, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 219

On d é s i g n e sous le n o m de tours morts l e n o m b r e de tours d o n t l a


v i t e s s e , p o u r une puissance f o u r n i e q u e l c o n q u e , d é p a s s e l e n o m b r e de
t o u r s s t r i c t e m e n t nécessaire au m a i n t i e n d e la p r o p o r t i o n t h é o r i q u e .

P o t e n t i e l a u x b o r n e s d'une d y n a m o . — V o l t s p e r d u s .

L e p o t e n t i e l aux b o r n e s d'une m a c h i n e m a g n é t o — c o m m e de toute


m a c h i n e d y n a m o — e s t , sous c h a r g e , i n f é r i e u r à la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e
totale i n d u i t e E, a t t e n d u q u ' u n e p a r t i e de E est e m p l o y é e à faire passer
l e c o u r a n t à t r a v e r s l a résistance de l ' a r m a t u r e . L e s y m b o l e e s ' e m p l o i e
généralement pour représenter l a différence de potentiel entre les
b o r n e s . C'est s e u l e m e n t q u a n d l e circuit e x t é r i e u r est o u v e r t , de t e l l e
sorte q u ' i l n ' y ait pas de c o u r a n t p r o d u i t , que e = E. I l est c o m m o d e
d ' a v o i r u n e e x p r e s s i o n de e e n f o n c t i o n des autres q u a n t i t é s , car o n
v o i t q u e , l o r s q u ' i l y a p r o d u c t i o n de c o u r a n t , i l est i m p o s s i b l e de m e -
surer E d i r e c t e m e n t à l ' a i d e d'un v o l t m è t r e ou d'un électromètre,
tandis q u e e p e u t toujours se m e s u r e r a i n s i .

Soit r a la résistance i n t é r i e u r e de l a m a c h i n e , c'est-à-dire la r é s i s -


tance des b o b i n e s d ' i n d u i t et de toute a u t r e p a r t i e en circuit e n t r e les
b o r n e s ; e t soit R la r é s i s t a n c e du circuit e x t é r i e u r . D ' a p r è s la l o i
d'Ohm, si i est l ' i n t e n s i t é du courant,

E = i (r -+- R).a

Mais, d'après la l o i d ' O h m é g a l e m e n t , si e est la différence de p o t e n t i e l


entre les b o r n e s de l a p a r t i e du c i r c u i t d o n t la r é s i s t a n c e est R,

e = ÏR ;
d'où
e R
[III.]
E — r„-t-.R'
ce qui d o n n é

r -+- R
a

I l c o n v i e n t é g a l e m e n t d e n o t e r que :

„ r -+- R
a

car c e t t e f o r m u l e p e r m e t de c a l c u l e r £ d'après les v a l e u r s de e r e l e v é e s


sur un v o l t m è t r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


220 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Maia lea v a l e u r s de R sont s o u v e n t i n c o n n u e s ; aussi le m o d e de


calcul suivant est-il plus utile dans la p r a t i q u e . E n r e t r a n c h a n t m e m b r e
à m e m b r e la seconde des é q u a t i o n s ci-dessus de l a p r e m i è r e , o n a :

E — e = ir a

ou

e = E — ir., [IV.]

ce q u i revient à d i r e q u e l e n o m b r e de v o l t s aux b o r n e s est é g a l au


n o m b r e total des v o l t s e n g e n d r é s dans l ' i n d u i t m o i n s le n o m b r e néces-
s a i r e à faire passer l e c o u r a n t i à t r a v e r s la r é s i s t a n c e i n t é r i e u r e r . L e s
a

voltsiì\ ainsi inutilisables dans l e c i r c u i t e x t é r i e u r sont a p p e l é s volts


perdus ; le n o m b r e en sera d'autant m o i n d r e q u e l a r é s i s t a n c e inté-
r i e u r e sera plus f a i b l e . Si l ' o n o b s e r v e e au m o y e n d'un v o l t m è t r e , o n
peut d é t e r m i n e r E en ajoutant à e les v o l t s perdus ; e t c e u x - c i p e u v e n t
ê t r e calculés d'après les i n d i c a t i o n s d'un a m p è r e m è t r e d o n n a n t le cou-
r a n t q u i circule dans l ' i n d u i t , m u l t i p l i é ensuite p a r l a r é s i s t a n c e inté-
r i e u r e connue.

Relation e n t r e l a F o r c e é l e c t r o m o t r i c e totale
et l a D i f f é r e n c e de p o t e n t i e l aux bornes.

L a distinction e s s e n t i e l l e r e l e v é e p l u s haut e n t r e la f o r c e électro-


m o t r i c e totale E et la p o r t i o n q u i e n est u t i l i s a b l e c o m m e différence
de p o t e n t i e l aux b o r n e s e est s u s c e p t i b l e d'une d é m o n s t r a t i o n géo-
1
m é t r i q u e due à M. Ernst Richter et q u e nous reproduisons ci-
dessous.
Dans une m a c h i n e ( c o m m e c e l l e s d o n t il sera s u r t o u t q u e s t i o n ulté-
r i e u r e m e n t ) pour l a q u e l l e e est constant, E n e l e sera p a s , sauf dans
l e cas i r r é a l i s a b l e d'une m a c h i n e sans r é s i s t a n c e i n t é r i e u r e . A p p e l o n s r
la résistance i n t é r i e u r e de l a m a c h i n e , c o m p r e n a n t c e l l e de l ' i n d u i t et
de toute bobine d'inducteur faisant partie du circuit principal
(r — r + r )
a m ; on a

E = e -+- it\

Si E est constant, il ne peut en ê t r e de m ê m e d e e q u a n d i v a r i e ;


et si c'est e qui est constant, E ne le sera p a s . O n a e n c o n s é q u e n c e
deux cas à c o n s i d é r e r : —

» Eieklrotechnische Zeitschrift, I V . 161, avril 1883.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 221

(1) E constant. — P r e n o n s les r é s i s t a n c e s c o m m e abscisses e t les


forces é l e c t r o m o t r i c e s c o m m e o r d o n n é e s et p o r t o n s ( f i g . 146) O A = r,

Fig. 146.

A N = R, OD = E- L a l i g n e B N r e p r é s e n t e la chute de p o t e n t i e l pour
tout le c i r c u i t . De la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e O B , une p o r t i o n é g a l e
à CM est c o n s o m m é e à f a i r e passer le c o u r a n t à t r a v e r s la r é s i s t a n c e r ,
laissant la p o r t i o n A M u t i l i s a b l e c o m m e d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l a u x
b o r n e s , t a n d i s q u e la r é s i s t a n c e t o t a l e du c i r c u i t est r e p r é s e n t é e par
la l o n g u e u r O N . E n N é l e v o n s e n c o n s é q u e n c e une v e r t i c a l e N Q é g a l e
à A M . Si l ' o n p r e n d une r é s i s t a n c e e x t é r i e u r e m o i n d r e R' = A N ' , on
t r o u v e r a p a r l e m ê m e p r o c é d é la v a l e u r c o r r e s p o n d a n t e d e e, A M ' ou
N'Q'. O n d é t e r m i n e r a a i n s i u n c e r t a i n n o m b r e de p o i n t s ; ils se t r o u -
v e r o n t tous sur l a c o u r b e A Q ' Q qui m o n t r e , p a r s u i t e , c o m m e n t la
différence d e p o t e n t i e l aux b o r n e s a u g m e n t e , en m ê m e temps que
la résistance e x t é r i e u r e , a l o r s q u e la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e totale r e s t e
constante e t est r e p r é s e n t é e par la d r o i t e h o r i z o n t a l e B R . L ' é q u a t i o n
de cette c o u r b e est d o n n é e p a r la c o n d i t i o n

E —e_ r
E ~ R -r- r '
d'où
(E — e ) (R -+- r) = Er — c o n s t a n t e ,

é q u a t i o n d ' u n e h y p e r b o l e e q u i l a t e r e a y a n t OB et B R p o u r a s y m p t o t e s .

(2) e constant. — C o m m e dans le cas p r é c é d e n t , O A = AN= R ;


et A M = e. Du p o i n t N ( f i g . 1 4 7 ) m e n o n s la l i g n e N M e t p r o l o n g e o n s - l a
jusqu'en B . OB r e p r é s e n t e a l o r s la v a l e u r de E d o n n a n t e v o l t s aux
bornes q u a n d / £ = A N . R e p o r t o n s a l o r s e n N l ' o r d o n n é e N R = O B . M e n o n s
de m ê m e N'B' c o r r e s p o n d a n t à une a u t r e v a l e u r q u e l c o n q u e de R, et
N'R' égale à OB'. N ' R ' représentera l a v a l e u r de E correspondant
à la v a l e u r de l a résistance e x t é r i e u r e R é g a l e à A N ' . E n d é t e r m i n a n t
d'une m a n i è r e a n a l o g u e d'autres v a l e u r s , o n o b t i e n d r a les p o i n t s suc-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


222 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

cessifs de la c o u r b e R R ' qui m o n t r e c o m m e n t d o i t v a r i e r la force élec-


tromotrice t o t a l e p o u r m a i n t e n i r c o n s t a n t e la différence de p o t e n t i e l

F i g . 147.

aux b o r n e s r e p r é s e n t é e p a r l a l i g n e h o r i z o n t a l e M Q . L ' é q u a t i o n de c e t t e
n o u v e l l e c o u r b e est d o n n é e p a r la c o n d i t i o n

E — e __ £
r ~ R
ou

(E — e ) R = er = constante.

Cette c o u r b e est e n c o r e une h y p e r b o l e é q u i l a t è r e .

Dynamo à Excitation indépendante.

L e s f o r m u l e s a p p l i c a b l e s aux m a c h i n e s m a g n é t o s subsistent p o u r les


d y n a m o s à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e ; m a i s d a n s ce cas <t> d é p e n d de l ' i n -
t e n s i t é du c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n e x t é r i e u r .
Dans l ' e s t i m a t i o n du r e n d e m e n t n e t (ou c o m m e r c i a l ) d'une d y n a m o
à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e , il faut t e n i r c o m p t e d e la puissance d é p e n s é e
p o u r e x c i t e r les i n d u c t e u r s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 223

C a r a c t é r i s t i q u e de l a m a c h i n e M a g n é t o et de l a d y n a m o
à Excitation indépendante.

Dans la m a c h i n e m a g n é t o l ' a i m a n t a t i o n des a i m a n t s en a c i e r est sen-


siblement constante. Ce fait a d o n n é naissance à l ' i d é e g é n é r a l e m e n t
répandue q u e , dans ces m a c h i n e s , la force é l e c t r o m o t r i c e n ' é t a i t f o n c -
tion que de la v i t e s s e . I l n ' e n est
rien. P a r suite, e n effet, de l a ten-
dance des courants d'induit à l'ai-
m a n t a t i o n t r a n s v e r s a l e et à la d é -
saimantation, l e flux de force q u i
t r a v e r s e r é e l l e m e n t le n o y a u dimi-
nue q u a n d l ' i n d u i t est p a r c o u r u par
des c o u r a n t s intenses. Plus le cou-
rant dans l ' a r m a t u r e est c o n s i d é -
r a b l e , plus cette r é a c t i o n est sensi-
ble. C o m m e o n l e v e r r a p a g e 236, il
est c o m m o d e de r e p r é s e n t e r p a r cer-
F i g . 148. — C a r a c t é r i s t i q u e d'une
taines c o u r b e s , dites caractéristi- machine magnéto-électrique.
ques, la r e l a t i o n q u i existe e n t r e la

force é l e c t r o m o t r i c e et l e c o u r a n t dans d i v e r s e s c o n d i t i o n s de v i t e s s e ,
de r é s i s t a n c e , e t c . U n e des c o n d i t i o n s g é n é r a l e m e n t a d m i s e s est la
constance de la v i t e s s e . Ces c o u r b e s sont particulièrement utiles
dans l'étude d e s d i f f é r e n t e s r é a c t i o n s e n t r e les inducteurs et l ' i n d u i t .
L a figure 148 d o n n e la caractéristique d'une petite machine m a g n é -
t o - é l e c t r i q u e de l a b o r a t o i r e à a n n e a u G r a m m e . Cette p e t i t e m a c h i n e
était c a p a b l e d ' a l i m e n t e r d e u x p e t i t e s l a m p e s S w a n de c i n q b o u g i e s
e n v i r o n . À c i r c u i t o u v e r t , sa force é l e c t r o m o t r i c e était de 13,1 v o l t s
à la v i t e s s e de 1 400 tours p a r m i n u t e . L a v a l e u r d e cette force é l e c -
t r o m o t r i c e t o t a l e E d é v e l o p p é e dans l ' i n d u i t t o m b a i t de 13,1 à 12,4 v o l t s
quand on empruntait à la m a c h i n e un c o u r a n t de 1,8 a m p è r e ; e t ,
quand c e l l e - c i était m i s e en c o u r t - c i r c u i t de m a n i è r e à f o u r n i r 6,1 a m -
pères, l a v a l e u r de E s'abaissait à 9,2 v o l t s . C'est l à toutefois un cas
exceptionnellement défectueux.

L a r é a c t i o n du c o u r a n t d ' a r m a t u r e était ici très m a r q u é e . S'il n ' y


avait pas eu de r é a c t i o n de ce g e n r e , la c a r a c t é r i s t i q u e aurait s u i v i la
l i g n e p o n c t u é e A au l i e u de s'incliner v e r s B . C o m m e on l'a v u p a g e 85,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


224 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

l a t e n d a n c e d é m a g n é t i s a n t e du c o u r a n t d'induit a u g m e n t e a v e c l e d é -
c a l a g e des b a l a i s .
Les caractéristiques des m a c h i n e s à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e pré-
sentent une d é c r o i s s a n c e a n a l o g u e de
force é l e c t r o m o t r i c e ; et les causes en
sont e x a c t e m e n t les m ê m e s . U n e étude
a p p r o f o n d i e de ces m a c h i n e s a été faite
en 1884 p a r M . " W . B . E s s o n qui
donne la c o u r b e c i - c o n t r e p o u r une
dynamo à excitation séparée, dont
l ' a r m a t u r e était un anneau de Paci-
OQ REV S n o t t i m o d i f i é . L a l i g n e E ( f l g . 149) re-
p r é s e n t e l a force é l e c t r o m o t r i c e totale
telle q u ' e l l e s e r a i t s'il n ' y a v a i t pas de
r é a c t i o n s d e ce g e n r e . L a l i g n e E re-
p r é s e n t e les valeurs d e l a d i f f é r e n c e de
w p o t e n t i e l entre les b a l a i s de la m a c h i n e
F i g . 149. — Caractéristique d'une (que nous sommes convenus d'appeler
machine à excitation indépendante. , .. . , , ..
D ~ , . , . s p o u r la d i s t i n g u e r de la t o r c e e l e c -
Revs = Tours ( p a r m i n u t e ) . " °
t r o m o t r i c e t o t a l e E et de l a différence
de p o t e n t i e l e e n t r e les b o r n e s ) , t e l l e q u ' e l l e serait é g a l e m e n t sans ces
r é a c t i o n s . L a c o u r b e B d o n n e les v a l e u r s r é e l l e m e n t o b s e r v é e s p o u r E
s e l o n l e d é b i t d e la m a c h i n e . L ' a b a i s s e m e n t très a c c e n t u é de l a c o u r b e
à d r o i t e de la figure est p r o b a b l e m e n t d û à l ' a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e du
c o u r a n t d ' i n d u i t q u i est plus g r a n d e q u a n d l e s b a l a i s sont ( c o m m e p o u r
des c o u r a n t s i n t e n s e s ) f o r t e m e n t d é c a l é s . L a c a r a c t é r i s t i q u e plonge
t o u j o u r s d'une m a n i è r e a n a l o g u e q u a n d les i n d u c t e u r s s o n t f a i b l e m e n t
excités ( v o i r fig. 4 3 4 ) .

R e n d e m e n t et Coefficient é c o n o m i q u e des m a c h i n e s d y n a m o s .

Supposons que l'on connaisse le n o m b r e de c h e v a u x - v a p e u r m é c a -


n i q u e s r é e l l e m e n t e m p l o y é s à a c t i o n n e r une d y n a m o . Cette m e s u r e p e u t
être p r i s e d i r e c t e m e n t , soit à l ' a i d e d'un d y n a m o m è t r e de t r a n s m i s s i o n ,
soit d'après des d i a g r a m m e s f o u r n i s p a r la m a c h i n e m o t r i c e , ou b i e n
e n c o r e , d a n s certains cas s p é c i a u x o ù les é l e c t r o - a i m a n t s p e u v e n t ê t r e

• Electrical Review , X I V . 393, a v r i l 1884. V o i r é g a l e m e n t les travaux de


M . Marcel Deprez, Comptes rendus, X C I V . 15 et 86, 1882.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 225

m o n t é s sur p i v o t s et é q u i l i b r é s , p a r l ' a p p l i c a t i o n de la m é t h o d e p r i m i -
t i v e m e n t s u i v i e p a r le r é v é r e n d F. J. S m i t h , et d é c r i t e plus tard par
M. Marcel Deprez et p a r l e p r o f e s s e u r B r a c k e t t , m é t h o d e dans l a q u e l l e
on utilise r é e l l e m e n t la r é a c t i o n m é c a n i q u e m u t u e l l e des inducteurs et
de l'induit p o u r m e s u r e r la puissance m é c a n i q u e e m p l o y é e à p r o d u i r e
le m o u v e m e n t . Si d o n c o n c o n n a î t la puissance m é c a n i q u e a b s o r b é e et
q u ' o n m e s u r e la puissance de la d y n a m o , c'est-à-dire le travail élec-
trique qu'elle fournit dans un temps donné, ou, c o m m e disent les
Anglais, son output é l e c t r i q u e , o n aura, e n c o m p a r a n t la puissance
m é c a n i q u e a b s o r b é e et la puissance é l e c t r i q u e d é v e l o p p é e , une mesure
du « r e n d e m e n t » de l a d y n a m o c o n s i d é r é e au p o i n t de v u e é c o n o m i q u e
comme transformateur d ' é n e r g i e m é c a n i q u e en é n e r g i e é l e c t r i q u e . I l
faut n a t u r e l l e m e n t se b i e n p é n é t r e r de ce f a i t , q u ' u n e p a r t i e de l'éner-
gie é l e c t r i q u e d é v e l o p p é e est f o r c é m e n t c o n s o m m é e dans la m a c h i n e
e l l e - m ê m e , e n c o n s é q u e n c e de l a r é s i s t a n c e i n é v i t a b l e du fil de l ' i n d u i t ,
et, dans l e cas des m a c h i n e s auto-excitatrices, du fil des i n d u c t e u r s . Il
est d o n c n é c e s s a i r e d ' a p p l i q u e r i c i la d i s t i n c t i o n é t a b l i e p a g e 112 e n t r e
le r e n d e m e n t b r u t d e la m a c h i n e o u , c o m m e on d i t q u e l q u e f o i s , son
t r e n d e m e n t de t r a n s f o r m a t i o n é l e c t r i q u e » , et son r e n d e m e n t net ou
« rendement commercial « .

P o u r e x p r i m e r le r e n d e m e n t , b r u t ou net, il faut c e p e n d a n t a v o i r le
m o y e n de m e s u r e r l a puissance é l e c t r i q u e de la d y n a m o , ou d'une par-
tie q u e l c o n q u e de s o n c i r c u i t .
Tout l e m o n d e sait q u ' o n p e u t d o n n e r e n w a t t s l ' e x p r e s s i o n de la puis-
sance d'un c o u r a n t , à la c o n d i t i o n de c o n n a î t r e d e u x é l é m e n t s , s a v o i r :
l'intensité du c o u r a n t en a m p è r e s et la différence de p o t e n t i e l en v o l t s
entre les d e u x e x t r é m i t é s de la p a r t i e du circuit dans l a q u e l l e se
dépense cette p u i s s a n c e . L e n o m b r e d ' a m p è r e s se m e s u r e à l'aide d'un
ampèremètre convenable ; le nombre de volts, avec un voltmètre
a p p r o p r i é . L e p r o d u i t des v o l t s par les a m p è r e s est l ' e x p r e s s i o n de la
puissance é l e c t r i q u e d é p e n s é e , en f o n c t i o n de l ' u n i t é de puissance a p p e -
lée » watt » ( v o i r l ' A p p e n d i c e A sur les u n i t é s ) . U n c h e v a l - v a p e u r
étant é g a l à 736 w a t t s , l e n o m b r e de v o l t s - a m p è r e s ( c ' e s t - à - d i r e de
watts) d o i t ê t r e d i v i s é p a r 736 p o u r d o n n e r le r é s u l t a t e n chevaux-
vapeur. Si i r e p r é s e n t e le c o u r a n t en a m p è r e s , et e la différence de
potentiel en v o l t s , la puissance é l e c t r i q u e , p o u r l a q u e l l e n o u s e m p l o i e -
rons le s y m b o l e p, p e u t s'écrire

c h x
P = T 3 6 -
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 15

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


226 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

L e rapport de l ' é n e r g i e é l e c t r i q u e utile d i s p o n i b l e dans l e circuit


e x t é r i e u r à l ' é n e r g i e totale d é v e l o p p é e dans le m ê m e t e m p s s'appelle le
« r e n d e m e n t é l e c t r i q u e » ou « coefficient é c o n o m i q u e a de la m a c h i n e .
Il peut s ' e x p r i m e r a l g é b r i q u e m e n t de la m a n i è r e s u i v a n t e : — Si un
i n d u i t d o n n e un c o u r a n t de i a a m p è r e s et si sa force é l e c t r o m o t r i c e
t o t a l e est de E v o l t s , sa puissance électrique totale sera :

p t = E i a watts.

S i la différence de p o t e n t i e l aux b o r n e s de la d y n a m o est de e v o l t s et


l e c o u r a n t e x t é r i e u r de i a m p è r e s , sa puissance utile sera :

p = ei w a t t s .
n

E n e m p l o y a n t le s y m b o l e t\ p o u r le « coefficient é c o n o m i q u e » ou ce
q u ' o n appelle le « rendement électrique » , on aura :

puissance u t i l e e i
^ puissance t o t a l e E ia. '

o u , s'il n ' y a pas de d é r i v a t i o n dans la m a c h i n e , de sorte que i — i„,

11
=^E-
g
Mais o n sait q u e l e r a p p o r t - g - d é p e n d de la r e l a t i o n d e s résistances
intérieure et extérieure, car

j) = r^R ' (équation [ I I I . ])

R représentant l a résistance du c i r c u i t e x t é r i e u r , et r la résistance


i n t é r i e u r e ( i n d u c t e u r s , induit, e t c . . . ) de la m a c h i n e .
D ' o ù , p o u r une m a c h i n e m a g n é t o ou une d y n a m o e n s é r i e ,

N a t u r e l l e m e n t , ce coefficient se r a p p r o c h e r a d ' a u t a n t plus de Vunité


q u e la v a l e u r d e r p o u r r a être d i m i n u é e . Car, si la m a c h i n e p o u v a i t être
c o n s t r u i t e sans aucune résistance i n t é r i e u r e , il n ' y a u r a i t pas d ' é n e r g i e
dépensée à faire passer l e courant dans l ' i n d u i t et consommée en
é c l i a u f f e m e n t de ses b o b i n e s .
On v e r r a plus l o i n c o m m e n t l ' e x p r e s s i o n du coefficient é c o n o m i q u e r,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 227

doit être m o d i f i é e dans le cas des m a c h i n e s en d é r i v a t i o n e t com-


pound.
Revenant maintenant au r e n d e m e n t réel d e la m a c h i n e , e m p l o y o n s
le s y m b o l e P p o u r la puissance m é c a n i q u e , e x p r i m é e en chevaux-
v a p e u r , r é e l l e m e n t e m p l o y é e à a c t i o n n e r la m a c h i n e . Si o n se r a p p e l l e
Fi
es o n
que la puissance é l e c t r i q u e brute de la m a c h i n e tr^?> a
pour le

rendement brut, ou r e n d e m e n t de t r a n s f o r m a t i o n é l e c t r i q u e ,
Ei,
s X 736 '

et pour le rendement net, ou r e n d e m e n t c o m m e r c i a l utile,

et
P X 736 -

On v o i t q u e la p r e m i è r e de ces e x p r e s s i o n s contenant E, et la
seconde e, o n p e u t d é d u i r e le r e n d e m e n t net du r e n d e m e n t b r u t en m u l -
tipliant c e d e r n i e r p a r r it c'est-à-dire p a r le coefficient é c o n o m i q u e .
A v a n t de q u i t t e r cette q u e s t i o n , il est b o n d e r e m a r q u e r q u e , l ' i n t e n -
sité i du c o u r a n t e n t r a n t c o m m e facteur dans c h a c u n e des e x p r e s s i o n s
de r e n d e m e n t , et i ne d é p e n d a n t pas s e u l e m e n t de la résistance de la
m a c h i n e e l l e - m ê m e , m a i s de celle des l a m p e s et des autres p a r t i e s du
s y s t è m e q u ' e l l e d o i t a l i m e n t e r , il y a q u e l q u e c h o s e de confus à par-
l e r du r e n d e m e n t de la dynamo, c o m m e si le r e n d e m e n t é t a i t une p r o -
priété de la m a c h i n e . P a r c o n t r e , n o n s e u l e m e n t le r e n d e m e n t brut,
mais aussi le coefficient é c o n o m i q u e , et p a r suite a fortiori le r e n d e -
ment net, d é p e n d e n t de l a résistance e x t é r i e u r e , c'est-à-dire du n o m b r e
de l a m p e s q u i p e u v e n t se t r o u v e r e n a c t i o n . I l y a c e p e n d a n t un sens
dans l e q u e l cette e x p r e s s i o n p e u t se j u s t i f i e r . T o u t e d y n a m o est c a l c u l é e
pour a l i m e n t e r un c e r t a i n n o m b r e de l a m p e s , p a r e x e m p l e , et p a r suite
pour fournir une certaine m o y e n n e de c o u r a n t . Son rendement et
son coefficient é c o n o m i q u e d o i v e n t , p a r c o n s é q u e n t , être e x p r i m é s en
fonction de ce c o u r a n t ( e t de cette résistance e x t é r i e u r e ) q u i p e u t être
considéré c o m m e le r é g i m e n o r m a l de l a m a c h i n e ,

V a r i a t i o n du Coefficient é c o n o m i q u e a v e c le C o u r a n t .

On remarquera que, dans le cas de la machine en série considéré ci-dessus,


la valeur de t) sera différente selon qu'on fera varier la résistance extérieure R.
Quand H est très grand par rapport à r, la valeur de r est très sensible- t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


228 MACH INE S DYNAM O-ÉLECTRI QUE S

ment = 1 ; mais, pour de petites valeurs de B, la valeur de diminue indéfi-


niment. Or, quand R est grand, le courant est faible, et quand R est faible,
le courant est intense. On voit par là que, pour une dynamo en série, la valeur
maximum du coefficient économique correspond au cas où la machine déve-
loppe sa puissance minimum.

DYNAMO EN S É R I E

Dans la d y n a m o en série ( f i g . 150 et f i g . 4 1 ) , il n ' e x i s t e q u ' u n seul


circuit et, p a r c o n s é q u e n t , un seul courant d o n t l'intensité i d é p e n d de
l a force é l e c t r o m o t r i c e ^ et de la
s o m m e des r é s i s t a n c e s en circuit,
savoir :

R = la résistance e x t é r i e u r e ( v a -
riable),
r „ = la résistance de l ' i n d u i t ,
r m = l a r é s i s t a n c e des i n d u c t e u r s .

— R - D'après la l o i d ' O h m :
F i g . 150.
E = {Il - i - r a -4- r,„) i.
On a é g a l e m e n t p o u r l a différence de p o t e n t i e l aux b o r n e s de l a
machine
e = Ri.

Il c o n v i e n t , e n o u t r e , de t r o u v e r une e x p r e s s i o n de l a d i f f é r e n c e d e
p o t e n t i e l entre les b a l a i s de la m a c h i n e , l e n o m b r e de v o l t s m e s u r é e n
ces p o i n t s é t a n t ici supérieur à e à cause de la résistance des i n d u c t e u r s ,
et inférieur à £ en r a i s o n de l a résistance de l ' i n d u i t . P o u r c e t t e diffé-
rence de p o t e n t i e l e n t r e les b a l a i s , n o u s e m p l o i e r o n s l e s y m b o l e £.
Alol-s, si on se r a p p e l l e que le c o u r a n t q u i traverse r m e t R est d'inten-
sité i, o n aura d'après la l o i d ' O h m

e = {R -+- r ) i ; m

d'où, p a r suite,
= E — (r a H- r ) i.
m

Coefficient é c o n o m i q u e de la d y n a m o en série.

De l a l o i de Joule r e l a t i v e à l ' é n e r g i e du c o u r a n t i l résulte que l e


coefficient é c o n o m i q u e i\, q u i est le r a p p o r t de l ' é n e r g i e é l e c t r i q u e u t i l e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THEORIE ELEMENTAIRE DE L A DYNAMO 229

d i s p o n i b l e dans le c i r c u i t e x t é r i e u r à l ' é n e r g i e é l e c t r i q u e t o t a l e déve-


l o p p é e sera
s
t r a v a i l utile t R t e
71 1
t r a v a i l to tal i [R -+- r„ -+- r ) m t E '
ou

Cette e x p r e s s i o n est é v i d e m m e n t m a x i m u m q u a n d ra et rm sont tous


deux très p e t i t s . Sir W . T h o m s o n r e c o m m a n d e de faire r m un peu plus
petit q u e r.
a

*
Exemple : — Dans une machine à arc « Phénix » étudiée par Esson, r = a

3,448 ohms, et r = 4,541 ohms. Si i = 10 ampères, il y aura 79,89 volts


m

perdus. ·

C o m m e c o m p l é m e n t à ce q u i p r é c è d e , il ne faudrait pas q u i t t e r ce
sujet sans d o n n e r une e x p r e s s i o n q u i r e l i e E au nombre d'ampères-
tours des b o b i n e s e x c i t a t r i c e s . Mais cette e x p r e s s i o n c o m p o r t e toute la
q u e s t i o n de la l o i d ' a i m a n t a t i o n et ne saurait t r o u v e r p l a c e i c i . En i n t r o -
duisant la f o r m u l e a p p r o c h é e de F r ö l i c h d o n n é e p a g e 1 6 1 , o n a r r i v e r a
à des e x p r e s s i o n s a p p r o c h é e s p o u r la d y n a m o .

DYNAMO EN DÉRIVATION

Dans la d y n a m o en d é r i v a t i o n ( f l g . 151 et 4 2 ) , o n a d e u x circuits à


considérer : l e c i r c u i t p r i n c i p a l et l e
circuit en dérivation. Les s y m b o l e s
e m p l o y é s sont les suivants :

R — résistance du circuit principal


extérieur (conducteurs, lam-
pes, etc.),
a
r = résistance de l ' i n d u i t ,
— résistance du circuit en déri-
vation (bobines des induc-
teurs),
i — courant dans l e c i r c u i t "prin-
cipal extérieur,
t'« — c o u r a n t dans l'induit,
id — courant dans le circuit e n d é r i v a t i o n ( a m p è r e s p e r d u s ) .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


230 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

On a é v i d e m m e n t

p u i s q u e l e c o u r a n t d é v e l o p p é dans l ' i n d u i t se p a r t a g e en d e u x , partie


dans le c i r c u i t p r i n c i p a l , p a r t i e dans le circuit d é r i v é , et est é g a l à leur
somme.
On p e u t a p p e l e r ampères perdus la p o r t i o n du courant total qui
retourne par l a d é r i v a t i o n et n'est pas disponible dans le circuit
e x t é r i e u r ; d a n s une b o n n e m a c h i n e m o d e r n e ils ne d é p a s s e n t pas 2 à
3 p . 100 au plus du d é b i t t o t a l . Si e est la diil'érence de p o t e n t i e l aux
b o r n e s , o n a p o u r les a m p è r e s p e r d u s :

Exemple : — Dans une machine Kapp donnant 200 ampères sous 105 volts
aux bornes, r^ était de 31 o h m s ; les ampères perdus étaient en conséquence
de 3,4 et le courant total dans l'induit, à pleine charge, de 203,4 ampères.

D ' a p r è s l a l o i d ' O h m , o n a p o u r la d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l aux b o r n e s

e Ri,

et de m ê m e
e — r u, d

p u i s q u e l e s b o r n e s du c i r c u i t p r i n c i p a l sont é g a l e m e n t c e l l e s du c i r c u i t
dérivé.
De p l u s , c o m m e la résistance r é d u i t e d'un c i r c u i t r a m i f i é est la r é c i -
p r o q u e d e l a s o m m e des r é c i p r o q u e s des résistances de ses p a r t i e s , la
résistance e x t é r i e u r e r é d u i t e , de b o r n e a b o r n e , est é g a l e à - g - ,
d'où il r é s u l t e q u e

On p e u t e n m ê m e t e m p s t r o u v e r une e x p r e s s i o n p o u r la p o r t i o n d e
la f o r c e c l e c t r o m o t r i c e t o t a l e u n i q u e m e n t e m p l o y é e à v a i n c r e la r é s i -
stance de l ' i n d u i t et q u i est n a t u r e l l e m e n t la d i f f é r e n c e e n t r e la f o r c e
é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e E et la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e effective e aux b o r n e s .
La loi d'Ohm donne immédiatement

E — e •= r i, a
ou
E — e — r„ (i -+- i ] d

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THEORIE ELEMENTAIRE DE L A DYNAMO 231

d'où l ' o n tire


e = E —1\ (i -+- i ). d [VIIL]

On t r o u v e r a é g a l e m e n t une e x p r e s s i o n de E en f o n c t i o n de e et des
diverses r é s i s t a n c e s . P r e n a n t l ' e x p r e s s i o n ci-dessus

R -h r„

et r e m p l a ç a n t i p a r sa v a l e u r i + i ,
a d p u i s chacune de ces dernières
e e
par — et — , r e s p e c t i v e m e n t , o n o b t i e n t

F _ ( Rf d -f- R'-g H- r r a d v / -H r \d

x
| TTTi Ru y
ou

E = e X r „ ( I + JL -h IV [VIII Mg.]

/l 1 1\

On p e u t r e m a r q u e r que l ' e x p r e s s i o n I— h 1 ] est la somme


des c o n d u c t i b i l i t é s de trois branchements et, p a r suite, é g a l e à la
c o n d u c t i b i l i t é de ces t r o i s b r a n c h e m e n t s r e l i é s p a r a l l è l e m e n t , c'est-à-
dire à la c o n d u c t i b i l i t é r é u n i e du c i r c u i t e x t é r i e u r , du c i r c u i t induit
et du c i r c u i t i n d u c t e u r de b a l a i à b a l a i . De sorte q u e si l ' o n p o s e R =
résistance de t o u t le s y s t è m e , m a c h i n e et c i r c u i t e x t é r i e u r , p r i s e aux
balais, l ' é q u a t i o n p e u t s'écrire :

Coefficient é c o n o m i q u e de l a d y n a m o en d é r i v a t i o n .

L e coefficient é c o n o m i q u e r est le r a p p o r t
t de l ' é n e r g i e é l e c t r i q u e
utile d i s p o n i b l e dans l e c i r c u i t e x t é r i e u r à l ' é n e r g i e é l e c t r i q u e t o t a l e
développée.
D'après la l o i d e J o u l e , il est d é v e l o p p é en t secondes dans le c i r c u i t
e x t é r i e u r un

t r a v a i l utile = i*Rt,

et, dans l e m ê m e t e m p s , il y a en é c h a u f f e m e n t une

é n e r g i e d é p e n s é e dans l a d é r i v a t i o n = i\r t,
d

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


232 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

et une
é n e r g i e d é p e n s é e dans l ' i n d u i t = t.* r . t ;

d'où, t disparaissant,

travail u t i l e i* R
71 1
t r a v a i l total i R -t- i\i r -+- d

1
1
R i j\,-t- t i i r„ -t- i V . d
1 + - -
r„ i^fi

1
1« , (H\
r,j fi t R R \i)

1
fi g fi Jja n. / f i \
+
r "*~
rf fi r ' 4 R R \r ) d

3
r,» fi r (i r„

r d \ r-d/ fi j\i

Maintenant, p o u r a b r é g e r , r e p r é s e n t o n s la résistance interne totale


f + fd par le s y m b o l e u n i q u e r ; il v i e n t
a

A R r r a r n

P o u r que ce r a p p o r t soit m a x i m u m , il faut é v i d e m m e n t q u ' o n ait

\ »- d r rf fi rj
dfi
ou

0
ri R* — '
d'où

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THEORIE ELEMENTAIRE DE L A DYNAMO 233

et

R^^sJrA, [I
R=--r \j!JL. t [IXa.]

Cette é q u a t i o n d é t e r m i n e l a résistance p a r t i c u l i è r e du c i r c u i t prin-


cipal e x t é r i e u r la plus é c o n o m i q u e , p o u r des r é s i s t a n c e s intérieures
d o n n é e s . Substituant a l o r s cette v a l e u r dans l e s t e r m e s de l ' é q u a t i o n
de f\ qui c o n t i e n n e n t R, on o b t i e n d r a p o u r leurs v a l e u r s :
Rr r . l~r _ y/Tyr n

R ~~ r d V r ~~
a rd

d'où
travail utile 1
' t r a v a i l total Ur r i'*
1 + 2 ï _ i î . -+- 2 -

Cette e x p r e s s i o n p e u t d'ailleurs ê t r e e n c o r e s i m p l i f i é e , car o n sait


q u e la r é s i s t a n c e de la d é r i v a t i o n est très é l e v é e c o m p a r a t i v e m e n t à
Celle de l ' i n d u i t ; e l l e p e u t être de 300 à 1 000 fois aussi g r a n d e . Si
d o n c — est assez p e t i t p o u r être n é g l i g e a b l e v i s - à - v i s de l ' a u t r e t e r m e ,
fa
o n aura

*i = V -; [x-]
1 + 2 ^ _

et, c o m m e r„ est p e t i t r e l a t i v e m e n t à r , r est très a p p r o x i m a t i v e m e n t


d

égal à r , d de s o r t e q u e l ' o n p e u t é c r i r e c o m m e é g a l i t é a p p r o c h é e

1 + 2 ^ - - i
r d

ou

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


234 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

C e t l e d e r n i è r e v a l e u r a p p r o x i m a t i v e est i d e n t i q u e à c e l l e d o n n é e par
S i r W . T h o m s o n dans les C o m p t e s rendus de l ' A s s o c i a t i o n B r i t a n n i q u e
de 1881 ; l ' é q u a t i o n N ° [ X . ] est c e p e n d a n t plus c o r r e c t e .
C o m m e o n p e u t l e r e m a r q u e r , il résulte de l ' é q u a t i o n N° [ I X . ] ci-
dessus que si la résistance de l'induit est faible c o m p a r a t i v e m e n t à
c e l l e de la d é r i v a t i o n , de t e l l e sorte que puisse être pris c o m m e é g a l
à l a v a l e u r de r ( c e q u i s e r a i t très d é s i r a b l e , si l ' o n p o u v a i t y a r r i v e r
d a n s la p r a t i q u e ) , o n aura

R = v'^; [xii- ]

c'est-à-dire q u e , q u a n d la p r o p o r t i o n e n t r e r a et r* est r e n d u e aussi


avantageuse que p o s s i b l e , l a r é s i s t a n c e e x t é r i e u r e de fonctionnement
l a p l u s é c o n o m i q u e est celle qui est m o y e n n e g é o m é t r i q u e e n t r e les
r é s i s t a n c e s de l ' i n d u i t et des b o b i n e s en d é r i v a t i o n , tout écart d e cette
c o n d i t i o n d i m i n u a n t l a v a l e u r du coefficient é c o n o m i q u e .

Règles pratiques pour un projet économique.

On t r o u v e là une i n d i c a t i o n p r a t i q u e r e l a t i v e m e n t à la répartition
des r é s i s t a n c e s dans une dynamo en d é r i v a t i o n . A d m e t t o n s q u e la
question soit a i n s i p o s é e : Etant d o n n é e la r é s i s t a n c e r a de l'induit,
quelle doit être la r é s i s t a n c e de l a d é r i v a t i o n p o u r q u e la dynamo
puisse ( d a n s d e s c o n d i t i o n s f a v o r a b l e s de p r o p o r t i o n de la résistance
e x t é r i e u r e R) a v o i r un coefficient é c o n o m i q u e de 90 p . 100 ? — De
l'équation [ X L ] on tire :

90 I
100" ^
-+- 2 \ /

100
-H 2 \ / ^ .
90 V rd

10 = 1 89 V
V/ —'
r„
rd = (18)' r,
r = 324 r,.

Une machine en dérivation ne peut do.mer dans le circuit extérieur

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DE L A DYNAMO 233

90 p. 100 de sa puissance électrique totale si son shunt n'a pas une


résistance au moins 324 fois égale à celle de son induit.
On p e u t dans la p r a t i q u e adopter la r è g l e s u i v a n t e qui d o n n e de
b o n s résultats : — On c o m m e n c e p a r d é t e r m i n e r le n o m b r e de l a m p e s
que d o i t a l i m e n t e r l a m a c h i n e en p l e i n f o n c t i o n n e m e n t c o u r a n t et l ' o n
v é r i f i e l e u r r é s i s t a n c e q u a n d e l l e s sont d a n s le c i r c u i t . S u p p o s o n s q u e
l'induit ait une résistance v i n g t fois m o i n d r e , et l a d é r i v a t i o n une
résistance vingt fois aussi c o n s i d é r a b l e : dans ce cas, 4 p . 100 e n v i r o n
de l ' é n e r g i e é l e c t r i q u e s e r o n t consommés dans l'induit et 4 p . 100
e n v i r o n dans la d é r i v a t i o n , ce q u i l a i s s e r a un p e u plus de 90 p . 100
pour le coefficient é c o n o m i q u e .
Une m a c h i n e en d é r i v a t i o n d é c r i t e p a r S i r G. Y V . S i e m e n s d a n s les
Philosophical Transactions, e n 1880, a d o n n é les chiffres suivants :

ÉI.ECTHO-AIMANT
ixnriT en derivation
rd »1 OBSERVÉ

rd r a
p. 100

Siemens. . . . 0,204 11,26 48,4 69,0

P o u r u n e m a c h i n e E d i s o n ( * K » , 2o0 l a m p e s ) é p r o u v é e à Munich o n
a trouvé :

Edison « K » . . 0,0301 13,82 382,8

La m a c h i n e E d i s o n - H o p k i n s o n d é c r i t e au Chap. X V I I I a fourni

Resist, à froid, 0,009947 16,93 1 702,0 93,66

On a t r o u v é p o u r l a m a c h i n e K a p p à l a q u e l l e il est f a i t allusion
ci-dessus, p . 230, et d é c r i t e au C h a p . X V I I I , y c o m p r i s la b o b i n e en
série avec l'induit :

0,0306 29,133 952,0 |


92,0
A chaud . . . . 0,0329 31,08 945,0 \

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE X

COURBES CARACTÉRISTIQUES

La méthode graphique, ses d i a g r a m m e s et plus particulièrement


l ' e m p l o i de certaines courbes connues sous le n o m de caractéristiques
se p r ê t e n t , dans l ' é t a t actuel de la science, à la s o l u t i o n de tant de p r o -
b l è m e s r e l a t i f s à l ' é t a b l i s s e m e n t des m a c h i n e s d y n a m o - é l e c t r i q u e s que
le m o d e de c o n s t r u c t i o n et l ' u t i l i s a t i o n de ces c o u r b e s constituent une
p a r t i e i m p o r t a n t e de la t h é o r i e de la d y n a m o . I I est m ê m e certains
p o i n t s de p r a t i q u e p o u r l'étude d e s q u e l s aucune a u t r e m é t h o d e ne sau-
r a i t lui être substituée a v e c a v a n t a g e .
L a c o u r h e d i t e * c a r a c t é r i s t i q u e » j o u e à l ' é g a r d d e la d y n a m o un r ô l e
tout à fait a n a l o g u e à celui que r e m p l i t v i s - à - v i s de l a m a c h i n e à
v a p e u r le d i a g r a m m e o b t e n u à l'aide de l ' i n d i c a t e u r de W a t t . De m ê m e
q u e l ' i n g é n i e u r - m é c a n i c i e n peut, à la s i m p l e i n s p e c t i o n d'un d i a g r a m m e
•de ce g e n r e , se faire i m m é d i a t e m e n t une i d é e des q u a l i t é s d'une m a -
c h i n e à v a p e u r , l ' é l e c t r i c i e n peut, en j e t a n t les y e u x sur une caracté-
r i s t i q u e de d y n a m o , j u g e r des q u a l i t é s et du f o n c t i o n n e m e n t de cette
m a c h i n e . — On peut m ê m e p o u s s e r plus l o i n l a c o m p a r a i s o n .
L e d i a g r a m m e d ' u n e m a c h i n e à v a p e u r a d e u x o b j e t s q u i , s'ils o n t
b i e n q u e l q u e r e l a t i o n l'un a v e c l ' a u t r e , sont c e p e n d a n t d i s t i n c t s . E t a n t
d o n n é e l ' é c h e l l e du d i a g r a m m e , o n est d i r e c t e m e u t r e n s e i g n é sur la
p u i s s a n c e e n c h e v a u x - v a p e u r d é v e l o p p é e p a r la m a c h i n e , p u i s s a n c e q u i
d é p e n d u n i q u e m e n t de l a surface t o t a l e e m b r a s s é e p a r la c o u r b e , et
nullement de sa f o r m e . Mais, m ê m e à défaut d'échelle connue, les
•détails de f o r m e de l a c o u r b s en ses différents p o i n t s fournissent à
l'ingénieur des i n d i c a t i o n s parfaitement définies sur le fonctionne-
m e n t de la m a c h i n e , sur la p e r f e c t i o n du v i d e , la p o s i t i o n d e s t i r o i r s ,
l e r é g l a g e de l ' a d m i s s i o n , et l e s c o n d i t i o n s de b o n n e proportionnalité
•entre les t u y a u x et les o r i f i c e s .
L a c a r a c t é r i s t i q u e peut é g a l e m e n t s e r v i r à deux fins. Quand o n con-
n a î t l ' é c h e l l e à l a q u e l l e e l l e est d r e s s é e , o n y v o i t la p u i s s a n c e en che-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 237

vaux d é v e l o p p é e p a r l a d y n a m o ; o n p e u t m ê m e y t r o u v e r l ' i n d i c a t i o n
de ce q u ' i l faut d e m a n d e r à l a m a c h i n e p o u r en t i r e r l e m e i l l e u r p a r t i .
Mais, m ê m e sans é c h e l l e c o n n u e , les d é t a i l s de f o r m e de l a courbe
fournissent des r e n s e i g n e m e n t s t r è s nets sur les c o n d i t i o n s de fonc-
tionnement de l a m a c h i n e : sur le d e g r é de s a t u r a t i o n de ses é l e c t r o -
aimants, l'appropriation de l e u r puissance à c e l l e de l ' i n d u i t , et l a
TOr

00
m

o
>

80

10

x
EO

CC

•W

30

20

10

U 10 '¿0 ¿0 *<i 60 GO 10
AI
Y I
P ERES
F i g . 152. — Caractéristique d'une d y n a m o en S é r i e .
Revs = T o u r s (par m i n u t e ) .
valeur r e s p e c t i v e des d i v e r s é l é m e n t s de l a m a c h i n e à d ' a u t r e s é g a r d s .
L ' i d é e de r e p r é s e n t e r les p r o p r i é t é s d'une m a c h i n e d y n a m o à l ' a i d e
r
d'une c o u r b e c a r a c t é r i s t i q u e est due au D I l o p k i n s o n q u i , en 1879,
présenta ces courbes à l ' I n s t i t u t des I n g é n i e u r s - m é c a n i c i e n s de L o n d r e s
et donna la courbe de la machine Siemens représentée dans la
figure 152. L e n o m de « c a r a c t é r i s t i q u e » a été d o n n é , en 1 8 8 1 , p a r
1 r
M. Marcel D e p r e z aux c o u r b e s du D H o p k i n s o n . L e c h o i x h e u r e u x de
cette e x p r e s s i o n a été c o n s a c r é p a r son a d o p t i o n g é n é r a l e .
1
Voir La Lumière électrique, 3 d é c e m b r e 1881, où Deprez d o n n e c e p e n d a n t
une m é t h o d e d ' o b s e r v a t i o n sujette à c r i t i q u e , en c e qu'il y n é g l i g e l e s r é a c t i o n s
d'induit.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


238 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES
r
L e D H o p k i n s o n a v a i t p o u r o b j e c t i f l a r e p r é s e n t a t i o n de la r e l a t i o n
e x i s t a n t e n t r e la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e et le c o u r a n t ; il d é d u i s i t en con-
séquence de ses o b s e r v a t i o n s une courbe dont les abscisses repré-
sentent le nombre d ' a m p ë r e s dans le c i r c u i t et les ordonnées les
v a l e u r s c o r r e s p o n d a n t e s de la force é l e c t r o m o t r i c e . L e t a b l e a u suivant
( e m p r u n t é , sauf q u e l q u e s modifications insignifiantes, au travail du
D r
H o p k i n s o n dans les Comptes rendus de l'Institut des Ingénieurs-
mécaniciens de L o n d r e s , 1879, p . 249) c o n t i e n t les v a l e u r s r e l e v é e s de
l ' i n t e n s i t é i du c o u r a n t et de la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e E d ' u n e m a c h i n e
d é t e r m i n é e m o n t é e e n série :

EXPÉRIENCES SUR UNE MACHINE SIEMENS A L A VITESSE DE 720 RÉVOLUTIONS


PAR MINUTE

COURANT RÉSISTANCE FOHCE ËLECTHOIIOTRICE

(en ampères) (un ohms) (en volts)

1* Jt E

0,0027 1025 2 72
0,48 8,3 3,95
t, 4b 5,33 7,73
16,8 4,07 68,4
18,2 3,88 70,6
24,8 3,205 79,5
26,8 3,025 81,1
32,2 2,62 84,4
34,5 2,43 83,8
37,1 2,28 84,6
42 2,08 87,4

On r e m a r q u e r a q u e la force é l e c t r o m o t r i c e E est l a force é l e c t r o m o -


trice t o t a l e e n g e n d r é e dans l a m a c h i n e ; e l l e ne d o i t pas ê t r e c o n f o n d u e
avec la d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l e aux b o r n e s , telle q u ' o n p e u t l a m e s u r e r
a v e c un v o l t m è t r e ou tout autre i n s t r u m e n t analogue.
On p r é f è r e g é n é r a l e m e n t aujourd'hui p o r t e r e n o r d o n n é e s les v a l e u r s
de e au l i e u de celles de E ; m a i s tel n ' é t a i t pas le m o d e primitif
r
d ' o p é r e r du D H o p k i n s o n . I I d é t e r m i n a i t E d ' a p r è s l a m e s u r e directe
de * q u ' i l m u l t i p l i a i t par la r é s i s t a n c e t o t a l e du c i r c u i t , c o n f o r m é m e n t
à la l o i d ' Q h m iR = E. On r e m a r q u e r a é g a l e m e n t q u e la machine
é t a i t une * d y n a m o en série » , les m a c h i n e s m o n t é e s e n d é r i v a t i o n
n ' é t a n t pas e n c o r e à l ' o r d r e du j o u r à cette é p o q u e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 239

A v a n t d ' a l l e r plus l o i n , il est intéressant d'étudier les i n d i c a t i o n s


fournies par cette c o u r b e . E l l e c o m m e n c e en un p o i n t un peu au-dessus
de l ' o r i g i n e , ce q u i i n d i q u e l a p r é s e n c e d'une p e t i t e q u a n t i t é de m a g n é -
tisme r é m a n e n t d a n s les é l e c t r o - a i m a n t s . A u d é b u t , la c o u r b e s ' é l è v e
sous un a n g l e très o u v e r t ; e l l e s'incurve ensuite et p a r a i t p r e n d r e une
allure s e n s i b l e m e n t d r o i t e , m a i s sous un a n g l e plus f e r m é q u e p r é c é -
d e m m e n t . — A q u o i faut-il a t t r i b u e r cette f o r m e t y p i q u e ?
On sait q u e l a force é l e c t r o m o t r i c e d'une d y n a m o ne d é p e n d pas
u n i q u e m e n t de sa v i t e s s e de r o t a t i o n et du n o m b r e des s p i r e s de l ' i n d u i t ;
mais aussi de l ' i n t e n s i t é du c h a m p m a g n é t i q u e . Or, si la v i t e s s e est
r
c o n s t a n t e , — et d a n s les e x p é r i e n c e s du D H o p k i n s o n e l l e était m a i n -
tenue à un n o m b r e fixe de 720 r é v o l u t i o n s p a r m i n u t e — T la seule
variable importante est l'intensité du c h a m p magnétique. A mesure
que l ' a i m a n t a t i o n des i n d u c t e u r s c r o i t et tend v e r s son m a x i m u m , l ' i n -
tensité du c h a m p m a g n é t i q u e c r o i t é g a l e m e n t et t e n d v e r s un m a x i m u m ;
il en est de m ê m e de la force é l e c t r o m o t r i c e i n d u i t e . I l fallait p a r
r
c o n s é q u e n t s'attendre, c o m m e le fait o b s e r v e r le D H o p k i n s o n , à ce
que la c o u r b e q u i f o u r n i t l a r e l a t i o n entre le c o u r a n t et la force é l e c t r o -
m o t r i c e p r é s e n t â t des p a r t i c u l a r i t é s d e f o r m e a n a l o g u e s à celles de la
courbe q u i i n d i q u e la r e l a t i o n e n t r e l e c o u r a n t m a g n é t i s a n t et l ' a i m a n -
tation d'un é l e c t r o - a i m a n t ; il suffit e n effet de c o m p a r e r la i caracté-
r i s t i q u e » de la m a c h i n e ( f i g . 152) a v e c la » c o u r b e d ' i n d u c t i o n »
d'un électro-aimant ( f i g . 92) p o u r reconnaître leur analogie. II ne
faut pas o u b l i e r c e p e n d a n t que l'intensité du c h a m p m a g n é t i q u e ne
dépend pas uniquement de l ' i n t e n s i t é du c o u r a n t dans les induc-
teurs ; e l l e est également fonction du c o u r a n t q u i c i r c u l e dans les
spires de l ' i n d u i t , en raison de la r é a c t i o n entre les i n d u c t e u r s et
l'induit.

