HARNANE - Imène - SVT - 2021 (1) 174
HARNANE - Imène - SVT - 2021 (1) 174
Imène Harnane
HARNANE Imène
M2 spé SVT INSPE Besançon
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Table des matières
Introduction.........................................................................................................................................................................3
I. Les impacts du numérique sur la société..................................................................................................................4
1. Impact du numérique dans le développement de l’enfant.................................................................................4 ; 5
2. L’impact dur la neuroplasticité.........................................................................................................................5 ;6 ;7
3. L’impact sur la santé mentale et physique...........................................................................................................7 ;8
II. Le numérique dans les établissements.....................................................................................................................9
1. Équipement des établissements dans le cadre du « Plan numérique »............................................................9 ;10
2. La responsabilité de l’école face au numérique...............................................................................................10 ;11
III. Le numérique au profit de l’enseignement différencié...................................................................................12 ;13
1. Assimilation des connaissances..............................................................................................................................13
2. Vérification de l’assimilation des connaissances...................................................................................................13
3. La mise en pratique des connaissances en classe............................................................................................13 ;14
IV. Le numérique au profit de l’apprentissage.............................................................................................................15
1. Une motivation dans l’apprentissage......................................................................................................................15
2. Une amélioration des résultats scolaires................................................................................................................16
V. Méthodologie..........................................................................................................................................................17
1. Partie expérimentale...............................................................................................................................................17
a. Le questionnaire.............................................................................................................................................18
b. Les entretiens.................................................................................................................................................18
2. Les hypothèses.................................................................................................................................................18 ;19
3. Analyse du questionnaire.......................................................................................................................................20
a. Point sur les caractéristiques des participants........................................................................................20 ;21
b. Usage personnel du numérique.........................................................................................................21 ;22 ;23
c. Point sur la formation des enseignants au numérique..........................................................................23 ;24
d. Les besoins en outils numériques...........................................................................................................24 ;25
e. Le numérique en classe.............................................................................................25 ;26 ;27 ;28 ;29 ;30 ;31
f. L’avis des enseignants sur le numérique................................................................................................32 ;33
4. Analyse des entretiens individuels..........................................................................................................................34
a. Premier entretien individuel..............................................................................................................34 ;35 ;36
b. Deuxième entretien individuel...........................................................................................................36 ;37 ;38
VI. Conclusion........................................................................................................................................................39 ; 40
Biblio............................................................................................................................................................................41 ;42
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Introduction
données, médias, logiciels, etc.), les réseaux permettant de les faire circuler (mobile - 3G, 4G - et fixe
- xDSL, fibre), et les outils permettant d'y accéder (ordinateur, tablette, smartphone, télévision
essentiellement numériques.
À partir de la fin des années 1970, des innovations dans l'informatique et les télécommunications se
diffusent à grande échelle, notamment l'ordinateur personnel et la téléphonie mobile. Ces innovations
ont profondément modifié le mode de vie des familles et le fonctionnement des entreprises, elles
d'expansion. Ainsi, le mode de vie des familles a connu une évolution au sein de la société dans tous
ses aspects, qu’ils soient économiques, culturels ou sociotechniques. Selon les données de
l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France n'est pas l'un des
pays les plus avancés dans l'économie numérique actuelle, elle se classe seulement 17ème sur
34ème dans le monde au niveau du développement de l’information. En 2010, 74% des ménages
européens sont équipés d’un ordinateur ; en 2011, 73% d’entre eux sont connectés à Internet à
Aujourd'hui, nous entendons de plus en plus parler de digitalisation : médias, réseaux sociaux,
découverte des robots et des codes, les écoles deviennent « numériques » pour se calquer sur le
manuels imprimés restent largement le modèle dominant. Nous pouvons nous interroger sur l’impact
quelles conditions l’utilisation des TIC a-t-elle un impact positif sur l’apprentissage et l’enseignement
en milieu scolaire ?
Nous commencerons par mettre en évidence les différents impacts liés à une utilisation du numérique
puis nous verrons la place du numérique au sein des établissements scolaires. Enfin, nous conclurons
3
I. Les impacts du numérique sur la société
Le numérique a un impact sur la société pour différentes tranches d’âges et diverses aspects (social,
cognitif). L’impact du numérique commence dès le jeune âge, avant même l’apparition du langage, et
En effet, un enfant en bas âge acquiert des capacités d’exploration cognitives, visuelle et tactile
avant celle du langage. Il est également doué d’un mimétisme vis-à-vis des autres individus qui
donc dépendre des habitudes de son entourage (famille, amis, etc) mais notamment de la présence
ou non de tous types de numérique (tablettes, télévision, smartphone…) dans son environnement
d’éducation.
Les enfants naissent avec un cerveau capable d’établir plus d’un million de milliards de connexions
entres neurones pendants leurs développement. Ce développement considérable est sous l’influence
à la fois de la génétique mais également de l’environnement. Une bonne utilisation des outils
numériques en présence d’adulte peut jouer un rôle dans le développement cognitif de l’enfant, en
et d’apprentissage. En effet, le sociologue français Dortier JeanFrançois relate le fait suivant : « le cerveau
des bébés
est donc bien loin d’être naïf cognitivement, socialement et moralement à l’égard de ce qui se passe sur les
écrans. Il
Outre le fait que l’utilisation numérique permet de stimuler des intelligences cognitives telle que la
En effet d’après le psychologue July DeLoche, l’apprentissage du langage doit passer par un « bain
linguistique réel, avec des enjeux émotionnels de communication » qui sont « incontestablement plus
Concernant les enfants âgés de 2 à 12 ans, c’est une période de plein essor du développement
logique, etc. Les impacts du numérique peuvent donc être variés. En effet, à cet âge, l’utilisation du
4
numérique influe sur la pensée symbolique qui fait appel au réel, en opposition au virtuel que l’on
peut retrouver dans les écrans. Si cette étape de la vie est mal maîtrisée ou mal encadrée par des
adultes, l’enfant peut acquérir d’une mauvaise distinction entre le réel et le virtuel et ainsi ne pas
faire la part entre les deux. Le sociologue Dortier Jean-François nous avertit que c’est également à
5
cet âge-là, que de « façon spontanée l’enfant pourrait déjà se réfugier de façon excessive dans le
monde virtuel des écrans » (Dortier Jean-François, 2016). Ce qui peut causer, à long terme, une
mauvaise insertion de l’enfant dans la société, avec notamment des difficultés de communication
avec les autres enfants de son âge, que ce soit en dehors ou à l’intérieur des établissements scolaires.
Les jeunes âgés de 12 à 18 ans, entrent en période d’adolescence, âge de la puberté avec ses
développement et sa maturation. Pour Dortier Jean-François, l’adolescence n’est pas seulement « une
période de grand potentiel cognitif mais aussi de fragilité émotionnelle » (Dortier Jean-François, 2016).
C’est durant cette période que le jeune se découvre et s’affirme en tant qu’individu singulier.
Cependant l’utilisation du numérique et spécifiquement des réseaux sociaux peut avoir un impact
néfaste (e.g., dépression, anxiété, dépendance, perte d’estime de soi, etc.). De façon globale, Dortier
Jean-François constate que c’est une période d’« exploration quasi sans limites et plus ou moins
maîtrisée du monde numérique et virtuel : amis, avatars, rencontres et jeux variés » (Dortier Jean-
François, 2016). Ainsi, l’éducation et l’encadrement des parents est primordial chez l’adolescent,
des neurones et des connexions synaptiques tout au long de la vie d’un individu. C’est ce que l’on
sur le cerveau en apportant des modifications qu’elles soient négatives (e.g., nuisance à la
études faites par Daphné Bavelier, professeur de neuroscience cognitive à l’université de Genève, ont
permis de faire part de quelques impacts du numérique (sous différentes formes : écran, jeux …) sur
la plasticité cérébrale d’un individu (Daphné Bavelier, L’impact des écrans sur le cerveau, 2014).
technologie numérique. Aujourd’hui, grâce au pôle de la recherche, certains scientifiques ont pu aller
au-delà des rumeurs et établir ainsi des faits réels. En effet, nous avons longtemps cru que la pratique
des jeux vidéo « abrutissaient », mais il a été démontré que les personnes passant beaucoup de
temps devant ces jeux vidéo, présentaient un développement d’une intelligence nommée «
6
multitâche ». Cela veut dire que ces individus acquièrent la capacité de « suivre simultanément
plusieurs objets dans le temps et l’espace » précise Daphné Bavelier, lors d’un séminaire sur « l’impact
des écrans sur les cerveaux ». Cependant, si cette activité est réalisée de façon excessive, cela peut
aboutir à une «
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hyperspécialisation ». La capacité d’intelligence multitâche prendra de plus en plus d’ampleur,
pouvant même empiéter sur les autres capacités cognitives de l’individu. Dans ce cas de figure, le
développement massif d’une capacité cognitive spécifique engendre à long terme, une régression
d’autres capacités.
