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Memoire Redige

La Côte d'Ivoire, comme d'autres pays en développement, fait face à une urbanisation rapide entraînant des problèmes socio-économiques, notamment dans le quartier de Boribana à Abidjan, où la pauvreté et la bidonvilisation augmentent. En réponse, l'État ivoirien a décidé d'une opération de déguerpissement pour améliorer les conditions de vie, soulevant des questions sur les impacts de cette opération sur les populations déplacées. Ce mémoire vise à étudier ces impacts socio-économiques et à proposer des solutions pour le bien-être des déguerpis.

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Memoire Redige

La Côte d'Ivoire, comme d'autres pays en développement, fait face à une urbanisation rapide entraînant des problèmes socio-économiques, notamment dans le quartier de Boribana à Abidjan, où la pauvreté et la bidonvilisation augmentent. En réponse, l'État ivoirien a décidé d'une opération de déguerpissement pour améliorer les conditions de vie, soulevant des questions sur les impacts de cette opération sur les populations déplacées. Ce mémoire vise à étudier ces impacts socio-économiques et à proposer des solutions pour le bien-être des déguerpis.

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1

INTRODUCTION

Pendant les dernières décennies, la plupart des grands centres urbains des
Pays en développement ont connu une explosion démographique remarquable.
Les populations rurales sont séduites par les attraits des grandes villes,
caractérisées en général par un bon niveau de vie et de développement. Ainsi,
dans la perspective d’une quête d'emploi pour un mieux-être social, elles fuient
les campagnes pour les villes, augmentant du coup le nombre des populations
urbaines. De nombreux spécialistes du développement urbain font remarquer
que l'afflux des populations vers la capitale a des conséquences importantes sur
l'environnement socioéconomique et physique.

A L'instar de ces pays en développement. La Côte d'Ivoire ne fait pas


l'exception. L’urbanisation galopante qui a pris forme sur la frange côtière et
littorale depuis 1970, a occasionné une série de problèmes dont la maitrise
échappe souvent aux planificateurs urbains. La ville d’Abidjan et
particulièrement le quartier Boribana objet de notre étude, en est un exemple :
pauvreté, bidonvilisation croissante, insuffisance de logement. Ce quartier
souffre d'une concentration de plus en plus élevée de gens à faible revenu,
devenant ainsi une lourde charge pour les services sociaux tels que les
établissements sanitaires, l'éducation, le transport urbain, l’énergie électrique, le
téléphone, l’eau potable, le logement et le foncier (Loba, 2009). Et pourtant,
Boribana dispose d'atouts et d’avantages, certains capables de lui impulser une
croissance urbaine et un développement urbain local remarquable. Il regorge de
nombreux atouts relatifs à son niveau apparemment élevé de développement
économique et social.
En effet, les populations qui viennent s'y installer, loin de réaliser leurs
rêves, connaissent une qualité de vie moins bonne que dans les zones rurales.
Par exemple, la population urbaine de Boribana est passée de 3800 habitants en
1969 à 174 000 habitants en 2014 (RGPH,2014). En réalité, le quartier Boribana
2

renferme en son sein de nombreuses disparités mettant en cause son titre de


quartier d’Abidjan, essence d'un développement économique remarquable (ibid.,
2009).
La bidonvilisation donc de l’aire métropolitaine de Boribana est devenue de plus
en plus inquiétante. Fort de ce constat, l’Etat ivoirien, représenté par le
Ministre-Gouverneur, monsieur Ibrahim Cissé Bacongo, afin de sauver des vies
humaines, renforcer la sécurité des personnes et des biens, améliorer les
conditions de vie et de travail des populations, préserver les infrastructures
publiques, en libérant les espaces du domaine public urbain, décide l’opération
de déguerpissement de Boribana, un quartier situé dans la commune
d’Attiécoubé le vendredi 23 février 2024.
Quels impacts cette opération aura-t-elle sur la vie des déguerpis des riverains de
Boribana ?

Il est nécessaire d'effectuer une telle étude en vue de proposer des solutions
concrètes pour le bien-être des déguerpis.
Le stage de fin de formation a conduit à la rédaction du présent mémoire et
nous a offert l’occasion de mener une réflexion sur l’influence que le
déguerpissement a sur la vie de cette population. C’est dans cette optique que
nous avons choisi un sujet intitulé : « Impacts socio-économiques des
déguerpis du district autonome d’Abidjan : cas des riverains de Boribana
». En d’autres termes, comment le déguerpissement de Boribana influencera la
vie sociale et économique de cette population déplacée ?
Pour se faire, nous allons organiser notre travail est en trois (3) chapitres :
Le premier chapitre porte sur les aspects théoriques. Il justifie le choix du
sujet, fait état de notre expérience professionnelle, pose le problème de
recherche et les questions qui en découlent. Il identifie, en outre, les objectifs de
recherche, formule les hypothèses, détermine les différentes variables et met en
relief la revue de la littérature.
3

Le second chapitre est relatif aux aspects pratiques ; mettant en exergue la


démarche méthodologique qui a présidé à la collecte des données. Il présente
également les résultats et procède à leur analyse et interprétation.
Le troisième chapitre fait l’évaluation du mémoire en termes de diagnostic et
pronostic. Il relève les perspectives d’actions, fait ressortir les traces de
compétences en termes d’analyse et de réponses adaptées aux situations vécues
ainsi que les actions concrètes à poser.
4

CHAPITRE I :

ASPECT THEORIQUE

3
5

1. Choix du domaine et du
sujet

« Comme ailleurs en Afrique, les influences urbaines qui se sont succédées


ont à chaque fois laissé leur trace. Qui plus est ces héritages cumulés ont à
chaque fois donné lieu à des syncrétismes, à la genèse d’une nouvelle culture
urbaine faite de la rencontre et des interrelations entre l’ancien et le nouveau ».
(Coquery Vidrovitch 2009).
La métropole abidjanaise est avant tout construite à partir de ses héritages
en matière d’aménagements. C’est après l’attrait de Grand-Bassam pour les
Français entre 1842 et 1899, qu’Abidjan est convoité dès 1903, avec
l’édification de son premier lotissement permettant rapidement la construction
de services administratifs primaires. La proclamation d’Abidjan comme chef-
lieu remplaçant Bingerville est décidée le 28 novembre 1920. Elle s’accompagne
d’une nouvelle phase de développement dans les années 1930 (édifices publics,
administratifs, religieux, sociaux). La période coloniale est marquée par le
tournant décisif du 23 juillet 1950 avec la mise en eau du canal de Vridi reliant
la lagune à l’océan, permettant une installation portuaire importante. Puis, la
ligne de chemin de fer Abidjan-Ouagadougou est lancée en 1955. Cependant, la
ségrégation socio-spatiale est de mise dans l’organisation de la ville, avec le
dessin d’une ville blanche séparée à la ville noire.
Abidjan l’indépendante (de 1960 à 1980) prospère avec une stratégie de
développement du pays appelée le « modèle ivoirien ». Le projet urbain est un
projet de modernisation qui est piloté par l’Etat aménageur mais « la colonie
avait laissé aux autochtones une ville dont les politiques urbaines œuvraient
exclusivement au bénéfice d’une minorité européenne et un peu africaine »
(Chenal, 2009). Malgré une croissance importante et un modèle basé sur
l’exportation de produits agricoles qui se révèle être un succès, la reproduction
du modèle colonial se prolonge à travers la politique urbaine stricte et
6

volontariste de l’Etat. La planification urbaine est portée par des plans


d’urbanisme et des études de développement mais le savoir urbain occidental
basé sur des normes contraignantes continue de prévaloir (ibid). La ville réussit
quand même à se construire, avec la multiplication d’infrastructures, et
l’industrialisation qui commence dès les années 1960.
Le début des années 1980 qui sonne la fin du « miracle ivoirien », l’Etat
étant incapable de financer son projet d’urbanisme global, doit subir les
Politiques d’Ajustements Structurels. Puis, cette période de crise économique se
poursuit jusqu’en 2011, par une période socio-politique sombre. En effet, en
1999 le coup d’Etat débouche sur une période de troubles qui affaiblissent le
pays pendant plusieurs années, alors que les autres métropoles africaines, au
même moment, connaissent des dynamiques positives. En effet, en Côte
d'Ivoire, il y a un phénomène de contre-urbanisation visible (Potts, 2009). En
2002, les différents clans politiques instrumentalisent la religion pour diviser le
pays en deux. De 2002 en 2007, le conflit armé ravage le pays. Après une
accalmie éphémère, les élections de 2010 sont le théâtre d’un nouveau conflit.
Depuis 2011, le pays tente de renaître. Le bilan est lourd, avec une économie
fortement affectée par la guerre, une dégradation des infrastructures, et une
population touchée.
Les répercussions de cette crise multiforme sur la capitale économique sont
importantes, notamment du côté de la planification et de la gestion urbaine
entièrement laissées pour compte.
Cependant, la dynamique de rattrapage post-conflit est spectaculaire. Le
pays a connu 8,4% de croissance (près de deux points supérieurs à la moyenne
de l’UEMOA) en 2015 selon les estimations du FMI. Ces performances sont
dues notamment aux réformes entreprises, au retour d’une stabilité économique
et politique, ainsi qu’à un effet de rattrapage après les années de crise politique.
Selon Nielsen, une société spécialisée dans l’étude des consommateurs, le pays
est devenu le plus attractif de la région juste après le Nigeria.
7

