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HARNANE - Imène - SVT - 2021 (1) 174

Le document explore l'impact du numérique sur l'éducation, en abordant ses effets sur le développement cognitif des enfants et des adolescents, ainsi que sur la santé mentale et physique. Il examine également l'intégration des technologies numériques dans les établissements scolaires et leur rôle dans l'enseignement différencié. Enfin, il souligne l'importance d'un encadrement adéquat pour maximiser les bénéfices du numérique tout en minimisant ses risques.

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Le numérique dans l’enseignement

Imène Harnane

To cite this version:


Imène Harnane. Le numérique dans l’enseignement. Education. 2021. dumas-03891544

HAL Id: dumas-03891544


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Mémoire de recherche
Thématique : Le numérique dans
l’enseignement

HARNANE Imène
M2 spé SVT INSPE Besançon
1
Table des matières

Introduction.........................................................................................................................................................................3
I. Les impacts du numérique sur la société..................................................................................................................4
1. Impact du numérique dans le développement de l’enfant.................................................................................4 ; 5
2. L’impact dur la neuroplasticité.........................................................................................................................5 ;6 ;7
3. L’impact sur la santé mentale et physique...........................................................................................................7 ;8
II. Le numérique dans les établissements.....................................................................................................................9
1. Équipement des établissements dans le cadre du « Plan numérique »............................................................9 ;10
2. La responsabilité de l’école face au numérique...............................................................................................10 ;11
III. Le numérique au profit de l’enseignement différencié...................................................................................12 ;13
1. Assimilation des connaissances..............................................................................................................................13
2. Vérification de l’assimilation des connaissances...................................................................................................13
3. La mise en pratique des connaissances en classe............................................................................................13 ;14
IV. Le numérique au profit de l’apprentissage.............................................................................................................15
1. Une motivation dans l’apprentissage......................................................................................................................15
2. Une amélioration des résultats scolaires................................................................................................................16
V. Méthodologie..........................................................................................................................................................17
1. Partie expérimentale...............................................................................................................................................17
a. Le questionnaire.............................................................................................................................................18
b. Les entretiens.................................................................................................................................................18
2. Les hypothèses.................................................................................................................................................18 ;19
3. Analyse du questionnaire.......................................................................................................................................20
a. Point sur les caractéristiques des participants........................................................................................20 ;21
b. Usage personnel du numérique.........................................................................................................21 ;22 ;23
c. Point sur la formation des enseignants au numérique..........................................................................23 ;24
d. Les besoins en outils numériques...........................................................................................................24 ;25
e. Le numérique en classe.............................................................................................25 ;26 ;27 ;28 ;29 ;30 ;31
f. L’avis des enseignants sur le numérique................................................................................................32 ;33
4. Analyse des entretiens individuels..........................................................................................................................34
a. Premier entretien individuel..............................................................................................................34 ;35 ;36
b. Deuxième entretien individuel...........................................................................................................36 ;37 ;38
VI. Conclusion........................................................................................................................................................39 ; 40
Biblio............................................................................................................................................................................41 ;42

2
Introduction

Nous définissons le numérique comme « l'ensemble des données informatisées (bases de

données, médias, logiciels, etc.), les réseaux permettant de les faire circuler (mobile - 3G, 4G - et fixe

- xDSL, fibre), et les outils permettant d'y accéder (ordinateur, tablette, smartphone, télévision

connectée, etc.) » . Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont

essentiellement numériques.

À partir de la fin des années 1970, des innovations dans l'informatique et les télécommunications se

diffusent à grande échelle, notamment l'ordinateur personnel et la téléphonie mobile. Ces innovations

ont profondément modifié le mode de vie des familles et le fonctionnement des entreprises, elles

sont également à l'origine de la croissance de la productivité, offrant un grand potentiel

d'expansion. Ainsi, le mode de vie des familles a connu une évolution au sein de la société dans tous

ses aspects, qu’ils soient économiques, culturels ou sociotechniques. Selon les données de

l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France n'est pas l'un des

pays les plus avancés dans l'économie numérique actuelle, elle se classe seulement 17ème sur

34ème dans le monde au niveau du développement de l’information. En 2010, 74% des ménages

européens sont équipés d’un ordinateur ; en 2011, 73% d’entre eux sont connectés à Internet à

domicile, contre seulement 49% en 2006.

Aujourd'hui, nous entendons de plus en plus parler de digitalisation : médias, réseaux sociaux,

ministres et gouvernement ... Avec le développement des tablettes électroniques en classe, la

découverte des robots et des codes, les écoles deviennent « numériques » pour se calquer sur le

nouveau fonctionnement de la société. Néanmoins, en termes d'utilisation et de marchés publics, les

manuels imprimés restent largement le modèle dominant. Nous pouvons nous interroger sur l’impact

de l’intégration de ces nouvelles pratiques au fonctionnement des écoles, en se demandant sous

quelles conditions l’utilisation des TIC a-t-elle un impact positif sur l’apprentissage et l’enseignement

en milieu scolaire ?

Nous commencerons par mettre en évidence les différents impacts liés à une utilisation du numérique

puis nous verrons la place du numérique au sein des établissements scolaires. Enfin, nous conclurons

sur l’impact de la crise sanitaire sur l’utilisation du numérique dans l’enseignement.

3
I. Les impacts du numérique sur la société

Le numérique a un impact sur la société pour différentes tranches d’âges et diverses aspects (social,

cognitif). L’impact du numérique commence dès le jeune âge, avant même l’apparition du langage, et

peut se poursuivre jusqu’à l’adolescence.

1. Impact du numérique dans le développement de l’enfant

En effet, un enfant en bas âge acquiert des capacités d’exploration cognitives, visuelle et tactile

avant celle du langage. Il est également doué d’un mimétisme vis-à-vis des autres individus qui

l’entoure. Il s’agit de la première forme interactive d’apprentissage social. Le recours au numérique va

donc dépendre des habitudes de son entourage (famille, amis, etc) mais notamment de la présence

ou non de tous types de numérique (tablettes, télévision, smartphone…) dans son environnement

d’éducation.

Les enfants naissent avec un cerveau capable d’établir plus d’un million de milliards de connexions

entres neurones pendants leurs développement. Ce développement considérable est sous l’influence

à la fois de la génétique mais également de l’environnement. Une bonne utilisation des outils

numériques en présence d’adulte peut jouer un rôle dans le développement cognitif de l’enfant, en

prenant les écrans comme étant des outils de stimulation, d’exploration

et d’apprentissage. En effet, le sociologue français Dortier JeanFrançois relate le fait suivant : « le cerveau
des bébés

est donc bien loin d’être naïf cognitivement, socialement et moralement à l’égard de ce qui se passe sur les
écrans. Il

est même expert » (Dortier, 2016)

Outre le fait que l’utilisation numérique permet de stimuler des intelligences cognitives telle que la

perception, elle ne permet cependant pas le développement du langage oral et de la communication.

En effet d’après le psychologue July DeLoche, l’apprentissage du langage doit passer par un « bain

linguistique réel, avec des enjeux émotionnels de communication » qui sont « incontestablement plus

riche qu’une exposition passive à un écran plus froid » (Dortier, 2016).

Concernant les enfants âgés de 2 à 12 ans, c’est une période de plein essor du développement

cognitif : lecture, calcul et notions mathématiques, connaissances de culture générale, raisonnement

logique, etc. Les impacts du numérique peuvent donc être variés. En effet, à cet âge, l’utilisation du

4
numérique influe sur la pensée symbolique qui fait appel au réel, en opposition au virtuel que l’on

peut retrouver dans les écrans. Si cette étape de la vie est mal maîtrisée ou mal encadrée par des

adultes, l’enfant peut acquérir d’une mauvaise distinction entre le réel et le virtuel et ainsi ne pas

faire la part entre les deux. Le sociologue Dortier Jean-François nous avertit que c’est également à

5
cet âge-là, que de « façon spontanée l’enfant pourrait déjà se réfugier de façon excessive dans le

monde virtuel des écrans » (Dortier Jean-François, 2016). Ce qui peut causer, à long terme, une

mauvaise insertion de l’enfant dans la société, avec notamment des difficultés de communication

avec les autres enfants de son âge, que ce soit en dehors ou à l’intérieur des établissements scolaires.

Les jeunes âgés de 12 à 18 ans, entrent en période d’adolescence, âge de la puberté avec ses

transformations physiques et sexuelles, durant laquelle le cerveau continue encore son

développement et sa maturation. Pour Dortier Jean-François, l’adolescence n’est pas seulement « une

période de grand potentiel cognitif mais aussi de fragilité émotionnelle » (Dortier Jean-François, 2016).

C’est durant cette période que le jeune se découvre et s’affirme en tant qu’individu singulier.

Cependant l’utilisation du numérique et spécifiquement des réseaux sociaux peut avoir un impact

néfaste (e.g., dépression, anxiété, dépendance, perte d’estime de soi, etc.). De façon globale, Dortier

Jean-François constate que c’est une période d’« exploration quasi sans limites et plus ou moins

maîtrisée du monde numérique et virtuel : amis, avatars, rencontres et jeux variés » (Dortier Jean-

François, 2016). Ainsi, l’éducation et l’encadrement des parents est primordial chez l’adolescent,

même s’il l’est autant chez les enfants en bas âge.

2. L’impact sur la neuroplasticité

Le cerveau est un organe « plastique » qui présente la capacité de modification et de remodelage

des neurones et des connexions synaptiques tout au long de la vie d’un individu. C’est ce que l’on

nomme la neuroplasticité. L’exposition à des écrans et l’utilisation du numérique va avoir un impact

sur le cerveau en apportant des modifications qu’elles soient négatives (e.g., nuisance à la

mémorisation) ou positives (e.g., capacité à collecter différentes informations simultanément). Des

études faites par Daphné Bavelier, professeur de neuroscience cognitive à l’université de Genève, ont

permis de faire part de quelques impacts du numérique (sous différentes formes : écran, jeux …) sur

la plasticité cérébrale d’un individu (Daphné Bavelier, L’impact des écrans sur le cerveau, 2014).