L’utilisation d’écran et d’internet a également un impact sur le type de mémoire que l’on sollicite. En
effet il existe différents types de mémoires mettant en jeu diverses structures de l’encéphale.
Figure 1 : Schéma montrant les deux types de mémoire déclarative et non déclarative (source : Thèse université de Lyon)
Celle qui nous intéresse et qui est impactée par l’utilisation du numérique, c’est la mémoire
déclarative. La mémoire déclarative implique une zone cérébrale appelée l’hippocampe. Elle
o La mémoire déclarative sémantique qui est une mémoire faisant intervenir des faits généraux
(ex : la connaissance du sens des mots, des noms des présidents, des capitales du
monde...)
o La mémoire déclarative épisodique qui est une mémoire faisant intervenir des événements
propres à chaque individus (ex : souvenir de la date et du lieu des dernières vacances)
➢ La mémoire non déclarative : La mémoire transactive, appelée également la mémoire non déclarative est
un
concept qui a été introduit pour la première fois par Daniel Wegner, psychosociologue américain, en
8
1986. Il
manière sélective les informations nécessaires à la réalisation d’un travail » (E.Michinov & N.Michinov,
2013).
9
Dans le cas d’utilisation du numérique, la mémoire transactive correspond à la mémoire des différents «
lieux »
où trouver une information. L’individu acquiert ainsi la capacité de retrouver plus facilement des
informations en
tapant par exemple des mots clé dans la barre de recherche et en sélectionnant des sites précis où il
pourra
retrouver l’information recherchée. Cette mémoire transactive ne permet pas de mémoriser un grand
nombre
Par exemple, lors de l’usage du téléphone ou internet, l’individu voit sa mémoire déclarative
Outre l’impact sur la cognition, une utilisation excessive du numérique peut également avoir des
De plus en plus de personnes vivent mal le fait d’être éloignées de leur téléphone. En effet, une étude
a été menée en Angleterre en 2008 par l’UK Post Office qui stipule que 53% des utilisateurs mobiles
sont nomophobes. Le terme est traduit comme étant un des « néologismes contemporains qui tentent
de traduire une nouvelle réalité symptomatique : la phobie de perdre son portable » (Nomophobia,
Cairn, 2020). Ainsi, nous pouvons évoquer l’addiction aux écrans et à tout l’univers du numérique
(internet, téléphone, réseaux sociaux…). On parle d’addiction, lorsque la personne passe au moins 5
heures par jour face à un écran, soit 35 heures par semaine. Cependant, c’est une addiction lorsque
l’individu ressent un vide, un sentiment de perte de contrôle sur sa vie lorsqu’il est « déconnecté
l’augmentation de certains problèmes tels que les troubles de l’humeur, une hyperactivité ou encore
un comportement dépressif qui est aggravé par un isolement social produit par l’utilisation des
écrans.
Les adolescents sont la première génération dont le sommeil est très fortement perturbé par le
numérique, engendrant à long terme des effets sur leur comportement. Nous savons qu’ils
appartiennent à une génération ultra- connectée et que leur smartphone peut, dans certains cas,
prendre la place d’un « meilleur ami ». Ils ne le quittent plus et cela même la nuit. De plus, cette
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surconsommation d’écran peut avoir des effets sur leur sommeil. En effet, une utilisation tardive des
écrans et donc une exposition à la lumière bleue de ceux-ci, engendre une diminution de la sécrétion
de mélatonine, hormone clé dans le sommeil. Ceci occasionne des troubles du sommeil aboutissant à
une fatigue, une agressivité et à des troubles de l’attention pouvant avoir des impacts néfastes sur les
résultats scolaires
11
de l’enfant. De façon globale, l’enfant est désynchronisé et tente de récupérer ses heures de sommeil
Outre l’impact sur le sommeil, l’exposition à la lumière bleue met en péril, chez les jeunes et les
adultes, leur santé visuelle. Selon une enquête 2012 de l’Association nationale pour l’amélioration de
la vue (Asnav), 25 à 30% des 16- 24 ans seraient touchés par la myopie, notamment en raison de la
Quant à la mauvaise posture provoquer par l’exposition de façon prolongée aux écrans, l’enfant
ressent des douleurs au niveau de cou, du dos, des épaules, des coudes et des poignets. Par ailleurs,
la surconsommation des écrans empiète sur la pratique d’activités physiques. Cela peut soit favoriser
une éventuelle prise de poids, si la personne se met à grignoter face aux écrans, ou au contraire une
En prenant en compte tous ces éléments, on ne peut savoir si on doit laisser les enfants face aux
écrans, en ignorant la façon dont ils les utilisent. Pour cela, il faut apporter un cadre strict à l’enfant,
tout en préservant l’équilibre et la santé de l’enfant. Le rôle d’un adulte est donc important dans
l’utilisation à bon escient de l’outil numérique par l’enfant, cependant nous pouvons également dire
que ce rôle peut appartenir aux établissements scolaires et donc à tout corps professoral.
12
II. Le numérique dans les établissements
France a eu recours à des investissements importants réalisés par les régions, les départements
établissements scolaires et promouvoir les usages du numérique éducatif. Par exemple, en 2015, le président
de la
république, François Hollande, avait lancé le grand plan numérique pour l’école. Ce projet avait pour
but « d’équiper les élèves de 5ème avec des tablettes pour la rentrée 2016 mais également 70% des
2020 » explique Cédrick Fluckiger, docteur en sociologie (Cédrick Fluckiger, 2013). Un autre aspect de ce
plan
concernait les manuels qui pourront être téléchargeables, une initiative qui représenterait soit 60% des
ressources
pédagogiques.
mais également aux parents afin de leur permettre un meilleur suivi de la scolarité de leurs enfants.
Voici quelques données tirées du site Eduscol qui permettent de mettre en évidence l’ampleur qu’a
➢ 29 académies sont concernées par au moins un projet en phase de généralisation dans le second
13
➢ 100% des lycées sont pourvus d'un ENT dans 21 régions ;
14
➢ 94% des départements ont lancé des projets d'ENT dans le 1er degré à une échelle très
Ces projets ambitieux rencontrent cependant des problèmes quant à la question d’enseignants dans
l’utilisation des TIC (technologie de l’information et de la communication). En effet, la majorité des enseignants
étaient
hostiles à l’égard de l’usage des TIC, « sans doute n’a-t-on pas assez privilégié l’approche
pédagogique, en se focalisant trop sur la technologie » questionne Bernard Cornu lors de la table
ronde sur le théme du « numérique à l’école : Évolution ou révolution pédagogique ? » (Bernard Cornu et
al.2014).
Face à ce développement fulgurant du numérique qui a touché toute notre société, l’espace
social qui est l’école, a également était baignée dans l’environnement numérique. De ce fait, le
système scolaire se voit attribuer une grande responsabilité quant à la formation des jeunes dans ce
nouvel outil pédagogique. Cela concerne les contenus d’apprentissage, la manière d’apprendre, les
capacités et les compétences visées. Ainsi le numérique ne se cantonne pas à une mode passagère
Serrano Gemma, c’est un « nouveau contexte existentiel et culturel » (Serrano Gemma, 2018). Il ne doit donc
pas être
sujet à une simple utilisation mais plus à une intégration complète, tant dans la formation des
Malgré cela, le numérique est vu tout de même comme un bouleversement au sein des établissements qui
d’après
elle, impacte « toutes les parties du corps scolaire […] en vue de créer de nouveaux rapports au savoir, aux
territoires,
aux apprentissages et à la transmission » (Serrano Gemma, 2018). Le nier et faire abstraction ne ferait
Ainsi le système scolaire se doit de réagir face à d’éventuels problèmes que les élèves peuvent
rencontrer suite l’utilisation du numérique. La manipulation de ce dernier, peut porter atteinte à la vie
privée, amener à l’harcèlement en ligne (lors d’utilisation de réseaux sociaux), mais aussi peut
engendrer dans certains cas des comportements addictifs suite à l’augmentation du temps passé
devant les écrans. Elle affirme que le système scolaire doit reprendre
15
le dessus afin « d’éduquer aux pratiques et aux comportements à adopter dans cet environnement
numérique »
16
Comme cité précédemment, une utilisation inappropriée du numérique peut entrainer divers
comportements
inhabituels (ex : addiction). Ainsi le rôle primordial des établissements scolaires et de faire acquérir aux
élèves la
capacité de distinguer et de faire la part entre le « réel » et le « virtuel » et de leur faire développer un esprit
critique.
