CHApitre V
CHApitre V
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I.2 Estimation de la force motrice G
Cas de la solidification : en général on dispose de la chaleur latente de fusion Hf et on
suppose que Hf et Sf ne dépendent pas de la température au voisinage de la température de
fusion Tf
On en déduit, pour T<Tf : G=Hf-TSf
Or pour T=Tf on a : Hf=TfSf (équilibre),
D’où la relation :
H.(T − Tf )
G =
Tf
2
De la même manière, on peut écrire :
dU = T dS - P dV + µi dni
dH = T dS + V dP + µi dni
dF = -P dV - S dT + µi dni
Des relations précédentes, découlent quatre expressions égales du potentiel chimique, qui
peuvent chacune lui servir de définition :
Relation de Gibbs-Duhem :
Pour une transformation élémentaire d’un système ouvert, la variation d’enthalpie libre est :
dG = V dP - S dT + µi dni
A partir de l’expression de l’enthalpie libre :
G = ni µi
on obtient :
dG = µi dni + ni dµi
Par identification, il vient :
ni dµi = V dP - S dT
C’est la relation de Gibbs-Duhem.
En particulier, pour une transformation à température et pression constantes : ni dµi = 0
Pour un système à deux constituants notés avec les indices 1 et 2, la relation s’écrit :
n1 dµ1 + n2 dµ2 = 0
ou, en fonction des fractions molaires xi = ni/ ni
x1 dµ1 + x2 dµ2 = 0
Cette expression permet en particulier de calculer le potentiel chimique µ2 lorsque l’expression
µ1(x1) est connue.
Potentiel chimique d’un constituant en phase condensée
Constituant pur
donc le potentiel chimique d’un constituant pur ne dépend que de la température.
i*(T,P)=i0
Constituant dans un mélange liquide ou solide
Si le mélange est idéal, par définition, le potentiel chimique du constituant i s’écrit :
i(T,P,xi)=i*(T,P)+RTlnxi
3
où xi est la fraction molaire du constituant i dans le mélange
Si le mélange est non idéal, on remplace la fraction molaire par l’activité ai
i(T,P,xi)=i*(T,P)+RTlnai
4
Exemple :
Pour un système à deux constituants
=4-
Si l’on s’intéresse à un diagramme isobare, c’est à dire si l’on ignore la pression, alors
= 3 –
Si l’on s’intéresse à une région du diagramme où il n’y a qu’une seule phase, alors deux
degrés de liberté sont permis. Ce sont la température et la composition, représentée par la
fraction molaire d’un des constituants, disons xB. Les régions à une phase apparaissent comme
des surfaces (domaines) dans le diagramme des phases.
Dans une zone où deux phases sont en présence ( = 2), seule une des variables du système
peut être spécifiée. Si on fixe la température, par exemple, alors les compositions des deux
phases condensées sont fixées. Cette relation température-composition apparaît dans le
diagramme des phases comme une ligne (courbe) appelée courbe limite de phase. Un
système binaire où trois phases sont en équilibre n’a plus de degrés de liberté, et il sera
représenté par un point sur le diagramme de phases.
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I.3.4 Lois de Raoult et de Henry :
Ces deux lois règlent la partition des constituants A et B entre une phase gaz et une phase
condensée. Elles sont des cas limites d’une expression générale de distribution vapeur liquide
(ou vapeur- solide) qui relate les pressions partielles de A et B, PA et PB, aux fractions
molaires de ces composants dans la phase condensée, xA et xB.
Pour la phase condensée (notée l), le potentiel chimique de A s’écrit :
A(l)=A*(l)+RTLn(AxA)
Le potentiel chimique de A dans la phase gazeuse est donné par :
A(g)=A0(T)+RTLn(PA)
L’égalité de ces deux potentiels donne :
Ceci n’est rien d’autre que la constante d’équilibre pour le constituant A entre les 2 phases. Si
on écrit cette constante d'équilibre pour le constituant A seul (PA = PAsat), comme le produit
γAxA vaut 1, on trouve que le membre de droite est précisément égal à PAsat. D’où l’égalité :
PA = γA xA PAsat
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Une telle situation est rare en pratique : pour que la loi de Raoult soit suivie, il faut que les
deux composants A et B soient très semblables (benzene-toluène).
