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Analyse Linéaire L'amant de Marguerite

L'analyse linéaire de 'L'amant' de Marguerite Duras explore la rencontre entre une jeune fille et un jeune homme chinois, mettant en lumière les thèmes de la distance psychologique et des différences raciales. La scène est caractérisée par un premier regard chargé de tension, un dialogue maladroit mais révélateur, et une description élogieuse de la jeune fille qui souligne son originalité par rapport aux normes sociales de l'époque. Cette rencontre improbable entre deux personnages issus de milieux opposés illustre les enjeux sociaux et économiques de leur relation.

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Analyse Linéaire L'amant de Marguerite

L'analyse linéaire de 'L'amant' de Marguerite Duras explore la rencontre entre une jeune fille et un jeune homme chinois, mettant en lumière les thèmes de la distance psychologique et des différences raciales. La scène est caractérisée par un premier regard chargé de tension, un dialogue maladroit mais révélateur, et une description élogieuse de la jeune fille qui souligne son originalité par rapport aux normes sociales de l'époque. Cette rencontre improbable entre deux personnages issus de milieux opposés illustre les enjeux sociaux et économiques de leur relation.

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Analyse linéaire n°9 : L’amant de Marguerite Duras

Introduction :

L’amant de Marguerite Duras reçoit le prix concours en 1984. Marguerite duras est né en 1914 près
de Saigon en Indochine Française. Dans plusieurs de ses romans elle va s’inspirer de son enfance à
l’etranger. C’est une autofiction. Dans l’extrait on assiste à la rencontre entre la jeune fille et le jeune
chinois sur le débarcadère.

Comment Marguerite Duras arrive-t-elle à rendre originale cette scène de rencontre ?

I : Le premier regard (ligne 1-5)


II : Le dialogue qui s’installe (ligne5-11)
III : La description élogieuse de la jeune fille (ligne 12-16)

I : Le premier regard :

Au début de la scène Marguerite duras va utiliser un point de vue externe. On a l’impression d’être un
simple spectateur, témoin ce qui empêche le lecteur d’avoir des précisions sur la psychologie des
personnages.
On sait que la scène se situe sur le bac qui traverse le Mékong sur la route de Sadek à Saigon, à part
cela nous n’avons aucune autre situation de lieu. Les personnages ne sont pas trop décrits à part
quelques détails pour nous permettre de les situer socialement. Le jeune homme en particulier n’est
pas décrit. Ils sont seulement désignés par des pronoms personnels : Il ou Elle.
Le jeune homme apparait directement ligne 1 avec une périphrase méliorative : « l’homme élégant »,
son apparition est renforcé par le champ lexical du luxe « élégant, limousine, cigarette anglaise » qui
montre la richesse de l’individu. Au départ le lecteur ne sait pas si l’homme est asiatique ou non,
l’allusion à la cigarette anglaise fait même penser à un occidental, au cliché de l’homme riche.
L’autrice va ensuite introduire un second personnage avec une dénomination assez vague ligne2 « la
jeune fille ». En plus des pronoms personnels « elle et il » ça donne un coté anonyme, mystérieux aux
personnages. On retrouve dans ce passage l’élément indispensable aux 1ere scène de rencontre : le
regard qui est évoqué dés la ligne 1. L’autrice insiste sur le fait que la jeune fille n’est pas habillée de
façons traditionnelles pour l’époque et les vêtements qu’elle porte souligne son excentricité pour
l’époque comme à la ligne 2 « feutre d’homme et chaussure d’or ».
« Feutre d’homme » est une métonymie et « chaussure d’or » la couleur or est considéré comme
extravagante pour l’époque pour être souligné. Le feutre d’homme ne convient pas à une jeune fille
de bonne famille ce qui la situe en marge des blancs riche de cette colonie d’Indochine. Le lecteur
comprend que cette jeune fille n’appartient pas au Colomb riche de l’époque. Cet accoutrement
montre que la famille à d’autres occupations que savoir comment elle s’habille. Cette scène est
marquée par une distance entre les 2 personnages : distance psychologique. L’homme est inquiet
d’aborder la jeune fille, on le voit avec le champ lexical de la crainte : « lentement, intimidé, tremble »
qui montre sa timidité naturelle.
Le comportement du jeune homme est également caractéristique de cette crainte, on note la lenteur
de sa démarche avec l’adverbe lentement et la répétition à la ligne 4 et 5 du verbe trembler. Même si
le contexte colonial peut justifier son habitude on comprend que c’est dans son caractère d’être
réservé. Le contexte colonial est bien présent car les deux personnages sont séparés par leurs
origines ethnique avec le complément « différence de race » ce qui est considéré comme un handicap
à l’époque. Marguerite Duras utilise ensuite la formule négative « il n’est pas blanc », cette tournure
négative va bien insister sur cet inconvénient. C’est pour cela que l’autrice va ensuite utiliser le verbe
« surmonter » qui implique un obstacle et qui montre qu’il va devoir transgresser les normes sociales
établie. Cette discrimination raciale semble être habituel et le démonstratif « cette » souligne ce
caractère banal. Le temps semble s’écouler très lentement, c’est ce que montre l’anadiplose.
L’adverbe de temps « tout d’abord » ligne 3 donne l’impression que le temps s’écoule lentement et
que le premier regard dure extrêmement lentement. Après ce premier regard les deux personnages
vont entamer un dialogue.