A l’échelle d’Abidjan, ce dynamisme économique peut être perçu dans l’accueil


d’enseignes étrangères (Décathlon, Carrefour, FNAC…), mais aussi au travers
de chantiers d’infrastructures importants (extension du port, construction
d’échangeurs, projet de métro et d’un 4ème pont…).
C’est dans cette optique que l’Etat ivoirien dans l’intention de toujours donner
un nouveau visage à sa capitale économique va donc procéder à une vaste
opération de déguerpissement du quartier Boribana qui est une méthode très
souvent employée pour nettoyer les villes en vue d’améliorer les conditions de
vie et de travail des populations, préserver les infrastructures publiques mais
surtout donner une image agréable à la ville d’Abidjan. Cependant, cette
opération ne peut aboutir sans impacter les populations déguerpis de Boribana.
D’où le choix de notre sujet d’étude : « Impacts socio-économiques des
déguerpis du district autonome d’Abidjan : cas des riverains de
Boribana ».
Le choix de la présente étude trouve sa justification à trois niveaux : le
premier est d’ordre personnel, le second d’ordre scientifique et le troisième
d’ordre social.
Sur le plan personnel, l’intérêt de ce sujet réside dans le fait que nous puissions
apporter notre contribution aux personnes déguerpies en vue de leur meilleure
relocation.
Sur le plan scientifique, ce travail s’ajoute à divers travaux effectués sur le
phénomène de l’impact socio-économique des ménages déguerpis du district
d’Abidjan.
Sur le plan social, notre travail vise à contribuer à aider les gouvernants à
apporter une réponse adéquate sur le cadre de vie des déguerpis qui sont
considérés aujourd’hui comme des personnes vulnérables.
8

2. Expérience professionnelle vécue

A la fin de notre formation en 2011 à l’Institut National Supérieur de


Formation Sociale (INSFS), nous avons été affectés à la Direction Générale de
la Protection Sociale (DGPS) sise à Cocody 2 plateau ENA comme agent
chargée d’étude. La DGPS est aujourd’hui délocalisée au Plateau à la cité
administrative au 10ème étage de la tour A ou j’occupe le poste de chef de Service
Administratif et des Moyens Généraux.
Étant là-bas, notre rôle est d’établir des notes de service pour les demandes
d’affectations, de mutations et de mises à dispositions du personnel. Nous
sommes également chargées de superviser les différentes activités du service en
faisant le contrôle des présences des agents au poste. Nous faisons aussi partie
de l’équipe chargée de faire des visites inopinées sur le terrain, suivre les agents
affectés ou mutés à travers un outil de contrôle de présence. Ce qui nous permet
de faire le pointage de la présence de tous les agents de ladite Direction. Après
cela, nous rédigeons des rapports de pointage des agents à l’attention de la
Direction des Ressources Humaines (DRH).
Pour notre stage de fin cycle, nous avons été affectées à la Direction
Générale de la Protection Sociale d’Abidjan. Les principales missions assignées
à cette Direction sont les suivantes :
Concevoir et superviser la politique nationale de protection sociale ;
Participer à la coordination et au suivi des projets et programmes de lutte contre
la pauvreté et l’exclusion sociale ;
Élaborer et superviser la politique de sécurité sociale et de la mutualité ;
Faire le suivi des mesures de protection sociale en faveur des personnes
vulnérables ;
Favoriser la promotion socio-économique et l’accès aux services sociaux de
base des populations.
9

Ensuite dans le cadre de cette activité, nous avons pris part à plusieurs phases de
coordination et au suivi des projets et programmes de lutte contre la pauvreté et
l’exclusion sociale.
Ainsi, nos tâches quotidiennes nous ont permis de percevoir le rôle de la
Direction Générale de la Protection Sociale (DGPS), et leur contribution à la
lutte contre la pauvreté dans leurs différentes localités à travers les actions
qu’elles posent en faveur des populations vulnérables. C’est en ce sens que
notre choix s’est porté sur le sujet suivant : « Impacts socio-économiques des
déguerpis du district autonome d’Abidjan : cas des riverains de
Boribana ». Il s’agit pour nous à travers cette étude, d’apporter notre
contribution à la Direction Générale de la Protection Sociale d’Attécoubé, afin
d’apporter une réponse en faveur des populations vulnérables pour une
meilleure amélioration de leur condition de vie.

3 . Problème de recherche et questions de recherche


3.1. Problème de recherche

L’urbanisation en Côte d’Ivoire est certes récente, mais connait u n e


croissance rapide. Estimée à 5.5% avant l'indépendance, le taux de
croissance est passé selon le RGPH (2014) à 39.5% pour les villes de
l'intérieur et à 10% pour la ville d’Abidjan. Dans le même temps, la
proportion de population vivant dans les villes est passée de 32% en 1975 à
39% en 1988 puis 49,7% en 2014 (RGPH). A l'origine de celte
urbanisation rapide, d'une part la colonisation qui a jeté les bases du
processus de création des villes par l'érection de comptoirs, de wharfs et
de postes administratifs et d’autres part de développement de l'économie
de plantation qui a abouti au début des années 1960 à une croissance
économique exceptionnelle dont la manifestation la plus évidente fut
l'émergence d’une économie urbaine source de progrès et créatrice
d'emplois, Cottens (1968). Du coup, de nombreuses localités furent le siège
10

d'une intense activité agricole accédant au statut de ville et de chef de


circonscription administrative.
Ce dynamisme d é c o u l a n t d u développement de l’économie de plantation
a suscité d’importants flux m i g r a t o i r e en direction des villes, désormais
perçues comme des centres de diffusion du progrès et du développement.
Cette accélération du processus d'urbanisation est singulièrement
perceptible dans les localités de la frange côtière et littorale. Du fait de leur
statut de villes pionnières et de leurs potentialités économiques, elles
accumulent de plus en plus de population et se trouvent face à de multiples
contraintes. En effet, c’est au sein de cet espace que les plus fortes
concentrations de population et d'activités économiques sont observées au
point où l’on parle de littoralisation et de méridionalisation du processus
de développement en Côte d'Ivoire (le livre Blanc du littoral, 2003). La frange
côtière et littorale en plus du fait qu'elle concentre plus de 94% de vie en milieu
urbain, depuis 1975, cette population urbaine croît d'environ 7% l'an selon le
RGPH 1998.
La proximité du trait de côte et la présence de la Mer ainsi que du Port
sont autant d'opportunités pour le développement de la pèche, du transport
maritime et des activités touristiques balnéaires.

Il est évident que la ville d’Abidjan dispose d'un environnement et de


conditions naturelles pouvant favoriser l’émergence d’une gamme de
variété d'activités, porteuses d'avenir à même de favoriser la création de
richesses et de les hisser à un niveau de croissance qui soutiendrait et
financerait sa politique de développement.

Mais en réalité, certains quartiers de cette ville n’arrivent pas à jouir


des atouts dont i l s disposent, à savoir le quartier Boribana qui se trouve dans la
commune d’Attécoubé donne l’impression d'un centre urbain banal, incapable
de mettre à profit ses potentialités économiques. Toul se dégrade dans ce
11

quartier ; on y constate de nombreux dysfonctionnements. On a même


l’impression qu'il n'a jamais bénéficié d'attention particulière de la part des
pouvoirs publics. Les symptômes de cette crise qui semblent perdurer, sont
lisibles dans les paysages urbains depuis quelques décennies à travers la carence
en équipement et en infrastructure, la dégradation de l'environnement, la
précarisation de l’habitat et l’émergence des pathologies sociales. Ce quartier
semble être dans l'impossibilité de parvenir aux transformations
économiques et sociales nécessaires, capables de donner une impulsion
nouvelle à son processus de développement. Ce processus est sans doute
effréné par un phénomène récurrent de bidonvilisation grandissante dans la
commune d’Attécoubé (Boribana).

Les choses en étaient à ce stade, survient un projet de déguerpissement des


bidonvilles du district autonome d’Abidjan dont ne peut échapper la commune
d’Attécoubé à cause de sa bidonvilisation croissante du quartier Boribana. Quelles
sont les conséquences du déguerpissement sur les ménages concernés ? C’est
dans cette dynamique intervient notre sujet de recherche dont l’intitulé se
présente comme suit :
« Impacts socio-économiques des déguerpis du district autonome
d’Abidjan : cas des riverains de Boribana ». En d’autres termes, quelle est
l’incidence de cette opération de démolition sur la condition de vie des
populations déguerpies ?

3 .2. Questions de recherche

-Quels sont les effets de l’opération de déguerpissement sur les conditions de


vie des populations de Boribana ?
12

-Quelles sont les retombées de ce projet sur la scolarisation des enfants des
familles déguerpies ?

-Quelle est l’incidence de cette opération de démolition au niveau sanitaire chez


les populations déguerpies ?

4. Objectifs, hypothèses et Variables-Indicateurs

4.1. Objectifs

4.1.1. Objectif Général

Analyser les impacts de l’opération de déguerpissement sur la vie des


populations déguerpies du quartier de Boribana.

4.1.2. Objectifs opérationnels

-Etudier les conséquences du projet de démolition sur la scolarisation des


enfants des ménages déguerpis.
-Déterminer l’incidence de l’opération de déguerpissement sur la santé des
déguerpis.
5. Hypothèses de recherche

5 .1. Hypothèse générale


Les déguerpis de Boribana subissent des conséquences socio-économiques
néfastes suite à leur expulsion.

5 .2. Hypothèses opérationnelles

HO1 : l’éducation des déguerpis et de leur famille connait un impact négatif


suite à leur expulsion ;
13

HO2 : la santé des déguerpis et de leur famille connait une détérioration


significative après leur déplacement involontaire.

5.3. Les variables et leurs indicateurs


Tableau 1 : Variables et indicateurs

Variables Variables Indicateurs de Variables


Hypothèses Dépendantes Indépendantes Vérifiables (IV)
(VD) (VI)
HO1 : l’éducation Le projet de -Indemnisation des
des déguerpis et de déguerpissement ménages concernés
leur famille connait -Relocation des
un impact négatif ménages concernés
suite à leur expulsion Impact négatif au -Nombre d’enfants
niveau de déscolarisés
l’éducation des -Résultats scolaires
familles déguerpies
HO2 : la santé des -Indemnisation des
déguerpis et de leur Le projet de ménages concernés
famille connait une déguerpissement -Relocation des ménages
détérioration concernés
significative après Détérioration du -Manque de soins adaptés
leur déplacement niveau de santé des -Absence de suivi médical
involontaire. déguerpis

5.4. Revue de la littérature


Dans cette partie, il s’agira premièrement de voir quels sont les auteurs qui ont
traité de la question, et deuxièmement la perspective particulière de notre étude.
Le déguerpissement, ou expulsion forcée, a des impacts sociaux profonds et
variés, touchant souvent les populations les plus vulnérables.

