CEDT LE G15 L’ALTERNATEUR BTS ET2 AB 2018/2019
ALTERNATEUR
I. PRESENTATION
La machine synchrone, est appelée ALTERNATEUR si elle fonctionne en génératrice,
fournit un courant alternatif. En fonctionnement MOTEUR sa fréquence de rotation est
imposée par la fréquence du courant alternatif qui alimente l’induit.
A. PRINCIPE DE L’ALTERNATEUR
Une génératrice synchrone transforme l’énergie mécanique (T, Ω) en énergie électrique
(V, I et de fréquence f). Un aimant tourne à la fréquence n, la spire est traversée par un
flux variable d’où la création d’une f.é.m. induite .
La fréquence de cette f.é.m. est telle que : , soit vitesse de rotation du
rotor (aimant) et , la pulsation de la f.é.m. sinusoïdale induite, en rad/s.
Nb : avec ns : la vitesse de synchronisme,
f : la fréquence de la source
p : le nombre de paire de pôles
ou bien : ns=120f/p avec p le nombre de pôles
B. CONSTITUTION
L’alternateur possède deux parties principales :
L’inducteur porté le plus souvent par le rotor
L’induit porté par le stator parcouru par des courants alternatifs
a) Inducteur
Le champ magnétique est crée par un aimant permanent ou par un électroaimant alimenté
par un courant continu Ie, appelé courant d’excitation. Le rotor tourne à la fréquence f, et
crée un nombre p de paires de pôles.
Remarque : si Ie est constant, il crée un champ magnétique B, constant, tournant à la
fréquence de synchronisme .
Pour une fréquence égale à 50hz on a la relation suivante :
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ns=60f/p
ns(tr/mn) 3000
p 1 2 3
Ou bien ns=120f/p
ns(tr/mn) 3000
p 2 4 6
Rotor à pôles saillants :
C’est un électroaimant dont les pôles sont alternativement nord et sud. Les enroulements
sont alimentés en courant continu, ils sont placés autour des noyaux polaires. Le nombre
de pôles est toujours pair, il varie suivant la machine.
Rotor à pôles lisses ou turboalternateur :
Le rotor est un cylindre plein dans lequel on a usiné des encoches. Il possède le plus
souvent deux pôles.
b) Induit
Il est au stator, bobines fixes, le plus souvent triphasé. Il siège de f.é.m. induites.
Convention générateur
Il est soumis à un flux tournant, il est donc le siège d’hystérésis et de courant de Foucault.
Comme pour le transformateur, nous raisonnerons sur un schéma équivalent.
c) Utilisation
La puissance d’un alternateur à pôles saillants va de quelques kilovolts ampères à 250000
kVa. Il est principalement utilisé, dans les centrales hydrauliques, pour la production
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d’énergie électrique pour le réseau national. Le turboalternateur est lui utilisé dans les
centrales thermiques ou nucléaires, sa puissance est supérieure à 50000 kVa.
d) Symbole
II. LA F.E.M. A VIDE DANS UN ALTERNATEUR :
A. ESSAI A VIDE
a. Présentation :
Le stator n’est traversé par aucun courant. Le champ tournant est issu de la roue polaire
(traversée par un courant un courant d’excitation Ie), entrainé par un système auxiliaire.
Nous récupérons trois f.é.m. induites sinusoïdale de valeur efficace Ev, aux bornes du
stator.
b. Caractéristique à vide :
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Ie varie par valeurs croissantes puis décroissantes, nous relevons Ev, tension à vide aux
bornes d’une phase.
Nous noterons le phénomène
d’hystérésis sur la courbe, ainsi que la
saturation de la machine
B. ETUDE DE LA F.É.M. A VIDE
a. Valeur théorique :
La f.é.m. induite est sinusoïdale. Elle est créée par le flux
issu du champ magnétique tournant porté par la roue polaire, ce flux a pour expression
avec : .