Certaines perturbations dues à la s e l f - i n d u c t i o n dans les spires de


l'induit i n t e r v i e n n e n t en o u t r e p o u r de g r a n d e s v i t e s s e s et des c o u r a n t s
intenses, et e m p ê c h e n t l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e d ' ê t r e p r o p o r t i o n n e l l e à
r
l'intensité du c h a m p . L a c o n c l u s i o n du D H o p k i n s o n , q u e la c a r a c t é -
r i s t i q u e de la d y n a m o peut ê t r e p r i s e é g a l e m e n t c o m m e r e p r é s e n t a t i o n
de l ' i n t e n s i t é du c h a m p m a g n é t i q u e , ne doit en conséquence être
acceptée q u e sous r é s e r v e de son e x a c t i t u d e dans l e cas s e u l e m e n t où
ces réactions s o n t assez f a i b l e s p o u r être n é g l i g e a b l e s , ce q u i a r r i v e
rarement.
Il est p o s s i b l e de f a i r e d é c r i r e à une d y n a m o sa p r o p r e c a r a c t é r i s -
tique par un m o u v e m e n t m é c a n i q u e du s t y l e p a r rapport au p a p i e r
( c o m m e dans l ' i n d i c a t e u r de W a t t ) . I l suffit d ' a d a p t e r c o n v e n a b l e m e n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


2i0 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Jeux électro-aimants d o n t l'un est e x c i t é par le c o u r a n t p r i n c i p a l et


l'autre placé en d é r i v a t i o n sur les b o r n e s de la m a c h i n e .

r
Le D Hopkinson, dans le travail auquel nous avons fait allusion, et dans
une autre communication publiée dans le même recueil, en avril 1880, p. 206,
a fait ressortir le grand nombre de déductions utiles qu'on peut tirer de l'examen
de ces courbes. D'autres déductions en ont été tirées depuis par M . Marcel
Deprez; elles sont résumées dans La Lumière électrique, du 5 janvier 1884-, à
r
laquelle nous renvoyons le lecteur. Le D Frölich a également publié d'impor-
tants travaux sur cette question dans Y Elektrotechnische Zeitschrift de 1881 et
r
1885. Enfin, plus récemment encore, le D Hopkinson est revenu sur ce sujet
dans une communication faite devant l'Institut des Ingénieurs Civils de Londres,
en avril 1882, et qui a pour titre On some points in Electric Lightinij (De quel-
ques points relatifs à l'éclairage électrique).

C a r a c t é r i s t i q u e s de P u i s s a n c e en c h e v a u x - T a p e u r .

A i n s i q u ' o n l'a v u au c o m m e n c e m e n t de ce c h a p i t r e , si les c a r a c t é -


ristiques sont construites à l ' é c h e l l e , on peut y v o i r la puissance de
l a d y n a m o en c h e v a u x - v a p e u r . L e p r o d u i t du c o u r a n t p a r la d i f f é r e n c e
de p o t e n t i e l est p r o p o r t i o n n e l à la p r o d u c t i o n d ' é n e r g i e é l e c t r i q u e ,
c'est la puissance f o u r n i e par la m a c h i n e . L e p r o d u i t d'un v o l t p a r un
a m p è r e est q u e l q u e f o i s a p p e l é oolt-ampère ; o n lui a é g a l e m e n t d o n n é
le n o m spécial de watt. U n w a t t ou v o l t - a m p è r e est é g a l à de cheval.

P o u r calculer la puissance ( é l e c t r i q u e ) en c h e v a u x - v a p e u r d é v e l o p p é e
dans le circuit q u a n d l a m a c h i n e f o n c t i o n n e à une a l l u r e d é t e r m i n é e
q u e l c o n q u e sur un n o m b r e d o n n é de l a m p e s en c i r c u i t , o n a, p a r suite,
g é n é r a l e m e n t deux m e s u r e s à p r e n d r e : c e l l e de l a différence de p o t e n t i e l
e n v o l t s et celle du c o u r a n t en a m p è r e s . I l suffit alors de les m u l t i p l i e r
l'un par l'autre et de d i v i s e r le p r o d u i t par 736 p o u r obtenir la
puissance en c h e v a u x . Mais, si l ' o n c o n n a î t la caractéristique de l a
d y n a m o pour la v i t e s s e c o n s i d é r é e , il suffit de se r e p o r t e r à l a c o u r b e
p o u r v o i r de suite q u e l l e est la force é l e c t r o m o t r i c e q u i c o r r e s p o n d à un
courant d o n n é q u e l c o n q u e . Dans l e cas, p a r e x e m p l e , de l a dynamo
r
Siemens étudiée par le D H o p k i n s o n et d o n t la c a r a c t é r i s t i q u e est
représentée dans la figure 152, p a g e 237, s u p p o s o n s la machine
t r a v a i l l a n t sur u n e résistance t e l l e q u ' e l l e fournisse 30 a m p è r e s à une
a l l u r e de 720 tours p a r m i n u t e , on v o i t de suite q u e la f o r c e é l e c t r o -
m o t r i c e c o r r e s p o n d a n t e est de 83 v o l t s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 241

D'où
83 X 3 0
= 3,38 c h e v a u x - v a p e u r .
736

Mais, p o u r é v i t e r tous ces c a l c u l s , on p e u t r é u n i r sur l e m ê m e dia-


g r a m m e q u e l q u e s c o u r b e s a d d i t i o n n e l l e s c o u p a n t la c a r a c t é r i s t i q u e et
la p a r t a g e a n t en é g a l e s v a l e u r s de p u i s s a n c e . Ces » l i g n e s de puissance

11 \
î t
\
\ \
\
*
\
l
1
1
\ S
; \
\
^.
l
\
\ ^
\
1 / \
s
^
H-
\ v
%- i - .
' '·, • U

60 TO eu
AWPE.RES
F i g . 153. — Caractéristique a v e c courbes d e Puissance en chevaux-vapeur.
Revs = T o u r s ( p a r m i n u t e ) .
Horse-Power — C h e v a u x - v a p e u r .

en c h e v a u x » ne s o n t autres q u ' u n e série d'hyperboles équilatères.


L a l i g n e d e p u i s s a n c e c o r r e s p o n d a n t à 1 c h e v a l passera, p a r e x e m p l e ,
par tous les p o i n t s p o u r l e s q u e l s le p r o d u i t d e s v o l t s p a r les a m p è r e s
est é g a l à 736. E l l e passera ainsi p a r le p o i n t c o r r e s p o n d a n t à 73,6
volts et 10 a m p è r e s ; p a r le p o i n t 36,8 v o l t s et 20 a m p è r e s ; p a r le
point 14,72 v o l t s et 50 a m p è r e s , e t c . , p a r c e q u e , d a n s chacun de ces
cas, les p r o d u i t s d e s v o l t s p a r l e s a m p è r e s c o r r e s p o n d a n t s sont é g a u x à
736watts ou à l c h e v a l . L a l i g n e d e puissance c o r r e s p o n d a n t à 2 c h e v a u x

DYNAUO-ÉI.ECTHIQUES. 16

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


242 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

passera p a r les p o i n t s p o u r l e s q u e l s l e s v a l e u r s de ces p r o d u i t s sont


é g a l e s à 736 X 2 = = 1 472 w a t t s , e t ainsi des a u t r e s .
L a f i g u r e 153 r e p r o d u i t l a c a r a c t é r i s t i q u e de la m a c h i n e S i e m e n s de
la figure 152, m a i s a v e c a d d i t i o n des l i g n e s de puissance e n c h e v a u x -
vapeur.
I c i les v o l t s p o r t é s en o r d o n n é e s sont c e u x de l a force é l e c t r o m o t r i c e
t o t a l e E de la m a c h i n e , et l a puissance r e p r é s e n t e e n c o n s é q u e n c e la
puissance é l e c t r i q u e t o t a l e fournie dans le c i r c u i t de l a d y n a m o . Si,
au l i e u des v a l e u r s de E, o n a v a i t pris c e l l e s de l a différence de p o t e n t i e l
a u x b o r n e s e p o u r c o n s t r u i r e la c o u r b e , o n a u r a i t o b t e n u une courbe
l é g è r e m e n t différente et r e p r é s e n t a n t la p u i s s a n c e é l e c t r i q u e d é v e l o p p é e
d a n s le c i r c u i t e x t é r i e u r et u t i l i s a b l e sous une f o r m e q u e l c o n q u e .
N o u s d o n n o n s plus l o i n ( f i g . 161) une c a r a c t é r i s t i q u e de puissance
p o u r une d y n a m o m o n t é e e n d é r i v a t i o n .

Si les é c h e l l e s des o r d o n n é e s et des abscisses n e sont p a s les m ê m e s ,


l a f o r m e des l i g n e s de p u i s s a n c e est, n a t u r e l l e m e n t , m o d i f i é e ; ce ne
s o n t plus des h y p e r b o l e s é q u i l a t è r e s .

C a r a c t é r i s t i q u e s « e x t e r n e s » ou C o u r b e s de P o t e n t i e l a u x b o r n e s .

Dans b i e n des cas, il est plus utile d e c o n n a î t r e la r e l a t i o n entre


l ' i n t e n s i t é du c o u r a n t et l a différence de p o t e n t i e l * e x t é r i e u r e > aux
b o r n e s q u e la r e l a t i o n e n t r e cette i n t e n s i t é et l a force é l e c t r o m o t r i c e
t o t a l e i n d u i t e dans l ' a r m a t u r e ; il est s u r t o u t p l u s f a c i l e de m e s u r e r e
q u e E, a t t e n d u q u e l e p r e m i e r se m e s u r e d i r e c t e m e n t à l ' a i d e d'un volt-
m è t r e , t a n d i s q u e le s e c o n d ne s'obtient q u ' i n d i r e c t e m e n t . On peut,
p o u r d i s t i n g u e r les d e u x c o u r b e s , a t t r i b u e r l e n o m de caractéristique
externe à c e l l e q u i r e p r é s e n t e la r e l a t i o n e n t r e la différence de p o t e n t i e l
e t l e c o u r a n t dans l e c i r c u i t e x t é r i e u r . P o u r la d y n a m o e n s é r i e , il est
aisé de d é d u i r e l'une de ces c o u r b e s de l'autre ; i l suffit de c o n n a î t r e
la r é s i s t a n c e i n t é r i e u r e de la m a c h i n e ( i n d u c t e u r s e t i n d u i t ) . Dans la
r
d y n a m o Siemens étudiée par le D H o p k i n s o n , e n 1879, e t d o n t les
figures 152 et 153 d o n n e n t l a c a r a c t é r i s t i q u e t o t a l e , la r é s i s t a n c e i n t é -
r i e u r e t o t a l e était de 0,6 o h m . Cette c o u r b e est r e p r o d u i t e p o u r la
t r o i s i è m e fois dans la figure 154 où elle est m a r q u é e E . O r , p o u r l a n c e r
un c o u r a n t de 10 a m p è r e s -dans une résistance de 0,6 o h m , il faut une
différence de p o t e n t i e l de 6 Y o l t s aux b o r n e s . E n e x a m i n a n t l a c o u r b e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 243

o n v o i t q u e la force é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e c o r r e s p o n d a n t à 10 a m p è r e s
était d ' e n v i r o n 46,5 v o l t s . Sur c e n o m b r e , 6 é t a i e n t e m p l o y é s , c o m m e
nous v e n o n s de le d i r e , à v a i n c r e la résistance i n t é r i e u r e , laissant a i n s i
40,5 v o l t s c o m m e différence de p o t e n t i e l d i s p o n i b l e entre les b o r n e s .

100

03

o
>
80

eo

so

*o

30

30

1C

o'
o 10 20 uo to 60 eo nt

AMPERES

F i g . 154. — Caractéristiques totale et e x t e r n e .


lievs = T o u r s (par m i n u t e ) .

De m ô m e , q u a n d le d é b i t était de 50 a m p è r e s , il n ' y a v a i t pas moins


de 30 volts perdus p o u r v a i n c r e la résistance i n t é r i e u r e de 0,6 o h m ;
et, c o m m e la v a l e u r de E c o r r e s p o n d a n t à ce c o u r a n t était de 90,5 v o l t s ,
il restait 60,5 v o l t s p o u r e.
Il y a deux m a n i è r e s de r e p r é s e n t e r ces r e l a t i o n s sur le d i a g r a m m e ;
la figure 154 les d o n n e toutes d e u x . L a l i g n e J passe p a r l ' o r i g i n e e t p a r
les v a l e u r s de 6 v o l t s p o u r 10 a m p è r e s , e t 30 v o l t s p o u r 50 a m p è r e s .
(La t a n g e n t e de l ' a n g l e d ' i n c l i n a i s o n de la l i g n e J est é g a l e à ^ = 0,6.
On v e r r a plus t a r d q u e cette t a n g e n t e r e p r é s e n t e la résistance inté-
rieure.) Si d o n c les hauteurs des o r d o n n é e s d e p u i s l ' a x e des x j u s q u ' à
la courbe E r e p r é s e n t e n t la t o t a l i t é des v o l t s i n d u i t s , et si les h a u t e u r s
des o r d o n n é e s de l ' a x e des x à la ligne J représentent les volts

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


2 « MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

correspondants employés à vaincre l a résistance intérieure, il en


la différence des potentiels aux bornes sera représentée par
résulte q u e
les différences des ordonnées comprises entre les lignes J et E.
Telle est la p r e m i è r e manière de représenter ces différences de
potentiel.
Le second mode de r e p r é s e n t a t i o n consiste à d é d u i r e à p a r t i r des
s o m m e t s d e s o r d o n n é e s des p o r t i o n s é g a l e s aux o r d o n n é e s de la l i g n e J,
ce q u i r e v i e n t à soustraire de E l e s v o l t s i n t e r n e s , que l ' o n a vus
dans la t h é o r i e a l g é b r i q u e é g a u x à i (?•„' -+- r ), m et à o b t e n i r ainsi les
v a l e u r s de e. Ces d e r n i è r e s sont r é u n i e s dans la c o u r b e e sur la figure ;
et, c o m m e cette c o u r b e r e p r é s e n t e la force électromotrice disponible
dans l e c i r c u i t extérieur, elle p e u t très l é g i t i m e m e n t être nommée
« caractéristique externe >, ou c o u r b e de p o t e n t i e l a u x b o r n e s . En
fait, il est plus pratique de renverser l'opération. Les valeurs du
p o t e n t i e l a u x bornes et du c o u r a n t sont faciles à r e l e v e r à l ' a i d e d'un
v o l t m è t r e e t d'un a m p è r e m è t r e . En construisant a l o r s l a c o u r b e p o u r
« et i et ajoutant aux o r d o n n é e s les v a l e u r s c o r r e s p o n d a n t e s des v o l t s
perdus, o n o b t i e n d r a la courbe p o u r E et i.
S'il e x i s t e du m a g n é t i s m e r é m a n e n t dans les i n d u c t e u r s , la c o u r b e ,
au lieu de p a r t i r de l ' o r i g i n e , c o m m e n c e r a un peu a u - d e s s u s .

C a r a c t é r i s t i q u e s de la d y n a m o en S é r i e .

L a m a c h i n e S i e m e n s d o n t la figure 152 r e p r é s e n t e la c a r a c t é r i s t i q u e
était une dynamo en série.
Nous d o n n o n s , à titre de c o m p a r a i s o n , dans la f i g u r e 155 la carac-
téristique d'une machine G r a m m e * A » également m o n t é e en série.
Cette m a c h i n e p r é s e n t a i t , suivant les m e s u r e s prises p a r M . Marcel
Deprez, u n e résistance de 0,41 o h m pour l'induit est de 0,61 ohm
p o u r les i n d u c t e u r s . L a figure d o n n e d e u x c a r a c t é r i s t i q u e s correspon-
dant l'une à une a l l u r e de 1 440 tours par minute, l'autre à une
allure de 950 tours par m i n u t e .
L e s c o u r b e s de puissance e n c h e v a u x y sont é g a l e m e n t i n d i q u é e s en
pointillé.
L e s chiffres afférents sont c o n s i g n é s dans le t a b l e a u au-dessous de
la figure. •

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


0 10 ->0 60 ¿0

Fig. 155. — C a r a c t é r i s t i q u e s pour différentes vitesses.


Revs = T o u r s (par m i n u t e ) .
HP = Chevaux-vapeur.

EXPÉRIENCES SUR U N EM A C H I N E GRAMME MONTÉE EN SÉRIE

FORCE KLECTHOMOTHICE (EN VOLTS)


COURANT EN AMPÈRES
Vitesse : 1 440 tours par minute Vitesse : 950 tours par minute

Ö 72 45
10 107- 70
15 122 ' 77
20 127· 79
25 129 79
30 128 79
35 128 79
40 127 78
45 125 76
50 123 74
55 12 "1 72
60 116 *
65 110
70 101 P

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


246 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

Dans la d y n a m o en s é r i e , l ' a i m a n t a t i o n des i n d u c t e u r s c r o î t avec l e


c o u r a n t , et, p a r suite, la force é l e c t r o m o t r i c c c o m m e n c e é g a l e m e n t p a r
c r o î t r e , ce q u i fournit la p r e m i è r e p o r t i o n r e c t i l i g n e d e la c o u r b e . A u
fur et à m e s u r e q u e les inducteurs a p p r o c h e n t de la s a t u r a t i o n , l a c o u r b e
s'incurve , e t , c o m m e l e s r é a c t i o n s dues au courant dans l'induit
p r e n n e n t alors une i m p o r t a n c e r e l a t i v e m e n t g r a n d e , e l l e s'infléchit et
finit p a r s'abaisser tout à fait.
U n e c i r c o n s t a n c e c o n t r i b u e s o u v e n t à d i m i n u e r l a force électromo-
trice q u a n d l ' i n d u i t est le s i è g e de courants i n t e n s e s ; c'est la puissance
r e l a t i v e m e n t insuffisante des inducteurs. L'aimantation transversale
due au courant d'induit d é t e r m i n e un d é p l a c e m e n t c o n s i d é r a b l e du
p o i n t neutre et nécessite un g r a n d d é c a l a g e des b a l a i s , ce q u i a p o u r
résultat d ' a u g m e n t e r b e a u c o u p l'action d é m a g n é t i s a n t e de l ' i n d u i t sur
les inducteurs (p. 85). L'inflexion de la c a r a c t é r i s t i q u e est toujours
plus accentuée q u a n d les inducteurs sont f a i b l e s . E l l e est é g a l e m e n t
très p r o n o n c é e p o u r l e s m a c h i n e s dans l e s q u e l l e s l e n o y a u d ' i n d u i t est
plus v o i s i n d e la saturation que
ceux des i n d u c t e u r s . En effet, q u a n d
\ des courants i n t e n s e s a r r i v e n t à sa-
turer les n o y a u x d ' i n d u i t , la déri-
vation m a g n é t i q u e par l e s p i è c e s
p o l a i r e s d e v i e n t r e l a t i v e m e n t plus
grande.
La figure 156 r e p r é s e n t e e n c o r e
une courbe de d y n a m o en série.
1150 RE1
V S C'est c c l l c d ' u n e p e t i t e m a c h i n e Brush
( p o u r un seul f o y e r à a r c ) , ancien
BR J5H
modèle, à anneau de f e r massif.
Par suite de l a disposition parti-
c u l i è r e des b o b i n e s , les réactions
de l ' i n d u i t s'y manifestent par un

F i g . 156. — Caractéristique plongeante, abaissement tout à fait e x t r a o r d i -

Revs = T o u r s ( p a r m i n u t e ) . n a i r e de l a c a r a c t é r i s t i q u e . Ce p h é -
HP = C h e v a u x - v a p e u r . n o m è n e est dû en p a r t i e au m o n t a g e
destiné à mettre hors du circuit
une p a i r e de b o b i n e s à l ' a p p r o c h e du p o i n t n e u t r e . O n r e m a r q u e r a q u e
la puissance m a x i m u m d e cette petite m a c h i n e est d e 1,75 c h e v a l , et
qu'elle n'atteint cette v a l e u r qu'après l'intervention déjà m a r q u é e de
ces r é a c t i o n s . L a d i m i n u t i o n c o n s i d é r a b l e de f o r c e é l e c t r o r n o t r i c e q u i
se produit, q u a n d o n d e m a n d e à la m a c h i n e un d é b i t p o u r l e q u e l elle

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 247

n'est pas faite est dans l a p r a t i q u e un r é e l a v a n t a g e . S i , en effet,


la m a c h i n e v i e n t , en m a r c h e , à être m i s e a c c i d e n t e l l e m e n t en court-
circuit, les r é a c t i o n s d e l ' i n d u i t empêchent le d é v e l o p p e m e n t d'un
courant e x a g é r é q u i p o u r r a i t surchauffer les bobines. On considère
c o m m e f a v o r a b l e , p o u r les é c l a i r a g e s p a r arc qui e x i g e n t un courant
sensiblement constant, l'emploi de machines à caractéristiques plon-
g e a n t e s f o n c t i o n n a n t d a n s cette p a r t i e de la c o u r b e .

R e l a t i o n e n t r e l a C a r a c t é r i s t i q u e et l a V i t e s s e .

On sait q u e l a force é l e c t r o m o t r i c e e n g e n d r é e dans une b o b i n e ou


une a r m a t u r e en m o u v e m e n t serait s t r i c t e m e n t p r o p o r t i o n n e l l e à l'inten-
sité du c h a m p m a g n é t i q u e , sans l'influence des r é a c t i o n s du courant
d é v e l o p p é dans c e t induit. O r , d a n s u n e d y n a m o en s é r i e , l ' i n t e n s i t é du
champ m a g n é t i q u e d é p e n d de l'intensité du courant ; et, si le c o u r a n t
est m a i n t e n u constant (à l ' a i d e de résistances c o n v e n a b l e m e n t r é g l é e s ) ,
l'intensité du c h a m p m a g n é t i q u e sera é g a l e m e n t c o n s t a n t e , m a l g r é l e s
c h a n g e m e n t s d ' a l l u r e de l ' i n d u i t . Si d o n c o n c o n n a î t la caractéristique
d'une m a c h i n e p o u r une v i t e s s e q u e l c o n q u e , on pourra trouver sa
caractéristique pour toute autre vitesse en augmentant ou diminuant
s i m p l e m e n t les o r d o n n é e s de la p r e m i è r e c o u r b e d a n s l a m ê m e p r o -
p o r t i o n . P r e n o n s , p a r e x e m p l e , le cas d e la m a c h i n e G r a m m e dont la
figure 155 d o n n e la c a r a c t é r i s t i q u e à la v i t e s s e de 950 tours p a r m i n u t e .
On p o u r r a i t calculer sa c a r a c t é r i s t i q u e à la v i t e s s e de 1 440 tours

d'après la p r e m i è r e e n a u g m e n t a n t ses o r d o n n é e s dans l e r a p p o r t de


1440 . . .
. A i n s i l ' o n v o i t d'après la c o u r b e i n f é r i e u r e q u e , p o u r un c o u r a n t
9o0
de 20 a m p è r e s , sa f o r c e é l e c t r o m o t r i c e é t a i t de 79 v o l t s . On d e v r a i t
donc a v o i r p o u r l a c o u r b e s u p é r i e u r e , au d é b i t de 20 a m p è r e s ,
=
^ ^Ll ^ 119,7 v o l t s . L a force é l e c t r o m o t r i c e r é e l l e m e n t o b s e r v é e ,
950
à la v i t e s s e de 1 440 tours et p o u r un c o u r a n t de 20 a m p è r e s , a été de
»127 v o l t s . I l y a un l é g e r écart, et en r é a l i t é o n le c o n s t a t e t o u j o u r s ;
les m a c h i n e s d y n a m o s se c o m p o r t e n t en effet i n v a r i a b l e m e n t c o m m e si
un c e r t a i n n o m b r e de tours n e c o m p t a i e n t pas au p o i n t d e v u e é l e c -
t r i q u e . E n a d m e t t a n t q u ' i c i le n o m b r e des « tours m o r t s » ( v o i r p . 218)
fût de 140, l e n o m b r e de v o l t s calculé d ' a p r è s la t h é o r i e c o n c o r d e r a i t
très e x a c t e m e n t avec celui f o u r n i p a r l ' e x p é r i e n c e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


248 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

D e la R é s i s t a n c e d a n s l a c a r a c t é r i s t i q u e .

Dans la c a r a c t é r i s t i q u e , les o r d o n n é e s r e p r é s e n t e n t les v o l t s et les


abscisses les a m p è r e s . Mais, d'après la l o i d ' O h m , des v o l t s d i v i s é s p a r
d e s a m p è r e s d o n n e n t des o h m s . C o m m e n t p o u r r a - t - o n en t r o u v e r la
représentation dans la c a r a c t é r i s t i q u e 1 — S u p p o s o n s par exemple
qu'on v e u i l l e r e p r é s e n t e r la résistance du c i r c u i t c o r r e s p o n d a n t à un
courant donné quelconque. Soit ( f i g . 157) la caractéristique de la
d y n a m o en q u e s t i o n ; o n d é s i r e c o n n a î t r e la résistance c o r r e s p o n d a n t
à c e t état d e f o n c t i o n n e m e n t p o u r le p o i n t m a r q u é P . M e n o n s l ' o r d o n n é e
P M e t j o i g n o n s le p o i n t P à l ' o r i g i n e . L a l i g n e O P a u n e c e r t a i n e incli-
n a i s o n d o n t l ' a n g l e est P O M . O r P M est é g a l à la force é l e c t r o m o t r i c e
c o n s i d é r é e , et OM est l ' i n t e n s i t é du c o u r a n t ; par suite, d'après la loi
d'Ohm,

force électromotrice PM
Résistance
i n t e n s i t é du c o u r a n t OM'

P M
tang P O M ;
OM
d o n c la
Résistance = tang P O M ,

ce q u i signifie en l a n g a g e v u l g a i r e q u e : la résistance correspondant


à un point quelconque de la carac-
téristique est représentée dans cette
caractéristique par la tangente tri-
gonomëtrique de l'angle que fait
avec l'axe des x la droite joignant
l'origine au point considéré.
La figure 157 i n d i q u e une ma-
n i è r e s i m p l e d e d é t e r m i n e r ces tan-
g e n t e s . A u p o i n t de l ' a x e des x cor-
respondant à 10 a m p è r e s , élevons
u n e o r d o n n é e . U n e l i g n e m e n é e de
l'origine sous un a n g l e dont la
t a n g e n t e est = 1 ( s o i t 45°) c o u p e r a
F i g . 157. — R e p r é s e n t a t i o n g r a p h i q u e cette l i g n e v e r t i c a l e en un point
de la r é s i s t a n c e .
situé à l a h a u t e u r m a r q u é e 10 v o l t s .
L'ordonnée de ce point corres-
p o n d r a en c o n s é q u e n c e à 1 o h m , et, en p o r t a n t successivement sur

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 249

cette o r d o n n é e une série de l o n g u e u r s é g a l e s , o n constituera une é c h e l l e


de résistances. Dans la f i g u r e 157 la résistance c o r r e s p o n d a n t au
p o i n t P dé la c a r a c t é r i s t i q u e est, c o m m e o n le v o i t , de 1,2 o h m e n v i r o n
sur l ' é c h e l l e des résistances. Or P est situé à 51,3 v o l t s et l e c o u r a n t
est de 43,2 a m p è r e s . En d i v i s a n t l'un p a r l'autre, o n o b t i e n t 1,18 o h m
qui est très s e n s i b l e m e n t ce q u ' i n d i q u e l a c o u r b e . La construction
g r a p h i q u e ci-dessus é p a r g n e ce g e n r e de c a l c u l s .
Si dans la d y n a m o r é e l l e o n a u g m e n t a i t g r a d u e l l e m e n t la résistance
du circuit, l e p o i n t P se d é p l a c e r a i t e n a r r i è r e le l o n g de l a c o u r b e
en se r a p p r o c h a n t de l ' o r i g i n e , les v o l t s et les a m p è r e s a l l a n t tous
deux en d i m i n u a n t , et la l i g n e O P se r e d r e s s a n t de plus en plus,
c'est-à-dire f o r m a n t a v e c l ' a x e des x un a n g l e de plus e n plus o u v e r t .
A r r i v é e à un c e r t a i n a n g l e d ' o u v e r t u r e , c e t t e l i g n e O P d e v i e n d r a i t p r a -
t i q u e m e n t t a n g e n t e à la p a r t i e de la c a r a c t é r i s t i q u e q u i est s e n s i b l e m e n t
d r o i t e , et a l o r s l a m o i n d r e a u g m e n t a t i o n de résistance dans le c i r c u i t
ferait p e r d r e à la m a c h i n e son aimantation, faute de c o u r a n t pour
e x c i t e r ses i n d u c t e u r s .
L a résistance peut être r e p r é s e n t é e d ' u n e f a ç o n a n a l o g u e sur la
c a r a c t é r i s t i q u e des m a c h i n e s en d é r i v a t i o n ( v o i r f î g . 1 6 1 ) ; m a i s dans
ce cas, si la c a r a c t é r i s t i q u e est c o n s t r u i t e sur l e c o u r a n t et la différence
de p o t e n t i e l e x t é r i e u r s , la résistance ainsi r e p r é s e n t é e sera aussi la
résistance e x t é r i e u r e .

R e l a t i o n e n t r e l a C a r a c t é r i s t i q u e et l ' E n r o u l e m e n t des i n d u c t e u r s
et de l'induit.

S u p p o s o n s q u ' o n refasse l ' e n r o u l e m e n t d'un i n d u i t de m a c h i n e en y


m e t t a n t un plus g r a n d n o m b r e de s p i r e s de fil p r o p o r t i o n n e l l e m e n t
plus fin. Quel résultat obtiendra-t-on à la m ê m e allure que précédem-
m e n t ? — L a résistance d e l à m a c h i n e a u g m e n t e r a dans une c e r t a i n e
p r o p o r t i o n et sa force é l e c t r o m o t r i c e sera é g a l e m e n t plus é l e v é e . S u p -
p o s o n s q u e la figure 158 r e p r é s e n t e la c a r a c t é r i s t i q u e de la m a c h i n e
p r i m i t i v e a v e c N tours de fil sur l'induit : que deviendra-t-elle quand
le n o m b r e des spires sera p o r t é à N't— Soit P un p o i n t q u e l c o n q u e
de l a p r e m i è r e , c o u r b e c o r r e s p o n d a n t à une c e r t a i n e i n t e n s i t é de c o u -
r a n t 0 C. P r e n a n t la s e c o n d e a r m a t u r e , f a i s o n s v a r i e r la résistance
e x t é r i e u r e j u s q u ' à ce q u e le c o u r a n t r e p r e n n e la m ê m e v a l e u r 0 C. L e s
électro-aimants s e r o n t a l o r s p o r t é s e x a c t e m e n t au m ê m e d e g r é d ' a i m a n -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


2oO MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES
r
t a t i o n que p r é c é d e m m e n t ; m a i s le flux de force t r a v e r s e A ' a u lieu de
N tours de f i l . L a force é l e c t r o m o t r i c e sera p a r suite é g a l e m e n t s u p é -

r i e u r e dans l a p r o p o r t i o n de — . Menons

dès l o r s P ' C de m a n i è r e à a v o i r la p r o p o r -
P' C N'
tion = -^y ; le p o i n t F appartiendra
à la n o u v e l l e c a r a c t é r i s t i q u e . O n peut ob-
t e n i r tous les autres p o i n t s de l a n o u v e l l e
caractéristique en p r o l o n g e a n t ainsi les or-
d o n n é e s de la p r e m i è r e dans l e m ê m e r a p -
port.
I l est é v i d e n t d'après ce q u i p r é c è d e q u e
l'augmentation du n o m b r e des tours de fil
sur l'induit p r o d u i t le même effet qu'un
a c c r o i s s e m e n t de v i t e s s e de r o t a t i o n . Ceci
prouve qu'on peut c o n s t r u i r e des d y n a m o s
Fig. 158.
à faible vitesse ( t e l l e s q u ' i l les faut à b o r d
das n a v i r e s , e t c . ) , fournissant la force é l e c -
t r o m o t r i c e v o u l u e , à la c o n d i t i o n d ' a u g m e n t e r d'autant l e n o m b r e d e s
spires de l ' i n d u i t . Ce m o d e d ' o p é r e r i m p l i q u e c e p e n d a n t un sacrifice
au point de vue é c o n o m i q u e en r a i s o n de l ' a u g m e n t a t i o n de résis-
tance qui en résulte p o u r l ' a r m a t u r e .
L'effet des m o d i f i c a t i o n s dans l e n o m b r e de spires des inducteurs
peut également être reproduit sur le
diagramme de la c a r a c t é r i s q u e . S u p p o -
sons q u e N, étant l e n o m b r e p r i m i t i f des
spires sur les bobines inductrices, le
nouvel e n r o u l e m e n t de l a m a c h i n e p o r t e
ce n o m b r e à N' s p i r e s . Q u e l en sera le
résultat ? — Dans ce cas, on o b t i e n d r a l a
m ê m e force é l e c t r o m o t r i c e p o u r la m ê m e
v i t e s s e que p r é c é d e m m e n t , à l a c o n d i t i o n
q u e les é l e c t r o - a i m a n t s s o i e n t p o r t é s au
même degré d ' a i m a n t a t i o n . M a i s , si l e
courant circule N', au lieu de N, fois autour des inducteurs,
N
il faudra un courant d'intensité ^ fois s e u l e m e n t aussi g r a n d e q u e
p r é c é d e m m e n t , p o u r p r o d u i r e la m ê m e a i m a n t a t i o n . P o u r o b t e n i r la
n o u v e l l e c a r a c t é r i s t i q u e ( f i g . 1 5 9 ) , m e n o n s d'un p o i n t P q u e l c o n q u e de
la p r e m i è r e une p a r a l l è l e P E à l ' a x e des x. P E = 0 C = le courant

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 251

correspondant à la force é l e c t r o m o t r i c e 0 E. D é t e r m i n o n s P ' de t e l l e


V E N
sorte q u e — —'- ; la n o u v e l l e c a r a c t é r i s t i q u e passera alors par
r L 11 j

le p o i n t P', et tous les autres p o i n t s de cette c a r a c t é r i s t i q u e p o u r r o n t se


d é t e r m i n e r de la m ê m e façon p a r une r é d u c t i o n de leurs abscisses dans
le m ê m e r a p p o r t .
Il est à n o t e r qu'aucun de ces d e u x p r o c é d é s n'est a p p l i c a b l e aux
c a r a c t é r i s t i q u e s des m a c h i n e s m o n t é e s e n d é r i v a t i o n .

C o u r a n t c r i t i q u e d'une d y n a m o en S é r i e .

Le seul fait q u e , p o u r une m ê m e m a c h i n e , les c a r a c t é r i s t i q u e s cor-


respondant à diverses vitesses diffèrent uniquement par l'échelle
r e l a t i v e de leurs ordonnées conduit à une
conséquence importante. La première por-
t i o n de toute c a r a c t é r i s t i q u e pour une v i -
tesse quelconque est s e n s i b l e m e n t droite
j u s q u ' à un p o i n t o ù , p o u r c e t t e v i t e s s e , l a
force électromotrice atteint approximati-
v e m e n t les deux tiers de sa v a l e u r m a x i -
mum. Quand le courant est t e l que la
force électromotrice est arrivée à cette
v a l e u r , l a m o i n d r e v a r i a t i o n , soit dans la
vitesse du m o t e u r , s o i t dans l a r é s i s t a n c e du
circuit, détermine une grande variation
de la force é l e c t r o m o t r i c e , et p a r suite
du courant ; en conséquence, comme ce
point critique correspond toujours à la
m ê m e i n t e n s i t é ( f i g . 1 6 0 ) , ce c o u r a n t — p o u r l e q u e l la p a r t i e d r o i t e
de toutes les c o u r b e s c o m m e n c e à s'infléchir — p e u t être d é s i g n é sous
le n o m de « courant critique * de la m a c h i n e considérée. Chaque
d y n a m o e n série a son c o u r a n t c r i t i q u e p r o p r e et ne f o n c t i o n n e p a s
bien avec un c o u r a n t m o i n d r e ; car ce c o u r a n t m o i n s i n t e n s e n ' e x c i t e pas
au d e g r é v o u l u l e s é l e c t r o - a i m a n t s . O n v e r r a plus l o i n q u e , du m o m e n t
qu'à c h a q u e v i t e s s e c o r r e s p o n d une c e r t a i n e i n c l i n a i s o n de la c a r a c t é -
ristique, il y a une résistance particulière à chaque valeur de la
vitesse pour laquelle on obtiendra le c o u r a n t c r i t i q u e ; et, plus la
vitesse sera g r a n d e , plus cette résistance p o u r r a être c o n s i d é r a b l e . I l
n'y a d o n c p o u r une d y n a m o e n série r i e n d ' a n a l o g u e à une résistance

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


252 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

c r i t i q u e : q u ' u n e r é s i s t a n c e en effet soit ou n o n c r i t i q u e , c'est une


affaire Il n'existe non plus rien d'analogue en soi à une
de v i t e s s e .
vitesse critique pour une dynamo en série : q u e la v i t e s s e s o i t ou non
c r i t i q u e , cela d é p e n d e n effet de la r é s i s t a n c e du c i r c u i t .

C a r a c t é r i s t i q u e d'une d y n a m o en D é r i v a t i o n .

L a d y n a m o en d é r i v a t i o n c o m p o r l e deux c a r a c t é r i s t i q u e s distinctes :
la.caractéristique externe, dans l a q u e l l e les v a l e u r s p o r t é e s en abscisses

! \ \

j\ 1

\
\

\
\*\
SO

1 \
6 30 REVS 'j T N
*
1 \

30

•10

S 1 EM
. E^S S.D

0
10 ZC 30 4
£>
AMPERES

F i g . 161. — C a r a c t é r i s t i q u e E x t e r n e d'une m a c h i n e en D é r i v a t i o n .
Uevs = T o u r s ( p a r m i n u t e ) .
HP = C h e v a u x - v a p e u r .
S. D. = Shunt Dynamo = D y n a m o en d é r i v a t i o n .

s o n t les i n t e n s i t é s e n a m p è r e s dans le c i r c u i t e x t é r i e u r , et c e l l e s p o r -
t é e s e n o r d o n n é e s , les v o l t s r e p r é s e n t a n t la différence de p o t e n t i e l aux

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 253

b o r n e s ; et la caractéristique interne, construite sur les v o l t s et les


a m p è r e s du c i r c u i t d é r i v é . L a c a r a c t é r i s t i q u e interne de l a dynamo
en d é r i v a t i o n est a b s o l u m e n t identique à la c a r a c t é r i s t i q u e externe
d'une dynamo en série ; e l l e indique le degré de saturation des
inducteurs. Il est p r é f é r a b l e de la c o n s t r u i r e sur les ampères-tours au
lieu des a m p è r e s , p a r c e q u e l ' a i m a n t a t i o n d é p e n d du n o m b r e de t o u r s
de fil sur les b o b i n e s aussi b i e n q u e des a m p è r e s .
La caractéristique externe d'une machine Siemens en dérivation
(donnée par feu sir W i l l i a m S i e m e n s à la S o c i é t é R o y a l e , en 1880,
et p a r M . A l e x a n d r e S i e m e n s dans le Journal de la Société des Ingé-
nieurs-Télégraphistes, m a r s 1880) est r e p r é s e n t é e dans la figure 161 ;
les courbes de puissance e n c h e v a u x y s o n t également indiquées en
pointillé. La puissance extrême de cette m a c h i n e , à la v i t e s s e de
630 r é v o l u t i o n s p a r m i n u t e , est un peu i n f é r i e u r e à 2 c h e v a u x a v e c un
courant de 30 a m p è r e s et une force é l e c t r o m o t r i c e de 47, 5 v o l t s .
L a c o u r b e de la d y n a m o e n d é r i v a t i o n diffère d'une façon s i n g u l i è r e
de c e l l e de la d y n a m o e n s é r i e . — E l l e c o m m e n c e p a r une portion
droite ou p r e s q u e t e l l e q u i se r e n v e r s e ensuite sur e l l e - m ê m e e n se
rapprochant presque horizontalement de l ' a x e des f o r c e s é l e c t r o m o -
trices. — L a p o r t i o n d r o i t e r e p r é s e n t e l'état i n s t a b l e c o r r e s p o n d a n t à
une v a l e u r du c o u r a n t d é r i v é i n f é r i e u r e à sa v é r i t a b l e v a l e u r c r i t i q u e .
L e c o u r a n t c r i t i q u e e x t e r n e , si on p e u t l ' a p p e l e r a i n s i , est le c o u r a n t
pour l e q u e l la d é r i v a t i o n c o m m e n c e à p r o d u i r e tout son effet ; il est
d ' e n v i r o n 30 a m p è r e s dans la figure 1 6 1 . A p a r t i r de ce p o i n t l e c o u -
rant d é r i v é a g i t avec une g r a n d e puissance et la force électromotrice
croit alors très r a p i d e m e n t . L ' i n c l i n a i s o n de la l i g n e q u i f o r m e l a p r e -
mière p o r t i o n de la caractéristique représente la résistance qu'on
peut appeler, pour la vitesse considérée, la résistance critique et
qui est dans ce cas p a r t i c u l i e r de 1 o h m e n v i r o n . Si la résistance du
circuit e x t é r i e u r se m o d i f i e si peu q u e ce soit, la force é l e c t r o m o t r i c e
et le c o u r a n t v a r i e n t dans de g r a n d e s p r o p o r t i o n s . U n e r é s i s t a n c e tant
soit peu i n f é r i e u r e fait i m m é d i a t e m e n t p e r d r e aux e l e c t r o s leur aiman-
tation. U n e résistance t a n t soit p e u s u p é r i e u r e d é t e r m i n e de suite u n e
élévation de l a force é l e c t r o m o t r i c e au-dessus de sa v a l e u r critique,
30 à 31 v o l t s e n v i r o n dans l e cas a c t u e l . Si la r é s i s t a n c e augmente
constamment ( e t que la d r o i t e r e l i a n t l ' o r i g i n e à la p a r t i e c o u r b e se
r e d r e s s e ) , la force é l e c t r o m o t r i c e v a toujours en a u g m e n t a n t et d e v i e n t
m a x i m u m q u a n d la résistance est i n f i n i e , c'est-à-dire q u a n d le c i r c u i t
est c o m p l è t e m e n t o u v e r t et q u e les b o b i n e s en d é r i v a t i o n r e ç o i v e n t la
force é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e d é v e l o p p é e dans l ' i n d u i t . L a l i g u r e 162 r e p r é -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


2Ü4 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

sente la c a r a c t é r i s t i q u e d une m a c h i n e G r a m m e e n d é r i v a t i o n , suscep-


t i b l e de f o u r n i r 400 a m p è r e s . Ici la c o u r b e e est la c a r a c t é r i s t i q u e e x t e r n e
d ' a p r è s l a q u e l l e est c a l c u l é e la c o u r b e E par a d d i t i o n de p o r t i o n s d'or-

500
100 200 300 400

F i g . 162. — Caractéristiques d'une m a c h i n e e n D é r i v a t i o n .

données égales à r a i . L e s fils de l ' i n d u i t n e p o u v a n t s u p p o r t e r en t o u t e


a

sécurité plus de 400 a m p è r e s , la p o r t i o n p o n c t u é e de la c o u r b e r e p r é -


sente des résultats q u i n ' o n t pas été r é e l l e m e n t o b s e r v é s .
Il est i n t é r e s s a n t de s u i v r e l e c o n t r a s t e e n t r e la c a r a c t é r i s t i q u e de
la m a c h i n e en d é r i v a t i o n et c e l l e de la d y n a m o en s é r i e ( f i g . 1 5 2 ) .