5.4.1. Impact sur le logement et la sécurité


14

Les expulsions forcées entraînent généralement une perte de logement


sécuritaire, augmentant ainsi le risque de sans-abrisme. Les familles expulsées
peuvent être contraintes de vivre dans des conditions précaires ou de s’installer
dans des logements temporaires ou informels, souvent sans accès adéquat à l’eau
potable, à l’assainissement et à l’électricité. UN-Habitat (2011), qui souligne
les effets dévastateurs des expulsions forcées sur la sécurité du logement…….
Desmond ; M. (2016), « Poverty and Profit in the American City », explore
comment les expulsions exacerbent la pauvreté et l’instabilité du logement.

5.4.2. Effets du déguerpissement sur la santé


Les expulsions forcées entraînent des effets néfastes sur la santé physique et
mentale. Le stress associé à la perte de domicile, les mauvaises conditions de vie
et l’incertitude constante peuvent entraîner des problèmes de santé mentale tels
que l’anxiété, la dépression et le stress post-traumatique.
Fullilove, M.T. (2004), « Root Shock : « How Tearing Up City Neighborhoods
Hurts America, and What We Can Do About It », qui traite des impacts
psychologiques du déplacement.
Vasudevan, A. (2015), « The Autonomous City : A History of Urban
Squatting », aborde les conséquences sanitaires du déguerpissement.
Effet sur la communauté et le tissu social
Le déguerpissement peut désintégrer les communautés et affaiblis les réseaux
sociaux. Les personnes déplacées perdent souvent leur soutien communautaire et
leur sentiment d’appartenance, ce qui peut avoir des répercussions durables sur
la cohésion sociale et la solidarité.
Castells, M. (1983), « The City and the Grassroots : A Cross-Cultural Theory of
Urban Social Movements », examine comment les expulsions affectent les
mouvements sociaux et la cohésion communautaire.
15

Turner, J.F.C. (1976), « Housing by people : Towards Autonomy in Building


Environments », discute de l’importance des résaux sociaux dans les quartiers
informels.

5.4.3. Politiques et résistance


Les politiques publiques et la résistance des communautés jouent un rôle crucial
dans la prévention et la gestion des expulsions forcées. L’auto-organisation des
communautés et le plaidoyer pour des droits au logement plus robustes peuvent
atténuer certains des impacts négatifs du déguerpissement.
Harvey,D. (2008), « The Right to the City », met en lumière les luttes pour les
droits urbains et le logement.
Roy, A. (2005), « Urban Informality : Toward an Epistemology of Planning »,
discute des réponses politiques aux expulsions.
Le déguerpissement a des impacts sociaux complexes et multidimensionnels,
touchant tous les aspects de la vie des individus et des communautés. Une
compréhension approfondie de ces effets nécessite une approche holistique et
des réponses politiques et communautaires adaptées pour atténuer les
conséquences négatives.
5.4.4. Impacts économiques du déguerpissement sur la population

Le déguerpissement, qui désigne l’expulsion ou l’évacuation forcée de


personnes d’un lieu, souvent pour des raisons de développement urbain, de
projets infrastructurels ou de sécurité, peut avoir des impacts économiques
significatifs sur la population concernée.

[Link]. Perte de revenus et d’emplois


Plusieurs études montrent que le déguerpissement entraîne souvent une perte
immédiate de revenus pour les populations déplacées, particulièrement celles
impliquées dans l’économie informelle. Un rapport de l’Organisation
16

International du Travail (OIT) souligne que les petites entreprises et les


commerçants informels sont les plus touchés, car leur clientèle et leurs réseaux
commerciaux sont perturbés (ILO, 2015).

[Link]. Coûts de réinstallation


Les travaux de Cernea (1997) sur les risques et la reconstruction dans les
déplacements forcés indiquent que les coûts financiers associés à la
réinstallation, incluant les frais de déménagement et les nouveaux frais de
logement, peuvent être prohibitifs pour de nombreuses familles. Les études
montrent que ces coûts ne sont souvent pas entièrement couverts par les
compensations gouvernementales, laissant les déplacés dans une situation
économique précaire.

[Link]. Accès réduit aux services et infrastructures


Les recherches de Patel et d’autres (2017) montrent que les populations
déplacées perdent souvent l’accès à des services essentiels comme l’éducation,
la santé et les infrastructures de base, ce qui aggrave leur vulnérabilité
économique. Les nouvelles zones de réinstallation manquent souvent des
commodités nécessaires pour maintenir un niveau de vie adéquat.

6. Cadre de référence théorique : la perspective particulière de l’étude

Pour l’analyse de l’impact socio-économique des déguerpis de Boribana, nous


inscrivons notre étude dans la théorie du risque du sociologue Mickael Cernea.
Il est connu pour son travail sur les déplacements involontaires et le
développement. Sa théorie du risque appelée « Modèle des risques et de la
reconstruction » (Risks and Reconstruction Model), se concentre sur les impacts
des projets de développement sur les populations déplacées involontairement.
Cernea a développé sa théorie en observant les conséquences des grands projets
17

de développement, tels que les barrages, les routes et les zones industrielles, qui
nécessitent le déplacement de populations locales. Il a constaté que ces
déplacements involontaires causent souvent des perturbations sociales et
économiques majeures à savoir l’appauvrissement, le sans-abrisme, le chômage,
l’insécurité alimentaire, la perte de l’accès aux services communaux, la
désarticulation sociale etc.
La théorie du risque de Mickael Cernea est largement reconnue et utilisée par
les organisations internationales, les gouvernements et les agences de
développement pour mieux comprendre et gérer les impacts des déplacements
involontaires. Elle met en lumière la nécessité d’une planification et d’une mise
en œuvre sensibles aux besoins et aux droits des populations affectées par les
projets de développement.
Toutefois, pour introduire une autre perspective, nous pouvons explorer la
théorie du Capital Social développée par Robert Putnam. Cette théorie met en
lumière comment le déguerpissement affecte les réseaux sociaux, la cohésion
communautaire et les relations de confiance, qui sont essentiels pour le bien-être
social des individus. La théorie du capital social explore comment les réseaux
sociaux et les interactions entre individus et groupes influencent le
fonctionnement des sociétés et des économies. Putnam distingue deux types de
capital social :
Le « bonding social capital » (capital social de liaison) qui renvoie aux liens de
confiance et de réciprocité au sein de groupes homogènes. Ces liens sont
cruciaux pour le soutien mutuel, l’entraide et la solidarité communautaire. Le
déguerpissement peut fragmenter ces liens, affectant négativement la capacité
des individus à s soutenir mutuellement.
Le « bridging social capital » (capital social de pontage) qui renvoie aux liens
qui connectent différents groupes sociaux, permettant le partage de ressources,
d’informations et d’opportunités. Le déguerpissement peut limiter l’accès des
18

individus déplacés à ces réseaux externes, réduisant leurs opportunités


économiques et sociales.

6. Définition des concepts clés de l’étude

Selon Emile Durkheim (1983), toute étude de recherche doit débuter par la
clarification des concepts afin de mieux circonscrire les contours de l’étude.
Ainsi, la démarche du chercheur consiste à définir les choses dont il traite afin
que l’on sache bien de quoi il est question.
Impact : L’impact se réfère aux effets ou aux conséquences d’une action, d’un
événement, ou d’une décision sur une personne, une communauté, une
organisation, ou un environnement. Ce terme est souvent utilisé pour évaluer les
résultats positifs ou négatifs de diverses interventions ou situations.
Impact Social : modifications des dynamiques communautaires, des réseaux
sociaux, ou du bien-être des individus suite à des événements comme le
déguerpissement ou des réformes sociales.
Impact Economique : changements dans le niveau de revenu, les opportunités
d’emploi, ou les coups de vie résultant d’une politique gouvernementale ou
d’un projet de développement.
Evaluation de l’impact : c’est un processus visant à mesurer et analyser les
conséquences d’une intervention ou d’un événement. Cela peut inclure des
méthodes quantitatives comme des enquêtes et des statistiques et des méthodes
qualitatives comme des entretiens et des études de cas pour comprendre
l’ampleur et la nature des impacts observés.
Déguerpis : Le terme « déguerpis » est le participe passé du verbe
« déguerpir », qui signifie quitter précipitamment un lieu ou en être expulsé. En
sens général, ce sont des personnes qui ont quitté un lieu rapidement, souvent
sous la menace. Ce terme peut désigner des individus ou des groupes qui ont été
forcés de partir, par exemple en raison, d’une intervention légale, militaire, ou à
cause d’une urgence comme un danger imminent. Dans le contexte de
19

développement, les résidents peuvent être déguerpis pour permettre la


réalisation de projets de développement, comme la construction de routes, de
barrages ou d’autres infrastructures.
Riverains : Les riverains sont des personnes qui résident ou possèdent des
propriétés adjacentes à un lieu spécifique. Le terme est souvent utilisé pour
désigner les habitants ou les propriétaires proches de certains lieux d’intérêt ou
sujets à des régulations particulières, notamment en matière d’environnement
ou d’urbanisme.
Abidjan : Abidjan est la plus grande ville et la capitale économique de la Côte
d’Ivoire, située sur la côte sud du pays, le long du golfe de Guinée, dans la
région du Sud-Comoé. Abidjan est le principal centre économique et financier
de la Côte d’Ivoire, abritant de nombreuses entreprises et multinationales. Avec
une population d’environ 5 à 6 millions d’habitants, Abidjan est la ville la plus
peuplée du pays et l’une des plus grandes villes d’Afrique de l’Ouest.
Boribana : Boribana est un quartier informel d’Abidjan, la capitale
économique de la Côte d’Ivoire. Situé dans la commune d’Attécoubé, Boribana
est typique de nombreuses zones urbaines en Afrique subsaharienne où des
logements informels se développent en raison de l’urbanisation et du manque de
logements formels abordables. Boribana, qui signifie « la fin » ou « c’est fini »
en bambara, a été établi par des migrants internes et d’autres populations à
faibles revenu cherchant des opportunités économiques à Abidjan. Le quartier
s’est développé de manière informelle, sans planification urbaine adéquate, ce
qui a conduit à des infrastructures inadéquates et des conditions de vie
précaires.
Les habitants de Boribana vivent souvent dans des logements de fortune,
construits avec des matériaux précaires. Les infrastructures de base comme
l’eau potable, l’assainissement et l’électricité sont souvent insuffisantes ou
inexistantes.
20

CHAPITRE II :
ASPECT PRATIQUE
21

1. Méthodologie de recherche

Le développement de cette partie nous permet de prendre en compte de la


présentation du lieu de l’étude, de la population et de l’échantillon de l’étude,
mais aussi les stratégies de vérification et les instruments de la recherche.