Depuis de nombreuses années, certaines « fausses idées » circulent concernant l’utilisation de la

technologie numérique. Aujourd’hui, grâce au pôle de la recherche, certains scientifiques ont pu aller

au-delà des rumeurs et établir ainsi des faits réels. En effet, nous avons longtemps cru que la pratique

des jeux vidéo « abrutissaient », mais il a été démontré que les personnes passant beaucoup de

temps devant ces jeux vidéo, présentaient un développement d’une intelligence nommée «

6
multitâche ». Cela veut dire que ces individus acquièrent la capacité de « suivre simultanément

plusieurs objets dans le temps et l’espace » précise Daphné Bavelier, lors d’un séminaire sur « l’impact

des écrans sur les cerveaux ». Cependant, si cette activité est réalisée de façon excessive, cela peut

aboutir à une «

7
hyperspécialisation ». La capacité d’intelligence multitâche prendra de plus en plus d’ampleur,

pouvant même empiéter sur les autres capacités cognitives de l’individu. Dans ce cas de figure, le

développement massif d’une capacité cognitive spécifique engendre à long terme, une régression

d’autres capacités.

L’utilisation d’écran et d’internet a également un impact sur le type de mémoire que l’on sollicite. En

effet il existe différents types de mémoires mettant en jeu diverses structures de l’encéphale.

Figure 1 : Schéma montrant les deux types de mémoire déclarative et non déclarative (source : Thèse université de Lyon)

Celle qui nous intéresse et qui est impactée par l’utilisation du numérique, c’est la mémoire

déclarative. La mémoire déclarative implique une zone cérébrale appelée l’hippocampe. Elle

correspond au stockage et à la récupération de données pouvant émerger à la conscience et être

exprimées dans le langage.

On distingue deux types de mémoire :

➢ La mémoire déclarative qui est elle-même segmentée :

o La mémoire déclarative sémantique qui est une mémoire faisant intervenir des faits généraux

(ex : la connaissance du sens des mots, des noms des présidents, des capitales du

monde...)

o La mémoire déclarative épisodique qui est une mémoire faisant intervenir des événements

propres à chaque individus (ex : souvenir de la date et du lieu des dernières vacances)

➢ La mémoire non déclarative : La mémoire transactive, appelée également la mémoire non déclarative est
un

concept qui a été introduit pour la première fois par Daniel Wegner, psychosociologue américain, en
8
1986. Il

définit ce terme comme étant « un système partagé permettant d’encoder, de stocker, et de


récupérer de

manière sélective les informations nécessaires à la réalisation d’un travail » (E.Michinov & N.Michinov,
2013).

9
Dans le cas d’utilisation du numérique, la mémoire transactive correspond à la mémoire des différents «
lieux »

où trouver une information. L’individu acquiert ainsi la capacité de retrouver plus facilement des
informations en

tapant par exemple des mots clé dans la barre de recherche et en sélectionnant des sites précis où il
pourra

retrouver l’information recherchée. Cette mémoire transactive ne permet pas de mémoriser un grand
nombre

de notions et d’informations, contrairement à la mémoire déclarative, mais elle permet plutôt de


mémoriser les

« lieux » où l’on peut les retrouver. Ce phénomène correspond à la « culture du zapping ».

Par exemple, lors de l’usage du téléphone ou internet, l’individu voit sa mémoire déclarative

(sémantique et épisodique) de régresser au profit d’une mémoire transactive.

3. L’impact sur la santé mentale et physique

Outre l’impact sur la cognition, une utilisation excessive du numérique peut également avoir des

impacts sur la santé mentale et physique.

De plus en plus de personnes vivent mal le fait d’être éloignées de leur téléphone. En effet, une étude

a été menée en Angleterre en 2008 par l’UK Post Office qui stipule que 53% des utilisateurs mobiles

sont nomophobes. Le terme est traduit comme étant un des « néologismes contemporains qui tentent

de traduire une nouvelle réalité symptomatique : la phobie de perdre son portable » (Nomophobia,

Cairn, 2020). Ainsi, nous pouvons évoquer l’addiction aux écrans et à tout l’univers du numérique

(internet, téléphone, réseaux sociaux…). On parle d’addiction, lorsque la personne passe au moins 5

heures par jour face à un écran, soit 35 heures par semaine. Cependant, c’est une addiction lorsque

l’individu ressent un vide, un sentiment de perte de contrôle sur sa vie lorsqu’il est « déconnecté

» du monde numérique. Cette conduite addictive peut être à l’origine de l’apparition ou de

l’augmentation de certains problèmes tels que les troubles de l’humeur, une hyperactivité ou encore

un comportement dépressif qui est aggravé par un isolement social produit par l’utilisation des

écrans.

Les adolescents sont la première génération dont le sommeil est très fortement perturbé par le

numérique, engendrant à long terme des effets sur leur comportement. Nous savons qu’ils

appartiennent à une génération ultra- connectée et que leur smartphone peut, dans certains cas,

prendre la place d’un « meilleur ami ». Ils ne le quittent plus et cela même la nuit. De plus, cette
10
surconsommation d’écran peut avoir des effets sur leur sommeil. En effet, une utilisation tardive des

écrans et donc une exposition à la lumière bleue de ceux-ci, engendre une diminution de la sécrétion

de mélatonine, hormone clé dans le sommeil. Ceci occasionne des troubles du sommeil aboutissant à

une fatigue, une agressivité et à des troubles de l’attention pouvant avoir des impacts néfastes sur les

résultats scolaires

11
de l’enfant. De façon globale, l’enfant est désynchronisé et tente de récupérer ses heures de sommeil

perdu pendant le week-end, ce qui ne fait qu’accentuer cette désynchronisation.

Outre l’impact sur le sommeil, l’exposition à la lumière bleue met en péril, chez les jeunes et les

adultes, leur santé visuelle. Selon une enquête 2012 de l’Association nationale pour l’amélioration de

la vue (Asnav), 25 à 30% des 16- 24 ans seraient touchés par la myopie, notamment en raison de la

hausse du temps passé devant les écrans.

Quant à la mauvaise posture provoquer par l’exposition de façon prolongée aux écrans, l’enfant

ressent des douleurs au niveau de cou, du dos, des épaules, des coudes et des poignets. Par ailleurs,

la surconsommation des écrans empiète sur la pratique d’activités physiques. Cela peut soit favoriser

une éventuelle prise de poids, si la personne se met à grignoter face aux écrans, ou au contraire une

perte de poids, si les repas sont « sautés ».

En prenant en compte tous ces éléments, on ne peut savoir si on doit laisser les enfants face aux

écrans, en ignorant la façon dont ils les utilisent. Pour cela, il faut apporter un cadre strict à l’enfant,

l’accompagner dans l’utilisation du numérique et l’éduquer à une pratique modérée et autorégulée

tout en préservant l’équilibre et la santé de l’enfant. Le rôle d’un adulte est donc important dans

l’utilisation à bon escient de l’outil numérique par l’enfant, cependant nous pouvons également dire

que ce rôle peut appartenir aux établissements scolaires et donc à tout corps professoral.

12
II. Le numérique dans les établissements

1. Équipement des établissements dans le cadre du « Plan numérique »

La France a connu de nombreux « plans ministériels » pour développer le numérique à l’école et

intégrer les technologies de l’information et de la communication dans l’éducation. Pour cela, la

France a eu recours à des investissements importants réalisés par les régions, les départements

et les communes, pour équiper les

établissements scolaires et promouvoir les usages du numérique éducatif. Par exemple, en 2015, le président
de la

république, François Hollande, avait lancé le grand plan numérique pour l’école. Ce projet avait pour

but « d’équiper les élèves de 5ème avec des tablettes pour la rentrée 2016 mais également 70% des

écoliers et collégiens pour l’année

2020 » explique Cédrick Fluckiger, docteur en sociologie (Cédrick Fluckiger, 2013). Un autre aspect de ce
plan

concernait les manuels qui pourront être téléchargeables, une initiative qui représenterait soit 60% des
ressources

pédagogiques.

Il a également été mis en place une plateforme numérique de travail

nommée ENT (Ensemble Intégré de services Numériques) à

disposition de tous les établissements scolaires. Ce dispositif propose

divers types de services, tant au point de vue de la communication

(ex : informations des personnels et des familles), de

l’accompagnement de la vie scolaire des élèves (ex : notes) que de

la pédagogie (ex : classe virtuelle).


Figure 2 : Logo ENT (source : Ministére de
l’éducation nationale)
Cet espace numérique de travail est accessible aux personnels administratifs, aux enseignants, aux élèves

mais également aux parents afin de leur permettre un meilleur suivi de la scolarité de leurs enfants.

Voici quelques données tirées du site Eduscol qui permettent de mettre en évidence l’ampleur qu’a

pris ce dispositif au sein de nos établissements scolaire depuis la rentrée 2016 :

➢ 29 académies sont concernées par au moins un projet en phase de généralisation dans le second

degré, soit environ 86% des départements et 100% des régions ;

13
➢ 100% des lycées sont pourvus d'un ENT dans 21 régions ;

➢ 100% des collèges sont pourvus d'un ENT dans 76 départements ;

14
➢ 94% des départements ont lancé des projets d'ENT dans le 1er degré à une échelle très

variable (de la commune à l'académie).

Ces projets ambitieux rencontrent cependant des problèmes quant à la question d’enseignants dans

l’utilisation des TIC (technologie de l’information et de la communication). En effet, la majorité des enseignants
étaient

hostiles à l’égard de l’usage des TIC, « sans doute n’a-t-on pas assez privilégié l’approche

pédagogique, en se focalisant trop sur la technologie » questionne Bernard Cornu lors de la table

ronde sur le théme du « numérique à l’école : Évolution ou révolution pédagogique ? » (Bernard Cornu et

al.2014).