Le stator comporte N conducteur, donc N/2 spires, ainsi :
La valeur théorique de la valeur efficace de la f.é.m. Ev est donc :
Cette valeur efficace est celle de la f.é.m. à vide aux bornes de l’alternateur monophasé
ou bien celle aux bornes d’une phase et du neutre de l’alternateur triphasé.
b. Valeur réelle :
En réalité n’est pas vraiment sinusoïdale et les différentes f.é.m. ne sont pas en
phase. La résultante est le module d’une somme vectorielle. Pour traduire ces
imperfections, on introduit un coefficient K qui caractérise la machine. La valeur efficace
réelle de la f.é.m. à vide s’exprime par la relation :
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EN MONOPHASE :
A l’intérieur d’une même spire, les forces électromotrices induites s’ajoutent et les
différentes spires sont mises en séries : tous les conducteurs sont finalement en série.
Pour l’enroulement, on aura donc :
Avec :
Ev F.é.m. induite dans un enroulement en volts
f Fréquence des f.é.m. induites en hertz
Flux utile maximal sous un pole en webers
N Nombre de conducteurs par phase
K Coefficient de Kapp constant pour un alternateur donné tel que
KD facteur de distribution voisin de 0,7
KF facteur de forme voisin de 1,05
EN TRIPHASE :
Trois enroulements monophasés identiques décalés d’un tiers de l’intervalle compris
entre deux pôles consécutifs de même nom. L’alternateur est ainsi équivalent à trois
alternateurs monophasés identiques que l’on couple soit en triangle soit en étoile. La
force électromotrice entre deux enroulements dépend du mode de couplage : la relation
précédente donne donc la valeur efficace d’une tension simple si les enroulements sont
couplés en étoile et la valeur d’une tension composée s’ils sont couplés en triangle
III. ALTERNATEUR
A. ETUDE EN CHARGE
a. Présentation
L’état de l’alternateur est fixé par le point de fonctionnement P, qui dépend de deux
paramètres variables et de trois paramètres constants P = f (V; I; n; Ie; )
V tension entre phase et neutre en volts
I courant dans un fil de phase en ampères
n fréquence de rotation de l’alternateur en tr/s
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Ie courant d’excitation en ampères
déphasage entre v et i
b. Caractéristique électrique V = f(I)
L’alternateur triphasé est entrainé à vitesse constante. Il alimente une charge équilibrée.
L’intensité Ie du courant d’excitation est maintenue constante, le déphase tension courant
est imposé par la charge.
Nous remarquerons l’effet démagnétisant (contraint
d’augmenter Ie) d’une charge inductive et l’effet
magnétisant d’une charge capacitive
Les chutes de tension sont importantes (20 à 30 fois plus grandes que pour le
transformateur) elles ne sont que très partiellement dues aux résistances des
enroulements (1% seulement), la cause principale de ces chutes de tension est l’existence
du champ magnétique Bi, crée par le stator. Lorsque l’induit débite du courant, il crée un
champ magnétique, appelé Réaction Magnétique d’Induit, R.M.I, qui vient modifier le
champ issu de l’inducteur.
c. Étude de la R.M.I :
L’inducteur, porté par le rotor, crée un flux, , à l’origine d’une f.é.m. induite Ev au
stator (induit). Lorsque l’induit est fermé, il est parcouru par des courants sinusoïdaux
induits, i1, i2 et i3 qui vont à leurs tours créer un flux variable qui va diminuer
considérablement (cas d’une charge R/L) le flux résultant, en charge, donc agir
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sur la f.é.m. Ech de la machine. Cette diminution de Ech par rapport à Ev implique une
diminution importante de la tension V.