Dans la Figure IV.2., la courbe de la pression partielle joint la « droite de Raoult » lorsque xA
tend vers 1. A cette limite, le coefficient d’activité γA tend vers 1. Plus étonnant, la courbe est
tangentielle à la droite de Raoult lorsque xA→1 . C’est à dire que l’on a non seulement γA =1
si xA = 1 mais aussi dγA / dxA = 0 à la même limite.
A l’autre limite, lorsque la solution devient très diluée pour le composant A, la courbe de la
pression partielle devient une droite appelée « loi de Henry ». Lorsque xA tend vers 0, alors le
coefficient d’activité devient constant, et la loi de Henry* s’écrit :
PA (xA→ 0) = kH xA
La constante kH est appelée la constante de Henry. Physiquement, la loi de Henry dans les
solutions diluées de A reflète simplement le fait que toutes les molécules A sont entourées de
molécules B, quelle que soit la concentration de A. Dans la limite de Henry pour le
constituant A, le constituant B obéit à la loi de Raoult.
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et sont des fonction de la température
Or, compte tenu de la définition de µ = Η - TS , avec Η et S respectivement enthalpie et
entropie molaire, il vient :
où Tf est la température de fusion de la substance pure et Hf est son enthalpie de fusion. Si on
combine les deux équations ci-dessus, on obtient α et β comme fonctions explicites de la
température :
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Règles des segments inverses :
Soit un alliage de composition x0. a la température T1, il est à l’équilibre à l’état liquide. Si on
le refroidit à la température T2, il se dépose la première parcelle solide de composition xS. à T3
la solidification se poursuit, la composition du liquide est xL3 et pour le solide xS3. à T4 la
solidification est terminée et à l’équilibre il possède la composition x0.
A la température T3 et à l’équilibre thermodynamique on peut calculer les proportions de
liquide PL et solide PS :
x S3 − x 0 x 0 − x L3
PL = PS =
x S3 − x L 3 x S3 − x L 3
I.5 Grandeurs d’excès (mélange non parfait) :
L’enthalpie libre molaire G d’une solution mélange de A et B peut être écrite en fonction de
celle des composants purs µΑ* et µΒ*, d’une valeur d’excès Gex et d’une valeur de mélange
Gmix :
(1)
Gex contient les effets d’une solution non idéale. Gmix a pour origine l’entropie de mélange
(Gmix =-TSmix) et est présent aussi bien dans les solutions idéales que les solutions non
idéales. Gex s’exprime, comme toute enthalpie libre, par :
Gex =Η ex - TSex (2)
Pour un type particulier de solutions non idéales, appelées solutions régulières, on a :
Sex =0 (3)
Ceci signifie que les molécules, A et B, n’ont pas tendance à s’agglomérer. La formulation
analytique de Ηex est telle que H→HA quand on tend vers le composé A pur, même chose pour
B. Pour satisfaire ces limites, il faut que Ηex=0 si xA =0 et si xB =0. La fonction la plus simple
qui a cette propriété est:
(4)
où est une propriété indépendante de la température appelée énergie d’interaction. Cette
dernière équation s’applique à une grande variété de solutions : alliages métalliques binaires,
oxydes binaires, solutions de composés organiques. Les deux équation précédentes définissent
une solution régulière. Pour ces solutions, nous allons montrer qu'il existe une relation simple
entre les coefficients d’activité γA et γΒ et l’enthalpie d’excès Hex. Pour cela, exprimons la
différentielle de l’enthalpie libre molaire du mélange à T et P constantes :
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soit : (5)
il en résulte: (6)
Si, dans l’équation (6), on remplace G par son expression tirée de l’équation (1), il vient :
(8)
il vient :
(9)
Les équations (9) s’appliquent à n’importe quelle solution binaire non idéale. Pour une
solution régulière, on peut remplacer Gex par sa définition, et on obtient:
(10)
10
Dans les deux méthodes, l’écart à l’idéalité est représenté par le modèle des solutions
régulières dans lequel l’enthalpie libre en excès est supposée égale à l’enthalpie en excès Hex
H = xA xB
où est l’énergie d’interaction entre A et B. Si cette grandeur est négative, la stabilité de la
solution A-B est plus grande que celle de la solution idéale. Si < 0, la solution est
énergétiquement moins stable que la solution idéale. Quand l’effet déstabilisant de l’excès
d’enthalpie compense l’effet stabilisant de l’entropie de mélange, la séparation de phase se
produit.
