Loi N° 034/PR/2007 du 23/01/2008
instituant un régime obligatoire
d'assurance maladie et de garantie sociale
en République Gabonaise.
L'Assemblée Nationale et le Sénat ont délibéré et adopté;
Le Président de la République, Chef de l'Etat, Promulgue la loi dont la teneur suit:
Article 1er : Est ratifiée l’ordonnance n°0022/PR/2007, instituant un régime
obligatoire d'assurance maladie et de garantie sociale en République Gabonaise.
Article 2.- L'ordonnance n°0022/PR/2007 du 21 août 2007 est modifiée comme
suit:
« TITRE 1: DES DISPOSITONS GENERALES
CHAPITRE 1 : DU CHAMP D'APPLICATION
Article 8.- Au sens de la présente ordonnance, ont la qualité d'ayant droit :
- le ou les conjoints de l'assuré qui ne disposent pas, à titre personnel, d'une
assurance maladie obligatoire ;
- les enfants à charge de l'assuré jusqu'à l'âge de seize (16) ans révolus, qu'il
s'agisse d'enfant légitime, naturel ou adopté qui sont sous la charge effective et
permanente de l'assuré. Cet âge peut être porté à vingt et un (21) ans pour les
enfants scolarisés ou en formation ou si par suite d'une infirmité ou maladie
incurable, l'enfant est dans l'impossibilité d'exercer une activité rémunératrice.
Article 11.- Au sens de la présente ordonnance, est considérée comme gabonais
économiquement faible, toute personne physique de nationalité gabonaise, âgée
d'au moins seize (16) ans et dont les revenus, inférieurs au Salaire Minimum
Interprofessionnel Garanti (SMIG), nécessitent le recours à la solidarité nationale
afin de bénéficier d'une protection sociale contre les risques maladie et maternité.
Sous réserve de remplir les conditions fixées à l'alinéa ci-dessus, peuvent
également prétendre à la qualité de gabonais économiquement faible: les ministres
de culte, prêtres, imams, pasteurs, religieux et religieuses appartenant à une
congrégation ou à une association religieuse reconnue par l'administration
compétente.
Le statut de gabonais économiquement faible est reconnu après enquête sociale
sur le postulant, effectuée selon des modalités fixées par décret.
La qualité de réfugié est déterminée par les textes en vigueur, notamment par la loi
n°5/98 du 5 mars 1998 portant statut des réfugiés en République Gabonaise.
Article 15.- En application des dispositions de l'article 14 ci-dessus, la Caisse
assure la couverture des risques liés à la maladie et à la maternité.
A ce titre, la Caisse:
- assure la gestion du Fonds d'assurance maladie des agents publics de l'Etat, du
Fonds d'assurance maladie des travailleurs salariés du secteur privé et parapublic,
des travailleurs indépendants, des professions artisanales, commerciales et
libérales et du Fonds de Garantie Sociale des Gabonais économiquement faibles,
des étudiants, des élèves, de réfugiés et des assurés volontaires;
- assure l'organisation et la coordination, notamment la collecte, la vérification et la
sécurité des informations relatives aux bénéficiaires et aux prestations qui leur sont
service ;
- organise et dirige le contrôle médical en matière de soins et d'application de la
tarification des actes;
- met en oeuvre les actions de prévention, d'éducation et d'information de nature à
améliorer l'état de santé des populations;
- passe, s'il y a lieu, avec tout organisme de protection sociale, des conventions aux
fins de participer à des programmes d'action sanitaire et sociale;
- crée, le cas échéant, des services d'intérêt commun, des antennes provinciales et
départementales.
Ces missions peuvent être complétées par les statuts.
CAHPITRE 2: DES ORGANES DE LA CAISSE
Article 25.- En cas de vacance d'un poste d'administrateur par suite de décès, de
démission, de déchéance ou de perte de qualité requise pour être administrateur, il
est pourvu à la nomination d'un nouvel administrateur dans un délai maximum de
deux (2) mois. Le mandat de l'administrateur ainsi nommé prend fin à la date à
laquelle expire le mandat de l’administrateur remplacé.
Est déclaré démissionnaire d'office par le Ministre de tutelle, après avis du conseil
d’administration, tout administrateur qui, sans motif valable, a été absent pendant
trois (3) réunions consécutives du conseil.
Article 27.- Le conseil choisit parmi ses membres, pour un mandat de trois ans
renouvelable une fois, un Président et deux Vice-présidents qui ne peuvent
appartenir au même collège d’administrateurs.
La présidence du conseil d'administration est tournante entre les collèges
d'administrateurs représentant l'Etat, les employeurs et les travailleurs.
Article 29.- La Direction Générale assure la gestion de la Caisse.
