4.1.
Application des modèles IA dans la médecine :
Applications médicales:
1. Classification du cancer de la peau au niveau dermatologique :
Utilisation de réseaux de neurones profonds (Deep Neural Networks) pour réaliser
une classification automatique des lésions cutanées (ex : mélanome, kératose,
nævus bénin) à partir d’images de la peau.
➔ Objectif : atteindre une précision de diagnostic comparable à celle des
dermatologues.
2. Diagnostic assisté par l’imagerie médicale :
Le modèle Inception V3, un réseau convolutif profond, est utilisé après un
apprentissage supervisé sur un grand volume d'images médicales (130 000 images de
lésions cutanées).
➔ Objectif : reconnaître et différencier diverses pathologies cutanées en analysant
automatiquement les images.
3. Apprentissage par transfert et fine-tuning :
Utilisation de modèles pré-entraînés sur de très grands jeux de données génériques
(ex : ImageNet), puis ajustement (fine-tuning) sur des images médicales spécifiques.
➔ Objectif : améliorer la performance diagnostique sur des domaines spécialisés
comme la dermatologie avec moins de données spécifiques.
Détail technique utile :
Modèle utilisé : Inception V3
Nombre de couches convolutives : plusieurs (non précisé en détail ici)
Nombre de paramètres : 21,8 millions
Données d'entraînement : 129 450 images de lésions cutanées appartenant à 757
classes de maladies différentes.
4.2. Défis liés à l'intégration des technologies de Deep Learning à grande échelle :
Défis de la mise en œuvre du Deep Learning à grande échelle
Bien que le Deep Learning offre de nombreuses perspectives prometteuses, sa mise en
œuvre à grande échelle dans des environnements industriels ou médicaux soulève plusieurs
défis d’ordre technique, économique et organisationnel.
1. Coûts élevés des infrastructures
L'un des principaux obstacles réside dans le coût important des ressources matérielles
nécessaires à l'entraînement et au déploiement de modèles performants :
L'acquisition de processeurs graphiques (GPU) ou de processeurs spécialisés (TPU),
capables de traiter de très grands volumes de données, requiert un investissement
initial conséquent.
À cela s'ajoutent les coûts d'hébergement, de maintenance de l'infrastructure, ainsi
que ceux liés à la consommation énergétique.
En phase d'exploitation, les coûts associés à l'inférence en temps réel,
particulièrement pour des modèles complexes et très sollicités, peuvent devenir
substantiels.
2. Besoins en expertise et en compétences spécialisées
La réussite du déploiement de solutions basées sur le Deep Learning repose sur la
disponibilité d'une main-d'œuvre hautement qualifiée, capable de :
Sélectionner et adapter les architectures de réseaux neuronaux adaptées aux
problématiques spécifiques.
Gérer de larges bases de données, souvent caractérisées par leur hétérogénéité et la
présence de bruit.
Optimiser les performances des modèles tout en assurant leur stabilité, leur sécurité
et leur robustesse. Le déficit de profils spécialisés en data science, en ingénierie
logicielle pour l'IA et en MLOps (Machine Learning Operations) constitue un frein
important à la généralisation des projets d'intelligence artificielle.
3. Intégration dans les systèmes existants
Un autre défi majeur concerne l’intégration des solutions d’IA dans les systèmes
d'information existants :
De nombreuses entreprises s'appuient sur des infrastructures anciennes, peu
compatibles avec les exigences des technologies cloud ou de l’IA embarquée.
L’adoption de l’IA nécessite souvent une modernisation, voire une refonte partielle ou
totale, des systèmes afin de garantir une intégration fluide des algorithmes dans la
chaîne de valeur.
4. Enjeux éthiques, réglementaires et de sécurité
Le déploiement massif de solutions de Deep Learning s’accompagne également de
préoccupations éthiques, juridiques et sécuritaires :
La protection de la confidentialité des données, particulièrement critique dans le
domaine médical.