Méthode analytique
L’égalité des potentiels chimiques dans les phases partiellement miscibles I et II s’écrit :
(11)
(14)
En posant C=RT: grandeur sans dimensions qui exprime la force d’interaction entre A et B
on obtient:
(15)
On obtiendrait une équation analogue pour xAI et xAII, que l’on peut exprimer en fonction de
xBI et xBII (xAI + xBI = 1 et de même xAII + xBII = 1)
(16)
Ces deux dernières équations sont équivalentes si l’on remplace respectivement xBI et xBII par
(1-xBI) et (1-xBII). Il en résulte que leurs représentations sont la symétrie-miroir l’une de
l’autre par rapport à xB=0,5. En fait, ces fonctions sont identiques à condition que xBI =1–xBII.
De cette égalité, il résulte que :
(17)
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Cette fonction passe par un maximum pour xB = 0,5 et à ce point, on peut montrer que C=0.
Il n’existe pas de solution mathématique à l’équation (17) pour C<2, ce qui signifie
physiquement que le système ne forme qu’une seule phase pour toutes les compositions. Pour
C > 2, la même valeur de C est obtenue pour xB et 1-xB.
Pour convertir l’équation (17) en une équation du diagramme des phases (T fonction de xB),
on remarque que le maximum C=2 peut être converti en une température unique T* :
T*=/2R. T* est appelée la température critique de démixtion. C’est une propriété du
système binaire A-B qui reflète son comportement non idéal, dans l’approximation des
solutions régulières.
Compte tenu de cette définition, on peut écrire l’équation (17) sous la forme :
(18)
Méthode graphique
Une méthode alternative est une procédure graphique
basée sur la minimisation de la fonction G à une température donnée (et sous une pression
donnée). L’équation (1) donne l’expression de l’enthalpie libre molaire. Ce sont les deux
derniers termes G ex (approximé par H ex dans les solutions régulières) et Gmix=-TSmix qui
déterminent la forme du diagramme de phases. Ils représentent le changement d’enthalpie
libre du système lorsque les composants purs sont mélangés. Pour permettre de visualiser le
rôle respectif de ces termes, l’équation (1) est divisée par RT : l’enthalpie libre de mélange
(=Smix/R) est alors indépendante de la température, et l’enthalpie d’excès est simplement
CxAxB. En accord avec C = /RT, C peut changer soit parce que l’énergie d’interaction
change, soit parce que la température change.
La Figure IV-6 montre comment l’enthalpie en excès et l’entropie de mélange se combinent
graphiquement pour produire des courbes différentes d’énergie libre de mélange, pour quatre
valeurs différentes de C, deux valeurs négatives et deux valeurs positives, dont une supérieure
à 2.
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Pour la séquence de courbes correspondant aux valeurs négatives de C, la courbe de droite
montre que l’enthalpie libre de mélange est négative à toute composition : il n’y a qu’une
seule phase. Pour 0<C<2, la courbe de droite est
qualitativement la même que dans
lesdeux cas précédents : il n’y a qu’une
seule phase stable à toute composition.