Ce travail éducatif permettrait aux élèves d’acquérir également une responsabilité sociale et individuelle,
en tant
qu’individu et citoyen. Les établissements peuvent également avoir le droit de s’interroger quant au
contenu des
différents types de numérique (jeux, ordinateur, tablette, téléphone portable) utilisé par 90% des élèves.
Ainsi il a été
mis en place dans les établissements des « dispositifs de filtrage permettant de travailler sereinement et
d’assurer la
Les établissements ont donc une très grande responsabilité face au numérique afin d’éviter le développement
d’une
« fracture 2.0 » entre les élèves sachant utiliser et tirer profit du numérique et ceux pour lesquels son
usage est restreint, notamment dû à un manque d’équipement numérique. Ainsi, il est plus
qu’important que l’utilisation du numérique soit ancrée dans l’enseignement afin de surpasser ces
compétences.
De plus, le numérique représente une grande opportunité pour l’école, car c’est un centre d'intérêt
commun à toute les nouvelles générations, toutes origines socio-culturelles confondues. Pour tous
ceux qui sont nés avec le numérique, les “digital native”, les TIC sont un langage commun, avec ses
propres modalités et toute sa culture. L’utilisation, ou le rapprochement vers ce langage qui leur
appartient, les motive à s'intéresser beaucoup plus à des apprentissages, permet de leur redonner la
17
III. Le numérique au profit de l’enseignement différencié
due à un manque de place dans les établissements ainsi qu’à une diminution du nombre de
qui rend ce métier de plus en plus difficile. Dans une salle de classe, l’enseignant se retrouve face à
des élèves qui ont de plus en plus de difficultés cognitives, comportementales, sociales, affectives…
Le problème pour l’enseignant, et de gérer cette hétérogénéité au quotidien. C’est dans ce contexte
pour savoir répondre à la diversité des élèves par une diversité des pratiques pédagogiques.
L’enseignant doit donc gérer la diversité des élèves sans nuire à ceux qui sont le plus en avance,
favoriser la réussite du plus grand nombre et préparer tous ces élèves au monde numérique qui les
attend.
Les outils numériques ne doivent pas être pris comme étant une nouvelle forme de pédagogie,
mais plutôt comme étant des moyens nouveaux mobilisables pour l’enseignement selon des
l’exposition des connaissances et davantage à la création des conditions qui permettent aux
En effet, les outils numériques permettent d’enseigner d’une autre manière la pédagogie différenciée.
Avant d’aborder cette évolution méthodologique, il faut définir la pédagogie différenciée. Ce type de
pédagogie vise à modifier la manière d’enseigner pour s’adapter davantage aux élèves. Elle part du
constat que dans une classe, un professeur doit enseigner à des élèves ayant des capacités et des
modes d’apprentissage très différents. C’est donc une pédagogie qui tente de répondre au mieux à
l’hétérogénéité que l’on peut rencontrer dans une classe. Dans ce type de pédagogie, ce n’est plus
l’enseignant qui est au centre de la classe, mais l’élève qui est placé au cœur de celle-ci. Cela permet
un véritable développement personnel de l’élève. Pour arriver à cela, il faut que l’enseignant ait une
connaissance approfondie de chaque profil d’élèves afin de pouvoir adapter les activités et le mode
La classe inversée est l’une des formes d’enseignement de la pédagogie différenciée. Elle est
définie comme étant une version opposée à la classe traditionnelle, où l’enseignant transmet son
savoir sous la forme d’un cours magistral en classe, puis fournit des exercices d’application, qui
doivent être à certains moments être achevés à la maison par manque de temps. A contrario, la
18
classe inversée consiste à déplacer la partie magistrale du cours à la maison, et à utiliser le temps de
classe ainsi libéré pour réaliser les devoirs habituellement faits à la maison ou des activités
19
De manière plus générale, durant la classe inversée, l’enseignant donne à faire à la maison, en
autonomie, les activités de bas niveau cognitif pour privilégier en classe le travail collaboratif et les
tâches d’apprentissage de haut niveau cognitif. L’objectif est de recentrer l’apprentissage autour de
l’élève, en lui donnant les moyens d’être plus autonome. Inverser la classe revient donc à modifier le
rôle « traditionnel » de l’enseignant. En effet, ce dernier ne déverse plus son savoir de façon
magistral, mais il devient un véritable guide pour les élèves dans leur apprentissage, permettant ainsi
la mise en place d’une co-construction des savoirs. Il va chercher à récolter la somme des savoirs
intégrés par les élèves, en les interrogeant, afin de se concentrer, en classe, sur ce qui n’a pas été
compris ou approfondir des notions qui ont suscité l’intérêt des élèves.
Il n’existe pas un modèle unique de classe inversée, chaque enseignant peut s’approprier cet
enseignement pour l’adapter au mieux à ses besoins. Cependant, quelques éléments sont communs à
toutes les classes inversées : assimilation, vérification et mise en pratique des connaissances.
L’enseignant met à disposition des élèves des ressources à consulter à la maison en autonomie. La
nature même des ressources peut également être très variable selon le but recherché. Il peut s’agir
d’une séquence filmée de l’enseignant au tableau, d’une capsule vidéo commentée par l’enseignant,
de documents à lire, d’un site Internet à consulter, etc… La mise à disposition des connaissances sous
différentes formes permet à chaque élève de s’attarder sur les supports qui lui conviennent le mieux
et cela permet aussi à l'enseignant de proposer des ressources qu’il n’aurait pas le temps d’exploiter
L’assimilation des notions est contrôlée par l’intermédiaire d’un questionnaire auquel les élèves
doivent répondre chez eux (en ligne ou sous format papier), ou en classe. Le questionnaire comprend
généralement des questions d’application directe du contenu et peut être sous forme de QCM. Au
cours suivant, les premières minutes servent à revenir et à clarifier les points de notions qui seraient
restées obscurs.
Ces connaissances sont, durant le cours, directement mobilisées dans des activités de mise en
20
pratique et d’approfondissement. Cela permet à l’élève d’être en autonomie pendant la séance mais
permet également à l’enseignant de ne plus, ou beaucoup moins, monopoliser la parole. C’est l’élève
qui est acteur pendant la séance, l’enseignant observe et intervient à la demande de celui-ci. Certes,
21
spécialement mais il faut savoir que ce type de séance lui demande énormément de travail en amont.
Cette mise en pratique permet une meilleure intégration des savoirs par l’élève et en raison de
l’investissement qui est nécessaire pour que cette méthode fonctionne, professeur et élève peuvent
Les classes inversées permettent une utilisation pertinente des outils numériques. Pour Seymour
Papert, « desiu ordinateurs dans une classe, c’est moins d’enseignement et plus d’apprentissage ! ».
D’une part, les capsules vidéo, conçues par l’enseignant, permettent d’introduire des concepts, de
définir des notions de façon plus vivante et ludique qu’un manuel. Cela donne également la possibilité
à l’élève d’aller à son rythme pour voir et comprendre les notions avant de venir en classe. L’élève,
une fois en classe, va pouvoir questionner de façon précise l’enseignant concernant les notions où il a
des lacunes et ainsi permettre un gain de temps considérable en classe au profit des activités.
Certains enseignants demandent à leurs élèves de réaliser des vidéos, ce qui offre des avantages
pédagogiques supplémentaires. En effet, via cet exercice l’élève travaille diverses compétences :
synthétiser les notions importantes, s’exprimer à l’oral et transmettre ce qu’ils ont appris. Par
conséquent, ils sont dans une situation mobilisant la métacognition, de connaissance sur les moyens
d’accéder au savoir.