Le risque de biais algorithmiques, pouvant engendrer des discriminations si les
données d’apprentissage ne sont pas représentatives.
La vulnérabilité des modèles face aux attaques adversariales et aux données
corrompues, mettant en péril leur fiabilité. Les entreprises doivent en outre se
conformer à des cadres réglementaires stricts, tels que le Règlement Général sur la
Protection des Données (RGPD) en Europe, tout en assurant une utilisation éthique et
responsable de l'IA.
5. Durabilité et consommation énergétique
L’augmentation continue de la profondeur et de la complexité des modèles de Deep Learning
entraîne une hausse significative de leur empreinte écologique. La consommation
énergétique, tant lors de la phase d'entraînement que durant l'exploitation, doit être
rigoureusement contrôlée pour concilier innovation technologique et exigences de
développement durable.
4.3. Perspectives d’avenir et solutions pour une meilleure gestion des ressources
Vers une Intelligence Artificielle plus durable : pistes d'amélioration et d'innovation
Alors que l’adoption de l’intelligence artificielle et du Deep Learning s'intensifie dans les
secteurs industriels et médicaux, la question de l’efficacité énergétique et de l’optimisation
des ressources devient un enjeu majeur. Afin de relever ces défis, plusieurs axes de recherche
et d'innovation se dessinent.
Développement de modèles légers et efficients
Une approche prometteuse consiste à concevoir des architectures de réseaux neuronaux
plus compactes, capables de maintenir des performances élevées tout en réduisant les coûts
computationnels :
Distillation de modèles : cette technique consiste à entraîner un modèle léger
(student) à imiter le comportement d’un modèle plus volumineux (teacher),
permettant ainsi d’obtenir des performances comparables avec une consommation
de ressources moindre.
Quantization et pruning : ces méthodes visent à réduire la taille des modèles en
supprimant les poids peu significatifs (pruning) ou en utilisant des représentations
numériques plus compactes (quantization), entraînant une diminution de l'empreinte
mémoire et de la consommation énergétique.
Optimisation dynamique de l'utilisation des ressources
L'optimisation des ressources matérielles durant l'entraînement des modèles devient
essentielle :
Des solutions telles que Zeus permettent l’ajustement dynamique de paramètres
systèmes (taille des batchs, fréquence GPU, tension) pour optimiser en temps réel
l’équilibre entre performance et consommation énergétique.
L’utilisation de l’apprentissage basé sur l’historique d’exécution permet d’anticiper
les meilleures configurations matérielles en fonction des caractéristiques du modèle
et des données traitées.
Ces approches sont progressivement intégrées dans les outils de MLOps, facilitant
l'automatisation de la gestion énergétique dans les pipelines IA.
Mutualisation des infrastructures via le Cloud Computing
Le recours aux plateformes de cloud computing spécialisées en IA (Google Cloud AI, AWS
SageMaker, Microsoft Azure ML) offre plusieurs avantages :
Partage des ressources entre utilisateurs, permettant une réduction de l'impact
énergétique global.
Accès à des infrastructures optimisées, sans besoin de maintenance locale, avec des
dispositifs de pointe comme les TPU et GPU à faible consommation.
Flexibilité et montée en charge facilitées, tout en bénéficiant de normes de sécurité
et de mise à jour avancées.
Vers une intelligence artificielle verte et responsable
Enfin, l’émergence du paradigme de l'IA durable oriente les efforts futurs vers :
La transparence énergétique, avec l’intégration systématique du coût énergétique de
l'entraînement et de l'inférence dans la documentation des modèles.
La régulation et la normalisation environnementale, en collaboration avec des
acteurs publics et privés pour définir des standards applicables aux technologies d’IA.
Le développement de matériel écoénergétique, spécifiquement conçu pour l'edge
computing et les applications embarquées, limitant ainsi l’empreinte écologique des
solutions IA.