Belesi
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INTRODUCTION
La restructuration du Grand Marché de Kinshasa, connu sous le nom de Zando, a des impacts socio-
économiques significatifs sur le quartier environnant à Gombe. L'expansion du marché, qui est passé de
10 pavillons à 500, a considérablement accru sa capacité d’accueil, permettant à 80 000 vendeurs
d’exercer et attirant environ 200 000 personnes par jour. Cette transformation dynamise l’économie
locale en créant de nouvelles opportunités d’emploi et en renforçant les activités commerciales
formelles et informelles (Perfection243, 2024).
Cependant, cette restructuration engendre également des défis. La pression accrue sur les
infrastructures environnantes, notamment la circulation et la gestion des déchets, représente un défi
majeur pour la commune de Gombe. De plus, l’augmentation du prix des loyers commerciaux et
résidentiels dans la zone pourrait marginaliser certains commerçants et habitants, forçant certains petits
vendeurs à se relocaliser (Kingombe Kemba Lufala, 2020).
0.2 Problématique
Selon R. Pinto, la problématique est la question principale autour de laquelle s'organise un travail de
recherche. Elle désigne aussi l'ensemble des problèmes que suscite un sujet d'étude dans un cadre
scientifique donné. La problématique consiste ainsi à poser clairement un problème et à chercher à le
résoudre de manière structurée et argumentée (Memoire Online, 2023).
D'autres auteurs, comme Beaud (1998), définissent la problématique comme un cadre structuré autour
d'une question centrale, des hypothèses et des lignes d'analyse permettant d'examiner un sujet de
recherche en profondeur. De son côté, Grawitz (1998) souligne que la problématique sert à orienter la
recherche en articulant des concepts et des hypothèses qui permettent de comprendre les enjeux d'un
phénomène (Université de Sétif 2, 2023).
Ainsi, la problématique ne se limite pas à poser une question, mais vise à complexifier un sujet en
identifiant les causes, les effets et les interactions entre divers éléments pour aboutir à une réflexion
scientifique cohérente.
En ce qui concerne notre sujet, nous nous sommes posés les questions de savoir si:
- Quelles sont les stratégies mises en place par les autorités pour limiter les impacts négatifs de cette
restructuration sur les activités informelles ?
- Comment la réorganisation du marché Zando s’inscrit-elle dans une politique plus large de
renouvellement urbain à Kinshasa ?
0.3 Hypothèses
Selon Pinto et Grawitz, une hypothèse est une proposition de réponse aux questions que l'on se pose
sur l'objet de recherche, formulée de manière à ce que l'observation et l'analyse puissent en fournir une
validation ou une invalidation (Pinto & Grawitz, 1964, p. 338). En d'autres termes, il s'agit d'une
supposition provisoire qui guide la recherche et qui sera confirmée ou infirmée à la lumière des données
recueillies.
Pour tenter de répondre aux questions posées dans la problématique, nous pouvons postuler comme
suit :
- Les autorités locales ont identifié plusieurs sites pour relocaliser temporairement les vendeurs du
secteur informel. De plus, des efforts sont faits pour encadrer et intégrer ces commerçants dans la
nouvelle structure du marché afin de minimiser leur marginalisation économique .
- La modernisation de Zando s’inscrit dans un projet plus vaste de transformation urbaine de Kinshasa,
qui comprend également l'amélioration des infrastructures routières et la régulation des marchés
informels pour une meilleure organisation du commerce et du cadre de vie des habitants .
0.4.1 Choix
Le choix de cette étude sur l'évaluation des impacts socio-économiques de la restructuration du Grand
Marché « Zando » à Kinshasa-Gombe repose sur plusieurs facteurs. D’une part, ce projet représente une
transformation majeure du principal centre commercial de la capitale congolaise, passant d’un marché
informel à une infrastructure moderne avec 500 pavillons et une capacité d'accueil de 200 000
personnes. Cette restructuration a des implications considérables sur les commerçants, la dynamique
urbaine et l’économie locale, justifiant ainsi une analyse approfondie de ses effets positifs et négatifs
【58】.
D’autre part, cette modernisation s’inscrit dans une politique plus large de développement urbain visant
à améliorer l'organisation du commerce et à renforcer les infrastructures de la ville. Elle soulève
cependant des préoccupations concernant la relocalisation des vendeurs informels, la mobilité urbaine
et l’accessibilité financière des nouveaux espaces commerciaux 【57】. Cette étude permet donc de
mieux comprendre ces enjeux et d’identifier des stratégies pour maximiser les bénéfices socio-
économiques de cette restructuration.
0.4.2 Intérêt
L'intérêt de cette étude sur la restructuration du Grand Marché "Zando" à Kinshasa-Gombe est multiple,
à la fois scientifique et pratique.
Sur le plan pratique, la modernisation du marché Zando a un rôle stratégique dans le développement
économique local. Ce projet vise à améliorer les conditions de travail des commerçants, à organiser
l’espace commercial de manière plus efficace et à renforcer l’attractivité économique du centre-ville. La
mise en place d’infrastructures modernes, comme des chambres froides et des parkings, favorise une
meilleure logistique et améliore la sécurité des transactions commerciales【66】.
En somme, cette étude est essentielle pour anticiper les effets de la restructuration sur les populations
et proposer des solutions adaptées aux défis urbains et économiques que représente un projet de cette
envergure.
