Hygiène de l’environnement hospitalier
1-hygiène de l’air Le traitement de l’air joue un rôle
primordial dans les établissements de soins car il permet de
limiter la contamination microbiologique, tout en procurant le
confort idéal pour les patients et les équipes médicales.
L’air transporte de nombreuses bactéries saprophytes ou
pathogènes, il intervient dans les conditions habituelles
comme transporteur de bactéries et non pas comme source de
bactéries.
1-1Les germes de l’air
Dans l’environnement hospitalier les micro -organismes de
l’air se répartissent en deux groupes :
-Les micro-organismes de l’air extérieur :c’est la flore
saprophyte extérieur.
-Les micro-organismes provenant de l’intérieur de l’hôpital de
l’intérieur de l’hôpital ,souvent d’origine humaine ,c’est la
flore commensale humaine .
1-2Le devenir des bactéries de la flore de l’air :
La flore bactérienne de l’air et surtout constituée de bactéries
Gram positif ,les bactéries Gram négatif plus fragiles et
sensibles à la dessiccation ont une durée de vie dans l’air
ambiant assez courte sauf dans les milieux humides
(ex :aérosol).
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1-3Les procédés de traitement de l’air :
Traitement mécanique :ventilation, climatisation et
filtration
a-ventilation :elle est destinée à entrainer vers l’extérieur
les particules en suspension dans l’air et responsables de
l’aerobiocontamination.
b-climatisation :elle est indispensable, la température et
l’hygrométrie seront ajustées pour assurer le confort des
patients et des soignants.
c-Filtration :elle a pour but d’arrêter les impuretés de toute
nature qui peuvent porter des micro-organismes ou en devenir
le support.
Des filtre dit « absolus »et à très hautes efficacités
(HEPA :High Efficiency Particulate Air, HEPNC :Haute
Efficacité vis-à-vis des particules donnant naissance à colonies
)retenant des particules à partir de 3µm sont à réserver aux
zones sensibles comme les blocs opératoires et les unités de
greffe.
Traitement chimique de l’air : formol.
Des préparations d'aldéhyde à 0,5 % dans de l'alcool à 70°
peuvent être employées en "spray", appliquées au moyen d'un
vaporisateur pour la désinfection de surfaces : murs, portes,
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appareils médicaux...
L'évaporation de formol permet de désinfecter
convenablement l'air d'un local, à condition de :
- obturer hermétiquement le local;
- s'assurer que la température du local se situe entre 24 et 30°
C et que l'humidité relative atteigne 70-80 %
- neutraliser à l'ammoniac pour permettre une réutilisation
rapide du local;
- bien aérer le local.
La désinfection des locaux au formol est aujourd'hui
réservée :
- à la préparation de locaux aseptiques
- à la désinfection de chambres après séjour d'un malade
atteint d'une maladie à germes résistants transmissibles par
voie aérienne.
L’utilisation des radiations : les radiations solaires sont
efficaces sur les micro-organismes surtout les ultra-violet
de courte s longueurs d’onde (254 nm).
2-L’eau a l’hôpital
Les principaux risques sanitaires liés à l’utilisation de l’eau
dans les établissements de santé sont essentiellement de nature
infectieuse et plus rarement toxique.
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Il faut également mentionner le risque lié aux brûlures par
l’eau chaude qui sont des accidents relativement fréquents et
dont les conséquences peuvent être graves.
2-1 Les usages de l'eau à l'hôpital :
Ils sont très variés : usage alimentaire, sanitaire, technique et
thérapeutique..., et génèrent donc différents types d'effluents.
2-2 Principaux dangers et risques sanitaires liés à
l’utilisation de l’eau dans les établissements de santé
Les principaux risques sanitaires liés à l’utilisation de l’eau
dans les établissements de santé sont essentiellement de nature
infectieuse et plus rarement toxique. Il faut également
mentionner le risque lié aux brûlures par l’eau chaude qui sont
des accidents relativement fréquents et dont les conséquences
peuvent être graves.
a-Risque infectieux et parasitaire
Les micro-organismes responsables d’infections (bactéries,
virus, parasites, fungi et micro-algues) peuvent être
saprophytes, opportunistes ou pathogènes.
Les voies d’exposition : les principales voies d’exposition
sont constituées par :
- l’ingestion (eau et denrée alimentaire) ;
- le contact cutanéo-muqueux ; il concerne surtout les eaux,
voire les boues utilisées pour les soins (Aeromonas,
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Pseudomonas, Mycobacterium) ; le contact avec la muqueuse
oculaire peut être en cause pour des amibes libres (lentilles
cornéennes contaminées au cours du lavage) ;
- l’inhalation d’aérosols contaminés (Legionella,
Flavobacterium, Actinomyces, endotoxines
bactériennes) ;
- l’accès parentéral (dialyse) (Pseudomonas et Aeromonas…) ;
- l’utilisation de dispositifs médicaux invasifs (rinçage).
b- Risque toxique
Le risque toxique se caractérise par la présence dans l’eau de
substances chimiques en quantité trop importante.