1.1. Lieu de l’étude, population et échantillon

1.1.1. Lieu de l’étude

Selon CRAWITZ M. (1987) : « Les sciences sociales devraient, pour atteindre


un statut spécifique se détacher des réflexions générales et se limiter à des
secteurs où les rapports et les relations entre les facteurs pourraient être mis en
évidence ; ceci expliquerait que soit réduit le champ d’observation ». C’est ce
qui justifie la circonscription de notre champ d’étude. Dans notre cas précis,
l’étude est réalisée dans la commune d’Attécoubé

La commune d’Attécoubé fait partie des treize (13) communes du district


autonome d’Abidjan.
[Link]- Situation géographique

Attécoubé est une localité du sud de la Côte d'Ivoire, et appartenant au district


d'Abidjan, dans la région des Lagunes. La localité d'Attécoubé est un chef-lieu
de commune. La commune d'Attécoubé bénéficie de l'apport en oxygène de la
forêt du Banco.
Attécoubé a une superficie totale de 68,2 km², dont 40 km² couverts par la forêt
du Banco et 5 km², par la lagune Ebrié. La superficie habitable est de 23,2 km².
Elle est limitée par Yopougon au sud-ouest, Plateau au sud, Adjamé à l'est,
et Abobo au nord.
22

[Link] - Historique de la population

Attécoubé est un village défriché en 1937 qui fut habité définitivement en 1939.
Au début de l'ère coloniale, Attécoubé a été le premier témoin du négoce
d'exportation de bois. Les grumes d'acajou, niangons, sipos, sambas, framirés et
autre billes de bois transitaient par la lagune jusqu'aux navires chargés de les
emporter en Europe. Ces grumes de bois font encore partie du paysage
d'Attécoubé.

Jusqu'en 1980, Attécoubé faisait partir de la délégation d’Adjamé. Elle est érigée
en commune de plein exercice par la loi n° 80-1180 du 17 octobre 1980 et fait
désormais partie des treize communes du district d’Abidjan. La commune tient
son nom de son village, « le village en bas ». Elle est longtemps demeurée un
simple village, peu touchée par l'urbanisation qui se développait dans les
localités voisines. En 2021, sa population est estimée à 313 135 habitants
(population recensée au 14 décembre 2021, résultats RGPH 2021).

Le premier maire élu à Attécoubé se nomme Ernest N'Koumo Mobio. Il est réélu
à plusieurs reprises en 1980, 1985, 1990, 1995.

Le maire, élu aux élections municipales de mars 2001, est Claude Paulin Danho.

Concernant les infrastructures, la Commune d’Attecoubé regorge de nombreuses


infrastructures.

Au niveau éducatif
Au niveau éducatif, la commune d’Attecoubé dispose de diverses infrastructures
et institutions pour assurer l’éducation de ses habitants. Ce sont des écoles
primaires publiques et privées offrant une éducation de base aux enfants de la
commune ; des collèges et lycées publics et privés, des établissements
techniques et professionnels qui offrent des formations techniques et
23

professionnelles dans divers domaines, permettant aux jeunes de se préparer


pour le marché du travail.
Au niveau sanitaire

La commune d’Attécoubé regroupe de nombreuses structures privées et


publiques, parmi lesquelles l’Hôpital Général d’Attécoubé, offrant des services
de médecine générale, de chirurgie, de pédiatrie et d’autres spécialités ; les
Centres de Santé Urbains qui sont souvent les premiers points de contact pour
les soins de santé primaire ; les Cliniques et cabinets médicaux privés ; les
pharmacies ; Les maternités ; les services de santé scolaire dont disposent
certaines écoles pour assurer le bien-être des élèves.

Au niveau des infrastructures routières

Attécoubé bénéficie d’un réseau routier évolutif. Il est en majorité bitumé,


facilitant la fluidité routière entre ses différents quartiers. Ses principales routes
sont : Le Boulevard Nangui Abrogoua qui est l’une des artères principales
traversant la commune et reliant Attécoubé aux autres quartiers d’Abidjan, le
Boulevard de la Paix, une autre route majeure qui facilite la circulation interne et
l’accès aux quartiers voisins.
A cela, il faut ajouter les routes secondaires et tertiaires, les ponts et passage, le
transport en commun (Bus et minibus de la SOTRA, taxis communaux), les
ronds-points et intersections, les feux de signalisation, etc.
Les infrastructures routières d’Attécoubé jouent un rôle crucial dans le
développement économique et social de la commune, facilitant la mobilité des
personnes et des biens.

Au niveau sécuritaire

La commune dispose de postes de police à savoir les Commissariats de police


répartis dans différents quartiers pour répondre aux incidents et assurer une
présence policière régulière, des brigades de gendarmerie. Nous avons également
24

des postes de sécurité de proximité qui permettent une intervention rapide et une
surveillance accrue au niveau local, des caméras de surveillance Closed-Circuit
Television (CCTV), en français télévision en circuit fermé pour prévenir la
criminalité et faciliter les enquêtes en cas d’incidents ; les comités de vigilance et
de sécurité qui impliquent les résidents dans la prévention de la criminalité.
Ces mesures visent à maintenir un environnement sûr pour les résidents
d’Attécoubé, bien que des défis subsistent, notamment en matière de ressources
et de gestion de la criminalité urbaine.

1.1.2. Population et échantillon

[Link]. Population d’étude


Selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), la
population est un « ensemble limité d’individus, d’unités de même espèce
soumis, à une étude statistique ».
Dans le cadre de cette recherche, le choix de la population a été dicté par
l’objet de l’étude qui est d’analyser l’impact du déguerpissement sur le vécu
quotidien des ménages déguerpis. La population concerne en premier lieu
les femmes bénéficiaires de prêts du département de Dabou dont les étapes
préliminaires de l’octroi du prêt sont les suivantes.
Il faut noter en effet le gouvernement de la Côte d’Ivoire a approuvé un plan de
relogement visant à soutenir les populations touchées par les déguerpissements
dans le District d’Abidjan, à l’issue du Conseil des ministres tenu le mercredi 13
mars 2024. Les personnes sinistrées se rendaient à la mairie d’Attécoubé
précisément à la Direction des Affaires Sociales Culturelles.
Pour cette indemnisation, la mairie d’Attécoubé a mis en place cinq comités
potentiels qui pourraient être impliqués dans ce processus. Ce sont :
25

-Le comité d’évaluation et d’identification des déguerpis. Ce comité est


responsable de l’identification des personnes affectées par les déguerpissements
et de l’évaluation de leurs pertes.
-Le comité de négociation et de compensions. Il chargé de négocier avec les
déguerpis sur le montant et de s’assurer qu’ils reçoivent les indemnisations
adéquates.
-Le comité de suivi et d’exécution des paiements. Ce comité supervise le
processus de distribution et veille à ce que les paiements soient effectués de
manière transparente et efficace.
-Le comité juridique et de médiation qui intervient pour résoudre les litiges entre
la mairie et les déguerpis.
-Le comité de réinstallation et de réhabilitation qui s’occupe des plans de
relocalisation pour les déguerpis.
Le projet suit son cours avec un résultat partiel de 570 inscrites et nous avons
pu interroger 52 personnes.
À ce titre, la population concerne les victimes du déguerpissement, car dans la
réalité, ce sont leurs opinions et points de vue qui ont permis de saisir les
impacts du déguerpissement sur leur vécu quotidien.

[Link]. Echantillon

L’échantillon est un ensemble d’individus représentatif d’une population.


L’échantillonnage vise donc à avoir une meilleure connaissance d’une
population par l’étude d’un nombre d’échantillons jugés représentatifs.
En effet, nous avons décidé de choisir une fraction de cette population sur
laquelle nous pouvons recueillir des informations utiles puis procéder à des
généralisations.
Notre étude s'inscrit dans une approche qualitative. Ainsi, en raison de l'effectif
important des bénéficiaires (des milliers de sinistrés) et compte tenu des
26

besoins de représentativité de l'étude, nous nous sommes servis de la liste des


déguerpis proposés par la mairie d’Attécoubé. Cette liste nous fournit
l'information sur l'identité et l'adresse, afin d'accéder facilement à la population
à observer.
Nous avons interrogé les personnes qui se sont rendu disponibles à nos
entretiens.
Pour le présent travail, l’échantillon est composé de 52 personnes.
Cette taille de l’échantillon se justifie par la disponibilité des enquêtés.
La méthode non aléatoire adoptée nous permet de disposer d'un échantillon
dirigé selon les critères ci-après :

 Etre résident du quartier Boribana dans la commune d’Attécoubé ;


 Avoir une ou des personnes à charge

1.2. Stratégies de vérification et outils de recherche

Cette étude s’inscrit dans une recherche qualitative qui selon Mc Millan et
Schumacher (2006) désigne l’ensemble des recherches d’enquête dans
lesquelles les chercheurs collectent des données de face à face situationnelles,
décrivent et analysent les actions sociales individuelles et collectives, les
croyances, les opinions et les perceptions. Ils interprètent les phénomènes dans
le sens où les peuples les conçoivent.