Ainsi, la rédaction et l’achèvement de cette étude sont prévus dans ce cadre temporel, avec une clôture
potentielle avant la fin officielle de l'année académique.
L'étude porte aussi sur les impacts dans les quartiers alentours tels que Madimba et Bitshiaku-Tshiaku,
où la commercialisation de l'espace urbain prend de plus en plus le pas sur les activités résidentielles. Le
processus de rénovation du marché Zando entraîne des changements notables dans la structure
immobilière, avec des parcelles résidentielles converties en zones commerciales.
Ainsi, la délimitation de l'espace s'étend au pôle commercial Zando et à ses quartiers adjacents, en
prenant en compte à la fois les transformations physiques et les dynamiques socio-économiques qui en
résultent.
L'objectif général de l'étude sur la restructuration du marché Zando à Kinshasa-Gombe est d'évaluer les
impacts socio-économiques de cette transformation monumentale sur les habitants et les commerçants
du quartier. Le marché Zando, anciennement un pôle économique majeur de la capitale, subit une
restructuration destinée à moderniser l'infrastructure et à améliorer les conditions de vie des usagers.
Cette étude vise à analyser les effets positifs et négatifs de la rénovation, notamment en termes de
dynamisme commercial, d'emploi, et d'aménagement urbain dans la zone environnante. Elle cherche
aussi à explorer les enjeux liés à l'intégration des activités informelles et à l'impact sur la mobilité
urbaine, pour offrir des recommandations sur le développement équilibré du quartier.
Les objectifs spécifiques de cette étude, concernant la restructuration du marché Zando à Kinshasa,
peuvent inclure :
1. Évaluer l'impact de la restructuration sur les conditions de vie des habitants et des commerçants :
Cela implique l'analyse des changements dans les conditions économiques et sociales des acteurs
locaux, comme les commerçants et les résidents, après l'achèvement des travaux de modernisation.
2. Analyser l'évolution de la dynamique commerciale dans le quartier de Gombe : L’étude peut explorer
comment la réorganisation du marché a influencé les flux commerciaux, le nombre de vendeurs, et la
compétitivité entre les différents commerçants du marché.
3. Étudier les effets sur la mobilité et l'aménagement du territoire dans la zone environnante : La
restructuration du marché Zando, étant un projet de grande envergure, influence certainement la
circulation et la gestion de l'espace urbain autour du marché. Cette dimension vise à comprendre les
transformations dans l'urbanisme et les infrastructures du quartier.
4. Identifier les défis pour les activités informelles à la suite de la restructuration : Étant donné
l’importance du secteur informel dans la région, l'étude pourrait aussi se concentrer sur les stratégies
mises en place pour intégrer ou minimiser les impacts négatifs pour les commerçants informels suite à la
modernisation du marché.
Ces objectifs spécifiques visent à dresser un panorama complet des conséquences de la restructuration
du marché Zando et à proposer des solutions pratiques pour l'optimisation des bénéfices de cette
initiative pour la communauté locale.
0.7.1 Méthodes
Selon Madeleine Grawitz, une méthode en sciences sociales représente l'ensemble des opérations
intellectuelles mises en œuvre pour atteindre les vérités recherchées par une discipline, afin de
démontrer et de vérifier ces vérités. Il s'agit donc d'un processus structuré d'explication, lié à une
théorie et appliqué à la réalité sociale pour en comprendre les phénomènes. La méthode comprend non
seulement l'observation et la collecte de données, mais aussi l'analyse des relations entre les variables
sociales étudiées pour répondre aux questions de recherche (Grawitz, 1996).
Dans ce cadre, la méthode permet d’élargir la portée de la recherche en fournissant un cadre rigoureux
pour organiser, interpréter et exploiter les données en vue d’une compréhension approfondie des sujets
étudiés.
Les méthodes historique, descriptive, comparative et fonctionnelle peuvent être utilisées pour analyser
les impacts de la restructuration du marché Zando à Kinshasa-Gombe de manière détaillée.
1. Méthode historique : Cette méthode permet d'étudier les transformations passées du marché Zando
et leur influence sur le quartier. Elle se base sur l'examen des événements et processus au fil du temps,
afin de comprendre comment la modernisation s'inscrit dans une évolution plus large de la ville de
Kinshasa. Par exemple, une analyse des politiques précédentes d'aménagement urbain pourrait révéler
les raisons historiques de la restructuration et ses effets à long terme.
2. Méthode descriptive : Elle sert à détailler la situation actuelle du marché Zando et de son
environnement immédiat. En collectant des données sur les activités commerciales, les infrastructures,
et les conditions de vie des habitants et commerçants, cette approche permet de dresser un portrait
clair de l'impact immédiat de la restructuration. Cette méthode repose sur des observations directes et
des descriptions précises.
3. Méthode comparative : Elle consiste à comparer la restructuration du marché Zando avec d'autres
expériences similaires dans d'autres villes. Par exemple, on peut comparer la transformation du marché
Zando à celle d'autres marchés d'Afrique centrale ou d'autres grandes métropoles africaines. Cette
approche aide à identifier des modèles communs, des réussites ou des échecs dans l'intégration urbaine
et l'impact socio-économique.
4. Méthode fonctionnelle : Cette méthode permet d'examiner les rôles et fonctions du marché Zando
dans la dynamique urbaine et économique du quartier. Elle analyse l'interdépendance entre les
différentes structures du marché, la mobilité des habitants et des commerçants, et l'impact sur les
services publics et les infrastructures urbaines. En mettant l'accent sur les fonctions économiques et
sociales du marché, cette approche peut aider à comprendre les ajustements nécessaires pour optimiser
son impact.