Les principales infections nosocomiales d’origine
hydrique :
1-Les infections à tropisme digestif
La plupart des microorganismes susceptibles d’être présents
dans l’eau et à l’origine d’infections digestives ne sont pas
spécifiques au milieu hospitalier, et les pathologies digestives
qu’ils sont susceptibles de provoquer sont avant tout
communautaires et très rarement nosocomiales.
C’est le cas des gastro-entérites et des diarrhées dues à des
virus (calicivirus, entérovirus, rotavirus) ou à des micro-
organismes très probablement d’origine virale, mais non
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identifiés à ce jour ou difficilement cultivables, à des bactéries
telles Salmonella, Shigella, Campylobacter jejuni, Yersinia
enterocolitica,
2-Les infections respiratoires
Les infections respiratoires liées à l’inhalation d’aérosols
contaminés sont dues le plus souvent à des bactéries gram
négatif comme, par exemple, Pseudomonas aeruginosa,
Legionella pneumophila, Burkholderia cepacia, Acinetobacter
et à certaines mycobactéries.
3-Les infections ostéoarticulaires
L’inoculation de Mycobacterium xenopi au contact de l’os
par le biais de matériel de chirurgie endoscopique rincé avec
de l’eau contaminée a provoqué des infections osseuses
invalidantes.
c-Risque lié aux brûlures
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé(13), le danger de
brûlures est, dans 50 % des cas, lié à des liquides chauds. Leur
gravité est fonction de la température et du temps de contact
avec la peau.
2-3 Traitement général de l’eau
Désinfection
Les traitements de désinfection habituellement rencontrés sont
les suivants :
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- traitement au chlore actif à partir de chlore gazeux, eau de
javel (hypochlorite), bioxyde de chlore. La teneur en chlore
résiduel doit être proche de 0,1 mg/l en distribution.
- traitement par rayonnements ultra-violets ; ce traitement
n’assure pas un pouvoir désinfectant rémanent et la
surveillance de son efficacité est délicate.
La lutte contre l’entartragee l
L’entartrage est un phénomène complexe qui conduit à la
formation d’un dépôt à base de calcium et de magnésium dans
les canalisations, au niveau de la robinetterie et sur les
résistances des chauffe-eau. Ce dépôt peut à terme obstruer
complètement les canalisations ; il favorise le développement
microbien et diminue les échanges thermiques.
L’adoucissement par résine échangeuse d’ions consiste en un
remplacement des ions calcium et magnésium de l’eau par des
ions sodium, qui enlève à l’eau son caractère entartrant.
2-Hygiène des surfaces
En milieu hospitalier, il faut aérer souvent pour évacuer les
micro-organismes et renouveler l’air, mais aussi désinfecter
très souvent les surfaces manipulées à la main pour éviter la
transmission de maladies : poignées, boutons d’ascenseur,
interrupteurs, téléphones, distributeurs automatiques, etc.
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Le nettoyage est une opération d’entretien, d’élimination des
salissures porteuses de germes par un procédé respectant l’état
des surfaces afin d’obtenir une propreté esthétique et
bactériologique.
Le bionettoyage est défini comme un procédé destiné à
réduire la contamination biologique des surfaces.
2-1.Les microorganismes des surfaces
Les bactéries comme l’acinetobacter ou le bacille
pyocyanique
Les virus comme les virus des hépatites A, B ou C
Les champignons comme l’aspergillus
Quelques rares fois des parasites
2-2.Survie des microorganismes
La survie de ces microorganismes sur les surfaces peut
aller jusqu’à plusieurs semaines, selon les espèces
Il est donc indispensable de les éliminer régulièrement
afin de réduire le risque infectieux lié à l’environnement
du patient
2-3.Origine de la présence de microorganismes sur les
surfaces
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L’activité humaine: les personnels, les visiteurs ou les
patients eux-mêmes contaminent l’environnement proche
avec leurs microorganismes
L’air: la proximité de travaux peut contaminé l’air puis
donc les surfaces en aspergillus
L’humidité: les lavabos, sanitaires et eaux stagnantes
favorisent le développement des microorganismes
2-4.Multiplication bactérienne
Dans un milieu favorable (humidité, chaleur, aliments...)
une bactérie donne naissance, en 20 minutes, à deux
bactéries identiques.