2. La responsabilité de l’école face au numérique

Face à ce développement fulgurant du numérique qui a touché toute notre société, l’espace

social qui est l’école, a également était baignée dans l’environnement numérique. De ce fait, le

système scolaire se voit attribuer une grande responsabilité quant à la formation des jeunes dans ce

nouvel outil pédagogique. Cela concerne les contenus d’apprentissage, la manière d’apprendre, les

capacités et les compétences visées. Ainsi le numérique ne se cantonne pas à une mode passagère

ou à un ensemble de gadgets sans conséquences, il est bien plus. Selon la théologienne

Serrano Gemma, c’est un « nouveau contexte existentiel et culturel » (Serrano Gemma, 2018). Il ne doit donc
pas être

sujet à une simple utilisation mais plus à une intégration complète, tant dans la formation des

enseignants que dans le parcours scolaire des élèves.

Malgré cela, le numérique est vu tout de même comme un bouleversement au sein des établissements qui
d’après

elle, impacte « toutes les parties du corps scolaire […] en vue de créer de nouveaux rapports au savoir, aux
territoires,

aux apprentissages et à la transmission » (Serrano Gemma, 2018). Le nier et faire abstraction ne ferait

que submerger tout le système scolaire dans ce flot de technologie.

Ainsi le système scolaire se doit de réagir face à d’éventuels problèmes que les élèves peuvent

rencontrer suite l’utilisation du numérique. La manipulation de ce dernier, peut porter atteinte à la vie

privée, amener à l’harcèlement en ligne (lors d’utilisation de réseaux sociaux), mais aussi peut

engendrer dans certains cas des comportements addictifs suite à l’augmentation du temps passé

devant les écrans. Elle affirme que le système scolaire doit reprendre
15
le dessus afin « d’éduquer aux pratiques et aux comportements à adopter dans cet environnement
numérique »

(Serrano Gemma, 2018).

16
Comme cité précédemment, une utilisation inappropriée du numérique peut entrainer divers
comportements

inhabituels (ex : addiction). Ainsi le rôle primordial des établissements scolaires et de faire acquérir aux
élèves la

capacité de distinguer et de faire la part entre le « réel » et le « virtuel » et de leur faire développer un esprit
critique.

Ce travail éducatif permettrait aux élèves d’acquérir également une responsabilité sociale et individuelle,
en tant

qu’individu et citoyen. Les établissements peuvent également avoir le droit de s’interroger quant au
contenu des

différents types de numérique (jeux, ordinateur, tablette, téléphone portable) utilisé par 90% des élèves.
Ainsi il a été

mis en place dans les établissements des « dispositifs de filtrage permettant de travailler sereinement et
d’assurer la

protection des élèves vis-à-vis des contenus inappropriées » (site Eduscol).

Les établissements ont donc une très grande responsabilité face au numérique afin d’éviter le développement
d’une

« fracture 2.0 » entre les élèves sachant utiliser et tirer profit du numérique et ceux pour lesquels son

usage est restreint, notamment dû à un manque d’équipement numérique. Ainsi, il est plus

qu’important que l’utilisation du numérique soit ancrée dans l’enseignement afin de surpasser ces

inégalités mais également de permettre aux élèves d’acquérir de nouvelles connaissances et

compétences.

De plus, le numérique représente une grande opportunité pour l’école, car c’est un centre d'intérêt

commun à toute les nouvelles générations, toutes origines socio-culturelles confondues. Pour tous

ceux qui sont nés avec le numérique, les “digital native”, les TIC sont un langage commun, avec ses

propres modalités et toute sa culture. L’utilisation, ou le rapprochement vers ce langage qui leur

appartient, les motive à s'intéresser beaucoup plus à des apprentissages, permet de leur redonner la

capacité de s’approprier les savoirs et réduit ainsi la part de décrochages.

17
III. Le numérique au profit de l’enseignement différencié

Le métier d’enseignant se complexifie d’année en année. En effet, l’hétérogénéité des classes

due à un manque de place dans les établissements ainsi qu’à une diminution du nombre de

redoublements, passant de 7% à 2% (L’express « Fin du redoublement », 2017), est un des facteurs

qui rend ce métier de plus en plus difficile. Dans une salle de classe, l’enseignant se retrouve face à

des élèves qui ont de plus en plus de difficultés cognitives, comportementales, sociales, affectives…

Le problème pour l’enseignant, et de gérer cette hétérogénéité au quotidien. C’est dans ce contexte

qu’est apparue la nécessité d’individualiser l’enseignement, de pratiquer une pédagogie différenciée,

pour savoir répondre à la diversité des élèves par une diversité des pratiques pédagogiques.

L’enseignant doit donc gérer la diversité des élèves sans nuire à ceux qui sont le plus en avance,

favoriser la réussite du plus grand nombre et préparer tous ces élèves au monde numérique qui les

attend.

Les outils numériques ne doivent pas être pris comme étant une nouvelle forme de pédagogie,

mais plutôt comme étant des moyens nouveaux mobilisables pour l’enseignement selon des

pédagogies habituelles. Les TIC permettent à l’enseignant de « consacrer moins de temps à

l’exposition des connaissances et davantage à la création des conditions qui permettent aux

apprenants de développer leurs moyens d’y accéder » (Monique Linard,2006).

En effet, les outils numériques permettent d’enseigner d’une autre manière la pédagogie différenciée.

Avant d’aborder cette évolution méthodologique, il faut définir la pédagogie différenciée. Ce type de

pédagogie vise à modifier la manière d’enseigner pour s’adapter davantage aux élèves. Elle part du

constat que dans une classe, un professeur doit enseigner à des élèves ayant des capacités et des

modes d’apprentissage très différents. C’est donc une pédagogie qui tente de répondre au mieux à

l’hétérogénéité que l’on peut rencontrer dans une classe. Dans ce type de pédagogie, ce n’est plus

l’enseignant qui est au centre de la classe, mais l’élève qui est placé au cœur de celle-ci. Cela permet

un véritable développement personnel de l’élève. Pour arriver à cela, il faut que l’enseignant ait une

connaissance approfondie de chaque profil d’élèves afin de pouvoir adapter les activités et le mode

d’apprentissage aux besoins et aux caractéristiques de chacun.

La classe inversée est l’une des formes d’enseignement de la pédagogie différenciée. Elle est

définie comme étant une version opposée à la classe traditionnelle, où l’enseignant transmet son

savoir sous la forme d’un cours magistral en classe, puis fournit des exercices d’application, qui

doivent être à certains moments être achevés à la maison par manque de temps. A contrario, la
18
classe inversée consiste à déplacer la partie magistrale du cours à la maison, et à utiliser le temps de

classe ainsi libéré pour réaliser les devoirs habituellement faits à la maison ou des activités

collaboratives, en bénéficiant du support de l’enseignant.

19
De manière plus générale, durant la classe inversée, l’enseignant donne à faire à la maison, en

autonomie, les activités de bas niveau cognitif pour privilégier en classe le travail collaboratif et les

tâches d’apprentissage de haut niveau cognitif. L’objectif est de recentrer l’apprentissage autour de

l’élève, en lui donnant les moyens d’être plus autonome. Inverser la classe revient donc à modifier le

rôle « traditionnel » de l’enseignant. En effet, ce dernier ne déverse plus son savoir de façon

magistral, mais il devient un véritable guide pour les élèves dans leur apprentissage, permettant ainsi

la mise en place d’une co-construction des savoirs. Il va chercher à récolter la somme des savoirs

intégrés par les élèves, en les interrogeant, afin de se concentrer, en classe, sur ce qui n’a pas été

compris ou approfondir des notions qui ont suscité l’intérêt des élèves.

Il n’existe pas un modèle unique de classe inversée, chaque enseignant peut s’approprier cet

enseignement pour l’adapter au mieux à ses besoins. Cependant, quelques éléments sont communs à

toutes les classes inversées : assimilation, vérification et mise en pratique des connaissances.

1. Assimilation des connaissances

L’enseignant met à disposition des élèves des ressources à consulter à la maison en autonomie. La

nature même des ressources peut également être très variable selon le but recherché. Il peut s’agir

d’une séquence filmée de l’enseignant au tableau, d’une capsule vidéo commentée par l’enseignant,

de documents à lire, d’un site Internet à consulter, etc… La mise à disposition des connaissances sous

différentes formes permet à chaque élève de s’attarder sur les supports qui lui conviennent le mieux

et cela permet aussi à l'enseignant de proposer des ressources qu’il n’aurait pas le temps d’exploiter

en classe comme les films ou les podcasts.

2. Vérification de l’assimilation des connaissances

L’assimilation des notions est contrôlée par l’intermédiaire d’un questionnaire auquel les élèves

doivent répondre chez eux (en ligne ou sous format papier), ou en classe. Le questionnaire comprend

généralement des questions d’application directe du contenu et peut être sous forme de QCM. Au

cours suivant, les premières minutes servent à revenir et à clarifier les points de notions qui seraient

restées obscurs.

3. La mise en pratique des connaissances en classe

Ces connaissances sont, durant le cours, directement mobilisées dans des activités de mise en

20
pratique et d’approfondissement. Cela permet à l’élève d’être en autonomie pendant la séance mais

permet également à l’enseignant de ne plus, ou beaucoup moins, monopoliser la parole. C’est l’élève

qui est acteur pendant la séance, l’enseignant observe et intervient à la demande de celui-ci. Certes,

pendant la séance l’enseignant n’intervient pas

21
spécialement mais il faut savoir que ce type de séance lui demande énormément de travail en amont.

Cette mise en pratique permet une meilleure intégration des savoirs par l’élève et en raison de

l’investissement qui est nécessaire pour que cette méthode fonctionne, professeur et élève peuvent

développer des réflexions plus poussées.

Les classes inversées permettent une utilisation pertinente des outils numériques. Pour Seymour

Papert, « desiu ordinateurs dans une classe, c’est moins d’enseignement et plus d’apprentissage ! ».

D’une part, les capsules vidéo, conçues par l’enseignant, permettent d’introduire des concepts, de

définir des notions de façon plus vivante et ludique qu’un manuel. Cela donne également la possibilité

à l’élève d’aller à son rythme pour voir et comprendre les notions avant de venir en classe. L’élève,

une fois en classe, va pouvoir questionner de façon précise l’enseignant concernant les notions où il a

des lacunes et ainsi permettre un gain de temps considérable en classe au profit des activités.

