REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
Paix-Travail-Patrie Peace-Work-Fatherland
MINISTERE DE MINISTRY OF HIGHER
EDUCATION
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
INSTITUT UNIVERSITAIRE DU UNIVERSITY INSTITUTE OF
GOLFE DE GUINEE GUINEA GOLF
BP. 12489 DOUALA PO BOX: 12489 DOUALA
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INGENERIE GEOLOGIQUE E-mail : www.univ-iug.com
E-mail : www.univ-iug.com
THEME : Impacts des activités sismiques sur des fondations
superficielles
DEPARTEMENT GENIE
CIVIL CLASSE
LT_GCI
REDIGE ET PRESENTE PAR :
OUAKEU NENKAM
BARTHELEMY
SOUS LA SUPERVISION DE :
DR BRAVO
Année AcadémIQUE24-2025
AVANT PROJET
Dans le but d’assurer UN développement durable et de fournir aux entreprises des mains
d’œuvres qualifies, compétitive et compétentes dans divers domaines, le gouvernement camerounais
par le biais du ministère de l’enseignement supérieur a permis l’ouverture des Instituts, leurs donnant
ainsi l’opportunité de contribuer à l’acquisition d’une formation académique et professionnelle en
harmonie avec le monde professionnel. C’est ainsi que l’institut supérieur de avancées (ISA), créées
2002 est un institut de session Industrielle situe dans la région du littoral, département du Wouri,
arrondissement de Douala 3ème à pk8. ISTA Est le deuxième institut né de l’institut universitaire du
golfe de Guinée (IUG) qui possède quatre établissements notamment :
L’INSTITUT SUPÉRIEUR DE GESTION (ESG)
Qui forme dans les cycles ET filières suivantes :
• BTS commercial
• Action Commercial (ACO)
• Banque (BQ)
• Commerce international (CI)
• Comptabilité et gestion des entreprises (CGE)
• Informatique de gestion (IG)
• Secrétariat de direction et bureautique bilingue (SD & SB)
• Communication d’entreprise (CE)
• Journalisme (JO)
• Gestion logistique et transport (GLT)
II. L’INSTITUT SUPÉRIEUR DES TECHNOLOGIES AVANCÉES (ISTA)
Cette section qui nous concerne présente une diversité de filières, nous avons les cycles
Suivants :
• Génie civil travaux publics et bâtiment (GC TPU BAT)
• Electronique (EN)
• Electronique (ET)
• Informatique industrielle (II)
• Maintenance des Systèmes informatiques (MSI)
• Froid et climatisation (FC)
• Maintenance après-vente automobile (MAVA)
• Génie logiciel (GL)
• Mécatronique
• Réseaux et sécurité (RS)
• Télécommunication
• Maintenance des équipements industriels (MEI)
III. L’INSTITUT SUPÉRIEUR DE SCIENCES APPLIQUÉES (ISA)
Dont les filières sont les suivantes selon l’orientation :
• Technique de laboratoire (TL)
• Soins infirmiers (SI)
• Kinésithérapie (KI)
• Technicien de santé publique (TSP)
• Etude pharmaceutique (EP)
IV. LE CAMPUS NUMÉRIQUE
Sa création est récente, mise sur pied en 2020 par le président de L’IUG IL s’agit d’un campus
D’exception spécialement conçu pour les étudiants en maters technologiques ET
professionnels.
De Ce fait, tous les étudiants en maters dans différentes filières peuvent y avoir tout en
Bénéficiant d’un environnement paisible ET rassurant
SOMMAIRE
L’objectif de cette thème est de contribuer à l’étude du comportement
sismique des fondations superficielles et d’offrir de nouveaux outils pour le traitement de
problèmes pertinents, orientés vers la nouvelle philosophie de conception parasismique des
structures : la conception basée sur la performance (« performance-based design »). On a travaillé
suivant quatre axes d’approche sur la problématique de la thèse :
a. Reconnaissance des caractéristiques principales du problème par l’examen de ruptures
sismiques de structures réelles. Cet effort a abouti à la création d’une base de données d’environ
200 structures qui ont subi une rupture par perte de capacité portante au niveau de la fondation.