Par contre, pour le cas (d), qui correspond
à T<T*, la courbe présente deux minimas,
qui correspondent à deux compositions
stables xBI et xBII . Le diagramme de
phases précédent peut être construit à
partir d’un grand nombre de courbes
telles que celles de la Figure IV-6. C’est
une procédure lourde pour ce système
particulièrement simple, mais nous allons
voir que cette méthode de construction
graphique est la méthode de choix pour
les systèmes compliqués.
Systèmes réels.
La symétrie de la courbe de démixtion précédente fig3
vient du choix du modèle des solutions régulières. Mais
les déviations par rapport à ce modèle simple sont
communes. Cette figure. montre le diagramme de phases
du mélange binaire n-hexane et nitrobenzène. La
température critique T* de 295 K est obtenue pour une
fraction molaire de nitrobenzène égale à x = 0,6, et la
symétrie de la courbe 3 est perdue.
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Les systèmes réels peuvent présenter les traits caractéristiques
d’une fusion idéale (ou presque idéale) et une séparation de phases
dans le même diagramme. Un exemple est donné sur la Figure
(diagramme de phases de ThO2/ZrO2).
(19)
14
La condition d’équilibre entre les phases requiert que µAI = µAII et µBI = µBII. Il en résulte la
condition :
(20)
Cette équation établit que les fractions molaires des deux phases qui coexistent dans un
système binaire correspondent à des points de la courbe qui ont même dérivée. Pour arriver à
la règle de tangente commune, il faut remarquer une autre propriété de ces courbes, connue
sous le nom de « méthode graphique de Roozeboom ». On connaît ici la variation de G mix
avec xB. On va démontrer que, pour une composition particulière du mélange dans une phase,
par exemple celle correspondant au point G, l’extrapolation de la tangente à l’origine donne
µA-µA* et l’extrapolation à XB = 1 donne µB - µB*.
Cette propriété est une conséquence des relations (6) et (7) , que l’on peut écrire au point G:
soit encore :
Cette équation est l’équation de la tangente à la courbe au point G. Elle démontre que la
tangente à la courbe passant par le point G coupe l’axe des ordonnées en un point d’ordonnée
égale à µA. Cette propriété est vraie pour toutes les grandeurs relatives à un mélange. On
démontrerait de la même manière que cette même tangente coupe l’axe vertical passant par
xB=1 à une hauteur égale à µB. En fait, comme sur le graphe de la Figure 6, nous n’avons que
porté l’enthalpie libre de mélange en ordonnée, les deux valeurs extrapolées sur cette figure
sont µA-µA* et µB-µB*.
Revenons maintenant à la règle de la tangente commune : si l’on considère les point G et H :
ils doivent non seulement être tels que la dérivée à la courbe est commune en ces deux points,
mais comme les potentiels chimiques des deux phases qui coexistent soient égaux, il faut
aussi que les tangentes soient confondues. D’où la construction qui est présentée sur la
Figure7.
Fusion et solidification d’un système binaire à deux composants.
La règle de la tangente commune s’applique à l’équilibre solide-liquide, à condition que l’on
connaisse la variation de l’enthalpie libre du solide binaire et celle du liquide binaire en
fonction de la composition, et ceci à toute température. Pour illustrer sur un exemple , nous
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prenons le mélange Uranium-Zirconium , à une température de 1500K, intermédiaire entre la
temp. de fusion de l’uranium seul (Tf = 1406 K) et celle
du zirconium seul (Tf = 2130 K). La figure 8. illustre cet
exemple. Par construction, on déduit que à cette
température, la composition de la phase liquide (sur le
liquidus) est égale à 0,09 pour le zirconium, et la
composition de la phase solide est égale à 0,16.