Certains enseignants demandent à leurs élèves de réaliser des vidéos, ce qui offre des avantages

pédagogiques supplémentaires. En effet, via cet exercice l’élève travaille diverses compétences :

synthétiser les notions importantes, s’exprimer à l’oral et transmettre ce qu’ils ont appris. Par

conséquent, ils sont dans une situation mobilisant la métacognition, de connaissance sur les moyens

d’accéder au savoir.

D’autre part, les questionnaires en ligne peuvent être utilisés avec différentes visées. Ces

questionnaires sont composés de questions de compréhension de bas niveau cognitif, permettant à

l’enseignant, avant de débuter son cours, d’avoir une vision globale de la compréhension par les

élèves des notions transmises. Ça permet à l’enseignant de pouvoir répondre de façon différenciée

aux besoins particuliers de chaque élève. Le questionnaire en ligne présente un avantage pour

l’élève, il représente un outil d’autoévaluation. En effet l’élève a un retour immédiat sur la validité de

ses réponses, ce qui lui permet de juger de sa propre compréhension des notions.

22
IV. Le numérique au profit de l’apprentissage

La peur que l’enseignant soit peu à peu remplacé par une « machine à apprendre » est à

l’origine d’une mauvaise intégration des outils numériques à l’école. On questionne beaucoup la

capacité de l’école à s’adapter à son nouvel environnement. Pourtant, de nombreuses études, ont

permis de confirmer l’impact positif de l’utilisation du numérique sur le développement de

compétence variées et l’amélioration des résultats scolaires.

L’étude menée par Bialo et Sivin en 1990, a permis de démontrer que les impacts des technologies

étaient visibles dans la motivation des apprenants et dans un plus grand investissement des élèves

dans leur travail. En effet, ils ont observé que « l’attitude (des élèves) envers l’école est plus positive,

ils sont plus aptes à apprécier leur travail, et leur concept de soi est amélioré ».

Nous allons voir l’impact des TIC sur la motivation des élèves à apprendre et comment ceux-ci

permettent notamment une réussite scolaire plus importante.

1. Une motivation dans l’apprentissage

Dans les 90 l’informatique n’était pas pensé pour l’enseignement ni pour la pédagogie mais plutôt

pour le monde industriel. Roland Viau, chargé d’enseignement et chercheur en pédagogie à

l’Université de Sherbrooke (CA) arrivait ainsi à la conclusion que « pour que les Tic suscitent la

motivation de l’élève, il faut que ce dernier soit constamment invité à faire des choix et avoir son «

mot à dire » dans sa façon d’apprendre. De plus, il faut qu’il reçoive des encouragements appropriés

et des commentaires judicieux sur les actions qu’il pose et sur sa démarche d’apprentissage. Il faut

également qu’il puisse faire des erreurs, sans pour autant être critiqué. Enfin, il faut que

l’environnement soit convivial et attirant. »

Au premier abord, on pourrait croire que la motivation des élèves est due à la nouveauté de l’outil, et

donc que celle- ci serait passagère. Or de nombreuses études ont montré le contraire. « Le coté

interactif de ces outils d’apprentissage, la possibilité donnée à l’élève de choisir ses ressources et la

tolérance de l’erreur », sont quelques- uns des aspects mis en évidence par de nombreux chercheurs

dont Marcel Lebrun, docteur en sciences, qui impactent positivement sur la motivation des

apprenants. D’autres chercheurs, notamment Laferrière, docteur en éducation humaniste de

l'Université de Boston, ont mis en évidence « une augmentation générale de la motivation et de la

persévérance dans l’exécution d’une tâche de la part de l’apprenant ».

Ainsi, d'après un rapport ICT datant de 2006, les impacts sont nettement perçus par les enseignants.
23
En effet, selon 86% des professeurs, les « nouvelles technologies » désignent un support motivant

pour les élèves, qui attire davantage leur attention et favorise la participation.

24
2. Une amélioration des résultats scolaires

Il est délicat de savoir si les Tice améliorent ou non les résultats scolaires. En effet, comment peut-on

évaluer l’impact des outils numériques dans des contrôles ou des examens « traditionnels » ne

prenant pas en compte ces outils ? Les résultats des expérimentations devraient donc être assez peu

visibles. Pourtant, de nombreuses études enregistrent des effets positifs :

- Les résultats des élèves connaissent une amélioration de 11% grâce à l’usage d’un

ordinateur selon Mann et coll et « les adolescents qui ont un ordinateur à la maison ont 6 à 8%

de chances en plus de réussir leur lycée que les adolescents qui n’ont pas d'ordinateur à la

maison, compte tenu des variables familiales et sociales. »

- Les établissements qui reconnaissent et utilisent les Tice enregistrent une croissance de

leurs scores en termes de performance plus rapide que ceux qui sont moins avancés en la

matière.

- En 2008, Jean Heutte publie les résultats d’une expérimentation effectuée dans des classes

de CM2 de l’académie de Lille. Ces résultats montrent que « les élèves habitués à l’usage de

l’outil informatique ont des meilleurs résultats indépendamment du type de support mis à leur

disposition pour réaliser un apprentissage ». Leur vitesse de lecture est plus rapide, ils

comprennent mieux et plus rapidement ce qu’ils lisent. L’étude tend aussi à montrer que c’est

surtout sur l’expression écrite que l’impact se révèle le plus positif. Les connaissances scolaires

globales sont plus importantes et à l’entrée en sixième, ils obtiennent de meilleurs résultats en

français et en mathématiques.

- Les résultats montrent un impact positif sur les élèves de 11 ans : un doublement des

investissements en tice par élève entraîne une hausse de 2% du taux d’élèves atteignant un

bon niveau en anglais et en sciences (entre autres grâce à la diminution du taux

d’absentéisme). Cette étude révèle aussi que les écoles qui ont vu leurs résultats globaux

augmenter sont celles qui ont le plus investies dans la formation des enseignants.

25
V. Méthodologie

1. Partie expérimentale

Les enseignants du second degré (collège et lycée) ont accueilli le numérique depuis quelques

années dans leurs classes. La question qui se pose alors est de savoir de quelle façon ces enseignants

vivent le numérique. L’expérimentation s’axe sur le ressenti des enseignants par rapport à leur

utilisation du numérique, et à l’intérêt qu’ils portent à celui-ci. Pour cela, le recours à un questionnaire

dédié aux enseignants mais aussi à des entretiens a été primordiale pour établir une première

approche quant à l’utilisation du numérique par les enseignants.

Ainsi, il s’agit de s’interroger sur différents aspects comme :

 Leurs éventuels a priori par rapport au numérique.

 Leur lien avec les outils numériques.

 Leurs aptitudes et connaissances numériques.

 Leur formation personnelle au numérique.

 Le matériel numérique dont ils disposent en classe.

 Leur besoin en outils numériques.

 La plus-value que peut leur apporter le numérique mais également à leurs élèves.

 Les raisons de l’utilisation du numérique, les disciplines concernées par cet utilisation et l’usage qu’ils
en font.

La mise en place d’un questionnaire correspond ici à une méthode quantitative qui « permet au

chercheur d’analyser des comportements, des opinions, ou même des attentes en quantité » (Site

internet « Scribbr »). Cela aboutit à des données mesurables statistiquement grâce à des moyens

informatiques de récoltes de données (e.g., graphiques ou tableaux). Pour mener à bien cette

méthode, il est important d’établir avec exactitude l’échantillon concerné par l’étude afin d’obtenir

des résultats pertinents et adaptés. Si cette méthode quantitative permet une analyse statistique, ses

réponses ne sont pas approfondies. En revanche, pour avoir une étude plus détaillée, l’alternative de

la méthode qualitative est plus convenable.

En effet, la méthode qualitative est une « recherche descriptive qui se concentre sur des

interprétations, des expériences et leur signification » (Site internet « Scribbr »). Ainsi la collecte de

données en nombre n’est pas l’objectif premier, celui-ci étant consacré aux données de fonds. Pour

26
mettre en place cette méthode, les entretiens sont une approche efficace qui permettent de récolter

des données dites « verbales » par le biais de questions.

27
a. Le questionnaire

Un questionnaire sous forme de QCM a d’abord été proposé à des enseignants selon leur âge, leur

ancienneté dans le métier, la matière d’enseignement. Il a été réalisé à l’aide de Google Form puis a

été transféré sur Pronote par des enseignants dont j’ai connaissance. Par la suite, j’ai également

déposé le lien de mon questionnaire sur des pages Facebook destinées à des enseignants de

différents établissements de France. Les réseaux sociaux étant, selon moi, le meilleur moyen de nos

jours pour récolter rapidement et facilement de grand nombre de réponses. Ces dernières ont été

recueillies pour ensuite être analysée sous Excel avec des tableaux croisés pour ensuite pouvoir les

mettre en relation.

b. Les Entretiens

Dans un second temps, un entretien individuel a été réalisé avec deux des enseignants ayant

également répondu au questionnaire, pour avoir une analyse plus en profondeur. L’entretien a été un

semi-directif, c’est-à-dire que c’est partiellement dirigé. En effet, ce type d’entretien permet d’avoir

des questions préconçues tout en laissant mais tout une certaine liberté de réponse à l’interviewé. Le

choix des deux enseignants n’a pas été fait au hasard. En effet, il paraîssait plus judicieux de

s’intéresser à deux enseignants d’âge différents.

2. Les hypothèses

Avant d’analyser le questionnaire ainsi que les entretiens, il est opportun d’énoncer des

hypothèses sur le résultat de cette étude, pour pouvoir ensuite les comparer.

 Les hypothèses sur l’utilisation du numérique :

La première hypothèse que l’on peut énoncer et celle concernant les personnes les plus jeunes qui

seront plus à l’aise avec les outils numériques. On peut supposer que ce type de participants feront

d’avantage le choix d’utiliser le numérique, tant du point de vue personnel que professionnel, quitte à

délaisser le tableau noir (ou blanc). Inversement pour les personnes de plus de 50 ans avec plus de 20

ans d’ancienneté, auront plus de mal à se défaire de leurs habitudes datant de nombreuses années,

et donc n’éprouveront pas ou peu le besoin de recourir au numérique, et l’utiliseront beaucoup plus

par obligation.