b. Approche théorique pour la détermination de la capacité portante sismique d’un système de
fondation. On a traité le problème de la capacité portante sismique d’une semelle circulaire sur un
sol purement cohérent hétérogène par l’approche cinématique du Calcul à la Rupture. Les
solutions établies nous ont permis de proposer une modification/extension des procédures de
conception existantes qui sont incorporées dans les normes de conception parasismique
européennes (Eurocode 8). c. Approche expérimentale pour la validation de la solution
théorique établie. Une collaboration avec le LCPC – Centre de Nantes a abouti à la planification
des trois séances d’essais en centrifugeuse. Les deux premières séances sont incluses dans la thèse
et portent sur la détermination de la capacité portante d’une semelle circulaire sur sol cohérent
sous chargement quasi-statique.
d. Développement d’un outil intégré permettant la mise en œuvre d’analyses dynamiques
efficaces pour la prise en compte de l’interaction sol-structure non-linéaire au niveau de la
fondation. On a développé un nouveau modèle de macroélément pour le système sol-fondation.
Le macroélément est utilisé comme élément de liaison à la base de la superstructure et reproduit
les effets non-linéaires qui ont lieu au niveau de la fondation lors d’une sollicitation sismique. Le
modèle proposé comporte deux mécanismes en couplage : la plastification du sol et le
décollement qui peut se produire sur l’interface sol-structure. L’objectif de cet outil est de
permettre d’effectuer de manière efficace un grand nombre d’analyses de structures dynamiques
non-linéaires. L’objectif ultérieur de nos développements est d’enrichir les normes de conception
parasismique actuelles et de les orienter vers une philosophie de conception basée sur la
performance des structures lors d’un séisme.
Abstract
The objective of this thesis is to contribute to the study of shallow foundations under seismic
excitation and to offer new tools for the treatment of related problems in engineering practice,
with a particular focus on performance-based design. The undertaken research was organized
following four axes of approach:
a. Identification of the main characteristics of the problem by examining real foundation
seismic failure. This effort led to the creation of a database of approximately 200 structures of all
types that suffered a seismic failure at the foundation level. IV
b. Theoretical approach for the determination of the seismic bearing capacity of shallow
foundations. The problem of a circular footing on a heterogeneous purely cohesive soil was
treated with the kinematic approach of the Yield Design theory. The established solutions suggest
a significant extension of the design procedures incorporated in the European earthquake-
resistant design norms by introducing three-dimensional footing geometry and soil heterogeneity.
c. Experimental approach for the validation of the established theoretical results. A project
with the French Central Laboratory of Bridges and Highways (Laboratoire Central des Ponts et
Chaussées) was undertaken, focusing on the determination of the bearing capacity of the
configuration treated in the theoretical approach through centrifuge tests.
d. Development of a tool for efficient non-linear dynamic soil-structure interaction analyses. A
new macroelement model has been developed comprising two coupled non-linear mechanisms:
the irreversible soil behaviour via a bounding surface hypoplastic model and the uplift that may
take place in the soil-foundation interface via a phenomenological non-linear elastic model. The
perspective of these contributions is to enrich the existing design norms by orienting them
towards the promis
ing performance-based design philosophy
Tabl
TABLE DE MATIERES
Présentation……...……………………………………………………………………. ……..1
1Introduction................................................................................................5
1.1 Ruptures sismiques des fondations ........................................................5
1.1.1 Séismes « historiques » du génie parasismique géotechnique................5
1.1.2 Description des ruptures sismiques de fondations..................................8
1.1.3 Points récapitulatifs......................................................................................................13
1.2 Conception parasismique des fondations superficielles basée sur les déplacements ...........15
1.2.1 Le modèle de Newmark (1965) ...................................................................................15
2 Analyse à la rupture .........................................................................................................27
2.1 Revue des méthodes de résolution du problème de la capacité portante des fondations
superficielles........................................................................................................................27
2.1.1 Généralités ...................................................................................................................27
2.1.2 Méthodes analytiques et numériques. Méthodes mixtes..............................................28
2.1.3 Méthodes empiriques et expérimentales......................................................................38
2.1.4 Remarques finales........................................................................................................42
2.2 Semelles filantes : Rappel de résultats existants................................................................49
2.3.1 Introduction..................................................................................................................49