Ces méthodes combinées offrent une vue d'ensemble du processus de restructuration du marché
Zando, en tenant compte à la fois de son histoire, de ses dynamiques actuelles, des comparaisons
internationales, et de ses fonctions dans le tissu urbain.
Selon Madeleine Grawitz, une technique en sciences sociales désigne un ensemble de moyens ou
d'instruments méthodologiques permettant de collecter, traiter et analyser des données dans le cadre
d'une recherche. Ces techniques peuvent être classées en deux grandes catégories : les techniques
vivantes et les techniques documentaires. Les techniques vivantes incluent des outils comme les
interviews, les tests, les observations, qui permettent d’interagir directement avec les sujets étudiés. Les
techniques documentaires, quant à elles, reposent sur l’analyse de documents, tels que des archives,
des rapports ou des contenus médiatiques, afin d’extraire des informations pertinentes pour l’étude du
phénomène social en question.
Ces techniques permettent de structurer le processus de recherche et d’assurer la fiabilité des résultats
obtenus. Grawitz souligne que la maîtrise de ces outils est essentielle pour éviter les biais et garantir la
rigueur scientifique dans l’analyse des faits sociaux.
La technique utilisée dans cette étude est axée sur la collecte et l’analyse de données primaires,
principalement à travers des observations sur le terrain, des interviews, ainsi que des questionnaires
administrés aux commerçants et habitants des quartiers environnants du marché Zando. Ces techniques
permettent de collecter des informations directes et actualisées, essentielles pour évaluer les impacts
socio-économiques de la restructuration.
L’utilisation combinée de ces méthodes garantit une vue d'ensemble à la fois quantitative et qualitative,
facilitant une évaluation approfondie des effets de la restructuration.
Une autre difficulté majeure peut être l'analyse et l'interprétation des données. En particulier, les
impacts socio-économiques sont souvent complexes et multiformes, avec des conséquences à court,
moyen et long terme. Distinguer les effets directs de la restructuration par rapport à d'autres
dynamiques économiques locales peut rendre l'interprétation des résultats plus ardue. Enfin, dans un
contexte en évolution rapide comme celui de Kinshasa, où les politiques publiques et les infrastructures
changent fréquemment, maintenir une perspective actualisée pendant toute la durée de l'étude est un
défi constant.
Ces difficultés montrent la complexité d'une telle étude, mais aussi l'importance de bien encadrer les
méthodes d'analyse et de collecter des données pertinentes pour obtenir des résultats fiables et
exploitables.
Outre l'introduction et la conclusion, ce travail de fin de cycle de subdivisé quatre chapitres dont
l'ossature se présente de la manière suivante :
Pour la rédaction d'un travail sur l'impact socio-économique de la restructuration du grand marché
Zando à Kinshasa-Gombe, les chapitres pourraient être présentés de la manière suivante :
Introduction
L’urbanisme, en tant que discipline scientifique et technique, vise à organiser l’espace urbain de manière
fonctionnelle, durable et harmonieuse. Il s’agit d’un domaine multidisciplinaire impliquant
l’architecture, l’ingénierie, la sociologie, l’économie et l’environnement. Son objectif principal est
d’aménager l’espace de manière à répondre aux besoins croissants de la population tout en garantissant
une meilleure qualité de vie.
Ce premier chapitre propose une approche théorique et conceptuelle de l’urbanisme en définissant ses
bases, en présentant les grandes écoles de pensée qui ont influencé son évolution, et en explorant les
différentes approches méthodologiques utilisées en planification urbaine.
---
L’urbanisme est un champ complexe qui regroupe plusieurs notions fondamentales. Avant d’explorer les
approches théoriques, il convient de définir certains termes clés pour mieux comprendre les bases du
domaine.
1.1.1. Urbanisme
L’urbanisme peut être défini comme l’ensemble des disciplines et des techniques ayant pour but
l’aménagement, la planification et l’organisation des espaces urbains en fonction des besoins sociaux,
économiques et environnementaux. Selon Lévy et Lussault (2003), l’urbanisme est "l’ensemble des
pratiques et des savoirs qui visent à planifier, organiser et transformer l’espace urbain en fonction des
usages et des politiques publiques".
1.1.2. Ville
La ville est une concentration permanente de population et d’activités sur un territoire délimité,
caractérisée par une forte densité et une organisation spécifique de l’espace. Pour Mumford (1961), "la
ville est une structure sociale organisée qui se développe autour d’un système économique et de
relations humaines complexes".
L’aménagement du territoire désigne l’ensemble des actions et politiques mises en place pour organiser
l’espace afin d’en assurer un développement harmonieux. Il s’agit d’un processus visant à optimiser
l’utilisation des ressources naturelles et humaines à différentes échelles territoriales (Brunet et Ferras,
1992).
La planification urbaine est une démarche méthodique qui consiste à organiser le développement
urbain à court, moyen et long terme. Elle vise à anticiper l’évolution de la ville et à proposer des
solutions adaptées aux problématiques rencontrées (Dupuy, 2004).
Le développement urbain durable fait référence à une urbanisation qui respecte les principes du
développement durable, en intégrant des dimensions économiques, sociales et environnementales dans
la planification et la gestion des villes (Brundtland, 1987).