II : Le dialogue qui s’installe.


Le jeune homme n’a pas les clés d’un séducteur et on voit que le dialogue est marqué par le manque
d’échange ainsi que par la pauvreté de ces échanges. Il n’a aucune marque typographique du
dialogue (« et -). Le silence de la jeune fille plus les négations utilisées ligne 5 et 6 sont
paradoxalement le signe de son attirance pour le jeune homme. On a une façon originale de
présenter un coup de foudre et cette idée est reprise à la ligne 6 avec l’expression « il croit rêver ».
Cette expression à un double sens il croit rêver car la jeune fille est magnifique mais aussi qu’une
jeune fille blanche se laisse aborder lui semble irréel. La 1e tentative d’approche est maladroite et
rater car la jeune fille refuse la cigarette. Les répliques deviennent un peu plus longues au cours du
dialogue ce qui montre l’intérêt croissant de l’un pour l’autre. Les échanges son rapportées de façon
précise avec toutes les modalités possibles :
- Le style direct à la ligne 8 « mais d’où venez vous »
- Le style indirect à la ligne 5,6,9 « il dit que ... »
- Le style indirect libre à la ligne 6 et 7 « alors il a moins peur »
On remarque aussi l’emploi des même verbes introducteurs : le verbe « dire » est utilisée 6 fois et
« répondre » 3 fois. Cette répétition donne une tournure lassante, répétitive. L’emploi de formule
stéréotypé comme « laissez-moi tranquille » ou « oui c’est ça » accentue cette impression de grande
banalité qui est renforcé par l’anaphore de l’adverbe « alors » qui montre aussi que le jeune homme
prend de l’assurance dans sa tentative de séduction. A chaque alors il ose un peu plus. On voit bien
qu’il s’enhardie avec la question direct « d’où venez vous ». Et la jeune fille se présente en relation
avec sa famille et non pas par rapport à elle-même ce qui marque sa discrétion. Le jeune homme à
entendu parler du déboire de sa mère ce qui montre son coté influent car il connait tout. Il sait bien
que la mère de la jeune fille s’est fait escroquer en achetant un terrain impossible a cultiver. Et
pourtant avec délicatesse il utilise un euphémisme « manque de chance ». On comprend que la jeune
fille prend les transports en commun et qu’elle est pauvre. Une petite intimité s’installe car elle
confirme les malheurs de sa mère. Suite à cette intimité, un portrait élogieux de la jeune fille va
naitre.

III : La description très élogieuse de la jeune fille :

Dans ce portrait on peut souligner la banalité du vocabulaire employé, un vocabulaire très courant et
d’aucune originalité dans les compliments du jeune homme. « Belle » et « jolie » même si l’adjectif
jolie est renforcé par l’adverbe d’intensité « si » le compliment reste banal. On voit bien qu’il ne sait
pas trop quoi dire il « répète » ligne 12. Il marque son grand étonnement de la voir là ce qui montre
une opposition entre la jeune fille et les indigènes avec les adjectifs « extraordinaire » et
« inattendu » renforcé par des intensifs « tout à fait » et « très ». Le discours du jeune chinois montre
donc la différence entre les blancs et les indigènes qui ne se mélangent pas. Ce qui confirme
l’opposition « jeune fille blanche » et « car d’indigènes » ligne 14. Il semble même un peu choqué de
l’incongruité de la situation on le voit avec l’expression « vous ne vous rendez pas compte » ligne 13,
il est claire que cette fille n’a rien à faire là puisqu’elle contourne les règles en fréquentant des
indigènes, il peut essayer de la séduire. Le portrait de la jeune fille provoque fascination et
réprobation chez le jeune homme car là encore son habillement est une entorse aux règles établie
« original, pourquoi pas », « elle peut tout se permettre ». Les points de suspension qui encadre
l’adjectif original montre que le jeune homme cherche à donner son avis sans froisser l’adolescente,
le lecteur comprend bien que ce n’est pas le terme exact que l’homme voulait employer. La répétition
du compliment « lui va bien » ligne 15 montre que le jeune chinois n’est pas très à l’aise et le présent
de narration utilisé ici contribue à l’impression de durée. La scène semble durée très longtemps et le
lecteur se demande si le jeune homme va arriver à ses fins.

Conclusion :
Nous avons ici 2 personnages totalement opposées qui n’auraient jamais du se rencontrer, il
représente un peu l’impossible qui se réalise. Même si le lecteur comprend que chacun des 2 à a
gagner dans l’histoire ; une revanche sociale pour lui et un intérêt économique pour elle. Elle s’inscrit
bien dans la tradition romanesque.
Ouverture : rencontre Manon et Des Grieux

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