2.3.2 Traitement dans le cadre de la formulation classique..................................................49
2.3.3 Surface ultime globale .................................................................................................51
2.3.4 Vérification expérimentale...........................................................................................54
2.3.5 Adaptation aux Normes Européennes..........................................................................55
PRESENTATION
Le besoin d’étudier le « comportement sismique des fondations superficielles » et le désir de
progresser « vers la prise en compte d’un critère de performance dans leur conception », comme il
est suggéré par le titre de cette thèse, forment un sujet de recherche d’intérêt qui n’est pas
uniquement académique. C’est la « pratique quotidienne » des ingénieurs qui a motivé cette thèse
et c’est à cette même pratique que le résultat de ce travail doit éventuellement retourner. La
prédiction de la réponse sismique des fondations se pose comme un problème courant dans le
domaine du génie civil et parasismique et la raison n’est autre que le grand nombre de dommages
signalés au niveau de la fondation de structures de génie civil, en particulier lors de séismes très
récents. La philosophie de conception basée sur le calcul des déplacements permanents
(displacement-based design) et sur l’établissement d’une série de critères de performance de la
structure (performance-based design), semble constituer le chemin à suivre pour concevoir des
systèmes de fondations plus performantes contre l’action des sollicitations sismiques. Le présent
travail vise à contribuer à la poursuite de cette démarche. La thèse s’inscrit dans le cadre de
recherche qui a commencé au sein du Laboratoire de Mécanique des Solides, essentiellement
après le séisme de Guerrero – Michoacán (Mexique, 19 Septembre 1985). Après ce séisme,
plusieurs milliers de bâtiments dans la Ville de Mexico ont été fortement endommagés au niveau
de la fondation. La problématique autour de ces dommages particulièrement étendus a conduit à
l’étude de la capacité portante sismique des fondations superficielles et à un effort d’évaluation
des déplacements résiduels au niveau de la fondation, concrétisé notamment par le
développement du concept du macroélément. La thèse est divisée en quatre chapitres. Le premier
chapitre est consacré à une présentation générale de la problématique. Nous commençons par
une description qualitative des ruptures de fondations observées sur site. Une base de données y
est constituée concernant les structures qui ont subi une rupture sismique au niveau de la
fondation. Nous insistons notamment sur le fait que les ruptures sismiques sont mises en évidence
par des déplacements et des rotations excessifs au niveau de la fondation. Ainsi, on est amené à la
méthodologie de conception basée sur les déplacements où l’on tente de mettre à profit
l’apparition des déplacements résiduels pour une conception plus performante de la structure. Les
éléments nécessaires pour la mise en œuvre de cette méthode de conception sont d’une part, la
prise en compte de phénomènes non-linéaires qui causent l’apparition des déplacements résiduels
et, d’autre part, l’évaluation de l’interaction dynamique sol-structure (IDSS) qui conduit à la
détermination précise des réponses du sol et de la structure. Après un bref exposé des méthodes
principales pour l’évaluation de l’IDSS, nous introduisons le concept du macroélément. Le
macroélément est un élément de liaison entre la structure et le système sol-fondation permettant
la prise en compte des non-linéarités et irréversibilités au niveau de la fondation dans une analyse
d’IDSS. Le développement du macroélément est abordé au chapitre 4. 2 Le deuxième chapitre
traite le problème de la capacité portante sismique des fondations superficielles, étape essentielle
dans la procédure de développement du macroélément. Nous étendons les solutions disponibles
pour la capacité portante sismique des fondations au cas d’une semelle circulaire reposant à la
surface d’un sol purement cohérent hétérogène. Ainsi, les résultats présentés ici, combinés avec
les résultats déjà disponibles pour les semelles filantes, couvrent les deux formes géométriques «
extrêmes » (semelle filante – semelle circulaire) pour les fondations superficielles. La sélection
d’un sol purement cohérent est conforme aux observations sur site : ce sont les argiles molles et
les sables en comportement non drainé qui sont principalement touchés par un dépassement de
portance lors d’un séisme. Le problème est traité par l’approche cinématique du Calcul à la
Rupture. Nous y utilisons une méthode analytique récente, pour le traitement de champs de
vitesse virtuelle tridimensionnels. La capacité portante est présentée sous la forme de surfaces
tracées dans l’espace de paramètres de chargement du système ; les paramètres de chargement
considérés sont les forces résultantes agissant sur la semelle ainsi que les forces d’inertie dans le
volume de sol lors de la sollicitation sismique. Le troisième chapitre présente une série
d’expériences sur modèle réduit ayant comme objectif la détermination de la capacité portante
d’une semelle circulaire sur un sol purement cohérent. Les essais ont été effectués dans la
Centrifugeuse du LCPC – Centre de Nantes. Deux séances d’essais ont été exécutés1 : la première
portait sur la capacité portante de la semelle sous une force verticale centrée. La deuxième était
consacrée à la détermination de la capacité portante sous une force inclinée et excentrée. Les
essais visent à fournir des résultats utiles pour la validation de la solution théorique établie.