Les enseignants de certaines matières, telles que les mathématiques, seront moins concernés par

28
l’usage du numérique, peut-être par absence de besoin réel ou par manque d’occasion.

29
 Les hypothèses sur la formation au numérique :

Concernant la formation au numérique, elle sera sûrement peu demandée, et dans le cas d’une

formation effectuée, elle n’aidera pas ou très peu par la suite dans la pratique du numérique en

classe. Les raisons précises de non- efficacité ou d’efficacité des formations effectuées, ne seront pas

traitées dans cette recherche.

 Les hypothèses sur les plus-values qu’apporte le numérique :

En termes de plus-value pour l’enseignant, le gain de temps arrivera sûrement comme un point très

important aussi bien, avant, pendant, ou après une séance. La possibilité d’avoir accès à une

abondance d’informations, de documents grâce à internet, pourra également être mise en avant. Par

ailleurs, l’opportunité de projeter via un vidéoprojecteur au tableau diverses sources, comme des

documents de travail, des vidéos etc et ce, pour toutes les disciplines, sera certainement évoqué.

En ce qui concerne les plus-values pour les élèves, la curiosité et l’envie, face aux outils numériques,

seront peut-être les aspects les plus mis en avant dans les différentes réponses.

 Les hypothèses sur le numérique en classe :

En ce qui concerne l’utilisation des outils numériques, il est plausible que peu d’enseignants aient une

démarche d’approfondissement de ces outils, pour aller plus loin qu’une « simple » projection de

documents, malgré le fait bénéficier d’un matériel adapté dans leur classe. Le manque de formation

ou de temps pouvant être une des raisons de ceci. Cela peut également être lié à l’âge de

l’enseignant et à son rapport avec le numérique.

Peu d’enseignants feront probablement le pas vers l’éducation au bon usage du numérique, dans le

sens où l’utilisation principale serait faite par l’enseignant, et non par les élèves eux-mêmes, qui au

final ne sont que des acteurs passifs du numérique.

30
3. Analyse du questionnaire

Nous appellerons « participants » ou « population test », les 200 enseignants du second degré

ayant répondu à ce questionnaire (Annexe 1). Une analyse des différentes réponses données a été

réalisée. Des croisements entre questions ont été réalisés pour pouvoir être plus précis dans l’analyse

et pour ne pas se contenter de résultats bruts. L’analyse s’appuie sur les hypothèses émises dans la

partie précédente.

a. Point sur les caractéristiques des participants

Il est nécessaire de faire un point sur les enseignants ayant participés, pour connaitre leurs

caractéristiques. Les participants sont représentés pour 30% par des enseignants ayant entre 21 et

30 ans, 24,5% entre 31 et 40 ans, 31,5% entre 41 et 50 ans, et 14% entre 51 et 60 ans.

Le résultat des questions « Depuis combien d’années êtes-vous enseignant ? » et « Quelle

matière enseignez- vous ? » montre que nous avons une population variée en termes d’ancienneté

dans le métier et de matières enseignées. En effet, les participants enseignent pour la majorité (33%)

depuis 2 à 5 ans. Ceux qui enseignent depuis 11 à 20 ans et de plus de 20 ans représente à peu près

la même part, soit environ 20% chacun. Enfin, la part d’enseignants titulaire et de stagiaire est égale

à celle des enseignants exerçant depuis 6 à 10 ans, soit environ 15%. Quant à la matière enseignée,

la plus représentée dans cette population test est celle des sciences qui regroupent la SVT et la

physique Chimie. En effet, les professeurs enseignants ces matières représentent 69,2%, soit près de

trois- quarts des participants. Le reste est représenté majoritairement par des enseignants de langues

(français, anglais, espagnol et allemand), à plus de 15%, mais également 7% d’enseignants de

mathématiques et 4% d’histoire- géographie.

La population test est donc assez variée en termes d’âge, d’ancienneté des participants, mais

également en termes de matières enseignées.

31
Figure 3 : Graphique montrant les caractéristiques de la population test (source : données issues du questionnaire)

b. Usage personnel du numérique

Quel que soit l’âge des participants, très peu se sentent débutant dans l’usage personnel du

numérique. En effet, le pourcentage de participants se ressentant débutant dans l’utilisation du

numérique n’excède les 10%, et il est même nul chez 31-40 ans. Cependant, la tranche d’âge des 21-

30 ans est celle qui se sent d’avantage débutant, ce qui ne corrobore pas avec les hypothèses émises

au départ.

La tranche d’âge se sentant le plus à l’aise est celle des 21-30 ans ainsi que celle des 41-50 ans avec

environ 70% d’experts, suivie des 51-60 ans avec 60%, et enfin des 31-40 ans avec moins de 50%.

Notons par ailleurs que dans cette dernière tranche d’âge, la part d’enseignants se sentant novice est

à peu près égale à celle se sentant expert.

D'un point de vue personnel, quel type d'utilisateur du numérique pensez-vous être ?

100%

90%

80%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%
21-30 31-40 ans 41-50 51-60
ans ans ans
Débutan Novic Exper
e t

32
Figure 4 : Graphique montrant le type d’utilisateur du numérique en fonction de l’âge (source : données issues du questionnaire)

33
Concernant la fréquence d’utilisation, environ 96 % des participants, quel que soit leur âge,

déclarent utiliser quotidiennement (« au moins une fois par jour ») le numérique pour des actions

personnelles, contre seulement 2 à 4% au moins une fois par semaine. Aucun participant n’a indiqué

utiliser « au moins une fois par mois » le numérique, et un seul enseignant de 31-40 ans, a indiqué

l’utiliser « moins d’une fois par mois » par souhait.

Fréquence d'utilisation personnel du numérique

100
%

90%

80%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

21-30 31-40 41-50 51-60


ans ans ans ans

Moins une fois par Au moins une fois par Au moins une fois par Au moins une fois par
mois mois semaine jour

Figure 5 : Graphique montrant la fréquence d’utilisation personnelle du numérique en fonction de l’âge (source : données issues du

questionnaire)

Reste à savoir si cette utilisation quotidienne du numérique est liée à un souhait ou à une obligation.

On observe que cette utilisation n’est pas liée à la tranche d’âge. En effet, quel que soit l’âge des

participants, l’utilisation quotidienne du numérique, liée à un souhait, est à peu près identique dans

les 4 tranches d’âges. Cette part d’enseignants représente 50 à 60%. Même si la part d’utilisation liée

à un souhait est supérieur à 50%, celle liée à une obligation reste tout de même élevée et oscille

autour des 40%.

On remarque cependant, que plus la fréquence d’utilisation diminue (« au moins une fois par semaine

») et plus cela est lié davantage à un souhait de la part des participants.

L’usage personnel quotidien « intensif » du numérique n’est donc plus à démontrer, mais il est à noter

tout de même que la part obligation et la part souhait est à peu près identique quel que soit l’âge, ce

qui ne corrobore pas avec les hypothèses émises.

34
Lien entre l'âge et la raison d'usage dans le cadre d'une
utilisation quotidienne du numérique.
100
%

90%

45% 43% 43%


48%
70%

60%

50%

40%

30%
55% 57% 57%
52%
20%

10%

0%
21-30 31-40 ans 41-50 51-60
ans ans ans
Un
Une

Figure 6 : Graphique montrant le lien entre l’âge et la raison d’usage quotidien du numérique (source : données issues du questionnaire)

c. Point sur la formation des enseignants aux outils numériques

Environ deux-tiers (65%) des enseignants ont déjà eu une formation au numérique, mais 34%

d’entre eux déclarent que cette formation ne les a pas aidés dans leur pratique en classe. La part des

participant dont la formation a été une réelle aide dans la pratique en classe représente deux-tiers, ce

qui constitue un résultat au-delà de nos hypothèses. En effet, nous avions émis que les enseignants

ayant eu accès à une formation au numérique, ne leur aura été de très peu d’utilité.

Figure 7 : Graphique montrant les enseignants ayant eu accès à une formation (à gauche) et leur ressenti (à droite) (source :

données issues du questionnaire)

35
Quant aux tiers restants des enseignants n’ayant pas suivi une formation au numérique, 48% d’entre

eux en ressentent le besoin. La matière enseignée ne rentre pas en ligne de compte dans le besoin,

cependant nous nous attendions à observer un besoin plus marqué pour les enseignants les plus âgé.

Les résultats sont assez surprenants, en effet on observe un même taux de besoin autant chez les

plus jeunes que chez les plus âgé, qui s’élève à 45% d’enseignants ressentant le besoin de bénéficier

d’une formation. Notons tout de même que la part la plus élevée se retrouve chez les 31-40 ans avec

56% d’enseignants.
Ressentez -vous le besoin de bénéficier d'une formation
au numérique ?
100
%

90%

80%

70%
44%
55% 56% 53%
60%

50%

40%

30%

20%
56%
45% 44% 47%
10%

21-30 31-40 41-50 51-60


ans ans ans ans
OUI NON

Figure 8 : Graphique montre la relation entre le besoin de bénéficier d’une formation et l’âge (source : données issues du questionnaire)

De façon globale, les résultats obtenus montrent donc que les participants ressentent tout de même

le besoin d’être formés aux outils numériques. De plus, nous avons pu observer que lorsque les

participants ont eu recours à une formation, celle-ci les a aidés. La formation au numérique semble

donc être conforme aux attentes des enseignants formés et l’application en classe semble être

rendue possible.

d. Les besoins en outils numériques

Le résultat est sans appel, la grande majorité (88%) des enseignants ressentent le besoin de

disposer d’outils numériques dans leurs classes. Seul 12% des enseignants n’en ressentent pas le

besoin.

En prenant en compte la tranche d’âge, on pourrait s’attendre à ceux que les enseignants les plus

jeunes ressentent le plus le besoin de disposer d’outils numériques. Cependant, ce n’est pas le cas ici.