Elle est placée sous l'autorité d'un Directeur Général nommé par décret sur une
liste d'aptitude établie par le conseil d'administration. Le Directeur Général est
assisté dans l'exercice de ses fonctions de trois (3) Directeurs Généraux Adjoints
nommés dans les mêmes formes et conditions.
La liste d'aptitude établie par le conseil d'administration, sur la base de laquelle
sont effectuées les propositions de nomination, est arrêtée conformément aux
conditions fixées par arrêté du Ministre chargé de la Sécurité sociale
Article 32.- L'Agence Comptable est organisée conformément aux textes en
vigueur.
Elle est placée sous l'autorité d'un Agent comptable assisté de trois (3) Fondés de
pouvoirs.
Article 34.- Les différents indicateurs de gestion de la Caisse doivent être
conformes aux ratios prudentiels et de performance et aux normes comptables de
la Conférence Interafricaine ce la Prévoyance Sociale, en abrégé CIPRES.
Article 38.- Le Fonds d'assurance maladie des salariés du secteur privé est
alimenté par les ressources suivantes:
- les cotisations patronales;
- les cotisations salariales;
- des cotisations forfaitaires des travailleurs indépendants;
- des cotisations forfaitaires des assurés volontaires;
- les revenus des placements;
- des majorations et des intérêts moratoires pour retard dans le versement des
cotisations.
Article 39.- Le Fonds de garantie sociale des gabonais économiquement faibles est
financé par un impôt dénommé Redevance Obligatoire à l'Assurance Maladie
(ROAM) dont les assujettis, la base d'imposition, l'assiette, le taux et les modalités
de liquidation et de recouvrement sont fixés par la loi des finances.
La Redevance Obligatoire à l'Assurance Maladie est déductible au titre de l'Impôt
sur les Revenus de Personnes Physiques (IRPP) et de l'Impôt sur les Sociétés (IS).
Article 44.- L'employeur est débiteur vis-à-vis de la caisse de l'ensemble des
cotisations dues. Il est responsable de leur versement, y compris la part mise à la
charge du travailleur, aux dates et selon les modalités fixées par décret.
Lorsque l'employeur n'a pas versé les cotisations dues dans les délais requis, il lui
est appliqué une majoration de deux cent pour cent par mois et fraction de mois de
retard. Cette majoration est payable en même temps que les cotisations. Le recours
introduit devant les tribunaux n'interrompt pas le cours de ces majorations.
Article 45.- Les employeurs peuvent, en cas de force majeure ou sur justificatifs,
formuler auprès du conseil d'administration des requêtes en réduction des
majorations de retard encourues en application des dispositions de l'article 44 ci-
dessus.
Ces requêtes ne sont recevables qu'après règlement du principal.
Article 47.- Lorsque le montant des salaires servant de base au calcul des
cotisations n'a pas été communiqué à la Caisse, le montant des cotisations dues est
évalué d'office sur la base de la dernière déclaration trimestrielle majorée de vingt
cinq pour cent (25%).
En l'absence de déclaration, le montant des salaires est alors déterminé par la
Caisse sur la base de la comptabilité de l'employeur.
Lorsque la comptabilité de l'employeur ne permet pas d'établir exactement le
montent des salaires versés, ce montant est fixé forfaitairement par la Caisse en
fonction des taux de salaire pratiqués dans la profession.
Article 48.-Si un débiteur ne s'exécute pas dans les délais, toute action en
poursuite effectuée contre lui est obligatoirement précédée de l'envoi d'un avis
l'invitant à régulariser sa situation sous quinzaine.
Passé ce délai, une mise en demeure avec accusé de réception lui est adressée
l'invitant à s'exécute clans un délai de quarante cinq (45) jours.
Si la mise en demeure reste sans effet, la Caisse peut, indépendamment des
poursuites pénales, par sommation, contrainte visée et rendue exécutoire par le
Président du tribunal compétent ou par avis à tiers détenteur, procéder au
recouvrement des créances dues dans les mêmes formes et conditions de
recouvrement que les créance de l'Etat.
Toutefois, le recours Juridictionnel en contestation de la dette est suspensif de la
contrainte.
Article 52.- L'admission en non-valeur des cotisations ou des majorations de retard
dues par l'employeur ne peut être prononcée que par le conseil d'administration en
cas d'insolvabilité, de disparition ou de décès du débiteur et en l'absence de tout
actif saisissable, ou de liquidation de biens clôturée pour insuffisance d'actifs.
Dans tous les cas elle ne peut être prononcée moins de deux (2) ans après la date
d'exigibilité des cotisations.
Article 55.- Si les ressources lu régime de l'assurance maladie excèdent les
charges correspondantes, les excédents constatés à l'issue de chaque exercice sont
affectés à un fonds de réserve.