Finalement, le quatrième chapitre présente le développement du macroélément pour l’interaction
dynamique sol – structure. Nous donnons d’abord un bref exposé des travaux existants sur le
concept du macroélément. Ensuite, nous présentons les principes de développement suivis. Le
macroélément est muni d’une loi de comportement écrite en termes de forces et de
déplacements généralisés de la fondation. La partie linéaire de cette loi est reproduite par les
impédances dynamiques de la fondation. La partie non linéaire comporte deux mécanismes. Le
premier, d’origine matérielle, est dû au comportement irréversible du sol de fondation. Ce
mécanisme est décrit par un modèle de plasticité : nous adoptons un modèle appartenant à la
famille des modèles hypoplastiques, particulièrement adaptés pour la description du
comportement sous chargement cyclique. Un élément novateur par rapport aux modèles
précédents pour le macroélément est que la surface de charge pour le modèle de plasticité est
considérée indépendamment des surfaces des charges ultimes établies au Chapitre 2. Le deuxième
mécanisme, d’origine géométrique, est dû aux conditions de contact unilatéral sur l’interface sol-
fondation permettant le décollement de la fondation. Ce mécanisme est parfaitement réversible :
il est décrit par un modèle d’élasticité nonlinéaire qui tente de reproduire, de manière
phénoménologique, la réduction de la rigidité de la fondation due au décollement. Le
macroélément est finalement validé par sa mise en oeuvre dans des cas d’IDSS de structures
réelles simples. 1 Une troisième séance est déjà planifiée et porte sur la reproduction d’une vraie
rupture sismique au niveau de la fondation d’une structure en laboratoire. Le séisme sera simulé
en vol par l’utilisation d’une table vibrante installée dans la nacelle de la centrifuges.
INTRODUCTION
Ce premier chapitre constitue une introduction à la problématique de la thèse et décrit le cadre
général dans lequel ce travail est situé. Il est divisé en trois parties. La première expose la
motivation qui a conduit à la réalisation de cette recherche. Le besoin d’étudier le comportement
sismique des fondations superficielles trouve son origine dans l’observation du grand nombre de
structures qui ont subi un endommagement significatif de leur système de fondation lors d’un
séisme. À partir de nombreux exemples de ruptures au niveau de la fondation, on essaie de
classifier les types de dommages rencontrés et de décrire leurs caractéristiques principales. Quels
sont les systèmes de fondation les plus vulnérables ? Quels sont les types de sols concernés ?
Quelles sont les conséquences d’une rupture de fondation sur le comportement global de la
structure ? Ce sont les questions auxquelles on tente de répondre. La deuxième partie est
consacrée à une brève description de la philosophie émergente de conception parasismique des
structures et de son application dans le cas des fondations superficielles. Il s’agit de la conception
basée sur l’évaluation de déplacements résiduels de la structure après le séisme, désignée par la
terminologie « displacement – based design ». L’idée directrice de cette méthode de conception
est que l’on permet le développement de déplacements permanents au niveau de la fondation à
condition qu’ils restent inférieurs à une limite prescrite. En se référant au modèle classique de
Newmark, l’action dynamique appliquée sur la structure pendant un séisme dépasse pendant
quelques instants la « résistance » de la structure et des déplacements résiduels sont produits.