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On se propose de calculer le nombre de moles respectif dans chaque phase, indépendamment
de l’espèce. Soit nI le nombre de moles dans la phase I et nII le nombre de moles dans la phase
II. Le nombre total de moles N s’écrit :
N = nI + nII
Et le nombre total de moles B dans le mélange est
xB N = xBI nI + xBII nII
Ces deux équations permettent de trouver la fraction de phase I dans le mélange :
Cette relation est connue sous le nom de « règle des moments chimiques », ou règle du
levier; elle est très utile pour déterminer, à partir d’un diagramme, la composition d’un
mélange à l’équilibre.
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1er type de diagramme - miscibilité totale et réciproque
Soit un mélange de deux composés A et B solubles l'un dans
l'autre en toute proportion en phase solide. Leurs températures
de fusion sont respectivement TA et TB. Les atomes ou
molécules constitutives des systèmes cristallins A et B ont un
facteur de dimension < 15%. Le diagramme type apparaît à la figure.
Exemples : Au−Ag ; Co−Ni ; Au−Pt ; Al2O3−Cr2O3 ; Sn−Bi ; anorthite−albite
2e type de diagramme - miscibilité totale et facteur de dimension > 15%
La miscibilité est complète et réciproque dans les phases
solides et liquide. Cependant à basse température la solubilité
réciproque est limitée et deux phases et de même
structure cristalline apparaissent (figure 11.9A). La phase a
est riche en A et la phase b est riche en B. La détermination
du diagramme se fait toujours à l’aide des courbes de refroidissement. Il faut noter le point
particulier correspondant au minimum commun des courbes de solidus et de liquidus. Pour un
mélange de composition identique à celle correspondant à ce minimum, la courbe de
refroidissement sera identique à celle observée pour un composé pur.
Exemples : Cu−Mn As−Sb Mn−Ni KNO3−NaNO3 Na2CO3−K2CO3 Co−Mn Au−Cu
AgBr2−HgI2
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courbes solidus-liquidus et la binodale de solubilité en phase solide se rejoignent et forment
ce que l’on appelle un segment eutectoïde CD.
Supposons que l’on dispose d’un mélange
A-B de composition identique à celle du
point eutectique E. Portons-le à une
température supérieure à Teu, température
de la transformation eutectoïde. En
refroidissant ce liquide à la température
Teu, des cristaux de la phase et de la
phase apparaissent : c’est le mélange
eutectique. L’application de la règle des
phases indique que le système est invariant
(la température est fixe) tant et aussi
longtemps qu’il y a coexistence des trois
phases. L’analyse microscopique de cette
phase solide est caractérisée par un
enchevêtrement de fins cristaux des deux
phases. Lorsque le liquide est
complètement cristallisé, le système redevient monovariant et la température baisse à
nouveau. Si au contraire, on dispose d’un échantillon de composition donnée par le point F,
en le refroidissant, au point G apparaît un dépôt primaire qui est constitué de cristaux de la
phase . Entre les points F et G, le système est monovariant, il se forme de gros cristaux de la
phase et la température diminue progressivement jusqu’à la température Teu. À ce moment
il se forme le mélange eutectique. Le système demeure à la même température pendant tout le
temps de la transformation eutectoïde. La cristallisation terminée, la température recommence
à diminuer. L’analyse microscopique montre la présence en fin de cristallisation de cristaux
relativement gros de phase et un mélange de fins cristaux de et de .
Exemples : Bi−Pb ; AgCl−CuCl ; Cd−Zn ; KNO3−NaNO3 ; Cd−Sn ; AgI−HgI2 ;
KNO3−Th(NO3)2
Il existe des cas où la solubilité en phase solide est totalement absente
Exemples : Bi−Cd AgCl−KCl Sn−Pb Au−Si
Ou présente dans une seule phase.
Exemples : Au−Ge ; Ag−Pb ; Ag−Bi
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4e type de diagramme - le système péritectique
Dans ce cas, la température de fusion de l’eutectique vient
s’insérer entre la température de fusion des deux composés A et B
purs : le système est appelé péritectique.