BERELSON (1995), déclare que l’analyse de contenu est une technique de


recherche pour la description objective, systématique et qualitative du contenu
manifeste des communications ayant pour but de les interpréter. Ainsi,
l’analyse de contenu s’applique à des communications et vise à comprendre, à
saisir le contenu de ces communications. Nous avons donc opté pour l’analyse
de contenu dont la procédure comprend généralement la transformation d’un
27

discours oral en texte, puis la construction d’un instrument d’analyse pour


étudier la signification des propos.

1.2.1. Techniques de collecte de données

Pour la recherche, le chercheur utilise généralement plusieurs outils de


collecte des informations. Ces outils sont des procédés qui donnent accès à
l’information. La collecte des données et des informations nécessaires au bon
déroulement de notre recherche est axée sur deux phases principales : la
recherche documentaire et l'enquête proprement dite sur le terrain.
Les différents outils utilisés pour l'enquête sont le guide d'entretien et la grille
d'observation. Une recherche documentaire a d’abord permis de cerner les
axes du thème. Ces outils et techniques ont été mobilisés sur la période de
mars à juillet 2024 dans la commune d’Attécoubé précisément le quartier
Boribana.

[Link]. Recherche documentaire

Pour Gauthier (1990), la recherche documentaire est une méthode qui vise à
s'imprégner ou à prendre connaissance de ce qui avant nous a fait l'objet d'une
attention particulière et a mené à des conclusions bien établies. Elle consiste
essentiellement à collecter des informations relatives à l’objet de l’étude dans
des documents. Ainsi pour mieux poser la problématique et les hypothèses de
recherche, nous avons donc procédé à un recensement des documents généraux
et spécifiques, des rapports de projets ou programmes, et sur des sites internet
portant sur la question du microcrédit en général et de l’autonomisation socio-
économique de la femme en particulier.
Selon Raymond QUIVY et Luc CAMPENHOUDT, le recours à la
documentation dans l’élaboration d’un travail de recherche s’avère impératif.
28

A cet effet, cette recherche documentaire a consisté à consulter des documents


spécialisés, concernant le sujet à l’étude. La consultation de multiples sources
écrites permet de garantir l’objectivité des faits observés.

Nous avons répertorié et exploiter les mémoires et thèses et les ouvrages de


méthodologie et spécialisés dans les bibliothèques ; notamment la
bibliothèque centrale de l’Université F H B, la bibliothèque du département de
sociologie et celle du Centre Culturel Français (CCF). L’outil internet nous a
permis d’exploiter des communications et articles scientifiques. La recherche
documentaire nous a permis donc de construire la problématique et de poser les
bases méthodologiques en vue de circonscrire le sujet à l’étude.

Globalement, la recherche documentaire nous a permis de faire l'état des


connaissances disponibles pour déterminer l’apport original de notre étude.
Cette étape est importante dans tout travail de recherche puisqu'elle permet de
capitaliser les résultats des recherches antérieures et surtout d'éviter des redites.

[Link]. Observation directe non participante


L’observation directe est « un outil de cueillette de données où le
chercheur devient le témoin des comportements des individus et des pratiques
au sein des groupes en séjournant sur les lieux mêmes où ils se déroulent
(Stéphane MARTINEAU, 2005). Elle se présente sous les dehors de l’évidence,
n’exigeant aucun autre instrument que le chercheur lui-même. Elle est
fondamentale dans la recherche. Cette observation in situ comprend l’ensemble
des opérations par lesquelles le modèle d’analyse est soumis à l’épreuve des
faits et confronté à des données observables.

L’observation non participante est une observation de visuelle ; elle consiste à


percevoir, à noter et à enregistrer des comportements ou des événements
29

au moment où ils se produisent. Elle permet de définir des données pertinentes


par rapport au problème de recherche.
Ainsi, l’observation directe non participante nous a permis de nous imprégner
des réalités du terrain d’étude, de constater et de confronter les faits significatifs
observés. En outre, elle nous a donné d’apprécier de près les indices des
corrélations entre les différents indicateurs ou les interrelations possibles entre
les variables et les liens qui lient des dysfonctionnements de la politique sociale
à l’émergence du phénomène des « microbes » en milieu urbain.
L’observation a été ensuite appuyée par des interviews ou entretiens semi-
directifs.

[Link]. Entretien semi-directif

L’entretien semi-directif, en tant que technique qualitative, est fréquemment


utilisé afin de canaliser le discours des personnes interrogées autour des
différentes thématiques définies auparavant par le chercheur. Il a permis la
collecte de données en rapport avec nos objectifs visés. Le choix de ce type
d’entretien est pertinent dans la mesure où le chercheur s’assure que
l’interviewé lui communique son point de vue sur certains aspects précis du
sujet d’entrevue. Il permet au chercheur, au cours de l’entretien, de recentrer
l’entretien sur les objectifs chaque fois que l’enquêté s’en écarte. Il permet aussi
à l’interviewé de parler ouvertement, dans les mots qu’il souhaite et dans l’ordre
qui lui convient, et de s’attarder sur des questions qu’il juge plus importantes et
plus significatives. De plus, les questions posées sont les mêmes pour tous les
participants, et elle favorise une homogénéité des données.

L’entretien semi-directif nous a permis donc de mieux cerner les perceptions,


les motivations et les idéologies qui légitiment l’acte des acteurs sociaux
concernés. Vue la sensibilité et la complexité du sujet à l’étude, les entretiens
ont été faits de façon individuelle afin de permettre aux participants de
30

s’exprimer librement sans être influencé par une quelconque présence. Son
apport a consisté, par exemple à savoir auprès de nos enquêtés comment le tissu
social s’est dégradé pour donner lieu à l’escalade de la violence des enfants, à
stimuler nos enquêtés à nous renseigner spécifiquement sur le fonctionnement
de la politique sociale et sur le lien pouvant exister entre le dysfonctionnement
de la politique sociale et la violence des enfants. Ainsi, les entretiens ont porté
sur les caractéristiques de la politique sociale, les mécanismes sociopolitiques à
la base des dysfonctionnements de la politique sociale et l’émergence de la
violence des enfants en tant que résultante des dysfonctionnements de la
politique sociale.

1.2.2. Outils de collecte de données

Les outils de collecte de données ont été pour nous des supports importants qui
nous ont permis de mener à bien l’enquête scientifique.

[Link]. Grille de lecture

Une grille de lecture est, selon le dictionnaire, une interprétation d’un écrit en
fonction d’une idéologie. Elle est le produit d’une analyse conceptuelle, et donc
fonction des différentes thématiques qui structurent la revue de la littérature. La
grille de lecture permet au chercheur de lire avec méthode en explorant les
différents thèmes de la revue de la littérature.

La grille de lecture nous permet de construire une dualité entre les différents
écrits autour des thématiques de la revue de la littérature en les confrontant en
vue de mettre en évidence leurs convergences, leurs divergences et leurs
complémentarités, tout en relevant la thèse des auteurs.

[Link]. Grille d’observation


31

La grille d’observation énumère un ensemble de concepts, d’habiletés où


d’attitudes dont vous noterez la présence ou l’absence. Elle est destinée à servir
de façon continue pour pouvoir aboutir à dresser un profil (Martineau, 2005).
Elle se présente sous les dehors de l’évidence, n’exigeant aucun autre
instrument que le chercheur lui-même. Deux types de grilles d’observation sont
notés selon Martineau :
Premièrement, la grille d’approche qui peut s’apparenter à une sorte de carte
routière ; elle indique les caractéristiques d’un lieu d’observation ou les
moments clés dans une communication, etc. Et secundo, la grille systématique
qui est en quelque sorte un programme d’observation à savoir qu’elle identifie
les dimensions ou les éléments du phénomène à observation. Elle recèle, en
germe, une ébauche de cadre d’analyse.

La grille d’observation nous a permis de centrer notre attention et de


standardiser au maximum celle-ci indépendamment des circonstances, et nous a
évité de se sentir envahir par une trop vaste gamme de faits à observer. Elle
nous a permis aussi d’accéder à certaines pratiques qui ne viennent pas à la
conscience des acteurs, qui sont trop difficiles à verbaliser ou qui font l’objet
de discours préconstruits visant au contrôle de la représentation de soi, voire le
souci de dissimuler certaines pratiques.

[Link]. Guide d’entretien

Le guide d’entretien se présente sous la forme d’une liste de questions ou de


thèmes se rapportant à la présente étude et qui doit être obligatoirement abordé
au cours de l’entrevue. Il nous a permis d’avoir des données sur les différentes
thématiques de la présente étude.

Selon Grawitz (1981), c’est un outil d’investigation scientifique utilisant un


processus de communication verbale pour recueillir des informations de fait ou
d’opinion, à des fins de vérification et d’exploration.
32

La technique de l'entretien vise à provoquer une conversation réglée entre un


enquêté et un enquêteur menu de consignes et le plus souvent d'un guide
d'entretien selon Durand et weil (1999). Celui-ci se présente sous la forme
d'une liste de question ou de thèmes qui doivent obligatoirement être abordés
au cours de l'opération, soit spontanément parce que l'enquêté en parle de lui-
même au cours de la séance, soit sur la demande expresse de l'enquêteur. Le
plus souvent ce dernier doit relancer l'entretien en s'aidant d'un guide
d'entretien créé auparavant.