0 1 2 3 * 5 U T Z 3 4 - F , 6 ~ Ä Ä

CHUS
OHMS

F i g . 163. Fig. 16i.


Series Machine = M a c h i n e en S é r i e . Shunt Machine = Machine en D é r i v a t i o n .

Dans la d y n a m o e n s é r i e , la p r e m i è r e p a r t i e de la c a r a c t é r i s t i q u e est
aussi une l i g n e i n c l i n é e , et la t a n g e n t e de son a n g l e d ' i n c l i n a i s o n est
é g a l e m e n t l a r é s i s t a n c e c r i t i q u e p o u r la v i t e s s e d o n n é e . Mais l a d y n a m o
en série ne fonctionne que si la résistance du circuit extérieur est
inférieure à c e t t e v a l e u r c r i t i q u e , t a n d i s q u e la d y n a m o e n d é r i v a t i o n
ne f o n c t i o n n e q u e si l a r é s i s t a n c e e x t é r i e u r e est supérieure à cette
v a l e u r c r i t i q u e . L e constraste est e n c o r e plus f r a p p a n t q u a n d , au l i e u
de c o n s i d é r e r les c a r a c t é r i s t i q u e s o r d i n a i r e s , o n é t u d i e dans ces d e u x
cas les c o u r b e s i n d i q u a n t la r e l a t i o n e n t r e l e p o t e n t i e l aux b o r n e s et

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 255

les résistances du c i r c u i t e x t é r i e u r . L a figure 163 d o n n e la représen-


tation de cette c o u r b e p o u r la d y n a m o e n s é r i e , et la figure 164 la m ê m e
c o u r b e p o u r la d y n a m o en d é r i v a t i o n . L a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e de la
p r e m i è r e t o m b e tout d'un c o u p q u a n d l a résistance d é p a s s e 2 o h m s ;
celle de l a s e c o n d e s ' é l è v e s u b i t e m e n t q u a n d l a r é s i s t a n c e a t t e i n t 1 o h m .
Dans la d y n a m o en d é r i v a t i o n , o n n ' o b t i e n t p a s , c o m m e dans le cas
de la d y n a m o e n s é r i e , l a c a r a c t é r i s t i q u e p o u r une v i t e s s e d o u b l e en
d o u b l a n t les h a u t e u r s des ordonnées. En effet, si p o u r une v i t e s s e
d o u b l e o n r è g l e les résistances extérieures
de m a n i è r e à a v o i r le m ê m e c o u r a n t e x t é -
r i e u r q u e p r é c é d e m m e n t , o u ne d o u b l e pas
par c e l a m ê m e l a f o r c e é l e c t r o m o t r i c e p a r c e
q u ' o n n'a plus l a m ê m e i n t e n s i t é dans le
circuit dérivé inducteur. Si, d'un autre
c ô t é , o n r è g l e les résistances de m a n i è r e à
avoir le m ê m e courant dérivé que précé-
d e m m e n t et p a r suite une force électromo-
trice d o u b l e , o n n'a plus le m ê m e c o u r a n t
extérieur. S i , c e p e n d a n t , o n m o d i f i e la ré-
sistance e x t é r i e u r e , en d o n n a n t plus d'intensité au c o u r a n t e x t é r i e u r ,
de m a n i è r e à r é d u i r e l e c o u r a n t d é r i v é à sa v a l e u r p r i m i t i v e , l ' a i m a n -
tation reste la m ê m e q u e p r é c é d e m m e n t . Dans ce cas, à une v i t e s s e
double c o r r e s p o n d r a une f o r c e é l e c t r o m o t r i c e t r è s s e n s i b l e m e n t d o u b l e ;
m a i s la d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l dans l a d é r i v a t i o n p e u t r e s t e r la m ê m e
que p r é c é d e m m e n t , b i e n q u e l e c o u r a n t e x t é r i e u r soit sensiblement
doublé. C'est ce q u ' i n d i q u e la figure 165 dans l a q u e l l e e a repré-
sente le c o u r a n t e x t é r i e u r dans le premier cas, et e A ce même
courant dans l e s e c o n d cas. O A reste une l i g n e d r o i t e , m a i s à cette
vitesse p l u s c o n s i d é r a b l e son i n c l i n a i s o n est m o i n d r e . Cette d e r n i è r e
c o n s i d é r a t i o n p e r m e t de p r é v o i r qu'à des v i t e s s e s plus é l e v é e s l a résis-
tance p e u t être réduite à une v a l e u r i n f é r i e u r e a v a n t d ' a t t e i n d r e le
point c r i t i q u e a u q u e l l a m a c h i n e « se d é s a m o r c e » , c'est-à-dire cesse
de fournir l'aimantation à ses é l e c t r o - a i m a n t s .

Courbe du Courant total dans l'induit.

Dans l a d y n a m o e n d é r i v a t i o n , le c o u r a n t q u i c i r c u l e dans l'induit


est é g a l à la s o m m e des courants dans le c i r c u i t e x t é r i e u r et dans le
circuit d é r i v é ; en d'autres t e r m e s

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


256 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

Il est facile d ' o b t e n i r une courbe d o n n a n t la r e l a t i o n e n t r e i a et c.


Dans la f i g u r e 106, supposons q u e 0 m i soit l a c c a r a c t é r i s t i q u e e x -
terne > p o u r l a v i t e s s e d o n n é e . P r e n o n s
sur cette c o u r b e un p o i n t q u e l c o n q u e m;
en ce point la d i f f é r e n c e de potentiel
aux b o r n e s est m e s u r é e e n v o l t s par la
longueur m x ou 0 e, et le courant en
a m p è r e s p a r la l o n g u e u r Ox ou em. Me-
nons maintenant la ligne Os sous un
a n g l e sO x tel q u e sa t a n g e n t e soit é g a l e
à l a r é s i s t a n c e de la d é r i v a t i o n ; es repré-
s e n t e r a a l o r s le c o u r a n t dans la d é r i v a -
Fia 166. t i o n q u a n d la différence de p o t e n t i e l est
de 0 e v o l t s . P r o l o n g e o n s e m d'une l o n g u e u r ni n é g a l e à e s ; la l i g n e
e n t i è r e en r e p r é s e n t e r a dès lors le courant d ' i n d u i t ou total ï „ p o u r une
différence de p o t e n t i e l é g a l e à 0 e. On peut ainsi t r o u v e r une série de
p o i n t s a n a l o g u e s q u i d é t e r m i n e r o n t la n o u v e l l e c o u r b e c h e r c h é e 0 ni .
a

Caractéristique Totale de la dynamo en Dérivation.

En p o r t a n t sur un s y s t è m e »de c o o r d o n n é e s les v a l e u r s de l a force


électromotrice totale E et c e l l e s du courant
total i , a on obtiendra la c a r a c t é r i s t i q u e totale
de la d y n a m o .
Trayons, c o m m e dans l e cas p r é c é d e n t , la
c o u r b e sur e et i a (fig. 167). Soit p un p o i n t
q u e l c o n q u e de la c o u r b e , d o n t l e p o t e n t i e l est
px ou Oiî et l e courant ou 0 s . M e n o n s en-
suite la l i g n e 0 J sous un a n g l e J 0 x t e l q u e
sa t a n g e n t e s o i t é g a l e à l a résistance de l'in-
d u i t . A p p e l o n s a l e p o i n t où cette l i g n e c o u p e
l ' o r d o n n é e p x; a x r e p r é s e n t e r a l e n o m b r e de
v o l t s n é c e s s a i r e à i a p r o d u c t i o n du c o u r a n t Ox
F i g . 1(37.
dans la résistance de l'induit. Si l ' o n pro-
l o n g e ensuite p x d'une l o n g u e u r p q é g a l e à a x, la hauteur q x repré-
s e n t e r a la force é l e c t r o m o t r i c e t o t a l e E p o u r un c o u r a n t i a de v a l e u r
é g a l e à 0 a;.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 257

C a r a c t é r i s t i q u e d'une d y n a m o en D é r i v a t i o n a v e c A i m a n t a t i o n
permanente.

S'il existe du m a g n é t i s m e r é m a n e n t dans les é l e c t r o - a i m a n t s , il y


aura i n d u c t i o n d e force é l e c t r o m o t r i c e , m ê m e avant la f e r m e t u r e du
circuit d é r i v é . Dans ce cas, la c a r a c t é r i s t i q u e p r e n d r a n a i s s a n c e en un
p o i n t V situé à une p e t i t e distance de l ' o r i -
g i n e s u i v a n t l ' a x e des x. P a r le fait la m a -
E
chine se c o m p o r t e c o m m e s'il e x i s t a i t déjà
une petite force électromotrice (indépen-
dante de la c o u r b e ) , a y a n t pour effet de
lancer un c o u r a n t i n i t i a l dans l a m a c h i n e ,
de sorte q u e c e l l e - c i s'excite e l l e - m ê m e sous
l ' a c t i o n de c o u r a n t s p r o p o r t i o n n e l s , p o u r les
premiers degrés (instables) d'aimantation,
aux ampères-tours du circuit d é r i v é , plus
F i g . 168.
q u e l q u e s a m p è r e s - t o u r s i m a g i n a i r e s , cause
du magnétisme rémanent. Si l'inducteur porte une seconde bobine
p e r m e t t a n t d ' i n t r o d u i r e une a i m a n t a t i o n indépendante, on obtiendra
un résultat a n a l o g u e : la c a r a c t é r i s t i q u e c o m m e n c e r a en un p o i n t tel
que V . L a force é l e c t r o m o t r i c e due a u x a m p è r e s - t o u r s de l a d é r i v a t i o n
sera p o r t é e au-dessus de 0 ( f i g . 1 6 8 ) , t a n d i s q u e la l o n g u e u r Oq au-
dessous de 0 c o r r e s p o n d r a à la p o r t i o n de la force é l e c t r o m o t r i c e d u e
aux a m p è r e s - t o u r s ( r é e l s ou i m a g i n a i r e s ) du m a g n é t i s m e indépendant,
et O V r e p r é s e n t e r a l e c o u r a n t fourni p a r la m a c h i n e m i s e en court-
circuit.

Une machine en dérivation comportera en réalité quatre courbes


respectivement construites sur e et i, e et i , E e t i, E
a et i . a Parmi
ces courbes, la p r e m i è r e est la caractéristique externe et la q u a t r i è m e
la caractéristique totale.
L a figure 169 r e p r é s e n t e ces q u a t r e c o u r b e s r e s p e c t i v e m e n t d é s i g n é e s
par les l e t t r e s A , B , G et D . Si D est d o n n é e , o n p o u r r a en d é d u i r e À d e
de la m a n i è r e suivante : — S o i e n t OJ e t OZ d e u x droites d o n t les coef-
ficients a n g u l a i r e s respectifs r e p r é s e n t e n t les résistances de l ' i n d u i t e t
du circuit d é r i v é . On o b t i e n d r a la c o u r b e B en d é d u i s a n t des o r d o n n é e s
de D des l o n g u e u r s é g a l e s aux portions d'ordonnées comprises entre
l'axe des a; et la l i g n e OJ ; et la c o u r b e G, en r e t r a n c h a n t des abscisses

DVXASO-ÉLECTIUQUES. 17

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

de l a c o u r b e D des l o n g u e u r s é g a l e s à la p o r t i o n d e s abscisses c o m -
p r i s e s e n t r e l'axe des y et l a l i g n e O Z . On aura, p a r suite, l a c o u r b e A
en prenant les o r d o n n é e s de B et les abscisses de C c o r r e s p o n d a n t à
un p o i n t q u e l c o n q u e de D .
On r e m a r q u e r a q u e , D B r e p r é s e n t a n t les v o l t s p e r d u s par suite de la
résistance de l ' i n d u i t , CD r e p r é s e n t e r a les a m p è r e s perdus dans l ' e x c i -
t a t i o n des i n d u c t e u r s . P l u s la résistance de l ' i n d u i t sera f a i b l e et la
résistance de la d é r i v a t i o n é l e v é e , plus ces pertes s e r o n t r é d u i t e s . En

/ ·

r é a l i t é , dans une m a c h i n e m o d e r n e b i e n é t a b l i e , l e s q u a t r e s c o u r b e s se
r a p p r o c h e n t b e a u c o u p les unes des autres.
Si la c o u r b e d ' i n d u c t i o n de la m a c h i n e est c o n n u e , il est facile de
d é t e r m i n e r la c a r a c t é r i s t i q u e par une c o n s t r u c t i o n g é o m é t r i q u e . L a
courbe d ' i n d u c t i o n O P M ( f i g . 170) m o n t r e r a l a r e l a t i o n e n t r e * et les
a m p è r e s - t o u r s de la d é r i v a t i o n , iy
a d de n o t r e n o t a t i o n .
S u p p o s o n s cette c o u r b e t r a c é e à gauche de l'axe des y; la l i g n e O R
peut être d i v i s é e suivant une é c h e l l e r e p r é s e n t a n t soit l e s a m p è r e s -
tours, soit les a m p è r e s , Na d i v i s i o n s sur la p r e m i è r e é c h e l l e c o r r e s p o n d a n t
à une d i v i s i o n d e l à s e c o n d e . U n e é c h e l l e v e r t i c a l e é t a b l i e sur OE peut, de
8
la m ê m e m a n i è r e , r e p r é s e n t e r soit * , soit £, ^- N 10~ étant le r a p p o r t
des d i v i s i o n s de ces d e u x - d e r n i è r e s échelles. Menons maintenant la
l i g n e O M faisant avec O R un a n g l e tel q u e sa t a n g e n t e c o r r e s p o n d e , en

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 259

fonction des unités c h o i s i e s , à la r é s i s t a n c e de l ' e n r o u l e m e n t en d é r i v a -


tion ; si, par e x e m p l e , la résistance de la d é r i v a t i o n est 16, cette l i g n e OM
passera pal* un p o i n t a y a n t p o u r o r d o n n é e 16 v o l t s et p o u r abscisse
1 a m p è r e , S o i t M l e p o i n t où e l l e c o u p e la c o u r b e d ' i n d u c t i o n . Si l ' o n
c o n s i d è r e un p o i n t q u e l c o n q u e P sur c e t t e c o u r b e , son o r d o n n é e P R r e p r é -
sentera, à v o l o n t é , soit le m a g n é t i s m e efficace q u a n d l e c o u r a n t d ' a i m a n -
tation est O R , s o i t le n o m b r e total des v o l t s E induits dans l ' a r m a t u r e ;
et la p o r t i o n d ' o r d o n n é e Q R r e p r é s e n t e r a l a différence de p o t e n t i e l e. Dès
lors, P Q r e p r é s e n t e r a E—e, c'est-à-dire les v o l t s perdus dans l'induit,
égaux à r a ù. Si m a i n t e n a n t , adroite du d i a g r a m m e , on m è n e une
ligue OJ sous un a n g l e tel q u e sa t a n g e n t e r e p r é s e n t e la résistance r a de
l'induit, et q u ' o n p r e n n e V assez l o i n sur l ' a x e des x p o u r que U V = P Q ,
la l o n g u e u r O V r e p r é s e n t e r a i . L e m o d e de c o n s t r u c t i o n l e plus s i m p l e
a

consiste à p r o j e t e r les p o i n t s P et Q h o r i z o n t a l e m e n t e n E et e, puis à


m e n e r de e, p a r a l l è l e m e n t à O U , la l i g n e e T q u i r e n c o n t r e r a E T e n T ; une
p e r p e n d i c u l a i r e abaissée a l o r s du p o i n t T d o n n e r a les p o i n t s t, U , et V ,
pour l e s q u e l s Tt = UV. T sera un p o i n t de la c o u r b e d o n n a n t la

qKt--^n^"

• 1
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ /

R 0 V X

F i g . 170.

relation e n t r e E et i , et t un p o i n t de la c o u r b e c o r r e s p o n d a n t e p o u r e' '


a

et i„. On p e u t , de cette d e r n i è r e c o u r b e , déduire-la caractéristique'


externe c o m m e o n l'a v u p a g e 242. L a b r a n c h e i n f é r i e u r e de ces h y p e r -
boles qui r e v i e n t v e r s 0 représente l a p o r t i o n i n s t a b l e correspondant
à la p a r t i e i n f é r i e u r e de l a c o u r b e m a g n é t i q u e . De ce q u e ces .courbes)
indiquent une valeur maximum de i a là où elles se r e n v e r s e n t à
l ' e x t r ê m e d r o i t e , il ne faut pas i n f é r e r que la m a c h i n e puisse supporter
ce courant m a x i m u m ; l o i n de l à , le c o u r a n t m a x i m u m q u e l a m a c h i n e
peut p o r t e r e n toute sécurité d é p e n d de la s e c t i o n du fil de l ' i n d u i t , et
celle-ci n'est pas, dans les m e i l l e u r e s m a c h i n e s , c a l c u l é e p o u r laisser
passer un courant de cette i n t e n s i t é . L a p a r t i e de la c o u r b e c o r r e s p o n -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


260 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

dant à son f o n c t i o n n e m e n t n o r m a l est o r d i n a i r e m e n t la p a r t i e supérieure


( f i g . 1 7 0 ) , et il est é v i d e n t , d'après sa c o n s t r u c t i o n , q u e , plus sa résis-
tance i n t é r i e u r e sera f a i b l e , plus la c o u r b e s'étendra v e r s la d r o i t e et
plus les s o m m e t s des d e u x courbes s ' a p p r o c h e r o n t de l ' h o r i z o n t a l i t é ;
une b o n n e m a c h i n e en d é r i v a t i o n , à très faible résistance intérieure,
sera très approximativement auto-régulatrice p o u r p o t e n t i e l constant.
S'il n ' y a pas d ' a i m a n t a t i o n i n i t i a l e ou r é s i d u e l l e , les d e u x courbes
p a s s e r o n t par le p o i n t 0 ; dans l e cas c o n t r a i r e , i l n ' e n sera a i n s i pour
aucune d'elles. Alors la courbe d'induction commencera au-dessus

o V X

F i g . 171.

de 0 e n un p o i n t tel que K ( l i g . 171) et les e x t r é m i t é s i n f é r i e u r e s des


d e u x courbes p o u r E et e se r e c u l e r o n t d'autant plus v e r s la d r o i t e q u e
l a distance U V = K O sera plus g r a n d e . P o u r p r e s q u e toutes les m a -
chines en d é r i v a t i o n , o n t r o u v e q u e , si l ' o n p r e n d des v a l e u r s des-
c e n d a n t e s de e ( a u n e v i t e s s e q u e l c o n q u e d o n n é e ) , e s'annule a l o r s que i
c o n s e r v e e n c o r e une v a l e u r finie.
On r e m a r q u e r a é g a l e m e n t q u e la v a l e u r l i m i t e de E d é p e n d de l ' i n c l i -
n a i s o n de MO ( f i g . 1 7 0 ) , c'est-à-dire de la r é s i s t a n c e , p a r s p i r e , de la
b o b i n e e n d é r i v a t i o n ; t o u t e d i m i n u t i o n de c e l l e r é s i s t a n c e fera c r o î t r e E,
e n p o r t a n t à un d e g r é plus é l e v é l ' a i m a n t a t i o n c o r r e s p o n d a n t à une
v a l e u r d o n n é e de e .

Contraste e n t r e l a m a c h i n e en S é r i e et l a m a c h i n e en D é r i v a t i o n .

N o u s a v o n s déjà effleuré, p a g e 2 o 3 , la d i f f é r e n c e e n t r e l a m a n i è r e d o n t
s e c o m p o r t e n t les m a c h i n e s en s é r i e et les m a c h i n e s en d é r i v a t i o n
q u a n d o n a u g m e n t e ou d i m i n u e la résistance du circuit e x t é r i e u r . E n
m a t i è r e d ' é c l a i r a g e , les d y n a m o s sont g é n é r a l e m e n t a p p e l é e s : (a) soit à
a l i m e n t e r des l a m p e s à i n c a n d e s c e n c e m o n t é e s p a r a l l è l e m e n t , a u q u e l

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 261

cas les m a c h i n e s d o i v e n t m a i n t e n i r une différence de p o t e n t i e l cons-


tante entre l e s c o n d u c t e u r s p r i n c i p a u x ; ( 6 ) soit à a l i m e n t e r des l a m p e s
à arc m o n t é e s e n s é r i e , et dans c e cas l a m a c h i n e d o i t f o u r n i r un c o u -
rant constant. Quand l a différence d e p o t e n t i e l d o i t être maintenue
constante, l e courant v a r i e avec l e n o m b r e de l a m p e s f o n c t i o n n a n t e n
p a r a l l è l e ; dans l e second cas, où l e c o u r a n t d o i t être constant, la force
é l e c t r o m o t r i c e d o i t n é c e s s a i r e m e n t v a r i e r s u i v a n t le n o m b r e de l a m p e s
en série f o n c t i o n n a n t simultanément.
P o u r b i e n c o m p r e n d r e l ' a p p l i c a t i o n à faire des m a c h i n e s e n série ou
en d é r i v a t i o n s e l o n l e s c i r c o n s t a n c e s , i l c o n v i e n t d e construire (soit
expérimentalement, soit t h é o r i q u e m e n t ) des courbes comparatives.
Dans le cas d'une d i s t r i b u t i o n en d é r i v a t i o n , l ' a d d i t i o n d e toute l a m p e
m i s e e n c i r c u i t a u g m e n t e l a c o n d u c t i b i l i t é de ce circuit d'une q u a n t i t é
é g a l e à sa p r o p r e c o n d u c t i b i l i t é ( c ' e s t - à - d i r e à l ' i n v e r s e d e sa résistance

F i g . 172. , F i g . 173.
Séries = Machine en S é r i e . Séries = Machine en S é r i e .
Shunt = Machine en D é r i v a t i o n . Shunt — M a c h i n e en D é r i v a t i o n .

p r o p r e ) . On est ainsi c o n d u i t à construire des c o u r b e s sur l e s v a l e u r s


^ _
de e et de -—- . C'est ce q u e d o n n e la f i g u r e 172 p o u r d e u x d v n a m o s
R
présentant l a m ê m e v a l e u r m a x i m u m d e e. O n v o i t q u e , p o u r aucune
des m a c h i n e s , soit en s é r i e , soit en d é r i v a t i o n , la v a l e u r de e n e reste
constante q u a n d o n a u g m e n t e l e n o m b r e d e s l a m p e s e n c i r c u i t . L a
m a c h i n e e n d é r i v a t i o n d o n n e la d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l la plus c o n s -
t a n t e ; m a i s elle s'abaisse tout d'un coup q u a n d l e n o m b r e des l a m p e s
augmente.
Dans l e cas d'un circuit u n i q u e d e d i s t r i b u t i o n sur des l a m p e s e n
série, c h a q u e l a m p e a d d i t i o n n e l l e ajoute à l a résistance du circuit, et
alors ce sont l e s v a l e u r s d e i et de R sur l e s q u e l l e s d o i t ê t r e construite

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


' 2C2 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

- l a c o u r b e . L a figure 173 d o n n e ce d e r n i e r résultat p o u r les d e u x g e n r e s


de m a c h i n e s . A u c u n e d'elles ne fournit, c o m m e o n le v o i t , r i e n qui
r e s s e m b l e à un courant constant ; m a i s , pour la m a c h i n e e n d é r i v a t i o n ,
il e x i s t e une courte p l a g e , c o r r e s p o n d a n t à son courant m a x i m u m , pour
l a q u e l l e cette v a l e u r présente plus de constance q u ' o n n'en peut trou-
v e r a v e c la m a c h i n e en s é r i e . L a partie p o n c t u é e de l'une des courbes
c o r r e s p o n d au cas d'une m a c h i n e en série construite de m a n i è r e à a v o i r
une caractéristique p l o n g e a n t e ( c o m m e dans la figure 1S6, p a g e 246), qui
d o n n e plus a p p r o x i m a t i v e m e n t ( p o u r des résistances m o d é r é e s ) un c o u -
. rant constant. Mais o n v o i t de reste q u ' i l faut q u e l q u e chose de plus
. q u ' u n e s i m p l e m a c h i n e en série ou en d é r i v a t i o n p o u r o b t e n i r une auto-
r é g u l a t i o n r é e l l e r é s o l v a n t l'un ou l'autre des d e u x p r o b l è m e s . •

A p p l i c a t i o n s d i v e r s e s des C a r a c t é r i s t i q u e s . ,

L e s e x e m p l e s suivants d ' u t i l i s a t i o n des c a r a c t é r i s t i q u e s sont extraits


du t r a v a i l du D r
H o p k i n s o n p u b l i é dans les Proc. Inst. Mech. Engi-
neers d ' a v r i l 1880 :

Détermination de la Vitesse laplus faible possible pour une Dynamo alimentant


un Foyer à arc.

On sait qu'avec les charbons usuels et sous la pression atmosphérique ordi-


naire, un arc voltaïque stable ne peut se former avec une différence de potentiel
inférieure à 40 volts environ ; et qu'en fonctionnement courant, avec un arc de

B O

F i g . 174.

3 millimètres, la différence de potentiel est de 43 à 50 volts. En adoptant le


premier chiffre, 40 volts environ, pour la différence de potentiel, on peut don-
ner un exemple de l'utilisation de la courbe des forces électromotrices pour la
détermination de la vitesse minimum à laquelle puisse tourner une machine
donnée pour produire un petit arc. Prenant 0 pour origine des coordonnées

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


: CARACTÉRISTIQUES · 263

(fïg. 174), partons sur l'axe des y la longueur OA égale à 40 volts ; menons A B
jusqu'à son intersection avec l'axe des x prolongé du côté négatif, de telle
OA
sorte que le rapport ~ représente la résistance métallique inévitable du cir-
cuit. Par le point B ainsi obtenu menons à la courbe une tangente qui la touche
au point C et coupe l'axe des y en D . ' ' •
Le rapport ^2 sera l'extrême limite à laquelle puisse être réduite la vitesse
UA
correspondant à la courbe spéciale employée pour qu'il y ait formation d'un
arc excessivement petit.

Emploi de la Caractéristique pour expliquer l'Instabilité de la Lumière à arc.

Cette courbe peut être également employée à mettre sous une forme un peu
r
différente l'explication donnée par le D Sieme us à la Société Royale de Londres,
relativement à l'instabilité que l'on constate parfois dans la lumière électrique
par arc obtenue à l'aide de machines dynamos ordinaires. — Le rôle de tous

o n

Fig. 175.

les régulateurs usuels est d'écarter les charbons quand le courant dépasse une
certaine intensité et de les rapprocher quand il est inférieur à cette limite. A u
début les charbons sont au contact. Par l'origine O (fig. 175) menons la droite
OA sous un angle d'inclinaison dont la tangente représente les résistances en
circuit autres que celle de l'arc, et rencontrant la courbe en A . L'abscisse du
point A représente le courant-limite de fonctionnement de la lampe. Supposons
que ON représente le courant pour lequel la lampe est réglée : dès lors,
si l'abscisse du point A est plus grande que ON, les charbons s'écarteront.
Par le point N menons l'ordonnée BN qui rencontre la courbe au point B ;
et parallèlement à OA menons une droite tangente à la courbe au point D .
Si le point B est à droite de D ou plus éloigné de l'origine, l'arc persistera ;
mais si B est à gauche de D ou plus voisin de l'origine, les charbons conti-
nueront à s'écarter jusqu'à ce que le courant manque tout à coup et que la
lampe s'éteigne. Si B, tout en étant à droite de D , en est très voisin, la moindre
réduclion dans la vitesse de la machine suffira à éteindre la l a m p e ; le fonc-
tionnement sera tout à fait instable.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


264 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

, Relation entre la Caractéristique et les Dimensions d'une machine.

Supposons qu'une certaine dynamo de construction donnée ait pour carac-


téristique la courbe Oa (iig. 176), quelle sera la caractéristique d'une machine
construite exactement sur le même type, mais dont toutes les dimensions
linéaires seront doublées? — Les surfaces seront quatre fois aussi grandes ;
le volume et le poids huit fois aussi considérables. Il y aura le même nombre
de spires de fil ; mais la longueur du fil étant double et sa section quadruple,
les résistances intérieures seront diminuées de moitié. Si les résistances exté-

0
Fig. 1"6.

rieures étaient réglées en vue du même courant que précédemment, la nouvelle


machine aurait un champ magnétique égal à la moitié seulement du premier.
Si, au contraire, on les règle de manière à produire la m ê m e intensité de
champ magnétique que précédemment, le courant sera doublé.
Mais, la surface enveloppée par les spires eu mouvement étant quadruple, il
y aura un flux de force quatre fois égal découpé (à la même vitesse), et par suite
la force ëlectromotrice sera quatre fois aussi grande. Or on ne demande qu'un
courant double ; il faudra donc doubler la résistance extérieure pour avoir un
champ magnétique de même intensité. Pour représenter cet état de choses,
prenons le point a sur la caractéristique de la petite machine et menons
l'ordonnée am. Prenons ensuite OM double de Om et élevons au point M une
ordonnée AM de longueur égale a quatre fois am. La nouvelle caractéristique
passera par le point A . La résistance — c'est-à-dire l'inclinaison de OA — sera
aussi double de celle qui correspond à Oa. Les points a et A sont des points
homologues en ce qui concerne la saturation du fer des électro-aimants ; et
c'est cette saturation qui détermine les limites pratiques de fonctionnement
économique d'une machine d'un type donné à une vitesse donnée. La force
électromotricc étant quadruplée et le courant doublé, on voit que la puissance
électrique développée sera huit fois égale à celle fournie par la petite machine
fonctionnant à la même limite de saturation. Ces conditions peuvent être com-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CARACTÉRISTIQUES 263

parées à celles précédemment trouvées ( p . U 2 ) dans la discussion du rapport


entre les dimensions et le rendement.

Application des Caractéristiques aux Dynamos employées


à la Charge des accumulateurs.

L e p r o b l è m e suivant a une g r a n d e i m p o r t a n c e p r a t i q u e : — Etant


donnée une dynamo employée à charger des accumulateurs et tour-
nant à une vitesse déterminée, quelle sera l'intensité du courant qui la
traversera ?
r
Le D H o p k i n s o n a d o n n é la s o l u t i o n de ce p r o b l è m e p o u r le cas
d'une d y n a m o e n s é r i e . —- C o n s t r u i s o n s la c a r a c t é r i s t i q u e t o t a l e de la
d y n a m o ( f i g . 177) p o u r la v i t e s s e d o n n é e . Sur l ' a x e des y, p r e n o n s une

F i g . 17".

l o n g u e u r OE é q u i v a l e n t e à l a force é l e c t r o m o t r i c e des a c c u m u l a t e u r s ,
et par l e p o i n t E m e n o n s la l i g n e C E A faisant a v e c l'axe des x un a n g l e
tel que sa t a n g e n t e r e p r é s e n t e l a résistance du circuit t o t a l , y c o m p r i s
celle des a c c u m u l a t e u r s . Cette l i g n e c o u p e r a la caractéristique aux
points B et A , et, si la c o u r b e est p r o l o n g é e au d e l à d e l ' o r i g i n e , au
p o i n t C é g a l e m e n t . Cette b r a n c h e n é g a t i v e de la c a r a c t é r i s t i q u e n'est
autre que la c a r a c t é r i s t i q u e de la m a c h i n e c o r r e s p o n d a n t au r e n v e r s e -
m e n t du c o u r a n t q u i la p a r c o u r t , et par suite aussi à l ' i n v e r s i o n de sa
force é l e c t r o m o t r i c e . O L r e p r é s e n t e alors le c o u r a n t réel dans le circuit,
OM un c o u r a n t i n s t a b l e q u i p o u r r a i t e x i s t e r m o m e n t a n é m e n t , et ON le
courant q u i p a r c o u r r a i t le circuit si la force é l e c t r o m o t r i c e des accumu-
lateurs v e n a i t à surpasser celle de l a d y n a m o et à la f a i r e t o u r n e r en

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


•266 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

s e n s i n v e r s é , ce q u i a r r i v e s o u v e n t q u a n d o n e m p l o i e à c e t u s a g e des
d y n a m o s m o n t é e s en s é r i e . E n effet, dans le cas où les a c c u m u l a t e u r s
a r r i v e n t à être c o m p l è t e m e n t c h a r g é s , si l e u r force é l e c t r o m o t r i c e v i e n t
a a u g m e n t e r , ou si la résistance du c i r c u i t v i e n t à c r o î t r e p a r suite
•d'échaufîement, ces d e u x c i r c o n s t a n c e s o n t p o u r résultat i n é v i t a b l e de
réduire la force é l e c t r o m o t r i c e effective A L et l e c o u r a n t O L , de sorte
q u e l ' a i m a n t a t i o n des é l e c t r o - a i m a n t s baisse é g a l e m e n t , et l e p o i n t A
se r a p p r o c h e de la p o s i t i o n d ' i n s t a b i l i t é au coude de l a c o u r b e .
A v e c une m a c h i n e e n d é r i v a t i o n , i l n'en est plus d e m ê m e . — Soit

F i g . ITS.

^fig. 178) la c a r a c t é r i s t i q u e de la d y n a m o en d é r i v a t i o n , les v a l e u r s du


« o u r a n t e x t é r i e u r é t a n t p o r t é e s le l o n g de l ' a x e des x et c e l l e s de la force
électromotrice totale sur l ' a x e des y ; c o m m e p r é c é d e m m e n t , m e n o n s
la l i g n e C E A . Elle c o u p e en A l a b r a n c h e p o s i t i v e , et O L est le courant
dans le circuit e x t é r i e u r . S i , m a i n t e n a n t , la f o r c e c o n t r e - é l e c t r o m o -
trice des a c c u m u l a t e u r s ou la résistance du circuit v i e n t à croître,
•ces a u g m e n t a t i o n s auront p o u r effet de faire r e m o n t e r l e p o i n t A v e r s '
une p a r t i e plus é l e v é e de la c o u r b e . L e c o u r a n t de c h a r g e O L p o u r r a
d i m i n u e r , m a i s le c o u r a n t de d é r i v a t i o n a u g m e n t e r a et l a force élec-
t r o m o t r i c e A L subira un a c c r o i s s e m e n t . P a r suite, a v e c une d y n a m o en
d é r i v a t i o n , o n n'aura pas à c r a i n d r e un r e n v e r s e m e n t de m a r c h e de
l a m a c h i n e , r é s u l t a n t d'une p r é p o n d é r a n c e p r i s e par les a c c u m u l a t e u r s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE X I

D Y N A M O S A D I F F É R E N C E DE P O T E N T I E L CONSTANTE

Conditions de f o n c t i o n n e m e n t . — Les conditions d'alimentation


é l e c t r i q u e c o m m a n d e n t le r é g i m e de f o n c t i o n n e m e n t de l a d y n a m o .
Pour certaines applications, — telles que le s e r v i c e d'un système
de l a m p e s à incandescence m o n t é e s en d é r i v a t i o n , — le courant
d o i t être fourni aux c o n d u c t e u r s p r i n c i p a u x sous une différence d e
potentiel absolument constante, o u , c o m m e o n d i t v u l g a i r e m e n t , sous
pression ou tension constante ; c'est-à-dire que l a d i f f é r e n c e de p o -
tentiel e n t r e ces c o n d u c t e u r s , aux b o r n e s de la d y n a m o , ou ' m i e u x
e n c o r e aux b o r n e s des l a m p e s , d o i t ê t r e constante. Cette c o n d i t i o n
. i m p l i q u e n a t u r e l l e m e n t q u e l e d é b i t de la m a c h i n e v a r i e e x a c t e m e n t en
raison i n v e r s e de la résistance du c i r c u i t e x t é r i e u r , q u ' i l augmente
quand cette résistance diminue par suite de l ' a d d i t i o n d'un certain
n o m b r e de l a m p e s e n t r e les c o n d u c t e u r s . Mais o n a vu q u e , g r â c e à
-deux causes, — (1) la résistance i n t é r i e u r e de la m a c h i n e , ( 2 ) les r é a c t i o n s
démagnétisantes de l ' i n d u i t , — les v o l t s aux b o r n e s à p l e i n e c h a r g e
tombent u n peu au-dessous du chiffre qu'ils atteindraient ( p o u r la
m ê m e v i t e s s e et l a m ê m e a i m a n t a t i o n ) a v e c une c h a r g e n u l l e . En d'au-
tres t e r m e s , les volts perdus a u g m e n t e n t a v e c l a c h a r g e . F o r c e est d o n c
de r e c o u r i r à des m o y e n s a r t i f i c i e l s p o u r c o m p e n s e r cette p e r t e e n v o l t s ,
si l ' a l i m e n t a t i o n d o i t ê t r e m a i n t e n u e sous tension constante. Si une
machine d o i t a l i m e n t e r d e s l a m p e s sous 60 v o l t s , p a r e x e m p l e , la
tension ne d e v r a pas t o m b e r au-dessous de 57 à 58 v o l t s q u a n d toutes
les l a m p e s f o n c t i o n n e r o n t .
Dans d'autres cas, c o m m e p o u r a l i m e n t e r un g r o u p e de l a m p e s à arc
m o n t é e s e n une seule s é r i e , ou p o u r c h a r g e r un c e r t a i n n o m b r e de
batteries d'accumulateurs dans différents postes, ou encore pour
actionner un c e r t a i n n o m b r e de m o t e u r s é c h e l o n n é s sur une même

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


268 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

l i g n e , il est nécessaire d e m a i n t e n i r sur cette l i g n e un courant absolu-


ment constant, quel q u e puisse être à un moment quelconque le
n o m b r e des l a m p e s ou des m o t e u r s en a c t i v i t é . Cela v e u t d i r e q u e , si la
résistance du circuit e x t é r i e u r se t r o u v e a u g m e n t é e p a r l a m i s e en fonc-
t i o n n e m e n t de plus de l a m p e s ou de m o t e u r s , l a m a c h i n e d o i t , d ' e l l e -
m ê m e , faire face à une a u g m e n t a t i o n p r o p o r t i o n n e l l e de force é l e c t r o -
motrice.
L e s d e u x buts à a t t e i n d r e p o u r la r é g u l a t i o n s o n t , e n c o n s é q u e n c e ,
non seulement distincts, m a i s i n c o m p a t i b l e s ; il n'est pas possible
qu'une dynamo c o n s e r v e sa f o r c e é l e c t r o m o t r i c e constante et qu'en
même temps e l l e la m o d i f i e proportionnellement aux v a r i a t i o n s de
résistance du circuit e x t é r i e u r . L e s deux s y s t è m e s d o i v e n t , par suite,
être e n v i s a g é s t o u t à fait s é p a r é m e n t . Ils s ' a p p l i q u e n t à des cas de dis-
tribution électrique totalement différents. L e u r t h é o r i e n'est pas la
m ê m e , n o n plus que le m o y e n p r a t i q u e de les m e t t r e en œ u v r e .

L e s m a c h i n e s à c o u r a n t c o n s t a n t , telles q u ' i l l e s faut p o u r l ' é c l a i r a g e


à arc en série et p o u r certaines l a m p e s à i n c a n d e s c e n c e s p é c i a l e s , sont
décrites au Chapitre X V I I . Dans le p r é s e n t c h a p i t r e , n o u s ne nous occu-
p e r o n s q u e des m a c h i n e s destinées à l ' a l i m e n t a t i o n sous tension cons-
tante.

Il e x i s t e différentes m a n i è r e s de r é g l e r les d y n a m o s p o u r leur faire


d o n n e r soit un p o t e n t i e l , soit un c o u r a n t c o n s t a n t . P a r m i ces p r o c é d é s ,
l e s uns c o m p o r t e n t un r é g l a g e à la m a i n ; les autres, l ' i n t r o d u c t i o n ou
le r e t r a i t de résistances d e s t i n é e s à faire v a r i e r l ' e x c i t a t i o n des induc-
t e u r s ; d'autres e n c o r e , un d é p l a c e m e n t a u t o m a t i q u e des balais ; d'autres
enfin, un r é g l a g e é l e c t r i q u e de la v i t e s s e . L e c h a p i t r e r e l a t i f aux R é g u -
l a t e u r s t r a i t e r a de ces p r o c é d é s . N o t o n s tout d ' a b o r d que le v o l t a g e d'une
dynamo donnée dépend, comme l'indique l'équation fondamentale
( p . 4 4 ) , de trois é l é m e n t s : — la v i t e s s e , le n o m b r e de fils de l ' i n d u i t ,
et l e flux m a g n é t i q u e . I l e n résulte q u e l'on p e u t a g i r sur l'un q u e l -
conque de ces trois éléments pour régler le fonctionnement de la
m a c h i n e . Des d i s p o s i t i o n s d ' o r d r e p u r e m e n t m é c a n i q u e p e r m e t t e n t en
effet de m o d i f i e r la v i t e s s e ; o n p e u t aussi c h a n g e r le n o m b r e des fils
d ' i n d u i t t r a v a i l l a n t u t i l e m e n t en a v a n ç a n t p l u s ou m o i n s les b a l a i s au
d e l à du p o i n t n e u t r e ; o n p e u t enfin faire v a r i e r l e flux m a g n é t i q u e en
m o d i f i a n t la f o r c e m a g n é t i s a n t e e x c i t a t r i c e , ou e n c h a n g e a n t la dispo-
s i t i o n du circuit m a g n é t i q u e . On a eu r e c o u r s à tous ces p r o c é d é s p o u r
g o u v e r n e r les d y n a m o s .

Dans des installations privées et isolées i l peut être à propos

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 269

d ' a p p l i q u e r un r é g u l a t e u r ( t e l q u e c e l u i de "Willans ou celui de R i c h a r d -


son) p o u r m o d i f i e r la v i t e s s e s u i v a n t la d e m a n d e du c i r c u i t , e t m a i n -
tenir l a - p r e s s i o n c o n s t a n t e ; m a i s ce m o d e de p r o c é d e r n e saurait c o n -
venir q u a n d le m o t e u r a d'autres t r a v a u x à effectuer q u e l e s i m p l e
e n t r a î n e m e n t d'une d y n a m o . A u s s i a-t-on d o n n é la p r é f é r e n c e à des
m é t h o d e s qui p e r m e t t e n t de l a i s s e r a la m a c h i n e une v i t e s s e c o n s t a n t e .
Dans tout le cours de ce c h a p i t r e , nous a d m e t t r o n s q u e c e t t e c o n d i t i o n
est toujours r e m p l i e ; et, c o m m e o n fait peu usage de m é t h o d e s de
r é g u l a t i o n p u r e m e n t m a g n é t i q u e s , n o u s ne nous o c c u p e r o n s ici q u e des
m é t h o d e s basées sur la m o d i f i c a t i o n des forces m a g n é t i s a n t e s . Parmi
elles, quelques-unes comportent une m a n œ u v r e à la m a i n ; d'autres
sont a u t o m a t i q u e s .

Régulateur d'Edison. — P o u r f o u r n i r des c o u r a n t s sous p o t e n t i e l


constant, E d i s o n e m p l o i e une d y n a m o e n d é r i v a t i o n dans l e c i r c u i t
inducteur de l a q u e l l e il i n t r o d u i t une r é s i s t a n c e v a r i a b l e , sous f o r m e de
rhéostat, R ( f i g . 1 7 9 ) . U n l e v i e r m a n œ u v r é ' à la m a i n , dès q u e l e

F i g . 179. — M o d e d e r é g u l a t i o n d ' E d i s o n .

potentiel passe au-dessus ou au-dessous de sa v a l e u r n o r m a l e , fait


c o n t a c t a v e c un c e r t a i n n o m b r e de p l o t s r e l i é s à un j e u de résistances
et d i m i n u e ou a u g m e n t e l e d e g r é d ' e x c i t a t i o n des i n d u c t e u r s . On a
e m p l o y é une d i s p o s i t i o n a n a l o g u e dans plusieurs autres s y s t è m e s . P o u r
la r e n d r e p a r f a i t e , il faut faire a c t i o n n e r a u t o m a t i q u e m e n t la r é s i s t a n c e
variable p a r un é l e c t r o - a i m a n t d o n t l e s b o b i n e s c o n s t i t u e n t une d é r i -
vation i n d é p e n d a n t e entre les c o n d u c t e u r s . C'est ce q u ' a fait E d i s o n .
Une m a c h i n e en d é r i v a t i o n b i e n construite a, c o m m e o n l'a v u p a g e 260,
un v o l t a g e p r e s q u e c o n s ' a n t ; la t e n s i o n aux b o r n e s baisse très peu à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


270 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

pleine c h a r g e . A v e c une m a c h i n e de ce g e n r e il suffit d'une très faible


a u g m e n t a t i o n dans la puissance d ' e x c i t a t i o n p o u r c o m p e n s e r l a p e r t e
en v o l t s à p l e i n e c h a r g e . L e r h é o s t a t r é g u l a t e u r est é g a l e m e n t a p p l i -
cable à une d y n a m o à e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e .
f • .