---
Dans l’Antiquité, les civilisations mésopotamiennes, égyptiennes, grecques et romaines ont développé
des formes rudimentaires de planification urbaine. Par exemple, la Grèce antique a introduit le concept
d’urbanisme orthogonal avec le plan hippodaméen, tandis que Rome a développé des infrastructures
avancées comme les aqueducs et les forums (Mumford, 1961).
Le Moyen Âge voit l’émergence de villes organiques, caractérisées par une croissance spontanée et
l’absence de planification stricte. Les villes médiévales étaient souvent fortifiées et structurées autour
d’un centre politique ou religieux (Le Goff, 1984).
Avec la révolution industrielle (XIXe siècle), les villes connaissent une expansion rapide due à
l’urbanisation massive. Cette croissance anarchique entraîne des problèmes sanitaires et sociaux,
nécessitant l’apparition des premières politiques d’urbanisme moderne, comme les plans d’Haussmann
à Paris (Choay, 1965).
Au XXe et XXIe siècles, l’urbanisme intègre des approches plus durables et participatives, prenant en
compte les enjeux environnementaux, sociaux et technologiques. Des concepts comme la ville
intelligente (smart city) et l’urbanisme écologique sont devenus centraux (Ascher, 2001).
---
L’urbanisme s’appuie sur plusieurs théories qui ont influencé sa pratique au fil du temps.
Inspiré des idées du mouvement moderne et de Le Corbusier (1923), l’urbanisme fonctionnaliste repose
sur la séparation des fonctions urbaines (habitat, travail, loisirs, circulation). Cette approche a influencé
la Charte d’Athènes de 1933.
Cette approche met l’accent sur le bien-être des habitants et l’intégration de la nature en ville. Jane
Jacobs (1961) critique l’urbanisme moderniste et plaide pour des quartiers vivants et participatifs.
Face aux défis environnementaux, l’urbanisme écologique propose une approche intégrée qui vise à
réduire l’impact écologique des villes en favorisant les énergies renouvelables, les espaces verts et la
mobilité douce (Beatley, 2000).
Ce modèle met en avant la participation des citoyens à la planification urbaine. Il s’oppose à une
approche descendante et encourage l’implication des habitants dans la prise de décision (Healey, 1997).
---
Le PLU est un document réglementaire qui définit les règles d’aménagement et d’utilisation des sols à
l’échelle communale (Pumain, 1998).
Les SIG permettent d’analyser et de représenter l’espace urbain grâce à des bases de données
cartographiques, facilitant la prise de décision en urbanisme (Batty, 2005).
La modélisation urbaine consiste à utiliser des simulations informatiques pour prévoir l’évolution des
villes et tester différents scénarios d’aménagement (White, 1994).
---
Conclusion
Ce premier chapitre a permis d’établir une base théorique et conceptuelle de l’urbanisme en définissant
ses notions clés, son évolution historique et ses approches théoriques. L’urbanisme étant une discipline
en constante évolution, il est indispensable de comprendre ses fondements pour mieux appréhender les
enjeux urbains contemporains.
Dans le chapitre suivant, nous examinerons plus en détail les défis actuels de l’urbanisme face à la
croissance urbaine et aux impératifs du développement durable.
Chapitre 2 : État des lieux avant et après la restructuration du Grand Marché (Zando) à Kinshasa-Gombe
Introduction
Le Grand Marché de Kinshasa, communément appelé "Zando", est un pilier central de l'activité
commerciale de la capitale de la République Démocratique du Congo. Situé dans la commune de
Kinshasa, à l'est du jardin botanique, ce marché a été, depuis sa création en 1943, un centre névralgique
pour les échanges économiques et sociaux. Ce chapitre examine en détail l'état du marché avant sa
restructuration, les motivations et les objectifs de cette dernière, ainsi que la situation actuelle post-
restructuration.
Le Grand Marché de Kinshasa a été établi en 1943 par les autorités coloniales belges. Initialement conçu
pour centraliser les activités commerciales de la ville naissante, il a rapidement évolué pour devenir le
principal centre d'échanges de Kinshasa. En mai 1989, le marché abritait environ 15 500 vendeurs,
nombre qui a considérablement augmenté au fil des décennies pour atteindre 35 000 en 2020 [^1].
Zando joue un rôle crucial dans l'économie informelle de Kinshasa. Il offre une plateforme aux petits
commerçants, artisans et agriculteurs pour vendre leurs produits, contribuant ainsi à la subsistance de
milliers de familles. De plus, le marché est un point de convergence pour les habitants de diverses
communes, favorisant les interactions sociales et culturelles.
Avant la restructuration, le Grand Marché faisait face à de nombreux défis infrastructurels. Les
installations étaient vétustes, avec des hangars et pavillons datant de plusieurs décennies sans entretien
adéquat. Les conditions sanitaires étaient particulièrement préoccupantes : absence de toilettes
publiques fonctionnelles, canalisations obstruées et accumulation quotidienne de près de 9 tonnes de
déchets non collectés [^2].
Le marché était caractérisé par une surpopulation, avec des vendeurs occupant non seulement les
espaces désignés, mais également les allées et même les rues adjacentes. Cette situation entraînait des
problèmes majeurs de circulation, tant pour les piétons que pour les véhicules. De plus, l'encombrement
augmentait les risques d'incendie et compliquait l'intervention des services de secours en cas d'urgence.