Le flux crée par l’inducteur, l’induit :
La R.M.I introduit le flux qui introduit :
Le flux résultant s’exprime par la relation vectorielle :
En charge, la f.é.m. est donc donnée pour une machine par la relation :
B. MODELE EQUIVALENT D’UNE PHASE DE L’ALTERNATEUR :
a. Représentation du modèle :
Les hypothèses simplificatrices suivantes seront respectées dans toute la suite de notre
étude :
- Charge équilibrée – Régime permanent – rotor à pôles lisses – machine non
saturée.
Pour tenir compte de la R.M.I, on la modélise électriquement par une bobine
d’inductance L :
X=Lw : appelée la réactance synchrone
Schéma, auquel il faut ajouter une résistance qui rendra compte des pertes par effet joule
dans les enroulements. Soit, r, la résistance d’un enroulement, le modèle équivalent d’une
phase de l’alternateur est
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Soit X=Lw : la réactance synchrone
Soit : l’impédance synchrone
b. Diagramme de BEHN-ESCHENBOURG
La loi des mailles s’écrit : v = ev - uL – ri donc :
Connaissant :
Déphasage courant tension, angle imposé par la charge
XL=Lw : Réactance synchrone
I: Intensité du courant dans la charge
V: tension simple
Nous pouvons calculer Ev :
- On trace
- Connaissant , on trace , puis , colinéaire à
- On trace perpendiculaire à
- On en déduit ,
- On peut mesurer , angle de décalage interne, ( )
Remarque : nous pouvons utiliser le même procédé pour évaluer V, connaissant Ev. Pour
cela :
Tracer une droite symbolisant la direction de , puis tracer , , tracer la direction de ,
et enfin à l’aide d’un compas rechercher le point d’intersection de et .
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c. Détermination des éléments du modèle :
La détermination du modèle de l’alternateur non saturé se fait en trois étapes :
- Tracé de la caractéristique à vide :
La f.é.m. synchrone est égale à la f.é.m. à vide. On relève, donc, à vitesse constante, Ev
en fonction de Ie, courant dans l’inducteur, on trace Ev=f(Ie)
- Relevé de la caractéristique en court-circuit :
Les trois enroulements du stator sont couplés en étoile. Le modèle équivalent d’un
enroulement de l’alternateur est le suivant :
L’alternateur est entrainé à vitesse nominale, on mesure les intensités du courant
d’excitation et d’un des courants de court-circuit débités dans l’induit, on trace Icc=f(Ie)
- Calcul de l’impédance synchrone :
Pour un courant d’excitation donné, le module de l’impédance synchrone est donné par
la relation :
IV. BILAN DES PUISSANCES :
a. PUISSANCE UTILE
U: Tension entre deux bornes de phases.
I: Intensité du courant de ligne
Facteur de puissance imposé par la charge.
En monophasé :
En triphasé :
b. BILAN DES PUISSANCES
- La puissance reçue :
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L’alternateur reçoit une puissance mécanique Pm qui lui est fournie par le moteur
d’entrainement : Pm = Tm.Ω
- Les pertes collectives :
Ce sont des pertes mécaniques (Pm), qui ne dépendent que de la fréquence de rotation et
les pertes dans le fer (Pf), qui ne dépendent que de la fréquence et de la valeur maximale
du flux. Ces pertes seront mesurées au cours d’un essai à vide dans lequel la machine
tourne à la fréquence de rotation nominale, sous une tension égale à la tension qu’elle
aurait en charge. En effet, l’égalité des tensions efficaces entraine celle des flux.
- Les pertes par effet Joule dans l’inducteur :
Ue : tension aux bornes de l’inducteur
Ie : intensité du courant d’excitation
Pje = Ue.Ie
- Les pertes par effet Joule dans l’induit :
- En monophasé :
r: Résistance de l’enroulement induit
I: Intensité efficace du courant débité par l’induit
Pj = r.I2
- En triphasé :
r: Résistance mesurée entre deux bornes de phase de la machine
I: Intensité efficace du courant de ligne
Pj = 3/2 r.I2
- Rendement :
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