Ainsi, on peut procéder à un dimensionnement de la structure beaucoup plus économique, mais,
en revanche, on est obligé d’avoir une méthode précise pour l’évaluation des déplacements
induits. Du point de vue théorique, on doit introduire dans la description du problème les non-
linéarités qui entraînent l’apparition des déplacements résiduels. L’étape suivante est alors la
définition des limites pour les déplacements, qui vont garantir la sécurité et la fonctionnalité de la
structure après le séisme. C’est ce que l’on appelle « performance – based design ». Finalement,
dans la troisième partie on donne un bref exposé de la théorie de l’interaction dynamique sol –
structure (IDSS) : c’est la théorie qui permet de traiter de manière efficace le problème complexe
de l’interaction entre le sol et la superstructure et de déterminer leurs réponses sous l’action
d’une sollicitation sismique donnée. La présentation des méthodes principales pour l’évaluation
de l’IDSS, nous amène à l’introduction du concept du « macroélément » dont le développement
est l’objectif principal de cette thèse. La comparaison 4 du macroélément avec les autres
méthodes d’IDSS met en évidence ses particularités en permettant de souligner ses avantages et
d’envisager les étapes à suivre pour son développement. Ce sont effectivement ces étapes qui
fournissent le fil de l’exposé aux chapitres suivants.
1.1Ruptures sismiques des fondations
La fondation est la partie d’une structure qui garantit le transfert en sécurité des charges de la
structure au sol. Habituellement cachés en sous sol (et fréquemment inaccessibles ou simplement
négligés lors des inspections après un séisme), les systèmes de fondation sont aussi soumis à
l’action des sollicitations sismiques et ils sont endommagés avec des conséquences parfois très
graves pour la structure. La première question qui se pose dans l’étude du comportement sismique
des fondations est alors : quels sont les caractéristiques d’une rupture sismique au niveau de la
fondation ? Le premier objectif de cette étude a porté donc sur deux aspects :
i. Créer une base de données contenant des structures spécifiques endommagées au niveau de
leur fondation lors d’un séisme. Les séismes les plus importants des dernières décennies ont été
examinés et une recherche bibliographique a été effectuée comportant : des rapports et des comptes
rendus de missions d’inspection après grands séismes, des articles (journaux – congrès) et des
volumes spéciaux consacrés à quelques grands séismes récents, des données disponibles sur le web
etc. La base de données créée comporte des informations sur le type de la structure endommagée et
sa fondation, sur les caractéristiques du sol et du séisme ainsi qu’une description qualitative et, si
possible, quantitative de la rupture (déplacements et rotations permanents etc.). Le contenu de ce
paragraphe est le fruit de l’examen critique de la base de données créée. ii. Décrire les
types possibles d’endommagement sismique des structures au niveau de la foundation .
L’accent a été mis sur les endommagements dus à une perte de la capacité portante au niveau de la
fondation, alors que les cas de phénomènes de grande échelle (liquéfaction, glissement de terrain,
rupture de failles) ont été écartés.
La liquéfaction et le dépassement de la capacité portante ont été identifiés comme les deux
mécanismes principaux pour les ruptures sismiques de fondations. Même s’il s’agit de mécanismes
essentiellement inséparables en réalité, on a décidé d’insister sur le deuxième qui est le mécanisme
le plus pertinent pour les développements subséquents de cette thèse.
1.1.1 Séismes « historiques » du génie parasismique géotechnique
Tant du point de vue de pertes de vies humaines que de l’impact sur les ressources, quelques
séismes se trouvent parmi les désastres naturels les plus calamiteux de l’histoire de l’humanité.
L’effet dommageable des séismes sur tous les types de structures de génie civil a été très tôt
reconnu, même en relation avec le comportement des fondations des structures. Sur la Figure 1.1(a),
une gravure ancienne représente les conséquences dévastatrices du séisme de Lausanne (Suisse) de
1584. Il est frappant que le peintre de l’époque représente les bâtiments de Lausanne intacts, mais
mettant en évidence une énorme rotation au niveau de la fondation. De plus, le sol apparaît comme
ayant subi une rupture à grande échelle. Des images semblables ont été 6 1. Introduction
répertoriées 280 ans plus tard, après le séisme de Niigata (Japon) de 1964, comme cela est présenté
sur la Figure 1.1(b). Même si ces ruptures étaient dues à la liquéfaction du sol, elles mettent en
évidence les caractéristiques principales d’une rupture sismique en fondation : grands tassements et
rotations permanents et intégrité structurale relativement élevée.