Face à ces défis, les autorités provinciales de Kinshasa ont décidé de procéder à une restructuration
complète du Grand Marché. Le 20 janvier 2021, le ministre provincial de l'Agriculture, Kanza Ne Kongo,
représentant le gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka, a lancé officiellement les travaux de réhabilitation
du site [^2]. L'objectif principal était de moderniser le marché pour améliorer les conditions de travail
des commerçants et l'expérience des consommateurs.
2.3.2. Démolition et relocalisation des vendeurs
Les travaux ont débuté par la démolition des anciennes structures le 18 mars 2021, conformément au
décret du gouverneur [^2]. Cette démolition a entraîné le déplacement d'environ 20 000 vendeurs,
relocalisés temporairement dans des marchés provisoires aménagés sur les avenues de la Libération
(anciennement 24 Novembre), Itaga et Kalembe-Lembe. Cette transition a été marquée par des
protestations des vendeurs, inquiets pour leur avenir économique.
Près d'un an après le début des travaux, en janvier 2022, la reconstruction du marché n'avait pas encore
véritablement commencé, suscitant l'impatience et l'inquiétude des commerçants [^3]. Les autorités ont
toutefois présenté une maquette du nouveau marché, prévoyant une capacité d'accueil de 62 000
vendeurs sur une superficie de 40 000 m² [^2].
En attendant la fin des travaux, les commerçants exercent leurs activités dans des marchés provisoires
ou le long des rues avoisinantes. Ces installations temporaires sont souvent dépourvues
d'infrastructures adéquates, ce qui complique le quotidien des vendeurs et des clients. De plus,
l'absence de date précise pour l'achèvement des travaux alimente l'incertitude parmi les commerçants.
Conclusion
La restructuration du Grand Marché de Kinshasa est une initiative essentielle pour moderniser les
infrastructures commerciales de la ville et améliorer les conditions de vie des commerçants et des
consommateurs. Cependant, les retards dans l'exécution des travaux et le manque de communication
claire sur les échéances génèrent des frustrations et des défis économiques pour de nombreuses
familles dépendant de ce marché. Il est crucial que les autorités accélèrent le processus et engagent un
dialogue transparent avec les parties prenantes pour assurer le succès de cette entreprise ambitieuse.
[^1]: Grand Marché de Kinshasa — Wikipédia [^2]: Kinshasa Central Market [^3]: Kinshasa : près d’une
année après sa démolition, le marché central “Zando” n’est toujours pas reconstruit et les marchands
s’impatientent | [Link]
Introduction
Le Grand Marché de Kinshasa, communément appelé "Zando", est un pilier central de l'économie
informelle de la capitale de la République Démocratique du Congo. Sa restructuration, entamée en
janvier 2021, vise à moderniser les infrastructures et améliorer les conditions de travail des
commerçants. Cependant, cette initiative a engendré des répercussions significatives sur le tissu socio-
économique local. Ce chapitre analyse en profondeur ces impacts, en s'appuyant sur des données
récentes et des témoignages des acteurs concernés.
Avant sa fermeture pour travaux, le Grand Marché était confronté à des problèmes majeurs
d'insalubrité, d'encombrement et de vétusté des infrastructures. Les conditions sanitaires déplorables,
avec des accumulations de déchets et des inondations fréquentes, posaient des risques pour la santé
publique . De plus, l'absence de structures adéquates entravait le bon déroulement des activités
commerciales.
La fermeture du marché en janvier 2021 a entraîné la relocalisation des commerçants vers des sites
temporaires ou informels. Cette transition a provoqué une diminution notable du chiffre d'affaires pour
de nombreux vendeurs, en raison de la baisse de l'affluence et de la visibilité réduite dans les nouveaux
emplacements. De plus, l'augmentation des prix des denrées alimentaires, exacerbée par des facteurs
macroéconomiques tels que la fluctuation du taux de change, a affecté le pouvoir d'achat des
consommateurs .
En l'absence d'une structure officielle fonctionnelle, des marchés informels se sont développés aux
abords du site en rénovation. Ces installations précaires manquent souvent d'infrastructures sanitaires
et de sécurité adéquates, posant des défis supplémentaires pour la gestion urbaine et la régulation des
activités commerciales .
Les vendeurs relocalisés opèrent dans des conditions souvent précaires, sans accès à des services de
base tels que l'eau potable, des installations sanitaires ou une protection contre les intempéries. Cette
situation affecte non seulement leur santé et leur bien-être, mais aussi leur productivité et leur moral.
3.3.2. Dynamique communautaire
Le Grand Marché servait de point de convergence pour diverses communautés de Kinshasa, facilitant les
interactions sociales et culturelles. Sa fermeture temporaire a fragmenté ces réseaux, réduisant les
opportunités de socialisation et de soutien mutuel parmi les commerçants et les clients.
Malgré les défis actuels, de nombreux commerçants espèrent que la modernisation du marché conduira
à une amélioration de leurs conditions de travail et à une augmentation de leur clientèle. Cependant,
des préoccupations subsistent quant à la durée des travaux et à la transparence des processus de
réaffectation des espaces commerciaux.
Une fois achevée, la restructuration du Grand Marché pourrait revitaliser l'économie locale en attirant
davantage de clients et en offrant un environnement propice aux affaires. Cependant, pour maximiser
ces bénéfices, il est essentiel que les autorités assurent une gestion efficace du marché et soutiennent
les commerçants pendant la période de transition.