Exemples : Ag−Sn ; Au−Sn ; Cu−Zn ; In−Li ; W−Pt ; Re−Pt ;
Ti−W ; W−Pd ; W−Re ; AgNO3−NaNO3
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observera, par exemple, la formation de deux systèmes eutectiques ayant chacun leur propre
température de fusion.
Il faut ajouter que AmBn étant un corps pur, on s’attendrait à ce que le sommet des deux
courbes de liquidus se terminant au point de fusion du composé intermédiaire soit anguleux.
Or ce point est arrondi, avec tangente horizontale commune aux deux courbes. Cet arrondi
indique qu’au point de fusion une partie des molécules AmBn se dissocie. Il s’établit un
équilibre de la forme : AmBn mA+nB
On dit que le composé intermédiaire a un point de fusion congruent ou encore a un
semitectique. Il existe par contre des cas où le composé intermédiaire se dissocie avant de
parvenir à son point de fusion.
La figure 11.17 montre un cas où, en plus de deux
transformations eutectiques, il y a formation de deux
composés intermédiaires A2B et AB2. On peut voir
que le composé A2B est stable jusqu’à la température
de fusion. On dit que A2B a une température de fusion
congruente.
Figure 11.17. Formation de composés intermédiaires
Il faut mentionner qu’en phase liquide le constituant A2B n’existe pas. À ce point de fusion,
point M, ce composé se dissocie en ses éléments A et B. On montre alors que les courbes de
liquidus en ce point de fusion congruente ont des tangentes horizontales.
Au contraire, l’intermédiaire AB2 se décompose avant d’atteindre la fusion. Parvenu à la
température correspondant au point N, cet intermédiaire laisse place à la formation du liquide
et du composé B pur. On dira que le solide AB2 a un point de fusion incongruente.
Exemples : FeCl3−H2O : FeCl3,6H2O- FeCl3,3,5H2O - FeCl3,2,5H2O - FeCl3,2H2O
CuCl-FeCl3 : CuCl,FeCl3 Au−Te : AuTe2 Al−Se : Al2Se3 Fe−Be : FeBe2 CaCl2-KCl :
CaCl2,KCl Au−Sn : AuSn Al−Fe : Al5Fe2 Mg−Zn :
MgZn2
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composé racémique est bien défini tout comme un composé intermédiaire. Les figures 11.19
montrent deux exemples typiques de tels diagrammes. Dans le premier cas, les deux
composés énantiomères de l’acide tartrique, les acides L-(+) D-(−), ont des températures de
fusion voisines de 169 ºC alors que le racémique fond vers 206 ºC (figure 11.18a). C'est aussi
le cas du tartrate de diméthyle : Tfus(+) = Tfus(−) = 43,3 et TR : 86,4 ° C. Dans le second cas de
figure, l’acétate de bornyle racémique fond vers +7 ºC alors que ses deux énantiomères
fondent vers 26,5-27 ºC (figure 11.18b).
a b
Figure 11.19. Exemples de diagrammes binaires de mélanges racémiques.
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I.5 Limite des diagrammes d’équilibre :
Par définition, le diagramme d’équilibre ne donne pas d’information sur les points suivants :
• morphologie des phases en présence : polyèdres, aiguilles, plaquettes
• existence possible de structures hors d’équilibre, métastable
• relations cristallographiques entre phases, texture
• chemin suivi par le système pour passer d’un état à un autre
• cinétique (évolution dans le temps).
Pour de nombreux systèmes, les bases de données expérimentales sont incomplètes, en
particulier lorsqu’il y a de nombreux constituants. Les diagrammes reposent alors sur des
hypothèses d’énergie d’interaction entre constituants et sur des extrapolations (ou
interpolations) entre compositions chimiques connues. Il faut donc bien prendre garde à la
fiabilité des diagrammes que l’on utilise.
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