D’autre part, les questionnaires en ligne peuvent être utilisés avec différentes visées. Ces
l’enseignant, avant de débuter son cours, d’avoir une vision globale de la compréhension par les
élèves des notions transmises. Ça permet à l’enseignant de pouvoir répondre de façon différenciée
aux besoins particuliers de chaque élève. Le questionnaire en ligne présente un avantage pour
l’élève, il représente un outil d’autoévaluation. En effet l’élève a un retour immédiat sur la validité de
ses réponses, ce qui lui permet de juger de sa propre compréhension des notions.
22
IV. Le numérique au profit de l’apprentissage
La peur que l’enseignant soit peu à peu remplacé par une « machine à apprendre » est à
l’origine d’une mauvaise intégration des outils numériques à l’école. On questionne beaucoup la
capacité de l’école à s’adapter à son nouvel environnement. Pourtant, de nombreuses études, ont
L’étude menée par Bialo et Sivin en 1990, a permis de démontrer que les impacts des technologies
étaient visibles dans la motivation des apprenants et dans un plus grand investissement des élèves
dans leur travail. En effet, ils ont observé que « l’attitude (des élèves) envers l’école est plus positive,
ils sont plus aptes à apprécier leur travail, et leur concept de soi est amélioré ».
Nous allons voir l’impact des TIC sur la motivation des élèves à apprendre et comment ceux-ci
Dans les 90 l’informatique n’était pas pensé pour l’enseignement ni pour la pédagogie mais plutôt
l’Université de Sherbrooke (CA) arrivait ainsi à la conclusion que « pour que les Tic suscitent la
motivation de l’élève, il faut que ce dernier soit constamment invité à faire des choix et avoir son «
mot à dire » dans sa façon d’apprendre. De plus, il faut qu’il reçoive des encouragements appropriés
et des commentaires judicieux sur les actions qu’il pose et sur sa démarche d’apprentissage. Il faut
également qu’il puisse faire des erreurs, sans pour autant être critiqué. Enfin, il faut que
Au premier abord, on pourrait croire que la motivation des élèves est due à la nouveauté de l’outil, et
donc que celle- ci serait passagère. Or de nombreuses études ont montré le contraire. « Le coté
interactif de ces outils d’apprentissage, la possibilité donnée à l’élève de choisir ses ressources et la
tolérance de l’erreur », sont quelques- uns des aspects mis en évidence par de nombreux chercheurs
dont Marcel Lebrun, docteur en sciences, qui impactent positivement sur la motivation des
Ainsi, d'après un rapport ICT datant de 2006, les impacts sont nettement perçus par les enseignants.
23
En effet, selon 86% des professeurs, les « nouvelles technologies » désignent un support motivant
pour les élèves, qui attire davantage leur attention et favorise la participation.
24
2. Une amélioration des résultats scolaires
Il est délicat de savoir si les Tice améliorent ou non les résultats scolaires. En effet, comment peut-on
évaluer l’impact des outils numériques dans des contrôles ou des examens « traditionnels » ne
prenant pas en compte ces outils ? Les résultats des expérimentations devraient donc être assez peu
- Les résultats des élèves connaissent une amélioration de 11% grâce à l’usage d’un
ordinateur selon Mann et coll et « les adolescents qui ont un ordinateur à la maison ont 6 à 8%
de chances en plus de réussir leur lycée que les adolescents qui n’ont pas d'ordinateur à la
- Les établissements qui reconnaissent et utilisent les Tice enregistrent une croissance de
leurs scores en termes de performance plus rapide que ceux qui sont moins avancés en la
matière.
- En 2008, Jean Heutte publie les résultats d’une expérimentation effectuée dans des classes
de CM2 de l’académie de Lille. Ces résultats montrent que « les élèves habitués à l’usage de
l’outil informatique ont des meilleurs résultats indépendamment du type de support mis à leur
disposition pour réaliser un apprentissage ». Leur vitesse de lecture est plus rapide, ils
comprennent mieux et plus rapidement ce qu’ils lisent. L’étude tend aussi à montrer que c’est
surtout sur l’expression écrite que l’impact se révèle le plus positif. Les connaissances scolaires
globales sont plus importantes et à l’entrée en sixième, ils obtiennent de meilleurs résultats en
français et en mathématiques.
- Les résultats montrent un impact positif sur les élèves de 11 ans : un doublement des
investissements en tice par élève entraîne une hausse de 2% du taux d’élèves atteignant un
d’absentéisme). Cette étude révèle aussi que les écoles qui ont vu leurs résultats globaux
augmenter sont celles qui ont le plus investies dans la formation des enseignants.
25
V. Méthodologie
1. Partie expérimentale
Les enseignants du second degré (collège et lycée) ont accueilli le numérique depuis quelques
années dans leurs classes. La question qui se pose alors est de savoir de quelle façon ces enseignants
vivent le numérique. L’expérimentation s’axe sur le ressenti des enseignants par rapport à leur
utilisation du numérique, et à l’intérêt qu’ils portent à celui-ci. Pour cela, le recours à un questionnaire
dédié aux enseignants mais aussi à des entretiens a été primordiale pour établir une première
La plus-value que peut leur apporter le numérique mais également à leurs élèves.
Les raisons de l’utilisation du numérique, les disciplines concernées par cet utilisation et l’usage qu’ils
en font.
La mise en place d’un questionnaire correspond ici à une méthode quantitative qui « permet au
chercheur d’analyser des comportements, des opinions, ou même des attentes en quantité » (Site
internet « Scribbr »). Cela aboutit à des données mesurables statistiquement grâce à des moyens
informatiques de récoltes de données (e.g., graphiques ou tableaux). Pour mener à bien cette
méthode, il est important d’établir avec exactitude l’échantillon concerné par l’étude afin d’obtenir
des résultats pertinents et adaptés. Si cette méthode quantitative permet une analyse statistique, ses
réponses ne sont pas approfondies. En revanche, pour avoir une étude plus détaillée, l’alternative de
En effet, la méthode qualitative est une « recherche descriptive qui se concentre sur des
interprétations, des expériences et leur signification » (Site internet « Scribbr »). Ainsi la collecte de
données en nombre n’est pas l’objectif premier, celui-ci étant consacré aux données de fonds. Pour
26
mettre en place cette méthode, les entretiens sont une approche efficace qui permettent de récolter
27
a. Le questionnaire
Un questionnaire sous forme de QCM a d’abord été proposé à des enseignants selon leur âge, leur
ancienneté dans le métier, la matière d’enseignement. Il a été réalisé à l’aide de Google Form puis a
été transféré sur Pronote par des enseignants dont j’ai connaissance. Par la suite, j’ai également
déposé le lien de mon questionnaire sur des pages Facebook destinées à des enseignants de
différents établissements de France. Les réseaux sociaux étant, selon moi, le meilleur moyen de nos
jours pour récolter rapidement et facilement de grand nombre de réponses. Ces dernières ont été
recueillies pour ensuite être analysée sous Excel avec des tableaux croisés pour ensuite pouvoir les
mettre en relation.
b. Les Entretiens
Dans un second temps, un entretien individuel a été réalisé avec deux des enseignants ayant
également répondu au questionnaire, pour avoir une analyse plus en profondeur. L’entretien a été un
semi-directif, c’est-à-dire que c’est partiellement dirigé. En effet, ce type d’entretien permet d’avoir
des questions préconçues tout en laissant mais tout une certaine liberté de réponse à l’interviewé. Le
choix des deux enseignants n’a pas été fait au hasard. En effet, il paraîssait plus judicieux de
2. Les hypothèses
Avant d’analyser le questionnaire ainsi que les entretiens, il est opportun d’énoncer des
hypothèses sur le résultat de cette étude, pour pouvoir ensuite les comparer.
La première hypothèse que l’on peut énoncer et celle concernant les personnes les plus jeunes qui
seront plus à l’aise avec les outils numériques. On peut supposer que ce type de participants feront
d’avantage le choix d’utiliser le numérique, tant du point de vue personnel que professionnel, quitte à
délaisser le tableau noir (ou blanc). Inversement pour les personnes de plus de 50 ans avec plus de 20
ans d’ancienneté, auront plus de mal à se défaire de leurs habitudes datant de nombreuses années,
et donc n’éprouveront pas ou peu le besoin de recourir au numérique, et l’utiliseront beaucoup plus
par obligation.