Conclusion
La restructuration du Grand Marché de Kinshasa est une initiative ambitieuse visant à moderniser une
infrastructure clé de la ville. Si les objectifs à long terme sont prometteurs, la période de transition
présente des défis socio-économiques significatifs pour les commerçants et la communauté locale. Une
attention particulière doit être accordée à la gestion de cette transition pour minimiser les impacts
négatifs et garantir que les bénéfices escomptés se concrétisent pour l'ensemble de la population.
Chapitre 4 : Présentation et évaluation du projet de restructuration du Grand Marché (Zando) à
Kinshasa-Gombe
Introduction
Le Grand Marché de Kinshasa, communément appelé "Zando", est un élément central de l'activité
commerciale et sociale de la capitale de la République Démocratique du Congo. Face à des défis
croissants liés à l'infrastructure, à l'hygiène et à la sécurité, les autorités ont initié un projet ambitieux de
restructuration visant à moderniser ce marché emblématique. Ce chapitre propose une présentation
détaillée du projet de restructuration, suivie d'une évaluation critique de ses objectifs, de sa mise en
œuvre et de ses impacts potentiels.
Inauguré en 1943, le Grand Marché de Kinshasa s'est imposé comme le principal centre d'échanges
commerciaux de la ville. Au fil des décennies, il a connu une croissance exponentielle, abritant jusqu'à
15 500 vendeurs en mai 1989 . Cependant, cette expansion rapide s'est accompagnée de défis majeurs
en matière d'infrastructure et de gestion.
Avant le lancement du projet de restructuration, le marché faisait face à plusieurs problèmes critiques :
Surcharge : Surpeuplement des espaces de vente, avec des vendeurs occupant les allées et les zones
non prévues à cet effet, créant des entraves à la circulation et augmentant les risques d'incidents.
Moderniser les infrastructures : Construction d'un marché couvert moderne de 80 500 m², intégrant des
installations adaptées aux besoins actuels .
Améliorer les conditions sanitaires : Mise en place de systèmes efficaces de gestion des déchets et de
drainage pour assurer un environnement propre et sain.
Optimiser la sécurité : Aménagement d'espaces conformes aux normes de sécurité, incluant des issues
de secours et des installations pour les services d'urgence.
Zone de restauration : Un espace dédié aux services de restauration pour les visiteurs et les travailleurs
du marché.
Pôle logistique : Installations pour le stockage, incluant des systèmes de réfrigération pour les produits
périssables.
Services tertiaires : Infrastructures telles qu'un centre de secours, un commissariat, une infirmerie, des
services vétérinaires et des bureaux administratifs .
Délais de réalisation : Près d'un an après le début des travaux, en janvier 2022, la reconstruction n'avait
pas encore véritablement commencé, suscitant l'impatience et l'inquiétude des commerçants .
Impact sur les commerçants : La relocalisation temporaire a perturbé les activités des vendeurs, avec
une diminution de la clientèle et des revenus, exacerbant les difficultés économiques pour de
nombreuses familles.
Communication et transparence : Le manque d'informations claires sur l'avancement des travaux et les
échéances prévues a alimenté les frustrations et les incert
Problèmes liés aux études préliminaires : Avant de lancer le projet, des études de sol et d’infrastructure
ont été réalisées pour assurer la faisabilité de la reconstruction. Toutefois, des données insuffisantes sur
la nature du sous-sol et des réseaux souterrains ont conduit à des ajustements imprévus, retardant ainsi
le début effectif des travaux.
Conditions climatiques : Kinshasa étant située dans une zone à forte pluviométrie, certaines périodes de
fortes pluies ont entraîné l’interruption temporaire des travaux, en particulier lors des terrassements et
fondations.
Manque de financement initial suffisant : Bien que le projet ait été financé par des fonds publics et
privés, certains engagements financiers ont mis du temps à se concrétiser. Ce retard a causé un
ralentissement du chantier, obligeant parfois les entrepreneurs à réduire temporairement la cadence
des travaux.
Détournement et mauvaise gestion des fonds : Comme pour plusieurs grands projets en RDC, des
soupçons de détournement de fonds et de mauvaise gestion budgétaire ont émergé. Cela a nécessité
des contrôles supplémentaires et des ajustements budgétaires (source : [Link]).
Bureaucratie lourde : Les démarches administratives pour l’obtention des autorisations de construction
et de restructuration ont été plus longues que prévu, impactant ainsi le calendrier des travaux.
Mécontentement des commerçants déplacés : L’un des plus grands défis du projet a été la relocation
des vendeurs vers des marchés temporaires. Beaucoup se sont plaints du manque d’infrastructures
adéquates et des difficultés à retrouver leur clientèle.
Manifestations et protestations : Des grèves et contestations ont eu lieu, certains vendeurs craignant de
ne pas récupérer leurs espaces une fois le marché modernisé. En janvier 2022, plusieurs marchands ont
bloqué des routes pour exiger une accélération des travaux et des garanties sur leur réintégration future
(source : [Link]).
Sécurité du chantier : La présence d’un chantier en plein centre-ville a posé des problèmes de sécurité
publique. Des cas de vols de matériaux et d’intrusions sur le site ont été signalés, nécessitant un
renforcement des mesures de sécurité.
Gestion des déchets et nuisances : La démolition des anciennes structures et les travaux de
terrassement ont généré une quantité importante de gravats, dont l’évacuation a nécessité une
logistique particulière. De plus, la poussière et le bruit ont causé des désagréments aux riverains.