DYNAMOS AUTO-RÉGULATRICES

Etant d o n n é q u ' i l faut a u g m e n t e r le m a g n é t i s m e p o u r c o m p e n s e r les


volts p e r d u s , o n peut r e n d r e l a d y n a m o a u t o - r é g u l a t r i c e en amenant
toute a u g m e n t a t i o n de c o u r a n t dans l e circuit p r i n c i p a l , qui d é t e r m i -
nerait l ' a b a i s s e m e n t du v o l t a g e , à p r o d u i r e aussi a u t o m a t i q u e m e n t une
a u g m e n t a t i o n c o m p e n s a t r i c e du m a g n é t i s m e . S i , en plus de l a b o b i n e
e x c i t a t r i c e qui p r o d u i t l ' a i m a n t a t i o n i n i t i a l e v o u l u e de l ' i n d u c t e u r , on
garnit celui-ci d'une b o b i n e c o m p e n s a t r i c e e n fil suffisamment gros
pour p o r t e r l e c o u r a n t p r i n c i p a l , o n o b t i e n d r a l e r é s u l t a t c h e r c h é . Si
la m a c h i n e est tout d ' a b o r d m o n t é e en d é r i v a t i o n et q u ' o n y ajoute .
ainsi une b o b i n e c o m p e n s a t r i c e en série a v e c l'induit, o n aura l a c o m -
b i n a i s o n g é n é r a l e m e n t c o n n u e sous l e n o m d ' e n r o u l e m e n t compound.
L ' e x p r e s s i o n de « d y n a m o c o m p o u n d » a été i n t r o d u i t e dans l e l a n g a g e
par M M . C r o m p t o n et K a p p p o u r d é s i g n e r une d y n a m o à e n r o u l e m e n t
m i x t e , e n s é r i e e t en d é r i v a t i o n , p a r a n a l o g i e a v e c l ' e x p r e s s i o n méca-
nique de « m o t e u r c o m p o u n d » a p p l i q u é e a u n e m a c h i n e à v a p e u r fonc-
t i o n n a n t avec d e u x c y l i n d r e s , l'un à h a u t e , l ' a u t r e à basse p r e s s i o n . —
Le c o m p o u n d a g e n'est c e p e n d a n t pas le seul m o d e p o s s i b l e d'auto-
r é g u l a t i o n ; une b o b i n e c o m p e n s a t r i c e en série est é g a l e m e n t a p p l i -
cable à toute m a c h i n e à c o u r a n t c o n t i n u b i e n é t u d i é e , dans l a q u e l l e
l ' e x c i t a t i o n m a g n é t i q u e i n i t i a l e est i n d é p e n d a n t e ou c o n s t a n t e . — On
peut e n c o n s é q u e n c e e m p l o y e r les c o m b i n a i s o n s suivantes : —

( I . ) B o b i n e s r é g u l a t r i c e s en série -t- A i m a n t s p e r m a n e n t s p o u r p r o -
duire l ' e x c i t a t i o n i n i t i a l e , a v e c a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e constante.
( I I . ) B o b i n e s r é g u l a t r i c e s en série -t- C i r c u l a t i o n d'un c o u r a n t i n d é -
pendant dans des b o b i n e s distinctes a u t o u r des i n d u c t e u r s , p o u r p r o -
duire une a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e constante.
( I I I . ) B o b i n e s r é g u l a t r i c e s en série -+- Courant i n d é p e n d a n t circulant
dans l e circuit p r i n c i p a l ( e t p r o d u i t s o i t p a r une b a t t e r i e , soit p a r u n e
m a c h i n e m a g n é t o i n d é p e n d a n t e ) et ayant p o u r effet d ' e x c i t e r p a r t i e l l e -
m e n t les i n d u c t e u r s , avec une a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e constante.
. ( I V . ) B o h i n e s r é g u l a t r i c e s e n série -+- B o b i n e s en d é r i v a t i o n a l i m e n -
tées par une p o r t i o n du courant de la m a c h i n e e l l e - m ê m e et e x c i t a n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 271

ainsi partiellement les i n d u c t e u r s , a v e c a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e e t


s e n s i b l e m e n t constante.
( Y . ) P o u r les m a c h i n e s à c o u r a n t s a l t e r n a t i f » o n n e p e u t e m p l o y e r
des b o b i n e s en s é r i e a v e c l e c i r c u i t p r i n c i p a l ; m a i s o n p e u t c o m p o u n d e r
ces m a c h i n e s en les m u n i s s a n t de b o b i n e s r é g u l a t r i c e s a l i m e n t é e s p a r
un c o u r a n t d é r i v é (à l ' a i d e d'un transformateur c o n v e n a b l e ) des c o u -
rants p r i n c i p a u x et p r o p o r t i o n n e l à l e u r i n t e n s i t é , ces c o u r a n t s d é r i -
vés passant d'abord p a r un commutateur spécial q u i les redresse.
L ' a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e p e u t être d e m a n d é e s o i t à une e x c i t a t r i c e
a u x i l i a i r e , s o i t à u n e b o b i n e ou un g r o u p e d e b o b i n e s de l ' i n d u i t , ou,
par le fait, à un autre t r a n s f o r m a t e u r d o n t le p r i m a i r e est m i s e n déri-
v a t i o n e n t r e les c o n d u c t e u r s . Dans ces d e u x d e r n i e r s cas, le courant
doit subir une r e c t i f i c a t i o n c o n v e n a b l e .

T h é o r i q u e m e n t o n p e u t e m p l o y e r plusieurs autres m o d e s de c o m b i -
naisons a u t o - r é g u l a t r i c e s , c o m m e , par e x e m p l e : — une m a c h i n e a v e c
une l o n g u e a r m a t u r e p l a c é e entre d e u x s y s t è m e s inducteurs distincts,
excités, l'un s é p a r é m e n t , l'autre en série ; — une m a c h i n e e n série à
inducteurs n o n saturés c o m b i n é e avec une machine (quasi indépen-
dante) e n série à inducteurs sursaturés, sur le m ê m e a r b r e ; — une
m a c h i n e en série à deux j e u x de p ô l e s inducteurs d i f f é r e m m e n t dis-
posés, l'un de ces j e u x étant celui e x c i t é en s é r i e , l'autre é t a n t e x c i t é
d ' u n e façon i n d é p e n d a n t e , ou f o r m a n t c i r c u i t d é r i v é , e t c .

Théorie de l'Auto-régulation.

Dans l ' é t u d e de l a t h é o r i e de l ' a u t o - r é g u l a t i o n nous p r o c é d e r o n s de


la m a n i è r e suivante : — N o u s c h e r c h e r o n s d ' a b o r d une e x p r e s s i o n du
potentiel aux b o r n e s de la d y n a m o . E l l e comprendra généralement
trois t e r m e s . N o u s c o n s i d é r e r o n s ensuite ces trois t e r m e s au p o i n t de
vue de la n a t u r e c o n s t a n t e ou v a r i a b l e de leurs facteurs. A y a n t a l o r s
déterminé ceux de ces t e r m e s q u i c o n t i e n n e n t des facteurs v a r i a b l e s ,
nous é t u d i e r o n s les c o n d i t i o n s à r é a l i s e r (telles q u e la d é t e r m i n a t i o n
d'une v i t e s s e p a r t i c u l i è r e ou un n o m b r e s p é c i a l de s p i r e s ) de m a n i è r e
à faire d i s p a r a î t r e les termes c o n t e n a n t des facteurs v a r i a b l e s . Ces
conditions s e r o n t i n c o r p o r é e s dans une « é q u a t i o n de c o n d i t i o n » que
nous d i s c u t e r o n s a l o r s . On t r o u v e r a e n g é n é r a l q u e , si la v i t e s s e est
fixée d ' a v a n c e , il y aura à en d é d u i r e un c e r t a i n n o m b r e « c r i t i q u e »
de spires r é g u l a t r i c e s , ou b i e n q u e , si l e n o m b r e des spires est d é t e r -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


272 MACHINES DYNAMOELECTRIQUES

miné d'avance, i l y a u r a une v i t e s s e p a r t i c u l i è r e ou « c r i t i q u e » à


l a q u e l l e l ' a u l o - r é g u l a t i o n s'effectuera dans de b o n n e s c o n d i t i o n s .
Cette t h é o r i e peut ê t r e e x p o s é e s o i t a l g é b r i q u e m e n t soit g é o m é t r i -
quement. Nous recourrons successivement aux deux m é t h o d e s .

Cas{l.). —Bobines régulatrices ensérie ·+- Aimants permanents. — S i


les é l e c t r o - a i m a n t s sont p a r t i e l l e m e n t e x c i t é s d'une f a ç o n p e r m a n e n t e ,
o u si des a i m a n t s p e r m a n e n t s en a c i e r sont ajoutés a u x é l e c t r o - a i m a n t s ,
d e m a n i è r e à c o n s t i t u e r un c h a m p p a r t i e l p e r m a n e n t , i n d é p e n d a n t de
celui dû au c o u r a n t dans le c i r c u i t , o n peut d é s i g n e r p a r 4>i le flux de
force dû à ce c h a m p i n d é p e n d a n t .
Or, l ' é q u a t i o n f o n d a m e n t a l e de l a d y n a m o e n série est, e n unités
C. G . S.,

.V<I>,

et la différence de p o t e n t i e l aux b o r n e s , a u t r e m e n t d i t l a t e n s i o n , est,


conformément à ce qui est dit p a g e 228 et p o u r un m ê m e système
d'unités,

e= E — (r„ -+- r ) i.
m

Mais le flux de force <$> qui passe par l ' i n d u i t à un i n s t a n t q u e l c o n q u e


se c o m p o s e de d e u x p a r t i e s , l'une i n d é p e n d a n t e et p e r m a n e n t e * n et
l'autre s u b o r d o n n é e au c o u r a n t et é g a l e ( p o u r i en a m p è r e s ) à

4it N,i

e x p r e s s i o n d a n s l a q u e l l e N, est l e n o m b r e de spires d e la b o b i n e r é g u -
l a t r i c e , l l a l o n g u e u r du c i r c u i t m a g n é t i q u e en "cm, S sa s e c t i o n d r o i t e
3
e n c m , et u. la v a l e u r moyenne de l a p e r m é a b i l i t é ( v o i r p . 1 4 0 ) entre
les d e u x v a l e u r s e x t r ê m e s c o r r e s p o n d a n t à i — z é r o et / = maximum.
Si, p o u r a b r é g e r , o n écrit

= q,

o n p e u t r e p r é s e n t e r par qN,i la p a r t i e v a r i a b l e de * et p o s e r en c o n s é -
quence
* = <!>! - H q N, i ,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFERENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 273

ce qui d o n n e p o u r e x p r e s s i o n c o m p l è t e de e :

ïl
e =-TN ( * i -+- g A , i) — (r -h r ) i,
7

a m

ou

e = -7- A~-l'i -h-rNqN.i — (r„ -+- r ) i.


m

L e m e m b r e de d r o i t e de c e t t e é q u a t i o n se c o m p o s e de trois termes
dont l e p r e m i e r c o n t i e n t c o m m e facteurs la v i t e s s e et deux c o n s t a n t e s .
Les deux d e r n i e r s t e r m e s c o n t i e n n e n t u n e v a r i a b l e , l e courant, et l'un
d'entre eux renferme é g a l e m e n t c o m m e facteurs la vitesse et

le n o m b r e N, de spires r é g u l a t r i c e s . Si ce n o m b r e N, est fixé d'a-


v a n c e , la v i t e s s e p a r t i c u l i è r e p o u r l a q u e l l e la machine sera auto-
r é g u l a t r i c e sera é v i d e m m e n t c e l l e p o u r l a q u e l l e l ' e x p r e s s i o n de e ne

c o n t i e n d r a q u e des c o n s t a n t e s . Si — est fixé d ' a v a n c e , il faudra a l o r s


í

faire v a r i e r N, de m a n i è r e à é l i m i n e r les t e r m e s qui c o n t i e n n e n t l e fac-


teur v a r i a b l e . C o m m e les d e u x d e r n i e r s t e r m e s sont de s i g n e s c o n -
traires, i l est c e r t a i n q u e , e n faisant v a r i e r iV ou — , ou les d e u x à l a s

t
a
fois, o n p o u r r a r e n d r e la v a l e u r de — NqN numériquement égale à
fit
r —I- r .
a m P a r suite, à la v i t e s s e c o n s t a n t e q u e nous d é s i g n e r o n s p a r — ,
t
les deux derniers termes s ' a n n u l e r o n t l'un l'autre, c'est-à-dire q u ' o n
aura :

-r Nq N, i — (r a 4- ?•„.) i

En d'autres t e r m e s , N , et -~- d o i v e n t être tels q u e

~Nq N, = r -+• r . a m
[XIII.]

Telle est l ' é q u a t i o n de c o n d i t i o n .


Si la c o n d i t i o n i m p o s é e p a r cette é q u a t i o n est r é a l i s é e , l e s deux d e r -
niers t e r m e s d i s p a r a i s s e n t d a n s l ' e x p r e s s i o n de e, et l ' o n a s i m p l e -
ment

e— —N *i = constante.

Etant ainsi d o n n é e , la constance de e à la v i t e s s e c o n s i d é r é e , il

DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 18

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


274 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

est i n t é r e s s a n t de v o i r ce qui d é t e r m i n e l a v a l e u r de e. E v i d e m m e n t e
est d i r e c t e m e n t p r o p o r t i o n n e l au flux p r o v e n a n t du c h a m p indé-
p e n d a n t e t p e r m a n e n t . On p e u t en c o n s é q u e n c e s ' a r r a n g e r p o u r q u e la
d y n a m o , toujours à l ' a l l u r e f i x é e , d o n n e tel p o t e n t i e l q u ' o n voudra,
dans c e r t a i n e s l i m i t e s , à la c o n d i t i o n de faire v a r i e r "I^ dans la pro-
portion voulue.
Supposons q u e la v i t e s s e soit déterminée par des considérations
m é c a n i q u e s ; le n o m b r e c o n v e n a b l e et c r i t i q u e des spires r é g u l a t r i c e s
sera d o n n é par l ' e x p r e s s i o n

T y
Ceci est i n t é r e s s a n t . Plus la résistance i n t é r i e u r e de la d y n a m o est éle-
v é e , plus il faut m e t t r e de spires r é g u l a t r i c e s en s é r i e , p o u r r e n d r e la
machine auto-régulatrice.
Revenant à l'équation de c o n d i t i o n m i s e sous sa seconde forme

on aura p o u r v a l e u r de l a v i t e s s e c r i t i q u e

wi_ ra -H r,n 1
-
t — N. Nq '

ce q u i m o n t r e q u e , si les spires en série sont d é t e r m i n é e s d ' a v a n c e , il


y aura une certaine v i t e s s e c r i t i q u e d'aulo-régulation et q u e cette
v i t e s s e sera d'autant plus g r a n d e que les résistances i n t é r i e u r e s seront
plus é l e v é e s .
F i n a l e m e n t , o n peut m e t t r e la d e r n i è r e é q u a t i o n sous cette f o r m e :
. . résistance intérieure totale
vitesse c r i t i q u e = r -, :——;—;—r—rr- r-r- V u n e q u a n -
^ n o m b r e de spires de la b o b i n e en série ^
tité d é p e n d a n t u n i q u e m e n t de l ' e n r o u l e m e n t de l ' i n d u i t et du c i r c u i t
m a g n é t i q u e , ainsi que de sa p e r m é a b i l i t é dans les l i m i t e s de f o n c t i o n -
n e m e n t entre l e s q u e l l e s la r é g u l a t i o n d o i t s'effectuer.
Jusqu'ici nous a v o n s a d m i s q u e la seule cause d ' a b a i s s e m e n t de la
t e n s i o n e x i g e a n t une c o m p e n s a t i o n était celle due aux résistances inté-
rieures. Mais l ' a b a i s s e m e n t dû à l'action d é m a g n é t i s a n t e de l ' i n d u i t est,
dans les m a c h i n e s m o d e r n e s , une c o n s i d é r a t i o n de plus d ' i m p o r t a n c e
e n c o r e . P o u r f a i r e e n t r e r cette a c t i o n en l i g n e de c o m p t e , il faut se rap-
p e l e r q u e , si l ' a n g l e d é c a l a g e 1 est c o n n u , la b a n d e démagnétisante

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFERENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 275

de c o n d u c t e u r s ( v o i r p . 86) sera celle c o m p r i s e sous un a n g l e 2 X,


1
soit -g^-, et, c o m m e chacun de ces c o n d u c t e u r s p o r t e i a m p è r e s , les
V Ail
a m p è r e s - t o u r s d é m a g n é t i s a n t s s e r o n t - j - ^ - , o u , si l ' o n d é s i g n e p a r N',
1
le n o m b r e de c o n d u c t e u r s c o m p r i s sous l ' a n g l e À, —~- i = Ceci
z
s'applique aux m a c h i n e s à t a m b o u r ; p o u r les m a c h i n e s à anneau, l e
produit d o i t ê t r e d o u b l é . C o m m e , c e p e n d a n t , ces spires sont p l a c é e s
sur l ' i n d u i t , a l o r s q u e l e s spires c o m p e n s a t r i c e s sont r o u l é e s sur l ' i n -
ducteur, l e u r a c t i o n sera plus g r a n d e a peu près dans le r a p p o r t du
coefficient de d é r i v a t i o n s ( v o i r p . 1 7 7 ) . Il faudra e n c o n s é q u e n c e aug-
m e n t e r l e s spires e n série N, e t e n p o r t e r le n o m b r e , de la v a l e u r p r é -
c é d e m m e n t t r o u v é e , à la v a l e u r
1
-+- N, v. [XV.
Nq
t

Cas ( I I ) . — Dynamo en série -+• Bobines d'excitation indépendante.


(Voir Machine en série et à excitation indépendante, fig. 44,. p . 5 5 . )
— Il y a dans ce cas un m a g n é t i s m e i n d é p e n d a n t dû à un .cou-
rant circulant a u t o u r des i n d u c t e u r s dans des b o b i n e s d i s t i n c t e s , et
fournissant une p a r t i e du m a g n é t i s m e du c h a m p . L a f i g u r e 180 i n d i q u e
les c o n n e x i o n s .

Fis». 180.

Si l ' o n d é s i g n e p a r i' l l e flux m a g n é t i q u e dû à l ' e x c i t a t i o n i n d é p e n -


dante, le m ê m e r a i s o n n e m e n t et les m ê m e s c o n c l u s i o n s q u e ci-dessus
s ' a p p l i q u e r o n t i c i . ® ne sera c e p e n d a n t pas r é e l l e m e n t u n e c o n s t a n t e ,
t

car l ' i n t r o d u c t i o n d'une q u a n t i t é c o n s t a n t e de force m a g n é t i s a n t e aura


un effet v a r i a b l e s u i v a n t le d e g r é de s a t u r a t i o n r é s u l t a n t de la force
magnétisante totale. S i , c e p e n d a n t , o n t i e n t c o m p t e dans l e calcul de

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


276 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

c o m m e p o u r celui de N,, de la p e r m é a b i l i t é m o y e n n e d a n s les l i m i t e s


de f o n c t i o n n e m e n t de la r é g u l a t i o n , on p a r e r a i m p l i c i t e m e n t à tout
a b a i s s e m e n t d a n s l'effet du c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t .
M M . W r i g h t e t K a p p s o n t a r r i v é s au m ê m e r é s u l t a t q u e celui obtenu
dans ce Cas I I , e n e m p l o y a n t dans le c i r c u i t p r i n c i p a l une seule b o b i n e
sur laquelle cependant une pile ou une d y n a m o i n d é p e n d a n t e était
m i s e en d é r i v a t i o n . — M . P i c a r d a é m i s u n e i d é e a n a l o g u e .

Démonstration géométrique des Cas (/) et (II).

On a v u ( p . 2 2 2 ) c o m m e n t les v a l e u r s du p o t e n t i e l aux b o r n e s s'abais-


saient d a n s les m a c h i n e s m a g n é t o s ou d y n a m o s à e x c i t a t i o n i n d é p e n -
1
d a n t e , au fur et à m e s u r e q u e l e c o u r a n t a u g m e n t e , e é t a n t toujours
inférieur à E d'une quantité égale à r „ i .
P o u r r e p r é s e n t e r g r a p h i q u e m e n t ce q u i se passe, soient O X e t O P deux
axes de c o o r d o n n é e s sur l e s q u e l s o n p o r t e les a m p è r e s et les v o l t s , et
soit O P la force é l e c t r o m o t r i c e (^E = y iV, « ï ^ due au magnétisme
p e r m a n e n t ou i n d é p e n d a n t et m e s u r é e q u a n d aucun c o u r a n t ne circule
dans l ' i n d u i t . S u p p o s o n s m a i n t e n a n t l e s r é a c t i o n s d ' i n d u i t assez faibles
p o u r être n é g l i g é e s ; E r e s t e r a c o n s t a n t , à v i t e s s e c o n s t a n t e , quels q u e

F i g . 181.
Ml
nCqSi — —j NqNsi.
ni
nC .Y, = -j A'*,.

s o i e n t les c o u r a n t s p r o d u i t s ; m a i s e s'abaissera. A u p o i n t 0 m e n o n s la
ligne OJ sous un a n g l e tel q u e sa t a n g e n t e r e p r é s e n t e l a résistance
intérieure de l a machine, et c o n s i d é r o n s le cas où le courant i a
la valeur particulière correspondant à la l o n g u e u r O V . L a h a u t e u r U V

1
On En v o i t la r e p r é s e n t a t i o n dans la figure 149, p a g e 224, dans l a q u e l l e la courbe K
m o n t r e l ' a b a i s s e m e n t dû à cette cause, et la c o u r b e M l ' a b a i s s e m e n t réel dû prin-
c i p a l e m e n t à cette cause et en partie aussi aux r é a c t i o n s d é m a g n é t i s a n t e s qui ee
p r o d u i s e n t dans l ' i n d u i t .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 277

représentera la chute de p o t e n t i e l e x t é r i e u r e , car U V = tang U O V X


O V — r i. a P r e n o n s sur t\ une l o n g u e u r = U V , et Q V r e p r é s e n t e r a e.
T a n d i s que la c o u r b e c o n s t r u i t e sur Eel sur i est s e n s i b l e m e n t une l i g n e
h o r i z o n t a l e , c e l l e c o n s t r u i t e sur e et i ( l a c a r a c t é r i s t i q u e e x t e r n e ) s'a-
baisse, c o m m e l ' i n d i q u e la l i g n e p o n c t u é e . P o u r o b t e n i r un p o i n t quel-
c o n q u e de la c o u r b e e d ' a p r è s l a c o u r b e E, il suffit de d é d u i r e des o r d o n n é e s
de c e t t e d e r n i è r e des l o n g u e u r s é g a l e s aux o r d o n n é e s correspondantes
de l a d r o i t e OJ. Mais c o m m e , si la l i g n e E est h o r i z o n t a l e , la l i g n e e
s'abaisse é v i d e m m e n t , il f a u d r a n é c e s s a i r e m e n t q u e l a l i g n e £ s'élève d ' u n e
q u a n t i t é p r é c i s é m e n t é g a l e si l ' o n v e u t o b t e n i r p o u r e une h o r i z o n t a l e ,
c'est-à-dire si l ' o n v e u t a r r i v e r à une d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l c o n s t a n t e .
O r , c o m m e n t d o n n e r a - t - o n kE l ' i n c l i n a i s o n a s c e n d a n t e v o u l u e ? — R a p p e -
lons-nous q u e , à une v i t e s s e d o n n é e , l a v a l e u r de E est - y N ^i,

4), i n d i q u a n t q u e le circuit m a g n é t i q u e a été d'une façon q u e l c o n q u e


(soit p a r a i m a n t p e r m a n e n t , soit par e x c i t a t i o n s é p a r é e ) excité j u s q u ' à
un d e g r é tel q u ' u n flux de force * , p é n è t r e l ' i n d u i t . L e m ê m e tracé
q u i sert p o u r les v o l t s s e r v i r a aussi p o u r les v a l e u r s de <I>, si l'on
choisit une é c h e l l e c o n v e n a b l e ; c'est-à-dire q u e O P p e u t r e p r é s e n t e r
P est en c o n s é q u e n c e un p o i n t de l a c o u r b e m a g n é t i q u e ; il suffira,
p o u r le p o r t e r e n c o r e plus haut, d ' a u g m e n t e r l e n o m b r e des a m p è r e s -
tours d ' e x c i t a t i o n . L a seule chose à f a i r e est, p a r suite, de m e t t r e sur les
inducteurs une b o b i n e e n série g a r n i e d'un n o m b r e de spires N, tel q u e
les a m p è r e s - t o u r s A"j i a r r i v e n t à a u g m e n t e r l e m a g n é t i s m e dans l a
p r o p o r t i o n v o u l u e , o u , en f a i t , q u e Tt s o i t é g a l à U V . On o b t i e n t a i n s i
p o u r E une c o u r b e q u i s ' é l è v e , sans être a s s u r é m e n t une l i g n e d r o i t e ,
m a i s t e l l e q u e , si l ' o n d é d u i t de ses o r d o n n é e s les v o l t s nécessaires à
faire passer le c o u r a n t à t r a v e r s la r é s i s t a n c e d e l ' i n d u i t , on r é a l i s e
p o u r e une l i g n e très s e n s i b l e m e n t h o r i z o n t a l e .
Eu c o m p a r a n t les d e u x m é t h o d e s , a l g é b r i q u e et g é o m é t r i q u e , o n

r e c o n n a î t q u e t\ c o r r e s p o n d à — N *i ; Tt à — NqN, i; e t U V , à ?'„ i;
t t
ou b i e n , si la résistance de l a b o b i n e additionnelle en série est
comprise dans l'inclinaison de la l i g n e OJ , U V c o r r e s p o n d r a à
[r -h r ) i.
a m

Cas ( I I I ) . — Dynamo en série -+- Force électromotrice indépendante


agissant dans le circuit principal. — Ce cas en c o m p r e n d r é e l l e m e n t
deux : celui où la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e i n d é p e n d a n t e c o n s t a n t e est due
à une p i l e , et c e l u i où e l l e est due à une m a c h i n e m a g n é t o séparée
tournant à vitesse constante (Dynamo en série et machine magnéto.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


278 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

voir p. 272). L e raisonnement est toutefois l e m ê m e dans les deux cas.


L a figure 182 r e p r é s e n t e l'un d'eux.
Nous a v o n s i c i c o m m e force é l e c t r o m o t r i c e totale du s y s t è m e la force
é l e e t r o m o t r i c e E de l ' i n d u i t , plus l a force électromotrice indépen-
dante Eb p r o v e n a n t de la p i l e ou de la m a c h i n e m a g n é t o . On o b t i e n d r a
la différence de p o t e n t i e l entre les b o r n e s , q u e nous a v o n s toujours
d é s i g n é e p a r e, en r e t r a n c h a n t d e Eb -Y- E la p o r t i o n de l a f o r c e élec-

F i g . 182.

t r o m o t r i c e e m p l o y é e à l a n c e r l e c o u r a n t i dans les résistances i n t é -


rieures qui sont m a i n t e n a n t r, r
a m et r b ; d e sorte q u ' o n a

e = £ s + £ — (r„ -+- r -+- n) i ; m

ïl
or E = —NqN.i ; p a r suite, p o u r que les d e u x d e r n i e r s t e r m e s du

second m e m b r e s'annulent m u t u e l l e m e n t et laissent e c o n s t a n t , il faut

donner à la d y n a m o une v i t e s s e ~ t e l l e que

y NqN i = r ^r r -y- r ,
s a m b

qui est l ' é q u a t i o n de c o n d i t i o n . Dans ce cas,

e = E„.

On v o i t ainsi q u e , dans ce cas é g a l e m e n t , l e p o t e n t i e l constant aux


b o r n e s est é g a l à c e l u i qui est dû à l ' e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e . N a t u r e l -
l e m e n t cela ne veut pas dire que la d y n a m o n'effectue aucun t r a v a i l , i l
faut y v o i r au c o n t r a i r e q u e , q u a n d l a résistance du c i r c u i t e x t é r i e u r
est i n f i n i e , de telle sorte que la d y n a m o n'effectue aucun t r a v a i l , la
seule force é l e c t r o m o t r i c e a g i s s a n t dans le c i r c u i t est celle q u i est due
à la source i n d é p e n d a n t e .

Cas ( I V ) . —Bobines régulatrices en série -+- Bobines excitatrices en


dérivation ; « Enroulement Compound » . — L a m a c h i n e à e n r o u l e m e n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 279

compound peut être r e g a r d é e s o i t c o m m e une d y n a m o en série à


l a q u e l l e on a ajouté un certain nombre de spires en d é r i v a t i o n , de
m a n i è r e à p r o d u i r e une a i m a n t a t i o n i n i t i a l e , soit c o m m e une d y n a m o
en d é r i v a t i o n à l a q u e l l e est ajouté un c e r t a i n n o m b r e de spires en
série p o u r c o m p e n s e r la chute de p o t e n t i e l aux b o r n e s . I l e x i s t e d e u x
modes p o s s i b l e s de c o n n e x i o n des b o b i n e s e n d é r i v a t i o n sur la d y n a m o ,
et le n o m b r e r e l a t i f de leurs spires v a r i e l é g è r e m e n t dans les d e u x c a s .
Dans la m é t h o d e en « courte d é r i v a t i o n » ( v o i r p . 8 7 ) , les s p i r e s en

F i g . 183. F i g . 184.
Montage c o m p o u n d : Courte d é r i v a t i o n . Montage compound : Longue d é r i v a t i o n .

dérivation sont p l a c é e s en d é r i v a t i o n u n i q u e m e n t sur la p o r t i o n de la


dynamo constituée p a r l'induit, c'est-à-dire de balai à b a l a i . Dans la
méthode en « l o n g u e d é r i v a t i o n » , les spires e n d é r i v a t i o n sont r e l i é e s
aux bornes de la m a c h i n e et p e u v e n t être c o n s i d é r é e s c o m m e une déri-
vation soit sur l e c i r c u i t e x t é r i e u r , soit sur l ' i n d u i t et les b o b i n e s e n
série réunis. Dans la p r e m i è r e d i s p o s i t i o n , l e c o u r a n t n ' e s t pas cons-
tant dans la d é r i v a t i o n , a t t e n d u q u e le p o t e n t i e l e aux b a l a i s n'est
pas e ; et, b i e n q u e e puisse rester très c o n s t a n t , il n ' e n est pas de
m ê m e de e qui c r o î t q u a n d la résistance du c i r c u i t e x t é r i e u r diminue.
Dans la s e c o n d e d i s p o s i t i o n , l e c o u r a n t d a n s la d é r i v a t i o n est c o n s t a n t
si e est constant, et ce cas se r a p p r o c h e de ceux p r é c é d e m m e n t étu-
diés d'une e x c i t a t i o n i n d é p e n d a n t e constante.

L e s c o n n e x i o n s du s y s t è m e en c o u r t e d é r i v a t i o n sont i n d i q u é e s d a n s
la figure 183. Du m o m e n t q u e , d a n s u n e m a c h i n e b i e n conçue, r„ est
très f a i b l e , il en sera de m ê m e de r , m car e l l e e x i g e r a p e u de spires
régulatrices en s é r i e . G o m m e d'ailleurs la résistance r<j de la d é r i v a t i o n
est r e l a t i v e m e n t très é l e v é e , l e c o u r a n t dans cette d é r i v a t i o n sera r e l a -
tivement f a i b l e , et il est, par suite, p r e s q u e indifférent q u e la d é r i v a -
tion soit r e l i é e aux balais ou b i e n aux b o r n e s du circuit p r i n c i p a l e x t é -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


280 M A C H I N S DYNAMOÉLECTRIQUES

r i e u r . L a figure 184 m o n t r e l e s c o n n e x i o n s dans l a d i s p o s i t i o n en l o n g u e


dérivation.
L e s calculs sont p r a t i q u e m e n t i d e n t i q u e s p o u r les d e u x cas, et ils
i m p l i q u e n t l e m ê m e g e n r e d e r a i s o n n e m e n t . Celui qui s ' a p p l i q u e à la
l o n g u e d é r i v a t i o n est c e p e n d a n t un peu plus s i m p l e ; aussi l e d o n n o n s -
nous ci-dessous.
On a d o n c

E=-N*;
e= E— (r„ -+- r) i ;
m a

et, c o m m e l e m a g n é t i s m e d é p e n d du n o m b r e t o t a l des ampères-tours


c i r c u l a n t a u t o u r des i n d u c t e u r s , o n peut é c r i r e

* = Q [Nd id •+- N, i ) ; a

q a y a n t la m ê m e s i g n i f i c a t i o n q u e p r é c é d e m m e n t ( p . 2 7 2 ) , s a v o i r :

1 =
io ï 1

ou, plus e x a c t e m e n t , étant l e n o m b r e v a r i a b l e q u i r e p r é s e n t e , aux diffé-


rents d e g r é s d ' a i m a n t a t i o n , le r a p p o r t n u m é r i q u e entre <ï> et l e n o m b r e
t o t a l d'ampères-tours p o u r le c i r c u i t m a g n é t i q u e de la d y n a m o c o n s i -
dérée. On l ' o b t i e n d r a naturellement m i e u x en se r e p o r t a n t à un
d i a g r a m m e a n a l o g u e à c e l u i de la figure 105. P o u r l ' o b j e t q u i nous
o c c u p e , il est nécessaire de c o n s i d é r e r ( 1 ) la v a l e u r q u e p r e n d q q u a n d
le c o u r a n t e x t é r i e u r est nul et que la seule e x c i t a t i o n eu j e u est c e l l e due
à la d é r i v a t i o n , soit N id d ampères-tours ; o n p e u t la d é s i g n e r p a r q ;
a

et ( 2 ) la v a l e u r que p r e n d q q u a n d le c o u r a n t dans l ' i n d u i t atteint


le m a x i m u m de d é b i t q u e d o i t f o u r n i r la m a c h i n e . Si l ' o n d é s i g n e ce
c o u r a n t p a r x, o n p o u r r a d o n n e r à c e t t e v a l e u r c o r r e s p o n d a n t e le s y m -
bole q . x Or, c o m m e le c o u r a n t v a r i e de 0 à x , les valeurs correspon-
dantes d e * v a r i e r o n t de

'„ = q N i 0 d d

a
= (N r f id -f- N. x).

Mais e n t r e ces deux limites, que l'on peut a p p e l e r le c h a m p dans


l ' é t e n d u e duquel la m a c h i n e d o i t être r e n d u e a u t o - r é g u l a t r i c e , q aura

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 281

des v a l e u r s i n t e r m é d i a i r e s , et il faudra c h o i s i r l'une d ' e n t r e e l l e s p o u r

l ' i n t r o d u i r e dans l a f o r m u l e . L a v a l e u r (q 0 -+- q ) ne sera pas é l o i -


x

gnée d'une b o n n e m o y e n n e . D é s i g n o n s cette v a l e u r m o y e n n e p a r g,


dans les é q u a t i o n s q u i suivent. On a u r a a l o r s , d ' a p r è s les p r é c é d e n t e s :

e = y Nqt N i -+- y Nqi N, i„ — (»·„ -+- r )


d d m

Or on a i c i trois t e r m e s , d o n t l e p r e m i e r c o n t i e n t c o m m e facteurs la v i -
tesse ( q u i p e u t être m a i n t e n u e c o n s t a n t e ) et le courant i d dans la d é r i -
v a t i o n qui d e v i e n d r a constant si e est l u i - m ê m e r e n d u c o n s t a n t ; l e se-
cond e t l e t r o i s i è m e t e r m e s c o n t i e n n e n t tous d e u x le c o u r a n t v a r i a b l e i . a

L e s deux t e r m e s v a r i a b l e s sont de s i g n e s c o n t r a i r e s . Mais il est i m p o s s i b l e


q u e e soit une c o n s t a n t e si d e u x d e ses t e r m e s r e n f e r m e n t une v a r i a b l e
c o m m e facteur, a m o i n s q u e les coefficients de ce facteur v a r i a b l e s o i e n t
tels q u e ces deux t e r m e s s'annulent r é c i p r o q u e m e n t ; e ne peut être
71
constant à m o i n s que la v i t e s s e y ou les spires JY,, o u les deux
e n s e m b l e , ne s o i e n t r é g l é e s de m a n i è r e à satisfaire à cette c o n d i t i o n .
Ce r é g l a g e peut ê t r e o b t e n u et l ' o n peut même trouver, pour une
valeur d o n n é e d e N„ une v a l e u r p a r t i c u l i è r e — de la v i t e s s e t e l l e q u e
t
- Nq, N, = r a -+- r „ . [XVI.J

On a d o n c là une des deux équations de c o n d i t i o n ; et a l o r s , si l a


vitesse est d o n n é e , le n o m b r e c r i t i q u e de spires e n série sera :

, _ r -+- r-
r n m 1 .
7h Nq t

o u , si N, est fixé d ' a v a n c e , o n aura p o u r l a v i t e s s e c r i t i q u e :

Jh r„ H- r m 1
t ~ N, ' JYq! '

Cette c o n d i t i o n é t a n t r e m p l i e , e sera c o n s t a n t et aura p o u r v a l e u r :

Tli , ». .
T
e = —- A g i ]\ td- d
t

Cette é q u a t i o n l a i s s e r a i t c e p e n d a n t e i n d é t e r m i n é . Mais il est facile


de v o i r q u e , m a l g r é l ' i m p o s s i b i l i t é de tirer de là la v a l e u r de e, il y

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


282 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

aura n é a n m o i n s pour cette q u a n t i t é une v a l e u r d é t e r m i n é e , s a v o i r celle


que p r e n d r a e q u a n d on ne d e m a n d e r a a u c u n courant à la d y n a m o et
qu'elle tournera u n i q u e m e n t e n circuit o u v e r t . Dans ces conditions,
e aura p o u r valeur

e = - y A* * „ — (r -h r ) i ,
a m d

ou, puisqu'ici q a la v a l e u r q, a

Mais e = iA r,
d d'où l ' o n t i r e

«1 _1_
rxvii.]
t N ' Nq
d D

En c o m p a r a n t cette v a l e u r de ^ a v e c c e l l e o b t e n u e d'après l a pre-

m i è r e é q u a t i o n de c o n d i t i o n , o n t r o u v e

i'd r ·+- r
n m

N q0d Qi

d'où finalement, c o m m e s e c o n d e é q u a t i o n de c o n d i t i o n ,

—^—.il. [XVIII.]
N, r -t- r
a m q„

q étant p r o p o r t i o n n e là l a p e r m é a b i l i t é
0 q u a n d il n ' y a pas de c o u -
rant e x t é r i e u r , et qi à la p e r m é a b i l i t é m o y e n n e correspondant à la
plage de f o n c t i o n n e m e n t entre l e c o u r a n t z é r o et l e c o u r a n t m a x i m u m ,
il en résulte q u e , s'il n ' y a v a i t pas de m o d i f i c a t i o n dans la saturation,
— serait é g a l à 1.

Dans la p r e m i è r e é d i t i o n de cet o u v r a g e , où la t h é o r i e du c o m p o u n -
dage était e x p r e s s é m e n t basée- sur l ' h y p o t h è s e q u ' i l n ' y a v a i t pas de
saturation, ou, en d'autres t e r m e s , q u e l a p e r m é a b i l i t é était c o n s t a n t e ,
les f o r m u l e s obtenues étaient en c o n s é q u e n c e i n c o r r e c t e s , il faut le
r
r e c o n n a î t r e . L e D F r ô l i c h a t r o u v é p o u r une d y n a m o S i e m e n s d o n n é e ,
m o n t é e en série et en d é r i v a t i o n ,

r
^ = 17,7 tandis que — -± = 61,9.
JV S r -+- r
a m

Il résulte c l a i r e m e n t de là que u. d e v a i t être e n v i r o n 3,5 fois é g a l


0

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 283

à ; en d'autres t e r m e s , cette m a c h i n e m a n q u a i t de fer d a n s son sys-


t è m e i n d u c t e u r ou dans son n o y a u d ' i n d u i t , ou d a n s les d e u x à l a f o i s .
Cette d y n a m o d e v a i t a v o i r été m a l c o n ç u e et a v o i r en m ê m e t e m p s un
faible r e n d e m e n t ; r,i -aurait dû être n o n pas 61,9, mais au moins
300 fois é g a l à r „ r .
m

On r e m a r q u e r a q u e , sauf l ' a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e de l ' i n d u i t , l ' e x c i -


tation a f o u r n i r p a r les spires en série est toujours p r o p o r t i o n n e l l e aux
comprises entre les points
résistances placées dans le circuit p r i n c i p a l et
entre lesquels on veut obtenir la différence de potentiel constante;
ceci le r e n d p o s s i b l e dans le cas où les c o n d u c t e u r s a l l a n t de la d y -
namo aux l a m p e s sont assez l o n g s p o u r p e r m e t t r e d e c o m p o u n d e r la
d y n a m o en ajoutant plus de spires e n s é r i e , de m a n i è r e à d o n n e r un
potentiel constant, n o n pas à ses b o r n e s , m a i s au p o i n t é l o i g n é du cir-
cuit où d o i v e n t f o n c t i o n n e r les l a m p e s . C'est l à une c i r c o n s t a n c e très
favorable dans tous les cas où les l a m p e s s o n t l o i n de la m a c h i n e ,
c o m m e dans l ' é c l a i r a g e des m i n e s à l ' a i d e d'une m a c h i n e r i e p l a c é e à
l'extérieur. En effet, en surcompoundant l a m a c h i n e , o n peut a r r i v e r
à une t e n s i o n c o n s t a n t e , n o n pas aux b o r n e s de la d y n a m o , m a i s sur
les conducteurs en un p o i n t d é t e r m i n é au m i l i e u du r é s e a u . L e sur-
compoundage (ou h y p e r - c o m p o u n d a g e ) présente un autre avantage,
c'est q u e , l o r s q u ' o n m e t t o u t e la c h a r g e sur la m a c h i n e , l e m o t e u r , si
bien r é g l é q u ' i l s o i t , se r a l e n t i t g é n é r a l e m e n t un peu et tend à p r o d u i r e
un nouvel a b a i s s e m e n t du v o l t a g e .
P o u r c o m p e n s e r l ' a c t i o n d é m a g n é t i s a n t e de l ' i n d u i t , il est nécessaire
d'ajouter des spires sur la b o b i n e en s é r i e , c o m m e nous l ' a v o n s e x p l i -
qué plus haut, p a g e 274. P o u r c o m p l é t e r l a s é r i e des f o r m u l e s ci-
dessus, il faudrait d o n c r e m p l a c e r iV, par N, —N 'v. s

M o n t a g e des B o b i n e s d e s t i n é e s a u G o m p o u n d a g e .

L e s b o b i n e s de c o m p o u n d a g e p e u v e n t être m o n t é e s de différentes
m a n i è r e s . Q u a n d e l l e s sont r o u l é e s sur l e m ê m e n o y a u , les spires en
dérivation s o n t q u e l q u e f o i s p l a c é e s e x t é r i e u r e m e n t aux spires en s é r i e ;
la d i s p o s i t i o n i n v e r s e est m o i n s s o u v e n t a d o p t é e . Dans q u e l q u e s ma-
chines S i e m e n s les d e u x sortes de b o b i n e s sont r o u l é e s sur des car-
casses distinctes, puis j u x t a p o s é e s sur le m ê m e n o y a u . Dans d'autres
cas où ( c o m m e dans les t y p e s S i e m e n s c o u r a n t s ) les p ô l e s sont situés
au m i l i e u du n o y a u m a g n é t i q u e , T u n e des b r a n c h e s du n o y a u peut p o r -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


284 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

ter les b o h i n e s en d é r i v a t i o n , l'autre celles en série ; ou b i e n les deux


b o b i n e s m o n t é e s sur l'une des branches p e u v e n t ê t r e les b o b i n e s en
série et c e l l e s m o n t é e s sur l'autre les b o b i n e s en d é r i v a t i o n . Dans les
m a c h i n e s d'Elihu T h o m s o n , les b o b i n e s en série sont r o u l é e s sur des
carcasses r e c o u v r a n t i m m é d i a t e m e n t l ' i n d u i t . Dans c e r t a i n e s machines
S i e m e n s à circuit m a g n é t i q u e d o u b l e , les b o b i n e s e n s é r i e é t a i e n t r o u -
lées e x c l u s i v e m e n t sur les n o y a u x adjacents à l ' a n g l e de la p i è c e p o l a i r e
q u i , sans cela, aurait été affaiblie p a r l a r é a c t i o n de l ' i n d u i t ; ce m o d e
de m o n t a g e a v a i t p o u r r é s u l t a t de c o r r i g e r e n p a r t i e la t o r s i o n du
c h a m p . — On d o i t toujours c h e r c h e r à r é d u i r e l e plus p o s s i b l e la résis-
tance des b o b i n e s en s é r i e , en r a i s o n de ce q u ' e l l e s font p a r t i e du cir-
cuit p r i n c i p a l ; p a r c o n t r e , la résistance a d d i t i o n n e l l e r é s u l t a n t de la
nécessité de r o u l e r le fil sur des b o b i n e s de plus g r a n d d i a m è t r e n'est
pas, en s o m m e , un i n c o n v é n i e n t p o u r une b o b i n e en d é r i v a t i o n . — Dans
la p r e m i è r e é d i t i o n de cet o u v r a g e , il était r e c o m m a n d é de m e t t r e les
bobines en série plus près des p ô l e s que les b o b i n e s e n d é r i v a t i o n .
Grâce aux m e i l l e u r s circuits m a g n é t i q u e s aujourd'hui r é a l i s é s dans l e s
d y n a m o s , cette r e c o m m a n d a t i o n est m a i n t e n a n t sans o b j e t . A v e c un
b o n circuit m a g n é t i q u e dans la carcasse m é t a l l i q u e , l a p o s i t i o n des
b o b i n e s est à peu près i n d i f f é r e n t e .

Réalisation pratique du Compoundage.

Il résulte de ce qui p r é c è d e q u ' u n e m a c h i n e c o m p o u n d tournant à


c i r c u i t o u v e r t sans autre c o u r a n t q u e celui qui c i r c u l e dans la d é r i v a -
t i o n d o i t f o u r n i r à ses b o r n e s la m ê m e différence de p o t e n t i e l q u e la
m a c h i n e c o m p o u n d é e . De là le p r o c é d é p r a t i q u e ci-après i n d i q u é p o u r
effectuer le c o m p o u n d a g e . O n fait t o u r n e r la m a c h i n e à la v i t e s s e exacte
q u ' i m p o s e n t les c o n s i d é r a t i o n s m é c a n i q u e s , un v o l t m è t r e é t a n t r e l i é à
ses b o r n e s . Deux e x p é r i e n c e s sont n é c e s s a i r e s . A l'aide de b o b i n e s pro-
v i s o i r e s placées sur les n o y a u x inducteurs, r o u l é e s d'un n o m b r e connu
de spires et a l i m e n t é e s par des c o u r a n t s e x a c t e m e n t m e s u r é s , p r o v e n a n t
d ' a c c u m u l a t e u r s ou d'une autre d y n a m o , o n c o m m e n c e p a r d é t e r m i n e r
le n o m b r e d'ampères-tours suffisant pour exciter les inducteurs au
d e g r é v o u l u . Celte p r e m i è r e o p é r a t i o n permet de d é t e r m i n e r N d ; on
s a i t en effet d ' a v a n c e q u e r, d o i t être é g a l au m o i n s à 300 o u 400 fois
t

^et m ê m e q u e l q u e f o i s j u s q u ' à 1 000 fois) r„ ; p a r suite, i d est e n réalité


connu d ' a v a n c e . On i n t e r c a l e ensuite dans le circuit principal une

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 285

résistance r e p r é s e n t a n t la c h a r g e m a x i m u m en l a m p e s , et, p e n d a n t q u e
la m a c h i n e t o u r n e à sa v i t e s s e d e r é g i m e , o n d é t e r m i n e , toujours à
l'aide de b o b i n e s p r o v i s o i r e s et d ' a c c u m u l a t e u r s , l e n o m b r e d ' a m p è r e s -
tours d ' e x c i t a t i o n n é c e s s a i r e s en t o u t q u a n d la m a c h i n e f o n c t i o n n e à
pleine c h a r g e . E n r e t r a n c h a n t de ce chiffre la v a l e u r de Ni i d donnée
par la p r e m i è r e e x p é r i e n c e , on o b t i e n t l e n o m b r e d'ampëres-tours que
doit f o u r n i r l a b o b i n e en série ; et, c o m m e le c o u r a n t m a x i m u m est
connu, N, se t r o u v e i m m é d i a t e m e n t d é t e r m i n é . On e m p l o i e l e m ê m e
procédé p o u r le surcompoundage ; il suffît d ' a u g m e n t e r l'excitation à
pleine c h a r g e j u s q u ' à ce q u e le n o m b r e de v o l t s aux b o r n e s a t t e i g n e
le chiffre plus é l e v é d e s t i n é à c o m p e n s e r la chute de p o t e n t i e l dans les
conducteurs.

P r o j e t de m a c h i n e à Potentiel constant.

Il est é v i d e m m e n t de p r e m i è r e i m p o r t a n c e que p o u r les m a c h i n e s de


ce g e n r e la p a r t i e fer soit é t u d i é e ( l ) d e telle s o r l e q u e la c a r a c t é r i s t i q u e
soit aussi v o i s i n e q u e p o s s i b l e d'une d r o i t e dans la p a r t i e c o r r e s p o n d a n t
à l a p l a g e des courants p o u r l e s q u e l s o n v e u t o b t e n i r l'auto-régula-
tion ; ( 2 ) de t e l l e sorte que celle-ci ne s'abaisse pas. Ces m a c h i n e s
d o i v e n t e n c o n s é q u e n c e a v o i r j u s t e assez de fer dans le c i r c u i t m a g n é -
tique p o u r q u e le c o u r a n t dû à la d é r i v a t i o n p o r t e l ' a i m a n t a t i o n ini-
tiale au delà du c o u d e do la c o u r b e d ' a i m a n t a t i o n , et q u e les r é a c t i o n s
dues aux courants d'induit s o i e n t faibles ; il faut en d'autres t e r m e s
qu'il n ' y ait pas t r o p de c u i v r e sur l ' i n d u i t et q u e les i n d u c t e u r s s o i e n t
r e l a t i v e m e n t puissants. L a résistance de l'induit d o i t être é g a l e m e n t ,
on le c o n ç o i t , m a i n t e n u e aussi f a i b l e q u e p o s s i b l e .

Délai nécessaire au Compoundage.