C’est une technique de recueil de l'information qui se déroule dans une


relation de face à face afin de recueillir des informations dans tous les
domaines. Elle vise à obtenir des informations, des perceptions, des sentiments,
des attitudes ou opinions de la part de l'enquêté ; Comprendre ce que les
personnes pensent ou peuvent penser sur un sujet approfondir des points
importants ; Initier une démarche participative.

Nous avons choisi l’entretien parce qu’il assure la fiabilité à nos données et
nous offre la possibilité de contenir les écarts de réponses. Il nous a permis
d’être directement en contact avec les personnes en présence, mais aussi a
permis à celles-ci de s’exprimer librement. Dans le cadre de la présente étude,
les informations recueillies auprès de l'ensemble des acteurs ont été possible à
partir d’un guide d’entretien.

Les méthodes qualitatives que nous avons employées pour la collecte des
données nous ont amenées à recueillir des données dont la principale
caractéristique d’après Miles et Huberman (2003 : 27) est qu’« elles se
concentrent aux événements qui surviennent naturellement et des événements
ordinaires qui surviennent dans des contextes naturels afin de pouvoir vraiment
saisir ce qui se passe au quotidien, dans la vie réelle». Pour analyser ces
données nous avons eu recours à l'analyse de contenu qui, selon Landry (2002)
33

consiste à faire une lecture systématique des textes à analyser et à interpréter


afin de faire des inférences valables. Parmi plusieurs types d'analyse de
contenu, nous avons privilégié l'analyse thématique.

Comme son nom l'indique, l'analyse thématique est centrée sur les thèmes ou
des unités thématiques qui servent d'unité de base pour l'analyse. Les unités
thématiques sont définies par Landry (2002 : 338), comme étant « des noyaux
de sens dont la présence ou la fréquence permettront de faire des inférences ».
Ce sont alors ces unités qui sont recherchées dans le texte lors de l'analyse car
comme le montre Paillé et Mucchielli (2003 : 124) « l’analyse thématique
consiste à procéder systématiquement au repérage, au regroupement et,
subsidiairement, à l'examen discursif des thèmes abordés dans un corpus, qu'il
s'agit d'un verbatim d'entretien, d'un document organisationnel ou de notes
d’observation ». De ce fait, ce type d'analyse nous a semblé le plus approprié
pour nos données obtenues grâce aux trois méthodes qualitatives soulignées par
ces auteurs dans leur définition à savoir : la méthode documentaire, les
entrevues et l'observation directe.

2. les résultats

Dans cette partie, il est question de présenter les résultats obtenus suite au
dépouillement des informations que nous avons collectées sur le terrain. C’est
donc le lieu d’analyser les résultats obtenus, de vérifier les hypothèses
préalablement évoquées et d’interpréter l’ensemble des connaissances acquises.

2.1. Analyse des données recueillies

À travers cette partie de l’étude, il s’agit de faire la présentation et l’analyse de


contenu des données recueillies lors des investigations. C’est le lieu d’examiner
les informations obtenues à l’issue des entretiens réalisés afin d’en ressortir le
sens profond pour établir le lien avec le problème de recherche.
34

2.1.1. Caractéristiques socioéconomiques des bénéficiaires

Nous avons procédé à l’identification des enquêtées, selon leur âge, leur
niveau d’instruction, leur situation matrimoniale, le nombre d’enfants et le
nombre d’enfants scolarisés.

Tableau 2 : Répartition des déguerpis par tranche d’âge

Age Effectifs Pourcentage


18-25 ans 09 17 %
25-40 ans 15 29 %
40-45 ans 21 40 %
50 ans et plus 07 14 %
Total 52 100 %
Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Ce tableau montre que 17 % des déguerpis ont entre 18 et 25 ans ; 29 % ont


entre 25 et 40 ans ; 40 % ont entre 40 et 45 ans et 14 % ont plus de 50 ans. Ces
statistiques montrent que les différentes tranches d’âge sont touchées par le
déguerpissement, et que la majeure partie des bénéficiaires sont des personnes
adultes.

Tableau 3 : Répartition des déguerpis selon la situation matrimoniale

Situation matrimoniale Effectifs Pourcentage

Mariés 17 33 %
Célibataires 12 23 %
35

Veufs 05 10 %
Concubinage 18 34 %
Total 52 100 %

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

On remarque que 35/52 déguerpis vivent en couple. Cette situation ne peut


qu’accentuer le souci du délogement forcé chez ces personnes pour qu’elles
envisagent gérer sérieusement ce phénomène de déguerpissement.
2.1.2. Impacts socioéconomiques du déguerpissement

L’impact des déguerpissements à Boribana est complexe et multidimensionnel,


touchant tous les aspects de la vie des personnes affectés. Les conditions
socioéconomiques de ces populations peuvent être perçues au travers un certain
nombre de facteurs de précarité qui sont entre autres une interruption de la
scolarité. Les enfants des familles déplacées voient souvent leur éducation
interrompue, ce qui peut avoir des effets à long terme sur leur développement et
leurs perspectives d’avenir. Il faut également ajouter la perte de logement et
d’abri. Les familles déguerpies se retrouvent souvent sans logement, ce qui
entraîne une augmentation du sans-abrisme. Il y a aussi l’accès réduit aux
services de santé. Soit l’éloignement des centres de santé, soit la disponibilité
limitée des services. Ces facteurs ont été analysés dans le cadre de notre étude
en vue de montrer les impacts des déguerpissements sur les conditions socio-
économiques des déguerpis de Boribana. Par conséquent, il serait important de
savoir quel pourrait être l’impact de la plupart de ces éléments précités sur les
conditions socioéconomiques des déguerpis.

Tableau 4 : Répartition des déguerpis selon la vérification du changement


négatif ressentit

Changement négatif ressentit Effectif


36

OUI 52/52

NON 0/52

TOTAL 52/52

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Il ressort du tableau que les 52 déguerpis enquêtés affirment ressentir un


changement négatif suite au déguerpissement.

Tableau 5 : Répartition des déguerpis selon le changement ressentit dans


leur vie

Changement ressentit Effectif

Indépendance financière 6/52

Satisfaction des besoins 3/52

Appréciation de l'entourage 1/52

TOTAL 10/52

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Parmi les 52 enquêtés ayant ressenti un changement négatif dans leur vie, 10
disent qu’ils sont dans une condition de précarité extrême.

2.1.3. Impacts du déguerpissement sur l’éducation des déguerpis et leur


famille

Tableau 6 : Répartition des bénéficiaires selon leur niveau d’instruction

Niveau d’instruction Effectif Pourcentage

Non-scolarisé 9 17%
37

Alphabétisé 5 10%

Primaire 12 23%

Post-primaire 2 4%

Secondaire 16 31%

Supérieur 8 15%

TOTAL 52 100%

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Selon le tableau, plus de 25% de nos enquêtés n’ont pas été scolarisées ; par
contre l’on note un taux de scolarisation de plus de 50%.

Tableau 7 : appréciation des résultats scolaires des enfants de déguerpis

Appréciation des résultats scolaires Effectifs

Très-bien 00/52

Bien 1/52

Assez-bien 5/52

Passable 17/52

Médiocre 29/52

TOTAL 52/52

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Le tableau nous révèle que les enfants des déguerpis ont un faible rendement.
Leur niveau d’étude a considérablement baissé du fait du manque de logement.

2.1.4. Impacts du déguerpissement sur la santé des déguerpis et leur


famille
38

La santé des femmes est une condition nécessaire à leur autonomisation


économique. Une femme malade est incapable de se procurer les ressources de
production dont elle a besoin ou de participer aux activités économiques qui se
déroulent dans son entourage. L’impact de l’autonomisation économique sur la
santé des femmes est également important. Une augmentation du revenu d’une
femme signifie des investissements plus importants dans sa santé et dans celle
de sa famille.

Tableau 8 : Répartition des déguerpis selon le nombre de repas

Nombre de repas par jour Effectif

1 43/52

2 9/52

3 00/52

TOTAL 52/52

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Le tableau nous révèle que plus de la moitié des populations déguerpies


bénéficient moins de deux repas par jour.

Tableau 9: Répartition des bénéficiaires selon la qualité des


repas

Qualité des repas Effectif

Très bonne 00/52


39

Bonne 09/52

Moyennement bonne 22/52

Mauvaise 21/52

TOTAL 52/52

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

Les résultats sus mentionnés révèlent que les familles déguerpies n’ont pas une
bonne alimentation dans l’ensemble.

Tableau10 : Répartition des déguerpis selon les actes médicaux accomplis

Actes médicaux Effectif

Consultations médicales régulières 2/52

Achats de médicaments pharmaceutiques 3/52

Achat de médicaments de la rue 16 /52

Achat de médicaments indigénat 19/52

Hospitalisations 12/52

TOTAL 52/52

Source : Notre étude réalisée en juin 2024

De ce tableau, il ressort que les déguerpis ne se soignent pas correctement. Ils ne


vont pas régulièrement en consultation et font les achats de médicaments dans la
rue. Cela s’explique par le fait qu’ils vivent dans des conditions de précarité.
40

2.1.5. Suggestions des déguerpis enquêtés

La plupart des déguerpis enquêtés suggèrent :

-Un relogement imminent et adéquat ;


-Une compensation financière ;
-Un accès aux services de base ;
-Une consultation préalable ;
-Une assistance sociale et psychologique ;
-Un soutien à la réinsertion économique.

2.2. Interprétation des données

À ce stade de notre travail, il s’agit pour nous de vérifier l’authenticité des


données par rapport aux différentes hypothèses formulées pour cette étude. En
d’autres termes, les résultats infirment ou confirment-ils les hypothèses émises
d’une part et d’autre part, comment ces résultats rejoignent ou s’écartent-ils de
ceux des auteurs convoqués dans la présente étude.