En effet, ce sentiment est ressenti de façon plus ou moins équivalente pour toutes les tranches d’âge.

36
Le taux d’enseignants ressentant le besoin d’avoir du numérique dans leurs classes varie de 82%

d’enseignants âgé entre 31 et 40 ans à 89% pour ceux ayant entre 41 à 60 ans.

37
Ressentez
Ressentez -vous le besoin de disposer d'outils
numérique dans votre classe ?
100
%
90 89% 89%
87%
-vous le besoin de disposer d'outils % 82%
numérique dans votre classe ?
80
%
70
12% %
60
%
50
% 18
13 % 11 11
40 % % %
21-30 ans 31-40 ans 41-50 ans 51-60
ans

Oui Non

Figure 9 : Graphique montrant le besoin de disposer d’outils numériques en fonction de l’âge (source : données issues du questionnaire)

e. Le numérique en classe

➢ Faire réfléchir les élèves au bon usage du numérique et à ses risques.

Les résultats montrent que 72% des enseignants font réfléchir leurs élèves à l’utilisation du

numérique et à ses risques. L’âge des participants ne semble pas entrer en ligne de compte. En effet,

quel que soit la tranche d’âge considérée, on observe que le taux d’enseignants faisant réfléchir leur

élève sur la question du numérique dépasse les 65%.

Faites-vous réfléchir vos élèves sur


l'utilisation du numérique et ses
Faites -vous réflechir vos élèves à
l'utilisation du numérique et à ses
risques ?
51-60
ans

41-50
28% ans

31-40
ans
72%

21-30
ans
0 20 40 60 80 100
Oui Non % % % % % %
Oui

Figure 10 : Graphique montrant les enseignants faisant réfléchir les élèves sur l’utilisation du numérique (source : données issues du

questionnaire)

38
Attardons-nous maintenant à analyser cet indicateur mais en y ajoutant la condition de formation aux

outils numériques des participants. Le taux de réflexion autour du numérique est de 65% avec

formation du participant contre 48% sans,

Lien entre le taux d'enseignants faisant réflechir ou non leurs


élèves sur le numérique en fonction d'une accés ou non à une
100
%
90
%
80
%
70
%
60
%
50
%
40
% 21-30 31-40 41-50 51-60
ans ans ans ans

Formation suivie : Formation suivie :


Oui Non
Pas de formation : Pas de formation :

Figure 11 : Graphique montrant le lien entre le taux d’enseignants faisant réfléchir leurs élèves sur l’utilisation du numérique en fonction

de l’accès à une formation et de l’âge (source : données issues du questionnaire)

La réflexion autour du numérique est donc réalisée par pratiquement tous les enseignants, quel que

soit leur âge. En effet, elle est effectuée autant par les enseignants ayant eu accès à une formation

que ceux qui en sont dépourvus. Ainsi, l’attention portée à la réflexion de l’élève sur son utilisation du

numérique et les risques que peuvent en découler, semble être une problématique importante aux

yeux des enseignants.

➢ Le matériel numérique dans les classes.

Le résultat est flagrant, 93% des enseignants possèdent des outils numériques dans leurs classes.

Parmi ces enseignants ayant ces outils, 95% les utilisent, et 82% d’entre eux le font par envie et non

par obligation. Les 5% restant ne les utilisent pas, du fait d’une connexion jugée non fiable (problème

de réseau), mais également parce que ce n’est pas « toujours très pratique de tout installer pour juste

quelques instants ». De plus, avec la situation sanitaire actuelle, certains enseignants stipulent avoir

interdit l’accès au numérique aux élèves, avec pour raison principale une perte de temps pour tout

désinfecter après chaque utilisation.

39
Figure 12 : Graphique montrant la présence d’outils numérique dans les classes (à gauche), leur utilisation (au milieu) et le choix

d’utilisation (à droite) (source : données issues du questionnaire)

Notons tout de même qu’on s’attendait à avoir une corrélation entre l’utilisation du numérique et la

matière enseignée (les outils numériques seraient les moins utilisés par les enseignants de

mathématiques), ce qui n’est pas le cas ici. En effet peu importe la matière enseignée, pratiquement

tous disposent d’un matériel numérique et l’utilise.

La grande majorité des participants possède du matériel numérique dans leur classe, et les utilise par

envie. Les outils les plus répandus sont les rétroprojecteurs (62% des enseignants en possèdent), et

pour les élèves, le taux de tablettes est relativement bas avec moins de 30%, plus exactement 22%

des classes sont équipées en tablettes. Cependant on remarque que la part d’ordinateur est beaucoup

plus élevée, soit 37% des enseignants affirment avoir accès à des ordinateurs pour les élèves. Les

enseignants interrogés indiquent avoir également des TBI (tableau blanc interactif), TNI (tableau

numérique interactif) pour 37% d’entre eux.

Quel matériel avez -vous dans votre


classe ?

Autres 12%

Tablette pour les élèves 22,30%

TBI ou TNI 36,70%

Ordinateurs pour les élèves 37%

Rétroprojecteur (non interactif) 62,70%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00%


70,00%

Figure 13 : Graphique montrant le type de matériel mis à disposition dans les classes (source : données issues du questionnaire)

40
➢ Plus-values pour l’enseignant.

D’un point de vue général, la majorité (92%) des participants déclare que le numérique modifie

leur façon d’enseigner. Cependant, il y a une certaine nuance entre ces enseignants. En effet, 59%

affirment que le numérique change légèrement leur façon d’enseigner contre 33% qui observent un

changement total dans leur méthode d’enseignement.

Pensez-vous que le numérique modifie votre


façon d'enseigner ?

Non, pas du tout 8%

Oui, un peu 59%

Oui, totalement 33%

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%

Figure 14 : Graphique montrant la présence d’une modification de l’enseignement (source : données issues du questionnaire)

Par la suite, ils définissent alors un certain nombre de plus-values pour eux-mêmes, avant, pendant et

après une séance. Seuls 4,6% et 1,5% des participants jugent qu’il n’y a pas de plus-values à

l’utilisation de numérique, respectivement avant et pendant une séance. Par contre, cette part

d’enseignants monte à 24,5% lorsqu’il s’agit de l’après séance.

Le gain de temps est choisi par plus ou moins les deux tiers des participants pour leur utilisation avant

et pendant une séance, et passe sous la barre des 50% après une séance.

La facilité engendrée par l’usage du numérique diminue suivant le moment de la séance : la moitié

des enseignants remarque cet aspect avant une séance, 48% pendant la séance et finalement 39%

après séance.

Avant une séance, la recherche d’information est une plus-value pour 64,5% de la population

test. Viennent ensuite des précisions faites par ces participants : préparation des séances, clarté de

présentation et possibilité de garder une trace écrite du tableau pour la revoir ultérieurement.

41
Selon vous, quelles plus -values apporte le numérique AVANT une
séance ?
Clarté et présentation 2%

Préparation des séances 3%

Posibilité de garder une trace


écrite 5%

Recherche d'informations 64,50%

Gain de temps 62,40%

Facilité 49,20%

Aucune 4,60%

0,00% 20,00 30,00 40,00 50,00 60,00 70,00


% % % % % %

Figure 15 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique avant une séance (source : données issues du questionnaire)

Pendant une séance, ce qui est le plus avantageux pour 90% des participants, est la possibilité

de projeter des documents et des vidéos au tableau. D’autres plus-values sont également évoquées,

telles que la correction automatique (27% des enseignants), la diminution de fréquence en

photocopies (10% des participants) et enfin la possibilité d’aller sur internet et de proposer un

enseignement plus ludique ( moins de 5% de la population test).

Selon vous, quelle plus -values vous apporte le numérique PENDANT la


séance ?

Aller sur internet 4%

Ludique (modalité pédagogique différente) 3%

Moins de photocopies 10%

Correction automatique 27%

Projection de documents 90,50%

Gain de temps 56,50%

Facilité 48,50%

Aucune 1,50%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00% 80,00% 90,00%

Figure 16 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique pendant une séance (source : données issues du

questionnaire)

42
Après une séance, les réponses individuelles des participants sont assez hétérogènes, puisque

15% déclarent utiliser le numérique pour déposer les activités en ligne (e.g., sur pronote), 9%

déclarent l’utiliser pour garder une trace écrite visible par les élèves, et enfin 3% constate une facilité

de stockage.

Selon vous, quelles plus -values vous apporte le numérique APRÉS la


séance ?

Facilité de stockage 3%

Activité en ligne 15%

Trace écrite visible par les élèves 9%

Recherches d'informations 34,20%

Gain de temps 46,10%

Facilité 39,50%

Aucune 24,50%

0,00% 5,00% 10,00% 15,00% 20,00% 25,00% 30,00% 35,00% 40,00% 45,00%
50,00%

Figure 17 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique après une séance (source : données issues du questionnaire)

Une large proportion d’enseignants affirme que le numérique modifie leur façon d’enseigner et

précise qu’il leur apporte principalement un gain de temps et une facilité avant, pendant et après une

séance.

➢ Plus-values pour les élèves.

Plus de la moitié des enseignants mentionnent que le numérique engendre de la curiosité

(59,20%) de l’envie (59%) chez les élèves, et une facilité d’apprentissage (56,10%). Seuls 16,20% des

participants pensent que les élèves obtiennent plus de connaissances grâce au numérique et 6,60%

parmi eux, estiment qu’il n’y a aucune plus-value pour les élèves.

Il y a également certaines plus-values qui reviennent le plus souvent et qui n’étaient pas comme choix

dans le questionnaire. Celles les plus fréquemment mentionnées par les enseignants sont l’autonomie

des élèves à 10%, les compétences liées à l’utilisation du numérique à 5%, et enfin la possibilité de

différencier avec 3%.

43
Selon vous, quellles plus -values apporte le numérique à l'apprentissage de
vos élèves ?

Différenciation pédagogique 3%

Savoir utiliser le numérique


5%
(compétences)

Autonomie 10%

Envie 59%

Curiosité 59,20%

Plus de connaissances acquises 16,20%

Facilité d'apprentissage 56,10%

Aucune 6,60%

0,00% 20,00 30,00 40,00 50,00 60,00 70,00


% % % % % %

Figure 18 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique aux élèves (source : données issues du questionnaire)

➢ Utilisation des outils numériques en classe.