Les m a c h i n e s q u i p o s s è d e n t des i n d u c t e u r s très massifs n e peuvent


satisfaire i m m é d i a t e m e n t , p a r une m o d i f i c a t i o n de l e u r m a g n é t i s m e , à
un brusque c h a n g e m e n t dans la d e m a n d e de c o u r a n t ; l e s c o u r a n t s i n -
duits dans la m a s s e du fer s'opposent aux c h a n g e m e n t s de l e u r état ma-
gnétique et les r e t a r d e n t . A u s s i , des machines dans ces c o n d i t i o n s
n'arrivent-elles pas à m a i n t e n i r la t e n s i o n constante, b i e n q u ' e l l e s s o i e n t
montées en c o m p o u n d , p a r c e q u ' e l l e s n ' a g i s s e n t pas assez v i t e . P o u r
un objet tel que l a f o u r n i t u r e du c o u r a n t à un t r a m w a y é l e c t r i q u e , la
meilleure g é n é r a t r i c e est u n e d y n a m o s u r c o m p o u n d é e à noyaux in-
ducteurs lamelles ou feuilletés.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


286 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

Caractéristique de la dynamo Compound.

Dans la t h é o r i e o r i g i n a l e des m a c h i n e s à p o t e n t i e l c o n s t a n t donnée


p a r Marcel D e p r e z , l e r a i s o n n e m e n t était basé sur l ' a b s e n c e de satura-
t i o n et sur l a p r é s e n c e d'une a i m a n t a t i o n i n i t i a l e i n d é p e n d a n t e . Voici
q u e l était l e r a i s o n n e m e n t de D e p r e z . S'il existe une e x c i t a t i o n perma-
nente de m a g n é t i s m e , tout à fait i n d é p e n d a n t e de c e l l e due aux bobines
inductrices de l a d y n a m o insérées dans l e circuit p r i n c i p a l , la caracté-
r i s t i q u e ( f i g . 185) ne p a r t i r a pas du p o i n t 0 , m a i s d'un p o i n t q u e l c o n q u e
situé au-dessus de l ' o r i g i n e et à une h a u t e u r v a r i a b l e s u i v a n t l a vitesse
et l'intensité d e l ' a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e . Soit P son p o i n t de départ.

F i g . 185. F i g . 186.

O P est la f o r c e é l e c t r o m o t r i c e entre les b o r n e s q u a n d le c i r c u i t princi-


pal est o u v e r t ; m a i s il n ' y a pas alors de c o u r a n t e x t é r i e u r , t a n t que le
c i r c u i t n'est pas f e r m é ; aussi la c a r a c t é r i s t i q u e suit-elle sa m a r c h e as-
c e n s i o n n e l l e o r d i n a i r e de P à Q . M e n o n s OJ sous l ' i n c l i n a i s o n v o u l u e p o u r
q u ' e l l e r e p r é s e n t e la r é s i s t a n c e tant de l ' i n d u i t que des é l e c t r o s e n série.
C o n s i d é r o n s m a i n t e n a n t une l i g n e 0 E i n c l i n é e sous un a n g l e tel que sa
t a n g e n t e soit é q u i v a l e n t e à la résistance t o t a l e du c i r c u i t à un m o m e n t
d é t e r m i n é q u e l c o n q u e . Ex sera alors la force é l e c t r o m o t r i c e totale à cet
i n s t a n t ; une p o r t i o n é g a l e à ax en sera e m p l o y é e à faire p a s s e r le cou-
r a n t Ox à travers la résistance de l ' i n d u i t et des b o b i n e s en s é r i e ; et la
p o r t i o n restante E a r e p r é s e n t e r a la différence de p o t e n t i e l aux b o r n e s du
c i r c u i t e x t é r i e u r . L e p r o b l è m e se r é d u i t dès l o r s à ceci : — q u e l l e s dis-
p o s i t i o n s faut-il p r e n d r e p o u r que E « ait toujours la m ê m e l o n g u e u r ,
é g a l e à O P , q u e l l e que s o i t l ' i n c l i n a i s o n de la l i g n e OE ? — L a seule
m a n i è r e d ' a r r i v e r à ce résultat est é v i d e m m e n t de r é g l e r la vitesse de
l a d y n a m o de telle sorte q u e la p o r t i o n de courbe de P à Q soit paral-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 287

lèle à 0 J. L a v i t e s s e étant ainsi e x a c t e m e n t r é g l é e , l ' i n c l i n a i s o n d e la


caractéristique sera é g a l e à celle de la l i g n e OJ, et, c o m m e o n le v o i t
dans la figure 186, l a d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l e n t r e les b o r n e s sera cons-
tante. On r e m a r q u e r a q u e ce résultat c o n c o r d e a v e c les d é d u c t i o n s aux-
quelles nous a v o n s été c o n d u i t s e n t r a i t a n t la q u e s t i o n a l g é b r i q u e m e n t ,
à savoir : q u e la v i t e s s e c r i t i q u e est p r o p o r t i o n n e l l e à la r é s i s t a n c e i n t é -
rieure, et q u e la différence c o n s t a n t e de p o t e n t i e l Ea est é g a l e à celle
p r o d u i t e par l ' a i m a n t a t i o n i n d é p e n d a n t e 0 P à la v i t e s s e c r i t i q u e .
Il e5t à noter é g a l e m e n t q u e , si la p a r t i e c o n s i d é r é e de la caracté-
ristique n'est pas d r o i t s , c'est-à-dire si les n o y a u x des électro-aimants
ne sont pas é l o i g n é s de leur p o i n t de s a t u r a t i o n , la r é g u l a t i o n ne peut
pas être p a r f a i t e . Si la l i g n e P Q est c o u r b e , l a d i f f é r e n c e de p o t e n t i e l
pour des c o u r a n t s intenses ne sera p a s é g a l e à celle f o u r n i e par de
faibles i n t e n s i t é s . S i , en p r o c é d a n t p r a t i q u e m e n t à l ' e n r o u l e m e n t des é l e c -
tro-aimants, o n a é t a b l i les b o b i n e s d e m a n i è r e à a m e n e r e au n o m b r e
de volts v o u l u , tant e n c i r c u i t o u v e r t (c'est-à-dire 0 P ) q u ' e n un autre
point ( s o i t Q J ) , où la m a c h i n e a l i m e n t e son n o m b r e m a x i m u m de
l a m p e s , o n c o n s t a t e r a g é n é r a l e m e n t une différence de p o t e n t i e l un peu
plus é l e v é e p o u r des n o m b r e s i n t e r m é d i a i r e s de l a m p e s , e n r a i s o n d e l à
légère c o n v e x i t é de la c o u r b e entre P et Q.
Le raisonnement précédent subsiste, q u e l ' e x c i t a t i o n indépendante
soit due à une a i m a n t a t i o n permanente ou à une combinaison de
bobines d ' e x c i t a t i o n séparée ( v o i r p . 55 et 5 6 ) , ou e n c o r e à des bo-

OHMS

F i g . 187.

bines d ' e x c i t a t i o n e n d é r i v a t i o n . Dans ce d e r n i e r cas, 0 P r e p r é s e n t e


la différence de p o t e n t i e l aux b o r n e s due au c i r c u i t d é r i v é seul.

L e cas de l a d y n a m o « c o m p o u n d » peut e n c o r e être e n v i s a g é à un


autre p o i n t de v u e . N o u s a v o n s d o n n é p a g e 2 o 4 d e u x c o u r b e s — q u i ne

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


288 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

sont pas des c a r a c t é r i s t i q u e s , m a i s m o n t r a n t la r e l a t i o n entre la diflé-


r e n c e de p o t e n t i e l et la résistance extérieure pour une m a c h i n e en
série et p o u r une m a c h i n e en d é r i v a t i o n . L ' u n e de ces c o u r b e s part
d'une c e r t a i n e h a u t e u r et s'abaisse q u a n d l a résistance a atteint une
v a l e u r d é t e r m i n é e ; l'autre suit une m a r c h e i n v e r s e : e l l e p a r t d'en
bas et s'élève dès que la résistance est arrivée à une certaine
valeur. On conçoit que, si une d y n a m o est m o n t é e a v e c un double
jeu d'électros en dérivation et d'électros en série fonctionnant
chacun au m ê m e p o t e n t i e l à la m ê m e v i t e s s e et c o m b i n é s de telle sorte
q u e le n o m b r e d ' o h m s correspondant à l'abaissement de l'une des
courbes soit le m ê m e que celui qui correspond à l'élévation de
l'autre, ce d o u b l e e n r o u l e m e n t qui constitue la m a c h i n e « c o m p o u n d »
aura p o u r effet de d o n n e r , c o m m e l ' i n d i q u e l a figure 187, une différence
de p o t e n t i e l c o n s t a n t e . — I I nous reste à v o i r dans q u e l l e m e s u r e ce
r é s u l t a t est a t t e i n t dans la p r a t i q u e .

C a r a c t é r i s t i q u e s E x t e r n e s des d y n a m o s a u t o - r é g u l a t r i c e s .

L'observation simultanée du courant e x t é r i e u r i et de l a différence


de p o t e n t i e l e x t é r i e u r e e p e r m e t de c o n s t r u i r e la c a r a c t é r i s t i q u e externe

so

40 ,

SD .

SO n.

ir7 J

oL 1 1 1 1 1 1 1 1 1
0 V 20 30 00 50 60 10 äO 30 70C JJO 12Ü UO

F i g . 188. — Caractéristiques e x t e r n e s d e d y n a m o s c o m p o u n d .

q u i , dans une d y n a m o auto-régulatrice p a r f a i t e , serait une l i g n e hori-


z o n t a l e . L e s courbes d o n n é e s dans la figure 188 se réfèrent à une

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


DYNAMOS A DIFFÉRENCE DE POTENTIEL CONSTANTE 289

d y n a m o S i e m e n s ' , à une d y n a m o * V i c t o r i a » M o r d e y * et à une ma-


chine Gulcher q u i s e r o n t d é c r i t e s plus l o i n .
Si le n o m b r e des s p i r e s r é g u l a t r i c e s en série est trop f a i b l e , la c a r a c -
t é r i s t i q u e s ' a b a i s s e r a au fur et à m e s u r e q u e le c o u r a n t augmentera ;
si ce n o m b r e est t r o p é l e v é , l a c o u r b e m o n t e r a d o u c e m e n t au d é b u t
dans l e v o i s i n a g e de l ' o r i g i n e ( v o i r fig. 1 8 8 ) . Cette d e r n i è r e c o n d i t i o n
n'est c e p e n d a n t pas toujours un i n c o n v é n i e n t , a t t e n d u q u e , dans les
machines a c t i o n n é e s p a r u n m o t e u r s p é c i a l , la m a r c h e se r a l e n t i t sou-
vent, faute d'une b o n n e r é g u l a t i o n , au fur et à m e s u r e q u ' o n c h a r g e la
machine davantage.

Observations d'Esson. — Un certain nombre d'observations publiées par


M. W . R . Esson, dans YElectrician de juin 1883, méritent considération au
point de vue théorique récent. M . Esson se demande comment une machine
compound montée de manière à être auto-régulatrice à une vitesse donnée
fonctionne aussi bien à cet égard à une vitesse quelconque dans des limites très
larges? Pour expliquer cette particularité, il fait observer que dans aucune
dynamo la quantité de fer ni sa qualité ne sont telles qu'on puisse négliger
l'effet de la saturation. Si l'aimantation était rigoureusement proportionnelle
aux ampères-tours d'e*citalion. il existerait réellement une vitesse critique. Mais
r r
la règle approchée —- = " ~r- m p j p i s en série un nombre
Q Q n n e 0 U P e s S r e

beaucoup trop bas ; en effet, quand les spires en dérivation ont déjà produit
un certain degré d'aimantation, les spires en série ne peuvent plus apporter
leur contingent proportionnel. Dans une machine en série (étudiée pour don-
ner un courant de 20 ampères), la force électromotrice ajoutée à la machine
par une variation du courant d'excitation passant de 5 à 10 ampères est
bien supérieure à la force électromotrice supplémentaire résultant du pas-
sage du courant de 10 à 15 ampères. Il en est de même d'une machine
(auto-régulatrice) de 100 volts, dans laquelle, par conséquent, la dérivation
donne une excitation suffisante pour 100 volts en circuit ouvert, et munie de
spires en série capables de fournir 60 volts aux bornes quand la dérivation est
supprimée et qu'on la fait fonctionner à pleine charge. L'action excitatrice de
la bobine en série diminue en même temps que l'excitation due à la dérivation
augmente. Tous ces effets sont dus, naturellement, à ce que la perméabilité du
fer de la machine diminue au fur et à mesure que le degré de saturation aug-
mente. Il résulte de là qu'il doit exister une certaine relation entre" la vitesse
de la machine et le point auquel les inducteurs sont excités par la bobine en
dérivation. Mais le magnétisme fourni par la bobine en dérivation dépend
également de la vitesse et croit avec elle. Si donc, pour une allure, cette relation
est telle qu'elle produise l'auto-régulation, la relation sera presque également
vraie pour d'autres vitesses. Pour de grandes vitesses la valeur relative des

1
Eichter, Elektrotechnische Zeilschrift, avril 18S3 — L'Electricien, V . 15 j u i n
1883.
i
Journal of the Society of Arts, 7 mars 1884.
DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 19

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


290 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

spires en série est moindre, et pour de faibles vitesses elleest plus élevée ; mais
la somme des deux effets peut être constante. A des vitesses inférieures à la
vitesse de r é g i m e , la différence de potentiel est plus basse pour une grande
que pour une faible résistance dans le circuit. A des vitesses plus élevées que
la vitesse normale, la différence de potentiel baisse au fur et à mesure que la
résistance diminue. Des considérations qui précèdent, M. Esson déduit certaines
données pratiques sur la manière d'améliorer la régulation d'une dynamo dont
le potentiel s'élève suivant qu'on met plus ou moins de lampes en circuit.

Nous r e n v o y o n s les i n g é n i e u r s qui d é s i r e r a i e n t plus de détails sur l'enroulement


c o m p o u n d des d y n a m o s à une suite d'articles de M . Gisbert Kapp dans VElec-
trician d e 1883, ainsi qu'à deux articles d e M . Esson dans VElectrician de j u i n 1885.
On consultera é g a l e m e n t a v e c fruit d e s articles de M . Hospitalier dans l'Electricien
et d e M . U p p e n b o r n dans le Centralbialt fur Elektrotechnik. L e lecteur d e v r a lire
avant tout la série d'articles publiés par l e D ' Frdlich dans VEleklrotechnische
Zeitschrift de 1885, ainsi qu'un t r a v a i l encore plus r e m a r q u a b l e du professeur Rùcker
paru dans l e Philosophical Magazine d e j u i n 1885. Des r é s u m é s de ces travaux ont
été d o n n é s dans les A p p e n d i c e s de la t r o i s i è m e édition anglaise de c e t o u v r a g e .
Les d e r n i e r s travaux contributifs à l'étude d e cette question sont ceux de C. Zickler,
Centralbialt fur Elektrotechnik, I X . 264, 1887; d e M . B a u m g a r d t , X . 281, 1888;
r
et du D Louis Bell, dans VElectrical World, X V I . 383, 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE X I I

ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS

Ce c h a p i t r e est c o n s a c r é à la t h é o r i e d e s m o d e s de l i a i s o n et de d i s -
position des c o n d u c t e u r s sur les induits des m a c h i n e s . On t r o u v e r a au
Chapitre X I I I des d o n n é e s d ' a t e l i e r c o n c e r n a n t les m a t é r i a u x à e m p l o y e r
et la c o n s t r u c t i o n p r o p r e m e n t d i t e . P o u r l ' i n s t a n t nous nous o c c u p e -
rons des importantes considérations préliminaires qui président à
l'étude d'un p r o j e t de d y n a m o plutôt q u ' à sa c o n s t r u c t i o n m ê m e .
On a v u , p a g e 38, q u e , sauf dans le cas des m a c h i n e s p o u r l u m i è r e à
arc, dont les induits s o n t o r d i n a i r e m e n t à « c i r c u i t o u v e r t » , les d y n a -
mos à courant continu comportent des i n d u i t s à « circuit f e r m é » ,
c'est-à-dire des i n d u i t s , soit en a n n e a u , s o i t e n t a m b o u r , soit en d i s q u e ,
dans l e s q u e l s lefilse r e f e r m e sur l u i - m ê m e , l e c o u r a n t se partageant
suivant d e u x v o i e s au m o i n s q u i se r é u n i s s e n t ensuite au m o m e n t où il
quitte l ' i n d u i t . Dans les m a c h i n e s b i p o l a i r e s d e u x v o i e s s e u l e m e n t sont
en effet o u v e r t e s au c o u r a n t q u i ne se p a r t a g e q u ' u n e seule f o i s . Mais
dans les m a c h i n e s m u l t i p o l a i r e s il peut en e x i s t e r soit d e u x , s o i t un
plus g r a n d n o m b r e , i m p l i q u a n t une ou plusieurs bifurcations du cou-
rant. L a force é l e c t r o m o t r i c e de la m a c h i n e d é p e n d r a n a t u r e l l e m e n t du
mode de c o n n e x i o n des conducteurs entre eux, c'est-à-dire du n o m b r e
plus ou m o i n s g r a n d de ces fils reliés e n s é r i e . De l à l a n é c e s s i t é de
bien c o m p r e n d r e la t h é o r i e de l ' e n r o u l e m e n t de l ' i n d u i t .

L a b o n n e l i a i s o n des c o n d u c t e u r s sur un i n d u i t , e n v u e d'un r é s u l t a t


d é t e r m i n é , est de l a plus g r a n d e s i m p l i c i t é dans l e cas d'un anneau
pour m a c h i n e s à c o u r a n t c o n t i n u b i p o l a i r e s ou m u l t i p o l a i r e s . L a ques-
tion est b e a u c o u p m o i n s facile à traiter e n ce q u i c o n c e r n e les i n d u i t s
en tambour, et p a r t i c u l i è r e m e n t ceux de3 m a c h i n e s m u l t i p o l a i r e s . On
a souvent le c h o i x entre plusieurs m a n i è r e s d ' a r r i v e r au m ê m e r é s u l t a i ;
et, du fait que des m é t h o d e s , é q u i v a l e n t e s au p o i n t de v u e é l e c t r i q u e ,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


292 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

p e u v e n t différer g é o m é t r i q u e m e n t et m é c a n i q u e m e n t , il est indispen-


s a b l e de t r a i t e r le sujet d ' u n e façon s y s t é m a t i q u e .
Dans l e C h a p i t r e I I I , p a g e s 39 à 43, nous a v o n s déjà e x a m i n é la struc-
ture é l é m e n t a i r e d'induits en a n n e a u , en t a m b o u r et en d i s q u e . Ces
éléments seraient suffisants en c e q u i c o n c e r n e de p e t i t s i n d u i t s ne
c o m p o r t a n t q u ' u n petit n o m b r e de spires de f i l . M a i s , q u a n d o n a r r i v e
à l ' é t u d e de p r o j e t s de g r a n d e s m a c h i n e s , ou de m a c h i n e s d o n t l'enrou-
l e m e n t d o i t faire face à des p o t e n t i e l s de 400 v o l t s et p l u s , la q u e s t i o n
d e m a n d o plus d ' a t t e n t i o n . — S u p p o s o n s , p a r e x e m p l e , qu'on projette
une m a c h i n e à 4 p ô l e s a v e c a r m a t u r e à b a r r e s c o m p r e n a n t 100 barres
sur l e p o u r t o u r de l ' i n d u i t , toutes en une seule c o u c h e , et numé-
rotées par conséquent de 1 à 100, et q u ' o n d é s i r e en effectuer les
c o n n e x i o n s t e r m i n a l e s ; il faut q u ' o n puisse d o n n e r à l ' o u v r i e r des ins-
tructions sur l ' o r d r e d a n s l e q u e l d o i v e n t ê t r e é t a b l i e s c e s c o n n e x i o n s .
1
Doit-il relier l'extrémité antérieure de l a b a r r e n° 1 d i r e c t e m e n t à la
b a r r e n° 50 ou à c e l l e q u i p o r t e l e n° 49 ? Ou b i e n d o i t - i l se r e l i e r trans-
v e r s a l e m e n t sur un q u a r t de l a p é r i p h é r i e , et, d a n s ce c a s , faire sa
c o n n e x i o n sur l e n° 25 ou sur le n° 24, ou b i e n sur l e n° 75 ou l e n° 76 ?
A quelle barre de r e t o u r doit-il relier l'extrémité postérieure de la
b a r r e ? Et q u e l l e s sont les b a r r e s à r e l i e r finalement au c o l l e c t e u r ?

L ' o b j e t de ce c h a p i t r e est p r é c i s é m e n t de r e n s e i g n e r à cet é g a r d . On


p o u r r a i t d é v e l o p p e r b e a u c o u p ce sujet, m a i s la b r i è v e t é est e s s e n t i e l l e
dans l e c a d r e de cet o u v r a g e . Ceux q u i d é s i r e r o n t l ' a p p r o f o n d i r davan-
2 4
t a g e p o u r r o n t c o n s u l t e r les t r a v a u x de H e r i n g , A r n o u x * , F r i t s c h e ,
5 6
YVeymouth , et A r n o l d , ainsi q u e d i v e r s e s s p é c i f i c a t i o n s de b r e v e t s
auxquelles nous référerons.
C o m m e nous l ' a v o n s fait r e m a r q u e r c i - d e s s u s , l ' e n r o u l e m e n t en anneau
est en g é n é r a l assez facile à c o m p r e n d r e , à la c o n d i t i o n q u ' o n saisisse
b i e n l a d i s t i n c t i o n entre un e n r o u l e m e n t d e x t r o r s u m et un e n r o u l e m e n t
sinistrórsum. Aussi, laissant de c ô t é , q u a n t à présent, toute étude
d ' e n r o u l e m e n t p o u r a n n e a u m u l t i p o l a i r e , passons-nous i m m é d i a t e m e n t
à l ' é t u d e de l ' e n r o u l e m e n t e n t a m b o u r .

1
Par « e x t r é m i t é antérieure » il faut c o m p r e n d r e celle qui se t r o u v e du côté
du collecteur ; c'est toujours de ce côté qu'il est le plus intéressant d e considérer
un induit.
1
H e r i n g : Principies of Dynamo-Electric Machines, N e w - Y o r k , 1891.
3
Arnoux : L'Electricien, X I I . 737, 774, 827, 1888.
4
Fritsche : Die Gleichslrom-Dynamomaschine, Berlin, 1889.
» W e y m o u t h : The Eleclrician, X X V . 7 n o v . au 19 d é c . 1890.
6
A r n o l d : Die Ankerwickelung der Dynamomaschinen, Iierlin, 1891.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 293

L e p r e m i e r p o i n t à é t a b l i r est la d i f f é r e n c e e n t r e un enroulement
d e x t r o r s u m e t u n e n r o u l e m e n t s i n i s t r ó r s u m . Dans l e cas des induits e n
a n n e a u , i l n ' y a aucun doute à a v o i r . L a figure 189 r e p r é s e n t e une
s e c t i o n d ' a n n e a u sur l a q u e l l e l e sens des courants est i n d i q u é de l a
m ê m e m a n i è r e q u e dans les figures 61 à 63, p a g e s 74-75. Si l ' o n passe
c i r c u l a i r e m e n t de g a u c h e à d r o i t e e n avant et en m o n t a n t de a à b, o n

Fig. 189. Fig. 190.


Bobinage dextrorsum d'iun a n n e a u . Bobinage dextrorsum d'un tambour.

•décrit une h é l i c e d e x t r o r s u m et l e c o u r a n t s'élève ( c o m m e n o u s l ' a v o n s


e x p l i q u é p a g e 62) v e r s le b a l a i p o s i t i f situé e n haut. ( U n b o b i n a g e sinis-
trórsum, tel q u e celui i n d i q u é f i g u r e 3 1 , p a g e 36, d o n n e r a i t le b a l a i p o s i -
tif en bas, à m o i n s q u e l e sens de r o t a t i o n ou les p ô l e s d e la d y n a m o
ne fussent i n v e r s é s . ) E x a m i n o n s m a i n t e n a n t l a f i g u r e 190 qui r e p r é s e n t e
un é l é m e n t ou u n e s e c t i o n d ' e n r o u l e m e n t en t a m b o u r à 40 conducteurs
•extérieurs. En p a r t a n t de a p o u r m o n t e r v e r s b et e n p r e n a n t n o t e du
sens des c o u r a n t s dans les c o n d u c t e u r s , i l est évident que a doit être
r e l i é , par u n e spirale de c o n n e x i o n o b l i q u e sur la face a n t é r i e u r e du
t a m b o u r , à l'un des c o n d u c t e u r s descendants tel q u e l e n ° 20, p o u r
r e v e n i r de l à , p a r une a u t r e spirale de c o n n e x i o n sur la face p o s t é r i e u r e ,
à l'un des conducteurs a s c e n d a n t s , tel q u e l e n ° 3, où il r e j o i n t b, en
i a i s a n t ainsi un t o u r d e x t r o r s u m . C o n s i d é r o n s m a i n t e n a n t les f i g u r e s
205, 207 et 2 1 1 , p a g e s 306, 307 et 309. Elles r e p r é s e n t e n t toutes des h é l i c e s
sinistrórsum, d o n t la d e r n i è r e c o m p r e n d h u i t spires de fil p a r s e c t i o n .
N o t o n s e n passant q u e , si la s p i r a l e de c o n n e x i o n d ' a r r i è r e dans la
figure 190, a l l a n t du n° 20 au n° 3, a v a i t passé au-dessous de l ' a r b r e ,
au lieu de p a s s e r p a r dessus, l ' e n r o u l e m e n t eût e n c o r e été d e x t r o r s u m .
Il y a m a i n t e n a n t à d é t e r m i n e r le n o m b r e des c o n d u c t e u r s par-dessus
lesquels d o i v e n t p a s s e r les s p i r a l e s de c o n n e x i o n . N o u s a v o n s r e l i é l e
n° 1 ( p a r l ' e n t r e m i s e de la touche a) au n ° 20, p o u r l e r a m e n e r de l à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


294 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

au n° 3. E x i s t e - t - i l u n e r a i s o n qui ait fait c h o i s i r le n° 20 p l u t ô t que


l'un des n°" 2 1 , 19 ou 1 8 ? P o u r b i e n c o m p r e n d r e , il faut c o n s i d é r e r en
b l o c l a q u e s t i o n de c o m m u t a t i o n dans les c o n d u c t e u r s , et se r a p p e l e r
en m ê m e temps que l ' e n r o u l e m e n t offre au c o u r a n t d e u x passages
de balai à b a l a i . I l s'agit d'un t a m b o u r à 40 conducteurs en une seule
couche ; il y aura d o n c 20 touches au c o l l e c t e u r . R a p p e l o n s - n o u s que
les forces é l e c t r o m o t r i c e s induites s e r o n t d i r i g é e s d ' a r r i è r e e n avant
dans l e s conducteurs q u i s ' é l è v e n t sur la g a u c h e , et d'avant e n arrière
dans ceux qui d e s c e n d e n t à d r o i t e . Il est naturel de p e n s e r q u e chaque
conducteur [devrait être relié à c e l u i qui lui est diamétralement
D
o p p o s é . Dans ce cas le n° 1 serait r e l i é au ri° 2 1 , le n° 2 au n 22, et
ainsi de suite ; m a i s o n n ' a b o u t i r a pas ainsi. C h a q u e c o n d u c t e u r sur un
côté a b e s o i n d'un c o n d u c t e u r de r e t o u r de l ' a u t r e c ô t é . L e s n o m b r e s
p a i r s d o i v e n t ainsi être p r i s c o m m e r e t o u r s des n o m b r e s i m p a i r s . P a r
suite l e n° 1 ne d o i t pas ê t r e r e l i é au n° 2 1 . D o i t - i l l ' ê t r e au n° 20 ou au
o s
n" 22 ? ou b i e n e n c o r e au n° 18? L e s n 20 et 22 sont p l a c é s de chaque
côté de c e l u i d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é au n° 1 T et é l e c t r i q u e m e n t il est
indifférent de c h o i s i r l'un ou l'autre. Si l ' o n d o i t faire à l ' a r r i è r e une
c o n n e x i o n passant au-dessus de l ' a r b r e ( c o m m e dans l a figure 1 9 0 ) , il
D
y a une l é g è r e é c o n o m i e de c u i v r e à c h o i s i r l e n 2 0 . Si l a c o n n e x i o n de

;Fig. 191. —Résultat de liaisons suivant des cordes (au lieu de diamètres).

r e t o u r d o i t se faire par-dessous l ' a r b r e , o n peut à v o l o n t é p r e n d r e l'un


ou l ' a u t r e . On é c o n o m i s e r a e n c o r e plus de c u i v r e e n choisissant l e
n° 18 et passant par-dessus l ' a r b r e , parce q u e les s p i r a l e s de c o n n e x i o n
seront plus courtes. Mais, en faisant ainsi les c o n n e x i o n s suivant de
petites c o r d e s de la c i r c o n f é r e n c e , au l i e u de p r e n d r e la c o r d e la plus
v o i s i n e du d i a m è t r e , o n r i s q u e de d o n n e r naissance à des forces contre-
électromotrices dans les spires en série de b a l a i â b a l a i . D'un autre
c ô t é , c o m m e l'a m o n t r é S w i n b u r n e , les c o n n e x i o n s suivant de petites
c o r d e s p r é s e n t e n t cet a v a n t a g e q u e l ' i n d u i t a une m o i n d r e a c t i o n dôma-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 295

gnétisante. L a figure 191 m o n t r e le r é s u l t a t de l i a i s o n s suivant une


c o r d e sous-tendant l'arc e m b r a s s é p a r la p i è c e p o l a i r e ; o n y v o i t q u e
la bande de c o n d u c t e u r s d é m a g n é t i s a n t s e n t r e les e x t r é m i t é s p o l a i r e s
est m a i n t e n a n t remplacée par une b a n d e dans l a q u e l l e les courants
c i r c u l e n t e n sens c o n t r a i r e s et se n e u t r a l i s e n t ainsi m u t u e l l e m e n t . D a n s
aucun cas l a c o r d e n e d o i t sous-tendre un a n g l e i n f é r i e u r à celui q u i
c o r r e s p o n d à l'arc e m b r a s s é par les p i è c e s p o l a i r e s . V o i c i e n c o n s é -
quence la r è g l e p o u r l e s c o n n e x i o n s d'un i n d u i t en t a m b o u r à d e u x
pôles s e u l e m e n t . L e n o m b r e des c o n d u c t e u r s N étant p a i r , toute c o n -
n e x i o n d ' a v a n t d o i t passer d i a g o n a l e m e n t d'un c o n d u c t e u r q u e l c o n q u e
1 1
à celui q u i est — N ± 1 (ou — N ± 3 p o u r r a c c o u r c i r l a c o r d e ) plus en
avant ; et l a c o n n e x i o n d ' a r r i è r e d o i t a b o u t i r au c o n d u c t e u r v o i s i n à
un p r è s . Dans le t a b l e a u q u e nous d o n n o n s ci-dessous p o u r l ' e n r o u l e m e n t
les lettres A et P s i g n i f i e n t antérieures et postérieures, et les lettres M
et D montant et descendant, c'est-à-dire m o n t a n t v e r s la face d'avant
et s'en é l o i g n a n t r e s p e c t i v e m e n t . En s'y r e p o r t a n t o n v o i t q u ' e n p a r t a n t
du c o n d u c t e u r n° 1 o n l e suit en descendant vers l'arrière, où il est
relié au n° 22, puis o n le r a m è n e en montant vers l'avant, où i l se r e l i e
(après a v o i r p r i s contact, en passant, a v e c u n e touche du collecteur)
au n° 3, d'où il v a , en d e s c e n d a n t , se r e l i e r à l ' a r r i è r e au n ° 24, e t ainsi
de suite. L e n o m b r e des c h e v a u c h e m e n t s est, dans tous les cas, de 2 1 .
F i n a l e m e n t o n a r r i v e au n° 20 d'où l ' o n r e v i e n t , e n m o n t a n t , à l ' a v a n t
pour se r e l i e r au n° 1 ( p a r l ' e n t r e m i s e de l a d e r n i è r e t o u c h e du c o l l e c -
teur).

TABLEAU DE B O B I N A G E . — TAMBOUR A 2 PÔLES. — 40 CONDUCTEURS

D M D M D M D M

1 22 3 24 5 26 7 28
9 30 11 32 13 34 15 36
17 38 19 40 21 2 23 4
25 6 27 8 29 10 31 12
33 14 35 16 37 18 39 20

Si s i m p l e q u e paraisse la q u e s t i o n au p r e m i e r a b o r d , l e p r o b l è m e
consistant à é t a b l i r , d i a g o n a l e m e n t aux faces du t a m b o u r , les c o n n e x i o n s

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


296 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

e n t r e un c o n d u c t e u r et celui q u i , à u n ou à trois p r è s , est l e plus v o i s i n


de celui qui lui est d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é , est l o i n de se p r é s e n t e r avec
a u t a n t de s i m p l i c i t é q u a n d o n fait e n t r e r en l i g n e de c o m p t e les diffi-
cultés m é c a n i q u e s et é l e c t r i q u e s . P o u r r é d u i r e la l o n g u e u r des spirales
de c o n n e x i o n et r e n d r e ces c o n n e x i o n s plus s y m é t r i q u e s aux e x t r é m i t é s ,
o n a parfois r e c o u r s à la d i s p o s i t i o n i n d i q u é e p a r la figure 192 : — L e s
.spirales sont divisées e n d e u x bandes s u p e r p o s é e s , c o m m e dans la
l i g u r e 257, ce qui c o r r e s p o n d c o m m e r é s u l t a t à une rotation d'un
_quart de tour e n v i r o n v i r t u e l l e m e n t effectuée sur l u i - m ê m e par le

F i g . 192. F i g . 193.
B o b i n a g e de t a m b o u r a v e c j e u Bobinage de tambour
de spirales c o n n e c t r i c e s d o u b l e s . en d e u x c o u c h e s .

collecteur, de sorte q u e l e balai p o s i t i f se t r o u v e à g a u c h e au lieu


d'être en h a u t . Cette d i s p o s i t i o n est a d o p t é e e n t r e autres dans les
induits E d i s o n - H o p k i n s o n . E l l e offre l ' a v a n t a g e d e p e r m e t t r e de d o n n e r
les m ê m e s d i m e n s i o n s aux s p i r a l e s de c o n n e x i o n d ' a v a n t et d ' a r r i è r e .
Si c e p e n d a n t les conducteurs sont r o u l é s en d e u x couches s u p e r p o s é e s ,
les c o n n e x i o n s p e u v e n t se faire suivant un d i a m è t r e , l e d e r n i e r tour
étant r a m e n é t r a n s v e r s a l e m e n t à son v o i s i n dans la m ê m e c o u c h e . L e s
conducteurs de la couche extérieure remplissent a l o r s l'office des
é l é m e n t s i n t e r m é d i a i r e s de l a d i s p o s i t i o n e n une seule c o u c h e . Dans la
figure 193, l ' e x t r é m i t é du n° 1 est a m e n é e en a ; de l à l e c o n d u c t e u r
contourne l'arbre pour se rendre, par la c o n n e x i o n e n s p i r a l e , au
n ° 2 1 où il est r e l i é au n° 3 d i a g o n a l e m e n t à l a b a s e d ' a r r i è r e , et ainsi de
suite. L a figure 194 m o n t r e les c o n n e x i o n s de l ' a r m a t u r e E d i s o n - H o p -
k i n s o n à 80 c o n d u c t e u r s s o u v e n t c i t é e dans c e t o u v r a g e , d a n s l a q u e l l e
il y a en r é a l i t é d e u x couches de 40 fils c h a c u n e et un c o l l e c t e u r à
40 s e c t i o n s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES I N D U I T S . — THÉORIE DES CONNEXIONS 297

DIAGHAMMES D'ENROULEMENTS DÉVELOPPÉS

Si l ' o n e s s a y e d e d e s s i n e r toutes les c o n n e x i o n s d'un e n r o u l e m e n t en


t a m b o u r , les l i g n e s en se c r o i s a n t d o n n e n t l i e u à des c o n f u s i o n s . Il y a
p a r suite g r a n d a v a n t a g e à a d o p t e r
un mode de r e p r é s e n t a t i o n origi-
nairement suggéré par Fritsche de
Berlin, et qui consiste à considérer
l'enroulement d'induit c o m p l è t e m e n t
d é v e l o p p é s u r u n p l a n . E t u d i o n s tout
d ' a b o r d la f i g u r e 195 q u i d o n n e le
schéma partiel d'une machine à
4 p ô l e s d r e s s é e d e b o u t sur son a x e .
L e n o y a u , q u i p o u r r a être u l t é r i e u r e -
m e n t b o b i n é en anneau ou en t a m -
bour, est placé entre les quatre
p ô l e s d e p o l a r i t é s a l t e r n é e s . Si l ' o n
suppose une baguette de cuivre a
parallèle à l'axe, représentant l'un
des fils de l'induit, se mouvant
de g a u c h e à d r o i t e e n passant d a n s

F i g . 194. — B o b i n a g e en t a m b o u r F i g . 193. — S c h é m a d'un c h a m p


de l ' i n d u i t E d i s o n - H o p k i n s o n . magnétique à 4 pôles.

l'entrefer situé d e v a n t le p ô l e S, e l l e c o u p e r a les lignes de force


qui p é n è t r e n t c e p ô l e . C o n f o r m é m e n t à. la r è g l e d o n n é e p a g e 2 1 , e l l e
sera le siège d'une f o r c e é l e c t r o m o t r i c e a s c e n d a n t e . Dans un autre
conducteur c passant devant le pôle N , il sera induit une force
é l e c t r o m o t r i c e d e s c e n d a n t e . Si l ' o n c h e r c h a i t à r e p r o d u i r e dans un

» Cenlralblatl fur Elektrolechnik, I X . 649, 1887.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


298 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

d e s s i n a n a l o g u e v i n g t c o n d u c t e u r s , ou d a v a n t a g e , avec leurs c o n n e x i o n s
r e s p e c t i v e s , ce dessin serait i n i n t e l l i g i b l e . Il faut en c o n s é q u e n c e se
t r a n s p o r t e r au centre p a r l a p e n s é e , et se f i g u r e r d é v e l o p p é à plat,
c o m m e dans l a figure 196, l e p a n o r a m a des q u a t r e p ô l e s d o n t on est

SU > iV-
F i g . IE D é v e l o p p e m e n t d'un inducteur à 4 p ô l e s .

e n t o u r é . On r e m a r q u e r a q u e les surfaces des p ô l e s N et S sont hachées


1
en sens i n v e r s e p o u r en f a c i l i t e r la d i s t i n c t i o n .

F i g . 197. — D é v e l o p p e m e n t d'un b o h i n a g e d'anneau d e m a c h i n e à 4 p ô l e s .

Mais une m a c h i n e r é e l l e c o m p o r t e un g r a n d n o m b r e de c o n d u c t e u r s
d ' i n d u i t s y m é t r i q u e m e n t e s p a c é s sur sa p é r i p h é r i e et q u i d o i v e n t être

* Voici ce qui a d é t e r m i n é le c h o i x du sens de ces l i g n e s o b l i q u e s : — Si, au lieu


de la l i g n e ab ( r e p r é s e n t a n t un c o n d u c t e u r ) , on place sur le d e s s i n de la face
p o l a i r e une feuille de p a p i e r dans l a q u e l l e o n aura p r a t i q u é u n e fente é t r o i t e , et
q u ' o n la fasse m o u v o i r v e r s la d r o i t e , c o m m e l ' i n d i q u e n t les flèches ponctuées,
la f e n t e , en passant sur les l i g n e s o b l i q u e s , d o p n e r a l ' i l l u s i o n d'un m o u v e m e n t
dans le sens où l e courant t e n d r é e l l e m e n t à s'écouler. I l est facile de se rappeler
le sens d e l ' i n c l i n a i s o n des hachures : celles tracées sur une face p o l a i r e N sont
i n c l i n é e s p a r a l l è l e m e n t à la b a r r e t r a n s v e r s a l e de la lettre N .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 299

g r o u p é s e n s e m b l e par des fils de c o n n e x i o n . Dans le cas des e n r o u l e m e n t s


en anneau, les fils qui f o r m e n t les c o n d u c t e u r s actifs dans l ' e n t r e f e r
passent par l'ouverture centrale de l ' a n n e a u où ils é c h a p p e n t au
champ m a g n é t i q u e . S u p p o s o n s , p o u r s i m p l i f i e r , q u ' o n ait un i n d u i t e n
anneau, f o r m é de 12 spires s e u l e m e n t , a v e c 12 touches au c o l l e c t e u r ;
si o n l ' o u v r e p a r l ' i n t é r i e u r , o n aura le d é v e l o p p e m e n t i n d i q u é p a r l a
figure 197 dans l a q u e l l e les l i g n e s p o n c t u é e s sont les p a r t i e s i n a c t i v e s
des fils situées à l ' i n t é r i e u r de l ' a n n e a u . En suivant l e tracé des flèches,
on v e r r a q u ' i l d o i t y a v o i r d e u x b a l a i s p o s i t i f s et d e u x b a l a i s n é g a t i f s .
La figure 198 d o n n e un d i a g r a m m e , v u de b o u t , du m ê m e e n r o u l e m e n t ,

F i g . 198. — B o b i n a g e d'anneau de m a c h i n e à 4 p ô l e s .
( C o r r e s p o n d a n t à la figure 197.)

ce qui p e r m e t de c o m p a r e r les d e u x m a n i è r e s de p r é s e n t e r les faits. I l


est é v i d e n t q u e , dans ce cas, l'induit pourrait être e m p l o y é comme
o r g a n e d o u b l e fournissant d e u x courants distincts ; m a i s ce s e r a i t un
mauvais m o d e d'utilisation. On couple habituellement ensemble les
deux b a l a i s p o s i t i f s d'une p a r t et l e s b a l a i s n é g a t i f s de l ' a u t r e . U n e
machine à 6 p ô l e s e x i g e r a i t , sans c e l a , six b a l a i s , et ainsi de suite. L e
lecteur p e u t se r e p o r t e r aux figures des m a c h i n e s de B e r l i n ( f i g . 357,
Chap. X V I I I ) et à celles de la m a c h i n e à a n n e a u m u l t i p o l a i r e d ' E d i s o n

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


300 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

( f i g . 349, C h a p . X V I I I ) . Q u a n d les balais de m ê m e s i g n e sont ainsi reliés


ensemble, la force é l e c t r o m o t r i c e de l'induit total est simplement
é g a l e à c e l l e d'un g r o u p e q u e l c o n q u e de b o b i n e s d'un b a l a i -+- au balai
— adjacent. Dans cette m a c h i n e à q u a t r e p ô l e s l e s b o b i n e s des quatre
quadrants sont groupés en quatre circuits p a r a l l è l e s ; la résistance
i n t é r i e u r e est é g a l e au q u a r t de la résistance totale que présenterait
t o u t l e fil de l ' a n n e a u .
Il e x i s t e , c o m m e o n l e v e r r a , un a u t r e m o d e d e c o n n e x i o n p o u r les
i o b i n e s d'un a n n e a u m u l t i p o l a i r e : au l i e u d ' ê t r e g r o u p é s e n p a r a l l è l e ,
l e s q u a d r a n t s sont reliés e n s é r i e , de m a n i è r e à d o n n e r deux circuits
parallèles seulement. Ce m o d e de c o n n e x i o n est q u e l q u e f o i s désigné
série multipolaire ; il s e r a i t plus exact
sous le n o m d ' e n r o u l e m e n t en
de l ' a p p e l e r groupement en série. I l n ' e x i g e q u e d e u x b a l a i s , p u i s q u ' i l
n ' e x i s t e q u e d e u x p o i n t s n e u t r e s au c o l l e c t e u r , q u e l q u e s o i t l e n o m b r e
des p ô l e s a u t o u r de l ' a n n e a u .
R e v e n a n t à la méthode de d é v e l o p p e m e n t et à la f i g u r e 197, nous
sommes a r r i v é s j u s q u ' i c i à la s o l u t i o n du p r o b l è m e r e l a t i f à l a con-
n e x i o n des fils c o n v e n a b l e s e n f a i s a n t p a s s e r l e fil de c o n n e x i o n par
l ' i n t é r i e u r d'un n o y a u en a n n e a u , ce q u i c o n s t i t u e u n enroulement en
hélice. Si nous p a s s o n s de l à aux cas dans l e s q u e l s l ' e n r o u l e m e n t est
t o u t à f a i t e x t é r i e u r au n o y a u , c o m m e p o u r les i n d u i t s e n t a m b o u r , ou
à c e u x q u i n e c o m p o r t e n t aucun n o y a u , c o m m e l e s i n d u i t s e n d i s q u e ,
nous v e r r o n s q u ' i l est p o s s i b l e de p r o c é d e r de d e u x m a n i è r e s différentes
que l'on peut respectivement d é s i g n e r sous l e s n o m s d'enroulement
1
ou bobinage imbriqué et d'enroulement ou bobinage ondulé .
L a d i s t i n c t i o n s ' é t a b l i t e n t r e eux de la m a n i è r e s u i v a n t e . C o m m e les
c o n d u c t e u r s q u i p a s s e n t d e v a n t un p ô l e n o r d d e v i e n n e n t l e s i è g e de
f o r c e s é l e c t r o m o t r i c e s dans u n sens, et q u e c e u x p a s s a n t d e v a n t un p ô l e
sud sont le s i è g e de forces électromotrices d e sens c o n t r a i r e , il est
évident qu'un conducteur faisant p a r t i e de l ' u n d e ces g r o u p e s d e v r a
ê t r e r e l i é à un conducteur situé dans une p o s i t i o n à peu près corres-
pondante dans l ' a u t r e g r o u p e , de t e l l e sorte q u e le c o u r a n t puisse
d e s c e n d r e dans l'un et m o n t e r dans l ' a u t r e , c o n f o r m é m e n t aux sens
des forces é l e c t r o m o t r i c e s . Or, si l ' o n j e t t e les y e u x sur l a figure 199, o n
v e r r a q u e , à l ' a r r i è r e de l'induit ( c ' e s t - à - d i r e à l ' e x t r é m i t é o p p o s é e au
collecteur), chaque conducteur se r e l i e à un a u t r e q u i se t r o u v e de
c i n q r a n g s e n a v a n c e , — le n° 1 au n° 6, l e n° 3 au n ° 8 — , et qu'à

1
En a n g l a i s : Lap-winding et Wave-winding. — En a l l e m a n d : Scheitel-wickelung
( A r n o l d ) et Welten-wickelung (Fritsche).

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 301

l'avant, le b o b i n a g e , a p r è s a v o i r f o r m é un t élément » (comme par


e x e m p l e d—7—12—e), en f o r m e un s e c o n d (e—9—14—f), qui che-
>-
+ ~ + -

Fig. 199. — Type de bobinage imbriqué.

vauche sur l e p r e m i e r ; et ainsi de suite sur toute la p é r i p h é r i e , j u s -


qu'à ce q u e l e b o b i n a g e se r e f e r m e sur l u i - m ê m e .
C o m p a r o n s m a i n t e n a n t cette figure à la figure 200 dans l a q u e l l e , b i e n

Fig. 200. — Type de bobinage ondulé.

que les c o n n e x i o n s soient les m ê m e s à l ' a r r i è r e , celles du côté du


collecteur sont différentes. On v e r r a q u e , q u a n d l e b o b i n a g e r e v i e n t v e r s
le collecteur, au l i e u de c h e v a u c h e r en a r r i è r e sur le côté d'où il est

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


302 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

p a r t i , il se d i r i g e dans l'autre sens. L ' e n r o u l e m e n t d—7—12 ne r e v i e n t


pas de suite v e r s e ; il c o n t i n u e v e r s i, d'où p a r t un n o u v e l é l é m e n t
i—17—4—e, f o r m a n t a i n s i une sorte de z i g z a g ou de v a g u e ; il est
o n d u l é , au l i e u d ' i m b r i q u é q u ' i l était tout à l ' h e u r e . Tels sont les
deux enroulements en tambour, dont les tableaux suivants per-
m e t t e n t de suivre les l i a i s o n s :

T A B L E A U DK B O B I N A G E POUfl L A F I G . 199 T A B L E A U DE B O B I N A G E POUR L A F I G . 200


(ENHOULKMEPIT UURIOLB) (KTÏROCLKHBIIT ONUULK)

+ a 1 6 6 a 1 6 f
e li
6
—r e
3 8
d r 16

gb
yb
5 10 3 8
d 7 12 e — 13 18 «
+ e 9 14
r c 5 10
o
h

dh
—rh g li
11 16 15 d
13 18 h 7 i

ta
o
i
15
17 - 4 ia +
i
e
17
9
4
14
e
a

On r e m a r q u e r a en passant q u e , avec ce n o m b r e p a r t i c u l i e r de con-


ducteurs ( 1 8 ) , tandis q u e l e b o b i n a g e i m b r i q u é a b o u t i t à q u a t r e circuits
p a r a l l è l e s de sections e x i g e a n t q u a t r e b a l a i s , l e b o b i n a g e o n d u l é se

F i g . 2 0 1 . — Machine à courants alternatifs : B o b i n a g e i m b r i q u é .