2.2.1. Authenticité des données par rapport à


l’hypothèse

HO1 : l’éducation des déguerpis et de leur famille connait un impact négatif


suite à leur expulsion

Les déguerpis se prononcent sur la détérioration de leur condition de vie car ils
ont une analyse de leur situation.
L’éducation des déguerpis et de leur famille est souvent gravement affectée par
leur situation. Les déplacements forcés ont entraîné une interruption de la
scolarité, un accès limité aux ressources éducatives et un environnement
instable, ce qui rend difficile pour les enfants de poursuivre leur éducation de
41

manière cohérente. De plus le stress et l’insécurité associés à la perte de


logement peuvent également avoir un impact négatif sur la concentration et les
performances scolaires. Toutes ces situations ont entraîné la baisse de
rendement scolaire des enfants des déguerpis.
L’interruption de la scolarité, l’accès limité aux ressources éducatives ; un
environnement instable, le stress et l’insécurité et la perte de soutien
communautaire sont des facteurs combinés créent un environnement où la
continuité et la qualité de l’éducation sont sérieusement compromises pour les
enfants des familles déguerpies.

Par conséquent, nous pouvons affirmer que notre hypothèse opérationnelle 1 est
vérifiée.

HO2 : la santé des déguerpis et de leur famille connait une détérioration


significative après leur déplacement involontaire.

L’état de santé des déguerpis de Boribana, comme celui de nombreux autres


déplacés, est souvent gravement compromis en raison de plusieurs facteurs
interdépendants. Ce sont :
Des conditions de vie précaires. Après leur expulsion, les déguerpis se
retrouvent souvent dans des abris temporaires où des camps improvisés, avec un
accès limité à des infrastructures sanitaires de base comme l’eau potable, les
toilettes et les systèmes de gestion des déchets. Ces conditions favorisent la
propagation des maladies.
Accès limité aux soins de santé. Les familles déguerpies peuvent être éloignées
des centres de santé ou des hôpitaux. Le manque de moyens financiers pour se
déplacer ou payer les soins médicaux aggrave la situation. De plus, les
établissements de santé locaux sont surchargés et sous-équipés.
Malnutrition : Le déplacement entraîne souvent une perte de moyens de
subsistance, ce qui conduit à une insécurité alimentaire. La malnutrition, en
42

particulier chez les enfants, augmente la vulnérabilité aux maladies et affaiblit le


système immunitaire.
Exposition accrue aux maladies : Les conditions de surpeuplement dans les
camps ou les abris temporaires augmentent le risque de propagation de maladies
contagieuses telles que les infections respiratoires, la diarrhée et les maladies de
la peau.
Hygiène et assainissement : Le manque d’accès à des installations sanitaires
adéquates et à des produits d’hygiène de base (comme le savon, le javel) conduit
à de mauvaises pratiques d’hygiène, favorisant la propagation des maladies
infectieuses.
Ces conditions rendent les déguerpis de Boribana particulièrement vulnérables à
une gamme de problèmes de santé, tant physiques que mentaux, nécessitant une
attention urgente et des interventions ciblées pour améliorer leur situation.

Partant de ces faits sus mentionnés, nous pouvons affirmer sans ambigüité que
notre hypothèse Opérationnelle 2 (HO2) est confirmée.

2.2.2 Authenticité des données par rapport aux auteurs


convoqués

La question du déguerpissement, ou expulsion de population est souvent dans le


cadre de réaménagements urbains, suscite de nombreuses critiques de la part
d’auteurs et chercheurs.
Au niveau de l’injustice sociale et économique : De nombreux auteurs soulignent
que les déguerpissements touchent principalement les populations les plus
vulnérables, qui vivent souvent dans des quartiers informels ou des bidonvilles.
Ces expulsions aggravent leur précarité en les privant de leur logement sans
offrir d’alternatives viables.
Au niveau de la violation des droits de l’homme : Les déguerpissements sont
fréquemment dénoncés comme des violations des droits de l’homme. Des
43

chercheurs comme Mike Davis, 1996 (dans son livre Planet of Slums) explique
que ces actions manquent souvent de processus légaux et ne respectent pas les
droits fondamentaux des habitants. UN-Habitat (Programme des Nations
Unies pour les établissements humains), renchérit en publiant des rapports en
2003 et 2005 sur les impacts des déguerpissements, notamment sur les violations
des droits de l’homme et la nécessité de politiques de relogement inclusives et
participatives. A cela s’ajoute aussi de nombreux documents publiés par
Amnesty International sur les cas de déguerpissements forcés dans le monde
entier, soulignant les violations des droits de l’homme et appelant à des pratiques
respectueuses des droits des populations déplacées.
Au niveau de l’impact sur la santé et le bien-être : Des études montrent que
les déguerpissements ont des effets dévastateurs sur la santé physique et mentale
des personnes déplacées. Le stress, la perte de stabilité et l’absence de services de
base aggravent leur situation. C’est ce qu’affirme Janice Perlman (1998) dans
son ouvrage Favela : Four Decades of Living on the Edge in Rio de Janeiro.
Perlman explore la résilience des habitants des favelas face aux
déguerpissements et met en lumière les effets à long terme de ces déplacements
forcés sur les communautés.
En absence de consultation et de participation : De nombreux critiques, comme
celles trouvées dans les travaux de Shomo Angel (2000), insistent sur le manque
de consultation des communauté affectées. Les décisions sont souvent prises
sans impliquer les habitants, ce qui mène à des solutions qui ne répondent pas à
leurs besoins réels.
Au niveau des alternatives insuffisantes : Beaucoup de chercheurs, comme David
Harvey (2001), argumentent que les alternatives proposées (si elles existent) sont
généralement inadéquates. Les solutions de relogement sont souvent loin des centres-
villes, mal desservies par les transports publics et dépourvues d’infrastructures
nécessaires.
44

David Satterthwaite (2002), chercheur à l’International Institute for Environment


and Development (IIED), a écrit largement sur les impacts négatifs des
déguerpissements forcés et sur l’importance de solutions de relogement durables et
équitables. Nous avons également les travaux de Lorraine Faulknor (1996) qui
analyse l’impact des déguerpissements sur les femmes et les enfants, montrant
comment ces groupes vulnérables sont particulièrement affectés par les politiques de
réaménagement urbain.
Human Rights Watch a mené des recherches approfondies sur les
déguerpissements forcés, documentant les abus et appelant à des réformes pour
protéger les droits des personnes déplacées. Bien que principalement connu pour ses
théories sociologues, Anthony Giddens (2001), a également abordé les questions
urbaines, y compris les implications sociales et politiques des déguerpissements dans
le contexte de la mondialisation et de la modernité.
Nous ajoutons Robert Neuwirth (1999), auteur de Shadow Cities : A Billion
Squatters, A New Urban World, Neuwirth explore la vie dans les bidonvilles et les
quartiers informels, y compris les effets des politiques de déguerpissement sur les
communautés se squatters.
Ces chercheurs et instituions apportent des perspectives variées sur les conséquences
sociales, économiques et politiques des déguerpissements, plaidant souvent pour des
approches plus humaines et inclusives dans les politiques de développement urbain.
De cette réflexion sur les conséquences des déguerpissements et ses liens avec
le développement, il ressort que les impacts négatifs du déguerpissement sur les
populations concernées seraient incontestables.

Il f a u t rappeler que l'intérêt de notre recherche est centré sur l’impact


Socioéconomique des déguerpis de Boribana dans la commune d’Attécoubé.
45

CHAPITRE III :

EVALUATION DU MEMOIRE
ET PERSPECTIVES D’ACTIONS
46

Ce chapitre est consacré, d'une part, à l'évaluation du mémoire à la lumière des


situations vécues et, d'autre part, à la formulation des perspectives d'actions
concrètes à poser en faveur de l’éradication du phénomène de déguerpissement
en Côte d'Ivoire.

1. TRACES DE COMPETENCES EN TERMES D’ANALYSE ET DE


REPONSES ADAPTEES AUX SITUATIONS VECUES

Les traces de compétences sont présentées au plan diagnostic et au plan


pronostic.

1.1. Sur le plan diagnostic

1.1.1. De l’analyse de la situation-


problème

Notre étude a permis de faire ressortir les problèmes auxquels font face les
personnes déguerpies de Boribana. Les différents problèmes recensés sont
d’ordre divers et se résument en ces termes :

-Difficulté dans le vécu quotidien des déguerpis ;

-Difficulté de relocalisation des déguerpis ;


47

-L’impact de la pauvreté sur la situation socioéconomique des déguerpis ;


-La défaillance de l’éducation des enfants du fait de la pauvreté ;

-L’absence de soins médicaux par manque de revenus

1.1.2. De la pertinence des stratégies et instruments de recherche


utilisés

La conduite de cette étude a permis d’élaborer un cadre méthodologique se


basant sur une démarche uniquement qualitative à l’effet de montrer que le
déguerpissement à transformer négativement le vécu quotidien des personnes
concernées. Pour ce faire, des techniques et instruments de collecte de données
ont été utilisés. Il s’agit, notamment, de l’étude documentaire, des entretiens
individuels et de l’observation. L’utilisation de ces techniques ont permis
d’obtenir des résultats indéniables.
L’étude documentaire nous a permis en effet de mieux comprendre les
conditions de vie précaire des déguerpis. Bien plus, les informations recueillies
dans les différents ouvrages, articles, rapports et thèses, nous ont permis de
mieux comprendre d’autres impacts négatifs des déguerpissements dans la vie
des personnes déplacées.

Quant aux entretiens, ils nous ont permis de faire une immersion dans les
changements négatifs réels rencontrés par les déplacés involontaires de Boribana.

Les observations nous ont permis de confirmer les impacts négatifs du


déguerpissement lors des visites sur le terrain.