La principale utilisation des outils en classe, avec 76% des enseignants faisant ce constat, est la

projection de documents (e.g., vidéos, images, écrits …) et donc la visualisation de ces mêmes

documents par les élèves. Viennent à la suite, l’utilisation de logiciels spécifiques, pour 73% des

participants, la possibilité de faire des recherches sur internet, pour 70% de la population test, et pour

finir, 53% des enseignants utilisent le numérique pour faire travailler leurs élèves sur du traitement de

texte. Le travail interactif est également opéré par 16% des enseignants (e.g., jeux interactifs, quiz et

genially).
Quelles activités réalisent vos élèves viale numérique ?

Utilisation de tableurs 3%

Simulation experience (Tp) 6%

Genially 4%

Classes inversée 3%

Jeux interactifs 7%

Quiz 5%

Visualisation de documents 76%

Travail sur traitement de texte 53,00%

Utilisation de logiciels specifiques 73,00%

Recherche internet 70,00%

Aucune 1,00%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00%

Figure 19 : Graphique montrant les activités réalisées via le numérique (source : données issues du questionnaire)

44
f. L’avis des enseignants sur le numérique

La dernière partie du questionnaire a permis aux participants de donner leur avis sur les mythes

évoqués dans l’ouvrage « Apprendre avec le numérique : mythes et réalités » de Amadieu Franck et

Tricot André.

Le point le plus validé, avec 84% des participants qui y répondent positivement, concerne le fait

que les vidéos et les informations dynamiques favorisent l’apprentissage des apprenants. En effet,

plusieurs travaux ont été menés montrant les bénéfices qu’apportent les vidéos et les informations

dynamiques aux apprenants, mais cela sous certaines conditions qui sont les suivantes :

- Les informations doivent être dynamiques (Betranscourt et Tversky 2000).

- Les informations doivent être pertinentes, et non vers du détail qui risque de perdre l’attention

de l’apprenant (Höffler et Leutner, 2007).

- Les animations doivent être segmentées et les étapes clés mises en avant afin de faciliter la

mémorisation par l’apprenant (e.g., Spanjers, 2012).

Les vidéos et informations dynamiques peuvent donc aider à l’apprentissage mais sous les conditions

vues ci-dessus. Elles s’avèrent même utiles dans le cas d’apprentissage de savoir-faire, car la

compréhension est plus facile que via un texte ou des images. Il faut tout de même rester vigilant car

l’attention de l’apprenant peut être détournée par les informations dynamiques et ce dernier peut

alors rater d’autres points importants.

Ensuite, plus des deux tiers des participants pensent que le numérique permet d’adapter les

enseignements aux élèves et de s’adapter aux besoins des apprenants.

Une bonne moitié (51%) des enseignants interrogés juge que le numérique motive les élèves, et

67% constate qu’il permet également un apprentissage plus actif. Mais dans ce cadre, l’apprentissage

en jouant grâce au numérique les laisse perplexe puisqu’un tiers (32%) des participants n’y croit pas,

et près de 26% ne se positionne pas. Une méta-analyse faite en 2013 par Wouters et Van Oostendorp,

sur les effets des jeux dans l’apprentissage nous apprend que l’interaction de la technologie n’est pas

un aboutissement de la motivation et n’amène pas à un meilleur apprentissage.

78% de la population test ne considère pas que les élèves savent utiliser efficacement le

numérique car c’est de leur génération, et pourtant, nous pourrions penser que seuls les enseignants

les plus âgés auraient davantage tendance à l’imaginer, étant eux-mêmes moins agiles avec

45
l’utilisation de ces outils numériques.

46
Les réponses à la question « la lecture sur écran réduit les compétences de lecture et les capacités

attentionnelles des jeunes » sont assez hétérogènes, avec tout de même une part (32%) significative

de personnes qui indiquent ne pas savoir y répondre. Cependant, la majorité (48%) des enseignants

répondent favorablement à cette question, affirmant que les écrans peuvent réduire les compétences

de lecture et les capacités attentionnelles des jeunes. De plus, selon Akyel et Erçetin (Akyel & Erçetin

2009), l’acquisition de la lecture sur papier est indispensable pour pouvoir transiter vers une lecture

sur écran.

Concernant l’autonomie des apprenants favorisée par le numérique, l’avis est assez partagé

puisque 47% des participants y croient, contre 34% qui n’y croient pas. En effet, d’après les études

menées par Zimmerman en 1990, l’apprentissage par les outils numériques n’apporte pas

d’autonomie, mais au contraire il exige au préalable que l’apprenant soit un minimum autonome.

Même remarque pour la question sur les statuts avec 42% d’enseignants interrogés qui conçoivent

une modification possible du statut même des savoirs, des enseignants et des élèves, avec la mise en

place du numérique.

Les avis des enseignants sur différents


points
100
%

90
%
5%
11% 10%
14% 16%
80 19%
% 21% 23%
6% 26%
32%
70
% 22% 14%
15%

60
%
28%
34%
50
% 20% 35%
32%
78%
40
%

30 84%
%
72% 69%
20 67%
%
51% 48% 47%
10 42% 42%
%

0%
" On est plus " Le numérique " Les vidéos et " Le numérique " Le numérique " La lecture sur " Les élèves
17% savent" Le numérique " On apprend " Le numérique
motivé quand on permet un informations permet d'adapter permet de écran réduit les va utiliser modifier le statut mieux en jouant favorise
apprend avec le apprentissage plus dynamique les enseignements s'adapter compétences de efficacement le même des grâce au l'autonomie des
numérique " actif " favorisent aux aux élèves " besoins lecture et les numérique car savoirs, des numérique " apprenants "
l'apprentissage " particuliers des capacités c'est de leur enseignants et des
apprenants " attentionnelles des génération " élèves "
jeunes "

Oui Non Je ne sais


pas

Figure 20 : Graphique montrant les avis des enseignants sur différents points (source : données issues du questionnaire)

47
4. Analyse des entretiens individuels

Les deux entretiens, d’une trentaine de minutes chacun, ont été menés avec quelques questions

ouvertes permettant de ne pas guider les réponses des enseignants. Ces questions ont été choisies

pour aborder plusieurs thèmes principaux, autour de la même problématique (Le numérique dans

l’enseignement), en regard du questionnaire préalablement réalisé.

Ces entretiens semi-directifs ont également permis de laisser les enseignants s’exprimer librement,

tout en laissant la possibilité́ à l’interviewer d’intervenir en cas de besoin.

Les thèmes abordés concernent, dans un premier temps, la définition du numérique selon la personne

interviewée, ainsi que son avis sur ses aptitudes, autant du point de vue professionnel que personnel,

face au numérique. Un point sur la formation professionnelle est également effectué. Nous nous

intéressons aussi particulièrement aux outils numériques disponibles dans la classe de l’enseignant, à

leur utilisation, aux objectifs visés pour l’enseignant lui-même mais également pour ses élèves. Pour

finir un ensemble de questions sur le ressenti des personnes interviewées, face au numérique, sur

leur avis au sujet de l’évolution du numérique ces dernières années et surtout sur le fait de faire

réfléchir ou non, leurs élèves à l’utilisation du numérique.

Il est à noter également que les personnes sélectionnées pour ces deux entretiens ont été choisies

pour analyser deux enseignantes dans un établissement classé REP pour l’une, et dans un

établissement « classique » pour l’autre.

a. Premier entretien individuel

Un premier entretien (Annexe 2) a été réalisé avec Madame A. Cette enseignante âgée de 29

ans, enseigne en SVT dans un collège en Seine Saint-Denis en REP. Elle prend en charge des classes

avec un effectif de 25 élèves en moyenne. Elle exerce ce métier depuis 3 ans. Elle possède, dans sa

propre classe, peu d’outils numériques qu’elle utilise cependant régulièrement : un ordinateur unique

avec internet sur son bureau et un rétroprojecteur. Le choix s’est porté sur cette personne car elle est

jeune et enseigne dans un établissement classé REP, ce qui peut être intéressant dans le cadre du

mémoire.

➢ Usage personnel et professionnel du numérique / Formation

A la question générale « Qu’est-ce que le numérique selon vous ? », l’enseignante répond « Le

numérique concerne selon moi, les outils informatiques qui permettent de travailler en classe à l’aide

d’internet, d’ordinateurs, de tablettes, d’applications et de logiciels pédagogiques, bureautique

48
comme word, excel, etc » (Annexe 2)

49
Madame A déclare être à l’aise avec les outils numériques dont elle se sert quotidiennement. Elle

utilise davantage son téléphone portable pour un usage personnel (recherches, films, réseaux

sociaux…), alors que son ordinateur portable lui sert essentiellement pour ses préparations de cours.

Lorsque l’on aborde la même question, mais au niveau professionnel, elle se considère experte. En

effet, elle utilise son ordinateur quotidiennement pour préparer ses cours, faire des recherches,

consulter des mails, se connecter à pronote, etc …

Cette enseignante a bénéficié, d’une formation (obligatoire), dans le cadre de son Master MEEF.

Elle lui a été bénéfique car ça lui a permis de se familiariser avec certains outils et vocabulaire lié au

numérique. Cependant elle proclame que celle-ci n’est pas indispensable dans l’utilisation du

numérique dans l’enseignement.

➢ Plus-values pour l’enseignant et les élèves

L’objectif principal visé par l’enseignante, en utilisant le numérique, est de rendre plus lisibles les

apprentissages, grâce à la projection de documentation couleur, aux vidéos. Le numérique lui apporte

également une simplification et une rapidité au niveau du travail qu’elle doit réaliser.

Pour les élèves, l’objectif est de leur faire modéliser des concepts au premier abord difficile pour eux,

mais également de les rendre plus acteurs en les faisant interagir. De plus, il y a un avantage qui

n’est pas négligeable, celui de l’accès aux informations et cours depuis chez eux.