0h 4h
1 bactérie (1x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x 2 x
2) 4000 bactéries
Soit 12 multiplications en 4
heures
2-5.Mise en œuvre de l’Entretien des locaux
Classification des locaux
Des locaux les moins aux locaux les plus « à risques »
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Zone 1 : Halls, Bureaux, Services administratifs, Services
techniques.
Zone 2 : Maternité, Soins de suite et de réadaptation,
Soins de longue durée, Psychiatrie, Consultation externe,
Pharmacie,Stérilisation centrale (zone de lavage),
Offices, Ascenseurs, Escaliers,S alles d’attente (risques
moyens)
Zone 3 : Soins Intensifs, Réanimation, Urgences, Salles
d’accouchement, Pédiatrie, Chirurgie, Médecine,
Hémodialyse, Radiologie, Nurserie, Biberonnerie,
Stérilisation Centrale (zone de conditionnement) (risques
sévères)
Zone 4 : Néonatologie, Salle d’intervention, Service de
greffe, Service de brûlés (très hauts risques)
Techniques de nettoyage des surfaces - définitions
Le dépoussiérage et le balayage humides: étape
préalable, indispensable. Consiste à récupérer les
poussières et les salissures en limitant la remise en
suspension dans l’air.
Le nettoyage: consiste à éliminer les souillures pour
assurer une propreté visuelle.
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La détergence: consiste à détacher les souillures de la
surface avec un produit de type savon.
La désinfection: permet de tuer les microorganismes
présents sur les surfaces à l’aide d’un désinfectant.
Le nettoyage-désinfection: permet en une seule étape,
un nettoyage et une désinfection simultanés, par
utilisation d’un produit détergent/désinfectant.
Le bionettoyage : désigne l’opération consistant en:
Un nettoyage avec un produit détergent
Un rinçage
Une application de désinfectant
Techniques d’entretien des surfaces
Les techniques de dépoussiérage:
Essuyage humide des surfaces
Balayage humide
Nettoyage par aspiration
Les techniques de lavage des sols:
Lavage manuel: balai à lavage plat, balai
réservoir.
Lavage mécanisé: autolaveuse(avec
lavage+aspiration).
Le balayage humide :Méthode dite " à la godille":
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Matériel
Gazes à usage unique pré-imprégnées ou gazes
réutilisables sèches.
Balai trapèze.
Technique
Positionner et fixer la gaze uniquement par les deux
orifices sur la semelle du balai.
Humidifier la surface de la gaze avec le pulvérisateur, en
cas de gaze sèche,.
Refermer le sachet en cas de gazes pré-imprégnées pour
éviter qu’elles ne sèchent.
Le balayage humide s’effectue en partant du point le
plus éloigné de la pièce en longeant le mur et en revenant
vers le centre tout en déplaçant le mobilier, accompagné
par un mouvement en lacet.
Figure : méthode de balayage humide à « la godille »
Lavage manuel des sols
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Matériel
Balai de lavage plat :
- avec support articulé.
- Bandeaux coton, polyester-coton, microfibres ou à usage
unique.
Produit détergent ou détergent-désinfectant à programmer
en alternance.
Chariot 2 seaux de couleurs différentes avec presse ou
grille d'égouttage : 1 seau de trempage des franges, 1
seau pour le recueil des franges sales.
Entretien du matériel : tous les jours
Envoyer les franges en blanchisserie.
Nettoyage – désinfection du balai et du chariot de lavage
Chronologie des étapes d’entretien
Revêtir la tenue standard et propre de la structure, plus le
tablier de protection et les gants de ménage nominatifs
(ou des gants d’examen à U.U).
Organiser le nettoyage autant que possible, en
commençant par les chambres à faible risque infectieux
pour terminer par les chambres à risque infectieux.
Nettoyage des surfaces hors sols, mobiliers
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Principes : du plus propre vers le plus sale, du haut vers le
bas
Appliquer la méthode de dépoussiérage
humide, mobiliers, plans de travail...
Utiliser une lavette imbibée d'une solution de
détergent-désinfectant ou détergent.
Nettoyage des sanitaires de toutes les zones
Commencer par le nettoyage du lavabo puis
l'espace douche et/ou la baignoire : Terminer par le
nettoyage des WC.
Nettoyage des sols
Procéder au balayage humide avant le lavage du
sol
Passage d'une chambre à l'autre
Changer de lavette entre chaque chambre.
Utiliser une solution de lavage restant propre.
Se laver les gants si nécessaire en cas de gants
souillés.
Nettoyage systématique du chariot d’entretien et de ses
accessoires
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