Les enseignants de certaines matières, telles que les mathématiques, seront moins concernés par
28
l’usage du numérique, peut-être par absence de besoin réel ou par manque d’occasion.
29
Les hypothèses sur la formation au numérique :
Concernant la formation au numérique, elle sera sûrement peu demandée, et dans le cas d’une
formation effectuée, elle n’aidera pas ou très peu par la suite dans la pratique du numérique en
classe. Les raisons précises de non- efficacité ou d’efficacité des formations effectuées, ne seront pas
En termes de plus-value pour l’enseignant, le gain de temps arrivera sûrement comme un point très
important aussi bien, avant, pendant, ou après une séance. La possibilité d’avoir accès à une
abondance d’informations, de documents grâce à internet, pourra également être mise en avant. Par
ailleurs, l’opportunité de projeter via un vidéoprojecteur au tableau diverses sources, comme des
documents de travail, des vidéos etc et ce, pour toutes les disciplines, sera certainement évoqué.
En ce qui concerne les plus-values pour les élèves, la curiosité et l’envie, face aux outils numériques,
seront peut-être les aspects les plus mis en avant dans les différentes réponses.
En ce qui concerne l’utilisation des outils numériques, il est plausible que peu d’enseignants aient une
démarche d’approfondissement de ces outils, pour aller plus loin qu’une « simple » projection de
documents, malgré le fait bénéficier d’un matériel adapté dans leur classe. Le manque de formation
ou de temps pouvant être une des raisons de ceci. Cela peut également être lié à l’âge de
Peu d’enseignants feront probablement le pas vers l’éducation au bon usage du numérique, dans le
sens où l’utilisation principale serait faite par l’enseignant, et non par les élèves eux-mêmes, qui au
30
3. Analyse du questionnaire
Nous appellerons « participants » ou « population test », les 200 enseignants du second degré
ayant répondu à ce questionnaire (Annexe 1). Une analyse des différentes réponses données a été
réalisée. Des croisements entre questions ont été réalisés pour pouvoir être plus précis dans l’analyse
et pour ne pas se contenter de résultats bruts. L’analyse s’appuie sur les hypothèses émises dans la
partie précédente.
Il est nécessaire de faire un point sur les enseignants ayant participés, pour connaitre leurs
caractéristiques. Les participants sont représentés pour 30% par des enseignants ayant entre 21 et
30 ans, 24,5% entre 31 et 40 ans, 31,5% entre 41 et 50 ans, et 14% entre 51 et 60 ans.
matière enseignez- vous ? » montre que nous avons une population variée en termes d’ancienneté
dans le métier et de matières enseignées. En effet, les participants enseignent pour la majorité (33%)
depuis 2 à 5 ans. Ceux qui enseignent depuis 11 à 20 ans et de plus de 20 ans représente à peu près
la même part, soit environ 20% chacun. Enfin, la part d’enseignants titulaire et de stagiaire est égale
à celle des enseignants exerçant depuis 6 à 10 ans, soit environ 15%. Quant à la matière enseignée,
la plus représentée dans cette population test est celle des sciences qui regroupent la SVT et la
physique Chimie. En effet, les professeurs enseignants ces matières représentent 69,2%, soit près de
trois- quarts des participants. Le reste est représenté majoritairement par des enseignants de langues
La population test est donc assez variée en termes d’âge, d’ancienneté des participants, mais
31
Figure 3 : Graphique montrant les caractéristiques de la population test (source : données issues du questionnaire)
Quel que soit l’âge des participants, très peu se sentent débutant dans l’usage personnel du
numérique n’excède les 10%, et il est même nul chez 31-40 ans. Cependant, la tranche d’âge des 21-
30 ans est celle qui se sent d’avantage débutant, ce qui ne corrobore pas avec les hypothèses émises
au départ.
La tranche d’âge se sentant le plus à l’aise est celle des 21-30 ans ainsi que celle des 41-50 ans avec
environ 70% d’experts, suivie des 51-60 ans avec 60%, et enfin des 31-40 ans avec moins de 50%.
Notons par ailleurs que dans cette dernière tranche d’âge, la part d’enseignants se sentant novice est
D'un point de vue personnel, quel type d'utilisateur du numérique pensez-vous être ?
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
21-30 31-40 ans 41-50 51-60
ans ans ans
Débutan Novic Exper
e t
32
Figure 4 : Graphique montrant le type d’utilisateur du numérique en fonction de l’âge (source : données issues du questionnaire)
33
Concernant la fréquence d’utilisation, environ 96 % des participants, quel que soit leur âge,
déclarent utiliser quotidiennement (« au moins une fois par jour ») le numérique pour des actions
personnelles, contre seulement 2 à 4% au moins une fois par semaine. Aucun participant n’a indiqué
utiliser « au moins une fois par mois » le numérique, et un seul enseignant de 31-40 ans, a indiqué
100
%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
Moins une fois par Au moins une fois par Au moins une fois par Au moins une fois par
mois mois semaine jour
Figure 5 : Graphique montrant la fréquence d’utilisation personnelle du numérique en fonction de l’âge (source : données issues du
questionnaire)
Reste à savoir si cette utilisation quotidienne du numérique est liée à un souhait ou à une obligation.
On observe que cette utilisation n’est pas liée à la tranche d’âge. En effet, quel que soit l’âge des
participants, l’utilisation quotidienne du numérique, liée à un souhait, est à peu près identique dans
les 4 tranches d’âges. Cette part d’enseignants représente 50 à 60%. Même si la part d’utilisation liée
à un souhait est supérieur à 50%, celle liée à une obligation reste tout de même élevée et oscille
On remarque cependant, que plus la fréquence d’utilisation diminue (« au moins une fois par semaine
L’usage personnel quotidien « intensif » du numérique n’est donc plus à démontrer, mais il est à noter
tout de même que la part obligation et la part souhait est à peu près identique quel que soit l’âge, ce
34
Lien entre l'âge et la raison d'usage dans le cadre d'une
utilisation quotidienne du numérique.
100
%
90%
60%
50%
40%
30%
55% 57% 57%
52%
20%
10%
0%
21-30 31-40 ans 41-50 51-60
ans ans ans
Un
Une
Figure 6 : Graphique montrant le lien entre l’âge et la raison d’usage quotidien du numérique (source : données issues du questionnaire)
Environ deux-tiers (65%) des enseignants ont déjà eu une formation au numérique, mais 34%
d’entre eux déclarent que cette formation ne les a pas aidés dans leur pratique en classe. La part des
participant dont la formation a été une réelle aide dans la pratique en classe représente deux-tiers, ce
qui constitue un résultat au-delà de nos hypothèses. En effet, nous avions émis que les enseignants
ayant eu accès à une formation au numérique, ne leur aura été de très peu d’utilité.
Figure 7 : Graphique montrant les enseignants ayant eu accès à une formation (à gauche) et leur ressenti (à droite) (source :
35
Quant aux tiers restants des enseignants n’ayant pas suivi une formation au numérique, 48% d’entre
eux en ressentent le besoin. La matière enseignée ne rentre pas en ligne de compte dans le besoin,
cependant nous nous attendions à observer un besoin plus marqué pour les enseignants les plus âgé.
Les résultats sont assez surprenants, en effet on observe un même taux de besoin autant chez les
plus jeunes que chez les plus âgé, qui s’élève à 45% d’enseignants ressentant le besoin de bénéficier
d’une formation. Notons tout de même que la part la plus élevée se retrouve chez les 31-40 ans avec
56% d’enseignants.
Ressentez -vous le besoin de bénéficier d'une formation
au numérique ?
100
%
90%
80%
70%
44%
55% 56% 53%
60%
50%
40%
30%
20%
56%
45% 44% 47%
10%
Figure 8 : Graphique montre la relation entre le besoin de bénéficier d’une formation et l’âge (source : données issues du questionnaire)
De façon globale, les résultats obtenus montrent donc que les participants ressentent tout de même
le besoin d’être formés aux outils numériques. De plus, nous avons pu observer que lorsque les
participants ont eu recours à une formation, celle-ci les a aidés. La formation au numérique semble
donc être conforme aux attentes des enseignants formés et l’application en classe semble être
rendue possible.