➢ Faire réfléchir les élèves au bon usage du numérique et à ses risques

Madame A amène à une réflexion autour de l’utilisation du numérique à travers des discussions

engagées avec ses élèves. Elle y évoque la fiabilité des sources que l’on retrouve dans les médias sur

internet et les réseaux sociaux. Celle-ci essaye de pousser les élèves à adopter un esprit critique

notamment en justifiant leurs choix de documents utilisés pour un devoir. Celle-ci incite également les

élèves à maintenir cette méthode en dehors du cadre scolaire. Pour cet aspect, l’enseignante ajoute

que, selon elle, les enseignants ne sont pas assez formés et encadrés.

➢ Ressenti face au numérique

D’un point de vue générale, l’enseignante est favorable au numérique dans les établissements,

même si le sien n’en possède que très peu. En effet, durant l’entretien, elle fait part de son constat

quant à l’inégalité des équipements numériques dans les établissements. Malheureusement, du fait
50
du manque d’outils numériques dans sa classe, elle

51
ne peut utiliser ce moyen de travail dans son enseignement. Cette absence crée en elle une certaine

frustration ce qui, selon elle, l’empêche d’évoluer dans son métier.

Même si elle y est favorable, l’enseignante déclare s’inquiéter sur l’existence de futures lacunes

engendrées par une utilisation massive du numérique. En effet, elle émet une hypothèse quant à une

possible régression des élèves dans certaines compétences telles que l’utilisation de dictionnaire mais

également de la maitrise de l’orthographe.

b. Deuxième entretien individuel

Un second entretien (Annexe 3) a été réalisé avec Madame B. Cette enseignante âgée de 29

ans, enseigne la Physique-chimie dans un collège à l’académie de Versailles. Elle prend en charge les

4 niveaux de classes (de la 6ème à la 3ème) avec un effectif allant de 22 à 34 élèves pour la classe la

plus chargé. Elle exerce ce métier depuis 3 ans. Elle possède, dans sa classe, des d’outils numériques

qu’elle utilise de façon modérée : un rétroprojecteur, un tableau numérique interactif (TNI), des

tablettes pour les élèves.

➢ Usage personnel et professionnel du numérique

A la question générale « Qu’est-ce que le numérique selon vous ? », l’enseignante défini celui-ci

comme étant un outil de travail permettant de rendre les cours plus attrayants pour les élèves que les

cours « classiques ». Elle établit un parallèle entre le numérique et les générations actuelles qui

l’utilisent de plus en plus et de plus en plus tôt. Selon elle, nous vivons, personnellement et

professionnellement, dans un environnement numérique.

Madame B déclare se sentir à l’aise avec les outils numériques. Outre les formations du numérique

auxquelles elle a participé dans le cadre de sa profession, elle n’accorde pas un temps important avec

celui-ci. En effet, elle prétend être « conservatrice » de par son utilisation quotidienne au manuel et

livres.

Cependant elle ne néglige pas l’utilisation d’un ordinateur portable qui lui sert principalement dans la

préparation de ses cours. Elle qualifie son rapport au numérique comme étant « standard » par

rapport à ses collègues puisqu’elle utilise seulement le TNI, quelques agencements pour ses activités

expérimentales et ne sollicite pas l’usage des tablettes.

Cette enseignante s’est vue, au début de sa première année d’enseignement, proposer une

formation au TNI et du logiciel « Workspace » (logiciel permettant d’écrire avec un stylet sur les TNI).

52
Elle a beaucoup apprécié la formation mais malheureusement, l’établissement où elle enseigne ne

dispose pas du logiciel sur lequel elle a été formée.

53
➢ Plus-values pour l’enseignant et les élèves

La plus-value pour l’enseignante est surtout le gain de temps qui est optimisé dans la préparation

de ses cours étant donné qu’elle possède plusieurs classes du même niveau. En effet, elle crée un

même support qu’elle projette par la suite à toutes ses classes. Cependant, elle insiste sur le fait que

cela demande, en amont, un certain temps de préparation, peu importe le niveau (novice, débutant

ou expert).

Pour les élèves, la plus-value, qui est plus importante pour l’enseignante, est le fait de bénéficier

d’un enseignement différencié permettant davantage de répondre aux besoins de chaque élève. De

plus, l’accès à l’espace numérique de travail (ENT) est également un gain qui permet, par exemple,

aux élèves les plus lents de recopier la leçon disponible sur cette plateforme.

➢ Faire réfléchir les élèves au bon usage du numérique et à ses risques

Madame B quant à elle, fait réfléchir les élèves à la question du numérique par le biais de la

prévention mais de façon occasionnelle, c’est-à-dire seulement à certains chapitres quand celui-ci est

approprié. En effet, par exemple, lors du chapitre sur le son en physique chimie, elle apporte une

affection particulière aux impacts de l’écoute prolongé avec des écouteurs mais aussi celle des

écrans. De cette façon, les élèves bénéficient d’une sensibilisation à des sujets qui ne sont pas

forcément en rapport avec le cadre scolaire mais des situations qu’ils rencontrent dans leur quotidien.

➢ Ressenti face au numérique

D’un point de vue générale, l’enseignante est moins favorable au numérique dans les

établissements, même si le sien est davantage équipé que celui de Madame A. Malgré une formation

au TNI et au logiciel Workspace, Madame B évoque ressentir de la frustration quant à la non-utilisation

des outils pour lesquels elle a été formée. Tout comme Madame A, elle remarque la présence

d’inégalité d’équipement numérique dans les établissements.

De plus, pour elle, l’utilisation du numérique par les élèves doit se faire de façon modérée : « Les

tablettes nécessitent pour les élèves une organisation mais il ne faut pas tomber dans l’excès »

(Annexe 3). En effet, elle explique que le développement du numérique peut être un bienfait pour les

enseignants grâce à la différenciation et la diversité pédagogique que celui-ci offre. Pour exemple, elle

évoque pouvoir « proposer différents chemins possibles pour faire un exercice ». Par là, elle entend

que pour un élève qui rencontre des lacunes, des dispositifs adaptés peuvent lui être proposés

54
comme les aides orthographiques présentes dans les tablettes.

55
Malgré ses points positifs, Madame B trouve que son utilisation en classe doit se faire de façon

limitée pour ne pas laisser place à une éventuelle dispersion. Selon elle, il est nécessaire que les

élèves fassent preuve de plus d’autonomie et d’organisation afin d’éviter toute distraction comme «

se connecter aux jeux même s’il y a des systèmes de sécurité » (Annexe 3)

56
VI. Conclusion

Ce travail a amené à s’interroger sur l’impact de l’intégration des nouvelles pratiques

numériques au fonctionnement des écoles, mais aussi à répondre à la problématique suivante « Sous

quelles conditions l’utilisation des TICE a-t-elle un impact positif sur l’apprentissage et l’enseignement

en milieu scolaire ? »

Au regard des résultats obtenus grâce aux questionnaires et entretiens, il est possible de dire que les

enseignants du second degré intègrent le numérique dans la majorité des disciplines. Quel que soit

leur âge, ils utilisent le numérique, par obligation parfois, mais principalement parce qu’ils y trouvent

un certain nombre de plus-values. En effet, l’utilisation des TICE est bénéfique à l’enseignement grâce

à un gain de temps dans la préparation des cours, ainsi que dans l’adaptation et la diversité des

méthodes de travail selon les besoins des élèves.

De plus, les TICE ont également influencé l’apprentissage des élèves dans la mesure où ceux-ci sont

utilisés de manière convenable et modérées. Malgré cela, certaines études, comme celle de Wouters

et Van Oostendorp, démontrent que l’utilisation du numérique n’engendre forcément pas un meilleur

apprentissage. Cependant, les enseignants ressentent que les élèves sont davantage attentifs,

motivés et curieux, les rendant ainsi acteur de leur apprentissage.

Même si la majorité des élèves sont dotés d’outils numériques (e.g., téléphone, ordinateur, tablette),

les enseignants remarquent une mauvaise utilisation de ceux-ci. Ainsi, ils essayent, à travers des

activités et des discussions interactives, de mener une réflexion quant à la bonne utilisation du

numérique, afin d’éviter leurs impacts néfastes, telle que l’anxiété ou la dépendance.

Avec toutes les possibilités qui s’offrent aux enseignants avec l’apport du numérique, il est important

de parler de formation. Ainsi, les résultats émanant des réponses aux questionnaires et entretiens

montrent que la moitié d’entre eux ressentent le besoin d’être formés au numérique. En effet, pour

ceux qui en ont accès, la formation leur a permis d’optimiser leurs pratiques professionnelles.

Néanmoins, certains ont pu soulever une certaine inégalité d’équipements engendrant un décalage

entre les savoirs acquis et les outils mis à leur disposition.

La pandémie de coronavirus a profondément bouleversé notre système éducatif, et les

problématiques ne sont plus contenues dans la classe mais exportées dans tous les foyers concernés.

Le professeur doit donc penser à de nouvelles modalités pour son enseignement, l’élève doit

réorganiser ses temps d’apprentissages et l’institution a à sa charge de fournir les outils pertinents

pour permettre la continuité du travail pédagogique.


57
Cette situation est intéressante car elle amène les enseignants et les élèves à réfléchir et à essayer

de nouvelles façons de travailler, de s’entraider et d’accompagner en prenant en compte la

distanciation physique qui est imposée. La flexibilité est au centre de ces transformations. Comment

l’enseignant peut être amené à repenser ce dont il a

58
l’habitude, le face à face avec la classe, dans un contexte dans lequel cette coprésence est

occasionnelle, voire inexistante ? Comment amener les élèves, et leurs familles, à envisager

l’apprentissage sans la force corrective que représente l’ensemble des contraintes quotidiennes de la

scolarisation : horaires, lieux, découpages disciplinaires, consignes à court terme, travail suivi et guidé

en présence, etc… Des transformations profondes peuvent être imaginées dans les années à venir.

59
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61
Annexe 1 : Le questionnaire

62
63
64
65
66
Annexe 2 : Premier entretien

67
68
Annexe 3 : Second entretien

69
70

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