4.3.3. Stratégies mises en place pour surmonter ces défis
Face à ces contraintes, plusieurs mesures ont été adoptées pour minimiser les impacts négatifs et
accélérer la mise en œuvre du projet :
Rééchelonnement du calendrier des travaux : Une adaptation progressive des phases de construction a
permis de compenser les retards accumulés.
Renforcement du dialogue avec les commerçants : Des séances de concertation ont été organisées avec
les représentants des vendeurs pour apaiser les tensions et mieux planifier leur réinstallation.
Optimisation du financement : Les autorités ont recherché des partenariats supplémentaires et des
financements complémentaires auprès d’investisseurs privés.
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La prise en compte de ces défis est cruciale pour garantir le succès du projet de restructuration et
assurer une transition fluide vers un Grand Marché modernisé et fonctionnel.
L’évaluation d’un projet d’envergure comme celui du Grand Marché de Kinshasa se fait à travers
plusieurs critères : le respect du cahier des charges, les impacts économiques et sociaux, ainsi que la
satisfaction des parties prenantes.
4.4.1. Respect des délais et du cahier des charges
La modernisation du Grand Marché devait initialement être réalisée en trois ans, avec une réouverture
prévue pour 2024. Cependant, plusieurs retards ont été constatés en raison de :
Problèmes de financement : malgré l’engagement des partenaires publics et privés, les décaissements
tardifs ont ralenti certaines phases du projet ([Link]).
Difficultés logistiques : l’importation de certains matériaux de construction a été perturbée par des
crises mondiales comme la pandémie de COVID-19.
Tensions sociales : les vendeurs déplacés vers des marchés temporaires ont exprimé leur
mécontentement face aux conditions précaires, ce qui a généré des manifestations occasionnelles
([Link]).
L’évaluation économique du projet repose sur son capacité à générer des revenus et à stimuler l’activité
commerciale.
Hausse attendue des recettes fiscales : avec un marché modernisé, l’État pourrait mieux organiser la
collecte des taxes sur les transactions, augmentant ainsi ses recettes fiscales.
Création d’emplois : les travaux de construction ont employé plusieurs centaines de personnes, et une
fois achevé, le marché offrira de nouveaux espaces commerciaux qui permettront à plus de vendeurs
d’exercer dans un cadre formel.
Effet sur les prix des denrées : à court terme, la restructuration a entraîné une hausse des prix des
produits alimentaires, mais la stabilisation du marché pourrait améliorer l’approvisionnement et réduire
ces coûts ([Link]).
L’acceptation sociale du projet repose sur les conditions de relocalisation des commerçants et leur
réintégration dans le marché modernisé.
Conditions des marchés provisoires : plusieurs vendeurs ont dénoncé le manque d’infrastructures de
base (eau, électricité, sanitaires) dans les espaces de relocalisation temporaire.
Coût de location des nouvelles boutiques : certains craignent que les nouveaux espaces commerciaux
soient trop chers pour les petits commerçants, favorisant ainsi les grandes enseignes et marginalisant les
plus vulnérables ([Link]).
Sécurité et bien-être des clients : la restructuration prévoit un meilleur contrôle de la criminalité et des
risques sanitaires, ce qui devrait, à terme, encourager davantage de clients à fréquenter le marché.
1. Suivi rigoureux du calendrier des travaux : une meilleure gestion des délais et des financements est
essentielle pour éviter de prolonger la précarité des commerçants.
2. Soutien aux vendeurs déplacés : l’amélioration des infrastructures des marchés temporaires et la mise
en place de programmes d’aide pourraient réduire les tensions sociales.
3. Politique de tarification adaptée : il serait souhaitable de prévoir des prix abordables pour les
nouveaux locaux afin d’éviter l’exclusion des petits commerçants.
Conclusion
Le projet de restructuration du Grand Marché de Kinshasa est une initiative majeure qui vise à
moderniser un espace commercial central de la ville. Malgré les avantages attendus, notamment en
termes de sécurité, d’hygiène et de dynamisme économique, de nombreux défis restent à relever. Les
retards dans les travaux, l’impact économique sur les commerçants déplacés et les coûts des nouveaux
espaces sont des enjeux cruciaux qui détermineront le succès du projet. Une approche inclusive et
transparente sera indispensable pour garantir que cette modernisation bénéficie à toute la population
et non seulement à une élite commerciale.
Conclusion
Le projet de restructuration du Grand Marché de Kinshasa (Zando) est l’un des projets les plus ambitieux
en matière de modernisation urbaine dans la capitale congolaise. Depuis son lancement, l’objectif était
de transformer cet espace vétuste, mal structuré et encombré en un centre commercial moderne,
fonctionnel et capable de répondre aux besoins croissants de la population urbaine de Kinshasa. L’étude
approfondie réalisée entre 2024 et 2025 a permis d’identifier les forces et les faiblesses du projet, ainsi
que de dresser un état des lieux complet de la situation avant et après la restructuration.
Avant l’intervention, le marché souffrait de plusieurs problèmes : la saturation des espaces, le manque
d’infrastructures modernes et une organisation chaotique des commerçants. Les conditions de travail
étaient difficiles, tant pour les commerçants que pour les clients, ce qui a rendu ce projet de
restructuration d’autant plus nécessaire. Il s’agissait de résoudre ces problèmes et de créer un
environnement plus sûr, plus hygiénique et mieux organisé pour les acteurs économiques et les
consommateurs.