Les séismes de San Francisco (États-Unis) de 1906 et de Kanto (Japon) de 1923
Les séismes qui ont donné la première motivation pour une étude systématique du
comportement des structures de génie civil sous sollicitations sismiques, ont été les séismes de San
Francisco (Etats-Unis) de 1906 et de Kanto (Japon) de 1923. Du point de vue géotechnique, après le
séisme de Kanto, un grand nombre de ruptures de ponts a été observé. Ces ruptures étaient dues aux
grands déplacements verticaux et aux rotations permanentes au niveau de la fondation des piles des
ponts, conduisant à une rupture générale du système structural entier, comme présenté sur la Figure
1.2. Après les séismes de San Fransisco et de Kanto, les premières normes pour la conception
parasismique (géotechnique et structurale) des ouvrages ont été introduites.
Le séisme de Niigata (Japon) de 1964
Presque 40 ans après le séisme de Kanto, un autre séisme au Japon a été un facteur déclenchant de
l’étude systématique du phénomène de liquéfaction des sols et de ses conséquences sur la réponse
des fondations des structures. Pendant le séisme du 16 Juin 1964, de nombreux bâtiments de la ville
de Niigata (Japon) ont subi des ruptures à grande échelle dues à la perte de capacité portante de
leurs sols de fondation. Plusieurs structures ont présenté des tassements de l’ordre de 1m
accompagnés par de grandes rotations permanentes. La rotation permanente d’un bâtiment à
Kawagichi-Cho a même été 80o degrés. Plusieurs structures voisines ont subi une rotation un peu
moins grande. Les ruptures des bâtiments de l’ensemble de Kawagichi-Cho sont présentées sur la
Figure 1.1(b) et la Figure 1.3. Le pont de Showa a subi une rupture totale due aux déplacements
horizontaux de ses fondations (Seed & Idriss, 1967).
1.1.2 Description des ruptures sismiques de fondations
Ruptures sismiques de fondations : Susceptibilité des sols
La première question qui se pose dans un effort d’identification et de classification des ruptures
sismiques de fondations est : quels sont les sols où les ruptures se sont produites ? Théoriquement,
une rupture au niveau de la fondation pourrait avoir lieu indépendamment des caractéristiques du
sol à cause, par exemple, d’une conception inadéquate de la fondation. Néanmoins la grande
majorité des ruptures sismiques de fondations répertoriées dans la littérature sont survenues dans
des sols généralement faibles comme les sols argileux mous, les sols limoneux, les sables de faible
densité etc. Susceptibilité du point de vue du potentiel de liquéfaction et de l’amplification de
l’excitation sismique. Il est généralement reconnu (sans que cela ne soit une règle absolue), que les
sols mous tendent à amplifier la réponse sismique des terrains et par conséquent, conduisent à des
endommagements potentiels plus sévères des superstructures et des fondations. Par exemple, les
conditions locales de site et d’horizon phréatique ont joué un rôle primordial dans la ville de
Kirovakan lors du séisme extrêmement mortel de Spitak (Arménie, 1988). La majorité des
bâtiments endommagés étaient concentrés dans une région qui avait été auparavant un marais
(Eartquake Spectra, 5, S1). Un autre exemple très parlant est le cas du séisme de
GuerreroMichoacán (Mexique, 1985) pendant lequel la Ville de Mexico, construite sur un large
bassin sédimentaire de sol mou, a été fortement endommagée malgré le fait que l’épicentre du
séisme 1.1 Ruptures sismiques des fondations 9 était positionné à une distance de 380km au Nord-
Ouest de la ville (Earthquake Spectra, 4, S3- S4). On peut généralement attendre des ruptures de
fondations dans :
1. des couches de forte épaisseur de sols mous,
2. des sols qui mettent en évidence une capacité portante faible,
3. des sols qui sont susceptibles de se liquéfier,
4. des sols qui possèdent un horizon phréatique élevé.