4

résume en d e u x circuits p a r a l l è l e s p o u r l e s q u e l s i l . suffit de deux


balais.
A v a n t de p o u r s u i v r e l'étude d'autres e n r o u l e m e n t s en t a m b o u r , il est
bon de n o t e r q u e la m ê m e d i s t i n c t i o n entre les b o b i n a g e s i m b r i q u é s et
les b o b i n a g e s o n d u l é s s ' a p p l i q u e aux m a c h i n e s à courants alternatifs.
Ces m a c h i n e s sont g é n é r a l e m e n t m u l t i p o l a i r e s . L a figure 201 se rap-
p o r t e à un a l t e r n a t e u r à 8 p ô l e s à b o b i n a g e i m b r i q u é , d o n t chaque
« é l é m e n t » , » section » ou g r o u p e de spires s'étend sur la m ê m e l a r g e u r
q u e la distance de c e n t r e à centre de d e u x p ô l e s adjacents. O n n'a des-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 303

sine que 24 c o n d u c t e u r s , et l ' o n r e m a r q u e r a q u e les b o b i n e s successives


sont a l t e r n a t i v e m e n t d e x t r o r s u m et s i n i s t r ó r s u m . Dans la f i g u r e 202 o n

F i g . 202. — Machine à courants alternatifs : B o b i n a g e o n d u l é .

v o i t le m ê m e a l t e r n a t e u r a v e c b o b i n a g e o n d u l é . L a force é l e c t r o m o t r i c e
de ces d e u x m a c h i n e s serait e x a c t e m e n t la m ê m e ; le c h o i x entre les
deux m o d e s de l i a i s o n est ici une simple question de convenance

Fig. 203. — Machine à courants alternatifs : Bobinage en anneau.

c o m m e c o n s t r u c t i o n et p r i x de r e v i e n t , au p o i n t de v u e m é c a n i q u e . L a
figure 203 d o n n e le d é v e l o p p e m e n t d'un b o b i n a g e d'anneau pour cou-
rants alternatifs. Il implique également un champ magnétique à
8 pôles et sera u t i l e m e n t c o m p a r é aux d o n n é e s des figures 201 et 202.

FORMULES DE D O B I N A G E POUR INDUITS A CIRCUIT FERMÉ

H o p k i n s o n et A r n o l d o n t d o n n é des f o r m u l e s g é n é r a l e s d e l i a i s o n s ,
p r i n c i p a l e m e n t a p p l i c a b l e s aux b o b i n a g e s en t a m b o u r . N o u s s u i v r o n s
en p r i n c i p e c e l l e s d ' A r n o l d . S o i t JY le n o m b r e de conducteurs d i s p o s é s à
la p é r i p h é r i e du n o y a u d'induit. Soit n p le n o m b r e de p a i r e s de p ô l e s ,
de sorte q u e , dans le cas actuel, le n o m b r e des p ô l e s est de 2 n . S o i e n t b p

le n o m b r e d e conducteurs actifs dans un t é l é m e n t · o u * s e c t i o n » q u e l -


conque du b o b i n a g e , c le n o m b r e des sections e t n c l e n o m b r e des
touches du c o l l e c t e u r . N a t u r e l l e m e n t , dans te*, b o b i n a g e s e n a n n e a u ,
b est le n o m b r e de spires par section, S o i t y l ' e s p a c e m e n t numérique
dont on a v a n c e d'une section à l'autre en r e l i a n t les conducteurs ( s i , p a r
e x e m p l e , la s e c t i o n n° 8 est r e l i é e à l a section n° 15, y = 7 ) . Ce n o m b r e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


304 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

y r e p r é s e n t a n t le n o m b r e de sections par-dessus l e s q u e l l e s o n passe


peut ê t r e d é s i g n é sous le n o m d' « espacement » . Il devra toujours
être un n o m b r e p r e m i e r p a r r a p p o r t à c ; autrement le b o b i n a g e ne
rentrerait pas sur l u i - m ê m e en un circuit fermé. Si c et y ont un
d i v i s e u r c o m m u n ( c o m m e , par e x e m p l e , c = 36, y = 27, n o m b r e s pour
l e s q u e l s 3 est l e plus p e t i t c o m m u n d i v i s e u r ) , il y a u r a a u t a n t de cir-
cuits indépendants.
Dos circuits i n d é p e n d a n t s de ce g e n r e ont été e m p l o y é s p a r W e s t o n
et p a r MM.. S i e m e n s f r è r e s . L e s induits ainsi b o b i n é s e x i g e n t des balais
épais c o u v r a n t au m o i n s d e u x touches du c o l l e c t e u r .
L e s f o r m u l e s d ' A r n o l d qui r e l i e n t entre elles ces q u a n t i t é s sont :

r
i\ =b (n y±a);
p

dans l e s q u e l l e s a est un c e r t a i n nombre entier (souvent = 1 ) , de la


v a l e u r d u q u e l d é p e n d l e n o m b r e de b i f u r c a t i o n s du c o u r a n t à travers
les g r o u p e s de b o b i n e s p a r a l l è l e s l'un à l ' a u t r e . L e n o m b r e de points
n e u t r e s sur le c o l l e c t e u r sera toujours = 2 a. Dans l ' a p p l i c a t i o n de ces
f o r m u l e s o n a plusieurs cas à c o n s i d é r e r : —

( I ) . G r o u p e m e n t e n p a r a l l è l e . — C o m m e o n l'a v u p o u r l e cas d'un


v

anneau o r d i n a i r e dans un c h a m p à 4 p ô l e s , il y aura 4 g r o u p e s de ~

b o b i n e s chacun en p a r a l l è l e l'un avec l'autre. Dans un c h a m p à 2 p ô l e s ,

il y a 2 g r o u p e s de — b o b i n e s c h a c u n . D a n s un c h a m p à 12 p ô l e s , on
N
a u r a i t en p a r a l l è l e 12 g r o u p e s de b o b i n e s c h a c u n . A i n s i q u ' o n l'a v u
p r é c é d e m m e n t , dans le cas d'un anneau à 4 p ô l e s à b o b i n a g e en h é l i c e ,
c h a q u e p a i r e de g r o u p e s de ce g e n r e peut être c o n s i d é r é e c o m m e for-
m a n t un i n d u i t d i s t i n c t à 2 p ô l e s . I l en est de m ê m e p o u r les induits
en tambour à bobinage imbriqué, mais non pour ceux à bobinage
o n d u l é . V o i c i les constantes p o u r les d e u x cas : —

(a). Bobinage hélicoïdal ou imbriqué. — F a i r e d a n s la f o r m u l e n -


p 1
et a= 1, et l ' a p p l i q u e r k un j e u de c o n d u c t e u r s p l a c é s entre d e u x p ô l e s
de m ê m e n o m .

(b). Bobinage ondulé. — Faire a = n, p c'est-à-dire q u ' i l d o i t y a v o i r


a u t a n t de bifurcations du c o u r a n t que de p a i r e s de p ô l e s . Dans une

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THEORIE DES CONNEXIONS 305

machine à 6 pôles n p = 3, et le c o u r a n t se b i f u r q u e r a en trois points


1
(les trois b a l a i s n é g a t i f s ) , p o u r se r e n d r e par six trajets p a r a l l è l e s aux
trois b a l a i s positifs ( o u aux c o n n e x i o n s transversales qui c o n d u i s e n t à
ces trois b a l a i s ) .

( I I ) . G r o u p e m e n t e n s é r i e . — Dans ce cas, p u i s q u e le c o u r a n t ne se
bifurque qu'une seule f o i s , a = 1, quel q u e soit le m o d e de b o b i n a g e .
P o u r les m a c h i n e s b i p o l a i r e s le g r o u p e m e n t en série et l e g r o u p e m e n t
en p a r a l l è l e sont i d e n t i q u e s : il y a 2 g r o u p e s de b o b i n e s en p a r a l l è l e
l'un avec l'autre, et le b o b i n a g e p e u t être soit o n d u l é , s o i t i m b r i q u é ; ou,
c o m m e o n le v e r r a , o n p e u t e m p l o y e r un b o b i n a g e h é l i c o ï d a l p o u r l e s
machines à a n n e a u . I l en est de m ê m e p o u r les m a c h i n e s à 4 p ô l e s .
Pour celles à p l u s de 4 p ô l e s les seuls m o d e s p o s s i b l e s de g r o u p e m e n t
en série sont des b o b i n a g e s o n d u l é s .

F i g . 204. — B o b i n a g e d'anneau a v e c b o b i n e s o p p o s é e s r e l i é e s en s é r i e .

( I I I ) . G r o u p e m e n t s m i x t e s . — I I existe p l u s i e u r s m o d e s p o s s i b l e s de
bobinages m i x t e s , i m b r i q u é s et o n d u l é s , c o r r e s p o n d a n t aux cas où l ' o n a
a > 1 ou ffi^n,.
DYNAMO-ÉLECTRIQUES 20

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


306 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

C o m m e v é r i f i c a t i o n de ces f o r m u l e s o n peut p r e n d r e les e x e m p l e s


suivants :
Dans l ' e n r o u l e m e n t en a n n e a u ( f i g . 34, p . 3 8 ) , iV = 3 2 ; n — i ; 6 = p 4;
c = 8; n = 8. D ' o ù y =
c 7 ou 9. Mais l ' a n n e a u n'a q u e h u i t sections
dont, p a r suite, l a s e p t i è m e et l a n e u v i è m e , à p a r t i r d ' u n e section don-
née q u e l c o n q u e , sont c e l l e s e n t r e l e s q u e l l e s se t r o u v e située la section
considérée.
Dans l ' e n r o u l e m e n t en t a m b o u r ( f i g . 70, p . 8 6 ) , N = ; 32 ; « p = 1;
b = 2 ( p a r c e q u e c h a q u e € é l é m e n t » de l ' e n r o u l e m e n t , de touche à
touche du c o l l e c t e u r , r e n f e r m e d e u x c o n d u c t e u r s a c t i f s ) ; c= 16; n —'lQ.
c

D'où y .— 15 ou 17. On p e u t c o n s i d é r e r le p r e m i e r n o m b r e c o m m e se
rapportant à la couche a n t é r i e u r e des c o n n e x i o n s (n° 1 à n° 1 6 ) , le
second c o m m e se r a p p o r t a n t à la c o u c h e d e dessous ( n ° 2 à n° 1 9 ) .
On en t r o u v e un autre e x e m p l e d a n s un e n r o u l e m e n t spécial en
anneau e m p l o y é par W o d i c k a ( f i g . 2 0 4 ) , dans l e q u e l c h a q u e section est
reliée en série a v e c une a u t r e située du c ô t é o p p o s é , d e sorte que le
n o m b r e des touches du c o l l e c t e u r est m o i t i é de celui des s e c t i o n s . I c i
chaque « é l é m e n t » de l ' e n r o u l e m e n t se c o m p o s e de d e u x sections con-
tenant chacune des conducteurs actifs ; d'où b = 4 ; iv" = 32 ; c = 1 6 ;
n p = 1 ; ce qui d o n n e y = 9 ou 7.

ENROULEMENTS EN TAMBOUR

T a m b o u r s b i p o l a i r e s . — L a figure 205 d o n n e le d e s s i n d'un enrou-

F i g . 205. — C o n n e x i o n » du b o b i n a g e Siemen9 ( v o n I l e f n e r - A l t e n e c k ) .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — TIIÉORLE DES CONNEXIONS 307

l e m e n t e n t a m b o u r a p p l i q u é à un i n d u i t à 8 b o b i n e s . C o m m e dans tous
les anciens induits S i e m e n s en t a m b o u r , l ' e n r o u l e m e n t est fait en d e u x
couches, c h a q u e s e c t i o n étant b o b i n é e d i a m é t r a l e m e n t . A i n s i , en partant

F i g . 206. — C o n n e x i o n s d e l'ancien b o b i n a g e S i e m e n s .

de la touche du c o l l e c t e u r m a r q u é e 1 o n passe e x t é r i e u r e m e n t a l ' , puis


ou l o n g e l ' a r m a t u r e d o n t o n franchit l a b a s e d ' a r r i è r e d i a m é t r a l e m e n t

F i g . 207. — C o n n e x i o n s du b o b i n a g e E d i s o n .

pour r e v e n i r en 1", et (après a v o i r b o b i n é un n o m b r e de spires suffisant


pour f o r m e r une s e c t i o n ) o n r e l i e l e fil, par une c o n n e x i o n e n s p i r a l e ,
à la t o u c h e 2 du c o l l e c t e u r . Dans la spécification du b r e v e t S i e m e n s
o r i g i n a l , les c o n n e x i o n s t e r m i n a l e s n ' é t a i e n t pas s y m é t r i q u e s , c o m m e
l'indique la figure 206. On v o i t dans la figure 207 la v a r i é t é E d i s o n de
l ' e n r o u l e m e n t S i e m e n s . L e d i a g r a m m e ne r e p r é s e n t e q u ' u n cas s i m p l e
avec c o l l e c t e u r à 7 touches. I c i IV = 14 ; b = 2 ; et, suivant la for-
mule, y d e v r a i t ê t r e é g a l à 6; m a i s la v a l e u r r é e l l e de l ' e s p a c e m e n t est 7

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


308 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

à l ' a r r i è r e et 5 à l ' a v a n t , c o m m e o n le v e r r a . A v e c un n o m b r e i m p a i r de
sections la commutation ne s'effectue pas s i m u l t a n é m e n t (dans les
m a c h i n e s b i p o l a i r e s ) aux d e u x b a l a i s , m a i s bien- a l t e r n a t i v e m e n t .

Fig. 208.

»» -!>•

a;
I
F i g . 209.
F i g . 208 et 209. — D é v e l o p p e m e n t et v u e d e bout d'un bobinage
d e x t r o r s u m i m b r i q u é de S i e m e n s .

Une é t u d e plus a p p r o f o n d i e de l ' e n r o u l e m e n t e n t a m b o u r est nëces-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 309

saire ; aussi donnons-nous i c i une série de d i a g r a m m e s d ' e n r o u l e m e n t


qui e n m o n t r e r o n t p l u s i e u r s v a r i é t é s .
*w»- >

+ -

F i g . 210.

,rî.
um»—-;- , j.

sinistrórsum imbriqué de Siemens.

Les figures 208 et 209 r e p r é s e n t e n t un e n r o u l e m e n t d e x t r o r S u m sur

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


310 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

le type de S i e m e n s p o u r un collecteur à 8 touches et une seule spire


par section, c'est-à-dire avec 16 conducteurs d i s t r i b u é s sur la périphé-
r i e . L e s pièces de c o n n e x i o n à la p a r t i e antérieure c o m p o r t e n t des con-
n e x i o n s d r o i t e s ( t e l l e s q u e a 6 ) et des c o n n e x i o n s e n s p i r a l e s (telles
que a 1 ) , q u i c r o i s e n t les p r é c é d e n t e s (soit en dessous, soit en dessus).
Les pièces de c o n n e x i o n à l ' a r r i è r e ne sont i n d i q u é e s q u e par les
lignes p o n c t u é e s t r a n s v e r s a l e s . Dans le d i a g r a m m e d é v e l o p p é , on v o i t
que c h a q u e é l é m e n t de l ' e n r o u l e m e n t est a n a l o g u e à c—5—12—d, et
que le b o b i n a g e est i m b r i q u é . L e s c o n n e x i o n s d ' a r r i è r e sont espacées
sur 7 c o n d u c t e u r s , ce qui c o r r e s p o n d e x a c t e m e n t , à un p r è s , au n o m h r e
sur la d e m i - c i r c o n f é r e n c e ; les c o n n e x i o n s a n t é r i e u r e s ne sont, au
2
contraire, espacées que de S en 5, c'est-à-dire à 3 près du nombre
des conducteurs a p p a r t e n a n t à la d e m i - c i r c o n f é r e n c e . I l est à remar-
quer en o u t r e q u e , a v e c ce b o b i n a g e d e x t r o r s u m , t o u r n a n t dextrorsum
dans un c h a m p m a g n é t i q u e d e x t r o r s u m , le b a l a i -+- est dans le v o i s i -
nage de la p a r t i e s u p é r i e u r e du c o l l e c t e u r .
Les figures 210 et 211 r e p r é s e n t e n t le m ê m e e n r o u l e m e n t , à cela
près que le b o b i n a g e est s i n i s t r ó r s u m , ce q u i a dès l o r s p o u r résultat
de placer l e balai -+- v e r s le bas du c o l l e c t e u r .
L e t a b l e a u du b o b i n a g e est l e m ê m e p o u r les d e u x cas ; il est d o n n é
ci-dessous :

A P A

+ a 1 8 b
b 3 10 c
c 5 12 d
d 7 14 e
— e 9 16 r
r li o 9
9 13 4 h
h 15 ü a

Mais dans l e b o b i n a g e d e x t r o r s u m les c o n n e x i o n s en s p i r a l e s , telles


que c e l l e de a à l , v o n t v e r s l a g a u c h e , tandis q u ' e l l e s se d i r i g e n t vers
la d r o i t e dans le cas du b o b i n a g e s i n i s t r ó r s u m .
Sur l e s f i g u r e s 208 et 210 ( d é v e l o p p e m e n t s ) , o n v o i t q u e p o u r ces deux
e n r o u l e m e n t s 1'« é l é m e n t » du b o b i n a g e , i n d i q u é par les t r a i t s f o r t s ,
est d i s s y m é t r i q u e sur l a face d ' a v a n t du t a m b o u r , ce q u i est dû à
l ' e m p l o i de deux sortes de c o n n e x i o n s à l'avant, l'une d r o i t e , l'autre
en s p i r a l e . L a touche a du c o l l e c t e u r est r e l i é e aux e x t r é m i t é s anté-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 311

rieures des c o n d u c t e u r s n° 1 et n° 6. Dans l e p r e m i e r cas, e l l e est figu-

;
i
F i g . 213.
F i g . 212 et 213. — D é v e l o p p e m e n t et v u e d e bout d'un b o b i n a g e i m b r i q u é
s y m é t r i q u e à deux p ô l e s .

rée en a v a n t c o m m e o p p o s é e au n° (3 ; dans le s e c o n d , c o m m e o p p o s é e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


312 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

e n a r r i è r e au n ° 1. P o u r q u o i ne la m e t t r a i t - o n pas symétriquement
entre eux ?
L e s figures 212 et 213 r e p r é s e n t e n t un b o b i n a g e i m b r i q u é s y m é t r i -
q u e , é q u i v a l e n t e x a c t e m e n t aux p r é c é d e n t s au p o i n t de v u e é l e c t r i q u e ,
et ayant le même tableau de b o b i n a g e . Il offre deux avantages :
d'abord ( p o u r les i n d u i t s t e r m i n é s ) les c o n n e x i o n s sur la face anté-
r i e u r e sont m a i n t e n a n t toutes du m ê m e t y p e e t f o r m é e s d e d e u x j e u x
d e courtes s p i r a l e s ; e n s u i t e les b a l a i s se t r o u v e n t m a i n t e n a n t sur un
d i a m è t r e h o r i z o n t a l où ils sont plus f a c i l e m e n t a c c e s s i b l e s . L e s con-
n e x i o n s d ' a r r i è r e r e s t e n t a b s o l u m e n t les m ê m e s q u e p r é c é d e m m e n t e t
sous-tendent u n e c o r d e plus l o n g u e q u e les c o n n e x i o n s a n t é r i e u r e s .
P o u r assurer l a p a r f a i t e s y m é t r i e dans le b o b i n a g e , il f a u d r a i t é g a -
l i s e r les c o n n e x i o n s d ' a r r i è r e et d ' a v a n t . L'espacement théoriquement
c o n v e n a b l e est y = 7 ou y = 9 . P o u r a t t e i n d r e ce but, il suffit d e r e l i e r
le n° 1 au n° 8 sur l'une des e x t r é m i t é s du t a m b o u r , e t au n° 10 sur
l'autre. On en v o i t le r é s u l t a t sur l e s figures 214 et 215, d'où il a p p e r t
i m m é d i a t e m e n t que l ' o n est passé d'un b o b i n a g e i m b r i q u é à u n b o b i -
n a g e o n d u l é , c h a q u e é l é m e n t faisant le t o u r du t a m b o u r et ne r e v e n a n t
q u ' à l a l a m e du c o l l e c t e u r v o i s i n e d e c e l l e d'où il est p a r t i . V o i c i le
t a b l e a u de b o b i n a g e d a n s ce cas :

A P A

+ 6« 16
2
9
11
b
c
c 4 13 d
d 6 15 e
1
— e

ra
8
10 3 r9
12 h
h 14 7 a

É l e c t r i q u e m e n t cet e n r o u l e m e n t est t o u t à fait é q u i v a l e n t aux t r o i s


p r é c é d e n t s . L e s c o n n e x i o n s en spirales à l ' a r r i è r e m a r c h e n t par p a i r e s ,
c o m m e c e l l e s d'avant se r é u n i s s e n t par p a i r e s au c o l l e c t e u r .
Un enroulement à deux couches p o u r 24 c o n d u c t e u r s , avec son
d é v e l o p p e m e n t , est d o n n é p a r les figures 216 e t 217. On v o i t qu'une
couche e n t i è r e se t r o u v e b o b i n é e q u a n d la m o i t i é de l'enroulement,
de a à g, est effectuée.

T a m b o u r s m u l t i p o l a i r e s . — C o m m e o n le v e r r a ci-après, p a g e 323,

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 313

le b o b i n a g e des i n d u i t s m u l t i p o l a i r e s a v e c g r o u p e m e n t e n s é r i e a é t é

F i g . 215
Fig. 214 et 215. — Développement et vue de bout d'un bobinage ondulé
symétrique à deux pôles.

i m a g i n é p a r l e p r o f e s s e u r P e r r y ' . I l a été a p p l i q u é à l ' e n r o u l e m e n t en

' Brevet anglais, 3036 de 1882.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


314 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

tambour par M M . P a r i s et S c o t t ' , et par M . K a p p . Dans l e cas des

F i g . 217.
F i g . 216 et 217. — D é v e l o p p e m e n t et v u e de b o u t d'un b o b i n a g e d e
t a m b o u r & deux c o u c h e s .

m a c h i n e s m u l t i p o l a i r e s , l ' a l g è b r e n'est pas n é c e s s a i r e p o u r formuler

1
B r e v e t a n g l a i s , 4683 de 1884.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


IRIS - LILLIAD - Université Lille 1
316 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

s é r i e ( d e m a n i è r e à o b t e n i r un haut v o l t a g e ) , y d o i t être un nombre


i m p a i r et le n o m b r e total de conducteurs d o i t être é g a l à y fois le
n o m b r e total des p ô l e s , plus ou m o i n s d e u x . P a r exemple, pour un-
t a m b o u r à 6 p ô l e s , si l ' o n p r e n d 15 p o u r v a l e u r d e y, le n o m b r e des
c o n d u c t e u r s d e v r a ê t r e de 88 ou de 92 ; m a i s n o n de 90. N o u s d o n n o n s
ci-dessous un tableau de b o b i n a g e c a l c u l é p a r M . K a p p p o u r une m a -
c h i n e à 8 p ô l e s a y a n t un e s p a c e m e n t de y = 25.

TABLEAU DE B O B I N A G E P O U R U N I N D U I T E N TAMBOUR A 8 P Ô L E S ; 202 CONDUCTEURS;


GROUPEMENT EN SÉRIE ; B A L A I S ( ± ) A 135° L ' U N DE L ' A U T R E

A P A P A P A P A

D M D M D M D M

202 2b 50 75 100 123 150 175


200 23 48 73 98 123 148 173
198 21 46 71 96 121 146 171
196 19 44 69 94 119 144 169
194 17 42 67 92 117 142 167
192 15 40 65 90 115 140 165
190 13 38 63 88 113 138 163
188 11 36 61 86 m 136 161
186 9 34 59 84 109 134 159
184 7 32 57 82 107 132 4 57

182 5 30 55 80 105 130 Ion


180 3 28 53 78 103 128 153
178 1 26 51 76 101 126 151
176 201 24 49 74 99 124 149
174 199 22 47 72 97 122 147
172 197 20 45 70 95 120 145
170 195 18 43 68 93 118 143
168 193 16 41 66 91 116 141
166 191 14 39 64 89 114 139
164 189 12 37 62 87 112 137
162 187 10 35 60 83 110 135
160 185 8 33 38 83 108 133
158 183 6 31 56 81 106 131
136 181 4 29 54 79 104 129
154 179 2 27 52 77 102 127
152 177 202

On r e m a r q u e r a en passant q u e , dans les m a c h i n e s m u l t i p o l a i r e s , si


l e n o m b r e des sections est un m u l t i p l e e x a c t , p a i r o u i m p a i r , de n , p le
g r o u p e m e n t sera en p a r a l l è l e ; et, si c'est un m u l t i p l e i m p a i r , la c o m -
mutation ne s'effectuera pas simultanément à tous les b a l a i s , mais

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES I N D U I T S . — THÉORIE DES CONNEXIONS 317

a l t e r n a t i v e m e n t à tous les b a l a i s -h et à tous les b a l a i s — , e x a c t e m e n t


c o m m e dans l e cas d ' u n e m a c h i n e b i p o l a i r e , où l a c o m m u t a t i o n est
alternative quand l ' e n r o u l e m e n t c o m p o r t e un n o m b r e i m p a i r de sec-
tions.
Les figures 218 et 219 d o n n e n t les c o n n e x i o n s p o u r le b o b i n a g e d'un
induit à 4 p ô l e s à 22 c o n d u c t e u r s ; i c i y = 5. E n v o i c i l e tableau
de b o b i n a g e :

18 13 8
20 15 10
22 17 12 +
o 19 14
+ 4 21 16
6 1

Les figures 220 et 221 r e p r é s e n t e n t un b o b i n a g e i m b r i q u é e m p l o y é


par T h u r y ( v o i r fig. 374, C h a p . X V I I I ) dans le cas d'un t a m b o u r à 4 p ô l e s .
L e b o b i n a g e e s t - i m b r i q u é p o u r g r o u p e m e n t eu p a r a l l è l e a v e c e s p a c e -
m e n t à l ' a r r i è r e j u s t e é g a l à l ' é c a r t e m e n t d e s p ô l e s et e s p a c e m e n t e n c o r e
m o i n d r e e n a v a n t . C'est u n e f o r m e de b o b i n a g e en p o l y g o n e é t o i l e d e s -
tiné à m a i n t e n i r les c o n d u c t e u r s à des p o t e n t i e l s très différents par
r a p p o r t à ceux sur l e s q u e l s ils c h e v a u c h e n t ; i l p e r m e t une très b o n n e
i s o l a t i o n p a r c e q u e les d i v e r s e s sections p e u v e n t ê t r e b o b i n é e s sur des
formes séparées a v a n t d'être a p p l i q u é e s sur l e n o y a u .
On v o i t sur les figures 222 et 223 d e u x e n r o u l e m e n t s plus c o m p l e x e s
dus à À l i o t h Dans la figure 222, q u i s ' a p p l i q u e à un g r o u p e m e n t en
p a r a l l è l e , l e c o u r a n t e n t r a n t p a r l e b a l a i n é g a t i f se b i f u r q u e d e u x fois,
quatre trajets s'offrant à lui à t r a v e r s les spires ; d e u x b o b i n e s sont
mises a l t e r n a t i v e m e n t en c o u r t - c i r c u i t aux b a l a i s -t- et — . Dans la
figure 223 les c o n n e x i o n s sont m o d i f i é e s de m a n i è r e à ne d o n n e r q u ' u n e
seule b i f u r c a t i o n , et par suite d e u x g r o u p e s s e u l e m e n t de s p i r e s .
2
Fritsche a p r o p o s é un m o d e d ' e n r o u l e m e n t e n t a m b o u r d a n s l e q u e l

' Voir Electrician, X X I V . 140, 13 d é c e m b r e 1889 , article de A . T. Snell.


• Op. cit.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


318 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

les conducteurs sont tous disposés obliquement sur la surface du

Kg. 221.

F i g . 220 et 221. — D é v e l o p p e m e n t et vue de bout du b o b i n a g e i m b r i q u é à


4 pôles de Thury.

n o y a u ; aucun d'eux n'est p a r a l l è l e à l ' a r b r e . Dans ce cas les faces

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 319

polaires des inducteurs sont également montées obliquement. Cet

l e m e n t c o m p a r e r a v e c le b o b i n a g e de la figure 200 a u q u e l il est électri­


quement équivalent.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


320 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Des e n r o u l e m e n t s en t a m b o u r m u l t i p o l a i r e s o n t été é g a l e m e n t pro-


posés p a r I l o p k i n s o n et par B r a d l e y .

F i g . 224 — B o b i n a g e o b l i q u e o n d u l é d e F r i t s c h e .

ENROULEMENTS ES ANNEAUX MULTIPOLAIRES

N o u s a v o n s déjà d i t q u e l q u e s m o t s de ces e n r o u l e m e n t s p a g e 299. On


a v u q u ' u n a n n e a u o r d i n a i r e p l a c é d a n s un c h a m p m u l t i p o l a i r e d e v a i t
a v o i r a u t a n t de p o i n t s n e u t r e s à s o n c o l l e c t e u r q u ' i l e x i s t e de pôles

F i g . 225. — ( M o r d e y ) Mode de c o n n e x i o n s m u l t i p o l a i r e s d ' a n n e a u .


(Connexions parallèles.)

a u t o u r de lui et q u ' i l e x i g e a i t , en c o n s é q u e n c e , des b a l a i s e n n o m b r e


é g a l à celui des p ô l e s d e la m a c h i n e . I l est p o s s i b l e n é a n m o i n s de
r é d u i r e l e n o m b r e j d e s b a l a i s à deux à l ' a i d e de d e u x m é t h o d e s i n d é p e n -
dantes ; dans T u n e d ' e l l e s l e s g r o u p e s d e s e c t i o n s sont reliés p a r a l l è l e -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — TRÉORIE DES CONNEXIONS 321

m e n t à des trajets m u l t i p l e s à t r a v e r s l ' a n n e a u ; dans l ' a u t r e ils sont


m o n t é s en série a v e c d e u x v o i e s s e u l e m e n t à travers l ' i n d u i t .
L a figure 225 r e p r é s e n t e une m a n i è r e de r é d u i r e à d e u x l e n o m b r e
des b a l a i s en r e l i a n t t r a n s v e r s a l e m e n t l e s b o b i n e s d'un c ô t é à l'autre
de l'anneau, i d é e due à. M . M o r d e y . C e t t e m a n i è r e de p r o c é d e r r e v i e n t à
r e l i e r s i m p l e m e n t e n p a r a l l è l e l ' u n e a v e c l'autre c h a c u n e des b o b i n e s
et celle q u i o c c u p e la m ê m e p o s i t i o n o p p o s é e p a r r a p p o r t au p ô l e corres-
p o n d a n t . L a d i s p o s i t i o n s e m b l e d i s s y m é t r i q u e ; m a i s i l n ' e n est r i e n en
r é a l i t é . Dans u n e m a c h i n e à 6 p ô l e s c h a q u e b o b i n e d e v r a i t ê t r e r e l i é e

Yïg. 226. — C o n n e x i o n s des induits • V i c t o r i a » ( M o r d e y ) à 4 p ô l e s .

avec les d e u x q u i se t r o u v e n t placées à 120° à sa d r o i t e et à sa g a u c h e .


On y a r r i v e d a n s l a p r a t i q u e de p l u s i e u r s m a n i è r e s , s o i t au m o y e n de
connecteurs en s p i r a l e s , s o i t en r e l i a n t t r a n s v e r s a l e m e n t les t o u c h e s
c o r r e s p o n d a n t e s du c o l l e c t e u r . Dans les m a c h i n e s « V i c t o r i a » d e l à C o m -
pagnie Brush ( f i g . 3 4 7 ) , l a l o n g u e u r d ' a r b r e e n t r e l'anneau et le c o l l e c t e u r
p e r m e t u n e d o u b l e c o n n e x i o n t r a n s v e r s a l e , c h a q u e j o n c t i o n de deux
sections adjacentes est r e l i é e en dessous p a r un fil à la t o u c h e la p l u s
voisine du c o l l e c t e u r , e n m ê m e t e m p s q u ' e l l e est r e l i é e en s p i r a l e à la
touche o p p o s é e d e l'autre c ô t é , c o m m e dans la figure 226. Dans q u e l q u e s
machines de l a C o m p a g n i e G ù l c h e r l a c o n n e x i o n t r a n s v e r s a l e est r é a -
lisée par u n e série de b a g u e s m é t a l l i q u e s enfilées sur un manchon
isolé de l ' a r b r e ; chacune de ces b a g u e s est m u n i e de d e u x o r e i l l e s dia-
m é t r a l e m e n t o p p o s é e s q u i r e l i e n t t r a n s v e r s a l e m e n t les fils aboutissant
a deux t o u c h e s o p p o s é e s du c o l l e c t e u r . L e s m a c h i n e s ainsi c o n n e c t é e s
t r a n s v e r s a l e m e n t o n t en r é a l i t é q u a t r e p o i n t s n e u t r e s ; m a i s les b a l a i s
ne captent le c o u r a n t q u ' e n deux d e ces p o i n t s .

DYNAMO-ÉLECTRIQUES. 21

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


22 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

I l existe p l u s i e u r s m a n i è r e s de g r o u p e r les b o b i n e s en série en


rue d ' o b t e n i r une force é l e c t r o m o t r i c e d o u b l e . L ' u n e de ces disposi-
Lions, s y m é t r i q u e é l e c t r i q u e m e n t , est r e p r é s e n t é e par l a figure 227 où
l'on v o i t l e s t o u c h e s du c o l l e c t e u r r e l i é e s t r a n s v e r s a l e m e n t , t a n d i s que les

F i g . 227. — Anneau à 4 p ô l e s : g r o u p e m e n t en série (2 g r o u p e s ) .

b o b i n e s o p p o s é e s sont c o u p l é e s en s é r i e . Ce m o n t a g e n ' e x i g e é g a l e m e n t
que d e u x b a l a i s à 90° l'un de l ' a u t r e . L e s figures 228 et 229 indiquent

F i g . 228. — Anneau à 4 p ô l e s : F i g . 229. — A n n e a u à 4 pôles :


g r o u p e m e n t e n s é r i e (2 g r o u p e s ) . g r o u p e m e n t en s è r i e (2 g r o u p e s ) .

deux autres m a n i è r e s d ' a r r i v e r au m ê m e résultat. I c i c e p e n d a n t le


c o n n e x i o n s ne sont pas s y m é t r i q u e s , de sorte q u e l e s résistances ûe
d e u i trajets et p a r suite les c o u r a n t s respectifs ne p e u v e n t être é g a u x ;
chaque instant.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


EXROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 323

Dans une autre disposition ( f i g . 2 3 0 ) , chaque b o b i n e est r e l i é e


360°
à« f segments à des i n t e r v a l l e s de a u t o u r de l ' a n n e a u , ce qui
Tip
entraîne un plus g r a n d n o m b r e de touches au c o l l e c t e u r .
Dans un e n r o u l e m e n t e n c o r e différent i m a g i n é par le professeur P e r r y
(fig. 231), les c o n n e x i o n s de c h a q u e section suivent une c o r d e du col-

lecteur. L e cas figuré est celui d'un anneau à onze sections dans un
champ à 4 p ô l e s . L e n o m b r e des sections et des touches du c o l l e c t e u r

F i g . 231. — ( P e r r y ) Mode d e g r o u p e m e n t en série sur anneau m u l t i p o l a i r e .

doit être i m p a i r si celui des p ô l e s est pair. I l p e u t être soit pair soit

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


324 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

i m p a i r dans les m a c h i n e s à 6 o u l O p ô l e s . C'est ce q u ' i n d i q u e la f o r m u l e


s u i v a n t e d o n n é e par A r n o l d p o u r ce cas :

c = n y±
p i .

1
Arnold a d é c r i t u n g r a n d n o m b r e d'autres b o b i n a g e s d'anneaux à
e n r o u l e m e n t s plus c o m p l e x e s .

ENROULEMENTS EN DISQUES

Ces b o b i n a g e s de d i s q u e s p e u v e n t ê t r e traités e n g é n é r a l c o m m e de

Fig. 232. — Induit en disque de Pacinotti.

e n r o u l e m e n t s de t a m b o u r s é p a n o u i s r a d i a l e m e n t , l a p é r i p h é r i e e x t é -
rieure correspondant à l a face d ' a r r i è r e du t a m b o u r . L e plus a n c i e n
b o b i n a g e de ce g e n r e est celui i m a g i n é e n 1875 p a r P a c i n o t t i . C'est un
b o b i n a g e i m b r i q u é adapté à un champ à 2 pôles ; l e pôle N est,

1
Op. citai.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 325

dans la c o u p e c i - c o n t r e , s u p p o s é e n a r r i è r e de la p a r t i e s u p é r i e u r e , et
le p ô l e S en a r r i è r e de la p a r t i e i n f é r i e u r e ( f i g . 2 3 2 ) . O n remarquera
q u e l ' e x t r é m i t é e x t é r i e u r e de c h a q u e conducteur r a d i a l est ramenée
c i r c u l a i r e m e n t , p a r une p i è c e de c o n n e x i o n q u i suit l a p é r i p h é r i e , v e r s

F i g . 233. — I n d u i t d e la m a c h i n e à d i s q u e d'Edison

un a u t r e c o n d u c t e u r r a d i a l a u q u e l il se r e l i e et q u i , d a n s une m a c h i n e
b i p o l a i r e , serait, à un p r è s , c e l u i q u i lui est d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é . L e
schéma en q u e s t i o n s ' a p p l i q u e à un i n d u i t à d i x sections c o m p o s é de v i n g t
c o n d u c t e u r s r a d i a u x . I l s sont n u m é r o t é s de m a n i è r e à p e r m e t t r e de

F i g . 234. — B o b i n a g e i m b r i q u é de disque à 4 p ô l e s .

suivre l ' o r d r e d e s c o n n e x i o n s . L a c o m m u t a t i o n se faisant s u i v a n t dd,


les c o u r a n t s s'écoulent r a d i a l e m e n t v e r s l ' i n t é r i e u r d a n s une m o i t i é et
vers l ' e x t é r i e u r dans l'autre m o i t i é d e ce d i s q u e . L a c o n s t r u c t i o n des

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


326 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

m a c h i n e s d ' e x p é r i m e n t a t i o n de P a c i n o t t i est d é c r i t e dans son travail


original.
Depuis cette é p o q u e o n a p r o p o s é b i e n des m o d e s d ' e n r o u l e m e n t de
ce t y p e , y c o m p r i s celui d ' E d i s o n r e p r é s e n t é p a r la figure 233.
Dans ce d i s q u e la l a m e r a d i a l e de c u i v r e n° 1 est r e l i é e à la lame
n° 11 par des b a n d e s de c u i v r e qui v i e n n e n t a b o u t i r à une sorte de

'.J Tl "

F i g . 235. — B o b i n a g e de disque à 6 pôles de D e s r o z i e r s .

r e b o r d e x t é r i e u r de p l a t e a u , f o r m é de c u i v r e i s o l é . L ' e s p a c e m e n t a lieu
ici sur cinq et o n z e c o n d u c t e u r s e n m ê m e t e m p s .
U n b o b i n a g e i m b r i q u é , i d e n t i q u e à celui de P a c i n o t t i , m a i s adapté à
un c h a m p à 4 p ô l e s , est r e p r é s e n t é par la f i g u r e 234 ; il est c o n n u sous
le n o m de b o b i n a g e de * nouveau disque > d ' E d i s o n . — L e s i n d u i t s en
disques des c o m p t e u r s é l e c t r i q u e s d ' I I o o k h a m sont é g a l e m e n t à b o b i -
n a g e i m b r i q u é . — B o l l m a n a i m a g i n é un d i s q u e multipolaire à bobi-
nage ondulé.
Dans ces d e r n i e r s t e m p s un r e n o u v e a u a é t é d o n n é aux i n d u i t s en
disques par D e s r o z i e r s , et F r i t s c h e . Desroziers emploie pour une
m a c h i n e à 6 p ô l e s le b o b i n a g e ondulé très l a b o r i e u s e m e n t é t u d i é que

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


ENROULEMENT DES INDUITS. — THÉORIE DES CONNEXIONS 327
1
représente la figure 235. A r n o u x a d o n n é une étude s p é c i a l e de c e t t e
classe d ' e n r o u l e m e n t s . F r i t s c h e fait usage de p ô l e s p o l y g o n a u x , ce q u i
lui p e r m e t d ' e m p l o y e r c o m m e c o n d u c t e u r s des b a n d e s d e m é t a l m o n ­
tées en p o l y g o n e s é t o i l e s , sans parties r a d i a l e s , a v a n t a g e réel au p o i n t
de vue de l a c o n s t r u c t i o n . Son d i s q u e , d é v e l o p p é r e c t i l i g n e m e n t , serait,
p o u r une m a c h i n e à 4 p ô l e s , p a r f a i t e m e n t r e p r é s e n t é p a r la figure 224,
p a g e 320. L e s d e u x j e u x de c o n d u c t e u r s f o r m e n t d e u x couches r e l i é e s par
leurs e x t r é m i t é s e x t é r i e u r e s a u x t o u c h e s d'un c o l l e c t e u r q u i c o n s t i t u e
la p é r i p h é r i e e x t é r i e u r e de l'induit. O n v o i t dans la figure 38, p a g e 42,
l'induit en d i s q u e de F r i t s c h e sorti des i n d u c t e u r s .

1
Voir le renvoi p . 292.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE XIII

CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS

L a b o n n e r é a l i s a t i o n des c o n d i t i o n s m a g n é t i q u e s , é l e c t r i q u e s et m é -
c a n i q u e s de c o n s t r u c t i o n d'un i n d u i t e x i g e des c o n n a i s s a n c e s électri-
ques, l'habitude des études mécaniques et une certaine expérience.
N o u s a v o n s i n d i q u é au C h a p i t r e Y les p r o b l è m e s m é c a n i q u e s q u ' e l l e
i m p l i q u e ; au C h a p i t r e V I I , les q u e s t i o n s m a g n é t i q u e s q u i y i n t e r v i e n -
nent ; et la t h é o r i e du b o b i n a g e des induits a é t é e x p o s é e dans le Cha-
p i t r e X I I p r é c é d e n t . N o u s a v o n s c e p e n d a n t p e u insisté j u s q u ' i c i sur la
m a n i è r e c o n v e n a b l e d'assurer la fixité des c o n d u c t e u r s , d e les i s o l e r et
de l e s v e n t i l e r . L a m a j e u r e p a r t i e , s i n o n la t o t a l i t é de ce chapitre,
s'applique aux i n d u i t s des m a c h i n e s et m o t e u r s à c o u r a n t c o n t i n u ;
m a i s un g r a n d n o m b r e de ses i n d i c a t i o n s est é g a l e m e n t a p p l i c a b l e aux
m a c h i n e s à courants alternatifs.

NOYAUX

L a masse m é t a l l i q u e des n o y a u x est toujours d i v i s é e , q u e ceux-ci


s o i e n t f o r m é s ( 1 ) de disques de t ô l e , ( 2 ) de feuillard, o u ( 3 ) de fil de
f e r . L e f e u i l l a r d n'est e m p l o y é q u e p o u r les i n d u i t s e n d i s q u e q u i s'ai-
m a n t e n t p a r leurs faces l a t é r a l e s . P o u r les t a m b o u r s e t les a n n e a u x
a l l o n g é s , l ' e m p l o i de d i s q u e s e s t a m p é s dans de l a t ô l e d e fer d o u c e est
p r e s q u e u n i v e r s e l . L ' é p a i s s e u r o r d i n a i r e de ces t ô l e s est de 1 à 2 m i l l i -
m è t r e s . E l l e s d o i v e n t être e n fer très d o u x p r é s e n t a n t l e m o i n s p o s s i b l e
d ' h y s t é r é s i s . A p r è s a v o i r été e s t a m p é e s , e l l e s e x i g e n t un recuit et un
é b a r b a g e . A c e t effet c e r t a i n s constructeurs les m o n t e n t d'abord sur
l ' a r b r e , les m e t t e n t sur le tour ainsi a s s e m b l é e s , p u i s les d é m o n t e n t ,
e n l è v e n t les b a v u r e s en les passant l é g è r e m e n t sur une m e u l e d ' é m e r i et
les r e m o n t e n t ensuite. A v a n t d'être finalement m o n t é e s sur l ' a r b r e , elles
d o i v e n t ê t r e l é g è r e m e n t i s o l é e s l'une de l ' a u t r e . Dans ce but, o n r e v ê t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 329

o r d i n a i r e m e n t de p a p i e r g o m m e - l a q u é l'une des faces de c h a q u e d i s q u e


ou b i e n o n v e r n i t les d e u x f a c e s . L ' e m p l o i du m i c a serait ici t r o p coû-
teux ; il est d'ailleurs i n u t i l e , l ' i s o l e m e n t n ' a y a n t pas b e s o i n d ' ê t r e très
g r a n d . O n a l ' h a b i t u d e d e d o n n e r aux d e u x d i s q u e s t e r m i n a u x une plus
g r a n d e é p a i s s e u r a l l a n t j u s q u ' à 6 m i l l i m è t r e s . P o u r les induits en d i s q u e s ,
il faut i s o l e r le f e u i l l a r d par l ' i n t e r p o s i t i o n d'une b a n d e de p a p i e r g o m m e -
l a q u é . A f i n d e d o n n e r d e la r i g i d i t é au n o y a u en d i s q u e , o n l e m o n t e
h a b i t u e l l e m e n t sur une p l a q u e de f o n d a t i o n c i r c u l a i r e e n fer d o u x , au
centre de l a q u e l l e est d a n s c e r t a i n s cas fixé un p i v o t de fer sur l e q u e l
on r o u l e le f e u i l l a r d d'un c ô t é ou de l ' a u t r e . C o m m e e x e m p l e o n peut
citer le n o y a u d e l a m a c h i n e * V i c t o r i a · ( M o r d e y ) , (figure 3 4 6 ) .
P o u r les g r a n d e s m a c h i n e s le c o û t des d i s q u e s d ' i n d u i t d e v i e n t très
d i s p e n d i e u x e n r a i s o n de l a p e r t e c o n s i d é r a b l e résultant de l ' e s t a m p a g e .
Aussi a-t-ou p r o p o s é différentes m a n i è r e s d ' e m p l o y e r des segments.
P e n d a n t l o n g t e m p s les n o y a u x d ' i n d u i t des m a c h i n e s J o ë l o n t été f o r m é s
de p i è c e s s é p a r é e s , b o u l o n n é e s ensuite e n s e m b l e , de m a n i è r e à per-
m e t t r e le b o b i n a g e f r a c t i o n n é de l ' a n n e a u et l ' a s s e m b l a g e u l t é r i e u r de
ses é l é m e n t s . Dans l e s i n d u i t s m u l t i p o l a i r e s , en t a m b o u r , de K a p p
(fig. 337) les n o y a u x s o n t c o m p o s é s de s e g m e n t s f o r m é s , c o m m e l ' i n -

Fig. 236. — D i s q u e s d e noyau Fig-. 237. — Anneau G r a m m e à n o y a u d e


en s e g m e n t s ( K a p p ) . fil de fer (1871).

dique l a figure 236, de p i è c e s q u i c h e v a u c h e n t d'une c o u c h e à l ' a u t r e


et sont m u n i e s d ' a p p e n d i c e s à œ i l p o u r l ' a s s e m b l a g e par b o u l o n s .
Les n o y a u x e n fil de fer e m p l o y é s p a r G r a m m e ( f i g . 237) o n t été
l o n g t e m p s e n v o g u e . L e fil de fer d o u x , v e r n i ou l é g è r e m e n t o x y d é à la
surface, était r o u l é sur une f o r m e s p é c i a l e q u ' o n r e t i r a i t ensuite, puis
revêtu e x t é r i e u r e m e n t d'un i s o l a n t et f i n a l e m e n t r e c o u v e r t des sections
de fil de c u i v r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


330 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

L e s n o y a u x e n fil o n t trois i n c o n v é n i e n t s : ( I . ) au p o i n t de v u e m é -
c a n i q u e ils d o n n e n t m o i n s de sécurité que les n o y a u x f o r m é s de dis-
ques ; ( I L ) ils offrent, p o u r un v o l u m e d o n n é de n o y a u , u n e moindre
section de fer, à cause des interstices résultant de la f o r m e r o n d e des
fils : l e u r s e c t i o n n'est g u è r e q u e les trois-quarts de la s e c t i o n t o t a l e de
l'anneau ; ( I I I . ) ils p r é s e n t e n t r a d i a l e m e n t ,une d i s c o n t i n u i t é q u i c o n s -
t i t u e une résistance i n u t i l e au p a s s a g e du flux de f o r c e . L a substitu-
t i o n d'un fil de fer à section carrée au fil r o n d , c o m m e dans l e n o y a u
des m a c h i n e s d e l à C o m p a g n i e Gùlcher ( f i g . 3 3 0 ) , est une a m é l i o r a t i o n
à ces différents p o i n t s de v u e .