1.1.3. Difficultés

Nous avons rencontré des contraintes relatives aux :


Données incomplètes : l’accès limité à des données complètes et fiables peut
restreindre la portée de l’analyse ;
48

Période d’étude : une période d’étude trop courte peut ne pas capturer les effets
à long terme des déguerpissements.
Biais de sélection : les échantillons étudiés peuvent ne pas être représentatifs de
l’ensemble de la population déguerpie, entraînant des biais dans les conclusions ;
Perspective limitée : une focalisation excessive sur certains aspects, comme les
impacts économiques immédiats, peut négliger d’autres dimension importantes,
telles que les conséquences psychologiques et sociales à long terme ;
Variabilité régionale : les différences régionales et locales peuvent limiter la
généralisation des conclusions à d’autres zones similaires ;
Manque de comparaison : l’absence de groupe de comparaison adéquats peut
rendre difficile l’évaluation de l’impact spécifique des déguerpissements par
rapport à d’autres facteurs.

Ces limites doivent être prises en compte pour interpréter les résultats avec
prudence et pour orienter les recherches futures vers des études plus
approfondies et diversifiées.

1.2. Sur le plan pronostic

Dans le cadre de cette étude, l’évaluation des traces de compétences du mémoire


au plan pronostic permet de vérifier les acquis de cette étude en termes de
compétence à l’effet d’améliorer notre pratique professionnelle.

1.2.1. Acquisition de compétences personnelles

Pour mener à bien cette étude, la formation théorique reçue a été d’un apport
considérable sur le terrain, à travers notamment, la méthodologie utilisée,
l’approche sur le terrain.

2. PERSPECTIVES

2.1. Réflexions sur les résultats


49

Le problème des déguerpissements a fait l’objet de plusieurs écrits et


recherches. Notre étude a été circonscrite aux déguerpis de Boribana qui ont vu
des changements néfastes dans leur vécu quotidien.

Les informations recueillies nous ont permis de faire ressortir un nombre


important de changements opérés dans leur vie individuelle et dans celle de leur
famille. Nos enquêtes nous ont permis de savoir que ces personnes ne croyaient
à ce projet de déguerpissement initié par l’Etat ivoirien. Leur vie en autarcie ne
pouvait que leur donner une vision erronée du déguerpissement de Boribana.

REPUBLIQUE DE COTE
D’IVOIRE

Union – Discipline – Travail


---------------------
---
MINISTÈRE DE L’INTERIEUR ET DE LA SECURITE

PROJET

---------------------
---

CREATION D’UN CENTRE D’ACCUEIL DES DEGUERPIS (CAD) DE


BORIBANA DANS LA COMMUNE D’ATTECOUBE
50

PROJET DE CREATION D’UN CENTRE


INTITULE DU PROJET D’ACCUEIL DES DEGUERPIS (CAD)

2 Coût du projet 8 500 000 FCFA


3 Source de financement District Autonome d’Abidjan
Objectif général :
Améliorer la condition de vie des déguerpis
de la commune d’Attécoubé
Objectifs spécifiques
4 Objectifs du projet
• Offrir des programmes de formation
et de réinsertion professionnelle ;
• Accompagner les
populations déguerpies

5 Zone d’exécution Commune d’Attécoubé


6 Date de démarrage Janvier 2024
7 Date de fin du projet Décembre 2025

I-CONTEXTE ET JUSTIFICATION
51

1-Contexte
L’urbanisation rapide dans de nombreuses villes, notamment dans le district
d’Abidjan, a conduit à une prolifération des bidonvilles et des habitations
informelles. Les gouvernants et les autorités locales entreprennent souvent des
opérations de déguerpissements pour des projets de développement urbain,
d’infrastructure ou pour des raisons de sécurité. Ce phénomène amène certaines
familles à se retrouver souvent sans abris, exposées aux intempéries, à la
violence et aux problèmes de santé.

2-Justification
Le projet de création d’un centre d’accueil offrirait un abri temporaire sécurisé
aux personnes déguerpies, garantissant ainsi un minimum de dignité humaine.
Il fournirait des services essentiels tels que la nourriture, l’eau, les soins de
santé et l’assistance psychosociale.

La création de ce centre montrerait l’engagement des autorités et des


organisations partenaires à résoudre les problèmes de logement de manière
humaine et constructive.

II-OBJECTIFS DU PROJET

Objectif général : Notre projet vise à améliorer la condition de vie des


déguerpis dans le district autonome d’Abidjan.

Objectif spécifique : Créer un centre d’accueil des déguerpis pouvant les


accompagner dans leur prise en charge.

III-LOCALISATION ET DUREE DU PROJET


52

1-Localisation du projet
Ce projet à long terme vise l’intégration socio-économique des déguerpis
d’Abidjan. Il est localisé dans la commune d’Attécoubé.

2-Durée du projet
Ce projet à une durée de 24 mois. Il commence en 2023 pour prendre fin en
2025.

IV-BENEFICIAIRES ET ACTEURS PRINCIPAUX DU


PROJET

Bénéficiaires directs : les déguerpis de Boribana ;

Bénéficiaires indirects : les déguerpis du district d’Abidjan

Principaux acteurs : les populations déguerpies de Boribana, les élus


locaux, les autorités politiques et les bailleurs de fonds.

V-STRATEGIES DU PROJET

La réalisation et la durabilité de ce projet nécessite l’implication de la


population locale, des déguerpis, les autorités politico-administratives et
toute autre personne de bonne volonté.

VI-OPPORTUNITE DU PROJET

Notre projet apportera des améliorations dans les domaines socio-


économique, éducatif et sanitaire des populations déguerpies de Boribana.
53

VII-PERTINENCE DU PROJET

Les déguerpissements laissent souvent les individus sans abri et dans une
grande précarité. Un centre d’accueil permet de répondre à ces besoins urgents
en offrant un abri temporaire, des soins médicaux et un soutien psychologique.
Assurer un minimum de dignité humaine et de sécurité est une priorité dans de
telles situations.

VIII-BUDGETISATION DU PROJET

[Link] DE CONSTRUCTION

N° DESIGNATION NOMBRE PU EN FCFA PT EN FCFA


1 Ciment (en tonnes) 10 80 000 800 000
2 Gravier (chargement) 10 120 000 1 200 000

3 Sable (chargement) 10 90 000 900 000


SOUS TOTAL 2 900 000

[Link] D’EQUIPEMENT

N° DESIGNATION NOMBRE PU EN FCFA PT EN FCFA


1 Matelas 500 20 000 10 000 000
2 Mobiliers 100 20 000 2 000 000
54

3 Eau et électricité - - 900 000


4 Télévisions 10 50 000 500 000
SOUS TOTAL 13 400 000

IX-RECAPITULATION DU COUT DU PROJET

N° DESIGNATION MONTANT EN FCFA

1 Matériels de construction 2 900 000

2 Matériels d’équipement 13 400 000

3 Frais d’entretien du bâtiment pour deux ans 1 000 000

SOUS TOTAL 17 300 000

IMPREVU 2 700 000

COUT TOTAL
20 000 000

X-RENTABILITE DU PROJET
55

Notre projet vise une amélioration des conditions de vie des déguerpis de
Boribana par la création d’un centre d’accueil de ces populations.

CONCLUSION

La présente étude s’est donnée pour ambition, d’offrir un modèle d’analyse de


l’impact socio-économique des déguerpis en milieu urbain.
Ainsi, à partir de l’étude de cas à Boribana, nous nous sommes posé la
question de savoir : « Quels sont les effets de l’opération de déguerpissement
sur les conditions de vie des populations de Boribana ? »
Le traitement de cette question centrale a été concrétisé à partir des objectifs
spécifiques consignés ci-dessous :
-Etudier les conséquences du projet de démolition sur la scolarisation des
enfants des ménages déguerpis.
-Déterminer l’incidence de l’opération de déguerpissement sur la santé des
déguerpis.
Nous sommes partis de l’hypothèse selon laquelle : les déguerpis de Boribana
subissent des conséquences socio-économiques néfastes suite à leur expulsion.
56

La présente étude prend appuis sur un cadre d’analyse englobant approche et


théorie. Il s’agit, entre autres, de l’approche compréhensive et de la théorie de
risque, appelée « Modèle des risques et de la reconstruction ».
Quant à la posture méthodologique adoptée, nous nous situons dans une étude
qualitative, avec pour tradition l’étude de cas. Les techniques utilisées sont
la recherche documentaire, l’observation directe non participative et
l’entretien semi-directif. Notre échantillon était constitué de 52 déguerpis de
Boribana.
Economiquement, la perte de logement et de moyens de subsistance a aggravé la
pauvreté, limitant l’accès à l’éducation et aux opportunités économiques. Les
infrastructures inadéquates dans les zones de relocalisation ont également
entravé le développement durable des communautés déplacées.
Au regard de ces hypothèses, les données de notre enquête du terrain nous ont
permis de confirmer que le déplacement involontaire des populations concernées
par le déguerpissement a eu des conséquences fâcheuses sur leurs conditions de
vie.
Quant à notre hypothèse principale, nous pouvons conclure qu’elle est
confirmée.

Il est crucial que des politiques inclusives et des mesures de soutien soient mises
en place pour atténuer ces impacts négatifs et promouvoir une intégration socio-
économique efficace des personnes déguerpies.

Au regard de ces résultats, nous avons formulé des suggestions pour une prise
en charge effective des déguerpis.

Cependant, en réponse à la problématique du déguerpissement en milieu urbain,


quelques suggestions sont à proposer :
-Travailler à l’amélioration des cadres et conditions sociales de vie des
personnes déplacées.
57

-Renforcer les valeurs éducatives et le civisme pour un meilleur


encadrement et un suivi efficace des déguerpis,

-Promouvoir les valeurs démocratiques et la gouvernance, de sorte à permettre


la participation de tous les acteurs sociaux au processus décisionnel.
La présente étude n'a pas la prétention d'apporter une réponse exhaustive sur les
impacts du phénomène de déguerpissement. Nous estimons néanmoins, que les
insuffisances laissées par le présent travail pourront être comblées par d'autres
études sur divers autres aspects liés à la question de relocalisation des
déguerpis.
58
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60

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