Susceptibilité du point de vue de la résonance du système sol – superstructure. Un second aspect
concernant la susceptibilité d’une couche de sol vis-à-vis d’une rupture potentielle, provient de la
relation entre la fréquence naturelle de la couche et la fréquence naturelle de la superstructure. Lors
du séisme de Guerrero-Michoacán (Mexique, 1985), la plupart des structures endommagées au
niveau de la fondation ont été trouvées dans la partie ouest de la ville. Le phénomène a été expliqué
en observant que dans cette partie de la ville, la majorité des bâtiments (de 9 à 12 étages) mettaient
en évidence une fréquence naturelle voisine de la fréquence naturelle de la couche de sol de
fondation. Des études après le séisme, ont révélé que, pour des fréquences naturelles basses (sols
mous), la fréquence naturelle de la couche de sol de fondation n’est pas affectée considérablement
par la présence de la structure quel que soit le type de fondation utilisé (Romo & Auvinet, 1991).
Ainsi, la résonance potentielle d’une superstructure élancée sur une couche de sol mou peut
entraîner une sollicitation très forte sur la structure et la fondation et par conséquent il convient, si
possible, de l’éviter. Les remarques précédentes sont explicitées sur la Figure 1.5.
1.1.3 Points récapitulatifs
L’examen des données rassemblées dans la base a permis de dégager les points forts suivants :
Par rapport à l’identification des ruptures, il a été reconnu que les ruptures par perte de capacité
portante sont, dans la majorité des cas, fortement liées au phénomène de liquéfaction. Mis à part le
cas extrême d’une liquéfaction générale touchant une grande région et entraînant la rupture des
structures qui y sont localisées (et qui préservent souvent leur intégrité structurale), la plupart des
ruptures observées sur site sont dues à une combinaison/interaction de deux phénomènes qu’il est
difficile de séparer l’un de l’autre :
- augmentation des actions sismiques sur la fondation,
- affaiblissement de la résistance du sol de fondation à cause de la liquéfaction ou de l’effet
cyclique du chargement.
De plus, la plupart du temps, la difficulté d’accès aux données et le manque d’informations ne
permettent pas de tirer des conclusions certaines.
Par rapport au type de structures concernées, les conséquences les plus graves et les ruptures
les plus spectaculaires ont été observées pour les ponts. Les déplacements et les rotations
permanents induits au niveau de la fondation combinés avec les grandes dimensions de la structure,
le système structurel habituel (appuis simples) et les faibles propriétés du sol de fondation (dépôts
d'origine fluviale) peuvent conduire à un endommagement grave de la superstructure.
Par rapport aux propriétés du sol de fondation, les ruptures par perte de capacité portante sont
observées surtout dans des sols cohérents mous, où le risque de liquéfaction ne se pose pas mais où
la résistance cyclique du sol est insuffisante pour la reprise des actions sismiques. Un cas
particulièrement intéressant est celui où la fréquence principale de la superstructure coïncide avec la
fréquence de la couche de sol : la résonance lors d’une excitation sismique peut conduire à une
augmentation considérable des efforts sur la fondation et éventuellement à une rupture par perte de
capacité portante (Romo & Auvinet, 1991).
Par rapport aux systèmes de fondation sujets à rupture, il a été clairement mis en évidence que
les systèmes conçus avec un coefficient de sécurité faible vis à vis des charges permanentes (FS<2)
sont les plus affectés par une rupture par perte de capacité portante. Cela a été observé
pour tous les types de fondations et particulièrement pour les fondations superficielles. Ce résultat
a été vérifié ensuite tant expérimentalement que théoriquement.
L'observation des ruptures par perte de capacité portante a clairement montré que le contrôle des
déplacements/rotations permanents, induits par le séisme, est le chemin à suivre pour la protection
parasismique des structures, particulièrement en ce qui concerne les ruptures d’origine
géotechnique.
La base de données comportant des structures, qui ont été endommagées au niveau de la
fondation, est présentée dans l’Annexe 1.I. On y présente la structure de la base et quelques
exemples caractéristiques de fiches de donnée