Pour tes machines à grand débit, Gramme a eu recours à une armature


représentée par la figure 238. Elle se composait d'un cylindre creux, formé de
100 barres de cuivre à section trapézoïdale, séparément recouvertes d'une enve-
loppe en papier bitumé, puis assemblées. Chaque barre se terminait aux deux
bouts par une équerre en cuivre. Ces extrémités en équerres formaient les col-
lecteurs qui étaient au nombre de deux. L'espace entre les deux jeux de p r o -

F i g . 238. — A n n e a u G r a m m e pour courants très i n t e n s e s .

jections radiales était rempli par des spires de fil de fer verni qui constituaient te
noyau, et finalement 100 autres barres de cuivre à section aplatie étaient reliées
extérieurement de l'équerre fixée à l'extrémité d'une barre à celle située à
l'autre extrémité de la barre voisine, ce qui réunissait les barres en un circuit
fermé. Quelques-unes des barres intérieures étaient plus épaisses et de forme
spéciale, de manière à pouvoir être clavetees sur des manchons à ailettes fixés
à l'arbre de rotation.
La machine Biirgin présente un autre mode de construction de noyaux en
fil de fer. L'induit de la machine originale, telle qu'elle arriva de Suisse, était
composé de plusieurs anneaux montés côte à côte sur le même arbre; ces
anneaux étaient faits de fil de fer roulé sur une carcasse carrée, portant ainsi
quatre bobines chacun. M. Crompton remplaça la forme carrée par un hexagone
à six bobines (fig. 239), et porta à dix le nombre des anneaux. Voici la des-
cription qu'il en donnait en 1882 : — « Chaque anneau se compose d'une bobine
hexagonale en fil de fer, montée sur une légère étoile métallique, dont les bras

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 331

aboutissent aux angles de l'hexagone. Sur ce bâti hexagonal sont montées six
bobines de fil de cuivre isolé, plus épaisses au milieu des côtés du polygone,
ce qui donne très approximativement à chaque anneau la forme d'un cercle.
Chacune des six bobines est séparée de sa voisine, et chacun des dix anneaux
est fixé sur l'arbre en avance d'un sixième de la circonférence par rapport à
celui qui le précède, de sorte que les soixante bobines distinctes dont se com-
pose l'induit sont par le fait equidistantes les unes des autres autour de l'axe
et symétriquement disposées si on les regarde de bout.
Le collecteur comporte 60 touches reliées chacune à l'extrémité d'une des
bobines élémenlaires et au commencement de celle qui est en avance sur elle

F i g . 239. — A n n e a u é l é m e n t a i r e d'un i n d u i t C r o m p t o n - B i i r g i n .

d'un sixième de tour, c'est-à-dire à la bobine correspondante de l'anneau v o i -


sin. Cet induit offre, au point de vue pratique, les avantages considérables
d'une construction facile, légère et assurant une excellente ventilation.
Cette disposition se ressentait cependant de l'échaulTement résultant de l'in-
duction entre les anneaux contigus,et l'on avait dû. alterner les positions res-
pectives des anneaux, au heu de les disposer en hélice régulière autour de
l'arbre, eomme on le voit sur la plupart des dessins de cette machine bien
connue. Elle ne présentait, à l'expérience, aucune supériorité sur l'induit ordi-
naire de Gramme, pourvu que ce dernier fût mécaniquement bien élabli et
eût un noyau d'une section de fer suflisante.

Noyaux dentés et lisses. — L ' i n d u i t c o n s t r u i t par P a c i n o t t i e n 1864


(fig. 240) c o m p o r t a i t un n o y a u denté e n fer massif, s u p p o r t é par des
bras de b r o n z e , et sur les dents d u q u e l é t a i e n t fixés de d i s t a n c e en dis-
tance des m o r c e a u x de buis destinés à s é p a r e r les spires conductrices.
On a beaucoup e m p l o y é depuis q u e l q u e t e m p s , n o t a m m e n t p o u r l e s m o -
teurs, des d i s q u e s de n o y a u d e n t é s . I l s p r é s e n t e n t sur les n o y a u x lisses
deux a v a n t a g e s : ( I . ) l e s dents sont un e x c e l l e n t m o d e d'entraînement
pour les c o n d u c t e u r s r e t e n u s par elles ; ( I I . ) ces dents p e u v e n t ê t r e très
rapprochées des surfaces p o l a i r e s des inducteurs ; l ' e n t r e f e r se t r o u v e
ainsi r é d u i t , ce q u i a m é l i o r e le c i r c u i t m a g n é t i q u e et r é d u i t e n consé-
quence la q u a n t i t é de c u i v r e nécessaire à la p r o d u c t i o n du flux m a g n é -
tique. E n r e g a r d de ces r é e l s a v a n t a g e s les dents ont l ' i n c o n v é n i e n t

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


332 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

d ' e x i g e r un peu p l u s de t r a v a i l p o u r la r é g u l a r i s a t i o n de la cannelure


q u i les s é p a r e , le n o y a u une fois constitué ; de r e n d r e plus difficile
l ' i s o l a t i o n des c o n d u c t e u r s p a r r a p p o r t aux n o y a u x ; e t d e p e r m e t t r e un
d é v e l o p p e m e n t plus facile des courants parasites sur les surfaces p o l a i -
res ( v o i r p . 9 4 ) . O n p e u t r e m é d i e r à ce d e r n i e r i n c o n v é n i e n t e n m u l -
t i p l i a n t les dents et e n r é d u i s a n t l e u r l a r g e u r , a i n s i q u ' e n d i v i s a n t les
surfaces p o l a i r e s p a f des g o r g e s et e n a u g m e n t a n t l'entrefer, ou bien,
ce q u i v a u t e n c o r e m i e u x , en r e v ê t a n t finalement t o u t l ' i n d u i t , y c o m p r i s
les c o n d u c t e u r s de c u i v r e , d'une c o u c h e de fil de f e r . — A u p o i n t de v u e
m a g n é t i q u e l e g a i n o b t e n u p a r l ' e m p l o i d e d e n t s e n t r e les c o n d u c t e u r s
est si g r a n d q u e c e r t a i n s c o n s t r u c t e u r s , et n o t a m m e n t MM. Chamber-
B
l a i n e t H o o k h a m , et M M . L a h m e y e r e t C' ,' o n t a j o u t é de toutes p i è c e s
d e s p r o j e c t i o n s e n f e r à l ' e x t é r i e u r de d i s q u e s l i s s e s .

O n v e r r a des e x e m p l e s de n o y a u x e n d i s q u e munis de dents en


s a i l l i e sur leurs faces l a t é r a l e s d a n s l e s i n d u i t s Brush ( f i g . 308 et
309).

F i g . 240. — I n d u i t en anneau F i g . 2 4 1 . — Disque d e


denté de Pacinotti. noyau repercé.

Noyaux repercés. •— L e s a v a n t a g e s q u e p r é s e n t e n t les disques dentés


p o u r les n o y a u x d'induits sont e n c o r e p l u s a c c e n t u é s d a n s des d i s q u e s
p e r c é s d ' o u v e r t u r e s dans l e v o i s i n a g e i m m é d i a t d e l a p é r i p h é r i e . T e l s
sont ceux e m p l o y é s par Wenstrôm, Swinburne, Brown (fig. 241).
D a n s ces i n d u i t s , les c o n d u c t e u r s s o n t r e n f e r m é s dans des tubes de
matière isolante qui garnissent les t r o u s . B r o w n a r e c o n n u q u e ce
m o d e de c o n s t r u c t i o n d o n n a i t la p l u s absolue s a t i s f a c t i o n au d o u b l e
p o i n t de v u e m é c a n i q u e et m a g n é t i q u e . On l ' e m p l o i e aussi b i e n pour
les m a c h i n e s à tambour q u e p o u r les m a c h i n e s à a n n e a u ( f i g . 338,
463 e t 464) c o n s t r u i t e s dans l e s a t e l i e r s d ^ O e r l i k o n . I l ne convient
cependant pas p o u r l e s v o l t a g e s supérieurs à une c e n t a i n e de volts,
en raison des difficultés d ' i s o l a t i o n q u ' i l p r é s e n t e . L'une des p r o -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 333

priétés p a r t i c u l i è r e s e t très p r é c i e u s e s des disques de n o y a u ainsi r e p e r -


cés est de p r o t é g e r c o m p l è t e m e n t les fils de c u i v r e q u ' i l s e m p r i s o n n e n t ,
si massifs q u ' i l s s o i e n t , c o n t r e l e s c o u r a n t s parasites q u i autrement
s'y d é v e l o p p e r a i e n t .

B r a s et M a n c h o n s d ' e n t r a î n e m e n t . — L e s n o y a u x d'induits sont


g é n é r a l e m e n t m o n t é s sur une carcasse i n t é r i e u r e ou un m a n c h o n s o l i -
dement c l a v e t é sur l'arbre. Dans les i n d u i t s en t a m b o u r , ce s u p p o r t
intérieur peut être s u p p r i m é , l e s d i s q u e s des n o y a u x étant e u x - m ê m e s
d i r e c t e m e n t c l a v e t é s sur l ' a r b r e . M M . L a u r e n c e et S c o t t p o i n ç o n n e n t
des trous h e x a g o n a u x au centre des d i s q u e s et les e n f i l e n t sur un
arbre à six p a n s .
Dans les induits en t a m b o u r de W e s t o n , les d i s q u e s , p e r f o r é s en
vue de l a v e n t i l a t i o n , sont c l a v e t é s sur l ' a r b r e , c o m m e on le voit sur
la figure 242.
S o u v e n t les d i s q u e s d e n o y a u x s o n t a s s e m b l é s à. l ' a i d e d e b o u l o n s

F i g . 242. — N o y a u et d i s q u e de n o y a u de l'induit W e s t o n .

isolés qui les t r a v e r s e n t , et e n t r a î n é s p a r une é t o i l e c l a v e t é e sur l ' a r b r e


c o m m e dans l a figure 243. On fait à. ce m o d e de c o n s t r u c t i o n l ' o b j e c -
tion que les trous de b o u l o n s r é d u i s e n t la section effective du fer e t
é t r a n g l e n t l e flux m a g n é t i q u e . I l est é g a l e m e n t i n d i s p e n s a b l e q u e les
b o u l o n s s o i e n t i s o l é s des b r a s des é t o i l e s par des r o n d e l l e s et des dés
en ébonite, sans quoi ils constitueraient avec le b â t i un circuit
fermé f a c i l i t a n t le d é v e l o p p e m e n t d e c o u r a n t s parasites q u i l ' é c h a u -
feraient.
MM. P a t e r s o n e t G o o p e r o n t e m p l o y é un m e i l l e u r m o d e d'attache
pour les n o y a u x de leurs d y n a m o s % P h é n i x « ( f i g . 3 4 2 ) , dans les-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


334 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

quels la s e c t i o n du f e r n'est q u e très l é g è r e m e n t r é d u i t e et où les


b o u l o n s sont t o u t à fait i n t é r i e u r s aux d i s q u e s ( f i g . 2 4 4 ) .

Fig. 243. — Mode d ' e n t r a î n e m e n t des F i g . 244. — ( P a t e r s o n et C o o p e r ) Mode


disques de noyau. d ' e n t r a î n e m e n t des d i s q u e s de n o y a u .

U n e a u t r e m a n i è r e de faire consiste à p r a t i q u e r à l ' i n t é r i e u r des


disques en t ô l e des e n t a i l l e s en q u e u e d ' a r o n d e dans l e s q u e l l e s v i e n n e n t

d ' e n t r a î n e m e n t assemblés en q u e u e d ' a r o n d e a v e c les d i s q u e s d e n o y a u .

s ' e n g a g e r de l o n g s flasques p a r t a n t de l ' a r b r e . M . C r o m p t o n i n t r o d u i s i t


en 1886 ce m o d e de c o n s t r u c t i o n sous la f o r m e r e p r é s e n t é e par la

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 33o

figure 245. L e s bobines sont r o u l é e s sur un n o y a u de fer f o r m é de


disques de t ô l e d o u c e très m i n c e fixés sur un a r b r e c e n t r a l par l ' e n -
tremise de petits b r a s r a d i a u x e n g a g é s en q u e u e d ' a r o n d e dans des
entailles d é c o u p é e s à la c i r c o n f é r e n c e i n t é r i e u r e des d i s q u e s . A certains
i n t e r v a l l e s des e s p a c e s laissés l i b r e s entre les disques f a c i l i t e n t la v e n -
tilation. L e s b o b i n e s , au nombre de 96 dans q u e l q u e s - u n e s de ces
machines et de 120 dans d'autres, sont enfilées sur le c y l i n d r e , et m a i n -
tenues e n p l a c e par de p e t i t s c o i n s en buis e t des frettes e x t é r i e u r e s en
fil de l a i t o n m i n c e . Cet induit a 70 c e n t i m è t r e s de l o n g sur 32 centi-

F i g . 246. — A r b r e d ' e n t r a î n e m e n t d'une m a c h i n e C r o m p t o n .

mètres de d i a m è t r e e x t é r i e u r . L ' a r b r e e n a c i e r A p o r t e c i n q p r o f o n d e s
rainures l o n g i t u d i n a l e s d e s t i n é e s à r e c e v o i r c i n q b r a s B en f o r m e de
flasques assemblés à queue d'aronde a v e c les d i s q u e s d e f e r C. T o u s
les 5 c e n t i m è t r e s e n v i r o n sur l a l o n g u e u r sont i n t e r p o s é e s les p i è c e s D ,
de 3 m i l l i m è t r e s d'épaisseur, destinées à m a i n t e n i r les v i d e s de v e n t i -

Fig. 247. — Bobinage du iil F i g . 248. — ( K a p p ) M o d e d ' e n t r a î n e m e n t des


sur l ' i n d u i t C r o m p t o n . d i s q u e s de n o y a u .

lation. L e m o d e de l i a i s o n a d o p t é par M . C r o m p t o n e n t r e l ' i n d u i t - e t l ' a r b r e


de r o t a t i o n au m o y e n de r a i n u r e s p r a t i q u é e s dans ce d e r n i e r est é g a -
lement r e p r é s e n t é p a r la figure 246, q u i m o n t r e un a r b r e à trois rai-
nures sans a f f a i b l i s s e m e n t de r é s i s t a n c e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


336 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

E n r a i s o n d e l e u r c o û t é l e v é de f a ç o n , ces a r b r e s r a i n é s s o n t aujour,
d'hui r a r e m e n t e m p l o y é s ; un m a n c h o n à ailettes, glissant sur un
a r b r e c y l i n d r i q u e et fixé p a r une l o n g u e c l a v e t t e est m o i n s c o û t e u x et
tout aussi mécanique. La figure 247 représente une disposition
à m a n c h o n de ce g e n r e , d e s t i n é e à r e c e v o i r un enroulement d'une
seule c o u c h e de fil e x t é r i e u r e m e n t et de d e u x couches intérieures.

a:

F i g . 249. — M a c h i n e K a p p . — Section d ' i n d u i t et v u e de b o u t m o n t r a n t


le c o l l e c t e u r .

P l u s r é c e m m e n t , M . C r o m p t o n a constitué d'une seule p i è c e les q u a t r e


flasques r a d i a u x et l e m a n c h o n , au l i e u de les d i v i s e r e n q u a t r e p i è c e s
distinctes.
L e m o d e d'entraînement a d o p t é p a r M . K a p p p o u r les d i s q u e s de
n o y a u est i n d i q u é d a n s l e s figures 248 e t 2 4 9 . Sur l ' a r b r e e s t e m m a n c h é
à g l i s s e m e n t un l o n g m a n c h o n g a r n i de t r o i s flasques r a d i a u x destinés

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 337

à soutenir les d i s q u e s du n o y a u . Ce m a n c h o n , q u ' u n e l o n g u e c l a v e t t e


l é g è r e m e n t forcée dans une rainure empêche de tourner, a l'avantage
de d o n n e r à l ' a r b r e de l a r i g i d i t é . P o u r les i n d u i t s en a n n e a u , cette
structure i n t é r i e u r e est en b r o n z e ; p o u r c e u x e n t a m b o u r , e l l e est e n
fonte. L e m a n c h o n est a r r ê t é p a r une r o n d e l l e e x t r ê m e b u t é e c o n t r e un
é p a u l e m e n t d e l ' a r b r e , et les d i s q u e s du n o y a u sont serrés e n t r e les
deux p l a q u e s t e r m i n a l e s par un é c r o u v i s s é sur l ' a r b r e .
L e m o d e de s o u t è n e m e n t et d ' e n t r a î n e m e n t e m p l o y é p a r B r o w n pour
les disques de n o y a u x est r e p r é s e n t é p a r lafigure2 5 0 .

F i g . 250. — ( B r o w n ) M o d e d ' e n t r a î n e m e n t des disques de n o y a u .

L e s m a n c h o n s , au n o m b r e d e deux, sont m u n i s chacun de quatre


ailettes et de l a r g e s r o n d e l l e s t e r m i n a l e s . I l s sont emmanchés sur
l'arbre e t m a i n t e n u s p a r des clavettes q u i les e m p ê c h e n t de t o u r n e r .
L'un d'eux v i e n t buter c o n t r e un é p a u l e m e n t r é s e r v é sur l ' a r b r e ; l'autre
est serré, au m o y e n d'un l a r g e é c r o u à. six p a n s , c o n t r e les d i s q u e s une
fois a s s e m b l é s . On v o i t que d e u x des a i l e t t e s de c h a q u e m a n c h o n p o r -
tent sur c h a m p u n e l a n g u e t t e ; e l l e c o r r e s p o n d à une e n t a i l l e p r a t i q u é e
dans les disques au m o m e n t de l ' e s t a m p a g e et, e n s'y e n g a g e a n t ,
les m a i n t i e n t i m m o b i l e s . Sur les q u a t r e ailettes de c h a q u e m a n c h o n ,
deux sont plus courtes q u e les a u t r e s ; elles sont, dans l e mon-
tage, o p p o s é e s a u x d e u x ailettes plus l o n g u e s d e l'autre m a n c h o n , de
manière à c o n s t i t u e r un e m b o î t a g e q u i p e r m e t de c o m p r i m e r les d i s q u e s
au fur et à m e s u r e du s e r r a g e des m a n c h o n s l'un c o n t r e l'autre. — On

DYNAMO-ÉLECTRIQUES, 22

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


338 .1IACI1INES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

t r o u v e des d i s p o s i t i o n s tout à fait a n a l o g u e s pour le m a i n t i e n des


disques dans les d y n a m o s « M a n c h e s t e r » d ' H o p k i n s o n et dans les
m a c h i n e s c Castle » de H o l m e s .
U n e a u t r e d i s p o s i t i o n , très r e m a r q u a b l e par sa s o l i d i t é , est e m p l o y é e
dans les d y n a m o s et m o t e u r s I m m i s c h . L ' a r b r e p o r t e d e u x c ô n e s de
bronze maintenus p a r des e l a v e t t e s basses f f qui les e m p ê c h e n t de
t o u r n e r . Dans chacun d'eux sont p r a t i q u é e s , à 120° l'une de l'autre, trois
r a i n u r e s i n c l i n é e s suivant la p e n t e du c ô n e . Ces r a i n u r e s r e ç o i v e n t deux

1
filili
1 ililil 1ili III
l'illlll'illlllllllll'lilt'
!i I1 I1! lilllll
il ri1illlill'l'l lll 'lllllllllll'l'
Pli
iSSlI.'IIUIHl ¡111 1lihltl1lli p 1 1 ll i R;
II!ifllnili ¡11':! !ilu l'Iil'lillitll»

V
L.
F i g . 231. — ( I m m i s c l i ) M o d e d ' e n t r a î n e m e n t par d e u x c ô n e s .

à d e u x t r o i s flasques de b r o n z e b q u i f o r m e n t l e p o n t entre les d e u x


c ô n e s et sont é v i d é s en l e u r m i l i e u , de a en d, de m a n i è r e à r e c e v o i r les
d i s q u e s m a i n t e n u s p a r les é p a u l e m e n t s a d. En v i s s a n t un é c r o u n sur
l ' a r b r e , o n serre les c ô n e s l'un c o n t r e l ' a u t r e ; l ' i n c l i n a i s o n des rainures
assujettit f e r m e m e n t les flasques, et les d i s q u e s se t r o u v e n t supportés
en t r o i s p o i n t s de l e u r é v i d e m e n t i n t é r i e u r . — Des d i s p o s i t i o n s c o n i q u e s
plus ou m o i n s a n a l o g u e s à ce m o n t a g e m é c a n i q u e m e n t très b i e n c o m -
p r i s se r e n c o n t r e n t dans c e r t a i n e s f o r m e s d'induits en a n n e a u étudiés
par S p a n g et dans d'autres dus à R a f f a r d . Dans les m a c h i n e s I m m i s c h
les d i s q u e s ne sont n i e n t a i l l é s ni c l a v e t é s ; m a i s aux e x t r é m i t é s et à
certains i n t e r v a l l e s s o n t i n s é r é s des d i s q u e s de f e r plus é p a i s , m u n i s
de saillies d ' e n t r a î n e m e n t .
Il ne faut pas o u b l i e r que les efforts de c o m p r e s s i o n d i m i n u e n t la
p e r m é a b i l i t é du fer dans le sens de ces efforts, e t q u e les efforts con-
traires l'augmentent.

- I s o l a t i o n d e s n o y a u x d e f e r . — On a déjà v u p r é c é d e m m e n t c o m m e n t
o n isole i n t é r i e u r e m e n t les uns des autres les d i s q u e s de n o y a u x par

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 339

l ' i n t e r p o s i t i o n de p a p i e r ou de v e r n i s . T h é o r i q u e m e n t il est inutile de


les i s o l e r de l ' a r b r e d a n s le cas où ils sont d i r e c t e m e n t enfilés sur
lui ; c'est surtout à leur périphérie qu'il faut empêcher des con-
tacts m é t a l l i q u e s de s ' é t a b l i r entre eux. M a i s , en plus de c e t t e isola-
tion i n t e r n e , ils d o i v e n t ê t r e très s o i g n e u s e m e n t p r o t é g é s c o n t r e tout
contact extérieur a v e c les fils d e c u i v r e . On e n d u i t généralement le
noyau e n t i è r e m e n t t e r m i n é d'une ou d e u x couches de v e r n i s , puis o n l e
recouvre d'une é p a i s s e u r d e tissu g r o s s i e r , c o m m e du c a n e v a s , du p a p i e r
de m a n i l l e , ou du p a p i e r W i l l e s d e n , e n d u i t ensuite l u i - m ê m e de v e r n i s
à la g o m m e - l a q u e ou de v e r n i s au c a o u t c h o u c de S c o t t . Dans le cas des
n o y a u x p o u r b o b i n a g e en a n n e a u , il faut p r e n d r e p a r t i c u l i è r e m e n t soin
d'isoler l ' é v i d e m e n t i n t é r i e u r et les b r a s d ' e n t r a î n e m e n t c o n t r e l e s q u e l s
s'appuie l a p a r t i e i n t e r n e de l ' e n r o u l e m e n t . P o u r les n o y a u x e n tam-
bour, ce sont les e x t r é m i t é s et les parties de l ' a r b r e a v o i s i n a n t e s q u ' i l
faut s p é c i a l e m e n t g a r n i r d ' i s o l a n t . Dans les i n d u i t s en anneaux de
K a p p , de m i n c e s f e u i l l e s de fibre v u l c a n i s é e , a y a n t la f o r m e i n d i q u é e
sur la figure¡248, p a g e 335, sont a p p l i q u é e s d e c h a q u e c ô t é des flasques
d'entraînement, et d'autres b a n d e s de m ê m e m a t i è r e r e v ê t e n t la p é r i -
phérie i n t e r n e , entre les flasques, c o m m e o n le v o i t sur l a figure. Le
mode d ' i s o l a t i o n des a n n e a u x Brush est d é c r i t en m ê m e t e m p s q u e la
machine.

Ventilation des i n d u i t s . — T r o i s causes c o n c o u r e n t à échauffer un


induit : l ' h y s t é r é s i s , les c o u r a n t s parasites et la c h a l e u r d é v e l o p p é e par
le passage du c o u r a n t dans les c o n d u c t e u r s . L a d i v i s i o n r a i s o n n é e des
masses m é t a l l i q u e s et l ' i s o l a t i o n s o i g n é e d o n t il est p a r l é p r é c é d e m m e n t
sont p r é c i s é m e n t des m o y e n s de p r é v e n i r une a b s o r p t i o n i n u t i l e d ' é n e r g i e
et d'éviter le d a n g e r d'un échauffement e x a g é r é . Dans le cas des e n r o u -
lements en a n n e a u il e x i s t e o r d i n a i r e m e n t une surface suffisante e x p o -
sée à l'air p o u r d i s s i p e r la c h a l e u r d é v e l o p p é e dans les conducteurs,
sans q u ' i l soit b e s o i n de r e c o u r i r à un m o d e spécial q u e l c o n q u e de v e n -
tilation. Mais q u a n d il s ' a g i t d e g r a n d s et robustes induits en t a m b o u r ,
il peut être nécessaire d e f o r c e r la v e n t i l a t i o n p a r un p r o c é d é q u e l c o n -
que. Dans les induits en t a m b o u r b o b i n é s à l ' a n c i e n n e m a n i è r e , avec
chevauchement des b o b i n e s é l é m e n t a i r e s aux e x t r é m i t é s , une v e n t i l a -
tion c o n v e n a b l e est i m p o s s i b l e . C o m m e e x e m p l e de n o y a u x v e n t i l é s o n
peut se r e p o r t e r à l ' i n d u i t C r o m p l o n ( f i g . 245, p . 3 3 4 ) , et à l ' i n d u i t de
Kapp en t a m b o u r ( f i g . 252 c i - a p r è s ) .

P o u r les b o b i n a g e s en t a m b o u r à c o n n e x i o n s t e r m i n a l e s spéciales,
faites de toutes p i è c e s , la d i s p o s i t i o n c o m p o r t a n t d'une p a r t des c o n -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


340

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 341

nexions en spirales et de l'autre des connexions radiales droites (comme


dans la figure 211, p. 309) est préférable à celle à deux jeux de spirales
de la figure 213, p. 311 ; la première agit mieux en effet comme venti-
lateur. Certains constructeurs emploient des manchons à ailettes incli-
nées comme les ailes d'un moulin à Y e n t , de manière à forcer le passage
d e l'air à l'intérieur de l'induit.

É q u i l i b r e des i n d u i t s . •— I l est de toute nécessité que les induits


soient aussi bien équilibrés que possible ; autrement il se produit en
marche des vibrations nuisibles. La plupart des constructeurs vérilient
le bon équilibre de leurs induits en les faisant reposer par leurs extré-
mités sur deux rails métalliques parallèles ou deux couteaux et en obser-
vant si dans toutes les positions ils conservent bien leur immobilité sans
tendance à tourner sur eux-mêmes. I l est bon, en effet, de faire cette
vérification une première fois sur le noyau terminé prêt à passer au
bobinage, et une seconde fois après l'application du fil. Si les disques
extrêmes du noyau sont en tôle plus épaisse, on peut, après coup, soit
y percer des trous, soit couler du plomb dans ces trous, pour rétablir
l'équilibre.
On remarquera que ce mode de vérification de l'équilibre statique
n'est pas parfait; si, en effet, les masses qui s'équilibrent autour de
l'axe sont distribuées d'une façon dissymétrique sur sa longueur, il y
aura, en marche, tendance à mouvement autour de l'axe de moment
d'inertie maximum, ce qui donnera lieu à des vibrations.

CONDUCTEURS

Coins d ' e n t r a î n e m e n t . — I l est absolument indispensable que les


conducteurs de l'induit soient mécaniquement entraînés dans le mouve-
ment ; autrement ils peuvent être arrachés de leurs positions par l'effort
tangentiel qui s'exerce dans le champ magnétique (p. 108). Cette action
nuisible a moins de tendance à se produire avec l e s enroulements en
anneau qu'avec les bobinages en tambour, parce que l e s fils rentrant à
l'intérieur d e l'anneau contribuent à les maintenir et viennent presser
contre les bras d'entraînement. Mais, même dans ce cas, on reconnaît
la nécessité de disposer à la périphérie, en u n certain nombre de points,
des pièces d'entraînement effectif. Crompton fait usage de coins de buis
placés entre les disques de noyau. I l a adopté le mode de construction
de la figure 245, page 334, dans lequel des morceaux de fibre D sont

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


342 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

r é p a r t i s de distance en distance pour assurer la v e n t i l a t i o n entre les


disques ; les espaces ainsi réservés c o n v i e n n e n t très b i e n p o u r l'insertion
ultérieure de coins d'entraînement e n t r e les fils. K a p p e m p l o i e d'étroites
p r o j e c t i o n s en acier p r o t é g é e s par un r e v ê t e m e n t en fibre d u r e . Goolden
place des bandes de fibre blanche dure dans d ' é t r o i t e s r a i n u r e s fraisées
sur la l o n g u e u r du n o y a u ; il m e t o r d i n a i r e m e n t 24 p e t i t e s clavettes de
l i b r e , fixées dans 8 cannelures à 45 d e g r é s l'une de l'autre et qui en
r e ç o i v e n t chacune 3. Elles sont m a i n t e n u e s p a r les frettes extérieures.
Dans les induits en disque les coins d ' e n t r a î n e m e n t d o i v e n t faire saillie
sur les faces l a t é r a l e s ; on les insère entre les c o u c h e s de feuillard du
noyau.

F r e t t e s . — Quand le b o b i n a g e d'un induit est t e r m i n é , les conduc-


teurs en d o i v e n t être m a i n t e n u s en place par un c e r t a i n n o m b r e de

Fig. 253. — Induit complet en tambour (modèle Veston).

liens e x t é r i e u r s connus sous le n o m de frettes. Ces frettes d o i v e n t être


très fortes, de m a n i è r e à résister à l ' a c t i o n de la force centrifuge et à
e m p ê c h e r les conducteurs de c é d e r aux efforts l a t é r a u x a u x q u e l s ils sont
soumis dans l e c h a m p . E l l e s d o i v e n t en m ê m e t e m p s o c c u p e r très peu
d é p l a c e en épaisseur r a d i a l e , l'espace entre les c o n d u c t e u r s et les faces
p o l a i r e s d e v a n t être aussi r é d u i t que p o s s i b l e . L e s constructeurs em-
p l o i e n t à cet effet les uns du l a i t o n é t i r é dur ; l e s autres du bronze
p h o s p h o r e u x ; d'autres enfin de l ' a c i e r . On se sert p r e s q u e invariable-
m e n t dans la p r a t i q u e de fil é t a m é q u i , après e n r o u l e m e n t , peut être
soudé de m a n i è r e à f o r m e r une sorte de r u b a n c o n t i n u . I l n'est pas
p o s s i b l e de fixer de r è g l e s pour les d i m e n s i o n s des frettes. P o u r le fil
d'acier une d i m e n s i o n assez usuelle est celle d'un fil d'un peu moins
d'un m i l l i m è t r e de d i a m è t r e . L e fil est r o u l é en b a n d e s de 10 à 30 tours
chacune en l a r g e u r , les bandes étant e l l e s - m ê m e s e s p a c é e s de 2, 5 à 5 cen-
t i m è t r e s l'une de l'autre. Sous chacune de ces frettes il faut a v o i r soin de
p l a c e r une b a n d e i s o l a n t e . On la f o r m e h a b i t u e l l e m e n t de deux couches :

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 3S-3

la première est une b a n d e de fibre v u l c a n i s é e m i n c e , un peu plus l a r g e


que la frette de fils, la s e c o n d e est c o m p o s é e de petites l a m e s de m i c a
mises bout à b o u t et à peu près de la m ê m e l a r g e u r q u e la p r é c é d e n t e .
Quelques constructeurs m e t t e n t sous c h a q u e frette un m i n c e ruban de
laiton dont les extrémités peuvent être renversées et soudées de
manière à empêcher les deux bouts du fil de se dérouler. La
figure 253 représente, un i n d u i t en t a m b o u r de W e s t o n c o m p l è t e m e n t
terminé (à c o m p a r e r a v e c la figure 242, p a g e 333) sur l e q u e l o n v o i t
cinq rangs de frettes.
M. Esson d i t q u e M M . P a t e r s o n e t C o o p e r e m p l o i e n t trois d i m e n s i o n s
de corde à p i a n o en a c i e r de 45, 50 et 65 m i l l i m è t r e s de d i a m è t r e
respectivement. Sur un i n d u i t en t a m b o u r de 25 c e n t i m è t r e s de dia-
mètre et de 30 c e n t i m è t r e s d e l o n g u e u r , ils m e t t r a i e n t six frettes en fil
c m
de 45 m i l l i m è t r e s , a y a n t chacune environ l ,5 de l a r g e u r et f o r m é e
de trois fils à peu près ; les frettes s e r a i e n t ainsi à un peu moins
de 37 m i l l i m è t r e s d ' i n t e r v a l l e l'une de l ' a u t r e . Sur un t a m b o u r ou
un anneau de 50 c e n t i m è t r e s de d i a m è t r e ils m e t t r a i e n t du fil de
9 m i l l i m è t r e s , e n frettes de 12 m i l l i m è t r e s de l a r g e p l a c é e s à 5 c e n t i -
mètres d ' i n t e r v a l l e .

BOBINAGE DES INDUITS

Etant donné un des s c h é m a s étudiés au C h a p i t r e X I I , il s'agit de v o i r


comment on r é a l i s e r a à l ' a t e l i e r le b o b i n a g e q u ' i l i n d i q u e . N o u s nous
occuperons d ' a b o r d des b o b i n a g e s en a n n e a u p o u r passer ensuite à ceux
en tambour. Quant aux b o b i n a g e s en d i s q u e p r a t i q u é s p a r D e s r o z i e r s et
par Fritsche, ils o n t été s u f f i s a m m e n t c o n s i d é r é s p a g e 326.
Il y a une g r a n d e d i s t i n c t i o n à faire e n t r e les i n d u i t s e n r o u l é s de
fil et ceux f o r m é s de sections c o m p o s é e s de b a r r e s reliées par des
connecteurs, ou de s e c t i o n s é t a b l i e s d ' a v a n c e séparément, puis r a p -
portées, au l i e u d'être d i r e c t e m e n t r o u l é e s , sur le n o y a u . Les induits
enroulés de fil s'appliquent ordinairement à des d é b i t s i n f é r i e u r s à
200 ampères, c o m p r e n a n t toutes les m a c h i n e s d ' é c l a i r a g e par arc. P o u r
les induits d o n t l e d é b i t d o i t d é p a s s e r 200 a m p è r e s o n e m p l o i e plus
généralement des b a r r e s de c u i v r e , à cause du peu d e f l e x i b i l i t é des fils
nécessaires au passage de courants aussi intenses. Ces d e u x classes
d'induits c o m p r e n n e n t plusieurs variétés ci-après énumérées :

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


344 MACHINES DYNAMOÉLECTRIQUES

INDUITS A FILS INDUITS A BAltitES

Fil rond unique. Barres rondes.


D e u x ou plusieurs fils m e n é s p a r a i Barres rectangulaires.
lèlement. Bandes r e c t a n g u l a i r e s i m b r i q u é e s .
Fil tornirne. Barres rectangulaires de fil to-
F i l carré u n i q u e . ronné et c o m p r i m é .
Fil rectangulaire unique. Formes forgées spéciales.
C o n d u c t e u r l a m i n é en b a n d e s .

U n fil r o n d u n i q u e , à deux guipages de coton, verni ensuite à la


g o m m e - l a q u e , est c o u r a m m e n t a d o p t é p o u r les petites m a c h i n e s et les
dynamos à arcs. — P o u r les p e t i t e s m a c h i n e s à g a l v a n o p l a s t i e on
emploie f r é q u e m m e n t plusieurs fils ronds conduits parallèlement et
c o m p r e n a n t j u s q u ' à v i n g t ou trente fils distincts g r o u p é s e n s e m b l e côte
à c ô t e . — L ' é t i r a g e au banc fournit des fils à s e c t i o n r e c t a n g u l a i r e de
t o u t e s d i m e n s i o n s ; m a i s , p o u r a v o i r une plus g r a n d e s o u p l e s s e au bobi-
n a g e , o n l e u r p r é f è r e g é n é r a l e m e n t un c o n d u c t e u r r e c t a n g u l a i r e formé
d e trois ou quatre b a n d e s distinctes j u x t a p o s é e s , p u i s r e v ê t u e s d'un
ruban qui les maintient assemblées. Ce g e n r e de conducteur est
e m p l o y é d e p u i s plusieurs a n n é e s d a n s les d y n a m o s d e H o l m e s . I l a l'a-
v a n t a g e d ' é l i m i n e r p a r t i e l l e m e n t les c o u r a n t s p a r a s i t e s d a n s l e s con-
ducteurs eux-mêmes.
P o u r l e s induits à b a r r e s o n e m p l o i e des b a r r e s r e c t a n g u l a i r e s pla-
c é e s d e c h a m p sur le n o y a u , plus s o u v e n t que des b a r r e s r o n d e s . Mais
ces induits à barres massives donnent lieu à de sérieuses pertes
d'énergie qu'on ne r e n c o n t r e pas avec l e s i n d u i t s e n r o u l é s de fil.
Q u a n d les c o n d u c t e u r s o n t une l a r g e u r c o n s i d é r a b l e , il s'y d é v e l o p p e
d e s c o u r a n t s parasites l o r s q u ' i l s e n t r e n t dans le c h a m p m a g n é t i q u e ou
q u ' i l s l e quittent, e n r a i s o n d e ce f a i t q u ' u n des a n g l e s de la b a r r e peut
ê t r e a m e n é à c o u p e r une p a r t i e du c h a m p d o n t l ' i n t e n s i t é n'est pas la
m ê m e que celle d'une autre partie coupée en m ê m e t e m p s par le bord
o p p o s é de la m ê m e b a r r e . Si l ' o n s u p p o s e u n e v i t e s s e p é r i p h é r i q u e de
520 à 550 m è t r e s p a r m i n u t e , il est p r a t i q u e m e n t i m p o s s i b l e , q u e l q u e
f o r m e q u e l ' o n d o n n e aux a n g l e s p o l a i r e s , d ' é v i t e r un cchauffement
e x c e s s i f d e b a r r e s de c u i v r e m a s s i f sur l ' i n d u i t , si l e u r l a r g e u r d é p a s s e
5 m i l l i m è t r e s . L ' é n e r g i e a b s o r b é e p a r la p r o d u c t i o n de ces courants
p a r a s i t e s p e u t m ê m e r é d u i r e de plus de 5 p . 100 l e r e n d e m e n t de la
m a c h i n e . L e m ê m e p h é n o m è n e ne se p r é s e n t e pas p o u r les induits d o n t
les b a r r e s s o n t p r o f o n d é m e n t e n g a g é e s dans des dents ou p a s s e n t à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 345

travers des trous p r a t i q u é s dans les d i s q u e s du n o y a u . P o u r r é d u i r e


ces pertes, o n a e s s a y é des b a r r e s faites de plusieurs l a m e s o x y d é e s à
la surface, ou l é g è r e m e n t i s o l é e s à l ' h u i l e o u au v e r n i s , et r é u n i e s
1
seulement p a r leurs e x t r é m i t é s . C r o m p t o n a p r o p o s é différentes ma-
nières de t o r d r e ou d e t r e s s e r e n s e m b l e d e u x ou p l u s i e u r s b a n d e s , d e
manière à n e u t r a l i s e r plus e f f i c a c e m e n t l e s c o u r a n t s p a r a s i t e s . P l u s r é -
c e m m e n t d'autres constructeurs e t lui o n t e m p l o y é des b a r r e s faites de
fils t o r o n n é s , c o m p r i m é s e n s u i t e e n f o r m e de b a r r e s à s e c t i o n rectangu-
laire, c h a q u e fil étant d'ailleurs p r é a l a b l e m e n t o x y d é ou l é g è r e m e n t i s o l é .
Il existe e n c o r e un autre m o d e de c o n s t r u c t i o n d ' i n d u i t , ultérieure-
ment d é c r i t , qui consiste a b o b i n e r les b a n d e s ou fils i s o l é s sur des
formes o u des m o u l e s s p é c i a u x , p o u r e n f o r m e r des sections séparées
que l'on p o s e e n s u i t e sur l e n o y a u . U n des a v a n t a g e s d e ce m o d e d e
procéder réside dans la g r a n d e f a c i l i t é q u i en résulte au p o i n t de vue

Fig. 254. — Isolement alterné de fils de bobinage.

du parfait i s o l e m e n t e n t r e l e s p a r t i e s de l ' e n r o u l e m e n t situées à des


différences de p o t e n t i e l c o n s i d é r a b l e s l ' u n e p a r r a p p o r t à l ' a u t r e . Dans
les induits en t a m b o u r , si les c o n d u c t e u r s sont b o b i n é s e n une seule
couche, il e x i s t e u n e très g r a n d e différence de p o t e n t i e l e n t r e c h a q u e
conducteur et son v o i s i n i r i k n é d i a t . S i , au c o n t r a i r e , le b o b i n a g e est
fait en p l u s i e u r s c o u c h e s , o n p e u t i n t e r c a l e r e n t r e celles-ci une feuille
de m a t i è r e i s o l a n t e . O n a é g a l e m e n t p r o p o s é , m ê m e p o u r les b o b i n a g e s
en une seule c o u c h e , d ' i n t e r p o s e r u n e f e u i l l e i s o l a n t e , c o m m e dans l a
figure 2o4, p o u r s é p a r e r les deux séries de c o n d u c t e u r s .
Après a c h è v e m e n t du b o b i n a g e , o n passe o r d i n a i r e m e n t sur les
induits en fil du v e r n i s à la g o m m e - l a q u e o u une s o l u t i o n de caout-
chouc. F i n a l e m e n t o n les sèche s o i g n e u s e m e n t , a p r è s v e r n i s s a g e , dans
Une étuve chauffée à la v a p e u r .

B o b i n a g e des a n n e a u x . — Q u a n d un n o y a u d ' a n n e a u est p r ê t à r e c e -


voir son b o b i n a g e , o n t r a c e h a b i t u e l l e m e n t sur ses faces l a t é r a l e s un
certain n o m b r e de r a y o n s c o r r e s p o n d a n t à l a l a r g e u r des différentes
sections, de m a n i è r e à g u i d e r le b o b i n c u r dans son t r a v a i l .
L e b o b i n a g e e n anneau se p r ê t e p e u , e n g é n é r a l , aux e r r e u r s . U n e

1
Voir Journal Institution Eleclrical Engineers, XIX. 240, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


346 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

certaine s u r v e i l l a n c e est n é a n m o i n s n é c e s s a i r e . C h a c u n e des « s e c t i o n s »


est p r e s q u e i n v a r i a b l e m e n t bobinée s é p a r é m e n t sur le n o y a u : ses
e x t r é m i t é s sont laissées l i b r e s et p r o v i s o i r e m e n t r é u n i e s d e u x à deux
p a r un m o d e d'attache q u e l c o n q u e ; o n les r e l i e u l t é r i e u r e m e n t e n s e m b l e
et au c o l l e c t e u r . U n o u v r i e r i n e x p é r i m e n t é peut a i s é m e n t se tromper
dans les c o n n e x i o n s , et faire un bobinage
sinistrorsum au l i e u d'un bobinage dex-
trorsum ou vice versa. A u s s i est-il b o n de
lui f o u r n i r un d e s s i n d ' e x é c u t i o n a n a l o g u e à
celui de la figure 255, qui r e p r é s e n t e un
bobinage dextrorsum à q u a t r e spires par
s e c t i o n . L e fil m a r q u é « 0 » est l e d e r n i e r
ou le bout e x t é r i e u r de la s e c t i o n q u i pré-
cède celle c o n s i d é r é e . Ce b o u t est d e s t i n é à
cire r a m e n é à une t o u c h e a du c o l l e c t e u r
F i g . 255. p o u r se r e l i e r p a r elle au c o m m e n c e m e n t ,
D i a g r a m m e de b o b i n a g e . ou b o u t de g a u c h e en b a s , m a r q u é L B j , de
Induit en anneau.
la section en question. D'après ce dia-
HT=Mght Top= Droite en haul
LB~Left Bcttom= Gauche en bas. g r a m m e , l e b o b i n e u r v e r r a q u e l e fil L B ,
doit être c o n d u i t à l ' a r r i è r e de l ' a n n e a u en
passant par-dessous et r e v e n i r e n avant p a r le dessus, faisant ainsi la
s p i r e n" 1. I l l e c o u r b e r a e n s u i t e en l ' i n c l i n a n t v e r s la d r o i t e et le p a s -
sant par-dessous, et l e r a m è n e r a en a v a n t par-dessus, en effectuant la
spire n° 2 ; de m ê m e p o u r le n° 3 ; m a i s , c o m m e l ' e s p a c e l i b r e à l'in-
t é r i e u r de l ' a n n e a u est p l u s é t r o i t q u e l ' e s p a c e c o r r e s p o n d a n t de la
p é r i p h é r i e e x t é r i e u r e , la s p i r e n° 4 d e v r a p r o b a b l e m e n t m o n t e r sur
les spires p r é c é d e n t e s en s ' e n g a g e a n t un p e u dans l ' i n t e r s t i c e q u ' e l l e s
laissent entre e l l e s . L e b o u t de d r o i t e à i a p a r t i e s u p é r i e u r e , m a r q u é R T , 2

sera u l t é r i e u r e m e n t r e l i é à la touche b du c o l l e c t e u r . Si l ' o n m o n t r e au


b o b i n e u r q u e l e b o u t s u p é r i e u r d r o i t d'une s e c t i o n se r e l i e à la spire
i n f é r i e u r e g a u c h e de la s e c t i o n suivante p a r la t o u c h e du c o l l e c t e u r ,
toute e r r e u r de sa part sera i n e x c u s a b l e . — L e b o b i n a g e des a n n e a u x
1
m u l t i p o l a i r e s est a b s o l u m e n t s e m b l a b l e , à la c o n d i t i o n q u e le collée-
teur d o i v e r e c e v o i r a u t a n t de b a l a i s q u ' i l y a de p ô l e s .

P o u r les induits de m a c h i n e s à h a u t e t e n s i o n qui c o m p o r t e n t en


g é n é r a l p a r s e c t i o n un g r a n d n o m b r e de fils r e l a t i v e m e n t fins, il est
c o m m o d e d e c o u p e r le fil en l o n g u e u r s e x a c t e s c o r r e s p o n d a n t à une
s e c t i o n , et de r o u l e r chacun de ces b o u t s sur d e petites n a v e t t e s , au
n o m b r e de deux p o u r chaque l o n g u e u r , d o n t o n se sert alternative-
m e n t pour a p p l i q u e r les couches successives. De cette f a ç o n les d e u x

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 347

extrémités du fil q u i constitue u n e s e c t i o n se t r o u v e n t à l ' e x t é r i e u r , au


lieu q u e l'un' des bouts reste i n t é r i e u r e m e n t , au-dessous de la c o u c h e
du f o n d , c o m m e dans une b o b i n e o r d i n a i r e .
P o u r les m a c h i n e s q u i n ' e x i g e n t p a r s e c t i o n q u ' u n e ou deux spires
c o m p l è t e s , o n p r é p a r e o r d i n a i r e m e n t d ' a v a n c e les c o n d u c t e u r s de c u i v r e
sur des m a n d r i n s séparés et on les r e c o u v r e de l e u r i s o l a n t , de m a n i è r e

F i g . 256. — É l é m e n t s de b o b i n a g e des induits C r o m p t o n (1886).