Le résultat est sans appel, la grande majorité (88%) des enseignants ressentent le besoin de
disposer d’outils numériques dans leurs classes. Seul 12% des enseignants n’en ressentent pas le
besoin.
En prenant en compte la tranche d’âge, on pourrait s’attendre à ceux que les enseignants les plus
jeunes ressentent le plus le besoin de disposer d’outils numériques. Cependant, ce n’est pas le cas ici.
En effet, ce sentiment est ressenti de façon plus ou moins équivalente pour toutes les tranches d’âge.
36
Le taux d’enseignants ressentant le besoin d’avoir du numérique dans leurs classes varie de 82%
d’enseignants âgé entre 31 et 40 ans à 89% pour ceux ayant entre 41 à 60 ans.
37
Ressentez
Ressentez -vous le besoin de disposer d'outils
numérique dans votre classe ?
100
%
90 89% 89%
87%
-vous le besoin de disposer d'outils % 82%
numérique dans votre classe ?
80
%
70
12% %
60
%
50
% 18
13 % 11 11
40 % % %
21-30 ans 31-40 ans 41-50 ans 51-60
ans
Oui Non
Figure 9 : Graphique montrant le besoin de disposer d’outils numériques en fonction de l’âge (source : données issues du questionnaire)
e. Le numérique en classe
Les résultats montrent que 72% des enseignants font réfléchir leurs élèves à l’utilisation du
numérique et à ses risques. L’âge des participants ne semble pas entrer en ligne de compte. En effet,
quel que soit la tranche d’âge considérée, on observe que le taux d’enseignants faisant réfléchir leur
41-50
28% ans
31-40
ans
72%
21-30
ans
0 20 40 60 80 100
Oui Non % % % % % %
Oui
Figure 10 : Graphique montrant les enseignants faisant réfléchir les élèves sur l’utilisation du numérique (source : données issues du
questionnaire)
38
Attardons-nous maintenant à analyser cet indicateur mais en y ajoutant la condition de formation aux
outils numériques des participants. Le taux de réflexion autour du numérique est de 65% avec
Figure 11 : Graphique montrant le lien entre le taux d’enseignants faisant réfléchir leurs élèves sur l’utilisation du numérique en fonction
La réflexion autour du numérique est donc réalisée par pratiquement tous les enseignants, quel que
soit leur âge. En effet, elle est effectuée autant par les enseignants ayant eu accès à une formation
que ceux qui en sont dépourvus. Ainsi, l’attention portée à la réflexion de l’élève sur son utilisation du
numérique et les risques que peuvent en découler, semble être une problématique importante aux
Le résultat est flagrant, 93% des enseignants possèdent des outils numériques dans leurs classes.
Parmi ces enseignants ayant ces outils, 95% les utilisent, et 82% d’entre eux le font par envie et non
par obligation. Les 5% restant ne les utilisent pas, du fait d’une connexion jugée non fiable (problème
de réseau), mais également parce que ce n’est pas « toujours très pratique de tout installer pour juste
quelques instants ». De plus, avec la situation sanitaire actuelle, certains enseignants stipulent avoir
interdit l’accès au numérique aux élèves, avec pour raison principale une perte de temps pour tout
39
Figure 12 : Graphique montrant la présence d’outils numérique dans les classes (à gauche), leur utilisation (au milieu) et le choix
Notons tout de même qu’on s’attendait à avoir une corrélation entre l’utilisation du numérique et la
matière enseignée (les outils numériques seraient les moins utilisés par les enseignants de
mathématiques), ce qui n’est pas le cas ici. En effet peu importe la matière enseignée, pratiquement
La grande majorité des participants possède du matériel numérique dans leur classe, et les utilise par
envie. Les outils les plus répandus sont les rétroprojecteurs (62% des enseignants en possèdent), et
pour les élèves, le taux de tablettes est relativement bas avec moins de 30%, plus exactement 22%
des classes sont équipées en tablettes. Cependant on remarque que la part d’ordinateur est beaucoup
plus élevée, soit 37% des enseignants affirment avoir accès à des ordinateurs pour les élèves. Les
enseignants interrogés indiquent avoir également des TBI (tableau blanc interactif), TNI (tableau
Autres 12%
Figure 13 : Graphique montrant le type de matériel mis à disposition dans les classes (source : données issues du questionnaire)
40
➢ Plus-values pour l’enseignant.
D’un point de vue général, la majorité (92%) des participants déclare que le numérique modifie
leur façon d’enseigner. Cependant, il y a une certaine nuance entre ces enseignants. En effet, 59%
affirment que le numérique change légèrement leur façon d’enseigner contre 33% qui observent un
Figure 14 : Graphique montrant la présence d’une modification de l’enseignement (source : données issues du questionnaire)
Par la suite, ils définissent alors un certain nombre de plus-values pour eux-mêmes, avant, pendant et
après une séance. Seuls 4,6% et 1,5% des participants jugent qu’il n’y a pas de plus-values à
l’utilisation de numérique, respectivement avant et pendant une séance. Par contre, cette part
Le gain de temps est choisi par plus ou moins les deux tiers des participants pour leur utilisation avant
et pendant une séance, et passe sous la barre des 50% après une séance.
La facilité engendrée par l’usage du numérique diminue suivant le moment de la séance : la moitié
des enseignants remarque cet aspect avant une séance, 48% pendant la séance et finalement 39%
après séance.
Avant une séance, la recherche d’information est une plus-value pour 64,5% de la population
test. Viennent ensuite des précisions faites par ces participants : préparation des séances, clarté de
présentation et possibilité de garder une trace écrite du tableau pour la revoir ultérieurement.
41
Selon vous, quelles plus -values apporte le numérique AVANT une
séance ?
Clarté et présentation 2%
Facilité 49,20%
Aucune 4,60%
Figure 15 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique avant une séance (source : données issues du questionnaire)
Pendant une séance, ce qui est le plus avantageux pour 90% des participants, est la possibilité
de projeter des documents et des vidéos au tableau. D’autres plus-values sont également évoquées,
photocopies (10% des participants) et enfin la possibilité d’aller sur internet et de proposer un
Facilité 48,50%
Aucune 1,50%
0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00% 80,00% 90,00%
Figure 16 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique pendant une séance (source : données issues du
questionnaire)
42
Après une séance, les réponses individuelles des participants sont assez hétérogènes, puisque
15% déclarent utiliser le numérique pour déposer les activités en ligne (e.g., sur pronote), 9%
déclarent l’utiliser pour garder une trace écrite visible par les élèves, et enfin 3% constate une facilité
de stockage.
Facilité de stockage 3%
Facilité 39,50%
Aucune 24,50%
0,00% 5,00% 10,00% 15,00% 20,00% 25,00% 30,00% 35,00% 40,00% 45,00%
50,00%
Figure 17 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique après une séance (source : données issues du questionnaire)
Une large proportion d’enseignants affirme que le numérique modifie leur façon d’enseigner et
précise qu’il leur apporte principalement un gain de temps et une facilité avant, pendant et après une
séance.
(59,20%) de l’envie (59%) chez les élèves, et une facilité d’apprentissage (56,10%). Seuls 16,20% des
participants pensent que les élèves obtiennent plus de connaissances grâce au numérique et 6,60%
parmi eux, estiment qu’il n’y a aucune plus-value pour les élèves.
Il y a également certaines plus-values qui reviennent le plus souvent et qui n’étaient pas comme choix
dans le questionnaire. Celles les plus fréquemment mentionnées par les enseignants sont l’autonomie
des élèves à 10%, les compétences liées à l’utilisation du numérique à 5%, et enfin la possibilité de
43
Selon vous, quellles plus -values apporte le numérique à l'apprentissage de
vos élèves ?
Différenciation pédagogique 3%
Autonomie 10%
Envie 59%
Curiosité 59,20%
Aucune 6,60%
Figure 18 : Graphique montrant les plus-values apporter par le numérique aux élèves (source : données issues du questionnaire)
La principale utilisation des outils en classe, avec 76% des enseignants faisant ce constat, est la
projection de documents (e.g., vidéos, images, écrits …) et donc la visualisation de ces mêmes
documents par les élèves. Viennent à la suite, l’utilisation de logiciels spécifiques, pour 73% des
participants, la possibilité de faire des recherches sur internet, pour 70% de la population test, et pour
finir, 53% des enseignants utilisent le numérique pour faire travailler leurs élèves sur du traitement de
texte. Le travail interactif est également opéré par 16% des enseignants (e.g., jeux interactifs, quiz et
genially).