Cependant, au-delà des attentes de modernisation, le projet a fait face à plusieurs défis majeurs. Parmi
ceux-ci, les plus importants ont été les retards de construction dus à des difficultés de financement et à
des obstacles logistiques, des tensions sociales générées par la relocation des commerçants vers des
sites temporaires, et la difficulté d’adapter les espaces aux besoins des petits commerçants. Ces défis
ont considérablement ralenti l’avancement du projet, remettant en question sa capacité à répondre
rapidement aux attentes des acteurs économiques locaux.
L’impact socio-économique du projet a également été ambivalent. D’une part, la création de nouveaux
espaces commerciaux et d’opportunités économiques pour les petites entreprises, ainsi que les recettes
fiscales potentielles générées par le marché modernisé, promettaient de contribuer positivement à
l’économie locale. D’autre part, la restructuration a exacerbé certaines inégalités sociales, en particulier
pour les commerçants vulnérables, qui ont eu du mal à s’adapter aux nouveaux coûts de location des
espaces commerciaux, et les problèmes de précarité vécus par ceux qui se sont retrouvés dans des
espaces temporaires moins propices à l’activité commerciale.
Néanmoins, malgré ces défis, des stratégies ont été mises en place pour surmonter ces difficultés. Le
renforcement du dialogue avec les commerçants, la mise en place d’une gestion transparente des
finances, ainsi que l’adoption de solutions pour améliorer la sécurisation du site et les conditions de
travail temporaires ont permis de restaurer une certaine confiance parmi les acteurs économiques. Ces
efforts ont également contribué à atténuer les tensions et à accélérer la finalisation des travaux.
En termes de recommandations, plusieurs actions doivent être prises pour garantir le succès du projet à
long terme. D’abord, la gestion des finances et des ressources humaines doit être renforcée afin
d’assurer le respect des délais de construction et de mieux gérer les fonds alloués au projet. Ensuite, il
est crucial d’accompagner les commerçants dans leur réintégration dans le marché modernisé, en leur
offrant des conditions de travail adaptées et en évitant les exclusions économiques dues à des tarifs
élevés. Enfin, un système de gouvernance indépendant et transparent doit être mis en place pour
assurer une gestion optimale du marché une fois la restructuration achevée.
Ainsi, le projet du Grand Marché de Kinshasa représente une opportunité significative pour l’évolution
de la capitale congolaise, mais sa réussite dépendra de l’efficacité de la gestion des défis rencontrés
pendant sa mise en œuvre. Si le projet est mené à bien, il pourrait servir de modèle pour d’autres
réaménagements urbains à travers le pays, tout en améliorant la qualité de vie des commerçants et des
citoyens de Kinshasa. Toutefois, cette transformation urbaine doit se faire dans un cadre inclusif et
participatif pour que ses bénéfices soient réellement partagés de manière équitable entre tous les
acteurs concernés. À l’aube de 2025, la finalisation de ce projet sera une étape cruciale pour le
développement économique et urbain de Kinshasa. Il pourrait également marquer un tournant dans la
manière dont la RDC aborde la modernisation de ses infrastructures commerciales et la gestion de ses
espaces urbains.
Voici une bibliographie indicative pour accompagner l’étude sur la restructuration du Grand Marché
(Zando) de Kinshasa-Gombe. Cette bibliographie combine des sources académiques, des rapports
institutionnels et des publications pertinentes qui pourraient enrichir la recherche.
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3. Nzabi, K. (2018). Les dynamiques de l’économie informelle à Kinshasa : Entre marché et résilience.
Editions Universitaires de Kinshasa.
5. Banque Mondiale (2022). Evaluation des impacts socio-économiques des projets d’infrastructure
urbaine en Afrique subsaharienne. Rapport n° 2399-5R.
6. Projet d’Infrastructure Urbaine de Kinshasa (PIUK) (2020). Etude de faisabilité pour la modernisation
des marchés urbains à Kinshasa. Document technique, Programme d'Appui à l'Infrastructure.
8. Ndeke, K. (2022). "Restructuration des marchés urbains : opportunités et enjeux sociaux dans la
capitale congolaise", Cahiers d'Études Africaines, 30(1), pp. 56-79.
9. Bongolo, F., & Malu, C. (2021). "Urbanisation et rénovation des marchés : un facteur de
développement économique à Kinshasa", Afrique Contemporaine, 68(3), pp. 133-155.
Sources en Ligne
10. Actualité.cd (2022). “Kinshasa : les commerçants du Grand Marché Zando réclament leur
réintégration rapide après la restructuration”. Disponible en ligne sur : [Link]
11. [Link] (2021). “Projet de restructuration du Grand Marché de Kinshasa : tensions et défis
dans la capitale”. Article publié le 14 mai 2021.
12. Radio Okapi (2022). “Les défis sociaux du projet de restructuration du marché Zando : tensions entre
commerçants et autorités”. Disponible en ligne sur : [Link]
Autres Sources
13. World Bank Group (2022). Global Review of Urban Market Redevelopment Projects. Washington,
DC: World Bank Group.
14. UN-Habitat (2020). Guide de planification et de gestion des marchés urbains pour une meilleure
inclusivité. United Nations Human Settlements Programme.
15. Komende, M. (2025). Resilience and Soil Behavior in Urban Environments: The Case of Kinshasa.
Unpublished doctoral thesis, Université Belcampus.
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