à n ' a v o i r plus qu'à les g l i s s e r sur l e n o y a u . C r o m p t o n a i n t r o d u i t l e s


formes r e p r é s e n t é e s dans la figure 256 ; elles sont constituées p a r du
cuivre é t i r é , de s e c t i o n à p e u près r e c t a n g u l a i r e , t o r d u sur l u i - m ê m e
d'un quart de t o u r à c h a q u e e x t r é m i t é , de m a n i è r e à se caser f a c i l e m e n t
à l'intérieur de l ' a n n e a u . On g l i s s e sur la surface du n o y a u ces c o n d u c -
teurs, en les i s o l a n t c o n v e n a b l e m e n t les uns des autres, et o n les c o u p l e
ensuite de m a n i è r e à l e u r faire c o n s t i t u e r un b o b i n a g e c o n t i n u .
Dans les g r a n d e s d y n a m o s m u l t i p o l a i r e s à a n n e a u , avec système
inducteur i n t e r n e et c o l l e c t e u r e x t é r i e u r , très e m p l o y é e s aujourd'hui en
A l l e m a g n e p o u r l e s stations c e n t r a l e s , l e b o b i n a g e est f a i t de t e l l e s o r t e

Z3-

f
F i g . 257. — Construction d'induit en anneau m u l t i p o l a i r e de F r i t s c h e .

que sa p a r t i e e x t é r i e u r e sert en m ê m e temps de c o l l e c t e u r c o m m e dans


la figure 357. L e n o y a u est f o r m é de s e g m e n t s de d i s q u e s , repré-
sentés e n section b d a n s la f i g u r e 257, et soutenus p a r des axes d ' e n -
traînement a q u i les t r a v e r s e n t . A p r è s les a v o i r r e c o u v e r t s d'un i s o l a n t
convenable, on g l i s s e sur eux les c o n d u c t e u r s d e c u i v r e cd que l ' o n
couple de m a n i è r e à e n f a i r e u n e n r o u l e m e n t e n h é l i c e c o n t i n u e . L a
matière i s o l a n t e i n t e r p o s é e dans la m a i s o n S i e m e n s et H a l s k e , q u i a
introduit ce t y p e de m a c h i n e s , est un p a p i e r s p é c i a l e m e n t p r é p a r é . L a

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


348 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

p a r t i e e x t é r i e u r e d du conducteur de c u i v r e est à la fois épaisse et


l a r g e et sert de touche de c o l l e c t e u r . L e s balais ( q u e n ' i n d i q u e pas la
f i g u r e ) sont fixés sur la m o n t u r e e en p o r t e - à - f a u x au-dessus de l'induit,
et effleurent la p é r i p h é r i e e x t é r i e u r e des conducteurs de c u i v r e de
l ' a n n e a u . E n f est un l e v i e r qui p e r m e t de r e l e v e r l e s b a l a i s p o u r les
m e t t r e h o r s de c o n t a c t .

B o b i n a g e des t a m b o u r s . — L e s induits e n t a m b o u r d e tous t y p e s


p e u v e n t ê t r e , d'une m a n i è r e g é n é r a l e , r e g a r d é s c o m m e des m o d i f i c a -
t i o n s de l ' i n d u i t u n i v e r s e l l e m e n t connu sous le n o m de b o b i n e S i e m e n s
e n n a v e t t e ou e n d o u b l e T et à e n r o u l e m e n t l o n g i t u d i n a l , d o n t les sections
o n t été m u l t i p l i é e s d e m a n i è r e à assurer la c o n t i n u i t é p r a t i q u e du cou-
r a n t . L e t y p e en t a m b o u r a été i m a g i n é e n 1872 p a r v o n H e f n e r - A l t e -
neck, de la m a i s o n S i e m e n s et H a l s k e , de B e r l i n . Dans ce s y s t è m e ,
c o m m e dans l ' a n n e a u G r a m m e , les « sections » successives ou b o b i n e s
é l é m e n t a i r e s q u i r e c o u v r e n t l e n o y a u sont r e l i é e s les u n e s aux autres
d ' u n e façon c o n t i n u e , l a fin de l'une e t le c o m m e n c e m e n t d e l a suivante
é t a n t tous d e u x réunis à une t o u c h e du c o l l e c t e u r . I l est important
de b i e n se r e n d r e c o m p t e d e la différence qui existe e n t r e ce t y p e de
b o b i n a g e et le b o b i n a g e en a n n e a u . Dans un b o b i n a g e en anneau les
v o l t s induits dans une s e c t i o n q u e l c o n q u e (à u n e v i t e s s e d o n n é e ) ne
d é p e n d e n t q u e du c h a m p m a g n é t i q u e c r é é d'un c ô t é d e l ' i n d u i t ; tandis
q u e dans un b o b i n a g e en t a m b o u r , les v o l t s induits d a n s une s e c t i o n
q u e l c o n q u e d é p e n d e n t des d e u x i n d u c t e u r s p l a c é s en r e g a r d , attendu
q u e c h a q u e s e c t i o n e n v e l o p p e le t a m b o u r à peu près diamétralement.
Il e n résulte q u e les induits e n t a m b o u r sont m o i n s sujets à d o n n e r des
é t i n c e l l e s , et q u ' i l s o n t u n e m o i n s g r a n d e s e l f - i n d u c t i o n q u e les induits
en anneau.

Les avantages de la f o r m e tambour paraissent être les suivants : —


(1) à d i m e n s i o n s é g a l e s ils d e m a n d e n t un p e u m o i n s de fil que les
i n d u i t s e n a n n e a u ; ( 2 ) ils sont m o i n s sujets à de fausses i n d u c t i o n s , et
par suite plus i n d é p e n d a n t s de l a f o r m e des p i è c e s p o l a i r e s ; ( 3 ) ils o n t
m o i n s de t e n d a n c e à l'aimantation transversale que les induits en
a n n e a u . P a r c o n t r e , o n l e u r o p p o s e j u s q u ' i c i les i n c o n v é n i e n t s suivants :
— plus g r a n d e difficulté ( 1 ) de c o n s t r u c t i o n ; ( 2 ) d e b o n n e i s o l a t i o n , par
suite du c h e v a u c h e m e n t des c o n d u c t e u r s les uns sur les a u t r e s ; (3) de
v e n t i l a t i o n ; ( 4 ) de r é p a r a t i o n s .

Tambour Siemens. — Dans quelques-uns des p r e m i e r s t y p e s d e ma-


chines S i e m e n s , les carcasses des a r m a t u r e s c y l i n d r i q u e s é t a i e n t eu

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 349

bois et r e c o u v e r t e s c i r c o n f é r e n t i e l l e m e n t de fil de fer a v a n t de r e c e v o i r


l ' e n r o u l e m e n t l o n g i t u d i n a l en fil de c u i v r e ; dans d'autres, l e t a m b o u r
était c r e u x et t o u r n a i t a u t o u r d'une â m e en fer i m m o b i l e ; d'autres m a -
chines enfin a v a i e n t l e u r b o b i n e c o m p l è t e m e n t d é p o u r v u e de f e r , à
l ' e x c e p t i o n de l ' a r b r e q u i l'entraînait.
L e m o d e de c o n s t r u c t i o n d e l ' a r m a t u r e , p r a t i q u é j u s q u ' e n 1885, est
représenté p a r l a f i g u r e 258. — Sur l ' a r b r e sont assujettis, au m o y e n
de g o u p i l l e s , d e u x robustes t o u r t e a u x de b r o n z e q u i f o r m e n t les b a s e s

F i g . 258. — M o d e d ' e n r o u l e m e n t de l'induit S i e m e n s .

de la carcasse c y l i n d r i q u e . E n t r e ces t o u r t e a u x est r o u l é e u n e feuille


de tôle m i n c e fixée sur des é p a u l e m e n t s r é s e r v é s à cet effet sur leur
bord i n t e r n e ; a u t o u r de c e t t e carcasse est r o u l é e u n e g r a n d e m a s s e d e
fil de fer d o u x , qui c o n s t i t u e l ' â m e de l a b o b i n e c o m m e dans l ' a n n e a u
G r a m m e . Des e n t a i l l e s en n o m b r e é g a l à celui des sections q u e doit
avoir la b o b i n e sont p r a t i q u é e s sur les b o r d s des faces e x t é r i e u r e s des
tourteaux en b r o n z e ; o n y l o g e de petites s é p a r a t i o n s en buis pour
faciliter l ' e n r o u l e m e n t . Quant au b o b i n a g e m ê m e des s e c t i o n s , i l est
fait de la m a n i è r e suivante : — L e fil est c o n d u i t le l o n g du c y l i n d r e
c o m m e le m o n t r e l a f i g u r e , q u a t r e spires p a s s a n t à g a u c h e de l ' a r b r e
et quatre à d r o i t e ; de là il est r e n v e r s é sur l u i - m ê m e p o u r a b o u t i r à l a
l a m e l l e qui l e r e l i e à la s e c o n d e touche du c o l l e c t e u r . L a s e c t i o n sui-
vante part de cette m ê m e l a m e et est c o n d u i t e d e m ê m e ; m a i s , a v a n t de
procéder à son e n r o u l e m e n t , o h fait t o u r n e r le c y l i n d r e d'un d e m i - t o u r
sur lui-même et la s e c t i o n d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é e à la s e c t i o n n° 1 est

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


350 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

r o u l é e c o m m e p r é c é d e m m e n t par-dessus les h u i t p r e m i è r e s spires d é j à


p l a c é e s . A i n s i , dans une a r m a t u r e en 16 s e c t i o n s , l a s e c t i o n n° 9 se
t r o u v e s u r p e r p o s é e à la s e c t i o n n° 1, la section n° 10 à la s e c t i o n n° 2 ,
et a i n s i de suite, le c y l i n d r e étant sur toute sa surface r e c o u v e r t de
d e u x couches de b o b i n e s d i s t i n c t e s . Ces deux couches d o i v e n t être sur
toute l e u r l o n g u e u r s o i g n e u s e m e n t i s o l é e s l'une de l'autre de m a n i è r e
à é v i t e r tout c o n t a c t p o s s i b l e entre des parties situées à des p o t e n t i e l s
très d i f f é r e n t s . P o u r f a c i l i t e r l ' i n t e l l i g e n c e des c o n n e x i o n s , o n a r e p r é -
sente le c o l l e c t e u r en p l a c e sur l ' a r b r e dans
la figure 258 ; il n'est c e p e n d a n t r é e l l e m e n t
posé qu'après l'enroulement complet de
toutes les sections ; l e s e x t r é m i t é s des fils
sont, en a t t e n d a n t , r e s p e c t i v e m e n t tordues
e n s e m b l e j u s q u ' à ce q u ' e l l e s puissent être
soudées aux l a m e l l e s de c u i v r e les reliant
au c o l l e c t e u r . Dans c e r t a i n e s a r m a t u r e s de
machines destinées à l ' é l e c t r o - m é t a l l u r g i e ,
les couches de fil sont au n o m b r e de q u a t r e ,
F i g . 259.
I n d u i t à barres de S i e m e n s .
et l e s fils reliés p a r a l l è l e m e n t par quatre
Connexions terminales. ou huit à la f o i s , de m a n i è r e à présenter
une r é s i s t a n c e m o i n d r e .
Jusqu'ici t o u t est simple ; mais lorsqu'on passe à la construction
d ' i n d u i t s à b a r r e s , il s u r g i t de n o u v e l l e s c o m p l i c a t i o n s .
L e m o d e de l i a i s o n des c o n d u c t e u r s d'un i n d u i t à b a r r e s transver-
s a l e m e n t aux bases d'un t a m b o u r n'est pas chose aussi aisée qu'on
p o u r r a i t le c r o i r e au p r e m i e r a b o r d . S u p p o s o n s q u ' o n ait p r é a l a b l e -
m e n t dessiné un s c h é m a de c o n n e x i o n s dans le g e n r e de l'un de ceux
décrits au Chapitre X I I et q u ' o n ait dressé un t a b l e a u de b o b i n a g e i n d i -
q u a n t l ' o r d r e des c o n n e x i o n s linales ; il reste cncore^à d é t e r m i n e r le
m o y e n p r a t i q u e de r é a l i s e r ces c o n n e x i o n s finales d'une f a ç o n c o m p a -
t i b l e a v e c l e s c o n d i t i o n s de f o n c t i o n n e m e n t . L e s l a m e s de c o n n e x i o n
doivent être bons conducteurs et s u f f i s a m m e n t b i e n i s o l é e s l'une de
l ' a u t r e ; elles doivent permettre des r é p a r a t i o n s et u n e ventilation
faciles et offrir c o m m e s o l i d i t é m é c a n i q u e toute s é c u r i t é . L e s t a m b o u r s
r o u l é s de fil p r é s e n t e n t à leurs e x t r é m i t é s un e n c h e v ê t r e m e n t disgra-
c i e u x de fils q u i arrête toute v e n t i l a t i o n et e m p ê c h e les réparations.
Dès le début, M M . S i e m e n s i m a g i n è r e n t p o u r leurs m a c h i n e s à g a l v a -
n o p l a s t i e ou à très g r a n d d é b i t un s y s t è m e de spirales r e l i a n t l e s extré-
m i t é s des b a r r e s de c u i v r e . P o u r r é u n i r une b a r r e q u e l c o n q u e à la v o i -
sine de c e l l e q u i lui est d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é e , o n e m p l o y a i t deux

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION' PRATIQUE DES INDUITS 3ol

bandes de c u i v r e en s p i r a l e s , ou plutôt u n e b a n d e de c u i v r e d i v i s é e e n
deux sur p r e s q u e t o u t e sa l o n g u e u r et d o n t les d e u x m o i t i é s se r e c o u r -
baient e n sens i n v e r s e l'une de l'autre, c o m m e l ' i n d i q u e la figure 259 ;
leur j o n c t i o n était m é c a n i q u e m e n t assurée sur un b l o c de b o i s m a n -
chonné sur l ' a r b r e . L e s e x t r é m i t é s de ces l a m e s é t a i e n t fixées aux
barres par une soudure à l ' a r g e n t . A c h a q u e e x t r é m i t é du t a m b o u r , ces
c o n n e c t e u r s en s p i r a l e s f o r m a i e n t d e u x couches d i s t i n c t e s . Ces d i s p o -
sitions en s p i r a l e s , plus ou m o i n s m o d i f i é e s , se r e t r o u v e n t d a n s la p l u -
part des induits m o d e r n e s e n t a m b o u r .

Tambour Edison. — Dans la m o d i f i c a t i o n a p p o r t é e p a r E d i s o n à


l'armature en t a m b o u r , l ' e n r o u l e m e n t , b i e n q u e s y m é t r i q u e à un c e r -
tain p o i n t de v u e , p r é s e n t e cette s i n g u l a r i t é q u e le n o m b r e des sec-
tions en est i m p a i r . Dans les p r e m i è r e s m a c h i n e s , l e c o l l e c t e u r était à
sept s e c t i o n s , c o m m e l ' i n d i q u e la figure 207, p a g e 307, r e l e v é e dans l a
spécification du b r e v e t a n g l a i s d ' E d i s o n . Dans ses d e r n i è r e s m a c h i n e s

Fiff. 260. — I n d u i t de la m a c h i n e E d i s o n .

géantes d e 1883, d i r e c t e m e n t a c t i o n n é e s , l e n o m b r e des sections est de


quarant-neuf. Il résulte de c e t t e p a r t i c u l a r i t é de c o n s t r u c t i o n q u e , si les
balais sont d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é s l'un à l'autre, l'un d'eux t o u c h e le
milieu d'une l a m e du c o l l e c t e u r au m o m e n t où l'autre passe d'une l a m e
à l'autre. L ' a r m a t u r e de ces g r a n d e s m a c h i n e s d ' E d i s o n est f o r m é e de
barres de c u i v r e m a s s i v e s disposées s u i v a n t les génératrices d'un
noyau c o m p o s é de d i s q u e s de t ô l e séparés p a r du m i c a ou du papier.
La figure 260 r e p r é s e n t e l ' a r m a t u r e e n l e v é e de la m a c h i n e . L e s e x t r é -
mités des barres de c u i v r e s o n t r e l i é e s t r a n s v e r s a l e m e n t par des ron-
delles ou d i s q u e s de c u i v r e isolés l'un de l ' a u t r e , et m u n i s d ' o r e i l l e s
auxquelles sont fixées les barres de c u i v r e . Ces d i s q u e s offrent beau-
coup m o i n s de r é s i s t a n c e que de s i m p l e s b a n d e s m é t a l l i q u e s . L e d i a -
gramme de la figure 261 p e r m e t de se m i e u x r e n d r e c o m p t e de la
manière dont sont établies les c o n n e x i o n s . E l l e s sont faites dans
l'ordre suivant : — Chacune des 49 touches du c o l l e c t e u r est r e l i é e à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


332 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

l'un des 49 d i s q u e s c o r r e s p o n d a n t s situés à la p a r t i e a n t é r i e u r e de la


b o b i n e ; ce d i s q u e est l u i - m ê m e r e l i é , p a r u n e sorte de d e n t e n s a i l l i e ,
à l'une des 98 b a r r e s de c u i v r e . L e c o u r a n t e n g e n d r é dans c e t t e b a r r e
— p a r e x e m p l e , dans la p l u s haute des t r o i s b a r r e s r e p r é s e n t é e s dans
la figure 261 — est c o n d u i t par elle à l ' e x t r é m i t é o p p o s é e de la
m a c h i n e ; l à , il p é n è t r e dans l'un des d i s q u e s q u i y s o n t d i s p o s é s , le
t r a v e r s e et r e v i e n t par une b a r r e d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é e à c e l l e qui
lui a s e r v i de p o i n t de d é p a r t . L ' e x t r é m i t é a n t é r i e u r e de cette b a r r e est
r e l i é e à l'une des dents, n o n pas du d i s q u e v o i s i n , m a i s du s u i v a n t par
r a p p o r t à c e l u i p a r l e q u e l nous a v o n s c o m m e n c é à i n d i q u e r les con-
n e x i o n s ; e l l e r e j o i n t p a r ce d i s q u e n o n pas l a b a r r e v o i s i n e , m a i s la
s u i v a n t e p a r r a p p o r t à c e l l e c o n s i d é r é e e n p r e m i e r l i e u , et a i n s i de

Fig-. 261. — C o n n e x i o n s d'un i n d u i t E d i s o n .

s u i t e . L e s d e u x d e n t s s a i l l a n t e s de c h a c u n des d i s q u e s à la p a r t i e anté-
r i e u r e n e sont p a s , en c o n s é q u e n c e , d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é e s l'une à
l'autre ; les c o n n e x i o n s a v a n c e n t d'un q u a r a n t e - n e u v i è m e de la c i r c o n -
férence à chacune des q u a r a n t e - n e u f s p i r e s . P o u r s i m p l i f i e r l e des-
s i n , o n a r e p r é s e n t é s e u l e m e n t par des l i g n e s p o n c t u é e s l e s d i s q u e s et
l e s b a r r e s a l t e r n é s a v e c c e u x i n d i q u é s en p l e i n . L e s d e u x b a r r e s r e p r é -
s e n t é e s à la p a r t i e i n f é r i e u r e étant p r é c i s é m e n t les b a r r e s de r e t o u r
d e s courants v e n a n t des b a r r e s s u p é r i e u r e s , i l d o i t é g a l e m e n t e x i s t e r , à
l a p a r t i e s u p é r i e u r e , des b a r r e s de r e t o u r p o u r les c o u r a n t s p r o v e n a n t
d e s b a r r e s ( n o n r e p r é s e n t é e s dans la figure) q u i p a r t e n t des s e g m e n t s
d e la m o i t i é i n f é r i e u r e du c o l l e c t e u r . L e s l i g n e s p o n c t u é e s i n d i q u e n t la
p o s i t i o n de ces b a r r e s de r e t o u r .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 3S3

M é c a n i q u e m e n t la c o n s t r u c t i o n est e x c e l l e n t e ; m a i s e l l e ne c o m p o r t e
pas de v e n t i l a t i o n , et la dispersion du c h a m p aux extrémités de
l'induit est susceptible de d é v e l o p p e r des c o u r a n t s parasites dans l a
substance des d i s q u e s de c u i v r e .

Tambour Edison-Hopkinson. — Dans l e s i n d u i t s E d i s o n - I I o p k i n s o n


construits par M a t h e r et P l a t t , l a d i s p o s i t i o n d ' E d i s o n a été. aban-
donnée, en faveur d'un s y s t è m e de c o n n e c t e u r s en s p i r a l e s d é j à d é c r i t
pages 296 et 3 5 1 . L a c o n s t r u c t i o n de l ' i n d u i t H o p k i n s o n , telle q u ' e l l e
est p r a t i q u é e p o u r une m a c h i n e ne c o m p o r t a n t q u ' u n e seule spire c o n -
ductrice par section, est i n d i q u é e p a r la f i g u r e 262.
Le n o y a u , qui v i e n t b u t e r c o n t r e un é p a u l e m e n t r é s e r v é dans l ' a r b r e ,
est f o r m é d'un g r a n d n o m b r e de r o n d e l l e s d e fer, d o n t q u e l q u e s - u n e s

Fig. 202. — Section de l'induit en tambour d'Hopkinson.

plus épaisses, d d, s o n t m o n t é e s aux e x t r é m i t é s et à certains inter-


valles sur la l o n g u e u r . E l l e s sont serrées l'une c o n t r e l ' a u t r e p a r des
écrous vissés du c ô t é du c o l l e c t e u r C. E n t r e les c o n d u c t e u r s de c u i v r e
sont disposées des p i è c e s d ' e n t r a î n e m e n t en s a i l l i e , s s, q u i , c o n v e n a -
blement isolées, s'engagent dans des entailles découpées dans les
rondelles épaisses. On v o i t e n q q les s y s t è m e s de c o n n e c t e u r s en spi-
rales r e p r é s e n t é s en s e c t i o n . Du côté du c o l l e c t e u r ces c o n n e c t e u r s se
t e r m i n e n t à la p a r t i e i n f é r i e u r e p a r un e n s e m b l e de l a m e s de c u i v r e n ,
qui aboutissent e l l e s - m ê m e s aux touches c o r r e s p o n d a n t e s du c o l l e c t e u r .
A l'autre e x t r é m i t é , les s p i r a l e s sont greffées dans u n e s é r i e de l a m e s
de cuivre b m o n t é e s autour d'un m a n c h o n e n b o i s h q u i les e n t r a î n e ,
et sur l e q u e l e l l e s sont v i s s é e s p a r leurs o r e i l l e s t e r m i n a l e s . L e s i n d u i t s ,
dont chaque section c o m p o r t e d e u x spires, e x i g e n t d e u x c o u c h e s d e
connexions en s p i r a l e s à c h a q u e e x t r é m i t é .

DYXAMO-ÉLECTBIQL'ES. 23

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


354 MACHINES DYNAMOELECTRIQUES

Tambours Crompton et Swinburne. — M . C r o m p t o n a successive-


m e n t essayé un g r a n d n o m b r e de m o d e s de c o n n e x i o n s p o u r t a m b o u r s .
E n c o l l a b o r a t i o n avec M . S w i n b u r n e il a r é a l i s é , p o u r c o n n e c t e r les
conducteurs d'un induit en t a m b o u r , une d i s p o s i t i o n qui p e r m e t la
v e n t i l a t i o n du n o y a u . L e s é l é m e n t s essentiels d e c e t t e construction
sont i n d i q u é s par le s c h é m a s i m p l i f i é des f i g u r e s 263 et 264. I l n ' y a
q u ' u n e seule c o u c h e de conducteurs à l ' e x t é r i e u r du n o y a u , et ces con-
ducteurs sont constitués p a r un fil de c u i v r e , de s e c t i o n r e c t a n g u l a i r e
p l a t e , p o s é sur champ. Chacun de ces conducteurs successifs est
ramené r a d i a l e m e n t de deux en d e u x j u s q u ' à une certaine distance

F i g . 2fi3. F i g . 264.
D i a g r a m m e du m o d e d e b o b i n a g e en t a m b o u r de C r o m p t o n et S w i n b u r n e .

du c e n t r e , puis renversé vers l'extérieur parallèlement à l ' a x e du


tambour. L e s conducteurs i n t e r m é d i a i r e s dépassent un peu plus la
l o n g u e u r du n o y a u et r e ç o i v e n t la m ê m e f o r m e q u e l e s p r é c é d e n t s . Cette
d i s p o s i t i o n a p o u r résultat d e c o n s t i t u e r d e u x séries c o n c e n t r i q u e s de
bouts l i b r e s . Les c o n n e x i o n s sont faites par des l a m e s de cuivre
r e c o u r b é e s en s p i r a l e s , allant des e x t r é m i t é s de l'un des c o n d u c t e u r s de
l a série e x t é r i e u r e à l'un des c o n d u c t e u r s de l a série r e n t r a n t e , p a r
e x e m p l e à celui q u i est v o i s i n du p o i n t d i a m é t r a l e m e n t o p p o s é au pre-
m i e r sur l a p é r i p h é r i e . Dans les figures 263 et 264 qui r e p r é s e n t e n t les
c o n n e c t e u r s sur l'une des bases d'un i n d u i t s i m p l e à six sections (le
c o l l e c t e u r à six touches s i t u é à l'autre e x t r é m i t é n ' e s t pas i n d i q u é ) , l e
c o n d u c t e u r 1 est r e l i é de la façon i n d i q u é e au c o n d u c t e u r 1', A l ' a u t r e
e x t r é m i t é du conducteur i' ( q u ' o n ne v o i t p a s ) il y a u r a i t un c o n n e c -

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 355

teur t r a n s v e r s a l s e m b l a b l e à celui de l ' e x t r é m i t é ( r e p r é s e n t é e ) du con-


ducteur 2, et l ' e x t r é m i t é v i s i b l e de 2 est r e l i é e à 2' ; et ainsi de suite.
L e m ê m e m o d e de c o n n e x i o n à l ' a i d e de l a m e s en s p i r a l e s p e u t e n c o r e
être a p p l i q u é au b o b i n a g e s u i v a n t une c o r d e plus p e t i t e , c o m m e dans
le schéma de p o l y g o n e é t o i l e d o n n é p a r Svvinburne ( p . 2 9 4 ) . Cette
manière d'effectuer les c o n n e x i o n s avec des s p i r a l e s de c u i v r e diffère
de celle adoptée pour les machines Siemens à. galvanoplastie
(fig. 2b9, p . 3 5 0 ) , p a r l ' e m p l o i de p i è c e s contournées en f o r m e de
1
•f

F i g . 205- — I n d u i t en t a m b o u r de C r o m p t o n et S w i n b u r n e .

manivelle. Dans la c o n s t r u c t i o n a c t u e l l e des g r a n d s i n d u i t s en tam-


bour, l ' a p p l i c a t i o n du s y s t è m e C r o m p t o n et S w i n b u r n e est beaucoup
plus c o m p l i q u é e , en ce qu'il est i m p o s s i b l e , avec un très grand
nombre de c o n d u c t e u r s , d ' a r r i v e r à l o g e r t o u t e s les spirales en un seul
jeu. On a recours, e n c o n s é q u e n c e , à d e u x couches séparées de c o n -
necteurs en spirales ; les bouts libres des c o n d u c t e u r s en attente
aux e x t r é m i t é s du tambour sont, eux aussi, tenus alternativement
longs et courts ; les bouts l o n g s sont r e l i é s par une couche de spirales
et les bouts courts p a r une autre c o u c h e . L ' i n d u i t ainsi construit est
représenté par la figure 265. L a difficulté d ' a t t e i n d r e les spirales inté-
rieures dans ce m o d e de c o n s t r u c t i o n a c o n d u i t C r o m p t o n et K y l c à

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


350 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

u n e a u t r e i d é e q u i c o n s i s t e à r e n v e r s e r v e r s l ' e x t é r i e u r , et n o n v e r s
l ' i n t é r i e u r , l e s connecteurs en spirales aux e x t r é m i t é s du t a m b o u r , d o n t
le d i a m è t r e se t r o u v e ainsi a u g m e n t é .

L e s p r o c é d é s e m p l o y é s a c t u e l l e m e n t p a r C r o m p t o n p o u r les i n d u i t s
e n t a m b o u r s o n t s c h é m a t i q u e m e n t i n d i q u é s p a r les figures 266 et 267.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CONSTRUCTION PRATIQUE DES INDUITS 357

Dans la p r e m i è r e de ces figures q u i se r é f è r e à une m a c h i n e b i p o l a f r e


les connecteurs en spirales, e s t a m p é s d a n s une f e u i l l e de c u i v r e , sont
m é c a n i q u e m e n t e n t r a î n é s p a r l e u r f i x a t i o n à un m a n c h o n à e m b o î t e m e n t
clavcté sur l ' a r b r e . Dans la s e c o n d e q u i a trait à une m a c h i n e à 4 p ô l e s
les connecteurs e n spirales étant plus c o u r t s n ' o n t pas b e s o i n d'être
montés de la m ê m e m a n i è r e . L e s c o n d u c t e u r s sont f o r m é s d e fil t o r o n n é
auquel o n a d o n n é p a r c o m p r e s s i o n une section r e c t a n g u l a i r e .

Tambour Kapp. — K a p p se sert, aussi b i e n pour ses machines


bipolaires q u e p o u r ses m a c h i n e s m u l t i p o l a i r e s , d'une m é t h o d e basée
sur celle de P a r i s et S c o t t . L e s c o n n e c t e u r s sont e s t a m p é s dans une
feuille de c u i v r e en f o r m e d'arcs s e m i - c i r c u l a i r e s ou de q u a d r a n t s à
dents en s a i l l i e s tels q u ' o n les v o i t sur l a f i g u r e 252, p a g e 340 ;.ces con-
necteurs p e u v e n t être r e c o u r b é s l'un en a v a n t , l ' a u t r e e n a r r i è r e , ce q u i
p e r m e t de les r e l i e r par toute une série de l a m e s c o n n e c t r i c e s m o n t é e s
en scie, c o n v e n a b l e m e n t i s o l é e s , dans un é q u i p a g e ou une bobine
ajustée sur l ' a r b r e . L e s l a m e s c o n n e c t r i c e s sont a s s e m b l é e s e n t r e e l l e s
en n o m b r e c o n v e n a b l e e t m a i n t e n u e s p a r des frettes dans la c a n n e l u r e
de cet é q u i p a g e , que l ' o n m e t alors en p l a c e ; et les dents en saillie
sont soudées dans des r a i n u r e s p r a t i q u é e s aux bouts des c o n d u c t e u r s
de l'induit q u i sont, à cet effet, m a i n t e n u s alternativement longs et
courts. L a m e i l l e u r e m a n i è r e de se r e n d r e c o m p t e de cette d i s p o s i t i o n
est de f a b r i q u e r à la m a i n q u e l q u e s m o d è l e s de l a m e s c o n n e c t r i c e s e n
papier ou en c a r t o n et de les p l a c e r l'une sur l'autre.

Tambour Eickemeyer. — L e m o d e de c o n s t r u c t i o n d ' E i c k e m e y e r

F i g . 268. — B o b i n e é l é m e n t a i r e d'induit E i c k e m e y e r .

diffère du p r é c é d e n t en ce q u ' i l est a p p l i c a b l e à l a fois a u x tambours

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


358 MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES

b o b i n é s de fil et à ceux b o b i n é s a v e c des bandes de c u i v r e . I c i chaque


section, q u ' e l l e c o m p o r t e une ou p l u s i e u r s spires, est d ' a b o r d m i s e en
f o r m e sur une m a t r i c e s p é c i a l e , p u i s i s o l é e s é p a r é m e n t . L a figure 268
i n d i q u e la f o r m e d o n n é e aux sections. L a p a r t i e i n f é r i e u r e constituera,

F i g . 269. — I n d u i t E i c k e m e y e r c o m p l e t .

quand l'enroulement s e r a m i s e n p l a c e , une c o u c h e i n t é r i e u r e , et la


partie supérieure, qui est plus l o n g u e , une c o u c h e e x t é r i e u r e de l'induit
m o n t é . On v o i t dans la figure 269 l'induit complètement terminé,
avec ses frettes. L e c o l l e t r é s e r v é e n t r e l e t a m b o u r et le c o l l e c t e u r est
nécessité p a r la f o r m e des i n d u c t e u r s ( f i g . 127, p . 197) a d o p t é s dans
cette m a c h i n e . L e b o b i n a g e E i c k e m e y e r a été é g a l e m e n t utilisé dans
les n o u v e l l e s m a c h i n e s de la C o m p a g n i e E d i s o n ' .

Tambour Alioth. — L a figure 370 r e p r é s e n t e un i n d u i t en t a m b o u r

F i g . 270. — I n d u i t en t a m b o u r d ' A l i o t h .

d ' A l i o t h , de B â l e , destiné a u n e m a c h i n e à 4 p ô l e s , e t a y a n t à chaque


e x t r é m i t é q u a t r e couches de spirales c o n n c c t r i c e s .

i V o i r Electrical World, X V I . 249, 1890.

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


CHAPITRE XIV

COLLECTEURS, BALAIS ET PORTE-BALAIS

Les dynamos à courant continu commutateur ( g é n é -


e x i g e n t un
ralement appelé « collecteur » ) et des balais destinés à l a c a p t a t i o n du
courant. N o u s a v o n s déjà d é c r i t ( v o i r p p . 3G et 81) le r ô l e essentiel d e
ces o r g a n e s ; et les causes de p r o d u c t i o n d ' é t i n c e l l e s sont étudiées au
Chapitre I V , p . 80, e t au C h a p i t r e X V I . N o u s a v o n s m a i n t e n a n t à
considérer l ' é t u d e et la c o n s t r u c t i o n de ces i m p o r t a n t s a c c e s s o i r e s .
On p e u t d i s t i n g u e r t r o i s types d'appareils pour la captation des
courants sur les m a c h i n e s d y n a m o s .

I. L e s machines à courant continu à induit fermé, c o m m e celles


employées pour l'éclairage par incandescence et autres a p p l i c a t i o n s
e x i g e a n t une différence de p o t e n t i e l c o n s t a n t e ou à peu près t e l l e , sont
munies d'un c o l l e c t e u r a n a l o g u e à c e l u i de P a c i n o t t i , c'est-à-dire f o r m é
d'un g r a n d n o m b r e de touches p a r a l l è l e s , fixées à l a p é r i p h é r i e d'un
manchon i s o l a n t et p r é s e n t a n t une surface c y l i n d r i q u e , c o n t r e l a q u e l l e
viennent p r e s s e r d e u x ( o u d a n s certains cas plus de d e u x ) b a l a i s ou j e u x
de balais f o n c t i o n n a n t p a r p a i r e s .

II. L e s machines à courant continu à induit ouvert, pour éclairage


à arc, d o n n a n t un c o u r a n t constant ou s e n s i b l e m e n t t e l , c o m p o r t e n t u n
collecteur f o r m é d'un nombre relativement faible de s e g m e n t s , e m -
brassant un a n g l e d'une c e r t a i n e é t e n d u e , et s é p a r é s l'un d e l'autre p a r
des i n t e r v a l l e s d'air. On e n t r o u v e r a la d e s c r i p t i o n au C h a p i t r e X V I I .

I I I . L e s a l t e r n a t e u r s à induits m o b i l e s n é c e s s i t e n t u n e p a i r e de b a g u e s
collectrices m é t a l l i q u e s , p o u r v u e s chacune d'un o u de plusieurs b a l a i s ,
ou de toute autre d i s p o s i t i o n a n a l o g u e , de m a n i è r e à maintenir par
glissement une connexion a v e c l e c i r c u i t . Dans les alternateurs à
inducteurs m o b i l e s , un m o n t a g e s e m b l a b l e s ' i m p o s e p o u r c o n d u i r e l e

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


360 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

c o u r a n t d ' e x c i t a t i o n aux b o b i n e s m o b i l e s . Ce d e r n i e r cas est e x a m i n é à


la fin du p r é s e n t c h a p i t r e plus s p é c i a l e m e n t c o n s a c r é aux a p p a r e i l s de
la p r e m i è r e des trois classes ci-dessus.

MACHINES A COURANT CONTINU

Collecteurs. — Touches. — L e n o m b r e de touches d u c o l l e c t e u r d é p e n d


du s c h é m a de b o b i n a g e et du n o m b r e de sections q u e c o m p o r t e l ' i n d u i t .
L a m u l t i p l i c a t i o n des touches diminue la t e n d a n c e à la p r o d u c t i o n
d'étincelles ( p . 8 3 ) , ainsi q u e les o n d u l a t i o n s du c o u r a n t ( p . 213). U n
n o m b r e p a i r de t o u c h e s est p r é f é r a b l e à un nombre i m p a i r ; et, p o u r
les induits en a n n e a u , d o n t les n o y a u x s o n t g é n é r a l e m e n t supportés
p a r des é t o i l e s à trois b r a n c h e s , il v a u t m i e u x c h o i s i r p o u r ce n o m b r e
de touches un m u l t i p l e de t r o i s . D e u x r a i s o n s pratiques s'opposent
c e p e n d a n t à une t r o p g r a n d e m u l t i p l i c a t i o n des t o u c h e s . L e u r a u g m e n -
t a t i o n é l è v e d ' a b o r d le p r i x de r e v i e n t . En o u t r e , dans les g r a n d e s ma-
chines, d o n t le b o b i n a g e ne c o m p o r t e q u ' u n e spire entre c h a q u e touche
du c o l l e c t e u r et la s u i v a n t e , o n ne peut en a u g m e n t e r b e a u c o u p le n o m b r e
sans dépasser le v o l t a g e v o u l u . P a r e x e m p l e , dans la m a c h i n e E d i s o n -
H o p k i n s o n d'un d é b i t de 1 1 0 0 a m p è r e s sous 105 v o l t s , o n n'a b e s o i n que
de 43 spires. D'autre part, o n r e c o n n a î t p o u r les p e t i t e s d y n a m o s q u e , si
on en a u g m e n t e le n o m b r e de t o u c h e s , chacune d'elles d e v i e n t t e l l e m e n t
m i n c e q u ' u n b a l a i ayant, l ' é p a i s s e u r v o u l u e p o u r c a p t e r le c o u r a n t m e t
en c o u r t - c i r c u i t plus de d e u x t o u c h e s du c o l l e c t e u r à l a f o i s . En o u t r e ,
les touches doivent avoir une longueur proportionnée au nombre
d ' a m p è r e s q u ' e l l e s o n t à l i v r e r . L a p r a t i q u e m o d e r n e v a r i e q u e l q u e peu
à c e t é g a r d , m a i s o n p e u t c o n v e n a b l e m e n t c o m p t e r sur 3 c e n t i m è t r e s
e n v i r o n p a r centaine d ' a m p è r e s . L e m o d e d'attache d e s touches d o i t en
laisser d i s p o n i b l e la plus g r a n d e l o n g u e u r p o s s i b l e . Il faut é g a l e m e n t
l e u r d o n n e r une grande profondeur radiale pour parer à l'usure, le
c o l l e c t e u r a y a n t b e s o i n d ' ê t r e t o u r n é de t e m p s à a u t r e p o u r être m a i n t e n u
c y l i n d r i q u e . C o m m e m a t i è r e , la p l u p a r t des c o n s t r u c t e u r s e m p l o i e n t du
cuivre étiré dur, en l o n g u e s barres de profil convenable, coupées
ensuite à la d e m a n d e . Certains constructeurs a m é r i c a i n s se s e r v e n t de
p i è c e s de c u i v r e f o r g é , e s t a m p é e s de f o r m e , à queues i n c l i n é e s p o u r les
c o n n e x i o n s a v e c les c o n d u c t e u r s de l ' i n d u i t . C r o m p t o n , a p r è s avoir
employé du bronze phosphoreux, se sert maintenant d'un alliage
spécial de c u i v r e c o n t e n a n t une très p e t i t e p r o p o r t i o n d ' a r g e n t .

Isolation, — I l est i n d i s p e n s a b l e d ' a v o i r une bonne isolation entre


c h a q u e touche et ses v o i s i n e s , et p a r t i c u l i è r e m e n t entre les touches et

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


COLLECTEURS, B A L A I S , PORTE-BALAIS 361

e tube ou m a n c h o n a u t o u r d u q u e l elles sont m o n t é e s , ainsi qu'entre


les touches et les e m b o î t e m e n t s q u i les m a i n t i e n n e n t . L a différence de
potentiel est f a i b l e , en effet, entre deux t o u c h e s v o i s i n e s , m a i s e l l e est
beaucoup plus c o n s i d é r a b l e e n t r e les touches et les autres parties
m é t a l l i q u e s . L a substance i s o l a n t e ne d o i t pas s ' i m p r é g n e r d'huile ni
d'humidité ; aussi doit-on p r o s c r i r e l ' a m i a n t e .et l e p l â t r e . Q u o i q u e
excellents au p o i n t de v u e m é c a n i q u e , l a fibre v u l c a n i s é e et l e p a p i e r
W i l l e s d e n ne c o n v i e n n e n t pas d a v a n t a g e . L e m i c a est la seule m a t i è r e
qui d o n n e toute sécurité. L e s c o l l e c t e u r s à i n t e r v a l l e s d'air i s o l a n t les
touches ont été e m p l o y é s p a r A y r t o n et P e r r y , par Hochhausen, et
par S i e m e n s et H a l s k e . Dans l a m a c h i n e H o c h h a u s e n le c o l l e c t e u r
(fig. 271) était f o r m é de touches en é q u e r r e fixées p a r des v i s sur

F i g . 271. — Collecteur de la m a c h i n e H o c h h a u s e n .

un disque d ' a r d o i s e . L ' i n c o n v é n i e n t de l ' i s o l a t i o n à a i r r é s i d e dans l a


difficulté de p r é s e r v e r les i n t e r v a l l e s entre les touches de l ' a c c u m u l a t i o n
des poussières m é t a l l i q u e s p r o v e n a n t de l'usure des b a l a i s .

Construction. — L a figure 272 i n d i q u e le m o d e de c o n s t r u c t i o n a d o p t é


par MM. P a t e r s o n et C o o p e r . L e s touches sont maintenues à l'une de
leurs e x t r é m i t é s par e m b o î t e m e n t dans une g o r g e c o n i q u e p r a t i q u é e
dans un m a n c h o n de b r o n z e , et, à l ' a u t r e e x t r é m i t é , p a r une r o n d e l l e
extérieure e m b o î t é e à f r o t t e m e n t dur et s e r r é e sur sa face dressée par
une l a r g e r o n d e l l e à v i s . L ' i s o l a t i o n est a s s u r é e par des feuilles m i n c e s
de mica i n t e r p o s é e s entre les touches et p a r des couches de m i c a et d e
fibre v u l c a n i s é e a p p l i q u é e s autour du m a n c h o n et des surfaces d'em-
b o î t e m e n t . L a b a g u e e m b o î t é e r é d u i t dans ce cas la surface d i s p o n i b l e
pour les b a l a i s .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


362 MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES

Dans les m a c h i n e s de la C o m p a g n i e Gûlcher o n a a d o p t é un m o d e de


c o n s t r u c t i o n r e p r é s e n t é par l e s figures 273 et 274 et d o n t la figure 275
d o n n e une c o u p e . L e s dessins se r a p p o r t e n t à u n e m a c h i n e à. 4 pôles
n ' a y a n t que deux j e u x de b a l a i s c o l l e c t e u r s . I c i é g a l e m e n t les touches du
c o l l e c t e u r sont a s s e m b l é e s autour d'un m a n c h o n fixé sur l ' a r b r e , m a i s
m o n t é e s de m a n i è r e à laisser toute l e u r l o n g u e u r d i s p o n i b l e p o u r le
pontact a v e c les b a l a i s ; elles sont m a i n t e n u e s à l e u r s e x t r é m i t é s p a r

Fig. 272. — Collecteur Paterson et Cooper.

des g o r g e s en f o r m e de V dans l e s q u e l l e s v i e n n e n t s ' e m b o î t e r des p i è c e s


t o u r n é e s en c o n s é q u e n c e , d o n t elles sont i s o l é e s .
L a m a c h i n e K a p p ( f i g . 252, p . 340) c o m p o r t e une d i s p o s i t i o n tout à
fait a n a l o g u e , dans l a q u e l l e les g o r g e s d ' e m b o î t e m e n t aux e x t r é m i t é s
des touches sont très p r o f o n d e s ; l ' i s o l a t i o n t e r m i n a l e est assurée par
t r o i s b a g u e s de fibre v u l c a n i s é e , l'une p l a t e , les d e u x a u t r e s c o n i q u e s ,
q u i s ' e n g a g e n t dans les e x t r é m i t é s des touches une fois a s s e m b l é e s . I l
est b o n de r é s e r v e r une l o n g u e u r suffisante de surface i s o l a n t e entre
les touches et l e u r m o n t u r e m é t a l l i q u e ; e n effet, dans l e cas des isola-
teurs t é l é g r a p h i q u e s , on constate q u ' u n e faute est m o i n s à r e d o u t e r
q u a n d , d e v a n t une p e r t e p o s s i b l e sur une surface m a l e n t r e t e n u e , il y a
u n e assez l o n g u e d i s t a n c e à franchir, que q u a n d cet e s p a c e est c o u r t .
P o u r l a construction d e s c o l l e c t e u r s o n a c o u t u m e d ' a s s e m b l e r les
touches e n n o m b r e c o n v e n a b l e , a v e c i n t e r p o s i t i o n de l a m e s de m i c a , en
les e m b o î t a n t p r o v i s o i r e m e n t dans u n e b a g u e de fer s o l i d e , ou en les
f o r ç a n t p a r p r e s s i o n h y d r a u l i q u e dans un m o u l e a n n u l a i r e en a c i e r . On
les m e t ensuite sur le t o u r p o u r f o r e r la surface c y l i n d r i q u e i n t é r i e u r e .

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


COLLECTEURS, BALAIS, PORTE-RALAIS 363

Puis on dresse les faces extérieures en y pratiquant les gorges annu-

laires destinées à recevoir les pièces à emboîtement. On monte le tout,


avec l'isolation convenable, sur le manchon, et Ton visse les pièces ter-

IRIS - LILLIAD - Université Lille 1


354 MACHINES DYNAMO-ELECTHIQUES

m i n a l e s à e m b o î t e m e n t . On passe l ' e n s e m b l e à l ' é t u v e , et l ' o n serre def


n o u v e a u ces pièces t e r m i n a l e s . F i n a l e m e n t on e n l è v e la b a g u e e x t é r i e u r e
de m o n t a g e p r o v i s o i r e et l ' o n t o u r n e e x a c t e m e n t la surface e x t é r i e u r e .
L e m a n c h o n d o i t être s o l i d e m e n t c l a v e t é ou a u t r e m e n t fixé sur l'arbre,
de manière à ne permettre aucun g l i s s e m e n t p a r r a p p o r t h l ' i n d u i t
a u q u e l il est u l t é r i e u r e m e n t r e l i é . Dans tous les t y p e s q u e nous v e n o n s
de d é c r i r e , les c o n n e x i o n s a v e c les conducteurs d e l ' i n d u i t sont établies
au m o y e n d e l a m e s ou de fils de c u i v r e e n g a g é s dans une r a i n u r e prati-
q u é e à l'un des coins de la t o u c h e ou à un a p p e n d i c e r é s e r v é à cet effet

ri

F i g . 275. — Collecteur Gùlcher ( C o u p e ) .

et ou ils sont s o l i d e m e n t f i x é s . C e t a s s e m b l a g e se fait c o n v e n a b l e m e n t


à l ' a i d e de r i v e t s r é u n i s s a n t les l a m e s c o n n e c t r i c c s et les c o i n s des
t o u c h e s , a v a n t l e m o n t a g e de ces d e r n i è r e s ; c h a q u e r i v u r e est en o u t r e
assurée p a r une soudure.
I l est i m p o r t a n t q u e ces l a m e s de c o n n e