Quelles activités réalisent vos élèves viale numérique ?
Utilisation de tableurs 3%
Genially 4%
Classes inversée 3%
Jeux interactifs 7%
Quiz 5%
Aucune 1,00%
Figure 19 : Graphique montrant les activités réalisées via le numérique (source : données issues du questionnaire)
44
f. L’avis des enseignants sur le numérique
La dernière partie du questionnaire a permis aux participants de donner leur avis sur les mythes
évoqués dans l’ouvrage « Apprendre avec le numérique : mythes et réalités » de Amadieu Franck et
Tricot André.
Le point le plus validé, avec 84% des participants qui y répondent positivement, concerne le fait
que les vidéos et les informations dynamiques favorisent l’apprentissage des apprenants. En effet,
plusieurs travaux ont été menés montrant les bénéfices qu’apportent les vidéos et les informations
dynamiques aux apprenants, mais cela sous certaines conditions qui sont les suivantes :
- Les informations doivent être pertinentes, et non vers du détail qui risque de perdre l’attention
- Les animations doivent être segmentées et les étapes clés mises en avant afin de faciliter la
Les vidéos et informations dynamiques peuvent donc aider à l’apprentissage mais sous les conditions
vues ci-dessus. Elles s’avèrent même utiles dans le cas d’apprentissage de savoir-faire, car la
compréhension est plus facile que via un texte ou des images. Il faut tout de même rester vigilant car
l’attention de l’apprenant peut être détournée par les informations dynamiques et ce dernier peut
Ensuite, plus des deux tiers des participants pensent que le numérique permet d’adapter les
Une bonne moitié (51%) des enseignants interrogés juge que le numérique motive les élèves, et
67% constate qu’il permet également un apprentissage plus actif. Mais dans ce cadre, l’apprentissage
en jouant grâce au numérique les laisse perplexe puisqu’un tiers (32%) des participants n’y croit pas,
et près de 26% ne se positionne pas. Une méta-analyse faite en 2013 par Wouters et Van Oostendorp,
sur les effets des jeux dans l’apprentissage nous apprend que l’interaction de la technologie n’est pas
78% de la population test ne considère pas que les élèves savent utiliser efficacement le
numérique car c’est de leur génération, et pourtant, nous pourrions penser que seuls les enseignants
les plus âgés auraient davantage tendance à l’imaginer, étant eux-mêmes moins agiles avec
45
l’utilisation de ces outils numériques.
46
Les réponses à la question « la lecture sur écran réduit les compétences de lecture et les capacités
attentionnelles des jeunes » sont assez hétérogènes, avec tout de même une part (32%) significative
de personnes qui indiquent ne pas savoir y répondre. Cependant, la majorité (48%) des enseignants
répondent favorablement à cette question, affirmant que les écrans peuvent réduire les compétences
de lecture et les capacités attentionnelles des jeunes. De plus, selon Akyel et Erçetin (Akyel & Erçetin
2009), l’acquisition de la lecture sur papier est indispensable pour pouvoir transiter vers une lecture
sur écran.
Concernant l’autonomie des apprenants favorisée par le numérique, l’avis est assez partagé
puisque 47% des participants y croient, contre 34% qui n’y croient pas. En effet, d’après les études
menées par Zimmerman en 1990, l’apprentissage par les outils numériques n’apporte pas
d’autonomie, mais au contraire il exige au préalable que l’apprenant soit un minimum autonome.
Même remarque pour la question sur les statuts avec 42% d’enseignants interrogés qui conçoivent
une modification possible du statut même des savoirs, des enseignants et des élèves, avec la mise en
place du numérique.
90
%
5%
11% 10%
14% 16%
80 19%
% 21% 23%
6% 26%
32%
70
% 22% 14%
15%
60
%
28%
34%
50
% 20% 35%
32%
78%
40
%
30 84%
%
72% 69%
20 67%
%
51% 48% 47%
10 42% 42%
%
0%
" On est plus " Le numérique " Les vidéos et " Le numérique " Le numérique " La lecture sur " Les élèves
17% savent" Le numérique " On apprend " Le numérique
motivé quand on permet un informations permet d'adapter permet de écran réduit les va utiliser modifier le statut mieux en jouant favorise
apprend avec le apprentissage plus dynamique les enseignements s'adapter compétences de efficacement le même des grâce au l'autonomie des
numérique " actif " favorisent aux aux élèves " besoins lecture et les numérique car savoirs, des numérique " apprenants "
l'apprentissage " particuliers des capacités c'est de leur enseignants et des
apprenants " attentionnelles des génération " élèves "
jeunes "
Figure 20 : Graphique montrant les avis des enseignants sur différents points (source : données issues du questionnaire)
47
4. Analyse des entretiens individuels
Les deux entretiens, d’une trentaine de minutes chacun, ont été menés avec quelques questions
ouvertes permettant de ne pas guider les réponses des enseignants. Ces questions ont été choisies
pour aborder plusieurs thèmes principaux, autour de la même problématique (Le numérique dans
Ces entretiens semi-directifs ont également permis de laisser les enseignants s’exprimer librement,
Les thèmes abordés concernent, dans un premier temps, la définition du numérique selon la personne
interviewée, ainsi que son avis sur ses aptitudes, autant du point de vue professionnel que personnel,
face au numérique. Un point sur la formation professionnelle est également effectué. Nous nous
intéressons aussi particulièrement aux outils numériques disponibles dans la classe de l’enseignant, à
leur utilisation, aux objectifs visés pour l’enseignant lui-même mais également pour ses élèves. Pour
finir un ensemble de questions sur le ressenti des personnes interviewées, face au numérique, sur
leur avis au sujet de l’évolution du numérique ces dernières années et surtout sur le fait de faire
Il est à noter également que les personnes sélectionnées pour ces deux entretiens ont été choisies
pour analyser deux enseignantes dans un établissement classé REP pour l’une, et dans un
Un premier entretien (Annexe 2) a été réalisé avec Madame A. Cette enseignante âgée de 29
ans, enseigne en SVT dans un collège en Seine Saint-Denis en REP. Elle prend en charge des classes
avec un effectif de 25 élèves en moyenne. Elle exerce ce métier depuis 3 ans. Elle possède, dans sa
propre classe, peu d’outils numériques qu’elle utilise cependant régulièrement : un ordinateur unique
avec internet sur son bureau et un rétroprojecteur. Le choix s’est porté sur cette personne car elle est
jeune et enseigne dans un établissement classé REP, ce qui peut être intéressant dans le cadre du
mémoire.
numérique concerne selon moi, les outils informatiques qui permettent de travailler en classe à l’aide
48
comme word, excel, etc » (Annexe 2)
49
Madame A déclare être à l’aise avec les outils numériques dont elle se sert quotidiennement. Elle
utilise davantage son téléphone portable pour un usage personnel (recherches, films, réseaux
sociaux…), alors que son ordinateur portable lui sert essentiellement pour ses préparations de cours.
Lorsque l’on aborde la même question, mais au niveau professionnel, elle se considère experte. En
effet, elle utilise son ordinateur quotidiennement pour préparer ses cours, faire des recherches,
Cette enseignante a bénéficié, d’une formation (obligatoire), dans le cadre de son Master MEEF.
Elle lui a été bénéfique car ça lui a permis de se familiariser avec certains outils et vocabulaire lié au
numérique. Cependant elle proclame que celle-ci n’est pas indispensable dans l’utilisation du
L’objectif principal visé par l’enseignante, en utilisant le numérique, est de rendre plus lisibles les
apprentissages, grâce à la projection de documentation couleur, aux vidéos. Le numérique lui apporte
également une simplification et une rapidité au niveau du travail qu’elle doit réaliser.
Pour les élèves, l’objectif est de leur faire modéliser des concepts au premier abord difficile pour eux,
mais également de les rendre plus acteurs en les faisant interagir. De plus, il y a un avantage qui
n’est pas négligeable, celui de l’accès aux informations et cours depuis chez eux.