Si les ressources ne permettent pas d'assurer la couverture des charges
correspondantes, l'équilibre financer doit être maintenu ou rétabli par un
prélèvement sur les fonds de réserve, soit par une augmentation des cotisations et
taxes, soit
par une combinaison de ces deux (2) mesures, dans des conditions et limites fixées
par décret, sur proposition du Conseil d'Administration.
Article 56.- L'Etat intervient :
- Si les mécanismes de rétablissement de l'équilibre financier prévus à l'article 55
ci-dessus se révèlent insuffisants pour le Fonds d'assurance maladie des agents
publics de l'Etat et le Fonds d'assurance maladie des travailleurs salariés du secteur
privé, des travailleurs indépendants, des professions artisanales, commerciales et
des assurés volontaires;
- Si les mécanismes de rétablissement de cet équilibre financier se révèlent
insuffisants pour le Fonds de Garantie Sociale des gabonais économiquement
faibles.
Article 62.- La liste des prestations garanties et le niveau de prise en charge sont
fixés par arrêté conjoint du Ministre chargé de la Santé et du Ministre chargé de la
Sécurité Sociale après constatation des Ordres professionnels. Cette liste révisée
annuellement.
Article 63.- Les prestations; offertes par l'assurance maladie sont payées par la
Caisse, selon le principe du tiers payant, dans des conditions fixées par décret.
La tarification de ces prestations est également fixée par décret, pris sur
proposition conjointe du Ministre de la Santé et des Ministres de Tutelle.
Article 81.- Les prestations exceptionnelles visées à l'article 80 ci-dessus
concernent la prise en charge partielle ou totale du ticket modérateur lors d'une
hospitalisation ou d'une évacuation.
Le conseil d'administration statue sur les demandes de prestations exceptionnelles.
En cas d'urgence, notamment dans l'impossibilité de réunir le conseil
d'administration, le Président statue seul dans les conditions fixées par arrêté du
Ministre chargé de Il sécurité sociale.
CHAPITRE 8 : DU CONTROLE ET DU CONTENTIEUX
Section 1 : Du contrôle
Article 83.- Les agents de contrôle de la Caisse sont habilités à constater, dans
des conditions fixées par décret, les infractions à la législation et à la
réglementation du régime obligatoire d'assurance maladie.
A ce titre, ils sont investis du pouvoir:
- de pénétrer librement, pendant les heures d'ouverture, avec ou sans
avertissement préalable, dans tout établissement assujetti à leur contrôle;
- de procéder à tous les examens, contrôles ou enquêtes jugées nécessaires pour
s'assurer que les dispositions en vigueur sont effectivement observées et
notamment:
d'interroger, avec ou sans témoins, l'employeur ou le personnel de l'entreprise,
de demander des renseignements à toute autre personne dont le témoignage
peut être nécessaire ;
de requérir la production de tous registres et documents dont la tenue est
prescrite par les textes, en vigueur, dans la mesure où ces registres sont
nécessaires à l'accomplissement de leur mission;
de demander à l'assuré des justifications sur tous les éléments servant de base
à la détermination des revenus servant à établir l'assiette des cotisations.
Section 2: Du contentieux et des pénalités
Article 90.- L'action civile en recouvrement des cotisations ou des majorations de
retard dues par un employeur, intentée indépendamment ou après extinction de
l'action publique, se prescrit par trente (30) ans.
Article 104.- La mise en place de la Caisse consacrée par la présente ordonnance
emporte le transfert de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) à cet
établissement, de la gestion des ressources et des charges destinées aux
hospitalisations, aux évacuations sanitaires et aux médicaments.
Un décret détermine les modalités pratiques de ce transfert de compétence.
Article 3: La présente ordonnance sera enregistrée, publiée selon la procédure
d'urgence et exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Libreville, le 23 janvier 2008
Par le Président de la République, Chef de l'Etat;
El Hadj Omar BONGO ONDIMBA
Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement
Jean EYEGHE NDONG
Le Ministre des Affaires Sociales, de la Solidarité, de la Protection de la Veuve et de
l'Orphelin et de la Lutte contre le SIDA
Maître Denise MEKAM'NE
Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie, des Finances, du Budget et de la
Privatisation
Paul TOUNGUI
Le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Prévoyance Sociale
Jean-François NDONGOU
Le Ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l'Etat
Jean-Boniface ASSELE
Le Ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique, chargé de la Famille et de la
Promotion de la Femme
Angélique NGOMA
Le Ministre de la Défense Nationale
Ali BONGO ONDIMBA
Le Ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales, de la Décentralisation, de la
Sécurité et de l'Immigration
André MBA OBAME
Le Ministre de la Planification et de la Programmation du Développement
Richard-Auguste ONOUVIET
Le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux
Martin MABALA