Madame A amène à une réflexion autour de l’utilisation du numérique à travers des discussions
engagées avec ses élèves. Elle y évoque la fiabilité des sources que l’on retrouve dans les médias sur
internet et les réseaux sociaux. Celle-ci essaye de pousser les élèves à adopter un esprit critique
notamment en justifiant leurs choix de documents utilisés pour un devoir. Celle-ci incite également les
élèves à maintenir cette méthode en dehors du cadre scolaire. Pour cet aspect, l’enseignante ajoute
que, selon elle, les enseignants ne sont pas assez formés et encadrés.
D’un point de vue générale, l’enseignante est favorable au numérique dans les établissements,
même si le sien n’en possède que très peu. En effet, durant l’entretien, elle fait part de son constat
quant à l’inégalité des équipements numériques dans les établissements. Malheureusement, du fait
50
du manque d’outils numériques dans sa classe, elle
51
ne peut utiliser ce moyen de travail dans son enseignement. Cette absence crée en elle une certaine
Même si elle y est favorable, l’enseignante déclare s’inquiéter sur l’existence de futures lacunes
engendrées par une utilisation massive du numérique. En effet, elle émet une hypothèse quant à une
possible régression des élèves dans certaines compétences telles que l’utilisation de dictionnaire mais
Un second entretien (Annexe 3) a été réalisé avec Madame B. Cette enseignante âgée de 29
ans, enseigne la Physique-chimie dans un collège à l’académie de Versailles. Elle prend en charge les
4 niveaux de classes (de la 6ème à la 3ème) avec un effectif allant de 22 à 34 élèves pour la classe la
plus chargé. Elle exerce ce métier depuis 3 ans. Elle possède, dans sa classe, des d’outils numériques
qu’elle utilise de façon modérée : un rétroprojecteur, un tableau numérique interactif (TNI), des
A la question générale « Qu’est-ce que le numérique selon vous ? », l’enseignante défini celui-ci
comme étant un outil de travail permettant de rendre les cours plus attrayants pour les élèves que les
cours « classiques ». Elle établit un parallèle entre le numérique et les générations actuelles qui
l’utilisent de plus en plus et de plus en plus tôt. Selon elle, nous vivons, personnellement et
Madame B déclare se sentir à l’aise avec les outils numériques. Outre les formations du numérique
auxquelles elle a participé dans le cadre de sa profession, elle n’accorde pas un temps important avec
celui-ci. En effet, elle prétend être « conservatrice » de par son utilisation quotidienne au manuel et
livres.
Cependant elle ne néglige pas l’utilisation d’un ordinateur portable qui lui sert principalement dans la
préparation de ses cours. Elle qualifie son rapport au numérique comme étant « standard » par
rapport à ses collègues puisqu’elle utilise seulement le TNI, quelques agencements pour ses activités
Cette enseignante s’est vue, au début de sa première année d’enseignement, proposer une
formation au TNI et du logiciel « Workspace » (logiciel permettant d’écrire avec un stylet sur les TNI).
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Elle a beaucoup apprécié la formation mais malheureusement, l’établissement où elle enseigne ne
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➢ Plus-values pour l’enseignant et les élèves
La plus-value pour l’enseignante est surtout le gain de temps qui est optimisé dans la préparation
de ses cours étant donné qu’elle possède plusieurs classes du même niveau. En effet, elle crée un
même support qu’elle projette par la suite à toutes ses classes. Cependant, elle insiste sur le fait que
cela demande, en amont, un certain temps de préparation, peu importe le niveau (novice, débutant
ou expert).
Pour les élèves, la plus-value, qui est plus importante pour l’enseignante, est le fait de bénéficier
d’un enseignement différencié permettant davantage de répondre aux besoins de chaque élève. De
plus, l’accès à l’espace numérique de travail (ENT) est également un gain qui permet, par exemple,
aux élèves les plus lents de recopier la leçon disponible sur cette plateforme.
Madame B quant à elle, fait réfléchir les élèves à la question du numérique par le biais de la
prévention mais de façon occasionnelle, c’est-à-dire seulement à certains chapitres quand celui-ci est
approprié. En effet, par exemple, lors du chapitre sur le son en physique chimie, elle apporte une
affection particulière aux impacts de l’écoute prolongé avec des écouteurs mais aussi celle des
écrans. De cette façon, les élèves bénéficient d’une sensibilisation à des sujets qui ne sont pas
forcément en rapport avec le cadre scolaire mais des situations qu’ils rencontrent dans leur quotidien.
D’un point de vue générale, l’enseignante est moins favorable au numérique dans les
établissements, même si le sien est davantage équipé que celui de Madame A. Malgré une formation
des outils pour lesquels elle a été formée. Tout comme Madame A, elle remarque la présence
De plus, pour elle, l’utilisation du numérique par les élèves doit se faire de façon modérée : « Les
tablettes nécessitent pour les élèves une organisation mais il ne faut pas tomber dans l’excès »
(Annexe 3). En effet, elle explique que le développement du numérique peut être un bienfait pour les
enseignants grâce à la différenciation et la diversité pédagogique que celui-ci offre. Pour exemple, elle
évoque pouvoir « proposer différents chemins possibles pour faire un exercice ». Par là, elle entend
que pour un élève qui rencontre des lacunes, des dispositifs adaptés peuvent lui être proposés
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comme les aides orthographiques présentes dans les tablettes.
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Malgré ses points positifs, Madame B trouve que son utilisation en classe doit se faire de façon
limitée pour ne pas laisser place à une éventuelle dispersion. Selon elle, il est nécessaire que les
élèves fassent preuve de plus d’autonomie et d’organisation afin d’éviter toute distraction comme «
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VI. Conclusion
numériques au fonctionnement des écoles, mais aussi à répondre à la problématique suivante « Sous
quelles conditions l’utilisation des TICE a-t-elle un impact positif sur l’apprentissage et l’enseignement
en milieu scolaire ? »
Au regard des résultats obtenus grâce aux questionnaires et entretiens, il est possible de dire que les
enseignants du second degré intègrent le numérique dans la majorité des disciplines. Quel que soit
leur âge, ils utilisent le numérique, par obligation parfois, mais principalement parce qu’ils y trouvent
un certain nombre de plus-values. En effet, l’utilisation des TICE est bénéfique à l’enseignement grâce
à un gain de temps dans la préparation des cours, ainsi que dans l’adaptation et la diversité des
De plus, les TICE ont également influencé l’apprentissage des élèves dans la mesure où ceux-ci sont
utilisés de manière convenable et modérées. Malgré cela, certaines études, comme celle de Wouters
et Van Oostendorp, démontrent que l’utilisation du numérique n’engendre forcément pas un meilleur
apprentissage. Cependant, les enseignants ressentent que les élèves sont davantage attentifs,
Même si la majorité des élèves sont dotés d’outils numériques (e.g., téléphone, ordinateur, tablette),
les enseignants remarquent une mauvaise utilisation de ceux-ci. Ainsi, ils essayent, à travers des
activités et des discussions interactives, de mener une réflexion quant à la bonne utilisation du
numérique, afin d’éviter leurs impacts néfastes, telle que l’anxiété ou la dépendance.
Avec toutes les possibilités qui s’offrent aux enseignants avec l’apport du numérique, il est important
de parler de formation. Ainsi, les résultats émanant des réponses aux questionnaires et entretiens
montrent que la moitié d’entre eux ressentent le besoin d’être formés au numérique. En effet, pour
ceux qui en ont accès, la formation leur a permis d’optimiser leurs pratiques professionnelles.
Néanmoins, certains ont pu soulever une certaine inégalité d’équipements engendrant un décalage
problématiques ne sont plus contenues dans la classe mais exportées dans tous les foyers concernés.
Le professeur doit donc penser à de nouvelles modalités pour son enseignement, l’élève doit
réorganiser ses temps d’apprentissages et l’institution a à sa charge de fournir les outils pertinents
distanciation physique qui est imposée. La flexibilité est au centre de ces transformations. Comment
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l’habitude, le face à face avec la classe, dans un contexte dans lequel cette coprésence est
occasionnelle, voire inexistante ? Comment amener les élèves, et leurs familles, à envisager
l’apprentissage sans la force corrective que représente l’ensemble des contraintes quotidiennes de la
scolarisation : horaires, lieux, découpages disciplinaires, consignes à court terme, travail suivi et guidé
en présence, etc… Des transformations profondes peuvent être imaginées dans les années à venir.
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Annexe 1 : Le questionnaire
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Annexe 2 : Premier entretien
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Annexe 3 : Second entretien
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